Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Moniteur universel

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GAZETTE NATIONAL, ou LE MONITEUR UNIVERSAL.

'P.A X Ti '-


N0R E D 1 2 V R1VI L


790.


POLITIQ U E.

RU SSI E.

Des froi~tieres de la Pologne, le 26 Mars.

0 N apprend de Ptersbourg que les gardens che-
,al et les ciliraliers du grand-duc Paul ont reu l'or.
dre de fe mrtr en man'rche pour la Livonie, o
ils remplaceront les rgimens de cavalerie que l'on
a fit pa-rer dans la.-luune blanche.,Six bataillons des
.rdes pied ont galement reu l'ordre de fe pr-
parer a'irclErr dans la Fin-lande o fe rendent aufli
les corps qui ont eu leurs quarters d'hiver aux en-
virons de ptersbourg. On tranfporte Riga beau-
coup d'artillerie.

ALLEMAG NE.
De Vienne, le 3 avril.

L'inauguration de notre nouveau fouverain dnit
fe fire mardi prochain. Les prparatifs font achevs.
Cette crnmoiiie, qui fera trs-brillante, et que l'on
,'avait point vu depuis 5o ans, attire une foule d'-
i.,,-,:, hns cette capital. On a lev plufieurs am-
li'.:.-,i', orn's de chifrrer et de devices, et l'on
a remarqu, avec une certain motion, l'infcrip-
oin1life fit l'un deux lev. ft la place de Graben :
elle ell fiurmonte du chiffre de Lopold rt .,:.:t.
Oiea regum, corda Jabdirorurn.
Le roi vient de fixer nu 6 Juin prochain fon cou-
roiitnement Bude; les circulaires pour la convo-
cavion des Etats du Royaume ont t expdies en
coiifqience. Les Ftats de Bohme ont tenu le 22
Mars, Prfigue, avec l'agre-ient du rai, une Af-
feible gnr-ale dans laquelle ils ont dlibr fur plu-
fieirs objets d'intrt public. S. M. a nomm le prince
rOnantde Lichtenftein premier envoy de l'lectorat
de Bohme, la dicte d'lection d'un empereur; les
deux autres miniftres quil'accompagneront ne font
pas encore connus.
Lesprparatifs de guerre dans la Bohme, la Silfie
t'i Gallicie, continent toujours. Un corps de croa-
tes march vers la Bohme. Le prince de Hohenlohe
ef part le 28 pour s'y rendre et M. le marchal d'e
Lahlion s'y rendra fon retour de Baden o il efl
all prendre les bains pendant quelques jours.
Le cornier que l'on attend de Berlin n'eft pas
encore arriv. La dpche qui eft.venue de cette ville
le 18 mars, n'a pas renferm une reponfe afiez cat-
gorique la demand qui a t faite cette cour. Il
parat que ce cabinet calcule tous les effects qui .pour-
ront rtilter d'une rupture de fa part.
M. le gnral comte de Wartenfleben, comman-
dant le corps du Bannat, eft arriv le i Mars fur
h ,,...,ir.i',. d'Allion. Les Turcs d'Orfowa continent
de tirer Lfur nos ouvrages pendant le jour; pendant
!I nuit ils ceitint le feu de leurs batteries. Les avis
de la Tranfilvanie portent que la majeure parties dii'
corps de M. le prince de Cobourg s'eft mis en mar-
che de Bucharett vers Widdin M,. le gnral de
Spleni l'a fuivi de Fokfan avec quarre bataillons d'in-
faiterie et trois divisions de cavalerie' Une division
dle nos troupes, fous les ordres du gnral Jordis,
s'el jointe ati corps Rulfe du.gnral Suvwarow, pour
laire une entreprife centre Brailow..

De Mayence, le II Avril.
On affure que le nouveau roi de Hongrie s'eft mis
filr les rangs pour la couronne impriale, et qu'il
ient d'crire aux lecteurs pour leur fire connatre
fes vtux cet gard. Le principal envoy pour
l'election'd'utn empereur, que l'lecteur de M'ayence
a nomm, eft M. le chanoine- baron de Fechem-
bach.

'P A-Y'S B A S:'
De Bruxelles, le.'14 avril
M. le gnral Ven-der'Meerfc a t enlev la nuit
dc:riiere et transfir la citadelJ.e d'Anvers. Voil
donc quelle tait; la deffination pridite de cette
forterefle, quand le grand-pnitencier Van-Eupen
'lft har d'en fire differer la demolition jufqu'au
4 Juin. L'ordre diu congrs portrait' que dans le cas
0"l fon poule ne voudrait pas fe feparer de lif,
ee ne partt que deux huri p apres lui : cet ordre
na pas et excut la rigueur, et ils font artus
t"us deux ensemble. Ce gnral avant fon ci-
part, a proteft en bonne forme centre la violence
qu'on fe permettait a fon gard.
Du 1s. A la fuite d'une letr'e adreff le Il de
O mois par les tats de Flandtes M. le gnral
an-dcr-Meerfch, et d'une rponfe qu'il y a faite l
> ce gnral, prvenu d'un project qu'on avaitde le
sraniif.'rer la ciadelle d'Anvcrs, a confign dans


une nouvelle lettre fa proteftation contre cette vio-
lence. Voici ces trois pieces.
Dpche des Etats de Flaendres, du I I avril.
o Monfieur, 'nous avons envoy nos dputs
votre re e tr du 9 avril 1790 au fujet de votre tranf-
lation Arvers ou Louvain et nous les avons
charges de veiller ce que vous foyiez traite avec tous
les gards pollibles ; cependant les circonftances ne
font pas de nature vous retire en ce moment dans
cette province.
o Nous fommes &c. Les Etats de Flandres ".
Riponfe de M. Van-der-Meerfch, du 13 avril 1790.
Meffeigneurs, par votre lettre du nr de ce mois,
vous avez la complaiflince de m'informer que vous
avez charge vos dputs ici de veiller ce que je
fois traits avec tous les gards poffibles ; je ne puis
qu'tre fenfible a cette attention,et je vous prie d'tre
perfuads de ma reconnailance.
Mais vous finiCz votre lettre par me dire : que
i's circonftances ne. fbt pas de nature me retire, enr ce
roomrent,d'ans votre province;et cette rponf,je l'avoue,
r'tonne infiniment.
3 D'aprs la declaration non-quivoque du congrs
( du 9 avril ), que ma prfence Bruxelles com-
promet la fliret publique, d'aprs la nouvelle efpece
d 'inlulpation,et Ls menaces voiles qu'elle renferme,
ilef fenlible et confquentqueje ne dois pas demeurer
davantage dans une province qui n'eft que trop vifi-
blementle foverde toute la perdlcution que e'prouve,
ct ot l'air mme que je relpire feiible in'rre imput
a crime i et pi.Ufque des motifs auni puiffans rendent
ma retraite d'ici indifpenfable, quelles pourraient tre
les circonflances qui dans ce moment,, me fermne-
raient l'accs de la province o je fuis n et o
mon domicile eft natural et lgal ?
Le veritable fens de cette phrase n'tant dter-
min par aucune expreffion diffincte ie ne puis con-
natre au jute fi fa fuli.in.e renferme une d.
claration fonde fur unerfolution quelconque, ou fi,
dans fon but, elle fe borne un fimple conleil de
follicitude.:dans ce dernier cas, je vous demanderais
en grace de n'en avoir aucune et de partager ma
parfaite tranquill.it ; mais dans le premier je vous
obferverais que pareille rfolution ou declaration
aurait tout le caractere d'un dcret d'exil, ou d'une
sentence' d'abftention de lieu; et come je ne fuis
encore, fous aucun rapport, dans le cas d'en appr-
hender de femiablle, je vous prie de ne pas trouver
mauvais que je pe fifledansl'offre que j'ai faite, de me
rendre Gand, et de vouloir mime, pour les raifons
fouditc s, en fairepreffer, par vos dputs, la dcifion
et le moment."
Lettre de M. Van-der-Meerfch aux Etats de Flandres ,
le 13 avril 1790, 3 heures de l'aprs-midi,deuxieme
lettre de ce jonr.
Meffeigneurs, V'on vient de m'informer confidem-
ment, que le congrs a rfolu ma translation la
citaddlle d'Anvers ; fi cela eft ce fera donc par vio-
lence et voie de faith car, affirment je n'y confen-
tirai jamais. Rien ne me ferait plus facile que de m'y
fouitraire, puifquie je fuis prvenu mais tout moyen,
toute dmarche quivoque font iitdignes de moi, Si
pareil attentat fe pratiquait contre ma libert contre
celle,de ma dfenfe, et contre la loyauiit avec laquelle
je me fuis rendu ici ce ne pourrait etre que parce
que l'on redouterait l'oeil dela Nation et le jugement
de lEkurope. J'attendrai donc avec le came de la
probit, l'vnement de cette infbrimation ; et s'il ar-
rive, come 'e n'eft pas dans les tnebres du myf-
teres toujours favorable 'iniquit, que je dois, que
je pretends me dfendre et me juflifier, et come
c'tait Namur et non Bruxelles qu'on devait
m'arrter, s'il y avait natier je protefle d'avance
contre cet attentat le dclare que je ne rpondr:i
rien que je ne fois parfaitement libre, come l'exige
les egards dus noni caractere, tant et atiii long-'
tems qu'on.ne m'aura pas convaincu d'un crime i et
ds--prfent, Meffeigneurs, je rclame centre cette
violence inique', votre appui, et celui de la Nation
entire ". -

ANGLETERRE.

De Londres.

Il exifle prfent dans le village d'Aldborouh ,
cotd'Yorak un nomm Jonathan Startop qui ne
ferait pas fufliflrnmmnt caracrridf par 1l nom de vieil-
lard, puilque Ia carrier excede debea:coup celle des
homrines les plus gs; il a io7 ans. Ne en 1663 de
parensmoirs tous deux de la pefle qui ravage Londres
en 1666, il en a parfaitement conferv l'ide, ainfi
que celle de '-incendic que.l'on accuifa dans le items
les torches du fanatifmi d'avoir allun. Ce partici-
lier, de la petite taille, a en cinq femmes qui lui
oet donn une nombreufe famille, don't il reflt 7


enfans, i6 petits-fils, et i40 fous-arriere-perits-filis
il n'a pas befoin de lunettes pour lire, et faith mer-
veille fa parties de cribbage ; les jambes le fervent
encore afflz bien pour qu'il ait fait Nol der-
nier une march de trois lieues en allant dner chez
un de fes arriere-petits-fils. 11 fe fouvient bien
d'avoir vu Charles II, et fait route avec Killegrew ,
bouffon en titre dece prince. Il eft permit mangeur,il ne
fait pas ufage de vin fa boiffon ei d ait u air il a
conferv toute fa gair. Deflin une vie finguliere,
il a pouf fou troifieme marriage une fille naturelle
du protecteur qui lui a apport en dot environ
Iz,ooo liv. 11 poldede le portrait de Cromwell fon
beau-pere, fait par Cooper, en a refuf 300 gui-
nes que lui en offrait M. Hollis. Li avec Milton;
il prta au clbre pote 5o liv. frerling don't celui ci
le trouvait avoir grand befoin dans le novel ordre
de chores qui fuivit la reflauration de Charles IL.
L'homme de lettres, pauvre mais fier, voulut
abfolument les rendre M. Startop, qui les refu-
tlit vu le mauvais tat de la fortune de Milton: la
icttre par laquelle le fier rpublicain lui renvoie fon
argent et fe plaint de ce qu'il veut le faire de-
minurtr fon oblig, exifte encore dans les papers
de ce contemporain de tant d. rcgnes, de ce temoin
de tant de cholis auquel il tait rf-rv de voir
la plus etonnantce de toutes, l'Europe entire incef-
faimment libre et heureufe.

FRANC E.
De Paris.
Le 18 M. de Leffeps, consul de France,
eu l'honneur de prCenter au roi, la reine et a
.la fami!ie royale, le journal hiltorique de fon voyage
de la baie d'A'vathcha, au .Kamnchatka en France ,
d(puis l'inflant ot il a quitt les frgates du roi,
commandoes par M. le comte de la Peyroufe (i).
11 parat h life ,gnrale du quatrieme tirage des
primes, attributes a huit mille bu'leins, correipon-
dans aux numlros des quittances de finances, fortis au
tirage de decembre 1789, relatives nt un em-
prunt de 8o millions tabli par dit de dcembre
-'8) : ledit tirage s'efl fait, le 22 mars 1790
dans une des falls de l'htei-dc-ville de Paris, en
presence de Mv. les maire, lieutenant de maire
et confeillers-affeffeurs.
Et celle du vingtieme tirage du rembourfement
des actions de la compagnie d's Indes, fait le 23
mars 1790, en l'une des falles de ladite compagnie,
conformment l'arrt du confeil du 28 fvrier
1771.
Suite des lettres-patentes ,. hr dcret de l'Affemblie natio-
nale colcernant la diviifon du royaume.

Department des Landes. L'Affembl~ e de ce dpar-
tement fe tiendra provifoirement Mont-de Marfan.
Les lecteurs propoferont un alternate, s'ils le jugent
convenable aux intrts du dpartement. Ce dpar-
tement eft divif en quatre di.flricts, don't les chefs-
lieux font : Mont-de-Marfan Saint-Sever, Tartas,
Dax. S'il eft tabli un tribunal dans ce dpartement,
il fera plac Dax.
Department du Loir et du Cher. L'Affemble de ce
dpartement fe tiendra dans la ville de Blois. Il eft
divif en fix diliricts, don't les chefs-lieux font:
Blois Vendme Romorantin, Mont-Doubleau
Mers, Saint Aignan. Le tribunal qui pourra tre
tabli dans le district de Saint-Aignan, fera fix
Moutrichard.

Extrait d'une lettre de Doaay, du 16 avril.

On s'occupe beaucoup fonder les difpofitions
des troupes; on prodigue des loges aux foldats;
on les excite tre fideles leurs fuprieurs...On fait
courier le bruit qu'on n'accordefa pas les 32 deniers
d'augmentation annoncs pour le premier de mai. Il
eft certain que fi le foldat ne les recevait pas crtte
poque, il fe croirait jou par des promeffes illu-
foires, et perdrait la confiance qu'il a dans l'Affem-
ble national. Cet objet eft de la plus grande im-
portance; et il faut abfolument que l'A(tlmble.pirenne
!es mefures convenables pouf que fes intentions
et celles du coi ftir cet objet foient excutes dans
toute leur tendue, l,'poque prcife qui a t6
indique.


ADMINISTRATION N.

MUNICIrPA I T t S PROVINCIALES.
De Chcrbourg. M, le chevalier de Gaff, maire;
officer inunicipaux, MM. Groult, procureur du
roi de l'amiraut ; Hervieu, chirurgien ; Vafel ,
(I) Cet ouvrage, en 2 vol. in-,,8i offdi de carts et
de gravures, fe ttouve chez Moutard, impr,- libraire,
rue des Mathuriris.













svcat. Mauice ; Coucy du Longrez l'an, n-
gociant ; Vittrel fils, ngociant ; Creft de Vala-
val, Laifi Vild e -Hautmefiil, Belhofte de
Grandcamp et de Launay mdecin. .Procureur
de la commune M. Avoine, avocat. Subftitut,
M. Ou y, avocat.
De Bayeux. M, l'vque de Bayeux maire. Of-
flciers municipaiux, Mii. GuCrin, avocat; le che-
valier du Fayel Gardien de Nri, avocat la Londe
de Sainte-Croix ; Septier, ancien procureur; l)u-
clos Tavigny procureur 1 Hallot, procureur en
l'lection ; BaiLy, ancient tanneur. Procureur de la
communelll de la Rue, avocat.
De fmzieges, M. Varanguien, notaire, maire. Of-
ficiers municipau-x, MM. Laurent Dolier; Philippe-
A.giiflin Phillipe ; Jean-Baptifle Hue ; Jean-Jacques
-Iue, Jean-Baptifte Formant, Pierre-Fran ois Arna d,
Pierre Duquefne, Valentin Cabut. Procureur de la
commune, M Villaiu.


FINANCES.
Sui d d depouillement du livre rouge.
CHAPIT RE V I
Acquifitioons, Echanges.

;-784. Ordonnance de trois millions fix cent mille li-
vres fur M. de Savalette, comipe de fept
millions, failint parties du prix des droits utiles
du Clermontois, cds S. M. par M. le prince
de Cond payables raifon de cent mille
livres par mois en 1784,
86 et 88 . . . 3,6oo,ool. f. d.
Idem, Sur M. d'Harvelai, pour
complment des feptmil-
lions, payablesen '1785,
8Q7 et dix premiers mois
1789. . . . . ... 3,400,00o


Ordonnance pour pot-de-
vin de ladite vente.....
Ordonnance de huit mil-
lions iept cent mille li,.
pour le paiement de l'a.c-
quiftion de l'fle-Adam,
en bordereaux viagers
de l'emprunt de janvier
1781, don't fept millions
cinq cent mille livres fe-
ront conititus, tant fur
la tte d; S. M. que fur
celle de Monfieur.. .
Ordonnance au porter,
pour le complement du
parfait pavement de l'ac-
quifition de' Ilfle-Adai,
tant en capitaux qu'int-
rts, .. .... . ..
17S5. Ordonnance au porter,
pour fupplement de prix
des forts de Camors et
Floranges, vendues au
roi par M. le duc de
Liancourt. . . . ..
1785. Ordonnance pour fuppl-
ment de prix des droits
d'aides de Vendme, et
de fels de Brouage, cds
au roi par M. le duc Chartres . . . .


5O,00,t


573,3




370,3





71^1


1786. Ordonnance, compete
du prix des bois de la
terre de Maifons que
M. le comte d'Artois
cede au roi pour tre
runis la fortde Saint.
Germain. ......... oo,c
Ordonnance au porter,
de dix-huit cent mille li-
vrespomir le capital d'une
rente viagere de cent
quarre-vingt mille livres,
accorde Monfieur, en
replacement et indem-
n it du product annual
des droits de trpas de
Loire et traites d'Anjou,
rtrocds S. M,., .. I,Soo,
1787. Ordonnance d'un million
cent mille livres, pour
l'aequifition faite pal; le
roi de la maifon de M, de
Beaujon, rue S. Honor.. t, oo,y

2.o0,68,8:

CHAaPITRE VII.
Affairs de finance.

1786. Ordonnance pour frais de service


37 1o,




70




13 12 9





>00
















1II. 2f.9d.


4P1
extraordinaire en finance, connu
de S. M ... ... . 1 ,6oocoo
1788. (17 fvrier). Ordonnance fur M.
de Savalette, pour frais de service
extraordinaire de finance, approu-
v par le roi . . .. .. ,75>000
(Fvrier). Ordonnance fur M. de
Iaborde de Mereville, pour idem.. ,5oo,ooo

Total.. . . . . . 5,85,ooo001.


LITT R A T UR E.

CIARLEs IX, ou L'ECOLE DES Rois Tragdie ;
par Marie- Jofeph Chinier. De l'imprimerie de Didt
jeune. A Paris, chez M. BoUfryg et compagnie,
rue des Noyers, n 4~ ; et Nanres, chez M. Louis ,
libraire, rue de Louis XVI. Prix, 3 lives 12. fois.
(Premier extrait).
Cette tragdie ne doit point tre juge lgrement ;
l'clat qu'elle a fait dans le monde la rend dcifive
pour la reputation de l'auteur: il eff jeune, il parat
devoir fournir une longue carrier dranltique. Q uoi
qu'il faide dformais on dira toujours de lui: c'eff
l'auteur de Charles IX. Selon le fens qu'on y artt,-
chera, ces quatre mots influeront fur la d.line de
fes autres ouvrages : 'opinion qu'il aura lui-p"me de-
celui-ci, influera fuir leur valeur; et celle que le Public
adoptera dfinitivement fur Charles IX peur n't-e
pas indiffrente pour le fort de notre fcte tragique.
11 eft donc important, pour l'inrtrt de l'art aurtint
que pour celui de auteur mme de ne prononcer
fur cette piece qu'aprs un mur examen et de fe
garantir galement de tout prjug favorable ou
contraire.
Trente reprfentations n'ont encore puif au th,-
tre ni l'affiience, ni l.es applaiidilcemepns : ce fuiccs
foutenu n'a pu dfiarmer, dans le monde, ni les cri
tiques, ni les prventions. Tenir un milieu entire deux
extremes c'eit fouvent le moyen de ne plaire per-
fonre ; c'eft cependant le feul part que puiffe pren-
dre un homme de lettres exempt de pallion come
tout critique devrait l'tre.
Le project feul de cette tragdie, concu 24 ans,
et dans un moment o il devait pairair imipoffible
de la voir jamais reprfenter fenmbl announcer, dans
l'auteur, une tte forte une aine libre une voca-
tion dcide et rflchie pour le genre hiflorique,
qu'il regarded, avec raifon, come le premier de
tous. \ w
L'ptre ddicatoire, le difcours prliminaire, et
l'effai fur la liberty du thitre, imprims avec fa pie e,
confirmlent dans cette opinion. Ses notions ltteraires
et politiques font galement fines. Il les expofe avec
une chaleur qui announce lJa perfuafion intime ; nul
gard, nulle crainte ne l'arrte. Il s'attenii des en-
nemis puilfans parmi les ennemis de la libert5 il les
brave: il fait qu'il en a dji parmi les gens de lettres
et les follicu'aires il les. provoque en vers et en
profe. Avec le mme talent peut-tre, on pourrait
erre plus prudent. Un grand example devrait ce
qu'il nous femble, dgiter de c:s vengeance litt-
raires. Voltaire voulut d'abord crafer les gupes qui
le piquerent. Il les rendit importantes : il les alimenta ,
pour ainfi dire de fa gloire : il s'impofit la nceflit
de les combattre pendant 60 annes ; et pour fon miil-
heur, au milieu des plus grands fiuccs, il ne fut ja-
mais infenfible leurs piquures. Mais revenons M.
Chnier.
L'ide qu'il done du genre hifforique et national
en dveloppant, dans-fon difcoiur prliminaire, l'op:-
nion d'Ariftote qui prtendait que la tragdie efi
plus philofophique et plus instructive que l'hiitoire,
eft l'ide de la perfection mme. Il ferait injulte d'exi-
ger qu'il et raliT, ds le premier pas cette per-
tection idale laquelle il avoue lui-mme qu'il efi
impofible d'atteindre ; mais il eft naturelde pentfr que
s'tant propof un fi beau module tous fes efforts ont
d tendre l'imiter; et que n avec du talent, nourri
d'ides fortes et libres avant le jour de notre librt ,
il a dd produire un ouvrage conform fes prceptes,
et. tes principles.
A ce prjug, qui parle en faveur de fa piece, on
n'a oppof que de vritables prjugs. Devait-on
mettre en France la Saint-Barthelemi fur la fceine ?
Devait-on y fire paratre, dans un rle odieux, un
prince de l'Eglife, un cardinal? Devait-on enfin offrir
le spectacle de cette confpiration jamais excrable,
dans un tens de troubles et de confpirations ? On
trouve, dans les diffrens morceaux en profe qui ac-
conmpagnent Charles IX, d'excellentes rponfes aux
d.ux premieres queflions : e't.fet des repri'entations
repond fuiflimimtnt a la troifiene. On n'a cerraine-
ment pas vu qu'elles aient excit aux foulvcmens et
aux meurtres, come on avait feint perfidement de
le craindre.


ne fut pas celui de la nation 'mais feulen
d'une court atroce. Cette court, eneffet ceO l
project du criine, mais il n'ei que trop vra'i J1'lul
Nation l'excuta. Telle tait encore lo i ion e -
taire don't l'autorit efl ici d'un graud poids
u Cette mme Nation, dit-il. qui ne P-e
jourd'hui ce crime qu'en friffonnant ,le it a1'
traxfpor' et avec ele........ I en faut pet coranat e
mmoire toute afreufe et toute flttrifJfr qtuer el
pourle nom F0ranais &c. Et ailleurs, plus fortel
encore: c Oui ,le fanatifine religieux arma L orten
dela France centre l'autre ; oui il change en .aj ml
ces Franiais aujourd'hui fi doux et fi polis. "a I
faut le redire cent fois; il faut le crier tous les ans
le 14 auguite, afin que nos neveux ne foientses an
tentes de renouveller religieufmienit les crimes de ns
dteflables peres e s
Ces deux paffages contredifent l'affeion de M
Chnier; mais le dernier offre une ide qui nec reite
pas inutile a fa gloire fi les comdiens Franais
voulaient la failir et donner tous les anis ne
reprfentation de Charles IX le jour de la Sai.t.
Barthlemi, ou le 24 augulle, que noi' nous obti on-
toujours a nommer aout, malgr loreille, raio
et Voltaire. a r
Il aurait peut-tre beaucoup fire pour rendre fa
piece digie de cette folennit national i mais ur tr1
encourag-mreni t l'engagerait i de inouveaux efforts
C't Cous ce point'de vue que nous envilFgeros
Charles IX et que nous dirons, avec une tranichife
cgale les dfauts qui pourraient obfcurcir cette
gl ire durable,- et les beauts qui fuflifaieint,.fns
doute, pour affurer le fiuccs du moment.
Dans un fujet qui femnble tre trop valle et trop
compliqu, l'auteur s'eft iipof -la loi d'tre simple
et l'on doit lui en favor gr : mais n'a-t-il pa ppoiitf,
cette fimplicire trop loin Les acteurs ne fonet-ils pas
trop fouvent rduits parler au lieu.d'agir?
L'expofition fe flit trs bien entire l'Hpital et
Coligny i mais le jeune Henri, qui patrat \ la feconde
fcene, (-Itre fans trop de motifs, et l'on lent d'abord
qu'il n'et point affez li l'action: il pourrait ce-
pendautn y rpandre beaucoup d'intertt O fiit quels.
dangers il court alors. On propofa, on rfolui iilne
plahieurs fois de le joindre aux autres victims. Les
prils don't on aurait vu entour ce prince, devenu
ui cher la France, auraient augment la terreur. Pour.
quoi parat-il en deuil ? La reine Marguerite dit dans
fes mmoires, qu aux fres de (on marriage, le roi da'
Navarre et fa troupe avaient laif' et change le deuil ea
habits trs-riches et beaux. Ces ftes feraient non-feu-
lement plus coformes l'Hiftoire mais elles auraient
fourni des contraftes vraiment dramatiques, avec les
horreurs qui furent, pour ainfi dire, conues dans
leur fein. ,
Le refle de l'acte efl dnu d'action; la fcene qui
le termine entire le cardinal de Lorraine et le duc
de Guife, outre qu'elle announce mal !e caractere de
ce dernier, come nous le dirons en parlant des'
caracteres, a quelque chofe de peu convenable au
moment o elle fe paffe. Le jour mme o la conf-
piration devait clater d'une ihaniere fi terrible, ce
deux confpirateurs avaient firement, autre chofe que
des confeils de conduite gnrale a donner et .
enrendre.
Le second acte eft mieux rempli, quoiqu'il y ait;
dans quelques scenes et fur tout dans celle de Coligny
avec le roi, des details qui en retardent la march.
On apperoit, dans cet acte, les efforts duim home
qui connat l'arc, pout prparer et fauver ce qui en
a bcfoin danis fa piece. Le confeil, qui doit avoir lieu
dans l'acte fuiv;int, uii a parui nicefl ire pour dployer:'
l'loquence patriotique et tolrante di.chancelier, en
opposition avec les principles intolrans du cardinal de
Lorraine. 11 prpare ce confeil et le motive de foun
mieux; mais malgr tots fes foins, il elfaif de feitir
qu e le maffacre des Proteffans tant rfolu pour la
nuit prochaine, une dlibration, quiin'a pour but
que de renouveller contre eux les anciens edits de
rigueur, doit donner l'action une marcb'tirgrade,.
et rfroidir l'intrt.
La fcene qui ouvre le troifieme acte ef fort belle.
On pourrait demander cependant qutel e'e,ibuit du
cardin;;., d'aprs l'tat.o font le.s chofos.. eut-ile
par les manieres, moit ininnnuantes, moitie liautaitesi
obtenir du chancelier qu'il ne parole pas dans le
confeil en faveur d:s Proteftans? Hl d it trop'bien
le connatre pouir efprer d'y rullr.'Gr airit-il que fes
confeils ne faffent fupprinier les-dits qle le roi v
feindre de prflenter? Mais qu'import.ntls dits, au
Moment o le carnage eft refoli.rCraint-ibefiii qei
fon loquence tcl.hie 1.[ coeur de Charles IX, etl no
fauve les Protetitns ?. D'aprs le caractere etlesta*
lens connus du chancelier, et d'aprs la faibk-leie,
tout aulli connue de I'efprit du roi, fans doute i'
aurait d le craindre. Tlifftie dnionfPil proule ,q11 ,
aurait eu raifon. Et voil ce qui rend invrailembilaii
ce confeil, que rien ne rendait nicetitire.


Au quatrieme acte, l'action prend enfin une mfl


,plus ferre. Le choc des palfions, des inti&s ets e
L'auteur foutient, et Voltaire n'a ceff de le dire caracteres, y met du movement et de a chaleur,
que loin d'entvelirla mmoire de la Saiiit-Barthlemi il amnene l'noouvantable c:t ftroph.. L.ie tocd, -t
qui eft d'ailleurs ternife par l'hiftoire il faut la fir-tout la bndiction des arms, par le c.irJi di
rappeller fans ceffe au souvenir des homes pour Lorraine, ont rvolt qutiiques pefodnnes Jlo,.ia;:,
acnever de dtruire l'empire du fan;tifim, en le mon- mais ils taient nceffLires ai la picce; I'nMr..ur q'i
trant dans toute fon horreur. Il ajoute que ce crime infpirent.ei falutaire f.c'eft le deriercoiup i p1 "Ia '


'J


1


1













irait imanl ce tableau terrible. Lorfque
ide plonge le poignard dans le rein de Zopire, que
es Ciectareurs favent ecre lon pere, lorfqu'il revient
fr le thete, le fer fanglant la mall, et que sia
nialhi'.reufe victnie te trane en. gmiliantc lr les
aches de Iautel, on pourrait dire auffi, et Fon ne
.. aqua aps de dire dans le teins, que c'tait paff-r les
pn" de la rerreur. Fallait-il facrifier une Iiauite
deibtefl, cette fcene fublilime pour laquelle la piece
Vaait t fire ?
Aprs cet acte il paraifflit difficile d'en fire un
ci uiei e, c'l Uependant ce qu'a fait M. Chnier,
,et 1 i e peut appeler voide un acte o fe trouvent
e 'ecit 'que le chancelier fait de ce mallacre horrible,
ren j due o
es repwrch"s du roi de Navarre Charles IX et les
r ord dchiurans de ce jeune roi, qui expire dans
,ls aniiiies5 et dans les convuflins du dferpoir.

ARTS.
GRAVURRES.
G R A V U R E S.
CvllectiOf gnrale des portraits de MM. les dp-u-
tis l'ffemble national de 1789, ddie a la
Nation, et prfentCe l'Affembl-e nationle par M.
Dejiabil et grave d'apls les deifins de p ufieurs
eives de l'acadmie royal de peinture et fcuJp-
tre, louis fa direction: 4e et 5c livraifons.
La 4c co:nrencd les portraits de M. Barrere de
Yi-udac, dpir du Bigorres M. l'abb Juli-n d.
pite dui Barn; M. F. J. A. de I-lell, dput de
,l,,.,,,,,, M. Mercy dput de Saintoige
Il. luffy, dput de Dourdan l M. Pincepr de
Bi"ie, diput de Pronne M. d'Hraneder, Vi-
comte de Macaye, dput de Labour i M. Dubuif-
(oni, duit d'Artois.
La ceux de M. Poulin de Corbion, dput
de S.ut'Brieux; de M. Goflri, dput de Bar-le-
uc; de M. Billcte, dut de Bretagne; de M.
'abb Thibault, dput de Neours;de M. C. P.
Dceley d'Agier, dput du Dauphin deiM. le
cnntri Franois de Ste. Aldegonde de Genech, dput
d'Aveiie; de M. l'abbP. C. Eude, dput de Caux;
de M. le marquis de Beauharnois, dput de'Paris.
Plix, chaque livrailon; 4 liv. Cet ouvrage, parait
totes les femaines par livraifon de huit portraits
et fe vend Paris chez M. Dejabin, rue neuve
Sainte-Genevieve ; et chez M. Beljambe membre
d plifiteurs academies, rue des Petits-Auguflins,

Nv.'nfieur Dejabn diteur de cette collection,
s'etddecid a container fa foufcription, pour Paris,
juf.)i'au y mai prochain fur e pied de 40 livres ;et
juii;u'!ii S juin pour la province, raifon de 336 liv.
port franc.
On paiera, en foufcrivant pour Paris', 6o liv. et
6 liv. pat mois juftni' parfait pavement des 2.40 1.
pour la province on paiera le quart d'avance qu on
reunouvellera aprs la trente-deuxime livraifn juf-
qii' l'entier paiemrent de la fomme. On recevra en
oriifcrivant, 4 livraifons de huit portraits cliacune ;
les autres livraifons fe fuivront de femaine en le-
mniinae.
Le prix des livraifons fera de 4 liv. pour les per-
folnes qui n'auront pas foufcrit ; chaque portrait
fpar coitera livre.


ASSEMBLY E NATIONAL.
Prefidence de Mi. le ba'ron de Menou.
SANCE DU MARDI 2.0 AVRIL.
On fait lecture d'une adreffe dafis laquellp le dif-
trict de S. Martin-des-Champs propose des movenc-
pour extirperla mendicit. Cette adreffe eft renvoye
au comit de mendicit.
Sur la proposition d'un membre du comit des fi-
ances, l'Allemble ordonne que le comit gnral
( 'agir dans l'article XVI du dcret fr les affignats,
q}ie le mme comit rdigera un; inflruction fur
lis motifs qui ont dtermin l'Affemble crer des
aligiits.
ll, 'aibbl Grgoilce. Il s'eft lev des incertitudes
lrt la i.k1,.. .(le l'avoir fi la prvt de l'htel eft
tonprile dans le dcret que vous avez rendu au ftjet
tribunal des prvts de marchauie. La prvt
e l'htel a un territoire ; ce font les maifons
t~O les tous les commenfaiux de la maifon du roi
l'ot fes juticiables ; les appeals de fes jugemens'fe
[ortent au grand confeil : en matiere criminelle le
,liitenant-gnral va lui-rnme fair le rapport rocs.... C'en ef affez pour fire failir les differ
rCences qui exiftcent entire les prvts ordinaires et
I, -..- de l'hi tel. Le comite clos rapports penfe
'il etl convenable de dclarer que votre dcre t
Ie Siend point i ce tribunal, -t ique la prvt
Sl'hoel peut continue fes functions,
I'Aflbmble adopted l'avis du comDit des rapports.
0. ,Camus pr fente, au nom du. comit des pen-
,Os', deux projects de dtret. L'Affemble decide,
1' quelas pensions des officiers fuiffes, autrefois au
let irce de France et actuellement rrfidans en Sujfle,
"8eo0nt pas comprises dans le dcret du..... janvaer,
et ql'elles, con'rintueronrt a etre payes en entier et
lns aucuii. retard ; 2. que les pensions des per-


453
fonnes attaches aux anciens gendarmes de la garde
ne front pas fuifpendues, et front payes julqiu'
la concurrence de 6oo liv.
M. le duc de Biron f.it, au nom du com it de
finances, tun rapport lur les rclamations des maitre
des poftes, relativement l fuppreilion de leurs
privileges.
L'Affemble ordonne l'impreflion et dcrete l'ajour-
nement.
Elle renvoie au coniit des domaines une lettre
dans laquelle M..... cherche tablir que l'cole
militaire n'eft point une proprit domaniale ainfi
que l'a annonc il a quelques jours, le rapport du
comit., que le roi n'en eft'"pas propritaire, et que
les btimens ont t levs aux frais de la foundation
faite par le feu roi.
Suite des dcrets far les dimnes.
M. de la Jacqu-'miniere fait lecture du dcret pr-
fnut par le comit des dimes, et don't les quite
premiers articles ont t adopts le 14 de ce mois.
(Voyez le i. o10.)
M. l'abb Gouttes observe qu'en dcrtant, art. III,
que t toutes les dmes cefferont d'&re petues a
computer du premier janvier 179 1, l'Affemble n'a
point entendu dfendre la perception des dimes que
patient certain fruits, et qui ne peuvent tre levs
que dans les premiers mois de l'anne qui fruit la r-
corle ; tel elt, par example, la dime fur les huiles
d'olive.
Sur cette observation, l'Affemble dcrete, par
addition l'article fitivant:
-aTa dme fur les firuirs dcimables, crtis pendant
l'annle r790 pourra nanmoins tre perue, mme
aprs le premier janvier 31791 ,,
On fait lecture du premier article dcricrr, le-
quel fe trove le cinquime dans l'ordre du project.
Il eft adopt fans difciffion, ainti que celui qui le
fait. Ils font conus en ces terms :
c V. Il n'y a aucune dillfiiction entire cet objet
du service public ( les frais du culte ), et les autres
dpenfes national;les es contvibunrins publiques fe-
ront proportionn,es de maiiere y pourvoir, et
la rpartition en fera faite fur la gnralit des con-
tribuables du royaume, ainfi qu'il fera inceffamment
dcrt par l'Affemble national. "
VI. Il fera inceifamnent procd, par les af-
fembles aiminiffratives, la liquidation des dines
infodie ,.et'.de maniere que l'indemnit des pro-
pritaires foir affiure avant l'poque ou ces dimes
cefferont d'tre perues ".
L'article VII eft rdig en ces terms. Il efi mis
la difcuflion.
a VII. Sont et demeurent excepts, quant a pr-
fent, des difpofitions de l'article premier du prfent
dcret, l'ordre de Malte, les fabriques les hol
,iraux, les maifons de charity et autres.tabliffe-
mens o les malades font reus, les colleges et mai-
fios d'inffitution retrraite, adminiftrs par des ec-
clfialtiques ou par des corps fculiers, ainfi que
les maifons des religieufes occupies l'initruction
publique ou au foulagement des malades; letquels
continueront, come par le paff, et jufqu' ce qu'il
en ait t autrement ordonn par le Corps lgiflatif,
adminiffrer les biens et percevoir, durant la
prfente anne feulement, les dimes don't ils jouiffent
fauf pourvoir, .sil y a lieu, l'indemnit que
yourroit prtendre l'ordre de Malte, et fubvenir
aux befoins que les autres tabliffemens prouveraient
par la privation des dmes .
Myi. de Lambert. Si j'avais trouv, dans cet article,
quelques expreflions en faveur des chapitres nobles
d' Aface je me ferais abltenu de d-maander la parole.
Ces chapittes tirent tous leurs titres des actes mmes
1qui permettent de computer l'Alface parmi lesprovinces
de France.... S'ils font dtroits, ce fera une grande
perte pour le peuple..... Je demand que l'on con-
ferve aux chapitres nobles d'Alface l'inviolabilit de
leurs biens et de leur administration ; ou bien que
'l'Affemble diffre fi dcifion jufqu' ce qu'elle ait
reu l'avis des dpartemens d'Alface. Je dois, avant
'de terminer mon opinion, remplir un devoir tout
a-la-fois douloureux et cher mon coeur. Je m'op-
poTe, au nom de mes commettans, au nom des
peuples qui fentiront un iour l'amre privation des
chapitres, la fuipprelfion de ces tiles tabliffe-
mens.
M. ri'..l,.' d'Olroen. Je renouelle l'affurance dj
donne par M. l'vque de Clermont, et qui eft de-
venue celle de tout le clerg, de l'intention o 'nous
Lommnes d'obir tous vos dcrets ; mais-de ne point
preindre part a tous ceux qui concerneront le clerg.
M. 1'abbi de la Salcette. Au nom de plufieurs ec-
clfialiiques qui font dans l'Affemble je dclare
que ce qu'a dit M. l'vque de Clermont, et ce que
BM. l'vqu, d'Ol'ron vient de rpter aprs lui ne
peut rerarder que les individus et non le clerg.
!.n confquence je dclare que je veux prendre
nart tois vos dcrets ,'et qu'il y a ici beaucoup
d'ecclfinfiqus. qiii penfent come moi. (Plufieurs
ecclfiaitiques fe leveni:. )
M. le cur de....., diutd d'Aix. Je declare que j'ai
pris part tous les dcrets, et notamment celui1
qui ote aux ecclfiafliques l'adminiflration des biens
nationaux, et que j'ai en cela fuiivi le cashier de ma


fnchauffe. Mes commettans ont regarded les biens
immenfes que poffdait le clrg, come la force
de tous les abus que l'on a rcprochs aux minifitres
de la religion.
M. l'abb Roger. C'eften me conformant ail ferment
que j'ai fait d'obir tous vos dcrets, et de main-
tcnir la confiitution; c'eft en me conformant au con-
cile de Carthage, auquel Saint-Auguitin affila ; c'eft
en me conformant au concile de Nice & tous
les principles des canoniftes que je dlibere, et que
je dis, qu'au lieu de confentir des exceptions, il
flut fe dpcher de changer entierement l'adminiftra-
tion des biens ecclfialliques.
Plufieurs ecclfiaftiques Le prfentent la tribune.
M. le prfident obferve que l'intention de l'Affem-
ble n'eft pas, fans doute d'entendre toutes les d-
clarations qui pourraient tre faites de part et d'autre.
11 engage a paffer l'ordre du jour.
Pluhieurs amendemens font prfents. Ils font
cartes par la quetlioa pralable, ainfi que celui de
M. de Lambert de Frondeville.
L'article VII eft dcrt.
L'article VIII eft ainfi conu :
VIII. Tous les ecclfiafiques, corps, iaifons
ou communauts de l'un ou de l'autre fexe, autres
que ceux excepts par l'article prce'dent, continue-
ront de rgir et exploiter, durant la prfcnte anne.,
.les biens et dmes qui ne font pas donns bail
ou ferme, la charge d'en virfer le produit entire
les mains du receveur de district, fauf retenir leur
traitement ou pensions l'gard des objets donns .
fer;ne ou loyer ; les fermiers ou locataires front
tenus de verfer le prix des loyers et des fermages
de la prfenre anne, aulfi dans la caiffe du diftricr.
Les baux et competes defdits eccliialiiques, cqrps,
maifons ou communauts front communiqus la
municipalit du lieu, pour tre enfuite vrifis et
appurs par lesaffembies adminiltratives, ou par leurs
directoires ,,.
Cet article eft adopt fans difcuflfin.
,, IX. Ils front tens pareillement eux leurs
fermiers, rgiffeuts ou prpofls ainfi que tous
ceux qui doivent des portions congrues, de les ac-
quitter dans la prefente anne, come par le paff;
come auffi d'acquitter toutes les autres charges lgi-
times, mmele terme de la contribution patriotique ,
chu le ier de ce mois: dfaut de quoi ils y front
contraints, et il leur fera tenu compete de ce qu'iis
Sauront pay, ainfi qu'il appartiendra.
M.... Je demand que les portionscongrues foient
portes, pour cette anne, la fomme de I,2oo liv.,
que vous avez fixe.
M. Trcilhard. Le comit a cherch dcouvrir les
moyens que l'on pourrait prendre pour que cela ft
ainli; il a gmi de ne pouvoir en trouver.
M. Friea. Les congruiftes pourraient tre remplis
de la fomme de IZoo livres par les foins des direc-
toires.
M. l'abb.... Perfonne n'eft plus difpof que moi
payer, pour centre anne, 1'augmentation du trai-
tement des curs portion congrtue mmais on ne
penfe pas que les fermiers des dmes ne patient qu'au
mois d janlvier, et qu'il nous eft impoflible, en co
moment, de fire les avances qui font.nceffaires.
M. Durmeq.-Les dcimateurs auront toujours la
reffource d'abandonner la dme.
M. Delley d'Agier. Ce ne font pas les gros d-
cimateurs qui paieront, mais l'Etat : les gros dcima-
teurs adminiltreront provifoiremntt et remettront les
fonds aux administrations de diffrict en retenant
leur traitement ainfi je demand l'ajournement de
l'amendement propof, et fon renvoi au comit ec-
clfiaftique, des dimes et des finances runis.
M. de la Ville-aux-Bois. L'Affemble avant dcrt
que, ds le premier janvier, les ecclfialliques rece-
vront leur traitement en argent, et que ce traitement,
pour les curs, ne ferait pas moindre que de 12oo I.,
on ne peut s'empcher de leur donner, ds--prfent,
cette fomme.
M. de Landine. Il ferait de votre juffice d'ajouter
l'article ces mots : Ils front tenus pareillement ,.
eux leurs fermiers rgifleirs et prpofs qui'
doivent ds penfions pour rfignation ou autremenrt,
de les acquitter pendant la prefente anne ,.
M. Treilhard. Le comitbecclfiaflique s'eft occupy
de cet objet. J'en demand l'ajournement. Quant au
traitement des curs, l'article II laiffe une grande
latitude: il doit tre confidr dans tor ensemble.
Permettez que je le rappelle ici. : Dornavant, ec
partir tu premier janvier de la prfente anne, le
traitement de tous les ecclfiafiques fera pay en
argent, aux termies et fuir le pied quli front fixs .
1L'objet important, dans ce moment, eft de faire payer
les curs, foit que cette anne ils refient congruiftes,
foit qu'ils jouifent de la Comme fixe par vos dcrets ".
On demand l'ajournement de l'article et des amen-
demens.
La division de cette demand eft propofe et d-'-
crte. Les amrndemens font renvoyes aux comits
ecclfiaftique, des dmes et des finances runis. L'a-
journement de l'article VIII eft rejett, et cet article
eft adopt.
On paffe l'article X.













N X. Les 'baux a ferme des dies, tant eccl-
'fiaftiques qu'infodes, fans mlange d'autres biens
ou droits front et demeureront rfilis l'expi-
sration de la prefenute arne, fans autre indem'nit
que la rn-iturnon du pot-de-vin, celle des fermages
.14gitimement payes d'avance, et la dcharge de ceux
.on-pm ys; le tout au prorata de la non-jouiffance.
5 Quant aux fermiers qui ont pris bail des dimes
conjointerment avec d'autres biens ou droits fans
diftinction de prix, ils pourront feulement demander
Sla reduction de leurs pot-de-vins, loyers et fermages
.en proportion de la valeur des dimes don't ils ceffe-
Yont de jouir, fiivanit l'efimation qui en fera faite par
les afltembles adminiftratives et leur directoire, fur
les bfervations des municipalits : fi mieux n'aiment
les fermiers des biens ecclfiafiques que leur bail foit
xfili pour le touti ce qu'ils front tenus de dclarer
tu greffe de diftr;ct, dans deix mois, computer du
jour de la publication du prfent dcret; et d-
faut de fire cette declaration dans les termes pref-
-crits, les baux auront leur effect.
1 'Et quant aux fermiers des dimcs infodes, il
en fera uf come il a t rgl par l'article... du
dcret fur les droits fodaux .
M. RoiYe.fietre. rorfqu'il y a mutation les baux
font rfilis m-is ici come c'el la Nation qui fe
fuccede :iele-inime, ls baux font tfacrs ils ne peu-
vent :re rompus fhns indemnit. 11 y a en Artois
beaucoup de bins ecclfiafliques, et vous favez com-r
.i-u on emploie de moyens pour y faire natre des
,ennemis de'la revolution. Ne pourrait-on pas fe fer-
.vir de votre dcret pour rduire la claffe nombreufe
des fermiers des biens ecclfiaftiques..... La Frudence
et la fageffe exigent que vous accordiez une inim-
nit pour les baux qui front rfilis.
M. l'abb Grgoire appuie cette opinion.
M. Lapoule. A qui cetre indemniit rfra-t-elle de-
mnandc ? lft-ce la Nation ? Elle a fupprim la dirie,
parce que la dme cait un abus; peut -on exiger
d'clle une indemnit pour la fiippretfini des abus?
Eft-ce au titulaire ? Il vous dira la rfiliation n'eft
pas de mon faith.
M. Garat 'an examine la queflion de droit, et
conclut qu'il n'y a pas lieu dlibrer.
L'Affemble le decide ainfi.
M. Troncher. Je m'oppofe la dernire phrase du
dceuxiemre paragraph qui commence ainfi : mineux
n'aiment, SZc. et qui finit par ces mots : lIs bai.x au-
ront Lrr effect. Pour que vous fycez confquens, il faut
que cet article foit rdig de mme qu'uu article fe:n-
bllable, relatif aux droits fiodaux.
L'art. X eff dcrt avec la fuppreffion de la phrafe
indique par M. Tronclhet.
L'art. XI elt mis la difcuffion; en voici la teneur:
,, XI. Auffi-tt aprs la publication du prlfnt d-
cret, les affembles de diftrices ou leur directoire,
front faire, fans frais et fans droits de contrle, un
inventaire du mobilier, des its et papers dpen-
dans de tous les bnfices, corps, maifons et com-
mnunaus ele l'un et de l'autre fexe compris au pre-
mier article, qui n'auront pas t inventoris par les
municipalites en vertu du dcret du 20 Mars d.r-
nier, fauf auxcites affembles commettre les mu-
ticip.ilit.', pour les aider dans ce travail.
M. l'abb Gouttes entire dans le dtail de quelques
dilapidations de plulieurs rabliffemens religieux.
M. Regnaud d'Epercy. Je demand que les directoires
foient autorifis fe faire remettre les inventaires
qui ont t faits dans les bnfices la mort des
titulaires.
M. le marquis de la Galiffonniere. Il eft inutile de
fare fire des inventaires chez les religieufes; trs-
peu d'enrre elles fortiront de leur clotre.
M. Treilhard. Il n'en eft pas moins certain qu'elles
ont le droit d'en fortir, et je fais que beaucoup en
ont le defir. Si elles fortent, il eft craindre que
le mobilier ne foit dilapid.
M. le marquis de la Galifonniere. 11 n'eft pas vrai
que beaucoup aient le defir de fortir de leur clotre.
M. Treilhard. On me reinet l'ifltant une lettre
4es officers de la municipalit de Vic ; prefque routes
les religieufes du monaltere de cette ville veulent
fortir; la fuprieure veut galement quitter le cloitre.
Les officers municipaux n'ont pas encore reu le
dcret qui concern le traitement des religieufes ils
ne favent quel part prendr-e. Il y a au comit eccl-
fialitque beaucoup de lettres qui annoncent la mme
choice. Des perflonms s'oppofent la fortie des reli-
gieufcs, et notammrent les fuprieures, qui veulent
con:tianer jouir du defpotifme qu'elles exieraient :
c'cft une occasion que vous ne devez pas laiffer chap-
per, de fire connanire vos dcrets dans les couvens
de femme; rien d'ailleurs ne paut vous dirpenfer d'y
fire f ire l'inventaire du mobilier. Les reliiieufres
rdeleront fi elles le. eulent; et dans le cas o elles


45f
fortirort vous aurez affur la confervation d'une
parties prcieufe de la proprit de la Nation.
M. de la Galiflfonnire. Il faut diftinguer le tnobi-
lier des titulaires de celui du bnfice.
M. T/eilhard. On n'a jamais entendu les confondre.
M.... Il ferait peut-tre propos d'ajouter Par-
ticle: que les municipalits inforiierontdes divertif-
femens, dilapidations et ventesqui auraient t faites,,.
La quellion pralable fur l'amendement relatif aux
religieufes eft mife aux voix.
A la premiere parties de lpreuve, trs-peu de
membres fe event. MM. d'Efprmnil et l'abb
d'Eymard font figne aux membres de la parties droite,
qui, depuis quelques jours fe difpenfaient quelque-
fois de prendre part la dlibration de le lever
la contre-partie ils fe event en effect.
M. le prfi'dent. JI ne r'eie pas pofible d'indiquer
l; maPjorie, parce que beaucoup de membres ne
fe font levs ni pour ni contre je vais recommen-
cer l'preuve.
L'preuve efl recommence. A la premiere parties,
la trs-grande majority fe lve. A la contre-partie,
fur l'invitation de MM. d'Efprmnil et l'abb d'Ey-
marl, les membres de la parties droite ne concurrent
point ; la dlibration.
M.le prfidentprononcequlil n'y a pas lieu dlibrer,
L'art. XI eft enfuite mis aux voix et adopt avec
l'addition propofe par Mv. d'Epercy; cette addition
eil ainfi conue : Et les uns et les autres fe front
galement remettre les inventaires faits dans le bn-
fice la mort du dernier titulaire ".
La fance eft leve deux heures et demie.

M LAN GE S.
Au Rdacteur.
J'ai lu dans votre feuille du ij avril, qu'un confef-
feur indign de la religion rvolutionnaire d'une por-
tiere de la rue Coqhron, lui a refuie l'abfolution,
et impoT une pnitence rigourcufe : cet affemblage
de peincs dmontre que l'anecdote intreffante que
vous vous tes empreff d'imprimer, eft une de ces
calomnies que l'on invented tous les jours pour d-
gotrer les ranais de la religion dominate, et les
irriter contre les prtres. Interrogez, Monfieur, ceux
qui vont confelte; ils vous diront qu'un confefleur
ne peur jamais iipofer une pnitence et refufer l'ab
solution en mme tens. Dans d'autres circonflances
on aurait ri d'une pareille abfirdit. aujourd'hui que
la religion catholique eff infulte par fes miniftres
mme, et qu'on eft en poffeflion de blafphmer ce
qu'on ignore, felon l'expreffion de S. Jacques, il
faut plaindre l'aveuglement criminal des impies, et
chercher en mme rates prvenir de la contagion
les fideles qui appartiennent encore au troupeau de
J. C. D. VALIN n'ayant aucun bnfice en France
Note du rdacteur. Nous n'aurons befoin que d'inter.
roger notre mmoire pour tre frs qu'on inflige une
pnitence, et qu'on refuse l'abfolution en n,me teams.
Tous les jours le confeffeur, pour prouver fon pni-
tent, lui differ l'abfolution ; mais jamais il ne manque
de P'affujettir une pnitence, come prfervatif de
fes pchs d'habitude, et come reparation de ces
mmes fautes. L'anecdote que nous avons recueillie
peut tre faulffe, malgr le bruit public i mais elle
n'et pojnt ablifrde dans fes details. Tous les confel-
feurs ne font pas fans bnfices en France, tt il ne
faut pas tre confeffeur pour favor qu'on a fouvent
abuf du tribunal de la pnitence.

VARI T S.
Rflexions fur l'EsPRazT D PATrr.
L'efprit de corps, l'fprit d'ordres vont'difparatre.
Pourquoi leurs fureurs font-elles remplaces par celles'
de l'cfpr;t d part ? Son influence nous prive des
plus heureux fruits de la conflitution. La conflitu-
tion doit nous rendre libres, juftes et honntes:
l'efprit de parti ne peut qu'enchaner et corrompre
nos jugemens. J'ai vu des crivains don't le courage
autrefois n'et pas t retenu par la crainte de la
baffille, et qui n'ofent publier aujourd'hui un crit
fage et utile, dans la crainte de perdre la faveur d'un
part. J'ai vu, pour plaire fon part, un home
d'efprit devenir libelliIte: un home mprifible fera
notre hros, s'il fe fait le champion de nos prjugs.
Une action coupable devient lgitime, fi elle fert nos
vues 11I ne s'agit plus d'hommes vertueux, bien inten-
tionns' on eft tout cela quand on dit comme nous.
Cependant la vrit et la vertu font unes et inva-
riables. Je ne vois pas une raifon pour qu'un fot ou un
fripon foit refpect, pour s'tre dclar dmocrate ou
arifiocrate. Pourquoi d'ailleurs, difiribuer ces noms
fi vaguement? Les partifans du gouvernement Turc
et les amis du gouvernement Anglais font-ils gens
fltrir de la mme injure ? Des ambitieux extrava-
gans qui oferaient apirer la dangereufe chimre d'un


dmembrement fdcial ne mritt-il
pithetes que des philofophes quis'att ds ttt~r
cipes les plus purs de la conftitution r'l.p -rs'in-
Je dirai aux ariftocates ne pren.Z ps toU
le flambeau qui vous claire pour ine u torhe qu
vous brle. Je dirai aux dmocrates: difit rche ie
myopes des aveugles. guez les
Quant aux impartiaux, je ne leur parle-ai
j'attends qu'ils prennent un part: car entr p ,nt,
non je ne vois pas trop de milieu, ett "ui et
difference notable entire ces deux chores, alune
part, ou tre d'un parti. prenire un
Quel flau que ces prventions outres qui div;f
les homes qui leur foiitvoir une opp3stion via'
tout o ils trouvent une difference Vo i ron pant
les bien-intentionns favorilent aujourd'hui par le
divifionr, les malveillans et les malfaian U pzr
malheur, l'entendent fort bien. P
Mais que ferait-ce, fi les lgiflateurs eux-mMS
talent en proie cette difcorde qui nait de I.nt
l-ance obftine, ou de l'orgueil tyrnnique? Q
ferait- ce enfin fi fprit de parti dchirait et dfor.
ganilait le bon part
Alors la fureur de tout fire s'empareraf de qu
ques-uns on voudrait mener les chofes, ait lieI
d'tre conduit par elles : pour fire triompher la v
rite, on compterait plus fir fes intrigues que fur
its raifons. On mconnatrait la vrit mme, ou
la repoufferait, on cabalerait contre elle, ii ellq
paraifait fous d'autres aufpices. Pour peu que ceten
ambition dominatrice trotivt de contradicteurs elle
produirait des'haines violentes alors on s'inquietterait
peu de facrifier les.-chofes, pourvu quion immolt
les perfonnes ; alors l'amour fublime de la patrie fe
dfigurerait et prendrait toutes les allures desvilaines
pailions. Le dnigrement four, et bientt la calom~
nie tmraire, rendraient les hommes odieuxet fuf-
pects les uns aux autres ; dans une opinion particulieme
on ne verrait jamais qu'un intrt priv; ;d'o il arri
verait que les uns, en femant, les autres, n vitant
les piges ,- tous quitteraient la bonne route. Alors,
chacun fe difputant la popularity, chacun finiraitpar
la perdre,. et tout le part populaire lui-mme fe
trouverait dpopularif fans.l'avoir mrit rellement;
car tous auraient voulu le bien, mais plufieus auraient
voulu le fire feuls, ou paratre leuls l'avoir fait;
On a vu fouvent l1; guerre des rgimens franail
fe fufiller ; on a vu plus d'un'gnral ignorant fire
tirer fur les fiens. De telles'meprifes font encore plus
dangereufes dans une arme de lgiflate-uts, qui a
toujours en tete une arme ennemie, prte ,pro-
fiter de fes fautcs '
Combien d'ailleurs ces conflicts devanits,cesac-,
croiffemens d'ambition retardent les travaux d l'di
fice conflirutionnel! C'eft la division des Grecsquifit
durer dix ans le fige de Troye.
Gens de bien, amis du people, i! s'agit de, fot
falut. Qu'importe qui faffe le bien, pourvu qu'il fuit
fait? Ce n'eft ni tel, ni tel; c'el lajufice et lavrit
qui doivent primer. La rvolutio n, la conftitutioni.
les fages dcrets, les belles lois, foit l'ouvrage de
tous. Je n'ai fait aucun plap aucune motion, aucuhe
harangue; je n'ai point paru la tribune; je ne fui
mme ni reprfentant, ni prfident de dillrin, et
pourtant ai. fait auffi la revolution ; je l'ai faite en
caufant dans les rues, dans une chambre. M.s airii,
tes-vous comme moi ? Je me foucie peu qii ee elit
mon' avis qui paffe, pourvu que ce foit le bon. Il
me feimble que la gloire, dans ce'moment, 'efl as
d'tre chef de parti, grand orateur, grand tacticren
politique, grand tribune -du Peuple. La gloie,a me
amis eft d'tre citoyens. Au milieu des alarms qu'
m'infpire encore la chofe publique, je ne trouve
guere de temis donner i amour-propre; mais fi
come vous j'avais le droit de jetter-fur. m0
mme quelques regards complaifans, je !p'rrieiai
feulement : anch'io fon Frincef et je croirais avOir
tout dit ; et fans plus tcher de paratre admirable,
je ne fongerais plus qu' me rendre utile.

ANNOUNCES.
Meffieurs les foufcripteurs du project d'enc'urSc,
ment des arts font prvenus par M. .i
auteur de ce project, que le quart des maifes tant
dj ralif entire les mains de M. Linard fnoaire,
il parat convenable de fe runir pourarrter -gtei'r'
de l'opration et l'emploi de ce premier fonds.
En confquence mellieurs les fl'mk.ir'iir5 f'*'
pris de fe trouver la premiiere .ail. l'' l iii,
tiendra demain 22 avril, Il htiirer t'1rw';. L
matin dans la falle de vente de M. Lebiun, ,iL:
de Lubert, rue de Clry.
On a la satisfaction d'annoncer que liro a bi n
voulu encourager ce project en 'fi~-,r des it'e,
que fa majelf a pris 54 foufcriptios. .
On foufcrit chez M. Linard, notaire, qu '
lan s, ifle Saint-Louis, et chez M. la C-..'",, au
notaire, rue Coqhron.


On s'abonne a Pari, htel ,L' Thou, rue de.s Poitevins, ou au bureau des affiches de Pari rue neuve S. Augullin. Lepr eix- ", .'.'r P.'Jr: ,J
8 liv poul.r trois l 36 l i. pour fix mois et de 72 liv. pour l'annee ; et pour la province de liv. pour trois mois, I' "'',
os & 84 liv. pour l'arme, franc de pol-t. L'on ne s'abbnne qu'au commencement de chaque mois. On fou/rit aufi cheS tous ls /Il'. r .
Flrance & les directeurs des pofies. C'ejf M. Aubry di rcte.ir du lureau de la Galette Natio.nal, rue des Poitevins, n 'iil I'1"
a'cfer les lettres & I'argent franc de port Tout ce qui conce-rne la coqpofitionz et la rdaction de cette Gaette ie c e livres, t-
cartes mufiquc, &C. doitt -ere adref'. au rdacteur de cettcefeille, rue du Jardinet ma fin dg M. Caraff en face de la rue de 1'es'
fi .-i, f,,e deLla rrz, d/e l'F i