Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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GAZETTE NATIONAL, ou LE MONITEUR UNIVERSAL.


JEUDI 22 AVRIL 1790.


N I12.


POLITIQUE.

SUEDE.

De Stockhiolhm le 30 mars.

Sr oi eft mont dimanche dernier, ciqq heures
atin a board de oun yacht, et a fait voile pour
la Finlande, par un affez bon vent.
lier le prince-royal de Suede s'eft rendu en grand
corge e eco-t de deux efcadrons de la cavalerie
boigeoif li'htel-de-ville, o tous les magifrats
et les anciens avaient ordre de s'aifembler. L S.
A R. fit fire la lecture d'une lettre que le roi lui
aviit rermife avant 1 on dpart et don't l'objet taic
de remercier les bourgeois d'avoir veill a garde
de fa perfonlne, de la famille royale et de la capital,
et de les exhorter continue les mmes foins pen-
dant la nouvelle champagne. Le grand gouverneur de
Stockiholm a rpondu par un difcours analogue la
circoillance ainfi qu'un des quatre bourgmeflres et
un des cinquante anciens.
Du a avril. Les pilotes-ctiers, qui ont conduit le
yacht du toi, font de retour depuis hier. S. M. eft
arrive le lundi foir 29 mars a l'entre des sheres
de Iinlande; mais elle fera oblige de faire quatre
cinq miles fur la glace, pour parvenir jufqu' Abo.
Il court, dans cette ville, la relation fuivance d'une
expedition faite par deux frgates fudoifes, peu
de dilance de Revel. On fait aiffi que ces deux fr-
gates font rentres depuis daas le port de Carifcrona,
fans avoir prouv aucun accident.
Extrait di journal deStokholm, le 2.7 mars 1790.
SLe baron Olans-Rudolphe Cdeflron, capitaine
de l'amiiraut, a envoy, par le courier qui eft arriv
hier, un rapport, dat de la rade de Hango le 19 de
ce mois, qui announce qu'il eft part avec les deux fr-
gates fes ordres, Jaramas et Ulla-Ferfen, le 16 au
foir, par un fort vent du nord. Le 17 au martin il
dcouvrir Ragervik, et jta l'ancre onze heures fur
le fort, une demie-porte de canon. Il dtacha le
lieutenant Peterfen et l'enfeigne Arcovito avec 35y
foldats et to matelots pour donner l'affaut par terre
aiu t rt et il les fit feconder par un pareil nombre
qu'il dtacha de la frgate Ulla-Feifi ; ces derniers
taient commands par l'enfeigne Norditedt. Auffitt
que les habitans ont apperu ces troupes une quan-
ti de foldats fortirent de la ville pour courir au
font, mais furent contraints de retourner fur leurs
pas, aprs qu'on leur eut lch quelques bordes des
frgates. Les Sudois emporterent le fort, et les fol-
dats et ouvriers qui y taient, prirent la fuite, fans
tirer un feul coup. De vieux invalides, qui ne pou-
vaient pas fuir adufi vte que les autres, furent faits
priifnnicrs, mais relchs auflitt. On arbora le pa-
villon fudois, et le feu des frgates ceffa. Un mo-
melt aprs on remarqua que lesRuffes fe raffemblaient
en trs-grand nombre derriere une maifon de pierre,
et faifaient mine de marcher au fort. Le feu des fr-
ga:ts les for,ade fe retire, et la maifon qui leur fer-
vait de rempart fut dtruite. Un quart-d'heure aprs
on vit venir un officer tenant un drapeau blanc, et
on apperut pluficus drapeaux blancs dans quelques
endroits de la ville. Le feu ceffa auffitt. Aprs quoi
le lieutenant Peterfen envoya M. Arcovito au baron
de Cedefrom, pour lui donner avis que le comman-
dant ruffe voulait capituler, et demandait quelles con-
ditions il pouvait obtenir. Il lui fut rpondu qu'il fal
lait que tous les magafins et vaiffeaux appartenant
l'impiratrice, fufcent mis enfeuea moins d'une heure
qu'il et payer 4,000 roubles et que la garnifon
lerangerait, dans un endroit, ,ous le canon des fr-
gates que s'il rempliffair ces conditions on ne fe-
rait aucun mal, ni aux habitans, ni la garnifon;
m"ais que fi l'on faifait le moindre dommage aux
troupes dbarques, la ville ferait auffitt mire feu
et a fang, et qu'on ne ferait point de pardon. Le
commniandant accept ces conditions mais temporila
long temps fans les remplir. Cependant il arrivait
beaucoup de gens dans la ville et come la garnifon
1it! de o300oommes, que le vent du nord commen-
.it devir fort, et que le capitaine craignait que fes
fegates nle refiaffent engages dansles glaces, il en-
Voya l'enfeigne Eskolin au lieutenant Peterfen, avec
Tdre d'enclouer tous les canons, de marcher au
fort, et de mettre le feu aux magafins et de fei rem-
barquer, et l'enfeigne Arcovito fut envoy au com-
""dant, pour luireprocher fa lenteur a remplir les
c-Q1ditions qu'il avait acceptes. Le lieutenant ex-
cuta aulfitt fes ordres, et le commandant envoya
Ireme des gens avec des matires combuftibles pour
I' eibrfement. On brlla un grand magafin rempli
t abirs pour l'arme, de munitions de guerre, d'inf-
trumens pour la contfrucrion des vaiffeaux, &c ; le
tout fe montanrt une trs-grande valeur. Un autre
1agafin qui contenait 54,0oo muids de bled 40c
ats, btaucoup de charpente deftine conftruire
des claloupes canonnieces et des bembardes fut


auffi la proie des flames. Pendant que l'enreigne
Etkolin tait terre il dcouvrit une batterie de 8
pieces de canons de il et de IS, laquelle tait
couverte de branchages. On encloua le canon au mme
infant. Le nombre des canons qui ont t enclous ,
dans cette expedition fe monte 49 pieces de I2
et de 18, &c. Cela fini,les troupes fe rembarquerent,
le capitaine fit lever les voiles, et revint avec les deux
frgates, le 19 au marin, la rade de Hango o il
mouilla.
Tous les officers ont montr beaucoup d'habi-
let et de fermet dans cette affaire et la conduite
des foldats a entirement rpondu celle des chefs;
e'efl pourquoi S. M., au premier avis qu'elle en a
reu a nomm le baron de Cdeifrom, major de
l'amniraut ,et l'a fait chevalier de l'ordre de l'Epe.
Le lieutenant Peterfen a auffi t fait chevalier du
mme ordre. Les enfeignes Eskolin et Arcovito ont
t avancs au grade de lieutenant. S. M. a charge
S. A. R. le duc de Sudermanie de remettre de fa
part les pes don't il lui a plu honorer les enfeignes
Nordftedt, Weisberner,LillejequLiflet Olofson,comme
une preuve du bon plaifir avec lequel elle appris
leur bonne conduite ,.

POLOGNE.
De Varfbvie, le 31 mars.

- Le trait d'alliance entire la rpublique et le roi
de Pruffe, a t agr et ratifi dans l'Affemble de
la Dicte, la fance du famedidernier. Ce traits a t
envoy Berlin le mme jour, et le courier a t
charge de remettre de la part du roi, IM. le prince
Jablonowski, miniftre de la rpublique cette court ,
les marques de l'ordre de l'Aigle-Blanc comme une
marque de la satisfaction que a. majflt a reffentie de
l'activit qu'il a mife dans les ngociations don't il tait
charge.
A la fance d'hier, le roi a fait un difcours pour
porter les efprits la clmence, et il a t dcid que
le prince Poninski ferait provifoirement largi.
On dit que les troupes prufiiennes fe ralfemblent
dans la Silfie et que M. le gnral Dalvig s'eft
cantonn avec un corps de douze mille homess,
dans les environs de Pleff. Les troupes autrichiennes
fe raffemblent de leur ct fur les frontieres de la
G.ilicie, et ne font qu' cinq miles de Pleff.
Les Etats ont nomm miniftre de la rpublique
auprs des Etats-Gnraux ds Provinces Unies,
M. Oginski, fils du feu Chtelain de Fronck.

FRANCE.
De Paris.
Le 18, madame la marquife de Cly a ei l'hon-
neur d'tre prfente leurs majefts et la famille
royale par madame la comteffe d'Aftorg.
LETTRES-PATENTES oU ROI donnes Paris le
24 mars, fur un dcret de l'Aflemble national, du
2z mars 1790, concernant la fuppreflion de l'exercice
du droit de marque des cuirs computer du i '. avril
1790 et l'abonnement gnral dudit droit, provi-
foiremcnt et pour la prf-nce anne 1790 feulement.
Idem, fur le dcret de l'Affemble national, du
i2. mars, 1790, concernant la fuppreffion du droit de
marque des fers la fabrication et au tranfport dans
l'intrieur du royaume, computer du Ier. avril 1790 ,
et l'abonnement dudit droit provifoirement et
pour la prfente anne 1790 feulement.
Idem, fur le dcret de l'Affemble national, du
iz mars 1790, concernant l'abonnement gnral des
droits fur les huiles et favons au paffage d'une
province dans un autre royaume provifoirement et
pour la prfente anne 1790 feulement.

Suite des Lettres..-Patentes fur dcret de l'AJfenmble
national, conccrnant la division du royaume.

Dpartement de la Haute-Loire. L'Affemble de ce
dpartement fe tiendra dans la ville du Puy. Il eft
divif en trois districts, don't les chefs-lieux font :
le Puy, Brioude, Yflengeaux. Lapremiere Alfemble
dlibrera fi Yffengeaux-doit tre dfinitivement chef-
lieu du district, et pourra propofetr la division des
tablilffmens de ce district entire les diffrentes villes
qui y fontfitues.
Dpartement de la Loire infrieure. L'Affemble de
ce.dpartement fe tiendra a Nantes. Il etf divif en
neuf districts, don't les ch2ts-lieux font: Nantes,
Ancenis, Chateaubriant, Blain Savenay, Cliffon.
Gurande, Paimboeuf, Machecoul.
Paris, le 17 avril.
t Meffieurs, je vous prie de vouloir bien ini-
truire le public d'un fait des plus tranges fur le-


quel chacun conclura fa maniere, mais don't je
vous garantis la certitude.
Une perfonne trs- exacte et trs sure m'crit
de Metz en date de lundi 2z de ce mois: Le bruit
court en cette ville que l'A/jemblc national n'ef pas en
suret et que quelques-unrs de fes membres ont couru des
dangers.
Or, cette perfonne habite une maifon reli-
gieufe et confquenmment n'a pas eu les nouvelles
de la premiere main ; il eft croire que ce bruir
fi rpandu courait dj la ville au moins la veille
de la date de fa lettre, c'eft--dire, le dimanche 11.
Et cependant l'effervefcence populaire contre M.
l'abb Maury, n'a eu lieu que le mardi i1 au foir,
enforte qu'on n'a pp en recevoir la nouvelle Metz-
que le jeudi 5 par un courier extraordinaire et
qu'on ne la recevra par la pofte que demain 18.
D'o il rfulte que la publicity de cet vnement,
Metz, a dvanc de cinq jours au moins la pofli-
bilit de l'apprendre par des voies naturelles, et de
trois jours fon exifrence mme. Des frondeurs diroiit
fans doute que cela dcele un project combin
l'avance par MM. du clerg et leurs amis, d'exci-
ter du tumulte hors et dans l'Affemble au fiuet des
biens ecclfialliques\, et de fe fire injuries de loin
par le people, fous la garantie bien prvue de la
garden national afin d'amener une diverfion favo-
rable et peut-tre la diffolurion du corps confli-
tuant, et qu'en attendant et tout hafatrd, ils ont
rpandu cette nouvelle dans les provinces frontieres
pour better du louche fur la validit de nos dcrets.
Mais nous nous garderons bien, Meffieurs, de
tirer une pareille confquence : vous aimerez mieux
penfer avec moi que Dieu voulant rcompenfer
l'amour pur des gros bnficiers pour les biens de
l'alife, leur a rcemment'accord le don de pro-
phtie.
J'ajouterai, pour tranquillifer MM. les vques
que l'on n'a pas plus d'inquitude fur leur suret
Mz et Nancy que dans la capital, qu'rn y
perfifte croire l'Affemble national parfaitement
libre, et aimer les bons parifiens de tout fon cur.
Sign ANTHOINE, membre de 'Affemble national.
(Extrait du Journal de Paris. )

De Grenoble.

La runion de l'arme fdrative a prfent ici le
spectacle impofant d'hommes qui accourent de toutes
parts au final de la libert: il y avait des dputations
du Lyonnais, de la Breffe, du Bugey, da Forez, de
la Bourgogne et du Vivarais ; ils ont tous t re-
us avec les acclamations et les applaudiffenens les
plus vifs, et les billets de logement leur ont et
difiribus par la municipalit. Nous ne diffinulerons
pas que parmi les citoyens tardifs, qui la rvoluti,,n
donne de l'humeur, il y en a quelques uns qui refu-
faient le logement, ou qui en offraient d'iindicens;
mais la municipalit a tait ceffer ces procds irregu-
liers. Nous n'entrerons pas dans le dtail de l'augtfte
crmonie du ferment; mais nous ne pouvons ditfi-
mul.er que la formule de ce ferment avait t rdige
par huit neuf membres du comit militaire de la
milice national de Grenoble, et qu'ils avaient fouf-
trait tous les regards cette formule, don't on ne fit
la lecture qu'au moment de'la prononcer, afin de fa-
voir fi elle convenait tout le monde. L'efprit public
a fajt trop de progrs prur que les principles im-
patriotiques quon y avait adroitement glifls, chap,
paffent une multitude que le patriotifine venait de
raffembler. Une rclamation gnrale a fait rejeter la
formule; on la corrigea, et le ferment fut pro-
nonc d'un accord unanime. Une illumination pn-
rale et une fte .magnifique, donne par M. Police,
commandant de la milice, ont termin cette heu-
reufe journe.

De Strasbourg, le x avril.

On made que le rfulat des procs-verbaux de
quinze affembles partielles de la commune elt pour
demander la non-admiffion des juifs l'tat de ci-
toyens actifs. Dix perfonnes feulement ont ofe tre
d'un avis contraire. Il y a plus, c'efl que huit de nos
affembles ont aufli demand unanimement l'expulfion
des families juives tablies dans cette ville, en vertu
de lettres-parentes du roi, enregillrs au confeil oii-
verain. En confquence le corps municipal a crit, le
8, au prfident de l'Affemble national, pour le
prvenir du veu unanime de la commune, et le
prier de fufpendre toute dliberation, jufqu' ce
que la commune de Strasbourg ai it cfai nnsitre
1'Affemble efs motifs de s'oppofer l'adniffion des
juifs l'tat de citoyens actifs, et mtie ce qu'ils
puiffent avoir domicile dans cette ville.


r~CC"CI--~-L-~------------C;U-~~~ ~- --~---~-^













AD MINi ST RATION.

U N I C I P ALI T E D I PA RI S.

ifmn.'lei des rcrijfenians de la commune.

.e 8 avril, les lecrturs preenterent le bufte
de M. le maie, excutL en marbre, l'ani'emble
de la co' mnuie pour tre plac clans la falle ce
qui fut excurt. aprs un diicours relatif la cir-
co:ifLuice, que pronona M. l'abb Bercolio, alors
prc fident.

On donna, le mimne jour, aux daies la Croix,
Beaupr Collinet, Breuner, Carpentier, la m-
*daill civique come bonnes citoyennes. Sur la
motion d'un membre de I aifemble on propo(a de
leur faire offrir cette nmdaille par madame de la
-ayette ; M. le commandant-gneral dit alors : Je
ne voudrais pas priver madame de la Fayette du plaijir
d'e'nbraffer ces dames qui vous accordel unc rcom-
penfe ; mais il imported de ne pas confondre le plaifir
de recevoir une mdaille d'une de fes concitoyennes
avec l'honneur de la tenir d la t :in du prfident de
la commune.

onfil de Ville.
L'affaire du thtre de Monfieur eft enfin termine.
Les entrepreneurs de ce fpecracle, aprs avoir ef-
fuy des dlais, des retards, des renvois pour la
permiflion de confiruire leur falle rue Feydeau ; apres
la difculfion de leur caufe l'affemible de la com-
mune, la nomination de commiffaires, l'audition
de leur rapport aprs les vrifications les def-
centes fur les lieux et toutes les forces et prcau-
tions exigees pour donner leur tabliffement la fo-
lidit et la lgalit convenables; aprs tant de foins,
les entrepreneurs te voyaient la veille d'unebanque-
route fo:rce, et le Public prt perdre un amu-
Lament qui parat avoir t en poflefion de lui plaire
ds fon origin, lorfque le dpartement de police
crut de fon devoir de porter au confeil de ville la
i..ii.i'.i n qu'il a donne pour l'tablir rue Feydeau,
et de le revtir de l'autorit du corps municipal :
ce qui a t excut le 15 avril la prefqu'unan-i-
mite de tous les membres du confeil, c'eit- dire,
que deux feulement demandaient l'ajournement iun
autre teins.

En confquence de cet acte de jufiice, les en-
trepreneurs vont fur le champ mettre en activity
leuri moyens : ils ont plus de cinq cent mille liv.
effectifs en dpt, que cette entreprife va jetter
dans la circulation et rpartir entire la clafle de
Fournaliirs qui ont le plus befoin de falaires. Le
thtre ftra conftruit de maniere embellir le-quar-
tier fans gner la voie publique, qui ftra mne
aggrandie, au moyen des difpofitions adoptes.


LIVRES NOUVEAUX.

Abus de l'ancienne education dvoils et rforms
par Ils progris de la rafon ; par M. de Grauthe,
au college de Louis-le-grand; avec cette pigraphe:
Un tiers me blmera, un tiers m'approuvera, un
tiers me jugera. Peu imported qui tombe un
plus grand bonheur en partage, pourvu qu'il con-
coure au plus grand bonheur de tous; c'eft le pre-
mier intrt du fage, aprs l'intrt priv ; car
chacun elt parties de fon efpece, et non d'un autre
individu ,. (Emile de J.-J. RouJeasu liv. 4. ). A
Paris, chez l'auteur, au college de Louis-le-Grand
et chez M. DefJnne au Palais-royal. Prix 20 f.

Ecole d'architecture rural, ou leons par lefquelles
on apprendra foi-mme a bdtir folidement les maifons
de plufieurs tages avec la terre feule ou autres ma-
triiu les plus communs et du plus vil prix; par M.
F. Cointernux ancien eftimateur d'immeubles de la
campaign. A Paris, chez l'auteur, rue Verte, n0.
15. l vol. in-8 .avec fig. et planches. Prix 2 liv. 8 f.

Ce premier volume d'une collection confidrable
qui 1ormera un course complete d'architecture rurale,
content la description de la maniere de btir en
pil mthode peu connue en France, et cependant
trs-avantageuf puifqu'elle runir la folidit la
modicit du prix. L'auteur a coniacr fa vie tudier
architecture rural, et plufieurs companies favantes
lui ont dcern des prix. Mais de tout teins on
a rcon:penf les conltructeurs de palais, on accu.
mnlait fur eux les honneurs et les bienfaits; et l'homme
qui a conracr pnur amliorer les logemens du Peuple, n'a reu que
des dgots fous l'ancien rgime : on peut tre sr
que ton nom n'eft pas fur le livre rouge. ( Cet ar-
icle eft de M. RXYMrslz.



LYCE.

Dans fa derniere fance, M. de la Croix a fait
un tableau hiforique de la Suede; il a prouvd conm-


456
bien, malgr de ages rglemens et iiu plan de coif-
tution bien conu cet Etat avait efliy i de vicillitudes
et de troubles dans fon adliiitiltration'; il a termin
ron difcours par ces rflexions.
SDe quoi nous a fervi cette poliique fi loue,
fi exalte (ous un miniltra qui n'efl plus ?
S-Pen tant plus de vingt ans le cabinet de Verfailles
a tourn toute fonattention vers le Nord, ety adirit
fon influence qu'en eit-il rfultr ? Qu'il a engag la
Suede dans des guerres qui luui ot t fiunetes qu'il
a tir le Turc de fon foinnieil ert l'a excit a dployer
fes forces contre la Czarine qui en a triomph ; qu'il
a retar la conclusion d'un trait dalliance qui exile
aujourd'hui entire l'Angleterre et la Suede.
Que de maux, que de catlamits fe font enfuivis de
cette politique meurtriere, de cette fureur de dominer
dans un royaume tranger La Suede divife en deux
factions qui fe font combattues et n'ont fait que le
malheur de leur patrie, au lieu de longer rparer
fes pertes et remettre l'o'rdre dans fts finances ; un
bon prince qui ne demandait qu' exillerpaifiblemerit,
a t agit, tourment fl.r fon ti ne, et s'eft vu fur
le point d'en defcendre pour complaire fon alli ;
des torrens de fang ont t rpandus pour fe difputer
des dferts ou l'empire finr des brigands ; la puiffance
de la Ruiie que l'on voulait affaiblir, s'eil accrue par
Ces fuccs.
Qu'a-t-elle empch cette grande influence dans
le Nord don't notre minifitere tait fi vain ? A-t-elle
prvenu le partage de la Pologne et l'agrandiffemeint
de trois Etats rivaux? Elle n'a fervi qu' les acclerer.
Cependantque de millions ne nous a-t-elle pas cot,
que de moments prcieux n'a-t-elle pas enlev aux
foins intricurs de notre empire Les fommes iiii-
menfes que nous versions en Suede, en Turquie, fi
nous les euffions employes faire dfricher les terres
incultes du royaume, creufer des canaux am-
liorer le fort de nos foldats perfectionner nos
manufactures, quel intrt la France n'aurait-elle pas
recueilli de ce, numraire perdu chez l'tranger! Nous
euffions t plus riches, et la Suede et t plus
heureufe.
o Nous ne lavions pas nous gouverneret nous vou-
lions gouverner les autres! Nous donnions notre argent
aux ftnateurs de Suede; n'aurait-il pas mieux value
en exiger de ceux qui fous uni pareil titre, s'exemp-
taient de payer l'impt, et aggravaient celui de nos
cultivateurs ? Au lieu de corrompre les dpofitaires
de l'autorit qui rgilfait la Suede, n'aurions nous
pas mieux fait de purifier ceux qui exeraier.t la
juflice dans nos provinces ? Au lieu de multiplier nos
ponifionnaires chez l'tranger, n'et-il pas t plus
prudent de rduire le nombre de ceux qui re propa-
geaient dans notre patrie ? Il ne faut pas fe le difi-
muler c'eft par une fuite de ces erreurs politiques
Que nous avons groffi cette dette inmenfe, qui a creuf
evint la monarchie le gouffre profound dans lequel il
faut aujourd'hui enfevelir tant de richefles pour le
combler.

ASTRONOMIE.

Tout Paris tait dans l'tonnement, au mois de
fvrier, d'appercevoir Vnus en plein jour : cepen-
dant elle eft fouvent dans une position femblable. Si
l'on regardait actuellement entire l'Orient et le Midi,
fur les huit ou neuf heures du matin, et que le Ciel
ft auil pur, on la verrait aufi aifment qu'au mois
de fvrier, aprs-midi.
11 en fera de mme en 1791 vers le Iz de fep-
tembre au foir, et le 2 novembre au martin ; en
1793, vers le 0o avril foir, et le trois juillet marin
en 1794, vers le 28 novembre aprs midi ; en 1795
le 8 fvrier, avant midi ; en 1796, aux environs
du 30 juin au foir ou du i feptembre au martin ;
en 1798, vers le 7 fvrier au foir, ou le 2. avril
martin, et cela s'entend de quelques jours avant ou
aprs, pourvu que le ciel foit bien pur. En gnral,
il arrive une conjunction de Vnus tous les 19 mois
et environ 2.7 jours :foit avant, foit aprs cette
conjunction, Vnus fe trouve affez prs de la terre ,
et affez dgage des rayons du fo!eil, pour briller
avec ce grand clat qui furprend le public, fi on la
voit aprs le coucher du foleil, ou avant fon lever,
quand elle eft dans les deux positions favorable
cette plus grande lumiere. Les conditions nceffaires
Pour qu'elle y f(it, font la matiere d'un problme
don't on trouve la solution analytique dans mon aflro-
nomie et dans la nouvelle dition de l'Encyclopdie,
au mot Vntus. DE LALANDE.


MLANG ES.
Au rdacteur.
Je fuis un vieux garon retir du monde, vivant
la campagne, occup fans aucune vue d'intrt, fire
et mditer des projects de bien public. A ce dernier
titre Monfieur, niai-je pas droit un petit coin de
votre fe'uille? Je veux vous parler de moi et des
petits accident que m'attire chaque jour mon zele
pour la revolution. Je la prdifais il y a quatre ans;
auijord'hui qu'elle e ralie et qu' moins de d-
lirer, on voit videmment fe preparer un meilleur
ordre de cho les, quelques-uns de mes amis pefiftent


me recufer les honneurs de la prophtie be.
coup m'ont dlaiffe comie.un vieux fou qui les ea
nuvait de fes rves d'homme de bien. q es
Cela m'affligei il y a parmi eux des gens 'aieur.
eftimables. Plufieurs, alarms depuis long te5m da e
fautes du minittere, et convaincus come tos ale
monde, de la ncelfit d'une grande et p o ipt le
forme, cherchaient des remedies dans le prlident de
Mointefquieu. Ils regarderent come un preniet i "
tme de folie mon opinion que l'Efprit des lois l 'p.
pliquait et ne cherchait qu' jufltier les lois fits
et que cet ouvrage de gnie ne devait que no
mettre fur la voie, pour en crer de meilleures.
Prvenus pour ce qu'ils appellaient des balances.
de pouvdir ils m'en voulurent de ce que l'Afe.
ble national n'avait pas jug apropos d'adopter
pour notre continent le fyltme conflirurionneSl qu
les Anglais avaient admis il y a un fiecle, dans leur
ille. sler
L'Affemblc national n'a pas fait un pas, ni public
un dcret, qu'elle ne m'ait fait perdre iinami. Un
d'eux homnme confidr dans tous les clubs du Palai,
Royal pour fa douce philanthropic, mourut de cha
grin, au moment de la convocation des Etats-Gn.
raux, quand il vit les parlements tenter inutilement
da raper l'difice qu'eux- mmes avaient demand
qu on elevt la flicit publique.
Un autre, qui avait dploy un zele et une lo-
quence infatigables munir les bons citoyens centre
ks ennemis de la Patrie, eft mort. faifi de frayeur
en voyant un grand Peuple arm recevoir, au iilieu
des transports d'algreff fon roi dans fa bonneville
de Paris.
Ceux qui vivent encore me font demeurs attachs
jufqu'aux diffrentes poques de la revolution o ils
ont jug propos de changer leur faon de penfer,
Un brive ecclfiaftique, qui avait fouvent plaid
vigoureufement la caufe du bien public, quand il
fallait du courage et mme de l'audace pourle ten-
ter ne put me pardonner de garder des opinions
qui cefferent d'tre les fiennes ds qu'il te vit ex
clu de la dputation de Verfailles, qu'il avaittout
fait pour obtenir il n'attendit pas mme la fuppref.
lion des dmes pour fe brouiller avec moi.
Unu gentilhomme que j'avais peine contenir
quand il s'emportait contre l'ariflocratie des nobles,
ctifa de me voir en entrant malgr lui avec fon
ordre dans la chambre des communes.
La prife de la baflille et la fuite des nouyeaux
miriifires, laquelle je puis bien prouver n'avoir
eu aucune part, m'a priv des vifites d'un ami hon-
nte et vertueux, que je regretterai toujours, fi un
nouveau changement d'opinion ne me le rament
pas.
La nuit du 4 au j aot m'a t auffi funeftequ'au
clerg et la nobleffe ; et l'arrive du roi Paris
a manqu de me faire abandonner ma retraite, et
fuir en Suiffe dlailff de tous ceux qui devaient
tre la consolation de ma vieilleffe.
Je compete pour rien tous les autres petits acci-
dens qui me font arrivs, et don't mon attache-
ment la revolution eft feul la c'aufe. L'efprit de
curiofit m'ayant fouvent entran vers Paris ,je me
portais volontiers dans les grouppes du Peuple, par-
cout o je le voyais agit et le plus tumultueux. Au
inili u de ces mouvemens avec' l'humeur quellion.
neufe don't le Ciel m'a dou j'ai plufieurs fois
manqu d'tre affomm, et qui pis eft, d'tre pris
pour un arifocrate, malgr la cocarde national
qui atteflait mon patriotifine.
Je n'en fuis pas moins demeur inbranlable dans
mon opinion et cette conflance de principles, mme
en France, doit tt ou tard me valoir quelque dif-
tinction et m'attirer de l'eftime.
Je me fuis dit: mes amis avaient tant d'efpritet
de raifon, quand ils tenaient avec moi pour la bonne
caufe Reflons-y attachs. Aprs qu'ils auront puilf
toutes les fottifes, l'intrt feul de leur amour-propte
me les ramenera; et je n'aurai point change. '
Je me fuis dit : mes amis regardaient commefi
infenfs nos anciens minifires, que fi les nouveaul
ne font point des anges pour faire mieux que l'A&f
temble national ils les 1mpriferonlt coinme des
brouillons et des charlatans; et je n'aurai pas change.
Je me fuis dit: mes amis, ceux qui ailment les
diners des ariffocrates, et qui les flattent, ceuxqul
ont des penfions, des bnfices ou desemploisqciils
craignent de perdre, s'ils viennent bout, par ers
manoeuvres, de contrarier la nouvelle conftitution,
ne tarderont pas s'en repentir et 'je n'auraipas
change.
Je me fuis dit : quand mes amis ( qui font gens
d'efprit je le r pete ) front bien duiement cou-
vaicus de la profonde draifon de ces bruyans PC'
liriqqnes runis le foir chez certain libraires diu i
lais-Royal pour mditer les Actes des apotrtes, 'l
rougiront des excs de la folie humaile qui col
fond toutes les ides du bien et du mal, flattel
palfions particulietes, cenfure tout, et s'idi
galement des cachots tnbreux du depatime iei
du grand jour de la libert, ils auront piti d'eisx
mmes, en voyant de quelle efpece d'homme sil
fortifient les opinions; et je n'aurai poinF c"g!










je n, fuis dit : quand mes amis excds de leurs-
,onpliilices por11 des jeunes femmes, preique
co:r" eineies de la revolution, pour des raiforns
"' e di ai point, s'afiigerort de leur avoir
un parriotilime qe les pyus raifonnables tde
leure (e font i 'nierite d afficher je n'aurai
l change-g
Je ne fuis dit :' ceux de mes amis i ticonitens
es d.ci-ets fle l'Am inble national, le admire-
rient s'ils taient du parlement d'Angleterre ou
fr cotgres amricain. Attendons de la jufiice du
eo qbue ferait l'intervalle des lieux ; et je
n'aurai point chang
Je ie fuis dit: j'ai vu les mmes homes au-
ior,'i fi injues envers nos reprfentans exalter
s rpudeur les Galonne eiles Brienne qui prQdiguaient
l or de 'Etat aux coutifans, et les intiftes a la
Nation. Ayons patience, la mode retournera nos
ttes: le chapeau des femmes prend dj la forme
des caques; la ftrilit des efprits dans le ton cri-
tique fe fit fentir dans tous les cercles ; et l'on
er forc, par ennui, de louer ce que les fots de
la bonne compagnie mme n'auront plus le talent
de blmer.
Je me fuis dit beaucoup d'autres chofes pour inma
confolationl, que je vous prierai de cormmuniquer
ax ariflocrates quand ils front plus de fang-froid
ont les entendre et qu'ils contlilteront mieiux
ears intrtes prens et futurs.
...----cc-- -- -
ASSEMBLIE NATIONAL.
Preifdence de M. le lbaron de Menoiu.
SEANCE DU MARDI 20 AVRIL AU SOIR.
Plufturs .l.li lC'.is font lues l'ouverture de la
fiance. La ville de Clermont en Beauvoilis fait une
foiimiffion d'un million pour l'acquiition de biens
cclfialitiqiies La ville de S. Maximinii e i Provence,
accirfe d'avoir pris une dlibration qui dclare in-
faies tous ceux qui acheteront des biens ecclfiaf-
tiques, pour prouver combieii n pareil bruit eflt d-
ni de fondemenspromet d'acheter tous lesinim eubles
qii font i fa conveyance. M. le pr fident faith lecture
'iune lettre de M. Necker, qui announce l'ordre qu'il
a reu du roi d faire proclamer.le dcret relatif
aux afliglats.
D'aprs la demand de M. Voydel, M. le prfident,
cli aiiiorile tmoigner au roi c(ombien l'Affemble
ed iatistire de Ton empreffemcnt s'unir aux travaux
de lAfemble.
Une driputation de la focit royale d'agriculture
feicitl'Ailnemble dr la protection particuiliere qu'elle
accord la clafle de citoyens la plus rintfectable de
l'empire. On ordonne l'inpreffion de fon adrefe,
et de l rponfe qui lui a ec faite par M. le pr-
lideint.
Les reprfentans de la commune de Paris annon-
ceitqu'ils ont donin leur dmiffion mais que firicts
oblervateurs de la loi ils garderont le pofle jufqu'i
ce que d'autres loient charges de le remplir.
La ville de Soiffons offre de prendre pour 10 mil-
lions de biens ecclfiafliques.
M. Prieura fait lecture du project de dcret relatif
a M. de la Borde, lieutenant-gnral de Crecy qui
avait t ajourn la derniere fance du foir. L'Af-
femble met M. de la Borde fous la fauve-garde de
la Coi,et improve la conduite de la municipalit de
Crcy.
M. Merlin avant de fire le rapport fur la chaffe
uit tait liordre du jour propose de dcrter que
.le prfideiit fe retire pardevers le roi, potir le fup-
plier d'indiquer les lieux qu'il desire conferver pour
es tplilirs de chaffe.
Le dcret eft adopt l'unanimit.
M. Merlin lait enfitite un, rapport, au nom du co-
mit de fLodalit fur la chaffe.
Le privilege exclufif de la chaffe a t fupprim
par l'ariicle 111 des dcrets du 4 aot, et le droit
de dtruire Jar* fl s pnofeffios.fiulement toute efpece de
ileit.'r a t rendu tous les propritaires, la charge
cepeldant de fe conFormeriaulx rglemens qui feraient
etallis. Par iun abus trs-rprhenfible la chaffe eft
devenue nue force de dfordres,qui, s'ils fe prolon-
geaient., pourraient tre trs-funcfte s aux rccoltes.'Tel
et le point d'o le comit el part : il eft bien loin.
de regarder come parfait le plan qu'il vous propofe;
"'tlis les bfes fur cette matiere ne font pas encore
ditermines.
M. Robej'ierre. Je m'leve centre le principle qui
eftfreint le droit de chafe aux propritaires fculement.
Je foutiens que la chaffe n'eft point une facult
qui drivete la proprit. Aufitt aprs la dpouille
de la fuperficie de la terre, l.i chaffe dloit tre libre
atoit citoyen indiflinctement. Dans tous les cas, les
etes fauves apparie.nnent au premier occupant. Je
'clame donc la libert illimite de la chaffe, en pre-
nant toutefois les mefures pour la conservation des
brcoltes et pour la firet publique.
M. Mo:gins de Roqucfort. ,e privilege de la proprit
l'e s tendre juftu' empcher, fur Ton heritage ,
exercice d'aucun droit fans une permifllion pralable.


417
M..... La satire et affez important pour tre
traite dans une fance du imat;i. Je demand donc
l'ajournement demain.
L'Affemble pronounce l'ajournement demain.
La fance cft leve o1 heures.
SANCE Da MERCREDI 21 AVRIL.
M. Bouche. M. le prfident a-t-il reu une lettre
des volonmaires de Dunk--rque ?
M. le prfldent. Je ne puis rpondre prcifment
la question ,e M. Bouche. Je reois chaque jour un
trr-grand nombre de lettres et je les renvoie
l'inftant aux comits qu'elles concernent. Si j'ai reu
cell des volontaires de Dunkerque j'en aurai faith
certainement le mme ufage.
M. Bouche. Je trouve la copie cette lettre, date
d 9 avril, dans les feuilles de Flandres ; elle content
la dnonciation d'un mandement, adrcfl' par l'evque
d'Ypres au cur de Dunkerque : il a pour objet d'en-
pcher l'effet du dcret fur les voux monaftiques
le prlat menaced'excommunication,etdciareapof-
rats ces perfonnes perfides qui pourraient fe laiffer
entraner par les infinuations criminelles- dont'les
homes perverse de ce fiecle tchent de les endoc-
triner..... ". Ce mandement a t envoy dans les
diffrens couvens; il y excite de la fermniitation. Les
religieux qui ont fait des voeux qui rpugnent la
nature fe reffentent plus que jamais de la tiiblefle
qui les leur a fait prononcer. La tte de nos prtres
s'exalte ; ils fe fouviennent de l'impunit de l'evque
de Trguier. Quelques-uns parent de la palme du
martyre et regardent la dfobilTance aux dcrets de
l'Afemble national come un acte mritoire aux
yeux de l'Eternel. La chair defline linitruction
du peupl, pourrait bi-n ne plus fervir aujourd'hui
qu' le foulever.... .Tels font les faits dnoncs par
cette lettre, don't je demande qu'il foit inceflamrnent
rendu compete l'Affemble. 3e demand galement
que le comit ecclfiaflique prfente une loi contre
l'oppreflion ariflocratico-pifcopale, et qui ait l'effet
d'affurer l'tat et la tranquillit des religieux et reli-
gieufes qui fortiront du clotre.
M. Lavie. Pour viter les effects des difpqfitions o
fe trouvent les vques envers les moines, je propol'e
de fufpendre, pendant plufieurs annes, l'ordination
des prtres.
lCette motion eft gnralement dfapprouve, etne
reparat plus dans le course de la dlibration.
M.'.Merlin. Les vques d'Ypres et de Tournay,
qui rpandent le trouble dans les provinces belgiques,
ne font pas Franais, ne font pas citoyens. Tous
les vques strangers doivent, d'aprs notre droit
public, avoir un vicaire-gnral franais, et refpon-
fable : je demand que jufqu'apr I'tabliffement de
la nouvelle organization du clerg, il foit enjoint tous
vques trangers d'tablir dans toutes les parties
de leur diocese fiti en France des vicaires-g-
nraux ns et domicilis dans le royaume, qui
puiflent feuls exercer ei leur nom la jurisdiction pif-
copale, tant volontaire que contentieufe.
Aprs une lgere difcuflfion, les deux motions font
renvoyes au comit ecclfiaflique, qui prfentera
domain martin un project de loi fur celle de M.
Merlin.
M. le pr'fdeint. Je viens de ie fire reprfenter les
different renvois mis en apoftille aux lettres que je
reois : celle de Dunkerque a t renvoye au comit
des recherches le Iz de ce mois.
M.,... Oh avait dit que les nobles du pays de La-
bour s'oppo nfirnt vos dcrets ; c'eft une erreur. Ils
s'empreffer rtoujours de s'y foumiettre: ils viennent
de payer la contribution patriotique. Les fcrifices
que nous ferons front peu confidrables; mais ils
prouveront la puret de notre zele et Finviolabilil
de notre dvouement vos dcrets.
M. de Beaunmet. Votre comit de rformation de
jurisprudence criminelle vous a dj prfent pli-
lieurs articles ; il vous en avait offer quelques uns
que vous lui avez renvoys, & qu'il va foumettre de
nouveau votre dlibration.
Ces articles font lus lgerement, difcuts et adopts
en ces terms :
Art. 1cr Si les adjoints ou l'un d'eux ne fe trou-
vent pas l'heure indique l'acte de procdure au-
quel ils ont t requis d'affifler, le juge pour proce-
der audit acte, fera tenu de nommcr i leur place un
ou deux citoyens actifs qui ne pourront rcfufer. I.e
juge fera mention expreffe de cette rquifition, de
l'abfence des adjoints ou de l'un d'eux, et de la no-
mination des citoyens qui les remplacent, peine de
nullic.
Il. Les adjoints qui front parents ou allies des
parties au quatrime degr incltfivmlenit, devront
fe rcufer, et le juge faian tenu d'avertir les adjoints
de cette obligation et de leur dclarer les noims fur
noms et qualits des plaignans, ainfi que ceux des
acculs qui fe trouveront dnomms dans la plainte,
a peine de nullit, fans que nanmoins on puiffe dcla-
rer nul l' acte auquel des parents avertis par le juge
auraient afifit comme adjoints, en diffimulant leurs
qualits, ou faute d'avoir eu connaiffance de leur pa-
rent envers l'une des parties.


JII. Lorfi u'un acte d'inltrction ne Le fera que
par le juge feul, accompagn du r_ flier, les ad oints
qui y alflteront prendront fance aux deux cOtes
du juge, au mme bureau. Si l'acte f fait en la1
chambre du confeil, et le tribunal affimbl les ad-
joints prendrotit fance au banc du miniflere public,
et aprs lui.
IV. Il ne fera donn aucun confeil l'accuf
ou aux acculs contumacps ou abfens.
SV. Il ne fera dlivr par le greffier qu'une feule
copie, fur paper simple et fans frais, de toute la pro-
cdure, qiand bien mme il y aurait plufieurs acculs
tui requerraient ladite copie fans frais : pourront
nanmoins les acculs fert.faire expdier plufieurs
copies en payant les frais..
VI. Lorfqu'il y aura plufieurs accufs, chacun
d'eux fera interrog fparmient, et il ne fera point
donn copie des interrogatoires fubis par les autres a
ceux qui front interrogs les premiers fi ce n'eft
aprs qu'ils auront eux-mmes fubi leur interro-
gatoire.
SVII. Le dtcret des 8 et 9 octobre dernier, con-
cernant la reformation dela procedure criminelle, non
plus que le prfent dcret, n'auront aucune applica-
tion au cas o le titre d'accufation ne pourra conduire
une peine affictive o0i infamante .
M. de BeaumcrT. Le comit militaire et celui de la
rformation provifoire de la jurifprudence c':imi-
nelle ont pris en confidration les observations du
miniftre de la guerre, fur la rforme du rgime des
confeils de guerre. Ces comits ont cru dangereux
d'introduire en ce moment un nouvel ordre de chofes
qui feroit inceffamment fuivi d'autres nouveauts; il
propofe de charger M. !e prfident de dclarer que
l'Affemble n'a pas cru devoir faire de changemens
la forme des confeil de guerre.
M. le prfident le propose ainfi l'Affemble. 11
n'y a aucune oppofi:ion.
M. Dumetz demand qu'on done un confeil aux
contumaces.
M. de Beaumnct. La situation du contumace qui fe
fouflrait au devoir civique de rpondre l'appel de
la loi, ferait alors meilleure que celle de l'inno-
cent qui vient avec confiance fe remettre entire les
mains des juges.
Il s'eft lev la question de favoir fi le confeil de
l'accuf pourrait fair des nominations et des inter-
pellations aux tmoins lors de la confrontation. Le
comit n'a pas cru qu'il y et dlibrer.
Plufieurs opinansreprfentent la dlicateffe de cette
quelfion, don't le renvoi au comit eft ordonn,
pour en rendre compete demain martin.
M. Prieur. On n'a pas m;s aux voix la proposition
du comit relativement au confeil de guerre. Je
m'oppofe ce qu'on rponde-qu'on ne rpondra pas;
je m'oppofe aucune efpece de retard dans un moment
o le patriotiine peut tre un crime. Je reclame pour
nos amis, nos freres, nos dfenfeurs, le droit que
nous avons tous d'obtenir un confeil, un protecteur
public. Il eft impoffible, dit-on, d'appliquer au con-
feil de guerre actuellement exiflant des formes nou-
velles. Mais de' quoi s'agir-il ? d'un dlit militaire.
Il faut entendre les tmoins: on peut appeller des
adjoints. Il faut que l'accuf foit dfendu. Qui em-
pche de lui donner un confeil? Je demand que
le comit nous prfcnte inceffamment uin project de
loi.
M. Frcteau. Il ferait poffible de vous foumettre
des articles trs-fimples; i!s confifteraient, par exem-
ples admettre deux adjoints dans les procs fur
les dlits militaires; ces adjoints feraient r'ris, pour
les foldats, parmi les marchaux-des-logis et fer-
gens, pour les fergens parmi les fous-lieutenans,
et ainfi de fuite..
M. Prieur. Il ne faut point oublier auffi la pu-
blicit des procedures.
L'Affemble ordonne que le comit de rforma-
tion de la jurifprudence criminelle, et le comit de
marine fe runiront, et prfenteront remain inatin
des articles fur cette matiere.
M. Merlin, dans fon travail fur la chaffe. Votre
comit fodal a toujours eu devant les yeux qu'il
s'agit, non d'une loi conlitutionnelle, mais de l'ex-
cution d'une loi faite. Votre rglement porte que
vous ne pouvez pas changer vos dcrrts:la folidit
de la constitution tient l'obfervance rigoureufe de
cet article. Il n'eft qu'un cas o vous puifllez revenir
fur un dcret ; c'et quand il ef-nul. Si, par exem-
ple, on vous propofait de rvoquer le dcret du
marc d'argent, je me joindrais a celui qui vous fe-
rait cette proposition, parce que ce dcret eft vi-
lemment contraiire aux droits de l'homme, parce
qu'en droit, lorfoue deux dcifioRs font contraires,
la, reconde eft nulle; la premiere feule eft fuivie :
mais lorfqu'un dcret n'eft contradictoire aucun
autre, et qu'il a t gnralement approuv, vous
ne pouvez le changer. Or, tel e-t le dcret 'lu 4aot
fur le droit de chaffe; dcret auquel le comit fodal
a d Le conformer fous peine d'tre infidlele fon
devoir. Ce dcret efl ainfi conu : Le droit exclufif
de la chaffe et des garennes ouvertes eft pareille-












ment aboli, et tout propritaire a le droit de dtruire
ut fire dtruirM:, tei!emenit itur les pofelfions, touted
ef)iece de gioUir, tauli a 'e conformer aux loi de
policul qui pouriaiiiut erre aites relativemient a la
furet publique ',.
On a raifon de dire que par le droit natural le gibier
n'appartien t a eronne: ii ais s'unfuit il que tout le
monde aic le droit de le pourfuivre par-tout? Autant
vaudrait dire qu'on a le droit de venir ciiercher chez
vous les animnaux nialfaifans qui infellent vos maifons.
Une autre consideration doit fix-r vos regards; vous
devez taire des lois, non pour l'homme de la nature,
mais pour l'homme de-la locit. Deux principles font
reconnus par les lois romaines; 1. le gibier eft la
proprit de celui qui s'en empare, 2. chacun.a le
droit d'empcher un tranger d'entrer fur fa proprit
pour challer le gibier; la loi qui n'aurait pas le droit
d'autorifer un proprita:re. empcher qu'on ne vint
fir fon terrein, n'auraitpas davantage le droit d'afurer
les propriets... Vous voulez fair fleurir l'agriculture;
penlez-vous qu'elle fleurira, quand tous les vagabonds
auront droit de chalu? Le fjour de la champagne
fera-t-il agrablel, loifqu'il ne fera pas ftr? Mais je ne
veux pas abufer de vos moments, et je vous rappelle
la declaration des droits, dans laquelle vous avez re-
connu avec tant de juflice tous les droits des homes.
Le comit feodal propose le project de dcret fuivant:
11 eft dfendu toutes perfonnes de chafler,
mme dans les jacheres et dans fes proprits non-
clofes, foit pied, foit cheval, avec ou fans
chien, computer du ier avril jufqu'au 15 feptembre,
aprs la dpouille entire des fruits croiffans, peine
d'une amended de zo liv. au profit de la commu-
naut du lieu, et en outre contre celui qui aurait
chaff fur le terrein d'autrui, une fomme de to liv.
d'indemnit envers le propritaire des fruits, fans
prjudice des dommages et interts .
M. Goupil de Prfecn. Le rapporteur a combattu
les paradoxes que l'on a dvelopps hier; mon ref
pect pour vos dcrets m'interdit de rien ajouter. S;
quelqu'un renouvelle ces paradoxes, je me rfervc
la parole.
On demand que la difcuiflon foit ferme. L'Af-
femble ferme la dilcuLfion.
M. Robefpierre demande la parole.... I! parle...
On lui obfkrve plufieurs reprifCs, qu'il e livre
la dircufion, tandis qu'il doit fe border pr-
lent-r des amendemens. Il infife. On renouvelle
la mme observation. Il quite la tribune.
M. Martihncaa Il y a dans l'article plufieurs vices de'
rdaction. Fn tr.nfportant quelques phrafes, on par-
viendrait facilement les fire difparaltre. L'objet
du comit ett vident, il a cherch exprimer la
dfenfe toutes perlonnes de cl affer fur les pro-
prits d'autrui, et aux propritaires fur leurs pro-
prits non-clofi.s, dans certain items de l'anne.
M. Mairineau propose une rdaction corrige dans
le fens qu'il indique.
M. le chevalier de Murinais demand que les po-
ques o la chaffe fera dfendue, mme aux pro.
prietaires, ne foit fixe, ni par l'Affemble, ni
par les dpartemens, mais par les difIricts.
M. Rewbel reprfente que plufieurs villes en Al-
face ont conferv tons leurs habitans le droit de
chaffe fur leur territoire. il demand qu'il ne foit
ri-n intnov pour les lieux o la chaff et le port
d'arnmes font libres.
M. Garat le jeune. L'article porte qu'il ne fera pas
penrmis ie chalkr dans les proprits d'autrui, Voici
ce qui fe p-iiTe dans l pays que j'ai l'honneur de
re i. lLnter. Aprs la recolte des fruits croiffans ,
les li.rits mobiles font abattues, les proprits de-
vicine.'it cominirines et chacun y envoie fes befliaux.
1 s'apiir le favoir maintenant -fi 'on peut chaffer
da.s f s prpri-'cs devenu-s communes. Je propofe
en a:.'iendemi.nt, qu'en gnral on pourra chaffer
day's les proprits common s, et qu'en particulier
1: s cantons Bi(ques front maintenus dans leur cou-
tumie et dans les droits de la nature.
M,. Alexandre de Lameth. Te comit de conftitu-
tion aurait dii d'abord vous mettre porte de pro-
nonIc r fur le port d'armes; le comit fodal aurait
d pifer le principle avant de prfenter des articles
: l. niiit.iiics. Le premier principle tait que per-
fonnu n'a droit de porter atteinte la proprit d'au-
trui, c'eflt--dire de chaffer fur la proprit d'autrii.
Dans le cas o l'on voudra difcuter l'article pro-
pof, je me contenterai d'obferver qu'il eft mal
libell.


458
Il eft dfen.du.,, toute perfonne de chaffer, ent
quel lue teins et n quelque maniere que ce foit, fui
le terrt iii d'autrui, tans fbn conieutenent, peine
de zc livres d'miiende envers la commune du lieu,
et d'une indemnit de to lives envers le!,propritaires
des fruits, fans prejudice de plus grads dommages et
intrts, s'il y ch.ai. D)fenfes font pareillement
faiths, fous la mme peine de zo livres d'amende
aux propritaires et pofeffeurs, de chafler dans leurs
terres non-clofes, mme en jacheres, computer du
jour du jour de la publication du prfent secret ,
jufqii'au Ie rfeptembre, pour les terres alors d-
pouilles, et pour les autres terres, jufqu'aprs l'en-
tier dpouillernent des fruits, fauf chaque dpar-
tement fixer, pour l'avenir, les teams dans lef-
quels la chaffc fera libre, dans fou arrondiffement),
aux propritaires, fur leurs pofffflions non-clofes,.
Ce project d'article eft dcrt.
La fance elt leve trois heures et demie.


VARIT' S.
Tous les amis des lettres connaifIent le nom de
Caflini; la famille clebre qui le porte, a rendu des
services nombreux au monde iavant, depuis deux
cens ans qu'elle produit des homes diflingus dans
la ca:iere des sciences, et de cous les genres de
connaiflances utiles. Mais ce que tout le monde ne
fait peut tre pas, c'efftque M. le comte de Caflini,
directeur de l'obfervatoire, joint toute la gloire de
les anctres, une modefiie infiniment rare, et des
vertus douces, qui feraient illusion fur les grandes
connaiffances, fi la modeflie et la fimplicir morales
n'taient point les traits caractrilqiquws des talens et
du gnie.
Depuis long-tems M. de Caffini travaillait la carte
de la France il en prfenta l'excution l'Affemble
national au mois d'octobre dernier; il vient aujour-
d'hui de lui offrir un travail plus prcieux encore,
c'eft celle du royaume divif en dilfricts, et en d-
partemens. Nos lecteurs nous fa.uons gr de rapporter
ici le difcours que pronona M. de Caffini j on y
retrouvera l'expreflion de fon caractere.
c Meffieurs, lorfqu'au mois d'octobre derniernous
edmes l'honneur de vous offrir l'atlas gnral de la
carte de la France vous retes avec indulgence
des citoyens qui ofaient pine fe flatter que leur
hommage flt digne de vous. Aujourd'hui, c'eft avec
plus de confiance; c'eft, j'ofe le dire, avec des droits
vos bonts, que nous nous prfentons devant vous,
puifque c'efl votre propre ouvrage que nous venons
vous offrir; c'eft le rfultat de cette mmorable op.
ration, don't la penfe fht grande, l'entreprife hardie,
l'excution auffi tonnante qi'inefpre. C'eft le ta-
bleau de ce nouveau partage du royaume que vous
avez redivif pour le mieux unir, et don't, un infant,
vous avez diffous toutes les parties pour les revifer
et les mieux reimettre en harmonies.
Jettez un regard de complaifance fur cette ef-
quiffc de votre ouvrage. Arrives au bout d'une car-
riere pnible, tournez et repofez vos yeux tur l'ef-
pace que vous avez parcouru et qu'en ce moment le
Souvenir de longs dbats, de contrarits renaiffances,
et d'obflacles fans nombre, foit effac par la dquce
efprance d'un fuccs qui rponde vos wues, et aux
defirs de tous les citoyens de empire, en levant
la perfeion ile nouvel ordre de choices que vous
avez of tablir ".
S-- "-'---5
La demolition de la baflille, qui fe -ntinue et qui
eft affez avance ne ceffe d'attirer bicoup de cu-
rieux, tandis qu'il tait toujours dangereux et bouvent
criminal aux yeux du derpotifine de parler de ce
terrible chateau. On fe difait tout bas que les victims
des fureurs miniftrielles y recevaient queluefois la
mort en fecret, fans autre formalit qu'un ordre plus
ou moins ambigu au geolier titr, de fe dfaire ou de
faire finir l'affaire de tel ou tel prifonnier.

Les ouvriers employs a la demolition ont t char-
gs fpcialement de dcouvrir s'il reflait quelque vef-
tige d'une pareille barbarie, et ils ont trouve en effect
fous les efcaliers des cachots fouterreins des tours
deux fquelettes don't l'tat indiquait qu'ils taient l,
l'un dp-puis foixante ans, l'autre depuis trente ans.
On a mis encore plus d'attention dans la fouille des
autres fouterreins, et voici la dcouvette qui a t
faite la femaine derniere.
T.p cavalier iqui tenait au corps1n 1 d nl r- lace ,d.


ces galleries taient pratiqus plufieurs c ch
petits, trs-obfcurs et trs-humides,~e o.ttr
paffer, ou de la tour, ou de chez le goi on y i'11
prilonniers dvous l'horreur d'une no' ier ur
... ue rt alf '
En dioliff.at quelques- uns de c cs rt,
ouvriers ont trouv dans les rmlffes de chots, les
lparent, des monceaux de pltre qui erre uiles
avec foin et precaution. Un tibiaqui tr etd foill
s' etant montres, on a cern le platre is unferur
de, la nature humaine, et on a enlev un i grandeur
enter, qui a t mis fur une planche et qul ,"eetot
dans un atelier. Lavmufl de celfuelett il onimi'i
gens de l'art qu'il tait l depuis envii qun i u,.'1iisa,

Ainfi les voil prouvs, ces brui'ts POPli
la baftille avait des oubliettes; aifnila voilair^, ifi
cette horreur genrale qu'infpirait a ous lesho;i
libres, trangers come Franais, ce terrible *,.
teau. On va mettre la imre attention fouiller
autres foundations de la baflille et du baf.il on et o
croit qu'on y trouvera d'autres preuves phy,,fl uet s
horreurs que le defpotifme y exerait. luee

Dimanche dernier, M. de la Fyette a pa,
revue, Vinceines, la cinquime division de la garden
national parliennei une compagnie d'environ ei.
quante jeunes leves d'une pension tablie "Vii.
cennes, tous en uniform, bien arms et bien exer.
cs aux evolutions, eft venue fe mler la revue et
le gneal a applaud fon zele et fa manlleuvre
en paffant et en siarrtant dans le rang que format
cette aimable jeuneffe : il a donn a'ufi des loges
les inilituteurs, qui commandaient la troupe.
Tous les papers publics ont tendu compete de
I affemble publique tenue aux Capucins de la rue
S. Honor, cette femaine, par des membres d l'\f.
femble national, et du peu d'accueil qu'ils ontrea
de la part des affiftans. Parmi les ordres que la police
avait donns pour viter tout tumulte, on doit re.
marquer la confighe de ne point laiffer entrer les
dames don't les tabliers auraientpu cacher desipr',i
cuites. Il y a lieu de croire que les daines des halles
avaient laifl percer le deffein d'en affaillir ceux des
menmbres qu'elles auraient rt gards come demauvris
citoyens; et Idur mprife cet gard pouvait tre
fort confidrable.
On a rphindu que, dans les comits pralablesde
cette Affemblee, il avait t arrt une declaration
ou proteffation contre les derniers dcrets du Corps
lgiflatif, et que cet crit avait t envoy dans les
provinces mais ces dcrets, fanctionns pir S,M.,
y arriveront aufiif-tot que la proteftition; et le zele
national qui s'eft manifeft par-tout pour l'excution
des dcrets, n'prouvera aucune alteration d'une d-
marche auffi contraire l'efprit de paix, en fuppofant
toutefois qu'elle ait eu lieu.



AVIS DIVERS.

Note relative i'ecablifment des Sourds et Muta
de Paris.
Le roi aprs avoir nomm des commiffaires
choifis dans l'acadmie franaife, dans'celle des
sciences et dans celle des infcriptions et belles-lettres,
a fait ouvrir un concourse pour le choix d'un digne
fucceflfur de l'illuflre abb de l'Epe. Quatre pre-
tendans cette place auffi honorable que difficile,ont
t iivits de s'y rendre. M. l'abb Maffe, i qui la
commune de Paris avait confi provifoirement cette
inf tituion;M. l'abb Sicard, inflitu eur deBordeaux
M. l'abb Salvan inftituteur de Riom en Auvergne;
et le P. Perrenet, religieux Auguftin, tous disciples
du clebre inventeur ; et aprs un examen trs-'de
taill des connaiffances de trois de ces .1,tliI[i.:IJi
( M. l'abb Malfe n'a pas paru ce concours),M.
l'abb Sicard a t jug le plus propre cette grande
oeuvre. En conf.quence et vu le rapport de MM.
les comianifaires, le roi a nomm M, l'abb Sicard,
vicaire-gnral de Condom, chanoine de Bordeatux,
des acadmies et du mufe de cette ville, etd ceux
de Paris et de Touloufe*, et de la focit royale et
littraire de Bayeux.


SPECTACLES.
ACADMIE ROYALE DE MU SIQUE.Dein. dip
Colonel, de Sacciini; et le ballet de Tclraqued
Gardel.
Ti.;,...rn r TA TT.., T r comdiens fan


...... ...... -j .. . ... .. 1 It (lu cot J t H ATRlL E E LA I i'l '
On prnfente diffrens amendemens et diffrentes dtu fiuxbourg, qu'on nomnmait le Baflillon, et fur ais ordinaires du roi, donneront aun. 22 j C
rdactions. lequel avait t lev un jardin pour le gouverneur, trag.; le Somnambule com. en i acte, en
tait joint la baflille par deux galleries fouterreines; Dem. z3 la 3e reprf. du Cowvent ou la fri
M. Merlin lit etn fon noi unr project d'article au- dornt l'une aboutillait a une tour, et l'antre une caractere et de l'ducation. En arttedant lc a re repr;e
quel la priority eit accorde, porte fecrette de l'appartement dui gouverneur: dans de Henri VIII et Anne de Bouler tiag. nouv.

On s'aibioie Paris h/ztel de Thou, rue des Poitevins, ou au bureaI des afiches de Paris rue neuve S Aiugizn Le fix cJ'pour l'ars,
I8 2iv. po/rtrois mois. ?G6liv. pourfix moirs et de 7oliv. pour l'anne ; et pour la province de 22, liv. pouf trois mois 4z liv. Pour0f
vors et 84 liv, podr l aune'e, franc de port. L'on ne r'abonre qu 'aui commencement de chaque mois. On fof/crit auoi che tous es liai e,
rance et les directeurs des pof/es. C'efl M. Aubry directeur du bureau de la Gaette Nationale, rue des Poitevins, no. I8, q.u'il.f
adreJr les lettres et l' rnt, francs de port. - Tout ce qui concern la compofti:n et la rdaction de cette ,Gaette, come lives, *t/ri'"i
cartes f. mufjiue, 6.c. doit 'tre adreffau rdacteur de cette feuille, rue du Jardinet, maio de M. Caraffe n en face de la rue de l'Eyeron' -,


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