Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
This item is presumed to be in the public domain. The University of Florida George A. Smathers Libraries respect the intellectual property rights of others and do not claim any copyright interest in this item. Users of this work have responsibility for determining copyright status prior to reusing, publishing or reproducing this item for purposes other than what is allowed by fair use or other copyright exemptions. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions may require permission of the copyright holder. The Smathers Libraries would like to learn more about this item and invite individuals or organizations to contact Digital Services (UFDC@uflib.ufl.edu) with any additional information they can provide.
Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

Related Items

Succeeded by:
Moniteur universel

Full Text








GAZETTE NATIONAL, ou LE MONITEUR UNIVERSAL*


MERCREDI 1o


No 69 /~~


M A RS 1790.


POLITIQUE.

RUSSIE.

-A la fin de l'empereur, devenue prochaine,
a fit prenidre cette cour des precautions. S. M. I.
Senivoy aiuprs du roi de Pruffe ; mais il n'ei pas
probable qu'il n'y ait rien de change aux difpofitions
rifes entire la court de Berlin et a Pologne.
Les' piparatifs de guerre fe continent Pters-
boi ., Nuit et Iour on y travaille avec une aideur
infatgable. M. le gnral Muulin-Puchkin fera reil -
plhc dans le commandement de I arme par le ge-
iral de Soltikow, qui a command dans le Cuban,
d'o il eft revenue Ptersbourg.
L'impratrice, s'il fiut en cioire les dernicres
nouvelles, pour lefquelles les circonftances follicitent
toute confiance parait enfin difpofe la paix. Elle
veut bien r nonci r tous ces prliminaires, plus
propres fatisfaire la vanit des course, qu'a bien
fe.,ir leurs vritables intrts. S. M. I. n'exigera
donc pas qu'avant tout on l'indemnife des frais d'une
guerre don't la prtendue inj'.ftice eft fi facile
rtorquer de la part des Turcs, qui, fatigus des
plus hmiliantes ufurpations, ne fe front dt-rmins
i commencer des hofti its ouvertes et lgitimes qu'
laderniere extrmit. Le cabinet de Ptersbourg s en
tiendra a poffeflion paifible d'Oczakow et aux au-
tres conditions don't' nous avons dj parl no. 65 ,
et ne fera pas valoir ce prambule de trait que
le prince Potemkin n'a pu propofer aux conferences
de Jalfy, dans les terms que l'on a ainfi rapports :
a Que la Porte, par fa declaration de guerre a dj
caule la cour de Ptersbourg une dipenfe de vingt
millions de roubles ; mais que nanmoins l'imp-
ratrice tait encore en tat de continue la guerre
aufi '.. ,- t:;- qu'il plairait la Porte dans le cas
que celle-ci n'acceptt point les articles propofs,
et qu'elle dclarait de la maniere la plus :olen-
nell, qu'alors il ne faudrait plus penfer la refti-
uition des pays que tes armes avaient dj conquis
ou pourraient conqurir encore ,,.

S U E D E.

De Stockholm, le 1z fvrier.

On croit que le roi Le rendra au commencement
du mois prochain Carlfcrona, pour examiner la
grande flotte q' i, pendant cette champagne, fera en-
core fous les order s du duc de Sudermanie. Les deux
divisions ordinaires front commandes par l'amiral
Mode et le ,olonel Lejonank:r. Le roi a accord
fa dmilion l'amiral Ehrenfchwaerd qui fera ,
dit-on, remplac par le Le!,tenant-colonel de Ste-
dingk. lMais les prparatifs pour la champagne pro-
chaine nuifent beaucoup au credit public. Les billets
royaux contre l'argent de banquet ont baiff de
dix pour cent; ce qui a amen un double course
dui change, qui a jet le dfordre ' la Bourfe et m-
content les ngocians. En vain le confeil de com-
merce a cherch obvier au mal la mfiance s'eft
encore augmente par la dfenfe de l'crit priodique
des bourgeois.
Un incendie confidrable a rduit en cendres, le
6 de ce mois, la ville de Jonkoping, dans la pro-
vince de Innland.

ALLEMA GN E.

Nous avons nglig un fait qui a t recueilli par
tous les autres journaux ; c'eft le trait du docteur
Quarin, qui, mdecin ordinaire de l'empercur, a eu
e courage tant admir dans les course, d'annoncer
a fon aigufle malade la deplorable vrit que fa fin
et:it prochaine. Cette franchise du docteur, fi comn-
'iine au chevet des maladies vulgaires, lui a mrit
nile gratification magnifique et furtout la patent de
rol'" pour lui et fa poftrit. Mais c'eft la fer-
iet des derniers moments de l'empereur que l'on
doit fa furprife. Quelques perfonnes, il eft vrai,
"n nt pas la force d'admirer la fcene terrible ou l'ar-
chiducheffe, invite, malgr fa situation, venir
recevoir les adieux de S. M., a trouv la mort
22 ans.
Le floicifme de l'empereur aurait pu manager
advantage la dlicateffe d'une femme qui lui tait
auff' here. Le prince de Kaunitz, les gnraux de
Lafcy et Laudhon pouvaient feuls s'expof,,r ces
dplorables infians. Quand S. M. les appelafes anis,
et d'une voix moourante leur dit qu'ilfailait fefiparier,
ls avaient, pour supporter, ces dernierres faveurs, iun
,urage que l'arcliducheffe, jeune fenfible et prte
accoucher, ne pouvait avoir en recevant uin er-
rc embraffemient qui a termin les jours. Re'flexions
u nous paraiffent confornies la fenfibilit que
Public a montre au catafalque de la princeff ,
dont le corps .a t expof dans une chapelle de la
our,


L'affurance et la forte de tranquillit don't l'em-
pereur a paru jouir dans fes derniers jours, font
d'autant plus extraordinaire, que ce prince fcond
en projects, et toujours impatient dans les vues qu'il
prenait volontiers pour des dcrets, n'avait cefl de
s'informer du fort des provinces belgiques, come
on le voit par fes derniers ordres M. le comte de
Cobenzel. S. M. avait encore donn des fignes d'im-
patience et d'affectidns douloureufes, en apprenant les
dipofitions des Hongrois. 11 ne pouvait ignorer que
les ennemis n'euffent favorite ces mouvemens, fuite
de la nouvelle alliance de la Porte avec la Pruffe et
la Pologne. On ne doute pas que le refcript, fa-
vorable aux menaces de la Hongrie, et la douceur
conciliante qui y regne, n'aient cot beaucoup
S. M. dfaillante. On fait mme que, quelque tenms
avant le dernier degr d'affaiffement dans lequel l'em-
pereur eft tomb tout--coup, S. M. a eu de longs
entretiens avec le prince de Kaunirz, le Neflor des
confeils de la maifon d'Autriche. Ce minifire, qui
joint l'exprience des course, celle des homes
et des affairs, parat avoir t le premier bien
juger de la revolution qui fe prpare plutt dans
l'efprit des Peuples accables du joug et des dpr-
dations de leurs matres, que dans les inrrts ref-
pectifs des princes eux-mmes. Jeune, M. le.prince
de Kaunitz a aim la gloire des armes; alors il cUe t
dilpof flatter la pafion guerriere de fon five-
rain. Mais la maturity de l'ge, qui ramene tou-
jours un honnte home au wvrai d fofir depuis
long-tems ce miniflre l'efprit de council action, et
aux maximes d'une politique plus adap.e aux cir-
confiances. L'empereur, are--on, a reu de M. de
Kaunitz des vrits plus importantes, mais aufli tar-
dives que celles du docteur Quarin.
Le miniftre, en rep fentat fon matre le ta-
bleau de l'Europe, lui avait dmorri- les dangers
de fon fyfmne et l'erreur de f-s rop liautes efp-
rances. Il ne lui a point cach- l'inquitude que
donnait la maifon d'Autriche, et l'impatience de
s'en affranchir, qui fe manifeile d'une maniere alar-
mante.
On raconte que l'empereur, aprs avoir donn
fon arme les tmoignages d'une affection exclusive,
a voulu mourir en foldat; qu'il s'Fft fait habiller en
uniform ; qu'on lui a mis fes bottes et Les pe-
rons.... Nous doutons de ce fait. Le grand Frdric
eft mort -peu-prs de cette maniere; mais ce prince,
qui n'avait jamais quitt les habits de guerre pen-
dant fa vie, n'a pas fong les revtir fa der-
niere here. Le floicifine de Jofeph II n'a pas befoin
d'une fantaifie militaire, de cette efpece de dlire
guerrier, pour refler dans la mmoire des homes.
Pourquoi faire mourir en hros de roman un prince.
qui a vou'u mourir en philofophe ?

ANGLETERRE.

De Londres.

M. Bower vient de peindre le roi en miniature
au lieu de glace, c'eft un diamant plat d'un demi-
pouce quarr, qui recouvre le portrait.
Les jurs de Middlefex ont prononc un bill de
haute trahifon contre le lieutenant Frith, qui avait
jet une pierre au roi le joUi( de l'ouverture du
parlement ; mais fa folie bieinTonftate lui fauvera
la peine de ce crime involontaire.
On fe propofe d'tablir un monnaie national en
Irlande.
Procs au banc du roi.

Hier, 24 fvrier, a t plaide devant le lord
Kenyon, une cauLe entire le nomm le Savage et
le baron de Foufau ; le premier, demandant une
fomme confidrable au second, pour aliens et lo-
gement.
Voici les details de cette affaire, tels que les
dpofitions les ont conftats.
Le dfenfeur tait paffl de France en Angleterre,
il y a environ quatorze ans peu de teins aprs fon
arrive, il avait pouf une jeune demoifelle de
condition qu'il aimait tendrement ; fon attachment
pour elle- lui lit refufer de retourner en France ,
chez les parents ; et comme il n'en recevait que de
faibles fecours, ils ne tarderent pas l'un et l'autre
fe voir forcs d'enfeigner dans une penfion pour
gagner leur vie. Li avec le demandeur, qui eft
Franais de nailance et cordonnier de profeffion,
le baron allait frquemment chez lui, et mme y
dinait et foupait affez fouvent fa femme y dnait
auLfi rgulirement tous les dimanches, fans comnter
d'autres jours ; elle y a couch quelquefois ; dans
fa reconnaiffance pour ces bons procds, le baron
lui promit qu'il l'en rcompenfera:t amplement,
quand il ferait matre de fa fortune ; il l'e en effect
aujourd'hui ; mais il faut convenir que le mmoire
du cordonnier reffemble un peu celui d'un apothi-
caire. En voici un chantillon : 345 guin es oulr avoir
t dif rentes fois dans les rues de Londres avec le baron.
Celui-ci, dans le commencement de fon fjour en


Angleterre prenait la precaution de fe fire ac-
compagner, de crainte d':re enleve, comme l'a
t, il y a qudlquies annes, le marquis de Frettay
Le dfendeur a prouv dmoniifrativenment la court,
que les demands de fa parties adverfe n'taient
point fondes : il ayait fouvent prt de l'argent
au cordonnier, fans que celui-ci prtendit qu'il lui
ft rien di pour penfion ou logement.
Le lord Kenyon, jaloux de convaincre les deux
trangers de l'impartialit des tribunaux d'Angle-
terre dbouta le cordonnier de fi demand i mais
en confidration de fon extreme pauvrete, il re-
commanda humainement au baron de lui fire la
remife des frais de la procedure ; c'eft ce que
M. Erskine fon avocat, promit de tcher d'en
obten'r.
M. Philidor a donn, il y a quelques jours, de
nouvelles preuves de fa mmoire prodigieufe, en
conduifant trois parties d'checs la fois, contre
trois amateurs le comte de Bruhl le docteur
Rolet et le capitaine Smith. L'habile muficien con-
vint d'abord de fuivre lui-mme des yeux fa parties
contre le comte de Bruhl, et de diriger les dtux
autres, fans voir l'chiquier; mais au bout de quel-
ques coups, trouvant ton attention trop diftraite,
par la presence de la compagnie, il prit le part de
former es yeux immediatement aprs avoir rpondu
la march du comee et fit excuter la fienne
centre fes deux autres adverfaires, les yeux ferms,
par le moyen de fes amis. M. Philidor a conduit
les trois parties en une here quelques minutes,
ayant pour fpectateurs de- fon triomphe, un grand
nombre de damies et de meflieurs de la premiere
quality. 11 efl inutile d'ajouter qu'il a gagn avec fa
facility ordinaire ; le feul come de Bruhl s'eft un peu
dfendu.



A D M I N IST R A T O N.

ASSEMBLEE DES ELECTEURS 'DE PARIS.

On n'a point oubli les services que les lecteurs
de Paris ont rendus la chole publique au moment
de la revolution; ils Le font empars dugouvernement
auquel la confiance gnrale les appelait; ils ont
contenu, dirig, clair un Peuple qui ayant brif
fa chane, s'agitait avec la violence de la fureur; ils
ont form un centre de pouvoir, une administration
provifoire fans laquelle Paris, livr une confu-
fion gnrale, n'eut pas profit du bnfice de l'infar-
rection i en un mot, les lecteurs ont fauv la capi-
tale et fecond, avec courage et moderation, les
premiers efforts de la libert.
Les venemens les plus extraordinaire, les plus
intreffans, fe font paffs pendant l'interval;e de
rems qu'ils ont gouvern la cit ; tout allait eux,
tout fe rapportait eux ; ils taient les feuls qui,
dans la ville, enffent une autorit fIre et refpecte,
dans ces moments o la dfiance tait le sentiment
gnral.
Ainfi l'hiftoire des lecteurs eft la premiere dans
l'ordre des progrs de notre libert, et les actes
publics de ce qu'ils ont fait, leurs procs-verbaux ,
forment u;e collection infiniment prcieufe infi-
niment utile ceux qui criront nos annales et ceux
qui tudieront les caufes, les effects et les vnemens
de la revolution.
Dj plufieurs affembles, tenues a l'Archevch,
en ont avanc la rdaction et quand le public faura
que MM. Duveyrier et l'abb Bercolio en font
fpcialement charges, il ne pourra douter de l'exac-
titude et du foin qui rgneront dans cette collection
prcieufe.
La derniere fance qui a eu lieu pour la lecture
de ces procs-verbaux, s'eft tenue le 2. fvrier der-
nier ; l'intrt en a t augment par la prfence
de M. Bailly et de M. de la Fayette. Le premier
a reu de MM. les lecteurs, fou bufie, excut
en marbre, en vertu d'une dlibration du 3o juillet
dernier.'
M. Bailly a remerci l'Affemble par un difcours
plein de fenfibilit et de cette douce loquence qui
peint le sentiment fans l'exagrer. Il a rappelled
MM. les lecteurs leurs anciens travaux et l'troite
union qui rgie entire eux, union qui a fauv la ca-
pitale, affur la libert de 1'Empire et les droits de
l'Affemble national.
------'--- ---LC----- ~ -I- -r

LITTRATUR E.

TACITE, nouvelle traduction par M. Dureau de
Lamalle. A Paris, chez Theophile Barrois le june,
libraire, quai des Augiutins, n* 18. 1790. 3 vol.
in 8'. (Second extrait. )
Les amis des lettres n'ont point oubli la traduc-
tion que M. Dureau avait donne, il y a pfliieurs
annes, du trait des bienfaits de Sneque, et fou
difcoirs prliminaiire, rempli de vues profondes s


OI~iUPpJlirUU-LYs~IIYIIYL~UIIEUCL ~ _____ _~_~~_~ ____




_~W






p


fin le rnie de angless et fur l'art de tra)nuirc.
a I its dout, tuivi les imnime prin ip-.s en trad. i'ant
Ta' iie. Ce Int ceuix d'Liue fidlit l.bre, d'tii imi-
tati n g!ireec qui flrific le texte au f citimniit,
le :oips du fly;e fon ame, qui fe piqu,; de don-
lner .iiiant d. b.-autes plutt que les mmes, qui
viut: que pour bien traduire on commence par bien
crire, qu oni cherche relemibler au modele plu-
tt qu le copier, et qui craint bien moins le
rt milacemeint d uie image ou d'une expr filon par
'heurcux iquiivalens, que 1 travchtilement littoral
et fer'vile d'un g, nie iitr.rduifible.
Mais la noble indpendance de ces principles vous
entrainerati tr p loin de votre auteur, fi vous n'aviez
d'avance, par le talent et par l'etude, pintr et,
pour ainfi dire, imbu votre fiyle et votre perife du
g.ie de l'aurt.ur. C'etl ce que M. Dureau nous pa-
rait avoir fait i c'efl ce qu'on reconnat la march
gnralement grave, fouventpoiipeufe et priodique
de fes phrases. 1l a rejet le prjug common fur la
prtendue con-ilion de Tacite, qui n'eft certaine-
m nt ni fon caractere ni fon mrite principal.
M. Dureau n'a fait qu'iwdiquelr fes ides a cet egarca
mais fa traduction eft une preuve continuelle qu'il
a bien jug.
En ffert, Tacite abrege, parce qu'il a beaucoup
dire : fa penife, dit M. Thomas, le refferre pour
occuper r"oins a'efpace elle fe rferre anili pour
avoir plus de force, come un home racourcic
fon bras pour lancer plus loin un javelot. Tacite
eft uni efprit grave et fublime qui n crit point
pour les etprits lgers ou mdiocres. 11 emiplo
peu de m ts ; mais tellement choifis, qu'un plus
grand nombre ferait redondance, mais te'lementi
enchans que leur position les claircit. Une
phrafe vous embarrafferai lifez la page, lien n.
vous arree.
La brivet de Tacite ef une plnitude de pen
f-es, et non pas une concilion difi:ufe come celle
de Si nque i celui-ci n'abrege que parce qu'il veut
rpeter : en dlayant l'ide il ferre il coupe,
il ilble fes phrases, qui ne font que des memibre.
fans iointures. Chez Tacite au contraire fi
Flexpreffion eft brve, la phrase eft longue : toutes
I s yen-es y font lies t mais ciomme les pitlhees
en giques les mthaphores hardies jurqu' la
vio'etice prfintent une roule de niiances comm-ni
une feule period renferme fouvent plufieurs trait.s
fiablimies, on retient feuls ces membres incident ,
on les prend pour autant de phrales dtaches et
il ..,tive par cette fiiiguliere illusion que l'abon-
dance la magnnificenc., du ftyle, mrite vrirable
do T'cite, l'expofe elle-mme un reproche tout
colitraire.
Nous nous Pommes arrts fur ces r.flexions, parcel
que des traducti:urs clebres de T cite ont t gars
par cette fauffe ide de la concifion. Davanzati et,
d' Alembert ont affect unebrivet fche etdcharni
d'Alembert furtout compete les mots, coupe les
phrases, les dpouille de leurs liaisons, diltout les
priodes et toute l'organifation d'un morceau. Oi
s'en convaincra en rapprochant fa traducti n de
celle que nous ainalyfons. M. Dureau au relie ,
parat avoir fuivi le fytllme de Rouffeau ; foii
Ef/;i de version du premier livre de l'hitloire,
fait voir qu'il avait mieux accord la prcifion
avec la gravir et l'harmonie. C'eff encore un rap-
prochement curieux auquelnous invirons nos lecteurs.
Pour achever d'clairer leur jugement, ,nious com-
parerons le Franais avec le texte, dans un nior-
ceau que fes beauts fiublimes devaient rendre trs-
-diflicile raduire.
Les Anfibarinns, Peuples de la Germanie, chafls
de leur pays, s'taient empars d'un terrein vacant.
racrv aux foldats Romains. Boiocale, l'un des
chefs, aprs avoir rappel Tes services fous Ger 'ra
nicus, dit: qu'il venait couronner un attachment
de cinquante ann.es, en nmttant fa Nation fous
note puillance. Quel terrein immenfe reftair inutile,
deftin feulement recevoir un jour les troupeaux
de nos folda s Nous devions, pour l'honneur d s
homes, leur laiffer du moins partager l'afyle des
animaux et ne pas prfrer le voifinage d'iun d-
fert a celui d'un Peuple amir.... La trr' e tait pour
l'hoiimme, come le ciel pour les dieux, et l's
places v.acintes appartenaient a tous. Regardant en-
fuitlele folil, et s'adrefllnt aux autres allies, il
leur deman.ait s'ils confentiraienit clairer un foi
inhabit, fi plutt ils ne reverftraient pas tous les
flots de la mer fur les raviffeurs de la terre.
Avitus of'enf de ce difcours, rpondit qu'il
fallait flibir la 1',i du plus brave ; que ces immes
dieux qu'ils imploraient, avaient laiff les Romains
matres de donner ou d'ter fans avoir de juges
qu'eux-mmes. Voil ce q1'il r. pondit aux Anfiba-
riens en gnral : i! dit Boiocale, qu'en mmoire
de fou attachment, on lui donnerait des terre,'
ce qu'il rejeta, come ayant l'air d'.n ma chl fair
avec un tratre. Il ajouta : fi la teire nous manque
po.r vivre, elle ne peut nous manqu .r pour mourir;
et l'on fe quitta mutuellement courroucs.
Voici le difcours de Boiocale, dans le texte :
Q',otami partern campi jacere inquant pecora et
alrmcntct militum aliquando tratJinnttererrtiti Servarent
faitn receptos gregibus iuter hominum famam : modo
ne vaIflitatem et folitudinem mallent quam arnicos popu-
los... Sicutm ca/num Diis itd datas i qu'ie f'lutc Vauti, cas ,publicas elfe. Solem dcinde


(282 bis. )
refjiciens et cetera fJidra vocans quacfi coram inter-
rogabat i ve;l'en t ic Jonuler iinate folum : poltis mare
fJupLrfid.trent adverfhis trrarin.m erepiwrcs... .Addiaic :
deqfje Inlbis terra ; in qud vivamus, in :tai morianur ,
non potefi.
On voit bien que cette phrase, receptors gregibus,
&c. ett vifiblement altree et nous devons obler-
ver combien le fens que M. Daueau lui donne, eil
noble eft jufe.
Quel lublime contrafle prfente ce tableau de Tacite !
come l'abfurde tyrannie d'un Peup!l corrompu eft
ici terraffe par la franchise, le courage, l'elpric de
juflice et la philofophie paturelle des prtendus bar-
bares de la Germanie Le difcours de Boiocale nit
rapp:lle-t-il pas c lui des fauvages du Canada aux
Europans ? Quoi i vous voulez dilaint-ils, que
nous vous cdions, que nous quittions la terre natale
o font les tombea'ux de nos peris! Dirons-nous a
leurs olIf-mens de fe lever et de nous fuivre ?
Et dans quil moment Tacite place-t-il un pareil
tableau? Au mdieu des horreurs du regne de Nron,
et de la degradation du Peuple Romain.
Et maintenant ces mnimes Anfibariens font plongs
dans l'opprobre des changes feodak s! et ces Romains
eux-mmes rampent fous un joug plus vil encore !
Nos citations et nos r flexions pourraient fe mul-
tiplier bien davantage. Nous voudrions, par des paf-
fages d'un ton et d'un caractere different, nmontrer
dans !e gnie de Tacite, une foupieffe gale fa~ farce,
et ces examples confirmeraient nos lectcurs dans l'ef-
time de la nouvelle traduction. Mais c'eft ici un ou-
vrage qu'il faut lire, et non pas extraire*: nous ne
comprom'ttrrons point notre jugemente, en comparant
e Tacite Franais aux Gorgiques Fr.maires. 11 flat-
tera galement ceux qui favent et ceux qui ignorent
la langue latine. On y diffinguera l'empreinte du
teams qui corrige et du talent qui pioduir. L'rmploi
lavan t et nouveau de la langue, n'echappera point
aux gens de lertres, qui retrouveront ici la con
nailiance et l'ulage de fes reffources les plus n-
gliges : plufiturs tours de phrases oublis, y re-
pa .iffent avec luccs; les partncu es conjonctives,
ces mots, lecfjuels, pour lors puis, &c., et gene-
ra:ement beaucoup des forces narratives anciennes
don't notre langue s'tait appauviie, y font repro-
duits fans lchet, fans peranteur et fans bizarrerie
ce qui conferve cette traduction la couleur ori
ginale du model, fans lui donner l'air tranger
d'une copie.
Le mme foin et le mme talent fe montrent dant
la Vie d'Agricola, dans les Murs 'es Gei mains,
et mme dans le Dialogue fur les Orateurs. A 1' gai -
de ce dernier morceau, M. Dure au l'a fait pre-
cder de que'ques rflexions deftines prouver qu.
cet ouvrage elt rellement de Tacite : ces p:euvts,
tires de la conformit du flyle du dialogue av c
ce!ui des autres ouvrages, font des developpemens
trs-ingnieux et trs-bien crits des vritalcus ca-
,actere du flyle de Tacite. M. Dureau y dmontr,
l'opinion que nous avons dj tablie fur le laco-
ninme prtendu habitual de fon auteur. 1De tous les
ouvrae.s, les Moaurs des Germains feules portent cett
empreinte ; on trouve dans tous les autres des exem
ples contrrair.Is. M. Dureau cite une piiode remar-
quable par fon tendue et i composition.
Affurment, dit-il, aprs avoir cout cette Icntt
et majefueufe priode, qui femble, conmme le'.
belles rivieres s'entrelacer en replies finue:ux olu
contes les particles menages avec art, en rele-
vant et foutenant le dircouis, fufipendent l'intrt,
et attachent l'attention du lecteur ; o l'lganc
des forces fymmntriques et correfpondanucs, ajtour
la beaut du nii iibre ; o l'on a raffemble avc
foin les mots ks plus mlodieux, tous ceux qui
fe dveloppent par un enchanenement agrable dci
fons les plus flatteurs; o la phrafe enfin, apir
s'tre en:ichie dans fa march de toute cette varidt
de nombres oratoires, vient fe terminer par une
cadence non moi.s harmonieufe qui, pareillie
ces corps fonores qui rfoinent aprs qu'1n a ccf
de les frapper, aifle aprs elle un long et dou:
retentiffement : affurmnent, dis-je, apros avoir cout
une telle phrase, le dernier des crivains auquel,
d'aprs les prventions ordinaires, on ferait tent dc
l'actribuer, ferait Tacite ; elle eft de lui pourtant,
et il en a mille de ce genre. ,
Un home qui peut ainfi dcrire les beauts du
ftyle put en tre cru fur le ftyle de Tacite. Au
refte, le type natural du gnie d'un crivain fe
montre touiours dans fis premiers ouvrages. Le dia-
logue fur les caiufs de la corruption de l'loquence,
c impof dans la premiere jeuneffe de Tacite, d
ploie toute la force de la raifon revtue des plus
vives couleurs d'une imagine ion fraiche et abon-
dante. Nous croyons devoir en citer un morceau
d'autant plus que ce dialogue nous a fembl traduit
avec une aifance original, qui vient ou de la grace
du fujet, ou de la facility fuprieure que done un
long exercise et une lucte favanta centre des beaut
bien plus rebelles la traduction.
On agite dans ce dialogue plufi:urs quel'ions de
curiofit, tells que les avantages de la pofie et de
l'loquence, la fupriorit des orateurs anciens fir
les modernes.
Tacite re pouffe le prjug qui dprime ceux-ci
en faveur des autres. Le items, dit-il, amene diff-
rens genre- d'loquence il ne faut pas fo hiter de
juger pire, ce qui eft diffemblable.....
Cet ancien Peuple ignorant et groffier s'accom-


modait fans peine de ces harangues intetri
qui choquaient toutes les regles... ables,
S Mainltenant la penfe du juge devance
qui parle et fi la rapidit des pr, v e 'avocat
traine, fl elclat des penfees fi ,l'le e.
charge des descriptions ne l'invitent ge etle
rompent, pour ainfi dire, il fe dtache de pe,
teur. Le public mime qui affifte niospllidSoy
cette foule d'auditeursjqui vontet quti viennen:,Y
accouttums depuis long-telms des forces ,t
et un clat de parure don't ils nous fontaujoui
une niceffiie; et ils ne s accommii oderaienit llu
de cette antiquit triple et rechigne qu- devi
fur la fcente un acteur qui ne ferait qu opier
Rofcius ou Turpion. Nos jeunes gens ni.me cepi
qui ont encore leur talent fut l'enciume, e rq
pour leur inflruction s'attachtnt fuivre les ou
teurs, ne feraient pas, contends s'ils n'avaientifa
qu'entendre un plaidoyer ils veulent r"ppot
chez eux quelques traits brilians, et qui mete t
d'tre retenus......
"Il a donc fallu, pour flatter l'oreille et le it
des homes d'-frfent que dans notre iecle
l'orateur fe montrat avec plus d'oriemens et de
recherche. Mais nos plaidoyers n'en ag:lfent.p,
inoins fur l'efprit des judges, parce qu'ils portion
leurs orei les une douceur plus flatteufe. Elilpeife,
vous que nos temples auiourd'hui foieiit moins f.
lids, parce qu'au lieu d'tre conitruits implement
avec un affemblage informed de briques et de ciment
l'or et le marbre y refplendiffei.t, y rayonnent da
routes parts ?.....
11 en eft di difcours, dit-il plus loin, come
du corps human, qui perd de fa beaut fi l'oin
voit les. veines en faillies, les os dcouvert fi
un embonpoint vermeil, inourri par la libre 'cirec
nation d'un fang pur et gnreux, ne done chaque
memabre fa rondeur, et recouvrant les mifcleseu.
nmes, ne les fait difpararre fous des coiitour
agrables.


LIVES NOUVEAUX.

Etrennes aux Parifiens patriots, ou Almanacl tmi.
lizair Iationial de Paris, contenant les noms de tous
les citoyens forinant le corps de l'arme niai iile
p,trilieinne, y coi'..pris les companies du centre,
avec tun extrait du reglement rdig par MM. Bre-
t ,le et Altz foldacs-citoyeiis de la fixieme divi.
l, m : dcdiCs M. cde la Fayette. A Paris, chez
M. Goifroi le jeune libraiire, quai des Aiiuf.
rins, ,n. 17. Volume de prs de yco pages. Frix,
. liv, 8 f. brch.
Cet ouvrage doit obtenir la prfrence furtou
ceux qui oni paru cette anne dans le mmegenre,
par l'exactiui.de du dnombrement et de lanomencla-
rure de cette afllciation fraternelle et militaire,
et l'encadrement nrthiod;que qui facility lesrecher.
ches. Le zele laborieux des rdacteurs leur mritera
fins doute la conifiance des diffrens corps. de l'amie
p.rifienne qui, en fe procurant l'ouvrage, leurferoiia
parvenir dfornais tous les matriaux nceffairesil
redaction priodiquie de cet utile ouvrage, quidoit
acqurir tous les ans un nouveau degr de perfec-
tion et d'intrt local.
IeMmoires /ifloriyques et politiques du comte de Fr.
r;crcs-.Sauveblicf, fits depuis 782. jlqil'en i 791
en Tlurquie enI PerIe en Arabie mls d'obft
actionss fu le gouvermen.ii nt,l ,.s moeurs, la religion,
le commerce de tois les Peuples de ces diffrea
pays aiec les relations exactes de tous les vie-
mens qui oIn eu lictu dans l'Empire ottoman, dep'ais
1774 jIf-qu' la rupture des Turcs avec les deiixcolli
imper.iales ; fuivis de tous les dtails de ce quis'd
Ipafn de remarquable entire les deux armies de ces
trois puiilances bellig'rances, et d'un cacul railoian
des avantages quw les course de Vienie et de Petis
bourg p.euveIt retir.r de leurs victoires fuTr les Otto
mans. A Paris, chez Buiffon, rue Flaatefciillei
htel de Cotlofquet, ni. 20. 2 vol. in-8, Plit
6 liv. et 7 liv. francs de port parla pole.


LY C E.
La condition malheureufe des payfans polonais
conduit M. de la Croix parler de celle des negmlre
il in'et guere poffible de fe mprendre.au feitille
qui a dicte le morce.au q'ue nous allows citer. L
defir de tout concilier fait quelquefois rverl'hO tm
de bien; mais il s'expofe ncontete ter galemen
et c.lui qi'embrafe l'amour de l'humauit, etei
que 1 intrt personnel determine.
C Cilui qui vous parole, a-t-il dit, fait profelfio
d'aimer tous les lhom ies quels que foient le.us
I. us et leurs tiaits; partout o il voit l'i ili
la cruaut, fon coeur s'indigne et fu le foulev
Dans le pays o commute en Pologne, fioranv
chiffement pet fe concilier avec la cultureil'",!
drait que la lioert frit plans refer, que les f ii
ne r.tinffrnt leurs vaiLaux fur leits terres qiue
la bont, qu'ils o'exigeaffent que des redev
modres. dor
Qu'e n Amrique, le colon commenic ptr as tn
cir i'efclavage, et que la liberte y fWt, no"a rp
droit, mais une rcompenfe.













Il n'encouragerait pas, par des primes la traite
s" negres, mnis il la tolrerait jufqu' ce que tout s
Ies ilaices enfent, par un concert d'humanit,
s' pfe i lelvemnt de c..s habitats, qui fe ven-
dnt conime une denre, en un fimtple emlement.
Ns demandons a la Suille, des princes d'Al-
nae des foldats pour caller gorger des homes,
hm oi n'i;;ions-nios pas chercher les cultivateurs
i rte de Guine la condition de les rn-
imelr lib-res dans leurs pays, aprs dix ou quinze
les de service, a moins qu ils ne preferaffent nde
dcaueurer ous les yeux de leurs anciens matres ?
Le iimme intrt qui les vend pour toujours, nous
les conficrait plus frte raifon pour un tinms limit.
Ces cultivateurs, de retour dans leurs families,
y raporteraient rls orneimens don't ils aiment tant a
le paper ; ils convaincraient leurs femblables que les
hlaincs ne font pas dles ant'opophiges. Mille d'entre
eux, en voyant les pa-gnes done ces migrans fe
feniient enrichis, brleraient du defir de s'enioler a
leur tour.
S Ils fe prfent'raient en foule la vue de nos
invires ils y fer..iet tran'ports librement. Des
niatres d'quipage ne les garorteraient plus impi-
toyablenent, pendant le course d'une lon'ue tra-
verfe; ils arriveraient fans et joyeux au milieu de
lemts freres.
,, Oin n craindrait plus les infurrections dans les
coloiis, parce qu'en ramenant les rebelles dans
leurs contres, on les changerait contre d'autres
lus dociles; et la crainte de fe voir expofs flir
eur rivage, dnus de tout, les attatherait au
travail.
La Nation qui traiterait le mieux ces cultiva-
tcurs strangers aurait la prfrence fur les autres
fou pavillon ferait defir, attend. Une alliance fe
formerait alors entire les trois parties de l'Univers,
au lieu d'un traffic dplorable.
,, Ce font-l,, j'ofe le croire, de vritables vues
d'humanit i elles fe concilient avec la profprit de
n.s colonies, avec l'iTtrt dn nos villes maritime,
avec l'adoiicitfeiment d : l'efclavage, et enfin avec les
principes adopts par l'Affemble national .


A R T S.

GRAVU RE.

Portrait du baron de. Trenck peint d'aprs nature
par 1i. Gainerey, et grav par le mme en 1789.
A Paris, chez l'auecur, rue Saint Andr-des-Arcs,
01. iz5. Prix, en noir et au biflre, I liv. 4 fols,
et en couleur, z liv. 8 fols.
Le rcit des laailheurs du baron de Trenck a in-
trelf ginralmeint crux qui fe iont attendris fur
les malheurs de cette victim ldu defpotifine, defi-
reront fans doute de fe procurer la gravure fidelle
de ce perfonnage extraordinaire, ge actuellement
de 63 ans, qui a conlerv, dans les chaliies une
belle figure, et ce caractere d'nergie qui a ftigu
fEs tyrans.
Second livraifon des tableaux ds Rvolutions de
Paris, depuis le mois de iuillet 1789, deffini.s et
graves en couleur par M. Ant, F. Sergent, avec
un prcis hiflorique, imprim fous la direction de
M. Clouifier imprimeur du roi, par les enfans-aveu-
las, en leur imaifon d'infitution, rue Notre-Dame-
des-Victoires, n0. 18 ; et fC vend Paris, chez l'au.
tiur, rue Mauconfeil, no. 62.
Cette livraifon content deux eflampes, don't l'une
retrace le monm.nt du 12. juillet dernier o les
Gardes-Franacifes ont repouff, rue Bafle-du-lRema-
part, un dictachemeint de Royal-Allemand com-
mand par M. le prince de Lamibefc.
La feconde reprfente la dlivrance de M. le duc
dii Cliteltt, le 13 du mme mois, pourfuivi par le
People, et fauv par les Gardes-Franaifes en vou-
lant paffer le bac devant les Invalides.



VARITS.
Lettre de M. le duc de la Roc/hfocaitld, dput de
Paris, l'auctur de la parie politique du Mercure
de France.

Le compete que vous avez rendu, Monifeur, dans
deux ntiiumtos du Mercure du mois de janvier, de
deux conferences qui ont eu lieu chez moi, et de
la fondation du club des Imtpartiaux que vous avez
paru lier a ces conferences, a t rpt dans beatu-
coup de journaux1 comment par quelques libel-
lifes, et m'a value aiffi plufieurs lettres particulieres:
perliuad qe l'on doit, le moins poffible, occuper
e public de foi, j'ai balance long-tems prendre la
plune, et fi je m'y determine aujourd'hnui, c'efl que
p'luh1rts de mes amis font intreffs, comnie moi,
tai lir l'exactitude des faits, et fur tour parce
I' ayant l'honneur d'tre lommiies publics, nous de-
Vons a nos concitoyens compete de nos opinions et
de iids dmarches lorlqu'elles ont rapport nos
fonctions.
Le premier numro d'une feuille priodique, in-
titulee Journal des Impartiaux, a rapport plus enm
detail que les autres ces deux coni-rences, fuite
d'une vifite que fit M. Malouet M. de la Fayette,


(283 bis.)
le 29 dcembre : ce dernier, don't on connat le
patriotifine accept la conVxeriirion propofee, parce
qu'on fmnblait l'envifager come un moyen aflur
de produire d'hiureux effects il indiqua le rendez-
vous chez moi pour le 3 janvier, et n'en prvint,
ainfi que quelques autres de fes amis.
Nous nous runmes donc, le 3, MM. de la
Fayette, de la Cofte, de la Tour-Maubourg, de
Liancourt et moi; MM. Malouet, de Virien, l'v-
que de Nanci, le chevalier de Bouffers, la Cheze et
Rhedon y arriverent, et le premier ouvrir la con-
verfation par un difcours -peu -prs femblab'e
celui qu'il avait tenu, le 19 dcembre, M. de la
Fayette, et que l'on trouve imprim avec des guil-
lemets dans le Journal des Impartiaux. Un de mes
amis lui rpondit que les situations refpectives taient
diffrentes, puifque ces Mefieurs s'annonaient
comme charges d'une million, tandis que nous n'-
tions que pour notre propre compete. On obferva
encore que nous ne pouvions pas reconnatre l'exif-
tence de deux parties dans l'Afleinb!e national en
avouant pourtant que nous gm'lions fouvent de la
div fion qui s'y manifeftait dans beaucoup d'occafionsi
que l'tabliffement d'une ngociation du genre de
celle qui nous tait prop ife nous paraiflait imnpof
lible, parce que, nous boraant fuivre ce que notre
confcience et nos lumieres nous dictaient, nous
n'tions ni chcfs ni prolelites d'un part, et que
nous ne pouvions nous charger de rpondre que de
nous-mmcs.
La conversation roula vaguement fuir plufieurs ob-
jets; on nous propofa de nous revoir le,6, ce que
nous acceptmes, et d'y inviter quelques-uns de no
amis mais aucun du petit nombre de ceux qui
nious en parlmes n'ayant defir s'y trouver, la
feconde conversation fut compofe des mmes per-
fonnes que la premiere. Elle fut vague aufli, et
quoique ces Melfieurs nous parlaffent beaucoup de
la ncelit de etablir promptement le pouvoir ex-
cutif, ils ne nous f'cifierent pas quels taient leurs
moyens pour y parvciir, et fe bornerent nous
dire que c'tait le premier objet don't on devait
s occuper.
On leur rpondit, et je me rappelle leur avoir dit,
et avoir t approuv par mes amis, que c'tait bien
notre avis et certainemens meme la volont gn-
rale, de donner au pouvoir excutif toute l'tendue-
et toute la force nceffaires au falut d'un grand em-
pire ; mais que ce ne ferait pas une fuite de dcrets
faits en peu de jours qui tablirait cette force conf
titutionnelle que plufieurs des relations du pouvoir
excutif avec le corps lgiflatif, les municipalits,
et les affmrnbles adminiftratives taient dj dter-
mines, que l'on dterminerait fucceflivement les
autres mefuire que l'on formerait les diffrentes
parties de la constitution, et que la collection de,.
articits qui, dans chacun des chalk iLres, traiteraient
du pouvoir excutif, compoferait celui dans leque!
fes functions et fes prerogatives feraient contlitu
tionuellemerit fixes; mais que ce chapitre devait
tre le dernier parce que le pouvoir excutiftair
la clef de la vote qui ne peut tre place que
lorfque toutes les autres parties de l'difice ont reu
leur forme et leur dilpofition.
Ces Meffieurs nous annoncerent leur project dr
rendre compete au public de ce qui s'tait paff,
d'arrter et de publier une declaration des principles
impartiaux et de former un club, dans lquel feraient
admis tous ceux qui feraient profeffion de penfer
comme eux. Nous nous fparmes, et il n y eut
point d'antre conference indique.
Voil Monfieur, le r-cit de ces deux converfa-
tions aufli exactes que ma mmoire peut me les rap-
peler ; car je vous avouerai que je n'en ai point tenu
note, ne croyant point tre dans le cas de fire
primere. Ce font les interpretations peu fidell-s de
divers journaux qui nm'y engagent ; et come c'efi
le votre qui le premier en a parl, je vous prierai
de vouloir bien y infrer ma lettre, qui fera la pre-
miere et la derniere fur cet objet.
Depuis le 6 ja:.vier, nous avons vu paratre les
principles impartiaux et le club fe former mais tout
en rendant justice aux vues patriotiques des membres
de ce club tout en adoptant plufieus de leurs prin-
cipes, il yen aqu Iques-uns fur lerquels nous fommes
certainementr d'avis different ; aufli leui profefign de
foi politique n'a-t-elle t ni adopte ni figne par
aucun de nous.
Le duc DE LA ROCHEFOUCAULD.

.~--.

ASSEMBLE NATIONAL.

Prefidence de M. 'abb de Monztefquiou.

SANCE DU MARDI 9 MARS.

Aprs la lecture du procs- verbal, M. Arnoult
observe qu'il ferait peut tre convenable d'ajouter,
dans la derniere parties du dcret rendu hier, aprs
ces mots : c l'Aflemble dclare qu'elle n'a entendu
rien innover dans aucune des branches du commerce,
foit direct foit indirect, de la France avec fes colo-
nies ,, cette expreflion c d'Amrique" ; parce que
l'Affemble n'a point entendu ftatuer fur les colo-
nies d'Afie ni prjuger la question relative la
compagnie des Indes.


M. Gil,',ltume. Le dcret ef't la faction, on no
p ut plus y rien changer.
M. Idoreau de Sainc-Merry. Le dcret a pl'ur oh -
jet d'tablir que les colonies ne front pas n t-
fairemcnr t nfoumites la conilitution de la France et
qu'elles font autorifes prfenter leur vou fur la
forme de gouvernement qui leur convient ; ious
tout autre rapport les chofes reffent entieres.
Le project de dcret fur les droits de page mi-
nage prfent par M. de la Jacqueminiere la
fiance de vendredi dernier f trouve l'ordre du
jour.
Le premier article eft ainfi conu :
Art. I". Les droits de ,age, de long et de tra-
vers, pafiage, pontonnage, barrage chanage ,
grande et petite coutumes, et tous autres d oirs de
ce genre ou qui en feraient reprfentatif, de
quelque :nture qu'ils foient et fous quelque dno-
mination qu'ils pifiifnt tre perus par terre ou
par eau, 'ont fupprims fans indemnity ; et quant
a 1l'etretien'des ouvrages don't quelques uns de ces
pages pourraient tre grevs et don't les poffetliLurs
'demeurent dchiargs il y fera pourvu par lI s af-
fembibes admnifilratives des lieux o ils Lont fitus ;
et les propritair.es dcfdits droits demeurent auffi
dchargs des preilatiorns pcuniaires auxquelles ils
font fujets raifon dafdits droits.
M. le duc de Mortemnar. La nobleffe lors des
arrts du 4 aot, ne s'attendait pas qu'on fe fer-
virait de fes propres sacrifices pour la dpouiller
d'une maniere injutfe. Par une fuite, un peu force,
de ces arrts, vous avez dcrt l'abolition du
rgime f,.dal; par une fuite de ce dcret, vous
avez fupprim, fans indemnit, les droits de main-
morte et tous ceux qui tenaient la fervitude pe -
fonnlle ; les droits de page et de minage ne font
pas des fervitudes perfonnelles, puifqtuils fe patient
volontairement. Quand je porte mon bled a un
march oi le droit de minage fe peroit, ne puis-
je pas aller tel autre, ne puis-je pas vendre mon
bled dans mon grenier, ou le charger dans les ports?
Mais dit-on c'eft on droit fodal puifqu'il tient
aux justices. Je rponds qu'il pouvait fe vendre fans
aliner la glebe feigneuridle. Ce droit exifie dans
beaucoup de provinces o la main-morte n'eft pas
connue. Attaquer ce d oit, ce ferait attaquer la pro-
prit; ce ferait dtruire les principles mmes ur
lefquels font fonds vos dcrets. Je de-niande l'a-
journement de l'article jufqu' ce que les diffricrs
tablis et coniults puiffent envoyer la note de ceux
des droits de page et de manage qui doivent tru
fupprims.
M. Goupil de Prfeln. Le propinant dit que les
droits d gepage et dle minage ne font pas des fer-
vitudes perfonnelles, et il e, conclut qu'ils doivent
tre confervs : toute injuftice qui ne po'-t:rait pas
directement fur les perfonnes, devrait donc te re
pette. Ils ne naiflent pas des jut-ices feigneuriales
ds-lors, dit-il, il; ne tiennent pas au fyftme fodal
donc toute injultice qui ne tire pas fou origin de
la jurisdiction doit tre conferve i mais, dit le
propinant le droit de minage eft volontaire ; c'eft-
a-dire, que le poffeffeur de quelques productions
du fol a la libert de les laiffer dans fa grange et
p ut, par ce moyen, fe foulirai:e au droit de mi-
nage en ne les vendant pas. Mais que les droits de
page ou de minage ne tiennent ni la jurisdiction
des feigneurs, ni au fytlme fodal, i's n'ei font
pas moins des impts et tout impt doit tre con-
fenti par le Peuple qui le paie....
M. Biaurat. Les feigneurs ont tabli fir l'Allitr
des pli res et clufes qui nuifent aux traniports
par eau. J'en fais objet d'un amendment qui pour-
rait tre dcrt fui-le-champ; mais j'aimerais bien
miuux qu'on juget propos de l'aijurner, parcel
qu'il intreffe mon college, qui perdra fa::s doute
cette fupprellion une grande parties de la fortune:
je demand que le comit foit charge de vous pr-
feuter un dcret fur cet amendment, aprs avoir
reu les observations des parties intreff es.
Cet objet eft renvoy au comit de commerce.
M. Martineau. Non-feulement il faut ajourner,
mais on doit encore gnralifer cet amend:-rmeiit, et
en renvoyer la difcufion au moment o il fera quef-
tion de la proprit des rivieres navigables et nou
navigables.
M. Target. Il faut diftinguer les pages domaniaux.
Il faut laiffer fibflfter les octrois des villes julqu'
ce que le fyflme de l'impt Coit tabli.
M. Martincau. J'appuie cette opinion. Les pages
royaux, fiur les grands chemins et fur les rivieres,
font une parties importance du revenue public. ),es oc-
trois des villes forment fouvent leur unique parity
moine.
M. Target rdige ainfi l'amendement: N'entend
nanmoins l'Aliemble national rien innover, quans
prient, en ce qui concerirn les octrois aut'.ris
qui fe peroivent, oit au profit du trfor public ,
foit au profit des provinces, villes ou communauts
d'habitans et des hpitaux, fous quelque dnomi-
nation qu e ce oit -.
M. Emrnmery. Si vous fupprimiez immdiatement les
octrois des villes, vous occalionneriez une banque-
route partielle c'eft avec raifon qu'on vous a dit











( 4 bis.)

que beaucoup de villes n'ont pas d'autre revenue ficults qui pourraient s'lever ce auiet front
e citerai notrrmenti la ville de M t.. On ne peut fournifes l'arbitrage des affeibles adminiilftrtives.
pas davantage toucher aux pages des domaines en- N'entend nanmoins lAfflmblCe nati ,ale coi-
gags. Je propose d'ajouter leur fujet, ces mors prendre, quant a prent dans les difpofiidons ci-
l'amendement : C La jouiffance des pages qui d- deus, les droits de la caiffe des matches de Seaux
pendent des domaines engags eft continue jufqu'au et Poiy.
rembourfement effectif de la finance des contracts M.... propose d'ajouter cet article
M .... propose dajouter cet article:


MM. le marquis de Foucault et le chevalier de
Murinais demandent l'ajournement de la question.
Cet ajournement eft rejet.
L'Affemble dcide qu'il n'y a pas lieu dlibrer
fur le fous-amendement de M. Emmeri.
L'air ndement de M. Target eft adopt, pour
&tre infr dans l'article Il.
L'article eit dcrt fans changement.
L'artic'e II eft d:crt comme il fruit:
11. L'Affembl- national except nanmoins de
ces fuppr.fions ( ici fe place l'amendement rdig
par M. Target e: qui a t dcrt) les droits de
bac, ceux des droits don't il e't question dans le pre'-
nier article qui ont t accords ou concedes ,
pour dLdoimmag meant de frai, de conftrucrion d'ou-
vrages d'ar qui n'ont t contlruits qu' cette con-
dition enfin les pages accords tn indemnit des
propritaires lgitimes, pourifuppreffions de moulins,
fines, ou btimens et tablilemens quelconque,
fous la confidration de l'utilit publique s lefdits
droits continueront tre perus fuivant les tires
et rarifs de leur creation primitive, reconnus et
veriris par les dpart mens des lieux o ils fe per-
oivF:nt, jurqu' ce que, fur l'avis des dparte-
"ne-ncn it fait' A finitivenpnr e rfatu i cetp ard ;r :


Les halles litues au milieu des places publiques
et des grades rues des villes appartiennent aux comn-
munauts et municipalits, ainfi que les foffs o
fe tiennent les marchs de bertiaux, et les places
publiques don't les feigneurs fe font empars.
M. Merlin. Tout ce qui concern les places
foffs, &c. fe trouvera dans le titre des juftices
feigneuriales :je demand l'ajournement de l'amen-
dement.
Cet ajournement eft ordonn.
L'article IV eft adopt.
On fait lecture de l'article V. Il eft dcrt fans
difcuflion, et conu en ces terms.
V. En confquence de ce que deffls, le mefu-
rage et poids des marines grains, denres ou mar-
chandifes, dans les maifons particulieres, fera libre
dans route l'tendue du royaume la charge de ne
pouvoir fe fervir que de poids et merLires talonnis
et lgaux ; et quant aux places et marchs publics,
il fera pourvu l'exactitude de ce service par les
municipalits des ieux, qui, fous l'autorifation des
affembles adminiftratives fixeront la retribution
jufte et modre des perfonnes employes au pefage
et mefurage.
M. Bouche. Vous venez de fupprimer une grande
n i din'; d1 A- it- fi A-m d -i ,,fp ni'lfri


manderais, an fujet des partages don't oU
parl, s'il exifle plus d'ans que de cadets T S
made pofitiverment fi, en privant les ac 'il, .
leur recours contre les vendeurs, vous in'll1ulir.
la paix dans la focic; quel ferait le tenrme.
rterait ce recourse ? Le propinant a dit ."'
tract fous la garantie de l loi; vous M tez t.i.
garantie, tez-moi mes engagemens : avec .c
fonnement il n'eft pas de penfionnaireduroi 'J"
prtendt pouvoir fe difpenfer de payer (es q
Revenons au principle. Qu'entendez-vous par c moe
engagenmens ? ignorez-vous la diflinction f ,
les engagemens rels et perfonnels ? QuInd
l'epoir d'une jouiffance prochaine, ou de I dua
d'une jouiffance prfente vous avez conirjl i-
engagemens, en tes-vous librs, ficette proi
idale et fictive eft dtruite ? Les engageme p1 .
fonnels doivent fubfilter.
La juftice de lAffemblee ne doit s'occuper q
des engagement inhrens la chofe.
M.' Alexandre de Lameth. Je me joins re'r q-
ont demand l'ajourement : un prer.piinrt a
qu'on ne pouvait toucher ce que la loi pernim.lir
de vendre et d'acheter ; la loi permettait de vendre
ou' d'achetcr les abus on ne peut donc toucher au
abus. Tous les droits fodaux perfonnelsWfe Yen.
daient; il s'enfuivrait donc que la main-inmitr r
pourrait tre dtruite. Je demand l'ajournemept
caufe de l'heure trs-avance.
L'ajournement eft dcrt.
La fance eft leve trois heures et demie,

TH A TRE DE MONSIEUR,


In 1 il 1,01 i.1L[lclLI-t U~4 r l uatit~ C iui UIL3 ICtUd A JC CUiJC eLL 1 pltLL ti era A
'effer de quoi les propritaires de ces droits front propos de rendre maintenant un dcret que je rdi- On a donned hier, a ce thtre une :premnii
:enus dans l'anne, computer de la publication gerais en ces terms: L'Affemble national annulle reprfntaton des Rufes de Frontin opra frana
lu prfent dcret, de reprfenter leurs tires auxdits toutes conventions et dlibrations non encore ex- parodie fur la mufique del fignor Zaccharelli,.
dpartenrens, et faute de fatisfaire cette difpo- cutes par iefquelles les corps adminiitratifs, pro- Gronte pere d'Eugnie attend dans le jou
fition les perceptions demeureront fufpendues en vinces et coinmmunauts d'habitans, fe feraient fournis mme un M.orimond fils d'un de les vieux ami,
vertu du prfent decret. des indemnits pour les droits qui ont t fup- qui ila promise la main de fa fille, Damis eh l'amant
e II e sI aimed d'Eugnie fon valet, Frontin, veut camtt
L'article Il eft ainfi conu t Florimond ; il s'informe de Lifette, fuivanted'Eu.
IIL. Les droits d'talonnage, minage menage,, L question pralable et invoque, et Affemble gnie, fi ce gendre future eft connu de M. Gronte;
leyde bichenage levage, petite coutume, fexte- decide qu'il 'y a pas lieu dlibrer. Lifette respond non. Frontin fe prfenze alorsaupecr
rage, coponage, copel, coupe, cartilage, ftellage, M. le baron de Marguerite fait le tableau des mal- fous le nom de Florimond, revtu d'un hiabitridi.
boifielage, fciage, palette, aunage, mefure., ta- heurs particuliers que peuvent produire des dcrets cule, et affectant des manieres provinciales encore
large et autres droits qui en tiennent lieu gnra- rendus pour le bien gnral. Il demand que l'on plus ridicuks : il commence dplaire au pere,qui
lenient tous dloits, foit en nature, foit en argent, dcrete que tousles actes paffs entire co-hritiers, cependant n'eft pas encore dtermin lui refufer
perus fous le prtexte de marque ,mefure, aunage, au fu'et de droits fodaux, peuvent donner lieu fa fille.
furniture inspection de mefures, ou mrefurages des indemnits, d'aprs une nouvelle eftimarion, Dans le second acte, Frontin fe prfente encore
de grains, grenailles, et toutes-autres denres ou moins que les co-hritiers n'aiment mieux procder fous des habits de femmes il eft comtefe delaBaoi
marchandifes ainfi que fur leurs ventes, talages, un nouveau partage. Bretagne, veuve de trois maris, et trompe par!
ou trantports, 1 'intrieur, de quelque efpece qu'ils Florimond qu'elle aimait et qui avait promise d'tre
foient, font fuipprim as a.s indemnity fans prju- M. Merlin. Je me difpofais prfenter des arti- le quatrieme. La prtendue comnteffe fe dittante d'
dice nanmains des droits qui, quoique perus fous cies fur cet objet > le preopinant m a prevent : mais nomm Damis, chez qui elle eft loge, et qui
les mmes cnominations feraient juftifis avoir je ne puis adopter les difpofitions qu'il propose. 11 promise de la venger du perfide. -Le vttble fl],
pour caufe des conceffions de fonds : les talons, faut le rappeller les vrais principles. Des juges ne rimond, qui, dans le premier acte, eftvenu de
matrices et poinons qui fervaient l'talonnage des doivent jamais s'arrter des confidrations pi ticu- mander la main d'Eugnie, en prfence dequiFronti,
mefuires, front remis aux municipalits des lieux lieres plus forte raifon des lgiflateurs. Si vous a jou le rle de Gronte, qui ce mme Frontin
qui tiendront compete de leur valeur,, et pourvoiront touchez aux partages, vous vous dclarez haute- a dit que fa fille avait contract un marriage 'fon
dornavant et gratuitement l'talonnage et vri- ment inconfquens, vbus renverfez les contracts de infu, intruit qiu'il a et tromp et qu'Eigniedn'e
fications des mefures. vente. es partages font des vents faites entire point marie, c it Geronte pour lui propolerun
les co-hritiers. Lorfqu'nu droit prit, il prit pour cartel... Gronte n'a jamais vu une pe nue, il ,
M. Laredea. lexie des offices demereursqui le propritaire il faut difinguer la maniere don't e battra pas. Comment s'y prendra-t-il donc
fe trouveront fupprims par l'article, et au rembour- on poffede, ainfi que la nature des chofes poffdes. prtendue comteffe offre le bras de fon neveu;
cement defquels il faut pourvoir. Ils ont t crs,e e l
]es uns par le domain, les autres par les propritaires M. Merlin propofe trois articles rdiges fur ces Gronte l'accepte, et lui done en reconnaillnce
de fiefs. Je propose cet amendment 'article : ,En p'-incipes et deftins terminer le titre I. la main de fa fille,
1 y a dans cette piece, des intenionos comiues4
confquence, tous offices, foit royaux, foit feigneu- M. Loys demand que ces articles foient impri- le ialogue en ea rapidee ,les icteontp s onagrble
riaux de mefurreurs, font rfupprims ; les propritaires ms et ajourns. et diles, a es fiuatiodes quelcuefois euves. Ont agr
defdits offices front rembourfs, ceux des offices et aciles, les firuations quelquefois neuves.0
royaux par le trfor public ceux des offices fei- ?f. d'Efprmenil. La loi Res permit domino n'eft point furtout aim la fcene du premier acte, dans laquelle
gneuriaux par les propritaires des fiefs.,, applicable dans les circonftances. Elle n'accorde d'in- Frontin, jouant le rle de Florimond, elt fur rispa
s l ir v d e demnit de recours au poffeffeur que dans le cas ce mme Florimond qui il fe done pour le per
M. Lanjuinais. Si vous adopted cet amendment, o la chofe poffde aurait t dt.ruite par des cas d'Eugnie. Ce changement fubit de caractere etde
vous allez voit- arriver de toutes parts les rclama- fortuits, par la foudre, l'incendie, &c. Le propi- ton eft vraiment thtral, et product un heuret
i gs des officers qui taient attach aux justices nant compare-t-il vos dcrets des ravages, des effect.
eigneuriales. Je demand ajourneent. tonnerres, des incendies ? Mais voici un raione- La mufue del fignor Zaccharelli a obtenu d
L'ajournement eft dcrt. ment auquel je le dfie de rpondre. Vous voyez applaudiflemens complete et mrits. La fymphonii
en moi le noble de France le moins grev par le ou Ouverture ce prlude quelquefois trompeur,
Quelques autres amendemens font propofs et nouvel ordre de chores: je ne poffede aucun des avait prfag d'une maniere trs-brillante e kiitl
carts infantt par la question pralable. droits que vous avez fupprims. de l'ouvrage qui ne s'eft dmenti dans anuan
L'article III eft adopt. On dit que c'aft la loi qui fupprime et qui d- morceau important. On y a reconuu pastu, ,"'l
truit ; mais on ne poffdait qu'en vertu de la loi, maniere facile et brillante un tfyle fait et foutenut
L'article IV' et conu en ces terms : on n'a acquis on n'a vendu une proprit que fous et 1qu s'annonce pour vouloir fe mefurer .,e
IV. Les droits connus fous le nom de coutume la garantie de la loi i vous venez par une loi Inou- nmatres don't le thtre de Monfieur naturalife chU
ballage, avage cohue, &c. & gnralement tous velle, de n'ter la proprit que m'affurait la loi nous les chefs-d'ouvre.
eux perus en nature et en argent, a raifon de l'ap- ancienne; tez-moi donc les charges auxquelles cette MadamePontheuil, dansle rled'Eugnie, ada
port on u d t des grains, viande et poiffon ,et loi ma fournis, afin que je poffdaffe. Voila le prin le Sage, ds celui de Lifette, M. Gaveau ,d tlu
toutes autres denres, beftiaux et marchandifes dans cipe. Voil le raifonnement qu'on' viendia vou fire de Damis, et M. Fleury, dans celui de fra.iis ,nt
les marchs, places ou halles, font auffi, de quelque de tous les coins du royaume voil le raifoinnemet galemetnt intreff les fpectateurs et ot '
nature qu'ils foient, ainfi que les droits qui en teraient qui rend tout dcret contraire tellement injulle, qu'il vifs applaudiffemens. En gnral, on a iau t,1.,1i
reprfcntatif, fupprims fans indemsnirt. Maisles b- eft imponible qu'il foit excut. de I auteur, du muificien et des acteut i i P
timire c-nps ieocbtalles reftcrup e la n roordtt de ., i a t coute avec attention, .et nous "'
tm ns et les halles refleont lapropriet de ceux aux- M. Merlin. Le propinant ne s'efl pas aperu qu'en qu'elle fera revueavec plaifir. Les piroles I1 0'
quels il appartenaient, fauf a eux a s'arranger voulant maintenir l'ordre dans les propriteset la M. Merchant, dj connu
l'amiable, fir potur le loyer foit pour leur ali- paix dans les families, il bouleverfe tout le royaunnie. pome intitul Fnlon.
nti i., avec les iiiu"; ipalits des lieuxci et les dif- S'il fallait computer le nombre des mcontens je de- p Cetnarticle et de M. jan Mi ln

On s ne c lari, Atel de Thou, rue des Poitevins, ou au bureau des affiches de Paris, re neuve S. Augl/in. Le prix /, your Pa
z 8 Zo'. pour trois mois 3u iv. pour fix mois et de 72 liv. pour l'anne'e; et pour la prince de zz liv. pour. trois mois, 4, ll e
rmos 84 Zi. pour l'anne', franc de p rt. L'n ne s'abonne qu'au commencement de chaque mois. Onfoufcrit auffi cher tous lt libraies
France & us directeurs des p.es. CeJ M. Aubry directeur du bureau de la Ganette Nationale, rue des Poitevins, nl. i8, i.t
adre.r les letter l'argent franc de port Tout ce qui concern la compIlqftion et la rdaction de cette Gazette come lives ) +eflmi'5i
carts m,% ufiue, c. doit atr e adre rdacteur de cettefeui le, re du Jardinet n afor di M. Caraffe enjace de la rue do ,'EP e


i
e
c

d
~