Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Moniteur universel

Full Text








GAZETTE NATIONAL, ou LE MONITEUR UNIVERSAL.


SAMEDI iy MAI 1790.


P 0 L I T I Q U E.


p A Y S-


BAS.


De Bruxeles, le 9 mai.

r, TE ville a perdu confiance et tranquillit;
il reane la fois une agitation fourde et une in-
llitiiile iiorne. Touis les jours l'autorit arbitraire
(les Etats augment etr il s'tablit parmi nous un
vyitiable inq-tiitiion. Le procureur' gnral et fon
cortege, le 'magiltra et t es efpons violent tous 1 :s
Mes Les recpherches les plus frquentes fe font chez
li inprimeuirs, on y faifi tout tout ce que l'on y trouve:
liii le l'acadmie et un libraire ont t emtpri.
foillis : cela s'appelle veiller aux abus de la pr/j'c.
Il ii'enr paait pas moiins des fatyres et des libclls.
IMais le part domiiinuot a le privilege exclufif de d-
chiret is rputations edt d'inquiter les bons ci-
toyens. Cep.-ndant les Eftats, pour fire diverfion,
vierinet d'inventei un Ihochie qu'ils appellent natio-
dil. On frappera une mdaille que les volontaires
porteront le'ur boutonniere a elle reprfentera d'un
ct ideux mains droites qui fe ferrent, avec cette
inictription : Fides ec conflaintia patrii militias f fur le
OLvers on lira, fous deux cornea d'abondance, ces
mot' :pax et fecuriitis public. Le congrs a dit-on,
le project de fnivre un fi bel example ; mais il doit
fire quhlque changeimeOnt a 'invention...... Malheu-
reiirement l'efprit public n'cft point aflfz avanc
dans nos provinces po'ir fentir combien tous ces
vains honneurs font enmemis de l'honneur vrita-
ble, et que toutes ces decorations pueriles font des
recettes ariflocratiques pour divif:r les citoyens.
Avit-lhier au foir et hi'r, un dtachemeint de dra-
gons volontaires cheval et un autre de volontaires
a pied ,precds d'une bruyante mufique ont pro-
men dans les rues le bulte en pltre de M. Van-
der-Noot, puis l'ont dpol fiir la chemine d'un
des plus frquents effamininets de la ville. Et put's de
boire, et puis de crier vive Van-der-Noot !
1! eft faux que les dputs Flamanrds fe foient
retirs du congrs i il parait ai contraire qu'il y
regne beaucoup d'union en ce moment. Le congrs
part trs-content des dpches reues avant-hier
d Berlin.
Une de ces recherches inquifiroriales don't noius
avons parl a eu lieu dans la mailon de madame du
Bniflon, femme d'un Franais connu dans fa patrie
par pluieuers ouvrages dramatiques. La pernonne
que l'on cherchait eft, dit-on M. de Montcler-
geon, hoiune eflim par faii patriotifme et ci-
devant capitaine d-s volontaires de ce te ville. Sur
le champ m-idame du Buiffon a crit M. Van-der-
Noot, pour fe plaindre de cette hardieffe criimi-
nelle. Le min'itre plnipotentiaire ayant jug con-
venable de ne pas rpondre, cette dame vient de
lii rcrirt avec une nergie capable d'infpirer, quel-
que rferve l'inquifiteur brabanon.
Voici ces deux lettres.
,Monfieur puifque c'eft vous qui fous le
mieme titre., remplaez, dins les provinces belgiques
le nminillre de feu S M l'empereuir vous' tes ref-
ponfab'.e, vaus tes refponfaible tous les citoyens
d-s in-iltices, d&s horreurs, des atrocits qui fe
commcitecnt au nomi de la loi et de la libert.
Je fiais la trite victim d'un de ces actes atroces
de votre fouverainet, et je vous en demand juf-
ti.e pine et rdparatim'i publique.
Accouche depuis deux jours, encore fur mon lit.
de douleurs, dans un' tat que vos lois ont dclar
facr (i), et qui rend une maiion un afyle invio-
labie pour le crilie, mi e stranger qui s'y r-
fugie. J'ai vu iii maifon invefiie, aiu milieu de la
ituit, par une h .rde de gens arms, fe difantfoldats
vdnltaiires pour la !ibert,.
Ils n'ont rcfpect ni ma quality de femme, ni
celle de mere, ni celle de mourante. Ils fe font
ports dans nma maifon aux p'us grands excs et aux
perquifitions les plus outrageantes et les plus ridi-
cuales, puifqu'ils ont perc mes matelas de leurs
epees, et crochet des armoires.
Le chef de cette troupe m a dit qu'il cherchait
un homnne et l'a cherch jufques fous la natte
fir laqu.lle j'appuie mes pieds jufques dans les
tiroirs de mes domefliques don't il a inventori
les hardes.
Qub veut dire Monfieur, une pareille fvice
che, une citoyenne, le z une citoyenne mourante,
ai milieu de la niit ?


(I) Une des plus belles lois du Brabant eft celle
qui dclare la maifron d'une femme en couches fi
acre, que la Jultice mmnie ne petit pas en arracher
"i affaaiin. Cette loi et grave patl la nature dans
tous les coe-'rs les Peuples les plus fauvages, Lks
Carabees les Canriial:s, refpectent le moment
aulli grand qu'inucerilant de la inatmrnit.


N'eft-ce pas, focus un prtexte vain, marquer fa
ma'fon ces bras incendiaires qui la vue de tout
B!ruixil s, en plMin jour, foii vos yeux, ont pill
les nais de fes citoyens ? n'e-ce pas leur dire:
voila, a votre premiere expedition, o vous de-
vez porter le ravage ; voil une des victims que
nous vous dvouons ?
Je vous en demand raifon, Monfieur;n je fais
ui a excut l'ordre, il faut que je fache qui l'a
donn et qui l'a provoqu.
Je vous d.mande, Monfi.'ur, le nom de i'infame d-
nonciat-eur ii a tpu vou porter un pareil oubli de
toutes les loin civiles, fous la foi defquelles le ci-
toye, f, r toute la fi;rface de la terre repofe avec
i ''il'ii. Je v.,us demand fon nom pour le pour-
uive par touted lese voices de la justice qui refpire
encore fur la t rre.
Si vous mue refutfez fon nom, c'eftvous, Monfieur,
que je dnonce la Belgique l'Europe entire,
come cachant le poignard du defpotifiie fous le
voile acre de la libert.
Je fuis femme d'un home de lettres connu, qui
habite un pays vraiment ibre, don't la plume et la
voix p.-.'v.IT epouvantere les tyrans et brife ur
fceptre (le fer, en clairant leurs efilaves :il ap-
prendra les outrages fitss fou poufe m et fi je ne
fuis venge par vous ou par vos lois, il ne laiifera
pas mes douleurs, peutt-tre mme ma mort im-
punies. DU BUISSON. M
S, Monfieut, fi je n'avais eu la fage prcaution de
rendre publique par l voice de I' ,n piII;I.-., la
lettre que je vous ai criee le 4 de ce moit, et que
j'ai fait r.vmrettre- chez vous par mon domeffltique,
je pourrais croire q d'elle n vous ef pas parvenue,
pufIque j'attends encore la rponfe que je vous de-
mandiais.
Je fais, Monfieur, que fans cefle occupy de la
chofr publique tous vos moments font precieux
auffli ai je attend cette rponfe quatre jours, avec
iip'tience fans doute mais avec Feefpoir de la
recLvoir.
Un plus long filence ne ferait qu'un nouvel acre de
defpotifine mon gard, puifqu'il eft un refus de la
jufftice que je rclame.
J-. vous ai aninonc dans ma premiere lettre,
que fr vous lie me nommniez pas mon dnoncia-
ttur, je vous dnoncerais vous-mme la Bel-
gique.
Je tiendrai ma promeffe et tant qu'il, reltera
dans res veines une goutte de eang je demanderai
juflice. rihn
Je la demanderai cette brave Natiof raban-
onne, qui n'a pu fr uffrr le violateur de Tes droits:
c'e fous la iauve-garde de la loyaut que je nme
mnts c'eil elle que j'appelle entire vous et moi
c'eft elle qu.i nous lugera.
Je fuis citoyenne; fept annes d'habitation
iruxelles m'en affirent les droits, qui font gravs
dans mon cur. J'ai donni dans cette ville le jour
deux enfans:je fuis femme, Monfieur, je fuis
uire i voil deux titres facrs pour lefquels tous les
hoimmes, mme fur le trne, ont toujours eu du
respect.
Pourquoi vous permettriez -vous d'y manquer ?
Vous qui rappelez aux rois les droits du Peuple,
i'oubliez pas les droits de l'homme, et ne force
pas une femme vous les rappeler. "'
Sign DU BUIssoN.
P. S. Vous ne ferez pas furpris que je donne la
mme publicity cette feconde lettre qu' ma pre-
miere; votre filence m'en prouve lainceflit.
Un lieutenant -colonel anglais, M. le chevalier
Bayard, et venu offrir au congrs de lever un corps
de cavalerie de 6o0 homes au service des Ecats
Belgiques. Sa proposition a t accepte, et il eft
reparti fur le, champ pour lever fa troupe en An-
gleterre.
Il efl parti depuis peu pour l'arme un grand nombre
de charriots charges de munitions. Le 3 mai, il eft
auffi parti de Bruxelles dix caiffons rempl;s de car-
touches pour la mme deflination. Tous les jours il
part des troupes et du canon de Namur pour les
Ardennes.
Un gros corps de nos troupes march contre tin
corps d'Autrichiens, command par ,e gnral de la
Tour, et retranch dans les Ardennes au chateau du
Miroir. Ce chateau eft fitu fur une montagne fort
leve et de difficile accs. On dit que le feigneur
de ce chte>u a pri le gnral patriote de ne pas
manager fon habitation ; qui peu lui important qu'on
la raft, et qu'on la rduist de fond en comble,
pourvu qu'on battit l'ennemi.
Le general Bender parait dcid marcher en
ava't ; fon arme fera de z0,000 homes qui mar-
cheront fur teois colonies. Cependant on affure que
ce gnral a annonc au cabinet de Vienne, que fi
bientt il ne recevait point de fecours il ferait
oblig de fe retire dans Luxembourg ; la garnifon
de cette place n'eft que de 4000 hommin s j ou dit


qu'il y regne de la division, pace qu'une parties du
rgiment de Clairfayr a manifeft des principles pa-
triotiques.... On avait envoy 2z foldats autri"
Schie.ns a la dcouverte; ils ont pouff leur course
Iutqu'a Bruxelles, et yont t bien reus ; d'autires
foldats de l'arme des Ardennes ont aulli dlerr, et
font venus fe joindre aux patriots.

De Gand le 9 mai,

ON jouit en Flandres de la plus grande tranquil-
lit. Les Etats ont envoy leurs commettans un
plan provifionnel d'organifation intrieure. On cra-
vaille le perfccrionner et a le rnittre en c.eiu-
tion. La ville de Gand a choifi le z mai fa u -
mune avec beaucoup d'ordre et de tranqutillit. lle
avait public un plan qui a t envoy aux divers
voifinages ou quarters qui c-mpofent au nombre
de plus de deux c:nt foixante les divisions nwinici-
pales de Gand. On jugera des principles enu'i ren-
fermea, par la simple lecture du prambule don't
voici le contenu.
De Par l'heureufe revolution qui a pris naiffince dans
cette province, et que la main du Tout-Ptifl'nnt pro-
tge fi vifiblement dans fes progrs la Nation' a
loign, difip chaff la plupart de fes ennemis.
connus, qui lui avaient prpar le joug de 'tefcla-
vage, qu'ils avaient tach d'introduire par la forco
des armes la capital de la Flandre par la bra-
voure de fes habitans, a fait le prem';er pas vers la
libert et l'a d%-.ii' e par fts armes ; il et d dnc
trs-raifonnable trs-ji.iue q-ii's jouiffenc autii les
premiers des fruits et de la rcompenfe dus lcurs
trava, x, et que par l ils fervent di'ex.mple aux au-
tres. En vain au-aient-ils jet le fondtmient de ce
grand oeuvre, s'il n'etait ciment par la volont
univerfelle de la Nation, renferme dans l'organe de
fes repretentans ce lgitimement lus et dans
la conduit defquels on doit admettre que le veu
de la Nation eft renferm. C'eft ce but qu'on fe
propose d'atteindre par ce prfent rgl .ment; mais
cet objet fera inf.uctueux, fi le Peuple ne fent pas
que l'union eft foutien de notre liberty tant de-
fire, et qu'elle eft d'autant plus nceffaire dans les
circonftances actuelles, que 'on voit continuelle-
ment que nos ennemis cachs nous tendent toes
fortes d'artifices pour en empcher le progrs et
pour jeter au milieu du Peuple la femence de la dif-
corde et de la dlunion puifqu'ils font perfuads
qt'il ne leur reite plis d'antre moyen pour reculer
notre bonheur. Et quoique de cette union doive
natre la force pour dfendre le pays contre nos
ennemis, elle ne peut cependant pas affbrer le bon-
heur interne et gnral, fi elle n'cft fortement fou-
tenue par le veritable amour de la Patrie et par
l'entiere foumiifion aux lois qui doivent garantir les
droits et les proprits de chaque individu, et du
mpris et de la tranfgreflion defquelles doit ncef-
fairement rfulter l'anarchie ( de cette anarchie, les
querelles entire la Nation et de ces querelles tous
les malheurs inaagiinubles qui puiflent menacer un
payr. Le moyen le plus efficace pour dtournerl ces
malheurs, ferait de coifier la Nation l'opration
de fon propre bonheur, afin de 1- diriger d'aprs les
lois par tes reprfentans., duement elus cet effect
et pour convai:;c:c la poltrit qu'ils ont fray par
une conduit irrprochable le chemin vers la li-
bert, et qu'ils les ont delivrs de toute ohpref-
fion. Pour entami:r cette ouvre falutaire le n-if-
trat de la ville de Gaind., ayant vu le rtultat fui-
vant de la commune : les membres actuels de la
Commune defirant promptement d'effectuer les fou-
haits gardens du public, ont rfolu unanimement de
fe faire remplacer par urie nouvelle commune ,
choifir immdiatement par le concours des habitans
de cette ville, en conformity du plan prenit cet
effet au magiftrat, et laquelle ferait ainfi tons
gards reprfentative de ces mmes habitats, lair-
fant cette nouvelle (qui confiffera dans une affem-
ble don't les opinions feron rputes tre cells du
public) la faculty de dlibrer, non-feulement s'il
conviendra de procder chaque fois,felon cette mme
forme, au reno'velli:ment d'icelle, mais auffi com-
ment on procdera dornavant au choix ldui nagif-
trat; enfin, de rfoudre quelle organization convien-
dra la ville de Gand eu gard 1a revolution ac-
tuelle. Et voulant promprement effectuer los fou-
haits de fes habitans, a flatu de former et de pu-
blier de la maniere accoutume ce prient rgle-
ment lequel fera provifoirement fuivi dansle choix
des membres de la comimune1 exhor tant chacou de
bannir de ce mme choix tout intrt p rfonnil, et
de n'avoir en vueue qle le bi.n-tre public qui -
dpend en parties, pour ce qui regirde cette ville.
La province de Flandres femble vouloir fiivrte de
pts les principles adopts en France. On vienrit e
rimprimer Gand la Dclaration des droits de l'homr.,
par M. l'abb Syeyes, avec une p'alce o ies't ra
vaux de IAifemble national font fort louis. Ce
germe fructifiera avec le teams. Cependant l-s
Gantois ne font pas fi chauds pour M. Van-der-
Mierfche. Il n'en ti pas de mme Courtrai .


N' 13.


~~UI--~--I1I ~~~ ~~^LIrWI-Cl-I. .......O~-














M'vienitt et Y.prs. Ces villas redemandent toujours
leur compatrrorte.... Son avocat, M Slindelini, a pu-
bli un memuoire en fa faveur. 11 l'a atdrecf au con-
grs des Etats B=lgiques ; il y dmontre l'ablirdii.
de traduire .fon client devait un tribunal militaire,
pour de prtendus dlits qui ne font pas militaires,
etn!'injultice qu'il y a de le firee juger par des offi-
ciers la plupart fubalternes, tandis que le gnral
ne connat rellement de parties adverfe que le coh-
grs.'il finit par protefler, au nom du gnral, con-
tre tour confeil de guerre, et contre tout ce que
fei-mbable tribunal aura fait et pourrait fire, rcla-
mnant irtrativement en fon nom la libert de fai per-
forune et de fa dfenle, et le fuppiliant de vouloir
en cala appuyer et foutenir le droit iiucontefiable de
ce rnereux dfenfeur de la Patrie.
On a commenc, le 30 avril dmolir les ou-
vr'ages avancs de la citadelle d'Anvers. On n'em-
ploie cette demolition que les habitans de la ville
qui fe trouvent prtent fans ouvrage.

Arrive et dCpart des va;jeaux au port d'Ofjende.

Arrive. Le 2 mai, Hct-Ooflendsch-Paquet, cap.
J. Janffens de Dunkerque. Le 3 Recht-door-Zec,
cap. D. FIaas, de Zierikzee. Le 4, la Spiridc cap.
A. Leloin, de Charente.

Dpart. Le 1" mai, The Agneff', cap. John Lord,
pour l'Angleterre ; Den Chriftian Francies cap. F.
Forman, pour les grandes Indes. Le 2, T/ce Fley,cap.
R. Machell de Cornelia, cap. P. Richard, tous deux
pbur l'Angleterre. Den-Zwerver, cap. Pierre Blomm,
pour Uliiimngue. Le 4 Der Dolphi,, cap. J. Ocket,
pour l)unk frque. Le 5, le Paragon cap. W. Clod;
Dec .Mandamus, cap. Wallon ; de Chlrlotte cap. J.
Roorri thie Little Jane cap. Dook j the John and
Elifabcth cup. A. Teylor i tous cinq pour l'An-
glcterre.

ANGLETERRE.

P A R L E M E N T.

Ckambre des pairs.

Le y de ce mois, le chancelier de l'chiquier re-
mit ,a clambre le meflage luivant.
GEORGES ROI. Sa Majefl a reu avis que deux
vaifelaux apparrenant fes fuijts, et navigant fous
pavilion britannique, ont t pris, ainfi que deux
autres don't la description n'efl pas encore allez con-
nue fur la cte nord-ouefl de l'Amrique, dans le
dtroit de Nootka par un offcier efpagnol com-
mandant deux vaiffeaux de guerre. Les cargaifons
des navires anglais ont t faifies, et les quipages
dtenus prifonniers dans un port appartenant l'Ef-
pagne.
La prife d'un de ces vaiffeaux avait dj t no-
tifie par l'ambaifadeur de fa majeft catholique en
vertu d'un ordre de fa court. En en pr'venant, il
dernmnda que l'on prt des mefures pour empcher
les fujets de fa majefll de frquenter ces ctes, qu'il
prtendit avoir t antrieurement frquenrtes et
occupes par ceux du roi d'Efpagne i il fe plaignit
auffi de ce que les fujets de fa majefl avaient ra-
bli des pcheries dans les mers qui avoifineint le
continent efpagnol come d'un tprocd cont aire
aux droits de la couronne d'lEtagune, au nom de
laquelle il rclamait. En confqience de cette com-
munication, une satisfaction quivalente fut require
fur le champ, par ordre du roi ainfi que la refli-
tution des bitimens iaifis er cela pralablement
toute difcuffion ultrieure,.


eft cffentiellement due et que cette affaire puiffe fe
terminer de faon k, prvenir toute efi.ece de mal-
entendu en forte qu'il en refute continuation et
affermniffement de l'harmonie et de l'amiti qui a fi
heureurement fiubiftb jufqu'ici entire les deux course,
et qu'elle s'efforcera toujours de maintenir et d'aug-
menter par tous les moyens que la dignit de fa
couronne et les intrts eflentiels de fus fujets pour-
Tont comporter.
La chambre des pairs a reu le mme jour un fem-
blable meffage: nous donnerons une ide fiffilanete
des dbats auxquels il a donn lieu dans celle des
communes. On arme dans tous les ports de la Grande-
Bretagne; on cherche raffembler par la preffe les
matelots nceffaires au service de la marine royale,
et on en a dj plufieurs milliers.

De Londres.

Expof de l'origine des motifs qui peuvent occafjonner
la rupture entire les course de Londres et de Madrid.

Le dernier voyage du clebre navigateur Cook
ayant donn une connailfance plus parfaire des ctes
du nord-onefi de l'Amrique et des avantages que
pouvait retire de cette dcouverte le commerce de
pelleterie ouvert avec la Chine i une compagnie c'e
ngocians anglais fit, en 178 f, et fous les auspices
de l'adminiftration un armement don't le commian .
dement fut confi M. Mears, officer expriment
de la marine royale auquel on donna pour colle-
gue une autre perfonne de confiance.
Au commencemi nt de 1786, deux vaiffeaux qii.-
ps au Bengale, firent voile pour ces cges I un, a
bord duquel tait M. Mears, parvint fa deftination,
le second fe perdit. Aprs une flation de plufieurs mois
dans ces parages, M. Mears retourna la Chine avec
un chargement trs-prcieux de pellet rie. L'accueil
amical qu'il avait reu des naturels du pays, er les
fruits de ce premier voyage prfcntaient cer officer,
et plufieurs autres particuliers, des motifs affez
puiffans pour les encourage fiivre cette branch
de commerce. Dans les annes 1788 et 1789, quatre
autres vaiffeaux v furent expdis de la Chine.
M. Mears pouffant toujours fes dcouvertes, y
fit celle d'un port commode, dans les environs du-
quel le rencontrait tout ce qui tait nceffaire la
confrucrion ; il parvint s'y 'fairreun btiment i
l'aide duquel il fe propofait de vifiter tout l'Archipel
de Saint-Lazare, aufll bien que le dtroit de Saint-
Juan de Fuca.
Vers le milieu de l'anne paffe, ce commerce
avait commenc prendre une tournure fi flatteufe,
qu'il excita la jaloufie trs-connue du gouvernement
efpagnol. On avait dj tabli fur la cte des comp-
toirs femblables ceux que les Anglais poffedent dans
la baie de Hudion ; les dcouvertes s'tendaient de
tous cts.
On avait r.me laiff une colonie dans le Sund
de Nootka ; or c'eft cette colonie qui a t atta-
que vers la fin de 1789, par une petite ercadre
de vaiffeaux de guerre efpagnols, don't le comman-
dant s'eft empar de deux vaiffeaux qui s'y trou-
vaient ; et malgr les remontrances les plus active,
on a envoy les quipages au Mexique, charges
de fers.
A cette poque M. Mears fe trouvait la
Chine; aui -tt qu'il a t inftruit de l'affaire ,
il s'eft embarqu avec les pieces nceffaires,
bord du vaifleau de la compagnie, le Gange et s'eft
rendu en Angleterre pour en fire le rapport au gou-
verneimnt.
FRANCE.


La rponfe de la cour d'Efpagne a fait connatre
que les batimens avaient t reflitus et les quipa-' De Paris.
ges remis en liberty par le vice-roi du Mexique,
mais il ajoutait qu'il ne l'avait fait que dans la feule Le il de ce mois, le roi, accompagn de quel-
fuppofition que l'ignoran ce des droits de l'Efpagne ques perfonnes de fa court, et de deux officers
ava2 t pu encourage les fijets d'une autre Nation de la garde national, a t fe promener au bois
fe porter fur ces ctes, pour y fire des tabliffe- 'de Boulogne: c'eft la. premiere fois cue ai majef
iensoon y commerce, et conformment fes an- eft monte cheval, depuis qu'elle habite la ca-
ciennes ificructions, qui lui recommandaient tous pitale.
les gards poffibles pour l'Angleterre. Cependant
la court d'Etfpagne n'a fait, ni mme offert aucune 14 mnai. M. Fitz-Heerbert a du partir ce martin pour
fartifactioin elle a perfile a revendiquer un droit Madrid. Onefpere qu'il prviendra une rupture entire
ex:clufif a la fouverinetr, a la navigation etau corn- cette cour et celle de Londres.
merce des ctes et des mers dans cette parties du
M1onde. Sa majeft vient d'enjoindre fon miniftre Le courier charge de 1ultimratum du cabinet de
Madrid de fare de nouvelles reprfentations ce Saint-James pour la court d'Efpagne, eft paff Paris
fujet, et de demander une fatisfaction auffi pleine famedi 8, r iheures du martin.
et auffi quivalente que la nature de la chofe l'exige
videmment. I)ans ces conionrtures fa majefl tant Extrait d'une lettre de Strasbourg, du 30 avril.
inft.uite que l'Efpagne fait des armemiens confid-
rabl-s da"s fs ports, a jug d'unie nceffit indif- Le corps municipal vient d'aunorifer la garden na-
penfible de donner des ordres et de fire des pr- tionale envoyer a Met. une d-putation de trente-
partis fulfifans pour la mettre en tat de foutenir cinq citen s arms, pour fe rndre a invitation
l'honieitur et la dignit de la coiironn., et de d- des gardes nationals du dpartement de la Mofille,
fendre avec vigueur les intrts de fon P. u;le elle qui fe confdere'"t le 4 mai. Le co.nfenteiment de la
recommaniide fis fidelies communes, anirmes d'un municipalit a rpandu une joie univerfelle parmi
zele et d'an ifprri public qui lui donnent une jufte nos gardens nationals, et il y a prefque unanimit
confiauice de lui fournir les moyens d'augmenter de signatures pour concourir la dputation qui a
fes forces, autant que ce but peut le rendre ven- t nomme la plurality des voix. Les dputds
tuelltment neceffaire. partnt ce martin dix heures, pied arms et
Sa maiellt britannique n'a pas de plus vif defit fuivis de leurs bagages; ils font pleins d'ardeur, et
que de voir fa majell catholique lui rendre d'n- fe proponent de provoquer une confdration fur les
pres fi iagefle et fon quit la fatisfaction qui lui boards du Rhiu.


ADMINISTRATION.

LETTRES-PATENTES DU ROI, du 2i atyi 1 0
fur tn dcret de l'Afemble national portly 1790,
cas de vacance de titre, btifie -'cure dan le
glifes paroiffiales o il y en a plufieurs' il fer fs
toute nomination. fis


MUNICIPALITY DE PApIs

TRIBUNAL DE POLICE. .

Ce tribunal vient de rendre un jugement qui fup-
prime le paragraph infr dans une f, ille i'titul
uGlette de lPaiis, et ayant pour titre : Anecdte I 11
1, 1 i,, commi-enant par ces mots nous rece-
vons lettres fur lettres et finiffant par ceux ci
,, tout moyen de fduction iui manque ,, come
contenant des faits faux et calomnieux contrele
municipalits, notamment centre cells d re Prft,
Rennes et Toulon, et, attend le refuse des r'
dacteurs de cette gazette de nommer les auteurs
des lertr:es annonces, come ayant tourni la mna
tiere du paragraph, lequel refus les rend person.
nellement refponiables du contenu audit pargrapahe,
condamne leidits redacteurs bolidaireiment en trois
mille livres d'amende leur fait defenses de rci.
diver focus plus grande peine; ordonne l'ii preflon
et affiche du jugement efd'tes villes de Bref, Rennes
et Toulon, en celle de Paris, et l'envoi i ls 6e
districts.


H OPITAU X.


Rien n'efl moins avanc, rien n'eft plus imparfait
encore que le rgime des hpitaux d'un royaume.
D'un cot la morgue l'ignorance, la hauteur, l'ava-
rice de ceux qui ks adminiftrent i de l'autre, l';oi-
gnement des g. ns du monde et des homes pu-
blics pour des details multiplis et fatiguans, ont
affur la dure des abus et la difficult d'y rem-
dier auffi promptement que le b. foin l'exigerait. Il
faut avant de s'inliru re du fait, connatre les aures
du defordre, les rformes inutilieenit tentes, les
dpenfes nceffaires, et les forces des revenues,
pour y fiffire.. Toutes ces connaiffancs font peu
ailfes, elles ne menent point la clebrit, et beau-
coup de gens ont intrt les refufer a ceux qui les
demandent.
C'ell donc un service rendu la focit, un tra-
vail effimable que celui de l'homme qui, ayant lui-
mme dirig des tabliffemens de charit publique,
rend compete des dpenfes, des moyens de rfor-
mes et ,d'amliorations qu'il a eu lieu de fair pen-
dant le course de fa geftion : c'eft encore plus efi-
mable, lorfque s'levat au deffus des prjugs de
fa place, il fait rapprocher les principles des habi-
tudes, et blmer ce qu'il croit contraire la justice
et.1 l'intrt commun. C'eft ce qu'on doit dire
l'avantage de M. de Montl not, qui, clans un'tra-
vail fur les Enfans trouvs de la gneralit de Soif-
fors a dvelopp des coniiaiifances qui ontvalu
I honneur d'tre affoci aux travaux de 1'Affemble
national for la mendicit.,
Nous arrterons un moment l'attention du lecteur
fur ce mmoire Lt pirce qu'il mrite et parce qu'il
nous donnera lieu ae rappeler des vrits peu con-
nues quoiqu'utiles connatre.
L'objet de M. de Mornlinot eft d'abord de pr-
fenter une forte de compete rendu des dpenfes oc-
cafionnes pendant huit ans pour le foin des Enfans-
trouvs dans la g4nralit de Soiffons, dontil fur-
veille ce qu'on appelle le rd't;&t de inendcite, qui n' i
furement aujourd'hui comniuil autrefois, ,uiln mepri-
fable inftrumi nt de tyrannic et d'oppreflioi pop1-
laires.
Il rfulte des obfervarions de l'auteur, que 1766
enfans abandonns qui exiltent dans ia province,
ont cote l'Etat, pendant huit annes, plus de
6oi,734 Iv., quoi il ajoute la reflexion luivant'.
D'aprs les calculs de la dure de la vie humnaine, il
ne reftera pas mille enfais en 1796 ,et il aura fallit
encore pour les conl'erver, ajouter cette dpenle
400,o00 liv. Ainfi chaque fujet aura colte milile
francs l'Etat lorfqu'il aura 16 a s. Ces enfuis
fins proprit, fans parents, fatigueront la charity
publique, et creront une gnratiun de malheu-
reux. D'o M. de Montlinot conclut l'exportaion
en Afrique come un d&bouch nccffaire cette
population nd'cel(teufe ; moyen qui ne parait gueie
covenab.e que qu pour les coupables i car oi ,e re-
.garde pa, ici com" e te-s lt eu'ins e tfr ii. L '. et
M. de Montlinot ect bien loin de croire qu ont ai
prtendu droit de dirpcfer de ces malheureux, uni-
quiienent parce qu'on leur a donn quelques fecours
i!e bienftfance.
Les Enfans-tronvs font libres come nous, et
cette transplantation ferait difpendieule, fans re
du godt de tous. ri
Aprs ces observations, lauteur propose di -
rentes vyis fur la legiflation des nieres naturelles
et de leurs enfans; et come il fe trouve desclofes
fort ages dans cette parie de foi travail, )ous













llons (oignufefment fire remarquer les erreur-- de
rificipes q1ui lS ont gl ifs parce qu'u i ecri qui
F eutr des faics ou des vrits utiles, ant de
ctlre palfler dans beaucoup de mains, i iimporte
di'diqur les mprjfes qui peuvent circular avec lui.
f 'exainierai pas pourquoi ni comment l'on
,ouic ,fil ir excuter une loi de rigueur centre les
url'acl'f nfins trouvs trangers i je dirai feule-
,netl qu'une pareille loi f'rait lude, nu donnerait
lieu i des atrocits rvoltantes; car fiirement on
'e confierait point l'excution des religieufes ou
des plilofophes ,?, qui ne peuvent ni les uns ni les
a ure p,.fider a la garde des frontieres, et couvrir
Sletr huiimanit des enfans qui deviendraient l'ob-
rf (,'i procs-verbal ou d'une recherche de ma-
richaUf6i.
L'auteur veut que les enfans illgitimes portent le
noms de leurs meres et qu'il foit dfendu aiux
cres, vicaires, .u autres de mettre fur les actes
baptnillirs mere inconnue. Il a railon c' eit une
grade injlflice, puifque la mere eit to,.jours con-
e et qu'on peut exiger de la fage-femme de la
digner. Mais il faudrait, pour qu'une femblable loi
s'excuter que l'on abolit le prjiug de bItar-
dife que tout enfant put hriter honorablement
et lgalciment du nomn (t de la proprit de la mere,
come il en a -:cI l'tre. C'eft ine fotvre barbare
de fltrir un cnfant innoc nt de lui ter les droits
qu'il tiest de la nature, au bien et la protection
le s pareins, paice que ceux-ci l'ont abandonn
et c'eft infulter la raifon que de donner come
une uiivegarde des murs cette jurisprudence drai-
onimable.
Voil f'r quoi M. de Monclinot aurait di infifter.
Dniuifez la btardife et les meres garderont leurs
eifains, et vous n'aurez poirt befoin de multiplier
ls hp'itaux pour les recevoir i vous n'aurez point
bdebin de les chaler des fronreres, pai;ce que vo,
treexemple intruifant vos voilins les emimes ne
biniliront plus des enfans que bientt on leur per-
m.:ttra d'lever avec honneur et que des collat-
raux infolens ine mettront pas la porte loifqu'elles
viendiont mourir.
Si tous les homes naiffent gaux en droits, c'efl
lb protection l'amour, aux biens de leurs meres
ceft dans le droit de ne point tre pnis pour une
prtendue naiffance il'gale, qu'ils n'ont point de-
minde, pour une illgitimit qu'ils n'ont pu em-
pcher.
Et puis, qu'eft-ce qu'un home illgitime ? Ce
iot eft une injure a la raifon, u 'e infulte la juf-
tice. On doit le profcrire come un barbarifine inin-
telligible. Un enfant eft abandonn de fon pere ?
c'efl un malheur ;mconnu de fa mere ? un plus
grand encore. Il eft n hours des liens du marriage ci-
vil? Eft-ce fa faute ? Et que prtendez-vous dire ?
qini remdiez-vous par votre illgitimit ? Vous le
pelniff.z, de quoi ? Mais vous voulez empcher la
cirription des moeurs ? Avez-vous jurqui'ici opr
ce bien ? et quand vous I auriez fait par cette inju-
tice bte, ferait- ce un droit pour vous de con-
tinuer ?
Concluons donc demander l'Affemble natio-
nle la destruction de la btratdire l'galit civil
de quiconque ne s'elt point rendu coupable du
dlit. Concluons demander oue tout homme foit
gitiime que toute mre foic mere de for enfant,
que celui-ci en porte le nom hrite de fa pro-
prite, ait tous les droits de famille fon regard;
que cali qui aura eu le malheur d'tre abandonn
.de fes parents ne foit que malheureux et non cou-
pable d'une prtendue illgtimit ; et ce retour a
la raifon fimplifiera beaucoup le rgime et la d-
p"nfe des houces d'lnfans-Trouvs prviendra
une grande immorality et des injustices dans la fo-
cit. ( Cet article eft de M. Peuciet ).



LIVES NOU VEAUX.

Le Dejpotifee dvoild ou Mmoires de Henri
Maf rs de la Tide dtl tei pendant annes dans
lquatre prifons d'Etat, rdigs fur les pieces origi-
ales, par M. Thiry, avocat, membre de plufieurs
acadmiesj ddis M. de la Fayette.
Cet ouvrage, don't le titre feul announce l'intret
et l'inportance, fuffirait feul pour appuyer la rvo-
lution fi elle avait befoin de l'tre. Divers frag-
mens de cette tonnante hifloire ont depuis long-
relis excit la curiofit du public qui a paru en
attendre avec une vive impatience les moindres d-
tail; ils rvleront des horreurs don't il ferait difficile
de fl former une jute ide et il; apprendront enfin
a connatre ce qqirliint les prifons d'Etart, et
qtlelques-u ii. ides iniiffresqui ne les employaienttqu'
receler les refforcs, ainfi que les victims de leur
vengeance.
Ces Mmoires en trois volumes ,' fe vendent
4 liv. 16 pour Paris, 6 liv. franrsde port pourtour
le royaume. On les trouve chez M. de la Tude rue
~thi.y, au coin de celle de la Monnaie n. I et
che. M. Lecjay fils libraire rue de l'Echelle.
( Cet article; oft de M. Rcyniar ).


5

AGRICULTURE.

Trait des Prairies artificielles ou Recferchles fir
les efreces de plates &i. ; par M. Cilbert, corref-
pondant de la focit royale d'agriculture, et prolef-
feur de l'cole vtrinaire. A Paris, de l'iimpimeerie
de la veuve d'Houry, i vol. in-8.
Cet ouvrage pett tre confidr come le trait
le plus complete que nous connaillions fur les prai-
ri.s. Les principles que l'auteur y dveloppe, ont
dj rt publis dans un rmioire auquel la focit
royale d agriculture a adjug le prix en 1786 et
l'ouvrage que nous annonons content les nouvelles
obl rvations par lefqu,.Iles l'auteur confirm tes pre-
mieres vues.
Ce trait eft divif en trois chapitres ; le pre-
mier offre une topogra hie agronomique de' la g-
nralit de Paris ; le fcond un examen de toutes
les dp ces de pl..ntes cultivts dans les prairies ; et
le roificn:e cis vues fur la culture des prairies
artficielles. L'auteur a beaucoup vu, et dans les
ditfrens voyages il a obferve agriculture en
homme clair et en tat de bien juger.
M. Gi.bert, voulant contribuer de tout fon pou-
voir la propagation des lumierLs a fait imprimer
cet ouvrage a fes frais et le diffribue. Ce zele pour
l'agriculture lui acquiert de nouveaux droits la
reconnaiflance de les concitoyens. ( Cet article efl de
M. Rcynier).

I-- - -- _

ASSEMBLE NATIONAL.

Prefidienc e de M. T/iouret.

S ANCE DU VENDRE DZ 14 MAI.

Un de MM. les fecrtaires faith lecture de plufieurs
adrefes. La premiere eft crite par .i municipality de
Loriol en Dauphin la lmunicipalit de Nimes. En
voici quelques expreiions Nous avons rnu une
adreffe d'individus qui fe qualifient Afemrbe de.r
c.coyens catholiques. Ces preend.us citoyens font des
brigands, fnt des ennemis de la Patrie, qui veulent
renouveller tous les malheurs don't l'arifiocratie fa-
cerdotale a donn tant de fiinelles examples : leurs
ecrits font l'ouvrage ide gens fans principles, qui ne
s'eltimnent point, qui ne s'aiment pas entire eux, et
qui ont le mme but, la foif de l'or et la vanit.
Mais non ; nous fommes perfuads que les figna-
tures don't cette piece eft revtue font fauffes, et
nous vous dnonons ce dlit...... On veut jeter
le trouble, parmi les citoyens de vo're ville.... Les
milices confdres de Dauphin, et nos freres du
Vivatais font prts voler votre fecours contre les
ennemis de l'Aflemble national qui font ceux de
la Nation '....
Cette adreffe reoit, beaucoup d'applaudiffemens
on en deimaide l'iimpreffion.
M. Dufraif/J Duchey. Il faut fufpendre toute efpece
de dlibration jnfqu' ce que le maire de Nmes
foit venu la barre anfi il n'y a pas lieu dlib-
rer fur la demand qui vient de vous tre faite. Il
ferait imprudent d'ordonner l'impreflion de ces
adreffes qui font prefque toujours le fruit de la fur-
prife. Une minicipali: n'a pas le droit de prononcer
une peine centre une aurre municipalit.
M..... Le propinant n'a pas bien entendu la piece
dontil s'agit. La municipait de Lorioln'iimprouve pas
celle de Nmes; el e dnonce au contraire un crit
qu'elle attribue de mauvais citoyens, et don't elle
argue de faux les signatures.
L'Affemble decide qu'il y a lieu dlibrer, et
ordonne l'impreffion fpare du procs-verbal, de
l'adreff de la municipalit de Loriol celle de
Nmes.
La municipality de Pzenas demand tre au-
rorife emprunter dix mille francs, our acheter
des arms. Elle envoie la copie d'une lettre qu'elle
a crite l'affemble des citoyens caholiques de
Nimes. Cette lettre content en fubflance ce qui
fruit :
i" Vous nous avez proplf de concourir avec
vous au maintien de la religion, de l'ordre public
et de l'autorit lgitime du roi : nous avons le mme
but, le mme zele les mmes foinsi mais nos
moyens different come nos opinions...... Vous
armez la fois le fainaiine civil et le fanatii'me
religieux...... N'avez-vous pas frmi des maux
que le fanatifme a caufs dans des fiecles d'igno-
rance ? Penfez-vous transformer les Franais du
dlix-hiiiiemne fiecle en zlareurs enthoufiatfres?....
Qu'ils aillent 4 Avinon ; qi'ils renouvellent ce
tribunal qui changeait les pitres en bourreaux....
Vous dites que la religion eft ec danger: quel ef(
donc ce danger ? Les temples font-ils viols ? Une
fecte nouvelle rpand-elle fes erreurs ? Nos au-
gultes reprfentans ont vraiment rendu Cfar ce
qui appartient Cfar, Dieu, ce qui appartient
a Dieu, en prefcrivant au prince la justice au Peu-
nle J'obiffance aux prtres la fimplicit, et la
faintet.
Vous dites que des mains f

atteinte la puiflince temporelle de l'Eglife : ce
prtendu danger de la religion confifle la fouf-
traire aux plus grands dangers. Les functions de
l'autel front dforiiais remplies par des homes
libres ds foiis du monde, et dgags des illufions
de la vanit.... ft-ce le fanctuaire enfin que vous
dfendez oules trafiqwans qui font la porte du
temple ?.... C'eai le nom du roi que vous ou-
tragez, la religion que vous proftituez i rien n'elt
fact pour vous. Vous ofez dire que l'on gare
l'Aflinble national : citoyens aveugles que ne
dites-vous auffi qu'on gare l'opinion de la France
entire car l'opinion gnrale a toujours dvanc
les dcrets de nos auguitcs reprfentans..... Se
peut-il que des citoyens, qui ont jur fidlit la
confiituiiion, veuillent l'afiervir leurs erreurs Ils
fc rendent coupables envers Dieu, envers le Roi,
envers la Nation .. .
On ordonne galement l'impreffion de cetta
lettre.
Le confeil gnral de la commune de Nmes faith
une foumillion de 18 millions pour l'acquifition de
biens ecclfiatiques.
M. de S. Prieft communique l'Affemble des
lettres crites de Toulon par M. de Glandves ec
par M. de Chaulet, pere de l'officier blejl : ces
lettres confirment les dtails configns dans la lettre
de la municipalit de Toulon. Cet vnement, dit
M. de Clhaulet, parat avoir runi tous les corps,
tous les citoyens.
M. Ricard, dput de Toulon. Ces details ne !aif-
fent aucun doute fur la maniere don't la municipalit
et la garden national fe font conduites. Je demand
que M. le prfider oit charge de tmoigner ces
corps la faiisfaction de l'Affmble.
M ... Je propose que M. le prfident.t tnoigne
M. de Glandves la part que l'Alfemble a prife
ce qui le concern dans cet vnement.
L'Affemble dcrete l'une et l'autre propo-
fition.
Sur le rapport fait par M. Vernier, au nom du
comit des finances l'Affemble rend plufieturs
dcrets.
Le point de Sarguemine fur la Sarre vient d'tre
dtruit ; par cet vnement, la communication de la
Lorraine, de la Bourgogne, du Barrois, &c. avec
l'Allemagne, eft intercepte. L'Affemble ordonne
provifoirement la construction d'un pont de bat-
teaux: les Commes ncellaires cette construction
front priCes fui la male des impofitions du dipar-
tement, fans prjuger toutefois la question de favoir
la charge de qui tomberont ces frais.
La ville de Caudrol eft autorife emnpru ter onze-
cent dix livres, pour fubvenir des dpenfes
locales.
I.e confeil gnral de la ville d'Amiens avait de-
mand que la municipality fit autorife emprunter
60,o0o liv. pour fournir aux fiais des ateliers de cha-
rit que nceffite la situation affligeante de IS,ooo
ouvriers fans travail.
L'Affemble autorife cette municipalit em-
prunter une fomme de 1 ,o0o liv. feulement ; ren-
voie pour le surplus aux affembles de difiricts et de
dpartement.
M. Dupont. Vous avez ajourn deux dcrets qui
vous avaient t prfents fur le replacement de la
gabelle, et vous les avez renvoys aux comits de
finance, de commerce et d'agriculture runis. Le
premier de ces articles avait pour objet la prohibi-
tion du fel tranger et Ies demands faites par plu-
fleurs armateurs, fous prtexte que les fels d'Ef-
pagne et de Portugal font plus convenables pour les
falaifons. Les deux comits penfent que des exp-
riences nouvelles font nceffaires, et que cet article
doit tre ajourn. Ils prfentent votre dlibration
l'article II rdig en ces terms :
L'entre du tel tant dj prohibe par l'ordon-
nance de 168o, le fera dans toute l'tendue du
royaume fous les peines prefcrites par les ordon-
nances au fujet ees marchandifes prohibes, autres
cependant que la peine des galeres et toutes pines
afflictives. Le cabotage et le transport des tels ne
pourra tre fait que par des btimens franais don't
le capitaine et les trois quarts de l'quipage front
Franais.
Cet article eft dcrt.
M. DDupont. Les nociansde Bordeaux, Libourne,
Angouelme, Niort, Souillac, S. Lon, S. Jean d'An-
gely, Coignac &c. don't le commerce habituel eft
l'approvifionnement des fels des provinces branches
et rdimees, ont adreff au comit des finances des
rclamations au fujet defquelles ce comit vous pro-,
pofe le project de dcret frivant :
Les rgocians qui auront: f:it conflater pir l' mu-
nicipalit des lieux la quantit de fel qu'ils avaient
en magafin, dater du I. ..vril, et ceux qui
pourront juflifier des droits qu'ils ont pavs fe-
ro.it admis demander la reftirution defdits droits.,.
Quant aux droits pour lefquels des foumiffions ont
feulement t faites les ngocians en front d-'
chargds.
Aprs une affsz longue difcufion, cee article ef
cart par la queftion pralable.













L'nmendemenrt propot par M. de Richier eft d-
crt en ces terlnrs
I.es "'-is ch:ri.;s dins les ports avant le 1er. avril
et expdis dLp iiN joui;ron cd l'exemption des droits
accords aux feis duetines la confommation du
royaunie.
M. A'ifon. Le zz de ce mois le paiement des
ruenis fera ouvert r enntier ; au lieu d'un fenteftre
qui devait tre pai au terne du dcret fur les afri-
giuts, on en pai'ra deux la fois. On ouvrira de-
lpis la kttre A jufqu' la lettre I exclufivement,
lC paiement des renotes au-deffouls de ico lives,
doint les f.jids onc t faits par la caifle des dons
.) atrrotiques.
<11 a t dcrt, article VII du dcret des r6 et
r- avril, que les d-bit urs front obliges de fire
'1ippoiirt lorifu'ils donneront des alfignats en paie-
ment. L c onii-t s'cl occup de prvenir des abus
q'oni a que!que raifon de craindre. Il y aura beau-
oLup de cottes d'impejfi.il us au-deffous de too liv. ;
le contribuable apportira de l'argent 3 cet argent fera
ncelitir,: l'Etat pour payer des objets de dtail et
pour le prt des troupes. 11 el: nceffaire de prendre
des prcartions pour que ce numraire foit verfi au
trfor public. il elt indirpenfable de prvenir la con-
v .'rfon de l'ar':cnt r-n alignats, laquelle les ree-
vcuis r potiin'aient tre noipuols raifon de l'intrt
quj1 itc.!It les ni ;nats, quoiqu'ils ne foient que
Ipofit.iirics des deniers publics. Le comr:t des finjan-
ces vous propose en co.,f.dquencede dcreter, io.que
les concrinutions poirront cre acquittes en aflignais
ou en argent, en fe conformant l'article Vil du
dcret des 16 et 17 avril ; z1. que les premiers per-
cepteurs des contributions, tarit directed qu'indi-
rectes remettront les efpeces qu'ils auront reues,
fin:s pouvoir convertir l'argent en affignats dans
l'iiiterval e qui s'coulera entire la recette et le ver-
femenr dans la caifl t du receveur ; 3. les rgif-
lurs fermiers et receveurs auxquels les premiers
pIrceptrurs auront remis des fommes en argent ,
fero.,r tenus de mentionoer fur leurs reg;ftres la
quotitd de ces aiffrentes fo:nmes remifes en ef-
pcres, et lts poques auxquel es ces paiemens auront
t fits.
Aprs quelques observations fur ce project de d-
cret, !'Atmnible en ordonne l'impreffion et l'ajour-
leirent dinianche prochain.
On fait lecture d'une lettrecrite M. le prfidet,
par M. de Montmori.:.


y.-1.6
de cette lettre. Ces dilpofitions exigeront probable-
imitnt que quelques recours cxtraoriinaii'ir-s foient
donns au dpartement de la marine. Sa majelt
eft trop convaincue du patvitiotife des reprfen-
tans de la Nation pour douter de l'empreffe-
ment de I'Ailemble inationale dcrter ces fe-
cours, lorfque le tableau en aura t mis fous fes
yeux.
Quelques membres demandent la parole.
M. le prfident announce qu'il y a dj une
lifted. ,
M. Charles de Lameth. Comment eft-il poffble
que la life foit d j forme ? On ne fait pas quelle
proposition pourra tre faite et l'on ne peuti
tab'ir une lile que pour ou contre tel e ou telle
proposition. Si aant rmme qu'un objet foit connu
de l'Al'emble on vient ici avec une opinion
arrte ; fi avant que cet objet foit connu une
life efr dej forme, que devient la liberty des
opinions !
M. le comte de Crillon. Ce matin vingt per-
fonnes font venues demander qu'on les infcrivt
pour l'ordre de la parole, fur une lettre qui de-
vait, pendant le course de la fance, tre remiife
au prfident. Cette forme elft unfage confiant de
l'Affemble.
On demand la lecture de la life.
M. de Mirabeau l'aine. Je ne comprends pas
quoi peut fervir la lecture de cette life ; car la
dfaveur qu'une fi finguliera mthode doit jeter
fur la life faite ne doit pas influer fir la qluef-
tion de favoir fi une autre life fera fubftitue a
celle qui exilte. Il elt fingulier que cette Affenm-
bie qui s'eft fait une reg'e de ne difcuter au-
cune matiere qui n'ait t annonce, laiffe une ini-
tiative fi fubite une lettre miniflrielle. Nous de-
vons dcider, pour l'avenir que les mefifges du
roi ne reront dlibrs que le lendemain; mais come
cette loi n'eft pas tablie, et que le prfent mef-
fage eft trs-important, je ne vois nul inconvenient
ce qu on commence la difcuflion. Alors, il faut
que la parole fe donne fur des demands fuccef-
fives, et fu'r la dcifion volontaire et fucceflive de
M'. 1 prfident. C'eft le feul moyen de fortir de ce
dbat.
M. de Caa/ls. Ce meffage ef d'une telle impor-
tance, qu'il n'y a pas d'inconvnient l'ajourner.
f i(,-


r L ine t ctLiIICIent llit era tr Ls-utiLI e, p, tlarce que Ces
Les armemens qui viennentd'avoirlieu chez une pif- embres taent pas prvenus, pourront diri-
ee voiline, la pefe des matelots ordonneetexecu- ger fr cet objet toutes leurs rflexions.
te avec une gran e activity, et les motils qu'on done
des moiivemens auifi marqus, ont fix l'attention M. de la Fayettc. Pour que chacun de nous ait le
de fa imaizj. Elle a penfe que fon premier devoir teams de rfiechir fur cette important lettre, je fais
tant de veiller la ffiret de l'Etat, elle ne pou- la motion d'ajourner la difcuflion demait.
vait 1e difpr ner de prendre des iefures pour ren- M. le marquis de Foca. Il e tonnant q
plir cet obje't j elle a donn les ordres nceffaires, M. t a,'" de Foucault. Il e t tonnant qu'on
et inc fl'nmment 14 vaiffeaux de ligne front arms ileve de femblables difficults. Je ne fuis pas grand
dans les ports de l'ocean et de md;terrane; elle politique, et e fais cependant quatre jours d'a-
a prelcrit en mme-teins aux commandant des diff- vance les dlibrations que prendra l'Affemble.
rens ports de prparer les moyens d'augmenter les Je penfe que la difcuffion doit commencer ds -
rm1.-uens de marine, fi les circonflances le rendent prfent.
ndiceffaire. Le roi m'a charge d'inflruire par votre M...... Je prie M. le prfident de demander
oig'n., l'Affemble de ces mefures ; il a dlir M. d Foucault quelle dlibration l'Affemble
quf'ell tft galement iniruite que ces armininens prendra furla difcuflion de l'objet intreffant qui va
f",nt feulemtnt de precaution. Il conferve l'efprance l'occuper : cette connaiflance abrgera beaucoup la
q'ela paix ne fera pas trouble, d'aprs les affiu- difcuffion.
r,;:e donnes par la court de Londres; que ces pr-
1: raiTs n'cnt pas d'autre objet qu'un diffrend entire M. de Toalongeon. En appuyant le renvoi remain,
catie ruiiffance et la court de Madrid. Sa majeft je penfe qu'il ef de la dignit de laNation, que nous
britanniique defireinfinimentvoirterminercedifirend manifelfions iun affentimient fubit aux mefures prices
par une ngociation. En effect, M. de Fitz-Herbert par le roi.
tif en chemin pour Madrid. Sa majelt britannique L'ajournement demain eft ordonn.
done par cette communication l'affurance du dex h s et
dlfir qu'elle a de conferver la bonne intelligence La fiance ec leve deux heures et demie.
qui regne fi heureurement entire les deux Nations
mais elq rarant quelqe qu oit ce language le roi V A R I T S.
ne petit fe difpenfer d'ordonner des prparatifs; et A R T
tout le monde eft convaincu que l'Angleterre tant Pais, I mai. La dc ion de la minorit
armPe la France ne peut ni ne doit refer defar- Pr ma i de a minority
mi ., 11 France nde peu ropni e doit ebler dfar- centre les dcrets de l'Affemble national n'a eu
m Il flut apprendre a l'urope que l'tabhlffeunent de fuccs ni dans Paris ni cldans les provinces.
de ioire conflirution eft loin d'apporter des obstacles Elle a au conraire excit un cri gnral d' inpeo-
au cvelo cement due los forces o d'ailleurs, on ne bation qui a port le Peuple regarder les auteurs
peurt e iilfinmulter que la reconinaidfa"ce ete iot-e come les ennemis de la chofe publique. On a
propre intrt prefcrivent de prendre cette march obferv Paris tous leurs mouivemens : ils ont fou-
dans un vnement qrui inreffe I'Efpagne. Le roi ventr fera fes efforts pour rapprocher les deux puiffances : i aifon delay rue royale butte Saint-Roch. Hi-r au
a majifle coinnait trop la juffice et la inodration dt au foir la foule s'y eft porte, et fans la prudence de
roi 'Efpilgnie pour ne pas croire qu'il fe prtera la garde national, il y ferait peut-tre arrive quel-
avec cmnpreflJeent aux voices de conciliaioti o qui qu'acciJent.
pourront ne pas compromettre les droi de fa Nous recevons de tous les cts la nouvelle que
lcles gardes nationals, les municipalits et les affem-
Les dilpofitions de la court de Londres donnent bles primaires, toutes runies par le ferment ci-
en-ore l'efprance que de fun ct, le roi d'An- vique reponiffent les crits qui-tendent diminuler
gleterie ne ngligera rien pour parvenir cet ac- le respect dt aux dcri-ts des reprfentans de la
co:iinol-minent. Le roi a fait tmoigneri fa nrajeft Nation. L'efprit public prte par-tout fi force a la
.it..:::;;n". fa f' fibilit la comnnuniction amicale o nouvelle conlitiutioni, ct. ce moyai finrm, ,e de la
'::'illelui a i-t dionner par fon fou ambat{adicr eni confolider, avertit fes enne-nis qu'il ei teams por
I Ira Il a t,'ioigin la cour de I andr,-s fon eux de fe ranger aux principles patiotiques adopts
r, ir quei la bonne intelligence ne toit jamais trou- par la France et fainctionns par le roi.
bll"Oe"c ce dn re mlomcnt-c' et dans aucun autre. Sa Nous apprenons qu'on a c:-lbr, le 8 de ce mois
njiiil ell fi lr.pi,e des malhieurs en tout genre avec beaucoup dle folemnit l'acte fdranif des
qu'amenerait la guerre ; que ce ferait avec une dou- milices nationals raffmrnb'esde diffrentesprov;ices
lier iicxprimabil qi'Elesy verrit t ntrane ; Elle Orlans le corps des troupes runies montait a
n'parignei r ni finiis ni dpenfes pour la prvenir : environ f,coo homes. Une pluie abondante furve-
c'f a ce fillet qu'Ele a cru devoir prendre les nue pendant la crmonie a fait a p nie diverion
nefuircs qui out t indiques au commencement aux transports de joie qu'occafionnait cette jou ne


L Urme dfilait vers la ville: une voiture a ,
la dSpaffer; la gate infparable d' une vouil
taire a engag quelques membres de nla t te Jill-
mander au voyageur empreffiT s'il a tr upe de-
ferment civique: retenu par fa coinfcivtence pt le
fufe de rpondre fur le champ n ,,i ila rte
loi de crier vive laNation vive le Roil ,il ,P 1a
vive le Roi.! mais preff d'exprimier la tot t
voeu national, il a ajout: vive la Nio,1 t ~
cel/a pourra durer. Alors, pour le fouftraire tantx dq
gers que pouvait lui attire fon iimprudeanc
l'a fait defcendre de voiture, et il a t e on
duit Orlans, et confign. au premier Ceo
garde. corpsde-
Pendant l'abfence de la. garde national ,le r
giment de Royal. Comtois a fait fon service dns
ia ville, et le lendemain, par reconnaifface,
garden national a occupy tous les poftes de Ro1.
Comtois. yal-
Le 1o, un jene home chg de vertir
120,000 liv. de billets de caiffe en aflgnets a coinv
muniqu fes voifins, dans le bureau i l'bet de a
coinmilion; a fon retour chez M. Mallet bl e
il a t dvalif. On pourra fuivre les traesde ,
vol, car 100 billets de 0ooo liv don't il taic cr
teur, fe trouvent numrots.
Le mme jour, le district des Filles Saint-Thomas
a rompu fes afembles gnrales, pour obir a
dcrets de l'Affemble national.
Ces jours derniers, on prtend qu'il y a eu, enter
un militaire et un cocher de place, une difcullio.
don't la fin eft affez finguliere. Aprs quelquescour.
fes, le cocher a demand un falaire fort au-deffus de
ce qui lui revenait. On demeure d'accord de fe
rendre au district pour fire juger la difficult. Le
district juge en faveur du militaire, et condamne la
prtrention exagre du cocher. Au fortir du dif-
trict, le cocher accofe fon adverfaire et lui dit:
Monfieur, j'.i t militrare, les hommes font tous
egaux, vou'r ne pouvez refifer de vous battle avec
moi, et je vous demand raifon du tort que je
viens de recevoir. Rien de plus jufle, rpond
le militaire : mais vous n'avez point d'armes, a-
lons-en prendre chez moi ; j'ai des pes, des
liltolaets, vous choifirez ; nous irons au bois de
Boulogne et je vous paierai votre course. Le
cocher s'arrte, confidere le militaire, et luidit:
Vous tes un brave home, allons : tout elt inii et
il part.

Il s'eft form Paris une focit, focus le nom de
Socit de 1789, come pour confacrer l'anne de la
revolution en France. Le hut principal que 'ion s'y
propose, eft de dvelopper, de dfendre et de pro-
pager les principles d'une constitution libre, et plus
ginralement lde contribuer de toutes fes force aux
progrs de l'art social.
Cette focit a clbr jeudi, 2r mai, foninfal-
lation dans Con nouveau local au Palais-Royal,par
un banquet compof de 130 perfonnes, parmi letf
quelles fe font trouves, comme membres de la fo.
cit, M. le maire et M. le commandant-gnral,
On y a port les fants fuivantes:
I. A'notre Rvolution.
2. A la Nation la Loi et au Roi.
3. A la premiere Affemble national.
4. A la meillhure Conftitution.
5. A la libert et l'union fraternelle de toi l les
Peuples de la terre.
6. -Aux Milices n.itionales de France.
7. A la villel de Paris et la Garde Parifienne.
8. Au Patriotifine des Troupes rgles.
9. Au Civifine de la prochaine Lgillature.
o1. Aux Patriotes Franais.
11. A la Socit de 1789 et au Club de la Rvo-
lution de Londres.
2z. Aux Ecrivains qui, par leurs ouvrages, ont
prpar la Rvolution, et particulirt.ment l'aiiuiii
de Qu'efl-ce que le Tiers-Etat ? ( M l'abb Sycyes.)
13. Aux Etats-Unis de l'Amrique: tr membre
s'eft lev, et a dit : je porte la fant des indigelis;
car il rin' apoiqt de patriotifime fans charity ;il et
inutile e dire que la fant a td 'l'",,* .' i. ,t ac-
cueillie nous ajouterons qu'elle a t ruivie d'un
f-cours pciuniaire, define leur foulagement, et
qui a t remis dans les mains de M. le maire.
Vers la fin du dner, une multitude de citoyens
s'eft affemble fous les fenrres du local de la fo-
cit ; elle a demand voir M. le maire et M. le
commandant-gnral, qui fe font prfentes et ont
remerci le public au milieu des applaudiffemiens.
Une mufique militaire, place dans l:rint'eillr a tne
des fentres, a excut diffrens morceaux qui oit
ajout l'allgreffe commune.
T.a focitr, avant de fe fparer, s'et ajoirne
pour un banquet pareil, au I7 juin ,jourde laconf
titution de l'Afernble national,
La fentence de police, qui a dfendu M. Gattey,
libraire au Palais-Royal de vendre la dclaratioa
du chapitre Notre-Dame n'en a pas ans doulte
arrt le dbit. Une 'foule innombrable entoure,
en ce moment, la boutique dut libraire; oi pr'eum".
que la police y fait fire des recherces i cette La'
tique eit le repair de beaucoup d'crits coitrn a
revolution.