Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
This item is presumed to be in the public domain. The University of Florida George A. Smathers Libraries respect the intellectual property rights of others and do not claim any copyright interest in this item. Users of this work have responsibility for determining copyright status prior to reusing, publishing or reproducing this item for purposes other than what is allowed by fair use or other copyright exemptions. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions may require permission of the copyright holder. The Smathers Libraries would like to learn more about this item and invite individuals or organizations to contact Digital Services (UFDC@uflib.ufl.edu) with any additional information they can provide.
Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

Related Items

Succeeded by:
Moniteur universel

Full Text






~LL'E NA TONALE, ou LE MONITEUR UNIVERSAL.


SAMEDI


2.9 M A 1790.


pOLITIQUE.

TU R Q U I E.

b s turcs de Widdin te preparent a fire une
'ource idfenfe. Cette lace ft aivantageuferenr
fiutel cicades eft en bon tat, ert domine furie
it eir le pafigedii Danube. Cependant l'hitloire
d 1des dfaites qu'ont effuyes, plufieurs reprifes,
eu turcs aux environs de cette place. Jean, Corvin
ttniaide, un des meilleurs gruraux de fTn teins, y
rMporta, en 1443 nie victoire fur les ottomans,
qui y perdirent 50 uille hommes. En 1595 les
trcs furnt complerteinent battus fous les murs dt
Widlin, par Sigifinond Bathori, prince de Tran-
fylvi)ie ; et enin i, en r1689, le margrave Louis
de BadenI, aprs avoir pris Niffa, mniit le fiege de-
v,,t W\iddin livra bataille une grande arme de
tics, la 'it en droute, et fora la garnifon de la
police capituler quatre jours aprs la bataille.
M. le comte Potocki envoy extraordinaire de
Pologne, eli arriv le r5 mars Conflantinople,
avec une fuite nombrcufe et brillante. On ne parle
nque de pourfuivre la guerre ; cependant il eft certain
que les deux dragomans Waldenburg et Sturmer,
atachs i la lgation autrichienne, fe trouvent en-
coreau camp du grand-vifir. On affure fans aucun
fonderient, que Julfuf-Pacha, nouveau grand-vifir,
'det ias moins port la paix que fon prdcefeur,
e ntil a charge les cominufllaires de la Porte
J', de ne pas ngliger de nouvelles proportions,
'il y a lieu de les tenter.
PRUSSE

De Berlin, le 11 mai.

L'anmbiffdeur autrichien n'a pas encore quitt
cette capital; cependant on continue croire que
fou dpart n'efl pas loign, la derniere lettre du
roi de Hongri' n'ayant point apport les propositions
que lonu s'tait-flatt de recevoir. Auffti s ordres
fontdonns l'arme de fe tenir prete a marcherle
5 et les ponrvoyeurs doivent fournir les 1,200zoo
chevaux commands, avant le terme fix pour leur
furniture. Six companies d'artilleurs font parties
hier pour Grandeut.
L'arme pruflienne fera, dit-on, compofe de zoo
mille hommes divifs en cinq corps, et qui, dans
les gazettes trangeres front iftr ibus de la ma-
niere fuivante : les troupes de I? Pruffe occidentale
doivent fe joindre zo mille polonais, marcher en-
fetmble vers la Livonie et l'attaquer*de concert
avec les fudois. Les rginmens de la Pruffe occi-
dentale, et quelques troupes de la Pomranie mar-
cheront vers la Galicie, et trouveront fur la route
3o mille polonais auxquels ils fe runiront. On def-
tine 30 mille hommes contre la Bohme, 80 mille
contre la Moravie, et l'on former un corps d'ob-
fervation de zo mille hommes dans le duch de
Magdebourg.

S ANG LETERRE.


P A R L E Mt N T.


Chambre des Communes.
M. Francis prfenta affez brivement la motion
qu'il avait annonce relativement au traitement
des ambanfadeurs Madrid. Les faits fur lefquels il
allait l'appuyer taient, dit-il, fi videns, fi iii-
conteftables, qu'ils n'exigeaient ni preuves ni clair-
ciffemens; auffi la conclufion qu'il fe propofait d'en
dduire, ferait tellement frappante par fa jufteffe,
4lle tout citoyen impartial s'emprceft ratrde l'adopter.
Depuis le i. mars 1783 continua-t-il, fa maljft
a nomm quatre ambaffadeurs auprs du roi catho-
1:que. Depuis, cette mme poque, il n'a rfid d'ain
baffadeur la court d'Efpagne que pendant treize
mois feulement.
Quoiqu'un de ces ambaffideurs n'ait point touch
alappointemens la dpenfe total s'eft leve
35,6o0 1. 7 f' Io den. fIetl.
Je demand que ces trois propositions, qu'il.eft
impoffible de contredire, foientradoptes en rfolu-
,tins de la chambre et qu'en confquence on
Prlente une humble adreffe fa majeft, pour la fuip-
plier 'olir 'avenir les envoys dans les cours
etrangeres d'y rfider et de s'y acquitter de leur
devoir. Car je vnus le deniandic ,, M0ffieu.s, de-
vaitron donner i lord CCheflerfield I f,o liv. fferl.
Pour avoir paff prs de deux ais Paris ; M. Eden,
a")tourd'hui lord Auckland, avait-il droit 7,,ooo 1.
lerl ing pour n'tre fref que treize mois a Ma-
dlid ? n'eft-ce pas l prodiguer plaifir I argent de la
Nation ? Ici M. Frcis-flicita ironiquement les
iniftres de l'efprit d'conomie que leur avait infpir'
a crainte e f motion. Ils l'avaient port ces diffi-
Ptceurs de plus de 3o,o000 1,, au point qu'ils s'taient


refufs courageufement une dpenfe de 14 ou 1
fchelins pour l'iipreilion d'une note nceidire lainf-
truction de la chambre.
M. Burgeff entreprit la juflification des minifires;
il convint que lord Chl:fterfield, nomm l'ambnffade
,d'Efpagne, n'avait pas lait un pas plus loin que Paris,
et y avait pourtant touch tes appointenens pendant
deux ans; mais il fe rejetta fur l'etiquette, qui avait
retard fbon dpart jufqu' celui du marquis d'Almo-
dovar. Une maladie ayant empch ce dernier de
remplir fa miffion le comte de Chefterfield s'arrta
de ton ct, cumme il en avait reu l'ordre pofitif:
au reite, les affaires' de la Grande Bretagne n'en
avaient point fouffert, M. Lifon, home de mrite,
en tant charge. Le marquis del Campo ayant t
nomm anbalideur Londres en juillet 1787 M.
Eden, aujourd'hui lord Auckland avait t dfign
pour l'ambaffade d'Efpagne o il s'tait rendu auili-
tt que la conclusion du trait de commerce qu'il
ngociait Paris, le lui avait permits i il s'y etait
acquitt pendant les treize mois qu'il y avait paffs,
de cous les devoirs d'un ambafladeur. Lord Auckland
tait revenue Londres au mois de juin dernier,
pour des raifons qu'il tait inutile de develpper,
et il y avait reu, comme cela tait jufte les ap-
pointemens de fa place: il ne doutait point que
M. Fitz-Herbert, nomm ambaflideur en Efpagne ait
mois de novembre dernier, et actuellement en route
pour Madrid, ne mritt auffi la reconnaiflance de fa
Patrie, laquelle fes talents et les lumieres procure-
raient les plus grands advantages, La queflion fe rdui-
fait donc favoir s'il fallait envoyer des ambal'ideurs
l'Efpagne, et fi en les employant, ils devaient
tre pays, deux chores inconteiables : ii croyait
mem ces vrits un peu plus certaines que les pro-
pofitions de M. Francis. Le noble duc la tte du
dpartement des affaires trangeres, et les autres
minifires de fa majeft avaient donc foutenu l'hon-
neur l'intrt et ia dignit de la Grande-Bretagne.
Quant aux raifons particulieres qui avaient fait nom-
mer telle ourtelle perfonne l'ambaffade de Majcrid,
il tait inutile et peut tre dplac d'en rendre
compete la chambre'; en confquence, il demarn-
dait la queflion pralable furla motiont pour ne pas
retarder plus long-tems l'ordre du jour.
M. Wyndhan. Je ne dirai rien pour la motion,
don't le feul nonc prouve l'importance. L'opinant,
qui fe flatte de l'avoir fi bien combattue, a malheu-
reufement laiff de ct le point effentiel. Pourquoi
lord Chliferfield, nomm amballideur en Efpagne,
va-t-il en France, et ne va-t-il qu'en France ? Voil
le problme qu'il fallait refoudre. Ici, les minifires
fe retirent dans leur forterlffe inexpugnable du fecret
d'Etat; ils difent qu'ils avaient des raifons, fans fire
notre raifon l'honneur de lui foumettre ces raifons.
Moi, j'y vois une negligence au moins apparent;
et come on ne nous donne pour raifon que la simple
a!fertion qu'il y a eu des raifons, je ne crois pas
avoir tort de me joindre M. Francis, pour supplier
fa majeft d'empcher l'avenir de dpenler j5,ooo 1.
sterling de l'argent public, pour de fi lgers services
publics.
M. Burgef. II faut ou que j'aie eu le malheur de ne
me pas bien expliquer ou celui d'tre mal compris;
car je crois avoir expliqu d'une maniere fatisfaifante
pourquoi le comtee e hcfterfield n'a pas t Ma-
drid. L'explication et simple je la rpete e la voici:
c'e parce que l marquis d'Almodovar ambaflh-
deur en Angleterre, n'y a jamais mis le pi-d : or,
je demand s'il y a la rien qui riffemble un fecret
d'Etat.
M. Fox trouva que cette rponfe ne juflifiait pas
affez les miniftres, toujours blamables de prodiguer fi
lgrement un argent prcieux. Je ne fuis pas, ajouta-
t-il, grand connaiffeur en tiquette, mais fi c'efl
l'tiquette qui a retenu lord Chefterfield Paris,
c'el une bien malheureufe invention, du moins
pour l'Angleterre, laquelle il faut avouer que
cette pointilleufe ':aniere de s'obferver a codt
fort cheri d'hilleurs, il me fumble que lord Chef-
terfield pouvait auffi bien attendre ici qu' Paris,
pendant deux ans, le dpart de l'Ambaffadeur d'Ef-
pagne pour Londres. Je crois pouvoir me per-
.mettre encore une quefiion. Pourquoi payait of
M. Eden Paris, tandis que nous y avions le duc
de Doret ? C'tait, dans le fait, payer un am-
baffadeur en Efpagne qui n'y tait pas, et en avoir
deux en mme teams en France; qu'en eft il r
fult? C'elt qu' l'poque la plus critique, nous.
ne nous fommes trouvs avoir a Madrid fii ambaf-
fadeur, ni aucune perfonne revtue d'un caractere
diplomatique. 11 n'y a, depuis un an, qu'un con-
fl ? et no>s rapports avec la France, dans ce mo-
ment, ne font- ils pas infiniment d licats et pineux ?
Pourquoi n'avons nous pas d'amnbaffadeur Ver-
failles? Je ne vois pas. trop comment on fera valoir
ici la rigoureufe obfCrvance de l'tiquette; car la
France a un ambaffadeur en Angleterre : cependant
que n'avons-nous pas crainidre-ou efprer de
cette puifance ? Toutes nos affaires avec elle font
pourtant confies dans ce moment difficile un
l eune homme dj inftruit, fi.l'on veut, et qui
montre les plus grandes difpofitions fe perfectrio-
ner, mais qui n'eft, aprs tout, qu'un june home.


Lord Robert Fitz-Gerald eft mon parent, mon ami,
je l'eflime ; mais rien ne m'empchera de dire qu'il
ne fallait pas fair des ngociations avec la France
fon coup d'effai, puifque les ralens des p:.rfonncs
les plus conbfonues n'auraient pas re de trop
dans un pareil tat de chofes. M. Fox finit par
voter pour la motion de M. Francis.
L'honorable membre oublie dit M. Burgefs,
que noum avons in charge d'affairis Madrid ,
qui, parles derniers rglernens, peut-tre prfliit
aux miniftres, et mmie au roi, qui equivaut. enfin
a un ambaffadeur; il voudra bien fe rappJlliir aufli
qu'au dpart de lord Auckland, la cour d'Efpa-
gne tait avec nous dans des diipofitions amicales,
qui paraiiRhient devoir continue.
Il ne fut pas difficile M. Fox de rfuter ces
dernieres raifons ce qu'il fit en peu de mots.
M. Pitt trouva nanmoins les raifons de mon-
fieur Burgefs fi p'reemptoires', qu' peine croyait-
il devoir y joindre deux ou trois observations. Af-
furment, fi l'on avait pu prvoir que l'ambalfadeur.
d 'Efp;age tarderait tant fe mettre en march,
il aurait mieux valu que lord Chelterfield ne partit
pas; mais une fois part, pbuvait-on le rappeller
fans que cela fit le plus mauvais effet aux yeux
de toute l'Europe ? Quant au fjour de M. Eden
Paris, ja vous le jufiifierai galement, mellieurs,
continue le chancelier de l'chiquier. Je conviens
que nous y avions dj le duc de Dorfet; mais
fans lui faire tort, vous m'avouerez que pour un
trait ae commerce difficile il fallait une perfonne
verfe dans ces matieres; et qui les entend mieux
que celui qu'on a recompenf par I'ambaffade d'Ef-
pagne, de la maniere don't il a mnag les intrts
de la Grande-Bretagne Je veux que M. Eden,
aujourd'hui lord Auckland, n'ait pal' que treize
mois Madrid; .mais voyageant avec fa famille et
une fuite nombreufe, il a d nceffairement perdre
beaucoup de teins dans une route ennuyeufe, et
ce n'eft pas la parties la moins pnible de fon am-
baffade, a la dure de laquelle ce voyage ajoute
confidrablement.
Le chancelier de l'chiquier s'tendit enfiite fur
les droits de l'ex-ambaffadeur une penfion; il
prtendit qu'il n'en avait encore que la promeffe i
elle ferait de deux mille livres sterling come il
eft d'ulage ; mais il ne la toucherait que qu.nd il
aurait tout--fait renonc la carrier diplomati-
que, o il s'etait dj montr fi utile, et proba-
blement le ferait encore. M. Pitt finite par vanter
la rdaction du trait de commerce avec la France,
et les ngociations relativement aux Indes orienta-
les ; operations qui avaient tabli l'amiti et la
bonne intelligence entire les deux couronnes fi fo-
lidernent, qu'il n'tait pas probable que l'harmonie
vint ceffer.
M. Fox fe plaignit de nouveau qu'on n'avait pas
envoy d'ambaffadeur en France, et fur-tout un
home expriment.
Le chancelier rpondit que c'tait par conomie;
qu'au relie les raifons de plaintes de l'honorable
membre n'cexifteraient plus dans quelques jours.
M. Francis demand que fa motion fut infre dans
les journaux de la chambre; et fur le refus, I accula
les miniftres de vouloir fupprimer la trace des faits
qu'il avait tablis. A la plainte de ne point avoir
d'ambaffadeur en Efpagne, on avait rpondu qu'il
y en avait deux Paris cette poque. N'tait-ce
pas fe moquer ? C'tait fiubftiuer le fiperflu au
nceffaire. Eh quoi les miniftres feraient-ils fonds
laiffer dix-neuf course fans ambaffadeurs, pourvu
qu'ils en entretinflent vingt Paris grands frais ?
Quant au lord Chefterfield, avoir couru toute la
France commee l Juif errant pendant les deux
annes o il aurait d tre en Efpagne cela ne'
lui faiaic pas plus d'honneur qu'au miniftere.
La chambre s'elt divife pour aller aux voix;
la motion de M. Francis en a eu 59, et l'or4re
du jour 95.
FRAN CE.

Extrait d'une lettre de ,Valogne, du 15 mai.

Les foldats du rgimant de la reine, infanterie,
en garnifon dans cette ville avaient un march
affez* avantageux paff avec les entrepreneurs de
la rade, pour charger les chaifes-mares deflins
au transport des pierres qui doivent former la di-
gue. Les fonds pour ces trop fimneux travaux taint
moindres que les annes precdlent-s, un irand
nombre d'ouvriers ae toute efpecc rtiient dans la
dtreffe. Les foldats du rgiiient de la r-lne ont
dlibr et ont dit : Puifque l'Affernble natio-
nale, par un dcret fanctionn par le roi, et don't
nous eprouvons es boou cs ets, a pourvu notre
bien-tre d'une maniere fuffifante, que nous fom-
mes nourris, logs, vtus chauffs par le trfor
public, il n'elf pas jufte que nous profitions du
bnfice que les fonds donns par le mme trfor
public piur les travaux de Cherbourg, peuvent r-
pandre fir l dlaffe des pauvres ouvriers, qui font


MN. 149.


I












*os cr'iriroyens, nos Freres. Nous leur cdons no-
tre emrc!rile. Ce qui prniuve la gnrofit de cette
action c'tii qu'i i..: loni rife-rvs le droit de fe
retfilir d lui nurnaira i, par prt'-rence tout autre
rimcint, dans lv cs of les travaiux, reprenanit
uiie plus grande activity offriraient ces ouvriers
Jles nmoyens de travailLr de leur i itier. LssONNrE.

De Saint- Quentin lc 2z mai.

Vendredi 2., fui les huit heures du foir, quel-
qus iuconnus joints a plhiieirs brigands, ont ar-
rA:c deux voirures de bled qui fortaient de chez
nmoniieur l'abb Larticle. Ils ont brif tous les
mnubles de fi maifoin, et n'ont rien vol.
On a battu la gnrale, et ces malheureux fe
fi nt vad&s. iHier ils oiit renouvell l'alarme la
halle, on a encore battu la gnrale et fonn le
tocfin depuis Ir heures jufqu' midi et demi ; la
garde national, mal arme avec les tufils dlabrs
qu'elle a pu trouver l'htel-de-ville, s'etl pr-
fentc pour en impofer ces brigands; mais ils
rnt fait rfiftance et la garde national a pli :
v:rs le Coir on a faith illuminer; deux cents hom-
mes mieux arms les ont dillperfes et en ont arrt
dix-fept; cinquante dragons, qu'on vient de nous
envoyer de HIamn, ont ramiene le came et raffur
rinos femmes.


-Ordre du r6 au I7 mali 1790 pour le dpart des de-
tachemeus de la garde nationgle de Bordeaux, pour
aller Montauban:.

Les dtachemens des rgimens de Saint Riemy,
Sai t-Eloy, Sainte-Colombe, Saint-Pierre, Puypaulin,
Saint-Michel et Saint-Maixant, qui ont t common
ds pour aller Montauban fourniront la premiere
division ; ils auront leur tte les grenadiers de
Champagne et front fuivis du dtachement de ca-
valerie. On y joindra quatre fapeurs et un de leurs of-
ficiers; ces fapeurs front pris dans le regiment de
Saint-Seurin.
Ceux de Saint-Projet, Sainte-Croix, Sainte-Eulalie,
Sainr-Sinmon, Saint-Seurin, etSaint-Chrifloly, for-
rperont la feconde division. Ils auront leur tte les
chaffeurs de Champagne. On y joindra quatre fa-
peurs, avec un fergent du rgiment de Saint-Seurin
L'artillerie marchers avec cette division et la fuite
c-s deux divifious fuivront la mme route, ur
jour. d'intervalle. La premiere fjournera au port
Sainte-Marie, et la feconde Marmande. La pre-
miere attendra la feconde Moiffac, pour attendre
les ordres de l'Affemible national, etpour arrived
enfemble Montauban.
Il y aura cinq charettes pour porter les qui-
pages de la premiere division et quatre pour l
feconde.
Le logement qui fera compof d'un aide-major
d'nii capitaine, d'un officer avec un fergent miajo
et un caporal par rgiment, s'affemblera demain
quatre heures du martin la porte d'Aquitaine, poui
eu partir toutde fuite pour aller Caftres taire le lo
gementi qui era prpar par le quartier-matre-gn
rxe;. f.e logenmen fait les officers iront vifiter les
diiFirens objets de l'tape et te rpartiront dans les
diffrens end;oits des diftributions pour veiller au
bon ordre. 11 y aura un officer et un marchal-des.
logis de la cavalerie, qui partiront avec le logement,
pour recevoir les billets de logemens de ce corps, et
veiller la difiribution du fourrage. Une garde de
trois volontaires par rgiment, commande par nir
lieutenant ou fous-lieutenant un fergent et deiu
caporaux partiront avec le logement, pour monter la
garden en arrivant.
Les fergens-majors de logement et marchal-des-
logis fe trouveront l'arrive de la troupe, pour 1;
distribution des billets, que chaque volontaire aura
foin dr conferver, parce que c'eit fur ce billet qu'i
recevra fon tape.
S Les dtachenens s'affembleront demain, cinr
heures du martin la place d'Aquitaine, pour et
partir lorfque l'appel en fera fait s les grenadiers fe-
ront I'avant-garde, et la cavalerie l'arriere-garde.
Il fera command un volontaire par compagnie
avec un fergent et un caporal, pour la garde de
quipages qui ne fe mettront en march qu'apr
h troupe, afin que ceux qui ne pourront porte
kluir havretac aient le teams de l'y fare apporter. Le
havretfc ne doit contenir que quatre chemifes, fi
mouchoirs deux paires de bas, une paire de fou
lies, une culotte et un bonnet de nuit. Pour acc
lrer la charge de ces effects, les volontaires le
a!iporteront ce foir chez le major de lcir rgimel
refectif qui prendra des moyens pour les fair
parvenir de fuite i la place d'Aquitaine, o fe trot
v. roni les ciarettes, que l'on coummencera chat
get le plutct polfible.
Le rgiment de Sainte-Eulalie fournira de boinn
here le pole des Auguflins, afin de mettre un
l'ntinulie ou deux. la garde de ces equipages
qui front e(corts par la garden ci-delfus, et r eroi
remis en arrivant, la garden qui fera tablie a
logetment juliqu'au lendemain martin.


604
Suivant le dcret de l'Affemble national, dy 10
aoit dernier, la troupe affniible prtera ferment
entire les mains de fon c-oiinmandant, de bien et fi-
dellement fervir, pour le maintien de la paix, pour
la dfenfe des citoyens, et contre les perturbateurs
du repos public.
Pour observer le bon ordre, MM. les officers
veilleront ce que les volontaires reltent leur
r;mg, jufqu' ce que la diffribution des billets foit
faite-; la retraite fe battra tous les foirs huit
heures les tambours et le trompette s'affembleront
lour c.t ecet, iur la place et neuf heures
chacun rentrera dans fon logement.
Perfonne ne pourra exiger de fon hte que place
au feu et la chandele, le fel et le logement.
Le mme ordre fera filivi le lendemain pour la
fconde division et l'artillerie enverra un officer
et un fergent come la cavalerie, pour le loge-
ment et Je fourrage ; elle fermera la march, et
fera fuivie des quipages de cette division, qui ait-
ront une efcorte come ceux de -la premiere di-
vifion.
Tous les foirs, cinq heures un fergent-major
et un caporal de chaque rgiment fe rendront au
corps-de-garde, pour recevoir l'ordre pour le dpart
du lendemain.
Chaque volontaire fera muni dp quinze cartou-
ches, qu'ils prendront dans leurs companies et
qutinte autres par volontaire front depofes dans
les caioniis de l'artillerie.

Detail.
A ide-major de logement, M. Brochon ; capitaine,
M. Pecholier de Sairit-Remy lieutenant, M. Ca
dillon, de Saint-Eloy. Officer d. garde, pour partir
avec le logement, un lieutenant et un fergent et
deux caporaux du regiment de Saint-Maixant. Le fer-
gent et le caporal pour l'efcorre des quipages,
front fournis par Saint-Michel.
S Commandant de la premiere division, M. Coupon;
feconde, M. Pourcin aide-major-gnral. Artillerie
compofe de 40 officers et 5o canonniers, pour le
service de fix pieces de canon. ls portent zoo bou-
Slets, et 200 charges de grappes de raifin et iui-
traille.


ADMINISTRATION.
t
SPROCLAMATION DU ROt du z5 avril 1790, fur
le dcret de l'Affeimble. national, du 9 du mme
mois, relatif aux mefures remplir par les muni-
cipalits qui voudront acqurir des biens domaniaux
ou ecclfialliques, et notamment la municipalit de
a Paris.
Idem, du 2 mai, fur un dcret de l'Affemble
, national, qui ordonne que les gardes nationals
r refl-ront, jufqu' leur nouvelle organization fous
i le regime qu'elles avaient lorfque les municipalits
r dans l'arondiffement defquelles elles font tablies
- ont t rgulirement conftituies.
Idem, du 5 mai 1790, fur un dcret de l'Affem.
ble national, relatif au ferment des officers muni-
cipaux.
S Idem fur un dcret de l'Affemble national,
Sconcernant l'excution des dcrets pour la division
: du royaume en dpartemens et en districts.
Idem, d.u 8 mai 1790, relative au droit de voter
K dans les afferbles primaires.


MUNICIPALITIES PROVE IN CIALE S.

M. Hiver, maire de Villeneuve le Roi, avant
donn fa dmiffion, M. Menu de Chamorccau
dput l'Affemble national, a't lu l'una-
nimit, fept voix pres.

De Roye, en Piardie.
M. Billecoq, maire. Officers municipaux, MM. de
.ongcamp, procureur; Derchen u Leclerc, ngo-
ciant ; Defueux, brigadier de la marchauffe; Gr-
goire Dfigny procureur. Procureur de la com-
mune, M. Maffon, avocat.



SM LANGE S.
Lettre de M. Charles de Lamet/h, M, de la Fayette.

J'apprends, Monfieur, que fur la difference quis'eff
manifefte depuis quelque teins dans nos opinions
lAffemble national, et particulircinent dans la
dlibration relative au droit de p'rix et de guerre,
on rpand avec profiifion dans Paris, .que ajarpir'
vous remplacer dans le commandement -de la
garde national. Quelque loign que je fois d.c
croire qu'oh ptI better les yeux fur moi, et quelyue
prix qu e ee aete .toutes, e s diftinrtions qu'on


petty devoir au fiffrage de fes concitoyens
dois de dclarer que je n'en ai :a- jet S
penfe, et que fi cet honfneur ta-' tlt u ol
r "i 'ait : offerst '
ne l'accepterais pas c'e i fans aucune im.rt
c'ef avec la ferme rfolution de nacceptier 10
aucune place qu e j e fuis dvou ed Jami
de la libert, et que je e celterai de travailler p
elle, jufqtu'a ce que la conilitutio qui nous I'fu
ait et acheve, dans les principes fuiv re
uels elle a t commencee; le rougirais ,i
dans ma conduite pouvait jamais autorife e a Croi
upe j'euffe t guid par quelque motif d'int
perfoniel.
J'ai l'honneur d'tre &8c. Snl, CHARLE
LAMETH,.

P. S. Vous trouverez simple, monfieur oq
dans un moment o je vois mes ientnios a, q,,
par des menes obfcures, et des propose calomieux r
je mette les repouffer toute la publicit.-qui ce
vient mon caractere.


ASSEMBLE NATIONAL,

Prdfidence de iV. de Beaumety.

SiANCE DU JEUDI MAI AU SOIR,

M. Chabroud fait lecture des adreffes.
-La ville de Dinant adhere tous les decrets d
l'Afmble national, et proroge les pouvoirs de
Ces dputs jufqu'aprs l'acbevement de la confli.
riition.
.Adreffe du mme genre, de la commune de
Paimpol.
La garde national de Rhodez promet d'oppfer
toutes fes forces aux fanatiqiue qui fe fervent de l.
religion pour dtruire l'heureute influence des d-
crets de l'Affemble national.
La paroiffl de Quercy en Saintongef, fe pjlai
des vexations fodales exerces mme aprs lextinc
tion de la fodalit.
Une dputation de la ville de Sens, admife la
barre, protefle de fon parfait dvouement pour les
dcrets de l'Affemble national.
Les curs de Chaulney, prs Poitiers, adheient
tous les dcrets de l'Affemble et notammenti
ceux ports fur les biens du clerg.
Lettre des curs de Civrai en Poitou. Is ont
arrr qu'en place publique, et un jour fixe, on
dclarera hautement que l'on improve la'cordidit
des proteftans de l'Affemble national.
M. MIalouct. Je-demande que l'Aflemible dfende
que tout particulir, toute corporation, routeniu-
nicipalit fe permeTte de donner l'avenir des qua-
lifications odieufes aux membres de l'Affemble
ce n'efl que par des dcrets qu'ils peuvent tre at-
taqus, et on ne peut, fans un grant danger, leur
fire un crime de leur opinion:
M. Chabroud. Je damende la permiffion de con-
tinuer la lecture des adreffes.


AM. le marquis de Folleville. Il y a long-temrs que
M. Chabroud affected de lire les adrefles le p)us
incendiaires ; il ne devrait pas ignorer q9, ce i.'nc
des fltrifftres qui s'attachent toute Affembee.
La ville de Moulins fait un foumifiioi de #rois
millions pour l'acquifition de biens nationaux ; ele
s'applaudit de ce qu'aucun de fes dputsis ni'a'groli
la life des fignataires de la parties protellante de
l'Affemble national.
La municipalit de Poitiers dnonce une adreffe
des dputs impartiaux de l'Affeible national,
qui les excite former des plaintes contre des d-
crets dj fanctionns.
M. /e come de Vireiu. Je nie formellement qtU9
la focit qui a pris ce nom, ait fait une ;'.iicll
adreffe, et je dfie d'en adinlniftrer la preuve.
Une dputation de la ville de Douy, admifeti
la barre, fait un foumiflion de.diti millions pour
acquisitionn de biens nationaux et demnde que
les rgimens'de Vairtimille des chaffeursdePicardie ,
&c.., reflent en garnifon dans leur vlle..
L'Affemble decrete qe (n. pi.l.i't' r.trr
pardevers le roi, pour e ,fuppli.r J" ii',:lii i
Douay fa garnifon qu'autant',que lIexigerait le bien
public ; dcrete en outre qu l fera clhatg d'crite
a lh amiuoicip'alit, la .garde nationale-etaux reg-
nmens pour *lear* tindigner.Leombiein A l'Ambl
.eK fenifible aux marques de. ,atriOtifine dont il
ont donn tant' de preuVes. -i
SM. de Laniierh demand que I'Ii-l:nlle ptenne,
eni faelr d la ville d'Arras, leimie'd-' q
cclui 'qu'i'l vient d'arrte'r au Fujet de la ;jril'uL
de Diiav.
Cette proposition eft dcrtde.
Le receveur-gnral delay farmede Saint-Eti'.n"
cn Forez .,*fait en lfon nom et en celui de rtou
les etnply,s d. : cette ville, un don patriotiqti
de ri73 liv ..



G1


IDI


-womeo2m:amassm....--


I
*











L aor de la garden national de Narbonne off'e
:eit cs de rentes qui continueront d'tre payes
ient aprs f i ort, aux families des volontaiies
ors au 'fiege de la balfille il promet de fire
,lr u obilifque, pour rappeller la poilrir
,e ..e la liberty franaife.

b. RnuddCSaint-Eticnne. Votre comit de confli-
.ti01 vousa fait un rapport, le 0o fvrier der-
aier, au fujt des rclamations d'un grand nombre
dec roaens de S. Jean d'Angely contre la nomina-
de cOtye)
io des officiers iiiiicipaux etr noranmmenl c otrt
,rlle de /. Valentin maire de cette ville. Vous
cle dcrt que provifoirement le maire et deux
ciiers inunicipaux de 'la Rochelle prendraient des
ormations fcur les fits, pour ci rendre comiapte
'llenmb'ie national : en confquence de ce dcret,
e aire et deulx officers municipaux de la Ro-
riieile font tranfports St. Jean d'Angely o ils
I reu les rclamartions faites contre les ofliciers
iiiiiicipax ils eci ont drff un procs-verbal, qui
t remis au comit de conllitution. Pour vous met-
reen tat de juger fur l'affaire, il eft nceflire de
,enolter un peu plus haut. Lors de l'lection des de-
,s l'Affemble national, il fut cr, dansla
'llclhauffe un comit pour entretenir une corref-
oiidalce avec eux ce comit s'eft plaint que la
iillnicipilit de S. d'Angely avait nglig de
aire publier les dcrets du 4 aot ; alors il s'eft"
Cra autorif les publier lui -mrme ; il demandla
'ifiite une Afiimble gnrale de la Commune. la
cominune convoque, diverfes plaintes furent portes
coiitre le maire; et enfin il en fut lu un autre,
linli que des adjoints pour l'affifter d.ns fes fancc-
,ions. De la part du roi deux lettres de M. de Saint-
riet et de la part de l'Affemible national, une
etre du comit des rapports, ont confirm cette
election. Cependant M. Valentin, d'accord avec les
ipciens officers municipaux, en a conrte la vali-
dit : ds ce moment la ville de S. Jean d'Angely a
etdeudx mu!icipalits.
Chacun des deux maires ( M. le Normand et M.
Valentin ) a eu Ton part, qu'il appellaic la commune
de Saint'Jean-d'Angely. M. Valentin tant cornman-
dint de bataillon, l'ancienne municipality avait pour
elle la force des armes ; deux fufi'liers places la
porte du bureau des lettres, le rendait poffOfeur
des nouveaux dcrets fur l'orgaifaiition des muni-
cipalits,et pouvait feul les fire proclameretexcuter.
Cette epoque qui devait aneantir toutes les prten-
nons en rendant aux citoyens tous leurs droits, les
a Dinanmoins laiff iubfifter.
M. Rabaud de Saint-Etienne entire dans un dtail
rirconft'nci des moyens employs par M, Valentin
pour le fire coniniier,nmoyens examines et confiats
par les commiffaires de la Rochelle. 11 rfulte de ce
tail, que M. Valentin n'a point indiqu les difricts
fuivant les quarters ; de forte que des perfonnes du
mme quarter taient dans des districts diffrens ;
que plufieurs citoyens actifs ont t omis fiur le
tableau, et que plufieurs n'ont point recu de billet
que beaucoup de citoyens non-actifs et trangeis, ont
t admis voter dans l'Aftembl e qu'ii s'efl tait une
diliribution de liftes de fcrutins tout faits; qu'on a in-
trigu et cabal pour faite nommer les officers iim
nicipaux actuels; que les citoyens qui voulaient et;-
trcr dans l'Affemble, ont t repouffs avec une
ejtrime violence par le fils et Je neveu de M. Va-
lentin placs en fentinelle i et mme qu'un officer,
envoy par M. de Reboul, marchal-de camp, pour
maintenir le bon ordre et empch-r les excs, a e t
grivenient blefl ; que M. Valentin tait et et cin-
core centre les dcrets commandant de la garde
national ainfi que plufieurs officers municipaux,
orfcir's dans la mime garden. Perfiad, mefileurs,
dit M. Rabaud de Saint-Etienne, que le vuen dcs
citoyens de Saint Jean-d'Aingly fera clairement ma-
nifelft dans une Affemble libre, et ot tous les
citoyens pourront tre admis, votre comit vous pro-
pofe le dcret fiivant :

L'Affemble national, aprs avoir oui fon co-
mit de conflitution q lui a rendu compete des in-
formations prifes par les commifl'aires nomms par
elle par fon dcret du ro fvrier r790, dcla'e
nuille et illgale l'lection des officers municipaux de
S. Jean d'Alngely, des a2 janvier et jours fuivans
ordonne que pardevant les pines cornmilaires qui
(ont pris connaiffanc. de cette affaire il fera procde
a une nouvelle election des officers municipaux de
Saint Jean d'Angely dans laquelle les'dits conmmif-
.faires le conformeront aux dcrets de l'Afemble
national ; et que les officers qui front lus dcla-
reront expreffment qu'ils renoncent routes fonc
tions militaires.
Ce dcret e't adopt.
SM. le prcfident fait lecture d'une lettre de M. de
Saint-Priefl. Par cette lettre, le miniftre announce que
parune dlibration du zo de ce mois, le confeil g-
-nral de Morntpe'llie-r a dcid de remettre la garden de
la citadelle au commandant des trou'pesdu roi.
La fance elt leve dix heures.
STANCE DU VENDREDI 2 M.A *
M, Goffin. Le comit die coftfitution m'a charge
de vous rendre compete d'iine conteitation relative
"la formation des muiinicipalits. Selon vos dcrets,


6o5
le hameau du Biet, dpendant de la ville de Boulo-
gie ,devait ne former avec elle qu'une feule muni-
cipalit. 11 parat qu une abbaye tablie dars ce ha-
meau, a excit les habitans prendren un part con-
traire:ils ont form une municipalit partiuuliere.
Les religieux de cette abbaye ont vendu les beltiaux
appartenant cette communaut; ils en ont enlev
les meubles et les ont dpofs chez les payfans, et
notamment chez le maire. Le comit propose de
dcrter : qu'en execution des prcidns dcrets ,
les deux municipalits ceiferont d'exit er, et qu'il en
fera form une feule, don't (es alIembles le tiendront
Boulogne, lieu du clocher ,.
Ce project de dcret eft adopt.
M. Lavie. Des municipalits de Franche Comt
ont arrt des bleds expdis de Bafle et du Duch
de Wirtnmberg pour le pays de Montbelliard qui,
pour arriver leur deflination, font obligs d'em->
prunter le territoire de France. Si ces bleds font re-
tenus, ce pays manquera de fubtillauces. Je propofe
de dcreter que M. le prfident le retirera pardevers
le roi, pour supplier S. M. de donner les ordres n-
cela.ires, afin de lever les obilacles mis au transport
de ces bleds.
Cette proposition eft accueillie.
Sur des rapports faits par M. Vernier, au nom du
comit des finances, l'Affe-mble autorife les villes
de Sallon Uferches, Chirac, Calley I aniau, &c.,
prlcver, p.ir forme d'impofition extraordinaire,
des Commes qui front employes entretenir des
ateliers de charit.
M. Goffin rend compete, au nom du comit de
conflitiition, d'une cointctation leve entire les villes
de Chlons et de Micon, au fujet du chif- lieu du
dpartement de Sane et Loire. Un dcret avait or-
donn que ce chef- lieu ferait provifoirem lit
Macon, et qu'apres la premiere feflion les elCteursL
dctrmnineraient. la ville o ce chef- lieu ferait .lefi
nitivement plac. Les'lecteurs affembls pour la
formation de l'adminil&ration de department, ont
accord, la pluralit des fuoffrag s, cet advantage la
ville de Chlons. ClCle de Micon rclame et s'aut'-
rife dii dcret, en difant que l proviloire doit dur r
jufqu'aprs la premiere felfion, c'elt -dire, jufqu'
l'epoque o les lecteurs fe raffembleront pour re-
nouveller la moiti des membres de l'adminiftration.
M. Gofini propose, au nom du comit, un project de
dcret qui eft adopt en ces terms :
L'Affemble national, ap:s avoir entendu le
rapport de fon comit de conilitution, dcr-te :
, i. Qu'en execution des prcdens dcrets, la
premiere affemble du dpartement de Sane et Loire
re tiendra provifoirement Mcon.
2.0. Que lorfque les lecteurs fe runiront pour
renouveller la moiti des membres de l'adminiftra-
eiop de dpartement, ils s'alfembleront dans le chef-
lieu de lun des difricts, autres que Chlons et
'Mc< n, pour fixer dfinitivement le chef lieu de ce
dpartement.
3. Que les lecteurs et les membres de toutes
les adminiflrations du royaume fe conformeront aux
dcrets rendus l'gard de chacun d'eux, et fe ren-
fermeront firictement dans leurs difpofitions ,.
M. Dumetz fait lecture de l'inftruction rdige par
le comit des dou.te pour l'excution du dcret
rendu fur la vente des biens nationaux. Il lit gale-
ment la formrule des fouiniffions fire par les muni-
cipalits.
M. de Delley d'Agier announce que les foumiflions
dj pcropofes s'levent beaucoup au-deflus de la
fomme d's fonds don: la vente et ordonne, et qu'il
eft indifpenfable de fixer un court dlai, la difcuf-
fion de l'inftruction.
L'impreffion eft ordonne, et la difcuflion ajour-
ne la fance de lundi foir.
La formula de foumiffion eft adopte. 'impreffion
en eft galement ordonne. Quatre exemplaires front
remis chaque dpu pour les fire parvenir dans
leurs dpartemens refpectifs, en y poignant le dcret,
qui n'efl point afflez rpandu.
Le rapport du comit eccldfiaflique, fur la confti-
tution du clergy, elf l'ordre du jour.
M. Chapelier. Le comit de constitution m'a charge
de vous prfenter plufieurs articles relatifs aux af-
fimibles primaires et lectorales. Comme ces affem-
bles fontdj formes en trs gra 'de prtie, il
paratra peut-tre intrelfant l'PAmble de d-
creter ces articles avait de paffer l'ordre du
jour.
Ces articles font dcrts en ces terms :
Art. 1er. c Les affembles lectorales pourront ac-
clrer leurs operations, en arrtant, la plurality
des voix de fe partager en plufieurs bureau, com-
poles au moins de cent lecteurs, pris proportionnel-
lement dans les diffrens districts qui procderont
fparment aux lections et qui dputeronr chacun
deux cominilfaires, qui fe ruimironc pour fire en-
femable le rcenfement des fcrutins.
,, II. Ces factions ou bureaux front obligs de
procder dans le mme moment aux elections,


SIII. Tout bulletin qui aura t apport dans les
affembilcts t qui n'aura. pas t ciit par le votant
lui-imeme fur le ,bureau, ,nu uiocte par lui au fciur.a-
teur s'il rie fait crire fera rejecc. Aprs que les
membres de l'alTcmblde auront prt le IermiTmr ci-
vique et avant le commencement des fcrutins le
prfident prononcera cette formule : i Vous jurez et
promettez de n nommler que ceux que vous aurc
choilis en votre ame et confcicnce colmme les plus
dignes de la confiance publique et fans avoir t
dtermins par des dons, pronelles, follicitations ou
menaces . Cette formula fera cite en car.tctercs
trs-lifibles ct du vafe du fcrutint. Chaqnue citoyen
apportant fon bulletin levcra Ra main, et prononceta
haute voix ces mots : Je le jure.
IV. Aucun citoyen actif, de quelque tat et
profeffion que ce foit, s'il runit les qualitrs nrc.'-
laires, ne pourra ,tre exclu des allemiblrees pi-
m'aires : il ne pourra y erre admis que des ciWoyi.ns
actifs, qui y arriveront fans arms ni bans, L'ne
garden de frette ne pourra there introduit, dans l'in-
triear, fais l'aveu exprns de l'aIl-:, lee, t i n'e
dans le cas oP l'on con, m .(trait des \ ioh nIccs ; auquel
cas l'ordri du prdfid' nt tuflfait pour appller la force
publique. Le priid, iit pourra, dans les cas de vio-
lence lever feul la f ance i autrement elle ne fera
leve qu'aprs avoir pris le vceu de l'Afemible.
V. Les afi-mbles lectorales ne s'occuperont
que dLs .:ctiions et des objets qui leur ont t ren-
voves pai l'Afi mble national ; elles ne prendront
iacune deliberation fur des matieres d'adinifiira-
rirn et dc: lgiflation; mais elles pourront fire des
petitions dans la forme dtermiine par l'article LXII
des dcrcts ifr les municipalits.
SVI. Aucune election faite ne fera recommence
fous prtexte des diipolitions du prfent dcret.
VII. Le ferment ci-deffis ordonn fera pr't6
dans les affembles k ctoral>.s qui auront lieu pour
la nomi iiii ion d-s officers publics, tels que les juges
et otliciers municipaux ",.
On lait lecture d'une note dans laquelle M, le
garde-des Sceaux announce que le roi a accept le d-
cret du .z de ce mois concernant le droit de la paix
tt de la guerre. Cctte announce eft reue avec de
grands applaudiffemens.
M. le prfident lit deux lettres adreffies par M. de
Saint-Prieft et par M. de la Luzerne.
La premier accompagne l'envoi d'undiail d'v-
nemens nouvellement arrives Marfeille. Des ou-
vriers tant entrs dans la citadelle, en annonant
qu'ils avaient ordre de la demolir les officers mu-
nicipaux fe rendi;ent dans ce fort pour s'y oppofer.
Le lendemain le travail recommena ; le confeil gn-
iral de la commune fe tranfporta encore la cita-
delle pour arrter les travailleeurs. Le 19 les ouvriers
ont repris le travail. Les uns difent qu'ils ont ordre
de dmolir cette place ; les utrs que l'in mention
elt feulement de dtruire les embriftires qui regardent
la ville..... Les officers muiiicipaux ont 'ait fi-
gnifier au commandant de la citadelle une dlibra-
tion par laquelle le coitieil-gnral ordonne qu'il foit
fait un inventaire des meubles et effects et des ma-
gafins.
La feconde lettre Fft de M. de la Lutzerne. Ce
miniltre envoie le tableau des bitiniens don't l'arme-
ment fe fait dans les ports, t du montant des d-
penfes de cet arniment. L'efcadre fera compole de
14 vaiffeaux de ligne, de 14 frgates autant de
corvettes, cinq avifos et deux flites. Les dpenfes
courantes, pour un mois, s'lveront z,036,045 1.
M. le marquis de Vaudreuil demand la parole.
On reclame 'ordre du jour.
M. Fermont. 11 y a de la division dans le comit
de la marine; les membres qui le coimprcent n'orin
pu s'accorder fur aucun des projects qu'ils devaient
prfenter. Je demand qu'il *foit nomm fix ou
douze cominfflires qui prendront connaiffance du
travail de ce comit. Un plan ne doit tre pr-
fent qu'aprs avoir t difcut par des purfonnes
qui puifrent fe concilier.
M. le come de Viriei, Il n'y a pas lieu dlib-
rer quant prfent fuir !a propofirion de M.
Fermnot. Le rapport particuli-r que M. de Vaudreuil
prfenae a t fait d accord entire tous les membres
du comit.
M. le marquis de Vaudreuil. Vous avez applaud
aux fages precautions prices par le roi au fuijer des
armemens des puiffances voifines ; il cl de Votre priu-
dence de lever tous les obftaclecs qui pourr.irient
s'oppofer l'excution de ces mefures. f.e claffement
des gens de mer forme une parties difUtncre deil'or-
ganilation de la marine : il eft nicffaire de prendre
fans d -lai un parti ce fu'jet, fi Ion 01 airint a c,-
fobiffance des matelots dans les circonfances pre-
fentes, oi elle pourrait tre infiniment dangereiuifc.
Le comit de marine demand ii que vous ajoiiiiaez
la question des clalffs lundi prochain Iit pour Il-
creter au fond, fit:pour dcider proviioirement que
la police des claffes aura lieu come ci-devant.
M. de Monitcalm-Go on. On pourrait, fans incon-
vnient, ordonner aujourd'hut l'execution provifoire
des anciennes ordonnances, afin que les armemnens
pulfent avoir lieu.













M. A' ,iolet. l'ai l'h.mncii)nr de vous observer qu'il
n'v .d [ues \ d lviiin dn votre cnoIit at.n filter des
cl ahtIl, L'.,b;. cnu au qi a et4 faite lo's du preiiie'r
s;iti ort, p,)rtat .li"t les otlicietss de marine mrar-
c'.nf le. C't:-t b;.'cciin 0c dcidce pir I-.s articles
d. la. ciiituma n : le piojer de clatili:nentr ie les
foiomint pas i fl'rvir com'nni marelocs mais bien
ct \'n.i v)olun:aires oui offci'rs lfur les vaifleaux du
roi. Quii.tr aux principes de l'adominil'riiou de la
mn.ritin, nuri; ne nous !ommies pas accords ; mais
celia exigtrta fnleenir oii plus grande dlilcuifion. Jle
n:: m'opp'.ie pus ce qu'ou nous donne fix ou dou.e
;idjois i mais je dieande qu'on dcrete que pro-
vilboreiment la policel(es claffes aura lieu come par
le pafet.
L'AAflmble dcrete prcfque unanimement, que
p oviioiriement les leves de matelots fe front
ii va.tr les ordonnances, comme par le paff ,.
AM. id'Adr,.. Quelques membres de l'Affemble de-
mandent que la lettre relative la ville de Marfeille
foit renvoyee au comit'des rapports vous ave' en-
tendu qu'on dmolit les forts....
Ml. Ctifte1lli t. Non ; ce ne font que les batteries
qui donnent fur la ville.
M. d'IAndr. Je ne veux pas dire autre chofe, et je
dimande qu'on rende compete incelflamment de cette,
affi.ire c'AAf!mblie, et qu'on indique un jour fixe
pour ce rapport.
M. Sales. Le comit attend des pieces qui font
encore icefliir.s.
AM. Dpno:c Quand il Cet arriv un fait fur lequel
il n'y ,a aucun doute quand ce fait eff iine violation'
des decrets, il me femblc que lAlfemble national
lic paut voir certe conduit avec indiff'rence. Son
devoir caf de confrver les proprietis nationals ; ce
devoir efL plus imprieux encore, quand il s'agit de
propri ts nic.eu1'lires la furet publique. La cita-
dell de Marfrille appartient la Nation I elle n'ap-
partient p.s plus a cette ville que les cl, i Ils deL
Lille ou de Scrasbourg il faut donc maliefetler une
haute improbation il faut mander la barre les offi-
ciers municipaux d_ h ville de Marfeille il faut que
1le reprfentans de la Na.ion annoncent qu'ils veille-
ront a,,e follicici.le a la conservation des fortifica-
tions delin-s couvrir nos frontieres et dfendre
nos ilorrs. Je dmade donc qu'avec proimp:itade,
niiis avec toute la dignit qui convent l'Afllemble
iiaioiiale, ij foir pris une determination. 11 n'ell pas
ni tliic ue qu elle foit violent ; mais nous pouvons
du feii de no:re Affemble, ordonner que la ville
de Marfi:llu qui n'obit point nos dcifions fera
prive des advantages don't elle jouiffait l'ombre de
nos dcreEs.
M. de Caflellanec. Lorfque le dcret que vous avez
rendu eft arrive Marfeille, la imunicipalit dlibrait
pour s'occuper de foi) execution. C' t en ce moment
que lu people s'eft port au fort.
M. de Sineua. L'Aifemble ne peit peut-tre pas
improuver fur le champ la ville de.Marfeille : la
municipaiitd a dput ici deux de fes officers, il faut
i s entendre.
M. FretiaLu. L'Affemble ne peut tarder prendre
uii parti. 11 en codtternuc des millions pour rtablir
en d :ux mois ce qui aurait t dmoli en quatre
jours. 11 ne s'agit pas de donner tort quelqu'un,
ni de prendre des mefuires hofliles contre in Peuple
c'imi, s'il a fir du mal, ne l'a fait que parce qu'il
etair gar 5 il faut remdier fur le champ ce mal. Il
y a i.:i des dputds de Marfeille nous pouvons les
eitcunidru dc main marin. Ne perdons pas un moment,
qulinld il s,'agit dinil objet lqui intrcfe notre dfenfe,
qui touche la France entire et nos allis. Je pente
donc qu'avant d'examiner le fond de l'atfaire, il faut
dcrter que la demolition fera fufpendue,
M. ls marquis de Foucauli. Il eft un fait certain ;
de citoycns rres-actifs drruifent les dfenfes d'une
ville. Oii doit dcrter fur le champ l'inprobation de
toites voices de fait.
M. Pdtion de Villencave. La lettre qui nous a t
.iue tic done aucune efpece de details 3 je ie penfe
donc pas qu'on puiffe accueillir la proposition de
IM, cd Foucault ; jadopte;celle de M. lIrteai.
M de Caalls. Il eif trs-vident que la vill de
H' ill. a dfobi au dcret par lequel vous avez
ordonn la remife des forts aux troupes du roi >
li ce fait cfl convenu, on ie petit s'empcher d'ar-
tevcr l'elfft de cette dfobiffance Dans la derniere
invasion en Provence, fi Marfeille n'avait pas t
fortifie trois mille homes l'auraient fait con-
tribuer'.. Je demand donc que le roi foit fuppli
d'envoyer un courier pour arrter la demolition.
On dlibere et le 'dcret fuivant eft rendu en
ces terilqs


-6o6
eL'Affemble national iiiflruite des nouveaux
vnemens arrives Marfcille, dcrete que la d-
molition des forts fera ftiufendue fr-l.e chimp et
que le prfidcnt le re.tirera vers le roi, pour fup-
plier fa majdef de donner tous les ordrcs, et de
pre ndre totes les Iefu res nceffaires pour l'excution
du prfeln ducret ,.
L'Affembi'e ordonne que demain midi les deux
dputs de la municipalit de Marfeille front en-
tendus la barre.
La fance eft leve trois heures.


VARI T SS.

Extrait 'd'un lettre de S. 1Maitia Deflreaux du
.1 Inaii.

Des perfonnes mal intentionnes, monfieur, ont
fem dans le public, que depuis trois mois l'Affem-
ble national avait fix le prix du pain 18 deniers
dans court le royaumee, et que les municipahits n-
gligeaient de fire publier ce dcret.
Ces propose ont fait foulever le Peuple; il s'eft
attroup il a forc les maires des villes du Don-
jon, de la Paliffe, Mareigni et autres, fixer le
prix du grain au taux du prtendu dcret : les
paroilles circonvoifines ont fuivi cet example aifi
que la mienne. Dans d'autres endroits le Peuple
fixe fa volont le prix du bled i quelquefois mme
il l'exige pour rien. Cet abus fe propage de paroilTe
en paroifi et bientt ce brigandage va devenir
iunverfeti.
Cent cinquante homes du voifinage font venus, la
femaine derniere, dans un village de notre canton, o
il y avait un grenier pour notre approvifionrement ;
ils en ont exig le grain forcment ; mais un domefli-
que, fo.us prtexte d'aller chercher la clef du grenier,
elf venu m'en prvenr :je ime fuis tranfport a l'inf-
tant fur les lieux avec la milice national, les i1o
hpnmmes ont te mis en fuite et difperfs ; nous n'en
avons pu arrterr que fix qui la plupart taient fians
argent. La municipalit les a confticus prifonniers.
GAMENESBAIN, commandant de la garden national ide
S. Maitilt-DIeTreaux.


Extrair du Journal ptiriotique u dupartement de la Citc-
d'Or, don't le chef-lieu
Il s'en trouve ( des campagnes ) o le patriotifme
et l'union offrent le tableau le plus touchant, et l'on
remarque que ce font celles o les pafteurs ont fui
fe concilier le respect et l'affection de leurs paroifliens.
Combien ces homes prcieux peuvept tre utiles
la chofe publique L'hifloire doit lier leurs noms
ceux des membres de la majority respectable de l'Af-
femble national, qui vient de rgnerer la France,
pour leur dcerner des couronnes civiques: tel eft
excellent cur de Francheville. Ds long- teams ce
dligne miniftre des autels s'elt lev la hauteur de
la revolution il a manifeft4 tous les principles qui
en font la bIfe, et que les livres faints confacrent
chaque page.

Rien n'ef plus difiant que le rcit de la preflation
du ferment militaire, par les villageois de FranchIville,
entire les mains de leur nouvelle municipalit ; et la
formula qu'ils ont adopte, prove ce qu'on doit
attendre de ces hommes elltimables.
'c Nous fommes dans l'indigence, mais la liberty
que nous procure la conffitution, faith notre richeffe
notre efprit eft born, mais nos coeurs font pntrs
de reconnaiffance envers nos dignes et augiiftes re-
prfentans. Enflamms d'amour pour le nmilleur et
le plus gnreux des rois, nous ne pouvons oflfir
l'Etat des trfors ; mais nous offrons des bras ner-
veux, avec un courage touce preuve. Nous jurons
fur l'auuel de d'fn'drc la conflicuirion de dverfr jufii'a
la derliere goutte de notre fang pour le foutien de la
liberty .
---aMERWiaasasL- -- -
Je viens de lire Monfieur dins le n I339 du Mo-
iceuar, que M. Robefpierre avant dit dans la fance
du lundi 17 que le roi eft le comIinis de la Nation,
M M. d'Effourmel, qu'il ft rappell l'ordre.

J'avais vu dans le n0 139, que la veille mnme, M. de
Montlaufier s'tant le prem ier fervi de cette expref-
fion, et ayant cdit expreffment i 'Affemble, le roi
ef le commit de la Nation et non le votreC ;ces Mef-
lieurs n'avaient pas donn le moindre figne d'impro-
bation.


Expliquez moi, je vous prie, Mile onf
les membres de l'Afli bl e qui ont tr .,,
expreffion fi report eniible danis la bouch ote ot
befpierre, 'avaient trouve fort bone la veille.
la bouche de M. de Montliufiet? Un V l e, i,,
ou manuvais, fuivant qu'il eft prononc 'droti
gauche ? Il elt nceffaire, ce me feimble ie
de la langue, de favor a quoi s'en tenir a cet
U7In de vos Abo

R4ponfi du Rdacteur.
Nous ne favons pas plus que notre abonn,
un mot elt vritablement bonl on mauvais vat
la place o on le dit. Lorfque nous aurons reu i
rponfe qu il demand, nous la lui commnIIique l
par la voie de cette feuille. .ero


T H E A T RE D E M N R,

Quelques jours avant la clture, on a effay ce
theatre la parodie d'une piece de Pafiello, titule.
G.liJ ciavi per amore.Nous avons rendu, dans le emis<
cette mulique fublime la juflice qu'elle mrite;
le pome n'a eu que trois reprfentations, aprs er.
quelles l'auteur l'a retire. Un fecond parodite vient
de reproduire la mme muifique fur le mme thcre;
mais en voulant jeter de la cla clart fur l'intrigue, i
n elt parvenu qu' en rendre plus feniible les ab.
itrditess fauts de convenances, les invraifem.
balances ; et les dtails dans lefquels le novel auteur
ell entr, n'ont fait que rpandre beaucoup d'nnoi
ftir le tout. Comme le fujet n'eft ps gai, et qu'il a
la prtention du drame pathtique, il en riulte ne
pluiieurs morceaux bouffons font amens par les
(cenes trs- frienfes, ce qui a choqu le gotr des
amateurs: la mufique n'y eit prefque jamais dans fa
vritable fituation ; le chant et les paroles y forment
prefque toujours contre-fens. Nous citerons, pour
example, le charmant morceau ajout par M. Men-
gozzi: Donne, done chi vi crede, prpar par'ut
monologue touchant; l'air fi naf et fi original de
Paefiello, chi ri m ofjra chi m'addita, qui perd tout
fon caraccere fous les nouvelles paros le leduo, Piech
cornacclier, &'c. La profodie d'ailleurs, s'y trove
par-tout i rgulirement bleffe, que le chantn'eft
prefque plus reconnaiffable.
Nous avions yrair moins fdverement la prer.iere
piece, parce qu'on ne juge pas les gens fans les eii-
tendre, et que nous n'y avions rien comprise i mais
celle-ci annopce beaucoup plus de prtention, et c'elt
fuivant fa prtention que chacun doit tre jug. Nous
avons advance que nous ne regardions pas une bonne
parodie comme une chofe poflible, et ce n'eft fir-
ment pas cette tentative qui nous fera changer de
fentinient. Au furplus, le public y a port l'indul-
gence ordinaire, don't il ufe ce thtre, envers les
pieces franaifes. 11 n'en exige rien parce qu'il n'en
efpere rien. 11 a laifer couler doucement le poee,
et a fort applaud les dlicieux dtails de la mulique.
Il a aufi paru trs-content de I'execution, tant de la
part de l'orcheftre que de celle des, principaux ac-
teurs. Un air parfaitemnent chant par M. Martin, a
t redemand.


SPECTACLES.

.CADMIE ROYALE DDEMUSIQUE.Dem. jor &th.
THIIATRE DE LA NATION. Les comdiens lr2an.iI
ordinaires du roi, donneront aujourd. 2.9, > cornu
de CLomminges ou les Amans malhlieurcrx drane pnot.
en 3 actes, en vers ; et la Finte par amour, con.
on 3 actes en vers.

TirLATRE ITALIEN. Auj. z9 reldhe., Dem. 30
Flix 'et les E'vnerntens imprvus. Lundi j3, Axie et
Juflitne; et Zmire et A.or,

THEATRE DE MONSIEUR. Auj. z9,,- l'ancienne
fall des Varits, foire S. Germain, reliche. Dem.
o Il Barbiere di Siviglia opra italien en 4 actes,
mufique del Sgr. Pa'fiello.
WAUX-F-IALLt d't. Aujoturd'hlii z, grande il-
lunminl:tion feu d'artifice extraordinaire par le lteqr
B3nard, artificier du roi, grande decoration d'a-
chitecture bouquet; et danfes de ,il',i.is car'-
teres dans le fallon. Demain 3o, illumination et :et
d'artifice. .
THIATRE DU PALAIS-ROYAL. Auj. 29, I Drqg?
de Tlhionvil/ comedie en 'i acte; lAmontf a'n
glis eCn 3 actes ; et l'IGconfiquentte es I actet
M. de Rolieres dbutera dans a pieces.


>On s'abonne Paris, ihtelde T/ou, rue des Poitevins, on u Bureau des /fiches de Pars rue neuve. /Augliti/. Leptix, e/ pour Paris, de
zR 8liv. pour trois rois 36 liv. pourfix mois, et de 7z 1hv. pour l'aiw e ; et pour la lPovince de iz liv. pour trois mois 2 liv. oirix
noisi et 84r liv pour l'anne'e, franc de port. L'on ne s'abonne qu'au commencement de c/aque mrois. On foituffrit aufjj che, tous les Libraires de
FI-anc et les Directeurs des Pofles. Ceft M. Aubry Directeur du Bureau de la Gazette JNatioaale, rue des Poitevins, n 1 8, qu'ii fat
adc.r]Jr les lettres et l'aigent, fanc d.e port. Tout ce qui concern la composition t la rdaction de cette GaLette, come Livres, ,rirnri'>-
Camlr', M f guc 6&'c. doit tire adref au Rdacteur de cette Feuille, rue du .Jardiner, maiofi de M, Caraffe, en face de la rue de l'Eperon