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Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by Creekside Digital

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Succeeded by:
Moniteur universel

Full Text
GAZETTE NATIONALE, ou LE MONITEUR UNIVERSEL.
N. 99.
D V DIMANCHE 19 NOVEMBRE 1789.
POLITIQUE.
ALLEMAGNE.
t
Dt Cobl*nt{ le il novembre.
Jl finit que la chambre impriale de Wetzlar
1 M illiirer I excuton Je fe-sdeireis par les formes
deiajullite. Le intffagtr qu'elle a envoy Trves
pour y rtablir l'ordre et calmer les hab tans a t
proro|>temenc fuivi de commifta res charges d'enten-
dre kl griefs de recevoir les plaintes de la bour-
geo lie et du Peuple.
Le comt de Linange (ou Lafingen ) dans le cercle
du haut Rhin, vient d'annoncer, pir des mouve-
ment) ifli vifs, qu'il avat aulli des griefs articu-
ler, (t qu'il aurait bientt befoin de comm.fT.iiies
enm tuteurs.
On nous annonce qu'en attendant ces nouvelles
formes de communiquer avec les Peuple!, les
fmLs qui puilfent fui convenir, on f:it avancer
quelques troupes heftoiles et de Mayence pool com-
mencer ramener le calme parmi Us fujets du comte
de Linange.
De Francfort fi r-le-Mein le 10 novembre.
On ignore quels font les ordres pofitifs donns
l'arme qui s'avance vers le pays de Lige. On com-
mence ne pas croire qu'clic foil uniquement defti
net servit les intrts du Prince-vque : une arme
ti voiduc du Brab yit lait conjecturer qu'elle prendra
/jelqje part la rvolution que ces belles provinces
tperent oprer.
On filtre que Maftricht a envoy aux Braban-
ons qu.-lquts pices d'artillerie. Si cette nouvelle
tait confirme, on pourrait peur tre avoir un avis
fur le fyllme de la cour dt B. rlin. On lait d'ail-
leurs que les infpecteurs des rgiment de diffrentes
provinces ont reu le 7 des ordres que l'on croit
topiirtans et faits pour accrditer le bruit d'une
guerre prochaine.
Onapprend encore de l'heinsbeig ( de la mme
date 7 novembre ) que d. puis quelques jours ,
In troupes Hollandaift-s
et qu'elles s'avancent
le-Duc, &c.
que le pacha l'a partage entre fes officiers. Il n'y
avait pas un feul officier tranger dans la garni
fon ; fept dferteurs des troupes impriales y fer-
vaie-nt l'artillerie le marchal Laudhon les a fait
pendre en prle nce des Turcs, maigre les inftan-
ces d'Ofman pacha, qui demandait qu'on leur Gra-
vai la vie. Cet officier turc parle trs-bien la langue
Italienne ; il n'y avait que quatre femmes dans ion
feirail.
La focit royale de Manche (ter a lu prfi-
dent, a la place du docteur Maifey le docteur
P rx ival, cOfiU par d'exceilens ouvrages traduits en
Franais.
Des bruits trs-incertains annoncent que M. Pitt
quitte le miniftere.
Nathanael Saunders eft mort dernirement dans la
prifon de Chelmsford ; ce malheueux y gmiiTait
depuis 6 ans pour avoir tu.... un livre I
ETATS-UNIS.
De New-Yorck le 30 fefttmbrt.
font en mouvement ,
Grave Vtnloo Bois-
De Trves le 7 novembre.
lettre de S. A. le princi-vque de Lige aux Eut s.
Meilleurs, je ne puis cacher aux deux ordres,
primaire et noble, mon nucontenement de s''n
portes me faire parvenir la lettre que le Courier
m'a re-vife hier au foir. On a efrnployc trois femaine1
pourpiloguer ma lettre du if octobre, en cher
chanta noircir mes actions, et en calomniant ma
conduite. Comment I auteur de cette lettre volumf
ntufe a t i! pu faire adopter f. s moyens des coi pv
qui doivent tre intimement convaincus del fauf-
fet des argumens y rpandus ? Je m'abftiendrai d'en
dire davantage i je ne remontrerai pas aulli les ex qui ont t a fuite del rvolution. La facre cham
bre impriale, les trois ferniffimes princes direc-
teurs du cercle, tou: l'Empire enfin indigns d'une
fdition aulli injuftifiable et incompatible avec les
rgles de la juttice, du bon ordre et de la fu-
botdination, n'ont pu tolrer des atteotats de ce
genre.
La force militaire eft ordonne pour les rpri-
mer; ce font les infurgens oui la provoquent; t'efl
leur rfiftance injufte et opinitre au confeil de fou-
milEon < ut donn qui attire cette force militaire
dans le pays, pige neceffaire pour le rtablifTement
de l'ordre ancien. Mon cur fourfre bien fmfible
ment de voir que la plus grande partie de mes fi-
dles fujets le refleurira peut-tre des fuites de cette
rvolution. Que l'on repare donc au plutt les at-
temat par une parut! n plniere, et l'on doit tre
perfuael que je m'intreterai toujours vivement
tout ce qui peut contribuer au bien tre et l'in-
trt gnral de mes bons et fidles fujets. L'on ne
doit pas douter de mes principes cet gard ; le
wle et l'amour de l'ordre et du bien public dirige-
ront en tout tems mes actions et mes fciitimens.
Je finirai en vousdifant que j'ai beaucoup de- mot-fs
et des raifons trs-, reliantes qui me font prrfitter
dans mes opinions et dans mon refus de fanctionnei
les points que vous m'aver prfents.
Je fuis avec confdration Meilleurs, votre
trs-dvou et afK ctionn. ( Sign ) l'Evque et
Prince de Lige.
ANGLETERRE.
Extrait des papiers anglais.
OnafTuure qu' la prife de Belgrade on n'a rien
trouv dans la caille milita re ce qui fait croire
En ce moment l'on peur annoncer que tous les d
partent 11s du pouvoir executif, qui forme l'un des
branches de notre nouveau gouvernement, ont ete
rgls et mis en acri.it; et ceux qui ont t nomms
pour en remplir les divers poftes, font des h mines
qui touillent de la rputation la plus brillante, foit
a titre de leuis nient et de leurs lumires foit
raifon de l'intgiit de leur caractre et pour leurs
principes vraiment patriotiques. L'importance charge
de fecrraire d'Etat eft deftine M. Jtfe'fin de
Virginie qui a t revtu en demi, r li.-u du ca-
ractre de minillre plnipotentiaire de notre Rpu-
blique la cour de r failles. Sond, art pour VAm
rique ayant foutferr quelque dlai il nYft pas cocon
arriv. Le gnral Knox a t nomm fecretai e du
dpartement de la guerre polie qu'il a rempli dt
pendant plulieurs annes et dans lequel cet offi
cier, honor de l'amiti de l'illuftre prlident de la
coni de ration, a donn des preuves de fa capacit.
M. Jeun Jay, ci-devant fecrtaire au dpartement des
aifairestrangres,a ete nomm chef-juede I Union.
Sesconnaiffances l'ont dift ligu depuis long-rems, et
fes lentimens pour le bien ele la Patrie ont t con-
figns encore rcemment dans un excellent ouvrage
priodique qui a t publi ici fous le titre de fd-
ral'fie, et donc M. Jay a t l'un des principaux au-
teurs. Il parut dans l'intervalle entre l'poque o le
rapport de la convention pour 'a nouvelle forme du
gouvernement fut communiqu aux Etats-Unis, et
ce IL o ce rapport fut agre par la plus grande plura-
lit de la confdration; cet crit ne contribua pas
peu dilfiper les rejugiJjBBt re nir les efprits. Les
autres juges qui lui ont eaHdjoints pour former le
tribunal luprme de Y Un-onAom MM. Jean R.:tlcge ,
de la Ca>olmi mridionale ; James Wiijon, de l'enfyl-
vanie ; William Cushing de M ijfachafett ,- Robert
Henri hariijfon de Ma y.'ar.d ; et Jean Blair de
Virginie. Le dpartement de la trforie fera coni-
pofe- d'un fecrtaire, d un contrleur, d'un auditeur,
d'un treforitr d'un rgiftiartur te d'un fous-fecre
taire. La premire de ces charges et pat c nfquent
celle de chef du dpartement, a ete donne M. Aie
xand'c Hamilton, d.- XiwYork, qui a ete aulli l'un
des auteurs dufd ai/le, et qu'on compte au nombre
des membres les plus refbee tables et les plus clairs
denotregouvernement. Comme l'on le terme l'ide la
plus avantageufe de fes pr ncipes et de fes lumires,
le Peuple Amricain fe flatte que ce nouvel admi-
nistrateur de fes finances rullira a les mettre dans
l'tat le plus floriffant, et confolider le crdit de
V Union-Amricaine, dj fi bien tabli en Europe, que
1 s effets la charge de notre confdiation, font
au-d fuis du niveau de la plupart des fonds du vieux
continent. En effet, tout concourt en faire con-
cevoir le plus heureux augure. Les prenrercs opra
tionset lesmefuresdu nouveau gouvernement, toutes
couronnes du fuccsle pluscomplet, ont infpir une
fi haute opinion de la nouvelle forme fdrative et
tant de refpecr pour les membres qui compofent la
prfente adminiflration que la fatisfaction rgne
d'un bout de notre pays l'autre, qu'on n'ventend
pas la moindre plainte, et qu'il n'exifle plus l'ombre
mme d'une oppfition. La convention de la Caroline
feptentrionale s'aflmblera au mois de novembre
prochain : l'on ne doute point que la prfente forme
de gouvernement n'y foit prefque unanimement
adopte ; et tout annonce que le feul Etat qui refte ,
celui de Rhode-Ifland fe joindra aux autres; de
forte que la confdration fera complette avant
l'ouverture de la fefjjon prochame du congrs.
FRANCE.
De Paris.
La totalit des effets port! l'htel des mon-
naies de cette ville, en matires d'or et d'argent,
depuis le 11 feprembre jufques et compris le o de
ce meis, monte, en or, $(j marcs 7 onces 1/
denier* 6 grains de poids ; et en arge; t, , 154,004
marcs une once 8 deniers 12 grains de poids.
L'acadmie franaife la rentre ayant t pr-
sente leurs majefts M. le chev lier de B uf-
flers directeur, a prononc le c'.ilcours fuivant :
' Sire, quatorte ficles d'amour de la Nation la
plus fidelie et la plus crithoufiatte de fes rois ,
avaient fait contracter vos predecefleurs de gran-
des obligations toujours accrues et quelquefois
oublies. 11 tait referve Votre Majeft de s'ac-
qutttei Mirera fon Peuple i et c'ell dformais vo-
tre Peuple a s'acquitter enve-s fon roi.
Ce gnreux projet que Votre Majeft a conu de
fi bonne foi, ce befoiu fublime du bonh-ur de tous
les homm.s, ces intentions fi Vrues, li bienfefantes ,
fi inconcevables pour les mes vulgaLcS, devaient
trouver des incrdules parmi ceux qui ne pouvaient
lire au fond de votre ctoeur : aujourd'he.i Sire 1
vous permettrez qu'on y life; vous vous montrez i
chacun 1.1 que vous tes pour tous : plus de bar
rienes, plus de dilfances entr vous et vol fajets :
leur amour vous appelait, votre amour Vou< rap-
proche : votre prlence defire annonce et renferme*
tous vos bienfaits et vous daigne* tre vous-mme
le gage de vos ptomelfes. Aulli votre Peuple attendri
ne ceffe-t il d'admirer cette galit- que rien ne d-
range, cette modration que rien n'altre cette fen-
fibilite que rien ne rftoidit, cette conftan :e que
rien ne lafTe ; -t jamais tant de regards n'ont t
fixs fur tint de vertus.
Parmi de fi juftes hommages daigne z, Sire dif-
tinguer ceux des gens de lettres dont votre acad-
mie ofe tre auprs de vous l'interprte e t le ga-
rant. Votre majeft n'aura jamais de meilleurs fujets ,
parce que les rois n'ont point de meilleurs juges.
1 h quels hommes. Site pourront faire autant pour
vorre gloire que ceux qui libres de parlions et
ii intrts, s'occupent en lilence a fixer la vrit fu-
gitive, et prefencet aux ges futurs le tableau fidle
de l'ge prtent Ils criront ce qu'ils favent i ils
peindront ce qu'ils voient; ils rehauiTeronr encore
vos actions, en expliquant vos motifs; enfin, ils
apprendront aux gnrations ernimes qu' vous
ietil eft d le bonheur dont elles jeuiront, que de;
voire propre mouvement, vous avez prononce dans
la grande cauie des Peuples, et que le pr; mier entre
tous les rois, vous vous tes montr aufli julte quo
la loi, aulli bon que la Nature.
A la reine.
Madame, (i j'ofais tracer votre ma;eft l'image
d'une perlonne vraiment digne des hommages de
l'Univers, fur qui le Ciel fenbleraitavoir d'avance
rpandu l'clat du diadme qui joindrait une dignit
plus qu'humaine une grce prefque divine, dont
l'affabili confciserait je ne- fais quoi d'impofant >
qui obligerait la vnration en permettant la con-
h nie, et chez qui enfin ia dlicate fT. de fon (en 4
en offrant l'expreliion des qualits ,os plus aimables ,
fetnbe-ait fervir de voile la force et au courage
d'un hros ; votre majeft sommerait l'augufte Marie-
1 hrefe et tous les Franais nommeraient fon au-
guft. file.
Si j'ajoutais de nouveaux traits, fi je fefais con-
natre cette aine gale etgenereufe, ault forte contre
f s propres chagrins que lenfible aux ptims des au-
tres avec cette r..ifon en tour t'tns m trefTed'elle-
mme fou vent infpire jamais domine par les v-
nemenas enfin fi feflavala de peindre ce don heu-
reux d'tonner et de gagierles efpri-s par un main-
tien toujours digne mais toujours conforme aux
circonllances 1rs plus difficiles, et ce charme ind-
hniffable qui nat de- la convenance et de h grce,
et qui prte aux moindres paroles plus de force qu'
d.s a'mes et plus de prix qu' des bienfaits votre
majeft continuerait toujours a fe reconnatre et tre
reconnue.
Telle en effet, Madame on vit autrefois votre im-
mortelle mre, et telle on croit 'a voir enc re 5 c'rac
a.nfiqu'avec un tendre enfant l'efpoir de l'Empire,
entre fes bras, elle vint fe montrer et fe confier i
la Nation la plus aloufe de fon indpendance : de
tels moyens feront toujours victorieux : elle arracha
des larmes des yeux les plu^ farouch s, elle ramena
les ef rits les plus anciennement alins; et l'on
connut ds-lors que les Peuples les plus libres font
en mme t ms ceux qui mettett le moins de bornes
leur enthouliafme et qui favent le mieux obir i
des vertus dignes de leur commander.....
A M. le dauphin.
Et vous, Mgr, votre aimable enfance eft loin encore
de mditer fur les grands vnemens et mme fur
les grads -xemples dont elle votre candeur, voire grce, vos carelEs, e-r cette
co fiance ingnue, et ces jeux innorem et cette
inaltrable gaite oppofent un contrafle intreiTant aux
frieufea penfel qui, mme en votre prfence,
abforb-nt tous les elprits. Cependant, M-mfe'gneur,
lorfqtit.- vou- leniblez ignorer les hautes deftines qui
n-pofent fur votre tre, la \ n art n-ive lit
d'avance les fiennes dans cette fant brillante qui


vous p met d'autre* gnration*, et dans cet air
de bc l qui nous annonce leur bonheur j nus ,
Mo i on pourrait tirer des augures encore
plu? certains de ces rponfes naves qui font par-
venues jui'^u'i sous et que (acadmie ne rendra
jama s avec la grce qui ks accompagnait : vous
aimez bien mieus tfC ici, difitt-VOlM, parce que
vo s tes bien plus avec le roi et la reine ; rp< ti i
1 i (bavent j Monieigneur, cei touchantes paroles:
tpandex a:nl chaque infhnt un nouveau rayon
d joie dans le coeur de vos augultes parons, et dai-
o-.n, ajouter que vous parle* au nom de tous
les Franais.
Monfitur, frre du roi a dtfir tre membre de
la M.ufun phUamtropifii, et on l'y a reu d'une voix
onanime. Monf igneur le diiC de Chartres a mani-
reit.- le me c v tea, et il a t admis au lerutin dans
cette lo.iet; bienfefante.
VNEMENT.
La il feptembre dernier, le feu prit au village de
laNeuvi lumont, diocefede Laon, ginralit<
(i taillons. Plufieurs batimenset huit grang.s pleines
c...: t la proie desrlimmes ;.vingt un mnages font
rduits a la dernire miftre, et n ont d'autre efpoir
que dans les lecours qui leur feront ports par les
mes charitables et fenlibles. On prie les- peilonn.s
qui voudront envoyer leurs aumnes de les faire
remettre chez M. Ballet notaire rue du Four-
Saint-Germain.
ADMINISTRATION.
Suite du riglemtnt de iajftmble des reprfentans de i:
commune de Paris.
Ordre
DE L ASSEMBLEE.
i. Les fonctions confies par la commune l'Af
(emble gnrale de fes reprfentans le divilnt en
trois objets, la furveillince priodique de> admi-
niltrateurs provifeires de la municipalit la con-
fection des rgi m ns gnraux relatifs l'ordre
fu>lic, et la rc.aetion d'un plan de municipalit,
, il -mbl< g -n raie fe reunira pour s'en occuper trot
fois par femaine les lundi, mercredi et vendredi
loir, fans exception des ftes.
i. Deux de ces fances feront employes la
difcuflion du plan de municipalit la troilkme aura
pour ob;et la confection des tglemens gnraux qui
liront jugs nceflaires. Les fances dtftines rece-
voir les comptes e: entendre les rapports des ad-
miniftrateurs municipaux, et celles qii feraient d-
tetmines par des cir onftances imprvues auront
lieu fur une convocation fpeciale de M. le maire
ou du prefident.
y. L'ouverture des fances ordinaires fera fixe
quatre lie. res prcifes du foir, et la clture
neuf heures.
4. Le prefident aura le droit de rompre l'affem-
ble toutes les fois qu'il le jugera nceffaire ; mus
il ne pourra la prolonger fans avoir fait dlibrer
fur cette prolongation avant l'heure fixe pour la
clture.
c. L'heure des alTemblies extraordinaires fera
indique par le billet de convocation.
6. A l'ouverture de chaque fance un des fe-
crtaires fera la lecture du procs-verbal de la fance
prcdente relative au mme lujet et le preldent
rappellera l'ordre du jour.
70. Il ne pourra tre pris aucune dlibration dan-
le cas o l'aflembie tant compofe de moins de
quarante membres, un des membres prfens en ferai
l'obfervation ; mais lorfque fur une queftion agite
dans le tems fixe pour la fance le prefident aura
prononc la dcilion de l'afTcmble perfonne ne
fera admis oppofer, comme moyens de nul it ,
que le nombre des opinans tait au deflous de qua-
rante.
8". La fance ouverte, chacun reliera aflis, ex-
o pt celui qui aura la parole.
90. Tout applaudiffement fera interdit ; le filence
fera exactement obierv la fonnette du prefident y
rappellera les membres qui le troubleraient et celui
qui continuerait de parler maigre ce lignai lerait
repris pat le prefident, au nom de l'aflembie.
i-. Le prefident aura feu' le droit de rappeler
l'ord | fi un membre juge-qu'un autre s'en carte .
il n- pourra l'ia perfonnellement, mais il
fera tenu de s'adreflet au prefident pour le faire rap-
] 1er a l'ordre-.
n. Nul ne qnittera fa place mme peur parler
au preldent et aux fecrtaireS.
il0. Les huiffiers charges du fervice de la falle,
feront ! fuls intermdiaires des communications
des membres entre eux ou avec le bureau.
huifliers avertiront voix baffe les mem-
bre! anda dehors.
14' Nul .t. que les membres de l'aflembie ne]
401
pourra relier dan l'enceinte de la falle et les huif-
:; s kiont chargs d'y Veiil r.
ij. Les ptitions, lettres ou adreffes l'alTern-
ble pourront lui tre prfentei par celui de ks
membi. s qui en ferait charge.
160. Les corporations ou particuliers qui deman-
deraient tre entendus dans l'aflembie s'adielle-
ront par la va:-; d'un huiflier, l'un des membres
du bureau qui ira s informer de l'objet de leur d-
marche, et en fera part l'aflembie en lui deman-
dant Ion agrment pour les introduire.
i-. Ce fera toujours le prefident qui rpondr1
au nom de l'aflembie fans qu'aucun membre puiffe
tre admis faire des obfervations en prefence des
perfonnes intreffes.
i8. S'il y a lieu dlibrer fur un objet pnf nu
l'aflembie par des perfonne* trangres elles
feiont pries de le retirer et le prefident ne leur
repondra qu'aprs avoir pris le vu ae l'aflembie-
( La fuite au n" prochaii. )
L'on fe rappelle qu' l'poque des troubles de
Vernon qui manqurent de laire perdre la via a
M. Planter, membre de la commune, envoy dans
cette vil.e pour ai lit de bled on fut oblige d'y
faire palier de S troupes commande! par M. le che-
valier d'Ieres pour y rtablir le calme.
M. d'Ieres fe conduilit avec une fermet militaire,
qui parut, et qui fut peut-tre muque au coin de
la rigueur, on dit mme de la violence.
Cette conduite donna lieu des rclamations nom-
bre ufes contre cet officier qui, dans une lettre M. le
maire ligne, commandant-gnral de l'orne c imbi-
ne des troupes du roi et des troupes nationales, on
prtendit qu'il n'avait refpect aucun droit dans L
manire dont il avait fait uige de fon pouvoir i en
fin un blme gnral fe rpandait fut li conduite df
M. d'Ieres, lorfqu'il vint Pans, rendit compte d>
fi conduite au comit de recheiches dont il avait
reu la lettre luivante ;
Lettre de l'A.jfembie nationale, adnjfe M. lechevaliei
a'ieres commandant giral des troupes envoyes pa-
fa majefti- a la ville de Vernon. Paris ce 20
novembre 1789.
Le comit des recherches de l'AlTembl^e nationale
eft fatisfak Monfieur du compte que vous lui avt 1
rendu de ce que vous avez fait Vernon, en excu-
tion des dcrets de l'Alcmble nationale f.uictionne"
par le roi, et des ordres du gnral en chef. V'ot t
commiflion tait vraiment dlicat?. La ncellit de r-
ublirlatranquillit publique, fortement trouble et
de l'assurer au milieu des factions qui rgnent dans
la ville de Vernon, vous obligeait prendre quelques
mefurcs extraordinaires i mais vous avez donn des
preuves d'un grand zle et de beaucoup d'intelli-
gence : c'eft un tmoignage que le comit vus doit,
et qu'il vous rend volontiers.
Fait au comit des Mberchcs de l'Affemble na-
tionale, Paris, ce acWRrembre 1-89. Signes, Reu-
l>ell ,-Emmiry Goupil de Prefi.ii. ttu^ot 3 Gouttes, cui
a Argilliets le Berthon.
Rclamations des Ngres lures, Colons Amricains.
Le ngre eft iflu d'un fang pur le multre au
contraire elt iflu d'un fang mlang ; c eft un
compof du noir et du blanc c'eft une efpece
abtardie.
D'aprs cette vrit il eft aufi vident que le
ngre eft au-Heflus du multre, qu'il l'eft que l'or pur
eft au deflus de l'or mlang.
D'aprs ce principe le ngre libre dans l'ordre
focial, doir tre clafl avant le multre ou homme
de couleur; donc les ngres libres doivent au moins
efprer comme les gens de couleur une reprfen-
tation l'Alf -mbl nati^na'e, fi ces derniers obtien-
nent cette faseur qu'ils viennent folliciter :lesr
libres fe repoleni .1 cet effet fur la haute fagefle des
reprfentans de la Nation i ils rclament d'ailleurs les
bons office"; des d'puts de .Saint-Domingue l< ur-
pitrons et leurs prorecteurs naturels qui ne fouflri-
ront point une exc'ufion injurieufe la puret de leur
origine ; ils ne doirent pas que les dputes de Saint-
Domingue ne dvoilent, avec toute l'nereicdonr ils
font capabl s, l'incratirude des gens de couleur, qui
femblent ddaigner les auteurs de leur tre, qui les
ont oublis volontairement dans la demande qu'ils
viennent de former au tr'bunal de la N'arion en lui
faifant une offre patriotique dtfix mi.lions, fans dai-
gner les v comprendre.
Mais les ngres libres, colons Amricains, plus
us que I urs enfans fej>ropofenr de venf in-
ceflmment offrir eux mmes al'Afi'i-mblce natio sale
un don patriotique de douze millions ; ils ont lieu de
croire qu'il fera reu avec le mme enthoufiafme, et
qu'il leur mritera les mmes bonts ; tant en beau-
coup plus grand nombre que les gens de couleur ,
non moins fonds en droits er en pouvoirs, iis ne
fi ronr pas plus embarralT s qu' ux ralifr ce faible
Don patriotique. Lts Ngres libres Colons
AjtfUlCAJMS. i
CIIATELET DE PARIS.
On a jug plufieurs affaires ce tribunal, dontli
publicit pour la furet et la tranquillit publique
parait nceffaire.
La premire avait pour objet une meute populaire
la grve le 21 octobre dernier, jour de l'allaflinat
du boulanger Franois, vers midi.
Les nomms Gramont, Grunou Pruvouet la fille
Drouet ont voulu forcer la garde l'entre de la
rue de la Vannerie, et l'ont iniulte ; arrts, ils ont
t condum l'htel-de-ville et leur procs a t
fait prvtalement.
Gramont et la fille Drouet ont t condamn"* i
tre attaches au carcan avec crit-aux portant pout
( iiamont . homme j'iaieux, pour la fille Drouet,
femme fdititufe.
Pruvou et Grunou ont t dchargs de l'acru-
fation, et la fciuence rendue fur ce procs fera
affich).
Le fcond avait pour objet une femblable me te
occafionncc par le nomm Louis, le mme jour,
avec insulte grave envers la garde nationale.
La fentence le condamne tre attach au carcan
avec l'criteau hommt fduicux. Ce jugement fera
affich.
Le troifi-me avait pour objet la fdition occ.ion-
ne par deux boula-gers de la rue Saint-Alaur,
la Courtille qui s'oppofaient es que des
grains fuflent depols Saint-Martin plutt qu' la
h.Ile.
La fentence leur a enjoint d'tre plus circonfpectj
l'avenir, et leur dfend de tenir dformais des pro-
pos indiferets.
LITTRATURE.
Jlijloire des Serpens par M. le comte de la Cefde,
garde du La royales de Dijon Lyon &c. 1789. Tome fcond,
in-4\
A Paris rue des Poitevins hte! de Thou.
Le, premier volume de cet ouvrage a paru l'arme
dernire, et a eu beaucoup de fuccs : i! traitait des
quadrupdes ovipares. Celui-ci prefente une hiftoire
dplus de 17J efpeces de ferpens, dont plufieurs
n'avaient t dentes par aucun naturalise. M.
le comte de la Ope le s'eft livr i des recherches
trs-pnibles et qui ont <* lui coilter un travail
pour lequel il fallait r, n;r l'habilU e de l'ob-
fervation autant de paiiciice que de courage et de
fagacit.
Le difeours fur la nature des ferpens, qui prcde
Philtoire de ces reptiles nous a paru une fu te des
grandes vues de l'homme de gnie dont M. de la
Cepde a entrepris de continuer le travail, et nous
penfons que le publie le regarde dj comme un fuc-
cefleur propre le confoler d'une perte que l'on
pouvait croire irrparable. Ce difeours eft fuivi d'une
table mthodique qui contient les efpeces et les
caractres de tous les ferpens. En examinant cette
fable, on fera convaincu de l'attention fcrupuleufe
avec laquelle l'auteur a prfent les diffrens objets
qui entrent dans la compolition de fon ouvrage. La
collection du cabinet du roi lui a t du plus grand
fecours.
Nous regrettons de ne pouvoir citer les endroits
de cet ouvrage les p'us propres donner ros
lecteurs une ide avanrageufe du talent de M. ue
la Cpde et de fa manire de peindre les objets
qu'il a traits. Nous nous bornerons aux paflages
(uivans :
> A la fuite des nombreufes efpeces des quadru-
pdes et des oifeaux, fe pr fente l'ordre des fer-
pens j ordre remarquable en ce qu'au premier coup-
d'il les animaux qui le compolent parailTent privs
de tout moyen de fe mouvoir, et uniquement df-
mes vivre fur la place ol le halard les a fait
natre. Peu d'animaux cependant ont les mnuvemens
auffi prompts et le tranfporren: avec autant de vitefle
que lefeTpentt il gale pre-fque, par fa rapidit,
une flche rire par un bras vigoureux lorfqu'il
s'lance fur fa proie, ou qu'il fuit devant fon en-
nemi : chacune de fes parties devient alors comn*
un refl'ort qui fe dban le avec violence ; il femble
n t ucher la terre que pour en rejaillir i et, pour
a 11111 dire fans cefTe repoufl par les corps fur les-
quels il s'appuie on dirait qu'il nage au milieu d
l'air, eu rafant la furface du terrain qu'il parcourt.
S'il ve-ut s'lever encore davantage, il le difpute i
plufieurs efpeces d'oil'eaux par la facilit avec la-
quelle i! parvient julqu'au plus haut des arbre,
autour deiquels il roule er droule fon corps avec
tant de promptitude que l'oeil a de la p me le
fuivre : fouvent mme- lorfqu'il ne change pas
encore de place mais qu'il eft prta s'lancer, et
qu'il elt agit par quelque affection vive, comme
I amour j la colre ou la crainte, il n'appuie contre
t rre que la queue qu'il rep ie en conrours finueint,
il r drefl avec fiert fa tte, il relev avec vi-
tefle le devant de fon corps, er le retenant dans
une attitude droite et perpendiculaire, bien loin
de- paraitre BMiqueineut deftin ramper, il orlre


l'image de la force du courage et a'une forte
d'etnpi e.
Telle eft l'ide gnrale que M. le comte de la
Cpdedonne des ferpena au commeocemaat de fon
dilcourspreliminaiu.( e tabfcfSUl preiente 4 s i nages
uui prouvent que le pinceau de l'auteur a autant de
facilite que d'nergie, f.e morceau Ulivant a le mmt
Mfite et termine ce diicours de la manire la pius
heuie-ufe.
"Grandeur, agilit, vite (le de mouvement, for
ce, trmei runettes, beaut, intelligence inllinct
inreUf, tell font donc les trits fous I-. fqueb lc
fefpens onl t montrs dans tous les teins ; et ci
chercha t ici prsenter cet ordre nombreux ei
rem.vqual> e ie n'ai tait que rtablir d. s ruines,
Miadet ds ra,'p tts pris, m ii-r l'enfemble et
apofer des rcfulratl gnraux que les ancien-
iraient dj recueillis. C'.ft donc la grande i
de c erres diflingul, di j peinte par les anciens .
iiosniiiTcs in tant de genres, que je viens dVl
fjycr lie montrer aprs avoir tcne de la d-;
du voile dont l'ignorance, l'im'giiution et l'amou
du merveilleux l'avaient couverte pendant un.- 1"
gut fuite de liecles i voile tiffu d'or et de !"i. i
qui ambelliflait peut-rre l'image' qu* l'on voyai
H navets, mai* qui n'tait que l'ouvrage '-
l'homme, et que le flambeau de la vrit doi:
cwifumet pour n'clairer que l'ouvrage de la
lature.
C'eft dans l'ouvrage mme qu'il faut lire la def
triptio d.-chaque ferpent dont M. de la Cpdt
dit l'biftoire. Le nom de l'animal peut infpirer uni
forte d' flroi et mme de dr.ot > nuis l'auteur a
fu donner cette parti-* de lliilto re naturelle u
intrt dont on pouvait ne la pas croira fufcepn
ble. Au lurplus, l'ouvrage eft enrichi d'un grane
DHibrede planches dont l'excution ajout au m-
rite des descriptions et les rend plus fenlibles pour
la c ade des lecteurs qui aim.'iu i fe rendre compte
d;s objets qu'ils ne peuvent a\oir habituellement
(lus les >eux.
JVi.r d'un Solitaire pour finir de fuite aux tudes
ii la Nr.u-e. Par Jacques-Bcrnanlin-lluiri de Saint-
Pi. rre, avec cette pigraphe : Miferis Jlccum'e difeo.
Ettfid. liv. 1. A Paris, de l'imprimerie de Mon-
Lur. ,789.
Dans le nombre immenfe d'crits qui ont pr*
pi; initie immjiife rvolution ou qu'elle a fa'
natre, il entft plufieurs dignes de l'hommage im
mortel de la France i tels font furtout aux qu
ont pour titre : Qu'eft-ce que le Tiers Etat ? Ejfai ju:
Us priviliges i tonfidrattoni d'un propr taire fon-
der ic. ouvrages o les principes de la jullice e
de ia raison paraideot revtus de tous Us traits d
II! qience, et qui taient 'aies non-feulement pou
apprendra au Peuple rclamer fei dro ts trop long
tems mconnus, mais pour dicter aux reprleiitaii'
de ce Peuple tout ce qu'ils pouvaient faire poui
lui. Lis Vaux d'un fblltatrt ont t publis plus tard
3ue les crits dont je viens de parler, et quoiqu'anim
'un mme efpiit, ils ont dil avoir un autre ton :
l'on voit, en les lilant, qu'ils font le fruit d.s plu
lagetmditations d un philofophe et des anch
n m d'une aine trs finfibk. M. de Saint l'ien
commence par jeter un coup d'oeil fur la grle qu
dvafla la France le 15 ju'ilet 1788, et fur le dei
ni-r hiver li long et il rigoureux ; poques terribF
et m morables, qui en nous rappelant a la Na>
ture, eue nous oublions trop fouvent nous font
mieux lent aulli tout ce qu'elle peut pour notu
bor.h. ut.
Les royauumes ont leurs faifons comme le-
campagnes dit M. de Saint Pierre ; ils ont leu'
hiver et leur t leurs grles et leurs rofes
L'hiver de la France eft pal! ion printemi tlt n
venu. Alors, plein d'efp ance je m'alfis au bon.
de mon jardin fur un petit banc de gazon et d.
trclle, l'ombre d'un pommier efl flairs vis--\ ij
une ruche dont Its abeilles voltigeaient et bour
donnaient de tous cts. >
On fent combien cette manire de peindre qu
nui met pour ainfi dire en prefence des ob-
jets, tt qui car cttrife tous les ouvrages de M. dv
Saint-Pierre prte d'intrt les difcouri. Il coi:
fidere d'abord les divers change-mai- qui le font far
dans les murs et le caractre des Franais depu
leur etabliUem nt dans les Caules. Il observe qu'i
405
Les premiers vux de M. deSaint-Pierrr- font pour
le roi et conviennent p rtaitement au monarque
.|U' h Nation entire a proclam le nfauraum et
la Inerte frg,nfai fe. Aprs c -s voeux l'auteur en fa ir
pour ileux ordn.-s.qu .parleur renonciation d'in-
luftcs privilges ont mrit de von abolir ds vaines
et abfurdes diltinctions d'ordre et de n'tre plus
que les citoyens libres d'une Nation dont la COtlfti
r-mon ae doit fervir dformais d'exemple- l'uni-
vers. Mais les vrrux les plus ardens de M. d" Saint-
l'ierre font pour ces eitoy ns pauvres et malheureux,
que l'afyle qu'il s'eft choi(i dans un faubourg trs-
retir i et fon caractre le porte fans celle a etu-
plaindre et ellimer.
La partie la plus intrellantc et la plus utile de
1011 livre eft celle qui a pour titre : Vaux pour uni
(dut .lion nationale. M. de Saint-Pierre la traite en
nomme qui connat bien tons les vices de notre du-
cation publique, et il les fait fentir a ls lecteurs,
il voudrait qu'avant d'tablir un.; cole de citoyens,
on en formt une d'inftituteurs, et qu'mu.te ce ft
1 ces homrn 1 figes qu'on conflit la foin d'lever
les enfuis de la Panie. Il parle ave-, force contre
1 m mulation dang.'reufe, employe dans les col-
lges et dans les penfn>ns,et qui peut-tre clt l'unioue
lource de l'ambi'it-n et de l'envie, qui combattent
fans celle chez les hommes l'amoar de la paix et de
l'galit.
Celui qui defir; autant le bonheur de fes conci
toyens doit galemc t dlirer celui Je toutes I 1
Nations; aufli, c'elt par de tels vux que M. d.
-iaint Pierre ttrmine fon ouvrage. L'anal vie tr-
fuccinte que je vi.ns de- tracer de ce livre, peur
donner une iJe des principe! et du but de Fauteur.
mais comment faire connatre, fa:>s les copier, le.
dtails charmans qui rembelliffent? Je vais me bor-
ner quelques citations qui ont rapport a un projet
trs neuf et trs-heureux. M. de Saint-Pierre fou-
haiteraie qu'on choisit, non lourde Paris fur I
bord de la Seine en tirant v< rs la mer, un im-
menfe endos o l'on cultivt Mutes les plantes er
les arbres trangers qui peuvuit fe naturalifer dai
notre climat; qu'on y mu tous les oifeaui que c s
libres et ces plantes nouniffent cans leur pays, ei
ur-tout qu'on y entretint une ramjle de chaque
Narion qui, gardjnt Ion coftume et Cet murs .
ostrirait dans cette petite republique la varit de
tous les Peuples ternes far la furface du globe. Mais
une condition nceffaire, impofe aux individus des
liverfes Nations, pour tre admis dans'cet afvle
I11 repos et du bonheur, ferait u'avoir t trs-
malheureux.
taient, tous les Gaulois comme des enfans en.
ma-ilotes par les Druides; adol.'cens fous les l>>ni
indifeiplines ; jeunes hommes foas ( harlemagne n
fous Franois I" ; et maintenant don s i. Mute I.
force et la maturit de la raifon qui leur appren
chrrchrr leur bonh.ur. Enfuite M. de Saint-r
examine quel dt le meilleur des gouvernemens :
queftion ties importante qu'il ne prend point di-
rai de ,"foudre nvis que Montefquietl a dcid 1
en donnant la prfn nce .1 la monarchie temp
Heureufement que les reprefe-ntans de !a Nation
font en cela d'acrord avec Montefquieu, et qui
nous voyons fu. cder un jolie balancement de pou
voirs c-tte puiffance abfolue qui donnait trop au>
ton la facilite de d venir d "t a leurs
aainilttes l'envie d'abuiet d'une autorit illimite.
Jamais ide ne fut peut-tre plus touchante! ...
Mais en ne s'arrtai.t qu'aux biens de la nature ,
voyez nos champs. Nous devons prefque tous les
vgtaux qui les enrichiflent aux Egyptiens aux
Grecs aux Romains, aux Amricains, des Peu-
ple! *auv iges. f.e lin vient des bords du Nil ; la
vigne, de l'Archipel ; le bl, de la Sicile; le noyer,
de la Crte; le poirier du mont Ida; la luxerne,
ie la Mdie ; la pomme de terre, de l'Amrique;
le cerifier, du royaume de Pont cVc Quelle ra
vidante harmonie forme aujourd'hui l'enfemble de
ces vgtaux trangers au milieu de nos campagnes
tranaifes !.......
Dans les jours facrs, toutes les famil'es fe raf-
(i mbleraicnt autour du temple, pour y pr ndre en
ommun des repas innocens, avec les racines des
idant s, les fruits des arbres, le bl des gramines,
et le lait des troupeaux. L'amour les lapproch.iait
l ncore davantage. Les jeunes gens des deux fext s
v dnieraient fut la peloufe, av Ion des divers inl
rumens de leur pays. L'Indienne du Gange un
tambour la main brune et vive comme une Hll
de l'aurore verrait, en riant, un enfant de la Ta-
inife pris de fes charmes, apporter les pieds les
riches mouflelines dont Ca'cuta dpouille fa patrie,
'.es bienfaits de l'amour y repareraient les rapines
de la guerre. La rimide Indienne du Prou repofe-
rait fes yeux fur ceux d'un jeune Efpagnol, devenu
fon amant et fon protecteur, fa Neerede de Gui-
ne au collier de corail, aux dents d'ivoire, fouri
rait au fils de l'European qui donna jadis des (ers
fes perts et ne dlirerait d'autre vengeance
que d'enchaner le fils, fon tour, dans fes bras
d'ebene.
Votre comit de vrifiaron v;ent de fuivre la
mme archedans foa rapport pout l'admiioa .'es
dtpmes ne li Guadeloupe et de la Martinique.
Vous avea fanctionn par un dcret le rapport de
votre comit de vrification c't ft-.i-.lirc-, que sois
ave/ dcrt qu'on ne devait pas avoir gard la im-
putation dis noirs non libres, ni mme i celle des
noirs et multres affranchis, mais uniquement a la
population des citoyens blancs qui habitent Saint
Doni ngue, pour fixer le nombu dei .1 ptes de
Cette le que vous devii / admettn al tffembl na-
tionale et que vous av / rduits pai etK 1 ai fon
la faible reprsentation de lix.
Cependant les depu es de Saint Domtngue,dh
d'un ct par les droits d'galit qiu vous 1
d'e ablir.de l'auti pai 1 voee politiques et n-
cell ires i la confervatiofl d'uni de vos plus b s
poiTeiIions infulairei, le (< Q 1 m| 1 Bi s a c m
quer leurs commettans leurs embarras tt i I ut
repr f nteren mme tems qu'i's croyaient OU*il
-i i nt quit d'appeler 1
dlibrations les ngres et mi his. Nous
.nous nu que nous de r\ 1 a ItOI
'honneur ds vi nmti un plan d'af-
b 1 ds feraient entrer d'une
faon 1 ; bit n s affranchis. Car ce gnreux
procd i de 1 1rs | tr>n>, ces (franchis en prou-
veront un noui bienfait qui reffetrera de plus en
plus les liens qui les attachent leurs protecteurs
natures.
A cet effet, Mditurs, nous avons mme dj
lb.licite- du roi la pernullion de nous alLmblcr
Siint- Dcmir.gue ; on s'empredra d'y tonner un
lai de (onftitution propre nos 1 oeuis, nos
Cages nos manufactures et notre climat ;
ce plan vous fera pielent pour tn obunir lu
finction d/prs un mr examen que vous en
ferez.
Vous ff ntez, Medieurs que cette conditution
lo't tre diiferente de la votre. La France n'tlt ha-
bite et ne peut l'tre que par un Peuple libr ; les
colonies, au contraire 'ont habites par des Peu-
ples miang s d'Europans et d'Africains. Leur r-
gime n'elt, ni doit tre le mme que celu de la
mtropole ; le fyftme politique l'intrt du com-
merce de France la furet individu-Ile et publique
de vos colonies, tous ces motifs et bi n d'autres
qu'il ferait trop long de vous d tauicr dans ce mo-
ment, vous annoncent, Me meurs, la nceflit d'une
conftitution mixte propre ces colonies, qui ne
peut s'approprier qu' elles leuLs, et n'tre faites
que par aie! feules.
Vous trouverez, natu el, Medieurs, que ces pro-
vinces infulaires qui ne peuvert tre- ftn.tement e-
gardes comme provinces frai aifea forment elles
mmi s leur conftitution da s des ail" mblecs gnrales
et rgulires eu tous les obj ts qui les interciferont
feront examins, dbattus et approfondis avec tout
l'avantage des connaiffances locales qui ne peuvent
vous appartenir, mais dont vous vous rserverez la
difeudion.
Op'nion de M. de Cncherel, dput de S. Domingue ,
fur l'admijion des ngres et multres libres aux ajfem-
/es provinciales.
Medieurs, lorfque trente-un dputs de l'le de
Saint-Drtm:ngue fe font prfentes votre augufL
Affemblee pour y demander leur admidion dans Ce
nombre vous avez ordonn que leurs pouvoirs fe-
m mis vo're comir de vrification, qui a
'uc que leur nombre ferait dtermin non en railon
ompofee de leurs richedes et de leur population ,
omnie ils avaient lieu de l'efprer, mais en raifon
de leur feule population.
Dins cette population votre comit de rapport
i'a pas cru d voit comprendre la cbiiTe des noirs non
ibi s ni celle des noirs et multres affranchis ap-
pel) s tnt de loulitrs que vous avez, vus a la barre
Je l'Aftemblee nationale.
Motions adrejfes r Affemblee nationale en faveur
du fixe.
Le bonheur des hommes eft-il dpendant de celui
des femmes ?
Quels font pour elles les moyens de l'tablir ?
Les couvens de religieufes doivent-ils tre fipprims ?
Aprs des rflexions prliminaires fur l'g dite qui
de rait rgner eut. e 1 homme et la femme, l'auteur,
pour refoudre la premire quellion, s'exprime de
la forte : Depuis !e feeptre jufqu' la houl te ,
pourquoi les femmes, nes pour rpandre d s fleurs
fur la vie prive de l'homme, ne reoivent elk - de
lui en recompenfe que des feri, des totirmti.s et
Jes injullices ? La plus grande qu'il puilL- commettre
|eut gard, c'eft de le plaindre d'illis; s'il v ut
quelquefois imp'rieuf ment les foumettre ou les
taiie vouloir, par cet alcendant mconteftable, les
femme! feront donc toujours ce qu'il voudra qu'ellf-s
(bient ; alors n'efl-il pas piouv que fes vertus font
a elles, et que (es torts, le plus fouvtnr font
les fiens.
Vouloir tre heureux par la libert continue
l'auteur, c'eft le propre des grandes mes; mais
confidrez, Medieurs que votre bonheur c ab-
f'dument dpendant de celui dts femmesj le feul
n peut tre de le rnlie mutuellement inal-
trable ce ferait de former un dcret qui obli-
"-. t les hommes poufer les femm-s fans dor (1) ;
l'homme oui aura choi fa compagne fuivaat le
vu de fon rur. n fer! pal tromp par la na-
ture s'il |*a bien confulte et fi aucun intrt
tranger n'a furpril fes difpofitions.
Nous reconnaiffons Ivfedeurs,tous vos droits;
mais vous les perdez quand vous les foumettez
(i) Je me hte de prvenir que je fuis poufe et
niei c et que mes enfans font des garons.






.
de-; ettcnlf^ fi, par un gnrcua facrifice, vous
adopr. 7. ce principe, fi vous en faites une loi, nouf
vous apporterons en rhangedes vertus un coeur
reconnailant cette confiance, ce refpect d
l'homme de bien qui fait rendre fa f mille heureufe.
Et quelques lignes plus bas : Ah ds--prfent ,
Meilleurs, prenez en confideration le fort dplo-
rable d'un grand nombre de ces mens de famille,
dont les maris ont diifip cette fatale dot, er
qui ils n'ont laifle que des dettes et des enfans ;
envifacvrt/-vous comme une plante parafite ces
infortuns? la lecit ne leur doit-elle rien ? les
laiffi .e/. vous dans l'abiffement et 1 humiliation que
l'indigence trane la fuite .'Si quelques-unes d'entre
elles trouvent quelque reffource par le travail le
plus allidu il en eft une infinit d'autre* qui
l'ducation le prjuge ou la nature relufent tous
les moyens de pourvoir par elles-mmes l'exillencc
de lent famille; fouvent encore il en tft qui lace
ne permet plus ce que le courage leur infpire ; enfin
il en exifte de devou.-es au malheur, dort l'intel-
ligence et l'tfptit pourraient les mettre en tat de
ne dpendre que d'elles-mmes s'il y avait quel-
ques reffources fuffifantes pour les femmes con-
Icrvant dans l'adverlit ce beau caractre qui anno-
blit toutes les actions elles loufTrent habituelle
ment fans fe plaindre, elles fe font une jouia1a.net
de leur privation, et ne donnent point i l'or
gueilLule et infenfible opulence, le droit de les
humilier.
Cette clalTe de femmes, fuivant l'auteur, eft trs-
capable d'exercer nne infinie de places lucratives
occupes jufq i' prefent par des hommes. Conti-
nuons de prfenter fes ides dans les termes mme
de fa motion qui eft crite avec beaucoup d'in-
trt : Ne forait-il pas jufte de referver pour les
femmes toutes efpeces de bureaux de diftribution ,
et tous emplois quelconques qui feraient leur
porte ?
Le fentim,-nt des maux de tout mon fexe me p-
ntre jufqu'au fond du cur : eh .' fans doute, Mef
fienvs, vous n'envifagerez point non plus a\ei
indiffrence tant de malheureufes filles qui n'om
pa eu la facult d'acheter un poux ? Delaiffes ,
repoufles de toute la nature quand elles ont
perdu leurs pa-ens elles vgtent dans l'indigence
fert : fi elhrf peuvent prtendre tre places un
jour fuivant leurs talens elles fauront en acqurir i
leur caractre, leur une prendront un nouvel efloi t,
les murs y gagneront, les clibataires ne tarderont
pas fe marier. Que de bien, Meilleurs, vous
pourriez produira 1 Que u'hrureux vous pouvez
faire Nous voici arrives la troifitme queltion :
les couverts de religieufts doivent ils ttre fut-prims ?
La conclufion comme on le penfe bien eft pou
l'affirmative : enfin il eft encore unetroifieme clafic
de femmes, plus miferables, plus affliges que j
ne puis l'exprimer : la nature le lvolte quand je mt
rappelle ces clotres o je fus moi-mme r nferme
jufqu' l'ge de vingt-cinq ans: depofit. ire d^s
peines fecr res de piufieurs d'entre elles que de
r grets l'uperflus que d< larmes ameres |'ai r.cueil-
lies dans mon lein Toujours aux prifes avc la
nature, elles la combattent fans celle, et ne peuvent
l'anantir.
C'elt dans ces fombres afyles, qu' petit brui-
toutes les palfions enchanes fe heurtent habitiul
lement : ces innocentes victim s diffrentes d
oractere comme de phyfionomie, font foiccs de
vivre enfemble fans aucun rapport de convenance ;
ourncllement elles doivent le prter ce qui ne
eur convient pas, facnfi.r leur gc t, leur volont ,
eur penchant une feule d'entre elles, qui exerce
e plus fouvent l'empire le plus tyrannique : peut-
on jamais fe familiarifer avec 1 ide pi ible de
ne amais fortir d'un tel efpace ? Si elles tendent
jours pal, l'afpect de ces murs impntrables les
repojile dou'oueufement; fe permettent elles d'en-
tretenit quelques perfonnes du dehors, des grilles
annes de pointes de fer, et fouvent un tmoin
(ecret de leur entretien, dtruifent tout le charme
de la confiance et les forcent maudire l'inftant
qui les invitait au fourire.
De ces coniiderations et de quelques autres ,
expofes d'une manire encore plus vive l'auteur
tire cette conclufion : S'il exifte, comme je le crois.
quelques re'igieufes entirement dvoues et con-
testes de leur et .t, laiftons-es jouir en p ix d'un
bonh.ur fi difficile obtenir; qu'elles reftent re-
clniset libres; la facult de rompre leurs chanes
fera un mrite de plus fi elles les confervent : mais
que celles qui ne les tranent qu'en gmiffant, puif-
feiu les jeter loin d'elles, et venir vous remercier de
1 s avoir brifes. C'eft au nom de tout mon fexe,
( qui rarement ne me dlavouera pas) que j'en ap-
pelle Meilleurs, au tribunal de la raifon.
Si l'homme fe dgrade s'il ne peut acqurir ces
qualiti r i s et fortes dans l'efclavag-i fi nous naif-
fons tous libres ; fi vous vous propolez de rompre
tous les liens e la fervitnde, vous ne pourrez d
laifler ces expirantes captives, galement nes pour
la libert.
Vos lumires, Meffieurs, vous fourniront plus
d'uni i-cn pour parvenir, fans compromettre j'in-
te et des famille*, vtnger tant d'outrages faits 4
l'humanit.
*0*
L TT R A T U R E TRANGRE.
Obfervaons relative to picturefque ieauty 6v. c'eft-
-dire ONervations reLtU es a la beaut pin refque ,
ftes en lyildans diverses parties de t'Angleterre Jur-
tout dans les montagnes et fur les lues de iumberland
it de Weflmor.land; par M. Guillaume Gupin cha-
noine deSalisbury. A Londres, chez Blamire. 1789,
z volumes /'-8. avec des planches. Prix une guinc
M demie, broch.
C'eft une efpece de voyage dont la lecture peut
tre infiniment utile aux art fies, et plaira fans doute
tous ceux qui ont de la fenlibilit et del'imagim-
tion. Les feenes romantiques fur lcfquelles portent
les obfervations de l'auteur, font dcrites avec cha-
leur et intrt et dclent un vritable talent.
Souvent M. Oilpin cite trs-i-propos les p-tes
avec lefquels il parait tre familier, et trouve amli
'e moyen d'ajourer encore .1 l'effet de fes deferip-
tions. Nous ne doutons pas que cet ouvrage n'ob-
tienne bientt les honneurs de la traduction, ou du
moins ne fe rpande parmi les Franais qui aiment
les rts et entendent l'anglais. Il doit rcuifir dans Un
moment o le genre des r.iines femble avoir pri-
.'lus de faveur qu'aucun autre. Nous en citerons un
morceau pris au halard. Il s'agit du fort d.- e
ieby.
A prfent, il n'y relie plus qu'un foff ; l'autre
- ft combl, pas alfez nanmoins pour qu'on ne puill
encore le reconnatre. Ce chteau eft plus tntici
q.ie ne le font communment ces vieux bltimtfls
Les murs nous parurent bien confervs, ain qu'un.
parti) de la tour, qui tiit quarrJe. I Le avait r tctn
a forme julqu'aux guerres civil s, qu' le chteau,
oar trop de confiance dans les forces ferma L
partes a Cromwell qui marc fuit alors en Ecofte ,
et en fit un motiununt de fa vengeance. J'ignor
quelle part y eut le gnie pittorefaut d Cromwell
mais il eft certa n q ie depuis He ri \ III aicu
homme n'a contribu plus que lui orner Ci tt
contr. e de ruines deffuier. I nne ces dettl maitres
la diferwnce conflit : principalement dlni le ftyl de
ruines qu ils COmPOHUent. Henri d-coiaf s paylac,
de minci d abbayes : Cromvr.ll enrichit l s liens
,e ruines de chameaux. J'ai vu plufi. urs morceaui
de ces derniers, excuts dans un trs-p'and ftyie
mais il eli difficile de trouver un monument de 1
na n plus achev que c lui ci. Il a mis la ton' <
ieces et dmoli deux i.e fes cts. I bord o^>
deux autres, il l'a chancr en lignes rompu s. L'o--
/erture fut vo r le plan entier de la itrucrure i. 13
rieure, les vtftiges dis diffrens tagts, la naiflm>e
les arches on v ares qui 1-s fou'ena ent, lis bar
oacanes et gurites pour dcouvrir au loin et le
parapets pour 1 affaut. Les 1 ur> de ce chteau foi,'
d'une magnificence flngulien ti'S-h.-.uts, tort pai'
et df ndus pir un la g< h ; 1 ion qui parait d'ut,
.ravai' plus molerne. Dan ces murs, on a pratiqu-
as chambres et des rct lit s fecrettes : une herfe
.11 farrafine malfive conduit *UX mines de ce qv
tait autrefois la partie habitable de ce chteau,
!.ins lequ.1 une v>fL Cille voir e efl la mece la
,>;us remarqiabl. ; en de llous il y a de noirs et fpa
cicux donjons. "
On a lieu de prfumer que la digue feti termine
l'an prochiin a pareille poque, jufqu'au niveau
de balle mer dans toute fa longueur.
Il ferait imprudent aujourd'hui tous btiment
d'effayer de la traverfer de mer haute, et il cil i
dlirer qu'on en foit luffifainmtiu inlfn-it poutprea-
dre cet gard les prcautions nectllaires.
J'ai l'honneur d'tre cVc.
Ouvrages publics.
Lettre de M. le vicomte de la Couldre de h Bretoi-
'i rt cornmandint la marine a ther,ouig a l-
chambre au commerce fur l'tat actuel de cetu
rade.
J'ai l'honneur de vous informer de l'tat actu'l des
travaux relatifs la navigation, excutes Che -
bourg pendant l'anne i-8>. J'aurai ce.'ui d'en faire
autant pareille poque chaque anne pendant L
dure des travaux de la rade afin de prvenir le
accidens auxquels feraient expofs les btimens qui
ne feraient pis fuffifam n.'nt inft.uits, et qui f qiun-
tent cette rade pendant la mauvafe faifon foit pour
s'y mettte l'abri des vents contraires foit pour y at-
tendre le retour des vives-eaux qui feul> s permet-
tent i b aucoup d'eux d'entrer au Havre ou dans la
rivire de Seine. Ce dernier cas a fouvent lieu.
La digue qui ferme aujou-d'hui la rade aux vents
du large eft comprife entre le fort Royal et celui de
Querqueville et a deux mille toifts 'te longueur.
La paffe de l'Eft eft de cinq cens toifes et eft rrar
que par le fort Royai d'un ct, et de l'autre par
|e feul des cnes qu'on a laiff fublifter.
Les autres ont t rafs au niveau de mer baffe ,
et la totalit de la digu.' n'eft apaeru.' qu'a demi-
mare, foit par la rrace marque par le- coua:t lorf-
qu'il fait cal ne, foit par lesbrifans lorfqu'il y a feu-
lement un vent frais.
La paffe de l'oueft eft marque d'un ct par la
pointe de Querqueville et do l'autre par une groffe
boue charge d'uy balloi vifible fixe par un coros
mort, et au moyen d'une chaine de fer a l'extrmit
de l'oubli de la digue.
Cette paffe e.1 de onte cens aoifes environ.
ASSEMBLE NATIONALE.
Prifidcnce d< M. de Boisgelin arcktvtque
J'Aix.
SANCE DU SAMSDI i NOVEMBRE AU SOIR.
On fe rappelle que dans la fance du 24 de ce
mois, les dputs de la province de Champagne
avaient demand l'AlTemble nationale un rgle-
ment pour l'afliete des impofitions lur tous Icscon-
uibuablrs fans diftinction, et que i'impofition lt
locale, c'tft--dire, affife fur les biens et non fur L s
perfonnes ; ce qui tait le moyen lr de faire con-
tribuer chaque citoyen en raifon de fes facults ter-
ritoriales.
Cette queftioin qui avait t renvoye au comit
des finances pour 1 examiner et en faire fon rapport
eui dernier a t foumife la dlibration.
\4. Anfon, au nom du comit a reptefent qu il
v aurait beaucoup d'inconvniens d'adopter la d-
nande de la province de Champagne ( laquelle
un grand nombre de dpurs des diffrentes pro-
vinces avaient accd ) ; que ce nouveau genre d
rpartition allait caufer un bouleverfrment gnerai,
puifque dans plufi. urs dpartement la confection
ds rles tait dj obre &c. Il a propof un
olan uniforme pour l'impoltion qui ftait faite au
domicile de chaque ci-devant privilgi, en rJfon
de toutes fes proprits territoriales et de les
facults.
Les dputs de Champagne on: propof le projet
d'un autre dcret ai 11 conu :
L'AlTemble nationale perfifant dans fes d'erets
Vs 4 aot et 16 feptembre et les interp'tr:
n tant que de befoin, a dcrt et drtere que
~our l'anne i~oo, la cote perfonnelle relative aux
facult s provenant de la proprit des immeubles,
ie pourra tre faite qu'au lieu de leur ftuati n,
elle fo'a rgle pour chacun des contribuables
d'aprs une rerle u;iif< rme fous la condition da
lcharget lefdirs conrribuables des impolitn re-
latives qu'ils portaient dans le lieu de leur do-
micile.
Cette rdaction n'a pal paru affr daiie. On
ropofe divers amende mens, et entre autrfsrelui tn-
dant com->rendr" dans I'impofition les habitant des
villes franches ou abonn Ses. Tons ces amendrmem
ont t rejettes; et l'AlTemble, aprs quelques au-
tres dbats, a prononc le dcret fuivant :
L'AlTemble nationale dcrte que l'article II de
fon dcret du 16 feptembre fera excut firiva* t fa
forme er teneur : q "'en coiifequence les ri devant
privilfii reront impofs poui les fix .'erniers mois
'e 1789 et pour l'anne 1790,. i ifon de leurs
biens dana le lieu de leur Ctuaaon; et fera lp.-
f-nt dcret pr^ent inceiTunment la ftncrion du
'oi. et envoy fans dlai toutes les municipalits
et cotps adminiftratifs.
Ce dcret a termin la fance.
Thtre de Monsieur.
On a donn avant-hier ce thtre, la prerciert
reprfentatiofl du B.tainagt dangereux.
Madame de Valmont reoit chez elle deux cava-
liers aimables, quo;qie mre de deux jeunes per-
fonnes dont la garde eft confie une dugne de
vingt ans.
L'ane mprife l'amour par fyftme, et dev'enr,
en les piant, un obftacle aux fe miniers de fa ca-
dette pour Dorville qui n'ofe fe dec arer, parce
qpe madame Valmont ne veut marier ( fille canette
qu'aprs l'hymen de l'ane. Valcourti jeune officier,
pat une erreur plus commune 3 fon fexe, planante
un fentiment qu'il n'a jamais prouv ; il confent
cependant feindre de l'amour pour l'ainc afin
de dci kr la mre faire le bonheur de fon ami :
il eft bientt mu par les grces de celle dont il
approuvait d'abord I inft ufibiiit ; elle oublie de fon
ct fes fveres rfolutions ; et la pice finit par
une double union qui entrait dans le projet des pa-
rens refpectifs des jeunes gens.
Une pice en un acte efl peu 'ufceptiMe de
dvelontj-ment. Le public a entendu telle-ci fans
bon ur comme fans plaifir ; et le j-ublic a t
jufte.