Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Moniteur universel

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GAZETTE NATIONAL, ou LE MONITEUR UNIVERSE.


MARDI l MAI- 790.


P O LI TI Q U E, M. le prince de Hohenlohe e f all faire la vifitl
des places frontieres de la Bohme. Ily aPangratz.,
prs de Prague, un parc d'artillerie de quatre cens
T U Q U I E. pieces, que l'on diftribuera au corps de canonni, rs
qui doit fe mettre en march de Vienne pour s'y
Ls habi'ans de la garnifon de Widdin fe pr- rendre.
n il ue vigour-eufe det-enfe. On apprend par i 1 elt arriv tu courier de Ptersbourg. Les d-
le lttres de Vienne, du avril, que le con i pche.qu'il a apportes ont enlev toute efprance
iandant de crtte place turque a envoy Conffan- de paix.
tio ale dux d.puiits pour reprrenrer au divan le I1 a t enfuite tenu un confeil d'Erat aprs le-
drn gr of fCe trove la vill, fi clie n'eft pas proip- quel un courier a t expdi M, le marchal prince
telt fecoirue. Les prin-cipaux ngocians de la de Cobourg, pour lui notifier l'ordre de hter le
Srvie et de la Valachie ont a Widdin des ri- fiege de Widdipn.
clees coilrables M. le marquis de Langeron qui va Ptersbourg
p,, les dernieres lettres de Conftantinople, on 1 remplacer M. le come de Sgur, comme miniffre de
onnonce que Je divan a eu communication des pro- France, eti arrive en cette capital ; il doit y fjour-
pofitions de paix flites par les course imperales ner quelque tens.
llies.L'iimp rariice demandait, come on Vla dj i
dit, la ratification de fa fouverainert en Crimbe De Munich, le 29 avril.
,(, .....l,-. e la I Valac-h e et de la M ld,,1 1


liinep: lavll o v .It l t lit iviori t
lfcion d'Oczakow et ua ddommagementen ar- -
gnt pour la Beliurabie. De fon ctI l'Autriche
s'engage.it rendre toiits les places conquifes, '
condition que les fortifications en ferai nr rates '
etiu'on la ddommrnagerait des dpenfes de la guerre.
Ces propofitions ont donn li-eu une aflemblee
extraordinaire du divan. On y a lu une lettre du
grand-viliir il demandait'un renfo c d'hommes, une
aigmentation d'armns, et les dcifions de la Porte,
relativement a cette champagne. lo Cecit.re du ca-
binet de fa hauteffe a expof que le fiiltan avait
mtlrement examin ces propositions : que cellesde e
la Rtiie n'taient pas accep:ables, la Porte n ayant
fait la guerre que pour reconqurir la Crime ; en
forte qu'il tait impofible de parler de paix fi cet
article prliminaire n'tait pas agr. Quant la mai-
fou d'Autriche le fuilan dclare que puifque cette
poniiance avait pris part a la Fiuerre pour aider fon


Cinq piEces de canon de champagne, du plus gros
calibre, avec les munitions ncc fl'irc.s, font parties
d'Anvers, le 29 avril, pour l'arme. Ls rniagafins
et les arfenaux font remplis d'ouvriers qui tiavaillent
aux prparadfs avec une gran e ardeur.
A la fniie d'un long interrogatoire qu' fibi M. de
Fl ury, ci-devant capit.,ine au premier rgiment de
Namrur et don't il cf fort fort abattu et conftern,
cet offici.-r s'elt donn lui-mme la mort dans fa pri-
fou. Il y tait dtenu depuis la fciltion furvenue
dans l'arme au commencement d'avril. Une len-
tence des juges a conjamunn ce suicide te expof6
publiquemernt, fufpendu par les pieds, une potence.

FRAN CE.

De Paris.


DISTRICT DE SAINT-MARCEL.
On a clbr hier avec beaucoup de pompe les
obeqiies de madime la ducheff de Baviere fon M. Thcrilon, prfident, a rendu compete l'
c-rps a u t de po dPfdans le caveau des Thatins, f- femble que le mercredi 2x vers les onze heures
culture de fa malloil.
Sd du' martin, le roi et la reine tanc venus la ma-
M. le prince-vtue de Freyfing, Ratisbonne et nufacture des Gobelins, il a eu l'honneur d'tre
Berchtolfgaden eft arriv ici le 27i il y retfera juf- admis prononcer leurs majefls un difcours don't
qu'au premier mai, qu'il fe rendra Freyfing, etvoici l'extrait:
de-l Ratisbonne. Sire fi la Providence a nglig les dons de lafor-
Il a fair hier fa profeffion de foi entire les mains du tune envers les citoyens du district de Saint-Marcul,
nonce charge des informations pralables fa pr- elie leur en prodigue aujourd'hui de bien p!us etti-
conifaition dans le confiltoire : il officiera demain mables, pu;fqu'en les vifitant, vous daignez enren-
ai fervice fennel qui fe fera pour madame la dre la faible expreiflon de leur rt.fp.ct et de leur
ducheffe, dvoument pour votre perfonne facre.
*| Nos coeurs feuls pourraient vous exprimer l'ten-
M. le baron de Betfchard vient d',tre nomm con- due de notre profound respect et de notre recon-
feiller intime et rfrendaire du duch de Neubourg naifiance ; ces fentimens inaltrablcs font fondes fur
et de la principaut de Sultback. ., ,, nor n. fi.liiA ;,-;-a ell-


allie, S. H. entrerJai en conference avec elle, fi de vote vertueufe :t illufre compagne et pour
elle confentait rendre ce qu'elle a conquis et ES P A G N E. celle du june princ que note amour, autant
nelemainder aucun ddommagement. 11 parat, d'aprs que les jois, appelle pour procurer nos neveux le
la rpofe du grand-feigneur que l'avis du divan bonheur doirt vous nous faites jouir ,.
elt de pourfuivre la guerre. Les dernieres lettres de Malaga annoncent que le Le roi a rpondu avec une fmplicir touchante
vaiffeau anglais le Landre, de 5o canonss, er cinq u'i ti tolors in ffile aux marques d'affection
S UE D E. frgites, ont mis la voile de Gibraltar, et doivent d eaie toujours bein f ,nable aux marques d',feimon
relicher de fon Peuple. La rAine, t nant par les mains mon-
relcher lger. feipneur le dauphin -rt madame premiere a dit au

Des dpches adref'es par le roi au duc de momenS o nous ls foulagons nous font bien prcieux.
Sudermanie et la t.gence ayant annonc qu'il On a imprim Bruxelles la correfpondance du ci- Le roi, aprs avoir tmoign fa satisfaction des
paraiffait en mer des vaiffeaux ruffes, le duc eft devant gouverneur avec fCs agents dansle comt de Na- travaux de cette manufacture charge M. le duc de
paru anlourd'hui pour Carlfcrone, ot il prendra le a mur. Cette brochure doit avoir une' grande influence Briffac de remettre au prfident du diflrict 6000 1.
coilmandement de la flotte, et mettra en mer avec fur la revolution dans les provinces Belg'ques. Auffi opur les pauvres du fausbourg. Sa majeft a fait auffi
lesvaifleaux qui fe trouveront arms, On a fu que les patriots y comparent-ils cet ouvrage au livre diftribuer izoo liv. parmi les ouvriers de la manu-
l roi, en f rendant au quart;er-gnral de Dragon rouge de France. Il ferait plus jufte dele compare facture.
a vilit l'elc;dre lgere de Finlande et a temoigne notre Baflille dvoile. C'eft fans doute une bonne inf- M. le prfident a fait entf'te la motion de d-
fa latisfaction du bon tat dans lequel elle fe trouve. traction donner aux Peuples que de leur dvoiler puter plufieurs membres de l'affemble, l'effet de
On attend dans peu des nouve les de cette province, les abus d'une adminiiirttion ruineufe, force de leur fe concerter avec MM. les eutreprerniers de la ma-
Cepenidant I eft arrive un courier Rufle chez M. le mifere i mais l'enfeignement ef bien plus efficace nufacture des Gobelins, pour fllliciter auprs de
gnral de Meverfeld chef de l'arme Sudoife en or qu'ondvoile auxyeux d'une Nation les froides et M. d'Angivi liers l'ordre rie coifacr*er la mmoire
Finlande. On eft trs impatient de favoir le contenu tranqailles horreurs d'un gouvernement oppreflifet d'une vifite aufli honorable dans l'un des ouvrages
de les dpches, cruel. Cesleons vives et pnetrantes fe gravent dans de cette manufacture.
o'inperatrice e d rfie a accordlalibert auxdeux la mmoire des citoyens ; et ds qu'unejuffe indi- Cette motion ayant t unanimement accueillie,
Cits de Watchmei er ,ux ointerceson dve 'ar- gnation paffe en heritage des peres aux enfans, un il a t arrt qu'elle f-rait imprime, ainfi que le
.fia l d bpagne : ces deux ofRiuers avaient ere Peuple qui eft rentr dans fes droits, acquiert bien- difcours.
fits priconniers :i l'affaire d Hoogla d, en t788 ils tt les vertus qui les lui confervent.
ontob'e mu l-urlibert, en donnant leur parole d hon- On ne faith pas .exacremenrjufqu' quel point les Di/'.ours de M. le maire de Paris au roi, en lui pr-
neur de ne plus fervir dans cette guerre, et fe font Etats de Brabant favorifent les bons effects de la cor- fentant l. mdaille que la ville de Paris a faitfrapper
r'edurs au res de leur famille. refpondance, car c'eft une lecture bien inflructive 5 l'occafion defon Jfjotar dans la capital.
Le tribunal foprme de Sucede a prononc sentence mais il leur et t difficile de rprimander comme Sire, votre majefid, en entrant Paris, a dit:
cheval M. de T gerfedt lieutena t-colonel t une licence la publication de ce recueil. Ils efpe- J'y ferai dformais ma dcmeure habitudle. La ville de
heavier ae l'ord.e de l eoee, qui fut fat prison rent fans doute qu'on a moins crain:re les cits ars a fa graver r e roze ces paroles ui ont
rer avec les PLff Parkunaaki et qui feivair les ' q Paris a fait graver fut le bronze ces paroles qui font
eiravec les Riffs a Parkumaki et qui erivait ls qui foutiennent un drfir vague de libert, que les dans le cour de tous nos concitoyens.
mis commne efpioni. La ftnence l'a condamn ouvrages don't le but eft d'enfeigner les moyens de
voir la pteet le bras droit coups j cependant le l'obtenir. Quoi qu'il en foit, les lettres que forment Difcours la reine et monfeignecr le dauphin, en
onela pas encocore confirme. la correfpondance lont du baron de Bleckem, du leur pifentant la mme mdaille.
vicomte des Androuins, de M. Staffart, &c. Madame, les paroles prciiures graves fur cette
A L L E M A G N E. Dans l'une, date du 7 octobre 1i789 : Il ferait mdaille, font une promeffe que le roi a faite pour
Sfouhaiter, dit M. de Bleckem, qu'on puilfe fairer v e neineur le
De Vienne, le .4 avril. dguerpir ces diffrentes bandes de patriots de nos i pouvotremeffe d et p qu e vous embel-
frontieres, et les rechaffer dans le pays. Je dlire- phin. a capitle t le du Perque fvo d'y e l-
Pliouvelle de la reddition d'Orfo wa tait dj rais bien, votre excellence, d'en avoir la commif- lirez la capi ale voes y accomdu P eze eouours.
puieie. ,a court a annonc le 2i de ce mois la fion; je ne demanderais pour cela que deux divisions rt vousn roimoeicneur,s infruitgar rl'xemple de
prife e cette place par le bulletin official fuivant : d'infanterie, deux cents dragons choiis, et deux la ree noeineur o amez cmme
La au n aynt vu les clf pitosno nfine ur pal'me de
S'ierrfc 'ai ennemie aat vu les di'poirio s pieces de canon.... Il faudraitr aufli office du pr- ro, rei vous s prefcrireu de a uivre es
feles te fairaient nos trovipes par l'attaque, pro- vot de l'htel et le bourreau, pour faire pendre die nt se ous oimerez o s prefirire des p rome f es
pol ,le 1 avril une capitulation qui fut figiie le f'ite tout ce qui ferait pris les arms a la main. Je traces, et vous aimerez repair s prove .
161 I1 '-- --'''*-- -
16 elle ac-orde a I garnifon une efcorte pour fe pourrais commencer ma tourne p'r HIuv, l'ongres,
irertibrment Widdin Le roi volant donner Ha-Iff-lt,Beringhen, Geel, TurnhoutetH-oogflraeten, La fdration des gardens national s de plufieurs
:Ie marqu4 de fa fatisfai tion c.,ux qui ont le plus et puis retourner fur m s pas. dipartemens, a e lu e, fuivant l'intention du roi,
:Ontibue cetteimiportanteconqute, pourl'ouver- Cet officer, dens une autre letire au mme gn- Metz, le 4 de ce mois. M. de Bouill-e avait fa r,
re de cam agn.: procliaine, a accord la rroix d ral s'exprime -peu-p s dans les mmes terms : pour les recevoir, des difpofitions que fa mnajelf a
.odre deMari-T'hrefe iM. le lieutenant-feld-ma- Je ne doute pas, dit il, qu' l'approche des trou- approtves, par une lettre de fa main a ce general.
dclaIt comte de Warteniflbed, et la petite croix du pes que votre excellence enverra dans la Campine, En confquence, les gardes nationals, au nombre
nCtc Odre M. le colonel come de Anefper. que les hordes patriotiques fe difperferont comm oo000 homes, fe font ruinis au Polygone. Des
IM. les Imajors Mahorar et Claiuvet' l capirtine une compagnie de perdrt aux. S'il y en a dix quinze dtachemens de tous les regimens de la garnifon,
ts; les fous-lieurenanus Geyer, Baer etJeurchich, mille je voudrais bien tre charge avec d.ux di- avec leurs drapeaux et tendards, out affiff la ce-
i qe l'e cnfigne Sakovch nt ts t avncs viflons d'infanterie une division de dragons, et rmonie. I'artileriea fait p ufieurs falves, nomme-
u nI grade. En ot re, tous les officers qui ont aflifl u deux pieces de canon de leur donner la chaffe, rent linflant du ferment civique. M. de Bouill
bocus d'Oro0 peandantl'hIiver, ontrcu un mois ne doutant pas que, puiifque dix-fept mille hoimms avec fon tat-major, a paff devant la line de la
e gs au-dell des fn es iceffaires pour hleurs outi batter pres de cent mille Turcs, q.,e mille humnmes garden ationale, et ya ete r-eu avec la plus grande
qi ''tes. Tusles has-officiers ont t gratifiescha- ba.ttront bien quinze mille patriots, Cetre lettre cordialit. Meffieurs, a-t-il dit aux offi,;rs munici-
'Un ducat et d'un mois de gages, e l du 17 octobre. cipaux., on a cherch lever des doutes fur lh


N 1 '.


r~-"-ulrnumliuurniuni~;Cunai^rnur-inurr.


C
C

t













picltal.iln de tV,.ol Terimnt jE viens le renouveleri
ni,. (On lui a-rpondu pai des cris de vive M. de
l'i,,f7/ Ce gnral ne voulanit pas qu'il rettt aucun
Ita,: Ci" i,'o icinnmitce avec les citoy~rns de Mutz,
a. termin une querelle qui exiltait entire eux .t la
garnifon fitr la comdi. en s'y rendait ie foir. 11
y a cie recu avec les plus vifs applaudiffemens. La
gardo national et l. garoifon fe font donns des
'tmoiogages de la plus touchante fraternity et le
iplhs grand ordre a rgn Metz das cette journe.
Le commandement des troupes en Ftanche-Comt
a t donn M. de 'Toulogong frere d'un des
iimeilleurs patriots de i' Aflemble national. M. de
Sa.rlibouz, ancient lieutenant-colonel, et coinman-
dant lin corjs de guard s nationales dans la pro-
vince el: enmploy Valenciennes. On envoie a
Lille M. du. Portal, ma irchal-de-camp et ofiicitr-
gnral da:is l'arme du general Washington. Ces
choix font de nouveau tcmnoignages d l'arrachement
dui roi aux principles de la conlitution.
M. d- Ternant a t charge par le roi, confor-
imiimieiit aux dcrets d3 l'Afieminle national de
traiictr avec les princes d'Alleimag V, relaciveittir
leurs..poffeffions tn Aliace.
De nmes, I. 3 mai.
On avait annonc depuis quelques jours dans cette
ville, que pl:.iieurs compagniis, compofes en en
tirr de c.itioliques dvai;nt a'bor.r la cocarde
blanche ; que ques-uns de ces lgionnairs l'avaient
i;p prife. La municipalit, qui aurait dd prvenir
cr. dfordre, a frm les yeux fur les malheursqui
C. prparaint. Avant-hier mime, plufieurs c mpa-
g lies, don't les nmenbres portaient des cocardes blan-
ches, font allies planto.r un mai devant la porte du
rmaire qui les a parfaitement bien reus. Ceoen-
dantles ioldats de Guyenne voyaient avec indignation
le mpris que quelques lgionnaires ti.moignaient
pour la cocarde national.
Hie; imai fur les cinq heures' du foir,
tandis qu'il fe promenait beaucoup de monde
for le course, 7 8 foldats de Guyenne arra-
cherent la cocarde blanche quelques particu-
liers i mais des journaliers s'attrouperent et leur
lancerent des pierres. Les foidats fondirent fur eux
coups de fabre. Chacun s'arma de fon ct, et
des lgionnaires patriots foutinrent les foldats qui
utaien. en petit nombre l'affaire fut vive fans tre
imewitrier'e il y a eu, de parf. et d'autre, 7 8
pe, lbiioes bi'. fies.
Les officiers retenaient et, fefaient rentrer dans le
quarter tous !es foldats qu'ils rencontraient i enfil,
on donna l'veil aux officers municipe:ux, qui fe
iuirent dlibrer s'il fallait defendre de porter la
cocarde blanche. lis fe rendirent fur le champ fur
le course ; et la nuit tant furvenue le trouble
cela.
Cette nuit, il n'y a point eu de movement
mais une companies de la Croix fe permit de faire'
la p.irrot)ille plans tre commande. Le regimenr et
..ii .1- anux cafernes. La mu icipalit prend les d-
pofiiions des journaliers agretieuis. Les capitaines
des companies de la Croix acheient les armes qui
four chez Ls armuriers. Du riefl, on vienr de dire
quii 'es olfi.irs municipaux vont publier une pro-
clamation pour dfendre de porter des cocardes blan-
ches; ils auraient d y longer plus tt,

De Sern le 28 avril.

M. le cardinal de Lomnie, archevque de Sens,
seft prfente la municipality de cette ville pour y
prtcer le ferment civique, qu'il a accompagn du
difcours luivant :
Je viens, Mefileurs, terminer avec vous ma car-
riere, et vous confacrer, s'il m'eit permits, le peu de
jotis qui me relent parcourir.
Etranger dformais aux affairs publiques, je ne
le ferai jamais vos intrts et tout ce qui poutra
contribuer votre bonheur, fera l'objet perptuel
de mes foins.
Lc principle du bonheur eft la paix et la tran-
quillit.
La revolution qui vient de s'oprer en France a
d amener des troubles et des diffenfions ; cette ville
a et heureuleiment prferve des malheurs qui en
font la foite par la douceur et la moderation de Tes
habitans, par la fageffe de fes officers municipaux ,
et particuliremeint encore par le zele de celui que la
reconiinaifface publique a mis l-ur tte (1), ma's
il vi teins que le calime tuccedeentireimenit l'orage ,
et que le nom mme de part foit effac parmi nous.
Ceux qui ont fouffert do vent fe dire que la paix
vaut mieux encore que ce qu'ils pcuvent avoir perdu.
Ceux qui ont obtenu des advantages doivent penfer
que la paix feule peut les leur garantir.
.a paix cfi donc le befoin de tous ; et qui con-
vient il mi.ux qiu'i un nminifre de la religion d'en
rappellcr la .:. i;o.: ? Mais l'exhortation je dois
joindre 'c xeimpil, 1t c 'et pour cela qu. je viens pro-
noncer, ai miuilit u de vous, ce ierment civique don't
la fid'elle obfrvatrion peiit amener cette paix fi defi-
rable et r:niire r la France fa tranquillite.
Oui : je jw.e da"cre fi 'le a' la Nation, a a loi et
aui roi, ce de ni cinltnir de rout mon pouvoir lai conjfi-


(r) M. le marquis de Chambonas, maire.


ttiozot dcrte par l'AJf]mble n,uionale et accepted par
le rui.
Et ne croyez pas, Meilleurs, d'aprs de fauffes
imiprAflions qu'on aurait pu vous donner -for mes
principles qu'ils foient en contradiction avec cet en-
gagement.
Avant que les E.tts-Gntaux euffent repris l'en-
tier exercise du pouvou r lgislatif; avant mme qu'ils
fuffent aflembles ; lorfque l'infurrection n'tait
pas devenu- alfez gnrale pour tre prfine le
voeu de la Nation ; lorfque la feule autorit recon-
nue n'ob-enait l'obiifince qe par la force, j'ai pu
croire qu'il tait permits un miniltre de chercher
les moyens de la maintenir. Et fi un tel deffein pou-
vait paratre une erreur, fous quel roi u moins cette
errutr etait-elle plus excufable ? Quel roi fut moins
jaloux de bn pouvtoir et plus loign d'en abifer?
Mainiienant que les principaux points de la conf-
titui on font dterminds; maint-iem.tn que dcr.ts par
i'Afemble national, ils ont er accepts par le
roi, quelle .iiii,...i t: pourrait avoir s'y foumettre
celui tous le mminiere duqiiel les droits de laNation
on i. contamimnit rappels ; la nceflit de fon
contentement aux imp6ts folennellement reconnue ;
l'on nom mme, ce nomi fi impolait et fi facr, pro-
nonc tant de fois, et peut-tre pour la premiere ,
par le government i
Non, fMafineurs, mes principles n'ont iamais vari.
Le mainticn de l'ordre, la foumiffion la puiffance
publique, la paix et la tranquillity ont toujours t
et front toujours l'objet de mes vcux.
Jaloux de m.riter et d'obtenir votre confiance ,j'ai
cru devoir ajouter cette court explication au ferment
que je viens de prononcer. Un jour d'autres details
honoreront ma mmoire i ni jour, on connatra ce
que'j'ai vou'u, et ce que je n'ai pu fire, mes projects
et mes intentions. Mais je croisdevoir encore garder
le filence : il eft des moments o il ne me femble per-
mis de parler de foi qu autant qu'on veut encore
prendre part aux affaires publiques.
D'ailliurs j'ai cette confiancel, que lorfque vous
cornnaitrez votre pafleur, vous ne tarderez pas juger
qu'il n'a pu. ceffer un infant d'tre digne del 'efline
publique. Puiffe-t-il l'tre bientt de votre affection
et de votre amour.


ADMINISTRATION.

Proclamation du roi, du premier avril, fur le d-
cret de l'Affemble national du -2 mars 1790 con-
cernant le pavement des appointemens des officers
en activity des tcs-rnajors des places de guerre.
Idem, du il avril 1790 concernant la confection
des rles de fupplmeintdes fix derniers mois de 1789,
fur les ci-devant privilgis de la ville de Paris.
Idem, du z2 avril, fur les dcrets de l'Aflemble
national diu 27 mars 1790, qui ordonne que la ville
ec le port de l'Orient rentreront, quant aux droits
de traites, au mme tat of ils taient avant l'arrt
du 14 m'ai 1784.

Sur des letrres-patentes fur dcret de l'Afemlie natio-
nale, concernant la divi/ionr du royaume.

Dpartement des Vofges. Les lecteurs de ce dpar-
tement s'affemb'eront Epinal. Ils dlibreront fur
la division des tabliffemens principaux de ce dpar-
tement entire Mirecourt et Epinal; et celle des deux
villes qui aura obtenu l'A(femble de dpartement ,
ne pourra prtendre au tribunal de diflrict.. Ce d-
partement efi divif en neufdiitricts, don't les chefs-
lieux font : Epinal, Mirecourt, Saint-Di, Ram-
bervillers, Remiremont, Bruyeres Darney, Neuf-
Chteau la Marche.


DISTRICTS DE PARIS.

Le district des Jacobins Saint-Honor, bien con-
vaincu que tout pouvoir mane du Peuple, que la
fouverainet rtfide en lui, et qu'elle eit inalienable,
n'ignore pas qu'il ne peut et ne doit exercer ce
pouvoir dans un Empire aufli tendu que l'Empire
franais que par fes dputs libremenc lus 5 il fait
que la place publique perdit Rome et Athnes et
qiu'un grand Peuple qui veut admiiftrer et fire des
lois par lui-mnme fe jette dans le dfordre et du
dfordre il tombe dans le defpotifme.
Cette grande vrit, confirme par l'ex-ri nce
de tous les fiecles, a toujours occupy fa petr fe ,
et l'a port fe repofer tranquilleiment fi:r fes d-
puts L.i commune par l'adminriflration de la ville,
et fiur la fageffr et les luminres de tes d'puts
l'Affemble nation'tide pour la conflitutioul et les
lois de cet empire.
Les ordres de la commune, dans cette grande et
heureufe revolution ont t les fculs obj'.ts de ron
adinin ftiation ; c ;'f: fois fon autorit qu'il a veill,
dans fon arrondiffement, la ifreit et c la tran
qui lit publiques ; la surveillance fuir l'une et fuir
l'autre pouvait feule donner fes reprrenrans
l'Afnemble narianale les moyens de travailler effi
cacement une rgnration qui fait l'objet des
vux et du bonheur de cette Nation.
Le diPrict, plein du faint amour de la liberty,
et bien perfuad qu'on n'en peut jouir que par une


obliffance refpectueufe aux lois, a commenc pro
fflfer hLutement que le citoyen in'tait que l'homme
qui n'obifait qu'aux lois, et qui ne payait qe les
imports qu'il avait conlentis par fes reprfentans libre-
ment elus : ces fentimens ont t fon guide;il a
jui d'y tre fide.e ; fon intrt et fon bonhur font
les garans de fon ferment.
Au milieu des jouiflnces de fa libertles cr
de l'indigence et du befoin fe font faits entendr
fou coeur comptiffanti il s'elt emprele de enir
au fecours de les pauvresf il a ouvert une fouf.
cription que la charity et le patriotilme de la plu-
part de fes concitoyens ont remplie avec un zele
qui honore lur humanity. Les pauvres au nombre
de plus de feize cents, ont t foulag Sa cha.
rite ne fe rfroidit point, ils le front encore. il
leur faic diftribuer du riz cuit deux fois par ie
iaine, Et du pain une fois. La bienfefance du meil.
leur des rois li fournit tout le riz qu'il dlivre
chaque pauvre, chaque diflribution de riz irefoi
une portion du poids de deux lives, et heoit
diftlrbution de pain, il en reoit deux lives ue
Le nombre des portions de riz et de pain,
dift' ibues (1i) jufpu' ce jour, s'leve plusde
foixante mille.
Le diflrict n'a pas born fa charit la difiri
bution du riz cuit et du pain; il a jet des yeix
d'une tendre compaflion fur les pauvres femmes e l
couche, ou qui avaient accouch depuis le mois
d'octobre derniLr il a fait diftribuer chacune
d'elles douze ivres une fois payes, pour fatisfaire
aux befoins que leur tat demand. Il aurit voulu
porter plus loin !es actes de fa bienfefance l fes
faibles moyens l'ont arrt: il efpere que fes con-
citoyens qui n'ont pas foufcrit, enverront M. Def-
prez, comniiflaire-trforier des pauvres, place Ven-
dme n z3 ce que leur charity voudra bien
fitiritier au foulagement des pauvres.

COURT DU CHATELETDE PARIS.
Permettez- nous, Monieur de vous observer
qu'on vous a mal rendu compte des difpofitions du
iugement que nous avons obtenu l'audience du
Chtelet, le 30 avril dernier. On vous a mmein-
duit en erreur fur le nom de notre dfenfeur qui
n'tait pas M. de Bonnieres mais M. Defeze,
Voici le jugement tel qu'il a t rendu littra-
lement.
Il eft bien fatisfefint pour nous de pouvoir re-
marquer que ce jugement a t vivement applaudi
par le public, et qu' la Bourfe les actions des eaux
ont augment de So liv. au moment o la nouvelle
y eft parvenue.
Pour MM. Perrier freres, MORLET.
Prononc de la sentence rendue au Chltelet de Paris,
le o3 avril I790.
Nous recevons la parties de Bonnieres, parie in-
tervenante et cdll, de Lamalle, oppofinte 'ex-
.ution de notre sentence du 1o juillet dernier,
fefant droit au principal, condamnons les parties de
Lamalle s noms qu'elles precedent, paver, ds
i pr fent, aux parties de Defeze, les annes de
traitement dus et chus, ensemble celles cheoir
l'avenir, aux rermes de l'arrtcle XXVIII du traits
de focit, paff le z8 aot 1778, lequel fera ex-
cut cet gard fuivanr fa forme et teneur, et
ce avec 'es intrts, computer du jour de la de-
mande avec dpens cet gard, aux offres que
font les parties de Defeze de continue leurs foins
ladite entreprife, aux terms *uJit trait ; dedla-
rons nul le procs-verbal du mois de juin 1788; et
attend l'expulfion illgale des parties de )elze des
lieux don't il s'agit, condamnons les parties de de
Lamalle personnel ement aux doiimaees-iiin'rts i
donner par tat, avec dpens cet hardv avant fire
droit fur la demand des parties de Defeze en ref-
titution de la valeur de 300 actions don't il s'iS';
difons que la ville de Pa. is fera mife en caufe, '.i
de s'expliquer fuir le trait paff avec eli le a vril
1788. Comme auffi tenus les ad&ciinifrareiir de con-
voquer, au jour le plus prochain, fuivant 1' i,' .hJ'.i- i
de la focit, une afinibl .e gnrale de tous lesac-
tionnaires, laquelle MM. Perrier auront le droit
d'anfiter, pour dlibrer tant fur ledit objet que fur
le cong don.; par les adminiftrateurs aux parties de
l)efeze c t ju fqu' ce, furlis ftatuer fur Ja demand
en validit de congi condamnons les parties de
Defeze rendre compete dans un mois, aux arties
de de Lamal e, s noms qu'elles prpcdent, a l'iai",
ble fi faire fe peut, finon ein iufice p3aedevant ie
commiffaire Dorival, qu' ce faire commettous, des
rommes qu'elles ont touches pour l'adminifratio1 ,
enrimble l'emploi deldites fommes, cdans lealel
compete nous les autorifons employer le montant
de, fournitures par elles faites la companies de-
puis le ro avril 1788 fuivant l'tat qu'elles en pr-
'enteront, pour tre ledit tat accord ou contcfl6
par les parties de de Lamalle ; le furplus des dpias,
ainfi qule la demande en dommages et intrts,for,
me par les parties de de Lamalle rferv : et ira
notr prfente sentence imprime et affiche sU
nonibre de 50 exemplaires, aux frais des parties
de Lamalle perfonncllement.


(i) Depuis le mois de janvier dernier.














LIVES NOUVEAUX.

plan de finance et liquidation gnrale des dettes
le lNation cotenant :
i. Des principles geneaux d"adninuifration des
o) DCs rflexions fur la fuppreffion et le rempla-
nt s ili. ts actuellewment exiltns.
Une dil .cton f'r l'avantage et le deavantage de.
bi:lets d'Etint, et I'ulae qu'on i-n peut fire.
4 Les moyens 'uii er avec modration des biens
du c erg.
1. Un rfum de liquidation total des dettes.en
ctalital et intr.
6'. Ui proet dle dcret fir divers points.
prP.J. Mlfange, procureur ai Chtelet. A Paris,
ctli WM. le Boucher, libraire du Chtelet, au coin des
rues du,' March Palu et de la Calandre, vis--vis
lle de la Juiverie i et chez les marchands de nou-
veautrls.

AR1 T S.
G R A VURE S.

Portrait de M. le come de Mirabeau dput
d'Aixen Provence; par M. Carpentier. A Paris, chez
fauteur, rue Bourg-l'Abb n. 5. Prix Z4 f.
M. D:livier, qui a donn au public, l'inne der-
niere, les mdailles de M. N.cker et de M. B illy,
anaonce qu'i a termin celle de M. le marquis
de la Fayette, et qu'i. a l'honneur d'en fire prlent
ala ga de national.
Il fera libre chacun d'en venir demander la
monnaie des mdailles, o l'on ne recevra que le
prix de la fabrication : celles de bronze reviennent
34o fols, celles d'arge.nt environ o1 liv, et c2lles
d'or environ zoo liv. On ne trouvera de ces
dernieres qu'en les commandant.


MLANGE S.

Lettre au rdacteur, fur l'opra d'Antigone.

Le plaifir de critiquer Monfieur nous te fou-
vent celui d'tre vivement touchs de trs-belles
chors : c'f'et f lfet que les paroles d'Antigone ont
product par rapport a la mufique de M. Zingarelli.
Quoiqu'. n reconniaiife qu'avec un m eilleur pome il
eit pu ionner un excellent ouvrage on ne lui a
pas rendu toute la justice qu'il mrite et on a
foiivent confondu le muficien avec le pote. Des
amateurs ont critiqu la imuiique d'Antigone ; per
mettez,Monfieur un home tie l'art, de cher-
cher l'apprcier.
On a rapproch, M. Z'ngarelli d'avoir commenc
foni overture par un morceau de chant doux, tendre
et agrable. M ls une overture ne doit-eile pas tre
pour ainfi dire l'ava, t-propos et la prface de l'opera ?
Ce chant, par Ton caractere, exprime trs-bien les
feinim .nis d'Aiit gone fa pit fraternelle, fon amour
pour HI-emoii. D.iis ce mme morceau l c compoliteur
a employ, avec bearnc ,up de gotc, I s fltes qui ,
chez les anciens, accompagnaient les plaintes fu-
nebres. L'immortel Gluck commence l'ouverture
d'lhignie en Aulide par un menuet chantant, et
la finit par une temp&e. Le pdantifme des egles
arbitraires .11 une forte de defpotifme auquel le genie
tefife de fe fouinettre.
S'il y a tn dfaiut dans la mufique qui fuit le ballet
du premier acte c'elt le choix dis tons. Le morceau
d'en[enblc eft travaill avec beaucoup d'art, bien
tonduit, et peur-tre trop dlicat pour des ortilles
que le bruit n'effiai. pas. L'air mes efforts cil
hl'une beait acheve et pour le fnitiment et pour
l'exprefiion; celiii que cha .te 1',nenc, tfl d'un chant
m'lodieux,d' iin ryle' simple et naiff l'air d'Antigone
.lui terrine le premier acte, efl dftplus grand ffet :
il fiiRirlait fr;l pour prouver que M. Zingarelli a le
talea.t de rendre les grades paffions avec autant de
chiaeur que d'nergie.
Le second acte conmmenait par une fcene que le
coinpofiteur a retranche parce qu'elle contenait de
trop longs dveloppemSns. Ce second acte ne laiffe
d'ailleurs rien dtfirer. L'air lels! exprime la doiu-
leur d'une ame vertueufe ; le morceau d'en'emble,
avec le choeur, eft parf'itement thitral. Je ne crains
Pas de le dire, le Tlhrre-Lyr que-Franais n'eut
pimais un plus beau trio que celui de ce record
acte: Non, je ne puis fouffir ces f;inJt 's adieux. Oin
en a fenti le mrite, malgr la faiblelfe de l'ex-
cutioni.
Dans le troifieme acte, le monologue de Cronl,
l'air d'Ifmene le duo entire le pere et le fils la
avatiric d'Antigone et le choeur qui le termine,
fo"t des imorceax plein s d'exprellions et de mrite.
Les airs de, ballets, furtout ceux du dernier acte,
Olt paru agrabl-s, riches et varis. A la demand
ui compofiteur des ballets, M. Zingarelli a parodi
tianir tres-connuu d HIaydn et c'el, ce qui lui a fait
.ep>ronchr des rminifcences par des perfonnes qtui
Iguorent qu'il eft plus difIicile de parodier ainfi que
d'n"vent.r,


5 29
Si l'on confidere que le pome d'Antigone n'eft
qu'une longue et triite lig:e fins mouiivrment et
lns paffion, loin d'.iccuiltr le compofiteur de mono-
tonle, on le louo ra d'avoir vari, par l'expreHion ,
l'uiiformie des fn rmens. xAu relte ct opra
comipole depuis plus de deux ans la follicitario.
de madame de Sainu-HIuberti, auraiit cu fius doute
un plus heureux fiucc s, fi cette actrice clcbie et
pu rendre !e rle d'Antigone. Tel qu'il a t donn
la deuxieme rep-fentation il fera entendu avec
plaifir par les vrais amateurs i ils y reccnnaitront un
grand mat e, qui fait plaire et attached, fans cher-
cher le bruit et les faux orneimns.
L'opra de Pharamond, fujet national, auffi va:i
qu'in'relfant, don't la mufique eft(acheve, promet
M. Zingarel;i up triomphe affir, et le placera
parmi les grands matres qui ont honor le Thitre-
Lyrique-Franais. T**.



ASSEMB LEE NeTIONALE.

Prfidence de M. Tihoiret.

STANCE DU LUNDI 10 MAI.

M. Thouret tait hier abfent; il efl aujourd'hui
inftall la prfidence.
L'Affembie vote des remercmens M. l'abb
Gouttes,
Les difcours d'ufuage font prononcs.
L'Affembleordonne que celui de M. l'abb uttr '
fera imprim fiparment du procs-verbal. Ile t ainfi
Co.L:
ce Trop faible pour foutenir le fardeau'qui m'avait
t impof, j'avoue que ce n'eft qu' vos bonts et
vorre indulgence que je dois le peu de fuccs q.e
je puis avoir eu dins la place minente laquell,
v! .s m'aviez lev; vous aviez voulu Mellieurs,
honorer en moi la religion don't je fuis le ininiHre,
er dtruire, par votre choix, les mauvaifes impref-
fions que les michans jetaient contre vv'us dans le
public en vous accufant de vouloir l'anantir, dans
le teams o vouscomblii z d'honneurs es minitfic-s pr-
cieux, jadis fi mprifs, et o vous vous occupiez
kur procurer tous l'honnte fubfiftance don't ils
avaient t fi long-tens privs :ils ont vroulu fire
croire au Peuple que dpouiller des miniffres trop
riches des biens qu'ils poffdaient ,et don't la plu-
part fa; faient un fi mauvais ulage, c'tait attaquer la
religion. La motion de dom Gerle n'a t que le pr-
texte don't ils fe font f.rvis pour cela, come fi la
religion ne s'tait pas tablie fans le fecours des
richeffes, come s'il tait au pouvoir dis hommes
de dtruire et de faire perdre cttte religion faince ,
qui s'eft leve la fuprme grandeur malgre les
oppofitions des homes et leurs paflions; que dis-je?
malgr les efforts de l'enfer irrit: comme fi la puret
de fa morale et les vertus de fes minfihres n' talent
pas les feuls moyens que Dieu a employ pour l'ta-
blir, et les feuls capable de la fair refpecter et
d'tendre fon triomphe fur route la terre.
Vos vues, Meflieurs, ont t replies en parties ;
d flrentes lettres que j'ai reues de plufieurs provinces
en font la preuve. Dieu veuille que vos intentions
bien connues produifent pa-tout le mme effet, rta-
bliilent le came et la tranquillit fi nceffaires au
bien public, et qu'on n'interrompe point vos glo-
rieux travaux.,,
On met la difcuffion les articles du premier
chapitre du rgleme;nt lu hier au nom du comiet
charge dei l'alination des biens don~niaux et
eccleiafriques..
L'article premier eft dcrt fans difcuffion en
ces terms :
Art. I". Les mulicipalitSs qui voudront acqurir
front tenues d'adreffer leurs demands au comit
tabli par l'Aifem-ble national pour l'alination des
biens domaniaux et ecclfiafliques i ces demands fe-
ront faites en vertu d'une dlibration du confdil-
g4nral de la commune.
M. Regnaud prente un article additionnel qui
forme l'article 11, et qui eft dcrt come il
fruit :
Art. II. Les particuliers oui voud:ont acqurir
directement des biens domaniauxx ou ecclfia!iques
pourront fire leurs offres au ce. m;t cha g d I alie-
na ion de ces biens. Le comit fera paf' r ces offres
aux corps adminiftra ifs diu lieu o ces bien, font fi
tus, pour s'affurer de leur vritable valeur t les
mettre enfluit en vente aux conditions qui teront
dcrtes par l'Affemble national.
L'article II, qui aevient l'artic'e III,prouve quel
ques amendemens ; voici la forme dans laquelle il ell
adopt :
III. Le prix capital des objets ports dans les
demands fera fixe d'aprs le revenue net, effectif
ou arbitr, mais des deniers differences, felon 1', f
piece des biensactuellement en vwnte, qui a cet effect
four rangs en quatre clalfe :


Premiere clalte. Les biens ruraux confiftnt en
terres labourables prs vigne,, paris, ,iarais la-
lans et bois attachs aux ferm-s et mtairies, ou
leur expliitatio.i, et les birtiiimes et autres objets.
Second claffe. [Les rentes er pr fat ions en nature,
de tout efpece, et les.droits ca!tils et racherables
en mrene tr-ins.
Troifieme clatfe. Los rents et preflations en ar-
gent et .les droits cafuuls fur les b;ens par lefquels
ces renres :t preltations font dues.
Tou es les autres efpeces de biens formeront la
quatrieime claf.lL.
Elxcept les forts f(r la vet te dcfquiill :s l'Affen-
ble fe reerve de flatuer par un regiemti nt parti-,
culier.
L'article IV parte, entire autres difpolitions, que
l'eftimation des trois premieres claff:.s de biens fera'
fixe d'aprs les baux ferme exiltans palles ou
reconnus pardevanc notaire, ou d'aprs un rapport
d'expert d.-faut de bail de cette nat .re, dduction
faite de toutes charges et impofitio s foncieres.
M. Regnault. Je crois qu'il y aurait une manicre
plus conven.able de fire cette effimation. Les bikns
('ont afferms en im:-n:e; une ventilari'on fera ncef-
faire pour apprcier fparm :nt les objets des diff-
rentes claffes, puipque vous prenez des bafesdiff-
rentes pour diterminetr 'prix capital affect cha-
cunes. Une .efiim ition gnrale et abfolue par expect
ne coterait pas dava,:tage. Un autre vice, qui me
parat galument effentiel eft applicable plulteurs
articles. Ne vous f mblerait-il pas conve.-nble de
divider les d:ffrens iens par pctitrs porrions ifo-
les, compof. csde vigr.s, de press, de terres labouw
rables, 'de bois et le.ievances ? Ainfi, le citoyen
pei riche pourrait devenir poffeffeur d'une proprit
qu'il f.r it valoir, et qui, par la varit de fa nature
lui deviendiaic infiniment prcieufe.
M. G:-pi'i)iau. Le comit ne faith point enter dans
le mode d'eftiniation qu'il propose la valeur des re-
devances don't le fond tait ci-devan; charge, et qui
front raclrtes par :. Nat on'.'Un domaine amodic
4000 lives, mais tupportant 1000 lives de charges
ou redevances, doit rre auginent en capital de
o,ooo0 lives. Je propofe cet ameid, ment que dans
le cas o la Nation le chargerait du rachat des re-
dev'ances, preftitions, &c., le prix dece rachat foit
compris dans l'elumation.
M. de Deley, d'Agier. Si vous adoptiez la proposition
de M. Rgnaid vous feriez oblig de couvrir la
France d'.xperts, don't les opra;ions tant payes
fort cher, feraient probablement trs-lungues. Les
baux terme offre't une bafe qui n'eft point arbi-
traire et qui, fujerte moins de dpefes et de
lenteur eft plus fra pour les intrts natio aux.
La division que le mme opinant a demand cft ma-
triellement iripraticable. Une des vues de votre
comit a t ie multiplier le plus poffible le
propritaires mais cet objet fera galement rempli J
fi vous engage'z ls municipalits revendre par
petites parties les biens qu'elles auront achets en
maffei. L'amendement propof par M. Goupillau en-
trera dans un article particulier.
L'Alfemble dlibere, et dcide que l'eflimation
fera faite d'aprs le prix des baux.
Plufie.rs amendments font propof s et adopts,
et la totalit de l'aiticle fe trove rdige en ces
terms.
Art. IV. L'elinmation du revenue des trois pre-
mirces clfl'es de biens fera fixe d'aprs les baux
ferme exiflans palifs ou reconnus ; ardevant no-
taires et obutcnus par dclara ion affirmnieitre faite
par le fermier devant le directiir. du dithict ou
d'aprsL un rapport d'expert dfaut de bail de cette
nature, ,ideduction fuite d: route charge et impo-
itrions lilles acquitte' par le propritaire, le tout
fous l'inf.ection du directoire Lu diftr.ct.
Les muinicipalits front obliges d'offrir pour prix
capital des biens des trois premirrs claffes don't elles
voudront fair l'acquifition un certain nombre de
fois le revenue net, d'aprs les pr -portion' fuivantes:
pour les biens de ia pr, miere clafle, z2 fois le re-
v.nu net ; po:Cr ceux de la deuxieme clirffe, 2o fois;
pour ceux de la troifi nme, ir ois.
I e prix des biens de la quatrieme claffe fera fix
d'aprs une ellimation.
Voici comment eft conu l'article V prfent par
le comit.
Art. V. Au moment de la vente aux munii ipa-
lits elles dnoferont dans la caiffe de l'xtraor-
dinaire, coi marrence des trois-qua es du prix ca-.-
pital fix et convenu, qu.nze obligations payables
d'anne en anne.
Elles pourrcnt rapprocher le terme defdirs paie-
mens mais elles front tenues d'acquitter unt obli-
gation chaque anne et de fournir ces fdretes pour le
pavement des fept premieres.
M. Ption de 'illeneuve. Vous ne faites aux mtuni-
cipalits qu'une vente fictive, ptuiqu'clJc' font obli..
g'e,, de computer avec vous de clerc maitre. A quoi
donc peut tre bon le cautionri'.ment que vous exi-
3ez? Les gens argent, qu: cauionnero.t, exigeront
nceffairement un irimrt qui fera en pure .erre
pour les municipalits ; s'lls font obligds de payer













pour elles cciles-ci fe Verront forces d'abandonner e
a vil piix les bins qu'elles auront achets. Les rnu- t:
nicii alites ne font que vos agei:s nterm. diaires c'ci a
feulementu une comiiiifion qu'elles reoivent de vous. a
M. de -Dcllcy d'Agicr. Lec omit, en infrant dans
'article cette difpofition, n'a faith que te conformer
aux bafes que vous avie.-z dj fixes. I
M. Marutirea. Les municipalits front fans doute
compolfs d'ofliciers dlintdrells mais il eft pof-
fible qu'il s'en trouve quAlques-uns qui ine.poflfdent
pas cette veiu : alors les revenues, et mme les
fonds ne pournont-i!s pas tre dilapids ? Je demand
que l'article foit conferv tel qu'il cit.
M. Duport. Vous recevrez vous-nime les deniers
qui proviendront desvernts, ils ne palffront pas par
les mains des municipalits; vous n'avez donc pas
befoin de caution. Les fonds ne front pas tous
vendus ein nime teims ils fl ront eux-nmmes uie cain-
rion iuflifite. S'il arrival que par dfaut de vente,
les biens don't les municipalits fe bfraient charges
ne fuifent pas vendus, croiriez-vots pouvoir recher-
cher ies cautions ? Mvais on ne peut en outer, ils
front tous vendus : alors, croyez-vous ncelaire
de fire aux capiraliftes de Paris, par example, un
cadeau de trois millions, qui fe trouvant en moins
dans lu product des ventes, devrait tre remplac par
une augmentation de pareille foiniie fur les impo-
Itions.
L'Affemble dlibere et retranche la derniere dif-
pofition de l'article.
M. Marrineau propose un amendment qui eft
adopte.
Les fermiers des biens vendus front tenus deverfer
dans la caiffe du district leurs Fermages, jufqu'a con-
currence des intrts d-s obligations annuelles remifes
par les municipalits.
L'a ticle ainfi amended eft adopt fauf rdaction.
L'article VI eft dcrt fans difcuifioh, en ces
terms :
Art. VI. Les obligations des municipalits porte-
ront intrt . cinq pour cent, fans retenue et cet
intrt fera verf, ainfi que les capitaux, dans la
taifl'e de l'extraordinaire.
La fance efl leve trois heures.


V A RI TS.


530
et que le mal public ayant commence par mon faine- t
uaire le rnouveileienti de touted choice (omiuenat i(
illii par cette force qui donne la vie ou la mort p
Lux empires, felon qu'elle el- line ou dprave. a
Et il arrivera la fuite de ce chingemiint que
non irom redeviendra grad parni vous, come il
'tait dans les anciens jours, et que l'on penlera de E
noi et de mon culte comment en ptiiaient vos peres,
lorfqu'ils adorerent pour la premiere fois, la croix
de mon Chlilt plante fur les ruins de leurs idoles,
et qlu'i s coinmciicer-enr de mLiarchr dans l'admirable [
lunicre qui leur fut apporte par les premiers Ap-
tres des Gaules.
Voil que tout va tre nouveau da'is l'glife et
dans fes palleurs et que tous les bins vont renanre
ave c lelprit de fagefe de filnplicit et de travail
dans l'ordre facerdota .
-a Car les enians des riches ne diront plus: Entrons
dans le fanctuaire de Dieu, et ajoutons en l'or celui
que nous recueillerons dans la maifon de nos peres. Et
les enfins des pauvres ne diront plus : Attachons-nous
aux services du temple, afin que nous vivions dans
l'abondance, nous, et nos freres, et nos foeurs, et
tous nos proches qui font dans l'indigence ; car il n'y
aura pius de trlors dans la maifon de l'Eternel. Ceux
qui a ferviront, recevront des chefs et desmagiftrats
du People, la fubfliftance qui eft due l'ouvrieraflidu
et fidele. Mais les avares, les ambitieux, les amateurs
du plaifir et de l'oftentation n'y trouvant plus que
des devoirs fveres re.mplir, et rien de ce qui fert
contender les folles pallions, laifferont toutes les
functions du cilte et des autels aux homes ages,
modres et laborieux; il n'y aura plus que les vrais
amis de la vercu qui afpireront un tat o l'on ne
ura ~plus .re grand que par elle.
Al s l'entre d'un adolescent, dans l'ordre facer-
dotal, ne paffera plus pour la precaution d'un home
in refl s'affurer un tat aif et comnrode. Mais
on admirera le premier pas qu'il fera vers le fanc-
tuaire, comme la drnarched'un grand coeur qui s'im-
no e pour le service de fes concitoyens, et qui fe
lent ie courage d'endurer, la fois, la pine des
grands travaux et celle des grandes privations.
Alors la tribu lvitique deviendra beaucoup
moins nombreufe. Mais fa diminution fera fa gloire,
et elle trouvera fa vigueur et fa force dans fou d-
croiffement ; car elle compofera la portion la plus
fine, la plus incorruptible et la plus vnrable de
tout le Peuple.
Alors on ne verra plus les prtres du trs-haut
errer dans la grande cit, abdiquer l'phod facr,
fe mler fous des forms faitueufes et fculieres
avec les enfans de Blial, et confumnr, dans le
dfceuvrement et la molleffe, la fubflance de
l'glife, don't ils font la honte, et la nourriture


Dans une brochure intitule : Le dcret de l'Af- des pauvres qui les maudillent, et le prix de la
frnle national fur les biens du clerg, conf..rd dans fueur et des fatigues de ces prtres obfcurs et la-
for rapport avec la nature et les lois de l'infliution ec- borieux qui portent tout le poids de la chaleur
cltfiflique,par M. l'abh L...., nous avons t rap- et du jour, au milieu des dtreffes de' l'infortune.
ps de l'loquence male et antique du morceau que Alors on verra que la pauvret des chefs des
nous olfrois a nos lecteurs. pafteurseft plus utile au troupeau que leurs richeffes;
Voici ce que dit l'Eternel aux enfans des Franais : car ils front v ritablemient paiteurs, et ils front en-
Du haut de mon antique et immobile Empire, je tendre leurs voix leurs ouailles ; et ils les connal-
viirerai cette Nation qui fut mon Peuple et qui a tront; et ils uiarcheront deviant elles ; er il leur par-
viol la alintet de mon alliance. Tous les maux qui leront de Dieu, de la vrit et de la vertu et ils
J'.itftigent lui font venus de la corruption et des vices leur infpireront l'amour de la paix, le refpect des lois,
de les prtres et de les infiituteurs. Ceux-ci ont le zele de l'ordre et de la juflice: et ainfi les aptres
plus effim l'or et l'argent que la gloire de mon du Peuple lui front eftimer et chrir ce que fes l-
lomt. Ils ont voulu relfembler ceux qui polfed--nt gislateurs lui recommanderont d'obfervcr ; enfort.
des trlors, des mai'ons et des champs. Et le Peuple que la religion devenant le plus inbranlable rem-
a dit : Le bonheur cornfile donc dans lEs ticheffes ; part de la Patrie, la Patrie ne croira jamais afl z
car les homes de Dieu ont cherch l'abondance; aire pour maintenir la grandeur et l'autorit de
ils onr acquis de nombreux troup aux, et une grande la re ig on.
multitude de fervit:eurs et de fervantes: Et mefure que le renouvellement de l'Eglife
Et les Peuples n'ont plus ajout foi aux difcours s'acheminera vers fit perfection et qu'elle fe rap.
des pafftiirs lorfqu'ils prchaient la jultice, la fa- prochcra tze ce qu'elle tait dans les jours de fa nou-
geffe et la fobr.t. Ainfi l'amour de cette fageffe, veauit et de la plendeur on verra bomber et s'effa-
qui feu!e affure le bonheur des Nations s'teignit cer peu peu tout l'clat fculier et profane, don't
dans tous les coeurs, et les pallions dvorantes pri- les erreurs et les relcheiens des derniers teins
rent fa place. Et toutes les lois de la juffice et de avaient dfigur fa phylfonomie majeftueufe et
la vertu furent foules aux pieds. Chaun voulut aulte re.
tout avoir, tout dvorer tout envahir. La maifon Ft le pontife n'habitera plus des palais comme
du prince devint un gouffre qui engloutiffait fins l'enfint des rois; mais il vivra dans l'humilit et la
ceffe la fubftance publique. Elle ne fut plus habite frugalit fous des toits modeftes ; et il n'ira plus
que par des hommes ambitieux fitperbes, volup- au temple afis dans un char dor, et attel de cour-
tueux, tyranniques. Les puifans furent iniques fiers fupeibes, mais il marchera au milieu des enfani
opprefIeurs et michans, et les flibles rduits d feigneur qui fe trouveront heureux d'environner
toutes les angoiffes de l'efclavage, et toutes les un pire fi fage et fi bon, et d tre bnis de fes mains
tribulations de l'indigence; et le royaume tait puif, ridees et vnrables.
er touts les forces taient tries et toutts les Et il fortira de la mime maniere de la cit pou
forces taient uifes ; il chancelait fur tes fondemcns al'er viflier la parties de fon troupeau qui laboure
branls il allait tomber, et les ennemis fo r- les champs. Et les innocens habitans des clhumps iron
jquinfaicnt dj de fa ruine. avec allgrefii aui-devant dit piteur. Ils poufferontde
Alors les ages de la Nation et les envoys du cris de joie du plus loin qu'ils l'appercevront fur les
People fe font aleimbls. lls ont dit : Abattons 'or- cteaux, s'avaiiant au milieu de fes prtres et de fe
gieil des oppreffeurs du pauvre, et fefons fervir les lvites, et s appuyiant fur un bilton noueux et agrefle
rich):.fes des princes des pr res, confolcr les en- On le diltinguera de tout le presbytere la blanched
fans des malheurt.eux de leurs longs gmiffemeun s ; car de es cheveux a la dignity de fon maintien et de f
c'elt moi, dit le feigneur, qui ai mis ces pentifes dmarche, au hile de fon front, aux fillons de foi
dans le cour des lgiflateurs que j'ai fufcitrs cette vilfge traces atuguifles et refp2ecrables des longue
Nation dans fes m.ilheurs, afin que la racine de la annes et des longs travaux. Et toite la nulti ud,
corruption univercflle fit retranche dlu milieu d'elle, 's'arrtera dans fon admiration et elle f''-a rptet


aus les chos ces Iprtles de bndictions et de
0uanges : C Qu',ls font beaux futi les montagnes les
ieds de celui qui vient nous prcher la paix, et nous
nnoncer la nouvelle du ifaitt univerel! ,


Extrair d'une adrefe de plafieurs paroiffes de l'OrlIau '
l'Aflemble nationale,

Les habitans de ces paroiffes manifeftcnt l'Affe-
blee national leur joie dela fuppreflion, fans rachat,
des droits fodau de la coupe d(es bois dans les pro.
vinces de Normandie et de Guyenne, parce qu'ell
leur donne l'efpo:r d'tre dlivrs d'une uur ato
plus injutle que celle que les reprfentans de la Na
tion viennent de profcrrie. Le droit don't ils demnai:
dent la fiippreffion elt le droit de grueriequi ann-ir
leur plus be le propriet, celle de leurs bois, qui
devrait fire leur richeffe. Ce droitdonne M le du
d'Orlans la garde exclusive des bois pour prix de
cette garde laquelle il force tous les habitans de
fe foumettre il prend, au moment de la vente des
bois, la moiti de leur valour, et pouraffurerlaren.
tre de cette onreufe perception, le prince oblige
les habitats vendre leurs boisa la matrled'Orlas
II elt facile de concevoir que cette prerogative fo
dale dtruit prefqu'en entier, pour le propritaire la
\ aleur de fon exploitation. En effet, les bois mal gar-
dds par les gardes du prince font pills parles d-
linquans, premiere perte pour le propritaire les
frais des up rations de la maitrife font trs-chers
et ces fra fera prlevent fur la chofe, feconde perte. l
les bois fe vendent par adjudication 'extinction
des feux 3 les marchands de bois s'entendent pourlf
partager les adjudications vil prix, troifieme perte
Sfin, ce qui refie du prix des bois, aprs ces trois
prlvemens, fe pai rage entire le propritaire et le
prince pour le prix de fa garde : un pareil droit
n'eft-il pas une veritable bannalit, et la plus on-
reufe de toiites ? Ne ferait-il pas bien plus juite que
le prince fe difpenflic de fire garder nos bois, et
qu'il nous en laiflit la jouiffance entire ?
Nous devons vous expofer encore, Noffeigneurs,
que la-manicre don't ce droit de bannalit s'exerce,
et les extensions qu'on lui donne tous les jours, font
auffi vexatoires que le droit en lui-mi-me:d'abord
l'arroid;ffement de la gruerie a t, dans ce fiecle.ci,
tendu par une simple ordonnance du grand-matre
fur plufieurs paroilfes voifines dela fort, qui jamais
n'avaient t lujettes a la gruerie: enfin, jufqiiesaux
haies qui bordent nos hrirtages, nous expofentaui
recherches de la gruerie, lorfqii'elles ontaflez d' aif-
eut pour tre qualifies de bosquets par MM. de la
matrife s il y a plus; l'arbre ifol au milieu de la
champagne nepeur tre abattu fans une permiflioni qui
ne fe dlivre que fur un procs-verbal qui conflate
la position : jugez, noflfeigneurs, combien ces for-
malits font codeufes fi l'arbre eft abattu fans
p.rmintion, le propritaire eft accabl de frais de
jupiice et d'amende.
Il y a dcns notre canton beaucoup de terreins qui
ne fC-r. ient bons qu' planter en bois; mais pet-
fonne n'ofe en fire la ddpenfe, de peur de tra-
vailler pour la gruerie ;on arrache plutt, au rifque
d'tre rigoureilemeit pourfuivi.
D)noncer un pareAl abus l'Affemble national,
c'eft tre fur de la profcription.


On avait affich, ces jours derniers, dans toute
l'tendue de la paroiffe Sainie- Solpice, un piacarud pr
lequei M. le cur anironcait, dit-on, pour vendredi
7 mai, la clbration d'une mefle folennelle, en ac
tions de graces des flcours que les rich.:s lui avaient
donns pour le foulagement des pauvres dans le course
de Ihiver. Le district des Carmes-Dchaux, et celui
Sides Cordeliers, ont dput vers lui pour avoir des
Sclairciffemens fur la ianiere don't le placard tait
Srdig. M. le cur a rpondu que fou intention
n'avait point t d'indiquer des fecours exclufivemileii
l accords par les-riches ; qu'il tait confiant que a
chain it avait t gnrale, et que ce n tait que pa
une faute de fdaction qu'on s'tait fervi d'uie
- expreffion que l'ancien ufage avait confacre. l a,
S l'inflant mme fuit fubiltiuer au premier pla car
r une autre affiche exactement conftorme a la vEri t
SCette melle devait tre prcde d'an divcoit
analogue aux circonimaces prononce par M. l'b
r Boulogne. L'aflnenco qu'avait attire dans ce teiftl ,
: et l'act c de religion, et la publicity de cettedi cilio
t a fait craindre a M. le cur une agitation pe", dig
s de la finntid du lieu. Une timide prtudence '" vit
Sdtermin ,t ne point fire clbrer la me e. Mis
s invite par les follicitrtious de quetques perifers
. i'Aflemble, et raffur par la prfnc I' e e ,,dl
r dtachemens de la garden nation ale il e mle o r
a mme en chair et a announce qu'il allaic bb.
la clbration de la meffe folennelle. pa
s Loulogne n'ayant pas paru, ia t rem cP T
e M. qui a fait un difcours far la punition rerve
a aux mnchaens.


de
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France et les Di ectewrs des Pofles. C'e/f M. Aubry Directeur ,u Bureau de la Gazette Nationale rue des Poitevi0s n 8 qu
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Cartes, M'/jque, ju c. doit &cre adreff au Riedaccurd cette Feuil i, rue du Jardinet r ma'io de M. Carafie, en face de la ruc de l'Plpe(',