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Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by Creekside Digital

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Moniteur universel

Full Text
GAZETTE NATIONALE,ou LE MONITEUR UNIVERSEL
iif.
MARDI i] DECEMBRE 1780.
0
POLITIQUE.
TURQ U I Ii.
s .i appris de Bohopol ciit-on de VarfovL
le yi novembre, U capitulation de Bcnder. I
plaie tait preffe de toutes paroi un l'eu ti
etc-miiiii.l, M ui taillait aucun efpuir de fccours.
U ratkier Ilaffan Pacha .irait, dit-on, t'ait pro
pof r ai prin e Pettmkitl un ..rmiftico dan h VUS
tv comprtn lit Bender. Ce prince a rpondu et:;
Sri m pu un jeu effroyable de toutes Tes batte
tits fur cette place. I.e co mnandant a donc d .mand
Icapituler : la ginifon m tous les hibit.ns
ville qui auront voulu la Cuivre, ont obtenu de fortn
Bbrement.
ALLEMAGNE.
P. Bonn, le f dcembre.
Le maior gnral comte de WattenflebtB, com-
hindant des troupes deftines pour le pays de Lige,
a demand fa retrait-". S. A. S. E. la lui a accorde,
a nomm fa place le g.:lierai major de Wenge,
cemmindatu M.iiiii r qui aprs avoir reu fes inftructions,
ri) parti hier pour le r.ndre l'a nouvelle deititu-
pjpO.
On a vu plufieurs alles et venues de couriers,
la fui:- J.'(quels le comte de W'al.LiL in et le baroi
de Scki! font partis d ici, chargs, dit-on dur
eommiflion importante, ''un pour la cour de Munich
lautie (.our celle de B.t'.i:;.
ANGLETERRE.
Le dncrur de Crawford de Londres, connu pa
dv-.ieiiens ou-, rag^s de chymie, et tntr'autres pu
un trait fur la cnaleur latente ou cach !, vient d<
rtndri compte a un de fes correfpondans de Dublin
(Ls effets mdicaux de la barytes muriated {te-ru
jv.c ofu ), dans l'hpital d St. Thomas, depuis K
de nui 1789. Ce fel fconde de l'applicatioi
extrieure de l'acide marin dephlogiftiqu a gu i
un large cancer ulcr la poitrine i il a prefquc
entirement rtabli un malade que de tumeurs fcio
phueuf.s avaient torc d Te Ibumettre deux foi.
j l'amputation : une confomption deci.ie a gale
ment ete gurie par ce remde prcieux.
Ma!h;ureulement les fubllances dont on le tir
Contiennent aufli du p'omb et le l'arfenic, qui poui
raient en faire un poifon terrible au lieu d'un re
nede efficace : en confquence il faut e plus grand
foin pour le d gager dei lell mtalliques nui pou;
raient i'altrr. utdocteue (.wtord a charge di I
Mnipulation un habi e chymiite do Londres, qi.i 1
Citarnira parfaiternent pur. reconnu de ii.
vent.ur, la fianchile eftfcnable avec laquelle il put !;
ce dont aurait pu faire u:i fecree lucratif; tout non
garantit 411e les mdecins ne tarderont pas a l'ado;
ter, au grand avantage de l'humanit.
FRANCE.
De Toulon.
On ne trouve encore de dtiils authentiques fui
I uvement inquitant qui sVll t'ait Toulon
StUE dani une lettre de M. di la Roquc-Douidan u
M. le comte de la Luzerne : l'AUemble nationale
n'.i t informe de cette affaire que par le mmiftrt
d> b marine qui en avait ete lui-mme inflruit pai
un couriet particulier. L'opinion publique n'a pu f<
former encore que d'aprs Ira cl irciliem tis et les
inquitude* de M. le comte de la Luzerne, dans
une lettre M. le j-.rd-.-des fceaux. Nous donnerons
ici ces deux lettres, quoi ju ilics fuient dj connue*
nuis nous attendons de nouveaux drails et des ml
tructions particulires, qui auront aulii leur authenti-
cite et d'aprs lel'quelles il fera peut-tre plus facile
de porte un jugement impaitial.
topit '. U lettre de M. de la Roque-Dourdan M. le
comte de lu Liisentf, en due du 1 dcembre 1789.
Monteignesir, c'efl avec!,' coeur navr et
d'am-r.u 1 quej'ail'h'in tut -le vous rend'.; ci m 1 .
de la part de M. le comte d'Aibe t, de la (dition la
[Lis cruelle qui fo:t jamais arrive et qui met dans
a delolation tout le COT| I de U maiine.
Le \0 au fuir le gnral fe dcida renvoyer de
farfenal, deux matres d'quipage nnn-etm.: nus ,
ayant depuis long-tern*. fe plaindre de leur conduite.
du matin, il entra dans l'arfeiial. A fept
heu:es trois quart*, il ordonna qu'il n'y et plus que
o homm s prts marcher. A huit heures tl demie,
il rentra dans laileiul. A neu heures, on lui an-
nona qu'il y avait une dpuration du confeil peima-
n-riit la port* de l'arfenal. Il envoya M. Paquier,
lieutenant de port, pour les engager d'entrer. Le
Peuple s'y oppofa. (.et officier vint en rendra compte
au gnral. En mme tems M. de Martignan, lieu-
tenant de vaiffeau eut ordre d'alkr dans la caferne
de la marine pour qi-j les troupes ordonnes fuf-
fent prtes marcher et il envoya dire ces
Meilleurs qrt'il allait fe rendre fon htel pour y
recevoir la dpuration.
Sur le champ les officiers de la marine et des
directions, qui taient dans le port, l'accompagn-
rent et trouvernir a la porte MU. Ls dp> ts ,
ent ures d'un Peuple tonnant, qui es fui vit avec
des hu.es et des menaces. IL uretiument alors que
M. Roubaud conful ayant d; apperu celte
t ff. rvefcence prcipita le pas pour loin
arai, et un officier de la milice nationale fit 1
Il rrampetre pour annoncer M. le conful, ce qui
fit diverlion et donna le moyen de fe rendre l'h-
tel. Ds qu'ils y turent r ndus, ces Meilleur s :
clamrent la grce des deux matres renvoys de
port, promettant qu' cette condition tout rentrerait
Le
icr. dcembre, craignant quelques mouvemens
dan'.le peuple, il avait donn Tordre de tenir routes les
tioup^i del marine an;-., et, prdte&imarcher.A (pt
(ans la tranquillit .
f-e gn al fit rbferver le danger d'une pareille
;race et ne fe rt n tant pas tout de fuite M. Bar-
il. 1. mi, membre du tonf.il permanent prit M. le
conful par le bras r.t lui dit : Moniteur, rctirons-
ouj allons fauv-.-r la vile qui tli en danger j dans
moment-ci je change de caractre. Mais M.
ilou' and \>Y h.Trmes, qu'il lit publier aullitt du.s la ville. In
i.me tfms le gnerai donna odfU de taire rentier
m. liante cano.iniers fous Ls armes au champ de
bataille.
M. de Broves, maior de vaifleau qui les com-
mandait avait t infult. On avait mis.h main fut
l'on epe, mais il s'en tait rendu matre. Il avait
ordonn au mme moment la troupe de porter
les armes. Le premier rang Ls porta ; mais une grand
tarde dis autres fe pofa fur f.s armes. Ds-lors
il tut accule par le Peuple d'avoir tait le comman
iement de taire feu ce qui n'tait pas ; mais mal
itcueilli par la popu'ace il rentra avec peine dans
irot-l du commandant.
M. de Villaron fous-aide-major de la fixieme
feadre reut ordre du gnral de fe rendre 1 ho
r-l-de-ville pour rclamer la loi martiale. M. L
onful repondit qu'il n; le pouvait pas, et il tnvoya
en mme tems et fucceilivement, del compagnies
le la milice nationale qui entourerrnt l'htel ; ce
qui n'empcha pas M. de Bonneval de recevoir un
. up de labre la tte et la main, et plufieurs
fficiers blefles par la quantit de parus qu on leu.
tait.
Au refus de la loi martiale, le gnral avait fait
ttenir pour la (re; de l'horel, un pique: de cin
puante hommes du rgiment de Harrois. Le majo'
e la milice nationale lut obferva que c'tait inutile
et mme dangereux ; qu'il repondait de fa Curet.
Le gnral fe dcida les renvoyer. M. de Saint
'ulien major de vailL.au porteur d'un ordre du
zcnral, fut attaqu er eut fon pe c.ffe dans le
fourreau. Il tiit cierchtr une autre arme, et vou-
lant fe rendre l'h >t.l du commandant, il lut atta-
qu de nouveau et n'eut que le tems le fe rai i-r
aux foldats de la manne allcmb'.s pour la garde du
port en K ur difant : j'ef.ere que vous ne l.iijfere^ pas
JJ Jjner un ojjhier votre ti:e. ils l'affur rent qu'il n'.v
v; u rien a craindre et nanmoins dans le mme
n...t.eut il tut affailii par la populace (ans que cette
troupe lit tir m mouvement pour le fccourir,et il
Il lit tre afTafun fans le fccours de MM. Donde
t \ aquier officiers de la milice nationale qui
l'ont train,, l'htel dans l'tat le plus deploi mL.
os ce tems critique M. le comte d'Albert tait
loiti accompagn d'une trentaine d officil rs pour L
recourir, et ils rentrrent tout de fuite, l-e cri du
p uple contre cet officier, eft de l'acculer d'avoir
bLiie la main un garde national avec Ion )
donne u parole d honneur qu'il m s en elt pa-. 1
Depuis ce moonenc juiqu' deux heure* apr midi,
il y eut a.Tcz de tranquillit pour peimenre qu I-
.ques offiriers deli m rine de forr:i de l'htel pour
quelques inllans. Des qu'ils le pr - !;ierent : our r. li-
tres b garde nationale leur refu la porte et il
n'y en eue qu'un petit nombie qui put rentrer^ Vers
les trois heures M. de Broves tut demand par le
naj r d* 'a nilice nationale pour le conduire au
pilais, avec ptotneue de n'eue pas maltrait. Cet
offi ter qui tait sur de n'avoir pas fait le commau
dment qu'on lui tapvtajt ,fc livra gnteufement.
Alors arriva une dputation du coifeil perman
accompagne de M. de Carpillet commandant la
garnifon qui annona que le p< upla cuit Cuistait,
qu'on allait t ire rentrer les troupes nationales a la
1 b d'un.- garde d~ cinquante hommes que 1
nral accepta, indant qu'il y fil
tachcn pareil nombre du feepud batailkn de
Barrois fes ordres. Alors ces merti.urs dirent qu'ils
avaient befoin du confeil permanent et qu'ils l
nt de l'obtenir ; nuis la milice nationale s'y
oppola. Le ma;or fit battre un ban devant chaque
compagnie p .ur engagi r le troupe* p endre l'h-
tel et les ( 1, ierS qui s'y trouv.ient lous leur f.uive-
garde. On n'en obtint que des murmurer, l'anarchie
fut complette et l'htel tut force par la milice na-
tionale ,qui entrant en foule fe lailit lucceflivement
de M. le comte d'A bert, de M. le marquis de Caf-
tclet de MM. de Bonneval et de Villages qu'ils
conduefireni au Palais ; o chacun de ces meflieurs
fut mis -nt dans un cachot i mail le Conful
les en fit loi tir des q 1 il fut inflruit, et les fit palier
nfenble dans une chambre. On chercha long tems
M. Gauthier dans I luitel, pour le conduire galement
dans les priions du palais, et Ls recherc s turent
vaincs. Il eut le bonheur d'eelupper leur proj.t.
Il me Lrait impoihble Monfeigneut de vous
rendre la l-.iu tion actuelle du corps de la marine i
j'cntienr n.'!. is yjini ment de vous en faire le tableau)
tant l'ordre elt tab i dans PArfi nal. Nous fom-
11 s an moment de recevoir la reponfe de M. le
comte de Canman, qui un courter a t expedi.
Nous nous tlatrons tous que vous daignerez, prendre
les nv fnres Ls plus efficaces pour tendre la libert
nos malheureux gnraux a MM. de Bonneval,
de Vidages er de Broves.
Je fuis, &c. Sign La Roque-DourdaN.
Copie de la lettre de M. le comte de la Luzerne mi-
nire de la manne, a M. U grde-des-J'ceaux en
date du 6 dcembre.
Mo^frigneur, j ai l'honneur de vous envoyer co-
pie de la dpche que m'a adieffe M. le marquis de
la Roque-Oourdan capitaine de vaiffeau comman-
dant maintenant la marre royale Toulon ,par l'em-
prifonnement qui a eu lieu le prm r de ce mois,
de M. le comt.. d'Albert deKioms, l'un des officiers
gnraux Ls p1 us propres commander nos armes
naval' s dans une ^11 rre future ; de M. le marquis de
Caltelet chef d'efeadre ditlingu et neveu de feu
M. le ba'Ui de Suffren ; ainfi que de deux autres ca-
pitaints de vaittau chefs de divifion.
Les t'ai s expoi s par M. de la Roque-Donrdan ,
parlent d'eux-mmes, et je m'abfiietis de toute r-
flexion. *
Je me bornerai vous rappeler qu'en ce moment
vingt vaiffe-aux de ligne, plus du quart de nos Forces ,
de nos munitions navales, et de nos approvifionne-
mens en tout genre, fe trouvent rallembl s dans le
port, dans''arfenal, dans Ls magafi s de Toulon. Il
eft aife de fentir quelles al.umes peut i.Tpierce de-
pot prcieux la France, et combien il eft urg>nt
ia faire renatre dans la place de guerre qui le ren-
ferme, le refpect des lois, celui des chefs, l'ordre ,
la co corde et la tranquillit publique.
C'eft par ces confidrations et par l'intrt qu'ont
les officiers de la marine royale faire connatre la
v'it, que je vous prie de vouloir bien adreffer i
'AfLmblee nationale avant la feance de demain
mtin ( ainfi qu'il a t arrte au confeil d'Etat ) ,
la copie des dpches de M. del Ruque-Dourdan,
que je vous tranfmets.
Je fuis avec efpect, &c.
Au Rdacteur. De Toulon le 7 dcembre.
Je ne pe fe p' int, Mcnfiour, comme tout le
monde: tel eft mon caractre. Le train de Toulon ne
nie parait donc pas aufli tacheiix qu'on le dit : les nou-
vtmtxprincifetCQnftitiuionntls ne s'taient pas encore
meiurs avec les prjugs de U narine ; et beaucoup
le p rfonnes re gardant c.sp'ijugs comme une grande
. -, 'tmblav. nt douter que dans Cette lutte des
-es contre Ls prjugs, Ls pri miers remportaient
la vLtore. Il fallait vaincre fur mer comme lin t rre :
'>n fait maintenant quoi s'en tenir. Il eft prouv
que l'ariftocra'ie de m n" fl point un mal incuiablej
1 voila remorqu au patriotifme ; le vaiffeau de la
; b re p ut cingler maintei anr toutes voiles. On
pouvait s'attendre a tenir ce dernier fuccs d'un
Peupl? maritime qui n'en fe a que plus dilpof
fous un gouverr. ment libre refpecter tous les
dpoftrnires*d< faut rite publique, que! que foit leur
rang dans la hirarchie du pouvoir.
e
De Grenolle le l" dcembre.
l'n particulier, drnt le nom doit tre cher aux
malheureui, vient d'exercer un acte de bienfaifance
d'tre imit p rlonnes charitables d s
ns quartie-s de cette mme vil e. Ce citoyen
refpectabe a fait diftribuer, dans toute 1' p ue
de la rue qu'il habite aux pauvres ou> rien et ani-
f'iis indiflinctement, une fomme fufSfante pour les
aider fe procurer a eux et leur fami le du
piin un prix modr, pour toute la dure de la
laifon ligoureufe de l'hi.er.


A DM INI S IRA TION.
Municipalit de Paris.
Dpartement de police.
Un ngociant de Bordeaux ( M. Paybrune ), a
reu dernirement une lettre d'un nomm Ppin de
la Touche, par laquelle ce dernier l'infrine qu'il
Il d -pofitaire d'un mmoire imprim, contenant
des hits de nature i le couvrir d'infamie lui et
famille : que charg de le rpandre au nombre de
cinq mille exemplaires, il a,par g:rd pour M. Payr-
brune, engag l'ajreur enfevelir le mmoire dans
l'oubli, mais qu'il n'a voulu y confentir qu' condi-
tion qu'on lui donnerait refit louis de ddomma-
gement. Dans cette lettre, on prefle le ngociant
de faire un facririte qui le fauvera d'un dshonneur
ternel. Le lilx Ile abominable accompagnait la lettre
de ce la Touche.
Un;menace aufli trange, et le facrifice de cent
louis exige dterminrent M. Payrbrune repondre
a l'auteur de certe friponnerie de s'aboucher avec
M. Veiflard .officier de la garde nationale de Pallv ,
et de tra ter cette affaire avec lui. M. \ tillard reut
galement une lettre de l'on ami qui l'engageait
clairer cette friponnerie. M. Veillard s'eit tranf-
porte chez la Touche, n'a pas eu de peine d-
mler le complot, l'a dnonce la police qui s'eft
fai;;e du libelle et a fait arrter fon auteur.
Cela rappelle une fpculation du mme jour, di-
rige il y a quelque teins contre le chtf de la juf-
tice et dnonce par ce magilhat dans le journal de
Paris.
LITTERATURE.
Des Piin.ipes de la Monarchie francaife par M.
Calart de Montjoie. A Paris, chei Duolain, libraire,
loui du Commerce ; 17S9 2 vol. in-8 avec cett<-
pigtaphe :
Impartialit c'eft ma devife.
Dans un aveniflement qui eft la tte du premitr
volume l'auteur convient que fon livre a vieilli
l'irapreluon. Aujourd'hui, dit il, que la rapid te
des vnement a tout dnatur, les chofes font bien
changes. Mon ouvrage ne peut plus avoir qu'un feul
attrait .celui de rappeler quelques ides anciennes,
de manire mettre leur pleur en oppofition du
coloris de nos opinions actuelles.
Cet aveu prouve tout . la fois et la modeftie
de l'auteur, et fa bonne foi ; quaiit s d'autant plus
prcieufes, qu'elles paraident runies dans un homme
dont l'ouvrage annonce des connaiilances t es-ten-
du s fur notre hiftoire, e: fur tout ce qui eft relatif
1 adminillration.
Les fix premiers chapitres de la premire partie
font confacres rappeitr les principes de notre ancien
droit public; le relie du volume prefente un tableau
des miniftics du rgne de Louis XVI, depuis M. de
Maurepas jufqu' M. Neck:r : ce morceau d'hiftoire
eft trs curieux. L'on lent aifment qi:e les dtails
qu'il contient doivent tre lus dans l'ouvtagtr
mme.
La fconde partie traite des diffrens pouvoirs,
de l'autorit royale, du clerg de la noblede ,
tiers-tat &c. Diftinctions qui n'eiiftent plus,
puifqu'aux termes de l'article VI de la dclaration
des droits de l'homme et du citoyen tous les
citoyens tant gaux aux yeux de la loi, font ga-
lement admillibles toutes dignits, places et em-
plois publics flon leur capacit et fans autre
dilinction que celle de lems vertus et de leurs
taltns.
Si, comme on doit l'efprer, la rvolution ton-
nante qui s'eft opre fous nos yeux, a tout le
fuccs qu'en elt en droit d'en attendre il faut fe
rfoudre jettrau feu, fans nulle tfp*cc de piti,
cet amas norme de volumes dont In publicits
ont lurcharg nos bibliothques et qui ne pour-
raient qu'garer une Nation a laquelle on travaille
dans ce moment donner une conftitution ablblu-
rrenr nouvelle.
On demande toujours, dit M. de Voltaire, dans
fes Penfes fur t Adminiftration publique quel gou-
vernement eft prfrable? Si on fait cette quel)ion
un miniftre ou fon commis, ils fcr.nt fans
doute pour le pouvoir abfolu ; ii c'eft un ban-.,
il voudra que le baronnage partage le pouvoir l-
gillatif. Les vques en diront autant. I.e citoyen
voudra comme de raiion tre confult er le
cultivateur ne voudia pas tre ouMi. Le nv
gouvernement femble tre celui < tou.es les con-
ditions font galement protges par les lois.
Rc/jtion d'une expdition la Baie Botanique, (nue
dans la nouvelle Hollande lur la cte mridionale,
nomme par le capitaine Cook Nouvelle Galles
mridionale ; avec des obfervatins fur les habitans
de cet' contre,et la lifte de l'tat civil et militaii
au tort Jackfon : traduit' de l'anglais du capitaine
VVatkin Tmth.parC... P....
466
A Paris, chez Knapen fils, libraire imprimeur, au
bas du pont Saint Michel, 17811, in-8 136 pag. ;
prix 1 liv. 1 fous.
C'eft une entreprife peu commune que celle de
tranfporter 77J malfaiteurs de s terres d'Angleterre
celle de la nouvelle Hollande*, c'eft--dire peu
prs l'extrmit du globe ; et c> la dans l'intention
d'y former une colonie qui puifl par la fuite avoir
des relations utiles avec la m Wropole. Tel eft cpe -
dant le projet que le gouvernement anglais a conu
en 1787 et dont la relation qui nous occupe con-
tient Its dtails de l'excution.
Quels feront les fuccs dVne pareille entreprife ?
c'eft ce que le teins feul peut apprendre : toutes les
coniectures que l'on pourrait le permetre cet
gard feraient hafardes. Il eft plus fage et plus
conforme l'inftabilit des chofes humaines d'at-
tendre que l'exprience ait clair la Nation qui a
cru pouvoir employer un femblable moyen pour fe
debarraflVr d'une quantit d'hommes dangereux ,
qu'elle efpere pouvoir rendre un jour la Patrie ,
lorfque par une conduite prouve ils auront expie
les crimes qui comme le dit le traducteur, les
avaient fait rejeter de fon fein.
On lira srement ce'te relation avec autant de
plaifir que d'intrt. L'auteur y dcrit rapidement
les pays qu'il a parcourus avant que d'arriver la
Nouvelle Hollande et dont les voyageurs qui l'ont
prt d ont donn des defeript'ons beaucoup plus
tendues. Parvenus, au mois de janvier 1788 .1
la baie Botanique les Anglais y trouvrent l*s vaif-
feaux la Ho*j]olc et [AJlrolube, paitis de Fiance ,
par ordre du roi au mois d'aot 1785 fous le
commandementdeM.de laPtyroufc : cette rencontre
heureufe donne lieu l'auteur de la relation de
rendre cet officier la juftice fi lgitimement duc
fon courage, fon humanit et fes talens.
Le cancrere et les merurs des naturels de la Nou-
velle Galles m'ridionale ; les productions de cette
contre; fon climat ; les travaux commencs pour
former ce nouvel etabliflement ; les prcautions
prifes par le gouverneur pour en a durer le fuccs ;
les progrt ; tout eft prfent avec beaucoup d'ordre
et de clart. Nous penfons donc que la lecture de
cette petite brochure eft rrs-propie piquer la cu-
riolit et fixer l'attention des ptrfonim qui s in-
tc'redl-nt ce genre de dcouvertes.
et 1 eft ce qui l'a er gag publier Ifs notices qu'il
avait rafltmbleei fur li langue et !c> habitant.
La grammaire qu'il nous donne aujourd'hui n'a
gure plus de trois feuilles, tt ne < qu'en modles cie JtcliiiaWons et de conjugaiions
la faite delqucls on tiouve quc-iqu;s mots d'ttfagfl ,
des formules de coo verfauon, un d'ilogue, une ai-
pece de p( tit dictionnaitc et enfin l'o.jifon domii i-
cale et la falutation Anglique. Cette langue .comme
on le voit par d-s rapprochemens, a la plu granle
analogie avec le Perfan. C'eft vraifen.bi.ibl ment le
premier livre imprime en Curd:; car, except quel-
ques lettres et des chanfons pour le Peuple, on ne
s'en fert au pays mme que dans la converfation. On
emploie le Perfan pour tous les titres et crits pu-
blics; tt, cet effet, chaque village a un inteiprste
qui s'appelle Milla.
Nous croyons que cette notice curieufe enga, ra
quelques favans e: les podlTciirs de grandes biblio-
thques fe piocurer cet ouvrage unique en fan
genre.
LITTERATURE ETRANGERE.
Grammatica e Vocabularlo ell.t Lingua Curda. C'eft-
-dire grammaire et vocabulaire de langue Curde ,
compof es par le rvrend pre Maurice Garzoni, de
l'ordre des Frres Prcheurs, ex-millionnaire apotto-
lique.
A Rome, de l'imprimerie de la Propagande; in-8".
de 288 pages.
Le pre Garzoni nous donne dans fa prface une
notice fur les pays des Curde s, plus iut.ie liante et
probablement plus fre qu'aucune de celles que nous
avons eues fur une rgion auifi peu connue. Le Cur-
diftan eft fitu entre la Mfopotamia et la Perle.
L'efpace qu'il renferme eft de i< journes de chemin
en longueur et de 10 en largeur. 11 tit rempli de
montagnes qui dpendant de la chane du Taurui et
alternent avec des valles dlicieufes. Les montagnes
rapportent beaucoup de noix de Galle et nour-
rilfent d.s troupeaux nombreux de chvres et de
moutons de la plus grande beaut. Les valles font
fertiles en bled riz lin coton fefam et fruits.
LeCurdiftaneft divift-ncinq grandes principauts
relevant des Ottomans et en partie des > rfei, dont
chacune peut fournir 12,000 foldats. Betlis, Gazira
ou Bottani Amadia et Giulamerk toutes les deux
gouvernes, depuis jc ans, par la poftent des
Califes de Bagdad, et Kaiaciofan, qui eft la plus
grande de toutes.
La fouverainet eft hrditaire dans les familles ;
mais elle ne ne va pas de droit aux fils. Il y a Ibuvent
des infurrections ; les princes font dpotes et rem-
places par une perlonne de leur race.
On compte plus de ico,coc chrtiens dans le paya ,
-mais qui font lerls comme les juifs, pai.ur un tnbat
annuel et font obi ges des corves. La plupart loin
Neftoriens. Ils fe fervent de livres Chaldetns pour le
fervice divin et ont deux patriarches. L'un deux
s'appelle toujours MarSimon, habite Kocianili,
dans la principaut de Giulamerk, et a cinq evque-s
fous lui : l'autre dont le nom ell toujours Mar Elia,
demeura dans le monaftere de Raban-Onros, prs
d'Elcofc, et a dans les autres principauts du Cur-
dillan ainfi que dans une partie de la Meiopotamie,.
et deux provinces d: Perle treize eveques (dus la
direction. Les patriarches et les vqm s font ordi-
nairement remplaces par lrurs 11: veux ou leurs plus
proches paren. de la ligne mafeuline ce qui fait que
quelquefois ils font ordonnes vqu:s 12 ans.
Outre ces chrtiens Neftoriens il y a des jacobites
qui le fervent de la langue fyriaque et ont pluficurs
evque-s ; et enfin on y trouve beaucoup d'Armniens.
Tous ces chrtiens font de la plus ftupide ignorance;
a peine leurs prtres lavent ils lire et un peu crire.
Le premier millionnaire Romain qui ait vifir le paya
eft le pre Lopoid Soldini,dominicain qui s'tablit
Amadia en 1-60. Le p^re Ga venu deMoful. 11 eft ren dix-huit ans dans le pays;
FINANCES.
Banque nationale, prcde de l'examen des prin-
cipales banques publique s de l'Europe et de la raille
d'tfcompte, prfentee aux Etats-Gnraux par M.
Gaudot.
A Amfteniam et fe trouve Paris, chez Cla-
velin, libraire, rue et vis--vis l'htel Serpente;
1789, in 8.
En foumettant fon ouvrage l'examen et au ju-
gement de l'AlTemble nationale M. Gaudor ne
pouvait choilir un tribunal plus cl-ir. Le vu
public parait dans ce moment dcid en faveur
de l'etablillement d'une barque nationale, et des
citoyens trs-inftruits en attendent les plus heureux
effets.
Quelle que foit la futme de cet etabliflement,
nous penfons avec l'auteur des Elment dt Finanus,
que cette caille doit avoir des revenus exillans, ou
du moins des redources adures pour acquitter le
montant des billets rpandus dans le public, fui! nt-
ils tous reprlentsdans un feul jour; qu'il conviendra
donc de fixer la malle des billets mis en circularu n,
de telle forte qu'il ne foit pas poflible de les niulti-
plier par des opration! clandeflines ; enfin,que pour
donner cette taille tout le degr de confimee
qu'elle doit avoir thez l'tranger, comme dans le
royaume fon adminillration doir tre rendue publi-
que de manire qu'elle puille tre furveiile et v-
rifie par tous les inteied's.
Avant que de propofer fon plan M. Gaudot exa-
mine le lylrme de Lavv, la caill d'efcomp'e e'Ies
diffrentes banques publiques de l'Europe. Ce travail
exige des toimaiffancts qui manquent a beaucoup de*
pilonnes.
A l'article de la caide d'efeompte, l'auteur s'eft
permis des obfervations et des reproches on ne peut
pas plus graves fu. l'on tablidcme*ir et fon regi.ne:
c'elt un procs fur lequel nous croyons devoir nous
abftenir de porter aucun jugement.
Quant au fyftme de M. Lav, auq'iel M Gaudot
donne de grands loges, il ne faut jamais prdra
de vue fes funrftes 1 If ts ; et c'eft avec beaucoup de
raifon que Volta.re a dit: qu'il rfulta de e-tte
mania un nombre prodigieux de banqueroutes, ne
fraudea, de vols publics tt particuliers, 't toute
la dpravation que produit une cupidit elfrenst.
NECROLOGIE.
Notice fur la vie de M. Hvin.
Parmi le grand nombre de perfonnes qui fe font
deftines au foulgemtnt de l'huma, it foutTrante,
l'homme clbre qui fait le fujet de cette notice
mrite d'occuper une des premires places.
Prudent Hvin naquit Paris, le 10 janvier 171;.
Son pre tant chirurgien i! fe dtermina fuivre
la mme carrire pour l.quelle il avait la vocation la
plus dcide. Aprs avoir fait avec diftincion f. s
lui inanits, il entra l'hpital de la Charit o il
remplit avec fuccs la place d'lev en chirurgie et
par intrim, celles de pa"nant maitrife et le chi-
rurgien-major poui iuppler l'abft-nce de MM. du
Cartier et Morand qui taient l'arme. Il fut reu
en 17^7 matre en chirurgie au collge de S. Cme.
A l'poque de l'etabl'deriient de l'acadmia royale
de chirurgie, il fe diftingua dans la place de fecre-
tiire pour Us correspondances.
Peu de tfms aprl il fut nomm p'ofelTenr royal
aux coles de chirurgie, pour la partie de la Thr-
rapeuti iie>, place qu'il a exerce pendant 41" ans
avec autant de zle que d'exactitude. Dans la rdac-
tion de fes leons, qui taient le rfu.n de la doc-
trine de M. Quefnay frn beau-pere et le rlultat
s de 60 annes de travaux on voyait conf-
tamment briller l'ordre, la prcifon et la clart.
Peu de perfonnes ont renni un plus haut deg:
que lui les talens ncerTairW pour enfeigner. Un
orfine f.perbe une loquence rare, et une hibi-
let psu commune i (a mettre la porte des p'us


jeunes tud '> ! faitaiwt chrir et rtsaeetei J-
fc levs. Tous ceux qu'il avait forms et le nombre
en tait grand, le glorifiaient de l'avoir tu pour
matre.
Sa rputation l'ayant fait connatre i la cour,
Jj feu roi le choifit pour lui confier UiCCflJve-
ment k fo a de la lam de Mefdames les dauphi-
lf\. PHrfirurt annes aprs, M. le dauphin lui m
corda fa confiance, mm nomma ion prarnir chi-
, [ien.
In 1770 il devint premier chirurgien de Ma-
dame. Pendant quarante cinq ans M. II. vin a
exerce, avec la plus grande diltinction et une mo-
dellir taie ces diffrentes places auprs de la tamiile
royale.
El 17S0, il donna un Cours de Pathologie et de
Thrapeutique chirurgicales qu'il rdigea lur les ma-
nillons de feu M. Simon ion cuntrerc et fo.i ami
ouvrage auquel il lit des additions confidrables.
L'dition en ayant ete bientt puilee,il en donna,
quatre ans apies, une fconde, fous Ion nom en
ceux volumes.
Ce: ouvrage, comme l'ont dit pluficiirs journaliftes,
{file fruit et le rlultat de la pratique, de i eblei vatiou,
et furtout de la lecture rflchie des vrais in ures
d.: l'art. M. llevin, qui compte les amis pai tt l< ves,
: l'.-s fdecs par les tiavaux a fait tous les eft its
pi.ur le rendre auili utils que neccllaire i et il aura k
double avantage de dilp-nfer ksetudians de lecture:
fuivies et de recherches multiplies dans un grand
nombre d'auteu s tant anciens que modernes et
{pargner a la plupart d'entre eux, des acquittions
Rptes et Couvent dil'pe idieuies. Au relie, cet
ge eft compof d'une partie des matriaux qui
font la bile des excellent s leons de cet habile pro-
hlleur; en ute qu'il eft la collection la plus com-
plte des prceptes relatifs 1 la pathologie et la
thiiaptiitique chirurgicales.
M. il. vin a donn l'acadmie royale de chirur-
gie plusieurs mmoires, dont une partie cil inleree
di.sia lavante collection de cette locict. Il y en
a ois principaux la tti delquels eft un prcis
fobfrvations fur les corps rrangers arrtes dans
rocfnphage ou la trache artre, avec des remar-
ques iur les moyens qu'on a empl. ys ou qu'on
peut employer pour les enfoncer ou pour les re
rer.
Ces mmoires rdig's avec beaucoup de nettet ,
t* dans l'ordre le p us mthodique, offrent le r-
fultat de tout ce que les auteurs anciens et modeines
ont;rit fur les matires qui y font difeutes, et
peuv m tre regards comme des traits complets
tt qui ne Lu 11', nt rien a dlirer.
Les acadmies de Lyon et de Stockholm avaient
admis M. Hevin parmi leurs membres.
Il n'clt gure d'hom ns qui fe loie nt autant occups
que lui de leur tat. Peu livr la fotite, il ne lilait
que les ouvrages qui traitaient de fon art ou qui y
avaient quelque rapport. Il prenait le plus grand plailii
as'eoentrctc-n r, et il ral.mblait foigneufement les
faits que fa pratique ou celle de fes confrres pouvait
lui prefenter. Il tah loi vent appelle en confulration ,
furtout par les jeunes matres, qu'il fe fallait une joie
de guider, et qu'il n'a jamais cherch humilier.
Par la manire dont ils 1rs encourageait, dont il
profitait de leurs difpolitions il avait l'art de d-
velopper en eux leurs talens, fans* qu'ils s'en ap-
p.ruliciit.
Avant fix en 1788, fon fjour Paris, il eut
ds lors la facilit de fuivre plus exactement UslVan-
ctsde l'acadmie royale dechirurgie,et il lut nomm,
dans la mme anne vice-directeur de cette coin
pagiiie. Il commenait a remplir les fonctions de cette
place honorable quand fa mauvaif fant, qui, de-
puis plulieurs mois, s'altrait fenfibkment, le fora
de fulpendre fes occupations. Le dpnffement de-
vint de jour en jour plus rapide; et le 3 de ce m is,
cet homme ellimable termina tranquillement, l'ge
de 7j ans, un; vie puife par le travail, mais
u'une forte conftitution et une trs-grande fobrit
tmblaitnt evoir prolongtr davantage. 11 eft mort
entour de fa famille qu'il aimait tendrement ,
dont il tait le protecteur et le foutien, et au mi-
lieu des amis qu'il s'tait faits par la runion de
rout ce qui coni itue le citoyen honnte tt ver-
tueux.
Il avait pouf en premires noces, la fille du
clbre docteur Quefnay qui avait fu diltinguer en
lui tous les dons du cur et de l'efprit, propres
Li rendre heureufe. Il en a eu deux garons et deux
filles.
Le mrite et les exe Mentes qualits de mad--
moifclle de la Chaud le dterminrent un fccond
nuiiage dont il a A la tte du Cours de pathologie et de Thrapeutique
tkintrfica/tt t C& le portrait de M. H vin, avec ces
yen graves au bas :
Des feercts de fon art profondment inftruit,
H fut en carter tout fyftme inutile ;
Et, joignant au favoir, les charmes de l'efprit,
H m rendit Vende agrable ec facile.
4*7
ASSEMBLE NATIONALE.
P'ejiderrce de M. Frctau.
S AN Cl DO Il'NDI 14 DECLMBRE.
On remarque parmi les gdrtflid celle de la
ville de I Oient i dont l'annonce eft faite en es
ternes : la vile de l'Orient prie l'AfTemble na-
tionale de conllruire lentement l'difice de la li-
bert afin qu'il foit plus fol-de.
Vingt villages du Vivaraisont raffembl 'dans la
plaine de l'Etoile, en Dauphin n,ifo foldats
citoyens composant leur milice. Ce corps a prt
ferment de ne jamais fe- rpam, tant que l'Etat
aura des ennemis .1 craindre et d'employer toutes
fes forces pour adorer l'excution des dcrets de
l'AlTcmble nationale Dans ce pacte- f draiif, ces
villages renoncent l'ancienne divilion de la pro-
vince et adoptent la nouvelle,
M. Thouret fait lecture au nom du comit
de conftitution des articles fur les municipalits,
mis dans l'ordre qui leur convient. Ces aiticles
font au nombre de 60 ; il propolc d'en dcrter
un au re conu en cef termes :
Art. LXI> Tout les articles ci-defTus feront pu-
blies pour fervir la prochaine formation des mu-
nicipalits } mais le comit de conltitution fera la
diflinction des articles qui doivent entrer dans le
code conflitutionnel de ceux qui font amplement
realemeniaiies et fera le rapport de ce travail a
l'AlTcmble.
M. de Isoufmard demande qu'on ajoute l'article ,
aprs ces m~ts, "feront publier ceux-ci : aprs
avoir t fanctionne ou acceptes par le -oi.
M. Target. Je propofe d'ajou le pr
fente par M. Th urct, tt d inct-
ment a l'acceptation du roi tous lei lcrets runis
fur les municipalits.
Cet ajournement eft ordonn.
M. de la Chef met cet amendement !a deu-
xime partie de la propofition de M. Target, Que
es dcrets fur les municipalits fuient tout la fois
fonctionnes tt acceptes.
La queftion pra'able eft invoque.
La premire preuve fur cette queftion parat dou-
teufe une parcie de 1 AlTemble.
' On tait une deuxime preuve.
Une grande majorit eft pour qu'il n'y ait pas lieu
d.librer.
M. le prfidenr prononce le dcret.
La mme partie de l'AlTemble penfe qu'il y du
doute et demande l'appel nominal.
MM. Madier de Mon;au, l'abb de Bonneval,
l'vque de... le marquis de Fumel iVc. font
d'avis qu'il n'y a pas de doute. L'auteur de l'amen-
dement et les membres qui l'ont appuy expriment
le mme fentiment.
M. le prfident met aux voix la queftion de fa-
voir fi tous hs articles foit conf'iturionnels, foit
rglementaires, leront indiltinctment ports l'ac-
ceptation du roi.'
Une trs-grande majorit eft pour l'affirmative.
On rclame encore avec chaleur l'appel nominal
fur la quellion pralable.
M... accu' M. le prfident de s'tre cart du
rglement en n'accodant pas l'appel nominal, lorf-
i 11 il tait demande par une partie confidrable de
l'AlTemble.
M. le prelident s'e-xeufe par le fimple rcit des
faits.
M. Ckiftbauf Volney. Je demande que le nom
de la perfonne qui a interpell M. le prfident, et
3 ni, enl'accufant auffi lgrement, a jette le trouble
ans l'AfTemble foit inferit fur le procs-verbal.
Cette motion eft fortement appuye d'un ct ,
et excite une grande rumeur de l'autre.
M. le marquis de Fumel. Je prie l'AfTemble de
ne pas donner de fuite la motion de M. de Volney ,
et de continuer l'ordre du jour.
PhTieurs articles oublis par M. Thouret lui font
indiqus : il les joint la fri qu'il a prefente.
Af. Camus. La difficult que l'Affen Ide prouve
te q
.r d
ti.ons de dpartc-nvnt T penfe qu'il faut ajourner
la I cifion de '..: 1 tton de M t amut, fui-
qu'apres l'ubUflnv nt de ces ad.iiiniiliations.
M. Camus adopte cet ajournement.
M. Thouret fait lecture d'une inllruction deftin e
accompagner l'envoi des articles fur les munici-
palits, et ahfolument borne i ce qui ell n
faire' dans l'tat actuel, pour diriger la nouvelle
formation. Ce tiavail elt dfvil eu iroilparties dil-
tinctts ,
i. La forme d'lire ;
l". la Compofition des cotps municipaux ;
5. Les fonctions de cet i >s.
Aprs cette lecture M. Thouret obferve que le
nombre ternaire qui avait tl dci t pour les d.f-
tricts a celle d'rre ncefTair* depuis que l'AAcnv
blee a dcide uu i! i\'y aurait plus d'inttrmdiau .
et que les lections ne le i: raient pas dans ii dil-
tiicts, mais dans I s dpar:-m. s. Cette aiycienne
dtfpontion donne lieu a beaucoup de dirliculf-s dans
la divifion des provinres.
Il propolc de dcr t i 1.: le nombre tern ire ne
fera pas abfolumcnt neceilmt et que cependant le
nombre des ililtricts d'un dpart m nt ne f.ra ja
mais an-deflpus de J liv. tr .m-dclles de 9.
Cette propoli.ion eft unanimement dcrts).
PlufetiTS membres deqiandent que l'inliruction
foit imprime ; qu'elle luit prefente au roi pour
tre approuve et envoye avec les articles.
M. D.fraijj} DulIuv. 1! faut, avant d'imprimer
et de prlcnter cette instruction l'examiner avec
foin.
L'AffemMce dcrte une grande majorit, que
la prefentation et l'imprellion feront faites fur le;
champ.
M. le prfident annonce que le comi' charg
l'txaminer les plans de finances, ne pourra taire
Ion rapport que jeudi prochain.
M. le prfident donne lecture de la lettre fui-
vante de M. 1- garde-des-fceaux.
M. le garde-des-fceaux a t charg par le roi
d inllruire M. le prfid. nt de l'Alfemblet, de la
refo'ution que les officiers it la chambre des va-
cations du parlement de R. nues viennent d'annoncer
a majelt de ne pas fe charger des fonctions
qui leur aient attribues par la dclaration du i
du mois dernier, portant prorogation des vacations
uu parlement.
Le roi a donn des ordres pour l'excution du
dcret du ic dcembre, prfent fa m j li la
jour d'hier | concernant le ferment prter par
les officiers fuperieurs de la garnifon de Metz.
S. M. a pareillement donne les ordres neceflaires
pour la dlivrance de M. de la Richardiere, di-
tenu dans les priions des Sables d'Olonne.
Sign, larchevque de Bordeaux.
On lit enfuite le mmoire fuivant :
Mmoire des miniftres du roi fur lu non-excution des
dcrets ae l'jfcmble dans les Trois-Exchs.
Par fon dcret du ij feptembre, l'AfTemble na-
tionale a charge les adminiltrations provinciales ,
les j.irifdictions et les municipalits, de veiller aux
moyens daffurer le recouvrement des importions ;
et elle a fuppli le roi de donner les ordres "les
plus exprs pour le rtabjllemcnt d^.s barrires et
des employs tt le maintien de toutes les per-
ceptions.
Les miniftres du roi fe font occups du foin
d'excuter ce dcret, et prefque partout ils prou-
vent des leliilances, des obliacles, qui viennent
la fois de l'efprit d'inlurrection auquel la multitude
eft gnralement livre et de la timidit de ceux
qui pourraient employer les moyens de la contenir.
Dans les Trois-Lvchs, les barrires ont t
gnralement dtruites, et les employs obliges par
la crainte a prendre la fuite. Quand on a voulu h s
rtablir dans lems fonctions, il n'a t que trop
facile de juger queLs mnes excs allait..t fe r.--
nouveller. il fallait obtenir main-forte des milices
na:i .m les et des commandai des troupes ; la req na-
tion a t faite au prfident du comit municipal de
la ville de Metz et aux maires des diffrentes villes
de la province.
Le premier a rpondu que la miffion du comit
tait remplie par lenr-gillrement des dcrets de
l'AftVnblee nationale, et que ce n'tait point lui
rtablit Ls en pluves dans leurs fonctions.
Les autres n'ont pas fait un refus aufli formel ;
mais ils s'exculcnt fous diffrera prtext-s, dont la
vritable caufe n'eft autre que la crainre de donner
une rquifition positive aux milices et aux troupes
tous les jours, a s'afturer de l'excution de fe d-
crets j me femb e devoir la dterminer ar rer que
les municipalits la certifieront direcrement dans le
plus bref dlai de la rcepron des articles dcrts.
M... obferve que l'accuf de rception doit tre
remis i l'AfTemble, par celui qui a t chane de
l'envoi. ,
M... 11 efl plus fimple et plus fur d'exi?>.r que
cette certification foit donne par les adminiftra-
Alors le rgiffeur-gn rai, charg du foif
a Ireff au parieme
le cett
opration s !t
penfe qu'il en obtiendrait pour tout la
rquilitior. de main forte qu'il follicitaif, et le
terrien! a rendu un airr qui le renvoie aux mu-
ni ipalitv pour en tre fait droit. Ai lance
abfolument n ce (Taire er : la ;ercep-
tiun ne fe rtablira pas, eft partout refule.
Les mi'iiftres du roi onr cru devoir donner con-
naiflance de ces taitS l'Auernble nationale, parce


qu'ils ar.tem lj rCCOH r ment des du.Us du rai
dam une province en i! ; Ut pourraient runit
un grand nombre de i i i particuliers, et dan la
plupart des villes d France, l.s mma inconv-
nient le font (entir.
L'AlT.mble nationale en p.Tera toute l'impor-
tance et fa Lagefie lui dictera '.ans doute les moy ns
c'y fubvenu. Mus li les municipalits l'i refuient
fconder les mefures du gouvernement, li la
crainte les arrte fi la adopteront, foru un obftacle a l'unit de plan, et
produit mme entre elle i ne divifion tunelte, le
pouvoir executif f.-ra rduit l'impolEbilit de
veiller au maintien d.-s dcrets, et au recouvre-
ment li neceffaitfl des impt.
Af. le r j .:. J'ai mt e I.-s mains une adretTc
qijB )C ne rMffjmuler, quelqu'affligeante
qiTeliefdt: t fit; ne du prfident et des
membres du bureau municipal de Seuls.
Je demande d'abet-l 8 M. Leblanc, dput de
cette ville eftdans l'AiTembls I
Sur la rponfe ngative M. le prfident lit cette
dreii.
Ce joui dimanche, i} dceniom, tant deftin
la b lictio i des drapeaux de l-i garde nation.1.!.,
tausl-s corps le ternirent i l'htel-de-ville. I.e cor-
! ge fotrpoiu fe rendre l'glife, a peine tait
quarante pas, qu'un tambour eu atteint d'un coup
V filfil tir d'un:-roiie > un.' nouvelle dcharge
part de la mme rneHbn. Le lieur I eblanc, fils d'un
demembre de l'Allemble nationale, en blefle au
bras; le commandant de l'arqucbufe reoit une balle
travers \i corps Les foldat citoyens enfoncent la
porte de la mail n d'o les coups font partis : ils
trouve!!* i arrictdts dans l'intrieur : des faneurs
ittnrkmpent : ces orr.'.aclcs font rompus ; on ar ive
vn appartement qui parait en feu ; on court chercher
dea pompe. A l'ir.ttant la maifon faute en fuir et
foxautC rfi Mei lont enfvelies dans fet dcom-
bre. Quelq les unes entte retire vivantes, mais
crue.lc.i.ent mutile.
Le coupable de: ce crime affreux parait re le
nomm Union propritaire de cette maifon et
qui, peo die t m auparavant, avait t ebaff de
rarquebofe. Ainfi cet vnement eft l'effet d'un
reftentime nt pattlculier, e1 n'a nul rapport aux affaires
publiques.
Des dput! du diftrict des filles Saint-Thomas
prLmtem a la barre des boucles et d'autres bijoux
en valeur de 6,a-8 liv.
Le roi devait encore $00,000 liv. fur l'acquifition
d'une petite ile de l'Ocan appele Ifle Dieu. M. de
Ville-roi., propritaire de eue crance actuellement
exigible en lait la temile b Nation et en envoie
la quittance.
Les religieux de Saint-Maurice en Eretigne ayant
fait en 1779 la coupe d'un quait de rfeive le piix
de cette coupe montant 14,700 liv. eft actuelle-
ment entre lesmaiai du receveur des domaines et
bt.is. Ils donnent pour leur contribution patrioti-
que i8,oocliv. quoique leur revenir ne 'lvent
pas au tiers de cct.e fomme. Is offrent la ville
de Quimperlay 400c liv. pour fubvenir aux dpenfet
qu'exigent la dt'enfede la libert et la tranquillit
publique. Ils deftiuent enfin 2,017 lv. aux pauvres
de cette mme ville.
Us demanJe.it que 'a municipalit del ville de
Quitnp^rlav r.t les trforiers de dons patrio iqtics
lf tut autorifs a recevoir ces diffrente! fommes.
L'Afiemble. accorde cette autorUtioo.
Sur la motion du lieur David pcheur les habi-
M du village de Boilli, prs Melun offrent ce
qui leur revient de moins impofe pour la contri-
bution des privilgies pour les lix premiers mois de
1790 toutes Lnrs boucles et tous leurs bijoux
d'argent.
Un avocat du Forez M. Dui.tc .donne aoco lacs
de charbon ext.ait de (eacarrire*.
M. Malouet fait lecture de lettre officielles par
lefqueile on mande de Toulon que le bruit silt
rpandu que -les flottes anglail'es et hollam'.aiLs corn
bines devaient venir S'emparer du port. A cette
nouvelle le Peuple a voulu fe mettre en dfenfe ;
il a rcfftrr plus troitement les officiers dtenus,
tt il en a pris occalion de relkr en armes.
M. Malouet demande que le prfide' t foit auto-
rif crire i la municipalit que l'AffcmbLe voit
avec inquitude l'Jnfurrection du Peuple qu'il n'y
a ni complot ni elcadre; et que quant aux demandes
des ouvriers, qu'elles foient raifonnablct ou non,
file 1 rontprifea en considration par le ioi et par
l'ACboible, lorfque le calme tabla.
Af. Rob:(pierre. La lettre qu'on vous propefe con-
tient un blme contre ie Peuple, et une punition
contre les ouvriers ; cependant vous ne connaifl 1
pas les faits i vous avez ajourne l'affaire pour qu
tut mieux inftruite : on n'a pu vous rendre compte
encore des pices apportes par un courier extia-
o: linaire de la ville de- Toulon. Vous avez vu dans
Ci lli s qu Vpui onl .te prfenteS une conduite tres-
repreheiifible....
469
M. l'abb de Bonneval et plffifurt autres mem-
bres interrompent l'opinant, en difalkt : Nous n'a-
vons pis vu ce a. M. de V i:ieii dnia .de que l'ora-
teur loit rappel a l'ordre.
Af. Rtbefpierre continue. Vous avez, vu ou vous
av / dd voir le m pus le- plus inlu.t-nt du ligne de-
l libert 11.it on. le i vous ave/. \ u qu e le comman
dant de Toulon a foutenu fe foldat avec au.
qu'il a voulu I n aim r Contre les defenfeurs
de la Patrie..... De ce qui vient d'tre allgue
par M. Malouet je conclus que (s motion ne m-
rite auenne eonndration j qu'elle ne tend, qu' fur*
prendre ad dcret, qui prjugerait votre dcfion
fur une affaire des pus ituportante.
L'Aff.mble ajourne demain 2 h.ures le rap-
poit de diffrentes pices et la fuite de cette dil-
cillion.
La fiance eft leve 4 h.ures moins un quart
SANCE DU MARDI IJ DECEMBRE.
Une dpuration du dillrict des Blancs-Manteeux
vient preienrer un don patriotique, coniiltanr en
boudes d'argent.
M. d'Orb-ilan prfident. du parlement de Tou-
loufe fait offrir une fominede jcoo livres.
M. Burewt de Pu^y. L'Afiemble avait charg des
cOmmuTairesd'i xamiher une machine j dont M.l'abb-
de Man.lreel auteur.'Il rfulta de notre examen,
que ce mcchanifme tres-limple et :nfi;i ment ing-
nieux reut s'appliquer avec avantage aux pompes
d'puifi ment, aux fotmettes battre des pieux Kc.i
ct qu'il double l.s forces des hommes. M. l'abb de
Mandr< a aulli fait l'application de fa machine la
navigation. De pices tr>-authentques tt la no-
torit publique prouvent que dans un des endroits
o le Rhin a le plus de rapidit trente bateaux ,
attaches a la fuite les uns des autres et dont quatre
taient rmois de gravier, ont facilement remont
ce fleuve par le moyen de ce mechanifme auquel
huit hommes taient employs.
M. Hatoatt, On a t'ait Toulon lelTii de la
machine de M. de Mandrc et ie fuccs a complet-
L'Afiemble tmoigne le defir de voir cette ma-
chine : M. le prendent annonce qu'elle fe'ta expofc
furie bureau avant l'ouverture d'une des prochaines
feances.
Les officiers du bailliage de Befanon annoncent,
dans une adreffe que dformais ils rendront gratui-
tement la juflice aux pain r. s et que les p
autres droics ptove- ans des arfares entre gent aifj,
feront verfes dans la caille dcllinee iecouiir les
indigent.
M. Malouet rapp- Ile la motion qu'il a fite pi
demmeot, et qui a pour objet de fixar les bornes
Je ia jurifdiction des municipalit.
L'Afiemble fur la motion de M. le cur
Dillon dcide qu'il n'y a p;% lieu a d-.-lib.ei quant
prlent.
La motion faite par M. le comte de Miiabeau,
li feame du 10 de ce mois, forme le premier o. j.t
de l'ordre du jour.
Af. Verchtre de Refye. Qulqu'intreftante que foit
cette mot.on, e!le eft moinspreffaoteque beaucoup
d'autres objets de conftitution. Je de inanit qu'elle
foit ajourne et qu'on s'occupe en ce moment de la
conftitution militaire.
M. le comte de Clermont-Tonnerrt. Quoique l'ex-
cution de la motion foit loigne, le eff.ts en le-
ront prochains i il ift impo: tant qu'elle foit pionq-
tement prife en confid-. ration.
M. Roederer. Une d-s raifons fur lefquelles M. de
Mirabeau fonde fa motion eft de rendre honorabl. s
tous les citoyens les premires fonctions de la
fodt. Beaucoup de gens faits pour remplir le;
places des municipalits, les ddaigneront, li elles
C.nt ifoleetks autres emplois publics I-41 en fefant de'.
clnllons pour les emplois fuperieurs, ilss'eii prt
feront fur le champ de les oCuper, quoique l'effet
del motion ne doive avoir lieu qu'en 1797. Je
penfe en confquence qu'elle ne doit pas tre ajour
ne. F.lle eft fufceptible de beaucoup d amendement ;
mais aprs avoir fait le dpart du bien et du mal
qu'elle renferme elle pouria tre dcrt^. Je pro-
pofe de la difcuier fur le ch.mp.
Af. Duport. Ce raifonn?ment peut s'appliquer
une r-, fl.xion abfolutnent contraire celle du oreo-
pinant. Si les fonctions municipales font un cnel I
pnui s'lever, les d viendront un objet de lpecu-
lation et d'ambition,elletfero' tfollicit.spar desgens
pet: propres les remplir. Je fais de l'avis de l'ajout
nement.
M. U duc de lu Rochefoucault. La queftion demande
tre profondment difeute i mais elle n'eft pas
suffi prenante que beaicoup d'autres. Le travail de
WM commiffaires fur 'a conllitution militais tft fuf-
pe n lu par l'incertitude des piincip.'s que vous adop-
tetex peur k mode du reciutement de faime.
Af. le vicomte de Mirabeau. Q(M bon citoyen tl^it
av ir belbin de l'efpoir d'une placi fuperieure pow
occuper cel o il peut tre utile la Patrie.' Ce
bon c toyc-n lirait un irtriguant. La motion tend a
taire de toutes les lection des foyers d'intrigue.
Af. le comte de Mirabeau. Lorfqu'avec une facilit
que ; ai admire autant qu'il tait en moi j'ai vu
monter :a tribune pou: attaquer, en imprqvifara ,
une motion que j'avais la conleieice d'avoir long-
tems mdits et qu'appuyait l'opinion d- louffeau,
C'ett-i-diee de l'homme qui a le plus reflchi fur les
choies humaines, je n'aurais eu qu me rpeter pour
y rpondre.
Je fus appel pldltnrs fois par un de vos comi-
ts auquel j'ai l'honneur d'appartenir et je vos
demandai d'a|ourner la diiiuifion pour que je puf.
repondre a M. Liarnave.
Lorfque cet opinant termina fon opinion, en
proposant l'ajournement pour 17971 je crus que ce
n'tait qu'une agrable taillerie i en effet, e'elt ia
premire fois qu'on a voulu empchil les !e-!>iliateur$
d'tendre leurs vues dans l'avenir-----
On rmbanalUrait beaucoup l'orateur jui vient ('e
parler avant moi en lui demandant, fi loilqu'il llrv :t
deM le pr diftinction il n'a'.'pirait pas celui dont il eli honor
maintenant. Je ne fais pour que's tres il peut ie
vrai que l'mulatiee foit la mme ihofe e,ue l'in-
trigue ; je ne fais dans quelle race d'hommes le dfit
de taire le bien ell l'unique defir: cette perfection
n'tft pas faite pour notre terre.
Je ne crois pas qu'il foit de la fag'-ffe et de la
juftice de l'Afiemblee dl'empecher de unondie i des
objectiosu) qui feront oublies, fi Ion ajouine. Si
l'ajournem. 1.: ill poque fixe, je no me permet-
trai pas un inuimure : mais s'il eft indfini je dirai
qu'on faite avec i.ne indec nce, vritablement in-
li ne de vous, nne ioi que rautotjt du premier
gnie de notre liecle a confacree, et que les
ennemis mmes r^connaiffaient comme infiniment
morale.
Pour jouir du bnfice de l'ordre du jour, je
demande rpondre. Si je le *ais d'une main re
premptoire vous jugerei i fi la quelli n ne vous
parait pasaflez claire, vous difeuterea, eu vous
ajoarntre/.
L'Affemb!e dlibre, et l'ajournement indfini eft
dcrte.
M. de Menonville demande propofer quel-
ques articles additionnels aux dcrets fur les muni-
cipalits.
L'Affmble ordonne le renvti de ces articles au
comit ce conltitution.
La difeuhion fur la co:iUitution militaire eft place
l'ordre du jour.
Af. le duc de Liameourt. J'tablis d'abord le prin-
cipe que l'ai doit tre conflituee de nunlere
., fervi I s, fars pouvoir leur nuire. J'exami-
n. rai d'abord la quellioii du mode du recrutement
de l'arme, et je la considrerai fous fes rapports
co; ftitutionuels, et fous fes rapports militaires.
Sous !e rapport de la conditution, la confeription
mi itaire attaque, dans leurs principes l'galit dfl
droits et la libert. Llle clt employe en Suiffe;
c'eft un moyen violent et .factice, pour procurer
avec conomie une arme un petit Etat. En Pru .
t ut homme qui pott de u;i fond de vint-quatie
mille livres ou qui eft commerant, eft exempt de
iaconferption miitaire. Or. la propofe en France,
fans aucune des exceptions neceftaires la profp-
rit4 d'un Etat, et on v ut l'tablir avec plus de
rigueur qu'elle ne l'a rie nulle part par le def-
potifme.
La confeription prodtrrait une mativaife arme et
rpandrait la difeorde dans les provinces et dans les
familles. I Ile n'a pu s'tablir en Hongrie ni en
Brabant: Rome les mres coupaient le pouce
leuil fils pour 1 s fouftra'iie cette inft'tution ce
qui s'appelait pollex truncatus ; origine du vilain mot
franais poltron.
Par le moyen de l'engagement v la libert
la plus gnrale ferai [ure chaque individu.
De bons citoyens deviendraient de bons foldats:
on pourrait augi enter la paie d'un tiers. Les troupes
Miraient toujours 1- -nme quarrier j chique mili-
taire pou: 1 .it 1 Itme pafler fix mois dans les
foyers il set a libert de fe marier et d'avoir
un domicile fixe. Ainli devenu citoyen fous tous
les npp Tts, il ferait plus intreff la dfenfe de
fa Patrie.
J. propole d'adopter le mode de recrutement par
engacem. ns volontaires, de iailTer au. comt de
toimitmion l'orirarifaiion des miiicesnatima.es cl
d eharg r le comit miitaire de la conftiruton de
Panse, en limita t toutefois fon travail aux bafes,
et en renvoyant les dtails au pouvoir excutif.
L'imprcflion de ce difeours eft demande et or-
donne.
( La fuite an nnmi' prochain. )