Citation
Haïti en marche

Material Information

Title:
Haïti en marche
Place of Publication:
Miami Fla
Publisher:
s.n.
Publication Date:
Copyright Date:
2005
Frequency:
Weekly
regular
Language:
French
Physical Description:
v. : ill. ; 45 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
Haitians -- Newspapers -- United States ( lcsh )
Newspapers -- Miami (Fla.) ( lcsh )
Newspapers -- Miami-Dade County (Fla.) ( lcsh )
Genre:
newspaper ( marcgt )
newspaper ( sobekcm )
Spatial Coverage:
United States of America -- Florida -- Dade -- Miami
Haiti

Notes

Language:
In French.
General Note:
Description based on: Vol. 3, no. 37 (7 November 1989).

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Copyright Haïti en Marche. Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
21271733 ( OCLC )
sn 92061416 ( LCCN )
1064-3869 ( ISSN )

Downloads

This item has the following downloads:


Full Text
















Haiti en Marche edition du 23 au 29 Avril 2008 Vol. XXII No. 13


RECHERCHE D'UN PREMIER MINISTRE


Voici venu le temps des deals >


PUKI-AU-KPINLCE, 19
Avril On prend les memes et on re-
commence. Comment construire du
nouveau avec ce qui a deja echou6.


confiance au Senat ae la
republique.
Pourtant cela ne
semble pas deranger les acteurs


Rend Prival debat avec partis politiques etparlementaires,
ici deux influents senateurs: Rudy Herivaux et Youri Latortue


C'est l'6norme d6fi, la veritable
quadrature du cercle auquel se
confronte la politique haitienne au
moment de trouver un remplapant au
Premier ministre Jacques Edouard
Alexis qui a 6cop6 d'un vote de non


outre mesure. La force de
l'habitude. Toujours les memes
gueules, pas une nouvelle
tronche a l'horizon. On y veille
jalousement d'ailleurs. Cejeu de
(DEALS/ p. 4)


ECONOMIE-EMEUTES

Les causes de la crise

restent intactes


PORT-AU-PRINCE, 20
Avril Personne n'a vu venir le
d6chainement de ces derniers jours.
Ni les pouvoirs publics. Ni
l'international (mission des Nations
Unies, ONGs).
Meme quand la presse lo-
cale pullule d'articles et d'6ditoriaux
d6nongant le couit vertigineux de la
vie et l'absence d'efforts reels pour
y faire face.
Mais nul ne s'y attendait.
Meme quand les 6meutes de la faim
avaient commence a frapper d'autres
pays. Mais chez nous pas question,
continuait-on a penser.


Et meme quand les
6meutes s'6taient d6clench6es
que les dirigeants haitiens
semblaient mettre davantage
l'accent sur le secondaire
(infiltrateurs, trafiquants,
casseurs) que sur la r6alit6 mrme
de l'6v6nement.
Et aujourd'hui encore,
qui sait si on pense autrement. A
preuve, les 6v6nements ont vite
&6t r6cup6r6s pour faciliter des
changements politiques (renvoi
du Premier ministre et autres) qui
n'attendaient qu'une telle occa-
sion. (CRISE / p. 5)


Faut-il dedommager les victimes des emeutes ?
PORT-AU-PRINCE, 18 Avril Le pas et celui-ci en est encore moins responsable. Ily a l'Etat lui-meme dont les bureaux de
;ouvernement ne peut etre tenu pour responsable Mais qui l'Etat doit-il dedommager ? I y a tel organisme ont 6t6 rases totalement par les
les consequences des 6meutes qui ont secou6 le la petite marchande dont la barque de bombons et 6meutiers, comme la succursale de 1'ONA (Office
lays ces dernieres semaines. I1 est difficile de definir cigarettes a kt6 crabouill6e lors de la fuite 6perdue au national d'assurance vieillesse) a Petionville.
;elon quelle logique on pourrait tenir le moment de l'intervention des forces de police locales Il y a des m6dias qui ont recu des pierres
;ouvernement pour responsable. et des casques bleus onusiens (Minustah) ... lors du repli massif des manifestants devant les
Par contre le gouvernement pourrait etre Ily a le photographe de presse qui a recu une blinds de la Minustah.
3ollicit6 pour aider a reparer les degats provoques balle en caoutchouc en plein corps ou le reporter qui a Et il y a environ une quarantain
ar l'Etat a des moyens que le simple citoyen n'a perdu sa cassette enregistreuse. Etc. (DEDOMMAGER/ p. 6)


Livraison d'argent h domicile
en moins de deux heures Appelez sans frais:
USA/Canada:
CAM Pickup avec plus de 400 Agents Payeurs 1-800-934-0440
A-6tra l c~ R4 blinP


aI IrFIIdI Id s puIIque.
* DUp6t dans nimporte quelle banque en Haliti.
* Grande variety de produits alimentaires
de meilleure quality sur le march.


Haiti: 800-256-8687
www.camtransfer.com
Approwvv par es aItorils bancares de
New (aok. New Jeney. Comneclcut. thode Isbd.
Mosochusels. Wohshlnon DC. Geo el Flodde.


g
d

g
s
c


e









IEN PLUS ..


EN BREF


Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


SOMMET DES BAILLEURS

Encore une chance

qu'on laisse passer


PORT-AU-PRINCE, 16
Avril Les jeunes manifestants du
mardi 8 avril devant le palais national
ne savaient pas si bien dire en
s'adressant aux casques bleus de la
Minustah en ces termes : << nous avons
fait 1804, nous ferons 2008 >
En effet, ils ont fait 2008.
Depuis les 6meutes d'Haiti, la crise
alimentaire qui est mondiale a pris une
nouvelle dimension. Dans toutes les
grandes chancelleries du monde, on ne
parle que de cela. Et le nom d'Haiti est
en premiere ligne.
Juste retour des choses. Alors
qu'en Haiti nous avons une perception
e ces manifestations 6maill6es de
violences et d'actes de vandalisme
comme un pas en arrisre dans les
efforts pour la stabilisation, telle n'est
miraculeusement pas la reaction qui
nous vient du dehors.
Oyez plutt : << Le president
Bush est 'tris pr6occup6' par la crise
qui touche Haiti, l'Egypte et les
Philippines, entre autres, selon sa
porte-parole Dana Perino.
Sur ce Mr. Bush d'ordonner
lundi le d6blocage de 200 millions de
dollars d'aide d'urgence pour faire face
a la crise alimentaire qui frappe
durement certains pays.
Le D6partement d'Etat et
1'USAID sont mobilis6s.
Cette aide alimentaire
suppl6mentaire s'ajoute aux
programmes am6ricains d'aide
alimentaire d6ja existant et pourra aussi
servir a r6pondre aux besoins impr6vus
en aide alimentaire, selon la porte-
parole de M. Bush.
Les 6meutes d'Haiti n'ont pas
kt6 les premieres. En Egypte, on a
enregistr6 une soixantaine de morts,
des dizaines en Afrique et aux
Philippines. En Haiti, on a relev6 5
morts dans la ville des Cayes. Et le
policier nig6rian qui a k6t assassin
samedi dans un march de la capitale.
Cependant les 6v6nements
d'Haiti ont servi de toute evidence de
catalyseur a l'6chelle internationale.
Oyez encore. << Les appels a
la mobilisation internationale se
multiplient pour faire face aux crises
alimentaires qui menacent la planite. >
Et pas n'importe laquelle ...
Selon << le rapporteur special des
Nations unies pour le droit a
l'alimentation, Jean Ziegler, la
planite > se dirigerait << vers une tris
longue pyriode d' meutes > et de
conflits lies a la hausse des prix et aux
p6nuries.
Diff6rentes propositions ...
La France appelle l'Union
europ6enne a augmenter sa production
agricole tandis que les Etats-Unis ont
d6bloqu6 l'aide d'urgence (que nous
venons de voir).
Selon le ministre francais de
l'agriculture Michel Barnier, << il va
falloir doubler la production mondiale
d'ici a 2050 pour nourrir 9 milliards
d'habitants sur la planite. >
La France propose B l'Europe
de produire << plus et mieux > et de
rester << une puissance agricole forte >
pour r6pondre au << contexte grave de
crise > et aux << 6meutes de la faim. >
Michel Barnier recommande
aussi a 1'UE une aide agricole plus
importante aux pays pauvres pour
qu'ils se rapprochent de l'auto-
suffisance.
II a aussi plaid en faveur
d'une plus grande fermet6 de l'Europe
dans les n6gociations commerciales
avec 1'OMC (Organisation mondiale
du commerce) oft l'Europe est sous
pression pour r6duire ses aides et droits
de douane et ses subventions aux
agriculteurs.
Aussi l'initiative frangaise ne
fait-elle pas totalement l'unanimit6,
particulierement chez les Britanniques,
non seulement plus gagn6s au n6o-
lib6ralisme (c'est le pays de Margaret
Thatcher) mais aussi parce qu'ils
soupponnent la France de chercher a


profiter du contexte international pour
d6fendre ses int6rets de premiere
puissance agricole de l'UE.
Par consequent cette
nouvelle situation peut provoquer un
rebrassage des cartes au plan de
l'6conomie mondiale. Il faut le retenir
nous aussi.
A tel point que si la Banque
mondiale le dit, c'est vrai. Or ce sont
les deux plus grands argentiers de la
planite, la Banque mondiale (BM) et
le Fonds mon6taire international
(FMI) eux-memes, qui viennent de
tirer la sonnette d'alarme.
Si ce n'est plut6t les derniers
6v6nements en Haiti.
Incroyable mais vrai, c'est le
president de la Banque mondiale
(temple du n6o-lib6ralisme), Mr
Robert Zoellick, qui met en garde, a
l'issue de la conference de printemps
des deux organisations le week-end
dernier a Washington, contre des
<< consequences terribles > si
l'inflation se poursuit, avec << des
centaines de milliers de personnes
(qui) vont mourir de faim. >
C'est toujours M. Zoellick
qui note : Dans les pays pauvres, la
monte des prix a d6ja conduit a de
graves explosions de violence, a des
manifestations et des pillages. En
Haiti (poursuit-on), les troubles ont
fait des morts et abouti a la chute du
gouvernement.
Entre parentheses, rappelle-
t-on, l'une des raisons de la monte
des prix est la part grandissante de la
production de bio-carburants a partir
de c6r6ales qui manquent maintenant
pour l'alimentation des populations.
Ce qui amine un Jean
Ziegler, dont on sait qu'il ne mache
pas ses mots, a s'6crier : << La
production massive de bio-carburants
est un crime contre l'humanit6. >
Le quart de la production de
mais aux Etats-Unis est d6ja consacr6
a la production de ce qu'on appelle
aussi le p6trole vert.
Ce mardi les prix du riz et
du mais ont inscrit de nouveaux
records historiques, portant la hausse
des prix du riz depuis le d6but de
l'ann6e a plus de 60% et accentuant
les craintes de tension sur le march
mondial.
Les cours du riz ont double
depuis septembre dernier sur le
march de Chicago (Chicago Board
of Trade ou CBOT) pour atteindre
22,22 dollars les 100 livres et cela va
continuer, les gros importateurs
augmentant leurs achats pour
constituer des stocks de peur de voir
les exportateurs r6duire leurs
livraisons, comme c'est deja le cas
avec l'Inde et le Vietnam. Tandis que
les Philippines, premier importateur
mondial, disent vouloir acheter en mai
500.000 tonnes suppl6mentaires pour
augmenter leurs stocks.
<< On parle du riz presque
autant que du p6trole maintenant dans
les grands m6dias et l'int6ret pour le
sujet va croissant > note un analyste
du march.
Le president de la Banque
mondiale n'a pas h6sit6 a appeler
dimanche a un << New Deal pour la
politique alimentaire mondiale >>
destined renforcer la productivity
agricole et am6liorer l'acces a
1'alimentation.
Et c'est l1 que cela devient
encore plus int6ressant pour nous
autres. C'est que les grands
gendarmes economiques de la planite
(reconnaissant en quelque sorte
l'6chec de certaines de leurs
politiques) acceptent de faire certains
accrocs a la sacro sainte doctrine n6o-
lib6rale.
C'est Robert Zoellick qui
parle. << Nous sommes tris pr6occup6s
et nous 6tudions ce que nous pouvons
faire a court terme (comme de
r6clamer une aide alimentaire
(voir BAILLEURS / 6)


Visite du maire de Montr6al A Port-au-Prince en relation
avec la crise alimentaire pr6valant dans la capitale haitienne
Le maire de Montr6al, M. G6rald Tremblay, effectue une visite a Port-au-Prince
du 20 au 22 avril, en r6ponse A l'invitation de son homologue haitien Muscadin
Jean-Yves Jason et du Pr6sident d'Haiti, M. Ren6 Pr6val.
<< Je suis conscient de la situation qui pr6vaut pr6sentement A Port-au-Prince
relativement A la crise alimentaire. II faut etre r6aliste face au role qu'une ville
comme Montr6al peutjouer quant A la resolution de cette situation. Toutefois, il
m'apparait essentiel, particulierement en ces moments difficiles, de r6it6rer
notre solidarity envers le peuple haitien et de maintenir notre soutien en fonction
de nos capacit6s et de nos moyens >, a d6clar6 le maire de Montr6al.
< Je compte profiter de cette visite pour r6affirmer au maire Jason la volont6 de
la Ville de Montr6al de poursuivre les efforts que nous avons amorc6s dans le
cadre du Protocole de cooperation s'6chelonnant sur cinq ans que nous avons
sign A Montr6al, en d6cembre dernier >, a ajout6 M. Tremblay.
Au cours de sa visite, M. Tremblay doit s'entretenir notamment avec le
president d'Haiti, M. Ren6 Pr6val ainsi qu'avec le maire de Port-au-Prince. I1
aura 6galement l'occasion de remercier les policiers et policieres du Service de
police de la Ville de Montr6al (SPVM) pr6sentement en mission dans le pays et
qui r6alisent un travail de formation exceptionnel. Lors de sa visite le maire
s'adressera aux membres de la Chambre de commerce et d'Industrie haitiano-
canadienne. Le maire de Montr6al pr6voit 6galement de rencontrer des
Organisations Non Gouvernementales montr6alaises actives A Port-au-Prince.
Un fort contingent de policiers canadiens, dont des retrait6s s'6tant ports
volontaires, font partie de la police de I'ONU en Haiti (UNPOL). Ils sont
particulierement impliqu6s dans des programmes de formation et de
renforcement de la Police Nationale d'Haiti.

Visite en Haiti du secr6taire d'Etat frangais A la Coop6ration
Le secr6taire d'Etat francais A la Coop6ration et la Francophonie, Alain
Joyandet, est arrive en Haiti pour une visite de 48 heures, ax6e sur la crise
alimentaire traverse par le pays et qui a provoqu6 des 6meutes de la faim qui
ont fait 5 morts.
"Cette visite intervient apris l'annonce par le president francais Nicolas Sarkozy
du doublement de l'aide alimentaire frangaise en 2008", a soulign6 l'ambassade
de France A Port-au-Prince dans un communique.
M. Joyandet doit s'entretenir avec les autorit6s haitiennes de la situation
politique du pays, dont le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis a &6t
destitu6 par le S6nat, et des problimes sociaux dus A l'envol6e des prix des
denr6es alimentaires.
Le secr6taire d'Etat francais sera notamment recu mercredi par le president Ren6
Pr6val et devrait rencontrer des membres du bureau du Programme alimentaire
mondial et des responsables de la mission de stabilisation de I'ONU d6ploy6e en
Haiti.
M. Joyandet, qui s'est rendu auparavant en Martinique pour assister aux
obseques du porte martiniquais Aim6 C6saire, devait arriver lundi soir en Haiti
pour y sojourner jusqu'A mercredi.
A la suite de son assemble g6n6rale A Washington le week-end pr6c6dent, la
Banque mondiale a d6cid6 d'octroyer 10 millions de dollars A Haiti et d'y
d6pecher une 6quipe d'experts pour aider les autorit6s A r6soudre la crise
alimentaire.
Cependant une conference internationale de bailleurs de fonds pr6vue le 25 avril
a 6t6 annul6e a la suite de la destitution du Premier ministre et une nouvelle date
devrait etre fix6e une fois le nouveau gouvernement form.

Le chancelier espagnol en Haiti le 25 avril
Le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, effectuera une
visite en Haiti le 25 avril dans le cadre d'une tourn6e r6gionale de cinq jours qui
le conduira 6galement au P6rou, en Argentine et au Br6sil, rapporte une d6peche
de I'AFP date de Madrid.
Au cours de son passage A Port-au-Prince, M. Moratinos aura notamment des
entretiens avec les autorit6s haitiennes et les membres de la police et de la garde
civile espagnoles faisant partie de la Mission de stabilisation de I'ONU
(MINUSTAH).
Apris avoir laiss6 Port-au-Prince, Miguel Angel Moratinos participera A Lima
au sommet euro-latinoam6ricain le 26 avril, puis s6journera les 27 et 28 A
Buenos Aires et A Brasilia of des questions bilat6rales seront d6battues.
Outre sa presence au sein de la composante policiere de la force onusienne
(UNPOL), Madrid qui avait, en 2006, rappel6 ses casques bleus d'Haiti,
entretient avec le pays une cooperation portant en particulier sur l'Mducation et le
micro-cr6dit.

Le president bresilien prochainement en Haiti
Suite aux r6cents troubles que vient de vivre Haiti, le president du Br6sil, M. Lui
Lula Da Silva visitera le pays.
Pr6vue pour le 28 mai prochain, cette visite lui permettra de discuter avec son
homologue haitien, M. Ren6 Pr6val, autour de la relance de la production
agricole dans le pays.
La visite du chef d'Etat br6silien a &6t r6v6l6e jeudi, par l'ambassadeur br6silien
en Haiti, M. Igor Kipman. Selon lui, elle devra etre devanc6e d'une 6quipe
d'experts br6siliens qui pr6pareront l'entretien entre les deux presidents.
A la suite des violentes manifestations qui se sont d6roul6es dans le pays A cause
la chert6 de la vie due A une hausse des prix des produits de premiere n6cessit6,
un ph6nomine mondial, plusieurs organismes internationaux ont manifesto leur
volont6 d'assister Haiti,
Cette visite du president br6silien t6moignera, outre le support financier A
l'endroit d'Haiti, de la solidarity de ce pays en des moments de trouble.


I- ,


40


"Copyrighted Material

_- Syndicated Content
Available from Commercial News Providers"

*OV


Page 2


l


...j


I







Mercredi 23 Avril 2008 'A A 1 EN
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13 L ACTUALITY EN MARCH

It pn, 1%,tN4f it l fi l f V











"Copyrighted Material

Syndicated Content

Available from Commercial News Providers"































I'ad k ardri

mai% nr %uft pa
iiii ~~ ~ ; ....iiiii i i iiii i !iii!!! !ii i !i!iii!!!iiii!i ~ ii i i!!!!!!i!i i i iiiiiii ..
!ii! ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ , i~ii ii, ,,,,,,,,h.............. ,,iii i i i iiiiiiiiiii iiiii ii iii iii ii iiii!iii iiiii iiiiiiiiiiil































~I 'ric k ii !ii! rrii iiiir t~~~iiii iiiiii~i~~iiiiiii ~iiiiiiiiH~i iiii i iiiii riii !!! i! .........
iliJrl pr


Page 3


SUSPENSE SOMMAIRE
SUSPENSE
Recherche d'un premier ministre ...
Voici venu le temps des "deals" p.1
L'EVENEMENT
Emeutes: les causes de la crise restent intactes p.1
BILAN
Faut-il d6dommager les victimes des 6meutes ?
p.1
ECONOMIE
Renvoi du sommet des bailleurs : encore une
chance qu'on laisse passer p.2
POLITIOUE
Le president Pr6val fait face A sa premiere crise
importante p.3
L'ONU esp3re la formation rapide d'un nouveau
gouvernement p.8
ACTUALITE
L'aide arrive mais ne suffit pas p.3
INTERNATIONAL
Crise alimentaire : Ban Ki-moon et Lula tirent la
sonnette d'alarme p.7
REACTIONS EN HAITI
D6nonciation de la politique n6o-lib6rale p.9
EN SPECIAL
Mort de l'6crivain Aim6 C6saire pp.10,11,16,17
LIBRE PENSEE
R6volte p.14
Le dilemme corn6lien ...p.14
VATICAN-USA-ONU
I1 ne faut pas saper l'autorit6 des Nations Unies,
dit Benoit XVI


La UNIBANK rend hommage 6
toutes les Femmes Hdiliennes d'Hditi
et de la Diaspora et les honore pour
leur courage et leur d6vouement
6 I'occasion du 8 mars,
Journ6e Internationale de la Femme.


Il I UNIBANK
"Falsons route ensemble"


www.untbankhaltlcom


"elm1.?1m11c








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


RECHERCHE D'UN PREMIER MINISTRE


Voici venu le temps des < deals


(DEALS... suite de la lre page)
chaise musicale bat son plein depuis plus de deux
decennies. Que peut-on encore en esperer ?
Le va et vient a recommence entre les trois
acteurs officiels qui sont le palais presidentiel, les
presidents des deux chambres du Parlement et les partis
politiques.
Meme si on ne doute pas que les v6ritables
negociations se font ailleurs (grandes ambassades,
diners en ville, hotels particuliers, lits a baldaquin ou
arriere-cours de
magasins), que
pudiquement le
maquignonnage a lieu
dans les coulisses,
toujours est-il qu'on sait
depuis longtemps d j .
quoi s'en tenir.

L'assaut
des gros interfts ...
En effet, les
deux premieres annees
du mandat presidential
en cours ont montre que
les all6geances ne A vailable fl
resistent pas longtemps
a l'assaut des gros
interets. En un mot, les
partis politiques qui
accourent a nouveau au
palais presidential n'ont
aucune representativit6
veritable. Ni au niveau
electoral, leur score aux
dernieres presidentielles
ayant h peine depasse les
3 pour cent. Mais qui
plus est, les senateurs et d6putes elus sous leur banniere
ont depuis longtemps trouv6 d'autres
accommodements plus susceptibles de garantir leurs
int6rets imm6diats.
Les parlementaires ne votent plus desormais
suivant la ligne de leurs partis respectifs (il est vrai
que ces derniers devraient commencer par en avoir
une qui soit plus claire et nette et respectable) ...
Mais au gre du moment ou pire encore. Un
Herivaux, classes Fanmi Lavalas, se met avec Youri
Latortue, un des tombeurs de son ex-president et leader
adore, pour abattre le Premier ministre Jacques
Edouard Alexis.


Et ce dernier avait-il a peine obtenu la
confiance presque unanime de la chambre des d6putes
que le Senat le renverse moins d'un mois plus tard !

D'autres qui tirent les ficelles ...
Par consequent l'all6geance est une vielle
defroque que nos parlementaires avaient t6t fait
d' envoyer par-dessus les moulins pour adopter d'autres
labels dont l'avantage est qu'ils n'expriment rien de
particulier mais rien que des interets particuliers. Ce


ne sont que groupes X o0
Le Premier m
convoque a la chambre d
60.
Et c'est le Grou
donnera le samedi 12 avi
Un vocable qui r
tout dire a la fois. Et d'ab
sous l'influence des pi
officiellement census r
grandes decisions comm
S'il en est ainsi,
leaders au Palais national


uY ...
linistre Alexis avait 6et
es d6putes par le Groupe des

ipe des 16 senateurs qui lui
ril le coup de grace.
ie veut rien dire mais qui veut
ord que nos elus ne sont plus
artis politiques qu'ils sont
epresenter au moment des
e aujourd'hui...
que viennent chercher leurs
il si tant est que la politique
est unjeu de give and take,
du donner et du recevoir,
donnant donnant. Si ces
partis ne peuvent garantir le
vote de leurs elus, s'ils n'ont
plus les moyens aujourd'hui
de < delivrer >, alors a quoi
bon tout cela. Du cinema ?

Ou alors c'est
peut-etre que leur impor-
tance vient d'ailleurs. Et
que ce sont d'autres qui
tirent les ficelles. D'autres
et non des moindres ...

La nature a
horreur du vide ...
Tout autre est le


cas du Parlement. Celui-ci est devenu un veritable
chateau fort. Le Groupe des 60 a la chambre basse, le
Groupe des 16 au Senat s'intitulent nouvelle majority
et le vote du 12 avril a prouv6 que ce n'est pas un vain
mot ... Comment tout cela a-t-il pu se constituer a la
barbe du pouvoir et des partis politiques. Et sous quelle
influence et grace a quels moyens ? C'est meme la
seule innovation politique de ces deux dernieres
annees.
Primaute de l'individualisme sur les
principes. De l'interet
personnel sur l'intfret
national. Et sur fond
d'effacement total de
l'Etat et donc (tout
s'explique) du seul
garant de l'interkt
collectif. Nous ne
saurions dire avec exac-
S 1 titude. Par contre pour
trouver la signification
d'un tel ph6nomene, il
faut aussi interpeller le
pouvoir et les partis
politiques. En vertu du
Providers" proverbe: la nature a
horreur du vide !
Des partis
politiques qui meme i
plusieurs arrivent o
peine a faire 3 pour cent
de l'electorat.
Mais qu'en
est-il du pouvoir lui-
mme ? Le president
Rend Prival a 6tO alu au
premier tour et i la
faveur d'une participa-
tion massive ...
Mais tant6t il se declare un sans-parti ou au-
dessus des partis, se voulant le symbole parfait ou
I'arch6type de la reconciliation nationale () ...

Une peau de chagrin ...
Tant6t il cherche (comme aujourd'hui) a
relancer le mouvement qui l'avait port6e la victoire le
7 fevrier 2006, cela en vue des prochaines spnatoriales
partielles oh il lui faut absolument marquer quelques
points sous peine de tomber encore plus sous la coupe
des puissants < groupes >> parlementaires ci-dessus
mentionn6s.
Mais (toujours l'horreur du vide) la coalition
du 7 fpvrier 2006 n'est plus ce qu'elle 6tait. Le parti
gouvernemental LESPWA (qui n'en a d'ailleurs ete
que le << chapeau legal >>) ressemble aujourd'hui i une
peau de chagrin, d6sert6 qu'il est soit par ses propres
membres (tel le tris actif d6puta de Petionville, Steven
Benoit), soit par ses anciennes alliances, dont Corega
(au nom du disaccord que dit avoir ce dernier avec la
politique neo-liberale suivie par le regime en place)

Quant E la base naturelle du president Pr5val
(au nom de son ex-titre dejumeau d'Aristide) c'est le
chef de l'Etat lui-meme qui tourne le dos i Lavalas.
Pour ses propres raisons ...
Conclusion : on voit difficilement de quel
atout dispose le Palais national dans le jeu actuel.
Autrement dit est-il normal qu'un president Olu au
suffrage universel direct se trouve etre l'oblig6 de tous
(DEALS / p. 5)


Page 4


AMERIJET TO OPEN FORT LAUDERDALE
CARGO DROP STATION

FORT LAUDERDALE,
FL Amerijet International will open
a Fort Lauderdale air freight station
on April 2, 2007, announced Pamela
Rollins, Amerijet's VP of Business
Development.
The station is located
adjacent to Amerijet's corporate
headquarters at 2800 South Andrews Avenue.
"We have a lot of customers in Broward, Palm Beach and even
Martin counties that will enjoy the additional convenience of this station,"
Rollins said. "Eventually, we will expand this location to offer ocean services
and delivery of import cargo, to make shipping with us even easier."
Amerijet will accept outbound international air freight at this station,
including general personal and commercial cargo, large or small packages,
barrels, valuable and fragile goods, hazardous material, oversized shipments
and domesticated live animals.
Hours of operation will be 9:00 a.m. to 5:00 p.m. Mon day gh
Friday and 9:00 a.m. to 1:00 p.m. on Saturday. A meijet sport cargo
between this sta il11i ocnd i Transfer. For rates
and rtpesecificntact Amerijet's sales
d e p tra m en t a t 8 0 0 5 9 o rs oW n ra c
()i \ iii ejT)2,j6* sdes@amerijet.com.
l nal, uInm full-service multi-modal
transportati li ogistics provider offering international scheduled all-cargo
transport via land, sea and air. Ft. Lauderdale, Florida-based Amerijet operates
offices all over the world, serving destinations throughout North, South and
Central America, Mexico, the Caribbean, Europe, Asia and the Middle East.
Amerijet operates its own fleet of Boeing 727-200 aircraft from its primary
hub at Miami International Airport, where it maintains a custom-built 210,000-
square-foot air cargo handling facility, a 96,000-square-foot ramp facility
and a 50,000-square-foot ocean cargo handling facility. For additional
information, visit Amerijet on the web at www.amerijet.com.








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


Page 5


ECONOMIE-EMEUTES


Les causes de la crise restent intactes


(CRISE... suite de la lre page)
D'of vient une telle attitude ?
L'Histoire veut que le peuple haitien ait une
immense capacity a avaler les coups durs. Les
responsables politiques en ont la certitude. C'est leur
principal atout, leur arme secrete et leur profession de
foi depuis toujours.
Tout peuple a le gouvernement qu'il m6rite,
dit le proverbe, et si Haiti n'a jamais connu le
d6veloppement, cherchez en aussi la cause dans cette
tolerance particuliere
pretee a son peuple.

Bush trs
pr6occup >>...
Mais qu'en
est-il de l'international
qui semble s'activer
tellement depuis cette
recente lev6e de
boucliers, appel6e en-
core < 6meutes de la
faim >, survenue dans
notre pays.
Du president
George W. Bush qui se
declare < tris pr6oc-
cup6 > au grand
mouvement de solida-
rite de l'aide alimentaire
qui se manifeste d'un
peu partout.
A ce compte-
1l, international
semble plus averti que
les autorit6s haitiennes
elles-memes.
Mais pourquoi
n'avoir rien faitjusque-
1l ? I1 faut avouer que Des manifestants
des strangers savent nous demander comme ga, a brule
pourpoint: comment les Haitiens peuvent-ils vivre
ainsi?
Sans doute qu'ils finissent avant longtemps
par s'habituer eux aussi au mythe du peuple qui chante
et danse dans sa misere. Les officiels de la Minustah
vont et viennent sans trop s'en 6mouvoir dans nos rues
d6fonc6es et autour des montagnes d'immondices
empil6s dans la rue sans attendre le passage du camion
de la voirie mais que personne ne songe plus a interdire.


les
pas




(les

g
app
con
ore


Les recettes les plus rigoureuses ...
Mais ceci c'est la face 6merg6e de l'iceberg.
La tolerance proverbiale de 1'Haitien peut aussi avoir
inspire les grands stratiges internationaux du n6o-
lib6ralisme a essayer chez nous les recettes les plus
rigoureuses de leur arsenal. En effet, alors que les pires
6meutes de notre histoire r6cente couvaient aux quatre
coins du pays, les dirigeants haitiens n'ont cess6 de
recevoir les meilleures notes de la part des grands
argentiers de la planite. Inflation, taux de reserves,


diployant le bicolore national face aux blinds de laforce
PIB, respect absolu des lois du march, taxation z6ro
ou presque a l'importation, tout est au beau fixe. Mais
comme soeur Anne on attend en vain la contrepartie
promise. A ce jour, pas d'investissements locaux ni
strangers, done pas d'emplois dignes de ce nom,
r6sultat pas de pouvoir d'achat cr66, en meme temps
que les produits imports deviennent inabordables plus
que jamais et pour toutes les raisons que personne
n'ignore (p6trole a plus de 110 dollars le baril, bio-
carburant a base de c6r6ales, app6tit des pays
6mergents Chine, Inde). En meme temps aussi que


Voici venu le temps des deals >>
(DEALS... suite de la page 4) tout, la politique a coups de deals, y compris pour le
autres pouvoirs, y compris de pouvoirs qui n'osent passage des programmes de gouvernement, budgets,
Sdire leur nom. projets, contrats, credits et prets internationaux etc.
Ou (et c'est le plus probable) les deux en
A l'image des groupes de pression meme temps!
Force est de conclure que la politique
Sans base propre, face a des interlocuteurs gouvernementale actuelle en particulier (et l'6chec de
Spartis politiques) eux-memes sans influence r6elle la classe politique en g6n6ral) semble nous avoir con-
Et en face d'un mur de b6ton constitu6 par des duit au bord d'un choix encore plus douloureux
;roupes >> de parlementaires sans conviction ni qu'avant. Soit une tutelle 6trangere plus marque. Soit
)artenance d6finie et qui ne r6pondent a aucune la dictature de < groupes > parlementaires dont
isigne officielle (batis a l'image des groupes de personne ne connait les tenants et encore moins les
ssion, mais faut-il rapoeler oue ces derniers sont aboutissants.


faits pour preter leurs services a tout venant et au
meilleur ench6risseur), que reste-t-il au pouvoir a
faire ?
Ou bien s'en remettre totalement aux mains
de l'6tranger comme il a fallu faire appel aux casques
bleus de 1'ONU pour d6gager le Palais national assi6g6
par les 6meutiers de la faim ;
Ou bien place aux < deals >> en tout et pour


Cela sans doute par refus d'entendre le pays
r6el.
Drole de denouement pour un pouvoir qui
s'6tait annonc6 sous le signe de la lutte contre la cor-
ruption sous toutes ses formes.

Marcus, 19Avril 2008


le gouvernement haitien perdait un temps pr6cieux en
j6r6miades ineptes, du genre il faut laisser jouer les
lois du march, apparemment str des vertus de la
m6decine de cheval qu'il est charge d'appliquer ...
Bref, on nous demande plus d'efforts qu'i
tout autre, mais pour etre pay6 en monnaie de singe.
Coincidence ou experience ? Revient ce douloureux
soupcon d'etre utilis6 comme un laboratoire, qu'on
est des cobayes.
Ou ils se trompent, ou ils nous
trompent ...
Les officiels de
la Banque mondiale et
du Fonds monstaire ne
er dsont pas leur coup
d' essai. Du haut de leurs
statistiques et de leurs
paramitres, ils savent
depuis longtemps peut-
etre que les choses
n'allaient pas tarder c
p6ter en Haiti. Sinon,
comme disait l'autre, ou
ils se trompent, ou ils
nous trompent !
D'ailleurs leur
reaction apris-coup est
si empresse (et qui sait,
calcul6e) qu'on pourrait
la consider comme
une sorte de preuve.
De son c6t6, le
president Ren6 Pr6val
declare faire un autre
choix, celui de la pro-
duction nationale.
Comme son habitude,
il dit refuser de faire des
promesses imm6diates
etrangere qu'il ne pourrait pas
tenir. C'6tait d6jh son thbme de campagne aux
pr6sidentielles de 2006.
Mais beaucoup d'eau a could sous les ponts.
De plus c'est lM une culbute (subventionner la produc-
tion nationale plutot que les importations) qui lui
permet de ne pas sembler toucher au sacro-saint
6vangile du libre-6changisme pour lequel le
gouvernement n'a pas cess6 d'etre f6licit6. Le
gouvernement, oui, mais pas le pays pour lequel rien
n'a change, si ce n'est en pis.

La < corporatocratie > ...
Le raisonnement du president Pr6val est que
la relance de la production locale de riz doit permettre
au pays d'6conomiser les plus de 500 millions de dol-
lars annuels que drainent les importations de ce produit.
Mais quand un reporter stranger lui
demanda lors de sa conference de presse du samedi
12 avril : est-ce qu'il sait comment ragiront les maitres
6conomiques du monde (la << corporatocratie >>), M.
Pr6val a r6pondu en substance : ce n'est pas son af-
faire !
R6ponse un peu courte car les importations
ne sont pas une fantaisie au gr6 des changements de
gouvernement (comme celui qui se prepare en ce mo-
ment chez nous), c'est un systime plan6taire
soigneusement calcul6 autour de politiques financibres
et fiscales bien d6finies et dont le respect est
farouchement garanti par les institutions les plus
puissantes de la planite : Banque mondiale,
Organisation mondiale du commerce (OMC) etc.
Or apris les 6meutes en Haiti, M. Bush s'est
lui aussi d6clar6 << tris pr6occup6. >> Mais lui a les
moyens de sa politique. En effet, aussit6t apris des
tonnes de nourriture ont commence i d6barquer ...
(CRISE / p. 6)


FICHE D'ABONNEMENT A HAITI EN MARCH


I SCatpou S


Gdes 260.00
_US $ 40.00
SUS $ 42.00
US $ 70.00
US $ 70.00


I .c ** pou


Gdes 520.00
US $ 78.00
US $ 80.00
US $ 135.00
US $ 135.00


Dans le cas d'un abonnement
avec Iivraison, le coOt est le double.
PriBre de specifier si vous 6tes
un nouvel abonn6
ou s'il s'agit d'un renouvellement


Nouveau

LIi


Renouvellement

W1


Nom
Adresse


Hati
Etats Unis
Canada _


Europe
Am6rique Latine


I








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


Faut-il dedommager les victimes des emeutes


(DEDOMMAGER...
suite de la lere page)
d'etablissements commerciaux dont les
vitres ou vitrines ont vole en 6clats ou
qui ont 6t6 totalement d6valises comme
le building logeant les bureaux d'Air
France et le restaurant Le Caf6-Terrasse
au Champ de Mars.
Il y a encore et encore ... On
ne pourraitjamais 6num6rer le nombre
total des dommages provoqu6s par ce
genre d'6v6nements. Et cela sous tous
les cieux. Selon la presse
internationale, les 6meutes
contre la faim ont d6ja touch
de nombreux pays. Et cela
risque de durer encore quelque
temps selon les etudes de la
Banque mondiale elle-meme.
Ensuite, lorsqu'on dit
l'Etat, n'oublions pas que l'on
parle de l'argent du
contribuable. Or celui-ci n'est
le monopole de personne et le
bien de tous ...
Le secteur priv6 des
affaires est en train de dresser
le constat des actes de
vandalisme et de pillage
survenus pendant les
manifestations contre la vie
chere.
Cela dans l'intention,
dit-il, d'exiger reparations de
1'Etat haitien.
Et du fait que le
gouvernement n'aurait rien fait Les
pour empecher ce
dechainement de violences.
Or on sait de combien de
policiers disposent des villes comme
New York, Los Angeles ou Paris.
Cependant des 6meutes s'y produisent
plus souvent que partout ailleurs dans
le monde. Quant aux r6centes 6meutes
de la faim en Egypte, elles ont fait pas
moins de 60 morts.
I1 ne faudrait pas tout
interpreter a l'aune des 6v6nements
politiques de ces dernieres ann6es qui
ont vu des partis politiques appartenant
lors a l'opposition, puis plus tard aussi
des firmes privees beneficier les uns
comme les autres d'importants
dedommagements sur les fonds publics
pour avoir 6t6 victimes de violences
perpetrees par des partisans du regime
en place.
Apres un coup de main mend
contre le Palais national par un
commando arm6 anti-Aristide en
d6cembre 2001, lesjeunes partisans de
Fanmi Lavalas se d6chainerent contre
les sieges de plusieurs partis politiques
de l'opposition qu'ils mirent a sac.
Une commission d'enquete de
l'OEA en conclut que le gouvernement
Aristide devait reparations a ces partis


politiques. Ceux-ci furent gracieusement
dedommag6s.
Puis au lendemain du 29
fevrier 2004 qui vit le renversement
brutal d'Aristide et de nouveaux
d6bordements des fanatiques Lavalas
devant l'avanc6e des troupes
insurrectionnelles conduites par l'ex-
commissaire de police Guy Philippe,
une grande quantity d'6tablissements
commerciaux et industriels furent
detruits a ras sol.


bureaux de l'Office national d'assurance vi
lors des emeutes du mercredi 9.
I1 y aurait eu des
dedommagements verses par 1'Etat
haitien. Soit directement, soit par lejeu
de la fiscalite. Mais cela a e6t fait de
telle facon que seuls les partisans du
regime int6rimaire ont pu en b6enficier.
D'autres qui ont eu leurs 6quipements
sabot6s (dont certains m6dias) n'ont
jamais 6te contacts.
Aujourd'hui nous vivons sous
un autre regime qui n'est pas suppose
faire ce genre de distinguos, ni pratiquer
aucune sorte de discriminations. Ni
favoriser qui que ce soit, aucun secteur
au detriment d'autres categories de la
population.
Cela dit, on ne saurait ignorer
le bien fond6 des r6clamations venant
du secteur des affaires. Et la Chambre
de commerce et d'industrie d'Haiti fait
bien son travail en en dressant le constat
et en cherchant autant que possible a
trouver une compensation pour les
hommes et femmes d'affaires qui en ont
6t6 victimes.
Par contre, on ne saurait
appuyer l'accusation que le
gouvernement doit etre tenu pour
responsable des 6meutes et de leurs


Les causes de la crise

restent intactes
(CRISE... suite de la page 5)


I1 est vrai que Hugo Chavez
n'entend pas laisser passer non plus
l'occasion, annongant l'envoi de plus de
350 tonnes. C'est qui dit mieux !

Puisque 1'Etat n'existe
pas ...
Or une autre facon et meme
encore plus efficace de tuer toute vell6it6
de production nationale, c'est une aide
non contr6ole (et par qui le serait-elle
puisque 1'Etat n'existe pas), c'est noyer
le pays, inonder le march sous les
memes produits. Le temps que passe la
crise.
Conclusion : il ne suffit pas de
diminuer de 50 pour cent le prix des
engrais et des intrants agricoles quand
on ne peut garantir a ses producteurs le
march. Puisque le march en question


(votre propre march) depuis
longtemps ne vous appartient
plus. Or le riz ne souffre pas
de grippe aviaire comme les
eufs et les poulets
dominicains.
I1 en faut beaucoup
plus pour relancer la produc-
tion nationale. Or on ne peut
avoir les deux en meme
temps: la confiance des gen-
darmes 6conomiques et aussi
son contraire.
La crise est peut-etre
sous control, mais les causes
de la crise n'ont pas e6t
touches. Bien au contraire.

Haiti en Marche, 20
Avril 2008


consequences.
Ni l'argumentation selon
laquelle si l'Etat ne paie pas des
reparations, c'est un mauvais signal
lance aux investisseurs. C'est du
chantage ...
Mais et les autres victimes. Qui
va prendre leur cas en main ? Peut-on
simplement les ignorer parce que ne
faisant point partie de la << soci6et civile
organis6e > ?
On bien va-t-on revenir an


pour un oui ou un non dans la baie de
Port-au-Prince afin d'exiger de l'Etat
haitien paiement de reparations pour
leurs ressortissants. Une page sombre
de notre histoire connue de tous les
6coliers sous le nom de l'Affaire Luders.
Aujourd'hui encore, et comme
en ce temps-la, ce serait un dangereux
pr6ecdent que d'accepter de mettre sur
le compte de l'Etat des 6meutes comme
celles en question, et dont tout le monde
sait qu'elles n'6taient en rien
Spolitiques. Contrairement a
d6cembre 2001 et fevrier 2004


A moins de vouloir
faire au gouvernement un
proces d'intention (comme
aujourd'hui certains
40 s6nateurs !). Etjustement il est
r difficile de prouver que telle
pourrait avoir 6t son
intention !
Cependant il existe
Sedans beaucoup de pays des
institutions sp6cifiquement
destinies porter secours ou
preter assistance en cas de
desastre. Comme aux Etats-
Unis, la FEMA.
Et ces 6meutes de la
semaine derniere, ce fut un

Que l'Etat se doive
d'aider apres un desastre,
6ventuellement tous ceux qui
eillesse (ONA) a Pdtionville totalement d utruits ont 6t6 frapp6s, tous et toutes
gpnsralement quelconques.
Avril (photo Thony Blizaire) gnralement quelconques.
Ce n'est pas pareil de
temps de la diplomatie des canonnidres, dire que 1'Etat en porte la responsabilit6.
quand les bateaux de guerre des grandes
puissances europ6ennes se pointaient Milodie 103.3 FM, Port-au-Prince

SOMMET DES BAILLEURS
Encore une chance qu'on laisse passer
(BAILLEURS ... suite de la page 2)
d'urgence de 500 millions de dollars), aussi d'un certain retournement au
mais en prenant galement en compte niveau de l'6conomie nationale (et
le long terme. > favoriser ce que le president de la
Et celui-ci c'est un << New r6publique appelle de ses veux la
Deal ... destiny renforcer la production nationale) siseulement nous
Sroductivit6 agricole et am6liorer pouvions sortir de notre confusion ou
'acchs i l'alimentation. > notre alienation, des limitations que d6jh
Voilo donc une nouvelle soi-meme on s'impose, de notre esprit
ouverture de la part des grandes insulaire, pour ne pas dire de notre
institutions de credit dont tous les pays soumission i la fois au plan politique,
menaces par la crise alimentaire vont diplomatique et surtout economique.
s'empresser de tirer avantage. Ce sommet des bailleurs le 25
A la bonne heure, nous avons avril c'est l'occasion idWale de r6aliser
un sommet des bailleurs devant se tenir une perc6e en profitant des nouvelles
le 25 avril dans nos murs. dispositions manifestoes justement par
En conclusion, alors que sur le les grands bailleurs.
plan local, les 6meutes de la semaine Mais, horreur, que vient-on
derniere ont paru comme la pire d'apprendre : la rencontre avec les
nuisance que nous pouvions imaginer i bailleurs a 6t6 annul6e sine die.
l'heure actuelle, eh bien voici que la Inutile de vous dire pourquoi.
situation se retourne et que cette lev6e Bravo messieurs-dames !
de boucliers contre la chert6 de la vie a
remis Haiti au centre de la mappemonde. Mdlodie 103.3 FM,
Et que cela pourrait augurer 16Avril 2008


Page 6


MIAMI-DADE
S ^^^ ^ M AMI f
LEGAL ANNOUNCEMENT REGARDING REQUEST FOR
PROPOSALS FOR NON-EXCLUSIVE TELECOMMUNICATIONS & NETWORK
MANAGEMENT SERVICES AGREEMENT FOR THE
MIAMI-DADE AVIATION DEPARTMENT
RFP NO. MDAD-08-06
MIAMI-DADE COUNTY MIAMI, FLORIDA
Miami-Dade County, Florida is announcing the availability of the above referenced, advertisement,
which can be obtained by visiting the Miami-Dade Aviation Department (MDAD) Website at:
www.miami-airport.com/html/advertisements.html (in order to view full Advertisement please
select "Advertisements" link and select respective solicitation).
Copies of the RFP solicitation package can only be obtained through the MDAD, Contracts
Administration Division, in person or via courier at 4200 NW 36th Street, Building 5A, 4th Floor,
Miami, FL 33122, or through a mail request to P.O. Box 025504, Miami, FL 33102-5504. The cost for
each solicitation package is $50.00 (non-refundable) check or money order payable to: Miami-Dade
Aviation Department.
This solicitation is subject to the "Cone of Silence" in accordance with section 2-11.1(t) of the
Miami-Dade County Code.





Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


I REACTIONS INTERNATIONALES I


I.- *ak arripr
mak ne uf1tk pa%
-


"Copyrighted Material
Syndicated Content
Available from Commercial News Providers"
!trwal A 0im **11 o S aI~ lrA


Eske pye fikis

w yo vin tou

jon oswa ap

pedifeyyo?

Genyen yon noubo danje
kap menase pye fikis Sid
Florid yo, men tretman
ki komanse byen bone fe
yon diferans.

Nan denye mwa sa yo, yon bon
kantite pye fikis te enfekte pa
mouch blanch yo, yon espes
mouch blanch ki nouvo nan peyi
Lezetazini. Li fe pye fikis yo vin tou
jbn epi pedi fey yo.
Cheche konnen kouman
pou idantifye pwoblem la
epi trete pye fikis w yo:
Rele 3-1-1 oswa klike
miamidade.gov/csd
Si w trete pwoblem sa-a mal li
gen dwa tiye lot ensek ki bon pou
jaden yo. Si w bay yon konpayi
okipe gazon an, asire ke li genyen
pemi pou sevi ak ensektisid epi
li swiv tretman ki rek6mande
pou vemin jaden sa-a menm.
Pou jwenn esplikasyon sou kalite
tretman sa-a, vizite sitweb nou an
oswa kontakte Biwo Sevis Agrik6l:
Miami-Dade County/University of
Florida Extension Service nan
305-248-3311.


3-1-1


Page 7


--







Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


!! #1 I IiA* A1t


"Copyrighted Material


Syndicated Content .


Available from Commercial News Providers"








L COMMUNIQUE DE PRESS ..
COMMUNIQUE DE PRESSE ... .


Lig Pouvwa Fanm deplore les r6cents
6venements qui ont abouti au renvoi du Premier
Ministre et de son gouvernement. Elle adresse ses
sympathies i tous ceux et celles qui ont k6t victimes
par suite des actes de violences encourues au cours
de cesjourn6es d'6meutes .
Tris pr6occup6e par la conjoncture actuelle, Lig
Pouvwa Fanm tient i fixer sa position et i offrir ses
recommendations pour la formation et l'6tablissement
d'un nouveau gouvernement.
1. Le nouveau gouvernement doit etre un
gouvernement de consensus. II est imperatif qu'on



1




"Copyrighted Material
Syndicated Content
Available from Commercial News Providers"


d6finisse la mission et l'orientation de ce nouveau
gouvernement avant meme de penser aux
personnalites qui seront appel6es i en faire partie.
Le profil du nouveau Premier Ministre doit etre
defini i partir de cette mission et de cette orienta-
tion. II incombe au Chef de 1' Etat la tache urgente
de reunir sans tarder les Presidents des deux
Chambres, les representants des partis politiques
et de la Societe Civile pour 6tablir dans le con-
sensus les priorities, la mission et 1'orientation que
doit avoir ce nouveau gouvernement, et rendre
publique toute decision prise par les autorites de
l'Etat. Alors, et alors seulement, on pourra
s'entendre pour choisir un Premier Ministre et une
6quipe gouvernementale.
2. Un fonds d'assistance national finance par
l'imposition de taxes et par la contribution des
Haitiens vivant i 1 tranger doit ere 6tabli en vue
de subvenir aux besoins des couches d6favorisees.
3. Ce nouveau gouvernement doit s'6vertuer A
renforcer Etat de Droit par la creation d'emplois
en vue de garantir l'exercice des droits
alimentaires et sociaux des populations en
difficulties. Les mairies pourraient organiser pour
lesjeunes des activities d'action civique dans les
hopitaux, les 6coles, la voirie. Des programmes
de stage et de formation dans les Institutions d'Etat
et dans les communes devraient etre 6tablis. II
faudrait aussi 6tablir une cantine dans chaque
commune, si possible avec le support des
organisations internationales.
4. Une reforme administrative g6nerale visant
a restructurer les differents ministires pour une


meilleure 6fficacit6 et une meilleure utilisation des
ressources doit etre envisagecomme une priority.
II faudrait par exemple r6duire d'une fagon ex-
haustive l'effectif des missions a l'6tranger.
5. Le Chef de l'Etat doit mettre en place une
commission charge d'entreprendre les d6marches
en vue de l'amendement de la Constitution.
6. Les responsables de l'Etat doivent entamer
des discussions avec les Nations Unies en vue de
l'6tablissement d'un calendrier pour le
desengagement de leurs troupes dans le pays.
N:B Nous souhaitons que les Presidents des
differentes commissions des deuix chambres
fassent parties du consensus.


Johanne Goin
Responsable des Relations Publiques


Effets personnels J i7AI
Produits explosifs
Toutes dimensions de materiels
POUR VOS RESERVATIONS DE CARGO, APPELEZ

1-800-927-6059 TE
ou en0voe nos n e-mailCE A CEaTTE AamSSEicom
on envoyez nous un e-mail: saes@ai ecom -- "


Page 8


I % c %A 11111 *IIIw "I'm








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


REACTIONS EN HAITI


KOLEKTIF SOLIDARITE, IDANTITE AK LIBETE (KSIL)

Pbtoprens, jou ki 16 avril 2008

SOU KESYON LAVICHE, GRANGOU, MALSITE AK NOUVEL EKIP

KI PRAL MONTE NAN GOUVELMAN AN


Page 9


N ap mande popilasyon an pou
li fi atansayon 1y y ap pale de laviche ki
toupatou nan lemonn. Nou dwe fD
diferans ant lavichi yon pa; grangou,
lamize ak malsite yon lbt pa. Se pa
toupatou lavichi donnen grangou ak
malsite.
Nou dwe konprann lavichi a
frape tout peyi gwo pisans yo anpeche
viv angranmoun, pa lantremiz gwo
oganizasyon entinasyonal yo k ap dikte
tout kalite politik pou yo swiv, pi
espesyalman politik ekonomik yo. Se
nan peyi sa yo kriz grangou a ap layite
kb lijounenjodi a. Se sa ki f6 se sitou
ladan yo gen anpil pip k ap manifeste
kont laviche. Sitiyasyon sa a, se rezilta
yon sivilizasyon ki rive nan yon degre
peze-sousejouk nan bout, ki anvayi tout
plant la, yo rele << mondyalizasyon >.
Se sa ki fD, andedan chak peyi, pandan
yon bann moun ap mouri grangou, yon
ponyen lbt ap byen mennen. Sitirasyon
peze-souse sa a ki chita sou rny ranmase
lajan, fi lajan fi pil nan men yon ponyen
moun, nan lemonn ak andedan peyi a,


se li menm k ap kale grangou ak lamiz6.
Se li menm ki fejou anjou plis moun
gen tanta, y ap chache tout mwayen pou
yo gen lajan nenpbt kijan pou yo byen
mennen, san konsiderasyon pou
majorite popilasyon yo k ap kokobe
anba mizi, san konsiderasyon pou lanati
k ap depafini, san konsiderasyon pou
lavi mounjodi a ni poujenerasyon k ap
vini an. Se li ki kale kbripsyon, dwit
long sipery6, gran manji, detounen lajan
toupatou, gaspiyay nan sevis leta,
kidnaping, trafik dwbg, gwo vblb,
kontrebann, ak tout kalite delenkan. Se
li ki kreye trafik zam ak lag6. Se li ki
kreye tout kalte ensekirite ak
"enstabilite", pou itilize yon mo alambd.
Kantite moun k ap vin pi pbv
jou an jou, kalte dezas k ap fwape
limanite toupatou se siy sivilizasyon
mondyal sa a pa ka kontinye konsa. Li
mande chanje. Rezistans k ap mennen
nan tout peyi sa yo ki viktim nan, se pou
pemit konstwi yon lbt sivilizasyon kote
tout moun ka benefisye kek gwo pwogr6
lasyans, ak tout resous limanite genyen,


pou tout moun sou late viv byen.
Kidonk, se batay pou yon lbt kalte
mondyalizasyon. Leve kanpe pip
ayisyen kont sitiyasyon sa a ki pi rid an
Ayiti, dwe yon may nan chenn goumen
kont sivilizasyon peze-souse sa a, pou
ka gen yon lbt rapb ki balanse nan mitan
moun,epi ant peyi akpeyi nan lemonn.
Gwo mobilizasyon ki sbt fet la a, malgre
febles li ak move zak ki pase ladan 1, se
siyal pip yo p ap dbmi. Se pousa, fbk
nou mete kanpe bganizasyon djanm nan
tout rejyon nan peyi a, pou nou kapab
mennen lit sa a ki pa fasil, nan pi bon
kondisyon.
KSIL ap swiv ak anpil enter
ak vijilans, repons dirijan yo pwal bay
revandikasyon ki sbti nan mobilizasyon
sa a. KSI1 pisiste kw6 bagay yo pa ka
kontinye kou anvan. Fbk gen yon siyal
chanjman politik ki reponn siyal pip la
lanse a. Pou nou menm, popilasyon an
pale kl.
Premye siyal f6 pip la ap tann
san demagoji, se mennen batay kont
koripsyon, kont kidnaping ak tout kalte
move trafik, ki se yon priyorite pou
jwenn resous pou bay pip la lespwa, pou
wete pip la nan grangou ak nan chomaj.
Se chemen poujwenn lap6 tou andedan
peyi a. Deklannche you batay konsekan
pou f6 netwayaj nan administrasyon leta
yo, nan palman an, pou ride sosyete a
netwaye tou. Se sa ki f6, fbk nou lonje
dwit sou tout tit kowonpi nou w6 ki
part nan ekip gouvilman k ap vini an
ak tout lbt kote nou konnen yo ye.
Veye Denonse Mete dosye yo deyb!
Nou dwe lanse yon gwo mobilizasyon
nasyonal sou tout fbm pasifik kont
koripsyon ak kriminalite, nan pouvwa
a, nan sosyete a, nan pati politik, nan
bganizasyon nou yo. Sosyete a pouri,
leta a pouri. Si nou pa leve kanpe pou
yon gwo netwayay, kbripsyon ap bwote
n ale.


Mesaj la kle : se oswa nou
chanje direksyon ak yon lIt ekip, oswa
nou anfale.
Pip la pa dakb mouri grangou
nan estabilite malatchong, kase fey
kouvri sa.
Pip la pa dakb mouri grangou
pandan dirijan ap f6 gagbt lajan,
gaspiyay ak kbripsyon.
Pip la pa dakb mouri grangou
pandan kominote entinasyonal la ap
gaspiye lajan pou antreteni
MINUSTAH.
Pip la pa dakb mouri grangou
pou f6 Bank entinasyonal plezi.
Pip la pa dakb dedi sou dwa
granmoun li pou bay fbs etranje dwa vin
valkande nan lakou peyi d Ayiti. Pip
ayisyen an di li p ap aksepte mouri
grangou anba dominasyon fbs
miltinasyonal.
Manifestasyon yo di nou kle,
pi gwo sous enstabilite ak vyolans se
lamizi, grangou ak malsite.
Pi gwo sous enstabilite, se lI y
ap pase diyite nasyonal yon pip anba
pye.
Pi gwo sous enstabilite, se lI
yon pip pa gen dirijan li kap f6
konfyans, se lI li lage nan men tout
kalite malfekt6.
Mesaj la kle : Pip la dakb ak
solidarite entinasyonal men pa ak
dominasyon entinasyonal. Pip la dakb
pou tout moun, tout kategori sosyal f6
sakrifis ansanm pou rebati peyi a.
POU YON PEP LIB NAN
YON PEYI GRANMOUN !

Pou KSIL (KolektifSolidarite,
Idantite ak Libete) nan KORE N
(Kodinasyon pou Refonde Nasyon an) :
Yanick Guiteau Dandin
Jean William Jeanty
Maxime Magloire


"Copyrighted Material

Syndicated Content
Available from Commercial News Providers"


S -


I e ( @-l i alts w4e ftiLh

t M t s o e soon"


as 6 *h e %n t el


%* as &A 40 %








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


Le petit matin d'Aime C6saire / pa
En 1944,jeunes gens en colere a Port-au-Prince mise atrocement en coupe regl6e par les profiteurs de
(Haiti), oh en 6tions-nous aux jours qui prkc6d&rent ses 6preuves. On manquait d'iddes et de livres capables
l'arrivee d'Aim6 Cesaire dans notre vie ? Jusque-lM d'6clairer notre revolte. Cheminant seuls, en temps de
on avait v6cu en vase clos, dans un ghetto insulaire, guerre mondiale, on avangait a tatons dans le black-
une moitie d'ile couple de la Caraibe et du monde, et out 6touffant de nos incertitudes.


I A tain y %I.armigm I em i t%
















"Copyrighted Material

Syndicated Content

Available from Commercial News Providers"
I I


L


Page 10


r Ren6 Despestre
En litterature, le Mouvement indig6niste de la
fin des ann6es 20 avait 16gu6 a notre g6n6ration les
enseignements admirables de Jean Price-Mars, Jacques
Roumain, Carl Brouard, Emile Roumer, Magloire
Saint-Aude. Ils repr6sentaient avec ceux de Leon
Laleau, Jean F.
Brierre, Rous-
san Camille -
l'essentiel du
fonds de con-
naissances qui
orientaient nos
doutes, tem-
psraient nos
angoisses, et
nous laissaient
quelque esp6-
rance de pou-
voir un jour
"descendre du -
cheval en sueur
de nos contra- :
dictions histo-
riques", selon
un raccourci L 'dcrivain haftien Rend Depestre
un raccourci
hardi du pote Georges Cast ra fils.
Outre les 6crits de nos ain1s haitiens, il y efit
d'autres signes avant-coureurs du changement de cap
que C6saire allait proposer d notre imagination. Un
soir de 1942, Alejo Carpentier pronons a dans un cin6
une conference sur les origines du r6el merveilleux
am6ricain. Le futur auteur de Un royaume de ce monde,
avec des exemples pris dans l'histoire d'Haiti qu'il
d6couvrait, nous apprit b r66valuer la part considerable
que le merveilleux occupe dans la structure
psychologique et morale de la Caraibe et de
l'Am6rique latine.
Peu de temps apris la legon d'Alejo Carpentier,
on b6n6ficia du magisthre intellectuel de Pierre
Mabille. Esprit tris proche du surr6alisme et d'Andr6
Breton, il avait public i Paris, dans les ann6es 30, des
livres d'une forte originality: Le miroir du merveilleux,
Initiation a la connaissance de l'homme, Egrtgores
ou la vie des civilisations. A ses yeux l'aventure
surr6aliste 6tait bien plus qu'une tentative de
renouvellement du romantisme europ6en, et
notamment du r6le que celui-ci attribuait au sacr6 dans
les relations humaines. Le surr6alisme permettrait
l'l1aboration d'une anthropologie critique dans la voie
d'une comprehension synth6tique de l'histoire des
soci6t6s.
Savant et visionnaire, Mabille trouvait des ar-
guments i vous couper le souffle, pour parler des
r6alit6s, des reves, des savoirs et des civilisations de
la planite. Sa capacity de survol des connaissances
paraissait sans limites. Mabille nous pr6para ainsi a
(voir CESAIRE / 12)








Mercredi 23 Avril 2008 ME ARE M R E f DE Page 11
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13 AIME CESAIRE / MARYSE CONDE P

<
le monde vivable et la mort affrontable>> / Aime Cesaire
Quand un Martiniquais, pere des intellectuels antillais, reqoit une Guadeloupeenne, reine des lettres, la rencontre ne peut decevoir. Les 90 ans d Aimd Cesaire
ont &tt cdldbrts 1 'an dernier. Parmi les manifestations d'hommages, un colloque organism par Maryse Condt s'est tenu a l'universitt de New York et comptaitparmi
les invites Breyten Breytenbach ou Edouard Glissant. Yfutprdsentt lefilm d'entretiens qu 'Aimd Ctsaire a accords a Patrice Louis, journaliste parisien install en
Martinique et auteur d'un A, B, C...dsaire (td. Ibis rouge, 2003). A l 'issue des travaux, Maryse Condt, qui partage sa vie entre les Etats- Unis et son ile natale, dmit le
vcwu de revoir le fiJre aind en tcriture qu 'ellen 'avaitpas revu depuis vingt ans. Pourtantproches, les deux ilesfrangaises de la Caraibe peuventparaitre stpardes par
l'immensitt d'un octan... ((Le <fut charge de la mission. Lejour dit, 1 'dcrivaine atterrit le matin a 1 'adroport, qui devraitporter dks que possible le
nom d 'Aimd Ctsaire, oit l'attendait le messager. Direction: l'ancienne mairie de Fort-de-France, oit le podte, longtemps blu, a conserve un bureau. Une heure durant,
les deux Antillais nourris d 'Afrique ont dchangd, I'auteure de Stgou se muant en intervieweuse du chantre de la ntgritude ...

MARYSE CONDE. Je commencerai par une un peu timide... C'6tait le docteur Duvalier! J'6tais Je me rappelle en avoir connu plusieurs lorsquej'6tais
question d'actualitd. Haiti a occupy une place loin de penser qu'un jour Duvalier allait devenir le au lyc6e Louis-le-Grand, i Paris les noms
considerable dans votre ceuvre. Que pensez-vous des tyran qu'il a kt6. C'est un peu la meme chose pour m'6chappent parfois et parfois je n'ai pas tellement
tvtnements qui s'y passent? Aristide:je l'aivu quand il revenait des Etats-Unis. I1 envie de les prononcer -, et quand je les ai revus i
est pass ici, en Martinique. Nous avons meme (voir AIME CESAIRE/ 12)
organism une conference en son honneur! I1 a parl&.
C'6tait un intellectuel, un catholique, ancien cure, plein
de reserve. Mais je n'ai pas senti en lui une doctrine.
J'ai surtout vu un homme tris riserv6, peut-etre (je
n'en suis pas str) un peu repli6 sur lui-meme. Quelle
6tait sa doctrine? Je ne sais pas. Que voulait-il faire?
Je ne sais pas. Quel 6tait son caract&re et avait-il
l'6nergie n6cessaire pour conduire ce pays qui n'est
pas facile? Je ne m'en suis pas bien rendu compte, i
l'6poque, mais c'6tait h voir. Et puis, des bruits
circulaient. J'ai 6t6 tout i fait 6tonn6 lorsqu'on m'a
dit qu'il employait des mithodes que nous croyions
disparues i tout jamais. Quoi qu'il en soit, il ne me
semble pas qu'Aristide ait rdalis6 grand-chose pour le
peuple d'Haiti. Si le progris a consists h remplacer
simplement les <> par les
<...
M.C. L'tcrivain hailien Jean AMtellus parle
beaucoup de la malediction d'Haiti. Croyez-vous a
cette malddiction?
A.C. Non, mais il ya le poids de l'Histoire. Au
fond, Haiti comme les autres Antilles, d'ailleurs, mais
1l, c'est beaucoup plus tragique n'est pas enti&rement
gudrie des maux hiritis de 1' poque coloniale, qui 6tait
malheureusement une 6poque colonialiste. Le peuple
haitien est intelligent, les l1ites sont nombreuses, mais
ce qu'il y a de remarquable, c'est que les esprits les
plus brillants de cette l1ite ont migr6. Ils sont B
1' exterieur et n'ontjamais trouv6 leur place en Haiti. La romancidre Maryse Conde


La cdtdbre pidce de Aimd Cesairejoude
sur toutes les scones du monde

AIMt CtSAIRE. C'est path6tique! L'histoire pr ent
d'Haiti est glorieuse. Je n'aijamais oubli6 que cette
ile a conquis la liberty voili deux cents ans: on ne la
lui a pas donn6e. Les Haitiens se sont battus pour
l'avoir. Mais il faut insister sur le fait qu'ils l'ont
conquise pas seulement pour eux mais pour nous tous.
Nous devons leur en etre reconnaissants. Cependant,
je dois dire que, i part cet episode, il y a eu vraiment
des moments extremement pinibles, au point que,
malgr6 cette liberty conquise, le malheur veut que
jamais les Haitiens n'aient pu trouver une organisation
raisonnable capable d'assurer une sorte d'6quilibre.
Ils ont fait un trs mauvais heritage. Bien suir, ils ont
conquis la liberty, mais la socidt6 n'a pas change de
manibre aussi profonde qu'on l'aurait souhait6.
D'abord, il y eut les Blancs, les maitres esclavagistes,
et puis le peuple... nous. I se trouve que la classe f
intermidiaire qui a remplac6 les Blancs a conserve
beaucoup d'habitudes, et de mauvaises habitudes. Ils
ont un peu pris leur place et n'ont pasjou6 le role que
nous attendions et espirions. Haiti cherche son
6quilibre et ne l'a toujours pas trouv6.
M.C. Pensez-vous qu'on peut dcrire La
tragddie de Jean-BertrandAristide comme vous avez
dcrit La tragddie du roi Christophe?
A.C. Je connais tris peu Aristide. Je suis all
en Haiti en 1945. Le president Lescot 6tait alors au
pouvoir. Cela m'a permis de voir i ce moment-l Leon
Lalo, Camille Broussan Depestre etait encore tris
jeune. J'ai connu cette g6n&ration-l J'6tais 1h, juste
au moment oh Andre Breton passait et donnait cette
conference sur le surrialisme qui a eu beaucoup
d'influence. < pays est inseparable de ses croyances et de ses iddaux
s6culaires, dis l'instant oh ceux-ci se montrent encore
si vivaces. Ce qui lui a donn6 la force de supporter
d'abord, puis de secouer tous les jougs, ce qui a 6te
l'Ame de sa resistance, c'est le patrimoine africain qu'il
a rdussi i transplanter ici et i faire fructifier malgr
ses chaines.> (Andre Breton, 1945) Apris, j'ai suivi
la situation avec attention, mais je n'ai pas voulu .
retourner en Haiti au moment de Duvalier. Je me
rappelle que, pendant mon sour, un type vraiment .. 306*945*814 1...64.LAD.Y
tri~s intiressant qui connaissait tous les paves de Cap- o hlloetvnet VIP Seoaling Available
Ha'itien- j'oublie son nom,je suis vieux etje perds la __ ,___
m~moire m'a prdsenti un monsieur i l'air reserve,









HOMMAGE UNIVERSEL


Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


INTERVIEW DE AIME CESAIRE PAR MARYSE CONDE


(AIME CESAIRE ... suite de la page 11)
Haiti, ils avaient l'air malheureux et donnaient
l'impression d'etre un peu marginalis6s.
M.C. A regarder l 'dtat du monde, pensez-vous
toujours que la podsie est I' qui
pulvdrise les barrieres entravant les libertts?
A.C. Je ne sais pas si elle est miraculeuse...
M.C. C'est vous qui 1 'avez dit.
A.C. Pour moi, la po6sie est tris importante,
elle est meme fondamentale. A tort ou a raison, j'ai
toujours pens6 que l'arme pour nous on n'y croyait
pas suffisamment -, c'est la culture. Je ne dis pas la
civilisation, qui est un mot tris XIXe siecle. On
opposait alors la civilisation et la sauvagerie. Mais les
ethnologues et l'exp6rience nous ont appris qu'il y a
la culture. Je d6finis la culture ainsi: c'est tout ce que
les hommes ont imagine pour faconner le monde, pour
s'accommoder du monde et pour le rendre digne de
l'homme. C'est ga, la culture: c'est tout ce que


l'homme a invent pour rendre le monde vivable et la
mort affrontable. En tant que Martiniquais,j'ai toujours
pens6 qu'il y avait quelque chose qui n'6tait pas
appr&cid a sajuste mesure a la Martinique et dans les
Antilles. Oh, ce n'est pas un reproche! Ily a l'Histoire,
il y a les Etats. Nous avons 6t6 domin6s par l'id&e de
1'esclavagisme et il fallait lutter contre. On appartient
a son 6poque et il faut admettre que la IIIe R6publique
a invent une doctrine que nous avions tout a fait
adopt6e. C'6tait la doctrine dite de l'assimilation, qui
consistait, pour etre civilis6 et ne plus etre un sauvage,
a renoncer a un certain nombre de choses et a adopter
un autre mode de vie. Tout cela est tout a fait respect-
able mais c'est tris XIXe siecle et tris vite, d6ja au
lyc6e avec votre frere Auguste* -je savais bien que
cela 6tait respectable mais insuffisant. Cette doctrine
ne r6pondait plus aux besoins du XXe siecle! C'6tait
le XIXe siecle, c'6tait le romantisme, c'6taient les il-
lusions du pass. line faut pas etre ingrat: il est evident


que cela a rendu d'6normes services, mais dans le
monde moderne, il fallait autre chose. C'est pourquoi
j'ai k6t tris vite conquis par une idWe qui n'avait alors
pas encore toute sa place meme si elle n'6tait pas
inconnue dans nos comportements et nos philoso-
phies: l'identit6. Lorsque les Martiniquais disaient < similation>, quand j'ai 6t 61lu d6put6, ils me
demandaient de revenir de France avec la Martinique
d6partement frangais. J'avoue quej'ai k6t trouble. J'ai
h6sit6. Etje suis persuade, chore Maryse Cond6, que
celle qui est devant moi, queje revois encore assise,
r6fl6chissant, dans son bureau de la rue des Ecoles,
avec Alioune et Christiane Diop, me comprendra. J'ai
h6sit6. Finalement et ce fut un drame pour moi -j'ai
compris. L'assimilation, ga signifie l'ali6nation, le
refus de soi-meme. C'est terrible... Mais vous pensez
bien que les gens de Fort-de-France et des banlieues
n'entendaient pas cela du tout: ils pronongaient le mot
(voir AIME CESAIRE / 16)


Le petit matin d'
(CESAIRE ... suite de la page 10)
rencontrer Aim6 Cesaire, a nous 6merveiller de sa
personne et des profondeurs de sa pens6e, et a nous
rouler par terre de jubilation a la d6couverte du poete
genial du Cahier d'un retour au pays natal.
Pris de cinquante ans apris l'6blouissant effet-
C6saire, le parcours de ce dernier nous parait l'un des
plus exemplaires de l'intelligentsia mondiale du
vingtieme sickle. Son oeuvre aura k6t le journal de
bord de plusieurs g6n6rations d'Antillais et
d'Africains. En nous invitant, en 1944, a r6fl6chir sur
la po6sie et la connaissance, a partir de Lautr6amont,
Rimbaud, Apollinaire, Breton, et h partir de sa propre
experience de pokte et de penseur, il nous aura aids a
voyager en nous-memes, a la r6cup6ration du moi que
la colonisation avait enfoui sous des 6paisseurs de
mensonges, de poncifs et d'id6es revues.
Le regard qu'Aim6 C6sairejeta sur le pass des
Haitiens nous a permis de le red6couvrir dans sa vraie
dimension pique. I1 nous a d6livr6s d'une tare de
l'historiographie haitienne: la manie de diminuer un
pour grandir un autre. Tantot on rabaissait Toussaint
Louverture pour porter aux nues J.J. Dessalines, peint
sous les traits d'un sans paille dans son acier; tantot
on descendait en flammes Alexandre P6tion afin de
mieux hisser sur le pavois son rival Henri Christophe.
Aim6 C6saire trancha d'un seul mot ce vain d6bat: au
commencement de l'historie d6coloniale, a l'6chelle
d'Haiti et du monde, il y a le g6nie de Toussaint
Louverture. Ses intuitions firent monter a un 6tiage
sans pr6c6dent le niveau de conscience de ses
compagnons d'esclavage. Sans son articulation
historique, l'insurrection victorieuse des Noirs de
Saint-Domingue (1791-1804) n'aurait pas k6t l'un des
6v6n6ments majeurs des temps modernes.
En effet, le faux universalisme des idWes de la
Revolution frangaise avait mis les droits de l'homme


Aime C6saire / par Rene Despestre
hors de la port6e des Noirs. La famille humaine doit a tout pays imparfaitement d6colonis6. La conquete de
Toussaint Louverture le premier effort, couronn6 de l'ind6pendance ne mettrait pas automatiquement un
succs, d'universalisation des principes d6mocratiques peuple a l'abri des ph6nomines de recurrence du
de 1789. colonialisme. Comme cela s'est pass en Haiti,
L'histoire du droit et des idWes politiques doit d'entreprenants 6pigones noirs s'emploieraient,
A Toussaint une autre contribution qui traduit
l'exceptionnelle pr6cocit6 de sa vision des choses de
la decolonisation. Napol6on devait, i St. H line,
regretter amIrement de n'avoir pas saut6 sur l'occasion
que lui offrait le leader noir de constituer, dis lors, un
commonwealth i la frangaise, ce qui efit represent,
en 1801, un progris d6cisif de lajustice, comme de la
culture et de la liberty, dans les relations
internationales.
Apris l'historien, le dramaturge C6saire allait
i son tour situer les experiences de notre pays i leur
vraie place. Personne, avant La tragddie du roi
Christophe n'avait mis un tel doigt de maitre sur les
vicissitudes dramatiques oh l'histoire haitienne s'est
empetr6e au d6but du dix-neuvicme silcle; et oh,
jusqu' nosjours, elle ne finit pas de se d6prendre. La
n6gritude qui en Haiti se mit debout pour la premiere
fois continue d'6chouer dans la mission de forger un
Etat de droit, une soci6t6 civile, une 16gitimit6 favor-
able H l'6panouissement d'une nation moderne digne
de l'h6ritage louverturien.
A travers la m ctaphore lisab6thaine que lui UnjeuneAimt C gsaire
inspira le sort des Haitiens, c'est la trag6die g6n6rale
des revolutions du sircle qu'Aim6 C saire devait aussit6t les colons partis, p indig6niser avec rage les
analyser de fa on magistrale. I1 lanait un cri d'alarme outillages mentaux et les m6thodes d'oppression du
en direction des chefs africains de mouvements de temps de la colonisation.
liberation: S6kou Tour6, Modibo Keita, Ben Bella, De meme, dis 1956, soit trente-trois ans avant
Cabral, Patrice Lumumba. Au-deli de l'Afrique l'effondrement du mur de Berlin, Aim6 C6saire
combattante, l'avertissement de C6saire pouvait aussi comprit qu'on n'avait rien de bon a attendre de l'URSS
etre utile aux entreprises r6volutionnaires conduites i et du mouvement communiste international. Les
la Mao, Ho Chi Minh, Che Guevara, Fidel Castro. La pouvoirs, pr6tendument prol6tariens, avaient
parole proph6tique de C6saire, n travers l'6vocation accomod6 q des r6alit6s nouvelles les pires traditions
d'un royaume noir des du despotisme. A Moscou, Prague, Budapest,
Caraibes de 1820, Varsovie, Bucarest, Tirana, (avant que la contagion
pr6figurait les naufrages totalitaire ne s'6tende i P6kin, Hanoi, La Havane), ce
contemporains des n'6tait autre qu'un processus r6current d'intiriorisation
Staline, Ceausescu, des formes historiques les plus barbares
Honecker, et tant d'autres d'assujettissement des peuples i la tyrannie d'un
despotes qui, sans daigner homme ou d'un Parti.
regarder aux principes de La rupture d'Aim6 C6saire avec le PCF lui
la d6mocratie, se sont, fournit l'occasion de rappeler a Moscou, comme au
toute honte bue, livr6s au stalinisme i la frangaise, que "la question coloniale
plus terroriste d6tourne- ne peut etre trait6e comme une partie d'un ensemble
ment de reve et d'esp6- plus important, une partie sur laquelle d'autres
rance d'6mancipation que pourront transiger ou passer tel compromis qu'il leur
connaisse l'histoire de semblera, eu 6gard i une situation g6n6rale qu'ils
l'humanit6. auront seuls i appr6cier".
Aim6 C6saire a Aujourd'hui a quelle 6chelle peut-on mesurer
rendu nos r6alit6s plus l'oeuvre d'Aim6 C6saire ? Sfirement pas i l'aune de
intelligibles, en recourant la seule th6orie de la n6gritude. Le lyrisme de C6saire,
i des themes i la fois en effet, d6borde l'6troitesse conceptuelle et les
sp6cifiques et universels. ambiguit6s que la notion de n6gritude doit i ses
Son intelligence th6o- origines anthropologiques. Dans l'univers c6sarien, en
rique, et sa force prose comme en po6sie, on a toujours affaire i une
d'invention po6tique, n6gritude que f6conde la fraicheur des sensations
donnent toujours, dans v6cues. La grise th6orie est vivifi6e, transcended,
l'essai comme sur la irrigu6e d'humour et de ses du sacr6. Aim6 C6saire


T LL REE. 1PfI bb-bf-tbtB


PAX mtbS-flbbbftb
ELL. bafifab-bal I


scene, une analyse
approfondie des dyna-
miques complexes de la
decolonisation. II aura 6t6
le premier a souligner que
le mouvement d6colonial
n'6tait pas une creation
irreversible. On pouvait
s'attendre h voir des struc-
tures de l'ancien regime se
reconstituer au sein de


sait a la perfection faire sauter les verrous et les in-
stances sans grace de l'id6ologie. Son langage en ef-
fervescence est d6barrass6 de la fonction parodique
oh le carnaval de la plantation coloniale avait pendant
longtemps confine le bon usage que la femme et
l'homme de la Caraibe peuvent faire des langues creole
et frangaise. Chez le barde martiniquais po6sie et
connaissance jouent a la fois en virtuose accompli le
grand jeu de nos particularismes nigres, et la belle
aventure d'un universel humain enrichi de la bonne
(voir CESAIRE / 17)


Page 12







Mercredi 23 Avril 2008PETITES NNON S
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13 P ANNON
POINTS DE VENTE HAITI EN MARCHE
Lucas Super Market Danilos Restaurant Delray Beach Fl 33183
14750 N.E. 6th Avenue 3760 N.E. 3rd Avenue
305 940 9902 954 781 2646 Our Lady Bakery
102 S.E 2nd Avenue
Maxisound Christephanie's Delray Beach, Fl 33444
11854 West Dixie Highway 581 BC East Sample Road 561 272 3556
305 895 8006 Pompano Beach, Fl 33064
T1l 954 781 2500 Eclipse Communication
B & L Supermarket & Produce 9290 S. W. 150th Avenue
12040 West Dixie Highway Classic Teleco Suite 104
305 893 0419 203 S.E. 2nd Avenue 954 380 1616

Le Manolo Inn Chaque matin, captez
LeAMano lo I nn ............. MM lodie M 1atin
DANS LES NIPPES Mlode
SDes kilometres de plage i sur 103.3FM
Chambres tout confort avec air _


Le Manolo Inn A Petite Riviere de Nippes
T616phones : 566-5361 / 401-7108/514-0304
E-mail!: lemanoloinn@mac.com
Internet disponible
pour les clients


VolViIC l 6n0 CZIitiML v0-flinzel
Por ui-Prince Port de Pal I Cae I CapHaltlen I J6rmle
antofDolng

Tel: 250-2555 156 / 57 511-4610 11 / 771-8550 454-8177
Votre rendez-vous A Jacmel ?
LA JACMELIENNE
Nous sonunmmes en plein coeur de la
ville, mais sur la plage.
Chez nous, le bruit des vagues
vous berce nuit et jour !
C'est aussi un lieu ideal pour
tables rondes, seminaires, ateliers de
travail... mais aussi pour receptions et
festivals de toutes sortes.
Nos chambres ont toutes Fair
conditionne, et leur balcon donnant sur
la mer...
Notre cuisine typique saura vous
faire connaitre et apprecier les mets
delicieux du Sud Est...
Et le bar donnant sur la Piscine.
Pour vos reservations :
LA JACMELIENNE
RUE STE ANNE # 71 T61.... 288-3451-52
hoteljacmelienne@hotmail.com hoteljacmelienne@yahoo.fr


Page 13


BEL FOUCHET

take out and delivery

8267 N Miami Avenue, Miami, Florida 33150
Tel. 305-757-6408

VISION MORTGAGE BANK, INC

EVENS HILAIRE
Loan Consultant
12788 West Dixie Hwy, Miami, Florida 33161
Phone: (305) 891-2225 Fax (305) 891-2559 Cell (786) 285-0384

Depi nou bezwen kay
rele


Bernard Metayer
REALTOR"


office:
cell:
fax:
email:
web:


770.874.6200
404.405.6584
770.439.7857
bernard@metayer-realtygroup.com
Metayer-Realt Croup.com


KELLER WILLIAMS.
R E A L T Y
C I T Y S I D E
3350 At lanta Roadt Marietta, GA 30008

HACEPA
together with



AB. CC
Association of li-Natiounl Chamnters of ComNmerce in Florida
and
its 42 bi-national chambers of commerce
invite you to the
ABICC INTERNATIONAL BUSINESS CARD EXCHANGE
on Thursday March 6th, 2008 6:30-8:30 PM
at the J.W. Marriott Hotel
1109 Brickell Avenue, Miami Fl-33131
FREE ENTRANCE
Cash Bar Complimentary Hors d'Oeuvres
REMEMBER TO BRING LOTS OF BUSINESS CARDS !!


.. ..


'~ ,xn


"Copyrighted Material


Syndicated Content

Available from Commercial News Providers"


Le Look
Rue Panamericaine #14,
Ption-Ville, Haiti
Te.: 257-8374
Choix incroyable de montures:
Dior, Cartier, Bruno Magi, Vogue
Consultation chaque jour
par un m6decin-occuliste.


-11


. W K.









LIBRE PENSEE


Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


o La misdre mkne a la rdvolte ou a la
soumission >
Dominique Blondeau

La revolte est une sorte de rebellion contre
l'ordre 6tabli. Voila ce que disent les << d6finisseurs
de mots >. C'est aussi la manifestation du refus de ce
que l'on ne peut tolerer. Aim6 Cesaire, << le Grand >,
< l'Immense >, incarnait pour moi cette perception de
la revolte. Je le vois, en tant que << spectateur desolW et
revolt >> de la triste reality, de la Caraibe, de l'Afrique,
du Tiers-Monde. Je profite pour lui rendre hommage
a travers ces lignes. Paix a son ame !
La revolte peut aussi se manifester de facon
violente. Et, la violence des revoltks, meme si on a
tendance a lui accorder des circonstances attenuantes,
peut etre dangereuse car elle veut et tente de disarmer
l'adversaire par la peur. Elle n'a done pas le << sens de
la mesure > et peut devenir incontrolable si elle
n'obtient pas son objectif. << Map Kraz6 1 nit >.
Point n'est besoin d'etre devin, d'etre analyste
ou sociologue, pour comprendre que la pauvrete, le
cycle infernal de la pauvrete, la misere, les privations
6conomiques, l'absence de perspectives de futur, sont
des chemins qui conduisent in6vitablement vers la
revolte ... ou vers la resignation, vers la soumission.
On semblait ne pas s'en rendre compte en Haiti, ou ne
pas s'en soucier. Dans un exercice de << cynisme
exuberant >> ou de << myopie sociale grave >, on s'est
preoccup6 davantage de ses poches que de ses proches
ou de son propre pays sans observer que l'on avait
choisi le chemin de la destruction par la voie rapide.
Voila que le vent de la violence nous harcele
maintenant. On commence a comprendre que ce vent
de violence traduit le r6seau complexe, de peurs, de
phobies, de complexes et de prejug6s que nous avons
tiss6 au fil des annies dans notre socikt6.
Enfin, chers amis, chers lecteurs, revenons a
notre << duri>>, qui non seulement est chez nous un
produit de premiere n6cessit6 mais aussi de << farouche
enrichissement >. Le riz est,je ne sais pourquoi, dans
ce pays, motif de scandale, de perversion et de
malversation. Maintenant, il est a la base de la revolte.
Contre la << vie chore >, contre la << misere >, contre le
<< Gouvernement >. Pauvre Gouvernement Pourquoi
ne pas manger du << mais-moulu > ? Pourquoi ne pas
en planter (du << mais-moulu >, comme disait l'autre) ?
Pourquoi insister dans le riz, imports, subventionn6
par les Americains, et maintenant par l'Etat haitien.


R6volte !
Quelle perversion Nous allons manger du riz
doublement subventionn6. Qa, c'est de la quality Je
crois, qu'il nous faudrait faire comme font les
Europ6ens quand il s'agit de lutter contre un fl6au
quelconque : d6clarer une journ6e de sensibilisation.
D6clarons alors la << Journ6e Sans Riz >, ou bien la
<< Semaine sans Riz >. Une journ6e ou une semaine,
durant laquelle, personne, en Haiti, aucun Haitien
d'Haiti ou d'ailleurs, ne mangerait du riz. Ni local ni
import. Pour renforcer et consolider l'id6e, j'aurais
en plus fait suivre cette Journ6e ou cette Semaine,
d'une Journ6e ou d'une Semaine de << Promotion du
Riz Local >. Ou du Produit Local. Personne ne
mangerait de << Produits imports >. Suivrait ensuite
la << Journ6e de Misere >, journ6e de solidarity avec
tous ceux qui ont faim dans ce pays, qui ont faim
d'aliments et soif dejustice, dejustice sociale, d'6quitW,
d'acces a de meilleures conditions de vie. J'aurais
profit pour faire comprendre que nous ne pouvons
survivre si la grande majority n'arrive pas a vivre,
d6cemment, pleinement. J'aurais profit pour insister
et attirer l'attention sur le risque de << libanisation > de
la soci6t6 haitienne, sur le risque de transformer le pays
en << Domaine du Chen manj6 Chen >.
Je comprends done ce courant de d6sarroi qui
traverse toute la soci6te. Du dedans au-dehors, du
dehors au-dedans. Le CRABE, dans sa rencontre du
samedi, a essay de trouver des explications, non pas
aux raisons qui ont pouss6 le pays vers cette crise,
force, voulue, entretenue et inutile, mais de pr6f6rence
sur celles qui nous empechent de cr6er des structures
de fonctionnement bases sur le consensus. L'un des
membres a eu l'idee de recourir au rigne animal pour
essayer de trouver une explication. Il nous a parl6 du
crabe. I1 nous faisait comprendre que la soci6t6
haitienne ressemblait 6norm6ment a un panier de
crabes. La facility des membres de notre soci6t6e
s'entred6chirer et l'impossibilit6 pour le pays
d'avancer << vers l'avant > et plutot de marcher a
reculons, semble indiquer l'existence d'un sentiment
collectif rappelant une sorte de << complexe du Crabe >.
Un autre << crabien > auquel l'id&e semblait
plaire, a tout de suite trouv6 un deuxieme animal. Selon
lui, cela devait etre le << complexe du scorpion >. I1
semblerait que, si complexe collectif existe, il devrait
etre celui du scorpion, a cause de ce r6flexe a


s'autodetruire et h d6truire tous ceux qui s'exposent
aider le pays.
D'autres ont pens6 au << chien >, simplement
a cause de ce << Chen manj6 Chen >> que nous aimons
imposer comme rigle de conduite dans le pays.
Certains autres ont pens6 au << singe >, d'autres au
<< tigre >, certains autres a la << bourrique >, et une
bonne partie d'entre eux a << l'aganman >, a notre cher
<< CamMleon > qui semble adopter tout type de
comportement pour maintenir ses privileges. D'autres
enfin, pour faciliter les choses et dans un esprit de
synthise, ont cru voir tout un cirque ou meme un Zoo.
Enfin, chers amis, chers lecteurs, je me
demande si, pour faciliter les choses dans ce pays et
6viter cette situation de crise permanente, il ne serait
pas indispensable d'exiger de tout candidat << a un poste
l6ectif> (au lieu de ne penser qu'i des 616ments de
nationality) l'obligation :
De savoir lire et 6crire correctement dans les
deux langues officielles du pays,
De savoir exprimer ses idWes de facon
coherente,
De connaitre ses droits et surtout ses devoirs
de citoyen,
De pouvoir transmettre les valeurs de Probit6,
d'Honntett, de Loyaut6, de Patriotisme.
Nous ne pouvons plus continuer sur cette
voie. Et,je me demande meme si le CRABE va pouvoir
resister car les << crabiens > sont de plus en plus
mecontents et ont de moins en moins envie de
participer, meme de facon critique, B la transformation
du pays. Ils ont pens6 a la dissolution du CRABE et
moi qui ne supporterais pas l'humiliation d'une
revocation, j'ai voulu demissionner de mon role de
<< rapporteur > ou de << chroniqueur >, vu
l'impossibilit6 de comprendre ce qui se passe dans ce
petit pays dans lequel la liberty prenait naissance au
moment meme oh on se dotait des structures
d'esclavage les plus sophistiquees, nous transformant
en une society qui s'evertue a engendrer des 616ments
de differentiation de plus en plus performants.
N' est-il pas arrive le moment de penser a nous
resituer par rapport a nous-memes ?
Est-ce l'heure de la revolte ? Ou de la
soumission ?

Oscar Germain
germanor2005@yahoo.fr
Avril 2008


INSECURITE ALIMENTAIRE

Le dilemme cornelien du Pr6sident et la fronde des 17 senateurs


VERNET LAROSE
Un lendemain meilleur n'est pas pour demain.
La conjoncture de l'6conomie mondiale n'y est pas
favorable. Parmi nos principaux partenaires,les Etats-
Unis et la Republique Dominicaine sont lourdement
frappes par cette crise; et les donnees sont plus
qu'alarmantes.
Serge Truffaut, dans un editorial dans Le
Devoir du mardi 15 avril, commente ainsi les meutes
de la faim: "A la fois spontands et simultanes, ces
6venements ont kt6 mends, organisms, par les ventre-
creux de la terre. La cause. L'augmentation marquee
des aliments de base. Lors de leur reunion de fin de
semaine, les membres du G7 ont concentre leur 6nergie
sur la crise financiere. Si l'on comprend bien leur
position, le monde est affam6 mais pas suffisamment
pour que l'on s'interdise de secourir Merryll Lynch et
compagnie."www.ledevoir.com.
Pourtant, Jean Ziegler, rapporteur des Nations
unies sur le droit a l'alimentation, avait deji
pronostiqu6, en octobre 2007, une longue periode
d'emeutes" et de conflits politiques lies a la hausse
des prix et aux p6nuries; et, il accusa de "crime contre
l'humanit6, la production de biocarburant." Qui pis est,
le journal Le Monde titre : Faim dans le monde, Un
d6fi inedit pourl'ONU; l'explosion de la faim dans le
monde inquikte 1'ONU; les dispositifs d'aide sont
inadequats, selon une note interne : "La reflexion
onusienne s'appuie notamment sur des donnees du
Fonds international de d6veloppement agricole(FIDA),
une agence de 1'ONU selon laquelle, pour chaque
augmentation de 1% du prix des denrees de base, 16
millions de personnes suppl6mentaires sont plongees
dans l'inskcuritW alimentaire. Cela" signifie que 1,2
milliard d'etres humains pourraient avoir
chroniquement faim d'ici 2025", pruvient le document.
Parmi les pays en premiere ligne : l'Erythrde
,la Sierra Leone, Madagascar, Haiti, la Georgie, le
Burundi ou le Zimbabwe. "Philippe Bolopion, Lundi
14 avril. Je ne sais pas si le chef de l'Etat, les partis
politiques, les investisseurs et les entrepreneurs
prennent en consideration ces donnees en leur


processus de prise de decision. Par contre, ce que je
sais, dans tous les cas de figure, l'analyse du fait haitien
tend majoritairement a etre alarmante : Etat faible ou
failli, pauvret6 ou vulnerability de la grande majority
de la population. Lisons ce paragraphe tir6 de la
publication, The Failed States Index 2007 by The Fund
for Peace and Foreign Policy magazine : The
complex phenomenon of state failure may be much
discussed, but it remains little understood. The
problems that plague failing sates are generally all too
si rampant corruption, predatory elites who have long
monopolized power, an absence of the rule of law,
and severe ethnic or religious divisions. But that does
not that the responses to their problems should be cut
from the same cloth. Failing states are a diverse lot.
Burma and Haiti are two of the most corrupt countries
in this world, according to Transparency International,
and yet Burma's repressive junta persecutes ethnic
minorities and subjects its population to forced
resettlement, Haiti is wracked by extreme poverty,
lawlesness, and urban violence."
Certes, le president Ren6 Preval n'a jamais
cess6 de manifester sa volont6 de lutter contre la
corruption. Mais il s'est laiss6 pieger par des 6tudes
subjectives qui portent sur la perception par certaines
categories sociales du fonctionnement du service
public :Etat civil, DGI, EDH, CAMEP, les assurances,
douanes...; etudes qui n'ont pas 6t6 balancees par la
probl6matique de leur rationalisation au moyen de
l'augmentation de leur offre.
Moi, j'opte pour leur informatisation et des
concessions a accorder a des groupements
communautaires : services d'inter&t general de
proximity. Tout le monde en sortirait gagnant: l'Etat,
les contribuables et les usagers, tout en sapant
structurellement la base de la corruption. La politique
du riz l'illustre davantage.
D'abord, il faut interroger la probl6matique
qui oriente la formulation de la politique, qui elle, doit
tendre a creer des liens sociaux et de la cohesion socio-
culturelle, avec comme indicateur l'Ytablissement du
droit contractuel ; droit contractuel qui est au


fondement du principe de la division du travail, de la
compl6mentarit6 et de la plurality des roles et des
statuts de l'Etat, du marched et du mouvement
associatif. Ensuite les courts d'opportunit6 de la filiere
riz dans le cadre de la conjoncture marquee a la fois
par une rar6faction de l'offre et une hausse des prix
qui sont sustentees par la speculation. Dans ce
cadre,on 6met des hypothise telles, la tendance a la
hausse des prix rend competitive la production
nationale, done une politique de substitution des
importations devient faisable ; cette hausse facilite
6galement le choix d'une offre de consommation
alternative au riz. Et, finalement, une demarche qui
allie le marched et association volontaire, est adopt6e
: le regroupement des importateurs en syndicat en vue
de leur doner des capabilities pour negocier des prix
sur le marched mondial et en meme temps sa distribution
s'organise en association de consommateurs ou de
cooperatives. NaivetW! N'empeche, les societes
modernes dites d6veloppees ont emprunt6 cette voie.
Sauf tris court terme, la subvention du riz par l'Etat
et la part de la baisse du prix par les importateurs vont
crier des effets pervers qui risquent de destabiliser
davantage une conjoncture politique deja plus que
fragilis&e. D'ailleurs, c'est l'absence de la politique
comme cr6atrice de liens sociaux qui explique le
comportement de la Chambre des d6putes et du Senat
de la Republique qui se donnent eux-memes de la
competence en vue d'interpreter la constitution. Des
senateurs ne peuvent aucunement prolonger leur
mandat. Nous nous trouvons done hors de l'Etat de
droit. Or, cest un facteur qui aggrave l'instabilit6
politique, la violence urbaine et la grande pauvrete dans
laquelle survit la grande majority de la
population. L'electorat s'exprima nettement, il y a
deux ans deja, pour la mise en oeuvre de la
consolidation d6mocratique, et non pour la violation
de ses droits, du non-respect du mandat constitutionnel
et de la politique de la famine qui, elle, est toujours
aliment6e par un choix de society.

VERNETLAROSE


Page 14







Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13
Liga Le Real ne tremble
Eurosport dim., 20 avr. 23:42:00 2008
Le Real Madrid s'est impose en leader sur la
pelouse du Racing Santander (0-2) et pourrait etre sacr6
champion lors de la prochainejournee. Villarreal ravit
la 2e place i Barcelone tandis que Valence prend l'eau
sur la pelouse de l'Athletic Bilbao (5-1). Les hommes
de Koeman sont en grand danger.
LIGA 33e JOURNEE
SANTANDER REAL A4DRID : 0-2
Buts : Raul (13e), Higuain (90e)
Un but de Raul en debut de match, un autre
sign Higuain dans le temps additionnel et le Real
Madrid s'impose i Santander (0-2). Les Madrilines
n'ont pas vraiment force leur talent offensif mais ont
fait preuve d'une tris belle solidity pour prendre trois
nouveaux points et ainsi conforter leur avance en tete
du classement. Bien d6cides i prendre d6finitivement
leurs distances avec le Barga, auteur d'un triste match
nul samedi, les hommes de Bernd Schuster mettent


pas d'entr6e la pression sur la defense du Rac-
ing. A la suite d'une s6rie de passes i une
touche, Robinho, sur la gauche, centre vers Raul qui,
aux six mitres, pousse le ballon du bout du pied dans
le but de Tono (0-1, 13e). D6ji auteur d'un double a
l'aller (victoire 3-1 du Real), l'attaquant madriline
signe 1i son 17e but de la saison et met d6ji son 6quipe
sur la bonne voie dans ce duel entre les deux meilleures
arriere-gardes de Liga.
Santander ne se laisse pourtant pas
d6contenancer. Les joueurs de Garcia Toral veulent
se hisser i la quatrieme place, qualificative pour le
premier tour de la Ligue des champions et r6agissent
imm6diatement. Le Racing pousse mais Colsa (16e),
Tchit6 (37e) et surtout Cesar Navas (45e) manquent
de precision. La defense du Real a bien failli plierjuste
avant la pause et Santander accroit encore sa domina-
tion i la reprise mais celle-ci demeure sterile face au
bloc visiteur. Casillas n'estjamais inquikt6 et ce sont
meme Robinho (60e) et Robben (78e) qui se procurent
les meilleures occasions de la seconde p6riode sur des


Page 15
contres bien men6s. Essentiels dans l'organisation des
Merengues, les deux ailiers cedent leur place en fin de
match. Leurs remplagants prennent parfaitement le
relais et Balboa sert Higuain qui, seul dans l'axe i
l'entr6e de la surface adverse, trompe Tono d'un plat
du pied precis (0-2, 90e). Le Real compte d6sormais
dix longueurs d'avance sur Villarreal, son nouveau
dauphin, et pourrait etre sacr6 dis la prochainejourne.
VILLARREAL VALLADOLID : 2-0
Buts : Nihat (16e) et Cazorla (47e)
LEVANTE GETAFE: 3-1
Buts : Juanma (40e), Berson (43e), Pedro
Leon (54e) pour Levante et De la Red (59e) pour
Getafe
OSASUNA LA COROGNE: 0-1
But: Gonzalez (64e)
MURCIE A4JORQ UE : 1-4
Buts : Baiano (87e) pour Murcie et Guiza
(10e, 47e, 85e) etArango (19e) pour Majorque
ATHLETIC BILBAO VALENCE: 5-1


"Copyrighted Material
..i ..... ... . ................ ii ii.i_.. . .















Syndicated Content


Available from Commercial News Providers"
Available from Commercial News Providers'.


#- *.


8772 "N-E 2 bnrve Avernui.e
T61: 305 757 4915

FADKIKJ VARIETY STORE
LE MAGASIN POUR TOUTES LES OCCASIONS.
- Rception de paiemert pour BeH South, FPL, GAZ, CABLE TV,
BELL MOBILITY etc...etc...
- Connection t lphonidque chez vous...


Ouvert
6 Jours
par
semaine:
8h30 am
a
7h30 pm

SParfums
SCdllulars& Beeper
SCulierS eat Sandales
* Produits pour la cuisine
M Cadcaux
* Tabiwx
* Mocnygraini


* M('s (Axnpa, Racine. Evanglique.
Zuk. karHaisr,. Amniriain)
" Video's (-ailiedns. Amri&ai. Docuoatlaires,. Dants
* Prodaits de b tautI


*aAim iom i









HOMMAGE UNIVERSEL


Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


<
le monde vivable et la mort affrontable> / Aime Cesaire


(AIME CESAIRE ... suite de la page 12)
et lui donnaient un sens bien particulier.
J'ai accept de d6fendre cette thise parce que j'ai
compris et c'est evident qu'il y a les mots mais
aussi ce qu'il y a derriere les mots. En rdalitd, le pauvre
type qui venait s'accrocher a moi pour me demander
l'assimilation, pour que la Martinique devienne un
d6partement frangais, ce n'est pas l'assimilation qu'il
voulait. II voulait l'dgalitd avec les Francais. Voilk
pourquoi on s'est rabattus sur l'idde de
d6partementalisation, qui ne suppose pas forc6ment
l'assimilation: un d6partement, c'est une mesure
d'ordre administratif. Mais, pour moi, l'dquilibre
essentiel devait se faire a propos de l'identitd. D'oii
l'importance de la culture. Je reviens a votre ques-
tion: pourquoi les mots de la podsie sont-ils des miraculeuses>? Parce que j'ai pens6 que c'est de la
que, miraculeusement, devait venir le salut. C'6tait
cela, pour moi, le miracle.
M.C. Vous avez dit aussi que, tant qu 'ily aurait
des negres sur terre, la negritude vivra. Est-ce toujours
vrai?
A.C. Oui, c'est parfaitement vrai. Et je le
maintiens. Qu'est-ce que cela signifie? On a beaucoup
bavard6 a ce sujet. Pour moi, la negritude est la cul-
ture, la podsie. Pourquoi? J'aime beaucoup tout ce que
j'ai appris au lyc6e, B la Sorbonne. J'y crois beaucoup.
Je suis tris admirateur des Latins et plus encore des
Grecs, maisje sais aussi qu'il y a les Egyptiens et que
les Grecs et les Romains doivent beaucoup B l'Egypte,
l 1'Ethiopie, a tout ce monde-la. Done I l'Afrique.
J'en ai tris vite pris conscience. Je tiens a la culture,
et pas a une culture 6triqude, classique, sanctionn6e
par les examens et les diplomes europdens. C'est pour
moi tout autre chose. Qu'est-ce que la podsie? Pourquoi
m'y suis-je attache? Pourquoi ai-je 6td porte et
surrealisant? C'6tait sans le vouloir, je ne l'ai pas fait
expris; ce n'est pas pour 8tre d'une cole queje me
suis rallied. Et, quand Andre Breton m'a rencontrd, je
me suis rendu compte qu'en rdalitd je faisais du
surrealisme sans le savoir... Mais pourquoi? Ce qui
me frappait dans la socidtd antillaise, c'6tait
l'apparence, l'adaptation plus ou moins adroite, tout
un cot6 que je ne supportais pas, mais je savais que
dans l'homme antillais il y avait autre chose que cette
apparence. Il y a plus profond que ca. Et la podsie,
c'est la rdalitd profonde qui apparait. Vous savez qu'a
l'heure actuelle on cherche beaucoup tout ce qu'il y a
en dessous de la crotte terrestre. Eh bien, ce que je
voulais faire, c'6tait chercher ce qu'il y a en dessous
de la crotte mondaine, acad6mique. Qu'est-ce qui le
rdvile? Quand brusquement vous avez l'image
podtique qui 6clate, faites attention! On dirait
maintenant -je ne connais pas tris bien la gdographie
- que c'est un geyser... Attention a l'image podtique:
elle est revelatrice du monde le plus profond. Voilk
pourquoi elle est miraculeuse.
M.C. Pensez-vous que, grace a la negritude,
les Martiniquais et les Guadeloupeens ont change?
A.C. Non, je ne demande pas qu'ils changent
mais qu'ils prennent conscience de leur rdalitd
profonde.
M.C. L 'ont-ilsfait?
A.C. Oui, je crois. Je crois qu'il y a eu des
progres. Mais ce n'est pas facile, vous savez, pas fac-
ile du tout. Je crois que la conscience d'une identity a
fait de grands progris chez nous.
M.C. Regardez 1'Afrique d'aujourd'hui:
guerres civiles, luttes, maladies, destructions de
peuples entiers. Que pourriez-vous dire a un jeune
Antillais pour qu 'il gardefoi en 'Afrique?
A.C. Je pense, tout simplement, que c'est la
jeunesse qui doit dire ce qu'elle va faire. Nous avons
fait une experience, mais j'ai bien conscience qu'un
cycle est terminal, qu'il y a un autre monde a inventer.
Pour l'inventer, il faut faire le bilan de ce qui a 6td fait
et de ce qui existe. Le temps des ideologies sommaires
est 6puisd. I1 faut autre chose. II faut une autre Afrique.
Mais rassurez-vous: il faut aussi un autre monde.
M.C. Quifera naitre cette autre Afrique?
A.C. C'est cette jeunesse. C'est la jeunesse
nouvelle. Nous avons lutt6 pour la decolonisation et
nous retrouvons une Afrique divisde, un nouveau
tribalisme. Voyez l'dtat du Congo, du Liberia, de la
Cote d'Ivoire. Ce n'est pas douloureux, ga? Je me
rappelle quand j'dtais I l'Assembl6e nationale avec
Houphou6t-Boigny: nous le critiquions souvent tris
amicalement. Houphouet, en rdalitd, avait entrepris
quelque chose et croyait l'avoir rdussi. Peut-etre parce
qu'il avait des moyens tout a fait insuffisants ce n'6tait
pas forc6ment la bonne direction, mais il y avait une
experience. Houphou6t-Boigny voulait l'ivoiritd. I1
devait employer des moyens diplomatiques qui ont


rdussi tant qu'il est rest en vie, mais apris le problime
n' est pas rdsolu pour autant. Et le Sdnegal: je sais toutes
les difficulties que Ldopold Sddar Senghor a
rencontrees...
M.C. Vous n'avez pas rdpondu a la question:
comment peut-on garder foi?
A.C. Je ne connais pas la methode. On a la foi
ou on ne l'a pas, mais moi,je refuse de desesperer de
l'Afrique. Ce serait refuser d'esperer, tout simplement.
C'est enracind, fondamental. Je connais tous les
malheurs qui sont arrives. Je ne les nie pas, je suis
extremement lucide, maisje refuse de desesperer parce
que desesperer, c'est refuser la vie. II faut garder la
foi.
M.C. Quand on voit que la Martinique et la
Guadeloupe sont toujours des departements apres un
combat tel que le vdtre, qu 'est-ce qui peut nous faire
croire que demain sera meilleur?
A.C. Vous avez l'air de croire que nous sommes
prisonniers de cet habit de circonstance. Mais cela a
6td un moyen parmi d'autres! II faut tenir compte de
cette experience, de ce qu'elle a apport6 et, en meme
temps, de ses insuffisances. Lorsque les Martiniquais
et les Guadeloupdens (toute cette population qui 6tait
a peu pres comme Haiti, sans ressources, sans
logement, sans travail) sont devenus les habitants des
d6partements francais, j'ai vu la desertification de la
Martinique: ces pauvres gens se precipitaient vers Fort-
de-France et venaient me voir. Et vous croyez qu'il
fallait rester immobile? Que faire? Ils demandaient des
indemnites, la sdcuritd sociale, etc. Des progris 6taient
faits du point de vue social en metropole: et pourquoi
pas chez nous? C'est cela qu'ils voulaient, en rdalitd.
Je crois qu'effectivement ca a aide, il ne faut pas le
nier. Des progris reels ont 6td rdalises. Je pensais ddja
un peu, je soupponnais mais maintenant j'en suis
persuade que c'dtait tout a fait insuffisant. II fallait
commencer par 1, mais il faut maintenant aller plus
loin et trouver des institutions nouvelles qui
comprendront le sens profond de l'histoire de ces
peuples. Dans l'immddiat, il faut amener l'homme
antillais h prendre ses responsabilites devant l'Histoire.
Ce n'est pas simplement ! Non.
Maintenant le moment est venu de la responsabilitd.
Au fond, Mme Girardin, ministre de l'Outre-Mer,
n'avait pas tellement tort quand elle nous a dit a propos
du rdfdrendum de d6cembre dernier: commencez a nous embeter! Repondez: qu'est-ce que
vous voulez?> A mon avis, cela a 6td tris mal mend,
mais peu importe. En tout cas, cela indique que
l'homme antillais est maintenant au pied du mur.

M.C. Lors du colloque Cesaire de decembre
dernier a New York,j 'ai traitA du theme et 'Amdrique>. J'avoue quej 'ai eu beaucoup de mal.
Pouvez-vous clarifier vos rapports avec les Etats- Unis,
oi, contrairement a ce que 1 'on croit, vous vous etes
rendu a plusieurs reprises. En 1945, vous y avez
rencontrd Andrd Breton. Etj 'ai decouvert dans le livre
de Patrice Louis que vous etes allk en Floride en 1946.
Vous y etes retournd en 1987 1 'invitation de Carlos
Moore. L 'Amdrique, c 'est quoi pour vous?
A.C. Je n'ai pas de rdponse... Comment ne pas
penser I l'Amdrique? C'est quand meme un sacred
monde, une force, une puissance, une experience.
Mais, je ne vous le cache pas, ce qui m'a toujours
interess6 en Amdrique -je ne sais pas si c'est d6pass6
-, ce sont les nigres americains, le mouvement nigre.
C'dtait pour moi essentiel. Toute notre g6ndration a
6td profond6ment marquee par cette experience. Quand
j'dtais 6tudiant en philosophie, c'dtait pour nous un
autre chemin que celui que nous connaissions en
France. L'Amdrique, c'dtait le nigre moderne mais
rest nigre. C'6tait Langston Hughes, Countee Cullen,
la Black Renaissance. Cela me paraissait une tris
grande experience. Il y avait 1a un mouvement en
profondeur.
M.C. Vous avez traduit des poemes de Ster-
ling Brown. Pourquoi?
A.C. But I have forgotten all my english. [Aimd
Cesairejoue a accentuer son anglais scolaire.] I have
learned at school when I was a boy. I can read a little
but I can't speak. I don't understand.
M.C. Dans votre ceuvre, y a-t-il une influence
ambricaine?
A.C. Oui: l'attitude devant la vie, devant la
civilisation. J'ai senti qu'il y avait 1a une vdritd, une
profondeur. Sortir de l'acad6misme francais. Liberty,
Egalit6, Fraternitd: tris bien. Mais pourquoi n'a-t-on
jamais vu pour nous la fraternity? Nous ne l'avons
jamais eue. Nous avons la liberty, comme on peut
l'avoir dans le monde. Il y eut un effort pour l'dgalitd.
Mais la fraternity, oh est-elle? Je crois qu'on ne pourra


jamais l'avoir, la fraternity. Si tu ne me reconnais pas,
pourquoi veux-tu que nous soyons freres? Moi, je te
respecte, je te reconnais, mais il faut que toi tu me
respectes et me reconnaisses. Et l1, on s'embrasse.
C'est ca, pour nous, la fraternity.
M.C. Est-ce qu 'Aimd Cesaire a un hiritier?
A.C. Je ne me suis jamais pos6 la question. Je
n'ai aucune prdtention particuliere. J'ai dit ce que je
pensais,j'ai dit ce queje croyais. Je ne sais pas sij'ai
raison ou si j'ai tort, mais je reste fiddle a cela et a
l'Afrique fondamentale. On m'a beaucoup ddformd,
transform, caricature. Je crois simplement en
l'homme. Je ne suis pas du tout raciste. Je respecte
l'homme europden. Je connais son histoire. Je respecte
le peuple francais. Je respecte tous les hommes quels
qu'ils soient, maisje pense aussi qu'il faut leur faire
la legon et leur dire que l'homme nigre, ca existe et
que lui aussi il faut le respecter. Pourquoi ai-je dit
<? Ce n'est pas du tout que je crois a la
couleur. Ce n'est pas du tout ga. II faut toujours resituer
les choses dans le temps, dans l'Histoire, dans les
circonstances. N'oubliez pas que quand la negritude
est nde, a la veille de la Seconde Guerre mondiale, la
croyance g6ndrale, au lyc6e, dans la rue, 6tait une sorte
de racisme sous-jacent. Il y a la sauvagerie et la
civilisation. De bonne foi, tout le monde 6tait persuade
qu'il n'y avait qu'une seule civilisation, celle des
Europdens tous les autres 6taient des sauvages. Bien
sur, il y a des gens plus ou moins brutaux ou plus ou
moins intelligents. Lisez Gobineau. Meme dans Renan,
j'ai 6te effard, j'ai trouv6 des pages absolument
extraordinaires. Bien entendu, l'opinion publique
d6forme, vulgarise. Meme les nigres... Je me rappelle
encore, unjour ohj'6tais pris de la bibliotheque Sainte-
Genevieve: un grand type vient vers moi, un homme
de couleur. I1 me dit: y a une chose que je te reproche. Pourquoi parles-tu
comme ca de l'Afrique? C'est une bande de sauvages.
Nous n'avons plus rien h voir avec eux.> Voilh ce qu'il
m'a dit. C'est terrible! Meme les nigres en 6taient
convaincus. Ils 6taient pendtres de valeurs fausses.
C'est contre cela qu'il s'agissait, et qu'il s'agit, en-
core, de rdagir. Et puis un beau jour, Ldopold Sddar
Senghor a dit: un nigre! Et puis apris!> Et voici comment est nde la
negritude: d'un mouvement d'humeur. Autrement dit,
ce qui 6tait profdrd et lanced la figure comme une
insulte amenait la rdponse: puis apris!>
M.C. Cette annde parait une nouvelle traduc-
tion anglaise des Damnes de la terre de Frantz Fanon.
Pour vous, celui qui sembla un visionnaire pour les
luttes du tiersmonde garde-t-il sa pertinence et son
actualit ?
A.C. Je n'ai pas suivi Frantz Fanon parce que
c'6tait une autre g6ndration et qu'il a 6td ni plus ni
moins que mon eleve, donc je ne l'ai pas tris bien
connu. Mais j'ai toujours vu que c'dtait une chose
extremement importante. I1 y a des choses
fondamentales qui sont toujours vraies. Maintenant, il
faut tenir compte des circonstances dans lesquelles il
a v6cu. Pour un Antillais, tout n'est pas dans Frantz
Fanon parce que la vie a voulu que, pays colonist, les
Antilles n'ont pas td primordiales pour lui. Toute son
activity, sa foi, son 6nergie, il les a mises au service de
l'Algdrie, d'un autre monde. Son oeuvre est tris
importante. Elle vaut aussi pour nous. Que pensait-il
des Antilles? Il n'a pas eu le temps de nous le dire de
maniere tris complete. En tout cas, c'est une reflexion
considerable... Concritement, Fanon n'a pas pu
s'occuper de la question antillaise. Ce n'est pas un
reproche. Les Antilles n'ont pas toujours 6td pretes
non plus a entendre son message. C'est un reproche
que je ferais aux Antillais.
M.C. Pensez-vous que cette globalisation dont
on parle tant affectera la littirature? Deja, comme le
dit le poete Monchoachi, on ne saitplus oi commence
et oifinit la Caraibe. Selon vous, quels seront les effets
de ces exils et de ces migrations?
A.C. C'est pour cela, precisdment, qu'il faut
garder la foi, et garder la negritude. A l'heure actuelle,
la France est a peu pris, par rapport au monde, ce que
la Martinique est par rapport a la France. C'est ca la
mondialisation. Les Francais commencent aussi a
rdagir. Et c'est vital. Je suis persuade que, dans la
mondialisation et l'uniformisation, l'identit6 n'est pas
morte. Elle se reveillera. Ce n'est pas si facile que ca,
bien sur, mais 1'Europe sentira ce besoin de se ressaisir
comme les Antilles sentiront le besoin de se
repersonnaliser.
M.C. Ecrivez-vous vos Memoires?
A.C. Mes M6moires? Non, ma chore Maryse,
(voir AIME CESAIRE / 17)


Page 16








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


% ...tl t ii ri %It 1% # 1 t i %#%

II (111 ( p t* t(pr l'04lArSi IO ('4 1 i. *111 Hr- \\ I

B ii ............ I: --11^ i- i8" -- ; ._... .. ...........^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ i^ ^ ^ .i






i "Copyrig hted Material



Syndicated Content


Available from Commercial News Providers"


Le petit matin

d'Aime Cesaire
(CESAIRE ... suite de la page 12)
seve creole de nos singularit6s: l'ile minuscule des
Antilles et la vaste terre-patrie, l'ensoleill chez-soi
martiniquais et le des autres c6ots de la mer, oh l'on
peut tout aussi bien, et 6couter les trilles des rossignols
de la po6sie et de la liberty.
S'il fallait c616brer en Aim6 C6saire, en
compagnie de ses freres de Leopold Sedar Senghor,
Leon Damas, Alioune Diop,je dirais que leur 6clatant
m6rite et celui de la revue Presence Africaine qui
fut longtemps leur tribune est d'avoir maintenu
l'anthropologie de la n6gritude dans une perspective
seulement esth6tique et morale. C'est d'avoir 6vit6 de
l'6riger en id6ologie d'Etat ou en operation politique
a caractere messianique. Leur sagesse B l'africaine aura
permis a tous ceux qui se reconnaissaient dans leur
parole de faire l'6conomie des horreurs du pan-
n6grisme totalitaire a la Papa Doc Duvalier. On doit
leur etre reconnaissant de n'avoir pas profit de leur
influence en Afrique et aux Antilles pour ouvrir avec
la negritude une cole 6cumante de haine: 6glise de
combat, mosquee armee jusqu'aux dents, temple
vaudou (houmfor) oh officierait l'oecumenisme
terrifiant des tontons-macoutes de l'infamie
universelle.
Aim6 Cesaire, Leopold Sedar Senghor (tout
comme Alioune Diop dans sa revue) devaient tenir
notre soif de justice et de solidarity loin des bornes
ethniques, religieuses, fondamentalistes, qui
encombrent maintenant les veilles routes sans issue
oh le nationalisme et l'integrisme sans foi ni loi
emminent leurs hordes d'excitateurs fanatiques faire
du surplace historique.
Et que faites-vous de la violence qui est propre
a la posie et au discours decolonial d'Aim Cesaire ?
J'invite mon interpellateur a celebrer avec moi la vio-
lence de l'esprit d'enfance et du merveilleux, la vio-
lence de l'innocence et de la v6rit6. En effet, Cesaire
rejoint fraternellement le courant principal de la cul-
ture mondiale, quand son embrasement de poete fait a
tout etre humain le don g6nereux de la paix. C'est
pourquoi il serait absolument vain de faire a Aim6
Cesaire un proces pour crime de lese-creolitW sous le
pretexte que sa force d'6merveillement nous parvient
dans une langue francaise de reve. Cesaire n'est-il pas
la creolite plus le sens du sacred ? La creolit6 plus le
drame historique des peuples noirs ? La creolite plus
Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire, Andre
Breton, Paul Claudel; enfin la creolite en mouvement
marin dans la qui, selon Charles Baudelaire, soulive
les grands 6tats de poesie et de misericorde avec a la
fois le malheur et la beauty qu'il y a dans le monde!
A l'heure des mutations d'identit6 qui
accompagnent la civilisation planetaire, le Common-
wealth B la francaise qu'on finira par edifier existe dejh
dans l'oeuvre du poete souverain de la Martinique qui
vivifie le soir d'une tendresse enceinte de son 6toile
du petit matin.

Auteur: ReneDepestre
vendredi 11 avril 2008


Toussaint Louverture vint ...


Le 7 Avril 2008 ramine le 2056me
anniversaire de la mort de Toussaint Louverture au
Fort de Joux a la Cluse et Mijoux (France). Comme
d'habitude, les autorit6s haitiennes rendent hommage
a ce h6ros national par l'interm6diaire de leurs
repr6sentants diplomatiques a Paris. Ainsi ce 7 Avril,
M. Fritzner Gaspard, charge d'affaires a.i. a
l'Ambassade d'Haiti en France, M. Vilbert B6lizaire,
consul g6n6ral d'Haiti a Paris, accompagn6s de
plusieurs diplomats, ont d6pos6 une gerbe de fleurs
sur la stile de Toussaint Louverture au Panth6on na-
tional, a Paris.
Par ailleurs plusieurs personnalit6s et diplo-
mates strangers, dont M. Michel Lou, repr6sentant du
bureau de la R6publique de Taiwan en France, Ma-
dame Catherine Neris, depute europeenne, ont assist
a la c6r6monie.
Dans le carr6 des grands, le h6ros haitien
cotoie Jean Jaures, Victor Schoelcher, Felix Ebou6.
Dans son allocution M. Fritzner Gaspard a
retrace l'itin6raire de Toussaint Louverture en des
termes 6mouvants : << N esclave, s'6tant d6marqu6 en
armes et ayant men6 une lutte victorieuse pour la
liberation des esclaves haitiens, il est devenu une fig-
ure historique d'importance dans le mouvement


d'6mancipation des noirs en Am6rique >.
Des associations antillaises et africaines
c61ebrent aussi le h6ros haitien, rappelle le diplomate :
< Nous ne sommes pas seuls a lui rendre hommage au
Fort de Joux oh il mourut, de nombreuses associations
haitiennes, antillaises, franpaises comm6morent aussi
l'6v6nement, ce qui t6moigne du caractere universel
de l'euvre de Toussaint Louverture >.
A l'occasion du bicentenaire de la mort de
Toussaint Louverture en 2003, l'ancien president
Jacques Chirac avait rendu hommage au h6ros haitien
en pr6sidant une grandiose c6r6monie au cours de
laquelle une stile a 6td d6voil6e sur laquelle est inscrit.
< Toussaint Louverture, h6ros haitien, mort au fort de
Joux en 1803. Pr6curseur de la lutte de l'ind6pendance
d'Haiti, militant anti- esclavagiste, il proclame la
liberty des noirs A Saint Domingue. >
Enfin M. le charge d'affaires a.i. a cl6tur6 la
c6r6monie en citant Aim6 C6saire, l'un des peres de
la n6gritude titulaire du grand prix Toussaint
Louverture d6cern6 par 1'UNESCO : << Toussaint
Louverture vint, ce fut pour prendre A la lettre la
declaration des droits de l'homme, ce fut pour montrer
qu'il n'y a pas de race paria, qu'il n'y a pas de pays
marginal, qu'il n'y a pas de peuple d'exception. >


(AIME CESAIRE ... suite de la page 16)
je n'ai pas le temps... Je n'ai jamais eu l'intention
d'6crire mes M6moires. Ce n'6tait pas mon but
essentiel. J'ai toujours r6agi a ma maniere. Je peux
aussi dire <. C'est tout. Ce n'est pas une
ceuvre, ga. Ily a des choses qui me sont insupportables
et qui me paraissent fondamentales. Je n'ai pas voulu
etre maire de Fort-de-France, pas du tout mais j'ai
r6pondu a ce qui me paraissait alors un besoin, une
exigence. A 91 ans, je suis vraiment tris vieux. Ce
queje voudrais, c'est que la foi ne soit pas perdue. Il y
aura d'autres expressions, elles seront diff6rentes mais
a partir d'une chose fondamentale...
M.C. Et que vous avezfondee...
A.C. Non, j'ai pris conscience simplement de
ce queje suis et, je crois, de ce que nous sommes. Je
ne connais pas la forme que cela prendra exactement
maisje sais que c'est cela la chose fondamentale.
M.C. Vous avez unefoi que ma generation n 'a
pas. Nous, nous sommes plut6t desesprdes parce que
nous avons l'impression que rien n 'a etJ fait, que la
Guadeloupe et la Martinique restent au m&me stade,
qu 'il n'y a pas de progres profonds. On est toujours
des departements, on a despasseportsfrangais... Com-


mentfaites-vous pour garder ce dynamisme que nous
n'avons pas?
A.C. Du dynamisme? Je n'en ai pas,je n'en ai
plus. Maisj'y crois. C'est cela la foi peut-etre, non?
Ce n'est pas forc6ment la raison...
M.C. Ne serait-il pas plusjuste de remplacer
le mot par le mot ?
A.C. J'ai toujours un espoir parce queje crois
en l'homme. C'est peut-etre stupide. La voie de
l'homme est d'accomplir l'humanit6, de prendre con-
science de soi-meme. De vieux souvenirs me
reviennent: a Louis-le-Grand, nous avions des
professeurs assez tonnants: Louis Lavelle, une sorte
d'existentialiste tris chr6tien, et le pere Cresson, un
kantien qui a 6crit des livres chez Armand Colin. Moi,
je ne suis pas kantien; le kantisme, c'est tris occidental.
Pour lui, 1'ceuvre de Kant se ramenait a trois ques-
tions fondamentales: < (sur les bancs de
la Sorbonne, il m'est arrive de me le demander, etj'ai
tris bien compris quij'etais); <>
(c'est cela la morale, une question que je me pose a
moi-meme); et < I1
n'a pas dit: < Et pour moi, ce
dernier point, c'est tout.


Page 17


AIME CESAIRE

Interview par Maryse Conde








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


1 41) 1 i,] ,1 ; i] IF


Allez de BACLES a FICHUE, en utilisant des mots du du
vocabulaire frangais, et ne changeant qu'une lettre par ligne.


G H A
GHA
Z I M
SD H
ONE
MA F
ALE
L IB
I Z A
E A I
E W C
R S H


Solutions de la semaine passee


AXHS
ABWE
ITIM
BESK
HANI
USNK
RIAG
YENC
DRAE
NRAI
AAPK
RLGO
VECU
POES
ENTR
LESO
TAVG


DOV
NWH
I T A
AW B
NUA
RRO
I V L
I 0 I

0 0 S
E N U
SMP
OOS
ENU
USE
S S H
SSH
ZSS
I C A
I R G
AL S


T LM
U I I
N VN


Trouvez 35 pays du monde subissant une crise
alimentaire dans le carr6 ci-dessous (liste de la FAO)




1*t m rr(I


7h00-9h00 M61odie Matin avec Marcus
Informations, Interview, Anecdotes, Humour,
Analyses
Nos Chroniques:
L'Editorial de Marcus
Au Quotidien avec Elsie
La Chronique Litt6raire avec Dominique Batraville
Les Sports avec Mario Bareau
Les Invit6s du Jour
M61odie Matin chaque samedi est anim6
par F6quiere Raphael

l h-Midi Le disque de I'Auditeur
animation James Prddvil

12:00-12h30 LeMidi
informations avec Laury Faustin

12h30-2h00 Lady Blues avec Elsie
Jazz, Blues, Swing, Ragtime

2h00- 3h00 C'est si Bon en chansons...
Emission de chansons francaises

3h-5hpm Le Bon Vieux Temps
Retro-Compas
avec Doc Daniel et Captain Bill

5h00 Le Journal de 5 heures
avec Villette Hertelou

7h-8h30 AmorySabor con Luciani

8h30- 9hoo Soir Informations

9h00 10h30 Notre Grand Concert
Lun. & Mer.: L'heure classique
Mar. & Ven. : Turgot Theodat tient I'antenne
Jeu. & Dim. : Jazz at Ten
Judy Carmichael regoit ses invites

9h00 et audelA Cavaliers, prenez vos dames
(Samedi) 50 ans de succ6s populaires haitiens




e Aet ffit 4 es 'a4aee /


Solutions de la
semaine passe:




MUS SES
RUAS SES
MAIS ~SIEI5

M U IS IS IEl5S
R~'T


"Copyrighted Material

Syndicated Content

Available from Commercial News Providers"









*- ....ii- -.. J A- l am






... l si : q g @


Page 18


SCRABBLE
Arrangez les sept lettres ci-dessous
pour former un mot frangais

D E

XAE

T R


Solutions de la semaine passee
MEURTRE

1


1%


|BI A C L| EMS


F I C H U E








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


ti Gout pa ti Gout ak Jan Mapou


Anba bouch-a Grann Mari
*

Kafe ak Akasan (A.K.100)
AK JACQUES JACQUELIN GARCON*

Pitit pitit-a Grann Mari pa ta kapab rete bouch
firman devan kayte djo bolode yo rele kafe nan peyi
isit. Pa di-m frekan non paske gan de kote ou pase ou
ka desann yon bon tas kafe. Noumenm Ayisyen nan
peyisit nou konnen ki kafe pou nou achte pou ban nou
gou lakay nou abiye ake-y-la.
Si se pou afir kafe-a menm, se nan man-m (men-
an-m) sa rete. Se bon pou zbt, tilman yo tilititi chapo
pwenti (tulututu chapeau pointu). Fb yo bwe kafe ake
sik blan. Men m'pale wou nig-an-m pa gan pi bon
pase youn gode kafe fit ake dlo kann osnon rapadou,
koule nan grig twil syanm. Dayer menm, plis kafe
nou te bwe lakay lr m'te piti se lan lakou-a menm li
te pile. Anvan pile te ganyen triye, griye ak rapadou.
Labitid lakay se apre yo fin wete poud kafe-a pou yo
vide youn dlo bouyi nan fon pilon-an. Sa bay youn ti
kafe fb ki satiyNt andedan nen-an-w anvan ou bw6-y.
Akasan (A.K.100) menmmenm-nan, se pa
youn koze mounn ka pale konsa konsa. Sa ki Ayisien
natif natal konnen fb nou koumanse pale denpi nan
mayi, zepi osnon angren. Boukannen, griye, pile, pase
nan machin, keseswajan-y kwit, i bon. Se ake-y yo f6
mayi moulen. Kote wou kite-y ake aransb? Zaboka
tou wi Gan anpe mounn ki rele-y fbkseli, kek zbt di
mayi moulu, lot non-an-y tou lrr-y kwit se tchentchen.
N'apwayjwenn akasan tou se youn manje ki sbt
an Afwik. Albs se la yo te seye-y toutjanjouk yo rive
jwenn preparasyon nou konnen-an. Anpil koze pale
anwo A.K. 100 nan youn liv pwofesir Maks Manniga
(Max Manigat) sbt mete deyb: Mots crdoles du
Nord'Haiti. Origines- Histoire Souvenirs, pay 27.
Pa senpleman rete anwo pawbl-an-m, ay gade ake de
naw6-an-nou. Tinig Ayiti gan anpil ladres tou nan
ranje koze ake bon kou konmedi. Sa f6 yo pa pedi tan
ekri akasan, yo annik mete: A.K.100. M'jiskr6 yo t'ap
seye vin ake youn mbd AK1000; men sa pa te mache
f6.
Ifo nou serye nan sa n'ap di: gan labouyi farin
mayi ou kwit youn jan likid men se pa vre A.K.100-
an..
Fb m'di tou nan makit isit, ou jwenn youn farin
mayi fen, fen kek mounn kwit ake lit, sik, kannil,
isans, anpi yo di yo fi akasan. Adje wi dan Pou fi
bonjan kalte akasan, fi wou mete mayi angren chich-
la chode, lrr-y kreve kon pwa, ou pile-y osnon
machinen-y nan moulen. Atb wou mete-y tranpe nan
dlo. Piske f6-y dbmi, i kbm vin younjan sirit, akbz i
travay (f:rmante) ; men i pa gate pou sa. Denmen
granmtimaten w'ay koule-y, pwije-y nan youn twel
fen jouk i pase san ma. Konsa ou mete-y byen kwit
ake moso jenjanm, kannil, lanniyetwale. Nan zbn
Lwis-la yo mete youn ti fey zepis ki rele malaget. Sa
bay bon sant ake gou tou. Akonpayman A.K.100 sa-a
se bon kalte siwo kann. Konsa i vin gan youn gou
espesyal. LUr yo kwit-li younjan pi frrm, kbm pi solib,
yo detaye-y gwo bit ake kiyer, yo toujou simaye siwo
anwo-y. Sa menm i rele kole. Okap ssl machann ki te
espesyalis esponsab ti kbmers sa-a, sete 2 ser. Ale pou
dizerdmaten mounn mit konmanse pare bouch-a-yo,
veso-a- yo, kiyar-a-yo, anpi mezi lajan-yo, gwbser-a
bbl-a- yo.
Akasan se manje zansit-an-nou kite pou nou.
Jounenjodi, tout timounn mande kbnfliks, yo pa vle
AK100 ankb. Si yo te gan konprann yo ta w6 kbnfliks
se mayi menmjan ak akasan ; men ti gou-a-y wbwbt
devan loder ake bon gou kalte AK-100 lakay Ayiti
Tonma ganyen.

Jacques Jacquelin Garqon ap ekri youn liv :
<< Anba bouch-a Grann Mari >.



KONPLIMAN POU :
HAITIAN NEIGHBORHOOD
CENTER
<>
Nou bat youn gwo bravo pou kouzin Jepsie
Mtellus direkt6 ekzekitif Haitian Neighhood Center
yo rele <>. Mesye-dam Sant-la te bganize
youn resepsyon pou renmesye komisan ak pisonalite
k'ap ede Sant-la epi kolekte youn ti monnen pou
penmit yo kontinye ofri sevis y'ap ofri depi kek tan.
s' oun sant referans. Kilkeswa pwoblim
ou gen ou depoze-1 nan men mesye-dam yo, y'ap ede-
w, y'ap gide-w.
Sware-a ki te fit nan Deauville Resort nan
Miami Beach te wololoy. Youn sware klasik. byen
oganize. Byen senp. Teni kravat ak vis pou mesye yo.
Medam yo: talon kikit, wbb lonng, kosaj fann
devan...ayayay!
Apre youn ti diskou remisiman tou senp men byen
atikile JepsieMetellus salwe asistans lan epi mache f6
foto ak envite yo, tab apre tab. Sou kadans group
Ansanm Belfort ki t'apjwe youn bon ti mizik djaz. An
apre, yo te rekonit 3 mounn nan kominote dapr6
Komite direksyon k'ap ft youn travay
eksepsyonel nan kozman edikasyon kominot&. Se te


Jan, Jak, Jeri.
Jan-an se mwenmenm Jan Mapou. Jak la se Jacques
Despinosse, depite nan Vil Nord Miami Jerry se
Gtrard Jean-Juste, youn aktivis. Youn defans6 dwa
mounn.
Jerry te voye youn lbt militan nan domenn imigrasyon
resevwa twofe-a pou li, Jak te kare zepbl li, gonfle
tomak li pou di misi. Kanta pou jan ki se menmenm
mwen te remisye mesye-dam yo e mwen te di tout
ekip solid Sant-la ki fD youn diferans nan sevi
kominote-a misi. Mwen te santi mwen ozanj 16 mwen
sonje mwen te younn nan manmjiri ki te batize Sant
sa-a e ki te vote pou non-an. Nou te chwazi SANT-
LAN (paske vwayUl nen ki gen konsbn -a
deye li rale atik . Men yo te pi renmen Sant-la
olye <>. Se pa grav! Nou swete pou mesye-
dam Sant-la kenbe dyanm. Travay-la anpil. Li pa fasil.
Se nou chak ki pou pote ti kontribisyon pa nou nan
konbit-tit ansanm-lan. Nan non Sosyete Koukouy ak
tout lot atis yo mwen di misi anpil.



LET POU YOUN ZANMI
Apwopo lanng manman nou an

Bonjou kanmarad,
Nan pale nou yy maten ou te di mwen : travay
kominoth w-ap f6 a se pa pou ou ff pwomosyon kreybl,
men se kbmsi ou bliye se kreybl ou ye. Ou di mwen
tou ou pa gen okenn pwoblim ak lanng kreybl la, mwen
dakb ak ou. Sa ki part dwbl, seke mwen oblije toujou
ap plenyen, paske mwen pa kab jwenn tiks yo pou
mwen tradui. Poukisa, teks yo pa kab vin jwenn
mwen ?
An reyalite, lI ou aji youn fason pou ou bay kreybl
la espas, se pwomosyon kilti ou w'ap f6. Anfit, kit
nou vle kit nou pa vle, pitit nou pa pejanm Kanadyen
100%. Lapriv, chak fwa blan yo kontre ak yo, premye
kesyon ki soti nan bouch blan yo se : Nan ki peyi ou
soti ? LU konsa, pa mwen yo reponn, mwen se
Kanadyen, Blan an reponn eskize-m! Kidonk, nou
genyen enter pou nou fe pwomosyon kilti nou, epi
pase li bay pitit nou. Prensipal fason pou nou andose
kilti nou epi pase lijenerasyon anjenerasyon, se lanng
nou pale a pou noujouke pi wo.
Peyi kolonizat6 yo konnen fbs zouti kiltirel sa a,
se sa ki f6 chak fwa yo anvayi youn t6, yo fose mounn
yo aprann lanng yo epi yo foure relijon pa yo nan kOsay
mounn yo. LU konsa, se kilti pip natif-natal la yo kraze
pou yo rann li zonbi, epi lave tit pitit peyi natif la.
Blan yo telman f6 sa byen, gade tout tan nou pase ap
pale sou youn dosye ki poutan senp. Wi senp Ou
voye tkks yo ban mwen, mwen tradui yo epi mwen
voye yo tounen ba ou. Epi nou korije ere ki dwe korije.
Vwala, se nan pale anpil, f6 bUl fraz nou tonbe. Tout
sa, se paske nou kanpe sou de teren diferan. Dimwens,
aksyon ki pou mwen espontane epi natirMl, tounen
youn pwa senkant pou ou.
Blan yo mare nou wi. Yo kreye konfizyon lanng
ak konfizyon relijyon nan mitan nou. Sa lakbz nou
divize an de (2)kategori : Afriken, sila yo ki pa gen
chans aprann li nan lanng blan-an epi sila yo blan yo
lave s nvel yo ak lanng li an. Batay lanng, se batay
ideyolojik. Epitou,se nan konba ideyolojik-la menm
nou ye. Manman nou Ayiti pa tajanm panse apre nou
fin bwe lWt nan tete li, grandi menmjan, pase nan menm
lekbl, nou ta kab tounen de ( 2 ) pitit diferan
ideyolojikman. Epitou, nan diferans ideyolojik la, se
mounn nou kw6 nou ap defann yo ki ap sibi, paske se
yomenm ki santi yo se mounn an deyb parapb ak
mounn lavil. Oubyen ankb yo sbt epi lIt yo gen lespri.
Se tout deba sa yo, batay lenguistik yo pote anndan yo
epi tout Ayisyen ta dwe depase, kite deye, men nou
poko ka rive la. Laprev nou ap pale sou sajodi-a ankb
apre plis pase 200 lane endepandans.
F6 pwomosyon lanng kreybl la, se youn kesyon
prensip. Se bay pip la asiz pou li gen konfyans nan
pwop tit li. Epi pou li pa wont pwbp tit li. L6 youn
mounn kanpe devan li ap pale franse, li pa pejennen.
Li pa pe wont, paske li ap konnen limenm tou li pale
youn lanng lot lan pa kab pale oubyen lot mounn lan
poko aprann pale. Se sa tou ki pral pemit li viv epi
aksepte pwop tit li kbm mounn, kbm sitwayen entegral
sou tout te kote 1' ap viv. Se konsa, ou dwe w6 koze
lanng lan anndan dokiman tout dokiman ou ap pibliye
pou Ayisyen yo. Se konsa toutjounal anndan Ayiti ta
dwe w6 sa : Nouvelliste, Le Matin, Le Moniteur
elatriye. Se konsa tou biznis Ayisyen nan domain vann
liv ta dwe we sa.
Nan pale nou, ou toujou di mwen, ou bezwen asire
byennit pip-la. Younn nan fason pou ou asire byennit
li, se sevi ak lanng li pale-a. Ou dwe sevi ak lanng li
pale-a chak fwa li posib oubyen ank6 chak fwa sa
nesese. Se l sa-a pip la pral santi, li egal ak lid6 yo.
Nou konn li, nou konn ekri. Se zouti ki esansyel nan
kalite sosyete nou ap viv la, pip-la poko konn li, li
poko konn ekri, men kiltirelman nou se menm ak li.
Eritay kiltirMl nou pote anndan nou an, se limenm li
pote anndan li tou. Anplisdesa, se eritay kiltirMl sa-a
menm ki f6 fbs nou toupatou kote nou pase. Nan rapb
mounn save yo ak pip la ki pale kreybl sil grenn lan,
se kbmsi nou gen youn ekwasyon :1 + 2 = 3.
1 pa 3 ni tou 2 pa 3, men se 1 ak 2 ki f6 3. Yo pa
menm, men yo egal. Pip-la, ki se reprezantan 100%
kilti Afriken an anndan peyi-a, reprezante 80%
popilasyon peyi-a, epi noumenm afranchi po nwa epi
po klW yo (mwen vle di noumenm ki pase lekol yo,


[lekbl ki konviti nou ideyolojikman, epi leta Ayiti
poko vle chanje a], nou reprezante apepr2 20%
popilasyon an. Nan afranchi yo, mwen mete oumenm,
mwenmenm ak tout lizbt ki pase sou ban lekbl yo.
Se de kategori mounn sa yo peyi a genyen ki dwe
aprannjere kondisyon lavi yo nan youn nivo kote yo
pral mete ansanm pou yo tounen 3. Se 1 + 2 sa-a ki
dwe tounen 3, youn fason pou nou tounen youn fbs.
Se fbs sa-a Blan yo te prevwa depi tout tan, ki f6 yo
foure nan tit nou youn modil edikasyon, kote nou
devlope epi nou grandi ak tout kalite divizyon nan
sosyete nou an. Tout tan ou kanpe lwen fbs ppp-la,
mwen vle di fbs kiltirM li, se tout tan w-ap kanpe
lwen relasyon ki pemit 1 + 2 tounen 3 a.
Si Blan an rekonit ou gen youn lanngjouk pou li
toujou ap voye dokiman ban nou tradui nan lanng lan(
nivo federal), poukisa oumenm ou pa vle aksepte bay
lanng lan plas li ? Kou blan yo vin nan aktivite nou,
premye sa yo fD se aprann di kek fraz kreybl.
Noumenm Aysisyen yo, nou bat bravo lakontantman
pou yo. Poutan kou yo la pami nou, pou nou fi yo
plezi, nou bliye nou gen youn lanng ki pa nou epi se
lanng pa yo a nou tanmen pale, kant yomenm yo
konnen epi aksepte diferans lan. Albske, nan peyi
etranje kote n' ap viv li kl pou nou tout gen youn
opsyon bilenng nou vle meprize. Youn opsyon k'ap
manbre nou mete ou dyanm nan amoni ak tout kbt
fanmi nou.
Nan plizye rankont mwen patisipe, se toujou blan
yo ki part ak pwopozisyon ki entegre kilti Ayisyen-
an nan travay n'ap fI an ekip. Eske sa se nbmal ?
Kisa ki lakbz nou rive nan pwen sa a ? Mwen ap reponn
pou ou: Se paske kolonizasyon an desounnen nou.
Po nou nwa, men anndan nou se youn lot mounn ki ap
aji. Mounn kolonizat6 yo devlope anndan nou an.
Ayisyen ki te sou tab kote mwen te ye yo pajanm
sonje yo gen youn kilti ki kab f6 ladiferans. Se kbmsi
nou ta di : << Fez6 nat fi nat epi li dbmi ate. > Reflechi
vye kanmarad mwen. Reflechi. Tufus mon mentor.
Tu le demeures encore, men chak fwa mwen santi ou
vle kite ray la, se responsablite mwen pou mwen rale
ou mete ou sou ray. Anfet zanmi mwen, fridam mwen,
tout dwit nan men nou pa menm long, men 16 nou
pliye yo ansanm, yo f6 youn youn gwo boul won ki
tounen pwen nou, nou kab frape sou youn tab pou nou
di non. La-a ankb, nou kab tounen ak ekwasyon-an 1
+ 2= 3.
Plis ou ap apwoche ou toupre Lewbp, kbm
afranchi ak lanng blan an te fi nou aprann lan, se plis
ou ap kite pep ou a, ki pale kreybl sil grenn lan deye.
Se plis tou blan ap kontan, paske nou ap mache nan
jwet divize pou reye li gaye nan mitan nou depi
lendepandans lan. Jwet ki fenk kare ap afebli nou. Pis
nou fib, se plis blan ap pran plezi pou li rale fisMl nou
fe nou jwe kont pwbp tot nou, pase nou nan tenten,
pase diyite nou nan labou eksetera eksetera tankou sa
te frt nan ane selebrasyon 200 an endepandans nou
an. Kounye a, ki mounn ki ap pwofite ? Ki mounn ki
wont ? Ki mounn ki pidi?
FR pwomosyon youn lanng, manman nou ak tout
kbd fanmi ou pale, se fe pwomosyon pwbp tt ou Li
pa pe deranje ni oumenm ni plan ou, ni rev ou. Okontr6,
li ap ba youjivrin, paske li ap ede mounn ki anba yo
w6 ou avk yo 100%. LU konsa, se diyite mounn yo
nou konsolide. Paske, 16 mounn yo, ki pale kreybl ase-
a w6 tout bagay ap dewoule nan youn lanng yo pa
maton ladan, yo wont tnt yo wi. Yo santi yo manke
sou mounn yo Yo pedi nan diyite yo paske yo pa
gen nivo lanng lan ki pou pmiet yo aji tankou youn
sitwayen entegral nan mitan pwbp konpatriybt yo.
Men vr6 pwoblim lan fr6 mwen. Nou gen mounn nan
mitan nou ki beb6 kant yo gen lapawbl. Nou
fonksyonne ak youn lanng yo pa konnen byen, oubyen
yo pa konnen ditou, nou retire dwa pawbl yo nan men
yo epi nou pidi kontribisyon pozitif yo ta kab pote
nan rasanbleman nou yo.
Mwen ta renmen ou konprann sa pou ajisman-ou
sQvi ekzanp youn fason pou libere lapawol lakay
mounn sa yo. Sa se travay ou tou kbm lid6, cher
camarade. Se nan nivo sa-a mwen ye zanmi mwen.
Se sa mwen ta renmen ou entegre nan lespri ou. Se la
mwen ta renmen ou vin kontre ak mwen, paske pawbl
mwen ap pale la yo soti dirik-dirik nan tout aprantisay
nou ff ansanm kbm timounn bout pantalonjouk nou
rive pran grad mete pantalon lonng. Mounn ki ap pale
ak oujodi-a, se mounn ou te fbme-a. Li ap mande ou
pran konsyans epi reflechi sou kote nou kote nou soti,
kote nou ye jounen jodi-a epi jouk ki kote nou kab
rive ak ekwasyon: 1+ 2 = 3 a.
Nou genyen youn ti ponyen mounn tou piti ki
reyisi sou tt etranje. Anfit, ti ponyen tou piti ki reyisi
a dwe toujou sonje kolektivite-a, paske reyisit nou an
ap toujou manke moso si nou ap jwi li pou kont nou
sil grenn. Ak konpbtman endividyll-la, se kbmsi depi
nou bon, se tout mounn ki bon, albske se lekontr6.
Anvan mwen ale, mwen senpman vle raple ou
konstitisyon 1987 la di nou gen 2 lanng ofisyel. Pip la
te vote pou li. An n' travay ansanm pou nou respekte
vbt mounn yo.
Bon mwen pa rete non.

Kenbe frm.
Se Bon zanmi ou : Kaptenn
ki renmen ou anpil, ki respekte ou epi ki vle louvrije
ou Sou youn dimansyon kiltirMl ou pa toujou evalye
menm jan akli. M'ale.
Nou va kontinye koze, paske pa gen pwoblim san
solisyon.


Page 19







Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


Sunday Aay 18, 2CC8
HAITIAN ILAG DAY CELE NATION
Schccl Marchine Iiand Parade
Pre-Cualificaticn friendlyy Came
MEN'S NATIONAL TEAM "A" Wcrld Cup Scuth Alrica 2C1C MEN'S NATIONAL TEAM "A"


ISponsore


Grandstand=$45.00 In advance***$50.00 at the door ***Children=$15.00
d IRRiWARD Ticket en Sale everywhere!..


by:
11 1301303MMU


Info: 786- 285-2093 *** 786-380-7576*** 954-655-3249***954-895-4832


I in lirtI


"Copyrighted Material
Syndicated Content
Available from Commercial News Providers"


Haiti en Marche
Port-au-Prince
100 Avenue Lamartiniere (Bois Verna)
Tel.: 2245-1910, Fax 2221-1323


Miami
173 NW 94" Street
Miami, Florida 33150
Tel. 305 754-0705 / 754-7543 Fax 305 756-0979
New York 914 358-7559 | Boston 508 941-6897
Montreal 514 337-1286
email: melodiefm@hotmail.com I haiti-en-marche@hughes.net
URL www.haitienmarche. com
Library of Congress # ISSN 1064 3896


1984-2008
CAM, 24 ans de leadership
incontest6 sur le march
des transferts en Haiti,
renforce son service





PICKUP



*Le plus grand reseau PICKUP
avec plus d 400 Agents Payurs en Haiti
SM6mes tarifs en provinces qu' Port-au-Prince
Le meilleur r4seau a temps reel
*Transfert disponible A la seconde
Livraison domicilee
CAM, pionniere et seule compagnie garantissant
la livraison en moins de deux heures.
CAM D6pot Rapide
Votre argent peut etre depose dans nimporte
quelle banque en Haiti.
Products Alimentaires
Grande variety de produits
Meilleure quality sur le march *
Une fois de plus, pionnire a df
introduire ce service. seon


W Appelez sans f'i:M
USA/Canada: 1-800-934-0440 *ou dHiau
www.camtransfer.co
ApprouvBe par les autorit6s bancairesde
New York, New Jersey, Connecticut, Rhode Island, Massachusetts, Washingtn eorgle e Floride
CA, ledeeetdition i 'aoe.


I d


ADOMI PURCHASING AGENCY
Tel.: 786-457-8830 Fax: 305-756-0979 e-mail pasacalia@aol.com


POUR TOUS VOS ACHATUr Equipements pour construction
PiMccs de voiturc / Comion / Equipomcnt medical
Par avion ou par bateau


Page 20




Full Text

PAGE 1

Mercredi 27 Avril 2005 Haïti en Marche Vol. XIX No. 13 Page 1 Haïti en Marche édition du 2 au 8 Février 2005 Vol. XIX No 1 Mercredi 27 Avril 2005 Haïti en Marche Vol. XIX No. 13 Page 1 Haïti en Marche édition du 2 au 8 Février 2005 Vol. XIX No 1 Mercredi 27 Avril 2005 Haïti en Marche Vol. XIX No. 13 Page 1 Haïti en Marche édition du 2 au 8 Février 2005 Vol. XIX No 1 Haïti en Marche édition du 23 au 29 Avril 2008 • Vol. XXII • No. 13 Rich Men, Poor Men PORT-AU-PRINCE, 19 Avril – On prend les mêmes et on recommence. Comment construire du nouveau avec ce qui a déjà échoué.RECHERCHE D’UN PREMIER MINISTREVoici venu le temps des « deals »C’est l’énorme défi, la véritable quadrature du cercle auquel se confronte la politique haïtienne au moment de trouver un remplaçant au Premier ministre Jacques Edouard confiance au Sénat de la république. Pourtant cela ne semble pas déranger les acteurs outre mesure. La force de l’habitude. Toujours les mêmes gueules, pas une nouvelle tronche à l’horizon. On y veille jalousement d’ailleurs. Ce jeu de Alexis qui a écopé d’un vote de non (DEALS / p. 4) PORT-AU-PRINCE, 20 Avril – Personne n’a vu venir le déchaînement de ces derniers jours. Ni les pouvoirs publics. Ni l’international (mission des Nations Unies, ONGs). Même quand la presse locale pullule d’articles et d’éditoriaux dénonçant le coût vertigineux de la vie et l’absence d’efforts réels pour y faire face. Mais nul ne s’y attendait. Même quand les émeutes de la faim avaient commencé à frapper d’autres pays. Mais chez nous pas question, continuait-on à penser.ECONOMIE-EMEUTESLes causes de la crise restent intactesEt même quand les émeutes s’étaient déclenchées que les dirigeants haïtiens semblaient mettre davantage l’accent sur le secondaire (infiltrateurs, trafiquants, casseurs) que sur la réalité même de l’événement. Et aujourd’hui encore, qui sait si on pense autrement. A preuve, les événements ont vite été récupérés pour faciliter des changements politiques (renvoi du Premier ministre et autres) qui n’attendaient qu’une telle occasion. (CRISE / p. 5) PORT-AU-PRINCE, 18 Avril – Le gouvernement ne peut être tenu pour responsable des conséquences des émeutes qui ont secoué le pays ces dernières semaines. Il est difficile de définir selon quelle logique on pourrait tenir le gouvernement pour responsable. Par contre le gouvernement pourrait être sollicité pour aider à réparer les dégâts provoquésFaut-il dédommager les victimes des émeutes ?pas et celui-ci en est encore moins responsable. Mais qui l’Etat doit-il dédommager ? Il y a la petite marchande dont la barque de bombons et cigarettes a été écrabouillée lors de la fuite éperdue au moment de l’intervention des forces de police locales et des casques bleus onusiens (Minustah) … Il y a le photographe de presse qui a reçu une balle en caoutchouc en plein corps ou le reporter qui a perdu sa cassette enregistreuse. Etc. Il y a l’Etat lui-même dont les bureaux de tel organisme ont été rasés totalement par les émeutiers, comme la succursale de l’ONA (Office national d’assurance vieillesse) à Pétionville. Il y a des médias qui ont reçu des pierres lors du repli massif des manifestants devant les blindés de la Minustah. car l’Etat a des moyens que le simple citoyen n’a (DEDOMMAGER / p. 6) Et il y a environ une quarantaine René Préval débat avec partis politiques et parlementaires, ici deux influents sénateurs: Rudy Hérivaux et Youri Latortue Distribution de kitts de nourriture par la force internationale (Minustah) dans des quartiers populaires de la capitale (photo Thony Bélizaire)

PAGE 2

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 2 EN PLUS ...EN BREF ...(En Bref / p. 18) SOMMET DES BAILLEURSEncore une chance qu’on laisse passerPORT-AU-PRINCE, 16 Avril – Les jeunes manifestants du mardi 8 avril devant le palais national ne savaient pas si bien dire en s’adressant aux casques bleus de la Minustah en ces termes : « nous avons fait 1804, nous ferons 2008 ! » En effet, ils ont fait 2008. Depuis les émeutes d’Haïti, la crise alimentaire qui est mondiale a pris une nouvelle dimension. Dans toutes les grandes chancelleries du monde, on ne parle que de cela. Et le nom d’Haïti est en première ligne. Juste retour des choses. Alors qu’en Haïti nous avons une perception de ces manifestations émaillées de violences et d’actes de vandalisme comme un pas en arrière dans les efforts pour la stabilisation, telle n’est miraculeusement pas la réaction qui nous vient du dehors. Oyez plutôt : « Le président Bush est ‘très préoccupé’ par la crise qui touche Haïti, l’Egypte et les Philippines, entre autres, selon sa porte-parole Dana Perino. Sur ce Mr. Bush d’ordonner lundi le déblocage de 200 millions de dollars d’aide d’urgence pour faire face à la crise alimentaire qui frappe durement certains pays. Le Département d’Etat et l’USAID sont mobilisés. Cette aide alimentaire supplémentaire s’ajoute aux programmes américains d’aide alimentaire déjà existant et pourra aussi servir à répondre aux besoins imprévus en aide alimentaire, selon la porteparole de M. Bush. Les émeutes d’Haïti n’ont pas été les premières. En Egypte, on a enregistré une soixantaine de morts, des dizaines en Afrique et aux Philippines. En Haïti, on a relevé 5 morts dans la ville des Cayes. Et le policier nigérian qui a été assassiné samedi dans un marché de la capitale. Cependant les événements d’Haïti ont servi de toute évidence de catalyseur à l’échelle internationale. Oyez encore. « Les appels à la mobilisation internationale se multiplient pour faire face aux crises alimentaires qui menacent la planète. » Et pas n’importe laquelle … Selon « le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, la planète » se dirigerait « vers une très longue période d’émeutes » et de conflits liés à la hausse des prix et aux pénuries. Différentes propositions … La France appelle l’Union européenne à augmenter sa production agricole tandis que les Etats-Unis ont débloqué l’aide d’urgence (que nous venons de voir). Selon le ministre français de l’agriculture Michel Barnier, « il va falloir doubler la production mondiale d’ici à 2050 pour nourrir 9 milliards d’habitants sur la planète. » La France propose à l’Europe de produire « plus et mieux » et de rester « une puissance agricole forte » pour répondre au « contexte grave de crise » et aux « émeutes de la faim. » Michel Barnier recommande aussi à l’UE une aide agricole plus importante aux pays pauvres pour qu’ils se rapprochent de l’autosuffisance. Il a aussi plaidé en faveur d’une plus grande fermeté de l’Europe dans les négociations commerciales avec l’OMC (Organisation mondiale du commerce) où l’Europe est sous pression pour réduire ses aides et droits de douane et ses subventions aux agriculteurs. Aussi l’initiative française ne fait-elle pas totalement l’unanimité, particulièrement chez les Britanniques, non seulement plus gagnés au néolibéralisme (c’est le pays de Margaret Thatcher) mais aussi parce qu’ils soupçonnent la France de chercher à profiter du contexte international pour défendre ses intérêts de première puissance agricole de l’UE. Par conséquent cette nouvelle situation peut provoquer un rebrassage des cartes au plan de l’économie mondiale. Il faut le retenir nous aussi. A tel point que si la Banque mondiale le dit, c’est vrai. Or ce sont les deux plus grands argentiers de la planète, la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) eux-mêmes, qui viennent de tirer la sonnette d’alarme. Si ce n’est plutôt les derniers événements en Haïti. Incroyable mais vrai, c’est le président de la Banque mondiale (temple du néo-libéralisme), Mr Robert Zoellick, qui met en garde, à l’issue de la conférence de printemps des deux organisations le week-end dernier à Washington, contre des « conséquences terribles » si l’inflation se poursuit, avec « des centaines de milliers de personnes (qui) vont mourir de faim. » C’est toujours M. Zoellick qui note : Dans les pays pauvres, la montée des prix a déjà conduit à de graves explosions de violence, à des manifestations et des pillages. En Haïti (poursuit-on), les troubles ont fait des morts et abouti à la chute du gouvernement. Entre parenthèses, rappellet-on, l’une des raisons de la montée des prix est la part grandissante de la production de bio-carburants à partir de céréales qui manquent maintenant pour l’alimentation des populations. Ce qui amène un Jean Ziegler, dont on sait qu’il ne mâche pas ses mots, à s’écrier : « La production massive de bio-carburants est un crime contre l’humanité. » Le quart de la production de maïs aux Etats-Unis est déjà consacré à la production de ce qu’on appelle aussi le pétrole vert. Ce mardi les prix du riz et du maïs ont inscrit de nouveaux records historiques, portant la hausse des prix du riz depuis le début de l’année à plus de 60% et accentuant les craintes de tension sur le marché mondial. Les cours du riz ont doublé depuis septembre dernier sur le marché de Chicago (Chicago Board of Trade ou CBOT) pour atteindre 22,22 dollars les 100 livres et cela va continuer, les gros importateurs augmentant leurs achats pour constituer des stocks de peur de voir les exportateurs réduire leurs livraisons, comme c’est déjà le cas avec l’Inde et le Vietnam. Tandis que les Philippines, premier importateur mondial, disent vouloir acheter en mai 500.000 tonnes supplémentaires pour augmenter leurs stocks. « On parle du riz presque autant que du pétrole maintenant dans les grands médias et l’intérêt pour le sujet va croissant » note un analyste du marché. Le président de la Banque mondiale n’a pas hésité à appeler dimanche à un « New Deal pour la politique alimentaire mondiale » destiné à renforcer la productivité agricole et améliorer l’accès à l’alimentation. Et c’est là que cela devient encore plus intéressant pour nous autres. C’est que les grands gendarmes économiques de la planète (reconnaissant en quelque sorte l’échec de certaines de leurs politiques) acceptent de faire certains accrocs à la sacro sainte doctrine néolibérale. C’est Robert Zoellick qui parle. « Nous sommes très préoccupés et nous étudions ce que nous pouvons faire à court terme (comme de réclamer une aide alimentaire (voir BAILLEURS / 6)Visite du maire de Montréal à Port-au-Prince en relation avec la crise alimentaire prévalant dans la capitale haïtienneLe maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, effectue une visite à Port-au-Prince du 20 au 22 avril, en réponse à l’invitation de son homologue haïtien Muscadin Jean-Yves Jason et du Président d’Haïti, M. René Préval. « Je suis conscient de la situation qui prévaut présentement à Port-au-Prince relativement à la crise alimentaire. Il faut être réaliste face au rôle qu’une ville comme Montréal peut jouer quant à la résolution de cette situation. Toutefois, il m’apparaît essentiel, particulièrement en ces moments difficiles, de réitérer notre solidarité envers le peuple haïtien et de maintenir notre soutien en fonction de nos capacités et de nos moyens », a déclaré le maire de Montréal. « Je compte profiter de cette visite pour réaffirmer au maire Jason la volonté de la Ville de Montréal de poursuivre les efforts que nous avons amorcés dans le cadre du Protocole de coopération s’échelonnant sur cinq ans que nous avons signé à Montréal, en décembre dernier », a ajouté M. Tremblay. Au cours de sa visite, M. Tremblay doit s’entretenir notamment avec le président d’Haïti, M. René Préval ainsi qu’avec le maire de Port-au-Prince. Il aura également l’occasion de remercier les policiers et policières du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) présentement en mission dans le pays et qui réalisent un travail de formation exceptionnel. Lors de sa visite le maire s’adressera aux membres de la Chambre de commerce et d’Industrie haïtianocanadienne. Le maire de Montréal prévoit également de rencontrer des Organisations Non Gouvernementales montréalaises actives à Port-au-Prince. Un fort contingent de policiers canadiens, dont des retraités s’étant portés volontaires, font partie de la police de l’ONU en Haïti (UNPOL). Ils sont particulièrement impliqués dans des programmes de formation et de renforcement de la Police Nationale d’Haïti.Visite en Haïti du secrétaire d’Etat français à la CoopérationLe secrétaire d’Etat français à la Coopération et la Francophonie, Alain Joyandet, est arrive en Haïti pour une visite de 48 heures, axée sur la crise alimentaire traversée par le pays et qui a provoqué des émeutes de la faim qui ont fait 5 morts. “Cette visite intervient après l’annonce par le président français Nicolas Sarkozy du doublement de l’aide alimentaire française en 2008", a souligné l’ambassade de France à Port-au-Prince dans un communiqué. M. Joyandet doit s’entretenir avec les autorités haïtiennes de la situation politique du pays, dont le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis a été destitué par le Sénat, et des problèmes sociaux dus à l’envolée des prix des denrées alimentaires. Le secrétaire d’Etat français sera notamment reçu mercredi par le président René Préval et devrait rencontrer des membres du bureau du Programme alimentaire mondial et des responsables de la mission de stabilisation de l’ONU déployée en Haïti. M. Joyandet, qui s’est rendu auparavant en Martinique pour assister aux obsèques du poète martiniquais Aimé Césaire, devait arriver lundi soir en Haïti pour y séjourner jusqu’à mercredi. A la suite de son assemblée générale à Washington le week-end précédent, la Banque mondiale a décidé d’octroyer 10 millions de dollars à Haïti et d’y dépêcher une équipe d’experts pour aider les autorités à résoudre la crise alimentaire. Cependant une conférence internationale de bailleurs de fonds prévue le 25 avril a été annulée à la suite de la destitution du Premier ministre et une nouvelle date devrait être fixée une fois le nouveau gouvernement formé.Le chancelier espagnol en Haïti le 25 avrilLe chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, effectuera une visite en Haïti le 25 avril dans le cadre d’une tournée régionale de cinq jours qui le conduira également au Pérou, en Argentine et au Brésil, rapporte une dépêche de l’AFP datée de Madrid. Au cours de son passage à Port-au-Prince, M. Moratinos aura notamment des entretiens avec les autorités haïtiennes et les membres de la police et de la garde civile espagnoles faisant partie de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH). Après avoir laissé Port-au-Prince, Miguel Angel Moratinos participera à Lima au sommet euro-latinoaméricain le 26 avril, puis séjournera les 27 et 28 à Buenos Aires et à Brasilia où des questions bilatérales seront débattues. Outre sa présence au sein de la composante policière de la force onusienne (UNPOL), Madrid qui avait, en 2006, rappelé ses casques bleus d’Haïti, entretient avec le pays une coopération portant en particulier sur l’éducation et le micro-crédit.Le président brésilien prochainement en HaitiSuite aux récents troubles que vient de vivre Haiti, le président du Brésil, M. Lui Lula Da Silva visitera le pays. Prévue pour le 28 mai prochain, cette visite lui permettra de discuter avec son homologue haïtien, M. René Préval, autour de la relance de la production agricole dans le pays. La visite du chef d’Etat brésilien a été révélée jeudi, par l’ambassadeur brésilien en Haiti, M. Igor Kipman. Selon lui, elle devra être devancée d’une équipe d’experts brésiliens qui prépareront l’entretien entre les deux présidents. A la suite des violentes manifestations qui se sont déroulées dans le pays à cause la cherté de la vie due à une hausse des prix des produits de première nécessité, un phénomène mondial, plusieurs organismes internationaux ont manifesté leur volonté d’assister Haïti, Cette visite du président brésilien témoignera, outre le support financier à l’endroit d’Haïti, de la solidarité de ce pays en des moments de trouble.La conférence des bailleurs de fonds sur Haïti renvoyée, en raison du changement de gouvernement(AHP)La conférence internationale des bailleurs de fonds d’Haïti, qui avait été fixée au 25 avril à Port-au-Prince, a été renvoyée. Cette décision est étroitement liée à la destitution du premier ministre Jacques Edouard Alexis, principal initiateur en Haïti de la réunion. La conférence des bailleurs de fonds n’est pas annulée, mais elle ne pourra pas se tenir avant la mise en place d’un nouveau gouvernement, a fait savoir le représentant en Haïti d’une institution internationale, partie prenante de la conférence. Plusieurs délégations avaient déjà pourtant confirmé leur participation, notamment au niveau de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI). L’ancien premier ministre Alexis avait sollicité 4 milliards de dollars d’ici 2011 pour permettre au pays de se lancer définitivement sur la voie du développement et se doter de moyens pour combattre la drogue et les autres trafics illicites, dans le cadre du “Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP)”. Le président Préval n’a pas encore communiqué le nom du nouveau premier

PAGE 3

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 3 SOMMAIREL’ACTUALITE EN MARCHESOMMAIRELe président Préval fait face à sa première crise gravepersonnes ont été tuées, environ 200 blessées et de nombreux dégâts matériels enregistrés lors de ces émeutes qui ont coûté son poste au Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, dont le successeur devrait être désigné prochainement. Avec la chute de M. Alexis, le président haïtien a perdu un homme de confiance, et les observateurs s’inquiètent des conséquences pour la stabilité du pays. “Il convient aujourd’hui de conjuguer tous les efforts pour remettre le pays au travail et lui permettre de retrouver la voie de la stabilité et du progrès”, a déclaré jeudi l’envoyé spécial de l’ONU en Haïti Hédi Annabi. M. Préval n’est pas novice en politique. Fils d’un ancien ministre, il a été le Premier ministre de Jean Bertrand Aristide, et il a déjà dirigé Haïti de 1996 à 2001 avant de recéder son siège à Aristide à la suite d’une élection boycottée par l’opposition. En l’absence d’une majorité présidentielle, M. Préval a lancé des discussions avec des partis représentés au Parlement pour former un nouveau gouvernement. “Le président est soucieux de trouver une équipe cohérente et d’engager les partis politiques dans un véritable gouvernement de coalition”, relève Micha Gaillard, dirigeant d’un parti de centre gauche. Pour faire face à l’envolée des prix alimentaires qui a déclenché les violences meurtrières début avril, le président Préval a annoncé une baisse des prix du riz, optant pour la relance et la subvention de la production haïtienne. L’ONU a également engagé des discussions avec le président pour faire face à la souffrance des Haïtiens les plus vulnérables, a indiqué Joël Boutroue, représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Haïti. “Le PNUD aide actuellement à la finalisation d’un plan d’action sur six mois”, a déclaré le représentant du PNUD. Pour aider Haïti, le pays le plus pauvre du Continent américain où 70% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, la communauté internationale (Etats-Unis, France, Canada mais aussi Brésil et FMI) a pris des mesures d’urgence. Une conférence internationale de bailleurs de fonds prévue le 25 avril a été annulée à la suite de la destitution du Premier ministre et une nouvelle date devrait être fixée une fois le nouveau gouvernement formé. L’aide arrive mais ne suffit pasPORT-AU-PRINCE, 20 avril Des centaines d’Haïtiens ont fait la queue samedi à Cité Soleil, l’immense bidonville de la capitale Port-au-Prince, pour recevoir l’aide alimentaire d’urgence fournie par l’ONU après les émeutes de la faim ayant fait au moins sept morts et coûté sa place au Premier ministre. Malgré le calme précaire, les ONG et agences humanitaires savent bien qu’elles ne font que pallier au plus pressé avec ces distributions d’urgence, en l’absence de solutions à long terme. “Les haricots, ils vont bien durer quatre jours. Le riz, il sera parti dès que je rentre à la maison”, soupire Jervais Rodman, charpentier au chômage et père de trois enfants, sortant d’une église en portant ses sacs de vivres. A 38 ans, il a dû vendre ses outils pour nourrir sa famille, et ne peut donc plus travailler. Retenant ses larmes, il dit: “c’est la première fois que je dois m’abaisser ainsi et venir chercher cette aide”. (voir AIDE / 7) PORT-AU-PRINCE, 20 avr 2008 (AFP) Le président haïtien René Préval, élu en février 2006, doit faire face à sa première grave crise politique et sociale avec les violentes “émeutes de la faim” suscitées par la crise alimentaire. M. Préval, 65 ans, était arrivé au pouvoir lors d’élections supervisées par la communauté internationale, après deux années de transition politique. Porté par le vote des pauvres de la capitale, il avait été proclamé vainqueur à la suite de violentes manifestations de rues de ses partisans, des supporteurs de l’ex-président Jean Bertrand Aristide. Depuis son investiture en mai 2006, il s’est attaché à rétablir la sécurité dans un pays ravagé par la violence des groupes armés et les enlèvements à des fins crapuleuses. Ayant hérité d’un pays exsangue et secoué par des crises politiques intermittentes, le président haïtien a réussi à maintenir la stabilité politique en mettant en place un gouvernement pluriel, notamment grâce à la présence d’une mission de l’ONU forte de près de 10.000 soldats et policiers. Mais ce gouvernement a volé en éclats suite aux récentes émeutes de la faim provoquées par la hausse spectaculaire des prix des produits alimentaires, dans un pays qui dépend beaucoup de l’importation pour son alimentation. Au moins cinq Distribution de nourriture dans le quartier de Fort-National par les casques bleus brésiliens (Thony Bélizaire) Journées chaudes à Port-au-Prince SUSPENSE Recherche d’un premier ministre … Voici venu le temps des “deals” p.1 L’EVENEMENT Emeutes: les causes de la crise restent intactes p.1 BILAN Faut-il dédommager les victimes des émeutes ? p.1 ECONOMIE Renvoi du sommet des bailleurs : encore une chance qu’on laisse passer p.2 POLITIQUE Le président Préval fait face à sa première crise importante p.3 L’ONU espère la formation rapide d’un nouveau gouvernement p.8 ACTUALITE L’aide arrive mais ne suffit pas p.3 INTERNATIONAL Crise alimentaire : Ban Ki-moon et Lula tirent la sonnette d’alarme p.7 REACTIONS EN HAITI Dénonciation de la politique néo-libérale p.9 EN SPECIAL Mort de l’écrivain Aimé Césaire pp.10,11,16,17 LIBRE PENSEE Révolte ! p.14 Le dilemme cornélien …p.14 VATICAN-USA-ONU Il ne faut pas saper l’autorité des Nations Unies, dit Benoît XVI

PAGE 4

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 4 FORT LAUDERDALE, FL – Amerijet International will open a Fort Lauderdale air freight station on April 2, 2007, announced Pamela Rollins, Amerijet’s VP of Business Development. The station is located adjacent to Amerijet’s corporate headquarters at 2800 South Andrews Avenue. “We have a lot of customers in Broward, Palm Beach and even Martin counties that will enjoy the additional convenience of this station,” Rollins said. “Eventually, we will expand this location to offer ocean services and delivery of import cargo, to make s hipping with us even easier.” Amerijet will accept outbound international air freight at this station, including general personal and commercial cargo, large or small packages, barrels, valuable and fragile goods , hazardous material, oversized shipments and domesticated live animals. Hours of operation will be 9:00 a.m. to 5:00 p.m. Monday through Friday and 9:00 a.m. to 1:00 p.m. on Saturday. Amerijet will transport cargo between this station and its Miami hub via daily ground transfer. For rates and cargo-specific questions, customers can contact Amerijet’s sales department at 800-927-6059 or via e-mail at sales@amerijet.com. Amerijet International, Inc. is a full-service multi-modal transportation and logistics provider offering international scheduled all-cargo transport via land, sea and air. Ft. Lauderdale, Florida-based Amerijet operates offices all over the world, serving destinations throughout North, South and Central America, Mexico, the Caribbean, Europe, Asia and the Middle East. Amerijet operates its own fleet of Boeing 727-200 aircraft from its primary hub at Miami International Airport, where it maintains a custom-built 210,000square-foot air cargo handling facility, a 96,000-square-foot ramp facility and a 50,000-square-foot ocean cargo handling facility. For additional information, visit Amerijet on the web at www.amerijet.com. AMERIJET TO OPEN FORT LAUDERDALE CARGO DROP STATION ADOMI P ADOMI P ADOMI P ADOMI P ADOMI P UR UR UR UR UR CHA CHA CHA CHA CHA SING A SING A SING A SING A SING A GENCY GENCY GENCY GENCY GENCYTel. : 786-457-8830 • Fax: 305-756-0979 e-mail pasacalia@aol.comPour tous vos achats : Equipements pour construction / Pièces de voiture / Camion / Equipement médicalPar avion ou par bateau.UNE ANALYSEchaise musicale bat son plein depuis plus de deux décennies. Que peut-on encore en espérer ? Le va et vient a recommencé entre les trois acteurs officiels qui sont le palais présidentiel, les présidents des deux chambres du Parlement et les partis politiques. Même si on ne doute pas que les véritables négociations se font ailleurs (grandes ambassades, dîners en ville, hôtels particuliers, lits à baldaquin ouRECHERCHE D’UN PREMIER MINISTREVoici venu le temps des « deals »(DEALS... suite de la 1ère page) arrière-cours de magasins), que pudiquement le maquignonnage a lieu dans les coulisses, toujours est-il qu’on sait depuis longtemps déjà à quoi s’en tenir.L’assaut des gros intérêts …En effet, les deux premières années du mandat présidentiel en cours ont montré que les allégeances ne résistent pas longtemps à l’assaut des gros intérêts. En un mot, les partis politiques qui accourent à nouveau au palais présidentiel n’ont aucune représentativité véritable. Ni au niveau électoral, leur score aux dernières présidentielles ayant à peine dépassé les 3 pour cent. Mais qui plus est, les sénateurs et députés élus sous leur bannière ont depuis longtemps trouvé d’autres accommodements plus susceptibles de garantir leurs intérêts immédiats. Les parlementaires ne votent plus désormais suivant la ligne de leurs partis respectifs (il est vrai que ces derniers devraient commencer par en avoir une qui soit plus claire et nette et respectable) … Mais au gré du moment ou pire encore . Un Hérivaux, classé Fanmi Lavalas, se met avec Youri Latortue, un des tombeurs de son ex-président et leader adoré, pour abattre le Premier ministre Jacques Edouard Alexis. Et ce dernier avait-il à peine obtenu la confiance presque unanime de la chambre des députés que le Sénat le renverse moins d’un mois plus tard !D’autres qui tirent les ficelles …Par conséquent l’allégeance est une vielle défroque que nos parlementaires avaient tôt fait d’envoyer par-dessus les moulins pour adopter d’autres labels dont l’avantage est qu’ils n’expriment rien de ne sont que groupes X ou Y … Le Premier ministre Alexis avait été convoqué à la chambre des députés par le Groupe des 60. Et c’est le Groupe des 16 sénateurs qui lui donnera le samedi 12 avril le coup de grâce. Un vocable qui ne veut rien dire mais qui veut tout dire à la fois. Et d’abord que nos élus ne sont plus sous l’influence des partis politiques qu’ils sont officiellement censés représenter au moment des grandes décisions comme aujourd’hui … S’il en est ainsi, que viennent chercher leurs leaders au Palais national si tant est que la politique cas du Parlement. Celui-ci est devenu un véritable château fort. Le Groupe des 60 à la chambre basse, le Groupe des 16 au Sénat s’intitulent nouvelle majorité et le vote du 12 avril a prouvé que ce n’est pas un vain mot … Comment tout cela a-t-il pu se constituer à la barbe du pouvoir et des partis politiques. Et sous quelle influence et grâce à quels moyens ? C’est même la seule innovation politique de ces deux dernières années. principes. De l’intérêt personnel sur l’intérêt national. Et sur fond d’effacement total de l’Etat et donc (tout s’explique) du seul garant de l’intérêt collectif. Nous ne saurions dire avec exactitude. Par contre pour trouver la signification d’un tel phénomène, il faut aussi interpeller le pouvoir et les partis politiques. En vertu du proverbe : la nature a horreur du vide ! Des partis politiques qui même à plusieurs arrivent à peine à faire 3 pour cent de l’électorat. Mais qu’en est-il du pouvoir luimême ? Le président René Préval a été élu au premier tour et à la tion massive … Mais tantôt il se déclare un sans-parti ou audessus des partis, se voulant le symbole parfait ou l’archétype de la réconciliation nationale ( !) …Une peau de chagrin …Tantôt il cherche (comme aujourd’hui) à relancer le mouvement qui l’avait porté à la victoire le 7 février 2006, cela en vue des prochaines sénatoriales partielles où il lui faut absolument marquer quelques points sous peine de tomber encore plus sous la coupe des puissants « groupes » parlementaires ci-dessus mentionnés. Mais (toujours l’horreur du vide) la coalition du 7 février 2006 n’est plus ce qu’elle était. Le parti gouvernemental LESPWA (qui n’en a d’ailleurs été que le « chapeau légal ») ressemble aujourd’hui à une peau de chagrin, déserté qu’il est soit par ses propres membres (tel le très actif député de Pétionville, Steven Benoît), soit par ses anciennes alliances, dont Corega (au nom du désaccord que dit avoir ce dernier avec la politique néo-libérale suivie par le régime en place) … Quant à la base naturelle du président Préval (au nom de son ex-titre de jumeau d’Aristide) c’est le chef de l’Etat lui-même qui tourne le dos à Lavalas. Pour ses propres raisons ... Conclusion : on voit difficilement de quel atout dispose le Palais national dans le jeu actuel. Autrement dit est-il normal qu’un président élu au suffrage universel direct se trouve être l’obligé de tous est un jeu de give and take, du donner et du recevoir, donnant donnant. Si ces partis ne peuvent garantir le vote de leurs élus, s’ils n’ont plus les moyens aujourd’hui de « délivrer », alors à quoi bon tout cela. Du cinéma ? … Ou alors c’est peut-être que leur importance vient d’ailleurs. Et que ce sont d’autres qui tirent les ficelles. D’autres et non des moindres … particulier mais rien que des intérêts particuliers. CeLa nature a horreur du vide …Tout autre est le Primauté de l’individualisme sur les faveur d’une participa(DEALS / p. 5) Manifestants faisant face aux troupes onusiennes de maintien de l’ordre (Reuters)

PAGE 5

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 5 DE L’ACTUALITE les autres pouvoirs, y compris de pouvoirs qui n’osent pas dire leur nom.A l’image des groupes de pression …Sans base propre, face à des interlocuteurs (les partis politiques) eux-mêmes sans influence réelle … Et en face d’un mur de béton constitué par des « groupes » de parlementaires sans conviction ni appartenance définie et qui ne répondent à aucune consigne officielle (bâtis à l’image des groupes de pression, mais faut-il rappeler que ces derniers sont faits pour prêter leurs services à tout venant et au meilleur enchérisseur), que reste-t-il au pouvoir à faire ? Ou bien s’en remettre totalement aux mains de l’étranger comme il a fallu faire appel aux casques bleus de l’ONU pour dégager le Palais national assiégé par les émeutiers de la faim ; tout, la politique à coups de deals, y compris pour le passage des programmes de gouvernement, budgets, projets, contrats, crédits et prêts internationaux etc. Ou (et c’est le plus probable) les deux en même temps ! Force est de conclure que la politique gouvernementale actuelle en particulier (et l’échec de la classe politique en général) semble nous avoir conduit au bord d’un choix encore plus douloureux qu’avant. Soit une tutelle étrangère plus marquée. Soit la dictature de « groupes » parlementaires dont personne ne connaît les tenants et encore moins les aboutissants. Cela sans doute par refus d’entendre le pays réel. Drôle de dénouement pour un pouvoir qui s’était annoncé sous le signe de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes. Marcus, 19 Avril 2008Voici venu le temps des « deals »(DEALS... suite de la page 4) Ou bien place aux « deals » en tout et pour D’où vient une telle attitude ? L’Histoire veut que le peuple haïtien ait une immense capacité à avaler les coups durs. Les responsables politiques en ont la certitude. C’est leur principal atout, leur arme secrète et leur profession de foi depuis toujours. Tout peuple a le gouvernement qu’il mérite, dit le proverbe, et si Haïti n’a jamais connu leECONOMIE-EMEUTESLes causes de la crise restent intactes(CRISE... suite de la 1ère page) tolérance particulière prêtée à son peuple.Bush « très préoccupé » …Mais qu’en est-il de l’international qui semble s’activer tellement depuis cette récente levée de boucliers, appelée encore « émeutes de la faim », survenue dans notre pays. Du président George W. Bush qui se déclare « très préoccupé » au grand mouvement de solidarité de l’aide alimentaire qui se manifeste d’un peu partout. A ce comptelà, l’international semble plus averti que les autorités haïtiennes elles-mêmes. Mais pourquoi n’avoir rien fait jusquelà ? Il faut avouer que des étrangers savent nous demander comme ça, à brûle pourpoint : comment les Haïtiens peuvent-ils vivre ainsi? Sans doute qu’ils finissent avant longtemps par s’habituer eux aussi au mythe du peuple qui chante et danse dans sa misère. Les officiels de la Minustah vont et viennent sans trop s’en émouvoir dans nos rues défoncées et autour des montagnes d’immondices empilés dans la rue sans attendre le passage du camion de la voirie mais que personne ne songe plus à interdire.Les recettes les plus rigoureuses …Mais ceci c’est la face émergée de l’iceberg. La tolérance proverbiale de l’Haïtien peut aussi avoir inspiré les grands stratèges internationaux du néolibéralisme à essayer chez nous les recettes les plus rigoureuses de leur arsenal. En effet, alors que les pires émeutes de notre histoire récente couvaient aux quatre coins du pays, les dirigeants haïtiens n’ont cessé de recevoir les meilleures notes de la part des grands argentiers de la planète. Inflation, taux de réserves, PIB, respect absolu des lois du marché, taxation zéro ou presque à l’importation, tout est au beau fixe. Mais comme sœur Anne on attend en vain la contrepartie promise. A ce jour, pas d’investissements locaux ni étrangers, donc pas d’emplois dignes de ce nom, résultat pas de pouvoir d’achat créé, en même temps que les produits importés deviennent inabordables plus que jamais et pour toutes les raisons que personne n’ignore (pétrole à plus de 110 dollars le baril, biocarburant à base de céréales, appétit des pays émergents – Chine, Inde). En même temps aussi que le gouvernement haïtien perdait un temps précieux en jérémiades ineptes, du genre il faut laisser jouer les lois du marché, apparemment sûr des vertus de la médecine de cheval qu’il est chargé d’appliquer … Bref, on nous demande plus d’efforts qu’à tout autre, mais pour être payé en monnaie de singe. Coïncidence ou expérience ? Revient ce douloureux soupçon d’être utilisé comme un laboratoire, qu’on est des cobayes.trompent ! …Les officiels de la Banque mondiale et du Fonds monétaire ne sont pas à leur coup d’essai. Du haut de leurs statistiques et de leurs paramètres, ils savent depuis longtemps peutêtre que les choses n’allaient pas tarder à péter en Haïti. Sinon, comme disait l’autre, ou ils se trompent, ou ils nous trompent ! D’ailleurs leur réaction après-coup est si empressée (et qui sait, calculée) qu’on pourrait la considérer comme une sorte de preuve. De son côté, le président René Préval déclare faire un autre choix, celui de la production nationale. Comme à son habitude, il dit refuser de faire des promesses immédiates qu’il ne pourrait pas tenir. C’était déjà son thème de campagne aux présidentielles de 2006. Mais beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. De plus c’est là une culbute (subventionner la production nationale plutôt que les importations) qui lui permet de ne pas sembler toucher au sacro-saint évangile du libre-échangisme pour lequel le gouvernement n’a pas cessé d’être félicité. Le gouvernement, oui, mais pas le pays pour lequel rien n’a changé, si ce n’est en pis.La « corporatocratie » …Le raisonnement du président Préval est que la relance de la production locale de riz doit permettre au pays d’économiser les plus de 500 millions de dollars annuels que drainent les importations de ce produit. Mais quand un reporter étranger lui demanda lors de sa conférence de presse du samedi 12 avril : est-ce qu’il sait comment réagiront les maîtres économiques du monde (la « corporatocratie »), M. Préval a répondu en substance : ce n’est pas son affaire ! Réponse un peu courte car les importations ne sont pas une fantaisie au gré des changements de gouvernement (comme celui qui se prépare en ce moment chez nous), c’est un système planétaire soigneusement calculé autour de politiques financières et fiscales bien définies et dont le respect est farouchement garanti par les institutions les plus puissantes de la planète : Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce (OMC) etc. Or après les émeutes en Haïti, M. Bush s’est lui aussi déclaré « très préoccupé. » Mais lui a les moyens de sa politique. En effet, aussitôt après des tonnes de nourriture ont commencé à débarquer … développement, cherchez en aussi la cause dans cette Des manifestants déployant le bicolore national face aux blindés de la force étrangèreOu ils se trompent, ou ils nous(CRISE / p. 6)

PAGE 6

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 6 LEGALANNOUNCEMENT REGARDING REQUEST FOR PROPOSALS FOR NON-EXCLUSIVE TELECOMMUNICATIONS & NETWORK MANAGEMENT SERVICES AGREEMENT FOR THE MIAMI-DADE AVIATION DEPARTMENT RFPNO. MDAD-08-06 MIAMI-DADE COUNTYMIAMI, FLORIDAMiami-Dade County, Florida is announcing the availability of the above referenced, advertisement, which can be obtained by visiting the Miami-Dade Aviation Department (MDAD) Website at: www .miami-airport.com/html/advertisements.html (in order to view full Advertisement please select "Advertisements" link and select respective solicitation). Copies of the RFPsolicitation package can only be obtained through the MDAD, Contracts Administration Division, in person or via courier at 4200 NW 36th Street, Building 5A, 4th Floor, Miami, FL33122, or through a mail request to P.O. Box 025504, Miami, FL33102-5504. The cost for each solicitation package is $50.00 (non-refundable) check or money order payable to: Miami-Dade Aviation Department. This solicitation is subject to the "Cone of Silence" in accordance with section 2-11.1(t) of the Miami-Dade County Code. Il est vrai que Hugo Chavez n’entend pas laisser passer non plus l’occasion, annonçant l’envoi de plus de 350 tonnes. C’est qui dit mieux !Puisque l’Etat n’existe pas …Or une autre façon et même encore plus efficace de tuer toute velléité de production nationale, c’est une aide non contrôlée (et par qui le serait-elle puisque l’Etat n’existe pas), c’est noyer le pays, inonder le marché sous les mêmes produits. Le temps que passe la crise. Conclusion : il ne suffit pas de diminuer de 50 pour cent le prix des engrais et des intrants agricoles quand on ne peut garantir à ses producteurs le marché. Puisque le marché en questionLes causes de la crise restent intactes(CRISE... suite de la page 5) (votre propre marché) depuis longtemps ne vous appartient plus. Or le riz ne souffre pas de grippe aviaire comme les œufs et les poulets dominicains. Il en faut beaucoup plus pour relancer la production nationale. Or on ne peut avoir les deux en même temps : la confiance des gendarmes économiques et aussi son contraire. La crise est peut-être sous contrôle, mais les causes de la crise n’ont pas été touchées. Bien au contraire. Haïti en Marche, 20 Avril 2008 d’établissements commerciaux dont les vitres ou vitrines ont volé en éclats ou qui ont été totalement dévalisés comme le building logeant les bureaux d’Air France et le restaurant Le Café-Terrasse au Champ de Mars. Il y a encore et encore … On ne pourrait jamais énumérer le nombre total des dommages provoqués par ce genre d’événements. Et cela sous tousFaut-il dédommager les victimes des émeutes ? (DEDOMMAGER... suite de la 1ère page) les cieux. Selon la presse internationale, les émeutes contre la faim ont déjà touché de nombreux pays. Et cela risque de durer encore quelque temps selon les études de la Banque mondiale elle-même. Ensuite, lorsqu’on dit l’Etat, n’oublions pas que l’on parle de l’argent du contribuable. Or celui-ci n’est le monopole de personne et le bien de tous … Le secteur privé des affaires est en train de dresser le constat des actes de vandalisme et de pillage survenus pendant les manifestations contre la vie chère. Cela dans l’intention, dit-il, d’exiger réparations de l’Etat haïtien. Et du fait que le gouvernement n’aurait rien fait pour empêcher ce déchaînement de violences. Or on sait de combien de policiers disposent des villes comme New York, Los Angeles ou Paris. Cependant des émeutes s’y produisent plus souvent que partout ailleurs dans le monde. Quant aux récentes émeutes de la faim en Egypte, elles ont fait pas moins de 60 morts. Il ne faudrait pas tout interpréter à l’aune des événements politiques de ces dernières années qui ont vu des partis politiques appartenant lors à l’opposition, puis plus tard aussi des firmes privées bénéficier les uns comme les autres d’importants dédommagements sur les fonds publics pour avoir été victimes de violences perpétrées par des partisans du régime en place. Après un coup de main mené contre le Palais national par un commando armé anti-Aristide en décembre 2001, les jeunes partisans de Fanmi Lavalas se déchaînèrent contre les sièges de plusieurs partis politiques de l’opposition qu’ils mirent à sac. Une commission d’enquête de l’OEA en conclut que le gouvernement Aristide devait réparations à ces partis Il y aurait eu des dédommagements versés par l’Etat haïtien. Soit directement, soit par le jeu de la fiscalité. Mais cela a été fait de telle façon que seuls les partisans du régime intérimaire ont pu en bénéficier. D’autres qui ont eu leurs équipements sabotés (dont certains médias) n’ont jamais été contactés. Aujourd’hui nous vivons sous un autre régime qui n’est pas supposé faire ce genre de distinguos, ni pratiquer aucune sorte de discriminations. Ni favoriser qui que ce soit, aucun secteur au détriment d’autres catégories de la population. Cela dit, on ne saurait ignorer le bien fondé des réclamations venant du secteur des affaires. Et la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti fait bien son travail en en dressant le constat et en cherchant autant que possible à trouver une compensation pour les hommes et femmes d’affaires qui en ont été victimes. Par contre, on ne saurait appuyer l’accusation que le gouvernement doit être tenu pour temps de la diplomatie des canonnières, quand les bateaux de guerre des grandes puissances européennes se pointaient sait qu’elles n’étaient en rien politiques. Contrairement à décembre 2001 et février 2004 … A moins de vouloir faire au gouvernement un procès d’intention (comme aujourd’hui certains sénateurs !). Et justement il est difficile de prouver que telle pourrait avoir été son intention ! Cependant il existe dans beaucoup de pays des institutions spécifiquement destinées à porter secours ou prêter assistance en cas de désastre. Comme aux EtatsUnis, la FEMA. Et ces émeutes de la semaine dernière, ce fut un sacré désastre. Que l’Etat se doive d’aider après un désastre, éventuellement tous ceux qui ont été frappés, tous et toutes généralement quelconques. politiques. Ceux-ci furent gracieusement dédommagés. Puis au lendemain du 29 février 2004 qui vit le renversement brutal d’Aristide et de nouveaux débordements des fanatiques Lavalas devant l’avancée des troupes insurrectionnelles conduites par l’excommissaire de police Guy Philippe, une grande quantité d’établissements commerciaux et industriels furent détruits à ras sol. conséquences. Ni l’argumentation selon laquelle si l’Etat ne paie pas des réparations, c’est un mauvais signal lancé aux investisseurs. C’est du chantage … Mais et les autres victimes. Qui va prendre leur cas en main ? Peut-on simplement les ignorer parce que ne faisant point partie de la « société civile organisée » ? pour un oui ou un non dans la baie de Port-au-Prince afin d’exiger de l’Etat haïtien paiement de réparations pour leurs ressortissants. Une page sombre de notre histoire connue de tous les écoliers sous le nom de l’Affaire Luders. Aujourd’hui encore, et comme en ce temps-là, ce serait un dangereux précédent que d’accepter de mettre sur le compte de l’Etat des émeutes comme celles en question, et dont tout le monde dire que l’Etat en porte la responsabilité. Mélodie 103.3 FM, Port-au-Prince responsable des émeutes et de leurs Ou bien va-t-on revenir au Ce n’est pas pareil de d’urgence de 500 millions de dollars), mais en prenant également en compte le long terme. » Et celui-ci c’est un « New Deal … destiné à renforcer la productivité agricole et améliorer l’accès à l’alimentation. » Voilà donc une nouvelle ouverture de la part des grandes institutions de crédit dont tous les pays menacés par la crise alimentaire vont s’empresser de tirer avantage. A la bonne heure, nous avons un sommet des bailleurs devant se tenir le 25 avril dans nos murs. En conclusion, alors que sur le plan local, les émeutes de la semaine dernière ont paru comme la pire nuisance que nous pouvions imaginer à l’heure actuelle, eh bien voici que la situation se retourne et que cette levée de boucliers contre la cherté de la vie a remis Haïti au centre de la mappemonde. aussi d’un certain retournement au niveau de l’économie nationale (et favoriser ce que le président de la république appelle de ses vœux – la production nationale) si seulement nous pouvions sortir de notre confusion ou notre aliénation, des limitations que déjà soi-même on s’impose, de notre esprit insulaire, pour ne pas dire de notre soumission à la fois au plan politique, diplomatique et surtout économique. Ce sommet des bailleurs le 25 avril c’est l’occasion idéale de réaliser une percée en profitant des nouvelles dispositions manifestées justement par les grands bailleurs. Mais, horreur, que vient-on d’apprendre : la rencontre avec les bailleurs a été annulée sine die. Inutile de vous dire pourquoi. Bravo messieurs-dames ! Mélodie 103.3 FM, 16 Avril 2008SOMMET DES BAILLEURSEt que cela pourrait augurerEncore une chance qu’on laisse passer(BAILLEURS ... suite de la page 2) Les bureaux de l’Office national d’assurance vieillesse (ONA) à Pétionville totalement détruits lors des émeutes du mercredi 9 Avril (photo Thony Bélizaire)BILAN & EVALUATION

PAGE 7

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 7 REACTIONS INTERNATIONALES €Konte Miami-Dade€ Nan dènye mwa sa yo, yon bon kantite pye kis te enfekte pa mouch blanch yo, yon espès mouch blanch ki nouvo nan peyi Lèzetazini. Li fè pye kis yo vin tou jòn epi pèdi fèy yo. Chèche konnen kouman pou idantifye pwoblèm la epi trete pye kis w yo : Rele 3-1-1 oswa klike miamidade.gov/csdSi w trete pwoblèm sa-a mal li gen dwa tiye lòt ensèk ki bon pou jaden yo. Si w bay yon konpayi okipe gazon an, asire ke li genyen pèmi pou sèvi ak ensektisid epi li swiv tretman ki rekòmande pou vèmin jaden sa-a menm. Pou jwenn esplikasyon sou kalite tretman sa-a, vizite sitwèb nou an oswa kontakte Biwo Sèvis Agrikòl : Miami-Dade County/University of Florida Extension Service nan 305-248-3311. Èske pye kis w yo vin tou jòn oswa ap pèdi fèy yo ?Genyen yon noubo danje kap menase pye kis Sid Florid yo, men tretman ki kòmanse byen bonè fè yon diferans. 3-1-1A Cité Soleil, le millier de sacs à distribuer était réservé aux femmes de plus de 57 ans et aux handicapés, et nombre de gens sont repartis bredouilles. Comme Claudete Depalis, 60 ans, qui espérait y trouver quelque chose pour les 12 enfants de sa famille élargie qu’elle héberge. “Je ne sais pas que ce que je vais faire de ces enfants aujourd’hui”. Plus de la moitié des quelque 9 millions de Haïtiens vivent avec moins de deux dollars par jour, et la hausse des prix alimentaires de 40% cette année a encore aggravé la misère, plongeant dans le dénuement même ceux qui s’en sortaient encore péniblement. Si les étals des marchés débordent de papayes ou de féculents, la plupart des gens n’ont pas de quoi s’acheter des produits bien trop chers. L’ONU s’est engagée à distribuer 8.000 tonnes de vivres et d’autres formes d’aide ces deux prochains mois. Le président vénézuélien Hugo Chavez a promis plus de 350 tonnes de vivres. Son homologue américain George Bush a ordonné de débloquer 200 millions de dollars (130 millions d’euros) pour les pays touchés par la crise alimentaire, sans que l’on sache exactement la part de Haïti sur cette enveloppe. Le Brésil a fourni 18 tonnes de vivres. “C’est peu, nous le savons, mais c’est déjà ça”, notait l’ambassadeur brésilien Igor Kipman présent à une distribution de riz, sucre, huile et haricots par la marine brésilienne dans une église de Cité militaire, un quartier de Port-au-Prince. Depuis les émeutes il y a un peu plus d’une semaine, la force multinationale de l’ONU a multiplié patrouilles et checkpoints, mais craint que la violence ne revienne à la moindre étincelle. “La situation est précaire, fragile”, selon Fred Blaise, porte-parole de la police de l’ONU. World Vision, qui distribue 80 millions de dollars (51 millions d’euros) d’aide américaine sur cinq ans, cherche à obtenir d’autres dons privés, pour acheter plus de vivres mais aussi des semences et outils pour les campagnes, qui souffrent encore plus que les villes. Les organisations d’aide sont elles aussi frappées par la hausse des prix, et n’ont donc pas de stocks importants qu’elles puissent mobiliser en urgence. “Nous sommes confrontés à une situation très fluide, les gens sont de plus en plus en colère”, dit Rose Kimeu, de World Vision. APL’aide arrive mais ne suffit pas(AIDE ... suite de la page 3) Ban Ki-moon et Lula tirent la sonnette d’alarmeACCRA (AFP) La 12ème Conférence de l’Onu sur le commerce et le développement (Cnuced) s’est ouverte dimanche à Accra sur un cri d’alarme du secrétaire général des Nations unies et un plaidoyer vigoureux du président brésilien Lula en faveur du Tiers monde. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dit craindre des “crises en cascade” qui affecteront la croissance et la sécurité mondiales si la crise des prix alimentaires actuelle, qui a déjà donné lieu à des manifestations violentes dans plusieurs pays, n’est pas gérée correctement et en urgence”. Sinon, “elle pourrait déclencher une cascade d’autres crises multiples, ce qui déboucherait sur un problème multi-dimensionnel affectant la croissance économique, le progrès social et même la sécurité politique dans le monde”, a averti M. Ban en ouvrant la conférence d’Accra. “Nous ne pouvons plus attendre. La communauté internationale doit entreprendre des actions urgentes pour éviter des conséquences politiques et sécuritaires plus graves. Les Nations unies sont déterminées à prendre la tête de cette action pour coordonner une réponse globale”, a-t-il poursuivi. Selon lui, si la communauté internationale ne “repense pas ses stratégies”, “nous risquons de retourner à la case départ. Nous sommes confrontés à une urgence de développement”. Dans un discours pugnace, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s’est quant à lui fait l’avocat des pays en développement, premières victimes, selon lui, de la crise actuelle. “L’économie internationale est confrontée à une crise causée par la gouvernance financière des économies les plus puissantes du monde. Les pays pauvres ne devraient payer la facture”, a-t-il poursuivi. “La mondialisation, selon lui, ne peut se transformer en un moyen de transférer les pertes aux pays en développement, alors que ce sont justement eux qui ont le plus contribué à maintenir le niveau de croissance mondial”. Lula a notamment appelé les pays riches notamment les Etats-unis et ceux de l’Union européenne à supprimer les subventions agricoles à l’exportation et à leurs producteurs, et à ouvrir leurs marchés, au moment où les pays en développement sont frappés de plein fouet par la flambée des prix alimentaires et du pétrole. “Ces subventions massives fonctionnent comme une drogue sur leurs propres producteurs, et les principales victimes en sont les agriculteurs des pays les plus pauvres. Nous devons rester vigilants face à la tentation de pratiques protectionnistes des pays riches”, a-t-il lancé à la tribune. En arrivant samedi au Ghana, Ban Ki-moon avait d’emblée donné le ton: “nous sommes dans une situation inquiétante qui représente une menace pour la stabilité de nombreux pays en développement”. Quelques semaines avant le rendez-vous d’Accra, le secrétaire général de la Cnuced, le Thaïlandais Supachai Panitchpakdi, avait averti que celui-ci allait se dérouler à “un moment où le monde est dans une période d’incertitude et où les craintes de récession sont crédibles”. (voir BAN LULA / 8)

PAGE 8

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 8 C’est dans ce contexte inquiétant que pendant cinq jours les 193 pays membres de la Cnuced doivent se pencher sur les “divers impacts économiques de la mondialisation”. “Quelles sont les options pour améliorer les systèmes monétaires et financiers internationaux et ainsi éviter de futures crises? Comment acquérir les capacités commerciales et de production nécessaires à la compétition mondiale? Le boom des prix des matières premières peut-il créer davantage d’emplois?”, sont des questions qu’évoqueront également les délégués. Dans son discours d’ouverture, Ban Ki-moon a apporté sa lecture personnelle et métaphorique de la mondialisation: “La marée économique n’a pas soulevé tous les navires. 142 bateaux sont partis mais 50, les plus pauvres du monde, sont restés à quai. Le boom global les a oubliés”.Ban et Lula tirent la sonnette d’alarme(BAN LULA ... suite de la page 7) PORT-AU-PRINCE, 13 avr 2008 (AFP) La Mission des Nations-Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah) “espère la formation rapide d’un nouveau gouvernement” après le renversement samedi du Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, a-t-on appris dimanche de sources onusiennes en Haïti. “La Minustah souhaite développer une collaboration aussi constructive que celle qu’elle a entretenue avec le gouvernement dirigé par le Premier Ministre Alexis”, écrit un communiqué de la mission onusienne. 48 heures après la motion de censure contre M. Alexis au Sénat haïtien, la procédure pour désigner un nouveau Premier ministre n’avait pas été lancée, avait indiqué dimanche à l’AFP le député Pierre-Eric Jean-Jacques président de la Chambre. “Si le parlement renvoie le Premier ministre, je ferai ce que la Constitution me demande: je consulterai les deux présidents du Parlement pour nommer un nouveau Premier ministre, car il n’y a aucun parti majoritaire au parlement”, avait déclaré samedi juste avant le vote le président René Préval. Le gouvernement va continuer à assurer les affaires courantes en attendant la formation d’un nouveau gouvernement”, avait déclaré à l’AFP un ministre qui parlait sou couvert d’anonymat. “Le processus de réforme doit se poursuivre. Les Haïtiens doivent travailler ensemble pour consolider la stabilité et les progrès qui ont été réalisés”, recommande la mission onusienne dans son communiqué. Un policier nigérian de la police anti-émeutes de la mission a été tué samedi à Port-au-Prince par des inconnus dans un quartier du centre-ville. La mission a fermement condamné ce meurtre et annoncé l’ouverture d’une enquête en coordination avec la police judiciaire haïtienne.Haïti: L’ONU espère la formation rapide d’un nouveau gouvernement LIG POUVWA FANMCOMMUNIQUE DE PRESSELig Pouvwa Fanm déplore les récents évenements qui ont abouti au renvoi du Premier Ministre et de son gouvernement. Elle adresse ses sympathies à tous ceux et celles qui ont été victimes par suite des actes de violences encourues au cours de ces journées d’émeutes . Très préoccupée par la conjoncture actuelle, Lig Pouvwa Fanm tient à fixer sa position et à offrir ses recommendations pour la formation et l’établissement d’un nouveau gouvernement. définisse la mission et l’orientation de ce nouveau gouvernement avant même de penser aux personnalités qui seront appelées à en faire partie. Le profil du nouveau Premier Ministre doit être defini à partir de cette mission et de cette orientation. . Il incombe au Chef de l’Etat la tache urgente de réunir sans tarder les Présidents des deux Chambres, les représentants des partis politiques et de la Societé Civile , pour établir dans le consensus les priorités, la mission et l’orientation que doit avoir ce nouveau gouvernement, et rendre publique toute décision prise par les autorités de l’Etat. . Alors, et alors seulement, on pourra s’entendre pour choisir un Premier Ministre et une équipe gouvernementale. 2.Un fonds d’assistance national financé par l’imposition de taxes et par la contribution des Haitiens vivant à l étranger doit êre établi en vue de subvenir aux besoins des couches défavorisées. 3.Ce nouveau gouvernement doit s’évertuer à renforcer l’Etat de Droit par la création d’emplois en vue de garantir l’exercice des droits alimentaires et sociaux des populations en difficultés. Les mairies pourraient organiser pour les jeunes des activités d’action civique dans les hopitaux, les écoles, la voirie. . Des programmes de stage et de formation dans les Institutions d’Etat et dans les communes devraient être établis. Il faudrait aussi établir une cantine dans chaque commune, si possible avec le support des organisations internationales. 4.Une réforme administrative générale visant à restructurer les differents ministères pour une meilleure éfficacité et une meilleure utilisation des ressources doit être envisagécomme une priorité. . Il faudrait par exemple réduire d’une façon exhaustive l’effectif des missions à l’étranger. 5.Le Chef de l’Etat doit mettre en place une commission chargée d’entreprendre les démarches en vue de l’amendement de la Constitution. 6.Les responsables de l’Etat doivent entamer des discussions avec les Nations Unies en vue de l’établissement d’un calendrier pour le desengagement de leurs troupes dans le pays. N:B Nous souhaitons que les Presidents des differentes commissions des deuix chambres fassent parties du consensus. Johanne Goin Responsable des Relations Publiques USA débloquent $200 millions en urgenceWASHINGTON, 14 Avril (AFP) Le président américain George W. Bush a ordonné lundi le déblocage d’environ 200 millions de dollars d’aide d’urgence pour faire face à la crise alimentaire qui frappe durement certains pays, en particulier en Afrique, a annoncé la Maison Blanche. “Cette aide alimentaire supplémentaire permettra de faire face à l’impact de la hausse des prix des denrées sur les programmes américains d’aide alimentaire d’urgence, et pourra servir à répondre aux besoins imprévus d’aide alimentaire en Afrique et ailleurs”, a indiqué la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, dans un communiqué. L’administration répond ainsi à l’appel lancé la veille par la Banque mondiale. La Banque mondiale a appelé dimanche les gouvernements à intervenir d’urgence pour éviter que la crise alimentaire n’enfonce plus profondément dans la misère 100 millions de personnes dans les pays pauvres. Alors que les émeutes de la faim se propagent, la Banque mondiale considère que 33 Etats dans le monde sont menacés de troubles politiques et de désordres sociaux à cause de la montée brutale des prix des produits agricoles et énergétiques. La Maison Blanche s’est employée à montrer qu’elle était mobilisée. Le président George W. Bush est “très inquiet”, il a “soulevé la question avec ses conseillers à la sécurité nationale, et il a demandé au département d’Etat et à USAid d’examiner ce que nous pouvons faire à court terme”, a dit la porte-parole de la Maison Blanche devant la presse. Mme Perino a souligné que les Etats-Unis étaient le plus grandfournisseur d’aide alimentaire dans le monde. Selon elle, les Etats-Unis ont apporté plus de deux milliards de dollars d’aide alimentaire à des dizaines de millions de personnes dans le monde en 2007.SUSPENSE1.Le nouveau gouvernement doit être un gouvernement de consensus. Il est imperatif qu’on

PAGE 9

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 9 REACTIONS EN HAITIN ap mande popilasyon an pou li fè atansayon lè y ap pale de lavichè ki toupatou nan lemonn. Nou dwe fè diferans ant lavichè yon pa; grangou, lamizè ak malsite yon lòt pa. Se pa toupatou lavichè donnen grangou ak malsite. Nou dwe konprann lavichè a frape tout peyi gwo pisans yo anpeche viv angranmoun, pa lantremiz gwo òganizasyon entènasyonal yo k ap dikte tout kalite politik pou yo swiv, pi espesyalman politik ekonomik yo. Se nan peyi sa yo kriz grangou a ap layite kò li jounen jodi a. Se sa ki fè se sitou ladan yo gen anpil pèp k ap manifeste kont lavichè. Sitiyasyon sa a, se rezilta yon sivilizasyon ki rive nan yon degre peze-souse jouk nan bout, ki anvayi tout planèt la, yo rele « mondyalizasyon ». Se sa ki fè, andedan chak peyi, pandan yon bann moun ap mouri grangou, yon ponyen lòt ap byen mennen. Sitirasyon peze-souse sa a ki chita sou rèy ranmase lajan, fè lajan fè pil nan men yon ponyen moun, nan lemonn ak andedan peyi a, se li menm k ap kale grangou ak lamizè. Se li menm ki fè jou an jou plis moun gen tanta, y ap chache tout mwayen pou yo gen lajan nenpòt kijan pou yo byen mennen, san konsiderasyon pou majorite popilasyon yo k ap kokobe anba mizè, san konsiderasyon pou lanati k ap depafini, san konsiderasyon pou lavi moun jodi a ni pou jenerasyon k ap vini an. Se li ki kale kòripsyon, dwèt long siperyè, gran manjè, detounen lajan toupatou, gaspiyay nan sèvis leta, kidnaping, trafik dwòg, gwo vòlò, kontrebann, ak tout kalite delenkan. Se li ki kreye trafik zam ak lagè. Se li ki kreye tout kalte ensekirite ak “enstabilite”, pou itilize yon mo alamòd. Kantite moun k ap vin pi pòv jou an jou, kalte dezas k ap fwape limanite toupatou se siy sivilizasyon mondyal sa a pa ka kontinye konsa. Li mande chanje. Rezistans k ap mennen nan tout peyi sa yo ki viktim nan, se pou pèmèt konstwi yon lòt sivilizasyon kote tout moun ka benefisye kèk gwo pwogrè lasyans, ak tout resous limanite genyen, pou tout moun sou latè viv byen. Kidonk, se batay pou yon lòt kalte mondyalizasyon. Leve kanpe pèp ayisyen kont sitiyasyon sa a ki pi rèd an Ayiti, dwe yon may nan chenn goumen kont sivilizasyon peze-souse sa a, pou ka gen yon lòt rapò ki balanse nan mitan moun, epi ant peyi ak peyi nan lemonn. Gwo mobilizasyon ki sòt fèt la a, malgre feblès li ak move zak ki pase ladan l, se siyal pèp yo p ap dòmi. Se pousa, fòk nou mete kanpe òganizasyon djanm nan tout rejyon nan peyi a, pou nou kapab mennen lit sa a ki pa fasil, nan pi bon kondisyon. KSIL ap swiv ak anpil enterè ak vijilans, repons dirijan yo pwal bay revandikasyon ki sòti nan mobilizasyon sa a. KSIl pèsiste kwè bagay yo pa ka kontinye kou anvan. Fòk gen yon siyal chanjman politik ki reponn siyal pèp la lanse a. Pou nou menm, popilasyon an pale klè. Premye siyal fò pèp la ap tann san demagoji, se mennen batay kont koripsyon, kont kidnaping ak tout kalte move trafik, ki se yon priyorite pou jwenn resous pou bay pèp la lespwa, pou wete pèp la nan grangou ak nan chomaj. Se chemen pou jwenn lapè tou andedan peyi a. Deklannche you batay konsekan pou fè netwayaj nan administrasyon leta yo, nan palman an, pou ride sosyete a netwaye tou. Se sa ki fè, fòk nou lonje dwèt sou tout tèt kowonpi nou wè ki parèt nan ekip gouvèlman k ap vini an ak tout lòt kote nou konnen yo ye. Veye ! Denonse ! Mete dosye yo deyò! Nou dwe lanse yon gwo mobilizasyon nasyonal sou tout fòm pasifik kont koripsyon ak kriminalite, nan pouvwa a, nan sosyete a, nan pati politik, nan òganizasyon nou yo. Sosyete a pouri, leta a pouri. Si nou pa leve kanpe pou yon gwo netwayay, kòripsyon ap bwote n ale. Mesaj la klè : se oswa nou chanje direksyon ak yon lòt ekip, oswa nou anfale. Pèp la pa dakò mouri grangou nan estabilite malatchong, kase fèy kouvri sa. Pèp la pa dakò mouri grangou pandan dirijan ap fè gagòt lajan, gaspiyay ak kòripsyon. Pèp la pa dakò mouri grangou pandan kominote entènasyonal la ap gaspiye lajan pou antreteni MINUSTAH. Pèp la pa dakò mouri grangou pou fè Bank entènasyonal plezi. Pèp la pa dakò dedi sou dwa granmoun li pou bay fòs etranje dwa vin valkande nan lakou peyi d Ayiti. Pèp ayisyen an di li p ap aksepte mouri grangou anba dominasyon fòs miltinasyonal. Manifestasyon yo di nou klè, pi gwo sous enstabilite ak vyolans se lamizè, grangou ak malsite. Pi gwo sous enstabilite, se lè y ap pase diyite nasyonal yon pèp anba pye. Pi gwo sous enstabilite, se lè yon pèp pa gen dirijan li kap fè konfyans, se lè li lage nan men tout kalite malfektè. Mesaj la klè : Pèp la dakò ak solidarite entènasyonal men pa ak dominasyon entènasyonal. Pèp la dakò pou tout moun, tout kategori sosyal fè sakrifis ansanm pou rebati peyi a. POU YON PÈP LIB NAN YON PEYI GRANMOUN ! Pou KSIL (Kolektif Solidarite, Idantite ak Libète) nan KORE N (Kòdinasyon pou Refonde Nasyon an) : Yanick Guiteau Dandin Jean William Jeanty Maxime MagloireKOLEKTIF SOLIDARITE, IDANTITE AK LIBETE (KSIL)Pòtoprens, jou ki 16 avril 2008SOU KESYON LAVICHÈ, GRANGOU, MALSITE AK NOUVEL EKIP KI PRAL MONTE NAN GOUVÈLMAN AN La politique néolibérale remise en question par les secteurs sociauxP-au-P, 14 avril 08 [AlterPresse] — A la faveur des émeutes de la faim de la deuxième semaine d’avril 2008 en Haïti, les secteurs sociaux remettent à nouveau en question les modes d’application, depuis 1986, de la politique néolibérale par les gouvernements qui se sont succédé sur le territoire national, Dans différentes prises de positions, acheminées à l’agence en ligne AlterPresse, ces secteurs sociaux nationaux souhaitent la poursuite de la mobilization par la population haïtienne pour mettre fin à la “politique néolibérale et encourager des initiatives visant à l’amélioration des conditions de vie dans le pays”. L’organisation féministe Kay Fanm (La Maison des femmes), la Solidarité des femmes haïtiennes (Sofa), Batay Ouvriye (Luttes ouvrières), les prêtres jésuites d’Haïti, ainsi que le Mouvement démocratique et populaire (Modep) figurent parmi les organisations ayant exprimé des revendications pour un plan de développement soutenu, reflétant une vision basée sur l’intérêt collectif national. Ces différentes organisations et/ ou institutions demandent au peuple haïtien d’amplifier leur mobilisation en vue de forcer les autorités concernées à mettre un terme à la « politique néolibérale » appliquée dans le pays depuis plus d’une vingtaine d’années. Pour ces secteurs sociaux, cette levée de boucliers de la population haïtienne est la conséquence de la politique néolibérale mise en oeuvre dans le pays. Signalant que la politique néolibérale est appliquée, sans les mêmes conséquences, dans d’autres pays des Caraïbes, certains économistes haïtiens voient ailleurs les causes des émeutes de la faim, comme celles enregistrées la semaine dernière dans diverses villes du pays. D’autres économistes estiment que les dirigeants haïtiens vont, en général, trop loin dans la politique néolibérale, offrant aux institutions internationales l’opportunité de prendre des mesures beaucoup plus drastiques que celles préconisées. Aujourd’hui, le tarif douanier pratiqué en Haïti sur les importations de biens de consommation courante s’avère le plus bas de toute la région, en moyenne 2.9%. Pour sa part, la Solidarité des femmes haïtiennes opte pour l’application de politiques capables d’aboutir à des solutions durables. Des dispositions doivent être prises au niveau de l’Etat pour augmenter l’assiette fiscale et pour permettre à la population de mesurer les impacts visibles de ces politiques de développement durable. La présidence de la République, selon Sofa, doit prendre des mesures urgentes et appropriées, en liant le geste à la parole, pour soulager la misère du peuple haïtien. Une note, en provenance de la Faculté des Sciences humaines de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh), suggère la fixation du salaire minimum à 300 gourdes [Ndlr : US $ 1.00 = 37.75 gourdes aujourd’hui, la monnaie nationale], la baisse des prix de l’essence dans les stations-services et celle des produits de première nécessité. Tout en souhaitant, par ailleurs, le départ du pays de la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah). les signataires de cette note plaident pour la fin des révocations massives à la compagnie nationale de téléphonie (Téléco). Ils demandant également au gouvernement de cesser d’investir des sommes mirobolantes dans les voyages à l’étranger ainsi que dans l’achat de voitures. Le Kolektif solidarite idantite ak libète (KSIL) – Collectif de solidarité, d’identité et de liberté – croit important de décréter l’état d’urgence, durant une période de six mois en Haïti, et de former un gouvernement restreint, composé de personnalités conscientes des desiderata de la population. La stabilité politique, préconisée par l’équipe au pouvoir, avait pour objectif, selon KSIL, de satisfaire les caprices de la communauté internationale, représentée par la Minustah. Toute politique, qui ne vise pas les revendications de la population, est vouée à l’échec, selon ce collectif de citoyennes et citoyens. Face à la situation socioéconomique désastreuse du pays, les masses populaires haïtiennes doivent assumer leurs responsabilités historiques, selon l’organisation Chandèl dans un communiqué. De leur côté, les Prêtres jésuites de l’église catholique romaine estiment que le peuple haïtien doit « continuer d’appeler, de crier et de convoquer ceux et celles que tu avais choisis pour te servir » tout en l’invitant à choisir la voie de « la non-violence organisée et soutenue ». Pour les prêtres jésuites, cette situation de misère qui prévaut en Haïti relève, entre autres, de « l’incapacité totale de la majorité de nos gouvernants à faire face aux problèmes fondamentaux de la société » et de « l’absence totale d’une opposition politique constructive, susceptible de contrôler et de stimuler l’action gouvernementale au bénéfice de la nation ». Cette situation de misère, ajoutent les prêtres jésuites, découle(voir SUS / 18)

PAGE 10

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 10 France-Martinique: Funérailles nationales pour Aimé CésaireFORT-DEFRANCE (Reuters) La France a rendu hommage dimanche au poète et homme politique Aimé Césaire, chantre de la “négritude” et critique du colonialisme, lors d’obsèques nationales à Fort-de-France, en Martinique. Le président Nicolas Sarkozy et de nombreuses personnalités politiques ont assisté à une célébration culturelle dans un stade de la ville dont l’écrivain fut le maire de 1945 à 2001. Depuis son décès jeudi (17 avril) à 94 ans, des milliers de Martiniquais ont rendu hommage à celui qu’ils ont surnommé “Papa Césaire”, soulignant combien il avait contribué à forger une fierté et une invitation à l’action politique des Noirs de France. “Aimé Césaire fut l’honneur de la Martinique, de la France, et de tous ceux qui ont partagé ses combats, ses idées”, avait auparavant déclaré Nicolas Sarkozy à son arrivée en Martinique. Selon le chef de l’Etat, “c’est un sage qui nous a quittés”. “Tous les Français se sentent aujourd’hui martiniquais dans leur coeur”, a-t-il ajouté. La cérémonie a débuté par un hommage de Pierre Aliker, compagnon d’Aimé Césaire au sein du Parti progressiste martiniquais. “La Martinique a perdu le meilleur de ses fils”, a-t-il dit. L’hommage devait se poursuivre par la lecture de textes de l’écrivain par des personnalités culturelles martiniquaises. Plusieurs membres de l’opposition ont assisté à cette célébration, dont le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, la candidate à l’élection présidentielle Ségolène Royal et les anciens Premier ministres Lionel Jospin, Laurent Fabius et Pierre Mauroy. François Bayrou, le président du Mouvement démocrate, était également présent. Le corps d’Aimé Césaire devait ensuite quitter le stade pour rejoindre le cimetière La Joyau, à Fort-de-France. Né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe dans une famille modeste de sept enfants, Aimé Césaire fait des études de lettres à Paris lors desquelles il rencontre Léopold Sédar Senghor, futur président du Sénégal. Il entre en 1935 à l’Ecole normale supérieure où il commence à écrire “Cahiers d’un retour au pays natal”, une de ses oeuvres les plus connues, qui dénonce le colonialisme. Il entame à la Libération une longue carrière politique marquée par cette lutte, exprimée notamment en 1950 dans un “discours sur le colonialisme”. “Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme”, y écrivait-il. Il sera député de manière ininterrompue entre 1946 et 1993. Communiste jusque dans les années 1950, il s’était éloigné du PCF et avait fondé en 1957 le Parti progressiste martiniquais. Le petit matin d’Aimé Césaire / par René DespestreL’écrivain haïtien René Depestre En 1944, jeunes gens en colère à Port-au-Prince (Haïti), où en étions-nous aux jours qui précédèrent l’arrivée d’Aimé Césaire dans notre vie ? Jusque-là on avait vécu en vase clos, dans un ghetto insulaire, une moitié d’île coupée de la Caraïbe et du monde, et mise atrocement en coupe réglée par les profiteurs de ses épreuves. On manquait d’idées et de livres capables d’éclairer notre révolte. Cheminant seuls, en temps de guerre mondiale, on avançait à tâtons dans le blackout étouffant de nos incertitudes.AIME CESAIRE CHANTRE D’HAITIEn littérature, le Mouvement indigéniste de la fin des années 20 avait légué à notre génération les enseignements admirables de Jean Price-Mars, Jacques Roumain, Carl Brouard, Emile Roumer, Magloire Saint-Aude. Ils représentaient — avec ceux de Léon Laleau, Jean F. Brierre, Roussan Camille — l’essentiel du fonds de connaissances qui orientaient nos doutes, tempéraient nos angoisses, et nous laissaient quelque espérance de pouvoir un jour “descendre du cheval en sueur de nos contradictions historiques”, selon un raccourci hardi du poète Georges Castéra fils. Outre les écrits de nos aînés haïtiens, il y eût d’autres signes avant-coureurs du changement de cap que Césaire allait proposer à notre imagination. Un soir de 1942, Alejo Carpentier prononça dans un ciné une conférence sur les origines du réel merveilleux américain. Le futur auteur de Un royaume de ce monde , avec des exemples pris dans l’histoire d’Haïti qu’il découvrait, nous apprit à réévaluer la part considérable que le merveilleux occupe dans la structure psychologique et morale de la Caraïbe et de l’Amérique latine. Peu de temps après la leçon d’Alejo Carpentier, on bénéficia du magistère intellectuel de Pierre Mabille. Esprit très proche du surréalisme et d’André Breton, il avait publié à Paris, dans les années 30, des livres d’une forte originalité: Le miroir du merveilleux, Initiation à la connaissance de l’homme, Egrégores ou la vie des civilisations . A ses yeux l’aventure surréaliste était bien plus qu’une tentative de renouvellement du romantisme européen, et notamment du rôle que celui-ci attribuait au sacré dans les relations humaines. Le surréalisme permettrait l’élaboration d’une anthropologie critique dans la voie d’une compréhension synthétique de l’histoire des sociétés. Savant et visionnaire, Mabille trouvait des arguments à vous couper le souffle, pour parler des réalités, des rêves, des savoirs et des civilisations de la planète. Sa capacité de survol des connaissances paraissait sans limites. Mabille nous prépara ainsi à (voir CESAIRE / 12) Aimé Césaire

PAGE 11

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 11 «La culture, c’est tout ce que l’homme a inventé pour rendre le monde vivable et la mort affrontable» / Aimé CésaireQuand un Martiniquais, père des intellectuels antillais, reçoit une Guadeloupéenne, reine des lettres, la rencontre ne peut déc evoir. Les 90 ans d’Aimé Césaire ont été célébrés l’an dernier. Parmi les manifestations d’hommages, un colloque organisé par Maryse Condé s’est tenu à l’univer sité de New York et comptait parmi les invités Breyten Breytenbach ou Edouard Glissant. Y fut présenté le film d’entretiens qu’Aimé Césaire a accordés à Patrice L ouis, journaliste parisien installé en Martinique et auteur d’un A, B, C...ésaire (éd. Ibis rouge, 2003). A l’issue des travaux, Maryse Condé, qui partage sa vie entr e les Etats-Unis et son île natale, émit le vœu de revoir le frère aîné en écriture qu’elle n’avait pas revu depuis vingt ans. Pourtant proches, les deux îles françaises d e la Caraïbe peuvent paraître séparées par l’immensité d’un océan...((Le «Métro(politain)» fut chargé de la mission. Le jour dit, l’écrivaine atterrit le matin à l’aéropo rt, qui devrait porter dès que possible le nom d’Aimé Césaire, où l’attendait le messager. Direction: l’ancienne mairie de Fort-de-France, où le poète, longtemps élu, a c onservé un bureau. Une heure durant, les deux Antillais nourris d’Afrique ont échangé, l’auteure de Ségou se muant en intervieweuse du chantre de la négritude ... MARYSE CONDÉ. Je commencerai par une question d’actualité. Haïti a occupé une place considérable dans votre œuvre. Que pensez-vous des événements qui s’y passent? AIMÉ CÉSAIRE. C’est pathétique! L’histoire d’Haïti est glorieuse. Je n’ai jamais oublié que cette île a conquis la liberté voilà deux cents ans: on ne la lui a pas donnée. Les Haïtiens se sont battus pour l’avoir. Mais il faut insister sur le fait qu’ils l’ont conquise pas seulement pour eux mais pour nous tous. Nous devons leur en être reconnaissants. Cependant, je dois dire que, à part cet épisode, il y a eu vraiment des moments extrêmement pénibles, au point que, malgré cette liberté conquise, le malheur veut que jamais les Haïtiens n’aient pu trouver une organisation raisonnable capable d’assurer une sorte d’équilibre. Ils ont fait un très mauvais héritage. Bien sûr, ils ont conquis la liberté, mais la société n’a pas changé de manière aussi profonde qu’on l’aurait souhaité. D’abord, il y eut les Blancs, les maîtres esclavagistes, et puis le peuple... nous. Il se trouve que la classe intermédiaire qui a remplacé les Blancs a conservé beaucoup d’habitudes, et de mauvaises habitudes. Ils ont un peu pris leur place et n’ont pas joué le rôle que nous attendions et espérions. Haïti cherche son équilibre et ne l’a toujours pas trouvé. M.C. Pensez-vous qu’on peut écrire La tragédie de Jean-Bertrand Aristide comme vous avez écrit La tragédie du roi Christophe? A.C. Je connais très peu Aristide. Je suis allé en Haïti en 1945. Le président Lescot était alors au pouvoir. Cela m’a permis de voir à ce moment-là Léon Lalo, Camille Broussan Depestre était encore très jeune. J’ai connu cette génération-là. J’étais là, juste au moment où André Breton passait et donnait cette conférence sur le surréalisme qui a eu beaucoup d’influence. «Il me paraît évident que le destin de ce pays est inséparable de ses croyances et de ses idéaux séculaires, dès l’instant où ceux-ci se montrent encore si vivaces. Ce qui lui a donné la force de supporter d’abord, puis de secouer tous les jougs, ce qui a été l’âme de sa résistance, c’est le patrimoine africain qu’il a réussi à transplanter ici et à faire fructifier malgré ses chaînes.» (André Breton, 1945) Après, j’ai suivi la situation avec attention, mais je n’ai pas voulu retourner en Haïti au moment de Duvalier. Je me rappelle que, pendant mon séjour, un type vraiment très intéressant qui connaissait tous les pavés de CapHaïtien j’oublie son nom, je suis vieux et je perds la mémoire m’a présenté un monsieur à l’air réservé, La romancière Maryse Condé un peu timide... C’était le docteur Duvalier! J’étais loin de penser qu’un jour Duvalier allait devenir le tyran qu’il a été. C’est un peu la même chose pour Aristide: je l’ai vu quand il revenait des Etats-Unis. Il est passé ici, en Martinique. Nous avons même organisé une conférence en son honneur! Il a parlé. C’était un intellectuel, un catholique, ancien curé, plein de réserve. Mais je n’ai pas senti en lui une doctrine. J’ai surtout vu un homme très réservé, peut-être (je n’en suis pas sûr) un peu replié sur lui-même. Quelle était sa doctrine? Je ne sais pas. Que voulait-il faire? Je ne sais pas. Quel était son caractère et avait-il l’énergie nécessaire pour conduire ce pays qui n’est pas facile? Je ne m’en suis pas bien rendu compte, à l’époque, mais c’était à voir. Et puis, des bruits circulaient. J’ai été tout à fait étonné lorsqu’on m’a dit qu’il employait des méthodes que nous croyions disparues à tout jamais. Quoi qu’il en soit, il ne me semble pas qu’Aristide ait réalisé grand-chose pour le peuple d’Haïti. Si le progrès a consisté à remplacer simplement les «tontons macoutes» par les «chimères»... M.C. L’écrivain haïtien Jean Métellus parle beaucoup de la malédiction d’Haïti. Croyez-vous à cette malédiction? A.C. Non, mais il y a le poids de l’Histoire. Au fond, Haïti comme les autres Antilles, d’ailleurs, mais là, c’est beaucoup plus tragique n’est pas entièrement guérie des maux hérités de l’époque coloniale, qui était malheureusement une époque colonialiste. Le peuple haïtien est intelligent, les élites sont nombreuses, mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que les esprits les plus brillants de cette élite ont émigré. Ils sont à l’extérieur et n’ont jamais trouvé leur place en Haïti. Je me rappelle en avoir connu plusieurs lorsque j’étais au lycée Louis-le-Grand, à Paris les noms m’échappent parfois et parfois je n’ai pas tellement envie de les prononcer -, et quand je les ai revus à (voir AIME CESAIRE / 12) La célèbre pièce de Aimé Césaire jouée sur toutes les scènes du mondeAIME CESAIRE / MARYSE CONDE

PAGE 12

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 12 rencontrer Aimé Césaire, à nous émerveiller de sa personne et des profondeurs de sa pensée, et à nous rouler par terre de jubilation à la découverte du poète génial du Cahier d’un retour au pays natal . Près de cinquante ans après l’éblouissant effetCésaire, le parcours de ce dernier nous paraît l’un des plus exemplaires de l’intelligentsia mondiale du vingtième siècle. Son oeuvre aura été le journal de bord de plusieurs générations d’Antillais et d’Africains. En nous invitant, en 1944, à réfléchir sur la poésie et la connaissance, à partir de Lautréamont, Rimbaud, Apollinaire, Breton, et à partir de sa propre expérience de poète et de penseur, il nous aura aidés à voyager en nous-mêmes, à la récupération du moi que la colonisation avait enfoui sous des épaisseurs de mensonges, de poncifs et d’idées reçues. Le regard qu’Aimé Césaire jeta sur le passé des Haïtiens nous a permis de le redécouvrir dans sa vraie dimension épique. Il nous a délivrés d’une tare de l’historiographie haïtienne: la manie de diminuer un pour grandir un autre. Tantôt on rabaissait Toussaint Louverture pour porter aux nues J.J. Dessalines, peint sous les traits d’un sans paille dans son acier; tantôt on descendait en flammes Alexandre Pétion afin de mieux hisser sur le pavois son rival Henri Christophe. Aimé Césaire trancha d’un seul mot ce vain débat: au commencement de l’historie décoloniale, à l’échelle d’Haïti et du monde, il y a le génie de Toussaint Louverture. Ses intuitions firent monter à un étiage sans précédent le niveau de conscience de ses compagnons d’esclavage. Sans son articulation historique, l’insurrection victorieuse des Noirs de Saint-Domingue (1791-1804) n’aurait pas été l’un des événéments majeurs des temps modernes. En effet, le faux universalisme des idées de la Révolution française avait mis les droits de l’homme hors de la portée des Noirs. La famille humaine doit à Toussaint Louverture le premier effort, couronné de succès, d’universalisation des principes démocratiques de 1789. L’histoire du droit et des idées politiques doit à Toussaint une autre contribution qui traduit l’exceptionnelle précocité de sa vision des choses de la décolonisation. Napoléon devait, à St. Hélène, regretter amèrement de n’avoir pas sauté sur l’occasion que lui offrait le leader noir de constituer, dès lors, un commonwealth à la française, ce qui eût représenté, en 1801, un progrès décisif de la justice, comme de la culture et de la liberté, dans les relations internationales. Après l’historien, le dramaturge Césaire allait à son tour situer les expériences de notre pays à leur vraie place. Personne, avant La tragédie du roi Christophe n’avait mis un tel doigt de maître sur les vicissitudes dramatiques où l’histoire haïtienne s’est empêtrée au début du dix-neuvième siècle; et où, jusqu’à nos jours, elle ne finit pas de se déprendre. La négritude qui en Haïti se mit debout pour la première fois continue d’échouer dans la mission de forger un Etat de droit, une société civile, une légitimité favorable à l’épanouissement d’une nation moderne digne de l’héritage louverturien. A travers la métaphore élisabéthaine que lui inspira le sort des Haïtiens, c’est la tragédie générale des révolutions du siècle qu’Aimé Césaire devait analyser de façon magistrale. Il lançait un cri d’alarme en direction des chefs africains de mouvements de libération: Sékou Touré, Modibo Keita, Ben Bella, Cabral, Patrice Lumumba. Au-delà de l’Afrique combattante, l’avertissement de Césaire pouvait aussi être utile aux entreprises révolutionnaires conduites à la Mao, Ho Chi Minh, Che Guevara, Fidel Castro. La parole prophétique de Césaire, à travers l’évocation d’un royaume noir des Caraïbes de 1820, préfigurait les naufrages contemporains des Staline, Ceausescu, Honecker, et tant d’autres despotes qui, sans daigner regarder aux principes de la démocratie, se sont, toute honte bue, livrés au plus terroriste détournement de rêve et d’espérance d’émancipation que connaisse l’histoire de l’humanité. Aimé Césaire a rendu nos réalités plus intelligibles, en recourant à des thèmes à la fois spécifiques et universels. Son intelligence théorique, et sa force d’invention poétique, donnent toujours, dans l’essai comme sur la scène, une analyse approfondie des dynamiques complexes de la décolonisation. Il aura été le premier à souligner que le mouvement décolonial n’était pas une création irréversible. On pouvait s’attendre à voir des structures de l’ancien régime se reconstituer au sein de tout pays imparfaitement décolonisé. La conquête de l’indépendance ne mettrait pas automatiquement un peuple à l’abri des phénomènes de récurrence du colonialisme. Comme cela s’est passé en Haïti, d’entreprenants épigones noirs s’emploieraient,Le petit matin d’Aimé Césaire / par René Despestre(CESAIRE ... suite de la page 10) Haïti, ils avaient l’air malheureux et donnaient l’impression d’être un peu marginalisés. M.C. A regarder l’état du monde, pensez-vous toujours que la poésie est l’ «arme miraculeuse» qui pulvérise les barrières entravant les libertés? A.C. Je ne sais pas si elle est miraculeuse... M.C. C’est vous qui l’avez dit. A.C. Pour moi, la poésie est très importante, elle est même fondamentale. A tort ou à raison, j’ai toujours pensé que l’arme pour nous on n’y croyait pas suffisamment -, c’est la culture. Je ne dis pas la civilisation, qui est un mot très XIXe siècle. On opposait alors la civilisation et la sauvagerie. Mais les ethnologues et l’expérience nous ont appris qu’il y a la culture. Je définis la culture ainsi: c’est tout ce que les hommes ont imaginé pour façonner le monde, pour s’accommoder du monde et pour le rendre digne de l’homme. C’est ça, la culture: c’est tout ce que l’homme a inventé pour rendre le monde vivable et la mort affrontable. En tant que Martiniquais, j’ai toujours pensé qu’il y avait quelque chose qui n’était pas apprécié à sa juste mesure à la Martinique et dans les Antilles. Oh, ce n’est pas un reproche! Il y a l’Histoire, il y a les Etats. Nous avons été dominés par l’idée de l’esclavagisme et il fallait lutter contre. On appartient à son époque et il faut admettre que la IIIe République a inventé une doctrine que nous avions tout à fait adoptée. C’était la doctrine dite de l’assimilation, qui consistait, pour être civilisé et ne plus être un sauvage, à renoncer à un certain nombre de choses et à adopter un autre mode de vie. Tout cela est tout à fait respectable mais c’est très XIXe siècle et très vite, déjà au lycée avec votre frère Auguste* je savais bien que cela était respectable mais insuffisant. Cette doctrine ne répondait plus aux besoins du XXe siècle! C’était le XIXe siècle, c’était le romantisme, c’étaient les illusions du passé. Il ne faut pas être ingrat: il est évident que cela a rendu d’énormes services, mais dans le monde moderne, il fallait autre chose. C’est pourquoi j’ai été très vite conquis par une idée qui n’avait alors pas encore toute sa place même si elle n’était pas inconnue dans nos comportements et nos philosophies: l’identité. Lorsque les Martiniquais disaient «assimilation», quand j’ai été élu député, ils me demandaient de revenir de France avec la Martinique département français. J’avoue que j’ai été troublé. J’ai hésité. Et je suis persuadé, chère Maryse Condé, que celle qui est devant moi, que je revois encore assise, réfléchissant, dans son bureau de la rue des Ecoles, avec Alioune et Christiane Diop, me comprendra. J’ai hésité. Finalement et ce fut un drame pour moi j’ai compris. L’assimilation, ça signifie l’aliénation, le refus de soi-même. C’est terrible... Mais vous pensez bien que les gens de Fort-de-France et des banlieues n’entendaient pas cela du tout: ils prononçaient le motINTERVIEW DE AIME CESAIRE PAR MARYSE CONDE(AIME CESAIRE ... suite de la page 11) (voir AIME CESAIRE / 16) Un jeune Aimé Césaire aussitôt les colons partis, à indigéniser avec rage les outillages mentaux et les méthodes d’oppression du temps de la colonisation. De même, dès 1956, soit trente-trois ans avant l’effondrement du mur de Berlin, Aimé Césaire comprit qu’on n’avait rien de bon à attendre de l’URSS et du mouvement communiste international. Les pouvoirs, prétendument prolétariens, avaient accomodé à des réalités nouvelles les pires traditions du despotisme. A Moscou, Prague, Budapest, Varsovie, Bucarest, Tirana, (avant que la contagion totalitaire ne s’étende à Pékin, Hanoï, La Havane), ce n’était autre qu’un processus récurrent d’intériorisation des formes historiques les plus barbares d’assujettissement des peuples à la tyrannie d’un homme ou d’un Parti. La rupture d’Aimé Césaire avec le PCF lui fournit l’occasion de rappeler à Moscou, comme au stalinisme à la française, que “la question coloniale ne peut être traitée comme une partie d’un ensemble plus important, une partie sur laquelle d’autres pourront transiger ou passer tel compromis qu’il leur semblera, eu égard à une situation générale qu’ils auront seuls à apprécier”. Aujourd’hui à quelle échelle peut-on mesurer l’oeuvre d’Aimé Césaire ? Sûrement pas à l’aune de la seule théorie de la négritude. Le lyrisme de Césaire, en effet, déborde l’étroitesse conceptuelle et les ambiguïtés que la notion de négritude doit à ses origines anthropologiques. Dans l’univers césarien, en prose comme en poésie, on a toujours affaire à une négritude que féconde la fraîcheur des sensations vécues. La grise théorie est vivifiée, transcendée, irriguée d’humour et de ses du sacré. Aimé Césaire sait à la perfection faire sauter les verrous et les instances sans grâce de l’idéologie. Son langage en effervescence est débarrassé de la fonction parodique où le carnaval de la plantation coloniale avait pendant longtemps confiné le bon usage que la femme et l’homme de la Caraïbe peuvent faire des langues créole et française. Chez le barde martiniquais poésie et connaissance jouent à la fois en virtuose accompli le grand jeu de nos particularismes nègres, et la belle aventure d’un universel humain enrichi de la bonne (voir CESAIRE / 17)HOMMAGE UNIVERSEL

PAGE 13

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 13 PETITES ANNONCES Le Manolo InnLe Manolo Inn à Petite Rivière de Nippes Téléphones : 566-5361 / 401-7108 / 514-0304 E-mail : lemanoloinn@mac.com Internet disponible pour les clientsDANS LES NIPPES•Des kilomètres de plage •Chambres tout confort avec air conditionné et Salle de bain attenante •Cuisine du terroir préparée par un « Grand Chef » •Le Saut du Barril •Le Palais de Sudre Dartiguenave à Anse à Veau •La Petite Eglise de Petit Trou datant de du 17ème siècle… Chaque matin, captezMélodie Matin sur 103.3FM Lucas Super Market 14750 N.E. 6th Avenue 305 940 9902 Maxisound 11854 West Dixie Highway 305 895 8006 B & L Supermarket & Produce 12040 West Dixie Highway 305 893 0419 Danilos Restaurant 3760 N.E. 3rd Avenue 954 781 2646 Christephanies 581 BC East Sample Road Pompano Beach, Fl 33064 Tél 954 781 2500 Classic Teleco 203 S.E. 2nd Avenue Delray Beach Fl 33183 Our Lady Bakery 102 S.E 2nd Avenue Delray Beach, Fl 33444 561 272 3556 Eclipse Communication 9290 S. W. 150th Avenue Suite 104 954 380 1616 POINTS DE VENTE HAITI EN MARCHE Depi nou bezwen kay Depi nou bezwen kay Depi nou bezwen kay Depi nou bezwen kay Depi nou bezwen kay rele rele rele rele rele Votre rendez-vous à Jacmel ?LA JACMELIENNELA JACMELIENNERUE STE ANNE # 71 • Tél.… 288-3451-52 hoteljacmelienne@hotmail.com • hoteljacmelienne@yahoo.frNous sommes en plein cœur de la ville, mais sur la plage. Chez nous, le bruit des vagues vous berce nuit et jour ! C’est aussi un lieu idéal pour tables rondes, séminaires, ateliers de travail… mais aussi pour réceptions et festivals de toutes sortes. Nos chambres ont toutes l’air conditionné, et leur balcon donnant sur la mer… Notre cuisine typique saura vous faire connaître et apprécier les mets délicieux du Sud-Est… Et le bar donnant sur la Piscine. Pour vos réservations :VISION MORTGAGE BANK, INCEVENS HILAIRELoan Consultant 12788 West Dixie Hwy, Miami, Florida 33161 Phone: (305) 891-2225 • Fax (305) 891-2559 • Cell (786) 285-0384 take out and delivery8267 N Miami Avenue, Miami, Florida 33150 Tel. 305-757-6408BEL FOUCHET HACEPAtogether with andits 42 bi-national chambers of commerceinvite you to theABICC INTERNATIONAL BUSINESS CARD EXCHANGEon Thursday March 6th, 2008 6:30-8:30 PM at the J.W. Marriott Hotel 1109 Brickell Avenue, Miami Fl-33131 FREE ENTRANCE Cash Bar Complimentary Hors d’OeuvresREMEMBER TO BRING LOTS OF BUSINESS CARDS !! GENÈVE (AFP) Un nouveau médicament proposant un traitement simplifié contre le paludisme va être développé grâce à un partenariat entre l’entreprise pharmaceutique publique brésilienne Farmaguinhos/Fiocruz et la fondation DNDi, a annoncé la fondation à Genève. Le traitement sera vendu au prix de 2,5 dollars par adulte en Amérique latine où chaque année un million de personnes sont touchées par le paludisme, puis dans l’Asie du sudest qui compte trois millions de nouveaux cas par an, a indiqué DNDi (Initiative pour des médicaments en faveur des maladies négligées). Pris sur trois jours pour les adultes et les enfants, ce traitement curatif combine pour la première fois deux médicaments absorbés jusqu’ici séparément, l’artésunate (AS) et la méfloquine (MQ). Les deux composants sont largement utilisés en Amérique latine et en Asie du sud-est depuis une décennie pour combattre le paludisme. Leur association est l’une des quatre combinaisons recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour combattre le paludisme et contrer la résistance des parasites face aux médicaments antipaludiques classiques. “Cette nouvelle combinaison à dose fixe (...) a été développée pour répondre aux besoins des patients en la rendant facile d’utilisation, plus accessible financièrement tout en étant un produit de qualité”, a indiqué le Dr. Bernard Pecoul, directeur exécutif de DNDi devant la presse à Genève. Jean-René Kiechel, directeur de projet à DNDi a relevé la petite taille des tablettes, la stabilité du produit dans des régions très humides, et son emballage particulièrement pratique. Le développement du produit en Asie du sud-est se fera en partenariat avec le groupe pharmaceutique indien Cipla, a annoncé DNDi. Le lancement officiel du nouveau traitement aura lieu à Rio de Janeiro le 18 avril. Pour DNDi, il s’agit de la deuxième mise sur le marché d’un médicament antipaludique développé en partenariat avec un groupe pharmaceutique. L’an dernier, DNDi et Sanofi-Aventis avaient lancé un traitement basé sur l’association d’artésunate et d’amodiaquine (AQ) pour un coût de un dollar par adulte et de 0,50 dollar par enfant. La Fondation DNDi, basée à Genève, est une organisation à but nonlucratif fondée en 2003 à l’initiative de Médecins sans frontières.Un médicament simplifié et bon marché contre le paludisme lancé au Brésil

PAGE 14

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 14 LIBRE PENSEERévolte !« La misère mène à la révolte ou à la soumission » Dominique Blondeau La révolte est une sorte de rébellion contre l’ordre établi. Voilà ce que disent les « définisseurs de mots ». C’est aussi la manifestation du refus de ce que l’on ne peut tolérer. Aimé Césaire, « le Grand », « l’Immense », incarnait pour moi cette perception de la révolte. Je le vois, en tant que « spectateur désolé et révolté » de la triste réalité, de la Caraïbe, de l’Afrique, du Tiers-Monde. Je profite pour lui rendre hommage à travers ces lignes. Paix à son âme ! La révolte peut aussi se manifester de façon violente. Et, la violence des révoltés, même si on a tendance à lui accorder des circonstances atténuantes, peut être dangereuse car elle veut et tente de désarmer l’adversaire par la peur. Elle n’a donc pas le « sens de la mesure » et peut devenir incontrôlable si elle n’obtient pas son objectif. « Map Krazé l nèt ». Point n’est besoin d’être devin, d’être analyste ou sociologue, pour comprendre que la pauvreté, le cycle infernal de la pauvreté, la misère, les privations économiques, l’absence de perspectives de futur, sont des chemins qui conduisent inévitablement vers la révolte … ou vers la résignation, vers la soumission. On semblait ne pas s’en rendre compte en Haïti, ou ne pas s’en soucier. Dans un exercice de « cynisme exubérant » ou de « myopie sociale grave », on s’est préoccupé davantage de ses poches que de ses proches ou de son propre pays sans observer que l’on avait choisi le chemin de la destruction par la voie rapide. Voilà que le vent de la violence nous harcèle maintenant. On commence à comprendre que ce vent de violence traduit le réseau complexe, de peurs, de phobies, de complexes et de préjugés que nous avons tissé au fil des années dans notre société. Enfin, chers amis, chers lecteurs, revenons à notre « duri », qui non seulement est chez nous un produit de première nécessité mais aussi de « farouche enrichissement ». Le riz est, je ne sais pourquoi, dans ce pays, motif de scandale, de perversion et de malversation. Maintenant, il est à la base de la révolte. Contre la « vie chère », contre la « misère », contre le « Gouvernement ». Pauvre Gouvernement ! Pourquoi ne pas manger du « maïs-moulu » ? Pourquoi ne pas en planter (du « maïs-moulu », comme disait l’autre) ? Pourquoi insister dans le riz, importé, subventionné par les Américains, et maintenant par l’Etat haïtien. Quelle perversion ! Nous allons manger du riz doublement subventionné. Ça, c’est de la qualité ! Je crois, qu’il nous faudrait faire comme font les Européens quand il s’agit de lutter contre un fléau quelconque : déclarer une journée de sensibilisation. Déclarons alors la « Journée Sans Riz », ou bien la « Semaine sans Riz ». Une journée ou une semaine, durant laquelle, personne, en Haïti, aucun Haïtien d’Haïti ou d’ailleurs, ne mangerait du riz. Ni local ni importé. Pour renforcer et consolider l’idée, j’aurais en plus fait suivre cette Journée ou cette Semaine, d’une Journée ou d’une Semaine de « Promotion du Riz Local ». Ou du Produit Local. Personne ne mangerait de « Produits importés ». Suivrait ensuite la « Journée de Misère », journée de solidarité avec tous ceux qui ont faim dans ce pays, qui ont faim d’aliments et soif de justice, de justice sociale, d’équité, d’accès à de meilleures conditions de vie. J’aurais profité pour faire comprendre que nous ne pouvons survivre si la grande majorité n’arrive pas à vivre, décemment, pleinement. J’aurais profité pour insister et attirer l’attention sur le risque de « libanisation » de la société haïtienne, sur le risque de transformer le pays en « Domaine du Chen manjé Chen ». Je comprends donc ce courant de désarroi qui traverse toute la société. Du dedans au-dehors, du dehors au-dedans. Le CRABE, dans sa rencontre du samedi, a essayé de trouver des explications, non pas aux raisons qui ont poussé le pays vers cette crise, forcée, voulue, entretenue et inutile, mais de préférence sur celles qui nous empêchent de créer des structures de fonctionnement basées sur le consensus. L’un des membres a eu l’idée de recourir au règne animal pour essayer de trouver une explication. Il nous a parlé du crabe. Il nous faisait comprendre que la société haïtienne ressemblait énormément à un panier de crabes. La facilité des membres de notre société à s’entredéchirer et l’impossibilité pour le pays d’avancer « vers l’avant » et plutôt de marcher à reculons, semble indiquer l’existence d’un sentiment collectif rappelant une sorte de « complexe du Crabe ». Un autre « crabien » auquel l’idée semblait plaire, a tout de suite trouvé un deuxième animal. Selon lui, cela devait être le « complexe du scorpion ». Il semblerait que, si complexe collectif existe, il devrait être celui du scorpion, à cause de ce réflexe à s’autodétruire et à détruire tous ceux qui s’exposent à aider le pays. D’autres ont pensé au « chien », simplement à cause de ce « Chen manjé Chen » que nous aimons imposer comme règle de conduite dans le pays. Certains autres ont pensé au « singe », d’autres au « tigre », certains autres à la « bourrique », et une bonne partie d’entre eux à « l’aganman », à notre cher « Caméléon » qui semble adopter tout type de comportement pour maintenir ses privilèges. D’autres enfin, pour faciliter les choses et dans un esprit de synthèse, ont cru voir tout un cirque ou même un Zoo. Enfin, chers amis, chers lecteurs, je me demande si, pour faciliter les choses dans ce pays et éviter cette situation de crise permanente, il ne serait pas indispensable d’exiger de tout candidat « à un poste électif » (au lieu de ne penser qu’à des éléments de nationalité) l’obligation : -De savoir lire et écrire correctement dans les deux langues officielles du pays, -De savoir exprimer ses idées de façon cohérente, -De connaître ses droits et surtout ses devoirs de citoyen, -De pouvoir transmettre les valeurs de Probité, d’Honnêteté, de Loyauté, de Patriotisme. Nous ne pouvons plus continuer sur cette voie. Et, je me demande même si le CRABE va pouvoir résister car les « crabiens » sont de plus en plus mécontents et ont de moins en moins envie de participer, même de façon critique, à la transformation du pays. Ils ont pensé à la dissolution du CRABE et moi qui ne supporterais pas l’humiliation d’une révocation, j’ai voulu démissionner de mon rôle de « rapporteur » ou de « chroniqueur », vu l’impossibilité de comprendre ce qui se passe dans ce petit pays dans lequel la liberté prenait naissance au moment même où on se dotait des structures d’esclavage les plus sophistiquées, nous transformant en une société qui s’évertue à engendrer des éléments de différentiation de plus en plus performants. N’est-il pas arrivé le moment de penser à nous resituer par rapport à nous-mêmes ? Est-ce l’heure de la révolte ? Ou de la soumission ? Oscar Germain germanor2005@yahoo.fr Avril 2008 INSÉCURITÉ ALIMENTAIRELe dilemme cornélien du Président et la fronde des 17 sénateursVERNET LAROSE Un lendemain meilleur n’est pas pour demain. La conjoncture de l’économie mondiale n’y est pas favorable. Parmi nos principaux partenaires,les ÉtatsUnis et la République Dominicaine sont lourdement frappés par cette crise; et les données sont plus qu’alarmantes. Serge Truffaut, dans un éditorial dans Le Devoir du mardi 15 avril, commente ainsi les émeutes de la faim: “A la fois spontanés et simultanés, ces événements ont été menés, organisés, par les ventrecreux de la terre. La cause. L’augmentation marquée des aliments de base. Lors de leur réunion de fin de semaine, les membres du G7 ont concentré leur énergie sur la crise financière. Si l’on comprend bien leur position, le monde est affamé mais pas suffisamment pour que l’on s’interdise de secourir Merryll Lynch et compagnie.”www.ledevoir.com. Pourtant, Jean Ziegler, rapporteur des Nations unies sur le droit à l’alimentation, avait déjà pronostiqué, en octobre 2007, une “ longue période d’émeutes” et de conflits politiques liés à la hausse des prix et aux pénuries; et, il accusa de “crime contre l’humanité, la production de biocarburant.” Qui pis est, le journal Le Monde titre : Faim dans le monde, Un défi inédit pour l’ONU; l’explosion de la faim dans le monde inquiète l’ONU; les dispositifs d’aide sont inadéquats, selon une note interne : “La réflexion onusienne s’appuie notamment sur des données du Fonds international de développement agricole(FIDA), une agence de l’ONU selon laquelle, pour chaque augmentation de 1% du prix des denrées de base, 16 millions de personnes supplémentaires sont plongées dans l’insécurité alimentaire. Cela” signifie que 1,2 milliard d’êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d’ici 2025", prévient le document. Parmi les pays en première ligne : l’Erythrée , la Sierra Leone, Madagascar, Haiti, la Géorgie, le Burundi ou le Zimbabwe. “Philippe Bolopion, Lundi 14 avril. Je ne sais pas si le chef de l’État, les partis politiques, les investisseurs et les entrepreneurs prennent en considération ces données en leur processus de prise de décision. Par contre, ce que je sais, dans tous les cas de figure, l’analyse du fait haïtien tend majoritairement à être alarmante : État faible ou failli, pauvreté ou vulnérabilité de la grande majorité de la population. Lisons ce paragraphe tiré de la publication, The Failed States Index 2007 by The Fund for Peace and Foreign Policy magazine : “ The complex phenomenon of state failure may be much discussed, but it remains little understood. The problems that plague failing sates are generally all too si rampant corruption, predatory elites who have long monopolized power, an absence of the rule of law, and severe ethnic or religious divisions. But that does not that the responses to their problems should be cut from the same cloth. Failing states are a diverse lot. Burma and Haiti are two of the most corrupt countries in this world, according to Transparency International, and yet Burma’s repressive junta persecutes ethnic minorities and subjects its population to forced resettlement, Haiti is wracked by extreme poverty, lawlesness, and urban violence.” Certes, le président René Préval n’a jamais cessé de manifester sa volonté de lutter contre la corruption. Mais il s’est laissé piéger par des études subjectives qui portent sur la perception par certaines catégories sociales du fonctionnement du service public :Etat civil, DGI, EDH, CAMEP, les assurances, douanes...; études qui n’ont pas été balancées par la problématique de leur rationalisation au moyen de l’augmentation de leur offre. Moi, j’opte pour leur informatisation et des concessions à accorder à des groupements communautaires : services d’intérêt général de proximité. Tout le monde en sortirait gagnant : l’État, les contribuables et les usagers, tout en sapant structurellement la base de la corruption. La politique du riz l’illustre davantage. D’abord, il faut interroger la problématique qui oriente la formulation de la politique, qui elle, doit tendre à créer des liens sociaux et de la cohésion socioculturelle, avec comme indicateur l’établissement du droit contractuel ; droit contractuel qui est au fondement du principe de la division du travail, de la complémentarité et de la pluralité des rôles et des statuts de l’État, du marché et du mouvement associatif. Ensuite les coûts d’opportunité de la filière riz dans le cadre de la conjoncture marquée à la fois par une raréfaction de l’offre et une hausse des prix qui sont sustentées par la spéculation. Dans ce cadre,on émet des hypothèse telles, la tendance à la hausse des prix rend compétitive la production nationale, donc une politique de substitution des importations devient faisable ; cette hausse facilite également le choix d’une offre de consommation alternative au riz. Et, finalement, une démarche , qui allie le marché et l’association volontaire, est adoptée : le regroupement des importateurs en syndicat en vue de leur doner des capabilités pour négocier des prix sur le marché mondial et en même temps sa distribution s’organise en association de consommateurs ou de coopératives. Naïveté! N’empêche, les sociétés modernes dites développées ont emprunté cette voie. Sauf à très court terme, la subvention du riz par l’État et la part de la baisse du prix par les importateurs vont créer des effets pervers qui risquent de déstabiliser davantage une conjoncture politique déjà plus que fragilisée. D’ailleurs, c’est l’absence de la politique comme créatrice de liens sociaux qui explique le comportement de la Chambre des députés et du Sénat de la République qui se donnent eux-mêmes de la compétence en vue d’interpréter la constitution. Des sénateurs ne peuvent aucunement prolonger leur mandat. Nous nous trouvons donc hors de l’État de droit. Or, cest un facteur qui aggrave l’instabilité politique, la violence urbaine et la grande pauvreté dans laquelle survit la grande majorité de la population. L’électorat s’exprima nettement, il y a deux ans déjà, pour la mise en oeuvre de la consolidation démocratique, et non pour la violation de ses droits, du non-respect du mandat constitutionnel et de la politique de la famine qui, elle, est toujours alimentée par un choix de société. VERNET LAROSE

PAGE 15

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 15 SPORTSEurosport dim., 20 avr. 23:42:00 2008 Le Real Madrid s’est imposé en leader sur la pelouse du Racing Santander (0-2) et pourrait être sacré champion lors de la prochaine journée. Villarreal ravit la 2e place à Barcelone tandis que Valence prend l’eau sur la pelouse de l’Athletic Bilbao (5-1). Les hommes de Koeman sont en grand danger. LIGA 33e JOURNEE SANTANDER REAL MADRID : 0-2 Buts : Raul (13e), Higuain (90e) Un but de Raul en début de match, un autre signé Higuain dans le temps additionnel et le Real Madrid s’impose à Santander (0-2). Les Madrilènes n’ont pas vraiment forcé leur talent offensif mais ont fait preuve d’une très belle solidité pour prendre trois nouveaux points et ainsi conforter leur avance en tête du classement. Bien décidés à prendre définitivement leurs distances avec le Barça, auteur d’un triste match nul samedi, les hommes de Bernd Schuster mettentLiga Le Real ne tremble pasd’entrée la pression sur la défense du Racing. A la suite d’une série de passes à une touche, Robinho, sur la gauche, centre vers Raul qui, aux six mètres, pousse le ballon du bout du pied dans le but de Tono (0-1, 13e). Déjà auteur d’un doublé à l’aller (victoire 3-1 du Real), l’attaquant madrilène signe là son 17e but de la saison et met déjà son équipe sur la bonne voie dans ce duel entre les deux meilleures arrière-gardes de Liga. Santander ne se laisse pourtant pas décontenancer. Les joueurs de Garcia Toral veulent se hisser à la quatrième place, qualificative pour le premier tour de la Ligue des champions et réagissent immédiatement. Le Racing pousse mais Colsa (16e), Tchité (37e) et surtout Cesar Navas (45e) manquent de précision. La défense du Real a bien failli plier juste avant la pause et Santander accroit encore sa domination à la reprise mais celle-ci demeure stérile face au bloc visiteur. Casillas n’est jamais inquiété et ce sont même Robinho (60e) et Robben (78e) qui se procurent les meilleures occasions de la seconde période sur desLigue 1: Bordeaux préserve le suspense, Marseille trébuche, Paris coulecontres bien menés. Essentiels dans l’organisation des Merengues, les deux ailiers cèdent leur place en fin de match. Leurs remplaçants prennent parfaitement le relais et Balboa sert Higuain qui, seul dans l’axe à l’entrée de la surface adverse, trompe Tono d’un plat du pied précis (0-2, 90e). Le Real compte désormais dix longueurs d’avance sur Villarreal, son nouveau dauphin, et pourrait être sacré dès la prochaine journée. VILLARREAL VALLADOLID : 2-0 Buts : Nihat (16e) et Cazorla (47e) LEVANTE GETAFE : 3-1 Buts : Juanma (40e), Berson (43e), Pedro Leon (54e) pour Levante et De la Red (59e) pour Getafe OSASUNA LA COROGNE : 0-1 But : Gonzalez (64e) MURCIE MAJORQUE : 1-4 Buts : Baiano (87e) pour Murcie et Guiza (10e, 47e, 85e) et Arango (19e) pour Majorque ATHLETIC BILBAO VALENCE : 5-1 PARIS (AFP) Bordeaux a entretenu le suspense en gagnant à Toulouse (1-0) dimanche, répondant au succès de Lyon à Strasbourg (2-1) samedi, mais Marseille n’a pas profité du nul de Nancy contre Le Mans (1-1) en s’inclinant contre Lille (1-3) au Vélodrome et en abandonnant la 3e place après la 34e journée. Le Paris SG, fantomatique à Caen (0-3) samedi, se retrouve désormais à 3 points du maintien. La victoire arrachée par Lens contre Sochaux (3-2) enfonce un peu plus les Parisiens vers la L2, en compagnie de Strasbourgeois qui ont perdu leur septième match consécutif. Dans la lutte pour la troisième place, qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des champions, Nancy craignait d’avoir perdu gros en concédant le nul sur son terrain contre Le Mans (11)Mais les Marseillais, méconnaissables, ont balbutié leur jeu offensif qui avait pourtant coulé Lyon (3-1) voilà quinze jours. Le Losc, bien plus inspiré et discipliné, a fait plier Marseille avec le doublé du Belge Kevin Mirallas. Mamadou Niang avait pourtant mis Les Bordelais ont eux réussi un petit exploit en remportant au bout du temps additionnel, grâce à Johan Micoud, un derby de la Garonne qu’aucune équipe n’avait vraiment dominé. Ils préservent du coup un peu de suspense à la L1, car si l’OL a gagné, il n’a pas paru souverain. Mené après un hors-jeu mal joué par Cris, un de ses leaders, signe d’une relative fébrilité, et privé de Karim Benzema, sorti à la demi-heure (cuisse), l’OL a marqué deux fois en seconde période, par Mathieu Bodmer et Fabio Grosso, contre un Racing à dix après l’exclusion d’Eric Mouloungui avant la pause. Les Girondins ont accablé les Toulousains, qui restent à portée de fusil (3 points) d’un PSG qu’ils recevront dans quinze jours. Ils ont surtout avivé leur espoir d’être champions. L’espoir, le PSG n’en a plus guère. Amorphes, asthéniques, les joueurs de Paul Le Guen sont en train de faire mentir la devise en latin de Paris, “Fluctuat nec mergitur” (Flotte mais ne coule pas). Une réunion de l’état-major parisien, avec l’entraîneur Paul Le Guen, se tenait dimanche soir au Parc des Princes. fait parler d’eux dans les pages faits-divers. Une vingtaine d’entre eux est allé commettre des dégradations au camp des loges, le centre d’entraînement, au retour de Normandie, dans la nuit. “Si on descend on vous descend”, “Le Paris SaintGermain c’est nous”, ont-ils notamment tagué sur les murs du centre, dans un style très western. Les malheurs du PSG font le bonheur de Lens, 17e, qui a conquis 3 points grâce notamment à un doublé d’Aruna Dindane, qui n’avait plus marqué depuis son retour de la Coupe d’Afrique mi-février. Enfin Saint-Etienne a réussi contre Lorient (1-0) la bonne opération dans la course à la cinquième place, qualificative pour la Coupe de l’UEFA si le PSG (qui a déjà son billet pour la C3 après sa victoire en Coupe de la Ligue) bat Sedan en finale de la Coupe de France ou si cette finale oppose Paris et Lyon (assuré de la C1). Avec 50 points, les Verts devancent Lille (49 pts), Rennes (48) et Le Mans (48). Privé d’Europe (hors Intertoto) depuis 198283 et un 0-0 contre le Bohemians Prague (0-4 au retour), Geoffroy-Guichard frémit. l’OM sur le chemin du succès en marquant son 16e but de l’arrière de la tête.Italie: l’Inter creuse à nouveau l’écartROME (AFP) L’Inter, qui s’est imposée 1 à 0 sur le terrain du Torino dimanche soir en clôture de la 34e journée, a de nouveau creusé l’écart en tête du championnat d’Italie, au détriment de l’AS Rome, 2e à 6 points, qui paye cher le nul concédé la veille à domicile face à Livourne (1-1). A quatre journées de son issue, le championnat a peut-être pris un tournant décisif en faveur du champion en titre. C’est en effet la première fois depuis la 23e journée, mi-février, que l’Inter marque plus de points que sa dauphine. Signe que les choses vont de mieux en mieux pour l’équipe lombarde, elle demeure sur trois victoires d’affilée (5 buts marqués et aucun encaissé). Avec plus que 12 points en jeu, la mission de la Roma qui a de surcroît perdu son capitaine Totti, opéré du genou droit dimanche, jusqu’à la fin de la saison devient pratiquement impossible. D’autant que les confrontations directes entre les deux rivales (un succès de l’Inter et un nul) garantissent l’avantage aux Nerazzurri en cas d’égalité de points. Face au Torino, le leader n’a vraiment pas livré un grand match. Mais s’il n’a pas souvent approché le but adverse, il s’est montré réaliste but de la tête de Cruz à la suite d’un corner de Balotelli (30) -, à l’inverse de Turinois qui n’ont pas su concrétiser leurs bien plus nombreuses occasions. “Ce soir, on n’a pas bien joué. On a même très mal joué. Mais on y a mis tout notre coeur et, à la fin, il y a trois points qui comptent. On ne peut pas toujours gagner en faisant le spectacle”, a analysé après coup le milieu Stankovic. Au moins les Milanais, qui étaient privés de Vieira (suspendu) leur joueur le plus en forme, sont restés concentrés du début à la fin. Samedi, la Roma avait elle eu l’attitude à peu près inverse. Trop relâchée alors qu’elle menait 1 à 0, elle s’était fait rejoindre dans les dernières minutes par Livourne, une formation relégable. Les Romains avaient pourtant remporté leur douze derniers matches à domicile. Dans les autres rencontres de la journée, la Juventus, qui s’est aisément imposée 4 à 0 contre l’Atalanta à Bergame grâce, notamment, à un triplé de Del Piero, a consolidé sa 3e place et ainsi pratiquement assuré sa présence en Ligue des champions la saison prochaine. Avec son “hat trick” (6, 34, 65), le capitaine de la Juve s’est lui une nouvelle fois rappelé au bon souvenir du sélectionneur Roberto Donadoni. A quelques semaines de l’Euro (7-29 juin, en Autriche et en Suisse), “Ale”, 33 ans, qui n’avait pas été convoqué lors des derniers matches de la Nazionale, est dans une forme absolument éclatante. La Ligue des champions, c’est aussi l’objectif de l’AC Milan (5e, 55 pts) et de la Sampdoria (6e, 55 pts). Les deux formations se sont facilement imposées à domicile, respectivement face à la Reggina (5-1 avec un triplé de Kaka dont deux penaltys puis deux buts d’Inzaghi et Pato) et l’Udinese (3-0). Milanais et Génois comptent cependant encore quatre points de retard sur la Fiorentina (4e, 59 pts), qui s’était imposée face à Palerme (1-0) samedi, et qui occupe la dernière place qualificative pour la C1. “Il n’y a pas beaucoup de possibilités d’accrocher la 4e place, a reconnu l’entraîneur de l’AC Milan Carlo Ancelotti. Mais on doit les exploiter à fond”.Angleterre: Manchester United accroché à Blackburn, la course au titre relancéeLONDRES (AFP) Manchester United, accroché à Blackburn samedi (1-1) lors de la 35e journée du Championnat d’Angleterre, voit Chelsea (1-0 à Everton dès jeudi) revenir à trois points avant leur confrontation à Stamford Bridge qui pourrait bien décider de l’issue de cette palpitante saison. Dimanche, Aston Villa, grâce à sa large victoire face à Birmingham (5-1), a récupéré la 6e place aux dépens de Portsmouth, défait à Manchester City 3-1, alors que dans l’autre derby du jour, Newcastle a pris le dessus sur Sunderland (2-0) et assuré son maintien. Ce dimanche en Angleterre, c’était une histoire de derby. Aston Villa-Birmingham, 115e du nom, et Newcastle-Sunderland, 139e édition, ont affolé les foules dans le centre et le nord-est du pays. Et certains de ses supporters ont de nouveau

PAGE 16

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 16 «assimilation» et lui donnaient un sens bien particulier. J’ai accepté de défendre cette thèse parce que j’ai compris et c’est évident qu’il y a les mots mais aussi ce qu’il y a derrière les mots. En réalité, le pauvre type qui venait s’accrocher à moi pour me demander l’assimilation, pour que la Martinique devienne un département français, ce n’est pas l’assimilation qu’il voulait. Il voulait l’égalité avec les Français. Voilà pourquoi on s’est rabattus sur l’idée de départementalisation, qui ne suppose pas forcément l’assimilation: un département, c’est une mesure d’ordre administratif. Mais, pour moi, l’équilibre essentiel devait se faire à propos de l’identité. D’où l’importance de la culture. Je reviens à votre question: pourquoi les mots de la poésie sont-ils des «armes miraculeuses»? Parce que j’ai pensé que c’est de là que, miraculeusement, devait venir le salut. C’était cela, pour moi, le miracle. M.C. Vous avez dit aussi que, tant qu’il y aurait des nègres sur terre, la négritude vivra. Est-ce toujours vrai? A.C. Oui, c’est parfaitement vrai. Et je le maintiens. Qu’est-ce que cela signifie? On a beaucoup bavardé à ce sujet. Pour moi, la négritude est la culture, la poésie. Pourquoi? J’aime beaucoup tout ce que j’ai appris au lycée, à la Sorbonne. J’y crois beaucoup. Je suis très admirateur des Latins et plus encore des Grecs, mais je sais aussi qu’il y a les Egyptiens et que les Grecs et les Romains doivent beaucoup à l’Egypte, à l’Ethiopie, à tout ce monde-là. Donc à l’Afrique. J’en ai très vite pris conscience. Je tiens à la culture, et pas à une culture étriquée, classique, sanctionnée par les examens et les diplômes européens. C’est pour moi tout autre chose. Qu’est-ce que la poésie? Pourquoi m’y suis-je attaché? Pourquoi ai-je été poète et surréalisant? C’était sans le vouloir, je ne l’ai pas fait exprès; ce n’est pas pour être d’une école que je me suis rallié. Et, quand André Breton m’a rencontré, je me suis rendu compte qu’en réalité je faisais du surréalisme sans le savoir... Mais pourquoi? Ce qui me frappait dans la société antillaise, c’était l’apparence, l’adaptation plus ou moins adroite, tout un côté que je ne supportais pas, mais je savais que dans l’homme antillais il y avait autre chose que cette apparence. Il y a plus profond que ça. Et la poésie, c’est la réalité profonde qui apparaît. Vous savez qu’à l’heure actuelle on cherche beaucoup tout ce qu’il y a en dessous de la croûte terrestre. Eh bien, ce que je voulais faire, c’était chercher ce qu’il y a en dessous de la croûte mondaine, académique. Qu’est-ce qui le révèle? Quand brusquement vous avez l’image poétique qui éclate, faites attention! On dirait maintenant je ne connais pas très bien la géographie que c’est un geyser... Attention à l’image poétique: elle est révélatrice du monde le plus profond. Voilà pourquoi elle est miraculeuse. M.C. Pensez-vous que, grâce à la négritude, les Martiniquais et les Guadeloupéens ont changé? A.C. Non, je ne demande pas qu’ils changent mais qu’ils prennent conscience de leur réalité profonde. M.C. L’ont-ils fait? A.C. Oui, je crois. Je crois qu’il y a eu des progrès. Mais ce n’est pas facile, vous savez, pas facile du tout. Je crois que la conscience d’une identité a fait de grands progrès chez nous. M.C. Regardez l’Afrique d’aujourd’hui: guerres civiles, luttes, maladies, destructions de peuples entiers. Que pourriez-vous dire à un jeune Antillais pour qu’il garde foi en l’Afrique? A.C. Je pense, tout simplement, que c’est la jeunesse qui doit dire ce qu’elle va faire. Nous avons fait une expérience, mais j’ai bien conscience qu’un cycle est terminé, qu’il y a un autre monde à inventer. Pour l’inventer, il faut faire le bilan de ce qui a été fait et de ce qui existe. Le temps des idéologies sommaires est épuisé. Il faut autre chose. Il faut une autre Afrique. Mais rassurez-vous: il faut aussi un autre monde. M.C. Qui fera naître cette autre Afrique? A.C. C’est cette jeunesse. C’est la jeunesse nouvelle. Nous avons lutté pour la décolonisation et nous retrouvons une Afrique divisée, un nouveau tribalisme. Voyez l’état du Congo, du Liberia, de la Côte d’Ivoire. Ce n’est pas douloureux, ça? Je me rappelle quand j’étais à l’Assemblée nationale avec Houphouët-Boigny: nous le critiquions souvent très amicalement. Houphouët, en réalité, avait entrepris quelque chose et croyait l’avoir réussi. Peut-être parce qu’il avait des moyens tout à fait insuffisants ce n’était pas forcément la bonne direction, mais il y avait une expérience. Houphouët-Boigny voulait l’ivoirité. Il devait employer des moyens diplomatiques qui ont«La culture, c’est tout ce que l’homme a inventé pour rendre le monde vivable et la mort affrontable» / Aimé Césaireréussi tant qu’il est resté en vie, mais après le problème n’est pas résolu pour autant. Et le Sénégal: je sais toutes les difficultés que Léopold Sédar Senghor a rencontrées... M.C. Vous n’avez pas répondu à la question: comment peut-on garder foi? A.C. Je ne connais pas la méthode. On a la foi ou on ne l’a pas, mais moi, je refuse de désespérer de l’Afrique. Ce serait refuser d’espérer, tout simplement. C’est enraciné, fondamental. Je connais tous les malheurs qui sont arrivés. Je ne les nie pas, je suis extrêmement lucide, mais je refuse de désespérer parce que désespérer, c’est refuser la vie. Il faut garder la foi. M.C. Quand on voit que la Martinique et la Guadeloupe sont toujours des départements après un combat tel que le vôtre, qu’est-ce qui peut nous faire croire que demain sera meilleur? A.C. Vous avez l’air de croire que nous sommes prisonniers de cet habit de circonstance. Mais cela a été un moyen parmi d’autres! Il faut tenir compte de cette expérience, de ce qu’elle a apporté et, en même temps, de ses insuffisances. Lorsque les Martiniquais et les Guadeloupéens (toute cette population qui était à peu près comme Haïti, sans ressources, sans logement, sans travail) sont devenus les habitants des départements français, j’ai vu la désertification de la Martinique: ces pauvres gens se précipitaient vers Fortde-France et venaient me voir. Et vous croyez qu’il fallait rester immobile? Que faire? Ils demandaient des indemnités, la sécurité sociale, etc. Des progrès étaient faits du point de vue social en métropole: et pourquoi pas chez nous? C’est cela qu’ils voulaient, en réalité. Je crois qu’effectivement ça a aidé, il ne faut pas le nier. Des progrès réels ont été réalisés. Je pensais déjà un peu, je soupçonnais mais maintenant j’en suis persuadé que c’était tout à fait insuffisant. Il fallait commencer par là, mais il faut maintenant aller plus loin et trouver des institutions nouvelles qui comprendront le sens profond de l’histoire de ces peuples. Dans l’immédiat, il faut amener l’homme antillais à prendre ses responsabilités devant l’Histoire. Ce n’est pas simplement «victime-victime»! Non. Maintenant le moment est venu de la responsabilité. Au fond, Mme Girardin, ministre de l’Outre-Mer, n’avait pas tellement tort quand elle nous a dit à propos du référendum de décembre dernier: «Vous commencez à nous embêter! Répondez: qu’est-ce que vous voulez?» A mon avis, cela a été très mal mené, mais peu importe. En tout cas, cela indique que l’homme antillais est maintenant au pied du mur. «Hein! Allez! Choisissez!» M.C. Lors du colloque Césaire de décembre dernier à New York, j’ai traité du thème «Aimé Césaire et l’Amérique». J’avoue que j’ai eu beaucoup de mal. Pouvez-vous clarifier vos rapports avec les Etats-Unis, où, contrairement à ce que l’on croit, vous vous êtes rendu à plusieurs reprises. En 1945, vous y avez rencontré André Breton. Et j’ai découvert dans le livre de Patrice Louis que vous êtes allé en Floride en 1946. Vous y êtes retourné en 1987 à l’invitation de Carlos Moore. L’Amérique, c’est quoi pour vous? A.C. Je n’ai pas de réponse... Comment ne pas penser à l’Amérique? C’est quand même un sacré monde, une force, une puissance, une expérience. Mais, je ne vous le cache pas, ce qui m’a toujours intéressé en Amérique je ne sais pas si c’est dépassé -, ce sont les nègres américains, le mouvement nègre. C’était pour moi essentiel. Toute notre génération a été profondément marquée par cette expérience. Quand j’étais étudiant en philosophie, c’était pour nous un autre chemin que celui que nous connaissions en France. L’Amérique, c’était le nègre moderne mais resté nègre. C’était Langston Hughes, Countee Cullen, la Black Renaissance. Cela me paraissait une très grande expérience. Il y avait là un mouvement en profondeur. M.C. Vous avez traduit des poèmes de Sterling Brown. Pourquoi? A.C. But I have forgotten all my english. [Aimé Césaire joue à accentuer son anglais scolaire.] I have learned at school when I was a boy. I can read a little but I can’t speak. I don’t understand. M.C. Dans votre œuvre, y a-t-il une influence américaine? A.C. Oui: l’attitude devant la vie, devant la civilisation. J’ai senti qu’il y avait là une vérité, une profondeur. Sortir de l’académisme français. Liberté, Egalité, Fraternité: très bien. Mais pourquoi n’a-t-on jamais vu pour nous la fraternité? Nous ne l’avons jamais eue. Nous avons la liberté, comme on peut l’avoir dans le monde. Il y eut un effort pour l’égalité. Mais la fraternité, où est-elle? Je crois qu’on ne pourra jamais l’avoir, la fraternité. Si tu ne me reconnais pas, pourquoi veux-tu que nous soyons frères? Moi, je te respecte, je te reconnais, mais il faut que toi tu me respectes et me reconnaisses. Et là, on s’embrasse. C’est ça, pour nous, la fraternité. M.C. Est-ce qu’Aimé Césaire a un héritier? A.C. Je ne me suis jamais posé la question. Je n’ai aucune prétention particulière. J’ai dit ce que je pensais, j’ai dit ce que je croyais. Je ne sais pas si j’ai raison ou si j’ai tort, mais je reste fidèle à cela et à l’Afrique fondamentale. On m’a beaucoup déformé, transformé, caricaturé. Je crois simplement en l’homme. Je ne suis pas du tout raciste. Je respecte l’homme européen. Je connais son histoire. Je respecte le peuple français. Je respecte tous les hommes quels qu’ils soient, mais je pense aussi qu’il faut leur faire la leçon et leur dire que l’homme nègre, ça existe et que lui aussi il faut le respecter. Pourquoi ai-je dit «négritude»? Ce n’est pas du tout que je crois à la couleur. Ce n’est pas du tout ça. Il faut toujours resituer les choses dans le temps, dans l’Histoire, dans les circonstances. N’oubliez pas que quand la négritude est née, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la croyance générale, au lycée, dans la rue, était une sorte de racisme sous-jacent. Il y a la sauvagerie et la civilisation. De bonne foi, tout le monde était persuadé qu’il n’y avait qu’une seule civilisation, celle des Européens tous les autres étaient des sauvages. Bien sûr, il y a des gens plus ou moins brutaux ou plus ou moins intelligents. Lisez Gobineau. Même dans Renan, j’ai été effaré, j’ai trouvé des pages absolument extraordinaires. Bien entendu, l’opinion publique déforme, vulgarise. Même les nègres... Je me rappelle encore, un jour où j’étais près de la bibliothèque SainteGeneviève: un grand type vient vers moi, un homme de couleur. Il me dit: «Césaire, je t’aime bien, mais il y a une chose que je te reproche. Pourquoi parles-tu comme ça de l’Afrique? C’est une bande de sauvages. Nous n’avons plus rien à voir avec eux.» Voilà ce qu’il m’a dit. C’est terrible! Même les nègres en étaient convaincus. Ils étaient pénétrés de valeurs fausses. C’est contre cela qu’il s’agissait, et qu’il s’agit, encore, de réagir. Et puis un beau jour, Léopold Sédar Senghor a dit: «On s’en fout! Nègre? Mais oui, je suis un nègre! Et puis après!» Et voici comment est née la négritude: d’un mouvement d’humeur. Autrement dit, ce qui était proféré et lancé à la figure comme une insulte amenait la réponse: «Mais oui, je suis nègre, et puis après!» M.C. Cette année paraît une nouvelle traduction anglaise des Damnés de la terre de Frantz Fanon. Pour vous, celui qui sembla un visionnaire pour les luttes du tiersmonde garde-t-il sa pertinence et son actualité? A.C. Je n’ai pas suivi Frantz Fanon parce que c’était une autre génération et qu’il a été ni plus ni moins que mon élève, donc je ne l’ai pas très bien connu. Mais j’ai toujours vu que c’était une chose extrêmement importante. Il y a des choses fondamentales qui sont toujours vraies. Maintenant, il faut tenir compte des circonstances dans lesquelles il a vécu. Pour un Antillais, tout n’est pas dans Frantz Fanon parce que la vie a voulu que, pays colonisé, les Antilles n’ont pas été primordiales pour lui. Toute son activité, sa foi, son énergie, il les a mises au service de l’Algérie, d’un autre monde. Son œuvre est très importante. Elle vaut aussi pour nous. Que pensait-il des Antilles? Il n’a pas eu le temps de nous le dire de manière très complète. En tout cas, c’est une réflexion considérable... Concrètement, Fanon n’a pas pu s’occuper de la question antillaise. Ce n’est pas un reproche. Les Antilles n’ont pas toujours été prêtes non plus à entendre son message. C’est un reproche que je ferais aux Antillais. M.C. Pensez-vous que cette globalisation dont on parle tant affectera la littérature? Déjà, comme le dit le poète Monchoachi, on ne sait plus où commence et où finit la Caraïbe. Selon vous, quels seront les effets de ces exils et de ces migrations? A.C. C’est pour cela, précisément, qu’il faut garder la foi, et garder la négritude. A l’heure actuelle, la France est à peu près, par rapport au monde, ce que la Martinique est par rapport à la France. C’est ça la mondialisation. Les Français commencent aussi à réagir. Et c’est vital. Je suis persuadé que, dans la mondialisation et l’uniformisation, l’identité n’est pas morte. Elle se réveillera. Ce n’est pas si facile que ça, bien sûr, mais l’Europe sentira ce besoin de se ressaisir comme les Antilles sentiront le besoin de se repersonnaliser. M.C. Ecrivez-vous vos Mémoires? A.C. Mes Mémoires? Non, ma chère Maryse, (AIME CESAIRE ... suite de la page 12) (voir AIME CESAIRE / 17)HOMMAGE UNIVERSEL

PAGE 17

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 17 sève créole de nos singularités: l’île minuscule des Antilles et la vaste terre-patrie, l’ensoleillé chez-soi martiniquais et le des autres côtés de la mer, où l’on peut tout aussi bien , et écouter les trilles des rossignols de la poésie et de la liberté. S’il fallait célébrer en Aimé Césaire, en compagnie de ses frères de Léopold Sedar Senghor, Léon Damas, Alioune Diop, je dirais que leur éclatant mérite — et celui de la revue Présence Africaine qui fut longtemps leur tribune — est d’avoir maintenu l’anthropologie de la négritude dans une perspective seulement esthétique et morale. C’est d’avoir évité de l’ériger en idéologie d’Etat ou en opération politique à caractère messianique. Leur sagesse à l’africaine aura permis à tous ceux qui se reconnaissaient dans leur parole de faire l’économie des horreurs du pannégrisme totalitaire à la Papa Doc Duvalier. On doit leur être reconnaissant de n’avoir pas profité de leur influence en Afrique et aux Antilles pour ouvrir avec la négritude une école écumante de haine: église de combat, mosquée armée jusqu’aux dents, temple vaudou (houmfor) où officierait l’oecuménisme terrifiant des tontons-macoutes de l’infamie universelle. Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor (tout comme Alioune Diop dans sa revue) devaient tenir notre soif de justice et de solidarité loin des bornes ethniques, religieuses, fondamentalistes, qui encombrent maintenant les veilles routes sans issue où le nationalisme et l’intégrisme sans foi ni loi emmènent leurs hordes d’excitateurs fanatiques faire du surplace historique. Et que faîtes-vous de la violence qui est propre à la poésie et au discours décolonial d’Aimé Césaire ? J’invite mon interpellateur à célébrer avec moi la violence de l’esprit d’enfance et du merveilleux, la violence de l’innocence et de la vérité. En effet, Césaire rejoint fraternellement le courant principal de la culture mondiale, quand son embrasement de poète fait à tout être humain le don généreux de la paix. C’est pourquoi il serait absolument vain de faire à Aimé Césaire un procès pour crime de lèse-créolité sous le prétexte que sa force d’émerveillement nous parvient dans une langue française de rêve. Césaire n’est-il pas la créolité plus le sens du sacré ? La créolité plus le drame historique des peuples noirs ? La créolité plus Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire, André Breton, Paul Claudel; enfin la créolité en mouvement marin dans la qui, selon Charles Baudelaire, soulève les grands états de poésie et de miséricorde avec à la fois le malheur et la beauté qu’il y a dans le monde! A l’heure des mutations d’identité qui accompagnent la civilisation planétaire, le Commonwealth à la française qu’on finira par édifier existe déjà dans l’oeuvre du poète souverain de la Martinique qui vivifie le soir d’une tendresse enceinte de son étoile du petit matin. Auteur : René Depestre vendredi 11 avril 2008Le petit matin d’Aimé Césaire(CESAIRE ... suite de la page 12) je n’ai pas le temps... Je n’ai jamais eu l’intention d’écrire mes Mémoires. Ce n’était pas mon but essentiel. J’ai toujours réagi à ma manière. Je peux aussi dire «Merde!». C’est tout. Ce n’est pas une œuvre, ça. Il y a des choses qui me sont insupportables et qui me paraissent fondamentales. Je n’ai pas voulu être maire de Fort-de-France, pas du tout mais j’ai répondu à ce qui me paraissait alors un besoin, une exigence. A 91 ans, je suis vraiment très vieux. Ce que je voudrais, c’est que la foi ne soit pas perdue. Il y aura d’autres expressions, elles seront différentes mais à partir d’une chose fondamentale... M.C. Et que vous avez fondée... A.C. Non, j’ai pris conscience simplement de ce que je suis et, je crois, de ce que nous sommes. Je ne connais pas la forme que cela prendra exactement mais je sais que c’est cela la chose fondamentale. M.C. Vous avez une foi que ma génération n’a pas. Nous, nous sommes plutôt désespérés parce que nous avons l’impression que rien n’a été fait, que la Guadeloupe et la Martinique restent au même stade, qu’il n’y a pas de progrès profonds. On est toujours des départements, on a des passeports français... Com-AIME CESAIRE Interview par Maryse Condé(AIME CESAIRE ... suite de la page 16) Le Pape applaudi par l’Assemblée Générale de l’ONUIl ne faut pas saper l’autorité de l’Onu, dit Benoît XVIVISITE DU PAPE AUX ETATS-UNISUSA VATICAN ONUNATIONS UNIES, Vendredi 18 avril (Reuters) Les pays qui agissent unilatéralement sur la scène mondiale sapent l’autorité des Nations unies et contrarient le consensus indispensable pour affronter les problèmes du monde, a déclaré Benoît XVI. Prenant la parole pour la première fois devant l’Assemblée générale de l’Onu, le pape a aussi défendu le droit d’ingérence de la communauté internationale lorsqu’un pays membre manque à la protection de sa propre population ou commet des “violations graves et prolongées des droits de l’homme”. Ce n’est que la troisième fois dans l’histoire de l’organisation mondiale qu’un chef de l’Eglise de Rome prend la parole à la tribune de son siège newyorkais, où Benoît XVI s’est rendu en marge d’une visite de cinq jours aux Etats-Unis. Le chef de l’Eglise catholique, qui a parlé alternativement en français et en anglais, a évoqué une large gamme de sujets allant de la mondialisation aux problèmes environnementaux en passant par les droits de l’homme. La communauté internationale doit être “capable de répondre aux demandes de la famille humaine à travers de règles internationales contraignantes”, a estimé l’orateur, qui avait rencontré auparavant en privé le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon. La notion de consensus multilatéral est “en crise” parce que, selon lui, “elle est encore subordonnée aux décisions de quelques-uns alors que les problèmes du monde appellent des interventions de la communauté internationale sous la forme d’une action collective”. diplomatiques possibles et en prêtant attention et encouragement au moindre signe de dialogue ou de désir de réconciliation”. Se référant visiblement au conflit dans la région soudanaise occidentale du Darfour, le pape a souligné que chaque Etat avait “le devoir premier” de protéger ses citoyens des violations des droits de l’homme et des crises humanitaires. “Si les Etats sont incapables de garantir une telle protection, la communauté internationale doit intervenir avec les moyens juridiques fournis par la Charte des Nations unies et les autres instruments internationaux”, a-t-il estimé. Selon le pape, les droits de l’homme, particulièrement la liberté religieuse, sont “le langage commun et le substrat éthique des relations internationales”, et les promouvoir est la meilleure stratégie pour éliminer les inégalités. “En effet, les victimes des épreuves et du désespoir, dont la Bien qu’il ne les aie pas cités nommément, ces propos du pape visaient apparemment les Etats-Unis, qui sont intervenus militairement en Irak en 2003 en dépit du refus du Conseil de sécurité d’y donner son feu vert et de la ferme opposition du Vatican au recours à la force. “DROITS DE L’HOMME, LANGAGE COMMUN” Le souverain pontife s’est prononcé pour “une recherche plus approfondie des moyens de prévenir et de gérer les conflits en explorant toutes le voies dignité est violée avec impunité, deviennent les proies faciles des appels à la violence, et elle peuvent en venir à violer la paix”, a-t-il ajouté, analysant apparemment les causes sociales du terrorisme. Le pape a réclamé la protection des libertés religieuses à la fois contre le laïcisme et les religions majoritaires qui ne reconnaissent pas les croyances minoritaires. “Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits”, a-t-il estimé. Benoît XVI devait poursuivre sa visite aux Etats-Unis en visitant dans la journée à une synagogue new-yorkaise à la veille de la Pâque juive. ment faites-vous pour garder ce dynamisme que nous n’avons pas? A.C. Du dynamisme? Je n’en ai pas, je n’en ai plus. Mais j’y crois. C’est cela la foi peut-être, non? Ce n’est pas forcément la raison... M.C. Ne serait-il pas plus juste de remplacer le mot «foi» par le mot «espoir»? A.C. J’ai toujours un espoir parce que je crois en l’homme. C’est peut-être stupide. La voie de l’homme est d’accomplir l’humanité, de prendre conscience de soi-même. De vieux souvenirs me reviennent: à Louis-le-Grand, nous avions des professeurs assez étonnants: Louis Lavelle, une sorte d’existentialiste très chrétien, et le père Cresson, un kantien qui a écrit des livres chez Armand Colin. Moi, je ne suis pas kantien; le kantisme, c’est très occidental. Pour lui, l’œuvre de Kant se ramenait à trois questions fondamentales: «Qui suis-je?» (sur les bancs de la Sorbonne, il m’est arrivé de me le demander, et j’ai très bien compris qui j’étais); «Que dois-je faire?» (c’est cela la morale, une question que je me pose à moi-même); et «Que m’est-il permis d’espérer?» Il n’a pas dit: «Qu’est-ce que j’espère?» Et pour moi, ce dernier point, c’est tout. Le 7 Avril 2008 ramène le 205ème anniversaire de la mort de Toussaint Louverture au Fort de Joux à la Cluse et Mijoux (France). Comme d’habitude, les autorités haïtiennes rendent hommage à ce héros national par l’intermédiaire de leurs représentants diplomatiques à Paris. Ainsi ce 7 Avril, M. Fritzner Gaspard, chargé d’affaires a.i. à l’Ambassade d’Haïti en France, M. Vilbert Bélizaire, consul général d’Haïti à Paris, accompagnés de plusieurs diplomats, ont déposé une gerbe de fleurs sur la stèle de Toussaint Louverture au Panthéon national, à Paris. Par ailleurs plusieurs personnalités et diplomates étrangers, dont M. Michel Lou, représentant du bureau de la République de Taiwan en France, Madame Catherine Neris, députée européenne, ont assisté à la cérémonie. Dans le carré des grands, le héros haïtien côtoie Jean Jaurès, Victor Schoelcher, Félix Eboué. Dans son allocution M. Fritzner Gaspard a retracé l’itinéraire de Toussaint Louverture en des termes émouvants : « Né esclave, s’étant démarqué en armes et ayant mené une lutte victorieuse pour la libération des esclaves haïtiens, il est devenu une figure historique d’importance dans le mouvement d’émancipation des noirs en Amérique ». Des associations antillaises et africaines célèbrent aussi le héros haïtien, rappelle le diplomate : « Nous ne sommes pas seuls à lui rendre hommage au Fort de Joux où il mourut, de nombreuses associations haïtiennes, antillaises, françaises commémorent aussi l’événement, ce qui témoigne du caractère universel de l’œuvre de Toussaint Louverture ». A l’occasion du bicentenaire de la mort de Toussaint Louverture en 2003, l’ancien président Jacques Chirac avait rendu hommage au héros haïtien en présidant une grandiose cérémonie au cours de laquelle une stèle a été dévoilée sur laquelle est inscrit. « Toussaint Louverture, héros haïtien, mort au fort de Joux en 1803. Précurseur de la lutte de l’indépendance d’Haïti, militant antiesclavagiste, il proclame la liberté des noirs à Saint Domingue. » Enfin M. le chargé d’affaires a.i. a clôturé la cérémonie en citant Aimé Césaire, l’un des pères de la négritude titulaire du grand prix Toussaint Louverture décerné par l’UNESCO : « Toussaint Louverture vint, ce fût pour prendre à la lettre la déclaration des droits de l’homme, ce fût pour montrer qu’il n’y a pas de race paria, qu’il n’y a pas de pays marginal, qu’il n’y a pas de peuple d’exception. »Toussaint Louverture vint …

PAGE 18

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 18 LES JEUX En Bref...(suite de la page 2) également de « l’annihilation totale de la fonction politique du Parlement au moyen de procédés malhonnêtes, tels que les pots de vin, la corruption ». Cependant, ces secteurs invitent la population à manifester pacifiquement contre la hausse du coût de la vie. « Le peuple doit rester mobilisé pacifiquement, sans se laisser intimider par des individus malintentionnés s’adonnant à des actes de vandalisme et de pillage », indique l’organisation Kay Fanm dans sa note de presse. Les émeutes de la faim, survenues en Haïti au cours des deux dernières semaines, ont fait au moins 6 morts, plusieurs blessés ainsi que d’importants dégâts matériels. Ces tensions sociales ont occasionné le renvoi du gouvernement de Jacques Edouard Alexis, sanctionné par un ensemble de 16 sénateurs, lors d’un vote d’interpellation tenu le samedi 12 avril 2008. Un nouveau premier ministre doit être désigné sous peu par le président René Préval, en accord avec les présidents des deux chambres législatives. Entre-temps, des rumeurs circulent quant aux noms de personnalités « premiers ministrables ». Est-ce à dire que des solutions durables à la crise seront à la fois économiques et politiques pendant les semaines à venir.Politique néolibérale remise en question(SUS ... suite de la page 9) ministre qui doit remplacer Jacques Edouard Alexis qui a remis lundi (14 avril) sa lettre de démission au chef de l’Etat.Six Haïtiens tués en mer par des hommes armés (AFP) Six Haïtiens ont été tués en mer dans la nuit du dimanche 13 avril en Haïti par des hommes armés à bord d’un petit bateau de cabotage, ont rapporté les autorités locales. Les six victimes, 4 hommes et 2 femmes, faisaient partie d’un groupe de sept personnes voyageant à bord d’un bateau de transport de produits alimentaires, entre Saint-Marc et Anse-Rouge (nord), a déclaré à l’AFP le maire de Saint-Marc, Dona Charles. L’unique rescapée a pu être secourue par un pêcheur et recueillie dans la localité côtière de Grande-Saline située entre Saint-Marc et Anse-Rouge. “Deux hommes pris gratuitement à bord auraient assassiné les quatre marins avant de jeter en mer trois commerçantes qui accompagnaient leurs marchandises dans le bateau”, selon son témoignage cité par les autorités locales. Elle a indiqué avoir été battue par les deux hommes qui ont dévalisé les commerçantes avant de les jeter à l’eau.Haïti: évasion à la prison civile du Cap-Haïtien, un détenu tuéHPN Un détenu a été abattu par des gardiens de la prison civile du Cap-Haïtien dans la nuit du 17 au 18 avril alors qu’il tentait de s’évader. Quatre autres détenus ont pu s’échapper et les agents sont placés en isolement. Les détenus se sont servis d’une scie à métaux pour couper les grilles et s’enfuir, explique le responsable du principal centre de détention de la 2ème ville du pays, l’inspecteur Paul Roosevelt. Il qualifie de négligence grave l’action des gardiens de service qui n’ont pas su réagir à temps pour faire échec à cette évasion. Destiné Jacky, un des 5 détenus qui tentaient de s’évader, a en fait les frais. Il a été abattu à bout portant par les agents de l’Apena (Administration pénitentaire nationale). Les agents qui étaient de service le jour de l’évasion ont été placés en isolement dans le cadre de l’enquête ouverte autour de cette ènieme tentative d’évasion. Les détenus en cavale avaient été arrêtés pour leur participation présumée dans des actes de kidnapping ou de vol, a indiqué le chef de la prison civile du Cap-Haïtien.La CCIH réclame des dédommagements pour les commerçants victimes des violences du 8 avril (AHP) Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti, Jean Robert Argant, a indiqué mardi (14 avril) que le secteur privé des affaires procède à une évaluation des pertes enregistrées lors des violentes manifestations contre la faim en Haïti. Des milliers de manifestants avaient gagné les rues, à Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province, pour protester contre la hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaires, en profitant pour se livrer à des actes de pillage. Estimant que l’Etat haïtien a failli à son devoir de garantir la sécurité des entrepreneurs et commerçants du pays, Jean Robert Argant a fait savoir que celui-ci a pour obligation de dédommager les victimes. Il ne serait pas juste que l’Etat ferme les yeux sur ce qui s’est passé, après tous les sacrifices consentis par les membres du secteur privé des affaires, a indiqué le président de la chambre de commerce. Il y va de l’image du pays auprès des autres investisseurs potentiels, nationaux et étrangers, a-t-il ajouté.L’ONU condamne le meurtre d’un de ses policiers en Haïti(AFP) La mission de l’ONU en Haïti a condamné dimanche le meurtre d’un de ses policiers, tué par balles samedi dans un quartier de Port-au-Prince, sur fond de tension(EN BREF / p. 20)

PAGE 19

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 19 ti Gout pa ti Gout ak Jan Mapou Anba bouch-a Grann Mari * Kafe ak Akasan (A.K.100)AK JACQUES JACQUELIN GARÇON* Pitit pitit-a Grann Mari pa ta kapab rete bouch fèrman devan kayte djo bolode yo rele kafe nan peyi isit. Pa di-m frekan non paske gan de kote ou pase ou ka desann yon bon tas kafe. Noumenm Ayisyen nan peyisit nou konnen ki kafe pou nou achte pou ban nou gou lakay nou abiye ake-y-la. Si se pou afèr kafe-a menm, se nan man-m (menan-m) sa rete. Se bon pou zòt, tèlman yo tilititi chapo pwenti ( tulututu chapeau pointu ). Fò yo bwè kafe ake sik blan. Men m’pale wou nèg-an-m pa gan pi bon pase youn gode kafe fèt ake dlo kann osnon rapadou, koule nan grèg twèl syanm. Dayèr menm, plis kafe nou te bwè lakay lèr m’te piti se lan lakou-a menm li te pile. Anvan pile te ganyen triye, griye ak rapadou. Labitid lakay se apre yo fin wete poud kafe-a pou yo vide youn dlo bouyi nan fon pilon-an. Sa bay youn ti kafe fò ki satiyèt andedan nen-an-w anvan ou bwè-y. Akasan (A.K.100) menmmenm-nan, se pa youn koze mounn ka pale konsa konsa. Sa ki Ayisien natif natal konnen fò nou koumanse pale denpi nan mayi, zepi osnon angren. Boukannen, griye, pile, pase nan machin, keseswa jan-y kwit, i bon. Se ake-y yo fè mayi moulen. Kote wou kite-y ake aransò? Zaboka tou wi ! Gan anpe mounn ki rele-y fòkseli, kèk zòt di mayi moulu , lòt non-an-y tou lèr-y kwit se tchentchen. N’apway jwenn akasan tou se youn manje ki sòt an Afwik. Alòs se la yo te seye-y tout jan jouk yo rive jwenn preparasyon nou konnen-an. Anpil koze pale anwo A.K.100 nan youn liv pwofesèr Maks Manniga ( Max Manigat ) sòt mete dèyò: Mots créoles du Nord’Haïti. Origines – Histoire Souvenirs , pay 27. Pa senpleman rete anwo pawòl-an-m, ay gade ake de nawè-an-nou. Tinèg Ayiti gan anpil ladrès tou nan ranje koze ake bon kou konmedi. Sa fè yo pa pedi tan ekri akasan , yo annik mete: A.K.100. M’jiskrè yo t’ap seye vin ake youn mòd AK1000 ; men sa pa te mache fò. Ifo nou serye nan sa n’ap di : gan labouyi farin mayi ou kwit youn jan likid men se pa vre A.K.100an.. Fò m’di tou nan makèt isit, ou jwenn youn farin mayi fen, fen kèk mounn kwit ake lèt, sik, kannèl, èsans, anpi yo di yo fè akasan . Adje wi dan ! Pou fè bon jan kalte akasan , fè wou mete mayi angren chèchla chode, lèr-y kreve kon pwa, ou pile-y osnon machinen-y nan moulen. Atò wou mete-y tranpe nan dlo. Piske fò-y dòmi, i kòm vin youn jan sirèt, akòz i travay (fèrmante) ; men i pa gate pou sa. Denmen granmtimaten w’ay koule-y, pwije-y nan youn twèl fen jouk i pase san ma. Konsa ou mete-y byen kwit ake moso jenjanm, kannèl, lanniyetwale. Nan zòn Lwès-la yo mete youn ti fèy zepis ki rele malagèt. Sa bay bon sant ake gou tou. Akonpayman A.K.100 sa-a se bon kalte siwo kann. Konsa i vin gan youn gou espesyal. Lèr yo kwit-li youn jan pi fèrm, kòm pi solib, yo detaye-y gwo bit ake kiyèr, yo toujou simaye siwo anwo-y. Sa menm i rele kole. Okap sèl machann ki te espesyalis esponsab ti kòmèrs sa-a, sete 2 sèr. Ale pou dizèrdmaten mounn mèt konmanse pare bouch-a-yo, veso-ayo, kiyèr-a-yo, anpi mezi lajan-yo, gwòsèr-a bòl-ayo. Akasan se manje zansèt-an-nou kite pou nou. Jounen jodi, tout timounn mande kònflèks, yo pa vle AK100 ankò. Si yo te gan konprann yo ta wè kònflèks se mayi menm jan ak akasan ; men ti gou-a-y wòwòt devan lodèr ake bon gou kalte AK-100 lakay Ayiti Tonma ganyen. ________ ·Jacques Jacquelin Garçon ap ekri youn liv : « Anba bouch-a Grann Mari ». =====================KONPLIMAN POU : HAITIAN NEIGHBORHOOD CENTER <>Nou bat youn gwo bravo pou kouzin Jepsie Métellus direktè ekzekitif Haitian Neighhood Center yo rele <>. Mesye-dam Sant-la te òganize youn resepsyon pou renmesye komèsan ak pèsonalite k’ap ede Sant-la epi kolekte youn ti monnen pou penmèt yo kontinye ofri sèvis y’ap ofri depi kèk tan. s’ oun sant referans. Kèlkeswa pwoblèm ou gen ou depoze-l nan men mesye-dam yo, y’ap edew, y’ap gide-w. Sware-a ki te fèt nan Deauville Resort nan Miami Beach te wololoy. Youn sware klasik. byen òganize. Byen senp. Teni kravat ak vès pou mesye yo. Medam yo: talon kikit, wòb lonng, kòsaj fann devan…ayayay! Apre youn ti diskou remèsiman tou senp men byen atikile Jepsie Metellus salwe asistans lan epi mache fè foto ak envite yo, tab apre tab. Sou kadans group Ansanm Belfort ki t’ap jwe youn bon ti mizik djaz. An apre, yo te rekonèt 3 mounn nan kominote daprè Komite direksyon k’ap fè youn travay Jan, Jak, Jeri. Jan-an se mwenmenm Jan Mapou. Jak la se Jacques Despinosse , depite nan Vil Nord Miami . Jerry se Gérard Jean-Juste, youn aktivis. Youn defansè dwa mounn. Jerry te voye youn lòt militan nan domenn imigrasyon resevwa twofe-a pou li, Jak te kare zepòl li, gonfle tomak li pou di mèsi. Kanta pou jan ki se menmenm mwen te remèsye mesye-dam yo e mwen te di tout ekip solid Sant-la ki fè youn diferans nan sèvi kominote-a mèsi. Mwen te santi mwen ozanj lè mwen sonje mwen te younn nan manm jiri ki te batize Sant sa-a e ki te vote pou non-an. Nou te chwazi SANTLAN (paske vwayèl nen ki gen konsòn -a dèyè li rale atik . Men yo te pi renmen Sant-la olye <>. Se pa grav! Nou swete pou mesyedam Sant-la kenbe dyanm. Travay-la anpil. Li pa fasil. Se nou chak ki pou pote ti kontribisyon pa nou nan konbit-tèt ansanm-lan. Nan non Sosyete Koukouy ak tout lòt atis yo mwen di mèsi anpil. ================================LÈT POU YOUN ZANMIApwopo lanng manman nou an Bonjou kanmarad, Nan pale nou yè maten ou te di mwen : travay kominotè w-ap fè a se pa pou ou fè pwomosyon kreyòl, men se kòmsi ou bliye se kreyòl ou ye. Ou di mwen tou ou pa gen okenn pwoblèm ak lanng kreyòl la, mwen dakò ak ou. Sa ki parèt dwòl, sèke mwen oblije toujou ap plenyen, paske mwen pa kab jwenn tèks yo pou mwen tradui . Poukisa, tèks yo pa kab vin jwenn mwen ? An reyalite, lè ou aji youn fason pou ou bay kreyòl la espas, se pwomosyon kilti ou w’ap fè. Anfèt, kit nou vle kit nou pa vle, pitit nou pa pe janm Kanadyen 100%. Laprèv, chak fwa blan yo kontre ak yo, premye kesyon ki soti nan bouch blan yo se : Nan ki peyi ou soti ? Lè konsa, pa mwen yo reponn, mwen se Kanadyen, Blan an reponn eskize-m! Kidonk, nou genyen enterè pou nou fè pwomosyon kilti nou, epi pase li bay pitit nou. Prensipal fason pou nou andose kilti nou epi pase li jenerasyon an jenerasyon, se lanng nou pale a pou nou jouke pi wo. Peyi kolonizatè yo konnen fòs zouti kiltirèl sa a, se sa ki fè chak fwa yo anvayi youn tè, yo fòse mounn yo aprann lanng yo epi yo foure relijon pa yo nan kòsay mounn yo. Lè konsa, se kilti pèp natif-natal la yo kraze pou yo rann li zonbi, epi lave tèt pitit peyi natif la. Blan yo tèlman fè sa byen, gade tout tan nou pase ap pale sou youn dosye ki poutan senp. Wi senp ! Ou voye tèks yo ban mwen, mwen tradui yo epi mwen voye yo tounen ba ou. Epi nou korije erè ki dwe korije. Vwala, se nan pale anpil, fè bèl fraz nou tonbe. Tout sa, se paske nou kanpe sou de teren diferan. Dimwens, aksyon ki pou mwen espontane epi natirèl, tounen youn pwa senkant pou ou. Blan yo mare nou wi. Yo kreye konfizyon lanng ak konfizyon relijyon nan mitan nou. Sa lakòz nou divize an de (2)kategori : Afriken, sila yo ki pa gen chans aprann li nan lanng blan-an epi sila yo blan yo lave sèvèl yo ak lanng li an. Batay lanng, se batay ideyolojik. Epitou,se nan konba ideyolojik-la menm nou ye. Manman nou Ayiti pa ta janm panse apre nou fin bwè lèt nan tete li, grandi menm jan, pase nan menm lekòl, nou ta kab tounen de ( 2 ) pitit diferan ideyolojikman. Epitou, nan diferans ideyolojik la, se mounn nou kwè nou ap defann yo ki ap sibi, paske se yomenm ki santi yo se mounn an deyò parapò ak mounn lavil. Oubyen ankò yo sòt epi lòt yo gen lespri. Se tout deba sa yo, batay lenguistik yo pote anndan yo epi tout Ayisyen ta dwe depase, kite dèyè, men nou poko ka rive la. Laprèv nou ap pale sou sa jodi-a ankò apre plis pase 200 lane endepandans. Fè pwomosyon lanng kreyòl la, se youn kesyon prensip. Se bay pèp la asiz pou li gen konfyans nan pwòp tèt li. Epi pou li pa wont pwòp tèt li. Lè youn mounn kanpe devan li ap pale franse, li pa pe jennen. Li pa pe wont, paske li ap konnen limenm tou li pale youn lanng lòt lan pa kab pale oubyen lòt mounn lan poko aprann pale. Se sa tou ki pral pèmèt li viv epi aksepte pwòp tèt li kòm mounn, kòm sitwayen entegral sou tout tè kote l’ ap viv. Se konsa, ou dwe wè koze lanng lan anndan dokiman tout dokiman ou ap pibliye pou Ayisyen yo. Se konsa tout jounal anndan Ayiti ta dwe wè sa : Nouvelliste, Le Matin, Le Moniteur elatriye. Se konsa tou biznis Ayisyen nan domèn vann liv ta dwe wè sa. Nan pale nou, ou toujou di mwen, ou bezwen asire byennèt pèp-la. Younn nan fason pou ou asire byennèt li, se sèvi ak lanng li pale-a. Ou dwe sèvi ak lanng li pale-a chak fwa li posib oubyen ankò chak fwa sa nesesè . Se lè sa-a pèp la pral santi, li egal ak lidè yo. Nou konn li, nou konn ekri. Se zouti ki esansyèl nan kalite sosyete nou ap viv la, pèp-la poko konn li , li poko konn ekri, men kiltirèlman nou se menm ak li. Eritay kiltirèl nou pote anndan nou an, se limenm li pote anndan li tou. Anplisdesa, se eritay kiltirèl sa-a menm ki fè fòs nou toupatou kote nou pase. Nan rapò mounn save yo ak pèp la ki pale kreyòl sèl grenn lan, se kòmsi nou gen youn ekwasyon :1 + 2 = 3. 1 pa 3 ni tou 2 pa 3, men se 1 ak 2 ki fè 3. Yo pa menm, men yo egal. Pèp-la, ki se reprezantan 100% kilti Afriken an anndan peyi-a, reprezante 80% popilasyon peyi-a, epi noumenm afranchi po nwa epi po klè yo (mwen vle di noumenm ki pase lekòl yo, [lekòl ki konvèti nou ideyolojikman, epi leta Ayiti poko vle chanje a], nou reprezante apeprè 20% popilasyon an. Nan afranchi yo, mwen mete oumenm, mwenmenm ak tout lèzòt ki pase sou ban lekòl yo. Se de kategori mounn sa yo peyi a genyen ki dwe aprann jere kondisyon lavi yo nan youn nivo kote yo pral mete ansanm pou yo tounen 3. Se 1 + 2 sa-a ki dwe tounen 3, youn fason pou nou tounen youn fòs. Se fòs sa-a Blan yo te prevwa depi tout tan, ki fè yo foure nan tèt nou youn modèl edikasyon, kote nou devlope epi nou grandi ak tout kalite divizyon nan sosyete nou an. Tout tan ou kanpe lwen fòs pèp-la, mwen vle di fòs kiltirèl li, se tout tan w-ap kanpe lwen relasyon ki pèmèt 1 + 2 tounen 3 a. Si Blan an rekonèt ou gen youn lanng jouk pou li toujou ap voye dokiman ban nou tradui nan lanng lan( nivo federal), poukisa oumenm ou pa vle aksepte bay lanng lan plas li ? Kou blan yo vin nan aktivite nou, premye sa yo fè se aprann di kèk fraz kreyòl. Noumenm Aysisyen yo, nou bat bravo lakontantman pou yo. Poutan kou yo la pami nou, pou nou fè yo plezi, nou bliye nou gen youn lanng ki pa nou epi se lanng pa yo a nou tanmen pale, kant yomenm yo konnen epi aksepte diferans lan. Alòske, nan peyi etranje kote n’ ap viv , li klè pou nou tout gen youn opsyon bilenng nou vle meprize. Youn opsyon k’ap manbre nou mete ou dyanm nan amoni ak tout kòt fanmi nou. Nan plizyè rankont mwen patisipe , se toujou blan yo ki parèt ak pwopozisyon ki entegre kilti Ayisyenan nan travay n’ap fè an ekip. Eske sa se nòmal ? Kisa ki lakòz nou rive nan pwen sa a ? Mwen ap reponn pou ou : Se paske kolonizasyon an desounnen nou. Po nou nwa, men anndan nou se youn lòt mounn ki ap aji. Mounn kolonizatè yo devlope anndan nou an. Ayisyen ki te sou tab kote mwen te ye yo pa janm sonje yo gen youn kilti ki kab fè ladiferans. Se kòmsi nou ta di : « Fezè nat fè nat epi li dòmi atè. » Reflechi vye kanmarad mwen . Reflechi. Tu fus mon mentor. Tu le demeures encore , men chak fwa mwen santi ou vle kite ray la, se responsablite mwen pou mwen rale ou mete ou sou ray. Anfèt zanmi mwen, frèdam mwen, tout dwèt nan men nou pa menm longè, men lè nou pliye yo ansanm, yo fè youn youn gwo boul won , ki tounen pwen nou, nou kab frape sou youn tab pou nou di non. La-a ankò, nou kab tounen ak ekwasyon-an 1 + 2= 3. Plis ou ap apwoche ou toupre Lewòp, kòm afranchi ak lanng blan an te fè nou aprann lan, se plis ou ap kite pèp ou a, ki pale kreyòl sèl grenn lan dèyè. Se plis tou blan ap kontan, paske nou ap mache nan jwèt divize pou reye li gaye nan mitan nou depi lendepandans lan. Jwèt ki fenk kare ap afebli nou. Plis nou fèb, se plis blan ap pran plezi pou li rale fisèl nou fè nou jwe kont pwòp tèt nou, pase nou nan tenten, pase diyite nou nan labou eksetera eksetera tankou sa te fèt nan ane selebrasyon 200 an endepandans nou an. Kounye a, ki mounn ki ap pwofite ? Ki mounn ki wont ? Ki mounn ki pèdi? Fè pwomosyon youn lanng, manman nou ak tout kòd fanmi ou pale, se fè pwomosyon pwòp tèt ou . Li pa pe deranje ni oumenm ni plan ou, ni rèv ou. Okontrè, li ap ba you jèvrin, paske li ap ede mounn ki anba yo wè ou avèk yo 100%. Lè konsa, se diyite mounn yo nou konsolide. Paske, lè mounn yo, ki pale kreyòl asea wè tout bagay ap dewoule nan youn lanng yo pa maton ladan, yo wont tèt yo wi. Yo santi yo manke sou mounn yo . Yo pèdi nan diyite yo , paske yo pa gen nivo lanng lan ki pou pèmèt yo aji tankou youn sitwayen entegral nan mitan pwòp konpatriyòt yo. Men vrè pwoblèm lan frè mwen. Nou gen mounn nan mitan nou ki bèbè kant yo gen lapawòl. Nou fonksyonne ak youn lanng yo pa konnen byen, oubyen yo pa konnen ditou, nou retire dwa pawòl yo nan men yo epi nou pèdi kontribisyon pozitif yo ta kab pote nan rasanbleman nou yo. Mwen ta renmen ou konprann sa pou ajisman-ou sèvi ekzanp youn fason pou libere lapawòl lakay mounn sa yo. Sa se travay ou tou kòm lidè, cher camarade . Se nan nivo sa-a mwen ye zanmi mwen. Se sa mwen ta renmen ou entegre nan lespri ou. Se la mwen ta renmen ou vin kontre ak mwen, paske pawòl mwen ap pale la yo soti dirèk-dirèk nan tout aprantisay nou fè ansanm kòm timounn bout pantalon jouk nou rive pran grad mete pantalon lonng. Mounn ki ap pale ak ou jodi-a, se mounn ou te fòme-a. Li ap mande ou pran konsyans epi reflechi sou kote nou kote nou soti, kote nou ye jounen jodi-a epi jouk ki kote nou kab rive ak ekwasyon: 1+ 2 = 3 a. Nou genyen youn ti ponyen mounn tou piti ki reyisi sou tè etranje. Anfèt, ti ponyen tou piti ki reyisi a dwe toujou sonje kolektivite-a, paske reyisit nou an ap toujou manke moso si nou ap jwi li pou kont nou sèl grenn. Ak konpòtman endividyèl-la, se kòmsi depi nou bon, se tout mounn ki bon, alòske se lekontrè. Anvan mwen ale, mwen senpman vle raple ou konstitisyon 1987 la di nou gen 2 lanng ofisyèl. Pèp la te vote pou li. An n’ travay ansanm pou nou respekte vòt mounn yo. Bon mwen pa rete non. Kenbe fèm. Se Bon zanmi ou : Kaptenn ki renmen ou anpil, ki respekte ou epi ki vle louvri je ou Sou youn dimansyon kiltirèl ou pa toujou evalye menm jan ak li. M’ale. Nou va kontinye koze, paske pa gen pwoblèm san solisyon. eksepsyonèl nan kozman edikasyon kominotè. Se te

PAGE 20

Mercredi 23 Avril 2008 Haïti en Marche Vol. XXII No. 13 Page 20 BACK PAGE Haïti en MarchePort-au-Prince 100 Avenue Lamartinière (Bois Verna) Tel.: 2245-1910, Fax 2221-1323 Miami 173 NW 94th Street Miami, Florida 33150 Tel. 305 754-0705 / 754-7543 • Fax 305 756-0979 New York • 914 358-7559 | Boston • 508 941-6897 Montréal • 514 337-1286 email:melodiefm@hotmail.com | haiti-en-marche@hughes.net URLwww.haitienmarche.comLibrary of Congress # ISSN 1064 3896 Sunday May 18, 2008 HAITIAN FLAG DAY CELEBRATION School Marching Band Parade Pre-Qualification Friendly Game World Cup South Africa 2010 H A I T I JAMAICA Central Broward Park City of Lauderhill Sunrise blvd & 441All Super Stars: Ricardo”BiBi”Tyrone Marshall Marion King-Luton Shelton-Wiley Boo-Fuller 5:00 9:00 PM Adm:Bleachers=$30.00 In advance***$40.00 at the door Grandstand=$45.00 In advance***$50.00 at the door ***Children=$15.00 Ticket on Sale everywhere!.. Info: 786285-2093 *** 786-380-7576*** 954-655-3249***954-895-4832 Sponsored by:All Super Stars: Johny Placide-Jn-F.Lecinele F.Bertin.Abel Thermeus-Jn-P.Peguero-T.Velten MEN’S NATIONAL TEAM “A” MEN’S NATIONAL TEAM “A” En Bref...(suite de la page 18)dans le pays après les émeutes de la faim et la destitution du Premier ministre haïtien. Le policier de l’ONU, un père de famille de 36 ans, membre du contingent du Nigéria, a été tué par balles samedi aux abords de la cathédrale de Port-au-Prince, alors que des incidents avaient éclaté dans la ville après la destitution du Premier ministre au Sénat haïtien. La Mission des Nations unies de stabilisation en Haïti (Minustah) “condamne avec fermeté le meurtre d’un membre de l’unité de police constituée (FPU)”, la police anti-émeutes, lit-on dans un communiqué publié à Port-au-Prince. La mission de l’ONU rappelle que son personnel est en Haïti pour contribuer à la stabilisation du pays. Dans son communiqué, la Minustah annonce l’ouverture d’une enquête conjointement avec la police haïtienne. L’ONU poursuivra les auteurs de “ce crime abject avec la plus grande détermination”, ajoute-t-elle, sans préciser si le ou les tireurs avaient été identifiés. En une semaine, les émeutes de la faim ont fait au moins 5 morts et 200 blessés en Haïti, selon un bilan non officiel.