Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. : ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by National Bureau Systems

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
This item is presumed to be in the public domain. The University of Florida George A. Smathers Libraries respect the intellectual property rights of others and do not claim any copyright interest in this item. Users of this work have responsibility for determining copyright status prior to reusing, publishing or reproducing this item for purposes other than what is allowed by fair use or other copyright exemptions. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions may require permission of the copyright holder. The Smathers Libraries would like to learn more about this item and invite individuals or organizations to contact Digital Services (UFDC@uflib.ufl.edu) with any additional information they can provide.
Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Moniteur universel

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GAZETTE FNATIONALE, ou LE MONITEUR UNIVERSAL.
TTE "A ERUNV.B R


MARDI 2; FVRIER. 1790.


b0 54'


pOLITI Q U


T U R Q U I V,

L phlia de Boniie crit-on de Ragure le 12.4
dembr. ," tc deupofe. Celui qui lui luccede eft
lu im i, ullili:aire trts-r ide t qui., par ordre du
I vilr a ordonn une conucri on imilitaire
as exception ni d'ge ni de rang.
On alffre que le io dc embre il a t fign
,1.1,, ..'1.. un trait 1'alliance offenfife t cldfinfif
it'e la Priillb la Pologne et la Porter. Ottormane.
Un journal hiflorique renferme les details fuivans
ur Montinegro : les Monrrtngrns lfont une Nati n
efdvlniO, et habitent les montagnes fitues entire
la );,liatis et l'lbanie. La riviere de Shwaaeli de
ce cotej elie dirige fon course (;ifelinuovo, et
fe jette dans le golf de Veiife au-deffous de Ra-
giife Le pays de Montngro i r 'parii en cinq
io'u'icis, lqui font C rmnii c.a, Riez-a, Lifciani-ca,
C,;ttiiir e t Pifcvach. Duoir .ac-m dh ces pro-
vinces oio compete qu.lquies p, ites villes, qui font
des rifid.nces le gouverneuts.

AL LE MA G N E.

De Vienne le 4 fvrier.

Il parait dcid que le corps d'arme dans le
duch de Luxembourg fera port 18,oo0 honm-
mes: on y conduit des recrues pour complter les
rgimens.
Le dernier courier RuTff a, dit-on, apport des
dpches de la plus grande importance. L'imperatice
doit s'y tre expliqu, e d'une maniere trbs-:ofitive
et trs-fatisfaifaiite fur les affaires de Pologne et la
dvolition des Pays-Bas. Le tems nous apprenc:ra
le relie.
On affure qu'il regne une certain fermentation
dans la Hongrie. Il efl du moins ceritan que les
coms.tas de ce royaume font alf-inmbls. Deux affem-
bles gnrales ont t tnnu s Presbourg dans
i ..[i. du chancelier come Palfy d'ErdoJy ; les
anrits ont t envoys fur le champ Vienne.
M. le gnral comte de, Clirfayt a reu l'ordre de
pa'lir, dins le courant de mars, pour le Bannat de
Teimefiar. Il prendra le comimandement de l'arme
qui doit s'aifenbler du ct de \We'skirche n. PI ufieurs
autres gnraux doivent aufli partir pour fe rendre
leirs deltiiations dans kls provinces de Lodomt rie et
dL Galicie. Les ri'gimens deftins fe rendre dans
cette (drniere province ont paflt par Kafchau et
Eperies,etl'on miande de Temefwar que les d( rnieres
colonnei des troupes qui fe rendent en Galicie ,
ont pafl', ls zi et 2.2. janvier, par cette ville. ILe
corps d'artilLrie qlui eft 'Timefwar, a reu l'ordre
de le p'parer miarcher avec fon attirail, le pre-
nier mars.
[lemrpereir a confr l'vch vacant de Wiffen-
bourg ci Hongrie au peie Nicolas Millartin, de
l'ordIe des Rcollets. C(e R. P. avait t employ
come premier aumnier dans l'arme de H-ongrie.
1,es aiinines l ites cans les divrfes paroilfes de
cette ville et des fauxbourgs le font leves,l'anne
dteriere, la fomme de 64,856 floris. La recette g-
nrale de la cafe les pauvres a monte i3,7,502
ris, don't 8,868 o n86 m: t diftribus. Cet i ta-
blilenieent exilfe depuis le premier feptembre i78S)
It depuis cette poque ifqu' la fin du mois de
dicenibre dernier, la recette a fait un objet de
6, I,254 florins.
Le nombre des pauvres qui font dans la maifon
des orph lions, monte 1330, donc 94 patient chacun
iue pension de.70 florins. Les autres font entreternus
et ourris gratuitement.

PAYS-BAS.

De Malines le 9 fvrier.

No ir cardinal-archevque vient de donner, pour
re t'eie prochain, un mandement par lequel il nous
eoirmainde n111 z.Je ardent pour cin enter et aflturr
n qu1,is crtt. rpublique naiflan;e, la religion ca:ho-
ue-'apololique et r,"maiene, et cette prcieure li-
e bqlr va raire dflrmais la fp.lendeur, la gloire
Sb.. onheurde la Patie :
Vertu de ce nmin aiiement :
dim .'frui prmirn d maiiger de la viande 'les
pre lces>, l nis, mardis ct jutdis, a commencer dii
Prlemir diman-cl i cluliveme-ntjuf;u'au jeudiavant
le dunu des Bameaux, auflf inclufiverent.
l"anr Oe 1e pourra cependant lqu'une fois parjour
des dia, c'l viande les jours f-bl ts, I'exception
la gda if-fe p rinettant I'ufaoe plus frequent de
I la, i rndue, litu de burre tous es jouis
S ande EtU pcrmife.;


3. On devra s'abilenir de poilf n .ifous pchgrief,
tous ks jours qu'on mangera de la viaide.
4'. II fet- petriis de manger des ufs tous les
cIirss, depuis le premier dimanche inclufivenent,
jutqu'au dimanche des Rameaux aufli inclulivement,
except les jours de quatre-tems.
5. On devra s'abtteair du laitage le mercredi des
ceiiidre et le vendredi-faint feulement.
I)onni en notre palais archiepifcopal, le 31 jan-
vier 17-0. -1 Arch. 'de Malines.

Suite de la petition ou requte prfminter aux trois Etats,
reprfencant le Peupled dt duch de dBrabant.

Voil, Meffeigneurs, le fijet de nos inquitudess
elles peuvent n'tre pas auffi graves que nous nous
le ptriiadons, d apres la profonde ignorince o nous
fomimes du refte de vos d iberations ; mais il fera
toujours en votre pouvoir de les fire ceficr tota-
lement.
Vous ne pouvez dfapprouver que d'aprs notre
sentiment, nous vous i.n propofions ici les moyei s,
en y ajoutant d'autres objets don't il nous parait
nceffaire que vous vous occtipi/le. I ps incl ; f,
famrnmnt, fruit pour augmenter la confiance et con-
tribuer par-l maintenir I'admirable tranqui'it don't
nous con'itiuons de jouir fTit pour fair les arran-
gemens les plu ropres nous mettre au plutt fur
un pied de d fete refpectable.
I. Pour fair ceffer le bruit-, que nous aimons
croire mal-fond, d'aprs lequel on affure que les
Etats ont dlclar, cc que la ioverinet ou ( ce qui
eft la mme choie ) l'exercice de la fouverainct leur
appartenait ,", il eft urgent que vous donniez au
plutt une dJaration claire et prcife, par laquelle
vous reconnaifimez expreffinent qu'i la Nactzonfiule
alipartient toute la fouverainete qu'elle fule a le droir
d'attribuer l'xt.rice de telle ou tell fonction de
cette fouver:inetr., el.n qu'elle Le croit convenir
fon b'en-tre. Par la'imme declaration, vous lui
ferez connatre que votre intention n'a jamais t
et ne fera jamais d'empiter fur fes droits impref-
cr.ti'!, ni de vous ar oger des pouvoirs qu'el'e
ii L ,:ril '.iiirait pas confis.
Voust lui annoncerez qu'en vous railiflant provi-
f,uirument de la conduite de-s affaires vous n'avez
ci d'autre but que de pourvoir, le. plus prompte-
i-ient pofib!e, des arrangements nccilies. la
liiret publique, et qui ne pouvaient fouffrir de
dlai ; enfin, vous vous engagerez folnnillem-nt-
a convoquer, daus un teins dtermin une vri-
Sable Alffeole national dans laquelle des repr -
fcntans rellement choifis par la gnm.ralit du Peu-
ple et charges de pouvoirs neceffaires, viendrcnt
dcider librement et complettement, et de la nou-
velle forme de notre gouvernement et de notre
nouvel:e constitution et du mode de reprfentacion
adopter pour la fuite.
II. Aprs cette declaration qui ne pourra qu'inf-
pirer la plus grande confiance de vos operations,
i.t calmer les efprits mme les plus avides de nou-
vea.ts la premiere chofe don't il faut s'occuper,
-fE l'adminiftration des finances dans lefquelles il
faut tablir le plus grand ordre, et n'en (onfier la
direction qu'aux perfonnes les plus intigres, et
en mme t mis les plus infiruites dans cette parties.
Ce n'ef pas e tout en effect que d'tre honnte
homms et d'avoir le ze'e le plus pur et le plus
dfintrefl ; i ces qualits, 'in.ifpenfablcs plans
doute l'on ne runit les connaiiances i- i.l;r:
la parties don't on le charge, l'on ne fait qu'em-
brouiler les affairs, et longer tout un dparte-
ment dans la plus grande confusion. En mettant,
ds le commencement, le plus grand ordre dans
nos finances nous en aurons toujours infiniment
plus d'ailance pour trouver les fonds nceffaires
a nos op.ations; et nous infpireraiis en mme
emins aff;z de confiance aux puillances voifines, pour
obtenir d'elles les facilities convenables l'gard
de:s emprunts que nous pourrions tre dans l cas
de n gocier idans des moments de preff-.
( Luafiue demain. )

FR.ANCE.

De Paris.

Arrt du confeil d'Etat du roi, du 17 janvier
i790 pour la division en annu;ts de a quittance
de finance de foixante-dix-millions verfs au trfor
royal par hls actionnaires de la caifle d'efcompte,
en vertu de l'arrt du confeil du 18 fvrier 1787.
Letires-patentcs du roi, donnes Paris le f-
vrier 179V fur le dcret de l'Affemble national,
du 30 janvier 1790 concernant les recouvremens
et verfem -ns, dais la forme exiilantu des impofi-
tions ordinaires et directs de l'exercice de 1790,
et des exercices antrieurs.
Idem du 4 fvrier, f r un d/'cret de l'Aff(emble
national portant tabliffement d'une cour fup-
rieure proviroire Rennes.
Mmoire adreff M. le pirfident dle AfTemble
national, parM. le garde-des-fceaux, fur le. troubles


qui affligent les provinces et notamment la ville de
Bziers.
En confquence de l'dit de dcembre 178 ar-
ticle XI, il lf fera, dans le courant de mars pro-
chain, le tirage des 8o0 lots attribu4s aux 8ooo0 ul-
letins fortis en dcembre dernier, pour y participer.
Ces lots confident en i lot de 1io,cco liv., i de
5o,coo, 2 de zo,coo, ide 1o,o0o, 4de 0oo0, 20 de
3000, 30 de zcoo, 40 de ioco., 1co de Sco,2co de
60oo, 400 de 400 1. Ces 800 lots donneront 8oo0,00o 1.

Dijcours prononc au roi par M. le maire, a la tte
d'une diuta''on de. la commune le o fi'vrier-, pour
remercier fit majefl du don qu'ell a fuit de fon
ibufle..

Sire, c'eft toujours la reconnaiffince qui nous
amene deviant votre majiit ; c'elt ou la reconnaiil-
fance du bien que vous av,-z 'air, oi celle du bien
que vous vous propoiez de fare la France. Au-
jourd'hui nous r ccvois. un bienfait que nous ne par-
tageons avec p.irf.onne, celui du bulle en imabre
de votre majeiili 3 cette image eft plus ncefflire
nos n.eveux q',a nous; ils y verront les traits qui
font graves dans nos ceurs : nous la coiferverons
pour eux mais nous nous vanterons de l'avoir reue
de votre majeil et nos cr rons au pied de cette
image cherie : c'et ici le pere du Peuple, demand
par la reconnaiffance publique et accord par lui-
mme l'amour et a la fidlit.

De Pontivy, e. Bretagne..

Quatre-vingt-huit villes de la Baf' -Normande du
Maine, de l'Anj u du Poitou et dc la Bretagne,
ont deputy des menmbres de leurs nouvell.s munici-
p1lirts dans la ville d' Pontivy qui eft au centre
de la Bretagne pour concerter enfeinbl. is moyens
d'affermir la constitution, rdiger une ad'efe iAf-
feinble national et nommer des ci, iiniri Irr,, qui
fe tranfporteront fur les anciennes liintes de ces
provinces: afin d'y ini'tuer une fte, et d'y fire
clever des rmonumens pour confacrer la mmoire
h ureu'e de l'abolition des barriers qui iparaient
ces diffrentes provinces. Leur intention eft de graver
dans la mrioire des upes le bienfait d'une rvo-
lution qui drruira l'an;;ienni diftincrion des pro-
vinces, et qui rendra tous les Franais freres et
gaux en droits d'un bout de l'Empire l'autre.



ADMINISTRATION N.

M U NICIP A L IT E D E PAR I S.

Affemble des reprefntans de la commune.

Fin du compete rendu le 4 fvrier par M. le Couteula
de la Noraye, licuoenant de maire au dpartement du
domaine de la ville.

Les rentes et toutes.les charges quelconques de la
ville ont t acquittes fur fes anciens fonds ; l'en-
gagement contract avec le rgiment des ci-devant
gardes-franaifes de I ur donner o0o,ooo livres, pour
-l'acquit de leurs immeubles, a t rempli au mois
de dcembre dernier, et ces immeubles runis au
domaine de la ville.
Le gouvernement a pay la folde de la garde
national toutes le- dpenfes relatives aux fubfif-
tances les frais d'illumination de nettoyage ,
pompiers er travaux de carriers nour en prvenir
les dangers. Le trfor royal a galement fourni les
fonds pour les atteli- rs de charit, ainfi que ceux
de pave et de vrierie, don't l'adminiflration i'tait
pas encore runie celle de l'htel de-ville.
M. de la Noraye a t d'avis que d?.n les d-
penfeis extraordinaire faites pour la revolution de-
puis le mois de juillet, on ne mti aucune difference
entire celles ordonnes directement par la ville et
cells faites d'apris les ordres des diffricts. Quoi-
que l'adminiffraticn n'ait encore reu le montant
de dpenfe que de trente-un diffricts, cependant
elle elline qu'elle peut fe monster de fix fiipt
mille livres.
Pour payer le 5,0oo,ooo lives qui reftent dues
des dpenfes de la revolution, l'avis du dp 'rt(.innct
de l'adminiflration du domain eft que la commune
de Paris demand l'Affemble national d'tre
autorife faire un emprunt et de lever une taxes
de deux pour cent fur la totalit des maifons de
la ville,
11 obferve que cet impt tait percu. raifon de
trois pour cent, fous le nom de log'ment des gens
de guerre, fur une grande parties des miaifons de
Paris, et furtout des fiimxbourgs, l'exception de
celles qui appartenaient aux oiliciers de court fou-
veraiie et autres privilgis exemptions qui n'exif-
'tent pius.














Le product de cet impst efl ef'm 90oo,eoolivr,
et le aipa'ce'meiin le delina t tre employ fepa-
Srctment des autr.s revenues de la ville. Savoir:


Pour loyer des cafernes aux Cent-
Sutif-s et Gardcs-Suifles ..............
Pour I yer de la garden national folde.
Pour les frais d:; comic de diflricts,
5,000 liv. chacuni, .................
P':ur les arrerages de l'emprunt de
5,5oo0,oo liv........... ............


00,000 1.
151,000

300,000
318,000


Tot.l. ........................ .. 900,000 1.
Aprs ces details le dpartement propose diff-
rens moyens de proportionner les reve'us futures
de la ville fes nouvelles charges et dpenfes. 11
penCe que, vu la fuppreilion des franchises des
bourgeois et des priviigs, onreux au fifc, la
commune eft fondee a fire des demand-s, tant au
trfor royal, qu' la ferme gnrale. En confquence
il propose :
'". De rclamer auprs de la ferme une inemnit4
de 412,000 lives pour l'abandon fait par les bour-
geois de leurs franchic.s d'entrees.
2.0. De demanridr l'Affemble national la per-
minlon de lever 1 impt don't nous venons de par-
ler fur toutes les maifons de Paris.
30. )e follicirer le gouv rnement de verfer dan-
*!a ca;ffe de la villb, pour payer les deitr--s de la
revolution, environ 400,000 liv., quoi fe montent
les (ommes impofles fuir ls privilgis de Paris,
pour !es fix derniers mois de 1789.
4. D'tre autorife retenir aux barie.es
2,6Go,oco lives quoi le montait la ibmne que
pauyit le trifor public pour l'adminiitration des
objets confis aujourd'hui la municipalit.
5y. De demander que les dpenrfs de la garden
fnld-e f'ient payees en entier par le trfo- public,
fuivant l'tat prfent par M. le commandant-gn-
ral, ar-ete par la commune de Paris, et approve
par l'Aflmble national.



oMUNICIt ALIT S PROVINCIAL S.

D'Arras, le 12. fevier.
Lt 4; de ce mois, notre nouveau corps municipal
a prte le fermtnt civique. Ce )our a et une fo-
lenn.t pour la ville. Chaque citoyen anim du
doux sentiment de la libert, bnilfa.t le Ciel des
heureux fuccs qu'il a accords aux grands travaux
de l'Alfcmble nition.ile, fi puiflinamient feconde
par le meilleur des rois. M. Dubois de Foffeux,
notre maire, a prononc cette occfion le dilcours
fuivant :
SCitoyens, l'autel de la Patrie eft prpar. Nous
gallons renouveler le lerment qui nous attache elle ;
n-us gallons jurer d'tre libres, mais fidelles la loi.
Que fommebs-nous fans elle ? Le Ciel a pernis qu'ell.
fit un iioment fins effet cette loi, afin que nous
voy:ons combien elle eft fainte combien elle eft
dnirable combien elle eft nceflaire : attachons
nous donc elle, pulque, fans elle, il n'y a point
de bonheur eltprer nous allows aulli jurer de
veiller votre ftete; joignez-vous a nous citoyens s
et tandis que nous allons lever nos mains, jurez
de tefpecter chacun en particulier, l'autorit que
vous av..z formee par votre voeu commun. Que le
filet e prfide cette augufte crtnoniie qu'une
religieure ferveur s'eimpare de ncu- ; ongeons que
nous allons parler au matre des hormmes, et lui
parler de nos intrts les plus chers. Nous jurons de
maint enir de tout notre pouvoir la conftitution du royau-
me d'tre fidelles la Nation, la loi et au roi et
de bien remplir nos functions.
DD Citoyens, le Ciel .ft content ; la vrit a ouvert
nos bouches le fentimcnt a dict nos paroles >
retournons chacun nos travaux; vivez en paix
dans vos mailoius, nous allons vei ler fur elles. Puif-
fions-nous, come des fentinelles vigilantes, en
carter tous les maux Puiflions-nous, en terminant
la carrier: que vous nous avez ouverte, emporter
votre effime Elle nous paiera implement d'avoir
fait notre devoir.
On a vu dans le n 4.6 de ce journal ( lundi i5
fvrier), que M. de Balainvilliers, intendant de
Languedoc, avait t lu maire de Montpellier ; cet
hommage rendu aux fentimens patriotiques et la
fage adminif.trtion de M. de alainvilliers, n'a pas
furpris ceux qui ont quelque confiance dans le bon
fens et la justice du Peuple. Voici un nouveau fait
qti prouvera que la reconnaifiance publique eft ra-
remeit touffee par l'efprit de prevention que p::u-
vent infpir r es noms et les titres. On en concluera
K put-tre que ce n'elt pas la faute drs adminiiitrs,
s'il n'offirent pas plus fouv unt aux adm niftrateurs de
tells expreffions de recoinnaifl'iie.

Dlijbration du comit municipal de la ville de Metr.

,e comiit municipal defiant donner M. de
Pont, intendant de la province un tmoignage au-
thettique fur fon adminfitratiori conflamii ent active,
douce, pure et claire, bienfefante dans les terns
calamireux, totrours fage et mefire dans les cir-
coiftances les plus difficiles, voulant auffi conferver
avec ce magiltrat des rapports qui front toujouri


chers cette ville, et qui euls peuvent garant.r
des regrets qu'elle prouverait, fi, par l'fctft d'un
novel ordre de chores d-venu ncetfaire, M. de
l'o: t vena,.r quiturr fes foncions., s'loignait en
mme tenis de nous, a unanimnment arrt de lui
dcerner des lettres de citoyen de M1'et et de lui een
donner avis l'.nflant par deux dputs ; et de luite
lefldis dpurs parties ont annonc lrur retour
l'arrive prochaine de M. de Pont, qui peu de t'.ms
aprs, tant entr a faith Tes remercmens, et fur
la rquifition de M. Jacquinot, fefant functions de
procureur-fyndic, a prte ferment entire les mains
de M. le baron de Poulet, prfident du comit
municipal, d'tre fidt Ile la Patrie, et de fe coin-
porter en bon et zl citoy.n. FnA tmognage de
quoi les prfentes lettres de citoyen, finees du
president et contre fi nes par le fecr, taire d comit
mun cipal, lui ont t delivres, fous le grand et
peit fccl de la cit, pendant doubles lacs de foie
blanche et noire.



LITTRATURE.

Po S I E.

SL:svt-'u d'aU homme lltire, adcris aux reprfjenrtans
de la Nation franfaife le 19 octobre 1789.

Hardis librateurs de la France affervie,
Bnis foyez-vous mille fois!
Courage !.... que la tyrannie
Frmiiffe aux fiers accens de votre augufte voix !
Brifez fes pieds d'airain brfez fa tte impie,
Lt pour n,.ux affermir le trne de nos rois,
Prenez le lcep-re du Gnie.
Confultez vitre coeur; dictez de fageslois;
Tirez-nous de la barbarie;
Et que de la Juftice et du Bonhuur fuivie,
La fainte Humanite rentre enfin dans fes droits !
Que le fils obfcur d'un infme,
S'il vit en fage fLus nos yeux,
Reoive, la face des Cieux,
LLs honneurs dus fa belle ame !
Que les fils de res demi-Dieux,
La gloire et l'amour de la Terre,
S'il. ne la fervent pas come eux,
Soient gaux l'homme vulgaire !
La devri.-nt-ils- mille aeux ,
Leur nobleffe eft une chiimere.
Que l'homme utile et vertueux
Soit le feul noble fur la Terre !
Que ces prlats fi faflueux,
Dont les biens facrs font les ntres
Nobles ficcefleurs des aptres,
Soitnt -forcs de vivre come eux!
Qu'un vieux prtre, idole de Rome,
N- boive plus l'or des Franais -
Si 'e faint-pere eft un faint hniomme,
Qu'a-t-il befoin de nos bienfaits?
Ne fervez plus la tyrannie,
Guerriers franais, braves guerriers!
Soldats, dfendez la Patrie;
Citoyens, garden vos foyers.
Gardons tous notre augufte pere;
Ses regards nous renidront heureux.
Mchans, redoutez fa colere....
A fa voix puiffante Tes yeux,
Tombez ingale balance,
Toujou:s favorable aux pervers.
Que le juge porte les fers
Dont il a charge l'innocence !
Que fon gnreux dfenfeur,
Recevant notre jufte homage,
Chez un Peuple human libre et fage,
Trouve la gloire et le bonheur !
Que l'inocence reconnue
Ceffe enfin de verfer des pleurs!
Qu' fon affect la ter-e mue
Se couvre da fruits et de fleurs!
A la foci-t rendute,
Que l'aimable innocence prouve fes douce~rs !
Ah! que l'humanit la vertu de notre ge,
Par de nobles bienfaits, par des gards flattrurs,
La conufole et la ddommage !
Si nous avons fait fes malheurs
Que fon bonheur foit notre ouvrage!
L'innocent que le fort outrage,
A des d.oits facrs fur les curs.
Que l'enfant, la frle erprance
D'un h uretux et proche avenir,
Soiu. 1 s lois d'un hge commence,
En jouant, le devenir!
Loin de lui le barbare matre
Qui fait de l'tude un torment!
Dans l'aae tendre, elle doit tre
Un noble et doux amniufemnent.
Que le livre de la nature
Soit ton feul livre aimable'enfant !
Et la vrit simple et pure
Charmera ton efpri niiaiffant.


IAt vrit nue e l fi bell
Elle ett fi puilhante fur nous 1
Parlez, respectable immortelle
Maitres abfurdes, tai ez.-vous
Taiiez-vous, ou parlez comme elle.
De notre libert fages reflaurateurs
Vous, don't Europe entire admire la prude
Dployez votre utile et divine loquence,
Elle fubjuguera l'indomptable licence
El e camera les fureurs
Et du crime et de la vengeance
Ellle ralliueia la timide innodcence;
Elle enchanera tous les coeurs
Vaincus par la reconnaiffance.
Eloquence; vertu, thvoir,
Quelle n'ell pas votre pulifance
Unis, vous pouvez tout. Sages, daignez vouloiri
Et bientt vous verrez la Franc.
Fiere jamais de vous devoir
L'honneur, la vie et l'abondance.
Par M. DROu.iCK inflituuiur, rue Dauphine, n 1


Journal des EnfIans, ou H.-ifloriettes morales e, .
ftes, mllies d'entretiens inffructifs fur toa s
objets qui es frappent journellement dai's lai;,i
et la focit par nidame de V*** n..
bureau de lAmni des Enfans, rue de l'ni 'vu
n O. 28.r
Un grand nombre d'ouvrages priod 'ueIi il
chaque jour instructionn et furtout ila tI .'
publique tous les faits et routes les idesqui naillen
rles circonflances actuelles;mais aucunede ces feuilles
ne s'adreffe d'une maniere partcuiculiee cetgedela
vie que le choix des bons exemples et des ides ni.
fonnables et fimples doit prparer doucement etpr
degrs aux grandes et fortes habitudes de justice
et de patriotiine oui vont devenir tout la fois et
le rfitat et l'appui de no:re libert poiique,
C'eft donc une ide fort heureufe que d'offiri
l'enfance, focus !a fori e d'ouvrage priodique les
ides e, les fentimens qui doivent la rendre dignede
fes brillantes deflind-s. Un tel ouvrage efdlti .
ritable bie.fiit public, furtout lorfqu'il el d.
cutr avec le d fcern mnent, la fagacit, e caractte
de bont et de fimplicit touchantes qui diflinguent
les diffrens numros que nous avons foislesyeux,,
L'auteur, perfuad avec raifon que le meilleur
moeyen l'infpirer aux enfans drs fntinmens d Nifice
et de bienveillance eft de les leur prfenterfouils.
forme dramatique et dans des entretiens familiess,
crits d'un flyle simple et natural, confnare ch,-.
n' .de ce journal au rcit d'une petite hifioire oil
prinripe de c-nduite qu'il veit tablir eft .troui,1r
le ait. L'avantage d'une pareille mthode eltincor-
teftable 3 vous n'avonw pas befoin, pour .c fiie
fentir nos lecturs de leur rappeler que c'efl
cette mthode don't il a donn l p eliierexemple,
qnp l'Ami des enfans a dL fEs fuccs et fon heureul
influence.
Dans le nombre des hifforiettes de ce genre,
d frines principalem.nt aux enfins, mais don t 1
lecture peut tre uti:e aux individus de tous es
ges parce qu'elles renferment des regles de coie
duite niceffaires toutes les poques de la,vie,il
eu eft une firtnur qui mrite d'tre difinguee. Elle
a p)ur titre : Tou un pays rformh par quatre enfins,
et eft renferme dens les numros 17, 18, 19 tio,
En voici l'extrait.
Uh riche particulier de Paris, nomm M,'de
-Qercy achete une blle maifon dans uin village
voifin ide la canitale les enfans de ce'v I l|':iil r,
tous hargneux et turbulens. D qu'il s'en trouvva
feuleme.,t deux enfimble, l'inflant mme il yavit
une querelle. Les quatre jeunes enfans de M. de
Quarcy arrivent avec leur pere, qui vient prendre
poffelion de la maifon de champagne. Les enfInsdu
vi large, au lieu d'accu'illir leurs no 'veaux h0It
avec joie et ami:i, les reoivent avec des clati
de rire moqueurs. et des huees. Le le4d:main, ie
enfans de la ville travorfCnt le village ils fluent
poliment lis jeunes villageois, qui leur rpondent
par de nouvelles grimaces, par des rvrences o-
queuies, par des i.,filtes. Les deux derniers filsde
M. de Quercv avaient envie de p; nir les petits gar-
nemens, de leur conduite injuile et malhoilnte.
L'an, appuy par fon f.cond frere,fait fintiraii
cadets qu'en reprochant a ces petits garfons hlur grof-
feret il ferait ridiculee de fe montrer plus I.'
qu'eux-mmDres. D'aprs cette rflexion il eft conveni
qi'il valait mieux les gurir, s'il eftp flible, dIel
nmani d'tre fi quere leurs, et que ce t ir 1l
une bieni agrable et bien glorieufe vengeance.
M. d. Quercy, qui av.it cout cette, C'r
nation, mbraffeLese fans, er fortified leur rfolettion
par les paroles fuivanies : Confidrez mi-s enfa',
que depuis le rioment o votre rairon s' i'i f'
loppe, je me fus attach fans cefle voui inl'ifi'
de bons fentimens et de bons principles. Je wvie
mne de quitter le fjour de la vill- pour meconi
facrer tout enter votre infiruction. Il n'enlefi l
ainfi de pe its garon du village. A'.I ..eii*i
eux-mmes, en qu:ttant le fein'de leur rn r
prendraient-ils des ides d'honneur et d- ,r'''"
Leurs parents occups des le iremief point dulour.!
d'un travail opini.tre, n'ont pas l loiir de ,'
truire. l n'eft que le maitre d'cole et le curi '















ufe lur donner, cn ra et de rems en tens,
Pi leons de coiidite, candis qu'il faudrait
q'l rcnl di"'eux en particlier a chaque inf-
11 Vii ( Ot. uS nLe deez donc pas erre i;rpris
rant"dl ns ,entrans I un par l'autcre pren-
q0 ce lt vil's .habitudes et s'y fortifient Vous
, 'nt e .a, votre re experience, que ce
a a le p l et"ite affaire de ks draciner. Ainfi,
Ipu et bout ,e votre entreprife, il vous faudra
pncre 'v e'ia s difficiltr. Je ne dis pas cela dans la
ir 'vo is det.ouneri d'un fi noble deffein i c'efl au
cei .rai.eo. ousencourager 'i le fire rufir. Vous
c1trz br plus de gloire gagner ton fuccs. Ce
ii t l IaS u r vos difcours, c'eil par vos examples que
vos '.'ieiistre. l'obtenir. Vous ne pouvez cor-
Sri'vos leves fans vous perfectionner vous-
miet par coinfiquent fans me donner la plus
gritie joie ue puilfe goter un. cour paternel-
Lade oe oeieis de e Quercy eurent bientt tant
d'orcaliors de fire du bien aux pauvres veuves ec
aux vieillars infirme; is rendirent tant de fer-
vias aix petis garons du village ; ils fe mle-
rnt i leurs Ije"x avec tant de grace, d'emprefle-
ment et de bont ; que les petits payfans, objets
etii-ois journaliers de leurs bones qualicds
s'aticherent eux et finirent par les prendre pour
modules. En eimoins d'un an le changement fut fi
mgael.al que les voyageurs qui avaient auparavant
tavere ce village ie e reconnaiffaieit plus. Les
peaes les denies les vieillirds, tout le village/
ait nTliifort da joie et de teconnaitlance M. de
Quercy voutlu rendre ce bqnheur complete. 11 raf-
blables paylans devant la porte de l'glife, et
, etourde fes quatre fils : Profitons, leur
di-il, de l'utIe le on que nies enfans rinos ont
dlonni... Je fiis riche, et vous avez befoin de
ma fortune; vot5s tes labori.ux, et j'ai befoin
de vos travaux. Je me propoCe d'acheter la terre,
il'o depend ce village, et mon premier acte de
pol'elioii fera de vot, remettre tous .mes droits.
Iliie faut plus co'i?-crer d'autre queo celui de
Y' .!i i naturelle er.tre les homes. Je prvois
qu'i lie tircdera pas long-tems a s'cabl r dans
tuiie la France. Peut-tre ailleurs cocera-t-il du
ti.ng. Qu'il ne nous cote nous que des larmes
d'ittlndriffeieiit et de plaifir. RPappellons-n.ous tou-
jours que nous fommes freres. Vivons unis par les
mnmels noeuds que ces enfans. Je vous done les
miens aimer autant que je veux aimer les vtres.
Que cette he,,ir-ufe cntre e one it habite que
(l'ie frule f.niille, o tous, fans distinction, tra-
raillent die concert fa profperit. M. de Queicy
ni tr,'i pas ralifer lon project. Bientt aprs il
lit ciii:truire une cole publique, r t" il appela des
iares intelligens il tablit des atteliers de cha-
it pour occuLeer les paovres dans les mauvailes
aifos, et fonda u.i aiyle pour les infirmes et les
...,Il 1.I. Il abattit de'les propres mains les trois
otaiiix que l'antique fodalit y vait lev.s i
0 lendemiain les payfans all rent planter
eur place quatre jeunes arbres qu'is appelleent
l iomn de leurs jeunes bienfaiteurs. C'i
ombree de ces arbres tutlaires que les vi.iil.'rl
'iennent aujourd'hui terminer les petits dilf. r:id-
11i poiiuraiint divifer les families, c'eL--l que les
ai ss interromp:nt leurs jeux pour entendre de
uirs parents Ihifloire des quatre bons freres, et
ppreidre, par leur example, que les enfans mme
ciivent contribuer au bonheur de leur pays.
Nous n'avons pu fire paffer dans cet extrait qu'une
s ptite parties de l intere qui anime ce petit
iorieau3 nous ne nous fommes proposes. que ide
oiner tiile ide du caractere de ctt ouvrage prio-
que, et nous aurons rempli notre but, fi nous
uovons infpirer aux peres de fam lle et aux inii-i-
niers le d.dir de mettre entire les mains de leurs
eves ce recueil intrefl'anr.
Dlpulis le 3 novembre 1789, il parait le mardi
Sle faiedi de chaque femaine un n.de ce jour-
d huit pages zn-S. La Jbulcription pour cent
leros elt de z1 liv., ou de 6 liv. pour cimquante
Miris, port franc p.ir la potte. 11 faut s'adretler
lPrce, diteur, au bureau de l'Ami des
'as nie ie l'Univ-rfit, n0 2z. A Paris et
'or Oim Id'affranichir les lettres et le port de 'ar-


LIVRES NOUVEAUX.

Te, nouvelle traduction ; par M. Dureau de
Ple, affoci tra:ngter de l'acadmie d'Angers.
aIl chiez L his while Barrois le jeune, libr.
s Auguftihns, n 18. I790.
te Nous donnerons incerf imment l'analyfe de
e trad action avec aff'z d'tendue pour en
Iigu~ atre il nos lecteurs le mrite vraiment

I`--------""""nrr~~~I _

SSEMBLE NATIONAL.

rf' de M. de Taleyrand, vdque d'Autnm.
NCE DU LUNDi 2.1 FEYRIliR AU MARTIN.

hs', Q prfident announce que a1 commune de
,s titie aujourd'hui un fErvice M. l'abb


1~7
de l'Epe. I invite l'AfiTemble y envoyer une
d station de li'x membres.
Cene proposition eft adopte.
La difculfion eft ouverte fur le project de dcret
relatif au retablillement de la tranqu liic publique.
3M. de la Rochefuucault. Le nouveau project du
comit me parat tous regards beaucoup meilleur que
le premier. Il tait ncelfaire d'ajouter, au dcret
rendu le to du mois d'aot, et celui de la loi
martial, un moyen propre allurer l'exactitude des
officers monicipaux dans l'exercice desfonctions falu-
t;ires qui leur font confines. Le nouveau dcret peut
effrayer les)officiers munitipaux. M. de Beauimtz a
fuat de fages reflexions fur article troifieme. La mia-
ni..re doit il eft conu me parat injurieufe, devoir
tre modifie et nor, fupprimee.Vous ne pouvez fup-
pofer qu'une municipalit toute entire fufcite jamais
des mouveimens fditieux i maisvous pouvez en foup-
onner un individu. Il faut donc ediger ainfi cet
article : s'il pouvait tre prouv au'un officer mu-
nicipal, &c. L'efprit gnirat du d,cr.t me parait
bon, je ne crois pas qu'il puiffe tre cordidr come
une loi perptuelle : quand les municipal its et les
affemblees .adminiftratives front organifes, vous
aurez beaucoup de moyens qui vous manquent: il
faut dcider que cette loi fera change ou retire,
lors de cettre orginiltion. Un moyen certain de r-
tab'ir le came, c'ei de hter cette organization et
de prefer l'examen des droits fodaux. L'incertitude
du Peuple fur ces droits, eft la caufe principal des
infurrections. Je demand qu'on determinee un jour
fixe pour prfrnter i'icceptation du roi, et envoyer
dats les provinces, les dcrets fur la divisionn du
royaume, et qu'on entende ds demain le comit
fodal.
M. Robefpierre. Avant d'examiner les diffrens d-
crets je dois vous expofer dans quelles circonf-
tances et fous quels aufpiccs ils vous font prfents.
Il y a peu de jours, fur le simple rcit des vne-
mens du Qu-rcy,l'Affemble par un dcret, aord n
la runion des troupes foldes et des marchalfT'es
aux gardes nationales, pour rprimer les dfbrdres.
Ce dcret a paru infufifant aux mijniffies qui ont
demand dans leur mmoire que le pouvoir excutif
ft autorif dployer la terreur -des armes. Ce
mmoire a t renvoy au comit, et famedi, des
membres de cette Affemble vous ont fait des pro-
pofirions conformes celles des miniltres. Qu'on me
pardonne de n'avoir pu concevoir commentles moyens
du defpotifme pouvaient affurer la liberty, qu'on
me pardonne de demander comment une revolution
faite parle Peuple, peut tre protge par le dp'oie-
i,nt minifltriel de la force des armes. Il faudrait me
dmontrer que le royaume efl la veille d'une fub-
verfion rotai : cette dmonflration a paru nceffaire
ceux-l mme qui fe joignent a la demanded des
miniftres, puifqu'ils affurent qu'elle ef acquile.
Voyo:'s fi cela eit vrai. Nous ne connaiffons la litua-
t'on du royaume que par ce qui a t dit par quel-
ques membres fur les troubles du Qucrcy, et vous
avez vu que ces troubles ne confif..nt qu'en quelques
chateaux brls. Des chateaux ontle mme fort dans
l'Agnois. Nous nons rappellons avec plaifir que deux
Iputs qui partagent ces malheurs, deux dputs
nobles, ont prfr a ce vain titre celui d dfenfeurs
du People; ils v.us ont conjure de ne pas vous elfrayer
de ces vnemens, et ils ont prfent les principles
que je developpe aujourd'hui. Il y a en ore quelques
voices de fait en Auvergne et quelques-uns en Bre-
tagne. Il eft notoire que les Bret ins ont calm des
motions plus violentes ; il eft noto;re que, dans
cette province ces accident ne font tombs qae fur
ces magiftrats qui ont refuf la juflice au Peuple, qu
ont t rebelles vos dcrets, et qui s'obfiinent
les mprifer. Les dputs des contres agitts m'ont
afur que les troubles fe calment. Vous avez d re
raffurs a un certain point par le mmoire du garde-
des-fceaux, plus effrayant par la force et l'exagra-
tion des expreflions, que par les faits. Il en article
un feul : les malheurs arrives Beziers. Vous avez
blm le Peuple vous avez donn une preuve
touchante d'intrt 'Ies malheurs: vous avs.z vu
qu'ils ne tiennent pas unecaufe gdnrale,maisqu'ils
prennent leur force dans les contraintes exerces
fui la perception d'un impt odieux, que le Peuple
croit dtruit, et que, depu:s le commencement de la
revolution il refuse de payer. Que ces fits ne
nous infpirent donc aucune terrour : rapportons
maintenant les vnemens qui peuvent diffiper nos
craintes. f
Vous favez quels moyens on a employs en Nor-
mandie pour foulever le Peuple, pour garrr les ha-
b tans d s campagnes : vous avez vu avec qu. lle
candeur ils ont dfavou les signatures firprifes et
apptdes une adreffe ouvrage de fdition et de
dlire, r lig par les aureurs et les partifans de
l'ariflocratie. Qui et ce qui ignore qu'on a rpandu
avec profusion, dans les provinces Belgiques, des-
libelles incendiaires; que les principles de l'infurrec-
tion ont t prchs dans la chaire du Dieu de paix;
que les dcrets fur la loi martiale, fur les co:rtri-
butions, fuir la fuppreflion du clerg ont t publis
avec foin i qu'on a cach tous ceux de vos dcrets
qui non moins utiks, prfentaient au Peuple des
objets de bienfefince faciles fair? Qu'on ne vienne
donc pas calomnier lePeuple J'appelle le tmoigna-e
de la France enriere ; ie laiffe Tes ennemis exagrer
les voies de faith, s'crier que la revolution a t li-


gnale par des barbaries. Moi j'attefte totis les bonds
citoyens tous les amis de la raifon que jam i.
revolution n'a cote fi peu de fang et de crua :ts.
Vons avez vu tii Peuple immense, matre ds i
deftine, renttrer dans l'ordre au milieu de tous les
pouvoirs abattus, ,2A es pouvoirs qui l'ont opprim
pendant tant de fiecies. Sa deuceur, fa moderation
inaltrables ont feules dconcert les manoeuvres de
fes ennemis, et on l'accufe devant tes reprfentan s 1
A quoi tendent ces accusations ? Ne voyez-vous
pas le royaume divif ? Ne voyez-vous pas deux par-
tis; celui du Peuple, et celui de l'arifocratie et du
defpotifme ? Efprons que la conititurion fera folide-
ment affermie mais reconnaiffons qu'il refte encore
de grandes thofes faire. Graces au zele avec lequel
on a gar le Peuple, par des libelles, et dguif
les dcrets, l'efprit public n'a pas encore pris laf-
cendant fi nceffaire. Ne voyez-vous pas qu'on cher-
che nerver les fentimens gnreux du Peuple j
pour le porter prfrer un paifible efclavage .
une liberty achete au prix de quelques agitations
et de quelques sacrifices. Ce qui former lefprit
public, ce qui dterminera s'il doit pencher vers
la libert ou fe reporter vers le delporifme, ce
fera l'tabliffement des Affembles admininiftratives.
Mais fi l'inrigue s'introduifait dans les lections ,
fi la legislature fuivants pouvait ainfi fe trouver
compofe des ennemis de la revolution, la liberty
ne ferait plu'- qu'une vaine efprance que nous au-
rions pref:nte l'Europe. Les Nations n'ont
qu'un moment pour devenir libres i c'eft celui o
l'excs d la tyrannie doit faire rougir de dfendre
le defpoti ne. Ce moment pafl, les cris des bons
ciroyens font dnoncs come' des actes de fdi-
tion., la fervitude reie la liberty difparait. En
Angleterre une loi fage ne permet pas aux troupes
d'approcher des lieux o fe font chaque anne le
lections ; et dans les agitations incertaines d'une
revolution, on nous propose de dire au pouvoir
excutif envoyez des troupes o vous votdrez,
efiray.z les Peuples, gnez les fufftrages, faiths pen-
cher la balance dans les lections;
Dans ce moment mme des villes ont reu des
garnifons extraordinaire qui ont pari la terreur
fervi violer la libert du Peuple, lever atix:
places municipales des ennemis cachs de la rvo-
lution. Ce malheur eft certain :je le prouverai; eu
je demanide pour cet objet une fance extraordi-
naire. Prvenons ce malheur ; rparons-le par une
loi que la libert et la taifon commandant tout
Peuple qui veut tre libr qu'elle a commande
une Nation qui s'en fert avec une refpectueufe
corniance pour mainteniri unte conflitution laquelle
elle reconnat des vices mais ne proclamons pas
une nouvele loi martial contre un Peuple qui
dfend fes droits, qui recouvre fa libert. Devons-
nous dshonorer le patriotifme en l'appellant efprit
de fditieux et turbulent, et honorer l'efclivage
par le nom d'amour de l'ordre et de la paix. Non:
il faut prvenir les troubles par des moyens plus
analogues la liberty. Si l'on aime vritablenent
la paix, ce ne font po'nt d-s lois martiales qu'il
faut prfenter au Peuple : elles donneraint denou-
veaux moyens d'amener des troubles. T, ut cet Empire
eft couvert de citoyens arms pour la liberty ; ils
repoufferont les brigands pour deffndre leurs foyers.
Rendons au Peuple f.s vritables droits protgeons
les priacipes patriotiques attaqus dans tant d'endroits
div.is n ne fouffrons pas que des foldats arms aillent
opprimer les bons citoyens, fous le pretexte de ls
dfeindre i ne remettons pas le fort de la rvolution
dans les miains des chefs militaires ; faifoos fortir des
villes ces foldats arms qui effraient le patriotifine
pour ditriire la libert.
M. de Clermont-Tonnerre. Avant le regne de la
libert, avant ces jours heureux o les fraunais
ont rclam leurs droits on flattait 1.s rois le
mot de Peuple ne pouvait tre prononc fans irime
devant eux : atnjourd'huiu nous fomines libres, nous
parlons de tout, nous parlons des fouverains etiu
mmes........ 11 ne faut pas que le triomphe de la
liberty foit fouill par l'impatience qui fouillait le
triomphe du defpotifme. Le propinant vous a dit
que jamais revolution n'avait cot moins de fang
que la vtre : mon opinion eft entierement la fienne
fur cet objet: mais enfin le fang a coul ; le
Peuple franais eft bon Dans une circonllace fim-
blable celle dans laquelle nous nous trouvons, ce
ne ,l''at pas les vertus du Peuple qu'il faur computer,
ce tont les fautes. Oui, n'y et il eu qu'une feule
insurrection, n'y et-il eu qu'une feule goutte de
fang rpandu, je dirais, parce qu'il ne faut pas
flatter le Peuple, que ces erreurs mme fout des
crimes !
Plufieurs proprits ont t attaques, violes,
incendies le roi vous a demand des lfc urs
contre les brigands, et l'on c-p.ndant dit devant
vous que quand une cafe tait porte votre
tribunal, il fallait protger les principles patriotiques:
j'oblfrve que le mot protection etl incompatible
avec celui de tribunal, avec celui de principles : le
roi a demand que le maintien de la ftrete publique
lui ft enfin rendu poffible. Vous ave icharg votre
comit de conftitution de vous prfenter le project
d'une loi qui fatisfi aux voeux du roi. Votre comit
s'elft occup de ce travail. II. avait deux grands
cueils " viter, le danger de porter atteinte la
libert, et celui de donner trop d'extention cette
mme liberty. Deux projects de loi votu ont t,













furtiis ce fujet a vous avez rejet le premier ,
et vous vIous occ pez aujoprd'hui du second, qui
u-in'.' i re ddj I.i-mine le fruit d'un.: difcuffion
rfl hie. I 'aures projects vous ont t fournis auil:
on a cru qu'ils avai.uti pour but de mettre la dic-
tature d.;s L:s mains du roi; mais j'obferve que
cans un gouveriinment nmonarchique le contract
facial ne p -ut e, ifer que quand il eci protg par
le pouvor excutif. Dans ce moment, les imports
ne f, paint pas le pouvoir excutif eft Cans
force ; le Peup .e li livre des infurrections, et
cependant le Peuple ne peut maintenir fes droits
quc'en obfervant les devoirs..... 11 faut que le pou-
voir excutif, furveill du uouvoir lgiflatif, re-
oive enfin de nous une orgamfation fixe et utile.
Vous avez condamn des iipts auffi injultes qile
mal rpartis, parce qu'ils taient allis' fur des
bafs faufles vous avez modifi ces impts;
rnais c;pendant vous les avez confervs, parce
que vous favez. qu'un Empire me peut pas lfub-
ifter fans impts.
Les lois criminelles taient vicieufes et attenta-
toices ia libert des citoyens vous les avez con-
fe.evee j5ufqu' ce qu'il vous ft polfible d'en rabl:r
de nouvelles parce que vous lfhvez qu'un empire
no faurait fubfilter fans un code criminal &c. Si
le roi demeure fans forces, les impts ne front
pas pays, et Ls infurrections front continues :
de-l les plus grands maux ? Nous pouvons recon-
n:iirre la force pub ique, mais nous ne pouvons
pas lIa crLer nous pouvWns appeler la force publi-
que, et nous ne pouvons pas nous abandonner
des dliances : elles feraient injufles. Que la forte
publique fbit plus puiffinte que les brigands elle
ne fera jamais plus forte que nous ; elle ne fera
jamais plus forte que l'opinmon. Je conclus donc
ce que les articles qui vous ont t prfents hier
par M,. Malonetr, foient difcuts et enfin adopts
par l1'Afmble.
M. Duport. On vous a propof d'inveflir le mo-
narque de la dicta:ure ; on vous a propof de d-
crter actuellement les bares du pouvoir excutif;
en vous a propof l'exemple d'une Nation voibnme
ou vous a fait craindre les guerres que pouvait nous
iifciter, cette Nation, tandis qu'il eft vrai qu'un
Anglais don't nous admirons les talens, n'a pas
craint de dire l'Afleimble lgiflative de fon pays,
que ce ferait la lchet la plus infigne que de trou-
bler en ce moment un Peuple occup conquerir
fa liberty, &c. &c.
M. Duport continue fire des observations fur
le fond du 'dcret et fur la rdaction du comit.
11 conclut ce que cette rdaction foit adopte
avec les modifications qu'il y apporte.
M. Pieur. Comme membre du comit des rap-'
ports, je demand donner lAffemblee des d-
rails fur les caufes et fur les motifs des infur-
rections.
M. de Montlai'fier. M. Prieur n'a pas la parole,
et d'ailleurs il faut difcuter les principles avant cde
difcuter les faits.
M. Prieur. Pour bien juger la loi qui vous eft
pr liere i! faut connatre les faits qui paraifftnt
la rendre nceflaire. J'ai examin toutes les pieces
relatives l'affaire de Bcziers et aux accident arrivs
dans les autres provinces. Je n'ai vu que des v-
n 'mecns particuliers et pas une feule atteinte centre
la ftlret publique. L'objet des infurrections .efi la
fodalit :la cafe les fauffes interpretations de
de vos dcrets donnes par les ennemis du Peuple.
Ainfi donc l'objet tant connu, la caufe tant ga-
lement connue, vous pouvez plus aifment dter-
miner le remede.
M. Prieur entre dans le dtail des nouvelles re-
ues de plufieurs provinces. La ville de 'Prigueux
announce qu'il eft ficheux qu'un membre de l'Affem-
ble ait plutt cout l'expo. detrois gentilshommes,
que le recit fidelle de la municipalit.
M. de Foucault demand rpondre a cette noln-
ciation.
MM. de Juign, de Cocherel, d'Eprmefnil, &c.
femblent contefter les faits noncs par M. Prieur.
Celui-ci fe difpofe aller chercher les pieces
originals.
11 quite la tribune. On l'invite y remonter.
M. de Montlaufier rclame l'ordre du jour.
M. Prieur. C'eft au nom du Peuple qu'on calomnie
que je parole aujou d'hui c'eft la vrit que je veux
die, parce que la vrit feule fuffit fa dfenfe.
M. de Foucault. Comme M. Prieur a dit quelque
chofe qui compromet les troubles de ma province,
je demands la parole.
M. 'Prieur veut continue fon rcit, on lintir-
rompt. -- Aprs de longs dbts, M. le prfident
confulte l'atiemble, et M. Priur continue.
La ville de Prigueux announce qu'on a p' rfuade
de malheureux payi'ais, bons mais fimples et
crdules, qu'ils furaient condamns des amendes
s'il ne fe livraient point au pillage ; qu'enfuite on
a tait marcher centre eux des dtachemens de trou-
pe", accompagns du grand prvt et des excuteu-rs
ce la haute-)u!iice en dilnmt que l'on allait dci-
mer les hbbirta's de s campagnes. Dans d'antres pro-
viuces, des homes inconnus repandent de l'argent


pour fduire le Peuple. A fMontclair on a arri
un chef de bande qui donnait aux payfans, o0 f.
par jour pour aller incendier les chateaux. Ai laurs ,
on fuippofe des ordres figns du roi et contre-figns
de M. de Saint-Prieft, et des dcrets de l'Afemble,
t l'on p-rfuale au Peuple qu'il n'a plus qu'un
mois pour obtenr pr fres mains la reparation des
torts qui lui ont t faits. Dans d'autres pays l'ordre
ell parfaitement rtabli. A Sdan, notamment, le
service des employs eit en pleine activity.
M. Ption de Villeneuve. On ne pi oclame en Angle-
terre le bill de mutinerie que dans les cas vraiment
ext: mes.Quelle clu foit aujourd'hui a gravit des cir-
conftances, ce n'ef pas une fvrit rigourenfe qu'il
faut appeller notre fecours le Peuple eft tromp,
il faut ieclairer. On exagere les malheurs de, pro-
vinces pour nous engager employer les remedes
violens : nous ne pouvons, nious ne devons pas
l'occuper de preuves ; mais p'titt de prevenir le
mal, et nous ne le prviendrons qu'en cherchant
a en dtruire les caules. Cerendant s'il faut fire
une loi provifoire, quelle fera-t-elle ? Adopterons-
nous, avec M. de Clermont-Tonnerre le project
de M. Malouet ? Autant vaudrait renoncer la
libert, et courber avec docilit notre tte fous
le joug de la fcrvitude. Tous les corps admi:if-
tratifs crs pour exercer la puiffance du Pcu-
ple deviendraient des mfitrumens de l. puiffance
miniltrielle ; ne nous abufons pas fur la refponfa-
bilit don't on nous announce les merveil!es. 1i eft
clairement prouv qu'elle ne ferait qu'un prtexte
de plus pour nous opprimer puifqlu'il ferait loi
fible aux minifires de mprifer l;s former lgales,
fauf venir demander aux reprfentans de la Nation
une abfolution que, focus le prr xte de certaines
circonfiances, ils n'auraient pas la liberty de re-
fufcr.
Le project du. comit ne mrite pas autant de
reproches ; mais il ne laiffe pas que d'avoir de grands
dangers. Il renferme beaucoup de claufes inutiles
et, fins contredit, il elt dangereux dans les cir-
conflances o nous nous trouvons de multiplier inu-
tilement les lois rprimantes. La loi martial que
vous avez dcrte fuffira pour diffiper !es attrou
pemens, et la rtfponfabilit qu'on vous propol
de prononcer, prviendra la negligence ou la fai-
bleffe des officers municipaux dans' l'exercice de
cette loi.
M. de Mirabeau l'aiz. On a voulu entraner une
Affenble lgiflative dans la plus trange d.s erreurs.
De quoi s'agit-il ? De fairs mal expliqus, mal
claircis. On fouponne, plus qu'on ne fait, que
l'ancienne municipality de Bziers n'a pas rempli
fes devoirs. En fait d'attroupemens, toutes les cir-
conitances mritent votre attention : il vous tait
facile de prvoir que par la loi martial, vous avez
donn lieu un dlit de grande importance,*fi cette
loi n'tait pas exactement, pas fidellement excute.
En effect, une municipality qui n'ure pas des pou-
voirs qui lui font donns dans une circonlitlite im-
portante, comment in grand crime. Il fallait q'uali-
fier ce crime, indiquer la pine et le tribunal; il
ne fal:ait que cela. Au lieu de l rduire une quel-
tion autfi fiirple, on nous a dit que la Rpubli lrie
eft en danger;i j'entends et je ferai entendu par tout
home qui coutera avec rflexion, j'entends la
chofe publ que : on nous a faith un tableau effrayant,
des malheurs de la France ; on a prtendu que 'Etat
tait bouleverf que la monarchie tait tellement
en pril, qu'il fallait recourir de grandes reffour-
ces ; on a demand la dictature. La dictature dans
un pays de vingt-quatre millions d'ames la dicta-,
ture un feul dans un pays qui travaille fa
confitut on dans un pays don't les reprfentans
font affembls la dictature d'un feul! c Le plu%
ou moins de fang qui doit couler ne doit pas tre
mis en ligne de compete . Lifz lifez ces lines de
fang dans les lettres du gnral d'Alton l'em-
pereur : voil le code des dictateurs. Voil ce qu'on
n'a pas rougi de propoler : on a voulu renouvelLr,
ces proclamations dictaioriales des mois de juin et
de juillet. Enfin, on enlumine ces propositions des
mno s, tant de fois repetes : des vertus d'uin monarque
vraiment vertueux, ces mots tant de fois reprs,
mais rpts avec justice. Je regarded dj la minarchie
come diffoute. La dictature pale les forces d'un
feul, quels que foient fon caractere, fes vertus, fonu
talent, fon gnie. Le dfordre regne, dit-on ije le
veux croire un moment : on l'attribue l'oubli
d'achever le pouvoir excutif,comme fi toutl'ouvrage
de Forganifation fociale n'y tendait pas. Je voudrais
qu'on fe demandt a foi-mme ce que c e ft que le pou-
voir excutif. Vous ne faites rien qui n'y ait rapport.
Que ceux qui ve.ulent empiter fur vos travaux r-
pondent ce dilemme bien simple : ou quelque parties
de la confliturion bleffe le pouvoir executif, alors
qu'on nous dclare en quoi : 0o il faut aclhever le
pouvor excutif ; alors, que re le-t-il faire, dites-
le, et vous verrez s'il ne tien-t pas tout ce que vous
faiths encoe.
Si vous me dites que le pouvoir militaire manque
au pouvoir excutif, je vous rpondrai: laifl z-nous
donc ach ver ,'organifatio- du pouvoir militaire.
L.e pouvoir ji .iciaire ; laiflez-nous donc achever
l'organifation du pouvoir judiciaire. Ainfi donc ne
nous dcma'idez pas ce que nous devons fire, fi
nous avons fait ce que nous avons pu. 11 me femble
qu'il elf aif de revenir la quellion don't nous


n'avons pu tnous carter. Vous a. n z
loi mastiale ; vous en avez confi l'.,
offniiers cipaux: il relate tablit '.;'t'
leur refponfabilit. Il manque encore qil''
litions. Eh bien il faut fixer le rio'de "'
tions. Il exile des brigandsl il fau: t',
edition provifoire pour ce cas feulemen, !i,
fallait pas empi ter lur notre travail; l n;1 "
propofer une excrable dictature.
Je n'ajouterai rien ce qui a t dit; mi
etre rfumerai-je mieux les diverfes ,
pr- opinans. J'ai rdig le project d'une ui, i"ifhl1
nelle la loi mortiale. .
Art.er. En cas d'attroupemens ik cvMns ,,
vs en rafe champagne, les marethil' I uE
nationales et les troupes foldes ptcinlci ,
requiition aprs leur avoir li; t ciE ,',j r"
employer la force pqtr les dilir. '.~.e i '
troupes s'arrteront au premier, td u ''
f;.ra donn par la municipality iii I tlii e ,
laquelle exite I'attrouppementtt L t,,:ri',
fera reflponfble de cet ordre.
IL Lorfnue les officers munici mi aurn.i;,..
de publier la loi martial, dans ls ..s oFl'
blicaion eft ordonre,et de reiipli t us t ,'w
qu'elle prefcrit, ils front pourfuivr.s e.\ui.ioill,.
mien .t.
'11. La pourfuite d'un'tel dlir ie pioti;,
faite qu' la requte du procur.uiiii.,n lt d,
trict, ou du procureur-fyndic -ii de,.ic.ir
vertu d'une dlibration du diinct.,tr. d'u,, 'lli
ou du dpartement, pardevant -le; jiig:s 'diI iii
auf l'appel au tribunal fuprieiir.
IV. La peine de ce dlit fera d'.rre rrivr.li,
fonctio'is dclar prvaricateur , .nr i ri '',,
d'exercer aucun droit des citoyens autis ,et-ir,.i
nel'ement refponimaoe ae tous ls de-nuiri.i ui.
raient t commis.
V. Si les biens des officers "'iulic.kipxad "ui,,.
fuffifans pour payer lefdits domni-,g Ii,, riliiI.
naur des habitans fera refponfable pour le fii.ii',
fauf le r:coiirs de la commui.aut fur ILs biisi
ceux qui feraient convaincus'd'avoir e'u.e ill i.
tion ou d'y avoir particip.
VI. Dans le cas o les olficiers :nunliCipaux erli
inveftis dans la maifon comni.iiue i.r ls iil.,:,i,
iefdits officers front tenus de fai d.|'l, reii,.
peau rouge l'rne des fentres d li iianiiiiic;,.
mune, et ce final, la garden nii..n-ale, lcs iiri.
pes foldes ec la marchauffe, f rirvnt obbli dli
rendre la maifon commune, nmas liilsii,.i:tiiir
attendre les ordres des officers mnitiipaux.
VII. S'il arrive que dans une c-inrti.i p..,pul.iir,
les officers muinici:)aux prennent li tfiit, oqiiil.
foient empchs par les fiitieux t.ifl.:ibil-ili,;
iaifon commune d'ucr de leur .i: .,.:: --;I:.
dployer le drapeau rouge l'une- des t':iri','ii:
leldits cas les notables front tenui, f,:.,i I rl ,
pein'-s que les officers municip .ii ,1 r,'i)iir
l'affiflance des troupes pour rtlh:-l I itiil .'
l'autorit municipal, et de remplii, J iii circe ui,
tout s les formalits prefcrites par la loi tnartile,
M\T. Si malgr cette publication, 1-', ,il,
municipaux penfent qu'il n'efi pas in.i:tcil d i.
courir a la loi martial, ils front :-nu' ;i .i.:il
auxnotables et aux commandans des iLi', iil'i''
de fe retire ; et dans ce cas, la loi n.iiriliQ'i"l
fon effect. Si lefdits officers municipal. .,nr iiiid!ii,
ils exprimeront cet ordre en charge ir l'iii.dia'
dployer le drapeau blanc la vue deis tioup,L
hours de la maifon commune.
IX. Les officers municipaux front rel:'piilIil'-
pour la non-manifefiation de cet ordcL, omine."'
les cas noncs aux articles I, II, et II,.
X. Dans le cas o lefdits officiers mao1n,'l(
auront rempli tous les devoirs prefer its p.j I.
martial et n'auront pa difliper les .utrnhip?:"e'r
communaut des habitans demeurera leii r
ble de tous les dommages qui pourront t; coi T,,
fauf le retour de la communaut lur L. 'i l'
ceux qui feraient convaincus d'avoir ixcie Ii1:l'
tion, ou d'y avoir particip.
XI. En cas de rfiflance a '.- -u.i.m
means rendus par les officers civil- I do .in rnl'
rirl'affiftance des gardesnationales d-is ,1 1n"11'='
et des troupes foldes, pour que forceriael
justice.
La fance ayant fini trs-tard, on eft b
renvoyer demain la fuite de la diiiitcli" -.
e----

SPE C TAC LE S..
AcADMIEROYALEE nT.liii:'-'I "'''1. A i ."
E'dipe a Colonne, et la I" i''r '.' r.i1t ""tl
maque dans l'ilc de Calypfo', b.llkIr h.:oi0iqiW
actes.
1Tl ATRE DE LA NATION I ,- t,ri jie'fii
ordinaires du roi donneroir, a '"," *, .4,
trag. ; et la i reprf. des t .*., N."', pl
pere, avec des agrmens.

THiATRE ITALIEN. Au,. *', J .1.
reprf. de l'Epoux gnreux, it -_ -t' .. n
THEATRE DE IVIONSEI '. Ai -. l''
du Valet rival et ,la 6e diu 'rl' .,' .
opra franais', mufique del S6r F'ai'1. ',