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Haïti en marche

Material Information

Title:
Haïti en marche
Place of Publication:
Miami Fla
Publisher:
s.n.
Publication Date:
Copyright Date:
2005
Frequency:
Weekly
regular
Language:
French
Physical Description:
v. : ill. ; 45 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
Haitians -- Newspapers -- United States ( lcsh )
Newspapers -- Miami (Fla.) ( lcsh )
Newspapers -- Miami-Dade County (Fla.) ( lcsh )
Genre:
newspaper ( marcgt )
newspaper ( sobekcm )
Spatial Coverage:
United States of America -- Florida -- Dade -- Miami
Haiti

Notes

Language:
In French.
General Note:
Description based on: Vol. 3, no. 37 (7 November 1989).

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Copyright Haïti en Marche. Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
21271733 ( OCLC )
sn 92061416 ( LCCN )
1064-3869 ( ISSN )

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Obama ou Paccomplissement
PORT-AU-PRINCE, 2 Novembre -Barack ***
Obama ou le rave des 6crivains haitiens du 19C siecle ai enro
d6fenseurs de la race L'6cole des Ant6nor Firmin,
Louis Joseph Janvier et consorts.
Toute cette litt6rature consacr6e
a prouver que le negre n'est pas inf6rieur
au blanc et que ce sont les conditions qui
font que la civilisation (bien suir
occidentalement parlant et telle que
conque a l'6poque) ait apparu en Europe
et non l-bas en Afrique.
On sait que, une fois la
reconqu6te de Saint Domingue devenue
Haiti se r6v6lant impossible, l'arme
principale des esclavagistes a 6t6 le
d6nigrement, d6peindre la nouvelle
republique comme un ramassis d'6tres
inf6rieurs qui ne pourrontjamais acc6der
au rang d'une veritable nation.
Leur principal porte-parole fut
un certainArthur de Gobineau, qui publia
en 1855 son Essai sur l'inegalite des
races humaines oui il soutint que, quelle
que soit l'origine de la race humaine, << il
est certain que ses diff6rentes familles R v Pt f ,i l,.. ,l ,, t .prr f,,,tt
BJC k t Mi h ll Ob C4t lA d~C~ A llA JtttLC


aIJtra c t ermitLtCtll tt tama e ursJ eux r esttJ


Les ouragans sont-ils

la vraie cause du mal ?
PORT-AU-PRINCE, ler Novembre Les Toutes les agences onusiennes se mobilisent
ouragans sont-ils la vraie cause de la catastrophe a notre chevet, suppliant les grands donateurs de ne
haitienne ? pas nous manager leur assistance.
On le dirait depuis deux mois que notre I1 ne faut pas abandonner Haiti aux
pays a 6te traverse de part en part par 4 ouragans ouragans, plaide le president de la Banque mondiale
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-""g -
I -r


successifs qui 1
Le Pn
plusieurs vovag


Distribution d'eau potable aux Gonaives (photo Abassi Logan /Minustah)
'ont mis en charpie. en visite dans nos murs. Etc.
Ssident de la republique a accompli Pas suffisant n6anmoins pour convaincre le
ges l'tranger your olaiderlacause Conseil de s6curit6 de transformer sa mission


de son pays totalement d6truit par les intemp6ries.


(OURAGANS / p. 4)


d'un vieux reve
sont aujourd'hui totalement spares >> et que la race
noire est << au plus bas de l'6chelle > et << incapable
de civilisation. >
Gobineau avanqa que
l"inferioritC' des noirs estbas6e sur des
facteurs biologiques.
I1 fit cole. La Soci&t6
d'Anthropologie de Paris, fondue en
1859, souscrivit d'abord a la theorie
que noirs et blancs appartiennent a
deux espbces diff6rentes et que cela
sous-entend une in6galit6 basique et
foncibre des races.


Chantres du racisme


Ce fut aussi le temps ou Le
Grand Dictionnaire Universel (de
Larousse) reprocha aux Philanthropes
qui ont << essay de prouver que le type
noir est aussi intelligent que le type
blanc > de faire aux premiers plus de
tort que de bien.
Enfin le grand Ernest Renan
(voir REVE / 10)


Comment rendre

Haiti prete pour

le developpement

et la competitivite ?
PORT-AU-PRINCE, 31 Octobre-
Invit6 par la Chambre Amdricaine de Commerce
d'Haiti (AmCham) a 6couter le Pr6sident du OTF
Group qui a &td charge d'une 6tude technique sur
le d6veloppement en Haiti, nous avons retenu
certains exemples cit6s par le conf6rencier, M.
Rob Henning, qui nous paraissent d'une grande
evidence.
La conference s'intitulait
<< Dveloppement d'une Vision Partag6e pour une
Haiti Comp6titive et une Selection de Secteurs. >
La preface se lit comme suit et n'y va
pas par quatre chemins : << Au cours des 200
dernires anndes, Haiti a op6rd avec un module
6conomique qui a b6ndficid a un petit nombre,
aux d6pens de lavaste majority de la population. >
Et les choses vont en empirant : << Depuis
1981, le PIB par habitant d'Haiti a chut6
d'environ 50%, passant de US$800 a US$400,
engendrant une grande misere pour la vaste
majority des Haitiens > etc.
La solution, selon cette < proposition
d'6tude >>, s'appelle << une vision partag6e pour
une Haiti competitive. >
Le conf6rencier Rob Henning a expos
sa proposition le mercredi 29 Octobre devant une
salle archi-comble au Karibe Convention Center,
en presence du Premier ministre Mme Michele
Pierre-Louis et de personnalit6s de tous les
secteurs publics et priv6s.
En 25 minutes, il aurait Wte difficile
(DEVELOPPEMENT / p. 5)


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I EN PLUS...


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Mercredi 05 Novembre 2008
i Marche Vol XXII N 41


Le President doit parler !


PORT-AU-PRINCE, 30
Octobre La foule a attendu
vainement d'entendre la voix du
President Rend Pr6val le mardi could
lors d'une visite effectu6e par le chef
de l'Etat A Miragoane (Nippes) ou les
eaux de l'6tang du meme nom ont
empech6 pendant plusieurs semaines
toute communication avec le Grand
Sud apres le passage des ouragans qui
ont d6vast6 le pays tout entier pendant
les mois d'aoft et septembre dcoulds
et laiss6 prbs de 800 morts.
Une derivation a &t6
construite dans la montagne pour
contoumer l'obstacle et le President
Pr6val voulait contr6ler de premiere
main la quality du travail fourni aux
bons soins du CNE (Centre National
des Equipements) r6cemment remis en
6tat avec des commandes
d'6quipements de l'ordre de 30
millions de dollars americains.
La foule n'avait pas tarde a
se rendre compte de la presence du
chef de l'Etat bien que cette visite ait
etr r6alis6e dans une totale discretion.
Cependant Mr. Pr6val a
refuse toute communication publique.
Pas plus A la foule que dans les micros
des correspondants de presse. Et les
uns comme les autres ont montr6 une
grande frustration. On a entendu des
propos du genre : << le President est
venu faire apparemment du tourisme,
ce n'est pas pour nous qu'il est venu,
pour venir entendre quels sont nos
problkmes. >>
Les gens se sont sfrement
tromp6s en parlant ainsi, mais c'est
l'impression que cela leur a fait.
Le d6partement des Nippes
a 6td gravement endommag6 aussi par
les r6cents ouragans. Le pont de
Miragoane s'est effondrd, les eaux de
1'Etang continuent de monter alors
meme que les pluies ont diminud, les
plantations ont et6 ravages par les
inondations, les bananeraies ont toutes
&t6 renvers6es et pas loin de
Miragoane, le chef-lieu d6partemental,
des dizaines de maisons se sont
retrouv6es totalement sous les eaux,
des centaines de personnes laissees
sans abri ont df chercher refuge
n'importe ou.
La foule accourue A l'arriv6e
du chef de l'Etat avait done
certainement beaucoup A lui dire, de
nombreux problkmes A lui exposer.
D'autant que Rend Pr6val a
visit le mois dernier la ville des
Gonaives pour entendre les dol6ances
de ses residents.
Les gens de Miragoane n'ont
done pas compris le silence du
President lors de sa visite ce mardi.
Une chose est certaine. A
suivre les nouvelles, les chefs d'Etat
partout dans le monde n'avaient
jamais &t6 aussi sollicit6s par leur
peuple. C'est une consequence du
climat d'inqui6tude provoqu6 par la
crise financibre (et d6sormais aussi
crise 6conomique) international.
Les dirigeants semblent en
profiter aussi pour retaper leur cote de
popularity.
Ainsi avant la crise, c'est
quotidiennement que dans la presse
framnaise les sondages pers6cutaient le
President Nicolas Sarkozy.
Depuis que la crise a 6clat6,
Sarkozy a une agitation encore plus
f6brile que d'habitude, non seulement
dans son pays mais aussi bien en
Union europ6enne ou aux Etats-Unis
et ailleurs.
Il s'agit de ne pas laisser les
peuples glisser dans la panique, en leur
montrant que leurs dirigeants ont le
contr6le de la situation.
Aux Etats-Unis oc ce r6le
devait 6tre joud par le President Bush
(meme s'il est celui par qui le scandale


arrive, du moins officiellement), eh
bien, ce sont les deux candidats aux
pr6sidentielles de mardi prochain (4
novembre 2008) qui ont le plus besoin
de ce genre d'exercice.
Chez nous, Mr Pr6val s'est
fait une reputation de leader tacitume,
qui ne parle pas pour ne rien dire, mais
qui bosse. Acta non verba.
C'est meme sur ce theme
qu'il a mend victorieusement la
campagne pr6sidentielle de 2006.
Mais cela depend aussi du
degr6 d'esp6rance ou de d6sesp6rance
de la population.
II a aussi l'habitude de
rdpondre qu'il n'a rien A dire s'il n'a
rien A offrir.
Mais cela ne suffit pas
comme explication aux yeux des
populations. Le President peut ne pas
pouvoir offrir ce qu'il voudrait ou ce
qu'il devrait A tel moment donn&, mais
ce n'est pas seulement 1a son r6le. Les
peuples consid&rent aussi leur chef
d'Etat comme la personne la plus
renseignde sur les affaires du pays et
sur le devenir de la nation, A court,
moyen et long terme. Par consequent
(et dans une situation aussi
catastrophique que celle que nous
traversons en Haiti) ils veulent
entendre de sa bouche meme on l'on
en est et qu'est-ce qu'on peut esp6rer
A court, moyen ou long terme. Ceci
constitue davantage la marque du
leadership que toute autre chose.
Quand on demanda A un
nouveau Premier ministre nomm6 en
pleine Deuxibme guerre mondiale,
Winston Churchill, qu'est-ce qu'il
promettait au peuple anglais, il a
r6pondu : << Du sang, de la sueur et des
larmes >
Tout comme le g6ndral Henry
Christophe, commandant du Cap-
Francais, d6clarant A la flotte de
Leclerc parue en 1802 en rade de la
ville : < Je mettrai la ville en cendres
plut6t que de vous la livrer et meme
sur ces cendres je vous combattrai
encore. >>
Par consequent, le leader n'a
pas toujours que de bonnes nouvelles
A annoncer et il ne doit avoir aucune
gene A dire la v6rit6 car il est le
thermombtre par excellence de la
nation.
Le Premier ministre, Mme
Michble Pierre-Louis, ne manage pas
ses forces A ce sujet. Mais le chef du
gouvernement ne joue pas le meme
r6le symbolique aux yeux de la nation.
Pas plus les s6nateurs qui en
principe parlent d'abord A leurs
propres administr6s et non A la nation
entire.
Pour finir, le temps des
propagandistes a vcu. Les peuples ont
grandi, la d6mocratie s'6tablit
d6sormais par un lien direct entre les
dirigeants et leurs 6lecteurs ...
Le lendemain, mercredi 29
octobre, Rend Pr6val 6tait a Cabaret
(30 km au nord de la capitale) qui a
6galement 6td d6vast6e par les
ouragans y laissant un bilan de plus de
70 morts, dont plus d'une dizaine
d'enfants en bas Age.
Le meme jour, il a poursuivi
A Malpasse, ville frontibre avec la
R6publique dominicaine, son
inspection des travaux accomplis pour
r6tablir la circulation routibre qui avait
&t6 fortement endommag6e par les
inondations.
Toujours pas un mot n'est
sorti de sa bouche.
Cependant bient6t nous
allons entrer en campagne pour les
elections s6natoriales partielles fixes
au 19 avril 2009.
Tout ce que le Pr6sident
n'aura pas dit pour rassurer la
(LE PRESIDENT / p. 3)


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Elections: Des Haitiens souhaitent la victoire d'Obama
mais ...
En Haiti, ceux qui sont contre la victoire de Barack Obama aux
prochaines pr6sidentielles amdricaines semblent minoritaires et peu
enclins A s'afficher pro-Mc Cain. D'autres affichent plut6t leur
indifference, car disent-ils, Obama ou Mac Cain, rien ne changera
pour Haiti. Cependant, la grande majority haitienne est atteinte
d'Obamania et souhaite vivement une victoire du candidat d6mocrate, ce
qui serait une premiere mondiale et une fiert6 pour les Noirs que l'un
d'enter eux accede a la pr6sidence de la premiere puissance
mondiale. Cependant certains autres disent craindre qu'un Noir ayant
atteint le poste supreme ne soit plus intransigeant
qu'un Blanc. Ceux-lA prennent comme exemple les Condoleeza Rice ou
Colin Powell, successivement secr6taires d'Etat et qui
repr6sentaient la main de fer de l'administration americaine. D'autres
enfin craignent que meme s'il est l6u, Obama ne soit pas de taille A
affronter la crise 6conomique amdricaine et ne butent sur des dossiers
brfilants comme la Guerre en Irak ou la situation explosive au
Moyen-Orient. Beaucoup d'Haitiens n'auront pas la possibility de se
rendre aux Etats-Unis pour vivre ces elections et la fievre qu'elles
suscitent, mais plus d'un se prepare, comme en 2004, A veiller
durant toute la nuit 6lectorale du mardi 4 novembre. Des hotels A
Port-au-Prince projettent d'organiser des soirees 6lectorales payant
et des chaines de radio et de t6l6vision, dont certains ont des
correspondants sur place, se pr6parent aussi A passer une longue nuit
blanche.

Les Haitiens au Canada organisent une veillee electorale ...
Au Canada aussi les compatrotes se preparent A veiller.
"Je vous invite A venir vivre la soiree des elections avec nous ce
mardi sur grand 6cran, avec des commentaires, des interviews et de la
bonne humeur. Un 6v6nement historique A ne pas manquer", signale la
radio haitienne CPAM, invitation reprise par le blog de Fabienne
Colas. L'actrice, organisatrice du Festival du Film Haitien de
Montreal a &t6 interviewed par Christianne Charette jeudi dernier.
Signalons aussi comme autres rassemblements ceux du:
-Restorant Kalalu, 4331 St-Denis, entre Rachel et Mont-Royal;
-Union Francaise, 429, Ave Viger Est, entree: 20$ A la porte,
organisde par la Jeune Chambre de Commerce Haitienne;
-Foyer Godin de l'H6tel Opus, 10 Sherbrooke Ouest, entree 10$,
organisde par Groupe Milagro;

Vente des biens appartenant A des trafiquants pour la
constitution d'un fonds de lutte contre la drogue
Les ressources g6n&rees par la vente des biens appartenant A des
trafiquants de drogue alimenteront un fonds special de lutte contre la
drogue, informe la Commission Nationale de Lutte contre la Drogue
(CONALD), dans un communique rendu public le 31 octobre.
Les ressources de ce fonds sont destinies prioritairement aux
institutions haitiennes engages dans la lutte contre la drogue et le
blanchiment des avoirs pour les aider et les 6quiper afin qu'elles
soient plus efficaces dans la lutte contre la criminality organisde.
Le fonds servira 6galement A financer les activities des organismes
tant du secteur public que du secteur priv6 qui militent dans la
prevention de l'abus des stupefiants.
L'op6ration d6clench6e le 24 octobre dernier en vue de confisquer les
biens de trafiquants dont la plupart ont et6 condamnes aux Etats-Unis,
se d6roule en conformity avec les lois haitiennes et les accords
internationaux auxquels l'Etat haitien est partie, precise la CONALD.
L'organisme d'Etat cite les lois du 22 f6vrier 2001 relative au
blanchiment des avoirs et du 7 aoft de la meme ann&e sur la repression
du trafic des stupefiants. Le d6cret du 22 d6cembre 2005 portant
creation de cet organisme est 6galement 6voqu&.
Plusieurs biens meubles et immeubles appartenant a plus d'une dizaine
de narcotrafiquants haitiens ont deja et saisis et confisques dans le
cadre de cette operation menue conjointement par le Parquet du
Tribunal Civil de Port-au-Prince et la Direction Centrale de Police
Judiciaire (via le Bureau des Affaires Financibres et Economiques,
BAFE et le Bureau de Lutte contre le Trafic des Stupefiants, BLTS),
avec l'appui de l'agence amdricaine de lutte contre le trafic des
stupefiants, DEA.

Rene Preval A Malpasse
Accompagn6 de responsables du Ministere des travaux publics et du
Centre national des 6quipements (CNE), le President Rend Pr6val s'est
rendu mercredi dans la zone frontalibre de Malpasse (nord-est de
Port-au-Prince) ou il a visit les travaux de rehabilitation de la
route internationale haitiano-dominicaine.
En raison de la monte pprogressive du lac Azudi, cette route 6tait
devenue presqu'impraticable ces dernires semaines.
Des marchandes, qui ont accueilli le chef de l'Etat A son arrive, en
ont profit pour lui exposer des difficulties inh6rentes A leur
situation economique.

Morts de faim ...
La faim fait des victimes A Baie d'orange dans le sud-est du pays. 14
personnes auraient succomb6, selon un responsable local. Environ 14
(EN BREF / p. 18)


Page 2


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Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXII T N ?41


I L'ACTUALITE EN MARCHE


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Le President...
(... suite de la page 2)
population, son opposition pourra l'utiliser contre lui
et done contre les candidats de son parti, Lespwa.
Les intentions de Mr. Prdval sont sfrement
bonnes, ses motivations (ne pas donner a la population
de faux espoirs) tout a fait louables, mais tout cela
relive aussi de considerations morales et personnelles.
Il y a aussi la raison d'Etat. Et en p6riode de crise
aussi grave, c'est cette dermire qui compte d'abord.
Partout en ce moment dans le monde, on a
compris que c'est la parole du premier Olu de la nation
qui peut empecher les peuples de c6der au
decouragement ou a la panique.
Or aujourd'hui en Haiti, vrai ou faux,
n'avons-nous pas plus de motifs de d6couragement que
partout ailleurs !


Melodie 103.3 FM, Port-au-Prince


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De l'aide humanitaire destine aux sinistres
Deux personnes decouvert et deux agents
soupoonnDes d'avoir des ouragans detourn"e de scurit e de la maieont
detourn de l'aide humanitaire destinee aux sinistres ete interpelles" lundi, a indique la police des Gonaives,
des Gonaives, une ville durement frapp6e par des situde a 150 km au nord de la capitale Port-au-Prince
ouragans en aofit et septembre, ont &te interpellkes, a et oi 266.000 personnes recoivent l'aide alimentaire
indiqu6 mardi la police de Haiti. fournie par le Programme alimentaire mondial (PAM).
"Un entrep6t de produits alimentaires a td (voir ATDE / 5


-. ..- . ..n . . . .
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"Fam route smembie"

www.uniban khaiti.com


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L'EVENEMENT SOMMAIRE
Obama ou l'accomplissement d'un vieux reve
haitien p.1
ANALYSE
Les ouragans sont-ils la vraie cause du mal ? p.1
ECONOMIE
Comment rendre Haiti prete pour le
d6veloppement et la comp6titivit6 p.1
POLITIOUE
Le President doit parler p.2
ACTUALITE
Ona : Le directeur Sandro Joseph comparait au
cabinet d'instruction et retoume a son poste p.3
De l'aide humanitaire d6tourne p.3
Haitiens pers6cut6s en R6publique dominicaine
choisissent de regagner leur pays p.5
EDITORIAL
Corruption : la solution c'est plus de d6mocratie
p.6
SOCIETE
Eau potable : un droit pour tous p.6
EGLISE
Inauguration d'un diocese catholique dans les
Nippes p.8
Les m6decins forms a Cuba rectifient p.9
ENVIRONNEMENT
A l'assaut des mornes p.9
INTERNATIONAL
Les d6fis qui attendent le nouveau president
americain p.12
D6ces de la grand'mere maternelle de Barack
Obama p.20
Des elections pour renouveler le leadership
americain p.18
LIBRE PENSEE
Pointu p. 14
Haiti et le ndolib6ralisme p.14
PORTRAIT
Michaelle Jean, femme de la semaine p.16

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UNE ANALYSE


Mercredi 05 Novembre 2008
SHaiti en Marche Vnl XIT N 41


Les ouragans sont-ils la vraie cause du mal ?


(OURAGANS... suite de la lere page)
militaire (Minustah) en mission de reconstruction ...
On y reviendra.
Est-ce qu'on ne fait pas porter aux ouragans
une responsabilit6 qui n'est pas entierement la leur ?
Pour le num6ro 1 humanitaire de l'ONU, John
Holmes, c'est la < plus grande catastrophe > de
l'histoire d'Haiti.
Fait-on remarquer que Kay, Gustav, Hanna
et Ike n'ont pas vraiment touch Haiti, que ce sont les
inondations qui ont fait tant de ravages (environ 800
morts et 300 disparus, et pres d'1 milliard de dollars
en pertes mat6rielles).
Et que les inondations
elles-memes n'auraient pas &t aussi
meurtrieres si le pays n'avait Wte
aussi totalement d6bois6, d6nud6.
Le massacre 6cologique absolu. A
peine 2 pour cent de couverture
v6g6tale restant.


Colle avec du
crachat ...
Le President Rend Prdval
estime n6cessaire de faire le point.
Si l'on veut incriminer les
<< dboiseurs >>, on devrait remonter
jusqu'a la colonie de Saint
Domingue (XVIIe siecle) et meme
avant.


Les ouragans ont remplac6 tout a la fois la
crise alimentaire, les graves contre les prix du carburant
a la pompe. Aujourd'hui comment mobiliser le peuple
dans un contexte aussi d6primant ? Nous laissons cette
question aux chefs de partis politiques. C'est bient6t
les s6natoriales partielles (19 avril 2009).

Trop d'eau a coul sous les ponts ...
La politique gouvemementale aura change
autant de fois d'orientations. En ce moment, il n'y en
a que pour le CNE (Conseil national des 6quipements)
charge de remettre en 6tat les voies de communication


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On reproche cependant au
chef de l'Etat de ne pas conclure sa
demonstration tout a faitjudicieuse
sur des mesures concretes. Mais
Prdval n'avait jamais &t6 plus
pr6cautionneux. Le pays n'est plus
qu'un chateau de cartes, et de plus,
comme on dit chez nous, coll6 avec du crachat. Au
moindre faux-pas, nous pouvons recevoir tout le debris
sur la tate !
Mais les ouragans ne peuvent 6tre tenus pour
responsables de toute la catastrophe haitienne ...
MWme sans remonter jusqu'a la dette de
l'ind6pendance, 150 millions de francs de l'6poque
que Haiti fut force de payer a la France pour son
ind6pendance et que le pays trainera comme unboulet
pendant un siecle et demi. La dette de l'ind6pendance
n'a &te finalement liquid6e qu'en 1946.
D6cid6ment les ouragans ont bon dos.
Comme si avant leur passage, tout 6tait pour le mieux.
On oublie le << grangou klorox. > Le cri de guerre des
6meutiers de la faim d'avril dernier. Klorox ou la
famine. Le ventre plat comme si on avait 6td pass et
repass6 sur une planche a pin.


terrestres. Le Pr6sident est partout, retrouvant le Prdval
du premier mandat (1996-2001) qui avait &t6
sumomm6 le bitisseur. Mais le cceur n'y est pas comme
autrefois. Trop d'eau a could sous les ponts que ceux-
l1 ont eux aussi &t6 emport6s comme f6tu de paille.
Avant les ouragans, le gouvernement nejurait
que par la relance agricole. Devant son incapacity d'un
c6t6 a juguler la hausse des prix aliment6e par la
speculation sur le march international, et de l'autre
c6t6 a cr6er des emplois car ce n'est pas seulement
une question de prix 6lev6s mais aussi et surtout de
pouvoir d'achat r6duit a z6ro parce que le ch6mage
est quasi absolu ... Prdval et son gouvernement avaient
cri pouvoir trouver une porte de sortie en relancant la
production agricole et avicole (profitant d'un embargo
sur les ceufs dominicains aprls l'apparition de la grippe
aviaire dans le pays voisin).


AMERIJET TO OPEN FORT LAUDERDALE

CARGO DROP STATION

FORT LAUDERDALE,
FL Amerijet Intematinui will open
a Fort Lauderdale air freight staslion
on April 2. 20, announced Pamela
Rollins, Awnrijet's VP of Business
Development.
The station is located
adjacent to Amerijet's corporate
headquarters at 28) South Andrews Avenu.
"We have a lot of customers in Browurd, Palm Beach aud even
Martin ties t will enjoyy the dditicwal convenience of this station,"
Rollins said. "Eventually, we will expand this location t offercean service
and delivery of import cargo, to make hippiung with us even easier,"
Amerijet will acpl tibouund inilnational air freight at di s sjaon
including general personal and conimwtial cargo, large o small packages,
barrels, valuable and agile goods, hazardous material, oversized shipments
and dowmeticated live ani als,
Hours of operation will be 9)0a.mL to 5:00 p.m. Monday
Friday d 900 am.- to :00 p-m- on Saturday, Amerjet* poMrt caio
between this ts a 'Ia"1 transfer. For rates
and pifacAmerijeis sales

Amal, i full-service multi-modal
transportati stics prvidcrfig intentional hchduJcd all-cargo
transport via land, sea d air. F Ladere, ploid-bed Amt-rij operate
offices all over the world serving deslinations throughout North, South and
CentIl America, Mexico, the Cari- n, Europ, AsI an the Middle ast,
Amerijet operates is own tet f Boein 727-200 aircraft from its primary
hub at Mami Inte.tional Airpo. where it maiints a custom-built 210 1a0 -
square-foot air cargo handling facility, a 96,0DO-square-foot ramp facility
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Toujours le
volontarisme prevalien !
H6las, les
ouragans viendront miner
ce dernier stratageme.
Selon le ministre de
l'Agriculture, Joanas Gud,
ce sont plus de 30 millions
de dollars qui sont perdus.

Nous restons
quand meme un pays
sous mandat...
Mais pourquoi
s'acharner sur les
ouragans ?
D'abord le


gouvernement. Qu'a-t-il a en tirer ? Rien.
Beaucoup, oui, s'il fonctionnait a la
maniere des Duvalier consistant a gonfler le nombre
de victimes pour faire monter d'autant l'assistance
6conomique internationale.
Au contraire c'est le gouvernement Rend
Prdval/Michele Pierre-Louis qui mit fin a une
surenchere autour du bilan des cadavres faits aux
Gonaives, la ville martyre.
En 2004, le gouvernement int6rimaire du
Premier ministre G6rard Latortue 6tait arrive a 3.000
morts environ pour la seule ville des Gonaives.
Cette annde le dernierbilan
de la Direction de la Protection
Civile (DPC) pour tout le pays
n'arrive pas tout a fait a 800 morts.
Y a-t-il rapport avec le peu
d'empressement montr6 par les
grands donateurs pour r6pondre aux
sollicitations des agences onusiennes
(car nous restons quand meme un
pays sous mandat international des
fois qu'on tendrait a l'oublier a
s'oublier). Une demande du PNUD
riders" pour 106 millions de dollars n'a pu
Srcolter que quelque 30 millions.
Le Pr6sident et son
gouvernement ont dfi gratter les
fonds de tiroir, et aussi
6nergiquement que possible, pour en
extraire 200 millions de dollars qui
sont consacr6s a un plan d'urgence.
En attendant mieux. Mais jusqu'a
present, on ne voit rien venir.
Qui done a int6ret a faire
porter le chapeau aux seuls
ouragans ?
Deux fois gros Jean comme devant

Et si la meilleure facon pour effacer les vraies
causes de la catastrophe actuelle, c'est en les enterrant
sous la poussiere sous les plusieurs metres de boue
laiss6s par Fay, Gustav, Hanna et Ike.
Faire un amalgame de toutes les catastrophes,
de toutes nos catastrophes sous la seule casquette
passe-partout de catastrophe naturelle.
Les vraies causes de la misere noire que nous
connaissons, et de l'indigence totale oni se retrouve un
Etat lui-meme dans l'impossibilit6 d'aider son propre
peuple a un moment aussi dramatique, cela ne peut
s'expliquer que dans les choix politiques et
dconomiques qui ont &te ceux de l'Etat en question.
Et ces choix comme tout le monde sait ont
Wte imposes par les memes grands donateurs qui
reniclent aujourd'hui pour voler a notre secours.
Bref, nous sommes deux fois gros Jean
comme devant. Mon oncle Bouqui !
Si quelqu'un a a gagner a tout mettre sur le
dos aux ouragans, ce serait plut6t ceux qui ont concu
et qui nous ont forces au travers de la gorge ces choix
que presque tous aujourd'hui sous le coup de la crise
financiere internationale commencent a consid6rer
pour ce qu'il sont : cruels et inhumains.
Et pourquoi utiliser les ouragans comme
pr6texte ? Afin que le gouvernement haitien ne puisse
chercher une autre th6matique et qu'il continue de
rester le bon lve d'un monde qui n'est peut-6tre d6ji
plus.

Haiti en Marche,
I" Novembre 2008


Un journaliste maltraite a Jacmel


Le journaliste Philogene
Fritzner a &te malmend dans l'exercice
de ses fonctions mercredi dernier (28
octobre) par un agent de l'Unit6
D6partementale de Maintien de
l'Ordre (UDMO). Le policier a
bastonn6 le correspondant de Radio
Ibo enprdsence d'unfr~re d'armes. Le
journaliste victime, Philogene
Fritzner, a donn6 une conference de
presse lejeudi 30 octobre 2008 oni il a
retrace les faits.
DLors de cette conference de
presse au local de radio Express (a
Jacmel), le journaliste s'est d6clard
6tonn6 de voir comment certains
membres de la police ne respectent pas
la profession de journaliste. Li te
anviron 9 vd nan maten, m tap suiv
kouman ajan UDMO tap maltrete kek


individi. Se memm moman an polisye
Bastien Novembre te s6ti nan komisarya
a, li bamm 2 kout pwen nan pwatrin mwen
epi li di : bann tripotaj deplase la a, nou
vin gade pou n al pale", a d6nonc6 le
journaliste de radio Express.
Selon le secr6taire g6ndral de
l'Association des Journalistes du Sud-est,
Jean Luckenson, une plainte a 6td d6pos6e
devant le parquet de Jacmel en vue de
donner suite a cet acte d6lictuel. "L'AJSE
a d6ji mis a la disposition de la victime un
cabinet d'avocats pour l'accompagner vers
la resolution de ce dossier", a d6clard
Luckenson.
Les agents de l'UDMO cantonnes
au commissariat de Jacmel ont toujours eu
un mauvais regard vis-a-vis des
journalistes.
Remy PIERRE.


Page 4








Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXII No 41


DE L'ACTUALITE


Comment rendre Haiti prete pour le developpement


(DEVELOPPEMENT... suite de la lere page)
d'exposer dans tous les details un plan aussi ambitieux.
D'ailleurs ce n'est qu'un simple premier contact
puisque l'6tude en question n'a pas vraiment d6marr6.
Elle doit se baser sur des recherches qui seront
conduites aux quatre coins du pays et aupres de tous
les secteurs, en particulier le secteur priv6 (mais dans
son ensemble, de l'agriculteur a l'homme d'affaires et
au banquier).
L'6quipe de chercheurs devra identifier aussi
bien les secteurs a fort potentiel pour le d6veloppement
que les contraintes et faiblesses et les mettre en
perspective dans le cadre d'une vision globale, appel6e
ici << vision partag6e > puisque visant un d6collage
national.
Nous nous sommes int6ress6s aux recettes
avanc6es par le conf6rencier pour voir dans quelle
mesure elles refletent la r6alit6 de notre pays.
Adopter un module de comp6titivit6 ;
Ddvelopper des produits sup6rieurs ;
Choisir oi et comment faire la concurrence ;
Collaborer pour 6tre comp6titif;
Embrasser le changement.
Nous tous aimerions aujourd'hui que notre
pays sorte du rang de pays le plus pauvre, aucun doute
1a-dessus.
Et si pour cela il faut changer, va pour le
changement.
Ensuite, Haiti peut d6velopper des produits
sup6rieurs, on est meme connu pour 6tre des
perfectionnistes ...
Mais cela s'arrete 1I. Quant a parler de
< choisir oi et comment faire la concurrence > et
surtout << collaborer pour 6tre comp6titif >, alors l1 no
way, nous avons toujours fait le contraire.
Nous nous faisons de la concurrence sans rime
ni raison, nous sommes plus int6ress6s a cela qu'a
r6ussir. Evidemment il ne s'agit pas vraiment de
concurrence mais de rivalit6. En un mot, de se faire la
guerre.
A chaque d6cennie, vous avez les deux plus
grands barons de la haute industrie ou de la haute
finance du moment qui cherchent ainsi a se d6truire.
Et tout l'environnement 6conomique doit faire
avec, s'en trouve affect et infected.
Le conferencier a cit6 un exemple trbs simple
de ce qu'il appelle : << collaborer pour 6tre comp6titif. >
Celui des contenants pour des produits


et la competitivite ?
ddlivres en bouteille ou en boites ou en caisses.
Beaucoup de manufacturiers gagnerient h mettre ainsi
une partie de leurs ressources en commun sans que
cela remette en question leur effort personnel vers la
meilleure quality.
Mais dans un environnement divis6 en
citadelles invincibles qui se regardent les unes les
autres avec defiance, c'est tout le monde qui perd. Et
d'abord le progrbs g6ndral.
Une autre partie de la conference qui nous a
sembl6 symptomatique, mais dans un sens plus positif,
c'est le choix des secteurs et des filibres les plus
capables d'avoir un impact direct sur le grand march
international.
Pour Haiti, selon Rob Henning, une filibre
toute trouv6e c'est le caf6.
Par ex, le cafe vendu sous le label Haitian
Bleu. Voici un produit pour lequel vous n'avez aucune
concurrence. Ce qu'on appelle une niche.
De plus, c'est un produit id6al dans une
<< vision partag6e > du developpement parce que c'est
toute la chaine de production qui en benficie, du petit
planteur au banquier local etjusqu'au repr6sentant a
l'autre bout de la terre.
Mais alors que le Haitian Bleu rapporterait
aujourd'hui entre 3 a 4 millions de dollars, il faudrait
en tirer 10 fois plus. Et c'est toujours possible.
Nous avons pens6 bien sfr aussi a la mangue
Francisque qui n'a aucune competition sur le march
nord-americain.
Penser que lors de l'embargo commercial qui
a suivi le coup d'Etat militaire du g6ndral C6dras en
1991, nos voisins dominicains ont investi le maximum
pour nous enlever ce march.
Ils n'ont point reussi. La mangue haitienne
est unique.
Done il faudrait capitaliser dessus mais dans
une veritable optique de d6veloppement, comme
locomotive dans un contexte plus global.
Le conf6rencier en vient a parler du tourisme
qui constitue un des principaux moteurs de
d6veloppement dans toute la region.
A son avis, on ne devrait pas essayer de
rivaliser avec la Republique dominicaine, c'est-a-dire
dans le tourisme de masse ...


Mais cr6er une difference < haitienne >>, un
tourisme bas6 sur une saveur unique en vue de garder
le touriste plus longtemps et le faire d6penser
davantage.
Done en toute chose, ce qui compte
aujourd'hui c'est 6viter de faire comme l'autre.
Cela demande de bien savoir oi l'on va (du
savoir et du savoir faire) et de se donner les ressources
n6cessaires. En premier lieu, les ressources humaines.
La main d'ceuvre mais aussi les cadres, bref
l'imagination.
Ce que le conf6rencier resume dans ces 5
preconditions : changement ; r6ceptivit6 ; objectifs
communs ; connaissance ; leadership.
Lorsque l'un des membres de l'assistance
voulut savoir pourquoi il utilise le succes de son
groupe, le OTF Group, au Rwanda pour lancer cette
operation en Haiti, Mr. Rob Henning a r6pondu que le
Rwanda a tant de point communs avec Haiti. Jusqu'a
r6cemment (il y a 10 ans a peine), le Rwanda 6tait
comme Haiti l'un des pays les plus pauvres de la
planete. Au niveau des troubles, le Rwanda est l'un
des rares pays a avoir &t6 la proie d'un genocide. Et il
n'a pas plus de ressources naturelles qu'Haiti.
Et Haiti a un avantage de poids : nous sommes
tout prbs du plus important march de la planted, le
march nord-americain. C'est un atout extr6mement
pr6cieux et que la Chine doit nous envier.
Mais aujourd'hui le Rwanda a lui aussi un
atout majeur : un leadership.
Tandis qu'en Haiti (mais ici c'est nous qui
commentons) c'est le vide total qui regne en tant que
puissance publique et respect des lois dans un contexte
de liberty et d'6quit6.
Certains peuvent ne pas avoir trouv6 tellement
extraordinaire la prestation du president du OTF
Group. De notre c6te, nous la consid6rons importante.
Car au point oi nous en sommes, nous ne pouvons
plus faire bouger les choses par nous-memes. Nous
sommes totalement embourb6s. Et avons besoin d'une
assistance en expertise ind6pendante (mais
v6ritablement ind6pendante) et qui ne peut nous venir
que de l'ext6rieur.
Le moment est bien mal choisi pourjouer au
cocorico, lorsque nous n'avons que l'6chec total pour
tout bilan.

Marcus, 31 Octobre 2008


icate Content -

0 ~Syndicated Content,


Available from Commercial News Providers"
... f-6 1-ft


Deux journalistes d'une radio locale ont
6galement requ des menaces de mort aprbs avoir
d6nonc6 la mauvaise distribution de l'aide humanitaire
et le d6tournement d'une partie des dons destin6s aux
sinistr6s.
"Un inconnu armn d'un pistolet est entr6 au
local de la radio et a menace de nous abattre", a indiqu6
a 1'AFP Jean-Pierre Blaise, animateur de l'6mission
"Espace ONG-Espace dol6ances" qui donne la parole
aux sinistrds.
La radio a interrompu sa programmation
pendant 48H en raison des menaces, a precise le
journaliste, qui a d6nonc6 les employs de la mairie


soupqonn6s dans cette affaire.
"C'est possible qu'une faible partie de notre
aide soit d6tournde, mais nous sommes l1 pour
contr6ler la distribution et nous assurer que l'aide
parvienne aux personnes qui en ont besoin", a d6clard
a 1'AFP Benoit Thiry, coordonnateur de l'urgence
humanitaire du PAM en Haiti, tout en se r6jouissant
de la collaboration des autorit6s haitiennes quand des
cas de d6tournement sont d6nonc6s.
Haiti a 6t6 s6verement frapp6 fin aofit, d6but
septembre par une s6rie de quatre temp6tes et ouragans
qui ont fait plus de 800 morts et environ un million de
sinistrds, selon les autorit6s nationales.


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FICHE D'ABONNEMENT A HAITI EN MARCHE


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US $42.00
us $ 70.00
US $ 70.00


Oda 520.00
US $ 78.0
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De I'aide humanitaire destinee

aux sinistres des ouragans detournee
(AIDE ... suite de la page 3)


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GOUVERNANCE


Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XIT N 41


CORRUPTION: La solution, c'est plus de democratie


PORT-AU-PRINCE, 29 Octobre Les maires
occupent le haut du pav6 dans les mauvaises nouvelles.
C'est un gardien de s6curit6 de la mairie des
Gonaives qui a 6t6 arret6 aprbs la d6couverte d'un
d6p6t d'aide humanitaire volke lui appartenant.
Le maire principal de Ldogane a 6t6 arret6
alors qu'il tentait avec l'administrateur de la mairie de
traverser la frontibre avec la R6publique dominicaine
pour 6chapper a une accusation de corruption et de
d6toumement de fonds.
En d'autres regions du pays la population a
ferm6 l'administration communale accusant ses
titulaires de mauvais usage des fonds requs.
Dans la commune de Grande Saline, le maire
a ouvert le feu pour repousser des manifestants.
Par ailleurs, le d6l1gu6 d6partemental de
l'Ouest demande aux maires des vingt municipalities
du d6partement de lui soumettre un rapport financier
au plus tard le 10 de chaque mois.
Tout a commence lorsque le gouvemement a
d6cid6 dans le cadre du Plan d'urgence pour aider les
victimes des ouragans, de confier a chaque commune
un montant de 5 millions de gourdes.
Cet argent doit servir a mettre en place des
projets au bn6nfice des plus d6munis de la region.
C'est depuis que ces accusations de
corruption ont commence se multiplier. Vrai ou faux,
c'est a lajustice de le prouver.
Dans le m6me temps, on se souvient d'une
grogne qui avait 6clat6 au Parlement, s6nateurs et
d6put6s exigeant de participer a l'administration de
ces m6mes projets g6ndr6s avec des fonds du
programme d'urgence gouvememental.
Le temps de ramener les parlementaires a la
raison, les scandales de d6toumement de fonds se
mettent a tomber sur la t6te de plusieurs maires un peu
partout.
Faut-il regretter de n'avoir pas laiss6 les
parlementaires participer a la gestion des fonds
d'urgence ?
Nous ne pensons pas.
Pas plus que toutes les accusations de
corruption ne devraient 6tre consid6rdes comme
fond6es. L'argent cesjours-ci ne court pas les rues. Et
sa presence, en quelque part que ce soit, peut soulever
la jalousie.
Meme la decision du del1gu6 d6partemental
de l'Ouest d'assurer une supervision mensuelle des
finances municipales qui n'est pas forc6ment la
meilleure ...
Parce que dans la lutte contre la corruption,


*4




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il ne faut pas fermer ni refermer le cercle, mais il faut
1'l6argir toujours davantage.
Qui dit lutte contre la corruption, veut dire
transparence. Et qui dit transparence, veut dire
d6mocratie.
Ce n'est pas une lutte pour le pouvoir, pour
supplier un pouvoir a un autre, mais une lutte pour
toujours plus de transparence et done plus de
d6mocratie.
Et d'ailleurs la loi a tout pr6vu. Oni est le
conseil de la commune ?
En Haiti nous avons des maires, le maire
principal et deux assistants maires. On parle de conseil
municipal mais pas de veritable conseil de la commune.
Le conseil de la commune ne consiste pas
seulement dans les trois l6us municipaux mais
comprend 6galement tous les l6us des sections
communales environnantes.
Et lorsqu'une decision doit etre prise au
niveau de la commune ce sont tous les l6us de la region
qui doivent voter.
Et mieux encore, le conseil de la commune
se r6unit en stance publique a laquelle tous les
habitants de la commune qui sont int6ress6s par le sujet
en question peuvent intervenir dans la discussion autour
du projet considered.
Voil la meilleure facon de combattre la
corruption et aussi d'assurer une utilisation des fonds
publics qui rencontre le plus que possible les int6rets
des administrds. Et a quelque niveau que ce soit, a la
ville comme dans les campagnes. Ala capitale comme
dans la plus petite section communale.


C'est la meilleure facon pour 6viter que les
maires ne disposent des fonds publics comme bon leur
semble. En tout cas sans prendre suffisamment en
compte l'interet de leurs administr6s.
Ou ne concedent a de grands groupes
industriels ou commerciaux le droit de planter leurs
6tablissements ou installations techniques sans
consideration des regles de l'urbanisme ou de
protection de l'environnement.
La solution ce n'est pas de mettre les pouvoirs
en competition (les parlementaires face aux maires ou
les d6l1gu6s qui ne sont pas des elus au-dessus des
maires elus) ...
La solution c'est plus d'ouverture, plus de
transparence. D'autre part, en impliquant les
administrds eux-memes dans le processus, on l6imine
cette manie de toujours tout reprocher au gouvemement
ou au pouvoir central. Meme quand celui-ci n'a rien a
se reprocher dans tel cas particulier. C'est le deficit de
d6mocratie qui faitjustement qu'onvoit partout la main
du pouvoir comme au temps de la dictature.
Le vrai contr6le et le plus effectif ce n'est
pas le commissaire du gouvemement (ni Transparency
International) qui peut l'exercer.
Mais ce sont les administrds eux-memes, la
population.
La solution au problkme actuel des maires
comme beaucoup d'autres de nos problkmes, ce n'est
pas plus de pouvoir, mais c'est plus de d6mocratie.

Mdlodie, 103.3 FM,
Port-au-Prince


Haiti : L'acces a l'eau potable,


un droit pour tous !'
(Le droit a l'eau potable et a 1 'assainissement est un droitfondamental de la personne humaine.
Pourtant, en HaTti, 'eau potable n 'estpas accessible a toute lapopulation. Aussi, inscrivant ce droitparmi ses
prioritis, la Section des Droits de 1'Homme (SDH) de la MINUSTAH a-t-elle lancd une campagne du droit
d'accds 1 'eau potable.)
Le droit h l'eau est un droit d6volu h tout
individu. Et ce droit ne souffre d'aucune limitation li6e
aux conditions 6conomiques ou sociales. Cependant,
en Haiti, h peine 54.8 % de la population ont accds h
l'eau potable. Ce taux de couverture en eau potable
est en effet le plus faible de la Caraibe et de l'Amdrique
Latine.
L'approvisionnement en eau potable est en
principe assure par deux organismes 6tatiques : la
Centrale Autonome M6tropolitaine d'Eau Potable
(CAMEP) qui dessert la capitale et le Service National
d'Eau Potable (SNEP), s'occupant du reste du pays. I1
est h souligner, cependant, que ces organismes arrivent
difficilement h accomplir leur mission. Aussi, plus de
4 millions d'Haitiens n'ont pas acc~s h ces services de
distribution.
En vue d'adapter ses actions aux besoins les
plus pressants de la population haltienne, la Section
de Droits de l'Homme de la MINUSTAH (SDH) a
initi6 le 10 Octobre une campagne de promotion du
droit h l'eau potable dans le cadre de la c616bration du
60 me anniversaire de la D6claration universelle des
droits de l'homme. Cette action est mende en


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South Florida Workforce Career Center.
EOE/M/F/D/Veterans' Preference
d5i/-erir cdice- Ev-ry 2 '


'k-
Lejour mondial de 1 'eau commimord
avec les sinistr s des Gonaives
(photo Logan Abassi /Minustah)


partenariat avec la Cellule Eau et Assainissement du
Ministre des Travaux Publics, 1'UNICEF et le PNUD.
L'objectif de la campagne est de sensibiliser
la population et le gouvernement haitien sur
l'importance de l'acces a l'eau potable. Cette
campagne informe les d6tenteurs de droits de leurs
prerogatives.
En effet, 1'Etat a des obligations vis-a-vis de
ses citoyens, en ce sens qu'il lui incombe de leur
faciliter l'acces a l'eau potable. Dans cette optique, la
campagne s'applique a obtenir des autorit6s de l'Etat
que des actions sp6cifiques soient entreprises, en
particulier l'augmentation de la part du budget 6tatique
alloude a l'acces a l'eau potable, l'adoption de la loi
sur l'eau et l'assainissement ainsi que la ratification
du Pacte International relatif aux Droits 6conomiques,
sociaux et culturels.
(EAU POTABLE / p. 7)


Page 6







Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 41

Haiti: L'acces a
(EAU POTABLE... suite de la page 6)
En outre, la campagne sensibilise les citoyens
sur leurs obligations quant i la protection de l'eau en
tant que bien commun. < Ily a des gens qui prennent
clandestinement de l'eau a partir des conduits du
systbme de distribution publique, ce qui constitue un


Deux enfants se partageant un sachet d'eau
(photo Abassi Logan Minustah)


problem >, a signal
Jakaranda Neptune, de la
Section des Droits de
l'homme de la MINUSTAH.
Pour Mme
Neptune, il ne s'agit pas
uniquement d'un problem
16gal, << mais 6galement d'une
violation des droits de
l'Homme >. Aussi, < dans
cette campagne, il s'agit de
sensibiliser la population non
seulement sur leur droit a une
eau potable mais egalement
sur leurs responsabilites >, a-
t-elle poursuivi.
Meme constat du
cote des responsables de la
Centrale Autonome
M6tropolitaine d'Eau
Potable (CAMEP). < La
population ne facilite pas les
choses. Les tuyaux sont
crev6s en de nombreux
endroits par les habitants
eux-memes qui ensuite vont
se plaindre de ne pas recevoir
de l'eau >, a condamnd le
responsable du service de
distribution de la CAMEP,
Pierre Lukner Jean.
Et l'une des
obligations des usagers
consiste a adopter un
comportement responsable
vis-a-vis des structures
d'adduction et
d'assainissement. I1 importe
en outre de payer des
contributions pour les
services fournis.
La Section des
droits de l'homme entend
6tablir 6galement un
partenariat sur le plan
national avec les ONGs
nationales et internationales
ceuvrant dans le domaine des
droits 6conomiques, sociaux
et culturels pour des actions
communes et concertees.
< En termes
d'activitds, nous avons
organism des conf6rences-
d6bats sur la port6e et la
teneur du droit a l'eau
potable qui ont r6uni les
ONG ceuvrant dans le
domaine des droits
economiques, sociaux et
culturels, les universities et
les entit6s 6tatiques centrales
et d6partementales travaillant
dans ce domaine. Ces
conferences ont &t6
organisees tant a Port-au-


Page 7


l'eau potable, un droit pour
Prince que dans les .' .
diffirents d6partements oi la
Section des droits de
l'homme est repr6sent6e ,>>
indique Dieudonne
Munyingam, coordonateur
regional de la SDH dans le
Centre du pays.
Une autre activity
prdvue dans le cadre de cette
campagne est la r6daction
d'un document de plaidoyer
en faveur de la ratification
du Pacte international relatif
aux droits 6conomiques,
sociaux et culturels par le
gouvernement haitien.
Cette campagne
prendra fin Ie 10 Decembre
prendra fin le 10 Dcembre Journee mondiale de l'eau aux Gonaives (photo Logan
prochain.


tous


ibassi Minustah)


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MIRAGOANE / ANSE-A-VEAU


Mercredi 05 Novembre 2008
SHaiti en Marche Vnl XXlT N 41


Un nouveau Diocese Catholique en d'Ha'iti


L'Eglise d'Haiti est dot6e d'un nouveau
diocese : Le diocese Anse-a-Veau / MiragoAne et la
c6r6monie d'intronisation de l'Ev6que a eu lieu le
Samedi ler Novembre a la cath6drale de l'Anse g Veau.
Ii n'a pas &te facile de planifier l'organisation
de cette c6r6monie, lide a toutes sortes de contraintes.
D'abord les consequences des intemp6ries ayant ravag6
le pays ces dernires semaines ont constitu6 un obstacle
majeur. Les Nippes, la Grand'Anse sont sinistr6es,
comme d'ailleurs tout le reste du pays. Le
gouvernement est plut6t occupy g parer au plus press,
tentant de faire cesser l'enclavement de certaines zones
en en rendant possible l'acc6s par la rehabilitation des
ponts et des routes. Done la participation du
gouvernement pour la c6drmonie n'a pas pu 6tre ce
qu'elle aurait &t6 en temps normal.
Ensuite la population elle-meme sinistrde
pour une bonne part, n'a pas pu r6pondre a l'appel de


1'Eglise en cotisant pour faire de la c6r6monie quelque
chose de plus grandiose.
Mais le plus gros probl6me a &te de d6partager
les deuxvilles. Aussi bien l'Anse a Veau que Miragoine
voulait remporter le gros lot, c'est a dire avoir chez
elle le siege du nouveau diocese.
La querelle avait commence des mois a
l'avance, aussit6t connu le d6cret cr6ant le nouveau
diocese dans les Nippes.
Serait-ce le diocese de Miragoane ou celui
de l'Anse-a-Veau? Les gens se d6chiraient, n'admettant
aucun compromis .Le ton ne cessait de monter au fur
et a mesure que les jours passaient et qu'aucune
decision n'6tait prise.
II a fallu trancher et l'Eglise d'Haiti l'a fait
en cr6ant un diocese a deux tetes avec une cath6drale
(celle de l'Anse-a-Veau) une co-cath6drale (l'Eglise
St Jean Baptiste de Miragoane); une residence


NDRTH MIAMI



CITY OF NORTH MIAMI PROPOSED SUBSTANTIAL AMENDMENT
TO THE 2008 ACTION PLAN TO PROVIDE NOTICE OF FUNDING
AVAILABILITY FOR ACTIVITIES UNDER THE NEIGHBORHOOD
STABILIZATION PROGRAM (NSP)


Title III of the Housing and Economic Recovery Act of 2008 appropriated 3.92 billion
dollars for emergency assistance to states and local jurisdictions for the redevelopment of
abandoned and foreclosed homes and residential properties. The grant program under
Title III is commonly referred to as the Neighborhood Stabilization Program (NSP) and
administered by the U.S. Department of Housing and Urban Development (U.S. HUD).
States and local governments receiving allocations are required by NSP regulations, issued
by the U. S. HUD, to submit a Substantial Amendment to the 2008 Annual Action Plan to
provide proposed uses for these funds. The City of North Miami has received an allocation
of S2,847,089.

The City of North Miami has prepared a Substantial Amendment, hereinafter referred to
as the Plan, for submittal to U.S. HUD, on or before December 1, 2008.

Pursuant to NSP requirements, the Plan allocates funds to activities that benefit low,
moderate and middle income (LMMI) individuals and families, whose incomes do not
exceed 120% of the area median income. Also, at least 25 % of the funds arc allocated to
activities that benefit low-income individuals and families whose incomes do not exceed
50% of the area median income.

The Plan also describes the funds available for activities undertaken in neighborhoods with
the greatest needs. These areas are identified by census tracks and block groups having 1)
the highest percentages of foreclosures; 2) the highest percentage of homes financed by
subprime mortgage related loans; and 3) likely to face a significant rise in the rate of
foreclosures.

The specific activities are Identified in the Plan as well as the financing mechanisms.

The Plan is available for public review and comment beginning on Monday, November 3,
2008, and ending Tuesday, November 18, 2008, for a 15-day comment period at the City
of North Miami Community Planning and Development Department, located at 12400 N.
E. 8h Avenue, North Miami, Fl 33161.

The Plan will also be available on the City's website, at the following address:
http:/www.northidamlfl.gov. Written comments must be received no later than

November I 8', 2008 and sent to the attention of Maxine Calloway, Director, Community
Planning and Development, 776 N.E. 125 Street, North Miami, Fl 33161.

The City Council will consider the Plan at a Public Hearing scheduled for November 25'h,
2008, at 7:00 PM, in Council Chambers; 2"d Floor City Hall, 776 NE 125"1' Street, North
Miami, Florida 33161.

THIS MEETING E OPEN TO THE PUBLIC, IN ACCORDANCE WITH THE
AMERICANS WITH DISABILITIES ACT OF 199O ALL PERSONS WHO ARE DISABLED
AND WHO NL.D w.PCIAI. ACCOMMODATIONS TO PARTICtIPAT. IN THIS
MEETING BECALS. OF THAT DISABILITY SHOULD CONTACT THE OFFICE OF
TFE CITV CLERK. (T5)t 3-6511, El, 1'214., NO LATER THJAN FOLR DAYS PRIOR TO
SIlCH PROCEE(IAlG. 1HEARIM1 IMPAIRED MAY CONTACT11 iE TI)D LINE AT (30S)
894-7936,
IN ACCORDANCE wTHI THE PROVISIONS OF SECTION 286FJ11JS. FLORIDA
STATI'T-. ANVON( WI|SHI C TO APPEAL A NY U):CISION MADIE. BY TH1-: cC1Y OF
NORTH MIAMI CITV COUNCIL, WITII RESPECT TO ANY MATTER CONh'SIbLEU
AT SUlCH MEETING OR HEARING. WILL NEED A RECORD OF THE PROCEEDINGS
AD),, FOk SiICH PlJRIukf, MAY N~FJI) TO r NSU. THAT A VlERBATIM RKF:ChOK(
OF TIHE PROCEIEDiGS IS MADE. INCLUDINGi TIlE TESTIMONY AND EVIDENCE
1.PON WHICH THE APPEAL IS TO BE IASED,


L 'glise paroissiale de 'Anse-a-Veau (photo HEM)

principale de l'Ev6que a l'Anse a Veau et une residence
secondaire a Miragoane.
Cette question tranch6e, les populations
concemres se sont mises au travail. Laville de l'Anse-
a-Veau, ville abandonnde et livree a elle meme depuis
la dictature de Francois "Papa Duvalier a &t6 nettoyde
de fond en comble, les murs des maisons repeints et la
Cath6drale elle-meme perch6e au haut de ce long
escalier, est devenue digne d'h6berger la c6r6monie
d'intronisation de l'Ev6que qui 6tait fix6e au samedi
ler Novembre 2008.
Haiti en Marche a interview John Canonge,
le repr6sentant de l'Ev6que du diocese Anse-a-Veau -
Miragoane Monseigneur Pierre-Andre Dumas, et en
meme temps responsable du comit6 charge de
l'organisation des c6r6monies. I1 nous a confie que la
tdche n'a pas &te facile mais qu'on pouvait etre satisfait
des r6sultats.
Au niveau du gouvernement, le lit de la
Grande riviere de Nippes a &te cur&. I1 faut dire que la
Grande riviere de Nippes constitue un obstacle majeur,
puisque a la moindre crue, Anse-a-Veau et toutes les
autres villes c6tieres sont coupes du reste du pays.
De meme la route Miragoane Anse-a-Veau a &te l'objet
de travaux de toutes sortes op6ers par le CNE (Conseil
national des 6quipements). Mais a-t-il tenu a souligner,
il s'agit de travaux cosm6tiques. Aucun travail en
profondeur n'a &te accompli. On attend encore le d6but
des travaux de construction d'un pont sur la Grande
riviere de Nippes. L'appel d'offres a &te lanc6. Et une
compagnie bresilienne aurait, parait-il, remport6
l'offre. Mais aucune date n'a encore &t6 fix6e pour le
lancement des travaux.
Tout est a faire. Si l'on pense a l'Anse a Veau,
qui fut le siege du gouvernement haitien sous le
gouvernement de Sudre Dartiguenave (pendant
l'occupation am6ricaine de 1915-1934), il faudrait
commencer par restaurer le Palais de Dartiguenave qui
est encombr6 de d6chets et sert de d6p6t de sacs de
charbon qui sont vendus dans son p6rimetre. Toutes
les rues de la ville sont d6fonc6es. Les Travaux Publics
auront fort a faire pour rendre la ville presentable.
Miragoane qui rapporte des millions de
dollars a 1'Etat haitien ne devrait pas etre dans cet 6tat.
" Ce que j'aurais aim6 pour ce department c'est que
les gens r6alisent qu'ils ont une identity, l'identit6
Nippoise. Je suis Nippois avant tout", a soulign6
Canonge.
Est-ce que cela n'aurait pas &t6 plus simple
de crder le diocese des Nippes ? John Canonge pense
que pour mettre tout le monde d'accord, vu le contexte,
"j'aurais pench6 pour la denomination de diocese des
Nippes, ceci par precaution, quoiqu'il s'agit 1h d'un
terme impropre au sein de l'Eglise, puisqu'on parle
du diocese de Port-au-Prince, de celui des Cayes, de
Jkr6mie. Mais 1i encore les gens de l'Anse a Veau
auraient protest."
Mais ce qui est fait est fait. D'ailleurs Rome
ne revient jamais sur une decision, a soulign6 le
repr6sentant de Monseigneur Pierre Andre Dumas. "Il
faut plut6t voir ce qu'onpeut faire de ce ddpartement."


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Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 41


A l'assaut des mornes


connait; en haut, sur le plateau qui surplombe, au nord,
la vall6e de l'Artibonite et, au sud, la c6te du Canal de
Saint Marc, s'6talaient les grandes caf6teraies ; entre
les deux, les flancs de la montagne 6taient le domaine
des marrons.
Encore une fois, je regrette que nous n'ayons
pas autant d'6tudes sur les marrons qu'il n'y en a par
exemple a la Jamaique ; cela nous permettrait peut 6tre
de distinguer trois modes de peuplement pour la
p6riode coloniale : la grande plantation sucribre des
plaines, les caf6teraies sur les plateaux (Goayavier,
Salagnac) et les marrons sur les flancs des montagnes.
Cela nous permettrait peut-6tre aussi d'identifier deux


La semaine derniere, nous avons parl6 de la
contradiction existant entre la n6cessit6 de prot6ger la
couverture forestiere des bassins versants, afin que
ceux-ci puissent remplir correctement leur fonction
dans le cycle de l'eau, et les besoins de coupe en vue
de la production de charbon de bois, de bois de chauffe,
de bois d'ceuvre pour la construction ou
l'ameublement, et de l'exportation de bois pr6cieux.
Mais en plus de cette exploitation sans reserve
de la couverture forestiere, il y a aussi ce que Serge
Michel Pierre-Louis, dans une declaration faite a
Agropresse, appelle la mauvaise gestion du foncier.
Reprenons ce passage d6ji cit6 : < La mauvaise gestion
du foncier est l'une des causes
majeures de la vulndrabilit6 des
espaces cultivables aux catastrophes
naturelles, selon l'ing6nieur-
agronome Serge Michel Pierre-
Louis, sp6cialiste en environnement
et en foncier. La density 6lev6e de la
population conduit a une utilisation
abusive des ressources forestieres, et
de maniere g6ndrale a une utilisation
abusive du sol, soutient-il.
On retrouve cette meme
id6e dans l'6tude du GTA d6ji
mentionnde : < La pression
d6mographique et l'augmentation
continue de la demande alimentaire
poussent les agriculteurs a cultiver
des terres marginales inaptes toutes
activities de production agricole. Il en -r
r6sulte une degradation de plus en
plus acc6l16re des ressources
naturelles.>. .
Autrement dit, c'est encore
ce diable de paysan qui, en s'amusant
a aller cultiver dans les mornes, est
responsable de tous nos maux. La
question est de savoir pourquoi le
paysan est ainsi parti a l'assaut des Le morne l'H
mornes. Il y a, a cela, plusieurs
raisons. La premiere est a chercher dans la situation
cr66e au lendemain de l'ind6pendance par les
nouveaux dirigeants. Rend Prdval l'a dvoqude,
toujours dans le cadre de sa participation au sommet
de la francophonie a Montr6al. On sait, en effet que
les g6ndraux de la guerre d'ind6pendance s'6taient
partag6 les d6pouilles des vaincus : les plantations
situdes dans les plaines. Les nouveaux libres, qui ne
tenaient absolument pas a reprendre le travail dans
les plantations, n'avaient plus qu'une solution:
gagner les montagnes.
Mais attention, ils n'y 6taient pas les pre-
miers, etje ne parle pas des Indiens. Ily a un chapitre
de notre histoire qui n'est, a mon avis, pas assez
d6velopp6 : celui du marronnage. Ces negres
marrons, une fois qu'ils avaient fui la plantation, il
fallait bien qu'ils aillent vivre quelque part. Je me
suis laiss6 dire que la paroisse de Verrettes, du temps
de la colonie, connaissait trois types de peuplement,
gdographiquement distincts. Dans la plaine, on avait
les plantations avec l'organisation qu'on leur


f6pital comme une epde de Damocles au-dessus de la capit

sources de notre culture rurale : l'arpent vivrier, qui
est au depart du jardin familial, et l'organisation des
marrons qui se perp6tue dans le lakou. En tout cas, si
mon hypothese est v6rifide, cela expliquerait que les
nouveaux libres aient pu si facilement choisir de
s'installer dans les mornes.
Une fois les paysans installs et cultivant les
flancs des montagnes, deux facteurs vont aggraver les
dommages que leurs activities pouvaient causer a
l'environnement. Le premier de ces facteurs est la
croissance d6mographique. La rapide augmentation de
la population fait que l'on a toujours besoin de plus de
terre, de d6fricher de nouveaux < bois neufs >, pour
faire davantage de culture, en r6sum6, d'acc6l1rer la
destruction de la couverture forestibre. Le second
facteur serait ce que je voudrais appeler la d6bilit6 de
notre 6conomie.
La classe poss6dante, celle qu'on pourrait
consid6rer comme l'l6ite 6conomique du pays, n'a
jamais sujouer effectivement ce r6le d'l6ite. Confine
dans le secteur de l'import-export, elle n'ajamais su


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sortir de son statut de boutiquier, elle n'a jamais su
d6velopper d'autres secteurs d'activit6s qui, en plus
de leur garantir d'autres sources de revenus, auraient
eu pour r6sultat de cr6er des emplois pour les nouveaux
arrives sur le march du travail. R6sultat, les paysans
se trouvaient dans l'obligationde demander encore plus
a ces mornes qui se dess6chaient a vue d'ceil.
Mais nos mornes n'ont pas seulement a subir
les assauts des paysans cultivateurs. Dans le premier
article de cette s6rie, j'ai parlk de l'6talement urbain
qui tend a r6duire les surfaces propres a l'agriculture
lesquelles sont d6ji insuffisantes. Cet 6talement urbain
n'affecte pas seulement les plaines, mais aussi les
mornes au voisinage des grandes
villes.
Depuis quelques d6cennies,
les Morne l'H6pital, pour prendre
l'exemple de Port-au-Prince, se voit
envahi par des personnes i la recher-
che, non plus d'un lopin de terre a
cultiver, mais de terrain a bitir. Cela
a commence avec les classes ais6es
en quite, d'abord, d'un lieu de
vill6giature, puis de lieux de
residence permanente, 6loign6s de la
chaleur du bord-de-mer. A Port-au-
Prince, elles ont commence par
conqudrir Turgeau, puis PNtionville,
et maintenant Thomassin, voire
Kenscoff, sans tenir le moins du
monde compte des restrictions
imposees pour la protection des
bassins des sources alimentant la
population en eau potable. Les
exemples les plus criants sont le
Mome Rigaud et, plus r6cemment,
la zone du Juv6nat.
L'exemple venant d'en
haut, il n'y avait aucune raison pour
que les populations de la campagne,
ale (HEM) chass6es par l'exode rural, ne partent
pas, elles aussi, a la conquete de la
montagne. Pour ceux qui pratiquent l'humour noir, j'ai
choisi cette photo oiY l'on voit les belles villas
construites en haut du Morne Rigaud et les construc-
tions plus modestes, partant de Bois Jalousie et montant
a l'assaut des beaux quartiers.
En r6sum6, si nous revenons A notre propos
initial : la probl6matique de la degradation des bassins
versants, on doit conclure que par delay les causes
imm6diates et directement observables, c'est la struc-
ture meme de notre soci&td, et pas seulement sur le
plan 6conomique, qui doit tre remise en question et il
n'est pas 6tonnant que tous les projets de reboisement
et autres programmes de conservation de sol n'aient
donn6 aucun r6sultat car, que je sache, personne n'a
os6, a date, poser le problkme dans toute sa profondeur.
Quelqu'un a dit, a propos des r6centes catas-
trophes, qu'elles pouvaient repr6senterune chance pour
Haiti. Oui, si le choc a &t6 assez fort pour provoquer
une sorte de sursaut national. On verra bien.

Bernard Ethdart


SANTE


Accident vasculaire cerebral:

chaque minute compte


"Chaque minute compte":
les associations de praticiens et de
patients veulent profiter de la sixiEme
Journ6e mondiale de I'accident
vasculaire cerebral (AVC) mercredi
pour sensibiliser le grand public A la
necessity d'une prise en charge ultra-
rapide des victimes.
"Il y a urgence, composez vite
le 15" (aux Etats-Unis le 911), ont lanc6
les associations a l'occasion de cette
Journme, rappelant que les traitements
sont d'autant plus efficaces qu'ils sont
administr6s extr6mement rapidement.
Ils indiquent les signes "qui
doivent alerter" : paralysie ou
engourdissement brutal d'un c6t6 du
corps, difficulties soudaines a parler ou
a comprendre, diminution trls brutale de
la vision d'un oeil... "Il est important de
composer le 15 d&s leur apparition".
L'AVC, qui touche chaque
annde prbs de 150.000 personnes, dont
un quart a moins de 65 ans, est la
premiere cause de handicap en France
et la premiere cause de d6ces chez les
femmes. Il est la seconde cause de d6ces
dans le monde apres les maladies cardio-
vasculaires.
Il y a deux familles d'AVC,
selon la nature des troubles de la
circulation sanguine en cause:


les accidents d'origine
isch6mique, lorsqu'une artbre se bouche.
Ce sont les plus nombreux (80%).
les accidents d'origine
h6morragique, lorsqu'un vaisseau
sanguin se rompt. Ils ne repr6sentent que
20% des AVC, mais touchent des
populations moins Ag6es et sont
g6ndralement plus s6veres.
Le taux de d6ces pour les
accidents h6morragiques est de 32%
contre 11,2% pour les accidents
isch6miques. Dans les deux cas,
l'interruption du transport du sang vers
une partie du cerveau menace les
cellules d'asphyxie. Si la circulation
sanguine n'est pas r6tablie a temps, les
cellules entrent dans un processus de
d6g6ndrescence.
Participent a cette Journme la
Societ6 francaise neuro-vasculaire
(SFNV), le Samu, la Societ6 francaise
de m6decine d'urgence (SFMU), la
Croix rouge, la Fed6ration France-AVC,
1'Institut de l'ath6rothrombose, les
associations de patients...
Des conferences visant a
mobiliser le grand public sont organisdes
dans plusieurs grandes villes de France
sur la n6cessit6 d'une intervention
urgente.


Les medecins haitiens forms

a Cuba repliquent


Les professionnels de la santd
fonrms ~ Cuba ont dementiformellement
les statistiques prdsentes recemmentpar
le MSPP selon lesquelles la majeure
partie des boursiers haitiens est retenue
par la Republique socialiste cubaine. Ces
derniers en ontprofite pour reclamer des
autorites de meilleures conditions de
travail.
< Nous, les m6decins forms
dans le cadre de la cooperation haitiano-
cubaine, sommes tous la, conform6ment
au contrat qui nous lie avec l'Etat haitien.
Le mal existe au sein meme du minister
de la Sante publique et de la Population
(MSPP), mis a part les conditions de
travail qui sont g6enralement ecoeurantes.
Nous prodiguons encore des soins a la
communaut6 haitienne parce que nous
avons requ une formation humaniste >, a
dit le Dr Emmanuel Dorvil, au cours d'une
rencontre avec la presse, ce vendredi. II
rappelle qu'un boursier, avant d'entamer
ses etudes a Cuba, signe un contrat avec
les autorit6s haitiennes afin de revenir
servir le pays au terme de ses etudes. <
De notre c6t6, les clauses du contrat sont
respects, tel n'est pas le cas pour l'Etat
haitien. Nous n'avons pas de materiel
ad6quat pouvant nous permettre
d'accomplir correctement notre mission.
Le titulaire du MSPP avait affirm


recemment que l'institution ne dispose pas
de moyens n6cessaires pouvant accueillir
la totality des m6decins haitiens forms a
Cuba>>, a indiqu6 le Dr Dorvil.
Pour sa part, le Dr Wallace
Thomas, m6decin de la deuxieme
promotion des boursiers haitiens a Cuba,
a precise que les informations avanc6es
par les responsables du minister de la
Sante publique, lors du symposium
organism sur la Planification de la main-
d'ceuvre dans le secteur sanitaire,
montrant que 66,60% des boursiers
haitiens forms dans le domaine medical
seraient rests a Cuba, sont fausses. < Quel
int6ret le gouvernement cubain aurait-il a
retenir les m6decins haitiens ? Alors que
pres de 22 000 jeunes boursiers strangers
sont forms chaque annee a Cuba ,
s'interroge le Dr Thomas.
Les m6decins forms a Cuba
ont, en outre, soulign6 qu'ils sont une
source d'espoir pouvant contribuer a une
grande amelioration du system de sante
en Haiti. < Avec l'engagement solennel de
l'Etat, nous sommes prets a apporter notre
collaboration qui consiste a relever le
grand d6fi auquel notre system de sante
fait face, et ceci pour le bien-&tre de nos
concitoyens et concitoyennes >, ont-ils
conclu.









L'HISTOIRE AU PRESENT


Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXlT N 41


Obama ou Paccomplissement d'un vieux
(REVE... suite de la lere page) e e pr leuretquia depasse deloin les frontires
declarait en 1871 que la conquete d'une r'eVe tle de leur monde et de leur temps et dont
race inf6rieure par une race superieure on retrouve les 6chos partout ailleurs tel


est parfaitement comprehensible. (Rdf.


Antenor Firmin (1850-1911)
David Nicholls dans < From Dessalines
to Duvalier Race, Colour and National


Bebe Barack et sa mere Stanley Ann I
,^,.

Independence in Haiti >).
Haiti avait
conquis rudement son
ind6pendance en 1804.
Les thdoriciens
de la sup6riorit6 de la race
se servirent pour justifier
leur position des troubles
agitant le nouvel Etat d&s
sa creation (assassinat du
fondateur Jean-Jacques
Dessalines en 1806).
Gobineau 6crivit
que les manibres du peuple
haitien sont < aussi
d6prav6es, brutales et
sauvages qu'au Dahomey
ou chez les Fellatahs > et
que Haiti est l'exemple
parfait de ce qui arrive
quand des formes
europ6ennes de
gouvernement sont
imposes aux peuples
d'une race diff6rente.
Evidemment aucun de ces
chantres du racisme ne releva que le
nouvel Etat a t frapp6 d&s
sa naissance d'une
hypothbque qui devait
ali6ner pendant plus d'un
siecle toute tentative de
progres, la fameuse dette
de l'ind6pendance de 150
millions de francs exig6e
par la France pour
reconnaitre l'ind6pendance
de son ancienne colonie.

Relever le d6fi

C'est sur ce
fond de theories raciales
faisant rage dans les
grandes m6tropoles de
l'heure (Paris, Londres,
Vienne) que les Haitiens de
l'6poque vinrent a
consid6rer comme leur
devoir de d6fendre la race
noire et d'asseoir l'6galit6
fondamentale des races
humaines.
Ils acceptbrent de
relever le d6fi de
association d'Haiti avec
)unham la race noire, car
l'existence de leir nation et


l'histoire de sa creation
constituent, selon eux,
l'6vidence meme de
1'6galit6 des races.
Pour Louis
Joseph Janvier, Haiti
constitue pour la race
noire < le soleil qui se leve
al'horizon. >
Hannibal Price
publia < De la
rehabilitation de la race
noire par la rdpublique
d'Haiti. >
Les 6crivains
haitiens de l'6poque -
mulAtres et noirs sans
distinction se sont
accords pour combattre
les theories de l'inferiorit6
raciale.
Dans De
l 'galitW des races
humaines (1885),
Ant6nor Firmin relieve
que, a travers l'histoire de
l'humanit6, diffirentes
races ont assume des
positions de pointe de
temps a autre, mais que,
essentiellement,

acx en d Louis Joseph Janvier (1855-1911)
acteurs sont 6gaux en dignity. >
II admet que certaines nations que chez les Senghor, CUsaire etjusqu'h
peuvent, a un moment donn6 de leur nous...
histoire, 6tre sup6rieures en termes de Oui, le pibge c'est qu'en m6me
culture et de civilisation, mais que cela temps qu'ils combattaient les thdoriciens
n'a rien a voir avec la race qui racistes europ6ens, eux aussi faisaient


Barack Obama, sa grand 'mre paternelle, sa tante et le reste
de lafamille au village natal de son pere au Kenya


-Prodults explosifs a......
Toutes dimensions de at6rltels

POUR vos RiaERVAnTONS DI CARGO, APPLE

1-800-927-6059 SA
acm nuM n= un &=mil -M


impliquerait une sorte de
fatality naturelle et
biologique. Etc.

Black is beau-
tiful ...
Faut-il signaler que
l'auteur emploie les termes de
civilisation et de culture au
sens oni ils 6taient compris a
l'6poque ...
Mais que les
Indig6nistes haitiens des
anndes 1940 vont renverser
un demi-sibcle plus tard, eux
qui sont les v6ritables
ancetres du o Black is
beautiful > (traduisez
o Marabout de mon cceur >).
Cela en attendant
l'anthropologue francais
Claude Levi-Strauss, auteur
des o Tristes Tropiques >
(1955) et surtout de o La
Pensee sauvage > paru en
1962.
En effet le paradoxe
chez les 6crivains haitiens
d6fenseurs de l'6galit6 des
races sans remettre en cause
cette tAche immense et
combien digne qui a Wte la


l'apologie de la meme culture et
civilisation qu'on leur opposait comme
sup6rieure.
Autrement dit, ils devaient
persuader l'homme europ6en que Haiti
6tait un pays < civilis 6 et que les noirs
sont capables de civilisation ... mais
selon les propres critbres europ6ens !
Cela du moins jusqu'h
l'occupation amdricaine (1915-1934) et
l'arrogance des US Marines qui viendra
nous placer devant la n6cessit6 de
r6affirmer a nouveau notre identity, cette
fois par une appreciation plus positive
de notre part africaine.
Toutefois un Leopold Senghor
n'6crit-il pas encore et presque a la
meme 6poque: < l'6motion est negre, la
raison est hellkne. >
Ou encore notre Leon Laleau :
< apprivoiser avec des mots de France
ce cceur qui m'est venu du Sen6gal. >

Haiti qui a ouvert la voie

Mais en quoi cela a-t-il a voir
avec les pr6sidentielles amdricaines de
ce 4 novembre 2008 ?
Nous vous laissons deviner.
En tout cas, fort de tout ceci,
Barack Obama ne vous semble-t-il pas,
(voir REVE / 12)


Page 10


B





Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 41


Ou nan


Medicare


epi ou ger


Dyab t?


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tabli yon plan espeyal ki rele Medicare Advantage ki fet dapre bezwen pou
sante w. W ap jwenn menm kouveti asirans total la, ak menm avantaj ki
genyen nan 16t plan Humana yo, plis 16t sevis ank6 ki fet pou kenbe w nan
chimen pwogr6 pou sante w.


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pou pye
* Kopeman $0 pou founiti
pou mezire nivo sik nan san w
(sa ki vie di tou, ti baget pou
f6 tes dyabet)


* Peman pou diferans nan pri
medikaman pou dyabet
* kouveti asirans pou kek medikaman
ak founiti ki vann san preskripsyon
* pwogram egzesis SilverSneakers
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Ou pa gen anyen pou w pedi, se avantaj selman w ap jwenn.

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0 0


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H1036-GHA-CR-004K PB 09/08









USA 2008


Mercredi 05 Novembre 2008
1 HaYti en Marche Vol XXII N0 41


Les Defis qui attendent le nouveau President


Pour tous les observateurs de la scene
6lectorale amdricaine, les jeux sont d6jg faits et a
moins que les d6s ne soient pip6s, Barack Obama sera
le 4 novembre prochain le nouveau Pr6sident des
Etats-Unis et le premier non blanc a acc6der a la
Maison blanche. Ev6nement historique s'il en est.


Barack Obama
Cependant rien n'est encore d6finitivementjoud et dans
l'Amdrique du << melting pot>>, 1'616ment racial et
raciste pourrait jouer une fois de plus l'dlecteur
<< wasp > (blanc anglo-saxon protestant) en face des
urnes dans un face a face solitaire.
C'est cet imponderable qui fait dire a des
observateurs sagaces et perspicaces que les elections
du mardi 4 novembre 2008 seront le r6sultat de la
premiere campagne pr6sidentielle insidieusement
raciste en 232 ans d'histoire am6ricaine. D'aprbs le
r6sultat d'une enquete r6cente, 6% des 6lecteurs de
gauche ne voteront pas pour Obama en raison de la
couleur de sa peau. Si ces sondages refletent une
certaine r6alit6, on pourra dire que c'est le comble
puisqu'on croyait que grace au politiquement correct
l'Amdrique du nord en 6tait a une phase post-raciale
ou l'6tre des personnes ne se r6sumait pas a la couleur
de leur peau. Sur ce plan-la ,le 4 novembre 2008, la
psyche am6ricaine et tous les mythes qui la fondent
seront installs sur le divan du psychanalyste.
Mais quel que soit le candidat qui sera l6u,
ce mardi 4 novembre, les d6fis qui l'attendent seront
les memes. Ils sont a la fois d'ordre dconomique et
gdopolitique. Sur le plan 6conomique et financier, il
reviendra au nouveau president de r6soudre la crise
6conomique qui frappe l'Amdrique depuis tant6t 6
mois. La tdche sera d'autant plus rude que la crise
n'est pas seulement amdricaine mais aussi syst6mique
et globale. L'avenir de la puissance amdricaine sejoue
peut-6tre dans cette affaire. Certains parlent d6ja de
d6clin des Etats-Unis. En est-on rdellement d6jh 1 ?
Pour le moment les Etats-Unis sont toujours d6tenteurs
des 616ments tangibles et non tangibles de la puissance.
Sur le plan militaire, la puissance am6ricaine est
toujours incomparable et il n'y a peut-6tre que la Russie
de Vladimir Poutine grace a ses missiles strat6giques
Topol d'une port6e de 11.000 kilombtres, et a ses
bombardiers strat6giques, qui soit capable de
concurrencer Washington sur certains thedtres


des Etats-Unis
d'op6rations r6gionaux, comme le Caucase par
exemple.
La marine militaire am6ricaine couvre
pratiquement toutes les mers du monde et r6cemment
la 4eme Flotte a &t6 r6activ6e. Pour certains d6clinistes
(partisans du d6clin) comme un Paul Kennedy ou un
Emmanuel Todd, c'est cette extension de la puissance
militaire des Etats-Unis sur tous les continents qui
repr6sente son talon d'Achille et sera a 1' origine de sa
chute prochaine. Pour valider leur these, les tenants
de cette approche citent les exemples classiques de la
Rome antique, de l'Espagne imp6riale et de l'Empire
britannique. II faut noter aussi que cette formidable
puissance militaire est tout a fait relative dans son
exercice reel: les difficulties de l'arm6e amdricaine
en Irak et en Afghanistan sont 1l pour en t6moigner.
Sur le plan culturel, l'Amdrique a travers la
langue anglaise, ses universities, ses m6dias, sa
musique, ses muses et Hollywood n'en finit pas
d'influencer le monde. Ce n'est pas demain qu'on
cessera d'6couter et d'appr6cier lejazz, la soul music
et qu'on cessera de lire Hemingway et Truman Capote.
Marylin Monroe, Greta Garbo, Rita Hayworth, Jane
Fonda et leur cote glamour continuent a faire rever
bien des coeurs. L'Amdrique a r6ussi aussi le tour de
force d'int6grer la postmodernit6 dans sa culture de
base et c'est ce qui nous a valu le d6veloppement,
parfois outrancier, du < politiquement correct >>
permettant ainsi a un << noir > de pr6tendre avec succes
acc6der a la pr6sidence des Etats-Unis pr6s d'un siecle
et demi aprbs la fin de l'esclavage. Sur ce plan,
l'dlection d'Obama a la pr6sidence amdricaine serait
aussi unejuste reconnaissance de l'apport fondamental
des noirs amdricains a la culture de ce grand pays. On
peine a imaginer une Amdrique sans Duke Ellington
et Ray Charles. Et tout au cours des annees 50, 60 et
70, lajeunesse wasp bon chic, bon genre s'est laiss6e
bercer par les flots 6mouvants de la grande musique
soul. Sur ce plan, la psyche am6ricaine est d6ja m6tisse
et avec elle la psyche mondiale.
Sur le plan politique, les Etats-Unis restent
encore le num6ro 1 mIme si dans le cadre d'un monde
de plus en plus multipolaire, ce leadership est de plus
en plus contest et parfois contestable. D6mocratie
oblige, les stratbges du Potomac ne font plus trembler
de peur les dirigeants latino-amdricains et carib6ens
comme au cours des anndes 60 et 70. L'Amdrique latine
et la Caraibe se sont 6mancip6es de la tutelle 16gendaire
des Etats-Unis a tel point que des politologues
sp6cialistes de la region n'h6sitent pas a d6clarer que
Washington a d6finitivement perdu le contr6le de
l'Amdrique latine et aucun president n'oserait de nos
jours d6clarer que l'Amdrique latine et les Caraibes
sont l'arribre cour des Etats-Unis. N6anmoins il faut
remarquer que ce leadership s'exerce par le < soft
power >>. I est vrai qu'avec Bush, Washington a
beaucoup perdu en ce qui a trait a l'usage du soft
power : on en constate les d6gAts en Irak et en
Afghanistan.
Sur le plan dconomique, les Etats Unis restent
toujours le num6ro 1 avec ses 10.000 milliards de
dollars de PNB. L'6conomie amdricaine malgr6 la crise
financibre internationale reste et demeure la locomotive
de l'6conomie-monde. Sans les importations
amdricaines, 1'6conomie chinoise et une bonne partie
de l'6conomie mondiale s'effondrerait. D'ailleurs c'est
l1 meme le problkme fondamental de la crise globale
actuelle. Les Gouvernements am6ricains sont dans
l'impossibilit6 quasi-structurelle de r6duire le deficit
commercial grandissant de l'Am6rique a moins de


Accomplissement d'un vieux


reve haitien profond i


(REVE ... suite de la page 10)
par certains c6tds, r6aliser un vieux reve haitien.
Est-il l'arribre petit-fils de nos thdoriciens de
l'6galit6 des races humaines ?
Ou plut6t le petit-fils de nos Indig6nistes selon
lesquels chaque race au contraire se suffit a elle-
mime ?
Fils d'un K6nyan et d'une Am6ricaine blanche
du Kansas, 1'dventuel (ou meme probable) futur
President de la premiere puissance 6conomique et
militaire de la planete n'a quant a lui rejet6 ou minimis6
ni l'une ni l'autre des deux composantes de sa nature.
Entre sa grand'mbre noire qu'ilvisite au fond
d'un village profond du Kenya par choix personnel de


retrouver ses racines africaines (et pas seulement en
thdorie comme la plupart de nos plus grands chantres
de la race) et sa grand'mbre blanche qui l'a lev6 sans
doute en lui r6p6tant << tu seras un homme mon fils et
meme un peu plus si c'est 1l ton reve > ...
Oui, Barack Obama est, serait-ce
litt6rairement, l'incamation d'un vieux reve haitien
profond. Et m6me mieux encore.
Ou plut6t, et c'est presque une evidence, est-
ce Haiti qui a ouvert lavoie conduisant au ph6nombne
Obama ?

Marcus,
2 Novembre 2008


mettre en danger la stabilit 6 conomique mondiale et
en meme temps ils sont obliges de trouver les moyens
de le r6soudre car il est a l'origine de nombre de
dysfonctionnements de 1'6conomie amdricaine. Quant
au deficit budg6taire, il sera trbs difficile de le r6sorber
car il trouve en grande partie sa source dans ce

w -- Ui


Jonn mIc ain
<< keyndsianisme militaire > que Washington pratique
sans le nommer.
Le lobby militaro-industriel ne permettra sans
aucun doute a aucun president am6ricain de venir
sabrer dans les d6penses militaires qui sont les
mamelles nourricibres auxquelles s'alimentent les
grandes firmes de ce secteur extr6mement puissant.
Avec la crise financibre actuelle c'est l'avenir meme
du dollar comme monnaie de reserve international
de r6f6rence qui est menace. Le dollar perdra-t-il
bient6t ce statut au profit de l'euro ? Au cas oni un tel
scenario se rdaliserait, c'est toute la balance des forces
sur la scene internationale qui serait change au profit
de l'Europe ou de la Chine mais on n'en est pas encore
l1 et beaucoup d'eau devra encore couler sous les ponts
avant de voir se r6aliser un tel &v6nement.
Sur le plan gdopolitique, on ne saurait affirmer
que l'Amdrique est le num6ro 1. Avec l'effondrement
du bloc sovi6tique en 1991, Charles Krauthammer et
ses amis s'6taient plu a imaginer un monde unipolaire
oin l'Amdrique serait la seule superpuissance a mime
de dicter sa volont6 politique au reste du monde.
Cependant Mr Krauthammer avait eu la sagesse de
declarer que ce < moment unipolaire > durera
seulement 20 ou 30 ans. Pr6s de 20 ans aprbs la fin du
systeme bipolaire qui avait caract6ris6 la p6riode de la
guerre froide entre l'Union Sovi6tique et les Etats Unis,
va-t-on assister a la fin du moment unipolaire ? De
partout les signes annonciateurs se profilent a l'horizon.
La crise des subprimes et celle des << toxic
assets > est en train litt6ralement de mettre l'Amdrique
a genoux. Le plan Paulson aura certainement un impact
n6gatif sur le deficit du budget et sur la balance des
paiements des Etats-Unis. Avec le ralentissement de
l'activit 6 conomique etl'appauvrissement des classes
moyennes amdricaines il faudra pr6voir, a moins d'un
miracle, une trbs forte baisse du produit national brut
am6ricain. Le Pentagone pourra-t-il continuer a
pratiquer cette politique de < sur extension militaire
imp6riale > qu'elle continue a impulser a travers le
keyndsianisme militaire. Cette politique a un coit
particulierement Olev6 et les specialistes de la question
se demandent si, avec la crise actuelle, Washington
pourra continuer a assumer ce coft. Trbs certainement
le prochain locataire du 1600 Pennsylvanie Avenue
aura des decisions d'ordre strat6gique a prendre a ce
sujet. Avec la fin dventuelle du moment unipolaire, a
quelle nouvelle configuration du systeme international
faut-il s'attendre ? Pour un Richard Haas du << Council
on foreign relations >, le systbme qui merge sera
apolaire puisque aucune puissance ne pourra exercer
une certaine h6g6monie. Cependant on peut douter de
cette apolarit6 propose par le president du conseil,
puisque depuis que la science des relations
internationales existe avec l'ouvrage majeur de
Thucydide << la guerre duPdloponnbse >>, onn'ajamais
assist ea 1'emergence d'une telle configuration.
Pour une premiere c'en serait vraiment une.
A moins que le chairman essaie de nous faire
comprendre, entre les lignes, qu'avec cette crise globale
qui affecte le monde entier, on serait a la veille de la
(voir DEFIS / 14)


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Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 41 IETITES A I1O M E
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LIBRE PENSEE


Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXIT N 41


o Jamais les mots ne manquent
aux iddes; ce sont les iddes qui
manquent aux mots
Joseph Joubert

Je suis de plus en plus convaincu, chores
amies lectrices, chers amis lecteurs, que les mots, ces
assemblages apparemment inoffensifs de sons, pour
l'audition, ou de symboles, pour la lecture, ont leur
vie propre. Certaines fois, il s'agit d'une vie agressive,
boulevers6e, bouleversante. D'autres fois, l'existence
de ces mots n'est qu'indolence, ces 616ments du
langage ou de l'6criture gardant un profil bas, sans
faire de vagues, sans se faire remarquer. Cependant,
ind6pendamment de leur << caractbre >, on les voit
toujours a la recherche de visibility, de notori6td. Chez
nous, les mots, leur usage devrais-je dire, semblent
parfois delimiter des espaces, identifier des groupes
d'hommes et de femmes, montrant clairement
l'existence de ces barribres sociales, en Haiti, qui
entravent notre vie collective et nous empechent
d'avancer ... dans le bon sens. Ay! Ay Ca fait mal, le
complexe du crabe. Le << panier de crabes > que
repr6sente notre soci&te nous empeche de vivre, nous
maintient dans une asphyxiante pauvret6. Avancer a
reculons. S'entred6chirer. Empecher a l'autre d'aller
de l'avant, de sortir du panier, de ce panier dans lequel
se milent, hypocrisie, traitrise, jalousie, cruaut6,
6goisme. Voilh notre lot quotidien. Ay !!!! A-t-on
toujours le sens de l'orientation ? Sait-on comment
s'orienter dans la bonne direction ? Sait-on quelle
direction choisir pour avancer dans le bon sens ? Sait-
on d'abord vouloir ?
Enfin, chers lecteurs, revenons a nos moutons
et laissons de c6t6 crabes, scorpions et toute cette faune
qui caract6rise aussi bien nos modes de fonctionnement
que nos modalit6s relationnelles, par rapport a notre


(DEFIS ... suite de la page 12)
constitution d'un gouvernement mondial avec une
banque centrale unique. Mais cessons d'extrapoler et
ne protons pas aux riches ce qu'ils n'ont pas et n'auront
peut 6tre jamais.
Le monde qui 6mergera aprbs la crise sera
sans aucun doute multipolaire avec une place de choix
accorde aux BRIC (Russie, Br6sil, Inde, Chine) et a
l'Afrique du Sud. Cela exigera un r6am6nagement de
la puissance a travers le monde. Les Etats-Unis, dont
la gdopolitique est fondamentalement
mackinderienne, accepteront-ils aussi facilement que
les donndes de base des rapports de force
internationaux soient changes au nom d'une certaine
multipolarit6. Ce sont la de trbs grandes questions qui
concernent l'avenir m6me de l'humanit6. Ce sont li
aussi des d6fis auxquels le prochain president
am6ricain sera confront et devra apporter une reponse,
qu'il s'appelle Obama ou Mc Cain. Ce dernier peut se
pr6valoir, pour y r6pondre d'etre le descendant d'une
longue lignde de militaires < wasp >, dignes
repr6sentants de la tradition guerriere americaine.
Obama pour r6pondre a ces d6fis pourrait
avantageusement se prdvaloir comme le premier
president post-racial d'une Amdrique postmoderne en
voie de mutation.
Lequel aura le privilege de conduire
l'Amdrique a bon port ? Bien qu'Obama se profile a
l'horizon comme le futur Pr6sident am6ricain, seul


Pointu !
cadre de vie. Il y a de ces mots avec lesquels on
entretient des rapports 6tranges ou qui provoquent chez
nous des reactions bizarres. Je vous ai souvent parl6
de certains d'entre eux avec lesquels j'entretiens des
rapports affectifs assez intenses : < Kamokin >,
<< Makout << Kout lang >. Je suppose que je ne suis
pas le seul. Pour une raison ou une autre. Il y en a
d'autres qui me laissent indiffirents, lesquels je ne
citerai pas pour ne pas blesser des susceptibilit6s. Dans
d'autres cas, c'estune grande perplexity qu'ils causent.
C'est le cas du mot << Pointu >. A chaque apparition de
ce mot dans une conversation avec quelqu'un, je ne
peux m'empecher de penser aux raisons qui ont pouss6
mon interlocuteur a utiliser ce mot et pas un autre qui
aurait pu mieux convenir, bien que le mot << pointu >
soit bien utilis6. De quality. Excellent. Sp6cialiso ou
trbs sp6cialis6. Haute technologie ou trbs haute
technologie. Pointu, et les < doivent le
savoir mieux que moi, en plus de vouloir exprimer le
caractbre de ce qui est aigu, effil6, peut aussi vouloir
dire << trbs sp6cialis >, << trbs pr6cis >. Ce caractbre de
<< pointu > ne peut s'associer, actuellement, a aucun
de nos domaines de fonctionnement en Haiti. Nous
nous trouvons a des anndes-lumibre de distance de tout
type de qualificatif << pointu >. En dessous. Nous
n'avons meme pas envie de changer cet 6tat de choses.
Done, difficilement je peux comprendre l'utilisation
ou meme l'abus de son utilisation par des
<< fonctionnaires d'Etat >>, Haitiens. En plus, les
utilisateurs de ce mot, a chaque fois qu'ils ont a
l'utiliser, pour mieux d6montrer l'6tat de leur
connaissance ou leur<< aisance langagibre adoptent
un ton solennel, avec une gravity aristocratique, pour


l'l1ecteur roi en d6cidera ce 4 novembre 2008. Mais
qui qu'il soit, les d6fis seront les memes pour le
nouveau chef de la r6publique 6toilde :
Economiques : il devra trouver un moyen
pour r6soudre a court terme la crise financiere
internationale et r6sorber les deficits budg6taires et
commerciaux qui gangrbnent l'6conomie amdricaine.
Financier : il devra aussi avec une bonne
dose d'imagination esquisser avec les autres
partenaires internationaux les contours futurs de
architecture financibre internationale.
Politique : il devra 6galement dans le cadre
d'un monde de plus en plus multipolaire trouver les
moyens n6cessaires en vue de dialoguer avec les autres
partenaires politiques internationaux en vue de
l'6tablissement de nouvelles regles conformes a
l'6volution du system international
Militaires : la question de la << surextension
imp6riale > sera de plus en plus a l'ordre dujour de
l'agenda du nouveau president en raison de son cofit
exorbitant par rapport aux ressources disponibles.
GUopolitiques : face l'6mergence du BRIC,
les stratbges du Potomac seront t6t ou tard obliges de
r6viser leurs approches gdopolitiques caract6ris6es par
un certain mackinderisme. Mais l'Am6rique des
d6cideurs est-elle prete pour ce genre de revision. Dans
un certain sens l'hdritage des 8 anndes de Bush a &t6
d6sastreux sur ce plan. C'est tout l'6difice construit
depuis 50 ans par les << bonesmen > qui menacent de
s'effondrer. Bush de ce

a la hauteur de cet heritage.
Pour comprendre
ce qui est en jeu
actuellement il suffit de lire
l'ouvrage fondamental de
Walter Isaacson < Six men
and the world they made >>.
Catering Specialisb Decid6ment la prochaine
, Pasree, Hors dfOeuvres pr6sidence amdricaine sera
for allocations marque par des revisions
extremement d6chirantes.

SPour Haiti en Marche
9Azad Belfort,
Spkcialiste en Relations
Internationales
Azad59 2009@yahoo.fr
V I' ~ DESS de Diplomatie et
voiWFCaG e If d'Administration
Internationale
Paris 1-Pantheon
RU Sorbonne


mieux asseoir leur emprise sur le public.
Ah, <, comme
disait l'autre, l'innombrable, qui revient
de plus en plus dans les sujets de
conversation. Cette utilisation abusive de ce mot,
<< pointu >, ne peut 6tre que de la provocation.
Maintenant que nous ne faisons que g6rer nos petites
misbres, saurons-nous, un jour, penser a crder une
society moderne, dans laquelle le mot < ne
soit plus une r6f6rence au < blanc > ?
Chores amies lectrices et chers amis lecteurs,
ceux d'entre vous, qui, comme moi, voguez
allggrement dans la cinquantaine, vous devez sirement
vous souvenir, quand on 6taitjeunes, du << turlututu >,
du << parler pointu >, qui caract6risait une cat6gorie de
femmes, surtout, et d'hommes aussi, qui se voulaient
donner de l'importance. C'6tait le temps, le beau temps
durant lequel << parler franqais montrait qu'on avait de
l'esprit > bien que, chez nous, << pal6 frans6 pa vld di
gen lespri >. On pouvait << beaucoup parler et ne rien
dire>, comme dit-on, avait-on dit de l'un de nos grands
professeurs. II parlait excellemment bien le francais,
ce cher professeur. Les mauvaises langues. Lajalousie.
Si elle 6tait gale, combien de galeux circulant dans les
rues !
Enfin, chers lecteurs, quand il s'agissait de
sp6cialisation pouss6e dans un domaine quelconque,
on disait, tout simplement, que c'6tait << bagay blan >.
Lui seul, pensait-on, < le blanc >, meme s'il est
<< noir >, 6tait a la hauteur des choses s6rieuses, tres
sp6cialis6es. Le temps passe, les autres pays se
transforment, << avancent dans le bon sens >, et, entre-
temps, en Haiti, rien n'a change, nos intellectuels
continuent a parler pointu, et de pointu, dans notre
society, d6cadente, mourante, nous n'en avons rien.

Oscar Germain
germanor2005@yahoo.fr
Novembre 2008


Haiti et le

neoliberalisme

Reactions apres la conference
du gdographe allemand
Dr. Alexander King
Je viens de lire l'analyse du Dr. King, sur les
consequences de ce que j'appelle une absence de
volont6 encore moins de determination qui, sans
une certaine vision de l'ind6pendance toujours a bitir,
ne servirait a grand-chose, d'ailleurs.
A un certain moment, je m'impatientais, car
je ne voyais pas venir la solution ou les 61ements de
solutions face a une crise qui ne l'est plus quand le
mot se d6finit par son caractere 6ph6mere.
Heureusement que ce n'6tait qu'une impatience. Le
docteur King aura trace des voies d'espoir pour le
relkvement, except qu'il mise trop sur l'aide, quand
bien meme celle-ci viendra de pays vraiment amis,
comme Cuba et le Venezuela.
Je pense que le danger reside surtout dans le
fait que nous sommes en train de sacrifier notre dignity
aux bfchers de la mendicit6 et du << manfoubinisme >,
insouciants de la formation verticale de nos jeunes.
De fait, el commandante Fidel ou son frere Rauil peut
interpreter l'aide de Cuba comme un devoir autant
qu'ils le d6sirent; el Presidente Chavez peut
sincerement croire a une compensation a cette gifle
historique d'eviter Haiti a la premiere rencontre pan-
amdricaine. Je dis que c'est a leur credit et honneur de
ne pas se montrer ingrats. Maisje reste convaincu que
le d6fi reste et demeure que NOUS devrons -je parle
des Haitiens nous prouver que nous sommes a la
hauteur de notre ind6pendance.
Le premier point est de d6battre de la
formation sociale du pays d&s 1804. Pas pour faire un
exercice d'6rudition, mais pour, honnetement et
sereinement, d6couvrir les vraies causes du mal (les
interminables guerres fratricides caricaturant 1803) et
les neutraliser a tout jamais. Cela requerra un niveau
de d6passement qui nous fera affronter notre part
de blAme avec courage, fiert6 et sinc6rit6, a l'assaut
d'une decision collective vers une reparation salutaire,
h6roique etjuste, a d6finir d6mocratiquement.
La decision une fois atteinte, il nous faudra
ce fameux plan de sortie de crise, mais qui restera lettre
morte tant que nous pensons encore a l'aide
internationale en premier ressort. D'autant plus qu'elle
est empoisonn6e, cette aide ; nous le savons. Et ce plan
devra contenir une verification de titres de propri6t6s
ou son equivalent, avec pour objectif, l'organisation
du travail comme base de d6veloppement reel.

(voir REACTIONS / 16)


Page 14


Defis qui attendent le nouveau


President des Etats-Unis


I .. . .%A..... .... ... . ... .. .. I








Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 41

Serie A Milan prend la tete
Le Milan AC a battu Naples (1-0), lors de la
10e journde de Serie A pour prendre la tete du
championnat. Profitant du faux-pas de l'Udinese contre
le Genoa (2-2), les co6quipiers de Ronnie, qui ont
manqu6 un penalty par Kaka, occupent la place de
leader pour la premiere fois depuis 130 journmes.
SERIE A lOe JOURNEE .
MILAN AC NAPLES : 1-0
But: Denis (86e c.s.c.)
Cent trente journmes a attendre... Cent trente
longues journmes que le Milan AC (4e) n'avait pas
occupy la premiere place de la Serie A. C'6tait en mai
2004, soit un peu plus de quatre ans. Incroyable pour
un club sacred 17 fois champion d'Italie. Et pourtant...
A l'issue d'un combat titanesque avec Naples,
surprenant 3e, le mal est rdpard. Mais que ce fut dur!
Dans un d6but de rencontre 6quilibrd, ce sont
les hommes d'Edoardo Reja qui se cr6ent la premiere
grosse occasion: a la 24e minute, le jeune Argentin
Ivan Lavezzi, 23 ans, crochete a l'entr6e de la surface
de reparation et d6coche un tir du gauche qui contraint
Christian Abbiati a d6gager des poings. Le ton est
donnd. Malheureusement pour les Napolitains, la fin
de la premiere mi-temps va leur cofiter trbs cher. Aprbs
la perte de Marek Hamsik sur blessure, c'est au tour
de Christian Maggio de quitter le terrain pour un second
cartonjaune. C'est le tournant du match.


De valeureux Napolitains
Au retour des vestiaires, les Milanais profitent
de leur sup6riorit6 numerique pour faire le siege de la
partie de terrain adverse. Au courage, le Napoli r6siste.
A la 72e, le poteau droit vient sauver Gennaro lezzo
sur un tir surpuissant de Kaka. Deux minutes apres, la
tete de Pato passe juste a c6td. Plus tard, un penalty
siffl6 pour une main involontaire de Michele Pazienza
dans la surface semble devoir sonner le glas des espoirs
napolitains (84e). C'est sans compter sur un excellent
lezzo, qui d6tourne le tir de Kaka. On pense alors se
dirigervers un nul m6rit6. Mais a la 87e, le malheureux
German Denis ddvie le corner de Ronaldinho dans ses
cages. Cruel pour le Napoli, qui quitte du meme coup
le podium provisoire (4e). Le Milan, de son c6te, peut
savourer...
UDINESE GENOA: 2-2
Buts: G D 'Agostino (4e s.p.), Quagliarella
(78e) pour 'Udinese. D. Milito (64e s.p.), Sculli (67e)
pour Genoa.
L'Udinese aurait pu 6tre en tete a la place de
Milan en cas de succes a domicile. Et compte tenu de
sa forme actuelle, elle semblait avoir tous les atouts
en mains face au Genoa. Mais son adversaire a 6td
bien plus coriace de pr6vu et, finalement, ce sont les
Frioulans, mends 2 a 1 en seconde p6riode, qui peuvent
s'estimer heureux d'etre parvenu a 6galiser (2-2).
L'Udinese avait id6alement d6marr6 son
match en ouvrant vite le score grace a un penalty


Page 15

marqu6 par D'Agostino (4e). Mais le Genoa (7e), qui
ne s'est pas laiss6 d6border, 6galisait en seconde
p6riode, grice a un nouveau penalty, transform par
Milito (64e), avant de prendre l'avantage grice a Sculli
(67e). Heureusement pour les Frioulans, l'attaquant
international Quagliarella parvenait ensuite a 6galiser
(78) et a preserver l'invincibilit6 de son equipe a
domicile.
SIENNE FIORENTINA: 1-0
But : Kharja (76e).
La Fiorentina, qui 6tait pourtant invaincue
depuis cinqjourn6es, s'est incline dans le duel toscan
sur la pelouse de Sienne (1-0), r6trogradant ainsi de la
6e a la 8e place. Une d6faite qui n'augure rien de bon
avant de recevoir le Bayern Munich en Ligue des
Champions mercredi.
CAGLIARI BOLOGNE : 5-1
Buts : Acquafresca (45e, 52e), Conti (48e),
Jeda (69e, 85e) pour Cagliari. Di Vaio (18e) pour
Bologne.
ATALANTA BERGAME LECCE : 0-0
SAMPDORIA GENES TORINO : 1-0
But: Bellucci (85e).
LAZIO ROME CATANE : 1-0
But : Foggia (85e).
PALERME CHIEVO VERONE : 3-0
Buts: Miccoli (23e s.p.), Kjcer (37e), Cavani
(45e+1).


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FRANCOPHONIE


Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXlT N 41


Michaelle Jean, femme de la semaine


19 octobre 2008 par journal J

SPtCIAL A OTTAWA ......


Gouvemeure g6ndrale du Canada, elle a 6td,
avec Stephen Harper, le chef du gouvernement
canadien, et Jean Charest, le Premier ministre de la
province du Qu6bec les deux coorganisateurs
de la conference -, une parfaite maitresse de
ceremonie.
Michaelle Jean, 27e gouverneure
g6ndrale du Canada, a accueilli, chez elle, dans
sa residence de la Citadelle, avec un plaisir non
dissimuld, la trentaine de chefs d'Etat et de
gouvernement des pays de la Francophonie qui
avaient fait le d6placement a Qu6bec pour
assister, du 17 au 19 octobre, au 12e sommet
des pays ayant le franqais en partage.
Rayonnante, elle a fait forte impression.
Femme, Noire, descendante d'esclaves
haitiens, devenue premier personnage de l'Etat
et ic6ne du multiculturalisme canadien: difficile
d'6chapper aux cliches pour qui se hasarde a
d6crire son extraordinaire parcours commenc
il y a cinquante et un ans a Port-au-Prince, dans
un pays < barbelk de pied en cap >, vivant sous
le joug d'une dictature impitoyable, celle des
Duvalier.
En 1968, pers6cut6 par les sinistres
tontons macoutes et ayant miraculeusement
6chapp6 a la mort, son pare, Roger Jean,
directeur du college episcopal Saint-Pierre, fuit
avec sa famille enAmdrique du Nord et d6barque
au Qu6bec. < Nous avons plong6 nos racines dans
cette terre francophone et g6ndreuse qui est
devenue notre terre et oi nous avons fait
l'apprentissage de la liberty et de la citoyennet6
>, se souvient-elle.
Apres des 6tudes de litt6rature
compare a Montreal et plusieurs sdjours en
Italie, a Florence, Milan et P6rouse, elle se lance dans
le journalisme, entre a Radio-Canada, anime des
missions d'information, avant de devenir une des


presentatnces vedettes du Telejournal.
Au milieu de l'Ftd 2005, elle reqoit un coup
de t6l1phone d'un 6missaire mandate par le Premier
ministre de l'6poque, le liberal Paul Martin, qui lui


Michaelle Jean passe en revue la Garde d'Honneur

apprend qu'elle est pressentie pour succ6der a
l'honorable Adrienne Clarkson au poste de gouvemeur
g6ndral du Canada. Elle n'en croit pas ses oreilles. <
C'6tait un honneur tellement inattendu Ma r6flexion


Haiti et le neoliberalisme !
Reactions apres la conference du gdographe allemand Dr. Alexander King


(REACTIONS ... suite de la page 14)


multiplicateur, auto-g6ndratrice, engageant la bonne
.nlnn t6 c o, miouy nnunmu n d irti-mrint i o, t 'Ent


En 1957 d6j Louis D6joie, s6nateur v'oote .. P U ."".A uVtU' ~, e'at""Ja t aLa1a a i
candidat, pr6conisait la politique de la terre comme qui reste a construire par tapes successives. Car la
6tant la seule et la vraie. Mulitre, il l'6tait. Mais son preuve est enfin faite, apr s prbs de trois d6cennies,
option 6tait juste, indiff6rente aux nuances que cette histoire d'Etat-nain ce fameux
6pidermiques trop souvent sources de pr6textes d6graissement de l'Etat est une lucubration
malheureux. I1 nous faudra insister sur cette option, conomique prescrite aux cr6dules pour donner libre
s'il est vrai que nous voulons v6ritablement d'une cours a la gloutonnerie sp6culatrice des
ind6pendance alimentaire et fondamentale. bourgeoisies. Le marasme actuel haussant les prix en
En plus des propositions du Dr. King, il nous spirale, double des difficulties de la bourse, ne peut
faudra 6tre inventifs, car le travail, cela se crde. Hormis que nous convaincre du danger d'un Etat nul et annul.
les "solutions militaires" fracassantes ne conduisant Les services en souffrent, et l'avenir est aux guerres
aprls les nmeutes, car la repression ne pourra pas
nulle part, il nous faudra envisager une strat6gie aeffet por
ind6finiment endiguer le d6sespoir des
mis6rables.
En ce qui a trait h la resolution
du problkme, plusieurs propositions ont
6t) faites par differents secteurs et je
retiens ici celle de l'Association des
Anciens de Saint-Louis de Gonzague de
1964 visant la promotion de l'6ducation,
meme si les voies et moyens pour y
parvenir divergent. Mais le caractbre
global des solutions aux problkmes tout
aussi globaux requiert une
imbrication organisationnelle g6ndrde
1 % surtout par une demande de services


CONTACT US
TOLL FREE 1 -888-3 3-285
OR: 305-62 0-8300
FAX 3 05-6 2 0-8332
CELL. 305-986-881 I


engageant la participation de secteurs
rest6sjusqu'ici inconnus, mais visant des
objectifs tout aussi divers dont il nous
faudra faire un inventaire. Cet objectif ne
pourra pas etre atteint pas sans 6tudes
comparatives, sans d6bats, et surtout sans
humilit6...
Il nous faudra enfin aborder le
mode de production dans un pays a haute
intensity de main-d'oeuvre. Mais non pas
a exploiter mais a lib6rer par le travail, le
salaire, la qualification, la s6curit6 et dans
un bain de justice sociale. Je dis que le
d6bat devra etre honnete, sincere, juste,
et reparateur.

Franqois-Marie Michel
Avocat et journaliste
New York City
2 novembre 2008


Page 16


LfiUeU qu'est-ce qu'une personne
comme moi, qu'est-ce que mon
histoire singulibre pourrait signifier pour mes
concitoyens, qu'est-ce que le symbole quej'incamais
pourrait leur apporter ? Quand j'ai &t6 convaincue
qu'ils pourraient se projeter sur la difference que je
representais, j'ai accept. >
Le 27 septembre 2005, elle est done
officiellement d6sign6e par la reine d'Angleterre,
Elisabeth II. Le poste de gouvemeur g6ndral,
qu'on peut assimiler a celui de vice-roi, car,
formellement, le souverain britannique est
toujours le chef de l'Etat canadien, est
essentiellement protocolaire : lecture des
discours du Tr6ne, promulgation des lois,
accreditation des ambassadeurs, remise des
decorations.
<< Cheffe > nominale des armn es, elle
est tenue inform6e du d6roulement des operations
en Afghanistan, oi le Canada a d6ployd plus de
3 000 soldats et essuyd ses plus lourdes pertes
militaires depuis la guerre de Corde (une centaine
de tuds).
<< Son Excellence met un point
d'honneur a assister au retour des corps, sur la
base adrienne de Trenton, en Ontario, et a
r6conforter les familles >, raconte une de ses
proches collaboratrices.
Troisieme femme et deuxieme
repr6sentante issue des < minorit6s visibles >>
acc6der a cette fonction, Michaelle Jean a
grandement contribu6d rajeunir une institution
vieille de quatre cents ans et un peu ddsudte,
comme tout ce qui touche i la monarchic anglaise
dans les anciens dominions. Son style et sa liberty
de parole et d'appr6ciation < non n6gociable >
lui ont d'ailleurs valu quelques tiraillements
avec l'actuel Premier ministre conservateur.
C'est que, quand il le faut, elle sait mettre les pieds
dans le plat. Elle est ainsi r6cemment intervenue pour
r6clamer le rapatriement d'unjeune Canadien, Omar
Khadr, emprisonn6 a Guantinamo, ag6 seulement de
16 ans lors de son arrestation.
< Sonboulot n'a rien d'une sindcure, note un
politologue de l'universit6 de Montreal. II faut
composer en permanence avec les susceptibilit6s d'un
pays aux identit6s a vif. Y compris celles des
Qu6b6cois, qui se sont sentis un peu vex6s par l'6pisode
de sa participation aux c6r6monies du 60e anniversaire
du d6barquement de Normandie. Ils ont trouv6 que le
battage m6diatique autour de sa visite avait un peu trop
6clips6 les festivit6s du 400e anniversaire de la ville
de Qu6bec... >
Marine a un Franqais naturalist canadien, le
r6alisateur Jean-Daniel Lafond, qu'elle a rencontr6
alors qu'elle toumait un documentaire sur le chantre
martiniquais de la n6gritude, le poete Aim6 Cesaire, la
locataire de Rideau Hall revendique son appartenance
a la diaspora africaine. < Je ne me dis pas africaine,
car ce serait usurp6. Mais je suis sensible a l'histoire
dontje suis issue. Etj'en suis fibre. J'ai mis les pieds
sur le continent pour la premiere fois en novembre
2006, pour une visite officielle qui a durd un mois
(Afrique du Sud, Alg6rie, Ghana, Mali, Maroc). Je ne
savais pas comment j'allais r6agir, et, comme on dit
en creole, j'ai senti l'Afrique me marcher dans le sang.
C'est par 1'Alg6rie qu'elle a d6but6 son p6riple. Pour
rendre hommage au peuple alg6rien, a ses femmes et
aux journalistes qui ont fait courageusement front
pendant la d6cennie noire. L'accueil qu'elle y a requ
restera a jamais grav6 dans sa m6moire. Mais c'est
peut-6tre sa visite au chateau d'Elmina, au Ghana, qui
a constitu6 le moment le plus 6mouvant de son voyage.
< Ce lieu 6tait sumomm6 "la porte du non-
retour", c'6tait le fort oi 6taient entass6s les esclaves
avant leur deportation vers les plantations d'Am6rique
et oi on laissait mourir de faim et de soifles chefs des
communaut6s pour annihiler complktement les leurs.
Mon h6te, le president John Kufuor, a profit de ma
presence pour renouveler les excuses du peuple
ghanden a toutes celles et tous ceux qui avaient &t6
d6port6s au cours des ages. Les Ashantis, groupe auquel
il appartient, avaient servi de rabatteurs d'esclaves aux
commerqants de la traite. Le roi des Ashantis est venu
et a fait la meme chose. C'6tait bouleversant. > Meme
si rien n'est officiellement arrt&6, Michaelle Jean espere
retoumer prochainement sur le continent. Et peut-etre
d&s mars 2009, a l'occasion d'une conference
international sur le pouvoir des femmes, la women's
empowerment, organisde au Liberia par la pr6sidente
Ellen Johnson-Sirleaf.








Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 41


Cap Haitien Dajabon ou la route de P1espoir


Les travaux de construction de la route
nationale numdro 6 (RN6) reliant Cap-Haitien, la
deuxieme ville d'Harti, a la ville frontalibre
dominicaine deDajabon sont en voie d'achevement.
Acteurs politiques, opdrateurs dconomiques et
riverains se filicitent deja de cette rdalisation
finance par l'UE. En effet, la nouvelle route va non
seulement faciliter la communication entre les
ddpartements du Nord et du Nord-Est3, mais en plus


alors rassurants quant au respect du dMlai imparti pour
la livraison de l'ouvrage. D'ici d dicembre, nous
aurons termine la construction des 75 kilometres de
route o, informe Luca Paioletti. II a par ailleurs ajout6
: o nous utiliserons ensuite les mois dejanvier i mars
2009pour la construction du complexe administratif
de la Douane i Ouanaminthe etpour la rdalisation
des travaux de signalisation routiere o.
Pour nombre d'acteurs, cette route rev6t une


serpente villes et savanes, d6gage une impression de
propret6 et de beauty. Partout oil passe la route,
c'est comme si tout itait neuf MMme les maisons
paraissent neuves o, confie, 6mue, une riveraine de
la RN6. o La route est belle et change notre
environnement. Nous en sommes ravis o, rench6rit
une autre.
Les transporteurs publics sont parmi ceux qui
sont les plus satisfaits de cet ouvrage. Aussi, la


La route sera bient6t achevee


(photo Marco Dormino /Minustah)


et surtout accroitre les changes dconomiques entre
Haiti et la Republique Dominicaine.
Longue de 75 kilometres, la route
transfrontalibre Cap-Haitien / Dajabon relie, dans la
partie haitienne, les communes de Quartier Morin,
Limonade, Trou du Nord, Terrier rouge, Fort Libert6
et la ville frontalibre de Ouanaminthe. Elle comprend
une deviation de 7 km au niveau de la commune de
Trou du Nord et une bretelle de trois kilombtres
conduisant a la ville de Fort Libert6.
Cette route est finance a hauteur de
40.680.000 euros par l'Union europ6enne. La
construction de cette route fait partie d'un paquet de
quatre conventions signdes le 8 D6cembre 2005 avec
le gouvernement int6rimaire d'Haiti, portant sur la
rehabilitation des infrastructures routibres du pays. Les
travaux ont d6but6 enjanvier 2006 et prendront fin en
d6cembre 2008.
Le projet est ex6cut6 par l'entreprise italo-
dominicaine de G6nie civile, Ghella, qui avait remport6
l'appel d'offres. La construction de la route entre dans
sa dernibre phase, si l'on en croit Luca Paioletti,
responsable du Bureau technique, qui a precis6 que o
la plus grande partie des travaux a deja dtd rdalisde
o. Entre autres, six nouveaux ponts sont construits et
l'asphaltage est achev6 a environ 80%.
Les responsables de l'entreprise se veulent


importance capitale. D'abord, pour ceux qui font du
commerce transfrontalier. En effet, de l'avis de
l'6conomiste Marcel Clodion, route va renforcer, d'une part, les changes entre
Haiti et la Republique Dominicaine et, d'autrepart,
les changes entre les diffdrentes communes
haftiennes des ddpartements du Nord et du NordEst>>.
Marcel Clodion, qui avait conduit l'6tude
prdparatoire a la r6alisation de ce tronqon de route, a
pr6cis6 : lepassage Dajabon- Ouanaminthe est une
vdritableplaque tournante des ichangesfrontaliers.
31 % du total des exportations dominicaines vers Haiti
passentpar cette route o.
Quant aux populations, elles voient dans la
construction de cette route un 6venement majeur. La
route est d'un grand apport dans le cadre du
diveloppement de la commune de Limonade, voire
du grand Nord. La rdalisation de cette infrastructure
s'accompagne entre autres de l'assainissement et du
drainage, ce qui a un impactpositifsur la sante de la
population o, explique, visiblement ravi, le maire
principal de la commune de Limonade, Jean Manguira.
Pour lui, en effet, < avaient souvent de la sinusite. Maintenant, de
Quartier-Morin d Fort-Libertd, cette poussibre a
disparu o.
Cette interminable bande noire et propre, qui


Compagnie dominicaine de transport <
a inaugur6 le circuit Cap-Haitien- Santiago- Santo-
Domingo, le 11 juillet dernier. Ainsi devient-il
d6sormais plus facile d'atteindre la capitale
dominicaine, Santo-Domingo, a partir du Nord d'Haiti.
Et comme le reconnait Pierre Pelotat,
directeur administratif et commercial de >, o c'est la rdalisation du trongon Cap-Haitien-
Dajabon qui a permis cette operation. Celle-ci va
contribuer a faciliter les changes et a rapprocher
davantage les Haftiens et leurs voisins dominicainso.
Les transporteurs haitiens expriment
6galement leur contentement. o Cette route nous
permet d'aller plus vite. J'en suispleinement satisfait.
Grace a elle,je n 'aiplus a reparer ma voiture chaque
semaineo, se r6jouit Henriclks Saint Preux, chauffeur
de camionnette sur le tronqon Limonade-Cap Haitien.
Henriclks Saint Preux a en outre signal les
bienfaits de cette route en termes de reduction de la
dur6e des voyages. o Auparavant, il mefallait une
heure et 20 minutes pour parcourir le trajet
Limonade-Cap-Haitien. Aujourd'hui, il me faut a
peine 20 minutes pour effectuer le mdme parcours.
Ainsi, au lieu de trois voyages par jour, j'en fais
disormais 10M.
Par ailleurs, tout au long de la nouvelle route,
les petites activities 6conomiques fleurissent.
Marchandes de fritures, vendeurs de cartes
t 61phonique s
prdpaydes, d'accessoires
pour autos et motos,
I rparateurs de pneus et
autres y 1lisent
progressivement
domicile.


Page 17









LES JEUX


Mercredi 05 Novembre 2008
1 HaYti en Marche Vol XXII N0 41


M1 c F FJ J


T1E NU R E


U I4 1 l1i il,1 ; F ; I 5r


Allez de MORDUS A EML RE en utilisant des mols du du
vocabulaire frangais, et ne changeant qu'une lettre par ligne,


Wmai'r. pa-wP

SA N C H E

CAN7CRRE

CANT 0 RE
COUTRE


H A T
K U R
1' I.


I X [ X IT S z
R D M I A G P U
C A U B X K ['


Soution de la smraine pr3 e


A I) N X M A P B .I
Q 0 B J X F I E V L


Trouve 10 Viges u NOr~-Kbu., region 'cheude'
du Congo, dlan to carter cj-dessuts


00 Melodie Matin avec Marcus
Informations, Interview, Anecdotes, Humour,
Analyses
Nos Chroniques:
L'Editorial de Marcus
Au Quotidien avec Elsie
La Chronique Litt6raire avec Dominique Batraville
Les Sports avec Mario Bareau
Les Invit6s du Jour
M1lodie Matin chaque samedi est anim6
par F6quiBre Raphael


c 'edt A&4e 4Pit eo 'e c&cae /


E n B ref...(... suite de la page 2)
personnes, en majority des enfants, sont mortes de faim dans la
locality de Baie d'orange a Bell-Anse dans le sud-est du pays, a
rdv&l1 le del1gu6 d6partemental Zidor Fednel intervenant sur les ondes
d'une station de radio de la capitale haitienne. La situation est
alarmante dans la region et des instances concernmes, le gouvernement
et des ONG sont d6ji intervenues pour assister la population locale.
Des camions de nourriture ont &te envoys en urgence dans la zone.
Cette region a &t6 couple du pays suite au passage des r6cents
ouragans.
Meurtre A Anse A Galets
Le del1gu6 de ville de la commune d'Anse a Galets, Jean Tony Alexis, a
&t6 assassin par balles dans la soiree du mercredi 29 octobre. Le
repr6sentant de l'Ex6cutif a t& atteint non loin de sa residence par
des bandits non identifies circulant A moto. La police d6partementale
a effectu6 quatre arrestations dans le cadre de cette affaire.
Les Gonaiviens accusent le magistrat de d6tournement de 1'aide
humanitaire
Aux Gonaives, des 616ments de la population ont gagn6 les rues le
jeudi 30 octobre pour exiger le depart du maire de la ville, Stephen
Moise. Les protestataires accusent le magistrat de d6tournement de
l'aide humanitaire d6dide aux dizaines de milliers de sinistrds
occasionnis par le passage des derniers ouragans sur le pays.
A la verit6, la police a proc6d6 a l'arrestation d'un gardien de s6curit6 de la mairie pour
vol de l'aide alimentaire.
La PNH en action ...
Dans la capitale haitienne, la police annonce avoir lib6rd un otage de
9 mois et d6jou6 une tentative de kidnapping sur un ing6nieur.
En meme temps, on assiste a une spectaculaire remont6e du kidnapping dans le Nord du
pays. Au moins 11 personnes ont &t6 victimes d'un enlkvement
dans la region de Quartier Morin a Limonade dans le d6partement du Nord.
Les ravisseurs exigent une ranqon de $ 20.000 U.S pour la liberation
de l'un des otages nomm6 Arnold Louis, selon ce qu'a indiqu6 le
d6put6 de Limonade Hugues CUlestin qui deplore l'absence de patrouille
policiere dans la region.
Le maire de Leogane lib6re par un juge d'instruction
Le maire de Ldogane, Santos Alexis, a &t6 lib6rd par les autorit6s
judiciaires de Petit Goave, vendredi dernier. Inculp6 pour usage de
faux, M. Santos et son comptable ont &t6 remis en liberty par le juge
d'instruction en charge du dossier.
Aucune manifestation n'a &te enregistrde lorsque le maire a regagn6
son domicile vendredi apres midi.


Mardi 4 novembre: Des elections pour
renouveler le leadership americain
Pres de 140 millions d' Amdricains 27 millions d'6lecteurs environ ont
vont aux urnes ce mardi 4 novembre pour d6ji vot6 dans une trentaine d'Etats qui
l6ire un president, un vice-pr6sident, 435 autorisent le vote anticip6.
repr6sentants au congres, 35 s6nateurs ainsi Les sondages nationaux indiquent
que de nombreux dlus locaux et des Barrack Obama est en position pour devenir
decisions par referendum sur un ensemble le prochain president am6ricain et qu'une
de propositions dans leurs 6tats respectifs. majority d6mocrate va dominer la chambre des
Les candidats a la pr6sidence repr6sentants et du S6nat.
Barrack Obama et son colistier Joseph (Joe) L'Olection se fait Etat par Etat. Le
Bidenpour le parti d6mocrate ainsi que John candidat qui recueille la majority simple des
Mc Cain et sa colistiere Sarah Palin pour le voix dans un Etat remporte la totality de ses
parti rdpublicain retiennent presque toute grands 6lecteurs dont le total est de 578. II faut
l'attention a c6t6 d'autres pr6tendants 270 6lecteurs pour remporter la victoire
minuscules et n6gligeables comme Ralph suivant la repartition du college electoral
Nader qui n'est d'aucun parti (a ne pas base sur le recensement de 2000.
confondre avec Ind6pendant), Cynthia Les d6mocrates ont confirm leur
McKinney du parti Vert, Bob Barr du parti avance et ont passed l'offensive pendant les 2
libertarien et Chuck Baldwin du parti denmires semaines en menant campagne dans
constitutionnaliste. (4 NOVEMBRE / p. 20)


Page 18


SCLEM
Arrangaz les sept lettres ci-de$SOus
pour former urk mot frangais

P U

L E M

A U

Solutions de la sefrnare passe
ENJOLEE


I ..... %At........... ... . ... .. .. I


I


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Mercredi 05 Novembre 2008
Haiti en Marche Vol XXII No 41


Jounen Entenasyonal Kreyo1 -

Samdi 26 oktob 2008
Dyalek kreybl nan N6 : yon jan yo pale
lang ayisyen an.
Pwononsyasyon, gramer, vokabilkr".
ak Max Manigat *

Kouzin, Kouzen,
Pou konmanse, kite-m di an kikongo, youn lang
mwen renmen w6d : Ntondele! ki se : Mesi, mwen kontan!
Mesi Sosyete Koukouy pou 6ganizasyon chita ansanm sa-
a. Mesi FIU (Florida International University) ki ba nou
sal pou chita-a.
%
Save Norluck Dorange ki fek sot fini youn fim-
dokimante ki rele: "Laporte de I'oubli / Pye sabliye" aprann
mwen koutim abitan lakay, Sosyete Koukouy ranmase a,
pou rele moun ou konsidere : kouzen, kouzin, se youn
koutim afriken. Konsa, tout Koukouy deja konnen sa; enben
aswe-a paske nou rasanble pou fete Jounen Entenasyonal
Lang Krey6l la, mwen kwe nou merite tit sa-a tou.
Tit rale-m nan se : Dyalek krey6l nan N6 : youn
jan yo pale lang ayisyen-an. Pwononsyasyon, gramer,
vokabiler ". N'ap remake mwen pa di : Krey6l nan No :
youn dyalek. Se paske nan lenguistik mo dyalek la gan vre
sans li. San nou pa bezwen antre nan gwo devl6pman, an
nou pran youn definisyon senp nou twouve sou entenet nan
ansiklopedi Wikipidia:
<< Youn dyalek (mo-a soti nan lanng grek ansyen
: didlektos, ki limenm soti nan: dialkgomai ki vle di : << pale
ansanm >>) se younjan espesyal nan youn lanng ki distenge
tet li pa rap6 ak lot dyalek nan menm lanng nan akoz seten
pati ki pa menm kankou: vokalibe, grame ak fonetik (kidonk
jan yo pwononse-1 la). Se youn pati nan popilasyon-an ki
pale konsa. Tout lanng, san eksepsyon, ganyen dyalek."
Sa m'fin di-a, m ap envite espesyalis kreyl6 Okap
/ nan No, Jacques J. Gargon, li youn teks pou nou.
Wenmenm m'a servi ake y pou wen montre diferans ganyen
ant 2 mannyer pale kreyol la.
Men Jaklen : Youn istwa an Kreyl6 nan No
"Youn singgo [voN-MCNH-289] twonpe grangou
sele p6pyer an wen [pnN+gr] ; men m pantan, m pwese
[pnN] bay deyan m [gr+pnN] (deyer an m) de tap; paske
wou [pnN] pajanmen konnen youn nonm ka anfouye nan
oun domi mal pou leve osnon pa janm leve menm.
Wen [gr+pnN] pa pare pou bagay konsa konnyer
[pnN] la. Wen [gr+pnN] leve, may [vo+pnN] f oun [pnN]
( fe youn) mache, degoudi pyan m [pnN+gr] (pye an wen).
Konsa, wen [gr+pnN] debake anwo [voN]
Lisyen, ti neg a [grN] Charite ya, ki bode goumen ake
[voN-MCNH-26] Filemon; timoun Laplenndin6; li vin fe
de jou Okap ake [voN-MCNH-26] marenn a y [gr+pnN].
De ja [gr+pnN] (je a)Lisyen fermen [pnN], gade
non, l'ape voye kou pasipala. Younn pa rive. I [gr+pN] te
resi ouvwi [pnN] ja y [gr+pnN] je a i) l r [pnN] Filemon
mate i [gr+pnN] ake [voN-MCNH-26] youn so kabwit
[pnN]; i [gr+pnN] te rive two pwe [pnN], man y [gr+pnN]
(men an i) te gantan nan kolet a [grN] ti.non [voN] an. Sa-
a se move tonbe wi! Si oun ti neg pa konn sa w ye, ou p ay
[voN] twoke k6n a w [gr+pnN] (k6n a w) la.
Wen [gr+pnN] te oblije ay [vo+pnN] mete youn
ola / mete milye ; ler [pnN] wen [gr+pN] we mouche leve
ake [voN-MCNH 26] de w6ch nan man y [gr+pnN] (men
an i). Zafer [pnN] voye w6ch gan two gwo dega, jandam,
fondepouvwa, papye tenbwe [pnN], tribinal, tw6p tet chaje
do red [voN].
Wen [grN] poze keksyon. Lisyen kenbe youn sel
djann [voN]: Filemon pwan [pnN] kannik an m
[vo+gr+pnN]! Filemon pwan kannik an m [vo+gr+pnN]!
Se pou w fe y [gr+pnN] ban m kannik an m [vo+gr+pnN].
I [gr+pnN] vire gade Filemon; men i [gr+pnN]
kom kanpe pi lwen. I [gr+pnN] chonje [voN] sa i [gr+pnN]
sot pwan [pnN]. I [gr+pnN] di : wou [pnN] pwan [pnN]
kannik an m [gr+pnN]! Wou pwan y [gr+pnN]! Voler
[pnN]! Eskanm6otr! [vo-MCNH-116] K6chon [pnN]!
Alos! Filemon esplike wen [gr+pnN]: "Nou t'ap
jwe kannik [voN] pou pwan [pnN], se pa te pou pati. Nou
fe youn kout senk [voN]. Mouche ay [vo+pnN] m6 red, m
leve gany an m [pnN]".

Men siyifikasyon not mwen mete nan mitan 2 kwoche
[...] yo nan teks Jaklen an :
+ = plis ; f& [gr+pnN] = grame + pwononsyasyon nan No
MCNH =Mots crdoles du Nord'Haiti... (Max Manigat,
2006, 375p.)
[N] = No
gr = grame; f...I [gr+pnN] vire gade = grame +
pwononsyasyon nan N6.
pn = pwononsyasyon; f& kannik an m [vo+gr+pnN] =
vokabile Nan No + grame + pwononsyasyon nan N6.
f...: ekzanp
%
Mwen te di: diferans nan vokabile ; Jaklen bay
plizye mo nan No anpil moun lot pati nan peyi pa konnen :
singgo : kabicha, ay ; al (veb la se ale ki kontrakte : al ki
tounen : ay), anwo : sou, ti non an : ti nonm nan, do red
(nou konnen tet chaje, men nan [N] espresyon an se : tet
chaje do red), kannik : mab.
Mwen ekri youn liv 375 paj : Mots creoles du
Nord'Haiti. Origines- Histoire- Souvenirs (2006) ki
vini avek youn dal mo krey6l nan No. Kom mwen te di nan
alapap6t li: "Anpil, anpil, mo manke nan lis la..." Mwen
jwenn preske senkant mo natifnatal nan [N] depi apre liv la
fin part.
%


I Ti Gout pa Ti Gout ak Jan Mapou


An nou pran diferans nan grame : "a": pou endike
youn bagay pou youn moun, pou youn bet, pou youn lot
bagay ; li vini anvan sa-a ki ganyen-1 lan f& pye a (pya...)
chey la f& liv a Jaklen an, f& bann ti poul a i (poulay) yo ;
pwonon pesonel sije yo : wen, i, zt : f& wen vini, ou
vini (lontan sete : to vini), i vini, nou vini, z6t vini (z6t ap
pedi filjou anjou) ; yo vini; adjektifposesifyo: "wen, ou,
i, nou, y" li toujou mache avek "a" devan 1: f& liv an wen
an ki konn soti: livanm nan, liv a ou a ki soti livaw la, liv
a i ki konn soti livay, liv an nou yo ki konn soti: livann yo
; pwonon posesif yo : kina an m, elat."
Gan lot ka ank6 ki ta mande plis pale men tan an
kout.
%
Kote bagay la sanble li pi malouk, se nan
diferans nan pwononsyasyon-an ; men se gran van ti lapli:
Mwen kwe se nanMCNH mwen rakonte odyans
youn pe katolik, neg serye, bon jan kretyen, ki pa janm
manke bay youn kout: f& Ng P6toprens ja (je a) yo nan
ja ou (jaw) man yo (men an yo) nan k6k6t (o respe) a fanm
a w pou chare nan [N] nou ta di giyonnen m.
Mwen bay ekzanp tou sa Ameriken rele youn
'tongue-twister' (youn fraz ki difisil pou pwononse; ki t6dye
lanng ou): f& Ban m grenn kannik an m grann an m ban
m pou montre kouman mo "an" avek "m" nan marande
pou bay youn seri son ki sanble yo enposib al6ske yo pa
difisil pou konprann. Youn m6un ki tande "kanikanm",
"grannanm" gendwa pa fe atansyon; men, depi l'ta konnen
: kannik se mab, li t'ap tou sezi sans se : "mab mwen grann
(granme) mwen ban mwen" yo pwononse youn 16t jan.
Twa lot ekzanp :
f& 1) frer an wen" ki kapab tounen "frer an
m" pou : fre m";
f& 2) se za [ze a] poul ake pya [pye a] poul"
pou: "se ze poul avek pye poul"
f& 3) Tchenbe tchanm an m pou m "pou : "
Kenbe manchet mwen pou mwen."
Koze long, tan kout. N ap bije rete la.

An bon Koukouy, mwen te chwazi mo dvalek
' la pou mwen klere chemen sila yo ki ta vle pwofonde nan
cheche-konnen plis sou lanng nou an.
Kankou m'te di nan alapap6t "MCNH m'nan :
"Liv la, malgre tit li, pa rete nan prezante etimoloji ak orijin.
Li vle laji jan yo konprann lavi nan Depatman N6-a, pou
montre moun, ki pa konnen yo, lot figi pati peyi sa-a ; li
priye yo angras olye pou yo pase konpatriy6t Okap yo nan
betiz pou yo sere, konseve bon bagay yo ganyen ki
pwopriyete tout pep ayisyen-an ki youn pyebwa chaje ak
anpil kalite rasin." (tradiksyon p.22)
Ngolo! Ngolo! Djanm! Djanm!

* MaxManigat ekri: "Mots creoles du Nord'Harti. Origines
Histoire Souvenirs (2006) ak "Patamouch. Etimoloji
- Literati Rep6taj" (2007).

*******************************

Katbz lbt mo pou di : Ti koulout
ak Max manigat *

Nan vire paj leksik [1] pwofese PradelPompilus
te ekri men li pa te janm pibliye pou mache ansanm avek
tez doktora li-a: La languefrangaise en Haiti (1961) la,
mwenjwenn onz lot mo abitan nan peyi nou an sevi pou di
: ti couloute / ti koulout (p. 68) :
anfammin / anfanmen ( mo franse : affame) p. 6
ava / ava ( mo franse : avare) p. 12
avaricif / avarisye ( mo franse : avaricieux) p. 12
chicha / chicha (ki fet sou model mo : 'chich' la) p. 53
chiche / chich ( mo franse : chiche) p. 54
c6c6to / k6k6t6 (mo kikongo : muk6k6to pou ava, peng) -
p. 58
crasse / kras ( mo franse : crasse) p. 71
crassid / krasye (ki fet sou model mo : 'kras' la) 71
cro / kwo ( mwen poko we kote 1 ta soti ; li pa angle, ni
franse, ni kikongo, ni pany6l) p. 72
hapagon / apagon ( se non : Harpagon youn pesonnaj nan
pyes teyat ekriven franse Molibre la : "L'avare (1668). -
p. 125
pingue / peng ( mo franse : pingre) p. 180

Jules Faine [2] (p. 50) limenm, ki pa di si se abitan
osnon moun lavil k ap pale, pote :
chichado / chichad6 (mo 'chich' la + ador ki
dapre li se youn sifiks pany6l)
du / di (se mo franse : dur)
serre / sere (mo franse : serrd ki an kreyl6 vle di
tou : mete youn bagay an rezev, mete 1 anba kle.)
M'ap kontinye vire paj toujou. Sa m'grapiye m'a
separe avek nou.

* Max Manigat ap prepare youn reyedisyon : Receuil de
proverbes creoles (1872 & 1877) J. J. Audain an.
[1] Pradel Pompilus : "Lexique du patois creole d'Haiti
"(1961)
[2] Jules Faine : Dictionnairefrangais-crdole (1974)



GANINE SYLVAIN-AVIN :
YOUN KOMEDYEN FET-E-
FOUNI

Gen youn dal atis-rezeve nou ta ka di k'ap viv
anndan kominote ayisyen-an. Pafwa se nan sikonstans


Page 19


sanzatann nou dekouvri yo. Ganine Avin se younn nan yo.
Nan chache fouye, poze kesyon nou aprann Ganine Avin
ane pase, pase tout younjounen nan youn otobis sou wout
Savana J6ji pou inogirasyon estati istorik 6ganizasyon
Haitian American Historical Society -a ap bay lodyans.
Pou mounn ki nan kozman sante, pou entelektyel k'ap fe
sikoloji aplike, yo konnen enp6tans lodyans nan lavi-a. Se
toutlajounen depi n'al ka dokte l'a mande nou pou nou
relaks, pran distraksyon, lache k6-a, debleye moral-la, ale,
soti ... al nan aktivite ki pou fe-n ri, ki pou detann-nou, soti
nan anviwonnman tetchache-a kote pwoblem ak estres ap
kankannen, boukannen sevo-n tankou pen k'ap pedi koule
nan founo.
Komedi teyatral se younn nan distraksyon sa yo.
Se meye-a. Si nou gade byen tout televizyon Ozetazini gen
pwogram sou komedi. Yo jwe ak mo yo. Yo pase tout bagay
an derizyon Yo fe blag menm sou otorite politik peyi-a.
Tout bagay ki bay tansyon, yo koule youn ti d6z griyendan
ladan yo pou fe tansyon-an desann. Leswa depi apre 11-e
preske tout Chanel TV branche sou komedi. Gen sal teyat
katye se sa senpman yo fe. Gen akte komedyen se
espesyalite yo. Yo fejes ki fe mounn ri, yo teke grenn mo,
yo woule fraz yo youn jan, youn mannye, fe mouvman
koporal pou fe mounn k'ap gade osnon k'ap tande-a rantre
nan youn lot monnd. Youn monnd apa. Youn monnd bel
lodyans-griyendan, youn monnd leve de pye anle, kage sou
do. Youn monnd vivlavi. Jounen jodi-a ak kozman entenet
mounn pataje lodyans, kreye lodyans pou detann yo.
Si nou gade byen pa gen anpil akte komedyen
ayisyen. Younbonkomedyen s'oun akte total-kapital. S'oun
akte ki ka fe mounn soti nan youn sitiyasyon dramatik rantre
nan youn sitiyasyon komik san pase leve, san tranzisyon.
W'ap kriye. W'ap ri. W'ap ri, dlo ap koule nanje-w san
konprann fenomen k'ap pase anndan k6 fizik -ou .
Kominote nou-an pa ri. Yo pa konn ri. Nou si telman serye,
toujou boude, nou tankou mounn k'ap pare pou joure, pou
goumen. Le youn atis bay youn blag, nou ri epi nou boude.
Nou fache. Nou konprann se pwent l'ap voye. Se zuing,
l'ap zuing nou. Seswa nou di atis-la maledve. Li di twop
betiz. Se swa nou di se pwent l'ap voye ban nou.
Apa Langichat Debordus, Tonton Meme(Piram)
ak kek lot blage odyanse nanjenerasyon 70-80 yo, bon atis
komedyen ayisyen yo pa anpil. Ou ka konte yo sou 5 dwet
ou. Nan dyaspora-a, gen neg ki bay lodyans. Pafwa se zo
repase, ki vle di se menm lodyans lan ou tande k'ap repete
de bouch-an-bouch, manke kreyasyon. Mwen fe esperyans
lan nan f6 dimanch 16 rejim Divalye-a te arete nou nan
Mouvman Kreyl6Ayisyen an Avril 1969, kote lodyans se
te sel grenn kafen6l kite konn fe prizonye yo bliye kondisyon
mizerere yo, bliye si makout yo ap vin chache yo pou y'al
fiziye yo. Nou ri jouk nou gen w6ket... Menmsi se menm
lodyans yo k'ap repete, nou ranje yo, mete disel, mete piman,
chanje non yo, chanje z6n, yo mete pase genyen...
Nan dyaspora Miyami-an nou pa gen anpil
lodyanse. Nan televizyon ayisyen nou konn apresye jef6
Tonton Dezirab, Papapyf... nan radyo nou ri ak Aubry
Blag, Alix Leroy... Se nan chache nou tonbe sou Ganine
Avin. Non fanmiy li se Sylvain. Papa-1 se gran powet ekriven
Marcel Sylvain ki ekri chante Ayiti cheri-a, youn chante kn
vin youn eritaj nan patrimwan nasyonal. Se Marcel ki ekri
pyesteyat LOKOCIA. Ganine se se Mireille Sylvain-David,
fondatea ganizasyon kiltirel HAYO nan Kendal, z6n sidwes
Miyami. Mireille s'oun ekriven- powet ki pibliye < Sauver Elizabeth>> youn woman sou youn sije sosyal ki fe
anpil eko nan kominote litere-a.
Kidonk Ganine Avin soti nan youn fanmiy atis.
Rasin ni pouse tou fre nan sous atezyen papa-li. Marcel
Sylvain sa-a se younn nan granneg ekriven ayisyen ki ekri
youn bel chante ki kenbe tout freche gangans lijoukjounen
jodi-a. Samdi 1 Novanm se fet Ganine. Zanmi ak fanmi te
sanble nan Sant Kiltirel mapou pou youn doub selebrasyon.
Nou derape ak youn omaj pou Barack Obama. Jan Mapou
ak Pwofese J.C Exulien te pran lapawl6 pou esplike youn
lot fwa ank6 fenomen Obama-a epi annapre, nou chante
bon Fet pou Ganine Avin. Carmelot Monestime k'ap ap
kolabore ak Ganine depi premye jou te louvri Express
Publicity te prezante youn bouke fle ba atis-la. Nou louvri
Chanpayn e nou te bay asistans lan randevou pou vin savoure
youn bon tranch gato ak Ganine madi swan an Sant Kiltirel
mapou kote nou pare pou n'al selebre viktwa Bark Obama
agranlijyen. Youn lot fw ank6 nou di Ganine Bon fet!
Jan Mapou

mapoujan@belsouth.net



Not Pou Lapres


ENVITASYON

Nou envite tout mounn nan lansman CD
"Chimen Souvni-m" powetAndre Fouad pibliye k'ap fet
jedi 20 Novanm 2008 depi 7e diswa nan Gold Choice
Ballroom ki nan 345 State Road 7 Margate, Fl.
"Chimen Souvni m" se youn konpilasyon bel
powem krey6l ak vantilasyon mizikal Dadou Pasquet ak
Erol Josue ak vwa powet Andre Fouad, Jeanie Bogart,
Tanisha Ade ak Wolf Bertrand.
Youn sware atistik e liter ak patisipasyon
Dadou Pasquet, Pantaleon Guilbeau, Gesler Mesidor. Pou
plis enf6masyon rele: 954-793-9948/ 954-984-9544 Email:
andrefouadi(vahoo.fr


...... ............ ... . ... .. .. I i n -II


I








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Mercredi 05 Novembre 2008
1 HaYti en Marche Vol XXII N0 41


I** v r *:, r a* # 0.


"Copyrighted Material

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Mardi 4 novembre: Des elections pour

renouveler le leadership americain


(4 NOVEMBRE... suite de la page 18)
des Etats rdput6s rdpublicains tout en contraignant ces
derniers a la defensive.
Lundi matin, Obama 6tait a Jackson Ville, en
Floride apres un long week-end qui l'a emmen6 tour a
tour dans le Colorado, le Nevada et le Missouri,
samedi, l'Ohio, dimanche, avant d'aller, lundi, en
Floride, en Caroline du Nord et en Virginie.
McCain, cherche toutefois a inqui6ter les
d6mocrates dans le New Hampshire et, surtout, en
Pennsylvanie, qui d6signe un nombre relativement
important de grands 6lecteurs.
Les deux partis pr6sentent des visions
diffirentes de l'Am6rique qui fait face a une crise
financibre et 6conomique 6norme au niveau interne et
une crise de confiance et de leadership a nul autre pareil
au niveau global apres 8 ann6es de mise en ceuvre de
la doctrine Bush/Cheney.
Les questions 6conomiques dominent ces
joutes 6lectorales au-dela de la personnalit6 des
pr6tendants et des questions internationals telles la
guerre en Irak et en Afghanistan.
L'6conomie occupe une large part dans les
discussions 6lectorales avec des questions relatives aux
plans de taxations, d'ind6pendance 6nerg6tique, de
sant6, d'6ducation et de vision de la d6mocratie et du
renouveau du leadership am6ricain dans le reste du
monde.
Les propositions 6conomiques d6fendues par
John McCain sont dans la continuity de celles de
l'actuelle administration Bush. Barack Obama propose
au contraire un changement sur le plan fiscal en
augmentant les imp6ts pour les revenus les plus 6lev6s
et 1' intervention publique pour 6viter la d6bacle du
system de credit.
La croissance de l'6conomie amdricaine a 6te
negative au troisieme trimestre, et il y a tout lieu de
craindre une importante augmentation du ch6mage qui
6tait de 6.1% a la fin du mois d'octobre.
Les deux candidats sont bien conscients que
la d6pendance am6ricaine par rapport au p6trole est
un 616ment dominant de l'actuelle crise 6conomique.
Les deux se retrouvent sur un point a savoir de r6duire
la d6pendance am6ricaine par rapport aux pays
producteurs de p6trole Le ticket Mc Cain/Palin
propose a l'Amdrique de forger dans ses propres puits
(Drill Baby drill) et Obama/Biden est en faveur d'un
investissement de 15 milliards de dollars par ann6es
dans les energies renouvelables (eau, vent, soleil).
Les deux candidats n'ont pas les m6mes
priorit6s ni les m6mes id6es quant a la politique
6trangere am6ricaine. Barack Obama estime que les
forces amdricaines doivent quitter l'Irak aussit6t que
possible et que l'effort principal doit porter sur
l'Afghanistan. Mc Cain est en faveur d'une victoire
honorable de l'Amerique en Irak.
Barack Obama parait confiant et prudent ce


Haiti en Marche
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100 Avenue Lamartiniere (Bois Verna)
Tel.: 2245-1910, Fax 2221-1323
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Fax 305 756-0979
New York 914 358-7559
Boston 508 941-6897
Montreal 514 337-1286
email: melodiefm hotmail.com
haiti-en-marche@hughes.net
URL: www.haitienmarche.com
Library of Congress # ISSN 1064 3896


lundi a la veille du Jour-J des elections. L'enjeu est
pour lui non pas d'y obtenir la majority simple mais la
majority absolue au niveau des chambres.
Les d6mocrates cherchent a obtenir 60 sieges
au S6nat et 250
representants a
la Chambre pour
mieux asseoir
leurpolitique. Et
mame avec une
m aj or it
d6mocrate, le TOP HIT PARADE
n o u ve a u Semaine du 3 Novembre
locataire de la
maison blanche 1. Sweet Micky: Bandi Legal
doit compter 2. Tropicana: Aprann Fe Zanmi
avec les 3. Eric Virgal: Best of Eric
diff rents 4. Skah Shah: Lage Djaz La
groupes bien 5. Coupe Cloue: Full Tank
repr6sent6s au 6. System Band: Chay Fanmi
congress. 7. T Bissainthe: Retrospective 2


Roosevelt
Jean-Francois
Jroosevl @fau. edu


1984-2009


L Haiti B
25wm~mg



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eIuv6e p It, Msuatt, Wan o DC, G e
ol, Rhoft kkbad, Massachuseas, Washingaom DC, Getwgi, flook el w fai


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Tel.; 7B-457-S3 Far 305-75079 ma paemsateovmtum Pa i olln pW bhenu


Page 20


Amba/Curamao


*Uwalsouii
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gggH H-W


* erM D~iOt Rairl


* ProldlIsMlHnti


CAM, le seu leader avec une tradition
tOujours imite, mais jomais 6gatle.


Bahamas


Cantada I


Etats-Unks___


lies Turques


Jamaisque


Rip. Dominicalne -
-


Apter Sns frtos:
USA/Canada
-800-934-0440
ou d H Ccu:
PO 800-256-8687
www.camtransfer.com


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Haïti en Marche, édition du 5 au 11 Novembre 2008 • Vol XXII • Nº 41 Barack et Michelle Obama et leurs deux fillettesObama ou l’accomplissement d’un vieux rêvehaïtien profond !PORT-AU-PRINCE, 2 Novembre – Barack Obama ou le rêve des écrivains haïtiens du 19e siècle défenseurs de la race ! L’école des Anténor Firmin, Louis Joseph Janvier et consorts. Toute cette littérature consacrée à prouver que le nègre n’est pas inférieur au blanc et que ce sont les conditions qui font que la civilisation (bien sûr occidentalement parlant et telle que conçue à l’époque) ait apparu en Europe et non là-bas en Afrique. On sait que, une fois la reconquête de Saint Domingue devenue Haïti se révélant impossible, l’arme principale des esclavagistes a été le dénigrement, dépeindre la nouvelle république comme un ramassis d’êtres inférieurs qui ne pourront jamais accéder au rang d’une véritable nation. Leur principal porte-parole fut un certain Arthur de Gobineau, qui publia en 1855 son Essai sur l’inégalité des races humaines où il soutint que, quelle que soit l’origine de la race humaine, « il est certain que ses différentes familles sont aujourd’hui totalement séparées » et que la race noire est « au plus bas de l’échelle » et « incapable de civilisation. » Gobineau avança que l”infériorité’ des noirs est basée sur des facteurs biologiques. Il fit école. La Société d’Anthropologie de Paris, fondée en 1859, souscrivit d’abord à la théorie que noirs et blancs appartiennent à deux espèces différentes et que cela sous-entend une inégalité basique et foncière des races.Chantres du racisme …Ce fut aussi le temps où Le Grand Dictionnaire Universel (de Larousse) reprocha aux Philanthropes qui ont « essayé de prouver que le type noir est aussi intelligent que le type blanc » de faire aux premiers plus de tort que de bien. Enfin le grand Ernest Renan (voir REVE / 10) PORT-AU-PRINCE, 1er Novembre – Les ouragans sont-ils la vraie cause de la catastrophe haïtienne ?Les ouragans sont-ils la vraie cause du mal ? Distribution d’eau potable aux Gonaïves (photo Abassi Logan / Minustah) successifs qui l’ont mis en charpie. Le Président de la république a accompli plusieurs voyages à l’étranger pour plaider la cause de son pays totalement détruit par les intempéries. Toutes les agences onusiennes se mobilisent à notre chevet, suppliant les grands donateurs de ne pas nous ménager leur assistance. en visite dans nos murs. Etc. Pas suffisant néanmoins pour convaincre le Conseil de sécurité de transformer sa mission On le dirait depuis deux mois que notre pays a été traversé de part en part par 4 ouragans (OURAGANS / p. 4) Il ne faut pas abandonner Haïti aux ouragans, plaide le président de la Banque mondialeComment rendre Haïti prête pour le développement et la compétitivité ?PORT-AU-PRINCE, 31 Octobre – Invité par la Chambre Américaine de Commerce d’Haïti (AmCham) à écouter le Président du OTF Group qui a été chargé d’une étude technique sur le développement en Haïti, nous avons retenu certains exemples cités par le conférencier, M. Rob Henning, qui nous paraissent d’une grande évidence. La conférence s’intitulait « Développement d’une Vision Partagée pour une Haïti Compétitive et une Sélection de Secteurs. » La préface se lit comme suit et n’y va pas par quatre chemins : « Au cours des 200 dernières années, Haïti a opéré avec un modèle économique qui a bénéficié à un petit nombre, aux dépens de la vaste majorité de la population. » Et les choses vont en empirant : « Depuis 1981, le PIB par habitant d’Haïti a chuté d’environ 50%, passant de US$800 à US$400, engendrant une grande misère pour la vaste majorité des Haïtiens » etc. La solution, selon cette « proposition d’étude », s’appelle « une vision partagée pour une Haïti compétitive. » Le conférencier Rob Henning a exposé sa proposition le mercredi 29 Octobre devant une salle archi-comble au Karibe Convention Center, en présence du Premier ministre Mme Michèle Pierre-Louis et de personnalités de tous les secteurs publics et privés. (DEVELOPPEMENT / p. 5) En 25 minutes, il aurait été difficile

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Page 2 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 (EN BREF / p. 18) EN BREF ... EN PLUS ...PORT-AU-PRINCE, 30 Octobre – La foule a attendu vainement d’entendre la voix du Président René Préval le mardi écoulé lors d’une visite effectuée par le chef de l’Etat à Miragoane (Nippes) où les eaux de l’étang du même nom ont empêché pendant plusieurs semaines toute communication avec le Grand Sud après le passage des ouragans qui ont dévasté le pays tout entier pendant les mois d’août et septembre écoulés et laissé près de 800 morts. Une dérivation a été construite dans la montagne pour contourner l’obstacle et le Président Préval voulait contrôler de première main la qualité du travail fourni aux bons soins du CNE (Centre National des Equipements) récemment remis en état avec des commandes d’équipements de l’ordre de 30 millions de dollars américains. La foule n’avait pas tardé à se rendre compte de la présence du chef de l’Etat bien que cette visite ait été réalisée dans une totale discrétion. Cependant Mr. Préval a refusé toute communication publique. Pas plus à la foule que dans les micros des correspondants de presse. Et les uns comme les autres ont montré une grande frustration. On a entendu des propos du genre : « le Président est venu faire apparemment du tourisme, ce n’est pas pour nous qu’il est venu, pour venir entendre quels sont nos problèmes. » Les gens se sont sûrement trompés en parlant ainsi, mais c’est l’impression que cela leur a fait. Le département des Nippes a été gravement endommagé aussi par les récents ouragans. Le pont de Miragoane s’est effondré, les eaux de l’Etang continuent de monter alors même que les pluies ont diminué, les plantations ont été ravagées par les inondations, les bananeraies ont toutes été renversées et pas loin de Miragoane, le chef-lieu départemental, des dizaines de maisons se sont retrouvées totalement sous les eaux, des centaines de personnes laissées sans abri ont dû chercher refuge n’importe où. La foule accourue à l’arrivée du chef de l’Etat avait donc certainement beaucoup à lui dire, de nombreux problèmes à lui exposer. D’autant que René Préval a visité le mois dernier la ville des Gonaïves pour entendre les doléances de ses résidents. Les gens de Miragoane n’ont donc pas compris le silence du Président lors de sa visite ce mardi. Une chose est certaine. A suivre les nouvelles, les chefs d’Etat partout dans le monde n’avaient jamais été aussi sollicités par leur peuple. C’est une conséquence du climat d’inquiétude provoqué par la crise financière (et désormais aussi crise économique) internationale. Les dirigeants semblent en profiter aussi pour retaper leur cote de popularité. Ainsi avant la crise, c’est quotidiennement que dans la presse française les sondages persécutaient le Président Nicolas Sarkozy. Depuis que la crise a éclaté, Sarkozy a une agitation encore plus fébrile que d’habitude, non seulement dans son pays mais aussi bien en Union européenne ou aux Etats-Unis et ailleurs. Il s’agit de ne pas laisser les peuples glisser dans la panique, en leur montrant que leurs dirigeants ont le contrôle de la situation. Aux Etats-Unis où ce rôle devait être joué par le Président Bush (même s’il est celui par qui le scandale arrive, du moins officiellement), eh bien, ce sont les deux candidats aux présidentielles de mardi prochain (4 novembre 2008) qui ont le plus besoin de ce genre d’exercice. Chez nous, Mr Préval s’est fait une réputation de leader taciturne, qui ne parle pas pour ne rien dire, mais qui bosse. Acta non verba. C’est même sur ce thème qu’il a mené victorieusement la campagne présidentielle de 2006. Mais cela dépend aussi du degré d’espérance ou de désespérance de la population. Il a aussi l’habitude de répondre qu’il n’a rien à dire s’il n’a rien à offrir. Mais cela ne suffit pas comme explication aux yeux des populations. Le Président peut ne pas pouvoir offrir ce qu’il voudrait ou ce qu’il devrait à tel moment donné, mais ce n’est pas seulement là son rôle. Les peuples considèrent aussi leur chef d’Etat comme la personne la plus renseignée sur les affaires du pays et sur le devenir de la nation, à court, moyen et long terme. Par conséquent (et dans une situation aussi catastrophique que celle que nous traversons en Haïti) ils veulent entendre de sa bouche même où l’on en est et qu’est-ce qu’on peut espérer à court, moyen ou long terme. Ceci constitue davantage la marque du leadership que toute autre chose. Quand on demanda à un nouveau Premier ministre nommé en pleine Deuxième guerre mondiale, Winston Churchill, qu’est-ce qu’il promettait au peuple anglais, il a répondu : « Du sang, de la sueur et des larmes ! » Tout comme le général Henry Christophe, commandant du CapFrançais, déclarant à la flotte de Leclerc parue en 1802 en rade de la ville : « Je mettrai la ville en cendres plutôt que de vous la livrer et même sur ces cendres je vous combattrai encore. » Par conséquent, le leader n’a pas toujours que de bonnes nouvelles à annoncer et il ne doit avoir aucune gêne à dire la vérité car il est le thermomètre par excellence de la nation. Le Premier ministre, Mme Michèle Pierre-Louis, ne ménage pas ses forces à ce sujet. Mais le chef du gouvernement ne joue pas le même rôle symbolique aux yeux de la nation. Pas plus les sénateurs qui en principe parlent d’abord à leurs propres administrés et non à la nation entière. Pour finir, le temps des propagandistes a vécu. Les peuples ont grandi, la démocratie s’établit désormais par un lien direct entre les dirigeants et leurs électeurs … Le lendemain, mercredi 29 octobre, René Préval était à Cabaret (30 km au nord de la capitale) qui a également été dévastée par les ouragans y laissant un bilan de plus de 70 morts, dont plus d’une dizaine d’enfants en bas âge. Le même jour, il a poursuivi à Malpasse, ville frontière avec la République dominicaine, son inspection des travaux accomplis pour rétablir la circulation routière qui avait été fortement endommagée par les inondations. Toujours pas un mot n’est sorti de sa bouche. Cependant bientôt nous allons entrer en campagne pour les élections sénatoriales partielles fixées au 19 avril 2009. Tout ce que le Président n’aura pas dit pour rassurer laLe Président doit parler !(LE PRESIDENT / p. 3)Les Haïtiens plébiscitent Obama(AFP) Livres, T-shirts, autocollants et autres gadgets à l’effigie de Barack Obama, bien visibles dans les rues de la capitale haïtienne, témoignent du soutien d’une majorité d’Haïtiens au candidat démocrate à la présidentielle américaine. Si Obama est élu face au républicain John McCain, “les Haïtiens illégaux aux Etats-Unis pourront y rester et trouver du travail”, croit Farah, 24 ans, dont le père vit aux Etats-Unis. “En plus, c’est un Noir”, ajoute-t-elle. “Un Noir, oui! Mais il arrive au mauvais moment”, lui répond Wilda, 30 ans, qui évoque la crise économique. Barack Obama a promis au cours de sa campagne qu’en cas de victoire il allait établir un “vrai partenariat” avec Haïti. “Nous voyons dans cet homme (Obama), un modèle pour les jeunes Haïtiens qui n’en trouvent pas ici”, déclare Osner Févry, qui préside un club des amis du candidat américain. Les médias haïtiens assurent une large couverture de la campagne présidentielle américaine, lui consacrant des heures entières.Elections: Des Haïtiens souhaitent la victoire d’Obama mais …En Haïti, ceux qui sont contre la victoire de Barack Obama aux prochaines présidentielles américaines semblent minoritaires et peu enclins à s’afficher pro-Mc Cain. D’autres affichent plutôt leur indifférence, car disent-ils, Obama ou Mac Cain, rien ne changera pour Haïti. Cependant, la grande majorité haïtienne est atteinte d’Obamania et souhaite vivement une victoire du candidat démocrate, ce qui serait une première mondiale et une fierté pour les Noirs que l’un d’enter eux accède à la présidence de la première puissance mondiale. Cependant certains autres disent craindre qu’un Noir ayant atteint le poste suprême ne soit plus intransigeant qu’un Blanc. Ceux-là prennent comme exemple les Condoleeza Rice ou Colin Powell, successivement secrétaires d’Etat et qui représentaient la main de fer de l’administration américaine. D’autres enfin craignent que même s’il est élu, Obama ne soit pas de taille à affronter la crise économique américaine et ne butent sur des dossiers brûlants comme la Guerre en Irak ou la situation explosive au Moyen-Orient. Beaucoup d’Haïtiens n’auront pas la possibilité de se rendre aux Etats-Unis pour vivre ces élections et la fièvre qu’elles suscitent, mais plus d’un se prépare, comme en 2004, à veiller durant toute la nuit électorale du mardi 4 novembre. Des hôtels à Port-au-Prince projettent d’organiser des soirées électorales payant et des chaînes de radio et de télévision, dont certains ont des correspondants sur place, se préparent aussi à passer une longue nuit blanche.Les Haïtiens au Canada organisent une veillée électorale …Au Canada aussi les compatrotes se préparent à veiller. “Je vous invite à venir vivre la soirée des élections avec nous ce mardi sur grand écran, avec des commentaires, des interviews et de la bonne humeur. Un événement historique à ne pas manquer”, signale la radio haïtienne CPAM, invitation reprise par le blog de Fabienne Colas. L’actrice, organisatrice du Festival du Film Haïtien de Montréal a été interviewée par Christianne Charette jeudi dernier. Signalons aussi comme autres rassemblements ceux du : -Restorant Kalalu, 4331 St-Denis, entre Rachel et Mont-Royal; -Union Française, 429, Ave Viger Est, entrée: 20$ à la porte, organisée par la Jeune Chambre de Commerce Haïtienne; -Foyer Godin de l’Hôtel Opus, 10 Sherbrooke Ouest, entrée 10$, organisée par Groupe Milagro;Vente des biens appartenant à des trafiquants pour la constitution d’un fonds de lutte contre la drogueLes ressources générées par la vente des biens appartenant à des trafiquants de drogue alimenteront un fonds spécial de lutte contre la drogue, informe la Commission Nationale de Lutte contre la Drogue (CONALD), dans un communiqué rendu public le 31 octobre. Les ressources de ce fonds sont destinées prioritairement aux institutions haïtiennes engagées dans la lutte contre la drogue et le blanchiment des avoirs pour les aider et les équiper afin qu’elles soient plus efficaces dans la lutte contre la criminalité organisée. Le fonds servira également à financer les activités des organismes tant du secteur public que du secteur privé qui militent dans la prévention de l’abus des stupéfiants. L’opération déclenchée le 24 octobre dernier en vue de confisquer les biens de trafiquants dont la plupart ont été condamnés aux Etats-Unis, se déroule en conformité avec les lois haïtiennes et les accords internationaux auxquels l’Etat haïtien est partie, précise la CONALD. L’organisme d’Etat cite les lois du 22 février 2001 relative au blanchiment des avoirs et du 7 août de la même année sur la répression du trafic des stupéfiants. Le décret du 22 décembre 2005 portant création de cet organisme est également évoqué. Plusieurs biens meubles et immeubles appartenant à plus d’une dizaine de narcotrafiquants haïtiens ont déjà été saisis et confisqués dans le cadre de cette opération menée conjointement par le Parquet du Tribunal Civil de Port-au-Prince et la Direction Centrale de Police Judiciaire (via le Bureau des Affaires Financières et Economiques, BAFE et le Bureau de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants, BLTS), avec l’appui de l’agence américaine de lutte contre le trafic des stupéfiants, DEA.René Préval à MalpasseAccompagné de responsables du Ministère des travaux publics et du Centre national des équipements (CNE), le Président René Préval s’est rendu mercredi dans la zone frontalière de Malpasse (nord-est de Port-au-Prince) où il a visité les travaux de réhabilitation de la route internationale haïtiano-dominicaine. En raison de la montée pprogressive du lac Azuéi, cette route était devenue presqu’impraticable ces dernières semaines. Des marchandes, qui ont accueilli le chef de l’Etat à son arrivée, en ont profité pour lui exposer des difficultés inhérentes à leur situation économique.Morts de faim …La faim fait des victimes à Baie d’orange dans le sud-est du pays. 14 personnes auraient succombé, selon un responsable local. Environ 14

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Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Page 3 SOMMAIRESOMMAIREL’ACTUALITE EN MARCHE Le Président...population, son opposition pourra l’utiliser contre lui et donc contre les candidats de son parti, Lespwa. Les intentions de Mr. Préval sont sûrement bonnes, ses motivations (ne pas donner à la population de faux espoirs) tout à fait louables, mais tout cela relève aussi de considérations morales et personnelles. Il y a aussi la raison d’Etat. Et en période de crise aussi grave, c’est cette dernière qui compte d’abord. Partout en ce moment dans le monde, on a compris que c’est la parole du premier élu de la nation qui peut empêcher les peuples de céder au découragement ou à la panique. Or aujourd’hui en Haïti, vrai ou faux, n’avons-nous pas plus de motifs de découragement que partout ailleurs ! Mélodie 103.3 FM, Port-au-Prince (... suite de la page 2) ONA-Justice : « Je serai toujours à la disposition de la justice », déclare Sandro JosephHPN, 31 octobre Accusé de blanchiment d’argent, le directeur général de l’ONA Sandro Joseph a répondu, jeudi (30 octobre), aux questions du juge d’instruction Yves Altidor pendant plus de deux heures. « Je serai toujours à la disposition de la justice », a-t-il dit à la fin de la séance. Assisté de ses trois avocats : Me Anibal Coffy, Aviol Fleurant et Osner Févry, le responsable de l’Office national d’assurances vieillesse (ONA) a passé près de deux heures à répondre aux questions du juge d’instruction en charge du dossier au tribunal de paix de la section Ouest. Après la rencontre, M. Sandro Joseph a déclaré n’avoir jamais apprécié la façon dont son dossier avait été traité au début, sans pour autant préciser pourquoi. Il a ajouté qu’il sera toujours disponible pour la justice qui s’est enfin ressaisie. « J’ai répondu à toutes les questions du juge et maintenant j’attends », a-t-il conclu. Me Osner Févry, pour sa part, a souligné que tout s’est bien passé et qu’aucune anomalie n’a été relevée. « Des questions ont été posées sur tous les dossiers qui concernent l’ONA et jusque là aucune anomalie n’a été trouvée », a-t-il expliqué, précisant que son client restera pendant ce temps le directeur de l’institution. « Nous défendons par-devant la nation l’image saine et innocente d’un homme qu’on a essayé de ternir », a argué de son côté Me Aviol Fleurant. Notons qu’avant Sandro Joseph, le juge Altidor avait déjà écouté les déclarations des dirigeants de la compagnie Caribe Motors qui a vendu la voiture qui aurait été payée en cash (US$27.000) et achat qui est reproché au directeur général de l’ONA. L’ex-compagne de Sandro Joseph, Madame Judith Benoît, pour sa part, ne s’était pas présentée. Sandro Joseph a répondu aux questions du juge après le rapport élaboré sur sa gestion à l’ONA par la Cour supérieure des comptes qui a demandé de transférer le dossier en correctionnel. Interrogé sur son avenir à la tête de l’ONA, Sandro Joseph a répondu : « J’attends la décision de la justice ». leopoldcine@yahoo.fr De l’aide humanitaire destinée aux sinistrés des ouragans détournéeDeux personnes soupçonnées d’avoir détourné de l’aide humanitaire destinée aux sinistrés des Gonaïves, une ville durement frappée par des ouragans en août et septembre, ont été interpellées, a indiqué mardi la police de Haïti. “Un entrepôt de produits alimentaires a été découvert et deux agents de sécurité de la mairie ont été interpellés” lundi, a indiqué la police des Gonaïves, située à 150 km au nord de la capitale Port-au-Prince et où 266.000 personnes reçoivent l’aide alimentaire fournie par le Programme alimentaire mondial (PAM). (voir AIDE / 5) Sandro Joseph sortant du Cabinet d’instruction (photo Eugène Robenson) L ’EVENEMENT Obama ou l’accomplissement d’un vieux rêve haïtien p.1 ANAL YSE Les ouragans sont-ils la vraie cause du mal ? p.1 ECONOMIE Comment rendre Haïti prête pour le développement et la compétitivité p.1 POLITIQUE Le Président doit parler ! p.2 ACTUALITE Ona : Le directeur Sandro Joseph comparait au cabinet d’instruction et retourne à son poste p.3 De l’aide humanitaire détournée p.3 Haïtiens persécutés en République dominicaine choisissent de regagner leur pays p.5 EDIT ORIAL Corruption : la solution c’est plus de démocratie p.6 SOCIETE Eau potable : un droit pour tous p.6 EGLISE Inauguration d’un diocèse catholique dans les Nippes p.8 Les médecins formés à Cuba rectifient p.9 ENVIRONNEMENT A l’assaut des mornes ! p.9 INTERNA TIONAL Les défis qui attendent le nouveau président américain p.12 Décès de la grand’mère maternelle de Barack Obama p.20 Des élections pour renouveler le leadership américain p.18 LIBRE PENSEE Pointu ! p.14 Haïti et le néolibéralisme p.14 POR TRAIT Michaëlle Jean, femme de la semaine p.16

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Page 4 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 UNE ANALYSEmilitaire (Minustah) en mission de reconstruction … On y reviendra. Est-ce qu’on ne fait pas porter aux ouragans une responsabilité qui n’est pas entièrement la leur ? Pour le numéro 1 humanitaire de l’ONU, John Holmes, c’est la « plus grande catastrophe » de l’histoire d’Haïti. Fait-on remarquer que Kay, Gustav, Hanna et Ike n’ont pas vraiment touché Haïti, que ce sont les inondations qui ont fait tant de ravages (environ 800Les ouragans sont-ils la vraie cause du mal ?(OURAGANS... suite de la 1ère page) Les ouragans ont remplacé tout à la fois la crise alimentaire, les grèves contre les prix du carburant à la pompe. Aujourd’hui comment mobiliser le peuple dans un contexte aussi déprimant ? Nous laissons cette question aux chefs de partis politiques. C’est bientôt les sénatoriales partielles (19 avril 2009).Trop d’eau a coulé sous les ponts …La politique gouvernementale aura changé autant de fois d’orientations. En ce moment, il n’y en a que pour le CNE (Conseil national des équipements) chargé de remettre en état les voies de communication gouvernement. Qu’a-t-il à en tirer ? Rien. Beaucoup, oui, s’il fonctionnait à la manière des Duvalier consistant à gonfler le nombre de victimes pour faire monter d’autant l’assistance économique internationale. Au contraire c’est le gouvernement René Préval/Michèle Pierre-Louis qui mit fin à une surenchère autour du bilan des cadavres faits aux Gonaïves, la ville martyre. En 2004, le gouvernement intérimaire du Premier ministre Gérard Latortue était arrivé à 3.000 morts environ pour la seule ville des Gonaïves.Deux fois gros Jean comme devant …Et si la meilleure façon pour effacer les vraies causes de la catastrophe actuelle, c’est en les enterrant sous la poussière – sous les plusieurs mètres de boue laissés par Fay, Gustav, Hanna et Ike. Faire un amalgame de toutes les catastrophes, de toutes nos catastrophes sous la seule casquette passe-partout de catastrophe naturelle. Les vraies causes de la misère noire que nous connaissons, et de l’indigence totale où se retrouve un Etat lui-même dans l’impossibilité d’aider son propre peuple à un moment aussi dramatique, cela ne peut s’expliquer que dans les choix politiques et économiques qui ont été ceux de l’Etat en question. Et ces choix comme tout le monde sait ont été imposés par les mêmes grands donateurs qui renâclent aujourd’hui pour voler à notre secours. Bref, nous sommes deux fois gros Jean comme devant. Mon oncle Bouqui ! Si quelqu’un a à gagner à tout mettre sur le dos aux ouragans, ce serait plutôt ceux qui ont conçu et qui nous ont forcés au travers de la gorge ces choix que presque tous aujourd’hui sous le coup de la crise financière internationale commencent à considérer pour ce qu’il sont : cruels et inhumains. Et pourquoi utiliser les ouragans comme prétexte ? Afin que le gouvernement haïtien ne puisse chercher une autre thématique et qu’il continue de rester le bon élève d’un monde qui n’est peut-être déjà plus. Haïti en Marche, 1er Novembre 2008 comme on dit chez nous, collé avec du crachat. Au moindre faux-pas, nous pouvons recevoir tout le débris sur la tête ! Mais les ouragans ne peuvent être tenus pour responsables de toute la catastrophe haïtienne … Même sans remonter jusqu’à la dette de l’indépendance, 150 millions de francs de l’époque que Haïti fut forcée de payer à la France pour son indépendance et que le pays traînera comme un boulet pendant un siècle et demi. La dette de l’indépendance n’a été finalement liquidée qu’en 1946. Décidément les ouragans ont bon dos. Comme si avant leur passage, tout était pour le mieux. On oublie le « grangou klorox. » Le cri de guerre des émeutiers de la faim d’avril dernier. Klorox ou la famine. Le ventre plat comme si on avait été passé et repassé sur une planche à pin. terrestres. Le Président est partout, retrouvant le Préval du premier mandat (1996-2001) qui avait été surnommé le bâtisseur. Mais le cœur n’y est pas comme autrefois. Trop d’eau a coulé sous les ponts que ceuxlà ont eux aussi été emportés comme fétu de paille. Avant les ouragans, le gouvernement ne jurait que par la relance agricole. Devant son incapacité d’un côté à juguler la hausse des prix alimentée par la spéculation sur le marché international, et de l’autre côté à créer des emplois car ce n’est pas seulement une question de prix élevés mais aussi et surtout de pouvoir d’achat réduit à zéro parce que le chômage est quasi absolu … Préval et son gouvernement avaient crû pouvoir trouver une porte de sortie en relançant la production agricole et avicole (profitant d’un embargo sur les œufs dominicains après l’apparition de la grippe aviaire dans le pays voisin). Toujours le volontarisme prévalien ! Hélas, les ouragans viendront ruiner ce dernier stratagème. Selon le ministre de l’Agriculture, Joanas Gué, ce sont plus de 30 millions de dollars qui sont perdus.Nous restons quand même un pays sous mandat … Mais pourquoi s’acharner sur les ouragans ? en pertes matérielles). Et que les inondations elles-mêmes n’auraient pas été aussi meurtrières si le pays n’avait été aussi totalement déboisé, dénudé. Le massacre écologique absolu. A peine 2 pour cent de couverture végétale restant.Collé avec du crachat …Le Président René Préval estime nécessaire de faire le point. Si l’on veut incriminer les « déboiseurs », on devrait remonter jusqu’à la colonie de Saint Domingue (XVIIe siècle) et même avant. On reproche cependant au chef de l’Etat de ne pas conclure sa démonstration tout à fait judicieuse sur des mesures concrètes. Mais Préval n’avait jamais été plus précautionneux. Le pays n’est plus qu’un château de cartes, et de plus, Cette année le dernier bilan de la Direction de la Protection Civile (DPC) pour tout le pays n’arrive pas tout à fait à 800 morts. Y a-t-il rapport avec le peu d’empressement montré par les grands donateurs pour répondre aux sollicitations des agences onusiennes (car nous restons quand même un pays sous mandat international des fois qu’on tendrait à l’oublier – à s’oublier). Une demande du PNUD pour 106 millions de dollars n’a pu récolter que quelque 30 millions. Le Président et son gouvernement ont dû gratter les fonds de tiroir, et aussi énergiquement que possible, pour en extraire 200 millions de dollars qui sont consacrés à un plan d’urgence. En attendant mieux. Mais jusqu’à présent, on ne voit rien venir. Qui donc a intérêt à faire porter le chapeau aux seuls ouragans ? morts et 300 disparus, et près d’1 milliard de dollars Tout le pays sous les eaux de la tempête Ike (photo AP)Un journaliste maltraité à JacmelLe journaliste Philogène Fritzner a été malmené dans l’exercice de ses fonctions mercredi dernier (28 octobre) par un agent de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO). Le policier a bastonné le correspondant de Radio Ibo en présence d’un frère d’armes. Le journaliste victime, Philogène Fritzner, a donné une conférence de presse le jeudi 30 octobre 2008 où il a retracé les faits. D Lors de cette conférence de presse au local de radio Express (à Jacmel), le journaliste s’est déclaré étonné de voir comment certains membres de la police ne respectent pas la profession de journaliste. “ Li te anviron 9 vè nan maten, m tap suiv kouman ajan UDMO tap maltrete kèk individi. Se memm moman an polisye Bastien Novembre te sòti nan komisarya a, li bamm 2 kout pwen nan pwatrin mwen epi li di : bann tripotaj deplase la a, nou vin gade pou n al pale”, a dénoncé le journaliste de radio Express. Selon le secrétaire général de l’Association des Journalistes du Sud-est, Jean Luckenson, une plainte a été déposée devant le parquet de Jacmel en vue de donner suite à cet acte délictuel. “L’AJSE a déjà mis à la disposition de la victime un cabinet d’avocats pour l’accompagner vers la résolution de ce dossier”, a déclaré Luckenson. Les agents de l’UDMO cantonnés au commissariat de Jacmel ont toujours eu un mauvais regard vis-à-vis des journalistes. Rémy PIERRE. D’abord le

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Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Page 5 DE L’ACTUALITEd’exposer dans tous les détails un plan aussi ambitieux. D’ailleurs ce n’est qu’un simple premier contact puisque l’étude en question n’a pas vraiment démarré. Elle doit se baser sur des recherches qui seront conduites aux quatre coins du pays et auprès de tous les secteurs, en particulier le secteur privé (mais dans son ensemble, de l’agriculteur à l’homme d’affaires et au banquier). L’équipe de chercheurs devra identifier aussi bien les secteurs à fort potentiel pour le développement que les contraintes et faiblesses et les mettre en perspective dans le cadre d’une vision globale, appelée ici « vision partagée » puisque visant un décollage national. Nous nous sommes intéressés aux recettes avancées par le conférencier pour voir dans quelle mesure elles reflètent la réalité de notre pays. . Adopter un modèle de compétitivité ; . Développer des produits supérieurs ; . Choisir où et comment faire la concurrence ; . Collaborer pour être compétitif ; . Embrasser le changement. Nous tous aimerions aujourd’hui que notre pays sorte du rang de pays le plus pauvre, aucun doute là-dessus. Et si pour cela il faut changer, va pour le changement. Ensuite, Haïti peut développer des produits supérieurs, on est même connu pour être des perfectionnistes … Mais cela s’arrête là. Quant à parler de « choisir où et comment faire la concurrence » et surtout « collaborer pour être compétitif », alors là no way, nous avons toujours fait le contraire. Nous nous faisons de la concurrence sans rime ni raison, nous sommes plus intéressés à cela qu’à réussir. Evidemment il ne s’agit pas vraiment de concurrence mais de rivalité. En un mot, de se faire la guerre. A chaque décennie, vous avez les deux plus grands barons de la haute industrie ou de la haute finance du moment qui cherchent ainsi à se détruire. Et tout l’environnement économique doit faire avec, s’en trouve affecté et infecté. Le conférencier a cité un exemple très simple de ce qu’il appelle : « collaborer pour être compétitif. »Comment rendre Haïti prête pour le développement et la compétitivité ?(DEVELOPPEMENT... suite de la 1ère page) délivrés en bouteille ou en boîtes ou en caisses. Beaucoup de manufacturiers gagneraient à mettre ainsi une partie de leurs ressources en commun sans que cela remette en question leur effort personnel vers la meilleure qualité. Mais dans un environnement divisé en citadelles invincibles qui se regardent les unes les autres avec défiance, c’est tout le monde qui perd. Et d’abord le progrès général. Une autre partie de la conférence qui nous a semblé symptomatique, mais dans un sens plus positif, c’est le choix des secteurs et des filières les plus capables d’avoir un impact direct sur le grand marché international. Pour Haïti, selon Rob Henning, une filière toute trouvée c’est le café. Par ex, le café vendu sous le label Haitian Bleu. Voici un produit pour lequel vous n’avez aucune concurrence. Ce qu’on appelle une niche. De plus, c’est un produit idéal dans une « vision partagée » du développement parce que c’est toute la chaîne de production qui en bénéficie, du petit planteur au banquier local et jusqu’au représentant à l’autre bout de la terre. Mais alors que le Haitian Bleu rapporterait aujourd’hui entre 3 à 4 millions de dollars, il faudrait en tirer 10 fois plus. Et c’est toujours possible. Nous avons pensé bien sûr aussi à la mangue Francisque qui n’a aucune compétition sur le marché nord-américain. Penser que lors de l’embargo commercial qui a suivi le coup d’Etat militaire du général Cédras en 1991, nos voisins dominicains ont investi le maximum pour nous enlever ce marché. Ils n’ont point réussi. La mangue haïtienne est unique. Donc il faudrait capitaliser dessus mais dans une véritable optique de développement, comme locomotive dans un contexte plus global. Le conférencier en vient à parler du tourisme qui constitue un des principaux moteurs de développement dans toute la région. A son avis, on ne devrait pas essayer de rivaliser avec la République dominicaine, c’est-à-dire dans le tourisme de masse … Mais créer une différence « haïtienne », un tourisme basé sur une saveur unique en vue de garder le touriste plus longtemps et le faire dépenser davantage. Donc en toute chose, ce qui compte aujourd’hui c’est éviter de faire comme l’autre. Cela demande de bien savoir où l’on va (du savoir et du savoir faire) et de se donner les ressources nécessaires. En premier lieu, les ressources humaines. La main d’œuvre mais aussi les cadres, bref l’imagination. Ce que le conférencier résume dans ces 5 préconditions : changement ; réceptivité ; objectifs communs ; connaissance ; leadership. Lorsque l’un des membres de l’assistance voulut savoir pourquoi il utilise le succès de son groupe, le OTF Group, au Rwanda pour lancer cette opération en Haïti, Mr. Rob Henning a répondu que le Rwanda a tant de point communs avec Haïti. Jusqu’à récemment (il y a 10 ans à peine), le Rwanda était comme Haïti l’un des pays les plus pauvres de la planète. Au niveau des troubles, le Rwanda est l’un des rares pays à avoir été la proie d’un génocide. Et il n’a pas plus de ressources naturelles qu’Haïti. Et Haïti a un avantage de poids : nous sommes tout près du plus important marché de la planète, le marché nord-américain. C’est un atout extrêmement précieux et que la Chine doit nous envier. Mais aujourd’hui le Rwanda a lui aussi un atout majeur : un leadership. Tandis qu’en Haïti (mais ici c’est nous qui commentons) c’est le vide total qui règne en tant que puissance publique et respect des lois dans un contexte de liberté et d’équité. Certains peuvent ne pas avoir trouvé tellement extraordinaire la prestation du président du OTF Group. De notre côté, nous la considérons importante. Car au point où nous en sommes, nous ne pouvons plus faire bouger les choses par nous-mêmes. Nous sommes totalement embourbés. Et avons besoin d’une assistance en expertise indépendante (mais véritablement indépendante) et qui ne peut nous venir que de l’extérieur. Le moment est bien mal choisi pour jouer au cocorico, lorsque nous n’avons que l’échec total pour tout bilan. Marcus, 31 Octobre 2008 Celui des contenants pour des produits Deux journalistes d’une radio locale ont également reçu des menaces de mort après avoir dénoncé la mauvaise distribution de l’aide humanitaire et le détournement d’une partie des dons destinés aux sinistrés. “Un inconnu armé d’un pistolet est entré au local de la radio et a menacé de nous abattre”, a indiqué à l’AFP Jean-Pierre Blaise, animateur de l’émission “Espace ONG-Espace doléances” qui donne la parole aux sinistrés. La radio a interrompu sa programmation pendant 48H en raison des menaces, a précisé le journaliste, qui a dénoncé les employés de la mairie soupçonnés dans cette affaire. “C’est possible qu’une faible partie de notre aide soit détournée, mais nous sommes là pour contrôler la distribution et nous assurer que l’aide parvienne aux personnes qui en ont besoin”, a déclaré à l’AFP Benoît Thiry, coordonnateur de l’urgence humanitaire du PAM en Haïti, tout en se réjouissant de la collaboration des autorités haïtiennes quand des cas de détournement sont dénoncés. Haïti a été sévèrement frappé fin août, début septembre par une série de quatre tempêtes et ouragans qui ont fait plus de 800 morts et environ un million de sinistrés, selon les autorités nationales. (AIDE ... suite de la page 3)De l’aide humanitaire destinée aux sinistrés des ouragans détournée Des Haïtiens persécutés en Rép. dominicaine choisissent de rentrer chex euxPort-au-Prince, le 29 octobre – (AHP) – 476 haïtiens qui vivaient en République dominicaine ont décidé de regagner mardi (28 octobre) leur pays pour échapper aux actes de violence de Dominicains qui ont tué deux d’entre eux et blessé 10 autres après l’assassinat d’un motocycliste dominicain dans la région de Neyba (sud). Des Haïtiens accusés de responsablité dans ce meurtre ont été aussitôt l’objet de graves violences et de persécutions, au point que la plupart d’entre eux ont dû se mettre à couvert en compagnie de leurs enfants. Leurs domiciles ont été saccagées ou incendiés. Le cadavre d’un des haïtiens tués a été retrouvé au village “ Los Cocos “. Il est identifié comme Soriano Mendez Perez, un professeur de karate, fils adoptif de Solido Mendez. Les Haïtiens poursuivis ont accepté de rentrer chez eux après une rencontre entre le directeur général de la Migration, Jose Anibal Sanz, l’ambassadeur haïtien en République dominicaine, Fritz Cinéas, et le chef de l’armée dominicaine Joaquim Virgitio Perez Feliz. La Guinée équatoriale offre 2,5 millions d’euros à Cuba et HaïtiMALABO, 31 oct 2008 (AFP) La Guinée équatoriale, petit Etat pétrolier du golfe de Guinée, a octroyé 2,5 millions d’euros d’aide à Cuba et Haïti, touchés récemment par des ouragans, a rapporté vendredi la radio nationale équato-guinéenne, citant un communiqué officiel. La Guinée va donner 2 millions “d’aide économique” à Cuba et 200.000 euros pour “la nombreuse colonie équato-guinéenne vivant à Cuba” après les passages des ouragans Gustav fin août et Ike en septembre. Le Conseil des ministres a également “approuvé une autre aide humanitaire de l’ordre de 300.000 euros à Haïti, en vue de l’aider à surmonter les ravages laissés par l’ouragan Fay et la tempête tropicale Hanna”. (voir GUINEE / 6)

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Page 6 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Grow your career in a rewarding, diverse and challenging environment full of opportunity.Find your next job atwww.miamidade.gov/jobsThe Miami-Dade County Employee Customer Service Center, 140 West Flagler Street, will be closed permanently as of Friday, November 7, 2008.Search online at any Miami-Dade County library or South Florida Workforce Career Center.EOE/M/F/D/Veterans PreferenceDelivering Excellence Every Day Time to Shine! La Guinée équatoriale, qui était il y a un peu plus d’une décennie parmi les pays les plus démunis de la planète, est actuellement classée au 3e rang des producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne, après le Nigeria et l’Angola, avec près de 500.000 barils par jour. Une grande partie de sa propre population, estimée à un peu plus d’un million d’habitants, attend toujours de profiter de cette manne pétrolière.La Guinée équatoriale offre 2,5 millions d’euros à Cuba et Haïti(GUINEE ... suite de la page 5) PORT-AU-PRINCE, 29 Octobre – Les maires occupent le haut du pavé dans les mauvaises nouvelles. C’est un gardien de sécurité de la mairie des Gonaïves qui a été arrêté après la découverte d’un dépôt d’aide humanitaire volée lui appartenant. Le maire principal de Léogane a été arrêté alors qu’il tentait avec l’administrateur de la mairie de traverser la frontière avec la République dominicaine pour échapper à une accusation de corruption et de détournement de fonds. En d’autres régions du pays la population a fermé l’administration communale accusant ses titulaires de mauvais usage des fonds reçus. Dans la commune de Grande Saline, le maire a ouvert le feu pour repousser des manifestants. Par ailleurs, le délégué départemental de l’Ouest demande aux maires des vingt municipalités du département de lui soumettre un rapport financier au plus tard le 10 de chaque mois. Tout a commencé lorsque le gouvernement a décidé dans le cadre du Plan d’urgence pour aider les victimes des ouragans, de confier à chaque commune un montant de 5 millions de gourdes. Cet argent doit servir à mettre en place des projets au bénéfice des plus démunis de la région. C’est depuis que ces accusations de corruption ont commencé à se multiplier. Vrai ou faux, c’est à la justice de le prouver. Dans le même temps, on se souvient d’une grogne qui avait éclaté au Parlement, sénateurs et députés exigeant de participer à l’administration de ces mêmes projets générés avec des fonds du programme d’urgence gouvernemental. Le temps de ramener les parlementaires à la raison, les scandales de détournement de fonds se mettent à tomber sur la tête de plusieurs maires un peu partout. Faut-il regretter de n’avoir pas laissé les parlementaires participer à la gestion des fonds d’urgence ? Nous ne pensons pas. Pas plus que toutes les accusations de corruption ne devraient être considérées comme fondées. L’argent ces jours-ci ne court pas les rues. Et sa présence, en quelque part que ce soit, peut soulever la jalousie. Même la décision du délégué départemental de l’Ouest d’assurer une supervision mensuelle des finances municipales qui n’est pas forcément la meilleure … il ne faut pas fermer ni refermer le cercle, mais il faut l’élargir toujours davantage. Qui dit lutte contre la corruption, veut dire transparence. Et qui dit transparence, veut dire démocratie. Ce n’est pas une lutte pour le pouvoir, pour suppléer un pouvoir à un autre, mais une lutte pour toujours plus de transparence et donc plus de démocratie. Et d’ailleurs la loi a tout prévu. Où est le conseil de la commune ? En Haïti nous avons des maires, le maire principal et deux assistants maires. On parle de conseil municipal mais pas de véritable conseil de la commune. Le conseil de la commune ne consiste pas seulement dans les trois élus municipaux mais comprend également tous les élus des sections communales environnantes. Et lorsqu’une décision doit être prise au niveau de la commune ce sont tous les élus de la région qui doivent voter. Et mieux encore, le conseil de la commune se réunit en séance publique à laquelle tous les habitants de la commune qui sont intéressés par le sujet en question peuvent intervenir dans la discussion autour du projet considéré. Voilà la meilleure façon de combattre la corruption et aussi d’assurer une utilisation des fonds publics qui rencontre le plus que possible les intérêts des administrés. Et à quelque niveau que ce soit, à la ville comme dans les campagnes. A la capitale comme dans la plus petite section communale. C’est la meilleure façon pour éviter que les maires ne disposent des fonds publics comme bon leur semble. En tout cas sans prendre suffisamment en compte l’intérêt de leurs administrés. Ou ne concèdent à de grands groupes industriels ou commerciaux le droit de planter leurs établissements ou installations techniques sans considération des règles de l’urbanisme ou de protection de l’environnement. La solution ce n’est pas de mettre les pouvoirs en compétition (les parlementaires face aux maires ou les délégués – qui ne sont pas des élus – au-dessus des maires élus) … La solution c’est plus d’ouverture, plus de transparence. D’autre part, en impliquant les administrés eux-mêmes dans le processus, on élimine cette manie de toujours tout reprocher au gouvernement ou au pouvoir central. Même quand celui-ci n’a rien à se reprocher dans tel cas particulier. C’est le déficit de démocratie qui fait justement qu’on voit partout la main du pouvoir comme au temps de la dictature. Le vrai contrôle et le plus effectif ce n’est pas le commissaire du gouvernement (ni Transparency International) qui peut l’exercer. Mais ce sont les administrés eux-mêmes, la population. La solution au problème actuel des maires comme à beaucoup d’autres de nos problèmes, ce n’est pas plus de pouvoir, mais c’est plus de démocratie. Mélodie, 103.3 FM, Port-au-PrinceCORRUPTION : La solution, c’est plus de démocratieParce que dans la lutte contre la corruption, Haïti : L’accès à l’eau potable, un droit pour tous !(Le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit fondamental de la personne humaine. Pourtant, en Haïti, l’eau potable n’est pas accessible à toute la population. Aussi, inscrivant ce droit parmi ses priorités, la Section des Droits de l’Homme (SDH) de la MINUSTAH a-t-elle lancé une campagne du droit d’accès à l’eau potable.) Le droit à l’eau est un droit dévolu à tout individu. Et ce droit ne souffre d’aucune limitation liée aux conditions économiques ou sociales. Cependant, en Haïti, à peine 54.8 % de la population ont accès à l’eau potable. Ce taux de couverture en eau potable est en effet le plus faible de la Caraïbe et de l’Amérique Latine. L’approvisionnement en eau potable est en principe assuré par deux organismes étatiques : la Centrale Autonome Métropolitaine d’Eau Potable (CAMEP) qui dessert la capitale et le Service National d’Eau Potable (SNEP), s’occupant du reste du pays. Il est à souligner, cependant, que ces organismes arrivent difficilement à accomplir leur mission. Aussi, plus de 4 millions d’Haïtiens n’ont pas accès à ces services de distribution. En vue d’adapter ses actions aux besoins les plus pressants de la population haïtienne, la Section de Droits de l’Homme de la MINUSTAH (SDH) a initié le 10 Octobre une campagne de promotion du droit à l’eau potable dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cette action est menée en partenariat avec la Cellule Eau et Assainissement du Ministère des Travaux Publics, l’UNICEF et le PNUD. L’objectif de la campagne est de sensibiliser la population et le gouvernement haïtien sur l’importance de l’accès à l’eau potable. Cette campagne informe les détenteurs de droits de leurs prérogatives. En effet, l’Etat a des obligations vis-à-vis de ses citoyens, en ce sens qu’il lui incombe de leur faciliter l’accès à l’eau potable. Dans cette optique, la campagne s’applique à obtenir des autorités de l’État que des actions spécifiques soient entreprises, en particulier l’augmentation de la part du budget étatique allouée à l’accès à l’eau potable, l’adoption de la loi sur l’eau et l’assainissement ainsi que la ratification du Pacte International relatif aux Droits économiques, sociaux et culturels. (EAU POTABLE / p. 7) Le jour mondial de l’eau commémoré avec les sinistrés des Gonaïves (photo Logan Abassi / Minustah)GOUVERNANCE

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Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Page 7 En outre, la campagne sensibilise les citoyens sur leurs obligations quant à la protection de l’eau en tant que bien commun. « Il y a des gens qui prennent clandestinement de l’eau à partir des conduits du système de distribution publique, ce qui constitue un problème », a signalé Jakaranda Neptune, de la Section des Droits de l’homme de la MINUSTAH. Pour Mme Neptune, il ne s’agit pas uniquement d’un problème légal, « mais également d’une violation des droits de l’Homme ». Aussi, « dans cette campagne, il s’agit de sensibiliser la population non seulement sur leur droit à une eau potable mais également sur leurs responsabilités », at-elle poursuivi. Même constat du coté des responsables de la Centrale Autonome Métropolitaine d’Eau Potable (CAMEP). « La population ne facilite pas les choses. Les tuyaux sont crevés en de nombreux endroits par les habitants eux-mêmes qui ensuite vont se plaindre de ne pas recevoir de l’eau », a condamné le responsable du service de distribution de la CAMEP, Pierre Lukner Jean. Et l’une des obligations des usagers consiste à adopter un comportement responsable vis-à-vis des structures d’adduction et d’assainissement. Il importe en outre de payer des contributions pour les services fournis. La Section des droits de l’homme entend établir également un partenariat sur le plan national avec les ONGs nationales et internationales œuvrant dans le domaine des droits économiques, sociaux et culturels pour des actions communes et concertées. « En termes d’activités, nous avons organisé des conférencesdébats sur la portée et la teneur du droit a l’eau potable qui ont réuni les ONG œuvrant dans le domaine des droits économiques, sociaux et culturels, les universités et les entités étatiques centrales et départementales travaillant dans ce domaine. Ces conférences ont été organisées tant a Port-au-Haïti : L’accès à l’eau potable, un droit pour tous !(EAU POTABLE... suite de la page 6) Journée mondiale de l’eau aux Gonaïves (photo Logan Abassi / Minustah) Prince que dans les différents départements où la Section des droits de l’homme est représentée », indique Dieudonne Munyingam, coordonateur régional de la SDH dans le Centre du pays. Une autre activité prévue dans le cadre de cette campagne est la rédaction d’un document de plaidoyer en faveur de la ratification du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels par le gouvernement haïtien. Cette campagne prendra fin le 10 Décembre prochain. Deux enfants se partageant un sachet d’eau (photo Abassi Logan / Minustah)UN DROIT DE L’HOMME

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Page 8 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Un nouveau Diocèse Catholique en d’HaïtiL’Eglise d’Haïti est dotée d’un nouveau diocèse : Le diocèse Anse-à-Veau / Miragoâne et la cérémonie d’intronisation de l’Evêque a eu lieu le Samedi 1er Novembre à la cathédrale de l’Anse à Veau. Il n’a pas été facile de planifier l’organisation de cette cérémonie, liée à toutes sortes de contraintes. D’abord les conséquences des intempéries ayant ravagé le pays ces dernières semaines ont constitué un obstacle majeur. Les Nippes, la Grand’Anse sont sinistrées, comme d’ailleurs tout le reste du pays. Le gouvernement est plutôt occupé à parer au plus pressé, tentant de faire cesser l’enclavement de certaines zones en en rendant possible l’accès par la réhabilitation des ponts et des routes. Donc la participation du gouvernement pour la cérémonie n’a pas pu être ce qu’elle aurait été en temps normal. Ensuite la population elle-même sinistrée pour une bonne part, n’a pas pu répondre à l’appel de l’Eglise en cotisant pour faire de la cérémonie quelque chose de plus grandiose. Mais le plus gros problème a été de départager les deux villes. Aussi bien l’Anse à Veau que Miragoâne voulait remporter le gros lot, c’est à dire avoir chez elle le siège du nouveau diocèse. La querelle avait commencé des mois à l’avance, aussitôt connu le décret créant le nouveau diocèse dans les Nippes. Serait-ce le diocèse de Miragoâne ou celui de l’Anse-à-Veau? Les gens se déchiraient, n’admettant aucun compromis .Le ton ne cessait de monter au fur et à mesure que les jours passaient et qu’aucune décision n’était prise. Il a fallu trancher et l’Eglise d’Haïti l’a fait en créant un diocèse à deux têtes avec une cathédrale ( celle de l’Anse-à-Veau) une co-cathédrale ( l’Eglise St Jean Baptiste de Miragoâne); une résidence principale de l’Evêque à l’Anse à Veau et une résidence secondaire à Miragoâne. Cette question tranchée, les populations concernées se sont mises au travail. La ville de l’Anseà-Veau, ville abandonnée et livrée à elle même depuis la dictature de François “Papa Duvalier a été nettoyée de fond en comble, les murs des maisons repeints et la Cathédrale elle-même perchée au haut de ce long escalier, est devenue digne d’héberger la cérémonie d’intronisation de l’Evêque qui était fixée au samedi 1er Novembre 2008. Haïti en Marche a interviewé John Canonge, le représentant de l’Evêque du diocèse Anse-à-Veau Miragoâne , Monseigneur Pierre-André Dumas, et en même temps responsable du comité chargé de l’organisation des cérémonies. Il nous a confié que la tâche n’a pas été facile mais qu’on pouvait être satisfait des résultats. Au niveau du gouvernement, le lit de la Grande rivière de Nippes a été curé. Il faut dire que la Grande rivière de Nippes constitue un obstacle majeur, puisque à la moindre crue, Anse-à-Veau et toutes les autres villes côtières sont coupées du reste du pays. De même la route Miragoâne Anse-à-Veau a été l’objet de travaux de toutes sortes opérés par le CNE (Conseil national des équipements). Mais a-t-il tenu à souligner, il s’agit de travaux cosmétiques. Aucun travail en profondeur n’a été accompli. On attend encore le début des travaux de construction d’un pont sur la Grande rivière de Nippes. L’appel d’offres a été lancé. Et une compagnie brésilienne aurait, paraît-il, remporté l’offre. Mais aucune date n’a encore été fixée pour le lancement des travaux. Tout est à faire. Si l’on pense à l’Anse à Veau, qui fut le siège du gouvernement haïtien sous le gouvernement de Sudre Dartiguenave (pendant l’occupation américaine de 1915-1934), il faudrait commencer par restaurer le Palais de Dartiguenave qui est encombré de déchets et sert de dépôt de sacs de charbon qui sont vendus dans son périmètre. Toutes les rues de la ville sont défoncées. Les Travaux Publics auront fort à faire pour rendre la ville présentable. Miragoâne qui rapporte des millions de dollars à l’Etat haïtien ne devrait pas être dans cet état. “ Ce que j’aurais aimé pour ce département c’est que les gens réalisent qu’ils ont une identité, l’identité Nippoise. Je suis Nippois avant tout”, a souligné Canonge. Est-ce que cela n’aurait pas été plus simple de créer le diocèse des Nippes ? John Canonge pense que pour mettre tout le monde d’accord, vu le contexte, “j’aurais penché pour la dénomination de diocèse des Nippes, ceci par précaution, quoiqu’il s’agit là d’un terme impropre au sein de l’Eglise, puisqu’on parle du diocèse de Port-au-Prince, de celui des Cayes, de Jérémie. Mais là encore les gens de l’Anse à Veau auraient protesté.” Mais ce qui est fait est fait. D’ailleurs Rome ne revient jamais sur une décision, a souligné le représentant de Monseigneur Pierre André Dumas. “Il faut plutôt voir ce qu’on peut faire de ce département.”MIRAGOANE / ANSE-A-VEAUL’église paroissiale de l’Anse-à-Veau (photo HEM)

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Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Page 9 A l’assaut des mornesLa semaine dernière, nous avons parlé de la contradiction existant entre la nécessité de protéger la couverture forestière des bassins versants, afin que ceux-ci puissent remplir correctement leur fonction dans le cycle de l’eau, et les besoins de coupe en vue de la production de charbon de bois, de bois de chauffe, de bois d’œuvre pour la construction ou l’ameublement, et de l’exportation de bois précieux. Mais en plus de cette exploitation sans réserve de la couverture forestière, il y a aussi ce que Serge Michel Pierre-Louis, dans une déclaration faite à Agropresse , appelle la mauvaise gestion du foncier. Reprenons ce passage déjà cité : « La mauvaise gestion du foncier est l’une des causes majeures de la vulnérabilité des espaces cultivables aux catastrophes naturelles, selon l’ingénieuragronome Serge Michel PierreLouis, spécialiste en environnement et en foncier. La densité élevée de la population conduit à une utilisation abusive des ressources forestières, et de manière générale à une utilisation abusive du sol, soutient-il. » On retrouve cette même idée dans l’étude du GTA déjà mentionnée : « La pression démographique et l’augmentation continue de la demande alimentaire poussent les agriculteurs à cultiver des terres marginales inaptes à toutes activités de production agricole. Il en résulte une dégradation de plus en plus accélérée des ressources naturelles. ». Autrement dit, c’est encore ce diable de paysan qui, en s’amusant à aller cultiver dans les mornes, est responsable de tous nos maux. La question est de savoir pourquoi le paysan est ainsi parti à l’assaut des mornes. Il y a, à cela, plusieurs raisons. La première est à chercher dans la situation créée au lendemain de l’indépendance par les nouveaux dirigeants. René Préval l’a évoquée, toujours dans le cadre de sa participation au sommet de la francophonie à Montréal. On sait, en effet que les généraux de la guerre d’indépendance s’étaient partagé les dépouilles des vaincus : les plantations situées dans les plaines. Les nouveaux libres, qui ne tenaient absolument pas à reprendre le travail dans les plantations, n’avaient plus qu’une solution : gagner les montagnes. Mais attention, ils n’y étaient pas les premiers, et je ne parle pas des Indiens. Il y a un chapitre de notre histoire qui n’est, à mon avis, pas assez développé : celui du marronnage. Ces nègres marrons, une fois qu’ils avaient fui la plantation, il fallait bien qu’ils aillent vivre quelque part. Je me suis laissé dire que la paroisse de Verrettes, du temps de la colonie, connaissait trois types de peuplement, géographiquement distincts. Dans la plaine, on avait les plantations avec l’organisation qu’on leur connaît; en haut, sur le plateau qui surplombe, au nord, la vallée de l’Artibonite et, au sud, la côte du Canal de Saint Marc, s’étalaient les grandes caféteraies ; entre les deux, les flancs de la montagne étaient le domaine des marrons. Encore une fois, je regrette que nous n’ayons pas autant d’études sur les marrons qu’il n’y en a par exemple à la Jamaïque ; cela nous permettrait peut être de distinguer trois modes de peuplement pour la période coloniale : la grande plantation sucrière des plaines, les caféteraies sur les plateaux (Goayavier, Salagnac) et les marrons sur les flancs des montagnes. Cela nous permettrait peut-être aussi d’identifier deux sources de notre culture rurale : l’arpent vivrier, qui est au départ du jardin familial, et l’organisation des marrons qui se perpétue dans le lakou. En tout cas, si mon hypothèse est vérifiée, cela expliquerait que les nouveaux libres aient pu si facilement choisir de s’installer dans les mornes. Une fois les paysans installés et cultivant les flancs des montagnes, deux facteurs vont aggraver les dommages que leurs activités pouvaient causer à l’environnement. Le premier de ces facteurs est la croissance démographique. La rapide augmentation de la population fait que l’on a toujours besoin de plus de terre, de défricher de nouveaux « bois neufs », pour faire davantage de culture, en résumé, d’accélérer la destruction de la couverture forestière. Le second facteur serait ce que je voudrais appeler la débilité de notre économie. La classe possédante, celle qu’on pourrait considérer comme l’élite économique du pays, n’a jamais su jouer effectivement ce rôle d’élite. Confinée dans le secteur de l’import-export, elle n’a jamais su sortir de son statut de boutiquier, elle n’a jamais su développer d’autres secteurs d’activités qui, en plus de leur garantir d’autres sources de revenus, auraient eu pour résultat de créer des emplois pour les nouveaux arrivés sur le marché du travail. Résultat, les paysans se trouvaient dans l’obligation de demander encore plus à ces mornes qui se desséchaient à vue d’œil. Mais nos mornes n’ont pas seulement à subir les assauts des paysans cultivateurs. Dans le premier article de cette série, j’ai parlé de l’étalement urbain qui tend à réduire les surfaces propres à l’agriculture lesquelles sont déjà insuffisantes. Cet étalement urbain mornes au voisinage des grandes villes. Depuis quelques décennies, les Morne l’Hôpital, pour prendre l’exemple de Port-au-Prince, se voit envahi par des personnes à la recherche, non plus d’un lopin de terre à cultiver, mais de terrain à bâtir. Cela a commencé avec les classes aisées en quête, d’abord, d’un lieu de villégiature, puis de lieux de résidence permanente, éloignés de la chaleur du bord-de-mer. A Port-auPrince, elles ont commencé par conquérir Turgeau, puis Pétionville, et maintenant Thomassin, voire Kenscoff, sans tenir le moins du monde compte des restrictions imposées pour la protection des bassins des sources alimentant la population en eau potable. Les exemples les plus criants sont le Morne Rigaud et, plus récemment, la zone du Juvénat. L’exemple venant d’en haut, il n’y avait aucune raison pour que les populations de la campagne, chassées par l’exode rural, ne partent pas, elles aussi, à la conquête de la montagne. Pour ceux qui pratiquent l’humour noir, j’ai choisi cette photo où l’on voit les belles villas construites en haut du Morne Rigaud et les constructions plus modestes, partant de Bois Jalousie et montant à l’assaut des beaux quartiers. En résumé, si nous revenons à notre propos initial : la problématique de la dégradation des bassins versants, on doit conclure que par delà les causes immédiates et directement observables, c’est la structure même de notre société, et pas seulement sur le plan économique, qui doit être remise en question et il n’est pas étonnant que tous les projets de reboisement et autres programmes de conservation de sol n’aient donné aucun résultat car, que je sache, personne n’a osé, à date, poser le problème dans toute sa profondeur. Quelqu’un a dit, à propos des récentes catastrophes, qu’elles pouvaient représenter une chance pour Haïti. Oui, si le choc a été assez fort pour provoquer une sorte de sursaut national. On verra bien. Bernard Ethéart Le morne l’Hôpital comme une épée de Damoclès au-dessus de la capitale (HEM) SANTE“Chaque minute compte”: les associations de praticiens et de patients veulent profiter de la sixième Journée mondiale de l’accident vasculaire cérébral (AVC) mercredi pour sensibiliser le grand public à la nécessité d’une prise en charge ultrarapide des victimes. “Il y a urgence, composez vite le 15” (aux Etats-Unis le 911), ont lancé les associations à l’occasion de cette Journée, rappelant que les traitements sont d’autant plus efficaces qu’ils sont administrés extrêmement rapidement. Ils indiquent les signes “qui doivent alerter” : paralysie ou engourdissement brutal d’un côté du corps, difficultés soudaines à parler ou à comprendre, diminution très brutale de la vision d’un oeil... “Il est important de composer le 15 dès leur apparition”. L’AVC, qui touche chaque année près de 150.000 personnes, dont un quart a moins de 65 ans, est la première cause de handicap en France et la première cause de décès chez les femmes. Il est la seconde cause de décès dans le monde après les maladies cardiovasculaires. Il y a deux familles d’AVC, selon la nature des troubles de la circulation sanguine en cause:Accident vasculaire cérébral: chaque minute compteles accidents d’origine ischémique, lorsqu’une artère se bouche. Ce sont les plus nombreux (80%). les accidents d’origine hémorragique, lorsqu’un vaisseau sanguin se rompt. Ils ne représentent que 20% des AVC, mais touchent des populations moins âgées et sont généralement plus sévères. Le taux de décès pour les accidents hémorragiques est de 32% contre 11,2% pour les accidents ischémiques. Dans les deux cas, l’interruption du transport du sang vers une partie du cerveau menace les cellules d’asphyxie. Si la circulation sanguine n’est pas rétablie à temps, les cellules entrent dans un processus de dégénérescence. Participent à cette Journée la Société française neuro-vasculaire (SFNV), le Samu, la Société française de médecine d’urgence (SFMU), la Croix rouge, la Fédération France-AVC, l’Institut de l’athérothrombose, les associations de patients... Des conférences visant à mobiliser le grand public sont organisées dans plusieurs grandes villes de France sur la nécessité d’une intervention urgente. Les médecins haïtiens formés à Cuba répliquentLes professionnels de la santé formés à Cuba ont démenti formellement les statistiques présentées récemment par le MSPP selon lesquelles la majeure partie des boursiers haïtiens est retenue par la République socialiste cubaine. Ces derniers en ont profité pour réclamer des autorités de meilleures conditions de travail. « Nous, les médecins formés dans le cadre de la coopération haïtianocubaine, sommes tous là, conformément au contrat qui nous lie avec l’Etat haïtien. Le mal existe au sein même du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), mis à part les conditions de travail qui sont généralement écœurantes. Nous prodiguons encore des soins à la communauté haïtienne parce que nous avons reçu une formation humaniste », a dit le Dr Emmanuel Dorvil, au cours d’une rencontre avec la presse, ce vendredi. Il rappelle qu’un boursier, avant d’entamer ses études à Cuba, signe un contrat avec les autorités haïtiennes afin de revenir servir le pays au terme de ses études. « De notre côté, les clauses du contrat sont respectés, tel n’est pas le cas pour l’Etat haïtien. Nous n’avons pas de matériel adéquat pouvant nous permettre d’accomplir correctement notre mission. Le titulaire du MSPP avait affirmé récemment que l’institution ne dispose pas de moyens nécessaires pouvant accueillir la totalité des médecins haïtiens formés à Cuba», a indiqué le Dr Dorvil. Pour sa part, le Dr Wallace Thomas, médecin de la deuxième promotion des boursiers haïtiens à Cuba, a précisé que les informations avancées par les responsables du ministère de la Santé publique, lors du symposium organisé sur la Planification de la maind’œuvre dans le secteur sanitaire, montrant que 66,60% des boursiers haïtiens formés dans le domaine médical seraient restés à Cuba, sont fausses. « Quel intérêt le gouvernement cubain aurait-il à retenir les médecins haïtiens ? Alors que près de 22 000 jeunes boursiers étrangers sont formés chaque année à Cuba », s’interroge le Dr Thomas. Les médecins formés à Cuba ont, en outre, souligné qu’ils sont une source d’espoir pouvant contribuer à une grande amélioration du système de santé en Haïti. « Avec l’engagement solennel de l’Etat, nous sommes prêts à apporter notre collaboration qui consiste à relever le grand défi auquel notre système de santé fait face, et ceci pour le bien-être de nos concitoyens et concitoyennes », ont-ils conclu.n’affecte pas seulement les plaines, mais aussi lesQUEL ENVIRONNEMENT!!!

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Page 10 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Louis Joseph Janvier (1855-1911) Anténor Firmin (1850-1911) Bébé Barack et sa mère Stanley Ann Dunham morte d’un cancer en 1995 Barack Obama, sa grand’mère paternelle, sa tante et le reste de la famille au village natal de son père au KenyaObama ou l’accomplissement d’un vieuxrêve haïtien profond !(REVE ... suite de la 1ère page) déclarait en 1871 que la conquête d’une race inférieure par une race supérieure est parfaitement compréhensible. (Réf. David Nicholls dans « From Dessalines to Duvalier Race, Colour and National Independence in Haiti »). Haïti avait conquis rudement son indépendance en 1804. Les théoriciens de la supériorité de la race se servirent pour justifier leur position des troubles agitant le nouvel Etat dès sa création (assassinat du fondateur Jean-Jacques Dessalines en 1806). Gobineau écrivit que les manières du peuple haïtien sont « aussi dépravées, brutales et sauvages qu’au Dahomey ou chez les Fellatahs » et que Haïti est l’exemple parfait de ce qui arrive quand des formes européennes de gouvernement sont imposées aux peuples d’une race différente. Evidemment aucun de ces chantres du racisme ne releva que le nouvel Etat a été frappé dès sa naissance d’une hypothèque qui devait aliéner pendant plus d’un siècle toute tentative de progrès, la fameuse dette de l’indépendance de 150 millions de francs exigée par la France pour reconnaître l’indépendance de son ancienne colonie.Relever le défi … C’est sur ce fond de théories raciales faisant rage dans les grandes métropoles de l’heure (Paris, Londres, Vienne) que les Haïtiens de l’époque vinrent à considérer comme leur devoir de défendre la race noire et d’asseoir l’égalité fondamentale des races humaines. Ils acceptèrent de relever le défi de l’association d’Haïti avec la race noire, car l’existence de leur nation et l’histoire de sa création constituent, selon eux, l’évidence même de l’égalité des races. Pour Louis Joseph Janvier, Haïti constitue pour la race noire « le soleil qui se lève à l’horizon. » Hannibal Price publia « De la réhabilitation de la race noire par la république d’Haïti. » Les écrivains haïtiens de l’époque – mulâtres et noirs sans distinction – se sont accordés pour combattre les théories de l’infériorité raciale. Dans De l’égalité des races humaines (1885), Anténor Firmin relève que, à travers l’histoire de l’humanité, différentes races ont assumé des positions de pointe de temps à autre, mais que, essentiellement, « tous les acteurs sont égaux en dignité. » Il admet que certaines nations peuvent, à un moment donné de leur histoire, être supérieures en termes de culture et de civilisation, mais que cela n’a rien à voir avec la race qui impliquerait une sorte de fatalité naturelle et biologique. Etc.Black is beautiful …Faut-il signaler que l’auteur emploie les termes de civilisation et de culture au sens où ils étaient compris à l’époque … Mais que les Indigénistes haïtiens des années 1940 vont renverser un demi-siècle plus tard, eux qui sont les véritables ancêtres du « Black is beautiful » (traduisez « Marabout de mon cœur »). Cela en attendant l’anthropologue français Claude Levi-Strauss, auteur des « Tristes Tropiques » (1955) et surtout de « La Pensée sauvage » paru en 1962. En effet le paradoxe chez les écrivains haïtiens défenseurs de l’égalité des races – sans remettre en cause cette tâche immense et combien digne qui a été la leur et qui a dépassé de loin les frontières de leur monde et de leur temps et dont on retrouve les échos partout ailleurs tel que chez les Senghor, Césaire et jusqu’à nous … Oui, le piège c’est qu’en même temps qu’ils combattaient les théoriciens racistes européens, eux aussi faisaient l’apologie de la même culture et civilisation qu’on leur opposait comme supérieure. Autrement dit, ils devaient persuader l’homme européen que Haïti était un pays « civilisé » et que les noirs sont capables de civilisation … mais selon les propres critères européens ! Cela du moins jusqu’à l’occupation américaine (1915-1934) et l’arrogance des US Marines qui viendra nous placer devant la nécessité de réaffirmer à nouveau notre identité, cette fois par une appréciation plus positive de notre part africaine. Toutefois un Léopold Senghor n’écrit-il pas encore et presque à la même époque: « l’émotion est nègre, la raison est hellène. » Ou encore notre Léon Laleau : « apprivoiser avec des mots de France ce cœur qui m’est venu du Sénégal. »Haïti qui a ouvert la voie …Mais en quoi cela a-t-il à voir avec les présidentielles américaines de ce 4 novembre 2008 ? Nous vous laissons deviner. En tout cas, fort de tout ceci, Barack Obama ne vous semble-t-il pas, (voir REVE / 12)L’HISTOIRE AU PRESENT

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Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Page 11ASSURANCES Ou byen kapab kalifye pou yon plan espesyal. Kontakte Humana depi jodi a.Ou nan Medicare epi ou gen Dyabèt?Kòm moun ki gen dyabèt, ou gen bezwen espesyal pou sante w, epi Humana tabli yon plan espeyal ki rele Medicare Advantage ki fèt dapre bezwen pou sante w. W ap jwenn menm kouvèti asirans total la, ak menm avantaj ki genyen nan lòt plan Humana yo, plis lòt sèvis ankò ki fèt pou kenbe w nan chimen pwogrè pou sante w. pou pye pou mezire nivo sik nan san w (sa ki vle di tou, ti bagèt pou fè tès dyabèt) medikaman pou dyabèt ak founiti ki vann san preskripsyon kantite lajan yon moun touche. Ou mèt kontakte Humana pou plis enfòmasyon. …Medicare …Group Health …Individual Health …Dental, Life, Vision Ou pa gen anyen pou w pèdi, se avantaj sèlman w ap jwenn. 8 è dimaten pou 8 è diswa, 7 jou pa semenn

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Page 12 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 par certains côtés, réaliser un vieux rêve haïtien. Est-il l’arrière petit-fils de nos théoriciens de l’égalité des races humaines ? Ou plutôt le petit-fils de nos Indigénistes selon lesquels chaque race au contraire se suffit à ellemême ? Fils d’un Kényan et d’une Américaine blanche du Kansas, l’éventuel (ou même probable) futur Président de la première puissance économique et militaire de la planète n’a quant à lui rejeté ou minimisé ni l’une ni l’autre des deux composantes de sa nature. Entre sa grand’mère noire qu’il visite au fond d’un village profond du Kenya par choix personnel de retrouver ses racines africaines (et pas seulement en théorie comme la plupart de nos plus grands chantres de la race) et sa grand’mère blanche qui l’a élevé sans doute en lui répétant « tu seras un homme mon fils – et même un peu plus si c’est là ton rêve » … Oui, Barack Obama est, serait-ce littérairement, l’incarnation d’un vieux rêve haïtien profond. Et même mieux encore. Ou plutôt, et c’est presque une évidence, estce Haïti qui a ouvert la voie conduisant au phénomène Obama ? Marcus, 2 Novembre 2008 (REVE ... suite de la page 10)Accomplissement d’un vieux rêve haïtien profond ! Les Défis qui attendent le nouveau Président des Etats-UnisPour tous les observateurs de la scène électorale américaine, les jeux sont déjà faits et à moins que les dés ne soient pipés, Barack Obama sera le 4 novembre prochain le nouveau Président des Etats-Unis et le premier non blanc à accéder à la Maison blanche. Evénement historique s’il en est. mettre en danger la stabilité économique mondiale et en même temps ils sont obligés de trouver les moyens de le résoudre car il est à l’origine de nombre de dysfonctionnements de l’économie américaine. Quant au déficit budgétaire, il sera très difficile de le résorber car il trouve en grande partie sa source dans ce Cependant rien n’est encore définitivement joué et dans l’Amérique du « melting pot », l’élément racial et raciste pourrait jouer une fois de plus l’électeur « wasp » (blanc anglo-saxon protestant) en face des urnes dans un face à face solitaire. C’est cet impondérable qui fait dire à des observateurs sagaces et perspicaces que les élections du mardi 4 novembre 2008 seront le résultat de la première campagne présidentielle insidieusement raciste en 232 ans d’histoire américaine. D’après le résultat d’une enquête récente, 6% des électeurs de gauche ne voteront pas pour Obama en raison de la couleur de sa peau. Si ces sondages reflètent une certaine réalité, on pourra dire que c’est le comble puisqu’on croyait que grâce au politiquement correct l’Amérique du nord en était à une phase post-raciale ou l’être des personnes ne se résumait pas à la couleur de leur peau. Sur ce plan-là ,le 4 novembre 2008, la psyché américaine et tous les mythes qui la fondent seront installés sur le divan du psychanalyste. Mais quel que soit le candidat qui sera élu, ce mardi 4 novembre, les défis qui l’attendent seront les mêmes. Ils sont à la fois d’ordre économique et géopolitique. Sur le plan économique et financier, il reviendra au nouveau président de résoudre la crise économique qui frappe l’Amérique depuis tantôt 6 mois. La tâche sera d’autant plus rude que la crise n’est pas seulement américaine mais aussi systémique et globale. L’avenir de la puissance américaine se joue peut-être dans cette affaire. Certains parlent déjà de déclin des Etats-Unis. En est-on réellement déjà là ? Pour le moment les Etats-Unis sont toujours détenteurs des éléments tangibles et non tangibles de la puissance. Sur le plan militaire, la puissance américaine est toujours incomparable et il n’y a peut-être que la Russie de Vladimir Poutine grâce à ses missiles stratégiques Topol d’une portée de 11.000 kilomètres, et à ses bombardiers stratégiques, qui soit capable de concurrencer Washington sur certains théâtres d’opérations régionaux, comme le Caucase par exemple. La marine militaire américaine couvre pratiquement toutes les mers du monde et récemment la 4ème Flotte a été réactivée. Pour certains déclinistes (partisans du déclin) comme un Paul Kennedy ou un Emmanuel Todd, c’est cette extension de la puissance militaire des Etats-Unis sur tous les continents qui représente son talon d’Achille et sera à l’ origine de sa chute prochaine. Pour valider leur thèse, les tenants de cette approche citent les exemples classiques de la Rome antique, de l’Espagne impériale et de l’Empire britannique. Il faut noter aussi que cette formidable puissance militaire est tout à fait relative dans son exercice réel : les difficultés de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan sont là pour en témoigner. Sur le plan culturel, l’Amérique à travers la langue anglaise, ses universités, ses médias, sa musique, ses musées et Hollywood n’en finit pas d’influencer le monde. Ce n’est pas demain qu’on cessera d’écouter et d’apprécier le jazz, la soul music et qu’on cessera de lire Hemingway et Truman Capote. Marylin Monroe, Greta Garbo, Rita Hayworth, Jane Fonda et leur cote glamour continuent à faire rêver bien des cœurs. L’Amérique a réussi aussi le tour de force d’intégrer la postmodernité dans sa culture de base et c’est ce qui nous a valu le développement, parfois outrancier, du « politiquement correct » permettant ainsi à un « noir » de prétendre avec succès accéder à la présidence des Etats-Unis prés d’un siècle et demi après la fin de l’esclavage. Sur ce plan, l’élection d’Obama à la présidence américaine serait aussi une juste reconnaissance de l’apport fondamental des noirs américains à la culture de ce grand pays. On peine à imaginer une Amérique sans Duke Ellington et Ray Charles. Et tout au cours des années 50, 60 et 70, la jeunesse wasp bon chic, bon genre s’est laissée bercer par les flots émouvants de la grande musique soul. Sur ce plan, la psyché américaine est déjà métisse et avec elle la psyché mondiale. Sur le plan politique, les Etats-Unis restent encore le numéro 1 même si dans le cadre d’un monde de plus en plus multipolaire, ce leadership est de plus en plus contesté et parfois contestable. Démocratie oblige, les stratèges du Potomac ne font plus trembler de peur les dirigeants latino-américains et caribéens comme au cours des années 60 et 70. L’Amérique latine et la Caraïbe se sont émancipées de la tutelle légendaire des Etats-Unis à tel point que des politologues spécialistes de la région n’hésitent pas à déclarer que Washington a définitivement perdu le contrôle de l’Amérique latine et aucun président n’oserait de nos jours déclarer que l’Amérique latine et les Caraïbes sont l’arrière cour des Etats-Unis. Néanmoins il faut remarquer que ce leadership s’exerce par le « soft power ». Il est vrai qu’avec Bush, Washington à beaucoup perdu en ce qui a trait à l’usage du soft power : on en constate les dégâts en Irak et en Afghanistan. Sur le plan économique, les Etats Unis restent toujours le numéro 1 avec ses 10.000 milliards de dollars de PNB. L’économie américaine malgré la crise financière internationale reste et demeure la locomotive de l’économie-monde. Sans les importations américaines, l’économie chinoise et une bonne partie de l’économie mondiale s’effondrerait. D’ailleurs c’est là même le problème fondamental de la crise globale actuelle. Les Gouvernements américains sont dans l’impossibilité quasi-structurelle de réduire le déficit commercial grandissant de l’Amérique à moins de « keynésianisme militaire » que Washington pratique sans le nommer. Le lobby militaro-industriel ne permettra sans aucun doute à aucun président américain de venir sabrer dans les dépenses militaires qui sont les mamelles nourricières auxquelles s’alimentent les grandes firmes de ce secteur extrêmement puissant. Avec la crise financière actuelle c’est l’avenir même du dollar comme monnaie de réserve internationale de référence qui est menacé. Le dollar perdra-t-il bientôt ce statut au profit de l’euro ? Au cas où un tel scénario se réaliserait, c’est toute la balance des forces sur la scène internationale qui serait changée au profit de l’Europe ou de la Chine mais on n’en est pas encore là et beaucoup d’eau devra encore couler sous les ponts avant de voir se réaliser un tel événement. Sur le plan géopolitique, on ne saurait affirmer que l’Amérique est le numéro 1. Avec l’effondrement du bloc soviétique en 1991, Charles Krauthammer et ses amis s’étaient plu à imaginer un monde unipolaire où l’Amérique serait la seule superpuissance à même de dicter sa volonté politique au reste du monde. Cependant Mr Krauthammer avait eu la sagesse de déclarer que ce « moment unipolaire » durera seulement 20 ou 30 ans. Prés de 20 ans après la fin du système bipolaire qui avait caractérisé la période de la guerre froide entre l’Union Soviétique et les Etats Unis, va-t-on assister à la fin du moment unipolaire ? De partout les signes annonciateurs se profilent à l’horizon. La crise des subprimes et celle des « toxic assets » est en train littéralement de mettre l’Amérique à genoux. Le plan Paulson aura certainement un impact négatif sur le déficit du budget et sur la balance des paiements des Etats-Unis. Avec le ralentissement de l’activité économique et l’appauvrissement des classes moyennes américaines il faudra prévoir, à moins d’un miracle, une très forte baisse du produit national brut américain. Le Pentagone pourra-t-il continuer à pratiquer cette politique de « sur extension militaire impériale » qu’elle continue à impulser à travers le keynésianisme militaire. Cette politique a un coût particulièrement élevé et les spécialistes de la question se demandent si, avec la crise actuelle, Washington pourra continuer à assumer ce coût. Très certainement le prochain locataire du 1600 Pennsylvanie Avenue aura des décisions d’ordre stratégique à prendre à ce sujet. Avec la fin éventuelle du moment unipolaire, à quelle nouvelle configuration du système international faut-il s’attendre ? Pour un Richard Haas du « Council on foreign relations », le système qui émerge sera apolaire puisque aucune puissance ne pourra exercer une certaine hégémonie. Cependant on peut douter de cette apolarité proposée par le président du conseil, puisque depuis que la science des relations internationales existe avec l’ouvrage majeur de Thucydide « la guerre du Péloponnèse », on n’a jamais assisté à l’émergence d’une telle configuration. Pour une première c’en serait vraiment une. A moins que le chairman essaie de nous faire comprendre, entre les lignes, qu’avec cette crise globale qui affecte le monde entier, on serait à la veille de la (voir DEFIS / 14) USA 2008Barack Obama John McCain

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Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Page 13 Chaque matin, captezMélodie Matin sur 103.3FM Lucas Super Market 14750 N.E. 6th Avenue 305 940 9902 Maxisound 11854 West Dixie Highway 305 895 8006 B & L Supermarket & Produce 12040 West Dixie Highway 305 893 0419 Danilos Restaurant 3760 N.E. 3rd Avenue 954 781 2646 Christephanies 581 BC East Sample Road Pompano Beach, Fl 33064 Tél 954 781 2500 Classic Teleco 203 S.E. 2nd Avenue Delray Beach Fl 33183 Our Lady Bakery 102 S.E 2nd Avenue Delray Beach, Fl 33444 561 272 3556 Eclipse Communication 9290 S. W. 150th Avenue Suite 104 954 380 1616 POINTS DE VENTE HAITI EN MARCHE Depi nou bezwen kay rele VISION MORTGAGE BANK, INCEVENS HILAIRELoan Consultant 12788 West Dixie Hwy, Miami, Florida 33161 Phone: (305) 891-2225 • Fax (305) 891-2559 • Cell (786) 285-0384 Take Out8267 N Miami Avenue, Miami, Florida 33150 Tel. 305-757-6408BEL FOUCHETPETITES ANNONCES Votre rendez-vous à Jacmel ?LA JACMELIENNELA JACMELIENNERUE STE ANNE # 71 • Tél.… 288-3451-52 hoteljacmelienne@hotmail.com • hoteljacmelienne@yahoo.frNous sommes en plein cœur de la ville, mais sur la plage. Chez nous, le bruit des vagues vous berce nuit et jour ! C’est aussi un lieu idéal pour tables rondes, séminaires, ateliers de travail… mais aussi pour réceptions et festivals de toutes sortes. Nos chambres ont toutes l’air conditionné, et leur balcon donnant sur la mer… Notre cuisine typique saura vous faire connaître et apprécier les mets délicieux du Sud-Est… Et le bar donnant sur la Piscine. Pour vos réservations : Le Manolo Inn Le Manolo Inn Le Manolo Inn Le Manolo Inn Le Manolo InnLe Manolo Inn à Petite Rivière de Nippes Le Manolo Inn à Petite Rivière de Nippes Le Manolo Inn à Petite Rivière de Nippes Le Manolo Inn à Petite Rivière de Nippes Le Manolo Inn à Petite Rivière de Nippes Téléphones : 566-5361 / 401-7108 / 514-0304 Téléphones : 566-5361 / 401-7108 / 514-0304 Téléphones : 566-5361 / 401-7108 / 514-0304 Téléphones : 566-5361 / 401-7108 / 514-0304 Téléphones : 566-5361 / 401-7108 / 514-0304 E-mail : lemanoloinn@mac.com E-mail : lemanoloinn@mac.com E-mail : lemanoloinn@mac.com E-mail : lemanoloinn@mac.com E-mail : lemanoloinn@mac.com Internet disponible pour les clientsDANS LES NIPPES DANS LES NIPPES DANS LES NIPPES DANS LES NIPPES DANS LES NIPPES• • • • • Des kilomètres de plage Des kilomètres de plage Des kilomètres de plage Des kilomètres de plage Des kilomètres de plage • • • • • Chambres tout confort avec air Chambres tout confort avec air Chambres tout confort avec air Chambres tout confort avec air Chambres tout confort avec air conditionné et Salle de bain conditionné et Salle de bain conditionné et Salle de bain conditionné et Salle de bain conditionné et Salle de bain attenante attenante attenante attenante attenante • • • • • Cuisine du terroir prép Cuisine du terroir prép Cuisine du terroir prép Cuisine du terroir prép Cuisine du terroir prép arée p arée p arée p arée p arée p ar ar ar ar ar un « Grand Chef » un « Grand Chef » un « Grand Chef » un « Grand Chef » un « Grand Chef » • • • • • Le Saut du Barril Le Saut du Barril Le Saut du Barril Le Saut du Barril Le Saut du Barril • • • • • Le Palais de Sudre Dartiguenave Le Palais de Sudre Dartiguenave Le Palais de Sudre Dartiguenave Le Palais de Sudre Dartiguenave Le Palais de Sudre Dartiguenave à à à à à Anse à V Anse à V Anse à V Anse à V Anse à V eau eau eau eau eau • • • • • La Petite Eglise de Petit La Petite Eglise de Petit La Petite Eglise de Petit La Petite Eglise de Petit La Petite Eglise de Petit T T T T T rou rou rou rou rou dat dat dat dat dat ant de du 17 ant de du 17 ant de du 17 ant de du 17 ant de du 17ème ème ème ème ème siècle… siècle… siècle… siècle… siècle… Dr Raymond GaySpécialiste pour enfants certifié du CanadaHôpital Ste Justine pour les enfants Hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal, P. Q.35, Rue Seymond Pradel, Jacmel, Haïti, W.I. B.P. 98, HT 9110, Jacmel, Haïti Tél.: (509) 3685-8432 | 3404-4905 • E-mail: raymondgay8@hotmail.com HEURES DE CONSULTATION: MARDI JEUDI 8H-10H SUR RENDEZ-VOUS: SAMEDI 8H 12H

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Page 14 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 constitution d’un gouvernement mondial avec une banque centrale unique. Mais cessons d’extrapoler et ne prêtons pas aux riches ce qu’ils n’ont pas et n’auront peut être jamais. Le monde qui émergera après la crise sera sans aucun doute multipolaire avec une place de choix accorde aux BRIC (Russie, Brésil, Inde, Chine) et à l’Afrique du Sud. Cela exigera un réaménagement de la puissance à travers le monde. Les Etats-Unis, dont la géopolitique est fondamentalement mackinderienne, accepteront-ils aussi facilement que les données de base des rapports de force internationaux soient changés au nom d’une certaine multipolarité. Ce sont là de très grandes questions qui concernent l’avenir même de l’humanité. Ce sont là aussi des défis auxquels le prochain président américain sera confronté et devra apporter une réponse, qu’il s’appelle Obama ou Mc Cain. Ce dernier peut se prévaloir, pour y répondre d’être le descendant d’une longue lignée de militaires « wasp », dignes représentants de la tradition guerrière américaine. Obama pour répondre à ces défis pourrait avantageusement se prévaloir comme le premier président post-racial d’une Amérique postmoderne en voie de mutation. Lequel aura le privilège de conduire l’Amérique à bon port ? Bien qu’Obama se profile à l’horizon comme le futur Président américain, seul l’électeur roi en décidera ce 4 novembre 2008. Mais qui qu’il soit, les défis seront les mêmes pour le nouveau chef de la république étoilée : Economiques : il devra trouver un moyen pour résoudre à court terme la crise financière internationale et résorber les déficits budgétaires et commerciaux qui gangrènent l’économie américaine. Financier : il devra aussi avec une bonne dose d’imagination esquisser avec les autres partenaires internationaux les contours futurs de l’architecture financière internationale. Politique : il devra également dans le cadre d‘un monde de plus en plus multipolaire trouver les moyens nécessaires en vue de dialoguer avec les autres partenaires politiques internationaux en vue de l’établissement de nouvelles règles conformes à l’évolution du système international Militaires : la question de la « surextension impériale » sera de plus en plus à l’ordre du jour de l’agenda du nouveau président en raison de son coût exorbitant par rapport aux ressources disponibles. Géopolitiques : face à l’émergence du BRIC, les stratèges du Potomac seront tôt ou tard obligés de réviser leurs approches géopolitiques caractérisées par un certain mackinderisme. Mais l’Amérique des décideurs est-elle prête pour ce genre de révision. Dans un certain sens l’héritage des 8 années de Bush a été désastreux sur ce plan. C’est tout l’édifice construit depuis 50 ans par les « bonesmen » qui menacent de s’effondrer. Bush de ce point de vue, n’aura pas été à la hauteur de cet héritage. Pour comprendre ce qui est en jeu actuellement il suffit de lire l’ouvrage fondamental de Walter Isaacson « Six men and the world they made ». Décidément la prochaine présidence américaine sera marquée par des révisions extrêmement déchirantes. Pour Haïti en Marche Azad Belfort, Spécialiste en Relations Internationales Azad59_2009@yahoo.fr DESS de Diplomatie et d’Administration Internationale Paris 1-Panthéon Sorbonne (DEFIS ... suite de la page 12)Défis qui attendent le nouveau Président des Etats-Unis Pointu !« Jamais les mots ne manquent aux idées ; ce sont les idées qui manquent aux mots » Joseph Joubert Je suis de plus en plus convaincu, chères amies lectrices, chers amis lecteurs, que les mots, ces assemblages apparemment inoffensifs de sons, pour l’audition, ou de symboles, pour la lecture, ont leur vie propre. Certaines fois, il s’agit d’une vie agressive, bouleversée, bouleversante. D’autres fois, l’existence de ces mots n’est qu’indolence, ces éléments du langage ou de l’écriture gardant un profil bas, sans faire de vagues, sans se faire remarquer. Cependant, indépendamment de leur « caractère », on les voit toujours à la recherche de visibilité, de notoriété. Chez nous, les mots, leur usage devrais-je dire, semblent parfois délimiter des espaces, identifier des groupes d’hommes et de femmes, montrant clairement l’existence de ces barrières sociales, en Haïti, qui entravent notre vie collective et nous empêchent d’avancer … dans le bon sens. Ay! Ay ! Ça fait mal, le complexe du crabe. Le « panier de crabes » que représente notre société nous empêche de vivre, nous maintient dans une asphyxiante pauvreté. Avancer à reculons. S’entredéchirer. Empêcher à l’autre d’aller de l’avant, de sortir du panier, de ce panier dans lequel se mêlent, hypocrisie, traîtrise, jalousie, cruauté, égoïsme. Voilà notre lot quotidien. Ay !!!! A-t-on toujours le sens de l’orientation ? Sait-on comment s’orienter dans la bonne direction ? Sait-on quelle direction choisir pour avancer dans le bon sens ? Saiton d’abord vouloir ? Enfin, chers lecteurs, revenons à nos moutons et laissons de côté crabes, scorpions et toute cette faune qui caractérise aussi bien nos modes de fonctionnement que nos modalités relationnelles, par rapport à notre cadre de vie. Il y a de ces mots avec lesquels on entretient des rapports étranges ou qui provoquent chez nous des réactions bizarres. Je vous ai souvent parlé de certains d’entre eux avec lesquels j’entretiens des rapports affectifs assez intenses : « Kamokin », « Makout », « Kout lang ». Je suppose que je ne suis pas le seul. Pour une raison ou une autre. Il y en a d’autres qui me laissent indifférents, lesquels je ne citerai pas pour ne pas blesser des susceptibilités. Dans d’autres cas, c’est une grande perplexité qu’ils causent. C’est le cas du mot « Pointu ». A chaque apparition de ce mot dans une conversation avec quelqu’un, je ne peux m’empêcher de penser aux raisons qui ont poussé mon interlocuteur à utiliser ce mot et pas un autre qui aurait pu mieux convenir, bien que le mot « pointu » soit bien utilisé. De qualité. Excellent. Spécialisé ou très spécialisé. Haute technologie ou très haute technologie. Pointu, et les « pointilleux » doivent le savoir mieux que moi, en plus de vouloir exprimer le caractère de ce qui est aigu, effilé, peut aussi vouloir dire « très spécialisé », « très précis ». Ce caractère de « pointu » ne peut s’associer, actuellement, à aucun de nos domaines de fonctionnement en Haïti. Nous nous trouvons à des années-lumière de distance de tout type de qualificatif « pointu ». En dessous. Nous n’avons même pas envie de changer cet état de choses. Donc, difficilement je peux comprendre l’utilisation ou même l’abus de son utilisation par des « fonctionnaires d’État », Haïtiens. En plus, les utilisateurs de ce mot, à chaque fois qu’ils ont à l’utiliser, pour mieux démontrer l’état de leur connaissance ou leur « aisance langagière », adoptent un ton solennel, avec une gravité aristocratique, pour mieux asseoir leur emprise sur le public. Ah, « Haïtiens mes frères », comme disait l’autre, l’innombrable, qui revient de plus en plus dans les sujets de conversation. Cette utilisation abusive de ce mot, « pointu », ne peut être que de la provocation. Maintenant que nous ne faisons que gérer nos petites misères, saurons-nous, un jour, penser à créer une société moderne, dans laquelle le mot « pointu » ne soit plus une référence au « blanc » ? Chères amies lectrices et chers amis lecteurs, ceux d’entre vous, qui, comme moi, voguez allègrement dans la cinquantaine, vous devez sûrement vous souvenir, quand on était jeunes, du « turlututu », du « parler pointu », qui caractérisait une catégorie de femmes, surtout, et d’hommes aussi, qui se voulaient donner de l’importance. C’était le temps, le beau temps durant lequel « parler français montrait qu’on avait de l’esprit » bien que, chez nous, « palé fransé pa vlé di gen lespri ». On pouvait « beaucoup parler et ne rien dire», comme dit-on, avait-on dit de l’un de nos grands professeurs. Il parlait excellemment bien le français, ce cher professeur. Les mauvaises langues. La jalousie. Si elle était gale, combien de galeux circulant dans les rues ! Enfin, chers lecteurs, quand il s’agissait de spécialisation poussée dans un domaine quelconque, on disait, tout simplement, que c’était « bagay blan ». Lui seul, pensait-on, « le blanc », même s’il est « noir », était à la hauteur des choses sérieuses, très spécialisées. Le temps passe, les autres pays se transforment, « avancent dans le bon sens », et, entretemps, en Haïti, rien n’a changé, nos intellectuels continuent à parler pointu, et de pointu, dans notre société, décadente, mourante, nous n’en avons rien. Oscar Germain germanor2005@yahoo.fr Novembre 2008 Haïti et le néolibéralisme !Réactions après la conférence du géographe allemand Dr. Alexander King Je viens de lire l’analyse du Dr. King, sur les conséquences de ce que j’appelle une absence de volonté encore moins de détermination qui, sans une certaine vision de l’indépendance toujours à bâtir, ne servirait à grand-chose, d’ailleurs. À un certain moment, je m’impatientais, car je ne voyais pas venir la solution ou les éléments de solutions face à une crise qui ne l’est plus quand le mot se définit par son caractère éphémère. Heureusement que ce n’était qu’une impatience. Le docteur King aura tracé des voies d’espoir pour le relèvement, excepté qu’il mise trop sur l’aide, quand bien même celle-ci viendra de pays vraiment amis, comme Cuba et le Venezuela. Je pense que le danger réside surtout dans le fait que nous sommes en train de sacrifier notre dignité aux bûchers de la mendicité et du « manfoubinisme », insouciants de la formation verticale de nos jeunes. De fait, el commandante Fidel ou son frère Raúl peut interpréter l’aide de Cuba comme un devoir autant qu’ils le désirent; el Presidente Chavez peut sincèrement croire à une compensation à cette gifle historique d’éviter Haïti à la première rencontre panaméricaine. Je dis que c’est à leur crédit et honneur de ne pas se montrer ingrats. Mais je reste convaincu que le défi reste et demeure que NOUS devrons – je parle des Haïtiens nous prouver que nous sommes à la hauteur de notre indépendance. Le premier point est de débattre de la formation sociale du pays dès 1804. Pas pour faire un exercice d’érudition, mais pour, honnêtement et sereinement, découvrir les vraies causes du mal (les interminables guerres fratricides caricaturant 1803) et les neutraliser à tout jamais. Cela requerra un niveau de dépassement qui nous fera affronter notre part de blâme avec courage, fierté et sincérité, à l’assaut d’une décision collective vers une réparation salutaire, héroïque et juste, à définir démocratiquement. La décision une fois atteinte, il nous faudra ce fameux plan de sortie de crise, mais qui restera lettre morte tant que nous pensons encore à l’aide internationale en premier ressort. D’autant plus qu’elle est empoisonnée, cette aide ; nous le savons. Et ce plan devra contenir une vérification de titres de propriétés ou son équivalent, avec pour objectif, l’organisation du travail comme base de développement réel. (voir REACTIONS / 16)LIBRE PENSEE

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Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Page 15 SPORTSSerie A Milan prend la têteLe Milan AC a battu Naples (1-0), lors de la 10e journée de Serie A pour prendre la tête du championnat. Profitant du faux-pas de l’Udinese contre le Genoa (2-2), les coéquipiers de Ronnie, qui ont manqué un penalty par Kaka, occupent la place de leader pour la première fois depuis 130 journées. SERIE A 10e JOURNEE . MILAN AC NAPLES : 1-0 But : Denis (86e c.s.c.) Cent trente journées à attendre... Cent trente longues journées que le Milan AC (4e) n’avait pas occupé la première place de la Serie A. C’était en mai 2004, soit un peu plus de quatre ans. Incroyable pour un club sacré 17 fois champion d’Italie. Et pourtant... A l’issue d’un combat titanesque avec Naples, surprenant 3e, le mal est réparé. Mais que ce fut dur! Dans un début de rencontre équilibré, ce sont les hommes d’Edoardo Reja qui se créent la première grosse occasion: à la 24e minute, le jeune Argentin Ivan Lavezzi, 23 ans, crochète à l’entrée de la surface de réparation et décoche un tir du gauche qui contraint Christian Abbiati à dégager des poings. Le ton est donné. Malheureusement pour les Napolitains, la fin de la première mi-temps va leur coûter très cher. Après la perte de Marek Hamsik sur blessure, c’est au tour de Christian Maggio de quitter le terrain pour un second carton jaune. C’est le tournant du match. De valeureux Napolitains Au retour des vestiaires, les Milanais profitent de leur supériorité numérique pour faire le siège de la partie de terrain adverse. Au courage, le Napoli résiste. A la 72e, le poteau droit vient sauver Gennaro Iezzo sur un tir surpuissant de Kaka. Deux minutes après, la tête de Pato passe juste à côté. Plus tard, un penalty sifflé pour une main involontaire de Michele Pazienza dans la surface semble devoir sonner le glas des espoirs napolitains (84e). C’est sans compter sur un excellent Iezzo, qui détourne le tir de Kaka. On pense alors se diriger vers un nul mérité. Mais à la 87e, le malheureux German Denis dévie le corner de Ronaldinho dans ses cages. Cruel pour le Napoli, qui quitte du même coup le podium provisoire (4e). Le Milan, de son côté, peut savourer... UDINESE GENOA : 2-2 Buts : G. D’Agostino (4e s.p.), Quagliarella (78e) pour l’Udinese. D. Milito (64e s.p.), Sculli (67e) pour Genoa. L’Udinese aurait pu être en tête à la place de Milan en cas de succès à domicile. Et compte tenu de sa forme actuelle, elle semblait avoir tous les atouts en mains face au Genoa. Mais son adversaire a été bien plus coriace de prévu et, finalement, ce sont les Frioulans, menés 2 à 1 en seconde période, qui peuvent s’estimer heureux d’être parvenu à égaliser (2-2). L’Udinese avait idéalement démarré son match en ouvrant vite le score grâce à un penalty marqué par D’Agostino (4e). Mais le Genoa (7e), qui ne s’est pas laissé déborder, égalisait en seconde période, grâce à un nouveau penalty, transformé par Milito (64e), avant de prendre l’avantage grâce à Sculli (67e). Heureusement pour les Frioulans, l’attaquant international Quagliarella parvenait ensuite à égaliser (78) et à préserver l’invincibilité de son équipe à domicile. SIENNE FIORENTINA : 1-0 But : Kharja (76e). La Fiorentina, qui était pourtant invaincue depuis cinq journées, s’est inclinée dans le duel toscan sur la pelouse de Sienne (1-0), rétrogradant ainsi de la 6e à la 8e place. Une défaite qui n’augure rien de bon avant de recevoir le Bayern Munich en Ligue des Champions mercredi. CAGLIARI BOLOGNE : 5-1 Buts : Acquafresca (45e, 52e), Conti (48e), Jeda (69e, 85e) pour Cagliari. Di Vaio (18e) pour Bologne. ATALANTA BERGAME LECCE : 0-0 SAMPDORIA GENES TORINO : 1-0 But : Bellucci (85e). LAZIO ROME CATANE : 1-0 But : Foggia (85e). PALERME CHIEVO VERONE : 3-0 Buts : Miccoli (23e s.p.), Kjær (37e), Cavani (45e+1).Espagne: le FC Barcelone impressionnant leader MADRID (AFP) Le FC Barcelone, qui a signé samedi à Malaga (4-1) son septième succès consécutif en Championnat d’Espagne, est seul leader après la défaite de Valence contre Santander (4-2) et le match nul du Real Madrid dimanche à Almeria (11) lors de la 9e journée. Le Real Madrid, double champion en titre, n’impressionne pas, contrairement au Barça (22 points et 28 buts marqués en neuf journées), mais pensait avoir fait le nécessaire dimanche à Almeria avec un but de son capitaine Raul (38e), son cinquième de la saison en Liga. Mais Piatti a égalisé en fin de match (81e), empêchant le Real (3e) de rejoindre le Barça en tête. Le FC Barcelone a prolongé samedi sa série victorieuse en s’imposant 4-1 à Malaga, signant sa onzième victoire consécutive toutes compétitions confondues (sept en Liga, trois en Ligue des champions et une en Coupe d’Espagne). L’entraîneur de Barcelone, Josep Guardiola, a salué la performance de ses joueurs sur un terrain gorgé d’eau et face à une équipe qui restait sur quatre victoires en championnat: “Je suis très satisfait de la manière dont nous avons joué face à une équipe très forte physiquement et avec des joueurs qui peuvent tuer le match en contre-attaque”. Le leader avant cette journée, Valence, a connu sa première défaite de la saison en Liga, à domicile face au Racing Santander (4-2). Valence, désormais 4e, a plié sous la redoutable efficacité du buteur congolais du Racing, Mohamed Tchité, auteur d’un triplé. L’attaquant de Valence David Villa a encore marqué, sur penalty, et occupe seul la première place du classement des buteurs avec 10 buts, devant le Camerounais Samuel Eto’o (9). l’humiliation en Coupe d’Espagne (défaite 5-0 face au Polideportivo Ejido, club de 3e division), en gagnant 4-1 sur le terrain de l’Athletic Bilbao avec des buts signés Rossi, Pires, Cazorla et Altidore. Villarreal, 2e à un point du Barça, est le seul club de Liga invaincu. Dimanche, le FC Séville, pourtant bien parti à Valladolid (2-0 au bout de 24 minutes de jeu), s’est finalement incliné 3-2, déstabilisé par l’exclusion de son attaquant brésilien Luis Fabiano (35e). L’Atletico Madrid s’était tranquillement imposé samedi à domicile contre Majorque (2-0) avec un doublé de l’Argentin Sergio “Kun” Agüero. Dimanche en soirée, le Deportivo La Corogne s’est éloigné de la zone des relégables en battant largement le Betis Séville (3-0) en Andalousie. Résultats de la 9e journée du Championnat d’Espagne de football: samedi Atletico Madrid Majorque 2 0 Malaga FC Barcelone 1 4 Athletic Bilbao Villarreal 1 4 Valence CF Santander 2 4 dimanche Valladolid FC Séville 3 2 Espanyol Barcelone Osasuna 1 0 Sporting Gijon Numancia 3 1 Huelva Getafe 1 1 Almeria Real Madrid 1 1 Betis Séville Deportivo La Corogne 0 3Angleterre: Liverpool chute, Chelsea leader, Arsenal en criseVillarreal s’est de son côté bien ressaisi après LONDRES, 1 nov 2008 (AFP) La première défaite de Liverpool (1-2), ramenée de Tottenham, a permis à Chelsea de s’emparer du commandement du championnat d’Angleterre samedi à l’issue d’une 11e journée qui a vu Arsenal se diriger vers la crise sportive une semaine avant de recevoir Manchester United. Les Reds peuvent entretenir des regrets. Après avoir rapidement ouvert le score par Dirk Kuyt (3), ils ont largement dominé Tottenham, qui abandonne la dernière place à Bolton. Steven Gerrard a touché deux fois la barre. Mais un but contre son camp de Jamie Carragher (70) et un autre, dans les arrêts de jeu, de Roman Pavlyuchenko, ont annulé les bénéfices de l’exploit de Stamford Bridge la semaine passée. Car son triomphe sur Sunderland (5-0), grâce notamment à un triplé de Nicolas Anelka, permet à Chelsea de prendre la tête à la différence de buts. Le succès de Manchester United sur Hull (43) a été moins probant. Mais pour la première fois, les Red Devils montent sur le podium (3e) et passent devant Arsenal, équipe malade, battue sans gloire chez le promu Stoke. Un nul d’Aston Villa à Newcastle lundi exclurait Arsenal des places qualificatives pour la Ligue des Champions. La réception des Red Devils la semaine prochaine ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices pour l’équipe d’Arsène Wenger qui n’a rencontré aucun cador et dont les trois défaites ont été infligées par des équipes modestes (Fulham, Hull et Stoke). Arsenal sera privé de son attaquant Robin Van Persie, exclu pour un vilain geste à Stoke, et sans doute de Theo Walcott, Bacary Sagna et Emmanuel Adebayor, blessés. Et c’est une défense en ruines qui se présentera face à une équipe qui a inscrit 21 buts lors de ses huit derniers matches, avec un Cristiano Ronaldo retrouvé auteur de deux doublés cette semaine. La titularisation de Kolo Touré à la place de William Gallas en charnière centrale n’y a rien changé: les deux buts de Stoke sont consécutifs à des longs lancers en touche de Rory Delap...

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Page 16 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 En 1957 déjà, Louis Déjoie, sénateur candidat, préconisait la politique de la terre comme étant la seule et la vraie. Mulâtre, il l’était. Mais son option était juste, indifférente aux nuances épidermiques trop souvent sources de prétextes malheureux. Il nous faudra insister sur cette option, s’il est vrai que nous voulons véritablement d’une indépendance alimentaire et fondamentale. En plus des propositions du Dr. King, il nous faudra être inventifs, car le travail, cela se crée. Hormis les “solutions militaires” fracassantes ne conduisant nulle part, il nous faudra envisager une stratégie à effet multiplicateur, auto-génératrice, engageant la bonne volonté des mieux pourvus, en partenariat avec l’Etat qui reste à construire par étapes successives. Car la preuve est enfin faite, après près de trois décennies, que cette histoire d’État-nain – ce fameux dégraissement de l’État est une élucubration économique prescrite aux crédules pour donner libre cours à la gloutonnerie spéculatrice des bourgeoisies. Le marasme actuel haussant les prix en spirale, doublé des difficultés de la bourse, ne peut que nous convaincre du danger d’un Etat nul et annulé. Les services en souffrent, et l’avenir est aux guerres indéfiniment endiguer le désespoir des misérables. En ce qui a trait à la résolution du problème, plusieurs propositions ont été faites par différents secteurs et je retiens ici celle de l’Association des Anciens de Saint-Louis de Gonzague de 1964 visant la promotion de l’éducation, même si les voies et moyens pour y parvenir divergent. Mais le caractère global des solutions aux problèmes tout aussi globaux requiert une imbrication organisationnelle générée surtout par une demande de services engageant la participation de secteurs restés jusqu’ici inconnus, mais visant des objectifs tout aussi divers dont il nous faudra faire un inventaire. Cet objectif ne pourra pas être atteint pas sans études comparatives, sans débats, et surtout sans humilité... Il nous faudra enfin aborder le mode de production dans un pays à haute intensité de main-d’oeuvre. Mais non pas à exploiter mais à libérer par le travail, le salaire, la qualification, la sécurité et dans un bain de justice sociale. Je dis que le débat devra être honnête, sincère, juste, et réparateur. François-Marie Michel Avocat et journaliste New York City 2 novembre 2008 après les émeutes, car la répression ne pourra pas (REACTIONS ... suite de la page 14)Réactions après la conférence du géographe allemand Dr. Alexander King Haïti et le néolibéralisme ! Michaëlle Jean, femme de la semaine du journal Jeune Afrique19 octobre 2008 par SAMY GHORBAL, ENVOYÉ SPÉCIAL À OTTAWA Gouverneure générale du Canada, elle a été, avec Stephen Harper, le chef du gouvernement canadien, et Jean Charest, le Premier ministre de la province du Québec les deux coorganisateurs de la conférence -, une parfaite maîtresse de cérémonie. Michaëlle Jean, 27e gouverneure générale du Canada, a accueilli, chez elle, dans sa résidence de la Citadelle, avec un plaisir non dissimulé, la trentaine de chefs d’État et de gouvernement des pays de la Francophonie qui avaient fait le déplacement à Québec pour assister, du 17 au 19 octobre, au 12e sommet des pays ayant le français en partage. Rayonnante, elle a fait forte impression. Femme, Noire, descendante d’esclaves haïtiens, devenue premier personnage de l’État et icône du multiculturalisme canadien : difficile d’échapper aux clichés pour qui se hasarde à décrire son extraordinaire parcours commencé il y a cinquante et un ans à Port-au-Prince, dans un pays « barbelé de pied en cap », vivant sous le joug d’une dictature impitoyable, celle des Duvalier. En 1968, persécuté par les sinistres tontons macoutes et ayant miraculeusement échappé à la mort, son père, Roger Jean, directeur du collège épiscopal Saint-Pierre, fuit avec sa famille en Amérique du Nord et débarque au Québec. « Nous avons plongé nos racines dans cette terre francophone et généreuse qui est devenue notre terre et où nous avons fait l’apprentissage de la liberté et de la citoyenneté », se souvient-elle. Après des études de littérature comparée à Montréal et plusieurs séjours en présentatrices vedettes du Téléjournal. Au milieu de l’été 2005, elle reçoit un coup de téléphone d’un émissaire mandaté par le Premier ministre de l’époque, le libéral Paul Martin, qui lui a porté sur une seule question : qu’est-ce qu’une personne comme moi, qu’est-ce que mon histoire singulière pourrait signifier pour mes concitoyens, qu’est-ce que le symbole que j’incarnais pourrait leur apporter ? Quand j’ai été convaincue représentais, j’ai accepté. » Le 27 septembre 2005, elle est donc officiellement désignée par la reine d’Angleterre, Élisabeth II. Le poste de gouverneur général, qu’on peut assimiler à celui de vice-roi, car, formellement, le souverain britannique est toujours le chef de l’État canadien, est essentiellement protocolaire : lecture des discours du Trône, promulgation des lois, accréditation des ambassadeurs, remise des décorations. « Cheffe » nominale des armées, elle est tenue informée du déroulement des opérations en Afghanistan, où le Canada a déployé plus de 3 000 soldats et essuyé ses plus lourdes pertes militaires depuis la guerre de Corée (une centaine de tués). « Son Excellence met un point d’honneur à assister au retour des corps, sur la base aérienne de Trenton, en Ontario, et à réconforter les familles », raconte une de ses proches collaboratrices. Troisième femme et deuxième représentante issue des « minorités visibles » à accéder à cette fonction, Michaëlle Jean a grandement contribué à rajeunir une institution vieille de quatre cents ans et un peu désuète, comme tout ce qui touche à la monarchie anglaise dans les anciens dominions. Son style et sa liberté de parole et d’appréciation « non négociable » lui ont d’ailleurs valu quelques tiraillements avec l’actuel Premier ministre conservateur. C’est que, quand il le faut, elle sait mettre les pieds dans le plat. Elle est ainsi récemment intervenue pour réclamer le rapatriement d’un jeune Canadien, Omar Khadr, emprisonné à Guantánamo, âgé seulement de 16 ans lors de son arrestation. « Son boulot n’a rien d’une sinécure, note un politologue de l’université de Montréal. Il faut composer en permanence avec les susceptibilités d’un pays aux identités à vif. Y compris celles des Québécois, qui se sont sentis un peu vexés par l’épisode de sa participation aux cérémonies du 60e anniversaire du débarquement de Normandie. Ils ont trouvé que le battage médiatique autour de sa visite avait un peu trop éclipsé les festivités du 400e anniversaire de la ville de Québec… » Mariée à un Français naturalisé canadien, le réalisateur Jean-Daniel Lafond, qu’elle a rencontré alors qu’elle tournait un documentaire sur le chantre martiniquais de la négritude, le poète Aimé Césaire, la locataire de Rideau Hall revendique son appartenance à la diaspora africaine. « Je ne me dis pas africaine, car ce serait usurpé. Mais je suis sensible à l’histoire dont je suis issue. Et j’en suis fière. J’ai mis les pieds sur le continent pour la première fois en novembre 2006, pour une visite officielle qui a duré un mois (Afrique du Sud, Algérie, Ghana, Mali, Maroc). Je ne savais pas comment j’allais réagir, et, comme on dit en créole, j’ai senti l’Afrique me marcher dans le sang. » C’est par l’Algérie qu’elle a débuté son périple. Pour rendre hommage au peuple algérien, à ses femmes et aux journalistes qui ont fait courageusement front pendant la décennie noire. L’accueil qu’elle y a reçu restera à jamais gravé dans sa mémoire. Mais c’est peut-être sa visite au château d’Elmina, au Ghana, qui a constitué le moment le plus émouvant de son voyage. « Ce lieu était surnommé “la porte du nonretour”, c’était le fort où étaient entassés les esclaves avant leur déportation vers les plantations d’Amérique et où on laissait mourir de faim et de soif les chefs des communautés pour annihiler complètement les leurs. Mon hôte, le président John Kufuor, a profité de ma présence pour renouveler les excuses du peuple ghanéen à toutes celles et tous ceux qui avaient été déportés au cours des âges. Les Ashantis, groupe auquel il appartient, avaient servi de rabatteurs d’esclaves aux commerçants de la traite. Le roi des Ashantis est venu et a fait la même chose. C’était bouleversant. » Même si rien n’est officiellement arrêté, Michaëlle Jean espère retourner prochainement sur le continent. Et peut-être dès mars 2009, à l’occasion d’une conférence internationale sur le pouvoir des femmes, la women’s empowerment, organisée au Liberia par la présidente Ellen Johnson-Sirleaf. apprend qu’elle est pressentie pour succéder à l’honorable Adrienne Clarkson au poste de gouverneur général du Canada. Elle n’en croit pas ses oreilles. « C’était un honneur tellement inattendu ! Ma réflexion Italie, à Florence, Milan et Pérouse, elle se lance dans le journalisme, entre à Radio-Canada, anime des émissions d’information, avant de devenir une des qu’ils pourraient se projeter sur la différence que je Michaëlle Jean passe en revue la Garde d’HonneurFRANCOPHONIE

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Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Page 17 Les travaux de construction de la route nationale numéro 6 (RN6) reliant Cap-Haïtien, la deuxième ville d’Haïti, à la ville frontalière dominicaine de Dajabon sont en voie d’achèvement. Acteurs politiques, opérateurs économiques et riverains se félicitent déjà de cette réalisation financée par l’UE. En effet, la nouvelle route va non seulement faciliter la communication entre les départements du Nord et du Nord-Est3, mais en plus alors rassurants quant au respect du délai imparti pour la livraison de l’ouvrage. «D’ici à décembre, nous aurons terminé la construction des 75 kilomètres de route », informe Luca Paioletti. Il a par ailleurs ajouté : « nous utiliserons ensuite les mois de janvier à mars 2009 pour la construction du complexe administratif de la Douane à Ouanaminthe et pour la réalisation des travaux de signalisation routière » . serpente villes et savanes, dégage une impression de propreté et de beauté. « Partout où passe la route, c’est comme si tout était neuf. Même les maisons paraissent neuves », confie, émue, une riveraine de la RN6. « La route est belle et change notre environnement. Nous en sommes ravis » , renchérit une autre. Les transporteurs publics sont parmi ceux qui sont les plus satisfaits de cet ouvrage. Aussi, laCap Haïtien Dajabon ou la route de l’espoir Compagnie dominicaine de transport «Caribe Tours» a inauguré le circuit Cap-HaïtienSantiagoSantoDomingo, le 11 juillet dernier. Ainsi devient-il désormais plus facile d’atteindre la capitale dominicaine, Santo-Domingo, à partir du Nord d’Haïti. Et comme le reconnait Pierre Pelotat, directeur administratif et commercial de «Caribe Tours », « c’est la réalisation du tronçon Cap-HaïtienDajabon qui a permis cette opération. Celle-ci va contribuer à faciliter les échanges et à rapprocher davantage les Haïtiens et leurs voisins dominicains». Les transporteurs haïtiens expriment également leur contentement. « Cette route nous permet d’aller plus vite. J’en suis pleinement satisfait. Grâce à elle, je n’ai plus à réparer ma voiture chaque semaine» , se réjouit Henriclès Saint Preux, chauffeur de camionnette sur le tronçon Limonade-Cap Haïtien. Henriclès Saint Preux a en outre signalé les bienfaits de cette route en termes de réduction de la durée des voyages. « Auparavant, il me fallait une heure et 20 minutes pour parcourir le trajet Limonade-Cap-Haïtien. Aujourd’hui, il me faut à peine 20 minutes pour effectuer le même parcours. Ainsi, au lieu de trois voyages par jour, j’en fais désormais 10» . Par ailleurs, tout au long de la nouvelle route, les petites activités économiques fleurissent. Marchandes de fritures, vendeurs de cartes importance capitale. D’abord, pour ceux qui font du commerce transfrontalier. En effet, de l’avis de l’économiste Marcel Clodion, « l’achèvement de cette route va renforcer, d’une part, les échanges entre Haïti et la République Dominicaine et, d’autre part, les échanges entre les différentes communes haïtiennes des départements du Nord et du Nord Est ». Marcel Clodion, qui avait conduit l’étude préparatoire à la réalisation de ce tronçon de route, a précisé : « le passage DajabonOuanaminthe est une véritable plaque tournante des échanges frontaliers. 31% du total des exportations dominicaines vers Haïti passent par cette route » . Quant aux populations, elles voient dans la construction de cette route un évènement majeur. «La route est d’un grand apport dans le cadre du développement de la commune de Limonade, voire du grand Nord. La réalisation de cette infrastructure s’accompagne entre autres de l’assainissement et du drainage, ce qui a un impact positif sur la santé de la population », explique, visiblement ravi, le maire principal de la commune de Limonade, Jean Manguira. Pour lui, en effet, « à cause de la poussière, les gens avaient souvent de la sinusite. Maintenant, de Quartier-Morin à Fort-Liberté, cette poussière a disparu ». et surtout accroitre les échanges économiques entre Haïti et la République Dominicaine. Longue de 75 kilomètres, la route transfrontalière Cap-Haïtien / Dajabon relie, dans la partie haïtienne, les communes de Quartier Morin, Limonade, Trou du Nord, Terrier rouge, Fort Liberté et la ville frontalière de Ouanaminthe. Elle comprend une déviation de 7 km au niveau de la commune de Trou du Nord et une bretelle de trois kilomètres conduisant à la ville de Fort Liberté. Cette route est financée à hauteur de 40.680.000 euros par l’Union européenne. La construction de cette route fait partie d’un paquet de quatre conventions signées le 8 Décembre 2005 avec le gouvernement intérimaire d’Haïti, portant sur la réhabilitation des infrastructures routières du pays. Les travaux ont débuté en janvier 2006 et prendront fin en décembre 2008. Le projet est exécuté par l’entreprise italodominicaine de Génie civile, Ghella, qui avait remporté l’appel d’offres. La construction de la route entre dans sa dernière phase, si l’on en croit Luca Paioletti, responsable du Bureau technique, qui a précisé que « la plus grande partie des travaux a déjà été réalisée ». Entre autres, six nouveaux ponts sont construits et l’asphaltage est achevé à environ 80%. La route sera bientôt achevée (photo Marco Dormino / Minustah) téléphoniques prépayées, d’accessoires pour autos et motos, réparateurs de pneus et autres y élisent progressivement domicile. Le tracé de cette route avait donné lieu à des actions violentes de la part de la population de la commune de Trou du Nord. Pour des retombées économiques, celle-ci voulait en effet que la nouvelle voie traverse cette ville. L’Etat haïtien, de concert avec la compagnie Ghella, en avait décidé autrement. Aussi, le 25 novembre 2007, une partie du matériel de l’entreprise a été incendiée entraînant des pertes évaluées à plusieurs centaines de milliers de dollars américains. Les responsables de l’entreprise se veulent Pour nombre d’acteurs, cette route revêt une Cette interminable bande noire et propre, quiINFRASTRUCTURES

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Page 18 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Les Sports avec Mario Bareau informations avec Laury Faustincon Lucianiavec Villette Hertelou Mardi avec Bernard EtheartLun. & Mer. : L’heure classique Jeu. & Dim. : Jazz at Ten Judy Carmichael reçoit ses invités9h00 10h305h 30 pm journal créole avec Louini Fontal animation James Prédvil74 bis Rue Capois, Port-au-Prince, Haïti Tél.: (509) 2221-8596 / 2221-8567 / 2221-8568 / 2221-0204 Fax: (509) 2221-1323 E-mail: melodiefm@hotmail.com / URLL www.haitienmarche.com Librairy of congres # 1SSN 1064-3896www.melodiefmhaiti.com Mélodie & CompanyDéveloppement durable LES JEUX En Bref...(... suite de la page 2) Près de 140 millions d’ Américains vont aux urnes ce mardi 4 novembre pour élire un président, un vice-président, 435 représentants au congrès, 35 sénateurs ainsi que de nombreux élus locaux et des décisions par referendum sur un ensemble de propositions dans leurs états respectifs. Les candidats à la présidence Barrack Obama et son colistier Joseph (Joe) Biden pour le parti démocrate ainsi que John Mc Cain et sa colistière Sarah Palin pour le parti républicain retiennent presque toute l’attention à côté d’autres prétendants minuscules et négligeables comme Ralph Nader qui n’est d’aucun parti (à ne pas confondre avec Indépendant), Cynthia McKinney du parti Vert, Bob Barr du parti libertarien et Chuck Baldwin du parti constitutionnaliste. 27 millions d’électeurs environ ont déjà voté dans une trentaine d’Etats qui autorisent le vote anticipé. Les sondages nationaux indiquent Barrack Obama est en position pour devenir le prochain président américain et qu’une majorité démocrate va dominer la chambre des représentants et du Sénat. L’élection se fait Etat par Etat. Le candidat qui recueille la majorité simple des voix dans un Etat remporte la totalité de ses grands électeurs dont le total est de 578. Il faut 270 électeurs pour remporter la victoire suivant la répartition du collège électoral basée sur le recensement de 2000. Les démocrates ont confirmé leur avance et ont passé à l’offensive pendant les 2 dernières semaines en menant campagne dansMardi 4 novembre: Des élections pour renouveler le leadership américain(4 NOVEMBRE / p. 20) personnes, en majorité des enfants, sont mortes de faim dans la localité de Baie d’orange à Bell-Anse dans le sud-est du pays, a révélé le délégué départemental Zidor Fednel intervenant sur les ondes d’une station de radio de la capitale haïtienne. La situation est alarmante dans la région et des instances concernées, le gouvernement et des ONG, sont déjà intervenues pour assister la population locale. Des camions de nourriture ont été envoyés en urgence dans la zone. Cette région a été coupée du pays suite au passage des récents ouragans.Meurtre à Anse à GaletsLe délégué de ville de la commune d’Anse à Galets, Jean Tony Alexis, a été assassiné par balles dans la soirée du mercredi 29 octobre. Le représentant de l’Exécutif a été atteint non loin de sa résidence par des bandits non identifiés circulant à moto. La police départementale a effectué quatre arrestations dans le cadre de cette affaire.Les Gonaïviens accusent le magistrat de détournement de l’aide humanitaireAux Gonaïves, des éléments de la population ont gagné les rues le jeudi 30 octobre pour exiger le départ du maire de la ville, Stephen Moise. Les protestataires accusent le magistrat de détournement de l’aide humanitaire dédiée aux dizaines de milliers de sinistrés occasionnés par le passage des derniers ouragans sur le pays. A la vérité, la police a procédé à l’arrestation d’un gardien de sécurité de la mairie pour vol de l’aide alimentaire.La PNH en action …Dans la capitale haïtienne, la police annonce avoir libéré un otage de 9 mois et déjoué une tentative de kidnapping sur un ingénieur. En même temps, on assiste à une spectaculaire remontée du kidnapping dans le Nord du pays. Au moins 11 personnes ont été victimes d’un enlèvement dans la région de Quartier Morin à Limonade dans le département du Nord. Les ravisseurs exigent une rançon de $ 20.000 U.S pour la libération de l’un des otages nommé Arnold Louis, selon ce qu’a indiqué le député de Limonade Hugues Célestin qui déplore l’absence de patrouille policière dans la région.Le maire de Léogane libéré par un juge d’instructionLe maire de Léogane, Santos Alexis, a été libéré par les autorités judiciaires de Petit Goave, vendredi dernier. Inculpé pour usage de faux, M. Santos et son comptable ont été remis en liberté par le juge d’instruction en charge du dossier. Aucune manifestation n’a été enregistrée lorsque le maire a regagné son domicile vendredi après midi.

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Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 Page 19Ti Gout pa Ti Gout ak Jan Mapou Jounen Entènasyonal Kreyòl – Samdi 26 oktòb 2008“ Dyalèk kreyòl nan Nò : yon jan yo pale lang ayisyen an. Pwononsyasyon, gramèr, vokabilèr”.ak Max Manigat * Kouzin, Kouzen, Pou konmanse, kite-m di an kikongo, youn lang mwen renmen wòd : Ntondele! ki se : Mèsi, mwen kontan! Mèsi Sosyete Koukouy pou òganizasyon chita ansanm saa. Mèsi FIU ( Florida International University ) ki ba nou sal pou chita-a. % Save Norluck Dorange ki fèk sot fini youn fimdokimantè ki rele : “ La porte de l’oubli / Pye sabliye” aprann mwen koutim abitan lakay, Sosyete Koukouy ranmase a, pou rele moùn ou konsidere : kouzen, kouzin, se youn koutim afriken. Konsa, tout Koukouy deja konnen sa ; enben aswè-a paske nou rasanble pou fete Jounen Entènasyonal Lang Kreyòl “ la, mwen kwè nou merite tit sa-a tou. Tit rale-m nan se : “ Dyalèk kreyòl nan Nò : youn jan yo pale lang ayisyen-an. Pwononsyasyon, gramèr, vokabilèr ”. N’ap remake mwen pa di : “ Kreyòl nan Nò : youn dyalèk . Se paske nan lenguistik mo dyalèk la gan vre sans li. San nou pa bezwen antre nan gwo devlòpman, an nou pran youn definisyon senp nou twouve sou entènèt nan ansiklopedi Wikipédia : « Youn dyalèk (mo-a soti nan lanng grèk ansyen : diálektos , ki limenm soti nan : dialégomai ki vle di : « pale ansanm ») se youn jan espesyal nan youn lanng ki distenge tèt li pa rapò ak lòt dyalèk nan menm lanng nan akòz sèten pati ki pa menm kankou : vokalibè, gramè ak fonetik (kidonk jan yo pwononse-l la). Se youn pati nan popilasyon-an ki pale konsa. Tout lanng, san eksepsyon, ganyen dyalèk.” Sa m’fin di-a, m ap envite espesyalis kreyòl Okap / nan Nò, Jacques J. Garçon , li youn tèks pou nou. Wenmenm m’a sèrvi ake y pou wen montre diferans ganyen ant 2 mannyèr pale kreyòl la. Men Jaklen : Youn istwa an Kreyòl nan Nò “Youn singgo [voN– MCNH -289] twonpe grangou sele pòpyèr an wen [pnN+gr] ; men m pantan, m pwese [pnN] bay dèyan m [gr+pnN] (dèyèr an m) de tap; paske wou [pnN] pa janmen konnen youn nonm ka anfouye nan oun dòmi mal pou leve osnon pa janm leve menm. Wen [gr+pnN] pa pare pou bagay konsa konnyèr [pnN] la. Wen [gr+pnN] leve, m ay [vo+pnN] f oun [pnN] ( fè youn) mache, degoudi pyan m [pnN+gr] (pye an wen). Konsa, wen [gr+pnN] debake anwo [voN] Lisyen, ti nèg a [grN] Charite ya, ki bòde goumen ake [voN– MCNH -26] Filemon; timoùn Laplenndinò; li vin fè de jou Okap ake [voN– MCNH -26] marenn a y [gr+pnN]. De ja [gr+pnN] ( je a) Lisyen fèrmen [pnN], gade non, l’ape voye kou pasipala. Younn pa rive. I [gr+pN] te resi ouvwi [pnN] ja y [gr+pnN] (je a i) lèr [pnN] Filemon mate i [gr+pnN] ake [voN– MCNH -26] youn so kabwit [pnN]; i [gr+pnN] te rive twò pwe [pnN], man y [gr+pnN] (men an i) te gantan nan kòlèt a [grN] ti non [voN] an. Saa se move tonbe wi! Si oun ti nèg pa konn sa w ye, ou p ay [voN] twoke kòn a w [gr+pnN] (kòn a w) la. Wen [gr+pnN] te oblije ay [vo+pnN] mete youn ola / mete milye ; lèr [pnN] wen [gr+pN] wè mouche leve ake [voN– MCNH 26] de wòch nan man y [gr+pnN] (men an i). Zafèr [pnN] voye wòch gan twò gwo dega, jandam, fondepouvwa, papye tenbwe [pnN], tribinal, twòp tèt chaje do rèd [voN]. Wen [grN] poze kèksyon. Lisyen kenbe youn sèl djann [voN]: “ Filemon pwan [pnN] kannik an m [vo+gr+pnN]! Filemon pwan kannik an m [vo+gr+pnN]! Se pou w fè y [gr+pnN] ban m kannik an m [vo+gr+pnN]. I [gr+pnN] vire gade Filemon; men i [gr+pnN] kòm kanpe pi lwen. I [gr+pnN] chonje [voN] sa i [gr+pnN] sot pwan [pnN]. I [gr+pnN] di : wou [pnN] pwan [pnN] kannik an m [gr+pnN]! Wou pwan y [gr+pnN]! Vòlèr [pnN]! Eskanmòtèr ! [vo– MCNH -116] Kòchon [pnN]! Alòs! Filemon esplike wen [gr+pnN]: “ Nou t’ap jwe kannik [voN] pou pwan [pnN], se pa te pou pati. Nou fè youn kout senk [voN]. Mouche ay [vo+pnN] mò rèd, m leve gany an m [pnN]”. _________ Men siyifikasyon nòt mwen mete nan mitan 2 kwochè [...] yo nan tèks Jaklen an : + = plis ; f& [gr+pnN] = gramè + pwononsyasyon nan Nò MCNH = Mots créoles du Nord’Haïti... ( Max Manigat, 2006, 375p.) [N] = Nò gr = gramè ; f…I [gr+pnN] vire gade = gramè + pwononsyasyon nan Nò. pn = pwononsyasyon ; f& kannik an m [vo+gr+pnN] = vokabilè Nan Nò + gramè + pwononsyasyon nan Nò. f…: ekzanp % Mwen te di : diferans nan vokabilè ; Jaklen bay plizyè mo nan Nò anpil moùn lòt pati nan peyi pa konnen : singgo : kabicha, ay ; al (vèb la se ale ki kontrakte : al ki tounen : ay ), anwo : sou, ti non an : ti nonm nan, do rèd (nou konnen tèt chaje , men nan [N] espresyon an se : tèt chaje do rèd ), kannik : mab. Mwen ekri youn liv 375 paj : “ Mots créoles du Nord’Haïti. Origines – Histoire – Souvenirs “ (2006) ki vini avèk youn dal mo kreyòl nan Nò. Kòm mwen te di nan alapapòt li : “ Anpil, anpil, mo manke nan lis la…” Mwen jwenn prèske senkant mo natifnatal nan [N] depi apre liv la fin parèt. % An nou pran diferans nan gramè : “a”: pou endike youn bagay pou youn moùn, pou youn bèt, pou youn lòt bagay ; li vini anvan sa-a ki ganyen-l lan f& pye a (pya…) chèy la f& liv a Jaklen an, f& bann ti poul a i (poulay) yo ; pwonon pèsonèl sije yo : “ wen, i, zòt ” : f& wen vini, ou vini (lontan sete : to vini), i vini, nou vini, zòt vini (zòt ap pèdi fil jou an jou) ; yo vini ; adjektif posesif yo : “wen, ou, i, nou, y” li toujou mache avèk “a” devan l : f& liv an wen an ki konn soti : livanm nan, liv a ou a ki soti livaw la, liv a i ki konn soti livay , liv an nou yo ki konn soti : livann yo ; pwonon posesif yo : “ kina an m, elat.” Gan lòt ka ankò ki ta mande plis pale men tan an kout. % Kote bagay la sanble li pi malouk, se nan : diferans nan pwononsyasyonan ; men se gran van ti lapli: Mwen kwè se nan MCNH mwen rakonte odyans youn pè katolik, nèg serye, bon jan kretyen, ki pa janm manke bay youn kout : f& “ Nèg Pòtoprens ja (je a) yo nan ja ou (jaw) man yo (men an yo) nan kòkòt (o respè) a fanm a w ” pou chare – nan [N] nou ta di giyonnen m. Mwen bay ekzanp tou sa Ameriken rele youn ‘ tongue twister’ (youn fraz ki difisil pou pwononse; ki tòdye lanng ou) : f& “ Ban m grenn kannik an m grann an m ban m ” pou montre kouman mo “an” avèk “m” nan marande pou bay youn seri son ki sanble yo enposib alòske yo pa difisil pou konprann. Youn mòun ki tande “kanikanm”, “grannanm” gendwa pa fè atansyon ; men, depi l’ta konnen : kannik se mab, li t’ap tou sezi sans se : “mab mwen grann (granmè) mwen ban mwen” yo pwononse youn lòt jan. Twa lòt ekzanp : f& 1) “ frèr an wen” ki kapab tounen “ frèr an m ” pou : “ frè m”; f& 2) “ se za [ze a] poul ake pya [pye a] poul” pou : “se ze poul avèk pye poul” ; f& 3) “ Tchenbe tchanm an m pou m ” pou : “ Kenbe manchèt mwen pou mwen.” Koze long, tan kout. N ap bije rete la. % An bon Koukouy, mwen te chwazi mo ‘ dyalèk ‘ la pou mwen klere chemen sila yo ki ta vle pwofonde nan cheche-konnen plis sou lanng nou an. Kankou m’te di nan alapapòt “ MCNH ” m’nan : “ Liv la, malgre tit li, pa rete nan prezante etimoloji ak orijin. Li vle laji jan yo konprann lavi nan Depatman Nò-a, pou montre moùn, ki pa konnen yo, lòt figi pati peyi sa-a ; li priye yo angras olye pou yo pase konpatriyòt Okap yo nan betiz pou yo sere, konsève bon bagay yo ganyen ki pwopriyete tout pèp ayisyen-an ki youn pyebwa chaje ak anpil kalite rasin.” (tradiksyon p.22) Ngolo! Ngolo! Djanm! Djanm! _______ * Max Manigat ekri : “ Mots créoles du Nord’Haïti. Origines – Histoire – Souvenirs ” (2006) ak “Patamouch. Etimoloji – Literati – Repòtaj” (2007). *******************************Katòz lòt mo pou di : Ti kouloutak Max manigat * Nan vire paj leksik [1] pwofesè Pradel Pompilus te ekri – men li pa te janm pibliye pou mache ansanm avèk tèz doktora li-a : “ La langue française en Haïti ” (1961) la, mwen jwenn onz lòt mo abitan nan peyi nou an sèvi pou di : ti couloute / ti koulout (p. 68) : anfammin / anfanmen ( mo franse : affamé ) – p. 6 ava / ava ( mo franse : avare ) – p. 12 avaricié / avarisye ( mo franse : avaricieux ) – p. 12 chicha / chicha (ki fèt sou modèl mo : ‘ chich’ la) – p. 53 chiche / chich ( mo franse : chiche ) – p. 54 còcòtò / kòkòtò (mo kikongo : mukòkóto pou ava, peng) – p. 58 crasse / kras ( mo franse : crasse ) – p. 71 crassié / krasye (ki fèt sou modèl mo : ‘ kras’ la) 71 cro / kwo ( mwen poko wè kote l ta soti ; li pa angle, ni franse, ni kikongo, ni panyòl) – p. 72 hapagon / apagon ( se non : Harpagon youn pèsonnaj nan pyès teyat ekriven franse Molière la : “ L’avare ” (1668). p. 125 pingue / peng ( mo franse : pingre ) – p. 180 Jules Faine [2] (p. 50) limenm, ki pa di si se abitan osnon moùn lavil k ap pale, pote : chichadò / chichadò (mo ‘ chich’ la + ador ki dapre li se youn sifiks panyòl) du / di (se mo franse : dur ) serré / sere (mo franse : serré ki an kreyòl vle di tou : mete youn bagay an rezèv, mete l anba kle.) M’ap kontinye vire paj toujou. Sa m’grapiye m’a separe avèk nou. _________ * Max Manigat ap prepare youn reyedisyon : “ Receuil de proverbes créoles ” (1872 & 1877) J. J. Audain an. [1] Pradel Pompilus : “ Lexique du patois créole d’Haïti ” (1961) [2] Jules Faine : “ Dictionnaire français-créole ” (1974) =========================GANINE SYLVAIN-AVIN : YOUN KOMEDYEN FÈT-EFOUNIGen youn dal atis-rezève nou ta ka di k’ap viv anndan kominote ayisyen-an. Pafwa se nan sikonstans sanzatann nou dekouvri yo. Ganine Avin se younn nan yo. Nan chache fouye, poze kesyon nou aprann Ganine Avin ane pase, pase tout youn jounen nan youn otobis sou wout Savana Jòji pou inogirasyon estati istorik òganizasyon Haitian American Historical Society –a ap bay lodyans. Pou mounn ki nan kozman sante, pou entelektyèl k’ap fè sikoloji aplike, yo konnen enpòtans lodyans nan lavi-a. Se toutlajounen depi n’al ka doktè l’a mande nou pou nou relaks, pran distraksyon, lache kò-a, debleye moral-la, ale, soti … al nan aktivite ki pou fè-n ri, ki pou detann-nou, soti nan anviwonnman tètchache-a kote pwoblèm ak estrès ap kankannen, boukannen sèvo-n tankou pen k’ap pèdi koulè nan founo. Komedi teyatral se younn nan distraksyon sa yo. Se mèyè-a. Si nou gade byen tout televizyon Ozetazini gen pwogram sou komedi. Yo jwe ak mo yo. Yo pase tout bagay an derizyon . Yo fè blag menm sou otorite politik peyi-a. Tout bagay ki bay tansyon, yo koule youn ti dòz griyendan ladan yo pou fè tansyon-an desann. Leswa depi apre 11-è prèske tout Chanèl TV branche sou komedi. Gen sal teyat katye se sa senpman yo fè. Gen aktè komedyen se espesyalite yo. Yo fè jès ki fè mounn ri, yo teke grenn mo, yo woule fraz yo youn jan, youn mannyè, fè mouvman kòporèl pou fè mounn k’ap gade osnon k’ap tande-a rantre nan youn lòt monnd. Youn monnd apa. Youn monnd bèl lodyans-griyendan, youn monnd leve de pye anlè, kage sou do. Youn monnd vivlavi. Jounen jodi-a ak kozman entènèt mounn pataje lodyans, kreye lodyans pou detann yo. Si nou gade byen pa gen anpil aktè komedyen ayisyen. Youn bon komedyen s’oun aktè total-kapital. S’oun aktè ki ka fè mounn soti nan youn sitiyasyon dramatik rantre nan youn sitiyasyon komik san pase leve, san tranzisyon. W’ap kriye. W’ap ri. W’ap ri, dlo ap koule nan je-w san konprann fenomèn k’ap pase anndan kò fizik –ou . Kominote nou-an pa ri. Yo pa konn ri. Nou si tèlman serye, toujou boude, nou tankou mounn k’ap pare pou joure, pou goumen. Lè youn atis bay youn blag, nou ri epi nou boude. Nou fache. Nou konprann se pwent l’ap voye. Se zuing, l’ap zuing nou. Seswa nou di atis-la maledve. Li di twòp betiz. Se swa nou di se pwent l’ap voye ban nou. Apa Langichat Debordus, Tonton Meme(Piram) ak kèk lòt blagè odyansè nan jenerasyon 70-80 yo, bon atis komedyen ayisyen yo pa anpil. Ou ka konte yo sou 5 dwèt ou. Nan dyaspora-a, gen nèg ki bay lodyans. Pafwa se zo repase, ki vle di se menm lodyans lan ou tande k’ap repete de bouch-an-bouch, manke kreyasyon. Mwen fè esperyans lan nan fò dimanch lò rejim Divalye-a te arête nou nan Mouvman Kreyòl Ayisyen an Avril 1969, kote lodyans se te sèl grenn kafenòl ki te konn fè prizonye yo bliye kondisyon mizèrere yo, bliye si makout yo ap vin chache yo pou y’al fiziye yo. Nou ri jouk nou gen wòkèt… Menmsi se menm lodyans yo k’ap repete, nou ranje yo, mete disèl, mete piman, chanje non yo, chanje zòn, yo mete pase genyen… Nan dyaspora Miyami-an nou pa gen anpil lodyansè. Nan televizyon ayisyen nou konn apresye jefò Tonton Dezirab, Papapyè … nan radyo nou ri ak Aubry Blag, Alix Leroy … Se nan chache nou tonbe sou Ganine Avin. Non fanmiy li se Sylvain. Papa-l se gran powèt ekriven Marcel Sylvain ki ekri chante Ayiti cheri-a, youn chante kn vin youn eritaj nan patrimwàn nasyonal. Se Marcel ki ekri pyèsteyat LOKOCIA. Ganine se sè Mireille Sylvain-David, fondatè òganizasyon kiltirèl HAYO nan Kendal, zòn sidwès Miyami. Mireille s’oun ekrivenpowèt ki pibliye <> youn woman sou youn sijè sosyal ki fè anpil eko nan kominote literè-a. Kidonk Ganine Avin soti nan youn fanmiy atis. Rasin ni pouse tou fre nan sous atezyen papa-li. Marcel Sylvain sa-a se younn nan grannèg ekriven ayisyen ki ekri youn bèl chante ki kenbe tout frèchè gangans li jouk jounen jodi-a. Samdi 1 Novanm se fèt Ganine. Zanmi ak fanmi te sanble nan Sant Kiltirèl mapou pou youn doub selebrasyon. Nou derape ak youn omaj pou Barack Obama. Jan Mapou ak Pwofesè J.C Exulien te pran lapawòl pou esplike youn lòt fwa ankò fenomèn Obama-a epi annapre, nou chante bòn Fèt pou Ganine Avin. Carmelot Monestime k’ap ap kolabore ak Ganine depi premye jou te louvri Express Publicity te prezante youn bouke flè ba atis-la. Nou louvri Chanpayn e nou te bay asistans lan randevou pou vin savoure youn bon tranch gato ak Ganine madi swan an Sant Kiltirèl mapou kote nou pare pou n’al selebre viktwa Bark Obama agranlijyèn. Youn lòt fw ankò nou di Ganine Bòn fèt! Jan Mapou mapoujan@belsouth.net ================================= Nòt Pou LaprèsENVITASYONNou envite tout mounn nan lansman CD “Chimen Souvni-m” powèt André Fouad pibliye k’ap fèt jedi 20 Novanm 2008 depi 7è diswa nan Gold Choice Ballroom ki nan 345 State Road 7 Margate, Fl. “Chimen Souvni m” se youn konpilasyon bèl powèm kreyòl ak vantilasyon mizikal Dadou Pasquet ak Erol Josué ak vwa powèt André Fouad, Jeanie Bogart, Tanisha Adé ak Wolf Bertrand. Youn sware atistik e literè ak patisipasyon Dadou Pasquet, Pantaléon Guilbeau, Gesler Mésidor. Pou plis enfòmasyon rele: 954-793-9948/ 954-984-9544 Email: andr efouad@yahoo.fr

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Page 20 Mercredi 05 Novembre 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 41 BACK PAGE Haïti en MarchePort-au-Prince 100 Avenue Lamartinière (Bois Verna) Tel.: 2245-1910, Fax 2221-1323 Miami 173 NW 94th Street Miami, Florida 33150 Tel. 305 754-0705 / 754-7543 Fax 305 756-0979 New York • 914 358-7559 Boston • 508 941-6897 Montréal • 514 337-1286 email : melodiefm@hotmail.com haiti-en-marche@hughes.net URL : www.haitienmarche.comLibrary of Congress # ISSN 1064 3896 A la veille de l’élection présidentielle américaine, Barack Obama a annoncé lundi que sa grand-mère était morte le soir précédent. Il y a moins de deux semaines, le candidat démocrate à la Maison Blanche avait fait une pause de deux jours dans sa campagne pour rendre visite à sa grand-mère souffrante, à Hawaï. Madelyn Dunham, 86 ans, avait joué un grand rôle dans son éducation. Barack Obama fait part de ce décès dans un communiqué signé conjointement par sa soeur Maya Soetoro-Ng. Le texte précise que Madelyn Dunham s’est éteinte sereinement, après une longue lutte contre le cancer. “Elle était la pierre angulaire de notre famille. C’était une femme extraordinairement accomplie”, peut-on lire dans le communiqué, qui salue sa “force” et son “humilité”. “C’est elle qui nous a encouragés et nous a permis de prendre des risques”. Barack Obama a appris ce décès lundi matin tandis qu’il faisait campagne à Jacksonville, en Floride. Il prévoit de poursuivre son programme d’apparitions publiques. APLa grand-mère de Barack Obama décèdée l’avant-veille de l’élection du 4 novembreUn jeune Barack Obama et sa grand’mère Madelyn Dunham (photo AP) Mardi 4 novembre: Des élections pour renouveler le leadership américaindes Etats réputés républicains tout en contraignant ces derniers à la défensive. Lundi matin, Obama était à Jackson Ville, en Floride après un long week-end qui l’a emmené tour à tour dans le Colorado, le Nevada et le Missouri, samedi, l’Ohio, dimanche, avant d’aller, lundi, en Floride, en Caroline du Nord et en Virginie. McCain, cherche toutefois à inquiéter les démocrates dans le New Hampshire et, surtout, en Pennsylvanie, qui désigne un nombre relativement important de grands électeurs. Les deux partis présentent des visions différentes de l’Amérique qui fait face à une crise financière et économique énorme au niveau interne et une crise de confiance et de leadership à nul autre pareil au niveau global après 8 années de mise en œuvre de la doctrine Bush/Cheney. Les questions économiques dominent ces joutes électorales au-delà de la personnalité des prétendants et des questions internationales telles la guerre en Irak et en Afghanistan. L’économie occupe une large part dans les discussions électorales avec des questions relatives aux plans de taxations, d’indépendance énergétique, de santé, d’éducation et de vision de la démocratie et du renouveau du leadership américain dans le reste du monde. Les propositions économiques défendues par John McCain sont dans la continuité de celles de l’actuelle administration Bush. Barack Obama propose au contraire un changement sur le plan fiscal en augmentant les impôts pour les revenus les plus élevés et l’ intervention publique pour éviter la débâcle du système de crédit. La croissance de l’économie américaine a été négative au troisième trimestre, et il y a tout lieu de craindre une importante augmentation du chômage qui était de 6.1% à la fin du mois d’octobre. Les deux candidats sont bien conscients que la dépendance américaine par rapport au pétrole est un élément dominant de l’actuelle crise économique. Les deux se retrouvent sur un point à savoir de réduire la dépendance américaine par rapport aux pays producteurs de pétrole . Le ticket Mc Cain/Palin propose à l’Amérique de forger dans ses propres puits (Drill Baby drill) et Obama/Biden est en faveur d’un investissement de 15 milliards de dollars par années dans les énergies renouvelables (eau, vent, soleil). Les deux candidats n’ont pas les mêmes priorités ni les mêmes idées quant à la politique étrangère américaine. Barack Obama estime que les forces américaines doivent quitter l’Irak aussitôt que possible et que l’effort principal doit porter sur l’Afghanistan. Mc Cain est en faveur d’une victoire honorable de l’Amérique en Irak. Barack Obama parait confiant et prudent ce lundi à la veille du Jour-J des élections. L’enjeu est pour lui non pas d’y obtenir la majorité simple mais la majorité absolue au niveau des chambres. Les démocrates cherchent à obtenir 60 sièges au Sénat et 250 représentants à la Chambre pour mieux asseoir leur politique. Et même avec une majorité démocrate, le nouveau locataire de la maison blanche doit compter avec les différents groupes bien représentés au congrès.Roosevelt Jean-Francois Jroosev1@fau.edu(4 NOVEMBRE... suite de la page 18)