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Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Moniteur universel

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AiZETTE NATIONAL, ou LE MONITEUR UNIVERSAL.


VENDREDI 14 MAI i790.


NQ. 134.


pOLITIQUE.

PRUSSE.

De Berlin le 27 avril.

y y a. quelqs jours que le roi a fait annoncer
Saliciri s que la guerre tait inevitable et que
'is dilai ils fe minfent in etat d'entrer en champagne.
large iit celfaire a : envoy routes les caiffes
des rigimenis qui fe trouvent en Silfie Poftdam,
'Ma1debourg, en Pruffe et en Weflphalie.
Iier, il elt part de Berlin onze c0nmpignies d'artil-
lrie; elles ont pris la route, les unes de la Pruffe,
]esauitrs de Magdebourg : ces dernieres font, dit-
on, dellines rejoindre un corps confidrable qui
s alemble pro's de Halle; fous les ordres du duc
pFrdici de Brunfwick.
Un corps de z-,ooo Pruffiens, auquel fe joindront
1,3000 nommes d'autres troupes, formeront fur le
.liin ti corps d'obf'rvation. S. M. a pris fa folde
trois rgiiens d'infanterie et deux de cavalerie,
q ii lui ont t cds par le landgrave de Heffe-

l arriva, la fenainie derniere un courier de Lon-
dres. M. le come de Hertzberg eut fur le champ
tie longue conference avec les miniftres de Hol-
lanlde et d'Angleterre. Le bruit fe rpand que la
cour de Londres fe montre enfin, et qu'elle a fait
diclarer l'imperatrice de Ruffie que fi S. M. I.
fe refiufait un accommodement raifonnable, cette
coir ferait ufage de toutes fes forces de terre et
(:m er, et s'unirait avec les autres puiffances pou"
acclrer la paix.
Sa miajeft a affur un nouveau fonds de 18 mille
tlilcis, pour amliorer l'etablilemnent de l'Ecole
militaire pour la jeune nobleffe.
Le 13 de ce mois, il a clat Breflau, et dans les
enlvirous, tir orange terrible i le feu du ciel eAt tomb
fiirles .i .i. '; de Cofel et de Grofweigelfdorf, et a
rdiit en cendres plufieurs maifons et difices.
Un dnombrement de population que l'on a fait
renirilnent dans la Silfie et le comte de Glatz, la
porte 1,71 ,578 ames, le militaire non comprise,
l'rirotellans font au nombre de 900,000; de 80oo,ooo
les Ca(tholiques-Romains ; de i i,5oo les Juifs et de
780%o les Grecs. L'anne derriere on y a compt
i4,05l mariages, 66,98S naiflances, et 81,374 morts.
ALLEMAG NE.
Vienne, le 24 avril.
L'envoi des troupes autrichiennes dans les Pays-
Bas, n'elt plus douteux. I.es cercles du Rhin, de
Franconie et la cour de Munich, ont reu des rqui-
fitoriales pour leur paffale. Des commiffaires dfi-
gnentles routes et reglent les vivres. On tranfporte
beacorp d'artillerie a Wefel et l'on tablit Em-
mericli une boulangerie de champagne.
On commence ne plus fe montrer fi fvere en
uliganit la conduit de M. le gnral Gavaux, qui
a vacu la citadelle d' Anvers. On convent que cet
olfcitr ne pouvait conferver une place bloque de
la orte, fans aucun feco'urs, et manquant de vivres.
M. Gavaux ef- pal trs-jeune du service de Portugal
a celii de l'Autriche ; il s'eft toujours conduit avec
honieiur, et l'on ne refufe point de rendre justice
Ion rite.
Il ef arr'v, le zo de ce mois, un courier de Berlin
avec des lettres pour le roi ; leur contenu n'eft pas
connu encore i mais il doit, dit-on inceffamment
arriver un nouveau courier charge de l'u'rirnaum de
licour de Pruffe. Cependant on a encore quelques
efperances de paix. On a remarqu que M. le come
le Pnde'wilz a remis dernirement S. M. fes lettres
de crance, et qu'il ne parait point que ce miniffre
fale aucune difpofition qui announce fou dpart.
On a exdi avant-hier, Iaffy et Ptersbourg,
dleix couriers, porteurs de la rpo"e faite par la
oiir de Berli n M. le prince de Reuiff, miniltri
dAntriche. Deux giardes-noblLs ont autli t envoys
Madrid et Londres ; et l'on dit que, jufqu' leur
etoiur ii n'y aura rien de dcid pour la paix ou
a Pii~'re. On a fort lgerement tir quelque conjec-
irred'une pacification prochaine, d'un mot de M. le
i'arechil Laiidhorr; ce gnral a dit fa table: Je : vis
frire le tour a,- la Moravie et de la Bohme, pour mc
rendre d Haderdorf.
La pofferfion d'Orfowa et du plus haut pr;x pour
l'Ariche. Des officers prtendent cue cette place
ell plus avantaieufie que Belgrade mme. En effect,
"ele .itmie, au milieu du Danube qu'elle partage
t1 euxparties gales; en forte qu'elle ne pett craindre
artillerie des deux boards; les canons ne ipeuvent fiirn
breche, les cafeimates font l'prouve de la bonbe,
et le fl-uve refferr entire deux montagns couple
c tant de rapidity au pid des murs d'Orfo.7a,
ltt in efc idr, ne pourrait s'y tenir en fation et for-
m et un afut. C'eti encore unc des prcieux avantagei
e cette place, que miille honmmes fuil ffent pour la
4fenidre, er que fes magafins foient d'une itendue


contenir des munitions pour deux ans. D'aprs une
situation fi avaitageufe, fi les Turcs fe fuffent hts
de pourvoir la fortereffe d'Orfowa, et d'en rem-
plir les magafins et de munitions et de vivres, fans
doute qu'ils euffent forc les Autrichiens en aban-
donner le fige. La poffeffion de cette place ..vre
aux armes impriales la communication par le
fleuve, entire les troupes de la Servie du Bannat,
de la Valachie et de Kladowa. Il ne refle plus aux
Turcs, en Bulgarie que la feule place de \Viddin
On a dit que M le prince de Cobourg en allait for-
mer le fige, et qu'il avait di recevoir l'ordre ex-
prs de le pouffer avec la plus grande vigueur : fon
arme eft parties de Buchareft on attend avec im-
patience des nouvelles de fes operations.
Une lettre de Jagodin, en Servie du io avril,
announce que les Turcs, qui jufqu'i prdent avaient
t places au nombre de 12oo Alexince trois
lieues de Nifln, fous les ordres d'Omir-Aga, et qui
inquitaient un corps franc d'Autrichiens pofIs
dans les environs, en ont t chaffs le 7, par M.
le colonel Mihaljewi k. Le cheminff t actuellement
libre jufqu' Niflt tt tous les lieux qui pourraient
fervir aux Turcs font dvafls.
On a entendu avec une extreme satisfaction dans
les aflembles des comitats de Tranfylvanie, la lec-
ture de la lettre du roi du 14 mars par laquelle
S. M. confirm cette province tous les droits, pr-
rogatives privileges et immunits et accede
l'arrt pris par les Etats le 28 janvier dernier qui
fera mis execution le premier mai prochain.
Tous les employs allemands font chaffs de la
Hongrie et l'on y a bril publiquement tous les
plans et papers relatifs l'arpentage et la nou-
velle forme d'affeoir les impts.
De Drefde le 0o avril.
Les troupes de l'lecteur n'ont fait aucun nou-
veau movement, come on l'avait affur. S. A. E.
a nomm MM. les comtes de Schombourg et de
Riaucourt, et le baron de Loben, pour allifer,
en quality de miniftres plnipotentiaires, la dite
d'lection d'un empereur.
De Francfort le 30 avril.
Les vicaires de l'Empire ont nomm M. le prince-
vque de Freyfing et de Ratisbonne commiffaire
principal la dice le pape l'a promu la dignit
de cardinal.
De Mayence le z mai.
Les troupes de l'lecteur, deffines foutenir le
dcret de la chambre impriale de Wetzlaer, font
prtes partir. L'artillerie, confiflant en fix pieces
de canon et deux obufiers eft parties hier matin ,
focus l'efcorte de 32 huffards et de 52. fufilier-s, coim-
mands par le baron de Sweyer, major du rgiment
de Gymnyck. Le refie des troupes s'embarquera
mercredi prochain pour defcendre jufqu' Nuys, d'o
elles iront fe joindre aux troupes palatines et celles
de Munfter, qui font fur les bords de la Meufe.

ANGLETERRE.

Note du rdacteur. La lettre lfivante, en date du
ie mai, vient de nous tre adreffe de Staffords-
hire, izo miles de Londres, par un jeune Anglais
plein de lumieres et d'inffruction, qui a quitt Paris
il y a cinq fix mois et qui a t tmoin des pre-
mieres fcenes de la revolution franairfe, don't nous
l'avons toujours vu un des plus zls et des plus
clairs dfenfeurs.
-. .. Mes affairs particulieres me retiendront
encore quelque teams la champagne. Dans cet loi-
gnement de Paris, il ne nous vient que rarement,
et par la voie incertaine des gazettes des nouvelles
du progrbs de la libert en France. Cette circonf-
tance qui contribute beaucoup l'ennui de ma re-
traite, n'a rien di~inui du zele et de l'intrt que
j'ai toujours eu pour le fuccs de cette libert. Le
bonheur de la France influera beaucoup fur celui de
tout le genre human. Si la constitution en affurant
aux Franais leurs droits leur procure come je
l'efpere, un bonheur folide et durable, vous verrez
bientt chanceler les faibles fondemens de notre co-
loffe monftrueux et difforme que l'orgueil, l'igno-
rance et la mauvaife foi voudraient en vain dfen-
dre contre les attaques irrfiflibles de la vrit et
de la raifon. Notre pauvre Peuple eft et a toujours
t la dupe de deux ou trois prtendus politiques
don't le caractere moral eft bien connu des obferva-
teurs attentifs il eff tromp par quelques tyrans
ecclfiaftiques, qui font confifler la perfection d'une
conflitution dans une certain liaison chimrique en-
tre l'Etat et l'Eglife. Il n'eft pas douteux que l'Eglile,
pour conferver fes privileges, fera le foutien du
part anti-populaire, et que ce dernier, fon tour,
aidera l'Eglife opprimer les non-conformiltes,
moins par reconnaiffance, que parce que ces honn-
tes gens font rpublicains pour la pliuprt, et lailf-
fnit galement le d fpotifine civil et religieux.
Les dcifions injultes du parlement n'ont produit,
jufqu' prfent que de- rcliamations d -leur part
mais leur nombre et celui d le-urs pirtilfuis augmente


tous les jours. L'exemple de la France chauffe leur
zele et excite leur indignation. Vous avez vu f;ins
doute le difcours pitoyable de cet Hibernois, qui,
aprs s'tre efforc en vain donner du ridicule
cette philofophie fublinie qui enfeigne aux homes
leurs droits, vient enfin de faire homage de fes
talens oratoires au miniftere, enre en pandant toute
l'amertume'de fou field fur les fillies de la rage dimo-
cratique qui a perdu la France. Toute invective contre
cette glorieufe revolution et l'efprit d'innovation en
gnral, eft le plus pur encens qu'on puifie offrir au
parti miniltriel. Aufni mylord Stanhooe le ieul de
fon corps peut tre qui foit ennemi' de la cour et
des abus, non par efprit de part mais par prin-
cipes, y a t il fait une rponfe qui a d vous
plaire.
Le parlement de ce pays- ci ne furvivra pas
long-teims, ce qu'on croit, celui de l'irlande. Le
prix des bourgs '( I), l'intrt et les moyens des can-
aidats fpnt le lujet greral des conversations. Ces
Nababs (z), qui par leurs concidlions dans l'Inde,
trouvent les nmoyers d'acheter des places en Angle-
terre portent la brigFue un point don't l'hifloirb ne
fournie pas d'texenmple, except pendant les der-
nieres annes de la Rpublique Romaine, o les
grands opprimaient, come eux les provinces fou-
miies, pour coirompr et afler.vir enruite leurs con-
citoyens. On craint tant les moiveme-ns de la popu-
lace, que les homes qui defiriit jouir tranquille-
ment de leurs proprits, inaiflrens fur le choix de
leurs reprJfenrans (Salefmen), cherchent rduire
le nombre des concurrens celui des places qu'ils
ont non.m r. Il y a quinze jours qu'un troifieme
candidate s'offrit pour Warwickshire i les b urgeois
du comt- craignant les fuites d'une election con-
teffe, rcherent de l'en dtourner, et il a cd
leurs inflances.
Tai lu, il y a quelque teams, l'expof des motifs
de la condui.e de M. Mounier iil nous y dit fran-
chem-ntr que fes opinions font l'effence de la railon
humane, et que fa conduit a t le chef-d'oeuvre
du courage et de la prudence. Je fuis bien aiCe qu'il
ait fi bonne opinion de lui-mme : il n'crirait pas
avec tant d'aigreur fi elle pouvait lui tenir lieu de
celle d'autrui....

FRANCE.

De Paris.

MM. les payeurs des rentes prviennent le public
que, d'aprs les ordres qu'ils ont reus de M. le pre-
mier miniltre des finances, ils ouvriront, com-
mencer du zz de ce mois, le pavement de l'anne
entire 1789, lequel, en raifon des fonds affurs pour
chaque femaine, fera complettement termin au 31
dcembre de cette anne.

DISTRICT DE S. PHILIPPED DU ROLE.

Cette commune partielle avait nomm des coinm-
miffaires charges de l'inftruire des diverfes opinions
des differens diliricts, relativement l'infiruction que
le Chtelet a commence contre les auteurs des excs
commis dans la nuit du 5 au 6 octobre, et de lui
propofer en mme teams elle-mme un project d'ar-
rte qui ft conforme aux principles, et digne de fa
prudence ordinaire.
Le rapport des commiffaires de S. Philippe du
Roule mrite d'tre connu.
Aprs avoir attaqu fucceffivement, et dans le
fond et dans la forme la proposition de quelques
districts centre \e tribunal du Chtelet, les commif-
faircs pourfuivent en ces terms : Ne craignons pas
de le dire fi la vague dfiance qui dicterait une d--
marche aulfi inconfidre n'tait que l'erreur d'une
section, fa follicitude, fans coffer d'tre vaine, m-
riterait plus d'indulgence. Mais elle prend un carac-
tere trop important, trop imprieux, lorfqu'elle de-
vient l'erreur d'un grand nombre de sections. Il me
femble que l'on croie alors que l'adhfion de la
pluralit des sections la legitime, et que la com-
mune de Paris puilfe s'arroger iur- censure qui ne
ferait exerce avec quelque convenance que par la
pluralit des dpartemens du royaume. Nous tran-
cherois le mot : une defiance aufli lgrement con-
ue, aufli irrgulirement dclare, et qui a pour
but un tribunal et une procedure qui appartiennent
la Nation entire, ferait, fi la commune de Paris
mieux inflruite y pouvait perfifter, un dlit public,
non un acte de lgitime furveillance, "


(I) L'auteur de la lettre fait allufion, par ces mots,
a une phrafe ulite en Angleterre pour exprimer la
vnalit des elections : quel et le prix de tel bourg,
demande-t-on publiquement en Angleterre, pu
prs come on demand en France, quel efl le prix
au feptier de ble' au march ?
(z) On appelle Naiass en A'ngleterre, les in lividus
qui reviennent de l'Inde avec une fortune confid--
r.ible, ( Notes du rduacrur. )


--C-U-~--~-------~'~---L-riU-~iiI)-.













Et plus bas on remarque l'loquente et judicieule
rflexion qui fruit :
()b' ez, Meffiuirs, combien ils connaiffent
pu la libert ,'ces ciroyens d'ailleurs brilans de
amour de la Patrie, mais toujours inquiets quand il
faut fe confier, et toujours confians quand il fant
craindre ces citoyens qui ne Ivent point qu'il
n'exilta jamais de liberty dans un pays ou 'on dif-
tingua les crimes de leze-miajef national et royale
par le privilege d'une procedure particuliere et d'un
tribunal particulier ; qui ignorant que des comits de
recherches, un fytfme de ddnonciation, un tarif de
prix accord aux dlateu'rs, une commiffion enfin,
tablie pour juge du crim de leze-Nation, font au-
tant d'infirmits uniquement attaches la crife de
la rgnration; qui ne favent point quen cher-
chant, dans cet eta provifoire la l:.af d'un tit
permanent, ils feraient d'un inconvnient de la r-
volution un vice de la conRitution, et fonderaient
nn effrayant arrenal, o le part dominant trouverait
toujours, pour Tcs vengeance, des poignards don't
le dc fpotifie et l'ariftocratie dirigeraient le plus fou-
vent les perfides. attintes..... Ah Mefficurs, s'il
tait une dmarche que, dans cette circonftance,
l'amour pur et deintreife de la Patrie pt dicter
c-s citoyens don't le zele inquiet ne s'efl pas encore
raffur, en voyant l'Affemtblee national aller fans
celib au-devant er au-del de leurs defirs, cette d-
marche devrai t rre une ardente priere nos repr-
fentans ce ne point permettre que la connaiflance
des crimes de lefe-najefl national et royale de-
vienne dfinitivement une attribution exclusive ; de
pourvoir ce que la puiffance don't le Chtelet a
t invefti par la nceffit des circonflances, s'teigne
avec lui d'a'iffurer les vrais amis de la libert que les
recherches faites l'occafion des .troubles de l'ora-
geux intervalle du i juillet au 6 octobre, front un
fait ifole, fans confqiquence come fans example,
et que les principles qui les ont diriges demeure-
ront, come le Chtelet lui-mme, une de ces
rhOlohc rov i fIr In ,ip .


54o
marine des difpofitions des lettres-patentes dii7 mars
dernier, once aut les jurisdictions prvtales.
Idem, du avril, fur le dcret de l'Afl'efble
national du i du mme mois 1790 qui auito-
fe la ville de Dax, ainfi que routes les autres villes
du royaume, coi.nucer de percevoir les droits
d'octrois.
E PARIs
MUNICIPAL TE D E P A RI S.
A4ff-nble des repreentans de la commune.
Extrait du procs verbal du landi 3 mai 1790.
Une dputation de la municipalit et de la garde
national de la ville de Szanne en Brie, a t an-
nonce et introduite.
Un de MM. les dputs a prononc le difcours
qui fui r
Meflieurs, c'eft au nom de la municipalit de la
ville de Szanne, c'flt au nom de fa garden citoyenne
que nous avons l'honneur de nous prfenter devant
les reprlfeitans de la premiere commune du royau-
me. Dputs par ces deux corps nous venons,
Metfieurs vous offrir le jfte tribute d'hommage et
d'admiration que vous meritez de la part de tous
les Franais.
lotdettes dfenfeurs, mais partisans zls de cette
libert prcieufe que vous avez conquife avec tant
de cou rage, nos concitoyens nous ont charges de
folliciter auprs de vous une affiliation fraternelle,
qui fera rflchir fur eux l'clat de vos fuccs, et
les affociera en quelque forte votre gloire.
Convaincus que l'union et la paix entire toeutes
les parties de ce vaflte empire peuvent feules affer-
mir fur des bafes inbranlables l'heureufe rvolu-
ton laquelle vous avez prfid i la faveur que
nous vous demandons aujourd'hui, Meffieurs, con-
tribiiera au maintien de ces fentimens dans l'enceinte
de n:,s murs. Affez heureux pour que la tranquillit
n'y ait iamais t trouble, c'eft moins pour l'entre-


*-i i- .ivv tov resi t U a conA tiutJon1.Ue conlervera -l- --ILl L IC LCl Vtl
point la trace., tenir que nous avons tabli une garden national,
Ce rapport eflimable eft termin par un project que pour courier au fecours de nos freres."
d'arrt conform fes principles ; le diffrict de S. M. l'abb Mulot, prfident, a rpondu de la ma-
Philippe du Roule l'a adopt dans fon entier, unani- nmere la plus conforme au vu de la dputation, et
moment, et en a ordonn l'impreffion. il a t fort applaud, ainfi que le difcours des de-
Ce rappoit elt imprim Paris, chez M. Brune, Pts, qui font MM. Baroft, de Mony, Barive,
rue du rI htre Fi ancais. Prieur et de la Jonchere.
SEnfuiite on eft all aux voix fur la double affilia-
Extrait d'une lettre des bas-officiers da la g,:rde national tion propofe et fur l'impieffion du difcours et de
et de, volontaires de Cherbourg, la garden national la rponfe.
Parijienne, du 24 avril. L'Afnlblee a arrt l' unanimity qu'elle accep-
tait avec la plus vive satisfaction la double affiliation
Braves camarades, nous cdons au defir que nous demande par la municipalit et par la garde na-
avions depuis long-teins de vous crire. Notre in- tionale de la ville de Szanne.
tention n'eft pas de vous louer i un foin plus digne
toit occupere e e ds concitoyens, celu de fe chrir et TRI U N A L DE P.O LI CE.
de s entre-aider.
Nous commencions croire que les ennemis du Ce trib'vnal vient de rendre un jugement qui fait
bien public reconnaiffaient l'impoffibilit de reconf- galement honneur et aux lumieres de celui qui l'a
truire le monfirueux difice de prjugs et d'abus provoqu et aux juges qui l'ont prononc : il porte
que l'augufle Affemble national avait renverf. lipprelfion et fltrilfure publique d'un crit intitul:
Nous pensions que le sentiment de tout un Peuple Extrait du regiftre des conrlufions du chapitre de l'glife
( Franais fiurout) avait enfin entran le leur. Nous de Paris, lequel fe trouve inflr dans un autre im-
nous trompions, et notre erreur a retard jufqu prim ayant pour titre: Dclaration d'une parties de
prfent ce tmoignage d'une confdiation qui etait l'Affemble national fur le dcret rendu le i avril,
dans nos cours, et don't aiujourd'hui l'authenticit concernant la religion, come tendant infpirer aux
nous parait indifpe. fable. Peuples de fauffls alarmes fur le maintien de la con-
Recevez donc bons amis, le ferment que nous fervation de la religion catholique apoftolique et
faifons de ne fparer jamais nos intrts d'avec les roniaine; comme manifefiant un efprit d'oppolition
vrres : quel que foit le genre de recours don't vous vraiment criminal aux dcrets de l'Affemble natio-
airez befom, comptez fur vos freres d'armes de nale; come tendant propager des maximes f-
Cherbourg, comme ils competent fur la dure de ditieufes, attentatoires la conflitution et aux.droits
votre zele et de votre confiance, et fur le patrio- de la Nation et armer le fanatifme contre la loi,
ifmie de nos autres freres arms pour la mme caufe fait dfenfe Gattey libraire, et tous autres de
dins tous les dpartemens du royaume. le vendre, diftribuer, imprimer, &c. y mai 1790.
Chers camarades que ne fommes-nous vos Quand un jugement eft comme celui-ci, l'ex-
cts Comme vous, fous les ordres d'un hros, preflion de la haine et du mpris public, ou ne doit
nous veillerions la garde d'un roi chri. Comme point craindre que ceux qu'ilfltrit, tirent advantage
vous, pleins de refpect pour le caractere facr de de la profcription, et rclament centre la tyrannie
dpute ae la Nation, nous dfendrions les jours de judiciaire.
ceux don't les fentimens font oppofs au bien g- Il eftpermis de dire librement fa penfe ; c'ef le
neral..... ; les autres font gards par la vnration droit de l'homme d'imprimer Ton opinion de la
publique. dfendre, de la difcuter; mais il ne convient per-
Telle eft notre profeffion de foi. Les bas-officiers fonne, encore moins des corps d'exciter le Peu-
de la garde national et des volinuaires de Cherbourg.- ple la rvolte et au fanatifine d'appuyer de la
Les bas-officiers des troupes deligne, en garnifon force d'une collection d'individus, des attentats
Cherbourg, informs de la dmarche de leurs la libert publique, parce que ce n'eul plus alors une
camarades de la garde national et des volontaires erreur de jugement mais un crime public que la
s'empreffent de fe runir eux et de donner, par loi doit rprimer au nom de la focit c'eft un d-
une adhfion formelle, une preuve de leur union lit d'annoncer une coalition de perfonnes contre les
i.t.mne avec la troupe national de cette ville, et de dcrets de la fouverainet ; et la force publique doit
leur eftimne pour celle de Paris. Sign, les bas-officiers prvenir les malheurs o de femblables dmarches
des rgiiens de la Reine et de Turenne, inflnterie; du conduiraient les Peuples d'un vafte empire. Le droit
Corps-Royal des canonniers-matelots; du dtache- de petition, d'adreffe n'a rien de commun avec
ment du regiment de Toul, artillerie ; du dtachement cette infirrection de l'intrigue; et fi l'un eft le remi-,
des miners et des invalides, et de la compagnie des part de la libert, l'autre eft la tentative des appuis
ouvriers de Guriot. du defpotifme.
C'eit donc en grande connaiffance de caufe, et
A D M I N IS T RATIO N. appuy de totes les forces de la raiCon t de la
juflice, que M. Cahier de Gerville a provoqula fl-
S --Es-PATENT Du Roi, du avil 7 triflure et la condemnation du libelle que nous ve-
I rTd Es-PATElTE DU Roi du 2i0 avril I79O0 n ons d'e nommcr. Dj opinion l'avait tran dans
fur un d oretr de l'Affemble national contenant la boue, et les efprits s'eraient indgns du mpris
diverT s difpofitions r, natives aux adminifirations de qu'on y faith du Peuple ,et de i'abrutiiTrnent qu'on
dpiartc.mnt et de diflrict, et l'exercice de la lui fuppofe j on fe ferait tonn mme que la loi ait
police. pu fixer fes regards fur le tiffu d'abfurdits qui le
Idem., du 0 avril 1790, fui un dcret de l'Af- component, fi les intentions videmment criminelles
fcmble national, qui except les prvts de la qu'on y manifefte, n'euffent attire attention du


miniflere public charge de donner le rcit fur
les ddfeins connus de trouble l'ordre et la libe
civile... la
Les deux conclusions du chapitre de Paris, dit
M. Cahier de Gerville ont t publies dans iin
deffein criminal on a voulu agiter les conien.
ces, effaroucher L-s efprits faibles amer nle fani
ifine, et oppofer fes fureurs aux tranquilles et bien.
fefantes lumieres de la raifon ; on a voulu prfenter
un prtexte tous les ennemis du bien public r
le cachent encore, parce qu'ils ne pourraient fc
honte manifefter leurs motifs, mais pui peuti ttrn
fairaient l'occafion de fe rallier, fi elle venait l
s'offrir.,,
Voil le crime que les lois doivent punir l Popi
nion publique fera jufice du refte, et l'on verra le
mpris de la pofltrit attachs ces noms publique
ment accolls pour tendre les changes de la fervi-
tude et les progrs de l'anarchie.
Une confidration fe prfente ici; elle efl effrayante
fans doute mais elle eft jufte..Comment avec de
pareils attentats, la loi pourra-t-elle jamais rprimer
Ia fureur toujours active du Peuple? Que lui dira-t.on
pour le rappeler aux principles de l'ordre ; quandil
prflenera la preuve des criminelles menes que l'on
Ce permet contre fa libert et les droits d'une confli.
tution qu'il rclame? Quelle digue oppofer fon ref.
feiitirnent, lorfqu'au milieu des profcriptrions il voudra
lui-mme fe venger des tratres qui emploient un
loifir par lui pay, combiner fon efclavage et
mifre ? ,
Ceux qui, par faibleffe ou par mchancet ont
fign cet aviliffant crit, ont donc eux-mmes pro-
nonc !eur profcription, et attir fur leurs ttes tous
les dangers de la haine publique.
Si la vertu ne guide pas .les mchans, dumoins
devraitnt-ils couter les confeils de la prudence. Tous
moyens d'anti-rvolution toutes tentative i cet
gard, toutes dmarches pour trouble l'ordre n-i
tional, ne peut que turner la ruine de ceux quis'y
livreraient, et peut-tre de leurs enfans, que les
crimes de leurs famillts ne manqueraient pas d'loi-
gner de la confidration et de la confiance que lailfe
toujours fa poffrit l'homme qui s'eft ronitr ami
de la juflice et des lois.'(Cet article ef de M. Peucht).
i I"""""";a-rs--'""-ai--- i-'******** ---


LIVES NOUVEAUX.


Abrg des Tranictions philofophiques de la fociti
royale de Londres. Ouvrage traduit de l'anglais, et
redig par M. Gebelin, docteur en mdecine, mem-
bre de la focit royale de Londres, &c. &c.;
4e livraifon, formant deux vol. in-0 de 5oo pages
chacun, avec des planches en tailie-douce :contenant
la Botanique la Plyfvique vgtale, l'Agriculure, le
Jardinage et l'Economnie rural.
A Paris, chez M. Buiffon, libraire, rue Haute-
feuille, htel de Cotlofquet, n ao. Leprix d
chaque volume elt de 4 liv. 10 f., et J liv. ranc de
port par la pofte.
Situation politique de la France et fes rapports actual
avec routes les puiffjnccs de l'Europe; ouvrage don't
l'objet eft de demontrer, par les faits hiftoriques
er les principles de la fine politique, tous les maiu
qu'a cauf la France l'alliance autrichienne, et
toutes les fautes que le rmiifiere franais a com-
rnifes depuis l'poque des traits de Verfailles, de
1756, 57 et y8 jufqu' nos jours. Adreff au roi et
l'Aflmible national ; par M. de Peyffonntel,ancien
conful gnral de France, Smyrne, affoci des
academies de Lyon, de Dijon, de Marfeille, membre
honoraire de celle des antiquits de Caftel, et cor-
refpondant de l'acadmie royale des infcriptions et
belles-lettres. Second dition, augmente d'un cld-
pitre fur Malte, d'un autre fur Geneve, et de
plufieurs autres additions.
A Paris, chez M. Buiffon, libraire, rue IHaute-
feui le htel de Colofquet, n9 20. Deutirvolunce
d'environ 310 pages chacun. Prix, 6 liv. brocl,
et 7 liv. franc de port par la polte.


SCIENCES ET ARTS.

GEO GRAPHI E.
La France divife en 83 dparternens avec leurs
chefs-lieux, .uidant le dcret de 1'A'mnbli'c iatioailc
fnctionn par le roi le l ]janvier 1790.-- ris,
chez M. Defnos, inginieur-gographe, et libraire
du roi de Danemarck, rue Saint-Jacques, '54.
P.ix, I liv. 16 f. fanctionnis,
Cette mme carte, avec les u ,cerf fa, ro
qui ordonnent et prfentent la division de la Franel
en 83 dpartemens et 546 diflricts, livre o
brochis.
Le mme gographe diftribue la table des carter
continues dans fon Atlas national et gnral de la
France, divife en 83 cartes, formant chacune u'
feul dpartement chaque carte fe vend 1liv. 8f>)
don't on peut fe procurer, ds prfenti 41 numros
des 83 cartes de l'Atlas, lequel fera fini inceffa'
meant. Ver
Les dpartemens qui paraiffent font : Paris Ve'
failles, Lyon Rouen, Befanon, Di0on, e ans
Troyes, Rennes, Arras, Brefi, Nantes, Avra es
Alenon, Nevers, Evreux, Orlens, Soifsons,











511!
foit parmi nous plus fcnnde que la tte de Minerve;
qu'elle enfaiirc roi i la fais la force qui repouffe les
ennemis et la grace qui attire les allies.

---........... ....>... ,

ASSEMBLE NATIONAL.

Prcfidence de M. Thouret.


i n fr t en i.c l u l- Iesl e ou'10n l .LIrii r }l.espa
S t de la' e ent e prue SEANCE DU MERCKREDI IZ MAI AU SOIR.
il:. ms MI de la Viev lle vient de coinmpofer une
icu cIees nl au aier cette n-ce les e
r qi done au paper cette nuance : les pet- La ville de Nogent-fur-Seine fait une foumiffion
iesui defirent s'en procurer, peuvent-.sadreffer de 6oo,oo liv. pout l'acquifition de biens eccl-
directerient M. de la Vieville a Marfeille, hors fiafliques ; et telle de Saint-Aubin en Anjou, une
dela port de Borne. de 100,000 liv.
------ --- Une affez longue difcuffion s'eft tablie fir le
SIS T O I E N A T U RE LL E. procs-verbal de -la fance du martin la lecture a
t renvoye au lendemain.
falgr le noambre de naturaliftes qui la France D'aprs le rapport de M. Vieillard de Coutances,
idoine le jour, on ignorait jufqu' prfent que les Lur les troubles de la ville de Pau, 'Affemble
cotes de la Guienne prodifif.fent de l'amlre gris. Un, rend le dcret fuivant:
amateur diftimgt en a recueilli quelques morceaux, '.Affemble national, aprs avoir entendu fon
et des informations qu'ila prices a ce fiujet lui ont cmit des rapports, a dcrt et dcrete, io. que
ris qu'on en recueille frqueten, et que les fon grfident criva aux officers municipaux de la
hilitans des La 'des le portent aux ngocians de Bor- vill de Pau, pour Ilur tmoigner, au nom de 'Af-
ax, de qui nous 1 achetons come venant des femble, la facisfacrion de la conduite fige et mo-
pi. vI ya dix ans qu 'on en a trouv un(morceau i. '..': .....- -.. i .... l.1 r.,-


S.... - a-e--re qu is ont teiiine a i occasion d.Ls troiibles tui-
d'environ So lives. Un intert mercantile nous a, cits par la minority de la garden national, et de
fa dou~, cach juflu' prfent cette production la prudence avec laquelle ils ont conflamment agi
do 10os cotes. dans cette ciiconflance.
Qu'il fera galement crit par fon prfident
L Y C E. la garden national nouvellement compole pour
approuver ion zele, fon dvouement et fon pa-
*M, de la Croix, avant de dvelopper la conffitution triotifme.
ctuelle de Venile, a prfent fon origine. -= Cette L'Affemble national improve le refus fait par
fuperbe cit, a-t-il dit, qui femble fortir des flots, le eieur Sanfot et le fieur Chevalier d'excuter
et omine fur la mer Adriarique, a t cre par la les oidres des officers municipaux et autorife
tp'reuir, s'eft fortifie par foi courage, s'eft enrichie ceux-ci mander lefdits fleurs Sanfot et Chevalier
ut le commeerce, s'eft embellie par les arts, et fe de Blair en l'htel-de-ville, pour leur donner con-
foriiint par la prudence. naiffance du prfent dcret, notamment ce qui les
Aprs avoir trac fes agitations, tes troubles int- concern.
rieurs, p.iidant le course de quatre ficles : Nous Dclare nuls et come non avenus les arrts pris
arons vt, a-t-il dit, une rpublique devenue un par le prtendu comit militaire les 7, 14, 7 et 0
es principaux Etats de l'E'urope, prendre naiffance avril dernier, ainfi que l'arrt form le z i du mme
travers des I guns, crotre fur de petites miles d- mois par une parties des citoyens de la ville de Pau
fertes, adopter d'abord pour forme de gouvernement come tant, lefdits arrts, contraires aux dcrets
la puiifance tribunitienne qui confervait tous les de l'Affelble national des 1o aot et 23 fvrier
citoyens la fouveraine ; changer cette constitution dernier, et ( cmme attentatoires au respect et
qui remble fi favorable la multitude et prerer l'obiffance dus aux officers municipaux,
l'autorit d'un chef lectif; s'en dtacher pour la Approuve le nouveau rgime provioire donn
convertir en une puiffance annuelle; revenir la la garde national de Pau, le 18 avril dernier, de
domination d'un chef perptuel ; elfayer de tem- concert avec les officers municipaux, et dclare
pkrerle pouvoir de ce chef par l'adjonction de deux qu'aucun membre de la cienne garden national ne
tribune, et prefque toujours trompe dans fes efp- pourra en exercer les functions s'il ne s'efl fait in.
dances. corporer dans les nouvelles companies,
Nous fommes arrives au dixieme doge, le troi- Ordonne que fon prfident fe retirera pardevers
fime a t aiaffain dans fa maifon ; le quatrieme, le le roi, pour le fupplier de donner des ordres pour
cinquierne, le fixieme ont effuy ce fupplice affreux fire apporter les informations et procedures requires
qui femble fparer l'homme de la nature, et le longer par le procureur-gnral du parlement de Pau contre
dans une nuiterernelle; le huitieme a t forc de fe les habitans d'Antiguelonne, de Benejac et les
bannir; le neuvieme a t depof et conduit, captif, ficurs Bernardot et Noguez, et pour qu'en atten-
iConiflant'lople. Quelle force de rflexions Si les dant il foit furfis l'excution de tous jugemens et
hommiies favaient profirer des leons de lhifloire dcrets qui auraient t ou pourraient tre rendus
onmbienils feraient peu jaloux d'tre ports par le leur gard.
Ptuple aux dignity,', aux places fuiprmes comibien
l prfreraient l'obfcurit l'clat du pouvoir qui s t'ANCEE DU JEUDI 13 MAI.
blel-a les veux de l'envie, excite tant de murmures
et de haines M..... rappelle que la communaut des freres-
"Mais ce ne font pas-l les feules ides qui naiffent cordonniers de la rue de la Crande-Truanderie, coin-
de ce que nous venons d'obferver. C'eft donc une pofe de cinq perfonnes, a, depuis long-tems, aban-
chofe bien difficile rencontrer, pour un Peup e, donn la Nation toutes tes propriAts, qui s'lvent,
qu'iine conflitutiion qui li plaife Les Vnitiens par aperu, Il ,700 liv. 11 demand que l'Affem-
n'taient point des barbares, c'taient des homes ble charge le comit des finances de prendre cet ob-
eclairs, qui fortaient du fein des arts et des sciences, jet en confidration, d'examiner la valeur relle de
t dans quatre ficles ils ne p'urent te fixer une ces biens, et de dterminer la quotir des penfions
fi rme de gouvernement qui affurt, d'une maniere viageres qui doivent tres faites aux freres-cor.-
tiable, leurs droits, leurs privileges et leur bon- donniers.
lieur ... Cette proposition ef accueillie.
En opposition di tableau d'une rpublique naif-
faite, M. de la Croix a plac l'image terrible et Les trois articles fuivans font dcrts; ils doivent
effrayante de la deflruction de l'Empire Romain. Il a tre infrs dans le titre II du rglement fur les
;ait entire que ce qui a imprim l'inmmortalit cet ventes, la place des articles IX et X, don't l'Af-
emipire, c'ef l'ide de fa grandeur paffe c'eft la femble avait hier foir ordonn une nouvelle r-
Puitet de fon got qui a fuccd l'afcendant de action.
fa force c'eti le prodigieux affemblage de richeffes IX. Toutes les municipalits qui, dans le dlai d un
91i a excit l'admiration des strangers, c'eft le respect mois, dater de la publication du present dcret,
attache la demeure des hommes vertueux et clairs le front fait fubroger pour les fonds fitus dans leur
qui en ont fait la gloire. Si Rome, a-t-il dit, n'avait territoire, amx municipalits qui auraient fait des fou-
el que des gnraux, fon nom fe ferait effac avec inillions antrieures, jouiront de la totalit du bn-
fes tniomphes ; fi elle n'avait eu que des lgifla- fice port par l'art. X1 du titre I'.
teurs, elle n'aurait pas furvcu une lgiflation X. Les municipalits qui fe front fait fubroger
pus paraite ; mais elle a eu des orateurs, des potes, aprs les dlais ci-deffus jouiront parillement dudit
des hi ioriens, des artifes qui n'ont point encore t bnfice ; mais il en fera diflraic un quart au profit de
furpafles j elle exilte par eux dans la fplendeur du la municipalit, qui, aprs avoir fait fa foumiffion la
gnie. premiere, fe trouvera vince par la fubrogation,
"La France a de common n avec elle une grande pourvu qu'elle airconfomm l'acquifition dans le mois
artie de ces ornemens indeftructibles; ne foyons pas qui fuivra cette foumiffion.
a notre gard plus barbares que ne l'ont t envers XI. L'acquifition fera fenfe confommne, lorfqu'a-
Rome, les barbares eux-mmes. Que des ides de prs l'efimation des biens, faite dans la forme pref.
haine, de vengeances, de rivalits ne nous faffent i crite par l'art. IV. du titre Jer., les officers auront
pas perdre de vue la culture des beaux-arts; n'im- t accepts par le corps lgillatif.
moolons pas des principes trop aulteres ce qii conf- L'article IV du titre II avait t renvoy au comit
tItte la gloire d'une monarchies claire; en difputant I d'alination.
atoutes les rpubliques du monde 'Plionn ur d'etablir
la plls fage, la olus immuable des confliturtions, M. de Delley d'Agier prente deux autres articles.
difputons leur autli l'avantage d'offrir aux talens et Le second eft ainf conu
"ux fences l'afyle le plus attrayant; que la libert6 11 y aura ouverture au tiers feulement d:ans I-s


. ian, Auxerre, Bourg-en-Bre2ffe, Saiii-Brieux,
"eSa'uier, A ngoul ne Limoges, Clriniont,
Il ; I Vnnes,Caen, Saint-Flour, Gueret, Vefoul,
Chliteairoux, Angers, Fontenav-le-Cointe,
n pNiort, Bourges, Moulins, Ret'hel, &c.

CH-IMIE.

D |t teins on a voulu imiter le bleu azure que
Soldais donnent a leur paper. Des tentative
iii J10 t I. . ....-...... rii C,,,t. a,= in .. i ifi/iA-, ..^ .. .


vingt-quatte heures de l'adjudication definitive, d'a-
prs les forces qui front dtermnins par un rg!L -
ment particulier .
SL'Affemble decide qu'il n'y a pas lieu dliberer
fir cet article, ec qu'il fera expreflnnent nonc qu'il
n'y aura pas lieu au tiercement.
L'article fuivant refte feul ; il eft dcrt en ces
terms :
Art. IV. Les encheres front reues publiquement;
il y aura quinze jours d'intervalle entire la premiere
et la feconde publication : il fera procd un mois
aprs la feconde publication, l'adjudication dfini-
tive au plus offrant et dernier enchriffeur fans
qu'il puifle y avoir ouverture ni an tiercement ni
au doublement, ni au triplement. La derniere en-
chere fera annonce dans les affiches.
Sur la proposition de M....., l'Affemnble national
dcide que cette expreffion, biens nationaux, fera fnbf-
titue celle-ci, biens eccdc'fiafliques et domaniaux.
M. de Menou. Plufieurs membres ayant demand
hier foir fi la ville de Paris ferait tenue d'effectuer
le cautionne..,ent de 70 millions propofe par elle,
cette queflion a t ajourne ce martin. J'ai l'hon-
neur d'oblerver t ncorpe quee 1' A(fembl& avait demand
que le comit pr ini tn,: lefors form de cautionnement.
J'tais alors prfid.Lrt, ct je n'ii p luivrc- ls op-
rations de ce comit, don't ie fuis membre. Je dois
dire, en mon pro'pr: et pliv nom ; que plufiuurs
perfonnes, que je ne nomniwtrai pas, funt venues me
prier de ne pas m 'ppo'eer au cautionnement qui fe-
rait propof en m'offiant de participer au bnefice
(la fille retnitir d'applaudiffemens ). Je n'avais pas
befoin de ces oflres pour avoir une opinion bien
prononc: et bien affurc fur ce cautionnement. Je
penfe que fi l'opration eil bonne, la municipality
pourra payer chaqcu anne dix millions i et dans
fept ans, les 70 mi'iions que ce cautionnement au-
rait pour objet d'affurer fi l'opration eft mauvaife.
Les capitaliftes ,e fourniront filfuriernt pas ds s fondsl
en outre j'avais pcnf que les caritaliftes qui cau-
tionneront pourront tre en mme teins cau:ion-
neurs, vendeurs et acheteurs : ainfi donc le caution-
nement me parat immoral et dangereux. J'aban-
donne ces observations la fageffe de l'Affemble.
M. de la Rochbefucault. Quand la ville de Paris a
propof un caurionnement, vous avez cru qu'il tait
nceffaire de l'accepter pour affurer le credit des
affignats et par la raifon que les biens don't la mu-
nicipalit fera l'acquifirion, fe vendront plus diffi-
cilement que des biens ruraux. C'ell fur ces motifs
que, par votre dcret du 9 avril, vous avez charge
votre comit de s'occuper des former de ce cau-
tionnement. Il n'a pu fe livrer encore ce travail,
parce que le rglernent fur les ventes a employ tous
fes moments. 11 attend que vous dcidiez fi votre d-
cret du 9 doit tre mis execution.
M. Alexandre de Lameth. Le cautionnement n'a
d'utilit que pour les capitalifes, auxquels il don-
nera partager 3 millions 5 cent mille livres il eft
nuifible la chofe publique. La ville de Paris ren-
ferme dans fes murs et dans fa banlieue les biens les
plus prcieux les plus la porte des particuliers
riches comment peut-on fuppofer qu'elle ne ven-
dra pas pour dix millions par an, pour 70 millions
en fept ans ? Si elle a befoin de 3 on4 millions,elle
trouvera facilement les emprunter au moment de
fon befoin. Si ce cautionnement tait exig de la
ville de Paris il faudrait en exiger un de toutes
les municipalits du royaume ; ce qui ferait pour
I'Etat une perte de to millions. On s'eft tromp
quand on a cru que le cautionnement des capitaliftes
itit ncefiaire au credit des affignats : les capita-
liftes nuiraient'plutt aux aflignars, s'ils le milaient
de cette operation. Le cautionnement aurait t
honteux fous le regne de M. de Calonne : l'Affem-
ble national ne fouffrira pas cette operation fous
les yeux.
Un de MM. les fecrtaires fait lecture d'une let-
tre adreffe M, le prfident par M. le comte de
Saint-Prieft. Voici la fubilance de cette lettre: ", Le
roi, vivement touch de ce qui s'eft pafl Tou-
lon m'ordonne d'en inftruire l'Affemble natio-
nale. Par les lettres que j'ai reues, il parai que le
3 mai deux heures aprs midi, il s'eft form un
nombreux attroupement d'ouvriers devant l'arfenal,
don't les portes venaient d'tre fermes. L'attroupe-
ment s'eft port l'htel de la marine o loge M.
le commander, de Glandeves, qui dinait alors. Plu-
fieurs demands ont t faites, aucune n'a t re-
fife: la preiniere ayant pour objet la libert de trois
matelots dtinus prifonniers fur la frgate l'Alcefle,
M. de Glandevcs rpondit qu'il m'avait crit a ce
fujet, que j'avais donn les ordres nceffaires pour
que ces matelots fuffent mis en libert et que
leurs cartouches taient prtes. On demand enfuite
des armes et des gibernes ; il rpondi qu'il ne lou-
tait pas que la municipalit ne fit cette demand,
et il donna ordre de dlivrer des armes et des gi-
bernes. Malgr ces rponfes, on le fora de fortir
de l'htel de la marine pour aller l'htel-de-ville;
on arracha de fes bras fon frere, le chevalier de
Glandeves, qui voulut fortir avec lui. M. de Chau-
ler, qui l'accompagnait, reut trois coups de fabre
et deux coups de bayonnette ; il a t fiuv par
quelques volontaires nationaux. M. le conmindeur
de Glandeves fut infult et menac par le Peuple





il arrive enfii a l'htel--de-ville, o il trouva M. le
maire en chaperon qui venait au-devant de lui. M.
le commander de Gliandeves m'a crit qu'il a t
trs-biten trai' par la municipality, et que les offi-
ciers municipauxx, pour rtablir le calme, font obli-
gs (le lui faire beaucoup de demands, auxquelles
il lui eft impoffible de ne pas accder. On m'crit du
lcndlemain, qu'on demand de nouveau des armes,
Squoiqu'on en ait livr beaucoup 5 que M. de Glan-
deves eft encore retenu l'htel-de-ville, mais que
les officers municipaux et 'a garde national paraif-
fent fe difpofcr le reconduire chez lui. Le roi eft
doulonreufement affect des violence qui out t
commiies ; il m'a donn des ordres pour faire pour-
fuivre les coupables.
1 Dans tous les grands ports, on fait des deman-
des de mmoi nature ; ce qui eit effentiellement con-
traire l'intit public. Les emplacemens et uften
files ont t achets pour l'utilit gnrale ; ils ap-
partiennent tous les Franais ; nul particulier ne
peutis'en emparer. Deouis long-teins je cherche ta-
lirt ces principles. Plufieurs pieces de bois ont t
enleves du port de 1 oulon, la fall d'armes de
l'arfenal va tre entirement fpolie. Il imported ce-
pendant plus que jamais que la marine matrille foi
fi nceffaires la gloire du royaume et l'honneur
du pavillon franais.
M. F 'raud, dput de Toulon. Je n'ai rien oppo-
fer ce drail. Nous attendons un procs-verbalqui
doit nous tre envoy ; mais voici une lettre qui
nous eft adreffe par la municipalit.
M. de Glandeves a t accompagn chez lui avec
un baraillon de la garde national, les drapeaux,
la imuique, le cortege municipal et tous les officers
de la garde national. Le Peuple a vivement ap-
plaudi. M. de Glandeves a t attendri. Les officers
de la marine ont tmoign beaucoup de fenfibilit ;
ils ont reconduit le corps municipal l'htel-de-ville,
et l'on s'eft fpar avec les tmoignages les moins
quivoques de la plus parfaite harmonies. Tout eft
d'ins le plus grand ordre et dans le plus grand calme.
Vous recevrez inceffauirment le proces,verbal. Je de-
mande que M. le prfident fe retire vers le roi, pour
pour lui donner communication de cette lettre, et
tranquillifer S. M. Quand nous aurons le procs-
verbal, il fera remis au comit des rapports.
M. de Moncalm. La fubordination eft dtruite par-
mi les matelots ; il y a des infurrections dans tous les
ports. Vous perdrez vos agrts et vos apparaux. Les
Anglais font intreffs ce dfordre. Je penfe qu'il
faut inm, rouver la conduit du Peuple de Toulon,
et approuver celle de la municipalit.
M. Rewbell. Il eft difficile de penfer que le Peuple
n'ait pas des torts.L'opinion de M. de Moncalm fera
fan doute fuivie i mais il faut connatre plus parti-
culirement les faits ; il faut ordonner que le pro-
ces-verbal foit remis au comit des rapports, auffi-
tt qu'il fera parvenu l'Alfemble.
M. le vicomte de Rochebrune. Avant de prendre un
parti il et nceffaire de faire qutldues rflexions.
D'abord quel efitle fait ? Il eft impoffible que
l'Affemble dife qu'eile connat routes les circonf
tances du faith ; il eft impolible qu'elle dire qu'elle
ne les connat pas. Mais le dlit exifte, foit qu'il
ait t commis du propre movement du Peuple,
foit que le Peuple ait cd des impullions tran-
geres. Quel eft le faith? Un officer a t bleff, le
commandant a t enlev de fon htel. Quelle a t
la fuite du dlit ? La fpoliation de l'arfenal, des pro-
prits communes. Sans doute ce ferait lgerement
qu'on ordonnerait une peine; mais il eit nceffaire
d'arrter de, femblables dfordres. Je vous prie d'ob-
fervcr que fi vous vou!ez arriver srement la li-
bert confolider la revolution et rendre le Peu-
p e heureux par une bonne conftirution il faut
empcher les attroupemens fditieux. En confquence
je conclierai ce qu'il foit donn ce fujet les
o dres nceffaires.
On observe que le roi a donn ces ordres.
L'Affemble charge le comit des rapports de
s'inftruire de cette affaire, d'en rendre compete in-
ceifamment; elle ordonne au prfident de fe retire
divers le roi, pour donner connaiffance Sa Ma-
jeft de la lettre crite par la Municipalit de
Toulon.
Un de MM. les fecrtaires announce que M. de
Viefville des Effarts demand la permiffion de fe re-
tirer pour fe rendre dans fon dpartement, o il a
t nomm lecteur.
On demand la question pr4alable.
M. le Chapelier. Il n'y a pas lieu la quelfion
pralable. Il faut rendre un dcret qui confirm les
dcrets prcdens, et dclarer qu'aucun membre
de l'Affemble national ne peut quitter fon pofte
pour aller en occuper un autre.


541
M. Prieur. M. de Viefviile en fecant cette de-
mande voulait teinoigntr fa reconnailTance fes
concitoyens; il voulait que le vou de l'Affemble
f ft nonc, afin qu'il pt fe 'iipenfer d'ailer o
leur confiance l'appelait.
M...... L'Affemble a dfendu Ces membres de
fe trouver dans les lieux o fe tiendraient les affem-
bles primaires et celles de district ou de dparte-
ment. La demand de M. de Viefville ell contaire
cette dfenue.
M. de Menou. Je dois la vrit de dclarer que
M. de Viefville m'a communique ce macin la lettre
de Tes commettans, et m'a pri de parler centre leur
demand.
On ne dibere pas.
La fance eft leve hwures et demie.


VARI T S.
Le 7 mai 1790 entire 5 et 6 heures du foir on
a dcouvert deux fquelettes dans'le vieux Baftion.
Leur tombeau tait maonn et au ct droit de
l'un d'eux tait un boulet de 56 livres, renferm
dans la maonnerie. La terre fur laquelle ont pourri
les deux cadavres, infectait.. Ils taient placs de
maniere que la tte de l'un rpondait aux pieds de
l'autre. Douze ouvriers ont travaill une parties de
la nuit pour enlever ces fquelettes fur une planche;
enfin, on eft parvenu, vers 4 heures du martin
les retired dans la mme cafemate o l'on a vu celui
don't n .us avons dj par!.
On dit qu'il s'eft form Sai.t-Jean d'Angely en
Poitou une focit qui a pris le nom des Amis de la
oirflitution. Ces amis, don't la garden national de la
ville cont fiait fouvent le titre, ontcru dtruire toute
rivalit, en fefant affilier leur focit au club des Jaco-
bins de Paris. Le pavilion des Amis de Saint -Jean
d'Angelv tant ainfi bien affur un de leurs corref-
pondans de Paris, qui renferme, dans le fecrt de fou
coeur, fon attachment aux mauvais principles a
adreff cette nouvelle focie des Amis de la conf-
titution, tous les crits fufpects, violens, incendiai-
res qui fe fabriquaient dans la capital, et notamment
la Declaration des Capucins. La garden national
de St.-Jean d'Angly voyant que la focit rpandait
des principles fort oppofs aux terms du ferment prt
par elle de maintenir l'excution des dcrets de
'Affemble, a arrt dernirement un gros paquet
venu p.r la polte, a l'adrejfe des Amis de la Confitu-
tion. Cette parde a dclar qu'elle format vraiment
elle-mme cettefocit, et en confquence elle a ou-
vert le paquet. Aprs y avoir trouv les preuves les
plus convaincantes que les crits envoys taient du
parti de l'oppofition, elle a communique ces crits
la municipality, qui en a dreff procs-verbal, et qui'
l'a envoy l'Aflemble national.

AVIS DIVERS.
Voyage en Nublie t en Abyffnie jufqu'aux forces du
Nil. 5 vol. in-4. ; par M. James Bruce; avec cartes
et fig. A Paris, htel de Thou rue des Poitevins.
Tom. Ir', avec fig. 15 liv. 10 f.
Le got gnral qu'on a montr depuis quelques
annes pour les voyages n'a pu qu'augmenter par
les ouvrages intrellans qui on t e publis. Toutes
les Nations favantes femblent s're efforces l'envi
de parcourir les contres les plus lointaines, et de
tenter de nouvelles dcouvertes ; mais on ne peut le
nier,l'Angleterre a, en ce genre de travaux, laiff
loin d'elle tous ceux qui ont voulu l'imiter.
Tandis que les Byron, les Wallis, les Carteret
et fur-tout le clebre Cook parcouraient l'Ocan pa-
cifique, et que ce dernier, aprs avoir dcouvert un
nombre immenfe d'les et de Nations Indiennes
s'avanait intrpidement au travers des glaces et des
brouillards ternels jufques prs du Ple Sud, un
autre voyageur Anglais bravait de plus grands dan-
gers, peut-tre, pour pntrer dans la parties la plus
inacceffible de l'Afrique.
Ce voyageur elt M, le chevalier James Bruce
connu depuis long teins de tous les favans de l'Eu-
rope, et non moins recommandable par fon courage
que par tes grades connaiffances. Aprs avoir rfid
long-tems Alger, o il tait charge des affaires
d'Angleterre aprs avoir vilit toutes les ctes et
l'intrieur dela Barbarie, il s'embarqua pour la Grce,
fe renditen Egypte, remonta le Niljufqui'aux cataracts
de Nubie, revint s'embarquer fur la mer Rouge, qu'il
parcourut jufqu'au dtroit de Babel-Mandel, traverfa
l'Arabie entra en Abyffinie, dcouvrit le premier
les sources du Nil, et vifita toute cette parties de
l'Afrique.
Il ell aif d'imaginer combien, dans iunfi grand
voyage, M. Bruce a eu occasion de voir de Nations
diffrentes, don't une profonde connaiffance dans les


On s'abonne Paris, htel de, Thou, rue des Poitevins, ou au bureau des Affiches de Paris rue Neuve S. Auguflin. Le prix efl, pour
Paris de z 8 lv. pour trois mois 36 liv. pour fix mris et de 72 liv. pour l'annce ; et pour.la province de zt liv. pour trois moist 42 liv.
p~our fix mois et 84 liv. pour l'anne franc de port. L'on ne s'abonne qu'au commencement de chaque mois. On foufcrit auffi che tous
les Libnires de F;ance et les Directeurs des poles. C'ef7 M. Aubry Directeur du bureau de la Ga'ette Nationale, rue des Poitevin'
In' I8 qu'ilt fut adreffJr les lettres et l'argent franc de port. Tout ce qui concern la composition et la rdaction de cette Ga{ette,
come lives eflampes cartes rnufiiue &c. doit tre adreffj au rdacteur de cette feuille rue du Jardinet maijbo de M. Caraffe,
ace de la rue de 'L'Eperon.


langues orientales l'a mis parfaitement en tat de
peindre les mours et l'oriie. Aufi rctt ous
qui manquait l'hitoire du monde, ore ire
infiniment prcieux. ve
11 en eft une autre faite pour intreffer alem
c'et l'hiltoire rapidementi et fava ment trrac d
commerce de l'Inde depuis les 'icles e s it
reculs jufqu'a nos jours. On fera .fr-tou eon lus
voir combien les Anglais portent de inarclandifes da
Bengale dans la mer Rouge combien ils tir t
richeffes de l'Yemen, du royaume de Sennaar et de
l'ancien pays de Saba. et
Enfin, cet ouvrage, o plufieurs plants, plu.
fieurs animaux encore nouveaux pour l'iloie plNa
turelle, font dcrits et defins, et qui contie
gravures trs-belles, eft fait pour plaire touted
claffes de lecteurs.
Cette dition ef du mme format, paper et carat.
there que les trois voyages in-40 du capitaine Coo.
M. Caftera, qui nous dovons la traduction delavie
de ce celebre voyageur, en i vol. in-80, s'ef charg
de celle du voyage en Nubie et en Abyfnie. On n'a
rien pargn pour que les cartes et les planches nele
cdafient en rien celles de l'dition Anglaife l
On a fait graver les caracteres des premiers ges
du monde. Les vignettes et portraits fe trouveront
dans les volumes fuivans; enfin, cette traduction
fera une copie exacte et fidelle, tantpour ledifcours
que pour les planches, de l'dition original.
Titre de proprit de M.Panckoucke, duvayage de Nubie
et d'Abyfinie par M. le chevalier Bruce.
M. le chevalier B'uce auteur d'un voyage en
Nubie et en Abyflinie, don't le manufcrit doit former
plufieurs volumes in-4 ., avec nombre de planches
et carries, a cd comme en effet il cede M, Pan.
ckoucke ce acceptant, pour en jouir, lui et fes
ayans-caufes tous fes droits fur ledit manufcrit
pour en faire une ou plufieurs ditions en franais
en tel format qu'il jugera convenable.
JAMES BRUCE, et PANCKOUCKE.
1Regiir' la prfente cejffon fur le regiftre 23 dela
chambre royale et jfndicale des libraires et imprimpeurs d
Paris, n0 562 fol. 03 &c. Paris, l C. avril ,78g
Sign, Knapen fyndic.

T H A T R E ITALIEN.
L'auteur de Jeanne d'Arc a prvenu dansle journal
de Paris, fes fpectat:.urs qu'il avait pris au frieuxle
caractere de fon hrone. En effet, on outrage et
trs-frieux. En voici le plan abrg. Orlans eft
affig par Talbot la tte des Anglais. Dunois,
Lahire et Poton de Saintrailles, dfendent cette
ville ; ils attendent le fecours de Jeanne d'Arc. Charles
eft dans les murs d'Orlians, mais moins occupy de la
guerre, que de fon atmour pour Agns Sorel. Dunois
engage la favorite rveiller le courage du prince:
elle y parvient aifment. Il veut fe mettre la tte
des troupes, lorfqu'on apprend que Jeannea pntr6
dans Orlans, malgr l'es efforts des ennemis, et y a
fait entrer un convoi.
Au second acte un hraut vient fe plaindre dece
que la trve, accorde par Talbot, a et rompue;
c'eft Talbot lui-mme : il accufr Jeanne de cette in-
fraction ; elle parait pour s'en dfendre; elle ignorait
la trve. Elle prdit la victoire des Franais, la prife
de Talbot dans la mme journe, le couronnement
de Charles, et fa propre r-ort, don't les Anglais
auront un jour rougir. Talbot mprife fes vaines
predictions, et fe retire. Un foldat, bleff, vient
apprendre au roi qu'Agns eft au pouvoir de l'en-
nemi.
Talbot revient dans fou camp au trolieme acte;
on lui amene Agns, pour laquelle il a les gards
dus fon fexe. Mais les affigs furprennent le camp
pendant la nuit. Agns eft dlivre, et Talbot pri-
fonnier de Jeanne, ainfi qu'elle le lui avaitprdit,
C'eit ainfi que fe termine cet ouvrage qui, come
on voit, n'offre pas des situations bien nerves, ni
beaucoup d'intentions dramatiques, et qui, par con-
fquerit eft peu fufceptible d'mntr. La piece, qui
eff en vers, a t applaudie dans plutfiurs details,
quoiqu'en gnral le ftyle n'en foiP pas fort foigne.
La mtifique a paru manquer d'effet et d'originalit;
cependant il y a trois ou quatre morccaux agrables
et qui ont fait plaifir. L'auteur, qui ei jetne, merite-
des encouragement; il a befoin de s'habituer ctir
pour la fcene.
La reprfentation tait trs-nombreufe. Les amiS
de ce thtre voient avec plaifir que le public ne
l'a pas autant abandonn qu'ils l'avaient craint: Peut-
tre eft-ce l'effet des nouveaux efforts qu'oit faitsles
comdiens pour raviver leur orchefire, et oigner
toutes les parties de l'excution ? Oe ne faurait trop
les inviter a ne rien ngliger fur ce point effentiel, et
a s'en occuper fans cetHe c'efi le feul moyen de fxer
et de multiplier leurs partifans. __


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