Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
This item is presumed to be in the public domain. The University of Florida George A. Smathers Libraries respect the intellectual property rights of others and do not claim any copyright interest in this item. Users of this work have responsibility for determining copyright status prior to reusing, publishing or reproducing this item for purposes other than what is allowed by fair use or other copyright exemptions. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions may require permission of the copyright holder. The Smathers Libraries would like to learn more about this item and invite individuals or organizations to contact Digital Services (UFDC@uflib.ufl.edu) with any additional information they can provide.
Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

Related Items

Succeeded by:
Moniteur universel

Full Text









GAZE-TE NATIONAL, ou LE MONITEUR UNIVERSE.


L
67.

POLITIQUE. .h
.--er
LIEGE. c f

L lettre qui firit et la derniere rponfe que le
}, evque a faite au roi de Proffe. On n a pas
bli'te de quille nianiere ce prince envifageait lin- qd
irecion de on pays. Ce n etil point, felon l'avis d
de S E la Nation qui s eit lulcvee ; c't i un petit e
n'bre de icontens, quelques homes perdus qui fo
t 1ouile le feu de la revoiIC. Ils ont fduir lets fai-
bies et elitrain la multitude. Ici le prince 1pai ait re.
g tter o'avoir ete prevent par les auteurs des trou- qut
es, fr lufge que l'on pcut toujours fire de cette qu
aM du Peuple qi n'a amatis nenn a perare; multitude ite
cl piet, qui au fein de ignorance et de la mitere
o eflle ett retenue, tantot mnage tantt agite ce
ayec art, eft toujours la dilpofition du part le plus r
habile, etquii julqu a prfenti, d'un bout de l'Europe o
i l'autre, a ouiours mieux fervi les plans du defpo- Pr
tuiine que les iterts oe la 1 ibe-rte Et fins doute que va
lu funite example qu'en ont donne les fouverains de e
laH m-ilnde, n'auraitt pas di lu perdre fi-tt, ayant
le dionn de fi pres. iL'ep ridant le price-vque,
t ours atttntifra prouver que la Nation entire n'eil
psioupablc ellait de julitlier fes lujets de leurs pr-
tntions igiunme, et de les laver ldu defir cuiminel et
qu'ils ont de levenir libres Enfin, rappellant toujours S'
laconduite, le prince entreprend de juflifier la conf- 'n
tititioon mme; il en appelle aux crangers qui ont eu d,
locc;jion del'approfondir, & cite MONTESQUI Ii U l'ir--
monrtel auteurde l'Ejpirit des Lo:x... Certes, il eft doux p
pouirles .hi....pip- qui aiment les hommes, de voir :
qu'it el des motiiens oul-les princes leur accordent b
IICqui uel.imeriiimais n'elt-il pas affligeant de voir que f
les iouverains attendant quelquefois pour citer l'au- h
trit de la philofophie que l'opinion publique ait f<
' plus loin qu'elle ?..... ILEfpagne, le Poitugal, fi
l'italie proscrivent nos ouvrages, et le prince-veque c
e Liege cite 'Lfprit des Loix t
Riponje de l'evque-prince de Lilge fa majefl le q
roi dc Priufe. c
,c Sire, j'ai reu la lettre qu'il a plut V. M. de r
m'crit e le 31 dcembre dcrrier en daignant r- F
pondre celle quie 'avais (.u l'honneur de lui adresser V
le o10 du iemni mois.
Je n'ai jamais dout, fire et je ne douterai l
Jamais de la oy,,ute et de la biunfaifance de vos feu- L
liimeis pour moi. Il y a trop de distance de votre V
ptilfance la mienine, de ma condition la vtre, t
puiIr que vous ayez jamiais voulu me la faire fenrir. r
Vous ne voulez .iue mon bien et celui de mon pays., a
j'en f.is sir : mais un mene-teins que des intentions e
fi pures, de la part de V. M'., ont d me pntrer
de la plus (in-fible et de la plus profonde reconnaif- c
fitce, quels regr ts n'ai-je pas du prouver de leur
voir fortir des effects fi contraires! L'on ne s'eft faith, i
tire, et l'on n'a pu donner V. M. que des ides I
peu exactes de la vritable situation des affairs du .
pays de Lige, au moment o vos troupes y font
entrees. Ses moyens, fes liaisons la difpofition de
fes elprits, tout a parut exagr aux yeux de V. M.
a revolution du pays de Lige, fir's, n'a pas
i uin inflanit volontaire a au moment qu'elle s'oP-
nit, les fept hititiemes de la Nation la rprouvaient.
je n'ai rue reprocher que de ne l'avoir pas crue; il
A'elc fallu que la craindre pour la prvenir et l'viter.
Apcme ait.elle arrive, qu' l'exception de ceux qui
iperaieiint, tout le monde en d&plorait les fuites et
les effets> mais il tait trop tard ; les rncntens
talent empars, fins obfiacle de l'efpri et du br. s
decette parties ilt P uplc qui n'a jainais tien . ierdre cet
9riiiettenidi oujours beaucoup des nouveutis. Depuis long.
hins les Ligeois en av,1 .nt t' privs. C't.iit 'a
enlle c.hofe qui leur femblair maniqui r utn bonh-.urir
don't ils jouillaient ia f t;t, fous le gouvernement le
Is dou s lt plus ti'r qui ait jannis exifi, et auquel
cerita ent je n ai jamais imagind de rien changer.
SJe ne vous rpterai pas, firt., 'uhge que firent
es imecointens Idu pouvoir qcu'ils vnaient d'ufurper,
t ils venaient d uem d1.pou.l.' je poutrlis a
inte rien en apprendre V. M., don't ils ne ec foic-tu
e-aeimes vantis : on ne mIe '. qe 1 e la facult de
turetde n'vadr. A pe-ne en avais -je profit, que,
.i'1s que mon juge et celui de mes lujt.ets, anilf
lementi indigne d le lvoir mpif que touch de
"e Voitr'Opprir vnouait de iiVrcr la vindicate pu-
iqe de liEmpire les auteurs de notre coi'tiiitn ou'
.rage.
Vousdaigtes, fir, accepter d'tre utn des aui-
tn ll. il.rmei je ne di.rai pas de cette vtnL ane,
*l "glo'-i qtu'elle flt, mais bien d' ne provifion
prolondemetl vet v e. ,' a'uelle tait ncef-
'eLI me itieu t 'la d flituthion de 1'Empire
avaii 's tx", cet Enmpire les eemrples
'li'ime u e -ij)et veinait de donner, defon iata-
lne n," 7Ja vera3& cll'5ftutiom. LlVe v.naIt de mon-
Ir Iqle les liens du fag de l'ani'iti, ire des
,e, d ttelit tien pouur elle en c .iir l-.1 de
i fe d ent raime iiatriotique. A cesr'aits, i ue
,'rs .Pais attundr l'F1' .mpieu? Que Li devais-je
tabe nreot mene-, l&rique l'Enpire confiaft le
uaieent de ma petfonne et de uness droits la


U N D I 8 MARS 7o.


I.


reaction d'un cercle o vote majefl fidgeait? Auffi cri
ux qui pouvaient avoir craindre d une fi puifflante da
operation, n'en craigna:ent-ils pas mons' que n'en nu
praient ceux qui avaient en efprer.
Les troupes de vorre majeft marchaient; M. le et
nral Schlieffen les commandait; les infurgens de,
il avaient mis tout en oeuvre pour les arrter, en -lit
dfefpraient. Conft mers et abattus pntrs de la av
ceffit de fe foum, ttre, ils fe foumettaienr. L'infur- le
cuion s'etait propage de la capital aux villi s la
umifion marchait grands pas des villes la capi- vo
le. Les chefs, les auteurs de l'infurrection, ces gens mi
li ont toujours youlu me mcounaitre,qui craignaient )'a
Smoi plus qu'il n'avaient craindree, qui ignoraient fti
le les premieres paroles que j'adreflais vote ge- de
*ral, taient pour lui recommander tous mes fliets, de
our lui dire que je ne voulais pas la perte, mais le cl,
tour et la conversion de ceux qui s'etaient egares; mi
ui, fire ces gens avaient plie baggage, ils panaient re
u ils allaient partir ; ils fuyaient agits de leurs re
opres remords devant un prince qui ne les pourfii- mi
lit pas. Qu'avaieint-ils craindre, finon les reproches mE
e leurs concitoyens, finon les vengeances de coux po
u'ils availent abuses? pl
, Voil, tire, les feuls excs, les feuls dangers m
te les troupes cuffcrnt eu earrer. fl
= Les Brabanons fire, tout chauffs qu'ils pt
:aernt n'avaient pas mconnuf le defavantage de di
unir aux Ligeois. Ils favaient que leur caufe ifolee y
avait que leur fouverain craindre ; que, confon- au
Le avec celle des Ligeois, elle devait, outre l'a- nu
iradverfian de ce fouverain, come chef de I'Em- tr
ire, provoquer contre elle les cetnfures et les et'
orns runis de l'Eipire enter. Si l'inlurrection bra- C
anonne encore naiffatte et peu heureufe, a pu pe't- ec
:r un moment diffremmnent, je crois pouvoir trs C
vmblement aliurer V. M. que cette insurrection plus n
orme n'a pas cffi de penfer ainfi. D'uu autre cte, fu
i quelques individus de l'infurrection ligeoife ont iM
ru en s'uniffant aux Brabanons, pouvoir fe fouf-
raire leur dpendance de 1 Empire, j'ofe efprer q
u'toI n'aura jamais reprocher au Peuple, et beau- j)
oup moins aux tats de Lige d'avioir un infant c
omin dins an project fi noir et fi ;'. f.I Eh que u'au- L
ait pas l'impire craindre, h aux yeux du plus e
utiffint de fes princes, des fujets quelkconqtu' s pou- c
'aient avoir gagn quelque chofe en fe livrant de d
pareils projects ? C'eit dans ces vues cependant, et P
bus ces rapports de la fituatipn du pays de Liege et c
un vofinage qu'on ef.t parvenu a fire agree P
'otre miajefl, la declaratoire mane du haut direc- ct
oire de Clves le z6 novembre dernier; cette dcla- 1e
aroire, dans les diLpofitions de laquelle des Ligeois n
auraient tout gagni en lf rvoltant contre l'Empire q
et centre moi.
L'origine decette piece ,fire, et plus encore l'aveu
u'il a plu V.'M. de lui donner me font une loi b
le ne point la juger, ni pour ce qu'elle eft en elle-
eme ri pour ce qu'elle eft dans fes rapports avec
a coniticution de l'Emoire et celle des cercles qui t
e compofent. J'omettrai mme d'en parler dans les
rapports avec les droits et la coriflitution particuliere c
de ma principaut, et je ne me pernfettrai d'expofer
a V. M. que les faits et les effects qui en font rfults.
L'approche der, troupes du cercle que les cou,
pales de Lige' n'avaient fui arrter, feiublait ne
plus leur laiffer que le choix de fuir, ou de fubir le
chatiment qu'ils ne pouvaient fe diftimuler d'avoir
rnrit. Leurs propos, leurs dmarches, tout annon- I
ait leur jure consternation : la dcLitaroire du 26
parait, et tout prend un autre affect. Ces patentes d'imn-
punte font imprimes, publies et rpandues par-tout
combine un clair. Par- tout l'audtace et la temrit
fuccedent la crainte. Tous les fignes del'infurrection,
les atnes, les uniforms, les charpes, les cocardes
qu'oni dposait, qu'on cachait un moment avant la
cdclaratoire ont reparu le moment aprs. On a ol
les faire fervir dcorer le cortege des troupes qu'on,
recevait ; la declaratoi're eft devenue la loi des lois,
Celles de l'i'mpire, celles du cercle n'oit plus t
refpectes i les ordres,qui en manaient ont etc me-
prifis s fi on ofrait les publier, les afficher, ils taient
if l'iiflait n.ie arrachs, fouls aux pieds, blms,
profcrits et qualifies comine dcls manages et des entre-
sr:fis procurees par des ennemis de la Patrie, de
'oicire et de la tranqu;/lit publics. Biantt or n'a plus
rie-n of publier, pas mtne des sentences de l'Em-
pire ;i s villes, mrnje 'celles qui s'taient foumiltis,
ont repris 11,r, n,*'. et les procds de l'infuirection
Cels 'qui'Oit voLulit, lfe foumettre, Huy, enr'autres'
ori" t dnonct.s et traites come fi elles atten-
ta it l'ordre, au repos et la tranquilhit publics
Ce i'efl ui: l'iuilu de vos 'trOupes, fire, mais
focus lkurt yeux qu: tout cela fe paiec et s'efl paff.
C'eft fotus leurs yeux que 'infilrrection encore ar-
ihe, guvernf' ncore- ; c'eft fous tiurs yeux que
sa troupe delogo le peu de'troupes, les gardus-du-
cors qui nie refain'tr encore; c'eft fous leurs yeux
que des officiers de mon regiment dfarme ont etc
ma'Itaitrs, pour avoir port les m'arqutes du service
et de la fidlit qu'ils m'avaient jure ; c'eft fous
leurs yeux, e'n urn mot, 'ire, qute 'iifutrrection a
domin et ~ic'.e ,no're ft cite.-, au point qute la
cpmmifiin : ,e uI.h : {otur la contepir et la rprniwer,

f;:gur aptes ;cela .ce qu'elle peut ci'6i-r:'c que je puis


------------


oire du ritabliifelment de l'ordre et de la tranquillity
ns mon pays, et qu'elie decide fi ce font-l pour
ai des moyens srs et honorables d'y retourner.
. Vous m rappeliez, fire, pour me le perfuader,
comme s'il ne s'y tait rien pafl que de mon gr,
s declarations que j'ai faites en fuyant : mais eft-on
bre quand on fuir? Nbn, lire j et il ne peut plus y
oir de lIoute pour nous cet gard, depuis que
jugefupinme de l'Empire a parl.
V.M. Ifmble me reprocher de mettre obtiacleaux
oles de moderation et de conciliation qu'elle daigne
e fuggrer. Je ne tiendrais pas ce reproche, fi
vais a me l faire ; ces voices, fire, foyez-en per-
ad, font encore plus cels de mon coeur que celles
ion tat. Mais hlas l elles dpendaient bien plus
e moi, nous en tions bien plus prs avant la d-
iratoire de Clves qp'aprs i nous touchions au mo-
ent de voir les chofes remifes dans l'tat o l'iifur-
ction les avait prices c'tait l'rat o il aillait les
voir, pour,)uger fi l'infurrection avait eu aucun
otif, aucun giief fond ; c'tait d'un pareil fonde-
ent', plus ou moins confta que la rvolution
uvait plus ou moins (e jultifier 5c'rairde ces motifs
us ou mnois avous par le vu de la Nation, claire-
ent et librement exprim, que V. M., ainfi que les
rniflimes princes co directeurs du cercle, auraient
u juger du veritable tat ds affaires, de la vraie
fpofition des efprits du pays de Lige, de ce qu'il
aurait eu de vrai ou d'exagr dans la fermentation
.ui venait de fe calmer, et du redreffemenr conve-
ible ou nceffaire aux griefs et aux abus qu'on et
ouv vraiment exifter. Oui, fire, nous touchions
ce momncn de vrit, lorfque la dclaratoire de
'lves pregnant, en quelque faon, parties l'Empire
t Je cercle don't elle fe flparait, a fait natre des
onfidrations, des convenances et des intrts qui
'taient plus implement les rniens et ceux de mes
jets, des interts qui le liaient avec les miens j
nais qui ne dpendaient pas de moi.
Quoi qu'il en foic, je ne doute nullement, fire,
ue les hautes parties i :; ...s la tournure chaque
our plus complique de c,< te affaire, ne defirent,
omme V. M., de la voir promptement termine.
)ans fa lettre du 31 dcembre dernier,V. M. daigne
core m'affurer qu'elle n'entend la terminer que d'un
ornmmn accord de fuffrages et d, confentemens,que
'une faon propre runir les vritables intrts du
rince et de la Nation. Sur cette bafe, d'aprs lesprin-
ipes et les difpofitions qu'elle fuppofe, rien ne s'op-
ofe plus, ce-femble, ce que cette affaire foit main-
enant rfume dans l'tat ou elle tait encore avant
e 25 du mois de novembre dernier, et rtrogrejfive-
nmet ramene jufques-l o toutes chofes et toutes pefonnes
auelconques fans exception, fe retrouvent dans l'tat o
lles taient immdiatement avant la revolution. Alors la
Nation fera lgalementetcoufiitutionnellement affem-
ble ; je ferai fa tte nous ferons tcus galement
bfous la protection de l'Empire et du cercle rien
n'empchera plus que l'on conftate quels font les voeux
et les defirs de la Nation fur fa confitrution; fur fes
iffaies, et Itir la revolution mme. On pelera, on
calculera les cafes et les effects de chaque chofe, ceux
le la conflitution de 684, comme de toute autre.
Ce ne fera qu'alors que V. M. pourra vraiment jugeri.
i cette conifitution fait rellement le fouhait oule.
grief principal de la Nation lidgeoiie. Pour pouvoir
sentendre et s'arranger, il faut nceflairement pou-
voir s'expliquer. On le pourra on fera libre, on
parlera librement. Mon autorit et celle des lois r-
:ablies par l'autorit encore prfente de l'Empire et du
cercle, jerviront contenir un chacun dans les bornes mo-
dres c jobn jfffrage et de fou opinion. Quiconque aura t
eu, avant la revolution, un fuffrage donner, le
donnera encore ,juflu'a ce qu'il enfoit autrement dcid.
La Nation en un mot, et la Nation feule parlera
et fera coute.
Je luis perfund, fire, que cette march fimple
et naturelle vers la vrit et tout-a-fait conforme aux
intentions jflles et quitables de V. M., et que fi elle
ne les a pas tout- fait ainfi exprimes, ce n'Fft qu'
dfaut de connaitre p's particulerement lesdtails de
notre'belle ei bonhne conjlrutiton.J'ofe vous afflurer, fire,
et j'ai pour moi le temoignage des trangers qui ont
eu l'occafion de l'approfondir il. en eft peu d'auffl
beureufe. Loin de vouloir la changer, il ne faut qnc la
repurger des vices et des a/.us que to.s les cablifemens
des hom/jnes contractent invitablementpar le laps acetems.
i e meilleur moyen pour cela, d'apre l'avis de l'immor-
tel auteur de l'Efprit des Loix, c'el de les rapprocher,
autant que poflible et autant que les tens m Ae le
permettent, de la fimplictrprim rive de fou inflitution.
Voil, fire, la glorieufe operation qii, merchant
Sla fuiite de mon rtabltIfeineit et du rorour de l'ordre
dans mon pays, pourra pour long rems encore en
affurer la paix et la tranqilite. ,
J'ofe efpr'r, fire, >que la chambre impriale
et les frniflimes prince co-'iirec tirs du c-rcle,
daignant favorablemenr accLeiillir les i.iltances que je
leur pfenterai a cet efftt, et voyalir cette affaire
fourvoye reprendre fa ma'-chf primitive, rguliere
et conftituionnelle, da'gnroPt a fri f.rinfi -r toute autre
conlidration particuliere au plaifir qu ils auront de
concourir iinfi avec V. M., merrr- fin aux cala-
fiits du pays de 1'ige, en le t. ',..,',.t radicalement
d'une contagion pire entier.












Ce bi nfait .un prix ineffimable, done je devrai
une fi grande part la bont et la puiffante coop-
ration de V. M., ne peut lui tre qu'un garant sur et
immanquable de mon empreffement pour tout ce qui
pourra lui plaire et lui prouver la vive reconnaiffance
et le profound refpcct avec lequel je fuis, SIRE, r
Trves, le 8 fvrier 1790.

ANGLETERRE.

PAR LEMEN T.

Chambre des Pairs.
A la fin de la fance du vendredi 19 fvrier,
M. Anrtruter avait demand lecture d'une lettre de
M.-l Hafings aux directeurs de la compagnie, en dat,
du 7 avril 1773 ; le confeil de l'accuef s'y tait
oppof, en objectant aux commiffaires a la pourfuite
de l'impacliment, qu'ils devaient fe border prouver
les faits avancs dans les charges : l'opinion du chan-
celier a prvalu, et la lecture de la correfpondance
de l'x-gouverneur a eu lieu ce qui a prolong la
fance jufqu' quatre heures et demie.
Le 2. Mmes tentatives de la part des accufuteurs,
mmes moyens de detenfe.de la part de l'accuLfe ; les
commiffaires fe permettant de produire uneinouvelle
charge, le chancelier a dit que la lecture de la coi-
refpondance de l'accul n'avait t admire que comme
preuve des anciennes, dans lefquelles le comit de-
vait abfolument Ce circonfcrire. En confquence, les
pairs ont dcid qu'on arterait les nouveaux faits;
ce qqi a fingulierement dplu M. Burke, tach de
voir ainfi attenuer le poids des charges qu'il avait pris
la peine d'accumuoler. Il avait dja trouve mauvais que
le chancelier tablit une diftincrion entire les faits
vraiment dignes du nom de crimes, et ceux qu'on
pouvait regarder comme des erreurs excufables. Lec-
ture faite par le fecrtaire de la chambre, des pieces
du p;.ocs, cinq heures, la court a pis ajourr:nement
au zz avril prochain, pour entendre les dfenfes de
M. Haftings.
Du zzfevrier. On a relu dins cette fance les bills
deflins maintenir la discipline de l'arme de terre
et de merit la chambre quitant fes functions legisla-
trices s'eft forme en tribunal de judicature, t
ajourne au lendemain.
Chambre des Communes.
Du z2. Aprs avoir ordonn que le pavement des
fommes rcamees par les Americains et les colons
de la Floride, s'effectuerait le 4 avril et le 10o oc-
tobre de cette anne,-M. Aleock, officer de la
douane en Ecoffe fut introduit la barre, o il
remit une life dtaile des btimens coffais employs
a pei he de la baleine dans les mers du Nord, et
un relev exact de Il.ur product pendant le course 'unee
anne finiffant au io octobre 1789 j il fic connaitre
egalement la confomimation intrieure et l'exportation
du tabac tir des magasins royaux en Ecoffe.
Sir John Miller voulut fuppleer l'abfence de l'ho-
norable membru-, qui fe propotait doe fixer attention
de la chambre fur la dpenfe de l'artillerie; en conf-
quicnce il dfapprouva ouvertement l'es frquentes
faignes faites au trlor public, pour couvrir les pof-
feilions de l'Angleterre de foitiufiations don't l'util.t,
du moinsd'aprs e plan actudJ, tait plus que do. teule.
J'ai toujours vu avec pei.,e, dit-il (en faifantallufion
au dpartement de l'artillerie), ce monfire devorant
abtfoiber lui feul, tous les ans, plus de 450,oo000 1 i.
Ses beloins ou Ils prtextes font les mmes dans tous
les teims le parlement ill obliged d'y fournil, au fein
d'une paix profonde, coi-.me dans une guirre ; et
pourquoi, pour ralifer les projects d'un individu qui
ne doit point avoir la prtention quel que foir fou
rang, de le foufiraire au droit qu'a la chambre d'exa-
uinne l'emploi de l'argent, d.s Peuples. Pour moi e
me propole de fare quelques observations fur le rap-
port des dpenfes de Vartillerie, ds que l'on me l'aura
communique. Je fais qu'on ne manquera pas de m'ob-
jecter qu'il n'a tenu qu' moi d'en prendre' conriail-
iance, puifque ce rapport a t fait le jour mme
qu'on a voteles dpenfes de l' ;rme e mais je repon-
drai qu'on femble avoir profit de 'abfence de pluieurs
mrembres qui, fatigus de logs dbats, fe font retirs
a-n ut- hVures du loir, je l'avouerai, ftais du nombre,
ne foupIonnant- pas qu'on fe permit de violer le
urfags dte la chambre et le respect qu'on lui doit,
;!u point de gliller furtivemnent un compete de cette
importance, et de le fouflraire l'examen. ,
Le chevalier Miller tpCeta, contre les fortifications.
des Indes occidentales, les objections qu on a dje,
vuesi il montrra que trop voifines des bords de la
mer elles feraient expofqs au feu des vaiffeaux
ennemis ; d'aprs c(e dfuit capital, il infifta pour qu'on
les recult dans les terres, puisqu 'il en tait encore
tens, les.forts et.nt peine conimiencs.
11 fe plaignit aufli de l'augmentation di 6oohomme,-
pour la fortereflf de Gibraltar, luffifamment dfenduui
autrefois avec 240o, tandis qu'on en demandait 4cor
aujourd'hui qu'elle eft plu fotrtifiae. --- Ici l'opinant
mit le chancelier de l'chiquier en contradicrioni avec
lui-mem n tpres avoir'prois, il y a quatre ans, qu'oi
liminnerait le nonmbre dry's boldars, en raifon de ci
c)' on augmeuterait les fortifications, il avait rDondi
ct trniemteni utn honorable meinbre, qui lui dcmn r
d lit pourquoi cette addition de ,600oo homes i 1.
parmfilbon de Gibraliar, que plus les ouvrages raiern
forts, plus il fal.it de foldacs pour les dcf ndre. -
Nouvelie plaintie de ce qu'on excute -la-fois cin14


( -74 )
projects de fortifications Plymouth Rien d- moins
vident que l'utilhte du fort de Sand-DowVnl, qui oc-
cupe lui feul prs de 400 criminals, une viigtiiame
de maons et un grand nombre de chevaux, de char-
riots et de btimens pour transporter des pierres.c Je
leur ai demand, dit M. Miller, combien il faudrait
de temis pour l'achever, d'aprs le plan qu'on m'a
montr et fans augmenter le nombre d'ouvrier : ils
le font tous accords me rpondre que zo ans fuf-
firaient peine.
Aprs avoir racont une hifloriette don't l'applica-
tion tait un farcafme amer des plans du grand-mai;re
de l'artillerie, l'opinant lui reprocha d'avoir fait bia-
tir, en-de des fortifications, une maifon fpatieute
pour le gouverneur de Plymouth, fou fr-re; il at-
rait voulu qu'une place de ce genre, qui n'a jamais
entran plus de fix femaines de residence, et vote a ce
qu'on affure, pour que i8oo 1. i fit la ricompcnfe de
l'officier fans fortune qui eut vieilii dans le service,
et qui affurement n'aur;ait pas demand un palais
pour quelques jours d'une prfence trs-peu nceffaire,
ou aurait t conduit daians la demarnde.


ADMINISTRATION.
COURT DU CHATELET DE PARIS.
On inftrmuit en ce moment ce tribunal, un procs
centre MM. Jambon, Charles Jambon, Louis-Maurice
Dupr et Pierre Narciffe, accufs de l'alluliinat com-
mis envers MM.e Rouffel et Georget, habitats du
come de Coubert.
Un mmoire prfent l'Affemble national, et
renvoy au pouvoir excutif, a dterein le roi a
donner l'ordre M. le garde-des-fceaux de faite in-
former fur cette affaire avec activity. .
Le 5jjaviert, deux habitats de Coubrt fortcntde
chez eux arms de fufils pour aller la chAti, et
depuis cette poque on ne les a plus revus. Cette dif-
parution inquiette d'abord les payfans du village; leur
tte s'echauffe, et bientt il palie pour confiant que
MM. Georget et Pouflel ont t les victims de M.
de Coubert fils et de plufieurs de fes gens, qui, tant
la chaise ce hour l, ont tire vengeance de la viola-
tion d un droit don't il tait jaloux. On fait tumul-
tuieufement des recherches dans le parc et aux envi-
rois diu chateau de Coubert. Quelques traces de fang
fur la porte de la garenne tournent dans la tte des
habitins les foupons en certitude. --- Le procureur-
fifcal rend plainte la clameur publique. On fait des
perquifitions juridiques dans le parc et dans'les bois
rien ne conflate les affaflinats que ces mmes murque s
de fang; et ne fchant fur qui fixer fes foupons, le
minitere public ne poffe pffe a plus loi:: es recherches.
Mais les habitans font loin de la mme moderation
ils s'agient, ils dnoncent ils dnonce au piocureur fiscal les
compagnons de chaffe de M. de Coubert le fils, qui
venait de partir pour l'Angleterre. Cette dnonciation
vague ne determine point cet officer a prononcer
un dcret. Le Peuple s'irrite; on tonne le toctini les
villages voifins s'affemblent; on fait en foule de nou-
velles perquifitions dans le chateau d Coubert ; on
n'y trouve rien de fufpect. Cependant le juge, pour
appaifer le tumulte, ordonne qu'il en (oit informe,
et tait conduite en prifon MM. Jambon freres et
Dupr.
On ,a entendu aen dpofition diffrens tmoins.
M. Miffionnier dpofe que le jour de la ditparution
de fes concitoyens il a entendu du ct du parc
de Coubrt, tire cinq fix coups' de fufil trs drugs,
fix heures du loir.
M. Vincent Voifin dpofe que le mme-jour,
q iatre heures et demie du foir, il a vu pafler dans
le parc M. le vicomte de Coubert fuivi de M. Jam-
bon et de plufieurs de les gens, avec des fufils.
M. Jean Carron dpofe du mme fait.
M. Pierre _Narciife, dometlique au chateau de Cou.
bert,dcret d'ajournement perfonneldans cette affaire
dpofe que le jour en quellion il a entendu tirer cinq
fix coups de fufil du ct du parc que toute la maifon
a t voir ce que c'tait, et qu'on n'a rien trouv.
M. Antoine Boquet, perruquier-, a dpof qu'en'
accommodant M, Jambon, il lui avait entendu tenir
divers propose qui pouvaient le fire fouponner de
cet affatfinat.
M. Louis Frerebeau a depof que, revenant du
travail, il avait rencontr madame de Coubert dans
fon parc, inquiette'de quelques coups de furfi qu'ele
avait entendu tirer i que Con domeftique l'avait enga-
ge rentrer, eh lui difant, qu'il je doutait a-peu-prs
de ce que o c'tait.
M. Laurent Rouffeau dpofe que la nuit du mme
jour, M. Jambon n'tait pais venu colcher chez lui
que rentrant'le lendemain mat.n; le dpofant l'avait
queltionn fur les causes de,.cette absence, et que
M. Jambon lui avait rpondu que, d'aprs les ordres'
de M. le come de Coubert, il avait t chercher
une biche qu'ils avaient tue la veille la ch .fle.
D'aprs cette information, on a dcrte de prife-
de corps MM. Jambon frres et Dupr; et M. Nar-e
cilffe d'ajournement personnel.
Les accufs ont t transfcrs dans les prisons du
Chatelet'le 14 janvier et M. le procureur du roi
a requis que l'ifiPruction commence Coubert fui
continue jufqu' Jugement dfinitif.
Dans fon interrogatoire en date du 1c janvier,
M. Dupr accul, a dit que le t" janvier, il avait
-tr la chrife avec fon matre et MM. Jambon freres;
u'ils n'y taient refits qu'un quart-d'heure, au bour"
duquel ils taient rentrs au chateau pour fair le'


paquts de M. de Coubert, qui d-vt- pir
remain pour l' Angleterre; q'il lvL, L',," :.'_1
parler de cinq ou fix coups d.: ,,ill t,1- t;, '
dans le parc ; qu'il ne favait d .u el. ,,
nir, mais que tes camarades et lui eitint,,
A lui remontr que lorfqu'il a et au,'' i
un foulier cordon, tach d'une goutte de 'l t. '
a trouv dans le linge fatIe de fon tc anaride un e fl
,dont l'paule tait teinte de 1.1r:g, et qw ul l ;'tl
de M. Jambon l'an tait al enl.nlIT la
A rpondu que fans doute tes cnarad lui
avaient attrap ces ta,hes la cuiliine ou a hla.'
Preff. de dclarer les raifons qui av.i..n. .
M. de Coubert partir fi prcipitamment poiurl'1."
gleterre :
A rpondu que M. de Coubert tait part com
ment, parce qu'il avait beaucoup de. dettes. ,
MM. Jambon frres ont employ aP1U.pri I,.
mmes dfenfes. P r-
A eux remontreux remontr q ur'linge efnari ti
blait indiquer qu'ils avaient commis les .lattiil,,r :
don't ils taient prvenus ; que tout le ton io a ,'"
berry, prtendait qu'ils avaient enterre leurs nilhu .
reufes victims dans le parc : '
Ont rpondu qu'ils ne pouvaient concevoir conmn,, ,
on les accufait d'un tel crime apre s tie s r
toute leur vie de maniere mriter Itl'nie du, ill.,
qu'ils habitaient, mais qu'ils taient incapbles jI,
pareil forfait. '
Les accufs ont t confronts avec Jes tet:oin,,
et ce procs, allait tre jug i; mais I.\lmIe,ble, ..
nale ayant indiqu de nouveaux :eIc'OIIS .1 cir;
le jugement a t remis la fiun du mois. .


LITTRATURE.
TACITE : Nouvelle traduction, par M. Dur r.u il
Lamalle. A Paris, chez M. Thophile Barrois le-leune,
libraire, quai des Auguitins, n1. 1s. 1790. TiuiO >.
lumes in- 0. ( Premier extrait.)
Tandis que la Nation Franaife prpare pour l'h..
toire de fi riches matriaux, une plumie bha[,ile feul.
cite le plus grand hillorien de l'antiquit, pour,ftmir
de modele aux ntres. A qui pourraient inieu c~,
ddis les bru-!ans tableaux des excs de la yrinii
et de la fervitude qu' un Peuple qui a r.'i:.nquim'
liberty avec tant de courage, et l'aft-ernit maintenmf
avec t.ant de conftance et de fagefle? Ln ualiai !
rcits de la frocit impriale et de la turpitude pair.
cienne nous reconnatrons notre honc pale C, iuis
nous rjouirons de nos triomphes prfens.
11 y a mme des peintures contraires au g8nrid
spectacle don't nous jouiffons ,qui exu ieient in r][:-
rt plus vif encore. A Rome, ou en France, l
tyrans et fous-tyrans font bien les miices hiimo,
mais combien les Peuples font diffrcns!
Au lieu d'une Nation brifant fes cl.annes,i'riii-
rant fur fes intrts reffaififfant k.-s droir, dll,-i
buant fes pouvoirs, s'oigantant p.,ur l'I gajlur.l
Liberty et du milieu de l'iiifurrct ioi, i= iclii;
dans le fein de la loi, vous verrez ii In Pul'.
corrompu, adorant les vices d'un prinu.., h lli, l
vertus de l'autre tout prt e,,.nl..r l-.ii:. It
l'affailin de tous deux ; toujours dnputue a a i ,
fans jamais penfe r une revolution, le.iieu]l\ -uri[..li
de la tyrannie, et d'autant plus avili, qu urn J i"
time hypocrite l'infultait fans cell' p.r di s.dl, ;i
de refpect, des fimulacrcs de libeit., des uit n,'e i
attributes, et tout le crmonial, pour ainili ,li
fun antique fowverainet. Voil le cuitraltc licti
que les i-ranais trouveront dans la lecture d a ,c
Ils ne pouiront fe dfendre d'un noble oruiil,,ii
voyant l'heureufe fupriorit d'un Peuple tci rl
le Peuple-roi. Le merite raie de la .,ducti'nr"u
velle ajoute beaucoup l'intrt ce ccuet lktl,.l
Tacite, qui crivait pour les Bomains, ri'a pli
donn, fu-r la constitution impriale. dJes etlii,
mens qui leur taient inutiles, maiis qui n 'ilr
>n 'ctffaires. M. Dureau fiupple ce lilii,:.I
f n dilcours prliminaire ouvrage len pe1t..,iL
fur tout avec cette fermet prcle ct l)le ,
et anim qui fait voir, entire le i.iJuLte tc; ai"
teur, une heureule analogie.
La nouvelle conflitution i.:,mn.-ine, qui i: I
apres la bataille d'Actium s ippell.i tc '-1'.''"'
le nom modefle de prince ou 'e ,.i j li""- I
veut d'Alembert), Augtu tL fit i,,,litr I.' I l
races confulaire, proconfulajire, irihiirtiine i
tificale &c. Au lieu de ces pouloirs 1.1. iLs,
fifans par eux-mmes exceilits par '..c ii i
M. Dureau pente qu'Augufl-- air ri, l''"
fes projects, demander francheimenlit aM tlenat.it l.
affurt la portion d'autorite qui li" tt. nS,
pour faire excuter les lois *p.ir i ne toorme. .
tique, qui rappelle les anciei,. ; il nuppi'" le.:.
par lequel Octave et dclar- .. evnt 'le ,
vues et fes demands. Ce mnorce.iu a,..i .r'
,deur, montre une conhaifda':e ipr .to,1de e
de Rome cette poque. Mais nos ,'.
M. Dureau que fi Augu ftes'lit mie s ai.i l
du fenat, celui-ci et voulu etablir lad',;. ,.
come il fut prt le fair i la mn rte ..'.i
.neu d'ailleurs, dans le plan. ql- -.. ;,,' l.'"
Auguite, le fnat.e tant la t */.,t /' ". 1.. i't ;''
,ai, une pure ariftocratie, a:t qiie bnt, .(
oblique retombait dans la :vr.miiilie; tat l, ,I
que, fans la ibert et le pou -oir p ( r,
monarchie ne peut fubifier que p:,: le.k'.,..ui
Nous renvoyons not lect'trq- e it -:."
-












Svoir comment Rome 'patr dlaut. de conflitu
l avait en effect, fans computer le fnaat, trois
rains, le Peuple le loldat et le prince t com-
metl-les revenues nnmenfes de l'Etat etaient infuffi
npourles diltributions que voulait le Peuple, pour
sartificarions qu'exigeait le fo}dat, pour les d-
p lifes diu prince et les dprdations de fes flatteursi
mnent la ruine et la dtreffe rfultant de cette
'llpation univerfelle, les confifcatiors devenaient la
feule reffource du trfor public comment les dla-
ioins et les barbaries qui dpouillaient les riches,
ntaient que des operations de finances indifpenla-
bles qu'ailifi ce n'tait pas toujours par caprice, mais
pr beloin,qi>e les Cfar fe nontrai,-nt fi cruels; que,
cotmme tous les brigands, ils tuaient pour voler; que
'aillets,la frocit naturelle du Peu ple Romain, don't
M, Dnreau.mnultiplic les preuves, le f;lmiliaril'air avec
ces horreurs. Ces rfultats, don't plnfieurs nous fem-
blent alfli nouveaux que frappans, prparent les efprits
aux admirables rcits de Tacite.
Defirant fixer l'attention de nos lecteurs fur le
Tacite Franais, du nous pardonnera de nous arrter
furle gnie de l'hiftorien, fur les divers ouvrages, et
fur e fyltme fuivi par le traducteur.
Nuilauteur n'avait, plus que Tacite, befoin d'tre
bien traduit pour tre apprci. On peut avoir fait
une tude approfondie des lmens de la langue la
tine,en polfeder le vocabulaire, etre tamilFari avec
fs iniverians et les locutions les plus rares, on peut
re Robert Eflienne ou un acadmicien ,,et toutefois
ie cas en:2-ndre Tacite ; non qu'il fuoit rellement
obicur, coimme on nous le dilait au college, mais
lurce qu'il ne petit erre intelligible que pour celui qui,
a la fcknce du texte, reunit celle du cour human
et'des affair-s h:umaines, feule capable d'en claircir
le fens et la penfe. Voil pourquoi Tacite cft ft peu
colnunii on conoit qu'il devait tre uffi clair pour
Motnefqu;eu, qu'il ett obfcur pour les pdans. Auffi
lin pareil reproche ne laui a-t-il t fait que par les
inuerirnes.
Ce dtll donc point fa phrafe qui eft nigmatique,
intis o10 fens .qui e l myl:rieux : il ne demand pas
ctre devin, imais etre cout et, pour'ainfi dire,
contemple ; il fe derobe au fcholialte rudit i il fe
k-voile au philolophe attentif: fon tendue et fa pro-
ftodeur font une foiurce inpuifable .de mditations.
('elt tin de cs livres lur lequel on fera cent bons
livres. Des hommes de gnie fe font honors de
commienterfes penfes. 1 .es difcours peu connus d'Am-
inurawfur Tacite ont fourni plufieurs iaces Mon-
telquieu. Gordon, aprs l'avoir traduit, l'a pris pour
tee de fes plus belles rflexions. D'Alembert mou-
rant dans les angoiffes de la pierre ne pouvait lire
que Tacite.
Il ii'', a donc qu'un petit nombre d'hommes qui
ait reconnu juqlu' prfent que les fiecles n'ont
point product d'crvain qui reuniffe autant de qua-
liits firieures'. Nul n'a des traits auffi pntrans,
il n'a des dveloppi mens auli riches. Nul ne ra-
conte avec tant de sentiment, ne dcrit avec tant
devrit,ne conjecture av c tant de jugement.Grand
orateur, grand peintre, grand pote mme, et pou:-
tant grand politique et grand philofophe, fon ame,
toi inlagination et fa raifon ne l'abandonnent pas un
inltnt dins le course de fes narrations. O trouvera-
t.on'iituant de penfes et d'expreffionis fublimes ?
'Cet edlitconinu ,'cette richefre de details taient
icZI li ades perffictions naturel.les. Nous petfons que.
le flyle de tsite doit peu au travail. S'il a etmiploy
art, c'eft putt d'i ns la difpohition des matieres,
dansle choix, dans la fuitu gnrale et l'ordonnance
partuiere des tabletux. Ctt art de lier fes grades,
iepti0on., d'en former un ensemble intreffant t
armonieux, ces fecreis d'une composition fvante te
rve2enit plus manifeement dans l'hiftoire : les ain-
mIes leipblent cites avec moins d'ordre, moins
de jgravite, et dictes rapidemeiit par une paffion
t0u)olts brulante.
('es caractres difliipcrifs, ces principles nuances
u gne et des ouvrages de Tacite, taient )ufqu'ici
l' ylteres littraires dans lefqu h cette traductioni
et a fnotre avi\s, initier tous les lecteurs franais.
n Oapourquoi ilfalaict, qqoi qu'en ait dit d'Alenbert,
' enter t non par fragrneni un fi grand
ec-vin, e plus beau1 tableau hiftorique perdra foti
aelefi voous le fparez du rcit qui lui fert, pour
il feihde fond, et des tableaux prcdens auxq lels
eldColtrafte. La mort de Thralfas ne fenible fi
elln acu pllrce qu'elle fuit le difcours vioknt cde
fille a teu', lna scenee parhtique ou Soranus et fi
bile vQUent mourir l'un pour l'autre, l'entreti.n fu-
.. dre .elue01 on cnfiulte fi Thrafas doit def-
ia loue le fifi er, o les amis de ce grand home,
iux de la dignity de fa vertu, lui donnent,, fans
efg ne ereux confeil de prfrer la mort.
tlexionts de joinldre quelqu.s exemples nos
. ,11 ,l donneront d'aillurs une ide de cette
:'i vt q nous en ayions analyf le m-

.,'ii/ ''',i'. .',n-" dansce tibleau rapide de l'avi-
uit et de'1 n 'i' lu ')oment de la mort d'Au-
eeaveiement de Tibere 1
Yaliersr de -'- RCpome, confuls, fnatetrs, che-
l'un .a,' i recipitent dans la fervitude -pPlus on utait
.fa'.' f tlutre ;plus. on Ttit- d'em tipreff ent et
oi.f'rtrn d e compol'a.t le;. il ge pour ne point lai offer
trtop de .ri e oten ,eent 1 mort d'un prince, ou
Ilame I ee al venement d'un autre, ils milaient
e jn i ., les'.egrets, 1 adul~(imti. '
dt eujp tipt cette corruption et.cetefprit adulateur
p, main av.'ii encore bitn.des pmog ,,


( 7S)
faire. Quelquq terreur qu'imprimttTibere, ladouleur
pnblique clata fans nicfure, et brava fa tyran.ie.
a la mort de Germanaius. Quelle difference au mo-
ment de la catastrophe de Galba A cette poqe,
dans le people comme dans les grands, c'tait
dit Tacite une emulation dce ba/ffe. Voyez-les courier
des pieds du prince aux pieds ce tibo meurtrier. Dans
le premiir effroi de la rvelte de l'arme, le Peuple
et le finat rempliffent le palais..... ', Tous ensemble,
avec ds cris conous, demandaient la mort d'Othonet
le fupplice des conjures, comme s'ils euffent demand
un divertilement au cirque ou au fpectacle, et ce
n'Atait en eux ni ellime ,ni affection, puifqu'on les
vit ce jourl mme demander le conciaire avet
la mme fureur: mais c'tait l'ulge de flatterle prince,
quel qu'il tt..... Bientt aprs on dbite qu ._t)hon
vient d tre tu. D'abord c'ut -un bruir vaguiie.et incer-
tain ; bientt come de toutes les tauffes nou-
velies! quand elles gagnent, il fe trouva des gens
qui affirmaient avoir et prfens avoir vu ; et on
les croyait avec cette difpolition naturelle la joie,
qui adopted fans examen....
Pour lors vous euffiez vu, non-feulement les ci-
toyens et cette populace imbcille fe confondre en
appiaudiffemens et en tranfports immodrs, mais'
encore la plupart des chevalierse et des fnateurs,
quittant la precaution avec la crainte, forcer les portes
au palais, fe prcipiter dans les appartemens et a
t'envi ke montrer Galba en fe plaignant qu'on leur
eut droe leur vengeance....
Othon triomphe. Vinius, Pifon. Galba font maf-
facrs Quel changement ae fcene !
Les ttes attaches des piques, taient portes
en trio rphe au milieu des enfeignes des cohortes ,
tout pres de l'aigle de la lgion ; on ne voyait que
tolcats montrer a l'envi leurs mains fanglances, tant
ceux qui avaient tu que ceux qui avaient vu tuer,
qui tous, vrai ou faux, s'en glorifiaient comhme d'un
giauLd et memorable exploit. Vitellius trouva par la
iuite plus de cent vingt places de gens qui deman-
daiiient rcompenfe... On et cru voir un autre fenat,
un autre Peuple; tous couraient au camp : on vou-
lait lailfer derriere les plus proches, atteindre les plus
avances on 0semportait contre Galba; on exaltait Ile
choix de l'arme ; on couvrait de baifers la main
d'Otion, et moins le zele tait fincere, plus il avait
d'exagration....
Plulieurs circonftances de ces tableaux rappellent
des fcenes don't nous avons te les triftes tmoins. Mais
combien le contrafte elR plus frappant que les reffem-
blaices !INous fommes loin de vouloir flatter lePeuple;
nous oferons, quaiad il le faudra, lui dire les vrites
courageufes don't nous avons of importuner fes ty-
ransj mais en lilant Tacite, tout-bon Francais con-
'cevra de lui:mme une jufte efiime en perdant foui
admiration collegiale pour les Romains.

LIVRES NOUVEAUX.

MmmOI.5s du marchal duc de Richelieu ,'pair de
France premier gentilhomme de la chambre du
roi, &c. ; pour fervir l'hilloire des course de Louis
X V, de la rgence du duc d'O,lans, de Lpouis XP',
et celle des quatorze premieres annes du regne
de Louis XV'I, roi des Franais et reftauratcur de la
Libert : ouvrage compol dans la biblioth-que et
fous les yeux du marchal de Richelieu, et d'aprs
les porte-feuilles, corretpondances et mmoires ma-
nufcrits de pluficurs feigueurs, miniftres et mi.itaires
ls contemporains, avec des portraits, des plans et
cLs carts nece.iaires l'intelligencQe de l'ouvrage.
A Londres et lfe trouve Paris, chez Buifon ,
libraire, rue H-autefeuille ,' htel de Cotlofquet,
nc. 20o. Prix, 18 liv. brochs pour Paris, et zo liv.
francs de port par la pofte.


AVIS DIVERS.

, On trouve chez M. Knapen fils, libraire-impri-
ineur, rue St. Andr-des-Arcs, en face du Pont-Saint-
Michel, des collections du Bulleat ide l'Ajfemdle,
a computer du 7 juillet jufqu'au ier. fvrier, poque
de la runion de ce journal au Moniuiur. Le prix de
chequee .collection eft de 42 liv. pour Paris, et de
52 liv. e fois pour la province. l ne relief pius que
cinquante collections completces.On pourrait fournir
un certain nombre de mois fpares, raifon de 6 liv.
par mois pour Paris, et de 7 liv. o10 los pour la pro-
vince.


ASSEMBLE NATIONAL.

Prefdenzce de M. l'abbe'deMontefquiou.

SANCE. DU SAMEDI 6 MARS AU SOIR.

SUne dpuLation de la commune de Paris eft ad
mnie ala barne elle prfenre deux petitions, la pre.
miere ef relative la caiffe d'efcompte et la raretr
du numraire; dans la feconde, elle -xpfe des griefs
cIntre le prvt de la marchauffe de Brivcs ei
Limou(in qui, trop fidele anx prtendus devoirs
qu lui impofe fa charge, ne cef f, dit-on, de re-
.uindre dans cette province la terrerti et le fang.
M. Guillaume. Je demand que le sjurifdictionsp'rd-
votrld:s fir.nt ds--prlent, fapprites,


M. Charles de Lamethl. Les pivts de imarchanfle
at depui., long-le'is, et lur-tour depuis un certain
nms, abuf de leur pouvoir. Les abus d'une fem-
)lable autorite font au numbre de ceux qu'on doit
plus l'e hter de reprimeri j'appuie donc lmoionda
tI. Guillaume, et je demand en outre que les proc
unres intentes de toutes parts, parles prvts ,
centre un nombre infini de citoyens, foient ds--
,rfentarrtes.
M. le marquis de Foucault demand l'ajournement
de la motion de M. Guillaume.
Cet ajournement eft appuy et dcrt.
L'imendement de M. de Lamreth eft mis aux voix;
il etl adopt, et ,c l'Affetnble dcrete que fon prfi-
lent fe retirera fur-le-chamnp pardevers le roi, pour
le supplier de ftufpendre totes les procedures diiiges
par les prvts du royaume.
Le prfident le retire tout de fuite pour obir au
dcret de l'Affemble.
M. Breveu de B,aujour fait, d'une maniere trs-
d6a lie, le rapport de l'affaire du prvt deMarfeille
contre les habitans. (Nous avons dja fait connotre
'es diffrentes circonffances de cette important af-
,faire. ) On observe aujourd'hui qu'une grande parties
des districts de cette ville ont adrefl leurs rclama-
tions l'Affemble, contre les procedures commen-
ces par ce prevt, et fur-tout contre l'ihumianit
avec laquelle les prifonniers font traits dans le fort
o ils .bont dtenus, et o plufieurs ofit contract des
maladies trs-dangLreufus.
Le rapporteur eft vivement applaudi; il conclut
au renvoi des accufs devant les juges de la fn-
chauffe de Marfeille, conformment au dcret du
8 dcembre dernier.
La dil'cuftion de cette affaire eft ajourne mercredi
prochain.
La fance eft leve onze heures et demie.

S ANCE DU DIMANCHIE 7.

On fait plufieurs observations fur la rdaction du
procs-verbal. M. Guillaume, qui en tait charge,
eft entr dans quelques dtails fur le difcours de
M. Ne.ker, il a parole d'applaudiffemens et d'loges.
L'Affemble ordonne que, felon fnufige invariable-
ment laivi, on le borne annoncer la lecture d'un
memoire envoy par le premier miniftre des finances.
Sur les autres obfervations, il efl dcid que le pro-
cs-verbal reliera tel qu'il eft.
M. Dupont, deputy de Bigorre, fait ,,au nom du
comit des finances, un rapport fur les dons patrio-
tiques. Ce travail eft divif en autant de chapitres
qu'il y a d'efpeces diffrentes de dons.
-CHAP. l1r. Somme remife en argent comptant et
en billets de la caillfe d'etcompte, 290,036 liv.
II. Dons effectus en lettres-de-change ou en billets
ordre 2.82,143 liv. i il refte encore payer
Z5,591 liv., don't l'chance ne paffe pas le mois de
juillet prochain.
III. Mandat fur des particuliers, S5,463 liv. Il refle
payer 7605 liv .
IV. Sommes offertes ou annonces, 241,803 liv.
Il refle encore payer 196,881 liv. Il faut dduire
de cette tomme celle de 5o,ooo liv. donne par M.
de la Borde, et deffine fournir aux trais du comit
des recherches.
V. Soumiflions terme et fans terme,.481,oo0 1. ;
on n'a pay,fur cette comme que celle de 50,79z liv.
VI. Effets fur le trfor royal, coupons et bjlletsde
rembourfement, 2.9,7 3 1. Il faut retrancher de cette
fomme celle de 1zoo liv. fournie en bidets de loterie,
qui n'ont pas remport de lots.
VII. Pensions abandonnes, 83, 49oliv. Ce chapitre
n'offre aucune recette, et pri'ente feulement une
ceffation de paiement pour le trfor public.
VIII. Arrrages de pensions, 113,287 liv.
IX. Abandon de fommes dues par kl gouvernement,
ou de fommes ric:voir tur des particuliers ou des
communauts, 781,803 liv.
X.Rcepiffe des directeurs des monnaies, 190,8681.
XI, Abandon d'offices de judicature, 158,539 liv.
XII. Abandon de capitaux, dont le produit ef ftip-
pof ad denier 2.0, .09,3019 liv.
XIII. Abandon de rentes viageres ; les intrts
content 615 liv.
XIV. Abandon d'arrrages de rentes; 120,344 liv.
Il refle valuer 113 articles de ce chapitre.
XV. Sommes indtermines en 17 articles, don't
il eft impofible de fixer exactement la valeur. On a
defa pay 13,oo00 liv. fiar cet objet.
XVI. Bijoux d'or dja fondus, 16,264 liv.
XVII. Argenterie d,a fondue, 241,0351 v. Il exifte
encore en nature 2o000 iarcs d'argent qui 5o liv.
le marc, produiront une fomme de boo,c,0co liv.
XVIII. Objets qu'on n'aurait pas fotdu fans une
perte confidrable, et don't la vente a et'- faite.
XIX. Article don't la valeur eft indetermine ; il
,omprend le don qui a t faith: par plufieurs coin-
niunauts des'ci-devant privilegis.
XX. Sacrifices faits a la Nation; la plus grande
artie eft inutile A la caiffe patriotique, elle comprend,
,)ar example ,l'offre de rendre gratuitement la juflice,
";c. D'autres articles de ce chapitre peuvent tre
.tiles,tels font les fou(criptions patriotiquesouvertes
plans les principles villes, &c.
1 rifulte de rous ces chapitres qu'il y a actuelle-
nent dans la caifte en arRent comptant, 1,042,170 .,
qu'on recevra dans l'efpace de fix mois, 2.039,2.80
iv., et que le total gnral des objers fixe eft de
.,3i0,995 liv. Les chapitres V IX, XI, XIV et
XIX exigent une cortefpondance don't il ferait a pro-








I ~










lui










~4 liii''
~ ~
l~I Il
il, 'il


~ I'L
'I~lJ ~J

Iffi~r~i
ittli i


~ liii III
r ~ *ilI
~l~ij I



I ~,


'~~*'i~
~ ~
t i':u~i1~i~I~

Iii' ~ liiI~I
~ *II IJl~l i






I~~u il i
ul~
Iii


j~J ,j 'il




~ 'lji'1"1'


II~~I~I



kIl

~

l'il i

411 'il









~4~i;~ ':


( 276 )
pos d'autoiifer les trforiers fe charger : par le privilgis. l"ruire votre ouvrage, voil le but des
na.cyn le c-tte correfpondance, on pourrait augmen- ennemis de la Libert; vous calomnier, voil lcur,,
tur de to-)u0o i'iv. la recette a fire .ans fix mois. moyens. Voyez des I belles infames le rpandre jul
L,.s 'fres font encore abond.antes : le nombre s'en qu'aux portes de cette Affemble; ce font des hom-
acccoitra necLffailement encore par l'.utge que vous m.ages la liberty de la prette ; ce font drs enfans
cin ferez. iigrats et captifs qui, dlivrs de leurs Fers, s'levent
Le ceomit des finances s'occupant rechercher centre leurs librateurs; on calomnie le minitre des
le part qu'il doit vous prop< fer, a t frappe de la finances, dans l'elpoir docclibtnner le dfordre dans
grandeur des befoins de l'Etat et du peu de fecours les'finances; on calomnie le Peuple arm, afin qu'il
que peut offrir la fiblereffourcedesdonspatriotiques, ve protege plus la paix publiquei on calomnie votre
11 a egalement fenti que l'emploi que vous ferez de 101, pour vous fire un crime de fes vertus ; on a
ces dons devaient convenir ceux pour lefquels ils ont ecrit dans les provinces que la banqueroute eft in-
t de grands et de gnreux facrifices. Nous n'avons vitable. La banqueroute l mot horrible qui ne peut
par perdu dd vue Il motion qui a t faite d'employer erre profr que par les ennemis de la Nation du
ces dons l'acquiliriou des effects les plus dcris, roi et de la Libert : vaines terreurs, qu'ils efperent
afin de pofer la premiere b ie d'une caiff-' d'amortiffe- de realiler force de les repandre : elle eft impof-
ment. Le comit s'elt occup de dvelopper cette fible j elle ferait inevitable, fi vous vous lpariez. La
ide 3 il n'a pas cru exagrer fes efprances, en por- banqueroute eif impoltible; vous avez un revenue fon-
tant fix millions la fomme que ces'dons patriotiques ier imrnenfe5 les impofitions des privilegis, la r-
peuvent inceflamment produire. 'e comit defirerait forme des abus', l'conomie dans les depenles, dans
thvoir d'abord fi vous adopted l'ide de la caiffle routes les parties del'adminiftrat.ion, et le patriotilme,
d'amorfiTlement; il vous prfentera enfuite un project qui ne fe laffe point, parce qu'il eft foutenu par les
de decret fur la forme de cette caiffe. plus jufles efprances. Vous avez devant vous I ave-
Aprs quelques explications demandes fuitr un ar- .1ir, les fiecles, la Libert, l'indutrie, et tout ce qui
ticle compris dans un des chapitres du rapport, on natra de votre coatlitution. Une puiffance voiline
revient la proposition du comit. a plus de dettes quenvnus et bien moins de reifources':
M. Anfon. Il ferlait propos 'de diflinguer dans elle c.f floriflante, parce que tous les citoyens font
les fonds de la cai'fle patriotique, ceux qui font dif- amis de l'ordre, de la juflice et de la Libertte i t no'us
ponibles en ce moment, de Ceux qui ne 1 front croirions I'Etat perdu, caute que l'oi' et l'argent
que npa la fiire. On pourrait employer les premiers don't la France abonde etl un moment refferre. La
payer les petites rents fur 'hoerl-de-vile, ou banqueroute eit inpoftible; elld ferait funeile a ces
alleger les befoins momentanes du trfor public. Le capit.ibtfes mmes qui, fous le regne des abus, fe
minifire vous a dit avec raifon que le mois out nous font enrichi des depouilles du Peuple ; elle ferait
nous trouvons eflt le plus emb.irraf.nt de l'anne. 1l funetle cet egoilte qui reflerre ton or. La ban-
ferait pofible de confacrer une caille pour .es amor- queroute eft impolfible, parce que vbns tes ici, et
tiff mens les fonds qui front dilponmbles par la que pour la fire, il nil'ctqu'un feul moyen, c'eft de
fire. vous feparer. Les impts, dic-on, ne fe peroiventt
1V. de Cazale's appuie la premiere parties de cette pas : ils te peroivent; j'en attefe votre correfpondance
opinion. (prefque toutel'Affemble affirme cetteaffertion.Beau-
M. d'Eflourmncl. C'eft une ide trs-jufte et trs- coup de membres fe event, et difent que dans leurs
utile que de payer les rentes au-delious de 5o liv.; provinces la recette n'eft pas diminuee d'un denier).
elles font, pour la plupart, poUledees par d'anciens La perception de quelques impots indirects elt trou-
domeftiques qui habitent les provinces, blce ; cela eft vrai : ma.s ces impts font odieux;
M. le mauquis de Foucault. Je demand l'ajourne- niais le Peuple en demand le replacement ; mais
ment, afin de ne verfer notre petit trfor national il offre ,-vrc empreteinment de les payer ; mais il les
dans i'immenfe trfor public qu' l'poque o 1 on pai-ra. Peuple vraiment digne de la Liberte, on vous
connatrai fond l'tat de nos finances. opprimait quand vous bailliez la tte ; on vous ca
M. de Caals. Pour affuirer aux indigets le fecours lomnie quand vous ofez la reliever. Mais n'y a-t-il
que nous voulons leur offrir', il ett propos de ne donc aucun mal ? Il y en a un trs-certaini il taut y
payer que les propiitaires des rentes au-deffous de remdier. C'eft la raret des especes. La caufe de cette
5o lv., don't la capitation fera infrieure la fomme raret n'eft autre chofe que la trop grande quanti.:e
de 6 liv. de papers : vous connailtez cette caufe; vous con-
Plufieurs projects de rdacuion font prfents. nailiez donc le remede : il faut donner de la'prepon-
M. de Crey.' Il faudrait d'abord connatre quelles derance aux especes, il faut preieutler un advantage
fommes mont-ntlts r -n'es don't vous defirez faci iter trei a les rpandre : alors elles reparatront, n en
le pavement, afin de lavoir fi les fonds qci font doutez pas. Je vous engage, pour l'intrt commun,
votre difpofiuion peuvent fuffire cette operation. du roi, du Peuple acs citoyens de la capital e-:
M. Alexandre de ILameth propose de confulter le des provinces, prendre en consideration le mmoire
minifIre des finanujces fur l'emploi ae ces fonds. des umittres et l'adrefle deila commune de Paris.
Cette proposition efit rejettee. Je demand qu'il loit dcret que, pour rendre au'
M. Camus,. l efi propos de dcrter fimplement travail lur les finances le jour qui lui a t enlev la
l'intention ou vous tes d'appliquer les fonds de la lemaine derniere, oh s'occupe de cet objet jeudi,
caiffe patriotique au pavement des arrrages des rentes vendredi et famecdi, et qu'ilToit ordonn au comit
au-del'ous de -0 liv. pofliu"es par des perfonnes qui de rendre compete jeudi prochain du mmoire du
patient moins de 6 liv. de capitation, et d'ordonner que premier mimitre des finances, et de l'adreffe de la
les trforiers fe concerteront avec les fyndics des commune de l-'aris.
payeurs des rentes, quant la maniere de faire les Une trs- grande parties de l'Afcmble applaudit
verfemens et d'excuter les paiemens ,>pour vous a ce difcours, et en demand l'impreflion et l'envoi
rendre compete inc.iamrnentdes notionsqu'ils auront dans les provinces.
acquires. IV. de &c'nales. S'il tait nceffaire de me juflifier
Cette proposition eft dcrte. contre les allegations au moins incertines qui ont
M. Rahba ade Si:tL-Eeene. Le moment eft veniu o et laites par le preopinant contre l'intention que je
la rforme dnilt la Nation vous a impof le devoir puis avoir eu dans la demand du renouvellement
doit foulever tous ceux qui croient payer trop de l'Aifemblee, jedirai qu'on a interverti mes phrafes
cher la Libert par les avatutages qu'ils retiraient qu'on en a altr le feus, et que j'ai demand, no;i
des abus; mais qu'eft ce pour vous qu'un pril la aiifolution ,mais 1_ renouvellement de l'Affemble.
de plus ? Vous avez couru bien des dangers pen- Je perlite croire que c'eft le feul moyen qu'on
dant fix mois entiers, votre coumage s'en eft ac, ru, puitie employer avec confiance pour le falut public :
et vous avez march froidement vers le but gloriux je p rhfite a croire qu'il eft impoifible d'tablir dans
auquel vous tendiez. Un grand nombre de moyens cette Allemblee une conriorde franche et loyale. Je
font employs pour rendre \os travaux inutiles ; on demand fi l'on nlie voit pas la rfillanco bruyante
cherche tromper le Peuple ; on veut lui faire re- de la minority faire dpaffer la majority las me-
gretter le temis des lois et des imp.s arbitrairns, fures de lagefli qu'elle femble s'tre prefcrite je de-
comme s'il en av.ait perdu le fouvei:ir on cherche mandefil'onu'apasentenduapplaudir une adreffe per-
di viler les provinces, et etablir un movement fiae,ettravellir en efprit de parti des motions d'intrt
g'*inral dans le royaume, en ex.citant des mouve- commun;je demand li des reprfentans des trois claffes
niens dans les villes. On dit que vous avez furpafl n'a;, antqu'une feule et mme million, confondanttous
vos pouvoirs, cotnme fi la Nation pouvait trouver les interetsdans l'intrt commun,ne font pas plus pro-
que vous avez trop fait pour elle, et qu'elle ne n -- pres oprer le bien public, Mes intentions ne peuvent
ritait ni tant de lto'is, ni talli: de courage. On appelle tre calornies, et je conjure chaque membre de
une nouvelle Lgiflature, parce qu'on efpere cu descendre dans fa confcience pour me juger. Il refulte
dans l'intervalle nicetfaire l'anarchie natra et les du long mmoire du miniftre,'que les befoins de 1790
abus pourront reparatre. On dit que vous marchez font confidrables et les reffources difficiles et incer-
trop vte et que vous marchez trop lentement; que tailles. Je ne connais qu'un moyen ': l'Affemble doit
vous avez trop fait et que vous n'avez pas fait s'armer de courage ; elle doit carter toute diffimula-
affez. Les ennemis du Peuple rpandent que les im- tion ; on ne gurit pas les maux qu'on fe dilfimule.
p6ts font augments, tandis que vous n'avez encore 11 faut prefer le comit des finances, don't l'incerci-
touch l'imnt que pour accorder aux contribuables tude continuelle vcus inquietteet vous arrte. Je con-
un premier bienfait : ils font foulages du quart, du clus ce que l'Affemble prenne la determination
tiers, de la moiti mme de leurs impofitions, par ferme de s'occuper des finances, et dcrete qu'elle
vote dcret relatif la contribution des ci-devant donnera quatre jours par femaine ce travail, et que


On s'abonnae Paris ,/u3tel 'le T/hout rize des PIo'i evilis ou au kijr-au des A/fc/zer de ''r:i,' \c S,. -Iaifi'.Lcj,,'.' e/Ill rPii
z8liv. P'"ar cu. t r e)i s ,3 'tiMane /x a,etde7Z 2 Lv.jOUr l'ei1ft'ees et )it'11 ~ W v t I r'Ir' e r ci)t rJ 1,'
cts ~84 ;.1rIi.pou'la, lifan e po"t. L. o: i e s'abonne 'u'au commrencement ,4 y ~,~~'I ..f'.v, lf r/i.ir : is
i-uCI les ire. t. azirs des pv,,1 s. l/ M AuBiiy, direct tir duit ureau de la ve irA ..~"Z!,''~.ie. iDLi- .
ed,'eJ,r le, lettres et l'arpenrft, mci de poil. - 7ot ce quzi cince'/'/ lez ciotiofitl,p 1 ar ,i' /~~'. a{te*C~P~P'~
cah.2 ufqu ,&.

d'abord aprs la dlibration fur les colony
mettra la di-fcuffion le mmoire du ninift,,re tll
i,. de Croy. 1l n'exile las de dikrn.e
tion et de principle, mais d'opinion. -I e i i" i.
n' tt point dangereufe, puifque c'eit d'eal i.
peut natre la vrit. Jen trouve un.- 'r u
tefiable dans la fageffe de vos dcrers. nu.
M. Alexandre de Lameth. Je fuis ies.perfuad,
les finances font dans un tat tel. quil fit'
occuper fans retard. Si c'en tait le m sen
dirais que ce n'eft point le difcrd:t, mai "1t
tion fecrette des ennemis de l'Etat, qut ta tcach
numeraire. (M. de Cizals interm~i it 1',orP
Ce que j'ai dit eft facile prouver pr un ":i-l'
funnement : la rvo;ution porte fur L.-uk qui 1
enrichis par les abus ; ils poffedent le nti, rrei.
l'enfouifient, dans l'efpoir de fire croulr 1:
tuition ; mais ils ny ruffiront pas, &........
ment croire la banqueroute,: quand ils -'""(
nous allons donner la Nation s'ckLyvent a
t;.ux de la dette i S'il tait un n,-yin d ,'ip1
honner ce ferait d'empcher la Fer,.ep uu,
impts. Pour percevoir les impts av : iiitt, I
rtablir l'ordre ; pour rtablir l'ordre il lut" a'
ia constitution. Vous avez encore a organiferl '
me, le pouvoir judiciaire, &c. Serait-ilprud~t
di nner quatre jours aux finances? le d.nua,dc"
ri'n ne loit change dans l'ordre du trivail, qu,
conflitution ne foit fine ou trs-avancec. S'il i
donner un jour de plus aux finances que ce.ful
dimanche ; s'il ne refle pas encolr de1 11e tm1%
la conftitution travaillons jour, et nuit ,,i.,,Q
force phyfique peut y fuffire. Je deminird pol|it
n,ent qu'on dlibere fur la motion de M. i.-.baudi
S. Etienne.
i. Rabaud de S. Etienne. Il ft devenu indifpenfibi
que j'ajoute un mot. Je n'ai rien dit ici quin pui
me reprocher; j'ai parl de noscrairnts, le nos 11
de nos efprances de nos devoirs, j'ai parle'd
brochures que vous voyez,, que vous life, que'ly
mprifez : je n'ai eu perfonne en vue c'eftle bij
public qui m'occupe.
L'Aflemble dcrete que dformais le veidredi
le famedi et le dimanche front confacrs aux fini
ces, et que, conformment la motion de .M.
baud de Saint-Etienne, le comit rendra compete
mmoire de M. Necker et de l'adrefle de la cou
mune de Paris.
L'Affemble ordonne enfuite l'impreffioilet l'ent
dans les provinces du difcours de M. Rabaud
Saint- Etienne.
La fence est leve a trois heures et demie.


S P E C TA CLE S.

ACADEMIC ROYALE DE MusIQtu. An|.8,p'idr
4'. capitation des acteurs, Iphignie en ..'i.id t.L
*et Telemaque dans l'ifle de Calypfob, blllthliIqil'c
3 actes, par M. Gaidel, nm'. des b.,llkts de iIll
acadmie.
THiAATRE DE LA NATION. Les Comdiln ,i
ais ordinaires du roi donneront auj. S, Zir, i
et la x5e. reprf. du Rveil d'Epimrnen at',i."
en i acte, en vers, avec un divertiffeminct. Decii
la 7e. r -prf. des Dangers de l'Opinion et 1/''at'
Chafje de Henri IV.
Ti-iEATRE ITALIEN. Auj. 8 la Clofeirp;I(t';b
la 9e. reprf. de Pierre-le-GCand. Dem.i,, lei
runis ; et Richard Coeur-de-Lion.
THEATRE DE MONSIEUR. Aluj. 8, h.1 ~* f.r,
du Conflil imprudent, com. en zactes, en pFl,'.,l
reprf. des Rufes de Frontin, opra frfni.,Miu.!
del fignor Zacharelli; et la ize. de .'pin*'vde ''
fais, com. en I acte, en vers. Dem. o, CI Brat, e
Siviglia. En attendant la ze. reprf. du JBadmqt.1
gereux.
THEATRE DU PALAIS-ROYAL. Aui. 8, l.',
Provenfal, com. en 2 actes; l'Amrant Fne.'f.ihJ
hre en i acte; et le Revenant, en 2 aclt5s, j
agrmens.
PETITS COMIEDIENs de S. A. S. Mgr. le cit
Beauj lois. Auj. 8, la falle des Eleves: t'.v
du emple, Grgoire et fes Filles, com. -",
l'Amour ar ange tout, en I acte; et la '.., ."''
auffi ent I acted.
GRANDS DANSEURS DU Roi. Autj. 8
Huiflter; ce qui vient de la Flitte r, '"11 .' T
pieces en I acte; les Enfans du S,,'i',pant i -.e4
et la Nuit d'H.ien IIV, en acts, w de dte de'
femens, et divers exercices dans les enl!.'.[ !
AMIlGU COMTQUE. Auj. 8, t*. u11
qui rit; le omdienitde Socite, p'e ."-1'
l'ro',te Arnericaine, pant. en i alces .
vertiffemens. ''