Citation
Description des débouquements qui sont au nord de l'isle de Saint Domingue

Material Information

Title:
Description des débouquements qui sont au nord de l'isle de Saint Domingue
Creator:
Jacques Nicolas Bellin
Publisher:
Versailles, Impr. du Département de la marine
Publication Date:
Language:
French

Subjects

Subjects / Keywords:
Caribbean
Haiti
Geography
Saint Domingue
Cartes
Maps
Mogane
Mole St. Nicolas
Inague
Caie de Sable
Samana
Caique du Nord
Frankey
Saint-Philippe
Saline
Spatial Coverage:
Haiti

Notes

Funding:
Digitized with funding from the Digital Library of the Caribbean grant awarded by TICFIA.
Creation/Production Credits:
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DjESCRIPTION

GEOGRAPHIQUE DES

DEBUQUEMENS

QU soNT AU NORD DE L'ISLE

DE SAINT DOMINGUE

Avec des Cartes et des Plans (es Ike

qui forment ce-s Paffages,

Et des Dangers qu s y tronvent

POUR LE SERVICE l)ES VIISSE'AUX' DU ROY

aIr r ib MI. LE DIUC DE PRASLIN
/ t.
Zr(7e' et %c'reta a cat, vant-







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le .A;artemzent cde laz Jlarmne

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D12BOUQUEMEN S


QUI


SONT AU NORD DE L'ISLE


SAINT-DOMINGUE.


Multi pertranfibunt, & augebicur Scientia ....
Bacon.


A VERS


A I L L E


UE L'IMPRIMERIE DU DiPARTEMENT DE LA MARINE:


1~~*


M. D C C L X X I I


DESCRIPTI

DES


DE


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I.


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I



r4


T


DES


INTRODUCTION,


CHAPITRE


Debotzquement de
Defcription du A
Remarque pour
Nicolas,
AR T


CLE


B


L


E


S.


page
PREMIER.


5
7
Saint-
9


IER.


PREM


Route pour le de'bouquement ,


La grande Inag
Remarque fur.


ue ,
les Mouillages de


de la grandg Inague ,
La petite Ina
A R T


I C L E


Route dans le Dbouquement
gue ,


L 1 r
ibid.
la partie occidentale
14
17
I I.


depuis


la grande


19


AR T


I C L E


Remarques fur les Ifles au Chdteau,
& Krooked,


Remarq
Autres


Aklin,


que pour debouquer, '
remarques fur les Ifles d'Aklin ,


la Fortune


20
23
de la Fortune


& de Krooked,


a z


A


C H A P I T R E


Krooked,
ole Saint-Nicolas ,
mouiller dans la Bate ou.Mole


III.


4



'TABLE DES


ARTICLE


CHAPITRES.


IV.


Variation


&


courans ,


page ;o


C H.A P


I


Dbouquement de Mogane


TRE


II I.


& de Samana,


AR T


ICLE


PR E M


Les Ifles Plates,
AR T


entree Samana


C L E


&Frankey ,
I I.
& Mouillage


34


I C L E


II.


& Krooked,


ARTICLE
Ifle de Samana,
ARTICLE


de Mogane,
CHAPITRE


Ddbouquement des
ARTI


Les Fonds Blancs l'Ilet de Sable


AR T


La petite Caique ,
environs ,


AR TI


I C L E


36


I I I.


33


IV.


I .


42-


45


47


aux


49


III.


ou Caique du Nord,


N


32Z


IER.


Pajage


Ifle


Caiques,
CLE PREMIER.


N'Iflet de Sable ,


La grande Caique,


A
Yi
r












a













f y


Anfe au Canot,
Anfe a 1'Eau & l'Ile
Ie des Pins,
Remarques fur le Placet
Baffle Saint-Philippe ,


des


Pins ,


des Caiques ,


I V.


page 6z
64
67
69
ibid.


Debouquement des Ifles Turques ,


AR T


I C L E


Route pour le Debouquement ,


ART


Sandkee,


I C L E


ou Caie de Sable,


Remarque fur la Caie de Sable,
AR T I C L E
Seconde Ije Tuj ue nommee la p
Autre Remarq r l'Ifle Turque
Saline ,
A.R T I C L E
Troi ieme Ifle Turque, nomme la
AR T I C L E
Remarques fur les Iflots qui font
Turques,
C H A P IT


74


PREM.IER.


75


I I.


77
8o


I I I.


petite Saline 84
nommee la petite
88
Igve
grande Saline, 9 r


V.


des Ifles
96


V.


Le *Mouchoir Carre & la Caie


CHAP ITRES.


C H A P I T R E


TABLE DES


dans l'Efl


98


d' Argent ,


R E


F:


TABLE DES CHA


ART


I CL E


AR T


PREI


I C L E


La Cai; d'Argent ,
CHAPITRE
Remarques fir une partie de la
de Saint Domingue entre le
Samana ,


Le Cap Frangois ,
Remarque pour entrer au Cap ,
Cote depuis le Cap jufqu'au Port
Bayaha,
Bayaha ou Port Dauphin,
Baie de Mancenille, & les Iles d
La Grange,
Les Ifles des Sept Freres ,
La Pointe Ifabelique ,


I


C.


D


es


TRE


Le Canal de Bahama & la Prefqu'ilei


Prefqu'ile de la Floride ,
Saint-Auguflin de la Floride,
C Hi A P I T R E
Defcription des Ifles Bermudes ,
Remarques fur la longitude des I


les


Fin de la Table des Cha


Le Mouchoir Carre


PITRES.
MI ER.
ibid.
I I.
page 1oo
VI.
Ate Septentrionale
Cap Francois &
109
ibid.
ITO
Dauphin, autrefois

113
Sept Freres, 115
117 w

S12.
VII.
de la Floride, 1
12.8
1'1
VIII.
134
Bermudes 146
pitres.



I


CHAP


1





T A B

DES CARTES E

k I RTES des Debouquemens
II. Plan du Mole Saint-Nicolas,
4 III. Plan de l'Ifle d'Inague-,
IV. Carte dela Partie Occidenta
V. Carte du Debouquement del
,4 VI. Carte du Mouillage de la P
d'Aklin ,
VII. Carte des Ifles d'Aklin, de
ked ,
{ s V III. Plan du Mouillage de l'Ifle
IX. Carte des Ifles d'Aklin & de
X. Plan des Ifles Plates,
X I. Plan de l'Ifle de Samana,
X II. Plan de l'Ifle de Mogane,
X III. Carte du ,acet des Caiqu
IV. Carte d ds Blancs &
Sable & Fran
X V. Carte des Fonds Blancs &
Caique & Frankey,
4'X V I. Plan de la Caique de l'Ou
que,
X VII. Carte de la Caique de l'C
F du Nord.
XV III. Plan de 1'Anfe au Canot
X IX. Plan de l'Anfe l'Eau dans
X. Plan de la Baffe ou Roche d
X XI. Carte des Ifles Turques,


~r, ,c'.

(4I


ET PLANS.

de S. Domingue pag. 2
7
II
le d'Inague, 14
Krooked, 18
artie de l'Ouef{ de l'Ifle
23
la Fortune & de Kroo-
23
de Krooked, 27


la Fortune,


28


34
38
42


ies,


Refcifs, entre l'Ifle de
47
Refcifs, entre la petite
49
eft, ou de la petite Cai-
56
uefi, & partie de celle


68
62


la Caique du Nord, 64
e Saint-Philippe, 69
74


L E


,y



TABLE DES CAR
X XII. Plan de la petite Sali
XX III. Plan de la grande Sa
X XI V. Carte des Ifles a l'E


Carte des Obfervat


Fr6gate d
d'Argent,
XXV I. Le
XXVII. B


u Roi


1'Emerau


Cap Francois,
avaha, ou le Por


XXVIiI Plan des Ifles nor
X X X. Carte du mouiilage


Carte d'une partie d


gue, depuis le Port Dauphin jufqu'a la Pointe Ifabeli-


que,
XXXI.


Carte du Canal de Bahama,


X X X II. Plan de la Ville & Port Saint-Auguiin


1 .1
123
131


XXXIII. Carte


XXXIV
mudes,


des ies Bermiides,


, Carte pour marquer la pofition des
par rapport aux D6bouquemens,


134
Ifles Ber-
III


Fin de la Table des


Carter


DESCRIPTION


XXV.


X X X.


TES ET PLANS.
ne, page 84
dine, 91r
ft des Ifles Tu-ques, 96
ions qui ont e6t faites fur la
de en 1753 fur la Caie
oo.
Ion
t Dauphin, 113
nm6es les Sept Freres,, 115
de la Grange, 17
eda Cote de Saint-Domin-











.tiR



DESCRI.P-TION


UI SONT AU AORD
DE SAINT-DOMINGUE.


I N T R U CT IQO N

LE S Vaiffeaux qui vont _i Saint-Domingue font
obigs, pour leur retour en Europe, de s'elever au
Nord de cette ile, pour venir chercher les vents
d'Oueft, que 'on trouve affez regulierement par les
trente!cinquieme & quarantieme degres de latitude
feptentrionale, & eviter par ce moyen les vents
d'Eft qui regnent entre les dixieme & les trentieme
degrps de latitude, & contre lefquels ii faudroit dif-
A



DES DEBOUQUEMENS


puter long-temps pour remonter a 1'E11, en doublant
1'ile de Saint-Domingue. il efi donc indifpenfable,
en quittant les ports de cette ile, de faire route au
Nord : mais cette navigation n'eft pas fans danger.


On trouve vis-a-vis la c6te feptentrionale


de Saint-


Domingue, a vingt & trente lieues de distance, une
quantity d'iles de differentes grandeurs, femees &
rahgdes de fagon qu'elles occupent une etendue de
1'Eft a 1'Ouefl de pres de cent lieues, entre lefquelles


it faut paffer :
debouquer.


ce qui s'appelle par


les Navigateurs,


On entend par le mot de Dbouquement
fage etroit entre des terres, dans lequel it


route pour
Ce mot vie
premiers da
& ces entree
dont les M
pour dire,
On dit auffi


ne f


ont en u


, un paf-
faut faire


fortir d'un parage, ou quitter une c6te.
nt des Efpagnols, qui ayant navigud les
ns ces cantons, nommerent ces paffages
es etroites Bocca, en Francois Bouches,
arins ont fait le mot de, uquemenr,
fortir par une bouche oge etroit.


embouquer, pour entrer
fage que parmi les Marins.


ces termes


Ces debouquemens font au nombre de cinq diffe-
rens, que les Navigateurs frequentent fuivant les
endroits de Saint-Domingue d'on As partent, ou felon
que les vents les contraignent.

Planche prenkre.

Le premier, ou le plus Ouell, efl celui de Kroo-
ked, connu fous le nom de Debouquement Anglois.


2 DESCRIPT.















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i




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;7 a 7 7 73 44 76 7 2 4' 7 3 s', 7

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I. de'Viste in

CARTE DS DBOULTEMENS
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DE 'iSL.E DE SAIai-DOMINGUE.
o. Celui de Mogae.
b o. Celui des Caiques.
40. Celui des ihsTurque .
5. Le ddbouqueient du Mouchoir CarIs ave
des remarques fur la Caie d'Argenut -. dagr qui '
caufi la perte de pi eus vai eaux,
La Carte ci-jointe fait connoitre la ituatioa de
ces ddbouquemensentreux & avec La at e Saint-
Dominguie (a).
H e$ etonznant ue, depuis plusdc de xeis 4ws
que diferentes Natimns de I'Europe fr q en ntes
parages (furreout les Frangois & les Efpagias).,
aucunes n'aient fait des obfervations, & dreGd des
4Carstes en confeque=c pour vefuer Ja' navigation
pari les kIes qui forment ces dibouqumemis, &iw
Jefquelles le nonbre de vaieaix q fife Cant perd&
eli tr s-con iderabe, & quoiquye, das Ivs e
Temps, c :aiert ete un peu miwx nmis,
it arrive t des naufrages qui finn Aetwr
qu'on n'a pa les conuoiiances ffirantes p'Ui
naviguer ave et'.
11 eft donc e 'la 4erniere importamoe de connoitre
ces paffages avec alez jd'exaitude pour pouvoir en
eviter les dangers, & 'on ne doit rien negliger ni
rien epargner pour y parvenair. C'et dans cette vue

(a) A ces debouquemens j'ai ajouti celui par le canal de Bahama
des remarques fur quelques mouillages a la cdte feptentrionale de Saint=
Domingue, entre le Cap Francois & la Pointe Ifabelique; & enfin une
defcription abrdgde des Ifles Bermudes, & des obfervations fur leur
position, importantes pour les Navigateurs.
A ij



4 DESCRIPT. DES DEBOIXQUEMENS
que,depuis quelques annees,les Minifires delaMarine
ont envoy des Batimens du Roi, avec-des Officiers
habiles & des Ingenieurs, pour relever ces debou-
-quemens, & y faire des obfervations.
Les uns ayant ete dans une partie, les autres dans
fine autre, au retour de leurs campagnes ils ont remis
au Dep6t des Cartes & Plans de la Marine leurs
journaux, leurs memoires, & les plans qu'ils avoient
levis : mais fi ces travaux y reftent enfevelis & fi
l'on n'en fait aucun ufage, ils font perdus pour la
Nation, & les Navigateurs fe trouvent privis des
fecours qu'ils ont lieu d'attendre de pareilles entre-
prifes. C'eft donc pour remplir les vues 'des- Minif-
tres qui les ont ordonnies que je publie une Def-
cription de ces Debouquemens, a laquelle j'ai joint
des Cartes particulieres; pour faire connoitre le plus
exaaement qu'il m'a eti poflible, toutes les miles qui y
font, les dangers qu'il faut eviter endroits ou
l'on peut fe mettre i l'abri en ca nemens con-
traires, tachant de ne rien oub ce qui peut
contribuer ai Ia faireti des Navigat .
Je me trouverai bien recompenf de mon travail;
li je puis contribuer a fauver un feul vaiffeau du nau-
frage.
Pour obferver quelque ordre dans cette Defcrip-
tion, je la partagerai en cinq Chapitres, contenant
chacun un des cinq Debouquemens que j'ai an-
nonces.



DE 'ISLE DE SAINT-DOMINGUE.


CHAPITRE PREMIER.

Ddbouquement de Krooked ou Krooked-Ifland,
nommne par quelques uns le Debouquement
Anglois.

L E debouquement de Krooked eft le plus fous le
vent c'eft-a-dire a 'Ouei : it a ete nomm le D-
bouquement Anglois, parce que les -Angois de_ a
Jamaique s'en font fervis les premiers pour revenir en
Europe comme le plus pres & le plus facile pour
eux, quoiqu'il-foit plus long que les autres debou-
quemens de Saint-Domingue ; car on- compte, de-
puis la pointe du Sud-Ouei d'Inague, jufqu' la
pointe du Nord-Ouefl de 1ile de Krooked, qua-
rante-cinq li marines de France, de .vingt au
degree.
Ce debouquement eft tres- avantageux pour tous
les vaiffeaux qui viennent de la partie occidentale
de 1'ile de Saint-Domingue, puifque, des qu'ils ont
double le Cap Saint-Nicolas, ils n'ont que le Nord
& le Nord-quart-de-Nord-Ouefl. a faire pour vernr
reconnoitre la pointe du Sud-Oueft de la grande
Inague, qui eft le commencement du debouque-
ment.
Ce ddbouquement, quoique frequent par les
Anglois, a ete tres-long-temps inconnu aux Frangois.



DES DiBOUQUEMENS.


On pretend que ce n'ei qu'en 1717 que nos vaif-
feaux ont commence a s'en fervir : mais on n'en
avoit alors aucunes Cartes les Anglois, de qui on
auroit dn en attendre, n'ayant rien public fur ces
paffages. En 1724, M. Frefier, Inginieur connu par
fon favoir & fes travaux, donna une Carte de 1'ile
de Saint-Domingue, fur laquelle ii marqua les de-
bouquemens, & particulierement le debouquement
de Krooked, on ii avoit et6 envoy par ordre de la
Cour pour y faire des observations & les remar-
ques neceffaires a la furete des Navigateurs. C'etl
done a cet habile Ingenieur cue nous devons les


premieres connoif


ment, qui depuis
vaifleaux Frangois.


ances exaaes de ce debouque-
a ete beaucoup frequents par les


Route pour


le debouquement.


Lorfqu'on veut debouquer par_ ked, ii faut
venir prendre connoiifance du Mo int-Nicolas ,
qui eft a a pointe du Nord-Oueft de l'ile de Saint-
Domingue, par la latitude de dix-neuf degrees cin-


fquante minu
quinze degri
Meridien de
Navigateurs


tes, & par


la longitude de


foixante-


es cinquante minutes a r'Occident du
Paris, fuivant l'effime des plus habiles
concilide avec les obfervations aifro-


nomiques les plus prochaines.
Cette determination eft d'autant plus importante,
que c'eft fur la position du Cap Saint-Nicolas, que
j'ai affujetti le d&bouquement de Krooked. Il eft


R


6 DESCRIPT.


























































MM 'Afc ~ rrt,,: G wcw~h ,er~r.Pf.av. R 5 .v c a F r h .:.. .. F .. 7r..
t s c.'b i "' ~n)




PL .11
A Lecr[u p e - -L
13 Rayirne ou onLzzt /kau



E Aulallqe Ordmre'


n -



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l iil de S. om}e \ .9


4L
'1LE DE ST NTIC OL AS 'a& 2.3[
Ile de S" Dommpue



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6I


14 *
14










p 9 7 .
-j 4-)
F : 1 F \
Y I




sn! u. s~ ,P te rf MI e


r
-
Nic ola

L C


s'1


DE LISLE DE SAINT-DOMINGvUE. 7
bon d'obferver que le Mole ou Cap Saint-Nicolas
font a quatorze ou quinze lieues du Gap de Mefy,
;. dans 1'ile de Cube, & gifrent entr'eux Oueft-Nord-
Oueft & Ed-Sud-Eff.
Defcription du Mole Saint- Nicolas.
Planche z.
Le Mole Saint-Nicolas eft une grande haie qui
s'enfonce une lieue & dernie dans les terres, dans
Saquelle le mouillage eft tres-bon pour routes fortes
ti1e vaifreaux, & ou l'on eft a l'abri de tous vents.
Elle a un peu plus d'une demi-lieue de largeur i fon
yj.entre, formde du c6te du Nord par la pointe du
Mole, & du c6te du Sud, par le Cap Saint-Nicolas.
Cette baie 61 tres-importante, tant par la bonte
du port qu'elle renferme, que par fa fituation, puif.
qu'il faut indifpenfablement le ranger pour aller a
'Artibonite, a S' t-Marc, i Leogane & au petit
f Goave : d'ailleur sous les Vaiffeaux qui reviennent
de ces memes endroits, & de toute la c6te de Saint-
Domingue, auffi bien que de la Jama que, font
obliges, pour gagner le debouquement, de venir
reconnoitre le Mole Saint-Nicolas; ainfi ce port fe-
roit une tres-belle & tres-fure retraite pour des Cor-
Ttfaires, d'on ii leur feroit aifi de tomber fur tous les
vaiffeaux qui veulent debouquer. On ne peut appor-
ter trop de foins pour fortifier cet endroit, & emp6-
cher que les ennemis ne puiffent, en temps de guerre,
s'en emparer.



8 DESCRIPT. DES DE BOUQUEMENS.


Le Plan ci-joint


fera connoitre l'etendue


bonte de ce port, dans lequel ii y a une belle ri-
viere, on 1'on peut faire de l'eau, & des endroits on
l'on peut carener de grands vaiffeaux, la planche a
terre.
Les terres aux environs de cette baie font tres-ele-
vies. L'on pretend que le terrain n'eft pas propre a la
culture ; cependant, a une lieue dans les terres, it y a
des cantons on l'on pourroit tres-bien faire des vi-
vres, des legumes & du coton. On y dleveroit fort
facilement des befiaux : on y trouve d'ailleurs des


boeufs fauvages,


des cochons marrons, en affez


grande quantity, des ramiers, des tourterelles, &
quelques pintades. La peche y eft auffi tres-abon-
dante. Lorfqu'on veut mouiller dans ce port, it faut
ranger la terre a portie de fufil, toute cette cote
etant famine. Quand le vent eft fort, ii eft diflicile


d'attraper le mouillage de la rade, parce que, fi on ne
faifit le moment on l'on trouve leAd de dix braffes,
qui eft vis-a-vis les crevaffes qui q qaux rockers, &
a portee de fufil boucanier de la cote, on tombe
tout d'un coup a vingt.-cinq, trente & trente-cinq


braffes. Toute cette


premiere baie n'a, d'une


:erre a


l'autre, qu'environ trois quarts de lieue de large.
II y a un enfoncement qu'on appelle le petit Mole,
dont l'entree n'a pas fix cens toifes de large qui
forme un port tres-vafne & profond, i l'abri de tous
vents. C'eit a la pointe qui forme cette entree du
cote du Sud, qu'eli fitude la rivibre dont nous avons
parl : mnais it la faut remonter pres d'un quart de
lieue,



-r


t











r



DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGU E. 9
lieue, pour trouver l'eau douce. La ville eft batie
proche la riviere du cote de l'Oueff : on peut mouil-
ler devant la ville fort pres de terre, par fept braves
d'eau; mais it y a en cet endroit deux petits bancs de
fable qui ne laiffent entr'eux & la cote qu'un tres-
petit paffage. Il faut fe mdfier de ces petits bancs. Les
vaiffeaux mouillent plus au large, & vis-a-vis l'em-
bouchure de la riviere, par quinze & feize braffes
d'eau. Quand on eft dans ce mouillage, on ne voit
pas le fond du Mole Saint-Nicolas, qui s'enfonce au
Nord-Nord-Eft plus d'une demi-lieue.
Depuis la pointe du Nord, a la distance d'une
portde de fufil, jufqu'a celle du Sud, a pareille dif-
tance, ii y. a d'un cote a l'autre depuis quatre braffes
j, jufqu'a vingt braffes, bon fond. Le c6te du Sud eft le
plus profond, & le grand carenage eft de ce c6t-k.
A cette pointe, qui forme l'entree du petit Mole, les
plus grands vaiffeaux peuvent y carener, ayant fix
braffes tout a terre : mais ce qu'il y a d'incommode
pour y entrer, c'eff qu'il faut niceffaireinent fe touer,
& prendre fon temps de grand matin, la brife de
1'EfI fe levant ordinairement fur les neuf a dix heu-
res, .& etant toujours tres-forte. D'ailleurs ce port eft
l'abri de tous vents,.

Remarque pour mouiller dans la Baie ou Mole
Saint-Nicolas.

On trouve dans le Journal d'un Officier des Vaif-
feaux du Roi, que fe trouvant a huit heures du matin
B



A-
ro DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
par le travers de la pointe Saint-Nicolas, ou du
Mole, & l'ayant rangee a portee de piffolet, ii fit
trois bords pour attraper le mouillage, & fur les dix
heures du matin ii laiffa tomber l'ancre par neuf
braffes, bon fond de fable blanc & petits coquillages
pourris, affourche avec une petite ancre Nord-Eft
& Sud-Oueft. Le bon mouillage de cette baie eft
entre deux tres-petites ances de la cote du Nord,
dont celle qui eft la plus Oueft eft remarquable par
une terre fort blanche & efcarpde, & l'autre par la
terre auffi efcarpee, mais un peu moins blanche.
L'ancre eat a une portee de fufil de terre: la tenue y
eft fort bonne, quoique le fond aille en baiffant vers
le milieu du Canal. Cette pente cependant n'el pas
rapide puifqu'ayant un cable dehors, l'ancre etoit i
neuf braffes, & fous le navire i n'y en avoit que
douze. Il faut avoir le bec du Cap Saint-Nicolas au
Sud-Oueft & Sud-Oueft-quart-Oueft, & celui de
la pointe du Mole i l'Oueft quatre degris Nord.
On voit dans le fond un melange de noir & de blanc,
qui fait foupgonner que ce font des roches : mais
ayant fait fonder fur ces places noires, ii s'efl trouve
que ce n'etoit que des herbiers, dont le fond n'efi
pas dur. De ce mouillage, ii a envoy fonder dans le
milieu du Port : on a trouve depuis neuf braffes juf-
qu'a quarante, bon fond; mais en approchant de la
cote du Sud, le fond eft dur, & n'eft pas praticable.
Remarquez que la tenue eli fort bonne, puifqu'ayant
demeure i pic affez long-temps, par un vent fort
frais, l'ancre ne chaffa point.







PLAN DE

LISLE DINAGUE











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DE L'ISLE DE SAN IT-D0INGUE. ti

$ A R T I CLE PREMIER.

Route pour le Dbouquement & Remarques fu
la grande & la petite Inague.
O R S Q U'O N a reconnu le Mole Saint-Nicolas,
& qu'on s en eA approche a une ou -deux lieues de
difance, la route pour aller gagner le d,ouque-
ment eli le Nord-quart-de-Nord-Oueff : mais- corn-
me les vents viennent prefque toujours de la partie
: de 'Ef, ii efl plus fi. de faire le Nord, jufqu'a ce
qu'on ait connoidance de 1'ile d'Inague qu'on
trouve a environ vinrgt lieues au Nor4dudit Cap.
Cette ile eft aifee a reconnoitre, quoiuii'elle ne foit
Y pas fort elevee : on la peut voir de cihq a fix lieues.
La partie du Sud elt la plus dlevde, & prefente des
terres couples, qui paroiffent comme de petites miles
detachees, plus haute du cote de 1'Ouefl, & allant
en pente vers 'Eft. Quelques Navigateurs trouvent
que cela reffemble a une cremaillere.
On paffe a environ une lieue & demie de cette ile.

LA GRANDE NA GUE.
Planche 3.
Cette ale a environ quatorze lieues de longueur,
& git Eft-Nord-Eft, & Oueft-Sud-Ouef : fa lar-
geur eft indgale; elle n'a que quatre a cinq lieues dans

.


S r


I2


DES DIEBOUQUEMENS.


fa partie occidentale & pros de huit lieues dans
fa partie orientale qui eft Nord-Nord-Eft, & Sud-
Sud-Oueft. Voye le Plan de cette ile, qui a ete


lev6 en 175 $ par un Officier d


es Vaiffeaux du Roi..


La latitude de la pointe la plus Oueft de cette
ile, que M. Frefier, dans fa Carte du debouquement
de Krooked de 1724, nomme la Pointe des Pailles-
en-culs, a etd obfervee par cet Ingenieur, de vingt-
un degres une ou deux minutes Nord. M. de la Car-
donnie, en 175 5, ayant pris hauteur a la meme poin-
te, l'a trouvee de vingt-un dcgres trois a quatre mi-
nutes. L'accord de ces deux obfervations faites en
diffirens temps, & avec des inftrumens differens,
par d'habiles Officiers, prouve l'exaaitude de cette
pofition, qui eft d'autant plus importante que c'eft
la tte du debouquement.


L'ile d'Inague du c6te du Sud eft


aifde


a recon-


noitre ; les terres y font plus elevees que du c6te du
Nord : ce font de petites monticules detachees les
unes des autres, qu'on prend, d'abord qu'onles apper-
oit, pour de petites miles detachees les unes des au-
tres, plus hautes du c6te de l'Oueft, & allant en


pente vers l'Eft,
cremaillere.


reprefentant


affez la figure d'une


A la pointe du Sud-OuefT,


que


l'on nomme la


Pointe des Pailles-en-culs, ii y a quelques roches
& un refcif qui portent plus d'un tiers de lieue au
large, dont ii faut fe defier. A deux petites lieues au
Nord-Oueft de cette pointe, eft la pointe de l'Oueft:
la c6te entre deux forme une ance peu profonde


- 3. -


DESCRIPT.



DE L'LSLE DE SAINT-DOMINGUE.- 13
k dans le inilieu de laquelle on peut mouiller fort pres
deterre. (Voyez la Planche 4.) A trois petites lieues
a'Nord-quart-de-Nord-Eft de cette pointe de
i'Oueff, on trouve celle du Nord-Ouefl. Il y a entre
eux une baie qui a pres d'une lieue de profondeur,
ans laquelle le mouillage eft fort bon, & on l'on
eut fe mettre k l'abri des vents de Nord, qui font
5 quelquefois violens dans ces parages. Apres cette
; pointe, la terre fuit vers le Nord-Eft, & toute la
r r c6te du Nord eft faine. On la peut ranger k une
( ieue de distance, & mouiller prefque par-tout fort
pres de terre, fur un fond blanc qui regne tout le
ong de la c6te. Lorfqu'on a double la pointe du
ord-Oueft, on apperpoit a 1'Eft-Nord-Eft un petit
ilot & une chaine de refcifs qui s'etendent pen-
dant plus d'une lieue, a la distance d'une demi-lieue
6 de la c6te. Cet endroit eft reconnoiffable par une
petite monticule qu'on appelle le Mornet : c'eft le
I' feul qu'il y ait a la c6te du Nord, qui eft beaucoup
plus baffe que celle du Sud, & couverte d'arbuftes &
builfons, parmi lefquels on diftingue des arbres plus
bauts, femens de diflance en diflance.
Dans la partie du Nord, a l'extremite orientale
de l'ile, ii y a une baie qui a plus de trois lieues
d'ouverture, & qui s'enfonce une lieue dans les terres,
dans laquelle on peut mouiller : mais on n'y eft a
l'abri que des vents, depuis l'Eft jufqu'a l'Oueft, en
paffaant par le Sud. Tous les Nords doivent y etre
dangereux. Cette baie n'eft point connue du tout.
La c6te de 'Eft eft bordee de refcifs dans toute fa

y




14 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
longeur. A la pointe du Sud-Eft, il y a un petit ilot
eloigne d'un tiers de lieue de terre, autour du
on voit un fond blanc, fur lequel on peut mouill
portee du fufil dudit ilot. Ce meme fond blanc regne
le long de la cote du Sud, avec quelques chaines de
refcifs qu'on voit brifer de difiance en diflance.

Remarque fur les Mouillages de la partie occidental
de la grande Inague.
Dabs la partie de 'Ouefl d'Inague, ii y a deux
babies oui l'on peut mouiller : la premiere, lorfqu'on
vient du Sud-Eft, formee par'la pointe du Sud-Ouef}
de l'ile, qu'on appelle la Pointe des Pailles-en-culs,
& par la pointe de l'Oueft. On a vu ci-devant le de-
tail du' mouillage dans cette premiere baie. La feconde
baie eft plus grande, & le mouillage y eft meilleur.
Quelques-uns la nomment la grande Baie d'Inague:
elle ef fermde du cote du Nord par la pointe appel-
Me la Pointe duNord-Ouefi d'Inague, & du c6te du
Sud, par celle nommee la Pointe de l'Oueft d'Inague.
Onlui donne trois lieues de pointe en pointe, & une
lieue d'enfoncement. It regne prefque toit le long de
la terre une lifiere de fable de quatre cables de large,
on l'on trouve depuis cinq braffes, a une portie de pif-
tolet de- terre, fond de fable, jufqu'a quinze braffes
& plus au large a un demi cable, quarante-cinq
braffes. Si l'on eft dans la faifon des Nords, on peut
mouiller fous cette pointe du Nord-Oueft de fagon
a y etre a l'abri jufqu'a l'Ouef:-Nord-Oueft & fi l'on













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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. I
dans la faifon des vents de Sud, l'on mouille fous
la pointe du Sud; a ttre a 'abri jufqu'a l'Oueft-Sud-
O ift Il n'y a que quatre a cinq airs de vents de
r uefl-Sud-Oueft a l'Oueft-Nord-Ouef1, dont on
e peut fe mettre a l'abri, qui ne font pas a craindre,
foufflant que rarement, & jamais avec violence.
a defcente eft aifee par-tout cette baie.
s :Dans le milieu de cette baie, que les uns nom-
ent la grande Baie d'Inague, & d'autres la Baie du
ouillage, on trouve, i demi-quart de lieue du bord
4~ la mer, une favanne ou prairie qui a plus de deux
ues de long. On y trouve auffi une faline, o iil y
e fort beau fel, & trois ou quatre baffins dont le
ndeft de tuf, ou it fe fait des retenues d'eau de pluie
ft onfiderables, on les ramiers & les tourterelles vien-
ient en quantity. Il n'y a pas d'apparence qu'il y ait
s'autre gibier dans ce canton. On y peut pecher a
1 ligne & a la feine : it y a beaucoup de poiffons,
x "rt bons, tels que dorades, lunes, brochets, far-
gues, &c. Il y a aufli des coquillages, comme lam-
bris, burgos, & autres. A l'egard des crabes, qui y
fdnt en quantity, il faut bien fe garder d'en manger,
a caufe du mancenillier, qui rend leur chair empoi-
f'onnde. Il y a des lezards. affez gros, que le crabe
attaque & tue.
Quoique 1'ile foit couverte de bois il ne paroit
pas encore qu'il y en ait d'affez gros pour la confiruc-
tion: la plupart croiffent dans le roc. On y trouve le
5 ois de brefillet, qui fert pour les teintures, le bois



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16 D'ESCRIIPT. DES D1BOUQUEMENS
de chandelle noire, & qu'on dit bon pour le cours
de ventre & le flux de fang. Le terrain qu'on a vifite
paroit bon, & rdpondroit a la culture, fi 1'on y pan-
toit de la caffave, du mais, mill, &c. Les herbes
font bonnes dans la favanne & dans le bois, & l'on
pourroit y mettre des bceufs, des cabrits, de la
pintade & du cochon-marron.
La baie formde par la pointe du Sud du premier
mouillage, & par celle des Pailles-en-culs, eft bor-
dde d'un refcif, mais qui eft i deux ou trois cables
de terre tout au plus, qui marque, quoiqu'il y ait
deux & trois braffes d'eau deffus. Ce refcif eft borde
d'un fond blanc de fable, ou lifiere, large de trois
bons cables, qui eft le mouillage des Anglois, par les
fept a huit braffes fond de fable. Plus au large eft un
banc de roches dans toute la longueur de la baie,
d'une pointe il'autre, fur lequel ii y a douze i treize
braffes d'eau : ainfi cette lifiere de fable fe trouve
entre deux bancs de roches, dans toute la longueur de
la baie qui eft d'environ trois lieues, & dont les
deux pointes font Sud-Sud-Eft & Nord-Nord-Oueft.
Elle a -moins d'enfoncement que la premiere ; mais
le fond en etant moins core, on y affourche plus
furement, & l'on y tiendroit mieux, & fans chaffer
d'une forte brife que dans le premier mouillage :
mais la defcente pour les canots & chaloupes y eft
plus difficile. IL y a cependant quelques paffages dans
ce refcif qui borde la terre.
Lorfqu'on mouille dons le milieu de la premiere
baie



DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 7
ae a egale diflance des deux pointes, l'on y eft a
j'abri, depuis le Nord-Nord-Oueft jufqu'au Sud-
Dusefl-quart-d'Ouefl. Dans cette feconde, depuis le
x d-Sud-Eif feulement, jufqu'au Nord-Nord-Ouefi,
rce qu'elle a moins d'enfoncement, ii y a plus de
..er dans cette derniere baie que dans la premiere,
n it n'y en a point du tout. Ce n'eif done point en-
tre dans cette derniere baie que fe perdent les vaif-
aux, mais fur les refcifs de la pointe des Pailles-
n-cussls, qu'ils prennent mal-a-propos pour cette
ointe la plus Oueft qui eft entre les deux mouillages,
que l'on peut approcher a portee de fufiL
f .;>Voyez le Plan de ces deux baies, & du mouillage
e la premiere, Planche 4

LA PETITE INAGUE.

La petite eli fituee au Nord-Nord-Ef de la gran-
ae, a la diftance de trois petites lieues : le paffage
entre deux eli bon & fain. Cette petite Inague, que
La plupart des Cartes ne marquent que comme un
lot de peu d'etendue, a cependant quatre lieues de
{largeur de l'Efl a l'Oueft dans fa partie du Nord, &
ix a fept lieues de longueur Nord-Eft & Sud-Ouefl.
'Cette ile eft fort baffe, & par-tout egalement. On voit
une petite eminence qui s'etend en pente douce des
deux c6tes, & qui n'efl pas eloignie de la c6te. Elle
f fituee a peu-pres a diftance gale de la pointe du
Nord-Oueft & de celle du Sud-Oueft de ladite ile.
Tout le long de la cote il regne une plage de fable
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18 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
blanc. A la pointe de 1'EI, ii y a une petite chaine de
riches qui brife,& qui s'etend une demi-lieue au large.
De cette pointe de 'Eft, la c6te court Eft &
Ouefi, environ quatre lieues ; enfuite elle tourne au
Sud-Ouef & git Nord-Efi & Sud-Oueft fix a fept
lieues. On la peut ranger dans toute cette dtendue a
une lieue de diflance fans rien craindre, & mme
plus pres. Un Navigateur a remarque qu'etant a trois
lieues au large de la cote du Nord de la grande Ina-
gue, & ayant reft en panne une partie de la nuit,
a la pointe du jour it s'efl trouve dans la meme pofi-
tion i l'egard des pointes relevdes le jour precedent,
fans avoir perdu ni gagne de. terrain : ainfi l'onpeut
inferer de-1a, qu'il n'y avoit alors a cette cote aucuns
courants.


ARTICLE SECOND.

Route dans le Dbouquement depuis
la grande Inague.

IL ORSQU ON a reconnu la pointe de l'Ouefl de la
grande Inague, a la diflance d'une lieue & demie ou
deux lieues, on fait route au Nord-quart-de-Nord-
Oueft, pour gagner l'ile au Chateau, qui en efi
@loignie de vingt-deux a vingt-trois lieues. A cette
route on ne doit pas craindre les Hogifies ou Etoiles,
qu'on laiffe a l'Eff i la diflance de trois lieues &



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DE LISLE DE SAINT-DOMIyGUE. 19
emie, & qui font prefque a moitid chemin entre l'ile
au Chateau & celle d'Inague. Lorfqu'on a reconnu
'ile-au-Chteau, on lPapproche pour en paifer a
Oueff, a la diflance d'une lieue ou une lieue & de-
.'ie, lailfant les rockers du Miraporvos i'Oueil, qui
ifent Ef & Ouefl, avec 'ile -au-Chateau, dont ils
nt dloignis de quatre lieues. Alors on continue la
Bute du Nord-quart-de-Nord-Oueff, rangeant les
s d'Aklin, de la Fortune & de Krooked, a deux
u trois lieues de difance jufqu'a ce qu'on foit par
travers de la pointe la plus Nord de 1'ile de Kroo-
Sd, au bout de laquelle, a la distance d'un tiers de
t ue, on voit une petite ile, avec une chaine de
rifants qui s'itendent une lieue vers le Nord; mais
i cet ilet, ni cette chaine de roches ne font point
craindre pour ceux qui debouquent. Il faut obfer-
>, ~&er feulement, lorfqu'on a depatff cet ilet, & les
ches qu'on voit brifer, de continuer de porter au
;< rd pendant dix ou douze lieues & enfuite pren-
>e de 1'EiI, autant que les vents le permettent, pour
pas tomber fur 1'ile de Watelin qui eft au Nord-
q;art de-NordOue cinq degres Nord de Krooked,
vingt-un ou vingt-deux lieues de distance ; ce
;u'il eft d'autant plus niceffaire d'obferver, que
,;yz>s vents & les courants vous portent prefque tou-
ours vers 1'Oueft plus que votre eflime. A 'egard de
ile Longue dont la pointe du. Sud-Eft eft a fept
,.eues a l'Ouefi de la pointe duNord de Krooked, on
atfe trop pres de I'ile de Krooked pour la craindre ,
;uoique fa pointe du Sud-Eft foit bordde de refcifs.
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DESc'IPT. DES D1BOUQUEMENS


ARTICLE TROISIEME.

Remarque fur les Ifles au Chdteau, Aklin,
la Fortune, & Krooked.
Planches 6 & 7.

Jj'ISL E AU C H A S T E A U eI une petite ile qui a
environ une lieue & demie de longueur de l'Eft a
l'Ouefl, & une demi-lieue de large. Sa pointe de
l'Oueft el famine, & on peut en approcher a la dif-
tance d'un quart de lieue, fans rien craindre. Cetilet
eft remarquable par une eminence du cote de 'Eft ,
efcarpee comme une fortification, & qu'on pourroit
prendre de loin pour un chteau: elle eft diflante
de 1'ile d'Aklin d'une bonne lieue. Entre l'ile au
Chateau & l'ile d'Aklin mais un peu plus pres de
cette derniere, it y a un rocher blanc ifold, qui elt
une fort bonne reconnoiffance, avec plufieurs caies
au Sud de lui, & derriere une chaine de brifants qui
femblent fermer le paffage entre ces deux miles.
L'ile d'Aklin eft peu connue, fi ce n'eft dans fa
partie de l'Oueft, qui a, d'une pointe a l'autre, une
lieue & demie, formant une ance ou baie peu pro-
fonde, dans laquelle cependant on peut mouiller fort
pres de terre, fans rien craindre, par les fept a huit
braffes d'eau, bonne tenue, fond de fable fin blanc,
mele de menus coquillages caffds, a 1'abri de tous


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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 21
Events, depuis le Nord jufqu'au Sud, & paffant par
" 14'EII. Voye{ la Carte ci-jointe de ce mouillage levde
en 17$ 5, par le Chevalier de la Cardonie. J'ajouterai
i les remarques qu'il a faites en venant chercher ce
ouillage.
) Je me decidai d'aller mouiller a 1'ile au Cha-
> teau, ou a quelques autres aux environs, afin de
> n'etre pas furpris par la nuit aupres de quelques
> terres de ce canal; ce qui auroit pu devenir dan-
gereux en cas d'orage, ou que les circonifances
n'euffent pas permis de bien juger la route que nous
o aurions faite. Je vis avec plaifir que ce parti etoit
s onforme avec la forte envie que j'avois de pou-
voir indiquer, un mouillage a cette diflance, &
en-dega de Krooked-Ifland: chofe qui, dans plu-
fleurs cas, peut etre bien importante 'i connoitre
n pour des vaiffeaux qui debouquent.
Je vins d'abord attaquer 1'ile au Chateau. En
e itant encore a une certaine diflance, elle me parut
I) faine & je crus y dicouvrir un mouillage ; mais
o n'etant plus qu'a quatre encablures de la cote, le
o foleil qui nous donnoit dans les yeux, nous em-
pecha de la diftinguer. Nous revirames de bord,
) & vinmes mouiller dans le Sud-Ouel du plus gros
des ilets qui font entre Aklin & l'ile au Chateau:
< (c'efi celuique l'on nomme le Forillon ). Ce mouil-
a lage eft a l'abri de la lamme de plufieurs c6tes; mais
> ii eft peu a l'abri du vent, & la tenue n'eff pas
> bonne : de forte qu'un grain un peu fort etant fur-
) venu, nous deradames dans le moment; nous ap-


4-



22 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
pareillames, & vinmes eprouver le meme wouve-
ment par le travers de la pointe du Nord-Ouefl
,, d'Aklin. Ces contre-temps ne me rebuterent pas,
,, &je trouvai enfin, par le travers d'Aklin, le mouil-
lage dont je joins ici le plan. (Voyet ci-devant ).
,, Nous l'avions deja decouvert en remontant le long
,, de l'ile : mais je n'avois pas cru qu'il y eut affez
Sd'evitage.
Ce mouillage eft fort .a l'abri du vent d'Eff,
a etantpar le travers du plus dleve de l'ile. La meme
) ile couvre du Nord Nord Ouef, & l'ile au
o Chateau du Sud-Ouefl-quart-de-Sud. Je puis affu-
,t rer de plus, que la tenue n'y ef pas mauvaife :gar
o la brife forga beaucoup le foir ,, fans nous faire
a chaffer de la moindre chofe. Ce mouillage a en-
, core un grand avantage : ii prolonge prefque toute
o 1'ile, portant egalement au large ; ce qui fait
,, qu'on ne fauroit le manquer. On y eft par huit
>s braffes fur un fond de fable blanc, fin & mele de
, coquillages caffes & menus. En s'icartant de quel-
s. ques encablures d'on nous etions, allant vers le
,, Sud, on trouve quelques roches -ecartdes; mais
o prefqu'au niveau du fable, & peu dangereufes
a pour les cables.
Les vents d'Oueft forces qu'on auroit a craindre
9 ici, font prefque fans exemple dans ces parages.
9 Je ne fais pas d'ailleurs s'il ne feroit pas beaucoup
a plus dangereux d'en recevoir fous voile parmi tou-
g, tes ces miles s.













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D L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 23

Remarque pour debouquer.

Ce font les brifes de l'Eft qui regnent prefque
ujours dans le debouquement, & i eft fort rare
y trouver des calmes, fuivant le rapport de ceux
i f'ont frequent ; de forte qu'un batiment partant
Mole Saint-Nicolas a la nuit fermante pourroit
oir connoiffance d'Inague le lendemain de grand
y atin, & fe rendre de bone heure au mouillage
klin, d'on repartant le lendemain, it pourroit
ouquer entibrement avant la nuit. Je dis ceci fans
'tendre donner de confeil fur les manceuvres qu'on
rroit faire pour debouquer plus furement, .& qui
pendent des circonftances. L'ile d'Aklin n'eft con-
M e que dans fa partie de 'Oueff, d'oi elle paroit un
4 plus dlevde que celle d'Inague, avec quelques
r nticules de distance en distance. Tout ce que l'on
u favoir de quelques, Navigateurs, c'eft qu'elle-a
iron fix lieues de longueur Nord-Eft-quart-d'Eft,
Sud-Ouet-quart-d'Ouef & au lus deux lieues
d large. On marque a fa pointe duNord un petit
t qui a tun demi-lieue de longueur, & u quart
lieue de large fdpare d'Aklin par in canal d'en-
on un quart de lieue de large. On pretend que de-
is la pointe duNord de ce petit iot ii regne une
aine de refcifs le long de la cote orientale d'A-
n, qui porte plus d'uni quart de lieue au large, &
i s'tend jufqu'a file au Chateau; & quoiqu'on
it pas de detail a cet dgard, it eft plus sur de s'en



V4



DESCRIPT.


DE'S D1EBOUQUEMENS


mrfier, & je n'ai pas hefite de lmarquer fur ma
Carte.
Cette remarque ne s'accorde pas tra c a fui.
vante. En 17 3, la Frigate & le "tdu Roi
o envoy pour vifiter les debouquemens eant part
,s d'Inague, vint reconnoitre a trois heures apres midi
o l'ile d'Aklin. L'ayant attaquee par fon. milieu dans
; fa parties du Nord, ii 1'a approchee & prolongee a
o une demi-lieue de diffance fans trouver de fond;


o enfuite arrondi & double la pointe de l'ile au
o Chateau ( pouffant ce petit fond blanc a un demi-
s quart de lieue au plus), a meme diffance ; a cinq
heures & demie fait deux grands bords avant la


, nuit pour s'enfoncer & connoitre la baie ,
,, devoit louvoyer & paffer la nuit.
,, Le lendemain s'etant trouve au meme


, d'hier au foir ii


01


po


a
a fait tout le tour de cette ha


oint
aie,


o formee par l'ile au Chateau & cell de la Fortu-
o ne, demi-lieue des fonds blancs, fans trouver de
, fond, le bateau fe tenant fur la lifiere, & mme
,t plus fouvent fur les fonds blancs par les cinq &


)) huit braffes find de roches, & une, minute apres
o fond de fable ; ce qu'il marquoit par fes pavilions,
o qualitye & braffiage ). Le foir a fix heures, fe trou-
,, vant aune demi-lieue de la pointe du Sud-Oueft de
, l'ile de la Fortune dans le Nord, ou ii attendoit le
o bateau, qui ya cherche inutilement un mouil-
l ae fondant jufqu'a un quart de lieue de terre,
o toujours fond de roches. A huit heures ayant dou-
>a We cette pointe, fans avoir eu connoiffane de la
baie


24


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43


r
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DE L'ISLI DE SAINT-DOMINGUE. 2;5
a laie qu'elle re erme avec 1'ile de Krooked, il n'a
s ofy louvoye 1a nuit, & it a prefer de la paffer
en p 4'rfur les deux huniers amends fondant
toute orloges. Le bateau entre la terre & la
> frigai lfant pareille manoeuvre, fans trouver de
n ,fond ni 'un ni 'autre, fur la minuit ils ont eu
quelques raffales; mais toujours belle mer. Au
point du jour, ils fe font trouves, Nord-Eft, &
Sud-Oueft de la petite ile de Krooked, a environ
quatre lieues ; alors louvoy6 tout le jour pour fe
relever & s'enfoncer dans cette baie, & trouver
le mouillage marque dans la Carte & le Mengire
donned du Dep6t des Cartes & Plans de la Marine,
fur la pointe du Nord-Eft, & dans la partie du
Nord de file de la Fortune, on il s'efl enfin trouv6
a fix heures du foir, par les neuf braffes fond de
> roches, a une petite -demi lieue de terre : l'ayant
encore approche d'un cable, trouve fept braffes,
t fond de fable cure c..
11 ajoute: J'ai trouve le Msmoire qui m'a ete
donned du Dep6t des Cartes de la Marine, tres-
> s bon dans beaucoup d'endroits 4.
>++ De la pointe du Nord-Oueft de 'ile d'Aklin, a
Scelle du Sud-Oueft de l'ile de la Fortune, on compte
fept lieues Nord-Nord-Ouet & Sud-Sud-Eft : l'ef-
pace entre deux reffemble a une grande baie dont
on ne voit pas le fond, & dont l'interieur n'eft pas du
tout coniu. On appersoit, en approchant de l'ile de
la Fortune, une fuite de petits ilets, & des refcifs,
comme on peut le voir fur la Carte ci-jointe.
D


-t
YsAi



DES DEBOUQUEMENS.


De la pointe du Sud-Oueff de l'ile de la Fortune,
jufqu'a la pointe la plus Nord de l'ile de Krooked
ii y a fix lieues &-demie. Ces deux iles torment une
grande anfe ou bale, .qui s'enfonce rivers 1'Eft en
demi-cercle, dans laquelle it y a de tres-bons mouil-
lages, foit proche l'ile de Krooked, foit proche celle
de la Fortune, & o' l'on eft a 1'abri des vents du
Nord de l'Eft & du Sud.
L'ile de la Fortune eft plus petite que celle de
Krooked, dont elle eft feparee par un canal d'une
lieue de large, au milieu duquel ii y a deux petits
ilo derriere lefquels on appergoit une grande eten-
due de mer avec trois petites iles.
Lorfqu'on s'approche de 'e de la Fortune, on y
decouvre des coupes de rochers qui reffemblent affez
a des cabanes, & qu'on pourroit croire baties par des
naufrages ; ce qui ne fe rencontre que trop fouvent
fur ces iles. Le bateau du Roi l'Aigle, en 175 5, s'y
trompa, vint mouiller a dix ou douze encablures dans
le Sud de 1'ile, & envoya fon canot a terre. Il
remarque que ce mouillage fe trouva fort mauvais,
& fort pres des refcifs; ce qui l'obligea d'appareiller
ILien vite & d'attendre fous voile le retour de fon


canot. Mais en s'enfongant dans la baie


vers la


cette le,
ve depuisv


L'ile de la Fortune n'a pas
terrain eft en general affezuni
comme Inague & prefque tout


le mouillage eft affez
ringt jufqu'a dixbrafies

trois lieues de long : le
& covert d'arbuftes,
es lesLies de ces parages.


a


4


pointe du Nord de
bon, & lon y trou
affez pres de terre.


16 DESCRIPT.


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,an.,, z 'a S vw ' a' 9 "y sa''4 s- L ett 7> xe tv.'- r '-C a r ~.







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L' ISLE DE KROO-R D


a E~~e/e zlzme Demme her








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I:



DE L'ISLE DL SAINT-DOMINGUE.


L'ile de Krooked ef beaucoup plus grande : elle
a au moirs cinq lieues de longueur, depuis fa pointe
du Sud jufqu'a celle du Nord, & environ une lieue
;'& demie de large. Vers la partie du Sud, i y a un
grand tang d'eau douce au bord de la mer, fitue a
.trois lieues de la pointe:du Nord, & i deux de celle
C du Sud. Il regne tout le long de la cote oQcidentale
de cette ile, un fond blanc qui s'etend pres d'une
lieue au large, fur lequel on peut mouiller i demi-
ieue de terre par dix, douze, quinze & vingt braf-
des : inais plus au large on trouve foixante & cent
raffes d'eau. Voyeq la Planche 8.
A la pointe du Nerd de l'ile de Krooked, ii y a
n petit ilet fitu6 a la diflance d'un bon tiers. de
eue, proche lequel on peut mouiller fur un Pond
blanc dans l'Ouefl dudit ilet, tout proche .de terre.
n peut mouiller auffi -une lieue au Sud-Sud-Ef
e lui, proche, la pointe du Nord-Ouefl de Kroo-
ed : mais ces mouillages ne peuvent etre bons que
our' les cas on des vents de Nord-Efi & d'Efl ne
ous fiffent apprehender d'etre jett's fur l'ile Longue,
ou fur celle de Rumklip.
On' voit, au Nord de cet ilet, une chaine de ref-
cifs quis''tendent une demi-lieue au large, tournament
enfuite vers l'Ef ; mais dont on n'approche jamais
affez pour les crmindre.




Dij


27



28 DESCRIPT. DES


remarques fur
&


les Iles
de Kro


d'Aklin, de la Fortune
oked.


Planche 9.

LE bout du Sud-Oueft d'Aklin, & la pointe de la
Saline giffent Nord-Nord-Eft, & Sud-Sud-Oueft,
environ cinq lieues entre deux. Ily a une autre pointe
portant un peu dans l'Oueft, que quelques-uns ont
prife pour la pointe de la Saline, & n'a point ce grand
enfoncement : on l'a fondue a un quart de lieue, fond
de roches, & l'on n'a pu trouver le mouillage on
on avoit vu un bateau Anglois. Il faut que ce ne foit
qu'un point. De la pointe de la Saline part un fond
blanc bordi de roches, qui va fe terminer a la pointe
du Sud-Oueft de f'ile de la Fortune, formant un en-
foncement d'environ une lieue. It y a fur ces roches
& lifieres, du fond blanc, depuis cinq jufqu'a huit
braffes : mais des qu'on veut s'avancer fur ces fonds
blancs, on revient bientot a une braffe. A un quart
de lieue fur ces fonds blancs, on trouve cinq miles
couvertes d'arbres. Entre la premiere & Aklin, ily a
deux lieues & un tiers. Le bateau qu'on avoitenvoye
pour y faire des remarques, a tented ce paffage pour
aller reconnoitre la partie du Nord d'Aklin : mais it


s'eft bientot trouve par les deux braffes ;


avance environ un cable
plus trouve qu'une braffe
de revirer & de fortir pa


& etant


furles fonds blancs, it n'a
& demie; ce qui 1'a oblige
r-on it dtoit entree.


Autres


DEBI'UQUEMENS,







I.de Krooke


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/ DES ISLES D ARL IN

ET DE LAFORTUNE




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DE L'ISLE DE SAINTfDOMINGUE. ,9
Derriere ces cinq miles vertes qui bordent les fonds
'blancs, jufqu'a l'ile de la Fortune l'on diftingue
plufieurs iles de fable, rdpandues fur ces fonds blancs,
qui ont paru avoir environ cinq lieues de profon-
deur, & prendre de la pointe de l'EfI d'Aklin a celle
41e l'Eft de Krooked, y formant un placet comme
elui des Caiques. Le Navigateur d'on ces remar-
4jues font tires, ajoute : Ce placet nous aparu tou-
> cher a cette ile fans nom, placee fur la carte du
,' fieur Bellin, dans 1'Eft de 'ile de la Fortune ;
as ainfi ce qui eft- marque dans cette Carte comme
o terre noyde, eft une chain de cinq iles reelles,
couvertes d'arbres, diftantes d'environ une lieue
l'une de l'autre, mais qu'on ne peut aborder, i
moins que ce ne foit avec un canot, pi trouver
a aucun paffage entre l'ile d'Aklin. &. celle de la
Fortune u.
L'ile au Chateau eft- diftante de la pointe du
sud-ueft d'Aklin : le Forillon eft entre deux, avec
n banc de fable. Cette ile eft longue d'une demi-
lieue, & git Eit & Oueft.
La pointe la plus Oueft de l'ile au Chateau git
avec la pointe la plus Ouefr de l'ile de la Fortune,
b~ui font fitudes-Sud-Sud-Eft, & Nord-Nord-Oueft,
environ huit lieues; & cette pointe, la plus Oueft de
-'ile de la Fortune, git gefque Nord & Sud avec la
pointe la plus Ouefl de Krooked-Iflantl, environ fix
lieues.
4 La petite ile couverte d'arbres avec fon refcif,
ei i la diftance d'une demi-lieue- de cette pointe.
Y #*


y HR '



DES DEBOUQUEMENS


Entre le Forillon


& I'ile au Chateau,


il y a une


paffe, par-ou un bateau Anglois qui etoit mouille
fur la pointe du Sud-Oueft d'Aklin, en dedans de la
baie, s'efl fauve pour eviter d'etre arreti .par la fr-
gate du Roi l'Emerzude, en 175 3 qui faifroit la vifite
de ces miles.
Ce paffage ne paroit propre tout au plus que pour
une chaloupe, etant au milieu des refcifs fur un
fond blanc fur lequel on auroit jug6 qu'il n'y avoit
guere plus d'une braffe d'eau. Cependant on en a
approche a un quart de lieue fans trouver de fond.
Il y a fans doute un pareil mouillage au bout de l'Eft
d'Aklin ; car on y vit un grand feu toute la nuit.


CL E


Variation


QUA.TRI


EM E.


c Courans.


L A variation dans ces parages a ete obfervee par
les uns de quatre degris trente-fept minutes Nord-
Eft, & par d'autres, de deux degres quarante minutes
Nord-Efl. Cette difference neu considerable neut


venir des
obfervee,
faire des o


differens compas avec lefquels elle a 6te
ou de diverfes nithodes employees pour
bfervations de variation.


A 1'6gard des courans on n'en fauroit rien dire
de pofitif : on y a remarque des varietes confidera-
bles. Un Navigateur a obferve qu'au Nord de 1'ile


AR TI


3o DEsCRIPT.



DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. Yt
1 'Inague ii n'y en avoit pas la moindre apparence.
D'autres ont trouve qu'au Nord de Mogane & de
Krooked ils avoient porter violemment vers 1'Oueft.
'autres enftuont remarque qu'au Sud des debou-
uemens its avoient porter trois mois entiers vers
Eft : mais pour l'ordinaire ils portent vers l'Ouefi;
la preuve en eil d'autant plus certaine, que la fre-
ate du Roi 'Emeraude, en 175 3, ayantplacele 30
r anvier un pavilion fur les adores de l'Oueft de la
caie d'Argent, tenu fur une bouee par quatre cor-
s, 'dages, ce pavilion navigeoit le 6 de Mars a 1 entree
Y du vieux canal, entre la caie Romaine & la terre
de l'ile de Cube, on ii a eti trouve & pris par le
canot d'un batiment qui avoit peri a la c6te.








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DEs DEBOUQUEMENS


CHAPITRE


SECOND.


Dbouquement de Mgazne & de Samana, d l'Eft
de Krooked-Ifland.

CE debouquement eft fitue entre celui de Kroo-
ked & le debouquement des Caiques, & doit etre
d'une grande reffource dans plufieurs circonfances
on les Navigateurs peuvent fe trouver darts ces
parages.
o* Les vaiffeaux qui partent du Cap Saint-
Nicolas pour venir chercher le debouquement
de Krooked, peuvent, lorfqu'ils ont double l'ile
d'Inague etre pris par des vents de Nord, Nord-
*Nord-Ouefi, & de Nord-Oueft. Alors ne pouvant
gagner 1'ile du Chateau, ils font forces de paffer au
.Sud de ces iles, ranger les iles Plates, & paffer entre
Mogane & Samana.
20,0 Ceux qui viennent du Cap Francois pour ga,
gner le debouquement des Caiques fi, apres avoir
gagne la Caique la plus Sud, les vents fe jettent au
Nord, & au Nord-Nord-Eft, ils font forces alors
de paffer au Sud de Mogane, & de ddbouquer entre
cette ile & celle de Samana.
3 Si, prets a paffer entre Mogane &Samana, les
vents de Nord-Nord-Eft les regardent de trop pres,
ls peuvent s'avancer vers 1'Ouefl, & paffer entre
Samana


DES:ItIPT.



DE LISLE
Samana & la pa
i Y Fortune.
Il ell donc de
furete des Navig
1'itendue & la fi
dont la plupart
y mouillages qu'il p
les naufrages, q
ces parages.
On a remarqu
pour gagner le
vents peuvent ch
Sud d'Aklin pour
a vu ci-devant, q
gale diflance,
ches, que l'on ap
leur fituation eft a
les vingt-un degr
neuf lieues au N
k la grande Inague.
avoir une lieue
ches & de petits
means peuvent mc
braffes. Si on les
lieue de diflance,
d'eau. Lorfqu'on
paffe pour l'ordi
& l'ile d'Aklin,
lieues, & l'on dir
lcs iles Plates, qu






ii x


DE SAINT-DOMINGUE.


33


rtie orientale de Krooked


& de la


la plus grande importance, pour la
ateurs, de connoitre parfaitement
tuation de ces miles; &. des dangers
d'entr'elles font environnies les


eut y avoir, & les moyens d'eviter
ui ne font que trop frequens dans

e ci-devant, que, lorfqu'on fait route
debouquement de Krooked, les
anger, & vous forcer de paffer au
venir chercher les miles Plates. On
u'entre Inague & Aklin, environ a
1 y a amas de petits lots & de ro-
pelle les Hogflies, ou les Etoiles:
ffez bien marquee fur la Carte, par
res quarante minutes de latitude, a
:rd de la pointe du Nord-Ouefl de
Ce font des bas-fonds qui peuvent
& demie d'etendue, femes de ro-
ilets, entre lefquels de petits bati-
)uiller. On y trouve trois a quatre
pproche dans l'Ouefl a une demi-
on trouve dix-huit a vingt braffes
eft force de faire cette route, on
naireti mi-canal entre ces bas-fonds
dont its font dloignes d'environ dix
ige fa route pour aller reconnoitre
ui font, par la latitude de vingt-deux
E


,



34 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
degris quarante-trois minutes, fituecs au Nord-quart-
de-Nord-Eft des Etoiles, a la distance d'environ quinze
lieues, & eloignees de cinq lieues a l'Eft-quart-de
Nord-Eft de la partie du Nord de f'ile d'Aklin. On
peut paffer dans l*ueft de ces miles, entr'elles &
Aklin, fans rien craindre a mi-canal; mais ii eft plus
fnr de ranger, autant qu'il eft poffible, la groffe ile
Plate a une lieue de diftance & meme plus pres.,
puifqu'en cas de befoin on y peut mouiller dans la
partie de 'Ouefi.


ARTICLE PREMIER.

Les Ifles Plates.

Planche 9.
C E S iles ont ete jufqu'i prefent tres-peu connues
& tres-mal placees fur toutes les Cartes : on en mar-
quoit trois a peu pres d'egale grandeur places en
triangle; ce qui eft fort eloigne de la verite, puifqu'il
n'y en a que deux. Mais ce qui vraifemblablement a
donned lieu a cette erreur, c'eft une roche qui fort
hors de 'eau, & qui n'eft guere plus groffe que la
coque d'un vaiffeau, qui eft fitude parmi les refcifs ,
- a environ un quart de lieue sans le Nord-Eft de la
groffe ile Plate, comme on peut le voir dans la Carte.
C'eft aux obfervations faites en 17$ 5 fur le bateau
du Roi l'Aigle, que l'on doit les Remarques fuivantes,.












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PLAN DES-



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DE i'ISLE DE SAINT-DO MINGUE. 35
's & le Plan que j'y ai joint. Ce Navigateur, apres
avoir paffe a la vue d'Aklin, fe trouvant contraries
par les vents, & aupres des miles Plates, vint mouiller
fur un fond blanc, a demi-quart de lieue de terre,
dans la partie de 'Oueff de la grande ile Plate, cou-
vert des vents par un refcif qui s'etend au Nord &
c au Nord-Oueft de l'ile, pres de trois quarts de lieue.
Cette ile n'a guere qu'une lieue de long du Nord
lau Sud, & environ demi-lieue de large. Toute la
cote de 'Eft Cele diu Nord eft entouree de
efcifs qu'on voit brifer. Le mouillage eft environ a
un quart de lieue de la pointe du Sud. Il y a aupres
rune anfe on 1'on peut debarquer aifdment, & fort
wfroche de la cote. On trouve de l'eau douce tres-
;onne en fouillant feulement deux ou trois pieds
d ans le fable. Des Anglois naufrages fur cette ile y
voient pratique un lagon, on le bateau du Roi fit
uatre pieces d'eau qui le mirent a fec. Mais dans
oins d'un quart d'heure ii fe remplit de nouveau,
il ne parut pas qu'on y ect puife. Mais cc qui fur-
rend, c'eft qu'a dix pas plus avant on trouve, au
eme niveau, un grand tang d'eau auffi falee que
celle de la mer.
Cette ile eft baffe, & prefque unie. Il y a cepen-
dant quelques petites monticules qui en varient un
peu la vue, quand on la voit du large. Le terrain n'eft
que fable, rocailles, ou mauvaife terre, on ii ne croit
que des haliers & des arbriffeaux propres feulement a
ti faire du bois de chauffage.
La feconde ile Plate, qui eft a l'Eft de celle-ci, eft
E ij

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36 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS -
un peu plus petite, & n'en eft iloignee que de trois
quarts de lieue au plus. Elle git Eft & Ouefi. Le ca-
nal entre les deux eft retreci par des refcifs qui ne
laiffent qu'un paffage d'un quart de lieue, ,propre
pour de petits batimens. Plufieurs Nav~teurs y ont
paff, & le bateau du Roi~y vit un Brigantin qui y
faifoit route allant au Sud.


ARTICLE SECONfl .

Pafage entre Samana & Krooked. 4

E s Navigateurs qui fe trouvent forces de paler
dans 'Ouefi des miles Plates, peuvent fort bien de-
bouquer entre 1'ile de Samana & Krooked. Ce paf-
fage eft tres-bon, & n'a pas moins de cinq a fix lieues
de large. La route eft, apres avoir laiffe les iles Plates
a une lieue a l'Efl, de faire le Nord-Nord-Ouefl r
quelques degres Ouefi, dix lieues. On reconnoit
alors la pointe de 'Oueft de Mogane, a laquelle ii
faut donner rumb, & ne pas l'approcher plus pres
d'une lieue & demie; & lorfqu'on l'a double, &
qu' elle vous refle au Sud-Eft a deux ou trois lieues
de diflance, on eft debouque, & l'on peut faire telle
route que l'on veut, fans rien craindre, obfervant
cependant de ne pas prendre de l'Oueft, pour ne pas ,
tomber fur l'ile de Wattelin, qui eft fitude a vingt
lieues au Nord-Oueft de celle de Samana.



DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 37
Il eft bon d'obferver que dans ce paffage les vents
de Nord font tres-dangereux, & qu'ils peuvent vous
better fur les refcifs qui bordent le placet des iles de
rooked & de la Fortune, du c6te de I'Eft; ce qui
ft arrive autaiffeau du Roi 'Orox, qui penfa perir
a fn 1736 fur ces refcifs, aupres defquels ii fut oblige
e mouiller. Les vents, qui heureufement tournerent
u Sud, le tirerent du plus grand danger on l'on puiffe
trouver; la tenue etant tres-mauvaife a 'endroit on
avoit ete force de iflder tomber fun ancre. Il faut
emarquer auffi que ce peut ttre la faute des Cartes ,
autant que toutes marquent tres-mal ce paffage.
Miles y mettent plufieurs iles qui n'exiftent point, &
placent pas celles de Samana, & la partie de l'Eft
Aklin & de Krooked, comme elles le doivent etre;
e qui trompe les Navigateurs, & caufe des erreurs
ngereufes dans les routes. On ne peut donc appor-
r trop de foins pour les corriger, & ne pas placer
erement les terres.
n4 2Je n'ai pu me refufer cependant de placer a deux
ues a 1'Efl de Krooked, une ile d'environ deux
eues de longueur Nord & Sud, fitude i fix lieues au
ud-Sud-Oueft de la pointe de l'Oueft de Samana.
ette ie borde vraifemblablement, ducote de l'Et ,
e placet des iles de Krooked. Sa partie de l'Eft &
elle duNord font entourdes de refcifs; & quoiqu'elle
'ait pas ete vue par le bateau du Roi l'Aigle, en ,755,
x .'ai lieu de-croire que c'eft celle ou le vaiffeau l' rox
enfa perir en 173 6, & fur laquelle un navire de
antes dchoua en 1749. Il fut affez 'heureux pour




Iy 2


9



38 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS.
s'en tirer ; mais it abandonna fa chaloupe & dix
hommes, qui refterent fur cette ile pendant vingt
jours, manquant de tout, n'y ayant pas d'eau, d'ol
ils furent tires par un vaiffeau Anglois.
Lorfqu'on eft a la vue des iles Plates, on peut
auffi, felon les circonfiances, en paffer au Sud a une
ou deux lieues & lorfqu'on les a doubkdes, faire
route au Nord, pour de'bouquer entre Samana &
Mogane. Il n'y a rien a craindre: tout ce paffage ef4
beau & fain.


ARTICLE TROISIEME.

Ifle de Samana.

Planche II.
L'iL E DE S A M A N A apres de fix lieues de Ion-
gueur de l'Eti a l'Oueft : fa plus grande largeur, qui
eft 'vers le milieu de l'ile, n'eft que d'une heue &
demie & fes deux extremites finiffent en pointe ; ce
qui eft bien different de la forme que lui ont donne
toutes les Cartes : elle eft baffe & couverte de brof-
failles & fon terrain reffemble a celui des miles voili-
nes. Toute la cote du Nord eft bordde de refcifs
qu'on voit-brifer & qui s'etendent a trois quarts de
lieue au large. Le meme refcif entoure la pointe de
l'Oueft, & forme une tete qui s'avance une deni-
lieue au Sud. Du cote du Sud, a trois quarts de lieue





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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 39
e la pointe de l'Oueft, ii y a un mouillage a trois
ables de terre, oI l'on peut etre a l'abri des vents de
Nord-Eff & d'Oueft, & ce mouillage a au moins
ine demi-lieue d'd'tendue le long de la cote. On doit
cs connoiffances au bateau duRoi 'Aigle, qui y fut,
175 5, chercher des Matelots Francois qui avoient
t naufrage-fur cette ile. Voici ce qu'on trouve a ce
et dans fon Journal.
t Ayant approche File de Samana du c6te du
ud, jufqu'a une lieue & demie dans fon milieu,
A ~~e fis arriver, pour aller doubler la pointe de l'Oueft,
& chercher un mouillage dans cette partie, on it
z NeT plus vraifemblable d'en trouver i toutes les
6iles de ces garages. Arrives Nord-Nord-Oueft,
& Sud-Sud-Ef & a un tiers de lieue de l'extre-
k its de l'ile nous vimes qu'elle ne formoit qu'une
ointe, & qu'enfuite, dans le Nord, elle fe replioit
ers l'Eft-Nord-Ef toute hdriffde de brifans qui
ortoient au plus trois quarts de lieue au large. Il
en avoit auffi devant nous & fous le vent. Il
lut repiquer au vent, & aller chercher le mouil-
ge que j'ai marque dans la partie du Sud. Ce
ouillage s'dtend a plus d'un tiers de lieue au
effus & au deffous d'on nous etions, & a gale
iftance de terre c'eft-a-dire a trois encablures.
n y eft par huit braffes fur un fond de fable
lance, mele de coquillages caffds. La tenue n'en
aroit pas fort bonne.
Les Matelots naufrages que nous venions cher-
Cr her fur cette ile, ayant pu nous voir & ne fe




ft a



4o DESCRIPT. DES DEBOUOUEMENS.
,, prefentant pas d'abord au bord de la mer iI etoit
n vraifemblable qu'ils etoient partis : mais pour en
, avoir certitude je fis tirer deux coups de canon i
n cet effet a quelques minutes de diftance l'un de
,, l'autre, & j'envoyai des Matelots faire le tour de
,, file. Its rapporterent le lendemain que ces nau-
n frages n'y etoient plus. Its trouverent a trois quarts
s) de lieue en-dega de la pointe de 1'Eft, leur cabane 4
& un jardin qu'ils avoient cultive. Un refte de
feces & de bifcuit, qu'on trouva dans la cabane,
s) nous tranquillifa fur le fort de ces malheureux, en
,, prouvant qu'ils n'avoient pas fouffert la fain.
Parmi les Matelots que j'avois envoys Ia dla
,, couverte, ii y en avoit un Timonier en etat de
o bier faire des relevemens. Il releva, en allant &
s revenant, la cote & les refcifs dans la partie du
Sud. Il en fit de meme dans lapartie du Nord, ou
, etoit la cabane des naufrages. Le hafard fit qu'ils
* arriverent a cette cabane precifement comme le j,
) foleil fe couchoit; & comme ils ne repartirent>
n qu'a foleil levant, ainfi que je leur avois recom-
mande, par le temps de leur depart & de leur re-
,, tour, j e connus deux fois celui qu'ils avoient em-
ploye a parcourir ces efpaces, & par confequent la
longueur de l'ile, dont j'avois deja un a-peu-pres,
,) ainfi que des giffemens de la cote, par des releve-
a mens faits au large. Je fis auffi moi-meme des re-
n levemens fur la pointe de l'Oueft & vis-a-vis
F 1'ilet place dans le Sud, d'ou je pus verifier une
" parties des relevemens faits par nos Matelots. C'eft
Sfur



DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 41
fur ces differentes obfervations, que j'ai dreGfh le
Plan de cette ile .
Le mime Navigateur, dont nous avons tire la re-
v argue precidente, obferve qu'ayant appareille du
y ouillage ci-deffus & apres avoir double les refcifs
arques a la pointe de 'Oueff, it fit route au Nord-
ueft pour aller reconnoitre un ilet que les Cartes
e.M. Frefier & celles du Dip6t placent dans cet
r de vent a fix lieues de Samana ; & n'en devant
us etre qu'a une lieue, it n'en eut aucune connoif-
4; nce, quoique le temps fit beau, & cela par la mme
; i5fon qu'il n'avoit pas vu celle qu'on place entre Sa-
ana & les miles Plates c'ef-a-dire parce que ces
es n'exiffent point ; ce qu'il etoit entierement im-
ortant de connoitre pour la tranquillity des Navi-
teurs, & pour regler leurs routes en confiquence.
eft inutile de repeter qu'on ne doit fe fervir de ce
'bouquement, que lorfqu'on y eti abfolument for-
: il eft bien plus fur lorfqu'on a double les miles
ates, de faire route pour paffer entre Samana &
x ogane, eloigndes Tune de l'autre de vingt-trois
eues, & qui giffent entr'elles Nord-Ouei-quart-
SOueff & Sud-Efl-quart-d'Efl; ce qui eff different
j. e ce qu'on a vu jufqu'ici dans toutes les Cartes.
A l'gard des miles Plates, elles giffent Eft & Ouefl,
vec la partie occidentale de Mogane, & la diflance
t de feize lieues. La latitude des Iles Plates eft de
ingt-deux degres quarante minutes.


F

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3 -



42. DESCRIPT. DES DIEBOUQUEMENS.


ARTI C L E Q U AT R I E M E.

If'e de Mogane.

Planche 2.
LILE DE MOGANE a ete jufqu'a ce jour tres-mal
marquee dans toutes les Cartes fa forme & fa figure
etoient ignores. Les Navigateurs, occupies unique-
ment de debouquer promptement s'en iloignoient
le plus qu'ils pouvoient pour eviter les refcifs qui
la bordent dans prefque tout fon contour, & ne fe
trouvoient pas a portie d'y faire des obfervations:
mais aujourd'hui 1'on eft plus iniruit.
Cette ile a huit lieues de longueur de l'Eft a l'Ouef:
elle git Eft-Sud-Eft & Oueft-Nord-Oueft. Sa
largeur eft de deux lieues dans toute fon dtendue.
La latitude de fa pointe du Sud-Ell a dtd obfervie de
vingt-deux degrds vingt-huit a vingt-neuf minutes,
& celle de fa pointe du Nord-Oueft a eti trouv e de
vingt-deux degres quarante-deux minutes. La partie
de 1'Eft qui git Nord-Eft & Sud-Oueft, ayant deux
lieues d'une pointe a l'autre, eft couverte par un ref-
cif qui s'etend dans 1'Eft plus d'une lieue & demie.
Sur la pointe la phis Efl du rcfdif, il y a plufieurs
caies, & cinq ou fix petits ilots ou rochers hors de
I'eau. Proche la pointe du Nord-Eft de ile, it y a
fur le refcif une ile qui a un quart de lieue de long,


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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 43
avec un autre petit ilet dans le Sud-Eft d'elle. Le
reffe du refcif eft border de roches fous 'eau, fur
lefquelles la mer brife. Dans la partie du Sud du
refcif, ii y a une paffe par-onu de petits batimens
peuvent entrer pour fe mettre a 'abri entre l'ile de
~Mogane & les refcifs comme on peut le voir fur la
Carte ci-jointe.
6 A un tiers de lieue de la pointe du Sud-Eft de
k VMogane du cote de 'OuefF, ii y a un ilot pros du-
k ,quel on peut mouiller par les cinq ou fix braffes d'eau
7 fur un fond blanc, obfervant de mouiller plut6t a
l'Oueft dudit ilot que vers 1'Eft. 11 y a dans cette
rpartie un efpace de plus d'une grande lieue, on ii n'y
a pas de roaches : enfuite les roches recommencent,
ardentt l'ile jufqu'ai la pointe du Sud-Oueil. De-
4 puis la pointe du Sud-Oueff, jufqu'a celle duNord-
Ouef la cote eft faine, & forme deux grande
anfes borddes de fonds blancs, fur.lefquels on peut
-w n ouiller a demi-quart de lieue de terre. Ces deux
pointss giffent entr'elles Nord-Nord-Eft & Sud-Sud-
Oueft, environ deux lieues & demie de dilance.
e Ces mouillages font d'autant plus neceffaires a con-
noitre, que, par leurs travers, l'on pourroit etre pris
des vents de Nord. Alors ii feroit plus fur de venir
mouiller fous cette pointe du Nord-Oueft, on l'on y
et i 1'abri des vents depuis le Nord-Nord-Oueft juf-
qu'au Sud-Sud-Oueif, en paffant par l'Eft, tant par
l'ile, que par un refcif qui s'etend au Nord-Oueft
plus d'une grande lieue & fur lefquels on voit la
mer brifer avec violence. De cette pointe du Nord-
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44 DESCRIPT. DES DNBOUQUEMENS
Oueft la c6te tourne vers l'Efl & 'Efl-Sud-Eft,
formant une anfe de- pres de trois lieues, border
d'ilots & de refcifs, qui font a trois quarts de lieue au
large, laiffant entre ces refcifs quelques paffes par-ou
de petits batimens peuvent venir mouiller dans l'anfe,
entre 1'ile & les ilots. A la pointe qui forme le c6te de
l'Eft de cette anfe on voit deux petits mornes peu
eloignis de la c6te; enfuite la c6te court al'Eft-Sud-
Efi cinq grandes lieues, jufqu'a la pointe de l'Efl de
'ile dont nous avons parle ci-devant.
A l'igard du terrain, ii eft le meme que celui des
autres miles de ces parages, peu eleve, & couvert de
broffailles & buiffons, parmi lefquels ii paroit quel-
ques arbres plus grands & plus gros, mais qui ne pour-
roient etre propres a la conftruaion des vaiffeaux.










































































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E SAINT-DOMINGUE.


DE L'ISLE D


CHAPITRE TROISIME.


Debouquement


des Caiques.


Planche 13.
E debouquement des Calques efl le plus fr&;
uente & le plus fur pour les vaiffeaux qui viennent
u Cap Frangois & autres lieux de la cote fepten-
Nrionale de Saint-Domingue. Lorque l'on part du
ap, la route direde pour ce debouquement feroit
e Nord-quart-de-Nord-Ouefl, trois ou quatre de-
yrs Nord, trente-deux lieues. A cet air de vent, &
cette diflance, on vient atterer fur la petite Cai-
ue, dont la pointe du Sud eft par la latitude de
ingt-un degris trente-cinq minutes. Lorfque cette
ointe vous refte tl'Ef, a une lieue & demie ou deux
eues, on peut faire le Nord, prenant un peu de
'Eft pour ranger 'a la meme diffance la Caique du
ord; autrement la Caique Bleue; & lorfque la
ointe du Nord-Ouef de cette Caique refte au Sud-
ft, a la distance de- deux ou trois lieues, on peut
Faire le Nord-Ef, le Nord-quart-de-Nord-Ef &


neme le Nord ; & lorfqu'on a fait fur
routes une quinzaine de lieues, on e
& l'on peut faire telle route que l'on ve
raindre.
Il eQ bon d'obferver que,fi Fon etoit


l'une de ces
i debouque,
ut, fans rien

force de faire


1" 7


45



- I


46 DESCRIPT. DES LJEBOUQUEM ENS
le Nord, ii faut bien prendre garde que la route ne
prit point de l'Oueft; autrement on courroit rifque
d'etre porte fur les refcifs qui font a la pointe de l'EfI
de 1'ile de Mogane ; ce qui eft d'autant plus a crain-
dre que les vents & les courans viennent dans ces
parages plus communement de la partie de l'Eft.
La pointe de l'Eft de Mogane git avec la pointe
du Nord-Oueff de la Caique du Nord, ou Caique
Bleue, Sud-Sud-Efi, & Nord-Nord-Ouefl, quatorze
a quinze lieues de distance. Cette pointe de la Cai-
que Bleue, eft par la latitude de vingt-un degres cin-
quante-trois minutes, & celle de l'Efl de Mogane ,
par les vingt-deux degres trente-trois minutes.
Quoique j'aie dit ci-deffus, que la route dire&e,
en partant du Cap pour venir chercher la petite Cai-
que foit le Nord-quart-de-Nord-Ouefl ii faut un
temps bien favorable & bien net pour l'entreprendre.
On a des exernples que des vaiffeaux partant du Cap
pour debouquer par les Calques, fe font trouves
portes fur la petite Inague, dloignie de dix-fept i
dix-huit lieues a l'Oueff des Caiques, fans favoir ce
qui leur avoit occafionne une pareille erreur, foit de
la part des courans, foit d'une mrauvaife eflime dans
keurs routes. Il ell donc bien plus fur, en fortant du
Cap, de faire le Nord & le Nord-quart-de-Nord-
El vingt-cinq a vingt-fix lieues & 'on vient a la
vue de fonds blancs tres-diifinas, que l'on peut ran-
ger a la diflance d'une lieue, fans Tien craindre. On
diflingue fur le bord de ces fonds, une petite ile, qu'on
appelle Vile de Sabw I, qu'on peut approeher i une


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Carte des Fonds Blancs et Resifseiitre N1slet de Sable et Franc -Kee

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DE L'ISLE,DE SAINT.DOMINGUE. 47
lieue. On fait enfuite le Nord-Oueft, & 1'on voit a
quatre lieues de lui une autre petite ie que l'on nom-
me Frankeyou Caie Frangoife. Lorfqu'elle vous refte
au Nord a une lieue & demie, ii faut faire 'Oueft-
quart-de-Nord-Ouefl, douze lieues. A cette route
on voit la petite- Caique, qui vous refie au Nord a
deux lieues. Alors on fait route pour la ranger dans
fa partie de l'Oueft, a la diflance de deux lieues.
Lorfqu'on l'a-dipaffde, on peut faire le Nord cinq a
fix lieues, & enfuite le Nord-quart-de-Nord-EII,
I'on fe trouve debouqud.


ARTICLE PREMIER.

Les Fonds Blancs, l'Ilet de Sable, & Frankey,
ou Caie Francoife.

Planche '4.

CE qu'on nomme les Fonds Blancs, ef lalifiere qui
borde le place des Caiques, qui s'etend de FElt a
rOuef environ vingt-deux lieues, & du Nord au
Sud, dix-neufhvingt lieues, entoure, du cote du Nord,
par les Caiques. Ce placet eft feme de petites iles,
& du cote du Sud, entoure de refcifs&roches, entre
lefquels ii y, a quelques pafes pour pendtrer dans 'in-
terieur du placet. Ces paffes fe diftinguent aifdment,
lorfqu'on cotoye cde pres les refcifs qui bordent les





*



DEs DIBOUQUEMENS


fonds blancs en dedans du placet, par les intervalles
ou 1'on voit que la mer ne brife pas. Ces fonds
blancs forment diverfes pointes & finuofites qui s'en-
foncent inegalement dans le placet. Leur pointe la
plus Sud eft par la latitude de vingt-un degres deux a
trois minutes, & giffent Nord & Sud avec la gran-
ge, a la diffance de dix-fept a dix-huit lieues. Depuis
cette pointe du Sud, les fonds blancs courent au
Nord-Oueft huit lieues. Alors on trouve un petit
ilet qui n'a que quarante pas de longueur, d'un fable
mou, & totalement noye. On le nomme l'Iflet de
Sable. On peut 'attaquer dans fa partie du Nord-
Oueft auNord. I porte fond a demi-portee de canon
do lui, par dix, neuf ou huit braffes, qu'il conferve
jufqu'a terre. On a envoy le canot fur cet ilet,
qu'on a trouve extremement acore dans fa partie du
Nord-Oueft & du Nord. Le refcif reprend a fa partie
du Sud, & court pres d'une lieue au Sud-quart-de-
Sud-Eft.
De l'ilet de Sable a Frankey, ou CaieFranroife,


il y a cinq lieues au Nord-Nord-Oueft. Cette pofi-
tion eft affuree par le relevement fait avec foin de
Frankey, reflant au Nord-Nord-Oueft a cinq lieues,
& l'ile de Sable au Nord-quard-de-Nord-Eft, a
moins d'un demiquart de lieue. Depuis Frankey, le
refcif fe courbe confiderablement dans le Nord, &
forme un enfoncernent jufqu'a l'ilet de Sable, comme
on peut le voir dans le Plan ci-joint.
11 e bon de remarquer que, lorfqu'on eli dans le
Sud-quart-de-Sud-Eft de l'ilet de Sable a une lieue,


DESCRIPT.


























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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 49
les fonds blancs fe replient au Sud-Eft; mais le
refcif finit, & le placet n'efl plus border que de
fonds blancs qui portent par pointes fort au large,
avec fept a huit braffes d'eau, & cinq braffes fur leur
lifiere tout fort pros du refcif, mais diminuant tout-
d'un-coup jufqu'a deux braffes.
Une autre remarque qu'il ne faut pas negliger,
c'eft que la frigate du Roi 'Eineraude, en 17 ,
ayait paff la nuit a louvoyer par le travers de Fran-
key, que M. Frefier nomme par erreur dans fa Carte
Ia Petite Caique, on ne s'eft point apper~u le lende-
*-main que les courans aient mani0 le vaiffeau en au-
cune fagon.


ARTICLE SECOND.

La Petite Calque, l'Iflet de Sable, &
Mouillages aux environs.
Blanche i 5

D E Frankey, ou Caie Frangoife,jufqu'ala pointe
du Sud e la petite Caique, on eftime fept lieues &
demie :elles giffent entr'elles Oueft-Nord-Ouefl &
Ef -Sud-E&.
Suivant le releveient qui en a ete fait avec beau-
coup de foin, es fonds blancs & le refcif conti-
G



so DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
nuent entre ces deux Caiques. On peut les ranger de
tres-p'res."Ony trouve dix braffes d'eai, & >i apper-
eoit des ouvertures dans les reeifs ona aner ne
brife point, par-ou l'on peut entire Bans l'intrieur
du placet.
Le refcif qui borde les fonds blancs depuis la
petite Caique 'jufqu'a Frankey, commence 'une
lieue dans l'EII de la pointe du Sud de la ptite fiK
que. On le v6it brifer : ainfi it n'y a p oii iM
que l'on 's'y perde en dehors. On pourToiti
'accofter : mis it faut s'en defier; fi on entree ans
xe place, parce q' un qitt de liete 'en ed s, o
ne trouve que trois bralfesi; & qu'en 'a pgrochant un
peu plus, le fond dinminue pronptehin e t
qui n'efi pas couverte des vents de brife, y e i a1fez
patouilleufe., On a de plus tout le poids du vent :nais
le fonder die fable, & la tenue fort bonne: Lebateau
du"Rdi'Aigl, en "75 3, refla deux jours a ce nioui-
lage (VoyeZ la Carte ci-joilnte), pouren prendre l,
relevemens & les fondest. Etanta 'aincre "ij
Ia pointe du Sud de la'petite Calque au
quart-d'Oie l, environ deii eue.
Nord-Eft, au Nord-quart-de-Nord-E
'demie ; la pointe du refcif au Sud. laoi k
de la Caique du Nord, au Nord- agart
batimenit toit alois par iois b
mouiller moins en e
el bon d'obfer ef
deux pieds. Led h

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OL ml-



DE L'TSLE DE SAINT-DOMINGUE- 51
qu'ayant mouill e un peu moins de trois braffes, le
bateau talona fort rudement pendant la nuit, & 1'on
fut obligd de changer de place.
ln fort nt {u placet, cet Oflicier eut attention de
relever la pointe du Sud de la Caique, & celle du
ref ifrIl vit alors qu'elles giffoient Eft & Ouef dif-
t d'environ une lieue. v
petiteCaei prife Nord-Nord-Ef, & Sud-Sud
n,~e qill fa plusg ande 1o eur, a environ
yue!ui quart ; 61.r c6ur Nord& Sud utie
hee demie .dans le d4bouquement. La pointe da
NR 4d-C ef1 femble la terainer, parce que le fond
4a borde, & que lerefe fruit dans le Nord-Eft.
IT y aQC arte ci-devant, Planche i5.
Leond banc qui porte k une encablure de
terre au mouillage de la pointe du Nord-Ouef,
continue e ourir dans le Sud, en fuiivant ies ietites
%iuofites edj a c6te qu 'it ne ddborde jas d'une
T Ie de p it fqu' u a pointe du Sud, on ii
te oute dun quart de lieue au large. On
J ,J 4op :r tout le long de la Caique" : it y a quatre
raes jufqu' terre; mais le fond eft dur,
Ideproximite de terre fujette la incnvie-
a pointe du Nord-E lf y a un^ bans de
u large, en etendant vers le
ie, fur sequel Ia me
es deux braves

e~n'canot
IA loke jette


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'f G ) F


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52. DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
frequemment. On n'a point trouve de difference du
chemin eflime en allant au Sud, avec celui qu'on
a faith en revenant au Nord; ainfi cela donne un
i-peu-pres qui approche beaucoup de la precifion.
La petite Caique eft une terre baffe dont la lifiere
eft de roches tranchantes qui refonnent comme un
timbre. II y croft en plufieurs endroits des lataniers;
ce qui eft une marque peu equivoque d'un mauvais
terrain. L'interieur eft couvert d'arbres; mais ils font
plus petits que ceux de la Caique du Nord : ils fe
fentent de la quality du fol, & de fon expofition a
tous les vents qui dominent cette terre baffe. On y
a trouve quelques lagons d'eau fort faumatre.
Un navire qui auroit le malheur d'y faire nau-
frage, n'y feroitpascependantfansreffource, pourvu
fur-tout qu'il ent des armes & des munitions. Le gi-
bier } eft commun. On trouve abondamment des
ramiers, des tourterelles, des perroquets, & des
fercelles, qui font plus graffes & meilleures que nulle
autre part. Les pluies ne font pas rares dans ces para-
ges ; ainfi avec des precautions on s'y foutiendroit.
Il y a auffi quelques coquillages, & beaucoup de
ldzards.
La latitude prife a la pointe du Nord-Oueft a ete
de vingt-un degres quarante-deux minutes dix-neuf
fecondes.
On peut ranger la pointe du Sud de pres fur le
fond blanc, qui a ciAq a fix braffes d'eau, & point
de refcifs, comme On peut le voir fur la Carte.
Quand cette pointe du Sud reie a Nord, 01

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 53
voit en plein le placet des Calques, & la terre de la
Caique court dans 'Eft-Nord-Eft, & s'eleve affez.
Ce coude, qui a environ une lieue & demie, forme
un abri contre les vents du Nord, parce qu'il y a
cinq a fix braffes proche des brifans, qui font tout-
a-fait fur la terre. On peut voir ce mouillage fur la
Carte.
Quoique 1'on trouve fond tout le long de la c6te
occidentale de la petite Caique, depuis fa pointe du
Sud jufqu'a celle duNord-Oueft, par les huit braffes,
& fix braffes d'eau a portee de fufil de terre, fans
aucunes roches ni brifans, & qu'on y puiffe mouiller
en cas de befoin, l'endroit qu'il conviendroit choifir,
& le mieux connu, eft un mouillage fous la pointe
du Nord-Oueft, un peu en dedans, par huit braffes
fond de fable a un demi-cable de terre. On y
eft en f(rete pour les vents de brife. Il eft prudent
cependant d'y affourcher. On met cette feconde
ancre fur un fond cure de quatorze braffes dans le
Sud- quart-de-Sud-Oueft. Cette legere precaution
tranquillife contre un grain imprevu de la bande de
l'Oueft. C'eft une reffource d'ailleurs pour appa-
reiller, fi l'3n jugeoit que le vent dat continuer dans
cette partie.
Le terrain de cette He eft le plus ingrat & le plus
mauvais que l'on puiffe voir. On n'y a decouvert ni
falines, ni fav nes ni eau douce. Du cote du Nord,
a plus de deux cens pas avant darks les terres., on n'a
trouve que des latanitrs dans le fable. Le long de la
cote de.l'Ouef, on y trouve un bois rabougri, ou

y c
',# 47 Ft



54 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS.
broffailles fur un fond de tuf ou de fable petrified.
Dans le milieu de l'ile, ii paroit quelques baumiers
qui en exhalent tout le parfum. On en a trouve un
dont les branches etoient toutes rompues, fans doute
pour lui faire rendre cette pricieufe liqueur. Ces
arbres qu'on appelle Gaumiers, font prefqu'auffi
tendres & caffans que le figuier. Il quitte fes feuilles
l'hiver, & ne les reprend que tard, ne les ayant
point encore au 2o de Juillet. Cet arbre eft charge
de petits fruits qui n'ont pas grande chair, & dont le
noyau eft abfolunient comme celui de la cerife. Il
vient auffi par pelotons de dix a douze & a la queue
femblable a'la cerife. Ce fruit eft paRfd avant que la
feuille foit venue; & des que le bourgeon de la feuille
paroit, qui eft femblable au bourgeon du maronnier
d'Inde, le fruit tombe de lui-meme; & fi l'on fecoue
une branche, on l'en depouille totalement. Les oifeaux
font fort friands de ce fruit. Il y a encore dans cette
ile de ce bois de chandelle noire, fi bon pour guerir
le cours de ventre ; & du bois de brefillet pour
la teinture. L'on y peche a la ligne de fort bon poif-
fon, & en quantity. On y trouve des lambys, des
burgos, des crabes. On y a trouve auffi des ceufs
de tortue prets a eclore, des tourterelles, & des
perroquets.
La partie duNord de la petite Caique eft couverte
par le refcif qui recommence a l' pointe du Nord-
Oueft, & pouffe vers l'Ouefl & vers le Nord, jufqu'a
la grande Caique. Ces refcifs fnt leoint critique
du debouquenent. On compte u la pointe du
4~ l
2.P

+ f 4 } 17Y 4 G':1 ^.



DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE 55
Nord-Oueft de la petite Caique, jufqu'a la pointe de
'Ouefl de la Caique du Nord, ou grande Caique ,
environ quatre lieues, & le refcif s'etend pendant
prefque tout cet efpace c'eff-a-dire jufqu'a une
pointe ocoidentale de la grande Caique, eloignee de
trois quarts de lieue de la pointe du Nord-Oueft de
l'ile, au Sud de laquelle eft 1'anfe au cannot, le feul
bon mouillage dans cette partie de 'Oueft, & dont
nous parlerons ci-apres.
Sur la partie occidentale du refcif, ily a une petite
iHe de fable fituee au Nord de la partie feptentrionale
de la Caique, prenant un peu de 'Oueft a la diflance
d'une lieue. Cet ilet, qui eft fort bas, & couvert par
le refcif du cote du Nord, n'a pas ete marque jufqu'a
prefent fur la Carte; ce qui a caufi la perte de plu-
fieurs vaiffeaux, qui, apres avoir range la c6te occi-
dentale de la Caique de 'Oueft, prenoient de l'EII,
& gouvernoient pour s'approcher de la grande Cai-
que du Nord; au lieu que,lorfqu'on a range la petite
Caique a une lieue de diflance, it faut prendre de
'Ouefl, & gouverner au Nord- quart de -Nord-
Oueft, pour donner rumb au refcif, & a l'ilet qui
eft deffus.
Au Sud de filet, ii y a une paffe entre lui & le ref-
cif, pour entrer dans l'interieur du placet. Cette paffe
a pres d'une demi-lieue de large. On trouve quatre
braffes d'eau au milieu: en dehors ii y a dix, huit &
fix braffes; mais des qu'on ef en dedans, on ne trou-
ve que trois braffes, & toutd'un coup deux braffes.
Aupres de'i1t, ii'y aque deux braffes.

.t- y



56 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS.
Depuis f'ilet de fable, le refcif continue de courir
au Nord-Nord Eft deux lieues, border de fonds blancs,
fur lefquels on trouve dix braffes a portee du fufil du
refcif qui vient joindre la partie du Nord-Oueft de la
grande Caique du Nord, un peu au Sud d'une anfe
affez belle, qu'on appelle l'Anfe au cannot, & dans
laquelle le mouillage eft fort bon.

Obfervations particulie res fur la petite Caique, ou
Caie de l'OueJl, & environs.

Planche 16.

La frigate du Roi l'Emeraude, en 175 3, charge
de faire des obfervations dans les debouquemens, ac-
compagnee du bateau l'Efperance, fe trouvant a midi
par le travers de la pointe du Sud-Oueft de la petite
Caique, ou Caique de POuefl (nomme fur la Carte
de M. Frefier, Grande Caique ), a unquart de lieue
de diflance, a prolonged a cette diflance la cote de
l'Ouef, & a fait mouiller le bateau 'Efpirance a
la pointe du Nord-Oueft de ladite ile, a un demi-
cable de terre, par les fept braffes, fond de fable
dur. L'ayant vu chaffer, & trouvant la lifiere de fable
un peu trop troite, menace d'orages on les vents
font le tour de labouffole, il a prefere de fe tenif fous
voile, bord fur bord. La frigate en a fait cinq ou fix,
toujours a un quart de l1ieue de terre.
Le long du refcif du cute de l'Ouel, on a def-
cendu a terre a deux lieues, trey-facilement. La mer
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DE L ISLE DE SAINT-DoMINGUE.
ayant creufe dans le tuf, dont ei l'ile, des baffins
qui fe font remplis de fable, fur lequel on a echoud le
canot, pour defcendre a terre fans planche ; puis le
laiffant culer quatre pieds, ii fe trouve par une braffe
d'eau, & l'on peut s'amarer aux roches. L'on peut
s'dloigner dans ces baffins fans aucun rifque. Il y a
pareillement quelques cavernes; & c'eft vis-a-vis de
ces baffins & cavernes qu'efl le bon mouillage, i un
quart de lieue de la pointe du Nord-Oueft.
Cet Obfervateur a releve les pointed & contours
de l'ile, l'ilet de Sable, & refcifs qui pouffent i deux
lieues dans le Nord, & la pointe du Sud-Eff de la
grande Caique du Nord, qu'il avoit trouve avoir
dix-fept lieues de longueur. De fes relevemens it
conclut que la petite Calque ou Caique de l'Oueft
forme une efpece de triangle mixtiligne, dont le cote
qui regarde l'Oueft court Nord-quart-de-Nord-Eft,
& Sud-quart-de-Sud-Oueil environ une lieue trois
quarts. C'el le long de ce c6te on efi le mouillage a
1'abri des brifes, plus pres de la pointe du Nord, qui
n'eft qu'une petite lifiere de fable, large d'un cable, le
fond core. L'on y jette 1'ancre a une portee de pif-
tolet de terre par les fept brafles: a deux longueurs du
navire, on en trouve quinze; & quand on a file un
demi-cable, ii n'y a plus de fond fous le vaiffeau. Si
l'on avoit a y demeurer long-temps, 1'on pourroit
porter fon ancre i terre, pour pouvoir laiffer tomber
'ancre d'affourche par les quinze braffes. Il n'y a point
d mer, des brifes de 'Eft-Nord-Eft, & de 1'Eft-Sud-
Eft, quelque fortes qu'elles puiffent ttre.
H



DES DEBOUQUEMENS


Le c6te de ladite le qui regarde le Nord, eli
compofd de deux babies de fable. Celle qui commence
a la pointe du Nord-Ouefl, court au Nord-Eft-quart-
d'Efl, environ trois quarts de lieue, eft terminee par
une pointe qui avance dans le Nord. De cette pointe
(fur laquelle l'Officier d'on je tire ces Remarques a
et ), l'on decouvre une autre baie qui court par une
ligne afiez droite a l'Efl-Nord-Eft. Toute cette partie
eft couverte par les refcifs, hauts fonds, roches
fous l'eau, & f'ilet de Sable : le tout s'e6tend vers le


Nord


environ


deja remarque
j ointe.


deux lieues, comme on peut l'avoir
ci-deffus, avec la Carte qui y eft


R.T I C'L E T


R O 1 S I


La Grande


Caique,


ou Caique


du Nord.


Planche 17.


donne le nom


de Grande Caique du Nord h


une ile fort longue & fort etroite, s'etendant circu-
lairement l'efpace de plus de trente lieues, fur diffe-
rens airs de vent. Les voici tels qu'ils ont ete ob-
ferves:
La pointe la plus au Sud-Oueft, qu'on appelle le
Cap Mongon, eft eloignee de la pointe du Nord de
la Caique de l'Oueft, ou petite Caique, d'une lieue


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DESCRIPT.



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DE LA CAYQUE DE L OUEST,

ET PARTIE DE CELLE DU NORD.
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DE LISLE DE SAINT-DoMTNGUE.59
& demie au Nord-Eil-quart-de-Nord. Sa latitude eft
de vingt-un degres quarante-cinq minutes.
Du cap de Mongon a la Pointe du Nord-Ouen,;
la c6te court prefqueNord & Sud, l'efpace de deux
grandes lieues, formant plifieurs enfoncemens &
anfes dont nous parlerons & fur-tout de celle
nommee l'Anfe au Canot. Il faut voir ci-devant la
Planche 13.
De la pointe du Nord-Ouefl a une pointe qui
s'avance vers le Nord, Ia cotc ell remarquable par
trois petites miles, qu'on appelle les Trois Maries, qui
font a cinq lieues de diflance au Nord-El-quart-
d'Efl de cette pointe du Nord-Ouefl. La c6te entre
deux forme une anfe profonde de pres de- deux
lieues, dans laquelle ii y a un fort bon mouillage,
avec quelques paifes fort etroites, qui communiquent
dans 'interieur du place. Ce mouillage s'appelle
l'Anfe a l'Eau.
Des Trois Maries, la c6re court a 1'Efi-quart-de
Nord-Eft, pres de quatre lieues, jufqu'a une pointe
reconnoifable, par trois roches hors de 'eau, qui
font tres-pres de terre & qui ne s'avancent pas au
large, qu'on appelle la Batellerie. La c6te entre
deux eft couverte de refcifs, entre lefquels ii ne
paroit pas de paffage. A cette pointe, l'ile n'a pas une
demi-lieue de largeur. La c6te du c6te du Sud for-
tnant dans cet endroit une baie qui a plus de deux
lieues de profondeur fe nomme Paraquet, formant
un cap affez elev6 & remarquable. De la Batellerie
jufqu'a une autre pointe, qui eft la plus Nord de
H ij



6o DESCRIPT.


DES DEnOUQUEMENS


f'ile, il y a plus de quatre lieues


; la c6te court


& Oueff, en s'enfongant un peu, couverte audi par
le refcif. Cette pointe eft par la latitude de vingt-
deux degres dix-fept minutes.
De cette pointe jufqu'a une autre qu'on appelle
Bluau, ii y a deux lieues au Sud-Eft. La c6te forme
entre deux une anfe d'une demi-lieue de profondeur,
avec plufieur; iles, aupres defquelles on peut mouiller
par les fix braffes d'eau, les roches qui bordent l'ile
dans toute fon etenduc du c~e' du Nord laiffant en
cet endroit une ouverture pour aller au mouillage,
on l'on trouve fix braffes d'eau. On y efl a 'abri des
vents d'Oueft, de Sud & de Sud-Eft: mais il ne vaut
rien pour les vents d'Eft & de Nord.


Bluau eli un morne affez haut, qui


forme


une


efpece de Cap.
De cette pointe nommee Bluau, jufqu'a la pointe
de la Caravelle, qui eft la plus orientale de l'ile, on
compte fix lieues au Sud-Eft. La c6te entre deux,
quoique baffe, eft melee de quelques monticules de
fable, & paroit couverte de bouquets d'arbres ou
buiffons parmi lefquels on en voit quelques-uns de
plus 6leves. La pointe de la Caravelle efi tres-dange-
reufe, & l'on ne doit point en approcher plus pres de
deux lieues & demie, & meme trois lieues a caufe


d'une roche


ou bas fond qui en eft i deux lieues au


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Nord-Eft-quart-d Eft. Cette roc he eft nommiee par
quelques-uns la Caravelle & par quelques autres la
Roche de Saint-Philippe. Au Cap de la Caravelle, les
roches qui bordent f'ile s'etendent en pointe vers le


*


1


Eft



DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 61
Nord-Ef, a trois quarts de lieue au large, & l'on
nomme cette pointe de roche, Brife-tout. Elle laiffe
entr'elle & la Caravelle un paffage d'une lieue de
large, on l'on trouve cinq, fix & huit braffes d'eau.
On y peut mouiller. par huit braffes, mais un peu
plus pres 'de la Caravelle que de la pointe de roche
nommee Brife-tout, quoiqu'il y ait i fon extremity
neuf braffes d'eau, tout au pres des roches. A f'Eft
& au Sud de la Caravelle, iportie de piftolet d'elle,
on trouve quatre bralfes. Magree equ'on vient-d'en
dire c'efl un endroit qu'il faut eviter.
De la pointe a la Caravelle, jufqu'. la pointe du
Sud de 'ile, la cote court Nord & Sud huit lieues,
formant pluflieurs petites anfes, toutes bordees par
le refcif, le long duquel regne une lifi re de fonds
blancs, fur lefquels ii y a dix ou douze braffes d'eau a
portie de fufil des roches. Cette pointe du Sud eft
par la latitude de vingt degres vingt-fept minutes. Le
refcif finit a cette pointe, & le placet continue de
s'etendre au Sud-Sud-Ouefl, & l'Ouefl-Sud-Ouefl.
Le terrain de la grande Caique du Nord n'efl pas
de la meme nature que celui des autres iles dont
nous avons parld. Outre qu'il eft plus eleve, la terre
eft plus couverte, & paroit plus fufceptible de cultu-
re, quoiqu'en general elle foit un peu feche & pier-
reufe.
La c6te entire, qui eft couverte d'arbres, n'a
pas paru en porter aucuns qui fuffent propres aux
batimens civils, ou a la Marine. Il faudroit cepen-
dant, pour affurer cette conjeaure, un examen



-62 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
entier de l'ile. C'eft ce que dit l'Officier d'on je tire
cette remarque, qui ajoute: Je ne lai vifitee que
,, dans deux endroits; mais cela m'a paru tel, parce
que jai etendu mes recherches affez loin dans les
terres, pour donner quelque certitude a ma con-
y jeiure u.
La feule production qui lui ait paru aluellement
meriter quelque attention, c'eff le bois de Brefilier.
C'efi un arbuffe de moyenne groffeur, qui a beau-
coup d'analogie avec le bois de Campeche, & qui
done 1a meme odeur. Il vaut a Saint-Domingue
douze a quinze francs le quintal. Les Anglois pren-
nent des chargemens a la Caique du Nord, & cela
fait un des objets de leur fijour dans ces garages.

Anfe au Canot.

Planche iS.

Dans la partie occidental de la Calque du Nord,
ii y a une affez belle anfe ou baie, qu'on appelle
1'Anfe au Canot, dans laquelle ii y a un fort bon
mouillage, & qui peut etre d'une grande reffource
dans ces garages, puifqu'il y a affez d'eau pour toutes
fortes de vaiffeaux, & que la c6te vous couvre du
Nord, qui eli le vent dont ii faut le plus fe defier
dans les debouquemens.
Les plus gros vaiffeaux peuvent mouiller a l'Anfe
au Canot par les fix & fept braffes d'eau d'un fond de
fable mi1 de quelques roches. On y eA i'abri du




Nord au Sud-Eff-quart-de-Sud, en paffant par 'Eif.
Le mouillage eft en dedans de la pointe de 'Oueff,
qu'on amene au Nord, en fe gardant d'approcher du
refcif qui entoure cette pointe, & qui porte au large
environ un quart de lieue. Le refcif ceffe en cet en-
droit, & ne recommence & ne reprend qu'une grande
demi-lieue fous le vent. Il doit refer alors au Sud-
quart-de-Sud-Ouefl. Voye le Plan ci-joint de 'Anfe
au Canot, qui a etd levd avec foin.
De la pointe du Nord-Oueft de la petite Caique,
ou Caique de 'Oueft, it y a jufqu'a l'Anfe au Canot
quatre lieues au Nord-Nord-Oueft; mais on ne fait
pas cet air de vent, a caufe du refcif & de 'ile de
fable, qui s'avancent vers 'Oueif, comme on l'a re-
marque ci-devant.
La quality de la terre a paru encore moins mau-
vaife dans cette anfe, que dans les autres endroits de
la grande Caique que l'on a vifites, quoiqu'elle ne
porte, comme ailleurs, que de petits arbres, & de
'herbe dans les lieux les plus couverts. On affure
qu'on y avoit plante des giromonts & des patates, qui
avoient bien reufli.
Il y a plufieurs petits lagons d'une eau qu'on
pourroit boire dans le befoin. On y a trouve beau-
coup de trous de cochons, & vu des chiens. Il eft
probable que ces animaux proviennent des bati-
mens qui ont fait naufrage fur cute ile. Il eft cer-
tain que dans la neceflite, qui rend touijours les horm-
mes induftrieux & aaifs, on trouveroit fur cette terre


DE SAINT-DOMINGUE.


G;


DE LISLE



DES D]EBOUQUEMENS.


de quoi vivre dans les feules reffources que la nature
y prdfente.
On y voit des perroquets, des ramiers, des fer-
celles. La tortue n'y eft pas rare, & fur-tout l'efpece
qu'on appelle Caouane, qui eft la plus grande, mais
trop graffe, trop huileufe, & d'un gout tres-inferieur.
La caouane a la tete fort groffe ; ce qui la fait diftin-
guer aifement de la tortue ou du caret, auquel elle
reffemble d'ailleurs tres-parfaitement.
Le poiffon fe prend dans cet endroit en abondan-
ce, k la ligne. Ce font toujours les memes efpeces;
mais ils font plus gros, & en plus grande quantity.
La Caique du Nord, qui doit bien porter le nom
de Grande Caique, fe termine a cette pointe de l'Oueft
qui couvre 1'Anfe au Canot, d'on elle fe replie deux
lieues & demie au Sud; apres quoi elle paroit retour-
ner fur elle-meme. Cette pointe-la du Sud s'appelle


le cap de Mongon.


Anfe a l'Eau,


.1 -


& l'Ile des Pins.


Planche 19.

Quand on a double la pointe du Nord-Ouefl de
la Grande Caique qui couvre le mouillage appell6
I'Anfe au Canot, dont nous venons de parler, la
c6te tourne a l'Eft, a l'Eft-Nord-Ei, & au Nord-
Eft, & forme un enfoncement ou baie qui a bien
cinq lieues d'ouverture d'une pointe a l'autre, & dans
laquelle


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laquelle eft l'Anfe a l'Eau & l'ile des Pins. Dans cet
enfoncement, le refcif qui regne tout le long de la
c6te eft interrompu, & laiffe un paffage de peu de
largeur, par lequel on entre dans la baie, & c'efi ce
qu'on nomme l'Anfe i l'Eau. La frigate du Roi


'Emeraude vint, en 175


mouiller dans cette rade,


& y refla fix jours, pour en lever le Plan, qu'on
trouve ci-joint. Les fondes ont ete prifes avec foin. La
latitude y a eti obfervee avec exaaitude.
Ce Plan repandra beaucoup de lumieres fur ce que
je vais dire de cette baie, qui eft tres-frequentee par
les Anglois, & qui feroit une bonne retraite pour des
Corfaires, d'on ils feroient bien a portee d'inquieter
les navires qui debouquent. L'Anfe a l'Eau eft aifee


a connoitre, parce
dans le Sud-Ouefl


qu'a une lieue des Trois Maries,
de ces trois roches, on decouvre


un grand coude que forme la cote, dont le bout fe
termine i la pointe de l'Oueif, qui del' echappe pref-
que a la vue. Il paroit d'ailleurs une grande etendue
de fonds blancs depuis les refcifs iufqu'a terre ;


ainfi on ne peut s'y mdprendre : ii
de s'affurer du paffage que laiffe


n'eif question que
le refcif, qui fe


coupe pour ouvrir une entree dans la baie ; ce qui
n'eif pas aif puifqu'on r'a trouve aucune marque a
terre afI'e frappante pour fervir d'amet & que le
relevement des deux petits eflhers marques fur le
Plan, peut echapper a f'ail, fur-tout a quelqu'un qui
n'auroit aucune connoiffance du local. Il feroit donc


prudent d'envoyer d'abord un canot fur le bo
refcif deffous le vent, afim de marquer la paffe,
I


ut du
& de


DYE LISLE DE SAINT-DOMIWGUE,


65



6 DESCRIPT. DES D1EBOUQUEMENS
fonder frequemment, parce qu'il faut louvoyer,
& qu'on eft averti par la diminution du fond, de
revirer.
Voici les marques qu'on croit les plus propres a
guider dans la pafe & a trouver le mouillage.
On peut accofler les refcifs de pres : il y a de
I'eau jufqu'au pied. Ainfi de quelque c6te que l'on
vienne,. on verra aifement 'intervalle de deux enca-
blures on la mer ne brife point : c'efl la paffe qui
git Sud-Eft & Nord-Ouefl avec le milieu de f'ile des.
Pins, &c'eftl'aire de vent, ouun de fes lateraux,.qu'il
faut faire pour entrer. On trouve d'abord grand fond,
& puis en diminuant jufqu'a trois braffes, lorfqu'on
eft en dedans. Il eft inutile de dire que, pour peu que
le braffiage diminue ii faut revirer. Il eft effentiel
d'obferver que i'ile des Pins qui reffe au Sud-Eft en:
entrant, a une petite ouverture a chaque bout, qui
la fdpare du refte de la terre. Celle qui refte a 1'E6
s'appelle I'Efher de 'Eft, & celle qui refte au Sud,
l'Efther du Sud. Its peuvent fervir tres utilement; car
des qu'on ouvre l'un de fagon qu'on ferme 'autre en-
tierement, it faut revirer. On peut fupplker i ces
connoiffances, en mouillant dans la paffe, & fe te-
nant jufqu'on le tirant d'eau permettroit d'avancer.
Cela feroit tres-prudent a. un batiment qui tireroit
plus. de quatorze pieds d'eau. On mouille d'ailleurs
peu avant dans la baie, parce que le fond ne permet
pas d'avancer beaucoup.
Les canots en allant a terre doivent gagner vers
Ie Sud-Sud-Eft de f'ile des Pins, parce que le cote



DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE.


de l'Eft & du Nord-Eft e
dont ii faut connoitre les


ef garni de bans de fable,
paffages. On ne courroit


cependant aucun rifque, parce que la mer efi fort
unie dans la baie des vents de brife. Lorfqu'on eft
au mouillage, les refcifs couvrent depuis l'Oueii-
quart-de-Nord-Oueft, jufqu'au Nord-Ouefi-quart-
de-Nord, en paffant par le Sud &. l'Eft : mais on
fentiroit tout le fort du vent, & probablement un


peu de lame. On n'efi donc reellement


al'abri que


du IArd-Ef1, au Sud-Sud-Oueft, en patfant par
l'Efl. La mer eft tres-unie des vents de brife; mais
les navires qui tirent plus de quatorze pieds d'eau,
doivent entrer dans cette baie avec beaucoup de pr&-
cautions.
Ile des Pins.

L'ile des Pins court Nord-Efi & Sud-Oueff. Elle
a environ onze cent vingt toifes de large; la terre
eft baffe, & point couverte contre les vents de la
bande de l'EfI, qui battent continuellement les
pins; de fagon que ceux des acores de l'ile font feches
& deracines, & que ceux du centre n'y profperent
guere. Il n'y en a aucun qui pafle les proportions du
mit de perroquet d'un navire de cinquant6 canons.
La terre e4 extremement fabloneufe fur les bords,
& ne paroit pas fort bonne ailleurs. Les ramiers y
frequentent affez.
Le fond eft trop blanc a terre & dans la baie,


pour prendre
pecher avec


de gros
fucces,


poiffons dans le
it faut fe porter


s feines.


Pour


en canot fur
*JIij


I


6-7



DES D$BOUQUEMENS


1'acore des refcifs en dehors. On rauffit encore mieux


a prendre de gros poi
avec de la voile, &


iffons, en courant fur le


laiffant flotter les


fond


lignes. Les


ceufs de tortue n'y font pas rares. La
ire de prendre ces animaux, eft de


maniere la plus
les attendre en


canot lorfqu'ils viennent a terre, & de les harponner.
On les veille auffi lorfqu'elles defcendent fur les an-
fes: mais tout cela demande un filence & des pr-
cautions qu'on ne doit guere attendre des equpages
i J t c u d A ete e h


qine on pa a p .
Le plus effentiel dans f'ile des Pins, eft
lagon d'eau douce voifin de la mer, & on
vaitfeaux auroient de 1'eau fuffifamment.


un grand


cinquante
Elle eft


tres-buvable, & l'on en peut prendre pour les equi-
pages. Cet endroit eft tres-frequents par les Anglois,
qui ne tiendroient pas des annees entieres fur les
Caiques fans cette reffource.
On a vu ci-devant que l'ile des Pins eft fdparde
de la grande ile par deux efthers ou canaux; ce qui
paroitroit en rigueur divifer ou terminer la Caique
du Nord: mais ces efthers font barres par des barres
de fable qui couvrent a peine de deux pieds; ainfi it
faut la regarder comme une efpece de peninfule, ou
plut6t comme la continuation de la grande Caique.
Lorfqu'on eft fur la partie de l'Efi de l'ile des


Pins, on decouvre a toute vue des
lent fur le placet ou interieur des
bande du Nord & du Sud-Eft,


il ets qui fourmil-


C aiques,


dans la


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68 RESCRIPT.


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DE ST HILIPPE
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DE LISLE DE SAINT-DOMING UE. 69

Remarquesfu: leJlacet des Calques, tirees du Journal


du Bateau du Roi 1'Efperance,


Le bateau du Roi
Keruforet, en 17S 3
les fonds blancs, fur


huit lieues


dans la p


en 1753.


l'Efpdrance, detached par M. de
a tourney toutes les Caiques &
lefquels ii s'eft avance pres de
partie interieure du Sud de la


grande Caique. Voici ce qu'il a remarqu6.
En partant te la grande Saline., qui ell la plus
Nord des miles Turques, ii a trouve un refcif nom-
me le Saint-Philippe, qui decouvre & fitue environ
quatre lieues a quatre lieues & demie de la pointe de
la grande Saline ; ainfi la fortie du debouquement
des miles Turques fe trouve par ce moyen retrecie ,
& reduite a quatre lieues ou quatre lieues & demie.

Bafle Saint-Philippe..

Planche zo.

Cette baffe ou platin de roches, ell fitue a l'Efl-
Nord Eli & au Nord Eft du Cap de la Comete,
qui eft la pointe la plus orientale de la grande Cai-
que ou Caique du Nord, i la distance de pres de
deux petites lieues. Ce banc de roches, fur lequel la
mer brife., a une demi-lieue de longueur Sud-Eft &
Nord-Oueft, & tres-peu de largeur. On peut le ran-
ger a demi-quart de lieue au vent & fous le vent. On
trouve quatre braffes d'eau dans toute fa longueur, a



DEs DEBOUQUEMENS


deux cables de distance. Il y a paffage entre ce banc
& la grande Caique, dans lequel.Ao- uve huit ,
neuf & dix braffes d 'eau. Cette paffe a une lieue &
demie de large : mais it faut obferver de s'approcher
beaucoup plus pres de la Baffe Saint-Philippe que du
Cap i la Comete, parce que ce Cap pouffe un refcif
quis'etend une demie-lieue au large vers le Nord-Eft,
& fur la pointe duquel ii y a un petit banc de roche,
que l'on appelle Brife-tout. Il n'y a pas de paffage
entre lui & la terre de la grande Caique.
Le bateau du Roi [Efperance ayant paffi entre la
terre & la Baffe Saint-Philippe a range la grande
Caique, qu'il a eftimi avoir de longueur feize (a) a
dix-fept lieues, courant a peu pres Oueft-quart-de-
Nord-Oueft. C'eft ce que M. Frefier a voulu marquer
fur fa Carte des debouquemens de Saint-Domingue,
par plufieurs miles fepardes dans le Nord du placet
fur les fonds blancs ; parce que cette grande Caique
etant vue de loin, paroit comme des miles detach es,
& que pour 1'ordinaire on evite de s'en approcher,
puifqu'elle eft bordde d'un refcif dans toute fa lon-
gueur qui en eft eloigne de trois quarts de lieue ,
fans compter les pointes qu'iH pouffe plus au large.
Voyet la Planche 1 3.
Continuant de ranger l'ile, conduit par un Anglois

(a) Ceci ne doit s'entendre que de la COte Septentrionale a commencer
depuis la pointe du Nord-EU de cette ile, jufqu"a fa pointe du Nord,
& non de toute fon dtendue, dont le c6ot de l'El a fept h huit lieues
de longueur Nord & Sud, & le c6rt de 1'Ouefttit ou neuf lieues Nord-
Eft & Sud-Oueft.


70


DESCRIPT.



DE L'ISLE DE
pris fur la rande Salin
ils ont troe un paf


SAINT-DOMINGUE. 71
e qui leur fervoit de Pilote ,


rage entre ces refcifs,


& un


mouillage (a) affurd par les deux braffes, on 1'on
trouve un lagon d'eau douce. Cet endroit eft recon-


noiffable par un bouquet


d'arbres


affez elevis,


paffent pour des pins.
En quittant ce mouillage le bateau eut une
pointe i doubler, qui lui refloit au Sud-Oueft-quart-
d'Oueft, s'avangant une lieue & demie au large, &
de plus pouffant un refcif a une demi-lieue ; ladite
pointe dtoit diffante du mouillage qu'il venoit de


quitter, de deux lieues & demie a trois lieues. Ayant
double cette pointe par le travers de laquelle ii a


trouve neuf a dix braffes d'eau fond de roche, it a
mis le Cap au Sud-Sud-Ouefl, on ii a fait deux tiers
de lieue : alors it a mouillk par les cinq braffes fond
de fable parfeme de roches, dans une baie dont la
pointe du Nord lui reftoit au Nord a environ une
demi-lieue ; celle du Sud, au Sud-quart-de-Sud-
Oueh, a deux lieues: puis a revire de bord, portant
au Nord-Nord-Eft, on il. a fait un tiers de lieue. De


cc mouillage ii a releve un refcif qui
dans le Sud-Oueft environ trois lie
partir de la pointe du Sud. C'eft pr
qui eft a craindre (b) quand on de'


court au large
ues, qui paroit
xcifement celui
bouque par les


(a) Ce mouillage paroit etre le meme que celui dont nous avons parlk ci-
devant 'a f'ile des Pins, nommd I'Anfe a I'Eau.
(b) C'eft cette pointe de refcifs, avec 1'ilet de Sable qui porte vers I'Oueft,
& ddnt j'ai parld ci-def us dont ii faut fe defier, qu'on trouve en ddbou-
chant, en rangeant la Caique de 1'Oueft, autrement la petite Caique.


qui



DES DEBOUQUEMENS


72


Calques, & qui fait porter au Nord & Nord-Nord-
Eft pendant un temps, quoiqu'on ait double cette
Caique de 'Ouefl que 1'on appelloit autrefois la gran-
de Caique. On a encore releve du meme mouillage la
Pointe du Nord de la Caique de l'Oueft au Sud-
Oueft-quart-de-Sud, cinq degres Oueft a environ
cinq lieues Le bateau ayant pai une nuit dans ce
mouillage ii appareilla le lendemain, & fit 'Ouef(-
Sud-Oueft deux lieues & demie, pour doubler les


refcifs,


&


eut connoiffance


d'une ilette de Sable ,


qui paroit y tenir ; ce qui l'a oblige de porter au
Sud-Oueff. Etant i la pointe du refcif, a deux cables
par les fix braffes fur les fonds blancs ii a releve la
pointe la plus Ouef de la petite Caique, ou Caique
de l'Oueft, au Sud-quart-de-Sud-Ouefl, cinq degres
Oueft a deux lieues & demie ; & c'efl dans ce mo-


ment qu'il a entree dans 'interieur
les trois a quatre braffes, & a ete


des Caiques, par
oblige par les cal-


mes, de mouiller par les trois braffes a une lieue dans
le Sud du bout de 'Oueft de la grande lie, ou Caique


du Nord, que quelques-uns nomment le Cap de
Mongon, 1'ilet de Sable lui reflant a l'Ouefl cinq
degres Nord environ a deux lieues. Del' ii a vu
deux bateaux mouilles plus pres de cette pointe. De
cette grande & longue ile it a remarque que dans
bien des endroits elle ne paroit pas avoir plus d'une
lieue de largeur. Il a fenti des courans bien diffd-
rens; & en ayant trouve de favorables, ii a appa-
reillk, & trois heures apres it a remouille par les deux
braffes & demie, le bout du Sud de la grande ile, ou
Caique


DESCRIPT.




DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE.


Caique du Nord lui reftant a l'Ouefl-quart-de-Nord-
Oueft quatre degres Nord a environ une lieue
(ces courans font le flux & le reflux), it a appareille
le lendemain. Les courans portant dans 'Efl, & la
route lui ayant valu l'EfI cinq degres Nord, environ
huit lieues ii s'eff trouv6 touch par les fix pieds
d'eau. Ayant revire., & fait deux ou trois bords, it
a regagn' les neuf pieds d'eau; & n'ayant pas voulu
s'enfoncer plus avant dans 'Efl, it a fait l'Ouefl-
Sud-Ouefl, quatre degres Oueft corrige, pour fortir
de deffus ces fonds; & ayant amend la pointe du Sud
de la petite Caique, ou Caique de 'Oueit, a l'Oue-
Sud-Oueft corrige a environ quatre lieues, it a
forti cde deffus les fonds blancs par les trois braffes &
demie a quatre bralfes.


K


73



DES DIBOUQUEMENS


74


CHAPITRE

Dbouquement


QUATR


des Ifles


Turques.


Planche 1.
L E debouquement de l'ile de


Saint-Domingue,


auquel on a donned le nom des Ifles Turques,


ef le


plus pres, le plus court, & le moins dangereux que
tous ceux dont nous venons de parler. Mais pour
'ordinaire les vents ne permettent pas de s'y rendre
avec facility foit que l'on parte du Cap Francois,
ou du Port Dauphin, qui font cependant les ports
de la c6te du Nord de File qui en font les plus pro-
ches, parce que les ventg venant prefque toujours de
la partie de l'Eft, ii eft alors difficile de s'dlever contre
le vent pour venir gagner le plus Sud des miles Tur-
ques, qu'on appelle Sandkde ou Caie de Sable ,
& la premiere qu'il faut reconnoitre pour s'affurer de
l'entree du' debouquement; fans quoi it y auroit a
craindre d'etre port fur les fonds blancs & les
refcifs qui bordent le placet des Caiques dans l'Efl
& dans le Sud, & qui ne font pas encore trop bien
connus.


Or


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4


DESCRIPT.


















CARTE DES 24z .


ISLES TURQUES G tf

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DE SAINT-DOMINGUE.


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I C L E P R E M I E R.


Route pour le


Dbouquement.


LORS Q U E 'on part du Cap Francois, &
vents vous permettent de faire le Nord-Eft, o
valante, il- faut faire fur cette aire de vent e


trente lieues


que les
uroute
fnviron


1'on arrive alors par la latitude de


vingt-un degres deux ou trois minutes,
'ies Turques.
Cette le, qu'on niomme Sandkee


&a la vue des

, ou Caie de


Sable, fait la tete du debouquement du cote de l'ile
de Saint-Domingue, & on ne doit pas fe difpenfer


de la venir reconnoitre, &


s'en approcher a la dif-


tance d'une lieue ou deux. On la range a cette dif-
tance ; & lorfqu'on l'a dipaffhe, on voit la feconde


le Turque, nommee la petite Saline, fur laquelle
on gouverne. En faifant le Nord-Nord-Efi, on la


range a la me d
& demie & con


iftance


: elle a environ une lieue


tinuant cette route on voit l'ile


nommee la grande Saline dloignee de la petite Sa-
line de pres de trois lieues. C'efi la troifieme des Lies
Turques, & la derriere du debouquement, que l'on
peut ranger a la meme distance que les autres. Lorf-
u'on a amne fa Dointe du Nord a environ deux


lieues au Sud-EfI, c
le Nord Nord -Eft ,


n p


eut


faire le Nord-Eff, &


refcifs & de la baffe qui font a la pointe du
K ij
f


rien craindre des


Nord-


r


meme fans


7S


DE LISLE




76 DESCRIPT. DES D1EBOUQUEMENS
Eft de la grande Caique du Nord, ni des roches qui
font a la pointe du Nord de la- grande Saline. La
Carte ci-jointe fera voir la fituation de ces dangers,
& combien it eft facile de les eviter.
La baffe Saint-Philippe, que d'autres nomment
la Caravelle, git avec la pointe du Nord de la grande
Saline, Nord Oueft deux a trois degres Nord, &
Sud Eft deux a trois degres Sud. La diflance eft
d'environ dix lieues. On a vu ci-devant la defcrip-
tion de ce danger. On voit par cette fituation qu'en
faifant le Nord-EII & le Nord-Nord-Eft, des qu'on
a double la pointe de la grande Saline, on ne court
aucun danger. On pourroit meme faire le Nord, fi
'on y dtoit force par les vents; mais dans ce cas it
faudroit bien prendre garde d'etre porte vers l'Oueft,
jufqu'a ce qu'on ait pafi la latitude de ce danger,
qui eft de vingt-un degres cinquante-cinq minutes.
Une autre remarque a l'avantage de ce debouque-
ment, c'eft que le paffage entre les miles Turques &
le placet des Caiques n'a que dix lieues de lon-
gueur & fept a huit lieues de largeur & que l'on
peut approcher les fonds blancs & les acores du
placet de tres-pres, par les fept huit & dix braffes
d'eau. Malgre cela on doit eviter, autant qu'il eft
poffible de s'approcher ni du placet ni de la partie
du Sud de la grande Caique du Nord, mais s'entre-
tenir a une lieue & demie ou deux lieues de difiance
des iles Turques, jufqu'a ce qu'on ait amene la plus
Nord de ces miles au Sud-Eft.

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 77


ARTICLE SECOND.

Sandkee ou Caie de Sable.

L A premiere des iles Turques, qui fait 1'entre diu
ddbouquement, s'appelle Sandkee, ou Caie de Sa-
ble ( d'autres la nomment la Caie Salle ) : elle eft
fitude Nord-Nord-Eft trois degres Nord, & Sud-
Sud-Ouefl trois degres Sud, avec la Grange Cote de
Saint-Domingue, a la distance d'environ vingt-fept
lieues, fuivant 'eftime d'un habile Navigateur. D'au-
tres les efliment Nord-Nord-Eft, & Sud-Sud-Oueft
i vingt lieues. Sa latitude efl de vingt-un degres fix
#inutes moyenne de toutes celles qui ont ete obfer-
ees deffus par un habile Pilote, qui differe de qua-
tre minutes de la latitude obfervee aftronomiquement
par un Officier des vaiffeaux du Roi, par vingt-un
degres dix minutes trente fecondes.
Sa longitude, en fuppofant 1'ile dans le Nord-
Nord-Eft de la Grange a vingt-huit lieues, repond a
foixante-treize degres treize minutes neuf fecondes
du Mridien de Paris.
Cette le eft longue d'un tiers de lieue & git,
fuivant 1'eflime de plufieurs Navigateurs, dans le
Nord-Nord-Eft de la Grange, dont elle eft diflante
de vingt huit lieues. Elle peut etre appergue d'un
beau temps de trois lieues : elle fe demontre lorfqu'on
vNA
S i *i
.. v



78 DESCRIPT. DS DEBOUQUEMENS
la tient dans cet eloignement,, & meme plus pres du
Nord, au Nord-Nord-Oueft, comme deux lots,
parce qu'elle eft couple dans fon milieu par une terre
baffe &unie quielinoyde. Alors, dans cette meme aire
de vent, elle porte des fonds de Caie pres' de demi-
lieue ; le brafliage eft profond fur les acores fe
foutient de dix a fept & huit braffes, & forme la li-
fiere d'un fond blanc qui deborde la Caie de Sable
d'un quart de lieue, & vient fe terminer a des ro-
chers & un refcif qu'elle a a fa pointe du Nord &
qui s'alonge dans cette aire de vent un grand tiers de
lieue.
La pointe du Sud a dans le Sud-Sud-EI deux
roches tres-voifines 'une de 'autre, a la difiance de
deux cables de l'ile : elles font une bonne marque
de reconnoiffance de Sandkde; mais it faut, pour les
avoir ouvertes & fdparees de la terre, ne la pas rams
ner plus Ouefl que le Nord-Ouefl, & etre pe
eloigne.
La marque la plus certaine pour la Caie de Sable,
eft que, depuis le Nord-Eft jufqu'a I'Oueft-Nord+
Oueft cette ile paroit feule, &qu'on n'envait pas
d'autres. Le fable dont elle eft couverte la fait blanchir
fous le foleil. Le mouillage eil marque par-1fond
blanc de fable, depuis fix jufqu't quatre. braffes, fi
on approci e la terre a grande portee de pierrier.
Des navires qui tirent beaucoup d'eau feront
bien de mouiller a un quart de lieue de l'ile, rame-
nant la pointe du Sud au Sud-EII, le milieu a l'EII,
& Efi quart-de-Nor d-E Les roches du Nord vous

-i y
{ wIY



DE LSLE DE SAINT-DOMINGUE. 79
couvrant alors de la mer du Nord-Nord-Efl, on la
fentiroit peu, & dans cette position it eft facile d'ap-
pareiller de tout vent. Les Nords qui font les plus a
craindre dans les debouquemens ne font que pro-
longer la c6te; ainfi le mouillage dans l'Ouefl, fur
le fond de fable peut paffer pour une bonne trade
foraine. Un navire que les brifes forcees, ou quelque
accident auroitempeche de debouquer, y trouveroit
un excellent abri & un point fur de partance pour
profiter du premier vent favorable. Les roches &
refcifs de la pointe du Nord portent un grand tiers
de lieue, & courent, comme l'ile dans le Nord, en
prenant un peu de l'Oueff, formant a leur pointe un
tres-petit crochet qui vient dans le Sud-Ouefl; mais
la mer brife par-tout & ii y a huit braffes d'eau au
pied de ce crochet. On l'a range i portee de piflolet
au plus. Les rockers plus voifins de l'ile ne font pas
tout-ai-fait fi fains, & il ne conviendroit pas de les
ranger d'aufli pres, parce qu'il y a par intervalles,
ainfi que le long de l'ile, des roches fur lefquelles on
n'a que deux braffes d'eau.
Le cote de l'Ef de Sandkee a des brifaffs a terre
ils marquent beaucoup, parce que la mer eli toujours
batted .de- ces vents,. Les fends qui fuivent les refcifs
de lipointe du Nerd; viennent fe recourber dans
'Efl, & rejoignent en arc les fonds blancs qui lient
le trois iles-Turques enfemble, & qui les debordent
de deux lieues dans le vent. On pourroit mouiller
dans l'Efi de 'ile fi, par un befoin, & dans des cas
forces, ova etoit affailli d'igcup de vent d'Ouefl.

N. A5

t s~



80 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
Mais je fuppofe toujours les circonflances forces ,
parce que le fond n'eft pas i bon, & que ces vents
palfagers & de peu de duree qui obligeroient d'y
mouiller, pouffent au large de toutes les iles.
Le nom de Cale de Sable marque parfaitement
les proprietis du terrain, qui eil fi mauvais que les
arbufles & les raquettes y viennent a peine. L'ile eft
fort bae brnlee du Soleil, des vents & de la mer.
Les oifeaux ne la frequentent point. Le poiffon y eft
rare. On y a decouvert quelques traces de tortues.
Le moment de leur ponte feroit une reffource paifa-
gere que le hafard pourroit fournir : mais en general
on n'en peut efperer aucune. La terre n'y eft fufcep-
tible d'aucune culture; elle ell bien place a la tete
du debouquement, pour 'offrir un abri f ur contre
les brifes forces & un point de reconnoiffance.

Remarque fur la Caie de Sable tire du Journal
de la Frigate du Roi l'Emeraude en 173.

La Caie.de Sable eft une ile longue que l'on voit
de trois lieues, comme trois petitesiles, stant frnee
de deux petits mornes & d'un troiiemesque 1'0h a
nomme la Roche couple,- 'ayant fait partie 4V'le,
& que nous regardons- toujours ainfi, quoique I'on
ait de ieau jufqi'aux genocu pour y alter ; mais elle
fert a faire' reconnoitre cette ile, qui fera bientat
couple par moitid, quoique la gorge ait pres de cent
pas geometriques d'une met. l'autre. Come elle
eft fort baf e4 y tei cvr irque dans les Nord-
Oueni
.;Ti C .e Vy. O {,
$ 1 cr s x f .
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.t dJ t 3u r: r ^r. r '~



D LISLE DE SAINT-DOMINGUE.


Oueft forces & ouragans,


la Mer paffe d'un bord a


l'autre. Le debarquement eft fort aif dans cette gorge,
fous un petit morne ou l'on avoit plant i un poteau
aux Armes du Roi. La planche de la chaloupe a
terre, it y a deux braffes fous l'arriere.
Cette ile eft longue d'environ treize cens pas
geometriques (le pas gdometrique de cinq pieds). Le
petit morne du milieu a dans fa plus grande largeur
pres de cent foixante pas. A la pointe du Sud it y a
auffi un petit morne long. Cette pointe -du Sud
pouffe un refcif dans le Sud & le Sud-quart-de,-
Sud-Ouefl, a pres d'un quart de lieue, termine par
trois roches qui brifent bien, & font decouvertes


perpituellement. Ce petit -morne du Sud fe joint a
celui du milieu par une terre baffe que l'on pourroit
regarder comme une petite favane. Du morne du
milieu a la pointe du Nord-OuefI, la terre el} ga-


lement fort baffe, couple par la mer qui y a fait un
baffin; & it faut regarder cette pointe terminee par
la roche -coupee, qui faifoit egalement un petit
morne de l'ile. Cette ile ou roche couple paroit
reellement avoir une large embrafure ou coupure
dans fon milieu. Cette pointe du Nord-Ouetl eft
fort baffe, & de diflicile abord pour la Chaloupe. It
ne la faut point hanter du tout pour venir au mouil-
lage, mais par preference celle diSud, on tous les


dangers marquent. Cette pointe
pouffe un refcif a trois quarts de
Nord-quart-de-Nord-Ouefl, & N
qui finit a une portee de pierrier p


du Nord-Ouefi
lieue, courant au
ord-Nord-Ouefi,


Ares, par une
L


tres-


Sr



82 DESCRIPT. DES DiBOUQV.EMENS
( groffe roche qui decouvre toujours..-On lui a donned
rumb i environ un quart de lieue, & fonda fix braffes
fond de roches. O ne fauroit aborder commode-
ment la partie de 'Ei de cette ile : a mer y eft ordi-
nairement. for groffe, & le bord eft tout roches.
L'ile ne produit que des raquettes, & quelqu s buif-
fons de la hauteur de quatre pieds; mais i n'y -a pas
d'eau. On y a enterre une barique fans; fuees.
"L'on y trouve des lizards tres-gros dansfapartie
du Sud, &, des rats. I y a, quantity d'oifwux de
mer, come goelands, painlls-.en-culs, terraux,
xhir~ode les de prerdes foux, quelques Qifeaux de
proi,e ou aglonsf- qui fe fortroipour prendre
les poiffons volans. On a cru yvoi i s ,acea
de tortues; .quelque cabrits, &4des pi, tades y
pourroient ,fub~f ; mais ils feroient bientc d .d
fruits par le Chaleur & 1'oifeau de ppe: Il y ade la
peche; mais; onjpe a 'peut "faire 'jgne, n'y
ayant pas d endroit propre e dn1aet un coup de
feine.
Cete ile n'efi donc d'aucune conf'igen qie
par ia situation; & yant un bon mouillage prs-
fore; puifque, moyennant une ancre k t1 q;tee
dans 1'Ouefi a trois-grelins, 1'on peut fe re i de
tous, vents, u4 G dbl'r*tes ls pointed & refcifs,
ou bien .noOjg trois g arts de Iieue de terre:
mais dans les mois de Mai & de Juin it vaut mieux
en; mouiller a une petite demi-lieue, pour y avoir
moins de mer de la brife du Sud-Ef, qui eft forte
ordinairement.



DE L'LE DE SAINT-DOMINCUE.


8;


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L ij


L


Comme cette ile eft dans l'angledu debouque-
ment des miles Turques, & celui du Mouchoir carre,
ii faut la reconnoitre pour debouquer par l'un cu par
I'autre; & quoiqu'on la puiffe approcher i une demi-
lieue dans fa partie du Sud, ceux qui auroient a de-
bouquer entre les iles'Turques & le Mouchoir carre,
tomberdient fous le vent. I1 feroit donc bien effentiel
d'y batir, & clever fur la pointe du Sud une tour
oupyrinide blanchie, eleve de fix i fept toifes. On
ne pouaroit plus fe tromper dan "ces deboaqu inens:
elle redrefferoit dens =leurs routes tous btiins qui
rembouiquent revenant du Mifliffipi ou d'ailleurs; de
meme quie taut vaiffeau venant de France n'ayant
oilnt eu de hauteur, fe trouveroit plus Nord que
4 oi efteie Peut-etre trouveroit-on de la pi-erre fur
eliai.Les gaulettes du Port Dauphlin qui vont a
vui a chercbhr du fel, pourroient y porteides pier-
res ; l'abord eft if es plans du bateatr p
fervir a y Mb aer Ieurs pierres.



DES DEBOUQUEMENS


ARTI


CLE


TROfSI


Seconde


Ifle Turque


nommde


la Petite Saline,


Planche zz.

LOR S Q U E l'on quitte Sandkee pour aller a la petite
Saline, on fait le Nord pour prolonger les rochers
& les refcifs qui s'alongent, come on l'a dit, dans
cette meme aire de vent, a un grand tiers de lieue. On
approche tres-pres fa pointe recourbie, un peu au
Sud-Ouefl : elle brife comme le refle ; ainfi il n'y a


aucun rifque i la ranger 'i un petit jet de pierre. On
a trouve huit braffes d'eau en paffant au pied du
refcif. Des qu'on l'a double., it faut porter au Nord-
Nord-Eft pour aller a la petite Saline : on la voit, &
ii n'y a aucun danger entre les deux iles. On perd
meme le fond, des qu'on a ramene le refcif un peu
vers le Sud.
La difiance de la pointe du refcif de Sandkie, a
la pointe de la petite Saline pres de laquelle ell le
mouillage eft de deux lieues. Il faut approcher la
terre i portee de fufil, au moins pour trouver le
fond blanc, qui eft fi roide, que mouille par cinq
braffes a un demi-cable file ou a vingt braffes d'eau
fous le navire, & a un quart de cable derriere, ii n'y


a plus de fond : on mouille a moins d'un quart
lieue en dedans de la pointe du Nord, qu'on ram


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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 85
au Nord-Nord-Eft, & Nord-EfI-quart-de-Nord ;
la pointe du Sud, au Sud-quart-de-Sud-Ouefl &Sud-
Sud-Ouef ; la pointe elevee du Nord onu l'on a plante
une croix & un poteau aux arms du Roi, auNord-
Efl-quart-de-Nord cinq degres Eft. On laiffe tomber
I'ancre fur le fond blanc, qui eft de 'caies dures ,
couvertes de fable. Il y a quelques rockers qui peti-
vent raguer les cables, fi on n'y prend garde. Cet
endroit n'eft dangereux que des vents de brife, parce
qu'en chaffant on drive au large. La tenue eft affez
bonne cependant., quoiqu'elle ne femble pas telle.
L'ancre trouve fans doute dans le fond dur des in-
galitis on elle s'accroche. Il faut appareiller, fi la brife
ceffe & ne pas fe laiffer furprendre par les vents qui
prennent de l'Ouefi. En general, c'efl une mauvaife
rade, i moins que la brife ne foit decide.
La petite Saline eft dans le Nord-quart-de-Nord-
Eli de Sandkie; elle court Nord &Sud, ainfi que les
deux autres miles Turques. Sa figure eft triangulaire :
fa plus grande longueur eA d'un peu plus d'une lieue.
Cette ile eli beaucoup pius haute que 1a nreimier :-.~-- S.c~


elle prefente des mornets qui fe font remarquer,
quoiqu'ils ne foient eleves qu'en comparaifon de
Sandkee. Il y a beaucoup de grands arbuftes, qui ne
font bons qu'a procurer abondamment & commodd-
ment du bois de chauffage. On a fouille la terre, qui
eft fort fablonneufe en deffus, & a une affez grande
profondeur a peine prenoit-elle une couleur plus
foncde; elle etoittoujours legere, feche, difunie, &
ne fe depouilloit pas de fon fable. I ne femble pas



S6 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
fur cette analyfe qu'on put tirer aucun parti du
terrain.
En 175 3 on a trouve a la petite Saline, dix ou
douze Anglois qui iamaffoient le fel que la nature y
forme fans aucun fecours d'une blancheur merveil-
leufe. Il eft de fort bon ufage pour la confommation
journaliere : mais quoiqu'on n'y ait trouve aucune
acrete, on pr'fere le fel d'Europe pour les falaifons.
Malgri cela, qielques-uns penfent que le fel des iles
Turques reuffiroit affez bien.
Cette ile fournit, annee commune, environ dix i
douze mille quarts de fel dans une feule faline qui a
deux mille toifes de contour. Les Frangois de Saint-
Domingue & fur-tout les Anglois de la Nouvelle
Angleterre, de la Bermude, de la Providence de la
Jamaique, y viennent charger du fel, ou a la grande
Saline. Cette denrde vaut quelquefois dix & douze
francs le quart i Saint-Domingue. Les Saliniers le
ramaffent en morceaux, le chargent a bord, & le
livrent pour de la guilduve & du fyrop. La cargaifon
d'un batiment de deux cens bariques revient, dans
cette efpece d'echange, a deux cens cinquante livres
monnoie de 'Amerique. Il n'y a d'eau douce que
celle des pluies qui s'amaffe dans des creux de ro-
chers, & qui feroit toujours fuffifante pour un plus
grand nombre d'habitans.
Les Saliniers vivent de ldzards, qui font gros &
en quantity : ils font des gateaux de mais & meme
une bouillie, dans laquelle ils cuifent les ldfards.
Cela n'eft pas fort bon; mais on peut le manger. Les



DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 87
vaiffeaux leur laiffent ordinairement un peu de bif-
cuit. Its ne font pas delicats fur le choix, & s'accom-
modent tres-bien du mauvais. Tout cela paffe avec
beaucoup de punch; -qui fait la bafe de leur nourri-
ture & de leur bien-etre.
On trouve auffi facilement de gros crabes de
terre qui font bons au gout, & n'ont jamais fait de
mal, quoiqu'on ait vu en manger avec exces. Il n'en
ell pas ainfi dans beaucoup d'autres miles; & a Saint-.
Domingue meme it y a beaucoup de quartiers ou
on fera bien d'en ddfendrel'ufage aux Equipages, &
fingulierement, comme on fait, dans les lieux ou on
dicouvre du mancenillier.
Les oifeaux donnent peu fur les miles Turques;
parce que fans doute ils prdferent les ilots du Vent
inhabits, fur lefquels ils fourmillent i la referve
des Flamands qui fe plaifent fur les Salihs. Cet
oifeau eft prodigieufement dleve par la longueur de
fes pattes & de fon col. Il eft fingulier dans fa ftruc-
ture; mais magnifique dans le plumage, qui eft d'une
couleur de feu admirable. La chair en eft huileufe, la
graiffe rouge, le gout affez infipide ; mais les Equi-
pages les appretent avec le fel & le piment, & les
mangent avec plaifir. Ces oifeaux d'ailleurs ne font
pas fort communs, ni faciles i approcher.
es coquillages les plus ordinaires font les lambis
& les burgots : on en trouve affez. Les Matelots ea
font grand cas pour manger, & pour en faire des
appats, fur lefquels effeaivement le poiffon donne
de preference.



DES DJEBQUYQtYEMENS


Le fond autour de cette Saline eft fort poiffonneux;
mais on ne peut pecher qu'a la ligne, parce que la
c6te eft impraticable pour les feines. I faut mettre
les lignes fur l'acore du fond blanc par dix & douze
braffes-au moins. On y prend de groffes vieilles, des
negres, des crocros des fardes rouges. Cette der-


niere efpece eft fort fuperieure par le gout, aux
autres poiffons ; & quand les fardes pefent trois a
quatre livres it faudroit etre difficile pour n'en pas


manger avec plaifir.


Cette ile a eti arpentee dans'fon contour & les
finuofitis fuivies avec la bouffole ( Voye{ la Carte ,
No. 22 ). On a verifie fes relevemens reciproques
avec Sandkee. On a auffi relevd de la petite Saline
les ilots du Vent, dans le debouquement, qui font la
Culotte, 1'ile a Coton, f'ile aux Oifeaux, file aux


Grands Gofiers, le Sentinelle,


& le C


La latitude a eti determinee par des
aifronomiques a vingt-un degres vin


hampignon.
obfervations
gt minutes. Il


y a fur cette ile affez de coton pour croire que la
terre en fourniroit abondamment, fi elle etoit aide
par la culture.

Autre Renmarque fur l'Ile Turque, nommee
la Petite Saline.

C'eft dans la partie du Sud de cette ile, qu'eff fitude
la Saline fur laquelle font treize Anglois (en 1753*).

M. de Keruforet.
L'on


,


$8 DESCRIPT.



SAINT-DOMINGUE.


L'on y trouve un peu d'eau douce, dont ils font
ufage. La partie du Nord eft un pays de plaines, cou-
vert de bois, ou buiffons, qui ne font pas plus d1evis
que quinze pieds : ii y a fur-tout un arbre aroma-
tique tres-tendre, caffant, & la peau tres-liffe, qui
fe ddpouille de fes feuilles;' ii porte.un fruit maigre
que les oifeaux aiment, qui a un noyau egal en tout
a celui de la cerife : cet arbre porte de la gomme ;
c'eft le plus gros de ceux qui y pouffent; on en a vu
d'un pied de diametre faifant une tete*large par le
haut. La terre paroit couverte de fable & de tuf; qui
rompu paroit epais de trois a quatre pouces, & quel-
quefois ii fe trouve deffous une terre propre aux mais,
petit mil, &c.
Le mouillage n'y eft pas affurd ; le fond qui va
tout du long de cette ile eft bien de fable depuis
quatre braffes jufqu'a fix & huit braffes, mais qui ne
paffe point une portee de pierrier de terre: a l'avant
du vaiffeau on trouve fix a huit braffes, & derriere


point d
fejour.


e fond; auffi ce Navigateur n'y fit pas grand
Mais la brife dtoit commence & reglee, &


on y eft a l'abri depuis le Sud-Eft jufqu'au Nord-
Eft: les bateaux peuvent y refer dans ces deux mois
(Mai & Juin); cependant ils vont plus volontiers a la
grande Saline, quand ii faut fijourner; mais ils y
viennent prendre le fel. Cette Saline fournit a ces
quatorze hommes environ quatre cens tonneaux, &
feize boiffeaux font le tonneau. Nos Frangois qui


vont y prendre du fel, donnent ordinairement deux
bariques de tafia pour quinze tonneaux de fel, que
M


I)E L'ISL E''E


f- t_


9o DESCRIPT. DES DIEBOUQUEMENS.
les Anglois eux-memes chargent dans leurs bateaux;
& ils font expedids dans deux jours. L'on y aborde
difficilement, c'efl-a-dire, avec la chaloupe qui ne
peut point aller jufqu'a terre, on la mer n'eft pas
mauvaife des vents, depuis le Nord-Eft, jufqu'au
S-ud-Ef : ils y prennent du poiffon i la ligne, n'y
pouvant point donner de coup de feine. Lile ayant
pres de trois lieues de tour, du couvert, de l'eau
douce & quelques petites favanes., le cabrit, le
cochon-marfon, la pintade, les canards y feroient
fort bien. L'Auteur de cette Defcription obferve
qu'il n'a pas eu le temps d'en prgndre une plus grande
connoiffance.



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DE SAINT-DOMINGU9E.


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Q U A T R I E


me Ifle Turque,
la Grande Salir


nominme
ie.


Planche 23-
LO R S Q U'ON quite la- -petite Saline, & qu'on
double fa pointe du Nord on appercoit la grande,
qui eft eloignee de deux lieues & demie dans le Nord-
Nord-Efi. C'eft la route qu'il faut faire des qu'on a
pare un petit refcif, qui ne porte pas a, deux enca-
blures (deux cens toifes environ) de cette pointe
duNord. Ce refcif brife & ii y a fept a huit braffes


d'eau au pied. Le fond blanc continue i c
del' au Nord-Efl-quart-de-Nord, & Nord
jufqu'a la pointe du' Sud de la grande Saline.
peut paffer fans rifque fur l'acor ede ce fond b


ourir


-.Ef,
On
lance,


qui paroit peu profond, mais qui conserve toujours
au moins quatre braffesd'eau -on pourroit y mouil-
ler; la mer y ef tres-unie, parce qu'elle eft couverte
par les hauts fonds & les lots du Vent. Il faut
prendre garde fi on fait le Nord= Ef a un refcif


qu'on


rencontreroit furement en


Coton a 'Eft-cuart-de-Sud-Eft;
que guere lorfque le vent eft 1
avance dans le fond blanc, & cC
Eft, jufqu'a la pointe du Sud d


ramenan1 f'ile a
ce refcif ne mar-


odere. La pointe
)urt dans le Nord-
Le la grande Saline.


M ij


'I


A


Troi/ie


M E.


I I ME II


91


I
I


DE L'ISLE



. n., ~ v ncv 4Cr a


9 JESCRIPT. IDEs DEBUUQUEMEN5
Le plus fur pour ceux qui n'ont pas les connoiffan-
ces locales, ou un grand plan exa& eft de cotoyer
les fonds blancs tres-pres, pour ne pas tomber fous
le vent de la grande Saline, quieft vers la pointe du
Sud dans l'Ouefl d'un morne affez eleve pour etre
diftingue lorfqu'on eft pres de la terre. En appro-
chant de la grande Saline pour y mouiller, on ap-
persoit, a la diflance de deux cables de terre, un fond
blanc, que l'on accofte avec repugnance, a caufe de
fa proximity de la c6te & qu'il eft feme de groffes
roches fur lefquelles ii ne paroit pas y avoir trois
pieds d'eau, quoiqu'il y en ait quatre & cinq braffes.
Ii ne faut cependant, fi on court des bordees ,
comme on y ell prefque toujours oblige hanter que
la lifiere du fond blanc, jufqu'i ce qu'on ait ramene
i l'Eft-Nord -Eft la pointe des Anglois on il y a
de petits brifans tout-a-fait a terre, & on le fond di-
minue beaucoup. On s'avance a petites voiles en
fondant jufqu'au morne indique ; & quand il refle i
'Ef-quart- de-Sud-Eft, on choifit i demi enca-
blure dans le fond blanc, une place un peu nette,


pour y laiffer tomber l'ancre


: la pointe du Sud de


1'ile au Sud-Eft, & la pointe des Anglois au Nord.
On mouille par quatre-i cinq braffes & en filant
un demi-cable, onra neuf a dix braffes fous foi, & i
pareille distance derriere, on en a vingt cinq, &
meme point de fond. Un batiment oblige d'y faire
quelque fejour doit obferver fi les brifes mollif-
fent parce qu'il n'y a pas grand evitage i terre, i
faudroit enmbraquer beaucoup de cables, ou meme


S



a -


DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 93
affourcher fur la lifiere du fond blanc, par huit &


neuf braffes. Il eft prudent de


foutenir avec


des


boudes le cable, particulierement qui ne travaille
paint, parce que le fond de fable eft feme de groffes
pierres qui engagent de fagon qu'on perd fouvent
cables & ancres.


Il en eft de ce mouillage a peu pres com
celui de la petite Saline. II n'eft fur que des v
brife : on y eft alors comme dans un baffin ;


le fond


eft beaucoup plus doux,


me de
cents de
& ici


n1ais toujours tres-


voifin de terre. On pourroit fe mettre a l'abri du


Nord, en plagant fes ancres avec precaution; &
en confiquence, fi on prevenoit le coup de vent,
comme cela eft facile le fond diminue en appro-
chant la terre ; ainfi, fi on evite d'un vent dularge,
fans s'etre laiffd furprendre on a la certitude de ne
pas chaffer.


Sandkee vaut mieux pour la furete du mouilla-
ge : mais la grande Saline a beaucoup d'avantages
fur les autres miles Turques ; l'afpea en eft plus riant,
la terre couverte d'herbes propres pour les beftiaux,
& d'arbres, marque qu'elle eft de meilleure quality;
on la croit meme affez fufceptible de culture en beau-
coup d'endroits. La couleur foncie, la fraicheur


& une certaine denfite,
tireroit parti.


font conje&urer


qu'on


,


en


Des deux Salines qui font dans cette ile une
feule rend du fel, mais elle a deux mille cent toifes
de long, & fa moyenne largeur eft de cent toifes:
elle donne le triple de la petite Saline. On prend



DES DEBOUQUEMENS


94


aufli plus abondamment des memes efpeces de poif-
fons a la ligne & on a de plus l'avantage d'y pou-
voir feiner. On peche fur-tout des mulets, qui font
un des meilleurs poiffons de l'Amerique : on y trou-


ve aufli


des homars, beaucoup de gros


crabes de


terre, des lambis


& des burgos.


Il y a quelques tourterelles, des


becaffines,


ortolans, des canards, quantity d'oifeaux


qui font de mauvais gont &


des


de mer


fort huileux, comme


par-tout ailleurs. Les arbres, quoique plus touffus ici
& plus eleves, ne fourniffent que du bois de chauffa-
ge ; on n'en a vu aucune efpece qui part propre
pour bordage & encore moins pour mature. Il y a
un peu plus d'Anglois fur cette Saline que fur l'au-
tre *; le grain eft plus gros, & fe ramaffe plus en


cailloux; ii eft
un coup d'oeil


fort blanc : cependant on lui trouve
moins fin & moins luftre que celui


de la petite Saline.
Il y a un autre mouillage dans le Nord de
pointe des Anglois; & c'eff ordinairement on
A ~ *


la
fe


tiennent les batimens qui chargent du lel : ils font
plus voifins de la Saline & des Cafes des Anglois ;
ainfi la commodity 1'emporte fur la f(rete. L'abri &
le fond n'y font pas fi bons non plus que la tenue ;
on y chaffe fouvent.
Il n'y a de paffage que pour une chaloupe a la
pointe du Sud de l'ile qui eft bordde d'un refcif,
lequel efi une branche de ceux qui bordent les ilots
du Vent ; un canot y trouveroit des iffues : mais on
Farce que la recolte eft beaucoup plus grande, le fel efi beau.


DESCRIPT.



SAINT-DOMINGUE


95


n'a fait nulle recherche, ni un examen detaille de
ces paffages tortueux qui ne feroient d'aucune uti-


kite pour la navigation.
La latitude obfervee avec


une precifion afirono-


mique, eft de vingt-un degres vingt- fix minutes
quarante-deux fecondes. A la pointe du Nord de la
grande Saline it y a un refcif qui s'etend une demi-
lieue dans le Nord-Nord-Eft : it eft fort fain fous le


vent. Ce refcif prend fan commencement a la par-
tie du Sud-Oueff de la grande Saline, un peu plus
bas que le mouillage des Barques ( Voyeq la Carte,
NO. 2.3.): i ne porte point au large a cette pre-
miere lifiere quoiqu'il paroiffe faillant quand on
le voit en rangeant la c6te ; ii s'alonge, fans s'eloi-


, jufqu'a la pointe
demi-lieue dans le
fous le vent.


du Nord ; it s'dtend alors
Nord-Nord-Efi; if eft fort


gner
une
fain


JQL


a


DE LISLE DE



iDES DJBOUQUEMENS


ARTICLE


CINQUI$ME.


Remarque fur les Iflots qui font dans l'EJl


des Ifles


Turques.


FlanChe 24,.

A U vent des iles Tur es, c'efl-a-dire, a 1'Eft
des grandes & petites Salines, ii y a plufieurs petites
Miles dont la fituation n'etoit point du tout connue ,


& qu'on ne trouve fur aucunes
jointe (No. 24.), fait voir
fituation ; elles ne font pour I


I Ii I 1


,' I


Cartes.


La Carte ci-


leur nombre


& leur


a plupart, que des ro-


chers iteriles & dont on ne peut tirer aucun avan-
tage. Les plus Nords de ces lets s'appellent les Ju-
meaux fitues a un quart de lieue de l'Eff de la par-
tie du Sud de la grande Saline : ce font trois rochers


fort petits & fort-pres lesuns des autres. Au Sud
des Jumeaux i un tiers de lieue de diflance ,


-Eli
on


trouve 1'ile aux Grands Gofiers qui
Sud, & qui a environ un quart de


gueur ,


court Nord &
lieue de lon-


& tres-peu de larger.


L'ile aux Oifeaux, qui eft un peu plus grande, en
eft eloignee de trois quarts de lieue. Ces miles font
liees enfemble par une chaine de refcifs, on l'on voit


la mer brifer avec


Oifeaux


force. Au Sud-Eft de l'ile aux


it y a un petit ilet rond, qu'on appelle la
Culotte ,


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DE L SLE DE AINT- OMINGUE. 97
Culotte, qui dans fa partie du Sud, a deux petits
rockers hors de 1'eau, fort pros defquels on trouve
dix braffes. Le refcif finit en cet endroit & 1'on
pourroit fi l'on vouloit, s'approcher de la partie
de l'Eft de la petite Saline : on trove depuis dix
braffes jufqu'a fix braffes d'eau.
Entre la pointe du Nord-Eft de la petite Saline
& l'ile aux Oifeaux, a une lieue de distance on
trouve l'ile a Coton qui eft la plus grande : elle eft
au Sud de la grande Saline, h unc lieue & demie de
distance. L'ile a Coton eft la feule de ces miles du
Vent qui ait ete vifitee & fi 1'on juge des autres par
celle-ci ii n'eft rien de plus aride : on n'y voit que
des hafiers & quelques arbuftes : les oifeaux en re-
vanche y fourmillent ; lestbarous fur-tout, don't la
quantity forme des nuages; ils ne font pas bons a man-
ger mais c'eft une grande reffource dans le mois de
Mai, on ila font leur ponte: on ramafferoit alors dans
une heure, des bariques d'coufs, qui ne cedent point
pour le gout & F'ufage aux ceufs de poule. Le nom de
cette ile fuppofe qu'elle produit beaucoup de cotony
mais ii y en a tres-peu & de mauvaife quality.


N



98 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS

CHAPITRE CINQUItME.
Le Mouchoir Carre & la Caie d'Argent.

ARTICLE PREM IER
Le Mouchoir Carre.

1L A position des hauts fonds., & cafes nommees
le Mouchoir Cari0 a beaucoup embarraff6 les Na-
vigateurs & les Hydrographes. Le peu de connoif-
fance qu'on en avoit faifoit qu'on evitoit le plus
qu'il dtoitpoffible de s'en approcher; cependant ii
etoit extremement important pour la navigation, de
la placer fur les Cartes avec quelque certitude : mais
jufqu'ici cette determination n'a pas etc aifde ne
pouvant fe faire que fur l'effime des Navigateurs ,
partant de la cote de Saint-Domingue qui, pour
l'ordinaire, font contraries par les vents & ne
viennent guere jufqu'au Mouchoir Carre.
Le bateau du Roi l'Aigle, en 17$ 3, ayant relevd
les miles Turques, fit route pour le Mouchoir Carre;
it prit fon point de parlance fur Sandkee ou Caie
de Sable ; & aprbs avoir fait fept lieues au Sud-
El ii fe trouva tout aupres des brifans qui for-
ment le Mouchoir-Carre fous le vent, a la diffance
d'une demi-lieue de ces brifans; ii les rangea pen-
dant 1'efpace de trois lieues : cette partie lui paroit
prefque Nord & Sud, fe recourbant vers l'Efl aux
deux extremites du Nord & du Sud. La brife qui



DE LISLE DE SAINT-DOMINCUE. 99
etoit tres-forte l'empecha de s'en approcher, & de
s'avancer vers 1'Eft pour en connoitre 1'etendue. Mais
comme fa route a 6ts direae & courte, on peut
computer fur fon effime ; & le point de partance
etant bien place, comme on l'a vu ci-devant a 'arti-
cle de Sandkee ii refulte que les acores de 'OuefI
du Mouchoir Carre font, par la latitude de vingt-
un degres quatre a cinq minutes du c6te du Nord,
& par vingt degr cinquante-quatre a cinq minutes
du cote du Sud ; & le paflage entree ces dangers &
les parties du vent des miles Turques, de fept lieues
au moins de largeur.
A 1'egard de la longitude du Mouchoir Carre, on
la deduit de meme que celle de la premiere ile Tur-
que. Ainfi fes acores de l'Oueff feront par les foixan-
te-douze degres cinquante-cinq minutes a l'Occident
du Miridien de Paris qui eft toute la pricifion ou
nous pouvons atteindre quant a prefent; & quoique
cette determination ait befoin d'etre confirme'e par
des obfervations plus particulieres, it y a cependant
tout lieu de croire qu'elle ne s'eloigne pas beaucoup
du vrai.
A 1'dgard de la grandeur, de 1'etendue, & du
contour de ces hauts fonds, ils me font entierement
inconnus, & je crois que toutes les Cartes Marines
les marquent fort mal. Il y a tout lieu de croire que
c'eft un placet comme les pricedens; mais beaucoup
moins etendu, femi6 de petites miles, de caies & de
rockers, parmi lefquels ii peut y avoir quelque abri
pour de petits batimens.
Ni




do DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS


ARTICLE SECOND.

La Caie d'Argent.

Planche z.
L A Caie d'Argent efl un P12cct ou haut fond affez
4tendu, fir lcquel it y a quelques Caies de Sable ou
ilets, bas & noyes avec des roches fous l'eau, fur
lefquelles la mer brife ; mais qui laiffent des inter-
valles on it fe trouve affez d'eau pour que de moyens
btimens puiffent y mouiller & s'y mettre i l'abri.
L'on affure qu'elles ont fervi de retraite a des Cor-
faires & a des Forbans ; mais ii faut bien les connoi-
tre pour ofer s'y rifquer : tous les vaiffeaux qui vien-
nent a Saint-Domingue evitent avec foin de s'ap-
procher trop pres de ce danger, dont on connoit
la latitude & la situation avec affez d'exaaitude pour
ne pas donner deffus, lorfqu'il s'agit de paffer entre
ces hauts fonds & 1'ile Saint-Domingue.
Par les obfervations riitd'rdes de plufieurs Navi-
gateurs le milieu de ces dangers doit etre fitue par
la latitude de vingt degres vingt-un a vingt-deux mi-
nutes : fa longitude rapportee aux acores de l'Oueft
eft de foixante & onze degres trente-cinq minutes a
'Occident du Meridien de Paris. Ainfi ces acores
de l'Ouefl giffent avec le vieux Cap Frangois, ile
Saint-Domingue, Nord-quart-de-Nord-Eft un ou














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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE.


deux degres Nord, & Sud-quart-de-Sud-Oueft ,ua
ou deux degres Sud; la diffance eft de onze a douze
lieues. Leur etendue de l'Eft a l'Ouefl n'eft pas bien
connue non plus que celle du Nord au Sud.
Quatre Navigateurs, qui font les Capitaines Bou-
det, de Rochefort ; Hynard, de Nantes ; Lamotte,
de Bordeaux; & Couley de Marfeille, s'accor dent
a donner a la partie du Sud de la Caie d'Argent,
vingt degres quinze minutes de latitude, & difent
que le milieu de ce danger eft fitue au Nord-Nord-
Eft trois degres Nord du vieux Cap Frangois.
La frigate du Roi l'Emeraude, qui fut envoyee


en 175 3 pour faire des remarques fur ces dangers,
ne put pas y faire toutes les obfervations que l'on
auroit fouhaite : elle vint les attaquer fous le vent ,


c'eff-a-dire, dans


la partie de l'Ouel ; mais les vents


d'Eft la contrarierent de faeon qu'elle ne put en faire
le tour ni faire penetrer fa chaloupe ou fon canot
dans l'interieur de fon placet. Voici ce que j'ai re-


cueilli de fon Journal.


Le Vendredi 26 Janvier 175 3 i fix heures du
matin ayant obferv' cinq degres de variation
Nord-Eft releve le Cap Cabron dans la partie
du Nord-Efi de l'ile de Saint-Domingue qui refloit
au Sud -Sud-Efi cinq degres Sud, a la distance
, d'environ htiit i neuf lieues Samana au Sud-Sud-
Eft a onze i douze lieues le tout au compas de
fix heures a huit heures, la route a valu le Nord-
, Ef cinq degres Eft deux lieues. Nous avons mis en
panne, & fait partir cait & chaloupe gouvernant


I


101




O2o DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
,, au Nord-Ef. A neuf heures nous avons fait fervir
S a meme route; vu des oifeaux, requins, dorades,
, & gouermons en grappe de raifin. De neuf heures
>> a midi, la route a valu le Nord-Eft quatre degres
SEft deux lieues un tiers latitude obfervie, vingt-
o degres huit minutes longitude foixante onze
i degres quarante-fix minutes ; rdlevd le Cap Ca-
" bron au Sud deux degres Oueft du coinpas a treize
, lieues.
s De midi a quatre heures & demie calme ou
a tres-petite fraicheur du Sud-Sud-Ef ; la route a
i) valu le Nord-quart-de -Nord-Eft deux degres
) Nord deux lieues. Calme tout plat jufqu'a fix
,, heures du foir ; variation obfervee cinq degres
Nord-Eft. L'on compte avoir vu le Cap Cabron,
o au Sud-Sad-Eff, environ quatorze lieues.
SDe. fix heures a fept heures, il y a eu une petite
o fraicheur, la route a valu le Nord-quart-de-Nord-
, Oueft quatre degres Nord, une demi-lieue. Nous
3 avons mis en panne tribord au vent jufqu'a deux
heures du matin, que nous nous fommes mis ba-
o bord au vent. A fept heures du foir les routes re-
,, duites, nous nous faifions par les vingt degres qua-
) torze minutes de latitude, & par les foixante-onze
o degres cinquante-deux minutes de longitude. Par
s les routes riduites & derive de la panne nous
' nous faifions, a fix heures du matin, par les vingt
o degres dix-fept minutes de latitude & par les
o foixante-onze degres cinquante-quatre minutes de
) longitude.





____________________________





o


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7>

s>


DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 103
Le famedi 27 Janvier . .. En mettant en
panne hier au foir, j'avois laiffi tomber i babord
une ancre de fept cent quatre-vingt livres, le grelin
de fix pouces fix lignes, file de vingt braffes; & a
firibord un plomb de cinquante livres, file de vingt
braffes aufli, pour nous avertir du fond. J'avois la
chaloupe dans l'aire de vent de notre derive, i une
demi-lieue fous le vent en panne, ayant un plomb
file egalement de vingt braffes, & qui faifoit fervir
de temps en temps pour fe remettre dans notre de-
rive a pareille diflance ayant pierriers & fanaux
pour fire les fignaux.
A fix heures & demie ce matin, le canot & la
chaloupe ont ddbordd, faifant route a l'Oueft
A fept heures & un quart nous avons fait fervir
dans le meme ordre que le jour precdent, les
vents a FEfl petite fraicheur, belle mer. Nous
voyons par continuation meme gouemon, oi-
feaux, dorades, requins, & des blancheurs fur
la mer, que l'on prendroit pour des hauts fonds:
& lits de mardequi font products par les calmest
& nuagcs qui s'y peignent. Nous en avons coupe
& fonde quelquesruns : nous trouvons une lame
fourde du Nord..
Depuis fept heures & demie du matin que nous
faifions, par les vingt degris dix-fept minutes de
latitude, & par les foixante-onze degres cinquante-
quatre minutes, la route a valu jufqu'a midi
l'Ouefl cinq degres Nord,. deux lieues deux tiers;.
latitude obfervde moyenne vingt degris vingtdeux



DES D]BOUQUEMENS


Minutes ,
a minute.


& longitude


9 De midi a cinq heures


foixante-douze degres une


mie gouvernd a


, 1'Oueff-Sud-Oueil & a l'Ouef & fait a
heure ralier nos canots & chaloupe fond
fieurs fois de la frigate & file cent braffes ,
trouver de fond. La route a valu de midi a
,, heures & demie, l'Oueft, trois degres Nord


3 lieues deux tiers : variation obfervie cinq
' Nord-Eft.
n Relevi dans le moment le vieux cap, a


degres

u Sud a


) treize lieues: nous avons mis en panne babord au
,, vent, qui etoit de la partie de l'Eff au Sud-Eft,
,, jufqu'au lendemain a trois heures & demie.
s) Le Dimanche 2S.. Ce matin a trois heures &


,, un quart, ls.:chaloupe qui etoit
, l'aire de vent de notre derive, a fai


en panne dans
t fignal du fond,


braifiage & quality. Quatre minutes apres l'on
a cried de 'avant, que l'ancre avoit pris fond ; fon-
de & trouve quinze braffes fond de caie. Nous
5) avons tenu bon & fait fon er par le canot &
chaloupe a deux ou trois encablures autour de


a nous, meme fond : nous n'avons pas trouve


fond depuis 1'Efl-Sud-Eft jufqu'au Nord,
partie de 'Eft; & dans la partie de l'Oueli,
, quinze & dix fept braffes de 1'Eft Sud-
, Nord. Etant affure de la quality du fond


) avons encore file


v grelin,


dix braffes


& j'avois fait penau


pa


de
r la


trouve


-Eft


au


nous


feulement de notre
de mon ancre de


quinze


celte
plu-
fans
cinq
deux


io4. DESCRIPT.


& de


,




DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE.


e quinze cens, a laquelle j'avois italingue une chaine
,t de fer ayant ineme pare mes groffes ancres.
) Depuis cinq heures & demie du foir jufqu'au
,, mouillage, la derive de la panne a valu le Sud-
,, Oueft- quart-de-Sud, deux degres Sud, deux


lieues & demie. Je me faifois donc


,, & demie du matin par
,, tes de latitude eftimee ,


a


trois heures


vingt degres quinze minu-
& par foixante-douze de-


gres douze minutes de longitude. Nous avons
ferret toutes nos voiles fur le fil de carets. Variation
,, obfervee cinq degres Nord-Eft; pris toutes fortes
a de poiffons ; vu une tortue.
Au Soleil levant, releve la terre au Sud-Ouefl-
,, quart-de-Sud a environ quatorze lieues. La brife
Seft venue de l'Ef joli frais, bellemer.
9 A huit heures, fait partir la chaloupe pour aller
fonder dans le Nord, & le canot dans le Sud. Ce
, dernier eft revenu a trois heures apres midi. Sa
route n'ayant valu que le Sud-Sud-Oueft a caufe
du courant, quoiqu'il portat au Sud-Sud-Eft.
, Trouvant dans la distance de deux lieues, s'dloi-
,t gnant de la frigate quinze feize, dix-fept, dix-
o huit dix-neuf & vingt braffes, fond de gravier &
) de fable. Il a fait le crochet dans l'Oueft d'une
demi-lieue & eft revenu i la frigate faifant le


, Nord-Eft quart de Nord ,
fond.
J'en ai change equipagee,
fuite fonder dans l'Ouef : it a


& trouve

& renvoy


le meme

e tout de


trouve dans 'efpace


lieue, s'eloignant


de la frigate,
O


qumze,


d'une


I


105,



io6 DESCRIPT. DES DE'BOUQUEMENS.
feize dix-fept & dix-huit braffes, fond de fable
fin, a fait le crochet une demi lieue dans le
Nord, & revenu a la frigate, faifant l'Eft Sud-
Ef & a trouve .le meme fond, qui paroit par-
o tage en feiiillons blancs & noirs s'alongeant de
1'Eft a 'Oueft, en confiquence des courans que
o nous avons eprouves porter ainfi, ou plutot des
marees: car ce que nous appellons courans ne
portoient a 'Oueft que pendant cinq a fix heures.
Nous ne voyons.les fonds'qu'en fixant la vue ver-
, ticalement : ainfi ils ne veillent ni n'avertiffent
a point par les quatorze & quinze braffes. Il n'en eff
pas de meme des fonds de deux braffes & demie
o & trois braffes que l'on appergoit comme les
,, fonds blancs.
La chaloupe eft revenue a cinq heures du foir :
elle a trouve le fond dans l'efpace de deux lieues
& :deniie faifant le Nord par quatorze & quinze
y) braffes, & y a mouille une de fes boudes avec pa-
)s villon blanc par les quatorze braffes. Ayant pouff
o delay au Nord Nord Eft (les courans portant a
o l'Ouef ) pour valoir le Nord, fondant toujours,
S meme fond de corail & gingembre, par les qua-
ys torze braffes; ayant fait une demi-lieue a cette aire
de vent elle a trouve & appergu de loin un haut
a fond de caie blanche par les trois braffes &
a l'ayant depaffe de deux a trois cables, elle en a ap-
perdu un autre dans le Nord-Ouefl, qui paroiffoit
auffi elevi ; & etant entre ces deux fonds diftans
n 1'un de 1'autre d'un demi quart de lieue, en a



SAINT-DOMINGUE. 107


,, appergu un troifieme au Nord-Nord-Eft a pareille
distance.


,, Ces trois fonds


faifant le


trepied


& entre cha-


o cun tout pres l'on trouve quatorze brasfes: elle a
, mouille fur ce dernier haut fond, fa deuxieme


) bouee & pavilion par les deux brasfes


& demie,


> y a obferve vingt degres trente une minutes
,, moyenne parallele des trois Pilotes de la chalou-


pe, laquelle quacroit avec celle obfervee fur la
frigate de vingt degres vingt une minutes : en-
o fuite la chaloupe eft revenue relever fa, premiere
o boude, la regardant comme inutile & a fait l'Eff


environ un quart de lieue, & elle a perdu le fond
qu'elle n'a retrouve faifant le Sud-Sud-Oueft, qu'a


un demi-cable de la frigate.
Il me paroit comme certain
mouilles fur les acores de la
Cale dans le Nord-Et & a t
o Sud des hauts fonds de la gra
nos fondes dans l'Ouefl, qui e


que nous etions
petite Caie, ou
rois lieues dans le
nde Caie ; & que
i le meilleur fond


pour le mouillage font entre les deux Caies. Ce-
, pendant je n'ai point ofd m'y enfoncer dans ce
moment pour pousfer mes fondes plus loin ; mais
j'avois projette d'aller mouiller fur les acores du
o Sud de la petite Caie, on j'aurois eu le Sud ou-
vert pour parer les Nords, & d'on j'aurois detache
canot & chaloupe pour fonder autour du pavil-
Ion que j'ai laifh fur le haut fond pour diriger mes


operations c.
Il rifulte de toutes les routes &


obfervations
O ij


DE L'ISLE DE



TdS DESCRIPT.


DES DEBOUQUEMENS


faites par la frigate du Roi, qu'elle etoit mouille
au Nord-quart -de-Nord-Eft quatre degres Eft du
vieux Cap Francois environ onze a douze lieues ;
& les hauts fonds ou elle a laiffE la boude a pavilion


a quatorze a quinze lieues.
C'eft fur les remarques inferdes
nal, que j'ai trace la petite Carte
marque fes differentes routes & c
loupe.


dans fon Jour-


ci-jointe
elles de


,o
fa


n j'ai
cha-


a


-., -- _--.--.. _ .-


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71164.
PLAN- &-4v


DIT PORT DU CAI L 1r



ISLE DE STJDOMINUE p1. K


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E L ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 10



CHAPITRE SIXItME.

Remarques fur une partie de la Cdte feptentro-
nale de l'Ifle de Saint Domingue entre le
..Cap Francois & Sarhana.

LES vaifeaux qui partent du Cap Frangois, pour
venir chercher les ddbouquemens des Caiques, ou
des ilesTurques, peuvent, apres leur fortie du Cap,
6ie pris par des vents de Nord-Ouef, & de Nord-
Nord-Ouef qui les obligeaffent de fe rapprocher
de la c6te de Saint-Domingue, & d'y mouiller pour
fe mettre ai'abri: c'efl ce qui m'engage a donner
une defcription de quelques mouillages qui fe trou-
vent le long de cette cote.

Le Cap Frangois.

Planche 26.

Quoique le Cap Francois foit extremement fre-
quente & qu'il y ait lien de croire que beaucoup
de Navigateurs le connoiflent, il ell cependant in-
difpenfable d'en dormer une defcription.
Le Cap Francois n'eff point un port, mpais c'efl
une ane ouverte aux vents du Nord & de l'Eft



DES DIBOUQUEMENS


au-devant de
ble de refcifs


laquelle it y a une


tendue confidera-


aux bancs de fables, & de roches


qui la mettent a couvert


ment entr'eux


& la terre ,


de la mer & qui for-.
une rade ou les vaiffeaux


peuvent mouiller. On donne le nom de Port a l'en-
droit le plus enfonce de cette anfe on les vaif-
feaux viennent mouiler a un quart de lieue de la


ville.
Le cbte


de l'Oueft de cette anfe eft termind par


un cap haut & efcarpe, qu'on appelle la Pointe a
Picolet. Au dehors de cette pointe, it y a un ro-
cher detache, qu'on appelle la Roche a Picolet : c'efl
la principale reconnoiffance pour 1'entree du Cap.


Remarque pour entrer au Cap.


It faut prendre connoiffance du Cap ou Pointe i
Picolet, gouverner deffus, & ranger cette pointe ou
roche, jufqu'a ce qu'on ait amene le Bonnet ( a ) a
1'Eveque droit par un Mondrin qui eft dans la plai-
ne au bord de la mer dans le Sud de la baie : alors
on gouverne fur le gros Mouton, jufqu'a ce qu'on
ait ouvert la Roche a Picolet d'avec le Cap & ii
faut faire auffitot le Sud-Efl-quart-d'Efl, pour paffer
entre le gros Mouton & les Caies. Les plus au
large portent le Cap fur le petit Mouton qui brife


(a) Le-Bonnet a 1'Eveque : ce font trois petites pointes ou totes fdpa-
ries, qui s'didvent fur une haute montagne dans le Sud de la baie dloignie
d'environ deux lieues de la cote.


.4


1 io DESCRIPT.



DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. III
our peu qu'il y ait de mer : on range a la portie
d'un piftolet ; & pour lors on arrive tout court fur
le petit Mondrin du bord de la mer : le Cap au
Sud pour eviter la Trompeufe on ii y a une Balife
qu'il faut laiffer a babord, quoiqu'on puiffe en paffer
i fribord etant famine autour, & grande de cent pas
en rond.
Pour peu qu'il y ait dd mer au large toutes ces
caies rompent & font connoitre la paffe, n'y ayant
fur les caies du large, que deux a trois pieds d'eau de
baffe mer, autant fur le petit Mouton, & fur le gros
quatre a cinq pieds d'eau: ii s'etend beaucoup dans
l'Efl, la queue etant fort longue, on it y a fept i huit
pieds d'eau, & ne brife pas non plus que la Trom-
peufe fur laquelle ii y a cinq i fix pieds d'eau.
On doit alter chercher le petit Mouton debout
au corps une portee de piflolet, i caufe de la
queue du grand Mouton.
Lorfqu'on a mis la Trompeufe au Nord-EfI, a
trois ou quatre cables on peut mouiller par-tout
vis-a-vis le Bourg : on y trouve fix & fept braffes
d'eau fond de vafe.
On peut auffi paffer a l'Ouefl du grand Mouton,
pour venir chercher le mouillage, en rangeant la
cote a deux cables de distance ; mais cette paffe n'eft
pas aifde & demande beaucoup de pratique d'au-
tant qu'il faut ranger le grand Mouton a deux cables
de diflance a caufe du banc de fable qui part de la
cote, & porte au moins cinq cens toifes au large
vers la rade & fur lequel il ne refte que cinq pieds



I1i DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
d'eau de baffe mer, & qu'il faut doubler pour gagner
le mouillage.
La Carte ci-jointe fera connoitre les deux paffes
dont nous venons de parler & la fituation des caies
& bancs qui forment ce Port & le mettent a 'abri
de la mer, qui cependant y eft groffe lorfque les
vents viennent de la partie du Nord.
La ville du Cap eft fituee aupres des montagnes ;
fur le bord de la mer, a la c6te occidentale de la
baie, a une grande demi-4ieue de la Pointe a Picolet:
fa latitude eft de vingt degres Nord, & fa longitude
de foixante-quatorze degres quinze minutes a l'occi-
dent du Meridien de Paris, fuivant les Obfervations
aftronomiques reconnues pour les plus exaaes ;
fur quoi on peut remarquer que divers Aftronomes
ont fait en differens temps des obfervations pour
determiner la longitude de la ville du Cap Frangois ,
& que prefque toutes different entr'elles affez pour
better un Hydrographe dans 'embarras & l'obliger
a des combinaifons & des recherches, avant que
de fe fixer.

Cote depuis le Cap jufqu'au Port Dauphin ;
autrefois Bayaha.

Depuis 1'entree du Cap jufqu'a Bayaha, on compte
environ fix lieues, & la cotd entre deux git Eft un
quart Nord Efl, & Oueft un quart Sud Oueff:
elle eft bordde d'un refcif, ou haut fond de fable
& de roches, qui porte un bon quart de lieue au
large,

































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E SAINT-DOMINGUE. 113


large
d'eau.


& fur lequel ii n'y a que quatre a cinq pieds
Entre le Cap & le Port Dauphin, a peu pres


gale distance, ii y a une petite baie nommdelaBaie
de Caracol, au fond de laquelle fe decharge larivikre
de Jaquefi. Comme elle eft barre par le refcif, ii ne


peut y entrer que des chaloupes,


ques
tions


pour y
voifines


charger


les marcha


& de petites bar-
ndifes des habita-


Bayaha


ou Port Dauphin.


Planche 27.


[j baie de Bayaha, que nous nommons aujour
d'hui le Port Dauphin, eft un des plus beaux ports
qu'il y ait. dans toute l'ile Saint-Domingue, pouvant
contenir un grand nombre de vaiffeaux renfermis
comme dans un baffin.
Pour entrer dans le port de Bayaha, ii faut venir
prendre la Grange du c6te de l'Oueff, a quatre


lieues de distance, puis mettre.le Cap au Sud-quart-
de-Sud-Oueft, jufqu'a ce qu'on decouvre trois ilets
qui font a trois lieues dans l'Oueft de la Grange un
peu vers le Sud: ii faut lailfer ces ilets i babord a
une lieue & demie, ou deux lieues, parce qu'ils ne
font pas fains; & lorfqu'on a .amend le plus Sud des
trois a 1'Efl-quart-de-Nord-Eff on gouverne au


Sud-Oueft,


Sud-Oueft-quart-de-Sud, jufqu'a ce


qu'on reconnoiffe l'entree du port de Bayaha.


Le canal de


Bayaha court Nord-quart-de-Nord,
P


&


DE LISLE D



114 DESCRIPT. DES DEBOVQUEMENS
Eft, & Sud-quart-de-Sud-Ouef dans fa longueur,
qui eft d'environ une lieue jufqu'a f'ile aux Lezards.
II y a trois pointes principales de chaque c6te, qui
forment des anfes: la premiere, en entrant s babord,
pouffe un petit refcif environ un quart de cable,
c'eff-a-dire, environ vingt-cinq toifes; mais comme
on le voit it eft aife de l'eviter, en rangeant davan-
tage le c6te de ftribord: on trove au pied de ce
refcif dix-huit a vingt braffes d'eau.
A la feconde pointe, ii y a de chaque cote un
refcif qui avance egalement dans le canal, a distance
d'un tiers de cable, & fur lequel ii y a neanmoins
quatre a cinq braffes d'eau.
Paffe ces deux pointes de chaque cote, taut le
refute eft fain & acore ; & on trouve par-tout depuis
quinze jufqu'a vingt cinq braffes d'eau fond de
vafe.
Ce port eft un des plus beaux qu'on puiffe voir,
n'ayantd'un c6te a l'autre qu'un quart de lieue de
large ; mais au bout d'une lieue ii s'etend en deux
grandes baies, l'une au Sud-Eft, & l'autre au Sud-
Oueft, dans lefquelles it y a plufieurs ilets, au pied
defquels ii y a de 1'eau poury carener les plus grands
vaiffeaux. On peut mouiller tout aupres de terre fi
on veut & s'y amarer ; le fond eft boil par-tout. Le
feul inconvenient eft que la riviere qui eft au fond,
eft fort prcfonde & ne fournit que de feau fau-
mitre bien avant dans la riviere.









































































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DE L'ISLE DE

Baie de Mancenili


SAINT-DoMINGUE.


e, & les Ifes des Sept Freres.

Planche 8.


La Baie de Mancenille eft au Nord du Port
Dauphin, deux petites lieues; c'eft une baie ouverte
de deux lieues fans roches, & pouvant approcher
de terre par-tout i un demi-quart de lieue : elle efl
d'une grande reffource pour les vaiffeaux qui arri-
vans., ou partans du Cap ou croifans dans ces
parages, craignent, ou font furpris. du mauvais
temps. Si l'on vient de la partie de 'Eft, it faut veil
ler les Sept Freres que l'on voit d'un beau temps, de
pres de deux lieues: on peut les approcher d'un tiers
de lieue ; mais it n'y a point de paffage entre.
Quand on a eu connoiffance du plus Oueft de


ces ilets ,


on


l'arrondit a environ un tiers de lieue ,


faifant le Sud-Eft-quart-d'Eff pour venir chercher la
pointe d'Icaque, que 1'on peut approcher a petite
portee de pilolet: elle eft baffe, mais couverte d'ar-
bres ; elle forme l'enfoncement de cette baie ou
mouillage ou l'on eft d'autant plus a l'abri de tout
vent, que l'on peut s'y enfoncer. Cette pointe eft a
deux bonnes lieues de la plus prochaine terre, qui


eft l'entree du Port Dauphin.


Si l'on y vient du large, ou de la parties de 1'Oueff;


il n'en pasr
de ces miles,


ieceffaire de paffer a plus
que l'on laiffe i babord ;


de deux lieues
& gouvernant


fur la terre, quand on ell a une lieue, on arrive fur
P ij


- J


I15


- 1



116 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
babord pour s'enfoncer ; & a une demi-lieue de
terre dans tout F'enfoncement on trouve dix braf-
fes fond de vafe & va toujours en-diminuant ; mais
a une portie de piftolet, 1'on en trouve fix fond
de vafe.
La.riviere du Maffacre -qui fdpare les Efpagnols
des Frangois, donne dans cette baie. L'eauy ef tres-
difficile k y faire, pour ne pas dire impoliible, car it
faudroit la remonter pres de deux lieues ; i y a un
corps- de -garde & une hatte (a) de chaque cotee ,
l'une aux Frangois & l'autre aux Efpagnols. La fre-
gate du Roi 'Erneraade, en 175 3 a mouille a une
lieue de ce corps-de-garde, k demi-lieue de terre.
Nais lorfqu'on veut y mouiller, & chercher de
F'abri, it faut prolonger la pointe d'Icaque en de-
dans, felon le befoin, etant dans tout l'enfoncement
a couvert de tous vents par les fix braffes d'eau fond
de vafe. Tous les mouillages font dans la partie
des Efpagnols, terre baffe, noyde & couverte de
mangliers. Il eft prefque impoffible de fortifier &
de defendre 1'entree de cette baie ; on y entre & on
en fort avec la meme facility les brifes y dtant re-
glees, quoiqu'on y foit comme dans un baffin fans
mer. Quelqu'un qui auroit perdu fes ancres, pourroit
y aller s'dchouer. Le debarquement y eft commode:
on y a la chaffe & la peche; l'on trouve a y acheter,
des Efpagnols, boeufs, vaches & cochons.


(a) Une hatte eft tine favane ou prairie oh 'on nourrit des bcufs.


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DE LA GRANGE 1

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 117

La Grange.

Planche 29.

La Grange eft une baie encore plus ouverte ;-
bon mouillage on l'on eft a 1'abri des vents de
Nord-Eft-Sud-Eft, qui font les fortes brifes; & en
cas de vents de Nord, l'on peut fe mettre entre la
terre & 1'ile de Monte Chriff, s'y enfongant par
les fix braffes cinq & quatre. Les Efpagnols y ont
fait un stabliffement & une ville qu'ils comptent
de fortifier, & deux fautes :la premiere; de la placer
fous un morne dont ils font command's; la feconde,
de ne point battre cet enfoncement & le mouillage
form par l'ile de Monte Chrift, fur laquelle ils
feront obliges d'avoir une batterie ; & comme ii faut
fept cens toifes de m' onnerie pour former leur
ville, on ne croit pas qu'ils penfent fit6t a la-batterie
de f'ile de Monte Chrift. On y trouve les memes
reffources qu'a' Mancenille ; les Efpagnols de la hatte
en etant plus proches d'une demi-lieue, c'eft-a-dire,
a une bonne lieue.
Le mouillage de la Grange eft reconnoiffable par'
une pointe de terre haute & efcarpee avec quelques.
mornes deffus, dont l'un detach' des autres reffem-
ble a une grange. A 'Oueft de cette pointe, il y a
une petite ile qui peut avoir cinq cens toifes de
longueur: on mouille a 1'abri de cette ile dans le
Sud-Oueft d'elle a deux cables de diflance, & meme



DES DEBOUQUEMENS


plus pr's, par les cinq & fix braffes d'eau; i ne faut
pas s'en 'loigner a une plus grande difiance parce
qu'il y a un banc de roches fur lequel la mer brife,
& qui n'ef eloignie que d'une demi lieue dans le
Sud-OuefI.
La c6te en cet endroit fait un enfoncement qui
a pres d'une lieue de profondeur dont le fond s'd-
Ieve & fur lequel on ne trouve que deux braffes &
demie deux braffes & une braffe d'eau, tout au-
pres de terre. On peut en voir le Plan ci-joint, qui
eft tire d'un Manufcrit du.Depot des Cartes & Plans
de la Marine, mais que j'ai lieu de croire n'avoir pas
ete releve avec toute la precifion require ne pou-
vant guere le faire quadrer avec la Defcription fui-
vante,donnee pa'riuhabile Navigateur dont le Jour-
nal eft au Depot, & que je crois devoir rapporter
iCi.


n Leho nuillage de la


Grange eft bien


9 fpacieux que celui de la pointe Ifabelique mais
s plus fermd & plus a l'abri des Nords par l'ile de
s) Monte Chrifi : dix vaiffeaux de guerre y fe-
ns roient bien a l'aife depuis les fept braffes jufqu'a
a cinq braffes i une portee de piflolet de l'ile ;
f} cela fait une diflance d'une demi-lieue de l'ile au


refcif qui el a pareille
s, pourroit dtablir une bai


, que l'on


feroit fur l'ile ,


diflance de terre : on y
erie qui croiferoit celle


.1


protegeroit &


defen-


droit toute la rade encore mieux, fi les Efpagnols
5) avoient place leur ville fur le bord de la mer.


A.


) Voici la quatrieme


moins


Y 18 DESCRIPT.


t


nous y efluyons


brife que



DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. xi)
(que l'on pourroit appeller des coups de vents )
n'ayant cependant qu'un demi-cable dehors, que
nous n'avons pas ete obliges de rafraichir.
L'ile, qui fait comme un demi-cercle dont le
o diametre eft de deux cens toifes, a un petit morne
t ou tertre long & haut de trente pieds, jufqu'a
cinquante, qui en fait comme la circonference,
coupe cependant dans fon milieu d'environ dix
> toifes ; c'eff ce qui nous rompt la mer & le vent.
>f Les Francois y avoient fait une tres-bonne faline
a que les Efpagnols laiffent perdre : elle differe de
a celle des iles Turques, en ce qu'elle eft travaillie
, comme celles.du Croific & autres ; on y introduit
,> l'eau de la mer, felon le befoin,, dans des compar-
timens &c. L'eau de la e went d'elle-meme
dans celle des iles Turques; on 'ne fait par ou.
Sans aucun travail, le felis'y ramaffe a mefure que le
,a foleil l'y a calcine : il ne vaut pas celu-i0i
Le debarquement eft aife par-tout. L'on fait de
tres-bon foin fur file, qui eft du chiendent que
l 'on arrache: celui de la riviere eft plus gros. Elle
eft i une lieue de Filet en pleine terre a l'Ouell
de la ville marquee par un bouquet de bois. L'eaul
,, y eft tres-bonne & fort aifde i faire. La chaloupe
y entre de haute mer, & s'enfonsant d'un demi-
cable, trouve une eau tres-bonne ; le courant en
erant tres-fort, empeche 'eau de la mer d'y avan-
u cer. On trouve ordinairement vent largue pour y
) aller & pour en revenir. La peche eft abondante
v aupres de 'ile & 'on peut y donnr de boas



i2f DESCRIPT. DES D1EBOUQUEMENS
coups de feine, ainfi qu'a la c6te de la grande
a terre a babord de la ville qui n'eft encore
qu'un hameau, quoique 1'enceinte foit tracee. Il y
a bonne chaffe a une lieue : on y trouve des pin-
, tades & des ramiers (.

Les IIes des Sept Freres.

A environ deux lieues & demie au Sud-Oueft de
la Grange ii y a plufieurs petites iles au nombre de
fept, que l'on nomme les Sept Freres: la plupart
font des rockers incultes & fe1riles entoures de
refcifs, qui en rendent l'abord dangereux ; ce qui
fait que les Navigateurs les dvitent, & en paffent au
large. On peut cependant en approcher & mouiller
au milieu d'eux y ayant de 1'eau fuffifamment pour
des batimens de vingt-quatre pieces de canon.
Quoique ces petites iles foient incultes & inha-
bitees, it feroit toujours utile de les mieux connoitre:
la plupart font boifies, & la peche y doit ttre abon-
dante. J'ai trouve au Depot des Cartes & Plans de
la Marine deux petites Cartes de ces miles, faites en
differens temps par des Navigateurs; mais elles ne fe
reffemblent pas ; & comme je n'ai aucuns moyens
de critique & de comparaifon pour jugerlaquelle des
deux merite la preference j'ai pris le parti de les re-
duire fur la mneme echelle, & de les donner toutes
deux, afin que les Navigateurs qui feront a portde
de ces miles, & dans le cas d'y faire quelques obfer-
yations, puiffent juger laquelle eftla plus approchante
de.






.. e ... . .. . .... . .. .. .



























-
ii







+++++ {+ 1










C N,

+ ld S -
'' e, r ti Eo Wd sz f!c' t ~







4t

i it




7 7
97,3


sai



DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE., 12.
de laverite, & communiquant leurs remarques, nous
mettre en etat de perfeaionner nos connoiffances, &
d'etre de plus en plus tiles a la navigation. Voyet
ci-devant la Planche z8.

La Pointe Ifabelique.

Planche 30.

La pointe de l'Eff de la Grange & la pointe Ifabe:
lique giffent prefque Ef & Oueft. La distance de
'une a l'autre eft de quatorze a quinze.lieues com-
munes. La cote entre deux eft bordee de refcifs dans
beaucoup d'endroits, avec quelques mouillages dont
on peut faire ufage en cas de befoin.
A 1'Efl de la montagne de la Grange, la c6te fait
un enfoncement dans lequel on peut mouiller fort
pres de terre par les fix braffes d'eau : on y eft a l'abri
des vents d'Oueft, de Sud, d'Eft & de Nord-Eft;
mais les vents de Nord & de Nord-Oueft y font tres-
dangereux.
A deux lieues a 'Eff-Nord-Eft de la pointe de la
Grange, ii y a une autre pointe couverte par des ref-
cifs,, qu'on appelle la Pointe despMangliers.
De la pointe des Mangliers a une pointe nommde
la Petite Saline ii peut y avoir deux tiers de lieue :
entre deux eft une anfe profonde, barre & remplie
de refcifs qui la rendent impraticable.
De la pointe de la petite faline, la c6te court a
l'Eff-Sud-Ef pendant cinq lieues, jufqu'a une autre
Q



n PESCRhP i 1 3' i
pointe qu'on iiorne dct are.route
cette cbte $Wb refcis jitporttifplus
d'une ded-i$ '$aarget & defqpes cn ie dolt
point appro+her_
Du Mdre" JNazaret ka wte la Oche, ily
a deuxi iee&& dtreie 'EuINard-E. ja c6te
entre deu iorie wie anfe er> demi-cercle q4$ a plus
d'une lieuede profondeur: 4uoique cette ajife foirt
remplie 4e hauts fonds & de ;obhesit4tbeau, on
peut cependant y mouillet pai ksf aes d'
environ dent heue k 'E-Nord-Ef wi Morde
fre l 'abrkles refcifs & de deux petite
t =;iquiefiffsa NoMkE4~ y a deux pa'es pour
s veii eu: mptwllge- hueicote de l'Ef, & I'autre ==
iv'ei desilets, o des refcifs dont nous avons
A -pIa1et une ouverture ; mais ii faut connoitre
3a J'a ion des dangers &etre affez pratique pour
ls eviter, avant que de s'ex vcenirwhercher ce
mouilage. Le fond de 1'a e bord6 de roches
&r dchauts fonds.
D e fpointe I la Roche & la point. Ifabeliqueil
y a kare .lieues foes la pointe Ifabei e, du c
det4ue, fl y a un mouillage ou r'on trouve cinq
& fix braffes d'eau A 'abri d'un refcif qui vousecon-
vre du Nord, mais it ne vaut pas, k beaucoup prks,
le mouiilage de la Grange.







fat'.- -



C AUITTRE SE ItMEJ

Lsa am 't & Pre fqu'&l

at a F %ride



} U u QU E le can de Bahama ne fort pas prat
tijue pa les aiffeaux qipartent de Saint-Domin-
gue pour retoyrner en Eup, que, parc nf
quent il ne foit pas f, rang des debouen
de cette =le plufieurs1 gateurs en ont demanir.
une defcripnon ei 1eir c t connoitre particueiere
ment ce paigi : ~ 'gf celui dont fe ferventF tous
ceux qui vienn? ie, de la Louyfiane, des
cotes occidentsle = drike & de le de
Cube. L
Ce canal extremement frequent. L fpa
gaols, les Frangois les Atglois s'enserve w xea
pu's tres-long-temps; cependantil n'ef pas consm
autant qu'il devroit l'tre. Les Navigateurs unique-
nient occupies de le pater promptement, ne s'y arre-
tent paSpour faire des obfervations ; d'ailleurs je ne
crois pas qu'il foit aif6 d'y ev faire. La rapidity des
couransxqui portent auNord, vous entrainent & vous
ot rdebouquer fans le fecours du vent. L'on a vu


ia~ ~ SrTOomu L
r: ~ eY4 t- i K }S ,
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Eesivaifea ux % e bout e f mn
gt:ela pae zet f ndre
pbAfcle & less furement ue a frce du
cojurant epu ndans'le niileuducanal qui
n'a paskncoins dcixkdouzeuies delargei:Jl faut
Nependant. obferv iL lus ud 4 jr la
ote deJ Flr de que le c6e dig lae {i es de
Baham a i a3,quoique c tete it*drre fort
,bafe fes dangers & bas fohds n n du
es aulrge ; ai lieu
Bancs de roches, .tles xiles & les soi n
egalement ,dais le canal, & leurs pofitions
=t ntp bie eonues de forte qu'on courroit
i us de ifsferranger le c:t de4'Ef da
;t ue celtu ode l'Oue;iimais je crois que le plus
-sdeteniri 'peuprij1nilieu du canal, jufqu'a
eaYi fopgar les vingt-huit degres de latitude,
a'o jatme nt depaffdles ^ &t de les
lkor4a4e ce debo queen. ne ,faut pas
utant fe regarcr comme eierement cdlbou-
uifque 'on A encore a fe Inmier du cap
{, xui Ia c6te de la Floride par ls
-fit d grs trente minutes de latitude. Ce cap
f" mne pointe baffe 'qui s'avance vers FEll, doift
es refrifs portent pres _de cipq lieues au large, &
fiurefquels plFieurs vaif1eaux ont peri fans aucune
reffource. el f donc prudent, lorfqu'on aidab1E
1a partie ,plus Nord des bancs de Bah dra de
faire prendre de 'E0 autant que les vents le perm
tent : c'eft le moyen le plus. fur d'viter les danges
Vr




lu cp Q ana eral:J~ecrois cepe dant qu'en faifant
le No d onsr ndoit pas les crain e&je fuis prefque
perfuad qu 1la pointe .de ezp P s'avance pas
autant vers 1' que je at arque fur ma Carte, &
qu'i 'et pas abfolcrment-neceffaire rde donner un Li
grand rib a cette 'pointepour la doubler; mais i
0Wi m arqet le danger un peu plus grand,
pour ageri prendre lus-eprecautions, que de
tomhe n 'exces con raire en le faiiant moindre
fpirer une iconfiance aveugle dotit*
esfaepi tetre :dangereufes.
.1 ei'donc'dmontrd par ce qu'on vent de voir
t-delus qu'on ne doit fe croire entierement' de-
tbouque & hors de tort danger. que- rfqu'oi
arrive par la lattud Qe tinel
.Navigateurs pretenden qibplus le vent-ef coitiIe
& violently, phus'les courans augmentent & fortc
forts, & que 2 les vents fo virables &
prenneantdea part du Sud, ii y a ietceowrans.
On remarqu encore -que ce'd
les plus forts ne font fare iu'une 1ziege e
Lorfqu'on part de la Havane'&4e lo'&
-faire route pour debouquer-par le cajai de B$aJr
ma, i1 faut, pour affurer fa -navigation aller reoi.
noitre le Chapeau de: Matance, que l'on nomme
Pain de Matance, obfervantdex ne pas cou-
irJ 4egrandes bordes, '& de ne points'ecarter de
plusde cinq fix lieues ;de tere. aElle ef tres-faine
dep i; k Havane j.ufti la pointe d'Icaque, hors



t. .




un banc qui eft fept a huit lieues au vent de la Ha;
vane, qui met une lieue ou une lieue & demie au
large. Lorfque le vent prend de la partie du Nord,
it eft bon de fe mettre au vent jufques vers la pointe
d'Icaque; mais it faut prendre garde de ne point aller
plus a I'Eft que cette pointe.
La bonne partance pour aller reconnoitre la terre
de la Floride, eft de partir le foir des terres de 'ile
de Cube en courant toute la nuit a petites voiles,
pour ne pas faire plus de dix-huit a vingt lieues tout
au plus : par ce moyen on a toute la journee pour
bien reconnoitre les terres & embouquer comme it
faut.
En partant donc de Matance, it faut faire le
Nord-quart-de-Nord-Eft & le Nord-Nord-Ef : it
eft bon de remarquer qu'un Navigateur ayant en
pareil cas fait le Nord-quart-de-Nord-Eft, ne trouva
pas avoir pris affez de 'Eft, & qu'il fe trouva a la vue
des Martyrs, qui font des miles le long de la c6te de
la Floride, dans le Sud-Oueft & le Sud-Sud-Oueft


du Cap.
Ces Iles


ne font pas faines ,


& it ne faut


pas en


approcher plus pres de cinq lieues. Lorfqu'on voit la
terre courir Sud-Oueft & Nord-Eft, c'eft une marque


qu'on n'eft pas encore dans le canal : ii faut


faire le


Nord-Eft, & 'Eff-Nord-Ef pour s'y mettre felon
le vent, & felon quelque apparence de calme; car ii
faut fe mdfier des courans qui porteroient fur les
Martyrs. On trouve ces iles depuis les vingt-quatre
degres quarante-cinq minutes jufques par les vingt-


I


-DES


DEBOUQUEMENS


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SAINT-DOMINGUE 127


cinq degres, qui eft la latitude du Cap de la Floride.
Ce que l'on nomme ici Cap de la Floride, eft la
pointe la plus Sud d'une grande ile de plus de dix
lieues de longueur, & fort etroite, qui tient du c6te
du Sud aux Martyrs; ce que d'autres Navigateurs
nomment le Coude des Martyrs. Il ne faut pas s'ap-
procher de cette pointe plus pres de quinze lieues,
car elle pouffe unrefcif vers l'El qui s'etend a pres de
quatre lieues dans le canal : c'eft-la precifement ce
qu'on doit appeller l'entrie du canal de Bahama,
qui a au moins dix-fept a dix-huit lieues de large de-
puis cette pointe jufqu'aux miles de Biminy, qui font
fur le placet des miles de Bahama par la latitude de


vingt-cinq degres.
Lorfqu'on voit la cote de la Fl
qui font fur la c6te,. courir Nord
peut faire le Nord & le Nord-q
& fe tenir toujours a vue de la te


oride,


ou les iles


& Sud, alors on
uart-de-Nord-Eft,
rre de la Floride.;


car quand on eft en dedans du canal, c'efi-a'-dire,
qu'on a ces terres qui giflent Nord & Sud, a l'Oueft-
Nord-Oueft, on peut approcher a deux lieues de la
c6te, jufqu'au cap Canaveral: mais les gros navi-
res n'en approchent guere plus pres que trois lieues,
& lorfqu'on a le vent bon, on navigue a cinq ou fix
lieues de la cote. Quand les vents font contraires,
& qu'on eft oblige de louvoyer, it fa-t toujours que
les bordees de 'Eft du c6te du Placet & des Mim-
bres foient les plus courtes, & fe tenir du c6te & en
vue de la cote de la Floride, parce que ces courans
qui paffent dans les canaux du Placet, & entre les


DE L'ISLE- DE



I28 DEsCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
miles, tranfportent avec violence a l'Eft. Les terres
du c6te de la Floride font tres-baffes & prefcug


noyees, voyant plut6t les
que la terre me''e.


arbres qui


font deffus,


Prefqu'tle


de la Floride.


La Prefqu'ile de la Floride eft une langue
terre qui tient du cote du Nord au continent
'Amerique Septentrionale, fitude entre les trente


de
de
&


viogt- cinq degres de latitude : elle a plus de cent
lieues de longueur du Nord au Sud, & au moins
quarante lieues de largeur. Du cote de 1'EfI, elle a le
canal de Bahama du c6te du Sud l'ile de Cube,
& du cote de l'Ouet le Golfe du Mexique.
C'efl un terrain bas & plat, coupe par un grand
nombre de rivieres qui forment une multitude d'iles


de differentes grandeurs,


avec des babies


& des


lacs dans l'interieur, qui communiquent les uns dans
les autres, & qui ne font point encore connus, toutes
nos Cartes geographiques ne contenant rien d'exaa
ni de vrai fur cette partie. C'eft a un Ouvrage
Anglois que je dois les connoiffances fuivantes ; &
quoiqu'elles ne foient pas fort etendues, on trouve
qu'on peut communiquer de la cote de l'Oueft a
celle de 'Eft, par ces rivieres & ces lacs: ce qui feroit
d'une grande utility pour le commerce & la navi-
gation; car fi ces paffages avoient de 1'eau fuffifam-


ment pour des navires,


dangers,


fans courir de


& qu'on put les traverfer
ils feroient d'une grande
reffoure


4



DE- LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 1'29
refiource pour tous les batimens qui viennent du
fond du golfe du Mexique & des cotes de la
Louyfiane, qui raccourciroient leur paffage dans la
ier du Nord, de plus de cent cinquante lieues, &
eviteroient les dangers que l'on court pour doubler
les Tortues feches & le Coude des Martyrs, pour en-
trer dans le canal de Bahama, comme on peut le
voir dans la Carte ci-jointe, Planche 3.
Dans le nombre de ees canaux de communica-
tion, ii y en a de remarquables; l'un 1'el par la
bale & lac du Saint-Efprit, & l'autre par les rivieres
d'Amazuro & de Saint-Jean.
La communication par la baie du Saint-Efprit
& par le lac de ce nom, ell la plus courte & la plus
facile. Cette bale ell tres-grande & tres-belle; elle a
environ vingt lieues delongueur de l'Efla l'Oueft, &
quatre a cinq lieues de largeur, & meme fix dans
quelques endroits : on y trouve par-tout cinq, fix
& fept braffes d'eau, except vers le fond on ell le
paffage qui communique avec le lac du Saint-Ef-
prit, oni l'on ne trouve que deux braffes d'eau. L'en-
tree de cette bale eft couverte par une ile d'une
lieue & demie de longueur; ce quiforme deuxpaIes,
Tune du cote du Nord & l'autre du c6te du
Sud. L'entree du cote du Nord eft par la latitude de
vingt-fept degres trente minutes. L'entrie'de la baie
a pres de trois lieues de large. I1 y a, du cote du Nord,
plufieurs petites miles le long de la cote, apres lef-
quelles on voit un enfoncement ou ouverture ayant
deux lieues de largeur, dont la profondeur n'eft pas
R


.4



DES DEBOUQUEMENS


connue, & par laquelle on peut communiquer avec
la baie de Saint-Joffeph, dont l'entree eft a douze
lieues au Nord de celle du Saint-Efprit.
Du fond de la baie du Saint-Efprit, on entre
dans le lac de ce nom, par un bras au canal d'envi-
ron deux lieues de longueur. Ce lac a plus de vingt-
deux lieues du Nord au Sud, & fix a fept lieues de
large : il a plufieurs communications & iffues dans le
canal de Bahama ; la-principale & la plus connue
eft dans fon extremite meridionale i trois lieues a
I'Ouefl de la pointe de la Floride, par la latitude
vingt-fix degres vingt minutes. Cette entree git pref-
que Sud-Eft & Nord-Oueff derx lieues, au bout
de laquelle on trouve deux bans ou bas fonds, &
fix petites miles que l'on'nomme les Ifles du Saint-Efprit.
Tout l'interieur de ce grand lac eft tries peu


connu.
La riviere


d'Amazuro'


eft i dix-huit lieues au


Nord de la baie du Saint-Efprit, par la latitude de


vingt-hurt degrees ving


t-cinq minutes : ton entree a


plus de trois lieues de largeur, & elle conferve plus
d'une lieue de large pendant l'efpace de plus de dix
lieues; en la remontant, on trouve plufieurs branches
ou canaux i travers un grand nombre d'iles qui


forment


des paffages


au moyen defquels on peut


communiquer avec l'Ocean Atlantique, en dehors
du canal de Bahama, au-deffus du cap Canaveral, a


travers la riviere


de Mofquites, dont 'embouchure


eft par la latitude de vingt-huit degres cinquante mi-
nutes; ou par la riviere de Sainte-Lucie, dont l'em-


Li


DESCRIPT.


136


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DE LISLE DE SAINT-DOMING
bouchure eft par vingt-fept degres trente
tes. Si l'on s'en rapporte a la Carte de
que nous tenons des Anglois, la riviere
Lucie communique avec le lac & la bai
Efprit : cette communication eft bea


courte que Celle de la riviere Amazuro ; mais le
principal paffage eft celui qu'on pretend communi-
quer dans un canal dire& avec la riviere de Saint-
Jean, dont l'embouchure dans l'Ocean Atlantique
efi par la latitude de trente degres vingt minutes,
environ a fept lieues au Nord de Saint-Auguflin.
Un pareil paffage bitn connu feroit d'une tres-grande
utility.


Saim-Augufli n ie


la Floride.


Planche 32.

A la fortie du canal de Bahama fi un vaiffeau fe
trouvoit force, par quelque accident de mer, ou
autres raifons particulieres, de relacher la cote,
- le lieu le plus pres & le plus avantageux efi le port
de Saint- Auguflin : c'eft ce qui m'engage de dire
quelque chofe de cet endroit, & d'en donner le
Plan.
Cette ville eft fituee fur la cote orientale de la
Floride par les vingt-neuf degres cinquante deux
minutes de latitude feptentrionale, & par les quatre-
vingt-quatre degres vingt minutes de longitude a
'Orient au Meridien de Paris ; .ce qui revient aux
R ij


Y=-









p.


UE. Ii
-trais minu-
cette partie
de Sainte-
e du Saint-
icoup plus



DES DEBOUQUEMENS


deux cens quatre-vingt-quinze degres
nutes du Mdridien de 1'ile de Fer. Elle


quarante mi-
eft batie dans


une prairie fur le bord de la mer entourde de
murailles & d'un foffi fec du cote de la terre: elle eft
d efendue, du c6te duNord, par un fort a quatre baf-
tions qu'on nomme le Fort Saint Jean, bati de
pierres molles avec un parapet de neuf pieds d'"
paiffeur, & un rempart de vingt pieds de haut,
avec cafemates & votes h I'dpreuve de la bombe.
Il eft garni de plus de cinquante pieces de canon,
dont it y en a de feize de fonte, & quelques-unes de
vingt-quatre livres de balle. Au'Sud de laville, fur
le bord de la mer, ii y a un autre petit fort qui tient
aux murailles de la ville. Ce fort defend le port ,
qui efl bon, fnr & commode, & ou ii n'y a pas
moins de vingt-huit -& trente pieds d'eau de baffe


mer. Ce port eft


couvert, duc6te de la mer, parune


ile longue & baffe qu'on appelle Ifle de Sainte-
Anaflafe : elle eft fdparde de la grande terre par un
bras de mer qu'on apelle Riviere Matanze.
L'entree eft couverte en dehors de bancs de fable


& de roches qui mettent au large plus d'un tiers de
lieue, entre lefquels ii y a des ouvertures ou paffes
qui forment des chenaux pour gagner l'interieur du
port : le chenal du Sud eft celui dont les vaiffeaux
font ufage : on n'y trouve pas moins de vingt, vingt-
cinq & trente pieds d'eau de baffe mer ; mais avant
que d'etre dans ce chenal, it y a une barre a paffer,
fur laquelle ii ne reffe que neuf pieds d'eau de baffe
mer : on peut mouiller en dehors de cette barre pour


D-ESCRIPT.



DE SAINT-DOMINGUE. I33


attendre le montant de 1'eau. Cette paffe eft aifde a
connoitre ; on voit, fur les bans du Nord & du Sud,
la mer brifer contre les roches qui marquent tres-
bien le paffage, qui a aumoins trois cens toifes de lar-
geur : lorfqu'on a paffR cette barre, on trouve dix-
huit a vingt pieds d'eau. On range l'ile de Sainte-
Anaflafe a la diflance de deux cables : on peut ir
mouiller aupres de fa pointe du Nord-Eft, vis1ris
d'une batterie, par les vingt-fix*braffes d'eau a un
cable & demi de terre. On double la pointe du


Nord de l'ile &


l'on vient mouiller devant la ville.


Au Nord & au Sud de la ville, ii y a deux grand
villages d'Indiens, qui en font les fauxbourgs. A une
demi-lieue de la ville, du cote du Nord, ii y a un
petit fort qu'on .nomme le Fort Negre, fitue dans.
un terrain plat & uni, peu d4oigne de la rive occi-


dentale de la riviere Saint-Marc,


qui eft une bran-


che par laquelle on communique avec la
Saint Jean vers fon embouchure dans


riviere
l'Ocean


Atlantique.
La Carte ci-jointe, que je tiens des Anglois, mar-
que ces paffes & l'entree du port dont la fituation
eft extremement avantageufe, fur-tout en temps de


guerre puifque tous les vaiffeaux qui
du Mexique, de la Louyfiane & de la


viennent
Havane,


font obliges de ddbouquer par le canal de Bahama,
& de pafler i petite diflance de Saint-Auguftin, ou
ii feroit aif' de tenir des vaiffeaux prets a.tomber fur
tout ce qui fortiroit du canal.


a


0


DE LISLE



134 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS.


CHAPITRE


HUITItME.


Des Ifles


Bermudes


ou Sommers.


Planche 33.

u3RSQUE les NIavigateurs font debouques, &
qu'ils font leur route pour les ports d'Europe, ils
font obliges de s'elever beaucoup en latitude pour
venir chercher les vents d'Oueft. Dans cette route,


ils paffent la latitude des miles Bermudes ;


contre de ces miles qui font


& la ren-


baffes & entourees


de


rochers fous l'eau, fur lefquels plufieurs vaiffeaux
font peris, les inquiete, & gene en quelque facon
leur navigation, jufqu'a ce qu'ils aient dipafe leur
latitude qui eft a la verite bien connue, mais dont


la longitude a toujours ete un problem fur lequel
les Navigateurs ne font point encore d'accord: c'efl
ce qui m'engage a donner ici une defcription de ces
Lies, avec des remarques fur la veritable longitude
qu'on peut leur afligner.


Description


des Ifles


Bermudes.


On donne le nom de Bermudes a un grand


nom-


bre d'iles de differentes grandeurs, fort pres les unes
des autres, fituees dans l'Ocean Atlantique a


deux cens lieues des c6tes


de la Caroline &


lieues, enviro, d


neuf


des cotes de


cens cinquante





P'lxxxn. oime I Y4,3




CARTE DES

Is 11 -BE RMU1)DS +--


SOMM'ER -







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I1


-7



DE SAINT-DOMINGUE.


135


17,5 2, Ferdinand Camelo, Portugais, en demanda la
conceffion a Philippe II, qui la lui accorda ; mais
elle n'eut aucune fuite.
En .i 593 un Capitaine Francois, nomme Bar-
botiere, qui revenoit de f'ile Saint -Domingue,
ayant aet pouffe par la tempete vers ces iles, eut lei
malheur d'y faire naufrage; le navire s'etant brifi
fur les roches qui bprdent ces iles, tne partie de
fon monde y perit, l'autre fe fauva. Il aborda avec
vingt-fix de fes gens, dans la parties du Nord-Oueft.
Il y refla quelque temps, & ayant trouve le moyen
de confiruire un petit batiment, ii eut le honheur
de repaffer en Europe avec fon monde. Il y avoit
parmi eux un paffager Anglois, nomme Henry
May, qui, de retour dans fa patrie, donna une rela-
tion de ces miles, affez imparfaite, a laquelle on ne
fit pas alors grande attention; & elles demeurerent
en oubli.
En i6o9, le Chevalier Georges Sommers, allant


i la Virginie, pouffe de
brifer fon vaiffeau fur ces


meme par la tempete, vit
iles ; mais ii fe fauva a la


nage avec fon Equipage. La plus grande partie etant


France, par la latitude de trente-deux degres vingt-
cinq minutes, prife a la ville de Saint Georges, &
paila longitude de foixante-fix degrees a 'Occident
du Meridien deParis, come je l'etablirai ci-apres.
Les Anglois, qui occupent aujourd'hui les. Ber-
mudes, n'en ont pas fait la decouverte : ce fut Jean
Bermudas qui les decouvrit en 172.7, en allant aux
Indes Occidentales & leur donna fon nom. En


D E L'ISLE


A
h +

























4 I



136 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
retournee en Angleterre on parla de nouveau de
ces miles, dont ces Navigateurs vantoient beaucoup
les commodites & les agremens. Sommers leur don-
na fon nom, Sommers (Iflands). La reffemblance
de ce nom avec celui de Summers Iflands, qui en
Anglois, fignifie les Ifles d'EtJ, leur a fait donner
mal-a-propos le nom d'If'es d'Ere, par quelques Geo-
graphes.
Enfin, en 161 z, it fe forma une Compagnie
pour l'etabliffement des Bermudes. Elle obtint de
Jacques I. une Chartre particuliere qui la rendoit
feule proprietaire de ces iles, qui, fans cela, fe
trouvoient comprifes dans l'etendue de la concef-
fion faite a la Compagnie de la Virginie, avec la-
quelle ces nouveaux Proprietaires s'accommoderent.
La Compagnie des Bermudes envoya, des la meme
annee, Richard Moore avec foixante hommes,
pour y former un premier dtabliffement; & l'on ne
tarda pas d'en envoyer un plus grand nombre. Its
aborderent a f'ile de Saint Georges, une des plus
grandes, & y bitirent une ville du meme nom, avec
un fort, pour fe mettre en etat de' difenfe en cas
qu'on voulnt former quelque entreprife contre cette
nouvelle Colonie. Enfuite les Habitans fe repandirent
dans les autres miles, & s'y fortifierent, conftruifant
des forts & des batteries aux entrees des ports & dans
les lieux on l'on pouvoit aborder.
En 16i 6, Daniel Tucker ayant fuccide a Ri-
chard Moore, donna tous fes foins a l'agran-
diffement de la Colonie. I1 fit cultiver les terres,
lever



DE SAINT-DOMINGUE.


clever des befiaux, & planter des arbres de toute
efpece de forte qu'on y voit aujourd'hui toutes les
produaions de i'Amerique.
Ce Gouverneur fit mefurer les champs, & par-
tager les terres en les difiribuant aux habitans, fui-
vant la grandeur de leurs families.


Trois ans apres,


ii fut remplace par Butler,


qui


paffa dans ces iles avec plus de cinq cens habitans.
Alors les iles furent divifdes en Tribus, tellesqu'elles
fubfiftent aujourd'hui. Butler y refla jufqu'en 1622;
& lorfqu'il partit, on comptoit dix Forts munis de
cinquante -,deux pieces de canon, & quinze cens
habitans, Anglois. En 162.3 on en comptoit trois


mille fi
d'hui on


l'on en croit leurs Auteurs. Enfin aujour-
affure que les Bermudes n'ont pas moins


de dix mille habitans.
Ces Colons, contens des produaions naturelles
que leur offrent leurs plantations s'adonnent peu au
negoce. Il eft vrai qu'elles leur laiffent peu de chofes
a defirer, foit pour la fatisfaaion des befoins effen-


ties, foit pour la


douceur de la vie : ils envoient


cependant quelques rafraichiffemens dans les autres
Colonies Angloifes de l'Amerique, avec des bois de


confruaion ,


& ils exportent en Angleterre un peu


de tabac, des limons, des oranges d'une groffeur
gprodigieufe & d'un gout delicieux.
Les brigantins les chaloupes, &_autres fortes de
bitimens de mer qu'ils confiruifent, ont form,


pendant
de leur


long-temps, la partie la plus confiderable
commerce : cette branche commence
S


V I


'37


DE L'ISLE



DES DEBOUQUEMENS


s'affoiblir a caufe que les cedres, dont ils les


fa-


briquoient, deviennent rares dans leurs forts. L'ar-
bre dont ils fe fervent pour confiruire leurs bati-


mens de mer, & qu'ils appellent Cedre, eft
plus gendralement fous le nom d'Acajou, p


Frangois.
Les marchandifes


d'Europe, qui leur


co


connu
armi les

)nvien-


nent, font particulierement des vins, des eau
vie des farines des chairs falkes d'Irlande ,


etoffes,


des toiles


, de la quinquaillerie,


& de


des
la


menue mercerie.
Le climat de ces miles eft fain ,


dinaire affez tempers ,


fair y efi pour l'or-


moyennement chaud &


hu-


mide; les neiges y font rares en hiver, & l'ets les
chaleurs n'y font pas exceffives, l'air itant rafraichi,
par les vents d'Eft : auffi fes habitans ne font point
fujets a toutes les maladies qu'on effuie en Angle-


terre. Cependant


quelques Auteurs difent que de-


I


puis quatre-vingt ans, les ouragans,
paravant aux Bermudes s'etant fait


change la difpofition de l'air & qu'il
jourd'hui autant de maladies qu'ailleurs.
Le terrain eft bon & fertile & tous


inconnus au-


fentir


, ont


y regne


au-


les arbres &


les fruits qu'on y a apportes ou de l'Europe ou des
autres miles de l'Amd'rique y ont tres-bien reuffi. Le
mais y vient au mieux : on en fait deux recoltes dans
1'annee ; pour la premiere, on feme au mois de
Mars, & l'on cueille en Juillet ; pour la feconde on
feme au mois d'Aont, & I'on recueille au mois de
Decembre.


DESCRIPT.


1198


-de


-. -------. --~~~~~~~1


DE L'ISLE


DE SAINT-DOMINGUE. 139


Les beffiaux s'y portent tres-bien, & la viande en
eft excellente ; on y a trouve dans les bois quantity


de cochons fauvages,


apportes vraifemblablement


par les Efpagnols : ii y a une grande quantity d'oi-
Peaux de toute efpece, & fur-tout d'aquatiques, qui
fe retirent & font leurs nids fur les caies ou ilets
inhabits qui font autour de ces miles.


La peche y eft abondante,
tortues, viande excellente, &


& 'on y trouve de
d'un grand fecours.


Au Nord-EfI de la Bermude, a quelques lieues au
large, on peut faire la peche de la baleine, depuis la
fin du mois de Mars jufqu'a la mi Mai. On aflure
que les baleines y viennent dans cette faifon en affez
bon nombre.
La terre y eft de diverfes couleurs, & de fubfiance
moyenne entre l'argile & le fable : celle qui eft
bleuatre eft la plus mauvaife ; la blanchatre & la noi-
ratre font affez bonnes, mais celle qui eft brune eft
eftimee la meilleure ; car quand on a creufe deux ou
trois pieds, on y trouve deffous une terre blanchatre
& pierreufe, plus dure que la chaux, & plus tendre
que la pierre commune, fpongieufe & troupe corn-
me une pierre-ponce qui s'abreuve & retient l'eau on
elle eft plongde: les arbres qui ont leurs racines atta-
chees s'y nourriffent & croifrent a merveille.
La difette d'eau de fource ef le feul defagrdment


dont les habitans des
car on n'y trouve ni


fuppleent par des ci
eaux de pluie, & par


Bermudes aient i fe plaindre,
ruiffeaux ni fontaines ; ils y


ternes, on ils raffemblent les


des puits


qu'ils ont creufds de
S ij


,-,,.


4


s



DES DEBOUQUEMENS.


tous c6tes, dons, 'eau


n' ef pas mal


faine, quoi-


qu'elle ait un gout un peu faumatre.
Ces iles font tres-commodes pour le commerce
des Colonies Angloifes du Nord de l'Amerique avec
cells des Antilles. Les vaiffeaux qui font cette na-
vigationles trouvent, pour ainfi dire, fur leur route,
ou du moins ne font pas obliges de s'en. carter beau-
coup, pour y aller prendre des rafraichiffemens,
lorfqu'ils en ont befoin.
C'eft-la la principale utility que les Anglois en re-
tirent ; car les productions des Bermudesne forment
pas un grand poids dans la balance de leur com-
merce; mais ce commerce pourroit devenir plus
confiderable, fi les habitans s'occupoienttres-ferieu-
fement des moyens d'y recolter de la foie & de la


cochenille, -comme on 'annonce
annees.


depuis quelques


Si ces miles font belles & agreables pour la vie;
leurs approches n'en font pas moins redoutables aux
Navigateurs; elles font toutes entourdes de rochers
fous 'eau, qui ont caufi plufieurs naufrages. Ces ro-
chers s'6tendent du c6te du Nord-Oueft, & du Sud-


Oueft, jufqu'a quatre &
cote ; mais du cote de 1


cinq lieues au large de la
'Eft, les roches font tout


aupres de terre & les plus gros vaiffeaux peuvent
en approcher, & mouiller i demi portee de canon
de terre.
On compte-, parmi les Bermudes, une grande
ile, trois moyennes, & une quantity prodigieufe
de petites; elles font feparees par des canaux etroits


140


DESCRIPT.



*DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE.
& renferment entr'elles de grandes babies. La
Nord de ces miles, qui eft une des moyennes,
pelle l'ile de Saint-Georges ; elle a une grande
de long Nord Eft & Sud Oueft, & enviro
tiers de lieue dans fon plus large. La ville de


141
plus
s'ap-
lieue


n un
Saint-


Georges, ftuee dans la partie du Nord, eft tres-belle,
& bien batie, defendue par un fort bon Chateau,
bati fur le bord de la mer pour defendre Le port qui
eft tres-bon, & o' les vaiffeaux font a 1'abri de tous
vents comme dans un bain. Ce port eft former par
1'ile de Saint-Georges du cot de 'Ouen ; & du
cote de l'Eft par l'ile Saint-L id. L'entree eft du
c6te du Nord, entre plufieurs petites iles qui for-
ment un chenal etroit & dificile. Cette entree eil
defendue par deux forts; celui de la Reine du c6te
de l'Ouet & celui de Smiths du cote de l'E. La


partie du Nord de l'ile de


Saint-Georges


eft l'en-9


droit on l'on pourroit faire une defcente :


partie
fort d


eft-elle defendue par trois fo
e fable le fort de Warwick,


rie de trois canons fitude
'ile.


fur lapo


)in


aulii cette


rts, favoir ; le
& une batte-
te orientale de


l'ile de Saint-David ell aufli grande que 'ile de
Saint-Georges, a l'Eft de laquelle. elle eft f tude. Elle
a de 'Eft 3 l'Ouefl, une lieue de longueur : fa lar-
geur eft fort inegale. Elle eft fertile & bien boifde;
fes c6tes font efcarpees. & 'approche en eft defen-
due par des roches fous l'eau fort dangereufes, qui
s'etendent plus d'un tiers de lieue au large. La pointe
de 'Ef fe nomme David's Head( Cap de David).



DES D1BOUQUEMENS


A la pointe de 1'Oueft de cette ile., ii y en a une
qui git Nord-Ef & Sud-Oueft, ayant plus d'un tiers
de lieue de longueur & etant fort etroite, appelle
Long Bird Iflands ; elle forme, avec l'ile de Saint-
Georges un canal qui communique dans le port de
Saint-Georges ; mais ii n'eft propre que pour des
chaloupes ou autres petits batimens. Ce canal fert


a la communication & au commerce de la ville de
Saint-Georges, & de la tribu ou paroiffe d'Hamilton,
dans laquelle eft la ville de Tuckers : ii y a un bac


etabli pour cette conlunication.


Ces deux derniereiles forment avec la grande
ile Bermude une baie ou port nomme dans leurs
Cartes, Southampton Caftle Harbour, c'eft-a -dire,


Havre de


Southampton ou du Chateau.


Cette baie


eft grande, belle & couverte a fon entree, qui eft du
d:6te du Nord-Eft, par plufieurs iles de diffirentes


grandeurs, fur lefquelles on a bati
defendent l'entrie. La paffe n'a p


des forts qui en


de deux


as plus


cens toifes de large entre deux petites miles. Sur
celle de babord ii y a le fort de la Reine & fur
celle de firibord, le fort de Pembrock. A demi-


portee de canon au large de f'ilet du fort la
Reine il y a un autre petit ilet efcarpe fur lequel
il y a un fort qu'on appelle le Vieux Chateau. Ces
trois forts defendent l'entree du port. Lorfqu'on a


paff ces miles,


on entre dans une baie qui a cinq


quarts de lieue de long & trois quarts de lieue de
large : ce feroit un des plus beaux ports de l'Ami-
rique, fi l'entree n'en etoit pas fi diffici4 & les abords
fi dangereux.


DEsCRIPT.


1421












a


9


I-









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S-----------tr _________


DE L'ISLE


DE SAINT-DOMINGUE.


La plus grande des miles Bermudes,


143


a quatre lieues


de longueur : fa largeur eft fort inegale; mais en ge-
neral elle eft fort etroite. Ce font, en plufieurs en-
droits, des langues de terre d'une demi-lieue, & me-
me d'un quart de lieue de large. Elle renferme plu-
fieurs anfes & baies, dont it y en a deux tres-gran-
des; l'une qui s'appelle la grande Baie du c6te du
Sud-Ouefi, & l'autre la Baie d'Harrington du cote
du Nord. Cette ile eft divifee en huit Cantons, que
les Anglois nomment Tribe ( Tribu )


S


AVOIR;


D'Hamilton,
de Smith, de Pag
Devonshire de
Dans la Tribu


de Pemb
et, de
Warwic


rock, de Southampton;
Sandys ou des Sables, de
k.


d'Hamilton, Tucker's- Town ell


une ville fort jolie batie par le Gouverneur Daniel
Tucker Ensbib : elle eft fitude fur le bord de la mer,
dans la parte du Sud du Havre de Southampton,
dont j'ai parld ; & les petits bitimens peuvent mouil-
ler tout aupres de la ville dans une anfe qu'on
appelle Stokes Bay. Du c6te de lR la cote eft
defendue par des roches fous 'eau, qui font tout
aupres de terre. Cette chaine de roches continue le
long de la c6te laiffant cependant entr'elles des in-
tervalles par lefquels on peut aborder; mais ces en-
droits font deffendus par des batteries & des forts. Le
plus confiderable eft le fort du Port Royal, dans la
Tribu de Warwick, a trois grande lieues au Sud-Eft



DES DEBOUQUEMENS


144


de Tucker's-Town :


il def


e


port, nomme Port Royal.
fendue par une grande & b
Warfort. On trouve enfuite 1


nd 1'entree d'un petit
La c6te eft encore de-
elle batterie appellee
e fort de Southampton,


a une lieue a l'Ouefl de Port Royal, & trois quarts
de lieue plus loin, une batterie nommee Wef fide
Fort (Fort du cote de l'Oueff). C'eff-la 1'extremite
occidentale de la grande ile des Bermudes, au Nord
de laquelle et f'ile de Sommerfet, tres-bien habitue,


ayant au moins trois
& plus d'un quart de


quarts de lieu
lieue de large.


de longueur


La grande Baie the great Sound, eft fitude dans
la partie du Sud Oueft des miles Bermudes. Du
cote de I'Ouefl, elle eft formee par plufieurs iles,


dont La plus grande eft celle de Sommerfet,
fuite celle d'Iflande. Du c6te de 'Ef, c'e4 la


& en-
grande


Bermude.


titi de


Cette baie renferme


petites


iles,


& plufieurs


une grande quan-
anfes & babies ou


I'onpeut mouiller fort pres de terre : I'entree eft du
cote du Nord, fermee par une chaine de roches
fous1'eau, & quelques petits ilets entre lefquels on
paffe pour entrer dans la grande baie. It y a deux
paffes entre ces ilets, 'une du c6te de l'Oueff, pro-
che 'ile d'Iflande & l'autre du cote de 'Ei pro-
che une pointe de 1'ile Bermude, nommee Spanish
Point ( Pointe Efpagnole) : la premiere eft la meil-
leure. On paffe entre deux petites miles qui font fort
faines ; on laiffe la plus grande a babord, & la plus
petite qui n'efl qu'un rocher tout rond, a firibord,
Lorfqu'on


DESCRIPT.



DE-LISLE DE SAINT-DomiNGUE. 145
Lorfqu'on eft entre .ces deux iles, on gouverne' fur
deux auttes plus grandes qu'on voit dans le Sud,
qu'on appelle Brothers Iflands ( Ifles des Freres)
laiffant i babord une petite ile fort faine appellee
Pearle Iflande : lorfqu'on l'a depaffde, on peut
mouiller dans la grande baie en toute fhretd. Dans
la partie de ERt, ii y a plus d'une quinzaine de pe-
tites miles fort indgales, & tres-pres les unes des autres;
qu'on nomme les Ifles d'Elifabeth, derriere lefquelles
la baie forme une anfe longue & etroite, qu'on
appelle Port Paget; mais outre qu'il ne peut rece-
voir que des chaloupes & petits batimens fem-
blables, ii faut etre tries pratique pour s'engager
parmi tous ces ilets.
Je pourrois entrer dans un plus long detail fur
le nombre, la grandeur & la fituation de cette
multitude de petites miles qui compofent les Ber-
mudes, dont plufieurs ne font que des rockers in-
cultes & ftlriles, mais cela ne feroit d'aucune utility
aux Navigateurs : j'aurois beaucoup mieux aimed
connoitre plus parfaitement les differentes paffes,
pour entrer dans les bales & dans les ports eviter
les dangers, & mouiller avec furete, connoitre la
nature des fonds, la quantity des braffes d'eau qu'on
trouve plus ou moins pioche de terre, les endroits
propres a faire une defcente, & 1'etat particulier des
forts oubatteries qui les dependent; mais ii ne m'a
pas ete poflible de me procurer ces connoiffances;
auxquelles i faut efperer que nous parviendrons avec
le temps.



DEs DEBOUQUEMENS


Il ne me refte donc plus ,qu'a faire quelques
obfervations fur la longitude des Bermudes, qui


eft marque
Cartes.


differemment


dans prefque


toutes les


S


Remarques fur
fuivant les


la longitude


Cartes


des Ifles


Bermudes


Hydroagraphiques.


Lorfqu'on examine la pofition des Ifles Bermudes,
dans toutes les Cartes Hydrographiques, on eft
etonne de voir combien elles varient fur la longitude
de ces iles.
En voici quelques exemples.
Dans les Cartes Hollandoifes gravies & manuf-
crites de Pietergoos, d'Hendrick Donker de Van-


keulen & autres, la longitude des


Bermudes eft


marquee par trois cens treize degres trente minutes,
Meridien de Tendrif; ce qui revient aux foixante-
cinq degres vingt minutes a 'Occident de celui de
Paris.
Les Cartes "Angloifes de W. Mount & T. Page
les placent par cinquante-fept degres quinze minutes
a l'Occident du Cap Lzard; ce qui revient aux
foixante quatre degres quarante -cinq minutes du
Meridien de Paris.


Une Carte Marine


Geographe de


Sa Maje


Angloife d'Eman Bowen,
Pe Britannique, publide de-


puis 1740, met les Bermudes a foixante-cinq degres
quinze minutes a 1'Oueft de Londres ; ce qui fait les
foixante-fept degres quarante minutes du Meridien de
Paris.


146 DESCRIPT.



DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE.


147


Le meme Auteur qui a donned un Traite complet
de Geographie en deux gros volumes in-folio im-
prires a Londres en 1747, i l'article des Bermu-
des dit qu'elles font par-les foixante-quatre degres
quarante-huit minutes de longitude occidentale de
Londres fuivant une Obfervation Afironomique
exac7e ; ce qui revient aux foixante fept degrees
treize minutes du Meridien de Paris. I1 ne dit pas fur
quelle obfervation. Le nouveau Calendrier des Ma-
riniers ( The new Calendar of the Mariners ) pour
1'annee 1734, & celui pour l'annee 175 5 s'accor-
dent a donner pour la longitude (a) des Bermudes,
r'duite au Meridien de Paris, foixante-fix degres &
huit ou dix minutes environ.
Une Carte Frangoife de 1'Ocean occidental, pu-
blide en 1669 & dedide a M. Colbert, par le fieur
du Bocage Boifage, Hydrographe du Roi, au Havre
de Grace met les Bermudes par les foixante-cinq
degres de longitude occidentale, a 1'Occident du
Meridien de Paris.
Enfin dans ma Carte de l'Ocdan occidental, j'ai
cru devoir placer les Bermudes, par les foixante-neuf
degres de longitude occidentale. Je les ai donc por-
tees plus a 'Oueft que toutes les Cartes, a l'excep-
tion de celle d'Eman Bowen; mais je n'en puis tirer
aucun avantage, car ce Geographe a public fa Carte


(a) Cette determinaton me paroit d'autant plus exa&e qu'elle s'accorde
avec l'Obfervation Aftronomique que je rapporterai ci-apres.
Tij



148 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
apres la mienne, & il dit dans fon titre qu'il a
fuivi 12z Carre de l'Oclan occidental, publide en France
en 1738 par ordre de M. de Maurepas. Effedivement
elle eft une copie. de la mienne.
On demandera fans doute, fur quels fondemens
j'ai place les Bermudes plus a l'Oueil que toutes les
Cartes qui m'ot precede.
Voici ce que je puis repondre.
1 0. Cette variety qu'on voyoit dans les Cartes,
marquoit le peu de certitude qu'avoient leurs Au-
teurs pour placer ces iles avec precifion; & par con-
fiquent chacun pouvoit fuivre fes moyens particu-
hiers de combinaifon.
z Je n'avois pas alors connoiffance de l'Obferva-
Lion Afironomique que Thomas Street rapporte
dans fon Aftronomie Caroline, page 6i edition
latine de 1705, d'une eclipfe de Lune 1 Odobre
1759 faite aux Bermudes par Norvood ; d'ou
Street a conclu quatre heures ouoe minutes trente
fecondes pour la difference des Mdridiens entre
Londres & les Bermudes, qui valent foixante-deux
degres cinquante minutes, & quelques fecondes ; ce
qui fait foixante-cinq degrds quinze minutes de Ion-
gitude occidentale du Meridien de Paris, en fup-
pofant entre Paris & Londres, deux degres vingt-
cinq minutes pour la difference des Meridiens. Je
fais que cette obfervation eff fufceptible de quelques
difcuffions & qu'un de nos Aifronomes en a con-
clu foixante-fix degres entre Paris & les Bermudes,
en y faifant certaines correaions dans le detail def-




DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 149
quelles je n'entrerai point. Enfin, quoiqu'il en foit,
j'aurois fuivi cette determination, fi je l'avois con-
nue alors & je ne fais pas pourquoi le Geographe
Anglois, que j'ai cite, m'a fuivi par preference aux
Atteurs de fa Nation ; & ii me paroit qu'il devoit
d'autant plus adopter cette obfervation, qu'elle s'ac-
corde avec celles rapportee3 dans leurs Calendriers
deslimariniers, cites ci-devant.
30. Ce qui m'a determine a placer ces miles plus i
'Oueft, c'efl la remarque qui me fut donnie alors
par un Officier diftingue dans la Marine & auquel
je devois avoirconfiance (M. de Radouay) : elle dit
qu'a cent lieues a l'Eft de la Bermude it y avoit un
banc de roches fur lefquelles la mer brife, & dont
quelques-unes font hors de l'eau; que plufieurs Na-
vigateurs les avoient prices de loin pour les Ber-
mudes, qui font par la meme latitude ; que ce banc
avoit etd vu par le nomme Louis Duhal, lequel etoit
embarque fur un Corfaire qui fit route de ces roches
i la Bermude : je les ai marquees fur mes Car-
tes fans autre garant & j'ai ete fuivi par Bowen.
Cependant plufieurs Navigateurs doutent de ce fait,
& je le crois affez important pour meriter leurs
recherches ; car fi ces roches n'exiftent point, it eft
ridicule de les marquer fur les Cartes, & d'inquieter
les Navigateurs par des dangers imaginaires: que fi
elles exiflent it feroit extremement dangereux de
ne les pas placer i leur veritable diflance des Ber-
mudes ; & l'incertitude de leurs positions cauferoit




r5o DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS
des naufrages d'autant plus cruels qu'on y periroit
fans efpoir d'aucun fecours.
4 J'ai cherche, parmi les Journaux de Naviga-
tion qui font au Dep6t des Plans de la Marine ,
ceux dont les Navigateurs, pour retourner enFrin-
ce ont debouque foit par les Caiques foit par
Krooked, & ceux imdme qui ont debouque fous le
vent de l'Anguille, ou entre Antigue & Mont-
ferrat; je n'en ai trouve aucuns qui aienteu connoif-
fance des Ifles Bermudes, ni des roches que j'ai dit
etre cent lieues a 'Ef quoique, fuivant leurs rou-
tes pointees avec foin ils en auroient du paffer
tres-pres.
En voici quelques exemples.
Le vaiffeau du Roi, le Profond, en 1734, ayant
debouque par les Calques, a paffd la latitude des
Bermudes par les foixante-trois degres trente minu-
tes de longitude occidental du Miridien de Paris ,
qui eil celle des roches que j'ai marquees fur mon
Ocean occidental, a 'Efl des Bermudes.
Le vaiffeau du Roi, e Francois en 1739 ,
ayant debouque fous le vent de Mogane, a paffi
la latitude des Bermudes, par foixante-huit degrees
de longitude.
Le vaiffeau du Roi, le Port-Faix, en 173 5 a
paff leur latitude par foixante-fix degres quarante-
cinq minutes de longitude.
Le vaiffeau, la Gironde, en 1735 ayant de-
bouque fous le vent d'Antigue, a paffd cette latitude


I-


DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 151
par foixante-trois degres trente minutes de longitude.
La Charante en 1736, l'a paffde par les foixante-
trois degres quinze minutes de longitude.
La Somme, en 1 736, debouquant par le canal
de Bahama, a paik la latitude des Bermudes par
foixante-neuf degres trente minutes de longitude.
Le Vaiffeau du Roi, l'Emcrdllon, en 1674, de-
bouquant fous le vent d'Antigue, a pa&f la latitude
des Bermudes par foixante-neuf degres de longitude.
Le vaiffeau, le Palmier, en 170 5 ayant debou-
que par les Caiques, a paffe la latitude des Bermudes
par foixante-fix degres trente minutes.
Sans pouffer plus loin ces recherches, je ne puis
m' empecher d'obferver qu'il ef a onnant que dans
1'etendue en longitude comprife entre le foixante-
trois degrees, & le foixante neuf degres, parcourue
par les. Navigateurs que je viens de citer, aucuns
n'aient euconnoiffance ni des Bermudes,ni desroches
qu'on dit en ttre cent lieues a l'Eif; d'autant plus
qu'elles font farement dans cet efpace, c'eft-a-dire,
entre le foixante-trois & le foixante-neuf degres de
longitude.
Malgrd ces incertitudes, j'ai pris le parti de placer
les Bermudes par la longitude de foixante-fix degres
a l'Occident du Mdridien de Paris, fuivant I'Obfer-
vation afironomique rapportee ci-devant ; & j'en ai
fait la correfiion fur la troifieme edition de ma
Carte de l'Ocean Occidental, publiee en 1757. A
1'egard de ces roches, qu'on dit i 1'Eft de la Ber.-



152. DESCRIPT. DES DIBOUQUEMENS
mude, quoique je croie qu'ellesn'exiffent pas, com=
me it refle encore quelque incertitude a ce fujet, it
n'y a pas de danger a les marquer, & il.y en auroit
beaucoup a les fupprimer, fi elles exiffoient.



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DjESCRIPTION GEOGRAPHIQUE DES DEBUQUEMENS QU soNT AU NORD DE L'ISLE DE SAINT DOMINGUE Avec des Cartes et des Plans (es Ike qui forment ce-s Paffages, Et des Dangers qu s y tronvent POUR LE SERVICE l)ES VIISSE'AUX' DU ROY aIr r ib MI. LE DIUC DE PRASLIN / t. Zr(7e' et %c'reta a cat, vantc le .A;artemzent cde laz Jlarmne .' P[~17e/ Iirt l[ ni c [l 1/ .: U e le u 17 j w W M. D CC.LXVmr a ; l /,j }

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S I F 1t tV S n At3 D12BOUQUEMEN S QUI SONT AU NORD DE L'ISLE SAINT-DOMINGUE. Multi pertranfibunt, & augebicur Scientia .... Bacon. A VERS A I L L E UE L'IMPRIMERIE DU DiPARTEMENT DE LA MARINE: 1~~* M. D C C L X X I I DESCRIPTI DES DE \ t ON.. JJ i I. K.. AM&I 'S

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r4 T DES INTRODUCTION, CHAPITRE Debotzquement de Defcription du A Remarque pour Nicolas, AR T CLE B L E S. page PREMIER. 5 7 Saint9 IER. PREM Route pour le de'bouquement La grande Inag Remarque fur. ue les Mouillages de de la grandg Inague La petite Ina A R T I C L E Route dans le Dbouquement gue L 1 r ibid. la partie occidentale 14 17 I I. depuis la grande 19 AR T I C L E Remarques fur les Ifles au Chdteau, & Krooked, Remarq Autres Aklin, que pour debouquer, remarques fur les Ifles d'Aklin la Fortune 20 23 de la Fortune & de Krooked, a z A C H A P I T R E Krooked, ole Saint-Nicolas mouiller dans la Bate ou.Mole III. 4

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'TABLE DES ARTICLE CHAPITRES. IV. Variation & courans page ;o C H.A P I Dbouquement de Mogane TRE II I. & de Samana, AR T ICLE PR E M Les Ifles Plates, AR T entree Samana C L E &Frankey I I. & Mouillage 34 I C L E II. & Krooked, ARTICLE Ifle de Samana, ARTICLE de Mogane, CHAPITRE Ddbouquement des ARTI Les Fonds Blancs l'Ilet de Sable AR T La petite Caique environs AR TI I C L E 36 I I I. 33 IV. I 4245 47 aux 49 III. ou Caique du Nord, N 32Z IER. Pajage Ifle Caiques, CLE PREMIER. N'Iflet de Sable La grande Caique, A Yi r

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a f y Anfe au Canot, Anfe a 1'Eau & l'Ile Ie des Pins, Remarques fur le Placet Baffle Saint-Philippe des Pins des Caiques I V. page 6z 64 67 69 ibid. Debouquement des Ifles Turques AR T I C L E Route pour le Debouquement ART Sandkee, I C L E ou Caie de Sable, Remarque fur la Caie de Sable, AR T I C L E Seconde Ije Tuj ue nommee la p Autre Remarq r l'Ifle Turque Saline A.R T I C L E Troi ieme Ifle Turque, nomme la AR T I C L E Remarques fur les Iflots qui font Turques, C H A P IT 74 PREM.IER. 75 I I. 77 8o I I I. petite Saline 84 nommee la petite 88 Igve grande Saline, 9 r V. des Ifles 96 V. Le *Mouchoir Carre & la Caie CHAP ITRES. C H A P I T R E TABLE DES dans l'Efl 98 d' Argent R E

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F: TABLE DES CHA ART I CL E AR T PREI I C L E La Cai; d'Argent CHAPITRE Remarques fir une partie de la de Saint -Domingue entre le Samana Le Cap Frangois Remarque pour entrer au Cap Cote depuis le Cap jufqu'au Port Bayaha, Bayaha ou Port Dauphin, Baie de Mancenille, & les Iles d La Grange, Les Ifles des Sept Freres La Pointe Ifabelique I C. D es TRE Le Canal de Bahama & la Prefqu'ilei Prefqu'ile de la Floride Saint-Auguflin de la Floride, C Hi A P I T R E Defcription des Ifles Bermudes Remarques fur la longitude des I les Fin de la Table des Cha Le Mouchoir Carre PITRES. MI ER. ibid. I I. page 1oo VI. Ate Septentrionale Cap Francois & 109 ibid. ITO Dauphin, autrefois 113 Sept Freres, 115 117 w S12. VII. de la Floride, 1 12.8 1'1 VIII. 134 Bermudes 146 pitres. I CHAP 1

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T A B DES CARTES E k I RTES des Debouquemens II. Plan du Mole Saint-Nicolas, 4 III. Plan de l'Ifle d'Inague-, IV. Carte dela Partie Occidenta V. Carte du Debouquement del ,4 VI. Carte du Mouillage de la P d'Aklin VII. Carte des Ifles d'Aklin, de -ked { s V III. Plan du Mouillage de l'Ifle .IX. Carte des Ifles d'Aklin & de X. Plan des Ifles Plates, X I. Plan de l'Ifle de Samana, X II. Plan de l'Ifle de Mogane, X III. Carte du ,acet des Caiqu IV. Carte d ds Blancs & Sable & Fran X V. Carte des Fonds Blancs & Caique & Frankey, 4'X V I. Plan de la Caique de l'Ou que, X VII. Carte de la Caique de l'C F du Nord. XV III. Plan de 1'Anfe au Canot X IX. Plan de l'Anfe -l'Eau dans X. Plan de la Baffe ou Roche d X XI. Carte des Ifles Turques, ~r, -,c'. (4I ET PLANS. de S. Domingue pag. 2 7 II le d'Inague, 14 Krooked, 18 artie de l'Ouef{ de l'Ifle 23 la Fortune & de Kroo23 de Krooked, 27 la Fortune, 28 34 38 42 ies, Refcifs, entre l'Ifle de 47 Refcifs, entre la petite 49 eft, ou de la petite Cai56 uefi, & partie de celle 68 62 la Caique du Nord, 64 e Saint-Philippe, 69 74 L E ,y

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TABLE DES CAR X XII. Plan de la petite Sali XX III. Plan de la grande Sa X XI V. Carte des Ifles a l'E Carte des Obfervat Fr6gate d d'Argent, XXV I. Le XXVII. B u Roi 1'Emerau Cap Francois, avaha, ou le Por XXVIiI Plan des Ifles nor X X X. Carte du mouiilage Carte d'une partie d gue, depuis le Port Dauphin jufqu'a la Pointe Ifabelique, XXXI. Carte du Canal de Bahama, X X X II. Plan de la Ville & Port Saint-Auguiin 1 .1 123 131 XXXIII. Carte XXXIV mudes, des ies Bermiides, Carte pour marquer la pofition des par rapport aux D6bouquemens, 134 Ifles BerIII Fin de la Table des Carter DESCRIPTION XXV. X X X. TES ET PLANS. ne, page 84 dine, 91r ft des Ifles Tu-ques, 96 ions qui ont e6t faites fur la de en 1753 fur la Caie oo. Ion t Dauphin, 113 nm6es les Sept Freres,, 115 de la Grange, 17 eda Cote de Saint-Domin-

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.tiR DESCRI.P-TION UI SONT AU AORD DE SAINT-DOMINGUE. I N T R U CT IQO N LE S Vaiffeaux qui vont _i Saint-Domingue font obigs, pour leur retour en Europe, de s'elever au Nord de cette ile, pour venir chercher les vents d'Oueft, que 'on trouve affez regulierement par les trente!cinquieme & quarantieme degres de latitude feptentrionale, & eviter par ce moyen les vents d'Eft qui regnent entre les dixieme & les trentieme degrps de latitude, & contre lefquels ii faudroit difA

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DES DEBOUQUEMENS puter long-temps pour remonter a 1'E11, en doublant 1'ile de Saint-Domingue. il efi donc indifpenfable, en quittant les ports de cette ile, de faire route au Nord : mais cette navigation n'eft pas fans danger. On trouve vis-a-vis la c6te feptentrionale de SaintDomingue, a vingt & trente lieues de distance, une quantity d'iles de differentes grandeurs, femees & rahgdes de fagon qu'elles occupent une etendue de 1'Eft a 1'Ouefl de pres de cent lieues, entre lefquelles it faut paffer : debouquer. ce qui s'appelle par les Navigateurs, On entend par le mot de Dbouquement fage etroit entre des terres, dans lequel it route pour Ce mot vie premiers da & ces entree dont les M pour dire, On dit auffi ne f ont en u un paffaut faire fortir d'un parage, ou quitter une c6te. nt des Efpagnols, qui ayant navigud les ns ces cantons, nommerent ces paffages es etroites Bocca, en Francois Bouches, arins ont fait le mot de, uquemenr, fortir par une bouche oge etroit. embouquer, pour entrer fage que parmi les Marins. ces termes Ces debouquemens font au nombre de cinq differens, que les Navigateurs frequentent fuivant les endroits de Saint-Domingue d'on As partent, ou felon que les vents les contraignent. Planche prenkre. Le premier, ou le plus Ouell, efl celui de Krooked, connu fous le nom de Debouquement Anglois. 2 DESCRIPT.

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x -i -i ;7 a 7 7 73 44 76 7 2 4' 7 3 s', 7 a l oI. de'Viste in CARTE DS DBOULTEMENS s4 Y N Rm--a E S .D OMINGUTE nn Rnm klf \ Lde Samnana llapl r AIzr o A: ntrt \r t Af 430 I.L o '4,0 .: elr s \l te DALIN kl'Jr an C lealt G r Ie \ 1 re ,;1 n" _2 zs sr P h4i I dr r'" Cli l ga e w Y P~ -r 2.1 a ->s/ ? -".. if L s s o i I de la Tortne" \ ,a s"" 9 P./.o jR,"Eur ro @ t Nt Cta(s ta ":e jL v J' ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ a \ L ,an'YtyPAd rC 1Q 6 +,d. y r st e rU ti l } 4r ,,e Sa \ II rc i r + h Y .d 'a a \ 4'' 7J7 7 6 4 75 4 4 4' 73 30 72 ,?0 .7J 30 7U .-3' _________, __/,

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DE 'iSL.E DE SAIai-DOMINGUE. o. Celui de Mogae. b o. Celui des Caiques. 40. Celui des ihsTurque 5. Le ddbouqueient du Mouchoir CarIs ave des remarques fur la Caie d'Argenut -. dagr qui caufi la perte de pi eus vai eaux, La Carte ci-jointe fait connoitre la ituatioa de ces ddbouquemensentreux & avec La at e SaintDominguie (a). H e$ etonznant ue, depuis plusdc de xeis 4ws que diferentes Natimns de I'Europe fr q en ntes parages (furreout les Frangois & les Efpagias)., aucunes n'aient fait des obfervations, & dreGd des 4Carstes en confeque=c pour vefuer Ja' navigation pari les kIes qui forment ces dibouqumemis, &iw Jefquelles le nonbre de vaieaix q fife Cant perd& eli tr s-con iderabe, & quoiquye, das Ivs e Temps, c :aiert ete un peu miwx nmis, it arrive t des naufrages qui finn Aetwr qu'on n'a pa les conuoiiances ffirantes p'Ui naviguer ave et'. 11 eft donc e 'la 4erniere importamoe de connoitre ces paffages avec alez jd'exaitude pour pouvoir en eviter les dangers, & 'on ne doit rien negliger ni rien epargner pour y parvenair. C'et dans cette vue (a) A ces debouquemens j'ai ajouti celui par le canal de Bahama des remarques fur quelques mouillages a la cdte feptentrionale de Saint= Domingue, entre le Cap Francois & la Pointe Ifabelique; & enfin une defcription abrdgde des Ifles Bermudes, & des obfervations fur leur position, importantes pour les Navigateurs. A ij

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4 DESCRIPT. DES DEBOIXQUEMENS que,depuis quelques annees,les Minifires delaMarine ont envoy des Batimens du Roi, avec-des Officiers habiles & des Ingenieurs, pour relever ces debou-quemens, & y faire des obfervations. Les uns ayant ete dans une partie, les autres dans fine autre, au retour de leurs campagnes ils ont remis au Dep6t des Cartes & Plans de la Marine leurs journaux, leurs memoires, & les plans qu'ils avoient levis : mais fi ces travaux y reftent enfevelis & fi l'on n'en fait aucun ufage, ils font perdus pour la Nation, & les Navigateurs fe trouvent privis des fecours qu'ils ont lieu d'attendre de pareilles entreprifes. C'eft donc pour remplir les vues 'desMiniftres qui les ont ordonnies que je publie une Defcription de ces Debouquemens, a laquelle j'ai joint des Cartes particulieres; pour faire connoitre le plus exaaement qu'il m'a eti poflible, toutes les miles qui y font, les dangers qu'il faut eviter endroits ou l'on peut fe mettre i l'abri en ca nemens contraires, tachant de ne rien oub ce qui peut contribuer ai Ia faireti des Navigat Je me trouverai bien recompenf de mon travail; li je puis contribuer a fauver un feul vaiffeau du naufrage. Pour obferver quelque ordre dans cette Defcription, je la partagerai en cinq Chapitres, contenant chacun un des cinq Debouquemens que j'ai annonces.

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DE 'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. CHAPITRE PREMIER. Ddbouquement de Krooked ou Krooked-Ifland, nommne par quelques -uns le Debouquement Anglois. L E debouquement de Krooked eft le plus fous le vent c'eft-a-dire a 'Ouei : it a ete nomm le Dbouquement Anglois, parce que les -Angois de_ a Jamaique s'en font fervis les premiers pour revenir en Europe comme le plus pres & le plus facile pour eux, quoiqu'il-foit plus long que les autres debouquemens de Saint-Domingue ; car oncompte, depuis la pointe du Sud-Ouei d'Inague, jufqu' la pointe du Nord-Ouefl de 1ile de Krooked, quarante-cinq li marines de France, de .vingt au degree. Ce debouquement eft tresavantageux pour tous les vaiffeaux qui viennent de la partie occidentale de 1'ile de Saint-Domingue, puifque, des qu'ils ont double le Cap Saint-Nicolas, ils n'ont que le Nord & le Nord-quart-de-Nord-Ouefl. a faire pour vernr reconnoitre la pointe du Sud-Oueft de la grande Inague, qui eft le commencement du debouquement. Ce ddbouquement, quoique frequent par les Anglois, a ete tres-long-temps inconnu aux Frangois.

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DES DiBOUQUEMENS. On pretend que ce n'ei qu'en 1717 que nos vaiffeaux ont commence a s'en fervir : mais on n'en avoit alors aucunes Cartes les Anglois, de qui on auroit dn en attendre, n'ayant rien public fur ces paffages. En 1724, M. Frefier, Inginieur connu par fon favoir & fes travaux, donna une Carte de 1'ile de Saint-Domingue, fur laquelle ii marqua les debouquemens, & particulierement le debouquement de Krooked, on ii avoit et6 envoy par ordre de la Cour pour y faire des observations & les remarques neceffaires a la furete des Navigateurs. C'etl done a cet habile Ingenieur cue nous devons les premieres connoif ment, qui depuis vaifleaux Frangois. ances exaaes de ce debouquea ete beaucoup frequents par les Route pour le debouquement. Lorfqu'on veut debouquer par_ ked, ii faut venir prendre connoiifance du Mo int-Nicolas qui eft a a pointe du Nord-Oueft de l'ile de SaintDomingue, par la latitude de dix-neuf degrees cinfquante minu quinze degri Meridien de Navigateurs tes, & par la longitude de foixantees cinquante minutes a r'Occident du Paris, fuivant l'effime des plus habiles concilide avec les obfervations aifronomiques les plus prochaines. Cette determination eft d'autant plus importante, que c'eft fur la position du Cap Saint-Nicolas, que j'ai affujetti le d&bouquement de Krooked. Il eft R 6 DESCRIPT.

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MM 'Afc ~ rrt,,: G wcw~h ,er~r.Pf.av. R 5 .v c -a F r h .:.. .. F .. 7r.. t s .c.'b " i "' ~n)

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PL .11 A Lecr[u p e ---L 13 Rayirne ou onLzzt /kau E Aulallqe Ordmre' n q l iil de S. om}e \ .9 4L '1LE DE ST NTIC OL AS 'a& 2.3[ Ile de S" Dommpue [ 7 f 6I 14 -14 p 9 7 -j 4-) F : .1 F \ Y I sn! u. s~ ,P te rf MI e r --Nic ola L C

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s'1 DE LISLE DE SAINT-DOMINGvUE. 7 bon d'obferver que le Mole ou Cap Saint-Nicolas font a quatorze ou quinze lieues du Gap de Mefy, ;. dans 1'ile de Cube, & gifrent entr'eux Oueft-NordOueft & Ed-Sud-Eff. Defcription du Mole SaintNicolas. Planche z. Le Mole Saint-Nicolas eft une grande haie qui s'enfonce une lieue & dernie dans les terres, dans Saquelle le mouillage eft tres-bon pour routes fortes ti1e vaifreaux, & ou l'on eft a l'abri de tous vents. Elle a un peu plus d'une demi-lieue de largeur i fon yj.entre, formde du c6te du Nord par la pointe du Mole, & du c6te du Sud, par le Cap Saint-Nicolas. Cette baie 61 tres-importante, tant par la bonte du port qu'elle renferme, que par fa fituation, puif. qu'il faut indifpenfablement le ranger pour aller a 'Artibonite, a S' t-Marc, i Leogane & au petit f Goave : d'ailleur sous les Vaiffeaux qui reviennent de ces memes endroits, & de toute la c6te de SaintDomingue, auffi bien que de la Jama que, font obliges, pour gagner le debouquement, de venir reconnoitre le Mole Saint-Nicolas; ainfi ce port feroit une tres-belle & tres-fure retraite pour des CorTtfaires, d'on ii leur feroit aifi de tomber fur tous les vaiffeaux qui veulent debouquer. On ne peut apporter trop de foins pour fortifier cet endroit, & emp6cher que les ennemis ne puiffent, en temps de guerre, s'en emparer.

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8 DESCRIPT. DES DE BOUQUEMENS. Le Plan ci-joint fera connoitre l'etendue bonte de ce port, dans lequel ii y a une belle riviere, on 1'on peut faire de l'eau, & des endroits on l'on peut carener de grands vaiffeaux, la planche a terre. Les terres aux environs de cette baie font tres-elevies. L'on pretend que le terrain n'eft pas propre a la culture ; cependant, a une lieue dans les terres, it y a des cantons on l'on pourroit tres-bien faire des vivres, des legumes & du coton. On y dleveroit fort facilement des befiaux : on y trouve d'ailleurs des boeufs fauvages, des cochons -marrons, en affez grande quantity, des ramiers, des tourterelles, & quelques pintades. La peche y eft auffi tres-abondante. Lorfqu'on veut mouiller dans ce port, it faut ranger la terre a portie de fufil, toute cette cote etant famine. Quand le vent eft fort, ii eft diflicile d'attraper le mouillage de la rade, parce que, fi on ne faifit le moment on l'on trouve leAd de dix braffes, qui eft vis-a-vis les crevaffes qui q qaux rockers, & a portee de fufil boucanier de la cote, on tombe tout d'un coup a vingt.-cinq, trente & trente-cinq braffes. Toute cette premiere baie n'a, d'une :erre a l'autre, qu'environ trois quarts de lieue de large. II y a un enfoncement qu'on appelle le petit Mole, dont l'entree n'a pas fix cens toifes de large qui forme un port tres-vafne & profond, i l'abri de tous vents. C'eit a la pointe qui forme cette entree du cote du Sud, qu'eli fitude la rivibre dont nous avons parl : mnais it la faut remonter pres d'un quart de lieue, -r t r

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGU E. 9 lieue, pour trouver l'eau douce. La ville eft batie proche la riviere du cote de l'Oueff : on peut mouiller devant la ville fort pres de terre, par fept braves d'eau; mais it y a en cet endroit deux petits bancs de fable qui ne laiffent entr'eux & la cote qu'un trespetit paffage. Il faut fe mdfier de ces petits bancs. Les vaiffeaux mouillent plus au large, & vis-a-vis l'embouchure de la riviere, par quinze & feize braffes d'eau. Quand on eft dans ce mouillage, on ne voit pas le fond du Mole Saint-Nicolas, qui s'enfonce au Nord-Nord-Eft plus d'une demi-lieue. Depuis la pointe du Nord, a la distance d'une portde de fufil, jufqu'a celle du Sud, a pareille diftance, ii y. a d'un cote a l'autre depuis quatre braffes j, jufqu'a vingt braffes, bon fond. Le c6te du Sud eft le plus profond, & le grand carenage eft de ce c6t-k. A cette pointe, qui forme l'entree du petit Mole, les plus grands vaiffeaux peuvent y carener, ayant fix braffes tout a terre : mais ce qu'il y a d'incommode pour y entrer, c'eff qu'il faut niceffaireinent fe touer, & prendre fon temps de grand matin, la brife de 1'EfI fe levant ordinairement fur les neuf a dix heures, .& etant toujours tres-forte. D'ailleurs ce port eft .l'abri de tous vents,. Remarque pour mouiller dans la Baie ou Mole Saint-Nicolas. On trouve dans le Journal d'un Officier des Vaiffeaux du Roi, que fe trouvant a huit heures du matin B

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Aro DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS par le travers de la pointe Saint-Nicolas, ou du Mole, & l'ayant rangee a portee de piffolet, ii fit trois bords pour attraper le mouillage, & fur les dix heures du matin ii laiffa tomber l'ancre par neuf braffes, bon fond de fable blanc & petits coquillages pourris, affourche avec une petite ancre Nord-Eft & Sud-Oueft. Le bon mouillage de cette baie eft entre deux tres-petites ances de la cote du Nord, dont celle qui eft la plus Oueft eft remarquable par une terre fort blanche & efcarpde, & l'autre par la terre auffi efcarpee, mais un peu moins blanche. L'ancre eat a une portee de fufil de terre: la tenue y eft fort bonne, quoique le fond aille en baiffant vers le milieu du Canal. Cette pente cependant n'el pas rapide puifqu'ayant un cable dehors, l'ancre etoit i neuf braffes, & fous le navire i n'y en avoit que douze. Il faut avoir le bec du Cap Saint-Nicolas au Sud-Oueft & Sud-Oueft-quart-Oueft, & celui de la pointe du Mole i l'Oueft quatre degris Nord. On voit dans le fond un melange de noir & de blanc, qui fait foupgonner que ce font des roches : mais ayant fait fonder fur ces places noires, ii s'efl trouve que ce n'etoit que des herbiers, dont le fond n'efi pas dur. De ce mouillage, ii a envoy fonder dans le milieu du Port : on a trouve depuis neuf braffes jufqu'a quarante, bon fond; mais en approchant de la cote du Sud, le fond eft dur, & n'eft pas praticable. Remarquez que la tenue eli fort bonne, puifqu'ayant demeure i pic affez long-temps, par un vent fort frais, l'ancre ne chaffa point.

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PLAN DE LISLE DINAGUE -121 4 -o a ./ L J \ \ 2 eu '. .mte \du d t+ te u N zrt -~c ---Y7. +$-Cl ~ ~~~ ~~~~ /Z -n:Pn e~~zle

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DE L'ISLE DE SAN IT-D0INGUE. ti $ A R T I CLE PREMIER. Route pour le Dbouquement & Remarques fu la grande & la petite Inague. O R S Q U'O N a reconnu le Mole Saint-Nicolas, & qu'on s en eA approche a une ou -deux lieues de difance, la route pour aller gagner le d,ouquement eli le Nord-quart-de-Nord-Oueff : maiscornme les vents viennent prefque toujours de la partie : de 'Ef, ii efl plus fi. de faire le Nord, jufqu'a ce qu'on ait connoidance de 1'ile d'Inague qu'on trouve a environ vinrgt lieues au Nor4dudit Cap. Cette ile eft aifee a reconnoitre, quoiuii'elle ne foit Y pas fort elevee : on la peut voir de cihq a fix lieues. La partie du Sud elt la plus dlevde, & prefente des terres couples, qui paroiffent comme de petites miles detachees, plus haute du cote de 1'Ouefl, & allant en pente vers 'Eft. Quelques Navigateurs trouvent que cela reffemble a une cremaillere. On paffe a environ une lieue & demie de cette ile. LA GRANDE NA GUE. Planche 3. Cette ale a environ quatorze lieues de longueur, & git Eft-Nord-Eft, & Oueft-Sud-Ouef : fa largeur eft indgale; elle n'a que quatre a cinq lieues dans

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S r I2 DES DIEBOUQUEMENS. fa partie occidentale & pros de huit lieues dans fa partie orientale qui eft Nord-Nord-Eft, & SudSud-Oueft. Voye le Plan de cette ile, qui a ete lev6 en 175 $ par un Officier d es Vaiffeaux du Roi.. La latitude de la pointe la plus Oueft de cette ile, que M. Frefier, dans fa Carte du debouquement de Krooked de 1724, nomme la Pointe des Paillesen-culs, a etd obfervee par cet Ingenieur, de vingtun degres une ou deux minutes Nord. M. de la Cardonnie, en 175 5, ayant pris hauteur a la meme pointe, l'a trouvee de vingt-un dcgres trois a quatre minutes. L'accord de ces deux obfervations faites en diffirens temps, & avec des inftrumens differens, par d'habiles Officiers, prouve l'exaaitude de cette pofition, qui eft d'autant plus importante que c'eft la tte du debouquement. L'ile d'Inague du c6te du Sud eft aifde a reconnoitre ; les terres y font plus elevees que du c6te du Nord : ce font de petites monticules detachees les unes des autres, qu'on prend, d'abord qu'onles apperoit, pour de petites miles detachees les unes des autres, plus hautes du c6te de l'Oueft, & allant en pente vers l'Eft, cremaillere. reprefentant affez la figure d'une A la pointe du Sud-OuefT, que l'on nomme la Pointe des Pailles-en-culs, ii y a quelques roches & un refcif qui portent plus d'un tiers de lieue au large, dont ii faut fe defier. A deux petites lieues au Nord-Oueft de cette pointe, eft la pointe de l'Oueft: la c6te entre deux forme une ance peu profonde -3. DESCRIPT.

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DE L'LSLE DE SAINT-DOMINGUE.13 k dans le inilieu de laquelle on peut mouiller fort pres deterre. (Voyez la Planche 4.) A trois petites lieues a'Nord-quart-de-Nord-Eft de cette pointe de i'Oueff, on trouve celle du Nord-Ouefl. Il y a entre eux une baie qui a pres d'une lieue de profondeur, ans laquelle le mouillage eft fort bon, & on l'on eut fe mettre k l'abri des vents de Nord, qui font 5 quelquefois violens dans ces parages. Apres cette ; pointe, la terre fuit vers le Nord-Eft, & toute la r r c6te du Nord eft faine. On la peut ranger k une ( ieue de distance, & mouiller prefque par-tout fort pres de terre, fur un fond blanc qui regne tout le ong de la c6te. Lorfqu'on a double la pointe du ord-Oueft, on apperpoit a 1'Eft-Nord-Eft un petit ilot & une chaine de refcifs qui s'etendent pendant plus d'une lieue, a la distance d'une demi-lieue 6 de la c6te. Cet endroit eft reconnoiffable par une petite monticule qu'on appelle le Mornet : c'eft le I' feul qu'il y ait a la c6te du Nord, qui eft beaucoup plus baffe que celle du Sud, & couverte d'arbuftes & builfons, parmi lefquels on diftingue des arbres plus bauts, femens de diflance en diflance. Dans la partie du Nord, a l'extremite orientale de l'ile, ii y a une baie qui a plus de trois lieues d'ouverture, & qui s'enfonce une lieue dans les terres, dans laquelle on peut mouiller : mais on n'y eft a l'abri que des vents, depuis l'Eft jufqu'a l'Oueft, en paffaant par le Sud. Tous les Nords doivent y etre dangereux. Cette baie n'eft point connue du tout. La c6te de 'Eft eft bordee de refcifs dans toute fa y

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14 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS longeur. A la pointe du Sud-Eft, il y a un petit ilot eloigne d'un tiers de lieue de terre, autour du on voit un fond blanc, fur lequel on peut mouill portee du fufil dudit ilot. Ce meme fond blanc regne le long de la cote du Sud, avec quelques chaines de refcifs qu'on voit brifer de difiance en diflance. Remarque fur les Mouillages de la partie occidental de la grande Inague. Dabs la partie de 'Ouefl d'Inague, ii y a deux babies oui l'on peut mouiller : la premiere, lorfqu'on vient du Sud-Eft, formee par'la pointe du Sud-Ouef} de l'ile, qu'on appelle la Pointe des Pailles-en-culs, & par la pointe de l'Oueft. On a vu ci-devant le detail du' mouillage dans cette premiere baie. La feconde baie eft plus grande, & le mouillage y eft meilleur. Quelques-uns la nomment la grande Baie d'Inague: elle ef fermde du cote du Nord par la pointe appelMe la Pointe duNord-Ouefi d'Inague, & du c6te du Sud, par celle nommee la Pointe de l'Oueft d'Inague. Onlui donne trois lieues de pointe en pointe, & une lieue d'enfoncement. It regne prefque toit le long de la terre une lifiere de fable de quatre cables de large, on l'on trouve depuis cinq braffes, a une portie de piftolet deterre, fond de fable, jufqu'a quinze braffes & plus au large a un demi -cable, quarante-cinq braffes. Si l'on eft dans la faifon des Nords, on peut mouiller fous cette pointe du Nord-Oueft de fagon a y etre a l'abri jufqu'a l'Ouef:-Nord-Oueft & fi l'on

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Y, oneiane --til Bahe Lqn. a.4. 2 -.-.~-Z8'rirrze -"-L -= 1 -A" --ay e ----'1-I/ ---7r" CARTE DE LA PARTZE ITT OGCrDENTALE DINAGUEF + ~ s Erctele June Lzeuer r)al \r ~ *v -P/rr\ \ n

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. I dans la faifon des vents de Sud, l'on mouille fous la pointe du Sud; a ttre a 'abri jufqu'a l'Oueft-SudO ift Il n'y a que quatre a cinq airs de vents de r uefl-Sud-Oueft a l'Oueft-Nord-Ouef1, dont on e peut fe mettre a l'abri, qui ne font pas a craindre, foufflant que rarement, & jamais avec violence. a defcente eft aifee par-tout cette baie. s :Dans le milieu de cette baie, que les uns noment la grande Baie d'Inague, & d'autres la Baie du ouillage, on trouve, i demi-quart de lieue du bord 4~ la mer, une favanne ou prairie qui a plus de deux ues de long. On y trouve auffi une faline, o iil y e fort beau fel, & trois ou quatre baffins dont le ndeft de tuf, ou it fe fait des retenues d'eau de pluie ft onfiderables, on les ramiers & les tourterelles vienient en quantity. Il n'y a pas d'apparence qu'il y ait s'autre gibier dans ce canton. On y peut pecher a 1 ligne & a la feine : it y a beaucoup de poiffons, x "rt bons, tels que dorades, lunes, brochets, fargues, &c. Il y a aufli des coquillages, comme lambris, burgos, & autres. A l'egard des crabes, qui y fdnt en quantity, il faut bien fe garder d'en manger, a caufe du mancenillier, qui rend leur chair empoif'onnde. Il y a des lezards. affez gros, que le crabe attaque & tue. Quoique 1'ile foit couverte de bois il ne paroit pas encore qu'il y en ait d'affez gros pour la confiruction: la plupart croiffent dans le roc. On y trouve le 5 ois de brefillet, qui fert pour les teintures, le bois F V ~~1

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16 D'ESCRIIPT. DES D1BOUQUEMENS de chandelle noire, & qu'on dit bon pour le cours de ventre & le flux de fang. Le terrain qu'on a vifite paroit bon, & rdpondroit a la culture, fi 1'on y pantoit de la caffave, du mais, mill, &c. Les herbes font bonnes dans la favanne & dans le bois, & l'on pourroit y mettre des bceufs, des cabrits, de la pintade & du cochon-marron. La baie formde par la pointe du Sud du premier mouillage, & par celle des Pailles-en-culs, eft bordde d'un refcif, mais qui eft i deux ou trois cables de terre tout au plus, qui marque, quoiqu'il y ait deux & trois braffes d'eau deffus. Ce refcif eft borde d'un fond blanc de fable, ou lifiere, large de trois bons cables, qui eft le mouillage des Anglois, par les fept a huit braffes fond de fable. Plus au large eft un banc de roches dans toute la longueur de la baie, d'une pointe il'autre, fur lequel ii y a douze i treize braffes d'eau : ainfi cette lifiere de fable fe trouve entre deux bancs de roches, dans toute la longueur de la baie qui eft d'environ trois lieues, & dont les deux pointes font Sud-Sud-Eft & Nord-Nord-Oueft. Elle a -moins d'enfoncement que la premiere ; mais le fond en etant moins core, on y affourche plus furement, & l'on y tiendroit mieux, & fans chaffer d'une forte brife que dans le premier mouillage : mais la defcente pour les canots & chaloupes y eft plus difficile. IL y a cependant quelques paffages dans ce refcif qui borde la terre. Lorfqu'on mouille dons le milieu de la premiere baie

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 7 ae a egale diflance des deux pointes, l'on y eft a j'abri, depuis le Nord-Nord-Oueft jufqu'au SudDusefl-quart-d'Ouefl. Dans cette feconde, depuis le x d-Sud-Eif feulement, jufqu'au Nord-Nord-Ouefi, rce qu'elle a moins d'enfoncement, ii y a plus de ..er dans cette derniere baie que dans la premiere, n it n'y en a point du tout. Ce n'eif done point entre dans cette derniere baie que fe perdent les vaifaux, mais fur les refcifs de la pointe des Paillesn-cussls, qu'ils prennent mal-a-propos pour cette ointe la plus Oueft qui eft entre les deux mouillages, que l'on peut approcher a portee de fufiL f .;>Voyez le Plan de ces deux baies, & du mouillage e la premiere, Planche 4 LA PETITE INAGUE. La petite eli fituee au Nord-Nord-Ef de la granae, a la diftance de trois petites lieues : le paffage entre deux eli bon & fain. Cette petite Inague, que La plupart des Cartes ne marquent que comme un lot de peu d'etendue, a cependant quatre lieues de {largeur de l'Efl a l'Oueft dans fa partie du Nord, & ix a fept lieues de longueur Nord-Eft & Sud-Ouefl. 'Cette ile eft fort baffe, & par-tout egalement. On voit une petite eminence qui s'etend en pente douce des deux c6tes, & qui n'efl pas eloignie de la c6te. Elle f fituee a peu-pres a diftance gale de la pointe du Nord-Oueft & de celle du Sud-Oueft de ladite ile. Tout le long de la cote il regne une plage de fable C yj

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18 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS blanc. A la pointe de 1'EI, ii y a une petite chaine de riches qui brife,& qui s'etend une demi-lieue au large. De cette pointe de 'Eft, la c6te court Eft & Ouefi, environ quatre lieues ; enfuite elle tourne au Sud-Ouef & git Nord-Efi & Sud-Oueft fix a fept lieues. On la peut ranger dans toute cette dtendue a une lieue de diflance fans rien craindre, & mme plus pres. Un Navigateur a remarque qu'etant a trois lieues au large de la cote du Nord de la grande Inague, & ayant reft en panne une partie de la nuit, a la pointe du jour it s'efl trouve dans la meme pofition i l'egard des pointes relevdes le jour precedent, fans avoir perdu ni gagne de. terrain : ainfi l'onpeut inferer de-1a, qu'il n'y avoit alors a cette cote aucuns courants. ARTICLE SECOND. Route dans le Dbouquement depuis la grande Inague. IL ORSQU ON a reconnu la pointe de l'Ouefl de la grande Inague, a la diflance d'une lieue & demie ou deux lieues, on fait route au Nord-quart-de-NordOueft, pour gagner l'ile au Chateau, qui en efi @loignie de vingt-deux a vingt-trois lieues. A cette route on ne doit pas craindre les Hogifies ou Etoiles, qu'on laiffe a l'Eff i la diflance de trois lieues &

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/ Si/ LnJk/ Orci cnZtafk IJe Cateh \\, 0,~Rnn IteRI nrkan/ \ + + k Prte d 4 "+ lIsle L nue s' -t S. *.0** ,5 f.. z -.V 50 j J n"a 2O ro Pl. V } CARTE DU DEBO UQ UEMIENT DE KRoo-KED -ISLAN1 Ec/rel i de Ezut Lrees', / a am/unC L un Irl d tama Dv "-~~ i .Arce a l iti /b ~ ~ Fo t l a+ -h+ : 1f lnllze \ P e ~ ~ ~ u e Efr nsr vf A\ z r 2, Io -40 n 2a IO D" 23 so, J V 240 7I -Po/

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DE LISLE DE SAINT-DOMIyGUE. 19 emie, & qui font prefque a moitid chemin entre l'ile au Chateau & celle d'Inague. Lorfqu'on a reconnu 'ile-au-Chteau, on lPapproche pour en paifer a Oueff, a la diflance d'une lieue ou une lieue & de.'ie, lailfant les rockers du Miraporvos i'Oueil, qui ifent Ef & Ouefl, avec 'ile -au-Chateau, dont ils nt dloignis de quatre lieues. Alors on continue la Bute du Nord-quart-de-Nord-Oueff, rangeant les s d'Aklin, de la Fortune & de Krooked, a deux u trois lieues de difance jufqu'a ce qu'on foit par travers de la pointe la plus Nord de 1'ile de KrooSd, au bout de laquelle, a la distance d'un tiers de t ue, on voit une petite ile, avec une chaine de rifants qui s'itendent une lieue vers le Nord; mais i cet ilet, ni cette chaine de roches ne font point craindre pour ceux qui debouquent. Il faut obfer>, ~&er feulement, lorfqu'on a depatff cet ilet, & les ches qu'on voit brifer, de continuer de porter au ;< rd pendant dix ou douze lieues & enfuite pren>e de 1'EiI, autant que les vents le permettent, pour pas tomber fur 1'ile de Watelin qui eft au Nordq;art de-NordOue cinq degres Nord de Krooked, vingt-un ou vingt-deux lieues de distance ; ce ;u'il eft d'autant plus niceffaire d'obferver, que ,;yz>s vents & les courants vous portent prefque tou' ours vers 1'Oueft plus que votre eflime. A 'egard de ile Longue dont la pointe du. Sud-Eft eft a fept ,.eues a l'Ouefi de la pointe duNord de Krooked, on atfe trop pres de I'ile de Krooked pour la craindre ;uoique fa pointe du Sud-Eft foit bordde de refcifs. C ij

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DESc'IPT. DES D1BOUQUEMENS ARTICLE TROISIEME. Remarque fur les Ifles au Chdteau, Aklin, la Fortune, & Krooked. Planches 6 & 7. Jj'ISL E AU C H A S T E A U eI une petite ile qui a environ une lieue & demie de longueur de l'Eft a l'Ouefl, & une demi-lieue de large. Sa pointe de l'Oueft el famine, & on peut en approcher a la diftance d'un quart de lieue, fans rien craindre. Cetilet eft remarquable par une eminence du cote de 'Eft efcarpee comme une fortification, & qu'on pourroit prendre de loin pour un chteau: elle eft diflante de 1'ile d'Aklin d'une bonne lieue. Entre l'ile au Chateau & l'ile d'Aklin mais un peu plus pres de cette derniere, it y a un rocher blanc ifold, qui elt une fort bonne reconnoiffance, avec plufieurs caies au Sud de lui, & derriere une chaine de brifants qui femblent fermer le paffage entre ces deux miles. L'ile d'Aklin eft peu connue, fi ce n'eft dans fa partie de l'Oueft, qui a, d'une pointe a l'autre, une lieue & demie, formant une ance ou baie peu profonde, dans laquelle cependant on peut mouiller fort pres de terre, fans rien craindre, par les fept a huit braffes d'eau, bonne tenue, fond de fable fin blanc, mele de menus coquillages caffds, a 1'abri de tous 0

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t .w~N 4'JI t ~ i, I -n / / PLAN DU 1OUHLLAG De la Parti de l'On 4 1 7 IM LISLE D AKL LJ '//e (Adae DLevne' Lieu .s -AR T IE D -, ? q/ e wn anc -mnl ae cozpat1 f i es cas et' mena (erna -~ 'z Ki~ I N\ AIst r -'i m, / I // i \ \ \ \

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 21 Events, depuis le Nord jufqu'au Sud, & paffant par 14'EII. Voye{ la Carte ci-jointe de ce mouillage levde en 17$ 5, par le Chevalier de la Cardonie. J'ajouterai i les remarques qu'il a faites en venant chercher ce ouillage. ) Je me decidai d'aller mouiller a 1'ile au Cha> teau, ou a quelques autres aux environs, afin de > n'etre pas furpris par la nuit aupres de quelques > terres de ce canal; ce qui auroit pu devenir dan' gereux en cas d'orage, ou que les circonifances n'euffent pas permis de bien juger la route que nous o aurions faite. Je vis avec plaifir que ce parti etoit s onforme avec la forte envie que j'avois de pou' voir indiquer, un mouillage a cette diflance, & en-dega de Krooked-Ifland: chofe qui, dans plu' fleurs cas, peut etre bien importante 'i connoitre n pour des vaiffeaux qui debouquent. Je vins d'abord attaquer 1'ile au Chateau. En e itant encore a une certaine diflance, elle me parut I) faine & je crus y dicouvrir un mouillage ; mais o n'etant plus qu'a quatre encablures de la cote, le o foleil qui nous donnoit dans les yeux, nous empecha de la diftinguer. Nous revirames de bord, ) & vinmes mouiller dans le Sud-Ouel du plus gros des ilets qui font entre Aklin & l'ile au Chateau: < (c'efi celuique l'on nomme le Forillon ). Ce mouila lage eft a l'abri de la lamme de plufieurs c6tes; mais > ii eft peu a l'abri du vent, & la tenue n'eff pas > bonne : de forte qu'un grain un peu fort etant fur) venu, nous deradames dans le moment; nous ap4-

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22 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS pareillames, & vinmes eprouver le meme wouvement par le travers de la pointe du Nord-Ouefl ,, d'Aklin. Ces contre-temps ne me rebuterent pas, ,, &je trouvai enfin, par le travers d'Aklin, le mouillage dont je joins ici le plan. (Voyet ci-devant ). ,, Nous l'avions deja decouvert en remontant le long ,, de l'ile : mais je n'avois pas cru qu'il y eut affez Sd'evitage. Ce mouillage eft fort .a l'abri du vent d'Eff, a etantpar le travers du plus dleve de l'ile. La meme ) ile couvre du Nord -Nord -Ouef, & l'ile au o Chateau du Sud-Ouefl-quart-de-Sud. Je puis affu,t rer de plus, que la tenue n'y ef pas mauvaife :gar o la brife forga beaucoup le foir ,, fans nous faire a chaffer de la moindre chofe. Ce mouillage a en, core un grand avantage : ii prolonge prefque toute o 1'ile, portant egalement au large ; ce qui fait ,, qu'on ne fauroit le manquer. On y eft par huit >s braffes fur un fond de fable blanc, fin & mele de coquillages caffes & menus. En s'icartant de quels. ques encablures d'on nous etions, allant vers le ,, Sud, on trouve quelques roches -ecartdes; mais o prefqu'au niveau du fable, & peu dangereufes a pour les cables. Les vents d'Oueft forces qu'on auroit a craindre 9 ici, font prefque fans exemple dans ces parages. 9 Je ne fais pas d'ailleurs s'il ne feroit pas beaucoup a plus dangereux d'en recevoir fous voile parmi toug, tes ces miles s.

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D L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 23 Remarque pour debouquer. Ce font les brifes de l'Eft qui regnent prefque ujours dans le debouquement, & i eft fort rare y trouver des calmes, fuivant le rapport de ceux i f'ont frequent ; de forte qu'un batiment partant Mole Saint-Nicolas a la nuit fermante pourroit oir connoiffance d'Inague le lendemain de grand y atin, & fe rendre de bone heure au mouillage klin, d'on repartant le lendemain, it pourroit ouquer entibrement avant la nuit. Je dis ceci fans 'tendre donner de confeil fur les manceuvres qu'on rroit faire pour debouquer plus furement, .& qui pendent des circonftances. L'ile d'Aklin n'eft conM e que dans fa partie de 'Oueff, d'oi elle paroit un 4 plus dlevde que celle d'Inague, avec quelques r nticules de distance en distance. Tout ce que l'on u favoir de quelques, Navigateurs, c'eft qu'elle-a iron fix lieues de longueur Nord-Eft-quart-d'Eft, Sud-Ouet-quart-d'Ouef & au lus deux lieues d large. On marque a fa pointe duNord un petit t qui a tun demi-lieue de longueur, & u quart lieue de large fdpare d'Aklin par in canal d'enon un quart de lieue de large. On pretend que deis la pointe duNord de ce petit iot ii regne une aine de refcifs le long de la cote orientale d'An, qui porte plus d'uni quart de lieue au large, & i s'tend jufqu'a file au Chateau; & quoiqu'on it pas de detail a cet dgard, it eft plus sur de s'en V4

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DESCRIPT. DE'S D1EBOUQUEMENS mrfier, & je n'ai pas hefite de lmarquer fur ma Carte. Cette remarque ne s'accorde pas tra c a fui. vante. En 17 3, la Frigate & le "tdu Roi o envoy pour vifiter les debouquemens eant part ,s d'Inague, vint reconnoitre a trois heures apres midi o l'ile d'Aklin. L'ayant attaquee par fon. milieu dans ; fa parties du Nord, ii 1'a approchee & prolongee a o une demi-lieue de diffance fans trouver de fond; o enfuite arrondi & double la pointe de l'ile au o Chateau ( pouffant ce petit fond blanc a un demis quart de lieue au plus), a meme diffance ; a cinq heures & demie fait deux grands bords avant la nuit pour s'enfoncer & connoitre la baie ,, devoit louvoyer & paffer la nuit. ,, Le lendemain s'etant trouve au meme d'hier au foir ii 01 po a a fait tout le tour de cette ha oint aie, o formee par l'ile au Chateau & cell de la Fortuo ne, demi-lieue des fonds blancs, fans trouver de fond, le bateau fe tenant fur la lifiere, & mme ,t plus fouvent fur les fonds blancs par les cinq & )) huit braffes find de roches, & une, minute apres o fond de fable ; ce qu'il marquoit par fes pavilions, o qualitye & braffiage ). Le foir a fix heures, fe trou,, vant aune demi-lieue de la pointe du Sud-Oueft de l'ile de la Fortune dans le Nord, ou ii attendoit le o bateau, qui ya cherche inutilement un mouill ae fondant jufqu'a un quart de lieue de terre, o toujours fond de roches. A huit heures ayant dou>a We cette pointe, fans avoir eu connoiffane de la baie 24 lv Fq. r Rri 3g b"K+ ,5 43 r ,s

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DE L'ISLI DE SAINT-DOMINGUE. 2;5 a laie qu'elle re erme avec 1'ile de Krooked, il n'a s ofy louvoye 1a nuit, & it a prefer de la paffer en p 4'rfur les deux huniers amends fondant toute orloges. Le bateau entre la terre & la > frigai lfant pareille manoeuvre, fans trouver de n ,fond ni 'un ni 'autre, fur la minuit ils ont eu quelques raffales; mais toujours belle mer. Au point du jour, ils fe font trouves, Nord-Eft, & Sud-Oueft de la petite ile de Krooked, a environ quatre lieues ; alors louvoy6 tout le jour pour fe relever & s'enfoncer dans cette baie, & trouver le mouillage marque dans la Carte & le Mengire donned du Dep6t des Cartes & Plans de la Marine, fur la pointe du Nord-Eft, & dans la partie du Nord de file de la Fortune, on il s'efl enfin trouv6 a fix heures du foir, par les neuf braffes fond de > roches, a une petite -demi -lieue de terre : l'ayant encore approche d'un cable, trouve fept braffes, t fond de fable cure c.. 11 ajoute: J'ai trouve le Msmoire qui m'a ete donned du Dep6t des Cartes de la Marine, tres> s bon dans beaucoup d'endroits 4. >++ De la pointe du Nord-Oueft de 'ile d'Aklin, a Scelle du Sud-Oueft de l'ile de la Fortune, on compte fept lieues Nord-Nord-Ouet & Sud-Sud-Eft : l'efpace entre deux reffemble a une grande baie dont on ne voit pas le fond, & dont l'interieur n'eft pas du tout coniu. On appersoit, en approchant de l'ile de la Fortune, une fuite de petits ilets, & des refcifs, comme on peut le voir fur la Carte ci-jointe. D -t YsAi

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DES DEBOUQUEMENS. De la pointe du Sud-Oueff de l'ile de la Fortune, jufqu'a la pointe la plus Nord de l'ile de Krooked ii y a fix lieues &-demie. Ces deux iles torment une grande anfe ou bale, .qui s'enfonce rivers 1'Eft en demi-cercle, dans laquelle it y a de tres-bons mouillages, foit proche l'ile de Krooked, foit proche celle de la Fortune, & o' l'on eft a 1'abri des vents du Nord de l'Eft & du Sud. L'ile de la Fortune eft plus petite que celle de Krooked, dont elle eft feparee par un canal d'une lieue de large, au milieu duquel ii y a deux petits ilo derriere lefquels on appergoit une grande etendue de mer avec trois petites iles. Lorfqu'on s'approche de 'e de la Fortune, on y decouvre des coupes de rochers qui reffemblent affez a des cabanes, & qu'on pourroit croire baties par des naufrages ; ce qui ne fe rencontre que trop fouvent fur ces iles. Le bateau du Roi l'Aigle, en 175 5, s'y trompa, vint mouiller a dix ou douze encablures dans le Sud de 1'ile, & envoya fon canot a terre. Il remarque que ce mouillage fe trouva fort mauvais, & fort pres des refcifs; ce qui l'obligea d'appareiller ILien vite & d'attendre fous voile le retour de fon canot. Mais en s'enfongant dans la baie vers la cette le, ve depuisv L'ile de la Fortune n'a pas terrain eft en general affezuni comme Inague & prefque tout le mouillage eft affez ringt jufqu'a dixbrafies trois lieues de long : le & covert d'arbuftes, es lesLies de ces parages. a 4 pointe du Nord de bon, & lon y trou affez pres de terre. 16 DESCRIPT.

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* + v/ t~.~ l / * --------'4 zor 2 SIDE 1 II _0E D r. r c/Plan dan Afoz amge e / de r :.O D L' ISLE DE KROO-R D a E~~e/e zlzme Demme her I:

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DE L'ISLE DL SAINT-DOMINGUE. L'ile de Krooked ef beaucoup plus grande : elle a au moirs cinq lieues de longueur, depuis fa pointe .du Sud jufqu'a celle du Nord, & environ une lieue ;'& demie de large. Vers la partie du Sud, i y a un grand tang d'eau douce au bord de la mer, fitue a .trois lieues de la pointe:du Nord, & i deux de celle C du Sud. Il regne tout le long de la cote oQcidentale de cette ile, un fond blanc qui s'etend pres d'une lieue au large, fur lequel on peut mouiller i demiieue de terre par dix, douze, quinze & vingt brafdes : inais plus au large on trouve foixante & cent raffes d'eau. Voyeq la Planche 8. A la pointe du Nerd de l'ile de Krooked, ii y a n petit ilet fitu6 a la diflance d'un bon tiers. de eue, proche lequel on peut mouiller fur un Pond blanc dans l'Ouefl dudit ilet, tout proche .de terre. n peut mouiller auffi -une lieue -au Sud-Sud-Ef e lui, proche, la pointe du Nord-Ouefl de Krooed : mais ces mouillages ne peuvent etre bons que our' les cas on des vents de Nord-Efi & d'Efl ne ous fiffent apprehender d'etre jett's fur l'ile Longue, ou fur celle de Rumklip. On' voit, au Nord de cet ilet, une chaine de refcifs quis''tendent une demi-lieue au large, tournament enfuite vers l'Ef ; mais dont on n'approche jamais affez pour les crmindre. Dij 27

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28 DESCRIPT. DES remarques fur & les Iles de Kro d'Aklin, de la Fortune oked. Planche 9. LE bout du Sud-Oueft d'Aklin, & la pointe de la Saline giffent Nord-Nord-Eft, & Sud-Sud-Oueft, environ cinq lieues entre deux. Ily a une autre pointe portant un peu dans l'Oueft, que quelques-uns ont prife pour la pointe de la Saline, & n'a point ce grand enfoncement : on l'a fondue a un quart de lieue, fond de roches, & l'on n'a pu trouver le mouillage on on avoit vu un bateau Anglois. Il faut que ce ne foit qu'un point. De la pointe de la Saline part un fond blanc bordi de roches, qui va fe terminer a la pointe du Sud-Oueft de f'ile de la Fortune, formant un enfoncement d'environ une lieue. It y a fur ces roches & lifieres, du fond blanc, depuis cinq jufqu'a huit braffes : mais des qu'on veut s'avancer fur ces fonds blancs, on revient bientot a une braffe. A un quart de lieue fur ces fonds blancs, on trouve cinq miles couvertes d'arbres. Entre la premiere & Aklin, ily a deux lieues & un tiers. Le bateau qu'on avoitenvoye pour y faire des remarques, a tented ce paffage pour aller reconnoitre la partie du Nord d'Aklin : mais it s'eft bientot trouve par les deux braffes ; avance environ un cable plus trouve qu'une braffe de revirer & de fortir pa & etant furles fonds blancs, it n'a & demie; ce qui 1'a oblige r-on it dtoit entree. Autres DEBI'UQUEMENS,

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I.de Krooke .CART E / DES ISLES D ARL IN ET DE LAFORTUNE .ta -Ct...a -g lua -2 --silt,~~ o. Ce +/t nr Y /,,._ par c07M L ya Sl-~)x( .\ ~ e Planet We I \j,\ ~e /D c ,. 7 e .,f/./ Is V5.R~ / k _. / ~ ~ ~ -i au C"''e 'ut\ \\". .. ~ ~ ~ ~ ,<-j -..., m s w .aF u Z \ k 1. ~{ .n a. ._,i __c

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DE L'ISLE DE SAINTfDOMINGUE. ,9 Derriere ces cinq miles vertes qui bordent les fonds 'blancs, jufqu'a l'ile de la Fortune l'on diftingue plufieurs iles de fable, rdpandues fur ces fonds blancs, qui ont paru avoir environ cinq lieues de profondeur, & prendre de la pointe de l'EfI d'Aklin a celle 41e l'Eft de Krooked, y formant un placet comme elui des Caiques. Le Navigateur d'on ces remar4jues font tires, ajoute : Ce placet nous aparu tou> cher a cette ile fans nom, placee fur la carte du ,' fieur Bellin, dans 1'Eft de 'ile de la Fortune ; as ainfi ce qui eftmarque dans cette Carte comme o terre noyde, eft une chain de cinq iles reelles, couvertes d'arbres, diftantes d'environ une lieue l'une de l'autre, mais qu'on ne peut aborder, i moins que ce ne foit avec un canot, pi trouver a aucun paffage entre l'ile d'Aklin. &. celle de la Fortune u. L'ile au Chateau eftdiftante de la pointe du sud-ueft d'Aklin : le Forillon eft entre deux, avec n banc de fable. Cette ile eft longue d'une demilieue, & git Eit & Oueft. La pointe la plus Oueft de l'ile au Chateau git avec la pointe la plus Ouefr de l'ile de la Fortune, b~ui font fitudes-Sud-Sud-Eft, & Nord-Nord-Oueft, environ huit lieues; & cette pointe, la plus Oueft de -'ile de la Fortune, git gefque Nord & Sud avec la pointe la plus Ouefl de Krooked-Iflantl, environ fix lieues. 4 La petite ile couverte d'arbres avec fon refcif, ei i la diftance d'une demi-lieuede cette pointe. Y #* y HR

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DES DEBOUQUEMENS Entre le Forillon & I'ile au Chateau, il y a une paffe, par-ou un bateau Anglois qui etoit mouille fur la pointe du Sud-Oueft d'Aklin, en dedans de la baie, s'efl fauve pour eviter d'etre arreti .par la frgate du Roi l'Emerzude, en 175 3 qui faifroit la vifite de ces miles. Ce paffage ne paroit propre tout au plus que pour une chaloupe, etant au milieu des refcifs fur un fond blanc fur lequel on auroit jug6 qu'il n'y avoit guere plus d'une braffe d'eau. Cependant on en a approche a un quart de lieue fans trouver de fond. Il y a fans doute un pareil mouillage au bout de l'Eft d'Aklin ; car on y vit un grand feu toute la nuit. CL E Variation QUA.TRI EM E. c Courans. L A variation dans ces parages a ete obfervee par les uns de quatre degris trente-fept minutes NordEft, & par d'autres, de deux degres quarante minutes Nord-Efl. Cette difference neu considerable neut venir des obfervee, faire des o differens compas avec lefquels elle a 6te ou de diverfes nithodes employees pour bfervations de variation. A 1'6gard des courans on n'en fauroit rien dire de pofitif : on y a remarque des varietes confiderables. Un Navigateur a obferve qu'au Nord de 1'ile AR TI 3o DEsCRIPT.

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. Yt 1 'Inague ii n'y en avoit pas la moindre apparence. D'autres ont trouve qu'au Nord de Mogane & de Krooked ils avoient porter violemment vers 1'Oueft. 'autres enftuont remarque qu'au Sud des debouuemens its avoient porter trois mois entiers vers Eft : mais pour l'ordinaire ils portent vers l'Ouefi; la preuve en eil d'autant plus certaine, que la freate du Roi 'Emeraude, en 175 3, ayantplacele 30 r anvier un pavilion fur les adores de l'Oueft de la caie d'Argent, tenu fur une bouee par quatre cors, 'dages, ce pavilion navigeoit le 6 de Mars a 1 entree Y du vieux canal, entre la caie Romaine & la terre de l'ile de Cube, on ii a eti trouve & pris par le canot d'un batiment qui avoit peri a la c6te. k +1a 'I" L k: i

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DEs DEBOUQUEMENS CHAPITRE SECOND. Dbouquement de Mgazne & de Samana, d l'Eft de Krooked-Ifland. CE debouquement eft fitue entre celui de Krooked & le debouquement des Caiques, & doit etre d'une grande reffource dans plufieurs circonfances on les Navigateurs peuvent fe trouver darts ces parages. o* Les vaiffeaux qui partent du Cap SaintNicolas pour venir chercher le debouquement de Krooked, peuvent, lorfqu'ils ont double l'ile d'Inague etre pris par des vents de Nord, Nord*Nord-Ouefi, & de Nord-Oueft. Alors ne pouvant gagner 1'ile du Chateau, ils font forces de paffer au .Sud de ces iles, ranger les iles Plates, & paffer entre Mogane & Samana. 20,0 Ceux qui viennent du Cap Francois pour ga, gner le debouquement des Caiques fi, apres avoir gagne la Caique la plus Sud, les vents fe jettent au Nord, & au Nord-Nord-Eft, ils font forces alors de paffer au Sud de Mogane, & de ddbouquer entre cette ile & celle de Samana. 3 Si, prets a paffer entre Mogane &Samana, les vents de Nord-Nord-Eft les regardent de trop pres, ls peuvent s'avancer vers 1'Ouefl, & paffer entre Samana DES:ItIPT.

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DE LISLE Samana & la pa i Y Fortune. Il ell donc de furete des Navig 1'itendue & la fi dont la plupart y mouillages qu'il p les naufrages, q ces parages. On a remarqu pour gagner le vents peuvent ch Sud d'Aklin pour a vu ci-devant, q gale diflance, ches, que l'on ap leur fituation eft a les vingt-un degr neuf lieues au N k la grande Inague. avoir une lieue ches & de petits means peuvent mc braffes. Si on les lieue de diflance, d'eau. Lorfqu'on paffe pour l'ordi & l'ile d'Aklin, lieues, & l'on dir lcs iles Plates, qu ii x DE SAINT-DOMINGUE. 33 rtie orientale de Krooked & de la la plus grande importance, pour la ateurs, de connoitre parfaitement tuation de ces miles; &. des dangers d'entr'elles -font environnies les eut y avoir, & les moyens d'eviter ui ne font que trop frequens dans e ci-devant, que, lorfqu'on fait route debouquement de Krooked, les anger, & vous forcer de paffer au venir chercher les miles Plates. On u'entre Inague & Aklin, environ a 1 y a amas de petits lots & de ropelle les Hogflies, ou les Etoiles: ffez bien marquee fur la Carte, par res quarante minutes de latitude, a :rd de la pointe du Nord-Ouefl de Ce font des bas-fonds qui peuvent & demie d'etendue, femes de roilets, entre lefquels de petits bati)uiller. On y trouve trois a quatre pproche dans l'Ouefl a une demion trouve dix-huit a vingt braffes eft force de faire cette route, on naireti mi-canal entre ces bas-fonds dont its font dloignes d'environ dix ige fa route pour aller reconnoitre ui font, par la latitude de vingt-deux E

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34 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS degris quarante-trois minutes, fituecs au Nord-quartde-Nord-Eft des Etoiles, a la distance d'environ quinze lieues, & eloignees de cinq lieues a l'Eft-quart-de Nord-Eft de la partie du Nord de f'ile d'Aklin. On peut paffer dans l*ueft de ces miles, entr'elles & Aklin, fans rien craindre a mi-canal; mais ii eft plus fnr de ranger, autant qu'il eft poffible, la groffe ile Plate a une lieue de diftance & meme plus pres., puifqu'en cas de befoin on y peut mouiller dans la partie de 'Ouefi. ARTICLE PREMIER. Les Ifles Plates. Planche 9. C E S iles ont ete jufqu'i prefent tres-peu connues & tres-mal placees fur toutes les Cartes : on en marquoit trois a peu pres d'egale grandeur places en triangle; ce qui eft fort eloigne de la verite, puifqu'il n'y en a que deux. Mais ce qui vraifemblablement a donned lieu a cette erreur, c'eft une roche qui fort hors de 'eau, & qui n'eft guere plus groffe que la coque d'un vaiffeau, qui eft fitude parmi les refcifs -a environ un quart de lieue sans le Nord-Eft de la groffe ile Plate, comme on peut le voir dans la Carte. C'eft aux obfervations faites en 17$ 5 fur le bateau du Roi l'Aigle, que l'on doit les Remarques fuivantes,.

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DE i'ISLE DE SAINT-DO MINGUE. 35 's & le Plan que j'y ai joint. Ce Navigateur, apres avoir paffe a la vue d'Aklin, fe trouvant contraries par les vents, & aupres des miles Plates, vint mouiller fur un fond blanc, a demi-quart de lieue de terre, dans la partie de 'Oueff de la grande ile Plate, couvert des vents par un refcif qui s'etend au Nord & c au Nord-Oueft de l'ile, pres de trois quarts de lieue. Cette ile n'a guere qu'une lieue de long du Nord lau Sud, & environ demi-lieue de large. Toute la cote de 'Eft Cele diu Nord eft entouree de efcifs qu'on voit brifer. Le mouillage eft environ a un quart de lieue de la pointe du Sud. Il y a aupres rune anfe on 1'on peut debarquer aifdment, & fort wfroche de la cote. On trouve de l'eau douce tres;onne en fouillant feulement deux ou trois pieds d ans le fable. Des Anglois naufrages fur cette ile y voient pratique un lagon, on le bateau du Roi fit uatre pieces d'eau qui le mirent a fec. Mais dans oins d'un quart d'heure ii fe remplit de nouveau, il ne parut pas qu'on y ect puife. Mais cc qui furrend, c'eft qu'a dix pas plus avant on trouve, au eme niveau, un grand tang d'eau auffi falee que celle de la mer. Cette ile eft baffe, & prefque unie. Il y a cependant quelques petites monticules qui en varient un peu la vue, quand on la voit du large. Le terrain n'eft que fable, rocailles, ou mauvaife terre, on ii ne croit que des haliers & des arbriffeaux propres feulement a ti faire du bois de chauffage. La feconde ile Plate, qui eft a l'Eft de celle-ci, eft E ij kA

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36 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS un peu plus petite, & n'en eft iloignee que de trois quarts de lieue au plus. Elle git Eft & Ouefi. Le canal entre les deux eft retreci par des refcifs qui ne laiffent qu'un paffage d'un quart de lieue, ,propre pour de petits batimens. Plufieurs Nav~teurs y ont paff, & le bateau du Roi~y vit un Brigantin qui y faifoit route allant au Sud. ARTICLE SECONfl Pafage entre Samana & Krooked. 4 E s Navigateurs qui fe trouvent forces de paler dans 'Ouefi des miles Plates, peuvent fort bien debouquer entre 1'ile de Samana & Krooked. Ce paffage eft tres-bon, & n'a pas moins de cinq a fix lieues de large. La route eft, apres avoir laiffe les iles Plates a une lieue a l'Efl, de faire le Nord-Nord-Ouefl r quelques degres Ouefi, dix lieues. On reconnoit alors la pointe de 'Oueft de Mogane, a laquelle ii faut donner rumb, & ne pas l'approcher plus pres d'une lieue & demie; & lorfqu'on l'a double, & qu' elle vous refle au Sud-Eft a deux ou trois lieues de diflance, on eft debouque, & l'on peut faire telle route que l'on veut, fans rien craindre, obfervant cependant de ne pas prendre de l'Oueft, pour ne pas tomber fur l'ile de Wattelin, qui eft fitude a vingt lieues au Nord-Oueft de celle de Samana.

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 37 Il eft bon d'obferver que dans ce paffage les vents de Nord font tres-dangereux, & qu'ils peuvent vous better fur les refcifs qui bordent le placet des iles de rooked & de la Fortune, du c6te de I'Eft; ce qui ft arrive autaiffeau du Roi 'Orox, qui penfa perir a fn 1736 fur ces refcifs, aupres defquels ii fut oblige e mouiller. Les vents, qui heureufement tournerent u Sud, le tirerent du plus grand danger on l'on puiffe trouver; la tenue etant tres-mauvaife a 'endroit on avoit ete force de iflder tomber fun ancre. Il faut emarquer auffi que ce peut ttre la faute des Cartes autant que toutes marquent tres-mal ce paffage. Miles y mettent plufieurs iles qui n'exiftent point, & placent pas celles de Samana, & la partie de l'Eft Aklin & de Krooked, comme elles le doivent etre; e qui trompe les Navigateurs, & caufe des erreurs ngereufes dans les routes. On ne peut donc apporr trop de foins pour les corriger, & ne pas placer erement les terres. n4 2Je n'ai pu me refufer cependant de placer a deux ues a 1'Efl de Krooked, une ile d'environ deux eues de longueur Nord & Sud, fitude i fix lieues au ud-Sud-Oueft de la pointe de l'Oueft de Samana. ette ie borde vraifemblablement, ducote de l'Et e placet des iles de Krooked. Sa partie de l'Eft & elle duNord font entourdes de refcifs; & quoiqu'elle 'ait pas ete vue par le bateau du Roi l'Aigle, en ,755, x .'ai lieu de-croire que c'eft celle ou le vaiffeau l' rox enfa perir en 173 6, & fur laquelle un navire de antes dchoua en 1749. Il fut affez 'heureux pour Iy 2 9

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38 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS. s'en tirer ; mais it abandonna fa chaloupe & dix hommes, qui refterent fur cette ile pendant vingt jours, manquant de tout, n'y ayant pas d'eau, d'ol ils furent tires par un vaiffeau Anglois. Lorfqu'on eft a la vue des iles Plates, on peut auffi, felon les circonfiances, en paffer au Sud a une ou deux lieues & lorfqu'on les a doubkdes, faire route au Nord, pour de'bouquer entre Samana & Mogane. Il n'y a rien a craindre: tout ce paffage ef4 beau & fain. ARTICLE TROISIEME. Ifle de Samana. Planche II. L'iL E DE S A M A N A apres de fix lieues de Iongueur de l'Eti a l'Oueft : fa plus grande largeur, qui eft 'vers le milieu de l'ile, n'eft que d'une heue & demie & fes deux extremites finiffent en pointe ; ce qui eft bien different de la forme que lui ont donne toutes les Cartes : elle eft baffe & couverte de broffailles & fon terrain reffemble a celui des miles voilines. Toute la cote du Nord eft bordde de refcifs qu'on voit-brifer & qui s'etendent a trois quarts de lieue au large. Le meme refcif entoure la pointe de l'Oueft, & forme une tete qui s'avance une denilieue au Sud. Du cote du Sud, a trois quarts de lieue f

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 39 e la pointe de l'Oueft, ii y a un mouillage a trois ables de terre, oI l'on peut etre a l'abri des vents de Nord-Eff & d'Oueft, & ce mouillage a au moins ine demi-lieue d'd'tendue le long de la cote. On doit cs connoiffances au bateau duRoi 'Aigle, qui y fut, 175 5, chercher des Matelots Francois qui avoient t naufrage-fur cette ile. Voici ce qu'on trouve a ce et dans fon Journal. t Ayant approche File de Samana du c6te du ud, jufqu'a une lieue & demie dans fon milieu, A ~~e fis arriver, pour aller doubler la pointe de l'Oueft, & chercher un mouillage dans cette partie, on it z NeT plus vraifemblable d'en trouver i toutes les 6iles de ces garages. Arrives Nord-Nord-Oueft, & Sud-Sud-Ef & a un tiers de lieue de l'extrek its de l'ile nous vimes qu'elle ne formoit qu'une ointe, & qu'enfuite, dans le Nord, elle fe replioit ers l'Eft-Nord-Ef toute hdriffde de brifans qui ortoient au plus trois quarts de lieue au large. Il en avoit auffi devant nous & fous le vent. Il lut repiquer au vent, & aller chercher le mouilge que j'ai marque dans la partie du Sud. Ce ouillage s'dtend a plus d'un tiers de lieue au effus & au deffous d'on nous etions, & a gale iftance de terre c'eft-a-dire a trois encablures. n y eft par huit braffes fur un fond de fable lance, mele de coquillages caffds. La tenue n'en aroit pas fort bonne. Les Matelots naufrages que nous venions cherCr her fur cette ile, ayant pu nous voir & ne fe ft a

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4o DESCRIPT. DES DEBOUOUEMENS. ,, prefentant pas d'abord au bord de la mer iI etoit n vraifemblable qu'ils etoient partis : mais pour en avoir certitude je fis tirer deux coups de canon i n cet effet a quelques minutes de diftance l'un de ,, l'autre, & j'envoyai des Matelots faire le tour de ,, file. Its rapporterent le lendemain que ces naun frages n'y etoient plus. Its trouverent a trois quarts s) de lieue en-dega de la pointe de 1'Eft, leur cabane 4 & un jardin qu'ils avoient cultive. Un refte de feces & de bifcuit, qu'on trouva dans la cabane, s) nous tranquillifa fur le fort de ces malheureux, en ,, prouvant qu'ils n'avoient pas fouffert la fain. Parmi les Matelots que j'avois envoys Ia dla ,, couverte, ii y en avoit un Timonier en etat de o bier faire des relevemens. Il releva, en allant & s revenant, la cote & les refcifs dans la partie du Sud. Il en fit de meme dans lapartie du Nord, ou etoit la cabane des naufrages. Le hafard fit qu'ils arriverent a cette cabane precifement comme le j, ) foleil fe couchoit; & comme ils ne repartirent> n qu'a foleil levant, ainfi que je leur avois recommande, par le temps de leur depart & de leur re,, tour, j e connus deux fois celui qu'ils avoient employe a parcourir ces efpaces, & par confequent la longueur de l'ile, dont j'avois deja un a-peu-pres, ,) ainfi que des giffemens de la cote, par des relevea mens faits au large. Je fis auffi moi-meme des ren levemens fur la pointe de l'Oueft & vis-a-vis F 1'ilet place dans le Sud, d'ou je pus verifier une parties des relevemens faits par nos Matelots. C'eft Sfur

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 41 fur ces differentes obfervations, que j'ai dreGfh le Plan de cette ile Le mime Navigateur, dont nous avons tire la rev argue precidente, obferve qu'ayant appareille du y ouillage ci-deffus & apres avoir double les refcifs arques a la pointe de 'Oueff, it fit route au Nordueft pour aller reconnoitre un ilet que les Cartes e.M. Frefier & celles du Dip6t placent dans cet r de vent a fix lieues de Samana ; & n'en devant us etre qu'a une lieue, it n'en eut aucune connoif4; nce, quoique le temps fit beau, & cela par la mme ; i5fon qu'il n'avoit pas vu celle qu'on place entre Saana & les miles Plates c'ef-a-dire parce que ces es n'exiffent point ; ce qu'il etoit entierement imortant de connoitre pour la tranquillity des Naviteurs, & pour regler leurs routes en confiquence. eft inutile de repeter qu'on ne doit fe fervir de ce 'bouquement, que lorfqu'on y eti abfolument for: il eft bien plus fur lorfqu'on a double les miles ates, de faire route pour paffer entre Samana & x ogane, eloigndes Tune de l'autre de vingt-trois eues, & qui giffent entr'elles Nord-Ouei-quartSOueff & Sud-Efl-quart-d'Efl; ce qui eff different j. e ce qu'on a vu jufqu'ici dans toutes les Cartes. A l'gard des miles Plates, elles giffent Eft & Ouefl, vec la partie occidentale de Mogane, & la diflance t de feize lieues. La latitude des Iles Plates eft de ingt-deux degres quarante minutes. F h .v 3

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42. DESCRIPT. DES DIEBOUQUEMENS. ARTI C L E Q U AT R I E M E. If'e de Mogane. Planche 2. LILE DE MOGANE a ete jufqu'a ce jour tres-mal marquee dans toutes les Cartes .fa forme & fa figure etoient ignores. Les Navigateurs, occupies uniquement de debouquer promptement s'en iloignoient le plus qu'ils pouvoient pour eviter les refcifs qui la bordent dans prefque tout fon contour, & ne fe trouvoient pas a portie d'y faire des obfervations: mais aujourd'hui 1'on eft plus iniruit. Cette ile a huit lieues de longueur de l'Eft a l'Ouef: elle git Eft-Sud-Eft & Oueft-Nord-Oueft. Sa largeur eft de deux lieues dans toute fon dtendue. La latitude de fa pointe du Sud-Ell a dtd obfervie de vingt-deux degrds vingt-huit a vingt-neuf minutes, & celle de fa pointe du Nord-Oueft a eti trouv e de vingt-deux degres quarante-deux minutes. La partie de 1'Eft qui git Nord-Eft & Sud-Oueft, ayant deux lieues d'une pointe a l'autre, eft couverte par un refcif qui s'etend dans 1'Eft plus d'une lieue & demie. Sur la pointe la phis Efl du rcfdif, il y a plufieurs caies, & cinq ou fix petits ilots ou rochers hors de I'eau. Proche la pointe du Nord-Eft de ile, it y a fur le refcif une ile qui a un quart de lieue de long, .4

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 43 avec un autre petit ilet dans le Sud-Eft d'elle. Le reffe du refcif eft border de roches fous 'eau, fur lefquelles la mer brife. Dans la partie du Sud du refcif, ii y a une paffe par-onu de petits batimens peuvent entrer pour fe mettre a 'abri entre l'ile de ~Mogane & les refcifs comme on peut le voir fur la Carte ci-jointe. 6 A un tiers de lieue de la pointe du Sud-Eft de k VMogane du cote de 'OuefF, ii y a un ilot pros duk ,quel on peut mouiller par les cinq ou fix braffes d'eau 7 fur un fond blanc, obfervant de mouiller plut6t a l'Oueft dudit ilot que vers 1'Eft. 11 y a dans cette rpartie un efpace de plus d'une grande lieue, on ii n'y a pas de roaches : enfuite les roches recommencent, ardentt l'ile jufqu'ai la pointe du Sud-Oueil. De4 puis la pointe du Sud-Oueff, jufqu'a celle duNordOuef la cote eft faine, & forme deux grande anfes borddes de fonds blancs, fur.lefquels on peut -w n ouiller a demi-quart de lieue de terre. Ces deux pointss giffent entr'elles Nord-Nord-Eft & Sud-SudOueft, environ deux lieues & demie de dilance. e Ces mouillages font d'autant plus neceffaires a connoitre, que, par leurs travers, l'on pourroit etre pris des vents de Nord. Alors ii feroit plus fur de venir mouiller fous cette pointe du Nord-Oueft, on l'on y et i 1'abri des vents depuis le Nord-Nord-Oueft jufqu'au Sud-Sud-Oueif, en paffant par l'Eft, tant par l'ile, que par un refcif qui s'etend au Nord-Oueft plus d'une grande lieue & fur lefquels on voit la mer brifer avec violence. De cette pointe du NordF ij i ^s,1

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44 DESCRIPT. DES DNBOUQUEMENS Oueft la c6te tourne vers l'Efl & 'Efl-Sud-Eft, formant une anfe depres de trois lieues, border d'ilots & de refcifs, qui font a trois quarts de lieue au large, laiffant entre ces refcifs quelques paffes par-ou de petits batimens peuvent venir mouiller dans l'anfe, entre 1'ile & les ilots. A la pointe qui forme le c6te de l'Eft de cette anfe on voit deux petits mornes peu eloignis de la c6te; enfuite la c6te court al'Eft-SudEfi cinq grandes lieues, jufqu'a la pointe de l'Efl de 'ile dont nous avons parle ci-devant. A l'igard du terrain, ii eft le meme que celui des autres miles de ces parages, peu eleve, & couvert de broffailles & buiffons, parmi lefquels ii paroit quelques arbres plus grands & plus gros, mais qui ne pourroient etre propres a la conftruaion des vaiffeaux.

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.P. 206 66 6e 1/46 ~ .m~~~~ ~ ~ ~ e 1 7z/ctdPr~ ARI T E DU e rsrXr AC ET DES C 1YQUJES .++ s w Ecll em Zin Lrt dfzr-me -4 4 is} 4.9;. ..:L ayp e n Nord T~l l al ;s C c y 1 c blene. A C E T D S CA Y Q U L S v ~ ~ Pe ttt Cu A1 de f * 9 3 g( e ui 4 6 "'""Franof Z Z + y Firan/tcoe cQ / ~ ~ oi ... aFrae mt e +A tr1 + dcldt& al 1.e1 +;Pode e S 3 !+ z-4 ~ ~ t -e "rl"7+3 f A31 16

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E SAINT-DOMINGUE. DE L'ISLE D CHAPITRE TROISIME. Debouquement des Caiques. Planche 13. E debouquement des Calques efl le plus fr&; uente & le plus fur pour les vaiffeaux qui viennent u Cap Frangois & autres lieux de la cote feptenNrionale de Saint-Domingue. Lorque l'on part du ap, la route direde pour ce debouquement feroit e Nord-quart-de-Nord-Ouefl, trois ou quatre deyrs Nord, trente-deux lieues. A cet air de vent, & cette diflance, on vient atterer fur la petite Caiue, dont la pointe du Sud eft par la latitude de ingt-un degris trente-cinq minutes. Lorfque cette ointe vous refte tl'Ef, a une lieue & demie ou deux eues, on peut faire le Nord, prenant un peu de 'Eft pour ranger 'a la meme diffance la Caique du ord; autrement la Caique Bleue; & lorfque la ointe du Nord-Ouef de cette Caique refte au Sudft, a la distance dedeux ou trois lieues, on peut Faire le Nord-Ef, le Nord-quart-de-Nord-Ef & neme le Nord ; & lorfqu'on a fait fur routes une quinzaine de lieues, on e & l'on peut faire telle route que l'on ve raindre. Il eQ bon d'obferver que,fi Fon etoit l'une de ces i debouque, ut, fans rien force de faire 1" 7 45

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-I 46 DESCRIPT. DES LJEBOUQUEM ENS le Nord, ii faut bien prendre garde que la route ne prit point de l'Oueft; autrement on courroit rifque d'etre porte fur les refcifs qui font a la pointe de l'EfI de 1'ile de Mogane ; ce qui eft d'autant plus a craindre que les vents & les courans viennent dans ces parages plus communement de la partie de l'Eft. La pointe de l'Eft de Mogane git avec la pointe du Nord-Oueff de la Caique du Nord, ou Caique Bleue, Sud-Sud-Efi, & Nord-Nord-Ouefl, quatorze a quinze lieues de distance. Cette pointe de la Caique Bleue, eft par la latitude de vingt-un degres cinquante-trois minutes, & celle de l'Efl de Mogane par les vingt-deux degres trente-trois minutes. Quoique j'aie dit ci-deffus, que la route dire&e, en partant du Cap pour venir chercher la petite Caique foit le Nord-quart-de-Nord-Ouefl ii faut un temps bien favorable & bien net pour l'entreprendre. On a des exernples que des vaiffeaux partant du Cap pour debouquer par les Calques, fe font trouves portes fur la petite Inague, dloignie de dix-fept i dix-huit lieues a l'Oueff des Caiques, fans favoir ce qui leur avoit occafionne une pareille erreur, foit de la part des courans, foit d'une mrauvaife eflime dans keurs routes. Il ell donc bien plus fur, en fortant du Cap, de faire le Nord & le Nord-quart-de-NordEl vingt-cinq a vingt-fix lieues & 'on vient a la vue de fonds blancs tres-diifinas, que l'on peut ranger a la diflance d'une lieue, fans Tien craindre. On diflingue fur le bord de ces fonds, une petite ile, qu'on appelle Vile de Sabw I, qu'on peut approeher i une 94

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P 1 Carte des Fonds Blancs et Resifseiitre N1slet de Sable et Franc -Kee che e deur Lieuc 3ar mrn de 20 au D + ancee O. -:. .c e ranc. \ .4 -~ / / / f / / / / / / / / / / f / / / ice:: ': : .... .p dran +l'.: +--t jT3 --Z! -e tl !I cPlacet wI N ) At Cott \" 4 Litr lx lei eJae +., aLit dew/ Sable 21 D .9 mrnmrte' \ : + r \ *.*{ I -4nnc. c P
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DE L'ISLE,DE SAINT.DOMINGUE. 47 lieue. On fait enfuite le Nord-Oueft, & 1'on voit a quatre lieues de lui une autre petite ie que l'on nomme Frankeyou Caie Frangoife. Lorfqu'elle vous refte au Nord a une lieue & demie, ii faut faire 'Oueftquart-de-Nord-Ouefl, douze lieues. A cette route on voit la petiteCaique, qui vous refie au Nord a deux lieues. Alors on fait route pour la ranger dans fa partie de l'Oueft, a la diflance de deux lieues. Lorfqu'on l'a-dipaffde, on peut faire le Nord cinq a fix lieues, & enfuite le Nord-quart-de-Nord-EII, I'on fe trouve debouqud. ARTICLE PREMIER. Les Fonds Blancs, l'Ilet de Sable, & Frankey, ou Caie Francoife. Planche '4. CE qu'on nomme les Fonds Blancs, ef lalifiere qui borde le place des Caiques, qui s'etend de FElt a rOuef environ vingt-deux lieues, & du Nord au Sud, dix-neufhvingt lieues, entoure, du cote du Nord, par les Caiques. Ce placet eft feme de petites iles, & du cote du Sud, entoure de refcifs&roches, entre lefquels ii y, a quelques pafes pour pendtrer dans 'interieur du placet. Ces paffes fe diftinguent aifdment, lorfqu'on cotoye cde pres les refcifs qui bordent les

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DEs DIBOUQUEMENS fonds blancs en dedans du placet, par les intervalles ou 1'on voit que la mer ne brife pas. Ces fonds blancs forment diverfes pointes & finuofites qui s'enfoncent inegalement dans le placet. Leur pointe la plus Sud eft par la latitude de vingt-un degres deux a trois minutes, & giffent Nord & Sud avec la grange, a la diffance de dix-fept a dix-huit lieues. Depuis cette pointe du Sud, les fonds blancs courent au Nord-Oueft huit lieues. Alors on trouve un petit ilet qui n'a que quarante pas de longueur, d'un fable mou, & totalement noye. On le nomme l'Iflet de Sable. On peut 'attaquer dans fa partie du NordOueft auNord. I porte fond a demi-portee de canon do lui, par dix, neuf ou huit braffes, qu'il conferve jufqu'a terre. On a envoy le canot fur cet ilet, qu'on a trouve extremement acore dans fa partie du Nord-Oueft & du Nord. Le refcif reprend a fa partie du Sud, & court pres d'une lieue au Sud-quart-deSud-Eft. De l'ilet de Sable a Frankey, ou CaieFranroife, il y a cinq lieues au Nord-Nord-Oueft. Cette pofition eft affuree par le relevement fait avec foin de Frankey, reflant au Nord-Nord-Oueft a cinq lieues, & l'ile de Sable au Nord-quard-de-Nord-Eft, a moins d'un demiquart de lieue. Depuis Frankey, le refcif fe courbe confiderablement dans le Nord, & forme un enfoncernent jufqu'a l'ilet de Sable, comme on peut le voir dans le Plan ci-joint. 11 e bon de remarquer que, lorfqu'on eli dans le Sud-quart-de-Sud-Eft de l'ilet de Sable a une lieue, DESCRIPT.

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 49 les fonds blancs fe replient au Sud-Eft; mais le refcif finit, & le placet n'efl plus border que de fonds blancs qui portent par pointes fort au large, avec fept a huit braffes d'eau, & cinq braffes fur leur lifiere tout fort pros du refcif, mais diminuant toutd'un-coup jufqu'a deux braffes. Une autre remarque qu'il ne faut pas negliger, c'eft que la frigate du Roi 'Eineraude, en 17 ayait paff la nuit a louvoyer par le travers de Frankey, que M. Frefier nomme par erreur dans fa Carte Ia Petite Caique, on ne s'eft point apper~u le lende*-main que les courans aient mani0 le vaiffeau en aucune fagon. ARTICLE SECOND. La Petite Calque, l'Iflet de Sable, & Mouillages aux environs. Blanche i 5 D E Frankey, ou Caie Frangoife,jufqu'ala pointe du Sud e la petite Caique, on eftime fept lieues & demie :elles giffent entr'elles Oueft-Nord-Ouefl & Ef -Sud-E&. Suivant le releveient qui en a ete fait avec beaucoup de foin, es fonds blancs & le refcif contiG

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so DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS nuent entre ces deux Caiques. On peut les ranger de tres-p'res."Ony trouve dix braffes d'eai, & >i appereoit des ouvertures dans les reeifs ona aner ne brife point, par-ou l'on peut entire Bans l'intrieur du placet. Le refcif qui borde les fonds blancs depuis la petite Caique 'jufqu'a Frankey, commence 'une lieue dans l'EII de la pointe du Sud de la ptite fiK que. On le v6it brifer : ainfi it n'y a p oii iM que l'on 's'y perde en dehors. On pourToiti 'accofter : mis it faut s'en defier; fi on entree ans xe place, parce q' un qitt de liete 'en ed s, o ne trouve que trois bralfesi; & qu'en 'a pgrochant un peu plus, le fond dinminue pronptehin e t qui n'efi pas couverte des vents de brife, y e i a1fez patouilleufe., On a de plus tout le poids du vent :nais le fonder die fable, & la tenue fort bonne: Lebateau du"Rdi'Aigl, en "75 3, refla deux jours a ce niouilage (VoyeZ la Carte ci-joilnte), pouren prendre l, relevemens & les fondest. Etanta 'aincre "ij Ia pointe du Sud de la'petite Calque au quart-d'Oie l, environ deii eue. Nord-Eft, au Nord-quart-de-Nord-E 'demie ; la pointe du refcif au Sud. laoi k de la Caique du Nord, au Nordagart batimenit toit alois par iois b mouiller moins en e el bon d'obfer ef deux pieds. Led h P d OL ml-

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DE L'TSLE DE SAINT-DOMINGUE51 qu'ayant mouill e un peu moins de trois braffes, le bateau talona fort rudement pendant la nuit, & 1'on fut obligd de changer de place. ln fort nt {u placet, cet Oflicier eut attention de relever la pointe du Sud de la Caique, & celle du ref ifrIl vit alors qu'elles giffoient Eft & Ouef dift d'environ une lieue. v petiteCaei prife Nord-Nord-Ef, & Sud-Sud n,~e qill fa plusg ande 1o eur, a environ yue!ui .quart ; 61.r c6ur Nord& Sud utie hee demie .dans le d4bouquement. La pointe da NR 4d-C ef1 femble la terainer, parce que le fond 4a borde, & que lerefe fruit dans le Nord-Eft. IT y aQC arte ci-devant, Planche i5. Leond banc qui porte k une encablure de terre au mouillage de la pointe du Nord-Ouef, continue e ourir dans le Sud, en fuiivant ies ietites %iuofites edj a c6te qu 'it ne ddborde jas d'une T Ie de p it fqu' u a pointe du Sud, on ii te oute dun quart de lieue au large. On J ,J 4op :r tout le long de la Caique" : it y a quatre raes jufqu' terre; mais le fond eft dur, Ideproximite de terre fujette la incnvie_ a pointe du Nord-E lf y a un^ bans de u large, en etendant vers le -ie, fur sequel Ia me es deux braves e~n'canot IA loke jette 1 'f G ) F K

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52. DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS frequemment. On n'a point trouve de difference du chemin eflime en allant au Sud, avec celui qu'on a faith en revenant au Nord; ainfi cela donne un i-peu-pres qui approche beaucoup de la precifion. La petite Caique eft une terre baffe dont la lifiere eft de roches tranchantes qui refonnent comme un timbre. II y croft en plufieurs endroits des lataniers; ce qui eft une marque peu equivoque d'un mauvais terrain. L'interieur eft couvert d'arbres; mais ils font plus petits que ceux de la Caique du Nord : ils fe fentent de la quality du fol, & de fon expofition a tous les vents qui dominent cette terre baffe. On y a trouve quelques lagons d'eau fort faumatre. Un navire qui auroit le malheur d'y faire naufrage, n'y feroitpascependantfansreffource, pourvu fur-tout qu'il ent des armes & des munitions. Le gibier } eft commun. On trouve abondamment des ramiers, des tourterelles, des perroquets, & des fercelles, qui font plus graffes & meilleures que nulle autre part. Les pluies ne font pas rares dans ces parages ; ainfi avec des precautions on s'y foutiendroit. Il y a auffi quelques coquillages, & beaucoup de ldzards. La latitude prife a la pointe du Nord-Oueft a ete de vingt-un degres quarante-deux minutes dix-neuf fecondes. On peut ranger la pointe du Sud de pres fur le fond blanc, qui a ciAq a fix braffes d'eau, & point de refcifs, comme On peut le voir fur la Carte. Quand cette pointe du Sud reie a Nord, 01 *%j55 ,y .itr -r -' I

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 53 voit en plein le placet des Calques, & la terre de la Caique court dans 'Eft-Nord-Eft, & s'eleve affez. Ce coude, qui a environ une lieue & demie, forme un abri contre les vents du Nord, parce qu'il y a cinq a fix braffes proche des brifans, qui font touta-fait fur la terre. On peut voir ce mouillage fur la Carte. Quoique 1'on trouve fond tout le long de la c6te occidentale de la petite Caique, depuis fa pointe du Sud jufqu'a celle duNord-Oueft, par les huit braffes, & fix braffes d'eau a portee de fufil de terre, fans aucunes roches ni brifans, & qu'on y puiffe mouiller en cas de befoin, l'endroit qu'il conviendroit choifir, & le mieux connu, eft un mouillage fous la pointe du Nord-Oueft, un peu en dedans, par huit braffes fond de fable a un demi-cable de terre. On y eft en f(rete pour les vents de brife. Il eft prudent cependant d'y affourcher. On met cette feconde ancre fur un fond cure de quatorze braffes dans le Sudquart-de-Sud-Oueft. Cette legere precaution tranquillife contre un grain imprevu de la bande de l'Oueft. C'eft une reffource d'ailleurs pour appareiller, fi l'3n jugeoit que le vent dat continuer dans cette partie. Le terrain de cette He eft le plus ingrat & le plus mauvais que l'on puiffe voir. On n'y a decouvert ni falines, ni fav nes ni eau douce. Du cote du Nord, a plus de deux cens pas avant darks les terres., on n'a trouve que des latanitrs dans le fable. Le long de la cote de.l'Ouef, on y trouve un bois rabougri, ou y c ',# 47 .Ft

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54 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS. broffailles fur un fond de tuf ou de fable petrified. Dans le milieu de l'ile, ii paroit quelques baumiers qui en exhalent tout le parfum. On en a trouve un dont les branches etoient toutes rompues, fans doute pour lui faire rendre cette pricieufe liqueur. Ces arbres qu'on appelle Gaumiers, font prefqu'auffi tendres & caffans que le figuier. Il quitte fes feuilles l'hiver, & ne les reprend que tard, ne les ayant point encore au 2o de Juillet. Cet arbre eft charge de petits fruits qui n'ont pas grande chair, & dont le noyau eft abfolunient comme celui de la cerife. Il vient auffi par pelotons de dix a douze & a la queue femblable a'la cerife. Ce fruit eft paRfd avant que la feuille foit venue; & des que le bourgeon de la feuille paroit, qui eft femblable au bourgeon du maronnier d'Inde, le fruit tombe de lui-meme; & fi l'on fecoue une branche, on l'en depouille totalement. Les oifeaux font fort friands de ce fruit. Il y a encore dans cette ile de ce bois de chandelle noire, fi bon pour guerir le cours de ventre ; & du bois de brefillet pour la teinture. L'on y peche a la ligne de fort bon poiffon, & en quantity. On y trouve des lambys, des burgos, des crabes. On y a trouve auffi des ceufs de tortue prets a eclore, des tourterelles, & des perroquets. La partie duNord de la petite Caique eft couverte par le refcif qui recommence a l' pointe du NordOueft, & pouffe vers l'Ouefl & vers le Nord, jufqu'a la grande Caique. Ces refcifs fnt leoint critique du debouquenent. On compte u la pointe du 4~ l 2.P + f .4 } 17Y 4 G':1 ^.

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE 55 Nord-Oueft de la petite Caique, jufqu'a la pointe de 'Ouefl de la Caique du Nord, ou grande Caique environ quatre lieues, & le refcif s'etend pendant prefque tout cet efpace c'eff-a-dire jufqu'a une pointe ocoidentale de la grande Caique, eloignee de trois quarts de lieue de la pointe du Nord-Oueft de l'ile, au Sud de laquelle eft 1'anfe au cannot, le feul bon mouillage dans cette partie de 'Oueft, & dont nous parlerons ci-apres. Sur la partie occidentale du refcif, ily a une petite iHe de fable fituee au Nord de la partie feptentrionale de la Caique, prenant un peu de 'Oueft a la diflance d'une lieue. Cet ilet, qui eft fort bas, & couvert par le refcif du cote du Nord, n'a pas ete marque jufqu'a prefent fur la Carte; ce qui a caufi la perte de plufieurs vaiffeaux, qui, apres avoir range la c6te occidentale de la Caique de 'Oueft, prenoient de l'EII, & gouvernoient pour s'approcher de la grande Caique du Nord; au lieu que,lorfqu'on a range la petite Caique a une lieue de diflance, it faut prendre de 'Ouefl, & gouverner au Nordquart -de -NordOueft, pour donner rumb au refcif, & a l'ilet qui eft deffus. Au Sud de filet, ii y a une paffe entre lui & le refcif, pour entrer dans l'interieur du placet. Cette paffe a pres d'une demi-lieue de large. On trouve quatre braffes d'eau au milieu: en dehors ii y a dix, huit & fix braffes; mais des qu'on ef en dedans, on ne trouve que trois braffes, & toutd'un coup deux braffes. Aupres de'i1t, ii'y aque deux braffes. .ty

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56 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS. Depuis f'ilet de fable, le refcif continue de courir au Nord-Nord Eft deux lieues, border de fonds blancs, fur lefquels on trouve dix braffes a portee du fufil du refcif qui vient joindre la partie du Nord-Oueft de la grande Caique du Nord, un peu au Sud d'une anfe affez belle, qu'on appelle l'Anfe au cannot, & dans laquelle le mouillage eft fort bon. Obfervations particulie res fur la petite Caique, ou Caie de l'OueJl, & environs. Planche 16. La frigate du Roi l'Emeraude, en 175 3, charge de faire des obfervations dans les debouquemens, accompagnee du bateau l'Efperance, fe trouvant a midi par le travers de la pointe du Sud-Oueft de la petite Caique, ou Caique de POuefl (nomme fur la Carte de M. Frefier, Grande Caique ), a unquart de lieue de diflance, a prolonged a cette diflance la cote de l'Ouef, & a fait mouiller le bateau 'Efpirance a la pointe du Nord-Oueft de ladite ile, a un demicable de terre, par les fept braffes, fond de fable dur. L'ayant vu chaffer, & trouvant la lifiere de fable un peu trop troite, menace d'orages on les vents font le tour de labouffole, il a prefere de fe tenif fous voile, bord fur bord. La frigate en a fait cinq ou fix, toujours a un quart de l1ieue de terre. Le long du refcif du cute de l'Ouel, on a defcendu a terre a deux lieues, trey-facilement. La mer ty r

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DE L ISLE DE SAINT-DoMINGUE. ayant creufe dans le tuf, dont ei l'ile, des baffins qui fe font remplis de fable, fur lequel on a echoud le canot, pour defcendre a terre fans planche ; puis le laiffant culer quatre pieds, ii fe trouve par une braffe d'eau, & l'on peut s'amarer aux roches. L'on peut s'dloigner dans ces baffins fans aucun rifque. Il y a pareillement quelques cavernes; & c'eft vis-a-vis de ces baffins & cavernes qu'efl le bon mouillage, i un quart de lieue de la pointe du Nord-Oueft. Cet Obfervateur a releve les pointed & contours de l'ile, l'ilet de Sable, & refcifs qui pouffent i deux lieues dans le Nord, & la pointe du Sud-Eff de la grande Caique du Nord, qu'il avoit trouve avoir dix-fept lieues de longueur. De fes relevemens it conclut que la petite Calque ou Caique de l'Oueft forme une efpece de triangle mixtiligne, dont le cote qui regarde l'Oueft court Nord-quart-de-Nord-Eft, & Sud-quart-de-Sud-Oueil environ une lieue trois quarts. C'el le long de ce c6te on efi le mouillage a 1'abri des brifes, plus pres de la pointe du Nord, qui n'eft qu'une petite lifiere de fable, large d'un cable, le fond core. L'on y jette 1'ancre a une portee de piftolet de terre par les fept brafles: a deux longueurs du navire, on en trouve quinze; & quand on a file un demi-cable, ii n'y a plus de fond fous le vaiffeau. Si l'on avoit a y demeurer long-temps, 1'on pourroit porter fon ancre i terre, pour pouvoir laiffer tomber 'ancre d'affourche par les quinze braffes. Il n'y a point d mer, des brifes de 'Eft-Nord-Eft, & de 1'Eft-SudEft, quelque fortes qu'elles puiffent ttre. H

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DES DEBOUQUEMENS Le c6te de ladite le qui regarde le Nord, eli compofd de deux babies de fable. Celle qui commence a la pointe du Nord-Ouefl, court au Nord-Eft-quartd'Efl, environ trois quarts de lieue, eft terminee par une pointe qui avance dans le Nord. De cette pointe (fur laquelle l'Officier d'on je tire ces Remarques a et ), l'on decouvre une autre baie qui court par une ligne afiez droite a l'Efl-Nord-Eft. Toute cette partie eft couverte par les refcifs, hauts fonds, roches fous l'eau, & f'ilet de Sable : le tout s'e6tend vers le Nord environ deja remarque j ointe. deux lieues, comme on peut l'avoir ci-deffus, avec la Carte qui y eft R.T I C'L E T R O 1 S I La Grande Caique, ou Caique du Nord. Planche 17. donne le nom de Grande Caique du Nord h une ile fort longue & fort etroite, s'etendant circulairement l'efpace de plus de trente lieues, fur differens airs de vent. Les voici tels qu'ils ont ete obferves: La pointe la plus au Sud-Oueft, qu'on appelle le Cap Mongon, eft eloignee de la pointe du Nord de la Caique de l'Oueft, ou petite Caique, d'une lieue A M E ON DESCRIPT.

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DE LISLE DE SAINT-DoMTNGUE.59 & demie au Nord-Eil-quart-de-Nord. Sa latitude eft de vingt-un degres quarante-cinq minutes. Du cap de Mongon a la Pointe du Nord-Ouen,; la c6te court prefqueNord & Sud, l'efpace de deux grandes lieues, formant plifieurs enfoncemens & anfes dont nous parlerons & fur-tout de celle nommee l'Anfe au Canot. Il faut voir ci-devant la Planche 13. De la pointe du Nord-Ouefl a une pointe qui s'avance vers le Nord, Ia cotc ell remarquable par trois petites miles, qu'on appelle les Trois Maries, qui font a cinq lieues de diflance au Nord-El-quartd'Efl de cette pointe du Nord-Ouefl. La c6te entre deux forme une anfe profonde de pres dedeux lieues, dans laquelle ii y a un fort bon mouillage, avec quelques paifes fort etroites, qui communiquent dans 'interieur du place. Ce mouillage s'appelle l'Anfe a l'Eau. Des Trois Maries, la c6re court a 1'Efi-quart-de Nord-Eft, pres de quatre lieues, jufqu'a une pointe reconnoifable, par trois roches hors de 'eau, qui font tres-pres de terre & qui ne s'avancent pas au large, qu'on appelle la Batellerie. La c6te entre deux eft couverte de refcifs, entre lefquels ii ne paroit pas de paffage. A cette pointe, l'ile n'a pas une demi-lieue de largeur. La c6te du c6te du Sud fortnant dans cet endroit une baie qui a plus de deux lieues de profondeur fe nomme Paraquet, formant un cap affez elev6 & remarquable. De la Batellerie jufqu'a une autre pointe, qui eft la plus Nord de H ij

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6o DESCRIPT. DES DEnOUQUEMENS f'ile, il y a plus de quatre lieues ; la c6te court & Oueff, en s'enfongant un peu, couverte audi par le refcif. Cette pointe eft par la latitude de vingtdeux degres dix-fept minutes. De cette pointe jufqu'a une autre qu'on appelle Bluau, ii y a deux lieues au Sud-Eft. La c6te forme entre deux une anfe d'une demi-lieue de profondeur, avec plufieur; iles, aupres defquelles on peut mouiller par les fix braffes d'eau, les roches qui bordent l'ile dans toute fon etenduc du c~e' du Nord laiffant en cet endroit une ouverture pour aller au mouillage, on l'on trouve fix braffes d'eau. On y efl a 'abri des vents d'Oueft, de Sud & de Sud-Eft: mais il ne vaut rien pour les vents d'Eft & de Nord. Bluau eli un morne affez haut, qui forme une efpece de Cap. De cette pointe nommee Bluau, jufqu'a la pointe de la Caravelle, qui eft la plus orientale de l'ile, on compte fix lieues au Sud-Eft. La c6te entre deux, quoique baffe, eft melee de quelques monticules de fable, & paroit couverte de bouquets d'arbres ou buiffons parmi lefquels on en voit quelques-uns de plus 6leves. La pointe de la Caravelle efi tres-dangereufe, & l'on ne doit point en approcher plus pres de deux lieues & demie, & meme trois lieues a caufe d'une roche ou bas fond qui en eft i deux lieues au ~T 1~fl 7T~~ I'1 Nord-Eft-quart-d Eft. Cette roc he eft nommiee par quelques-uns la Caravelle & par quelques autres la Roche de Saint-Philippe. Au Cap de la Caravelle, les roches qui bordent f'ile s'etendent en pointe vers le 1 Eft

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 61 Nord-Ef, a trois quarts de lieue au large, & l'on nomme cette pointe de roche, Brife-tout. Elle laiffe entr'elle & la Caravelle un paffage d'une lieue de large, on l'on trouve cinq, fix & huit braffes d'eau. On y peut mouiller. par huit braffes, mais un peu plus pres 'de la Caravelle que de la pointe de roche nommee Brife-tout, quoiqu'il y ait i fon extremity neuf braffes d'eau, tout au pres des roches. A f'Eft & au Sud de la Caravelle, iportie de piftolet d'elle, on trouve quatre bralfes. Magree equ'on vient-d'en dire c'efl un endroit qu'il faut eviter. De la pointe a la Caravelle, jufqu'. la pointe du Sud de 'ile, la cote court Nord & Sud huit lieues, formant pluflieurs petites anfes, toutes bordees par le refcif, le long duquel regne une lifi re de fonds blancs, fur lefquels ii y a dix ou douze braffes d'eau a portie de fufil des roches. Cette pointe du Sud eft par la latitude de vingt degres vingt-fept minutes. Le refcif finit a cette pointe, & le placet continue de s'etendre au Sud-Sud-Ouefl, & l'Ouefl-Sud-Ouefl. Le terrain de la grande Caique du Nord n'efl pas de la meme nature que celui des autres iles dont nous avons parld. Outre qu'il eft plus eleve, la terre eft plus couverte, & paroit plus fufceptible de culture, quoiqu'en general elle foit un peu feche & pierreufe. La c6te entire, qui eft couverte d'arbres, n'a pas paru en porter aucuns qui fuffent propres aux batimens civils, ou a la Marine. Il faudroit cependant, pour affurer cette conjeaure, un examen

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-62 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS entier de l'ile. C'eft ce que dit l'Officier d'on je tire cette remarque, qui ajoute: Je ne lai vifitee que ,, dans deux endroits; mais cela m'a paru tel, parce que jai etendu mes recherches affez loin dans les terres, pour donner quelque certitude a ma cony jeiure u. La feule production qui lui ait paru aluellement meriter quelque attention, c'eff le bois de Brefilier. C'efi un arbuffe de moyenne groffeur, qui a beaucoup d'analogie avec le bois de Campeche, & qui done 1a meme odeur. Il vaut a Saint-Domingue douze a quinze francs le quintal. Les Anglois prennent des chargemens a la Caique du Nord, & cela fait un des objets de leur fijour dans ces garages. Anfe au Canot. Planche iS. Dans la partie occidental de la Calque du Nord, ii y a une affez belle anfe ou baie, qu'on appelle 1'Anfe au Canot, dans laquelle ii y a un fort bon mouillage, & qui peut etre d'une grande reffource dans ces garages, puifqu'il y a affez d'eau pour toutes fortes de vaiffeaux, & que la c6te vous couvre du Nord, qui eli le vent dont ii faut le plus fe defier dans les debouquemens. Les plus gros vaiffeaux peuvent mouiller a l'Anfe au Canot par les fix & fept braffes d'eau d'un fond de fable mi1 de quelques roches. On y eA i'abri du

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Nord au Sud-Eff-quart-de-Sud, en paffant par 'Eif. Le mouillage eft en dedans de la pointe de 'Oueff, qu'on amene au Nord, en fe gardant d'approcher du refcif qui entoure cette pointe, & qui porte au large environ un quart de lieue. Le refcif ceffe en cet endroit, & ne recommence & ne reprend qu'une grande demi-lieue fous le vent. Il doit refer alors au Sudquart-de-Sud-Ouefl. Voye le Plan ci-joint de 'Anfe au Canot, qui a etd levd avec foin. De la pointe du Nord-Oueft de la petite Caique, ou Caique de 'Oueft, it y a jufqu'a l'Anfe au Canot quatre lieues au Nord-Nord-Oueft; mais on ne fait pas cet air de vent, a caufe du refcif & de 'ile de fable, qui s'avancent vers 'Oueif, comme on l'a remarque ci-devant. La quality de la terre a paru encore moins mauvaife dans cette anfe, que dans les autres endroits de la grande Caique que l'on a vifites, quoiqu'elle ne porte, comme ailleurs, que de petits arbres, & de 'herbe dans les lieux les plus couverts. On affure qu'on y avoit plante des giromonts & des patates, qui avoient bien reufli. Il y a plufieurs petits lagons d'une eau qu'on pourroit boire dans le befoin. On y a trouve beaucoup de trous de cochons, & vu des chiens. Il eft probable que ces animaux proviennent des batimens qui ont fait naufrage fur cute ile. Il eft certain que dans la neceflite, qui rend touijours les hormmes induftrieux & aaifs, on trouveroit fur cette terre DE SAINT-DOMINGUE. G; DE LISLE

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DES D]EBOUQUEMENS. de quoi vivre dans les feules reffources que la nature y prdfente. On y voit des perroquets, des ramiers, des fercelles. La tortue n'y eft pas rare, & fur-tout l'efpece qu'on appelle Caouane, qui eft la plus grande, mais trop graffe, trop huileufe, & d'un gout tres-inferieur. La caouane a la tete fort groffe ; ce qui la fait diftinguer aifement de la tortue ou du caret, auquel elle reffemble d'ailleurs tres-parfaitement. Le poiffon fe prend dans cet endroit en abondance, k la ligne. Ce font toujours les memes efpeces; mais ils font plus gros, & en plus grande quantity. La Caique du Nord, qui doit bien porter le nom de Grande Caique, fe termine a cette pointe de l'Oueft qui couvre 1'Anfe au Canot, d'on elle fe replie deux lieues & demie au Sud; apres quoi elle paroit retourner fur elle-meme. Cette pointe-la du Sud s'appelle le cap de Mongon. Anfe a l'Eau, .1 -& l'Ile des Pins. Planche 19. Quand on a double la pointe du Nord-Ouefl de la Grande Caique qui couvre le mouillage appell6 I'Anfe au Canot, dont nous venons de parler, la c6te tourne a l'Eft, a l'Eft-Nord-Ei, & au NordEft, & forme un enfoncement ou baie qui a bien cinq lieues d'ouverture d'une pointe a l'autre, & dans laquelle t 64 D E SC R IPT.

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laquelle eft l'Anfe a l'Eau & l'ile des Pins. Dans cet enfoncement, le refcif qui regne tout le long de la c6te eft interrompu, & laiffe un paffage de peu de largeur, par lequel on entre dans la baie, & c'efi ce qu'on nomme l'Anfe i l'Eau. La frigate du Roi 'Emeraude vint, en 175 mouiller dans cette rade, & y refla fix jours, pour en lever le Plan, qu'on trouve ci-joint. Les fondes ont ete prifes avec foin. La latitude y a eti obfervee avec exaaitude. Ce Plan repandra beaucoup de lumieres fur ce que je vais dire de cette baie, qui eft tres-frequentee par les Anglois, & qui feroit une bonne retraite pour des Corfaires, d'on ils feroient bien a portee d'inquieter les navires qui debouquent. L'Anfe a l'Eau eft aifee a connoitre, parce dans le Sud-Ouefl qu'a une lieue des Trois Maries, de ces trois roches, on decouvre un grand coude que forme la cote, dont le bout fe termine i la pointe de l'Oueif, qui del' echappe prefque a la vue. Il paroit d'ailleurs une grande etendue de fonds blancs depuis les refcifs iufqu'a terre ; ainfi on ne peut s'y mdprendre : ii de s'affurer du paffage que laiffe n'eif question que le refcif, qui fe coupe pour ouvrir une entree dans la baie ; ce qui n'eif pas aif puifqu'on r'a trouve aucune marque a terre afI'e frappante pour fervir d'amet & que le relevement des deux petits eflhers marques fur le Plan, peut echapper a f'ail, fur-tout a quelqu'un qui n'auroit aucune connoiffance du local. Il feroit donc prudent d'envoyer d'abord un canot fur le bo refcif deffous le vent, afim de marquer la paffe, I ut du & de DYE LISLE DE SAINT-DOMIWGUE, 65

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6 DESCRIPT. DES D1EBOUQUEMENS fonder frequemment, parce qu'il faut louvoyer, & qu'on eft averti par la diminution du fond, de revirer. Voici les marques qu'on croit les plus propres a guider dans la pafe & a trouver le mouillage. On peut accofler les refcifs de pres : il y a de I'eau jufqu'au pied. Ainfi de quelque c6te que l'on vienne,. on verra aifement 'intervalle de deux encablures on la mer ne brife point : c'efl la paffe qui git Sud-Eft & Nord-Ouefl avec le milieu de f'ile des. Pins, &c'eftl'aire de vent, ouun de fes lateraux,.qu'il faut faire pour entrer. On trouve d'abord grand fond, & puis en diminuant jufqu'a trois braffes, lorfqu'on eft en dedans. Il eft inutile de dire que, pour peu que le braffiage diminue ii faut revirer. Il eft effentiel d'obferver que i'ile des Pins qui reffe au Sud-Eft en: entrant, a une petite ouverture a chaque bout, qui la fdpare du refte de la terre. Celle qui refte a 1'E6 s'appelle I'Efher de 'Eft, & celle qui refte au Sud, l'Efther du Sud. Its peuvent fervir tres utilement; car des qu'on ouvre l'un de fagon qu'on ferme 'autre entierement, it faut revirer. On peut fupplker i ces connoiffances, en mouillant dans la paffe, & fe tenant jufqu'on le tirant d'eau permettroit d'avancer. Cela feroit tres-prudent a. un batiment qui tireroit plus. de quatorze pieds d'eau. On mouille d'ailleurs peu avant dans la baie, parce que le fond ne permet pas d'avancer beaucoup. Les canots en allant a terre doivent gagner vers Ie Sud-Sud-Eft de f'ile des Pins, parce que le cote

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. de l'Eft & du Nord-Eft e dont ii faut connoitre les ef garni de bans de fable, paffages. On ne courroit cependant aucun rifque, parce que la mer efi fort unie dans la baie des vents de brife. Lorfqu'on eft au mouillage, les refcifs couvrent depuis l'Oueiiquart-de-Nord-Oueft, jufqu'au Nord-Ouefi-quartde-Nord, en paffant par le Sud &. l'Eft : mais on fentiroit tout le fort du vent, & probablement un peu de lame. On n'efi donc reellement al'abri que du IArd-Ef1, au Sud-Sud-Oueft, en patfant par l'Efl. La mer eft tres-unie des vents de brife; mais les navires qui tirent plus de quatorze pieds d'eau, doivent entrer dans cette baie avec beaucoup de pr&cautions. Ile des Pins. L'ile des Pins court Nord-Efi & Sud-Oueff. Elle a environ onze cent vingt toifes de large; la terre eft baffe, & point couverte contre les vents de la bande de l'EfI, qui battent continuellement les pins; de fagon que ceux des acores de l'ile font feches & deracines, & que ceux du centre n'y profperent guere. Il n'y en a aucun qui pafle les proportions du mit de perroquet d'un navire de cinquant6 canons. La terre e4 extremement fabloneufe fur les bords, & ne paroit pas fort bonne ailleurs. Les ramiers y frequentent affez. Le fond eft trop blanc a terre & dans la baie, pour prendre pecher avec de gros fucces, poiffons dans le it faut fe porter s feines. Pour en canot fur *JIij I 6-7

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DES D$BOUQUEMENS 1'acore des refcifs en dehors. On rauffit encore mieux a prendre de gros poi avec de la voile, & iffons, en courant fur le laiffant flotter les fond lignes. Les ceufs de tortue n'y font pas rares. La ire de prendre ces animaux, eft de maniere la plus les attendre en canot lorfqu'ils viennent a terre, & de les harponner. On les veille auffi lorfqu'elles defcendent fur les anfes: mais tout cela demande un filence & des prcautions qu'on ne doit guere attendre des equpages i J t c u d A ete e h qine on pa a p Le plus effentiel dans f'ile des Pins, eft lagon d'eau douce voifin de la mer, & on vaitfeaux auroient de 1'eau fuffifamment. un grand cinquante Elle eft tres-buvable, & l'on en peut prendre pour les equipages. Cet endroit eft tres-frequents par les Anglois, qui ne tiendroient pas des annees entieres fur les Caiques fans cette reffource. On a vu ci-devant que l'ile des Pins eft fdparde de la grande ile par deux efthers ou canaux; ce qui paroitroit en rigueur divifer ou terminer la Caique du Nord: mais ces efthers font barres par des barres de fable qui couvrent a peine de deux pieds; ainfi it faut la regarder comme une efpece de peninfule, ou plut6t comme la continuation de la grande Caique. Lorfqu'on eft fur la partie de l'Efi de l'ile des Pins, on decouvre a toute vue des lent fur le placet ou interieur des bande du Nord & du Sud-Eft, il ets qui fourmilC aiques, dans la 0 68 RESCRIPT.

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DE LISLE DE SAINT-DOMING UE. 69 Remarquesfu: leJlacet des Calques, tirees du Journal du Bateau du Roi 1'Efperance, Le bateau du Roi Keruforet, en 17S 3 les fonds blancs, fur huit lieues dans la p en 1753. l'Efpdrance, detached par M. de a tourney toutes les Caiques & lefquels ii s'eft avance pres de partie interieure du Sud de la grande Caique. Voici ce qu'il a remarqu6. En partant te la grande Saline., qui ell la plus Nord des miles Turques, ii a trouve un refcif nomme le Saint-Philippe, qui decouvre & fitue environ quatre lieues a quatre lieues & demie de la pointe de la grande Saline ; ainfi la fortie du debouquement des miles Turques fe trouve par ce moyen retrecie & reduite a quatre lieues ou quatre lieues & demie. Bafle Saint-Philippe.. Planche zo. Cette baffe ou platin de roches, ell fitue a l'EflNord -Eli & au Nord -Eft du Cap de la Comete, qui eft la pointe la plus orientale de la grande Caique ou Caique du Nord, i la distance de pres de deux petites lieues. Ce banc de roches, fur lequel la mer brife., a une demi-lieue de longueur Sud-Eft & Nord-Oueft, & tres-peu de largeur. On peut le ranger a demi-quart de lieue au vent & fous le vent. On trouve quatre braffes d'eau dans toute fa longueur, a

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DEs DEBOUQUEMENS deux cables de distance. Il y a paffage entre ce banc & la grande Caique, dans lequel.Aouve huit neuf & dix braffes d 'eau. Cette paffe a une lieue & demie de large : mais it faut obferver de s'approcher beaucoup plus pres de la Baffe Saint-Philippe que du Cap i la Comete, parce que ce Cap pouffe un refcif quis'etend une demie-lieue au large vers le Nord-Eft, & fur la pointe duquel ii y a un petit banc de roche, que l'on appelle Brife-tout. Il n'y a pas de paffage entre lui & la terre de la grande Caique. Le bateau du Roi [Efperance ayant paffi entre la terre & la Baffe Saint-Philippe a range la grande Caique, qu'il a eftimi avoir de longueur feize (a) a dix-fept lieues, courant a peu pres Oueft-quart-deNord-Oueft. C'eft ce que M. Frefier a voulu marquer fur fa Carte des debouquemens de Saint-Domingue, par plufieurs miles fepardes dans le Nord du placet fur les fonds blancs ; parce que cette grande Caique etant vue de loin, paroit comme des miles detach es, & que pour 1'ordinaire on evite de s'en approcher, puifqu'elle eft bordde d'un refcif dans toute fa longueur qui en eft eloigne de trois quarts de lieue fans compter les pointes qu'iH pouffe plus au large. Voyet la Planche 1 3. Continuant de ranger l'ile, conduit par un Anglois (a) Ceci ne doit s'entendre que de la COte Septentrionale a commencer depuis la pointe du Nord-EU de cette ile, jufqu"a fa pointe du Nord, & non de toute fon dtendue, dont le c6ot de l'El a fept h huit lieues de longueur Nord & Sud, & le c6rt de 1'Ouefttit ou neuf lieues NordEft & Sud-Oueft. 70 DESCRIPT.

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DE L'ISLE DE pris fur la rande Salin ils ont troe un paf SAINT-DOMINGUE. 71 e qui leur fervoit de Pilote rage entre ces refcifs, & un mouillage (a) affurd par les deux braffes, on 1'on trouve un lagon d'eau douce. Cet endroit eft reconnoiffable par un bouquet d'arbres affez elevis, paffent pour des pins. En quittant ce mouillage le bateau eut une pointe i doubler, qui lui refloit au Sud-Oueft-quartd'Oueft, s'avangant une lieue & demie au large, & de plus pouffant un refcif a une demi-lieue ; ladite pointe dtoit diffante du mouillage qu'il venoit de quitter, de deux lieues & demie a trois lieues. Ayant double cette pointe par le travers de laquelle ii a trouve neuf a dix braffes d'eau fond de roche, it a mis le Cap au Sud-Sud-Ouefl, on ii a fait deux tiers de lieue : alors it a mouillk par les cinq braffes fond de fable parfeme de roches, dans une baie dont la pointe du Nord lui reftoit au Nord a environ une demi-lieue ; celle du Sud, au Sud-quart-de-SudOueh, a deux lieues: puis a revire de bord, portant au Nord-Nord-Eft, on il. a fait un tiers de lieue. De cc mouillage ii a releve un refcif qui dans le Sud-Oueft environ trois lie partir de la pointe du Sud. C'eft pr qui eft a craindre (b) quand on de' court au large ues, qui paroit xcifement celui bouque par les (a) Ce mouillage paroit etre le meme que celui dont nous avons parlk cidevant 'a f'ile des Pins, nommd I'Anfe a I'Eau. (b) C'eft cette pointe de refcifs, avec 1'ilet de Sable qui porte vers I'Oueft, & ddnt j'ai parld ci-def us dont ii faut fe defier, qu'on trouve en ddbouchant, en rangeant la Caique de 1'Oueft, autrement la petite Caique. qui

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DES DEBOUQUEMENS 72 Calques, & qui fait porter au Nord & Nord-NordEft pendant un temps, quoiqu'on ait double cette Caique de 'Ouefl que 1'on appelloit autrefois la grande Caique. On a encore releve du meme mouillage la Pointe du Nord de la Caique de l'Oueft au SudOueft-quart-de-Sud, cinq degres Oueft a environ cinq lieues Le bateau ayant pai une nuit dans ce mouillage ii appareilla le lendemain, & fit 'Ouef(Sud-Oueft deux lieues & demie, pour doubler les refcifs, & eut connoiffance d'une ilette de Sable qui paroit y tenir ; ce qui l'a oblige de porter au Sud-Oueff. Etant i la pointe du refcif, a deux cables par les fix braffes fur les fonds blancs ii a releve la pointe la plus Ouef de la petite Caique, ou Caique de l'Oueft, au Sud-quart-de-Sud-Ouefl, cinq degres Oueft a deux lieues & demie ; & c'efl dans ce moment qu'il a entree dans 'interieur les trois a quatre braffes, & a ete des Caiques, par oblige par les calmes, de mouiller par les trois braffes a une lieue dans le Sud du bout de 'Oueft de la grande lie, ou Caique du Nord, que quelques-uns nomment le Cap de Mongon, 1'ilet de Sable lui reflant a l'Ouefl cinq degres Nord environ a deux lieues. Del' ii a vu deux bateaux mouilles plus pres de cette pointe. De cette grande & longue ile it a remarque que dans bien des endroits elle ne paroit pas avoir plus d'une lieue de largeur. Il a fenti des courans bien diffdrens; & en ayant trouve de favorables, ii a appareillk, & trois heures apres it a remouille par les deux braffes & demie, le bout du Sud de la grande ile, ou Caique DESCRIPT.

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. Caique du Nord lui reftant a l'Ouefl-quart-de-NordOueft quatre degres Nord a environ une lieue (ces courans font le flux & le reflux), it a appareille le lendemain. Les courans portant dans 'Efl, & la route lui ayant valu l'EfI cinq degres Nord, environ huit lieues ii s'eff trouv6 touch par les fix pieds d'eau. Ayant revire., & fait deux ou trois bords, it a regagn' les neuf pieds d'eau; & n'ayant pas voulu s'enfoncer plus avant dans 'Efl, it a fait l'OueflSud-Ouefl, quatre degres Oueft corrige, pour fortir de deffus ces fonds; & ayant amend la pointe du Sud de la petite Caique, ou Caique de 'Oueit, a l'OueSud-Oueft corrige a environ quatre lieues, it a forti cde deffus les fonds blancs par les trois braffes & demie a quatre bralfes. K 73

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DES DIBOUQUEMENS 74 CHAPITRE Dbouquement QUATR des Ifles Turques. Planche 1. L E debouquement de l'ile de Saint-Domingue, auquel on a donned le nom des Ifles Turques, ef le plus pres, le plus court, & le moins dangereux que tous ceux dont nous venons de parler. Mais pour 'ordinaire les vents ne permettent pas de s'y rendre avec facility foit que l'on parte du Cap Francois, ou du Port Dauphin, qui font cependant les ports de la c6te du Nord de File qui en font les plus proches, parce que les ventg venant prefque toujours de la partie de l'Eft, ii eft alors difficile de s'dlever contre le vent pour venir gagner le plus Sud des miles Turques, qu'on appelle Sandkde ou Caie de Sable & la premiere qu'il faut reconnoitre pour s'affurer de l'entree du' debouquement; fans quoi it y auroit a craindre d'etre port fur les fonds blancs & les refcifs qui bordent le placet des Caiques dans l'Efl & dans le Sud, & qui ne font pas encore trop bien connus. Or ItME. 4 DESCRIPT.

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CARTE DES 24z ISLES TURQUES G tf E chel e 1 tre Lzn'euiTxrrnC 2 S {.Lr~ta4 l1':,. +4++ S4 ti 00 '3 Sa he "ane lwx '4. AZu.~ 4+ J. 3 4 I. a C ofl n 3 2 0~ n + f4 b (i Peit witS aim egn~ .9 t+ i0 N. S I Ct' 0 12 /a i at'~ i" *2-7en e 67 777 / -Q -' It ~nmnx~flm~flrn r L 1 { t f r e I l & n 7 t a ke 44 < -h n rte -umn -mmmen --, wI. --IL' y+ + a Cubte I':r 12 / 1 \ /If / / I utx zs 1 A 3 ar 1[U r .s a in ne 7

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DE SAINT-DOMINGUE. AR T I C L E P R E M I E R. Route pour le Dbouquement. LORS Q U E 'on part du Cap Francois, & vents vous permettent de faire le Nord-Eft, o valante, ilfaut faire fur cette aire de vent e trente lieues que les uroute fnviron 1'on arrive alors par la latitude de vingt-un degres deux ou trois minutes, 'ies Turques. Cette le, qu'on niomme Sandkee &a la vue des ou Caie de Sable, fait la tete du debouquement du cote de l'ile de Saint-Domingue, & on ne doit pas fe difpenfer de la venir reconnoitre, & s'en approcher a la diftance d'une lieue ou deux. On la range a cette diftance ; & lorfqu'on l'a dipaffhe, on voit la feconde le Turque, nommee la petite Saline, fur laquelle on gouverne. En faifant le Nord-Nord-Efi, on la range a la me d & demie & con iftance : elle a environ une lieue tinuant cette route on voit l'ile nommee la grande Saline dloignee de la petite Saline de pres de trois lieues. C'efi la troifieme des Lies Turques, & la derriere du debouquement, que l'on peut ranger a la meme distance que les autres. Lorfu'on a amne fa Dointe du Nord a environ deux lieues au Sud-EfI, c le Nord -Nord -Eft n p eut faire le Nord-Eff, & refcifs & de la baffe qui font a la pointe du K ij f rien craindre des Nordr meme fans 7S DE LISLE

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76 DESCRIPT. DES D1EBOUQUEMENS Eft de la grande Caique du Nord, ni des roches qui font a la pointe du Nord de lagrande Saline. La Carte ci-jointe fera voir la fituation de ces dangers, & combien it eft facile de les eviter. La baffe Saint-Philippe, que d'autres nomment la Caravelle, git avec la pointe du Nord de la grande Saline, Nord -Oueft deux a trois degres Nord, & Sud -Eft deux a trois degres Sud. La diflance eft d'environ dix lieues. On a vu ci-devant la defcription de ce danger. On voit par cette fituation qu'en faifant le Nord-EII & le Nord-Nord-Eft, des qu'on a double la pointe de la grande Saline, on ne court aucun danger. On pourroit meme faire le Nord, fi 'on y dtoit force par les vents; mais dans ce cas it faudroit bien prendre garde d'etre porte vers l'Oueft, jufqu'a ce qu'on ait pafi la latitude de ce danger, qui eft de vingt-un degres cinquante-cinq minutes. Une autre remarque a l'avantage de ce debouquement, c'eft que le paffage entre les miles Turques & le placet des Caiques n'a que dix lieues de longueur & fept a huit lieues de largeur & que l'on peut approcher les fonds blancs & les acores du placet de tres-pres, par les fept huit & dix braffes d'eau. Malgre cela on doit eviter, autant qu'il eft poffible de s'approcher ni du placet ni de la partie du Sud de la grande Caique du Nord, mais s'entretenir a une lieue & demie ou deux lieues de difiance des iles Turques, jufqu'a ce qu'on ait amene la plus Nord de ces miles au Sud-Eft. t. r *2 4-.yy A '' .. f t ~ ',. -.--..-1 1. ||1,|..,.||| | ,||

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 77 ARTICLE SECOND. Sandkee ou Caie de Sable. L A premiere des iles Turques, qui fait 1'entre diu ddbouquement, s'appelle Sandkee, ou Caie de Sable ( d'autres la nomment la Caie Salle ) : elle eft fitude Nord-Nord-Eft trois degres Nord, & SudSud-Ouefl trois degres Sud, avec la Grange Cote de Saint-Domingue, a la distance d'environ vingt-fept lieues, fuivant 'eftime d'un habile Navigateur. D'autres les efliment Nord-Nord-Eft, & Sud-Sud-Oueft i vingt lieues. Sa latitude efl de vingt-un degres fix #inutes moyenne de toutes celles qui ont ete obferees deffus par un habile Pilote, qui differe de quatre minutes de la latitude obfervee aftronomiquement par un Officier des vaiffeaux du Roi, par vingt-un degres dix minutes trente fecondes. Sa longitude, en fuppofant 1'ile dans le NordNord-Eft de la Grange a vingt-huit lieues, repond a foixante-treize degres treize minutes neuf fecondes du Mridien de Paris. Cette le eft longue d'un tiers de lieue & git, fuivant 1'eflime de plufieurs Navigateurs, dans le Nord-Nord-Eft de la Grange, dont elle eft diflante de vingt -huit lieues. Elle peut etre appergue d'un beau temps de trois lieues : elle fe demontre lorfqu'on vNA S i *i .. v

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78 DESCRIPT. DS DEBOUQUEMENS la tient dans cet eloignement,, & meme plus pres du Nord, au Nord-Nord-Oueft, comme deux lots, parce qu'elle eft couple dans fon milieu par une terre baffe &unie quielinoyde. Alors, dans cette meme aire de vent, elle porte des fonds de Caie pres' de demilieue ; le brafliage eft profond fur les acores fe foutient de dix a fept & huit braffes, & forme la lifiere d'un fond blanc qui deborde la Caie de Sable d'un quart de lieue, & vient fe terminer a des rochers & un refcif qu'elle a a fa pointe du Nord & qui s'alonge dans cette aire de vent un grand tiers de lieue. La pointe du Sud a dans le Sud-Sud-EI deux roches tres-voifines 'une de 'autre, a la difiance de deux cables de l'ile : elles font une bonne marque de reconnoiffance de Sandkde; mais it faut, pour les avoir ouvertes & fdparees de la terre, ne la pas rams ner plus Ouefl que le Nord-Ouefl, & etre pe eloigne. La marque la plus certaine pour la Caie de Sable, eft que, depuis le Nord-Eft jufqu'a I'Oueft-Nord+ Oueft cette ile paroit feule, &qu'on n'envait pas d'autres. Le fable dont elle eft couverte la fait blanchir fous le foleil. Le mouillage eil marque par-1fond blanc de fable, depuis fix jufqu't quatre. braffes, fi on approci e la terre a grande portee de pierrier. Des navires qui tirent beaucoup d'eau feront bien de mouiller a un quart de lieue de l'ile, ramenant la pointe du Sud au Sud-EII, le milieu a l'EII, & Efi quart-de-Nor d-E .Les roches du Nord vous -i y { wIY

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DE LSLE DE SAINT-DOMINGUE. 79 couvrant alors de la mer du Nord-Nord-Efl, on la fentiroit peu, & dans cette position it eft facile d'appareiller de tout vent. Les Nords qui font les plus a craindre dans les debouquemens ne font que prolonger la c6te; ainfi le mouillage dans l'Ouefl, fur le fond de fable peut paffer pour une bonne trade foraine. Un navire que les brifes forcees, ou quelque accident auroitempeche de debouquer, y trouveroit un excellent abri & un point fur de partance pour profiter du premier vent favorable. Les roches & refcifs de la pointe du Nord portent un grand tiers de lieue, & courent, comme l'ile dans le Nord, en prenant un peu de l'Oueff, formant a leur pointe un tres-petit crochet qui vient dans le Sud-Ouefl; mais la mer brife par-tout & ii y a huit braffes d'eau au pied de ce crochet. On l'a range i portee de piflolet au plus. Les rockers plus voifins de l'ile ne font pas tout-ai-fait fi fains, & il ne conviendroit pas de les ranger d'aufli pres, parce qu'il y a par intervalles, ainfi que le long de l'ile, des roches fur lefquelles on n'a que deux braffes d'eau. Le cote de l'Ef de Sandkee a des brifaffs a terre ils marquent beaucoup, parce que la mer eli toujours batted .deces vents,. Les fends qui fuivent les refcifs de lipointe du Nerd; viennent fe recourber dans 'Efl, & rejoignent en arc les fonds blancs qui lient le trois iles-Turques enfemble, & qui les debordent de deux lieues dans le vent. On pourroit mouiller dans l'Efi de 'ile fi, par un befoin, & dans des cas forces, ova etoit affailli d'igcup de vent d'Ouefl. N. A5 t s~

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80 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS Mais je fuppofe toujours les circonflances forces parce que le fond n'eft pas i bon, & que ces vents palfagers & de peu de duree qui obligeroient d'y mouiller, pouffent au large de toutes les iles. Le nom de Cale de Sable marque parfaitement les proprietis du terrain, qui eil fi mauvais que les arbufles & les raquettes y viennent a peine. L'ile eft fort bae brnlee du Soleil, des vents & de la mer. Les oifeaux ne la frequentent point. Le poiffon y eft rare. On y a decouvert quelques traces de tortues. Le moment de leur ponte feroit une reffource paifagere que le hafard pourroit fournir : mais en general on n'en peut efperer aucune. La terre n'y eft fufceptible d'aucune culture; elle ell bien place a la tete du debouquement, pour 'offrir un abri f ur contre les brifes forces & un point de reconnoiffance. Remarque fur la Caie de Sable tire du Journal de la Frigate du Roi l'Emeraude en 173. La Caie.de Sable eft une ile longue que l'on voit de trois lieues, comme trois petitesiles, stant frnee de deux petits mornes & d'un troiiemesque 1'0h a nomme la Roche couple,'ayant fait partie 4V'le, & que nous regardonstoujours ainfi, quoique I'on ait de ieau jufqi'aux genocu pour y alter ; mais elle fert a faire' reconnoitre cette ile, qui fera bientat couple par moitid, quoique la gorge ait pres de cent pas geometriques d'une met. l'autre. Come elle eft fort baf e4 y tei cvr irque dans les NordOueni .;Ti C .e Vy. O {, $ 1 cr s x f -S *R I .t -dJ t 3u r: r ^r. r '~

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D LISLE DE SAINT-DOMINGUE. Oueft forces & ouragans, la Mer paffe d'un bord a l'autre. Le debarquement eft fort aif dans cette gorge, fous un petit morne ou l'on avoit plant i un poteau aux Armes du Roi. La planche de la chaloupe a terre, it y a deux braffes fous l'arriere. Cette ile eft longue d'environ treize cens pas geometriques (le pas gdometrique de cinq pieds). Le petit morne du milieu a dans fa plus grande largeur pres de cent foixante pas. A la pointe du Sud it y a auffi un petit morne long. Cette pointe -du Sud pouffe un refcif dans le Sud & le Sud-quart-de,Sud-Ouefl, a pres d'un quart de lieue, termine par trois roches qui brifent bien, & font decouvertes perpituellement. Ce petit -morne du Sud fe joint a celui du milieu par une terre baffe que l'on pourroit regarder comme une petite favane. Du morne du milieu a la pointe du Nord-OuefI, la terre el} galement fort baffe, couple par la mer qui y a fait un baffin; & it faut regarder cette pointe terminee par la roche -coupee, qui faifoit egalement un petit morne de l'ile. Cette ile ou roche couple paroit reellement avoir une large embrafure ou coupure dans fon milieu. Cette pointe du Nord-Ouetl eft fort baffe, & de diflicile abord pour la Chaloupe. It ne la faut point hanter du tout pour venir au mouillage, mais par preference celle diSud, on tous les dangers marquent. Cette pointe pouffe un refcif a trois quarts de Nord-quart-de-Nord-Ouefl, & N qui finit a une portee de pierrier p du Nord-Ouefi lieue, courant au ord-Nord-Ouefi, Ares, par une L tresSr

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82 DESCRIPT. DES DiBOUQV.EMENS ( groffe roche qui decouvre toujours..-On lui a donned rumb i environ un quart de lieue, & fonda fix braffes fond de roches. O ne fauroit aborder commodement la partie de 'Ei de cette ile : a mer y eft ordinairement. for groffe, & le bord eft tout roches. L'ile ne produit que des raquettes, & quelqu s buiffons de la hauteur de quatre pieds; mais i n'y -a pas d'eau. On y a enterre une barique fans; fuees. "L'on y trouve des lizards tres-gros dansfapartie du Sud, &, des rats. I y a, quantity d'oifwux de mer, come goelands, painlls-.en-culs, terraux, xhir~ode les de prerdes foux, quelques Qifeaux de proi,e ou aglonsfqui fe fortroipour prendre les poiffons volans. On a cru yvoi i s ,acea de tortues; .quelque cabrits, &4des pi, tades y pourroient ,fub~f ; mais ils feroient bientc d .d fruits par le Chaleur & 1'oifeau de ppe: Il y ade la peche; mais; onjpe a 'peut "faire 'jgne, n'y ayant pas d endroit propre e dn1aet un coup de feine. Cete ile n'efi donc d'aucune conf'igen qie par ia situation; & yant un bon mouillage .prsfore; puifque, moyennant une ancre k t1 q;tee dans 1'Ouefi a trois-grelins, 1'on peut fe re i de tous, vents, u4 G dbl'r*tes ls pointed & refcifs, ou bien .noOjg trois g arts de Iieue de terre: mais dans les mois de Mai & de Juin it vaut mieux en; mouiller a une petite demi-lieue, pour y avoir moins de mer de la brife du Sud-Ef, qui eft forte ordinairement.

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DE L'LE DE SAINT-DOMINCUE. 8; b -.3. _'Y e "p t L ij L Comme cette ile eft dans l'angledu debouquement des miles Turques, & celui du Mouchoir carre, ii faut la reconnoitre pour debouquer par l'un cu par I'autre; & quoiqu'on la puiffe approcher i une demilieue dans fa partie du Sud, ceux qui auroient a debouquer entre les iles'Turques & le Mouchoir carre, tomberdient fous le vent. I1 feroit donc bien effentiel d'y batir, & clever fur la pointe du Sud une tour oupyrinide blanchie, eleve de fix i fept toifes. On ne pouaroit plus fe tromper dan "ces deboaqu inens: elle redrefferoit dens =leurs routes tous btiins qui rembouiquent revenant du Mifliffipi ou d'ailleurs; de meme quie taut vaiffeau venant de France n'ayant oilnt eu de hauteur, fe trouveroit plus Nord que 4 oi efteie Peut-etre trouveroit-on de la pi-erre fur eliai.Les gaulettes du Port Dauphlin qui vont a vui a chercbhr du fel, pourroient y porteides pierres ; l'abord eft if es plans du bateatr p fervir a y Mb aer Ieurs pierres.

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DES DEBOUQUEMENS ARTI CLE TROfSI Seconde Ifle Turque nommde la Petite Saline, Planche zz. LOR S Q U E l'on quitte Sandkee pour aller a la petite Saline, on fait le Nord pour prolonger les rochers & les refcifs qui s'alongent, come on l'a dit, dans cette meme aire de vent, a un grand tiers de lieue. On approche tres-pres fa pointe recourbie, un peu au Sud-Ouefl : elle brife comme le refle ; ainfi il n'y a aucun rifque i la ranger 'i un petit jet de pierre. On a trouve huit braffes d'eau en paffant au pied du refcif. Des qu'on l'a double., it faut porter au NordNord-Eft pour aller a la petite Saline : on la voit, & ii n'y a aucun danger entre les deux iles. On perd meme le fond, des qu'on a ramene le refcif un peu vers le Sud. La difiance de la pointe du refcif de Sandkie, a la pointe de la petite Saline pres de laquelle ell le mouillage eft de deux lieues. Il faut approcher la terre i portee de fufil, au moins pour trouver le fond blanc, qui eft fi roide, que mouille par cinq braffes a un demi-cable file ou a vingt braffes d'eau fous le navire, & a un quart de cable derriere, ii n'y a plus de fond : on mouille a moins d'un quart lieue en dedans de la pointe du Nord, qu'on ram de ene EME. DES-CRIPT.

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 85 au Nord-Nord-Eft, & Nord-EfI-quart-de-Nord ; la pointe du Sud, au Sud-quart-de-Sud-Ouefl &SudSud-Ouef ; la pointe elevee du Nord onu l'on a plante une croix & un poteau aux arms du Roi, auNordEfl-quart-de-Nord cinq degres Eft. On laiffe tomber I'ancre fur le fond blanc, qui eft de 'caies dures couvertes de fable. Il y a quelques rockers qui petivent raguer les cables, fi on n'y prend garde. Cet endroit n'eft dangereux que des vents de brife, parce qu'en chaffant on drive au large. La tenue eft affez bonne cependant., quoiqu'elle ne femble pas telle. L'ancre trouve fans doute dans le fond dur des ingalitis on elle s'accroche. Il faut appareiller, fi la brife ceffe & ne pas fe laiffer furprendre par les vents qui prennent de l'Ouefi. En general, c'efl une mauvaife rade, i moins que la brife ne foit decide. La petite Saline eft dans le Nord-quart-de-NordEli de Sandkie; elle court Nord &Sud, ainfi que les deux autres miles Turques. Sa figure eft triangulaire : fa plus grande longueur eA d'un peu plus d'une lieue. Cette ile eli beaucoup pius haute que 1a nreimier :-.~--S.c~ elle prefente des mornets qui fe font remarquer, quoiqu'ils ne foient eleves qu'en comparaifon de Sandkee. Il y a beaucoup de grands arbuftes, qui ne font bons qu'a procurer abondamment & commoddment du bois de chauffage. On a fouille la terre, qui eft fort fablonneufe en deffus, & a une affez grande profondeur a peine prenoit-elle une couleur plus foncde; elle etoittoujours legere, feche, difunie, & ne fe depouilloit pas de fon fable. I ne femble pas

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S6 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS fur cette analyfe qu'on put tirer aucun parti du terrain. En 175 3 on a trouve a la petite Saline, dix ou douze Anglois qui iamaffoient le fel que la nature y forme fans aucun fecours d'une blancheur merveilleufe. Il eft de fort bon ufage pour la confommation journaliere : mais quoiqu'on n'y ait trouve aucune acrete, on pr'fere le fel d'Europe pour les falaifons. Malgri cela, qielques-uns penfent que le fel des iles Turques reuffiroit affez bien. Cette ile fournit, annee commune, environ dix i douze mille quarts de fel dans une feule faline qui a deux mille toifes de contour. Les Frangois de SaintDomingue & fur-tout les Anglois de la Nouvelle Angleterre, de la Bermude, de la Providence de la Jamaique, y viennent charger du fel, ou a la grande Saline. Cette denrde vaut quelquefois dix & douze francs le quart i Saint-Domingue. Les Saliniers le ramaffent en morceaux, le chargent a bord, & le livrent pour de la guilduve & du fyrop. La cargaifon d'un batiment de deux cens bariques revient, dans cette efpece d'echange, a deux cens cinquante livres monnoie de 'Amerique. Il n'y a d'eau douce que celle des pluies qui s'amaffe dans des creux de rochers, & qui feroit toujours fuffifante pour un plus grand nombre d'habitans. Les Saliniers vivent de ldzards, qui font gros & en quantity : ils font des gateaux de mais & meme une bouillie, dans laquelle ils cuifent les ldfards. Cela n'eft pas fort bon; mais on peut le manger. Les

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 87 vaiffeaux leur laiffent ordinairement un peu de bifcuit. Its ne font pas delicats fur le choix, & s'accommodent tres-bien du mauvais. Tout cela paffe avec beaucoup de punch; -qui fait la bafe de leur nourriture & de leur bien-etre. On trouve auffi facilement de gros crabes de terre qui font bons au gout, & n'ont jamais fait de mal, quoiqu'on ait vu en manger avec exces. Il n'en ell pas ainfi dans beaucoup d'autres miles; & a Saint-. Domingue meme it y a beaucoup de quartiers ou on fera bien d'en ddfendrel'ufage aux Equipages, & fingulierement, comme on fait, dans les lieux ou on dicouvre du mancenillier. Les oifeaux donnent peu fur les miles Turques; parce que fans doute ils prdferent les ilots du Vent inhabits, fur lefquels ils fourmillent i la referve des Flamands qui fe plaifent fur les Salihs. Cet oifeau eft prodigieufement dleve par la longueur de fes pattes & de fon col. Il eft fingulier dans fa ftructure; mais magnifique dans le plumage, qui eft d'une couleur de feu admirable. La chair en eft huileufe, la graiffe rouge, le gout affez infipide ; mais les Equipages les appretent avec le fel & le piment, & les mangent avec plaifir. Ces oifeaux d'ailleurs ne font pas fort communs, ni faciles i approcher. es coquillages les plus ordinaires font les lambis & les burgots : on en trouve affez. Les Matelots ea font grand cas pour manger, & pour en faire des appats, fur lefquels effeaivement le poiffon donne de preference.

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DES DJEBQUYQtYEMENS Le fond autour de cette Saline eft fort poiffonneux; mais on ne peut pecher qu'a la ligne, parce que la c6te eft impraticable pour les feines. I faut mettre les lignes fur l'acore du fond blanc par dix & douze braffes-au moins. On y prend de groffes vieilles, des negres, des crocros des fardes rouges. Cette derniere efpece eft fort fuperieure par le gout, aux autres poiffons ; & quand les fardes pefent trois a quatre livres it faudroit etre difficile pour n'en pas manger avec plaifir. Cette ile a eti arpentee dans'fon contour & les finuofitis fuivies avec la bouffole ( Voye{ la Carte No. 22 ). On a verifie fes relevemens reciproques avec Sandkee. On a auffi relevd de la petite Saline les ilots du Vent, dans le debouquement, qui font la Culotte, 1'ile a Coton, f'ile aux Oifeaux, file aux Grands Gofiers, le Sentinelle, & le C La latitude a eti determinee par des aifronomiques a vingt-un degres vin hampignon. obfervations gt minutes. Il y a fur cette ile affez de coton pour croire que la terre en fourniroit abondamment, fi elle etoit aide par la culture. Autre Renmarque fur l'Ile Turque, nommee la Petite Saline. C'eft dans la partie du Sud de cette ile, qu'eff fitude la Saline fur laquelle font treize Anglois (en 1753*). M. de Keruforet. L'on $8 DESCRIPT.

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SAINT-DOMINGUE. L'on y trouve un peu d'eau douce, dont ils font ufage. La partie du Nord eft un pays de plaines, couvert de bois, ou buiffons, qui ne font pas plus d1evis que quinze pieds : ii y a fur-tout un arbre aromatique tres-tendre, caffant, & la peau tres-liffe, qui fe ddpouille de fes feuilles;' ii porte.un fruit maigre que les oifeaux aiment, qui a un noyau egal en tout a celui de la cerife : cet arbre porte de la gomme ; c'eft le plus gros de ceux qui y pouffent; on en a vu d'un pied de diametre faifant une tete*large par le haut. La terre paroit couverte de fable & de tuf; qui rompu paroit epais de trois a quatre pouces, & quelquefois ii fe trouve deffous une terre propre aux mais, petit mil, &c. Le mouillage n'y eft pas affurd ; le fond qui va tout du long de cette ile eft bien de fable depuis quatre braffes jufqu'a fix & huit braffes, mais qui ne paffe point une portee de pierrier de terre: a l'avant du vaiffeau on trouve fix a huit braffes, & derriere point d fejour. e fond; auffi ce Navigateur n'y fit pas grand Mais la brife dtoit commence & reglee, & on y eft a l'abri depuis le Sud-Eft jufqu'au NordEft: les bateaux peuvent y refer dans ces deux mois (Mai & Juin); cependant ils vont plus volontiers a la grande Saline, quand ii faut fijourner; mais ils y viennent prendre le fel. Cette Saline fournit a ces quatorze hommes environ quatre cens tonneaux, & feize boiffeaux font le tonneau. Nos Frangois qui vont y prendre du fel, donnent ordinairement deux bariques de tafia pour quinze tonneaux de fel, que M I)E L'ISL E''E

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ft_ 9o DESCRIPT. DES DIEBOUQUEMENS. les Anglois eux-memes chargent dans leurs bateaux; & ils font expedids dans deux jours. L'on y aborde difficilement, c'efl-a-dire, avec la chaloupe qui ne peut point aller jufqu'a terre, on la mer n'eft pas mauvaife des vents, depuis le Nord-Eft, jufqu'au S-ud-Ef : ils y prennent du poiffon i la ligne, n'y pouvant point donner de coup de feine. Lile ayant pres de trois lieues de tour, du couvert, de l'eau douce & quelques petites favanes., le cabrit, le cochon-marfon, la pintade, les canards y feroient fort bien. L'Auteur de cette Defcription obferve qu'il n'a pas eu le temps d'en prgndre une plus grande connoiffance.

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DE SAINT-DOMINGU9E. R T I C L E Q U A T R I E me Ifle Turque, la Grande Salir nominme ie. Planche 23LO R S Q U'ON quite la-petite Saline, & qu'on double fa pointe du Nord on appercoit la grande, qui eft eloignee de deux lieues & demie dans le NordNord-Efi. C'eft la route qu'il faut faire des qu'on a pare un petit refcif, qui ne porte pas a, deux encablures (deux cens toifes environ) de cette pointe duNord. Ce refcif brife & ii y a fept a huit braffes d'eau au pied. Le fond blanc continue i c del' au Nord-Efl-quart-de-Nord, & Nord jufqu'a la pointe du' Sud de la grande Saline. peut paffer fans rifque fur l'acor ede ce fond b ourir -.Ef, On lance, qui paroit peu profond, mais qui conserve toujours au moins quatre braffesd'eau -on pourroit y mouiller; la mer y ef tres-unie, parce qu'elle eft couverte par les hauts fonds & les lots du Vent. Il faut prendre garde fi on fait le Nord= Ef a un refcif qu'on rencontreroit furement en Coton a 'Eft-cuart-de-Sud-Eft; que guere lorfque le vent eft 1 avance dans le fond blanc, & cC Eft, jufqu'a la pointe du Sud d ramenan1 f'ile a ce refcif ne marodere. La pointe )urt dans le NordLe la grande Saline. M ij 'I A Troi/ie M E. I I ME II 91 I I DE L'ISLE

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.n., ~ v ncv 4Cr a 9 JESCRIPT. IDEs DEBUUQUEMEN5 Le plus fur pour ceux qui n'ont pas les connoiffances locales, ou un grand plan exa& eft de cotoyer les fonds blancs tres-pres, pour ne pas tomber fous le vent de la grande Saline, quieft vers la pointe du Sud dans l'Ouefl d'un morne affez eleve pour etre diftingue lorfqu'on eft pres de la terre. En approchant de la grande Saline pour y mouiller, on appersoit, a la diflance de deux cables de terre, un fond blanc, que l'on accofte avec repugnance, a caufe de fa proximity de la c6te & qu'il eft feme de groffes roches fur lefquelles ii ne paroit pas y avoir trois pieds d'eau, quoiqu'il y en ait quatre & cinq braffes. Ii ne faut cependant, fi on court des bordees comme on y ell prefque toujours oblige hanter que la lifiere du fond blanc, jufqu'i ce qu'on ait ramene i l'Eft-Nord -Eft la pointe des Anglois on il y a de petits brifans tout-a-fait a terre, & on le fond diminue beaucoup. On s'avance a petites voiles en fondant jufqu'au morne indique ; & quand il refle i 'Ef-quartde-Sud-Eft, on choifit i demi -encablure dans le fond blanc, une place un peu nette, pour y laiffer tomber l'ancre : la pointe du Sud de 1'ile au Sud-Eft, & la pointe des Anglois au Nord. On mouille par quatre-i cinq braffes & en filant un demi-cable, onra neuf a dix braffes fous foi, & i pareille distance derriere, on en a vingt -cinq, & meme point de fond. Un batiment oblige d'y faire quelque fejour doit obferver fi les brifes molliffent parce qu'il n'y a pas grand evitage i terre, i faudroit enmbraquer beaucoup de cables, ou meme S

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a DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 93 affourcher fur la lifiere du fond blanc, par huit & neuf braffes. Il eft prudent de foutenir avec des boudes le cable, particulierement qui ne travaille paint, parce que le fond de fable eft feme de groffes pierres qui engagent de fagon qu'on perd fouvent cables & ancres. Il en eft de ce mouillage a peu pres com celui de la petite Saline. II n'eft fur que des v brife : on y eft alors comme dans un baffin ; le fond eft beaucoup plus doux, me de cents de & ici n1ais toujours tresvoifin de terre. On pourroit fe mettre a l'abri du Nord, en plagant fes ancres avec precaution; & en confiquence, fi on prevenoit le coup de vent, comme cela eft facile le fond diminue en approchant la terre ; ainfi, fi on evite d'un vent dularge, fans s'etre laiffd furprendre on a la certitude de ne pas chaffer. Sandkee vaut mieux pour la furete du mouillage : mais la grande Saline a beaucoup d'avantages fur les autres miles Turques ; l'afpea en eft plus riant, la terre couverte d'herbes propres pour les beftiaux, & d'arbres, marque qu'elle eft de meilleure quality; on la croit meme affez fufceptible de culture en beaucoup d'endroits. La couleur foncie, la fraicheur & une certaine denfite, tireroit parti. font conje&urer qu'on en Des deux Salines qui font dans cette ile une feule rend du fel, mais elle a deux mille cent toifes de long, & fa moyenne largeur eft de cent toifes: elle donne le triple de la petite Saline. On prend

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DES DEBOUQUEMENS 94 aufli plus abondamment des memes efpeces de poiffons a la ligne & on a de plus l'avantage d'y pouvoir feiner. On peche fur-tout des mulets, qui font un des meilleurs poiffons de l'Amerique : on y trouve aufli des homars, beaucoup de gros crabes de terre, des lambis & des burgos. Il y a quelques tourterelles, des becaffines, ortolans, des canards, quantity d'oifeaux qui font de mauvais gont & des de mer fort huileux, comme par-tout ailleurs. Les arbres, quoique plus touffus ici & plus eleves, ne fourniffent que du bois de chauffage ; on n'en a vu aucune efpece qui part propre pour bordage & encore moins pour mature. Il y a un peu plus d'Anglois fur cette Saline que fur l'autre *; le grain eft plus gros, & fe ramaffe plus en cailloux; ii eft un coup d'oeil fort blanc : cependant on lui trouve moins fin & moins luftre que celui de la petite Saline. Il y a un autre mouillage dans le Nord de pointe des Anglois; & c'eff ordinairement on A ~ .* la fe tiennent les batimens qui chargent du lel : ils font plus voifins de la Saline & des Cafes des Anglois ; ainfi la commodity 1'emporte fur la f(rete. L'abri & le fond n'y font pas fi bons non plus que la tenue ; on y chaffe fouvent. Il n'y a de paffage que pour une chaloupe a la pointe du Sud de l'ile qui eft bordde d'un refcif, lequel efi une branche de ceux qui bordent les ilots du Vent ; un canot y trouveroit des iffues : mais on Farce que la recolte eft beaucoup plus grande, le fel efi beau. DESCRIPT.

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SAINT-DOMINGUE 95 n'a fait nulle recherche, ni un examen detaille de ces paffages tortueux qui ne feroient d'aucune utikite pour la navigation. La latitude obfervee avec une precifion afironomique, eft de vingt-un degres vingtfix minutes quarante-deux fecondes. A la pointe du Nord de la grande Saline it y a un refcif qui s'etend une demilieue dans le Nord-Nord-Eft : it eft fort fain fous le vent. Ce refcif prend fan commencement a la partie du Sud-Oueff de la grande Saline, un peu plus bas que le mouillage des Barques ( Voyeq la Carte, NO. 2.3.): i ne porte point au large a cette premiere lifiere quoiqu'il paroiffe faillant quand on le voit en rangeant la c6te ; ii s'alonge, fans s'eloi, jufqu'a la pointe demi-lieue dans le fous le vent. du Nord ; it s'dtend alors Nord-Nord-Efi; if eft fort gner une fain JQL a DE LISLE DE

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iDES DJBOUQUEMENS ARTICLE CINQUI$ME. Remarque fur les Iflots qui font dans l'EJl des Ifles Turques. FlanChe 24,. A U vent des iles Tur es, c'efl-a-dire, a 1'Eft des grandes & petites Salines, ii y a plufieurs petites Miles dont la fituation n'etoit point du tout connue & qu'on ne trouve fur aucunes jointe (No. 24.), fait voir fituation ; elles ne font pour I I Ii I 1 ,' I Cartes. La Carte cileur nombre & leur a plupart, que des rochers iteriles & dont on ne peut tirer aucun avantage. Les plus Nords de ces lets s'appellent les Jumeaux fitues a un quart de lieue de l'Eff de la partie du Sud de la grande Saline : ce font trois rochers fort petits & fort-pres lesuns des autres. Au Sud des Jumeaux i un tiers de lieue de diflance -Eli on trouve 1'ile aux Grands Gofiers qui Sud, & qui a environ un quart de gueur court Nord & lieue de lon& tres-peu de larger. L'ile aux Oifeaux, qui eft un peu plus grande, en eft eloignee de trois quarts de lieue. Ces miles font liees enfemble par une chaine de refcifs, on l'on voit la mer brifer avec Oifeaux force. Au Sud-Eft de l'ile aux it y a un petit ilet rond, qu'on appelle la Culotte D EsCRIPT.

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'a \a 'a 'a 'a 'a 'a 'a "S. / 2. 4,I 17' z -. + 'V + sle + rand'Saln / i i r Kni Sarmncr e. ~., 4 ," \. -. 4 --5~ 2 2 .+ iar ,7nmi/a Gcqe7S // 'a 2 \ 2 zve tzur A 3 Y 1 -I 191 4a 14 4 -9 4 '1 a' '~ ~ + 4+ + + 2 +} r Iirj. lPeiue Sahnce \ CARTE DE S ISLES DESILS 'EsR D lESISLES'TURQUE'S -eleo doz Jea LPZ IY.

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w'y C ._ .O DE L SLE DE AINTOMINGUE. 97 Culotte, qui dans fa partie du Sud, a deux petits rockers hors de 1'eau, fort pros defquels on trouve dix braffes. Le refcif finit en cet endroit & 1'on pourroit fi l'on vouloit, s'approcher de la partie de l'Eft de la petite Saline : on trove depuis dix braffes jufqu'a fix braffes d'eau. Entre la pointe du Nord-Eft de la petite Saline & l'ile aux Oifeaux, a une lieue de distance on trouve l'ile a Coton qui eft la plus grande : elle eft au Sud de la grande Saline, h unc lieue & demie de distance. L'ile a Coton eft la feule de ces miles du Vent qui ait ete vifitee & fi 1'on juge des autres par celle-ci ii n'eft rien de plus aride : on n'y voit que des hafiers & quelques arbuftes : les oifeaux en revanche y fourmillent ; lestbarous fur-tout, don't la quantity forme des nuages; ils ne font pas bons a manger mais c'eft une grande reffource dans le mois de Mai, on ila font leur ponte: on ramafferoit alors dans une heure, des bariques d'coufs, qui ne cedent point pour le gout & F'ufage aux ceufs de poule. Le nom de cette ile fuppofe qu'elle produit beaucoup de cotony mais ii y en a tres-peu & de mauvaife quality. N

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98 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS CHAPITRE CINQUItME. Le Mouchoir Carre & la Caie d'Argent. ARTICLE PREM IER Le Mouchoir Carre. 1L A position des hauts fonds., & cafes nommees le Mouchoir Cari0 a beaucoup embarraff6 les Navigateurs & les Hydrographes. Le peu de connoiffance qu'on en avoit faifoit qu'on evitoit le plus qu'il dtoitpoffible de s'en approcher; cependant ii etoit extremement important pour la navigation, de la placer fur les Cartes avec quelque certitude : mais jufqu'ici cette determination n'a pas etc aifde ne pouvant fe faire que fur l'effime des Navigateurs partant de la cote de Saint-Domingue qui, pour l'ordinaire, font contraries par les vents & ne viennent guere jufqu'au Mouchoir Carre. Le bateau du Roi l'Aigle, en 17$ 3, ayant relevd les miles Turques, fit route pour le Mouchoir Carre; it prit fon point de parlance fur Sandkee ou Caie de Sable ; & aprbs avoir fait fept lieues au SudEl ii fe trouva tout aupres des brifans qui forment le Mouchoir-Carre fous le vent, a la diffance d'une demi-lieue de ces brifans; ii les rangea pendant 1'efpace de trois lieues : cette partie lui paroit prefque Nord & Sud, fe recourbant vers l'Efl aux deux extremites du Nord & du Sud. La brife qui

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DE LISLE DE SAINT-DOMINCUE. 99 etoit tres-forte l'empecha de s'en approcher, & de s'avancer vers 1'Eft pour en connoitre 1'etendue. Mais comme fa route a 6ts direae & courte, on peut computer fur fon effime ; & le point de partance etant bien place, comme on l'a vu ci-devant a 'article de Sandkee ii refulte que les acores de 'OuefI du Mouchoir Carre font, par la latitude de vingtun degres quatre a cinq minutes du c6te du Nord, & par vingt degr cinquante-quatre a cinq minutes du cote du Sud ; & le paflage entree ces dangers & les parties du vent des miles Turques, de fept lieues au moins de largeur. A 1'egard de la longitude du Mouchoir Carre, on la deduit de meme que celle de la premiere ile Turque. Ainfi fes acores de l'Oueff feront par les foixante-douze degres cinquante-cinq minutes a l'Occident du Miridien de Paris qui eft toute la pricifion ou nous pouvons atteindre quant a prefent; & quoique cette determination ait befoin d'etre confirme'e par des obfervations plus particulieres, it y a cependant tout lieu de croire qu'elle ne s'eloigne pas beaucoup du vrai. A 1'dgard de la grandeur, de 1'etendue, & du contour de ces hauts fonds, ils me font entierement inconnus, & je crois que toutes les Cartes Marines les marquent fort mal. Il y a tout lieu de croire que c'eft un placet comme les pricedens; mais beaucoup moins etendu, femi6 de petites miles, de caies & de rockers, parmi lefquels ii peut y avoir quelque abri pour de petits batimens. Ni

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do DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS ARTICLE SECOND. La Caie d'Argent. Planche z. L A Caie d'Argent efl un P12cct ou haut fond affez 4tendu, fir lcquel it y a quelques Caies de Sable ou ilets, bas & noyes avec des roches fous l'eau, fur lefquelles la mer brife ; mais qui laiffent des intervalles on it fe trouve affez d'eau pour que de moyens btimens puiffent y mouiller & s'y mettre i l'abri. L'on affure qu'elles ont fervi de retraite a des Corfaires & a des Forbans ; mais ii faut bien les connoitre pour ofer s'y rifquer : tous les vaiffeaux qui viennent a Saint-Domingue evitent avec foin de s'approcher trop pres de ce danger, dont on connoit la latitude & la situation avec affez d'exaaitude pour ne pas donner deffus, lorfqu'il s'agit de paffer entre ces hauts fonds & 1'ile Saint-Domingue. Par les obfervations riitd'rdes de plufieurs Navigateurs le milieu de ces dangers doit etre fitue par la latitude de vingt degres vingt-un a vingt-deux minutes : fa longitude rapportee aux acores de l'Oueft eft de foixante & onze degres trente-cinq minutes a 'Occident du Meridien de Paris. Ainfi ces acores de l'Ouefl giffent avec le vieux Cap Frangois, ile Saint-Domingue, Nord-quart-de-Nord-Eft un ou

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I Ia c aye (I _ren~tt e;lat Gran tlt c -..-. -. -.--/. .................. 'N. --,~ IV' / .2' / / 7, 7, "~l _____ 4, / S'S / / "-S 'P I $5 xs I tIt1 Ca 1r 1C IS / r. --t_///tjn 2I/ C ART E Des o8ert .111011s u. ont etc iaites sur la Fre[ atc d IRoL IEnmerauce en r-"5. SUR LA CAE I)ARGENl Vn. / l I ,7 t 1r' en fhD l -Pd"i'[ll7! .. ....../f *.'i!f / I s : ---N LY O c.uC C N:. 7f F ti A v.. -'I-. 1 IC) J 20-1i11 3, "i ;t> *t i ur

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. deux degres Nord, & Sud-quart-de-Sud-Oueft ,ua ou deux degres Sud; la diffance eft de onze a douze lieues. Leur etendue de l'Eft a l'Ouefl n'eft pas bien connue non plus que celle du Nord au Sud. Quatre Navigateurs, qui font les Capitaines Boudet, de Rochefort ; Hynard, de Nantes ; Lamotte, de Bordeaux; & Couley de Marfeille, s'accor dent a donner a la partie du Sud de la Caie d'Argent, vingt degres quinze minutes de latitude, & difent que le milieu de ce danger eft fitue au Nord-NordEft trois degres Nord du vieux Cap Frangois. La frigate du Roi l'Emeraude, qui fut envoyee en 175 3 pour faire des remarques fur ces dangers, ne put pas y faire toutes les obfervations que l'on auroit fouhaite : elle vint les attaquer fous le vent c'eff-a-dire, dans la partie de l'Ouel ; mais les vents d'Eft la contrarierent de faeon qu'elle ne put en faire le tour ni faire penetrer fa chaloupe ou fon canot dans l'interieur de fon placet. Voici ce que j'ai recueilli de fon Journal. Le Vendredi 26 Janvier 175 3 i fix heures du matin ayant obferv' cinq degres de variation Nord-Eft releve le Cap Cabron dans la partie du Nord-Efi de l'ile de Saint-Domingue qui refloit au Sud -Sud-Efi cinq degres Sud, a la distance d'environ htiit i neuf lieues Samana au Sud-SudEft a onze i douze lieues le tout au compas de fix heures a huit heures, la route a valu le Nord, Ef cinq degres Eft deux lieues. Nous avons mis en panne, & fait partir cait & chaloupe gouvernant I 101

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O2o DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS ,, au Nord-Ef. A neuf heures nous avons fait fervir S a meme route; vu des oifeaux, requins, dorades, & gouermons en grappe de raifin. De neuf heures >> a midi, la route a valu le Nord-Eft quatre degres SEft deux lieues un tiers latitude obfervie, vingto degres huit minutes longitude foixante -onze i degres quarante-fix minutes ; rdlevd le Cap Ca" bron au Sud deux degres Oueft du coinpas a treize lieues. s De midi a quatre heures & demie calme ou a tres-petite fraicheur du Sud-Sud-Ef ; la route a i) valu le Nord-quart-de -Nord-Eft deux degres ) Nord deux lieues. Calme tout plat jufqu'a fix ,, heures du foir ; variation obfervee cinq degres Nord-Eft. L'on compte avoir vu le Cap Cabron, o au Sud-Sad-Eff, environ quatorze lieues. SDe. fix heures a fept heures, il y a eu une petite o fraicheur, la route a valu le Nord-quart-de-Nord, Oueft quatre degres Nord, une demi-lieue. Nous 3 avons mis en panne tribord au vent jufqu'a deux heures du matin, que nous nous fommes mis bao bord au vent. A fept heures du foir les routes re,, duites, nous nous faifions par les vingt degres qua) torze minutes de latitude, & par les foixante-onze o degres cinquante-deux minutes de longitude. Par s les routes riduites & derive de la panne nous nous faifions, a fix heures du matin, par les vingt o degres dix-fept minutes de latitude & par les o foixante-onze degres cinquante-quatre minutes de ) longitude. ____________________________

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o s> 7> s> DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 103 Le famedi 27 Janvier ..... En mettant en panne hier au foir, j'avois laiffi tomber i babord une ancre de fept cent quatre-vingt livres, le grelin de fix pouces fix lignes, file de vingt braffes; & a firibord un plomb de cinquante livres, file de vingt braffes aufli, pour nous avertir du fond. J'avois la chaloupe dans l'aire de vent de notre derive, i une demi-lieue fous le vent en panne, ayant un plomb file egalement de vingt braffes, & qui faifoit fervir de temps en temps pour fe remettre dans notre derive a pareille diflance ayant pierriers & fanaux pour fire les fignaux. A fix heures & demie ce matin, le canot & la chaloupe ont ddbordd, faifant route a l'Oueft A fept heures & un quart nous avons fait fervir dans le meme ordre que le jour precdent, les vents a FEfl petite fraicheur, belle mer. Nous voyons par continuation meme gouemon, oifeaux, dorades, requins, & des blancheurs fur la mer, que l'on prendroit pour des hauts fonds: & lits de mardequi font products par les calmest & nuagcs qui s'y peignent. Nous en avons coupe & fonde quelquesruns : nous trouvons une lame fourde du Nord.. Depuis fept heures & demie du matin que nous faifions, par les vingt degris dix-fept minutes de latitude, & par les foixante-onze degres cinquantequatre minutes, la route a valu jufqu'a midi l'Ouefl cinq degres Nord,. deux lieues deux tiers;. latitude obfervde moyenne vingt degris vingtdeux

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DES D]BOUQUEMENS Minutes a minute. & longitude 9 De midi a cinq heures foixante-douze degres une mie gouvernd a 1'Oueff-Sud-Oueil & a l'Ouef & fait a heure ralier nos canots & chaloupe fond fieurs fois de la frigate & file cent braffes trouver de fond. La route a valu de midi a ,, heures & demie, l'Oueft, trois degres Nord 3 lieues deux tiers : variation obfervie cinq Nord-Eft. n Relevi dans le moment le vieux cap, a degres u Sud a ) treize lieues: nous avons mis en panne babord au ,, vent, qui etoit de la partie de l'Eff au Sud-Eft, ,, jufqu'au lendemain a trois heures & demie. s) Le Dimanche 2S.. Ce matin a trois heures & ,, un quart, ls.:chaloupe qui etoit l'aire de vent de notre derive, a fai en panne dans t fignal du fond, braifiage & quality. Quatre minutes apres l'on a cried de 'avant, que l'ancre avoit pris fond ; fonde & trouve quinze braffes fond de caie. Nous 5) avons tenu bon & fait fon er par le canot & chaloupe a deux ou trois encablures autour de a nous, meme fond : nous n'avons pas trouve fond depuis 1'Efl-Sud-Eft jufqu'au Nord, partie de 'Eft; & dans la partie de l'Oueli, quinze & dix -fept braffes de 1'Eft -Sud, Nord. Etant affure de la quality du fond ) avons encore file v grelin, dix braffes & j'avois fait penau pa de r la trouve -Eft au nous feulement de notre de mon ancre de quinze celte plufans cinq deux io4. DESCRIPT. & de

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. e quinze cens, a laquelle j'avois italingue une chaine ,t de fer ayant ineme pare mes groffes ancres. ) Depuis cinq heures & demie du foir jufqu'au ,, mouillage, la derive de la panne a valu le Sud,, Oueftquart-de-Sud, deux degres Sud, deux lieues & demie. Je me faifois donc ,, & demie du matin par ,, tes de latitude eftimee a trois heures vingt degres quinze minu& par foixante-douze degres douze minutes de longitude. Nous avons ferret toutes nos voiles fur le fil de carets. Variation ,, obfervee cinq degres Nord-Eft; pris toutes fortes a de poiffons ; vu une tortue. Au Soleil levant, releve la terre au Sud-Ouefl,, quart-de-Sud a environ quatorze lieues. La brife Seft venue de l'Ef joli frais, bellemer. 9 A huit heures, fait partir la chaloupe pour aller fonder dans le Nord, & le canot dans le Sud. Ce dernier eft revenu a trois heures apres midi. Sa route n'ayant valu que le Sud-Sud-Oueft a caufe du courant, quoiqu'il portat au Sud-Sud-Eft. Trouvant dans la distance de deux lieues, s'dloi,t gnant de la frigate quinze feize, dix-fept, dixo huit dix-neuf & vingt braffes, fond de gravier & ) de fable. Il a fait le crochet dans l'Oueft d'une demi-lieue & eft revenu i la frigate faifant le Nord-Eft -quart -de -Nord fond. J'en ai change equipagee, fuite fonder dans l'Ouef : it a & trouve & renvoy le meme e tout de trouve dans 'efpace lieue, s'eloignant de la frigate, O qumze, d'une I 105,

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io6 DESCRIPT. DES DE'BOUQUEMENS. feize dix-fept & dix-huit braffes, fond de fable fin, a fait le crochet une demi -lieue dans le Nord, & revenu a la frigate, faifant l'Eft -SudEf & a trouve .le meme fond, qui paroit paro tage en feiiillons blancs & noirs s'alongeant de 1'Eft a 'Oueft, en confiquence des courans que o nous avons eprouves porter ainfi, ou plutot des marees: car ce que nous appellons courans ne portoient a 'Oueft que pendant cinq a fix heures. Nous ne voyons.les fonds'qu'en fixant la vue ver, ticalement : ainfi ils ne veillent ni n'avertiffent a point par les quatorze & quinze braffes. Il n'en eff pas de meme des fonds de deux braffes & demie o & trois braffes que l'on appergoit comme les ,, fonds blancs. La chaloupe eft revenue a cinq heures du foir : elle a trouve le fond dans l'efpace de deux lieues & :deniie faifant le Nord par quatorze & quinze y) braffes, & y a mouille une de fes boudes avec pa)s villon blanc par les quatorze braffes. Ayant pouff o delay au Nord -Nord -Eft (les courans portant a o l'Ouef ) pour valoir le Nord, fondant toujours, S meme fond de corail & gingembre, par les quays torze braffes; ayant fait une demi-lieue a cette aire de vent elle a trouve & appergu de loin un haut a fond de caie blanche par les trois braffes & a l'ayant depaffe de deux a trois cables, elle en a apperdu un autre dans le Nord-Ouefl, qui paroiffoit auffi elevi ; & etant entre ces deux fonds diftans n 1'un de 1'autre d'un demi -quart de lieue, en a

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SAINT-DOMINGUE. 107 ,, appergu un troifieme au Nord-Nord-Eft a pareille distance. ,, Ces trois fonds faifant le trepied & entre chao cun tout pres l'on trouve quatorze brasfes: elle a mouille fur ce dernier haut fond, fa deuxieme ) bouee & pavilion par les deux brasfes & demie, > y a obferve vingt degres trente -une minutes ,, moyenne parallele des trois Pilotes de la chaloupe, laquelle quacroit avec celle obfervee fur la frigate de vingt degres vingt -une minutes : eno fuite la chaloupe eft revenue relever fa, premiere o boude, la regardant comme inutile & a fait l'Eff environ un quart de lieue, & elle a perdu le fond qu'elle n'a retrouve faifant le Sud-Sud-Oueft, qu'a un demi-cable de la frigate. Il me paroit comme certain mouilles fur les acores de la Cale dans le Nord-Et & a t o Sud des hauts fonds de la gra nos fondes dans l'Ouefl, qui e que nous etions petite Caie, ou rois lieues dans le nde Caie ; & que i le meilleur fond pour le mouillage font entre les deux Caies. Ce, pendant je n'ai point ofd m'y enfoncer dans ce moment pour pousfer mes fondes plus loin ; mais j'avois projette d'aller mouiller fur les acores du o Sud de la petite Caie, on j'aurois eu le Sud ouvert pour parer les Nords, & d'on j'aurois detache canot & chaloupe pour fonder autour du pavilIon que j'ai laifh fur le haut fond pour diriger mes operations c. Il rifulte de toutes les routes & obfervations O ij DE L'ISLE DE

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TdS DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS faites par la frigate du Roi, qu'elle etoit mouille au Nord-quart -de-Nord-Eft quatre degres Eft du vieux Cap Francois environ onze a douze lieues ; & les hauts fonds ou elle a laiffE la boude a pavilion a quatorze a quinze lieues. C'eft fur les remarques inferdes nal, que j'ai trace la petite Carte marque fes differentes routes & c loupe. dans fon Jourci-jointe elles de ,o fa n j'ai chaa

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E L ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 10 CHAPITRE SIXItME. Remarques fur une partie de la Cdte feptentronale de l'Ifle de Saint -Domingue entre le ..Cap Francois & Sarhana. LES vaifeaux qui partent du Cap Frangois, pour venir chercher les ddbouquemens des Caiques, ou des ilesTurques, peuvent, apres leur fortie du Cap, 6ie pris par des vents de Nord-Ouef, & de NordNord-Ouef qui les obligeaffent de fe rapprocher de la c6te de Saint-Domingue, & d'y mouiller pour fe mettre ai'abri: c'efl ce qui m'engage a donner une defcription de quelques mouillages qui fe trouvent le long de cette cote. Le Cap Frangois. Planche 26. Quoique le Cap Francois foit extremement frequente & qu'il y ait lien de croire que beaucoup de Navigateurs le connoiflent, il ell cependant indifpenfable d'en dormer une defcription. Le Cap Francois n'eff point un port, mpais c'efl une ane ouverte aux vents du Nord & de l'Eft

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DES DIBOUQUEMENS au-devant de ble de refcifs laquelle it y a une tendue confideraaux bancs de fables, & de roches qui la mettent a couvert ment entr'eux & la terre de la mer & qui for-. une rade ou les vaiffeaux peuvent mouiller. On donne le nom de Port a l'endroit le plus enfonce de cette anfe on les vaiffeaux viennent mouiler a un quart de lieue de la ville. Le cbte de l'Oueft de cette anfe eft termind par un cap haut & efcarpe, qu'on appelle la Pointe a Picolet. Au dehors de cette pointe, it y a un rocher detache, qu'on appelle la Roche a Picolet : c'efl la principale reconnoiffance pour 1'entree du Cap. Remarque pour entrer au Cap. It faut prendre connoiffance du Cap ou Pointe i Picolet, gouverner deffus, & ranger cette pointe ou roche, jufqu'a ce qu'on ait amene le Bonnet ( a ) a 1'Eveque droit par un Mondrin qui eft dans la plaine au bord de la mer dans le Sud de la baie : alors on gouverne fur le gros Mouton, jufqu'a ce qu'on ait ouvert la Roche a Picolet d'avec le Cap & ii faut faire auffitot le Sud-Efl-quart-d'Efl, pour paffer entre le gros Mouton & les Caies. Les plus au large portent le Cap fur le petit Mouton qui brife (a) Le-Bonnet a 1'Eveque : ce font trois petites pointes ou totes fdparies, qui s'didvent fur une haute montagne dans le Sud de la baie dloignie d'environ deux lieues de la cote. .4 1 io DESCRIPT.

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. III our peu qu'il y ait de mer : on range a la portie d'un piftolet ; & pour lors on arrive tout court fur le petit Mondrin du bord de la mer : le Cap au Sud pour eviter la Trompeufe on ii y a une Balife qu'il faut laiffer a babord, quoiqu'on puiffe en paffer i fribord etant famine autour, & grande de cent pas en rond. Pour peu qu'il y ait dd mer au large toutes ces caies rompent & font connoitre la paffe, n'y ayant fur les caies du large, que deux a trois pieds d'eau de baffe mer, autant fur le petit Mouton, & fur le gros quatre a cinq pieds d'eau: ii s'etend beaucoup dans l'Efl, la queue etant fort longue, on it y a fept i huit pieds d'eau, & ne brife pas non plus que la Trompeufe fur laquelle ii y a cinq i fix pieds d'eau. On doit alter chercher le petit Mouton debout au corps -une portee de piflolet, i caufe de la queue du grand Mouton. Lorfqu'on a mis la Trompeufe au Nord-EfI, a trois ou quatre cables on peut mouiller par-tout vis-a-vis le Bourg : on y trouve fix & fept braffes d'eau fond de vafe. On peut auffi paffer a l'Ouefl du grand Mouton, pour venir chercher le mouillage, en rangeant la cote a deux cables de distance ; mais cette paffe n'eft pas aifde & demande beaucoup de pratique d'autant qu'il faut ranger le grand Mouton a deux cables de diflance a caufe du banc de fable qui part de la cote, & porte au moins cinq cens toifes au large vers la rade & fur lequel il ne refte que cinq pieds

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I1i DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS d'eau de baffe mer, & qu'il faut doubler pour gagner le mouillage. La Carte ci-jointe fera connoitre les deux paffes dont nous venons de parler & la fituation des caies & bancs qui forment ce Port & le mettent a 'abri de la mer, qui cependant y eft groffe lorfque les vents viennent de la partie du Nord. La ville du Cap eft fituee aupres des montagnes ; fur le bord de la mer, a la c6te occidentale de la baie, a une grande demi-4ieue de la Pointe a Picolet: fa latitude eft de vingt degres Nord, & fa longitude de foixante-quatorze degres quinze minutes a l'occident du Meridien de Paris, fuivant les Obfervations aftronomiques reconnues pour les plus exaaes ; fur quoi on peut remarquer que divers Aftronomes ont fait en differens temps des obfervations pour determiner la longitude de la ville du Cap Frangois & que prefque toutes different entr'elles affez pour better un Hydrographe dans 'embarras & l'obliger a des combinaifons & des recherches, avant que de fe fixer. Cote depuis le Cap jufqu'au Port Dauphin ; autrefois Bayaha. Depuis 1'entree du Cap jufqu'a Bayaha, on compte environ fix lieues, & la cotd entre deux git Eft un quart Nord -Efl, & Oueft un quart Sud -Oueff: elle eft bordde d'un refcif, ou haut fond de fable & de roches, qui porte un bon quart de lieue au large,

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E SAINT-DOMINGUE. 113 large d'eau. & fur lequel ii n'y a que quatre a cinq pieds Entre le Cap & le Port Dauphin, a peu pres gale distance, ii y a une petite baie nommdelaBaie de Caracol, au fond de laquelle fe decharge larivikre de Jaquefi. Comme elle eft barre par le refcif, ii ne peut y entrer que des chaloupes, ques tions pour y voifines charger les marcha & de petites barndifes des habitaBayaha ou Port Dauphin. Planche 27. [j baie de Bayaha, que nous nommons aujour d'hui le Port Dauphin, eft un des plus beaux ports qu'il y ait. dans toute l'ile Saint-Domingue, pouvant contenir un grand nombre de vaiffeaux renfermis comme dans un baffin. Pour entrer dans le port de Bayaha, ii faut venir prendre la Grange du c6te de l'Oueff, a quatre lieues de distance, puis mettre.le Cap au Sud-quartde-Sud-Oueft, jufqu'a ce qu'on decouvre trois ilets qui font a trois lieues dans l'Oueft de la Grange un peu vers le Sud: ii faut lailfer ces ilets i babord a une lieue & demie, ou deux lieues, parce qu'ils ne font pas fains; & lorfqu'on a .amend le plus Sud des trois a 1'Efl-quart-de-Nord-Eff on gouverne au Sud-Oueft, Sud-Oueft-quart-de-Sud, jufqu'a ce qu'on reconnoiffe l'entree du port de Bayaha. Le canal de Bayaha court Nord-quart-de-Nord, P & DE LISLE D

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114 DESCRIPT. DES DEBOVQUEMENS Eft, & Sud-quart-de-Sud-Ouef dans fa longueur, qui eft d'environ une lieue jufqu'a f'ile aux Lezards. II y a trois pointes principales de chaque c6te, qui forment des anfes: la premiere, en entrant s babord, pouffe un petit refcif environ un quart de cable, c'eff-a-dire, environ vingt-cinq toifes; mais comme on le voit it eft aife de l'eviter, en rangeant davantage le c6te de ftribord: on trove au pied de ce refcif dix-huit a vingt braffes d'eau. A la feconde pointe, ii y a de chaque cote un refcif qui avance egalement dans le canal, a distance d'un tiers de cable, & fur lequel ii y a neanmoins quatre a cinq braffes d'eau. Paffe ces deux pointes de chaque cote, taut le refute eft fain & acore ; & on trouve par-tout depuis quinze jufqu'a vingt -cinq braffes d'eau fond de vafe. Ce port eft un des plus beaux qu'on puiffe voir, n'ayantd'un c6te a l'autre qu'un quart de lieue de large ; mais au bout d'une lieue ii s'etend en deux grandes baies, l'une au Sud-Eft, & l'autre au SudOueft, dans lefquelles it y a plufieurs ilets, au pied defquels ii y a de 1'eau poury carener les plus grands vaiffeaux. On peut mouiller tout aupres de terre fi on veut & s'y amarer ; le fond eft boil par-tout. Le feul inconvenient eft que la riviere qui eft au fond, eft fort prcfonde & ne fournit que de feau faumitre bien avant dans la riviere.

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________11 (2',< NN/u ci klhe 1'bz I!!r w, inak;, *//Se 'eu 'e 1 Wf/42i dAt0fl II Plan des Isles ucniees les SeptFreres "$et d ieL {eeee'T "" kit Phn des Isles des Sept Freres fivee, irn 9u tur F1; M d 1 2 Ar unw 2 atArrenieA ,( -a tralw ,r / L: c"J~nGe lhrr.%t ~/ (v !irrae 4z b A R TIE 4 DE -rt, r IsLE DE D OAING UE v t rr& 1e J 2 5 G btlt l 1 xeaar i2 Sept F'er s p, ,v ,, -i All \I) br ite J70 -' Les Sepi + s"d r'a6& r

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___ ______ p DE L'ISLE DE Baie de Mancenili SAINT-DoMINGUE. e, & les Ifes des Sept Freres. Planche 8. La Baie de Mancenille eft au Nord du Port Dauphin, deux petites lieues; c'eft une baie ouverte de deux lieues fans roches, & pouvant approcher de terre par-tout i un demi-quart de lieue : elle efl d'une grande reffource pour les vaiffeaux qui arrivans., ou partans du Cap ou croifans dans ces parages, craignent, ou font furpris. du mauvais temps. Si l'on vient de la partie de 'Eft, it faut veil ler les Sept Freres que l'on voit d'un beau temps, de pres de deux lieues: on peut les approcher d'un tiers de lieue ; mais it n'y a point de paffage entre. Quand on a eu connoiffance du plus Oueft de ces ilets on l'arrondit a environ un tiers de lieue faifant le Sud-Eft-quart-d'Eff pour venir chercher la pointe d'Icaque, que 1'on peut approcher a petite portee de pilolet: elle eft baffe, mais couverte d'arbres ; elle forme l'enfoncement de cette baie ou mouillage ou l'on eft d'autant plus a l'abri de tout vent, que l'on peut s'y enfoncer. Cette pointe eft a deux bonnes lieues de la plus prochaine terre, qui eft l'entree du Port Dauphin. Si l'on y vient du large, ou de la parties de 1'Oueff; il n'en pasr de ces miles, ieceffaire de paffer a plus que l'on laiffe i babord ; de deux lieues & gouvernant fur la terre, quand on ell a une lieue, on arrive fur P ij -J I15 -1

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116 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS babord pour s'enfoncer ; & a une demi-lieue de terre dans tout F'enfoncement on trouve dix braffes fond de vafe & va toujours en-diminuant ; mais a une portie de piftolet, 1'on en trouve fix fond de vafe. La.riviere du Maffacre -qui fdpare les Efpagnols des Frangois, donne dans cette baie. L'eauy ef tresdifficile k y faire, pour ne pas dire impoliible, car it faudroit la remonter pres de deux lieues ; i y a un corpsde -garde & une hatte (a) de chaque cotee l'une aux Frangois & l'autre aux Efpagnols. La fregate du Roi 'Erneraade, en 175 3 a mouille a une lieue de ce corps-de-garde, k demi-lieue de terre. Nais lorfqu'on veut y mouiller, & chercher de F'abri, it faut prolonger la pointe d'Icaque en dedans, felon le befoin, etant dans tout l'enfoncement a couvert de tous vents par les fix braffes d'eau fond de vafe. Tous les mouillages font dans la partie des Efpagnols, terre baffe, noyde & couverte de mangliers. Il eft prefque impoffible de fortifier & de defendre 1'entree de cette baie ; on y entre & on en fort avec la meme facility les brifes y dtant reglees, quoiqu'on y foit comme dans un baffin fans mer. Quelqu'un qui auroit perdu fes ancres, pourroit y aller s'dchouer. Le debarquement y eft commode: on y a la chaffe & la peche; l'on trouve a y acheter, des Efpagnols, boeufs, vaches & cochons. (a) Une hatte eft tine favane ou prairie oh 'on nourrit des bcufs.

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 117 La Grange. Planche 29. La Grange eft une baie encore plus ouverte ;bon mouillage on l'on eft a 1'abri des vents de Nord-Eft-Sud-Eft, qui font les fortes brifes; & en cas de vents de Nord, l'on peut fe mettre entre la terre & 1'ile de Monte -Chriff, s'y enfongant par les fix braffes cinq & quatre. Les Efpagnols y ont fait un stabliffement & une ville qu'ils comptent de fortifier, & deux fautes :la premiere; de la placer fous un morne dont ils font command's; la feconde, de ne point battre cet enfoncement & le mouillage form par l'ile de Monte -Chrift, fur laquelle ils feront obliges d'avoir une batterie ; & comme ii faut fept cens toifes de m' onnerie pour former leur ville, on ne croit pas qu'ils penfent fit6t a la-batterie de f'ile de Monte -Chrift. On y trouve les memes reffources qu'a' Mancenille ; les Efpagnols de la hatte en etant plus proches d'une demi-lieue, c'eft-a-dire, a une bonne lieue. Le mouillage de la Grange eft reconnoiffable par' une pointe de terre haute & efcarpee avec quelques. mornes deffus, dont l'un detach' des autres reffemble a une grange. A 'Oueft de cette pointe, il y a une petite ile qui peut avoir cinq cens toifes de longueur: on mouille a 1'abri de cette ile dans le Sud-Oueft d'elle a deux cables de diflance, & meme

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DES DEBOUQUEMENS plus pr's, par les cinq & fix braffes d'eau; i ne faut pas s'en 'loigner a une plus grande difiance parce qu'il y a un banc de roches fur lequel la mer brife, & qui n'ef eloignie que d'une demi -lieue dans le Sud-OuefI. La c6te en cet endroit fait un enfoncement qui a pres d'une lieue de profondeur dont le fond s'dIeve & fur lequel on ne trouve que deux braffes & demie deux braffes & une braffe d'eau, tout aupres de terre. On peut en voir le Plan ci-joint, qui eft tire d'un Manufcrit du.Depot des Cartes & Plans de la Marine, mais que j'ai lieu de croire n'avoir pas ete releve avec toute la precifion require ne pouvant guere le faire quadrer avec la Defcription fuivante,donnee pa'riuhabile Navigateur dont le Journal eft au Depot, & que je crois devoir rapporter iCi. n Leho nuillage de la Grange eft bien 9 fpacieux que celui de la pointe Ifabelique mais s plus fermd & plus a l'abri des Nords par l'ile de s) Monte -Chrifi : dix vaiffeaux de guerre y fens roient bien a l'aife depuis les fept braffes jufqu'a a cinq braffes i une portee de piflolet de l'ile ; f} cela fait une diflance d'une demi-lieue de l'ile au refcif qui el a pareille s, pourroit dtablir une bai que l'on feroit fur l'ile diflance de terre : on y erie qui croiferoit celle .1 protegeroit & defendroit toute la rade encore mieux, fi les Efpagnols 5) avoient place leur ville fur le bord de la mer. A. ) Voici la quatrieme moins Y 18 DESCRIPT. t nous y efluyons brife que

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. xi) (que l'on pourroit appeller des coups de vents ) n'ayant cependant qu'un demi-cable dehors, que nous n'avons pas ete obliges de rafraichir. L'ile, qui fait comme un demi-cercle dont le o diametre eft de deux cens toifes, a un petit morne t ou tertre long & haut de trente pieds, jufqu'a cinquante, qui en fait comme la circonference, coupe cependant dans fon milieu d'environ dix > toifes ; c'eff ce qui nous rompt la mer & le vent. >f Les Francois y avoient fait une tres-bonne faline a que les Efpagnols laiffent perdre : elle differe de a celle des iles Turques, en ce qu'elle eft travaillie comme celles.du Croific & autres ; on y introduit ,> l'eau de la mer, felon le befoin,, dans des compartimens &c. L'eau de la e went d'elle-meme dans celle des iles Turques; on 'ne fait par -ou. Sans aucun travail, le felis'y ramaffe a mefure que le ,a foleil l'y a calcine : il ne vaut pas celu-i0i Le debarquement eft aife par-tout. L'on fait de tres-bon foin fur file, qui eft du chiendent que l 'on arrache: celui de la riviere eft plus gros. Elle eft i une lieue de Filet en pleine terre a l'Ouell de la ville marquee par un bouquet de bois. L'eaul ,, y eft tres-bonne & fort aifde i faire. La chaloupe y entre de haute mer, & s'enfonsant d'un demicable, trouve une eau tres-bonne ; le courant en erant tres-fort, empeche 'eau de la mer d'y avanu cer. On trouve ordinairement vent largue pour y ) aller & pour en revenir. La peche eft abondante v aupres de 'ile & 'on peut y donnr de boas

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i2f DESCRIPT. DES D1EBOUQUEMENS coups de feine, ainfi qu'a la c6te de la grande a terre a babord de la ville qui n'eft encore qu'un hameau, quoique 1'enceinte foit tracee. Il y a bonne chaffe a une lieue : on y trouve des pin, tades & des ramiers (. Les IIes des Sept Freres. A environ deux lieues & demie au Sud-Oueft de la Grange ii y a plufieurs petites iles au nombre de fept, que l'on nomme les Sept Freres: la plupart font des rockers incultes & fe1riles entoures de refcifs, qui en rendent l'abord dangereux ; ce qui fait que les Navigateurs les dvitent, & en paffent au large. On peut cependant en approcher & mouiller au milieu d'eux y ayant de 1'eau fuffifamment pour des batimens de vingt-quatre pieces de canon. Quoique ces petites iles foient incultes & inhabitees, it feroit toujours utile de les mieux connoitre: la plupart font boifies, & la peche y doit ttre abondante. J'ai trouve au Depot des Cartes & Plans de la Marine deux petites Cartes de ces miles, faites en differens temps par des Navigateurs; mais elles ne fe reffemblent pas ; & comme je n'ai aucuns moyens de critique & de comparaifon pour jugerlaquelle des deux merite la preference j'ai pris le parti de les reduire fur la mneme echelle, & de les donner toutes deux, afin que les Navigateurs qui feront a portde de ces miles, & dans le cas d'y faire quelques obferyations, puiffent juger laquelle eftla plus approchante de.

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE., 12. de laverite, & communiquant leurs remarques, nous mettre en etat de perfeaionner nos connoiffances, & d'etre de plus en plus tiles a la navigation. Voyet ci-devant la Planche z8. La Pointe Ifabelique. Planche 30. La pointe de l'Eff de la Grange & la pointe Ifabe: lique giffent prefque Ef & Oueft. La distance de 'une a l'autre eft de quatorze a quinze.lieues communes. La cote entre deux eft bordee de refcifs dans beaucoup d'endroits, avec quelques mouillages dont on peut faire ufage en cas de befoin. A 1'Efl de la montagne de la Grange, la c6te fait un enfoncement dans lequel on peut mouiller fort pres de terre par les fix braffes d'eau : on y eft a l'abri des vents d'Oueft, de Sud, d'Eft & de Nord-Eft; mais les vents de Nord & de Nord-Oueft y font tresdangereux. A deux lieues a 'Eff-Nord-Eft de la pointe de la Grange, ii y a une autre pointe couverte par des refcifs,, qu'on appelle la Pointe despMangliers. De la pointe des Mangliers a une pointe nommde la Petite Saline ii peut y avoir deux tiers de lieue : entre deux eft une anfe profonde, barre & remplie de refcifs qui la rendent impraticable. De la pointe de la petite faline, la c6te court a l'Eff-Sud-Ef pendant cinq lieues, jufqu'a une autre Q

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n PESCRhP i 1 3' i pointe qu'on iiorne dct are.route cette cbte $Wb refcis jitporttifplus d'une ded-i$ '$aarget & defqpes cn ie dolt point appro+her_ Du Mdre" JNazaret ka wte la Oche, ily a deuxi iee&& dtreie 'EuINard-E. ja c6te entre deu iorie wie anfe er> demi-cercle q4$ a plus d'une lieuede profondeur: 4uoique cette ajife foirt remplie 4e hauts fonds & de ;obhesit4tbeau, on peut cependant y mouillet pai ksf aes d' environ dent -heue k 'E-Nord-Ef wi Morde fre l 'abrkles refcifs & de deux petite t =;iquiefiffsa NoMkE4~ y a deux pa'es pour s veii eu: mptwllgehueicote de l'Ef, & I'autre == iv'ei desilets, o des refcifs dont nous avons A -pIa1et une ouverture ; mais ii faut connoitre 3a J'a ion des dangers &etre affez pratique pour ls eviter, avant que de s'ex vcenirwhercher ce mouilage. Le fond de 1'a e bord6 de roches &r dchauts fonds. D e fpointe I la Roche & la point. Ifabeliqueil y a kare .lieues foes la pointe Ifabei e, du c det4ue, fl y a un mouillage ou r'on trouve cinq & fix braffes d'eau A 'abri d'un refcif qui vouseconvre du Nord, mais it ne vaut pas, k beaucoup prks, le mouiilage de la Grange. fat'.-

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C AUITTRE SE ItMEJ Lsa am 't & Pre fqu'&l at a F %ride } U u QU E le can de Bahama ne fort pas prat tijue pa les aiffeaux qipartent de Saint-Domingue pour retoyrner en Eup, que, parc nf quent il ne foit pas f, rang des debouen de cette =le plufieurs1 gateurs en ont demanir. une defcripnon ei 1eir c t connoitre particueiere ment ce paigi : ~ 'gf celui dont fe ferventF tous ceux qui vienn? ie, de la Louyfiane, des cotes occidentsle = drike & de le de Cube. L Ce canal extremement frequent. L fpa gaols, les Frangois les Atglois s'enserve w xea pu's tres-long-temps; cependantil n'ef pas consm autant qu'il devroit l'tre. Les Navigateurs uniquenient occupies de le pater promptement, ne s'y arretent paSpour faire des obfervations ; d'ailleurs je ne crois pas qu'il foit aif6 d'y ev faire. La rapidity des couransxqui portent auNord, vous entrainent & vous ot rdebouquer fans le fecours du vent. L'on a vu ia~ ~ SrTOomu L r: ~ eY4 t* i K }S -y fwd' tt, Y. na A ,a 3 t -as 9. 4); ~l

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-, 4 E s t Eesivaifea ux % e bout e f mn gt:ela pae zet f ndre pbAfcle & less furement ue a frce du cojurant epu ndans'le niileuducanal qui n'a paskncoins dcixkdouzeuies delargei:Jl faut Nependant. obferv iL lus ud 4 jr la ote deJ Flr de que le c6e dig lae {i es de Baham a i a3,quoique c tete it*drre fort ,bafe fes dangers & bas fohds n n du es aulrge ; ai lieu Bancs de roches, .tles xiles & les soi n egalement ,dais le canal, & leurs pofitions =t ntp bie eonues de forte qu'on courroit i us de ifsferranger le c:t de4'Ef da ;t ue celtu ode l'Oue;iimais je crois que le plus -sdeteniri 'peuprij1nilieu du canal, jufqu'a eaYi fopgar les vingt-huit degres de latitude, a'o jatme nt depaffdles ^ &t de les lkor4a4e ce debo queen. ne ,faut pas utant fe regarcr comme eierement cdlbouuifque 'on A encore a fe Inmier du cap {, xui Ia c6te de la Floride par ls -fit d grs trente minutes de latitude. Ce cap f" mne pointe baffe 'qui s'avance vers FEll, doift es refrifs portent pres _de cipq lieues au large, & fiurefquels plFieurs vaif1eaux ont peri fans aucune reffource. el f donc prudent, lorfqu'on aidab1E 1a partie .,plus Nord des bancs de Bah dra de faire prendre de 'E0 autant que les vents le perm tent : c'eft le moyen le plus. fur d'viter les danges Vr

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lu cp Q ana eral:J~ecrois cepe dant qu'en faifant le No d onsr ndoit pas les crain e&je fuis prefque perfuad qu 1la pointe .de ezp P s'avance pas autant vers 1' que je at arque fur ma Carte, & qu'i 'et pas abfolcrment-neceffaire rde donner un Li grand rib a cette 'pointepour la doubler; mais i 0Wi m arqet le danger un peu plus grand, pour ageri prendre lus-eprecautions, que de tomhe n 'exces con raire en le faiiant moindre fpirer une iconfiance aveugle dotit* esfaepi tetre :dangereufes. .1 ei'donc'dmontrd par ce qu'on vent de voir -t-delus qu'on ne doit fe croire entierement' detbouque & hors de tort danger. querfqu'oi arrive par la lattud -Qe tinel .Navigateurs pretenden qibplus le vent-ef coitiIe & violently, phus'les courans augmentent & fortc forts, & que 2 les vents fo virables & prenneantdea part du Sud, ii y a ietceowrans. On remarqu encore -que ce'd les plus forts ne font fare iu'une 1ziege e Lorfqu'on part de la Havane'&4e lo'& -faire route pour debouquer-par le cajai de B$aJr ma, i1 faut, pour affurer fa -navigation aller reoi. noitre le Chapeau de: Matance, que l'on nomme .Pain de Matance, obfervantdex ne pas couirJ 4egrandes bordes, '& de ne points'ecarter de plusde cinq fix lieues ;de tere. aElle ef tres-faine dep i; k Havane j.ufti la pointe d'Icaque, hors t.

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un banc qui eft fept a huit lieues au vent de la Ha; vane, qui met une lieue ou une lieue & demie au large. Lorfque le vent prend de la partie du Nord, it eft bon de fe mettre au vent jufques vers la pointe d'Icaque; mais it faut prendre garde de ne point aller plus a I'Eft que cette pointe. La bonne partance pour aller reconnoitre la terre de la Floride, eft de partir le foir des terres de 'ile de Cube en courant toute la nuit a petites voiles, pour ne pas faire plus de dix-huit a vingt lieues tout au plus : par ce moyen on a toute la journee pour bien reconnoitre les terres & embouquer comme it faut. En partant donc de Matance, it faut faire le Nord-quart-de-Nord-Eft & le Nord-Nord-Ef : it eft bon de remarquer qu'un Navigateur ayant en pareil cas fait le Nord-quart-de-Nord-Eft, ne trouva pas avoir pris affez de 'Eft, & qu'il fe trouva a la vue des Martyrs, qui font des miles le long de la c6te de la Floride, dans le Sud-Oueft & le Sud-Sud-Oueft du Cap. Ces Iles ne font pas faines & it ne faut pas en approcher plus pres de cinq lieues. Lorfqu'on voit la terre courir Sud-Oueft & Nord-Eft, c'eft une marque qu'on n'eft pas encore dans le canal : ii faut faire le Nord-Eft, & 'Eff-Nord-Ef pour s'y mettre felon le vent, & felon quelque apparence de calme; car ii faut fe mdfier des courans qui porteroient fur les Martyrs. On trouve ces iles depuis les vingt-quatre degres quarante-cinq minutes jufques par les vingtI -DES DEBOUQUEMENS I26 DESC RIPT.

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SAINT-DOMINGUE 127 cinq degres, qui eft la latitude du Cap de la Floride. Ce que l'on nomme ici Cap de la Floride, eft la pointe la plus Sud d'une grande ile de plus de dix lieues de longueur, & fort etroite, qui tient du c6te du Sud aux Martyrs; ce que d'autres Navigateurs nomment le Coude des Martyrs. Il ne faut pas s'approcher de cette pointe plus pres de quinze lieues, car elle pouffe unrefcif vers l'El qui s'etend a pres de quatre lieues dans le canal : c'eft-la precifement ce qu'on doit appeller l'entrie du canal de Bahama, qui a au moins dix-fept a dix-huit lieues de large depuis cette pointe jufqu'aux miles de Biminy, qui font fur le placet des miles de Bahama par la latitude de vingt-cinq degres. Lorfqu'on voit la cote de la Fl qui font fur la c6te,. courir Nord peut faire le Nord & le Nord-q & fe tenir toujours a vue de la te oride, ou les iles & Sud, alors on uart-de-Nord-Eft, rre de la Floride.; car quand on eft en dedans du canal, c'efi-a'-dire, qu'on a ces terres qui giflent Nord & Sud, a l'OueftNord-Oueft, on peut approcher a deux lieues de la c6te, jufqu'au cap Canaveral: mais les gros navires n'en approchent guere plus pres que trois lieues, & lorfqu'on a le vent bon, on navigue a cinq ou fix lieues de la cote. Quand les vents font contraires, & qu'on eft oblige de louvoyer, it fa-t toujours que les bordees de 'Eft du c6te du Placet & des Mimbres foient les plus courtes, & fe tenir du c6te & en vue de la cote de la Floride, parce que ces courans qui paffent dans les canaux du Placet, & entre les DE L'ISLEDE

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I28 DEsCRIPT. DES DEBOUQUEMENS miles, tranfportent avec violence a l'Eft. Les terres du c6te de la Floride font tres-baffes & prefcug noyees, voyant plut6t les que la terre me''e. arbres qui font deffus, Prefqu'tle de la Floride. La Prefqu'ile de la Floride eft une langue terre qui tient du cote du Nord au continent 'Amerique Septentrionale, fitude entre les trente de de & viogtcinq degres de latitude : elle a plus de cent lieues de longueur du Nord au Sud, & au moins quarante lieues de largeur. Du cote de 1'EfI, elle a le canal de Bahama du c6te du Sud l'ile de Cube, & du cote de l'Ouet le Golfe du Mexique. C'efl un terrain bas & plat, coupe par un grand nombre de rivieres qui forment une multitude d'iles de differentes grandeurs, avec des babies & des lacs dans l'interieur, qui communiquent les uns dans les autres, & qui ne font point encore connus, toutes nos Cartes geographiques ne contenant rien d'exaa ni de vrai fur cette partie. C'eft a un Ouvrage Anglois que je dois les connoiffances fuivantes ; & quoiqu'elles ne foient pas fort etendues, on trouve qu'on peut communiquer de la cote de l'Oueft a celle de 'Eft, par ces rivieres & ces lacs: ce qui feroit d'une grande utility pour le commerce & la navigation; car fi ces paffages avoient de 1'eau fuffifamment pour des navires, dangers, fans courir de & qu'on put les traverfer ils feroient d'une grande reffoure 4

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DELISLE DE SAINT-DOMINGUE. 1'29 refiource pour tous les batimens qui viennent du fond du golfe du Mexique & des cotes de la Louyfiane, qui raccourciroient leur paffage dans la ier du Nord, de plus de cent cinquante lieues, & eviteroient les dangers que l'on court pour doubler les Tortues feches & le Coude des Martyrs, pour entrer dans le canal de Bahama, comme on peut le voir dans la Carte ci-jointe, Planche 3. Dans le nombre de ees canaux de communication, ii y en a de remarquables; l'un 1'el par la bale & lac du Saint-Efprit, & l'autre par les rivieres d'Amazuro & de Saint-Jean. La communication par la baie du Saint-Efprit & par le lac de ce nom, ell la plus courte & la plus facile. Cette bale ell tres-grande & tres-belle; elle a environ vingt lieues delongueur de l'Efla l'Oueft, & quatre a cinq lieues de largeur, & meme fix dans quelques endroits : on y trouve par-tout cinq, fix & fept braffes d'eau, except vers le fond on ell le paffage qui communique avec le lac du Saint-Efprit, oni l'on ne trouve que deux braffes d'eau. L'entree de cette bale eft couverte par une ile d'une lieue & demie de longueur; ce quiforme deuxpaIes, Tune du cote du Nord & l'autre du c6te du Sud. L'entree du cote du Nord eft par la latitude de vingt-fept degres trente minutes. L'entrie'de la baie a pres de trois lieues de large. I1 y a, du cote du Nord, plufieurs petites miles le long de la cote, apres lefquelles on voit un enfoncement ou ouverture ayant deux lieues de largeur, dont la profondeur n'eft pas R .4

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DES DEBOUQUEMENS connue, & par laquelle on peut communiquer avec la baie de Saint-Joffeph, dont l'entree eft a douze lieues au Nord de celle du Saint-Efprit. Du fond de la baie du Saint-Efprit, on entre dans le lac de ce nom, par un bras au canal d'environ deux lieues de longueur. Ce lac a plus de vingtdeux lieues du Nord au Sud, & fix a fept lieues de large : il a plufieurs communications & iffues dans le canal de Bahama ; la-principale & la plus connue eft dans fon extremite meridionale i trois lieues a I'Ouefl de la pointe de la Floride, par la latitude vingt-fix degres vingt minutes. Cette entree git prefque Sud-Eft & Nord-Oueff derx lieues, au bout de laquelle on trouve deux bans ou bas fonds, & fix petites miles que l'on'nomme les Ifles du Saint-Efprit. Tout l'interieur de ce grand lac eft tries -peu connu. La riviere d'Amazuro' eft i dix-huit lieues au Nord de la baie du Saint-Efprit, par la latitude de vingt-hurt degrees ving t-cinq minutes : ton entree a plus de trois lieues de largeur, & elle conferve plus d'une lieue de large pendant l'efpace de plus de dix lieues; en la remontant, on trouve plufieurs branches ou canaux i travers un grand nombre d'iles qui forment des paffages au moyen defquels on peut communiquer avec l'Ocean Atlantique, en dehors du canal de Bahama, au-deffus du cap Canaveral, a travers la riviere de Mofquites, dont 'embouchure eft par la latitude de vingt-huit degres cinquante minutes; ou par la riviere de Sainte-Lucie, dont l'emLi DESCRIPT. 136

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DE LISLE DE SAINT-DOMING bouchure eft par vingt-fept degres trente tes. Si l'on s'en rapporte a la Carte de que nous tenons des Anglois, la riviere Lucie communique avec le lac & la bai Efprit : cette communication eft bea courte que Celle de la riviere Amazuro ; mais le principal paffage eft celui qu'on pretend communiquer dans un canal dire& avec la riviere de SaintJean, dont l'embouchure dans l'Ocean Atlantique efi par la latitude de trente degres vingt minutes, environ a fept lieues au Nord de Saint-Auguflin. Un pareil paffage bitn connu feroit d'une tres-grande utility. Saim-Augufli n ie la Floride. Planche 32. A la fortie du canal de Bahama fi un vaiffeau fe trouvoit force, par quelque accident de mer, ou autres raifons particulieres, de relacher la cote, -le lieu le plus pres & le plus avantageux efi le port de SaintAuguflin : c'eft ce qui m'engage de dire quelque chofe de cet endroit, & d'en donner le Plan. Cette ville eft fituee fur la cote orientale de la Floride par les vingt-neuf degres cinquante -deux minutes de latitude feptentrionale, & par les quatrevingt-quatre degres vingt minutes de longitude a 'Orient au Meridien de Paris ; .ce qui revient aux R ij Y=p. UE. Ii -trais minucette partie de Saintee du Sainticoup plus

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DES DEBOUQUEMENS deux cens quatre-vingt-quinze degres nutes du Mdridien de 1'ile de Fer. Elle quarante mieft batie dans une prairie fur le bord de la mer entourde de murailles & d'un foffi fec du cote de la terre: elle eft d efendue, du c6te duNord, par un fort a quatre baftions qu'on nomme le Fort Saint -Jean, bati de pierres molles avec un parapet de neuf pieds d'" paiffeur, & un rempart de vingt pieds de haut, avec cafemates & votes h I'dpreuve de la bombe. Il eft garni de plus de cinquante pieces de canon, dont it y en a de feize de fonte, & quelques-unes de vingt-quatre livres de balle. Au'Sud de laville, fur le bord de la mer, ii y a un autre petit fort qui tient aux murailles de la ville. Ce fort defend le port qui efl bon, fnr & commode, & ou ii n'y a pas moins de vingt-huit -& trente pieds d'eau de baffe mer. Ce port eft couvert, duc6te de la mer, parune ile longue & baffe qu'on appelle Ifle de SainteAnaflafe : elle eft fdparde de la grande terre par un bras de mer qu'on apelle Riviere Matanze. L'entree eft couverte en dehors de bancs de fable & de roches qui mettent au large plus d'un tiers de lieue, entre lefquels ii y a des ouvertures ou paffes qui forment des chenaux pour gagner l'interieur du port : le chenal du Sud eft celui dont les vaiffeaux font ufage : on n'y trouve pas moins de vingt, vingtcinq & trente pieds d'eau de baffe mer ; mais avant que d'etre dans ce chenal, it y a une barre a paffer, fur laquelle ii ne reffe que neuf pieds d'eau de baffe mer : on peut mouiller en dehors de cette barre pour D-ESCRIPT.

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DE SAINT-DOMINGUE. I33 attendre le montant de 1'eau. Cette paffe eft aifde a connoitre ; on voit, fur les bans du Nord & du Sud, la mer brifer contre les roches qui marquent tresbien le paffage, qui a aumoins trois cens toifes de largeur : lorfqu'on a paffR cette barre, on trouve dixhuit a vingt pieds d'eau. On range l'ile de SainteAnaflafe a la diflance de deux cables : on peut ir mouiller aupres de fa pointe du Nord-Eft, vis1ris d'une batterie, par les vingt-fix*braffes d'eau a un cable & demi de terre. On double la pointe du Nord de l'ile & l'on vient mouiller devant la ville. Au Nord & au Sud de la ville, ii y a deux grand villages d'Indiens, qui en font les fauxbourgs. A une demi-lieue de la ville, du cote du Nord, ii y a un petit fort qu'on .nomme le Fort Negre, fitue dans. un terrain plat & uni, peu d4oigne de la rive occidentale de la riviere Saint-Marc, qui eft une branche par laquelle on communique avec la Saint -Jean vers fon embouchure dans riviere l'Ocean Atlantique. La Carte ci-jointe, que je tiens des Anglois, marque ces paffes & l'entree du port dont la fituation eft extremement avantageufe, fur-tout en temps de guerre puifque tous les vaiffeaux qui du Mexique, de la Louyfiane & de la viennent Havane, font obliges de ddbouquer par le canal de Bahama, & de pafler i petite diflance de Saint-Auguftin, ou ii feroit aif' de tenir des vaiffeaux prets a.tomber fur tout ce qui fortiroit du canal. a 0 DE LISLE

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134 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS. CHAPITRE HUITItME. Des Ifles Bermudes ou Sommers. Planche 33. u3RSQUE les NIavigateurs font debouques, & qu'ils font leur route pour les ports d'Europe, ils font obliges de s'elever beaucoup en latitude pour venir chercher les vents d'Oueft. Dans cette route, ils paffent la latitude des miles Bermudes ; contre de ces miles qui font & la renbaffes & entourees de rochers fous l'eau, fur lefquels plufieurs vaiffeaux font peris, les inquiete, & gene en quelque facon leur navigation, jufqu'a ce qu'ils aient dipafe leur latitude qui eft a la verite bien connue, mais dont la longitude a toujours ete un problem fur lequel les Navigateurs ne font point encore d'accord: c'efl ce qui m'engage a donner ici une defcription de ces Lies, avec des remarques fur la veritable longitude qu'on peut leur afligner. Description des Ifles Bermudes. On donne le nom de Bermudes a un grand nombre d'iles de differentes grandeurs, fort pres les unes des autres, fituees dans l'Ocean Atlantique a deux cens lieues des c6tes de la Caroline & lieues, enviro, d neuf des cotes de cens cinquante

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P'lxxxn. oime I Y4,3 CARTE DES Is 11 -BE RMU1)DS +-SOMM'ER } F + + + kg5+ Ui lllEl + + r f I' d C +~ + + ~ ~+ + + ++bi'l + f1f +2+ + W 2rle --r"a en --T~ Da -r \ tltr yt(asn SFor r Iq r a a Ca+de Davi -ottt~o +. d. llQtS LE SOATVID7r 1., + c ~ ~~~~ (taor t 2I+ .b r + ( vT~d* -blITH --nav/ py ar en/r nc/r, + of!e r (~ j Fr !a Il c d lr e t t it r 1. ar a lt m~' ff

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DE SAINT-DOMINGUE. 135 17,5 2, Ferdinand Camelo, Portugais, en demanda la conceffion a Philippe II, qui la lui accorda ; mais elle n'eut aucune fuite. En .i 593 un Capitaine Francois, nomme Barbotiere, qui revenoit de f'ile Saint -Domingue, ayant aet pouffe par la tempete vers ces iles, eut lei malheur d'y faire naufrage; le navire s'etant brifi fur les roches qui bprdent ces iles, tne partie de fon monde y perit, l'autre fe fauva. Il aborda avec vingt-fix de fes gens, dans la parties du Nord-Oueft. Il y refla quelque temps, & ayant trouve le moyen de confiruire un petit batiment, ii eut le honheur de repaffer en Europe avec fon monde. Il y avoit parmi eux un paffager Anglois, nomme Henry May, qui, de retour dans fa patrie, donna une relation de ces miles, affez imparfaite, a laquelle on ne fit pas alors grande attention; & elles demeurerent en oubli. En i6o9, le Chevalier Georges Sommers, allant i la Virginie, pouffe de brifer fon vaiffeau fur ces meme par la tempete, vit iles ; mais ii fe fauva a la nage avec fon Equipage. La plus grande partie etant France, par la latitude de trente-deux degres vingtcinq minutes, prife a la ville de Saint Georges, & paila longitude de foixante-fix degrees a 'Occident du Meridien deParis, come je l'etablirai ci-apres. Les Anglois, qui occupent aujourd'hui les. Bermudes, n'en ont pas fait la decouverte : ce fut Jean Bermudas qui les decouvrit en 172.7, en allant aux Indes Occidentales & leur donna fon nom. En D E L'ISLE A h + 4 I

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136 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS retournee en Angleterre on parla de nouveau de ces miles, dont ces Navigateurs vantoient beaucoup les commodites & les agremens. Sommers leur donna fon nom, Sommers (Iflands). La reffemblance de ce nom avec celui de Summers Iflands, qui en Anglois, fignifie les Ifles d'EtJ, leur a fait donner mal-a-propos le nom d'If'es d'Ere, par quelques Geographes. Enfin, en 161 z, it fe forma une Compagnie pour l'etabliffement des Bermudes. Elle obtint de Jacques I. une Chartre particuliere qui la rendoit feule proprietaire de ces iles, qui, fans cela, fe trouvoient comprifes dans l'etendue de la conceffion faite a la Compagnie de la Virginie, avec laquelle ces nouveaux Proprietaires s'accommoderent. La Compagnie des Bermudes envoya, des la meme annee, Richard Moore avec foixante hommes, pour y former un premier dtabliffement; & l'on ne tarda pas d'en envoyer un plus grand nombre. Its aborderent a f'ile de Saint -Georges, une des plus grandes, & y bitirent une ville du meme nom, avec un fort, pour fe mettre en etat de' difenfe en cas qu'on voulnt former quelque entreprife contre cette nouvelle Colonie. Enfuite les Habitans fe repandirent dans les autres miles, & s'y fortifierent, conftruifant des forts & des batteries aux entrees des ports & dans les lieux on l'on pouvoit aborder. En 16i 6, Daniel Tucker ayant fuccide a Richard Moore, donna tous fes foins a l'agrandiffement de la Colonie. I1 fit cultiver les terres, lever

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DE SAINT-DOMINGUE. clever des befiaux, & planter des arbres de toute efpece de forte qu'on y voit aujourd'hui toutes les produaions de i'Amerique. Ce Gouverneur fit mefurer les champs, & partager les terres en les difiribuant aux habitans, fuivant la grandeur de leurs families. Trois ans apres, ii fut remplace par Butler, qui paffa dans ces iles avec plus de cinq cens habitans. Alors les iles furent divifdes en Tribus, tellesqu'elles fubfiftent aujourd'hui. Butler y refla jufqu'en 1622; & lorfqu'il partit, on comptoit dix Forts munis de cinquante -,deux pieces de canon, & quinze cens habitans, Anglois. En 162.3 on en comptoit trois mille fi d'hui on l'on en croit leurs Auteurs. Enfin aujouraffure que les Bermudes n'ont pas moins de dix mille habitans. Ces Colons, contens des produaions naturelles que leur offrent leurs plantations s'adonnent peu au negoce. Il eft vrai qu'elles leur laiffent peu de chofes a defirer, foit pour la fatisfaaion des befoins effenties, foit pour la douceur de la vie : ils envoient cependant quelques rafraichiffemens dans les autres Colonies Angloifes de l'Amerique, avec des bois de confruaion & ils exportent en Angleterre un peu de tabac, des limons, des oranges d'une groffeur gprodigieufe & d'un gout delicieux. Les brigantins les chaloupes, &_autres fortes de bitimens de mer qu'ils confiruifent, ont form, pendant de leur long-temps, la partie la plus confiderable commerce : cette branche commence S V I '37 DE L'ISLE

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DES DEBOUQUEMENS s'affoiblir a caufe que les cedres, dont ils les fabriquoient, deviennent rares dans leurs forts. L'arbre dont ils fe fervent pour confiruire leurs batimens de mer, & qu'ils appellent Cedre, eft plus gendralement fous le nom d'Acajou, p Frangois. Les marchandifes d'Europe, qui leur co connu armi les )nviennent, font particulierement des vins, des eau vie des farines des chairs falkes d'Irlande etoffes, des toiles de la quinquaillerie, & de des la menue mercerie. Le climat de ces miles eft fain dinaire affez tempers fair y efi pour l'ormoyennement chaud & humide; les neiges y font rares en hiver, & l'ets les chaleurs n'y font pas exceffives, l'air itant rafraichi, par les vents d'Eft : auffi fes habitans ne font point fujets a toutes les maladies qu'on effuie en Angleterre. Cependant quelques Auteurs difent que deI puis quatre-vingt ans, les ouragans, paravant aux Bermudes s'etant fait change la difpofition de l'air & qu'il jourd'hui autant de maladies qu'ailleurs. Le terrain eft bon & fertile & tous inconnus aufentir ont y regne aules arbres & les fruits qu'on y a apportes ou de l'Europe ou des autres miles de l'Amd'rique y ont tres-bien reuffi. Le mais y vient au mieux : on en fait deux recoltes dans 1'annee ; pour la premiere, on feme au mois de Mars, & l'on cueille en Juillet ; pour la feconde on feme au mois d'Aont, & I'on recueille au mois de Decembre. DESCRIPT. 1198 -de

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-. -------. --~~~~~~~1 DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 139 Les beffiaux s'y portent tres-bien, & la viande en eft excellente ; on y a trouve dans les bois quantity de cochons fauvages, apportes vraifemblablement par les Efpagnols : ii y a une grande quantity d'oiPeaux de toute efpece, & fur-tout d'aquatiques, qui fe retirent & font leurs nids fur les caies ou ilets inhabits qui font autour de ces miles. La peche y eft abondante, tortues, viande excellente, & & 'on y trouve de d'un grand fecours. Au Nord-EfI de la Bermude, a quelques lieues au large, on peut faire la peche de la baleine, depuis la fin du mois de Mars jufqu'a la mi -Mai. On aflure que les baleines y viennent dans cette faifon en affez bon nombre. La terre y eft de diverfes couleurs, & de fubfiance moyenne entre l'argile & le fable : celle qui eft bleuatre eft la plus mauvaife ; la blanchatre & la noiratre font affez bonnes, mais celle qui eft brune eft eftimee la meilleure ; car quand on a creufe deux ou trois pieds, on y trouve deffous une terre blanchatre & pierreufe, plus dure que la chaux, & plus tendre que la pierre commune, fpongieufe & troupe cornme une pierre-ponce qui s'abreuve & retient l'eau on elle eft plongde: les arbres qui ont leurs racines attachees s'y nourriffent & croifrent a merveille. La difette d'eau de fource ef le feul defagrdment dont les habitans des car on n'y trouve ni fuppleent par des ci eaux de pluie, & par Bermudes aient i fe plaindre, ruiffeaux ni fontaines ; ils y ternes, on ils raffemblent les des puits qu'ils ont creufds de S ij ,-,,. 4 s

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DES DEBOUQUEMENS. tous c6tes, dons, 'eau n' ef pas mal faine, quoiqu'elle ait un gout un peu faumatre. Ces iles font tres-commodes pour le commerce des Colonies Angloifes du Nord de l'Amerique avec cells des Antilles. Les vaiffeaux qui font cette navigationles trouvent, pour ainfi dire, fur leur route, ou du moins ne font pas obliges de s'en. carter beaucoup, pour y aller prendre des rafraichiffemens, lorfqu'ils en ont befoin. C'eft-la la principale utility que les Anglois en retirent ; car les productions des Bermudesne forment pas un grand poids dans la balance de leur commerce; mais ce commerce pourroit devenir plus confiderable, fi les habitans s'occupoienttres-ferieufement des moyens d'y recolter de la foie & de la cochenille, -comme on 'annonce annees. depuis quelques Si ces miles font belles & agreables pour la vie; leurs approches n'en font pas moins redoutables aux Navigateurs; elles font toutes entourdes de rochers fous 'eau, qui ont caufi plufieurs naufrages. Ces rochers s'6tendent du c6te du Nord-Oueft, & du SudOueft, jufqu'a quatre & cote ; mais du cote de 1 cinq lieues au large de la 'Eft, les roches font tout aupres de terre & les plus gros vaiffeaux peuvent en approcher, & mouiller i demi -portee de canon de terre. On compte-, parmi les Bermudes, une grande ile, trois moyennes, & une quantity prodigieufe de petites; elles font feparees par des canaux etroits 140 DESCRIPT.

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*DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. & renferment entr'elles de grandes babies. La Nord de ces miles, qui eft une des moyennes, pelle l'ile de Saint-Georges ; elle a une grande de long Nord -Eft & Sud -Oueft, & enviro tiers de lieue dans fon plus large. La ville de 141 plus s'aplieue n un SaintGeorges, ftuee dans la partie du Nord, eft tres-belle, & bien batie, defendue par un fort bon Chateau, bati fur le bord de la mer pour defendre Le port qui eft tres-bon, & o' les vaiffeaux font a 1'abri de tous vents comme dans un bain. Ce port eft former par 1'ile de Saint-Georges du cot de 'Ouen ; & du cote de l'Eft par l'ile Saint-L id. L'entree eft du c6te du Nord, entre plufieurs petites iles qui forment un chenal etroit & dificile. Cette entree eil defendue par deux forts; celui de la Reine du c6te de l'Ouet & celui de Smiths du cote de l'E. La partie du Nord de l'ile de Saint-Georges eft l'en-9 droit on l'on pourroit faire une defcente : partie fort d eft-elle defendue par trois fo e fable le fort de Warwick, rie de trois canons fitude 'ile. fur lapo )in aulii cette rts, favoir ; le & une battete orientale de l'ile de Saint-David ell aufli grande que 'ile de Saint-Georges, a l'Eft de laquelle. elle eft f tude. Elle a de 'Eft 3 l'Ouefl, une lieue de longueur : fa largeur eft fort inegale. Elle eft fertile & bien boifde; fes c6tes font efcarpees. & 'approche en eft defendue par des roches fous l'eau fort dangereufes, qui s'etendent plus d'un tiers de lieue au large. La pointe de 'Ef fe nomme David's Head( Cap de David).

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DES D1BOUQUEMENS A la pointe de 1'Oueft de cette ile., ii y en a une qui git Nord-Ef & Sud-Oueft, ayant plus d'un tiers de lieue de longueur & etant fort etroite, appelle Long Bird Iflands ; elle forme, avec l'ile de SaintGeorges un canal qui communique dans le port de Saint-Georges ; mais ii n'eft propre que pour des chaloupes ou autres petits batimens. Ce canal fert a la communication & au commerce de la ville de Saint-Georges, & de la tribu ou paroiffe d'Hamilton, dans laquelle eft la ville de Tuckers : ii y a un bac etabli pour cette conlunication. Ces deux derniereiles forment avec la grande ile Bermude une baie ou port nomme dans leurs Cartes, Southampton Caftle Harbour, c'eft-a -dire, Havre de Southampton ou du Chateau. Cette baie eft grande, belle & couverte a fon entree, qui eft du d:6te du Nord-Eft, par plufieurs iles de diffirentes grandeurs, fur lefquelles on a bati defendent l'entrie. La paffe n'a p des forts qui en de deux as plus cens toifes de large entre deux petites miles. Sur celle de babord ii y a le fort de la Reine & fur celle de firibord, le fort de Pembrock. A demiportee de canon au large de f'ilet du fort la Reine il y a un autre petit ilet efcarpe fur lequel il y a un fort qu'on appelle le Vieux Chateau. Ces trois forts defendent l'entree du port. Lorfqu'on a paff ces miles, on entre dans une baie qui a cinq quarts de lieue de long & trois quarts de lieue de large : ce feroit un des plus beaux ports de l'Amirique, fi l'entree n'en etoit pas fi diffici4 & les abords fi dangereux. DEsCRIPT. 1421

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S-----------tr _________ DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. La plus grande des miles Bermudes, 143 a quatre lieues de longueur : fa largeur eft fort inegale; mais en general elle eft fort etroite. Ce font, en plufieurs endroits, des langues de terre d'une demi-lieue, & meme d'un quart de lieue de large. Elle renferme plufieurs anfes & baies, dont it y en a deux tres-grandes; l'une qui s'appelle la grande Baie du c6te du Sud-Ouefi, & l'autre la Baie d'Harrington du cote du Nord. Cette ile eft divifee en huit Cantons, que les Anglois nomment Tribe ( Tribu ) S AVOIR; D'Hamilton, de Smith, de Pag Devonshire de Dans la Tribu de Pemb et, de Warwic rock, de Southampton; Sandys ou des Sables, de k. d'Hamilton, Tucker'sTown ell une ville fort jolie batie par le Gouverneur Daniel Tucker Ensbib : elle eft fitude fur le bord de la mer, dans la parte du Sud du Havre de Southampton, dont j'ai parld ; & les petits bitimens peuvent mouiller tout aupres de la ville dans une anfe qu'on appelle Stokes Bay. Du c6te de lR la cote eft defendue par des roches fous 'eau, qui font tout aupres de terre. Cette chaine de roches continue le long de la c6te laiffant cependant entr'elles des intervalles par lefquels on peut aborder; mais ces endroits font deffendus par des batteries & des forts. Le plus confiderable eft le fort du Port Royal, dans la Tribu de Warwick, a trois grande lieues au Sud-Eft

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DES DEBOUQUEMENS 144 de Tucker's-Town : il def e port, nomme Port Royal. fendue par une grande & b Warfort. On trouve enfuite 1 nd 1'entree d'un petit La c6te eft encore deelle batterie appellee e fort de Southampton, a une lieue a l'Ouefl de Port Royal, & trois quarts de lieue plus loin, une batterie nommee Wef fide Fort (Fort du cote de l'Oueff). C'eff-la 1'extremite occidentale de la grande ile des Bermudes, au Nord de laquelle et f'ile de Sommerfet, tres-bien habitue, ayant au moins trois & plus d'un quart de quarts de lieu lieue de large. de longueur La grande Baie the great Sound, eft fitude dans la partie du Sud -Oueft des miles Bermudes. Du cote de I'Ouefl, elle eft formee par plufieurs iles, dont La plus grande eft celle de Sommerfet, fuite celle d'Iflande. Du c6te de 'Ef, c'e4 la & engrande Bermude. titi de Cette baie renferme petites iles, & plufieurs une grande quananfes & babies ou I'onpeut mouiller fort pres de terre : I'entree eft du cote du Nord, fermee par une chaine de roches fous1'eau, & quelques petits ilets entre lefquels on paffe pour entrer dans la grande baie. It y a deux paffes entre ces ilets, 'une du c6te de l'Oueff, proche 'ile d'Iflande & l'autre du cote de 'Ei proche une pointe de 1'ile Bermude, nommee Spanish Point ( Pointe Efpagnole) : la premiere eft la meilleure. On paffe entre deux petites miles qui font fort faines ; on laiffe la plus grande a babord, & la plus petite qui n'efl qu'un rocher tout rond, a firibord, Lorfqu'on DESCRIPT.

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DE-LISLE DE SAINT-DomiNGUE. 145 Lorfqu'on eft entre .ces deux iles, on gouverne' fur deux auttes plus grandes qu'on voit dans le Sud, qu'on appelle Brothers Iflands ( Ifles des Freres) laiffant i babord une petite ile fort faine appellee Pearle Iflande : lorfqu'on l'a depaffde, on peut mouiller dans la grande baie en toute fhretd. Dans la partie de ERt, ii y a plus d'une quinzaine de petites miles fort indgales, & tres-pres les unes des autres; qu'on nomme les Ifles d'Elifabeth, derriere lefquelles la baie forme une anfe longue & etroite, qu'on appelle Port Paget; mais outre qu'il ne peut recevoir que des chaloupes & petits batimens femblables, ii faut etre tries -pratique pour s'engager parmi tous ces ilets. Je pourrois entrer dans un plus long detail fur le nombre, la grandeur & la fituation de cette multitude de petites miles qui compofent les Bermudes, dont plufieurs ne font que des rockers incultes & ftlriles, mais cela ne feroit d'aucune utility aux Navigateurs : j'aurois beaucoup mieux aimed connoitre plus parfaitement les differentes paffes, pour entrer dans les bales & dans les ports eviter les dangers, & mouiller avec furete, connoitre la nature des fonds, la quantity des braffes d'eau qu'on trouve plus ou moins pioche de terre, les endroits propres a faire une defcente, & 1'etat particulier des forts oubatteries qui les dependent; mais ii ne m'a pas ete poflible de me procurer ces connoiffances; auxquelles i faut efperer que nous parviendrons avec le temps.

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DEs DEBOUQUEMENS Il ne me refte donc plus ,qu'a faire quelques obfervations fur la longitude des Bermudes, qui eft marque Cartes. differemment dans prefque toutes les S Remarques fur fuivant les la longitude Cartes des Ifles Bermudes Hydroagraphiques. Lorfqu'on examine la pofition des Ifles Bermudes, dans toutes les Cartes Hydrographiques, on eft etonne de voir combien elles varient fur la longitude de ces iles. En voici quelques exemples. Dans les Cartes Hollandoifes gravies & manufcrites de Pietergoos, d'Hendrick Donker de Vankeulen & autres, la longitude des Bermudes eft marquee par trois cens treize degres trente minutes, Meridien de Tendrif; ce qui revient aux foixantecinq degres vingt minutes a 'Occident de celui de Paris. Les Cartes "Angloifes de W. Mount & T. Page les placent par cinquante-fept degres quinze minutes a l'Occident du Cap Lzard; ce qui revient aux foixante -quatre degres quarante -cinq minutes du Meridien de Paris. Une Carte Marine Geographe de Sa Maje Angloife d'Eman Bowen, Pe Britannique, publide depuis 1740, met les Bermudes a foixante-cinq degres quinze minutes a 1'Oueft de Londres ; ce qui fait les foixante-fept degres quarante minutes du Meridien de Paris. 146 DESCRIPT.

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DE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 147 Le meme Auteur qui a donned un Traite complet de Geographie en deux gros volumes in-folio imprires a Londres en 1747, i l'article des Bermudes dit qu'elles font par-les foixante-quatre degres quarante-huit minutes de longitude occidentale de Londres fuivant une Obfervation Afironomique exac7e ; ce qui revient aux foixante -fept degrees treize minutes du Meridien de Paris. I1 ne dit pas fur quelle obfervation. Le nouveau Calendrier des Mariniers ( The new Calendar of the Mariners ) pour 1'annee 1734, & celui pour l'annee 175 5 s'accordent a donner pour la longitude (a) des Bermudes, r'duite au Meridien de Paris, foixante-fix degres & huit ou dix minutes environ. Une Carte Frangoife de 1'Ocean occidental, publide en 1669 & dedide a M. Colbert, par le fieur du Bocage Boifage, Hydrographe du Roi, au Havre de Grace met les Bermudes par les foixante-cinq degres de longitude occidentale, a 1'Occident du Meridien de Paris. Enfin dans ma Carte de l'Ocdan occidental, j'ai cru devoir placer les Bermudes, par les foixante-neuf degres de longitude occidentale. Je les ai donc portees plus a 'Oueft que toutes les Cartes, a l'exception de celle d'Eman Bowen; mais je n'en puis tirer aucun avantage, car ce Geographe a public fa Carte (a) Cette determinaton me paroit d'autant plus exa&e qu'elle s'accorde avec l'Obfervation Aftronomique que je rapporterai ci-apres. Tij

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148 DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS apres la mienne, & il dit dans fon titre qu'il a fuivi 12z Carre de l'Oclan occidental, publide en France en 1738 par ordre de M. de Maurepas. Effedivement elle eft une copie. de la mienne. On demandera fans doute, fur quels fondemens j'ai place les Bermudes plus a l'Oueil que toutes les Cartes qui m'ot precede. Voici ce que je puis repondre. 1 0. Cette variety qu'on voyoit dans les Cartes, marquoit le peu de certitude qu'avoient leurs Auteurs pour placer ces iles avec precifion; & par confiquent chacun pouvoit fuivre fes moyens particuhiers de combinaifon. z .Je n'avois pas alors connoiffance de l'ObfervaLion Afironomique que Thomas Street rapporte dans fon Aftronomie Caroline, page 6i edition latine de 1705, d'une eclipfe de Lune 1 Odobre 1759 faite aux Bermudes par Norvood ; d'ou Street a conclu quatre heures ouoe minutes trente fecondes pour la difference des Mdridiens entre Londres & les Bermudes, qui valent foixante-deux degres cinquante minutes, & quelques fecondes ; ce qui fait foixante-cinq degrds quinze minutes de Iongitude occidentale du Meridien de Paris, en fuppofant entre Paris & Londres, deux degres vingtcinq minutes pour la difference des Meridiens. Je fais que cette obfervation eff fufceptible de quelques difcuffions & qu'un de nos Aifronomes en a conclu foixante-fix degres entre Paris & les Bermudes, en y faifant certaines correaions dans le detail def-

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DE L'ISLE DE SAINT-DOMINGUE. 149 quelles je n'entrerai point. Enfin, quoiqu'il en foit, j'aurois fuivi cette determination, fi je l'avois connue alors & je ne fais pas pourquoi le Geographe Anglois, que j'ai cite, m'a fuivi par preference aux Atteurs de fa Nation ; & ii me paroit qu'il devoit d'autant plus adopter cette obfervation, qu'elle s'accorde avec celles rapportee3 dans leurs Calendriers deslimariniers, cites ci-devant. 30. Ce qui m'a determine a placer ces miles plus i 'Oueft, c'efl la remarque qui me fut donnie alors par un Officier diftingue dans la Marine & auquel je devois avoirconfiance (M. de Radouay) : elle dit qu'a cent lieues a l'Eft de la Bermude it y avoit un banc de roches fur lefquelles la mer brife, & dont quelques-unes font hors de l'eau; que plufieurs Navigateurs les avoient prices de loin pour les Bermudes, qui font par la meme latitude ; que ce banc avoit etd vu par le nomme Louis Duhal, lequel etoit embarque fur un Corfaire qui fit route de ces roches i la Bermude : je les ai marquees fur mes Cartes fans autre garant & j'ai ete fuivi par Bowen. Cependant plufieurs Navigateurs doutent de ce fait, & je le crois affez important pour meriter leurs recherches ; car fi ces roches n'exiftent point, it eft ridicule de les marquer fur les Cartes, & d'inquieter les Navigateurs par des dangers imaginaires: que fi elles exiflent it feroit extremement dangereux de ne les pas placer i leur veritable diflance des Bermudes ; & l'incertitude de leurs positions cauferoit

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r5o DESCRIPT. DES DEBOUQUEMENS des naufrages d'autant plus cruels qu'on y periroit fans efpoir d'aucun fecours. 4 .J'ai cherche, parmi les Journaux de Navigation qui font au Dep6t des Plans de la Marine ceux dont les Navigateurs, pour retourner enFrince ont debouque foit par les Caiques foit par Krooked, & ceux imdme qui ont debouque fous le vent de l'Anguille, ou entre Antigue & Montferrat; je n'en ai trouve aucuns qui aienteu connoiffance des Ifles Bermudes, ni des roches que j'ai dit etre cent lieues a 'Ef quoique, fuivant leurs routes pointees avec foin ils en auroient du paffer tres-pres. En voici quelques exemples. Le vaiffeau du Roi, le Profond, en 1734, ayant debouque par les Calques, a paffd la latitude des Bermudes par les foixante-trois degres trente minutes de longitude occidental du Miridien de Paris qui eil celle des roches que j'ai marquees fur mon Ocean occidental, a 'Efl des Bermudes. Le vaiffeau du Roi, e Francois en 1739 ayant debouque fous le vent de Mogane, a paffi la latitude des Bermudes, par foixante-huit degrees de longitude. Le vaiffeau du Roi, le Port-Faix, en 173 5 a paff leur latitude par foixante-fix degres quarantecinq minutes de longitude. Le vaiffeau, la Gironde, en 1735 ayant debouque fous le vent d'Antigue, a paffd cette latitude

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IDE LISLE DE SAINT-DOMINGUE. 151 par foixante-trois degres trente minutes de longitude. La Charante en 1736, l'a paffde par les foixantetrois degres quinze minutes de longitude. La Somme, en 1 736, debouquant par le canal de Bahama, a paik la latitude des Bermudes par foixante-neuf degres trente minutes de longitude. Le Vaiffeau du Roi, l'Emcrdllon, en 1674, debouquant fous le vent d'Antigue, a pa&f la latitude des Bermudes par foixante-neuf degres de longitude. Le vaiffeau, le Palmier, en 170 5 ayant debouque par les Caiques, a paffe la latitude des Bermudes par foixante-fix degres trente minutes. Sans pouffer plus loin ces recherches, je ne puis m' empecher d'obferver qu'il ef a onnant que dans 1'etendue en longitude comprife entre le foixantetrois degrees, & le foixante -neuf degres, parcourue par les. Navigateurs que je viens de citer, aucuns n'aient euconnoiffance ni des Bermudes,ni desroches qu'on dit en ttre cent lieues a l'Eif; d'autant plus qu'elles font farement dans cet efpace, c'eft-a-dire, entre le foixante-trois & le foixante-neuf degres de longitude. Malgrd ces incertitudes, j'ai pris le parti de placer les Bermudes par la longitude de foixante-fix degres a l'Occident du Mdridien de Paris, fuivant I'Obfervation afironomique rapportee ci-devant ; & j'en ai fait la correfiion fur la troifieme edition de ma Carte de l'Ocean Occidental, publiee en 1757. A 1'egard de ces roches, qu'on dit i 1'Eft de la Ber.-

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152. DESCRIPT. DES DIBOUQUEMENS mude, quoique je croie qu'ellesn'exiffent pas, com= me it refle encore quelque incertitude a ce fujet, it n'y a pas de danger a les marquer, & il.y en auroit beaucoup a les fupprimer, fi elles exiffoient. F I N.

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