Citation
Haïti en marche

Material Information

Title:
Haïti en marche
Place of Publication:
Miami Fla
Publisher:
s.n.
Publication Date:
Copyright Date:
2005
Frequency:
Weekly
regular
Language:
French
Physical Description:
v. : ill. ; 45 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
Haitians -- Newspapers -- United States ( lcsh )
Newspapers -- Miami (Fla.) ( lcsh )
Newspapers -- Miami-Dade County (Fla.) ( lcsh )
Genre:
newspaper ( marcgt )
newspaper ( sobekcm )
Spatial Coverage:
United States of America -- Florida -- Dade -- Miami
Haiti

Notes

Language:
In French.
General Note:
Description based on: Vol. 3, no. 37 (7 November 1989).

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Copyright Haïti en Marche. Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
21271733 ( OCLC )
sn 92061416 ( LCCN )
1064-3869 ( ISSN )

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Haiti en Marche edition du 28 Mai au 03 Juin2008 Vol. XXII No. 18


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..... ..... "Copyrighted Material

Syndicated Content
Available from Commercial News Providers"


Les snateurs Rudy Herivaux et Youri Latortue dont 'influence est importante
au Parlement (photo Eugine Robenson)


NOUVELLE MENACE DE BOULEVERSEMENT POLITIQUE

Le pouvoir depasse par 1'insecurite
ANALYSE culminer 6ventuellement dans l'irreparable. Et pis
PORT-AU-PRINCE, 25 Mai Nous encore.


assistons a une nouvelle et soudaine escalade de la
criminality qui risque d'aller tris loin. Et de
Les ravisseurs de la Canad
exigent une rangon de 100.0
I FO" -


Nadia Lefebvre


Signe particulier : absence totale des pouvoir:
publics. Et pour commencer des forces de l'ordre.
Les kidnappings menacent,
lienne comme dans les ann6es 2004-2006,
00 US$ de battre le record de pris d'une
dizaine parjour.
SAvec pr6f6rence pour les
jeunes enfants sans defense et pour
les strangers a peine d6barqu6s.
Une fillette de 10 ans a 6t6
relach6e apris dixjours de captivity
dans une section rurale de l'Arcahaie

meme oi un bNb6 de quelq ues mois
avait 6t6 enlev6 le mois prec6dent
puis son cadavre mutil6 abandonn6
non loin de 1.l
Puis c'est une ressortissanti
(INSECURITE / p. 4)

Kidnapping suivi
d'assassinat d'un
live de 16 ans
(Voir P. 3)


Wyclef Jean lance
une association pour Haiti
WENN Mercredi 21 mai Wyclef Jean
a lanc6 une association pour venir en aide aux habi-
tants de son pays natal.
Le pays souffre d'une p6nurie alimentaire,
car les fermiers ne produisent pas assez pour nourrir
toute la population, et done les prix des aliments
augmentent et beaucoup de gens risquent la fam-
ine.
Wyclef Jean, qui est n6 A Haiti avant
d'aller s'installer aux Etats-Unis, a lanc6
(WYCLEF / p. 20)


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Robert Manuel (nhoto Thonv BRlizaire)









Page 2 EN FLU ...


PORT-AU-PRINCE

Urbanisme : Remplacer

les arbres par le beton


PORT-AU-PRINCE, 23 Mai
- Une firme de t6l6phonie commerciale
eleve une tour haute et 6paisse comme
une montagne de b6ton en plein
quartier residentiel de la capitale, le
quartier historique de Turgeau.
De plus lejour il y rigne un
tapage infernal, avec force musique hip
hop et reggae, comme sur la plage de
Montegobay.


nouvelle barbarie (ou les trois B:
beton, bruit, bamboche quotidienne).
En quelque sorte, apres avoir
sacrifi6 le plus beau fleuron en banlieue
de la capitale, P6tionville pour ne pas
le nommer, aujourd'hui cimetiere de
b6ton oh il n'y a pas moyen de planter
un malheureux arbuste, les memes
brutes (avec un grand B) sont en train
de reperer les derniers vestiges


Est-ce cela la modernity et
l'innovation qu'on nous promet ?
Transformer les derniers quartiers en-
core residentiels (our rsidentialisables)
de la capitale en une pktaudiere ou pis
encore.
Car puisque c'est un
ph6nomine qui fait boule de neige, et
avec l'absence ou plutot la complicity
des pouvoirs publics, le quartier en
question est deji envahi par diffrrentes
autres entreprises (y compris une
morgue priv6e) qui sont en train de le
mettre en coupe r6gl6e.
Le plus ironique est que dans
le meme temps, 1'Etat mine une
operation de r6fection et de
r6alignement des trottoirs qui oblige de
nombreux residents a refaire leurs
clotures, ce qui repr6sente une d6pense
que tous ne peuvent se permettre 6tant
donn6 les prix l6ev6s des mat6riaux.
Mais la loi est dure mais c'est la loi et
tous doivent s'y soumettre.
Cependant est-il admissible
que de l'autre cot6, les memes pouvoirs
publics (qui se montrent aussi
impitoyables envers les residents)
condamnent aussi impunement les
memes quartiers a perdre toute identity
pour devenir d'immenses cimetieres de
b6ton arm6 (nous insistons, arm6).
I1 y a chez les nouveaux
d6cideurs haitiens un total 6quivoque
sur le sens des mots comme, par
exemple, modernity, urbanisme.
Comme qui dirait modernity
c'est remplacer les arbres par le b6ton.
Et urbanisme, d6truire les quartiers
historiques pour y lever des
mastodontes.
Ce n'est meme plus une con-
ception de nouveau riche, c'est de la
barbarie.
On l'a vu au Champ de Mars
oh la mairie n'a pas h6sit6 a faire
arracher les arbres (non pour la con-
struction d'un nouveau th6etre national
ou d'une bibliotheque municipale)
mais pour faciliter le passage des chars
du carnaval.
En ce moment, c'est le
quartier de Turgeau, le quartier de
Fre6dric Marcelin, qui est livr6 a la


historiques de la capitale pour leur faire
le meme sort.
Ils ont deja eu raison du
quartier du Bois Verna, aujourd'hui
c'est le tour de Turgeau.
Demain ce sera Pacot.
Certainement. Et ainsi de suite.
L'Etat n'a rien a dire. Au
contraire, cela s'appelle facilitation des
investissements.
Par contre, dans le meme
temps, le meme Etat nous fait toutes
sortes de miseres dans son programme
de refection des trottoirs. Mais qui sont
au meme moment envahis par les
hordes de marchands de << manje kuit >>
avant le temps qu'on eut pu voir la
couleur de leur nouveau revetement ...
de b6ton 6videmment. La mode des
<< adoquins > est deja passee.
Nous disons bamboche
quotidienne, prisons 24 heures sur
24 car la nuit les sectes protestantes
prennent la relive a grands coups de
d6cibelsjusqu'au petit jour. On dirait
que leurs commanditaires (qu'on dit
etre de puissantes organisations
religieuses ou pseudo-religieuses
ktrangeres, autrement dit des
multinationales de la religion) leur
auraient appris que l oh le lavage de
cerveau ne marche pas assez, vaut
mieux essayer le matraquage de
cerveaux.
D'autant plus dans un pays oh
l'on peut faire tout ce qu'on veut. A
partir du moment qu'on en a les
moyens. Les sectes ont le pouvoir de
chantage. Les entreprises multina-
tionales un autre non moins puissant
instrument de chantage qu'on appelle
bien str l'6vangile du libre-6change.
Tandis que nous les pauvres
residents, nous n'avons rien.
Pardon, c'est bien nous qui
Mlisons les maires, les conseils
municipaux, les sections communales
et conseils d'administration de la sec-
tion communale, Asecs, Casecs etc.
Or dans n'importe quelle ville
du monde, autre que Port-au-Prince
(Haiti, West Indies), pour Mlever la
(voir URBANISME / 6)


D _ __ I_ Mercredi 28 Mai 2008
EN BRE ... Haiti en Marche Vol. XXII No.18

Robert Manuel, nouveau premier ministre d6sign6 par le
President Rene Preval
De tous les noms en circulation comme choix du president de la
republique, c'est celui de Robert Manuel, membre du cabinet presidential,
qui a 6te retenu.
Robert Manuel a occupy la fonction de Secretaire d'etat a la security
publique lors du premier mandat du president Preval (1996-2001).
C'est son nom qui devait etre propose ce lundi aux presidents des deux
chambres comme personne retenue par le chef de l'etat. L'agence Reuters
confirme que le President Rend Preval a d6signe son conseiller Bob
Manuel pour le poste de premier ministre. Les debats vont s'ouvrir des ce
lundi sur ce choix au Parlement. Ag6 de 55 ans, Robert Manuel est l'un
des auteurs de la campagne victorieuse du president haitien en 2006.
Les reactions au choix du President Preval ne se sont pas fait attendre.
Aussitot annoncde la decision, les diverses factions politiques ont fait
entendre leur opinion. Pour Micha Gaillard representant de Fusion, le
choix du president Rend Preval est bon et Fusion n'y voit aucune
objection.
Tel n'est pas l'avis du depute de Jacmel, Patrick Domond, du groupe CPP
(Concertation des Parlementaires Progressistes). Pour le depute, Robert
Manuel est une personnalite controversee et qu'il ne voit pas comme
premier ministre du pays. II pourrait etre nomm6 pour s'occuper des
questions de security mais pas comme premier ministre.
Le d6pute du Mole St Nicolas, Elourdes Noreus, de son cote, pense que
c'est un choix surprenant. Cependant, en tant que vice-president de la
Chambre des d6putes, il souhaite que ses collogues regardent devant eux
mais il souhaite que le president fasse le travail qu'il a h faire pour faire
accepter son choix.

La cooperation espagnole cherche des solutions pour le lac
Azuei
L'Agence Espagnole de Cooperation internationale pour le
Developpement en accord avec le Ministere de 1' Environnement haitien a
rendu possible le deplacement d'un expert espagnol qui s'est rendu au Lac
Azuei pour 6tudier les causes de la hausse du niveau des eaux du lac au
cours de ces derniers mois. On sait que cette augmentation sensible du
niveau de l'eau a eu de graves consequences sur la vie de la population de
la zone : inondation des terres, inondation de la route d'acces a la
Republique dominicaine.
Pablo Munoz, un hydrogeologue, a effectue diverss prelevements en des
endroits different du Lac. La population a 6et tres cooperative, a declare
Mr Munoz, qui n'a pas 6et sans remarquer le grave deboisement et la forte
erosion des sols sur les rives Nord et Sud oh le Lac est entoure de massifs
montagneux a forte pente.

Enlev6 et tu6 par les ravisseurs
Le cadavre mutile de Kareem Gaspard a 6t6 depos6 par ses ravisseurs A
Carrefour P6an (nord de la capitale), malgr6 que les parents de la victime
eurent pay6 une rangon aux bandits.
Le porte-parole de la police a regrett6 que les parents n'aient pas contact
la police nationale et aient choisi de negocier seuls avec les gangsters.
"C'est extremement regrettable. Je ne dis pas que les choses se seraient
passees autrement, mais la police n'avait pas 6t6 avisee".
"C'est un crime affreux", a opine le senateur Youri Latortue, president de
la commission Securit6 publique au senat de la republique. "L'Etat doit
organiser la security des citoyens A travers la presence de la Police
Nationale". Le cadavre mutile de Kareem Gaspard a 6t6 transported
l'Hopital g6enral et ce n'est que grace a son uniforme scolaire qu'il a pu
etre identified.

Kinapping: La canadienne Nadia Lefrvre serait en bonne
sante ...
Enlevee mercredi dernier tot dans la matinee, la montrealaise de 32 ans
serait en bonne sante. Etudiante en maitrise en administration des affaires
a l'universit6 de Sherbrook, Nadia Lefevre a 6et enlevee seulement 3 jours
apres etre arrivee dans le pays. Elle a 6et enlevee dans le quartier de
Thomassaint, alors qu'elle se trouvait dans une voiture identifiee sous le
signe M6decins du Monde.

Nouveau cas de kidnapping
Enlevement d'unjeune homme de 19 ans du cote de Delmas, alors qu'il
rentrait chez lui.
Cejeune garcon 6tait pratiquement arrive chez lui dans la nuit de samedi a
dimanche, quand il a ete kidnapped.

Harclement des commercants du march de la Croix des
bossales
C'est tous lesjours qu'ils sont la proie de bandits qui pillent, volent quand
ils ne tuent pas. Ces commercants menagaient meme de fermer leurs portes
ce lundi matin, en signe de protestation. Mais ont decide de surseoir a leur
decision, vu les nombreux problWmes auxquels fait face le pays cesjours-
ci.
Ils deplorent l'absence continue de policiers dans la zone. Les policiers ne
font que des apparitions sporadiques qui contribuent a eloigner les bandits
pendant un temps relativement court mais les patrouilles une fois parties,
les bandits reviennent a la charge. C'est une situation qui ne pourra etre
ecartee que par l'installation d'un commissariat de police dans le quartier.

Qui a cambriol6 le greffe du tribunal civil de Port-au-
Prince?
Une semaine apres le cambriolage du greffe du tribunal de premiere
instance de Port-au-Prince, aucune precision n'a 6t6 apportee par les
autorites sur les dossiers et pieces a conviction qui auraient disparu.

(En Bref/ p. 18)


Nouveau bdtiment de la compagnie Digicel a Turgeau
(photo Eugkne Robenson)


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I L'ACTUALITE EN MARCHE I


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Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


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L'EVENEMENT SOMMAIRE
Kidnapping et assassinat d'un &leve de 16 ans
p.3

INSECURITE
Les ravisseurs d'une Canadienne exigent une
rangon de 100.000 US$ p.3

ANALYSE
Le pouvoir d6pass6 par l'inskcuritW p.1

POLITIOUE
Rend Preval d6signe Bob Manuel comme
Premier ministre p.1

EDITORIAL
Obsession elections p.5

URBANISME
Remplacer les arbres par le b6ton p.2

ECONOMIE
Premier salon de l'innovation p.6
L'Espagne propose une conference sur Haiti p.6
American Airlines prend des mesures drastiques
p.6
L'ambassadeur dominicain appelle a la lev6e de
l'embargo p.8

AUTRES TITRES
L'OEA se prononce sur l'impasse politique p.8
L'Ambassade d'Haiti en France comm6more le
18 Mai p.17
Wyclef Jean lance une association pour Haiti
p.1
Drapo Ayisyen an hise byen wo nan Mayami
p.19

LETTRES
Jean-Claude Charles ou un adolescent
d'autrefois p.10
Un entretien in6dit avec l'auteur de Manhattan
Blues p.11

LIBRE PENSEE
Preoccupation p.17


1 4


NB







Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


NOUVELLE MENACE DE BOULEVERSEMENT POLITIQUE


Le pouvoir depasse par l'insecurite


(INSECURITE... suite de la lre page)

francaise qui est gardee par des ravisseurs pendant
toute une semaine avant d'etre lib6r6e contre rangon.
Peu apris c'est un fonctionnaire de l'AFD
(Agence francaise de d6veloppement) qui est emmen6
alors qu'il sortait d'une soir6e. Long suspense.
Liberation apris paiement aussi d'une rancon.

Cadavre d'un lyc6en de 16 ans ...
Cette semaine (dans la nuit du mardi au
mercredi 21 mai) c'est une 6tudiante canadienne qui


qu'elles auraient pu solutionner soit par la liberation
des otages sains et saufs, soit par l'arrestation des
criminels.

L'Etat a perdu la bataille ...
Mais la vague n'en continue pas moins de
grimper a toute vitesse et chaquejour davantage. Pour
tout le monde, L'Etat a perdu la bataille contre la
criminality. Soit par inexperience. Soit a cause de la
complicity de certains de ses membres (specialement
au sein du corps de police ; selon une source fiable, au
moins 30 pour cent des enlivements impliqueraient


maltraitent et meme parfois assassinent en pleinjour
?
La municipality n'a pas de r6ponse. D'ailleurs
nos maires eux-memes ont transport aujourd'hui leurs
p6nates dans une annexe situ6e au haut de la ville,
dans le quartier du Canap6 Vert. Fuite en avant.
La police de son cot6 s'avoue vaincue. Elle a
bien essay de tenir tete au d6but. Mais il n'y a pas
plus de trente policiers affects dans cette zone
pourtant strat6gique du centre commercial car 6tant a
la fois le ventre de la capitale de plus de deux millions
d'ames (qui dessert aussi tout le reste du pays) et un


Une vue des activit/ s commerciales intense autour du March/ de la Croix-des-Bossales (photos Eugkne Robenson)


est enlevee alors meme qu'elle 6tait arrivee en Haiti
le 14 mai pour suivre un stage aupris de 1' organisation
M6decins du monde.
D'autre part vendredi, on d6couvre le cadavre
d'un lyc6en de 16 ans du cote de Carrefour-PHan (est
de la capitale). II avait kt6 emmen6 par des inconnus
arms. Puis tu6 par ses ravisseurs malgre le versement
de la rangon.
Dans leur point de presse hebdomadaire, aussi
bien la Police nationale d'Haiti (PNH) que la mission
des casques bleus onusiens (Minustah) dressent un
bilan des dernieres operations menses dans la lutte
contre le banditisme. Y compris des enlivements


des membres de l'instil
un autre). Soit par espl
autorites en place.
Mais voici qu
tre grave motif d'alerte
sont en train de poussel
les autres, les multipl
entourant la zone com
de la Croix-des-Bossal
C'est presque
regoit la visite de toute u
jusqu'aux dents qui e
gardien de s6curit6 est


tution policiere a un niveau ou
rit de admission de la part des

'au kidnapping s'ajoute un au-
g6nerale : les gangs criminels
r a la fermeture, les unes apris
les entreprises commerciales
mun6ment appel6e le March6
es.
chaque jour qu'un magasin
me dizaine de ces voyous arms
mportent la caisse, ou qu'un
abattu sans discussion.

E Une nu6e de
racketteurs ...
Quant aux
marchandes elles-memes,
elles sont la proie d'une
nu6e de racketteurs
d6guis6s en soi-disant
percepteurs pour la mairie
de Port-au-Prince.
Est-ce que la
mairie qui est situ6e a
quelques mitres de lh serait
devenue (a nouveau) un
repaire pour ces << sans
manmans > qui volent,


poumon de l'6conomie nationale.
Outre le fait qu'il existe depuis toujours une
sorte d'6quilibre de la terreur entre les gendarmes et
les voleurs dans ce coin reconnu comme parmi les plus
achaland6s du pays.
Seule solution pour les propri6taires de ces
entreprises : acheter leur propre s6curit6.
Mais les gardiens de s6curit6 tombent
aujourd'hui comme des mouches.
L'6quilibre est rompu. De tout cot6. Les
gangs ont a present les mains libres. Une totale liberty
d'action.

Le sabotage 6conomique ...
Dernier recours : 1'Etat. Car c'est d6sormais
une question d'autorit6 de l'Etat. Ce n'est plus une
question dejouer au gendarme et au voleur, mais c'est
devenu un d6fi I l'Autorit6 de l'Etat.
Or celui-ci n'en a cure. En tout cas pour le
moment.
Et nous retournons au kidnapping qui dans
le reste de la ville impose lui aussi d6sormais un
pouvoir total.
Avec aussi, il nous semble, deux particularitts
nouvelles : les enlivements d'enfants avec menace
d'assassinat et de mutilation (d&jh mise a execution
dans plusieurs cas), ga c'est pourjeter la terreur.
Qui dit terreur dit d6stabilisation dans un pays
soumis a une crise politique au stade end6mique.
(INSECURITE / p. 5)


Page 4


AMERIJET TO OPEN FORT LAUDERDALI
CARGO DROP STATION

FORT LAUDERDALE,
FL Amerijet International will open
a Fort Lauderdale air freight station
on April 2, 2007, announced Pamela
Rollins, Amerijet's VP of Business
Development.
The station is located
adjacent to Amerijet's corporate
headquarters at 2800 South Andrews Avenue.
"We have a lot of customers in Broward, Palm Beach and even
Martin counties that will enjoy the additional convenience of this station,"
Rollins said. "Eventually, we will expand this location to offer ocean services
and delivery of import cargo, to make shipping with us even easier."
Amerijet will accept outbound international air freight at this station,
including general personal and commercial cargo, large or small packages,
barrels, valuable and fragile goods, hazardous material, oversized shipments
and domesticated live animals.
Hours of operation will be 9:00 a.m. to 5:00 p.m. Mondahtgh
Friday and 9:00 a.m. to 1:00 p.m. on Saturday. Amefijet t sport cargo
between this sta iil I transfer. For rates
and specific qe ntact Amerijet's sales
d e p tra m en t a t 8 0 0 5 9 o r s o ert c
iii ejT),j6 sges@amerijet.com.
ioal, Ina ,4 full-service multi-modal
transportation logistics provider offering international scheduled all-cargo
transport via land, sea and air. Ft. Lauderdale, Florida-based Amerijet operates
offices all over the world, serving destinations throughout North, South and
Central America, Mexico, the Caribbean, Europe, Asia and the Middle East.
Amerijet operates its own fleet of Boeing 727-200 aircraft from its primary
hub at Miami International Airport, where it maintains a custom-built 210,000-
square-foot air cargo handling facility, a 96,000-square-foot ramp facility
and a 50,000-square-foot ocean cargo handling facility. For additional
information, visit Amerijet on the web at www.amerijet.com.


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Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


DE L'ACTUALITE


PORT-AU-PRINCE, 21
Mai S'il y a une chose dont


personne ne parle mais qui constitue la vraie toile de
fond de tous les 6v6nements politiques qui se succident
depuis plusieurs mois dans le pays, ce sont les elections
prochaines.
Le President Ren6 Pr6val a dans son mes-
sage du 18 Mai, fete du drapeau national, f6licit6 le
Premier ministre d6missionnaire (Jacques Edouard
Alexis) et son gouvernement pour avoir contribu6 a
maintenir la stability durant les deux premieres ann6es
de l'actuel mandat pr6sidentiel.
Justement parce qu'il n'y a pas d'l6ections
pendant les deux premieres ann6es ... Mais maintenant
nous entrons dans la chaine l6ectorale telle que pr6vu
par la Constitution : senatoriales partielles pour
remplacer le tiers des s6nateurs r6cemment partis, puis
les elections indirectes pour mettre en place diff6rentes
institutions dont pour la premiere fois le Conseil
electoral permanent, puis peu apris les elections pour
r6lire la Chambre des d6put6s.
Et avant le temps de le r6aliser, nous
parviendrons fin 2010 aux elections pr6sidentielles
pour l'installation en f6vrier 2011 d'un successeur au
President Pr6val.
Oui, mine de rien, c'est la vraie trame de tous
les 6v6nements politiques qui brusquement ne cessent
d'agiter le pays depuis quelques mois.
Oyez plutot.
Les s6natoriales partielles ont du etre
renvoy6es en d6cembre dernier. Jusque-la une querelle
faisait rage : seront-elles organis6es par le meme
conseil electoral de 2006 et qui avait k6t sous la coupe
des groupes politiques qui ont renvers6 Aristide en
fWvrier 2004, done obligatoirement sectaire dans son
orientation; ou faut-il un nouveau conseil electoral
oh les diff6rents secteurs sont repr6sent6s d'une
maniere plus 6quilibr6e ?
Cette bataille pour le choix du CEP dominera
l'actualit6 pendant plusieurs semaines. Ce fut la
deuxieme formule qui s'imposa : un nouveau conseil
electoral provisoire.
A partir de l1, les memes adversaires vont
s'affronter maintenant autour de la formation du
nouveau conseil ... chacun voulant imposer ses pions,


Obsession electio


c'est-h-dire des conseillers plus susceptibles de
prot6ger les int6rets de tel parti ou de tel autre, d'un
cot6 comme de l'autre.
Puis le nouveau conseil une fois
(difficilement) form, c'est la bataille entre les memes
protagonistes pour la direction g6n6rale du CEP.
C'est l'6pisode Jacques Bernard, l'ancien
directeur g6n6ral du conseil electoral de 2006 qui
d6barque un matin au S6nat (accompagn6 de ses
protecteurs et commanditaires) assurant qu'il est ca-
pable d'exp6dier ces s6natoriales partielles tant
attendues en moins de temps que tout autre.
Le suspense Jacques Bernard occupera aussi
l'actualit6 politique pendant longtemps.
Entre-temps l'ex-directeur g6n6ral du CEP
obtint en effet le poste tant convoit6 de directeur
g6n6ral de l'organisme electoral, mais c'est pour se
retrouver en contravention avec les nouveaux
riglements internes 6tablis par les nouveaux conseillers
l6ectoraux.
Jacques Bernard d6cida alors de d6missionner
ni plus ni moins car les nouveaux riglements viennent
limiter le pouvoir dont il disposait lors des elections
de 2006.
Dis lors les manoeuvres des diff6rents
secteurs pour controler l'organisme electoral ne
pouvaient 8tre plus criantes.
Tout cela dura pris d'une ann6e, accompagn6
de menaces de toutes sortes : disinformation,
d6stabilisation, accusations r6ciproques etc.
Outre les incessantes convocations des
membres du gouvernement au Parlement car, 6tant
donn6 la presence des troupes 6trangbres qui limitent
l'utilisation de la rue ainsi que des violences
habituelles, (6tant donn6 aussi le caractbre plutot
flegmatique du Pr6sident Ren6 Pr6val) c'est le
Parlement qui devient la principale caisse de resonance
de cette guerre l6ectorale de basse intensity.
La semaine derniere une nouvelle loi
l6ectorale a k6t finalement vote par les deux chambres.
Tout est done pret pour les prochaines
elections ou plutot pour les elections prochaines ?
Pas si certain.


n s En effet, pourquoi les
nouveaux 6v6nements que nous
vivons ne seraient-ils pas un nouvel episode de la
meme strat6gie, dans un camp comme dans l'autre,
pour exercer le plus grand control que possible sur la
machine 6lectorale.
Des 6meutes de la faim fournissent a un
groupe de s6nateurs l'occasion de renvoyer le Premier
ministre Alexis et son gouvernement.
I1 est vrai que M. Alexis est pr6sentW lui aussi
comme un futur aspirant a la pr6sidence.
Mais c'est non seulement le chef du
gouvernement qui est enjeu, mais aussi tous les postes
minist6riels ayant a voir avec l'organisation des
elections :justice, int6rieur et collectivit6s territoriales
etc. Nous parions que tous ces postes font actuellement
l'objet d'enjeux consid6rables.
Car il y a fort a parier que le prochain
gouvernement sera aussi celui qui organisera toutes
les prochaines elections ou toutes les elections
prochaines (car une autre arme utilis6e pour tenter de
manipuler les elections c'est leur renvoi perp6tuel).
D'autant que le Pr6sident Pr6val r6pugne de
toute evidence a changer trop souvent d'6quipe.
D'ailleurs toutes ces manoeuvres auxquelles
on assiste en ce moment autour de la nomination d'un
nouveau Premier ministre et qui se d6roulent comme
si on 6tait d6jh en campagne l6ectorale (puisqu'on voit
r6apparaitre une configuration exactement pareille a
celle connue pendant la campagne pr6sidentielle de
2006 avec LESPWA d'un c6t6 et de l'autre Fusion
et l'OPL) c'est bien la preuve que tout ce que nous
racontent les protagonistes d'un c6t6 comme de l'autre,
c'est du vent. Le vrai d6nominateur commun ce sont
les elections prochaines (des s6natoriales partielles,
en passant par la formation du conseil electoral per-
manent etjusqu'aux pr6sidentielles de novembre 2010)
et les efforts qui sont d6ploy6s de tous les cot6s pour
en avoir le control le plus total.
Inutile de vous casser la tete, amis auditeurs,
en toute chose, quoi qu'on vous dise, toujours cherchez
la meme chose, se menm penpenp lan : les elections.
Evidemment un pays ne peut vivre que pour
des elections. Dis lors, tout s'explique.
Milodie 103.3 FM, Port-au-Prince


Le pouvoir depasse par insecuritye


(INSECURITE... suite de la page 4)
Tandis que les strangers qui sont cueillis
presque a leur descente d'avion c'est pour les
convaincre de ne plus jamais remettre les pieds en
Haiti.
Cela vaut aussi 6videmment pour nos
compatriotes de la diaspora.
A y regarder de plus pris, tous ces
ph6nomines peuvent concourir (dMlib&r6ment ou non)
au meme but: le sabotage 6conomique.
D'un cot6, forcer des entreprises
commerciales qui jouent un role de premier plan a
fermer leurs portes, comme celles de la place du
March de la Croix-des-Bossales s'y voient contraintes

De l'autre, fermer la porte aux strangers qui
bravent les interdits de leur pays (toutes les chancel-
leries du monde d6couragent de voyager en Haiti) et
qui finiront par prendre la menace au s6rieux et ne
remettront plus les pieds chez nous.

Tout pouvoir est renversable ...
Pour finir, la tendance au kidnapping de
coop6rants et de fonctionnaires d6tach6s aupris
d'organismes nationaux ou internationaux en Haiti,


c'est aussi un message comme quoi un gouvernement
qui n'est meme pas capable d'assurer la protection de
ses invites, h quoi sert-il ?
Mais le gouvernement haltien la encore
semble faire la sourde oreille !
Pense-t-il qu'il ne peut pas etre renvers6 et
que la force internationale y veille ?
Voyons voir.
La faiblesse d'Aristide c'6tait les gangs des
quartiers populaires dont il ne pouvait plus satisfaire a
la longue toutes les exigences. C'est par lh qu' est venue
sa chute.
Bill Clinton lui-meme a failli etre << im-
peached > (car il n'y a pas de pouvoir qui ne soit
renversable) par la oh il est le plus faible. L'affaire
Monica Lewinski.
Le maillon faible de Ren6 Pr6val c'est de
toute evidence la s6curit6, et qui plus est, l'ignorance
dans laquelle son pouvoir semble se complaire a ce
sujet.
Nous disons : casse-cou !
A moins que la encore, 1'on continue de n'en
avoir cure.


Haiti en Marche, 25 Mai 2008


I a I 9, 1.


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ECONOMIE


Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


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Port-au-Prince: Remplacer les arbres par le beton


(URBANISME ... suite de la page 2)
moindre masure, on est oblige de reunir
tout le conseil d'administration de la
ville (ou de la section communale
comme dans le cas de Turgeau, car
Turgeau ne depend pas de la mairie de
Port-au-Prince, Turgeau est une section
communale), qui tient stance publique
(c'est-h-dire oh tous les citoyens qui ont
une objection peuvent intervenir) avant
de d6livrer ou non le permis sollicit6. I1
en est de meme, par exemple encore, de
Tabarre !!! Suivez mon regard.


Et on nous parle de d6mocratie.
Au contraire la dictature a fait
mieux dans ce domaine. Reconnaissons
que c'est sous Jean Claude Duvalier
qu'on avait plant les arbres qui ont 6t6
r6cemment dechouques (c'est le cas de
dire) au Champ de Mars.
Tandis que lorsqu'on devait
construire le building de la Teleco
(Telecommunications d'Haiti), on a
choisi une position urbanistiquement
plus strategique, une architecture plus
ou moins mode et d'ajouter un parking


souterrain et un ascenseur.
Aujourd'hui nos
<< d6mocraties > sont livrees pieds et
poings lies aux puissances g6neralement
quelconques.
Y compris aussi, pendant
qu'on y est, aux syndicats des
kidnappeurs, n'est-ce pas !
Simple admission de l'Etat ou
complicity ou plut6t les deux. Ainsi
aujourd'hui on parle aussi par exemple
de changer totalement le systime de dis-
tribution d' lectricit6 au centre ville pour


pouvoir avantager ces quartiers
fraichement livres aux trois B !
Vous aurez remarqu6 que
jusqu'a present nous n'avons pas utilis6
le mot corruption. Mais que doit-on
penser, hein ?
De plus corruption ne signifie
pas forc6ment accepter des pots-de-vin.
Mais c'est la meme chose que d'occuper
des fonctions pour lesquelles on peut ne
pas etre qualifi6 ... au plan moral.
Morality publique, s'entend.
Mlodie 103.3 FM, Port-au-Prince


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"toupare pou eleksyon"


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Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18

INSERTION DEMANDEE
La Primature s'explique
a propos de certains fonds
debloques...
La publication dans la presse de photocopies de
cheques tires sur les comptes de la Primature ainsi
que l'exploitation qui en est faite par certains
parlementaires et responsables de partis montrent
la n6cessit6 d'informer la population sur les
responsabilites qui incombent a cette institution
dans le contexte de Gouvernement demissionnaire.
En ce sens, il est important de faire la mise au
point suivante :
La Constitution fait obligation au Gouvernement
demissionnaire de gerer les affaires courantes (art.
165). I1 a ainsi 6t6 entendu au Conseil des Ministres
du 14 avril 2008, que tous les programmes dejh
inities devraient etre poursuivis.
1- Le Programme d'Urgence contre la vie chere
Dis le debut du mois de fevrier 2008, un
programme d'urgence de 1.7 milliard de gourdes
a 6t l6abor6 et adopt par le Gouvernement pour
aider la population a faire face a la vie chere. Ce
programme a constitute la base de l'argumentation
du Premier Ministre Alexis a l'occasion de son
invitation au Snnat de la Republique le 12 fWvrier
2008. Cette seance se termina par une resolution
consistant en la formation d'une Commission
senatoriale chargee de travailler avec le
Gouvernement sur la mise en cuvre dudit
programme.
Au cours d'une reunion de travail le 4 mars 2008,
le Premier Ministre et son staff presentirent a
ladite Commission le plan de mise en cuvre du
programme.
Certains des cheques presents se rapportent
justement a l'execution de ce programme
d'urgence.
Une premiere tranche de 400 millions de gourdes
a 6t6 rendue disponible pour assurer le d6marrage
du programme. Ce montant a 6t6 confi6 par la
Primature, a pris de 65%, a des ministires et in-
stitutions publiques pour effectuer des interven-
tions et activities relevant de leur champ de
competence.
Par souci d'acc6l6rer l'absorption de cette
premiere tranche et dans le but de maximiser
l'impact des interventions sur le terrain, les 35%
restants ont emprunt6 le canal des Mairies, des
Conseils d'Administration de Section Communale
(CASEC) et d'organisations 6tablies a travers le
territoire pour realiser des projets d'intert public
sur recommandation de notables de ces zones sans
consideration d'appartenance politique.
Cette pratique n'a pas 6t6 instaur6e en avril 2008
et beaucoup de personnalit6s et instances
politiques (toutes sensibilities confondues) ont pu,
par ce biais, supporter des projets au b6n6fice de
leur communaut6.
Un tableau r6sumant l'utilisation des 400 millions
de gourdes et pr6sentant la r6partition des
op6rateurs est annex a la pr6sente.
2- D6penses attributes a la rentr6e scolaire
En ce qui concerne les d6penses attributes a la
rentr6e scolaire, la Primature informe que les
cheques ont 6t6 tir6s sur un compte intitul6 <<
PRIMATURE / RENTREE SCOLAIRE >> ouvert
depuis deux (2) ans et destined financer diverses
interventions telles que : petites reparations et
6quipements dans certaines 6coles, subventions
aux 61ves et 6tudiants, cela ind6pendamment de
la date de l'ouverture de l'ann6e scolaire.
Toutes les pieces relatives au programme
d'urgence, comme d'ailleurs celles concernant
l'ensemble des operations de la Primature, sont
disponibles et peuvent etre communiques aux
instances de control duiment mandates.
Une enquete a 6t6 ouverte pour determiner les con-
ditions dans lesquelles ces documents ont pu
parvenir a ceux-la qui en font une telle exploita-
tion puisque la Primature n'a recu, a ce jour,
aucune demande de communication de ces pieces
par une institution l6galement habilit6e.
La Primature espire que cette mise au point
contribuera a 6clairer 1' opinion publique et aidera
a preserver l'image de nos institutions.
Ronald BA UDIN
Secrdtaire GIndral de la Primature
le 19 mai 2008
mercredi 21 mai 2008


Page 7


"Rien ne vaut 'Amour d'une Mere,

Rien ne remplace la Tendresse

d'une Mere."



A l'occasion de la Fte des Mares,
les 1,113 Unibanquiers rendent hommage
a toutes les Mamans d'Haiti et de la Diaspora
et leur souhaitent une Bonne Fte !


SIUNIBANK



"Faisons route ensemble"


www.unibankhaiti.com


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I L'ACTUALITE EN MARCHE


Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


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Western Union Foundation

Agents donate $90,000 to Haiti

Establishes no-fee service to process public donations


Port-Au-Prince, Haiti (May 12, 2008) -
The Western Union Foundation announced today
an Agent Giving Circle Program donation of
US$90,000 to the UN World Food Programme to
help alleviate the impact of food shortages and high
costs of groceries here.
"We are extremely pleased by the initia-
tive of our two Agents, Acra Financial Services and
SogeXpress Haiti, to make this generous donation
to the people of Haiti," said Luella D'Angelo, Foun-
dation president. "Through our Foundation's Agent
Giving Circle Program, we were able to match their
joint US$45,000 donation dollar-for-dollar."
The World Food Programme is currently
facing a funding shortfall of nearly $60 million for
programs that provide food assistance to some 1.4
million people in Haiti. This contribution allows the
organization to help avert imminent pipeline breaks
and expand programs in the most vulnerable areas
in the Northwest and the Southeast departments in
the country.
"As Western Union Agents in Haiti, we
have the opportunity to help our people during these
difficult times in our country," said Marc-Antoine
Acra, of Acra Financial Services. "We are in a privi-
leged position to count on the support of The West-


ern Foundation to make our joint donation and even
more significant contribution."
This grant is part of The Western Union
Foundation's "Our World, Our Family," a five-year
initiative to empower migrant families through edu-
cation and global economic opportunity programs that
help them stay connected, overcome barriers, and re-
alize their dreams.
"Western Union and SogeXpress have al-
ways been there for the people of Haiti and this is just
one more example of our strong partnership and com-
mitment to social responsibility in our country," said
Franck Lanoix of SogeXpress.
No-fee Account allows public to contribute
Individuals and corporations interested in
donating to The Western Union Foundation efforts in
Haiti, may visit any Western Union Agent location in
the U.S. and donate to the established Quick Collect
account: WUFOUNDATION, CO.
These donations will be accepted during the
month of May and will be processed without any fees.
Donations may be made up to US$5,000. For ques-
tions on how to donate to The Western Union Foun-
dation efforts in Haiti using this service, please con-
tact: 800-238-5772.


About the Western Union Foundation
The Western Union Foundation began in
2000 as a philanthropic organization to facilitate
charitable giving programs worldwide. Through the
donations of The Western Union Company
(NYSE:WU), its employees and Agents, the Foun-
dation helps to fund programs that enhance the qual-
ity of life for those most in need around the world.
Since 2001, the Western Union Foundation, in col-
laboration with Western Union Agents and employ-
ees, has granted nearly $45 million to more than
1,500 nongovernmental organizations (NGOs) in 70
countries around the globe to support humanitarian
projects. In addition, the Foundation has supported
more than 50 disaster-relief operations and has
funded education and human services programs. For
more information, visit www.westernunion.com/
foundation.
About Western Union
Western Union (NYSE:WU), together with
its affiliates Orlandi Valuta and Vigo, is a leading
provider of global money-transfer services, provid-
ing people with fast, reliable and convenient ways
to send money around the world, pay bills and pur-
chase money orders through a network of more than
345,000 Agent locations in over 200 countries and
territories. For more information, visit
www.westernunion.com.


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-










Mercredi28 Mai 2008 MIAMI-DADE COUNTY Page 9
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18 MIAMI-DADE COUNTY



MIAMI-DAD


ADVERTISEMENT FOR BIDS

PROJECT NAME: OPF New Air Traffic Control Tower (ATCT)

PROJECT NO.: L085A ("Project")

Sealed Bids for the Project designated above will be received for and in behalf of Miami-Dade County, by the Office of the Clerk, in the Stephen P. Clark Center, Suite 17-202,
111 N.W. 1st Street, Miami, Florida, 33128 until 1:00 P.M. Wednesday. July 16h. 2008 or as modified by addendum, at which time all Bids will be taken to a room to be designated by the
Clerk of the Board in said Stephen P. Clark Center, publicly opened and read aloud. Bids received after the time and date specified will not be considered. The County reserves the right to
postpone or cancel the Bid opening at any time prior to the scheduled opening of Bids. Bidders are invited to be present

IN GENERAL THE WORK COMPRISES Clearing & grubbing, earth work, drainage, paving, marking, airfield lighting cabling, security fencing, grounding, signage.
utilities, demolition, concrete, steel, electrical, plumbing. HVAC. and landscaping as necessary to construct an approximately 2.980 SF single-story support building and a 220 foot tall
(AGL) Air Traffic Control Tower.

BID DOCUMENTS: The Miami-Dade Aviation Department will make the Bid Documents available, on Wednesday. June 4th 2008 for inspection by individuals by
appointment only, on business days during the hours of 9:00 a.m. to 4:00 p.m. at Building 5A. Miami International Airport. Interested parties are to schedule an appointment to review the
Bid Documents through William Murphy (305) 876-0922. The duration of each appointment will not exceed two (2) hours. However, the Department may schedule additional time slots
(not to run consecutively with the original appointment), if available. At the time of the appointment, and prior to any Bid Document review, interested parties will be required to present
current, government issued, picture identification (e.g., Driver's License, United States Passport), documentation that they are licensed architect, engineer, or contractor who may perform
work on, or related to, the Project, and sign and notarize a Confidentiality Affidavit certifying that the company and each authorized employee agrees, that in accordance with Florida
Statutes 119.071(3)(b) and one or more of the following Florida Statutes, 281.301 and 331.22, to maintain the information contained in the Bid Documents as being exempt from the
provision of Florida Statute 119.07(1) and 24(a), Article I of the State Constitution. In addition, interested parties are advised that individuals will be monitored while reviewing these
documents. Interested parties may take notes, however, no photographs and/or copying of the documents will be allowed.

The Bid Documents can be purchased at Kimley-Horn and Associates. Inc.- 9130 S. Dadeland Blvd. Suite 102 Miami. FL 33156- (305) 670-9120 as follows:
1. Non-refundable Payment of $200 for each set of Bid Documents
2. Refundable Deposit of $1,000 for each set of Bid Documents
3. Provide 24 hr notice prior to picking up Bid Documents by calling (305) 670-9120

The non-refundable payment shall be by any type of check, or money order, only, and made payable to the Miami Dade Aviation Department. The refundable deposit shall be
by Cashier's or Certified check or money order, only, and made payable to the Miami Dade Aviation Department. To purchase a set of the Bid Documents, each purchaser must present a
current, government issued, picture identification (e.g., Driver's License, United States Passport), documentation that they are licensed architect, engineer, or contractor who may perform
work on or related to the Project, and furnish and sign a notarized Confidentiality Affidavit. Each interested Bidder shall, at the time of Bid Document pickup, furnish an address,
telephone and fax numbers, and email address for the purpose of contact during the bidding process. A business card with all of this information will suffice.
All Bid Documents, including any copies made, shall be returned to the same location where they were purchased. All Bidders that timely return the Bid Document will have
their deposit returned. Those Bidders that purchase Bid Documents, but elect not to participate in the bidding process are also required to return all copies of the Bid Documents to the
location of purchase. Failure to return the Bid Documents and copies made to the location of purchase within five (5) working days after the Bid Due Date may be reported to a Law
Enforcement Investigating Authority and will forfeit the deposit. Furthermore, Bidders that fail to return Bid Documents shall not be allowed to participate in future Confidential
solicitations until such time that the firm has taken corrective actions that are satisfactory to Miami Dade County. The purchaser of the Bid Documents shall be required to certify that
they have returned all original Bid Documents plus any copies and they have not retained any copies.
All Bids must be submitted as set forth in the Bid Documents. The County reserves the right to reject any or all Bids, to waive informalities and irregularities, or to re-advertise
the project. The County, by choosing to exercise its right of rejection, does so without the imposition of any liability against the County by any and all Bidders.
PRE-BID CONFERENCE: The Miami-Dade Aviation Department will hold a Pre-Bid Conference on Wednesday. June 11th. 2008 at 10:30 am at Miami International Airport,
4200 NW 36th St. Building 5A, Miami, FL 33166, for all interested parties. Attendance will be limited to two (2) representatives per firm. No other Site Inspections will be provided by
the Miami-Dade Aviation Department. It is the policy of Miami-Dade County to comply with all the requirements of the Americans with Disabilities Act (ADA). For sign language,
interpreter services, material in accessible format, other special accommodations, or airport-related ADA concerns, please contact the MDAD Office of ADA Coordination at (305) 876-
0856.

DISADVANTAGED BUSINESS ENTERPRISE PROGRAM.

Participation Goal for of this Project is: DBE 16 %

COMMUNITY WORKFORCE PROGRAM

The Community Workforce Goal for this Project is: 10 %

BID GUARANTY: Each Bid must be accompanied by a Bid Guaranty of not less than five percent (5%) of the Total Bid in a manner required by the Instructions to Bidders. No Bid
may be withdrawn after the scheduled closing time for the receipt of Bids for a period of one hundred and eighty (180) days. The County reserves the right to reject any or all Bids, to
waive informalities and irregularities, to reject all Bids, or to re-advertise for Bids.

BID IS SUBJECT TO THE FOLLOWING PROVISIONS AMONG OTHERS:

1) The U.S. Department of Labor wage rates.

2) The Provisions in reference to the timetables for minority and female employment participation, expressed as a percentage, for the Contractor's aggregate work force in each trade on
all construction work in the covered area, as follows:


Timetables Goal for minority Goals for female
Participation for each Participation for
From 4/01/81 trade in Miami-Dade County each trade
Until further notice 39.5% 6.9%


As used in this Notice, and in the Contract resulting from this solicitation, the "covered area" is Miami-Dade County, Florida. These goals are applicable to all Contractor's
construction work (whether or not it is Federal or Federally assisted) performed in the covered area.

3) The "Equal Opportunity Clause" and the "Standard Federal Equal Employment Opportunity Construction Contract Specifications" as set forth in the Contract Documents.
The Contractor's compliance with the Executive Order and the regulations in 41CFR Part 60-4 shall be based on its implementation of the Equal Opportunity Clause, specific
affirmative action obligations required by the specifications set forth in 41CFR 60-4.3(a), and its efforts to meet the goals established for the geographical area where the Contract
resulting from this solicitation is to be performed. The hours of minority and female employment and training must be substantially uniform throughout the length of the Contract, and in
each trade, and the Contractor shall make a good faith effort to employ minorities and women evenly on each of its projects. The transfer of a minority or female employee or trainee
from Contractor to Contractor or from project to project for the sole purpose of meeting the Contractor's goals shall be a violation of the Contract, the Executive Order and the regulations
in 41CFR Part 60-4. Compliance with the goals will be measured against the total work hours performed. The Contractor shall provide written notification to the Director of the Office of
Federal Contract Compliance Programs within ten (10) working days of award of any construction subcontract in excess of $10,000 at any tier for construction work under the Contract
resulting from this solicitation. The notification shall list the name, address and telephone number of the Subcontractor; employer identification number of the Subcontractor; estimated
dollar amount of the subcontract; estimated starting and completion dates of the subcontract; and the geographical area in which the Contract is to be performed.

4) It is the policy of the County that Disadvantaged Business Enterprises (DBE) as defined in 49 CFR Part 26 shall have the maximum opportunity to participate in the performance of
contracts whenever the work under the Contract is financed in whole or in part with Federal funds.

5) Pursuant to Miami-Dade County Code Section 2-11.1(t), a "Cone of Silence" is imposed upon RFPs, RFQs or Bids after advertisement and terminates at the time the County Manager
issues a written recommendation to the Board of County Commissioners or a Notice of Contract Award Recommendation, whichever comes first. The Cone of Silence prohibits
communications regarding RFPs, RFQs or Bids between potential vendors, service providers, Bidders, lobbyists, or consultants and the County's professional staff, including but not
limited to the County Manager and the County Manager's staff. A Cone of Silence is also imposed between the Mayor, County Commissioners or their respective staffs and any member
of the County's professional staff including, but not limited to, the County Manager and the County Manager's staff.
The provisions of Miami-Dade County Code Section 2-11.1(t) do not apply to oral communications at pre-Bid conferences, oral presentations before selection committees, oral
communications with the Contracting Officer, as published by the Small Business Affairs/Department of Procurement Management (SBA/DPM) (formerly the Department of Business
Development) in their weekly Cone of Silence Project Information Report, for administering the procurement process, provided the communication is limited strictly to matters of process
or procedures, Contract negotiations during any duly noticed public meetings, public presentations made to the Board of County Commissioners during any duly noticed public meeting or
communications in writing at any time unless specifically prohibited by the applicable RFP, RFQ, or Bid document. Bidders or proposers must file a copy of any written communication
with the Clerk of the Board, which shall be made available to any person upon request. The County shall respond in writing and file a copy with the Clerk of the Board, which shall be
made available to any person upon request.
In addition to any other penalties provided by law, violation of Miami-Dade County Code Section 2-11.1(t) by any Bidder or proposer shall render any RFP award, RFQ award,
or Bid award voidable. Any person having personal knowledge of a violation of this Ordinance shall report such violation to the State Attorney and/or may file a complaint with the Ethics
Commission. Bidders or Proposers should reference the actual Ordinance for further clarification.

6) The County shall not be responsible for any modifications or alterations made to the Bid Documents or to the Contract Documents other than those made by Addendum, Change Order,
or Work Order. Any purchase of partial sets of documents shall be at the purchaser's risk.








Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


Jean-Claude Charles ou un adolescent d'autrefois


PORT-AU-PRINCE, 24 Mai Ce samedi,
on a conduit un ami a sa derniere demeure, mais c'est
faute de trouver une meilleure expression car de de-
meure, il n'en a jamais eu vraiment depuis qu'il laissa
la modeste maison familiale a la Rue de 1'Enterrement
pour partir pour ce qu'il d6finira lui-meme de
enracinerrance, autrement dit a la fois d'ici et


L 'ecrivain Jean-Claude Charles en vente signat


d'ailleurs !
Jean-Claude Charles est mort a Paris le 7 mai
dernier. N6 en 1949, il a laiss6 Haiti a l'age de 21 ans
pour une longue existence de bourlingueur au cours
de laquelle il aura reussi a faire en France une brillante
carriere de romancier et dejournaliste.
Jean-Claude Charles est un ami
d'adolescence. Nous nous sommes
connus au moment oh Jean Dominique
et son cousin Jean-Claude Dominique
(Claudy) venaient de faire l'acquisition
de Radio Haiti apris que son proprietaire
Ricardo Widmaier, qui fut l'ancetre de la
radio modeme en Haiti, prit sa retraite aux
Etats-Unis.
Jean fut un patron hors pair.
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journaliste politique, critique litteraire et
ardent cinephile. II vous fait partager son
immense culture. Et aussi son
militantisme.
Mais il y a deux choses qu'il ne
negocie pas : l'argent et ses filles. Nous
S on 6tait jeune. Ses filles, on comprend.
Mais l'argent, il nous en versait juste
assez pour s'offrir une vir6e a la boite de
nuit la plus frequent6e a l'epoque. Le
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Harvard, ni la Sorbonne ne tient l'equivalence. Nous
sommes dans les pires annees de la dictature de Papa
Doc, la deuxieme moiti6 des annies 60. Dans un pays
totalement kcras6 sous le poids de l'arbitraire. C'etait
le temps de se parler par signes, mot inoubliable
d'Anthony Phelps.

Terroriser le citoyen jusque dans ses r&ves

La dictature vous poursuivait jusque dans
votre for interieur. << Eh vous l1-bas, venez ici. A quoi
pensez-vous ? > I1 fallait terroriser le citoyen jusque
dans ses reves les plus secrets. L'interiorisation de la
peur. On n'a plus peur. On est la peur !
Je me souviens d'unjeune homme qui nous
avait apport6 a la radio ses premiers poemes. Deux
semaines plus tard on apprit qu'il avait 6t6 arret&. Chef
d'accusation : scatologie. Le Merdre (!), cri de guerre
du dadaisme, 6tait devenu une expression trop
familibre.
Carjustement c'6tait aussi un temps riche et
vivace culturellement. Tous nos plus grands points
6taient encore vivants. On croisait le griot Carl Brouard
et le surrealiste Magloire Saint Aude sur notre chemin,
mais il est vrai, dejh plus morts que vivants. Grace a la
dive bouteille (la boisson), ils ne sauront rien des
mefaits d'un dictateur qui avait 6t6 dans le temps leur
ami, et qui poussera la plaisanterie jusqu'i leur faire
des fundrailles officielles.
L'enracinerrance de Jean-Claude Charles
vient de l1, s'y enracine. Force 6tait d'etre a la fois
d'ici et d'ailleurs. Pour l'instant, on se refugiait done
dans ce qu'on appelle les belles lettres. Ou du moins
ce qui nous en parvenaitjusqu'ici. On choisissait (ou
on faisait semblant d'aimer) ce qui 6tait le plus rare, le
plus precieux. Le cinema de Bufiuel et d'Antonioni,
le nouveau roman, Alain Robbe-Grillet.
C'est l'6poque oh Francketienne nous apporta
ses premiers recueils. II fallait les inspecter de la
premiere a la derniere lettre avant d'en parler au mi-
cro. Mais comme c'6tait en francais (et non des
moindres), pensez done, Vigie de verre, qu'est-ce que
le tonton macoute peut y comprendre !

RaffinC et divinement snob ...
Mon jeune collaborateur Dominique
Batraville nous d6crit Jean-Claude Charles comme un
etre raffin6 et divinement snob.
En effet, il fallait etre snob pour survivre en
ce temps-li. Nous passions des semaines, si ce n'6tait
a discuter du sexe des anges, mais de sujets tels que :
Victor Hugo est-il un imbecile ? Ou Baudelaire est-il
un pokte d'intelligence ou d'imagination ?
Et ces d6bats publics et passionnes se
deroulaient sur la Place Jremie ou la Place Saint-
Alexandre, l'une et l'autre dans le quartier du Bas-
Peu-de-Chose (dont les anciens formeront plus tard a
New York le fameux club LABAPEK). Cela sous 1' eil
rassur6 des tontons macoutes. Se ti boujoua, nou pa
genpoblem avekyo (ce sont dejeunes bourgeois, nous
n'avons rien a craindre de leur cote).
Le plus grand crime c'6tait d'etre pauvre et
instruit. Selon le triptyque : pauvre et instruit 6gal
communiste !
II fallait doncjouer les bourgeois. Point.
Aussi il n'est pas rare que tous ceux de cette
generation parlent et 6crivent assez bien le francais.
Quant a la saine maigreur de Jean-Claude (on
ne lui connait aucun gout culinaire particulier),je lui
dirais, en empruntant un mot de Cocteau, qu'il avait
<< une sante de fil de fer. >>
Oui, on 6tait des snobs. Par la force des
choses. Nos heros preferes s'appelaient Scott
Fitzgerald, le plus parisien (a nos yeux) des 6crivains
americains et l'auteur de Gatsby le Magnifique (un
titre qui sonne dejh comme tout un programme pour
unejeunesse en mal d'evasion) et son spouse Zelda.
On allait jusqu'i se les imaginer dans un
couple local mais qui semblait savamment cultiver le
d'ici et d'ailleurs : Jean Dominique et son spouse
Therese Roumer. La pipe parfumee de Jean et les
d6colletes aux crochets de Therese. Cela fait TJ
Publicity !

De I'autre cote du Rideau de fer ...
Un jour que je demandai a un plus jeune :
pourquoi avez-vous un tel emballement pour Jean
Dominique ?
I1 me repondit (et c'est une confession queje
fais pour la premire fois) : Mon cher Marcus, nous
petits negrillons n'avons aucune chance d'etre
entendus. Aussi quand nous rencontrons un fils de
(voir ADOLESCENT / 11)


Page 10







Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


Page 11


Jean-Claude Charles, un entretien inedit realise en 2001


Ecrit par Eldonore Buffenoir 13 Mai 2008


Nous ditons ici l'intigralitd d'un entretien
inddit avec Jean-Claude Charles mend en 2001 par
unejeuneparisienne d'origine ha'tienne par sa mere.
Eldonore Buffenoir : Dans quelles conditions
avez-vous quittd Haiti?
Jean-Claude Charles : J'ai quittd Haiti en 1970,
I l'age de vingt ans. Depuis les annees soixante,
beaucoup d'Haitiens, d'intellectuels, de cadres, de
pretres, d'enseignants et autres, quittaient Haiti, soit
pour aller travailler en Afrique, aux etats-Unis, ou au
Canada, soit parce qu'ils 6taient exiles. Soit parce
qu'ils 6taient sous pression et inquidtes par les tontons-
macoutes. Moije n'ai connu aucune pression, c'6tait
un exil tout a fait volontaire. Je suis parti de mon plein


grd en aouit 1970 pour aller au Mexique. Ensuite
d'autres membres de ma famille sont partis d'Haiti
pour aller s'installer aux Etats-Unis, a New-York.
E.B.: Dans votre essai "De si jolies petites
plages", paru en 1982 vous avez mend une enquete
sur les boat-people haitiens et leur conditions de vie
dans les camps et les prisons americaines. Quel a 6td
votre sentiment lors de cette enquete?
J-C. C.: Vers la fin des annees soixante-dixj'ai
eu connaissance des boat-people. Je savais qu'il y avait
des gens qui partaient d'Haiti en bateau dans des con-
ditions tris difficiles. Maisje ne savais ni dans quelles
conditions exactement ni ce qu'ils devenaient. J'ai
d6couvert non seulement que ces gens la partaient dans
des conditions tris pr6caires, tris difficiles, mais aussi
qu'ils 6taient recus dans des conditions assez


intoldrables. Certains n'arrivaient pas, ils 6taient
naufragds. Ceux qui arrivaient 6taient accueillis dans
des camps, ils 6taient mis en prison, ils 6taient tris
mal traits. J'ai d6cidd de mener une enquete sur la
question pour mieux comprendre ce qui se passait. J'ai
6td bien accueilli parce que j'dtais un journaliste
comme un autre qui enquatait sur un sujet sur lequel il
n'y avait pas de travail d'ensemble. Ca veut dire qu'il
y avait des journalistes, principalement des Blancs
americains qui travaillaient aujour lejour sur des sujets
ponctuels, mais personne n'avait entrepris un travail
plus complet a leur sujet. Doncj'ai mend mon enquete
aux Bahamas, a Porto Rico, aux Etats-Unis, et cela
sur plusieurs annees. J'ai enquetd plus de trois ans sur
le sujet etj'en ai tire ce livre ainsi que trois films avec
un rdalisateur franco-espagnol, Jos6 Berzosa, en
travaillant principalement dans les lieux de detention
(voir ENTRETIEN / 12)


Un adolescent

d'autrefois...
(ADOLESCENT... suite de la page 10)
famille qui nous accepte a ses c6ots, alors nous devons profiter de
cette locomotive inesperde. Mete gazolin. Verser du charbon dans
la chaudi&re de cette locomotive.
Jusqu'a ce qu'unjour l'on y verse trop de charbon. Vous
connaissez la suite !
Jean-Claude Charles partit en 1970 pour aller 6tudier la
medecine au Mexique.
Mais nous savions tous que telle n'6tait pas son intention.
C'6tait une fayon d'obtenir le visa de sortie qui 6tait attribud au
compte-gouttes. On partait 6tudier la m6decine au Mexique ou en
Colombie. Puis on se retrouvait de l'autre c6td du Rideau de fer.
Jean-Claude prit plut6t la direction des Etats-Unis. Non a
la recherche de Gastby mais des romanciers de l'6cole de Harlem
qu'il en 6tait venu a aimer entre-temps, Chester Himes et ses deux
personnages hauts en couleur mais peut-etre devords par le meme
manque ou mal etre que nous autres a l'dpoque, la meme
enracinerrance : Cercueil et Fossoyeur. Macoutes anti-macoutes !
Humblement parlant. Comprenne qui voudra.

Portier a Manhattan ...
Je suis peu qualified pour parler de 1'ceuvre littdraire de mon
ami Jean-Claude Charles (car entre-tempsj'aurai pris quant a moi
la direction de l'analyse politique et sociale).
Maisj'en sais ce qu'il me racontait a chaque fois qu'on se
rencontrait et qu'on trouvait toujours le besoin de replacer notre
parcours individuel en perspective, d'y remettre un peu d'ordre. Et
a chaque fois, a chaque mot, on se tordait de rire.
Ainsi pour 6crire ce qu'on considere comme son chef
d'euvre (enfin qui fut class comme tel par la critique frangaise
avec en tete la grande Marguerite Duras), Manhattan Blues, il prit
(voir ADOLESCENT / 12)


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GENERATION DE L'EXIL


Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


Jean-Claude Charles ou un adolescent d'autrefois


(ADOLESCENT... suite de la page 11)
unjob de doorman ou portier a Manhattan (New York),
a deux pas de Harlem.
L'6quivalent en Haiti d'un emploi de
hoqueton a la banque ou de courrier.
De passage a New York en 1973 (je ne l'avais
pas revu depuis son depart d'Haiti),je l'accompagnai
au boulot, son uniforme de doorman sous le bras pareil
a celui des mar6chaux de l'empire napol6onien. Ou
du Kaiser, c'est selon.
Je partais pour un stage a l'ancienne ORTF
(radio-t6l6vision francaise).
On se retrouva a la No6l a Strasbourg, oh Jean
Claude faisait une licence enjournalisme.
Le lendemain nous voici en Belgique. A
l'6poque un citoyen haitien n'avait point besoin de
visa pour voyager dans la future Union europ6enne.
La francophonie suffisait. Mais oui !
Puis on s'est perdu de vue. L'Internet
n'existait pas a l'6poque. Jean-Claude parcourt le
monde ... entre autres pour le grand quotidien Le
Monde. Moi je reste en Haiti oh nous tentions
l'exp6rience dite de la lib6ralisation.
Celle-ci prit brutalement fin en novembre
1980 par notre exil. Dans notre cas, le cauchemar avait
mis tout simplement un petit peu plus longtemps pour
se mat6rialiser. Mais le r6sultat est le meme. Echec
malgre soi. Et perte seche pour notre pays.

Comme une seconde nature ...
Je retrouvai notre ami en 1982 quand il realisa
a Miami pour la tWl6 francaise un reportage sur une
trentaine de refugies haitiens qui s'6taient noyes alors
qu'ils 6taient a un doigt d'atteindre la Floride. C'est le
drame de Hillsboro Beach immortalis6 par Jean-
Claude Charles dans un petit livre intitul << De sijolies
petites plages ... >>.
Car malgre son destin de enracinerrant, Jean-
Claude Charles ne s'estjamais d6tourn6 d'Haiti. I1 est
toujours 1a quand le pays regoit un choc et qu'il faut
essayer d'en manager l'image, d'en amortir l'impact
tel que percu B l'exterieur.
Mais toujours avec art, avec humour, avec le
meme snobisme dontje viens de dire comment il tait
venu a etre chez ceux de cette epoque comme une
seconde nature.
Hillsboro Beach serait un titre trop melo, par
contre < De sijolies petites plages >> ...
De son autre roman a succes < Ferdinandje
suis a Paris >, tout ce que je sais c'est ce qu'il m'a
racont6 auparavant. Que son prochain livre sera une
gentille parodie de ces annees-lo oh enfermes dans la
prison mentale de Papa Doc, nous pensions tout savoir
des Godard, Truffaut, Resnais et autres < nouvelle
vague > sans avoirjamais encore vu leurs films. Bref
plus parisien que nature.
I1 s'imaginait son hhros dibarquant i Paris et
son premier geste c'est de se precipiter sur un telephone


TB LL FREE. I obbSfl-atabBB
bSI bt-flbbfal
PAX miatbS-fb-fbi
BELL. bflb-bbl^f% I


public pour appeler son pote Ferdinand laiss6 l -bas
au pays en train de se ronger les freins. Et dans un cri
de joie (et peut-etre d6jh aussi de
nostalgie) : < Ferdinand, je suis a Paris >
Le cigare et le rhum ...
Jean-Claude fit plusieurs s6jours chez nous



Jean- Caude
Chares




de sijolies



petite


plages






Stock

(il connait aussi bien ma femme que moi) a Miami.
Entre deux reportages ou deux projets litteraires. On
ne tarissait pas. Le griot (conteur africain) qui est en
tout Haitien ne peut s'arreter de retourner dans tous
les sens "le bon vieux temps". Bien qu'il ne futjamais
tent d'6crire ses < Roots. > I1 n'avait pas
suffisamment, il me semble, le gout des nourritures
terrestres. A l'exception de son inseparable
Barbancourt. Dans le sens oh Fidel Castro dit qu'on
n'est pas vraiment cubain si on n'aime pas le cigare
et le rhum.
Le matin Jean-Claude 6tait toujours le pre-
mier reveill6. I nous faisait le caf6. Mais lui avait deja
aval6 sa premiere rasade de Barbancourt !!!
Ses Roots, curieusementje ne lui en connais
pas d'autres que celles remontant a nos aventures dans
le Port-au-Prince Port-aux-Crimes des annees 60.
Radio Haiti. Jean Dominique, l'affection 6ternelle
qu'on lui porte malgr6 qu'il n'ait pas kt6 facile sur la
detente. Le cafe Royal Cabaret, a Bizoton. I1 se
souvenait du nom de chacune des filles. Pas les


mineures pour pedophiles d'aujourd'hui. De beaux
brins de fille mont6es a la capitale pour faire fortune.
Mais pour se retrouver amoureuses de petits
intellectuels desargentes mais persuades de pouvoir
les alphabetiser et les sortir de l1. Quel bordel, mais
comme dans les romans de Garcia Marquez. Et Jean-
Claude Charles qui revait d'imprimer ces visages en
filigrane dans ses livres. Sans aucun engagement
politique connu, il se voulait done un porte-parole de
son temps, de ce temps-la.

La generation exile ...
Et c'est pour revenir a sa th6matique de
l'enracinerrance que je trouve en effet tout a fait
embl6matique de ces annees v6cues sous la chape de
plomb d'une dictature qui nous a forces a nous
d6personnaliser pour survivre. Deracines. Et
condamnes a l'errance. A tel point deracines, avec tant
de violence et des methodes si radicales, qu'on se
retrouve condamnes a une errance 6ternelle. Eternelle
errance. A etre toujours a la fois d'ici et d'ailleurs.
Sans domicile fixe. Que peut-on attendre d'une telle
elite ?
Personnellement aucun de mes amis de ce
temps-la ne vit aujourd'hui en Haiti. Et ce n'est pas
que beaucoup ne le veuillent.
Ce que Jean-Claude a r6sum6 au cours d'une
conference de presse en une phrase brutale (et sans
doute pleine de douleur) : < Et pourquoi dois-je etre
force a aimer un pays qui ne m'aime pas ? >
J'entends aujourd'hui en Haiti des plusjeunes
dire qu'ils sont la g6n6ration sacrifice. Avec presque
un d6fi dans la voix et dans le geste. Et c'est nous
qu'ils accusent de n'avoir pas fait notre devoir.
Tandis qu'il y a eu juste avant nous la
g6n6ration des fusill6s. Ceux plus ag6s que la dictature
de Papa Doc a envoy directement dans les fosses
communes parce qu'ils avaient suffisamment l'age de
raison pour choisir le duvali6risme.
Nous, nous sommes la g6n6ration exile. Non
pas des exiles, mais la g6n6ration exile. Parce que
forces a l'exil dans son propre pays. Vu qu'il ne peut
y avoir pire exil que la d6personnalisation, force de
renoncer a son identity dans son propre pays, de garder
en permanence un masque sous peine de mort, comme
ce fut litt6ralement le cas.
Voici en quoi Jean-Claude Charles a 6t6 le
t6moin d'une 6poque. Ce qu'il a su assumer
brillamment. Et probablement aussi : doulou-
reusement.
Si haitien qu'il disparait a l'age auquel la
moyenne des Haitiens atteint leur esp6rance de vie :
58 ans.

Marcus, 24 Mai 2008


Jean-Claude Charles, un entretien ...


(ENTRETIEN...
suite de la page 11)
des boat-people haitiens.
Ca veut dire Ponce a Porto-
Rico, a Nassau aux Baha-
mas, en Floride a Miami, a
Navy Yard, une prison de
New-York et dans une au-
tre prison du nord de 1'Etat
de New-York oh des
refugies considers comme
des rebelles avaient 6t6
enfermes dans des cellules
de haute s6curit6, comme
des criminels dangereux.
Et puis dans un foyer
d'enfants a Milbrook.
Les Etats-Unis sont une
d6mocratie, on m'a done
permis de mener cette
enquete, avec neanmoins
beaucoup de difficulties.
Durant celle-ci j'ai 6t6
assez meurtri par ce queje
voyais et je me sentais
personnellement impliqu&.
Je n'aurais pas pu etre a la
place de ces refugies car
moi j'avais fui Haiti en
avion une dizaine d'annses
auparavant. Mais cela ne
m'a pas empech6 d'entrer
en empathie avec ces
personnes, sinon je
n'aurais pas pu faire ce tra-
vail tel que je l'ai men&.
C'etait une opoque oh
existait encore plusieurs


modes d'exil, ceux qui avait fui en avion et ceux qui
avait fui en bateau, ceux que l'on appelle les boat-
people.
E.B.: Vous partagez votre vie entre New-York
et Paris, et vous etes Haitien. Quelle culture vous est
la plus proche, et dans quelle langue 6crivez-vous?
J-C. C.: Cela fait une trentaine d'annees queje
suis parti d'Haiti, et queje partage mon temps entre
l'Amerique et l'Europe. J'aurais pass plus de temps
entre les Etats-Unis et la France qu'en Haiti. On ne
perd jamais la m6moire du lieu de sa naissance, de
son enfance, de son adolescence, ces annies qui sont
les plus formatrices. Ce qui veut dire que je suis
Haitien, et que quel que soit le cas de figure tout Haitien
est et reste haitien. En creole je pourrais dire "Mwen
Ayisyen, mwen Ayisyen nit". Mais mon travail a 6t6
de tenir compte tout le long des societes que je
traversais, des langues, des autres codes et des autres
cultures. Ce qui fait qu'entre Haiti d'ohje viens, Paris
ohje vis et les Etats-Unis ohje vis partiellement quand
je ne suis pas en France, je me considere comme
appartenant a ces trois pays. Ma fille est francaise,
elle vit ici.
Mes amities, mes amours, ma communaut6
d'exil, de diaspora sont aussi vers New-York, en
Floride, au Canada. Mon lieu d'origine c'est Haiti. Ces
trois lieux-la sont aussi importants l'un que l'autre.
C'est pour cela que j'ai invent ce concept que je
proclame depuis trente ans et qui est mon
"enracinerrance". J'6cris en francais, le francais est
la seule langue dans laquelle je travaille, mais il
m'arrive de faire des conferences en anglais. Dans les
annees de la clandestinit6 militante,j'ai 6crit des textes
en creole qui n'avaient rien a voir avec la litterature.
En ce qui concerne mes gouts en litterature, tous les
grands maitres de la transformation formelle
(voir ENTRETIEN / 14)


Page 12







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Page 14


Entretien avec

Jean-Claude Charles ...
(ENTRETIEN... suite de la page 12)
m'interessent. Par exemple Joyce, C6line, la mouvance
surrealiste, Proust. J'aime aussi Zola qui est un grand
enqueteur, qui a su faire le lien entre l'investigation et
la creation litteraire. Je me suis inspire entre autre de
la demarche de James Agee pour 6crire "De sijolies
petites plages".

E.B.: Dans votre roman "Manhattan Blues",
votre heros dit: "Un jour tu dis ne me traite pas
d'crivain haltien un autrejour tu dis ne me traite pas
d'crivain franeais". Et vous, oh vous situez-vous?

J-C. C.: I1 faut faire la part de la creation
litteraire et la part de l'edition litteraire. Cela veut dire
qu'en tant que cr6ateurje ne me pose pas la question
de la nationalit&. Un film a la nationality de sa produc-
tion. C'est le producteur qui apporte l'argent qui donne
sa nationality au film. En ce moment je travaille sur
un projet de film avec un realisateur senegalais. Je suis
en France, je cherche de l'argent en France et au
S6negal. Si le film se fait ce sera une production franco-
senegalaise. Cela n'empeche pas que je sois franco-
haltien. D'un point de vue litteraire et editorial on me
considere comme un 6crivain franeais, mais personne
ne perd de vue que je suis haitien. Je me consider
avant tout comme un cr6ateur. J'6cris, c'est ma
nationalit&. Comme Chester Himes sur lequel je
travaille en ce moment, et qui a dit: "J'6cris, c'est ma
couleur".

E.B.: Dans "Manhattan Blues" et "Ferdinand
je suis a Paris" le heros se partage entre deux pays, la
France et les Etats-Unis, entre deux cultures, entre deux
femmes, et cumule les metiers d'ecrivain et de
journaliste. Cela ne conduit-il pas le heros a une
certaine forme de schizophrenie. Comment gire-t-il
cette dualitO?

J-C. C.: I1 ne se partage pas. II partage son
temps. Un temps qui fait des plis. Comme une couette
de lit. Comme dans mon roman "Bamboola
Bamboche". Chez moi la realite et la fiction sont
6troitement imbriquees. Ce personnage de Ferdinand
qui n'est pas moi mais qui me ressemble comme un
frere et quej'ai dcrit dans deux romans, est quelqu'un
qui navigue entre New-York et Paris, entre une ville
americaine, ce qu'on appelle "le nouveau monde" et
une ville de "l'ancien continent", de 1'Europe. II
navigue entre le journalisme qui est le genre par ex-
cellence de l'investigation, du reel, et la litterature, la
creation litteraire, le travail sur le langage. Ce
personnage a une double vie affective, il est partag6
entre deux femmes, sans pour autant qu'il soit bigame,
parce que c'est quelqu'un de profond6ment
monogame. Ce partage ne relive pas de la
schizophrenie, car cela supposerait quelque chose
d'ordre pathologique, et de beaucoup moins gerable.
Mon heros lui, gere bien cette situation.

E.B.: Revenons sur "l'enracinerrance" que vous
avez pr&cedemment 6voqu&e et dont vous parlez dans
le numero de mars-aouit 2001 de la revue "Boutures".
"L'enracinerrance", un mot que vous avez cr66, un
concept dont vous vous revendiquez.
J-C. C.: L'enracinerrance est un mot-valise,
c'est un mot qui fonctionne a partir de deux mots en
(voir ENTRETIEN / 16)


_ _T__ _ __ IMercredi 28 Mai 2008
LETTRES Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


Manhattan Blues

roman de Jean-Claude Charles


Chapitre 19
Vu de la statue de la Liberte
Existe-t-il sensation plus agr6able? Un r6veil en
douceur, on a dormi, on a dormi beaucoup, on a le senti-
ment d'avoir reve, on ne se souvient pas des reves, la
nuit n'a pas laiss6 de traces conscientes, j'ai dormi
plusieurs heures d'affil6e, peut-etre sept, pas fait de
cauchemar, pas peur du corps de Fran. Tous ces r6veils
oh il m'arriva de trouver dans un lit un corps d6gofitant,
corps du d6lit de fuite, corps des peurs de la veille, ce
n'est pas une affaire esth6tique, ce furent souvent de tris
beaux corps, c'est dans la tete que ca se passe, a joue
sur des details, des quarts de diese, avec Fran c'est
different. C'est ici que les ennuis commencent. Toute
une nuit A oublier Jenny.
Fran n'est pas dans le lit. La fenetre est
entrouverte. Les rideaux sont ouverts. Le morceau de ciel
que je vois est presque bleu. La lumiere. Du lit, je ne
vois pas le parc. J'aime cette chambre. Je pense que sije
l'avais eue le soir de mon arrive, je serais rest dans cet
hotel. Je pense aussi que si j'6tais rest ici, je n'aurais
probablement pas rencontr6 Fran. Je pense que si je
n'avais pas rencontr6 Fran, les choses avec Jenny seraient
encore equivoques, mais c'est evident qu'elle ne m'aime
plus, ca y est t'es meme pas lev6 que tu recommences.
Je suis malade de Jenny. Ma seule chance, c'est
Fran. J'ai conscience au rnveil queje suis content d'etre
dans ce lieu, A cet instant pr6cis, avec Fran. Si elle n'6tait
pas 1l, je serais vraiment dans la d6prime totale. Rien de
tel qu'une femme pour vous faire oublier une autre
femme. Ici commencent les affres. Ici commence quelque
chose d'innommable. Ce n'est pas l'amour. Ce n est pas
rien non plus. Something like a bird. Si je mets de la
musique, ca sera n'importe quoi, ca ne sera pas Mingus,
voilA les inconv6nients de n'importe quel h6tel.
Le t6l6phone n'est pas 1a. J'en suis le fil du re-
gard, il est dans la salle de bains, la porte est ferm6e. Le
sac de Fran est pos6 dans le fauteuil pris de la fenetre.
Dommage qu'il ne faille pas fouiller dans le sac des
dames, je prendrais bien son walkman, si ca se trouve
elle a une cassette de Mingus. Je me rends compte queje
ne sais pas grand-chose d'elle. Pas assez pour dire queje
ne la connais pas. Jenny, je ne la connais pas. Fran, je
connais: une fille qui a largu6 son mec et qui batifole
avec un autre mec. Je pense A la grand-mere de Jenny.
Nous avons nos complicit6s. Parfois au t6l6phone, je lui
demande quelque chose. Tu sais pas oh est Jenny? Elle
me r6pondJenny tu sais comment elle est. Je ne sais pas
moi comment elle est Jenny. Merde, je suis A peine
r6veill6 que ca commence. Je crie Fran arrete de
m'tromper. Elle entrouvre la porte de la salle de bains.
Elle est A poil. Elle parle au t6l6phone. Je l'entends donner
I'adresse de l'hotel en disant A quelqu'un mais c'est pas
possible cet h6tel tout le monde connait. Elle raccroche.
ient vers moi. Elle dit je suis encore tomb6 sur un
Haitien. Je lui dis c'est bien ta chance. Elle r6pond je
viens de louer une bagnole. Je dis pour quoi faire? Elle
dit Billje l'emmerde.
La Statue de la Libert6 s'il vous plait? Continuez
a zigzaguer c'est droit devant vous.
Envie de revoir la vieille salope qui domine la
baie avec son cornet de glace m6galo, elle n'est jamais
retourn6e sur ce lieu depuis son enfance, je refuse
6nergiquement, je lui dis que ce lieu n'existe pas, qu'elle
l'a reve, que c'est un mirage, un cas typique
d'hallucination collective, que tous les New-Yorkais ont
cru voir unjour une Libert6 majuscule 6clairer le monde
depuis la baie de New York, un peu comme d'autres ont
vu des soucoupes volantes, et moije suis Napol6on. Elle
me jette au bas du lit, elle me fait le coup de Chester
Himes, attrape un ngre par 'orteil, s 'il braille Idche-
le, elle me tire par un pied vers la salle de bains, je


AUTANT


EN EMPORTE


LA REVOLUTION
--Notes sur la contribution d'Halt
a la lutte dspeunpls
pour leur libIration'"
Etats-Unls 7-


proteste, je lui balance toutes sortes de revendications
comme quoi si tu vois passer la Libert6 unjour fais-moi
signe on prendra un verre tous les trois ensemble, je lui
fais le coup classique du nigre, tentative de viol avec
effraction, elle l'6chappe belle une premiere fois, elle me
tire encore, je r6cidive, je veux lui faire sa fete, elle veut
en faire A sa tete, or voila elle est plus habile que moi,
elle a la foi du charbonnier, la Libert6 existe elle l'a
rencontr6e.
Et me voila debout dans la baignoire, elle est en
train de me laver, il ne me manque que le pouce dans la
bouche pour etre heureux, elle dit t'es trop grand assieds-
toi dans la baignoire, je lui r6ponds t'as qu'A prendre un
escabeau, elle rigole comme une dingue, je lui dis que
non vraiment ca m'int6resse pas d'aller voir la statue de
la Liberty mais t'es dingue d'oh est-ce que ca te vient
des id6es folles comme ca m'enfin qu'est-ce que c'est
qu'cette. Elle me r6pond d'abord ici nous sommes en
Am6rique t'as int6ret A bien te tenir, ensuite ferme les
yeuxje vais mettre du savon, je r6ponds oui maman, elle
dit et de trois ferme ta grande gueule on va voir la statue
de la Libert6.
Et me voila dans le hall de l'h6tel A la regarder
rendre la c16l la reception bourr6e de monde, arrivage
de touristes, congris de gens tris s6rieux, ou que sais-je,
je suis le gosse paum6 dans la foule, unjour de carnaval,
j'ai perdu ma maman, d'abord ca m'a paru drole, et puis
apris tous ces gens bizarres qui me marchent sur les pieds,
s agitent dans tous les sens, s'interpellent, se renvoient
des signaux 6tranges, si maman revient pas dans une
minute je vais chialer, elle revient en souriant, dit tirons-
nous d'ici hou lA I .
Et nous voilA dans le parking, en train de remonter
la rampe, c'est elle qui conduit, c'est elle qui ditje crois
que j'ai fait une connerie en louant cette voiture on aurait
pu pour aller A la statue de la Libert6 marcher jusqu'a
Grand Central et prendre le train num6ro cinq jusqu'i
Bowling Green tu sais cette station pr6tentieuse avec des
plafonds tris bas des colonnes moches et les fauteuils
circulaires nous aurions u apres ca traverser le parc par
State Street pour prendre le ferry. Je ne r6agis pas.
L'impression d'une piece ou d'un film, un roman oh
chacun de nous joue le meme role a tour de role, ou les
memes roles en meme temps, de toute fagon c'est tris
agr6able.
La circulation. Parlez-moi de la circulation.
Battery Park. Department of Ports & Terminals.
J'ai toujours trouv6 A cet immeuble une forme de vieux
vaisseau, le m6tal peint en vert, nous sommes dans le
parc, le terrain dejeux pour enfants, pourquoi est-ce qu'il
n'y ajamais de terrain dejeux pour adultes? Qa s'appelle
des champs de bataille, dit Fran. Moi j'pr6fire les
balangoires, les toboggans et en plus c'est gratuit. Je
suis d6ja au sommet du toboggan. Je glisse vers Fran.
Mais elle est au sommet aussi. Elle glisse. C'est moi qui
la regois. Dans mes bras. Elle ferme les yeux. Je ferme
les yeux. Nous nous embrassons.
Elle dit queje suis dou6 pour les details. Que c'est
sans doute une quality. Queje risque unjour de m'y noyer.
Elle ajoute dans un rire toi qui ne sais pas nager. Qa ne
faisait pas vingt-quatre heures que je lui avais dit. Je lui
dis tu t rends compte t'es d6ja en train d'utiliser contre
moi mes propres confidences. Elle r6pond avec moi tu
risques rien. Un mot de Jenny. Je pense que c'est comme
ca qu'on se file des langages, des tics, et (je souris) des
microbes.
Je lui avais racont6 mon rapport ambigu avec la
mer. Je reve souvent de paquebots. Je suis n6 sur une ile
et, A mi-chemin entre la trentaine et la quarantaine, je ne
sais toujours pas nager. Elle me regarde. Elle me dit avec
moi tu risques rien pourquoi tu souris? Je lui avais dit
aussi que je flotte bien, que je flotte longtemps, et c'est
vrai. Avec Jenny j'aurais ajout6 et j'ai bien l'intention
de flotter le plus longtemps possible.
Fran et Jenny ont deux choses en commun. La
premiere, c'est maintenant que je le r6alise. Fran me dit
r6aliser c'est un anglicisme ca. Je lui dis t'as la meme
bouche qu'elle. Ah bon j'avais pas remarqu6. Je lui dis
tu l'as pas vue longtemps c'est comme pour Mike. Elle
me dit ca m'flatte beaucoup. La seconde chose qu'elle a
en commun avec Jenny, mais a je ne le lui dis pas, et
elle oublie de le demander. C'est qu'elles captent tout
tris vite et me renvoient la balle tout aussi vite. C'est un
truc assez am6ricain. Un truc de gens quijouent au base-
ball et au soft-ball. Ma maniere de tricher est d'etre lent.
Quand je change de lieu sans donner I'impression de
bouger, quand je narre ma vie sans en avoir I'air, quand
je suis dans la mobility tranquille du paquebot, Fran ou
Jenny me renvoie la balle de temps en temps, parfois je
fais semblant de ne pas comprendre, parfois malgr6 moi
je r6agis, elles saisissent A quel point c'est important, ou
bien elles poussent le fer un peu plus A fond dans la plaie,
ou bien elles battent en retraite, me gracient, cl6mence
provisoire de toute fagon, car elles recommencent plus
tard. Je me tais souvent. Elles interpritent mes silences.
Je m'absente, elles interpritent mes fuites. Je d6croche.
Qa y est tu d6croches. C'est fou cette capacity que t'as de
d6crocher en catastrophe. C'est bien le mot. Comme on
dit d'un avion en d6tresse qui atterrit sur le ventre dans
un champ de neige. La sup6riorit6 de Jenny sur Fran,
c'est que je connais encore mal l'histoire de Fran. Et
j'aurais envie que ca reste comme ca. Pas envie de
connaitre Fran plus avant. Fran plus Jenny, plus moi, c'est
beaucoup trop pour un seul homme.
Cet extrait de Manhattan Blues de Jean-Claude
Charles est la premiere partie du chapitre 19, < Vu de la
Statue de Libert >>, public aux editions Barrault (Paris,
1985, pages 139-144).


I JEAN VICTOR GtmNrS








Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


Coupe de France Perrin: "Un grand bonheur"


Alain Perrin est tris heureux apris avoir
remport6 sa deuxieme Coupe de France consecutive
avec Lyon, vainqueur de Paris (1-0) en finale.
L'entraineur rhodanien est satisfait d'avoir atteint ses
objectifs en signant le double avec I'OL affirme son
desire de rester au club l'an prochain.
ALAIN PERRIN, quel est votre sentiment
apris cette victoire ?
A.P. : C'est une grossejoie, proportionnelle
a la difficulty et la raret6. Done pour moi c'est un grand
bonheur de remporter une deuxieme finale consecutive
et de signer le double avec Lyon. Et d'y ramener cette
Coupe de France qui 6tait d6sirde depuis longtemps.
C'6tait un match tris difficile, tris dispute et tris serr6
face a une 6quipe parisienne valeureuse, bien
organisee, agressive et qui nous a longtemps contest
cette victoire.
Pourquoi cela a-t-il kt6 si dur pour vos
joueurs?
A.P. : Je crois qu'on a eu du mal a rentrer
dans le match. On a peut-etre aussi eu un peu de mal a
digerer le titre. On n'a pas retrouv6 les valeurs
agressives que l'on avait montrees lors des derniers
matches de championnat. A partir de l1, on a laiss6
Paris rentrer dans la partie et le match a k6t tris
6quilibr6.
Quel bilan tirez-vous de cette saison ?


A.P. : Le bilan, vous le ferez vous-memes.
Moije suis content, j'ai atteint mes objectifs. On va
c6l6brer ca avec tous les Lyonnais, puis on fera le bilan
en interne et on verra la suite des 6v6nements. Mais
ca ne m'appartient pas.
Est-ce particulier de remporter deux Coupes
de France d'affilee avec deux clubs differents ?
A.P. : Ce n'est pas le fait que ce soit deux
clubs differents. Une Coupe de France, c'est tris
difficile a gagner, c'est difficile d'aller au bout done
c'est toujours une grandejoie. Avec Sochaux, quand
on a gagne l'ann6e derniere, on n'6tait pas favori done
c' tait un peu different. C'est plus normal pour un club
comme Lyon de remporter ce troph6e. Et si Lyon ne
l'avait pas fait depuis longtemps, ca veut dire que ce
n'est jamais simple. Done reussir ce double est une
tris grandejoie.
A quoi avez-vous pens6 en realisant ce
double?
A.P. : Au travail fourni. C'est le travail de
toute une saison d'etre present au mois de mai, le mois
des finales. En championnat comme en Coupe.
L'6quipe a su repondre present et c'est a elle que je
pense car les joueurs ont beaucoup travaill6 tout au
long de la saison pour obtenir ces deux trophies.
On vous sent moins crisp que samedi dernier
SAuxerre ?


A.P. : Vous savez, un titre se conquiert sur
toute une saison. C'6tait un aboutissement previsible.
La Coupe est beaucoup plus al6atoire, tout peut 8tre
remis en cause sur un match. Il y avait beaucoup de
satisfaction int6rieure pour le titre. Maintenant la saison
est close, alors on peut laisser 6clater sa joie. On a
rempli les objectifs.
Pourquoi n'avez-vous pas fait rentrer Hatem
Ben Arfa ?
A.P. : I1 6tait tout pris de rentrer s'il y avait
besoin d'inverser la tendance. A partir du moment oh
on a men6 au score,j'ai choisi de faire rentrer unjoueur
B vocation defensive. En Coupe de France, il faut etre
capable de faire rentrer des joueurs sur 120 minutes
en fonction des circonstances. L'entr6e de Ben Arfa
6tait pr6vue si on avait besoin de marquer ou d'inverser
le score. A partir du moment oh on menait, il valait
mieux d6fendre le r6sultat.
Le but de Sidney Govou est un peu un
symbole...
A.P. : Oui, c'est un beau symbole. C'est une
recompense pour tous les efforts qu'il a fournis cette
saison, et la fagon dont Juninho s'est associM Sidney
Govou et Gregory Coupet pour aller chercher la coupe
est un bel hommage a ces troisjoueurs qui ont remporte
leur septieme titre cette annie.
Etes-vous partant pour une nouvelle saison a
Lyon dans ces conditions ?
A.P. : Moije suis partant,j'ai un contrat pour
ga. Je suis venu a Lyon pour rester et pour durer.


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Page 15










LETTRES


Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


Jean-Claude Charles, un entretien inedit realise en 2001


(ENTRETIEN... suite de la page 14)
un seul, sauf que dans ce mot precis il y a une tension
entre les deux racines du mot, entre la "racine" et
"l'errance". C'est la vielle racine africaine, qui est celle
de la traite, de la colonisation, c'est a dire de Goree, et
c'est bien sutr la racine haitienne liee a une formation
sociale sp6cifique qui est Haiti. Je ne suis pas un
6crivain de l'exil ni cosmopolite. Je suis un 6crivain
tout court. Ce qui me caracterise c'est une
enracinerrance qu'on retrouve chez d'autres cr6ateurs
qui n'ont pas forc6ment les memes racines que moi ni
le meme parcours. Un cineaste tel que Raoul Peck ou
Godard. Un 6crivain tel que Beckett ou Chester Himes.
Un peintre tel que T6lemaque ou Basquiat, voire un
musicien tel que Miles Davis ou Manu Chao. I1 ne
s'agit pas tant du mouvement des corps sur la planite
qu' a l'interieur mhme de ce que dans les annees
soixante-dix nous appelions les "pratiques
signifiantes". Pour ce qui concerne les 6crivains on
parlait de "pratiques langagieres". En ce qui concerne
es musiciens je pense a quelqu'un comme Albert
Ayler, formidable accumulateur et transformateur


formel (Cf "Les treize morts d'Albert Ayler" dans la
serie Noire chez Gallimard). En ce qui concerne la
peinture il y a T6lemaque et tant d'autres.
L'enracinerrance est la mise en mouvement des
corps entre quelque chose qui est de l'ordre du Sujet,
c'est-a-dire de l'histoire personnelle, individuelle, et
quelque chose qui est de l'ordre du collectif, de
l'histoire.

E.B.: Dans "Ferdinandje suis A Paris", le heros
dit propos d'Haiti: "Ce quej'aurais B lui raconter est
trop lourd. Nous n'aurionsjamais le temps. Je n'aurais
pas les mots. Pas tout de suite. Je n'ai pas de pays, je
lui dis". Vous sentez-vous pret aujourd'hui, apris
trente ans d'exil, a crire sur Haiti?

J-C. C.: Je n'aijamais arretd d'6crire sur Haiti,
ce pays qui est le pays de mon origine, de ma naissance,
de mes ann6es de formation, et qui occupe tout 1'espace
de ce que j'aurai 6crit jusqu'ici. La difficult quand
on traverse d'autres soci6t6s, d'autres langues, d'autres
codes, est d'une part de ne pas en imposer les


pesanteurs aux autres, d'autre part d'essayer tant qu'on
peut de partager les pesanteurs propres au trajet des
autres. Autrement dit de ne pas vivre l'espace d'exil
sous le mode du fantasme de celui qui est rest dans
son pays d'origine. Cela veut dire qu'on n'echappe
pas a son origine, qu'on n'echappe pas a son enfance,
ni aux annees formatrices. Je n'ai pas arrete d'6crire
sur Haiti. A la limiteje n'ai pas arrete d'6crire sur le
petit bout de rue de Port-au-Prince qui m'a vu naitre
et oij'ai grandi et v6cujusqu'a l'age de vingt ans: la
rue de "l'enterrement" qui s'appelait aussi la rue de la
"Revolution".

E.B.: Quel lien entretenez-vous avec les
intellectuels haitiens qui pour la plupart habitent les
Etats-Unis ou le Canada?

J-C. C.: On se connait tous. On mine chacun a
sa facon nos combats. Pour la premiere fois dans
l'histoire litteraire haitienne, il y a des 6crivains qui
construisent une oeuvre. C'est-h-dire quejusque dans
(voir ENTRETIEN / 17)


AV AAKPBAET W EA U A PI lAVIS AAIAVKAAAYN





.Sekou ak/oswa Evalyasyon P vaws. 9 9s.ka
\n1a-n an-".':e fill _, s.k[e -,l-1 I2006-2007.1 \v -,[.e]

I1 1


Kisa pwose sa a konsene? Yo te pwopoze de R6gleman apa nan yon pwose aksyon kolektif sou
evalyasyon ponpye ak sekou yo te fe pwopriyete byen imobilye peye nan vil Miami ak evenman ki te
pase pandan pwose a. De (2) regleman sa yo se avek 1) vil Miami, epi 2) kabine avoka Adorno & Yoss,
LLP. Pwose a rele Masztal v. City of Miami. Moun yo tradui lajistis yo rele "Pleyan", epi vil Miami rele
"Defande". Kabine avoka Adorno & Yoss, LLP rele "kabine avoka". R6gleman yo pa vie di Minisipalite vil
la oswa kabine avoka a dak6 pou yo angaje nan move zafe oswa nan move konduit oswa pou yo mal aji
oswa pou yo vyole nenp6t Iwa oswa regleman nan nenpot konsiderasyon, eksepte pou sa ki konsene vil
Miami pou p6syon Evalyasyon sekou Ponpye/Sekou ki te adopte pou ane fiskal 1997-1998 ak 1998-
1999. Tribinal Siprem Florid deside pwose City of North Lauderdale v. SMM Properties se yon pwose
ki legal pou yon Minisipalite pou pibliye evalyasyon pou sevis ponpye, paske sevis ponpye pwokire yon
benefis espesyal pou pwopriyete a. Apati 14 septanm 2000, Minisipalite vil la te deside yon Evalyasyon
li sip6te sou sevis ponpye selman epi kidonk evalyasyon an legal. Pleyan yo deklare Evalyasyon an te
rete ilegal nan fonksy6nman li. Pa tjanm genyen okenn desizyon oswa konklizyon jidisye sou konfli
rival sa yo. Menmsi Tribinal la, nan Litij sa a k ap rezoud la, deside yo Evalyasyon Ponpye/Sekou yo te
resevwa nan ane fiskal 1997-1998 ak 1998-1999 pa t konstitisyon6l nan limit li te evalye pou sevis
medikal ijan, Tribinal la pa pran desizyon oswa pa fe konklizyon pou endike Evalyasyon Ponpye/Sekou
oswa Evalyasyon Ponpye te enkorek pase sa ki endike anwo a. Ni li pa t detemine limit, si genyen,
Evalyasyon Ponpye/Sekou te fet yon fason inadmisib pou sevis medikal ijan yo. Pleyan yo prezante
reklamasyon tou kont kabine avoka pou aksyon ak inaksyon posib ki gen pou we ak premye pwosedi
yo kont Minisipalite vil la nan pwose sa a. Kabine avoka a, san admet responsablite ak kontestasyon
toudenkou reklamasyon Pleyan yo, chwazi pou rezoud aksyon sa a. Kidonk, menmsi Pati yo dak6 pou
R6gleman yo ak yon pwosesis ranbousman, pa t genyen desizyon okenn Tribinal ki endike Gwoup la
genyen dwa pou jwenn yon ranbousman, oswa kantite lajan ki endike a. Ni pat genyen desizyon okenn
Tribinal ki endike Gwoup la genyen dwa pou resevwa lajan nan kabine avoka a.
Kimoun ki fe pati Regleman yo? "Gwoup" oswa "Manm Gwoup" dwe vie di tout moun oswa enstitisyon
(avek tou siksese legal ki kalifye yo, jan sa defini nan paragraf 1.18 Ak6 R6gleman an) ki posede
pwopriyete nan vil Miami, Florid, avek tou ansyen ak aktyel anplwaye, ajan, reprezantan, ofisyel, ofisye
Minisipalite a ak manm fanmi pw6ch yo, ki reprezante kapasite endividyel yo k6m kontribiyab, ki te
peye Evalyasyon Ponpye/Sekou ak/oswa Evalyasyon Ponpye Minisipalite vil la te resevwa nan ane
fiskal 1997-1998 jiska ak nan ane fiskal 2006-2007. Vil Miami eskli nan Gwoup la.
Ki Benefis ki genyen? Ou kapab kalifye pou resevwa yon ranbousman, sa vie di yon p6syon Lajan
Komen total (ki dekri anba a) chak manm Gwoup la genyen dwa pou resevwa, jan sa detemine
dapre yon f6mil Tribinal la apwouve. Kantite lajan yo dwe peye chak manm Gwoup la ap depannde
kantite manm Gwoup la ki soumet yon reklamasyon valid. Okenn manm Gwoup la p ap resevwa yon
ranbousman ki plis pase kantite lajan Evalyasyon manm Gwoup la te peye, epi, kidonk, Pati yo kwe li
pa posib pou nenp6t moun ap resevwa yon ranbousman konpl6 tout lajan Evalyasyon ki te peye a. Li
enp6tan pou ou sonje p6syon Evalyasyon ki dwe repati nan finansman sevis ponpye a se yon posyon
ki legal. Pousantaj Evalyasyon peye k ap retounen pou chak manm Gwoup la ki kalifye apa pa kapab
deteminejouk moman e1 yo trete demand yo dapre Ak6 R6gleman yo. Fon Komen an ap redui a kantite
lajan fre avoka ak fre Tribinal la akode Konsey Defans Gwoup la, ak kantite lajan fre administratif
Tribinal la apwouve pou administrasyon regleman yo.
Ki dispozisyon Regleman ki pwopoze yo? Kom konsiderasyon pou R6gleman li, Minisipalite vil la ap
finanse $15,550,000 nan yon fon ki rele "Fon Komen". Kom konsiderasyon pou R6gleman li, kabine
avoka a ap finanse $1,600,000 nan Fon Komen an. Debousman Fon Komen an ap fet dapre Ak6
yo. Nenp6t entered ki reyalize sou nenp6t p6syon Fon Komen an dwe vin fe pati Fon Komen an. Chak
manm Gwoup la dwe jwenn dwa pou fe demand yon ranbousman dapre pwosedi ki prezante an gwo
nan Avi sa a. Se selman manm Gwoup kalifye oswa siksese legal kalifye yo ki dwe jwenn dwa pou
cheche jwenn yon ranbousman. Dwa pou jwenn yon ranbousman pa dwe transferab. Chak Pati dwe
jwenn dwa pou fe restriksyon, dapre o1d, entediksyon, oswa lot reparasyon, nenp6t vyolasyon oswa
menas vyolasyon dispozisyon ak regleman ki nan dokiman sa a, epitou pou egzije p6f6mans espesifik
dispozisyon ak regleman sa yo. Konsenan konsiderasyon pou R6gleman yo, depi genyen Apwobasyon
Final, chak manm Gwoup la dwe anvizaje pou bay yon kominikasyon total ak konpl6 pou nenp6t ak
tout reklamasyon ki nan pwose a ak lot reklamasyon jan sa dekri nan Ak6 R6gleman yo. Kominikasyon
an dwe genyen yon pati entegral ak enp6tan R6gleman yo, epi li pa kapab separe nan R6gleman yo.
Nenp6t manm Gwoup ki pa vie bay kominikasyon an dwe deside pou pa patisipe jan sa dekri nan
Avi sa a. R6gleman avek kabine avoka a genyen ladan yon dispozisyon ki pemet li anile regleman an
anba seten kondisyon. Si sa rive, manm gwoup ki kalifye yo ap resevwa notifikasyon nan moman y ap
resevwa posyon regleman an avek Minisipalite vil la. Y ap resevwa tou notifikasyon pou fe pwose kont
kabine avoka a poukont yo epi avek pwop depans yo.
Kisa mwen DWE fe pou mwen vin kalifve pou resevwa von ranbousman posib? Ou dwe fe Demand
yon F6mil6 Ranbousman, ki dekri anba a, anvan 2 septanm 2008. Epitou, ou dwe deside anvan 10jiye
2008 si ou vie fe objeksyon kont R6gleman yo epi pou soumet nenp6t objeksyon alekri. Pou fe Demand
Fomili Ranbousman an, ou dwe rele Administrate Regleman an nan nimewo 1-800-981-7567. Ou
kapab we F6mile Demand Ranbousman an (ansanm av6k dives kalite dokiman regleman) sou entenet
nan sit web www.MiamiFireFeeSettlement.com epitou ou kapab enprime li nan sit web la.
Kisa mwen dwe fe si mwen vie Eskli tet mwen nan Gwoup la? Si ou pa vie patisipe nan youn oswa
nan toulede Regleman yo, ou kapab mande pou yo eskli ou. Pou fe demand esklizyon nan Gwoup la,
ou dwe ranpli ak soumet yon demand alekri ba Grefye Tribinal la epi voye demand lan pa laps nan
adres ki endike anba a. Ou dwe ranpli f6mil6 demand lan epi tenb ki sou anvlop la dwe date anvan 10
jiye 2008:
Pou Administrate a (kourye): Pou Tribinal la (dosye):
Masztal v. City of Miami Clerk of the Court
Settlement Administrator Circuit Court, Eleventh Judicial Circuit in and
PO Box 3170 for Miami-Dade County, Florida
Portland, OR 97208-3170 73 West Flagler St
Miami, FL 33130
Demand pou esklizyon an dwe prezante nan nenpot patikilye, men li dwe endike enf6masyon sa yo:
1. Non ou, adres ou ak nimewo telef6n ou;
2. Yon deklarasyon ki endike ou vie eskli tet ou nan Gwoup la;
3. Siyati ou;
4. Non ak nimewo pwose a (Masztal v. City of Miami, Case Nos. 98 11208 CA 31, 05-2117 CA
31), epi


5. Si ou f6 demand esklizyon ou nan:
a. R6gleman av6k Minisipalite vil la, OSWA
b. R6gleman av6k kabin6 avoka a, OSWA
c. Toul6de.
Remak: Si ou pa presize ki r6gleman, y ap konsidere demand ou k6m yon demand ou f6 pou eskli tet
ou nan toul6de r6gleman yo.
Tanpri asire ou ekri mo "EXCLUSION REQUEST" (demann pou esklizyon) sou kwen g6ch pa anba
devan anvlop la.
Si ou chwazi pou eskli t6t ou nan Gwoup la:
1. Ou p ap kalifye pou okenn nan benefis yo;
2. Ou p apjwenn p6misyon pou f6 objeksyon kont dispozisyon yo;
3. Ou p ap genyen obligasyon pou respekte okenn fiti desizyon yo pran nan pwos6 sa a; epi
4. Tankou pou nenp6t r6gleman (Minisipalite vil la oswa kabin6 avoka a oswa toul6de) kote
ou te f6 demand ou eskli ou:
a. Ou p ap kalifye pou resevwa okenn nan benefis yo;
b. Ou p ap jwenn p6misyon pou f6 objeksyon kont okenn dispozisyon;
c. Ou p ap genyen obligasyon pou respekte okenn fiti desizyon yo pran nan pwos6
sa a; epi
d. Pou resevwa lajan nan plas R6gleman sa yo, w ap oblije f6 pw6p pwos6 ou epi avek
depans ou.
SONJE: OU DWE FE DEMAND OU POU ESKLIZYON AVEK ANVLOP KI GENYEN TENB KI DATE ANVAN
10 JIYE 2008. SI W PA FE SA, SOF JAN TRIBINAL LA KAPAB BAY LI, DEMAND POU ESKLIZYON OU AP
AN RETA AK ENVALID.
ODISYON POU REGLEMAN AN: Nan dat 30 jiy6 2008 a 10:00 AM EDT, nan adr6s 73 West Flagler St,
Courtroom 11-1, Miami, Florida 33130, Tribinal la ap 6ganize yon Odisyon san Patipri pou konsidere
si pou li ak6de s6tifikasyon Gwoup la pou objektif R6gleman an, epitou si pou li apwouve R6gleman yo
kom R6gleman ki jis, rezonab ak satisfezan. Tribinal la ap 6ganize yon odisyon prelimin6 nan dat 23
jen 2008 a 10:00 AM EDT nan menm adr6s kote I ap resevwa pr6v ki gen pou we ak demand pou fr6
avoka yo. Answit, Tribinal la ap aksepte dokiman ekri siplemant6 ki gen pou w ak fr6 avoka yojiska 16
jiye 2008.
Esi mwen Vie fe Obieksyon kont Regleman yo? Ou dwe rete yon manm Gwoup la pou ou kapab f6
objeksyon kont nenp6t asp6 R6gleman yo, epitou kont stifikasyon final yon Gwoup, on6tete R6gleman
yo, konpetans Pleyan ak avoka yo ki reprezante gwoup la, ak distribisyon Fr6 ak Depans Avoka a.
Objeksyon alekri ou dwe genyen ladan:
1. Your name, address and telephone number;
2. Yon deklarasyon objeksyon ou (yo) ak nenp6t Iwa ak/oswa pr6v sip6 ou vie entwodui;
3. Non ak nimewo pwos6 sa (Masztal v. City of Miami, Case Nos. 98 11208 CA 31, 05-2117
CA 31).
OU DWE SOUMET OBJEKSYON EKRI OU BA GREFYE TRIBINAL LA ANVAN 10 JIYE 2008 PA LAPOS
NAN ADRES SA A:
Clerk of the Court;
Circuit Court, Eleventh Judicial Circuit in and for Miami-Dade County, Florida
73 West Flagler St
Miami, FL 33130
OU DWE VOYE KOPI OBJEKSYON SA YO TOU PA LAPOS BA TOUT AVOKA KI ENDIKE ANBA A, EPI
ANVLOP LA DWE GENYEN TENB KI DATE ANVAN 10 JIYE 2008.
Konsey Defans pou Minisipalite Miami: Konsey Defans Gwoup la:
Julie O. Bru, City Attorney Patrick A. Scott, Esq.
Office of the City Attorney Richard L. Williams, Esq.
444 SW Second Ave, Ste 945 Michael Garcia Petit, Esq.
Miami, FL 33131 2800 Miami Center
Thomas E. Scott, Esq. 201S. Biscayne Blvd.
Scott A. Cole, Esq. Miami, FL 33131-4330
Cole, Scott & Kissane, P.A. Konsey Defans pou Adorno & Yoss, LLP:
1390 Brickell Ave, Third Floor Ronald L. Kammer, Esq.
Miami, FL 33131 David P. Hartnett, Esq.
Hinshaw & Culbertson, LLP
9155 S. Dadeland Blvd., Suite 1600
Miami, FL 33156
Tribinal la p ap konsidere okenn objeksyon ki soum6t/av6k anvlop ki genyen tenb ki date apre 0 jiye
2008, sof si ou kapab montre rezon valab pout6t ou anreta. Si ou soum6t objeksyon ou anreta, y ap
konsidere ou abandone oswa ou anile objeksyon ou, sof si ou montre rezon ki valab.
Si ou soum6t objeksyon ou yo ale epi Tribinal la anile yo, w ap toujou kalifye pou resevwa yon
ranbousman anba R6gleman yo depi ou ranpli ak soum6t yon F6mili Demand Ranbousman ale.
Kouman pou mwen iwenn enfomasyon adisyonel? Avi sa a se s6lman yon rezime R6gleman yo, ki
prezante nan dokiman legal pi detaye ki rele "Ak6 pou R6gleman ak Kominikasyon." Ak6 R6gleman
ak Kominikasyon konpl6 ant Pleyan yo ak Minisipalite vil la ak Ak6 R6gleman ak Kominikasyon konpl6
ant Pleyan yo ak kabin6 avoka a nan dosye ki nan biwo Grefye Tribinal la. Pou jwenn yon deklarasyon
detaye sou zaf6 ki kons6ne pwos6 sa a, Pleyan yo, Minisipalite vil la ak kabine avoka a refere ou tou
nan Plent lan ak nan lot atik ak lod Tribinal la ki nan dosye nan biwo Grefye a. Ou kapab enspekte
dokiman sa yo nan Biwo Grefye a nenp6t kile nan ore nomal biwo, Lendi pou rive Vandredi, ant 9:00
a.m. ak 4:00 p.m., Fizo Ore Les. Si ou genyen nenpot kesyon oswa senpleman si ou bezwen on
kopi Fomile Demand Ranbousman, ou kapab rele Administrate Regleman an nan nimewo 1-800-
981-7567 oswa ou kapab we dives kalite dokiman regleman an sou entenet nan sit web www.
MiamiFireFeeSettlement.com, epitou ou kapab enprime Fomile Demand Ranbousman an nan sit
web la.
TANPRI PA RELE TRIBINAL LA, GREFYE TRIBINAL LA OSWA MINISIPALITE MIAMI. YO P AP ANMEZI
POU REPONN KESYON OU YO.
Dat la: 5 me 2008. nan Miami. Florid.


Page 16


Pou jeS pl5isen.ft onlS nim1 9 7a ut








Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


I LIBRE PENSEE I


o La richesse, le confort et,
accessoirement, I'ineptie d'une nation
se mesurent aux sujets de preoccupation


de ses dlites. >


La preoccupation
ennui. Ou bien inquietud
tracas, souci, entraves. U
preoccupante cause du sou
aussi bien le sujet qui en so
environnement. C'est, g6
une situation grave celle
preoccupation. On n'arrive
le bout du tunnel > dit parfo
CRABE, et cela fait peur.
de quelqu'un peut causer
profonde preoccupation su
le sujet, l'objet de preoccu]
pas conscience. On 6vite
culpabiliser et on essaie d
chez lui une reaction. Ce
l'ampleur de la tache pe
toute tentative de rea
l'implique a un alibi.
l'absence continue de re
vouloir dire soit << indiffE
<< attente ou volonte d'e
charge >>.
En parlant de pr
vous allez suirement vous
sont << les forces de la con
en sont la cause. Loin de lI
En tant qu'Haitien,j'assun


Paris le 23 Mai 2008-
L'Ambassade de la Republique d'Haiti
en France, le Consulat General d'Haiti
a Paris, ont organism dans la soiree du
Jeudi 22 mai 2008 (salle des fetes de la
Mairie du 17eme Paris) une conference-
debat a l'occasion du 205eme anniversaire
de la creation du premier drapeau
haitien. Plus d'une centaine de
personnes, dont des diplomates y ont
particip. Apris les mots de bienvenue
de madame Marie Guerlyne JANVIER,
Conseiller pris l'Ambassade d'Haiti en
France, intervention de madame
Murielle SCHOR, Maire adjoint du
17eme, puis de monsieur Fritzner
GASPARD, Charge d'Affaires a.i., qui
ont prononce des mots de circonstance.
Monsieur GASPARD a mis l'accent sur
le sens de cette rencontre : << la creation
du drapeau s'est faite autour d'un cer-
tain nombre de valeurs et j'aimerais
insister sur l'une de ces valeurs:
L'UNITE >.
<< Aujourd'hui c'est quelque
chose qui nous manque cruellement et
constitue un d6fi pour la Nation. Pour
relever ce d6fi, nous sommes done
obliges au-dela de nos clivages
sociopolitiques, ideologiques, nos
differences, de realiser cette grande
unite fondamentale pour s'attaquer a
tous ces maux afin de mettre la Nation
haitienne sur la voie du develop-
pement.
Un invite special, M. Michel
HECTOR, membre de la Societe
Haitienne d'Histoire, a dress un bilan
historique du drapeau, de sa naissance
en 1803 I 1'Arcachaie et les different
soubresauts historiques qui ont vu
plusieurs changements. II a analyse avec
beaucoup de pertinence les different
drapeaux qui ont jalonne notre histoire


Preoccupation!


la corruption dans nos modalites
Jean Dion relationnelles. Nous avons
malheureusement l'habitude de profiter
in peut etre largement des << bienfaits de la
e, tourment, corruption > alors que nous en m6disons
Jne situation a longueur de journee. << Menm nan
ci et tracasse lanfi gen moun pa > dit le proverbe. Et
uffre que son voilk la porte d'entree a << toutes les
ineralement, corruptions du monde >. Cela est
qui cause la valable en Haiti, en Italie, en Inde, en
e pas a << voir Afrique, en Europe, en AMERIQUE.
ois un ami du Donc, que les forces de la corruption
La situation fassent 6chouer, c'est un fait. Elles ont
en nous une aussi le merite de faire reussir a plus
urtout quand d'uns aussi. Ici ou ailleurs. Une
pation n'en a campagne << MAINS PROPRES > serait
alors de le peut-etre souhaitable. Mais, sont-ce les
le provoquer << forces de la corruption > ou les
*rtaines fois, << realites du pays > qui font sombrer
ut paralyser Haiti dans cette situation
action. La, preoccupante ?
Cependant, Enfin, << kite kantik pran
action, peut priye. >. Ce queje voulais faire, chores
6rence > soit amies lectrices, chers amis lecteurs,
itre pris en c'6tait vous parler de notre cher petit
pays, car Haiti redevient un sujet de
occupation, preoccupation. Au fond, je crois qu'il
dire que ce n'ajamais cesse de l'etre. On n'ajamais
eruption >> qui voulu cesser d'etre un pays assist&. On
4 ma pens6e. s'est toujours senti a l'aise dans cette
ne le poids de << structure assistancielle > appelee


<< Cooperation Internationale > qui n'est
au fond qu'une structure de
<< d6pendance multiforme > creee pour
se << donner bonne conscience > certains
et beaucoup d'autres pour pouvoir
ecouler les << produits subventionnes >
tels le riz ou autres cereales, et enfin
certains autres pour donner du travail a
une classe d'hommes et de femmes, a
une << race > appel6e << cooperants >. On
a done toujours constitute un << objet de
preoccupation >. Ay Ay << Ayisyen >>
mes freres. << Vecteurs > de maladies
droles. << Porteurs de droles de
maladies >. Ay Ay Ayiti cherie.
<< Source intarissable > d'immigres.
Objet et sujet d'eternelle preoccupation.
C'est comme si on n'avaitjamais grandi.
Comme si on 6tait condamne a rester, a
toujours demeurer sous la tutelle du...
colon (j'allais dire). Et nous, Haitiens,
<< 6ternels adolescents >, nous nous
maintenons dans une situation de << crise
permanente de definition de nos
relations > avec les autres, avec les
voisins, avec la Communaute
Internationale, qui ne cesse de nous voir
comme ces << gros bebes, lourdauds,
costauds, durs d'entendement >.
Enfin, chers amis, Haiti, ce
pays incompris qui ressemble de plus
en plus a un furoncle, dans la partie
genante du corps ... de la Planite, est,
encore une fois de plus, objet et sujet de
preoccupation tout en souffrant le poids
de l'occupation dans l'indifference la
plus absolue de ses elites. Nous avons
pu lire dans la presse et ecoute B la radio,


jusqu'h l'instauration du drapeau n
rouge de Francois Duvalier en 196
le retablissement du bicolore bl
rouge le 25 Fevrier 1986
represente non seulement une
rupture avec la perversion
duvalieriste du pavillon noir et
rouge des luttes pour
l'independance mais aussi un
renouement avec une riche tra-
dition de combats d6mocra-
tiques et populaire..>
Quant au professeur
Bernard GAINOT de 1'Univer-
site de Sorbonne a Paris,
d'emblee il a reconnu que la
revolution des esclaves
haitiens fut grandiose a tout
point de vue. II a relate avec
beaucoup de precision le pro-
cessus qui a conduit a la
victoire des esclaves sur le
systime colonial franpais et la
naissance du drapeau haitien
comme premier acte fondateur
d'une nation Haitienne en
devenir.
Ensuite, le mode-
rateur M. Pierre GARNIER,
professeur h l'Universite Pierre
Mends France, a passe la pa-
role a l'auditoire. Le
passionnant d6bat continua fort
tard dans la soiree. Les
responses des professeurs HEC-
TOR et GAINOT ont large-
ment contribute au succes
intellectuel de cette soiree
organisee a l'occasion du
205"me anniversaire de notre
drapeau.
Ambassade d'Haiti en France
Telephone : (33 1) 47634778
Telecopie : (33 1) 42120205
Contactpresse20@yahoo.fr


Entretien avec

Jean-Claude Charles


(ENTRETIEN suite de la page 16)
les annees soixante, les ecrivains
haitiens publiaient des livres.
Aujourd'hui nous sommes en face
d'6crivains qui essaient ou parviennent
a produire des livres qui se situent dans
la coherence d'une oeuvre. On se
connait tous. On se rencontre en voy-
age ou chez les uns les autres. Je ne suis
seul que par rapport a la question
metaphysique de la solitude, autrement
dit comme tout le monde. Il y a peu
d' crivains haitiens en France, il y a Jean


Metellus, Rend Depestre par
exemple. Mais cette relative
solitude n'est pas un problime
pour moi. J'ai la communaute
de mes personnages et de mes
fictions. Et puis j'ai ma
bibliotheque, je vis avec des
auteurs comme Zola et
d'autres encore, etje vis aussi
avec les peintres et les
musiciens quej'aime.
(Entretien rdalisd par
Elkonore Buffenoir)


oir et
4 :<<
eu et


que notre pays representait la
preoccupation principale des << Pays
Amis > :
Preoccupation de la
Communaute Internationale qui
continue a insister sur les << graves
consequences sur la cooperation >>
cause du retard dans la formation d'un
nouveau Gouvernement.
Preoccupation de l'Union
Europeenne qui insiste sur le fait que les
Institutions Internationales ont besoin
d'un << Gouvernement en pleine capacity
de ses moyens comme interlocuteur >.
Preoccupation des Etats-Unis
qui, aux dires de son Ambassadeur,
<< attendent une decision dans le meilleur
delai > car la << Communaute
Internationale ne peut cooperer avec un
Gouvernement illegitime >. D'apris
elle, Haiti a besoin << d'un
Gouvernement pour repondre aux
besoins des Haitiens >.
Et tout cela, comme je disais
avant, dans la plus grande indifference
des elites haitiennes, economiques,
intellectuelles, politiques.
En definitive, nous retrouvons
le meme mode de fonctionnement
habituel. Les Etats-Unis sont
preoccupes. La France est preoccup6e.
Nos voisins sont preoccupes. Et
cependant, les premiers interesses, nous
Haitiens de tout poil, je me demande si
nous ne nous foutons pas mal de leur
preoccupation ... et de nous-memes.

Oscar Germain
germanor2005@yahoo.fr
Mai 2008


Page 17


L'Ambassade d'Haiti en France

commemore le 18 Mai


M IAMI-DADEm



OUVETI PLIZYE POS

NAN KOMITE DIREKTE

POU FONDASYON

SANTE PIBLIK

Aktyelman yap pran aplikasyon nan Komite Direkte pou
Fondasyon Sante Piblik Konte Miami-Dade, gwoup dirijan
pou Jackson Health System. Direkte yo sevi san peye pou
manda twazan ki koumanse ak fini nan diferan e1. Gen kat
pbs vid pou pwosesis nominasyon 2008 la. Konsey
Nominasyon PHT-a va kontakte aplikan ki te chwazi yo pou
yon entevyou. Aplikan sila yo va sije a yon envestigasyon
konple. Asanble Komisyone Konte Miami-Dade, sou
rek6mandasyon Konsey Nominasyon an, va prezante non
moun yo nonmen yo bay Komite Direktiv.

Fom aplikasyon yo disponib nan Biwo Egzekitif Konte-a, 111
NW 1st Street, Suite 2910, oswa sou www.miamidade.gov.
Tout aplikasyon fet pou resevwa pa Kay Sullivan, Grefye
Asanble-a, nan 111 NW 1st Street, Suite 17-202, Miami
Florida, 33128 pa pita ke 4:00pm jou 4 jen 2008. Yap
aksepte aplikasyon ki voye pa imel oswa faks. Voye yo bay
clerkbcc(@miamidade.gov oswa fakse yo nan 305-375-
2484. Pou plis enf6masyon, tanpri rele 305-375-5311.








Page 18 Mercredi 28 Mai 2008
Page 18 LES J U Haiti en Marche Vol. XXII No. 18

I I I Solutions de la
PUISEE semaine passe:

Allez de PUISEE a TRONCS, en utilisant des mots du du vocabulaire B I S A
BISSAS
frangais, et ne changeant qu'une lettre par ligne. B I S SEA S
B I S S E S
B I SEE S
M I SEE S
MINES
MENEES
T RON C S

Solutions de la semaine passe: HORIZONTAL SCRABBLE
DG VE FL EMONDENESU FF TPA M 1. Ile des Carafbes -
E IX 2. dieu gypn PO lRVOD Arrangez les sept lettres ci-dessous
M AFPNG EUSMAIMAIT)IYZx 2. dieu 6gyptien-
_)G L~ A N G &1S>E USEMENTVOT R E)A n _, ..t f,,,-ais
SNSR Q RUA ERM I ova 3. Chef de I'industrie chimique de pour former un mot frangais
NEMBKYPMK IxKJ LJWTPJDYDFF |
NVOMEUD PERATIONTONNERR IURSS, sous Lenine -
EMTKLQ D TEi FAS RNROYALE)QFG 4. Comprend Groumand, en Cr6ole- N D
EQUV FRL OLDENE Y IVRLD 5. Pome Champion -
UUT ONRA SB A SERSDERUSSIIF)EE
R E WIH V V HG To TCMDUBI URXV 6. Divis6es en trois -
TD0GOCTUPUSSY)Oa KURRETCEPB
S F v Ix 7YAMAA JAM IH K 7. Actinium- Note-
AUSERVICESEFRFT AKA 8MA JFT)
MXB B K FL FT ERNE SM A E H 8. Adolescence.
AFLV NHOLDFINGERWDP KTQNBH1
IO VIVREET LA IS SE R iJ IRI LN VERTICAL
cL sESDI AMANTSSONTET FRNEI 1 E 1. Ragots, en Cr6ole 2. Vitesse -
Dr No Bons Baisers de Russie / Goldfinger/ Operation Tonnrre 3. Vieille 4. Lettre -
On ne itqure deux fois! Au se ie secret de sa majeste Solutions de la semaine passe
iLes diamarts sont eterrels Vivre et laisser morunr 5. Amer 6. Elev6es -
L'Homme au pistolet d'or L'Espion qui m aimait
M.Da. rRien oquee p yeux Octupussy / JamTis plusjamaisd 7. Note 8. Propag6e. PRIMANT
Dargereusement vorre / Tuer n'est pas jouer/Permis e tuer/Goldereye
Demain ne meurtjamais / Le monde ne suffit pas
Meurs un autre jour / Casino Royale



SEn Bref .. (suite de la page 2)

6d I o d lie Plusieurs policiers qui assuraient le service de garde ont 6t6 places en isolement. Selon
1 0 3 3 f m certains avocats habitues au greffe, il s'agit d'une injustice faite a ces agents. Il est fort
difficile de controler l'acces au greffe oh nombreux sont ceux qui font le va et vient.
Des individus arms auraient penetre le 12 mai vers 7 heures pm. Le greffier en chef et
d'autres employes ont ktt forces de se mettre a plat ventre au sol. Une operation 6clair,
5h00-6h30 Bon R&veil en musique qui a permis aux hommes cagoules et lourdement arms d'emporter des dossiers, de
l'argent et autres pieces i conviction.
6h30-7h00 Au Pipirit chantant Une semaine apris, les speculations se poursuivent sur ce grave incident. Cambriolage
journal creole avec Louini fontal planifi6 pour des liberations futures? Acte de sabotage? On attend les r6sultats de
l'enquete annonc6e par les instances concern6es.
7h00-9h00 Melodie Matin avec Marcus
Informations, Interview, Anecdotes, Humour, Aide A Haiti: Venezuela
Analyses Le President Preval a benefici6 d'un important geste de solidarity internationale des
Nos Chroniques: gouvernements cubain et v6nezuelien dans sa quete pour une relance de la production
L'Editorialde Marcus agricole en Haiti au lendemain du sommet des chefs d'Etat de Managua (Nicaragua).
AuQuotidien avec Elsie Dans ce contexte, une mission technique mixte cubano-vdndzudlienne a d6barqud dans
LaChronique Litt6raireavec Dominique Batraville le pays pour 6tudier avec leurs homologues haitiens un plan de relance a moyen et a
Les Sports avec Mario Bareau long terme de la production agricole nationale pour les d6partements du Centre et de
Les Invit6s du Jour l'Artibonite. Cette commission composee de 30 experts cubains et v6nezueliens, s'est
M61odie Matin chaquesamedi estanim6 divisee en deux branches, une branche de 22 experts dont 16 cubains et 6 v6nuzueliens
par F6quiere Raphael qui ont 6tabli leur base a l'h6tel le Roseau a Mirebalais et un autre dans l'Artibonite
h-Midi LedisquedeAuditeur pour s'occuper de la peche et de l'aquaculture.
idi e squee u eu Pendant 35 jours, les experts haitiens en irrigation, infrastructure, mecanisation
animation James Prddvil agricole, 6lectromecanique, 6lectricit6, production vegetale, phytopathologie,

12:00-12h30 LeMidi production animale, sante animale, agroindustriel, sol et agroforesterie, rencontrent
info tios ac L y F tin leurs homologues strangers a Mirebalais, pour diagnostiquer, concevoir et laborer a
informations avec Laury Faustin
court et a moyen terme un plan regional de d6veloppement agricole pour les
12h30-2h0 Lady Blues avec Elsie dpartements concerns. Selon l'Agronome Mchel WILLIAM, le president Chavez a
123-2h dBlcidu de mobiliser 100 millions de dollars pour l'ex6cution de ce plan, apris toutes
azz,Blues, wing,Ragtime les etudes de prefaisabilit6 et de faisabilit dont on est coutumier avec la cooperation

2h00-3h00 C'est si Bon en chansons... internationale. En prelude du gros decaissement pour l'achat des 6quipements et
Emissiondchansonsancaisesmateriels agricoles, un premier contingent de 12.000 tonnes de semences de haricot et
Emission de chansons franchises
de mais, un lot de 3.000 tonnes d'engrais sur un total de 15 mille tonnes et aussi 50
3h-5hpm Le Bon Vieux Temps tracteurs agricoles ont dejh 6t6 distribute pour commencer le travail.
Retro-Compas La phase d'execution est prevue au mois de juin et les resultats de ces interventions
avec Doc Daniel etCaptain Bill sous forme de rcoltes, doivent se produire dans les premieres semaines de novembre
2008. Ce programme de relance dla production agricole dans la r region transversale
5h00 Le Journal de 5 heures du Centre et de l'Artibonite, beneficie aussi du soutien de 1'ALBA ou Alternative
avec Villette Hertelou bolivarienne pour les Amdriques.

7h-8h30 AmorySabor con Luciani Aide additionnelle des Etats-Unis
L'agence americaine pour le d6veloppement international (USAID) a annonce
8h30-9hoo Soir Informations vendredi l'octroi d'une aide alimentaire a Haiti de 25 millions de dollars, a-t-on appris
i Port-au-Prince.
9h00 10h30 Notre Grand Concert L'administrateur de 1'USAID, Henrietta Fore, a indiqu6 que cette nouvelle assistance
Lun. & Mer.: L'heure classique des Etats-Unis portera a 45 millions de dollars le montant total de l'aide alimentaire
Mar. & Ven.: Turgot Theodat tient I'antenne d'urgence octroy6 par ce pays H Haiti.
Jeu. & Dim.: Jazz at Ten Selon le responsable americain, plus de 2.5 millions d'Haitiens parmi les plus
Judy Carmichael regoit ses invites vulnerables dans les zones urbaines et rurales pourront beneficier de l'aide dont plus
de la moiti6 sera ger6e par le Programme alimentaire mondiale des Nations-Unies.
9h00etaudelA Cavaliers, prenez vos dames Des organismes volontaires priv6s seront responsables de la gestion des autres 20
(Samedi) 50 ans de succs populaires haltiens millions de dollars, precise l'ambassade des Etats-Unis en Haiti dans un communiqu&.
"L'aide d'urgence comprendra environ 36.500 tonnes de nourriture, tels que des
haricots, du riz, un melange de soja et de mais, de l'huile v6g6tale, des lentilles, du
bulgur fortifia au soja, et de la farine de mals", indique un communiqu&.
S Ad l A l d d 1 A/ON / L'aide americaine couvrira trois programmes dont un systime de distribution aux
,C s e 4 c personnes vulnerables, aux personnes agnes et aux orphelins. Un programme
d'alimentation des enfants sera mis en place au cours de l'Yte dans les centres
scolaires.L 'USAID octroie vingt cinq million de dollars d'aide alimentaire a Haiti.
L'administrateur de 1'USAID a precis6 que cette augmentation de l'aide porte a
quarante cinq millions de dollars l'aide des Etats-Unis I Haiti. La moiti de cette aide
sera gSrde par la PAM, le Programme alimentaire Mondial, tandis que la seconde
moitie sera gerd par des Organisations Non gouvernementales (ONG) Seront
considers dans un premier plan les enfants et les personnes agees.








Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


DRAPO AYISYEN-AN

HISE BYEN WO NAN

MAYAMI

Kozman fit drapo ayisyen-an ap vole nan tout
direksyon jounen jodi-a. Kit se lakay. Kit se nan
dyaspora-a. Fit ble-e-wouj vin youn senbbl nasyonal
e entinasyonal. Anpil peyi zanmi pa ezite rantre nan
banbbch kiltirMl e patriyotik sa-a. Se youn okazyon
pou yo rekonit nou, rekonit istwa nou. Pwofite raple


limanite bil ekzanp fratinite ak inyon zansit nou yo
te bay pou te kase chenn lesklavaj la.
Polis Otawa nan Metwopbl Kanada-a mete
drapo ble-e-wouj la flote ak drapo kanadyen-an.
Ozetazini se nan tout vil kote ki gen ayisyen drapo-a
ap flote. Li nan tout biznis ayisyen, nan tout machin,
nan tout kay. Lekbl meriken yo f6 fit pou elev yo. Se
younjou inyon ant blan, milat ak nig. Chak timounn
ak youn ti drapo ble-e-wouj, Salklas yo dekore an ble-
e-wouj, y' ap chante, y' ap danse. Sosyete Koukouy
Miyami voye delegasyon nan 4 lekbl: ak youn akt6
abiye an Desalin pou al pale ak elev lekbl yo epi f6
demonstrasyon kilti ayisyen-an.
Kwann nan pwa-a se te legliz Notre-Dame
d'Haiti. Young grapjenn pe, dinamik fbk pa plis mete
soupye youn kokennchenn lanmis nan lakou Notre-
Dame nan. Plis pase 3,000 mounn te la. MIs la
kbmanse depi 106 dimaten rivejouk 26 nan lapremidi.
Youn mis dyak sou dyak ak plizye lbt p6 nan
kominote-a plis Monseye G6rard Darbouze ki malgre
kondisyon fizik-li al laj li (79 ane) li te vin asiste e
menm patisipe nan lanmis-la. Monseye Darbouze te
kontan tou. Se te fit li. S'oun okazyon pou n'te chante
Bbn Ft pou li.
Pe R6ginald Jean- Marie kire Notre-Dame
nan fi youn simon manchlonng ki dire 45 minit. Nan
3 lanng. Li pase de kreybl ak angle soupoudre ak k&k
bil fraz franse, Outadi se dlo kokoye ki t'ap koule
nan gagann ni. San papye. Nan youn vwa fim. Youn
vwa ki f6 tout lakou-a tranble ak emosyon. Pawbl pe
Rejinal yo f6 chak grenn mounn pran konsyans ak tit
yo. Poze tit yo kesyon. Dekouvri pwbp santiman yo
nan travay devlopman yo kbm mounn e ak lbt
konpatriybt nou yo. Monpe pale. Awi li pale nit. Li
denonse tout kakachat, tout vye mani, egoyis,jalouzi
k'ap detui nou kbm pip e ki afekte relasyon nou ak lbt
pip yo. Monpe di li I pou nou sispann mande, ap
tann zbt vin fi pou nou. Tan-a rive pou nou poze tit
nou kesyon kijan nou pral ede fre ak se nou yo viv
nan respe ak diyite.Li montre enpbtans drapo-a. Kijan
li ta bon tankou zansit nou yo te f6 pou nou fi youn
titkole, mete youn ti gout konfyans antre nou pou nou
devlope tout kote n'ap viva k kominote ak peyi lakay.
Konsil Ayisyen Msye Latortue te fe youn rale sou istwa
ak mesaj drapo ayisyen-an. Li salwe kominote-a sou
non gouvennman-an. Pwofese Jean-Claude Exulien te
montre enpbtans drapo-a nan vi nou kbm pip, senbbl
sa-a ki f6 fyete tout ayisyen isit tankou lakay.
Apre lanmis la Sosyete Koukouy youn
oganizasyon Miami Dade County Cultural Affairs ap
sipbte depi nan fondasyon-1 nan ane 1985 te prezante
youn bil tranch kiltirMl ki te gen dans (Ibo) (rara) ak
koral Koukouy, Johanne Manuel te ofri youn (dans
modin); mizik ak sanba Kiki Wainwright, powim ak
Janjan Dezire, Brunide David, Edeline Clermont.
Chak fidl te soti ak youn souri fyete sou
vizay li. Youn ti drapo ble-e-wouj t'ap flote nan men
yo. Rekonsiklyasyon nan ke yo: Fit Drapo ble-e-wouj
youn fit senbolik pou nou menm Ayisyen Youn fit
dapre nou anpil lbt nasyon pral imite.

Jan Mapou
mapoujan@ bellsouth. net


BON FET PWOFESE IV

DEJAN
81 Rekbt Kafe nan Batay pou Lanng Kreybl-la

Dimanch 18 Me ki sot pase-a, pandan
Ayisyen kou etranje nan Miyami t'ap fete fit Drapo
Ble-e-Wouj, dokte Iv Dejan limenm t'ap boukle 81
rekbt kafe. Pou okazyon-an, youn gwoup zanmi ki
renmen e ki apresye pwofese-a te bganize youn bil
rankont pou fete-1. Se te youn reyinyon kote lamitye
te fleri. Dokte Dejan se youn espesyalis nan lanng
kreybl-la. Li ekri plizye liv ak anpil atik sou
alfabetizasyon, sou anseyman lanng kreybl-la. Plizye
pwofese te f6 temwayaj pou di kijan dokte Iv Dejan te
enfliyanse yo nan domain edikasyon e ak enpbtans
pou yo aprann e ekri lanng kreybl-la. Nan asistans-lan
nou te w6 Pwofese Guilhine Wolf Benjamin, Josette
Baron Paris, Eliane Clermont, Fritz Clemont, Wilhem
Jean-Louis, pwofese Max Manigat, Michalle Vincent,
dokte J.-C. Cadely, pwofese Desland Innocent, ekriven
Edwidge Danticat ak mari-1 Fedo ak anpil lbt ankb;
tout te la pou vin temwaye epi montre pwofese Dejan
jan yo apresye travay li nan lanng kreybl ak nan
edikasyon.

Dokte Iv Dejan ansyeye lenguistik nan plizye
inivisite Ozetazini. Li fonde an Ayiti youn sant ki rele
Sant Twa Tifle ak youn lekbl sant kominot6 nan Fb
Wayal an Ayiti. Te gen youn prezantasyon kiltirMl ak
kek bil chante, pwezi Koralen tankou : Fli Dizi,
pwofese Max Manigat te tire youn kont < zbt Pa Konprann >> ki soti nan liv li-a : Patamouch.
Yolande Pierre te li youn powim Mends Dejwa ekri
pou glorifye Dbk-la. Yolande Thomas te chante Inm
Nasyonal-la an kreybl ak an franse ak <>
powim Koralen.

Se te youn anbyans amikal. Yo te manje
ansanm ak pwofese-a. Lodyans bouyi rive byen ta nan
apremidi. Mounn ki te la ak tout zanmi-fanatik Dokte
IV DEJAN ki pa t'ka la kole vwa yo ansanm pou
chante pou li <>.

Yolande Thomas




ENVITASYON

Vant-siyati liv < dans le temps >> ap fit nan Libreri Mapou 8 Jen 2008
de 56 a 76 diswa. Majorite ot6 yo ap la. Se pral youn
sware bizerrrrrrrrr nit Rezerve plas an nou ake liv
an nou boner-boner nan 305-757-9922 .





Grann

Se mounn ki gen laj
Se mounn ki saj

Se moun ki w6
Sa w pa ta kw6

Se mounn ki viv
Sa w-pajwenn nan liv

Si ou respekte-1
Si ou koute-1.

W-a travise danje
W-a va pwoteje

Chita koute Grann
W-ava aprann

Li gen konesans
Li chaje ak eksperyans

Li se youn potomitan
Li se youn moniman.

La laj vin ride-1
Se pou w-ka ede-1


Pinga oujanm bliye-1
Se pou toujou dblote-1

Mennen gran kou piti
Timounn se apranti

Se sou ou y'ap kopye
E yo p'ap janm bliye


Lejou pa-wva rive
Anverite ou p'ap antrave

Sajodi-a ou simen
W-a rekblte-1 demen

Dr. J C Fanfan (Miami)




MWA KILTI AYISYEN

NAN MAYAMI

Se 2 Me pou mwa kilti Ayisyen-an, City of
Miami te inogire youn grap bilding pou lakilti yo f6
nan Little Haiti-a. Tankou nou te toujou di travay yo
t'ap fit ankatimini.. Finalman yo fini. Gen youn teyat
450 plas. Gen youn mize, Gen youn estadybm pou
foutbbl. Estadybm nan pote non Emmanuel Sanon.
Kanta pou Caribbean Marketplace-la menm gade non!
li tifi. Bil kouch penti plizye koul6, achitik Zyskovich
ki te gen djbb la remete-1 nan menm kondisyon pbv
defen Harisson Parley te f6-1 la an 1990. Kounye-a
fbk nou veyatif. Kisa yo pral f6 ak bilding sa-a. Anpil
plan. Anpil pwopozisyon. FANM AYISYEN nan
Miyami te pran pozisyon depi lontan menjouk kounye-
a poko gen okenn desizyon fim ki pran. Deyb
Caribbean-nan bil se vre men anndan toujou nan youn
eta deplorab. City-a di yo pa gen lajan, kidonk y'ap
chache youn pren6. Younn nan pi gwo pwoblim
bilding sa-a se kesyon vantilasyon ak 6kondisyone.
Antouka n'ap tann. Vil Miyami-an fi youn mirak ak
Sant Kiltirel la ki se gwo koze, dinye kri, bil bagay!...
Y'ap toujou jwenn youn mwayen pou yo prepare
anndan Caribbean-nan tou. Se youn nesesite paske si
nou gade byen si Caribbean Market-la pa ta louvri pbt
li pou kite frechi ris bagay yo enben se pral lave men
souye ate. Se bilding sa-a ki pou penmit mounn travise
nan teyat, al gade bil tablo nan mize. Nan jounal
Miami News, seksyon The BEST of Miami pou ane
2008-la, Caribbean Market Place -la pote premye pri
kbm bilding ki pi orinjinal nan Mayami-Little Haiti.




LITTLE HAITI

ANPENPAN

Youn atik ki soti nan New Times
Best Renovation/Preservation (2008)
Little Haiti Caribbean Marketplace

When New York Times reporter Bruce
Weber came to Miami in 1999 to do a story about
Little Haiti's art community, he described the nascent
effort to renovate the Caribbean Marketplace, not only
to save the building itself only nine years old then, it
was well on its way into, as Weber said, "decrepitude"
- but also to establish a cultural center for the
neighborhood. Another nine years have passed and that
dream is almost realized. The award-winning design
by Haitian-born architect Charles Harrison Pawley
once again looks like the building it's modeled after,
the famous Iron Market in Port-au-Prince. And the new
construction in back, at the time of writing, was very
close to finished. Redesigned by the Zyscovich firm,
the new site will soon be home to a theater/auditorium,
a dance facility, a community meeting room, gallery
space, a darkroom, a computer workroom, and a kiln.
In conjunction with the soccer fields on NE 62nd Street
and Second Avenue, this revitalized site will finally
give Miami's Haitian community respectable facilities
for sport and cultural events. At 50,000 strong, it's
about damn time.


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Mercredi 28 Mai 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 18


Available from Commercial News Providers"
.... ..... .. ..... M a t e r ia l ...........





~a. O N;... 0 w ...

Available from Commercial News Providers"


Wyclef Jean lance une association
(... suite de la lere page) semble pour Haiti), par le biais
association Together for Haiti (En- de son association caritative
Y1ele Haiti et en s'associant
avec le World Food Program
(WFP) et la Fondation Pan
American Development
(PADF).
Cette association va
travailler avec plusieurs
organisations non-
gouvernementales afin de
rcsorber la crise alimentaire-
en r2parant les sols, et en aidant
les fermiers A produire
davantage.
(photo Guyler)

Haiti en Marche
Port-au-Prince
100 Avenue Lamartiniere (Bois Verna)
Tel.: 2245-1910, Fax 2221-1323
Miami
173 NW 94'" Street
Miami, Florida 33150
Tel. 305 754-0705 / 754-7543 Fax 305 756-0979
New York 914 358-7559 I Boston 508 941-6897
Montr6al 514 337-1286
email: melodiefm@hotmail.com I haiti-en-marche@hughes.net
URL www.haitienmarche.com
Library of Congress # ISSN 1064 3896


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Mercredi 27 Avril 2005 Haïti en Marche Vol. XIX No. 13 Page 1 Haïti en Marche édition du 2 au 8 Février 2005 Vol. XIX No 1 Mercredi 27 Avril 2005 Haïti en Marche Vol. XIX No. 13 Page 1 Haïti en Marche édition du 2 au 8 Février 2005 Vol. XIX No 1 Mercredi 27 Avril 2005 Haïti en Marche Vol. XIX No. 13 Page 1 Haïti en Marche édition du 2 au 8 Février 2005 Vol. XIX No 1 Haïti en Marche édition du 28 Mai au 03 Juin2008 • Vol. XXII • No. 18 Robert Manuel (photo Thony Bélizaire) Les sénateurs Rudy Herivaux et Youri Latortue dont l’influence est importante au Parlement (photo Eugène Robenson)René Préval désigne Bob Manuel comme Premier Ministrecréé par la destitution début avril du chef du gouvernement sortant Jacques-Edouard Alexis. Robert Manuel, 55 ans, est un ancien secrétaire d’Etat à la sécurité publique du premier gouvernement Préval (19962001). Il est actuellement conseiller particulier du président haïtien, dont il avait organisé la dernière campagne présidentielle en 2006. L’annonce de ce choix a été faite après une nouvelle série de négociations que le président René Préval avaient engagées avec les dirigeants des partis représentés au Parlement ainsi qu’avec les groupes parlementaires. De nombreuses organisations de la société civile haïtienne, des diplomates étrangers et des représentants d’organisations internationales avaient appelé à ce qu’un nouveau Premier ministre soit rapidement désigné afin qu’un gouvernement légitime puisse prendre la direction des affaires dans PORT-AU-PRINCE (AFP) 26 Mai 2008Le président haïtien René Préval a désigné dimanche soir un proche de longue date, Robert Manuel, comme nouveau Premier ministre du pays pour combler le vide (BOB MANUEL / p. 3) Nadia LefebvreLes ravisseurs de la Canadienne exigent une rançon de 100.000 US$ P. 3Kidnapping suivi d’assassinat d’un élève de 16 ans(Voir P. 3) ANALYSE PORT-AU-PRINCE, 25 Mai – Nous assistons à une nouvelle et soudaine escalade de laNOUVELLE MENACE DE BOULEVERSEMENT POLITIQUELe pouvoir dépassé par l’insécuritéculminer éventuellement dans l’irréparable. Et pis encore. Les kidnappings menacent, comme dans les années 2004-2006, de battre le record de près d’une dizaine par jour. Avec préférence pour les jeunes enfants sans défense et pour les étrangers à peine débarqués. Une fillette de 10 ans a été relâchée après dix jours de captivité dans une section rurale de l’Arcahaie (nord de la capitale), à l’endroit même où un bébé de quelq ues mois avait été enlevé le mois précédent puis son cadavre mutilé abandonné non loin de là. criminalité qui risque d’aller très loin. Et de Signe particulier : absence totale des pouvoirs publics. Et pour commencer des forces de l’ordre. (INSECURITE / p. 4) Puis c’est une ressortissanteWENN Mercredi 21 mai Wyclef Jean a lancé une association pour venir en aide aux habitants de son pays natal. Le pays souffre d’une pénurie alimentaire, car les fermiers ne produisent pas assez pour nourrir toute la population, et donc les prix des aliments augmentent et beaucoup de gens risquent la famine. Wyclef Jean, qui est né à Haiti avant d’aller s’installer aux États-Unis, a lancéWyclef Jean lance une association pour Haïti(WYCLEF / p. 20) Wyclef Jean

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 2 EN PLUS ...EN BREF ...(En Bref / p. 18) Urbanisme : Remplacer les arbres par le bétonPORT-AU-PRINCEPORT-AU-PRINCE, 23 Mai – Une firme de téléphonie commerciale élève une tour haute et épaisse comme une montagne de béton en plein quartier résidentiel de la capitale, le quartier historique de Turgeau. De plus le jour il y règne un tapage infernal, avec force musique hip hop et reggae, comme sur la plage de Montegobay. nouvelle barbarie (ou les trois B : béton, bruit, bamboche quotidienne). En quelque sorte, après avoir sacrifié le plus beau fleuron en banlieue de la capitale, Pétionville pour ne pas le nommer, aujourd’hui cimetière de béton où il n’y a pas moyen de planter un malheureux arbuste, les mêmes brutes (avec un grand B) sont en train de repérer les derniers vestiges Est-ce cela la modernité et l’innovation qu’on nous promet ? Transformer les derniers quartiers encore résidentiels (ou résidentialisables) de la capitale en une pétaudière ou pis encore. Car puisque c’est un phénomène qui fait boule de neige, et avec l’absence ou plutôt la complicité des pouvoirs publics, le quartier en question est déjà envahi par différentes autres entreprises (y compris une morgue privée) qui sont en train de le mettre en coupe réglée. Le plus ironique est que dans le même temps, l’Etat mène une opération de réfection et de réalignement des trottoirs qui oblige de nombreux résidents à refaire leurs clôtures, ce qui représente une dépense que tous ne peuvent se permettre étant donné les prix élevés des matériaux. Mais la loi est dure mais c’est la loi et tous doivent s’y soumettre. Cependant est-il admissible que de l’autre côté, les mêmes pouvoirs publics (qui se montrent aussi impitoyables envers les résidents) condamnent aussi impunément les mêmes quartiers à perdre toute identité pour devenir d’immenses cimetières de béton armé (nous insistons, armé). Il y a chez les nouveaux décideurs haïtiens un total équivoque sur le sens des mots comme, par exemple, modernité, urbanisme. Comme qui dirait modernité c’est remplacer les arbres par le béton. Et urbanisme, détruire les quartiers historiques pour y élever des mastodontes. Ce n’est même plus une conception de nouveau riche, c’est de la barbarie. On l’a vu au Champ de Mars où la mairie n’a pas hésité à faire arracher les arbres (non pour la construction d’un nouveau théâtre national ou d’une bibliothèque municipale) mais pour faciliter le passage des chars du carnaval. En ce moment, c’est le quartier de Turgeau, le quartier de Frédéric Marcelin, qui est livré à la historiques de la capitale pour leur faire le même sort. Ils ont déjà eu raison du quartier du Bois Verna, aujourd’hui c’est le tour de Turgeau. Demain ce sera Pacot. Certainement. Et ainsi de suite. L’Etat n’a rien à dire. Au contraire, cela s’appelle facilitation des investissements. Par contre, dans le même temps, le même Etat nous fait toutes sortes de misères dans son programme de réfection des trottoirs. Mais qui sont au même moment envahis par les hordes de marchands de « manje kuit » avant le temps qu’on eut pu voir la couleur de leur nouveau revêtement … de béton évidemment. La mode des « adoquins » est déjà passée. Nous disons bamboche quotidienne, précisons 24 heures sur 24 car la nuit les sectes protestantes prennent la relève à grands coups de décibels jusqu’au petit jour. On dirait que leurs commanditaires (qu’on dit être de puissantes organisations religieuses ou pseudo-religieuses étrangères, autrement dit des multinationales de la religion) leur auraient appris que là où le lavage de cerveau ne marche pas assez, vaut mieux essayer le matraquage de cerveaux. D’autant plus dans un pays où l’on peut faire tout ce qu’on veut. A partir du moment qu’on en a les moyens. Les sectes ont le pouvoir de chantage. Les entreprises multinationales un autre non moins puissant instrument de chantage qu’on appelle bien sûr l’évangile du libre-échange. Tandis que nous les pauvres résidents, nous n’avons rien. Pardon, c’est bien nous qui élisons les maires, les conseils municipaux, les sections communales et conseils d’administration de la section communale, Asecs, Casecs etc. Or dans n’importe quelle ville du monde, autre que Port-au-Prince (Haïti, West Indies), pour élever la (voir URBANISME / 6) Nouveau bâtiment de la compagnie Digicel à Turgeau (photo Eugène Robenson)Robert Manuel, nouveau premier ministre désigné par le Président René PrévalDe tous les noms en circulation comme choix du président de la république, c’est celui de Robert Manuel, membre du cabinet présidentiel, qui a été retenu. Robert Manuel a occupé la fonction de Secrétaire d’état à la sécurité publique lors du premier mandat du président Préval (1996-2001). C’est son nom qui devait être proposé ce lundi aux présidents des deux chambres comme personne retenue par le chef de l’état. L’agence Reuters confirme que le Président René Préval a désigné son conseiller Bob Manuel pour le poste de premier ministre. Les débats vont s’ouvrir dès ce lundi sur ce choix au Parlement. Agé de 55 ans, Robert Manuel est l’un des auteurs de la campagne victorieuse du président haïtien en 2006. Les réactions au choix du Président Préval ne se sont pas fait attendre. Aussitôt annoncée la décision, les diverses factions politiques ont fait entendre leur opinion. Pour Micha Gaillard , représentant de Fusion, le choix du président René Préval est bon et Fusion n’y voit aucune objection. Tel n’est pas l’avis du député de Jacmel, Patrick Domond, du groupe CPP (Concertation des Parlementaires Progressistes). Pour le député, Robert Manuel est une personnalité controversée et qu’il ne voit pas comme premier ministre du pays. Il pourrait être nommé pour s’occuper des questions de sécurité mais pas comme premier ministre. Le député du Môle St Nicolas, Elourdes Noréus, de son côté, pense que c’est un choix surprenant. Cependant, en tant que vice-président de la Chambre des députés, il souhaite que ses collègues regardent devant eux mais il souhaite que le président fasse le travail qu’il a à faire pour faire accepter son choix.La coopération espagnole cherche des solutions pour le lac AzuéiL’Agence Espagnole de Coopération internationale pour le Développement en accord avec le Ministère de l’Environnement haïtien a rendu possible le déplacement d’un expert espagnol qui s’est rendu au Lac Azuéi pour étudier les causes de la hausse du niveau des eaux du lac au cours de ces derniers mois. On sait que cette augmentation sensible du niveau de l’eau a eu de graves conséquences sur la vie de la population de la zone : inondation des terres, inondation de la route d’accès à la République dominicaine. Pablo Munoz, un hydrogéologue, a effectué diverss prélèvements en des endroits différents du Lac. La population a été très cooperative, a déclaré Mr Munoz, qui n’a pas été sans remarquer le grave déboisement et la forte érosion des sols sur les rives Nord et Sud où le Lac est entouré de massifs montagneux à forte pente.Enlevé et tué par les ravisseursLe cadavre mutilé de Kareem Gaspard a été déposé par ses ravisseurs à Carrefour Péan (nord de la capitale), malgré que les parents de la victime eurent payé une rançon aux bandits. Le porte-parole de la police a regretté que les parents n’aient pas contacté la police nationale et aient choisi de négocier seuls avec les gangsters. “C’est extrêmement regrettable. Je ne dis pas que les choses se seraient passées autrement, mais la police n’avait pas été avisée”. “C’est un crime affreux“, a opiné le sénateur Youri Latortue, président de la commission Sécurité publique au sénat de la république. “L’Etat doit organiser la sécurité des citoyens à travers la présence de la Police Nationale”. Le cadavre mutilé de Kareem Gaspard a été transporté à l’Hôpital général et ce n’est que grâce à son uniforme scolaire qu’il a pu être identifié.Kinapping: La canadienne Nadia Lefèvre serait en bonne santé …Enlevée mercredi dernier tôt dans la matinée, la montréalaise de 32 ans serait en bonne santé. Etudiante en maîtrise en administration des affaires à l’université de Sherbrook, Nadia Lefèvre a été enlevée seulement 3 jours après être arrivée dans le pays. Elle a été enlevée dans le quartier de Thomassaint, alors qu’elle se trouvait dans une voiture identifiée sous le signe Médecins du Monde.Nouveau cas de kidnappingEnlèvement d’un jeune homme de 19 ans du côté de Delmas, alors qu’il rentrait chez lui. Ce jeune garçon était pratiquement arrivé chez lui dans la nuit de samedi à dimanche, quand il a été kidnappé.Harcèlement des commerçants du marché de la Croix des bossalesC’est tous les jours qu’ils sont la proie de bandits qui pillent, volent quand ils ne tuent pas. Ces commerçants menaçaient même de fermer leurs portes ce lundi matin, en signe de protestation. Mais ont décidé de surseoir à leur décision, vu les nombreux problèmes auxquels fait face le pays ces joursci. Ils déplorent l’absence continue de policiers dans la zone. Les policiers ne font que des apparitions sporadiques qui contribuent à éloigner les bandits pendant un temps relativement court mais les patrouilles une fois parties, les bandits reviennent à la charge. C’est une situation qui ne pourra être écartée que par l’installation d’un commissariat de police dans le quartier.Qui a cambriolé le greffe du tribunal civil de Port-auPrince?Une semaine après le cambriolage du greffe du tribunal de première instance de Port-au-Prince, aucune précision n’a été apportée par les autorités sur les dossiers et pièces à conviction qui auraient disparu.

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 3 SOMMAIREL’ACTUALITE EN MARCHESOMMAIRE le pays. “Le président nous a informés de son choix, nous attendons maintenant la lettre officielle de nomination”, a indiqué lundi le président du Sénat haïtien Kelly Bastien. La nomination doit être entérinée par les deux chambres du Parlement. “Nous sommes surpris par ce choix dans la mesure où il y a deux noms de ministres duRené Préval désigne Bob Manuel comme Premier Ministre(BOB MANUEL... suite de la 1ère page) gouvernement sortant qui revenaient souvent lors des discussions”, a commenté le député Steven Benoit membre de la Coalition des parlementaires progressistes (CPP), le groupe majoritaire de la Chambre avec 52 députés sur 98. “Le choix ne fait pas l’unanimité, il y aura des débats contradictoires au sein de notre groupe et la majorité décidera”, a déclaré le parlementaire. Les députés étant partis en vacances, M. Préval doit convoquer la chambre en session extraordinaire afin qu’elle puisse se prononcer sur son choix, at-on appris de sources parlementaires. “Le nouveau Premier ministre désigné, Robert Manuel, doit prouver qu’il est l’homme de la situation, qu’il peut répondre aux attentes de la population. Il doit nous convaincre car ce n’est pas lui qu’on attendait”, a réagi aussi le sénateur Rudy Hérivaux, membre du parti Lavalas de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide. Robert Manuel, architecte et écrivain-poète, est un ancien président de l’association des écrivains haïtiens. Il devra fournir des papiers d’identité prouvant sa nationalité haïtienne au Sénat et à la Chambre des députés, avant de présenter sa déclaration de politique générale. S’il est confirmé au Parlement, le nouveau Premier ministre haïtien sera confronté à une grave crise alimentaire dans un pays plongé dans une impasse politique. Après le départ début avril du gouvernement de l’ex-Premier ministre Jacques-Edouard Alexis suite à un vote de censure du Sénat haïtien, le président Préval avait désigné Ericq Pierre, un ami personnel, au poste de Premier ministre, mais ce choix a été rejeté par la chambre basse du Parlement haïtien. Haïti, le pays le plus pauvre du continent américain, est en proie à une crise sociale grave, depuis des manifestations violentes contre la brusque hausse du coût de la vie. Les “émeutes de la faim” avaient fait six morts début avril, ainsi que des centaines de blessés et d’importants dégâts matériels. AFP / Clarens RENOIS Robert Manuel, conseiller du Président Préval lors d’une rencontre au Palais National avec les milieux d’affaires (photo Georges Dupé) courriel à ses proches, leur disant que son travail se déroulait bien.Les ravisseurs de la Canadienne exigent une rançon de 100.000 US$Presse Canadienne Port-au-Prince, Haïti Les ravisseurs de la coopérante montréalaise Nadia Lefebvre, enlevée mercredi à Port-au-Prince, en Haïti, demandent une rançon de 100 000 $ US, selon ce qu’a indiqué vendredi le directeur de la Police nationale haïtienne. Frantz Thermilus a ajouté à la télévision anglaise de Radio-Canada que la plupart des demandes de rançon se réglaient généralement pour une somme entre 4000 $ US et 8000 $ US. Nadia Lefebvre, une étudiante âgée de 32 ans qui est coopérante pour Médecins du Monde, a été enlevée alors qu’elle roulait à bord de d’une automobile identifiée à cette organisation. Le porte-parole de la police des Nations unies, Fred Blaise, avait indiqué jeudi en entrevue à CTV qu’un contact a été établi avec les kidnappeurs et que la jeune femme est vraisemblablement en sécurité. Un porte-parole de Médecins du Monde a refusé de commenter l’affaire. Le consulat canadien est en communication avec les autorités haïtiennes à propos du sort de la coopérante. Le ministère canadien des Affaires étrangères signale que la plupart des victimes d’enlèvement en Haïti sont libérées par leurs ravisseurs après l’obtention d’une rançon. Nadia Lefebvre aurait quitté le Québec le 14 mai dernier pour un stage de trois mois en Haïti dans le cadre de ses études en administration à l’Université de Sherbrooke. Vendredi dernier, elle a expédié un liée aux activités de gangs de rue et non au désespoir associé à la hausse du coût de la vie qui a entraîné des émeutes meurtrières cette année, a suggéré M. Blaise. expérience internationale. Elle avait fait un séjour en Bolivie, il y a 13 ans. Bon nombre d’étrangers résident dans le quartier aisé de Tomasin, où Nadia Lefebvre a été enlevée. Les autorités ont indiqué qu’un réseau de kidnapping sévissait dans ce secteur depuis plusieurs mois. Nadia Lefebvre est la 20e victime d’enlèvement confirmée en Haïti ce mois-ci. Au moins 139 personnes ont été enlevées au pays en 2008, soit 10 pour cent de plus que pour les cinq premiers mois de 2007, a révélé M. Blaise. La plupart des enlèvements sont survenus dans la capitale. L’augmentation des enlèvements pour des rançons est probablement La jeune femme n’en est pas à sa première Port-au-Prince, le 25 mai.Les élèves de l’institution privée mixte Catts Pressoir de Port-au-Prince sont sous le choc après la disparition tragique de l’un des leurs, Kareem Xavier Gaspard ( 16 ans), élève de seconde. Kareem “Kako” Gaspard avait été enlevé le mardi 20 mai à sa sortie de l’établissement scolaire. Le corps méconnaissable de l’adolescent a été retrouvé à Carrefour Péan (Delmas 18), un quartier populaire situé au nord de la capitale,Kidnapping suivi d’assassinat d’un élève de 16 ans le vendredi 23 mai. Il y aurait été déposé vers trois heures du matin le même jour, selon des riverains. En très mauvais état, le corps a pu être finalement identifié à la morgue de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti, grâce à un bracelet jaune qu’il portait, sur lequel était inscrit son nom, et à son uniforme scolaire. Camarades et proches de “Kako” projettent une importante mobilisation. Alertehaiti.ht L’EVENEMENT Kidnapping et assassinat d’un élève de 16 ans p.3 INSECURITE Les ravisseurs d’une Canadienne exigent une rançon de 100.000 US$ p.3 ANALYSE Le pouvoir dépassé par l’insécurité p.1 POLITIQUE René Préval désigne Bob Manuel comme Premier ministre p.1 EDITORIAL Obsession élections ! p.5 URBANISME Remplacer les arbres par le béton p.2 ECONOMIE Premier salon de l’innovation p.6 L’Espagne propose une conférence sur Haïti p.6 American Airlines prend des mesures drastiques p.6 L’ambassadeur dominicain appelle à la levée de l’embargo p.8 AUTRES TITRES L’OEA se prononce sur l’impasse politique p.8 L’Ambassade d’Haïti en France commémore le 18 Mai p.17 Wyclef Jean lance une association pour Haïti p.1 Drapo Ayisyen an hise byen wo nan Mayami p.19 LETTRES Jean-Claude Charles ou un adolescent d’autrefois p.10 Un entretien inédit avec l’auteur de Manhattan Blues p.11 LIBRE PENSEE Préoccupation ! p.17

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 4 FORT LAUDERDALE, FL – Amerijet International will open a Fort Lauderdale air freight station on April 2, 2007, announced Pamela Rollins, Amerijet’s VP of Business Development. The station is located adjacent to Amerijet’s corporate headquarters at 2800 South Andrews Avenue. “We have a lot of customers in Broward, Palm Beach and even Martin counties that will enjoy the additional convenience of this station,” Rollins said. “Eventually, we will expand this location to offer ocean services and delivery of import cargo, to make s hipping with us even easier.” Amerijet will accept outbound international air freight at this station, including general personal and commercial cargo, large or small packages, barrels, valuable and fragile goods , hazardous material, oversized shipments and domesticated live animals. Hours of operation will be 9:00 a.m. to 5:00 p.m. Monday through Friday and 9:00 a.m. to 1:00 p.m. on Saturday. Amerijet will transport cargo between this station and its Miami hub via daily ground transfer. For rates and cargo-specific questions, customers can contact Amerijet’s sales department at 800-927-6059 or via e-mail at sales@amerijet.com. Amerijet International, Inc. is a full-service multi-modal transportation and logistics provider offering international scheduled all-cargo transport via land, sea and air. Ft. Lauderdale, Florida-based Amerijet operates offices all over the world, serving destinations throughout North, South and Central America, Mexico, the Caribbean, Europe, Asia and the Middle East. Amerijet operates its own fleet of Boeing 727-200 aircraft from its primary hub at Miami International Airport, where it maintains a custom-built 210,000square-foot air cargo handling facility, a 96,000-square-foot ramp facility and a 50,000-square-foot ocean cargo handling facility. For additional information, visit Amerijet on the web at www.amerijet.com. AMERIJET TO OPEN FORT LAUDERDALE CARGO DROP STATION ADOMI P ADOMI P ADOMI P ADOMI P ADOMI P UR UR UR UR UR CHA CHA CHA CHA CHA SING A SING A SING A SING A SING A GENCY GENCY GENCY GENCY GENCYTel. : 786-457-8830 • Fax: 305-756-0979 e-mail pasacalia@aol.comPour tous vos achats : Equipements pour construction / Pièces de voiture / Camion / Equipement médicalPar avion ou par bateau.UNE ANALYSEfrançaise qui est gardée par des ravisseurs pendant toute une semaine avant d’être libérée contre rançon. Peu après c’est un fonctionnaire de l’AFD (Agence française de développement) qui est emmené alors qu’il sortait d’une soirée. Long suspense. Libération après paiement aussi d’une rançon.Cadavre d’un lycéen de 16 ans …Cette semaine (dans la nuit du mardi au mercredi 21 mai) c’est une étudiante canadienne quiNOUVELLE MENACE DE BOULEVERSEMENT POLITIQUELe pouvoir dépassé par l’insécurité(INSECURITE... suite de la 1ère page) qu’elles auraient pu solutionner soit par la libération des otages sains et saufs, soit par l’arrestation des criminels.L’Etat a perdu la bataille …Mais la vague n’en continue pas moins de grimper à toute vitesse et chaque jour davantage. Pour tout le monde, L’Etat a perdu la bataille contre la criminalité. Soit par inexpérience. Soit à cause de la complicité de certains de ses membres (spécialement au sein du corps de police ; selon une source fiable, au moins 30 pour cent des enlèvements impliqueraient maltraitent et même parfois assassinent en plein jour ? La municipalité n’a pas de réponse. D’ailleurs nos maires eux-mêmes ont transporté aujourd’hui leurs pénates dans une annexe située au haut de la ville, dans le quartier du Canapé Vert. Fuite en avant. La police de son côté s’avoue vaincue. Elle a bien essayé de tenir tête au début. Mais il n’y a pas plus de trente policiers affectés dans cette zone pourtant stratégique du centre commercial car étant à la fois le ventre de la capitale de plus de deux millions est enlevée alors même qu’elle était arrivée en Haïti le 14 mai pour suivre un stage auprès de l’organisation Médecins du monde. D’autre part vendredi, on découvre le cadavre d’un lycéen de 16 ans du côté de Carrefour-Péan (est de la capitale). Il avait été emmené par des inconnus armés. Puis tué par ses ravisseurs malgré le versement de la rançon. Dans leur point de presse hebdomadaire, aussi bien la Police nationale d’Haïti (PNH) que la mission des casques bleus onusiens (Minustah) dressent un bilan des dernières opérations menées dans la lutte contre le banditisme. Y compris des enlèvements des membres de l’institution policière à un niveau ou un autre). Soit par esprit de démission de la part des autorités en place. Mais voici qu’au kidnapping s’ajoute un autre grave motif d’alerte générale : les gangs criminels sont en train de pousser à la fermeture, les unes après les autres, les multiples entreprises commerciales entourant la zone communément appelée le Marché de la Croix-des-Bossales. C’est presque chaque jour qu’un magasin reçoit la visite de toute une dizaine de ces voyous armés jusqu’aux dents qui emportent la caisse, ou qu’un gardien de sécurité est abattu sans discussion. poumon de l’économie nationale. Outre le fait qu’il existe depuis toujours une sorte d’équilibre de la terreur entre les gendarmes et les voleurs dans ce coin reconnu comme parmi les plus achalandés du pays. Seule solution pour les propriétaires de ces entreprises : acheter leur propre sécurité. Mais les gardiens de sécurité tombent aujourd’hui comme des mouches. L’équilibre est rompu. De tout côté. Les gangs ont à présent les mains libres. Une totale liberté d’action.Le sabotage économique …Dernier recours : l’Etat. Car c’est désormais une question d’autorité de l’Etat. Ce n’est plus une question de jouer au gendarme et au voleur, mais c’est devenu un défi à l’Autorité de l’Etat. Or celui-ci n’en a cure. En tout cas pour le moment. Et nous retournons au kidnapping qui dans le reste de la ville impose lui aussi désormais un pouvoir total. Avec aussi, il nous semble, deux particularités nouvelles : les enlèvements d’enfants avec menace d’assassinat et de mutilation (déjà mise à exécution dans plusieurs cas), ça c’est pour jeter la terreur. Qui dit terreur dit déstabilisation dans un pays soumis à une crise politique au stade endémique.Une nuée de racketteurs …Quant aux marchandes elles-mêmes, elles sont la proie d’une nuée de racketteurs déguisés en soi-disant percepteurs pour la mairie de Port-au-Prince. Est-ce que la mairie qui est située à quelques mètres de là serait devenue (à nouveau) un repaire pour ces « sans manmans » qui volent, d’âmes (qui dessert aussi tout le reste du pays) et un (INSECURITE / p. 5) Une vue des activités commerciales intense autour du Marché de la Croix-des-Bossales (photos Eugène Robenson)

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 5 DE L’ACTUALITEpersonne ne parle mais qui constitue la vraie toile de fond de tous les événements politiques qui se succèdent depuis plusieurs mois dans le pays, ce sont les élections prochaines. Le Président René Préval a dans son message du 18 Mai, fête du drapeau national, félicité le Premier ministre démissionnaire (Jacques Edouard Alexis) et son gouvernement pour avoir contribué à maintenir la stabilité durant les deux premières années de l’actuel mandat présidentiel. Justement parce qu’il n’y a pas d’élections pendant les deux premières années … Mais maintenant nous entrons dans la chaîne électorale telle que prévu par la Constitution : sénatoriales partielles pour remplacer le tiers des sénateurs récemment partis, puis les élections indirectes pour mettre en place différentes institutions dont pour la première fois le Conseil électoral permanent, puis peu après les élections pour réélire la Chambre des députés. Et avant le temps de le réaliser, nous parviendrons fin 2010 aux élections présidentielles pour l’installation en février 2011 d’un successeur au Président Préval. Oui, mine de rien, c’est la vraie trame de tous les événements politiques qui brusquement ne cessent d’agiter le pays depuis quelques mois. Oyez plutôt. Les sénatoriales partielles ont dû être renvoyées en décembre dernier. Jusque-là une querelle faisait rage : seront-elles organisées par le même conseil électoral de 2006 et qui avait été sous la coupe des groupes politiques qui ont renversé Aristide en février 2004, donc obligatoirement sectaire dans son orientation ; ou faut-il un nouveau conseil électoral où les différents secteurs sont représentés d’une manière plus équilibrée ? Cette bataille pour le choix du CEP dominera l’actualité pendant plusieurs semaines. Ce fut la deuxième formule qui s’imposa : un nouveau conseil électoral provisoire. A partir de là, les mêmes adversaires vont s’affronter maintenant autour de la formation du nouveau conseil … chacun voulant imposer ses pions, c’est-à-dire des conseillers plus susceptibles de protéger les intérêts de tel parti ou de tel autre, d’un côté comme de l’autre. Puis le nouveau conseil une fois (difficilement) formé, c’est la bataille entre les mêmes protagonistes pour la direction générale du CEP. C’est l’épisode Jacques Bernard, l’ancien directeur général du conseil électoral de 2006 qui débarque un matin au Sénat (accompagné de ses protecteurs et commanditaires) assurant qu’il est capable d’expédier ces sénatoriales partielles tant attendues en moins de temps que tout autre. Le suspense Jacques Bernard occupera aussi l’actualité politique pendant longtemps. Entre-temps l’ex-directeur général du CEP obtint en effet le poste tant convoité de directeur général de l’organisme électoral, mais c’est pour se retrouver en contravention avec les nouveaux règlements internes établis par les nouveaux conseillers électoraux. Jacques Bernard décida alors de démissionner ni plus ni moins car les nouveaux règlements viennent limiter le pouvoir dont il disposait lors des élections de 2006. Dès lors les manœuvres des différents secteurs pour contrôler l’organisme électoral ne pouvaient être plus criantes. Tout cela dura près d’une année, accompagné de menaces de toutes sortes : désinformation, déstabilisation, accusations réciproques etc. Outre les incessantes convocations des membres du gouvernement au Parlement car, étant donné la présence des troupes étrangères qui limitent l’utilisation de la rue ainsi que des violences habituelles, (étant donné aussi le caractère plutôt flegmatique du Président René Préval) c’est le Parlement qui devient la principale caisse de résonance de cette guerre électorale de basse intensité. La semaine dernière une nouvelle loi électorale a été finalement votée par les deux chambres. Tout est donc prêt pour les prochaines élections ou plutôt pour les élections prochaines ? Pas si certain. vivons ne seraient-ils pas un nouvel épisode de la même stratégie, dans un camp comme dans l’autre, pour exercer le plus grand contrôle que possible sur la machine électorale. Des émeutes de la faim fournissent à un groupe de sénateurs l’occasion de renvoyer le Premier ministre Alexis et son gouvernement. Il est vrai que M. Alexis est présenté lui aussi comme un futur aspirant à la présidence. Mais c’est non seulement le chef du gouvernement qui est en jeu, mais aussi tous les postes ministériels ayant à voir avec l’organisation des élections : justice, intérieur et collectivités territoriales etc. Nous parions que tous ces postes font actuellement l’objet d’enjeux considérables. Car il y a fort à parier que le prochain gouvernement sera aussi celui qui organisera toutes les prochaines élections ou toutes les élections prochaines (car une autre arme utilisée pour tenter de manipuler les élections c’est leur renvoi perpétuel). D’autant que le Président Préval répugne de toute évidence à changer trop souvent d’équipe. D’ailleurs toutes ces manœuvres auxquelles on assiste en ce moment autour de la nomination d’un nouveau Premier ministre et qui se déroulent comme si on était déjà en campagne électorale (puisqu’on voit réapparaître une configuration exactement pareille à celle connue pendant la campagne présidentielle de 2006 – avec LESPWA d’un côté et de l’autre Fusion et l’OPL) c’est bien la preuve que tout ce que nous racontent les protagonistes d’un côté comme de l’autre, c’est du vent. Le vrai dénominateur commun ce sont les élections prochaines (des sénatoriales partielles, en passant par la formation du conseil électoral permanent et jusqu’aux présidentielles de novembre 2010) et les efforts qui sont déployés de tous les côtés pour en avoir le contrôle le plus total. Inutile de vous casser la tête, amis auditeurs, en toute chose, quoi qu’on vous dise, toujours cherchez la même chose, se menm penpenp lan : les élections. Evidemment un pays ne peut vivre que pour des élections. Dès lors, tout s’explique. Mélodie 103.3 FM, Port-au-PrinceObsession élections !PORT-AU-PRINCE, 21 Mai – S’il y a une chose dont En effet, pourquoi les nouveaux événements que nous Tandis que les étrangers qui sont cueillis presque à leur descente d’avion c’est pour les convaincre de ne plus jamais remettre les pieds en Haïti. Cela vaut aussi évidemment pour nos compatriotes de la diaspora. A y regarder de plus près, tous ces phénomènes peuvent concourir (délibérément ou non) au même but : le sabotage économique. D’un côté, forcer des entreprises commerciales qui jouent un rôle de premier plan à fermer leurs portes, comme celles de la place du Marché de la Croix-des-Bossales s’y voient contraintes … De l’autre, fermer la porte aux étrangers qui bravent les interdits de leur pays (toutes les chancelleries du monde découragent de voyager en Haïti) et qui finiront par prendre la menace au sérieux et ne remettront plus les pieds chez nous.Tout pouvoir est renversable ! …Pour finir, la tendance au kidnapping de coopérants et de fonctionnaires détachés auprès d’organismes nationaux ou internationaux en Haïti, c’est aussi un message comme quoi un gouvernement qui n’est même pas capable d’assurer la protection de ses invités, à quoi sert-il ? Mais le gouvernement haïtien là encore semble faire la sourde oreille ! Pense-t-il qu’il ne peut pas être renversé et que la force internationale y veille ? Voyons voir. La faiblesse d’Aristide c’était les gangs des quartiers populaires dont il ne pouvait plus satisfaire à la longue toutes les exigences. C’est par là qu’est venue sa chute. Bill Clinton lui-même a failli être « impeached » (car il n’y a pas de pouvoir qui ne soit renversable) par là où il est le plus faible. L’affaire Monica Lewinski. Le maillon faible de René Préval c’est de toute évidence la sécurité, et qui plus est, l’ignorance dans laquelle son pouvoir semble se complaire à ce sujet. Nous disons : casse-cou ! A moins que là encore, l’on continue de n’en avoir cure. Haïti en Marche, 25 Mai 2008Le pouvoir dépassé par l’insécurité(INSECURITE... suite de la page 4) Port-au-Prince, le 20 Mai 2008 (AHP) Les présidents du Sénat et de la chambre des députés ont rencontré ce mardi au parlement, le malien Ousman Sy, un consultant indépendant en matière de décentralisation et de bonne gouvernance au niveau du continent africain. Organisé à l’initiative du chef de la mission de l’Union Européenne en Haïti, cette rencontre à laquelle ont également pris part les présidents des commissions collectivités territoriales des deux chambres, a été l’occasion pour les participants de débattre de questions relatives à la décentralisation en Haïti. M. Sy a appelé à une mise en application des textes de loi de manière à faire atterrir la décentralisation. Il a annoncé qu’il va proposer aux autorités haïtiennes une feuille de route susceptible de favoriser un consensus autour de la décentralisation. “Il est important de faire de la décentralisation une réalité”, a-t-il fait savoir, soulignant que les discussions qu’il a eues avec les responsables haïtiens prouvent qu’il existe une volonté politique d’avancer dans cette direction.La Décentralisation commence par l’application des textes de loi...(DECENTRALISATION / p. 13)

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 6 American Airlines se prépare à révoquer des milliers d’employés et à prendre d’autres mesures drastiquesMentionnant une économie américaine en faiblesse et ses dépenses en pétrole qui ont augmenté de plusieurs milliards de dollars pendant ces dernières années, American Airlines a déclaré mercredi (21 mai) qu’elle a décidé de charger 15 dollars pour le premier bagage enregistré, réduire sa capacité de transport de au moins 11 pour cent et limoger des milliers d’employés. La compagnie aérienne, basée à Fort Worth (Texas), et premier transporteur aérien aux Etats-Unis, emploie environ 8.300 personnes dans la zone métropolitaine de New York et plus de 80.000 dans le monde. Elle dit devoir prendre ces mesures à cause des hausses du pétrole. Le baril de fuel a atteint jusqu’à 135 dollars la semaine dernière. Le président et directeur exécutif de American Airlines, Gerard Arpey, a déclaré lors d’une rencontre du conseil d’administration de la compagnie que l’industrie aérienne n’a « pas été construite pour supporter de telles dépenses en pétrole » jointes à « une économie américaine faible. » Selon un analyste, d’autres transporteurs peuvent prendre les mêmes mesures tandis que les avions seront probablement sur-remplis, particulièrement durant l’été ou saison des vacances. United Airlines a déclaré qu’elle est en train d’”étudier sérieusement” la mesure consistant à faire payer pour le premier bagage – qui est jusqu’ici sans précédent pour une compagnie aérienne de premier plan. dit qu’elle n’est pas intéressée pour l’instant dans les décisions prises par American. JetBlue, de Forest Hills, a annoncé qu’à partir du 1er juin, elle fera le passager payer 20 dollars pour le second bagage enregistré. American Airlines commencera à charger 15 dollars pour le premier bagage enregistré à partir du 15 juin. Seront exemptés les passagers appartenant au programme « fréquents voyageurs », ainsi que ceux qui achètent un ticket tarif complet et aussi les passagers voyageant à l’étranger. Le mois dernier, la ligne aérienne avait déjà annoncé qu’elle chargerait 25 dollars pour le second bagage enregistré. lines annonce l’intention de réduire sa capacité – c’est-à-dire le nombre de vols par jour – de 11 à 12 pour cent comparé au dernier quart de l’année dernière. La firme aux initiales AA compte environ 4.000 vols par jour. Enfin le directeur exécutif a annoncé que « plusieurs milliers » d’emplois seront supprimés. American emploie 88.000 personnes dans le monde. La compagnie dit qu’elle dépensera 9 milliards de dollars en pétrole pour l’année 2008, comparé à 2.7 milliards l’année dernière. Selon un autre analyste, American Airlines aura probablement à faire davantage de coupures au fur et à mesure que la hausse des prix du pétrole se poursuivra. (source Newsday.com, 22 Mai 2008) Delta Airlines, basée à Atlanta, D’autre part, American AirECONOMIEmoindre masure, on est obligé de réunir tout le conseil d’administration de la ville (ou de la section communale comme dans le cas de Turgeau, car Turgeau ne dépend pas de la mairie de Port-au-Prince, Turgeau est une section communale), qui tient séance publique (c’est-à-dire où tous les citoyens qui ont une objection peuvent intervenir) avant de délivrer ou non le permis sollicité. Il en est de même, par exemple encore, de Tabarre !!! Suivez mon regard. Et on nous parle de démocratie. Au contraire la dictature a fait mieux dans ce domaine. Reconnaissons que c’est sous Jean Claude Duvalier qu’on avait planté les arbres qui ont été récemment déchouqués (c’est le cas de dire) au Champ de Mars. Tandis que lorsqu’on devait construire le building de la Teleco (Télécommunications d’Haïti), on a choisi une position urbanistiquement plus stratégique, une architecture plus souterrain et un ascenseur. Aujourd’hui nos « démocraties » sont livrées pieds et poings liés aux puissances généralement quelconques. Y compris aussi, pendant qu’on y est, aux syndicats des kidnappeurs, n’est-ce pas ! Simple démission de l’Etat ou complicité ou plutôt les deux. Ainsi aujourd’hui on parle aussi par exemple de changer totalement le système de distribution d’électricité au centre ville pour pouvoir avantager ces quartiers fraîchement livrés aux trois B ! Vous aurez remarqué que jusqu’à présent nous n’avons pas utilisé le mot corruption. Mais que doit-on penser, hein ? De plus corruption ne signifie pas forcément accepter des pots-de-vin. Mais c’est la même chose que d’occuper des fonctions pour lesquelles on peut ne pas être qualifié … au plan moral. Moralité publique, s’entend. Mélodie 103.3 FM, Port-au-PrincePort-au-Prince: Remplacer les arbres par le béton(URBANISME ... suite de la page 2) ou moins mode et d’ajouter un parking Premier salon de l’innovation en HaïtiPort-au-Prince, le 20 mai 2008-(AHP) Le Conseil National des Télécommunications (CONATEL), de concert avec des partenaires locaux et étrangers, a procédé le mardi 20 mai à l’ouverture du premier salon de l’innovation en Haïti. Le directeur général du CONATEL, Marcelin Montaigne, a fait savoir que la finalité de cette initiative est de valoriser les travaux de fin d’études des étudiants et de déceler ceux d’entre eux qui pourraient faire l’objet d’une exploitation commerciale immédiate et qui pourraient conduire à la création de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois. Des hommes d’affaires, des investisseurs, et des experts nationaux et étrangers seront là pour aider dans le choix des travaux, a fait savoir M. Montaigne. Il a insisté sur le fait que les travaux de fin d’études des étudiants finissants ne doivent pas rester dans les tiroirs. “ Nous voulons les utiliser dans le cadre de la lutte contre le chômage et encourager du même coup ces étudiants, a-t-il dit, précisant que 2 travaux sur une vingtaine seront sélectionnés cette année. Le premier gagnant recevra 10,000 dollars américains et le second 5,000. Cette activité sera organisée annuellement, a assuré le directeur géneral du Conatel. Espagne: conférence sur Haïti prévue pour juilletPORT-AU-PRINCE, 22 Mai (HPN) Prévue pour le mois juillet prochain, cette conférence économique sera organisée en Espagne et sera coprésidée par la France et l’Argentine. Le président brésilien Luiz (voir ECONOMIE / 8) Lancement du Salon de l’innovation; en première rangée, des membres de la classe des affaires autour du directeur général du CONATEL (photo Jean-Marc Fénelon)Une activité visant à valoriser les travaux de fin d’études des étudiants

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 7 INSERTION DEMANDEELa Primature s’explique à propos de certains fonds débloqués...La publication dans la presse de photocopies de chèques tirés sur les comptes de la Primature ainsi que l’exploitation qui en est faite par certains parlementaires et responsables de partis montrent la nécessité d’informer la population sur les responsabilités qui incombent à cette institution dans le contexte de Gouvernement démissionnaire. En ce sens, il est important de faire la mise au point suivante : La Constitution fait obligation au Gouvernement démissionnaire de gérer les affaires courantes (art. 165). Il a ainsi été entendu au Conseil des Ministres du 14 avril 2008, que tous les programmes déjà initiés devraient être poursuivis. 1Le Programme d’Urgence contre la vie chère Dès le début du mois de février 2008, un programme d’urgence de 1.7 milliard de gourdes a été élaboré et adopté par le Gouvernement pour aider la population à faire face à la vie chère. Ce programme a constitué la base de l’argumentation du Premier Ministre Alexis à l’occasion de son invitation au Sénat de la République le 12 février 2008. Cette séance se termina par une résolution consistant en la formation d’une Commission sénatoriale chargée de travailler avec le Gouvernement sur la mise en œuvre dudit programme. Au cours d’une réunion de travail le 4 mars 2008, le Premier Ministre et son staff présentèrent à ladite Commission le plan de mise en œuvre du programme. Certains des chèques présentés se rapportent justement à l’exécution de ce programme d’urgence. Une première tranche de 400 millions de gourdes a été rendue disponible pour assurer le démarrage du programme. Ce montant a été confié par la Primature, à près de 65%, à des ministères et institutions publiques pour effectuer des interventions et activités relevant de leur champ de compétence. Par souci d’accélérer l’absorption de cette première tranche et dans le but de maximiser l’impact des interventions sur le terrain, les 35% restants ont emprunté le canal des Mairies, des Conseils d’Administration de Section Communale (CASEC) et d’organisations établies à travers le territoire pour réaliser des projets d’intérêt public sur recommandation de notables de ces zones sans considération d’appartenance politique. Cette pratique n’a pas été instaurée en avril 2008 et beaucoup de personnalités et instances politiques (toutes sensibilités confondues) ont pu, par ce biais, supporter des projets au bénéfice de leur communauté. Un tableau résumant l’utilisation des 400 millions de gourdes et présentant la répartition des opérateurs est annexé à la présente. 2Dépenses attribuées à la rentrée scolaire En ce qui concerne les dépenses attribuées à la rentrée scolaire, la Primature informe que les chèques ont été tirés sur un compte intitulé « PRIMATURE / RENTRÉE SCOLAIRE » ouvert depuis deux (2) ans et destiné à financer diverses interventions telles que : petites réparations et équipements dans certaines écoles, subventions aux élèves et étudiants, cela indépendamment de la date de l’ouverture de l’année scolaire. Toutes les pièces relatives au programme d’urgence, comme d’ailleurs celles concernant l’ensemble des opérations de la Primature, sont disponibles et peuvent être communiquées aux instances de contrôle dûment mandatées. Une enquête a été ouverte pour déterminer les conditions dans lesquelles ces documents ont pu parvenir à ceux-là qui en font une telle exploitation puisque la Primature n’a reçu, à ce jour, aucune demande de communication de ces pièces par une institution légalement habilitée. La Primature espère que cette mise au point contribuera à éclairer l’opinion publique et aidera à préserver l’image de nos institutions. Ronald BAUDIN Secrétaire Général de la Primature le 19 mai 2008 mercredi 21 mai 2008RECTIFICATION

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 8 L’ACTUALITE EN MARCHE Port-Au-Prince, Haiti (May 12, 2008) – The Western Union Foundation announced today an Agent Giving Circle Program donation of US$90,000 to the UN World Food Programme to help alleviate the impact of food shortages and high costs of groceries here. “We are extremely pleased by the initiative of our two Agents, Acra Financial Services and SogeXpress Haiti, to make this generous donation to the people of Haiti,” said Luella D’Angelo, Foundation president. “Through our Foundation’s Agent Giving Circle Program, we were able to match their joint US$45,000 donation dollar-for-dollar.” The World Food Programme is currently facing a funding shortfall of nearly $60 million for programs that provide food assistance to some 1.4 million people in Haiti. This contribution allows the organization to help avert imminent pipeline breaks and expand programs in the most vulnerable areas in the Northwest and the Southeast departments in the country. “As Western Union Agents in Haiti, we have the opportunity to help our people during these difficult times in our country,” said Marc-Antoine Acra, of Acra Financial Services. “We are in a privileged position to count on the support of The Western Foundation to make our joint donation and even more significant contribution.” This grant is part of The Western Union Foundation’s “Our World, Our Family,” a five-year initiative to empower migrant families through education and global economic opportunity programs that help them stay connected, overcome barriers, and realize their dreams. “Western Union and SogeXpress have always been there for the people of Haiti and this is just one more example of our strong partnership and commitment to social responsibility in our country,” said Franck Lanoix of SogeXpress. No-fee Account allows public to contribute Individuals and corporations interested in donating to The Western Union Foundation efforts in Haiti, may visit any Western Union Agent location in the U.S. and donate to the established Quick Collect account: WUFOUNDATION, CO. These donations will be accepted during the month of May and will be processed without any fees. Donations may be made up to US$5,000. For questions on how to donate to The Western Union Foundation efforts in Haiti using this service, please contact: 800-238-5772. About the Western Union Foundation The Western Union Foundation began in 2000 as a philanthropic organization to facilitate charitable giving programs worldwide. Through the donations of The Western Union Company (NYSE:WU), its employees and Agents, the Foundation helps to fund programs that enhance the quality of life for those most in need around the world. Since 2001, the Western Union Foundation, in collaboration with Western Union Agents and employees, has granted nearly $45 million to more than 1,500 nongovernmental organizations (NGOs) in 70 countries around the globe to support humanitarian projects. In addition, the Foundation has supported more than 50 disaster-relief operations and has funded education and human services programs. For more information, visit www.westernunion.com/ foundation. About Western Union Western Union (NYSE:WU), together with its affiliates Orlandi Valuta and Vigo, is a leading provider of global money-transfer services, providing people with fast, reliable and convenient ways to send money around the world, pay bills and purchase money orders through a network of more than 345,000 Agent locations in over 200 countries and territories. For more information, visit www.westernunion.com.Western Union FoundationAgents donate $90,000 to HaitiEstablishes no-fee service to process public donationsInàcio Lula da Silva et le Premier ministre espagnol José Luiz Rodrìguez Zapatero ont, lors de la tenue du 5ème sommet euro-latino américain (ALC-UE), amené les pays participants à approuver une conférence économique sur Haïti. Elle devra, selon ses deux initiateurs, permettre l’élaboration d’un programme de sécurité alimentaire et de développement rural en faveur d’Haïti. La crise alimentaire qui touche Haïti depuis quelques temps a déjà occasionné plusieurs interventions de la communauté internationale. Lors d’une rencontre qui a eu lieu jeudi dernier à Lima (Pérou), M. Lula et M. Zapatero ont discuté d’un éventuel plan de solidarité pouvant aider Haïti à affronter la crise alimentaire qui l’affecte. Par ailleurs, d’après l’Ambassade américaine, Haïti bénéficiera d’un don de 7000 tonnes de riz des Etats-Unis. Cette assistance alimentaire s’effectuera dans le cadre « du plus grand programme d’aide alimentaire au développement de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) à travers le monde », ont-ils signalé dans un communiqué de presse. Outre cette aide alimentaire, l’USAID fournira un montant initial de US$ 20 millions d’aide alimentaire d’urgence à Haïti. D’un autre côté, le Venezuela a débarqué en Haïti un lot de 50 tracteurs et plusieurs milliers de tonnes de semences de maïs et de tomates pour aider le gouvernement dans la lutte contre la vie chère et pour la relance de la production agricole.Espagne: conférence sur Haïti prévue pour juilletETATS-UNIS ET VENEZUELA RIVALISENT(ECONOMIE ... suite de la page 6) Port-au-Prince, le 20 mai 2008-(AHP)L’ambassadeur dominicain en Haïti, José Serulle Ramia, a fait savoir mardi que son gouvernement attend impatiemment, de la part des autorités haïtiennes, une décision favorable à la levée des mesures d’interdiction d’importation en Haïti des produits avicoles dominicains. Ces mesures ont été adoptées il y a 5 mois, suite à la découverte, en République Dominicaine, des foyers de grippe avaire, plus exactement le virus H5N2. Le diplomate a fait savoir que le ministre dominicain de l’Agriculture est à pied d’oeuvre en vue de l’éradication du virus. Beaucoup de fermes dominicaines ont déjà été certifiées et sont libres de reprendre leurs activités d’exportation vers n’importe quel pays, a-til affirmé. José Serulle Ramia a également assuré que le virus n’a pas évolué et peut rester des années sans avoir une incidence sur la consommation des produits avicoles. pour faciliter la reprise des activités commerciales, a lancé le dipomate soulignant que 4,200,000 touristes consomment actuellement les produits avicoles de la République Dominicaine. M. Ramia a exprimé le souhait que le travail des délégations actuellement en mission en RépubliqueL’ambassadeur dominicain en Haïti appelle à la levée des mesures d’interdiction frappant les produits avicoles de son paysdominicaine, dans le cadre de cette affaire, aboutissent à des conclusions facilitant une décision finale. Une décison qui pourrait bien aider dans le cadre de la lutte contre la vie chère en Haïti, a estimé l’ambassadeur. AHP PORT AU PRINCE (HPN) Le Secrétaire général adjoint de l’OEA, Albert Ramdin, s’est fait le porte-parole de la communauté internationale pour demander au président haïtien, René Préval, de choisir un autre premier ministre. « L’OEA et la communauté internationale sont très préoccupées par l’absence d’un premier ministre en Haïti et les conséquences néfastes que cela pourrait provoquer», a déclaré Albert Ramdin à la Voix de l’Amérique à Washington. Le numéro 2 de l’OEA qui dit ne pas souhaiter la répétition des récentes émeutes contre la vie chère à Port-au-Prince a encouragé l’exécutif, le parlement et les partis politiques à s’entendre sur la formation d’un nouveau gouvernement. « La Communauté internationale a besoin d’un gouvernement qui doit être le fruit d’un large consensus de tous les secteurs », a-t-il fait savoir. Selon Albert Ramdin, le choix d’un premier ministre dans le plus bref délai est impératif pour sortir Haïti de l’impasse où elle se trouve aujourd’hui. « La communauté internationale a besoin d’un partenaire avec qui travailler, un partenaire qui a l’autorité nécessaire pour coordonner l’aide internationale et distribuer l’aide alimentaire », a-t-il conclu. Le secrétaire général adjoint de l’OEA s’est, par ailleurs, réjoui de la ratification de la loi électorale par le parlement Haïti tout en admettant sa non-viabilité sans sa publication dans le journal officiel « Le Moniteur». « Sans un gouvernement légitime pour publier la loi, il devient difficile de continuer avec le processus électoral », a-t-il admis. Il a toutefois appelé à la tenue des élections sénatoriales partielles aussitôt que possible tout en soulignant que la communauté internationale suit la situation en Haïti avec beaucoup d’attention et de préoccupation. JPL/HPNL’OEA se prononce sur l’impasse politique en Haïti Haïti-Drapeau: un triste 18 mai, selon le président PrévalHPN, 19 Mai « Ce 18 mai 2008, la fête est moins belle, car nous sommes tristes », a lancé le chef de l’Etat, René Préval, dans son message de circonstance pour la fête du drapeau et de l’université. Au palais national, le chef de l’Exécutif a prononcé son discours devant un public clairsemé. Peu se sont donnés la peine de venir assister à la traditionnelle parade du 18 mai, jour du drapeau national qui a été créé le 18 mai 1803. « L’année dernière, la fête était plus belle, a poursuivi René Préval, parce qu’après les trois années de turpitudes allant de 2004 et 2007, nous avions entrevu une lueur de stabilité, une lueur de tranquillité pointait à l’horizon ». Une atmosphère de stabilité qui ravivait la confiance chez tout le monde et faisait croire que demain pouvait être meilleur, poursuit le président de la République, faisant référence au retour progressif du climat de sécurité qui a été mis à mal par les émeutes d’avril dernier. « Et puis, d’un coup, un nuage est venu obscurcir le soleil de la stabilité et de la tranquillité. Les prix se mettent à grimper à une vitesse vertigineuse. Des manifestations de rue ont eu lieu », rappelle le président dénonçant en passant certains éléments qui ont profité de la situation pour commettre divers forfaits. « Le nuage de vie chère, continue le locataire du palais national, n’obscurcit pas seulement le ciel d’Haïti, mais est un phénomène mondial, peut-on constater aujourd’hui ». Un phénomène profond qui donne du fil à retordre à tous les pays, riches ou pauvres comme Haïti, a indiqué le chef de l’Etat soulignant que les prix des produits de première nécessité grimpent constamment sur le marché international. La vie chère pousse à reposer le problème de la mondialisation, avance le président. « En 1803, lorsque nous avons créé le drapeau, nous avons voulu combattre le phénomène qui avait pris à l’époque les traits de la colonisation. Aujourd’hui la mondialisation nous a remis les fers aux pieds par la dépendance des petits pays. » « Nous nous sommes battus en 1803 avec des fusils. Maintenant la bataille est à un autre niveau. Elle consiste à lutter contre la pauvreté et à obtenir l’indépendance économique », indique René Préval qui, une fois de plus, met en avant la production nationale, un thème devenu, depuis les émeutes d’avril écoulé, son principal cheval de bataille. « Il faut s’unir et se battre pour la production nationale. Se répandre dans les plaines, dans les montagnes pour mener la lutte, tous comme nos ancêtres l’ont fait pour se libérer de la colonisation. » La lutte sera longue et difficile, a prédit le président qui exhorte la population à se serrer la ceinture car il faut des sacrifices pour obtenir la liberté économique. Il est temps que les rapports entre les ministères de l’agriculture des deux pays reprennent

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 9 MIAMI-DADE COUNTY ADVERTISEMENT FOR BIDS PROJECT NAME: OPF New Air Traffic Control Tower (ATCT) PROJECT NO.: L085A (ProjectŽ) Sealed Bids for the Project designated above will be received for and in behalf of Miami-Dade County, by the Office of the Cler k, in the Stephen P. Clark Center, Suite 17-202, 111 N.W. lst Street, Miami, Florida, 33128 until 1:00 P.M. Wednesday, July 16th, 2008 or as modified by addendum, at which time all Bids will be taken to a room to be designated by the Clerk of the Board in said Stephen P. Clark Center, publicly opened and read aloud. Bids received after the time and date speci fied will not be considered. The County reserves the right to postpone or cancel the Bid opening at any time prior to the scheduled opening of Bids. Bidders are invited to be present IN GENERAL THE WORK COMPRISES Clearing & grubbing, earth work, drainage, paving, marking, airfield lighting cabling, security fencing, grounding, signage, utilities, demolition, concrete, steel, electrical, plumbing, HVAC, and landscaping as necessary to construct an approximately 2,980 SF single-story support building and a 220 foot tall (AGL) Air Traffic Control Tower . BID DOCUMENTS: The Miami-Dade Aviation Department will make the Bid Documents available, on Wednesday, June 4th, 2008 , for inspection by individuals by appointment only, on business days during the hours of 9:00 a.m. to 4:00 p.m. at Building 5A, Miami International Airport. Interested parties are to schedule an appointment to review the Bid Documents through William Murphy (305) 876-0922. The duration of each appointment will not exceed two (2) hours. However, the Department may schedule additional time slots (not to run consecutively with the original appointment), if available. At the time of the appointment, and prior to any Bid D ocument review, interested parties will be required to present current, government issued, picture identification (e.g., Drivers License, United States Passport), documentation that they ar e licensed architect, engineer, or contractor who may perform work on, or related to, the Project, and sign and notarize a Confidentiality Affidavit certifying that the company and each aut horized employee agrees, that in accordance with Florida Statutes § 119.071(3)(b) and one or more of the following Florida Statutes, § 281.301 and § 331.22, to maintain the information contained in the Bid Documents as being exempt from the provision of Florida Statute § 119.07(1) and § 24(a), Article I of the State Constitution. In addition, interested parties are advised that individuals will be monitored while reviewing these documents. Interested parties may take notes, however, no photographs and/or copying of the documents will be allowed. The Bid Documents can be purchased at Kimley-Horn and Associates, Inc. … 9130 S. Dadeland Blvd, Suite 102 Miami, FL 33156 … (3 05) 670-9120 as follows: 1. Non-refundable Payment of $200 for each set of Bid Documents 2. Refundable Deposit of $1,000 for each set of Bid Documents 3. Provide 24 hr notice prior to picking up Bid Documents by calling (305) 670-9120 The non-refundable payment shall be by any type of check, or money order, only, and made payable to the Miami Dade Aviation Dep artment. The refundable deposit shall be by Cashiers or Certified check or money order, only, and made payable to the Miami Dade Aviation Department. To purchase a se t of the Bid Documents, each purchaser must present a current, government issued, picture identification (e.g., Drivers License, United States Passport), documentation that they ar e licensed architect, engineer, or contractor who may perform work on or related to the Project, and furnish and sign a notarized Confidentiality Affidavit. Each interested Bidder shall, a t the time of Bid Document pickup, furnish an address, telephone and fax numbers, and email address for the purpose of contact during the bidding process. A business card with all o f this information will suffice. All Bid Documents, including any copies made, shall be returned to the same location where they were purchased. All Bidders th at timely return the Bid Document will have their deposit returned. Those Bidders that purchase Bid Documents, but elect not to participate in the bidding process are als o required to return all copies of the Bid Documents to the location of purchase. Failure to return the Bid Documents and copies made to the location of purchase within five (5) working days after the Bid Due Date may be reported to a Law Enforcement Investigating Authority and will forfeit the deposit. Furthermore, Bidders that fail to return Bid Documents shall not be allowed to participate in future Confidential solicitations until such time that the firm has taken corrective actions that are satisfactory to Miami Dade County. The purch aser of the Bid Documents shall be required to certify that they have returned all original Bid Documents plus any copies and they have not retained any copies. All Bids must be submitted as set forth in the Bid Documents. The County reserves the right to reject any or all Bids, to waiv e informalities and irregularities, or to re-advertise the project. The County, by choosing to exercise its right of rejection, does so without the imposition of any liability again st the County by any and all Bidders. PRE-BID CONFERENCE : The Miami-Dade Aviation Department will hold a Pre-Bid Conference on Wednesday, June 11th, 2008 at 10:30 am at Miami International Airport, 4200 NW 36th St. Building 5A, Miami, FL 33166, for all interested parties. Attendance will be limited to two (2) representatives per firm. No other Site Inspections will be provided by the Miami-Dade Aviation Department. It is the policy of Miami-Dade County to comply with all the requirements of the Americans with Disabilities Act (ADA). For sign language, interpreter services, material in accessible format, other special accommodations, or airport-related ADA concerns, please cont act the MDAD Office of ADA Coordination at (305) 8760856. DISADVANTAGED BUSINESS ENTERPRISE PROGRAM. Participation Goal for of this Project is: DBE 16 % COMMUNITY WORKFORCE PROGRAM The Community Workforce Goal for this Project is: 10 % BID GUARANTY: Each Bid must be accompanied by a Bid Guaranty of not less than five percent (5%) of the Total Bid in a manner required by th e Instructions to Bidders. No Bid may be withdrawn after the scheduled closing time for the receipt of Bids for a period of one hundred and eighty (180) days. T he County reserves the right to reject any or all Bids, to waive informalities and irregularities, to reject all Bids, or to re-advertise for Bids. BID IS SUBJECT TO THE FOLLOWING PROVISIONS AMONG OTHERS : 1) The U.S. Department of Labor wage rates. 2) The Provisions in reference to the timetables for minority and female employment participation, expressed as a percentage, for the Contractor's aggregate work force in each trade on all construction work in the covered area, as follows: Timetables Goal for minority Goals for female Participation for each Participation for From 4/01/81 trade in Miami-Dade County each trade Until further notice 39.5% 6.9% As used in this Notice, and in the Contract resulting from this solicitation, the "covered area" is Miami-Dade County, Florida. These goals are applicable to all Contractor's construction work (whether or not it is Federal or Federally assisted) performed in the covered area. 3) The "Equal Opportunity Clause" and the "Standard Federal Equal Employment Opportunity Construction Contract Specifications" as set forth in the Contract Documents. The Contractor's compliance with the Executive Order and the regulations in 41CFR Part 60-4 shall be based on its implementatio n of the Equal Opportunity Clause, specific affirmative action obligations required by the specifications set forth in 41CFR 60-4.3(a), and its efforts to meet the goals e stablished for the geographical area where the Contract resulting from this solicitation is to be performed. The hours of minority and female employment and training must be substant ially uniform throughout the length of the Contract, and in each trade, and the Contractor shall make a good faith effort to employ minorities and women evenly on each of its projects. T he transfer of a minority or female employee or trainee from Contractor to Contractor or from project to project for the sole purpose of meeting the Contractor's goals shall be a viol ation of the Contract, the Executive Order and the regulations in 41CFR Part 60-4. Compliance with the goals will be measured against the total work hours performed. The Contractor shall pro vide written notification to the Director of the Office of Federal Contract Compliance Programs within ten (10) working days of award of any construction subcontract in excess of $10,000 at any tier for construction work under the Contract resulting from this solicitation. The notification shall list the name, address and telephone number of the Subcontractor; emp loyer identification number of the Subcontractor; estimated dollar amount of the subcontract; estimated starting and completion dates of the subcontract; and the geographical area in whic h the Contract is to be performed. 4) It is the policy of the County that Disadvantaged Business Enterprises (DBE) as defined in 49 CFR Part 26 shall have the ma ximum opportunity to participate in the performance of contracts whenever the work under the Contract is financed in whole or in part with Federal funds. 5) Pursuant to Miami-Dade County Code Section 2-11.1(t), a Cone of SilenceŽ is imposed upon RFPs, RFQs or Bids after advertis ement and terminates at the time the County Manager issues a written recommendation to the Board of County Commissioners or a Notice of Contract Award Recommendation, whichever co mes first. The Cone of Silence prohibits communications regarding RFPs, RFQs or Bids between potential vendors, service providers, Bidders, lobbyists, or consultants an d the Countys professional staff, including but not limited to the County Manager and the County Managers staff. A Cone of Silence is also imposed between the Mayor, County Commi ssioners or their respective staffs and any member of the Countys professional staff including, but not limited to, the County Manager and the County Managers staff. The provisions of Miami-Dade County Code Section 2-11.1(t) do not apply to oral communications at pre-Bid conferences, oral pre sentations before selection committees, oral communications with the Contracting Officer, as published by the Small Business Affairs/Department of Procurement Management (S BA/DPM) (formerly the Department of Business Development) in their weekly Cone of Silence Project Information Report, for administering the procurement process, provided th e communication is limited strictly to matters of process or procedures, Contract negotiations during any duly noticed public meetings, public presentations made to the Board of County Commissioners during any duly noticed public meeting or communications in writing at any time unless specifically prohibited by the applicable RFP, RFQ, or Bid document. Bidders or pr oposers must file a copy of any written communication with the Clerk of the Board, which shall be made available to any person upon request. The County shall respond in writing and file a copy with the Clerk of the Board, which shall be made available to any person upon request. In addition to any other penalties provided by law, violation of Miami-Dade County Code Section 2-11.1(t) by any Bidder or prop oser shall render any RFP award, RFQ award, or Bid award voidable. Any person having personal knowledge of a violation of this Ordinance shall report such violation to the State Attorney and/or may file a complaint with the Ethics Commission. Bidders or Proposers should reference the actual Ordinance for further clarification. 6) The County shall not be responsible for any modifications or alterations made to the Bid Documents or to the Contract Docume nts other than those made by Addendum, Change Order, or Work Order. Any purchase of partial sets of documents shall be at the purchasers risk.

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 10 L’écrivain Jean-Claude Charles en vente signatureJean-Claude Charles ou un adolescent d’autrefoisPORT-AU-PRINCE, 24 Mai – Ce samedi, on a conduit un ami à sa dernière demeure, mais c’est faute de trouver une meilleure expression car de demeure, il n’en a jamais eu vraiment depuis qu’il laissa la modeste maison familiale à la Rue de l’Enterrement pour partir pour ce qu’il définira lui-même de d’ailleurs ! Jean-Claude Charles est mort à Paris le 7 mai dernier. Né en 1949, il a laissé Haïti à l’âge de 21 ans pour une longue existence de bourlingueur au cours de laquelle il aura réussi à faire en France une brillante carrière de romancier et de journaliste. Harvard, ni la Sorbonne ne tient l’équivalence. Nous sommes dans les pires années de la dictature de Papa Doc, la deuxième moitié des années 60. Dans un pays totalement écrasé sous le poids de l’arbitraire. C’était le temps de se parler par signes, mot inoubliable d’Anthony Phelps. Terroriser le citoyen jusque dans ses rêves … La dictature vous poursuivait jusque dans votre for intérieur. « Eh vous là-bas, venez ici. A quoi pensez-vous ? » Il fallait terroriser le citoyen jusque dans ses rêves les plus secrets. L’intériorisation de la peur. On n’a plus peur. On est la peur ! Je me souviens d’un jeune homme qui nous avait apporté à la radio ses premiers poèmes. Deux semaines plus tard on apprit qu’il avait été arrêté. Chef d’accusation : scatologie. Le Merdre (!), cri de guerre du dadaïsme, était devenu une expression trop familière. Car justement c’était aussi un temps riche et vivace culturellement. Tous nos plus grands poètes étaient encore vivants. On croisait le griot Carl Brouard et le surréaliste Magloire Saint Aude sur notre chemin, mais il est vrai, déjà plus morts que vivants. Grâce à la dive bouteille (la boisson), ils ne sauront rien des méfaits d’un dictateur qui avait été dans le temps leur ami, et qui poussera la plaisanterie jusqu’à leur faire des funérailles officielles. L’ enracinerrance de Jean-Claude Charles vient de là, s’y enracine. Force était d’être à la fois d’ici et d’ailleurs. Pour l’instant, on se réfugiait donc dans ce qu’on appelle les belles lettres. Ou du moins ce qui nous en parvenait jusqu’ici. On choisissait (ou on faisait semblant d’aimer) ce qui était le plus rare, le plus précieux. Le cinéma de Buñuel et d’Antonioni, le nouveau roman, Alain Robbe-Grillet. C’est l’époque où Franckétienne nous apporta ses premiers recueils. Il fallait les inspecter de la première à la dernière lettre avant d’en parler au micro. Mais comme c’était en français (et non des moindres), pensez donc, Vigie de verre, qu’est-ce que le tonton macoute peut y comprendre ! Raffiné et divinement snob … Mon jeune collaborateur Dominique Batraville nous décrit Jean-Claude Charles comme un être raffiné et divinement snob. En effet, il fallait être snob pour survivre en ce temps-là. Nous passions des semaines, si ce n’était à discuter du sexe des anges, mais de sujets tels que : Victor Hugo est-il un imbécile ? Ou Baudelaire est-il un poète d’intelligence ou d’imagination ? Et ces débats publics et passionnés se déroulaient sur la Place Jérémie ou la Place SaintAlexandre, l’une et l’autre dans le quartier du BasPeu-de-Chose (dont les anciens formeront plus tard à New York le fameux club LABAPEK). Cela sous l’œil rassuré des tontons macoutes. Se ti boujoua, nou pa gen poblèm avèk yo (ce sont de jeunes bourgeois, nous n’avons rien à craindre de leur côté). Le plus grand crime c’était d’être pauvre et instruit. Selon le triptyque : pauvre et instruit égal communiste ! Il fallait donc jouer les bourgeois. Point. Aussi il n’est pas rare que tous ceux de cette génération parlent et écrivent assez bien le français. Quant à la saine maigreur de Jean-Claude (on ne lui connaît aucun goût culinaire particulier), je lui dirais, en empruntant un mot de Cocteau, qu’il avait « une santé de fil de fer. » Oui, on était des snobs. Par la force des choses. Nos héros préférés s’appelaient Scott Fitzgerald, le plus parisien (à nos yeux) des écrivains américains et l’auteur de Gatsby le Magnifique (un titre qui sonne déjà comme tout un programme pour une jeunesse en mal d’évasion) et son épouse Zelda. On allait jusqu’à se les imaginer dans un couple local mais qui semblait savamment cultiver le d’ici et d’ailleurs : Jean Dominique et son épouse Thérèse Roumer. La pipe parfumée de Jean et les décolletés aux crochets de Thérèse. Cela fait TJ Publicité ! De l’autre côté du Rideau de fer … Un jour que je demandai à un plus jeune : pourquoi avez-vous un tel emballement pour Jean Dominique ? Il me répondit (et c’est une confession que je fais pour la première fois) : Mon cher Marcus, nous petits négrillons n’avons aucune chance d’être entendus. Aussi quand nous rencontrons un fils de enracinerrance, autrement dit à la fois d’ici et Jean-Claude Charles est un ami d’adolescence. Nous nous sommes connus au moment où Jean Dominique et son cousin Jean-Claude Dominique (Claudy) venaient de faire l’acquisition de Radio Haïti après que son propriétaire Ricardo Widmaier, qui fut l’ancêtre de la radio moderne en Haïti, prit sa retraite aux Etats-Unis. Jean fut un patron hors pair. Comme un grand frère. Il vous donne tout. Toutes ses connaissances. Agronome, journaliste politique, critique littéraire et ardent cinéphile. Il vous fait partager son immense culture. Et aussi son militantisme. Mais il y a deux choses qu’il ne négocie pas : l’argent et ses filles. Nous on était jeune. Ses filles, on comprend. Mais l’argent, il nous en versait juste assez pour s’offrir une virée à la boîte de nuit la plus fréquentée à l’époque. Le Royal Cabaret, sur l’autoroute de Carrefour. Pardon, l’Université! C’est ainsi qu’on le surnommait. Nous y avons tout appris. Du sexe, mais aussi de l’injustice et de la révolte. Et de la trahison. Ni (voir ADOLESCENT / 11)UNE VIE TEMOIGNAGE

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 11 Moulin Sur Mer Le Paradis ƒ Hot Summer Packages!!! Welcome to Paradise in Haitiƒ At Km 77, Côte des Arcadins. A Beautiful Beach setting, Just one 1 hour drive from the Port-au-Prince International Airport S S S p p p e e e c c c i i i a a a l l l D D D i i i s s s c c c o o o u u u n n n t t t P P P a a a c c c k k k a a a g g g e e e s s s f f f o o o r r r 3 3 3 , , , 4 4 4 a a a n n n d d d 5 5 5 N N N i i i g g g h h h t t t s s s RATES PER PERSON PER NIGHT From June 15th to Sep. 15th 2008 PKG Double us 3RD /4th us 5 to11 us 1 Nt 87 /pp 59 /pp 30 /pp 3 Nts 83 /pp 56 /pp 29 /pp 4 Nts 78 /pp 53 /pp 27 /pp 5 Nts 74 /pp 50 /pp 26 /pp Kids (0 to 4) Stay Free (Add Kid meals) +10% Taxes Air-conditioned rooms All meals included (Breakfast, Lunch, Dinner) R R R e e e l l l a a a x x x a a a n n n d d d e e e n n n j j j o o o y y y ƒ ƒ ƒ P P P l l l u u u s s s Saturday Night Mouli-Club Disco Tropical Drinks Light Caribbean DJ on the beach Aqua gym, Tennis, Racquetball, Ping Pong, mini-golf, beach volley Exquisite cuisine from our chef. Plasma and giant screen with Direct TV and video projection. Snack Bar and open air barbecue Troubadours VISIT OF THE OGIER-FOMBRUN MUSEUM INFORMATION & RESERVATION: 011(509)22-22-7652 / 22-22-1918 / 37-01-1918 sales@moulinsurmer.com / info@moulinsurmer.com Un adolescent d’autrefois ...(ADOLESCENT ... suite de la page 10) famille qui nous accepte à ses côtés, alors nous devons profiter de cette locomotive inespérée. Mete gazolin . Verser du charbon dans la chaudière de cette locomotive. Jusqu’à ce qu’un jour l’on y verse trop de charbon. Vous connaissez la suite ! Jean-Claude Charles partit en 1970 pour aller étudier la médecine au Mexique. Mais nous savions tous que telle n’était pas son intention. C’était une façon d’obtenir le visa de sortie qui était attribué au compte-gouttes. On partait étudier la médecine au Mexique ou en Colombie. Puis on se retrouvait de l’autre côté du Rideau de fer. Jean-Claude prit plutôt la direction des Etats-Unis. Non à la recherche de Gastby mais des romanciers de l’école de Harlem qu’il en était venu à aimer entre-temps, Chester Himes et ses deux personnages hauts en couleur mais peut-être dévorés par le même manque ou mal être que nous autres à l’époque, la même enracinerrance : Cercueil et Fossoyeur. Macoutes anti-macoutes ! Humblement parlant. Comprenne qui voudra. Portier à Manhattan … Je suis peu qualifié pour parler de l’œuvre littéraire de mon ami Jean-Claude Charles (car entre-temps j’aurai pris quant à moi la direction de l’analyse politique et sociale). Mais j’en sais ce qu’il me racontait à chaque fois qu’on se rencontrait et qu’on trouvait toujours le besoin de replacer notre parcours individuel en perspective, d’y remettre un peu d’ordre. Et à chaque fois, à chaque mot, on se tordait de rire. Ainsi pour écrire ce qu’on considère comme son chef d’œuvre (enfin qui fut classé comme tel par la critique française avec en tête la grande Marguerite Duras), Manhattan Blues, il prit (voir ADOLESCENT / 12)Jean-Claude Charles, un entretien inédit réalisé en 2001Écrit par Eléonore Buffenoir 13 Mai 2008 Nous éditons ici l’intégralité d’un entretien inédit avec Jean-Claude Charles mené en 2001 par une jeune parisienne d’origine haïtienne par sa mère. Eléonore Buffenoir : Dans quelles conditions avez-vous quitté Haïti? Jean-Claude Charles : J’ai quitté Haïti en 1970, à l’âge de vingt ans. Depuis les années soixante, beaucoup d’Haïtiens, d’intellectuels, de cadres, de prêtres, d’enseignants et autres, quittaient Haïti, soit pour aller travailler en Afrique, aux êtats-Unis, ou au Canada, soit parce qu’ils étaient exilés. Soit parce qu’ils étaient sous pression et inquiétés par les tontonsmacoutes. Moi je n’ai connu aucune pression, c’était un exil tout à fait volontaire. Je suis parti de mon plein gré en août 1970 pour aller au Mexique. Ensuite d’autres membres de ma famille sont partis d’Haïti pour aller s’installer aux Etats-Unis, à New-York. E.B.: Dans votre essai “De si jolies petites plages”, paru en 1982 vous avez mené une enquête sur les boat-people haïtiens et leur conditions de vie dans les camps et les prisons américaines. Quel a été votre sentiment lors de cette enquête? J-C. C.: Vers la fin des années soixante-dix j’ai eu connaissance des boat-people. Je savais qu’il y avait des gens qui partaient d’Haïti en bateau dans des conditions très difficiles. Mais je ne savais ni dans quelles conditions exactement ni ce qu’ils devenaient. J’ai découvert non seulement que ces gens là partaient dans des conditions très précaires, très difficiles, mais aussi qu’ils étaient reçus dans des conditions assez intolérables. Certains n’arrivaient pas, ils étaient naufragés. Ceux qui arrivaient étaient accueillis dans des camps, ils étaient mis en prison, ils étaient très mal traités. J’ai décidé de mener une enquête sur la question pour mieux comprendre ce qui se passait. J’ai été bien accueilli parce que j’étais un journaliste comme un autre qui enquàtait sur un sujet sur lequel il n’y avait pas de travail d’ensemble. Ça veut dire qu’il y avait des journalistes, principalement des Blancs américains qui travaillaient au jour le jour sur des sujets ponctuels, mais personne n’avait entrepris un travail plus complet à leur sujet. Donc j’ai mené mon enquête aux Bahamas, à Porto Rico, aux Etats-Unis, et cela sur plusieurs années. J’ai enquêté plus de trois ans sur le sujet et j’en ai tiré ce livre ainsi que trois films avec un réalisateur franco-espagnol, José Berzosa, en travaillant principalement dans les lieux de détention (voir ENTRETIEN / 12)TEMOIGNAGE D’UNE VIE

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 12 un job de doorman ou portier à Manhattan (New York), à deux pas de Harlem. L’équivalent en Haïti d’un emploi de hoqueton à la banque ou de courrier. De passage à New York en 1973 (je ne l’avais pas revu depuis son départ d’Haïti), je l’accompagnai au boulot, son uniforme de doorman sous le bras pareil à celui des maréchaux de l’empire napoléonien. Ou du Kaiser, c’est selon. Je partais pour un stage à l’ancienne ORTF (radio-télévision française). On se retrouva à la Noël à Strasbourg, où Jean Claude faisait une licence en journalisme. Le lendemain nous voici en Belgique. A l’époque un citoyen haïtien n’avait point besoin de visa pour voyager dans la future Union européenne. La francophonie suffisait. Mais oui ! Puis on s’est perdu de vue. L’Internet n’existait pas à l’époque. Jean-Claude parcourt le monde … entre autres pour le grand quotidien Le Monde. Moi je reste en Haïti où nous tentions l’expérience dite de la libéralisation. Celle-ci prit brutalement fin en novembre 1980 par notre exil. Dans notre cas, le cauchemar avait mis tout simplement un petit peu plus longtemps pour se matérialiser. Mais le résultat est le même. Echec malgré soi. Et perte sèche pour notre pays. Comme une seconde nature … Je retrouvai notre ami en 1982 quand il réalisa à Miami pour la télé française un reportage sur une trentaine de réfugiés haïtiens qui s’étaient noyés alors qu’ils étaient à un doigt d’atteindre la Floride. C’est le drame de Hillsboro Beach immortalisé par JeanClaude Charles dans un petit livre intitulé « De si jolies petites plages … ». Car malgré son destin de enracinerrant , JeanClaude Charles ne s’est jamais détourné d’Haïti. Il est toujours là quand le pays reçoit un choc et qu’il faut essayer d’en ménager l’image, d’en amortir l’impact tel que perçu à l’extérieur. Mais toujours avec art, avec humour, avec le même snobisme dont je viens de dire comment il était venu à être chez ceux de cette époque comme une seconde nature. Hillsboro Beach serait un titre trop mélo, par contre « De si jolies petites plages » … De son autre roman à succès « Ferdinand je suis à Paris », tout ce que je sais c’est ce qu’il m’a raconté auparavant. Que son prochain livre sera une gentille parodie de ces années-là où enfermés dans la prison mentale de Papa Doc, nous pensions tout savoir des Godard, Truffaut, Resnais et autres « nouvelle vague » sans avoir jamais encore vu leurs films. Bref plus parisien que nature. Il s’imaginait son héros débarquant à Paris et son premier geste c’est de se précipiter sur un téléphoneJean-Claude Charles ou un adolescent d’autrefois(ADOLESCENT ... suite de la page 11) public pour appeler son pote Ferdinand laissé là-bas au pays en train de se ronger les freins. Et dans un cri de joie (et peut-être déjà aussi de nostalgie) : « Ferdinand, je suis à Paris ! » mineures pour pédophiles d’aujourd’hui. De beaux brins de fille montées à la capitale pour faire fortune. Mais pour se retrouver amoureuses de petits intellectuels désargentés mais persuadés de pouvoir les alphabétiser et les sortir de là. Quel bordel, mais comme dans les romans de Garcia Marquez. Et JeanClaude Charles qui rêvait d’imprimer ces visages en filigrane dans ses livres. Sans aucun engagement politique connu, il se voulait donc un porte-parole de son temps, de ce temps-là. La génération exilée … Et c’est pour revenir à sa thématique de l’ enracinerrance que je trouve en effet tout à fait emblématique de ces années vécues sous la chape de plomb d’une dictature qui nous a forcés à nous dépersonnaliser pour survivre. Déracinés. Et condamnés à l’errance. A tel point déracinés, avec tant de violence et des méthodes si radicales, qu’on se retrouve condamnés à une errance éternelle. Eternelle errance. A être toujours à la fois d’ici et d’ailleurs. Sans domicile fixe. Que peut-on attendre d’une telle élite ? Personnellement aucun de mes amis de ce temps-là ne vit aujourd’hui en Haïti. Et ce n’est pas que beaucoup ne le veuillent. Ce que Jean-Claude a résumé au cours d’une conférence de presse en une phrase brutale (et sans doute pleine de douleur) : « Et pourquoi dois-je être forcé à aimer un pays qui ne m’aime pas ? » J’entends aujourd’hui en Haïti des plus jeunes dire qu’ils sont la génération sacrifiée. Avec presque un défi dans la voix et dans le geste. Et c’est nous qu’ils accusent de n’avoir pas fait notre devoir. Tandis qu’il y a eu juste avant nous la génération des fusillés. Ceux plus âgés que la dictature de Papa Doc a envoyé directement dans les fosses communes parce qu’ils avaient suffisamment l’âge de raison pour choisir le duvaliérisme. Nous, nous sommes la génération exilée. Non pas des exilés, mais la génération exilée. Parce que forcés à l’exil dans son propre pays. Vu qu’il ne peut y avoir pire exil que la dépersonnalisation, forcé de renoncer à son identité dans son propre pays, de garder en permanence un masque sous peine de mort, comme ce fut littéralement le cas. Voici en quoi Jean-Claude Charles a été le témoin d’une époque. Ce qu’il a su assumer brillamment. Et probablement aussi : douloureusement. Si haïtien qu’il disparaît à l’âge auquel la moyenne des Haïtiens atteint leur espérance de vie : 58 ans. Marcus, 24 Mai 2008 (il connaît aussi bien ma femme que moi) à Miami. Entre deux reportages ou deux projets littéraires. On ne tarissait pas. Le griot (conteur africain) qui est en tout Haïtien ne peut s’arrêter de retourner dans tous les sens “le bon vieux temps”. Bien qu’il ne fût jamais tenté d’écrire ses « Roots. » Il n’avait pas suffisamment, il me semble, le goût des nourritures terrestres. A l’exception de son inséparable Barbancourt. Dans le sens où Fidel Castro dit qu’on n’est pas vraiment cubain si on n’aime pas le cigare et le rhum. Le matin Jean-Claude était toujours le premier réveillé. Il nous faisait le café. Mais lui avait déjà avalé sa première rasade de Barbancourt !!! Ses Roots, curieusement je ne lui en connais pas d’autres que celles remontant à nos aventures dans le Port-au-Prince – Port-aux-Crimes des années 60. Radio Haïti. Jean Dominique, l’affection éternelle qu’on lui porte malgré qu’il n’ait pas été facile sur la détente. Le café Royal Cabaret, à Bizoton. Il se souvenait du nom de chacune des filles. Pas les Le cigare et le rhum … Jean-Claude fit plusieurs séjours chez nous des boat-people haïtiens. Ça veut dire Ponce à PortoRico, à Nassau aux Bahamas, en Floride à Miami, à Navy Yard, une prison de New-York et dans une autre prison du nord de l’Etat de New-York où des réfugiés considérés comme des rebelles avaient été enfermés dans des cellules de haute sécurité, comme des criminels dangereux. Et puis dans un foyer d’enfants à Milbrook. Les Etats-Unis sont une démocratie, on m’a donc permis de mener cette enquête, avec néanmoins beaucoup de difficultés. Durant celle-ci j’ai été assez meurtri par ce que je voyais et je me sentais personnellement impliqué. Je n’aurais pas pu être à la place de ces réfugiés car moi j’avais fui Haïti en avion une dizaine d’années auparavant. Mais cela ne m’a pas empêché d’entrer en empathie avec ces personnes, sinon je n’aurais pas pu faire ce travail tel que je l’ai mené. C’était une époque où existait encore plusieurs modes d’exil, ceux qui avait fui en avion et ceux qui avait fui en bateau, ceux que l’on appelle les boatpeople. E.B.: Vous partagez votre vie entre New-York et Paris, et vous êtes Haïtien. Quelle culture vous est la plus proche, et dans quelle langue écrivez-vous? J-C. C.: Cela fait une trentaine d’années que je suis parti d’Haïti, et que je partage mon temps entre l’Amérique et l’Europe. J’aurais passé plus de temps entre les Etats-Unis et la France qu’en Haïti. On ne perd jamais la mémoire du lieu de sa naissance, de son enfance, de son adolescence, ces années qui sont les plus formatrices. Ce qui veut dire que je suis Haïtien, et que quel que soit le cas de figure tout Haïtien est et reste haïtien. En créole je pourrais dire “Mwen Ayisyen, mwen Ayisyen nèt”. Mais mon travail a été de tenir compte tout le long des sociétés que je traversais, des langues, des autres codes et des autres cultures. Ce qui fait qu’entre Haïti d’où je viens, Paris où je vis et les Etats-Unis où je vis partiellement quand je ne suis pas en France, je me considère comme appartenant à ces trois pays. Ma fille est française, elle vit ici. Mes amitiés, mes amours, ma communauté d’exil, de diaspora sont aussi vers New-York, en Floride, au Canada. Mon lieu d’origine c’est Haïti. Ces trois lieux-là sont aussi importants l’un que l’autre. C’est pour cela que j’ai inventé ce concept que je proclame depuis trente ans et qui est mon “ enracinerrance ”. J’écris en français, le français est la seule langue dans laquelle je travaille, mais il m’arrive de faire des conférences en anglais. Dans les années de la clandestinité militante, j’ai écrit des textes en créole qui n’avaient rien à voir avec la littérature. En ce qui concerne mes goûts en littérature, tous les grands maîtres de la transformation formelleJean-Claude Charles, un entretien ...(ENTRETIEN ... suite de la page 11) (voir ENTRETIEN / 14)GENERATION DE L’EXIL

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 13 PETITES ANNONCES Le Manolo InnLe Manolo Inn à Petite Rivière de Nippes Téléphones : 566-5361 / 401-7108 / 514-0304 E-mail : lemanoloinn@mac.com Internet disponible pour les clientsDANS LES NIPPES•Des kilomètres de plage •Chambres tout confort avec air conditionné et Salle de bain attenante •Cuisine du terroir préparée par un « Grand Chef » •Le Saut du Barril •Le Palais de Sudre Dartiguenave à Anse à Veau •La Petite Eglise de Petit Trou datant de du 17ème siècle… Chaque matin, captezMélodie Matin sur 103.3FM Lucas Super Market 14750 N.E. 6th Avenue 305 940 9902 Maxisound 11854 West Dixie Highway 305 895 8006 B & L Supermarket & Produce 12040 West Dixie Highway 305 893 0419 Danilos Restaurant 3760 N.E. 3rd Avenue 954 781 2646 Christephanies 581 BC East Sample Road Pompano Beach, Fl 33064 Tél 954 781 2500 Classic Teleco 203 S.E. 2nd Avenue Delray Beach Fl 33183 Our Lady Bakery 102 S.E 2nd Avenue Delray Beach, Fl 33444 561 272 3556 Eclipse Communication 9290 S. 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Nos chambres ont toutes l’air conditionné, et leur balcon donnant sur la mer… Notre cuisine typique saura vous faire connaître et apprécier les mets délicieux du Sud-Est… Et le bar donnant sur la Piscine. Pour vos réservations : La Décentralisation commence par l’application des textes de loi...De son côté, le président de la commission collectivités territoriales du Sénat, Joseph Lambert, a estimé que les acteurs réels de la décentralisation qui sont les élus locaux doivent disposer de moyens structurels, infrastructurels, financiers et économiques pour qu’ils puissent réellement contribuer au développement de leurs collectivités. La décentra-lisation doit être un outil de développement des collectivités, a dit Joseph Lambert qui affirme déplorer l’absence de lois cadre traitant de l’organisation et du fonctionnement des collectivités. Il a indiqué que ce vide doit être rapidement comblé par l’adoption de lois au parlement. AHP (DECENTRALISATION... suite de la page 5) Mercredi 27 Avril 2005 Haïti en Marche Vol. XIX No. 13 Page 1 Haïti en Marche édition du 2 au 8 Février 2005 Vol. XIX No 1 Mercredi 27 Avril 2005 Haïti en Marche Vol. XIX No. 13 Page 1 Haïti en Marche édition du 2 au 8 Février 2005 Vol. XIX No 1 Mercredi 27 Avril 2005 Haïti en Marche Vol. XIX No. 13 Page 1 Haïti en Marche édition du 2 au 8 Février 2005 Vol. XIX No 1 Un test sanguin détecterait le cancer du poumon dès son émergenceWASHINGTON (AFP) Un simple test sanguin pourrait permettre de détecter le cancer du poumon aux premiers stades de son développement avec une exactitude sans précédent, selon une étude présentée lundi. Ce test se base sur les signatures génétiques du cancer dans les cellules des globules blancs du patient plutôt que sur des marqueurs chimiques de la tumeur dans son sang, explique le Dr Anil Vachani de l’Université de Pennsylvanie (est), principale auteur de ces travaux, dans un communiqué. “Nous avons découvert que les types de gènes présents dans ces cellules (du système immunitaire) pouvaient nous indiquer si le cancer était ou pas présent”, ajoute-t-elle. Pour vérifier la fiabilité de ce test, ces chercheurs ont recruté 44 patients atteints d’un cancer du poumon aux tous premiers stades et un groupe de contrôle de 52 sujets comparables en terme d’âge, de sexe, de race et aussi du fait qu’ils étaient fumeurs ou nonfumeurs. Ces chercheurs ont ensuite utilisé un éventail de caractéristiques génétiques afin de déterminer les meilleures cibles pour détecter la présence d’un cancer du poumon. Les auteurs de l’étude ont déterminé qu’un groupe de 15 gènes pouvaient révéler la présence d’un cancer émergent dans 87% des cas. Comparativement, “un examen avec un scanner a permis de seulement détecter des nodules dans 20 à 60% des sujets”, souligne le Dr Anil Vachani. Elle note que le taux élevé de faux résultats positifs des tests actuels force souvent le patient à être soumis à une batterie de tests comme des biopsies. “Si ce dernier test sanguin pouvait être mis au point pour être utilisé à grande échelle, il pourrait permettre d’éviter tous ces contre-tests”, selon le Dr Vachani dont les travaux seront présentés mardi 20 mai à la conférence de l’American Thoracic Society qui se tient à Toronto (Canada). Captez tous les joursMélodie matin avec Marcus sur

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 14 m’intéressent. Par exemple Joyce, Céline, la mouvance surréaliste, Proust. J’aime aussi Zola qui est un grand enquêteur, qui a su faire le lien entre l’investigation et la création littéraire. Je me suis inspiré entre autre de la démarche de James Agee pour écrire “De si jolies petites plages”. E.B.: Dans votre roman “Manhattan Blues”, votre héros dit: “Un jour tu dis ne me traite pas d’écrivain haïtien un autre jour tu dis ne me traite pas d’écrivain franéais”. Et vous, où vous situez-vous? J-C. C.: Il faut faire la part de la création littéraire et la part de l’édition littéraire. Cela veut dire qu’en tant que créateur je ne me pose pas la question de la nationalité. Un film a la nationalité de sa production. C’est le producteur qui apporte l’argent qui donne sa nationalité au film. En ce moment je travaille sur un projet de film avec un réalisateur sénégalais. Je suis en France, je cherche de l’argent en France et au Sénégal. Si le film se fait ce sera une production francosénégalaise. Cela n’empêche pas que je sois francohaïtien. D’un point de vue littéraire et éditorial on me considère comme un écrivain franéais, mais personne ne perd de vue que je suis haïtien. Je me considère avant tout comme un créateur. J’écris, c’est ma nationalité. Comme Chester Himes sur lequel je travaille en ce moment, et qui a dit: “J’écris, c’est ma couleur”. E.B.: Dans “Manhattan Blues” et “Ferdinand je suis à Paris” le héros se partage entre deux pays, la France et les Etats-Unis, entre deux cultures, entre deux femmes, et cumule les métiers d’écrivain et de journaliste. Cela ne conduit-il pas le héros à une certaine forme de schizophrénie. Comment gère-t-il cette dualité? J-C. C.: Il ne se partage pas. Il partage son temps. Un temps qui fait des plis. Comme une couette de lit. Comme dans mon roman “Bamboola Bamboche”. Chez moi la réalité et la fiction sont étroitement imbriquées. Ce personnage de Ferdinand qui n’est pas moi mais qui me ressemble comme un frère et que j’ai décrit dans deux romans, est quelqu’un qui navigue entre New-York et Paris, entre une ville américaine, ce qu’on appelle “le nouveau monde” et une ville de “l’ancien continent”, de l’Europe. Il navigue entre le journalisme qui est le genre par excellence de l’investigation, du réel, et la littérature, la création littéraire, le travail sur le langage. Ce personnage a une double vie affective, il est partagé entre deux femmes, sans pour autant qu’il soit bigame, parce que c’est quelqu’un de profondément monogame. Ce partage ne relève pas de la schizophrénie, car cela supposerait quelque chose d’ordre pathologique, et de beaucoup moins gérable. Mon héros lui, gère bien cette situation. E.B.: Revenons sur “l’enracinerrance” que vous avez précédemment évoquée et dont vous parlez dans le numéro de mars-août 2001 de la revue “Boutures”. “L’enracinerrance”, un mot que vous avez créé, un concept dont vous vous revendiquez.Manhattan BluesChapitre 19 Vu de la statue de la Liberté Existe-t-il sensation plus agréable? Un réveil en douceur, on a dormi, on a dormi beaucoup, on a le sentiment d’avoir rêvé, on ne se souvient pas des rêves, la nuit n’a pas laissé de traces conscientes, j’ai dormi plusieurs heures d’affilée, peut-être sept, pas fait de cauchemar, pas peur du corps de Fran. Tous ces réveils où il m’arriva de trouver dans un lit un corps dégoûtant, corps du délit de fuite, corps des peurs de la veille, ce n’est pas une affaire esthétique, ce furent souvent de très beaux corps, c’est dans la tête que ça se passe, ça joue sur des détails, des quarts de dièse, avec Fran c’est différent. C’est ici que les ennuis commencent. Toute une nuit à oublier Jenny. Fran n’est pas dans le lit. La fenêtre est entrouverte. Les rideaux sont ouverts. Le morceau de ciel que je vois est presque bleu. La lumière. Du lit, je ne vois pas le parc. J’aime cette chambre. Je pense que si je l’avais eue le soir de mon arrivée, je serais resté dans cet hôtel. Je pense aussi que si j’étais resté ici, je n’aurais probablement pas rencontré Fran. Je pense que si je n’avais pas rencontré Fran, les choses avec Jenny seraient encore équivoques, mais c’est évident qu’elle ne m’aime plus, ça y est t’es même pas levé que tu recommences. Je suis malade de Jenny. Ma seule chance, c’est Fran. J’ai conscience au réveil que je suis content d’être dans ce lieu, à cet instant précis, avec Fran. Si elle n’était pas là, je serais vraiment dans la déprime totale. Rien de tel qu’une femme pour vous faire oublier une autre femme. Ici commencent les affres. Ici commence quelque chose d’innommable. Ce n’est pas l’amour. Ce n’est pas rien non plus. Something like a bird . Si je mets de la musique, ça sera n’importe quoi, ça ne sera pas Mingus, voilà les inconvénients de n’importe quel hôtel. Le téléphone n’est pas là. J’en suis le fil du regard, il est dans la salle de bains, la porte est fermée. Le sac de Fran est posé dans le fauteuil près de la fenêtre. Dommage qu’il ne faille pas fouiller dans le sac des dames, je prendrais bien son walkman, si ça se trouve elle a une cassette de Mingus. Je me rends compte que je ne sais pas grand-chose d’elle. Pas assez pour dire que je ne la connais pas. Jenny, je ne la connais pas. Fran, je connais: une fille qui a largué son mec et qui batifole avec un autre mec. Je pense à la grand-mère de Jenny. Nous avons nos complicités. Parfois au téléphone, je lui demande quelque chose. Tu sais pas où est Jenny? Elle me répond Jenny tu sais comment elle est. Je ne sais pas moi comment elle est Jenny. Merde, je suis à peine réveillé que ça commence. Je crie Fran arrête de m’tromper. Elle entrouvre la porte de la salle de bains. Elle est à poil. Elle parle au téléphone. Je l’entends donner l’adresse de l’hôtel en disant à quelqu’un mais c’est pas possible cet hôtel tout le monde connaît. Elle raccroche. Vient vers moi. Elle dit je suis encore tombé sur un Haïtien. Je lui dis c’est bien ta chance. Elle répond je viens de louer une bagnole. Je dis pour quoi faire? Elle dit Bill je l’emmerde. La Statue de la Liberté s’il vous plaît? Continuez à zigzaguer c’est droit devant vous. Envie de revoir la vieille salope qui domine la baie avec son cornet de glace mégalo, elle n’est jamais retournée sur ce lieu depuis son enfance, je refuse énergiquement, je lui dis que ce lieu n’existe pas, qu’elle l’a rêvé, que c’est un mirage, un cas typique d’hallucination collective, que tous les New-Yorkais ont cru voir un jour une Liberté majuscule éclairer le monde depuis la baie de New York, un peu comme d’autres ont vu des soucoupes volantes, et moi je suis Napoléon. Elle me jette au bas du lit, elle me fait le coup de Chester Himes, attrape un nègre par l’orteil, s’il braille lâchele , elle me tire par un pied vers la salle de bains, je proteste, je lui balance toutes sortes de revendications comme quoi si tu vois passer la Liberté un jour fais-moi signe on prendra un verre tous les trois ensemble, je lui fais le coup classique du nègre, tentative de viol avec effraction, elle l’échappe belle une première fois, elle me tire encore, je récidive, je veux lui faire sa fête, elle veut en faire à sa tête, or voilà elle est plus habile que moi, elle a la foi du charbonnier, la Liberté existe elle l’a rencontrée. Et me voilà debout dans la baignoire, elle est en train de me laver, il ne me manque que le pouce dans la bouche pour être heureux, elle dit t’es trop grand assiedstoi dans la baignoire, je lui réponds t’as qu’à prendre un escabeau, elle rigole comme une dingue, je lui dis que non vraiment ça m’intéresse pas d’aller voir la statue de la Liberté mais t’es dingue d’où est-ce que ça te vient des idées folles comme ça m’enfin qu’est-ce que c’est qu’cette. Elle me répond d’abord ici nous sommes en Amérique t’as intérêt à bien te tenir, ensuite ferme les yeux je vais mettre du savon, je réponds oui maman, elle dit et de trois ferme ta grande gueule on va voir la statue de la Liberté. Et me voilà dans le hall de l’hôtel à la regarder rendre la clé à la réception bourrée de monde, arrivage de touristes, congrès de gens très sérieux, ou que sais-je, je suis le gosse paumé dans la foule, un jour de carnaval, j’ai perdu ma maman, d’abord ça m’a paru drôle, et puis après tous ces gens bizarres qui me marchent sur les pieds, s’agitent dans tous les sens, s’interpellent, se renvoient des signaux étranges, si maman revient pas dans une minute je vais chialer, elle revient en souriant, dit tironsnous d’ici hou là là. Et nous voilà dans le parking, en train de remonter la rampe, c’est elle qui conduit, c’est elle qui dit je crois que j’ai fait une connerie en louant cette voiture on aurait pu pour aller à la statue de la Liberté marcher jusqu’à Grand Central et prendre le train numéro cinq jusqu’à Bowling Green tu sais cette station prétentieuse avec des plafonds très bas des colonnes moches et les fauteuils circulaires nous aurions pu après ça traverser le parc par State Street pour prendre le ferry. Je ne réagis pas. L’impression d’une pièce ou d’un film, un roman où chacun de nous joue le même rôle à tour de rôle, ou les mêmes rôles en même temps, de toute façon c’est très agréable. La circulation. Parlez-moi de la circulation. Battery Park. Department of Ports & Terminals . J’ai toujours trouvé à cet immeuble une forme de vieux vaisseau, le métal peint en vert, nous sommes dans le parc, le terrain de jeux pour enfants, pourquoi est-ce qu’il n’y a jamais de terrain de jeux pour adultes? Ça s’appelle des champs de bataille, dit Fran. Moi j’préfère les balançoires, les toboggans et en plus c’est gratuit. Je suis déjà au sommet du toboggan. Je glisse vers Fran. Mais elle est au sommet aussi. Elle glisse. C’est moi qui la reçois. Dans mes bras. Elle ferme les yeux. Je ferme les yeux. Nous nous embrassons. Elle dit que je suis doué pour les détails. Que c’est sans doute une qualité. Que je risque un jour de m’y noyer. Elle ajoute dans un rire toi qui ne sais pas nager. Ça ne faisait pas vingt-quatre heures que je lui avais dit. Je lui dis tu t’rends compte t’es déjà en train d’utiliser contre moi mes propres confidences. Elle répond avec moi tu risques rien. Un mot de Jenny. Je pense que c’est comme ça qu’on se file des langages, des tics, et (je souris) des microbes. Je lui avais raconté mon rapport ambigu avec la mer. Je rêve souvent de paquebots. Je suis né sur une île et, à mi-chemin entre la trentaine et la quarantaine, je ne sais toujours pas nager. Elle me regarde. Elle me dit avec moi tu risques rien pourquoi tu souris? Je lui avais dit aussi que je flotte bien, que je flotte longtemps, et c’est vrai. Avec Jenny j’aurais ajouté et j’ai bien l’intention de flotter le plus longtemps possible. Fran et Jenny ont deux choses en commun. La première, c’est maintenant que je le réalise. Fran me dit réaliser c’est un anglicisme ça. Je lui dis t’as la même bouche qu’elle. Ah bon j’avais pas remarqué. Je lui dis tu l’as pas vue longtemps c’est comme pour Mike. Elle me dit ça m’flatte beaucoup. La seconde chose qu’elle a en commun avec Jenny, mais ça je ne le lui dis pas, et elle oublie de le demander. C’est qu’elles captent tout très vite et me renvoient la balle tout aussi vite. C’est un truc assez américain. Un truc de gens qui jouent au baseball et au soft-ball. Ma manière de tricher est d’être lent. Quand je change de lieu sans donner l’impression de bouger, quand je narre ma vie sans en avoir l’air, quand je suis dans la mobilité tranquille du paquebot, Fran ou Jenny me renvoie la balle de temps en temps, parfois je fais semblant de ne pas comprendre, parfois malgré moi je réagis, elles saisissent à quel point c’est important, ou bien elles poussent le fer un peu plus à fond dans la plaie, ou bien elles battent en retraite, me gracient, clémence provisoire de toute façon, car elles recommencent plus tard. Je me tais souvent. Elles interprètent mes silences. Je m’absente, elles interprètent mes fuites. Je décroche. Ça y est tu décroches. C’est fou cette capacité que t’as de décrocher en catastrophe. C’est bien le mot. Comme on dit d’un avion en détresse qui atterrit sur le ventre dans un champ de neige. La supériorité de Jenny sur Fran, c’est que je connais encore mal l’histoire de Fran. Et j’aurais envie que ça reste comme ça. Pas envie de connaître Fran plus avant. Fran plus Jenny, plus moi, c’est beaucoup trop pour un seul homme. Cet extrait de Manhattan Blues de Jean-Claude Charles est la première partie du chapitre 19, « Vu de la Statue de Liberté », publié aux éditions Barrault (Paris, 1985, pages 139-144).roman de Jean-Claude Charles (ENTRETIEN ... suite de la page 12) J-C. C.: L’enracinerrance est un mot-valise, c’est un mot qui fonctionne à partir de deux mots en (voir ENTRETIEN / 16)Entretien avec Jean-Claude Charles ... Autant en emporte la RévolutionNotes sur la contribution d’Haïti à la lutte des peuples pour leur libération de Jean Victor Généus Une tranche d’histoire peu explorée, qui montre l’esprit de solidarité et de générosité du peuple haïtien… Ce livre montre aussi l’impact de la Révolution haïtienne sur l’ordre mondial du 19ème siècle dominé par les puissances coloniales…EN VENTE DANS TOUTES LES LIBRAIRIESCette publication a été rendue possible grâce à une contribution des Entreprises Tchako, S.A.LETTRES

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 15 SPORTSCoupe de France Perrin: “Un grand bonheur”Alain Perrin est très heureux après avoir remporté sa deuxième Coupe de France consécutive avec Lyon, vainqueur de Paris (1-0) en finale. L’entraîneur rhodanien est satisfait d’avoir atteint ses objectifs en signant le doublé avec l’OL affirme son désire de rester au club l’an prochain. ALAIN PERRIN, quel est votre sentiment après cette victoire ? A.P. : C’est une grosse joie, proportionnelle à la difficulté et la rareté. Donc pour moi c’est un grand bonheur de remporter une deuxième finale consécutive et de signer le doublé avec Lyon. Et d’y ramener cette Coupe de France qui était désirée depuis longtemps. C’était un match très difficile, très disputé et très serré face à une équipe parisienne valeureuse, bien organisée, agressive et qui nous a longtemps contesté cette victoire. Pourquoi cela a-t-il été si dur pour vos joueurs? A.P. : Je crois qu’on a eu du mal à rentrer dans le match. On a peut-être aussi eu un peu de mal à digérer le titre. On n’a pas retrouvé les valeurs agressives que l’on avait montrées lors des derniers matches de championnat. A partir de là, on a laissé Paris rentrer dans la partie et le match a été très équilibré. Quel bilan tirez-vous de cette saison ? A.P. : Le bilan, vous le ferez vous-mêmes. Moi je suis content, j’ai atteint mes objectifs. On va célébrer ça avec tous les Lyonnais, puis on fera le bilan en interne et on verra la suite des événements. Mais ça ne m’appartient pas. Est-ce particulier de remporter deux Coupes de France d’affilée avec deux clubs différents ? A.P. : Ce n’est pas le fait que ce soit deux clubs différents. Une Coupe de France, c’est très difficile à gagner, c’est difficile d’aller au bout donc c’est toujours une grande joie. Avec Sochaux, quand on a gagné l’année dernière, on n’était pas favori donc c’était un peu différent. C’est plus normal pour un club comme Lyon de remporter ce trophée. Et si Lyon ne l’avait pas fait depuis longtemps, ça veut dire que ce n’est jamais simple. Donc réussir ce doublé est une très grande joie. A quoi avez-vous pensé en réalisant ce doublé? A.P. : Au travail fourni. C’est le travail de toute une saison d’être présent au mois de mai, le mois des finales. En championnat comme en Coupe. L’équipe a su répondre présent et c’est à elle que je pense car les joueurs ont beaucoup travaillé tout au long de la saison pour obtenir ces deux trophées. On vous sent moins crispé que samedi dernier à Auxerre ? A.P. : Vous savez, un titre se conquiert sur toute une saison. C’était un aboutissement prévisible. La Coupe est beaucoup plus aléatoire, tout peut être remis en cause sur un match. Il y avait beaucoup de satisfaction intérieure pour le titre. Maintenant la saison est close, alors on peut laisser éclater sa joie. On a rempli les objectifs. Pourquoi n’avez-vous pas fait rentrer Hatem Ben Arfa ? A.P. : Il était tout près de rentrer s’il y avait besoin d’inverser la tendance. A partir du moment où on a mené au score, j’ai choisi de faire rentrer un joueur à vocation défensive. En Coupe de France, il faut être capable de faire rentrer des joueurs sur 120 minutes en fonction des circonstances. L’entrée de Ben Arfa était prévue si on avait besoin de marquer ou d’inverser le score. A partir du moment où on menait, il valait mieux défendre le résultat. Le but de Sidney Govou est un peu un symbole... A.P. : Oui, c’est un beau symbole. C’est une récompense pour tous les efforts qu’il a fournis cette saison, et la façon dont Juninho s’est associé Sidney Govou et Grégory Coupet pour aller chercher la coupe est un bel hommage à ces trois joueurs qui ont remporté leur septième titre cette année. Etes-vous partant pour une nouvelle saison à Lyon dans ces conditions ? A.P. : Moi je suis partant, j’ai un contrat pour ça. Je suis venu à Lyon pour rester et pour durer.Lyon remporte la Coupe de France de football et réussit le doublé PARIS (AFP) Lyon a remporté son premier doublé en gagnant la Coupe de France, une semaine après son septième titre de rang de champion, en battant 1 à 0 après prolongation un Paris SG méconnaissable, c’est-à-dire solide, inspiré et même dominateur, samedi au Stade de France. Le président Jean-Michel Aulas tient enfin le doublé dont tout le club rêvait, et il le doit à l’emblème de l’OL, Sidney Govou, formé au club, buteur en fin de première mi-temps de prolongation au terme d’une action de classe: centre de Karim Benzema, remise de la poitrine de Kader Keita et volée de Govou (103). Mais le PSG était si vaillant samedi que Lyon a eu besoin de sortir un si joli coup de sa botte pour abattre l’équipe de Paul Le Guen. Finalement, c’était Paris libéré et non Paris relâché. Le maintien assuré pendant que Lyon assurait son titre avait rendu les Parisiens légers, légers... Après 48 matches (L1 et Coupes) angoissés, le 49e et dernier, le seul joué sans peur, a été de loin le meilleur des rouges et bleus, battus contre le cours du jeu. On pouvait craindre qu’ils n’abandonnent inconsciemment ce match, leur place en L1 étant sauvé et la qualification pour une coupe d’Europe (celle de l’UEFA) pour l’année prochaine déjà garantie par leur victoire en Coupe de la Ligue. Mais les Parisiens semblaient déchaînés. A voir ce Paris SG dur à l’impact, inspiré dans les dédoublements (Pauleta-Chantôme, Diané-Pauleta), sûr en défense, on avait peine à reconnaître l’équipe percluse de doutes qui vient de lutter pendant un an et demi pour le maintien. Paris a bousculé Lyon, se créant plusieurs occasions nettes. Une tête de Zoumana Camara a trouvé la barre (10), une autre de Mario Yepes a suivi le même chemin (64) et le but marqué d’une tête en arrière par Sylvain Armand était refusé pour un horsjeu de Mario Yepes (45+1). En fin de prolongation, Amara Diané, très vif mais maladroit, comme souvent, a raté l’égalisation d’un ou deux centimètres (117). Lyon, lui, n’a produit que quelques séquences de bon football, en général initiées par des prises de balles ébouriffantes de Karim Benzema, mais n’a jamais semblé avoir la main sur le match comme savait le faire l’OL de Gérard Houllier (2005-2007). Jérémy Toulalan était un peu seul au milieu, où Juninho et Kim Källström l’ont peu soutenu à la récupération, de même que Jean-Alain Boumsong était un peu seul en défense. Mais Lyon, victime d’un hold-up ici-même 14 mois plus tôt (victoire chanceuse de Bordeaux en finale de la Coupe de la Ligue), a su marquer. Et son entraîneur, Alain Perrin, qui n’est pas du tout sûr de rester en poste malgré ce doublé, garde la Coupe de France remportée l’an dernier avec Sochaux, rejoignant ainsi Yvon Pouliquen, sacré avec Strasbourg (2001) puis Lorient (2002).Allemagne: Franck Ribéry, meilleur joueur de la saison pour ses pairs BERLIN (AFP) L’international français du Bayern Munich Franck Ribéry a été le meilleur joueur de la saison 2007-08 du Championnat d’Allemagne, selon une consultation réalisée auprès des joueurs de 1re division par le magazine spécialisé Kicker. Ribéry, élu meilleur joueur français en 2007, a été plébiscité par 57,8% des 268 joueurs qui ont participé à cette consultation. L’ancien Marseillais devance largement son coéquipier italien Luca Toni, meilleur buteur du Championnat d’Allemagne (24,8%), et le meneur de jeu brésilien de Brême, Diego (8,5%). Arrivé en juillet à Munich, Ribéry, 25 ans, est le principal artisan du doublé Coupe/Championnat d’Allemagne réalisé par le Bayern Munich cette saison. La bonne saison du club bavarois a valu à Ottmar Hitzfeld d’être désigné meilleur entraîneur avec 32,9% des suffrages, contre 18,9% au Slovène Bojan Prasnikar qui a permis à Cottbus de rester dans l’élite. Même avec le départ d’Hitzfeld et l’arrivée de Jürgen Klinsmann, le Bayern devrait poursuivre sa domination sur le football allemand pour 66,7% des joueurs ayant répondu à ce questionnaire. L’emblématique capitaine du Bayern, Oliver Kahn, qui disputait sa dernière saison avant de prendre sa retraite, n’a en revanche terminé qu’à la troisième place du classement des gardiens de but avec 11,5% des voix. Selon les joueurs de Bundesliga, René Adler, de Leverkusen, a été le meilleur gardien de la saison (40,7%) devant Robert Enke, d’Hanovre (21,1%). Ils font tous deux partie des joueurs retenus par Joachim Löw pour disputer l’Euro-2008 (7-29 juin). Coupe d’Italie La Roma se console Eurosport dim., 25 mai 07:49:00 2008 Devancée par l’Inter en Serie A, l’AS Roma a pris sa revanche en battant le club lombard en finale de la Coupe d’Italie (2-1), samedi au stade Olympique de Rome. Les coéquipiers de Philippe Mexès, qui a ouvert le score, conservent le trophée acquis la saison dernière. AS ROME INTER MILAN : 2-1 Buts : Mexès (36e), Perrotta (54e) pour la Roma. Pelé (60e) pour l’Inter Pour la Louve, la revanche est un plat qui se mange chaud. Une semaine après avoir échoué lors de l’ultime journée dans sa folle quête du Scudetto, si éloigné début février, si près à Catane, la Roma a dompté son rival interiste (2-1) dans son Stadio Olympico. Portés par 40 000 tifosis fervents à défaut d’entrer en éruption comme le craignait la Ligue qui avait déployé un dispositif de 2000 policiers aux abords du stade, les hommes de Spalletti sont entrés dans l’histoire en décrochant leur neuvième Coupe d’Italie record de la Juve égalé, à l’occasion de la première finale disputée en un seul match depuis vingt-cinq ans. Sans Totti, les Romains ont trouvé en Giuly, préféré à Mancini, un bon détonateur sur le couloir droit et en Vucinic le trublion idéal aux abords de la surface. Le Monténégrin, par son abattage et sa technique, a souvent démarqué Perrotta, qui bute sur Toldo (1re) avant d’échouer sur un tacle impérial de Maxwell (17e). Mais le milieu de la Roma impose sa domination en permanence profitant des absences de Cruz, Materazzi et Ibrahimovic dans les rangs nerazzurri.

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 16 Kisa pwosè sa a konsène? Yo te pwopoze de Règleman apa nan yon pwosè aksyon kolektif sou evalyasyon ponpye ak sekou yo te fè pwopriyetè byen imobilye peye nan vil Miami ak evènman ki te pase pandan pwosè a. De (2) règleman sa yo se avèk 1) vil Miami, epi 2) kabinè avoka Adorno & Yoss, LLP. Pwosè a rele Masztal v. City of Miami. Moun yo tradui lajistis yo rele “Pleyan”, epi vil Miami rele “Defandè”. Kabinè avoka Adorno & Yoss, LLP rele “kabinè avoka”. Règleman yo pa vle di Minisipalite vil la oswa kabinè avoka a dakò pou yo angaje nan move zafè oswa nan move konduit oswa pou yo mal aji oswa pou yo vyole nenpòt lwa oswa règleman nan nenpòt konsiderasyon, eksepte pou sa ki konsène vil City of North Lauderdale v. SMM Properties se yon pwosè ki legal pou yon Minisipalite pou pibliye evalyasyon pou sèvis ponpye, paske sèvis ponpye pwokire yon li sipòte sou sèvis ponpye sèlman epi kidonk evalyasyon an legal. Pleyan yo deklare Evalyasyon an te oswa Evalyasyon Ponpye te enkòrèk pase sa ki endike anwo a. Ni li pa t detèmine limit, si genyen, Evalyasyon Ponpye/Sekou te fèt yon fason inadmisib pou sèvis medikal ijan yo. Pleyan yo prezante reklamasyon tou kont kabinè avoka pou aksyon ak inaksyon posib ki gen pou wè ak premye pwosedi yo kont Minisipalite vil la nan pwosè sa a. Kabinè avoka a, san admèt responsablite ak kontestasyon toudenkou reklamasyon Pleyan yo, chwazi pou rezoud aksyon sa a. Kidonk, menmsi Pati yo dakò pou genyen dwa pou jwenn yon ranbousman, oswa kantite lajan ki endike a. Ni pa t genyen desizyon okenn Kimoun ki fè pati Règleman yo? Minisipalite a ak manm fanmi pwòch yo, ki reprezante kapasite endividyèl yo kòm kontribiyab, ki te peye Evalyasyon Ponpye/Sekou ak/oswa Evalyasyon Ponpye Minisipalite vil la te resevwa nan ane Ou kapab kalifye pou resevwa yon ranbousman, sa vle di yon pòsyon Lajan pa posib pou nenpòt moun ap resevwa yon ranbousman konplè tout lajan Evalyasyon ki te peye a. Li Ki dispozisyon Règleman ki pwopoze yo? Kòm konsiderasyon pou Règleman li, Minisipalite vil la ap chèche jwenn yon ranbousman. Dwa pou jwenn yon ranbousman pa dwe transferab. Chak Pati dwe jwenn dwa pou fè restriksyon, dapre lòd, entèdiksyon, oswa lòt reparasyon, nenpòt vyolasyon oswa dispozisyon ak règleman sa yo. Konsènan konsiderasyon pou Règleman yo, depi genyen Apwobasyon tout reklamasyon ki nan pwosè a ak lòt reklamasyon jan sa dekri nan Akò Règleman yo. Kominikasyon an dwe genyen yon pati entegral ak enpòtan Règleman yo, epi li pa kapab separe nan Règleman yo. Avi sa a. Règleman avèk kabinè avoka a genyen ladan yon dispozisyon ki pèmèt li anile règleman an kabinè avoka a poukont yo epi avèk pwòp depans yo. Kisa mwen DWE fè pou mwen vin kalifye pou resevwa yon ranbousman posib? Ou dwe fè Demand nan sit wèb epitou ou kapab enprime li nan sit wèb la. Kisa mwen dwe fè si mwen vle Eskli tèt mwen nan Gwoup la? Si ou pa vle patisipe nan youn oswa Pou Administratè a (kourye): Masztal v. City of Miami Settlement Administrator 1. Non ou, adrès ou ak nimewo telefòn ou; 3. Siyati ou; 31), epi a. Règleman avèk Minisipalite vil la, OSWA b. Règleman avèk kabinè avoka a, OSWA ou nan toulède règleman yo. devan anvlòp la. 2. Ou p ap jwenn pèmisyon pou fè objeksyon kont dispozisyon yo; b. Ou p ap jwenn pèmisyon pou fè objeksyon kont okenn dispozisyon; sa a; epi d. Pou resevwa lajan nan plas Règleman sa yo, w ap oblije fè pwòp pwosè ou epi avèk depans ou. SONJE: OU DWE FÈ DEMAND OU POU ESKLIZYON AVÈK ANVL"P KI GENYEN TENB KI DATE ANVAN 10 JIYÈ 2008. SI W PA FÈ SA, SOF JAN TRIBINAL LA KAPAB BAY LI, DEMAND POU ESKLIZYON OU AP AN RETA AK ENVALID. ODISYON POU RÈGLEMAN AN: Esi mwen Vle fè Objeksyon kont Règleman yo? 1. Your name, address and telephone number; 2. Yon deklarasyon objeksyon ou (yo) ak nenpòt lwa ak/oswa prèv sipò ou vle entwodui; CA 31). OU DWE SOUMÈT OBJEKSYON EKRI OU BA GREFYE TRIBINAL LA ANVAN 10 JIYÈ 2008 PA LAP"S NAN ADRÈS SA A: Clerk of the Court; OU DWE VOYE KOPI OBJEKSYON SA YO TOU PA LAP"S BA TOUT AVOKA KI ENDIKE ANBA A, EPI ANVL"P LA DWE GENYEN TENB KI DATE ANVAN 10 JIYÈ 2008. Konsèy Defans pou Minisipalite Miami: Julie O. Bru, City Attorney Cole, Scott & Kissane, P.A. konsidere ou abandone oswa ou anile objeksyon ou, sof si ou montre rezon ki valab. Kouman pou mwen jwenn enfòmasyon adisyonèl? Avi sa a se sèlman yon rezime Règleman yo, ki prezante nan dokiman legal pi detaye ki rele “Akò pou Règleman ak Kominikasyon.” Akò Règleman ak Kominikasyon konplè ant Pleyan yo ak Minisipalite vil la ak Akò Règleman ak Kominikasyon konplè detaye sou zafè ki konsène pwosè sa a, Pleyan yo, Minisipalite vil la ak kabinè avoka a refere ou tou Si ou genyen nenpòt kesyon oswa senpleman si ou bezwen on kopi Fòmilè Demand Ranbousman, ou kapab rele Administratè Règleman an nan nimewo 1-800981-7567 oswa ou kapab wè divès kalite dokiman règleman an sou entènèt nan sit wèb www. MiamiFireFeeSettlement.com, epitou ou kapab enprime Fòmilè Demand Ranbousman an nan sit wèb la. TANPRI PA RELE TRIBINAL LA, GREFYE TRIBINAL LA OSWA MINISIPALITE MIAMI. YO P AP ANMEZI POU REPONN KESYON OU YO. AKSYON KOLEKTIF, RÈGLEMAN KI PWOPOZE AK ODISYON RÈGLEMAN AN Yon tribinal te otorize avi sa a. Sa se pa demand yon avoka. POU: Tout moun oswa enstitisyon ki posede pwopriyete nan vil Miami epi ki te peye Evalyasyon Ponpye Para revisar las versiones traducidas español de este aviso y todos los documentos importantes del caso, visite Konsèy Defans Gwoup la: Konsèy Defans pou Adorno & Yoss, LLP: Hinshaw & Culbertson, LLP Pou Tribinal la (dosye): Clerk of the Court Circuit Court, Eleventh Judicial Circuit in and un seul, sauf que dans ce mot précis il y a une tension entre les deux racines du mot, entre la “racine” et “l’errance”. C’est la vielle racine africaine, qui est celle de la traite, de la colonisation, c’est à dire de Gorée, et c’est bien sûr la racine haïtienne liée à une formation sociale spécifique qui est Haïti. Je ne suis pas un écrivain de l’exil ni cosmopolite. Je suis un écrivain tout court. Ce qui me caractérise c’est une enracinerrance qu’on retrouve chez d’autres créateurs qui n’ont pas forcément les mêmes racines que moi ni le même parcours. Un cinéaste tel que Raoul Peck ou Godard. Un écrivain tel que Beckett ou Chester Himes. Un peintre tel que Télémaque ou Basquiat, voire un musicien tel que Miles Davis ou Manu Chao. Il ne s’agit pas tant du mouvement des corps sur la planète qu’ à l’intérieur màme de ce que dans les années soixante-dix nous appelions les “pratiques signifiantes”. Pour ce qui concerne les écrivains on parlait de “pratiques langagières”. En ce qui concerne les musiciens je pense à quelqu’un comme Albert Ayler, formidable accumulateur et transformateur formel (Cf “Les treize morts d’Albert Ayler” dans la série Noire chez Gallimard). En ce qui concerne la peinture il y a Télémaque et tant d’autres. L’enracinerrance est la mise en mouvement des corps entre quelque chose qui est de l’ordre du Sujet, c’est-à-dire de l’histoire personnelle, individuelle, et quelque chose qui est de l’ordre du collectif, de l’histoire. E.B.: Dans “Ferdinand je suis À Paris”, le héros dit à propos d’Haïti: “Ce que j’aurais à lui raconter est trop lourd. Nous n’aurions jamais le temps. Je n’aurais pas les mots. Pas tout de suite. Je n’ai pas de pays, je lui dis”. Vous sentez-vous prêt aujourd’hui, après trente ans d’exil, à écrire sur Haïti? J-C. C.: Je n’ai jamais arrêté d’écrire sur Haïti, ce pays qui est le pays de mon origine, de ma naissance, de mes années de formation, et qui occupe tout l’espace de ce que j’aurai écrit jusqu’ici. La difficulté quand on traverse d’autres sociétés, d’autres langues, d’autres codes, est d’une part de ne pas en imposer les pesanteurs aux autres, d’autre part d’essayer tant qu’on peut de partager les pesanteurs propres au trajet des autres. Autrement dit de ne pas vivre l’espace d’exil sous le mode du fantasme de celui qui est resté dans son pays d’origine. Cela veut dire qu’on n’échappe pas à son origine, qu’on n’échappe pas à son enfance, ni aux années formatrices. Je n’ai pas arrêté d’écrire sur Haïti. A la limite je n’ai pas arrêté d’écrire sur le petit bout de rue de Port-au-Prince qui m’a vu naître et où j’ai grandi et vécu jusqu’à l’âge de vingt ans: la rue de “l’enterrement” qui s’appelait aussi la rue de la “Révolution”. E.B.: Quel lien entretenez-vous avec les intellectuels haïtiens qui pour la plupart habitent les Etats-Unis ou le Canada? J-C. C.: On se connaît tous. On mène chacun à sa façon nos combats. Pour la première fois dans l’histoire littéraire haïtienne, il y a des écrivains qui construisent une oeuvre. C’est-à-dire que jusque dansJean-Claude Charles, un entretien inédit réalisé en 2001(ENTRETIEN ... suite de la page 14) (voir ENTRETIEN / 17)LETTRES

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 17 OUVÈTI PLIZYÈ P"S NAN KOMITE DIREKTÈ POU FONDASYON SANTE PIBLIK Aktyèlman yap pran aplikasyon nan Komite Direktè pou Fondasyon Sante Piblik Konte Miami-Dade, gwoup dirijan pou Jackson Health System. Direktè yo sèvi san peye pou manda twazan ki koumanse ak fini nan diferan lè. Gen kat pòs vid pou pwosesis nominasyon 2008 la. Konsèy Nominasyon PHT-a va kontakte aplikan ki te chwazi yo pou yon entèvyou. Aplikan sila yo va sijè a yon envestigasyon konplè. Asanble Komisyonè Konte Miami-Dade, sou rekòmandasyon Konsèy Nominasyon an, va prezante non moun yo nonmen yo bay Komite Direktiv. Fòm aplikasyon yo disponib nan Biwo Egzekitif Konte-a, 111 NW 1st Street, Suite 2910, oswa sou www .miamidade.gov . Tout aplikasyon fèt pou resevwa pa Kay Sullivan, Grefye Asanble-a, nan 111 NW 1st Street, Suite 17-202, Miami Florida, 33128 pa pita ke 4:00pm jou 4 jen 2008 . Yap aksepte aplikasyon ki voye pa imèl oswa faks. Voye yo bay clerkbcc@miamidade.gov oswa fakse yo nan 305-3752484. Pou plis enfòmasyon, tanpri rele 305-375-5311. les années soixante, les écrivains haïtiens publiaient des livres. Aujourd’hui nous sommes en face d’écrivains qui essaient ou parviennent à produire des livres qui se situent dans la cohérence d’une oeuvre. On se connaît tous. On se rencontre en voyage ou chez les uns les autres. Je ne suis seul que par rapport à la question métaphysique de la solitude, autrement dit comme tout le monde. Il y a peu d’écrivains haïtiens en France, il y a Jean Métellus, René Depestre par exemple. Mais cette relative solitude n’est pas un problème pour moi. J’ai la communauté de mes personnages et de mes fictions. Et puis j’ai ma bibliothèque, je vis avec des auteurs comme Zola et d’autres encore, et je vis aussi avec les peintres et les musiciens que j’aime. (Entretien réalisé par Eléonore Buffenoir) (ENTRETIEN suite de la page 16)Entretien avec Jean-Claude Charles Préoccupation !« La richesse, le confort et, accessoirement, l’ineptie d’une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites. » Jean Dion La préoccupation peut être ennui. Ou bien inquiétude, tourment, tracas, souci, entraves. Une situation préoccupante cause du souci et tracasse aussi bien le sujet qui en souffre que son environnement. C’est, généralement, une situation grave celle qui cause la préoccupation. On n’arrive pas à « voir le bout du tunnel » dit parfois un ami du CRABE, et cela fait peur. La situation de quelqu’un peut causer en nous une profonde préoccupation surtout quand le sujet, l’objet de préoccupation n’en a pas conscience. On évite alors de le culpabiliser et on essaie de provoquer chez lui une réaction. Certaines fois, l’ampleur de la tâche peut paralyser toute tentative de réaction. Là, l’impliqué a un alibi. Cependant, l’absence continue de réaction, peut vouloir dire soit « indifférence » soit « attente ou volonté d’être pris en charge ». En parlant de préoccupation, vous allez sûrement vous dire que ce sont « les forces de la corruption » qui en sont la cause. Loin de là ma pensée. En tant qu’Haïtien, j’assume le poids de la corruption dans nos modalités relationnelles. Nous avons malheureusement l’habitude de profiter largement des « bienfaits de la corruption » alors que nous en médisons à longueur de journée. « Menm nan lanfè gen moun pa » dit le proverbe. Et voilà la porte d’entrée à « toutes les corruptions du monde ». Cela est valable en Haïti, en Italie, en Inde, en Afrique, en Europe, en AMÉRIQUE. Donc, que les forces de la corruption fassent échouer, c’est un fait. Elles ont aussi le mérite de faire réussir à plus d’uns aussi. Ici ou ailleurs. Une campagne « MAINS PROPRES » serait peut-être souhaitable. Mais, sont-ce les « forces de la corruption » ou les « réalités du pays » qui font sombrer Haïti dans cette situation préoccupante ? Enfin, « kité kantik pran priyè. ». Ce que je voulais faire, chères amies lectrices, chers amis lecteurs, c’était vous parler de notre cher petit pays, car Haïti redevient un sujet de préoccupation. Au fond, je crois qu’il n’a jamais cessé de l’être. On n’a jamais voulu cesser d’être un pays assisté. On s’est toujours senti à l’aise dans cette « structure assistancielle » appelée « Coopération Internationale » qui n’est au fond qu’une structure de « dépendance multiforme » créée pour se « donner bonne conscience » certains et beaucoup d’autres pour pouvoir écouler les « produits subventionnés » tels le riz ou autres céréales, et enfin certains autres pour donner du travail à une classe d’hommes et de femmes, à une « race » appelée « coopérants ». On a donc toujours constitué un « objet de préoccupation ». Ay ! Ay ! « Ayisyen » mes frères. « Vecteurs » de maladies drôles. « Porteurs de drôles de maladies ». Ay ! Ay ! Ayiti chérie. « Source intarissable » d’immigrés. Objet et sujet d’éternelle préoccupation. C’est comme si on n’avait jamais grandi. Comme si on était condamné à rester, à toujours demeurer sous la tutelle du… colon (j’allais dire). Et nous, Haïtiens, « éternels adolescents », nous nous maintenons dans une situation de « crise permanente de définition de nos relations » avec les autres, avec les voisins, avec la Communauté Internationale, qui ne cesse de nous voir comme ces « gros bébés, lourdauds, costauds, durs d’entendement ». Enfin, chers amis, Haïti, ce pays incompris qui ressemble de plus en plus à un furoncle, dans la partie gênante du corps … de la Planète, est, encore une fois de plus, objet et sujet de préoccupation tout en souffrant le poids de l’occupation dans l’indifférence la plus absolue de ses élites. Nous avons pu lire dans la presse et écouté à la radio, que notre pays représentait la préoccupation principale des « Pays Amis » : Préoccupation de la Communauté Internationale qui continue à insister sur les « graves conséquences sur la coopération » à cause du retard dans la formation d’un nouveau Gouvernement. Préoccupation de l’Union Européenne qui insiste sur le fait que les Institutions Internationales ont besoin d’un « Gouvernement en pleine capacité de ses moyens comme interlocuteur ». Préoccupation des Etats-Unis qui, aux dires de son Ambassadeur, « attendent une décision dans le meilleur délai » car la « Communauté Internationale ne peut coopérer avec un Gouvernement illégitime ». D’après elle, Haïti a besoin « d’un Gouvernement pour répondre aux besoins des Haïtiens ». Et tout cela, comme je disais avant, dans la plus grande indifférence des élites haïtiennes, économiques, intellectuelles, politiques. En définitive, nous retrouvons le même mode de fonctionnement habituel. Les Etats-Unis sont préoccupés. La France est préoccupée. Nos voisins sont préoccupés. Et cependant, les premiers intéressés, nous Haïtiens de tout poil, je me demande si nous ne nous foutons pas mal de leur préoccupation … et de nous-mêmes. Oscar Germain germanor2005@yahoo.fr Mai 2008 LIBRE PENSEE L’Ambassade d’Haïti en France commémore le 18 MaiParis le 23 Mai 2008 L’Ambassade de la République d’Haïti en France, le Consulat Général d’Haïti à Paris, ont organisé dans la soirée du Jeudi 22 mai 2008 (salle des fêtes de la Mairie du 17ème Paris) une conférencedébat à l’occasion du 205ème anniversaire de la création du premier drapeau haïtien. Plus d’une centaine de personnes, dont des diplomates y ont participé. Après les mots de bienvenue de madame Marie Guerlyne JANVIER, Conseiller près l’Ambassade d’Haïti en France, intervention de madame Murielle SCHOR, Maire adjoint du 17ème, puis de monsieur Fritzner GASPARD, Chargé d’Affaires a.i., qui ont prononcé des mots de circonstance. Monsieur GASPARD a mis l’accent sur le sens de cette rencontre : « la création du drapeau s’est faite autour d’un certain nombre de valeurs et j’aimerais insister sur l’une de ces valeurs : L’UNITÉ ». « Aujourd’hui c’est quelque chose qui nous manque cruellement et constitue un défi pour la Nation. Pour relever ce défi, nous sommes donc obligés au-delà de nos clivages sociopolitiques, idéologiques, nos différences, de réaliser cette grande unité fondamentale pour s’attaquer à tous ces maux afin de mettre la Nation haïtienne sur la voie du développement.» Un invité spécial, M. Michel HECTOR, membre de la Société Haïtienne d’Histoire, a dressé un bilan historique du drapeau, de sa naissance en 1803 à l’Arcachaie et les différents soubresauts historiques qui ont vu plusieurs changements. Il a analysé avec beaucoup de pertinence les différents drapeaux qui ont jalonné notre histoire jusqu’à l’instauration du drapeau noir et rouge de François Duvalier en 1964 : « le rétablissement du bicolore bleu et rouge le 25 Février 1986 représente non seulement une rupture avec la perversion duvaliériste du pavillon noir et rouge des luttes pour l’indépendance mais aussi un renouement avec une riche tradition de combats démocratiques et populaire..» Quant au professeur Bernard GAINOT de l’Université de Sorbonne à Paris, d’emblée il a reconnu que la révolution des esclaves haïtiens fut grandiose à tout point de vue. Il a relaté avec beaucoup de précision le processus qui a conduit à la victoire des esclaves sur le système colonial français et la naissance du drapeau haïtien comme premier acte fondateur d’une nation Haïtienne en devenir. Ensuite, le modérateur M. Pierre GARNIER, professeur à l’Université Pierre Mendès France, a passé la parole à l’auditoire. Le passionnant débat continua fort tard dans la soirée. Les réponses des professeurs HECTOR et GAINOT ont largement contribué au succès intellectuel de cette soirée organisée à l’occasion du 205ème anniversaire de notre drapeau. Ambassade d’Haïti en France Téléphone : (33 1) 47634778 Télécopie : (33 1) 42120205 Contactpresse20@yahoo.fr

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 18 LES JEUX En Bref...(suite de la page 2) Plusieurs policiers qui assuraient le service de garde ont été placés en isolement. Selon certains avocats habitués au greffe, il s’agit d’une injustice faite à ces agents. Il est fort difficile de contrôler l’accès au greffe où nombreux sont ceux qui font le va et vient. Des individus armés auraient pénétré le 12 mai vers 7 heures pm. Le greffier en chef et d’autres employés ont été forcés de se mettre à plat ventre au sol. Une opération éclair, qui a permis aux hommes cagoulés et lourdement armés d’emporter des dossiers, de l’argent et autres pièces à conviction. Une semaine après, les spéculations se poursuivent sur ce grave incident. Cambriolage planifié pour des libérations futures? Acte de sabotage? On attend les résultats de l’enquête annoncée par les instances concernées.Aide à Haïti : VenezuelaLe Président Préval a bénéficié d’un important geste de solidarité internationale des gouvernements cubain et vénézuélien dans sa quête pour une relance de la production agricole en Haïti au lendemain du sommet des chefs d’Etat de Managua (Nicaragua). Dans ce contexte, une mission technique mixte cubano-vénézuélienne a débarqué dans le pays pour étudier avec leurs homologues haïtiens un plan de relance à moyen et à long terme de la production agricole nationale pour les départements du Centre et de l’Artibonite. Cette commission composée de 30 experts cubains et vénézueliens, s’est divisée en deux branches, une branche de 22 experts dont 16 cubains et 6 vénézuéliens qui ont établi leur base à l’hôtel le Roseau à Mirebalais et un autre dans l’Artibonite pour s’occuper de la pêche et de l’aquaculture. Pendant 35 jours, les experts haïtiens en irrigation, infrastructure, mécanisation agricole, électromécanique, électricité, production végétale, phytopathologie, production animale, santé animale, agroindustriel, sol et agroforesterie, rencontrent leurs homologues étrangers à Mirebalais, pour diagnostiquer, concevoir et élaborer à court et à moyen terme un plan régional de développement agricole pour les départements concernés. Selon l’Agronome Mchel WILLIAM, le président Chavez a décidé de mobiliser 100 millions de dollars pour l’exécution de ce plan, après toutes les études de préfaisabilité et de faisabilité dont on est coutumier avec la coopération internationale. En prélude du gros décaissement pour l’achat des équipements et matériels agricoles, un premier contingent de 12.000 tonnes de semences de haricot et de mais, un lot de 3.000 tonnes d’engrais sur un total de 15 mille tonnes et aussi 50 tracteurs agricoles ont déjà été distribués pour commencer le travail. La phase d’exécution est prévue au mois de juin et les résultats de ces interventions sous forme de récoltes, doivent se produire dans les premières semaines de novembre 2008. Ce programme de relance de la production agricole dans la région transversale du Centre et de l’Artibonite, bénéficie aussi du soutien de l’ALBA ou Alternative bolivarienne pour les Amériques.Aide additionnelle des Etats-UnisL’agence américaine pour le développement international (USAID) a annoncé vendredi l’octroi d’une aide alimentaire à Haïti de 25 millions de dollars, a-t-on appris à Port-au-Prince. L’administrateur de l’USAID, Henrietta Fore, a indiqué que cette nouvelle assistance des Etats-Unis portera à 45 millions de dollars le montant total de l’aide alimentaire d’urgence octroyé par ce pays à Haïti. Selon le responsable américain, plus de 2.5 millions d’Haïtiens parmi les plus vulnérables dans les zones urbaines et rurales pourront bénéficier de l’aide dont plus de la moitié sera gérée par le Programme alimentaire mondiale des Nations-Unies. Des organismes volontaires privés seront responsables de la gestion des autres 20 millions de dollars, précise l’ambassade des Etats-Unis en Haïti dans un communiqué. “L’aide d’urgence comprendra environ 36.500 tonnes de nourriture, tels que des haricots, du riz, un mélange de soja et de maïs, de l’huile végétale, des lentilles, du bulgur fortifié au soja, et de la farine de maïs”, indique un communiqué. L’aide américaine couvrira trois programmes dont un système de distribution aux personnes vulnérables, aux personnes agées et aux orphelins. Un programme d’alimentation des enfants sera mis en place au cours de l’été dans les centres scolaires.L ‘USAID octroie vingt cinq million de dollars d’aide alimentaire à Haïti. L’administrateur de l’USAID a précisé que cette augmentation de l’aide porte à quarante cinq millions de dollars l’aide des Etats-Unis à Haïti. La moitié de cette aide sera gérée par la PAM, le Programme alimentaire Mondial, tandis que la seconde moitié sera géré par des Organisations Non gouvernementales (ONG) . Seront considérés dans un premier plan les enfants et les personnes âgées.

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 19 ti Gout pa ti Gout ak Jan Mapou DRAPO AYISYEN-AN HISE BYEN WO NAN MAYAMIKozman fèt drapo ayisyen-an ap vole nan tout direksyon jounen jodi-a. Kit se lakay. Kit se nan dyaspora-a. Fèt ble-e-wouj vin youn senbòl nasyonal e entènasyonal. Anpil peyi zanmi pa ezite rantre nan banbòch kiltirèl e patriyotik sa-a. Se youn okazyon pou yo rekonèt nou, rekonèt istwa nou. Pwofite rapleB"N FÈT PWOFESÈ IV DEJAN81 Rekòt Kafe nan Batay pou Lanng Kreyòl-la Dimanch 18 Me ki sot pase-a, pandan Ayisyen kou etranje nan Miyami t’ap fete fèt Drapo Ble-e-Wouj, doktè Iv Dejan limenm t’ap boukle 81 rekòt kafe. Pou okazyon-an, youn gwoup zanmi ki renmen e ki apresye pwofesè-a te òganize youn bèl rankont pou fete-l. Se te youn reyinyon kote lamitye te fleri. Doktè Dejan se youn espesyalis nan lanng kreyòl-la. Li ekri plizyè liv ak anpil atik sou alfabetizasyon, sou anseyman lanng kreyòl-la. Plizyè pwofesè te fè temwayaj pou di kijan doktè Iv Dejan te enfliyanse yo nan domèn edikasyon e ak enpòtans pou yo aprann e ekri lanng kreyòl-la. Nan asistans-lan nou te wè Pwofesè Guilhène Wolf Benjamin, Josette Baron Paris, Éliane Clermont, Fritz Clemont, Wilhem Jean-Louis, pwofesè Max Manigat, Michaëlle Vincent, doktè J.-C. Cadely, pwofesè Desland Innocent, ekriven Edwidge Danticat ak mari-l Fedo ak anpil lòt ankò; tout te la pou vin temwaye epi montre pwofesè Dejan jan yo apresye travay li nan lanng kreyòl ak nan edikasyon. Doktè Iv Dejan ansyeye lenguistik nan plizyè inivèsite Ozetazini. Li fonde an Ayiti youn sant ki rele Sant Twa Tiflè ak youn lekòl sant kominotè nan Fò Wayal an Ayiti. Te gen youn prezantasyon kiltirèl ak kèk bèl chante, pwezi Koralen tankou : Flè Dizè, pwofesè Max Manigat te tire youn kont <> ki soti nan liv li-a : Patamouch. Yolande Pierre te li youn powèm Menès Dejwa ekri pou glorifye Dòk-la. Yolande Thomas te chante Inm Nasyonal-la an kreyòl ak an franse ak <> powèm Koralen. Se te youn anbyans amikal. Yo te manje ansanm ak pwofesè-a. Lodyans bouyi rive byen ta nan apremidi. Mounn ki te la ak tout zanmi-fanatik Doktè IV DEJAN ki pa t’ka la kole vwa yo ansanm pou chante pou li <>. Yolande Thomas ======================ENVITASYONVant-siyati liv <> ap fèt nan Libreri Mapou 8 Jen 2008 de 5è a 7è diswa. Majorite otè yo ap la. Se pral youn sware bèzèrrrrrrrrr nèt ! Rezèrve plas an nou ake liv an nou bonèr-bonèr nan 305-757-9922 . ======================GrannSe mounn ki gen laj Se mounn ki saj Se moun ki wè Sa w pa ta kwè Se mounn ki viv Sa w-pa jwenn nan liv Si ou respekte-l Si ou koute-l . W-a travèse danje W-a va pwoteje Chita koute Grann W-ava aprann Li gen konesans Li chaje ak eksperyans Li se youn potomitan Li se youn moniman. Lè laj vin ride-l Se pou w-ka ede-l Pinga ou janm bliye-l Se pou toujou dòlote-l Mennen gran kou piti Timounn se apranti Se sou ou y’ap kopye E yo p’ap janm bliye Lè jou pa-w va rive Anverite ou p’ap antrave Sa jodi-a ou simen W-a rekòlte-l demen Dr. J.C Fanfan (Miami) =======================MWA KILTI AYISYEN NAN MAYAMISe 2 Me pou mwa kilti Ayisyen-an, City of Miami te inogire youn grap bilding pou lakilti yo fè nan Little Haiti-a. Tankou nou te toujou di travay yo t’ap fèt ankatimini.. Finalman yo fini. Gen youn teyat 450 plas. Gen youn mize, Gen youn estadyòm pou foutbòl. Estadyòm nan pote non Emmanuel Sanon. Kanta pou Caribbean Marketplace-la menm gade non! li tifi. Bèl kouch penti plizyè koulè, achitèk Zyskovich ki te gen djòb la remete-l nan menm kondisyon pòv defen Harisson Parley te fè-l la an 1990. Kounye-a fòk nou veyatif. Kisa yo pral fè ak bilding sa-a. Anpil plan. Anpil pwopozisyon. FANM AYISYEN nan Miyami te pran pozisyon depi lontan men jouk kounyea poko gen okenn desizyon fèm ki pran. Deyò Caribbean-nan bèl se vre men anndan toujou nan youn eta deplorab. City-a di yo pa gen lajan, kidonk y’ap chache youn prenè. Younn nan pi gwo pwoblèm bilding sa-a se kesyon vantilasyon ak èkondisyone. Antouka n’ap tann. Vil Miyami-an fè youn mirak ak Sant Kiltirèl la ki se gwo koze, dènye kri, bèl bagay!… Y’ap toujou jwenn youn mwayen pou yo prepare anndan Caribbean-nan tou. Se youn nesesite paske si nou gade byen si Caribbean Market-la pa ta louvri pòt li pou kite frechè rès bagay yo enben se pral lave men souye atè. Se bilding sa-a ki pou penmèt mounn travèse nan teyat, al gade bèl tablo nan mize. Nan jounal Miami News, seksyon The BEST of Miami pou ane 2008-la, Caribbean Market Place –la pote premye pri kòm bilding ki pi orinjinal nan Mayami-Little Haiti. ======================LITTLE HAITI ANPENPANYoun atik ki soti nan New Times Best Renovation/Preservation (2008) Little Haiti Caribbean Marketplace When New York Times reporter Bruce Weber came to Miami in 1999 to do a story about Little Haiti’s art community, he described the nascent effort to renovate the Caribbean Marketplace, not only to save the building itself only nine years old then, it was well on its way into, as Weber said, “decrepitude” but also to establish a cultural center for the neighborhood. Another nine years have passed and that dream is almost realized. The award-winning design by Haitian-born architect Charles Harrison Pawley once again looks like the building it’s modeled after, the famous Iron Market in Port-au-Prince. And the new construction in back, at the time of writing, was very close to finished. Redesigned by the Zyscovich firm, the new site will soon be home to a theater/auditorium, a dance facility, a community meeting room, gallery space, a darkroom, a computer workroom, and a kiln. In conjunction with the soccer fields on NE 62nd Street and Second Avenue, this revitalized site will finally give Miami’s Haitian community respectable facilities for sport and cultural events. At 50,000 strong, it’s about damn time. limanite bèl ekzanp fratènite ak inyon zansèt nou yo te bay pou te kase chenn lesklavaj la. Polis Otawa nan Metwopòl Kanada-a mete drapo ble-e-wouj la flote ak drapo kanadyen-an. Ozetazini se nan tout vil kote ki gen ayisyen drapo-a ap flote. Li nan tout biznis ayisyen, nan tout machin, nan tout kay. Lekòl meriken yo fè fèt pou elèv yo. Se youn jou inyon ant blan, milat ak nèg. Chak timounn ak youn ti drapo ble-e-wouj, Salklas yo dekore an blee-wouj, y’ ap chante , y’ ap danse. Sosyete Koukouy Miyami voye delegasyon nan 4 lekòl: ak youn aktè abiye an Desalin pou al pale ak elèv lekòl yo epi fè demonstrasyon kilti ayisyen-an. Kwann nan pwa-a se te legliz Notre-Dame d’Haïti. Young grap jenn pè, dinamik fòk pa plis mete soupye youn kokennchenn lanmès nan lakou NotreDame nan. Plis pase 3,000 mounn te la. Mès la kòmanse depi 10è dimaten rive jouk 2è nan laprèmidi. Youn mès dyak sou dyak ak plizyè lòt pè nan kominote-a plis Monseyè Gérard Darbouze ki malgre kondisyon fizik-li al laj li (79 ane) li te vin asiste e menm patisipe nan lanmès-la. Monseyè Darbouze te kontan tou. Se te fèt li . S’oun okazyon pou n’te chante Bòn Fèt pou li. Pè Réginald JeanMarie kire Notre-Dame nan fè youn sèmon manchlonng ki dire 45 minit. Nan 3 lanng. Li pase de kreyòl ak angle soupoudre ak kèk bèl fraz franse, Outadi se dlo kokoye ki t’ap koule nan gagann ni. San papye. Nan youn vwa fèm. Youn vwa ki fè tout lakou-a tranble ak emosyon. Pawòl pè Rejinal yo fè chak grenn mounn pran konsyans ak tèt yo. Poze tèt yo kesyon. Dekouvri pwòp santiman yo nan travay devlopman yo kòm mounn e ak lòt konpatriyòt nou yo. Monpè pale. Awi li pale nèt. Li denonse tout kakachat, tout vye mani, egoyis, jalouzi k’ap detui nou kòm pèp e ki afekte relasyon nou ak lòt pèp yo. Monpè di li lè pou nou sispann mande, ap tann zòt vin fè pou nou. Tan-a rive pou nou poze tèt nou kesyon kijan nou pral ede frè ak sè nou yo viv nan respè ak diyite.Li montre enpòtans drapo-a. Kijan li ta bon tankou zansèt nou yo te fè pou nou fè youn tètkole, mete youn ti gout konfyans antre nou pou nou devlope tout kote n’ap viva k kominote ak peyi lakay. Konsil Ayisyen Msye Latortue te fè youn rale sou istwa ak mesaj drapo ayisyen-an. Li salwe kominote-a sou non gouvennman-an. Pwofesè Jean-Claude Exulien te montre enpòtans drapo-a nan vi nou kòm pèp, senbòl sa-a ki fè fyete tout ayisyen isit tankou lakay. Apre lanmès la Sosyete Koukouy youn oganizasyon Miami Dade County Cultural Affairs ap sipòte depi nan fondasyon-l nan ane 1985 te prezante youn bèl tranch kiltirèl ki te gen dans (Ibo) (rara) ak koral Koukouy, Johanne Manuel te ofri youn (dans modèn); mizik ak sanba Kiki Wainwright, powèm ak Janjan Dezire, Brunide David, Edeline Clermont. Chak fidèl te soti ak youn souri fyète sou vizay li. Youn ti drapo ble-e-wouj t’ap flote nan men yo. Rekonsiklyasyon nan kè yo: Fèt Drapo ble-e-wouj youn fèt senbolik pou nou menm Ayisyen . Youn fèt daprè nou anpil lòt nasyon pral imite. Jan Mapou mapoujan@bellsouth.net

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Mercredi 28 Mai 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 18 Page 20 Haïti en MarchePort-au-Prince 100 Avenue Lamartinière (Bois Verna) Tel.: 2245-1910, Fax 2221-1323 Miami 173 NW 94th Street Miami, Florida 33150 Tel. 305 754-0705 / 754-7543 • Fax 305 756-0979 New York • 914 358-7559 | Boston • 508 941-6897 Montréal • 514 337-1286 email:melodiefm@hotmail.com | haiti-en-marche@hughes.net URLwww.haitienmarche.comLibrary of Congress # ISSN 1064 3896Wyclef Jean lance une association semble pour Haïti), par le biais de son association caritative Yéle Haiti et en s’associant avec le World Food Program (WFP) et la Fondation Pan American Development (PADF). Cette association va travailler avec plusieurs organisations nongouvernementales afin de résorber la crise alimentaire en réparant les sols, et en aidant les fermiers à produire davantage.(... suite de la 1ère page) (photo Guyler) Port-au-Prince HPN «On se demande si en ce moment précis le choix de Robert Manuel est l’idéal», s’interroge un membre de la CPP (Concertation des parlementaires progressistes), le groupe majoritaire à la Chambre des députés, après la désignation dimanche par René Préval de son ancien Secrétaire d’Etat à la sécurité publique et actuel conseiller au poste de Premier ministre.Premier Ministre : Réactions à la désignation de Robert Manuel “Nous sommes surpris par ce choix dans la mesure où il y a deux noms de ministres du gouvernement sortant qui revenaient souvent lors des discussions”, a commenté le député Steven Benoît, membre de la Concertation des parlementaires progressistes (CPP), le groupe majoritaire de la Chambre avec de la CPP vote contre ce choix, nous sommes prêts à le combattre jusqu’au bout. Dans le cas contraire, nous sommes prêts à le ratifier». En attendant, les tombeurs d’Ericq Pierre, ex-Premier ministre désigné, disent attendre le dépôt des dossiers de Bob Manuel «car on ne veut pas avoir une idée préconçue du candidat au poste sans avoir analysé ses pièces au préalable», indique Larêche Ronald. Les membres de la CPP disent en outre vouloir faire preuve de clairvoyance politique en évitant le choix de «quelqu’un de conflictuel, qui peut plonger le pays dans un bourbier pire que celui dans lequel mous sommes». Plus loin, le député de MontOrganisé se demande si quelque part il n’y a pas une volonté de piéger la CPP «sachant que ce choix peut être rejeté pour accuser ensuite le parlement d’empêcher le pays d’avancer». Selon plus d’un, en l’absence d’une opposition politique pouvant faire pencher la balance, et dans le grand vide politique ainsi créé, la CPP est une force avec laquelle il faut aujourd’hui compter. Robert Manuel, architecte et écrivain-poète, est un ancien président de l’association des écrivains haïtiens. Ami et un proche de longue date du président Préval, Robert Manuel, 55 ans, était Secrétaire d?Etat à la sécurité publique lors du premier mandat de Préval1(1996-2001). Il est actuellement conseiller particulier du président haïtien, dont il avait pris part à la dernière campagne présidentielle en 2006. HPN 52 députés sur 98. “Le choix ne fait pas l’unanimité, il y aura des débats contradictoires au sein de notre groupe et la majorité décidera”, a déclaré le parlementaire. Pour sa part, le député Larêche Ronald, représentant de Mont-Organisé (commune située dans le Nord-est d’Haïti), prévient que : «Si l’assemblée Port-au-Prince, 26 mai 08 [AlterPresse] — Des dirigeants d’au moins deux partis politiques, représentés au Parlement haïtien, se déclarent favorables à la designation de Robert Manuel comme Premier ministre devant succéder à Jacques Edouard Alexis, démissionnaire, après le rejet [le 12 mai 2008] du choix de Pierre Ericq Pierre comme futur chef de gouvernement. Les critères ayant trait à la sensibilité sociale, des connaissances en sécurité publique et la capacité de développer une politique non partisane auraient été pris en compte, estiment la Fusion des sociaux-démocrates et l’Organisation du peuple en lutte (OPL), dans des déclarations faites à l’agence en ligne AlterPresse. Ces deux partis politiques ont participé aux diverses rencontres avec le président René Garcia Préval autour de la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale. Pour Micha Gaillard, porteparole de la Fusion des sociauxdémocrates, le conseiller de l’actuel chef d’Etat et ancien secrétaire d’Etat à la sécurité publique sous le premier mandat de Préval (1996-2001), Robert Manuel, répondrait aux caractéristiques d’ « une certaine sensibilité sociale, d’une certaine sensibilité populaire ». Pour sa part, précisant qu’aucun nom de personnalités n’a été cité lors des discussions avec René Préval, Edgard Leblanc Fils, coordonnateur de l’OPL. indique plutôt qu’ « il a été surtout question de statuer sur le profil de la personnalité qui dirigera le prochain gouvernement. « Nous n’avons aucun problème avec ce choix », affirme Leblanc. Des parlementaires, contactés par AlterPresse, se sont toutefois gardés de tout commentaire sur la désignation de la nouvelle personnalité appelée à conduire la barque nationale durant les mois à venir. Ces parlementaires affirment attendre la décision qui sortirait de la réunion avec leurs partis politiques respectifs. La désignation de Robert Manuel, qui devrait être formalisée ce lundi 26 mai 2008 par lettre officielle de la présidence de la république aux présidents du Sénat et de la Chambre des députés, tombe dans un contexte de recrudescence d’actes d’insécurité, notamment d’enlèvements fréquents de personnes. En tout cas, les démarches devraient commencer pour la ratification du choix du premier ministre désigné. En cas de ratification de son choix, Robert Manuel aura à former un gouvernement en concertation avec le président Préval et à présenter une déclaration de politique générale aul’association Together for Haiti (En-sénat et à la chambre des députés. Le nouveau programme de gouvernement sera probablement centré sur le Document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté (Dsncrp). Considéré comme un cadre de référence, « le Dsncrp mérite d’être réorienté », selon le porte-parole de la Fusion. Pour Micha Gaillard, l’accent doit surtout être mis sur la relance de la production nationale, la sécurité alimentaire et la création d’emplois, dans ce document élaboré sous le gouvernement destitué de Jacques Edouard Alexis. Edgard Leblanc croit, quant à lui, que le plus important c’est de travailler à l’amélioration des conditions de vie dans le pays. Le dirigeant de l’OPL espère que Robert Manuel sera en mesure de mieux coordonner les actions gouvernementales. Le Président Préval et le PM désigné Robert Manuel (Alterpresse)L’ACTUALITE EN MARCHE