Citation
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel

Material Information

Title:
Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title:
Gazette nationale
Portion of title:
Moniteur universel
Creator:
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Chez H. Agasse, Libraire.
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
v. ; 51 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Periodicals -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815 ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )
Spatial Coverage:
France

Notes

Additional Physical Form:
Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation:
5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities:
Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note:
Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding:
Digitization provided by Creekside Digital

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
06444351 ( OCLC )

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Succeeded by:
Moniteur universel

Full Text
GAZETTE NATIO1 ;ALE, ou LE MONITEUR UNIVERSEL.
V \9.
D U 3. JUILLET 17S9.
FRANCE.
De Paris.
Suit des ivnemens qui ont jitivi la prife de la
BaftUU. '
iu'tt L difctw's de M. Necker la commune de Paris.
li, jour de mon arrive i Paris j'appris
que M. le baron de Bezenval avait t
Villenaux et cette nouvelle me futeon'ir-
eu-epar un gentilhomme feigneur du lieu, qui, fans
connatre particulire ment M. de Be/enval nuis
11 e par un fentinient de bont fit rr er ma
mut pour me tmoigner fon inquitude et me
detrvinder li je ne pourrais pas tre en lcours
M le ba on de Bezenval qui tait.parti pour la SuifTe
me la penniiiion du roi.
J'avais appris la veille les malheureux vnemens
k Pans et le fort infortune de dt ux magiltrats aceufs
excuts rapidement. Mon aOM t'mut et), n'h-
ii.i point ecr re de mon caroffe ces mots-d
Meilleurs les off.ciers municipaux de Villenaux :
Je fais politivemeit, Meilleurs, que M. de
feienval, arrt par la milice de Villenaux, a eu
f:imillion du roi de fe ren.lre en ejuiffe dans (a
rie. Je vous demande mltammcnt, Meilleurs ,
de rel'ptcter cette pcriniflion dont je vous fuis
garant, et je vofcs en aurai une particulire obli-
gation. Tous les motifs qui affectent une a me frn-
I:.'.: nuntereffenr cette demande. M. de ***
ta: bien fe charger de ce billet que je vous cris
u ma voiture fur le grand chemin de Nogent
YeiiaiiLs.
J ail honneur d'tre 6V c.
Ce mardi z8 juillet 1789.
J'ai appris Mefficurs que mi demande n'a
point ete accueillie par MM. les officiers munici-
paux' lie Vilknaux parce qu'ils vous avaient crit
pour recevoir vos ordres. Eloign Ce Paris pendant
lesmalheueux vnemens qui ont excite vos plain-
tes, je n'ai aucune connaifiance particulire des
l ris qui peuvent tre reprochs M. de Beienv.il ;
): l'a] jamais eu de relation de socit avec lui.
Mai la juftice m'ordonne de lui rendre dans un;
allaite importante un tmoig ge favorable. Il
ttk CMunandant pour le roi dam la gnralit de
Puis o,depuis deux trois mois, il a fallu conti-
nuellement aliurer la tranquillit des ma chl, pro-
tger des convois de grains j il tait donc ncef-
faire d'avo r continuellement recourt au comman-
dant dtenu maintenant \ illenaux ; et quoique
Aji l'ordre ininiffriel, j'aurais d m'adrclfer an
fetttaire d'F.tat de la guerre, qui aurait tranfmis
les demandes d minittre d> s finances au comman-
dant des troupes M. de oe/enval m'crivit fort
honntement que cette u.arche indirecte pouvant
occalionncr de la lenteur dans le f. rvice public ,
^miuvttajt lui donnrr des inftructions directes,
et qu'il ks excute ait pon tnellement. J'adoptai
(tM propofition et je ne puis rendre trop de juf
titeau lle et a l'activit avec lefquels M. de Be-
Itoval a rpondu mes defirs et j'ai remarque
lalmaent qu' 1 runifiait de la mo,diation et
del prudence l'activit militaire, en forte que
j'..i fuvent eu occalion de le renie-cier de fes Coins
et k f. n attention f< utenue. Voil, Meilleurs, c-
qui m'ell connu de ce gu.raknma qualit d'homme
pub:ic.
Je dois vous dre .enfuite de la part du roi,
que fa majeft honore depuis long tems cet officier
dellsbint s. Je ne fais de quoi il peut erre aceufe
auprs de vous: mais fournis aux lois de la difei-
p.ine militaire il faudrait peut-tre des titres d*c-
eufari .n bien formels pour l'em cher de retourner
dans fa Farrie > et comme tranger comme mem-
bre diftingu d'un pays avec lequel la France
depuis fi long-tems des relations d'alliance et d'a-
raiti, vous tuiez frement pour M. de Bezenval
taus les gaids qu'on peut efprer d'une Nation hof-
pitaliere et gnereufe. Et puifque ce ferait dj ure
grande punition que d'amener Paris comme cri-
me! ou fufpcct un officier gnral tranger
qui retourne dans fon pays avec la permillion du
toi, j'ofe vous prier de confid rer fi vous ne po"r-
nex pas vous borner lui demander Villenaux les
claircilkmens dont vous pourriez avoir befoin et
h communication de fes papiers, s'il en avait. C'elt
vous, Mi'ffieirs confi.lrer fi vous devez ex-
pofer ce gnral tranger aux effers d'aucun mouve-
ment d >nt vous ne pourriez pas rpondre. Car dif-
tincu s comme vous tes, Meffieurs, par le choix
de vos concitoyens, vous voulez furemeot tre a van
tous Ils dfenseurs des lois et d : la jutlice ; vous n
tcmlei pas ou'aucun ctoyen foit condamn foit
ru i fans avoir eu le tems de fe faire entendre ,
bu avoir eu le tems d'tre examine par des juge
intgres et impartiaux. Cefl le premier droit d(
l'homme ; c'eft le plus fainr devoir des piajfans i
s'eft l'obligation la plus conflamment refoectee pat
tout s les Nattons. Ah! Meffieurs, non pas devant
vous qui, diftiugues par une ducation gneicufe ,
n'avez befoin que de fuivre des lumires de votre
fprit 11 de votre cur, mais devant le plus in-
connu le plus obfcur des c toyens de Paris je
Dittrn* je me iette genoux pour demander
(|Ua fon n'exerce ni envers M. de Bezenval ni
envers.perfbnne aucune rigueur fem'dable en au-
cune manire celles qu'on m'a rcites. La juf-
tice doit tre claire, et un Gentiment de bont
doit encore m fini ceffi autour d'elle. Ces prin-
cipes ces mouvement dominent tellement mon
l n que fi j'tais tmoin d'aucun acte contraire
dans ui moment o je ferais rapproch par ma
plaie des chnfes publiques j'en manirtii li ur et toutes mes forces au moins feiaient' epui-
fee'S.
J'ofe donc m'appuyer auprs de vous, Mef
ikurs, de la bienveillance dont vous m'honorez.
S dus avez daigne met re quelque intrt mes
rvices et dam un moment o je vais en deman-
d. r un haut p ix je me p. rmettraj pour la premire ,
pour la feule fois de dire qu'en effet mon zele n'a
pas t ii.utile a la Fi\. haut prix que j..-
vous demande ce font des gards pour un geiu r 1!
tranger s'il ne lui faut que cela i c'eft de l'in-
iulgi ne et de la bont s'il a beloin de plus. J
lrai heureui parcetie infigne faveur, en ne fixant
mon attention que lur M. de Belenval, fur un (im-
pie particulier ; je le feiais bien dava tige fi cet
xemnle devenait le fignal d'une amniftie qui r n-
.Ir.nr le calme la FraACd et qu: permettrait tous
lcs citoyens, tous les habitansdece royatti 'e
fixer uniquement leur attention fur l'ave ir afin
de jouir de tous'les bians que peuvent nous promet-
tre l'union du Peuple et du fouve ain et 1 accord
de toutes ks forces propres fond r le bonheur fur
li lioenj'et U dure de cette 1 bertfur le bonhi u.
gn al. Ah! Meilleurs, que tous les citoyens,
que tous les habitans de la France rentrent, pour
toujours fous la garde des lois. Cdez je vous
en fupplie mes vive infiances, et que p..r votre
bienfait ce jour devienne le plus heureux de ma
vie et l'un des plus glorieux qui puille yous tre
r.ferv.
Ce difeours fut p'ufieurs fois interrompu par les
ipplaudifTemens de l'AflemUe qui p.rta^ea l'at-
tendrillement du miniftre tt mla fes larmes aux
lionnes.
M. Necker fe rendit enfuite dans la chambre des
lecteurs o il trouva plusieurs men.bres de la d-
putation de Paris, qui taient venus exprs pour
partager la joie et U reconnaiffance publique. On
le fit placer fur l'eftrade du prftdent, et lorfque
le lilence eut fnccdaax acclamations, M. Moreau
de Saint-Men y lui prfenta une cocarde en lui difant :
Monsieur j voici des couleurs que vous chakiffez
G1111 doute ; ce foiK celles de la libert. Le mu.iftre
reut la cocarde l'attacha ion chapeau et aprs
avoir rpondu par des marques de fenlibilir et de
gratitude aux tmoignages .le reconna'llanee et de
refp.ct de 1" Ad emble, il plaida avec tant de cha-
leur la caule de l'humanit il s'leva avec tant de
force contre les jugemeris de profeription et de-
minda avec tant d'irfhrce que ce jour fut celui de
la clmence et d'un gnreux pardon, qu'il fit paff r
dans l'aane de tous eux qui l'entendaient les
fentimeni dont il tait lui mme pntr, et que
d'une voix unanime, tous s'crirent les larmes
aux yeux grce grce umnijlii gnrale !
Cep-, ndant le Peuple impatient de jouir fon tour
de la vue d'un homme qui s'tait conftamment montr
fon d.tenfeur et fon pre, dans Une place o il
n'eft que trop commun de devenir le plus cruel de
les ennemis, le demandait avec de grandes clameurs.
Il fut donc oblige de paratre une des croifts,
et de jouir quclijue tems des tranfports que fa pr-
fence occafionnait.
M. de Cletmont-Tonnerre, prenant la parole dans
crt interva le : Pardonnons aux vaincus, comme
nous avons combattu les fuperbes. Voici entre le
trne et nous, ajouta-1 il en montrant M. Necker,
voici un homme fur lequel nous pouvons compter.
Tournons relev tout nous loutient ; la piaillante
des chofes et l'nergie de notre courage. Daigne-
rons noqs encore har des ennemis quand nous n'a-
vons plus les crai.idre-? Que peut-on nous oppo
fer ? des armes nous les battrons. Des injures !
nous nous tairons. Montrons l'Europe le Fia ais
dans toute fa gloire, dans tout le charme de fon
caractre. Je le vois je le feus ; ce Vu de mon
cur eft celui de tous les vtres.
A ce difeours redoublrent les cris : pardon !
'race amniftie L'orateur prfenta tuflitt un proet
l'arrt qui fut l'inltant mme fign par les
lecteurs et aggr par les reprefentans de la
commune ; et des odres furent prompteme it ex-
dicr Villenaux "fini rt M. de
;ival et le conduire julqu'aux frontires de la
5 lifte fa Patrie.
M. Necker, tranrport de iccoiwniflaKe et de:
joie, aptes avoir proclam m quelque fone Pam-
nillie gnral- repartit pour VerfaillcS. chj
de pouvoir inflruire le roi 11 la reine du fu<.
qu'avaient ou fes p ieres auprs des citoyens de
Pans er de leur dire qu'ils avaient le bonln itr de
commander la plus ger.reufe comme la plus
brave des Nations.
Le triomphe du min-flre m^ fut pas de longue
dure : des vnement malhi ureux firent bientt
vanouir ces douces cfpranccs.
A peine l'arrt des lecteurs fut-il connu
foixante diflricts que l'on vit elater dans la plu-
part la fermentation la plus violente. Del circons-
tance! que M. N cker ignorait, contriburent en-
I 1 ajouter .u mconrement gnral.
L'atTemtle des fecturs de la ville de Paris,
et cdle d.s reprfentant de la commune cran-
s l'une et autre l'ancienne acminifitatioia
municip u ..t toutes deux leur exiftence aux
troubles qui venaient de dcider la rvolution.Lci
lecteurs d egus par Es dsftricts pour choilir
leur! dputs au: Etats-Gnraux, avaient rempli
leurs manda>t pour cette lection ; et n'ayaneg^otnt
de pouvoirs ultrieurs ils taient tans titre
pour exercer au.une fonction publique.
Cependant, ds le- comtnencenMtt de juillet,
ils avaie t demand, au prvt des marchands une
(aile d; l'nr l-de ville pour y tenir leurs aflemblees.
ils I taient empares, fans million, il elt vrai, de
l'ad imltration municipale au momei : de la fubver-
lion de l'ordre an. ien ; mais ce :ut pour rendre
II vil.t le Paris et ia caule publique des services
c ntie s. L. capitale dut fa tranquillit aux mtfures
e,u'il- prirent poui le mainti n de lu paix, et fes
>pprovifionneanns j l'activit infatigable avec
laquelle ils t'occuprent pourvoir la fublif-
tance.
A peine les premiers jours de crile furent-ils
paff es qu'on jeta des nuages fur, leur conduite et
fur- leurs intentions. On le rappela qu ils avaient
voulu perptuer leurs fances, qu ils avaient pr-
tendu avoir le droit d furveiller la conduite des
dputs aux Ftats Gnraux, le titre de comit
permanent qu'ils aviie t donn L'aggrgation de
leurs mpbres, qui veillaient jour tr nuit. l'htel*
de-ville, la police tntale et a la lrete com-
mune, rvolta ks elpnts naturellement ports au
loupons et l'ir.qui tude dans les premiers orages
dune libert nailante,
Peut-tre aufli dans ces inllans de crnlufion o
les limites des divers pouvoirs n'taient pas encore
det.rm nes, et o le befoin de rtpouller le dan-
ger.prefent ue permettait gure de s'arrter la
rigueur des principes hafarderent ils quelques d-
marches peu rflchies', qui parurent la fuite d'un
fJRme ambitieux. Quoiqu'il en foit Its diflricts
ne tardrent pas rclamer contre l'illgalit de
ltur adminif.ration ; plulieurs mme firent afficher
ce fujet les arrts les plus vigour ux : quel-
ques autres relolurent d'envoyer' une dpuration
l'Affemble nationale pour d. mander qu'elle" ordonnt
l'aitantiflement d'un eor^s dont la vie politique
tait teinte, et l'rection lgale du pouvoir mu-
nicipal.
Mais la majorit convaincue que le droit de fe
continuer en munici alit efl de l'eflnec mme
de la cite puifque toute fo it tient par le
feul fait, de f n exillence le droit de s'aftemblet
pour avifer aux moyens de maintenir la furet ec
de prore'per 1 s propriet s communes dcida qu'il
ferait nomm deux dputs par chaque dilt ict ,
pour tra\ ailier au plan de la municipalit et admi-
niftrer provifoirement la capitale.
Ces cent vingt dpuras s'aflemblerent le ir juillet
l'htel-de-ville dans la Halle du gouverneur j et
d'aprs le vu m. ifft d. t us ks diflricts, pro-
clamrent de nouveau M. Bailly, maire de !a ville ,
et M. de la Fayette commandant gnral de la mi-
lice nationale de Paris. Ces deux chefs civil et mi-
litaire qui jurqu'alors avaient tenu leur place de
l'acclamation plutt que du fuffrage fom el de leurs
concitoyens, avaient a'rtfle tous les diflricts : ne
circulaire, pour ks inviter dclarer s'ils enten-
daient approuver et confirmer leur nomination. Cette
ratification fol. nnelle avant t prononce pat les
nouveaux reprfeotans de la commune il pri
ferment c:::rc leurs mains, et ceux-ci jurrent
leur tour au nom de leurs commettans, de I ur
obir en tout te qu'ils kut commanderaient pour le
fervice public.
Ils fe rendirent enfuite en corps i l'affemble
gnrale des lecteurs, leur dclarereot qu'iks'i taient
conftitus et qu'ils allaient prendre les re es de
l'adminiftration. Ils les remercirent de leur zele,
r ks invitrent, avec les dmonftrations d'un atra-
chemeot vraiment fraternel, dlibrer avec eux
dans cet- mme fance. Enfin, ils arrtrent de
continuer provifbii
fu (lllar.ee de police et de .: |s qu'j|,
xiftai nt nnaent, en adjoignant nanmoins
i


quitte nouv-sitx membrrs i chacun d'S trois der-
u an. Rtoltltiofl (ge car en renouvelant entiere-
m-nt ces comits, ODtSpvfsit videmment lappro-
vilionn.meut et la lircte de Paris.
Il fair rendre juliice aux .lecteurs. Ds le 2} juillet.
l'alL. a raie avait de. iar. qu'elle ult prte
dt remettre les pouvoirs, ou p.utt d'en cefler
l'exercice, aulliiot que la pluralit des dftricts le
demanderaitj et que les membres de la commune
pourrai, nt s en chaigcr. iils M its fufp.ndireiit pas
fur le-cnamp, c'ellque la deputation Je la commune
elle mme le! pria ue continuer leurs travaux fi ne-
cciTiires pour la chofe publique.
Gravement inculps par une dnonciation folen-
n- lie, ils crurent devoir s'affeaiblcr pour revoir
l'extrait du procs-veibal de h urs Lances, qu'ils
ava eut refolu de faire imprimer comme la meilleure
des apologies.
Mais la prvention gnrale fit donner toutes
leurs dmarches des interprtations dfavorab' s.
L'obfeivation qu'iis firent qu'attendu l'importance
et l'tendus du travail dont la municipalit allait
tre charge, il lerait nceiT.iie que'chique dithict
et au moins trois dputes i la ville, ne tut re-
garde qu= comme un prtexte pour conferver en-
core ufie autorit que leuts concitoyens voulaient
kur retirer.
Ceux mmes qui taient plus moder. s et qui
tendaient hommage aux intentions des elect. us,
aurai., ift dlir qus ds l'inftant o ia Commune
avait t omme fes re.prefer.tans ils cudent celle de
12(5
faire part des msihbreux vnemens qui venaient
de les contraindre rvoquer leur promelL- ; et
aprs avoir artre une d putation l'Allemble
nationale, pour lui rendre compte de leur con-
duite ils f rparrent pour ne plui le r i.nr en
la mme qualit er fVnoncrent entirement aux
fonctions dont lea circonftances les avaient forces
de l charger. I^es reprsentant del commune leur
fuccderent dans la grande l.iiie de lhoici-de ville
qu'il* occupaient, et plusieurs y relirent aiLmbs
toute la nuit.
Le -nin lire fut vivement affect de la rvolution
fubite qui s'tait faite dans les efprits. Ce n'etair
aiTurment aucun motif d'afftCtioa particulire, ni
d'intrt pcrlonnd qui eaufait l'on affliction ; la
caufe du Peuple tait la fienoej le ennemi du
Peu le taient lea (uns. \\ is cette eft rvtfcence
gnrale, cette lnine ardente de la Nation enciaie
envers ceux qui avaient comp r contre ii libert ,
ce partage rapide d'un L-ntinv nt de commit' r tioii
et de clmence, aux tran,ports de la colre et aux
eus il<-la vengeance effra/erentce miniirre humain
le rtgarder comme corps admlniffratif, et que ceux
dcntr'ctix qui tait nt demeurs dans les divers comi-
ts le tullent ablte-nus d'y prendre voix dlibra;!.e.
Telles taient la' iituation des chof. s tt la difpo-
ition des efprirs lorfque M. Ntckc-r arriva dans la
capitale. Dans toute autre circonitance il eft vrai-
femblable que ls prires en faveur de M. de Be-
zcnval et fes invitations au bon ord e et la paix
auraient produit les heureux effets qu'ii pouvait f
promettre de tx jufte influence fur les Parifiens. Mais
les folIcttatioM auprs des lecteurs, comme s'il
leur et fupp fe encotV quelque part l'ac'minil-
(ration municipale, exe terent de l'inquitude, et
l'arrt qu'ils piirent au nom del commune arrt
peu rflchi, il clt vrai, mais qui fut dict par une
motion louable en eile-mne puifqu'tlle tenait
des fentimens gnreux, fut regarde comme une
entreprife teui raire et un attentat contre la Nation
et les lois. Quoi donc, l'Alln.ble national vient de
formel un comit pour la recherche des crimes de
lze-Nation ; elle a promis d'tablir un tribunal pour
fiunit les auteurs de la dernire confpiration contre
e Peuple et u
voir, (ans ritre fans caractre ofe prononcer une
Peuple et une aiTtmblee d'hommes fans pou-
arnniltie un pardon gnerai !.... Les lect-uts par-
donnent .. .ils ont eonc le droirde punir Mais qui
les a inftitues juges des ennemis de l'Kut ? Qui leur
a donne le droit d'annuler les dcrets de l'AlTeni-
blee nationale. ,
lys ciment.s du miniflre fjifirent avidement cette
occafioh pour tcher de lui faire perdre fa popu-
larit. Ils iiifinuaicnt au Peuple qu'il facrifiait la*
Caufe publique aux intrts de fou ambition; qu'il
voulait f ultr.ire M. de Bezenval au (upplice, pour
acheter ce prix la faveur d'un perd puiff nt; qu;
l'on verrait biemt les confpir.neurs reparatre M
triomphe la cour braver infoleniment la haine
de h Nation et exercer de cruelles vengeances
fur les defenleurs de la libert. Jamais impr liions
rie furent plus avidement reues, et plis rapide-
ment propages. En moins ce trois heures toute la
capitale eft foulevee : le toefin tonne comme dans
un danger prerTant 1 on bat la gnrale, la multi-
tude s'attroupe les placards d'atnri ilie gnrale
font arrachs, et la place de Grve retentit de
cris men.icans, tandis qu'au Palais-Royal on cl-
brait le retout de M. Nccker par des illum nations
et les concerts qui annonaient les tranlportse ia
joie.
Cependant les difiricts s'affemblent pendant la
nuit. Celui de l'Oratoire prend un arrt vigou-
reux qu'il envoie fur le champ aux cinquante-neuf
autres, aux reprfentans de la commune et la
chambre des lecteurs, et fait partir deux de (es
membres pour s'oppofer ce que M. de Bezenval
foit mil en libert. Plufieurs autres districts df-
vouent de mme la conduite de l'htel-de-ville ,
et celui des Blancs-Manteaux envoie une deputaton
l'iffemble nationale poux lui faire parr de fon
ant. Les lecteurs, de leur c:, en envoyrent
une au diftrict de l'Oratoire pour tenter de le
calmer ; mais eile fut fans fuccs. Effrayes eux-
mmes de cette fermentation gne aie, manifelle
pir les proreftations multiplies qu'ils recevaient
chaque inftant. ils fe htent d'interprter leurs in-
tentions par un arrte o ils ann.tOaient que le
f ntiment de pardon et d'indulgence qu'ils avaient
ex rime, ne rtendait point aux prvenus de crime
de leze-Nationi qu ils l'tient borns a profcrre
tout acte de violence contraire aux lois et l'ordre
public es qu'ils n'avaient nullement pente s'at-
tribuer le droit de rmiiTion.
Les cent vingt reprfentans de la commune pri-
rent une reiolution plus dolive encore, et don-
nrent l'ordre de s'aflurer de la perfonne de M. de
I eze11v.1l.
Les lecteurs crivirent M. Necker, pour lui
8r i>hilo!ophe : la clrit avec laquelle la multitude
lie (aidait mouvoir t la taciiit que les m.iuva;s ci-
toyens auraient ainfi d'garer fon patriotilme lui
rirent craindre une longue fuite de defordres et
de malheurs. Si la diTpolitton des efprirs 1 i et
t mieux connue, au feu e'.e demajl le: une amnifli
g niale qui ne pouv.it qu'aigrir le Peuple et 1 ex
citer a de nouv. lits violences par li ct.iiiue de-
voir les magiilrats et les lois clles~.nmes trahit fi
iulte venge:nce il fe ferait borne, fans doute i
le fuppber de mettre fin a des (cnes fangia ites
qui dshonoraient la caul la plus noble que des
hom ns cuiTent jamais dt fendu et le runir
lui pour demander l'Aflmbl? nationale des cri-
bun.iux et des juges devant lesquels la Nation put
traduire ceux que la clameur publique accula t
d'avoir jure fa ruine. Il ne fe ferait pas adieff
une foat refpec raidi il eft vrai par le patrio-
tilme et les lumires de fes membres, et pir les
f.rviccs qu'ils vai nt rendus la Patrie, mais qui,
(ans pouvoir et fans million, n'avait aucune exis-
tence politique.
il parait que ce fuient ces coi fiderarions qui
ditigc-rcut la marche des reprefenta s de a com-
mun? de pluii. urs diltiicts et de l'Allemble na
tioeale. L'htel-de-vlle expdia la nuit mme un
courier M. de Liancourt pour lui taire part d. s
nouveaux troubles del capitale, et un autre
la pointe du jour, pour l'inllruire de l'tat exa.t
des choies,
L'Aflc-mble nationale p*rlilta dans fes pire dens
arrts, relatifs la relponfabilit des miniitres et
agent du pouvoir excutif, l'etaWill. ment d'un tri-
bunal et d'un comt deftm recueillir les renfei-
gnemens.
Elle dclara en outre que la prfonne du baron de
Bezenval fi elle tait encore dtenue devait tre
remife en feu sr et fous une garde fuffifante dans
la ville la plus prochaine du lieu o il aurait t ar-
rt et que qui que ce fut ne devait attenter a fa
perfonu^;, qui tait mile lous a garde d.. la loi.
Cet arrt.- r tablit dans la capi aie une efpece de
calme : pour le mamenir, de nouveaux dputes des
commu es vinren. le lcndem.ii 1 remercier l'Aflm-
de'a diflribution des farines : il aiTurait depuis d ui
jours qi e le bled manquait Paris, et que l'on j
mangeait du pain lembiable celui que les boulan-
ge rs allaient cuire. Ce pain dlire fait aver -:1#{.
lan^e de farines d'orge, de ic-igie et de froment,
fe trouvant alTez mal cuit, la prcipitation ou n-
gligence des boulangers excita quelques murmures.
Cep ndant le Peuple p rfuad que la difette eut
gnrale, parut prendre aile/, facilement Ion parti
(ur une privation qu'il Ci oyait d ailleurs parut r
avec ia capitale. Mais ies le loir mme o et.
futdittnbue pluli.uis haLitans en rapportrentit
Paris, qui tait trs-blanc et publirent que l'abon-
dance rgnait en cette ville. Dans un inliant ce fut
un foulevement ge n- rai : une troupe d'ouvriers
accourt a la mafcn du lieutenant de nuire, et
l'oblige de mettre a hu t fous le pain ele quatre livre.
Mais la ntul itude excitee par l-.s enneinis decema-
gilirat, et par les calomnies de ces arciiansde dif-
coide qui ne cherchent que le trouble, et ne fe
rpaiffcnt que de crnes fe porte bientt aux Je.--
nieres violences. Conduite par rois ioldats du regi-
111 nt de Provence elle loue l'a maifdn, ttan once
grands cris (a reiolution de le pendre : il tait a!or$
deux heures et demie du matin. Aprs unevigoureufe
rfiilance M. Chatel a le bonheur d'chapper aux
..liaiims et de fe rfugier dans un clocher. In
enfant le dcouvre et cet infortun qui v.nait Je
diminuer le pain fes propres fiais, qui, l'hiver
prcdent, avait procur aux malhe. reiix des fecoen
abondant, elt gorge avec un rahiaement inoui de
b.ubirie.
Chaque courier apportait des provinces de nou-
veaux lujets d'afl.ictio.i et d'alarmes. A l'exemple dei
Parifiens, on s'emparait partout d-.s c tadellci, en
le nuait le joug tyranniq e des anlto.raties muni-
cipales on clieriVint brilcr les chanes de a foda-
lit-- ; et dans cette lutte de h multitude qui, aprs
tant de fiecles d'oppreffion, apprenait enfi 1 leftcret
de fe-s forces contie l'orgueil et 1 avarice de fes an-
ciens opprelLurs qui ignoraient encore celui de leur
aibleffc les premiers pas vers la libert turent mar-
qu s par d.s r.a.es de fai;g.
La vi le de Laen prouva violemment cette etfet-
vefcen.e patriotii|ue dont les effets turent (i glo-
rieux, et do::: juJqucS luites fur nt fifuntltes. A
la pr. iniere nouvelle de l.i rvolution, tons les ci-
toyens jibw 1. m la coc.tide ; on piit la citadelle,
on s' mpara des arn es, on tora la tour Ltvi, pri-
fun d'un de ces (dieux tribunaux, connus lo s le
nom de comm/jjion, ou des jug:s flipendies pari
f rme, renfermaient des malheureux qu'ils envoyaient
>ux gaieies ou air gibet, pour avoir vends, a un
prix moeiiqu- ce fel que I avare ignorance du gou-
vern.rm.nt contra gnan d'acheter pour ai:di dire au
poids de for. .Mais la fureur du Peu,le, irrit par
les propres fuccs, menaa bientt les papiers, les
mailons et les employs des agens du fife. Dais cette
extrmit, les officiers municip.ux ordonnrent une '
diminution fur le prix du pain, formrent uns garde
bourgeoife, tt to'.it rentra dans fovdre. 1
I eu de jours prs, qui iques lol.lais du rgiment
d'Artois, en ganulon Henns, fe retfdirciit a Caen.
Ils taient dcors d'une mdaille recompenie ho-
norable de leur devoment a la caufe commu e.
Quelques folda'S du rgiment de Bourbon inlul-
terent ces patnot.s q;ii taient fans armes; et
i 'u 1 u v-j ..11 .1 IV. L.i.i- .1.1 I ui vi. 1 1 .-li.^-iii- ...
ble nationale et la luppliet de former incefi.mment aPr< co,nbat] **& { m" ,an8lant Lur ar"'
e tribunal deftin juger les crimes de leze-nation ( ^" ' mdailles. Les va-ncus font rettm.r la
periad s, d.faient-iL que cette n efure tait feule v ,te de leuiS Pla!nr- " ata,lc J?" de Be "ncf'
111 ex rajudiciair^ et le fyllnie du comit jj Paier
tion alors exittant, lui rit rejeter une mef.ire tPfeJ feu, et crie a..x ai.,i,s. A mitant le
toc lin (o. ne, ies habitai meint des campagne s accou-
....... ... a .;....:. ni..* j .. ....1 *
capable de mettre fin des excs doit les luit, s M
l'ha. itude pourraient devenir fi fuit lUs. Mai la
tache d'infamie imprime fur les commilhenis par es
alladinats juridiques dont s'taient fi fouvent re'i lus
coupables des juges vendus aux tyrans rvolta une
grande partie de l'Allemble contre l'rabliffement )
d'un tribuba
de cooftitu
qui aurait peut-tre prvenu de grands malheurs.
Cependanr M. de Rezenval avait t conduit
Brie-Comte-Pobert :il yfutd'aborddt nual htel
le ville puis transfr au ch'eau que l'on mit en
tat de defenfe et une troupe nombreufe fui char-
ge de (a garde. On tablir une batterie l'entre- de
la place et un officier paffait le jour et la nuit dans
la chambre du prifonnier. On drfia un procs-verbal
des prcautions employes pour prven r fa fuite ,
-t on le fi: afficher pour arrter la f rmeiitation du
Peuple.
Ce fut un grand bonheur pour ce gnral que le
courier qui portait l'ordre de ne point l'amener dans
la c.ipita e, et fait une extrme diligence. Trente
mille forcens l'attendaient a la Grve, le funelte
rvtrbere tait defeendu la corde fata'e tait prte ,
tout annonait qu'on allait renouveller (n arrive
les borribl s (cnes dont on fremiff.it encore. S'il
entr dans Paiis aucune puiffance humaine
n'aurait pu le loullraire au fort qui l'attendait. F.t
telle tait l'horreur de C\ potltion que les rigueurs
d'une longue captivit l'attente d'une la procdure
criminelle l'incertitude du jugement durent lui
paraitie encore un bienfait du cie .
Les inquitudes que la malh -ureu' affaire de M. de
Besenval avait donnes aux am s de la paix taient
a peine iffoupies, que dejiouveaux meurtres vinrent
r leur fenibilit.
Dans la nuit du iamedi, 1 aoiit, il v eut Saint-
Danis une meute dont le prtexte fut la chert du
pain. M. Chatel, lieutenant de mare, tait charg
maj"r en leoDd de ce rgiment, d'avoir excite fes
guerriers par l'appt dune vile iccomprnl, i
cet.e odieulCgf t lche expdrion. Le Peuple in
court aux armes et la vengeance. !.c rgiment de
B' urbon fe renferme dais les caie n s : l'enrr.e
de la nuit un piquet de grenadiers tente dsem-
parer du pont Je Vauc II s. La f.ntinele beur-
rent a et i minuit, plus de vingt mille hommes,
avec du canon inveililf nt le quartier.
Les officiers municipaux et ceux du tgiment d-
lirant prvenir le carnage, entrent en pour parier.
M. de rJelzunce protttU de (on nnocence offre de
le rendre 1 hotel-de-villect d'en donner des preuve!
convaincantes.
Le rgiment demande des otages: on les don-*,
et l'infortun major le livre cnuragrufemrnt la
multitude. La garde nationale l'environne et le con-
duit la citadelle, dansl'efpoir de le f.iuver. Ce-
pendant M. d'Hjrcoun commandant de la pro-
vince envoie ordre au rgiment de fintt de la
vilfe perlu-d que fon dpart pourra contribuera
ramener le calme.
La paix semblait renatre et la bonne intelli-
gence tait tellement t.ab ie, que les otages de
la bourgeoifie lui ava ei t t rendus. Mais le rgi-
ment tait a p;ine hors 'e la vile que la fedition
clate avec une nouvelle (tireur. Le Peuple, dans
un de ce. mouvemtns rapides contre lefquelsla force
et lapruience humaine font impi i (Tantes, e portr
fubitement la citadelle, y penctie, ma'gre Ici
efto ts de la garde national s'empare de M. de
B-.l/unce le iraiiie fur la p ace de l'htel-de ville,
f tue coups de fulil aux yeux de la municipalit
indigne, oserec les pus horribles barbaries fer h
cadavre de cetinfartune, qu'on aflure voir te,
par la p^r t de Ls principes, bien loigne df pr-
voir l'norrvur de fon fort.
( La Jane ir.etjfiimmtra. )


SEMBLE NATIONALE.
Ai.
Prfdcnce de M. le duc Je L'uincourc.
Sance du vendredi 31 juillet.
I a fince s'ouvre neuf heures. On donne par
titrait lecture de toutes les lettres.
La premire eA une lettre conrre l'tablifTemen:
atroce et excrable des capitaineries dont l'an an-
: .: leul fuih ait pour militer Louis X\ 1 la
rconrailfin e d 'a poitrit comme il a livr le
nom de les meurt l'excration de tous les fiecks.
Ll fconde efl une requte de l'le d'Olleron qui
rclame une reprefentation directe aux Etats*1 G-
nraux.
fa troifi.me eA un ouvrage intitul : Le baptme
ii lui *u le nuriage des trois ordres.
La quatrime et la cinquiem* des plaintes de
p'ifieurs leigneur, qui, pour fauver leur vie ont
t forcs de livrer leurs titres ;u trop julle courroux
des payfans.
La lxieme 1 ttre, de M. de Lacroix avocat et
homme lettres fur le meurire de trois magiArats.
Les expreffions de fa lettre indiquent qu'il parle de
MM. Fleflelles, Foulon et Berthier.
Enfin des chanfons et des lettres anonymes.
On donne lecture du procs-verbal.
M. leprfident obferve qu'il eft forc d'inrerrom-
l'ordre du jour, pour faire part l'Affembie
une lettre qu'il a reue lur les deux heures du
Bt Je la part d'un reprsentant des communes, la
MB :
M. le duc l'inpreffion produite par h pr:fence
de M. Necker a t porte au comble. C'eA a\ ec
trarfport et ravillement que ce miniitre a t reu
dans la capitale.
Son difeours furtout a produit re-thoufiafme ; il
demande ia libert de M. de Bcionval ; on la lui
1 accorde. Les reprfentans des communes et les
lecteurs ont fait dirrens ar.tes qui ont, pour ainfi
dire, rappelle les premiers deferdres. Si j'avais un
avis donner, l j'ofais me le permettre, )e croi
rais que la vue de pluiieurs membres pourrait r-
tablir la paix.
M. le prudent annonce que tout Paris a rclam
contre ess arrts ; que MM. du diltrict de l'Oratoire,
furtout, ont donne ordre M. de Corberon et d;
Montuleau de partir furie-champ pour arter les
officiers envoys par la ville pour faire dlivrer M. de
B^enval.
M. le preTidcnt annonce encore que Us lecteurs
ont interprt leur premier arrt en dclarant ,
d'aprs la rclamation de quelques diftricts qu'en
interprtant un f. miment de pardon et de piti on
n'a pal entendu pardonner aux ennemis coupables de
lue-nation; nuls feulement dclarer OUI les citoytns
ne pouvaient tre jugs que par les lois.
Amfi, voil encore une fconde fois l'Affembie
durgec de rappeller le calme dans la capitale.
Jl... membre du cle'g. Il ne faut pris s'tonner (i
lareaix ne rgne plus dans Paris : la lacilit; avec la-
qutlle on a accord M. Necker la grce d'un cou-
pable n'a pa produire qu'un effet funelle.
L'AlTenibis nationale a demand la paix, et elle
ai refufee. Comment a-t-on pu fe flatter que le
crdit d'un particulier pourrait obtenir davantage?
M. de Lally, touche de cette efpece de reproch.
fat M. Neckei prend la parole : Vous trouverez
bon, dit-il, qu' l'obferv.uion que l'on vient de
vojs faire je ne rponde rien ; mais pour toute
juilification d'un miniitre que vous avez combl de
bonts, je n^ vous d, mande que la feule permifon
de lire le dilcouis qu'il a prononc hier l'htel -
de-ville.
M. de Lally lit ce difrours, tel que M. Neck r le
proii-ma Lier dans l'affembl e des (lecteurs et des
r. ; rfentans de la commune ; il donne les dtails de
cequis'tApatle l'arrive de ce mi illre da,nsla api-
tale.de l'vtet vif et rapide que londfcours a produit
dans to^s les curs qu'il a tournes tout--coup de
Liliane la clmence.
M. le comte de Clermont-Tonn-. rre qui avait t
Paris, qui avait entendu M. Necker qui avait par-
tag l'motion g.n-iale confirme ces dtails.
I.'Aflmbiee ne les a pas en-endus fans inteit, er
d;frf>Hitnsapplau>iilfim;nsont interrompu la lecture
du difeours de M. Necker.
Lidifcuflon s'ouvre fur cet obiet.
M. Target. Je crois que |les troubles qui agitent
lac.; :i.m a l'opinion qu'elle a conue de
l'arrt des lecteur Klie a cm qi'elte pardonnait
aux ennemis de la Friiice. Mais ce n'elt l qu'une
,.7 ,
erreur *Wt il faut irriter la propagation. La vi!le de
Parti n'a t.'it qu'annonc r quel! rtnonc, lit 3 1. taire
juitice a le r Ime. Il ne 1 agit d ne qui d.
nue expl cation qui camra tout 1
Voici un projet d'arrt :
L'AfLmb'.e nationale arrte que q-oique la capi-
tale f l'oit honore er dclarant que le Peuple ne
fe ferai! plus jullice lui-mme ci s coupables de
Ie/e-!'atn9n < lie perlilre dans fes prcdons arrts ;
qu'e le entend pouiltiivre la punition des coupables
devant un tribunal quif. ra trfbli par la commiilion
do t l'Alfemble n; celle de s'occuper.
Plufieurs membres avaient demand la parole ,
et allaient ficee (Vivement parler lorfqu'on annonce
une dputation du diltrict des Blancs-Manteaux ,
elle ell introduite. M. God rd, l'un dts preiidens
du diltrict, porte la pat oie :
Meflienn un vnement important nous amen
au pieds de cette auguAc AHeniMcc. La capitale
femblait n'avoir plus ti-.n a dlirer et le calme y
devait tre rtabli jamais. Elle iva t eu le bonheur
de vous recevoir; elle avait refl Ion roi. Hier ,
le mimilre qu'elle attendait l imp.u cmnint ttait
venu mettre le comble fa joie. Cette troifieme
jourr.ee, fi bll : fi touchante, a t l'une de celles
o les cfprits on: ete le plus agite*. Ils le font en-
core > et c'eA auprs de vous que mus venons
chercher le remi.de .1 cotte fermentation ... .Si tout
Paris avait ente du M. Necker avait t tmoin de
fon motion, avait vu couler fes larmes, tout Paris
aurait fait un dcret lolciinel des (ntimens de ce
grand m niltre. Les lecteurs, au nom du la cit, ont
prononc une amniftie gnrale. Leur arrte a produit
l'imprefiiou la plus terrible. Disc inus ont t com-
m s ; les lois en reclamcn- la punition ; et tout-
coup un pardon gnral c-A annonc ; il l'elt au nom
de tous les citoyens, par des citoyens fans million.
Ce mme Piuple qui dans un jour, eA paffe de la
lervitude la libert n'a pu fe prter la revo-
l'tionfoudsini qu'on voulait oprer dans fon efpiit...
Il n'a pas reconnu dan- cet arrt dtl lecteurs,
le caractre de la loi ; il n'y a pas vu l'expreffion
de votre volo t, qui tait et qui eA que les cou-
pables (oient recherchs jugs et punis-. Tel eA
1 cfprit de vos derniers dcrets; et le refbect qu'ils
infoirent au Peuple fe joint, dans fon elprit, la
hiine qu'il conferve encore contre les ennemis ,
quoique vaincus et il a fait clater fes plaintes
contre cet arrt. Alors nous avons penf que le plus
fur moyen de calmer fes agitations, tait de nous
plaindre nous-mmes, de lui faire voir qu'il avait
des dfenfeurs ; et nous avons pris l'arrte que nous
vous apportons... i\\ us fortunes ralfurs par la
puret de nos intentions. Le befoin * la paix la
nceffit de ramener Piratant la tranqu Uit publique,
l'influence que vous exercez fur la France entire,
nous ont dtermins dans .nos dmarches.
Ces dputs remettent enfuite fur le bureau un
arrt de leur diilrict, par lequel ils dfavouent
celui des lecteurs et dclarent s'en rapporter ,
fur la recherche des coupables et leur punition,
Cl qui a dj t dcrej par l'AAe-mblee na-
tionale.
M. le prfldent r la dputation. L'efprit du bien
public et de la juAice anime- 1' \iTemb!e nation.de
depuis qu'elle eA forme ; c'eA lui qui a dict tous
fes arrtes i et quel autre peut an mer les rep-fen-
tans de la Nation ? C'eA c.lu; qui va preliderenc re
.1 la dlibration qu'elle va prendre fur le rcit que
vous venez de lui faire et fur la qucAion impor-
tante que vous ve ez de foumettre la fageAe.
M. Camus. Le plus flr moyen de rtablir le calme
dans Paris eA de rafluri r le Peuple fur la pu: i.ion
des dlits publics pour cet effet, il faut donnei une
connaiffance officielle de l'arrt du 18 l'affemble
de l'htel-de-ville et au Peuple. Votre inprobation
ca mera le Peuple ; et l'htel-de-ville apprendra
fe contenir dans les bornes de fon devoir.
M. Defmeuniers paile enruite. Son opinion (A
fonde fur les mmes principes que celle de M.
Camus.
M. MounUr. Je ne m'oppofe pas ce qu'on
env.de aux diArics de Paris l'atrtd du 28, q'
porte tablifTement d'un comit des recherches ,
pour raifon des dlit contraires la furet de l'Etat.
Mais pour rtab! r le calme da's Paris, vous ne de-
vez pas abandonner 1-s principes facrt q"i ptote-
pent la furet perfonnel c. Les crimes commis contre
la Nation doivent fans doute tre pourfuivis,
mais la pourfuite n'en appartient aucune " ille,
aucune province en particulier ; c'eA "n droit qui
ne peut appartenir qu'a la Nation, o" ceux qui
la reprelentent.
Aucun emprifonnement par fuite de ces dlits ,
ne peut tre fait que fur votre rquifition. fuaod
mme la pourfuite ne vous en appartiendrait pas
etchlfivement, je demande- s'il p^ut tre perm;s
d'errprifonner un citoyen moins qu'il ne (<.it ris
en flagrant dfila ou qu'tant ralement accule,
il y ait contre lui d-.s preuves fui pour qu'on
air intrt s'affurer de fa p-renne. Vainement
\it on des clameurs publiait s ; ,,s nos font
tres-mal entendus. 1 a < Limeur publique qu; peut
fcull autorifer un emprifonnement, eA celle qui
peurfuit le coupable au moment o il vient et ol
on l'a vu commettre 1= crime. Si par clameur pu-
blique, on entend un bruit populaire des foupconi
v.'ru-s, q.ie! citoyen pou ra defoiinak compter fur
cette il' rtrubl que et perfbomlle que nous lommta
ci.erges de dtendre?
M. If lomte de Mirabeau. Qu-.lque purs que
loi.nt les mot fs quelqu'e trainans que (oient Ici
mouveirens 1 ratoires qui ont dtermin hier la
dmarche de l'htel d .-ville et des elccteuts il
nous eA in.pollible de l'approuver.
Le mot de pardon, l'ordre de relcher M. de
Be7enval font galement impolitiques et repre-
hentible. Nous-mmes n'avons pas le toit de pro-
noncer un; amnillie. Accufateurs naturels de tout
cume public inllituteurs prfums du tribunal def-
tin le pouiluivre, nous ne pouvons ni punir ,
ni abfoudre ; nous faifons les lois, nous M ItS
appliquons pas ; nous pourfuivons les grands cou-
pables, et pai cela mme nous ne les jugeons pas.
Ncus pouvons bien retirer notre accufation fi elle
nous parat dnue de preuves, mais noiis ne pou-
vons pas innocenter celui que la notori 'te publique
neiomrre coupable ni priver aucun individu,
au une corporation du droit de le pourfuivre. f-e
pouvoir de faire grce, tant qu il exiAe rfide
minemment dans la perfonne du monarque ; je dis
tant qu'il exiAe parce que c'eA une gra >de quef-
tion que de dterminer l ce pouvoir de faire grce
peut exiler, dans quelles mains il rfutera s'il
exille, et fi les crimes contre les Nations devraient
jamais t/l leinis. Je ne prtends pas mme effleurer
ces qtieltions ; te ne les ai pas encore affe/. tudies;
il re s'agit point de cela aujourd'hui : il futlit que le
droit de faire grce nous (bit tranger.
Il nous eA plus tranger encore dans cette occa-
fion que dans toure autre. A Dieu ne plaife que
j'aggrave la lituation de M. de Bexet.val Il eA
arrt, il ell fufpect, il eA malheureux ; autant de
raifons de aa'abnenif : mais vous avez dclar les
chels militaires refponfab'es des vnement. M. de?
BeuenvAl eA accule par la notorit publique ; et
une municipalit un htel de ville, une ville au-
ra t pu donner des ordres pour la rclcrjer, pour
l'innocenter, pour le ibuAraire la juAice publique !
Non, Melfiei.is : puifque nous-mmes ne le pou-
vons pas, aucune corporation particulire n'a *
pouvoir.
Il nous eA donc impoffible d'approuver fous au-
cun point de vue une dmarche inconfidre qui
a excite dans Paris une fermentation trb-naturelle,
et j'ofe le dire, tres-eAimable. Si mme je ne re-
gardais pas 1 s lecteurs comme d'. xcelletu citoyens,
fi je ne fongeais pas aux ferviccS ellentiels qu'ils
ont rendus dans des momens orageux je vous
prouverais que les diflentimens levs entre les
lecteurs et les diftricts font un des levains les
plus actifs de cette fer.nentarion de la capitale : je
vous rpterais ce que j'ai dj eu l'honneur de vous
Xpofet, que les el cteurs le fo-.t prvalus de la
manier-j dont vous les aviez acue Ihs, qu'i s en
ont conclu que leurs pr-enrions vous paraifftient
fond.s, et qu'il eft impoffible de diffimuler de
plitrer plus lonetems cet tat de chofes ambigu et
contradictoire. Je vous lirais er.fin que les diftricts
n'ont pas oublie leurs d'oits, qi'il. jorit tous les
jours des rclamations plus fermes et plu: perl-
vr ntes et que, pour prvenir'les fuites des dif-
lentimens il faut que 1 Al'emblf nationale pro-
'ionce, fi les lecteurs ne le retirent pas d'eux-
mmes.
M.1 Prieur. L'afyle des lois eA inviolable; c'< A
fous leur protection que le Peuple jouit de la
fcurk ; nuis fi les lois font une fois violes Il
elles tombent dans le mi ris alors Ls troubles
renv-.rient ia focit. Rallu ons le Peuple lur fes
craintis, ralfurons-le par les lois, les lois repren-
dront leur empire.
Void mon projet d'arrt.
L'AlTemble nationale perfiAant dans fes pc-
dens arrts, relatifs la pourfuite qui appartient
la Nation contre le auteurs de. les malheurs,
ordonne que les arrts en date des.... frront pu-
bli s, affiches dans la capitale et envoys dans
touttsles provinces du royaume.
Un membre fe plaint du grand nomb-e des mo-
tions ; il dit qu',1 taut les prl-nter les un'S aprs
les autres. Del il vient l'ob et de la de! bra.ion;
il prouve que les lecteurs n'avaient aucun pou-
voir ni celui de pardonner, ni celui de punir,
puifqu'ils ri'.tvlient aucune jurifdiction ni celui de
pub.11 r fon de tromp m celui de farre afficher,
ppur rendre la libert des prifonniers ; il adopte
la motion d. M. Target, et r-jette l'amendement
de M. le comte de Mirabeau.
M. de Volney. Je ne me dfends pas ici de l'en-
thoufiafme qu'ont prouve MM.les lecteurs; mais
ds que ce moment eA parT l'on doit fe rallier
aux piitx ip'-s. Je dirai donc que les lecteurs no
rouvait-nt ni dclarer un pardon qu'ils n'avaient pas
1 droit de prononcer puifqu'ils ne font rien ni
encore mo"S de dclarer ennemis ceux qui trou-
, blera-ent Tordi p ilqu'il nom qu'un pouvoir
: \*w qualit d'lecteurs dit affe* qu'ils ont
' confoinm leurs droits.


A l'gard de l'htel de-ville c'tf! 11 que r-
les \ rltfblei reprfentans de la N.u on. I's
ont t nortmi i I gai im t ; ils font les vrais d
polira res de l'intrt d s communes de la capitale.
Cependart el >i tu le droit d'envoyer in
(ourler pour rlargiffetnent de M. de Bezenval.
Hais n'a aucune autorit fur un territoire tran-
ger Ces limite).
1 t d'ailleurs depuil que vous avez tabli un
comit i!c r cherches, VOUl ttl lies par vos priu
ripe i la mui icipalit ne l'eft pas moins. Voua avez
deiid qu'il ferait tait des informations fur tous
i < oupa I s : or, en voulant fouftraire ceprffonnier
1)01 pourfuites, die a commis DM faute Croit'
on que pour calmer le Peuple il faille faire fi
centii c.'
Ce n'eft pas tout. Pour tre fur du prifonnier, il
ne faut pas s'abandonner la lenteur des voici
oidinai.es; la dnonciation ne peut tre faite que
par la partie civik ou par le millilitre pubre.
Ici il n y a ni l'un ni l'autre ; il y a bien da-
vantage c'cll la dnonciation faite par la Nation
Mitieroi
M. Rew' vos arretis. Si la capitale les avait repectes, les
coupables elle i.e ferait aujourd liui que d-
como es et un salle cimitiere. Le Peuple et la voix
de la jullice o..t demande vengeance; vous ave?,
aulfiiot lev une eipece do tribunal pour recevoir
des informations.
Les lecteurs auraient d fe conformera vos ar-
r. t > f t ne pas faire grce, quand vous appelez la
rigu.ur des lois fur la tte des coupables.
Nous n'avons pas oubli cette journe fameufe du
14 juillet, o les lecteurs nous ont annonc qu'ils
avaent intercept plufieurs lettres criminelles, fur-
tour la lettre de M. de Pefrnval au gouverneur de
Il riafli le. Et maintenant ce font as mmes el c-
teurs qui aprs avoir defigne le coupable vous
l'avoir orr.rr en quelque forte s'empreffe-nt de le
retirer de vos mains. Nous n'avons rien autre chofe
faire que d.' Mimer leur conduite.
M. de "Liilly-Tolendjl. Il y a !ong-tems que nous
confierions le Peuple Franais s'indignent de fon
efclavage brifant les fers, renvtrl'.mt la citadelle
du {L'ffOtifme f.- livrer des excs que la mi-
f re i: les oppn fleurs avaient rendus bien lgitimes!
mais bientt il ell revenu les pr.niiers fentimens
d humanit et de douceur.
Pourquoi maintenant reprendrait-il les premiers
actes de fa fureur ? Tout ell conlomm, les dan-
gers fe font vanouis avec fes craintes et avec fes
ennemis.
le me difais : peut-tre eft-il tromp, peut-tre
exagere-t-on fes malheurs : ce Peuple ii doux ne de-
vient aujourd'hui cruel que parce qu'il elt dans
l'erreur, Sans doute il verra fi que la cl.mence d'iri
pria* e ell .touchante #>lle d'un Peuple ell le plus
D ; fpectacle que l'on puille offrir a l'univers.
Mais aujourd'hui toutes ces efprances f >nt va-
Rouies ; les lecteurs ont rvoqu ce gnreux par-
don n on ne peut que le regretter. Vous pour-
rie/., dans la dclibeiation que vous allez prendre,
le rappeler* nous devons mme cette marque de
courage au minillie qui revient parmi bous et
tous ceux qui pourraient encore tre tiomps.
J'ai entendu parler de rivalits de pouvoirs ; ces
rivalita exigent fouvent le facrifice de la juftice;
c'cll entre ces prtentions de l'orgueil que l'on frein
la vie des hommes. J'ai vu que l'intrt de parti
s'levait 1er l'intrt gnral, c'ell la fagefle de
l'Allemblee arrter un pareil delordre.
Duff-je tre encore dnonc au Peuple dont
j'ai dfendu les intrts aux dpens mme des miens,
je ne crains pas d'adopter la motion' de M. Target,
et d'y apporter comme amendement la dclaration
de M. Mounier.
M. Gurji, jeune. Le plus grand des crimes 1 ft
d'attenter libert publique i nous avons t au
moment mme d'en devenir victimes ; mais tous les
complots ont chou; nous en avons tmoign notre
r- Rentiment ; le Peuple s'eft arm le fang a coule ;
c'tait celui des coupables.
Ces exemples terribles ont intimid le refte de
nos ennemis ; les uns ont chapp notre reflen*
Ciment les autres ont trouve des fupplices avant
de trouver dts juges. Les lois font les minires de
la volont du Peuple ; quand le Peuple agit, il n'a
plus besoin de leur organe.
Dans ce moment, toutes les villes fe font miLs
fous la garde de la municipalit.
Aujourd'hui, Meneurs nous ne fommes plus en
danger ; nous p uvons trinquillement promulguer
1 s nuits temels de la fouverainet rranaitc, et
les droits ineffaables de l'homme.
Un des premiers droits de la Nation eft de punir
les 1 s; nuis il eu el! un plus touchant, celui
de faire prier.
tans de la Nation, nous femmes alTez I
puifLns pour exercer fes vengeances: ferioi.* nous
impuilTans pour eeercer fa clmence. Fn guerre,
les hostilits ceiTert avec elle. Ces principes (ont
mmes ceux du d fteflable Machiavel.
Je fuis loin d'au nuei les crimes de nosperfcu-
t urs, mais nos progrs font fi lapides, nous fommei
w (es avt tant de clrit vers le t rme del
libert qu'on diiait que depuis le moment d'o
nous fortunes partis il s'eft coul des ii.-cles.
Il eft des elpiits qui n'ont pu vous fuivre dans
cette marche ii fubite = il faut les laifleAierriere
nous. Pardonnons-Wur d'tre leftes dans des ficels
le barbarie et d'ignorance ,*tomme on pardonne a
la folie et la dmence.
Marq"ons donc cetts heureufe poque, marquons-
l 1 n donnant notre jullice les fentimens menu
de la genrofit et de la modration qui doivent
honoter notre liecL.
Infin nous devons porter nos rega ds fur un
homme que les talciis nous ont rendu a jama-s re-
commandable. Son dpart a t le lignai du meur-
re ; fon retour fera celui de la clmence et de la
bont.
M. Roefpitrrt. Je rclams dans toute leur rigueur
les principes qui doivent foumettre les hommes lui
pectS i la Nation, i des jugemens exemplaires.
Voulez-vous calmer le Peuple ? pari;/.-lui le tangage
de la julice et de la railo.i. Qu'il loir sur que ici
ennemis n'chapperont pas la venge an< e des lois ,
et les fentimens de juilice fuccederont ceux de la
haine.
MM. Bouche et Ption de Villeneuve profc-tTcnt
les mmes principes et les mmes fentim.ns. Tous
1 tardent le projet d'arrt de M. Target comme
fuffiianc.
Un membre de l'Affemble dit que la municipalit
de Paris a envoy une dpuration au loi, et que
cette dput.tion doit fe prefemer enfuite devant
l'Allemblee nationale. Il obferve qu'il convient ds
fifpendre toute dlibration fjir l'affaire dj ag:te,
afin de p ofiter des renfeigneinens que donneront les
dputes de Paris.
La dlibration eft fufpendue en attendant fon
arrive.
On renrend la difeuffion de la moion fa;te hier
par M. Bouche, qui d mandait qu'il y et tous lei
jours une Affemble gnrale.
Aprs quelques dbats, il eft dcid qu'il y aura
une feance gne'aie tous les matins, et que les bu-
reaux s'aifembleront tous les foirs.
Aprs cette dlibration, la dputaron de la
ville de Paris eft introduite, ayant M. Bailly i la
tte. L'Affemble marque'par fes applaudiffemens,
le plailir qu'elle prouve la recevoir. Aprs en
avoir obtenu la peranifiion M. Bailiy prend ai. il la
parole :
Meilleurs, les reprfentans de la commune de
Paris viennent de vous apporter le tribut de leurs
refpects, vous remercier des foins que vous avez
pris pour rtablir la paix dans Paris, et pour obtenir
du roi le rappel d'un miniflre vertueux; ils viennent
un morient l runir cette Nation dont ils four
partie. Quel fpectacle intrellant et nouveau pou
nous, que celui de la Nation affemble! Ici ion
fe; defenfeurs ; ici bientt liront fes rgnrateurs.
Vos arrt s, fermes et courageux mais toujours
juftes et fages, ont vaincu les ernemis de la Pa-
trie, onr fait au milieu dj leurs manuvres odieufes
clore la libert publique ; et cette libert qu elt
due votre confiance, va tre affure par votre
fagefle. Nous venons, Meilleurs, adhrer tous
vos arrts au nom de h ville de Paris. Ses ci-
toyens ont admire votre vertu et ont imit votre
courage.
Je luis aujourd'hui tmoin de leur admiration ,
comme je l'ai t de votre fermet. Le bonheur
a voulu que j'appartinffe cette augufte Affemble ,
que je fulfe choili pour prlder !a commune et
reprfenter la ville de Paris. C'eft vous, Mef-
fuurs, qui m'avez dfign mes concitoyens qui
me ramnent aujourd'hui dans votre fein Heureux
d'tre depoftaire de vos fentimens rciproques,
de me voir au milieu de vous, de me rappeler
avec fenfibilit les jours que j'a partes aupies d
vous, heureux furtout de pouvoir dire que je dois
tout i vos bonts I
Un autre membre de la dpuration rend compte
de ce qui s'eft palfe pendant la nuit dernire, et
fait lecture des d vers arrts qui ont t pris par
les ecteurs et les reirfentans de la Commune.
Ces arrts font remis fur le bureau : ils font de la
teneur fuivante :
Sur le difeours vrai, fubh'meet attendriffanr de
M. Necker V Aflemb te pntre des fentimens de
jullice et d'humanit qu'il refpire,a arrt que le
jpur o ce miniflre fi cher et fi neceffaire a t rendu
la France doit re un jour de fre : en con
fquence elle dclare au nom de tous les habitans
de la capitale, certaine de n'tre pas dsavoue ,
qu'elle pardonne tous fes ennemis ; qu'elle prof-
crir tout acte de violence contraire au priTent ar-
rt et qu'elle regarde dformais comme les fculs
ennemis de la Nation ceux qui troubleraient par
aucuns excs la tranquillit publique ; en outre, que
le pr Cent arrt fera lu au prne dans toutes le
paroifles publ' fon de trompe dans toutes Us
rues et carrefours, envoy i tout.s les municipa-
lits ; et les apphud lllmens qu'il obtiendra leront
reconnatra les boni Franais.
Sign du prefident, de tous les fecrtaires et de
tous ks lecteurs.
D'aprs la fermentation produite par le bruit rpan-
du, de l'ordie donn pour que le fieur de Bezenval,
officier gnral puiffe partir en Suiffe et 1a rcla-
mation de plulieurs diflricts il eft ordonn MM.
de (,'orberon et Montu'-au ou autre porteur de
l'ordre de le laifer partir, de s'affurer, au con-
traire, de fa perfonne; de ne rien ngliger pour
la recouvrer, fi elle n'eft n'eft pas entre leurs
mains ; de la tenir lous bonne et fiire garde, au
lieu o ils la trouveront, et d'en donner avis, fur-
ie champ l'Aflenible gnrale des reprfentans
de la commune, pour tre ltatu ce qu'il appat-
ti ndra.
Fait le 30 juillet 1789, l'htel-de-ville, fept
heures du foir.
Sign Moreau de Saini-Mery de la Vigne Dt-
iairay Sumaiia Trutai, Grandin Uuijfon, Prtvt.
L'Allemblee fur la rclamation de quelques dif-
tiicts,fxp iquant, entant qiu de befoin, l'arrt par
c Ile pris ce matin fur le difcoursetla demande de M.
Necker, dclare qu'en exprimant un fentimtnt de
pardon et d'indulgence envers les ennemis, elle n'a
point entendu prononcer la grce de ceux qui feraitnt
prvenus, accules et convaincus des crimes de leie-
nation, inais annoncer feulement que les citoyens
ne voulaient d formais ag;r et punir que par les
lois, er qu'elle proferivrit, en conlquence, comme
le porte I arrt, tout acte de vionee ou d'excs
qui troublerait la tranquillit publique ; et M
arrt peut d'autant moins recevoir d'autre inter-
prtation que ,'AiTemble dont il eft man n'a
jam i. cru 1 i pu croire avoir le droit de rmilfion.
Sign, de la Vigne Moreau de Saint-Mary,
prefident, ttihigaard, vice-fecrtiire.
M. le prefident. Meilleurs, vous avez t tmoins
des efforts de l'Allemblee nationale ; vous favei
combien fon vu continuel n'a d'objet que le
falut public auquel elle tend par fes travaux:
la | .ftice que lui rend la municipalit de Paris,
ajoute i la farisfaction qu'elle en reoit et
lui rend plus agrable encore de voir dans fon
enceinte les reprfentans des communes de la
capitale.
Meilleurs, l'Affemble nationale a cru devoir fuf-
pendre un moment fes imporrans travaux qui cepen-
dant intereff nt le royaume entier, pour s'occuper
de la quefiion qui vous amen ici. A l'annonce d*
votre dpuration, el.e a mme fufptndu fa dlib-
ration prte fe terminer, afin de ne lailler chap-
per aucune des lumires qui pourraient clairer la
fagefle de fon jugement; inftruite de nouveau pir
sous, elle va reprendre fa dlibration. Elle U)
borne dans cet inltant recommander i votre vigi-
lance et votre patriotifme le foin d'tablir et
d'entretenir le calme dans la capitale, et ne peut
qu'applaudir vos vues d'ordre et de fagefle.
C'eft vous Meilleurs choilis par vos coud
toyens, exercer cette elTentielle fonction ; etjs
fui! filr de prononcer ic voeu de l'Affemble entire,
en faififfant cette occalion de vous fliJtcr du choix
honorable que vous avez faix de celui de nos con-
frres que vous av./. p!ac-; la tte de votre com-
mune et qui rend fi dilficile l'honneur de lui fut-
ce 1er dans une place qu'il a remplie avec tanr de
diltinction.
La dputation fort et on continue la difeulion.
M. Gldzen blme la conduite des lecteurs, en
difant que quand il s'agit d'une confpiration contre
l'Etat, il faut pourfuivre les coupables j qu'couter
alors les fentimens d'indulgence c'eft compromettre
la chofe pub ique.
M. de Bourflersxlit que M. de Bezenval eft retenu
par un pouvoir illgai j que l'Affemble, qui n'eft
que legilldtive ne peut rien ftatuer cet gard i
que c'en le moment de relever le pouvoir excutif,
et que cette affarre doit lui tre renvoye.
M. Bjrnave.. Le calme eft revenu dans Paris,
lorfque le Peuple v t l'tabliflement d'un comit de
recherches j fa fureur s'et ranime forfque l'affl-
mflie a t accorde par les lecteurs. La fouvenir
des vnemens doit dit;ger vos dmarches; la cl-
mence a les momens : fans doute, plus on eftpuif-
faiit plus il eft beau de faire grce. On ne par-
donne pas aux infractions d'un grand int rt. Les
lecteurs ont excd videmment leur pouvoir.
J'adopte fur ce point la motion de M. Target: nuis
la taule publique a t violemment attaque ; vous
ave/, arrt que les agens du pouvoir feraient ref-
ponfablcs.
Le 14 on a intercept deux lettres, l'une, ligne
de M. de Bezenval, au gouverneur de la Ballille.
Vous feriez inconft quens fi vous ne reteniei u
nne qui doit tre mife fous fre garde. Il faut
dclarer que jutqu'au jugement, il fera fous la pro-
tection de la loi.
( La fuite nu numro prochain- )