Citation
Histoire médicale de l'armée française à Saint-Domingue, en l'an dix, ou, Mémoire sur la fièvre jaune

Material Information

Title:
Histoire médicale de l'armée française à Saint-Domingue, en l'an dix, ou, Mémoire sur la fièvre jaune avec un apperçu de la topographie médicale de cette colonie
Portion of title:
Mémoire sur la fièvre jaune
Creator:
Gilbert, Nicolas Pierre, 1751-1814
Place of Publication:
Paris
Publisher:
Gabon
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
1 online resource (103 p.) : ;

Subjects

Subjects / Keywords:
Yellow fever -- Haiti ( lcsh )
Fièvre jaune -- Haïti ( ram )
Medical care ( fast )
Yellow fever ( fast )
Haiti ( fast )
Genre:
non-fiction ( marcgt )

Notes

General Note:
Title from PDF t.p. (LLMC Digital, viewed on Nov. 5, 2011)
Statement of Responsibility:
par le C. N.P. Gilbert.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
759716836 ( OCLC )
ocn759716836
Classification:
RC212.H2|RA644.Y4 G55 1803 ( lcc )

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HISTOIRE MEDICAL

DE L'ARMItE FRANCAISE,


A SAINT


-DOMINGUE,


EN L'AN


D J.V


/,







HISTOIRE MEDICAL

DE L'ARME"E FRANCAISE,


INT


- DOMINGUE,


EN L'AN


D I X;


OU


MIEMOIRE


AvEc un appercu de la


Topographie mgdicale de


cette Colonie.


PAv


LE C. N. P. GILBERT,


M t D E c I N en chef de cette Arm&o, Mdecin titulaire de 1'I6pital militaire de Paris, Membre de plusieurs Socidt6s savantes de la imme ville.
Quoeque ipse miserrima vidi, Et qtorum pars magnaftti.
V n c i ne. ZBneU. Vb.


Chez GABON et


A PARIS, Compi , Libraires, de Mddecine.


Place de 'Ecole


DE L'IMPRIEIERIE DE


A N x z-I-o.


SA


SUR LA Fi]tVRE JAUtNE,


GUI L LEMINET4


A









AUX COSTE,


CI TOYENS


Mdecin,


HEURTELOUP,


Chirurgien


PARMENTIER, Pharmacien, VERGE Z fls, M6decin-Secr6taire; COMPOSANT

LE CONSEIL DE SANTE DES ARMEES.




TJMOIGNAGE D'ESTIME


ET DATTACHEMENT


DE LAUTEUR4









1IJSTOIRE MEDICARE

DE L'ARMEE FRANCAISE,

A SAINT-DOMINGUE,

EN L'AN DIX.

a
Co nsiddratons gdndrales.

L E sulet que 1e traite interesse tous les FranctIis, soit come citoyens, soit comme individus attache's par les liens du sang, ou par des affect. tioris particulieres a* ceux qui vont servir la patrie, ou former des etablissemens dans les Colonies.
Lorsque expeditionn de Saint-Doningue fun ordonnee au mois de vende"'miair an i o .le desir d'en fire partic devint general : les mallicurs inseparables des rtfbrnmes de tous les dtablissemens de guerre, la raret6 des emplois civils, cn raison du nombre d'hommes qui, depuis dix ans, servaient darts les arnees, et qui allaient se trouver sans etat ' la paix, les presomptions bien fortdees d'un avancement ou d'une fortune, ordintairement rapide aux Isles, tcls Jtaient les suIets de
toutes les conversations ; les esprits S"""chaue"u't,






(4)
les esp'rances les plus flatteuses furent concues; les bureaux du ministre de la guerre, les cabinets des hommes en place farent assiges par les citoyens qui voulaient passer a Saint-Domingue.
I1 semblait que cette 6nigratiou ne ffit qu'un ,oyage de plaisir, que cette transplantation sons la zone torride convint ' tous les ages, ' tous les temperamens; on ne voyqait pas, on iie youlait pas voir ' quel prix s'est acdiet dans tous les temps l'acclimatement dans ces contrecs.
Qu'est-i arri*v ? les effkts d une stkberesse extraordiuaire et d'une chaleur devorante ont imprine un caractere de malignite a la maladie qui attaque les Europdens qui vont s' tahlir a* I'Amerique. Les suites insdparables d'une g91lerre h outrance ont done' " cette mahadie assez dextension pour en forrme r une esp&ce d epidle"Mie a Saint'Doningue et a Ia Ouiadeloui:. Des causes locales , depInda utes de "'icendie et de la d,'vasution du Cap-'Franits out riedu ce fleau plus desastreux encore en cette ville. Dui moment oh ces nouvelles ont t revues en France, les iddes a c sujet ont pris une autre direction; a une security' aveugle odt succd4' des alarwes trop vives; les bruits les plus effraqarns se sont repandus, et lon a craint le passage dans les Colonies autant qu'on F'avait desire'.
I1 importe de rectifier l'opinion 4 cet e'ard e







(5)
de rassurer les esprits. On a dit que la fie'vre jaune est une epidWaiee pestilentielle, qui, depuis la revolution, frappant annuelleeut ies Europeens qui arrivent aux Antilles, et meme les Colons, ne pre'sente plus qu'une depopulation ine. vitable; que cette epidemle, inconnue dans sa source, sa marche et ses eftets, ne laise aux mt~decins qui en sont les teinoins que la doultur d'accroltre le nombre des victimies , sans respoir consolant d'en moderer la fureurpu d'en arreter le cours; cette assertion est de toute faussete. Je ferai conwalte que la fievre jaune a fi'app4 de tout temps, dans les colonies, les Europeens qui y ont aibordd ; qu' elle a ete plus ou mnoin, redoutable en raison de la temperature des saisons, ou de I' tat idyosyncrasique des sujets qui en oit 4td atteints ;que son intensite actuelle tient h des modifications locales et teniporaires, qui, loin de devenir permanentes, s'affaibliront insensiblement d'elles-memes, ou plus promptement, si les moyens convenables d'hygiene puIbiique y sont employes. Je ddmontrerai, par les faits, que la fievre jaune de Amerique ne doit pas inspirer plus d'alarmes pour l'avenir que toute autre fievre de mauvaise nature, qui nait, croft, se de'veloppe et s) eteint, en Europe, daiis les armies 7les villes assietgees, les hopitaux, les prisons.' On sera force d'en conclure que nos Co.







(6)
lonies ne seront pas plus ddsertees par nous, ' reason de cette maladie, que ne sont abandonnjes toutes les villes maritimes des EtatsiUnis que ce fle'au ravage depuis long-temps, que ne sont abandonnees la Havane, la Jamaique, lAndalousie, qu'il a 4galement frappees, ainsi que toutes les contrees de 1'Europe oh se montrent de temps h autres des maladies epide'miques plus ou moins funestes.
Todtes ces ve'ritds seront rendues sensibles par les details qui suivent.
A,4rrhde de l'armdefrangaise au Cap.
L'arme de Saint-Domingue, sous les ordres du general en chef Leclerc, beau-frre du premier Consul, partie de Brest le 23 fimaire an io, arriva devant Samana le 9 pluviose. Le i0 le general Kerverseau se detache avec quelques frigates et se dirige sum' Santo.Domingo. Le i4, I'armde arrive devant le Cap-Francais; le general Rochambeau se porte sur le fort Dauphin avec le capitaineMagon; le gdne'raI Boudet et le contreamirat Latouche so rendent au PortoauPrince.
I1 y avait pea de malades sur les vaisseaux.
Le 15, le gdne'ral en chef opere la descente au port Lacul, " ,t n lieues du Cap.
Le mneme jour, cette superbe viile est mcendie'e dans sa presque totality, et Iarnee francaise







(7)
s etabli t sur ses decombres, au milieu des ruines, de la devastation et de la desolation publique Etablissement de deux hpitaux au Cap.
Mon premier soin, en descendant "a terre, fut d'aller reconnaltre l'Mat actuel des deux h6pitaux de cette cite. Tous deux avaient ete' dtdvaste's, pills, incendids en partie, et nk'taient pas en tat de recevoir, pour l'instant, les militaires et les marins malades, ainsi que ceux qui avaient pu le devenir dans une marche vive et force, de plus de douze lieues, sous un ciel brdlant, sans provisions, et a travers le feu des rebelles. Le general en chef, a son arrivee au Cap, attach ses premieres pensees au soulagernent de l'huma. nite' souffrante; le plan qu'il adopta fut si precis, 'execution de ses ordres fut tellement activdre par I'ordonnateur en chef Daure, le zMAe des chefs du service de santd, de administration hospitalibre, et de tous leurs collaborateurs, fut si ardent, qu'en peu de jours,les det. h6pitaux furent mis en etat de recevoir entre eux i,ooo h ,,2oo hommes. Cet dtablissement codita les plus grandes peines. On ne trouva aucunes ressources ni en hommes ni en effets dans la ville. Les effiets dh6pitaux, embarqu.s pour le service de rarmde, se trouvaient disperse's stir les vaisseaux de 1'escadre; plusieurs de ces vaisseaux s'jtaient ports str diffirens points de rile. L'hbpital , dit des







(3)
PWres, situ n quart de lieue du Cap, n'offrait pas routes les suretes convenables; celui de la Providence, place en vile, ,as un loc a insalubre sous tous les rapports, presentait de grands inconveniens ; mais la n4cessitJ fit loi et nos malades entrrent dans ce double asile.
Mon premier dt sir, en arrivant dans cette Colonie, que je voyais pour la premiere fois, fut de recueilir avec soin tous les renseignemens propres a m'eclairtr sur la topographie me'dicale du pays, "sa m'teorlogie, la serie de ses constitutio1 m dieaes, la nature , la marche , le retour priodique de-ses maladies, et sur-tout de ce fl.au cruel connu sous le nom de fiivre jaune. Javas, sur tous les objets, les connaissances que m'avaient Pu fburnir les praticiens qui avaient public des ouvrages en France, en Angleterre , en Espagne et dans les diverses Colonies II me restait' a rapprocher de ces travaux les observations des gens de l'art qui exertaient leur profession dans ce pays. Les informations me procurement une suite de tableaux ne-. teorologiques et nosoliques, qui trouveront leur place duiis ce rmdmnoire. Ces tableaux mont toujLurs ete presens darts le service de santd que j' ai eu a diritger; ils ont servi de base a linstruction que J'ai cru devoir r-dioer an mois de germinal, sur les maladies des troupes "a Saint-DoTninque, et sur leur traitement. Cette instruction







(9)
atk imprimfle par les ordres du general en cief, cnvoy e aux officers de santJ et "a tous les corps de 'artnee. Elle avait pour objet principal d'edairer nos jeunes collaborateurs , qui 'aient pas eu occasion de traiter ou de voir traiter les maladies des armies daus les pays chauds; ils devaient se trouver tous les ours isoles dans des ambulances, des cantonnemens, des poses eloignes des hopitaux permanents ou temporaires sans livres, et abandonnes a leur propre inexperience par les difiicult~s et les lenteurs des communicatious ; il leur devenait avantageux de pouvoir consulter, avee quelque utilite I'analyse succincte de ce qui a t6 ecrit sur cet important objet.
Je presenterai ici avec quelques extraits de ce travail, dont je n'ai pu conserver quIun exemplaire, quelques additions que j'y ai faites depuis.
APPERC DE LA TOPOGILAPHIE MEDICALE DE SAINTDOMINGUE,

PWjiexiors gdndrales.
Le traitemeta des maladies des armies dans les climats situes sous la zone torrie offre l'applicalion journaliere de la premiere sentence du leislateur de ]'art de gueir. L'occasion est toujours fugitive et experience souvent trompeuse.
Un appercu de la topograpie midicale des







(1O)
Iieux doit toujours preceder rhistoire des maw ladies qui y regnent; c'est le phare qui conduit le praticien dans le traitement des pidemies, on qui lui indique au moins les ecueils qu'il doit 4viter. Cest ainsi qu'en arrivant dans les clitmats site's sous la zone torride ,, i conuat d'avance ldtat habituel de 1'dconomie animale; ii sait que hs slides y tendent "a la flaccidit; que le syst~me musculaire s'y trouve dans un stat de dtbilitation habitueile; que les organes de la digestion y sont frappes d'une enervation siguii ere; que les humeurs moins animalisees y ont un caractere plus sensible de carbonisation; qu'en meme temps faction d'une chaleur forte y rend la constitution tres-nerveuse, le temperament tres-bilieux, 1ame tres-ardente '1'iragm nation tres-exalte. Ces principes ge'neraux doivent &re toujours presens au medecin qui exerce sa profession dans les pays chauds; appliquonsles 'a la colonie qui nous occupe.
Situation gdographique.
L'ile de Saint-Domingue, placee entre le 7e et le 2oe degrt de latitude boreale, le 7 1 e et le 77edere' de longitude a, rouest du me'ridien de Paris, a i 6o lieues de longueur de rest a l'ouest, sur une largueur moyenne de trente lieues du nord au midi. Son circuit est de 55o lieues, et de Goo lieues en tUisant le tour des ases. Elle







C'')
est Coupee dans sa longueur par une chalne de montagnes tres escapees, tres-levees d'oui se detaclient lateralement , en divers sens, d'autres mornes au has desquels se trouvent ces deicieuses plaines couvertes des produits de la veg'tation la plus riche, qui fbrme de cette ile la plus belle colonie du Nouveau-Monde.,
De ces montagnes et'de ces mornes descendent plusieurs rivie'res et ruisseaux; its forment dans les pluies aboidantes des torrens qui entrahuent vers la mer et sur les esters des terres et des substances de, diverse nature. Les esters sont des rivages de niveau avec la mer basse, et qu'elle couvre daus le flux. Une moitii , pour ainsi dire, de Ile de Saint - Domingue consiste en esters. Ce soot des plages marecageuses couvertes de mangles, de meure d'une prodigieuse quantity d'insectes, de maringouins, de moustiques et de crustacees, dont les ddeompositiong exhalent avee les detritus dog vge'taux, des myriades d'emanations deleteres, sources inepuisables des maladies de mauvaise nature, si communes dans les Colonies.

Temperature, rises, pluies, saisons.
La temperature de Saint-Domingue merite de fixer attention de 'observateur. A tie juger cette ile que par sa situation dans ]a zone torride, on pourrait croire que la chaleury doit etre iisupporta-








be pendant. les six mois que passe le soleil entre 1kequateur et le tropique du cancer; mAIs des vents que [on appelle rises viennent regulimert chaque lour rafialciir I'atmosphere. Lun est la brise du large; i commence " se faire sentir vers rles 9 a i o heures du matin, crot en force "a measure que le soleil s'dleve sur rhorizon, d "croft "a mesure qu'iI s'eoigne du meridien , et
tombe "a sou coucher. La brise de terre lui succ ed et dure jusqu'au leudemain. Ces deux vents reguiers sont Interrompus en hiver par les vents de nord, qui sont pluvieux; en 4te, par les vents de sud, tr es-orageux,
Les pluies coutribuent aussi 'a temperer la chaleur; ies augnenteut en fipqtience et en hrce a measure que le soleil-avamce vers le z'nith. A leqimoxe d'automnie, les orages sout terribles, sur- tout dans les d partemensdu sud et de rouest. Au mois d'octobre, Wt:s orages cessent, des pluies d'une autre espce cottiu ncent ; ce e sont plus ces .d,,%( fot rient, par- tout des torrens
si redoutablts ; ce sovit des- phuies fines, 1raimhes, sembiables a celles do Frwve, dont dlbs prennent le nom; mais ces pluics tie favorisent que certain quartiers, et ne revienuent pas chaque annee jaux memes tivux.
La varidte' du climat de cette Ile est telle, qtie les habitats des diverses parties ne convietment pas encore entre eux de ce quils doivent appeler








iiiverou c4 Ainsi, dansles departemensdel(uest, du Sud et de lInganno, on appelle hiver le t!rjs des orages, depuis avril jusqu'en nov;imbre, de germinal "a brumaire; on ny connaL li piintemps ni automne. Dans les d(4,artemiens du 'Nord et de Samana, l'hiver commnwice en frimaire et finit en germinal. Guest alors qtie se font sentir les ventside nord ,appex es Iod;u sn c
ti -1 e les nords; 'is sont accompages d'un tcmps v 'blcux, pluvieux, durent trouis "a quatre jo it's de suite, et revientent deux a trois fbis le nos; alors les nuits et les matinees sout ftrakches et mcmfle ilt peu froides; les plates vMgktent peu, quoique ce soit le temps des pluies: le printemps nat, se continue jisqu'a la fin de prairial;- c'est le moment ol toutes les riclisses de la nature se deploienJ; ies vegetaux sont pares de ficurs, beaucoup d'arbres sont cbarge's de fleurs et de fruits, rair est ernbaumud de toute part. Messidor arrive et amene avec luii les chaleurs devorantes , les seheresses accablantes, les vents de sud etouffans. C'est I'e't de ]a zone torride, it dure i usqu'en vendhniaire. te, ps di's orange saison de rautoinne qui se termine en tiimaire.,
Le there iomntLre de Reaurnur, indiquc de 2o t 25 degres de brumaire "a ventose ; de .5 a 5o, de ventose ' florei ; de 3o " 35, de praiAa U vendeiiiaire ; le Fai vu a 37 et 38, le .2 prairial, au Cap-Francais.
Le barointre se tient ordinairent entri:






(14)
28 pouces 2 hignes , et 28 pouces lines
La chaleur est toujours plus forte dans la plaine; elle diminue a mesure que I'on S'"'lve dans les mornes ; et cette difirence de tempera. ture est tellement sensible, que 'on est quelquefois oblige de changer de vwtemens et de se couvrir avec soin, ,lorsque l'on arrive dans une haitation. tres-eIevee au-dessus du niveau de ]a mer. La fraicheur que l'ou y e'prouve le soir et le matin est semblable 4 celle des matinees on des belles soirees du printemps, ou meme quelquetois de rautomne en France. Cette variation subite et tres.frequente de temperature rend, en cette Co. lonie, les affections catharrales tres-ordinaires. Terroirs, carrieres, rivmeres , eaux, sources
d'eaux mindrales.
Le terroir de cette ie est d'une diversity remarquable, propre "a presque toutes les cultures.4 On y reconnalit des terrains calcaires, argileux, marneux, schisteux, sablonneux. La moitie de file est en montagnes, dont la plupart peuvent se cultiver jusqu'h leurs sommets. I1 y en a deI stories trs-escarpees, d'une hauteur extraordinaire; leurs gorges, dont le terrain est plus humide par la chfite habituelle des torrens, se couvrent de bananiers, de palmiers, de mimosa de toute espece; d'autres montagnes, tgalenient aritles, boI'deu les 0tes, et semblent fu'tre places la







()
parla nature que pour servir de digues aux fureurs de la mer. Au pied de ces montagnes se voieIt des rochers effrayans par leurs masses, s' levaiit a pic, et format ce que lon appelle les cotes de fer; tell est la c6te qui s'e'end depuis le fort Picolet au Cap jusqn'au port de l'Acul; telle est encore la bande du nord de Ile de la Tortue. '
Quelque lieu que l'on creuse dans la plaine, une profondeur de six ou buit decimetres
presente le tuf, ou l'argile ou le sable; la terre ve'getale y a tre's peu d epaisseur, et c' est un objet digne des mteditations du plhvsicien et du naturaliste, que de voir cette terre, si peu profonde, porter et soutenir les arbres les plus Plevds, les plus gros, les plus forts, don't Ies forks puissent s'embellir: leurs racines ne plongent jamais "a plus de six ddcimetres, (2 pieds)

I -La plupart des cotes des d6partemens du Nord et de rOuest sont des collines calcaires, form6es par des masses dnormes de madrepores, souvent cellulaires. Les habitats les nomment Roches ' Ravet, du nom de l'insecte blatta americana, Linn., aussi comMunI qu'incommode, qui se r6fugie dans ces madr6pores. Ces roches calcaires sont couples de inani6re t faire quelquefois sept ' huit gradins horizontaux, de trois 4 quatr, cents mtres de largeur, depuis le board de la mer jus. qu'au sommet le plus 61ev6. Cette disposition tr" "Sin guli6re est frappante aux environs du taorne SaintNicolas et aupr's du fort DaupIhin.






(e6)
mais elles s'ttendent en surface; leur direction quite la perpendiculaire et, devient horizontale en proportion diu poids qu'elles ont " soutenir. C'est ainsi que le figuier sausage pousse ses ratines a plus de 24 mtres de distance du tronc, tandis que les palmiers, dont les racines sont tres-courtes, les ont en nombre immense. Cette disposition singuliere de la terre ve'P6tale parait provenir de ce que les pluies ne peuvent jamais, pour ainsi dire, qu'efflkurer la surface du sol.
Ony trouve des mines d'or, d'argent, de cuivre, de fer, d'tain et d'aimant; du cristal de roche, du soufre, du charbon de terre, etc., des carrieres d narbre, de schiste , de marne, dans lesquelles on rencontre beaucoup de silex ; des produits volcaniques, des stalactites danis des cavernes. Le morne, dit Bonnet " l'Eveque, situ" dans la paroisse de la Plaine du Nord, pr s le canton du Grand Boucan, ne presente dans son intrieur qt'excavations, precipices et cavernes, ou d'immenses stalactites et stalagmites aunoncent le !ong et continue ouvrage de la nature.
L'Ile del Saint-Domingue a un grand nombre de rivieres ; mais ii taut convenir que la plupart d'entre elles ne sont que des torrens et des ruisseaux, et qu'on n'en trouve pas une seule navigable trois ou quatre Iieues de son embouchure. Les plus belles de ces rivie'res sont, f'0zama, don't 1 embouclhure forme le port de Santo-







('7 )
Dormingo, la Neyva, 1'Usaque ou rviere de
Monte-Christo, 1'Artibonite.
Les eaux des rivieres y sont en general bon. nes et saines, mais vires et frachs; celhS qut avoisinent lesbords de la mer sout saumtres et limoneuses; elles deviennent ineilhcures 4 mesure que leurs sources approchent des mornes; le plus grand notnbre centre elles contient plus ou moins de sulfate calcaire ou diaux sulfatee.
II y a dans rile un grand nombre de sources d'eaux rinrales ; deux seulemetit ont ete sou. arises 'a des 4preuves ncessaires pour is fAire connaitre: routes deux sot thermales stillbreuses.
Les premieres de ces sources sont cells de Boy nes "t deux lieues du Port it Pialent, " 50 licues du Cap-Franeais et 'a 14 liues des Goailves. Ces eaux mierales peuvent t tre utilemerut or-. dones dans tous les cas oh celles de Bareges le south en France. Elhes seront particulieremIent utiles dans les atfctions rhumatismales chroniques, les maladies cutanees, les anciens ulcers a la suite des plaies d'armes "a feu, les paralysies completes ou incompletes, etc. beaucoup, de militaires blessed's ou rhuniatisans, que l'ou serait oblige' de Utire repasser en Eutrope, pourront etre guepris et conserves dans la Coloie.
L'analyse de ces eaux a et' fthite plusicurs fois; le mtedccin Dazille, qui a dowle' un travail in-







(di)
twressant sur les maladies des nbgres, et sur celies de Saint.Domingue, s'en est occupy d'une maw niere particuliere , et avec tous les details que-la Situation ou iU se trouvait a pu lui permettre.
Les secondes sources d'eaux minrales appartiennent egalement aux eaux sulfureuses. Elles sont situdes dans le d partement de rouest, quartier de Mirebalais, sur les confins de celui de 'Artibonite, M. Desportes, "a qui l'on doit une histoire si fiddle des maladies de Saint-Domingue, et dont 'ouvrage m'a fourni plusieurs des details que j'ai consiguds dans mon travail, a Wdt lepreuve de ces eaux. L'le de Saint-Domingue est aujourdt nu partage~c en cinq de'partemnens; ceux du Nord, de 'Ouest etdu Sud, formant les anciennes possessions frau. cases; ceux de Samana ou du Nord-Est, et de 1'hIganno ou du Sud-Est, format les anciennes possessions espag oles.,
Queques observations sur la botadq ie.
cette Coloide.
i n'est pas de mon sujet, de -poUsser plus loin ces details de topographie rndicale; ce que jen ai dit suffit pour conduire aux resuhats suivans:
0
ue me permettrai seulement d'ajouter un mot sur les brillans produits de la vegetation dans cette Coloniej je ne parole pas de ceux que ia cul-







( '9, )
tire met , profit pour 1'avatttage du commerce, le sure, le cafJ, le coton et ldigo , ces oblets sont assez connus; e ne W vex que fixer un instant mes souvenirs sur les richesses spontares que la nature dispense avec taut de proliision danS ces clirnats.
Les courts loisirs que me laissait mon service att Cap) Francais etaient entieement consacrds a des excursions botanques. Le citoyen Tussac, aiatair tis - distingue , avait eu la compai, sance de me Iburitir tous les renseignemens qui pouvaient m'etre ndcessaires. 11 avait fait avec nol plusicurs promenades, qui mavaient 1 e extreme : il mavait offert uri
ete, d'une utility" .ilnia
otppartement dans une de ses habitations, site derriere la vile, sur un ruorne assez eee. Une route 'a demi sauvage y conduisait; elle etait couverte d'arbres,- d'arbustes, de plantes , objets entibremeut nouveaux pour moi. La, tous les legumes de l'Europe, tous les legunes de I'Am& rqtze etaient cultives par ses mains, dans ses jardins. Tous ies veaetaux de la Colonie etaienlt reunis, par ses soins, darts ses bois, et sur ses coteaux. Au has de sa mason de campa, ne, unet route deserte, s elevant entre deux iontagnei dans une gorge, connue sous le nor de Gorge de !aProvidence, cotiduisait, par des sentiers tortueux et difficiles, a queiques trwssof- de fureIl, aussj






(20)
a0Iciennes que le monde, descendait ie long d'unio ra' inC tapissde des belles fougeres et des longues scolopendres dAmerique , traversait les ruisseaux sur des points de rochers couverts de mousses ct de licbens, croisait le chemin frayd qui conduit au Port Francais , et se termmait par des savanes, ou des prairies ewaillees de fleurs, ' une habitation incendite, situee sur le bord de la mer, dans 'anse 'a Piment, derrit'e le morne Picolet. Cette liaison, a% une demi - lieue du Cap, Ctait le terme ordinaire de mes courses. Je ie rendrai pas compte des sensations que j'eprouvais dans ces promenades solitaires, que je faisais seul avec ron fils, un Systema naturae Linnaei a
]a main; je ftuldis sous mes pas, dats ces sa. vanes, le cleome pentaphj i/a, le lepidiuvz 'virginicum, le bunias cakile, le turnera pumicea, cystoides, Vlocy mum amiericanum. Je rencontrais, sur les bords de la mer., les grands raisiniers coccoloba uvYfra, Linn. croissant entre les rochers , laissant echapper des aisselles de leurs feuilies larges, arrondies, epaisses, coriaces, de belles panicules pyramidales d'un grand nombre de fleurs, petites, blanicititres et d'une odeur trs-douce. A mesure que la route s elevait sur les coteaux, le me pi eritait des acacias de toute esp 'ce et de toute taille; la mo. deste sensitive, mimosa sensitiva .pudica,









Linn. , caee sous le gazon entre los sidi, les dianthera, les ruellia; Facaja-' F 'tics
mimosa faraesiana , Linn., forilat des buissons charmans patr la finesse de ses fi i6Ies et le parfum de ses petites fleurs jaunes, distoseies en houis. Aux~ memes he'ux selealetit matstueusement les acacias fruits sucres, mimosa inga, Linn., d&nt is fruits donnent une puwpe SPOInlituse si blanche et si douce ; his acacias plus beaux encore, a flours monadelphes tasciculet s, mimosa lebbeck, Linn., dont leslongues Ciousses dessechees et froissees par les vents rappelawint a esprit et ' l'oreille le sylvamque sonantenz de Virgile. En approchant des habitations, les orangers se mulipliaient, ainsi jue les g yavivts, les citronniers, le bois de Campeche, haematox)y'lum campechianum, Linn.; le bresillet, caesalpinia crista, Linn, ; l'Il ant t-oee d'"Ar'ique, volkameria aculeata, Linn ; le joli melia azedarach, Linn. ; les belles poiM. cillades, poirciana puicherrima Lin., auw superbes apis de fleurs at ptdtalcs, jaunes sur les bords, pourpres dans leur milieu , environnant dix etamines dun rouge lbrillatit. Tels etaient les charmans arbustes qui fbrmaient, autour des habitations4 et des carreaux, de cannes 'a sucre, des hales vives du plus bel effet.
Si je m'enfoncais dans des lieux plus d serts,







(22)
au milieu des bois, les lianes de routes les ii miles; convohalus , o/echos , granadilia P'aiania,-pauflnitl, ignonia, seriania. Linn.,
fornaient par leurs entrelacemens et louts contours nmltiplies, lie long et autour des troucs et des branches des arbres les plus eIeves, par leurs eos , tiles, leurs vrilles pendantes, leurs feuilles arniiees dX.pc'- ., leurs fleurs de toutes forms et de toutes couleurs, des berceaux er-des voitcs admnirabes. Sous les lianes, je considfrais avec le plus graud etonnement ces figuiers imrnenSes , ficus iudkca, Lz') ., leurs racines grosses 0 fibreuses, traeautes a la surface de la terre, saillant ensuite, et so relevant " une hauteur tell que ces arbres paraissaieut ports sur des arcsboutans 'e&normes; leurs branches poussaient do distance en distance des rarneaux droits, sans feuilles, descendant verticalement de quatrevingts pieds de hauteur f gagnaut la terre, p&nrant son sein, y fbrmant des racines nouvelles, propres a la production de iouveaux arbres, marcottes don't ia nature a donn e le secret h lar t des jardins.
Plus loin, jelevais les yeux vers le gui de 1Awnerique, titlandska usneoices, Linn., toiiffes longues , epaisscs et chevelues, suspendues en groupes aux rameaux des arbres, flotttitau gvr des vents$ presentant de j olies petites lIP








liacees envirovnes de filamens entort'illes et subdivise's a i'illini.
Si je gravissais les mornes, je. trouvais leurs penchans couverts de cactus, de cierges, ci'o. puntia, d'aloes de toute espce. Je recounaissais de tres-loin, a leurs foirmes sin guli' es, ,les cecropa peltata, Linn., bois trompettes, les lactescentes en si grand nombre, telles que les euphorbes, les apocins, les taberna mpntana, les raui ola, LI*Iu., etc. ces arbres hauts et droits, "a trones nus, blanchdtres, noueux de distance en distance, creux entre les nceuds, jetant et et l vers leurs sommets de longues branches blanchatres et nues comme leurs troncs, aux extremites desquelles croissaient des bouquets de feuilles larges, palmees ou lasciniees, vertes en dessus, blanches a leur surface infr ieure. Au bas de ces mornes, je w arretais a reconnaitre la structure et les dimensions du fromager, borzbax ceiba, Linn., le plus grand et le plus gros arbre des Antilles; ses racines dnormes, s'elevant en grand hombre h six ou huit pieds de terre, tbrment des appuis en vote tout autour de la tige; le trone nu et vertical piesente vers le milieu de sa hauteur un renflenient considerable, et tout t fait extrordinaire; son ecorce grise -et Seche est armde de gros aiguillons, forts, ligneux , droits, ficiles " ddtacher; son bois blanc forme un tissu








de contcxture -tendre, facile "a couper; poreuse come le liege; ses fruits contieunent des semences environnees d'un duvet ou coton gris de perle, dune finesse extreme, soyeux au tot dhef, wais d'une fi-agilite si grande, qu'il paraft impossible a l'art de le filer ou de le carder. De grandes bananeries, prolon'es dans les gorge 's des mornes, etaient parsvmet-s ca et li de palmers de tous les genres , les cycas, les cocos , les dattiers, les choux palmistes, les 6lates, les zamias.
Lorsque m es courses an dehors m"taient in. terdites par mon service, les jardins de l'h6pital des PLres, de la Providence, et de quekrues habitations voisines de la ville, me fournissaient de nouveaux suiets d'admiration. Une fbule d'arbres rangerss plus interessans les tns que les autres s'othaient "a mes observations. J'y trouvais le superbe adansonia d Egypte, le premier des arhres connus par leurs c'normes dimensions ,lepan. danus odoratissimr s, Linn., des ies de la So�iet, 1'artocarpus rima, Linn. ou firuit a, pain d'Otaiti; le pommier d'acajou, cassuvium, Linn,, 'acajou qui fburnit des meubles si beaux, swietenia makogani., Linn., .l'agave americawa, Lin.,cette superbe liliacde dont la tige pyramidale s' live a% plus de trente pieds de hauteur, et avec tant de rapidit" que 1'ceil en peut suivre I'aceroissement; le badamier des Molques termi-A








nalia catappa, Linn. ; la pomme rose, eugenia malacensis, Linn., don't te fruit a tout le parfimi de cette flour, le rocou, bID'xa orellana, Linn., dont les graines sont enduites d'une substance visqueuse , qui fournit une matiere colorante rouge si v ve; Ie brillant frangipanier "a fleurs si belles et si suaves, plum eria, Linn., 1'epidendrum vanilla, Linn., la
vanille dont 1'amande ajoute tant de quality et de prix 'a celle du cacaoyer; le papayer, caricao Lnn., qui laisse 'couler un sue lactescent glutineux, semblable ' celui du figuier d'Europe, lequel a la reputation d etre un bon vermifiige. On vient d'en recevoir en France de rile de Bourbon, et les experiences o"t " comrnde'es pour l'epreuve et application de ce m6*dicamlernt.
Le citoyen Tussac n'avait fiuit connaltre, en parcourant les environs de son habitation, une des plus singuhe'res productions de la nature, I'arbre connu sous le nom de guilandina moringa, Linn., le ben oldifre, de la decandrie mnoynie, et de la thmille des lgumineuses sa hauteur est de douze " quinze pieds; ses fleurs exhalent vers le soir une odeur extremement aglreable; son fruit, qui est une noix, contient une made qui Iburnit, par expression, l'luile de ben, huile inodore, qui ne se rancit point, et qui sert







(26)
a retenir et 44 conserver l'arome des fleurs don't ,xi I 'im ' h'ue, Iile presque toujours lsiee en Europe; sa 6cie, enfin, semble appartenir a la Plante putot qu'a l'arbre; sa substance est plus charnue que igneuse; dle est tout ' faith sereblable "a celle du raifbrt par la consistancela forme, le goIt U cre et piquant, les propriete's anti-scorbutiques.
Telles sont les productions vgetales, spontanees ou cultivees que I ai pu me Irapplder plusiturs autres ont chappe a ma memoire : je n'ai i regretter que de n'avoir pu consacrer plus de temps a cette aimable etude; je n'ai indique' ici que ce qui m'a le plus frappe'.
Etat de l'atmosphhre ; son inflence dans
les Colonies.
La topographie me'dicale de rile de Saint-Domingue, la serie des observations meteorologiques qui y ont. ete tites, les atnnales des constitutions mddicales qui s'y succ'dent, tout prouve que sa temp&erature habituelle est la fois tres- chaude et trs -humide, cc qui s'explique acilement; trs .-chaude, parce que I'action des rayons du soleil s'y exerce, pendant toute lain e, dans une direction presque verticale ; tre's- humide, parce que, les fonds marecageux s'y rencontrant presque par-tout sous les plaines 4ttorales, 'atmos-







('7)
pitre y est continuellement sursaturee de mole CUleS aqueuses en evaporation , lcsquelles tendent ai se reunir et 4, se preeipiter ' I'instant oh le calorique les abandonne; ce qui a lieu apr s le coucher du soleil. Or, le propre de cette temperature est d'e�tre ce qu'on appelle vulgairement pourrissaute. En efft, les insectes se miuhiplient prodigicusement "a Saint - Domingue ; les substances malliiques s'y oxident en un instant; les viandes sy gatent d'un quart-d'heure a I'autre ; les corps oi'ganises, souffrans et malades, y sont frappes dans les sources meme de la sensibility' et de l'irritabilite' ; le solide vivant s'y abandonne a une prostration singuliere, et, par un eftft ncessaire dec dtIhut de reaction vitale, les humeurs animales .y contractent un genre d'altration qui les fait marcher a grands pas vers la decomposition. Cette constitution a ete regardee, depuis HiPPocrate jusqula nos jours, comme la plus propre h la production et au developpement des fie'vres putrides, malignes) des maladies contagieuses et pestilentielles. Dc ces principes decoulent des effets dedsastreux. Les maladies aigue3s des troupes " Saint - Doniugue ont le plus souvent un cours prdcipiW, irregulier, plein d'anomalies. Les pouvoirs de la nature y sont sans force, les crises difficiles, leites, imparfaites incertaines; le retardement dans administration









des remedes est une occasion perdue qui ne se retrouve plus; les erreurs du malade, du mdecin ou de la nature, y content souvent ]a vie. D'un autre dte, les maladies cironiques y sont Iongues, rebelilt s ; lles y ont une terminaison funeste; elles appellent les secours d'une nmdecine active, et la rnideciue active y est toujours con. tre-indIqu& par Iirritat 1on , compagne inseparable des maladies de toute espece sous la zone tornide.
II ttut cependant reconnahtre, et experience journalee le prouve, que, relativement "a la situation d 's ieux, toutt s les maladies ont en "I* n&al un caractere plus grave datis Ics viiles que datis les pIlines, " moins que celles-ci ne soient mnarecageuses, et dans les plaines que dans les mornes, lieux oih la nature paralt exercer des droits mieux prononces.
Maladies annuelles au Cap.
Les maladies suivent " Saint-Domngue 'ordre des saisons; dans ls mois cdauds de flore'al "a brumaire, les troupes auront a* craindre les fievres intermittentes simpl(ts, les intermittentes pernicieuses, sur-tout les doubles tierces, les remittentes bilieuses, putrides, malignes, le cholera morbus, les coliques bilieuses, les dyssenteries, le tenesme, la fibvre june.






(29)
Drtns ks mois d'hiver, de brumaire "a floral, les troupes seront sujttes auxI rhumes , aux fluxions catlarrales sur Ies yeux , le nez , la gorge, la poitrine; aux douleurs des articulations et du systeIne musculdire, connues sous le nor de rluinatismes aigus ou clroniques.
Les maladies aiyucis de lete' sont d'autant plus redoutables 'a Saint-Domingue qu'elles paraissent quelquefbis moins diungereuses au premier aspect on serait alors tentl de les prendre, danis leur in*, vasion, pour de simples embarras gastxiques, pour une irritation de nulle consequence. Un homme a un 6rt accs de fievre, elle tombe, les dou. leurs cessenit, le came succde, le malade so leve, ii S'entretitunt familierement avec ses amis. Le m 'decin le fixe, recounait daus le teint, les yeux, les traits, unie alteration particuliere, qui announce ur hidamma tion iscerIale protonde, et menace d'un etat grangreneux prochain; si a% ce caractere facial vient se joindre la prostration d systeme ds tbrcesla gallgriie a ea succtede" I rinflammation, la ,mort va flapper sa victime au sein
4 une security apparente.
Conseils thdrapeutiques gdndraux.
Une grande chaleur, une irritation continuelle, la durete du pouls accompacnent toutes les rnaladies aiguls de Saint-Domingue; leur caractZre







5o)
est le plus souvent biieux; i est done prudent de s'abstenir de rme'tique, ou au nuoins de nle le fire prendre qua doses tr's-refracte~es et di" visees dans une certaine quantity d'eau ,dans l'eau de casse , la limonade legere, Cne boisson dmuisionnee, simple ou anodine.
Evitez de purger fortement, sur-tout les gens replets; pre'frez toujours les minoratifs, les purgatifi en grand lavage ; vous en apprecierez mieux l'action, vous n'en craindrez pas ]eS suites.
Les annees seches sont dangereuses aux rangets; ils doivent se prdmonir contre cette tenpe'rature redoutable il semble que les remndcs les mieux indique's ne produisent alors que de l'irritation et de 'ardeur. Daus les saisons pluvieuses, les purgatifs agissent plus facilement et h petite dose.
Dans les fievres dites putrides, toute parotide qu Nest pas critique ne doit pas re ouverte; il vaut mieux en tenter la resolution, qui s opere par un flux diarrholique; si la parotide est critique, i convient d'en faire prompterment I'ouverture, et d'en activer la suppuration.
Les bains, les deni-bains, ls lavemens, les, fomentations emollientes et huileuses sur le basventre, les laxatif, sont ins dire
fiques dans les maladies aigu es'de SaintDomingue.
Le tnesue, rmaladie toujours inquietante aux








Colonies, est Presque toujours le roduit d e'l chattf fement; il se traite avec succes par les boissons rafroicbissantes ekeres, les minoratit , les muqueux; il faut observer que, dans ces cas, les lavemens trop rep"dste ftiguent rintestin rectim; prdfi'r&z les demi - lavemens, les vapeurs ,molientes, rescues par le bndement. Si le tenesme devient chronique, il change de nature et appelle les toniques alternes avec les opiatiques.
Quelque avantageuse que puisse etre l'administration du quinquina dans les fievres intermittentes simples ou insidieuses, dans les re'mittentes, nerveuses ou maliges, dans tous les cas ou la prostration des forces semble l'exiger, ne le prescrivez jamais taut qu'il existe.secheresse, chaleur brfilante h la peau , soi, douleur vive, langue aride, dyspnee, difficult d'uriner, urines rouges, acres, brdlantes, constipation, tension du basventre 'k'vation ou duret des hypocondres, tant que la fievre nest pas d 'cid nent renit" tente, c'est-a-dire que les retours des redoubleinens ne sont pas tre s-marques et te's-evideniment pe'riodiques. Dans toutes ces circonstances, le quinquina ne peut etre employee commc febritfge; et, pour en faire usage en quality' d'excitant, il fiut toute la prudence et toute la sagacit d'un praticien consomme' dans le traitement des ma,adies des Antilles. J'insiste , a cet egard, pace








que plusieurs aut'urs trts - rccommandables ont mis, sur ce point de doctrine, des opinions 1h v orables "a I'administration du quinquitia en grandes doses; opinions qtmi pourraient iiduire en erreur les metdecins qui commencent h pratiquer dans ces regions.
Les evacuations du bas-ventre sont indispensables dans le traitement des maladies aiguiIs de Saint-Dowingue: il semble que l'organe gastrique et le system screteur de la bile soient les foyers habituels des principes morbifiques.
Les fonctions de la digestion sont toujours les premri res qui se deraigeit chez les nouveaux debarque's, meme sans qu'ils soient maladvs. La dltirence des aliens, beaucoup morns savoureux , mois substantiels en Amerique, 1'abOna dance de la sueur, qui tend toujours sympathiquement a resserrer le venture , come 'a observe Hippocrate, cutis laxitas, alv densitas; voila les causes predisposantes toutes les maladies de ces clitnats.
L'excitemuent continuel de la peau par l'action des rayons solaires, ]a grande facility d'absorption par cet organe abreuve et e tlache par les sueurs excessives, expliquent pourquoi les maladies cutanees, sur-tout les aftiections dartreuses, sont si fietquentes, si contagieuses, si difficiles "a guerir a $4int-Domiugue. I1 iaut se defier de tous








ks reatedes vant&s dans le pays; ce south, pour la pluparL , des repercu~ss. Les barns, les tisanes ds-!puratives, les bouillons auti-scorbutiques, les purgatits repetes, le, lit loug-temps cotnvo, tel est le traitement mthodique, seul couvknable. 11 doit etre prolonge enU reason. de de la resistance, de la complication de la mala. die on peut alors attaquer le vice de 1a peau par des remedies externes, emolliens, resolutifs, discussis, ani-psoriques, les lotions ou autres preparations mercurielles, etc.
Substitution des mddicamensdidgenes aux
exotiques,
p~ ~ ~ ~~l P + q
Le medecin doit toujLurs s occuper, a SaintDomiajgue, de la substitutio des re Idicareens in.' dii*uCes aux exotiques , ceux - ci parvenant fort rarement ou fort difficile.ent a ]a Colotie, dans les temps de guerre sur-tout. I1 est douc impotaut qu'il cotnaisse assez la botanique usuelle po ur etre en &at de fire ds substitutions bien entendues.
C'est ainsi qu'il pourra composer:
La tisane commune , avec les tiges et les Ieuilles de la re'lisse du pays, abras precatorUts, Lir. et la racine de mais, zea mah is Linw.






Ow i
Les boissons rafralclissantes ou temperantes, avec ]a chicoree blanche du pays, lactuca canadensis, Linn.; les #pinards sauvages du pays, amaranthus oleraceus, Linn. ; le laman, qui est un solanum , Linn.
Les boissons rafralchissantes le'gerement acidules avec toutes les parties de l'alleluia, oxalis acetosella, Linn; l'oseille de Guinde, hibiscus sabdarifera , Lirn.
La lemonade, en faisant bouillir quelques citrons coupes par tranches, ou une orange amere dans I'eau commune, et y ajoutant suffisante quan. titd de sure; c'est la boisson la plus convenable dans les fievres bilicuses, pourvu que '-estoac ]a puispe supporter. It convient que l'acide citrique y soilt peu sensible et porte " l'kat savonneux par le me'ange du sucre. On la rend vineuse par addition d'un sixime de vin; elle est alors rn6eux rescue par l'estomac.
Les tisanes pectorales et adoucissantes, avec toutes les malvacees si communes ' Saint-Dominigue; les gombos, hibiscus esculentus, Linn.; les guimauves, althaea, .Linn.; les abutilons, stda , Lina.
Les bouillons et apozemes aperitifs, avec ]a clicoree sauvage, la racine de patience, le cressou de Savane, lepidiunz iberis, Linn.







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On relda totes ces boissols laxatives par Iiadditk-n de la casse ou des twaiwars.
On les rendra purgatives avec La liatie a Bau-, duit, contohulus scammonia, Linn., ou le aie&icmier, iatropha carcas, Linn. ; mais en gnlfdral il ihut craitidre tous ccs purgatits du pays, qui fie Sout que des resineux drastiques, si Eon en excepte Ihuile de pa/ma christi, pwrgatif tr"srecorumande, rais sur usage duquel Pppele encore la plus grande circonspection: r'Iile, dans les pays chauds, tend 4 une rancidite trvs-prompte' Son usage, prolonged mme dans sa puret4, nerve les forces digestives; c'est un poison dans I'ttat ' bile.
La verveine 4 fleurs bteues ,verbena jaia " censIs, Lin., le maioc fraichement raWpe I'iatropha m anihot , Linn., les deux absinthes du pays, partheniurm hysterophorim et ambrosia arteinisfolia , Linn. , employs en cataplasmes, fourniront d'excellens resolutifs.
Les deux dernieres plantes sont des amers dont l'usage iliterieur ne peut qu'etre avantageux en infiusion, lorsque les circonstances rordonnent.
Les cataplasmes maturatifs se composent avec la mante'gue et les oignons de lis d pays, paqcratium caribaeum, Ling,, ou la t*uille de raquette, cactus opuntia j11znn., ou celle de )a raquette 'I ceniles, cactus cochelinz







(56)
fera, Linn., plus file a roaier pace qu'elle est sans epimes.
Les places rcentes se pansent heurousement avec le sue de karatas, bromelia karatas, Linn.
Des bains de guildive ont souvent opere des miracles dans les paratysies et les affections rhumatismales chroniques. Le savon noir et le tafia reums torment un liniment avantageux dans ls
&
nemes circolnstances.
Les fumigations de graines de coton, gosspium herbaceum arboreum, Linn., presentent un fondant dune eff"cacite eprouv"e dans les tumeurs blanches indolentes.
La feuille tendre du bananier, musa parai' $iaca ,Linn., et cvllv de la iane wolle, c'ssus sicioldes, Lian, sont des moyens prdcieux pour le pansement des ve.Sicatoires.
Les bols toniques 'se composent sur-ile-champ avee la limaille de kr, I ecorce de citronnier' en poudre, citrus, Linn., et Un sirop simple.
Les bols et opiats f"brifbges peuvent s, . ire avee les oces fines de citron et d orange" les fleurs dess&chetes de, la poincillade, poinciana pulcherrima, Linn., et le quinquina du pays, cinchona caribaa. Linn.
L'intusion tlliifoime de cat", cofjea arabica Liniz., est un tollique tres-recommandable.



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(57)
La cyraine de sapotille, achras sapata, Lb,,. celle du ,ig cri ou ocli sesamizm orient tale, Lintz., et la racinie d'lIerbe h collet, piper peltatuz, Lin , sont des diuretiques puissans.
Le duvet du pois "a gratter, dolichos prtt1 riens, Linn., est un trbs-bon antheIrientique; mais i1 faut adoucir faction mecanique irritante de ce duvet en l'crasant, le me'1ant ensuite a un sirop simple, ou le prescrivant dans la bouillie de ime de mals.
Les feuilles du ricin, ricinus palm a christi, Linn., trempes dans le vinaigre froid, et appliquees surle fronL et la tt'te, sont desretfrigerans avan-s tageux dans les douleurs de tote occasionne~es par Faction solaire ou par toute autre determination trop rive du sang vers l'organe cerebral; on remarque quelles excitent une transpiration tresaboadate de la parties sur laquelle elles sont appliqu es.
II est important de connaltre les propretes du vftal peut - tre le plus commune du pays; l'Iherbe 'a bk, sacckarum vulnerarium,
Tussac. T

' La phrase de cette plante est du citoyen ussac, dnt (-J'ai d~j parl, qui in'a fourni la plupart des
renseignernens et des inliations ci - dessus rfr&i.
&maln idsssrfref







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C'est un vulneraire et un ddtersif excellent-. on accorde les me 's vertus au thi de SaintDomingue, capraria biforia, Linn., et a hlherbe " plomb. lantanacamara. Linn.
Enfin lorsque les circonstances sont telles que les malades, dans les h6itaux, sont prives de matelas d'Europe, on leur en prepare sur-le-champ avec une espece de gui du pays, connu sous le norn de barbe espagnole, caragate, tittlandsia, Linn.; cette plante battue forme une sorte de cin v6IVtal 'lastique, sur laquelle les malades sont doucenient et fialchement couch~s. Les Etats. Unis en font depuis long-temps usage.
Tous ces details prouvent combien la botanique usuelle de Saint -Domingue peut devenir utile au praticien, et combien it lui importe de cultiver cette branche si interessante de rhistoire atturelle.
Je reviews 4 mon sujet: les deux hopitaux du Cap, unne fois etablis, les officers de sante en

C'est avec cet homme, recommandable par ses coniaaissances en histoire naturelle autant que par sa bieuveiIlarce et son ameite social, que jai parcouru les environs de cette ville, et que j'en ai reconnu les productions v g&tales, si belles, si brillantes, celles au LUoins que hous out pr6sent6es les mois yenrose, geremina 1, flore'al et prairie. Je me plais *
wici lhowwao-ol de ina recouaisciwe,







(;9)
chef de .'armee s ocruperent du soin impor-a tant d'organiser le service gdndral ; et je puis dire ici, avec vebritd, que le zele et les talens de la plupart de nos collaborateurs nous second'rent d'une manire puissante. Cdtaient en effet des officers d- sante des armies, accouturnes depuis dix ans a ce service pdnible, difficile, dangereux, mal re'compese . trop me'connu. Maladies de l'armee t! son arrive au Cap.
Les maladies qui affligerent rarmee dons son premier sdjour au Cap furent en general des fievres doubles tierces, des diarrhdes bilieuses, des dyssenteries. Ces dernieres affections plus ou moins graves avaient pour cause : i� action d'une chaleur vive sur des individus qui n'y dtaient pas accoutumcs; 20 les imprudences auxquelles s'abandonnaient les troupes. Fatigudes " l'exce~s par usage d'alimens Acres et salds pendant une traverse de deux mois, elles dtaient sans doute, en arrivant dans la colonie, appelkes par la nature a l'usage des vecgrtaux frais; mais elles ne connaissaient "a cet 4gard aucune moderation. On voyait les soldats se jeter avec aviditd et indistine-. tement sur tous les fruits qu'ils rencontraient, sans en attendre la maturity, et souvent sans en connaitre l'esp'ce. Le corossolier dpineux, anona nzricata, Li r. , repandu comme tous les v-







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getaux de I'lle avec une profusion qui fait le pluis maguifique des spectacles, offrait dans ses fruits une crme epaisse, blanche , aigrelette, d'un goeit acyreablc, qui pouvait mutne, par son usage modere guerir les diarrhees et les coliques bilieuIsS commencantes, tandis que son exces convertissait les indispositions letgres en maladies graves; le bauanier conimun, musaparddisiaca, Linn., et le figuier bananier, qui n'en diWtlre que par ]a corileur de sa tige parsemee de taches noirts, et par ]a forme et ]a quality de ses fruits, presentaient ' nos soldats un aliment agrvable au goi't, tres-nourrissant, et propre " subir un grand nombre de transfirnations flatteuses dais ses prparations culinaires: on les voyait revenir de le irs excursions dans les mornes, oh ils avoient poursuivi les noirs ftigififs, riches de la depouille des campagnes voisines, portant, sur un baton des superbes -rappes ou r gimes de bananes, attaches et serrees fune contre lautre au nombre de douze t quinze, et pesant quatre, six 'a huit livres, les poches pleircs ode citrons tt d'oranges amres. L'usage imnodere de ces fruits des limonadts qu'ils en composaient, des vins de Mauvaise quality, des liquyqurs spiritueuses, -iftiguait bientut les thcuLtMs digestives, et leur faisait payer bien cher le plaisir d un moment.








(4')
oCampagne d moz's ventose.
Ce t't Zt cette epoque, le 23 pluviose, que Ie ros de Farmee se nmit en marche pour aller cowbattre les noirs insurges. D'autres qud moi peindront dignement cette memorable campaign dLI mois de ventose, ]a plus difficile, la plus sanglar te peut-'tre que les defenseurs de la patrie ,4tyt fate dans toute la guerre de la revolution. Is admireront et la sagesse du plan de cette campagne, coneu par le gdndral en chef, et la rapidite3 extraordinaire de son execution; moi, je rends homage au bientiiteur de '"umai " au sauveur de ses compagnons d'armes, qui vouut que cette guerre It terrine avant que la saison ds chaleurs vint exercer ses ravages.
Dfautres expliqueront comment le fbyer de la guerre rut tabli danw l'interieur de File, loin des villes et des posts fortifi' ,ta t stir le pen. chant ou sur le sonmet des mornes, dont l'asperite ii'a as meme dars les Alpes de site qui puisse leur etre Compard , tantt dans les bois et les forts imp netrables qui couvrent les vallkes; ils donneront, s'ils le peuvent, une just ide de tous les obstacles qui renaissaient ' chaque instant sous les pas des Francais, ils les representeront places au milieu des inegres revolteds, qui con. naissaient toutes les locality's, qui combattaient







( 42 )
avec la violence et la fureur d'hommes d"ide's " la mnort ou 'a extermination de leurs ennernis. Us suivront nos troupes valeureuses, s'emparant de routes les positions qu'elles attaquaient, et couronuant cette glorieuse campagne par la prise du fort de la Crete a ,Pierrot, journee achete au prix du sang d'un grand nombre de nos braves, et sur-tout de nos generaux intrepides, qui y furent tous blesses. Mon devoir est de rappeler egalement i la reconnaissance nationa le e soueifir des otficiers de sant� de Farm&, qui partagerent tous les dangers de leurs freres d'armes, qui pfnsbrent leurs blessures sur le champ de bataille et sous le fiu de 'ennemi, qui portaient d'une main le fbr destine h la conservation de la vie des guerriers, et de I'autre, le fer destine a dtdfendre leur propre vie.
irotstances partculieres quz ont donnd
aux maladies simples un caracidre de
rnaliowitS."

Pendant le cours de ces e enemens, mes fbnc. tions me retenaient au quartir-g6nral, au Cap. Le nombre des malades s'accroissait chaque jour, et des circonstances particuliires, dont je dois tire ici mention, ne contribuaient pas peu a donner aux maladies un caractere de maliguit redoutabe.







(43 )
Tandis que le general en chef occupait ls villes et les plaines, depuis Leogane jusqu'aux GonaiNves , et poursuivatt Dessalines dans les montagnes de I'Artibonite et du Mirebalais, Toussaint et Christople , reunissant sur les derrieres quelques milliers de brigands, tombaient stir les environs du Cap, incendiaient les habitations de la plaine, enlevaient les animaux et venaient nous braver par des fusillades jusque sous les murailles de 1'hipital des Peres et de la Petite Anse. Les officers de sante", les employes de IhnpitaI, ceux merme des malades qui pouVient soutenir le poids de leurs armes, passaient les nuits sur la defifnsive, faisaient des patrouilles continuelles, doublaient par-tout les gardes, et surveillaient -'intdrieur de la maison - mesuce d'autant plus important, que les servans de 1l6pital n'4tant que des noirs rdvolts et rentrd's Fun apres 'autre, it dtait fort t craindre que, pour seconder I'attaque de leurs fi-'res, ils n'incendiassent les salles. Get 4tat d'angoisse avait ft&, une nuit, port au point que los malheureux soldats, accablks par la fievre, se relevaient, se trainaient avec peine et douleur hors de I'h6pital, pour dviter une mort affreuse dont ils se croyaient "a l'instant menaces. Je n'ai pas besoin d'expiquer comment cette situation des esprits cmpirait les maladies, et les rendait le pls sou-







(44)
vent nortelles. Les doubles tierces d'gne'raient en re[nittentes bilieuses; les diarrhees simples passaient ' 'etat de dyssenteries malignes; la pro. tration des forces et le dcouragement de rame etaient les symptomes conmuns a toutes les maladies.
Naissance de laftdvrejaune au Cap.
Ce fut h cette epoque, fin de germinal, que l'arm&e victorieuse rentra dans le Cap. Alors conmenca a* se montrer ]a fievre jaune; ,son intensite s'accroissait chaque jour a mesure que la saison chaude s'avancait. De ce moment, Ie me protnis de ne voir, dans les premiers temps de mon sejour dans la Colonie, d'officiers malades de la iieve jaune, qu assisted autant que je le pourrais d'un me'decin du pays. Il sy en trouvait deux ou trois qui jouissaient de la coiifiauce publique; un dentr'eux, le cit. la meritait particulirt m ient par ses conmaissances, son esprit et son amiiite. I1 Jtait depuis long.temps tabli en cette ,ille; it avait eu, pendant plusieurs annes, des occasions frequentes de suivre la marche et les developpemens de ]a fievre jaune. Notre malheur voulut qu'il nous tfdt enleve 'a l'instant oh ses talens allaient nous devenir utiles; je 'avais attach ai I'arnie par ordre du general en chef, en quality de mkdecin 4 I'h6pital des Peres. Vieillard







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respectable ! il avait, depuis quelques anndes,
exerce' les fonctions d'inspecteur general du service de sante. La faction de Toussaint.Louverture l'avait destitude; les incendies repdtes du Cap 1avaient ruie,'. Ces e'venemens Iavaient jete dans un etat de morosited sombre et d irritabilite, qi annoncaient alterationn de sa santed. II eutA dtns son service quelques l gares indispositionS, ii a suite desquelles se de'dclara une fievre catharrale nerveuse, qui l'enleva au' grand regret de tous les honu&es gens.
Je pense qu'il est convenable, avant de falre l'histoire de ]a fi wre jaune, de consigner ici quelques observations qui lui sont relatives; Iles se t'vot~teftt range'es par ordre de dates.
Premiere Observatioz.
Un valet de chambre du general en chef, jeune homme fortewent constitute , temperament bilieux.
Premier jour. Frisson de deux heures, accablement violent,: mal de the, puis chaleur in" tense, visage allume", pouls vif et dur.
Deuxi'me et troisieme ours. Accroisse'ment des me'mes symptomes, nausees, bouche am're, prostration des forces. Dite, lavemens edrolliens, puis laxatifs, limnonade amere, bouillon de poulet nitre. J'ordonnai un grain d'emetique, et deux







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gros de sulfate de soude, dans une pinte'de petit lait. Peu devomissemens, quelques selleshbilieuses.
Quatrieme, cinqui me et sixieme our. Mme etat, beaucoup dagitation; iI se ivre aux sons des fmrnmes du pays qui administrent des Lvenens colliers et mucilagineux, donnent un purgatif, des demi-bains avec les frictions de citron sur la surface du corps.
Septleme et huitime ours. La peau se coor d'une teinte jaune tres- foncee, les yeux prennent la meme couleur; des selles bilieuses out lieu chaque jour, au nombre de deux a trois: faiblesse extreme. Le vin le restaure; queiques bouillons, quelques cre'mes de riz; la maladie prend un caractere plus doux ; les ibnctions se re'tablis. sent; il entire en convalescence au quinzibme jour; dile est tongue et difficile. Enfin son ritablissewent est parfait.
Deuxbime observation.
Le citoven Tourne, aide de camp du general en chef, jenne homme dun temperament sanguin, cheveux rouges, teit anime, fatigue par ]a campagne.
Premier jour. Long frisson, ctphalalgie violente, douteurs de reins, nausees.
Deuxieme *our. Chalcur 'Acre et tres-vive, visage d'un rouge pourpre, lcs yeux ardens, agita-.






~47)
tion extraordinaire. i1 est vu par un mtdecin du pays, qw prescrit une salgtie, te bouillon de poulet, les lavemens laxatifs: quelques selles de couleur d'un brun fonce".
Trosieme et quatrieme ours. Prostration des forces, douleurs abdominales, suppression des urines. Continuation des menes moyens, aux. quels on ajoute le camphre et le nitre dans la boisson et les lavemens. Dans la nuit du 4 au 5j, dMfaillances successiveso hoquet. Mort le cinquime jour.
Troisdm e observatiolz.
Le citoyen* *, aide de camp dui gdziral Hardi, jeune home d'une constitution athle. tique , d'un caract~re tres-gai, echauffi par les veilles, le travail, les fatigues.
Premier jtir. Frisson, mal de tete, accablement, perte des forces. J'ordonne les lavemens r6p'te's, tour h tour emoliens et laxatifs; le bain de pieds, la boisson d'eau de poulet nitree et le petit lait.
Deuxierme jour. Grande fatigue, nausees, douleur ' la region de l'estomac, quelques vomis. sernens de matiere bilieuse porrac e, un peu brune. Leslfemmes qui le servent regardent son dtat corme treS-dangereux; cependant il s'entretient &amilierenment avec ceux qui I'approchent; les






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latemens n'entralinent que des d" sections, s'reu ses, brunes, tres-f4tides. Potion lg(!rement excitante, avec I'eau 4e menthe et l'acetite ammoniacal.
Troisieme jour. Mme stat; minoratif coMM pose de deux ones de manne dans une dcoction legere de quinquina, prendre par verres d'heure en heur'v ; plusieurs selles bilieuses, noirtres, accompagnes de ddiillances ; quelques ioquets. Potion excitante, avec la thiriaque et I'eau de fleur d'orange; quckues cuillerdes d'eau vineuse, de crCrne ke're de riz 'eau.
Quatrieme lour. Faiblesse extreme, hoquets, suppression des urines; vomissement de mati res noires oude couleur de cafi; dei'aillance, pouls insensible. Mmes excitans. Mort dans la nuit du 4 u 5. Usage libre des ficuts intellectuelles jusqu'au dernier soupir.
Quatri~me observation.
Le C.***, commandant de la place du Cap trente a trente-cinq ans, constitution seche, teni perament bilieux, caract re vif, rarement malade.
Premier jour. Frisson de trois heures peu vif, k'ger mal de tite , fatigue,, maux de reins. Eau de poulet, linonade legere, lavemens e'molliens, denii bain dune demii-heure, fictions de citrons dans le baini. Quekques sells bilieuses.






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Deuxieme jour. Accroissement des svmpto- " nes, faihblesse considerable , cjue1ques nausees, quelkues douleurs 'a ]a region de restomac, pouls frequent et dur, redoublenent sensible chaque jour vers le soir.
Troisierme jour. e16me etat.Minoratifde manner dans la de'coction de quinquina i prendre par verres. Evacuations bilieuses aboudantes , fai. blessed dans le bain. Un medecin du pays' est appeI4. Potion excitante d'eau de menthe, d'eau de fleurs d'orange et de liqueur dHoffmann.
Quatrieme et sixieme jour. Les accidens di'minuent dintensit6, le pouls se rePIve un peu. Le
-visage devient jaune. Tisane nitrde et legerment ape'ritive, les bols de nitre et de camphre.
Sixi'me et septieme ours. Diarrhee bilieuse, faiblesse, pouls mieux prononce, plus r'gulier et assez egal, desir de prendre quelques alimens. Bouillons, creme de riz. MinoratiftIc huiti"me jour. La convalescence arrive 'a pas lents, la jaunisse se prolonge, le malade se rend a* une habitation dans les mornes.
Cinquidme observation
Le citoyen Sardin, aide de camp du general ,n chef, officier du genie,
Premier jour. Frisson lger, mal de t~te violent, douleurs " la region de l'estomac - nausees,
4






(5o)
Le soir, fievre trs-vive , pouls tres-treuent et tres-dur, visage rouge, ceil ardent. I1 est vu par les femrnmes creoles qui administreut les secours ordinaires, lavemens, demi-bains, caux de poulet nitrees.
Deuxierme jour. A croissement des sympt6mes, vomissemens de bile porracee, agitation extreme, urines rouges, tres-wdificiles daus leur excretion. Le soir, chdite de la fievre, pouls tremblotant, in"I, trils - dt"prime, disparition des douleurs, espoir du mieux, garigrene et mort dans la nuit.
Sixkirne observation.
Le citoyen Betourne', officier du gevie Constitution forte, plethorique, temperament sanguin, caractere gai, n'ayant jamais tW malade. Trente ans.
I1 avait rendu des soins continuels t son ami Sardin, sujet de observation precedente; ii n'avait pas quittd le clevet de son lit. II vint me trouver le jour m6me de ]a mort de son camarade: Docteur, me dit-il, d'un air un peu effire et tros-eloignd de son liabitude ordinaire, je suis pris h mon tour; je voulus le rassurer et engagedr a mionter 4, cheval pour se distraire. Non, ajoutat-il, je ne le puis, j'ai froid, ttez-moi le pouls, jai utn mal de teLe affreux: le dernier regard de mon ami m'a apped , je vais me coucher. A ces







(5i)
roots, il me quitu et je le suis. Le deuzicme jour le visage est ardent, les accidens s'dlevent au plus baut degrd d'intensitd ; i se livre aux sorse des femmes creoles , il meurt le troisieme. Je n'ai pu me procurer de detals plus eirconstances.
Septieme observation.
Le general Hardi, dge de 5o ans. Constitution pldthorique, temperament sanguin, dchauffe par les fatigues de la guerre.
Ii venait d'essuyer une atteinte le'gere de fievre gastrique catharrale, dans le cours de Jaquelle un Officer de santC do l'arme , qui l'avait traits. l'avait purge' plusieurs fois avec avantage. I habitait le bord de mer, lieu toujours insalubre, et oh les maladies sont les plus fie'quentes et les plus graves. 11 avait vu mourir la plupart de ses do. mestiques, et deux de ses aides de camp.
Le premier jour. Long frisson, violent mal de tte, accablement, quelques fnauses. It est vu par un medecin du pays, qui prescrit le bain de pied, les lavemens emolliens, les boissons nitrees.
Deuximejour. Accroissement des sympt'mes visage rouge, yeux ardens et charges, pouls dur, irrdgulier, frequent; saignde du bras, rdpdtde le so 1
Troisie'me jour. Prostration des forces , nauao








Stes ie&eres douleurs au bas-ventre. II est transportd "a une habitation sur un more voisin. Je suis appel, Minoratif ldger, quelques sellers biIeuses, faiblesses. On essaie la dhcoction legere de quinquina par cuillerees; le est constamment rejetee par le vomissement. Lavemens dmoliens, cataplasmes 'moliens sur toute la region abdominale. Je nomme un officer de santd de premiere classe, charge de suivre la maladie dans ses plus minutieux details et de nous en rendre compte. Les urines deviennent difficiles.
Quatri me jour. Faiblesse extreme, nausees con tinuelles, pleine liberty des fonctions intdllectudllesp, application des vesicatoires aux jambes, potion excitante avec I'infusion de quinquina, le camphre et la liqueur d'Hoffmann. 'estomac la rejette. Les vomissemens fournissent une bile brune legere tension de abdomen.
Le cinqu ee. Prostration complete, pouls ver. miculaire, C tat gangrdeneux evident. It mneurt le soi.
fluitime ob,,servation.

Le g''eila1 Le Doyen, inspecteur en chef aux revues de 'arm e cinquante ans. Constitution pletlorique, temperament sauguin, fatigu, cchautte par les veilles et un travail force.
Premier jour. Frisson, mal de tcte violrot, les







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yeUX charges, lger assoupissement. Un mdecin
du pays est appeal. II prescrit les eaux de poulet trees, les lavemens iaxati16, un grain d'Aemteuque dans une pinte de petit liit. Le soir ]a fievre s allume.
Deuxieme jour. Accidens plus intenses, violent mal de tte, pouls frequent et tres-inlgal, visage rouge, yeux ardens et charges de larmes, alternatives singuliires entre l'assoupissement et
Une A
uri jactation des membres, une angoisse extreme.
Troisie'me jour. Je suis appeal. Vsicatoires aux jambes etl la nuque, decoction de quin"S quina camphrde et laxative, que le malade refiase ou qu'il ne prend que tres-imparfaitement. Potion excitante par cuillerees.
Quatrierme jour. Memc etat. Assoupissement stertoreux, angoisses extremes, efforts du malade pour aider la respiration en se levant sur son seant, Nul eftft des vesicatoires. Quelques selles bilieuses ttnues. Mort dans la nuit du 4 au 5.
Neuvihme obser'vatiol.
Le C.***, g ;nral de brigade, commandant. Soixante ats . constitution seche , temperament bilieux, caract're froid.
Premier jour. Frisson, cephalalgie, nausees, douleurs de reins, lavernens, limonade Ikaere rut, tre e, lave mens Cmolliels�







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Deuxi me jour. Acoroissement -des accidens fiezvre cependant mode3ree ainsi que a fatigue. Minoratif qui entrane quelques selles billeuses.
Troisieme jour. Meme e at, memes accidens. Le soir, urines ficiles et claires, assez libres dans leur excreion, lavemens tour 'a tour tmolliens et laxatits. Quelques bouillons au riz, une orangeade l4re, des tranches d'orange douce sucrde, eau vineuse. Une ou deux selles bilicuses, mais de couleur fone~e et moins ihes que la veille.
Quatrieme jour. Prostration des tbrces sing.ulitre; nauPes, quelques hoquets, difficultes dans Iemission des urines. Cataplasmes tmolliens'sur le bas-ventre, boissons legerement camphrees, de'coction de quinquina laxative pa" cuillerces; le rnalade la preud et la garde; quelques selles noires et tenues.
Cinquieme jour. MIV[mne &tat. Potion excitante, angoisses du rnalade, suppression des uines depuis ]a nIuit, metorisme du bas-ventre, yeux jaunes, surifce de la peau teinte de la wme couleur. Pouls in gal , vermiculaire, intermittent. Usage assez libre des fbnctions intellectuelles.
Sixic'me jour. M16ne etat. Prostration au dernier degree. Mort dans la nuit du 6 au 7Les femmes cr&les lhi ont prodigue en ma presence, pendant toute sa maladies, les soins les lus empresses,







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Dixkidme observation.

La ievre jaune exercait dans les hiptaux dui C ap des ravages d'autant plus hunestes, que, f1:ute de localite's suffisantes, on s' tait vu dans ]a cruelle necessity de doubler les malades daims dia. qIe lit. La contagion ne tarda pas a" se repandre, bien qu'on se premunt. contre elle de tous les secours que la chimie moderne a fait connaitre, sur lesquels le conseil 4e sant' des armees a pU" blie", en l'an 9, ne instruction s utile; secours que le C. Guyton-Morveau a si bien apprecies et ddveloppes. Elle s'attacha, aux individus qui approchaient les malades; i't conome de l'h6pital des P&es, le C.***, succomba : un autre qui SC confia "a mes soins, le C.***, fut dangereusemcnt malade. Le mdecin en chef Boujardiere pensa devenir la victime de son dekvouement-: presque tous les pharmaciens eurent ]a maladie, etla moite d'entre eux fut enleve'e, en y comprenant le pharmacien en ehef, le C. Blanchard. Tous les chirurgiens payerent dgalement le tribut; il fut mortel pour la plupart, La maladie se signalait h peu pre's par les menmes smpt6mes; ils pe'rissaient aux troisieme, cinquiene ou septiemne jours. Mes soins et res visites rdp&dts chaque jour talent inutiles; j'etais disespdrd. On avait eru observer "a l'h6pital que les vesicatoires ap-







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pliques de bonne heir e avaient sauvd' quelques n Iitajres: cette methode flit wise en usage chez plusieurs oficiers de sant ; ils se les faisaivnt appliquer aux premieres atteintes de la maladie: Ce moyen parut efficace cdez quelques-uns, et filt sails success chcz dautres.
O nzirnee observation.
Le C. Brosseau, chirurgien de troisibme classe i lhopitl des Peres, jeune bomme dune forte constitution, te iperataent sanguine, teint anitea
Premier jour. Frisson Ieger, real de t'te tres-iolent, quielques heures apres chaleur intense, v"sag& roug agitation league blanche, pouls ibrt et fr1-quent; une saignee du pied, des bois*sons dmollientes nitres, des lavwmens n6u1iens et laxatifs
Deuxie'me jour. Mnimes accidens; mat de tete moins vii', ftiblesse musculaire, pouls moins dur et plus ruier; lavemens, cataplasmes dmolliens sur le bas-ventre, petit lait aiguise par un sel neutre, queiques selles bilieuses.
Troisieme jour. Chdte de la fievre,,pouts dprini, prostration des forces; liberty des fone.tions intellectuelles, visage pie, nausees, embarras dans l'!Mission des urines; meme boisson et uiMe traitement que ia veille, plus quelques verres d fusion de camnomille que l'estomac supv'irte.







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Qvatrime jour. Pouls releve, egal, selles bi
lieuses, urines toujours gndes et troubles; doux mnoiati t 4 prendre par verres, cataplasmesp lavemens z 1'ordinai re.
Cinquime, sixieme et septieme jours. Les forces reviennent peu a peu; de doux excitans, I'eau vineuse, les bouillons et les crimes de riz " 1'eau.
Point de cruise sensible, diminution successive des sympt6mes, convalescence lente. Ii fut envoy d a rile de la Tortue, pour y recouvrer ses forces.
Douzitame observation.
Le C. Hugonin, chirurgen en chef del

pital des Peres, jeune home d'une constitution ithible, s|ie, irritable; temperament biiux caractere vif, un peu melancolique: ftigue pa'r I'etude, les veilles, et par un travail forced a, '6pital.
Premier jour. Frisson de trois heures, mat
de tote "a la region sus-orbitaire, maux de reins, accablement; ii s'affecte d's le premier instant, et ddsesp're de sa gud'rison. Lavemens dmolliens et doucement laxatifs, deni-bains, petit lait nltrd; quelques selles liquides qu'il veut voir absolumient, et qui ne lui plaisent pas; le soir,,fi&vre torte, pouls frequent et vif, impatience extreme
du malade.
Deuxime jour. Accroisement des sympt&-








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rmnb sodaw at apuimadaa k mod anonoj4 Ul TP 101 missedd sip, at of a i ve va a! at "DI Onuluo liS )simojdo:) ar 5 ST04 a 9nb 'RsIunj VaoW oiao op addej !s i enad uaipmr noa, uiapltu arfl !N[ anb xnaxnati'mq snid snoi assieI snou up uinao 1! 'anot amnbnmnz ;"I 'snd ap aqoed aun ai2joad seg uS um sup omuqCuwa OS l) 'v), p!.
-DtuV, Sas 9pueMWoaa o3m uI tiem fI raaxas am 1!
. 1n5ua19ue6 amnlqisel ap awTa a ilaap ne amnoan
tid p spua a tu at :-3-TOA OW oaSp it 'J9 ne /np !nu el suu "sodaj at onb pnopr ou a, sinoaaS Infl asnja apulem al . s9)ufan sop uoIssaad
-dtus 'noieaisoad ql ap samrng ,ano. owolj'e),.
'' I"_ iD eutuopq r,
uo! m el . l sameldea 'lUe3!axa

uo!iod 'osunaq sap w sanblanib u,;aeUau !nb f IuatunssrwOA oI Jed aplaj ' Oll!WotuZ op uoS
-nTJ 'suo0 S!ll OU P puaa o s uU11 'sapamaa sp uolealsluitup, I osqja as II .ano. momb
-Ma 'ne axg! eIla o apelem vs ap a lil mnss!,[ anb
-!ilsouo.,d 1! .svnboq sariblanb 'saaamt sap uo!al
-soid 'liuawtlqnopaa np rniq9 "Tinor WtoM.ISIOU � pplet up 495alqtM vI ap asnea , 'oanOq,p vaenb unp lap-n auoload as inad au !nb Tueq-!wap 'sUalljOwa sumaAerl "a~ioq ap asqjaal la 4 Ule 51'0S unp adde,9 i!p as It f oemmsaj ap uo!ia

q i anajnop 'soasneu 'osnanbnm anuej 'sam








Treizidme obsertatton.

Le C. ***, secretaire du commissaire des guerres d'Intrans, jeune homme d'une complexion dtdicate, temperament biieux, caractere milancoique, esprit frappe des malheurs publis,
I " "� ' ehe iolent,
Premier ]our. Frisson eger, malde tete v n, accablement, degout, nausees; le soir, dialeur tris-vive, face vultueuseyeux ardeits et larmoyans, pouls fr equent sans etre fbrt. Bains de pied, lave-* nens emolliens, eau de poulet nitree.
Deuxieme jour. Accroissement des symptornes, nausees, douleur a la region de l'estomac, sueur abondante le soir 'a la fin du redoublement. Me'me traitement, limonade d'oranges ameres i brtement sucree.
Troisieme jour. Prostration des forces 'a la cbite de la filvre , douleurs abdominales, nausees, agitation singulire, jactation continuelle des membres. Lavemens C'molliens , zninoratif de manne et de casse par verres; quelques selles bilieuses, un peu de sang dans les dernieres; nuit tourmente'e par des songes sinistres quil raconte le matin.
Quatriemie jour. M "me etat, menmes douleurs a la region abdominale, les urines ne passent plus. Potion d'infusion de camomile avec la liqueur c'Hofiiann, rejetee par le vomissement; legere






(6o)
intision de quinquina "a froid passe, et ne prodit aucunl eltet sensible. Le soir, hemorrhage consider able par le fondement, entire prostration des forces, liberty des functions intellectuelles, afThiblisscment graduel de toutes les ftcultds. Agohie de vingt-quatre heures, mort " la tin d]a cin quiene jour; les vesicatoires appliques le troisiene 01 o1t pu itee panses.
Ainsi, dans le cours de prairial, la mort allait multipliant ses victims, fiappant indistinctement toutes les tetes, et ne nous laissant que le desespoir de ne pouvoir mode'rer ses flreurs et ralentir sa marche. Tous les moyens avaient did pris pour atteindre ce but desire. Les h6pitaux avaient dtd inultiplids; les habitations, heureusement situdes dans les mornes voisius, avaient -&4 destinies it la dissemination des malades. Un h6pital de douze cents hommes avait" dtd 4tabli au m6le SaintNicolas position trVs-salubre ; etla correspondance annoncait que les maladies y taient moins funestes que dans les hopitaux du Cap et de ses environs.
Etat de la santd du Gdndral en chef et
de madame Leclerc.
Cependant ia santi du general en chef m1'inquietait vivement ; le sort de ]a Colonie tenait peut-etre a la conservation de sa vie', si chere a







(6t)
son armee , si precieuse a tous les habitans d'une colonie qu'il venait de sauver et de rendre a* la ~re - patrie. 1 souffrait depuis long- temps de maux d'estomaC. sa faiilesse etait extreme� il avai eprouve, dans la campagne qu'iI venait de termniuer, un flux dyssenteinque qui I'avait 'uis"; inais i dtait soutenu par son courage et par la force naturelle de sa constitution. Je tren-blais de le voir (ce qui lui arrivait souvent) parcourir tous nos hbpitaux, se precipiter fau sein de la contagion, ranimant les infortunes compagnons de sa gloire et de ses travaux, par sa presence, ses discours consolants et ses gnereux secours. La situation de madame Leclerc ne in spirait pas moins d'alarmes. C'tait le plus attendrissant des spectacles que celui d'une femme jeane, seno sible, d'une constitution ddicate et nerveuse, transplantee tout a coup du sere de l'opulence et des plaisirs de la capitale, sur le theatre de la guerre la plus horrible, assise seule au milieu d'une colonie immense sur des cendres et d&s ruines, ayant a tous les instans ' craindre pour les jours de son dpoux. d'un fils de cinq arts, et pour sa propre vie. Le gdne'ral en chef mavait ordoun d'engager, autant quo je le pourrais, madame Leclerc 'a repasser en France: je n'avais pu rien obtenir ; mes instances avaient meme Lin jour OCcasionne quelques spasmes , qui cessrent du








moment oh le general en chef l'assura qu'elle ne partirait pas. Tous deux m'honoroieut de leur confiance, et tous mes efforts tendaient ' la justifier. Je les avais engages -a passer qelques ]ours h* 'ile de la Tortue pour s'y reposer ils sly etaient rendus. A leur retour, je pressai le gelneral en chef de fire ce qui se pratique avec succbs cdans les villes des Etats-Unis, lorsque la fibvre jaune y r"gne, de s'tablir dans une habitation voisine oh i1 serait 'a 'abri de la contagion. 11 choisit dans le morne du Cap l'habitation Destaing, parfaitement situee sous tous les rapports; le general Dugua, chef de l'etat-major, campa aupres du general en chef; les citoyens furent au moins tranquilles sur la vie du capitaine general et de sa famille.

dccrolssement dA nombre des malades et
de Pintensitd de la maladie.
Tel etair I'etat affligeant des c.oses au mois de prairial. La gravity de la maladie regnante devenait chaque lour plus redoutable; toutes les methodes de traitement etaient infrUctueusement emnploye'es. Le general en chef appelait les officiers de sante' en chef de l'armee 4t de fre'quentes conferences sur la nature et les progres de cette maladie, ainsi que sur les moyens Iesplus convenables "a employer. Un ne'decin, arrive rdcemment des






(6!i)
Etats- Unis, de Philadelphie, o4h il avait pu observer tolls les developpemens de la fievre jaune, connaltre et apprecier les options des 'n"ecins du pays, et comparer , par experience, les divers traitemens adopts, ne nous avait fourni aucun renseignement propre "a nous fire sortir de l'emrbarras cruel daus sequel nous nous trouvions.

.dssem b1de gdadrale des of/ciers de sand.

Le general en chef desira que tous les officiers de santt de premiere clause de 'armee, re'sidens au Cap et dans les environs, r'unis a tous les praticiens de la ville et des lieux circonvoisins, s'assemblassent, consultassent ensemble, se com. muniquassent.les resultats reciproques de leur experience, et adoptassent un plan curatif qui iie put qu'Xtre modify par les circonstances et par lydiosyncrasie des individus attaques.
Cette assemblete cut lieu, le x rprairial, chez les officers de sauet en chef de l'armee. La conftrence s'ouvrit par la proposition que ie fis d'etablir l'ordre suivant dans ]a discussion:
i" Histoire et marche de la maladie regnante an Cap;
2' Causes gendrales, particulieres, locales;
3' Nature et classifica tion nosologique de la maladie;






(64)
4� Diagnostic precis, de la maladie;
5o Ses crises et son pronostic;
60 Traitement preservatif, traitement methodique " ses diverses epoques,
70- Ce qu'il faut penser du traitement dit du pays, vulgairement emp oye;
80 Usage de la sai',nee, de rme'tique I des purgatifs, du quinquina, du camphre, des ,esicatoires dans cette maladie;
9 Ce qu'il faut penser sur la contagion et le cpactere pretendu pestilential de cette maladid-;
o�Rapproclement de cette maladie avec celles de meme nature, qui, dans tous les temps, ont regne au Cap et dans la Colonie, ou qui ont ravage d'autres contrees.
loyens propres a arreter le cours, ou , prevenir le retour de la maladie.
Cette marche methodique de discussion a 'te adoptee. Les diverses opinions balances nont offert que de lkgeres difti~rences entre elles, et plut6t relatives, h 'individu malade, qu'au caractbre de la inaladie; les traitemens ont ete diriges dans les hbpitaux de rarmee sur ces principes g~ne'raux~ jai re'di en consequence le rnoire qui suit







(65)
Rapport sur la maladies quiaPrO'Ind all
Cap Francais et dans la Colonie,
depuis le mois germinal aiL 10
Histoire et marcke do l maladie.
La maladie n'a point de symptoms prcur-' seurs, ou du moins ils sont assez rares, et ne se sont montrds que dans les sujets qui, avant elle, etaient fiappes de terreur. Elle commence par un violent mal de tate, au-dessus de la region des orbites, ou sur un point circonscit de la calotte hmisphe"rique. Un frisson plus ou moins long le pr&cde, l'accompagne ou le suit; bientot des lassitudes, le vertige, l'accablement, et souvent des nausees se dclarent. A ce premier etat succede une chaleur, une ardeur extrerne; ]a fievre s'allume, le mal de tate et de reins devient insupportable; le pouls est vif, dur et fie'quent; la peau tant~t seche, tant6t humide d'une rose fine de sueur; langue blanche, couverte d'un enduit Muqueux, visage d'un rouge fonce, ceil ardent, tant t see, tant6t humide; oppression singulire, ou anxie'te's de la region cardiaque; urines tantot blanches et jumenteuses , tantot dejp difficiles dans leur excr&ion. Le premier etat ou ce paroxisme dure douze, vingt-quatre, trente, quarante-huit heures : plus il est court plus, il est sinistre. La fievre tornbe, le pouls se regularise






(66)
quelquefois assez semblable au pouls natural; d'autres fois il se ddprinie, devient inegal, petit, serr : des vomissemens, plus ou moins opinidtres, surviennent; ils entrainent des defections bilieuses, porracees, ou noir tres, ou de couleur de caf4. ils se renouvellent lorsque le malade prend quelque boisson, sur-tout si elle est excitante. La prostration des forces, qui, dans les premiers instans de la maladie, s'e'tait couverte du voile d'une irritation tres-vive, se demasque et marche grands pas. Le malade ne sent pas le danger de sa situation, il jouit de ]a pine liberty de ses fonctions intellectuelles, repond quand on l'interroge, prend ce qu'on lui oflie, et retombe dans 1'accablement de la prostration. Les hoquets, les ddfaillances, la suppression des urines, les hnorragies par les narines , ranus, ou par I'ouverture des saignes que i'on a faites, sont les acci.
0 P 0
dens qui se presentent ou spares ou reunis. Les dejections sont souvent noires; le visage, qui avait et d'un rouge fonce, se colore d'un jaune plus ou moins sature: c ette suffusion icteique se repand sur la surface du corps: le malade extale au loin une odeur cadave'reuse; i meurt le premier, le troisieme, cinquieme , septieme jour. Si ]a maladie se prolonge, elle laisse quelques esperances; dans ces cas, la fi~vre s'est rapprochd~e de l'ordre des reiLttentes, a'est -chare, qu'elle a ere sujeLte,







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dans son cours, ' des redoublemens et a* des re" missions. Quand la convalescence a lieu, elle est dificile, incertaine; les recluttes sont fre'quentes, et presque toujours mortelles.
CAUSES GENERALES , PARTICULIERlES , LOCALES.
Causes gdndrales.
Les causes gdnerales de cette maladie sont celles qui rendent ce tribut necessaire - presque tous les Europens qui viennent habiter les Colonies ;mais ce tribut nest pas egalement meurtrier tous les ans. Ces causes generales sont: I0 l'action continuelle et vraiment insupportable, pendant quatre a cinq mois, des rayons perpendiculaires d'un soleil brflant sur les Europeens qui ne sont pas acclimates; 20 impression habituelle et profonde d'une 1umiditd chaude et pourrissante sur les menmes individus.
La premiere de ces causes, la chaleur extreme, jette I syst~me humoral dans un ve'riwble e'tat d'effervescence. Le sang parait bouillir dans les veines; i se porte par une espece d'elan vers l'organe cerebral, determine ces cephalalgies cruelles, qui ne cessent qu'a ]a fin du jour, pour reparaltre le lendemain au lever du soleil. Cette meme irritation, que je pourrais appeler irritation solaire, portee sur la surface de la peau, y occasionne une espece de turgescence , ou de pl&-






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thore locale, qui gene, ralentit ou engourdit les mouvemens des membres, et les tient dans
-une lassitude permanente. Portje sur les organes exhalans 2 elle les agace, fait naltre des sueurs abondantes, excite a la peau des fourmillemens, des picotemens douloureux, des rougeurs, des teaches ""rysip teuses , des eruptions miliaires rouges, (sudamiria) dont la presence tourmente et dont la disparition trop prompte inquiete.
La second de ces causes gendrales, 'humiditS chaude, est enervante et sidaItive de sa nature, et porte son action preniere sur l'organe gastrique et ses depandances; les fonctions de la digestion se ralentissent, ses produits se depravent, rhumeur biliaire ne tarde pas h subir une aeration plus ou moins septique. Cet tat s announce par les affections bilieuses de toute esp&e, maladies les plus communes pour les nouveaux de'barques , les coliques, les gastrod uies, les cholera morbus, les diarrhees, les dy enteries, les tenesmes dtchirans et si souvent tuestes.
Les causes gene'rales de la fievre jaune, ont toujours et4 les memes. Pour s'en convaincre, il suit de consulter les praticiens de Saint.Domingue, de la Jamaique, de la Caroline, de toutes les Antilles, des Etats-Unis, des Indes Orientales; de tous les lieux oh ces causes peuvent exercer leur action redoutable,


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II n'y a pas un Europeen, arrivant pour la premiere Tois a Saint-Dominue, qui n'4eprouve plus ou moins les effets de ces causes reunies, lors meme qu'elles ne se sont pas assez developpees, ou qu'elles n'ont pas trouy une predispositionl assez prononce'e dans 1individu, pour flapper le principe vital dans ses sources, par la production de la maladie terrible dont je fais 'histoire. Heureux les homnmes qui ont ste preserves de ce fle'au au prix de quelques maladies moins graves, qu'ils ont eues 4 supporter),et qui ont servi A les acclimater!
Causes particuligres.
Jappelle causes particulien'es celles qui, tenant aux causes gPnfrales, en sont cependant diStinctes et servent 4 les modifier !!us ou moIs Cest ainsi qu'une cause particullere a donnd cette annee plus d'intensite a ]a maladie de Saint-Domingue, et I'a rendue, pour ainsi dire, epidemique, puisqu'eile f'appe un assez grand nombre de colons. C'est la temperature extraordinairement sbche qui regne depuis six mois dans presque toutes les parties du monde connu. M. Desportes, le medecin qui a le plus fidellement e'crit r'histoire de cette maladie, qu'il a suivie pendant quatorze ans au Cap, prouve, par ses observations, qu'ellc a et toujours d'autant plus cruelle , que les annecs,







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ont t plus seches En l'an 6 sous action dune temperature semblable, les Anglais occupaienu le mole Saint-Nicolas et ses environs, lieux fort sains par leur position : ils 4taient au nombre de vingt-cinq mille lommes; ils en perdirent les sept huitiemes par la fivre jaune dans le cours de cet &e4. 11 en a peri de mille "a douze cents par jour pendant pres de trois semaines. Le retour des mImes causes produira toujours les m~mes effets. .
Causes locales.
Les causes locales enfin, qui rendent en ce moment ]a fievre jaune si funeste au Cap, et qui hui impriment un caractere contagieux et presque pestilentiel, sont en grand nombre; elles sont dues aux malheurs de la guerre, actuelle et I'incendie de cette superbe ville. Ces causes

LVair infect que l'on respire aupres des maimsons incendie'es, dans lesquelles des denre'es aban. donne'es ont te' livrdes 4t une ddcomposition rapide. Ruch attribue la fievre jaune qui ravagea Philadelphie en 1795, quelques ballots de cafd gAte' qu'on laissa dans des magasins situds au bord de la mer, et qui se putrdfierent. Les memes maisons abandonne's ont servi long-temps de latrines aux matelots, aux soldats, parce qu'il ne s'en trouve point en cette vile. Les niasmes







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mephitiques qui sen 41event le inatin au lever du., soleil exhalent dans tout le voisinage une Mtdite suffocante.
Le voisinage du cimetiere public de la Fossette, beaucoup trop resserrd dans sa surface, "a raison du nombre de cadavres que ron y entasse; le peu de profondeur des losses fort au-dessous des dimensions prescrites par les lois de police; la negligence criminelle avec laquelle on procede aux inhumations, telles sont les causes qui menacent des dangers sans nombre, par le ddvelop, pement des gaz detres dans une atmosphere dej vicie'e; les voiries abandonnees, les animaux li vrds , sur les lieux oh ils pprissent, h une ddcomw. position dont les produits se mrnlent par, tout 'air que respirent les citoyens.
II faut ajouter enfin 4 ces causes locales Ia terreur qui s'empare trop facilement de fame dans les calamity's de cette nature, disposition prochaine "a la rnaladie, et qui l'aggrave toujours. Nature et Classification Nosologigue de
la maladle.
Cete maladie est Va fi vre connue, dans tous

les temps, par les medecins-qui ont pratiquS dans les Colonies, sous le nom de fievre putride, fiivre maligne, mal de Siam, fievre Iaune, lorsque I'affection iterique "est au nombre des phd-







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nomenes qui la caracterisent. C'est la Tritophe d' merique -de Sauvages, la Rpivm rdmittente bilieuse des pays chauds de Lind, le typhus ictdrodes et.pdtdchial de Cullen, la flvre maligne jaune des tndes Occidenta. les de Makittrick, la fvre bilieuse maligne jaune d'AImdrique de Moultrie, afi7vre rdmittente , bilieuse gastritique , gas. tritico -d kpatique de Mostly ; elle appartient a* une tamille speciale des ordres compass de la fire aclynamique, ataxique et juelquefois adeno. nerveuse du docteur, Pinel.
Trois degrds de lamaladie
On lii reconnalt evidemment trois degre"s d'intensite; au premier aegre, c'est une fi~vre adynamique simple; les "accidens sont- ceux d'une irritation gastrique, lus ou moiusvive, - laquelte succede une prostration des forces, quelquefois funeste. Elle esttoujours "qukkante:,q et soh pronostic ne peut etre prononce favorablement qu apres le dixime ou le. douzie lour; 1affection icterique, ,,plus ou morns grave, en est souvent la rise heureuse; le plus ordinairement dle se termine, par des dejections bilieuses; les organes gastriques demeurent assez Iong-temps debilitds dans la convalescenice.
Au second degree, c'est ]a fire adynamique dans toute son intensity et plus ou moins' con-







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phquee de l'ataxique. Les accidens sont redouTables et multiplie's; le paroxysme ou l'exacerbation icrie est considerable ; une prostration e&frayante lui succede; les malades perissent le plus souvent du sept au douzieme jour; s'ils survivent, c'estM'aide d'une diarrhee bilieuse critique, qui les rdduit a un 4tat d'4puisement extrA, ou d'une jaunisse qui laisse Iong-temps de rincertitude sur son issue. La convalescence est toujours d'une lenteur fatigante; les rech'tes sont presque toujours mortelles. C'est a ce degr6 de la maladie que I'on peut espe'rer quelque chose de administration des remedes, s'ils ont &Z convenablement ordonnes et appliques des ies premiers instans de ]a maladie.
Au troisiene degree, c'est la fievre adynamiqueataxique dans toute sa gravity; quelquefois complique de radeno.nerveuse ; c'est une fievre pestilentielle, la fievre maligne essentielle de quelques auteurs. Un seul accs la caract~rise; son is sue, rapidement funeste, a present plus d'une fois des charbons ou des affections glanduleuses analogues. On a vu, des militaires et des matelots tomber morts tout 'a coup, comme par sydri. ration, au milieu de Ia meilleure sante. Le paroxysme; compose du frisson, du chaud et de la gangrene, dure 15 2o 3o, 56, 48 heures.
D autres fois, c'est une espice de fire ce-







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djrale, qui se signale par les accidens soporeux ou par ceux du coma-vigil, ainsi est mort le pr4Let colonial Benzech; C'est le sort qui menace les hommes replets qui ont pass I Age de quarante-cinq ans, qui s'exposent ' la chaleur du jour, qui se livrent a un travail trop assidu du cabinet, aux affaires qui exigent une forte contention de l'esprit, h des exercices violens, h Irempire des passions, soit excitantes, soit ddpriantes, h un r gime d' vie trop peu mesure ou trop c"&hauffant'.
Le plus souvent cette madie est mortelle dans tlespace de trois jours : ce degrd, la fievre jaune est au-dessus de tous les secours de i'art, quels qu'ils soient, de quelque manire et dans quelque temps qu'ils soient administrs.
Diagnostic prde's de a, maladie.
Le diagnostic precis d'une maladie se fonde sur les 'caractres qui tracent la line de de'marcation entre elle et celles qui ont le plus de rapports avec elle.
C'est ainsi que la fievre jaune a, dans son invasion et dans sa premiere exacerbation, des raprochemens plus ou moins marqus avec le cazisus ou la fievre ardente. Dans ces deux maladies, le pouls est. dur, la face animee et rouge, les yeux ardens et charge's, la tte tres, douloureuse;







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mais la fievre ardente se prolonge davantage; le visage n est pas colored du rouge pourpre et once quiy est repandu dans ]a fievre jaune, pcu pros come dans les premiers jours de f 'rysipee a a face; la fievre ardente se termine par des he morragies critiques; "a Iexacerbation ne succedent pas les accidents d'une prostration, de forces effiayante. Elle ne present jamais de suffhsion icterique, de vomissemens noirs, d'hnmorragies de dissolution, d'eiiuptions pe'tchiales; ces deux maladies, rapproch&s dans leur invasion par quel-, ques sympt6mes communs, sont done de nature bien differ rente, et i serait tres.dangereux de les confondre.
It a plu "a un me'decin anglais, le D. Warens, de ne pas separer de la peste, la fievre jaune de la Barbade. A Dieu ne plaise qu'une opinion aussi erronnee se propage! 1 existed sans doute quelques sympt6mes communs, h raison du caractere asth. nique qui les signale toutes deux. Les symptbmes communs sont une irritation vive dans l'invasion, et, par la suite, 1'entiere prostratioU des forces, I "anxiek' prlhcordiae, les hemorragies de dissolu. tion, la ftidit cadavereuse trs - prompte 4 Se developper; mais la peste est endemique a certaines regions; la fievre jaune ne rest que pour, les individus qui n'ont point encore habits les pays chauds; la peste ne se communique qmu par con-








tagion, et se communique "a tous ceux qul s'y exposent; la fi~vre Iaune n'atteint plus les individus Line fois acclimates. 11 n'y a ordinairement dans la peste, iii vomissemens noirs, ni sufunsion ict&rique; ces symptAmes sont pathognomoniques de la fievre jaune. La peste se reconnaht aux symptomes qui affectent le systeme glanduleux. Ces symptomes sont tres-rares dans la fie.vre jaune.
Diverses contt-es de i'Amerique ont pu tre frappees et peuvent l'tre encore de maladies dpid4'miques de nature putride ou asthenique; quelques auteurs ne les ont pas distinguees de la fievre jaune; mais c'est ' tort. Les 'epidemies sont dues a une constitution particuliere de l'air, ou a% des circonstances locales, telles que rentassement des hommes, les mauvaises qualities ou le dedfaut des alimens n cessaires 'a la vie. La fievre jaune est le product d'une chaleur extreme sur les corps vivans
*qui ne sont point accoutumes a cette impression; les epidemies ont un temps determine pour Jeur cours; la fievre jaune attaque en masse ou disol& meant les nouveaux d barques; les epidemies n'epargnent personnel, les habitans sont rarement atteints de la fiivre jaune. On ne peut cependant Iisconvenir que la fitvre jaune devient epiddmique, lorsque les causes qui la produisent agissent xrnme sur les individus accoutume's a 'action de la chaleur. Telles ont ete' les epidemies des diver*







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ses contrees de rAnierique ou nmeme de I'Europe,
11 faut egalement tracer une line de Separation entre la fievre jaune et les fievres d'hopitaux et des prisons, bien qu'elles aient beaucoup de sytnpt6mes communs. Ceux-ci tiennent au caractere asthe'nique, qui appartient egalement a toutes ces maladies; mais ii est des sympttmes speciaux qui font de la fievre jaune un genre pardculier : tels sont les vomissemens noirs, la suffusion ict'i que, la suppression des urines, l'irritation toujours tres-vive dans l'invasion, le visage rouge et 'oeil ardent.
La fievre jaune est.elle bien distincte des fivres bilieuses? C'est un probleme medical don't Ia solution interesse l'humanite. I1 y a tout lieu de croire qu'elle nest autre chose que le maximum dns fievres rinittentes bilieuses. On est fond a le croire en ceque, tandis que les fievres jaunes attaquent les strangers, les doubles tierces bilieuses sont les maladies r'gnantes parmi les colons; en ce que les remittentes bilieuses, qui attaquent les nouveaux debarques, degenerent facilement en fie'vre jaune ; en ce que ]a ,fievre jaune, au premier degree, se confond tres-Iacilement avee les fi~vres bilieuses rd"mittentes ; en ce que les etrangers, qui se sont acclimates sans ]a fire jaune, ont eu tous des affections bilieuses de telle ou telle espee ; en cc que les circonstances les plus






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propres 'a ia production de Iafi~vre jaune, tels que le voisinage des lieux mardeageux, les emanati ons putrides de oute espc, sont aussi celles qui font natre et entretiennent les fivres et les maladies bilieuses; enfin, en ce que les mrthodes curatives qui leur conviennent sont identiques.

Crises et pronostic de la maladie.
Plus le premier paroxisme febrile est court s'iil est violent, plus i1 y a de danger. Les jours redoutables sont le 5, le 5 et le 7- Si le malade passe le terme, pourvu qu'en meme temps les accidens s'appaisent, et que le ventre sIouvre doucement, ii y a espdrer; mais, dans ce cas favorable m~me, il ne faut pas perdre de vue leImalade. La faiblesse qui succde "a la fievre est si grande, que la plus l1gere imprudence lui devient fatale.
Les crises sont rares dansila fivre jaune, ainsi que dans toutes les fievres malignes; quand elles se pre'sentent , elles sont irmparfaites et sigent difficilement. La meilleure crise est une diarrhea bilieuse, pourvu toutefois que sa violence ne fatigue pas-trop le malade: viennent ensuite les urines 4paisses et bilieuses, affection ictdrique apres le septieme jour, puis les affections cutandes, tels que les cloux, les dep6ts, les boutons, les eruptions de toute nature, qui demeurent long-







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temps en suppuration. Si la maladie est au premier degree , une hdmorragie nazale et un flux brmorroidal modere peuvent etre des crises salutaires, sinon, ce sont des accidens mortals.
Les signes funestes sontTinvasion de la maladie par un frisson long et violent, le vomissement noir, ]a suppression des urines, les dedfailances, les hoquets, les hinorragies passives.
La marthe de cette maladie terrible a fixed d'autant plus jdstement attention des officiersde sante de l'arrnde, qu'on ne la rencontre dans aucune des fie'vres de mauvaise nature en Europe, si ce n'est dans les maladies pestilentielles des contrees meridionales.
i faut toujours bien distinguer dans la fievre jaune, la presence de la fi vre on I'etat d'irritation, Fabsence de la fievre ou I' tat gangreneux.
L eat ftbile ou d'irritation annonce l'inflammation sourde dans les organes gastriques, le long de t'estomac et des intestins grdles, et dans le syst~me secr&eteur de la bile; mais cette inflammation asthenique n'a que des rapports eoiguds avec le vrai gastritis , enteritis , o hepatitis , cystitis ou autres affections inflammatoires sthniques. Dans la fi'vre jaune, il existe des vomissements, des hoquets continuels, et cependant la sensibility de l'estomac et des intestius est nulle au dehors; ces organes, palpes meme assez vive-







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meant, ne font eprouver aucune douleur, le corps des visceres enflamrnms ne s'eleve pas au-dela de rtat natural; le bas.ventre n'est ni tendu ni me' tdorise ; la suppression des urines existe, et la region hypogastrique ve sicale ne present h l'ext&ieur aucun changernent. Ce genre d'inflammation marche rapidement vers lagangrene. Cet etat inflammatoire est clairement devdloppe' dans la doctrine de Brown. i1 est tres'important de le reconnaltre dans la pratique, quoiquil ne soit malheureusement que trop constant qu'il se terrine le plus souvent par la moort.
Traitement prdservatif.
Les Europe'ens qui veulent Oiviter les atteintes de ]a fibvre jaune doivent aller habiter les mornes pour y respirer rair pur et frais de ces lieux ileyes. Si leurs devoirs les retiennent 'a la Nille; ils doivent eloigner leur habitation des bords de la mer; et sur-tout des environs de l'embouchure de la rivi're du haut du Cap, lieux oh la brise de terre porte chaque jour les emanations marecageuses de cette surface immense de lagons qui s'etendent de l'embarcadere de4 la petite anse au bourg du haut du Cap. Ceux qui sont d'une constitution ple'thorique se feront fire une ou deux saignees en arrivant h SaintDomingue, et prendront, dans le cours du premier mois de ieur sej our, un doux innoratif de manne et de tartrite acidule' de po-







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tasse qu'ils repeteront deux ou trois Iis. Un bainl d'eau tide d'un quart dtheure, ou, a son defaut, un peluve sera necessaire de deux joursl'n. Du reste, ]a mod&'atiou et la temperance, sous tous les rapports, sont les premiers et les plus sArs preservatifs. Tout ce qui porte du feu et de - zirri-* tation dans le syste'me n'est pas moins dangereux que ce qui tend 4 1 enerver. L'usage des viandes doit etre me 'a celui des vegetaux. i1 ne faut manger les fruits que dans leur dtat de maturit, et se souvenir qu'ils sont tous acides ou mucilagineux, et, par cela, contraires a l'estomac. It est important de s'abstenir de sortir depuis sept heures du matin jusqu'i x i heures ou midi; moment oh la brise du large vien temper 'ardeur du soleil. On dvitera avec le plus grand soin ia pro. menade du bord de mer le Soir, temps oh la fraicheur prdcipite les emanations mard'cageuses que le soleil a tenues en evaporation dans la journd'e. Les militaires se souviendront toujours que rien n'est plus dangereux que de se coucher et s'endormir sur la terre hurnide, le long des wagons. La promenade du mating est tres -fvorable " ]a sante'; c'est aussi le temps oh le travail du cabinet est le plus facile et le plus convenable.
Si l'on eprouve (quelque incommodity legre, i1 convient de fire h l'instant usage d'une limo-" nade d'oranges ameres, ou d'une lemonade vi-








neuse, dequciques. bains ti*des, de quelques lavemens raraichissans le soir, et d'un doux minoratif: apris cela, un exercice moddrd 4 pied ou ii cheval dans les temps convenables, Ia dissipation , retabliront lintegritd des Ibnctions.1 Itur sur-tout usetr de toute la force de la raison pour que les affections de 'ame ne prennent pas
catrac re de morosite et de meiancolie, lorsque des maladies plus ou nmoins graves exercent leurs ravages. I1 est sans doute dificile de se livrer a, la gaiety quand on compte chaque jour ses con. naissances, ses awis, ses camnarades au nombre des victinies; mais la philosophic doit alors exer ccr tout son empire : le citoyen qui se menage daus ces circonstatices difficiles se conserve moins pour lui que pour la pattie, et cette rfflexion doit fire taire la sensIbilit
Traitement mdthodique aux verses
dpoques de la maladie.
Lorsque la maladie est dlclaree, tant que la fie'vre est forte, et que les accidens de irritation du systeme gastrique existent, on ne peut gure s'occuper d'autre chose que du soin de la calmer par les boissons adoucissantes nitrdes, les eaux de poulet, les bains entiers ou lks demi-bains de quelques minutes, ou , si lts forces du malade ne le permettent pas, les pddiluves tildes reptes toutes







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tes six heures, les lavemens nmultiplkis, tour a ore vinolliens et doucemtent laxati, les cataplasmius Qnotliens appliques et continuellemeut entretenus chauds sutr la region abdominale; tels sot hIs secours qu'exigent les premiers momVns de la maladie : si ces moyenis ont product qutilque avantage, on peut les seconder pat unt minoratif doux et dont l'eft.t soit proportiotinu aux forces du malade: si, " travers les accidens de irritation, on decouvre ceux de la prostration des forces, i! faut, 4 r'instant merme oh la fievre tombe, passer aux excitans, appeler a son secors les dtcoctioiis de quinquina, ou simples, oinmulsionnees, ou rendues laxatives, les boissons canimphrees, les lavemens de mime espece, Les leps excitans, les vvsicatoires; on se trove souveint oblig d'alterner ou de itiger ces remedes, de maniere a. ce que les excitans n irritent pas,et que les **adoucissans n'afaiblissent pas; i taut savor marcher entre ces deux ecueils. Mais c'est 15 le point difficile, et lVon ne peut disconvenir que ]a conduite h tenir ne soit environntee de toute part des. ,plus. grades difficultes; cependunt h maladie marche ai pas rapides, et lia mort art e lorsqu'on dehiere encore. Si la gaigteie Ile se pro, nonce pas 4, la fin de la fiere, Ia continuation des nemesisecours devient plus utile, et ia convalescence arrive inseusiblenient par la diinution







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graduelle des sympt6mes et le retour lent des forces vitales. Ce traitement methodique convient la fievIw iaune, et renplit les indications; mais, st divers accidens se prononcent dans le cours de la maladie, i1 faut s'empresser de les calmer.
Lanti-entique de Riviere, c'est-aire, le sue de iimon, meie au carbonate de potasse, ( sel d'absynthe) arrete oU diminue souvent le vomissement.
Si I'irritation de 'estomae s'oppose 4 1'administration du quinquina, on peut essayer de le fire passer en lavemens, quoiqu'il nr ait pas grand'chose "a esperer de cette m ethode.
Les hoquets, les spasmes, les mouvemens convulsifs cedent quelquefois h I'usage du camphre en grandes doses, en' oleo sacharum. Cette dose pkut tre de dix grains, rep't&e toutes les six heures. Au reste, cette substance, unie au nitrate de potasse, est dun usage habituel dans cette maladie, comme doux excitant et diaphore ique.
Dans les douleurs d'entrailles, les vomissemens, les mee'orismes commencans, les bains ou les demibains, sont heureusement employee's; reais, pendant l'usage de ces moyens, le melecin doit consulter continuellement le pouls, afin de remettre le malade dans le bain, et de 'en retirer suivant 'tat de ses forces.







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Le dWlire tranquille ou fr~netique, I'affection cornateuse, accompagne de la prostration des forces, appellent I'application des epispastiques at laq uuque et aux jambes, bien qu'on soilt oblioe de convenir avee Baglivi que si ce moyen est employee trop tard, et lorsque l'4tat gangre'neiix se prononce, il ne fait que hdter la decomposition des liqueurs animals, et precipiter la fin du malade.
Si le malade se plaint d'une douleur vive une extremite, il faut se hdter d'y appliquer des fomentations rn'ollientes, des cataplasmes adoucissans; il faut en tenir le membre continuellement envelopp6, pour y attirer autant qu'il est possible, et y dterminer la formation d'un dp't qu'on ouvre de bonne heure, et dont on a soin d'entretenir Iong-temps la suppuration. Cette inthode n'est qu'un proceed imitateur de la nature, qui terrine quelquefois cette inaladie par une crise heureuse, en couvrant la peau d'un nombre considerable de boutons ou de furoncles.
La dikte doit &tre proportionnee i la violence de la maladie, les boissons vineuses, les doux Scordiaux, les doux analeptiques, sont tour 'a tour wiles. On ordonne les bouillons au riz et aux herbes, les crimes de riz a, l'eau ou de sagou, les bouillons de substances animales, arroses. du sue de citron. On passe peu ,i peu aux alimens








pius substornticS,,nais du e digestion facile. Le convalescent doit, manger peu et souvent ; on 41i recomtnauide un ext'rcice journalier, mais point ttiiant, et fair~ fa des heures et dans des leux oh le soled ne drde pas ses rayons.
,i la jaunisse subsiste dans ktaconvalescence, ce qui est asset .rdinaire , on hitsge de bouilios ap eilifs et e ,stues d hIa be Te est le traitement methodique, le seul qui "4ove, Ctrc employ, la ;sine medecme . n en consaS-%tt point d'autres, si ce i'c t le- traiterent
' " : qi pe peto u iuii,
par les spciques,ie ic
L. s: tnecims.militaires an~Iais einploieut la MVatliuique,: pourfiwe ja4a4, n "'e aitect f*d bord ne solution de
xattite de potasso, anti"noi' aveeo'la- mane ; ils en aident lactiou par Otis boissous appropees
t
et des lavemens wmollienis. Quad Is, out, par ce m~oyen, deter~aind Iaia ' . "" missioni d{e'"" I a ne~e ,,ils passent " l'usare. dt,:i quinquina qui. ltermiue la Maladies A"
Lirr'itation des organes g "queq s
" no a-strqs usgne
lc cornmencewcnt ou le premiptr i6'de d6 a fibvre jaune a Saintow-Dojaig. ie P.rcmettrat pas de laire usL-ge des antimioniau.
Le docteur lRushI, darts sa dissertation sur la fievre jaune qui a ravage Pliiladelplhie et 1793, dit quaprs avoir tute touesL, Ics tueLltodeb cu-








ratives rationnelles ou,,empyriques, ii n'en a pas trouve de meilleure qe la suivante: d' plua de cent malades, diti i, auxquels je 1'ai" app-'I quee jef uen ai pas perdu un seul. If pubi h'ct eftiiun procedd usuel aneu en c terrnes:
c Aussitot que vous vous sentez pris bsoit lo C jour, soi la nuit) d' mal a tete otti aAx' , reins,' douleurs o'estotnac, de fissOn' OU ,� de fiir0, Specilemeut si CeS sympt46res so$t (C accompagties de roueru dvN isage si. les -vetu. sontd telints_ dluw laune p1e,r 'pen vnne
'C' des, pidesc putgativ (ahaque, pour e esA Scornp se de quinze grain de jal4P L1 di c grains :de mercure doux) dans.tin pen; 4,eu O s ucrdectoutes les sixlheures, jusqua c* (-, " aient prodbit quatre a -uqoqgrandes evacuations c alvines. Buvez en mnt nemps-bcauc'uf CUOMO c d'org"'- de gruau ou d . et,u toae uutre liquetiw adtoucissante et agt~el pouri aider'
ot , t, t
( l'ef6dtdu terrfd4 Lorsque les p rerrlve s VIOb "aaurot ete a'insi e'mrnpltement uicitoyeS 1i poul s' 09t Pl et1 f4du, vdos vous ut cretrer
,c huit-ai dix onces de sang duibraS etdaraiage Ssi ia pPIPitude et la tension du pouls conthu0. Dars le cours de la-maladie, Vous fcr'vt uge o d eau panee, do limoae d'eau g de
,C tamarins, de thd I'ger de camomille. Vous ticlll
* drez les premieres voies toujours rbr4 pay







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q une.4ose de poudre purgative, de creme de 0tartre ou d'un sel neutre quelconque, et par cc des lavernens dmoltiens et laxatifs; rais si
a apres Iaction du premier purgatif, le . pouls se (e troupe faible ou dtprirme, vous eMploierez en c'boisson l'infusion de camomille, ou de serpen(c tairede Virginie; vousy ferez entrer re'lixir de cc vitriol ou le laudanum " doses convenahies; vous donnerez les boissous excitantes, 1'eau vineuse, cc!e wrn pu t, le punch, le porter, le quinquina ft en decoctdon ou en Isubstnice dans la remission cc de jv fe.vre On appliquera des vcsieatoires a a la pditrine, a te ou) a* la nuque. Lorsque la c faiblesse exigera cet excitant, on tiendra en a� mern temps les reins envelopps d'une flanelle trtp4e dns le vi.Yuigre chaud ou, leau chaude.
11"~~~~ A Psgu aae
c Le egime consistemaa gruausagou,panades,
~th",, cf,' cocolat, vins n gn'reux ele'es ani c males, vi"ndes blanches, conv enablment
l'tat ds foes, en fruits d saison, cuits ou 0 cru. On fira circuler dan I'appartement du r.rnalad un air frais et M nme froid si le pouls Sest pcem et tendu. Les parquets seront arroses ~ ~iNwaigre, et les djelctions seront eoigi-e$ At le plust6t qu'il sera possible. ,
Tel est le procd curatif du docteur Rush; ili announce qu'il fut adopted' par le plUs grand hombre des mdecins de Philadeiphie, et que la







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c'lkrit6 du inoyen fut telle, que ses 'I"ves et lui tie suflisant pas au traitement des malades, et metne a la preparation de la poudre purgative, i en fit communiquer la recette ' plusieurs pharmaciens, qui Ilemployerent avee un 4gaI success.
On voit que le procekd' de ce me'decin ne diiftre de celui qne j'ai de'taillI, qu'en ce qu'il emploie pour purgatifs les mercuriaux unis au drastiques, tandis que nous ne conseillons h Saint-Domingue que de doux rninoratifs. I1 y, a lieu de s'etonner que rirritationdes organes ait permis r'usage de ces moyens, it faut qual Philadelphie elle soit beaucoup noins vive que dans notre Colonic. Je ne m'v arr'terai done pas davantage, et je m'tonnerai seulement - qu'un traitemeut., si vante
dansevre jaune de 1795 % Philadelphie, n'ait pas ete pratique dans la mme maladie qui a ravage cette malheureuse ville, et d'une maniere plus effirayante encore, dans l'an 6 et l'an 7. Ce qu'il faut penser du traitement dit du
pays, ou vulgairement emplolyd.
Le traitement du pays, qui consiste daus to seul usage des adoucissans, des eaux de poutlet nitres, des doux laxatitf,, ne considre que le premier temps de la madadie, lhetat fibrile ou dirritation. Les saignees repetees dans le premer jour, les lavernens Cmolliens, les bains,







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les demi-bains, les minoratifs, rdussissent quelquetbis dans les mains desCre'oles, pourvu que la maladies ne soit qu'au premier degrd ou au commencement du second, parce que ces remdes sont admministres par Aes: timmes, souvent avant que invasion soit avance', e'toujours avec un soin, une attention, ue. constance dans les plus minutieux details, qu'il est difficile de trouver ailleurs que dans leurs mains. Si !a maladie est grave et passe a son second etat, les tfmmes donnent le camphre en lavemens, mais elks n'emploient le quinquina que dans la convalescence ,eX come toniqe, Usage d I sagnde, Je 1'drdtique, des
purgats, dU quinquina, d camphre,
des vdscatoires, dans cette naladie.
La satgnee est regarded dans le pays, et meme par quelques praticiens, comme un preservatif de la fiwvre *aune, ou du moins come un moyeu de la rendre plus douce a supporter. A cet efet, elle se pratique au bras tous les mojs, ou a Invasion du plus le'ger mal de t&e, et "a la quanitite de six ai huit onces chaque fbis. Sila tke dewent tres-douloureuse par l'insolation on pratique utilement une saignee du pied.
Quoi qu'il en soit de ce moyen, qui pent &re tile" aux nouveaux dbarques dans un grand







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nomb-re de circonstances, et relativement a leur a a je o ,leu coustttion et ' leurs forces, il 1e1n est pas moms vrai, en prindipe, que ]a saignce par eIe-meme est contraire Qi toute naladie adynamiqtue de sa nature. Si ele a souvent calme l'irritation ombicn de iois n'a-t-ell, pas ijtd ic malade datis, wi atthissetnent morteA I Consultez les observations consigneeks dans louvrage de M. Desportes, dans un temps oh la saigum e tait beaucoup trop souvent pratique, ,ous vous convaincrez de t ra littP de "Ii "'emets
conv ca c ppogn que tes
ici. Si cependanpt la fievre, atne nest pas a, un haut do' d'" sit, s'ii y a lieu de prdsumer .que la nature est en etat do fire une reaction suffisantesi le I sujet est jeune ,.vigoureux, d'un temperameritsanuin, Si e pouls est pleim et fdur, Ja , sa~e t eeeessale dans 1iqvasio1 wmege ld l ma l4e, c est.h-dir, auss t e a cil ir yent de succeder, au frissOn.,
pp a4
gu 4re et ven age ne
.,portntp Il ei st de nnsnnpe es 1tmpIr , xxi ]o~ a bi~lg M~~omine.
VLAet ue veL Atie , .is tous les" cos ,. mn~ag; dans son emc )loi, at d4as ses joses. It sc,
'I, pl;"'us pry ' r, "
r l r1~dJy t diw ieuoir enticement daun , traiten4ot Ae, jta i vre - C s1 opinion, ,Aqxl1c des auteurs qui ont ecrit str cette~ miatioe, et des medecis quippatiquent atourd hul dans xks Co4onx:,;







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La meme observation s'applique aux purgatits; is doivent toujours etre pris dartis la classe des minoratifs donnas a doses rfractees et en lavage. Sans cette precaution, ils peuvent exciter des tbntes colliquatives mortelles, ou jeter le malade dans un affaissement qui prIeipite sa fin. Yoi' t pourquoi les lavemens laxatifs sont pre'f" res, en general, dans le cours de cette maladie; l'eau6 de casse ou celle de tamarins, le'gerement aiguisde parun sel neutre, opere plus doucement Pefrtt qu'on a, droit d'en attendre.
Le quinquina est parfaitement indique dans cette maladie,,du moment oh ia remission febrile permet de ]'employer; mais il rencontre des contre-indications tellement puissantes dans 'irritation gastrique, quI1 fait naitre ou qu'il accroit, dans horreur--et la crainte que sa prescription, inspire au inalade, que 'on se voit pour ainsi dire oblige d'y renoncer , -ou de se" horner :i des de'coctions l4res ou emulsionnees, donnees a !'instant o& le-premier temps de Ia maladie fait place au second; mais alors meme, quels que soient la prostration des forces et 'tat de'prime du pouls, I'estomac est si fatigue de irritation qt"i a souffrte; les hoquets, les sp~ism les, lv*o ssemens qu'il eprouve encore,.ccblent tellement le malade, qu'on ne peut plus dorer le quii .w qurna qtfen lavernens. I1 arrive de lh que ce re-







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mWde hdroique perd son effet, et en mtnie temps. son credit, et qu'iA nest guere connu que come tonique " ia fin de cette maladie.
On peut appliquer le memne raisonnement Zi tous les autres excitans dout administration pao rak indiquee par la nature de ]a fievre june.
Quant aux vesicatoires, us ne sont utiks quc Iorsqu'ils sont applique's entre irritation qui les repousse et i'etat gangreneux qui les rend inutiles. lus peuvent donc etre bornes aux cas oh les af. fections soporeuses semblent en solliciter usage. Ce qU'il faut, penser sur la contagion et
le caractareprdtendu pestilentiel de la
maladie.
Quelle est la source de la fi vre jaune de Saint. Domingue ? est.elle d'une origine etrangere? d'oh, dans quel temps, de quelle maniere a-t-elee pu y 'tre imported? est-elle contagieuse? la contagion peut-elle s'etendre jusqu'at I'Europe ? Telles sont les questions dont la solution touche de preos I'hygiene publique, et peut determiner et les magistrats a, prendre des measures de sfrete, et les autorite's premieres rendre des lois convenables aux circonstances.
La fi~vre jaune de Saint-Domingue y a-t-elle ete importee? Non; elle a son origine dans un air tres-chaud, sature d' manations mare'cageuses.







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Par-tout oh ces principles se dvelopperont et se mettront en activity, on verra naltre ]a maladie dan les individus qui porteront en eux- memes les causes prd'disposantes. C'est ainsi qu'on I'a vu se manifester a Cadix en 1764, dans und te' extr&mement chaud et sec, "a Pensacole en x 765, et dans toute l'Andalousie en i 8oo. La double tierce de Minorque prsenta des caracte'res de fievre jaune, et les contres meridionales de rEurope auront a la craindre dans les memes circonstances. II n'existe dans les Indes Occidentales aucune cause propre a y produire exclusivement cette maladie; die exerce des'ravage*s d'autant plus redoutables que les lieux Oh die se re'pand sont plus voisins des fbyers des miasmes. Voil pourquoi, i Philadeiphie, dans toutes les villes maritimes des Indes Orientales, " Saint - Domingue, 'a la Guadeloupe, Ia fievre june est moins commune, moins dangereuse a nesure que lVon s'loigne des plaines et des lagons. Voila pourquoi la partie espagnole est le plus souventt 'a l'abri de ses aueintes. Voilh pourquoi on peut s'en garantir en allant respirer un air plus pur dans les mornes.
La fievre jaune ifest pas conagieuse, cette opinion est celle de la generalitd des praticiens, P.,est-a-dire qu'elle -ie se communique pas necessairement du corps vivant qui en est fi'appe aux individus avec lesquels il peut se trouver en






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contact; rnais elle est epidemique pour presque tous Ies nouveau dedbarques dans la Colonie :est un tribut qull -aut payer dans le cours du premier e'te' que Fon y passe. Cependant on ne peut se dissirnuler qu'une maladie aussi grave et d'un caractere putride et gangrCneux tie puisse se porter par communication de I'air respire, ou par le contact des etifts impregnes de ces minasmes sur les homes qui, par etat ou par de'vouemel, s'exposent a tous les instans du iour 'a action des causes qui la font naltre, et qui 1'entretiennent. Tel est le sort des officers de sante desemploye's dans les h6pitaux, .et de tous ceux qui visitent frequernment ces asiles de la soufii-ance. Aussi le hombre de ces victimes a-t-il et considerable dans le cours de floral et prairial. Ce fleau n'a pas meme epargne les hommes les plus acchmates, c'est a-dire, ceux chez lesquels les eflets des miaso mes et de la contagion sont en partie detruits par l'habitude.
Que Thu.il done penser des mesures que 'autorit6 publique prend en Europe pour prevenir introduction de la fievre jaune et des quarantaines auxquelles se trouvent assuiettis les vaisseaux, les hornmes, les eff-ets qui arrivent des lieux infectes?
La prudence et la crainte prescrivent ces mesures, et la raison les consacre. Nos connaissances







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Sur les limites de la dissemination de ]a contagion, sur les temps, les lieux, les distances, les circonstances propres i la propager ou "t I'teindre, ne sont pas assez sres pour que les magistrats ne prennent pas toutes les precautions possibles.
Les quarantaines sont de toute necessite dans les d~partemens ne"ridionaux. parce que les causes productives de la fievre jaune y existent en tout temps, et peuvent y tre mises en activit par une secheresse et une chateur extraordinaire. Les de'partemens autres que ceux du midi ont beaucoup moins 'a craindre, puisque le froid faith dans tous les temps lesser cette maladie. Les communications commerciales qui ont existed entre les regions du nord de 'Europe dans les
A A
Colonies, dans le temps meme ou celles-ci etaient frappees de la fievre jaune, ie l'ont jamais transmisc. Le tropique du cancer est la limite naturelle de la contagion de cette maladie.

Rapprochement de la maladie de SaintDomingue de celles de mdme nature q ui ont afjlgd diverses contrdes en diffdrens temps.
I1 importe " l'Ihistoire de cette maladie de faire connaltre les diverse poques ou elle s'est manifiste'e 4 S. Domingue et les constitutions annuelles,







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En 1755 et 1734, la saison pluvieuse fus suivie au Cap d'uue seeheresse extreme pendant ete'. Le vent du sud commenca 4 y souffler 4s le mois d'avril. La fievre jaune, que ron connaissait alors sous le nom de ral de Siam,. fit perir plus de la moitie des matelots et des nouveau de'barques. i1 y avait au Cap beaucoup de malades, tres-peu dans la plaine, sur-tout vers les morne. Cette maladie re'gna seule pendant quatre mois; toutes les autres maladies annuelles disparurent devant elle.
En 1735, 1756,1737, 1738, temperaturemoderee. La maladie de Siam fiut sporadique; beau* coup d'etrangers en firent frappds, et le plus grand nombre en gue'rit.
En 1739, 1740, 1741, temps serein, tres-sec, trbs-chaud, dans les mois avril, mai, juin , juillet; grande mortality" sur les animaux, quantity' de chenilles extraordinaires.Maladie de Siam trbs.re" pandue, tres-maligne; les saignees se rouvraient, la gangrene survenait promptement, aucune methode curative ne reussissait.
1742. Temperature mode'ree, maladie de Siam assez douce, pleu de morts.
1743.Secheresse longue, chaleur trts-vive dans les mois d'&t, brises trbs.faibles, mal de Siam ii un haut degree' de malignit. Le petit nombre de ceux qui ont echappe k la wort n'a ete sauvte que
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p~ar des depots aux extremites qu'ii a fallu entretenir Iong-temps en suppuration; cette maladie a pr 'sent4 quclques charbons, et des ulc~ces gangre'neux en grand nombre.
La meilleure constitution est celle oh les oragessont frjqens ;les torrens forme's par les pluies entralnent alors, avec les terres les emanations dele'teres qui s'eIvent de la surface des lagons.
I. Desportes, a qui l'on doit cette suite d'observations intressantes, a remarque" que les constitutions tres-seches, et consiquemment les fievres jaunes tres-maignes qui les accompagnent toujours, reparaissent ai peu pres, aprs un pdriode de douze ' quinze ans. On doit regretter que le travail de ce sage praticien n'ait pas ete' suivi patr les medecins de Saint-Domingue, qui se sont succe'des depuis le temps oh il vivait. Nous serious claires aujourd'hui sur la nature de cette ma" ladie, surla meilleure methode curative qui puisse li convenir, et sur les moyens d'hygiene propres a en prevenir le retour.
11 n'importe pas moins " l'histoire de ]a fievre jaune de observer en d'autres contre'es oh elle a pris naissance 'a diverses e'poques.
Si ron consulte tous les medecins qui ont ecrit sur la fibvre jaune d'Ame'rique, et ils sont en grand ombre, on peut se convaincre que cette maladie, qui, a diverses reprises, a ravage plusieurs regions




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