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Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Moniteur universel

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GAZETTE NATIONAL, oU LE MONITEUR UNIVERSE.


MERCREDI 17 MARS, 790.


POLITIQ UE.,

POLOGNE.

Nou apprenons dans l'inltant, et avec certitude,
iie le roi e Pologne a fait traduire en polonais le
lifcours du roi des Franais, prononc l Affemble
rationale le 4 fvrier dernier.
S. M. Polonaife s'eif d'autant plus empreffe
donner de la publicity ce difcours, qu'on lui avait
adreil en meme teins une critique qui portrait avec
complaifance fur les objt-ts auxquels l'opinion publique
s'eft le plus fortement attache.
PA Y S -BAS.

L'A4fmble patriotique, feul foyer de -lumieres dans
les provinces belgiques, vient de faire des remon-
trances adreffes dire'tement aux Etats de Brabant.
cc Mellieurs, c'eft avec respect, et ce n'eft point
pour vous alarrer, que des citoyens s'adreffent
vous ; les dangers qui nous environment font des mo-
tifs affez puiffans pour expofer vos yeux les cauls
d'un meconceiiement don't les fuites invitibles fe-
reit la ruine de ces belles et floriffantes provinces.
Nous favons combien il eft loign de la puret de
yosiintentions de donner lieu de femblables malheurs ;
vos viiesne peuvent et ne doivent avoir d'autre but,
quie celui de t ll.i au bonheur gnral et indivi-
duel. Porquoi donc ne fommies- nous pas heureux ?
C'uitquele bonheur n'fl point un raifonnemen mais
un fentiment fond fur la conviction intrieure de
l'ime ; or, ce fentiment, ce bonheur fur lequel nous
nous interrogeons, nous ne le trouvons ni dans nous
ii dans nos concitoyiens, Un morne et accablant silence
a fait place aux premiiers trainports de notre joie ; il
femble que,duvenus trangers la caufe pourlaquelle
nous avons fi heureufement combaitu nous ayons
'perdu jiifqu'au defir de cimenter la libert par de
nouivaux- efforts... La liberr l.. Des larmes invo-
lontaires s'chappent de nos yeux; la libert n'elf plus:
larbre qui nous promnettait l'es fruits prcieux de
l'independance, s'efl deffch; un fouffle enipoifonn
a fltri les premiers bourgeons l'arbre exifte encore;
mais, dpouill de fes feuilles, il n'offre plus nos
yeux qu'un tronc ftrile, image de la mort et de la
defitrction.... Nous voyons vos coeurs mus ce
trite tableau i vous ne croyez pas fa ralit. Plt
au Ciel, Meflieurs, qu'il n'ex ftat que dans le fantme
de ios craintes i nous les bnirions commie celui qui,
errant l'ab:andon dans une nuit obscure, bnit le re-
tour de la lumiere : mais hlas i il efl inutile de fe fire
ilifioin fur notre tat; une mfiance gnrale et mo-
tive ei devenue le premier de nos malhcurs. Elle
n'exitait point da'.s ce jour jamais mmorable, o
1 scitoye s de tout tat, runis fous un figne de d-
vo0uieent 1 la Patrie, fe prcipitaient au-devant du
trepas. Leur intrpide valeur ayant mis l'ennemi en
fiite, il eiitit i'impofibilit de reifier la reunion
des forces et des volonts. Qu'tions nous dans ce
glorieux moineii? Tous Frei-es, tous amis; les ci-
toyeies e leicitaiint, s'embraffaient, fe juraient, par
aurs tranfports, une amiti, une concorde ternelle.
,S'il nanqi.ut quelque choie notre bonheur, c'tait
de revoit ceux qui, les premiere, nous avait.nt ouvert
le chelieiiii de la liberty.
SL'on fut aui-devant de ces gnreux citoyens ; ils
r:etraieiit parmi nous au inmlieut. des acclamation d'un
People innombrable; il les nommait fes bienfaiteurs,
fe' difenrers. Dans ces premi:irs moments, il leur
lai!t tacitement le foin. de veiller pour lui la
clofe publique.
PIouvait-il imagine que ceux qu'il enchainait a
ii par la plus genreufe confiance, auraient pPu libt
evenir l'objet de fes plus vives alarms ? Difons la
vrit, Mefieurs : le Peuple avait conquis Ca liberty;
l Pouvait, par un acte folenii l, s'en al'rir l'incon-
t'lable pofleilon ; perfonni n'avait le droit ni le pou-
Voir de lui dfpiter ft conqute ; vous- im4mes, difper-
fes, la plupart fuVgitif;, vous tiez dans la position
d'a tedre, de fon confrenrement, qu'ilvous rappcllt
a occuper lIs places qtuune conititution qui n'el plus
vous avaitaccordcs i mais le Peuple, armed de tous
's droits, e xer.nt lui rme la fouiveratriii.t, vous
trut come des citoyens opprims, reidus fes
v""ux ii vous admit, non en quality de tes repr-
eiitans, mais conmme des homes qui, ayant gre ci-
devaiit es affaires, taienit ceis capable de lui fi(-
gerer les mefuires les plus convenablks fa nouvelle
"ma'ire d'tre.
I" Sans foupoins, flr les objets de vos premieres
Affmoblues, il at:cndit avec confiance le jour o0,
cuivol l arpa vous, il dt croire queiivus ne paraifliez
dv;nr l! que pour prtr d s.ns fes mahis le ferment
"mnage que vous impoaila la fideli a la Na-ion.
i sa", f urprife exrrme de tous les citoyens, i!sne
d ', ..1 d-r:r :|,liii|. qlue pour affic er paliveiment.
u'is dmoniffrationsi dontc ils ignorant l'objet,
.u i" Mcl1anurs, pour avoir repondu par quel-
e acclnttis aux rour (Ltions queM:v(. \'ar-,:.-r
et u't\'a 'ti1''O', a comp.arlns de llufiui s ii ni-
:d! i k.tsf, firenta ni people', >,ilant llurs chapeaux,
'C crnifuimr Ps bras fur la poirinru et les i nlii:'r
'ftMiae p ', ns o lls wcnu de --cO:-Iuaitre' comein-e
e'alale, l'eiiGtl!agemei puriv, contract curier' vous, d.


vous arroger la fouverainet? Serions-nous cenrs
avoir approuv le ferment que vous vous tes r
ciproquement prt huis clos et notre infu Avez-
vous pu le croire Le mot auguite d'intugurqtionpu-
blique et folemnelle, n'eft point un mot vuide de fens;
il auppofe nceffldiremtent 'acquiefcement du Peuple
l'autorit don't on invelit les inaugurs ; c'cl ainfique
Alarie Threfejura publiqaement, et dans vos mains, les
articles, alors facrs de la joyeufe-eatre; c'eft ainfi que
fon fils avait jur de maintenir ces lois, qu'il a violes,
qu'il a aranries vous retes ce ferment la face
de la nation. Mais vous, meffieurs quel titre
pourriez vous vous croire inaugurs? Quels font les
mandataires que nous avons choifis pour vous inflaller
danI l'exercice du gouvernement ? O efI le contract entire
le Peuple et vous, qui vous aurorife grer le pouvoir
fuprme depuis que nous n'avons plus de duc iii
de duch?
L'hiftoire de ces provinces rappelle, la vrit,
quelques faits qui prouvent que vous avez difpof de
la fouverainet; mais l'hiftoire ne dit pas que vous
en ayez eu le droit. Citerez-vous un feul example
oi !es tats aient voulu s'approprier la fouverainet
Si ce ni'f.f point l votre intention, meffieurs pourquoi
nous laiei-vous ignorer les engagemens que vous voulef
contractor en notre nom ? L'on vous demandera avec
raifon, fi vous avezle droit d'enchaner nos perfonnes
laccompliffement d'un contract don't les clauses nous
font inconnues? Pourquoi alimentez-vous, par votre
filence, les alarmes du Peuple, iorfque l'influence
prpondrante des puiffances qui nous environment,
ouvrent le champ le plus alarmant aux combinations,
aux conjecures, aux craintes les mieux fondes? Un
morne refus de nous claircir, eftla feule rponfe que
nous obtenons de vous.
S Vous fltriffez du nom de factieux, d'innova-
teurs les citoyens clairs qui reclament leurs droits,
et vous rappellent la nullit des vtres. Un prlat v-
nrable a dnonc aux fiddles, comme des prturbateurs ,
et des ennemis du bien public, ceux d'entre nous qui ontof
parler le lanpage de la vrit; les intrts de notre liberty
ont t confondus avec les intrts du ciel; le glaive
de la religion a t plac dans la main de nos freres
pour nous frapper, come fi c'tait un blafphme,
une hrfie, un crime, de dclarer, en principes po-
liciqueset d'adminitfration, que les pouvoirs lcgiflatifet
excutif, nepeuve't trre runis dans les mmes inains fas
dangerpour la liberty publique. Eft-ce par des crits reim-
plis des plus odieufes inculpations que l'on infirmera
des droits impriffables? Il eft, fans doute, plufieurs
moyens de fduire, d'aveugler le Peuple manis quoi
fervira-t-il d'avoir prolong fou erreur? Plus vous loi-
grerez le moment de tion rveil, plus vous le rendrez
terrible et convulfif. Entendez fes difcours mlez-
-vous fes conversations, et vous ne douterez pas-que
le moment de la lumiere ne toit pr c d'arriver:dsqu'elle
aura frapp fes yeux, vous effaierez en vain d'en
arrter le sentiment il cont-i-mplera avec effroi 'abyme
o vous voulez le prcipiter i et de quetoeil verra-t il
alors le fantme de vos prtentions? Indigne d'avoir
verf fon fang pour la caufe de quelques individus
qui ofent revendiquer, en leur faveur, le fouvenir
d'une injufIe oppreifon, il fe htera d'effacer jufqu'
la trace de votre odieufe fodalit. Ce fontld cependant
vos feuls titres, meffieurs ; ils font reclamis par vos
plus zls dfenfeurs : ils nous ramenent aux fiecles
o des hordes barbares, forties de la Germanie, inin-
derent la Belgique. Ses malheureux habitats, les
defcendans de ces belges, don't Cfar a vant l'i-
fkxible courage, courberent alors leur tte humilie
fous le joug des Francs. Rduits, par la force, ram-
per, dans l'efclavage, d'hommes libres qu'ils etaient,
ils devinrent, come de vils troupeaux, la proprit
de quelques chefs, don't la race affaiblie voudrait au-
jourd'hui reconfacrer les dcombres du gothiqte di-
fice lev dans les teams de la plus grofiere igno-
rance, et de la plus aviliffante degradation de l'efkpce
humane. Et c eft aux belges arms, c'eft aux belges
vainqueurs que ces oppreffeurs s'adreffeit ..
Et vous, prlats vnrables, vous que la pit
de nos peres a dot de riches poifeflions, n'en com-
promettez pas.la p;ifible jouitiitce craignez i':rxemple
d'une nation voiine. La ntre vous a payv, jufqu ici,
le jufle hommage de fon reflect elle a dfendu vos
droits, vous avez dfendu les iens; guard. z-vous de
voucher ce lien common d'obligaions et de recon-
:i ,ilif.i.-. Reprenez i'erprit de votre tat et de votre
inliticion pr r-iiere.; loignez de vos penfSes les pr-
tentions touiours oJieufes de la fouverainet. Prie
pour les Peuples, et n'af.ircT point a les gouverner. Les
fonctibns du gouvernement Cont incompatible avec
celles du facerdoce : ce n'et point vos oreilles qu.
doit fe faire entendre la trompette guerricre. Fuyez
loin des champs du combat, lailnez d'autres le foin
des batailles et de l'infidicufe poliique : des devoirs,
non moins importans vous rappellent dans vos mo-
nafteres, Rafi'mbler, autour de vous vos nombreux
cultivateurs i chaufftz leurs ames du fuu facr de
I libert ; lairez-les ftr leurs vrais intrts; mon-
'rez-leuir que le mom'.nt eft arrive d'anurer jamais
la richeffe et l'abondance. Riappellez.leur le fonvenir
.le l.'urs peres opprimns afervis; proui ez-!uiir que
la libort eat le feul bien fur la terre itranfpore-
ls, par le paroles de votre loiqence, dans cus plays
h rureux on I dignity del'hoinmme ei conferv.-i'ntacte,
o le travail de fconder la terre n'eit point au vil


mtier, o le foin de furveillerdes troupeaux eft pr-
fraixoifeufes occupations du luxe des villu:s.Voila
vos functions dignes prlats, voil les devoirs ciue
la portion claire de la Nation attend de voe v zel
Etouffez 'dans les campagnes ces germes de mncon-
tentement qui ne peivent tre que trop motivs, d)f-
fipez.les par la voix de la douce perfuation, et la
Nation reconnaiffante bnira vos travaux.
Quant au tiers-tat nous ne doutons point que
ces gnreux doyens, qui, par leur courage, ont
brifi la puiffance oppreffive de Jofeph lI,,fe rappel-
leront qu'en combatant e hommnes libres pour'la
libert, ils n'ont pu briguer le trifte advantage d'en-
chaner leurs concitoyens. Nous regardons la conf-
dration qui leur a t propofe par les deux premiers
ordres, comme une furprife-faite -leur bonne-foi,
car ceux qui i fot mon trs'les ennemis les plus im-
placables de la tyrannie, feraient injuftement foup-
onnes d'tre devenus, dans un court intervalle, tyrans
eux-mmes ; tyrans d'autant moins excufables, qu'ils
s'taient montrs plus incorruptibles. Non, de pareils
home n'ont pu commettre quiine erreur ; mais
qu'ils aient vife a partager la fouveraine, qu'ils l'aient
envifage comme des moyens; perConnels d'agrandiffe-
ment ou d'opulence, ou la chofe et impoflible, oit
l'on rie faurait trop fe hter, pour la firet de l'Etat,
d'ter ces mains, revenues infidelles, le pouvoir
ufiirp.
Que dirons-nous de cet home don't inos bouches
proonoaient toutefois av,ec attediriffement le nom
rvr ? P'Vn-der-Noot, les fiecles venir eonfigneroict
dans l'hitoire le fouvenir de ton nom. C'eft ci:. qui
ofas le premier fire t.te l'injuflice ; c'eft tori.don
l'indompt language ralluma dans notre fein le defir
de la libert.Perfcut, profcrit, pour avoir t notre
dfeneur, nos regrets.t'accompagnerene dans-les lieux
de ta rtraite; mais bientt un rayoin d'efprance fortit
de ton exil. Tu parus et le munifefte la main, tu
appris atx rois que la fouverainet efi dans le Peuple
et non pas eux : tu leur dis que ce Peuple pouvait,
au gr de fa volont, les faire defcendre du trne'
tu fis plus, tu prouvas par le fait tes principles invin-
cibles.
SNous t'avons vu rentrer dans nos murs aux accla-
mations de tous nos citoyens. Nous les avons vus,
par des larmes de joie', t'affurer dans leurs cours,
le plus digne, le plus noble triomphe .... ..
N Mais quel retour fur toi-miiie vint J4ns ce beau
jour obfcurcir la frnitr de ton friot ? L'on crut
remarquer r r dans tes re d, dsri ton gefle, dans ls
foupirs mme qui chappaient de ton fei une con-
trainte involontaire.
C ominent ton cur ne s'Ift-il pas brif 'la 'v'e
de ce Peuple qui, croyant voir en toi fon ange tute-
]aire, te fuivait, tait prt a mourir pour toi. Ah
Van-der-noot, combien, dani ce moment d'allgrefle,
a dl te paratre infupportable le fardeau de ta penfe!
A-t-elle pu te faire oublier- ce fatal fecret ?. .
Tu frmis de noue entendre; fiis plus gnreux,
obtiens, parole Jdchiremenr de ton'repentir, I'expiation
de ta faute; ce n'eft qu' ce prii que tu obtiendras de
ce People abuf, la feule grace qu'i te'doic.encore,
celle de balancer, par le reconniffance les engage-
mens don't tu n'as point rougi d'accepter en fon nom
la fltriflure.
O 0 vous qui entendez ces paroles nos ionci-
toyens, que l'indignation ne ficcede point v.os
transports Rappeliez-vous l'oppreflioh dans laquelle
vous gmiifiez il y a fix mois; i! s'agifit de vous
en arracher : Van-der-Noot ferait mort mille fois pour
vous; mais la froide politique des course repouffa fo
zele. Qu'efliez-vous fait fa place ? Il plia focus
l'imolacable nceffit. Elle vous explique l'nigme de
ce fatal fecret les dveloppemens d'une conduire
inconfquente en apparence, mais relative des arran-
gemens dicts par l'ambition, et accepts par le defir
de vous rendre libies. Suppofez, citoyens, qu'il lui
air t impof pour conditions, que Van-der-Noot
rentrerait aux Pays-Bas come mitniftre reconnu par
les puiffances contractantes; qu'il affi mblerait les Irats,
lefquels exerceraient, au nom du Peuple, l'aurorit6
fouveraine.
Que les Etats des diffrentes provinces forme-
raient entre eux une afrociatioii fous le nom d'Etats,
gneraux, qui rgleront leur convenance les,points
rciproques d'union bien entendu qu'il ne ferait'donne
ces tats aucune recotinaiffance du fecret rfervd
aux feules perfonnes que Van-der-Noot aurait, par
Ton influence, fait nommer au congrs.
Ce conuers aurait de plus le dpartement de la
guerre, la reserve cependant qu'il n'y aurait point
d'arme effective, les puLiff.nces contractantes fa
chargeant de pourvoir la furet di pays.
l aurait t enjoint Vui-der-Noot de fe con-
duire de iiiaI' ere ces points, et plufieurs autres
que nous palfons fous filcnce, fufllnt exactement ob-
fervs.
Il aurait fe garder furtout de prter l'oreille aux
follicitations de ceux qui d nm:>nderaient une convo-
c.tion national les puifTances contractantes ne vou-
lant Cen aucune miniere que les formes populaires
,iint tablies ux' Pays Bas ; et tous les pouvoirs de-
\rvant tre concentrs, fous le prtexte du rniinrien de
la couiltittion, dans les mains des Etats, afin de leur
affurer les imiens de les traiifmettre einfuiir q:ii
il feraii trouv convenir &c. & .


N, 76


___II~__ _~1_11_












SNous fouhaitons, F'an-der-Nootr, qu'en rfutant
cet crie, Cu puiffes en dmontrer la frivolir ru
conviendras du moins que nous ne nous fommes pas
loigns des apparences.Nous perfuaderas-tu, eneffet,
que toi, qui hus l'avocat du Peuple, que toi l'auteur
d'un imanifefll qui fuippofe les vrais principles de la
lib rt tu puiffes, en contradiction avec tes lumieres,
avoir 4truit le corps intermdiaire qui dfendait
la conllitirtion, pour'inveltir ce corps de toute la pl-
nitude du pouvoir fuprme Croirons-nous la bonne
foi de tes' paroles, lorfque tu oferas dire que le Peuple
a eu connaifance de ce project et qu'il y a confenti ?
Oferes-tia lgitimer ces jtgnatures extorques dans les cam-
pagnes pour donner a un plan concerto une apparence de
folne et un air de rgularit? Oferas-t nous citer la
comminijfon du Peuple en vertu ad laquelle tu exerces la
fonccion de miniftre? Tu n'as cherch qu' contractor
pour toi, puifque la nation ne t'a point nomm, et
que tu n lui a pas rendu compete des engagemens que
tu as pris pour elle; efprant mieux de tes fentimens,
nous ne "dirons pas que, par la maniere don't tu
gouverne les Etars, tu as cherch a raffembler fur ta
tte tous les pouvoirs d'un defpote : non, tu ne fais
que remplir avec adreffe les functions d'un agent qui
cherche carter tous les obstacles qui s'oppofent
l'accompliffemeut de fes engagemens secrets.
,, Oferas-tu nir que la colere que tu as montre
centre ceux qui ont reclam les forces populaires,
n'ait t qu'une colere'feinte, fous laquelle tu cachais
la crainte de voir ces engagement renverfs ?
,, N'eft-il pas notoire qu'en dgotanr d'illufltrs
citoyens, qui ont offirt la patrie le fcours de
leurs bras et de leurs confeils, tu n'as cherch qu'
les loigner de cefecret don't il eut fall tt ou tard
leur donner connaiflance, et que tu tais bien
'fir qu'ils euffent rejett? N'eft-il pas galement no-
toire que ce n'eit point le duc d'Urfel qui a donn
fa dmijfion mais qu'on l'a forc cette dmarche, con-
traire au vu de fton cour, celui du Peuple et
qt'bon a port l'injufticejufqu' vouloir contefter Tes
talens et faire fouponner les vertus?
Nous perfuaderas-tu, Van-der-Noot, que le g-
nral que tu as nomm, ou les gnraux que tu
nommeras encore, auront l'imprudence de compro-
mettre leur gloire avec des troupes qu'on affected
de ne point organizer? L'on te pardonne ton igno-
rance dans l'art militairen mais fi tu n'agiffais pa:
d'aprs un plan que d'autres ont combin pour toi,
tu rpondrais devant Dieu, tu rpondrais devant les
homes, d'expofer, come tu fais, tant de milliers
de citoyens, qui merchant la mort, av;aient du
Smoins droit d'attendre de toi, puifque c'eft toi qui
veux tout fire, que ru n'enfles pas ml ton influence
dans l'abandon qu'ils prouvent, dans les dcgots don't
tu accabl le vertueux Van-der-McrfrJh.
Quelle erreur eft la tienne 1 Tu veux nous fauver,
et tu nous perds. Tu veux que nous foyons heureux',
't tes agents fenment la diicorde. Tu veux que nous
comptions fur ton dvouement la patrie, fur ton
amour pour elle, et tu divides fes en fans. Tu veux
que nous foyons confians, et tu abuses de notre
bonne-foi. Tu veux que le patriotfine enflamme nos
ames, et tu nous parles en matre. Tu veux que nous
loyions libres, et tu prepares notre oppreffion.
Ah Van-der-Noor, nos ames dchires fe refuf-nrt
t'accufer davantage ; un fouvenir plus doux occupe
notre penfe : elle te parle au nom de la Nation ; elle
te conjure de rentrer dans fon fein.
SRends lui celui que nous aimions ; fiis-nous en-
tendre cette vYix qui calrmait nos alarms ; parais en
citoyen au iulieu d'un Peuple qui voudrait te chrir
encore : confclfe-lui ton erreur; affure de ton cour,
elle ne demand pas que tu fois infaillible.
Et vous, Meffieurs, prlats, nobles et doyens,
'empreff:z-vous d'adopter, pour rendre le calme aux
efprits, les moyens qui vous ont t tant de fois fug-
gers. Relitruez au Peuple l'exercice de fes droits les
plus facrs, et vous runirez tous les citoyens fous
les drapeaux de la patrie,
L'ennemi eft nos portes; il attend en silence le
final de nos diffenfions. Otez-lui ce funefle et dernier
fpoir. Que le mot de libert foit pour nous le cri de la
victoire. Refpectez la puret de nosvoeux ce ne font
ni vos droits, ni vos tiress, ni vos proprits que le
'Peuple ambitionne 3 la libert et la justice vous en
affurent la paifible poffeffion...... Mais defcendcz du
trne ; car vous n'tes pas nos fouverains, et vous
ne le ferez jamais. Les Etats de Flandres ont reconnu
les droits duPeuple...... Imitez-les .
Tant de coups portes -la-fois aux ufurpateurs, ne
tarderont pas dconcerter leurs mefures et cra-
verfer leurs deffeins. Dej le project d'une foufcription
patriotique s'excute d'une maqicire avanta.geufe. Dj
plulieurs abbayes et chapitres ont fait leur foulfcrip-
tiotn pour l'entretien journalier, les uns de 5o, d 'autres
de 6o hommes. D'autres citoyens, couverts du voile
de l'anonyme, ont envoy la commiffion plufieurs
fommes de 0ooo izooo florins.

FRANC E.
De Meaux, le I I mars.
Une calomnie atroce accompanie des circonf-
tances les lus rvoltantes; vient d'tre ddbite dans
quelques feuilles et papers publics de la capital.
Le Peuple de !eaux, y eft-il dit, excited par les
ennoinis de la revolution et foutenu par une troupe
de brigands, vient de renouveller les fce-nes l'nnplantes
de Paris, de Ttoyes, de Vcrfailles et de S. Denis.


JlO
Il a maffac, le chef de la municipality, M. Hou-
det, dput l'Alif ble national ; fa tte a t
promene au bout d'une pique ; pluficurs des ofli-
ciers municipaux ont fubi le meme lort: 'veque
pourfuivi par la multitude qui en voulait fa vie,
n'a d fon taiut qu' la fuite le feu a t mis dans
plufieurs quarters de la ville la garden national,
la marchauee un dtachement de cavalerie aal de
royal-Bourgogne, tout a t mis en fuite ou maf-
facr &c.
Le Peuple de Meaux ne s'elt aucunement rvolt
la plus grande tranquillity a toujours regn dans cette
ville, et la paix n'y a t trouble aucun infant.
Ni M. Hou et, ni MM. les officers municipaux
n'ont effuy la plus lgere infulte. Le Peuple de cette
ville et de tout le diocefe, pntr des bontes de fon
refpiectable prlat, le comble jouriellement de fes
hommages et de fes bndictions. Enfin, tout eft
Meaux dans le plus grand came ; et fi quelque chofe
tait capable d'irriter le Peuple de cette villu, ce -e-
rait l'outrage que lui font en ce moment les journaux
qui recueillent'et rpandent de femblables calomnies.
3a~- = -_*-~-- __- _..*" -- -_** -^-'-~ -_. -* ~, ,- .'"'
ADMINISTRATION.
MU NICIPAL I T DE PARI S.
jAfembl des reprfentans de la commune.


Les volontaires de la bafoche fe font prfents le
6 de ce mois la commune. M. Pitra, membre
du dparteneniit du domain, a rendu compete des
services qu'ont rendus ces citoyens pendant la rvo-
lution fur-tout pour la protection des convois de
bleds diftinds pour la confommation de Paris.M.Pu'ra
a rappell en.mme rems l'origine de la corporation
des volontaires de la bafoche, don't l'inftitution re-
monte au regne de Henri II, qui s'en fervit dans
les guerres qu'il eut foutenir dans la Guienne.
Il a t arrt que MM. de la bafoche prteraient
le ferment civique la commune, et l'ailemble a
vot d'lever un monument modefte, mais durable,
aux mnes des deux volontaires morts pour la caule
de la libert dans les premiers jours de l'infurrection.
Difcours prononc par M. le maire la itte de l'affem-
ble de lMA'. les reprefenztans de la commune en
recevant le f-rment civique de iMM. de la bafoche.

Meffleurs, l'affemble voit avec satisfaction le
defir que vous avez de prter le ferment civique; vous
venez apporter un zele patriotique cette aflenmble,
qui en a idonn tant de preuves ; elle va recevoir
votre ferment. Vous avez defir que je mie joignilfe
elle, et que le noeud qui vous unit vorre patrie
ft ferr par mes mains : cette marque de votre atta-
chement m'eft prcieufe. Si l'afaemnlee pouvait 'i gno-
rer, je lui ferais tmoin comment votre courage a
dfendu la chofe publique, comment vous avez pro
digu les veilles, les travaux, et brav les dangers
pour affurer nos convois de fubfiflances.
, Vous venez jurer de fervirla nation, et d'avance
vous l'avez fervie i ordinairement le ferment affure
les services., ici rle services affiurnt le ferment ; et
il y a cette circonitance heureufe et touchante dans
l'acte que vous allez confonmmer, qu'en mme teims
que vous jurerez d'tre fideles la naton, la nation
doit vous promettre le fouvenir de votre patriotiliae
et la reconnaiffance de tout ce que vous avez fait
pour elle ".

COUR DU CHATELET DE PARIS.
Du i5 mars 1790. Le tribunal du chtelet s'eft
affembl ce martin pour juger l'affaire de M. Pierre
Cur ancien matelot. Ce particulier tait prvenu
d'avoir fait des motions incendiairescontre l'Affemble
national; et d'avoir excit le people fe foulever
contre les deux ordres ci-devant privilgis, qui, di-
fmit-il, avaient bien plus d'efprit et de connaiffances
que celui du tiers-tat, et que ce dernier devoit les
dtruire de peur d'en tre la victim.
On a faith le rapport du procs.
M. de Brunville, a conclu ce qu'il ft mis au car-
can trois jours, et aux galcres perptuit.
M. Brunet, avocat et conifeil de l'accuf, a pris
fa dfenfe et a tch de dmontrer que fon client
n'tait qu'un fou, incapable de foulever le people,
et d'occafionner tous les dfordres ports dans la
plainte.
Aprs cinq heures d'opinions, Cur a t condamni
art cancas trois ours conicutifs ; lei premier place
Notre-Dame, ou il fera amende honorable; le second
place du Palais royal ; etle troifieine.place de Greve;
enfuire aux galeres perptuit.
N. B. On nous a fait observer de l'inexactitude
dans le compete que nous avons rendu dans notre
feuille du I1 de ce mois, de l'affaire de Mlle de
Galle, au fujet des billets de caiffe vols au domef-
tique de M. Chauchat de Bennaville, payeur 'des
Srentes ; nous nous empreffons de dclarer que M.
Chaiichat n'eft pas en caufe', et que lorfque le procs
fera inftruit au point de pouvoir donner des details
certain rfultant du procs lui-mme, nous k:s pu-
blierons exactement. Nous nous bornons dire,
quant prfenc. que Mlle de Calle, connue focus
le nom de Mme Sille, a t, ddcrtc- de priif-de-corps
par ifite des procs-verbaux, tant du diflrict des
Filles S. Thomas que d'un comnniifltire au chtelet


et d'une information, d'oi il rfilte que fa cor
a paru dans le teams, plus que fufpccte.
i-'-


Extrait d'une lettre adrejfe l'Amfeble national par
un Efpagnol retir dans la province de Labour.

L'auteur de cette lettre, g de foixante-onze'ans,
chef d'une funaille de 2 perfonnes, fe plaint de ne
pouvoir contribumer aux facrificesfraternels par le quart
de la valour de fon revenue, qui ne lui procure que le
flrict nceffaire pour lui et la nombreufe famlille:
cependant, pour prouvr-r fou patrioiifme, il fait ref-
pectu'uffemnent fon offrande qui rappelle les mellrs
Iimples des anciennes families patriarchales, .NO"
ofons nous flatter que le plus grand nombre de nos
lecteurs ne lira .pas fans attendriffeinent le rcit de
cette offrande, don't toutes nos expreffions'ne pour-
raient rendre la puret.
Les pnre et mere. Matthieu Defchamps, une tendr/ti
Anglique de Bela, un ctur droit.
Les enfJns. Jofeph-Antoine Defchamps, uneconque
de bled; Ccile de Mendlibar, une conque de mnais
Jofeph- Xavier )Defchamps, une oie j ~ incent
Delchamps, deux poules.
Ptits fils. Manuel -Andr Defchamps, dupo t
confitures ; Gafparite Defchamps, une paire de pi-
geons.
Encore u petit-fils. Eufebe Yfaguirre, une douzaine
d'oufs.


LIVES NOUVEAU X.

Le Guide des Voyageurs en Suife, prcidi d'
course jr ErEat politique du pays. A Paris, chez&B if,
libr. rue Hautefeuille. Prix z liv. to f. broch
liv, franc de port par la pofte. et
L'auteur de cet ouvrage a paff plufieurs anes
dans la Suiffe, et parait connatre le pays. Le difcuis
prliminaire le prefente come une victime du gou.
verncment ariflocradque et'fous un point-de vou
moins fduifant que les pangyrites qui l'ont prcd
L'ouvrage eit portatif et fait connaitre les obits,
fans indiquer le jugement qu'on doit porter fureuX,
et les fenlations qu'on doit prouver. Ces conlidr.
tions rendent cet ouvrage plus utile que les voynig
proprement dits.

A R 'I S.

GRAvU1REs.
Portraits de MM. les dputes l'Affemble nation
nalede 1780, d'aprs les deffins de M. Godefroy, lev
de M. David, peintre du roi, premiere, feconde troifieme livrailons. Prix 4 liv. chaque.
La premiere content les'portrairs du roi, de MM,
Bailly, de la Fayette, l'abb S.iurine, d'Auchy,Mvl,
?vloujins de Roq uefort freres, le come de JMirabeau,
La ieconde, ceux de MM. Merlin, Palfie de
Champeaux Andrieux l'abb Colter, Meurinere,
Nouffirou, Gagon, Gardiol.
La troilieme, ceux de MM. Lebigot, del eaure,
gard, Treilhard Hebrard de Fau, Durand de Mail.
lane le marquis de Crillon, Peruchaud Rigoutard,
J. B. Poncet Delpech.
M. de Jabin entrepreneur de cette collection,
prevoyant qu'elle entrainerait des avances confid.
rables pour la porter fa perfection, a cru. devoir
ouvrir une foufcription ,e 240 liv. jufqu'au premier
de mars, et affocier par-l fes travaux tousles
citoyens don't la reconnaiffance envers les autters de
la libert francaire fieible faire une loi de conc'outir
a l'acclration de cet ouvrage.
Al'poque du premier mars, confidrant que beau
coup de citoyens navaient pas encore ioulcrit, il a
prolong la foufcription fur le pied de z0o livres
p.Lur Paris, et de 3(6 lives pour la province, franc
de port, f.eulement jufqu'au premier avril prochain,
aux conditions de payer en foufcrivant 60 liv. ponr
Paris, et 6 liv. par mois, jufqu' fin de paiement
et pour la province, le quart d. la loufcription, qui
fera renouvelle auffitbt aprs la reception du'premier
quart de la collection, et ainfi de fuite, juiqu'l par-
iait pavement. Quoiqu'il fojt d ufage de ne fournirdes
livrailons qu' dater du jour de la citure d'unie foul
cription, chaque foufc.ripteur, depuis le premiernriai
jufqu'a udit jourpremi-r avril, en foufcrivant, recevia
quatre livraifons, chacune de huitportraits, etenlite
quatre livraifons de pareil nombre tous les mois, juil
qu'a parfaite collection, fans que ladite piorp-lii'ni
puifle nuire au service proniis, tant'aux prefiieis
foufcriptears qui oht'droit de l'exiger, dater du
premier mars, qu'aux foufcripteurs cardifs.
M. de Jabin efpere que cette augmentation pour
les derniers ne fera pas dfapprouve,fi l'on coifidere
que c.ux qui fe prefentent les premiers, cooperent
r'elt-ement l'enrepri'fe, et qu." par cette raifon on0
leur doic des awards Ctte mmie collection, quinle
r:vient aux qiicr.ipteurs qu'a 240 liv., coutera prte
de 6co liv. ceux qui n auront pas ourcrit. '
1 s biurcaux (de foufcription font chez lui,'rue
neuve Sainte- Genevieve, et chez M. Beljambe,
membre de plufieurs acadmies rue desPetits-
Auguitins, nO 3, F. S. G.


VARITS.











poise tli. Jean Ihop tal, unejacte ie lait; Catha-
lii de Luac un panier de poires Michel Inchaur-
llde tpanrier de fleurs.
'dei out le product du fol et de la maifon Def-
C'eflatoutlep
;hamps. MATTIIIU DESCHAIAMPS.


A V S DIVERS.

tfnfiotion polymathique national.

un teams o la libert offre un fi vafie champ
p ioifmine, o l'amour du bien public fe reproduit
fU s tant de formes diffrentes, et o tous les citoyens
doivent plus que jamais concourir leur utility rci-
rque,
Une focit de gens de lettres runis par l'amour
le plus dfintrerffe de la patrie et jaloux de meriter
citime de leurs concitoyens voue fes talens et fes
foins l'infiruction publique.
Cettefocit qui fe flatte de pouvoir remplir cet
importiet objet par le choix des membres qui la
rmpoflt ouvrira aprs Pques, au mufe de la
Ue Dauphine des course de sciences langues el
aris liberal; les avantages multiplies que prfentent
les diffrei s scoirs et le dfincreffement qui anime
h focir, lui touit elperer un accueil favorable du
pFulMic.
On donnera dans cet t.bliffement littraire un
ours d o doi, d'altronimie de physique expri-
enitale, de geographic de mathmatiques.
Uni course de I ingue latine, fuivant la nouvelle m-
thode, un course raniionn de langue et de literature
riraile et de toutes les langucs vivantes. Savoir :
1 ,is, l'allemand l'itaen et l'efpagnol.
Pour la parties des arts libraux il y aura des
ieons de deflin d'criture, de calcul, de danfe c
d' Crime.
Les perfonnes des deux fexes et de tout ge, except
les ciit.iis au-defIbus de dix ans, Leront admis a cette
cole ouverte pour l'aiour de la patrie.
Cette focit de gens de lettres n'ayant en vue
que l'utilit publique dans un tablifmli ent qu'elle
v.ac rcnidre accelible tous les citoyens, et fIuis-
faite, d retirur iimplenment l'es frais, te bolme au prix
le plus modique favor : 48 liv. pour l'anne entire
30 iv. pour lix mois, et 8 liv. pour trois mois.
On observe aux fourcripteurs que, pour mriter
leur coinfitnce, les perfounes chez lefquelles il faudra
feftirs iifcrire le plutt poliible,, s'obligent de rendre
le prixdela foutcription au cas que le project ne pt
pas s'reciiter.
On prvient que ceux qui n'auraient pas foufcrit
avant Jques paieront 54 liv. pour l'anune 33 pour
fixmois,et 21 liv. pour trois mois. -
M. Defenne, libraire au palais-royal, M. Molini,
libraire rue Mignon S. Andr-des-arts, font les per-
fonnes charges de recevoir la foul'riprion.
On prfentera au public une life des jours et des
heures oles difftrens course auront lien ainfi que
le nom des profeffeuts.
On donnera aunfi un concert tous les quinze jours.


ASSEMBLE NATIONAL,

Pre'fdence e de M. Raba.ud de Saiznt-Etienne.

SE ANcE D U MARDI 16 MARS.

M. d'Andr, dput delay Snchauffie d'Aix, ab-
fent depuis quiliqus mois come commniffaire du roi
eti Provence, demand prter le ferinent.patriotique.
De nombreux applaudillimens font connairre M.
'Anidr les regrets qu'avait cauf fon abfence et la
fatisfaction qu'prouve l'Affemb!'e des services qu'il
a rendu dans l'exercice des functions don't le roil'avait
charge.
Surle rapport fait par M. l'abb Gouttes, au nom
du comit des finances, 1'Affemble autorile la ville
de Touloufe emprunter 0oo0,oo livres 5 pour loo:
cette fomii-ie eft deftinee entretenir des atteliers de
charity o l'on occupe o1,ooo pauvres: elle doit tre
remnboiure des propres deniers de la municipality.
L'article XIII du dcret fur la gabelle ell mis
2 la difcufflon; il eft ainui conu : une contribution
de deux millions, formant les deux tiers lfelement du
revenue que le trfor natioi-ul retirait des droits de
"trite de toute efpece, tablis fur l.' transport diu fTl
deftin la confommation des dpartemens et des
dilricts qui formaient les provinces branches et r -
dines, fera rpartie fur ces dpartemens et ces dif-
trict, en raifon de la confommation que chacun de
'es dparteineus et de ces diftrictsfailat du fel fournis
Sces droits,
L. Maloiet. La rpartition de deux millions fir les
provinces rdim-:s )pourrenirilieu des droi" de iiaire,a
Occarioninlesrcl. nations des dputs deplufieurs pro-
vinces.Quoiqu'elles 'inlt t mnl accueillies, je pr'i-
me que vous ne rep,'vfferez. pas le moyen de les fti' e
celfer, en n nuifanit pas aux provinces de ie rit: s i de
grades nabelles. Pour prr'f:nt,'r mon opiiiiin, je *mis
oblig d'emrbralitr qu. iqules-ilus des articles fuivans :
j'eXamine et r.'ponds d'avance deux objections.( iu a
dit qu'il te s'agir pas d'une imposition general, mai


311
d'une conversion d'impts, et que cette conversion,
mode le plus facile et le plus prompt, doit tre pr-
fr. Je rponds fur la feconde que c'efi d: ctce
maniere que nous fommnes arrives a tous nos maux ;
fur la premiere qu'une rpartition de 60 millions efl
trop confidrable, pour ne pas affected en bien ou
en mal le fyltmne gnral d'impofitions. Je remarque
d'abord que la difficult du replacement de la ga-
belle vient de ce que le people cil accabl : il ne le
ferait point, i l'on n'avait viol toutes les proportions
entire fes befoins et ceux de l'Etat, entire les impofi-
fition directed et les impofitions indirectes. L'An-
gleterre fipporte une maffe d'impts, proportionnelle-
ment plus confidrable que la ntre et cependant
l'agriculture, le commerce et les manufactures y font
dans une grande fplendeur, tandis que chez nous tout
fouffre. Cette difference vient de la maniere don't l'ini.
pot direct efttabli. En Angleterre, cette efpece d'im-
pt eft feulement le huitieme de l'impofition total i
en France, elle forme la moiti de la malfe-gnrale ;
elle eft combine de maniere qu'elle attaque les forces
du travail et de l'induflrie. Je demand, d'aprs-ces
confidrations fi la premiere operation fur l'impt
ne doit pas rappeller les principles purs et fains d'un
fyflme raifonnable ? Il ne faut pas vous mettre hors
d'tat de ralifer ce fyftrme, i faut le prvoir ; la
gabelle vous en offre l'occafion : fi en fuivant les
principles nous parvenons accorder un foulagement
rel, la confiance et le credit ne manqueraient pas
de renatre. Je reviens la nceffit de proportionner
l'iimtd direct l'impt indirect, et je penfe qu'on
doit partager les 6o millions de la gabelle entire ces
deux efpeces d'impts. Dans les provinces rdiimee
l'accablement. eft extreme ; ne lerait-il pas raifon-
nable de faifir le moyen de foulager routes les pro-
vinces la fois ? Ce moyen le trouve dans l'obfer-
vation du principle de la proportion entire les impts
directs etlesimpots indirects. La gabelle n'eft devenue
odieufe que par le rgime qui tait fuivi, et par
l'excs de fon poids; il eft dmontr que les conform
nations les plus .ufuelles font celles qui comportent
le plus aifinent les impofitions : en Provence les
impts les plus confidrables exilient fur le gain tt
la viande ; ils ne font point odieux parce qu'on lic
Ues diftingue pas des chances du commerce et d '
bnfices du marchand. Si vous adopted !e plan pro-
pof par'des fermiers-gnraux, fans leur accorder
d monopole et en profcrivant toute forme odieufe
vous pouviez retire des avantages trs-cofi ilerables
f.r le fel mme. (On demand la question pralable).
J'ai ac combattre une opinion trs-jufitemnt applau-
di, celle de M. l'archevque d'Aix. ( On rappel
a l'opinant qu'il s'carte de l'art. II, et des-lors di
'objet de la difcuflion ). Puifque vous ne me per-
mettt-z pas de dvelopper cette parties de mon opir
nioe, je fupprime les dtails de mes motifs ; je pro-
pole donc, premirement, de fe procurer un bn-
ice de vingt millions fur la vint du fel en fuivani
e pan des fermiers-gnraux ; deuxiemement dt
lp itir fur les provinces des grandes gabelles un im-
oc indirect de vingt millions ; troifiemeent d'ta-
.ablir un droit de timbre calcul vingt-quatre mil-
lions, ain de dcharger les provinces rdimes du
droit de trrite, et d'une romme de trois millions fur
leurs autres impofitions i j'aurais notifi ce plan de
maniere peut-tre vous le fire adopter fi vous
i'aviez permis.
M. l'abb Dillon. Je demand qu'on ajoute I l'art. I),
come. on l'a fait l'article Il, ces mots : provi-
foirement et pour la prfente anne feulement".
M. de Richier expose les droits normes qui font
perus en Saintonge fur les marais alans ; il demand
que ces droits foient aulfi fupprims, et propose er:
confquence un amendment.
M. D."pont. Vous avez voulu que les provinces en
gfnral fuffent impofes raifon de leur revenu,et
que celles qui ne font pas foumifes la -gabelle ne
lupportent aucune parties du replacement de cet
impt, auffi votre comit fe gardera bien d'adopter
les propositions que vousontprlentees MM. Maury,
Cazals et Malouet. Le timbre devrait porter fur
routes les provinces la fois; et, come je viens
de ledre le replacement ne doit s'etendre que fui
quelques-unes. Vous trouverez fans doute placer
cette ide, pace que vous aurez iirement de nou-
veaux iremplacemens ordonner. On vous a fait des
difcours tres-favans fur les impofitions de l'Angle-
terre 5 mais on ne fonge pas qu'en Angleterre les ri-
cheffis font plus grandes que le commerce et 'agri-
culture font plus favorils : cent ans de liberty ont
donn chaque Anglais cent cus de plus manger.
Quand nous aurons joui de la liberty pendant cent
ans, nous verrons. On prtend que la clafle qui
travaille fera trop foulagee imais c'efl le travail qui
met en valeur les richefles territoriales et coiimer-
ciales ; c'ef le travail qu'il faut proteger. On a dit
qu'il fallait atteindre les capitalifies: la propofiion que
vous fait le comit remplit cet objet, puifque nous
oitrons un rempiacement, don't une parties fera en
accroilL,,ment de l'impofition territorial et de la
capitation, et que le rlle porter lur les octrois ,
ou fur tout autre objet qui fera indiqu par les villes.
-- J'adoptec l'mendement de M. le cur Dillon, et
j prpoie d'ajouter l'?orticle,apis les imorsf,nch es
et red lncs ceux ci : qui patient des droits de tailtes.
Oii tronvcra peut tre que c'eft-li une rptition
d!eagr.;b.c ; mais quand on fait des dcretsi, on ne
lict pas des dilcours acaddmiques, et il laut tre
cia'r.
L'ameniement de M. Richier eft adopt faufla
rdaction foin auteur le decline tre plac apres


ces mots : Des droits de traite de toute efpece . Il
efl conu en ces terms: = Ft tous les autres droits
qui fe peroivent fur les fels l'extraction des marais
llins, fauf ceux qui ont acquis ces droits le
fire rembourfer de leurs finances par les voies de
droit.
L'article eft dcrt avec les amendemens de MM.
les cur Dillon et Dupont.
M. le comte de la Blache faith, au nom du comit
des finances, le rapport du mimoire prefent par la
municipalit de Pais.
Vous avez charge votre comit des finances d'exa-
miner le mnmoire de la municipalit....
La parties droite du prfident iiiterrompt le rapport.
teuir.
M. de la Blache recommence ; chaque fois qu'il
pronounce le mot municipalit il eft de nouveau in-
terrompu, et l'on crie il n'y a point de munici-
palit.
M. de la Blache continue. Ce project, digne de votre
attention, a dj paru runir une parties des fuffrages.
L'examen attentif auquel nous l'avons foumis, n'a faith
qu'augmenter l'ide que nous en avions conue. R-
tablir le credit et la confiance faire reiratre le
numraire don't la difparution caufe toutes nos in-
quitudes, et donner de la vie aux aflignats, tel eft
l'objet important du mmoire de la municipality de
Paris. Ce project ne fe lie point votre plan gnral ;
mais s'il eft conforme tous vos decrets, s'il offre
le moyen d'atteindre au commencement de 1791
ne doit-il pas tre accuuilli ? Si nous parvenons
dg:ger les finances de leurs entraves, aprs avoir
org: nif les municimalits les diffricts et es dpar-
remens, quel court ige ne trouveroas-nous pas pour
parcourir la carrinre qui s'eft ouverte devant nous?
Nos maux,,prfens donnent lieu aux alarmes qu'on
rpand pour l'a\ enir : on oublie donc que nos re!fbur.
ces font certaines on fermre donc les yeux fur les
moyens qui nous font offers, et que nous faurone
employer. Si 60 annes d'une mauvaife adminiftra-
tion n'ont pu dtruire ce beau, royaume, que fera
une nation revenue majeure qui veille enfin fuir es
intirrts qui s'occupe de fes propres affaires, qui
veut, qui peitr, et qui a promise de remplir' tous fes
engagemens ? Nous ne nous tendrons pas fur le d-
tail des maifons religieufes don't la fupprefiion vous
elt propofe e cette dilcuffion ferait inutile et prma-
ture. Votre dcret du 19 dcembre eft tout la
Cois l'objet et la matiere de la dircuffion qui nous
occupe. Vous avezordonn qu'il ferait fait une vente
des biens du clerg et du domaine en valeur de 4oo
millions, et que le prix de cette vente fera vetrft
dans la caiffe de l'extraordinaire. Les befoins pour
lefquels cette vente a t ordonne font inflans il
s'agit d'y pourvoir fans dlai ; vous fentez qu'une trop
grande concurrence dtruirait les avantages de la
vente, et que fi elle tait trop taidive, le royaume
ie ferait pas fauv.
C'eft au milieu de ces embarras que la ville de Paris
vient propoferde fe porter pourintermdiaire entire 1a
nation et le public; elle demand acheter pour o20
millions i elle donnera i millions en i5 obligations,
payables en y ians d'anne en annee ; elle rpan-
dra un numraire fictif, le plus folide, le plus com-
mode que l'on ait jamais imagine. On attribuera ces
billets un intrt antiuel de 4 pour 1oo, qui, diftri-
bu tous les mois par chances, augmentera l'attrait
de ces effects et en rendra le debir plus facile. La
inunicipal'it demand tre autorife fire un em-
rtunt du tiers de la vateur des biens don't elle fe
chargera, afin qu' tout vnement elle puife diffrer
les ventes, et attendre le moment tavorablc. Dej la
municipalit a rLu des :. .i-, ii;,I; importantes. Cat
emprunt ne cloit pas tr- confoidu avec les autres
emprunts ; fa foirnie efl borne et fa durt dter-
mine. Des que ces prliminaires front arits ,a
municipality recevra des enchlers fur lus eft~'iations
qui front faites. Elle demand, pour l'emploi de fon
credit et pour ifs foins, non pas le quart, non pas
le ti:rs des i5o millions, mais le quart du prioduit
des ventes au-del des 15o millions, tous frais dduits.
Cette demand, qui n'd environ que de la feiziemi
partle de la valeur total, et qu'on p-ut arbitrer un
million par an, nous a paru peu confidrable pour
une administration aufi vafte et pour une reffource
auffi utile. Chaque minicipalit pourra prendre fa
part dans le plan et dans la yeconnaiffance de la Na-
tion. Nous Commes autorifs vous dire que la ville
de Paris pcrndra une fomme moins confidrable des
biens vendre, fi l'emiprffement des autres munii-
cipalits l'exige. Les billets pourront porter l'indi-
cation des imunicipalitis qui front chariees d'excuter
une parties des ventes. U'valuation doit tre faite par
des commiffaires choifis par vous et par la munici-
palit.. .. On a obiect les dettes du clerg ; mais les
biens ecclifiaftiqiies font plus forts que ces dettes.. ..
Le comit ,ente donc,
il. Que le project de la municipalir de Paris facility
la vente dpcrte, et en accl re l'effet, fins d;'r-
cicr les objets v.,ndre par trop de precipitation et
une concurrence danugereuf:.
z0. Qu'il done lieu a une creation dp papiet cir-
culant, qui luppl'era av-c advantage aux billets d- la
cIilfT d'etcompte, et remettra le numraire dans la
circulation.
0.o Qa'on ni doit r e'etter en auictine maniiite l
biu'ice qui cra acc-r , dlf u qil eil c)m nun n
vilie le e Paris et amix autr es villes du royaumne, et
qu'il f.rai emphoy d.'s obj"r- utiles.
4 ()Qe ce pilan tet li, irCairc.ment avec les vues
manifeLftees dans vos diht.Tcnns ddcrets.












t'Affemble national fera fans do.te auff frappe
'que nous de la nceffit de dgager la revolution de
l'influence de la finance. Le comit m'a charge de
vous prfenter le project de dcret fuivant :
L'Aflemble national approuvant les bfes du
project propof par la municipalit de Paris, dcrete
ce qui fruit:
i. Les biens du domaine et les biens ecclfiaf-
tiques, don't elle a prcdemment ordonn la vente
par le dcret du 19 dcembre, jufqu' la -concur-
rence de 400 millions, front inceffamment vendus
la municipality de Paris et aux principles munici-
palits du royaume, auxquelles il pourrait convenir
d'en fire l'acquilition.
I*. Il fela nomm cet effet quatre commif-
faires, qui front pris ; favoir, un dans le comit
des domaines, un dans le comit ecclfiaftique et
deux dans le comit des finances pour avifer con-
tradictoirement avec des membres lus par la muni-
cipalit de Paris, leftimationetau choix des objets
vendre, jufqu' concurrence de deux cents millions.
3'. il fera rendu compete, pralablement par les
commiffaires, du refultat du leur travail et de l'eti-
mation des experts, dans le moindre dlai poffible.
4. L'alination definitive et l'acquifition defdits
bii.s fera faite aux claufes et conditions continues
dans le project de la municipalit de Paris, la charge
par elle de tranfporter aux autres municipalits, tells
portions de biens qui front vendus aux mmes claufes
et conditions.
o. Nonobriant le terme de Iy annes, les coni-
mit lires de l'Affemble s'occuperont de rapprocher
les terms de la liquidation ; et, pour y parvenir plus
efficacement, l'Affemble ordonn que les inunicipa-
lits front tenues de mettre des effects en vente ds
le moment o il fe prfentera un acqureur qui por-
tera les effects au prix fix parl'eftimation des experts ,.
M. Bailly. On a dit nue la municipalit a demand
un bnfice de 5o millions ; on a prrendu que les
services qu'elle offre foutinrreffis. L'alfrtion du a:t
eft inexact, le reproche efinjufte. Je demand juftice
pour la ville de Pari,, non come maire, il n'eft
pas cenf prfent vo re fance, maie come d-
put. La .mrunicipalit a propof une opraritn dans
laquelle elle croyait pouvoir obtenir le quart des
bnfices au-defus de cent cinqu.inte millions, le-
quel, en fu 'pofnit que la vente s'l!vera deux
cens millions, produira un advantage de feize millions.
Les gnreux citoyens qui ont pris les armes le 13
juillet (on murmure droite, on applaudit gauche),
-qui ont pris la-Bafftille le 14 .et qui vous ont d-
fendus ne font pas des gns intreffs ( les mur-
mures augmentent, les applaudiffl nens redoublent).
La municipalit de Paris a prtendu des advantages 9ui
feraient partags par routes les autres municipalities :
en vous proporant un plan, il falait bien une flipu-
larion. Mais d'ailleurs uelle a t la caule de notre
demand ? Elle a pour objet de foulager Paris, et de
fauver les citoyens qui nous ont tous fauvs. C'eft
.Paris qui a affur la revolution, et cependant tout
le poids des circonfiances eft retomb fur lui :Il
les penfions font lipprimes des penfionnaires ha-
bitent Paris; fi les paiemens de l'Htel-de-Ville font
fufpindus, les trois-quarts des renters habitent Paris,
Les gens riches qui ont abandonn le royaume ha-
bitaient Paris.... On eft tous les jours oblig de pour-
voir aux befoins d'un trs-grand nombre de citoyens;
le roi, les gens riches, les reprfentans du Peuple
et tous.kls cioyv-ns aifs fant venus leursiecours;
depuis fix m )is le Peuple de Paris ne vit que d'au-
mnes, Fe ji e ncrains pas de le dire, puifque s'il
f .ni il fouffre pour la libert. Il a fall de grades
d.penfies il a fa!lu armer la milice, qui n'a pris
le; varies que pour votre dfenfe ; c'eft pour la
caufe publique que la municipalit a pris des enga-
gmiens confiderabls ; les maux don't nous giniffons
n1 front pas ai'imnent guris ; vous jouire7. dj
de la revolution, que Paris en fouffrira encore.
Si nous avons propo!f d'employer ce bnfice des
objets qui paraiffent tre des objets de luxe, c'eft
afin de pouvoir offrir du travail aux ouvriers : les
officers municipaux qui lott les.perus du Peuple,
ontr d penfer lui. Nous prvoyons les maux l'ont
nous aurons encore gemir. Le plan propof peut
fauver la Naion ; nous demandons que Paris ne foit
pas cral par ls fuites d'une revolution o il a eu
tant de part, et don't il a rfpporti tout le poids. La
vlle de PTis s'en rapporte a l'Affembie ; fon inten-
tion a t d'tre utile la chofe publique j elle
comptera pour rien tes propres interests.
A. de Cafals. J'oblerve que les difpofitions que
viennent de fomiiettre la municipalit de Paris et le
comnit des finances, font relatives a toutes les parties
de l'conomie politique, et qu'il eft inpoffible de les
apprcier fans les connatre i je demand l'imprefflon
du rapport du comit, et l'ajournement deux jours.
M. le Chapelier. Le rapport du comita n'eft que
Tlapprobarion d'un plan prlent il y a huit jours, et
qui eli dans nos mains depuis cette epoque. Toutes
les reflexions doivent avoir t faites par tous ceux


qui ont voulu le lire : c'efl vouloir perdre dr tens
que de demanider un ajournement.
( Ja fi;ite 2a remain. )
L'tendue de cette fance ne nous permet pas de
la donner aujourd'hui touce entire, nous fommes
obligs de nous borner annoncer que l'ajournement
n'a pas t adopt ,et que la difcuflio a peine t
commencee.


TiATR ITALIE N.

On juge fans rigueur un ouvrage donn fans pr-
tention: c'eft ce qu'a fait hier le public en voyant
le Difrict de Village, et c'eft ce que nous ferons nous-
mmes, en parlant de cette piece. C'eft vritablement
une journe de Difirict ; c'eft 'Affembile dans tous
fes dtails, fouvent difians toujours tumultueux.
Un bon cur et un bon feigenur y donnent le pr-
cepte et l'exemple de l'humanit et du patriotiline.
La femme du feigneur parat tenant fon fils par la
main; et en ptofeffant les fentimens de fon poux-,
et en promettant de les fire entrer dans le ceur de
fon fils, elle a rappell un souvenir encore cher aux
bons citoyens.
L'auteur a fait entrer dans ce cadre le quart pa-
triotique, le ferment civique et la ftatue du roi, au
dnouement, qui a t trs-vivement applaudi.
Le public, et l'auteur ( M. Desfontaines ) ont d
tre galement fatisfaits de cette reprfentation; l'au-
teur ,parce qu'il a reu tous les applaudiffemens qu'il
pouvait prtendre et le public, parce qu'il a trouv
cans cette bagatelle du moment, ce qu'il devait rai-
fonnablement efprer d'une piece de ce genre.

TH ATRE DE MONSIEUR.

La premiere impreffion d'une mufique nouvelle,
't plus encore d'une mufique neuve, eflt fouvent
fi tiompeufe, qu'on peut s'tonner de la precipitation
que mettent quelquefois la juger, d'aprs une pre.
miere reprfentation, ceux qui prtendent ou peuvent
influer fur les jugemens du public.
11 y a des ouvrages don't les beauts faififfent au
premier cuiip l'auditeur, il y en a auffi don't le mrici.
a befoib d'tre reffenti, rapprci. Les uns font ordi-
nairement les enfans du gnie, les autres font le plus
iouvert les fruits du favoir ; les tins ne veulent de
juge que le sentiment, les autres en appellent l'tude
et la rflexion.
Il m'a paru que l'opra hro-comique donn lundi
dernier au theatre de Monjieur, quelque fuccs qu'il
y ait obtenu i eft du genre de ceux qui s'adreffent
aux connoiffeurs plus qu'aux amateurs., et par con-
fquentdiu nombre de ceux don't le premier jugement
ne doit pas tre le dernier.
La Grotta di Trophonio, ou l'antre de Trophonius,
eft le fujet et le titre de cet opra. L'on fait que dans
la croyance fuperflitieufe des grecs, ceux qui vili-
taient cet antre merveilleux y laiffaient leur gat ,
d'o vient le proverbe qu'on appliquait aux perfonnes
mlantcoliques il fort de l'antre de Trophoniuss.
L'auteur de notre pome a enchri fur cette ide ,
en donnant fa grotte la double vertu d'attrifter ceux
qui font gais et d'gayer les plus frieux et par
Sleffet d'une double iffue, elle peut encore ragir in
fens contraire, fuivant que l'on entire ou que l'on
fort par l'une des deux,
Un pere a deux filles jumelles,mais d'humeur op-
pofe;l'une enjoue, badine et foltre, l'autre frieuii:
jufqu' la philofophie:elles ont chacune faith choix d'un
amanten tout conform leur caractere et a leur got;
le pere content d'en faire leurs poux. Le hazard porte
ceux-ci dans la grotte du devin ; ils en fortent telle-
ment changes ,que chacune de leurs maitreffesles me-
conna et eles fuit. Cette premiere fcene, qui occupe
le premier final, offre des contraftes plaifans et des
situations comiques. Malheureutement on prvoit des
lors tout le refte de la piece et cette prvoyance li;i
ltc tout ce qui pouvait la rendre piquante.
Les deux amans rentrent dans la grotte par l'endroit
d'o ils en taient fortis, et retournent leur humeur
premiere. Mais les deux jeunes filles conduites a'ili
a l'antre miraculcux, prouvent, leur tour, le mme
changement ce qui produit, l'gard de leurs amans,
le mme genre de Ienfations.et de situations. Une
feconde entre les rend leur premier caractere. L'on
fent que cette fuccelfion uniform de mtainmrphofes,
fi aifment prvums, n'offre qu'une redite de scenes
fymtriques;leur monotomie vient encore de ce qu'au-
cun intert ml la piece n'a pu introduire, dans
toutes ces positions, aucune ruance de varit. Je
penfe que cela eft un dfaut inhrent la conception
de ce pome ; mais qu'il ferait poffible d'laguer des
dtails qui concourent le fire fentir plus vjve-
ment, come, par example, les alles et venues
continuelles de Trophonius.


Ce fujer cemme l'on voit, offrait la i,
des oppofitions et de,s contraftes fufceptibles j..1
mus en meme tens la grande difficult de tli
en le rptant fans cefle, et de le reprodi evlflet
les Immes tormes, fans pourtant fe reiebit.fous
pour tout art, et fur- tout pour le mufie er, 'e
a(che trs-pnible, et que M Saliri qucera un
rempli avec fuccs, peut tre pas affez tan-"'ne
ment au gr de ceux qui fans apprcirles dif
cults d'un fujet imputent' au imuicien le cf,
du pote ou qui, ne jugeant que par leIs fen
dions, veulent tre remus fans fe prter aus effor.
de lPart. eter aux efforts
Au reffe j, ai annonc que cette mufique ,
befoin d'tre rentendue pour tre bien juge,
me contenterai de dire, dans ce noinen gee
y applaudit avec transport un grand nombre
morceaux, entire autre un trio qu'on a redenand
un air de Mlle. Balleti, deux morceaux de
ganoni et gnralement tout ce qui tieiit' la
parties infirumentale. qui y et traite en grai
matre et parat conflituer le mrite princilp da
cet ouvrage. d

- -- ----- -- ---------......
SPECTACLES.

AcADMIE ROYALE DE MUSIQUE. Auj. 17, a
profit des pauvres. Orphe et Eurydice, de Glur
et Tlemaque dan life de Calypjo, ballet hdroiue
en 3 actesp par M. Gardel, matre des balletsde
ladite academie.
THATRE DE LA NATION. Les condiens fran.i.
ordinaires du roi donneront aujourd. 17, lemariage
.Figaro, com. en 5 acres, en profe, avec fes agrmens,
Dem. 18, Philineeou la faite du Mifuithrope.
itHATRE ITALIEN, Auj. 17, spectacle demand
le come d'Albert; et les deux Petits Savoyards. Dem. 18
3e reprf. du Difirict de Village, coin, en I acte,
en profe.
THEATRE DE MONSIEUR. AuJ. 17, la 3e. reprg,
de la Grotua di Trofonio, opra.hro-coin. italmu.
lique del fgr. Salieri. Dem. 18, le Badinage dange.
reux i er l'ife enchante.
TI-iEATRE PDU ALrAIS ROY.AL. Aul. 17, EfiPF
la Foire, com. en r actere le SoldatPru/fle, en3, actes,
et Ricco en 21-tcs.
PETITS COMn DIENS de S. A.'S. Mg. le comted
Be mljo'ais. A uj. 13 la falle des Eleves, boulevard
du Temple, la belle EfPlave, oprn-bouffon en I acte;
Grijfouec coin. en i acte; et les Dguiji'mens amoii
reux, opora-bouffon en 2 actes.

;'AIEMENT DtEI RE1iNTE DE L'HOTEL-Df-VILL DE ARII
Six derniers mois l7i8. MM. les payeurs font la lettre ,
Cours des Changes trangers 6ojours de date. Dhier,


.\cnfeetdan. 51 a 50 $.
.\;nbourg .... zr6,. A.
L~ondcres. a6.. .0I aj
fianix. 15..ri 1. nS


Madrid. i 1. i 9f 6d,
Gnes.......... 99.-
Livourne....... Io8,
Lyot, Rois,4 p.; b,,,


Cours des effets royaux,
Actions des Indes de 25oo liv. ........170.1700.
Portion de I 00ooliv ........... ,........,,...'
Portion de 312. liv, o f.............. .. ..... ..
Porcion de 0oo liv ........................
Emprunt d'octobre de yco liv........... .-.0,
,oterie Royal; de 178o, 12oo livres..........
Primes ................... 1789, z4..5 perte,
Lot. d'avril -83- 6 o l) billet ....... 24 perne,
.or. d'oc. 4co liv. le bjilkt. . f. 2i.z2 ~.4. perte,
nmpr. de dcc. 1782., qifitt. de fin........ Spert,
Enipr. de I z; millions. ))c. j.784. .. 15 . 5 .pet.
Empr. d l < o .il a.;'.n, avec bulletins...... 2 perte
Quittanc s dc finance fans bulletin......17 t perte,
.lem forties. ........... . . 14 14 '. perte.
Bulletins ................... ............... J.
/aem fortis............................... ,
k'i cornnaifl'ances de Bulletins............. 71** .'
Idem forties ..................... ....... I0
Eniprunt du domain de la Ville, frie non fortie..
-- Bordercaux provenant de frie fortie........
Empr. de nov. 1787 ........... .. ...........
Bordereau de la chance en viager ..........'''
Lots viagers............................ ..
Lots des h6pitaux ................ .... 19rte
...ai : . ... .................. . .80
Cai ff Id'ef............................
--Ellampe ............................
Bordereau de la Cailfe.......... 168.17.i"i' "'
Quirt. en change des actions des eaux d Paris..
Actions nouv. des lnd........ .... ....9363 3
Afliir.iices centre les Incendies...........* 442 '
Idem- vie................... .... .... 40"


On s'abonni e a Paris, hrotlde Th/ou rue des Poitevinss, on au R bureau des :.' e r de Paris rue neuve S. Azufiini. Le prix, e f pour Paris,
8 liv. pour trois mois, 36 lii'. pour fx mois, et de 72 liv. pour 'amze ; et pour la Province de zz liv. pour trois mois 4 liv. pU
moist, et 8z1 liv. poirl'ainne, franc dle (:poti-. 'on znei s'aboln.e qu'au commencement de ch/que mis. On/ ou/ric auf.rj clhezltous les Libraire de
France et les Directeurs des Popcs. C'/2 M. Avubry Directeur du Bureau de la Gazette Nation ,le, re des Poitevins, no 8 'u'i2.fu
adrefer les lettres et I'a;rgent, fratn de port. -- Tout ce qu/i concern la com.poftrion t la rdaction de cette Gaait.e, come Lres,
Carter MufiYeguc, &c. doit itre ad u Rddacteur de cette Feuille, rue du Jardinet, maljon de l M. Carafle een face de la rue de 'Ep.ton'


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