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Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Moniteur universel

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GAZETTE NATIONAL, ou LE MONITEUR UNIVERSAL.


DU DIMANCHE


16 M A I. 1790.


pOL ITIQ U E.

S U E D E.

De Stockholm le o0 avril.

lA plupart des oficiers condamns par la fen-
eice du 19 avril, fervent actuellreent l'arme
SFie Findee, et fe font mme diftingus par des
actions de valour qii leur ont obtenu des avan-
ce;s; le confeil de guerre leur a fait figuifier
u'ils peuvent s'a ireer au ro par r-'qute, et fair'i
oir s'ils ont trouv quelqu inexactitude dans la
procedure d'information.
Nota. Ces ofliciers crurent durant la champagne
de 1788, ne pouvoir (ervr dans une 'uicrre offensive
dclare par le roi fans l'aveu des Etats, et prirent
part la confdration d'Anjala.

ALLEMAG N E.

De Vienne le iCe mai.

L'archevque d'Olmucz, don't le nom de famille
yt1 Collordo, vier. d'tre noiimm ambaffadeur,
poir porter la voix de Bohme l'lection qui doit
'ouvrir Francfort le 1"' juillet prochain. Cette
coinmilfon ne fe donne ordinairement qu' quelqu'un
uipu if'e, par tes moyens perf.nnels, fournir. la
dipenle qu'elle exige, et pour laquelle la cour n'al-
loue que 70,000 florins.
La roi 'e duit partir de Florence vers le,6 de ce
mnis, et on l'attend dans cette ville le 16 ou !e 17.
Le roi ira i -.devant d'elle juiua' h"it ou dix poites
d'ii. E-lle affitra c-n Hongr'e la crmonie du
couroinnement. Les pls gs des archiducs, au
iinobre de cinq, accompnagneront aufli leurs m.jefls
dans ce voyage.
Le coineil de guerre a preff le drart des offi-
ciers qui, venant de Hongrie fe fc'ut arrts
Vienne pour completier leurs iuipag'e. Les ordres
de fe tenir prtes ont auifi et donns la chan-
celleri-, de guerre de champagne et la potle de
catipagne. Le 29 avril, le niarchal Collordo eft
part pour la, Moravie ; le darr du marchil Laudhon
pour la Bohme ne parait pas cloi ;n.
Le bruit fe ranonvei-lle, crit on de Drefde ,
quii'une procha'ne euntr;:vue au a lieu fur les fron
tires de lI l:..hi ei:re ls rois de Prune et
d Ilongrie 5 on ajoute que ilulecteur de Saxe doit
sy trouver.
M. !e comte de Balaffa, ban de Croatie, de DA:l-
matie et d'Elclavonie, ayanc donn la dmiflion de
cecte dignity, le roi v a nonim M. le lieutenant-
genirl conmt. d'ErdloCv, q.ai a pic, le 18 avril,
k ferment d'ufage eintr les mai.;s de fa inajeft.
l.e, d ui' trib:naix fiipr nes du royaume de Hon-
grie; lavoir, Ile tribunal iepternviral et la chambre
royale tablis Bud ont dt remis fur l'ancien
pied. t
Le fippDl'ment de la gazette du 24 avril, donne
qiidl.us 'didtails fur l'expdition de M. le clroncl
.'lihaljvcich centre Alexince, trois li ues d. Niffa ,
(dej annoncer n 133 ). Ce colonel fe miE en
imurche de Jagodin, dans la nuit du $ au 6 avril,
avec une parties de l'inrancerie de Con corps, une
div;fion de hufards et du canon. Arrive pris
d'A.exince, fou avnit-garde fut attaque par l'en-
n-ini, qui fut culbut Lt forc de fe fauver, ainfi
c.ue le relie de la garniiion par la Morava, vers
Nifla. Ali Pacha, chef des Turcs fe fauva avec
tait do precipitation, qu'il a !aiff dans fa demeure
toiute a cort'r fliidanc'. M. le colonel Mihal-wich
fit eiiirtt le telui aux mnagains qui talint Alexiuice,
et revi.t le 9 i Jgo,liin.
On a prouv,;, le 6 de ce mois, un violent trem-
bliemlit n de terre dans le Bann;tt, la Peiuylva ie
et la Va!achie. 11 a dur Buchare'i, lI 14
f"'cndes : le tcms tait clair et Je vo;:t modrm;
la direction ctait du midi au nord; plufieurs mai
Gns ont t fortement endommagcs, une s'eft
eatoi;le.
De Majycnce le 5 tmai.
Le rat.:.it nes troupes de l'.l lct:.ir, deflines a
rpedition L ;- '- lt c. iia~~ e m iatin Cfo,
so:drs. de le g n'tal a-I, tzlel qui compete
arnv'c:r N Vys dai.s quatre on ciin lours. On aa
ri "i i ls qu.tre co!npai i's de grenadiers pour eln-
ire un brtaillon pait r les compaei.Jes font d,
107 honiiie',, ce qui >port e batail on 428. Il y
a dciix aurrus bacailln, i de fuli iers; et le toutr,
avc les hulfirds et le corps d'arril!lric, peut form-ier
environ 1 io homes. li doit en partial dermain
ili p:it'il nombi-e de Manheim; u ni oyen de quli
la petite arme qui e forifie far -ls ,b-ords de la
ulre va fe trouver renforcce d'environ 3000
homnues.


ITALIE.

De Rome le avril.

On commence inftruire le procs de M. Caglioftro.
On prtend ici que le crime de leze-religion n'eft pas
le Lful don't on l'accufe. Cet tranger, dit-on, avait
des relations fecretes avec ds perfonnag's important,
don't queiques-uns ont pris la fuite. Ses correfpon-
dances en France ont t interceptes : un prlat,
qui n'eft point de ce pays, a t transfr du cou-
vent de Saint-Paul-d'Albano au chteau Saint-Ange,
et pour la fuite de fes li.irons anciennes avec M. Ca-
glilrro. Toutes ces particularits annoncent que le
gouvernement a des inquitudes politiques : le myf-
tere fartout qui s'obferve dans les plus petits d-
:ails de cet vnement, elt une preuve d'alarmes
miniftrielles. L'arfenal du Vatican eft ordinairement
ouvert au Public pendant la femaine fainte, il ne l'a
pas t cettce anne ; on y a mme double la garden.
Elli; a t auffi double au palais de fa faintet et au
chteau o M. Cagiioffro e-lt enferm.

SA V. OI E.

De Chambry.

Il y a eu ici une meute populaire fort lgere
la vrit, et qui a dur peui mais cela n'a pas moins
'ait dire : Voil ce que c',ft que d'tre fi oifuii de la
France. Le fir eft peu de choice en foi. Un dragon,
dans le i,iartier de la Comdie, et l'heure de la
fortie du fpectac e a b'tta un enfant. La mere efl
accourue elle a avnafle le Peuple. Le dragon ayant
appel lui un de fes camarades a mis le fabre
la ma'n. On a'd'abord charge les deux foldats
coups de pierres. Mais 'e nombre des dragons s'eft
bientt accru; et la multitude du Peuple s'eft grof-
fie au point que l'alarme s'en eft rpandu par la
vlle. On eft forti avec des fufils, des btons des
fourches ; on a fa t armes de toit. Le Peuplea couru
a t l aux glifes pour Conner le tocfin. 11 a:rouv
l-s ports fermes. Sa fureur a augment et tout
le monde s'ee port vers l'endroit de la bataille.
Cependanti ls officers taient parvenus faire ren-
trer 'es dragons dans leur caterne. Mais le Peuple ,
arm et furieux, s'eft mis parcouir les rues et
crier : la nterne I vive la libeit! jufqu' deux
heures du matin. Ces cris ont paru inquiter plus
que tout ce qui venait de fe pafler.

L I G E.

La proposition d'une alliance entire Liege et les
provinces belgiques done un nouveau degr d'im-
portance la fituarioni politique des Ligeois. Tou-
iours r tenus ne voir dans le roi de Pruffe qu'un
arotecteur, ce Peuple fe croit dj indpendant de
'i chambre impriale. Il s'agite il fe plaint des
lerteurs que la fparation des trois ordres apporte
dans les dlibrations. Les magiirats, interpercs de
ce sentiment prefiqe univerfel viennent d'adreffe:,
le i de ce mois aux trois ordres, un recez exhor-
catoire qui in.iique la m;rche que l'on doit tenir
:cuir dlibrer avec plus de promptitude et acce-
lrer les opraiions. Le magiftrat requiert donc
l'tat-tiers de renouveler fes infiances auprs des
.)rdres primaires, pour obtenir leur affentiment aux
recez des i et z4 avril, le premier relatif la
faifie provifoire des revenues de la menfe pifcopalfe;
l'aurie, concernant l'-alliffmeent d'un confeil de
rge'ice. Perfu d de la fincrit et du patriotifine
des tats primaire et noble, on leur reprefente que
la division des tats en trois Affembles, felon les
trois ordres ne peur s'accorder avec l'activit
qu'exiggnt les circonflances prfentes et que le
feul moyen de doninr 'aux Ecats toute l'influence
qui leur eft neceffaire confifle runir les Oudres,
ect dlib,er en conrr.un, du moins pour cet infant de
cr.fe, efl-il dit dans le recez : reticence qui prove
tout le respect que l'on garden encore pour les pr-
juges conftitutioniels.... La flgeffe du recez don't
nous parsons a port tes vues jufques fur les cam-
pagues. Elle en recommande les habitans; .lle in-
vite les trois ordres ne plus ddaigner la claffe
laborieufe de-s payffais, davenuefi ncefaireaiajourd'hui
pour fuier le fitlut de la Patrie.
Tandis que le magifirat s'applique runir les
ordres pour le bien common, on vient de dcou-
vrir une r.pece de confpiration trame dit-on,
par des reliiux. Des gens arms de lu'ils, ont ar-
bor une cocarde blanche et paraiffant tout coup
dans les environs des abbay s d'Afne et de Lobbes,
font venus attaquer la ville bafle de Thiun ; ils
avaient avec eux quelques canons charges mi-
-ra,lle. Ils ont dirig leur feu fur les maifoins des
bourgmeftres-rgeis de la ville. Cet attroupement
tait form par 1 s domefliques des deux abbayes et
par quelques etrangere foudoys. Les Etats ayant
t inlt .uis de ces dfordres, ont crit aux reli-
eieux une lettre menaante. Ils leur ont ordonn de
Sfaire quitter les cocaraes, de reiiCestre lc rs arms ,


leur annonant qu'un refus attirerait Fur leurs
maifons et fur leurs perfoniies touted la rigueur des
loix.
On apprend par les dernieres lettres que l'ordre
primaire et celui de la nobleff ont accd la pro-
pofition que l'tat-tiers a renouvele, de mettreen
fequefire les revenues de la principaut, et de nom-
mer un confeil provifoire de rgence... La sentence
prononce par le magiflrat contre le chancelier de
fon alteffe,, laquelle confifle le priver auffi de fes
revenues, a t confirme de mme par le chapitre.
Les affaires intrieures prennent donc un afpect plus
raffurant. Le concert le plus favorable regne enfin
et au fein des Etats ec dans le confeil de ville.

ANGLETERRE.

De Londres.

Il vient d'arriver Roytoi, aux environs d'Yorck,
un accident fi extraordinaire, que c'cit bien l le cas
de dire:
Le vrai peut quelquefois n'tre pas traifemblable.
Un ouragan a renverf deux chemines trs-hautes,
fur le toit de la maifon de M. Pickford ; la charpente
a te brife ; ce qui a entran la chute de tous les
planchers de la demeure de cet honnte citoyen, fi
malheureux et fi heureux tout la fois, comme on
va le voir. Ses deux plus jeunes filles taient cou-
ches au haut de la maifon, et leur four ane
un tage au-deffous : les trois lits font tombs jufque
dans la cave, e deux de ces demoifelles fe font
trouves fans bleffures au miiieu des dcombres.
C'ell fur une parties d'un plancher demeure fur-
pendue aux muirailles, qu'eft refle vanouie la troi-
iieme, qui, s'tant lance hors de fon lit au premier
bruit de la chre des chemines, tomba dans la
chambre au-deffous, don't le plafond fut perc par
leur poids : et pour accumuler prodige fur prodige,
a l'inftant mme que l'accident ariva, la femme-
de-chambre venait d'ouvrir la porce de la chambre
coucher des deux plus jeunes demoilelles, chez
qui elle allait enter; elle s'arrta fur le elil, d'o
elle vit le pliacher s'abmer avec un bruit effroyable.
Gnralemnitt e-lmn dans le comt d'Yorck, M. Pic k-
ford a reu la vifite des perfonnes les plus confi-
drables de la province qui feont emprefifes de
le fliciter du miracle auquel il doit le falut de fes
entans.
FRANCE.

De Paris.

Extrait d'une lettre du roi de Pologne fon agent
Paris, du 7 avril 1790.

Quoique je ne manque affuriment pas d'occu-
pations j'ai cependant relu le plaidoyer de M. de
Seze pour le baron de Bezenvai la feconde lecture
m'a fait encore plus de plaifir. Il a plaid pour mon
parent avec plus de fuccs que Cicron n'a faitpro
Milonte, et furement avec plus de courage, quoique
le danger frt gal, pour le moins.
Priez M. de Seze d'agrer dins la mdaille ci-
jointe, une marque de mon eftime et de ma re-
ununai lance.
J'ai remarqu avec une satisfaction particuliere,
dans fon dif-ours, la justice qu'il rend au vraimerit
bon Louis XVI.
D'Alface.

On affure que le roi a donn ordre de remplacer
les regimens des princes allemands qui font en Alface,
par ceux de Saintonge, lyonnais et lloyal-Vaiffeaux.
Le patriotifime de ces rgmens et connu. On yenvoie
auffi le regiment de M. de la Tour-Maubourg. L'on
a aiccord aux patriots d'Allace la demande qu'ils
ont faite du rgiment Royal.

De Bfii:'on, le 3 mai 1790.

Hier la milice national de cette ville a prt,
ferment entire les ma-ns de MM. le maire, ofliciers
municipaux et notables. Avant le ferment, M. le
comte de Narbonne, commandant gnral de la
milice, a fait ouvrir un ban accompagn d'une falve
d'artillerie. Mi le maire a dit:
-, Mefieurs, il efl aulfi glorixur qu'agrable pour
moi, d'-re en ce moment l'organe des f'ntiiieins
de la commune a votre egrd : clle a vu avec la plus
vive fatisfaction le noble empreflneenr qui vous a
runis pour fa defeiie, ds le premier ii ftant rcrtique
et orageux qui femblait en menacer l'h aimonie et la
tranqiillite et votre conduire ds lors vous a ..cquis
de juftes droits fa reconnaiffance. O)el sentiment,
en effect, plus louable que celi.i d'une ri-iciation libre
et volpintaire de citoyens arms pour le maintien
des lois conltitutives de lVFtat et le repos de leurs
concitoyens, pour en impoftr lIuns ennemis, en
rendre vaines les dangereufes entrepriies, et tn


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dnmpter', .1u b'foini, les funelt-s et coupableh lfflorts !
T'Allcs font, MeliLurs, les obligations de la coinm-
Imunnc eiv .rs vous; c'en ect une nouvelle encore que
de vous devoir le choix d'un fi digne chef, d'lun
heirrs-.citoyen donc tous les jours, dans cette uite.
ont t, 'jufqu'a prlnit, fignales par de nouveau
biniifiis qui lui en affurentr jamais l'amour, It
respect, .la plus tendre et la plus vive reconnaif-
lance.
-,o Que de titres en confquence, pour cette
commune de computer fur les nouveaux engage-
i' ns civiques que vous allez contractor et jurer
e;: th prrence, et de fo repofer avec la plus en-
t;ere feiiruit fur t ur confiante et inviolable ex-
cution !
M. de Narbonne a rpondu:
SAprs avoir conquis la libert par le courage et
ar la force, notre premier devoir tait, fans doute,
de lui donner un caractere plus came et non moins
impo ant celui de l'obifnince la loi, joug gale-
ment indi'penfable pour nous garanitir et du defi(o-
tiine er de lanarchie.
Qui pouvait mieux que vous, Memiieurs, nous
fire cherir cette obifiiace ? Dans quelles main,
auiTi fres pourrions-nous dpofer le foin de notre
fcici ?
, L'Affemle national a afflur nos droirs ; mais
c'e-t vous qu'elle a confe le glorieux emploi de
Soiis en fJaire jouir : inij)les par elle, vous voulez ,
vous voudrez toujours attached la libert par l:
bonheur, afin que., s'il exiite des hommes moins
iiili .n i .. : que nous par la gloire feule d'tre libres,
i!s trouvenr encore dans la proflpelit publique,
des motifs filififaiis pour refpectcr et pour chrir
la conffitution noruvelle.
O 0 vous! qui iuniiffez la bont de l'ame avec
toute ton nergie c'et avec tranf,;orr que nous
faifins entire vos mains l'inviolable ferment dcrt
par l'Affemble national, et ordonn par le meilleur
des rois.
Ces difcours ont t fuivis du ferment civique.


ADMINISTRATION.

Lettres-patentes du roi, du zz avril, fur les dcrets
de l'Arfmble national des 14. et 2o du mme
mois 1790, concernant l'admiiflration des biens
d cl rs l'a difpofition de la Nation l'abolition
de' di:nes, rt la continuation de leur perc:prion
pt..idant lanne 170 et la maniere don't il fera
pourvu aux frais du culte, l'entretien des mi-
niftres des amels au foulagement des pauvres et
aux penfions des ecclifialtiques.
Idemn, du 22 avril, fur les dcrets de l'Affemble
national, des 16 et 17 du mme mois 1790 con-
c-rnant les dettes du clerg les affignats et les
revenues des domaines nationaux.
Tde.m du 23 avril 1790, fur un dcret de l'Af-
fmble national, portant que les prcdens dcrets
qui reglent les conditions nceffaires p.ur tre ci-
toy n actif, frroiit excucs, fans avoir'gard aux
dilpenfes d'ge.



ASSEMBLY E NATIONAL.

Prefden7ce de M. Thouret.

S ANCE DU SAMEDI 15 MAI.

Un de MM. les fecrtaires faith lecture d'une adreffe
des foldats et des bas-officiers du rgiment de Pro-
vence.
L'Affemble, fenfible aux tmoignages de patrio-
tifme que donnentt ces citoyens, charge fon pr-
dident de leur tmoigner fa satisfaction.
La focit patriotique de la ville de Perpignan
dnonce plufieurs individus, entr'autres M. le mar-
quis de Mont-Fry, prfident d' une affemble forme
pour etablir que les dcrets de l'Aliembli natio-
nale font illgaux, et que les citoyens fout dif-
penfds d'y obir. Elle dnonce galement la muni-
cipa!it de la mme ville, qui n'a pas encore fait
prter le ferment civique aux notables quoiqu'elle
en ait t plufieurs fois require par un de ces
officers.
Cette dnonciation eft renvoye au comit des
recherches.


Sur le rapport fait par M. Chapelier au nom M. du Quefoyv. J'avais fouponn qut'on voulair
du comit de conflitution le dcret fuivant efl enitraer 1 Afferil.:e dans des mefuises imprudents
rendu: et ce fouprn vient d'tre confirm. 11 ne s'agit pas
TL' 9Emb.le national, informe des rclamations d'argent, come on 'a dit il s'agir du falue dt
l vis au fij t des affembles primaires de Douay, l'Empire il s'agitdes plus grades qu'lJions qu;e voeus
et foni '.s fir l'ineixcution des dcrets du 6 octobre puilitez peut-'re av .r traitor i il s'a.it' d'viter
I-8 et du 27 mars 1790, concernant les citoyens .le plus daigercux des opinges -'niriii- l [ ,es minil-
qui n'aurient pas fait de declarations patriotiques tres ont voulu jeter la dircorde dans PlAffimbe e
et qui voydr i'uir exercer uls droits de citoyen actif, les miniifres elthient de dcifunir l'Affelenile, et I'on
a cecrute qi'il fera, par les coinmmiflaires du dpiar- fert parfaitement leurs nmefures, en demandantl que
tenilnt du Nord drelf procs-verbal des pcrfonnes V'on opine par oui et par non. Ain fi l'initiative ferait
qui n'auront pas fait de declaration patriotique et accorde aux m'inillres avec tous les manyeins qui


f48
qui (e front prfi ntres aux afftimblies prnirmi'es;
ordonne l'envoi de ce pruci.s-vei bal Il'AfeMn:ble
national, avec le tablaiau authentique qui doit tre
affich dans chaque aflfemble.
M. Merlin prfrente, ait nom du comit fodal,
un project de dcret qui et adopt cn ces terms:
L'Affemble national iiforrae des dfordres
et dles voices de fait auxquelles on s'eft port par
une fauffe inerpr&ra'ion de articles XVI etXXViI,
du titre II des dcrets fuit les droits fodaux, declare
qu'en aboliffant le droit de triage, elle n'a entendu
rien prjuger fur les bois, pturagec, marais va-
cans, &c., ni attribuer fur ces biens aucun nouveau
droit atux cominuiaurs i met tous les polfeflltirs et
affagifles cle ces biens. fous la fauve- garden de la
loi; ordonne aux curts de faire lectuie au prne
du prf nt decret et des articles. . ds dcrets
prcdens.
On commence la difcuffion fur la lettre adreffe
a M. le prifident par M. de Montmoriin.
M. le duc de Bi'on,. Un grand d'flfrend s'leve entire
I'T.fpagne et l'Ang'et:rre : les deux puifflnces font
des armemenis confidrables, et Le roi a donn com-
muniication des mefiires qu'il a cru devoir prendre
pour aiuliirr la tranquillity gnrale et pour la fr.t
du commerce. Jamais la paix n'.i t plus nceffaire; il
appartient une grande Nation de fe porter mdi i-
trice enrre deux grades Nations; mnis pour tre uti
element iufle il faut tre redout et refpect ; nalis
en fe rendant redourable, il faut ne pas oublier que
la loyaut et toutes les vertus font les compagnes
de la libert. Un Peuple libre doit tre le plus loyal
des allies. Qui ne fait que la guerre laquelle nous
prendrions la moindre part ferait trs-onreufd pour
nous? S'y expofer, ce ferait compromettre notre
commerce et avec lui la ubfiiftance facre de deux
millions d'hommes.... Notre profprit eft tellement
attache au bonheur de 'Efpagne, que nous devons
craindre de l'abandonner. Nons ne pouvons oublier
jute cette puiffance'a t pour nous une allie g-
nreufe : fi les reprientans de la Nation ont cru de
leur loyaut de prendre fous leur fauvegarde les
dettes contractes par le defpotifine, ne croiront-ils
pas devoir refpectev les obligations de reconnaif-
fance contractes avec une grande Nation ? Nous
devons acheter la paix par de grands ftcrifices, mai.
uon par celui de l'honneur et du caractere national.,
Un de nos rois 'ifait: tout cfl perdu fors l'honneur
et tout fut fauv. Rien n'elf perJiu, et l'hooneutr
fera tou;ours notre force come il a toujours fait
notre loi... Toute paix e(f dtruite fi on declare
qu'on n'a pas la force de fire la guerre. On dit
qu'il n'y a pas d'arme, qu'il n'y a pas de force
publique: ne laiffons pas infulter la liberty et la r-
volution; ne laifTons pas dire que les efforts d'un
Peuple libre feraient moins grands que ceux du def-
potifme. Quand nous ne devrions pas un roi vrai-
ment citoyen toute la confiance tout le refpect,
tout amour que les Franiis lui ont vous ; quand
nou ne connaitrions pas les frcltimens patriotiques
de I arme, ces millions de citoyens qui ort pris les
armes pour la dfenle de la lib:rt, devraient dif
fiper tute-s nos inquitudes.... Je propole l project
de dEcret fiivant.
IA ff'emble national dcrete que fon prdfident fe
re!irera devers le roi, pour le remercier des m -
fures qu'il a prices pour la filrete de l'empire ut du
comme\ree, et des ngocia ions qu'il a rntames.
'Aflemible fupplie S. M. de lui fire remettre l'tat
des befoins du dpartement de la marine.
M. le come de Virieu. Ms conclusions tant con-
formecs celles de M. de BiJron, je rclamre l'ufage
confiant des lilies contre pour et fur.
M. d'Andr. Il eft n'tturel que la difcuffion amene
des propofitions dans des feis tout diff&t,:ns, et qui
ne front ni contre, ni pour, ni fjr.
M. i'abb Maury. La quel-ion doit tre traite
contradictoiremenit.
M. de Breumctr Une question politique et diplo-
matique ne peut, avant d'cre difcuitee, prfenter
un rlfiltat affez fimp!e pour amener unei dcifion
par ou ou par non, il faut qu'elle toit arrive ce
point de fimplicit pour que la diccuifion s'ta-
bliffe d'une maniere contradictoire.
M. l'abb Miaury. Quand biren mimi on ne difcu.
-erait que l'unt les points hiftoriqiies il faudrait
toujours avoir le f lis commun.. On ne peut dijcuter
d'une maniere utile tins fair chiquer les opi-
nions. Je ne vois dans tout ceci qu'une queffion
d'argent qui peut fe rduire uni oui ou un non.
Doit-on faire un armement doit-on n'en point
fire ?


peuvent la rendrlef cile; ainfi ils nous diralet
n uveau : le roi fera piofondment afflig fiv,
refutez les fecours qu'il demand; ai:fi on ab fi
iait encore de fon nom et de notre rpect Mt
opinion ne fer.a pas quivoque : il faut fournit ce
I. course. mawis il faut dire auparavant : le roi a-t-il pu
a-t-il di ? pouvons-nous devons-nous'? Ce n' a
en diftant que le roi follicite de l'argent, f on I'
efperer d'garer notre dlibration : cette proip
rion foulevera tout ce qui porte le no m frana oi
M. Alexandre de Lameth. J'ai demand la paioi
pour chercher tablir la queffioni. Petfonne ne bi,
nera certainement les mefuries prirespar lc roi
nous pouvons delibrer maintenant, puifque lesor
dres font donns mais cette quellion incident
unene une quelion de principles. 11 faut favoir fi
'Aflemble etomptente et fi la Nation fouve.
caine doit delguer au roi le droit de fire la paix
ou la guerre, voil la queftion.... ( L'orateur et in.
tertompnp par une longue agitation. )
11 ef infiniment simple de traiter cette queflio
avant la question de circonflances ou bien vous la
prjugerez.; le miniltre vous l'annonce allez dans fa
lettre. Je crois que fi vous vous borniez accorder
'es fiblides demands, on pourrait entraner la Na
'ion au-del des bones que notre prudence doit
;ref rire. Il faut:, avant de prendre un parti con.
laitre r n es les circonliares il fant favoir cequi
t prcde. La nation ce ...1.ii.l.: pas tre inquiete
quand le I,,nIIle a laifle pres de la court donr
-s affaires nous occupent actuellement, cet hominiie
ce miltile appel au confeil du roi lortiqu'o a eiin
tout l'Afflembl e national de bayonnettes... 11 eft
poflible qu'il ait des raifonspour dclarer une guirrte
il eft pffible qu'il exilte des arrangeiens entire diff.
centes course, car c'etf ici la caufe des ris centre les
Peuples. L'Aflcmble national doit favor pourquoi
cet armement : elle doit examiner fi elle peuit duld.
guer le droit de fire la paix et la guerre. Cette qiief
-ion ne peut fair aucun doute dans cette Affimble:
le droit de fire velfer le (ang d'entraner des
miiliers de citoyens loin de leurs foyers, d'expofer
les proprits nationals, ce terrible droit, pouvons.
niis le dilguer ? Je demand donc que nous dif-
cutions d'abord cette qruetion coniitutioniile. On
ne nous dira pas que nous dlibrons quand il faut
.agir, piifque le roi a ordonn l'armment. (Cette
proposition efl trs-apnpladie. )
M. Dupont demand que la motion de M. Rlexandre
le .ameth fojt ajourne trois fenmaines. ,a quef-
tion ai.nfi qu'on veut la pofer eft fans doute lu
)lris imporranTe i mais ce n'-ft pas-l la march des
ides : la question provifoire doit d'abord tre exa-
mine.
M. Biarnave. T,orfqu'on aura dmontr que les effects
doivent paffer avant les causes, que les rfiltats doi-
vent prcder les mnotifs qui les occafionnent, alors
on aura prouv que la quellion pole par. M. de
[,amieth doit tre difcute la dernierre mais fi l'on
veut confuiler l'ordre natural des clioes, oH feutira
a;(.meint qu'il faut d'abord dcider fi nous avons
le droit de confentir oui de dfendre un arimement.
Au moment oil l".s miniifhres s'emparent de ce droit,
il f.iuce examiner qui il ,ppal ti' .nt ; laiTr la qufli',ii
Sl'cart, ce ferait palt'e c ondamnaii, o, puiqe
M. de Montmorin fuppor la quelio l i juge en fa
laveur. En effect, il nous dit qu'on a arml 14 vafl-
feaux, parce que fa *ii e': eft allie i'EIp.ugne,
parce que nous devns devi d la reconnaiffaice cette
puiffance pour ls fecoiirs!ici. nious en avons reus,
parce qu'on i ene ;pef le ~lpLenffer dobf.rvr le pace
le famille ; il nious dit cqie le roi de France ouvre
des niigociatiolns, lc. Ainfi les miniites prtendent
exercer feuls le plein pouvoir de faiie la paix ou
la guerre; mais les '-. ... i i. . flippolent necef
fairement des alliances et es alliances font fou-
vent des dclaration de paix ou de guerre, puirfque
c'eft du rfultat des ngociations que l'ui et I autre
rfirltent. Il faut prendre un part ; notre filiece
pieiugerait la quellion. Un ajournement a trois le-
rmaines la dciderait contri e nous. Quand le r-i lame,
qualnd des ngociations font enramres, n -las
probable que dans trois femaines la paix ou la guerre
front dcides; ainfi lorfqu'on propose d'ajourner,
on propose en d'autres termesdelo ddonernsl
:irconflance prfente, le droit de ngociation, de
paix et de guerre. Pour jis Aplus grandsais is u pou-
voir arbitraire, ce frcr;ii encore une graeii quef-
tion : mais c'en peut tre tune pour le corps coif-
tituant. On le met dans 'alternative de confetir
ou de s'oppofer l'abandon d'un droit, fans lequel
il n'ct po:nt de libert polilique. Vu ous vo te-
riez les mo)yens de rIfi!t aux ruies perfesdess
miniflres ou vous s exopolriez ce que la coff
titiition ft en piil par une guerre ial-3pro0os"
ntreprife. On vous propose de vous abandonluie
dlesshommes uii n fait trop d'holnetur, en dilit
qule Ieurs deflemis font doureux. rois jou .pe
tre feron- niceffaires pour difc,ter les pirilnre
ic cLmainde qui l motion de M. Alex.ilie de
lameth toit adopte.
M. Gourpil de Prcfdn. Sans doute ou vos upne
iune grande queflion ;politique. Je uiis pe'.uatedq
lc droit t'rribl. de fare la guerre ne peut :appattiler
.iu monarque feul; mais ie ne puis Ine .dii
, u'unic queftion, don't l'inlliience doit tre i ere
fur la conflitution, nre doit pas tre dide
'I











iient, il ce minmenti, il ne s'agit p s de certa
ueiion. On v )iL a dnonc des p:ges miniitru 's:
perfonne piis l mol :e craint les m lilire-s, ai ris
il lie fauit as 'onoujrs Iss fouponner. La lttrrde i ',
ile Monrnorii efl ecrite dans n1 l:mingage patriotique.
e ro dit qu'il entree en ngociation avec la court
de Lon.'res pour" engager le roi d'Angleterre la
a. av la court d'Efpagne pour engager l' Efagne
Saix; iflui te de ces ngociations ne peut erre la
uerre. Si le roi a arm 14 vaiffeaux c'ef pour
eercer li lfirveillance fuprme qui lui appartientt.
Ainfi la quellion n'ea Pis prjuge par la lettre du
iiiiltre p ar "n acte de fave -garde et de pro-
tection qu'il e'tait du devoir du roi de fire. J'adopte
donc l'aouirnement avcc cet amerndement, de le fixer
anliiocnt o les tribunaux front tablis.
SM. de Broglie. Je commence par observer que les
Pop'fitrions de 0 iMM. Dupont et Goupil font pr-
cilmeit la niime chofe que fi nous difions : Nous
ajournons la difcuffion fuir le droit de paix ou de
gE rre, au moment ou la paix fera faite, ou la guerr!
dclare. J'obTrve encore que le roi, dans fa le.tre,
e parole que d` f Cblitd(is ; il parole ab 'olument le inme
laingage q fie f ei la queitionrtait juge. La quefrion
acciden'elle n'eft que le corollaire de la question de
fair fi le droit de fair la paix ou la guerre doit tre
exerc6 oit delgui par la Nation.
M. S'i! elf uln moment o il Toit in
difpenlable de jug' r la question de favor qui ap-,
artiendra le dioit de fire la paix ou la guerre, ceft
il'poque o vous avez ll.ibrer fur l'eixercice de
e droit. Comment- prend rez-vons des minfiires i v tus
ie coniailfez pas vote droit ? vous dciderez pro-
vifirement, an moins, que le droit de difpofer
lu bonheur de l'Empire appartient au minifre. Pou-
ver-vous ne pas croire, come on vous l'a dit,
iuela guerre eft un moyen de dfendre le pouvoir
lbittraie contre les Nations ? Il peut fe prfenter
F;IFrens parties prendre. Je fuppofe qu au lieu de
rois engager dans une guerre don't vous ne connaiffez
tasles motifs, vous vouliez maintenir la paix ; qu'au
ieii d'' border des fithfides, d'auto, ifer des armemens,
0ous croyiez devoir faire une grande drnarche et
nontrer une grande loyaut. Par example, fi vous
i; if. i. ii r Nationsque, fuivant des principes bien
liifrensdeceux qui ont fait le maalheurs des Peuples,
2Nation Franaife, content d'tre libre, ne.veut
engagerr dans aucune guerre et veut vivre avec
routes les Nations dans cette fraternit qu'avait comn-
naiil la Nature. 11 et de l'intrt des Nations de
irolger la Nation Franaiffe, pace que c'eft de la
stance quc doit partir la liberty et le bonheur du
nonde. Si l'on reconnaiffiit qu'il eft utile de pren-
Ire ces niefilres ou toutes autres femblables il faiu-
Irait dcider fi c'eft la Nation qui a le droit de les
rendre. 11 faut donc, avant d'examiner les mefures
ceffaircs, juger fi le roi a le droit de fire la paix
u ia guerre.
M. de Mirabeau l'ain. Je demande la permiflion
'exainier d'abord la situation du dbat. Je ne par-
:rai pas encore fur le me Ilage don't il ef- question
uoique mon opinion foit fixe cet ,ga:,. J'exami-
er, fi l'on doit pralablement trait r la queliion
..Ilhu ... Ie ; je dcinaide que vous ne pre-
igiez pas mon opinioli certe rmani-ire d'luder
Squeftion leve par la lIectre du miniftre, eft
craifoinnable, inconlequenite, irnprudente et fans
[jt t.
Je dis qu'elle eft draifonnable et inconfquente,
irce que le mecffage du roi n'a nul rapport avec
!e declaration de guerre; parce que le mnelage du
iipotunait exifter mme quand nous aurions dcid
'i la Nation appartient le droit de fire la paix ou
gii-rre. Le droit d'armer, de fe mettre fubite
int en rimefrc, fera toujours le droit de 'execu-
ur fulirm des volonts national, s. Permettez-
i une exprelfion triviale. La mardchauffe ext'-
urect intriture de terre et de mer doit toujours ,
i'r l'urgence d'un danger fubit, tre dans les mains
i roi,
Je dis enfin que cette maniere d'luder la dci-
;l n' dl pas confiquente, parce que ce ferait
PPofer que 1 ordre donn par le roi de fire des
em.is cit illegal. Il eft certain que dans
uii focit, le provifoire fubfife rant que le d-
itil n'e ic pas dtermin; or, le roi avait le pro-
for-; donc il a pu lgalen.irt ordonner des ar-

Je disc rniite que cz.tte maniere d'luder la
eflmn n'ef oas prudente ; je fuppofe en effect,
Ielee pralable pi opo fitr neceflaire nre ed-
'ra1tion va occafionnier des rewards qui donneront
lrexrc de dire qu'e nous avons arrt les mie-
res priios pour alffrt r la tranquillity publique et
f'lect du coiimcrce. Je conviens qu'il faut traiter
'S-incelTffinmuit du droit de fire la paix ou la
erre, Cr j'en demand l'ajournement dans le plus
r"'t dl.i : miais fans doute cette grande question
bofoin d'rtre prpare l'avance par le comit
condflitutioin ; .lle entraine beaucoup d'autres
ei . s Pouvez-ious vouloir fuftpendre la
S f], ) r le mne-fige du roi ? Ne favez-vous
s que les fonds maiinqunt ? Ne favez-vous pas que
'vailflax aruns fe.ulcment, parce que l'Angleterre
aitll, ne peuvent tre pour vous un objet d'pou-
te ors ex ordiiie u ous deand
Le fecours extraordinlire qu'oa vous demand,


5-9
n'eff que trop ndceffarlie; il O'it pas danger' u. iUn
re'fis n'at'rcrit-il pas co'itr vousL less Imecotint)te-
(me.s du comni erce ? Un nu? ch rchu une ciop ex-
citer ces coniitiemcns. irmein .ie lccr le ioi dus
meflires qu'il a prills'plour le nullticl de la paix ,
c'clt prefent:r i la Nation l'anrn iiint orao.iiimconm-
me une grande precaution c'elt un inoyen de raf-
furer tons les efprirs. Mais fi vous allez dire au
People qu'il faur fufpendre tous vos travaux pour
lavoir a qui appartindra le droit de faire la paix d'i
la guerre, il dira : i .ne s'agir donc pas feulement de
precautions, la guerre eft donc prte a fondre fur
nous. C'efl ainfi qu'on gite les affires publiques en
rpandant de vainesterreurs. Si des manoeuvres mi-
.i,.i,.ills recelaient des projects nationicides, ce
ferait tout au plus une confpiration de pigmees i per-
fonne ne peut croire que 14 vaifleaux mis en com-
mande foient effrayns pour la conllitution. Quand
la question conftitttionnelle ferait juge, le roi pour-
rait fire ce qu'il a fait il pourrait prendre les me-
fi:ris qu'il a dtl prendre, fauf l'eterrille refponfa-
b;!i: des miniffres. Vous ne pouveL donc vous ein
pcher d'examiner le mneffige, du roi. La question
Lt reduit donc lavoir, nion fi le roi a pu armer,
lar cela n'eft pas douteuxi mais fi les fonds qu'il
demand font nceffaires, ce qui ne l'elt pas da-
vantage.
Je conclus ce qu'on s'occupe immdiatement du
min..iage du roi.
M. Dclcy d'Agier. Il ne s'egit pas de rgler le.
dtails qui doiv;nt riulter du grand principle, mais
d'tablir ce principle. J appuie donc la motion de
M. Alexandre de Lameth.
M. Rcwbell. Le pro-.inant a tabli pour principle
que le roi a le provifoire; c'eft cauf que le roi
a le provifoire qu'il peut, dans huit jours, dclarer
la guerre Cfns nous et que n:;us devons dcitrr le
principle. Si nous hlitons un iniitant, noiis aurons
la guerre. Il y a fix mois qu'on nous difait de la pair
de queues-uns des ho;iorables membres : 'n :age-
terre vous fera la gucrre ; elle ne nous l'a pis ltite,
et l'on veut que nous la lui fi.tions. Qu demnde
en derniere analyze le ii ihli .- ? de l'argett : les .c-
prfcentans de la Nation ne peuvent accorder d s
fubfides qu'en connaiffance de cau'e. Il me fci-blu
que nous devons connatre les details des caufe: de
la guerre don't il s'agit, autrement que par les ga-
zettes. Il me femb!e qne les perfonnes qui, par
principles, doivent redouter l'effufion du fang, qui,
par la fainret de leur caractere doivent regarder
tous .les homes come des freres, s'levent en
ce moment centre mon opinion. Ne reconnaiffons
plus d'allis que les Peuples jufes ; nous ne connaif-
fons plus ces pactes de famille, ces guerres minif-
rrielles, faites fans le cofenternent de la Nation ,
qui feule verfe fon fang et prodigue fon or. La lettre
du minifinre announce afl'z que fi le roi ne peut con-
cilicr l'Angleterre et 'Efpagne il fera la guerre
l'Angleterre. Il faut donc vrifier les causes de cette
guerre; il faut favor fi nous avons le droit de les
vrifier.
M. le baron de Menou. Je ne me permettrai qu'une
feule obf.rvation fur ce qu'a dit M. de Mirabeau.
'i nous accordons provii'oiremernt au roi le fublide
qu'l demand ne devons-nous pas craindre d'tre
ct .i::'s dans'une guerre contraire la jiltice et a la
morale f qui font les bafes de toute conftitution ?
Bientt des armies front mifes en mer; ds la
feconde anne, elles peuvent tre .-ii '.- d i ma-
niere qu'il foir impollible de refiuerdesfiublides pour
continue la guerre. Quand il fut queflion en A.i-
pleterre de dclarer la guerre en Amrique, une
parties de la Nation s'y oppofa; lord Norch fit valoir
avec chaleur cette o;'polition; le roi commena la
guirre et les Anglais furent obligs pendant fept
ans de donner des fubfides, car fans cela les armes
raient perdues. Je dis donc qu'il eft abfolument
eflentiel de fatuer fur le droit de fire la paix et la
guerre; enfuite on examiner laquelle des deux Na-
tions a tort. Si c'eft l'Efpagne, nous devons em-
ployer notre mediation pour l'engager plier ; fi
c'eft l'Angleterre, et q'elie fe refute la jufiice,
nous d, vons armer, non quatorze vaiffeaux mais
Stoutes nos forces de terre et de mer. C'eft alors
que nous monotrerons l'Europe ce que c'eft qu'une
guerre non minillrielle, mais national. ( Des ap-
plaudiffemens intelrrnimpent forateur..) C'ef alors
qu'aprs avoir pralablement mianifefl nos principles
de jlttice nous dvelopperons le courage et la
puiffance d'une Nation vraiment libre; nous irons
attaquer l'Angleterre en Angleterre mme. ( Les
applaudiffemens redoublent. ) Si c'ell au dernier cu
que l'Angleterre veut combattre contre nous, noius
aurons encore l'avantage. L'Angleterre eft une Na-
tion libre magnanime et gnreulb. La France de-
venue libre evt une Nation magnanine et gn-
reufe. Les Anglais traiteront d'gal gal avec les
Franais, et non plus avec les miniffres et le def-
potifine.
M. de Mirabeau l'aie. J'ai l'honneur de rpondre
au propinant que fans ceffe il a cru parler contre
mon opinion et qu'il n'a pas mme parl de mon
opinion. 11 demand qu'on traite inceffamment la
queflion je le demand auffi ; mais qu'elle le foit
bien et d'aprs les rites d.i cette' Afemblie. eOt
eft doac le diffenriment entrr le propinant et moi ?
prtend-il que le provifoire ci. aidaiiti ? Il n%~l'a


pas dit : le provifoire exift ra encore pendint trois
Jours, fi la qiti lon cunitictutioniI elle dft di fcuitc- pen-
dant trois jours....
il. le d:,c au'Aui!o. J'avais demand la parole
pInU o>ipoer a Mi. de Miraaua les n :meis raitons
que M. db' Menou. Je rappellerai fi.uletuiiet i'ne
objection trs-forte laquelle M. de Mirabeau n'a
point fait de rpoofe. Si en accordant l1s fublides
aujourd'hui, nous ne dcidons pas la question, qui
fait fi la guerre ne fera pas dclre demia:n ; qui
fait fi ce n'elt pas-l le but des rnauvait.s i;:tintions
du minifltre, intentions don't il n'eft pas permis t
noi de douter ? C'eft la cotnfittiti.n qu'on en
veut; les diftic\s les dparteiiitns les gardens
nationals, font des obstacles inluimintables. Que
refte-il donc aux ennernis de la revolution pour i,.n-
verfer notre ouvragc fi ce n'ift de nous etirraiiner
dans une guerre peut-tre injufle, de nou s -n;a-
ger dans ine parties que nous iei pourrons abaiidon--
ner, quand nous l'aurons une fois coimmeice. Les
intrigues des miniftres agiront .lors dan'; le royaumie;
les citovens fGroiit plus l) ci:s ; romper, derourn.:s
de l'ob et qui re:.;::l auiou:d-hii toutes leutrs p:n-
fes, parce qu il r.'nfi lirmie to e's leurs efpr:;nces
de bonheur. L[,s m niiitrts abi.k .:ionlt de tout foit
de nos '. i ..; foi de nos I]iccs ; un roi victo-
rieux ef. un gr nd danger pCour la liberty quand
I<'_ un roi des Franais. Ainfi donc fongl~eoIs
l'hnn. eur dc- la France, la liberty. Quelle que foir
l'urgence de:s circonitanc':s ne pouvons-nous pas
rerard-:r de deux jours un armement donc la ca' -e
nous cft prerqu: inconnue ? Demain la grande
qltucflion vo.is Lera fouimifei; quand vous l'aurez ju-
ge, vous vous occuperez du meffage du roi.
AM. de Miraheau. Je di-mande faire une simple
propofition qui ne vient nas de moi, mais la-
queiie je donnie month affentiment et qui peut ru-
nr ir.s opinions; elle confite approuver les mefures
-uc roi et i ordonner, par le mme dcret que ds
remain fir le rapport de qui il appartiendra, vous
commencerez la difcuifion de la question con)ltitu-
tionielle.
M. le Chapelier. Il y aurait de l'inconvnient
loigner cette difciifliomii; mais il y atrait plus d'in-
convnielnt encore ne pas .s'occupci- pral'ib emenrit
du meiiage du roi. On a vou u vous ecartet de la
vrirab'e queffion en fe jertant dans des drails
qui lui font strangers. Le roi devait fe mettre
rnmnm de dfendre 'Erar ; il craint la guerre, il
desire la p-ix : deux grades puifiances arment l'une
des deux a tounjours t notre rivale et notre enne-
mie.. .. (11 s'leve des murniu;es. ) Elle menace la
fois nos pofitfions dans nos aies, et notre induf-
trie. La quettio.i de principle n'eff pas douteufr;
car le droit de .difpofer du fang et de l'or des
homes ne peut appartenir un feul home imais
le droit de prendre des precautions pour la dfenfe
de l'Etat appartient nceffairement l'excuteur
fuplme des volonts de la Nation. Vous ne pou-
vez attaquer ce droit, fi vous ne voulez tomber
dans le mme inconvenient qu'en 1756 ; cette
poque, avai't d'avoir tir le premier coup de ca-
nen notre commerce tait dtrpit... J'adopte la
proposition de M. de Mirabeau.
M. Barnave. Je ne crois pas que l'amendement que
j'ai propofer puiffe fire quelque difficult mme
d'aprs l'opinion de M. de Mir.beau. Le d3cret ap-
prouve les mefures prices par le roi : elles Cont de
deux efpeces, . l'armement de i4 vaif'aux de
ligne l'Affemble peut croire qu'il eft ncefiaire de
fe mettre en mefures ; 2. les ngociations commen-
ces. Je ne crois pas que l'Affemble puilfe prononcer
fur ce second objet, avant d'avoir diecrt la queffion
conflitutionnelle; ce ferait mettre' entire la main des
minifires un moyen certain de nous faire avoir iiie
guerre qu'on ne peut viter qu'en n'aiitorifant aucune
ngociation. Mon amendment confifte n'approuver
que larmement.
L'Affemble dcide qu'il n'y a pas lieu dlibrer
fur cet amendment.
M. de Ca/fellane. Comme il eft important de pofer
la bTfe, je propofe pour amendment, que le comit
de conllitution foit charge Je prfeater demain fon
travail.
L'Affemble dcide qu'il n'y a pas lieu dlibrer
fur cet amendment.
M. Charles de Lamzetl. Je penfe qu'il eft important
de charger M. le prfident d'inftruire le roi de l'in-
quitude qu'prouve le corps lgiflatif, en voyant
cette delicate ngociation entire les mains de M. le
duc de la Vauguyon. Vous vous foiuvner. f-ns doute
du rle qu'il a jou au mois de juillet dans le coniitil
diu roi. Je fais trs bien que les miniltres a-nront des
lettres de rappel toutes prtes pour oppofer mon
opinion.
Si on le veut, je demand que ma motion foit
difcute part mnais il eft nceflaire de fire con-
inatre au roi qu'il ferait auffi abiurde et auffi "cou-
pabl de la part du minilfrc de laiffer.la poli-
tique entire les mains de dieux on trnis certaines
perfonnes, que de fire traiter un home empoi-
fonn par ceux qui lui.auraient donnt le poiiou,
Je fuivrai mua motion mais je douer qu-,e li f(;'ance
furffife pour numrer toutes l.s railrns qui doliwv t
engager a rtlirer toute efpece de nlgociaticbi des












mains des ambaflMadtrs d'Efpagne et de Portugal,
"et de quelques autres niicore.
M. Du:ot. La,premrire parties du dcret n'annonce
pas alfez -iiteement que vous voulez tre en plcine
mefure de defnfte. Il ne f'tit pas de mo;utrer
l'Angleterre que vous tes la Nation la plus libre;
il faut lui apprendre aulti que la France ne foufffrira
,pas qu'il lui fost fait une injure fans fa permiflion.
L'Angleterre eft urin Nation trop fhge pour armer
3 vaiffeaux de guerre, afin' de favorifer les intrigues
-de vos minidllres. II ne vous convient pas de vous
border arrmer14 vaiflfanx i il faut vous mettre
en tat de ren1re la guerre pour la guerre d'une
maniere impoiante. Je conois qu'il eft poftible de
fippofer cette piliffance le deiir de la paix; mais
je conois auai qu e ce defir peut changer car elle
a donn de frquentcs preuves de ce changement de
defir. Je conclus et je propofe de demander au roi,
.qu'il foit fait un ariementi gal celui de l'An-
gleterre.
L'Affemb'e dcide qu'il n'y a pas lieu dli-
brer, quant prfent, flur cet amendment.
M. de Lvis propose cet amendment :
L'Affemblde national declare en outre, de la
maniarre la plus folennelle que jamais la Nation
Franaife n'entreprendra rien contre les droits d'aiucun
Peuple ; mais qu'elle repouffera avec tout le courage
d'un Peuple libre, et toute la puiflance d'une grande
Nation, les atteintes qui pourraient tre portes a
fe-s droits.
Cet amendment eft ajourn.
La proposition de M. de Mirabeau l'an eft d-
crte priffqu'unniimement en ces terms :
L'Afli'mble rationale dcrete que fon prfident
fe retirera, dans le jour, pardevers le roi, pour
remercier fa majefl des nmefures qu'elle a prifLs
pourn maintenir la paix; dicrete en outre que de-
main 16 mai, il fera mis l'ordre du jour cette
question conftiturionnelle : La Niation doit-elle d-
lguer au roi l'cxcrcice du droit de la paix et de ia
gue're.
M. Charles de Lamech. J'ai nonmmi tout--i'heure
l'ambaffadeur de Portugal et come il eft dans
mon caractere de ne pas laifIer de louche dans mes
aflertions, je dclare que je me fuis tromp. Je viens
d'apprendre que M. de Bombelles n'eft plus ambaffa-
deur de Portugal.
M. l'abb Lompr orfente, au nom du comit
des finances, uni project de dcret conu en ces
terms :
L'Afii-:mbl.. national a dcrt et dcrete ce
qui fuit :
Art Jer. Il fera form une iaffe total du mnn-
tant des rles fuppltifs des fix derniecrs mois 1789,
pour chacune des nouvelles divisions de dpartement,
et chacun des directoires dtermerinera et fuivra l'err-
ploi du miontant total defdits rules, ainli qu'il va tre
ci-aprs expliqu.
II. Sur ledit montant total du product des rles
fuppltifs des fix derniers mois 1789, front d'abord
imputes en diiinution,
I. Les non-valeurs, dcharges et autres mo-
drations rgulireinent accordes fur lefdits rles
des fix derniers mois 1789.
2o. Le montant des ordonnances de compenfa-
tion des dcimes ou don gratuit, et capitation pri-
vilgies, qui auront rt dlivres aux ci-devant
p ivilgis fur leur cotifation dans lefdits rles fip-
pltifs.
Les ordonnances de dcharges ou reductions
qui auront t accordes fur les rles de 1790
des contribuables, raifon de furraxes ou cotifa-
tions faites dans deux rles diffrens pour les mmes
motifs.
11'. Pour fubven:r auxdites non-valeurs don't
l'objit ne fera definicivernent connu qu' l'apoque
de la comptabilit, les iireccoires de department
font autorifs tenir en rferve fire la fonime pro-
venue defdits rles fuppltifs, qu'ils jugeront n-
celfaire.
IV. L'objet defdites rferves tant ainfi valu
et dduit fuir la fomrne total du montant des rles,
les directoires de dpartement connaitront celle qui
Iutr rcltera difiribuer er, diminution effective entire
les municipalities fur les impositions de 1790.
V. Ils s'occuperont d'abord de confiater les Uur
charges que quelques communauts auraient pu
prouver da-is la rpartrion des impofitiolis de 1790,
pour procurer ces conmmunaurts liurcharges un
premier allg,:iment, don't l'effet fera d'galife.r Itoi

On s'abanne Paris, h/tel de Thou, rue
Paris de z8 Lh. pour trois mois 36' liv. pou
pour Lfix mois et 84 liv. pour l'anne franc
les Libraires de France et les Directeurs des )
In ; 8 qu'il jaut adrefer les lettres et l'ar
come lin'rs eflanmpes cartes mit/ique, 6
Jace de la rue de l'Eperon.


55o
contribution avec cell. des autres communauts dans
l'irnipfition de 1790. Pour vrifier les flrtaxcs, il
(eta nomm par chique directoire de d,parrement
'des comminfiires charges d'examiner les erreurs com-
mines dans la rpartition, de conflarer la fomme que
chaque communaut aurait d payer.
VI. Cette premiere distribution tant effectue
en faveur des feules communauts furcharges, le
surplus de la fomme employer fur le produit defdits
rles de fiipplment, fera diflribu ei.tre toutes'les
communautes, fans aucune exception, au marc la
livre de la fixation de leurs impositions de 1790.
VII. Les tats de ces deux distributions tant
arrts, les directoires de lpartement dlivreront
pour chaque communaut, u-e ordonnance qui lui
fera connatre que tell Comme lui a t accorde
fir le product des rles fippltfs des fix derniers
mois 1"789; et l'gard des communes furcharges,
il fera faith difinction dans lefditcs ordonna: ces de la
foimme qui leur eft accorde pour indemnit de fe ur-
charge, et de celle pour laquelle elles participeront
dans l'allgement gnral.
VIII. Lefdites ordonnatirces tant dlivres aux
municipalits, chacn- d'elles fera paff r au direc-
toire du diiirict fa dlibration fur l'emploi qu'elle
entend faire de l'allgement qui lui a t accord,
en joignant la fufdice ordonna ce fa d ibration.
IX. Lefdites municipalits front libres de pro-
po fr l'emploi qu'elles ju.eront devoir Icur tre le
plus utile; celles qui ont offert en don patriotique
leur contingent dans'le produit des rles de fupplr
nent front portee de ralifer leurs offres, et les
aurres d'en demander l'application en moins-inmof
effectif, et alors la premiere ordonnance qui leur
aura t dlivre, il en fera fubfiitu une autre,
foit de dlivraice de deniers par le receveur-gn-
ral on trforier de la province, foit de moins-
impoqf.
X. Dans les communautes fhrcharg es qui nuront
dlibr l'application en moins-impof de la fomrne
total eux acco-de, celle motive pour indemnit
de surcharge f>ra rpartie futr tous les contribuables,
fans aucune distinction i cell pour leur cotte-part de
l'al!g e-ir:nt gnral, ne fra qu'au profit d. s con-
tribuibles.
XI. L'Affmible national dcrete que les mu-
nicipalits qui n'ont pas encore procd& la con-
fection de leurs rles des impofitions ordinaires de
l'ai:nne i-r90, front tenues de les drerrimner dans
le dlai ds quinze jours computer de la publi-
cation du prfent dcret, faiiie de quoi les off i.irs
municipaux demeureront garans et refponfables du
retard de la rentre des impofitions de route la
communaut : les admiinitrateurs ou les juges charges
de rendre les rles excutoires front galement
garans de leur retard.
Les dix premiers articles font ajournis ijuqu' ce
qu'on puitTe correfpondre avec les dpartemens.
L'article XI eft dcrt.
Un autre article, conu en ces terms, eft ga-
lement adopt :
Auilitt que les affembles de dpartemens et
de difIricts front formaes, il fera nomm des com-
miffaires pour vrifier les furtaxes des communautds
et les erreurs qui fe front gliffes dans la rpartition
proportionnelle. Ces commiffaires front leur rap-
port aux directoires de district et de dpartement,
lefquels affigneront les indemnits dues aux com-
munauts plaignantes.
La fance eft leve trois heures et demie.


VA R I T S.

Extrait d'une proteftation configne pardevant
notaire, des bas-officiers, brigadiers appointes et
chaileurs du rgiment de Hainault, contre l'incul-
pation calomni_-nfe faite au major dudit regiment,
dans un journal intitul : Annales patriotiques et litt-
raires de la France &. c., no zao, dans lequel on lit :
"ILes chafleurs de IHa:naulc veulent Paire rendre comnite
leur major qui, difent-ils, leur fait ;ort de 8oo 1.
par mois ont dclar lefdits chaffeurs cette af-
fertion auffi injurieure pour eux que pour leur ma-
jor, et ont dlibr de la rdiger en acre, pour
lui fervir ce que de raifon, lui rendre hommage de
la juilice qui lui et due et qu'ils lui rendent. Paff


d'une grande reputation il lui mantuait d'avoir i
reprfente fur le thatre de la capital, et d'aoi
reu fur la fcene les mines honneurs qu'il aoait
recueillis la lecture. On l'a enfin jou avant-hie
a Paris, pour la premiere fois, et il a obtenu le
plus brilliant fiuccs.
On conviendra fans doute qu'il eft inutile da.
lyfer une piece que tous les hommnes un peu le aeurs
ont ious les yeux 'ou dans la mmoire. Nous nour
bornerons donc a parler de l'effet que cet ouvag
a produit fur le public affembl. a
C'efi un spectacle augufle et impofant pour tout
tre fenfible que celui de l'intrieur d'pnle retraie
defline l'oubli abfolu du monde, la pnitece
et une auflrit prefque fur humaine. Que l'o'
e figure au fein du triple et religieux apparel de
ce lieu, ou tout rappelled l'ide de la' mort un
homme brlant de 'amour le plus tendre le plus
vehment, agit d'une pafion terrible, qui ne peut
tre tente ni par ;es jeunes, ni par les macrations
ni par la prfence du Dieu dans les bras d'iquel il
-oull fe auver des preftiges de lavie; prouvant
tous les tourmens, tous'les combats du coeur, et
tramant fans le favoir, les refles d'une vie mal-
hureue ct de l'objet qui a cauf les infor-
tunes, s dnn objet qui, par un effort digne feule'
mcmnt dr'-.in ame extraordinaire, s'cft rfign trom-
per la faibleffe de fon fexe, voir fon aiant, fe
taire, et mourir peut-&tre plus de fon filence que
des aulfrits anxquelles il s'eft condaniri, alors on
aural une ide jule de l'intrt que porte avec lui
le come de Commzinge. Il eft vrai que fa hituationefl
peu prs la mme dans toute la piece ; maisl'au-
teur a fu la varier par toutes les reffources de la
fenfibilic par des dveloppemens pleins de cha.
leurs t par d-s mouvemens dramatiques, dont I'ame
Ltf longuemenii et profondment mue. On a paru
defirer que l'auteur retranihr des- dtails qu'ona
regards come inutiles et l-deffus nous penfons
coniine le public.
Si le caractere de Comminge eft brllant, fi les
f>rntimens qi dchirent toute fon ame jctuent le
trouble et la douleur dans celle des fpectateurs,
rien de plus doux de plus confolant, de plus digne
de la religion chrrienie que celui du pere abb.
C-: co'htrafte eft trs-bien fenti. La fin du feco-0d
acte, la fcene furtout (ni Comminge, courb fur
fa tombe, pleure, gmir, pa-rle d'Adlade, baire
le portrait qu'il en a conf:rv, er l'appelle, tandis
qu'elle efl l tmoin de les trallfpcrts et de fes
tourmens eft d'un pathtique don't le ceur efl
bouleverf. Peut-tre mene cette situation et-elle
trop forte pour certaines perfonnes. Elle nous a
dchires.
La pince a t trs bien joue, principalement
par M. Saint-Fal, qu'on a demand, et qui et venu
recevoir les tmoignages de la fatisfaction publi-
que. On avait auffi demand M. d'Arnaud, mais il
tait absent.


THEATRE DI M NSIIlUR.

L'opra del Gelofo in cimento (le Jaloux l'preuve)
tait dj connu en France. Il avait t joui en
1779 avec aflez de fuccs. Il y a, furtout dans leder-
nier final deux ou trois mouvemens qui firent
grand plaifir, parce qu'ils taient nouveaux alors,
Auiourd'hui, que no's,fo-mmi-s accoiutiies a une
mufiqie rlus vigoureufe, l'lgiitre faibleffi d'An-
foffi ne pc: t plus guere nous pl.'ire aulil-s ac-
teuris ont-ils eu l'adreffe d'infrer dans cet ouvrage
plufieurs morceaux d'un grand effect, et qui fauvent
la mdiocrit du relie. On a furtout applaudi iu
terzetto du premier acte; un air dans une fitna-
tion d'j connue o le chanteur command aux
divers inflrumens de l'orchefre, parfaitement chants
pa; M. Mandiiii et le quatuor qui terminela pre-
miee divilio' du ftieond acte. Ces difireis mot-
ceaux don't aucun n'appartient l'autlir, jioitsi
l'excellente excutior d'une compagnie b en iup
rieure cetle de 1779 ont foutenu l'opra, qui
en gnral a fait beaucoup de plaifir. .
On y a entendu pour la premiere fois la ignore
Barchetti, dans le rle de la feconde fetnme :cette
j,.une virtuofe n'a pas encore un talent formi
mais avec l'habitude de la Icene franaife, eCn ln
drant tes gefles et en (oignant ton chant, el
otn ir efcrer Pdes accrrs.


en l'tude de M. Munier notaire Pont--Mo- de ce thtre, ui le voient avec
(on, le 8 mai 1790. beaicotip de regret prequel abandonn ,malgr les
_____ eff orts c(onflais des fujets le -are mere de la
ltiupart d'entre ecux, et la fublime eclitioti de
T a E A T TR E D E L A N A T a O N. I'vnileaIble atrenlent avec impatience d',r les
dmiier dans un local plus digne d' ux..P.:0,Afo'
Il y a long-tems que le come de Comminge, drame tenir leur courage, on va les fi,-re jout i lccli//
de M. d'Arunad, en trois actes et en vers ouir me t des r: ns de la celbre figiroraM'o ..ii

des Poitevins,. ou au bureau des Affic/hes de Paris rue Neuve S. Augiijlin. Le pix eji, p r
r fix mois et de 72 liv. pour l'anne ; et pour la province de 2z liv. pour trois moist ) li'.
Sde port. L'on ne s'abonne qu'au commencement de chaque mois. On /bufcrit ati f ce tel os
pofles. C'eat M. Aubry Directeur du bureau de la GaLette Nationak, rue des te
g ,ent franc d port. Tout ce qui concern la composition et la rdaclioin de cette Cg ae
. doit tre adreje' au rdacteur de ctte feuille rue du Jardinet mai/on de M. raf e


-ngi