Citation
Haïti en marche

Material Information

Title:
Haïti en marche
Place of Publication:
Miami Fla
Publisher:
s.n.
Publication Date:
Copyright Date:
2005
Frequency:
Weekly
regular
Language:
French
Physical Description:
v. : ill. ; 45 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
Haitians -- Newspapers -- United States ( lcsh )
Newspapers -- Miami (Fla.) ( lcsh )
Newspapers -- Miami-Dade County (Fla.) ( lcsh )
Genre:
newspaper ( marcgt )
newspaper ( sobekcm )
Spatial Coverage:
United States of America -- Florida -- Dade -- Miami
Haiti

Notes

Language:
In French.
General Note:
Description based on: Vol. 3, no. 37 (7 November 1989).

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Copyright Haïti en Marche. Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
21271733 ( OCLC )
sn 92061416 ( LCCN )
1064-3869 ( ISSN )

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5 membres de Barikad Crew meurent dans un accident


La fiancee du band leader se suicide
PORT-AU-PRINCE, 16 Juin Dernier episode de
la trag6die qui a frapp6 le groupe Rap haitien, Barikad Crew,
pendant le week-end : la fiance du leader du groupe s'est
donnde la mort lundi matin.
Natalia Leonidad Bertrand s'est suicide en se
tirant une balle i la tate. Elle a &t6 retrouv6e allong e dans
son lit avec en main un pistolet de calibre 38.
Le drame s'est d6roule dans une residence a l'angle
(BARIKAD CREW / p. 3)




.LL O ..........

TlrtIl


( uo retail tPtP e P In H / L W avant Intll ) f rnr rnesl rCn' llfntn ( AAAt 7Ifl1l


Leo (Grinno RnarikaJ ,Crw


PROCHAINE HAUSSE DES PRIX DE LA GAZOLINE

L'Etat haitien se refuse a subventionner 1'essence
PORT-AU-PRINCE, 13 Juin L'Etat dans plusieurs villes du pays en avril dernier, il avait Mais il faut r6glerquand mime la facture p6troliere.
haitien est confrontW a un dilemme : suite aux d6cid6 d'abandonner une partie des taxes sur le Ce dont l'Etat s'acquitte en partie en puisant dans
6meutes de la faim qui ont fait rage a la capitale et carburant afin de ralentir la hausse g6ndrale des prix. (SUBVENTION / p. 5)


peut-elle reveiller notr
PORT-AU-PRINCE, 11 Juin-En 1946,
le pape du surr6alisme, Andre Breton, donna une
conference au Rex Thedtre, a Port-au-Prince, oi
il d6clara qu'en Hector Hyppolite le surr6alisme


I Ogoun Feray, par Hector Hyppolite


Conscience?
avait trouv6 la << cl lui
permettant d'ouvrir la boite
qui s'appelle l'homme. >
Selon Andr6 Bre-
ton, les ceuvres d'Hector
Hyppolite t6moignent que
celui qui les avait r6alis6es
<< avait un message d'impor-
tance a d6livrer, qu'il 6tait en
possession d'un secret. >
Et ce secret, pour-
suit Breton, est le meme
<< qui a eu raison de
l'esclavage et des oppres-
sions succes-sives. >
Selon un autre
sp6cialiste, << Haiti est une
somme culturelle, faite de
resistance et de creations >>.
(source afrikara.com).
Hector Hyppolite
est n6 dans l'anonymat en
1894, mais a sa mort en
1948, a l'Age de 54 ans, il
(voir HECTOR
HYPPOLITE / 10)


SUSPENSE PREMIER MINISTRE

Apres Bob Manuel, qui sera

la prochaine victime >> ?
PORT-AU-PRINCE, 14 Juin des efforts de stabilisation depuis le
- Deux a z6ro contre l'Ex6cutif. La retour de M. Preval au pouvoir en
Chambre des d6put6s a rejet6 un 2006.
second choixdu Pr6sident Rend Prval A commencer par la
pour donner un successeur au PremierO RTMAN p )
ministre Jacques Edouard Alexis
destitu6 le 12 avril dernier par un vote
de censure du S6nat pour en principe
n'avoir pas su pr6voir les 6meutes de
la faim qui avaient fait trembler la
capitale une semaine plus t6t.
Aprbs Ericq Pierre, d6ji un
proche du chef de l'Etat, c'est Robert
Manuel, membre du cabinet particulier
de M. Prdval, qui subit le meme sort le "Copyrighted Material
12 juin could. Syndicated Content
uis u i i, Available from Commercial News Providers"
Depuis deux mois accomplis,
le pays le plus n6cessiteux du conti-
nent vit avec un gouvernement
d6missionnaire apparemment sans
aucun rayon d'action.
Cette semaine la mission
onusienne (Minustah) a d6clare son
inqui6tude que ce vide trop prolong
ne mette en pril les premiers r6sultats


I I


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ARTS & PATRIMOINE

L'annee Hector Hyppolite


1-1









I EN PLUS...


Pouvons-nous empecher les

degats de la grippe aviaire?
PORT-AU-PRINCE, 13 Juin les laboratoires les plus avanc6s dans
- Le gouvernement haitien annonce la le domaine.
d6couverte de plusieurs foyers du virus Cependant comment
de la grippe aviaire en Haiti. appliquer ces mesures ? Le Ministbre
Au total 11 cas positifs de l'Agriculture reconnait que le
confirms par un laboratoire bas6 en contr6le du virus peut tre plus difficile
Iowa (auxEtats-Unis)ettouchanttrois en Haiti que chez nos voisins


Morceaux de poulets en vente publique (photo Eugene Robenson)


d6partements du pays : le Nord, les
Nippes et le Centre.
Les sections rurales
concernmes se trouvent dans les com-
munes de Limonade et Cap-Haitien
(Nord), Miragoine (Nippes) et Cerca-
la-Source (Centre).
Le Secr6taire d'Etat
l'Agriculture, Joanas Gud, qui a
annonc6 information mercredi au
cours d'une conference de presse, a
indiqu6 que des mesures drastiques
sont en train d'etre prises en vue de
faire face a cette situation.
C'est une bien mauvaise
nouvelle pour notre pays d6jA si
maltrait6. La grippe aviaire a fait perdre
plusieurs dizaines de millions de dol-
lars am6ricains a nos voisins
dominicains depuis sa d6couverte en
d6cembre 2007 dans ce pays.
Cependant son apparition en
Haiti ne devait pas 6tre une grande sur-
prise. Nos deux pays (Haiti et la
R6publique dominicaine) sont s6par6s
par une frontibre terrestre trbs poreuse.
Si les autorit6s haitiennes ont install
imm6diatement une interdiction
d'importation des produits avicoles
dominicains (ceufs et volailles), le
peuple haitien lui-meme n'a jamais
semble y adh6rer. Les articles
dominicains en question ont continue
a passer ill6galement la frontibre et il
semblerait que les foyers d6couverts
dans le d6partement du Centre
proviendraient de coqs de combat qui
constituent un divertissement tres pris6
des deux c6t6s de l'ile.
Surtout le peuple haitien n'est
pas assez inform au sujet de la maladie
qu'il semble prendre au mieux comme
un nouveau luxe invent par les pays
blancs, au pire comme une manceuvre
pour lui empecher d'avoir aces a ces
produits. Les ceufs et le poulet
dominicains content moiti6 moins cher
que les memes produits fabriqu6s en
Haiti.
Done le principal problkme
du gouvernement haitien va 6tre com-
ment convaincre le petit l6eveur haitien
du bien fond6 des mesures que
s'apprete a prendre l'Etat haitien.
Parmi celles-ci : Interdiction
de consommer de la volaille provenant
des regions identifies ; abattage
syst6matique des volailles porteuses du
virus ; isoler les foyers pour empecher
la propagation du virus ...
Mais aussi maintien plus que
jamais de l'interdiction d'entrde des
produits avicoles dominicains sur le
territoire haitien.
Ce sont l1 les mesures
recommand6es intemationalement. Sur
ce plan, l'Etat haitien travaille main
dans la main avec les organisations et


dominicains ou l'dlevage et
l'agriculture sont au stade industriel
tandis qu'en Haiti nous fonctionnons
selon un system << libre et extensif >>,
ou encore en pleine nature, a la
sauvage.
Idem le systeme de distribu-
tion et de vente. Alors comment
prdvenir que les volailles contamindes
n'auront pas le temps d'atterrir sur les
marches publics ?
Ou ne seront pas d6placees
clandestinement vers une autre
region ?
Etant donn6 surtout le
manque de preparation A la fois sur le
plan 6ducatif et culturel de notre popu-
lation a ce genre de situations.
Mais de plus, voici qui vient
porter un mauvais coup au plan du
gouvernement voulant profiter de
l'interdiction des ceufs et poulets
dominicains pour relancer la produc-
tion avicole nationale.
Plusieurs dizaines de millions
de gourdes y ont d6ji et& investies dans
le cadre d'un plan plus large de relance
de la production agricole nationale
pour lutter contre les hausses des prix
des produits alimentaires imports.
Peut-on continuer a investir
tant de millions en meme temps que le
virus de la grippe aviaire reste
suspendu comme une 6pde de
Damocles ?
Raison de plus pour maitriser
au plus t6t la menace d'6pid6mie avant
qu'elle ne s'6tende a tous les
d6partements du pays.
Conclusion : il faut redoubler
de vigilance dans le contr6le a la
frontiere. Et en Haiti meme il faut agir
de maniere decisive dans l'application
de toutes les mesures n6cessaires pour
6radiquer le virus.
Rien de plus difficile.
D'abord et surtout parce que notre
population n'y est pas prdparde, n'y est
pas pr6te.
Done premiere tape, c'est
l'6ducation ou tout au moins une
grande campagne de sensibilisation de
la population dans son ensemble pour
lui expliquer de quoi il s'agit et en quoi
c'est tout ce qui porte deux ailes dans
notre pays (saufles loups garous !) qui
est menace de disparition.
Et en quoi cela met en dan-
ger l'6conomie paysanne en premier
lieu, comme hier l'abattage des
cochons crdoles.
Ce qui nous menace c'est
d'un c6t6 le manque de preparation de
notre population enferm6e malgrd elle
dans un sauve qui peut, tout ce qui ne
tue pas engraisse, dit le proverbe ...
Et de l'autre c6t6, une
(voir AVIAIRE / 7)


EN BREF ...


Mercredi 18 Juin 2008
SHaiti en Marche Vol XXII T N 291


Mort du grand peintre
haitien Gesner Armand
Le c6lebre peintre haitien
Gesner Armand, 71 ans, est
d&c6d& le mardi 10 juin a la
suite d'un malaise dont il a &t6
victime 24 heures avant de
c6l6brer son 72e anniversaire.
N6 le 11 juin 1936, l'artiste a
rendu le dernier soupir a son
domicile situ6 a la Croix-des-
Bouquets (banlieue nord-est de
la capitale).
Membre et pionnier de diffirents
mouvements ayant marqu6 la peinture haitienne des soixante dernires
anndes, Gesner Armand fit son entrde d&s l'Age de 14 ans au Centre d'Art,
premiere grande cole d'initiation aux arts plastiques fondue par l'amdricain
Dewitt Peters en 1944. Elbve de Maurice Borno et de Pierre Monosiet, il
progressa rapidement pour devenir l'un des grands esthetes de son 6poque.
La personnalit6 et l'originalit6 de sa peinture sont aujourd'hui reconnues
tant en Haiti qu'a l'6tranger.
Membre de la Fondation culture creation, Gesner Armand est 6galement
poete. II a notamment public un recueil intitul6 "L'autre bord" aux Editions
M6moire, en 1992.
L'art de Gesner Armand est marqu6 par une maitrise de la couleur, un sens
de l'6quilibre de la composition et la sensibility des sujets. C'est une <<
peinture de genre > dominde par une faune domestique, telle la multiplicity
de pigeons qui laisse l'impression que l'artiste cherchait l'innocence et la
puret6. Beaucoup de collectionneurs haitiens possedent des oeuvres de
Gesner Armand qui avait aussi une bonne renomm6e internationale.

6 morts dans la trag6die de Barikad Crew
C'est la consternation. Port-au-Prince est en deuil, et d'abord le bloc ruelle
Nicolas, ruelle Alerte, avenue Magloire Ambroise, bref le Bas Peu de chose,
ou se rassemblait le groupe Barikad Crew pour s'exercer. Ils 6taient la fiert6
du quartier qui est aujourd'hui en deuil, du plus jeune au plus Ag6. On les
connaissait tous. Les plus ag6s les avait vus grandir, tandis que les plus
jeunes r6vaient de leur ressembler unjour. Barikad Crew avait jou6 lors du
dernier concert de Wyclef Jean en Haiti, avec d'autres musiciens de stature
internationale tels le s6n6galais Akon. Pour Barricade Crew, c'6tait la
consecration.
Ils ont &t6 emport6s alors qu'ils 6taient promis a un avenir plus que
prometteur.
Les faits: Dans la nuit de samedi a dimanche, il est 2 heures du matin quand
les trois chanteurs du groupe, Jean Walker S6natus K-tafalk le lead
vocal, et deux autres chanteurs Deja Vou (Badio Junior) et Dade (Johnny
Emmanuel) ont perdu la vie dans un terrible accident de voiture sur la route
de l'adroport.
Avec eux 6galement disparaissent aussi le batteur Bob, fraichement engage
par le groupe, ainsi que le chauffeur. Quatre d'entre eux sont morts
carbonis6s. Le cinquibme, 6ject6 du v6hicule, est mort dans d'affreuses
souffrances.
Mais ce n'est pas fini. Lundi matin, on apprenait que la fiance de K-tafalk
s'est donnde la mort. Natalia Leonidad Bertrand s'est tire une balle a bout
portant a la t6te.
Tout le monde 6tait litt6ralement p6trifid. Et c'est une foule silencieuse qui a
suivi la civibre transportant le corps de Natalia Bertrand a la morgue.
La fiancee d'un autre rappeur du groupe aurait tented elle aussi de se suicider
L'on n'a pas beaucoup d'informations sur cette tentative de suicide d'une
autre fiance des rappeurs de Barikad Crew. Mais elle a pu 6tre sauv6e et se
trouve maintenant a l'h6pital.

Wyclef Jean pr6sente ses condolances
La star internationale Wyclef Jean, de nationality haitienne, qui n'avait pas
h6sit6 a inviter le groupe Barikad Crew a se produire aux c6t6s de vedettes
internationales, telles Akon, s'est d6clard fortement 6mu par ce qui est
arrive.
Wyclef est attendu en Haiti le mardi 17 juin et il a annonc6 qu'il compte
aller voir les parents des rappeurs d6c6d6s et aider si n6cessaire pour les
fundrailles.

Arret temporaire de 1'exportation de la mangue
francisque
Arret imminent de l'exportation de la mangue francisque dans la zone
majeure de production (51%), la region de Gros morne. Au cours d'une
reunion de signature de protocole de credit, le lundi 9 juin 2008, entre le
Ministbre de l'Agriculture et 33 associations de producteurs de mangues
repr6sent6es par leurs plus hauts dignitaires dont Mr Fistel Cenobe
President de la F6d6ration Nationale pour la production et la
commercialisation de la manguefrancisque FENAPCOM et Mr Thierry
DESNOR, repr6sentant de l'Association des Producteurs de Mangues de
Gros Morne KOPAKGM, il a &te laiss6 entendre que du cot6 de la Rivibre
Moncelle a Gros Morne, le pourcentage de fruits affects par la mouche du
fruit enqu6t6 dans deux zones s'dlevait respectivement a 50 et a
28%. D'aprbs le Pr6sident de l'Association des Producteurs de Mangues
ANEM, Mr Pablo Jean Jacques, << Si le USDA d6couvre dans les
conteneurs de mangues exp6dides a l'6tranger un seul fruit avec une seule
larve de la mouche des fruits, l'exportation sera arr6t6e pour un minimum
de deux anndes >. Le commerce des mangues g6nbre plus de 14 millions de
dollars a l'annde. Nous ne savons pas encore, si parmi les fruits infects,
(EN BREF / p. 18)


Page 2


li ..... At............ .... ... .. I


-...j


I








Mercredi 18 Juin 2008 ____________________________________
Haiti en Marche Vol XXII N' 21 L1UAL EN MAR

5 membres de Barikad Crew meurent dans un accident


La fiancee du band leader


se suicide


de l'Avenue Magloire Ambroise et de la ruelle Alerte.
C'est dans ce quartier (comprenant aussi
l'Avenue Nicolas) du centre ville de la capitale, qu'a
pris naissance l'un des plus c6lbres groupes Rap
haitiens (le groupe rival s'appelle Rock Fam).
Mais dimanche (15 juin), vers 2 h am, un ter-
rible accident de voiture a d6capit6 litt6ralement
Barikad Crew, tuant 5 .
personnes, dont trois
chanteurs et un batteur,
ainsi que le chauffeur.
Les trois -
chanteurs sont le leader du
groupe, K-tafalk, 26 ans,
Dade et Deja Vou (a peu
pros du m6me age).
Ont trouv6
6galement la mort le
batteur Djo, ainsi que le
chauffeur nomme
Guichard.
C'est l'accident
de voiture le plus terrible
qu'on ait enregistr6 depuis
longtemps dans la capitale
haitienne, comme les pho-
tos en t6moignent.
La BMW
modulee 2005) 6tait lance
a vive allure sur la route
de l'adroport, qui la nuit
peut 6tre en effet confondue avec une piste de course.
H6las.
Arrive a l'intersection avec la route de
l'ancien a6roport militaire, la voiture a rate selon toute
vraisemblance le virage.
Le bolide a alors d6collU litt6ralement pour
traverser de l'autre c6t6 de la voie et aboutir dans un
foss6.
Mais pas sans avoir heurt6 dans son bond


Est mort aussi le chauf-
feur Guichard.


Ils venaient de se produire dans un night-club,
l'Olympia, situ6 en plaine, au nord de la capitale, et
fonqaient manifestement pour avoir le temps de se
produire a un festival nocturne organism par Caraibes
FM pour le 59e anniversaire de la station.
L'accident s'est produit sur la route de
l'A6roport international au croisement avec l'ancienne


La formation Barikad Crew


piste de l'adroport militaire.
Le chauffeur a apparemment rat6 le virage.
Une patrouille de la police arrive rapidement
sur les lieux (ainsi que plus tard les sapeurs pompiers)
n'ont pu qu'assister impuissants au terrible drame.
Barikad Crew est extr6mement populaire en
Haiti (et probablement aussi en diaspora). Et c'est toute
la population haitienne (plus sp6cialement les jeunes
de tous les milieux) qui pleure ces disparitions.


(BARIKAD CREW..
suite de la lere page)


La mere de Dade et celle de K-Tafalk (photo www.jjaugustin.com)


vertigineux un cable 6lectrique de haute tension.
La voiture et ses passagers ont &t6 electrocut6s
sur le coup. On a retrouv6 les corps carbonis6s de 4
d'entre eux. Le cinquibme passager a &t6 projet6 hors
de la voiture. I1 mourra 6galement quelques minutes
plus tard de ses blessures et brflures.
Barikad Crew perd 4 de ses musiciens, dont
le band leader Papa K-tafalk, de son vrai nom S6natus
Jean Walker.
Et puis lundi, la trag6die emporte 6galement
sa fiance, Natalia Bertrand, 24 ans, qui se donne la
mort d'une balle a la t6te.
Les autres victimes sont identifies comme
Dade (Johnny Emmanuel), Deja Vou (Junior Badio),
le batteur Djo (Wilberson Magloire).


Leurs composi-
tions c6lbrent lajeunesse
mais brassent aussi tous les
problemes qui sont
aujourd'hui les n6tres.
Parmi leurs tubes
les plus c6lbres, citons Pa
Koupe Bwa, Goumen pou
sa w kwe, Ou pa ka gang-
ster et Jwi lavi (une sorte
de chanson pr6monitoire a
la trag6die survenue ce
week-end).

Haiti en Marche, 16 Juin


b | Page 3

SOMMAIRE
L'EVENEMENT SOMMAIRE
Mort de 5 membres du groupe Rap haitien,
Barikad Crew :
La fiancee du band leader se suicide p.1

POLITIOUE
Suspense Premier ministre : Apres Bob
Manuel, qui sera la prochaine < victime >> ?
p.1

CRISE ALIMENTAIRE
L'Etat haitien se refuse a subventionner
l'essence p1.

ARTS & PATRIMOINE
L'Annie Hector Hyppolite peut-elle rdveiller
notre conscience ? p.1
Un 6v6nement qui d6marre en beauty p.11

URGENCE
Pouvons-nous empecher les d6gits de la
grippe aviaire ? p.2
Des foyers du virus d6couverts en Haiti p.7

INSECURITE
Et 1 'uto-kidnapping dans tout aa p.8
112 presumes bandits sous les verrous p.8

SANTE
3,7 millions d'enfants et de jeunes vaccines
p.9
Un enflt de trop p.16

LIBRE PENSEE
Dejivu p.14
Prdval et l'aval de l'dlectorat p.14

HAITI ET LE MONDE
Reunion du Groupe-pays Caraibes p.17


GRIPPE AVIAIRE
Des foyers du virus H5N2 decouverts dans
3 Departements : Nord, Nippes, Centre
P7









UNE ANALYSE


Mercredi 18 Juin 2008
1 Haiti en Marche Vol XXII No 21


SUSPENSE PREMIER MINISTRE

Apres Bob Manuel, qui sera la prochaine < victime ?


(ROBERT MANUEL... suite de la lere page)
criminality, et sa forme la plus horrible : le kidnap-
ping, qui remonte en fleche.
Mais ce genre de preoccupations ne produit
plus aucun effet sur les << lus du peuple >>.

Politique de chaque homme un
homme! ...
Plus se prolonge le suspense, plus l'interet
g6ndral semble c6der encore plus totalement le pas aux
int6rets particuliers. Et plus cela ressemble a une
politique de chaque homme un homme !
Les agences de presse (AFP, AHP)
considerent que ces deux refus coup sur coup constitu-


des leaders de ces partis (Fusion, OPL, etc) ...
I1 est vrai que l'affaire se pr6sente aussi
comme une dissension interne entre Rend Pr6val et les
parlementaires de son propre parti, L'Espoir
(LESPWA), celui qui avait endoss6 sa candidature aux
pr6sidentielles du 7 f6vrier 2006.
LESPWA semble en d6saccord avec
l'entourage imm6diat du chef de l'Etat, puisque aussi
bien Ericq Pierre que Bob Manuel appartiennent a ce
qu'on appelle les << hommes du president. >

Toujours cherchez A qui le crime
profite ...
De plus, le Premier ministre d6missionnaire


un privilege du Pr6sident de la R6publique.
La Chambre ou du moins la CPP
(Concertation des parlementaires progressistes), un
groupe majoritaire de quelque 50 d6put6s, parmi
lesquels LESPWA ne compte pas moins de 20
repr6sentants.
Face a un S6nat r6duit a 18 membres sur 30
(en attendant l'organisation sans date precise des
s6natoriales partielles), cela fait du poids.

Des signaux mixtes ...
Le ballon reste done aux pieds des d6put6s et
aucun argument ne parait capable de les 6mouvoir
sinon le but qu'ils cherchent a atteindre mais qu'ils


Robert Manuel deposant son dossier (photo Georges Dupe)


Vote negatifde la Chambre (photo Geroges Dupe)


ent un revers pour le president de la R6publique qui
semble avoir mis tout le paquet derriere la nomination
de son ami Robert Manuel ...
Mais a notre avis ce sont les partis politiques
repr6sent6s au Parlement qui devraient souffrir le plus
de cette situation puisque de plus en plus n'ayant rien
pour justifier leur presence au sein du systeme de
gouvernement de coalition dont a fait choix le president
Pr6val. Des partis politiques que de nom ...
D'abord rdput6s pour leur faible score aux
dernimres pr6sidentielles (moins de 10 pour 100 a eux
tous), si de plus ils ne d6tiennent aucune all6geance
chez les parlementaires Olus sous leurbannimre comme
cela vient a nouveau de se verifier dans le vote contre
la nomination de Robert Manuel alors que celui-ci avait
requ, tout comme Ericq Pierre, le soutien manifeste


Jacques Edouard Alexis, est un proche de LESPWA.
Si ce dernier n'a pu empecher la destitution
d'Alexis par une coalition de s6nateurs issus des autres
partis politiques repr6sent6s au Parlement, certains
soupqonnent aussi que la petite clique pr6sidentielle
n'y est pas entierement pour rien (selon la formule :
toujours cherchez a qui le crime profite!) ...
En tout cas, c'est ce qu'il ressort de certains
commentaires entendus a la chambre basse apres le
vote du 12 juin. A savoir que les responsables de ce
blocage < ce sont le chef de l'Etat et les leaders
politiques > consults qui s'obstinent a choisir des
personnes < indligibles >.
Traduisez, la Chambre doit avoir son propre
candidat pour la Primature, mais qui reste un secret
6tant donn6 que la nomination du Premier ministre est


gardent bien secret. En tout cas, une premiere
evidence : les < amis > du chef de l'Etat ont encore
moins de chance qu'un autre de remporter la cagnotte.
Du c6t6 du president Pr6val, on a relev6 ce
qu'il faut bien appeler des signaux mixtes. Lors d'une
rencontre avec la presse vendredi au palais national, il
a pam peu affect par la crise de ratification du Pre-
mier ministre. Le chef de l'Ex6cutif travaille en ce
moment a trouver un consensus national autour de la
hausse ineluctable des prix de la gazoline pour que la
d6taxation consentie apres les 6meutes de la faim ne
vienne a ass6cher totalement les finances publiques.
Lors de son unique allusion au rejet de Rob-
ert Manuel, il expliqua qu'il ne s'est pas rendu au
sommet de la FAO sur la crise alimentaire tenue
(ROBERT MANUEL / p. 5)


AMERIJET TO OPEN FORT LAUDERDALE
CARGO DROP STATION

FORT LAUDERDALE,
FL Amerijet International will open
a Fort Lauderdale air freight station
on April 2, 2007, announced Pamela
Rollins, Amerijet's VP of Business
Development.
The station is located
adjacent to Amerijet's corporate
headquarters at 2800 South Andrews Avenue.
"We have a lot of customers in Broward, Palm Beach and even
Martin counties that will enjoy the additional convenience of this station,"
Rollins said. "Eventually, we will expand this location to offer ocean services
and delivery of import cargo, to make shipping with us even easier."
Amerijet will accept outbound international air freight at this station,
including general personal and commercial cargo, large or small packages,
barrels, valuable and fragile goods, hazardous material, oversized shipments
and domesticated live animals.
Hours of operation will be 9:00 a.m. to 5:00 p.m. Mond ugh
Friday and 9:00 a.m. to 1:00 p.m. on Saturday. Amerije sport cargo
between this statransfer. For rates
and specific que ontact Amerijet's sales
depar atment t 85- 9 o s@ameriiet.com.
Ae nal, In full-service multi-modal
transportati logistics provider offering international scheduled all-cargo
transport via land, sea and air. Ft. Lauderdale, Florida-based Amerijet operates
offices all over the world, serving destinations throughout North, South and
Central America, Mexico, the Caribbean, Europe, Asia and the Middle East.
Amerijet operates its own fleet of Boeing 727-200 aircraft from its primary
hub at Miami International Airport, where it maintains a custom-built 210,000-
square-foot air cargo handling facility, a 96,000-square-foot ramp facility
and a 50,000-square-foot ocean cargo handling facility. For additional
information, visit Amerijet on the web at www.amerijet.com.


Solicitation Information for RFQ

Announcement Information: Environmental Consultant ser-
vices are required for the new Miami Art Museum. The design of the
museum in Museum Park, Miami by Herzog & de Meuron and a multi-
disciplined team is well underway. The museum is now conducting a
search for firms to assist the design team with environmental review
and soil remediation action plan design services. If you feel your firm
is qualified, please visit the MAM website for additional information
and documentation at www.miamiartmuseum.org/home-park-fact.asp
or contact Tina Comely at 305-375-2276. Please note that CBE and
Miami based firms are strongly encouraged to participate. Please re-
fer to the RFP/RFQ located on the MAM website for details.


Page 4








Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 21


PROCHAINE HAUSSE DES PRIX DE LA GAZOLINE

L'Etat haitien se refuse a subventionner 1'essence


(SUBVENTION... suite de la lere page)
les recettes publiques. C'est done lc une subvention.
Mais les prix du p6trole ne descendent pas.
Ils montent, montent, montent. Dans une escalade dont
nul ne peut prdvoir la fin.
La subvention est done condamnde non
seulement a durer tout autant mais aussi et surtout a
suivre la m6me escalade.
Or la caisse publique haitienne en a-t-elle les
moyens ? Probablement pas, d'autant plus venant d'un
pays dont les trois quarts du budget public sont assures
par les prets et dons de l'international.
Cependant le Pr6sident Rend Pr6val ne veut
pas trancher unilat6ralement, par la seule voie de la
raison d'Etat. II propose une grande consultation en-
tre tous les secteurs nationaux qui devrait d6boucher
sur un consensus ou tous se sentent concerns. Etant
entendu que le p6trole participe de toutes les d6marches
de notre existence, en Haiti comme ailleurs.
Vendredi (13 juin) c'6tait au tour de la presse
d'etre invite a ce grand d6bat. Le chef de l'Etat nous
recevait en compagnie de proches collaborateurs (dont
le ministre des finances, Daniel Dorsainvil, le secritaire
d'Etat a l'Agriculture et aux ressources naturelles,
Joanas Gud, de hauts fonctionnaires des finances et de
l'administration des contributions).


Egalement autour
de la table, les
f6d6rations syndi-
cales du transport
en commun.
Enfin
des patrons de
presse et journa-
listes venus de
tous les coins du


pays.


Un tab-


leau statistique
6manant de la di-
rection de la
fiscalit6, au
Ministere des fi-
nances, nous
donne une id6e
rapide de la situa-
tion.
La d6ta-
xation s'applique
au gasoil et au
k6rosene qui sont
les deux carbu-


Le Prdsidentfaitprdsenter auxjouralistes un poisson pOchd dans les lacs artificiels (HEM)


Qui sera la prochaine < victime > ?


(ROBERT MANUEL... suite de la page 4)
r6cemment a Rome, afin d'aider ce dernier a passer le
test.
Par ailleurs le president du SInat, Kelly
Bastien (lui aussi un membre de la plate-forme
politique LESPWA mais pas forc6ment un allied du
Premier ministre Alexis c'est fort compliqu6 la
politique, n'est-ce pas !), a rapport quelques jours
avant le vote que le Pr6sident Pr6val lui aurait dit que
ceux qui s'opposent au choix de Robert Manuel sont
des < trafiquants de drogue, des kidnappeurs et des
individus ayant des problkmes de couleur. h

A vous de controler si le chauffeur
a un permis de conduire >>...
Par contre, invites par le chef de l'Etat au
palais national le mercredi 11 juin (la veille du vote),
les parlementaires CPP en sont ressortis satisfaits,
d6clarant que < le Pr6sident n'a essay d'exercer
aucune pression > sur eux.
Mr. Preval leur aurait dit en utilisant une de
ces analogies dont il a le secret : A moi de choisir le
chauffeur pour conduire le v6hicule ; a vous de
contr6ler si le chauffeur a un permis de conduire en
regle. >>
Le lendemain Robert Manuel 6tait, comme
on dit chez nous, < remis a ses parents. > La Chambre
a vot6 par 57 voix contre sa nomination, 22 pour et 6
abstentions.
Le S6nat n'aura meme pas besoin de se
pencher sur le cas puisque l'une ou l'autre desdeux
chambres peut en decider (selon la Constitution en
vigueur).
Est-ce que se rendant compte que Bob
Manuel n'avait plus aucune chance de franchir la
rampe, Rend Pr6val s'est empress en dernimre minute
de changer son fusil d'6paule pour ne pas perdre son
restant de credit aupres des d6put6s LESPWA ?
Ou sont-ce les propos rapport6s par le
s6nateur Kelly Bastien qui ont mis le feu aux poudres ?
Ah, la politique !
Tout comme on s'6tonne que Robert Manuel
se soit pr6sent6 avec des documents aussi peu
convaincants. Outre qu'il n'est ni rdellement
propri6taire, ni n'a r6sid6 dans le pays cinq anndes
cons6cutives avant sa designation, mais il aurait aussi
present << une carte de citoyennet6 et une carte
6lectorale 6mises dans la precipitation au lendemain


de sa designation >, selon la commission de la Chambre
charge d'examiner le dossier du Premier ministre
d6sign6.
A moins que M. Manuel soit persuade que
tout cela est secondaire et que le veritable enjeu est
ailleurs !

Qui sera la prochaine <> ?

En tout cas, personne ne semble trop mal se
porter apres le vote du 12 juin.


La CPP attend le
prochain choix du
President Preval. D'autre
disent plut6t qu'elle attend
sa prochaine victime !
Le Pr6sident
semble avoir pourl'instant
d'autres chats a fouetter
avec sa nouvelle
campagne pour prevenir
que les prochaines hausses
de la gazoline a la pompe
ne pr6cipitent le pays dans
de nouveaux troubles.
Reste le gouver-
nement d6missionnaire et
son chef, le Premier
ministre Jacques Edouard
Alexis, qui sont laiss6s a
ronger leurs freins dans
une u liquidation des
affaires courantes > dont le
public ne retient que le
mot de liquidation.
Tandis que la
population, en tate les mi-
lieux d'affaires, n'en
revient pas que les
politiques peuvent prendre
autant de liberty (et a ce
moment pr6cis) dans un
pays qui est pourtant
connu comme le plus
pauvre de l'h6misphere.

Haiti en Marche,
14 Juin 2008


rants les plus utilis6s dans les petites classes.

Tirage de fonds de plus en plus im-
portant sur la caisse publique ...
En mars 2008, 1'Etat accepte de perdre 14
gourdes sur le gallon de gasoil (carburant pour le trans-
port en commun) et le gallon de kerosene
(commundment appeal en Haiti gaz pour lampe) qui
6taient vendus a 152 gourdes et 151 gourdes alors que
leur prix devait 6tre 166 et 165 gourdes.
En mars, la d6taxation entraine un manque a
gagner pour la caisse publique de 75 millions 589.000
gourdes.
(SUBVENTION / p. 6)


Si w gen


enf6masyon sou



M I D NUAP IN





Rele


MINUSTAH 113


PNH114


0 P -1


r A I


FICHE D'ABONNEMENT A HAITI EN MARCH


Nom
Adresse


I oa purS


Hati
Etats Unis
Canada _


Gdes 260.00
_US $ 40.00
SUS $ 42.00
US $ 70.00
US $ 70.00


Europe
Am6rique Latine


I .'oc *p ou r


Gdes 520.00
US $ 78.00
US $ 80.00
US $ 135.00
US $ 135.00


Dans le cas d'un abonnement
avec Iivraison, le coOt est le double.
Prilre de specifier si vous 6tes
un nouvel abonn6
ou s'il s'agit d'un renouvellement


Nouveau

LII


Renouvellement

D1


Page 5


I









I A LA RECHERCHE D'UN CONSENSUS I


Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vol XXII N ?21


PROCHAINE HAUSSE DES PRIX DE LA GAZOLINE

L'Etat haitien se refuse a subventionner 1'essence


(SUBVENTION... suite de la page 5)
A c6t6 de cela, 1'Etat doit tirer
de ses fonds propres pour compl6ter
l'achat de ces memes produits, soit 7
millions 564.965 gourdes.
Perte totale pour le mois de
mars (d6taxation plus
financement): 83 millions
153.966 gourdes...
Or les prix du p6trole
continuent de grimper sur le
march international. Done la
d6taxation 6tant maintenue (et
meme augment6e aprbs les
6meutes d'avril), c'est le tirage de
fonds sur la caisse publique qui
grimpe aussi d'autant.
A la mi-avril 2008, les
prix a la pompe du gasoil et du
k6rosene restaient 152 gourdes
et 151 gourdes, alors que leurprix
rdel 6tait monte 173 et 175
gourdes.
Ce qui entrainait un
manque a gagner de 57 millions
256.223 gourdes. Ajoutez a cela
les d6bours pour compl6ter leur
achat: 40 millions 832.688 .-
gourdes. -
Perte totale pour mars et ..-.
avril : 181 millions 242.877
gourdes.

Une course folle en
avant ...
Au mois de mai could, les
choses empirent carl'Etat haitien se sent
oblige de d6taxer 6galement la gazoline
95 et 91 qui sont vendus respectivement
a 217 gourdes et 213 gourdes le gallon
alors que les prix r6els sont 261 gourdes
et 256 gourdes.


Outre le gasoil et le k6rosene
qui restent toujours a 152 et 151 gourdes
alors qu'ils reviennent a 190 gourdes.
Conclusion: le bilan du mois
de mai accuse un manque a gagner de
plus de 164 millions de gourdes. Tandis


Mais selon le Pr6sident Prdval,
cela ne peut pas continuer. L'Etat ne peut
pas se lancer dans cette aventure de la
subvention d'un produit dont les prix ne
cessent de battre tous les records
historiques, de crever tous les plafonds


ambricains par mois et en
constante augmentation ...
Ne serait-il pas plus indiqu6 de
transposer tout ou partie de la subven-
tion p6trolibre sus-mentionnde
(aujourd'hui plus de 12 millions par
mois, de plus en constante aug-
mentation tous les mois) a des fins
encore plus vitales ?
C'est cette interrogation
que le Pr6sident Prdval voudrait
faire passer dans le public via ces
rencontres au Palais national avec
les diff6rents secteurs nationaux.
Evidemment cela ne
signifie pas qu'Haiti puisse se
passer du p6trole. Celui-ci doit
6tre pay6 cofite que cofite. Mais
la facture serait rdpartie d'une
facon diff6rente. Or il n'y a pas
mille autres falcons que
transmettre la responsabilit6 au
consommateur. Celui-ci devra
s'attendre a payer de plus en plus
cher le gallon a la pompe. La
d6taxation devrait peu a peu
disparaitre. En commencant par
j les plus privil6gi6s (s'il en est),
S selon le New deal du Pr6sident
Roosevelt.
Pourquoi solliciter tous
les secteurs nationaux ? Parce que
la charge ne va probablement pas
tomber uniquement sur le
consommateur de gasoil et de k6rosene,
qui sont d6ji les moins fortunes. Le sac-
rifice doit tre support par toute la na-
tion.

Une marge de profit
plus supportable ...
A travers toutes ces rencontres
avec le secteur priv6, le secteur paysan
et celui du transport en commun entre
autres, 1'Etat haitien semble a la recher-
che d'un plan plus global qui d6finirait
par voie de concertation une marge de
profit plus supportable dans les
circonstances que nous traversons. Et
qui sont plus ou moins aussi celles de la
plupart des pays de la terre.
Cependant les journalistes ont
relev6 que, pour 6tre vraiment global et
devenir une politique tournde vers
l'avenir et pas seulement un instrument
conjoncturel et qui sera vite d6pass6, le
meme plan devrait int6grer aussi les
parametres aujourd'hui vitaux que sont
l'6conomie de l'6nergie et les energies
renouvelables.
Haiti est, toutes proportions
gard6es, l'une des plus grandes
gaspilleuses d'6nergie de la planete. Les
v6hicules que nous roulons, les
6quipements utilis6s au travail comme
au foyer ne rdpondent a aucun souci de
ce genre.
Quant a l'6clairage, ce ne sont
pas deux, ni trois ni quatre sources dont
il faut disposer en meme temps : ED'H,
inverter, delco, panneaux solaires et bat-
teries a 150 dollars US l'unit6. Etc.
Or il n'y a que l'Etat a pouvoir
briser ce cercle infernal.
Quant aux energies alterna-
tives, le Pr6sident Prdval nous a appris
que Haiti est engage avec Cuba dans
un projet d'dnergie dolienne (aliment6e
par le vent) et qui serait mis en place
justement dans le Canal du Vent.
Cependant ce domaine
d'investigation des autres sources
d'6nergie en est un qui int6resse si peu
l'Etat haitien que les dernibres plus
importantes 6tudes a ce sujet selon un
autre tableau qui nous a &t6 fourni
vendredi au cours de la rencontre au
Palais national remontent aux anndes
1976 et 1986.
Comme l'a reconnu M. Prdval
lui-meme, en plus des nouveaux d6fis
qui se dressent devant nous aujourd'hui
les uns apres les autres, on a aussi au
moins 20 ans a rattraper !


Haiti en Marche,
Port-au-Prince


que de plus la caisse publique doit
financer le gasoil et le k6rosene (l'Etat
ne subventionne pas encore la gazoline)
pour un montant de 148 millions
129.503 gourdes.
Perte totale pour mai : 312 mil-
lions 318.783 gourdes. Soit plus de 12
millions de dollars am6ricains par mois.
Et ca continue.


K(i chwa w genyen na



fason pou vote pou



.leksyon 2008 la?


o vote pa korespondans


o vote pi bone

o vote nan biwo votki pou adres


an nanl ou Eleksyon


Snenpt nan sa ki site pi yo


possibles et imaginables. Une course
folle en avant dont on ne voit pas la fin,
si encore cette fin existe.

Une subvention allant
uniquement dans des poches
etrangeres ...
Comprenez : il ne s'agit pas
pour 1'instant des gazolines 95 et 91 qui,
bien que b6ndficiant aussi
d'une d6taxation, se vendent a
un volume suffisant pour que
la caisse publique n'ait point
besoin de d6bourser pour leur
achat.
Mais essentiellement
des carburants desservant les
petites bourses, soit
directement tel le k6rosene
dont se sert le petit peuple pour
l'6clairage, soit indirectement
le gasoil dans les moyens de
transport et pour les besoins
industriels et artisanaux.
Or mme siunpaysan
aurait rdpondu (car le secteur
paysan a &t 6galement invited)
que lui-meme ne connait pour
tout 6clairage que son morceau
de bois pin ...
I1 n'en est pas moins
concert par le problkme, 6tant
donn6 que toutes les activities
de notre existence sont
conditionndes par le p6trole,
aussi bien ce qu'on mange que
dans cela qu'on le mange.
Cependant a c6t6 des
fonds publics qui, a ce train-
l1, sont menac6s de s'ass6cher
rapidement, de fondre a vue
d'oeil, il y a aussi que cette
subvention va uniquement
dans des poches 6trangeres
alors qu'il y a tant d'autres
urgences qui pourraient en
b6ndficier 6galement.
Pour commencer,
selon le Pr6sident, la produc-
tion nationale qui, comme on
le sait, est aujourd'hui sa
principale preoccupation.
L'6quipe presiden-
tielle a pr6sentW 6galement un
tableau des principaux besoins
pour la relance de la produc-
tion (agricole) nationale et une
evaluation chiffrde : un peu
plus de 212 millions de dollars
americains.


Plus de 12 mil-
lions de dollars


Page 6


Vente publique de kerosene (photo www.jjaugustin.com)







Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 21



4. tfi re I &


DERNERE HEUREPage 7


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Pouvons-nous empecher
les dCgats de la grippe aviaire?
(AVIAIRE ... suite de la page 2)
certaine approche trop complaisante, pour ne pas dire
d6magogique, de nos pouvoirs publics qui n'ontjamais
le courage de prendre des mesures 6nergiques meme
quand ily va de l'int&rlt national, de la s6curit6 nationale.
Enfin, le Ministbre de l'Agriculture s'est voulu
rassurant, mettant en garde contre toute panique en
rappelant que le virus qui vient d'etre d6couvert en Haiti
c'est le H5N2 (comme en R6publique dominicaine) et
qui n'est pas dangereux pour l'homme.
Cependant peut-on 6tre aussi affirmatif ? La
plus grande menace dans le monde est que le H5N2
subisse une mutation en H5N1 qui par contre peut se
rdv6ler mortel comme des cas (meme tres rares) ont 6td
enregistrds en Chine.
Mais il faudrait que nous jouions vraiment de
malchance pour que cela nous arrive a nous.
En tout cas voici un autre grand d6fi pour nous,
avec tous les autres que nous avons d6ji sur les bras.
Le Ministbre de l'Agriculture reconnait que la
tiche sera plus difficile a accomplir que chez nos voisins
dominicains.
Mais elle risque de l'6tre encore plus que nous
puissions imaginer.


Melodie 103.3 FM, Port-au-Prince


"Rien ne vaut l'Amour d'une Mere,

Rien ne remplace la Tendresse

d'une Mere."


A 'occasion de la Fete des Meres,
les 1,113 Unibanquiers rendent hommage
a toutes les Mamans d'Haiti et de la Diaspora
et leur souhaitent une Bonne F&e !


sos r eNIBANK

"Faisons route ensemble"


www.unibankhaiti.com


Grope RnaSm Natial


I









I LUTTE ANTI-KIDNAPPING


Mercredi 18 Juin 2008
SHaiti en Marche- Vonl IIT N 21


Et P'auto-kidnapping dans tout a !


PORT-AU-PRINCE, 12 Juin -
Manifester contre le kidnapping ne peut
se r6sumer a d6noncer la police et la
justice en particulier et les pouvoirs
publics en general. II se produit une
quantity d'enlkvements auxquels ces
derniers n'ont rien a voir.
Qu'en est-il du kidnapping
domestique ou auto-kidnapping ou kid-
napping simuld, celui oi kidnapp6 et
kidnappeur sont de mache ?
Et qu'est-ce que nous autres en
tant que associations de lutte contre le
kidnapping avons a dire a ce sujet ?
Ce sont l1 des points aussi
importants que les pressions a exercer
sur les pouvoirs publics et qu'on ne
saurait 6viter d'aborder si tant est qu'on
veut aboutir a une strat6gie efficace dans
cette lutte.
Or, tenez-vous bien, selon une
source autorisde, au moins 40% des
enlkvements perp6tr6s pendant les
annees 2006-2007 (dernieres statistiques
disponibles) ont &t6 des auto-
kidnappings.
Dans la plupart des cas, ce sont
desjeunes gens qui simulent leurpropre
kidnapping comme un moyen de soutirer
de l'argent a leurs parents vivant a
1'6tranger.
D'autres peuvent utiliser le kid-
napping pour cacher une autre activity
peu avouable. Une femme pour s'enfuir
avec un amant. Un trafiquant qui a
besoin de disparaitre de la circulation
pendant un certain temps.


MWme des strangers, parait-il,
qui peuvent y avoir recours pour forcer
la main a leurs proches (ou a leurs pa-
trons) en terre 6trangere.
C'est la police nationale elle-
meme qui mettait en garde contre de


faux kidnappings oi la soi-disant
victime s'empresse tout de suite apres
d'aller solliciter un visa pour se rendre
a l'6tranger sous pr6texte d'6tre en dan-
ger dans le pays.
Etc.
Ona rapport le cas r6cemment
d'employds d'une entreprise qui, voulant
amener leurs patrons a d6menager vers
un autre endroit plus < fancy >>
(agr6able), se sont mis tout simplement


en devoir de les convaincre que la region
oi ils se trouvent actuellement est
devenue un foyer de kidnappeurs.
On a laiss6 trop longtemps
durer le kidnapping avant de se d6cider
a lui mener une guerre sans merci. Et


encor
parole

seulei
les mo
donn6
6tre
n'h6si
paranc
des af


e on est toujours au stade de la
., pas encore aux actes.
Pendant ce temps, non
nent les kidnappeurs sont devenus
aitres du jeu, mais leur activity a
; des tas d'id6es a d'autres qui sans
des criminels professionnels,
itent pas a essayer de profiter de la
ioa g6ndrale ainsi cr66e pour r6gler
faires personnelles.
Quoique simuler son
propre kidnapping pour vider
les comptes en banque de ses
proches n'en est pas moins un
grave d6lit. Du vol. Aggrav6
de chantage moral.
Or peut-on le
reprocher a la police et a la
justice alors que c'est la
soci&te elle-meme qui ici doit
6tre remise en cause ? Battre
sa coulpe. Faire son mea
culpa. D'autant plus que les
cas rapportes concernent assez
souvent des fils et des filles de
familles reconnues.
Cela dit, meme le
simple fait de ne pas rapporter
les cas de kidnapping et de se
resigner plut6t a n6gocier
directement avec les gangs est
un point qui m6rite r6flexion.
Et qui fait qu'on ne peut pas
reprocher en bloc aux forces
de l'ordre et aux pouvoirs pub-
lics l'immense emprise


phenombne sur notre milieu.
Bien entendu ce n'est pas pour
le plaisir qu'on accepte de ceder aux
exigences des bandits, c'est pour
prot6ger les n6tres qui sont entre leurs
mains et qui sont soumis aux dangers les
plus inimaginables.
On rapporte qu'un jeune
garcon enlev6 r6cemment s'est vu
menacer toute une semaine par ses
ravisseurs de lui couper la tate a la
machette si ses parents refusaient de
verser une forte rancon.
Peut-on sortir sain et sauf d'une
telle 6preuve ? Comment resister a une
telle cruaut6 ? Mais au fur et a mesure
les kidnappeurs deviennent aussi de plus
en plus puissants. Tout puissants.
Vous me direz que si la soci6t6
se trouve aujourd'hui le dos au mur c'est
parce que les forces de l'ordre n'ont pas
su se montrer a la hauteur ...
Et qui pis est, parce que des
membres de la police (et aussi de lajus-
tice) ont pactis6 avec les criminels.
Rien de plus vrai mais on ne
doit pas oublier aussi que le kidnapping
a &t6 trop politis6 dans les premieres
anndes qui ont coincide avec les
lendemains du renversement brutal du
president Aristide ...
Etc, etc. Pas la peine d'y
revenir. En tout cas on a pass un temps
pr6cieux a se rejeter la responsabilit6 du
ph6nombne les uns sur les autres. C'est
le kidnapping qui y a gagnd, en profitant
pour asseoir sa base plus largement et
plus profond6ment dans le corps social.
Le plus grave c'est quand des
grandes ambassades ou de puissantes
institutions internationales se trouvent
obliges de nogocier elles aussi avec les
kidnappeurs.
DMs lors le kidnapping gagnait
si l'on peut dire ses lettres de noblesse.
Bilan: cela fait bien plus des
trois quarts des enlevements (soit
simul6s, soit r6gl6s contre rancon) qui
ne parviennent pas a la connaissance de
la police et de la justice.
II faut done bien faire attention
a ne pas utiliser ces dernibres comme de
simples boucs 6missaires. Cela dans une
tradition bien de chez nous : c'estjamais
nous qui sommes responsables. C'est
toujours un autre. Ou les autres.
II faut aller toujours plus loin,
abandonner toute hypocrisie si l'onveut
mener une lutte vraiment efficace contre
le flMau.

Milodie 103.3 FM, Port-au-Prince


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Page 8


La marche du 4juin (photo Georges Dupe)


CHANJMAN DAT REYINYON PIBLIK
Asanble Gouv6nan Oganizasyon Planifikasyon Metwopoliten (MPO) pou Z6n Iben Miami a chanje dat
reyinyon piblik ki tap fet sou d6 sij6 byen detemine jou 19 jen 2008 la, a jou mekredi 16 jiy6 2008 pou
yon Reyinyon Espesyal, a 2:00 p.m. nan Sal Reyinyon Komisyon6 yo nan Stephen P. Clark Center,
111 NW First Street, Miami, Florid.
Asanble Gouv6nan an pral konsidere Plan Transp6tasyon Alontem [Long Range TransportationPlan
(LRTP)] ekri pi ba la-a ak Amannman yo nan Pwogram Amelyorasyon Transp6tasyon (TIP):
1. 2030 LRTP: 57yBm Avni (SR 823) ak NW 135yBm Ri
Amannman sa-a pral enkli nan lis Priyorite 4 san finansman amelyorasyon kapasite sa yo ki swiv la-
a:
Agrandisman de 6 a 8 ranje wout nan NW 57yBm Avni (SR 823) ant PalmettoExpressway (SR
826) ak NW 135yBm Ri (SR 916).
Agrandisman de 4 a 6 ranje wout nan NW 135yBm Ri (R 916) ant NW 57yBm Avni (SR 823)
ak NW 42 Avni (SR 953).
2. FY 2008 TIP: Busway Flyer de Key Largo
Amannman sa-a se pou modifye etandi pwoje an kesyon an pou ogmante kantite pasaje ki deja sevi
ak wout ekspres bus "Route 34" ki deja egziste ki pati de Dadeland South rive a Florida City epitou
anile nan deskripsyon pwoje an paw6l ki refere a Key Largo a.
3. FY 2008 TIP: Koulwa Es-WBs Ekstansyon Metrorail la (Orange Line)/Koulwa Nb
Ekstansyon Metrorail
Amanman sa-a pral transfere $4,900,500 ki te rezeve nan finansman federal pou Koulwa Es-Wes
Ekstansyon Metrorail la pou kouvri Koulwa N6 Ekstansyon Metrorail la. Fon lajan sa yosipoze ekspire
30 septanm 2008.
4. FY 2008 TIP: TrajB Jounalye Akse Travay Ranv6se
Amannman sa-a pral konsilye diferans nan finansman de $10,912 sou montan reprezante nan TIP
2008-2012 pou pwoje an kesyon an.
5. FY 2008 TIP: New Freedom
Amannman sa-a pral konsilye diferans nan finansman de $5,978 sou montan reprezante nan TIP
2008-2012 pou pwoje an kesyon an.
Anplis de sij6 an kestyon pi wo la-a, Depatman Transp6tasyon Florid (FDOT) Distrik 6 pral eseye jwenn
apwobasyon Asanble MPO a pou kek revizyon nan Pwogram Travo Tantativ Senkan FDOT pou Ane
Fiskal 20008/09 2012/13 poutet yon potansyel defisi bidjet6 de $73.6 milyon revni pou Konte Miami-
Dade ak Konte Monroe; Detay Pwoje va disponib.
Tout moun ki enterese yo envite vini patisipe. Pou plis enf6masyon, tanpri kontakte Sekretarya MPO,
Stephen P. Clark Center, 111 NW First Street, Suite 910, Miami, Florid 33128, telef6n: (305) 375-4507;
imel: mpo@miamidade.gov; siweb: www.miamidade.gov/mpo.
Se r6gleman Konte Miami-Dade pou li swiv tout egzijans neses6 etabli pa Iwa pou enfim ki rele
"Americans with Disability Act". Pou jwenn s6vis yon ent6pr6t langaj siy pou moun soud, tanpri rele
omwens senkjou davans. MiAM
MIAM DDE
Hil!ISAll





Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vnl XXlT N 21


SANTE & POPULATION


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ARTS & PATRIMOINE


Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vol IYT N ?21


L'annee Hector Hyppolite peut-elle reveiller notre conscience?


(HECTOR HYPPOLITE ... suite de la lere page)
6tait reconnu comme le plus grand peintre haitien.
En 1946, Andre Breton et Wilfredo Lam
(peintre cubain lui aussi inspire par le surr6alisme),
collectionnaient les oeuvres d'Hector Hyppolite et le



II



i w^Sr


Le buste de Hector Hyppolite inaugurd vendredi
dans la capitale haitienne (photo HEM)
qualifiaient d6ji de grand maitre de la peinture naive.
Une exposition organisee a 1'UNESCO (a
Paris) en 1947 finira de donner a Hector Hyppolite sa
reputation internationale.
Le critique d'art Pierre Apraxine 6crit que << la
personnalit6 psychique d'Hyppolite, ses capacit6s de
medium, ainsi que sa totale familiarity avec le monde
surnaturel haitien sont a l'origine de la quality spiritu-
elle qui impregne chacune de ses peintures. Ainsi les
sujets qu'il peint transcendent toute interpretation
litt6rale et invitent a des implications mythiques. >
Quoique un simple apprenti cordonnier et
peintre en bitiment, Hector Hyppolite pr6tendit avoir
voyage New York, au Dahomey et en Ethiopie pen-
dant les cinq annees avant son retour dans sa ville natale
de Saint Marc en 1920.
En r6alit6, on croit qu'il a effectu6 seulement
un court sejour a Cuba pour travailler dans la coupe
de la canne, la zafra.
C'est en 1945 que passant par la route de
Montrouis, entre Port-au-Prince et Saint Marc, un ar-
tiste americain, et professeur d'anglais de son 6tat,
nomm6 Dewitt Peters, d6couvrit Hector Hyppolite.
Voici comment le journaliste-historien Ber-
nard Diederich d6crit cette rencontre tout a fait fortuite
dans son livre intitul << Bon Papa > dont la version
franqaise sera bient6t livree au public haitien.
< Ceci se passa, raconta Dewitt a Diederich,
au retour d'un voyage au Cap-Haitien oi il avait rendu
visite a Philom6 Obin qui 6tait devenu l'artiste 6toile
du Centre d'Art (un atelier d6di6 a l'art et la peinture
crab par Dewitt Peters).
<< L'autobus dans lequel se trouvait Peters
passait dans le petit village c6tier de Montrouis, a


quelques trente kilombtres de Port-au-Prince, quand il
aperqut 'l'espace d'un 6clair' la porte trbs color6e d'un
petit bar.
<< Un peu plus tard, a la requate de Peters, le
romancier Philippe Thoby-Marcelin partit a la recher-
che de celui qui avait
peint la porte. En
regardant de plus pres
celle-ci, il vit qu'elle
6tait peinte de 'jackos'
des perroquets verts
et rouges parmi des
feuillages et des fleurs
aux dessins tres
compliqu s. s
Proph6tiquement
(poursuit Bernard
Diederich) on pouvait
lire sur l'enseigne du
bar 'Ici, la Renais-
sance'.
<< Thoby- t
Marcelin finit par '


rep6rer l'artiste de la porte
qui se revela etre un certain
Hector Hyppolite, un
houngan litt6ralement
d6muni, bien que
apparemment plein de
dignity. Hyppolite utilisait


des restes de peinture pour bitiments pour ses emplois
occasionnels de decoration et, en guise de pinceaux,
des plumes de poulet.


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Dewitt Peters prit imm6diatement le train pour
Saint Marc. Et voici comment il raconte a Diederich
sa premiere rencontre avec Hector Hyppolite.
Rencontre qui va sceller le destin de celui-ci a tout
jamais dans l'histoire universelle.


Dewitt Peters et les premiers membres du Centre d'Art,
2dme i partir de la droite Hector Hyppolite


<< Finalement on trouva la miserable case oi
il (Hyppolite) vivait avec sa 'manman pitit >> (concu-
bine) et deux orphelines qu'il avait adopt6es. On nous
annonqa qu'il 6tait absent. Lajeune femme, morose et
mal nourrie, nous dit qu'elle ne savait pas oi il avait
&t&. Mais a ce moment (dit Peters), je le vis clairement
reconnaissable au loin dans la rue et venant vers nous.
En effet, pendant qu'il s'approchait, nous pouvions voir
la noblesse de sa demarche ainsi que l'expression
sereine et lumineuse de sonvisage. Nous nous levAmes
a son arrive. Il nous accueillit avec 616gance et une
courtoisie toute c6r6moniale, et nous dit qu'il 'nous
attendait.' II le savait depuis longtemps a cause d'une
vision reque dans un rave. Plus tard, nous devions avoir
(commente Dewitt Peters dans cette interview) de
nombreux exemples de son don de voyance. >
En l'espace de trois courtes annies, Hector
Hyppolite produisit 256 tableaux.
Avant de succomber en 1948 a une crise
cardiaque, il avait a peine commence recevoir
quelques petites compensations pour son ceuvre
gigantesque.
Dans son livre Mythologie du Vaudou public
en 1950 (et dont Hyppolite dessina les 'v&v&s'), Milo
Marcelin, un frere de Philippe Thoby-Marcelin,
rapporte que les ceuvres de Hector Hyppolite etaient
pour la plupart inspirees des visions reques dans ses
raves.
Hector Hyppolite lui-meme soutient que les
'loas' (divinit6s vaudoues) avaient proph6tis6 son
succes dans les arts et la peinture. Aussi ne voyait-il en
quelque sorte rien de particulibrement special dans sa
r6ussite.
A peine arrive au Centre d'Art oi l'invita
Dewitt Peters, il ex6cuta 16 tableaux d'une tres haute
facture en ... une semaine (d'apres afrikara.com). Per-
formance a peine imaginable pour les artistes
professionnels.
La th6matique de Hector Hyppolite,
6minemment mystique, en osmose totale avec l'univers
vaudou carib6en, traduit un syncr6tisme complexe de
dosage entre cosmogonies africaines et adoption
contrainte du christianisme sous les fers esclavagistes.
Les figures de la religion romaine s'en trouvent
africanis6es et ce sont ces saints noirs qui surgissent
sous le pinceau du maitre.
L'artiste ne peintjamais sans le pretre, le sec-
ond offrant un imaginaire f6cond a la technique du
premier.
Quant i la technique, Hector Hyppolite n'eut
pas comme les grands peintres du monde d6velopp6 a
parcourir les muses, mais il passa la plus grande partie
de sa vie en quite d'une maigre pitance, passant d'un
travail d'apprenti-cordonnier a celui de d6corateur,
d'aubergiste, de constructeur de bateaux, de peintre
de maison etc. Mais toujours en perp6tuelle double
activity, puisque 'houngan' attach au culte ancestral.
Hector Hyppolite ou une communication
quotidienne de l'humain avec le divin.
L'annee Hector Hyppolite ne pouvait mieux
tomber alors que Haiti se trouve confronted a un senti-
ment de vide et de doute au sujet de sa propre identity
qui ne pouvait 6tre plus rude.


Mlodie 103.3 FM, Port-au-Prince


Page 10








Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 21


L'Annee Hector Hyppolite


L 'annee
Hector Hyppolite
est lance h Port-au-


Prince. D'abord un hommage rendu, au
Centre d'Art, a Dewitt Peters, qui avec
l'6crivain Thoby Marcelin, avait
d6couvert le grand peintre dont l'annde


euu- ~ri fSr'r' eu-u h c'~i ii


'IRLOW 1 1oin-LiM.MLn. -L-A 4 I


1948, annde de sa mort. Mais trois
anndes au cours desquelles Hector
Hyppolite a peint prbs de 300 toiles.
Combien exactement? St Jean n'a
pas cit6 de chiffres. II a
seulement 6tabli une liste
de 180 tableaux. Mais
dans un catalogue plus
recent pr6par6 a l'occasion
de l'extraordinaire exposi-
tion pr6sent6e aux Etats-
Unis "L'art Sacr6 du
vaudou dans la peinture
haitienne", on avance le
chiffre de 250 tableaux
peints par Hyppolite.
Le Comit6 organi-
sateur de l'Annde Hector
Hyppolite, quant a lui,
mentionne le nombre de
300.
"Tout cela veut dire
que le corpus Hector
Hyppolite nous est
inconnu. Aussi le premier
travail qui nous attend est
de l'6tablir" mentionne
Carlo C61ius, historien de
l'art, invite a Port-au-


i j Prince par le comit6
Sorganisateur de l'Annde
Hector Hyppolite.
Nous l'avons rencontr6 a
l'occasion d'une
table ronde a
Maitresse Erzulie (ddesse de l'amour) l'Institut Fran-
par Hector Hyppolite qais, le jeudi 12
Juin, a laquelle participaient
2008 ramne le soixantibme anniversaire aussi le curateur du Must e
de la mort. d'Art haitien du College St
En effet, c'est Thoby Marcelin P ierre, Miche Philippe 1
qui, en passant a Saint Marc ou a Lerebours et l'historien


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celebres peintres
haitiens, attend en-


core une bio-
pas de quoi il se compose exactement." graphic. I1 y a beaucoup de textes qui
II faut done commencer par le ont paru en 1947 et 1948, a l'occasion
commencement et la chose essentielle, de son d6cs. I1 y a aussi l'ouvrage de
pour C6lius, est de commencer par Madeleine Paillkre qui a confront


Le ComitW organisateur de 1'Annee Hector Hyppolite (photo HENM)


6tablir le corpus, ensuite pour pouvoir
approfondir les connaissances sur Hec-
tor Hyppolite, pour pouvoir le
transmettre correctement.
Hector Hyppolite, l'un des plus


Lucien Price et Hector Hyppolite, puis
la petite monographie de St Jean << Hec-
tor Hyppolite, une somme. >>
Mais on parle beaucoup d'Hector
(voirANNEE / 12)


Papa Zaka (Hector L
Montrouis l'on ne sait exactement a
remarqu6 une peinture finement ciselde
sur la porte de ce petit bar du nom de
"Ici, La Renaissance". Les dessins et les
couleurs vives ont attire l'attention des
voyageurs. Des feuilles, des fleurs et des
perroquets.
Thoby Marcellin en parla a
Dewitt Peters qui lui demanda d'aller
chercher l'artiste. Et c'est ainsi que
devait commencer la saga d'Hector
Hyppolite.
Entre le moment oni il entra au
Centre d'Art et sa mort, il ne devait
s'6couler que trois anndes. De 1945 a


Hyppolite)
Laknnec Hurbon ("Dieu dans le
vaudou Haitien").
Carlo C61ius pense aussi
qu'il est trbs difficile de classer
Hyppolite dans une cat6gorie
plut6t que dans une autre. Est-il
un peintre vaudou ? "Lorsque je
fais le d6compte des 180
tableaux proposes par St Jean,
il n'y a meme pas 60 qui se
rapportent au vaudou", relive
C61ius, qui poursuit: "Comment
dire qu'on a un patrimoine
quand on n'en connait pas
l'ampleur ? Et quand on ne sait


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T I


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I HOMMAGE A UN GENIE HAITIEN I


Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vol XXII N ?21


L'Annie Hector Hyppolite demarre en beaute


(ANNEE ... suite de la page 11)
Hyppolite un peu a tort et a travers. Le
bonhomme n'est pas vraiment connu.
L'autre constatation de Carlo
C6lius est que << Nous fonctionnons sur
Hector Hyppolite avec des traits de sa
16gende. Il nous faut une relecture de
tout qa pour essayer d'avancer dans la
connaissance et la transmission
d'Hector Hyppolite.
Carlo Cl6ius a aussi mentionn6
l'apparition de faux Hector Hyppolite
sur le march. Si on ne connait pas la
totality de ces ceuvres, comment arriver
a discerner un faux d'un vrai. II faut
essayer de voir le peintre dans sa
complexity, sa mouvance. Mais d'abord
6tablirun catalogue raisonne de l'artiste.
Et cela est tres difficile parce que les
tableaux d'Hector Hyppolite sont
disperses de par le monde.
Colette Perodin, la Directrice de
la Fondation Culture Creation, a 6voqu6
le travail entam6 par le Comit6
organisateur de l'Annde Hector
Hyppolite. Ce travail est d'autant plus
difficile que beaucoup des tableaux de
l'artiste se trouvent hors d'Haiti, comme
au Mus6e de Milwaukee, par exemple,
qui a lui seul en possede 14.
"Nous aimerions au moins avoir
des photographies de ces tableaux. Mais
la direction du Mus6e nous a demand
la coquette somme de 1.000 dollars
am6ricains par photo, ce qui n'est
nettement pas dans nos possibilities a
dit Colette Perodin.


D'autre part, Andre Breton est
parti d'Haiti avec 5 tableaux qu'il avait
pays $ 5.00 chacun. Le c6lbre poete a
gard6 pr6cieusement ses tableaux
jusqu'a sa mort. Apres quoi, ily a eu une
vente aux encheres oi ces tableaux ont
&td vendus et au moins l'un d'entre eux
a pu revenir en Haiti.
"Tout est mystere en ce qui
concerne Hector Hyppolite." C'est
Michel Philippe Lerebours qui parle. Le
Comit6 travaille depuis des mois sur la
vie du peintre. On ne connait rien avec
certitude. L'annee de sa naissance : 1910
ou 1911?
"Hector Hyppolite 6tait trls intel-
ligent, excessivement roublard, pense
Lerebours. Et il s'est arrange pour
s'entourer de mysteres. De son vivant
meme, il y a toute une 16gende qui a &td
colport6e par la presse americaine. Ce
qu'ontrouve dans le livre de SeldenRod-
man c'est inoui. J'ai dfi mener des
enquetes pour retrouver les anciens
quartiers de Port-au-Prince dont il est
question. Selden Rodman dit que la
maison ou l'atelier d'Hector Hyppolite
se trouvait dans un quartier populaire,
non loin de Trou Cochon. Or nous
sommes certains que la maison d'Hector
Hyppolite se trouvait au bas de la rue St.
Honored, alors que Trou Cochon se
trouvait du c6t6 du Quai Colon. Cela fait
done une assez bonne distance. Le
quartier le plus proche 6tait le Fort St
Clair. Rodman fait savoir que Hyppolite,
pour retrouver son inspiration, devait


entendre le chant de la Sirene (le
personnage mythologique) et qu'il allait
sur un bateau pour pouvoir travailler.
Vrai ou Faux ? Nous ne le savons. Mais
ce qui est certain c'est que l'atelier se
trouvait a une bonne distance de la mer.
Et sa tombe, oi est-elle ? Nous
avons cherch6 en vain sa tombe, dit
Michel Philippe Lerebours. La famille
elle-meme ignore oi il est enterr6. Le
petit fils de l'artiste nous a certifi6
qu'Hyppolite se trouve enterr6e Saint
Marc, alors que nous savons presque
avec certitude qu'il est enterr6 au Grand
cimetibre de Port-au-Prince."
Le style Hyppolite : "On les a
voulu naifs, ils se sont faits naffs." C'est
une citation de l'historien Ghislain
Gourrege mentionnee par Lerebours. En
tout cas, quand Hyppolite reprend un
certain nombre d'images qui
proviennent de la culture vaudou, il y a
une r6interpr6tation qu'il fait de ce qu'il
a requ comme culture et de ce qui lui a
etd impose.
Le vendredi 13 Juin, a eu lieu le
devoilement du buste en bronze de Hec-
tor Hyppolite, une oeuvre du sculpteur
Ludovic Booze. Ce buste est install sur
la petite place a l'angle de la ruelle Alix
Roy et de l'Avenue Lamartinibre.
Nous avons rencontr6 aussi
Ludovic Booze qui nous a confi6 avoir
toujours &t6 intrigue par les traits
caract6ristiques d'Hector Hyppolite.
L'expression de son visage, sa coiffure.
Ludovic Booze a pris plusieurs semaines


pour fabriquer ce buste models en argile
d'abord, avant d'etre could dans le
bronze.
Il est aussi l'auteur d'autres
bustes qui tr6nent dans la capitale. Les
freres Izmdry, devant l'Eglise du Sacrd
Cceur, Guy Malary dont le buste est
install devant le palais de justice. Mais
il y en a d'autres, dit Booze qui ne peut
pas se les rappeler tous.
Nous avons 6galement rencontr6
a la c6remonie de ddvoilement sur la
place aujourd'hui Place Hector
Hyppolite, le propri6taire de galerie,
Georges Nader, qui nous a dit avoir
plusieurs tableaux de l'artiste dans sa
galerie. Georges Nader souhaiterait que
les jeunes apprennent a d6couvrir Hec-
tor Hyppolite. II voit l'organisation
d'une s6rie de causeries dans les 6coles,
des visites de muses et de galeries pour
permettre aux jeunes de faire plus
amplement connaissance avec le peintre.
Le Mus6e d'Art Haitien du
College st Pierre a actuellement une ex-
position de tableaux du grand peintre.
Le magistrat de Port-au-Prince,
le Maire Jason, a assisted a la c6remonie
de ddvoilement du buste de Hector
Hyppolite. Unfonctionnaire de la mairie
a lu l'Arr&t6 municipal qui transfert
l'affectation de la petite place
communement appelke Place T616co a
la m6moire du peintre. La place est done
rebaptis6e Place Hector Hyppolite.

(E.E.)


L'Universite d'Etat d'Haiti et 1'Ann6e Hector Hyppolite


par Fritz DESHOMMES
Lorsque, en d6cembre 2007, le
Professeur Michel Philippe Lerebours
nous faisait part de son souhait
d'associer l'Universit6 d'Etat d'Haiti a
la c6elbration du 60, anniversaire de la
mort d'Hector Hyppolite, nous avions
spontanement acquiesce au projet.
Nous avions mime consider cette offre
comme une heureuse opportunity. A
l'6poque, nous venions de r6aliser le
Colloque International Jacques
Roumain et des tables rondes sur
Jacques Roumain dans une dizaine de
villes de province. A cette occasion
nous nous sommes rendus compte de
l'existence d'une jeunesse en quete de
modules et de repbres, mais 6galement
de l'enthousiasme montr6 pour une
meilleure connaissance des grands


noms, hommes et femmes, chacun dans
son domaine particulier, qui ont marque,
fagonn6 l'histoire de notre pays.
Nous avions alors pris la resolution de
cd6lbrer chaque annde un de ces
personnages-phares, penseurs,
philosophes, cr6ateurs, 6crivains,
pouvant servir d'exemple a la nation et
a la jeunesse d6semparees. Notre
enthousiasme par rapport a Hector
Hyppolite s'explique par trois raisons
fondamentales : la capacity de
creation de celui qu'on a appeal le
<;- ses origines sociales;-
son domaine d'excellence.
Hector Hyppolite est un cr6ateur n&. Il
est cr6ateur d'oeuvres picturales
extraordinaires. Il est cr6ateur d'6cole,
cr6ateur d'instruments, cr6ateur de tech-
niques picturales. Sa cr6ativit6 part de


sa personnalit6 propre, de ses croyances
profondes, de son milieu naturel, de son
environnement. L'UEH s'int6resse
particulibrement a la capacity qu'il a
montre a assumer, a exprimer sa
philosophie, sa vision du monde, son
identity, ses valeurs profondes.
Au moment oi 1'UEH est en train de se
lancer dans un vaste programme de
valorisation des savoirs locaux, dont les
recherches actuelles sur la m6decine
traditionnelle haitienne constitue le pre-
mierjalon, Hector Hyppolite se revble
pour nous un inspirateur de premier
plan.
Hector Hyppolite n'a pas fait de grandes
etudes classiques. Il trimait durement
pour gagner sa vie. II 6tait cordonnier.
II 6tait d6corateur, peut-6tre meme
bracero a Cuba. Cela ne l'a pas empech6
d'etre un module, un exemple, un


ambassadeur de la culture nationale, un
patriote. Au mnme titre que celui que
nous avions clebre l'an dernier, Jacques
Roumain, lui-meme issu d'une famille
aisde, un homme de grande culture qui
a 6tudid en France, en Allemagne, en
Suisse, aux Etats-Unis. La morality en
est que, dans notre pays, les valeurs, les
ressources, les modules se retrouvent
dans toutes les couches sociales, dans
tous les coins geographiques, dans toutes
les religions. Nous devons apprendre a
les chercher, a les identifier, a les
promouvoir, sans complexe, sans
pr6jug6, l'esprit ouvert sur le meilleur
de nous-memes.
Le domaine d'excellence d'Hector
Hyppolite m6rite toute notre attention.
N'est-il pas vrai que, sans beaucoup
d'efforts de notre part, nous sommes
(voir UNIVERSITE / 14)


Hector Hyppolite,

les Mysteres de la creation


Programme du mois de juin 2008
Dimanche 8 juin
9h 10h Pose symbolique de gerbe de
fleurs
Lieu : Cimetiere de PAP
5h30 7h00 Veillee Vodou
avec la participation des adeptes du
Peristyle Max Beauvoir, Azor et sa troupe,
Aboudja
&Samba Zao
Lieu : Esplanade du MUPANAH,
(entree libre)
Lundi 9 juin
9h00 10h45 Ceremonie oecumenique
Lieu : Eglise Ste Trinit6 (entree libre)
llh00 4h00 Expo Hommage i Hec-
tor Hyppolite
Lieu : Mus6e d'Art HaItien
4h30 -7h00 Table-ronde:
Hyppolite le crdateur, Histoire et
Modernitd
Intervenants : Antonio Joseph, Pr6efte
Duffaut, Dieudonn6 C6dor, Georges
Castera, Didier Dominique
Lieu : Facult6 d'Ethnologie (entree libre)
Mardi 10 juin
10h00 -4h00 Visites guidees de groupes
Lieu : Mus6e d'Art HaItien
Mercredi 11 juin
4h00 6h00 Expo Hommage Dewitt
Peters
Projection permanente: Les Peintres
Naifs d'Haiti
Lieu : Le Centre d'Art


Jeudi 12 juin
5h30 7h30 Table-ronde:
FaireConnaitre
Hector Hyppolite
Intervenants : Carlo Celius, Laennec
Hurbon, Michel-Philippe Lerebours
Projections de courts metrages : Ballades
a Port-au-Prince et Les Peintres Naifs
d'Haiti
Lieu: Institut Frangais d'Haiti (entree
libre)
Vendredi 13 juin
10h00 Devoilement du buste Hector
Hyppolite
Lieu : Place situee a l'angle des rues Alix
Roy et du Bois Verna
Lundi 16 juin
4h00 6h00 Conference :
Apprivoiser les mystores de la creation
Intervenant : Carlo Avierl Celius
Lieu : Mus6e d'Art HaItien
Mardi 17 juin
10hO 4h00 Journme Porte Ouverte
aux etudiants
Visites guidees Expo Hommage t Hec-
tor Hyppolite
Projection commentee: Les Peintres
Naifs d'Haiti
Lieu : Mus6e d'Art HaItien
Mercredi 18 au lundi 30 juin
10hO 4h00 Visites guidees de groupes
Projection commentee
Lieu : Mus6e d'Art HaItien


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Santo-Domingo









LIBRE PENSEE


Mercredi 18 Juin 2008
1 HaYti en Marche Vol XXII No 21


o Un bon politicien est celui
qui est capable de predire 'avenir et
qui, par la suite, est egalement capable
d'expliquer pourquoi les choses ne se
sont pas passes comme il l'avait
predit. >
Winston Churchill

J'imagine la perplexity des
spectateurs et des analystes de la vie
politique du pays. Moi, en tant que
spectateur qui ne pretend en aucun
moment etre analyste,j'avoue que je me
sens d6pass6. Ce n'est quand meme pas
grave car << la marine n'est pas mon
m6tier > comme on dit chez nous et je
n'ai comme point de r6f6rence que
<< l'univers crabien >. Cependant,je dois
admettre qu'il me permet de ressentir
toute la complexity de la soci6t6
haitienne, de cette soci6t6 qui tant6t
< veut vouloir >, tant6t < se veut
d6truire >, mais qui n'ajamais ressenti
l'envie de se < regrouper >> pour se
projeter vers l'avenir, ensemble, comme
un Peuple. Nous le fimes en 1804 diront
certains mais, ce ne fut peut-6tre que le
hasard, pourra-t-on r6pondre.
Maintenant, dans cette nouvelle
conjoncture mondiale, Obama sera-t-il
l'un des signes annonciateurs que l'on
attendait? Aura-t-on a participer a une
nouvelle << bataille de Savannah > pour
la reconstruction d'une < Nation Etats-
unienne >> beaucoup plus
universelle >, < beaucoup plus libre >,


Deja

<< beaucoup plus galitaire >>, < plus fratemelle >? Ce serait bon pour
Haiti aussi.
Enfin, chores amies lectrices et
chers amis lecteurs, on pensait qu'on
6tait a la fin de ce processus lance il y a
d6ja deux mois mais, au vu de ce qui se
passe, comme dirait Churchill, ce n 'est
pas la fin. Ce n 'est meme pas le
commencement de la fin. Mais, c 'est
peut-4tre la fin du commencement.
Brillant Et dire qu'il ne connait pas les
r6alit6s du pays. Ce qui pis est, il n'a
meme pas vecu au pays ni durant << cinq
annees consecutives >, ni << cons6-
cutivement ces cinq dernires annees >>.
Il n'a meme jamais mis les pieds en
Haiti.
Je crois que je devrais essayer
de ne pas perdre le fil de l'article, comme
il se passe souvent chez moi. Mais,
chores lectrices et chers lecteurs, je
suppose, qu'aprbs ces trois ans et
poussiere de << cohabitation virtuelle >>,
de < plaqage virtuel> devrais-je dire,
vous devez d6jh savoir que ces
chroniques constituent ma < th6rapie
mentale personnelle >, grace a la
complicity de la r6daction dujoural qui
a le < sang trbs supportant >, pour
accepter mes drives 6motionnelles et
langagibres. Enfin, cette th6rapie me


-Vu > !

permet de mieux me comprendre et
d'int6grer de facon harmonieuse le
<< bouqui et le malice > que j'ai en moi,
en tant qu'Haitien, ou bien de concilier
mon envie d'etre un << ng klre & >> avec
ma r6alit6 de < neg soud6vlop >>. Je
recommanderais cette th6rapie a tout
Haitien en << quite de soi >>.
Reprenons done le fil de
l'article. Vous conviendrez avec moi
que, chez nous, dans le monde politique,
tout a l'apparence du << d6jvu >, ou du
<< d6j v6cu >, ou du << ddj senti >> ou du
< d6ji visit >>. Est-ce une sensation
personnelle ? Suis-je < anormal >> ?
Pr6cisons un peu. A cette sensation,
d'avoir d6ji v6cu un &v6nement en tant
qu'acteur, d'6prouver le sentiment
indiscutable de familiarity d'un fait v6cu
dans l'imm6diat, comme si on ouvrait
une fenetre sur le temps, les sp6cialistes
l'appellent << Dji Vu >>. Les
psychanalystes croient qu'il manifeste
le desir de rdpiter une experience
passe mais cette fois avec une issue
positive. Certains en distinguent trois
types diffirents : le < ddja v6cu >, le
<< d6j senti >, le << d6j visit >>. Les
sp6cialistes de la question parlent de
< paramndsie > en le cataloguant comme
trouble de la m6moire caract6ris6e
g6ndralement, par une tendance a la


fabulation, par l'impression du << d6j-
vu >>, par un oubli des mots, par une perte
des souvenirs ou une confusion
relativement a leur localisation
chronologique.
Il y a aussi deux autres types
d'anomalies m6morielles telles que :
1- << L'ecmn6sie > qui constitue une
sorte d'6mergence d'un souvenir
pass v6cu a nouveau comme s'il
s'agissait du present.
2- Le << Jamais vu > qui se manifeste
comme un sentiment d'6tranget6
face a une situation ou bien en
presence d'une personne ou d'un
objet pourtant familiers.
Laquelle de ces < anomalies >
vous est la plus familibre ?
Ressentez-vous chers amis/es
ces sensations ?
Cette familiarity avec les faits
ne se produit-elle pas chez vous avec la
meme agressivit6 que chez moi ?
J'attends vos r6ponses, chers amis
lecteurs et chores amies lectrices.
Enfin, vu l'incapacit6 non
seulement de pr6dire l'avenir mais en
plus de trouver une quelconque
explication sur ce qui se passe dans le
pays et ne pouvant faire allusion << aux
forces de la corruption >, soyons
pragmatiques, < JPP >, < Jan 1 Pase 1
Pase >>, < Oujou na we kl >>.
Oscar Germain
germanor2005@yahoo.fr
Mai 2008


Le president Preval et I'aval de l'electorat


Larose Vernet
13 Juin 2008 Au regard de
Saint-Domingue, Haiti a un avenir sans
horizon. Le pays le plus pauvre et le plus
surpeupl du Nouveau Monde, Haiti a
un taux de croissance d6mographique
proche de 3% l'an. Ce pays est si pauvre
et si demuni de ressources naturelles et
humaines, en gens instruits ou forms,
qu'il est en r6alit6 difficile de voir ce
qui pourrait apporter un progrbs. Si l'on
compte sur le monde ext6rieur pour des
aides publiques, pour des initiatives
venant d'ONG ou des efforts priv6s,
Haiti manque de la capacity mime
d'utiliser efficacement l'assistance
ext6rieure. Ainsi, le programme USAID
a investi en Haiti sept fois ce qu'il a
consacr6 a la R6publique dominicaine,
mais pour des r6sultats plus maigres, du
fait de la d6ficience du pays en
personnes et en organisations capables
d'utiliser cette aide. Une expression
revient dans toutes les conversations :
<< sans espoir>>. Jared Diamond,
Effondrement: Comment les soci6t6s
d6cident de leur disparition ou de leur


connus a l'6tranger pour notre peinture,
pour notre cr6ativit6? Ne dit-on pas de
nous que nous sommes un peuple de
peintres? Maisenfaisons-nousvraiment
cas? Avons-nous jamais pris le temps
d'y r6fl6chir? Avons-nousjamais pens6
a la maniere d'int6grer cette richesse, ce
talent, ce don dans le cadre de notre
d6veloppement culturel, artistique,
6conomique et social? Que savons-nous
vraiment de notre peinture, de nos
grands peintres, de leurs ceuvres
magistrales?
Pour toutes ces raisons, il est opportun
de braquer nos projecteurs sur Hector
Hyppolite, sur sa peinture, sur la
peinture et l'art haitiens en g6ndral. A
l'UEH, notre programmation d6bute cet
apres-midi meme a la Facult6
d'Ethnologie oni se tient une table ronde
de lancement de l'annde autour du
theme : < et Modernitd>.
Elle sera cl6tur6e enjuin 2009 par un
Colloque International sur Hector


qui nest pas un "rat"


survie, ,Paris, Gallimard nrf essais,
2007,p.412-413. Une classe qui se
declasse ne peut edifier l'Etat comme
source et garant des droits. Son
edification est suspendue A la capacity
d'une society de se donner un system
de soci6t6s interm6diaires, partis
politiques, entreprises priv6es,
entreprises associatives, les ordres
professionnels, les clubs,etc. C'est la
d6mocratie representative, que ce soit au
niveau du syseme partisan, les partis
poliques, 1'l6ectorat choisit ses
dirigeants, que ce soit au niveau social,
les membres de l'assembre g6ndrale
procedent a la nomination de leurs
adminstrateurs.
En prinicipe, suivant ce schema et le
Constituant 1987, un chef de l'Etat aurait
dii 6tre Olu le 7 f6vrier 1988 et
imp6rativement transmettre le pouvoir
au nouvel l6u, le 7 f6vrier 1993. Or, cette
devolution des pouvoirs d'Etat
d6mocratiques n'ajamais eu lieu. C'est


tout le contraire qui s'est produit avec
la passation p6ri-d6mocratique. Et est
grotesquement significatif le malaise qui
y a r6gn6 a l'occasion de la transmission
non-constitutionnelle du president
int6rimaire, euph6misme ou pr6cieux
ridicule, Alexandre Boniface au
president d6mocratiquement lu mais en
dehors de l'agenda constitutionnel, Rend
Pr6val.
Cette tension traverse ce pays depuis
1987. D'ailleurs, celui-ci, que ce soit au
titre de premier ministre sous la
pr6sidence de Jean-Bertrand Aristide,
que ce soit en tant que chef de l'Etat, a
plut6t gouvern6 en la caricature du
regime d'assembl6e qui se caract6tise
par le recours abusif de l'interpellation
du Cabinet minist6riel, des premiers
ministres d6missionaires, des premiers
ministres d6sign6s non ratifies pour des
raisons administratives, du renvoi d'un
ministre de la culture, qui est suivi d'une
lettre du president de la R6pubique
adress6e au Parlement ; ce qui d6note
une source d'instabilit6 politique. Au
cours de ces deux dernibres
d6cennies, les donnies sont 6clairantes.
Si on compte que pour un gouverement
les trois compositions diff6rentes du
Conseil national de gouvernement
(CNG) pr6sid6 par le general Henry
Namphy, 12 chefs de l'Etat ont occupy
le fauteuil pr6sidentiel en 20 ans soit
une moyenne d' un president chaque 1
an 7 mois et non chaque 5 ans d'aprbs
la constitution; et la majotit6 parmi eux
6taient de facto.
Cette meme instability se manifeste a
la Primature : 12 premiers ministres
ont &t6 ratifies par le parlement, issus
d'l6ections tant6t controversies,
tant6t d6mocratiques, tant6t de facto.
Ces faits ne relvent pas de faits anodins;
ils sont structurels et repr6sentent un
616ment nodal du paysage politique,
qu'on ne saurait comparer avec des
constitutions francaises, par
exemple. L'histoire immediate ne
conduit pas a conclure 1' adhesion des
categories sociales au regime
parlementaire; regime parlementaire qui
n'accomplit pas sa fonction de mouler
les comportements et de faconner les
mentalit6s. Le president Pr6val est un


Hyppolite. Entre les deux et durant toute
l'annee, des tables rondes, des
conferences, des journees d'6tudes
seront organisees dans toutes nos
Facult6s et Ecoles de Port-au-Prince et
des villes de province. Nous en
profiterons pour encourager la recher-
che sur le peintre, sur sa vie, sur son
ceuvre, sur son epoque, sur son milieu
d'6closion.
Autant de parametres sur lesquels nous
avons encore beaucoup a apprendre. -
Au nom du Conseil Ex6cutif de 1'UEH
et en mon nom propre, je voudrais
presenter mes plus chaudes felicitations
et mes plus vifs remerciements au
Comit6 d'Organisation de l'Annde Hec-
tor Hyppolite.
Atous, je souhaite, tor Hyppolite>.

Port-au-Prince, le 9juin 2008
Fritz DESHOMMES, Vice-Recteur
a la Recherche (UEH)


ancien premier ministre qui fut choisi par
le president Aristide. Des relations
tumultueuses s'6tablirent entre l'ex6cutif
et le parlement. Un troisibme larron
s'immisca, les forces oubandes armies,
suivant sa probl6matique, qui firent un
coup d'6tat. Le Conseil de s6curit6 de
1'ONU etrenna le droit d'ingerence,
qu'il ne faut pas confondre avec
l'ing6rence des droits par les peuples en
vue de s'auto-6manciper. Nous
connaissons les resultats: embargo,
menaces de bombardement de Port-au-
Prince, le d6barquement des Marines et
des casques bleus et depuis c'est
l'aggravation de plus en plus
catastrophique de l'ins6curit6,
particulibrement du kidnapping.
Or, toutes les formules de sortie de
crise passent par la mediation de
l'l6ectorat qui lui, s'est manifesto
massivement lors des elections en 1990
et 2006. N6anmoins, son statut non
seulement vacille suivant les
conjonctures, mais fondamentalement
l'electorat existe dans des conditions de
vulnerability: c'est la conflictualit6 entre
ses droits politiques, civils et sociaux.
Et tous les essais, envue de le d6ratiser,
de le faire rentrer dans ses trous ou de
l'amener a ressortir suivant les
opportunities, ont 6chou6. La
conjoncture le sollicite a nouveau, avec
les prochaines lCgislatives et la lutte qui
fait rage parmi les pr6tendants a la
pr6sidence de la R6publique.
Les femmes et les hommes politiques
ont donc a g6rer, en permanence, la
contradiction qui travaille le pays: la
majority numerique, la veritable
d6tentrice de la r6ussite de la
modernisation politique, est paradoxa-
lement exclue des obligations
constitutionnelles de l'Etat, le bien-6tre
et la s6curit6. Qui pis est, les partis
politiques peinent a s'institutionnaliser,
notamment au niveau de l'organisation
de la succession de leurs dirigeants.
C'est un des facteurs majeurs
d'explication de leur incapacity a se
constituer en parti majoritaire, ne ffit-ce
un de coalition, de se mettre done en
conformity avec le principe qui est au
fondement du regime parlementaire. Les
presidents Jean-Bertrand Aristide et
Rend Pr6val ont connu des 6checs en
l'accomplissement de cette tAche. Que
(voir ELECTORAT / 16)


Page 14


L'Universite d'Etat d'Haiti

et 1'Annee Hector Hyppolite
(UEH suite de la page 12)


III.I .U At............ .... ... .. ..N







Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 21


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Lisez

[( r ]BMrdh i









SURPOPULATION


Mercredi 18 Juin 2008
Hai'ti en Marche Vonl IIT N 21


Planification familiale :


Assise parmi un groupe de
femmes enceintes qui patientent au cen-
tre de sante Pierre Payen, une structure
sanitaire situde a quelques kilombtres de
la ville de Saint Marc (Artibonite),
Marlene, 26 ans, enceinte de sept mois,
attend comme les autres que l'infirmibre
lui fasse signe pour la consultation.
Lajeune femme qui attend son
troisibme enfant vient d'une locality
situde non loin de Saint Marc. Elle avoue
avoir choisi le centre de sante Pierre
Payen parce que le service offert a
l'h6pital public de St Marc est frequent
par un trop grand nombre de patients,
ce qui fait perdre toute une journe.
Ce troisibme enfant n'entrait
pas dans les projets de Marlene, une
jeune femme vivant aux d6pens de son
maria cultivateur. << J'avais dix-neuf ans,
j'6tais en seconde quand j'ai eu mon
premier enfant. Mes parents m'ont mis
a la porte >>, raconte-t-elle. Son petit ami
ne l'a pas accueilli de gaiet6 de coeur. Il
ne voulait pas la prendre en charge, sa
situation 6conomique a lui 6tant trop
pr6caire. Or, deux ans plus tard, un
deuxibme enfant vient aggraver la situ-
ation du couple.
Aujourd'hui, c'estune Marlene
resignee qui encaisse ce nouveau coup
du destin : un troisibme enfant a l'heure
oi le pays traverse une crise 6conomique
aigue. Malgr6 les conseils prodigu6s par
les infirmibres responsables du
programme de planification familiale, la
jeune fille se montre toujours ind6cise.
< Je ne peux pas faire de planning
puisque mon maria n'ajamais abord6 ce
sujet avec moi >>, dclare-t-elle, un peu
genee.
La planification familiale, cette
possibility qui est donnde a chaque
personne d'exercer librement son droit
reproductif, moyennant la mise a sa dis-
position des m6thodes modemes de con-
traception, n'a pas d'importance aux
yeux de Marlene. Elle met au monde des
enfants sans se soucier d'avoir les
moyens de leur offrir une bonne
education et un cadre de vie agr6able.
Dans un pays oi la population
accroit a un rythme annuel de 2%, n'est-
il pas temps que les institutions
publiques et priv6es oeuvrant dans le
domaine de la planification familiale,
mbnent une campagne plus agressive
pour sensibiliser la population sur la
n6cessit6 d'exercer enfin rationnelle-
ment le droit de reproduction ?
Le cas de Marlene est un
exemple parmi tant d'autres de la situa-
tion de plusieurs familles en Haiti qui


ont plusieurs bouches a nourrir alors que
leur situation ne le leur permet pas.
Lors d'un recent recensement,
on a d6montr6 que nous sommes plus
de 8 millions d'habitants qui vivent sur
27.5000 km carr6 et dont plus de 60 %
ne travaillent pas. Un rapport d'une


Ces m
et des
plusieu
lars am
de gens

plus la


Un enfant de trop !
eutes entrainent, outre des morts sp6cialistes, si rien n'est fait, Haiti sera
blesses, des pertes estimdes a un total desert dans quelques anndes.
rs centaines de milliers de dol- Dans un pays oi la population
dricains. Et envoient encore plus accroit a un rythme de 2% l'an, n'est-il
; au ch6mage. pas temps que les institutions publiques
Nous n'avons aujourd'hui et priv6es ceuvrant dans le domaine de
capacity de nous nourrir par nos la planification familiale d6clenchent
une campagne agressive afin de
sensibiliser la population sur la n6cessit6
d'exercer rationnellement leur droit de
reproduction? Mais comment rendre
une telle campagne efficace et
efficiente ?


(De la gauche) Fritz Gerald de I 'Expertise Communication, Dr Rony Jn-Jacques,
Bachir El Sow, Claude Bernard Serant et desjoumalistes participant au siminaire


organisation 6trangere a soulign6 que
plus de 70% de la population haitienne
vit avec moins de 2 dollars par jour.
Nous sommes passes du pays le plus
pauvre au pays le plus miserable de la
planete, tandis que la recrudescence de
la criminality est l'une des r6sultantes
de cette misbre. Aussi sans une
planification familiale, cela condamne
a donner naissance a des enfants qui vont
devenir des d6linquants et qui feront
partie trbs t6t des gangs qui alimentent
le secteur criminel, cette dermire en
constante hausse dans le pays.
Une campagne de
sensibilisation est necessaire, ne serait-
ce pour se d6faire de vieux adages
comme, par exemple : << pitit se baton
vieybs, bourik fe pitit se pou do 1 poze,
pitit se byen p6v malere >. Nombre de
ces citations peuvent 6tre une entrave a
la planification familiale, notamment
cette facon de penser de nombre de
femmes : depi 1 fIt 1 ap viv.
Les consequences de l'absence
de planification familiale sont visibles
chaquejour. L'une d'elles a &te la mani-
festation violente contre la vie chbre en
avril dernier. Des parents qui, n'ayant
plus de quoi nourrir une famille
nombreuse, ont d6cid6 d'investir le
bMton pour r6clamer l'aide des autorit6s.


propres ressources, notre agriculture est
au plus mal, le secteur public et le
secteur priv6 n'ont pas les moyens de
donner du travail a tout le monde. Dans
ce pays, la majority des gens ne vit pas,
ils ne font que survivre en imaginant
toutes sortes de strategies pour arriver a
manger au moins une fois parjour. Les
rues de la capitale sont de v6ritables
marches a ciel ouvert, les gens s'6rigent
en commerqants proposant h lavente des
produits ne totalisant m6me pas cent
gourdes. En Haiti on appelle cela
ch6mage d6guis6, les gens essaient de
se convaincre qu'ils font quelque chose
mais au fond ils se mentent a eux-
memes.
A cela s'ajoute le kidnapping
qui est un phenombne assez nouveau
mais en plein expansion chez nous, et
qui appauvrit encore plus la classe
moyenne d6ji impuissante sous le poids
de la vie chere.
Pour finir, la classe des affaires
a choisi (peut-6tre malgrd elle) d'aller
investir a l'6tranger.
Les consequences de la non-
planification familiale, on peut les
constater aussi dans nos mornes car les
gens coupent sans cesse les arbres et
n'en plantent aucun. Selon certains


Tout d'abord il faut tirer la
sonnette d'alarme en montrant que nous
ne pouvons pas nous permettre d'avoir
plus de gens dans aussi peu d'espace (a
noter que nous sommes le pays le plus
peupl6 dans la Caraibe). Comme nous
l'avons vu, il y a plein de barribres qui
peuvent influencer l'efficacit6 de cette
campagne mais une bonne education
dans les zones urbaines et rurales sur la
gravity de la situation, nous permettra
de sensibiliser un grand nombre de
femmes et d'hommes de ce pays.
Pour finir, la planification
familiale est un bon moyen de mieux
g6rer sa vie et de sortir de la misbre ou
de ne pas y entrer. Selon une enquete du
Ministbre de la Sante Publique, le taux
de mortality maternelle est de 325/
100.000. Les enquetes EMUS pour leur
part donne une idWe de la question au fil
des ans par exemple : EMUS II en 1994 :
456/100.000, EMUS III en 2000 : 523/
100.000 et EMUS IV donne en 2006 :
630/100.000. Une bonne planification
familiale permettrait de r6duire
consid6rablement ces chiffres. A noter
que de plus en plus de femmes se font
un IVG (interruption volontaire de
grossesse) qui, mal effectude, peut
provoquer des d6ces chez beaucoup de
femmes. Un m6decin de l'h6pital
Justinien au Cap-Haitien, montre que de
1995 A 2000 un total de 432.000 femmes
se sont faits avorter, ce que la
planification familiale aurait &vitW.
Un couple qui choisit de
contr6ler son taux de naissance sera une
famille unie et n'aura pas comme
Marlene, la jeune fille que nous avions
prise pour exemple au tout d6but, a
s'inqui6ter de l'avenir ou comment faire
pour subvenir aux besoins des siens. La
famille est la cellule de base de toute
soci6td. Done plus les familles seront
fortes, notamment en planifiant leur vie,
plus la nation sera forte.
Anise Pierre Louis
anisepierrelouis@yahoo.fr


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Preval

et I'aval de l'electorat
(ELECTORAT... suite de la page 14)
faire, disait dji l'autre? Le parti Fanmi Mais, est-il trop tard? La r6ponse se
Lavalas aurait df s'instituer en parti trouve, encore, en la capability des
dominant et garantir ainsi la passation femmes et des hommes politiques, et du
ordonnde des pouvoirs d'Etat dans le r6le prdpond6rant, le respect des
cadre du pluralisme politique. Pourtant, mandats des Olus, du president Prdval,
il a implos6. La plate-forme Lespwa n' dans la formation d'un dispositif
y a pas 6chapp6 a cette tendance ; et les majoritaire et des politiques publiques
autres partis ne font pas le poids devant cr6dibles et audibles parmi la grande
le choix de l'dlectorat. C' est 6galememt majority de la population.
l'insucces politique du Conseil de
s6curit6, dfi a la faiblesse relative a Larose Vernet
l'exercice d'un leadership politique. vernelaroz@yahoo.fr


Page 16


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III.I .U At............ .... ... .. ..N







Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vol XXII N' 21


Page 17


Reunion du Groupe-pays Caraibes sur Haiti
L'Ambassade d'Haiti en France informe que manquent de tout et vivent dans une situation plusieurs mairies ou regions dont Suresnes, enbanlie
Groupe << Cit6s Unies >>, r6unissant de nombreux intenable. > parisienne, de Strasbourg en Alsace, de la Rochell
eurs travaillant en Haiti, ayant pour Pr6sident MonsieurJosselins'estf6licit6delapr6sence de la region Bretagne, de l'Aquitaine et d
ncien ministre de la cooperation, M. Charles du Charg6 d'Affaires a.i. de l'Ambassade, M. Fritzner repr6sentants d'organisations non gouvemementa
selin, a tenu une reunion sur Haiti (groupe-pays Gaspard, et l'a invite prendre la parole. (ONG) pr6sentes sur le terrain en Haiti ont particip
raibes) le mercredi 4 juin 2008, a la maison de la Le Charg6 d'Affaires a f6licit6 M. Josselin cette rencontre.
te d'Armor a Paris, sur la situation politico- pour la quality de son rapport, mais aussi pour cette Un d6bat assez anim6 a suivi l'interventi
inomique en Haiti. joumre sp6ciale d'informations sur Haiti. Al'attention de M. Gaspard. L'ensemble des interventions peut
L'objectif principal a &td de jeter les bases de l'assistance, il a fait un bref rappel de la situation regrouper autour des questions suivantes : l'efficac
me commission sp6cifique sur Haiti en matiere de socio politique autour de trois 616ments : du travail des ONG ? Les ONG ne sont-elles p1
)p6ration. D'embl6e M. Josselin a fait l'inventaire a) les progres enregistrds sur le plan politique concurrentes sur le terrain ?
son voyage en Haiti, dont le point d'orgue fut la de 2006 a avril 2008 qui se traduisent par une stability Ce qu'elles font conviennent-elles vraime
nf6rence de presse donnde a l'Institut Francais politique et une baisse de l'ins6curit6 pendant les deux au besoin de la population haitienne ? Par quel bo
laiti. Le problkme de l'heure, dit-il, est que le pays premieres anndes du mandat presidentiel (2006 et doivent-elles prendre la probl6matique d'Haiti ? Que
face a des problkmes de toutes sortes, dont celui 2007) ; est l'efficacit6 des ONG francaises sur le terrain


de la vie chere : < Cit6s Unies a voulu savoir ce que
pense celles et ceux qui sont engages sur le terrain
afin de coordonner nos actions et faire des
recommandations au gouvemement>>. Pour lui, la
France et Haiti sont li6s par une page d'histoire com-
mune et une langue partag6e. EnfinM. Josselin[l] s'est
prononc6 ouvertement pour donner un coup
d'acc6ldration au concept de decentralisation
conform6ment a la constitution haitienne de 1987. < I1
faut que l'Etat central en Haiti donne un contenu au
concept de decentralisation car les collectivit6s


b) le r6tablissement des grands 6quilibres
macro6conomiques;
c) les zones de turbulences connues a partir
des Mvenements du mois d'avril 2008, en mettant
l'accent sur les principales initiatives prises par le Chef
de l'Etat sur le plan politique en vue de maintenir le
dialogue et le consensus politiques, garants de la
stability politique.
Plus d'une vingtaine de personnes pour la
plupart des fonctionnaires du Quai d'Orsay, des
responsables de la cooperation d6centralis6e, de


cue
e,
ees
les
6 i
on
se
it6
pas
ent
)ut
:lle
en


Haiti ? En quoi sont-elles diff6rentes de leurs homo-
logues anglo-saxonnes ? La reprise des investissements
dans le secteur agricole en Haiti qui semble faire
l'unanimit6 des organisations non gouvemementales
et des autorit6s politiques francaises, mais est-elle
r6aliste par rapport aux regles de l'exportation des
produits agricoles vers les pays du tiers-monde ? Toutes
ces questions ont fait l'objet de discussions tres
animdes, oni chaque acteur autour de la table et present
sur le terrain haitien essaye tant bien que mal de
convaincre sur le bien fond& de sa presence en Haiti.


1.15~ demanded In fin de% rvtrwkt"%ii



"Copyrighted Material


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5e ournee Portes ouvertes
des associations freaco-haVtiennes



Dinspora
r d veloppeme....


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Hati?


28 2008
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SES TTTT Mercredi 18 Juin 2008
Page 18 LES JEUX Haiti en Marche Vol XXII N 21


L'lSiEUXBE i IA


Solutions de la
semaine passe:


Allez de CITRUS a BAFFES, en utilisant des mots du du J N E [. S
vocabulaire frangais, et ne changeant qu'une lettre par ligne. J A u E s
FAUNES
FAUTE S
FOUTE S
FOUTUS
BA FT FIE S P S E R P E N T CORA ILJ J
U ELCCCLMAURCVPA
ACAMNRPBPITVOYM
PROBOAUEGHPTVTC SCRABBLE
Z O D W M N L N E C D A N H C Arrangez les sept lettres ci-dessous
J T P K G A I E W 0 M A N 0 T pour former un mot franrais
Solutions de la semaine passe N A J A C M S D B T A UN Qpour former un ot fran
Y L RICOALSRRLAWS C O
DE CHARGE XEDAWNGO IAESGO I
O G OU ART FEBGRDKXEUCFLCF I D E
ROME VUE XDHSJAYSVLYOUMS
T UME FMI E S LYXVSBCROOKGMYV M E
OT-E G SVIPEREAEHBGPUK
I T R E MF N BB Q U U Q HG1 I1 I I I I
I TREMO A XMIYFNUBBQUUQHG IIZIIIII
REC RU R X C W J X Y U S C X G U E Q Solutions de la semaine passee
R E F R E NE Trouvez les now de 20 serpents dans le care ci-dessous CHREMES





,od, E n B ref. (... suite de la page 2)
1 0 3 3 f m la surveillance aurait laiss6 pass un fruit d6fectueux en direction des USA. Une
commission hautement technique pr6sid6e par le Secr6taire d'Etat de l'Agriculture,
Joanas Gud, se rendra a Gros Morne pour 6valuer l'information et prendre les decisions
qui s'imposent avant de recevoir un verdict du USDA. Parallblement la signature d'un
5h00-6h30 Bon Rlvel enmusique protocole de credit a eu lieu le lundi 9 juin dans le but de renforcer la production de la
mangue francisque avec l'octroi d'un credit de neuf millions deux cent cinquante mille
6h30-7h00 Au Pipiritchantant gourdes (9.250.000,00gdes) a 33 associations qui regroupent plus de 100.000
journal creole avec Louini Fontal producteurs individuels de mangues francisques. (Haiti impact)

7h00-9h00 Melodie Matin avec Marcus Le ministre de agriculture Franeois S6verin de nouveau hospitalis6
Information, Interview, AnecdotesHumour, Le ministre de l'Agriculture du gouvemement d6missionnaire, l'agronome Franqois
Analyses
NosChroniaues: S6verin, a de nouveau &te victime d'un accident c6r6bro-vasculaire et a dfi etre hospitalis6
L'Editorial de Marcus en urgence (source Radio Kiskeya).
AuQuotidienavec Elsie En raison de son 6tat, M. S6verin devrait etre incessamment transport a Cuba, selon les
La Chronique Litt6raire avec Dominique Batraville memes sources.
Les Sports avec Mario Bareau Plusieurs fois ministre de l'agriculture et conseiller special en la matibre des presidents
Les nvits duJour Jean-Bertrand Aristide et Rend Pr6val, M. S6verin est de sante prdcaire depuis quelque
M6lodie Matin chaque samedi est anime
par Fquiere Raphael temps. I1 en est a sa deuxibme hospitalisation en l'espace de quelques mois.

0lh-Midi Ledisquedel'Auditeur Une femme enceinte tu6e au centre ville
animation James Predvil Le drame a &t6 enregistr6 au centre ville de Port-au-Prince. Des individus arms ont
attaqu6 un magasin a la Rue du quai dans la matinde du 12 juin. Une femme enceinte a ete
12:00-12h30 Le Midi atteinte d'un projectile a la tete lors d'6changes de tirs entre les bandits et des agents de
informations avec Laury Faustin s6curit6 qui tentaient de les repousser.
Selon des t6moins, la victime connue sous le nom de Jeanne Ch6ry, 6tait venue
12h30-2h00 Lady Blues avec Elsie s'approvisionner et se prdparait h repartir.
Jazz, Blues, Swing, Ragtime Aucune arrestation n'a &t6 effectu6e par la police qui a annonc6 le renforcement des

2h00- 3h00 C'est si Bon en chansons... patrouilles dans la zone.
A noter que cette attaque est arrive moins de 24 heures apres une reunion tenue a la
Emission de chansons francaises
Chambre de Commerce pour poser a nouveau le problkme de l'ins6curit6 (alertehaiti.ht).
3h-5hpm Le Bon Vieux Temps .
Retro-Compas Visite prochaine en Haiti du ministre p6ruvien de la defense
avec Doc Daniel et Captain Bill Le ministre pdruvien de la defense, Antero Flores-Arioz, sdjoumera en Haiti du 19 au 21
juin dans le cadre d'une visite d'inspection du travail du contingent pdruvien de la
5h00 Le Journal de 5 heures Mission de stabilisation de 1'ONU (MINUSTAH), a annonc6 jeudi a Lima le journal
avec Villette Hertelou officiel El Peruano.
La presence de Flores-Arhoz a Port-au-Prince reflete la volont6 du gouvernement du
7h-8h30 AmorySabor con Luciani Pr6sident Alan Garcia de verifier la quality de la contribution et les conditions de travail
des membres du bataillon pdruvien, cinq mois aprbs leur arrive en Haiti, pr6cise-t-on
8h30- 9hoo Soir Informations dans la capitale pdruvienne.
La Compagnie P6rou, qui a int6grd la force onusienne dans une perspective de
9h00 10h30 Notre Grand Concert rtablissement de la paix dans le pays, tient sa base opdrationnelle prbs de l'usine
Lun. & Mer. L'heure classique
aun. & Mer.: heurge cassniqu ee Shodecosa, sur la route nationale #1 (banlieue nord de la capitale).
Mar. & Ven.: Turgot Theodat tient I'antenne
Jeu. & Dim. Jazz at Ten Selon le quotidien officiel pdruvien El Peruano, 1'implication des casques bleus du P6rou
Judy Carmichael regoit ses invites dans cette operation de maintien de la paix, partcipe de la politique de defense du pays.
"Ils contribuent a la paix et a la s6curite internationale et de plus ils favorisent de pr6cieux
9h00 etaudeli Cavaliers, prenez vos dames changes d'exp6riences avec des contingents d'autres pays", souligne lejournal.
(Samedi) 50 ans de succ6s populaires haitiens D6ploy6e en Haiti depuis 2004 sous commandement brdsilien, la MINUSTAH compte
aujourd'hui 7.510 militaires et 1.752 policiers issus a 80% de l'Amdrique latine.
rL'ambassadeur canadien Claude Boucher boucle sa mission de 4 ans en
,4 A 1 / Haiti
c o L'ambassadeur canadien a Port-au-Prince, Claude Boucher, arrive en fin de mission,
annonce qu'il a &t6 d6sign6 assistant du Haut commissaire du Canada au Royaume Uni.
Le diplomate canadien affirme avoir &te t6moin des progrbs politique et 6conomique
enregistrds par le pays depuis 2004.
I1 rappelle l'effort d6ployd par son pays et la communaut6 internationale pour restaurer les
institutions d6mocratiques haitiennes. J'ai demand a venir en Haiti", r6vele t-il,
(EN BREF / p. 20)


C I T R US









Mercredi 18 Juin 2008
Haiti en Marche Vol XXII No 21


I Ti Gout pa Ti Gout ak Jan Mapou


Omaj pou Pol Lak /

Paul Laraque
AK DENIZE LOTI / DENIZEN LA UTURE
Wi, se vre! Se pa manti!
Dimanch 18 me ki sot pase-a, noumenm
zanmi P6l Larak nan Nouy6k ak fanmi-
li te reyini pou nou te rann P61 omaj.
Younlanne dejapase depi gasonvanyan,
dwayen ekriven ayisyen nan dyaspora-a
te ale kite nou. Rankont zanmi ak fanmi-
a te f&t nan The Bowery Poetry Club ki
nanManhattan, Nouybk.
Anpil fanmi P61 te la: pitit fi
li-a, Dr. Danielle L. Arena, mari-li,
Dr.LuigiArena, Julia ak Mark, 2 pitit-
yo. Dr. FranckLaraque, fri P61 te latou.
Li te sotijis Kolorado. Karen Boadiba,
nyes P61-la te soti jis Kalifoni. Anpil
zanmi te prezante omaj-yo. Pami zanmi
ki te la yo : 2 pow&t ameriken, Ed
Friedman ak Greg Fuchs Greg Fuchs
te mt seremoni tou plis plizye ki te
renmen P61 anpil : Serge Rameau, Bob
Garoute, Tontongi, Dahoud Andrd,
Cybille ak Andrd Juste, Fanfan Latour,
Berthony Dupont,. L tou pa-m rive,
mwen te prezante omaj-mwen tou.
Anpil mounn te resevwa kbm
kado liv powt Anthony Phelps ekri sou
P61Larak- la: Paul Laraque entreMarx
et Breton.
Nou te chante youn chante
vodou ak non P61. Nou te kanpe pou
chante Ladesalinyin. Apre sa, sete lekti
powem nan liv P61-yo.
Zanmi-nou, gran fre-nou, fre
timonye P61 Larak te resevwa anpil bMl
kout chapo. Li te youn neg konsekan,
maria, papa, fre enpeyab, zanmi sense,
patriybt san repw6ch, pow&t
revolisyon.
Ochan! Ochan! B1 ochan! pou
P61 ki trase chemen pou nou. One ak
Resp&! Nou dwe 1' sa. Menmjannou dwe
tout n4ges vanyan ak neg konsekan one
ak resp.
Ayibobo-o!




Andre Fouad Youn

powit Jam' Dodo

(premye pati)
ak Michel-Ange Hyppolite*
( Kaptenn Koukourouj)

Apre GERBE D'ESPERANCE
(1992), EN QUETE DE LIMIERE (1992), BRI
LANNWIT (2000), ETENSEL MO M YO se
katriyym liv pweziAndrd Fouad. Liv-la
gen 56 paj. Li pran lari nan ane 2006.
Anndan liv-la noujwenn kek desen ki
soti anba men Ew6l Sen-Lwi.
Andrd Fouad se youn jenn
dize, pawolye, epi jounalis kiltir1l.
Konsa, 1 nou di Andrd Fouad, nou we
kontinwite. Nou wn larelkv. Nou wn
pwezi krey6l ki ap grandi epi ki pran
rasin sou fondas travay ekriven ane 1960
yo pou l'al debouche sou remanbreman
ekriven ane 1980 yo. LU nou di Andre
Fouad, nou santi se pasyon ki ap pyete
pwezi anndanyoun menm espas. Ann li:
Debri zetwal yo
Rete nan glas je-m
Ti tak san
Ti tak foli-m
Ti tak debri-m
(p. 35)
Pami dives eleman ki brennen
kiryozite nou anndan < yo>, genyen kat ki merite siyale :
prezans f6m pwezi kout, noumenm nan
Sosyete Koukouy nou batize : wong6l-
la, prezans lannwit ak dives mo ki nan
menm chan semantik ak li nan dives pati
nan rekey-la, itilizasyon teknik imajis-
la k6m mote beb1l anndan liv-la ansanm
ak repetisyon mo ki part agogo
toupatou nan liv-la.


Prezans Pwezi Wong6l
Soti nan fen ane 1960 yo pou
rive nan uity6m ane dezyem milen&-a,
sa fe preske karant lane depi f6m pwezi
wong6l-la ap balanse nan branch kreybl
literati Ayiti-a gras ak dilijans seksyon
literati ekip Mouvman Kreybl-la,
Sosyete Koukouy. Poutan, se nan
konngout modd1 pwezi sa-a part nan
dives liv pwezi kreybl-yo; oubyen ank6
1 li part, ekriven-yo toujou bliye
idantifye li kbmsadwa. Anndan <
Etensdl Mo m yo> noujwenn dis tsks
nou kab klase kbm pwezi wongbl.
Kategori pwezi kout ak 6 liypwezi
maksim6m. Thks wongbl yo pote youn
verite anba-anba. Youn verite ki ap
charye mesaj andaki. Epbk mesye-dam
Koukouy-yo t'ap feraye ak tks wong6l-
yo, se te youn epbk ekriven te oblije pale
andaki akbz sitiyasyon politik difisil
anndan peyi-a.
Nan momanAndrd Fouadt'ap
ekri pwezi kout sa-yo, nou pa konnen si
li te sdten li t'ap suiv youn chemen kek
ekriven krey6l te kbmanse trase nan ane
1960 yo.
De ti mo pale
Lapli bwaze jou f&t mwen
M ap rapyese san mo yo
San m pa kite res
Vwayaj (p. 24)

* Michel-Ange Hyppolite ( Kaptenn
Koukourouj)
Manm Sosyete Koukouy
Kanada

michelangehyppolite@rogers.com




Ja Lajan

Depi sou tan benmbo,
ki vie di sou tan prejidan bann machwe
ti neg zorey djonjon, nen bonbon
[kreyl6 tankou bosal]
pe vire late lanve landwat nan cheche ja
lajan
swadizan byen defen papa-yo te kite pou
yo

Nan paj ki liv li te janm ekri
riches ti neg se nan travay di san rete, san
pran souf
sa ki te toujou repete ak ekri toupatou
ti neg parese pi mal pase yon milet ki
plenn
nan kalewes yo pote labanye
kidonk ale pou vini
riches li se nan travay dijouk souf-li
koupe
pou fe mago z6t pi pwes pi lou

Pawl ja lajan sila-a
toujou vini ak youn rev je kle
banm m'a ba-w
ak f6s prigad
gran bonnie, lalin andekou
san lave bouch, san di bonjou ak peseswa
soti pa do nan pot deye kay-la
pran chemen ki mennen anba ti pye
kalbas-la
salwe lekat fasad, mete jounou ate
enpi koumanse fouye ak youn djann ti
kouto
san prese san gade adwat san gade ag6ch
sitou san gade deye san entewomp
ni pou Pye ni pou Jak

Kom nan tout istwa gen youn maldonn
Nan fouye fouye gen yon vwazinay
petpetmayi
ki t'ep swiv dewoulman mouvman-an
deye jalouzi lakay-li
li mande vwazin-lan ti dlo kafe-1 pou
jounen-an
L6 z6t te retounen sete youn kokoye sech
li te jwenn nan twou-a
se konsa jouk jodi jou lachans file tankou
zangi nan men-1
youn lot jou petet nan fe rev je kle


l'ava 1 fouye lanme osnon syel ble digo-a
pou cheche bone-l nan riches san swe ni
bouke

Prigad : Se pase mwen t'ap pase yo ban
m' youn ti kout pye enpi mwen vini tire ti
kont-lan je kle ba nou. Oken n vivan pa
sanble ak mounn ki nan kont lan. Rele ti
zwazo ban mwen: Ti zwazo, ti zwazo gbj
mwen bouke.
SONGO "OULOU
Badagri nan mwa lapli




Pelisye ake Mizyas
AK ZANDO /JACQUESJ. GARCON*

Bon!
Kich6y m'apway koze ake nou
jbdiya, se ta kbm oun moso danyi
danti(1) ; kilti, labitid, koutim nan listwa
te d'Ayiti Tonma. Si nou vle, nou ka
pwany k6m oun lodyans, f6lklb tou.
Pwoche pi pwe non!
An nou ft sa vit ; paske m' pa
vin pou rete non.
M'apway pile lwen, pa bagay
ate esit. M' apway nan gran kay, nan
kanpech, nan yon sbl6k6t6 [N] ; men
Potopwens ake lezalantou yo di
kandjanwoun osnon kandjanhoun.
E- e-e Men kouman w' ap
ouvwije-a-w gran ape gete wen konsa?
Kouman w'ape mande sa yo
rele kandjanwoun-a? O Pou touve-w
natif natal nan oun peyi, peyi-a zansdt
demanbwe-a-w, pou w' pa konn sa sa ye
sa! Men wi, se pa zaftr-a mounn de
salon Houn Se konsa Si m' t' ap : ti
ti, ti vwa, nespa, je m si, jete, je m si
ranmase pa ta gan ankenn donmaj. Se
nan sa tou wi, nanchon-anvin depaman.
Kk younn younn se pitit t&-ya; men pif6
se move bofi ki pa bay < pou lepeyi pou
ledrapo-a> regle aryenpouyo ; aledi at6
pou yo ta k6ndt chous rasin-a-yo. Pou
daye, gan ki pa finman kontan di se
Ayisyenyo ye an peblik. Anfen Annou
kite sa la pou 1 gan tan.
Kay-a Pelisye ake kina Mizyas
k6m bouch ake nen nan youn lakou kon-
w kite : < Rita-Rita(2) >, konmsi
w'apway < Kabann Mando >. Mesye-yo
toujou ansanm ;jwdt boul-la, ale lachas-
la, tann pdlen pou zwezo-a, anfen nou
pa kap di kiles ki sen W6k, kiles ki chen-
an.
Youn jou, m'ale la, n'ay bay
blag ; men m'remake neg-yo oun jan
kagou, ounjan faya. Nou te alkz, m'di:
kouman mesye, lakay ft nwa, bagay-yo
pa nan plas-a yo? Mizyas reponn wen :
A a a! djo pase fari, labouyi-a klWr. Se
youn langay, pou w' konpwann li, f6k
woubonkreybl, f6 w' viv fon nan nannan
pep-la, e 1r ou w&-y, wou konpwann li,
f6 w' pa fe konm si w'bliye-y. Plis msye
te pase kek jou nan panybl ake yon
tonton-an-y, i te gan tan pwan anpe
kasteyann; i di: < La barika kita fla >.
Anben vweman koze-a menm, se :
< La bariga se quitaflaca >. Se
yon many kek Ayisyen konn pwan pou
di estonmak-la vid, moun pank6 pwan
kich6y. Anben, si youn mounn pa < Leya
Kokoye >, li pa Ti < Sentaniz > osnon Ti
< Fl1 diz >>, pawbl sila-yo pa vle di
aryen pou-i.
Sitirasyon-an fwape wen, sitou
neg-yo se zanmi-an-m; m'te gan oun
pyas nan p6ch-an-m, m'bay degouden
ladan-y. Pou 1n-ya tou degouden te ka
regle kich6y.Oun ti momann tan, Pelisye
gan tan ape tounen ake yon ansyenvaliz
timounn lekbl anba bra-i. Se pa fasil
youn mounn t'apway konnen se kek
patat ake de zaboka l'ape pote. Mizyas
limen youn twapye dife, bon jan kalte
bwa ape boule, trapde kaderik-la ape
pouse vape cho, zaboka fann, nou
koumanse dekoupe kbpy&z. Sa ki pou
vant ale nan vant; men nou chak gan
youn pil po patat, po zaboka at&-ya,
devan nou. M'leve tet-an-m, m'ape


pwan yon souf, m'ape pofite tou lage
bouk-a sentiwon-an-m, konsa m' we
Janin ake Sitelya k'ape rive. Tdt-a nag-
yo anba, m'di: mesye nou gan vizit.
Pa ta gan aryen ki mal pou oun
nonm kraze de twa patat ake zaboka, se
younbonmanje ; men nan deploye anpe
vye mbtalite ; anfen se mantalite wi ;
piske pa reyelman gan mounn ki mouri
; men se kreybl-la ki konsa, nan mbd
jennman sa-yo, nou soti pa klr, k6m nou
menm ank6 mare s&rvis-an-nou,
konplike youn sitirasyon. Pandan n'ap
gade medam-yo k'ap vini, Pelisye pofite
pouse po zaboka, po patat-a-y yo anwo
pil-a Mizyas. M'we sa ; men m'pa ka di
anyen.
Konsa, medam-yo la ake nou,
fe yo chita, lodyans koumanse gaye, ri,
kUr kontan ; sitou de b6l ti konm&r. De
ti mirak; men de ti kichby ki ka fR
lafimen leve devan kanson menm si-y
ft fwdt. Janin gan ti twou bote[N], sa
moun lwes peyi-a rele: fost la, anpi 1 i
ri, ou we i gan dan ekate [N], chen&t ake
jansiv vybltt. Kanta pou Site, kidon
Sitelya; ren bote vin apwe li, pa tout
Choukounn.
M'ape ri ; men m'ape 6ks&rve
Mizyas ki rete kUr kal ake paket po
manje sila-yo devan-li. Ansanm m'pare
pou bay oun koze, Janin di: < Men tann
mwen non, gan 1r se Mizyas ki manje
pif6 patat-yo, apa m'pa we ankenn devan
Pelisye. M'rete sezi red kon jibis pou
jan Mizyas demele-i soti anba koze-a.
Msye di : < Pepe te gan plis pase ni Jak
ni mwen; se paske i manje kina-i ake
tout po ki fe i pa gan fatra devan-y>.

* Jacques J. Garqon ap ekri youn liv :
Anba bouch-a Grann Mai.
(1) ansyen, ansyen, depase bizawl.
(2) youn b6l kay ki nan pye mbn
Magaybs. Se youn papa ki te bay kay-
la non-a pitit tifi-a-i.



Lavant siyati liv Cap-
Haitien. Excursions dans
le temps. Voix capoises de
la Diaspora "-an nan
Libreri Mapou

Dimanch 8 jen-an, Libreri
Mapou te plen mounn ki te vin nan lavant-
siyati liv : Cap-Hartien. Excursions dans
le temps. Voix capoises de la Diaspora"
Pwofesb Max Manigat, majojon
youn ekip 29 ekriven, te la depi 4-e. Ve
5-6 mwen ka mounn konmanse rive. Li
koumanse siyen liv.
5-6 eka, Degoutan (se non
vanyan-1) te prezante pwofese-a bay
piblik-la. Apre li fin entwodiksyon sa-a ,
li bay misye lapaw6l.
Maks remesye Kouzen
Degoutan Jan Mapou, Libreri Mapou,
Antkn Koukouy, paj kreyol-la Ti Gout pa
Ti Gout, CarlFombrun, animate bl6g < Le
Coin de Carl >-la, 6dite Fequibre
Vilsaint, madanm-ni, Nicole, ki bra dwat
li nan tout liv l'ap ekri.
Li chennen pou fe mounn-yo ki
vini-an konnen jan li apresye prezans-yo.
Se konsa tou, li pwofite di : liv-
la pa youn liv Okap menmsi se mounn
Okap k'ap viv nan dyaspora-a ki ekri-1 :
se youn liv nasyonal. Li site ekriven ris
Leyon T61st6y / Lev N. Tolsto i: Si w
vle pale koze sou lemonn antye, pale koze
bouk kote ou soti-a" (trad.). Enben, nou
pale sou vil-nou men se souAyiti nou pale.
Apre prezantasyon liv-la, li bay
non tout ote-yo ki patisipe-a avek kote yo
rete.
De lot ote te patisipe tou
:Marlkne R. Apollon, avek Jacques J.
Gargon. Pwofese GerardA. Ferere avek
Carl Fombrun te pale tou. Max Piquion
te bay youn esplikasyon sou fanmi4Altieri.
Detwa liv te vann. Tou letwa ote-
yo te siyen chak liv.


Page 19


...... ............ ... . ... .. . I I- INI II


I









BACK PAGE


Mercredi 18 Juin 2008
1 HaYti en Marche Vol XXII No 21


En Bref...
(... suite de la page 18)
soulignant sa determination a servir Haiti qui fait
partie des priorit6s du gouvemement canadien.
Le mandat de M. Boucher a &te marqu6 par la visite
de plusieurs officiels canadiens dont la Gouvemeure
g6ndrale, Michaelle Jean, deux Premiers ministres et
4 ministres des affaires 6trangeres. Tout ceci
reflete l'engagement des autorit6s politiques ",
assure t-il.
"On ne travaille pas dans ce pays sans s'y attacher
fortement", declare M. Boucher estimant que les
citoyens m6ritent de meilleures conditions de vie.
Interrog6 sur la situation actuelle, le diplomate
canadien croit que l'absence de gouvemement
depuis 2 mois cause des retards dans la mise en
ceuvre des projets. Des colleagues sont d6cus, parce
que des sommes disponibles ne peuvent 6tre
engages parce qu'il n'y a pas d'interlocuteurs", dit-
il esp6rant un retour a la normale dans le meilleur
d6lai. A l'6tranger ce comportement des autorit6s
est mal compris parce qu'on sait que le pays est
confrontW a de nombreux d6fis", ajoute t-il.
Analysant la situation, le diplomate canadien
s'interroge sur les dermires decisions. J'ai
rarement entendu des commentaires sur le choix de


soci&te comme motivation dans les decisions",
relkve-t-il en faisant part de ses preoccupations face
a cette situation.
Le diplomate canadien rappelle que les autorit6s
haitiennes doivent trouver une solution afin
d'ameliorer les conditions de vie de la population. "
Dans un pays ou pratiquement toutes les decisions
sont prises par l'ex6cutif, les d6lais sont
preoccupants", explique t-il.
" Haiti me manquera etje reviendrai ", a lanc6 le
diplomate canadien (source Radio M6tropole).

Dossier Premier ministre: Rejet du choix
de Robert Manuel: des parlementaires
accusent le chef de l'Etat et les partis
politiques consults de faire choix de
citoyens ineligibles
Le choix du Premier ministre d6sign6 Robert
Manuel a &te rejet6 jeudi (12 juin) par la chambre
des d6put6s avec 57 voix contre, 22 pour et 6
abstentions.
Le rapport de la commission qui avait &te charge
d'6tudier le dossier de M. Manuel, avait conclu a
l'inFligiblit6 du PM d6signe, < son profil ne
correspondant pas aux critbres exig6s a un citoyen
pour devenir premier ministre > en Haiti.
Selon le document, il n'avait entre autres pas de
carte d'identification nationale (carte 6lectorale), pas
de titres de propri&t6 et n'avait pas r6sid6 au pays


I 1 qj e & mfr A4 4 W160
^IBI" ^^ ^^^^^^^^^^^^^^^^ ^^^ ^B ^^^^^^^^ $4 $H vs tf ^^y^


pendant les 5 ans prec&d6 sa designation au poste de
premier ministre, comme l'exige la constitution en
vigueur.
C'est le 2eme vote de rejet de la chambre en
l'espace d'un mois. Les d6put6s s'6taient opposes le
12 mai au choix de Pierre Ericq Pierre.
Aprbs le vote du 12 juin, certains parlementaires ont
fait savoir que le president de la R6publique et les
leaders consults devraient penser a choisir
quelqu'un qui r6unit toutes les conditions exigees
par la constitution de 1987.
Le d6put6 Fritz G6rald Bourjolly decline toute
responsabilit6 de la chambre dans le retard
enregistr6 pour doter le pays d'un nouveau
gouvernement, deux mois aprbs le vote de censure
inflig6 le 12 avril au Premier ministre Jacques
Edouard Alexis.
Nous ne pourrons jamais en tant que repr6sentants
du peuple, voter en faveur de n'importe qui, a lanc6
M. Bourjolly, appelant les responsables de partis
politiques << cesser de placer leurs int6rets
personnels avant ceux de la nation >>.
L'un des d6put6s a avoir soutenu Robert Manuel,
Jonas Coffy, a cru voir la main du Premier ministre
sortant Jacques Edouard Alexis dans le rejet de
Manuel.
II a fait 6tat d'une force qui a empech6 la ratification
de Robert Manuel. Et cette force comprendrait entre
autres, a-t-il dit, des d6put6s/anciens policiers qui
auraient particip6 dans le passed la perpetration
d'actes malhonnetes.
Selon les observateurs, les rejets cons6cutifs de
Ericq Pierre et de Robert Manuel permettent aussi
de voir une chose: les partis politiques n'ont plus de
contr6le reel de leurs repr6sentants au Parlement.
Ils appuient le choix d'un premier ministre et leurs
parlementaires votent dans le sens contraire.


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New York 914 358-7559 | Boston 508 941-6897
Montreal 514 337-1286
email: melodiefm@hotmail.com I haiti-en-marche@hughes.net
URL www.haitienmarche. com
Library of Congress # ISSN 1064 3896


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Haïti en Marche, édition du 18 au 24 Juin 2008 • Vol XXII • Nº 21 Ogoun Feray, par Hector HyppoliteL’année Hector Hyppolite peut-elle réveiller notre conscience?ARTS & PATRIMOINEPORT-AU-PRINCE, 11 Juin – En 1946, le pape du surréalisme, André Breton, donna une conférence au Rex Théâtre, à Port-au-Prince, où il déclara qu’en Hector Hyppolite le surréalisme avait trouvé la « clé lui permettant d’ouvrir la boîte qui s’appelle l’homme. » Selon André Breton, les œuvres d’Hector Hyppolite témoignent que celui qui les avait réalisées « avait un message d’importance à délivrer, qu’il était en possession d’un secret. » Et ce secret, poursuit Breton, est le même « qui a eu raison de l’esclavage et des oppressions succes-sives. » Selon un autre spécialiste, « Haïti est une somme culturelle, faite de résistance et de créations ». (source afrikara.com). Hector Hyppolite est né dans l’anonymat en 1894, mais à sa mort en 1948, à l’âge de 54 ans, il (voir HECTOR HYPPOLITE / 10) PORT-AU-PRINCE, 14 Juin – Deux à zéro contre l’Exécutif. La Chambre des députés a rejeté un second choix du Président René Préval pour donner un successeur au Premier ministre Jacques Edouard Alexis destitué le 12 avril dernier par un vote de censure du Sénat pour en principe n’avoir pas su prévoir les émeutes de la faim qui avaient fait trembler la capitale une semaine plus tôt. Après Ericq Pierre, déjà un proche du chef de l’Etat, c’est Robert Manuel, membre du cabinet particulier de M. Préval, qui subit le même sort le 12 juin écoulé. Depuis deux mois accomplis, le pays le plus nécessiteux du continent vit avec un gouvernement démissionnaire apparemment sans aucun rayon d’action. Cette semaine la mission onusienne (Minustah) a déclaré son inquiétude que ce vide trop prolongé ne mette en péril les premiers résultatsSUSPENSE PREMIER MINISTREAprès Bob Manuel, qui sera la prochaine « victime » ? Robert Manuel (photo AFP) des efforts de stabilisation depuis le retour de M. Préval au pouvoir en 2006. (ROBERT MANUEL / p. 4) PORT-AU-PRINCE, 13 Juin – L’Etat haïtien est confronté à un dilemme : suite aux émeutes de la faim qui ont fait rage à la capitale etPROCHAINE HAUSSE DES PRIX DE LA GAZOLINEL’Etat haïtien se refuse à subventionner l’essenceA commencer par la dans plusieurs villes du pays en avril dernier, il avait décidé d’abandonner une partie des taxes sur le carburant afin de ralentir la hausse générale des prix. Mais il faut régler quand même la facture pétrolière. Ce dont l’Etat s’acquitte en partie en puisant dans (SUBVENTION / p. 5) PORT-AU-PRINCE, 16 Juin Dernier épisode de la tragédie qui a frappé le groupe Rap haïtien, Barikad Crew, pendant le week-end : la fiancée du leader du groupe s’est donnée la mort lundi matin. Natalia Leonidad Bertrand s’est suicidée en se tirant une balle à la tête. Elle a été retrouvée allongée dans son lit avec en main un pistolet de calibre 38.5 membres de Barikad Crew meurent dans un accidentLa fiancée du band leader se suicideLe drame s’est déroulé dans une résidence à l’angle (BARIKAD CREW / p. 3) Ce qui reste de la BMW avant la levée des corps calcinés (photo www.jjaugustin.com)Le Groupe Barikad Crew

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Page 2 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 (EN BREF / p. 18) EN BREF ... EN PLUS ...Pouvons-nous empêcher les dégâts de la grippe aviaire?PORT-AU-PRINCE, 13 Juin – Le gouvernement haïtien annonce la découverte de plusieurs foyers du virus de la grippe aviaire en Haïti. Au total 11 cas positifs confirmés par un laboratoire basé en Iowa (aux Etats-Unis) et touchant trois départements du pays : le Nord, les Nippes et le Centre. Les sections rurales concernées se trouvent dans les communes de Limonade et Cap-Haïtien (Nord), Miragoâne (Nippes) et Cercala-Source (Centre). Le Secrétaire d’Etat à l’Agriculture, Joanas Gué, qui a annoncé l’information mercredi au cours d’une conférence de presse, a indiqué que des mesures drastiques sont en train d’être prises en vue de faire face à cette situation. C’est une bien mauvaise nouvelle pour notre pays déjà si maltraité. La grippe aviaire a fait perdre plusieurs dizaines de millions de dollars américains à nos voisins dominicains depuis sa découverte en décembre 2007 dans ce pays. Cependant son apparition en Haïti ne devait pas être une grande surprise. Nos deux pays (Haïti et la République dominicaine) sont séparés par une frontière terrestre très poreuse. Si les autorités haïtiennes ont installé immédiatement une interdiction d’importation des produits avicoles dominicains (œufs et volailles), le peuple haïtien lui-même n’a jamais semblé y adhérer. Les articles dominicains en question ont continué à passer illégalement la frontière et il semblerait que les foyers découverts dans le département du Centre proviendraient de coqs de combat qui constituent un divertissement très prisé des deux côtés de l’île. Surtout le peuple haïtien n’est pas assez informé au sujet de la maladie qu’il semble prendre au mieux comme un nouveau luxe inventé par les pays blancs, au pire comme une manœuvre pour lui empêcher d’avoir accès à ces produits. Les œufs et le poulet dominicains coûtent moitié moins cher que les mêmes produits fabriqués en Haïti. Donc le principal problème du gouvernement haïtien va être comment convaincre le petit éleveur haïtien du bien fondé des mesures que s’apprête à prendre l’Etat haïtien. Parmi celles-ci : Interdiction de consommer de la volaille provenant des régions identifiées ; abattage systématique des volailles porteuses du virus ; isoler les foyers pour empêcher la propagation du virus … Mais aussi maintien plus que jamais de l’interdiction d’entrée des produits avicoles dominicains sur le territoire haïtien. Ce sont là les mesures recommandées internationalement. Sur ce plan, l’Etat haïtien travaille main dans la main avec les organisations et les laboratoires les plus avancés dans le domaine. Cependant comment appliquer ces mesures ? Le Ministère de l’Agriculture reconnaît que le contrôle du virus peut être plus difficile en Haïti que chez nos voisins dominicains où l’élevage et l’agriculture sont au stade industriel tandis qu’en Haïti nous fonctionnons selon un système « libre et extensif », ou encore en pleine nature, à la sauvage. Idem le système de distribution et de vente. Alors comment prévenir que les volailles contaminées n’auront pas le temps d’atterrir sur les marchés publics ? Ou ne seront pas déplacées clandestinement vers une autre région ? Etant donné surtout le manque de préparation à la fois sur le plan éducatif et culturel de notre population à ce genre de situations. Mais de plus, voici qui vient porter un mauvais coup au plan du gouvernement voulant profiter de l’interdiction des œufs et poulets dominicains pour relancer la production avicole nationale. Plusieurs dizaines de millions de gourdes y ont déjà été investies dans le cadre d’un plan plus large de relance de la production agricole nationale pour lutter contre les hausses des prix des produits alimentaires importés. Peut-on continuer à investir tant de millions en même temps que le virus de la grippe aviaire reste suspendu comme une épée de Damoclès ? Raison de plus pour maîtriser au plus tôt la menace d’épidémie avant qu’elle ne s’étende à tous les départements du pays. Conclusion : il faut redoubler de vigilance dans le contrôle à la frontière. Et en Haïti même il faut agir de manière décisive dans l’application de toutes les mesures nécessaires pour éradiquer le virus. Rien de plus difficile. D’abord et surtout parce que notre population n’y est pas préparée, n’y est pas prête. Donc première étape, c’est l’éducation ou tout au moins une grande campagne de sensibilisation de la population dans son ensemble pour lui expliquer de quoi il s’agit et en quoi c’est tout ce qui porte deux ailes dans notre pays (sauf les loups garous !) qui est menacé de disparition. Et en quoi cela met en danger l’économie paysanne en premier lieu, comme hier l’abattage des cochons créoles. Ce qui nous menace c’est d’un côté le manque de préparation de notre population enfermée malgré elle dans un sauve qui peut, tout ce qui ne tue pas engraisse, dit le proverbe … Et de l’autre côté, une (voir AVIAIRE / 7) Morceaux de poulets en vente publique (photo Eugène Robenson)Mort du grand peintre haïtien Gesner ArmandLe célèbre peintre haïtien Gesner Armand, 71 ans, est décédé le mardi 10 juin à la suite d’un malaise dont il a été victime 24 heures avant de célébrer son 72e anniversaire. Né le 11 juin 1936, l’artiste a rendu le dernier soupir à son domicile situé à la Croix-desBouquets (banlieue nord-est de la capitale). Membre et pionnier de différents mouvements ayant marqué la peinture haïtienne des soixante dernières années, Gesner Armand fit son entrée dès l’âge de 14 ans au Centre d’Art, première grande école d’initiation aux arts plastiques fondée par l’américain Dewitt Peters en 1944. Elève de Maurice Borno et de Pierre Monosiet, il progressa rapidement pour devenir l’un des grands esthètes de son époque. La personnalité et l’originalité de sa peinture sont aujourd’hui reconnues tant en Haïti qu’à l’étranger. Membre de la Fondation culture création, Gesner Armand est également poète. Il a notamment publié un recueil intitulé “L’autre bord” aux Editions Mémoire, en 1992. L’art de Gesner Armand est marqué par une maîtrise de la couleur, un sens de l’équilibre de la composition et la sensibilité des sujets. C’est une « peinture de genre » dominée par une faune domestique, telle la multiplicité de pigeons qui laisse l’impression que l’artiste cherchait l’innocence et la pureté. Beaucoup de collectionneurs haïtiens possèdent des oeuvres de Gesner Armand qui avait aussi une bonne renommée internationale.6 morts dans la tragédie de Barikad CrewC’est la consternation. Port-au-Prince est en deuil, et d’abord le bloc ruelle Nicolas, ruelle Alerte, avenue Magloire Ambroise, bref le Bas Peu de chose, où se rassemblait le groupe Barikad Crew pour s’exercer. Ils étaient la fierté du quartier qui est aujourd’hui en deuil, du plus jeune au plus âgé. On les connaissait tous. Les plus âgés les avait vus grandir, tandis que les plus jeunes rêvaient de leur ressembler un jour. Barikad Crew avait joué lors du dernier concert de Wyclef Jean en Haïti, avec d’autres musiciens de stature internationale tels le sénégalais Akon. Pour Barricade Crew, c’était la consécration. Ils ont été emportés alors qu’ils étaient promis à un avenir plus que prometteur. Les faits: Dans la nuit de samedi à dimanche, il est 2 heures du matin quand les trois chanteurs du groupe, Jean Walker Sénatus – K-tafalk le lead vocal, et deux autres chanteurs Deja Vou (Badio Junior) et Dade (Johnny Emmanuel) ont perdu la vie dans un terrible accident de voiture sur la route de l’aéroport. Avec eux également disparaissent aussi le batteur Bob, fraîchement engagé par le groupe, ainsi que le chauffeur. Quatre d’entre eux sont morts carbonisés. Le cinquième, éjecté du véhicule, est mort dans d’affreuses souffrances. Mais ce n’est pas fini. Lundi matin, on apprenait que la fiancée de K-tafalk s’est donnée la mort. Natalia Leonidad Bertrand s’est tirée une balle à bout portant à la tête. Tout le monde était littéralement pétrifié. Et c’est une foule silencieuse qui a suivi la civière transportant le corps de Natalia Bertrand à la morgue. La fiancée d’un autre rappeur du groupe aurait tenté elle aussi de se suicider L’on n’a pas beaucoup d’informations sur cette tentative de suicide d’une autre fiancée des rappeurs de Barikad Crew. Mais elle a pu être sauvée et se trouve maintenant à l’hôpital.Wyclef Jean présente ses condoléances La star internationale Wyclef Jean, de nationalité haïtienne, qui n’avait pas hésité à inviter le groupe Barikad Crew à se produire aux côtés de vedettes internationales, telles Akon, s’est déclaré fortement ému par ce qui est arrivé. Wyclef est attendu en Haïti le mardi 17 juin et il a annoncé qu’il compte aller voir les parents des rappeurs décédés et aider si nécessaire pour les funérailles.Arrêt temporaire de l’exportation de la mangue francisqueArrêt imminent de l’exportation de la mangue francisque dans la zone majeure de production (51%) , la région de Gros morne. Au cours d’une réunion de signature de protocole de crédit, le lundi 9 juin 2008, entre le Ministère de l’Agriculture et 33 associations de producteurs de mangues représentées par leurs plus hauts dignitaires dont Mr Fistel Cenobe Président de la Fédération Nationale pour la production et la commercialisation de la manguefrancisque FENAPCOM et Mr Thierry DESNOR, représentant de l’Association des Producteurs de Mangues de Gros Morne KOPAKGM, il a été laissé entendre que du coté de la Rivière Moncelle à Gros Morne, le pourcentage de fruits affectés par la mouche du fruit enquêté dans deux zones s’élevait respectivement à 50 et à 28%. D’après le Président de l’Association des Producteurs de Mangues ANEM, Mr Pablo Jean Jacques, « Si le USDA découvre dans les conteneurs de mangues expédiées à l’étranger un seul fruit avec une seule larve de la mouche des fruits, l’exportation sera arrêtée pour un minimum de deux années ». Le commerce des mangues génère plus de 14 millions de dollars à l’année. Nous ne savons pas encore, si parmi les fruits infectés,

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Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Page 3 SOMMAIRESOMMAIRE L’ACTUALITE EN MARCHE de l’Avenue Magloire Ambroise et de la ruelle Alerte. C’est dans ce quartier (comprenant aussi l’Avenue Nicolas) du centre ville de la capitale, qu’a pris naissance l’un des plus célèbres groupes Rap haïtiens (le groupe rival s’appelle Rock Fam). Mais dimanche (15 juin), vers 2 h am, un terrible accident de voiture a décapité littéralement5 membres de Barikad Crew meurent dans un accidentLa fiancée du band leader se suicide(BARIKAD CREW... suite de la 1ère page) Barikad Crew, tuant 5 personnes, dont trois chanteurs et un batteur, ainsi que le chauffeur. Les trois chanteurs sont le leader du groupe, K-tafalk, 26 ans, Dade et Deja Vou (à peu près du même âge). Ont trouvé également la mort le batteur Djo, ainsi que le chauffeur nommé Guichard. C’est l’accident de voiture le plus terrible qu’on ait enregistré depuis longtemps dans la capitale haïtienne, comme les photos en témoignent. La BMW (modèle 2005) était lancée à vive allure sur la route de l’aéroport, qui la nuit peut être en effet confondue avec une piste de course. Hélas. Arrivée à l’intersection avec la route de l’ancien aéroport militaire, la voiture a raté selon toute vraisemblance le virage. Le bolide a alors décollé littéralement pour traverser de l’autre côté de la voie et aboutir dans un fossé. Ils venaient de se produire dans un night-club, l’Olympia, situé en plaine, au nord de la capitale, et fonçaient manifestement pour avoir le temps de se produire à un festival nocturne organisé par Caraïbes FM pour le 59e anniversaire de la station. piste de l’aéroport militaire. Le chauffeur a apparemment raté le virage. Une patrouille de la police arrivée rapidement sur les lieux (ainsi que plus tard les sapeurs pompiers) n’ont pu qu’assister impuissants au terrible drame. Barikad Crew est extrêmement populaire en Haïti (et probablement aussi en diaspora). Et c’est toute la population haïtienne (plus spécialement les jeunes de tous les milieux) qui pleure ces disparitions. vertigineux un câble électrique de haute tension. La voiture et ses passagers ont été électrocutés sur le coup. On a retrouvé les corps carbonisés de 4 d’entre eux. Le cinquième passager a été projeté hors de la voiture. Il mourra également quelques minutes plus tard de ses blessures et brûlures. Barikad Crew perd 4 de ses musiciens, dont le band leader Papa K-tafalk, de son vrai nom Sénatus Jean Walker. Et puis lundi, la tragédie emporte également sa fiancée, Natalia Bertrand, 24 ans, qui se donne la mort d’une balle à la tête. Les autres victimes sont identifiées comme Dade (Johnny Emmanuel), Deja Vou (Junior Badio), le batteur Djo (Wilberson Magloire). Leurs compositions célèbrent la jeunesse mais brassent aussi tous les problèmes qui sont aujourd’hui les nôtres. Parmi leurs tubes les plus célèbres, citons Pa Koupe Bwa, Goumen pou sa w kwè, Ou pa ka gangster et Jwi lavi (une sorte de chanson prémonitoire à la tragédie survenue ce week-end). Haïti en Marche, 16 Juin Mais pas sans avoir heurté dans son bond La mère de Dade et celle de K-Tafalk (photo www.jjaugustin.com) La formation Barikad Crew Est mort aussi le chauffeur Guichard. L’accident s’est produit sur la route de l’Aéroport international au croisement avec l’ancienne GRIPPE AVIAIREDes foyers du virus H5N2 découverts dans 3 Départements : Nord, Nippes, CentreP.7 L ’EVENEMENT Mort de 5 membres du groupe Rap haïtien, Barikad Crew : La fiancée du band leader se suicide p.1 POLITIQUE Suspense Premier ministre : Après Bob Manuel, qui sera la prochaine « victime » ? p.1 CRISE ALIMENT AIRE L’Etat haïtien se refuse à subventionner l’essence p.1 AR TS & P A TRIMOINE L’Année Hector Hyppolite peut-elle réveiller notre conscience ? p.1 Un événement qui démarre en beauté p.11 URGENCE Pouvons-nous empêcher les dégâts de la grippe aviaire ? p.2 Des foyers du virus découverts en Haïti p.7 INSECURITE Et l’auto-kidnapping dans tout ça ! p.8 112 présumés bandits sous les verrous p.8 SANTE 3,7 millions d’enfants et de jeunes vaccinés p.9 Un enfant de trop ! p.16 LIBRE PENSEE Déjà vu ! p.14 Préval et l’aval de l’électorat p.14 HAITI ET LE MONDE Réunion du Groupe-pays Caraïbes p.17

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Page 4 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Solicitation Information for RFQAnnouncement Information: Environmental Consultant services are required for the new Miami Art Museum. The design of the museum in Museum Park, Miami by Herzog & de Meuron and a multidisciplined team is well underway. The museum is now conducting a search for firms to assist the design team with environmental review and soil remediation action plan design services. If you feel your firm is qualified, please visit the MAM website for additional information and documentation at www .miamiartmuseum.or g/home-park-fact.asp or contact Tina Cornely at 305-375-2276. Please note that CBE and Miami based firms are strongly encouraged to participate. Please refer to the RFP/RFQ located on the MAM website for details.UNE ANALYSEcriminalité, et sa forme la plus horrible : le kidnapping, qui remonte en flèche. Mais ce genre de préoccupations ne produit plus aucun effet sur les « élus du peuple ».Politique de chaque homme un homme ! …Plus se prolonge le suspense, plus l’intérêt général semble céder encore plus totalement le pas aux intérêts particuliers. Et plus cela ressemble à une politique de chaque homme un homme ! Les agences de presse (AFP, AHP) considèrent que ces deux refus coup sur coup constitu-SUSPENSE PREMIER MINISTREAprès Bob Manuel, qui sera la prochaine « victime » ?(ROBERT MANUEL... suite de la 1ère page) ent un revers pour le président de la République qui semble avoir mis tout le paquet derrière la nomination de son ami Robert Manuel … Mais à notre avis ce sont les partis politiques représentés au Parlement qui devraient souffrir le plus de cette situation puisque de plus en plus n’ayant rien pour justifier leur présence au sein du système de gouvernement de coalition dont a fait choix le président Préval. Des partis politiques que de nom … D’abord réputés pour leur faible score aux dernières présidentielles (moins de 10 pour 100 à eux tous), si de plus ils ne détiennent aucune allégeance chez les parlementaires élus sous leur bannière comme cela vient à nouveau de se vérifier dans le vote contre la nomination de Robert Manuel alors que celui-ci avait des leaders de ces partis (Fusion, OPL, etc) ... Il est vrai que l’affaire se présente aussi comme une dissension interne entre René Préval et les parlementaires de son propre parti, L’Espoir (LESPWA), celui qui avait endossé sa candidature aux présidentielles du 7 février 2006. LESPWA semble en désaccord avec l’entourage immédiat du chef de l’Etat, puisque aussi bien Ericq Pierre que Bob Manuel appartiennent à ce qu’on appelle les « hommes du président. »Toujours cherchez à qui le crime profite ! …Jacques Edouard Alexis, est un proche de LESPWA. Si ce dernier n’a pu empêcher la destitution d’Alexis par une coalition de sénateurs issus des autres partis politiques représentés au Parlement, certains soupçonnent aussi que la petite clique présidentielle n’y est pas entièrement pour rien (selon la formule : toujours cherchez à qui le crime profite!) … En tout cas, c’est ce qu’il ressort de certains commentaires entendus à la chambre basse après le vote du 12 juin. A savoir que les responsables de ce blocage « ce sont le chef de l’Etat et les leaders politiques » consultés qui s’obstinent à choisir des personnes « inéligibles ». Traduisez, la Chambre doit avoir son propre candidat pour la Primature, mais qui reste un secret un privilège du Président de la République. La Chambre ou du moins la CPP (Concertation des parlementaires progressistes), un groupe majoritaire de quelque 50 députés, parmi lesquels LESPWA ne compte pas moins de 20 représentants. Face à un Sénat réduit à 18 membres sur 30 (en attendant l’organisation sans date précise des sénatoriales partielles), cela fait du poids.Des signaux mixtes …Le ballon reste donc aux pieds des députés et aucun argument ne paraît capable de les émouvoir sinon le but qu’ils cherchent à atteindre mais qu’ils gardent bien secret. En tout cas, une première évidence : les « amis » du chef de l’Etat ont encore moins de chance qu’un autre de remporter la cagnotte. Du côté du président Préval, on a relevé ce qu’il faut bien appeler des signaux mixtes. Lors d’une rencontre avec la presse vendredi au palais national, il a paru peu affecté par la crise de ratification du Premier ministre. Le chef de l’Exécutif travaille en ce moment à trouver un consensus national autour de la hausse inéluctable des prix de la gazoline pour que la détaxation consentie après les émeutes de la faim ne vienne à assécher totalement les finances publiques. Lors de son unique allusion au rejet de Robert Manuel, il expliqua qu’il ne s’est pas rendu au sommet de la FAO sur la crise alimentaire tenue (ROBERT MANUEL / p. 5) reçu, tout comme Ericq Pierre, le soutien manifeste Robert Manuel déposant son dossier (photo Georges Dupé)Vote négatif de la Chambre (photo Geroges Dupé) De plus, le Premier ministre démissionnaire étant donné que la nomination du Premier ministre est

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Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Page 5 DE L’ACTUALITErécemment à Rome, afin d’aider ce dernier à passer le test. Par ailleurs le président du Sénat, Kelly Bastien (lui aussi un membre de la plate-forme politique LESPWA mais pas forcément un allié du Premier ministre Alexis – c’est fort compliqué la politique, n’est-ce pas !), a rapporté quelques jours avant le vote que le Président Préval lui aurait dit que ceux qui s’opposent au choix de Robert Manuel sont des « trafiquants de drogue, des kidnappeurs et des individus ayant des problèmes de couleur. »« A vous de contrôler si le chauffeur a un permis de conduire » …Par contre, invités par le chef de l’Etat au palais national le mercredi 11 juin (la veille du vote), les parlementaires CPP en sont ressortis satisfaits, déclarant que « le Président n’a essayé d’exercer aucune pression » sur eux. Mr. Préval leur aurait dit en utilisant une de ces analogies dont il a le secret : « A moi de choisir le chauffeur pour conduire le véhicule ; à vous de contrôler si le chauffeur a un permis de conduire en règle. » Le lendemain Robert Manuel était, comme on dit chez nous, « remis à ses parents. » La Chambre a voté par 57 voix contre sa nomination, 22 pour et 6 abstentions. Le Sénat n’aura même pas besoin de se pencher sur le cas puisque l’une ou l’autre des deux chambres peut en décider (selon la Constitution en vigueur). Est-ce que se rendant compte que Bob Manuel n’avait plus aucune chance de franchir la rampe, René Préval s’est empressé en dernière minute de changer son fusil d’épaule pour ne pas perdre son restant de crédit auprès des députés LESPWA ? Ou sont-ce les propos rapportés par le sénateur Kelly Bastien qui ont mis le feu aux poudres ? Ah, la politique ! Tout comme on s’étonne que Robert Manuel se soit présenté avec des documents aussi peu convaincants. Outre qu’il n’est ni réellement propriétaire, ni n’a résidé dans le pays cinq années consécutives avant sa désignation, mais il aurait aussi présenté « une carte de citoyenneté et une carte électorale émises dans la précipitation au lendemain de sa désignation », selon la commission de la Chambre chargée d’examiner le dossier du Premier ministre désigné. A moins que M. Manuel soit persuadé que tout cela est secondaire et que le véritable enjeu est ailleurs !Qui sera la prochaine « victime » ? … En tout cas, personne ne semble trop mal se porter après le vote du 12 juin. La CPP attend le prochain choix du Président Préval. D’autre disent plutôt qu’elle attend sa prochaine victime ! Le Président semble avoir pour l’instant d’autres chats à fouetter avec sa nouvelle campagne pour prévenir que les prochaines hausses de la gazoline à la pompe ne précipitent le pays dans de nouveaux troubles. Reste le gouvernement démissionnaire et son chef, le Premier ministre Jacques Edouard Alexis, qui sont laissés à ronger leurs freins dans une « liquidation des affaires courantes » dont le public ne retient que le mot de liquidation. Tandis que la population, en tête les milieux d’affaires, n’en revient pas que les politiques peuvent prendre autant de liberté (et à ce moment précis) dans un pays qui est pourtant connu comme le plus pauvre de l’hémisphère. Haïti en Marche, 14 Juin 2008Qui sera la prochaine « victime » ?(ROBERT MANUEL... suite de la page 4) les recettes publiques. C’est donc là une subvention. Mais les prix du pétrole ne descendent pas. Ils montent, montent, montent. Dans une escalade dont nul ne peut prévoir la fin. La subvention est donc condamnée non seulement à durer tout autant mais aussi et surtout à suivre la même escalade. Or la caisse publique haïtienne en a-t-elle les moyens ? Probablement pas, d’autant plus venant d’un pays dont les trois quarts du budget public sont assurés par les prêts et dons de l’international. Cependant le Président René Préval ne veut pas trancher unilatéralement, par la seule voie de la raison d’Etat. Il propose une grande consultation entre tous les secteurs nationaux qui devrait déboucher sur un consensus où tous se sentent concernés. Etant entendu que le pétrole participe de toutes les démarches de notre existence, en Haïti comme ailleurs. Vendredi (13 juin) c’était au tour de la presse d’être invitée à ce grand débat. Le chef de l’Etat nous recevait en compagnie de proches collaborateurs (dont le ministre des finances, Daniel Dorsainvil, le secrétaire d’Etat à l’Agriculture et aux ressources naturelles,PROCHAINE HAUSSE DES PRIX DE LA GAZOLINEL’Etat haïtien se refuse à subventionner l’essence(SUBVENTION... suite de la 1ère page) Egalement autour de la table, les fédérations syndicales du transport en commun. Enfin des patrons de presse et journalistes venus de tous les coins du pays. Un tableau statistique émanant de la direction de la fiscalité, au Ministère des finances, nous donne une idée rapide de la situation. La détaxation s’applique au gasoil et au kérosène qui sont les deux carburants les plus utilisés dans les petites classes.Tirage de fonds de plus en plus important sur la caisse publique …En mars 2008, l’Etat accepte de perdre 14 gourdes sur le gallon de gasoil (carburant pour le transport en commun) et le gallon de kérosène (communément appelé en Haïti gaz pour lampe) qui étaient vendus à 152 gourdes et 151 gourdes alors que leur prix devait être 166 et 165 gourdes. En mars, la détaxation entraîne un manque à gagner pour la caisse publique de 75 millions 589.000 gourdes. Joanas Gué, de hauts fonctionnaires des finances et de l’administration des contributions). (SUBVENTION / p. 6)Le Président fait présenter aux journalistes un poisson pêché dans les lacs artificiels (HEM)

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Page 6 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 vote pa korespondans vote pi bonè vote nan biwo vòt ki pou adrès w an nan Jou Eleksyon nenpòt nan sa ki site pi wo yoKi chwa w genyen nan fason pou vote pou Eleksyon 2008 la? Rele 3-1-1 oswa klike sou miamidade.gov pou plis enfòmasyon sou kouman pou pare pou eleksyon. A côté de cela, l’Etat doit tirer de ses fonds propres pour compléter l’achat de ces mêmes produits, soit 7 millions 564.965 gourdes. Outre le gasoil et le kérosène qui restent toujours à 152 et 151 gourdes alors qu’ils reviennent à 190 gourdes. Conclusion : le bilan du mois de mai accuse un manque à gagner de plus de 164 millions de gourdes. Tandis Mais selon le Président Préval, cela ne peut pas continuer. L’Etat ne peut pas se lancer dans cette aventure de la subvention d’un produit dont les prix ne cessent de battre tous les records historiques, de crever tous les plafonds consommateur de gasoil et de kérosène, qui sont déjà les moins fortunés. Le sacrifice doit être supporté par toute la nation.Une marge de profit plus supportable …A travers toutes ces rencontres avec le secteur privé, le secteur paysan et celui du transport en commun entre autres, l’Etat haïtien semble à la recherche d’un plan plus global qui définirait par voie de concertation une marge de profit plus supportable dans les circonstances que nous traversons. Et qui sont plus ou moins aussi celles de la plupart des pays de la terre. Cependant les journalistes ont relevé que, pour être vraiment global et devenir une politique tournée vers l’avenir et pas seulement un instrument conjoncturel et qui sera vite dépassé, le même plan devrait intégrer aussi les paramètres aujourd’hui vitaux que sont l’économie de l’énergie et les énergies renouvelables. Haïti est, toutes proportions gardées, l’une des plus grandes gaspilleuses d’énergie de la planète. Les véhicules que nous roulons, les équipements utilisés au travail comme au foyer ne répondent à aucun souci de ce genre. Quant à l’éclairage, ce ne sont pas deux, ni trois ni quatre sources dont il faut disposer en même temps : ED’H, inverter, delco, panneaux solaires et batteries à 150 dollars US l’unité. Etc. Or il n’y a que l’Etat à pouvoir briser ce cercle infernal. Quant aux énergies alternatives, le Président Préval nous a appris que Haïti est engagée avec Cuba dans un projet d’énergie éolienne (alimentée par le vent) et qui serait mis en place justement dans le Canal du Vent. Cependant ce domaine d’investigation des autres sources d’énergie en est un qui intéresse si peu l’Etat haïtien que les dernières plus importantes études à ce sujet selon un autre tableau qui nous a été fourni vendredi au cours de la rencontre au Palais national remontent aux années 1976 et 1986. Comme l’a reconnu M. Préval lui-même, en plus des nouveaux défis qui se dressent devant nous aujourd’hui les uns après les autres, on a aussi au moins 20 ans à rattraper ! Haïti en Marche, Port-au-Prince bien que bénéficiant aussi d’une détaxation, se vendent à un volume suffisant pour que la caisse publique n’ait point besoin de débourser pour leur achat. Mais essentiellement des carburants desservant les petites bourses, soit directement tel le kérosène dont se sert le petit peuple pour l’éclairage, soit indirectement le gasoil dans les moyens de transport et pour les besoins industriels et artisanaux. Or même si un paysan aurait répondu (car le secteur paysan a été également invité) que lui-même ne connaît pour tout éclairage que son morceau de bois pin … Il n’en est pas moins concerné par le problème, étant donné que toutes les activités de notre existence sont conditionnées par le pétrole, aussi bien ce qu’on mange que dans cela qu’on le mange. Cependant à côté des fonds publics qui, à ce trainlà, sont menacés de s’assécher rapidement, de fondre à vue d’oeil, il y a aussi que cette subvention va uniquement dans des poches étrangères alors qu’il y a tant d’autres urgences qui pourraient en bénéficier également. Pour commencer, selon le Président, la production nationale qui, comme on le sait, est aujourd’hui sa principale préoccupation. L’équipe présidentielle a présenté également un tableau des principaux besoins pour la relance de la production (agricole) nationale et une évaluation chiffrée : un peu plus de 212 millions de dollars américains.Plus de 12 millions de dollarsPROCHAINE HAUSSE DES PRIX DE LA GAZOLINEL’Etat haïtien se refuse à subventionner l’essence(SUBVENTION... suite de la page 5) que de plus la caisse publique doit financer le gasoil et le kérosène (l’Etat ne subventionne pas encore la gazoline) pour un montant de 148 millions 129.503 gourdes. Perte totale pour mai : 312 millions 318.783 gourdes. Soit plus de 12 millions de dollars américains par mois. Et ça continue. possibles et imaginables. Une course folle en avant dont on ne voit pas la fin, si encore cette fin existe.Une subvention allant uniquement dans des poches étrangères … mars (détaxation plus financement) : 83 millions 153.966 gourdes. Or les prix du pétrole continuent de grimper sur le marché international. Donc la détaxation étant maintenue (et même augmentée après les émeutes d’avril), c’est le tirage de fonds sur la caisse publique qui grimpe aussi d’autant. A la mi-avril 2008, les prix à la pompe du gasoil et du kérosène restaient 152 gourdes et 151 gourdes, alors que leur prix réel était monté à 173 et 175 gourdes. Ce qui entraînait un manque à gagner de 57 millions 256.223 gourdes. Ajoutez à cela les débours pour compléter leur achat : 40 millions 832.688 gourdes. Perte totale pour mars et avril : 181 millions 242.877 gourdes.Une course folle en avant …Au mois de mai écoulé, les choses empirent car l’Etat haïtien se sent obligé de détaxer également la gazoline 95 et 91 qui sont vendus respectivement à 217 gourdes et 213 gourdes le gallon alors que les prix réels sont 261 gourdes et 256 gourdes.américains par mois et en constante augmentation …Ne serait-il pas plus indiqué de transposer tout ou partie de la subvention pétrolière sus-mentionnée (aujourd’hui plus de 12 millions par mois, de plus en constante augmentation tous les mois) à des fins encore plus vitales ? C’est cette interrogation que le Président Préval voudrait faire passer dans le public via ces rencontres au Palais national avec les différents secteurs nationaux. Evidemment cela ne signifie pas qu’Haïti puisse se passer du pétrole. Celui-ci doit être payé coûte que coûte. Mais la facture serait répartie d’une façon différente. Or il n’y a pas mille autres façons que transmettre la responsabilité au consommateur. Celui-ci devra s’attendre à payer de plus en plus cher le gallon à la pompe. La détaxation devrait peu à peu disparaître. En commençant par les plus privilégiés (s’il en est), selon le New deal du Président Roosevelt. Pourquoi solliciter tous les secteurs nationaux ? Parce que la charge ne va probablement pas tomber uniquement sur le Perte totale pour le mois de Comprenez : il ne s’agit pas pour l’instant des gazolines 95 et 91 qui, Vente publique de kérosène (photo www.jjaugustin.com)A LA RECHERCHE D’UN CONSENSUS

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Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Page 7 certaine approche trop complaisante, pour ne pas dire démagogique, de nos pouvoirs publics qui n’ont jamais le courage de prendre des mesures énergiques même quand il y va de l’intérêt national, de la sécurité nationale. Enfin, le Ministère de l’Agriculture s’est voulu rassurant, mettant en garde contre toute panique en rappelant que le virus qui vient d’être découvert en Haïti c’est le H5N2 (comme en République dominicaine) et qui n’est pas dangereux pour l’homme. Cependant peut-on être aussi affirmatif ? La plus grande menace dans le monde est que le H5N2 subisse une mutation en H5N1 qui par contre peut se révéler mortel comme des cas (même très rares) ont été enregistrés en Chine. Mais il faudrait que nous jouions vraiment de malchance pour que cela nous arrive à nous. En tout cas voici un autre grand défi pour nous, avec tous les autres que nous avons déjà sur les bras. Le Ministère de l’Agriculture reconnaît que la tâche sera plus difficile à accomplir que chez nos voisins dominicains. Mais elle risque de l’être encore plus que nous puissions imaginer. Mélodie 103.3 FM, Port-au-PrincePouvons-nous empêcher les dégâts de la grippe aviaire?(AVIAIRE ... suite de la page 2) PORT-AU-PRINCE, 12 Juin (AFP) Des foyers du virus H5N2, un sous-type du virus de la grippe aviaire, ont été découverts dans au moins quatre régions en Haïti, a déclaré mercredi soir à l’AFP le secrétaire d’Etat haïtien de l’agriculture M. Joanas Gué. “Il s’agit de foyers d’infections “d’influenza aviaire”, un sous-type du virus, découverts sur des volailles et des coqs de combat, mais non nocif pour l’homme ni pour les volailles”, a expliqué M. Gué. Le secrétaire d’Etat a précisé que la découverte a eu lieu grâce à un système de surveillance de foyers d’infections mis en place en Haïti depuis que des cas ont été enregistrés en République dominicaine voisine. “Nous avons effectué des prélèvements sur plus de 2.000 volailles et des analyses réalisées dans unGrippe aviaire: des foyers du virus H5N2 découverts en Haïti laboratoire de référence aux Etats-Unis (Ohio) ont confirmé l’existence du sous-type du virus”, a encore déclaré le responsable. Les cas découverts ont été signalés aux instances internationales dont le Fonds des Nations-Unies pour l’agriculture (FAO) et à l’organisation internationale de la santé animale. “Il n’y a pas lieu de paniquer, tout est sous contrôle”, a rassuré le secrétaire d’Etat qui a néanmoins annoncé la mise en place d’un cordon sanitaire sur la frontière avec la République dominicaine tandis que les mesures d’interdiction d’importer des produits avicoles dominicains seront maintenues et renforcées. Paralèllement, les autorités haïtiennes ont annoncé la mise en place en Haïti, notammament dans les régions concernées, d’un système de surveillance épidémiologique afin de suivre l’évolution du virus dans le pays où aucun abattage d’animaux n’a été ordonné. Vente libre de poulets (photo Eugène Robenson)DERNIERE HEURE

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Page 8 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 CHANJMAN DAT REYINYON PIBLIKAsanble Gouvènan "ganizasyon Planifikasyon Metwopoliten (MPO) pou Zòn Iben Miami a chanje dat reyinyon piblik ki tap fèt sou dè sijè byen detèmine jou 19 jen 2008 la, a jou mèkredi 16 jiyè 2008 pou yon Reyinyon Espesyal, a 2:00 p.m. nan Sal Reyinyon Komisyonè yo nan Stephen P. Clark Center, 111 NW First Street, Miami, Florid. Asanble Gouvènan an pral konsidere Plan Transpòtasyon Alontèm [Long Range TransportationPlan (LRTP)] ekri pi ba la-a ak Amannman yo nan Pwogram Amelyorasyon Transpòtasyon (TIP):1. 2030 LRTP: 57yèm Avni (SR 823) ak NW 135yèm RiAmannman sa-a pral enkli nan lis Priyorite 4 san finansman amelyorasyon kapasite sa yo ki swiv laa: € Agrandisman de 6 a 8 ranje wout nan NW 57yèm Avni (SR 823) ant PalmettoExpressway (SR 826) ak NW 135yèm Ri (SR 916). € Agrandisman de 4 a 6 ranje wout nan NW 135yèm Ri (R 916) ant NW 57yèm Avni (SR 823) ak NW 42 Avni (SR 953).2. FY2008 TIP: Busway Flyer de Key LargoAmannman sa-a se pou modifye etandi pwojè an kesyon an pou ogmante kantite pasaje ki deja sèvi ak wout eksprès bus "Route 34" ki deja egziste ki pati de Dadeland South rive a Florida City epitou anile nan deskripsyon pwojè an pawòl ki refere a Key Largo a.3. FY2008 TIP: Koulwa Ès-Wès Ekstansyon Metrorail la (Orange Line)/Koulwa Nò Ekstansyon Metrorail Amanman sa-a pral transfere $4,900,500 ki te rezève nan finansman federal pou Koulwa Ès-Wès Ekstansyon Metrorail la pou kouvri Koulwa Nò Ekstansyon Metrorail la. Fon lajan sa yosipoze ekspire 30 septanm 2008.4. FY2008 TIP: Trajè Jounalye Aksè Travay RanvèseAmannman sa-a pral konsilye diferans nan finansman de $10,912 sou montan reprezante nan TIP 2008-2012 pou pwojè an kesyon an.5. FY2008 TIP: New FreedomAmannman sa-a pral konsilye diferans nan finansman de $5,978 sou montan reprezante nan TIP 2008-2012 pou pwojè an kesyon an. Anplis de sijè an kestyon pi wo la-a, Depatman Transpòtasyon Florid (FDOT) Distrik 6 pral eseye jwenn apwobasyon Asanble MPO a pou kèk revizyon nan Pwogram Travo Tantativ Senkan FDOTpou Ane Fiskal 20008/09 2012/13 poutèt yon potansyèl defisi bidjetè de $73.6 milyon revni pou Konte MiamiDade ak Konte Monroe; Detay Pwojè va disponib. Tout moun ki enterese yo envite vini patisipe. Pou plis enfòmasyon, tanpri kontakte Sekretarya MPO, Stephen P. Clark Center, 111 NW First Street, Suite 910, Miami, Florid 33128, telefòn: (305) 375-4507; imèl: mpo@miamidade.gov ; siwèb: www .miamidade.gov/mpo . Se règleman Konte Miami-Dade pou li swiv tout egzijans nesesè etabli pa lwa pou enfim ki rele "Americans with Disability Act". Pou jwenn sèvis yon entèprèt langaj siy pou moun soud, tanpri rele omwens senk jou davans. PORT-AU-PRINCE, 12 Juin – Manifester contre le kidnapping ne peut se résumer à dénoncer la police et la justice en particulier et les pouvoirs publics en général. Il se produit une quantité d’enlèvements auxquels ces derniers n’ont rien à voir. Qu’en est-il du kidnapping domestique ou auto-kidnapping ou kidnapping simulé, celui où kidnappé et kidnappeur sont de mèche ? Et qu’est-ce que nous autres en tant que associations de lutte contre le kidnapping avons à dire à ce sujet ? Ce sont là des points aussi importants que les pressions à exercer sur les pouvoirs publics et qu’on ne saurait éviter d’aborder si tant est qu’on veut aboutir à une stratégie efficace dans cette lutte. Or, tenez-vous bien, selon une source autorisée, au moins 40% des enlèvements perpétrés pendant les années 2006-2007 (dernières statistiques disponibles) ont été des autokidnappings. Dans la plupart des cas, ce sont des jeunes gens qui simulent leur propre kidnapping comme un moyen de soutirer de l’argent à leurs parents vivant à l’étranger. D’autres peuvent utiliser le kidnapping pour cacher une autre activité peu avouable. Une femme pour s’enfuir avec un amant. Un trafiquant qui a besoin de disparaître de la circulation pendant un certain temps.Et l’auto-kidnapping dans tout ça ! Même des étrangers, paraît-il, qui peuvent y avoir recours pour forcer la main à leurs proches (ou à leurs patrons) en terre étrangère. C’est la police nationale ellemême qui mettait en garde contre de faux kidnappings où la soi-disant victime s’empresse tout de suite après d’aller solliciter un visa pour se rendre à l’étranger sous prétexte d’être en danger dans le pays. Etc. On a rapporté le cas récemment d’employés d’une entreprise qui, voulant amener leurs patrons à déménager vers un autre endroit plus « fancy » (agréable), se sont mis tout simplement en devoir de les convaincre que la région où ils se trouvent actuellement est devenue un foyer de kidnappeurs. On a laissé trop longtemps durer le kidnapping avant de se décider à lui mener une guerre sans merci. Et encore on est toujours au stade de la parole, pas encore aux actes. Pendant ce temps, non seulement les kidnappeurs sont devenus les maîtres du jeu, mais leur activité a donné des tas d’idées à d’autres qui sans être des criminels professionnels, n’hésitent pas à essayer de profiter de la paranoïa générale ainsi créée pour régler des affaires personnelles. phénomène sur notre milieu. Bien entendu ce n’est pas pour le plaisir qu’on accepte de céder aux exigences des bandits, c’est pour protéger les nôtres qui sont entre leurs mains et qui sont soumis aux dangers les plus inimaginables. On rapporte qu’un jeune garçon enlevé récemment s’est vu menacer toute une semaine par ses ravisseurs de lui couper la tête à la machette si ses parents refusaient de verser une forte rançon. Peut-on sortir sain et sauf d’une telle épreuve ? Comment résister à une telle cruauté ? Mais au fur et à mesure les kidnappeurs deviennent aussi de plus en plus puissants. Tout puissants. Vous me direz que si la société se trouve aujourd’hui le dos au mur c’est parce que les forces de l’ordre n’ont pas su se montrer à la hauteur … Et qui pis est, parce que des membres de la police (et aussi de la justice) ont pactisé avec les criminels. Rien de plus vrai mais on ne doit pas oublier aussi que le kidnapping a été trop politisé dans les premières années qui ont coïncidé avec les lendemains du renversement brutal du président Aristide … Etc, etc. Pas la peine d’y revenir. En tout cas on a passé un temps précieux à se rejeter la responsabilité du phénomène les uns sur les autres. C’est le kidnapping qui y a gagné, en profitant pour asseoir sa base plus largement et plus profondément dans le corps social. Le plus grave c’est quand des grandes ambassades ou de puissantes institutions internationales se trouvent obligées de négocier elles aussi avec les kidnappeurs. Dès lors le kidnapping gagnait si l’on peut dire ses lettres de noblesse. Bilan : cela fait bien plus des trois quarts des enlèvements (soit simulés, soit réglés contre rançon) qui ne parviennent pas à la connaissance de la police et de la justice. Il faut donc bien faire attention à ne pas utiliser ces dernières comme de simples boucs émissaires. Cela dans une tradition bien de chez nous : c’est jamais nous qui sommes responsables. C’est toujours un autre. Ou les autres. Il faut aller toujours plus loin, abandonner toute hypocrisie si l’on veut mener une lutte vraiment efficace contre le fléau. Mélodie 103.3 FM, Port-au-Prince Quoique simuler son propre kidnapping pour vider les comptes en banque de ses proches n’en est pas moins un grave délit. Du vol. Aggravé de chantage moral. Or peut-on le reprocher à la police et à la justice alors que c’est la société elle-même qui ici doit être remise en cause ? Battre sa coulpe. Faire son mea culpa. D’autant plus que les cas rapportés concernent assez souvent des fils et des filles de familles reconnues. Cela dit, même le simple fait de ne pas rapporter les cas de kidnapping et de se résigner plutôt à négocier directement avec les gangs est un point qui mérite réflexion. Et qui fait qu’on ne peut pas reprocher en bloc aux forces de l’ordre et aux pouvoirs pubLa marche du 4 juin (photo Georges Dupé) P-au-P, 13 juin 08 (AlterPresse) Quelques 112 individus, impliqués dans des actes répréhensibles, ont été arrêtés depuis le 5 juin 2008, notamment à Port-au-Prince, par les policiers haïtiens et des agents de la Police des Nations Unies (Unpol), apprend l’agence en ligne AlterPresse. Parmi ces présumés bandits, 11 ont été épinglés pour avoir participé dans des enlèvements de personnes, selon Fred Blaise, porte-parole de la Unpol. Port-au-Prince et le CapHaïtien (deuxième ville du pays à 248 kilomètres au nord de la capitale) sont les deux villes haïtiennes où le kidnapping est aujourd’hui très répandu, souligne le policier onusien dans une conférence de presse le 12 juin 2008. Fred Blaise invite la population à fournir des informations aux autorités policières en vue de mettre en déroute les kidnappeurs. Entre-temps, les cas d’enlèvements recensés dans le pays s’alourdissent en ce début de juin 2008, période durant laquelle une dizaine de personnes ont été kidnappées.Haïti/Sécurité publique : 112 présumés bandits sous les verrouslics l’immense emprise duLUTTE ANTI-KIDNAPPING

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Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Page 9 Campagne de vaccination en Haïti: 3,7 millions d’enfants et de jeunes concernésPort-au-Prince, le 12 juin 2008 (AHP) La représentante de l’OPS/OMS en Haïti, le docteur Henriette Chamouillet, s’est félicitée jeudi de la réussite da la première phase de la campagne nationale de vaccination qui a démarré à la fin de l’an dernier. Ce sont en tout, 3.7 millions d’enfants et de jeunes de moins de 20 ans qui ont été vaccinés contre la rubéole et la rougeole, a fait savoir le docteur Chamouillet, affirmant que plus de 800.000 enfants de moins de cinq ans ont reçu le vaccin contre la polio et la vitamine A. Plus de 250.000 femmes ont été vaccinées contre le tétanos, alors que plus d’un million et demi d’écoliers ont reçu un vermifuge. Cette campagne qui vise à permettre au pays d’atteindre une couverture vaccinale de 95% est une réussite, a-t-elle dit, reconnaissant cependant que dans plusieurs régions du pays, cet objectif n’a pu être atteint. La campagne de vaccination va entrer dans une phase importante au cours de la semaine du 23 au 30 juin, a dit le docteur Chamouillet qui annonce que, dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, 500.000 enfants et jeunes de moins de 20 ans sont appelés à recevoir le vaccin contre la rubéole et la rougeole. Elle a fait savoir que 250.000 enfants âgés de moins de cinq ans seront vaccinés contre la polio et près de 400.000 femmes contre le tétanos. Elle invite la population concernée à répondre à l’appel du ministère de la Santé publique en se faisant vacciner dans les institutions de santé et les postes de vaccination qui seront clairement identifiés, a-t-elle fait savoir. Le docteur Chamouillet demande également aux autorités sanitaires haïtiennes de redoubler d’efforts en matière de vaccination. Faire en sorte que la vaccination de routine soit améliorée et ne soit pas limitée à certaines maladies mais étendue à toute la population, c’est la recommandation faite par le docteur Chamouillet aux responsables du Ministère de la Santé Publique et de la Population. Le bureau des affaires civiles de la Mission des Nations Unies pour Stabiliser Haïti (Minustah) a promis qu’elle va continuer à donner un appui logistique pour la réalisation de cette campagne de vaccination. AHP Education : 1,350 milliard de gourdes pour la prochaine rentrée scolaireHPN 13 juin 2008 Le budget du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) pour l’année académique 2008-2009 est évalué à 1,350 milliard de gourdes, a annoncé, jeudi, le ministre de l’éducation Gabriel Bien-aimé. Cet argent permettra au MENFP de faciliter la rentrée scolaire, selon le ministre Gabriel Bien-aimé. Il y est prévu la subvention et dotation en manuels scolaires pour un montant de 637 millions de gourdes, des uniformes pour 200 millions, des kits scolaires, la réhabilitation d’écoles et de bâtiments scolaires ainsi que la distribution de matériels didactiques et autres. Notons que les dotations se feront au niveau de trois classes : les 4e, 5e et 6e années fondamentales, suivant cinq catégories d’écoles. « Nous voulons cibler cinq catégories d’écoles aptes à bénéficier de l’assistance de l’Etat, il s’agit des écoles nationales, communales, presbytérales, communautaires et missionnaires », a énuméré M. Bien-aimé, précisant que l’objectif de cette assistance est d’aider les parents dans l’allégement de leurs dépenses. Par ailleurs, en vue de permettre à un plus grand nombre d’enfants d’accéder à l’instruction en première année, le MENFP compte aider 190 000 élèves. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du processus mis sur pied par le ministère afin de supprimer les frais scolaires de première année dans toutes les écoles nationales. Le MENFP a déjà recensé 100 000 enfants dont 60 000 fréquentent des écoles communales, communautaires et presbytérales dans les départements de Nippes et de l’Artibonite et 30 000 dans cinq autres départements. Toutefois, le ministre Gabriel Bien-aimé a sollicité la solidarité des parents de manière à garder l’œil ouvert sur la distribution des matériels scolaires. « Les parents doivent s’assurer que leurs enfants des trois premières classes des écoles communales reçoivent leurs kits scolaires », a-t-il souhaité. La distribution des kits scolaires est une tâche confiée au Ministère de l’intérieur qui fera à son tour la répartition par communes et celle-ci s’occupera de la dernière étape dans les écoles communales d’ici la fin du mois d’août, « afin que les cours puissent reprendre le premier lundi du mois de septembre». LC/HPNSANTE & POPULATION

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Page 10 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Maîtresse Congo, peinture de Hector Hyppolite Le buste de Hector Hyppolite inauguré vendredi dans la capitale haïtienne (photo HEM)ARTS & PATRIMOINE(HECTOR HYPPOLITE ... suite de la 1ère page) était reconnu comme le plus grand peintre haïtien. En 1946, André Breton et Wilfredo Lam (peintre cubain lui aussi inspiré par le surréalisme), qualifiaient déjà de grand maître de la peinture naïve. Une exposition organisée à l’UNESCO (à Paris) en 1947 finira de donner à Hector Hyppolite sa réputation internationale. Le critique d’art Pierre Apraxine écrit que « la personnalité psychique d’Hyppolite, ses capacités de medium, ainsi que sa totale familiarité avec le monde surnaturel haïtien sont à l’origine de la qualité spirituelle qui imprègne chacune de ses peintures. Ainsi les sujets qu’il peint transcendent toute interprétation littérale et invitent à des implications mythiques. » Quoique un simple apprenti cordonnier et peintre en bâtiment, Hector Hyppolite prétendit avoir voyagé à New York, au Dahomey et en Ethiopie pendant les cinq années avant son retour dans sa ville natale de Saint Marc en 1920. En réalité, on croit qu’il a effectué seulement un court séjour à Cuba pour travailler dans la coupe de la canne, la zafra. C’est en 1945 que passant par la route de Montrouis, entre Port-au-Prince et Saint Marc, un artiste américain, et professeur d’anglais de son état, nommé Dewitt Peters, découvrit Hector Hyppolite. Voici comment le journaliste-historien Bernard Diederich décrit cette rencontre tout à fait fortuite dans son livre intitulé « Bon Papa » dont la version française sera bientôt livrée au public haïtien. « Ceci se passa, raconta Dewitt à Diederich, au retour d’un voyage au Cap-Haïtien où il avait rendu visite à Philomé Obin qui était devenu l’artiste étoile du Centre d’Art (un atelier dédié à l’art et la peinture créé par Dewitt Peters). « L’autobus dans lequel se trouvait Peters passait dans le petit village côtier de Montrouis, à quelques trente kilomètres de Port-au-Prince, quand il aperçut ‘l’espace d’un éclair’ la porte très colorée d’un petit bar. « Un peu plus tard, à la requête de Peters, le romancier Philippe Thoby-Marcelin partit à la recherche de celui qui avait peint la porte. En regardant de plus près celle-ci, il vit qu’elle était peinte de ‘jackos’ – des perroquets verts et rouges – parmi des feuillages et des fleurs aux dessins très compliqués. Prophétiquement (poursuit Bernard Diederich) on pouvait lire sur l’enseigne du bar ‘Ici, la Renaissance’. « ThobyMarcelin finit par repérer l’artiste de la porte qui se révéla être un certain Hector Hyppolite, un houngan littéralement démuni, bien que apparemment plein de dignité. Hyppolite utilisait Dewitt Peters et les premiers membres du Centre d’Art, 2ème à partir de la droite Hector Hyppolite des restes de peinture pour bâtiments pour ses emplois occasionnels de décoration et, en guise de pinceaux, des plumes de poulet. Dewitt Peters prit immédiatement le train pour Saint Marc. Et voici comment il raconte à Diederich sa première rencontre avec Hector Hyppolite. Rencontre qui va sceller le destin de celui-ci à tout jamais dans l’histoire universelle. « Finalement on trouva la misérable case où il (Hyppolite) vivait avec sa ‘manman pitit » (concubine) et deux orphelines qu’il avait adoptées. On nous annonça qu’il était absent. La jeune femme, morose et mal nourrie, nous dit qu’elle ne savait pas où il avait été. Mais à ce moment (dit Peters), je le vis – clairement reconnaissable – au loin dans la rue et venant vers nous. En effet, pendant qu’il s’approchait, nous pouvions voir la noblesse de sa démarche ainsi que l’expression sereine et lumineuse de son visage. Nous nous levâmes à son arrivée. Il nous accueillit avec élégance et une courtoisie toute cérémoniale, et nous dit qu’il ‘nous attendait.’ Il le savait depuis longtemps à cause d’une vision reçue dans un rêve. Plus tard, nous devions avoir (commente Dewitt Peters dans cette interview) de nombreux exemples de son don de voyance. » En l’espace de trois courtes années, Hector Hyppolite produisit 256 tableaux. Avant de succomber en 1948 à une crise cardiaque, il avait à peine commencé à recevoir quelques petites compensations pour son œuvre gigantesque. Dans son livre Mythologie du Vaudou publié en 1950 (et dont Hyppolite dessina les ‘vèvès’), Milo Marcelin, un frère de Philippe Thoby-Marcelin, rapporte que les œuvres de Hector Hyppolite étaient pour la plupart inspirées des visions reçues dans ses rêves. Hector Hyppolite lui-même soutient que les ‘loas’ (divinités vaudoues) avaient prophétisé son succès dans les arts et la peinture. Aussi ne voyait-il en quelque sorte rien de particulièrement spécial dans sa réussite. A peine arrivé au Centre d’Art où l’invita Dewitt Peters, il exécuta 16 tableaux d’une très haute facture en … une semaine (d’après afrikara.com). Performance à peine imaginable pour les artistes professionnels. La thématique de Hector Hyppolite, éminemment mystique, en osmose totale avec l’univers vaudou caribéen, traduit un syncrétisme complexe de dosage entre cosmogonies africaines et adoption contrainte du christianisme sous les fers esclavagistes. Les figures de la religion romaine s’en trouvent africanisées et ce sont ces saints noirs qui surgissent sous le pinceau du maître. L’artiste ne peint jamais sans le prêtre, le second offrant un imaginaire fécond à la technique du premier. Quant à la technique, Hector Hyppolite n’eut pas comme les grands peintres du monde développé à parcourir les musées, mais il passa la plus grande partie de sa vie en quête d’une maigre pitance, passant d’un travail d’apprenti-cordonnier à celui de décorateur, d’aubergiste, de constructeur de bateaux, de peintre de maison etc. Mais toujours en perpétuelle double activité, puisque ‘houngan’ attaché au culte ancestral. Hector Hyppolite ou une communication quotidienne de l’humain avec le divin. L’année Hector Hyppolite ne pouvait mieux tomber alors que Haïti se trouve confrontée à un sentiment de vide et de doute au sujet de sa propre identité qui ne pouvait être plus rude. Mélodie 103.3 FM, Port-au-Prince collectionnaient les oeuvres d’Hector Hyppolite et leL’année Hector Hyppolite peut-elle réveiller notre conscience?

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Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Page 11 Le Comité organisateur de l’Année Hector Hyppolite (photo HENM) Maîtresse Erzulie (déesse de l’amour) par Hector Hyppolite Papa Zaka (Hector Hyppolite)ARTS & PATRIMOINEL’Année Hector Hyppolitedémarre en beautéL’année Hector Hyppolite est lancée à Port-auPrince. D’abord un hommage rendu, au Centre d’Art, à Dewitt Peters, qui avec l’écrivain Thoby Marcelin, avait découvert le grand peintre dont l’année 2008 ramène le soixantième anniversaire de la mort. En effet, c’est Thoby Marcelin qui, en passant à Saint Marc ou à Montrouis – l’on ne sait exactement a remarqué une peinture finement ciselée sur la porte de ce petit bar du nom de “Ici, La Renaissance”. Les dessins et les couleurs vives ont attiré l’attention des voyageurs. Des feuilles, des fleurs et des perroquets. Thoby Marcellin en parla à Dewitt Peters qui lui demanda d’aller chercher l’artiste. Et c’est ainsi que devait commencer la saga d’Hector Hyppolite. Entre le moment où il entra au Centre d’Art et sa mort, il ne devait s’écouler que trois années. De 1945 à 1948, année de sa mort. Mais trois années au cours desquelles Hector Hyppolite a peint près de 300 toiles. Combien exactement? St Jean n’a pas cité de chiffres. Il a seulement établi une liste de 180 tableaux. Mais dans un catalogue plus récent préparé à l’occasion de l’extraordinaire exposition présentée aux EtatsUnis : “L’art Sacré du vaudou dans la peinture haïtienne”, on avance le chiffre de 250 tableaux peints par Hyppolite. Le Comité organisateur de l’Année Hector Hyppolite, quant à lui, mentionne le nombre de 300. “Tout cela veut dire que le corpus Hector Hyppolite nous est inconnu. Aussi le premier travail qui nous attend est de l’établir” mentionne Carlo Célius, historien de l’art, invité à Port-auPrince par le comité organisateur de l’Année Hector Hyppolite. Nous l’avons rencontré à l’occasion d’une table ronde à l’Institut Français, le jeudi 12 Juin, à laquelle participaient aussi le curateur du Musée d’Art haïtien du Collège St Pierre, Michel Philippe Lerebours et l’historien Laënnec Hurbon (“Dieu dans le vaudou Haïtien”). Carlo Célius pense aussi qu’il est très difficile de classer Hyppolite dans une catégorie plutôt que dans une autre. Est-il un peintre vaudou ? “Lorsque je fais le décompte des 180 tableaux proposés par St Jean, il n’y a même pas 60 qui se rapportent au vaudou”, relève Célius, qui poursuit : “Comment dire qu’on a un patrimoine quand on n’en connaît pas l’ampleur ? Et quand on ne sait pas de quoi il se compose exactement.” Il faut donc commencer par le commencement et la chose essentielle, pour Célius, est de commencer par établir le corpus, ensuite pour pouvoir approfondir les connaissances sur Hector Hyppolite, pour pouvoir le transmettre correctement. Hector Hyppolite, l’un des plus célèbres peintres haïtiens, attend encore une biographie. Il y a beaucoup de textes qui ont paru en 1947 et 1948, à l’occasion de son décès. Il y a aussi l’ouvrage de Madeleine Paillère qui a confronté Lucien Price et Hector Hyppolite, puis la petite monographie de St Jean « Hector Hyppolite, une somme. » Mais on parle beaucoup d’Hector (voir ANNEE / 12)

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Page 12 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Hyppolite un peu à tort et à travers. Le bonhomme n’est pas vraiment connu. L’autre constatation de Carlo Célius est que « Nous fonctionnons sur Hector Hyppolite avec des traits de sa légende. Il nous faut une relecture de tout ça pour essayer d’avancer dans la connaissance et la transmission d’Hector Hyppolite. Carlo Célius a aussi mentionné l’apparition de faux Hector Hyppolite sur le marché. Si on ne connaît pas la totalité de ces œuvres, comment arriver à discerner un faux d’un vrai. Il faut essayer de voir le peintre dans sa complexité, sa mouvance. Mais d’abord établir un catalogue raisonné de l’artiste. Et cela est très difficile parce que les tableaux d’Hector Hyppolite sont dispersés de par le monde. Colette Pérodin, la Directrice de la Fondation Culture Création, a évoqué le travail entamé par le Comité organisateur de l’Année Hector Hyppolite. Ce travail est d’autant plus difficile que beaucoup des tableaux de l’artiste se trouvent hors d’Haïti, comme au Musée de Milwaukee , par exemple, qui à lui seul en possède 14. “Nous aimerions au moins avoir des photographies de ces tableaux. Mais la direction du Musée nous a demandé la coquette somme de 1.000 dollars américains par photo, ce qui n’est nettement pas dans nos possibilités”, a dit Colette Pérodin. D’autre part, André Breton est parti d’Haïti avec 5 tableaux qu’il avait payés $ 5.00 chacun. Le célèbre poète a gardé précieusement ses tableaux jusqu’à sa mort. Après quoi, il y a eu une vente aux enchères où ces tableaux ont été vendus et au moins l’un d’entre eux a pu revenir en Haïti. “Tout est mystère en ce qui concerne Hector Hyppolite.” C’est Michel Philippe Lerebours qui parle. Le Comité travaille depuis des mois sur la vie du peintre. On ne connaît rien avec certitude. L’année de sa naissance : 1910 ou 1911? “Hector Hyppolite était très intelligent, excessivement roublard, pense Lerebours. Et il s’est arrangé pour s’entourer de mystères. De son vivant même, il y a toute une légende qui a été colportée par la presse américaine. Ce qu’on trouve dans le livre de Selden Rodman c’est inouï. J’ai dû mener des enquêtes pour retrouver les anciens quartiers de Port-au-Prince dont il est question. Selden Rodman dit que la maison ou l’atelier d’Hector Hyppolite se trouvait dans un quartier populaire, non loin de Trou Cochon. Or nous sommes certains que la maison d’Hector Hyppolite se trouvait au bas de la rue St. Honoré, alors que Trou Cochon se trouvait du côté du Quai Colon. Cela fait donc une assez bonne distance. Le quartier le plus proche était le Fort St Clair. Rodman fait savoir que Hyppolite, pour retrouver son inspiration, devait entendre le chant de la Sirène (le personnage mythologique) et qu’il allait sur un bateau pour pouvoir travailler. Vrai ou Faux ? Nous ne le savons. Mais ce qui est certain c’est que l’atelier se trouvait à une bonne distance de la mer. Et sa tombe, où est-elle ? Nous avons cherché en vain sa tombe, dit Michel Philippe Lerebours. La famille elle-même ignore où il est enterré. Le petit fils de l’artiste nous a certifié qu’Hyppolite se trouve enterré à Saint Marc, alors que nous savons presque avec certitude qu’il est enterré au Grand cimetière de Port-au-Prince.” Le style Hyppolite : “On les a voulu naïfs, ils se sont faits naïfs.” C’est une citation de l’historien Ghislain Gourrège mentionnée par Lerebours. En tout cas, quand Hyppolite reprend un certain nombre d’images qui proviennent de la culture vaudou, il y a une réinterprétation qu’il fait de ce qu’il a reçu comme culture et de ce qui lui a été imposé. Le vendredi 13 Juin, a eu lieu le dévoilement du buste en bronze de Hector Hyppolite, une œuvre du sculpteur Ludovic Booze. Ce buste est installé sur la petite place à l’angle de la ruelle Alix Roy et de l’Avenue Lamartinière. Nous avons rencontré aussi Ludovic Booze qui nous a confié avoir toujours été intrigué par les traits caractéristiques d’Hector Hyppolite. L’expression de son visage, sa coiffure. Ludovic Booze a pris plusieurs semaines (ANNEE ... suite de la page 11) pour fabriquer ce buste modelé en argile d’abord, avant d’être coulé dans le bronze. Il est aussi l’auteur d’autres bustes qui trônent dans la capitale. Les frères Izméry, devant l’Eglise du Sacré Cœur, Guy Malary dont le buste est installé devant le palais de justice. Mais il y en a d’autres, dit Booze qui ne peut pas se les rappeler tous. Nous avons également rencontré à la cérémonie de dévoilement sur la place aujourd’hui Place Hector Hyppolite, le propriétaire de galerie, Georges Nader, qui nous a dit avoir plusieurs tableaux de l’artiste dans sa galerie. Georges Nader souhaiterait que les jeunes apprennent à découvrir Hector Hyppolite. Il voit l’organisation d’une série de causeries dans les écoles, des visites de musées et de galeries pour permettre aux jeunes de faire plus amplement connaissance avec le peintre. Le Musée d’Art Haïtien du Collège st Pierre a actuellement une exposition de tableaux du grand peintre. Le magistrat de Port-au-Prince, le Maire Jason, a assisté à la cérémonie de dévoilement du buste de Hector Hyppolite. Un fonctionnaire de la mairie a lu l’Arrêté municipal qui transfert l’affectation de la petite place communément appelée Place Téléco à la mémoire du peintre. La place est donc rebaptisée Place Hector Hyppolite. (E.E.) Programme du mois de juin 2008 Dimanche 8 juin 9h 10h Pose symbolique de gerbe de fleurs Lieu : Cimetière de PAP 5h30 7h00 Veillée Vodou avec la participation des adeptes du Péristyle Max Beauvoir, Azor et sa troupe, Aboudja &Samba Zao Lieu : Esplanade du MUPANAH, (entrée libre) Lundi 9 juin 9h00 10h45 Cérémonie oecuménique Lieu : Église Ste Trinité ( entrée libre) 11h00 4h00 Expo Hommage à Hector Hyppolite Lieu : Musée d’Art Haïtien 4h30 – 7h00 Table-ronde : Hyppolite le créateur, Histoire et Modernité Intervenants : Antonio Joseph, Préfète Duffaut, Dieudonné Cédor, Georges Castera, Didier Dominique Lieu : Faculté d’Ethnologie (entrée libre) Mardi 10 juin 10h00 4h00 Visites guidées de groupes Lieu : Musée d’Art Haïtien Mercredi 11 juin 4h00 6h00 Expo Hommage à Dewitt Peters Projection permanente: Les Peintres Naïfs d’Haïti Lieu : Le Centre d’Art Jeudi 12 juin 5h30 7h30 Table-ronde : FaireConnaître Hector Hyppolite Intervenants : Carlo Célius, Laennec Hurbon, Michel-Philippe Lerebours Projections de courts métrages : Ballades à Port-au-Prince et Les Peintres Naïfs d’Haïti Lieu : Institut Français d’Haïti (entrée libre) Vendredi 13 juin 10h00 Dévoilement du buste Hector Hyppolite Lieu : Place située à l’angle des rues Alix Roy et du Bois Verna Lundi 16 juin 4h00 – 6h00 Conférence : Apprivoiser les mystères de la création Intervenant : Carlo Avierl Célius Lieu : Musée d’Art Haïtien Mardi 17 juin 10h00 4h00 Journée Porte Ouverte aux étudiants Visites guidées Expo Hommage à Hector Hyppolite Projection commentée : Les Peintres Naïfs d’Haïti Lieu : Musée d’Art Haïtien Mercredi 18 au lundi 30 juin 10h00 4h00 Visites guidées de groupes Projection commentée Lieu : Musée d’Art HaïtienHector Hyppolite, les Mystères de la création L’Université d’Etat d’Haïti et l’Année Hector Hyppolitepar Fritz DESHOMMES Lorsque, en décembre 2007, le Professeur Michel Philippe Lerebours nous faisait part de son souhait d’associer l’Université d’Etat d’Haïti à la célébration du 60e anniversaire de la mort d’Hector Hyppolite, nous avions spontanément acquiescé au projet. Nous avions même considéré cette offre comme une heureuse opportunité. A l’époque, nous venions de réaliser le Colloque International Jacques Roumain et des tables rondes sur Jacques Roumain dans une dizaine de villes de province. A cette occasion nous nous sommes rendus compte de l’existence d’une jeunesse en quête de modèles et de repères, mais également de l’enthousiasme montré pour une meilleure connaissance des grands noms, hommes et femmes, chacun dans son domaine particulier, qui ont marqué, façonné l’histoire de notre pays. Nous avions alors pris la résolution de célébrer chaque année un de ces personnages-phares, penseurs, philosophes, créateurs, écrivains, pouvant servir d’exemple à la nation et à la jeunesse désemparées. Notre enthousiasme par rapport à Hector Hyppolite s’explique par trois raisons fondamentales : la capacité de création de celui qu’on a appelé le «Maître»;ses origines sociales;son domaine d’excellence. Hector Hyppolite est un créateur né. Il est créateur d’œuvres picturales extraordinaires. Il est créateur d’école, créateur d’instruments, créateur de techniques picturales. Sa créativité part de sa personnalité propre, de ses croyances profondes, de son milieu naturel, de son environnement. L’UEH s’intéresse particulièrement à la capacité qu’il a montré à assumer, à exprimer sa philosophie, sa vision du monde, son identité, ses valeurs profondes. Au moment où l’UEH est en train de se lancer dans un vaste programme de valorisation des savoirs locaux, dont les recherches actuelles sur la médecine traditionnelle haïtienne constitue le premier jalon, Hector Hyppolite se révèle pour nous un inspirateur de premier plan. Hector Hyppolite n’a pas fait de grandes études classiques. Il trimait durement pour gagner sa vie. Il était cordonnier. Il était décorateur, peut-être même bracero à Cuba. Cela ne l’a pas empêché d’être un modèle, un exemple, un ambassadeur de la culture nationale, un patriote. Au même titre que celui que nous avions célébré l’an dernier, Jacques Roumain, lui-même issu d’une famille aisée, un homme de grande culture qui a étudié en France, en Allemagne, en Suisse, aux Etats-Unis. La moralité en est que, dans notre pays, les valeurs, les ressources, les modèles se retrouvent dans toutes les couches sociales, dans tous les coins géographiques, dans toutes les religions. Nous devons apprendre à les chercher, à les identifier, à les promouvoir, sans complexe, sans préjugé, l’esprit ouvert sur le meilleur de nous-mêmes. Le domaine d’excellence d’Hector Hyppolite mérite toute notre attention. N’est-il pas vrai que, sans beaucoup d’efforts de notre part, nous sommes (voir UNIVERSITE / 14)L’Année Hector Hyppolite démarre en beautéHOMMAGE A UN GENIE HAITIEN

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Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Page 13 Le Manolo InnLe Manolo Inn à Petite Rivière de Nippes Téléphones : 566-5361 / 401-7108 / 514-0304 E-mail : lemanoloinn@mac.com Internet disponible pour les clientsDANS LES NIPPES•Des kilomètres de plage •Chambres tout confort avec air conditionné et Salle de bain attenante •Cuisine du terroir préparée par un « Grand Chef » •Le Saut du Barril •Le Palais de Sudre Dartiguenave à Anse à Veau •La Petite Eglise de Petit Trou datant de du 17ème siècle… Chaque matin, captezMélodie Matin sur 103.3FM Lucas Super Market 14750 N.E. 6th Avenue 305 940 9902 Maxisound 11854 West Dixie Highway 305 895 8006 B & L Supermarket & Produce 12040 West Dixie Highway 305 893 0419 Danilos Restaurant 3760 N.E. 3rd Avenue 954 781 2646 Christephanies 581 BC East Sample Road Pompano Beach, Fl 33064 Tél 954 781 2500 Classic Teleco 203 S.E. 2nd Avenue Delray Beach Fl 33183 Our Lady Bakery 102 S.E 2nd Avenue Delray Beach, Fl 33444 561 272 3556 Eclipse Communication 9290 S. 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Lui seul, ayant reçu les soins nécessaires contre cette affection, mène une vie normale tout en étant toujours porteur du VIH. L’envoyé spécial de l’ONU pour la lutte contre la tuberculose, Jorge Sampiao, a appelé pour sa part à une approche globale pour le traitement du VIH et de la tuberculose. “Le sida est incurable mais il est possible de vivre avec, grâce aux anti-rétroviraux. En revanche, comme le système immunitaire est affaibli, vous pouvez mourir de la tuberculose pour laquelle existe pourtant un traitement”, a-t-il expliqué. Les deux hommes s’exprimaient à l’occasion d’un forum sur les avancées en matière de lutte contre le VIH organisé par le Programme commun des Nations unies sur le VIH-sida (Onusida). Un rapport du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, annonce une diminution des infections par le sida et du nombre de morts dues au VIH sur la dernière décennie. Il souligne cependant que quoique sans précédent, l’augmentation de l’accès aux anti-rétroviraux ne suit pas le rythme de propagation de l’épidémie. Le rapport est basé sur l’étude des données présentées par 147 gouvernements. D’après cette étude réalisée en décembre 2007, 33,2 millions de personnes vivent avec le VIH, l’accès aux anti-rétroviraux a augmenté de 42% l’année dernière, atteignant 3 millions de personnes dans les pays à faibles et moyen revenus, soit environ 30% de ceux qui en ont besoin. Le pourcentage de femmes infectées recevant un traitement de prévention contre la transmission mère-enfant est passé de 14% en 2005 à 35% en 2007. L’Afrique subsaharienne est la plus touchée avec 68% des adultes infectés, 90% des enfants porteurs du virus dans le monde et 76% de toutes les morts causées par le sida. Le nombre de nouvelles infections a globalement reculé sauf en Chine, Indonésie, Russie et Ukraine, indique le rapport. Peter Piot, chef de l’Onusida, a attiré l’attention sur l’importance de la prévention. “Tous les jours, près de 7.000 personnes sont infectées par le sida car elles n’ont pas accès à la prévention”, a-t-il dit. Les trois jours de conférence ont pour but d’évaluer les progrès réalisés dans la poursuite des Objectifs du millénaire pour le développement qui comprennent l’accès universel à la prévention et au traitement du VIH.

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Page 14 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 connus à l’étranger pour notre peinture, pour notre créativité? Ne dit-on pas de nous que nous sommes un peuple de peintres? Mais en faisons-nous vraiment cas? Avons-nous jamais pris le temps d’y réfléchir? Avons-nous jamais pensé à la manière d’intégrer cette richesse, ce talent, ce don dans le cadre de notre développement culturel, artistique, économique et social? Que savons-nous vraiment de notre peinture, de nos grands peintres, de leurs œuvres magistrales? Pour toutes ces raisons, il est opportun de braquer nos projecteurs sur Hector Hyppolite, sur sa peinture, sur la peinture et l’art haïtiens en général. A l’UEH, notre programmation débute cet après-midi même à la Faculté d’Ethnologie où se tient une table ronde de lancement de l’année autour du thème : «Hyppolite le créateur, Histoire et Modernité». Elle sera clôturée en juin 2009 par un Colloque International sur Hector Hyppolite. Entre les deux et durant toute l’année, des tables rondes, des conférences, des journées d’études seront organisées dans toutes nos Facultés et Ecoles de Port-au-Prince et des villes de province. Nous en profiterons pour encourager la recherche sur le peintre, sur sa vie, sur son œuvre, sur son époque, sur son milieu d’éclosion. Autant de paramètres sur lesquels nous avons encore beaucoup à apprendre. Au nom du Conseil Exécutif de l’UEH et en mon nom propre, je voudrais présenter mes plus chaudes félicitations et mes plus vifs remerciements au Comité d’Organisation de l’Année Hector Hyppolite. A tous, je souhaite, «Bonne Année Hector Hyppolite». Port-au-Prince, le 9 juin 2008 Fritz DESHOMMES, Vice-Recteur à la Recherche (UEH)L’Université d’Etat d’Haïti et l’Année Hector Hyppolite( UEH suite de la page 12) « Déjà -Vu » !« Un bon politicien est celui qui est capable de prédire l’avenir et qui, par la suite, est également capable d’expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées comme il l’avait prédit. » Winston Churchill J’imagine la perplexité des spectateurs et des analystes de la vie politique du pays. Moi, en tant que spectateur qui ne prétend en aucun moment être analyste, j’avoue que je me sens dépassé. Ce n’est quand même pas grave car « la marine n’est pas mon métier » comme on dit chez nous et je n’ai comme point de référence que « l’univers crabien ». Cependant, je dois admettre qu’il me permet de ressentir toute la complexité de la société haïtienne, de cette société qui tantôt « veut vouloir », tantôt « se veut détruire », mais qui n’a jamais ressenti l’envie de se « regrouper » pour se projeter vers l’avenir, ensemble, comme un Peuple. Nous le fîmes en 1804 diront certains mais, ce ne fut peut-être que le hasard, pourra-t-on répondre. Maintenant, dans cette nouvelle conjoncture mondiale, Obama sera-t-il l’un des signes annonciateurs que l’on attendait? Aura-t-on à participer à une nouvelle « bataille de Savannah » pour la reconstruction d’une « Nation Etatsunienne » « beaucoup plus universelle », « beaucoup plus libre », « beaucoup plus égalitaire », « beaucoup plus fraternelle »? Ce serait bon pour Haïti aussi. Enfin, chères amies lectrices et chers amis lecteurs, on pensait qu’on était à la fin de ce processus lancé il y a déjà deux mois mais, au vu de ce qui se passe, comme dirait Churchill, ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais, c’est peut-être la fin du commencement. Brillant ! Et dire qu’il ne connaît pas les réalités du pays. Ce qui pis est, il n’a même pas vécu au pays ni durant « cinq années consécutives », ni « consécutivement ces cinq dernières années ». Il n’a même jamais mis les pieds en Haïti. Je crois que je devrais essayer de ne pas perdre le fil de l’article, comme il se passe souvent chez moi. Mais, chères lectrices et chers lecteurs, je suppose, qu’après ces trois ans et poussière de « cohabitation virtuelle », de « plaçage virtuel» devrais-je dire, vous devez déjà savoir que ces chroniques constituent ma « thérapie mentale personnelle », grâce à la complicité de la rédaction du journal qui a le « sang très supportant », pour accepter mes dérives émotionnelles et langagières. Enfin, cette thérapie me permet de mieux me comprendre et d’intégrer de façon harmonieuse le « bouqui et le malice » que j’ai en moi, en tant qu’Haïtien, ou bien de concilier mon envie d’être un « nèg ékléré » avec ma réalité de « nèg soudévlopé ». Je recommanderais cette thérapie à tout Haïtien en « quête de soi ». Reprenons donc le fil de l’article. Vous conviendrez avec moi que, chez nous, dans le monde politique, tout a l’apparence du « déjà vu », ou du « déjà vécu », ou du « déjà senti » ou du « déjà visité ». Est-ce une sensation personnelle ? Suis-je « anormal » ? Précisons un peu. À cette sensation, d’avoir déjà vécu un événement en tant qu’acteur, d’éprouver le sentiment indiscutable de familiarité d’un fait vécu dans l’immédiat, comme si on ouvrait une fenêtre sur le temps, les spécialistes l’appellent « Déjà Vu ». Les psychanalystes croient qu’ il manifeste le désir de répéter une expérience passée mais cette fois avec une issue positive. Certains en distinguent trois types différents : le « déjà vécu », le « déjà senti », le « déjà visité ». Les spécialistes de la question parlent de « paramnésie » en le cataloguant comme trouble de la mémoire caractérisée généralement, par une tendance à la fabulation, par l’impression du « déjàvu », par un oubli des mots, par une perte des souvenirs ou une confusion relativement à leur localisation chronologique. Il y a aussi deux autres types d’anomalies mémorielles telles que : 1« L’ecmnésie » qui constitue une sorte d’émergence d’un souvenir passé vécu à nouveau comme s’il s’agissait du présent. 2Le « Jamais vu » qui se manifeste comme un sentiment d’étrangeté face à une situation ou bien en présence d’une personne ou d’un objet pourtant familiers. Laquelle de ces « anomalies » vous est la plus familière ? Ressentez-vous chers amis/es ces sensations ? Cette familiarité avec les faits ne se produit-elle pas chez vous avec la même agressivité que chez moi ? J’attends vos réponses, chers amis lecteurs et chères amies lectrices. Enfin, vu l’incapacité non seulement de prédire l’avenir mais en plus de trouver une quelconque explication sur ce qui se passe dans le pays et ne pouvant faire allusion « aux forces de la corruption », soyons pragmatiques, « JPP », « Jan l Pase l Pase », « Ou jou na wè klè ». Oscar Germain germanor2005@yahoo.fr Mai 2008LIBRE PENSEELe président Préval et l’aval de l’électorat qui n’est pas un “rat” Larose Vernet 13 Juin 2008 “ Au regard de Saint-Domingue, Haïti a un avenir sans horizon. Le pays le plus pauvre et le plus surpeuplé du Nouveau Monde, Haïti a un taux de croissance démographique proche de 3% l’an. Ce pays est si pauvre et si démuni de ressources naturelles et humaines, en gens instruits ou formés, qu’il est en réalité difficile de voir ce qui pourrait apporter un progrès. Si l’on compte sur le monde extérieur pour des aides publiques, pour des initiatives venant d’ONG ou des efforts privés, Haïti manque de la capacité même d’utiliser efficacement l’assistance extérieure. Ainsi, le programme USAID a investi en Haïti sept fois ce qu’il a consacré à la République dominicaine, mais pour des résultats plus maigres, du fait de la déficience du pays en personnes et en organisations capables d’utiliser cette aide. Une expression revient dans toutes les conversations : << sans espoir>>. Jared Diamond, Effondrement: Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, ,Paris, Gallimard nrf essais, 2007,p.412-413. Une classe qui se déclasse ne peut édifier l’État comme source et garant des droits. Son édification est suspendue à la capacité d’une société de se donner un système de sociétés intermédiaires, partis politiques, entreprises privées, entreprises associatives, les ordres professionnels, les clubs,etc. C’est la démocratie représentative, que ce soit au niveau du sysème partisan, les partis poliques, l’électorat choisit ses dirigeants, que ce soit au niveau social, les membres de l’assembée générale procèdent à la nomination de leurs adminstrateurs. En prinicipe, suivant ce schéma et le Constituant 1987, un chef de l’État aurait dû être élu le 7 février 1988 et impérativement transmettre le pouvoir au nouvel élu, le 7 février 1993. Or, cette dévolution des pouvoirs d’État démocratiques n’a jamais eu lieu. C’est tout le contraire qui s’est produit avec la passation péri-démocratique. Et est grotesquement significatif le malaise qui y a régné à l’occasion de la transmission non-constitutionnelle du président intérimaire, euphémisme ou précieux ridicule, Alexandre Boniface au président démocratiquement élu mais en dehors de l’agenda constitutionnel, René Préval. Cette tension traverse ce pays depuis 1987. D’ailleurs, celui-ci, que ce soit au titre de premier ministre sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide, que ce soit en tant que chef de l’État, a plutôt gouverné en la caricature du régime d’assemblée qui se caractétise par le recours abusif de l’interpellation du Cabinet ministériel, des premiers ministres démissionaires, des premiers ministres désignés non ratifiés pour des raisons administratives, du renvoi d’un ministre de la culture, qui est suivi d’une lettre du président de la Répubique adressée au Parlement ; ce qui dénote une source d’instabilité politique. Au cours de ces deux dernières décennies, les données sont éclairantes. Si on compte que pour un gouvernement les trois compositions différentes du Conseil national de gouvernement (CNG) présidé par le général Henry Namphy, 12 chefs de l’État ont occupé le fauteuil présidentiel en 20 ans , soit une moyenne d’ un président chaque 1 an 7 mois et non chaque 5 ans d’après la constitution; et la majotité parmi eux étaient de facto. Cette même instabilité se manifeste à la Primature : 12 premiers ministres ont été ratifiés par le parlement, issus d’élections tantôt controversées, tantôt démocratiques, tantôt de facto. Ces faits ne relèvent pas de faits anodins; ils sont structurels et représentent un élément nodal du paysage politique, qu’on ne saurait comparer avec des constitutions françaises, par exemple. L’histoire immédiate ne conduit pas à conclure à l’ adhésion des catégories sociales au régime parlementaire; régime parlementaire qui n’accomplit pas sa fonction de mouler les comportements et de façonner les mentalités. Le président Préval est un ancien premier ministre qui fut choisi par le président Aristide. Des relations tumultueuses s’établirent entre l’exécutif et le parlement. Un troisième larron s’immisça, les forces ou bandes armées, suivant sa problématique, qui firent un coup d’état. Le Conseil de sécurité de l’ONU étrenna le droit d’ingérence, qu’il ne faut pas confondre avec l’ingérence des droits par les peuples en vue de s’auto-émanciper. Nous connaissons les resultats: embargo, menaces de bombardement de Port-auPrince, le débarquement des Marines et des casques bleus et depuis c’est l’aggravation de plus en plus catastrophique de l’insécurité, particulièrement du kidnapping. Or, toutes les formules de sortie de crise passent par la médiation de l’électorat qui , lui, s’est manifesté massivement lors des élections en 1990 et 2006. Néanmoins, son statut non seulement vacille suivant les conjonctures, mais fondamentalement l’électorat existe dans des conditions de vulnérabilité : c’est la conflictualité entre ses droits politiques, civils et sociaux. Et tous les essais, en vue de le dératiser, de le faire rentrer dans ses trous ou de l’amener à ressortir suivant les opportunités, ont échoué. La conjoncture le sollicite à nouveau, avec les prochaines législatives et la lutte qui fait rage parmi les prétendants à la présidence de la République. Les femmes et les hommes politiques ont donc à gérer, en permanence, la contradiction qui travaille le pays: la majorité numérique, la véritable détentrice de la réussite de la modernisation politique, est paradoxalement exclue des obligations constitutionnelles de l’État, le bien-être et la sécurité. Qui pis est, les partis politiques peinent à s’institutionnaliser, notamment au niveau de l’organisation de la succession de leurs dirigeants. C’est un des facteurs majeurs d’explication de leur incapacité à se constituer en parti majoritaire, ne fût-ce un de coalition, de se mettre donc en conformité avec le principe qui est au fondement du régime parlementaire. Les présidents Jean-Bertrand Aristide et René Préval ont connu des échecs en l’accomplissement de cette tâche. Que (voir ELECTORAT / 16)

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Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Page 15 SPORTS LAUSANNE (AFP) Les Pays-Bas, qui ont balayé successivement l’Italie (3-0) le 9 juin et la France (4-1) vendredi, ont inscrit cinq de leurs sept buts sur des contre-attaques lors des deux premiers matches de l’Euro-2008 (Gr.C). L’équipe néerlandaise, qui incarne une certaine idée du football, basée sur l’offensive à toutva, est en fait surtout un bloc défensif solide qui mise sur la vitesse de ses attaquants. Explications. SCENARIO. La trame du match fut la même face aux Bleus et aux Azzurri. Les Oranje ont marqué les premiers et assez tôt dans le match. Leurs adversaires sont alors obligés de prendre des risques pour revenir au score, ouvrant des espaces pour les Néerlandais. “Nous avons des joueurs intelligents au milieu du terrain. Ils comprennent très vite comment profiter des espaces”, souligne le sélectionneur Marco van Basten. SOLIDARITE DEFENSIVE. “Je dois remercier ma défense. Dans mon schéma de jeu, tout part de la défense. On ne peut pas attaquer sans une solide arrière-garde”, a dit ‘San Marco’. A défaut de posséder des stars dans ce secteur du jeu, lesPays-Bas: l’art de la contre-attaque, fatal à la France comme à l’ItalieNéerlandais misent sur une solidarité sans faille. Vendredi, même l’attaquant de pointe Ruud van Nistelrooy a accompli sa part de travail. En cas de perte de balle, un bloc de six joueurs fait barrage devant le but tandis que les quatre autres joueurs de champ chassent le ballon. Et quand des failles apparaissaient dans la ligne arrière, le gardien de but Edwin van der Sar veille au grain. A 37 ans, “Papy Sar” tient la forme de sa vie. Ses relances au pied sont souvent très précises. GENIE. Avec Wesley Sneijder et Rafael Van der Vaart, Marco van Basten dispose de deux milieux de terrain bourrés de classe qui, en une seule passe, peuvent placer un attaquant sur orbite. Ce fut plus flagrant face à l’Italie: des transversales de 40 ou 50 mètres peuvent faire passer la ballon d’un but à l’autre en quelques secondes seulement. La vista de ces deux joueurs tient du génie. Et, vendredi, Van Nistelrooy s’est mis au diapason en réussissant quelques gestes techniques qui ont mystifié la défense française, comme sur le 3e but. VITESSE. L’entrée en jeu d’Arjen Robben a causé de gros soucis à la défense française. Le roi de la contre-attaque, c’est lui. Beaucoup plus rapide que son opposant, Willy Sagnol, le joueur du Real Madrid a offert un but à Robin van Persie et en a marqué luimême un autre après des déboulés exceptionnels sur son flanc gauche. Et dire que Robben, blessé aux adducteurs dimanche dernier, n’aurait pas dû jouer cette rencontre ! “Mais les docteurs ont fait des miracles”, a dit Van Basten. A la fin du match, Robben, dont la saison a été perturbée par sept blessures, est tombé dans les bras de ces médecins et a fondu en larmes. FRAICHEUR. Le “problème de luxe” de Marco van Basten en attaque n’en est pas un. L’abondance d’attaquants de classe internationale permet au sélectionneur d’utiliser des hommes frais. Un atout dans un jeu basé sur la vitesse des contreattaques. Les entrées en jeu de Robben (46e) et Van Persie (55e à la place de Kuyt) ont dynamisé l’attaque néerlandaise face à une défense française qui a terminé sur les genoux, à l’image de Thuram (142 sélections), mystifié comme un débutant par Robben sur le 3e but.Euro-2008: la France battue 4-1, les Pays-Bas qualifiés pour les quartsBERNE (AFP) Les Pays-Bas, ajoutant une solidarité défensive à leur arsenal offensif, se sont qualifiés pour les quarts de finale de l’Euro, en balayant 4-1 la France, qui n’a désormais plus son destin en mains et peut trembler pour la suite dans le groupe C, avec un final contre l’Italie le 17 juin. La Roumanie et l’Italie ont fait match nul (11) à Zurich. Les Néerlandais sont la troisième équipe qualifiée pour les quarts de finale, avec le Portugal (groupe A) et la Croatie (groupe B). On disait les Pays-Bas joueurs, s’exposant aux contres. C’est faux. Les hommes de Van Basten ont surpris avec un bloc bien organisé, plus bas que prévu: une nouvelle arme dans leur besace, déjà riche en attaquants. Les Oranje, assurés de finir premiers du groupe, se posent ainsi en favoris pour la suite. Le jeu des Néerandais fut moins délié au départ que contre l’Italie lundi (3-0). Mais un premier but sur corner de Kuyt, mal marqué par Malouda, sur leur première occasion (9e), a suffi pour mettre les Bataves sur la voie des quarts. Même si, sous les coups de boutoir des Français en début de seconde période, les Pays-Bas ont montré quelques signes de fébrilité, c’est un contre assassin de Robben, passeur décisif pour Van Persie, qui a coulé le navire français (0-2, 59). Puis Robben a aggravé la marque sur un dernier contre (1-3, 72e), avant un dernier coup de poignard de Sneijder (1-4, 90+2). Bravo au passage à Van Basten pour son coaching avec l’entrée gagnante de Robben et Van Persie en deuxième période. Raymond Domenech a été clairvoyant cette semaine. Il avait annoncé un France-Italie en guise de “finale” du groupe C pour ses Bleus. Ce sera le cas, avec cette menace: les Français n’ont plus leur destin entre leurs mains. Même en cas de victoire, il ne seront pas sûrs d’être qualifiés, car si la Roumanie s’impose contre les Bataves, ce sera fini pour eux. On disait que la qualité première des Bleus était leur défense, qui n’avait pas encaissé de but depuis cinq matches avant ce vendredi. Mais elle n’a tenu que 9 minutes à Berne, la faute à un très mauvais marquage de Malouda sur Kuyt. C’est d’autant plus rageant que le jeu des Bleus de vendredi était nettement plus plaisant que contre la Roumanie lundi (0-0). Le mérite en revenait à un 4-2-3-1 ressuscité, avec Evra à la place d’Abidal, Govou en milieu droit, Ribéry meneur axial et Henry seul en pointe, auteur de son 45e but en sélection (record en cours chez les Bleus) sur une passe de Sagnol (le score était alors de 1-2, 71e). Dans ce système, déjà utilisé avec succès, en dehors du Mondial-2006, face à l’Italie, battue 3-1 en qualification aller de l’Euro, Ribéry est plus libre. Même s’il a, du coup, une petite tendance à pencher à gauche, du côté de Malouda. Le pauvre joueur de Chelsea a vécu un match cauchemardesque, après son erreur sur le but, sa culpabilité débouchant sur un cocktail fait de déchets techniques et de jambes lourdes. Dommage car, quand il est enfin sorti de ce trou noir, le Guyanais a apporté son écot au réveil offensif des Bleus à la demi-heure de jeu. Malouda a trop écrasé sa frappe (34e), avant que Govou ne trouve les gants de Van der Sar (même 34e minute) ou que Ribéry n’oblige le gardien batave à un arrêt en deux temps (35e). Ribéry fut un poison permanent pour les Néerlandais et, avec Henry, leur fit subir mille tourments à la reprise. Mais le joueur du Bayern Munich était souvent trop seul au milieu. Si Toulalan fut impeccable dans les tâches défensives, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’un Vieira des grands jours aurait pu apporter offensivement, lui le perforateur de génie. Pour l’instant, “Pat”, est toujours ménagé après sa déchirure à la cuisse gauche... Sera-til apte contre l’Italie, une équipe qui lui réussit bien? Domenech a tout essayé en deux matches: 44-2 et 4-2-3-1, avec des joueurs différents. Que peutil faire maintenant pour le 17 juin? Samedi, la Grèce, tenante du titre, joue une grande partie de son avenir face à la Russie à Salzbourg (18h45 GMT), alors que l’Espagne et la suède se disputeront la première place du groupe D à Innsbruck (16h00 GMT).EURO 2008 -LE JOURNAL DE L’EUROCesc Fabregas ne se plaint pas de démarrer sur le banc les matches de l’Espagne et se satisferait d’un rôle de remplaçant de luxe. Le milieu d’Arsenal, 21 ans, a inscrit le 3e et participé au 4e but de la Seleccion contre la Russie, mardi (4-1). « Bien sûr, tout le monde préfère être dans l’équipe de départ, mais il faut accepter que le sélectionneur reconduise une formation inchangée. C’est totalement compréhensible », a dit le Gunner en conférence de presse à la veille du match contre la Suède, samedi à Innsbruck (18h00). « Pour moi ce n’est pas du tout un problème d’être remplaçant. Il y a de grands joueurs dans le groupe et que je débute ou non, mon objectif est de faire le maximum pour l’équipe. Je peux lui apporter quelque chose, même en commençant sur le banc », a conclu le joueur. Victime d’un choc avec son coéquipier Razvan Rat lors du match contre l’Italie vendredi (11), le milieu de la Roumanie, Mirel Radoi, a été blessé à un oeil et pourrait être opéré. Son sélectionneur, Victor Piturca, a donné des nouvelles du joueur du Steaua Bucarest. « C’est assez sérieux, m’a-t-on dit. Apparemment, il va devoir être opéré à l’oeil. Son nez est cassé aussi. Je n’ai pas encore parlé au docteur, mais je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de chances qu’il joue le prochain match . La Roumanie doit affronter les Pays-Bas, mardi à Berne (20h45), pour un match décisif pour la qualification en quarts de finale dans le Groupe C. (Avec AFP) Lisez

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Page 16 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 faire, disait déjà l’autre? Le parti Fanmi Lavalas aurait dû s’instituer en parti dominant et garantir ainsi la passation ordonnée des pouvoirs d’État dans le cadre du pluralisme politique. Pourtant, il a implosé. La plate-forme Lespwa n’ y a pas échappé à cette tendance ; et les autres partis ne font pas le poids devant le choix de l’électorat. C’ est égalememt l’insuccès politique du Conseil de sécurité, dû à la faiblesse relative à l’exercice d’un leadership politique. Mais, est-il trop tard? La réponse se trouve, encore, en la capabilité des femmes et des hommes politiques, et du rôle prépondérant, le respect des mandats des élus, du président Préval, dans la formation d’un dispositif majoritaire et des politiques publiques crédibles et audibles parmi la grande majorité de la population. Larose Vernet vernelaroz@yahoo.frPréval et l’aval de l’électorat(ELECTORAT ... suite de la page 14) Planification familiale : Un enfant de trop !Assise parmi un groupe de femmes enceintes qui patientent au centre de santé Pierre Payen, une structure sanitaire située à quelques kilomètres de la ville de Saint Marc (Artibonite), Marlène, 26 ans, enceinte de sept mois, attend comme les autres que l’infirmière lui fasse signe pour la consultation. La jeune femme qui attend son troisième enfant vient d’une localité située non loin de Saint Marc. Elle avoue avoir choisi le centre de santé Pierre Payen parce que le service offert à l’hôpital public de St Marc est fréquenté par un trop grand nombre de patients, ce qui fait perdre toute une journée. Ce troisième enfant n’entrait pas dans les projets de Marlène, une jeune femme vivant aux dépens de son mari cultivateur. « J’avais dix-neuf ans, j’étais en seconde quand j’ai eu mon premier enfant. Mes parents m’ont mis à la porte », raconte-t-elle. Son petit ami ne l’a pas accueilli de gaieté de cœur. Il ne voulait pas la prendre en charge, sa situation économique à lui étant trop précaire. Or, deux ans plus tard, un deuxième enfant vient aggraver la situation du couple. Aujourd’hui, c’est une Marlène résignée qui encaisse ce nouveau coup du destin : un troisième enfant à l’heure où le pays traverse une crise économique aiguë. Malgré les conseils prodigués par les infirmières responsables du programme de planification familiale, la jeune fille se montre toujours indécise. « Je ne peux pas faire de planning puisque mon mari n’a jamais abordé ce sujet avec moi », déclare-t-elle, un peu gênée. La planification familiale, cette possibilité qui est donnée à chaque personne d’exercer librement son droit reproductif, moyennant la mise à sa disposition des méthodes modernes de contraception, n’a pas d’importance aux yeux de Marlène. Elle met au monde des enfants sans se soucier d’avoir les moyens de leur offrir une bonne éducation et un cadre de vie agréable. Dans un pays où la population accroît à un rythme annuel de 2%, n’estil pas temps que les institutions publiques et privées oeuvrant dans le domaine de la planification familiale, mènent une campagne plus agressive pour sensibiliser la population sur la nécessité d’exercer enfin rationnellement le droit de reproduction ? Le cas de Marlène est un exemple parmi tant d’autres de la situation de plusieurs familles en Haïti qui spécialistes, si rien n’est fait, Haïti sera un total désert dans quelques années. Dans un pays où la population accroît à un rythme de 2% l’an, n’est-il pas temps que les institutions publiques et privées œuvrant dans le domaine de la planification familiale déclenchent une campagne agressive afin de sensibiliser la population sur la nécessité d’exercer rationnellement leur droit de reproduction ? Mais comment rendre une telle campagne efficace et efficiente ? Tout d’abord il faut tirer la sonnette d’alarme en montrant que nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir plus de gens dans aussi peu d’espace (à noter que nous sommes le pays le plus peuplé dans la Caraïbe). Comme nous l’avons vu, il y a plein de barrières qui peuvent influencer l’efficacité de cette campagne mais une bonne éducation dans les zones urbaines et rurales sur la gravité de la situation, nous permettra de sensibiliser un grand nombre de femmes et d’hommes de ce pays. Pour finir, la planification familiale est un bon moyen de mieux gérer sa vie et de sortir de la misère ou de ne pas y entrer. Selon une enquête du Ministère de la Santé Publique, le taux de mortalité maternelle est de 325/ 100.000. Les enquêtes EMUS pour leur part donne une idée de la question au fil des ans par exemple : EMUS II en 1994 : 456/100.000, EMUS III en 2000 : 523/ 100.000 et EMUS IV donne en 2006 : 630/100.000. Une bonne planification familiale permettrait de réduire considérablement ces chiffres. A noter que de plus en plus de femmes se font un IVG (interruption volontaire de grossesse) qui, mal effectuée, peut provoquer des décès chez beaucoup de femmes. Un médecin de l’hôpital Justinien au Cap-Haïtien, montre que de 1995 à 2000 un total de 432.000 femmes se sont faits avorter, ce que la planification familiale aurait évité. Un couple qui choisit de contrôler son taux de naissance sera une famille unie et n’aura pas comme Marlène, la jeune fille que nous avions prise pour exemple au tout début, à s’inquiéter de l’avenir ou comment faire pour subvenir aux besoins des siens. La famille est la cellule de base de toute société. Donc plus les familles seront fortes, notamment en planifiant leur vie, plus la nation sera forte. Anise Pierre Louis anisepierrelouis@yahoo.fr ont plusieurs bouches à nourrir alors que leur situation ne le leur permet pas. Lors d’un récent recensement, on a démontré que nous sommes plus de 8 millions d’habitants qui vivent sur 27.5000 km carré et dont plus de 60 % ne travaillent pas. Un rapport d’une Ces émeutes entraînent, outre des morts et des blessés, des pertes estimées à plusieurs centaines de milliers de dollars américains. Et envoient encore plus de gens au chômage. Nous n’avons aujourd’hui plus la capacité de nous nourrir par nos (De la gauche) Fritz Gérald de l’Expertise Communication, Dr Rony Jn-Jacques, Bachir El Sow, Claude Bernard Serant et des journalistes participant au séminaireorganisation étrangère a souligné que plus de 70% de la population haïtienne vit avec moins de 2 dollars par jour. Nous sommes passés du pays le plus pauvre au pays le plus misérable de la planète, tandis que la recrudescence de la criminalité est l’une des résultantes de cette misère. Aussi sans une planification familiale, cela condamne à donner naissance à des enfants qui vont devenir des délinquants et qui feront partie très tôt des gangs qui alimentent le secteur criminel, cette dernière en constante hausse dans le pays. Une campagne de sensibilisation est nécessaire, ne seraitce pour se défaire de vieux adages comme, par exemple : « pitit se baton vieyès, bourik fè pitit se pou do l poze, pitit se byen pòv malere ». Nombre de ces citations peuvent être une entrave à la planification familiale, notamment cette façon de penser de nombre de femmes : depi l fèt l ap viv. Les conséquences de l’absence de planification familiale sont visibles chaque jour. L’une d’elles a été la manifestation violente contre la vie chère en avril dernier. Des parents qui, n’ayant plus de quoi nourrir une famille nombreuse, ont décidé d’investir le béton pour réclamer l’aide des autorités. propres ressources, notre agriculture est au plus mal, le secteur public et le secteur privé n’ont pas les moyens de donner du travail à tout le monde. Dans ce pays, la majorité des gens ne vit pas, ils ne font que survivre en imaginant toutes sortes de stratégies pour arriver à manger au moins une fois par jour. Les rues de la capitale sont de véritables marchés à ciel ouvert, les gens s’érigent en commerçants proposant à la vente des produits ne totalisant même pas cent gourdes. En Haïti on appelle cela chômage déguisé, les gens essaient de se convaincre qu’ils font quelque chose mais au fond ils se mentent à euxmêmes. A cela s’ajoute le kidnapping qui est un phénomène assez nouveau mais en plein expansion chez nous, et qui appauvrit encore plus la classe moyenne déjà impuissante sous le poids de la vie chère. Pour finir, la classe des affaires a choisi (peut-être malgré elle) d’aller investir à l’étranger. Les conséquences de la nonplanification familiale, on peut les constater aussi dans nos mornes car les gens coupent sans cesse les arbres et n’en plantent aucun. Selon certainsTrafiquants d’enfants surpris en flagrant délit à la frontièrePort-au-Prince, le 10 juin 2008-(AHP)Un trafiquant d’enfants haïtiens, Jean Paul Frandominique, a été surpris vendredi en flagrant délit alors qu’il traversait la frontière haïtianodominicaine, à Dajabon, avec sous son contrôle 4 mineurs de 2, 3, 4 et 6 ans. L’organisation Solidarité Frontalière qui a rendu publique l’information affirme avoir identifié les enfants ainsi que la maison où ils avaient été cachés. Le trafiquant aurait reconnu avoir payé 150 pesos à un passeur dominicain pour l’aider à traverser le fleuve Massacre avec les enfants, selon l’organisation. Le trafic de personnes est une activité criminelle, quotidienne et bien organisée qui s’opère au niveau de la ville haïtienne de Ouanaminthe (nordest) et d’autres communautés de la région frontalière. Les trafiquants qui généralement s’intéressent aux hommes, recherchent maintenant des femmes et des enfants. De janvier à avril 2008, Solidarité frontalière affirme avoir recensé 1353 enfants trafiqués à partir d’Haïti vers la République Dominicaine. Ce nombre est approximatif compte tenu de la quantité réelle d’enfants victimes du trafic organisé par des délinquants qui chenchent à s’enrichir de façon malhonnête aux dépens de personnes sans défense, indique encore l’organisation. Les trafiquants utilisent tous types de stratégie pour camoufler leur sale commerce et tromper la vigilance des autorités, des défenseurs de droits humains qui travaillent dans la zone frontalière. Solidarité Frontalière/Haïti exprime son indignation face au sort des enfants. Son devoir affirme-t-elle, est d’alerter les autorités pour qu’elles prennent des mesures visant à mettre un terme à cette pratique. AHP SURPOPULATION

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Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Page 17 Réunion du Groupe-pays Caraïbes sur HaïtiL’Ambassade d’Haïti en France informe que le Groupe « Cités Unies », réunissant de nombreux acteurs travaillant en Haïti, ayant pour Président l’ancien ministre de la coopération, M. Charles Josselin, a tenu une réunion sur Haïti (groupe-pays Caraïbes) le mercredi 4 juin 2008, à la maison de la Côte d’Armor à Paris, sur la situation politicoéconomique en Haïti. L’objectif principal a été de jeter les bases d’une commission spécifique sur Haïti en matière de coopération. D’emblée M. Josselin a fait l’inventaire de son voyage en Haïti, dont le point d’orgue fut la conférence de presse donnée à l’Institut Français d’Haïti. Le problème de l’heure, dit-il, est que le pays fait face à des problèmes de toutes sortes, dont celui de la vie chère : « Cités Unies a voulu savoir ce que pense celles et ceux qui sont engagés sur le terrain afin de coordonner nos actions et faire des recommandations au gouvernement ». Pour lui, la France et Haïti sont liés par une page d’histoire commune et une langue partagée. Enfin M. Josselin[1] s’est prononcé ouvertement pour donner un coup d’accélération au concept de décentralisation conformément à la constitution haïtienne de 1987. « Il faut que l’Etat central en Haïti donne un contenu au concept de décentralisation car les collectivités manquent de tout et vivent dans une situation intenable. » Monsieur Josselin s’est félicité de la présence du Chargé d’Affaires a.i. de l’Ambassade, M. Fritzner Gaspard, et l’a invité à prendre la parole. Le Chargé d’Affaires a félicité M. Josselin pour la qualité de son rapport, mais aussi pour cette journée spéciale d’informations sur Haïti. A l’attention de l’assistance, il a fait un bref rappel de la situation socio politique autour de trois éléments : a) les progrès enregistrés sur le plan politique de 2006 à avril 2008 qui se traduisent par une stabilité politique et une baisse de l’insécurité pendant les deux premières années du mandat presidentiel (2006 et 2007) ; b) le rétablissement des grands équilibres macroéconomiques; c) les zones de turbulences connues à partir des événements du mois d’avril 2008, en mettant l’accent sur les principales initiatives prises par le Chef de l’Etat sur le plan politique en vue de maintenir le dialogue et le consensus politiques, garants de la stabilité politique. Plus d’une vingtaine de personnes pour la plupart des fonctionnaires du Quai d’Orsay, des responsables de la coopération décentralisée, de plusieurs mairies ou régions dont Suresnes, en banlieue parisienne, de Strasbourg en Alsace, de la Rochelle, de la région Bretagne, de l’Aquitaine et des représentants d’organisations non gouvernementales (ONG) présentes sur le terrain en Haïti ont participé à cette rencontre. Un débat assez animé a suivi l’intervention de M. Gaspard. L’ensemble des interventions peut se regrouper autour des questions suivantes : l’efficacité du travail des ONG ? Les ONG ne sont-elles pas concurrentes sur le terrain ? Ce qu’elles font conviennent–elles vraiment au besoin de la population haïtienne ? Par quel bout doivent-elles prendre la problématique d’Haïti ? Quelle est l’efficacité des ONG françaises sur le terrain en Haïti ? En quoi sont-elles différentes de leurs homologues anglo-saxonnes ? La reprise des investissements dans le secteur agricole en Haïti qui semble faire l’unanimité des organisations non gouvernementales et des autorités politiques françaises, mais est-elle réaliste par rapport aux règles de l’exportation des produits agricoles vers les pays du tiers-monde ? Toutes ces questions ont fait l’objet de discussions très animées, où chaque acteur autour de la table et présent sur le terrain haïtien essaye tant bien que mal de convaincre sur le bien fondé de sa présence en Haïti. L’ONU demande la fin des restrictions de voyages pour les porteurs du VIHNEW YORK (AFP) Mercredi 11 juin 2008 Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé mardi l’arrêt des restrictions imposées par certains pays à l’entrée sur leur territoire des porteurs du virus du sida. “J’appelle au changement des lois qui maintiennent la stigmatisation et la discrimination, y compris les restrictions imposées à la mobilité des personnes vivant avec le sida”, a-t-il déclaré à l’Assemblée générale de l’ONU. Il s’exprimait lors d’une conférence de trois jours sur les progrès faits en matière de lutte contre le virus VIH responsable du sida, en présence de représentants des sociétés civiles. “Je fais partie de ceux qui vivent avec le VIH et en révélant ma séropositivité, je prends le risque de me faire bannir de ce pays et de 70 autres dans le monde”, a déploré Ratri Suryadarma, activiste indonésienne. Une lettre signée par 345 ONG a été envoyée aux chefs d’Etat et aux ambassades des pays concernés pour les exhorter à lever ces restrictions. “Plus de 70 gouvernements, dont les EtatsUnis, la Chine, la Corée du Sud, Singapour et une majorité des pays du Proche-Orient, ont été exhortés à lever les restrictions aux déplacements des personnes vivant avec le VIH”, indique un communiqué du groupe d’ONG. selon Onusida, sont l’Arabie saoudite, l’Arménie, la Colombie, la Corée du sud, les Etats-Unis, l’Irak, Oman, le Qatar, la Russie, les îles Salomon, le Soudan et le Yémen. Innocent Laison, membre de l’ONG sénégalaise Africaso, dénonce de telles démarches. Il note que les pays qui restreignent l’entrée des porteurs du VIH ne limitent pas la sortie de leurs propres ressortissants vivant avec le sida. “Si l’on applique la réciprocité, alors on se rend compte de cette absurdité”, dit-il. Le président salvadorien Elias Antonio Saca, qui a levé ce type de restriction depuis quatre ans, a appuyé la demande des ONG. “Je fais un appel à la communauté internationale et à tous les gouvernements du monde pour que nous éliminions les murs et les barrières qui restreignent le libre transit des personnes vivant avec le VIH”, a-t-il déclaré. “Nous ne permettrons pas que se poursuivent la stigmatisation et la discrimination contre les malades du sida”, a-t-il insisté. Anthony S. Fauci, directeur de l’institut national des maladies infectieuses du département de la santé des Etats-Unis et spécialiste du sida, a insisté sur le besoin capital de la prévention et de la poursuite de la recherche. Il a rappelé que le sida a été découvert il y a 27 ans et que des fonds considérables sont encore nécessaires pour lutter contre l’épidémie. D’après le programme commun des Nations unies sur le sida (Onusida), 74 pays appliquent des mesures spéciales aux porteurs du VIH, notamment l’indication de la maladie sur le passeport, 12 empêchent l’entrée sur le territoire, souvent en invoquant des raisons de santé publique et de coût des traitements. Ces douze pays,L’emprisonnement de l’homme d’affaires Franck Ciné est un pur cas de kidnapping, selon le président de la Chambre de commerce du Sud Port-au-Prince, le 11 juin 2008(AHP)Le président de la chambre de commerce du Sud, Pierre Léger, a qualifié mercredi de kidnapping politique l’emprisonnement de l’homme d’affaires haïtien Franck Ciné. PDG de la plus ancienne compagnie de téléphonie cellulaire et ancien actionnaire majoritaire de l’ancienne Socabank, Franck Ciné est accusé d’implication dans la faillite présumée de cette banque dont la gestion a été confiée à la Banque nationale de crédit par la Banque centrale (BRH). Il s’agit d’un kidnapping, puis que son emprisonnement ne peut en aucun cas être justifié, a lancé M. Léger, soulignant que Franck Ciné a suffisamment de garanties pour payer des dettes qu’il aurait contractées. Le président de la chambre de commerce du Sud a également fait savoir que la prison préventive que fait Ciné depuis 12 mois, est un mauvais signal aux investisseurs. Ce sont des actes de ce genre qui font peur aux investisseurs, a dit Pierre Léger, soulignant que tant que les responsables ne se décideront pas à faire les choses de façcon propre, il n’y aura pas d’investissements. en Haïti. Dénonçant une politique de deux poids et deux mesures dans les décisions de justice, Pierre Léger a appelé les juges de la cour d’appel en charge du dossier Ciné depuis 7 mois, à statuer rapidement, car ils risquent, at-il dit, de se faire les complices d’une grave injustice. “Le président René Preval a également intérêt à se prononcer sans ambages sur cette affaire”, a-t-il dit, ajoutant que si on fait un minimum de recherches on va facilement découvrir ce qui est arrivé à l’homme d’affaires. AHPHAITI & LE MONDE

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Page 18 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 En Bref...(... suite de la page 2)LES JEUX(EN BREF / p. 20) la surveillance aurait laissé passé un fruit défectueux en direction des USA. Une commission hautement technique présidée par le Secrétaire d’Etat de l’Agriculture, Joanas Gué, se rendra à Gros Morne pour évaluer l’information et prendre les décisions qui s’imposent avant de recevoir un verdict du USDA. Parallèlement la signature d’un protocole de crédit a eu lieu le lundi 9 juin dans le but de renforcer la production de la mangue francisque avec l’octroi d’un crédit de neuf millions deux cent cinquante mille gourdes (9.250.000,00gdes) à 33 associations qui regroupent plus de 100.000 producteurs individuels de mangues francisques. (Haiti impact)Le ministre de l’agriculture François Séverin de nouveau hospitaliséLe ministre de l’Agriculture du gouvernement démissionnaire, l’agronome François Séverin, a de nouveau été victime d’un accident cérébro-vasculaire et a dû être hospitalisé en urgence (source Radio Kiskeya). En raison de son état, M. Séverin devrait être incessamment transporté à Cuba, selon les mêmes sources. Plusieurs fois ministre de l’agriculture et conseiller spécial en la matière des présidents Jean-Bertrand Aristide et René Préval, M. Séverin est de santé précaire depuis quelque temps. Il en est à sa deuxième hospitalisation en l’espace de quelques mois.Une femme enceinte tuée au centre villeLe drame a été enregistré au centre ville de Port-au-Prince. Des individus armés ont attaqué un magasin à la Rue du quai dans la matinée du 12 juin. Une femme enceinte a été atteinte d’un projectile à la tête lors d’échanges de tirs entre les bandits et des agents de sécurité qui tentaient de les repousser. Selon des témoins, la victime connue sous le nom de Jeanne Chéry, était venue s’approvisionner et se préparait à repartir. Aucune arrestation n’a été effectuée par la police qui a annoncé le renforcement des patrouilles dans la zone. A noter que cette attaque est arrivée moins de 24 heures après une réunion tenue à la Chambre de Commerce pour poser à nouveau le problème de l’insécurité (alertehaiti.ht).Visite prochaine en Haïti du ministre péruvien de la défenseLe ministre péruvien de la défense, Ántero Flores-Aráoz, séjournera en Haïti du 19 au 21 juin dans le cadre d’une visite d’inspection du travail du contingent péruvien de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), a annoncé jeudi à Lima le journal officiel El Peruano. La présence de Flores-Aràoz à Port-au-Prince reflète la volonté du gouvernement du Président Alan Garcìa de vérifier la qualité de la contribution et les conditions de travail des membres du bataillon péruvien, cinq mois après leur arrivée en Haïti, précise-t-on dans la capitale péruvienne. La Compagnie Pérou, qui a intégré la force onusienne dans une perspective de rétablissement de la paix dans le pays, tient sa base opérationnelle près de l’usine Shodecosa, sur la route nationale #1 (banlieue nord de la capitale). Selon le quotidien officiel péruvien El Peruano, l’implication des casques bleus du Pérou dans cette opération de maintien de la paix, partcipe de la politique de défense du pays. “Ils contribuent à la paix et à la sécurité internationale et de plus ils favorisent de précieux échanges d’expériences avec des contingents d’autres pays”, souligne le journal. Déployée en Haïti depuis 2004 sous commandement brésilien, la MINUSTAH compte aujourd’hui 7.510 militaires et 1.752 policiers issus à 80% de l’Amérique latine.L’ambassadeur canadien Claude Boucher boucle sa mission de 4 ans en HaïtiL’ambassadeur canadien à Port-au-Prince, Claude Boucher, arrivé en fin de mission, annonce qu’il a été désigné assistant du Haut commissaire du Canada au Royaume Uni. Le diplomate canadien affirme avoir été témoin des progrès politique et économique enregistrés par le pays depuis 2004. Il rappelle l’effort déployé par son pays et la communauté internationale pour restaurer les institutions démocratiques haïtiennes. “ J’ai demandé à venir en Haïti”, révèle t-il,

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Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Page 19Ti Gout pa Ti Gout ak Jan MapouOmaj pou Pòl Lak / Paul LaraqueAK DENIZE LOTI / DENIZÉ LAUTUREWi, se vre! Se pa manti! Dimanch 18 me ki sot pase-a, noumenm zanmi Pòl Larak nan Nouyòk ak fanmili te reyini pou nou te rann Pòl omaj. Youn lanne deja pase depi gason vanyan, dwayen ekriven ayisyen nan dyaspora-a te ale kite nou. Rankont zanmi ak fanmia te fèt nan The Bowery Poetry Club ki nan Manhattan , Nouyòk. Anpil fanmi Pòl te la: pitit fi li-a, Dr. Danielle L. Arena , mari-li, Dr.Luigi Arena , Julia ak Mark , 2 pitityo. Dr. Franck Laraque , frè Pòl te la tou. Li te soti jis Kolorado. Karen Boadiba , nyès Pòl-la te soti jis Kalifoni. Anpil zanmi te prezante omaj-yo. Pami zanmi ki te la yo : 2 powèt ameriken, Ed Friedman ak Greg Fuchs Greg Fuchs te mèt seremoni tou – plis plizyè ki te renmen Pòl anpil : Serge Rameau , Bob Garoute , Tontongi, Dahoud André , Cybille ak André Juste , Fanfan Latour , Berthony Dupont, . Lè tou pa-m rive, mwen te prezante omaj-mwen tou. Anpil mounn te resevwa kòm kado liv powèt Anthony Phelps ekri sou Pòl Larakla : Paul Laraque entre Marx et Breton . Nou te chante youn chante vodou ak non Pòl. Nou te kanpe pou chante Ladesalinyèn. Apre sa, sete lekti powèm nan liv Pòl-yo. Zanmi-nou, gran frè-nou, frè timonye Pòl Larak te resevwa anpil bèl kout chapo. Li te youn nèg konsekan, mari, papa, frè enpeyab, zanmi sensè, patriyòt san repwòch, powèt revolisyonè. Ochan! Ochan! Bèl ochan! pou Pòl ki trase chemen pou nou. Onè ak Respè! Nou dwe l’ sa. Menmjan nou dwe tout nègès vanyan ak nèg konsekan onè ak respè. Ayibobo-o!* * * * * * Andre Fouad Youn powèt Jamè Dodo(premye pati) ak Michel-Ange Hyppolite * ( Kaptenn Koukourouj) Apre GERBE D’ESPÉRANCE(1992), EN QUÊTE DE LIMIÈRE (1992), BRI LANNWIT (2000), ETENSÈL MO M YO se katriyèm liv pwezi André Fouad . Liv-la gen 56 paj. Li pran lari nan ane 2006. Anndan liv-la nou jwenn kèk desen ki soti anba men Ewòl Sen-Lwi. André Fouad se youn jenn dizè, pawolye, epi jounalis kiltirèl. Konsa, lè nou di André Fouad , nou wè kontinwite. Nou wè larelèv. Nou wè pwezi kreyòl ki ap grandi epi ki pran rasin sou fondas travay ekriven ane 1960 yo pou l’al debouche sou remanbreman ekriven ane 1980 yo. Lè nou di André Fouad , nou santi se pasyon ki ap pyete pwezi anndan youn menm espas. Ann li : Debri zetwal yo Rete nan glas je-m Ti tak san Ti tak foli-m Ti tak debri-m ( p. 35 ) Pami divès eleman ki brennen kiryozite nou anndan « Etensèl Mo m yo », genyen kat ki merite siyale : prezans fòm pwezi kout, noumenm nan Sosyete Koukouy nou batize : wongòl la, prezans lannwit ak divès mo ki nan menm chan semantik ak li nan divès pati nan rekèy-la, itilizasyon teknik imajisla kòm motè bèbèl anndan liv-la ansanm ak repetisyon mo ki parèt agogo toupatou nan liv-la. Prezans Pwezi Wongòl Soti nan fen ane 1960 yo pou rive nan uityèm ane dezyèm milenè-a, sa fè prèske karant lane depi fòm pwezi wongòl -la ap balanse nan branch kreyòl literati Ayiti-a gras ak dilijans seksyon literati ekip Mouvman Kreyòl-la, Sosyete Koukouy. Poutan, se nan konngout modèl pwezi sa-a parèt nan divès liv pwezi kreyòl-yo; oubyen ankò lè li parèt, ekriven-yo toujou bliye idantifye li kòmsadwa. Anndan « Etensèl Mo m yo » nou jwenn dis tèks nou kab klase kòm pwezi wongòl . Kategori pwezi kout ak 6 liypwezi maksimòm. Tèks wongòl yo pote youn verite anba-anba. Youn verite ki ap charye mesaj andaki. Epòk mesye-dam Koukouy-yo t’ap feraye ak tèks wongòlyo, se te youn epòk ekriven te oblije pale andaki akòz sitiyasyon politik difisil anndan peyi-a. Nan moman André Fouad t’ap ekri pwezi kout sa-yo, nou pa konnen si li te sèten li t’ap suiv youn chemen kèk ekriven kreyòl te kòmanse trase nan ane 1960 yo. De ti mo pale Lapli bwaze jou fèt mwen M ap rapyese san mo yo San m pa kite rès Vwayaj (p. 24 ) _________ * Michel-Ange Hyppolite ( Kaptenn Koukourouj) Manm Sosyete Koukouy Kanada michelangehyppolite@rogers.com* * * * * * Ja LajanDepi sou tan benmbo, ki vle di sou tan prejidan bann machwè ti nèg zorèy djonjon, nen bonbon [kreyòl tankou bosal] pe vire latè lanvè landwat nan chèche ja lajan swadizan byen defen papa-yo te kite pou yo Nan paj ki liv li te janm ekri richès ti nèg se nan travay di san rete, san pran souf sa ki te toujou repete ak ekri toupatou ti nèg parese pi mal pase yon milèt ki plenn nan kalewès yo pote labanyè kidonk ale pou vini richès li se nan travay di jouk souf-li koupe pou fè mago zòt pi pwès pi lou Pawòl ja lajan sila-a toujou vini ak youn rèv je klè banm m’a ba-w ak fòs prigad gran bonnè, lalin andekou san lave bouch, san di bonjou ak peseswa soti pa do nan pòt dèyè kay-la pran chemen ki mennen anba ti pye kalbas-la salwe lekat fasad, mete jounou atè enpi koumanse fouye ak youn djann ti kouto san prese san gade adwat san gade agòch sitou san gade dèyè san entewomp ni pou Pyè ni pou Jak Kòm nan tout istwa gen youn maldonn Nan fouye fouye gen yon vwazinay pètpètmayi ki t’ep swiv dewoulman mouvman-an dèyè jalouzi lakay-li li mande vwazin-lan ti dlo kafe-l pou jounen-an Lò zòt te retounen sete youn kokoye sèch li te jwenn nan twou-a se konsa jouk jodi jou lachans file tankou zangi nan men-l youn lòt jou pètèt nan fè rèv je klè l’ava l fouye lanmè osnon syèl ble digo-a pou chèche bonè-l nan richès san swe ni bouke Prigad : Se pase mwen t’ap pase yo ban m’ youn ti kout pye enpi mwen vini tire ti kont-lan je klè ba nou. Oken n vivan pa sanble ak mounn ki nan kont lan. Rele ti zwazo ban mwen : Ti zwazo, ti zwazo gòj mwen bouke. SONGO “ OULOUBadagri nan mwa lapli* * * * * * Pelisye ake MizyasAK ZAND" / JACQUES J. GARÇON* Bon! Kichòy m’apway koze ake nou jòdiya, se ta kòm oun moso danyi danti(1) ; kilti, labitid, koutim nan listwa tè d’Ayiti Tonma. Si nou vle, nou ka pwany kòm oun lodyans, fòlklò tou. Pwoche pi pwe non! An nou fè sa vit ; paske m’ pa vin pou rete non. M’apway pile lwen, pa bagay atè esit. M’ apway nan gran kay, nan kanpèch, nan yon sòlòkòtò [N] ; men Potopwens ake lezalantou yo di : kandjanwoun osnon kandjanhoun. Ee-e ! Men kouman w’ ap ouvwi je-a-w gran ape gete wen konsa? Kouman w’ape mande sa yo rele kandjanwoun-a? " ! Pou touve-w natif natal nan oun peyi, peyi-a zansèt demanbwe-a-w, pou w’ pa konn sa sa ye sa! Men wi, se pa zafèr-a mounn de salon ! Houn ! Se konsa ! Si m’ t’ ap : ti ti, ti vwa, nespa, je m si, jete, je m si ranmase pa ta gan ankenn donmaj. Se nan sa tou wi, nanchon-an vin depaman. Kèk younn younn se pitit tè-ya ; men pifò se move bofi ki pa bay « pou lepeyi pou ledrapo-a» regle aryen pou yo ; aledi atò pou yo ta kònèt chous rasin-a-yo. Pou dayè, gan ki pa finman kontan di se Ayisyen yo ye an peblik. Anfen ! Annou kite sa la pou lè gan tan. Kay-a Pelisye ake kina Mizyas kòm bouch ake nen nan youn lakou konw kite : « Rita-Rita(2) », konmsi w’apway « Kabann Mando ». Mesye-yo toujou ansanm ; jwèt boul-la, ale lachasla, tann pèlen pou zwezo-a, anfen nou pa kap di kilès ki sen Wòk, kilès ki chenan. Youn jou, m’ale la, n’ay bay blag ; men m’remake nèg-yo oun jan kagou, oun jan faya. Nou te alèz, m’di : kouman mesye, lakay fè nwa, bagay-yo pa nan plas-a yo? Mizyas reponn wen : A a a! djo pase farin, labouyi-a klèr. Se youn langay, pou w’ konpwann li, fòk wou bon kreyòl, fò w’ viv fon nan nannan pèp-la, e lèr ou wè-y, wou konpwann li, fò w’ pa fè konm si w’ bliye-y. Plis msye te pase kèk jou nan panyòl ake yon tonton-an-y, i te gan tan pwan anpe kasteyann; i di: « La barika kita fla ». Anben vweman koze-a menm, se : « La bariga se quita flaca ». Se yon manyè kèk Ayisyen konn pwan pou di estonmak-la vid, moun pankò pwan kichòy. Anben, si youn mounn pa « Leya Kokoye », li pa Ti « Sentaniz » osnon Ti « Flè dizè », pawòl sila-yo pa vle di aryen pou-i. Sitirasyon-an fwape wen, sitou nèg-yo se zanmi-an-m; m’te gan oun pyas nan pòch-an-m, m’bay degouden ladan-y. Pou lè-ya tou degouden te ka regle kichòy.Oun ti momann tan, Pelisye gan tan ape tounen ake yon ansyen valiz timounn lekòl anba bra-i. Se pa fasil youn mounn t’apway konnen se kèk patat ake de zaboka l’ape pote. Mizyas limen youn twapye dife, bon jan kalte bwa ape boule, trapde kaderik-la ape pouse vapè cho, zaboka fann, nou koumanse dekoupe kòpyèz. Sa ki pou vant ale nan vant ; men nou chak gan youn pil po patat, po zaboka atè-ya, devan nou. M’leve tèt-an-m, m’ape pwan yon souf, m’ape pofite tou lage bouk-a sentiwon-an-m, konsa m’ wè Janin ake Sitelya k’ape rive. Tèt-a nègyo anba, m’di : mesye nou gan vizit. Pa ta gan aryen ki mal pou oun nonm kraze de twa patat ake zaboka, se youn bon manje ; men nan deploye anpe vye mòtalite ; anfen se mantalite wi ; piske pa reyèlman gan mounn ki mouri ; men se kreyòl-la ki konsa, nan mòd jennman sa-yo, nou soti pa klèr, kòm nou menm ankò mare sèrvis-an-nou, konplike youn sitirasyon. Pandan n’ap gade medam-yo k’ap vini, Pelisye pofite pouse po zaboka, po patat-a-y yo anwo pil-a Mizyas. M’wè sa ; men m’pa ka di anyen. Konsa, medam-yo la ake nou, fè yo chita, lodyans koumanse gaye, ri, kèr kontan ; sitou de bèl ti konmèr. De ti mirak; men de ti kichòy ki ka fè lafimen leve devan kanson menm si-y fè fwèt. Janin gan ti twou bote[N], sa moun lwès peyi-a rele: fosèt la, anpi lè i ri, ou wè i gan dan ekate[N], chenèt ake jansiv vyòlèt. Kanta pou Site, kidon Sitelya ; rèn bote vin apwe li, pa tout Choukounn. M’ape ri ; men m’ape òksèrve Mizyas ki rete kèr kal ake pakèt po manje sila-yo devan-li. Ansanm m’pare pou bay oun koze, Janin di: « Men tann mwen non, gan lèr se Mizyas ki manje pifò patat-yo, apa m’pa wè ankenn devan Pelisye. M’rete sezi rèd kon jibis pou jan Mizyas demele-i soti anba koze-a. Msye di : « Pepe te gan plis pase ni Jak ni mwen ; se paske i manje kina-i ake tout po ki fè i pa gan fatra devan-y». _________ * Jacques J. Garçon ap ekri youn liv : Anba bouch-a Grann Mari . (1) ansyen, ansyen, depase bizawèl. (2) youn bèl kay ki nan pye mòn Magayòs. Se youn papa ki te bay kayla non-a pitit tifi-a-i.* * * * * *Lavant siyati liv “ CapHaïtien. Excursions dans le temps. Voix capoises de la Diaspora ”-an nan Libreri MapouDimanch 8 jen-an, Libreri Mapou te plen mounn ki te vin nan lavantsiyati liv : Cap-Haïtien. Excursions dans le temps. Voix capoises de la Diaspora ” . Pwofesè Max Manigat , majòjon youn ekip 29 ekriven, te la depi 4-è. Vè 5-è mwen ka mounn konmanse rive. Li koumanse siyen liv. 5-è eka, Degoutan (se non vanyan-l) te prezante pwofesè-a bay piblik-la.Apre li fin entwodiksyon sa-a , li bay misye lapawòl. Maks remèsye Kouzen Degoutan – Jan Mapou , Libreri Mapou , Antèn Koukouy , paj kreyòl-la Ti Gout pa Ti Gout , Carl Fombrun , animatè blòg « Le Coin de Carl »-la, , éditè Féquière Vilsaint , madanm-ni, Nicole , ki bra dwat li nan tout liv l’ap ekri. Li chennen pou fè mounn-yo ki vini-an konnen jan li apresye prezans-yo. Se konsa tou, li pwofite di : livla pa youn liv Okap menmsi se mounn Okap k’ap viv nan dyaspora-a ki ekri-l : se youn liv nasyonal. Li site ekriven ris Leyon Tòlstòy / Lev N. Tolstoï : “ Si w’ vle pale koze sou lemonn antye, pale koze bouk kote ou soti-a” (trad.). Enben, nou pale sou vil-nou men se sou Ayiti nou pale. Apre prezantasyon liv-la, li bay non tout otè-yo ki patisipe-a avèk kote yo rete. De lòt otè te patisipe tou : Marlène R. Apollon, avèk Jacques J. Garçon . Pwofesè Gérard A. Férère avèk Carl Fombrun te pale tou. Max Piquion te bay youn esplikasyon sou fanmi Altieri . Detwa liv te vann. Tou letwa otèyo te siyen chak liv.

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Page 20 Mercredi 18 Juin 2008 Haïti en Marche • Vol XXII • Nº 21 Haïti en MarchePort-au-Prince 100 Avenue Lamartinière (Bois Verna) Tel.: 2245-1910, Fax 2221-1323 Miami 173 NW 94th Street Miami, Florida 33150 Tel. 305 754-0705 / 754-7543 • Fax 305 756-0979 New York • 914 358-7559 | Boston • 508 941-6897 Montréal • 514 337-1286 email: melodiefm@hotmail.com | haiti-en-marche@hughes.net URLwww.haitienmarche.comLibrary of Congress # ISSN 1064 3896En Bref...(... suite de la page 18)BACK PAGEsoulignant sa détermination à servir Haïti qui fait partie des priorités du gouvernement canadien. Le mandat de M. Boucher a été marqué par la visite de plusieurs officiels canadiens dont la Gouverneure générale, Michaëlle Jean, deux Premiers ministres et 4 ministres des affaires étrangères. “ Tout ceci reflète l’engagement des autorités politiques “, assure t-il. “On ne travaille pas dans ce pays sans s’y attacher fortement”, déclare M. Boucher estimant que les citoyens méritent de meilleures conditions de vie. Interrogé sur la situation actuelle, le diplomate canadien croit que l’absence de gouvernement depuis 2 mois cause des retards dans la mise en œuvre des projets. “ Des collègues sont déçus, parce que des sommes disponibles ne peuvent être engagées parce qu’il n’y a pas d’interlocuteurs”, ditil espérant un retour à la normale dans le meilleur délai. “ A l’étranger ce comportement des autorités est mal compris parce qu’on sait que le pays est confronté à de nombreux défis”, ajoute t-il. Analysant la situation, le diplomate canadien s’interroge sur les dernières décisions. “ J’ai rarement entendu des commentaires sur le choix de société comme motivation dans les décisions”, relève-t-il en faisant part de ses préoccupations face à cette situation. Le diplomate canadien rappelle que les autorités haïtiennes doivent trouver une solution afin d’améliorer les conditions de vie de la population. “ Dans un pays où pratiquement toutes les décisions sont prises par l’exécutif, les délais sont préoccupants”, explique t-il. “ Haïti me manquera et je reviendrai “, a lancé le diplomate canadien (source Radio Métropole).Dossier Premier ministre: Rejet du choix de Robert Manuel: des parlementaires accusent le chef de l’Etat et les partis politiques consultés de faire choix de citoyens inéligiblesLe choix du Premier ministre désigné Robert Manuel a été rejeté jeudi (12 juin) par la chambre des députés avec 57 voix contre, 22 pour et 6 abstentions. Le rapport de la commission qui avait été chargée d’étudier le dossier de M. Manuel, avait conclu à l’inéligiblité du PM désigné, « son profil ne correspondant pas aux critères exigés à un citoyen pour devenir premier ministre » en Haïti. Selon le document, il n’avait entre autres pas de carte d’identification nationale (carte électorale), pas de titres de propriété et n’avait pas résidé au pays pendant les 5 ans précédé sa désignation au poste de premier ministre, comme l’exige la constitution en vigueur. C’est le 2ème vote de rejet de la chambre en l’espace d’un mois. Les députés s’étaient opposés le 12 mai au choix de Pierre Ericq Pierre. Après le vote du 12 juin, certains parlementaires ont fait savoir que le président de la République et les leaders consultés devraient penser à choisir quelqu’un qui réunit toutes les conditions exigées par la constitution de 1987. Le député Fritz Gérald Bourjolly décline toute responsabilité de la chambre dans le retard enregistré pour doter le pays d’un nouveau gouvernement, deux mois après le vote de censure infligé le 12 avril au Premier ministre Jacques Edouard Alexis. Nous ne pourrons jamais en tant que représentants du peuple, voter en faveur de n’importe qui, a lancé M. Bourjolly, appelant les responsables de partis politiques à « cesser de placer leurs intérêts personnels avant ceux de la nation ». L’un des députés à avoir soutenu Robert Manuel, Jonas Coffy, a cru voir la main du Premier ministre sortant Jacques Edouard Alexis dans le rejet de Manuel. Il a fait état d’une force qui a empêché la ratification de Robert Manuel. Et cette force comprendrait entre autres, a-t-il dit, des députés/anciens policiers qui auraient participé dans le passé à la perpétration d’actes malhonnêtes. Selon les observateurs, les rejets consécutifs de Ericq Pierre et de Robert Manuel permettent aussi de voir une chose: les partis politiques n’ont plus de contrôle réel de leurs représentants au Parlement. Ils appuient le choix d’un premier ministre et leurs parlementaires votent dans le sens contraire. stabilisation pour Haïti (ISH) », plusieurs travaux de réhabilitation et de constructions ont été réalisés dans les 34 quartiers de la commune de Cité Soleil. Lancé depuis juillet 2007 par le gouvernement américain à travers son agence internationale de développement (USAID) pour plus de 20 millions dollars américains, ce projet se base sur le renforcement de la police, appui judiciaire, développement communautaire, travaux publics et infrastructures, encadrement et communication. D’après l’ambassadeur américain, Janet Sanderson, ces projets visent à contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations dans cette commune. L’Organisation internationale des migrations et la Consolidated Housing Foundation (CHF) sont deux organisations financées par l’USAID pour effectuer les travaux. Comme principales réalisations : des kiosques, des complexes sportifs, des rues et des corridors macadamisés, canalisations et drainages de certaines rues, des places publiques et autres; la réhabilitation du tribunal de paix, de l’école nationale de Cité soleil. Le total des routes réaménagées ou construites dans le cadre de ce projet est estimée à plus de vingt kilomètres. Visiblement un air de changement s’est opéré dans certaines rues où jadis des tas d’immondices s’empilaient et des mares d’eau s’installaient après la moindre averse obstruant la circulation. Les habitants de plusieurs quartiers ont vivement exprimé leur satisfaction pour ces activités entreprises dans la zone. « Ici nous avons un terrain de basket, une place publique et des rues réhabilitées. Mais il nous faut autre chose encore comme une bibliothèque, des écoles professionnelles, des emplois » a déclaré Jean Marion Colin, membre de l’Organisation populaire pour le développement. Ti Ayiti, un des quartiers de Cité Soleil qui était utilisé comme décharge publique, a fait un pas en avant. « Nous voulons un encadrement professionnel, des logements sociaux, etc. » dit Prospère Borgelin, habitant de la zone qui ajoute que de bonnes écoles classiques et professionnelles et des emplois sont ce qui manque le plus dans le quartier. Par ailleurs, d’autres activités viendront s’ajouter à la liste. La construction du Boulevard des Amériques, entre autres. Cette construction devrait débuter dans deux mois et se terminer en mars 2009 si l’on en croit les déclarations de Sinar Al-Najar, directeur de la firme d’exécution.Les habitants de Cité Soleil remercient et en demandent plusdemi de longueur avec quatre voies de circulation » a-t-il précisé. HPN A travers le projet « Initiative de « Ce sera une route d’un kilomètre et