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Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by Creekside Digital

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Succeeded by:
Moniteur universel

Full Text
GAZETTE NATIONALE, LE MONITEUR UNIVERSEL.
N'tf?.
D V 25 AU 28 SEPTEMBRE 1789.
ASSIMBL NATIONALE.
Prifidenct Je M. de CUrmomt Tonnerre.
Suite vi ia sance du 2j s.tt mbe.
M. Trteau. Il ne s'jic pu d'augmenter l'impt
dans ce moment, M. Necker a demand une aug
aentarion de quinze millions ; demain nous d-
mons fur cet objet, aujourd'hui il ne s'agit
qa; d'excuter ce qui eft dit dans le procs-
Kfbit.
Rico de plus jufre qu de (bulager l'Etat ; mais
fuis rien dlibrer, fans favor li la conititution e(i
commence ti elle eft mme entame je demande
i, faut dlibrer fur la proposition du premier mi-
mllre des finances, on peut la juger fur le champ ;
li, en un mot, on peut augmenter les impts fans
difcutCt certe cj 1
Un membre reproduit la demande de la divilon ,
confiftant ne dcider la quellion que relativement
aux Iix derniers mois de l'anne 1709, et ne rien
ir,j: quant l'anne 1790.
La divifion eft accepte.
M. le prfid nt pofe fur le champ la queftion prin-
cipale, quant m*, iix derniers mois.
Voici l dcret que l'AflemMe a prononc.
La contribution que le p.ii s ont demand
piyer proportionnellement, et a la dcharge des
centrbu bl s a t accepte et vote quant
NXBX derniers mois de l'anne i~8y au profit et
(oeag ment defditi contribuables dans chaque pro-
1
Laqnefliontait la mne quant l'anne 1790.
M. Il prefid nt .1 propol de h pofer dans les
Ktermes: mais M. Anfon,qui, comme re-
( ures finances, eft trs-inltruit d-ns cette
partie, revenait toujours fon arrte, et a pof
aiiili la queltion :
Le brfvttdes impofitions ordinaires de 1790 fer.t-
t-il lOgfii "t.- de la fomme repartir fur les ci-
evaut privilgis ?
D'abord il y a eu des rclamations j l'on a de-
Ban .' jounun nt et la queftion ptahible mais
ment. [I a t dcrt qie le brevet des im-
pofitions ne ferait pas augment.
Tons les auditeurs applaudilTent vivement ces
dcCrets qui, enfin, apies bien des liecles de mi-
le: e et de dcolation allaient eluyer les larmes
de-s malheureux que le gnie fii'cal n'a celT de tour-
menter.
-M. le ptfident lev la fance.
SEANCE DU 5 SEPTEMBRE AU SOIR.

On fait lecture de diverfes adiefles ; des villes ,
au nombre de plus de dix, demandent des liges
royaux.
Adrefl deflicitatioH et d'adhfinn de Tarafcon
et autres villes du royaume. M. Chvrier, officier
d. la caill d'efeompte, offre de faire fon fervice fans
tUCM molument pendant dix ans. M. Boucher
smpofe $ liv. par croifes ainfi que fon voifin,
ut: r;c a l'Aflemble l'imnofition qui en a pu
ter. Ut) citoven bien pauvre offre 40 liv. en
.itx billets. Un citoyen offre une fomme de
h M. Beaudouin offre le cinquantime de
fon bien.
'hi reprend le dcret fur les importions. Les de-
bits font longs et tumultueux.
M. Anfon cherche revenir fur les articles dcr-
tes le matin; fes etfortl font infructueux.
Il fe fait une infinit d'amendemens. Un feul a
fct reu i c'eft celui qui dclare que les curs
portion congrue ne feront pas impofs fur le nou-
mens ont t propofcS, mail ils
onr j on demandait. pat exemple,
uns raflent annuits} il a t de.
qu'il n'y avait lieu dlibrer quant prfent.
Enfin, l'on a donn lecture du dcret avec l'amen-
dement et les dcrets prononcs le matin ; la rdac-
tion en eft confirme une trs grande majorit,
ainfi quelle fuit :
L'AiTemble nationale confidrant combi n il
importe .1 h fdi t de l'Etat, an maintien de l'ordre
: crdit, que le recouvrement des denien pu-
blici ne foit interrompu foui aucun prtexte ( per-
fittant dans fon dcret du 17 juin dernier, par leqil I
tlle a d dat que les impts et contributions con
ti'M).raientd'ti levs, p pdant la prefente feflion,
de li mme minier- qu'ils l'ont t prcdemment i
Oiioaiflnt la ocefiit d- taire travailler promp-
nt aux rles de 1790 dans la mme forme que
ci-devanr, jufqu' ce qu'elle puiffe faire jouir les
contribuables du nouveau mode d'impofition qu'elle
ordonnera pour 1791, et dont elle veut avec ma-
turit combiner la repartition} perfillant galement
dans fon dcret du 11 aot dernier, dont l'art. IX
a ordonn qu'il ferait avil aux moyens d'effectuer
le paiement proportionnel de toutes les contribu-
tions mme pour les Iix derniers mois de l'impo-
iition courante, qui pour ce qui concerne les im-
putions ordinaires finit au 50 feptembre 178? ,
elle a ordonne et dcrt,' ordonne et dcrte ce
qui fuit :
Art. 1er. Les rles des impofitions de l'anne
1-789 et des annes antrieures arrires feront ex
etes et acquittes en entier dans les termes preferits
par les rglemcns.
IL II fen fait, dans chaque communaut, un rle
du luppLmcnt des impofitions ordinaires et directe?,
autres que les vingtimes, pour les fix derniers mois
de l'anne 1789, compter du 1". avril dernier,
julqu'au compris It-s noms et les biens de tous les privil-
gis qui pofledent des biens en franchife perfor-
nelle ou.reeile, raifon d lents proprits, ex-
ploitations et autres facults: et leur cotisation fera
faite dans la mme proportion et dans la mme forme
qui auront t fuivies pour tel impofitiofll ordi
naires de la mme anne, vis--vis des autres con-
tribuables.
III. Les fommes provenant de ces rles de fup-
plment feront deftines tre rparties en moins-
Impof (ur les contribuables, en 1790, dans chaque
province.
IV. Dans les rles d* toutes les impofitions de
[790, les ci devant privilgis feront cotifes avec
les autres contribuables dans la mme proportion
et la mme forme raifon de toutes leurs pro-
prits exploitations et autres facults.
V. A commencer du 1". janvier 1790, tons les
abonnemens fur les vingtimes, accordes diveis
particulier! font exprelTment rvoqus et aucun
contribuable ne pourra fe Ibuftraire fous quelque
prtexte que ce foit, cette impofition.
VI. L'AiTemble nationale fera connatre, dans
le courant de 1790, la forme qu'elle aura dfini-
tivement adopte pour h converfion et la rparti-
tion gnrale des impofitions de 1791 afin qu'il
n'y ait plus l'avenir qu'un feul et mme rle d'im-
pofition pour tous les contribuables, fans aucune
dilrinction ni pour les perfonnes, ni pour les biens.
La fance eft leve.
SANCE DU SAMEDI l6 SEPTEMBRE.
La fance ouverte, on rend compte des dons pa-
triotiques.
M. Carr et fon poufe fupplient les reprfen-
tans de recevoir 48 liv. provenanr d'un coupon de
603 liv.; de plus ils s'engagent payer 12 Liv. pen-
dant quelques annes.
M. de Montmouton ngociant, crit M. le
prfident :
Dans un moment aufT difficile que celui ci, je
deliierais qu'on le dvout au facriliee de (d fortune.
Je vous laille- le matre d'offrir pour moi une fomme
de 8000 liv. en quatre lettres-de-change endofi'es
en blanc, &c.
On lit une lettre de M. le marquis de Paulin :
Je vis dans un des cantons les plus pauvres de la
Bourgogne ; mais fes habitans ne le cdent en rien
au patriotifme des autres Franais-----Je vous en-
voie le contrat dune rente de 110 liv. fur les
taille*.
MM. les comdiens Franais ordinaires du roi
apportent l'AlTcmble l'arrt fuivant :
Les comdiens Franais affembls ont unanime-
ment arrt d'offrir l'Aflemble nationale la fomme
de 13,000 liv., laquelle fomme ils s'obligent de
payer dans le courant du mois de jauvier prochain.
M. le prifidtnt. L'AiTemble nationale voit avec
fatisfaction l\ Bre patriotique des comdiens Fran-
aisi on ne peut.faire un plus noble ufage de la
1 des talent qui fervent l'amusement et
au delaiTemerrt publics.
Les envoys de la comdie francaife font admis
la fance mais la barre.
L'AiTemble nationale reoit avec les m ns fen-
cimeni de reconnailfance les facrihees que toutes
les claffes des citoyens font avec un entliouliafme
digne de l'admiration et de l'envie de nos voiiins.
M. le vicomte de Mirabeau donne lecture du
procs-vetbaL
Il y a d? longs dbats fur la rdaction. M. Mar-
tineau et M. de Beaumetz aceufent le procs-ver-
bal de trop de laconifme, d'obfcurit et de peu de
digr.it .
M. le vicomte d? Mirabeau s'ereufe, en difant
que lors de la dernire rdaction du procs-verbal,
on l'avait aceuf d'tre trop long et que cette
fois-ci il a fiipprime tous les dtails; qu'il ne fait
Comment faire pour obir l'A d'emble ; qu'il faut
avoir une font ouverte ou ferme.
Toute la difficult fe termine par dcider que M.
le vicomte de Mirabeau noncera l'tat de la quef-
tion et l'alternative pralable au dcret des impofi-
tions.
AT. le vicomte de Mirabeau relit le dcret d'hier
foir. M, Dupont demande la pirrle- pour propoier
un arnerfei ment relatif une difficult qu'il croyait
appercevoir dans le paiement les impts. Il vous
f ra impoifibi* dit-il de recevoir aucune impofi-
'ion. Pour payer, vous diront les connibuables, il
faut que la rpartition foit faite galement; il faut
des valuations des rles; tout cela entranera des
longueurs infinies.
M. Delmeuniers obfjrve que l'amendement c\c M.
Dupont a t jus hier, et rejette. Cette obftrva-
tion fait defeendre M. Dupont de la tribune.
M.... cur de.....C'eft contre vos principes
que, dtruifant tous les privilges, vous avez d-
crt que les curs portion congrue feraient
exempts de la taxe commune; en cela vous n'avez
envifag que leur ftuation : mais nous IbmrnrS ci-
toyens avant tout, nous devons donner l'exemple du
patriotifme ; ne nous impofi z pas la honte d tre les
feuls ne pas contribuer la chofe publique ; oui,
m flietirs la honte ; cVn ferait une d'tre feuls pri-
vilgis dans le royaume. A'otre dcret n'cll pas
encore fanctionn, vous pouvez avoir gard notre
prire.
Ce gnreux dvouement eft vivement applaudi.
M. Defmeuniers propofe d'accepter l'offre d. s curs
congruiites en forme de don pour la caide patrio-
tique.
D'autres membres dfendent MM. les curs por-
tienaires contre cet enthoufiafme patriotique.
M. de Caffellane obf-rve que l'exception qui
afflige la delicatede de MM. les curs n'elf que pour
un tems.et qu'ils fupporteront Ici imptslorfquele
nouveau rgime fera tabli.
Ce combat de gnrofit tait prt de fe termi-
ner on allait dcider qu'il ferait fait une mention,
honorable de l'offre patriotique de MM. les eu-,
rs lorfque M. de Clcrmont Lodeve demande la
parole.
M. de Cli-rmont Lodeve. Si l'on n'accepte pas l'offre
de MM. les curs contre uiHes je demande que
tous les pres de famille qui n'ont que 700 liv. do
renre foient privilgis.
M. le cur du Vieux-Pouzange dclare qu'il eft
charg de renoncer tous les privileees ; qu'il y
a des villages li pauvres que le cur avec 700 1.,
eft le plus riche lie la paroille tt qu'il ferait humi-
liant pour lui d'tre le feul dans la paroille qui ne
payt rien la Patrie.
L'offre de MM. les curs congruifles eft donc
accepte.
AL le prfident prf nte l'AlTemMe 100 louis
que M. Ge-ivaise docteur en rrdecine, vient de
depofer fur le bureau tomme le quart de Ion
revenu.
Ce gnreux citoyen prend fanc"! ct de MM.
les couieeiie s Franais.
M. le prfid- nt rappelle l'ordre du jour, qui eft
d'entendre un rapport fur les finances.


M. ie iparq lia au non du des p i ce i

fain fui s d i..... infi que pat la reprife
pofli U d dm | dmes.
Le comit, d'aprl t ns et cer-
tains p. nfc q i l'Ail nbl n
i ! .i ; ce mo : I : et les aides ,
m >nta it i it i iOco'i fi ront rtm>
i p.ir une contribua m de et
que cette dclaration affermirait le crdit na-
tion; .
ron.it: >ies finances, i ai t ce rapport, dont voi.i
\\t i.nt.
Il commence par affu djui fon travail et fs
recherchi i, fait" s, fuis
com ;. av c I fuivant une
.i de diffrente 'c la fi nnc lui avaient i
dan: d :. fuit ts Ci oui ajoute
on s i !; |" I .. hjfte roi
il il dont
qu'a l'i'il r emprunt na-
tional le dficit ou la et1 taient effectivement de cinquani ht
millions.
I comit d fufte toutes les caufes ru-
qui ont puif le trfor ravi dans le c
de cei -, il dmonti
t priv a li foil de la fbmme du dficit des
fon hats de grains,
cepti< dus ordin it s qui i et
: up di provinces tt de la
| i tnt cipations que h t irreur g inertie t
empch de : rr. C'eft !a ce qui dmontre
q;ie les empn t I in cette ann : n'ont pu fuftire ;
ferait inu ntreprendre de nouveaux ,
: royal doit re dans un tat d |
nulle incalculable pour la fomme et incalculable
pour les effets.
Le comit en a conclu qu'on ne peut rvoquer
en dout l'rat 'ie detrtfle dont parle le premier
miniflre des fi tances ; et qu'en mme-tems on ne
peut qu'applaadir aux moyens qu'il propofe pour
r. i iblir la confiar.ee publique fur les bafes de ;
c :ooomie, avant de recourir de nouveaux
fecours.
Le confite obferve cependant que ce n'eft pas
en re iffez d'avoir par d con mteset desbo-
nfications, rtabli un quilibre parfait entre II re-
cette et la dpenfe ; q'i'il reliera encore une crainte
fe crte aux cranciers de l'Etat, tan: que la Na-
tif n dont le vu bien connu eit d'anantir la
i ir et les ..i.lcs, n'aura pus dclar la terme vo-
lante de remplacer folidement es d. ux impts, dont
1. produit eft de cent nuit millions.
Le comit en're ce fujet dans des dtails
ini r !lan. fur la Gtuati >u d s affaires. Il affirme ce
<; ie miniftre e. s finances av ait annonce et d-
clar qu'on peut des -pr font, oprer fur les
dpenf s une rductiou de fiv., qu'ainfi
le dficit exiflant avant le dernier emprunt peut tre
i\. arde comme ananti.
Le comit propofe enfuira un plan d' IminiPn-
tion dont l'effet ferait d fparer abfolument les
fouis d ftin s l'acquittement de la dette publique
te d '. penfetquine regardent*que les provinces
d'.r. ; v. ux qui ieront dfmes pr.yr les objets de
nattirt tre toujours a Iminiftrs fous les ordres im-
i us du gouvernement.
1! en rfultera le g and avantage de faire jouir
cnfl : nnv nt le Peuple de la diminution des charges
. opre par l'extinction fucceffive des
; .. . qui montent cent cinq millions,
par l'effet d' n tablir, et par la rduction de l'intrt
il .nt, fruit prochain de la confiance et du
crdit.
Vprs avoir bien tabli les baf s d'une juile con-
fiante pour 1 avenir le con ;' fis i li s r< irds de
l'Aflemble nationale fur la fituation du moment ,
nt peinte pu le minilfe des finances.
Il dtermine la tomme d qu'il fau.ir.it
faire pour atteindre le degr de profprrit qu'il a
pr l'ente dans l'avenir. Les befoins du moment,
ceui de I anne prochaine, l'extinction totale des
anticipations fur laquelle il infifte fortement,
nt au moins une fomme de 435 millions. Il
lollicite la Nation ce grand effort par tous les
motifs qui peuvent animer des mes vraiment ci-
toyennes. Il montre le paffage fubit de nos jours
de dtrefl aux plus beaux jours de la monarchie ;
et dans une circonftance dont l'importance elt (i
dmontre il ne mec pas en don:.- 1 txel 1 du pa-
triotiftne : il juge que c'elt moins pour l'exciter
que pour y mettre des bornes, que le premier
miniftre des finances a propofe la rgle de contri-
bution du quart du revenu moyen ingnieux qui
met 1 peu prs de niveau les jullcs efforts des ci-
toyens de toutes les dalles ou propritaires ou
capitalifies.
Cependant I? comte propofe l'Aflemble natio-
nale de prendre une rsolution abfolue de Confond
mer la libration entire quand bien mme tous Ks
efforts du patriotifnie ne pourraient pas y a;r< in Ire,
et en confequence de dcrter qu'aprs
la vcriiica-
En consquence il propofe que les revenos
afferms, montant i8y millions, auxquels la
Nation ajouterait 20,000,000 pr:s 'ur les impts
t. ritoriaux, foint verfs dformais au tr for royal
pour acquitte! zOf,o o,ooc liv., qu .i p uventtre
rd ites les dpenfes de toute elpece confies a l'a.i-
r..i:iiltra:ion royale.
La caffc nationale recevrait directement les con-
tribu'i ns reprefenrativ.es de la taiile d s vingti-
mes, de l.i cap'tttibn de la gabelle, des aides et des
di'it t.!" rvs.Ces diffrente* contributions montent
dans l'tat actuel 291,000,000 1.
comi' avant de dterminer jufqu' quelle
fomme devra tre porte la reprsentation de c s
1 rens impts ea#tune le montant des objets
a : ils auront a acquitter.
Les intrts de la dette tant foncire que via-
gre en n'y comprenant pas les anticipations ,
montent 224,000,00 L
Lt-s dpenfes particulires aux provinces feront
fufceptibles de rduction i mais dans l'tat actuel
e 1 montent 29,0e o,occ 1.
Il faut y ajouter encore le (upplment fournir
au trfor royal de ic,orc,c.col.
Ainfi les befoins de h caiffe nationale font d*
2-;, -,rro (\ll-j dire, i 0,000
au montant des impts actuels. Le Peuple peut donc
tout*-coup eue foulage oc io,ooo,ooo d'impts ,
fans compter 25,000,000 au moins de faux frais
que la gabelle et les aides font retomber fur lui ,
et (ans compter les vexations de tous genres qui
rendent ces impts fi odieux, et dont il ferait
affranchi. Le Peuple prouverait encore la diminu-
tion qu'apporterait fes impofitions la contribution
non des fommes obtenu.s du aele de tous i s
citoyens, il fera hypothqu un emprunt effec*
tir* de re qui manquerait encore une nulle des
biens du clerg f ffifante p- Ur obtenir l'argent
n cefftire la conlommation de ce giand ou-
vrage.
Ce plan qui a le mrite d'une grande (implicite ,
doit en effet inlbirer toute la confiance potuble. 11
dmontre jufqu'a l'vidence qu'aprs tant d'o.afi 1
nous touchons an port et que la fiance n'a plu<
qu'un p s taire pour tre h.ineufe au-dedans, et
pour reprendre en l.urope la placeimpofante qui lui
appartient*
Le plan propofe par le minifire des finances et
adopt de tonfiince par le comit, fait !e fujet
d'une rclamation trs vive de la part de M. H-
brard dput de ia haute Auvergne.
M. Hcrard. Mtllieurs je voudrais tre riche
pour offrir davantage a l'Etat ; le peu que j'ai i
p ut le prendre j mais il faut que je fois avare du
bien de m s commettans. - l'ff-il ici qutflion d'une
gneroiit? alors je dirai qu'elle ne reoit de loi de
3ui que ce foit ; que la charit ne le prend point
'allant. -- S'ag t-il ici de voter un impt ? je dirai
que l'on ne propofa jamais de le faire par acclama-
tion qu'il n'y a que la conviction.la plus intime de
ia nieiiite de l'Etat tt de l'impoffibilit de le fiuver
fans cela qui p.iiffe le dterminer ; et heui-iue-
ment nous n'en fonmes pas encore cette cruelle
extrmit i et j'ofe dire, au nom de la Patrie de
la province que j'habite q 1 |e dfavoue tt mme
protelle contre tout ce qui pourrait :re fait au m-
pris et la violation de la libert dtsopinions, et
contre les formes de toute affemblee bien et lga-
lement organifee.
M. (e comte de Mirabeau. Meilleurs, demander des
dtail fur des objets de dtail c'elt l'loigner de
ia quellion. Il v a dj trois jours que le ministre
des finances vous a peint les dangers qui nous en
vironnent avec l'nergie que rclame une fituation
prefque dfefpree ; il vous demande les fecours
les plus urgens ; il vous indique dts moyens ; il
vous preffe de les accepter.
Votre comit des finances vient de vous fou-
mene un rapport parfaitement conforme l'avis
ciu ministre j c'eff lu ce; avis et fur ce rappo.t
qu'il s'agit de dlibrer.
Mais telle eft ici h fata'it d? nos circonffances.
Nous avons d'autant moins le tems et les moyens
netffaires pour dlibrer oue la relolution
prendre efl plus dcifive et plus importante. Les
revenus de l'Etat font anantis, le t.efor eft vide,
la forte publique eft fans reffort ; et c\ft demain,
c'elt aujourd'hui, c'eft cet inftant mme, que l'on
a befoin de votre intervention.
Dans de tell s circonstances, Meilleurs i! me
parait impoffible foit d'offir un plan au premier
W.'iiiu c ici inulieej, lu il u eiJimu. 1 telUl qu il
nous propofe.
Offrir un plan n'eft pas notre miffion, et nous
n'avons pas une feule des connaifiances p-limi-
naires, indifpenfables pour effayer de fe former
un enfemble d.s beloinj de l'Etat et de fti ref-
fouicti.
dt-s g.
(, c'ell due entrep-ife tout -fit ituprati-
cable. La f ule -.ion de les chiffre confs-
nierait des mois entiers ; et il les objections quon
pourrait lui faire, ne port nt une lut d-s donnes
hypothtiques, les feules que la nature d
gouvernement nous ait permis .le mus
piocurc-, n'auait-on pas mauvaife grce de trop
M .: tns e ci tte nati re dans desmo-
mens li ptelles et fi critiques?
f II n'eft pas;!- vtre geffe, Meneurs, de vous
r fponfahles de l'vnement foit
r.liilmt des moyens que vous n'avei p^
(ir d'examiner, hiz en leur en fubilitoant que yen
n'avez pas celui de combiner et de rflchir, ia
confiance fans bornas que la Nation a mont; ;
tous les tems au miniftre d-s finances, que fes
acclamations ont rappel vous aieto ife furrilam-
ment ce me femble lui en montrer une i,ii-
mite dans les circonstances. Acceptez fes propo-
fuient fans les garantir puisque vous n'avez pis
le tems de les jujer acceptez les de coifiance
dans le miniflre, et croyez qu'en lui dfrant cette
efpece de dictature provifoire vous remplifla
^os devoirs de citoyen et de reprlentant de 11
Nation.
M. Necker ruffra, et nous bnirons fes fuccs,
3u. nous aurons d'autant mieux prpars, que notre
eference aura e:e plus entire, et notre confiante
plus docile. Que fi, ce qu' Dieu ne plaife, le
p.'inier minillre des finances chouait dans fa p-
nible entrer rif, le vaiffeau public recevait lins
doute une grande fecoufie fur recueil o Ion tiltte
chri l'aurait laifle toucher; mais ce huirtement
ne nous dcouragerait pas : vous feriez l, Mef-
lieins vorre crdit ferait intact, la chofepublique
relierait toute entire....
Acceptons de plus" heureux cr'fagesj dcrtons
les propofitions du premier miniflre des finances,
>t croyons que fon gnie, aid des refl'ources r.i-
tuielks du pus beau royaume du JMoiide et du
/. !e- fervent dune affemblee qui a donn et oui
donne encore de i beaux exerr.plrs, utra fe mon-
ter au niveau de nos befoins et de nos circonf-
tanecs.
A peine M. de Mirabeau s'efi il aflis fa place,que
toute l'Aflemble fe lev, pour tmoigner fon ap-
probation. Dans ce premier mouvement d'er.thou-
liafme on a lait p-ononcer un dcret' uni.iirce,
lorl'que M. le prefident demande qu'on aille aux
voix dans la manire ordinaire, et piopoft la r-
daction luivante :
L'Aflemble nationale vu l'urgence des ci:-
confiances dcrte un fecours extraordinaire eu
quart des revenus de chaque citoyen, et renvoie
pour le mode au pouvoir excutif.
Le difeours de M. do Mi abeau ava't proiuit un
telle lenlatioo que M. de Mirabeau lui-mme,
comme tonn de cet enthouiufme, qui n'tait
que l'ouvrage de fon loquence, a cherch, pour
ainfi dire, le dtruire, ou plutt prvenir le
danger qui en pourrait rfulter par la prcipitation
de l'Aflemble. C'elt ce qui lui a fait reprendre U
parole.
M. le comte de Mirabeau. En nonant mon avis,
je n'ai point entendu, Mt-mVurs, rdiger ma pro-
portion en dcret. Un dcret d'une importance aufli
ma .ure ne peut tre imagin et rdig au milieu
du tumulte. J'obfenequc le dcret, tel qu'il vient
de vous tre propofe ne p ut pas tre le mien,
et je dfapprouve la fcherefle de ces mots : iVi-,
voie pour le mode au pouvoir excutif.
Encore une fois, Meflicurs, la confiance, illimite
de la Nation dans le minillre des finances, jufti-
fiera la vtre i mais il n'en faut pas moins que
l'manation du dcret que vous a\ez porter, luit
expreflement provoque par le miniflre. Je vois
encore un nouvel inconvnient dans la rdaction
du dcret ; il faut bien fe garder de laiffer croire
au Peuple que la perception et l'emploi de Ix charge
que vous ailea confentir, ne fera, ni fuie, ni ad-
ministre par Li reprluitans.
En demandant, Miffnurs que votre dlibra-
tion foit prife fans aucun diai, je demande aulli
que la rdaction du dcret foit mrement rflchie-,
et je me retirerai de l'Aflemble 'pour me livrer
ce travail fi vous me l'ordonnez.
A cette proposition de M. de Mirabeau, on crie
de routes parts qu'ii fe retire. M. de Mirabeau le
rend l'empreflcment commun.
Pendant fon abfence les chofes cHannt de
face. Tandis qu'on dlibre tumultuenfrment
"': un impt, une motion inattendue fait trur r
bien des millions qui vont augmentes ia laoaoi
farte eitci.latic;; d ;,ei;.;raire.
Un membre s'lve contre l'impt du quart des
revenus ; il prtend que c'eft par les moyens du
jour qu'il faut ranimer la confiance, et non par
une dtraction de la proprit qui ne fera qu'ai-
grir les efprits. Emprunrer, et quand on ne peut
plus emprunter, prendre dans la caille d'amiui, ce


., d'OBU' de p
I',- : |u'il v a .m m
i La en France et qu l'orl vi ri
fa i mte au moins 140 millions que
ce vain appareil cil inutik dans les t-.mples.
Le luxe du crt Ht des chofa, s'crie- t il ,
eft dans lei iil 1. Nature et non d ms
c_ vaini tiens, l.ibles ouvrages de la main
des homme,
A peine ceJ paroles font elles prononces que
de tous ctes l'on entend d. applauditTemens. Le
cierge refit dans un moine lil. nce.
On s'attendait i voir repouSr cette propofition
ivcc v :ti in lorfque M. l'archevque de Paris a
demande la p.iro!e.
M.tJuignf. Nous avons vu l'glife confentir au
dpoui! ement d.s tem I v pour I courir les piu-
\ et pour fubvenir aav |v foins de l'Etat ; CM
r pkl que nous offre l'hifioire nous dtemii-
r.nt. au moins c'efl le vu de tous les confrres
oui n'environnent, de foutenir l'Etat par la por-
tion de l'argenterie qui n'eft pis ne tflifl a la
dcence du culte divin. Je propofe de faire ce
dpouillement de concert avec les officiers muni-
cipaux, les curs et les chapitres.
Cet abandon gnreux, fait au nom du cierge,
par M. l'archevque de Paris, de tous les orr.e-
mens doit on pare nos glifes, eft reu aVec des
tnufpotts de joie univerfelle.
De toute part on demande aller aux voir. On
oublie!: premier objet de h dlib-, ration pour s'oc-
cup,er du fcond ; et peut-tre aurait-on continu
d-s'en occuper conftaiiment, fi M. le vicomte de
Mirabeau n'et ramen l'attention fur le projet de
M. le conte de Mirabeau, il fe Lve pour com-
battra fon frre, et n'emploie qu'un feul moyen;
relui de dire qu'adopter fans dcision er te tu 1-
Ifmeut la plan M. Net*k*r, fans le munir du
fceau de !i de; !> ritton c'efl s'tfoler du miniftre ,
c'eft lui faire prie ce degrd le popularit qu'il
a tequ.ii par tant d'annes de fervice.
L'orateur s'e'levc tnfuite contre l'impt par quart.
B rpte, cet ega-d, ce que fon frre a dj
t!:::.* qu'il fil permis de faire f,s propres hon-
neurs, mais non pas ceux de /es commettans.
Je Conoit, ajonte-t-11 que les ci devant pri-
vilgis, les caritalilles, les propritaires pourront
lupport.r l'impt que vous voulez leur impofer ;
ma:s comment parvie idrez-vous le faire payer
par rtRtclaie indigente 1 attache la glbe, qui
attend de vous quelque fecours, et qui vous en
pronv'tti.7 ? C'eft ici que je rclame contre. La
jultice pfidf au calcul. L'enrhvufialme, Melfieurs,
k calcule jamais.
M. Oarat rpond au propinant avec cette cha-
I ur oe fcntiuitns et cette vivante expreflion qui
caracterife particulirement ce dput.
Dput du Labour, dit-il, je dclare que ma pro-
vince eft la plus pauvre j mais je con-.ais le fen-
tinv.nt de nos compatriotes; il n'y en a aucun qui
ne fac ifir fa fort ne la Patrie. Eh, Meilleurs,
la pauvret mme fera gnreufe !
L'Affemble revient enfuite l'argenterie As
diles. M. Treilhard de concert avec M. l'ar-
chevque de Paris, offre l'arrt fuivant :
L'Affemble nationale, fur l'offre faite par ATM. du
clerg, par l'organe de M. l'archevque de Paris,
I arrt qu'il fera inceffamment, par les archev-
ques, vques, curs, chefs de maifons fup-
retiis, vc., dreffe conjointement avec les mu-
nicipalits un tat de l'argenterie des eglifes qui
eft irceflaire pour la dcence du culte divin et
1C l'excdent fera port dans les monnaies du
lOyatfflM pour ks befoins de 1 Etat.
On propofe des amendemens a ce projet. D'abord,
on veut ajouter aprs tlifi 1.1 mots de fabriques et
eufrairiu. On veut de plus fixer et qui eft nicef-
feire.
On l'ait encore d'antres obfervations et, pour
la fconde fois, on abandonne ce projet pour e-
UM :: er 'a difcuflflQ entame par M. le comte de
Mirai eau, qui rentre dans ce moment. Il donne
Icctuie du projet qu'il vient de rdiger. Le voici :
I.'AlTmble nationale, dlibrant fur le difeours
lu par le premier miniflre des finances, la fance
du 24 feptembre aprs avoir entendu les obfer-
nriods du comit des finances frappe de l'ur-
gence des befoins de l'Eut et de l'impoflibilit d'y
pourvoir affez promptement par un examen appro-
fondi ;t dtaill des proportions contenues dans
ce difeours ; confid ;rant que la confiance fans bornes
> non entire 1 tmoigne ce- miniftre,
f- l'A Ai mbl et "ui impofe, en quelque forte,
roWirjnion de I .1 1 a fes lumires, a arrte
dcrt d' xtuelUment les profsVfirons
du premier m;ni(lre relatives aux mefures prendre
llemcnt pour fubvenir aux befoins inltans du
rrfor public pour atteindre au moment o
l'quilibre entre les revenus et les dpenfes fixes,
pourra tre frement tabli.
*>9
Autoi il '.- n ninlfl
' .. foUntettre les projets d'ordonnance
nceflaircs l'exccuuon >'e t 1 ru fures, pour re-
cevoir l'approbation d l'AiTemble, et tre de fuite
prfente la (nction royale.
Cet arrt ci.ie 1>. lucoup de I ontradictions ;
''un propofe I i amendemens, l'autre rejette la
rdaction tt en adopte l'efprit.
M. d^ Vrieu a* (rie que M. de Mirabeau poi-
gnarde le plan de M. N cker.
M. Duval <' fnil prtend qu'il ne faut
ni faire l'loge de M. Nerksr, ni le cenfurer ; que
ni l'un ni l'autre ne conviennent l dignit de
I AiTtmble. Il s'tonne fut-tout que ce foit M. de
Mirabeau qui ait lait cet loge. Il dit qu'il fuffit
3u'aprs avoir copi mot pour mot les propositions
e M. Neck r, on les transforme en lois, on les
dcrte purement et Amplement.
Cette forme d'arrt ironiquement propofe ,
obtient nanmoins quelques applaudiffeniens.
M. le vicomte de Mirabeau trouve la rdaction
trop feche.
Cette cenfure force M. le comte de Mirabeau
reprendre la parole p.jur dfendre l'arrt qu'il vient
de propofer.
M. le comte Je Mirabeau. Il me fetnble que j'ai
rarement t inculp de flagornerie. Lorfque dans
l'arrt dont l'Afftmble m'a charg de lui prfenter
le projet, j'ai rappel la confiance (ans bornes que la
Nation amont.e au premier minire des finances,
c'eft un fait que j'ai racont, ce n'tft pas un loge
que j'ai donn. Je me fuis rigoureufement conform
l'efp it de la dcifion que l'AHemble nationale
paraiflait adopter. Je veux dire l'acceptation de
confiance d'un plan que les circonflancet ne nous
iaiiTaient pis le loifir d'examiner, er la dclaration
que cette confiance dam le minirtre nous panifiait
BUtortiO par celle que lui avaient montr nos com-
mettans.
Lorfque je me fuis retir pour prparer ce que
l'Affemble avait bien voulu me charger de rdi-
ger on a beaucoup dit que j'allais rapporter de l'lo-
quence et non un du et. Lorfque je reviens, on ac-
eufe mon projet de dcret de (itktrtft, A'arititi ,
de malveillance. Les amis du miniltre infinuent que
je veux le compromettre en fauvant de toute ref-
ponfabilit, dans une occafion fi dlicate l'Affem-
ble nationale. D'un autre ct on femble croire
que j-; veux faire manquer les mefures du gouver-
nement en fp-'eifiant dans le dcret do I Aflcmble
qu'elle accepte le plan du miniftre de confiance en
l'homme, et fins difeuter fon projet.
la vrit ne fe trouve jamais qu'au milieu des
alertions exagres ; mais s'il eft difficile de r-
ponde des imputations contradicroires il me fera
tr'-faiile dmettre leur aife ceux qui font de
grands efforts pour tcher de me deviner.
Je n'ai point l'honneur d'tre l'ami du premier
miniftre des finances ; mais je ferais fon ami le pus
tendre que citoyen avant tout, et reprfentant de
la Nation je n'hfiterais pas un inftant i le com-
promettre plutt que l'Affemble nationale. Ainli
l'on m'a devin ou plutt on m'a entendu ; car je
n'ai jamais prtendu me cacher. Je ne crois pas,
en effet que le crdit de l'Affemble nationale
doive tre mis en balance avec ce'ui du premier
miniftre des finances; je ne crois pas que le falut
le la monarchie doive tre attach la tre d'un
mortel quelconque ; je ne crois pas que le royaume
ft en pril quand M. Necker le ferait trompe ; et
je crois que le falut public ferait trs-compromis fi
,une reiTource vraiment nationale avait avort, fi
l'Allemblee avait p.rdu fon crdit et manqu une
opration dcifive.
Il faut donc, mon avis, que nous autorilions
une mefure protondrrrent nceffaire laquelle
nous n'avons quant prfent, rien fubftituer ;
il ne faut pas que nous l'poufions que nous en
faisions notre uvre propre, quand nous n'avons
pas le tems de ia juger.
Mais de ce qu'il me paratrait profondment im-
politique de nous rendre les garans des fuccs de
M. Necker, il ne s'enfuit pas qu'il ne faille mon
feiie, fconder fon projet de toutes nos forces,
et tcher do lui rallier tous les tfprits et tous les
coeurs.
Perfonne n'a le droit de me demander ce que je
penfe individuellement d'un plan fur lequel mon avis
eft que nous ne devons pas nous permettre de dif-
cuffion. Cependant, afin d'viter toute ambiguit ,
et de djouer toutes les infinuations qui ne tendent
ou' aiguifer ici 'es mfiances je dclare que j'oppo-
(raii ce plan de grandes objections, s'il s'agiffait
de le juger
Je crois que dans les circonftances infiniment
critiques qui nous enveloppent, il fallait crer un
grand moyen fans la reiTource du crdit ; qu il fal-
lait en s'adreffant au patriotifme craindre fes r-
ponfes ; craindre furtout cet goifme concentr ,
fruit de la longue habitude du defpotifiue ; cet
ne qui defiri de f*ran^ facrihV s la f
|ue, pourvu qu'il n'y contribua pat
devait redouter cette multitude d'incident Qui naf-
lent chaque ;our et dont les mauvais fiers circSr
lent dans !e royaume long-tems aprs qu'ils ont pris
fin autour de nousiqtis les circonltancea n. pio-
mettant pas un retour de confiance afiz ; rochain
pour en te ufje immdiatement, le ervir du
crdit de* reiTources volontaires, c'tait es pofer ''.e
trs-bonnes mesures tre ufee-s quand Us lujets
d'aliatmes 11e fnbfilleror.t plus ; qu'en un mot ,
c'tait d'uuo contribution force qu'il fallait atten-
dre des fuccs. Et qu'on ne dife pas que ce rrtnre
de contribution tait impollible : car de deux choies
l'une ; ou nous pouvons encore compter fur la 1
les Peuples et fur une force publique fum'fante
pour effectuer une mefure nes lia re leur falut, ou
nous ne le pouvons plus. Dans le premier cas, fi la
contribution tait fagement ordonne elle rfiffi-
rait ; dans le fcond peu nous importerait que le
chout, car il ferait prouve que le mal ferait fon
dernier priode.
Mais cette opinion comme toute autre n'eft
pas une demonllration ; je puis avoir rort, et U*
n'ai pas mme le tems de m allurer fi )'ai tort ou
raifon. Forc de choifir en un inflant pour la
Patrie, je choifis le plan, que de confiance pour
fon auteur, elle vrfererait elle-mme, et je
confeille 1 Aflembie nitionale de prendre le parti
3ui me parait devoir infpirer la Nation le plus
e confiance fans compromettre fes vritables ref-
fources.
Quant la prtendue fchereffe du d'eret que je
propofe j'ai cru jufqu'ii i que la rdaction des ar-
rtes du orps lepiflatif ne devait avoir d'autre m-
r:re que la concifion et la clart. J'ai cru qu'un ar-
t de l'Affemble nationale ne devait pas tre un
lan de rhteur ou mme d'orateur ; mais je luis
loin de penf, r qu'il fai !e ngliger en cette oc< alion
les resTourcet de l'loquence tt de la tenfibilit.
Malheur qui ne fouhaire pas au premier miniftre
des finances tous les fuccs dont la France a un
befoin fi minent Malheur qui pourrait mettre
des opinions ou des prjuges en balance avec la
Patrie Malheur qui n'abjurerait pas toute ran-
cune, toute mfiance toute haine fur l'autel du
bien public Malheur qui ne fconderait pas de
toute fon influence les propofitions tt les projets
de l'homme que la Nation elL-mme lemble avait
appel la dictature Et vous Meilleurs, qui plus
que tous autres avez et devez avoir la confiance
des Peuples, vous devez plus particulirement tans
doute au miniftre des finances votre concours et vos
recommandations patriotique'. Ecrivez une adreffe
vos commettant, o v*.us leur tnontrsrez, ce qu'ils
doivi nt la chofe pu tique l'vidente nceflite de
leurs fecours, et leur irreliftible efficace ; la Hlpetbo
perfpective de la France l'enfemble de fis befoins,
de f.s reffources d-1 fes droits de fes efperance-s ;
e que vous avez lait, ce qu'il vous refte faire ,
et la certitude o vous res que tout eft poflible ,
que tout eftfactle l'honneur, l'enthoufialme fran-
ais....
Compofez Mt leurs, publiez cette adreffe
j'en fais la motion fpcia e ; c'tft j'en fuis filr, un
grand reffbrt, un grand mobile de fuccs pour le
thef de vos finances. Mais avant tout donnez-lui
des bafs pofitivts. Donnez-lui celles qu'il vous de-
maude par une adhefion de confiance a fes propofi-
tions, et que par votre fait du moins il ne ren-
contie plus d'obftaclcs fes pla ni de liquidation
de prosprit.
M. de Lally-Tolendil dont le difeours peut fe
rfumer dans ces deux mots que fon rudition lui
fuggra timio Danaos propofe d'adopter le plan
de M. Necker, et de renvoy.r la rdaction du d-
cret au comit des finances.
Cette motion fait natre une tfpece de lutte entre
ces deux manires d'approuver le plan du miniftre ,
pendant laquelle des oppofans trs-anims fe mon-
trent la tr.bune.
M. Lally propofe d'adopter, quant au fond le
projet d'.irrtde M. de Mirabeau mais d'en referef
la rdaction au comit des finances.
M. d'Fprmefnil fait l'amendement fuivant :
Vu l'urgence des circonftances et oui le rapport
du comit des fi anos, l'Affemble nationale ac-
cepte de cor.fi\,net, le projet prefente par le premier
miniftre des finances.
C* t amendement eft adopt quant au motif
d'urgence mais bientt les mots de confiance exci-
tent de vives rclamarions.
La fance fe prolongeait, les ttes s'chauffaienr,
la voix des orateurs fe confondait avec celle des
interlocuteurs, et les opinions ne fe prsentaient
plus que comme un Vain fon au milieu du tu-
multe.
Il tait plus de t heures du foir.
M. le comte de Mirabeau. MefTieurs au mi'ieu de
tant de dbats tumultueux, ne pourrai-je donc pas
ramener la delibrarion du jour par un petit
nombre de queftions bien limples.



[
E
DaigRCf, Mi (fieur!.daignex me rpond
I e prpii rr miniftres d i fini cet m vous a-t-il ras
off rr : isbl .. I pi s effrayant de notre fituattoii
attui.
VOUJ a-t-il pas dit que tout d lai aggravait
le p n' i Qh un j"ii.-, une heure, un infant pou-
vait nt I rendre mortel ?
Avons-nous un j.ian fubtrituer celui qu';l nous
Oui a ci quelqu'un dans l'Aflem-
Je CM ure c lui qui repond oui de con-
fid.r.t que fou plan n'eit pas connu, qu'il faut du
terni pour le dv< loppi r, l'examiner, le dmontrer s
U-il immdiatement fournis notre dlibra-
tion. Ion auteur a p i le tromper j que fllt-ll exempt
de toute erreur, on peut croire qu il s'eft trom.ie i
que quand tout le monte a tort, tout le monde a
r.. fon qu il fe pourrai: donc que I auteur de cet
tutrt projet, mne en ayant railon ( t tort contre
tout le monde, puifque uns l'affentiment de l'opi-
liion publique, le plus grand talent ne fau a t triom-*
I d s circonftances.....Et moi aufl je ne
trois pss les moyens de M. Necker les meilleurs
poAibielj nuis le ci-1 me preferve dans une fitua-
tioti (i C itique d'oppofer 1-s miens aux tiens.
\ .ment je l! tiendrais pour prfrables ; on ne
rivalit pas en un mitant une popularit prodi
gieufe conquife par des fer*ices ditant { une
; prience la rputation du premier talent
de financier connu j et, 'il faut tout d re des
hasards, une deftine telle qu'elle n'chut,en partage
aucun autre mortel.
II faut donc en revenir au plan de M. Necker.
Mais avons-nous le tems de l'examiner de fonder
fes bafes, de vrifier tes calcu s ? . Non non ,
mille fois non. D'intignifiantes queftions des con-
jectures haiardes des ttonnemens infidles;
Vo I tout ce qui dans ce moment, efl en notre
pouvoir. Qu'allons-nous donc faire par le renvoi de
a dlibration ? Manquer le moment dcifif i achar-
ner notre amour-propre changer quelque chofe
un enf.mb'e que nous n'avons pas mne conu et
diminuer par notre intervention indiferette l'in-
flu ncs d'un miniftre dont le crdit financier eft et
d'ir tre plus grand que le ntre.... Meilleurs cer-
tainement il n'v a l ni fagell, ni prvoyance.....
Mais du moins y a-t-il de la bonne-foi?
Oh! (i es d darations moins foletnnellet ne ga-
rantiifaient pas notre refpect pour la foi publique ,
notre horreur pour infime -rot de banqueroute, j'oft-
r lis fauter 1 s motifs fecrets et peut-tre hlas !
ignors de nous-mmes, qui nous font fi imprudem-
ment recul r au moment de proclamer l'acte d'un
grand devo ement certainement inefficace s'il
n'eit pas ra ide et vraiment abandonn. Je dirais
a ceni qui f- familiarifent peut-tre avec l'ide de
manquer aux engagemens publics, par la crainte
d t es de! facrifices, per la terreur de l'impt...
Qu'eft-c donc que la banqueroute, fi ce n'eit U
plus cul, le p us inique le pins ingal, le plus
defaftreux des impts?..... Mes amis, coutez ua
mot : un f. ul m< t.
I). ux fiecles d dpr tarions et de brigandages
ont cre if le gouffre od le royaume eft prs de
outir. I faut le combler, ce gouffre effroyable.
Eh bien I voici la iitb des propritaires Franais.
Choififlez parmi les plus riches, afin de facnfier
moins de citoyens. Mais choififlez; car ne faur-*l
pas lu'un p tit i ombre priiTe pour fauver la marie
du l'.'ti le? Allons. Ces deux mille notables poffedent
d. quoi combler le drficit. Ramenez l'ordre dans
vos finances la paix et la profprit dans le
royaume. Frappez, immolez fans piti ces trilles
victimi s, prcipitez les dans l'abme ; il va fe re-
fermer..- V'ousr cul z d'horreur.... Hommes incon-
faauens h -mmes pufiHanimes r h ne voyez-vous
donc pas qu'en d crtant la banqueroute, ou ce (
qui ell lus odieux encore en la renJant invi-
rt fans la dcrter vous vous fouillez d'un acre
mille fois plus criminel et, hofe inconcevable !
gratuitement crim nel ; car enfin, cet horrible fa-
crifi.e ferait du moins difparaitre le dficit. Mais
croyez-vous parce que vois n'aurez pas pay que
vous ne devrez plus rien ? Croyez vous que les
milli.rs, le- millions d'hommes qui perdront en un
luttant pat l'explofion terrible ou par fes contre-
et pet-t-ire leur unique moyen de la fuftenter vous
tailleront paifiblement jouir de votre crime ? Con-
I n lateur ftoiqus des maux incalculables que
cette cataltrophe vomira fur la France i impaffbles
goiftes qui penfez que ces convulfions du dfefpoir
et de la mitete parferont comme tant d'autres ,
et d'autant vlus rapidement qu'elles feront plus
violentes tes-vous bien frs que tant d'hommes
fans pain vous bifferont tranquillement favourer les
mets dont vous n'aurez voulu diminuer ni le
nombre, ni la dlicate-lfe...... Non, vous prirez,
et dans la conflagration univerfe le que vous n
frrntflex pis d'allumer la perte de votre non-
ne fauvera pas une feule de vos dtefables
joui ffn ices.
VoilJ o nous marchons..... J'entends parler de
patriotifme d'lans du patriotifme d'invocations
du pattiotifme. Ah ne proftiruet pas ces mots de
Patrie et d; patriotifme. Il eft donc bien magna-
, l'effort de donner une portion de fon reven i
260
qui hfitera, ne peut dfarmer l'indignation qu: par
le mpris qiM do;; infpirer ft.ip>dit.-. Oui M.f-
., c'etl la prudence la plus ordinaire la fa-
a plus triviale c'eft votre intrt le plus
[radier que j'invoque. Je ne vous dis plus comme
lutrefois: donnerez-vous lei premiers aui Nations
fpectacle d'un PeupU fl mbl pour manquera
Il t >t publique : J^ ne vus dis puis : eh quels
titres av /vu .1 la hb r;.- quels moyen* vous
fl ront pour h matnttnit fi ds votre premier
pas voua furpafTet les turpitudes des gouverne m ni
les plus corrompus? Si le befoin de votre concours
et d: votre futve l'.ance n'eit pas le garant Je votre
conftiturion ?...... h sous dis : vous ferez tous en-
trans dans la ruine univerfe lie, et les pruniers
int 1 des au facriliee que le gouvernement vous de-
mande, c'eft vous-mmes.
Votez donc ce fubfide extraordinaire. Eh ,
puiife-t-il tre furifanr Vore-le, parce que, fi
vous avez ds doute fur les moyens, ( doutes
raguel et non clai cis, ) vous n'en avez pas fur la
nceflit et fur notre impuhiance le remplacer,
mmdiatement du moins, vott /-le parce que les
circonftances publique! ne foutfrent aucun retard ,
et que nous ftions comptables de tout dlai.
Gardez-vous de demander du tems, le malheur n'en
accorde jamais......Eh I M.iiieurs, propos d'une
ridicule motion du Palais Royal d'une rilible infur-
rection qui n'et jamais d'importance que dans les
imaginations faibles ou Ici de (Lins pervers de
quelques hommes de mauvaife toi, vous avez en-
tendu nagure ces mots forcm.s: Catilina efi aux
porta de Rome e: l'on d.'hete. Et certes il n'y
avait autour de nous ni Catilina, ni prils, ni
Lierions ni Rome.... Mais aujourd'hui la banque-
route, la hideufe banqueroute rft-l ; elle menace de
confuner, vous, vos proprits, votre honneur.....
et vous dlibrez !
Nous ereflayerons pas de rendre l'impretuon que
ce difeours improvif produisit fur l'Aflemble.
Des applau iitfemens prefque convulfifs firent place
un dcret trs-fimple conu en es termes, qui
lufa aprs un appel nominatif, commenc cinq
heures et demie et fiai aprs fept hctir.s.
Vu l'urgence des circonftances et oui le rapport
du comit des finances I'Affemble nationale ac-
cept* de confiance le plan de M. le premier nniftre
des finances.
Cette nouvelle rdaction appattient la fois
M. de Mirabeau t M. d'1 pr.fmnil.
La fance eft leve.
pour fauver tout ce qu'on pottode Eh Meffieurs,
t. n'eft l que de la umplc arithmtique et celui
SEANCE DU LUNDI 18 SEPTEMBRE.
M. Mounier a eu f*< voix fur 600 pour la pr-
fidence; M. Ption 14?; M. Target fi. M. Mou-
nier eft en conlequence proclam prefident.
M. de Clermont-Tonnerre prfente fes remerc-
mens l'Aflemble.
Le nous-eau prfident prend enfuite 'a parole.
M. Mounier. Celui qui m'a prcd dans le porte
honorable o vous avez daigne m'elever et qui l'a
rempli avec tant de diltinction m'infpire tout a
la fois le dtfir de l'galer et la certitude de ne pou-
voir le remplacer. Je rclame donc votre indul-
en e dans l'exercice des fonctions que vous dai-?
;nez me confier.
Tes jeunes gens du commerce de la ville de Paris
offrent une fomme de 6,100 iv. |1| reoivent ies
honneurs de la fance ; et M. le prefiduit leur dit
que I'Affemble nationale approuve leur zle patrio-
tique tard procureur au Cbtelet, offre 8S9 liv. tou-
cher fur une r^nte l'hote'.-de-vilk-. Plufieurs
perfonnes contribuent pour de modiques tommes, en
s'impofant, toit ^ liv., (bit ^o tous par tentre.
Un ancien chirurp.ien-Tiajor du rgiment de 1 uxem-
bourg donne 60 liv. M. de Yoifins, dput du
Languedoc offre le quart de tous les biens qu'il
poffede. L'n gentilhomme lervant le roi, offre
i ne Ibmme de 6coo liv. payables en trois paiemens.
Il d mi de que fon nom foit inconnu. M. lad-
ver.ne offre le qt'.art de fon revenu net, payable dans
6 mois. M. Parent dput fupplant de Troies,
fait l'abandon de la finance de fon office et d'u e
rente de 32 liv. fur le roi. Un dput donne
des boucles d'argent. M. Baune membre du
collge de chirurgie et de l'acadmie de chirurgie,
tait prfent de 25 louis et d'un louis pour fa do-
meftique. Un artilie fait offrir une mdaille qu'il
a remporte Rome. On obterve que ce iaenfice
prive celui qui en foit hommage d'un titre trs-
nonorablsi q l< pour le fuppl r il c: nvient que
M.-le pr< fid :it lui crive une lettre de retnercm nt.
i'.n confquence, on dcrte que M. le prt
crira celui qui offre ia Patrie julqu' fes
trophes.
Des militaires du diftrict des filles Saint-Thomas
offrent une fomme de 366 liv. Ils prennent fance
hors de la barre.
M. le prfident. L'Aflemble nationale reoit avec
recoiinaiflance le don patriotique que vous faites
la Nation. Il eft beau fans doute de voir
militaires ibutenir la Patrie non-feuUmeot parleur
courage mais encore par des contributions.
M. Rouffeau, ayant un emploi i Sves, aban-
donne une p.irtie de les appoint mens, et i
que fes conrr re* futvront fon exemple. M. Baa-
d n 2,400 livres en lettres de change. Und*.
put le quart de fes revtus, confinant en I OOOl.
prendre fur tes gages de fecictaiie du rt-i. Ilie-
erette de ne pouvoir prfenter une fommi pluscon-
fiderable ; mais -\ cfpere l'augmenter ds q
rendu fon cabinet d'o fes devoirs ctuls l'ctt
loign. Ce dput eft un avocat diflingn du pat-
lement de Flandres, nomm M. Merlin. Un d-
put de Pronne donne le quart de fes revenus.
On obferve qu'il eft inutile de faire mention de
tous ceux qui font des foumiflions de payer le quart
de leur revenu, pu.fqu? cette contribution ell or-
donne.
Un membre dit qu'il faut en inlbuire l'Afeti-
ble et n'en pas faire mention dans le procs-
verbal.
On lit une adrelfe des religieux de Saint Martin-
des-Champs, qui offrent tou- I urs biens i l'Aff-rr,-
ble nationale. Ils e(timentq"e les revenus de l'ordre
montent i,8co,coo liv, qui font partags par des
abbs commandataires, lefquels a peine en biffent
allez aux religieux pour leur fui fittance ; ils o^t en-
core trois maifons Paris, qui val nt au moins atutte
millions ; cette fomme fuffiiait, dint ils, pour pro-
curer chacun des religieux 1500 liv. de pennon,
en les rendant la Patrie et la libert qu'ils par-
tageraient avec les autres citoyens; ils ftrviriient
les autels et inftruiraient la jeunc-ffe. Cette adreife
eft figne de tous les fupneurs.
Plufieurs membres en demard-nt l'impreflion, et
tous y applaudiflent avec tranfport, l'exceptim
d.i cierge, que cet cnthoufiafme gnital ne peut
mouvoir.
L'impreflion eft dcrte.
M. le prfident annonce que M. de Boulaimil-
lers demande entrer. Introduit il expofe que,
pendant Us aflmbles de Paris il reut un paquet
qui a t brle fans tre dcachet, qu'il contenait
une foumiflion de payer 26,000 liv. { que quelques
jours aprs il re^ut un billet de io,cco livres et
foco 1 v. en bidets de la caitfe d'efeompte, de
la part de M. Benhier, intendant de la guerre, dans
lequel il le priait de conferver ces billets jufqu'ce
qu'il lui et fait part le fa refoluti.mi que M. Ber-
thier l'avait fait prier de les offrir l'Aflemble,
en l'aflurant qu il fervirait dformais la Patrie fans
exiger aucun appointemtnt.
M. de Boulainvillers offre l'Aflemble les affu-
r nces de fo refpect, et lui demande la continuation
de ts bonts.
M. le prfident. Vous affurerez, Moniteur, le
gnreux citoyen qui vous a charg d'excuter fes
intentions de !a fatisfaction avec laquelle l'AflemMie
nationale a reu fes dons patriotiques.
L'Aflemble nationale accorde fance M. de
Boulainvilliers.
On continue la lecture des dons et des offres pa-
triotiques.
M. Volant, qui a tabli diffrentes manufactures
de taffetas qui furpafle en qualit celui d'Angle-
terre: offre cinq pour r< nt fur le produit de la vert.1.
Lettre d'un ecclfiaftique qui a perdu le revenu
de fon bnfice par la fuppreflion d;sdi
que les autres ecclfiaftiquts prendront enfin desjen-
timc-ns apeftoliques et finit par cette citation:
Divites reiigio pepetit et fuffocavmnt rr.amm. 11 ter-
mine p.r die qu'il a fait vendre fes meubles ; il
en donne le prix l'Aff mble nationale, ,'ji ell
de ijo livres. Cette lettre qui ne farinait pas le
cierge caufe d; longs dbats ; il ell dcide, fut
une motion de M. dr Mirabeau qu dforma s on
ne lira les adrefli et les letires qu' la fance du
foir.
M. de la Borde cur de Corneillan, dput
de Condom fupplie l'A'fenible de recevoir fi
dmuTion pour raifon dj faut.
On fait lec.ture du procs verbal. M. l'abb
d'Eymat qui en eft le rdacteur, tfl'uye de violera
reproches iur la partialit, l'infidlit et l'impro-
prit des t .-rines.
M. le comte de Mirabeau lui reprfenf mtH
neft pas exact dans le rcit, en difant que 1 A;-
femble nationale avait t impatiente ttiltt aa
voix j qu'il ne flait pas mention de l'adreffe qu'il
avait propof de fdre aux commettais, pour les
inftruire des motifs du dernier d cret d. l'AneosUe.
M. Duport propofe de renvoyer le procs-verbal
au comit de rdaction.
(Vs-deux motions font appuyes.
Cependant un membre ayant obferv qu'il con-
venait plutt de charger M. l'abb d'fvmar de
ri prfenter le procs-verbal demain I'Affemble
avec les corrections propofes ce dernier parti
eft adopt.
( la fuite an n9 prochain. )