Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Moniteur universel

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GAZETTE NATIONAL, ou LE MONITEUR UNIVERSE
'


MER CREDIT


24 FEV RIE R 1790.


POLIT I Q U E.

D) A N E M A R C K.

De Copeinhague le 2 fvrier.

L[r ri.ce royal vient de fire un changement aux
S pn l'on a coutumt e de lui donner la court, le
os l fon aniniverfire : il a eu z3 a;insle 28 janvier.
'ou'r 'i .. a ouuI ce jour-l donner, en ifte,
celt ex le toute l court. S. A. R. a clbr cette
joiue par le' bendictions des heureux qu'il a faits.
L j"oe prince a deli de la fervitude de la glebe,
l ynas i i lekur a accord liberty et franchise
,:1le, n leur affuratit la proprit hrditaire de
ers fermes et mtairies. Cet acte de juice qu'il
l t bien appeler encore un acte de gnrofit, s'eft
ait folenn llemcnt. M. le come de Rovenrlow,
r lJlent de la chambre, tait pieferit; il a joui
es fit es que mnritait fon zele mettre en vigu.ur
le 0iouveau regleinent en faveur des houveaux cul-
tivateurs.
Le lendemain 2.9, jour de i'anniverfaire du roi,
il y a eu un gala la court, bal, et l'on a feri un
foupe fplendide dans la galerie des tableaux du
pa sis, &c.
ITALIE.

De Ronme, le 30 janvier.

On commence croire ici, ou l'on aime croire
que M. C ih11 i '- avait reilement le deitcin d'ex-
citer une fdition et d'icendier les principals ma -
fons de Rome. Un vnement eit venu a l'appui' de
ces foupons. Le bruit s'eft rpandu qu'on avait
truiv duis la iraifon de l'accuif deux caiffons de
i ... .- : '.il
initieres inul;iiiniiibles il a duj, fuui divers iluo-
Faoirtes; fa femme a t interroge plufieurs fois.
On a intercepted une lettre que le frere Jofeph de
S. Maurice, ami et confident de M. Cag ioltro, lui
crivait. Cette dcouverte a fem de nouvelles alar-
mes et rveill la fvrit d..s inquifiteurs. Par ordre
del'inquifition on a fa't conduire dans les prifons
quelques Franais inconnus et des religieux. Le gou-
vernement mient d'ordonner que l'on faffe de fr-
quentes patrouilles nut:t et jour pour maintenir la
tranquillit dans la ville.

ESPAGNE.

De Madrid, le 9 fvrier.

Sa majefi catholique vient de donner l'ordre
d'equipe' et d'armer une nouvelle efcadre deftinee
croiler, tantt dans l'Ocan et tantt dans la Mdi-
terranle, pendant le print-lms et l'ic prochain. Cette
.efcadre, commnande par le lieutenanit-gnrial don
ranicifco Borja, lera compofe de troisvaiffeaux de
ligne, don't deux de 74 canons et un de 64 ; de fix
igStes de 34, et de trois chcbecs de 18.

PORTU GAL.

De Lisbonne le 4 f; re-r.
Tous les rgimens de cavalerie qui' font -en garni-
loin i Lisbonne, ont ordre de fe tenir prts, et de
le mnliir de touch ce qui leuir ei nicelltire pour for-
imer un camp daits les environs de cette ville, le 14
dii mois prochain.
M. le come d'Oyenhauf.n mrn'flre de Portugal
la court de Vinine et iomm iifpecteiir des forts
et forterefl., du royaume :il doit en cette quality
partira la belle faiftn, pour aller faire une tourne,
acc'riomgii d'uni oflciier du corps' (u g nie, et d'un
attre oilicier de ltat -majar, qui fera fou aide-de

'. le comte de Bichtern vient d'tre nommi mi-
nire d' l'mpratrice de Ruffie la cour de Por-

n le chlevalier Hort, conful gnral d'Angleterre
.ille en. e1 ,rriv depuis peu avec toute fa fa-.
a huit an tte ville, don't il tait abnt depuis fept
lails, dont il tbf'tit d

PAYS-BAS.

De Nanur, le 1i fvrier.

endant le four de M. Van-der Noot en cette
.)l0, on y a "mltipli les revues et on y a fait
lot e ;ag-mens i term. Un grand nombre de vo-
orit' es ont prfrr ut fervice libre, ils font retour-
etns iletrs families. Crux qui ont accept reoi-
oci n x fais par jour et leur provision de pain. On
pe aull du foin de difciplinur l'arme,


On travaille reliever les fortifications de notre
chteau i.plus de fept cents ouvriers y loiit employs.
journellment.

De Gand, le 14 fvrier.

M. Van-der-Meerfth a demand la chancellerie
de guerre Bruxellks un renfort de troupes pour les
avanr poftes et pour renforcer les colones de la
grande arme. La province de Flandres feule doit
fournir les troupes, don't le nombre et le dpart a
t fix fiivant le tableau qui fruit:
IBruges, 690 homes, parts le 12. fvrier ; Gand,
960, le 14. Bruges, 490, qui partiront le io ; Ou-
'denarde 330, le 30, avec quatre pieces de canon
Gand, 490 le 23 ; Gramnmolt, 360, le 3 5 Cour-
trai, 390, le .3 avec deux pieces de canon; Aloit,
380, le 24 a Yp'es, 630, le 28 Menin, 290, le 8 :
en tout ,oio homes.
A ce dtachement doivent fe jo;rdre z5co homes;
Sceux-ci n'attendent que leur equipemient poir fl met-
tre en march ; on prfiiue qu'ils front en tat de
partir dans une douLa,ne de jours. Ces troupes font
dans le. meilleur ordre: eiles onit une exc:lintre te-
nue, et les officiers-majors qui en ont faith la revue
gnrale, competent fur tous les avantages que pro-
met l'efprit de discipline et de patriotiimne dont ces
troupes font animes.
La direction des affairs fifcales a t confre
provifionnellement M. de Muller par les :tats de
Flandres.
De Bruxelles, le 17 fvrier.

M. le comte de Lautretan eft de retoi.r de Gand,
o il tait all pour later le dpart des troup: s,
dnt une parties a dj paff pir ici pour le renire
a Naiur. La ville de Mons doit aulli fournir beau-
coup de monde pour la mme deftination. Ces dif-
f arens corps font la folded de leurs provinces reC-
pectives, auffitt qu'ils front arrives au quarter.
gnral.
De Liege, le 15 fvrier.

Recer du magiflrat. En l'Affemble des feigneurs bourg-
mefjres et confeil. macires et cormmifaires de la
noble cit de Liege tenue Jjcialement le 15 fvrier
1790, au martin.
Le magifirat apprenant, avec la plus jufle indigna-
tion, que les ennemis de la Patrie, enhardis par la
moderation don't il s'eti fait un principle ds le ino-
mentt de la revolution et qu'il n'a cefle de recomn-
mander au bon Peuple Ligeois, et par l'impunit
doni i!s ont en confquence joui jufqIu'i prfent ne
dicontinuent pas de repandre des bruits incend'aires,
et ofeit, par la plus infame des calomnies, imputer
au magifltrat rgent, aini qu'au corps rep:-crallId de
l'tat-tiers,'des intentions qui porteraient atteinte
l'xiltence des vingt-deux tandis, qu il eft de la
pIus grande notoriet que ces deux corps ne( iher-
chent qu' maintenir, dans toute fa puret et fon
intgrit ce tribunal facr, gide de notre libert
et de nos droits, iniriitui, ainfi que le porte le
ferment prefcrit par les paix pour aider a redrejfer
toute maniere de gens defquels les officers, r.vrend
pere en Dieu, notre cher feigneur l'veque de Lifge, ou
eautres offices jujets de lu. ont eflor ou efloideroit
argent ou autre bien, ou encontre la loi defdirs paix ,
et a l'organifer conflict, tionn llement en les pur-
geant des intrus coupables qui voudraient s'invertir
d'une jurifdi.tion a l...Ju..Ill ils ne peuvent avoir le
mioindre droit, et don't l'exercice, par eux ne
pourrait tre qu'une ufurati aton attentatoire, un
vrai dlit un crime de leze-Nation, et en le reim-
plaant enfuie d'une maniere lgale, par des gens
duement qualifies, fuivant !es paix.
Le niagiftrat a rfolu unatimementp, pour prouver
la tauffet de ces odieufes imputations, de palmer,
come tous les meImibres ont fait l.-mme le
ferment fuivant :
c Je jure de maintenir les paix des Vingt-deux,
de fire tout ce qui lira en inon pouvoir pour
empcher que qui que ce foit ofe porter la moindre
atteinte ce tribunal, galement conlfitu et avou
par les trois tats, dclarant de regarder, comnie
traitre. . la Patrie, quiconque refulf.rait de prter
ce firorent : Je jure de maintenir de mme les
droits, franchises et liberty du Peuple, de la cit
et de la Nation en gnral : ainfi m :aide Dieu et
tous Jes faints >".
Aprs cette profeffion de foi fincere, dicte par
la canideur et 1'. mour de la Patrie Melfieurs ef'perent
que tous les bons et honntes citoyens, defabuls
des impoflures rpandues, rendront juftic-- aux inten-
tions qu'ils ont manifeifes dans tous leurs recez, et
front convaincus qu'ils ne s'occupent que du maip-
tien des droits, des franchises et libert du brci
People : ordonnaut que le prfent recez foit imprime
et affich. Par ordonnance de mefdits feigneurs. Rou-
EROY, pro de Cologne.


Recede de l'Etat-Tiers. En l'afembl de me/figneurs det
Tiers-Etac du pays de Liege et cuint ae Loor, tenue
le 15 fvrier 1790.
NMef'eigneurs, ayant vu le prtendu recez des foi-
cifant vingt-deux du Ir fvrier, quatre heures
aprs midi, en reliant emprs de la rfo ution et recez
prcdens, imprims, affiches., infinus comptem-
ment, et dontperonnenepeutprtextcr caufe d'ig 6-
rance, dclarent itera, iveiient queles foi-diflnt vingt-
deux front refponiables en leur propre et privnom
des nullits, des donmages et de tous les maux qui
rfultent et rfulteront infailliblement de leurs juge-
mens, et que, troublant par cette ufirpation i'ordre
et la tranquillit publique, ils doivent re traits er
conf quence ; requrant infiamiment les feigneurs d:s
deux autres Etats de prendre, conjointement avec
le leur les rfolutions convenables et les plus
promptes pour conitituer lg1kment un tribunal des
vingt-deux, ou de dclarer ci'hegoriquement, et le
plutt poffible, s'ils admetcent et confenrent que
c'eft au corps de l'ltat-tiers, actuellement afl'cen-
bl qu'il compete dans les circoifan.es prientes
de remplacer par une nouvelle ionuinaton, ccux
de fes quatorze imandata.iires qui in'auiraienrt pas t
lgalement nomms : ordonnant que le prfent recea
foit imprim et infinu o il appartient. Par ordon-
nance de mefdits feigneurs, P. J. VROONEN.

A N G L E T E R E.
P' A R L E M E EN T.

Chambre des communes.
M. Burke a rendu un homage folennel l'Af-
femble natiorale fi, come le veut la raifon ,
le blme des infenfs et leurs declamations fou-
gueufes font rellement l'loge des mefuires ages qui
les mettent en fureur, pa:ce qu'elles contrallt!nt
trop vivement avec leurs'ides faufles ou bizarre.
Cet auteur d'un trait fur les forces du fublime
o il prttend qu'il rfulre toujours de la terreur,
qu'il nleIl mme qu'une terreur cori-mence, a voulu
ire fublime, car il s'eft mis fire le mchant;
il a pris le rle d'Ifmal don't l':-.critiie dit : Et
maius ejus contra ones, au lieu de dire come
dans la comdie Melieiers ami de tout le monde,
il s'eft dclar avec un ton tragico-majeftueux len-
nemi, l'adverfaire de toutes :es opin ons avances
dans la chambre i il a commence par fatiguer le
chancelier de l'chiquier de farcafines et d'ironies
fur la demand d'une augmentation de l'arme ,
quoiqu'on ft en paix s et n'pargnant p s davan-
tage le fecr+caire d'Etat de lintrieur il a ridi-
culif les crain-es des honorable menibres, que nos
poffeflions en Amriaue ne frniil expofees une
furprife. D'o viendrait-elle cette furprife ? et-ce de
nos bons et fidel.es allies le roi de Pruffe et la Hol-
lande ? de la Sude, du Dannemarck, de la Ruffie?
des tranqu.illes Cantons I-lelvliques, ou de la Po-
logne qui a prfenteimnt une arme lui pied ? Non
fans doute. C'eft peut-tre de ce bon vi illard a
barbe grife don't on nous fait peur-dans notre en-
fance, du pape enfin. Imn.gi'i-t-on qu' 1 va fire
embarquer Civ:ta-Vecchia fes mirmidons belli-
queux pour aller attaquer nos ifles fucrc? D ns
le fait, vos craintes puriles me rappellncr la fable
du lievre et des grenouiles.
Ici le fublinie M. Burke a sentiment rcit la pe-
tire fable, la fuite de laquelle il a ingnitieufeent
appel l'Efpagne, to,.ours avec la mme gracr: ou la
meme nergie l'animal longue ore lies. Nous
ignorons fi l'ambaffadeur de fa majifl catholique a
d'j rempli fon devoir, en allant fire une v'fite de
remerciment, M. Burke pour cette politeffe. Peut-
tre attend-il des ordres de fi court et la boite
.d'or enrichie de diamans que le roi d'Efpagne ne
manq,:era as d'envoyer au Dmoftnes de l'An-
gleterre.
Quoi qu'il en foit,l'orateur continuant toujours fur le
mme ton ( et pourquoi en changer quanid on tient le
umeileur ?) s'eft crie : c.Je fais la gographie, Mef-
fieurs je vieins de parcourir la carte de l' Furope, tt je
n'y vois pas une feule puilfance qui puiffe vous donner
la plus lgere inqui.-tude relative mennt vos poffellions
en Amrique. J'a: trouv, en effect, fur cette carte
un grand blarnc, un vuide, une lacune j c'fct l' face
jadis occup par la Fran;ce, la feule puiffince quand
la France tait une'puifial:ce, qui pt veil,r et
mriter notre jaloufie. Mais aujourd'hui la France
eft une non-e:tit un tre abtlrait i elle ne peut
r. monster foudain la vigueur nceffaire pour nous
attaqu r. Ce n'efi q.e par degr qu'elle y revien-
dra : c'eft donc auffi par degr que nous devons nous
prparer la dtf.nfe.
Un honorable membre a dit qu'il tait aif d'abattre
et difficile de reconftriiire : n'eft-c. pas l la poficioli
o fe trouvent nos voifins ? Au reflc, je ciroi crs-
ind fcret de s'occuper dans c. tte chmib-e ode
leurs aflRir 's; mais d'autres e-i ay nt parl avant
moi, je fuis forc d'en dire mon avis.
Dans un dbat auquel je n'ai pas affifil, l'on a


--i-i- --i-----











"2.0


compliment l'arie Franlife, et compar la revo-
S i ,ion q'.i viei.t d'.ivoir lieu en France a ce qu'i s cfi
pf' l' chez. nous en 0'88 et qu'on g jig p. opgs
d appel-r notre revolution. La con;ipara;tlon in e paa
ultc ; le com'imn ne n'elt pas miriie. Ce n'eit pa'
une r.:vcultion que ce pays doit fi conflitution ; et
d;ris le it, nous n'avons eu ni rvobhtion, ni conf-
tirutio;i neuvell". I.a chfct fe rduit ceci 1; home
qii trenit les !nes iu government et tait la
tte du ipouvutir txecultif, a t rpudip par l'An-
glitr-rre, pace qu'il voulait en cihangr la conllitu.
nton imiai. elle ift rene ; les loas fo. nt demeures
les mrimes, les droits des fiujts les mnes, la
religion la mi.ne: La tolerance introduite depuis
,.688, a dci.ne un nouveau lultre l'Egile Anglicane,
f ',l:.rt vraim;int partie de notre anci=nne conilitution
qu' n'a t que fixe et confirme.
I-eut-on compare cela lien de ce qui s'eft fait
Fance ? De'puLis que j'aii eu l'honn.ur de vous adreffer
Ja paroe, t-ut y a t dtruit la fois : oui, tout,
Meiinei.s, l'arimc, ls lois, la religion, les moeurs la
fubordmation, la conitiultion elle mme. Excellens
tarchitectr:; en deux ou trois mois ils ont tout
r ltf' mais ils verront quce la mme loi de la gra-
vitation qui prcipite ripi.iemi nt les corps re permit
de es fire re.iinter que lentement et pniblement.
En Fran.e une dmocratie fanguinaire froce et
tyran ique a tut balay dans fa march imptueufe ;
il iLinble que les ch 'fs, don't tous les pas ont et
mr.iqus pir la barbarie la plus fauvage "et la plus
impiroyable, n'aient eu d'autre fyitme que e de-
truire tout ordre, de fubvertir tout arrangement,
de rduire au imme niv-au tous les rangs, toutes
les cl :ffs ; impatiens de tout reformer, ils n'ont pas
fu attendre du teams une me:lleur.e conilitution; us
ont ancant. l'ancienne foirne de gouvernement, pour
y lfub).ituer l'anarchie et la confusion. Si je tou ne
mes regards fur les troupes je vois une arme fans
geiral, des ofliciers mens o I' n veut, la c.;rde
au col, des foldats indlcipiiis, ofant porterl'effroi
dans le cur de ceux qui traitent des intrts les
plus ch:rs de le ur pays, et force leurs del.brations
Voil julqu'o cette dmocratie a of porter l'abus
du pouvoir, et c'efi c s forcenes que l'arme
royale n'a pas craint rie fe joindre, en leur remet-
ta .t enre les mains les armes qui leur avaient t
confines fous l'ancienne conflitution pour la main-
tenir.
La feule reffource qui foit refle 1'Affemble
national pour rprimer les incendies, les allatliliats
et les devallations les plus horribles a t de for
nier une au.re'arme ious le nom de corps mu-
nicipal, pour furveiller l'arme national : ainfi la
Nation, tans en avoir aucune fur laquelle elle puiffe
co ipter, en a deux a payer. L'Eglile n'offre pas
un tableau mrnins afrligeant au lieu de fe contender
de la rformer et d'introduire la tolerance les d
mocrates ont t jufLqu' dtruire la religion et le
culte j ils ont lev centre l'autel un affreux fyftme
d'atheifme. Arijiocraie a t le cri de guerre :, en
prononant ce feul mot ariftocrae iis ont tout rein-
verfe de fond en comble ils ont brif les liens de
la fubordinar:on entire le foldat et l'officier ceux
d: la nature entire le fils et le pere, et e. fin ceux
du fcirment entire le flijet qui promet d'obir et le
fouv- rain de protger.
Aprs cet expofe, que les Franais prendront peut-
tre la libtit de taxer d'infiiele, l'h iiorable mem-
bre a railonn tfr les terrible effets que ces prin-
cipes d'ga ice pourraient produire dans notre conf-
tiution s'ils veia enc tre adops ici comme
en France, dans cette conlituion uo la chambre
des communes lle-mime a-t-il dit, eft une efpece
d'aritlocratie ; mais )'tfpere en Dieu ; fa providence
ne permettra pas qu'un fcul individu, bien moins
encore une claffe toute entire de citbyens an-
glais, penfe jamais rien imiter de ce qui s'eft
tait en France. Cependant cette confiance n'a pas
tard de s'vanouir il s'eft rapp.l que nous
avions, pour orotre malheur voulu copier nos
voifins fous le regne de Louis XIV don't le faux
rt avait oloui nos anctres. Le defpotifine tant
venu a la fuire de cette fatale imitation, il crai-'
gnait qu'une intemprance de libert n'ament
l'anarchie: il tait ifr de la puret des motifs de fou
ho or.able ami ( M. Fox ), mais il craignait qu'il ine
fit all trop loin et lurtout qu'il n'cn poufft
d'. trus encore plus loin fans le vouloir. Ici
M. Burke a prodigu des tendreffes M. Fox,
qu'il a dfigne fies altc'a Rome; il a dit que c'tait
le feul home digne qu'i lui lgut l'efpoir d'tre
un jour la tte des affairs ; il le regardait comnme
e plus capable d: les conduire.
On trouvera peu tre que j'ai parl aujourd'hui
avec beaucoup de hardieffe a ajout M. Burke,
j'en conviens ; et fi l'on me demand ce cui me
l'infp:re, le rpondrai,eomme Solon A quelque prince
oLI quelque poliL que c'elt min vieillefie. Je ne crois
pas avoir longtems encore profirer de l'indulgence
de la chambre qui m'coue. Je l'avouerai Me.f-
fieurs la consolation que je voudrais emporter dans
la tombe, en y de'cen.ant, f-rair de laifier derrieie
inoi la mime coinflitution les mines maximes, les
mimes lois et les mmes dlroir' que j'ai fi long-'ems
admirs. Ah s'ils dovert jamais s'altrer, s'affaiblir
fi I'tffence de la confitution doit changer,une prompted
imort iqu mi m'pargnerait d'en tre le tmoin voil
le plus grand bienfait que le citl puiffe m'accorder.
La faire incjfiamnment.


ADMINISTRATION N.:

DISTRICTS DE PAR IS.

Le difh-'ct de Saint-Roch a tenu fon AffemblIe g-;
ntrale I 5 13 Ie ce mois, coiivocqie en la maniere
accoutume pour porter fbn voeu fur l'admilion ou:
le reject des juifs l'tat de citoyen actif. Cette quef-
tiou a t difciitte avec beaucoup de fo:n. On a,
diltingu, entire autres difcours, celui de M. de la
Font-Pouloti.
Voici quelques morceaux extraits des motifs de
l'opinion de M. de la Font don't les lumieres et
l'amour de la liberty font gnralemen: connis.
a Aprs avoir pof pour principle que la difference
des opinions religitufes ne doiten mettre aucune dans
l'exiflence civil; que tous les homes rpandus fur
ce globe ne font qu'une mme famille, ec que cous
les fujets d'un mme empire doivent participer aux
mmes tires et aux mmes droits,s'aimer et fe chrir,
parce que ce fenritent eft d- li nature et de toutes
les religions ; il conclut qu'il eti de notre humanity de
pro.ioncer l'admilion des juifs l'tat civil et tous
les droits de citoyen actif, parce qu'alors nous con-
firmerons ceux qu'i's ont acquis en niiff:nc fujets de
la loi ; nous travaillerons draciner tc us les vices
don't on s'eft plu d'entacher Lette Nation ; nous
travaillerons ouvrir pour l'Etat une nouvelle fouice
de richefles, qui ferai nceifairement perdue pour
nous, fi nous leur doi s l'avantage d'acqurir des
proprits.
Je dis plus, Mefleurs, continue M. de la Font; je
dis qu'il ferait impolitique et contraire la profp-
rite publique de rejetter la demand des defcendans
d' fral, parce que ce ferait obliger cette claffe
d'hommes fair dans l'Etat une cafte part et
que dans un gouvernement tel que le nptre tout
doit tre fondu dans la maffe gnrale; il ne faut
point fparer la quality de juif de celle de citoyen,
parce qu'alors on verrait le juif partout et le citoyen
nulle part; que c'eft par le feul titre de ciroyen
que les individus d'un mme empire doivent fe
rapprocher les uns des autres, tant pour leur int-
rt gnral ; autrement ce feroit entretenir dans la
Nation Franai'e une Nation d'Hbreux, force ,
par la fvrir de la loi de nous har et de nous
tromper; une Nation profcrite, qui rechercherait
et faifirait toutes les occasions de fe venger, parce
que la rprobation avilit et que laviliffement ,
furtout lorfqu'il eft ineffaable, conduit forcment
a la fervitude ou la haine et la vengeance et
que votre intention, Meffleurs n'eft pas d'avoir parmi
vous des enclaves ou des ennemis, mais bien des
freres.
Enfin M. la Font finit ainfi: Vous favez, Mef-
fleurs, que les juifs attendent une nouvelle patrie;
eh bien accordez-'eur l'tat de citoyen actif, et
cette adminiffration ralifera chez eux la promeffe
de leurs prophetes.



MUNICIPALITS PROVINCIALES.

De Moulins en Bourbonnais, le I1 fivrier.

Notre municipality a la gloire d'tre l'une des pre-
mieres don't l'organifation ait t effectue confor-
mment aux dcrets de FlAffemble national. Les
elections ont eu lieu de la maniere la plus fatisfaifante.
Des fuffrages prefque unanimes ont lev la place
de maire, M. du Mizat, l'un de nos ci-devant privi-
lgis, qui n'a ceff depuis la revolution de fe dif-
tinguer par fon patriotifme. C'eft bien tort que
quelques journaux ont public que nous avions choifi
pour maire M. Foulon, notre ancien intendant.

De Lyon, le 13 fvrier.-M. le chevalier Dervieu
du Villard a t nomm hier commandant-genral
de la garden national de cette ville, e a prt en
cette quality le ferment civique.


I.'
-4---


LIVES N OUVEAUX


Difcours prononc, dans la chapelle du c, .1
Graflins', par M. 'abb' :\u..l.-i, vi I
college, a l'occafimn du ferment c. '.
MM. les ma.tres et coliers, eonforhcint1-' Pr
decent de M. le recteur de l'Univerfit 1e
vrier 1790. A Paris, chez M.Petit, ;;i le
du Hurepoix n-. 24. in-4 da 4 pasurJ
Ce difcours refpire le patriotiftne le is p u
peint avec nergie la reconnaiffance qua, '"i
dans tous les cours la dmarche du r, d '".
l'Alenemble national 3 il finite pir une i,'
exhortation aux jeunes citoyens auxqu.i.lsl ll ;ii:
de nourrr dans leurs cours une iol.le ei ,'
c Notre bon roi, dit-il, fe charge d iJalhal,, I
tes premiers ans,, ton agufte fils t' itre 'he
bonheur des franais: jeunes citoyens, (tll'
vous qu'il parle tudiez toute votre ;u iic l.
blime leon de patriotifine.


ML ANGES.

Au rdacteur.

j Du 20 fvrier. Je dfavoue, Morifieur,
phr!es pins .o moins inconfidires ,' ps oii
plates, que plufieurs papers publics ii onn [ I.
en rendant compta de la derniere Jourii;.- du .|,,'
de Favris; je dfavo.e routes cells ql'un j .,,
come forties de ma ,bouche. Ce qui ili [".
cher d'ajouter foi ces rapports imprin i :i,
la difference des versions ; car enfin ce quej'aidi,
je ne l'ai dit que d'une inaniere. Mais'la milignii
ne f!it pis ces rflexions ; b'en au contraire, ele
corimeute, elle glofe, elle inteprete, fans fongei
que d'un mot, l'abfent qu'elle compromet pet i.
truire et le texte et l.:s commentaires. Ici le molif
de la malignit eft fenfible : le jugement du Chatelt
a fait des mcontens; ce parti recueille avidtie
quelques mots jets au hafard dans quelques papies,
pour y trouver ton gr les raifons qui ont.pid
terminer l'ariet de mort ; come fi deui l'i.ii
chappes au rapporteur du procs, en'les lul'hiiil
auffi exactem:nt rendues qu'elles le frnt peu, pr.
va ent tre prices pour la veritable prison d, iii.
bunal entier, pour fon opinion d.'iiiiinrijri' C
ferait tre bien injufte envers une compagrnie iqil
a befoin de la confiance publique, et qui, i'i:l
dire, le mrite fous tous les rappo:rs p..liibls.
Quant a moi', ie ne devais pas ni1'ttriiJih:, ,i
moment o finiffait pour moi un jipn s 'dinii,
nible oL je voulas l'oublier, il me Ijudiit,
quelque forte, me jultifi-r aux yeux dii publli
eft incroyable qu'aprs tant d'exemples et de preuveY
de menfonges imprims, et de fits -iliiiiii 'i
alrrs, on foit fi prompt a croire c qui il
dfavantage d'un abfent. Je me regarderais .cQmm
fi fuprieur toutes inculpatioins, qu je ne vouii
pas dfavouer les phrafts q 'on me pitiiit.:':em
fuis d-terniin par gard pour la compaggniedoi
j'ai l'honneur d'tre membre. ,
IQUATREMERE, confeillerau Chaiitl,


Le 23 fvrier. Apprenez de grace, au public
Monfiein;, que la mifrable feuille uiicu colt
hier fur la trahifon et l'emprifonnement de M. d
Befeiival, eft une dteliabie calomnie ajoute
celles qu'on a accumules ltur cet officier-geneal.
Dii iBRUGES.


ASSEMBLE NATIONAL.

Prefidence de M. de Tallcyrand, vque d'Autui

SUITE DE LA SEANCE DU LUNDI 2.2 FVRII

M. d'Aiguillmr. Le Peuple a partout t troili
des ordres du r'oi, des dcrets de l'Affemble ,to!


L nale ont t fiippos : il a cru devoir obir,'e
La ville de Gaillac en Albigeois vient de former s'eft porte aux dfordres qu'on veut que voius repl
fa municipalit et a nommri M. .Bermond-Dauriac miez. On vous propofe des moyens divers:'il "l
trforier de France vtran au bureau des finances a lopter ceux qui peuvent rtablir le calme, uinlsr
de Touloufe, maire. Ot ici:rs municipaux, MM Ba. jeter loin de vous toutes les difpolicions contrhirei.
lettrand, propritaire Girma, avocat Coutaud la liberty. Tous les bons citoyens penferontrfls dom
medecin ; Salaber ain, ngociant coufin, propri- come moi, ils aimeront mieux voip touted 1.i'1"
t.iire Simon Fabre i Baljalade; Puylaurens, propri- prits dvalles, que la liberty en pril. '"
trires-cultivateurts. '
aires-cultivateu. pendant conv nir que les dfordres de l.,.l'mi'
neraient infailliblement le retour i ,t, )l
D'Ervy-le-Chatr el. Proclamation di 7 fvrier 1790. ton -les; apprenons au Peuple le t rfpct. l"
M. Branch, avocat m'ire. Officers mriiiiicipaux, i avoir pour les pr. pites ; qu'il fachc diingilU 11
MM. L.e, lerc rapporteur du point d'honnaur pre- dtoits fodaux rachctables, de ccix qi 1i'"
vt do la' Motte; Picard d. ctecur n miiedecine fans indemnit; aue ce foir ds demain
Louis, rgilLur de la terre de Villiers Simaie, note tr.vail, et que bieintt, de fineltes incerti
fabricant.
; fabrica;nt,. 4tant diflipes, les ennernis du Peuple ,
.les moyens qu'ils ont employ 's ave- tant
SDe M2ry-fhr-Seine. Nomination des 24 janvr et jour l'garer ou pour le fduire. Nous i
2 fvrier. M. Guerrapain fils, bailli, maire. Officers persons enfuite de la refponbilit d.s o'1
municipaux, MM. Corard, notaire; Gay, labou- nicipaux c t de cell des communiauts' ." l
reur ; Croalat, ngcant ; Maitrejean d'Averly tronss mlices nationals fe pr t ,niitrc l
bourgeois ; Gueron-Blampignon, fabricant. des fecours, et les muflicipaliCts o il n y


I _I~


I













d'iablies, rclamer les forces des municipalits
v0ilit5es.
1/de la 'ayette. Parmi les difculfions intreffantes
,qu ai entendes, une grande ide m'a frapp : le
qul'ee ea ru.ip p il fautidilli.er fon erreur, il faut
pi ppren tifqu 'o s'tendent les l:romncffs qui
li Atr tre ires et lui .mon'rer les bari'es de
feus fprances. Mais en rnismc temis que je perlfe,avec
Sd',aiesill"o, q'il f lat s'occuper inceffammcntdu
rpportiu "tcO t fodal, je crois aufli qu'il 'let a
r P es de terninir la difcutfii n, en flamant fur le
pIojc de loi qui nous a et prfent.,
M. ce Caiaes. Avant d'entrer dans la difcuffi n ,
e rablirai ds fat' s tqui n ont pas t biin exacte-
ment expofis par le preopi anc. Depuis la r-
oliitioln anglaife, er i)68 ,,l 'iaeas corpus .a te
.ll.pendu neuf fois. r Ce qu il plait d'appeler d;c-
tuiie a t; e accord au roi d'AngFleterre dans des
iomens d'inirrecion et afirim.nt dans lcs
circonllanices prfees nos avons tout lieu de
craindre une inlirrection.
M. le duc d'Aiguillon a exprim des fentimens
iiires de tous les loges : ce qui coinfitue la ri-
rles gnrofit, c'eft d'tre peu a!fecte des pertes
'eniielles inais la liberty qui donne cette
veotu, nle permet pis d c o re que les citoyens
pourtont fare des sacrifices atii gInreux. Les prin-
cipesds propina~ s font les mIen, les confqriences
ue j'en tire different effrntcellenent de cells qu'ils
vousonrt prfentes.Le comit iouis a offert des movens,
qui pourraient eire utiles fi le mal n'tait pas fon
..oinmle. J, ne puis me dilfinmuler que les excs ne
font point pirtil et quil eft event que s'ils
n'taient point, r.prims, ils fe changeraient en une
guerre futefle de ceux qui n'ont rien contre ceux
qui ont quelque chore.
L'exprience nous a dj pro'.iv combien la loi
nio'tiale elt inliiflfante. il faut donc, fi nous vou-
l1ns arrter l'es malheurs qui affligent le royaume,
recoiiri au noiivoir excutitu, et l'armer de tou:e la
force nicerfaire pour qu'il agiffe avec fuics. Je n'ai
cepen.iant pas penf qu'il fallit inveftir le foutverain
d'un piuvotir trop durable. Eh qu'on me ife quel
danger il y aurait lui confier une autorit momen-
tane, que l'Aflemblie natioale toujours exiftante,
prurrait fifpie:idre ou re'irer fon gr :'q 'cin me:'
dire ce qu'lle petit avoir de dangereux, dans les
nuins d'un oilo ont les verusfont connues : qu'ils
me dift.nt, ci.s prtendus aptres de la libert, ce
qu'ils craignent de ce prince entour de fon Peuple ,
dece pn:iice qui eft venu de la capital, et don't les intentions font intime-
r-nt lie.cs avec celles des reprf-.ntans de la Na-
tion. Mais, diront-ils, les miniftres abuferont de
cette autorit d'un mminent. Que pourraient des
ininiltrcs contre l'opinion publique, contre un
Piuple qui d'une voix unanime, a jur qu'il vou-
lait tre libre? No'-i, je ne crois pas qu'il y ait
un fcul citoyen qui ne foit partifan de la libert.
C n'ell qu'ai milieu des dfordees de l'anarchie
que le defpotif'ie peut ilevr fa tte hideufe. La
loi inrtiale et inltli anre 3 nul auLre moyen ne
fe pK'tente, fi ce n'elt celui d'au orifer la foce
armne obir au pouvoir ex.cutif. 11 faut dowc
adopter ce moyen.
La difeulion e-i ferme.
Oit demnnde l'ajournement de la dlibration fur
le proiet tdu conit, pour s'occuiper demain de
lexaicmen d-s droits fodaux rachetables.
M. le Chapelitr propofe d'a;oirneir remain' la
'lii'.i ,i i en arrt nt que le premier' obj-t fera
de tcrter ou de rejtcoer, fans difcuffions ult-
riiurrs, le project de loi propnof par le comit 3
de s'occiuper enfuite de la diifinction des droits
fodaux rachrtables et de ceux qui ne le font pas,
I'' ,,,.:; que 1.s deux lois foien portes ensemble
la i tion et envoyes conjointement dans les
plIo'linccs-s
.'ifieurs motions font ppopofes dans le mme
err. '- I,'ajournemeit eft violnnmment conrefl.
il.iL M' louet et Cazals demandent qu'on dli-
bcurt lit :Ie rs, motions.
M. Blin. Ceux qui demandent qu'o0iaccorde la
dil tailre ai pouvoir excutif, veu'ene qu'on envoie
'is Is provinces des allaimins pour reprimer des
ililinats;

peine cette plhrafe cf-elle prononce que
Mll, de Caz ls d' Fiiil, de la Galiffonniere,
le vicomte de Mirabeau, de Bouthillier, &c. &c.
t'"urent la tribune au moment o M. Blin en
dl'cenmd :,une pa.tie de l'Afletrble s'agite et t-
isiie la plus vive dfapprobation.
Mn B n remote la tibuine ; il ne peut fe fair

fM de Mrcoui. J, d',mand: nue M. Blin Loit iris
l'o're et fin nom infr dans le procs verbal.
Tnute, la parties lac.'e la gptuhe duprfident,
eleve pour appuyer ccrte motion.
Mti. dL C,~'al .s M. Biin demnfti s'expliqner : il
"'jilblei qu'on lui refuse cette permniflion.
d'' Blm,. J'ai demand la parole pour m'excuf r
po t 'r~f110ils q'i ime font chappes et qui ont
po a vote erie une ide .litTdiL' it de celle que


22I
'ai voulu lu: donner. 11 n'eI f pas poinfble de penfer
qu'ut"ia meibr de i'Aiffemblie national ait tci l'in-
tendon d'atraquer quelque parie de la force publi-
que. Les gardes naionales de ma province requil'.s
dans un teams rimail opportun font'.irrivles dans un
moment de nuit et par de Ficheux quiproquos ,
ont tIu quelques -perionnes : voi ce que jai voulu
r ppler ; au reflie, j abandonne mes rflexions
toute la fivtit de votre justice.
* M. de Ceqa'is.. Il eft iipoffi-le de fe diffimuler
qu-. les expreffoios du propinant font dplacees
imais le deaveu qu'il vient de faire et lexplica-
tion qu'il vous a J.fu.ie ,' etablifffnt avec certitude
qu'il n'ava t pas l'intention de eur donner la figni-
ficaron trs-incionv unable qu'ell.s prilcntaient. Je
penie qu'.l faut paffer l'ordre du jour.
M de Menou. Plus M. Bl;n a bien nmrit de nous
par fes qualits de b n citoyen et par la figeffe
de puni, Clrfqu'il s'eft aufli manifeflLnteiit cart de
certe fagfle. J'infifle forteiment iuir ma motion.
M. de Fumel demand la queflion pralable.
M1. de Monlraufier propose de divifer certe quef-
tion, et de rappeler feulement M. Blin l'ordre.
M. l'abbe Maury. Il ne faut pas mettre trop d'at-
tention a des expreflons qui, dars la chaleur d'une
diui,.,n-I important chappent un orateur.
La quefton prinlab'e eft mile aux voix, et l'Af-
femble dcide qii'il y a lieu dlibrer.
M. de la GallJf, liere. Il peit chap-er un
opinant des exoreifions d'une grande inconvenance
mais un dfaveu auffi formel que celui de M. Blin
doit les fire oublier.
M. de Fouoault. Je vais parler un language qui doit
pla're tout le mode, ce4ui de la libert. Inrcrire
un membre fur le procs-verbal pour une opinion
indi', iduelle ce ferait tablit ni e nouvelle fer.itude.
Cette punition eft p recent fcholahque e'le ne
m'empchera jamais' de dvelopper mon op niop. Il
s'agit ici d'une exprefion dfavoue dans le fens,
qui pourrait tre coupable l'inlant o e1le a t
prononce.
M. de Mirabeau l'an appiie la demand de la
diviffon : la question n'et pas divife.
La motion de M. de Menou eft adopte une
trs grande niajoird.
M. le 1 rfidert M. Blin. L'Affemble vous rap-
pelie l'ordre pour lks expril-ons don't vous vous
tes fervi ; elle ordonne que ce fait foit corfign
dans le procs-verbal.
M. Blin. Je me foumets la ;ufticede l'Affenmbl e,
et je lui demand comme une grace que l'expli-
cation que j'ai donane foit revenue fur le proces-
verbal.
Cette demand eft accorde.
On revient l'ordre du jour.
L'ajournement eft demand fur la motion de M.
Chaptlier. -- Il eft rejet.
L'Affemble rend le dcret fuivant, rdig par
M. lioederer. et amend par M. de la Fayette.
L'Affemble rationale rendra denTain fans difcuf-
fioni ultrieures, fauF les arnenrdemens un dcret
concernant la tranquillity publique; et immdiate-
ment apis, l'AffembL'e s'occupera du rapport du
comit fodal.
La fance eff leve J heures et demie.

SEANCE DU MARDI 2.3 FEVRIER.

Aprs la lecture des procs-verbaux, M. le prfi-
dent fait l'numr action de divers dcrets fanctionns
ou accepts par le roi.
M. Goupil de Prefetn. Je demand qu'on prfente
a l'approbation du roi cette touchante et fliblime
airelle au Feuple Franais, qui ne peut rre publie
au prne, fans avoir et tanctionne par lui.
Cette proposition et accueillie.
En execution du dcret rendu hier, on fait lec-
ture des diffrens projer de loi.
M. de Cuftine. Je demand la priority pour le project
de M. ac Mirabeau. l.e premier article pr viendra
l dvallation des foirs du royaume, et l'on fait
comben cet objet et' important mais en! p; bliant
une loi aufi rigoureuf nous devons nos com-
mettans de nous occuper des movers de dtruire
un im.pt, qui fit la cafe de prefqu. tous le'. d-
fordres. Je demand qu'inceff.im iept :a fiuppreffion
de la gable fife la matiere de nosd'l bcrations.
I M, De/inev'zicrs. 11 faut d'abo'-d examiner ce qui
d'it entrer da s le decret que v us allez rendre,
Dans ce monite. t-ci, moment de cr.fe il faut le
dire, deux maux nous affligent ; les derlalres de
Squelques provinces et le dtaut de perception des
impots. La confbitution ne peut s'branler que par
.des dfordres tels que ceux qui regnent dans quel-
qu"s provinces, et d'oil pourrait nature une anar-
chIe, que vos lois, que la confiance que vous


infpirez auraient pine d'.truir. La contiitutibn
puut s'crouler par une privation de recette p'ur'
le r'rf...r royal. Vous trouverez peut-tre 'n ct -
faire d'annoncer au Peuple que vous vous occupiz
des impts indirects et des moyens de les fup-
primer; que dj coidamnie par vous, la gabelle
n'exifttra plus la fin de cettc. anne, mais que
cet.impt doic tre pay juillu'a moment de la
fuppreflion. Je demand que l'Alemble decide d'a-
bord fi les dfordres des piviet'C',: et les ohitacles
appor:s la perception de l'impt, doivtnt tre les
objets de vote dcret. 11 me fein'le que dans certe
occasion, les divifions qui partage ,t quelquefois
l'Affemble doivent dirparaitre j que toui les amis de
la libert public ie fe ral ieit po. i'chu.cher de bonne
foi prevenir ou r. parer nos miiiux : ces maux ibnt
certain 3 peu nous imported d'en conn.i'tre en cet
infant la caufe : arrtons-les ; voil notre devoir .
que l'ATff ble adopted, foit le project du comit ,
foit celui de M. de Mirabeau font out autre; raise
qu'elle en adopted un, et qu'elle juge fur le chailp
fi ce dcr-t doit renfermer des 'difpofitions fii la
perception de l'impt.
M. l'abb Gouttes. Le comit d s finances vn'a
charge du vous demander de fembiables difpolitions.
Il c-oit qu'il faut nd quer noiinativement les im-t
pts dirt ts et indirect, afin que le Peuple coii-
prenne facilement ce don't on lui parl' ra. ,es d-
fordres don't on vous a entretenus iont tre-rels ; ils
,-.i. ,.,: dans imai provi :ce ; le Peuple ei cftromp
il eft gar. Le premier -article du project de M. de
Mirab';au me parait trs-propre a rprimer les iii'
furrecrions, et je penfe qu'il doit tre admis.
M, d'Hlarambure fait lecture d'un project de dcret,
par lequel il propose de demander chacune des
quarante mille municipal rs, etl'une dans l'autre,
une onimme de oo 1 v. en arge:.t fur les impolitions
de 1790. Le produitle cette avance lerait confacr
augmenter les paieme!ns de la caifle d'efcompte.
On obferve que cette proposition eit hors de
l'ordre du jour.
La priority eft demande par un project de dcret
prfent par M. Bouflion, dput de 1 Agno:s.
Une parties de l'Affemble tmoigne le defti d'aller
aux voix ltr cette priority.
Les membres qui avaient propof des dcrets,
follicitent la parole pour attaquer cette priority.
La difcufion eft ferme fur cet objet,
La priority eff accorde au project de M. Bouflion.
Ce project efr conu dans ces terms :
L'Affemble national confidrant que les enne-
mis du bien public ont tromp le Peuple ,. n diftri-
buant de faux decrets au moyen delquels il s'eft
cru autorif commettre dts violence contre les
proprits e.t mme contre les perfonnes dans quel-
ques provinces, a dcrt ce qui lui :
i'. A l'avenir nul citoyen, fans diftinction, ne
pourra, danr aucun cas, s'autorifer des dcrets de
I'AlI mble national, s'ils ne font fanctionns par
le roi, 1 ublis par ordre des municipalitts et lus aux
prnes des meffes paroifliales.
20. Le pouvoir excutif enverra inceffamment
l'adreffe de l'Aflemble national aux Franais et
tous les dcrets accepts, fanctionns ou approuves
par le roi, melure qu'ils auront t rendus aux
diverfes municipalits du royaume, avec ordre aux
curs et vicaires deffcrvanz les paroifles, de les lire
au p ne
30. Dans les cas d'infurrection et de violence
contre les proprits ou les perfonnes, ou de r-
fiftance la perception des impts, les municipalits
front tenues d'employer tous les moyens que leur
done la confiance des Peuples, avant de aaffer la
loi martial. Toutes les municipalits te prteront
mutucellement main-forte leur rquifition rciproque.
Si elles s'y refufaient, el es feraient refponfables des
fuites de leur refuse;
4". Les officers municipatux front refponfiibles
des dommages occafionns par mue meute, s'il tait
prouv que leur negligence en fht la caufe ;
50. On s'occupera inceffauimmtnt d'organifer les
milices nationals, auxquelles il eft ordonn de
prter nman-fort- danps tous les cas d'infurrection,
toute rquifition des officers municipauw ;
6. De d-crter notamment quels font les droits
fodaux abolis fans indemnit ;
7. D'orgaiifer, le plus promptement poffible,
les d. partemens et les districts.
M. de C(aales. Il eft certain que le dcret auqual
la priority eft accorde........
Note de l'diteur. Le rdacteur du Bulletin s'tant
trouv vivement incommod l'Affemble national,
ton travail a t interrompu ; nous ne pouvons le
fuppler; mais come il va beaucoup mieux ,
nous nous flattons de donner d'.man le reffe de la
fance d'hier et celle d'aujourd'hui.


Lettre au redacteur.


Un patriote de mes amis, Monfieur le rdactcu
vient de m'envoyer de Bruxe!les 1 peeit moy
cu'iL m'affure avo r fait beaucoup de fenratiotnA
fes comp2atriots.






/













Comme les bons citoyens de France prelnent un
-vif intrt au fuccs de la libert belge, j'ai peril
tqu ils liraient ce morceau avec plaifir, et je cli'iis
votr.t feuille parce qu'elle me -parait p;us partcriu-
.lirrement voue que les autres la dfenfe de cette
-bonne cauifi;.

L.A B R- D E. Apologue adrefe' aux Belges.

Difcite julit'am moniit Vig.

Un fermoier mort fur fa bone juirent ren-
'contre fon feigiear qui trouve la jument belle, et
qui veut s'en emparer s le fermier lupplie, menace,
vcut garder oun cheval peine inutile le feigneur
eft le plus tort. Troi, homes para'ffent, foutien-
tent la cauie du payfat : pendant cette rixe, le
-cheval s'chappe, la bride refle entire les mains du
tlr.nier. Le fIigneur eft culbut, battu et doit s'en-
fuir. Les trois auxiliaires emm-nent le cheval.....
et le fermier de rire et de rendre graces Dieu de
ce que f-n ii gneur n'a pu le dpouiler. Pauvre
iiif:nia, l.ii crie un vieil ard qui parlait! Qu'importe
hi c'eit ton feigneur ou tes dienfeurs qui te d-
poui lent ? tu n'as plus de cheval. Bon, bon, r-
p nd le lermier, ne tiens-je pas la brid- ?
SO Belges voil votre hifloire. Le cheval, c'eft
votre 1 b rt ; la bride', c'eft votre ancienne conf-
titution; le feigneur, c'eft Joflph Il; les auxilii
res ce fo.,t vos Etats; et vo"s tes le fermier
qui, parce qu'il tient la bride, croit tenir le
cheval.
Faut-il qu'un Perple qui a dploy tant de bra-
voure montre tant d'apathie quand il s'agir des
fond means de fa libert ? Peut-il fe croire libre,
quind il eft dj charge de f.rs ? Peut-il prendre
enfin ii aveuglment la br'de pour la cheval ?
Lorf u vous aviez un prince, les Etats taient
intermdiaires entire vous et lui. Aujour ;'hui que le
prince eft chaff, et que vos Etats fe font empares
des pouvoirs du prince, iqi donc eft l'intermdiaire
centre vous et les Etats ? Qui vous dfendra contre
Ics Etats quand ils vous opprimeront? Perfonne.
Les Etais reuniifent les pouvoir- qu'ils avaient d'avain-
c. ceux qui appartenaient au prince ; ils ont, par
le fait qioique fans droit la puiflLnce iegflacrice
et la puiffance excutrice : ils font donc defpotes,
et les plus dangereux de tous les defpoes ; car, de
tous les defp tifines, le plus cruel ef celui o une
parties de la Nation ei tout, et l'autre ren.
Eh.l pourrait-o douter de cette vrit, dans le
cas que j'examine ? Ce n'eft pas tre difficile que
de fuppofer qu'un cinquantieme de la Natioh tout
au plus aura directement ou indirectement part
au pouvoir, foit par eux-mmes, foit par leurs
reprefcntans. Ne voyez-vous pas que tous les em-
plois toutes les digni:s vont tre concentrs
dans ce cinquantieme de la Nation, et q'me les
quarante neuf cnquantiemes r(ftans ne front
que les vils enclaves du cin ua time dominant?
Ne voyez vous p'.s cette fo le de petits tyrans
ine fonger qu' preffurer le Peuple, et fur-tout les
cultivateurs, qu' perfcuter toutes les perfonnes
clair-s qui s oppoftront leur opprefion qu'-
gafpiiler le trfor de la Nation, pour faIisiaire
leur avarice et leur luxe? Ne voyez vous pas
tous ces abbs, qui, par les voeux qu'ils ont fans
font rellement des enclaves, travailer donner
quelque confifance leur nullit, en crafant le
pauvre P.uple de leur opulence monacale, de leur
orgueil, de leur ignorance et de leur fanatifine ?
Ne voyez-vous pas ces nobles famiiliques accaparer
tous les emplois lucratifs, fous prce',te de foute-
nir le 'luitre de leurs maifons c'elf-dire, de vieux
parchemins, que l'homme clair mpife et traine
dans la b ue come le cuir de fes fouliers ?
Qui vous d f n:'ra contre ces derp tes ridicules?
Les ni, mrbre. did tiers-tat ? Mais il y a auffi de pet ts
emplois pour ces gens-l, au moyen de quoi l'on
fermera la bouch" ces artifans qu'on veut noun
donner pour reprfentans du tiers-tat, et qui ne
reprfentent dans le fait que ceux de leurs metiers,
habitats les villes.
Peuple vertueux, mais trop simple, hlas ne
voyez-vous pas dj que les chaines pefent fur vos
ttes malgr .a bride que vous croyez tenir, c'eft-
-dire malgr votre ancienne conlitiution ? Le secret
des poftes efi viol de la maniere la plus horrible:
toutes les lettres font ouvertes, ds qu'elles font
adreires des homes capable de dfendre votre
liier-t, et les fecrets des families font la proie
d'un tas de gens fans mifion qui d6folent le com-
mnerce A.ans nos villes, et qui foulent le fai'ctuaire
le plus facr que la liberty civil piiuffe avoir. D'ur
autre ct, l'on reftreii:t la liberty de la preffe
tandis que c'eft par la feule bert de la preflfe
tell qu'elle eft admile en Angleterre en France,
en Ho'la-'de, en Suifle que la libert civil fi
fouti ,r parce qu'clle peut fI ule clairer les crimes


222.
des oppreffeurs du Peuple. On vous donne des
cenfuiirs pour que les imprimiiurs ne puiffini ven-
rtre ouv-rtenieiit anu pIbijc que les pieces qui iv-
riftiir le fanacifine ou le lyflme tyran ique de
ceux qui fans mandate, fe difT:t vos reprelc.ntans.
On menace mme de fupi rimer les feuillcs publiques
qui vous expo iir tes vrais princ pes de la !ib.rce
civil (i). Si un honnte home ofe ouvrir la
bouche pour vous dften ire ; s'il public fes peifes
impart alcs, on lui lance des imprims par lefiluels
on vous excite chrtiennement l'alialfineri et c'cit
ainii que les nouveaux traitent leurs concitoyens
par droit et fentc. ce.
Vous n'.ivcz pas l'ombre d'une birriere centree le
anatifine des p tres, centre la rapacit des'nobles,
contre le de'pot;fin affretix don't on veut vous acca-
bler: et lorfque les rmaux ferott leur comble, il ne
vous renera qu' gmir fous le poids de vos fers ou
gog.:r les monflres qui vous opprimeront : part
terrible, mais nc.-flaire un jour, et que vous ne
pourrez excuter plans repanJre beaucoup de fang,
tandis que vous pouvez aujourd'hui rcuprer tout
d'iin coup vos droits et voire libert en denian-
dant ces nouveaux tyrans : Qui re-vous ?
Belges la fouverainet de la Belgique vous ap-
partient, et vous n'en avez confi l'exercice per-
fonne. Ceux qui ofent fe dire vos reprfo .ians ne
le font point : vous ne leur avez jamais donn la
commiflion de gouv rner en votee nom : ils font
vos fpoiiateurs. Lorfqu'ils vous ont fait f. rment de
fndit r, ils ont commis un parjure manif. t dont
ils rendront compete, d'abord la Nation, enfuite
Dieu.
En effect, qu'eft-ce qu'tre fiddle la Nation ?
C if lui conferver tous fes droits; et cependant,
au moment mme o ils juraient de vous conferver
tous vos droits, ils vous 'pouiilaient du plus facr
de tout, de votre droit de fouverai::et. Ils taient
donc parjures, tout en jurant de ne jamais l'tre.
11 ont l'infolence de traiter de brouillons, d,
royalifies cachs ceux qui vous clairent. ...Ah!
les vrais brouillons, les royaliftes cachs font ceux
qui placent les fo.idemens d'une Rpublique naif-
lante fur les tables mo:vans-de li juflice. On a dit
des Franais : Ils veulret care lies et ils ne fivent
pas :re jiufteI, Jamais aphorifie ne pourra mieux
s'app iquer qu'aux Etats de la B lgiqu-,
O Belges! fi, en feco'-ant le joig de l'Autriche,
vous avez voulu tre librs et (onfquemmiint heu-
reux, ouvrez les yeux, et n'en croyez pas fi faci
lament ceux qui vous affurent que .vous avez un
cheval parce que vous tenez ure bride. R uarde7
fi le cheval eft bien l, fi vous aveV r. cll\m or la
joyeufe-entre, quand il n'y a plus d'entrte ; fi ii
u-inot vous jouiffez d'une liberty folide et fonde
fur des lois qu'on ne puitfe luder. Un vieillard tepi-
rant vous donne ces confeis falut,iires et fi vous
en profitez, il mourra content.


'T H-IEATRE DE LA NATION.

Le Philinte de Molere Ce tirre feultait fai tpour
inqui.ter, fur le fiucs d'un ouvrage dramnatique.-
lhs perfonnes qui aiment vriiment la littrature et
ceux qui en fuivent la carrier. Quand en connaii
bien les prventions des gens de let;res, crlles du
public, les men-es de l'envie, les excs auxquels
entrain la malignit, o tremble malgr foi de
voir un jeune home chercher fe rapprocher d'un
grand mode!e. C'efl dans cette pofit.on d' fprit quL
nous avons vu avant-hier, commencer la premiere
reprfentation du Philinite de Moliere, ou la fite du
Mifjriv'oye. Notre crainte a ti promptement diffi-
pe -t nous avons d'abord preffenti le fuccs de
cet ouvrage, don't voici l'analyfe.
Alcefte a cherch un endroit cart pour y avoir
la l'brt d'tre home d'honneur il l'a trouve,
a vcu quelque teins hereux mais un parvenu
puiffant s'y ef tabli auffi a trouble le bonheur
de ces retraites, a voulu oppr:mer le faible, envahir
fes poffeflions. Alcete s'y et oppof eft forti
victorieux de cette lutte, et fe voit, pour prix de
fon vertueux courage dans les liens d'un dcret


( Voyez la lettre du 28 dcembre 1789, de
M. le chanoine d'Anvers Vani-Eupen foi-difant
fecrtaire d'Etat de la Belgique-Uie : elle efl dans
la fuite du no Ij6 du journal de ElEurope et avant
de menacer le journalifte d'une injufte fuppreffion,
il avertit charitablement l'Europe entire que les
Pays-Bas font transforms en petites-maifons, et que
nous fommes tous fous pour Jfus-Chrift. Nos fuilti
proper Chrift;um, M. Van-Eu, en pouvait rpondre
pour lui; niais pour tous les Belges, c'elf un peu
fort.


que la caloimnie a fu obtenir contre- lui. I
Paris pour fe dfendre, dtfccnd chez fo a,
Pbhilinte, devenu proprietaire d'un bien -q[
done le titre d, come de Valenc, (t fit. '
au hafard un avocat qui puife e charge
caufe. On lui en trouve un don't le ton lih, .
modefle appelle fa confiance mais qui refife d4
fon dfenfeur, parce qu'il faut, fur le chanrp, e.lr
c per de fon affaire, et qu'il eft d'avance li.
d'une autre qui et trs-urgente et qui demand t
fes foins.
Il s'agit d'un billet de 6oo,ooolivres, qu'un fi
a furpris un homme d'honneur, don't i .t frie
fuvre le pavement, et, pour lequel il favn Pu r
dlai, chercher le fi;nataire, afin u'il ne .a
la victim de fa confiance al.ufe et de 'Il'r.-
d'un fdlrat. Alcefle, non feulement fe 1,n.tt
fi bonne raifon, mais il prend tout couplesin
terets de l'homme tromp ; il caiul avec.a l'a
les moyens de fecourir promprement la bonnie f
trahie et fir ce que celui-ci lui avoue nii,l,
niflre pourrait beaucoup, fi on fe ,rv.!.difi
pouvoir, avant le commencement di ;.r.-,d i
promet de hii faire parler tout de fuite. En ffet
il peut fe le promettre, car Eliante, re
Ph linte, elt parent du minifre. Le bon Ailc
fe flatte en vain. Philinte'el utn gofle qui ne vit
:'e penfe, ne fntr, n'agit que pour lui, doit u
fot optimifne eft l chimere,. ou l fifl-Rn, ctqui
d'un ton trs-poli, command ft i.i,,m erl,..
abfo!u. Ainfi, on ne voit pas le miniltre. Ciien
dant, pour qui s'intreffe Alcefte, fans ie l'av
Pour Philinre, qui, devenuti comte de~',l.
te la dupe de fon inten-ant Robert, uuil'l
chaff de chez lui qu'aux prffeantes ol liitr,,,
d'Eliante, et qui march droit ruiner foniratirE
Toutcela fe decouvre biuntt, parce que les i',,1
ferentt les honntes gens, parce que Rob-.rt .aiu;
Ion billet des m ins de l'avocat, pour le t.iiienr.,:
celles du procuretr Pollet, qui en vient demaindet!
pai ment, -vec toute I'audace d'un pcheur enidui
lians les horreurs de la chicane. Cette dcouvert
confond I-lili'ite. AlceOe, qui s'et vu forcdelii
dans le cceur fec et personnel de fo anii, triumph
un infant d.i malheur iq'il.a merit mais.laiea
le rappelle et il n'iabi adonne point I li i n'..:Un y
chez le miniftre ; il elt trop tard pour que celui-ci I
nmle de cette affair- fans' Ie coirrotniectrr, Piiiint
'veut achelter fon repos pardes facrifices. Alcele'veu
.'oni plaide. Pen ant qu'on parole, Rollet ir. i
obrient une fcntaence, fur des prtextes paulibles
rt un huliler, accompagn d'un comiiiiffire,
%,iert mettle a execution Alceite s'offre cira
caution il f fait connatre, il eft accept: niui
Alcefte eft dans les liens d'u i dcret, et lehafla
veut que le comm fifire qui vient chez Pili;;., I...
ha g de excuion de cuori ce dc'ret: Il ati'r O Altlle
]ue l'on conduit chez le magiftrat, et qui,'pi
Exhibition d'un titre authentique prouve fonin
iior.ncce, cimmiii la fcldrat ifft de fes enneuiii
Pendu la libert, il accuse Robert de faux:
demanded qu'on les failiffe tous deux, qi'on infirui
le procs, et que le coupable loit puni. La viW
mence d'Alccfle a intiiid RobE rt, qui, pour ch
pIr la punition, rend le billet qu'Alcefe'remet
r'hlinte. Aprs cette expedition Alce'te aremtn
toit ce que lui infpir.:it l'hornnur, ,'huinaini!,>
il renonce pour toujours, l'airmri de I1rhliiI
qu'il plaint, mais q i l'a forc le mprifr; di
le fylieme de conduit eRt atroce et barbare et
Ce retire, avec fon avocat, don't il veut ,deveDi
l'ami, dans la terre qu'il a choifie pour af'le.I
relle Ph li te fa fuieur, fes records, et l'efpi
ic.r train de retrouver un jour l'amiti d'Alcefte.


Cet ouvrage a excit des urrmures fa prem i
rci rfettation i il a mrit les uns., et n'; pas ifit
les autres. Nous invitons l'aureur corriger qulelq
'xpreflions plus bifarrts que hardies, des dtailsq
fe rptent, et des dvelopepemnns qui ('.".'i'"1''
im ins in tiles, s'ils taient plus concise: mais nou
l'invtons auffi l et expofe le caractcrte de l'goii'e Philint: O'
mme qui ont inprouv quelqu' s nua ces dt;
caractere, ne tard frontt pas fentir qu'1ells l1 lli
nceffairese et qu'elles concourent bien pr lontO
fa rhvfoinomie. ,e caractere d'Alcelle eUt ubleI
intreflant at achant, et peint grants tralS
s'oppore bien avec celui de I hii.irie, -er le b
moral de la piece eft parfaitement fenti. 11 tdii
ficile de montrer tn plus beau talent que (tlhiqi
dploy M. Mole dans le rle d'Alcefle .U
'ai combl d'applaudiffemiensi, de tmoigig le
fiitisfaction et le public a t jiufe. On a deini?
l'auteur qui a parti. C'eft M. Fabre d' eS.ilrinle
auteur auffi de l'Hiureux iragiaire i-" t'
a voulu donner l'anne derniere dint la re'lnt
station n'a pu aller que jufqu'au second acte,etq'u
le public a redtemande, pour qu'on ila ;it'g- 'd
fon nfenibie.


On s'abonne 'z Paris, htel de, hou, rue des Poitevins, ou au blireau des A'zic/zhes de Paris, rue Neuve S,, AupufJin. Le prix efli,
Paris, de z18 ih. pour trois mois 36' liv. pour fx mois et de 72 liv. pour L'aInne ; et pour la province de a liv. ur trois mois Jo i
pourIix mois et 84 liv. pour l'ann'e franc de port. L'on ne s'abonne qu'au commencement de chaque mois. On. /iucrit aV/i che. ti
les Libraires de Franlce et les Direcreurs des poles. C'efli M. Aubry Directeur dn bureau de la Ga.ette Nation ale, rue des -Pl'.
n 18 qu'il faut adreffer les lettres et l'argent franc de port. Tout ce quii concern la compofition et la rdaction de cette ?
omnme 'l'res eflampes cartes, mufique &c. doit tre adrefeJ au rdacteur de cette feille, rue du Jar.r-inet, maiJor de M., -Cl,
'ce de la rue de l'Eperon.


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