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Republique cubaine

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Title:
Republique cubaine
Series Title:
Republique cubaine
Publication Date:
Language:
French

Subjects

Subjects / Keywords:
Caribbean ( LCSH )
Newspapers -- Caribbean ( LCSH )
Genre:
serial ( sobekcm )
Spatial Coverage:
Cuba -- Caribbean
Caribbean

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Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
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Full Text
























REDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
Rue Baudin Anne PARIS 23 Janvier 896 N e............... ....
Un A EseEetre................................... 15 fr.
ADBESSE TLBlRAPHIQUE: LE:.AJ... O OE '- UL'n trimn estre ................................. 50
T ,P ONE A L'TRANGER
F:.PA.R.A.IT TOUS LES JEUDIS Uneanno ...................................... a iFr.
Les an scrit ne sont pas rendus Un semestr ...................................
UN NUMEIO ....... O fr. 50
__ __ __ __ __ __ __ __ _


NOTRE PROGRAMME


Le nom de notre journal nous dispense
d'exposer longuement notre but. Nous vou-
lons dfendre le but de l'indpendance de
Cuba et de l'institution d'un gouverne-
ment rpublicain qui puisse satisfaire le
besoin de libert de ce people laborieux, in-
telligent et riche qui ne mrite pas le
malheur don't l'accable, depuis tant de
sicles, une mtropole qui a laiss partout
o elle a exerc sa domination, un senti-
ment de haine et de mpris.
Si on pouvait reprocher quelque chose
aux Cubains, ce serait d'avoir support
trop longtemps le despotisme cruel, l'ex-
ploitation sans bornes, la rapacit insatiable
des gouvernements espagnols.
Jusqu' ce jour, les mensonges officials
du cabinet de Madrid ont t la seule
source o on a puis l'tranger. Les
inexactitudes de la press espagnole, qui
prouvent son ignorance de la question
cubaine et le dpit du conquistador en face
de la rvolte de l'opprim, ont dtourn une
grande parties de l'opinion en Europe.
Il faut qu'on sache, enfin, combien est
just et noble la cause que nous dfendons.
Nous ferons savoir toute la vrit; nous
suivrons les vnements, les progrs de la
guerre, pour qu'on puisse apprcier l'h-
rosme des Cubains qui combattent pour
l'indpendance de leur patrie.
La Rpublique Cubaine se propose d'in-
tresser, dans la measure de ses moyens',
l'Europe et surtout la France, cette lutte
qui n'est pas une rvolte de colons indisci-
plins et factieux, mais celle du droit m-
connu contre l'obstination d'un gouverne-
ment coupable, qui confond la colonisation
avec le dpouillement, l'art de gouverner
avec la cupidit et l'exaction.
Seuls, sans appui, sans frontires, qui
pourraient leur rendre la guerre moins dif-
ficile, les Cubains luttent courageusement
contre une nation qui a une arme, une
flotte, une organisation.
Malgr tout, ils ont prouv au monde tout
.ce qu'un people peut faire par le seul pou-
voir du patriotism et de l'amour pour la
libert.
Ils triomphent. Le moment de leur r-
demption est proche, et c'est notre devoir
de montrer que nous ne sommes pas deve-
nus un people sceptique qui attend, come
seule raison decisive pour se prononcer, le
fait accompli, mais que la France d'aujour-
d'hui est toujours celle don't le sang gnt-
reux a coul pour l'affranchissement de
tant de peuples. ;


..


Pour dfendre Cuba et nous aider dans
la tche que nous nous sommes impose,
nous serons heureux d'avoir la collabora-
tion des Francais de bonne volont et des
patriots Cubains.

---I -^ ----*

GOUVERNEMENT PROVISOIRE
De la Rpublique Cubaine

PRESIDENT :
Salvador Cisneros Betancourt, marquis de Santa-
Lucia.
VICE-PRESIDENT :
Bartolom Mass6.
SECRITAIRES :
De la guerre: Carlos Roloff. -Finances: Severo
Pina. Intrieur: Santiago Garcia Caiiizares.
Affairs trangres: Rafael Portuondo.
SOus-SECRTAIRES :
Guerre: Mario Menocal. Finances: Joaquin
Castillo. Intrieur: Carlos Dubois. Af-
faires trangres : Docteur Fermin Valds
Dominguez.
)DLGPGUE PLINIPOTENTIAIRE
Agent gnral de la Rpublique l'tranger :
Tomis Estrada Palma, 66, Broadway -New-York.
Trsorier : Benjamin Guerra, 192, Water St.
Secrtaire: Gonzalo de Quesada.
SOUS-I)LGI'U PARS :
Docteur R. E. Betances, 6 bis, rue de ChAteau-
dun.
----~--*< *-----

TROIS ACCUSATIONS ET TROIS VRITES

L'Espagne a trouv, dfaut d'un gnral, des
raisons pour combattre l'insurrection cubaine.
Trois sont les accusations que le gouvernement
espagnol fait valoir centre les patriots cubains:
10 Ils sont des bandes de ngres, de sauvages,
des bandits;
2o Ils brlent les plantations, font sauter les
trains, dtruisent des maisons et emploient la
dynamite ;
30 Ils font la guerre de surprises, de partisans
(guerrillas).
Nous allons examiner ces griefs et pitcher d'ex-
pliquer ce que les Espagnols font semblant de ne
pas comprendre, pour tromper l'opinion en Eu-
rope..
I
Les insurgs sont des bands dle ngres, de
sauvages, (le bandits.
Depuis le commencement de la guerre, les
Espagnols s'efforcent de fire croire que la guerre
de Cuba est une guerre de races, et MM. Canovas
et Castelar ont eu l'audace de plaider cette cause
devant la France. S'ils entendent par l que les
ngres et les mtis cubains sont avec leurs com-
patriotes blancs pour faire l'indpendance de
leur pays, ils ont raison, car tous les Cubains,
les riches come les pauvres, la bourgeoisie et
le people comme l'aristocratie sont contre la do-
mination espagnole.
Les Cubains, n'tant pas ceux qui ont fait la
traite, ne voient dans les ngres que des ci-
toyens comme tous les autres. Et la preuve qu'ils
mritent une patrie, c'est qu'ils luttent hroque-
ment pour la conqurir.
Nous n'essaierons pas d'approfondir les causes
du mpris qu'a pour la race noire ce people qui
conserve le fatalisme, l'indiffrence, l'impr-
voyance, la sobrit et l'indolence des Africains
qui ont t les maitres de la Pninsule pendant
huit sicles.
No,.s savons que ce fut l'Espagne qui introdui--

!


sit les ngres Cuba, faisant la traite infme, et
que, plus tard, l'Espagnol contribua largement
augmenter le nombre des mtis. Mme en
Espagne, Barcelone surtout, on compete par
centaines les mtis arrachs des bras des malheu-
reuses mres par leurs pres qui revinrent aprs
fortune faite.
De quel droit rougissent-ils de leur oeuvre et
de leur sang?
Mais, revenant la guerre, ce que les Espa-
gnols ne disent pas, c'est que, pendant la der-
nire lutte de dix ans, ils avaient dans leurs
rangs des milliers de ngres. Ceux qui insultent
(k distance) le brave Maceo, avaient un ngre, le
gnral Pueyo, la tte de leurs soldats blancs,
et mme ils le firent gouverneur de Puerto Prin-
cipe.
Aujourd'hui mme est-ce qu'on ne le sait
pas Madrid? l'Espagne a parmi ses troupes
les bataillons de pompiers de la Iavane, forms
entirement par des ngres. A moins qu'ils n'aient
change de couleur sous le drapeau espagnol...
Il est trs curieux qu'ils tiennent si fort dis-
crditer cette race l'tranger, sans songer
qu'aux Etats-Unis il y a des homes de cou-
leur qui sont dputs et snateurs, et qu'en
France on ne croit pas si malfaisante une race
qui, dans une seule famille, celle des Dumas, a
donn un vaillant gnral, un des premiers ro-
manciers du monde, et ce grand crivain qui
vient de s'teindre pour le malheur des lettres.
Mais si dans tout cela il n'y a qu'une erreur
grossire, quand ils disent que l'insurrection est
une guerre de races, ils mentent avec le mme
cynisme que quand ils affirment que les spara-
tistes sont des sauvages et des bandits.
A commencer par le Prsident, le marquis de
Santa Lucia, tout le gouvernement provisoire est
compos de personnel trs connues dans la
bonne socit.
Parmi les chefs blancs de diffrents grades qui
sont l'immense majQrit, nous nous rappelons:
Miiximo Gmcz, Calixto Garcia, Roloff, Mass,
Serafin Sanchez, Manuel Suirez, Carillo, Rodri-
guez, Pedro Prez, Bernuidcz, Collazo, Echevar-
ria, Francisco Prez, Castillo, Aguirre, Zayas,
Mufioz, Rego, Agramonte, Pina, Masferrer, Cafii-
zares, Rios, Tamayo, Angel Guerra, Portuondo.
Marrero, et beaucoup d'autres qu'il serait trop
long d'numrer.
Toutes les classes sociales sont reprsentes
dans le parti sparatiste : Enrique J. Varona,
ancien dput, le plus grand philosophy de
l'Amrique latine; Manuel Sanguily, le critique
bien connu. Des journalists come M. de la
Cruz et F. Chacin (hritier du comte de Bayone
et de Caldr'n), professeurs de l'Universit
come Agiiero et Antigas; le peintre Armand
Menocal et l'ingnieur du mme nom; le profes-
seur Estrada; des propritaires, des commer-
ants, des notaires, des rentiers, des industries.
Quant aux mdecins et aux avocats, on ne fini-
rait jamais d'crire leurs noms, et nous pour-
rions citer tout de suite une cinquantaine des
plus distingus.
Demandez quelqu'un qui connait l'le de
Cuba s'ils sont des sauvages les jeunes gens qui
portent les noms de: Arango, C;irdenas, Loynaz,
Soto, Forcade, Pedroso, Aguirre, M3aci, Itosell,
Collazo, de la Torriente, Douany, Castillo, etc.
Oi est-elle, la guerre de races?
Ce qu'on pett dire, c'est que tous les Cubains
sont contre la tyrannie espagnole.
Les strangers qui habitent l'le et mn)me les
Espagnols sympathisent avec la Rvolution.
Parmi ces derniers, il y a un grand nombre
L.aii sont dans les rangs sparatistes et on y


r.f


trouve mme des chefs qui, comme Miro et Su-
rez, sont ns en Espagne.
Tout le pays veut l'indpendance, et cela ex-
plique que la Rvolution, comme une traine de
poudre, ait parcouru en moins d'une anne de-
puis les montagnesdu dpartement Oriental jus-
qu'aux portes de la capital, et que son arme
compete plus de 50,000 hommes.,. j
Nous croyons avoir prouv que la premiere
accusation du gouvernement espagnol ne tient
pas debout. Nous dmontrerons, dans la suite,
que les autres ne valent pas mieux.
------- -* --


VICTOR HUGO
Aux femmes Cubaines

Femmes de Cuba, j'entends votre plainte. O
dsespres, vous vous adressez moi. Fugitives,
martyres, veuves, orphelines, vous demandez se-
cours un vaincu. Proscrites, vous vous tour-
nez vers un proscrit; celles qui n'ont plus de
foyer appellent leur aide celui qui n'a plus
de patrie. Certes, nous sommes bien accalis;,
vous n'avez plus que votre voix, et je n'ai plus;
que la mienne; votre voix gmit, la miennel
avertit. Ces deux souffles, chez vous le sanglot,i
chez moi le conseil, voil tout ce qui nous reste.;
Qui sommes-nous ? La faiblesse ? Non, nousI
sommes la force. Car vous tes le droit, et je suis;
la conscience.
La conscience est la colonne vertbrale dei
l'me; tant que la conscience est droite, l'mei
se tient debout; je n'ai en moi que cette force-l,_,
mais elle suffit. Et vous faites bien de vous,
adresser moi.
Je parlerai pour Cuba, comme j'ai parl pour '
la Crte.
Aucune nation n'a le droit de poser son ongle
sur l'autre, pas plus l'Espagne sur Cuba que
l'Angleterre sur Gibraltar. Un people ne possde
pas plus un autre people qu'un homme ne pos-
sde un autre home. Le crime est plus odieux
encore sur une nation que sur un individu; voil
tout. Agrandir le format de l'esclavage, c'est en
accrotre l'indignit. Un people tyran d'un autre
people, une race soutirant la vie une autre
race, c'est la succion monstrueuse de la pieuvre,
et cette superposition pouvantable est un des
faits terrible du dix-neuvime sicle. On voit
cette heure la Russie sur la Pologne, l'Angleterre
sur l'Irlande, l'Autriche sur la Hongrie, la Tur-
quie sur l'Ierzgovine et sur la Crte, l'Espagne
sur Cuba. Partout des veines ouvertes, et des
vampires sur des cadavres.
Cadavres, non. J'efface le mot. Je l'ai dit dj,
les nations saignent, mais ne meurent pas. Cuba
a toute sa vie et la Pologne a toute son me.
L'Espagne est une noble et admirable nation,
et je l'aime; mais je ne puis l'aimer plus que la
France. Eh bien si la France avait encore Ilati, .
de mme que je dis l'Espagne: Rendez Cubat
je dirais la France : Rends Ilati!
Et en lui parlant ainsi, je prouverais ma pa-
trie ma vnration. Le respect se compose de
conseils justes. Dire la vrit, c'est aimer.
Femmes de Cuba, qui me dites si loqucm-
ment tant d'angoisses et tant de souffrances, je
me mets genoux devant vous, et je base vos
pieds douloureux. N'en doutez pas, votre pers-
vrante patric sera paye de sa peine, tant de
sang n'aura pas coul in vain, et la magnifique
Cuba se dresser un jour libre et souveraine
parmi ses sours augustes, les Rpubliques d'Am-
rique. Quant a moi, puisque hus me demanded
ina pense, je vous envoi conviction. A


-.M.






12


23 JANVIER 1896.


tette heure oi l'Europe est couverte de crimes,
.' dans cette obscurit o l'on entrevoit sur des
sommets on ne sait quels fantmes, qui sont des
forfaits portant des couronnes, sous l'amas hor-
rible des vnements dcourageants, je dresse la
tte et j'attends. J'ai toujours eu pour religion
'la contemplation de l'esprance. Possder par
intuition l'avenir; cela suffit au vaincu. Regarder
aujourd'hui ce que le monde verra remain, c'est
une joie. A un instant marqu, quelle que soit la
noirceur du moment present, la justice, la vrit
et la liberty surgiront et front leur entre splen-
dide sur l'horizon. Je remerie Dieu de m'en
accorder ds present la certitude ; le bonheur
qui reste au proscrit dans les tnbres, c'est de
voir un lever d'aurore au fond de son Ame.
Victor Hugo.
Hauteville-House.
L'Europe, o couvaient de redoutables vne-
ments, commenait perdre de vue les choses loin-
taines. A peine savait-on, de ce ct de l'Atlantique,
que Cuba tait en pleine insurrection. Les gouver-
neurs espagnels rprimaient cette rvolte avec une
brutality sauvage. Des districts entiers furent excuts
militairement. Les femmes s'enfuyaient. Beaucoup
se rfugirent New-York. Au commencement de
187b, une adresse des femmes de Cuba fut envoye
de New-York Victor Hugo pour ic prier d'interve-
nir. C'est cette adresse que notre' grand pote
rpondit par la lettre qu'on vient de lire.
(La Renaissance).



IE, COMMERCE DE LA FRANCE
'AVEC L'ILE DE CUBA

Pour qu'on puisse avoir une ide de nos rela-
tions commercials avec l'le de Cuba, nous don-
nons un aperu de celles de 1893.


L'ILE DE CUBA

Nous publions aujourd'hui une carte de l'le
de Cuba, qui permettra nos lecteurs de suivre
plus facilement les progrs de l'insurrection
cubaine, et la march de son arme victorieuse.
Nous avons choisi la demonstration graphique
comme tant le moyen le plus propre donner
une ide exacte de l'tat actuel de la guerre.
La parties blanche reprsente le territoire de
l'le conquis par les Cubains. Celle qui est raye
de noir, reprsente le terrain que se disputent
en ce moment les deux armes, dans les pro-
vinces de Matanzas, la Havane et une parties
de celle de Pinar del .Iio. Le reste de cette der-
nire et les villes qui sont encore au pouvoir des
Espagnols sont reprsents en noir.
La rapidit avec laquelle se succdent les v-
nements Cuba fait que la division de notre
carte n'est plus tout fait exacte. En effet, les
Cubains ont dj envahi la parties noire apparte-
nant aux Espagnols.

L'le de Cuba, la plus grande des Antilles, est
situe l'entre du golfe du Mexique. Elle est de
forme longitudinale, a 1,230 kil de l'E. l'O.,
200 kil. dans sa plus grande larger, et 40 dans
la parties la plus troite. Sa superficie est de
117,000 kil. carrs. Elle est donc plus grande
que certain Etats d'Europe comme le Portugal,
la Belgique, la Hollande, la Suisse, la Bulgarie,
la Serbie, et, dans l'Amrique, le Salvador,
Costa-Rica et d'autres. Pour nous fire une ide
de son importance, il nous suffira de dire qu'elle
est aussi grande que l'Angleterre, except le
pays de Galles.
Grce aux conditions de la colonisation espa-
gnole, il y ise ,-ns cette grande le des contres
presque de 4es. Ainsi s'explique que la po-


Importations en France. 1893.
Caf ........................... 4.608.118
Tabac fabriqu ................. 2.619.116
Eponges brutes ................ 2.374.680
Tabac en feuilles...... .......... 360.562
Eaux-de-vie et liqueurs........... 327.090
Bois.... ............. ...... 294.388
Cacao ........................ 219.447
Bitumes .......... ............ 197i. 175
Ecailles de torture ............... 179.856
Vgtaux divers........... ..... 149.772
Engiais ................. .... 101.600
Peaux et pelleteries ............. 63.011
Cire animal ........... ....... 56.848
Divers.... ..................... 123.404

11.675.077
Exportation de France.


Tissus........................
Orfvrerie ............... .. .
Outils ........................
Or et platine en feuilles..........
Peaux prpares. ..............
Mdicaments...................
Bimbeloterie..................
Matriaux btir.............
Papier et livres.......... ..... .
Vitements ......................
Vins .......................
Machines ....'............... ....
Meubles et instruments de musique.
Poteries et cristaux..............
Parfumeries ....................
Iuile d'olives ..................
Eaux-de-vie et liqueurs.........
Divers......... .................


1.569.124.
564.118
532.158
368.000
325.080
274.572
268.752
247.000
232.130
196.218
185.229
176.710
176.600
170.053
123.186
121.830
90.857
1.062.365

6.683.982


pulation total soit de 1,600,000 habitants, ce qui
n'empche que, mme sous ce rapport, Cuba est
plus favorise que d'autres nations, comme l'Uru-
guay, Le Paraguay, le Salvador, Costa-Rica,
Guatemala, l'Ecuador, la Bolivia, etc.
Sa capital, la Havane, est une grande ville,
et un des ports les plus important de l'Amri-
que. Par sa population ,.",:,ii.ii.I habitants) elle
est la hauteur de Bordeaux, Barcelone, An-
vers, Edimbourg, Dublin, Lisbonne, Dresde, Tu-
rin, Palerme, Rotterdam, Odessa, Montral, San-
tiago du Chili, et au-dessus du Havre, Lille,
Rouen, Gnes, Florence, Venise, Oporto, Sville,
Malaga, Valence, Stuttgard, Hanovre, Stras-
bourg, Lige, La llaye, Athnes, Prague, Trieste,
Lima, Montevido, Thran, Yokoama et beau-
coup d'autres.
Cuba est un des pays les plus riches du monde.
Ses products, surtout le sucre, le tabac, les bois
prcieux, ont une renomme universelle. Quoi-
qu'il y ait des rgions trs tendues qui ne
soient pas cultives, et mme de grandes forts
vierges, rien que sa production de sucre atteint
plus d'un million de tonnes, chiffre norme par
rapport h sa population.




DPCHES ESPAGNOLES

Nous sommes heureux de reproduire cet article
paru dans l'Intransigeant, d la mordante
plume de M. Henri Rochefort, qui a mrit la
reconnaissance des Cubains pour sa champagne
gnreuse et brillante en faveur de l:indpen-
dance de Cuba.
C'est, je crois, rendre service au gouvernement
espagnol que de lui signaler le ct rellement par
trop comique de ses bulletins de victoires. Il doit


MLa contrebande que fait le commerce espagnol
a l'ile de Cuba pour chapper aux droits exorbi-
tants imposs par le fisc, fait que les dclara-
tions, des exportations franaises (tout le monde
le 'ait) sontttoujours fausses. Il est donc impos-
sible pour tout autre qu'un des romplaisants
employs des douanes espagnoles, de savoir.la
vrit.

*


COMBAT NAVAL
entre... deux vaisseaux espagnols


Quand le tlgraphe annona que deux vais-
seaux de guerre espagnols, le Marques dle la
Ensenada et le Molins, s'taient canonns le 24
dcembre dans les eaux cubaines, on ne voulait
pas le croire Madrid, quoique la flotte de Sa
Majest Catholique en aie vu bien d'autres.
Mais le Heraldo, de Madrid, a confirm ses
premires informations en distant :
..... On nous affirme que dans la nuit du 28,
le ministry de la guerre reut un cblegramme
ratifiant la nouvelle et attribuant le fait l'ab-
sence de signaux et au manque de precautions
don't est responsible principalement le comman-
dant du Molins. On nous assure que le ministry,
irrit avec raison, tlgraphia la Ilavane le 29
en de terms svres.
Nous ignorons ce que le gouvernement espa-
gnol dcidera quant aux responsabilits. Mais
pour les Cubains, les commandants ont eu raison
tous les deux.


avoir Madrid, pour les lui rdiger, quelque ancien
vaudevilliste qui n'a pu se dcider perdre les habi-
tudes de son mtier.
Il n'y a pas de jour o les tlgrammes soi-disant
expdis de la Havane n'annoncent la dispersion
des insurgs, qui ont laiss beaucoup d'hommes
sur le terrain . Seulement, de ce qu'on est sur
le terrain il ne s'ensuit pas ncessairement qu'on
soit mort ; de sorte que cet euphmisme peut parfai-
tement signifier qu'aprs avoir battu l'arme espa-
gnole, les Cubains ont couch sur leurs positions.
Il semble, d'ailleurs, que les tlgraphistes gou-
vernementaux aient invent un language special pour
les rcits de batailles. Ainsi, pour indiquer que les
rvolts ont enfonc les bataillons envoys leur
rencontre, les dpches ont adopt cette formule :
Les ennemis se sont enfuis en passant travers
nos lignes .
Et, force de s'enfuir travers les lignes de Mar-
tinez Campos, ils ont fini par arriver aux portes de
la Havane. C'est, du reste, ainsi que les choses se
sont passes pour nous en ,870. Les Prussiens s'en-
fuvaient travers nos lines avec une telle rapidit
qu'ils ont fini par se trouver sous Paris, devant
lequel ils ont mis le sige, faute de pouvoir continue
leur fuite.
La presence de corps insurrectionnels tant signa-
le un peu partout, les dpches de Madrid nous
expliquaient rcemment qu'il n'y avait pas s'en in-
quiter; que c'taient quelques insurgs qui, ne s:-
chant plus o se rfugier, erraient d'une ville
l'autre, tantt s'arrtant ici, tantt filant par l; de
telle sorte qu' force de les voir sur plusieurs points
dans la mme journe, on pouvait les croire assez
nombreux ; mais il n'en est rien, et, comme dans
les pices militaires, ce sont toujours les mmes, qui
quelquefois vont jusqu' changer de costumes pour
mieux tromper leur monde.
Cette faon d'crire l'histoire de la revolution
cubaine rappelle un peu les placards affichs dans
Pkin, en 186o, pendant la guerre franco-anglo-chi-
noise, o le Fils du Ciel nous reprsentait ses


DESCENDANTS. DE FRANAIS

On ignore gnralement, en France, que parmi
les Cubains qui luttent pour leur indpendance.
il y en a un grand nombre issus de parents fran-
eais.
Quand nos compatriotes migrrent en foule
de Fort-de-France, beaucoup se fixrent dans la
parties orientale de l'le .de Cuba, oi ils tabli-
rent des cafires (cafetales), et leur influence
fut telle, que bientt tout le monde mme les
ngres ne parlait dans ces contres qu'un pa-
tois franais, le mme qu'on y parle encore au-
jourd'hui.
Lorsque l'insurrection de dix ans clata en
1868, on 'fut forc de donner aux iisurgs de
cette parties de l'le des chefs parlant leur langue,.
entire autres Flor Crombet, l'hroque gnral.qui
a t tu au commencement de cette second
guerre, et don't le pre tait Franais.
Ainsi, parmi les Cubains qui combattent contre
l'Espagne, nous en trouvons qui portent des
noms bien franeais, quoique quelques-uns aient
change d'orthographe cause de la prononcia-
tion espagnole : Lacret, Betancourt, Grifian
(Grignah), Girard, Garzon, Dubois, Crombet,
Douany, Goulet, .\!,-ii Destournelles et bien
d'autres.
Le clbre,. :nr il de la car lerie cubaine
Sanguily le Murat cubaii est aussi fils d'un
Franais.
Si le courage indomptable.avec lequel ils com-
battent pour :i.ian..1ir leur patrie.de la tyran-
nie espagnole ne leur donnait droit notre admi-
ration, rien que l'origine,-d'un grand nombre
d'entre eux devrait leur assurer en France toutes
les sympathies.


sujets comme des trangers qui taient venus lui
offrir des presents .
Il en est ainsi de Maximo Gomez, qui essaye de
pntrer dans la ville de la Havane afin d'apporter
au marchal Campos des presents que celui-ci s'obs-
tine refuser, mais que, tout porte le croire, il
finira par consentir accepter.
Cependant la distribution des trennes tant ter-
mine depuis dj quelques jours, le gouvernement
espagnol avait song rappeler Madrid ce brave
soldat; mais, dit le correspondent du Temps,
come on craint de lui causer la moindre peine, on
attend qu'il donne sa dmission. Et lui, de peur
d'affliger son gouvernement, se refuse la donner.
Aprs vous !
Je n'en ferai rien.
Ni moi non plus.
Et tandis que Maximo Gomez continue frapper
aux portes de la capital, un sac de chez Boissier
la main, voici c'est toujours le correspondent du
Temps qui a la parole ce que le ministre pnin-
sulaire a dcid :
Si, par une chance inespre, Martinez Campcs se
dcidait prendre sa retraite, le gouvernement lui
choisirait comme remplaant un gnral nomm
Weyler; aprs quoi, on dissoudrait les Corts et on
runirait un nouveau Parlement qui on l'espre
sans en tre autrement sr arborerait vis--vis de
l'insurrection une attitude nergique .
Malheureusement, jusqu' ce jour, c'est du ct
des insurgs que c'est installe l'nergie; si bien
qu'elle les aura fait entrer la Havane trois mois
avant que le successeur de Campos ait t nomm,
que les Corts aient t dissoutes et que le nouveau
Parlement ait t lu.
Gomez et son arme auront donc tout le temps
ncessaire pour s'approvisionner.des nouveaux pr-
sents qu'ils competent offrir au gnral Weyler.
IHenri Bochef/orl.


-,


LA RPUBLIQUE CUBAINE


W:e i



X~la. de pfrLod1


1 --
-----


--- I -- -- --- -- --- ----- -- --- I


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S 23 Janvier 1896.


LA RPUBLIQUE CUBAINE


CASTELAR-PROTE


Le Comit Cubain de Paris a adress au jour-
nal La Patrie la lettre suivante :

Paris, le 12 dcembre 1885.
< Monsieur le Rdacteur en chef de La Patrie.'
Monsieur,
Nous attendons de votre courtoisie et de vos
sentiments bien connus d'impartialit et de jus-
tice l'insertion de ces lignes, en rponse aux vio-
lences de language de M. Castelar, don't vous
avez public l'opinion sur la guerre de Cuba dans
votre numro du 9 courant.
Agrez, Monsieur le Rdacteur en chef, avec
nos remerciements, l'expression de notre plus
haute consideration.

Le Comit Cubain de Paris.
Votre correspondent Madrid a eu une interview
avec M. Castelar, dans laquelle l'orateur espagnol
condamne la guerre de Cjuba, et, avec un incroyable
aplomb, ilaffirme que la revolution n'est qu'une ques-
tion de races, et qu'elle est soutenue seulement par
les ngres. Cela ne nous tonne pas: il a toujours crit
l'histoire de cette faon-l, et ne fait que suivre les
procds de M. Canovas et du duc de Tetouan, qui,
trompant la bonne foi des lecteurs ranais, sont
alls jusqu' affirmer que le gnral en chef cubain,
Maximo Gomez, est un mtis. Pour apprcier la v-
racit de M. Castelar, nous pourrions citer les noms
des chefs de l'insurrection cubaine, qui, l'ex-
ception de cinq ou six, qui nous font honneur, et
qui servent la revolution avec courage, dvouement
et patriotism, tous sont blancs, et il y en a mme
d'Espagnols, comme Mir, Manuel Suarez et
d'autres.
Nous pourrions rpondre galement aux autres
assertions de M. Castelar, mais ne voulant pas abu-
ser de votre hospitality, nous nous bornerons vous
communiquer une curieuse lettre, crite par M. Cas-
telar lui-mme en 1873, et reproduite par presque
tous les journaux espagnols de cette poque, et qui
se chargers de rpondre au Castelar de 1895.
Il est vrai qu'il tait alors l'espoir de la Rpubli-
que, et qu'aujourd'hui il es.t un soutien du trne,
mais on trouvera quand mme plaisant de consta-
ter cette piquante contradiction.
Voici quelques fragments de la lettre :

Mais il faut, il est indispensable que nous ne
fidhs pas tout aux armes; si nous avons perdu d-
finitivement l'amour de ce people, nous ne pourrons
pas le reconqurir par la force.
On peut tout force, excepter la conscience d'un
people, et si nous le gardons, comme je l'espre, il
n'y aura pas un autre moyen de le dominer que la
libert.
Dans cette affaire, on a commis deux fautes trs
graves.
Le gouvernement espagnol a commis la faute
de retarder trop la concession de la libert. Et le
people cubain a commis la faute de recourir trop
tt, aprs unesilonguepatience, la revolution la-
quelle il n'avait droit que quand toutes ses esp-
rances seraient perdues.

Je le condamne surtout pour son impa-
tirece. Mais aprs avoir fait cela, rien de plus, abso-
lument rien : personnel ne m'arrachera une autre
concession qui rpugnerait ma conscience, qui
rpugnerait surtout mon patriotism.
Aprs avoir dclar qu'ils n'ont pas raison, pour
le moment, je dclare, comme si j'allais me prsen-
ter devant Dieu, qu'ils ont raison pour tout ce
que nous avons fait contre eux dans toute la suc-
cession des temps, et surtout dans les temps mo-
dernes. On n'enchaine pas la conscience huniaine
sans qu'elle ne protest. On ne condamne pas des
gnrations vivre hors de toute participation la
vie publique sans qu'elles ne se lvent.furieuses en
armes, pousses par l'aspiration la libert. On n'-
loigne pas un people de la participation la vie pu-
blique sans qu'il ne la cherche par tous les che-
mins, mme par le chemin des temnptes. Tout ex-
cept la mort politique.
Les peuples se refusent mourir politiquement
comme les hommes se refusent mourir naturelle-
ment. Et, quand ces peuples appartiennent au Nou-
veau-Monde, qui est le monde de la dmocratie;
quand ils ont prs de la mmoire le souvenir de
l'indpendance de leurs frres; quand ils ont de-
vant leurs yeux le spectacle des Etats-Unis, alors
leur dsir est plus vif et plus imprieux, le besoin
qu'ils prouvent d'exercer ces droits fondamentaux,
humansn, sans lesquels la vie est triste, odieuse,
impossible.
..... Pendant le regime constitutionnel, nous
avons trait mal, trs mal, nos colonies. Nous leur
avons envoy des gouverneurs militaires. Nous les
avons empches de grer elle-mmes leurs affaires.
Nous avons loign la jeunesse des affaires pu-
bliques, sans lui permettre mme l'espoir de la
libert.
Le mal, comme tant d'autres, provient principa-
lement de l'erreur de 1837, de cette funeste anne
qui rappelle tant d'erreurs.
Nous promises aux provinces d'outre-mer des
lois spciales, et jamais, au grand jamais, on n'a tenu
les promesses. Les annes passaient, les gnrations
se succdaient, et la libert ne se montrait pas aux
Antilles. Cela produisait une colre horrible ceux
qui contemplaient de si prs le magnifique spectacle
de l'Amrique anglaise.

Les dlegus cubains arrivrent, soit dit en leur
honneur, pleins des meilleures intentions. Pour la


premiere fois peut-tre dans l'histoire, les possesseurs
d'esclaves, eux-mm es, denmandaient l'abolition de
l'esclavage. Le dsir le plus vif de ces dlgus tait
de rester libres, mais unis la terre espagnole. Mais
les rclamations furent inutiles : la tyrannie con-
tinua, et continue aussi le dsespoir.
Le moment de la revolution arrivait, le gouver-
nement provisoire ngligea d'envoyer la libert par
le tlgraphe, et la perte de ces moments fut come
la perte d'un sicle.
Il n'y a qu'un moyen de garder Cuba: dcrter son
autonomie et son union par un lien fdral avec
notre mre patrie.
Votre affectionn,
Emilio Castelar.
Eh bien, cette autonomie que M. Castelar prco-
nise, nous l'avons demande pendant dix-sept ans
sans le moindre succs.
Nous voyons que M. Castelar pensait que les Cu-
bains, en ayant complete raison, n'avaient tort que
pour le moment, par leur impatience, et il disait cela
en 1873! Nous sommes la fin de 1895, et la pa-
tience que M. Castelar trouvait silongue dj cette
poque loigne, a support encore pendant vingt-
deux ans le lourd fardeau et la honteuse ignomi-
nie des vexations, des brutalits, des lches
exploitations d'une administration rapace et cor-
rompue.
Oui, encore une fois, la libert ne s'est pas mon-
tre aux Antilles, et nous sommes sr qu'elle ne se
montrera jamais, car l'Espagne n'accorde que ce qu'on
lui arrache. Dcids exercer ces droits humans sans
lesquels, comme dit M. Castelar, la vie est triste,
odieuse, impossible, les Cubains luttent aujourd'hui
comme ils ont lutt autrefois, pendant dix ans,
comme ils lutteront encore et toujours, jusqu'au
jour o ils auront conquis la libert de leur patrie,
qui, dbarrasse du joug odieux de la tyrannie espa-
gnole, ne tardera pas devenir un people digne et
respect.


------^. L-------.


LES EMPRUNTS ESPAGNOLS


Il est trs important pour nous de savoir la
vritable situation des affaires de Cuba. Non seu-
lement il y a de nombreux Franais qui ont
l-bas des intrts considrables et d'importantes
relations de commerce, mais il faut aussi que
notre march se rende compete de l'tat des
finances espagnoles.
Etant au courant des affaires, nous voulons
prvenir nos compatriotes contre le nouveau
rack qui nous menace et qui doit se produire
fatalement si.les emprunts espagnols trouvent
encore parmi nous des souscripteurs.
Depuis longtemps le Franais est la tte de
Turc dsigne d'avance toutes les entreprises
vreuses; les bas de laine sont la proie facile
convoite par tous les entrepreneurs de mines.
Le krack de l'Union gndrale, l'affaire des
cuivres, le Panama, n'ont pas guri la crdulit
franaise, et les victims de Cornlius llerz et
d'Arton se sont laiss prendre encore une fois
l'appt d'un nombre fantastique de mines plus
ou moins d'or.
Et come ce n'est pas assez, voil que le gou-
vernement espagnol se met de la parties et nous
demand aussi de l'argent.
Que l'pargne franaise mettre de l'empresse-
ment aider la Russie, cela se comprend, puis-
qu'elle est notre amie et notre allie; mais de
quel droit l'Espagne, infode la politique de la
triple alliance, nous demande-t-elle des millions?
Et encore, si c'tait pour de bonnes affairs.
Mais il ne faut pas tre grand clerc pour enfer-
mer dans un dilemme les lanceurs espagnols : si
l'iniiirrie:lchun triomphe, qui paiera la note? Et
si les E-p.i-i ls ont le dessus, avec quoi paierait
'ile de Cuba ? Dans le premier cas, l'Espagne
ferait la sourde oreille, et mnme, en acceptant
le pavement de sommes qui ne fig'rent jps dans
son budget, dans quelles conditions et dans com-
bien de temps paierait-elle ? Dans le second, pour-
rait-elle forcer a payer une colonie don't le budget
se soldait chaque anne, mme acani( la guerre,
par un deficit toujours croissant, et dont'la r-
colte d'une anne est tout fait perdue ?
Mais cette dernire hypothse ne rsiste pas a
l'exainen. Si l'autre guerre de Cuba 1868-78 a
dur dix ans, les insurgs, n'ayant jamais eu,
plus de 7.000 homes dans leur arme, et s'est
termine par un pacte, que faut-il attendre de
celle-ci qui, onze mois aprs le soulvement,
compete plus de 30.000 homes et a port son
drapeau triumphant dans toutes les provinces et
jusqu'aux portes de la capital.
Mais ce qu'il y a de plus grave, c'est la situa-
tion financire de l'Espagne.
Pour n juger il suffirait, la rigueur, de se rap-
peler les efforts faits dernirement par cette nation
pour obtenir, grand fracas, une some qu'un
banquier quelconque aurait trouve en quelques
heures. Et encore il lui a fallu chercher cette


some l'tranger, car les Espagnols mettent
peu d'empressement souscrire aux emprunts
de leur gouvernement. Est-ce faute d'argent ou
de patriotism? Non, du premier il en reste en-
core quelque peu de l'autre ct des Pyrnes, et
du second il en reste toujours trop. C'est qu'ils
connaissent la'situation, la vraie, et non seu-
lement on sait que l'le de Cuba est perdue pour
l'Espagne, mais on est sr que dans la pninsule
mme, quelque chose de trs grave doit se pas-
ser bientt.
Mais voyons quelques chiffres, La guerre
cote l'Espagne un million de francs c'est-
-dire de pesetas par jour. On voit qu'on
n'exagrait pas en distant que, en une anne, on
ne dpenserait pas moins de 400 millions. Le
gouvernement de Madrid comptait, pour obtenir
cette some, tirer 100 millions des rentes de
l'Ile, et environ 300 par des emprunts; mais la
tactique du gnral Gomez, qui a russi envahir
toutes les provinces et empcher la rcolte de
canne a sucre et celle du tabac, rduit nant
les calculs concernant 'Ile.
Quant aux emprunts, il est facile de prvoir ce
qui arrivera, car tout le monde connat la situa-
tion des finances espagnoles. Il suffit, pour s'en
rendre compete, de lire ce que dit le Heraldo, un
des premiers journaux de Madrid:
Nous avons appel l'attention du gouverne-
ment et du public sur l'augmentation de la cir-
culation fiduciaire,.en faisant remarquer que,
si elle arrivait un milliard, cela produirait,
surtout l'tranger, un dplorable effet pour
notre credit. El Liberal constate amrement
qu'elle dpasse 1.007 millions.
D'aprs le IHraldo, la circulation des billets,
qui tait la fin de 1890 de 730 millions, a aug-
ment chaque anne pour arriver, au commen-
cement de 1896, a la some norme don't nous
parlons plus haut. Rien que du 23 mars ces
jours-ci, l'augmentation a t de 103 millions, et
le mme journal demand : Est-ce avec ces
procds qu'on fera face aux normes dpenses
extraordinaires d'un million de pesetas par jour
qu'exige la guerre de Cuba?
Et cependant, l'Espagne ne veut pas cder
dans cette guerre o les torts sont tous de son
ct; elle veut la continue ( cote que cote ,
et s'offrir (se payer serait trop dire) le luxe d'en-
tretenir, inutilement d'ailleurs, une arme de
150.000 hommes sur le pied de guerre aux colo-
nies. Et comment? M. Canovas l'a dit un rdac-
teur de la Noucelle Revue Internationale : en
faisant... de nouveaux emprunts ...
Ces emprunts, on les fera a Paris. On nous a
dit, comme toujours, que nous. ne devions pas
nous laisser enlever les affaires par d'autres na-
tions; mais on n'en parle pas aux Anglais ni aux
Allemands. A quoi bon, ne sommes-nous pas.
ici? N'ont-ils pas tout prs, Paris, le march
tout fire, come ils disent ?
Voil l'pargne- franaise avertie. Dcidment,
les valeurs espagnoles ne sont pas tout fait un
placement de pre de famille.


--------^ .-------


LES FINANCES ESPAGNOLES


L'Espagne et Cuba. Une dpche de Ma-
drid announce que dans la dernire reunion du
Conseil des ministres, le ministry des colonies a
expos que du train don't vont les dpenses de
guerre i Cuba, il aura bientt puis les ressour-
ces obtenues des banquiers trangers moyennant
garantie des bons cubains.
Comme tout fait pressentir que la lutte se pro-
longera, il devient ncessaire de chercher 'de
nouvelles combinaisons pour obtenir des fonds.
Le ministry des colonies, ajoute la dpche, pr-
frerait s'adresser la Banque d'Espagne qui
fournirait des avances au fur et measure dle la
guerre de Cuba.
Cette information trahit une situation trs
grave; elle contrast singulirement avec les
dclarations optimistes que faisait encore tout
dernirement le ministry des finances au corres-
pondant d'un journal -anglais.
Si on la prenait, en effet, au pied de la lettre,
elle prouverait que la guerre de Cuba a ddj en-
glouti les 1,2653,000 billets cubains 5 0O que la
la loi du 2!> juin 1895 avait mis la disposition
du ministry des colonies; mais en admettant
mime qu'elle ne fasse allusion qu a l'imnossibi-
lit o se trouve le gouvernement d'obtenir lde
nouveaux crdits sur un gage aussi discutable,
elle n'en appelle pas moins l'attention.
Dans les circonstances actuelles, le recourse du
gouvernement la Banque d'Espagne ne peut


qu'aggraver la crise conomique don't souffre la
Pninsule. A l'heure qu'il est, la circulation fidu-
ciaire de la Banque d'Espagne s'lve un mil-
liard environ et la contre-partie des billets est
reprsente jusqu' concurrence de 600 millions
par du 4 0/0 amortissable ou des obligations du
Trsor.
Demander, dans ces conditions, de [nouvelles
avances la Banque d'Espagne, c'est l'obliger
grossir encore sa circulation dj hors de pro-
portion avec les besoins normaux du pays; c'est
augmenter, mme avec la frappe de l'argent
don't le gouvernement use inconsidrment, les
embarrass montaires du pays; en un mot, c'est
faire du billet de Banque un vritable papier-
monnaie.
A ce point de vue, l'Espagne se trouverait dans
une situation plus critique encore qu'elle ne
l'tait il y a vingt ans, au temps du soulve-
ment carliste et de la premiere insurrection cu-
baine.
Encore s'il ne s'agissait que d'un effort passa-
ger faire,.s'il tait permis d'entrevoir le terme
de la guerre actuelle, cet expdient ne prsente-
rait pas les mmes dangers.
Malheureusement pour l'Espagne, rien ne faith
prsumer qu'elle soit au bout de ses preuves.
Loin de perdre du terrain, l'insurrection en
gagne chaque jour davantage.
Au dbut, elle s'tait localise dans quelques
districts; elle s'tend aujourd'hui quatre pro-
vinces.
Dans l'une d'elles, les sparatistes occupent
un territoire de plusieurs milliers de miles car-
rs.
Du reste, fidles leur tactique habituelle, les
insurgs vitent autant que possible les batailles
ranges; ils se bornent harceler les colonnes
isoles, les surprendre, faire sauter les trains
l'aide de la dynamite et dvaster les planta-
tions. Ce systme oblige le marchal Martinez
Campos dissminer ses forces qui, malgr les
150,000 hommes don't il dispose, sont insuffi-
santes pour assurer, la fois, la protection des
proprits menaces, occuper fortement les villes
et les centres de population o le sparatisme
compete des partisans et former les corps d'op-
ration.
Mme dans le cas d'une grande victoire des
troupes du gouvernement, la lutte, selon toute
vraisemblance, se prolongera encore longtemps,
en tout cas, bien au del des premires prvi-
sions du gouvernement.
Peut-on esprer que l'Espagne, qui en est dj
rduite expdier ses recrues Cuba et don't le
Trsor est sec, touvera les resources nces-
saires pour vaincre l'insurrection sans que ses
cranciers aient subir d'aucune faon le con-
tre-coup de ses preuves. Nous voudrions le
croire, mais les prcdents sont l pour rappeler
aux porteurs de fonds espagnols les sacrifices
qui, dans des circonstances analogues, leur ont
t imposs.
(Le Journal Financier.)

Sous l'influence de la baisse des places tran-
gres et des nouvelles de l'ile de Cuba, la Bourse
de Madrid a t fort mal impressionne. Elle n'a
pas bien accueilli la nouvelle des pourparlers en-
gags par le ministry des colonies avec le con-
seil de la Banque d'Espagne pour recommencer
obtenir des advances garanties sur ce qui lui
rest de bons cubains (le 1890, c'est--dire envi-
ron 350 millions de picettes.
Il ne s'agit, pour le moment, que d'obtenir 50
millions de picettes, parce que toutes les avances
antrieures de la Banque d'Espagne, et presque
toutes les avances obtenues des banquiers tran-
gers sont dj puises avec les dpenses de-la
guerre de Cuba, qui auront absorb, de fvrier
1895 janvier 1896, prs de 300 millions de pi-
cettes nominales de 5 0/0 et de 6 0/0 cubains.
On continuera donc tirer de la Banque d'Espa-
gne des advances jusqu' ce que les Corts se ru-
nissent en 1896 pour voter de nouveaux crdits
et de nouvelles leves. Il est devenu vident que
la guerre durena plus longtemps qu'on ne s'y
attendait.
Les chemins de fer espagnols ont subi l'in-
fluence de toute la cote espagnole. Le Saragosse
a pass de 121.25 113.75 ; le \ord del l'Espa-
gne de 90 85 ; les Andalous de 125 101.25.
(Le Temps.)

------ ^-----

LE aMINISTRE DES FINANCES

Notre confrire La Rrnaissance se demand
quelle garantie peut donner M. Navarro Rever-
ter, ministry des finances, surtout ici Paris o
il est si bien connu la Pourse?

k


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4 LA RPUBLIQUE CUBAINE


23 JANVIER 1896.


LA PRESS FRANAISE
Et la guerre de Cuba

L'Insurrection Cuba. Les nouvelles de Cuba
sont d'une gravit incontestable. Il faut, sans doute,
largemeritescompter celles qui sont de provenance
exclusivement amricaine et qui se ressentent un
peu trop des tendances et des sympathies de la po-
pulation de la grande Rpublique. En tenant compete
de cette.dduction ncessaire, il n'en demeure pas.
moins un rsidu de faits incontestables, bien propres
alarmer l'Espagne.
L'insurrection, qui tait ne et qui avait grand
'dans la parties orientale de la grande ile, compara-
tivement peu peuple et couverte d'une brousse
paisse, n'a pas cess de se propager vers l'occident
c'est--dire vers les grandes villes et le centre de
la domination espagnole. Pas pas, elle a envahi
province aprs province. Elle avait eu pour berceau
Santiago-de-Cuba, l'extrmit est, cette vaste pro-
vince de 34,400 kilomtres carrs qui ne compete que
230,ooo habitants et don't la brousse offrit un incom-
parable asile aux premiers insurgs, ces petites
bandes mobiles, composes d'excellents cavaliers et
fort bien montes. Bientt ce fut la province limi-
trophe de Puerto-Principe, puis celle de Santa-Clara
qui furent envahies.
Pendant que ces progrs s'accomplissaient lente-
ment entire fvrier, date de l'explosion de la r-
volte, et l'automne dernier pendant que les re-
belles s'emparaient de force petits postes, suivaient
la tactique excellent de ne jamais s'attaquer des
corps de troupe considrables et levaient des contri-
butions, plus ou moins forces surles planteurs, leur
cause trouvait un appui prcieux l'tranger.
Aux Etats-Unis, le gouvernement fdral s'est bien
piqu d'observer officiellement la neutrality avec
.toutes les obligations qu'elle impose, mais les ci-
toyens et mme quelques gouvernements d'Etat ne
se sont pas fait le moindre scrupule de tmoigner
efficacement leurs sympathies aux iisurgs. Avec le
sens pratique qui caractrise le Yankee et don't sem-
blent se pntrer, par contagion, les residents tran-
gers aux Etats-Unis, on a organis comme une af-
faire l'entreprise de l'Indpendance cubaine. Une
mission de titres intelligemment placs a atteint le
double objet de fournir des fonds qui sont le nerf de
la guerre et d'intresser la cause des rvolts les
porteurs qui rvent de toucher des dividends.
Ces syndicats ont russi faire passer Cuba des
armes perfectionnes, des canons d'un calibre res-
pectable, des munitions en abondance et des volon-
taires nombreux. Grce ces secours, l'insurrection
n'a cess de gagner du terrain.
L'Espagne s'tait pourtant dcide faire l'effort
ncessaire pour conserver la Perle des Antilles, le
dernier dbris de l'immense empire colonial que lui
avaient cr en Amrique les Colomb, les Cortez et
les Pizarre. Le seul choix du marchal Martinez
Campos indiquait assez l'nergie de ces resolutions.
On n'envoie pas un personnage de cette envergure
quand on n'a pas form, le dessein de vaincre, cote
que cote.
Cependant le temps s'coulait et le marchal
Campos ne faisait rien ou du moins ne livrait que
de petites escarmouches. Il est vrai que la press
supplait, par la fcondit de son imagination,
cette strilit d'action et que, s'il fallait en croire ses


bulletins de victoire, il ne devrait pas rester un seul
des chefs insurgs, Maceo, Gomez, Roloff, don't
chacun a succomb dj plus de vingt fois, mais
qui ont la mauvaise habitude de ressusciter rgu-
lirement de mme que leurs bandes.
(Le Temps.)

.. .......i ,e..... .. ...... ..- -. .. ... .. .
Comment tout cela finira-t-il ? C'est ce qu'on se
demand. Ai poster l'ardua sentena, comme disait
le pote italien. Mais en attendant les millions s'en
vont, et en vrit, les normes sacrifices de l'Espagne
devraient vite trouver leur rcompense. Dans deux
mois le yomito fera plus de victims que la guerre,
et dans trois, les pluies torrentielles recommenceront
et rendront la champagne bien difficile. Et tout cela
cote un million de pesetas par jour.
(Le Figaro.)


L'insurrection Cubaine. -L'insurrection cubaine
semble tre entre dans la voie des succs dcisifs et
des ralisations attendues. On peut douter de l'au-
thenticit de certaines dpches expdies d'Am-
rique et qui attribuent aux soldats de Maceo et de
Gomez une march trop htive, aux troupes de
Martinez Campos une retraite trop prcipite ; mais
les informations des grands journaux de New-York
mritent encore plus de crance que les communi-
qus officieux, abrgs l'excs, de la press madri-
lne. Si l'arme espagnole n'est pas ds maintenant
rejete vers le golfe du Mexique, si la revolution n'a
pas encore port son drapeau jusque dans les rues
de la Havane, le moment n'est pas loin o les aspi-
rations des nationalists cubains triompheront.
La raret mme des renseignements que le Cabinet
de Madrid livre la publicity, la rigueur impitoyable
de la censure, attestent la gravit de la situation. Et,
malgr tout, la vrit russit percer.
On sait que le soulvement, parti des broussailles
de l'Est de la grande le, a gagn successivement le
Centre et l'Ouest. On a appris, il y a huit jours, que
Gomez n'tait plus qu' quatre-vingt-dix kilomtres
de la Havane.

La guerre dure depuis onze mois. Elle a t con-
duite avec une incontestable habilet par les chefs
qui ont assum la charge difficile, mais glorieuse,
d'affranchir Cuba. Quelque sympathie que nous
prouvions pour le people espagnol, si digne dans
ses revers, si loyal dans ses relations, nous devons
dire la vrit, reconnatre la justice l o elle brille.
Maceo, Gomez, tous ceux qui luttent leurs cts,
ont pu user de moyens rprouvs par le code habi-
tuel de la guerre. L'incendie, la bataille la bombe,
les collisions prmdites de locomotives, heurtent
sans doute les derniers scrupules humanitaires qu'on
pretend apporter dans les plus sauvages gorge-
ments d'Europe; mais l'insurrection cubaine ne
saurait tre assimile un Etat de l'Ancien Monde.
Il ne s'agit ici ni d'un litige d'amour-propre, ni de
la conqute d'une province. Ce qui est en jeu, c'est
l'un des principles levs que l'esprit moderne a con-
sacrs, et que la Rvolution franaise mit pour la
premiere fois en lumire: le droit d'un group
d'hommes affirmer sa nationalit et choisir son
gouvernement. En recourant des armes insolites,
l'insurrection cubaine n'a pas manqu l'honneur.


Si le gouvernement madrilne avait accord, ds la
premiere heure, Cuba les franchises que l'Angle-
terre, par sagesse politique, confra au Canada et
l'Afrique australe, l'union entire l'Espagne et sa
belle colonie n'et plus subi aucune atteinte. Mal-
heureusement, les hommes d'Etat de la Pninsule
ont voulu sauvegarder des intrts de race et de
classes, des traditions de despotisme social et cono-
mique que l'poque contemporaine ne saurait res-
pecter. 'a t l'erreur de M. Sagasta, de M. Cano-
vas, de tous leurs collgues, de croire qu'on peut
administer une annexe, peuple de deux millions
d'hommes mancips par le travail et par l'instruc-
tion, comme l'on exploitait, il v a deux sicles, les
savanes des Carabes. Place en face d'un hmicycle
de Rpubliques libres, Cuba devait aspirer leur
sort. Il tait fatal, conforme toutes les experiences
de l'histoire, qu'elle aboutit ses fins.,
Aujourd'hui, le gouvernement espagnol n'a plus
choisir qu'entre deux solutions : la continuation
de la lutte avec la dfaite inevitable et la proclama-
tion prochaine de la Rpublique cubaine, ou
l'abandon de toute vise absolutiste, la reconnais-
sance des droits de la grande le, l'tablissement la
Havane d'un Parlement qui gouvernera d'accord
avec un commissaire de la Mtropole.
La raison, le patriotism, le sens pratique, com-
mandent au Cabinet de Madrid de cder la justice.
(Le Petit Parisien.)
La Havane est bien dfendue, si l'on peut en
croire les indications officielles; et comme les in-
surgs ne disposent ni d'une artillerie suffisante ni
de navires pour oprer dans la baie, le marchal
probablement pourra tenir la Havane assez long-
temps. Mais tout le pays se trouvera entire les mains
des insurgs et les Espagnols seront dans la situa-
tion des Anglais auxquels, finalement, rien n'tait
rest en France que le port de Calais. Dans ces
conditions, le gouvernement provisoire de la R-
publique cubaine obtiendra facilement sa recon-
naissance, au moins par les Rpubliques amricaines,
grce la recrudescence du panamricanisme. Cela
suffira pour la constitution de la nouvelle Rpu-
blique, laquelle un puissant syndicate, oprant
New-York, fournira les moyens pour jeter les bases
d'une existence indpendante. L'le de Cuba est
l'enjeu des Espagnols dans la bataille de Matanzas;
une dfaite des insurgs ne signifierait aucunement
la fin de l'insurrection. (Le Soleil.)
Si le marchal ne fait pas plus, c'est qu'il n'a pas
la possibility de faire autrement. Est-ce qu'un
homme comme lui voudra se discrditer et compro-
mettre les intrts confis sa garde, pour faire
plaisir ses adversaires ?
.............. ............................. .. .
Mais il voit que l'opinion lui est contraire, qu'il
lutte, en mme temps, contre les insurgs, le climate,
l'insuccs, les ministres qui ont mis en avant le nom
du gnral Weyler, don't l'envoi Cuba, comme
gouverneur gnral, serait une vritable catastrophe,
et devant toutes ces contrarits, il a bien le droit de
dire qu'on ne se moquera plus de lui et qu'il ne se
prtera pas plus longtemps cette comdie.
.. ... .... ... ............. .. .... ...... ..
La guerre cubaine tant forcment longue et co-
teuse, on veut maintenant faire retomber sur lui seul
la responsabilit de tout ce qui arrive. Il sera plus
utile et plus sa place aux cts de la Rgente, pour
qui il a un vritable culte. S'il doit se passer Cuba


quelque chose de trs funeste, le marcal, come
n'importe qui, sera impuissant l'viter, et si les
suites d'un gros venement doivent retentir Madrid,
lui, l'homme le plus fidle de la dynastie, doit se
trouver Madrid.
M. Canovas ne trouve pas toutes ces raisons suffi-
santes pour croire une dmission qu'il feint d'igno-
rer. Tant mieux! Quant nous, nous maintenons
notre information, et les vnements, plus forts que
les homes, nous donneront raison.
................................... ......
Eh bien! pour la dmission du marchal, nous
persistons dire l'honorable M. Canovas, ne lui.
en dplaise, que cette dmission est en route, et
qu'il vaudra mieux l'accepter tout de suite, car -le
retour du marchal est plus urgent qu'on ne le croit
dans le monde politique madrilne, o l'on ignore
tant de choses.
(Le Figaro.) Mondragn.
Nous avons soulign certaines phrases, parce que
Mondragon (M. Eusebio Blasco) est Espagnol, ce
qui donne plus de poids, dans ce cas, ses dcla-
rations.
Les nouvelles de Cuba deviennent de plus en plus
graves. *
Depuis de longs mois, imitant en cela notre gou-
vernement du 4 Septembre, le gouvernement ma-
drilne dite, chaque jour, un lot de dpches qui
nous montrent invariablement les insurgs battus
avec des pertes considrables, tandis que les Espa-
gnols sortiraient intacts de toutes les rencontres.
La vrit est que l'insurrection n'a cess, au con-
traire, de faire des progrs.
Malgr les forces trs considrables envoyes d'Es-
pagne, malgr tous les sacrifices de la mtropole,
elle chappe tous les coups dirigs contre elle,
esquive toutes les colonnes lances sur ses traces,
tend de plus en plus le champ de son action, de
ses coups de -main, de ses ravages, terrorise de plus.
en plus le pays.

La conduite du marchal Campos est svrement
critique dans les cercles militaires. Le gouverne-
ment, toutefois, serait dcid le maintenir dans
son commandement.
Un autre gnral ferait-il mieux ? Il est permits
d'en douter.
La nature des lieux, l'organisation des insurgs,
paralysent l'action des troupes espagnoles.
(L'Autorit.)
De la Patrie, don't on connat bien les sympathies
pour l'Espagne, qu'elle a, du reste, avoues :
Un haut personnage, que ses functions offi-
cielles m'empchent de nommer, m'a dit :
Chaque jour, les nouvelles les plus mauvaises
arrivent de Cuba. On doit s'attendre un dsastre.
Le marchal Martinez Campos a inspir confiance
ds l'abord. Aujourd'hui, on se perd en conjectures.
On n'a plus confiance en personnel. II y a partout
de la pourriture. Notre pauvre charpente gouverne-
mentale ne tient plus debout; elle oscille; elle va
crouler.
L'administrateur-lgrant : G. ETARD.
PA.is. Imprimerie sp ciale do la Rdpublique Cubaine
20, rue Baudin.


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