Citation
Rapport de Philippe-Rose Roume, sur sa mission a Saint-Domingue, en qualite de Commissaire-national-civil

Material Information

Title:
Rapport de Philippe-Rose Roume, sur sa mission a Saint-Domingue, en qualite de Commissaire-national-civil
Alternate Title:
Rapport de Philippe-Rose Roume, sur sa mission à Saint-Domingue, en qualité de Commissaire-national-civil
Creator:
Roume, Philippe Rose
France -- Convention nationale
Place of Publication:
À Paris
A Paris
Publisher:
De l'Imprimerie nationale
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
1 online resource (75 p.) : ;

Subjects

Subjects / Keywords:
1791 - 1804 ( fast )
Slave insurrections -- Early works to 1800 -- Haiti ( lcsh )
Blacks -- Early works to 1800 -- Haiti ( lcsh )
Révoltes d'esclaves -- Haïti ( ram )
Colonies ( fast )
Slave insurrections ( fast )
History -- Haiti -- Revolution, 1791-1804 ( lcsh )
Colonies -- Early works to 1800 -- France -- Haiti ( lcsh )
Politics and government -- Haiti -- 1791-1804 ( lcsh )
Colonies -- Early works to 1800 -- France ( lcsh )
Haïti -- 1791-1804 (Révolution) ( ram )
Colonies -- France -- Amérique ( ram )
France ( fast )
Haiti ( fast )
Pamphlets -- France -- Paris -- 1793 ( aat )
Genre:
Pamphlets ( aat )
History ( fast )
federal government publication ( marcgt )
non-fiction ( marcgt )
History ( fast )

Notes

Bibliography:
Proclamations and documents: p. 53-75.
Citation/Reference:
Martin & Walter. Révolution française,
General Note:
Cover title.
General Note:
At head of title: "Convention nationale".
General Note:
"Imprimé par décret du 29 janvier 1793, l'an deuxieme de la Republique."

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
The University of Florida George A. Smathers Libraries respect the intellectual property rights of others and do not claim any copyright interest in this item. This item may be protected by copyright but is made available here under a claim of fair use (17 U.S.C. §107) for non-profit research and educational purposes. Users of this work have responsibility for determining copyright status prior to reusing, publishing or reproducing this item for purposes other than what is allowed by fair use or other copyright exemptions. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder. The Smathers Libraries would like to learn more about this item and invite individuals or organizations to contact Digital Services (UFDC@uflib.ufl.edu) with any additional information they can provide.
Resource Identifier:
749126460 ( OCLC )
ocn749126460

Downloads

This item has the following downloads:


Full Text

















This volume was donated to LLMC to enrich its on-line offerings and
for purposes of long-term preservation by

University of Florida Library




)
C- '


-1t ' w - "t --f * O t W ,t , V' Y "
CONVENTION NATIONAL.
: I:'. ~n :h'C\C. -At


R


A


P


P


0


R


T


D1~


PH xxrP E -R


o S'sE


ROUME


a Saint -


Domingue


en quality


de Comminfaire


- National-


Civil ;


Imptime'par d6cret du Zp Janvier x 79 3
de la Ripublique.


, randeuxi#m


A PA RI


DE IlIMPRIMERIE


NATI IO N AL h


x79 3.


s


VrI


fAi


i ,
i


ILV'rt~f


S,








RAPP O


R


T


DE
PatL - P-RoS ROUME,


nii iM'o


SSaint -Donlingtee,


en quality


de ranuffzire .Nration-alI


2I-'L 7'


CITO YENS,


JE vais faire le rapport d'une portante million ;empiie pendant plus de cinq mois, au noitn de i Fraice , par un feul hiomme a Saint - Domniige ; non Iangage ei celui d'un Rtipublicain qui ne fai diflimuler, ni fes fautes, ni le bien qu'l croit avoit fait.,
Une loi du x fvrier 179 ' ordonnoit l'envoi cd trois commifaires charges de maintenir lordre & la tranquility publique Saint-Domitjgue : difflrentes circon.ances ei wot retardo 'execution, Les premiers


fa


Sxdt: Jrt-


4


js
I









commifaires chois ayantdonni leur dt miff on, le miniftre Th6venard les remplaqa par Mirbeck, Saint-Lier & moi; notre nomination eut lieu dans les premiers jours d'aodt de la in'ee annie 179 I. tLepatriotifme connu du vertuenx Thdvenard ne laiffe aucun doute fur le n6tre; & certes, t cette dpoque, iI ne falloit pas avoir les prejugds admis jufqu'alors, pour fe charger d'un emploi ddendant du poovoir exioutif fans ytre autiorld par le roil Notre miflion n'offroit que es dangers & des difficult, puifque nous devions faire exdcuter, dans la plus confiddrable des colonies, 1.e dicret du 1 mat en faveur des homes de couleur & ngres libres.
Prts de ns embaruer a Breft nous fdimes retenus par undNcret ren t d'aprts des nouvelles de Saint -Donmiigue; la conflitution s'acheva, fit acceptie, & le mninifire retira nos premires commiflions, pour nous en donner de nouvelles figndes du chefdu pouvoir exicutif.
Partis de Breft le Z7 olaobre, nous arrivitmes anu Cap-Frangais le at novembre t79p ;n~aijs, au lieu du dderet dt 15 mai, nous dtions charges de faire exdcuter celui du 24 feptembre , qu accordoit aux airembldes coloniales & au roi le droit de rt6gler Witat politique des hommes de oouleur & negres libres.,
Je n rpetetrai point le rapport que tit Mirbeck i l'afemble nationale le 26 mai denier bon y volt dans quel Ctat nous trouvames la colonie V tes moyens que nous comptions employer afin de la iretrer de cit 4tat d4aft reux; nos premiers fuccec; les obflacles qu6 nous o1pofoit twun al'mble colonial qu'aveugloient &ds prdjugslocaux ; les jufles motifs qui d;tterninrent oirbeck & moi, qui nous trouvioris feuls au Cap a prendre un arrt e 27 mars 179a, iteffet de pat fer imm diatemet en F&ace pou faire conoitre les








maux de Saint Domingue, & propofer les remndes a y appliquer.
Je ne r4pterai pas non plusle compte que rendit a la meme affembie national SaintLger le 2 juin dernier; on y reconnolt le zle, les tales & le courage qu'il a diploy"s dans la partie de loueft ~ SaintDomingue.
Jattefterois ici la virit des fits contenus dans PuIn & Pautre difcours, in mes collgues n'avoient enufoi d'en fournir les preuves.
Les citoyens charges de millions lfmblables a la n6tre n'avoient jamats pris que le titre de commiaires civils, ou ce!ui de commiffaires du roi; mais nous, qui n 'tions pas du choix d'ua roi, & qui voulions porter au nouveau monde une majefiueufe idde de la majeflt des peoples, nous primes le titre de commnflaires nationaux- civils & Mirbeck fut cldui qui le propofa.
J'appris le 1 5 avril dernier, par des lettres de Sai ntLiger, quil avoit, de fon cot, rifolu de patlir en France, & qu'il toit ddja en route; c'eff A dater d ileme jour 15 avril ; qut je pris feul fur ma refponfabilit� Pexercice des fontiolns de la commiffion nationale , comme je l'ai fait jufu'au 7 eptembre que font arrives les nouveaux commiffaires Polverel, Ailhaud & Sonthonax.
*Mon rapport contiendra les motifs & P'explication de ma conduite pendant ce laps de temps; mais, laiffant a Picart une multitude de ddtails & d'incidens, je ne rapporterai de mes operations que les chores qui peuvent intireffer en France.
J'ai dit que Mirbeck & moi avions arr&t6 de paffier & Paris: cet engagement a dtd fatisfait de fa part; j'y ai arr que je dois par confiquent me jufifier.
Lorfque note arrtd fut pris ie 27 mars , il exifiti









dans I'affemblIe coloniale de Saint - Dnomngue, ur parti fi maieur & fi bien foutenu contre la commifi, Ron , qu'elle fe trouvoit entibiement paralyf e fans qu'il nous part poffible d'y remedier autrement, qu'en infruifant nous m mes 'affemblie nationale de la vfrit6 des fits ;-le parti don't je parle, compof des membres qu'aveigloient leurs pre jugds contre les hommes d couleur, nous abhoroit, parce que nous ne ceflions de rep iter que le falutde la colonie dieendoit de la reunion de tous les homes libres, laquelle reunion ne pouvoit s'effaur que par la fixation des drots pol;tiques des homimes de couleur. Un autre patty beaucoup moins nombreux, & prefque touu urs hu" par les galeres , nous Gfloit accroire que , s'il ob teot Ia maioiteo, nous lui versions prendre des r"folutions convenable au bonheur du pays. Mes colikgues & moi regardions ceux dut premier parti comme des fa&ieux , & ceux du fecond comnne des anis de IPordre.o
Mirbeck me laiffa, le premier av il a hit hiures du foir, pour mettre a la voice le le lenlemain de, grand matin, come il le fit, & je devois pPrt i le 4 du indme mis; une heutre apres qu'il m'eut quitt , Dumaas, nembr'e de i'aflmblde mapprit que le pati des amis de 1or&de, dont it etot le che f ffaifoit de .-rands progrbs, fe flattoit d'avoir bent t la prdpondrance, & pouvot ddia tenir tete aux fa&eu. Je comris que ce clangement inop ne provenot d une coahtron, de ce parti avec tous les amis de Pancien r~,ime; je jugat d'apres cela quit me devenoit indifpenfable de refler pour ddiouer cette ligue nainllite, & emrp*cher qu'il n'arrivit a Saint-Domingue le meme evenement qui vient de, fe paffer aux lies du vent.
Le plan qut convenot a ma pofitcon, qque fadoptat, que j'ai fiiVi conflimmnent & qui reunit omtes mres operations en un fyflime complete, ce plan fut de re-


',i








donner la com iffion influence morale qu'elle aoit originairement eue, & que Ia faufe poltique de 1afo. femblde coloniale lui avoit fait perdre; it falloit, pout y pavenir, que je faiiffie les occasions de d~ielop per un grand caradre, que je m'expofaffe toutes les fois qu'il y auroit lieu entre la France & fa colonie, comme entre les fa&ions intirieures, & fur-tout que j'empachaffe un engagement gdndral dans la ville di Cap; engagement dont le fucces, quoique douteux relativement au parti vainqueur, produro it neceffai-. rement, foit une contre-rivolution ,foit la formation d'une nouvelle Guinde, on peut-tre ces deux itats run aprbs i'autre; it falloit enfin qu'un feut homme en impost par fa fermetd, th prudence & fa conflance ai Ia colonie de Saint - Doniingue; it ef inutile d'obferver que j'avois d'abord con'u ce plan pour &tre execut6 par Saint-Ltger comme par mot.
Avant d'aller plus loin, le dirai, pour ne pas cas lomnier les habitant de SaintDomingue at occafiow des contre-rivolutionnaire dont je parterai fouvent,, qu'il faut diftinguer les trompturs &les tromp6si Les trompeurs vrais contre-revolutionnatres voudroent li, come ici, le bouleverfement de ia France , afin de retablir Iancien fyfltme monarchique & arifltooratique; mais ts empruntent ordinairement le langage dun nombre considerable de citoyens qu'ls tronipent. Les citoyens trompes aiment de bonne-foi ta rdvolution, & feroient d'excellens patriotes en France; mai its croient que la confervation des propridtis colo-, niales eft incompatible avee 1'exifl nce des corps populaires; & ces citoyens ne fentnt pas qu'au lieti de fervir la colonie, ilstsne font qu'augmenter le nom bre de fes ennemis: car ce font les vras contre-rvolutionnaires, aini que vous le verrez ci-apres, qui ont trami la revolte des ntigres du nord, f-mentd la A4








uerre civil des blans & des citovens de coufeur.
Je reviens ai ma rfolution de refer & Saint Domin gue; j'en fis part ds le, 2 avril au nminifre Bertrand; mats ecnvant a ce minf-te, je ne pouvois lui prefenter que des lieux communs A ia place nde es motif & de mon plan; je me dtfiois tellement du minimlere de ce temps-i , que je crus devoir encourtr fa malveillance, en m'adreflhnt an president de af-femblie nationale, pour tPiffruire des envois des pidoes que je faifois au dipartement de la marine.
Je vais expliquer la nature de ces pieces, & les motifs qui rmengagrent a les envoyer.
Des commifflires de l'affemblee coloniale, au nombre de fix, partis le 3 mars, alloient en France peindre les hommes de couleur & negres libres, fous des traits fi odieux, qu'ils fe flattoient d'en provoquer la defirudion totale. Je favois que parmi ces hommes rouges & noirs, il s'en trouvoit de bien coupables, mais que la trs - grande majorit d'entre eux etoit digne deflime; & je favois qu'il fe trouvoit ~galement des coupables parmi les blancs: notre fecretasiat contenoit un grand nombre de preuves authentiques de l'une & l'autre virit. L'aftemblie coloniale connoiffoit ce dipt de pieces contradkioires, & ddja lun de ces membres avoit 'propof4 de le faire enlever, fous le pritexte qu'i appartenoit la colonie; la ,mnme motion pouvoit fe reproduire avec plus de fuccs; it ~toit plus vraifemblable encore ue e commiflaire & le fecrtariat ne tarderoient pas a etre detits par un peuple trompe qu'on enflammoit tous les jours, en m'accufant d'&t~e imilfaitre des ainis des noirs. Ce furent ces confldirations qui Xm'engagerentt tranfinettre au minifire nos pieces otri








minale, accompagnies de notes & di'tats pour-en faciliter Fexamen.
Lorfaue 'eus appris le depart de Saint-ger, fen infiruilisf afimblnee colonial, qui me fit une rtponfe d'un laconifhe in ifultant.
Sa rdponfe me dona des forces irrfiftibles, puifquelle infuhoit la France don't je me trouvois forgane. Rdfolu de f6rcer les reprdfentans de SaintDomingue at reconnoitre la commiflion nationale, je leur erivis le X7 aTil, tne lettre don't voici rextrait:
SLe laconifme de votre r6pone ne mne permet plus de douter, Mefieus, que vous ne vous flattie a d'avoir futfifamment aviti la commiflion, p tur que a je dove la rdduire a une entire & m6prifable nut. a Iite.
*Y J'ai 'honOeur de vous obferver que ni vous ni moi ne pouvons porter atteinte a des pouvoirs nationatx & rovaiux, & que le n auratnamas la la) chete de vous tfarifier les droits de IPempire frann qais.
l a nationnI la loi & le roi, commandent en con' fdquence, par mon organe a Paffemblie coloniale ,de la parties fianaife de Saint -Domingue, de reconnottre cathigoriquement & anthentiquenment 4 la commiffion nationale civile, a&uellement exit
tante dans la colonie, la pklnitude des pouvoirs qui oui font d.elegues.
Ce fera, Meffieurs, d'aprs vote reponIl, que la ) commifion ijugCra fi elle peut encore traiter avec d) des Franqai s nmi a 'autoritnationale, ou s'il lui Sfaut 4tre dans la douloureufa ndceflit" de ne plus voir en vous qu'un rafemblenment de fa&ieux >.
L'afiemb e coloniale, trois femaines auparavant, avoit vu le gindral Blanchelande, train devant ele,






10
obdir i tous es caprices; & nmagrd les erreurs & torts de cette affImble , elle avoit conflamment montrd ia plus grande dnergie. Figurez-vous done explosionn qu'y produifit ma ettre & la r on qui s'en fivit ans lIa vile du Cap. &
L'affemblie ayant enfin pris le part de paffer l'oridre da jour, je lui rOptai le !o d'avril le mme commandement.
Ma letter du 7 avoit produit 1'effet que j'en efpdrois; les premiers inflans d lFreffervercence populaire s'toient paffis en motions contre moi, qui n'avoient pas eu de fite, & la cornmilion commenqoitine plus parotre un objet ii miprifable; 'affemblie, qui ne I'ignoroit pas, s'occupa firieufement de ma feconde injondion.]Dumas, DEnard, & an autre de fes memnbres, vinrent fucceffivement it cette occasion chez noi. - Vous parlez bien fort, me difoient-ils. - De la force de vingt-cinq millions de Fran;ais, rpondois. Je. - Mais vos vingt-cinq millions de Franats front A dix-hut cents lieues, & vous Ctes feul entourd d ennemis; il faut, pou ir come vous lefaites , que vous foyez coalif avec le pouvoir exdcutif --Uaime mieux tomber fous les coups d'un peuple trompd par vous que d'etre coalif.6 avec le - gouvernement; je veille feul ici pour ia France, fur luicomme fur vous; choififfez de deux partis: ou reconnoiefi z la commifSion, ou dfaites-vous de moi; mais vous ne gagneriez rien a ma mort, car voici ce que j'ai cnt contre vous.
Je fis lire i ces trois diputds mes lettres, mes notes & mes dtats envoys au minifre depuis le 2 avril, je leur offers d'en donner communication a 'affemble coloniale.
Dumas revint pardementer, & me propofa que ra'







It
femblIe recdnndt ton tncomprtenee poir prononcer fur ma dentade; jjep ro is dt e tre fhtisfit.
L'affemble co!omale prit tn arrete tel que e lee Voulos, puifqu'ld p otvot au public que la commifflon lavoit forcee de s'occuper d lle, & confiquemment ique cette commiffion exillo't encore dans la colonie; je n'en defirois pas advantage.
L'affemble colonial, qu , en quality de corps 1giflatif i cettains igards, pouvoit occ: fionner des chocs dangereux entire elle & la comrnifflon, s'"tant neutralifie ju qu'I la dicifion de raffemble national, je m'adreffai au gouverneur, en le requerant d'enjoindre aux autoritis lui fubordonndes qu'elles reconnuffent la commiflion nationale, quoique rddite a un feul membre.
Le gouverneur, au lieu de faire publier ma proclamation fur cet objet, : ecrivit une longue lettre, donnant a comprendre qu'il fe reconnoiffoit egalement incompetent.
Je lui repondis le 19 avril, en reiterant ma requifition, pour I'averttir quela commlion, quelle que ffit la determinationqu'ii prendroit, continueroit 'exer-. cice de fes fon&ions, tant qu'il ne luifiroit pas phy. fiquement impoffible de le fire. 1
La Ioumilion de Paftemblie coloniMe, plus encore que :la vigueur de maddmarche 'avoit prodigieufement raba"ffRe dansT opinion publique, & l'arifocratie en triomphoit d'autant > de forte que je cragnis de voir bientbt cette affemblde plus avlie encore que la commtllion ne Pavoit t un mnois auparavant ; jeus done attention ,tant pour mettre Paffemble t fon aife vis-"-vis de moi, que pour li rendre fon influence & entraver la mache de la fa&ion contraire, d' crire une lettre i l'affemblie, conforme a ces diffiren motifs.




r ~


Le part des ais de l'ordre, renfore par le partifans de I'ancien regime colonial & les cotre-rivolutionnaires., fe rendit maitre des dtlib'rations de Iafemble colonial; fes rmefures nie tendoent at rien moins qu't placer toutes les parties de !adminiflration dans les mains du gouverneur & d'un trs-petit nonibre de riches colons : pitfieurs arr&ts fiir la conflitution de Saint-Domingue, & les ddbats 'de 'affembde, mettent en evidence les principes qui dirigeoient ces prtendus amis de Pordre; leur parti acquit encore de nouvelles forces par un nowbre de citoyens qi jurqu'alors avoient foutenu les corps populaires. Ces nouveaux auxliaires prevoyant, d'apres les journaux de 'Affembl'e national, que les hommes de couleur & rigres libres alloient etre atimilds aux blancs, aimant mieux ne plus avoir de droits politiques que d'en fair ave eux le partage, fe rangrent fous les drapeaux de Dumas, de forte que les plus vchimens de ce parti aveugl's, par leurs luckcs, ne parloieiit plus que du ritabliffement de iancien rigilie & Saint-Domingue & en France.
L'Archevque'-Thibault , procueur-yndic de la commune du Cap, leur oppofoit un civifine infursontable; mais, n'dcoutant que fbn zele & nigli geant de calcule fidfrioritd d nombre des patriots au Cap, if ne fentoit pas qu'il s'agilibit de patienter Jufqu'aux difpoofitions que prendroit I'Aeiemblee nattonale, d'aprs les rapports de Mirbeck & Saint-Liger; p!utfeurs fbis it faillit nettre fon parti aux prLfes avec celui de Dumas: je fus mame un jour force (1), pour emp&cher ce malheur, de blamer publiquement ~ la snunicipalitd des diniarches trop peu mefuries de ce procureur-fyndic , en mmen temps que je rendis juflice
(t) Le Z 3 M li t72.








a la folidit6 de fs rineipes. D'Affas , capitaineg"ndral de la garde nationale du Cap, auffi courageux que le parent nt i porte Ie nom, aufi boan patriots que iArchevque-Thibault , mais poffidant .un rare fing-froid, fat celui qui ce our fe conduifit le mieux de nous trois.
Duamasque je prefente ici comme le chef d'un parti da les uel e trouvoient des contre-rdvolutionnaires, ne doit pas tre confondu avec eux. Ces contre-rivolutionnaires, comme je 'ai dit, ne divulgpoient leurs, principes qu'autant qu'ils dtoient applicables an pays. Les erreurs, les carts & la par. tialiti des corps populaires alors exiflans leur fourniffoient de vi&orieux moyens &, ,fans faire entrer en compenfation les caUfes accidentelles qui ne permettolent encore de connoitre & Saint-Domingue la revolution que par les abus qui en etoient infdparables, lis perfiadoient que ee rgime arbitraire de Iancien gouvernenent etoIt ,le, feu convenable aux colonies. Pour Oumas,f i avoit des motifs particu"liers : homme de loi, infiruit, fludieux, dou6 d'un bel organ, impfrovifant aifcment, il eit faith pour jouer un r61e par-tout; mas ne s'oubliant pas, it vouloit etablir a Saint-Dommingue une efpece de monarchie fubalterne, dans laquelle un gouverneur mannequin approuveroit au refuteroit les arrtis de 'aff~imble loniale, &fgneroit les ddp hes de trois ecipces de fecretaire d'6tat, pour le militaire, la finance &d la jlufice; ce dernier ddpartement 6toit le but vers Ieque Dumas dirigeoit toutes fes a~ions, & tandic qu 'i fie croyoit lfe chef dn parti ,ceux qu i etolent yritablement & qui n'ooient pas fe montrer, mettoient toujours en evidence le futur minifire de ia juflice.
Pendant ue ies chores dont 'ai pt arl6 fe fuccoient a- Ca, ii fe paffit aileurs slesvnemens








dont je vats parcourir la marche depuis leur origin.
Avant que nous n arrivaflions A Sait-Dominhgue, i exifoiti A la. Croix des-Bouquets une ligue formidable de quato:ze parellrs; cite 6toit compolde de blancs, d'hommes de couleur & nigres libres, arm~t &cconfddrds pour conquer Ir les droits poitiques des hommes de couleur & ngres libres, aini que pour d'autres motifs confignes dans un concordat & tn tra it de paix. L'alemb~de coloniale, a qui e corps conflituant avoit, par ton dtcret du 24 feptembre I79 1 d6lgu6 le pouvoir de rgler cers politiques, nous fit prier, par diffirens de fes membres, d'engager les confdddrs a reconncAtre fes pouvors, nous promettant qu'elle rgleroit, auflit& apres, f.tat politique des homes de couleur & negtes libres, de manitre a les contenter.
Nos ddmarches euent un fucces complete: la confdilration fe fotimit. la loi, reconnut les pouvoirs de- Iaffemblee coloniale, voulut le idtabiiflement de rordre, & denmanda que l'ffemblie pronongit rut la quelion qu luit toit founife. Saint-Lger s'itant traiportd dan' POueft, obtint m"me ia dforganifation i de arme e la Croix-des Bouquets, chacun fe retirant chez foi on fe rdfugiant au Mirbalais.
L'affembl'e coloniale, au lieu d'acquitter fa promneffe, & de mettre un terme au malheur public; par la fiKxon demandLe, fe ivrant iA la foutgue ded pafflons qu'tllumoit la guerre civile, fermant les yeul fur 'es torts de Pun des partis pour nappercevoil que ccux de Pautre. & s'abandonnant : des fouppons aufli aburdes qu injufles contre nous; cette afftemrb e dis-je, ch;cana les pouvoirs de I commilFion, parvint Sales paray!fer, & Lccaionnales difordres & Panarchie dont lfe tap~ orts de Mirbeck & de Saint-Lger offreat an fidle tablau.








Malgre des r4qui6tions trs-f4ages de ce dernIer commiffaire, le Port*au-Prince fit fortir une armit qui, apres avoir commis des digits fur quel habitations, fe vantonna au bourg de la Croix-desBouquets; elle devoit, felon les apparences, marcher de-li au Mirbalais, tandis qu'une autre armie, que commanderoit Borel, sy porteroit par la gorge de fArtibonite.
Les confidres craignant d'&re forces jufqu' eur dernier retranchement avant qu'is ne puffent rderganifer leur arm e, quelquesuns d'entr'eux recoururent au funefte moyen ti onvent employed par les deux partis; ils fouteverent les atteliers de la plaine du Cu- de-Sac, plain quT comprend partie des paroiffes du Port-auPrince & de a Croix-des-Bouquets. A la fin: du mois de mars, ces efclaves, commands par le capitaine Jacinthe, n gre affranchi, reprirent le bourg de la Croix-des-Bouquets, pillrent le mraifons, en incendibrent la meilleure partie; & fi i'armde ne fut pas tout-h-fait extermrinde, ee , e dut au pillage qui lui permit de fe retirer preipitamment en petit nombre au Port-au-Prince.
Peu de jours apres, les negres des paroiffTes dui Port auPrince, dela Croix-des-Bouquettde PArcahiaye & des habitations voifines , furent f6uevds au nombre de plus de cent mille: comme on provoquoit leur fureur contre le Port-au-Prince, is affaflinoient impitoyablement les blanks qu'ils rencontroennt & qu'ils foupqonnoient 6tre amis de cette ville. Le maflhcre fut port~6 un tel excs, que ceux qu 1ordonnoient pour ne pas fatiguer d'un poids imutile les executeurs de leurs ordres froces, finirent par leur payer tant par paires d oreilles de leurs ennemis :u lieu detant par ttes coupe1 cocomme ils Iavoient d'abord tabli.
Les paroiles de Baynet, de Jacqumel & de Cayes








de Jacqumel avoient OtW faccagees quelgue temps auparavant: plus de trois mille efclaves de ces paroiffes, commandos par un blanc, fe rendirent au Culde-Sac, pour y porter leurs talens deflrudeurs.
Dans cet tat des chores, tout annontoit comme inevitable & prochaine la meme dvaftation des propridts dans Pueft que dans le nord.
Le Port-au-Prince renferm dans fes fortifications, le camp Saucquet anantfi, le camp Borel difli 6, & celui des Salinesrfugi aux Moles; les confidrd8 s fe trouvirent maitres de diner leurs volontes cdans toute la province de l'Oueft, fi ce n'eft aux efelaves, fi faciles foulever & fi difficiles a contenir.
La niceflitc d'empecher Pexin&ion des hommes libres des trois couleurs, porta diffirentes paroijfs i former un nouveau pa&e, conforme aux principes du concordat & du trait de paix de LPannee d'auparavant; cette n6gociation, prot6gEe par Fontange marechal.de-camp & commandant du cordon de 1Oueft, fut ddigee preliminairement au bourg de la Petite-Rivibre, le 14 avril 1792, & d6finitivement conclue par tn trait de paix & d'union fign h SaintAMare, le 2ia du mime mois;
En confluence de ce dernier trait, ii s'6tablit, le 3omat futvant, Saint-Mare, un confeil de paix & d'uion, compor6 de ddputes ticolors des paroiifes dija coalifies & de celles qui s'y joindroient.
Le befoin de cette affociation etoit fi urgent, que toutes les paroiffes de POueft, & plufieurs de celles du Nord, en faifoient deja partie lorfque la loi du
4 avril arriva.
Je recus , dans les derniers jours d'avril, & les premniers jours de ma les traits de la petite rivire & de Saint- Marc, accompagnis de lettres des paroiffes coaifi es; ce' paroifes, me fouiettant leurs operations







17
tons, demandolent fapprobation de la conmmilion national.
Voici mes rifle xons & ma dtermination dans cette conjondure, auii dangereue que delicate.
Je nii-norols paS combed ces tratis ttoient illgaux &p icondtitiuuonnts pdiqu Us attaquoie.t diredeient la delAgation faite aaff-emble cloniale, par d&e d&ta u corps conflituant du 24 feptembre; & qu'en tire mes cotigues & toi ovions prononcd la nvilli6t du concordat & dOu traitt de parix donit ces demrters traits n'tolent qt qu'une amplification, Je devois done, en ne consultant que la Ioi, prononcer ealement la nultd de ceux -ci.
M is l'Afiem~ ize coloiale n avoit- ele pas promise de rgler 'Sltt politique des hommes de couleur auffi - tot (qu' ils reconnoltroient ces pouvoirs ? Ces hommes ne es avoient-ils pas reconnus ? N'avoit-elle pas alors refuf d'acquitter fa promele ? N'aoit-elle pas jure la perte des hommes de couleur ? N'avoitelle pas enfin replongd la Colonie-dans I tat de ., premiere tiature , dans vet dtat o PIhomme repre- " nant la miufe en lociete de fes droits imnprefcriptibles, ne trouve pour fe guider , at lieu de loix writess, que des principes d'terneile verite? Et rmoiltoimiftaire nationaI, fachant que cette coalition pouvoit feile empicher la perte de la Colonie, oiit que radhifion des Blacs fit lbre, foit qu'elle fit extorquie par la force, pouvois-je m enteter A Pexecu-. tion d'une loi diflreufe proferite en France- ? Pouvois-je ino'rer le Decret tdu 7 Dceembre 1791 , oui defend d'enmploer, contre le'Shommes de coleur, les forces nationals, en derogation de f'arrete de I'Affemblee de Saint-Domingue du 20o Septembre pric6dent; arratd qui portoit promeffe de fe fouimettre A la Loi du i5 Mai, lorqu'eie feroit offiRapport de P. Roumeiurjft miffion, &c. B







13
ciellement connue, & d'en itende le benefice heux des hommines de couleur quinv toient pas compris. Pourquol n'avoit-on pas publi'd la Lol du x Mai? N'4toit ce pas une fiite d'intrigues hontefes pour la Colonie, in iiltantes envers la France, & criminelles a 'igard du genre human ? D'apres les debat, de Afiremr ble Nationale que j'avoislus,d'aprs les comptes que Mirbeck & Si-nt-Lger rendroient, & d'aprs les pieces que j'avois renifes, m'toit-il permis de douter quela Nation n'intervint en faveur de demands non-feulement jufes, mais qu'il devenoit impoffible de refufer, i moins d'enfeveir a Colonie fous des monceaux de cendres & de cadavres ? Dailleurs , mon refus d'approuver ne pouvoit pas emp cher une coalition que prpduifoit la force des choes; j'auTois perdu ia confiance des homes de couleur , feul frein qui ptt tempdrer les mefures hoftiles qu'ils ne tarderoient pas vraifemblablement a prendre, tant contre 'AfTemblde coloniale, que contre les villes du Port-au-Prince & du Cap.
J'approuvai, d 'pres ces raifons pdremptoires, les traits de ia Petite- Rivibre & de Saint -Marc, ain que les adhilions qu'v donnerent fucceflivement d'autres paroffes de la Colonie.
Mes lettres approbatives, fates pour circuler dans Plfle , ne pouvoient refler inconnues long temps au Cap, & je ne doutois pas que le premier infant de leur publicity ne flt fuvi de moo arrat de mort; rmas malgre les facility que j'avois a fortr de cette Ville, ot ma prefence importunoit, pour me refugier h SaintMarc, o i j'tois ardemment defir, je jugeal que Phomme, qui venoit d'approuver une affociation contre lAftemble colonial, ne pouvoit s'en juftifier qu'en mourant, s'il le falloit, auprs d'ellecomme un d~gu de ia Nation Frangaife, & je ne fortis








xt
point du Cap malgr les dangers que jaccumU1ois ft ma tete.
Outre ceux don't j'ai parl, j'en courois iournellement d'autres, car je remettois aV PAffembl-e coloniale cope des lettres que je ecevois de la coaition, en la provoquant a chaque fois de rigler les droits politiques des hommes de couleur.
.Mes lettres aux hommes de couleur & nkgres libres de rOueft & du Sud produifirett on grand eitt ; elles leur donn&rent toute confiane: ei la cornm mifflon; elles leur rendirent plus refpd(ables enco e: les conventions qu'ils avoient faites; ces lettres, e rfin, les engenrent fuiveiller les gens de leur pqrti a fin d'empacher le renouvellement des crimes qui Pavoient pr'cedemment dehonore.
Les chores en 6tolent a ce point, lorfque la premi&e nouvelie de Ia d 4 Avi port-e
au Cap par la frigate PIncoiflante, le xia Mai dernier.
L'Afemblde coloniale, ramene par la fuite, des dvrnemens & fans doute auffi par les propres fen. timens, a des principes dignes d'eile , effa.a d'n feul trait tous les torts qu'elle Avoit ens, facrifiat , au falut de la Colonie, comme fon refpe pour 1'Affemblee Nationale, fes prdjuges, fes prinipes & fes paffions, elle declara, le 27 du mme mos , qu'elle fe foumettroit a la loi du 4+ Avrl. II eft certain que la moindre rpagnance exprimne par elle, en cette occalfon, et donned force a un torrent de fang, qui, du Cap, fe feroit rpandu fur toute la furface de la Colonie.
Cette bienfaifante Loi parvit officielement au Cap, le 28 Mai, par un avifb, porteur auffi de lettres de ce Minifire, qui enjoignoient au gouvernur & aux Commiffaires civils de praceder i'excution de la Ba








Lo en tout ce qui n'itoit pas perfonnellement attrioe a tris nou.eaux Comrm fires decretes par a mrnme Loi, efquels devoient inceffihmment partir avec quatre mille hommes de Garde national, & deux iale de trokipes e line.
J'obfrve que cctte lette du Minifitre de ia Marine et la fede qi e q l a Commfion en ait reque pendant fon f iour Saint"-Dorinue, qui ft relative : fa mii on.
Jala motl mmee, le lendemain 29 Juin, fire publier ia Loi A PAJemble coloniale, ' 1Affmb1ie pro*inciate du Nord, & a la Municipalite du Cap.; elle le fit ftcceffivemnnt dans les paroifles des trois provinces, par deux proclamations, Iune du gouverneur, & Iatittre de la Commiffon; il me failut & ce fiiet, prononeer des difbours, dcrire des lettres, & employer des priceutions dont le detail, jquoique tres-conf6quent a Saint-Domingue, feroit inutile en France.
Mais un fait que je rapporterai , puique je peux avoir eu toit, ceft celui- ci : PAffemble colonial craignant reffet que produiroit fur les efclaves, la date fan uatrime de la Libert , qui faith parties de ia Loi du 4 Avril, m'en demanda Ia fuppref on dans la proclamation que I'allois faire, & moimeme convaincu de la neceffite de fupprimer ces mots, dans un inflant de crife oi tous es prejugs colonmaux fe trouvoient attaques a-la lfos, aj ai ofl prenIre Thr moi de f~re a fuppreflion demandee; ce dont i'ai rendu compete au M iniffre de la Marine par ma lettre du 9 Juin, n.Q r 2.
Je pris enfite tin foin particulier de prdmunir les citovens de couleur du Cap, contre des propositions infidieufes que leur feroient certains patriots, foitpour dfunir les minultrts d'avec es bngres ibres, foit pour







e traetner les uns & les autres dans des ieges, afin d'en pretexter une renoaniatiIn leurs drolts politi Sques; je pris I m me oin p eour eclairer ces Citoyens fir le. propositions, perides que leur feroient les contre- .volutinnaire, afin de les accaparwr, fous
le prtexte de ieur avoir autrd'ois rendu fervice.
a vile du Cap , entirement tranquillife par
I'attene prochaine de nouveaux Cormmffaires & de forces maieures, je fents que ie devenois plus utile dans POuift & dans le Sud, & je rifolus d'v paffir.
Mot piojet 6toit de ie rendre feul a Saint-Mace,
& enfute au Port-au-Prince, & fi je parvenois a rdunir les Citovens de ces deux partis avant farrivde des nouveaux Coinmiffaires, je pourfuivrois ma route juf qu'aux Cayes, tachant de ritablir la paix par-tout, & d'app!anir les voies pour rues fcceffeurs.
Les petfinnes qui me arloient de ce voyage
vouloient m 'e d6tourner. Le Port-auPrince n'dioit, i les en croite, qu'un refugede brigands qu'il falloit tous exterminer ou expulfer. Caraeux - Lacave & Pe ruitel, t'un & l'autre de I'Aflmbde Piotinci!le de I'Onteft, flurent ljs feuls qui mr'encouragrent; ils ne niolent pas qu'l fe rencontrat 1a, comme alleurs, de mrauvais fujets; nwais its m'afRluerent que j'y tronverois la Loi pub6ide, les Citove s emprefIRs de t'exdeuter, & difpofes ia rconcdation; its me promiret ftr.
tout que i'y ferois parmi de zels patnotes aufli par.
tifans de Ia revoutionqu'ennemis de Iancien rdgime;
jai verifid depis Pexaditude de cee portrait.
Le Getinral auquel je m'adreffla pour avoir un
bateau de l'Etat, m'apprit qu'it alloit lui- mme a Saint-Marc, afia d'obtenir un renfort de Citoyens de couleur pour le cordon de lObef', mais qu'i viliteroit auparavant les camps du Terrier-Rouge. Ii




15-J






2*
ne propora de fake es deux voyages avec l , ce que j'acceptat.
Partis du Cap le Ie ri, G n&al: & moi revinmes le lendemain, aprs avoir effeivement viit6 les camps du Terrier Rouge.
YJmployai les deux journdes fuivantes & donner au f critaire adjoint de la Commflion, es inflructons convenables pendant mon abece; le charge d me fuppi ier aupres des nouvtaux Commiffaies, s'ilsarrivoicnt avant mon retour; il me promit, de fon c6te, qu'i m'minfiiroi s chfoes qu fe paTeroient au Cap : un habitat de Sairt-Domingue me fit 1 metr e proneffe C-as deux citoyens Leborgne & Dufi', les feuls que jeuffe mis ans ma confidence au CiO ,i anims du plus ardent patriotifme , & aufi clairvoyans que' laborieux, im'ont tenu parole.
Le gndral & mol nous embarquAmes fur le Jupiter le 16 ioin, & dbarquames ' Satit-Marc le 2o a trois heures aprhs-nmidi.e
Le vaifa laue Boe, quelquesjours auparavant, y avnit conduit deux batimens arms du Port-auPrince. J'ai verifid depuis, relativement cette affaire, que Borel, membre de PAfiTemblee coloniale, & commandant de la garde, national du Port-au= Prince, ant part du Cap, avoit appris au Mole que des corfares -de SainttMare Pattendoient pour s en emparer que le Port-u-Prince, qu'i en avoit inftn ut, lu* avo t envoys le navire A4gathe , munt d'un fart dat;achement de garde national, pour le garantird dialt es; qa'en outre, diff ens particuliers du Pzrt-au Piince, & des Salines, rfugi6s au Mole, profitoient de ces deux bAtimens, & de quelques autres qui re mirent f us lur prote&ion; & qu'enfin, ces homes &ces bi'timens e" rendoient au Port-







au-Prince, fous la foi de la loi du 4 avril, lorfique le Boree les rencontra. ,
Mais on nous fit valoir h Saint-Marc la capture des deux batimens, & fur-tout celle de Borel', commille Un vnement qui fauvoit ia Colonie. Ot accufoit les prfonniers davoir pris un btiment du commerce, & d'avoir donn~ chaffe i une goelette de It'at; on dJnongoit un complot, form 6 par YAffemblie provinciale de foueft, & les failieux du Port-au-Pince, pour incendier le reftdede la vile, & porter le fer & le feu dans les plaines du Culde-Sac & de Logane on fuppofoit enfin, ue Borel, & fept ou huit ceuts hommes diftribues dans les deux bitimens captures,, & dane dix autres qui s'etolent dchappes, fe rendoient au Port-auPrince, dans Pintention de renouveler la guerre civile. On demandoit a diffolution de 'AtreemblIe provincial de loueft, l'embarquement de quelques-uns de fes membres, ainfi que du capitaine gtindral Bore, & du citoyn Guillet, pour etre envoy a la hautecotur national; on demandoit enfin le licenciement des troupes patriotiques folddes du Port-au-Prine, & !'envoi en France des fa&ieux, & des fauteurs & adhdrens de PAffemble provincial de I'ouet
A 'gard de Borel, & des autres prifonners, mon opinion fut que la' finichauffie d Saint-Marc ierifieroit les faits, & en rendroit compte au genral & & la conmifflion pour que, d'apres nos pouvoirs,& ceux rdfervds aux nouveaux commiflaires, nous ordonnafions ce qui conviendroit; mais comme le miniffre ne chargeoit pas moins le gndral que moi de l'ex'cution de Ia loi dt4 4 avril & queje me trouvois environnd d'une multitude d'hommes, que je m'empreffois de connoitre, je ne nm'occupal pas davantag alors de cet objet, Les aceufds furent B4








transfires des deux batimens a jle , & le f nchal d'Aubanoourt pronmit de nous infiruire au plotut du rJluitat de fes recherches.
YJavois bi n des fois blain:6 lPenttenent de IAt fenmble colonial contre tes confdi c S d.es a CoIronxdes-Bouquets; mas cmtnbiet ne trouvat-le pas d'occafions ia Saint-Marc peur exc!er , & ie dral prefttce por approuver raflmbl"e. Les blancs du part -de Saint-Marc , fi connus danl Phifloire 'des defordres de Saint-)omingue, bfous la dnommination de vo lontaires, on de potmons bancs, faiifa it valoir mur pAetendu patriotfmne fxus le colonel Mt:udu, re targoant des Cloges qu'is ont furpris de I'Affmblte conflituate, rappelant fans ceffe les crimes des fed. lkrats protiges par le parti de lAffemblIe coloniale, & ne mentionnant jamais ceux des fcelerats proteg6s par le leur, voulant thr-tout iadifpofer le gouvernement, &la commitfion contile Port-auPrince, par la rdpitttion continuelle des torts de cette ville envers Pun & l'autre , parlant toujours'des loix, ,& n'en palant jamais qu' econtre-fens, pour peu qu'elles contrarlent leurs pallions; telles font mes remarques gndrales fur ces pretiendus amis de lord e & de la paix, parmi lefquels je trouval beaucoup d'anciens agents dtu ddfunt regime colonial, un grand nombre d'ariftocrates, & quelqiues contre-r4volutionnaires peu foigneux de fe d'guifer.
Pinchinat, Savarv, Lapointe, Morin, & les autres citoyens de couleir, qu e e'vis a Saint-Marc, juftif fierent la haute opinion que m avoient in .ir6leur, energieleur agef1i,& leurs talent patriotiques & iitaires; mais je les voymis i tnis avec les pompons blanc,. que fen aurois conqu de vbres nmqwutude, Li je naavois efpird de faire comprendre a ces enfans de la revolution, quis devoient en etre les zl61s d6.


~ flra~lr*~:rrrrr~ir*Irrr-.







fenfeurs ; cependant, pour parver a ce b It, i1 falloit mee her afiez inmtumept. awec eux, pour ne pius craindre leurs ancientnes haotudes avec des homes, qui, fous le maqiue de 'am'iti" ne les avoient ferv*s qu'afin de fe venger de leurs enemis communs, & de rtablir ancientn regime colonial.
Le treufort que demandoit le genera, pour le cordon de Fotiel,- lui fut promise, mais B. condition que les citoyens des trois couleurs, expuls, o fu
gfs d Port-au-Prince fint pr liminairemet rntegrds dans : urs foyr; on nous rot, quo que le Port-au-Ptince eat public Ia loi du 4 ayrrl, qu'l fe:oit impofible d'y fire rentrer & demeurer les expatries, fans les e.pofer de nouvelles pertidies, a roins de dplover la force publique contre la ville, d'en expulfer les plus dangereux, & d'y placer une inipofante garnifon de confiddrs.
Lorfquenfuite j'ai eu connu le Port-au Prince, .jai regretti que mon project d'y after feul, en ua~t de conciliateur, ait 6td remplace par celui e:; nma, je ne pouvo s connottre alors le Port-auPrince que du vdain o6t de Ia mIdaile; la ved eft que les pompons blanecs, pour effacer la honte de leur fute, a la mort du colonel Mauduit, vouloient une rentrde tri~rmphAle, & que-.s citoyens de couleur, auxquels its perfivadoient que ce tr'omphe fe rapportoit uniquement,-ne s'en feroientdiifts pour aucune raifon que ce e putt tre.
11 fut rgl que les vaiffeaux le Jupiter & le Bore, Fun & I'autre de foixate-quatorze pieces de canons le navire armd I'Agthe, & queques .petits b'tigi rnens, ayant A leur bord des expa es trois coleurs, en imnpoferoient au Port-au-Prince par une force maritime, tandis qu'on raffembleroit, au bourg e lIa Croixdes-Bouquets, & au camp Bizoton &








Volant , deux armies de citoyens tricolors de l'oueft & dur fud!, pour en impofer 4galement dL c6t6 de la terre.
Je ne pouvois m'oppofer ce pan :
d'honeur, qui avoient fouill le ort-auPrinc ne jufIitoient malheureufenent que trop les precautions demandees; 2'. les camps du cordon de 'oueft avoient un urgent befoin de fecours, qu'on ne youoit accorder qu' ces conditions ; & 3. la loi du Savril & les lettres du miniffre, itoient invoqudes ans les demandes qu'on nous faifoit.
Non-feulement jy fis participer la commiftion nationale; mais je profitai de cette dclatante mefure, pour lui donner le maximum de fon "nergie.
Rappelez-vous ce que j'adit, lorfque j'ai parl6 des faions du Cap; confiddrez que es pompons planes vouloient le retabliffement du gouvernement militaire dans I'oueft
Remarquez enfin, que la reunion des hommes libres, & le rdtabliffement de la difcpline parmi les atteliers, ne pouvoient s'opirer qu au ,moyen de pouvoirs naionaux, exercise dans leur plenitude, par tn ddIlgu6 qui infpirit autant de confiance dans fa fermnetd, que dans le choix de fes moyens. Telles font les bafes de ma conduite dans 'oueft, & je vais a ddvelopper.
Le- g~n&al Blanchelande, A Ia tte de -a force maritime, fit voile de SaintMarc, le A juin, a dix heures du foir, pour le Po t au Princ, & je partis Ie lendemain matin pour me rendre par les paroifles de I'Arca ye & de la Croix-desBouquets.
J'allois p arourir vingt ieues d'un local, que poffidoient, depuis quatre mois,plus de cent mille nigres rdvolt&s, & accoutum as a tous les genresde firocite; mais pour conferver les propridtds de Iloueft, it







17
falloit effayer 'effet que produiroit nM pouvoir national &moral, toutneu pour des hommes qu n'avoient jamais entendu parler que de rois & de baionnettes; une garde d'honneur, d'environ foixante citoyens tricolors, maccompagnoi, & loin qu'elle plUt me difendre contre des armees d'efclaves, elle ne pouvoit qu'infpirer de inquietude a des homes auffi
foupponneux qu'ignorans.
Ma premiere conference, avec les chefs des rdevoltis, eut lieu 'apres-midi, le meme jour z23 dans le bourg de 'Arcahaye, & ce fut alors que je parvins a comprendre toute UPdtendue du danger que couroit le Port-au-Prince : des ennemis de cette vile avoient fait accroire aux rdvoltis que nous allions ia prendre d'aTflut, paffir les habitans au fi de SPepdee, & liver les maifons an pillage &au feu. Les
revolts, auxquels ces memes fel6erats promettoient le partage du pillage, demandoient a marcher les premiers, & ne pa dolent que de vols, de fer & de feu; ii me fallut ufer de beaucoup de politique pour modirer des fureurs que foutenoit la pafion de iPa.
varice: j'eus le bonheur d'obtenir de ces ndgres qu'ils refleroient chez eux on attendant oue je revinffe, apres la reunion des hommes libres, leur commurIquer des difpofitions pour le r6tablifTrment de la discipline parmn les efclaves; mais its m'avertirent que la promefe 9u'ils me faifoient, ne les lieroit qu'autant que le Port-au-Prince ne commettroit point
d'hoffilitis.
Le lendemain 2z je trouvai les efclaves di Cul.
de-Sac plus exalts & plus provoquis encore que ceux de rArcahaye, nanmoins je rduffis galement auprbs d'eux; its me firent la mrine promele, &
fous la minme condition.
Le citoyen de couleur Lapointe, qui m'accome







pagnoit deputy Saint-Marc, mavertiffbit avec zIle de" obstacles qu'en oppof0it a m.s vues aciiq~~s, & nm'idiquoit avec fagICit les moyens le ddiouer es ndies endbrges & at oces: piut due ne m'eut- if pas t6 poflible de uverfas lui le Prt-au-Priice.
Bea"vais, atAre citoyen de coulcur, & ganra de I'arme tde 1oufl, homme ve :tuet) tefa temperatment par priiJces & Par costume , que le jogn1s a la Coix- des Bouqu.Ats, trcuvan:t dans f6o ceur la morale que je pr&chois, a propageoit, fe condJ par Ls chefs de fon arminc, prmti is homes de coldeur & ngres libes, qui y venoient doe
tots C6tes.
Je voudrois avoir i rendre le meme tnimoignage en faveur de tous ls blanks qui fe tiouv0oent lih, mais que j'en :is eloigne !
Le 2" au matin crivs I APAHmffemb!de provincial
de POn & a lii p" du Port auPrince , d lOa UImutc ,alt.'I . t- iat-d
pour ieur announcer, au as qule G~eural nie flit ras encore arrive, que Ta fermnntation qui regnot dnas Menreur 'Ville. avant fat craindre, au Gdrndral & A. mnot, qu'on ne s opporat a la rentree des Citoyens expatries, nous avions pris les mefures neceffaires, & venion pour op6rx cette rentrdez
Le meiffger m'appit ion retour que le G"i"ra & 'Efeade s'dtoent rendus l'apres-midi dans la rade du Poit s niPrnce.
Hanus Jumcourt qui a joud n fi grand r6Ie dans la guerre civil de Saint- Doming ue, qui fe trouvoit i Ia Crox-de-Bou ets,~ & auquel je rends la justice de dire qu' it t un de ceux qui avoient contribute le plus &i enpacher ircende cds btimens & des plantations du Cul-de-Saw, fe rendit bord du Jupiter








le 2(, revint le lendemain, & me remit une lettre
du General qui m invitot a le rejoindre.
Je me tranfportal le 2s Juin fur le Jupiter, o le Genral me remii une tongue life de profits doa on demandqit fenibarquement a la Commitnion Nationale.
Je connoiffoss les intentions de ceux qui n'atendoient qu'en prdtexte : je favois que mon refus le le"r fourniroit & que les proflrits , loin d'en profiter, tombnroient les premiers dans le maffacre gdniral qu'accompagneroit Pincendie du Port- anPrince : je confentis done a me rendre coupable,en apparence, d'une injuffice.
11 toit meme fi ncefflaire de ne pas laiffer foup.
onner aux Pompons blancs que le puffe avoir Inma tendon d'61uder leur demand, que je mempreffai
de rediger une injon&ion pour la Municipalit C dont
voici Pextrait
w La Commiffion nationale-civile , charge de
a maintenitr I' rdre & la tranquillit, publique, cona fiddrant qu'il lui feroit impoffible de fltisfaire i fa ) tache, fans prendre des mefures dietdes par la . nature des circonflances defafltreufe od fe trouve la
) Colonie
SConfiddrant notamment que la guerre civile de
a la province de I'Oueft y a fait nattre des paflions a qut entratneroient d'effrayantes fuites i tles partis culiers du Port-au Prince, qui ont pris la part la a plus alive dans cette guerre, ne s"abfentoient de
a la Colonie.
) Arrete, en conference, fans rien pr6juger *
v regard defdits particuliers, & pour des rai'onsdont4 Selle rendra compete l'A IAfmbi4e Nationa!e & au a roi, que les perfonnes ci-aprds nommdes feront V immediatement envoydes dans les ports de France
a qu'elles voudront choifir.







30
SA cet effet, enjoignons la Municipalt de a faire conduire ' bord du navire le Bientaifant, les S0fieurs. . . (Suivent cinquante-quatre noms Shommes & cinq de femmes )& les homes de Sla Police les plus fufpe , & autres fans aveu Smalt famds.
Toutes lefquelles perfonnes demeureront fous Sia protedion piciale des Loi pour y attended Slinflant de leur ddpair. p
Une deputation de 'Afflmiibte provinciale de POueft & de la Municipalit6 du Port- au- Prince, s toit rendue plufieurs fois pres du Gendral, , revint auffi-t6t qu'elle apprit que j etois - bord.
Malgr les priventions qu on cherchoit a m'intf pier contre le Maire & les autras Membres de la deputation, je les mis dans ma confidence, tant fur les dangers que couroit la Ville par la fcldrateaf de quelques excitateurs, que fur la nceffit6 oi Je 0e trouvois de commettre un a&e arbitraire qui pouvoit feul contre-miner ces excitateurs; la Diputation me rendit franchife pour franchise, & la peanture qu'elle me fit, redoubla nia follicitude. Des Citoyens du Port - au- Pritice :s'aveuglant fur leur position, ne voyoient que leur courage dprouv4 tant de fois; leur haine contre les Pompons blancs, & Humiliation de capituler avec des hommres qu'ils avolent autrefois difperfis comme de timides troupeaux, La plus dangereuf fermentation rignoit dans la Ville; quelques-uns des profcrits la provoquoient; its excitoient Ie Peuple i canonner & 't bombarder 'refcadre, & travailloent les dquipages des vaiffeaux, dans Plintention de les foulever contre le Gdndral & la Commiion: fi ces meftres ne leur rdufiffoient pas , leur dernibrefretfource feroit d'incendier le refte de la ille, de paffer fur l'arme de Bizaoton,








trop foible pour leur rfifter, & de gagner par les montagnes, la ville de Jacmel, o~" ils a1rmble. roient frez de micontens pour revenir porter le fer & le feu dans les planes de Logane, du Cul-de-Sac, & de lArcahaye.
La Deputation ne calomnioit point; elle rendoit juftice aux vertus civiques de ceux dont elle dinongoit les funettes erreurs; mais ces hommes exalts, forts de leur patriotifme, de leur nombre & de leur bravoure, foutenus par deux cents Africains aufri bien difciplinds que bien arms, coopdroient, fans qu'ils s'en doutaffent, A execution d'un plan de& truifeur trcd par leurs firoces ennemis.
Je fis lire "i la Deputation a life des profcrits; die fut fcandalife d'y Voir les noms de quelques paifibles Citoyens qui ne pouvoient s'y trouver que parce qu'ils 6toient crdanciers des auteurs de la life; mais elle y reconnut quatorze Citoyens, dont elle jugeoit l'arreftation momentande, indifpenfable au falut public; ele m'en donna Ia note particulibre, dont elle garda le double; m'affiura q.ue Afembde provinciale & la Municipalit6 les ferolent arreter s'il 4toit poffible, mais ne m'en cacha pas les difficulties elle partit, k me laiffa dans 'alternative d'tre riveill la nuit par le bombardement des vaitfeaux ou 'par I'incendie de la Ville.
La mime Ddputation revint le lendemain; les deux Corps populaires fe trouvotent dans la position la plus ptrilleufe; ils avoient emp^ch6d explofion, mais c'6toit tout ce qu'ils avoient pu faire. Leurs merures 6puifes, leur influence populaire nulle, l'unique moyen qui pfit refer, & qu'its me rendirent affez de juflice pour me propofer, c'toit de ifquer les ours du Commiffiire National, en Pinvitant notifier lui-mme, ' la Commune du Port -au- Prince, Ia







32
profeription de yFtfieurs de fts Mmbre : je promis que je ddrcerdrois feul cet effect le lendemain.
Aufl-tot ma promefle connue a bord du Jupiter , les Poampons bfla cs de ce vaifieau en infirmfitrent ceux du rdfle de PEklad-e, & le lendemain mati j'en requs une Daputtation nonbtrufe qui me fcatndalifa pr la pfitB int qu'cle vuloi t Ca er en n:0i, au moven du d ,tail fl' .& d s circo lan~e de laitaffinat du Colonel Mauduit, qui (ajotoit la I)Futation n'cto:t rich eln comparaifon du traitement qu ele lfavoit qu on me r1eparoit Z terre; l'un des orateVurs fe conduit rmnme avec tant d'i.ndcence , que je le menaai de le placer la t&e des proferts.
Le g De" -l kiiche--Lande qui, dans cetue opdration, Ia fule oai je ne fais trouve a name de Ipric;ier, n' a paru n'tre guidd que par Pnamour du bien p1tF; &:e les fcr:tim ns les plus huaas , conut dC fl vives inquitludes dapres les rapports qul mi venolent Je tovates putsqu 'i voulut, pendant q uelque~ temps, re afltbiadlV aii de defcendre au PortuPritnce mais la Npt!ation de 'Affetmblde provincial & de la MiuncipaIJ, dant venue me chtrcher, edie nous fit v tableau fi naturel & fi terrible de E eft qui dfuerit, fi 1Pon s'oppofoit ma defeAete, que le Gndral finit par s'en rapporter entiretntmt a o.
Je me prcip:ta dats la cailoupe le 3o juin a mi i, acc lopgnd de la dpution, & me rendis la munic~ alit du Port - u- Prince, enfuite IPaffenmbie provii-ciale de IOuel.
Cette aflemble&reuonie daslPeIglPif ~ toit environne d'un grand nombre de citoyens : ie venois commettre 1'eade arbitraire qui pouvoit le plus les offenfer; mais cet ae empacheroit des nmaux incalculables ; mais etois l'hotmme de la nation , & je parlois au nomn de la loi ifupreme








fuprime du falut public; mais je donnois ces citoyens une preuve de 6onfiance digne d'eux, pufque teul au milieu d'etx, je pronongois I'oflracifine des hommes les plus populaires d'entre eux : un more filknce regna; une fire & fombre attitude fut celle de tout ce people. Vous eulfiez dit que, liant dans mon coeur, is partageoient la honte & la douleur dont j'tois navre.
Rendu au government, it me fallut repondre a des hommes qui vouloient favoir pour quels crimes je les p uifbis & auxquels je ne pouvois dire autre chotfe, finon qu'ils dtoielt trop braves, trop faillans dans leur parti, & qu'ils ttoient des vitimes particu. lilies, dvoues pour le falut de tous; que, loin de les liumilier, je les honorois par un offracifine qui ne pouvoit atteindre que des citoyens don't le courage & les tale rs effrayoient leurs adverfaires, & je letir'ofris les attellations honorables qu'ils voudroient de moi.
J'efpirois acquerir en peu de temps affez de con* fiance chez les citoyens de couleur pour les engager a demander la ritradation de cette mefure, comme effe&ivement j'y ai reufli " I' gard de ceux des profcrits qui eurent la prudence de fe teacher mais huit ou dix furent mis i bord du BDienfazifant,. & j'en reparlerai dans la fuite.
De retour, le foir, a bord du Jupiter, je n"eus.pas de peine a lire fur certaines figures qu'on auroit mieux aimnr me revoir mort que vivant; j'annonqai que j'avois promis de redefeendre le lendemain; mais je compris bientot qu'on m'en empecheroit, ou que je perdrois une influence qu'il me ralloit mnager foigneuement. Le gi6nral Blanchelande m'apprit quon lui avoit demande de s'op pofer mon retour au Port-au-Prince par la raifn qu avece ma popular , j'y fcra faire tout ce que je voudrois c'eth-dire que j'empecherois
Rapport de P. R. Rome. C








tout prtexterte vengeance). Le general toit mtme i inquiet des ftes uitesde certains propos , quil ffit tent de retourner au CapI; je lu olferva que ce retour qui, Jans P1tat aauel des chores, comrpromettroit Pautorita nationale, & pouvoit renouveler la guerre civile, ne devout avoir lieu qu'h la dernire extrimite; je lui promise d'aller i la Croi-des-Bouquets le lendemain , pour nafibrer des difpofitions prifentes des citoyens de couleur; je lui promis enfin de propofer moi-meme le retour au Cap, s' ildevenoit neceflaire.
Un rhume que favois gagnd fort h-prpos au Portau-Prfince, me degagea te la promeffe que j'y avois faite.
Le 2a juillet je ine tranfportai au bourg de la Croixdes-Bouquets: on y avoit depuis mon depart furieufement travaille les citovens de couleur. J'entendis, et meme pendant le diner , des chores decourageantes: je m'etois, difoit-on, vendu an Port- atPrince; j'tlois devenu I'ennemi des citovens de couleur; je ne paroiflois devant eux que pour les tromper & les ivrer au Port-au-Prince; les portes de la ville toient minces, & 'on devoit faire fauter les deux armies a leur entree. Un excitateur blanc eut mrnme raudace ide propofer de ne plus attendre ni gouverneur ni comniflion, & de marcher de's le lendemain nmatin avec tous lei efelaves arms de la plaine, pour ne pas laiirei un feul Stre vivant ni une feute maifon dans cette abominable Babylone.
Je confervai fuffifamment de fang-froid pour lailfr aux t tes echauffees le temps de fe refroidir; & ayant rduni les chefs de 'armie des citoyens de couieur , je leuz tins ce difEours:
, Diecidez imnmdiatement, Meffieurs, qui de vous ontI de ca commiflion nationale doit commander: Sdcidez fti celui qui vous a foutenus feul au Cap,








maigrevosennemis vif&orieux I & contre une1 o0 qui I vous accabloit; fi cet hommee, charge de Ixecu, tion d'une autre loi qui jullifie ia conduite & recon, nott vos droits, ayant des forcesirreiflibles de terre n & de mer, proferivant ceux qui vous offufquent; a fi cet home pent vous trahir aujourdhti -::dciez x enfin fi vous miritez Ie titre de icitoyens fraud ois, a ou fi je dois vous fuir a Pinflant, pour aller vous a faire mieux connoltre en France. *
Les citoyens de couleur, humilids de leur faute, Ia confefserent noblement, & la reparerent par afluaithrance de leurs difpofitions conciliatoires & de leurs
-efforts pour me feconder. Ce fut qui fe diflingueroit Ie plus par de grands traits de generofit , & menme Beaulieu, june homme plein d'ardeur, qui pleuroit .encore fa-femme enceinte, gorge dans les rues du Port-au Prince, me donna fa parole de ne ,pas s'en
-venger, s'il retrouvoit le meurtner.
La fcbne attendriffante qtii fe paffa ce jour-lk entre les hommes de couleur & moi, ne me permit plus d'etre inquiet fur la rduffite de notre expedition, & me donna la certitude que la chfite des Pompons blancs fuivroient de prs leur entrie triomphale.
Revenue le foir bord du Jupiter, le ginral, irifruit du rdfultat heureux de ma journe, convint avec moi d'une dernibre mefure confervative du Port-a-Prince; je ridigeaiune proclamation-que nous fign~mes & envoyames, le lendemain q juillet , a P'affemble provinciale & h la municipality, pour 3tre immddiatement publi'e.
Cette proclamation autorifit le confeil de paix & d'union de Saint-Mare, a continuer provifoirement Pexercice de fes fonaions de police & de difeipline intirieu. re, en fe conformant auxde�crets nationaux, aux arr&t6s de l'afemble coloniale, & correpondant avec les CzA








corps populaires, ie gouverement & a commiffion; moyen qui, fatisfaifint l'amour-propre des citoyens de couleur, membres par moitid de ce confeil, laifr foit ilbfifter Paffembtle provincale de l'Oueft & la municipality du Port - au- Prince ; que les pompons blanks s'acharnoient "A dtraire, & dont le concourse tpatriotique m'etoit niceffaire pour emnpcher le retabliffement de Fancien regime.
La mcmne proclamation donnoit aux citoyens de couleur, les 61oges qu'ils mnritoient d'ja, & ceux que nous voulions les engager a mirinter.
Elle faifoit fi honorablement mention de la garde nationale, des troupes de ligne, de la garde foldie, c de la marchaufl'e du Port-au-Prince, que nous mettions lears ennemis dans linmpoffibilitd de leur fuppofer des torts.
Elle ne contenoit aucune expreflfon dont les pompons blancs puffent retirer avantage.
Elle motivoit les raifons de prudence qui nous portoient . augmenter provifoirement la garnifon du Port. 'au-Prince, de la maniere dont le general le regleroit; iails elle foumettoit cette force publique " n'agir qu'en vrtu de la requifition des corps populaires, lefquels corps fe trouvoient par la maintenus dans leurs fonce tions, en ddpit des contre-rivolutionnaires.
Elle avertifioit que les citoyens de couleur rentreroient le jeudi 5 du mnme mois de juillet, i fept heures du martin, accomnpagns par d'autres citoyens. & que le nombre des uns & des autres ne pafferoit pas mille. Je e manquai pas d'ajouter, pour diffiper entierement Ia fable des portes minees, que le general accompagne de deux officers municipaux, fe rendroient " 'une des jrtes pour faire entrer 1'armfe de Ia Croix-desBouquets, tandis quele commiffaire national, accom-






37
paged de m me par deux officiers municipaux - feroit entrer l'artme de Bizoton par Piautre porte.
Les citoyens de 'armtne de Bizoton, que je vilitai le 4 aprs-midi, me donnrent les memnes afitrances de leursdbipofi ions conciliatoires, & de leur confiance en rmoi que m'avoient donnes dernieremeat ceux de la Croix- des- Bouquets.
Moyennant ces precautions, & beaucoup d'autres don't le detail deviendroit faflidietux , operationn la plus timraire en apparence, pufqu'il s'agifoit de renfermer dans la meme enceirite deux partis arms a-peum pres 6gaux, & qui depuis long-temps f e faifoient une guerre implacable ; cette operation, dise, s'eft executee le jour & Pheure annonces, avec autant de calnie qu'une simple promenade militaire.
Les capitulans de la ville, & les citoyens de couleur,, qui venolent d'y rentrer, avoient un infinit6 de petits objets d'interets pcouniaires A regler; leur confiance en moi m'en rendit Iarbitre, & i'arrangeai verbalement, H leur f htisfadion mutuelle, plus de ces petites affaires en ihuit jours, qu'il ne me feroit poflible de m'en rappeler aujourd'hu
Le gndral de fon c6te ne prenoit pas moins de foins que moi, tant pour cimenter la reunion des deux anciens partis, que pour raccommoder les deux corps poputlaires avec le commandant de la provilce, Couflard, marichal-des-camps viellard aufli refpeldable par fon mrite perfonnel, que par fon zile pour le bonheur public.
Le 1 juillet j'dcrivis au minifire de la marine, pour lui rendre fommairement compte de mes travaux dans l'oueft, & des motifs qui me faifoient efperer le rdtabliflement de la dilcopline parm les enclaves revolts 'dans cette province; je luh denonai l'embarquement extraudiciaire que i'avois et ; 0( a







forced d'rotdonner, & je me foumettal cavance 1 ce qui en fei'oit dcidd par PAifemblPe national, & le pouvoir executif.
Le mneme our j'~crwis une lettre pour tre'remife aux pouveaux commifaiires a leur dbarquement auCapt je les privenois de la confiance que mritoit le feii taire-adioint Leborgne; je leur fournifois copie d" ma lettre au miniffre; ie les rflthrois fur les craintes qu'on voudroit lear infpirer au Cap, & leur garantiffois, 'excution la plus facile de leur mifflon dans roueft; j'offirois enfin, s'ils me jugeoient utile 0t leurs fuccks, de continue d'agir fous leurs ordres, comme je le faifois feul en chef depuis le depart de mes Collegues.
Le general partit avec les deux vaiffeaux de ligne, dans la nuit du i aun 2 juillet; il alloit & JdriSmie fare proclamer la loi du 4 avril qu'on avoit refuf6 d'y publier, ainfi que pour remettre en libert, des citoyens de couleur & negres libres, retenus prifonniers dans la rade depuis plufisurs mois , fous le pritexte de les empcher d'avoir envie de faire la guerre. Le general dit en partant qu'il revieridroit fous huit ours prendre un nombre fuffiant de citovens de couleur, qui fe trouvoient rendus au Port-an-Prince armss, & difpofds a le fuivre au cordon de I'ouellt mais le torr~i t des circonflances 1ayant entraind au Cayes, ii 'eft pas revenu comme ii lavoit dit.
Ayant affis la paix fur des foundations afez folides, pour ne plus redouter le raiffbeeme nt commun des hommes arms du Port-au-Prince, je propofai, des le martin du ix , au deux corps populaires, & aux chefs de Piarmnee des citoyens de couieur, de proeder a lafd6ration nationale, du i4du m'me mois de juillet






na proposition ne fit que devancer le voeu' qu'ils rn'exprimrent ai cette occasion.
Les pompons blancs futent les feuls qui ne particip6rent point a cette cCrmonie doublementauguife, puifqu'elie fcelloit la reconci*iation des patriots du Port-au-Prince, & des citoyens de couleur, & negres libres; I appris i x me qu'ot*i .avoit rema rqud, pendant la preflation du fertnent civique, quelques pompons blancs qut en plaitfantoient iniolenmment.
Ce flit au milieu de la marche que fe rdpandit la nouvelle d'un crime commis a Saint-Marc, crime d'autant plus atroce, qu'il devoid probablement, dans PIltat o fe trouvoient les choes, renouveller les calarnitis de la colonie; voici 'hiftorique de cette atrocit :
En parlant de la lifte des profcrits, fournie par les pompons blancs, j'ai obf'erv5. que la ddp'utation des corps populaires du Port-au-Prince v avoit recon, n quatorze citoyens, dont elle jugeoit elle-irne ar reflation momentanee necefTaire au fa!ut public.
De ces quatorze offracis la municipality parv n t & non fans de grande difficults, a en faire arreter huit 'ou dix , dont 'inginieur patriotique Praloto fafobit nombre; elle les fit dipofer, en vertu de mon injondion du 28 lmin a bord di navire le Bienfifaint, mouilld dans la rade du Port-au-Pritce, oh ii demeuroient ibus Ia fauve-garde de la loi, juqu'I leur part pour France.
Ce qui s'efl pard relativement aix autres perfonnes comprises dans Ia liffe, prouve que je n'avois nullement 'intention de de porter ces citoy ens, fi je pouvois m'en dipenfer, fans danger pour Ia chofe publique & pjtir eux-memes; ceu xqui ne furent point arrtes fe cacherent; fe fis mis danIs Ia con fidence de queques-uns; j e me rendis caution pre-






40
ds ctoyens de couleur pour quelques autres, quand le gdnral Beauvais m'eut afftirt que tous pouvoient reparottre, le maire Leremboure le leur fit favor, de forte qu'avant mon depart de la colonie, ces citoyens vivoient tranquilles & heureux dans ecurs foyers.
Le gdnral Blinchelande, inquidet fans doute par les rapports continuels qu'on nous faifoit de pretendues intelligences de ces prifonniers avec a ville, & des-conplots qui en etoient l'objet , ce general fit ' mon infu tranfporter Praloto fur le navire I'Agathae 1 Saint-Marc, & les autres prifonniers fur un batmtlent qui partot pour France, oh ils folt arrives. Si 'en avois ete averti, j'y euffe probablenment contribu~, tant nos operations dtoient alors foumines a' Pimpdrieufe loi de la ndceffiti; mais d'aprs P'opinion ddfavorable que j'avois congue de certains individus de Saint-Marc, Jaurois pris, a 1'Pgard de Praloto, des precautions auxquelles le gindral ne penfa point.
Dans la nuit du 9 au no juillet, Roia-Grange, prv6t de la marichauffle t Saint-Marc, deux archers nommds Droumeau & Baptifle, & deux qui dams retirement Pinfortund Praloto di bord de l'4gathe, fous pritexte de le conduire h la geole, le defcendirent dans un canot, oit its lui mirent les fers aux pieds & aux mains, rambrent au large, & apres favoir alhafifin6 avec fon propre fabre, le jettbrent ai la

En mame temps que j'appris ce lkche affaflinat , je fus averti que Borel & les autres prifonniers, que nous avions laiffs a ia geole de Saint-Marc, couroient le plus grand danger, & 'on m'affura que le mrme R6i-Lagrange avoit depuis long -temps 'habitude






41
d'affiineronu de noyer ceux dont on vouloit fe d 'aire SSaint-Mare.
Je remets au Pouvoir executif la procedure oue a'ai fait infiuire - I'anmiraitit du Port - au-Prince ontre Roi-Lagrange & fes complices, jufquau dcrt. d, prifde-corps lache contre eux* je lui reme ~rgiement ma correfpondance avec le conr!i de pax & d'union, la Muncipalite & la Senichauf.1e de Saint-Marc, tant ire i'affaire de Pralato, que filr celle de Borel & aufres prifobnniers : le dtal en feroit beaucoup trop long pour qu'il puiffe entrer dains ce rapport.
11 me fifflt de dire ici, que Roi-Lagrange trouva pour prote&eur Saint-Marc, la SdnCchauttf~ie, la Municipalite6, & les Pompons blancs ; ceux -ci fe ligurent, avant ' leur t,+e Coigne, oficier d'adminiftration, pour s oppofer avec des canons, des efpingoles & des fufils, " 'execution du d~cret de prife-e-corps; ii efi a remarquer que, dans Ie ime temps qu'il foutenoit un affilin , is empechoient 1'elargiffement de Borel & des autres prifoniers, quoaiqu'il n'y eUit aucune efpece de 'charge contre eux, que le General & in euffions, des le fix juillet, donned i'ordre de les dlargir & que la Commiffion Nationale eflt rpit6 piufieurs fois le memre ordre, enfin ce ne fut qu'A. Pipoque du i r aoit qu'il me fut poflible de retire Borel & fes companions d'un eachot, ouh depuis deux mo s ils s'attendoient a chaque inanta d'8tre gorgis.
Les citovens de couleur m'offrirent d'arreter Roif Lagrange; mais fatisrait d'avoir, par leur courageufe contenance, d e~vre des innocens opprines, je ne voulus point expofer la vie de ces braves hommes pour eflayer d'arreter un fcelrat puiffamment foutenu; j'ai laiff6 dormir le decret de prife-de-corps




- ~ i


ufiqu' l'arrivie des nouveaux commituaires, & j'en at remis un double a Sonthonax en l'infiruifant de 'affaire, & l'invitant A employer des forces que je slavois pas eues,-tant pour arr ter Roi-Lagrange que pour difliper le foyer de contre-revolution qui exiffoit A Saint-Marc.
Je me hate afin de n'avoir plus A parler de ces pompons blancs, de raconter quelle fut la fuite de Jeur triomphe au Port-aiu-Prince.
Le 2o juillet me fetntant filfifamment affermi dans mna marche, affiemblai les chefs 'de f'armire des citoyens de couleur, & leur parlai de la manire fuivante :
v Je vous ai trop donned de preuves de mes fen-. X, times, & vous m'en avez trop donn de votre a confiance pour que je puiffe diffirer plus loga temps it dechirer le bandeau qui vous couvre les , yeux.
) Vous 6tes les enfans de la Rdvolution , vous a devriez en etre les plus ardens defenfeurs; cepen) dant, vos amis font fes ennemis; ceffez de vous v aveugler. Pouvez - vous croire que les Pompons Sblanes , ces vils ftippots de P'ancien regime, des &res bouffis, de morgue & de prtention, qui v demandent en France des claffes de nobles & de o roturiers, qui veulent ici des clafes de grands a planteurs & de petits blans, croyez-vous qu'ils
- aient agi de bonne foi lorfq4uis fe font oidints A sy vous pour reamer en votre flaeur P'igalitd des
droits politiques ? Ils vouloicnt fe venger de leurs A eniemis; ils vouloient la guerre civil & le reta. ) bliftement des abus dont its profitoient autrefois; , mais trop foibles pour agifr fleuls, its vous onut unis , aleur caufe en paroifarant cnibattre pour la v6tre: a Lifez .dans les veux des Patriotes du Port-au







& Prince, n'y voyez vous pas la jole que votre ia bonheur leurs cauie 1 votre amitid les flatte: ils vous io font des avances, & leurs ddmaches ne tendent Squ'a rerferrer, par de nouveaux liens, le pate ~ Fddratif que- vous avez jurc enfemble. Lifez dans l) es yeux de vos pritendus amis, comme la bafie
Sjaloie s'y aiafl'e appercevoir : n'etes - vous pas b ennuyes de vous entendre reprocher fans cefle de a pr6tendus fervices defintereffis ? Que font aduellei ment vos Pompons blancs ? les tins fuyant tine SVille ou 1'on. cherche a leur plaire fe refugient Sedans la plainme pour continuer de corrompre les ) efclaves & de fe faire craindre plus long- temps, v on pour empecher la rentree des procureurs & ) grants, dont its veulent accaparer les falaires. o Ceux qui refient en ville, a quoi s'occupent-ils S11s .font pr6s de vous, les officieux, en calom > niant les Patriotes , & fuppofant des complots , propres a vous alarmer, ,t rveiller vos haines, & SA rallumer es torches de la difeorde. Voulez-vous a rentrer dans IPopprobre ouA d'abfurdes prejuges vous a riduifoient ? fyez toujours les dupes des Pompons a blancs, & travailz a la contrervolution. Vouleza vous au contraire conferver les droits que la France a vous a reconnus . foyez les enfans & les defenfeutrs
de la Rdvolution; devenez les amis des Patriots, S& n'ayez plus pour vous guider d'autre boufible a quce 1'AfTlmble Nationale.
> Vous venez, Commiffaire, repondit le g nral ) Beauvais, de repeter en partie ce que je difois hier" a " mes Concitoyens, & je puis vous repondre pour > eux, cornmme pour mot, que nous n'avons jamais ete
les dupes des Pompons blancs; it nous falloit conq ",ir ir nos droits, nous avious befoin d'auxiv liaires, le diable fe feroit profente que nous 'au-






44
Sronu enrgimentI : cs MM. f e font offers, d Snou s avon emp3j.s, en lear permnettant de > e>e qu As no is dupoent : j'ai dja averti plufieurs Sd'entiemu: q e vous les dnoincerois fis perfitrStaen a J it r mauvs oelsOS mes j[unes
eais: Voum etes notre pere, Pihomme de la Nation, S, ryable de inou~ trooper; mais comptez auii Sqpe nous fomme incapables de trahir la Nation, n i de t:ous refufer a ce que vous exigerez pour a ele. ,a
Le rtfidtat de notre conference fatt que le gne ;dal Beauvais notifieroit aux Pompons blancs que la Comnmiffion leutr offoit le choix de retornrer Saint- Marc- ou de s'. ncorpoer dans fes difdv& du P~Ut au-Pnce; mas qu'ele expulfeloit dte la Ville tous ceux qui n'opteroient pas dans deux fois vingtquatre heures.
11 en partit en effet plufieurs; & les autres, conduits par le gc~d6ral Beauvais, vinrent m'affurer de leur patr:otifine,
Le 23 iuillet au matin , je les prdfentai au confeil d'Adminiffration de li Garde Nationale; it s'y paffa une fdcne des plus intereffantes, d'apres laquelle un Te Deum fut. chanted Papres-midi; ,les nouveaux Patriotes preterent leur ferment civique le mnme fir,i devant la MURicipalite, en presence de la Garde Nationale, de 'arme des citoyens de couleur, des troupes de Ligne & autres : cette operation fatisfit beaucoup les Citoyens du Port-au-Prince; its y trouv.rent une reparation proportionne a 1'inure que leur avoit fite 'entrie triomphale exigde par les Pompons blancs.
Dans mes tournes auxi diffirentes .paroiffes de !Ouell, 'ai repet au ci toens de couleur & Negres








libres de ces Paroifles, Ies me.mes chores que l'avos dites aux Chefs de leur armc , & par-tout is
m'ont faith des reponk~s femblables a celle du general Beauvais.
Jai convert, .& mme a Saint - Marc, tous caex des Pompons blanks qui n'itoient qu'egards oti quit n'a t poflible d'elever a la hauteur de la Revolution; quant aux autres , je les a ifobls , & pour ainfi dire revetus de la livree de Coblentz; de foBte que les nouveaux Commiffaires n'auront pas eu de pene ta les connoitre.
Je ne puis me difpenfer de parler du rdtablifiement de la difkipline parmi les efclaves rdvoltis de l'Oueftl Ces rvoltds qui, l'ipoque du 23 juin, 6toient an nombre de plus de cent mille, avoient tous reprise les travaux del'agriculture deux mois aprs, & faifoient oublier, par leur bonne conduite, les crimes don't on les avoit rendus coupables : je n'entrerai pas dans les details de cette 4tonnante operation; je dirai implement que le fucc's en eft dti t l'influence magique qui n'abandonna jamais la Commiliion Nationale dans POueft : j'eus le bonheur de rdunir la confiance illimitee des propritaires & celle des enclaves : vous euffie eu de Ia peine t diflinguer i les maitres avoient autant d'envie de recotwrer leur plropriet6, que les eces es en a.voient de rentrer dans leur poifkflion : pas Un coup de fufil ne fut tired : pas tn cri de douleur ne fut entendu: c'etoierit fur toutes les habitations o' miles travaux recommengoient autant de danfes & de ftes faturnales : on y vit la nature reprendre des droits que la fervitude fembloit avoir abrogCs pour toujours; les maitres & les efclavesd fe confefflint leurs torts reciproques promettoient de les rparer, & feelloient leurs promeffes par des baifers dans lefiquels fe confondoient & pour la plie-






46
rnitre fois, les larmes paternelles & filiales dU mattre, & de refclave.
Crdole, t~evd parmi les ngres, j'ai prefque toujours vicu dans !s Colonies, ce qui me donnoit un avantage & des connoifflances dont j'ai profit : jai conferve pour la Nation, plus de la moitid de ia colonies de Saint -Domingue; mais Ia commitlion n'a rien ordonnd., rien ecrit, rien fait, en un mot, qui upposat qu'entre le, mattre & teftclave il pfit exif~t un pouvoir ailleurs que dans la Colonie; J' ois le confident des rnatres, celui des efclaves, P arbitre de leurs difficults ; & lorfque tout dtoit convenu, les hommes libres de chaque paroiffi fe rdunifmant en atenimblies primaires, conflatoient, par des arrtds, les faits convenus, pour les foumettre enuiite & I'approbation de 'AfRemblde colonial, d'apres rinvitation de 1'Affemblde provinciale de l'Oueft.
. La paroiflf de la Croix-des-Bouquets donna cent libertis, & celles de 1'Arcahaye quarante-quatre aux chefs des revoklts , pour les recompenfer d'avoir emp.eche f'incendie des cannes & des btimens ; mais , condition qu'ils ferviroient pendant cinq ans dams une gendarmerie, & qu'ils maintiendroient, pendant ce temps, la difcipline parmi les efclaves : les cent quarante-quatre affianchis, comme autant de prddicateurs, fe font diiffminds fur les habitations, & onut juftifi , par leurs prompts fulccs, la bontd de ce snoyen que j'avois propofe.
La foliditd qt'avoit aoquite le.ritabliffeient de la discipline paitti les-atteliers de l'Ouetfl dCs le commencement de feptembre dernier, fe trouve prouv6e par le fait fivant:
Coigne, officier d'adminiffration, connu par fes principes anti-rvolutionnaires, le Mleurtrier Roila-Crane, & des archers de Marchaufde, s 'tant








tranfportis fur des habitations de 'Artibonite, firent quelques expeditions meurtri res capables de foulever tousles negres: cependant ces eftaves, au liheu de s infurger, idKles aux promeffes qu'ils m'avoient faites Un mois auparavant, confiant dans les confeils que je leur avois donnis, fe cacherent, & ddputbrent des commiffaires au bourg de la Petite-Rivi&re, pour reclamer la protedion de la Municipalit6 de leur Paroiffe: la Municipalite voulut les venger; mais ce nouveau ddlit, contre la sfirete publique, trouva come I'affaffinat de Pralato, de puiffans prote&eurs A Saint-Marc, & refla impuni, fans que la tranquillity de 'Artibonite en ait fouffert.
D'apres les obfervations que j'ai fouvent faites a Saint Domingue, relativement aux revoltes d'efclaves, je crois devoir indiquer ici les diffdrens cara&dres de ces revoltes.
Les nigres de Saint-Domingue ne fe font jamais foulevis de leur propre mouvement; la preuve en eft qu'ils auroient demand ,d'abord une liberty abfolue : car , quel autre motif peut porter des efclaves A courir les hafards d'une reIvolte ? mais aucune des bandes n'a eu cette pretention dans 'origine.,
Les r6volts dt Nord, focus les ordres des efclaves, Jean-Fran~ois &. Biaffou, demandoient le retabliffew' ment de la monarchie dans fes anciens droits : Une femblable idde peut-elle germer fpontandment dans une tete de negre A Saint.Domingue ? Jean-Frangois Biaffou & leur bande compof6e de dix mille hommnes arms , & d'environ cinquante mille travailleurs vouloient fe rendre a mes deux coll gues & & moi, & le jour avoit et fixed au premier janvier 1792. Ifs ne demandoient que cinquante liberts pour les chefs de l'armee, n'attendoient qu'un pardon general, &







tronuvent, dans l'acceptation de la conflitution, le ritabliffement de la monarchie pour sequel its s'"d toet arnms: leur bonne fai n'ltoit point quivoque, puifqu'ils nous remrrevLt des prifonniers gardds jlu Srd1 come de~ efpces d'8tages, & que JeanI 'an i, propofa de if livrer lui-mrme A nous dans , vlle du Cap : ce fut, d'un c6td, f'obflinaton de 1 4AiemblIc co'oniaie qu ne vouo't, ni publier une a inflie , ni la laifer putblier par nous : ce fuit, de ' utte ct, des menwilqnges ivwentes par des contrere'volut oInaei s e .n J de donner aux enclaves des fibupons contre vious : ce fuent, dkis-le, ces causes qui entechrent nos fucces prs des revolts; & fi ceux-ci ont manuf fi des preientions a la liberty g6ndrae, ce n'a dd qu'apes la publication de Ia loi du 4 avril &, aflon toutes les apdarences i 'inthigation d'un abbe Lahaye : il faudroIt s'avougle piouri nier que cette bande nait r-u a premise upuifon de Ia maim des cont re-rvolutionnares.
Quant it la r&volte de Jean Rabel, dans le Nord, & it ceds de P"Oetit & du Sud, qui '"ont jamas eu de rarport avec les ivenemetns de I'Erope, il eft fpcle d'en rendre compte: les blaics votient employer les efclaves e ritre les honmmes de couleur & negres libres, & ceu::ci vouloien t gal -met s'en fertvir contre les bIanes ; en certain endroits ce firent les blancs qui conme-ceent, en d'autres, ce fitrent les hommes de couleur. I1 me feroit impoible. de dire equel des deur parts en a le premier donue texemple , chacoens'en dfend & le reproche tautr: i! efi certain dou moi s que les affemble provinciales de "Oueft & du Sud, syant ligalifei cet impolitique proven, par des arrests portant etabhifement de force d'efelav'es armeis contre les hommes de couleur, ceu-ci ie gardbrent plus de mefur~, &, prolitant de







49
de leurs rapports plus direas avec les efclaves, ils en foulev"rent slatres-granden ajoriti contre les biancs ces rivoites font donc 'teffet des disputes politiques de la colonie.
La facility avec laquelle j'ai fait reprendre aux revotts de l'Oueft leurs travatax ordinaires, me perfhade que j'aurois igalement rdutli prds de ceux de Jean Rabel & du Sud, s'il m'avoit itd poflible de ni'y tranfporter, & que j'y eufTe trouvd des propridtaires autfi ages & aufi humains que ceux de POuefL
Mais loin que je pulre fortir de cette province, a moins den rifquer le falut contre des poffibilitds, ma prdfince lui 4toit i niceffaire que, malgre des fatigues continuelles, ne pouvant me tranporter en affez de lieux diffrens, j'ai pris fur mot d'tablir des commis de la Commiflion nationale, pour me fupplIer ' certains igards, jufqu'it arrive des nouveau commnifaires;, ces commis nationaux font:
Gattechair, citoyen blanc, & la Baiffonnibre, citoven rouge, chargs de la pacification des paroiffes de *Bagnet , de Jacrtel & des Cayes de Jacmel, operation majeure dont ils fe font parfaite-. ment acquittes.
Lapointe, citoyen rouge, charge de maintenir lordre & la tranquillity publique dans la paroiffe de l'Areahayes, ofi n'exifloit aucune efpiee d'autofit6 I6gale; cette miffion, aufli dangereufe que difficile, ne ponvoit. tre confide qu'a lui, & devint facile dans fes mains.
Defpinaffe, citovyen blanc, charge de rdtablir a difBipline parmi les efolaves des montagnes de la Charbonniere, o i1 a eu le fuccs le plus comp!et & le plus prompt.
Couppe, citoyen rouge, charge de la m&eme operation dans les montagnes des Grands-Bols.
Rapport de Philippe Ro-e,-Roume. D








Et Jofeph Cazeau, citoyen noir, ai fage qu'honnte, charge d'entretenir les eflaves dea laline du Cul-de- Sac dans les bonnes dirpofitions qu'ils maniftlient.
J'autorifai ces COlmMs nationaux a porter une mdai ie d'or, kfrpendue par un ruban national Ia boutonnire ; it en rfultat deux effets, I*. la commjnilo'n put agir par-tout -la-fois; 2-. les croix de Saint-Louis Ferdirent toute influence dans l'Ouef.
11 a touours exifid entire les grands evenemnens de la France & ceux des colonies une adion & une rea&ion iimultan.e , qui ne permettent pas de douter que leur impulfion ne fit combine d'avance par les memes moteurs. Dans les mois de juillet & d'aoit derniers, tandis qu'on tramoit en Europe l'entre des strangers en France & I'andantifiment de la liberty, les trames des contre-rivolutionnaires redoubloient de rage & d'a&ivite dans les colonies; ces meprifables emneulis des droits de l'honme jouiff ~nt impudemment afx liles-du-Vent, d'un triomphe ephdmrre, dont ils jouiroient igalement Saint-Domitgue, fil a Nation n'y avoit pas eu un commifaire qui ofoit en prononcer le nom , en maintenir la fouverainet6, empecher les citoyens de couleur d'Ctre trompes, & djouer les manoeuvres des contre-rivolutionnaires.
La loi du 4 avril, promulgu6e paifiblement a Saint. Domingue, devoit itouffer tous les germes de divif l us; afisai, au contraire, ce fut alors qu'on vit inaltre des i bupons & . des fureurs dans la ville du Cap, dornt petdbnie ne pouvoit affigner ia caufe.
L'Archeveque Thibaut, procureur-fyndic de la coimunme du Cap, fit diflribuer dars le nord, a Stioque du premier aoit, nt daveloppement des ma!le rs aduels de la colnie ifi lumirneux & fi propre t rdveiller la fiirveillance des patriotes, que









j'en ordonnai Pimprefion au nombre de deix mile exemplaires, qu produiirent t~ a ccee- t eff~t dais 'oueft & dans le fud.
11 eft poflible que des ek,_tateurs, auxquels en mnporfoit ma presence, alent ~ trutit e ben que javo en le boniheur de fire, l& d je ds le fte au patriotifine ti~ge & elCaire de P"1iku b provinciale de loueft, de la municipality du Port au-Prince , de ha garde nationale de la meme rvile, & des citovens de couteur, & ngres libres de la province de lO ueft.
J'appris 'i Saint-Marc,le 19 g eptemnbre derjier, que les nouveaux -conniffaires dtoient arrives Pavant.veille au Cap.
Un 6vnement f~cheux furvenu le i dtt lmois precedent entre les patriotes & les citoyens de couleur du Cap , me donnant "t craindre que les ennemis de la revolution nen euftint fait leur profit, j'engageai Savary, capitamne nerneral fl Saint-Mar, de after au Cap avec moi pour defabuf.r les citoyens de couleur qui en auroient befoin. Jaurois beaucoup defidr de fiaire la meme invitation a Pin. chinat, prdfident du confbitide paix & d'union; mais la pr6fence du Francklin des citoyens de cotdeur, n'dtoit pas moins neceffaire dans l'oueft, que le voyage de leur Washington ne Pe'toit au nd d.
Partis de Saint-Marc le 21, nous tious rendnmes par le cordon de l'onet, le 25 feptembre, au CapFranqais; Savary donna des lemons de patriotifine aux citoyens de couleur de cette ville, qui fe trouyoient dans une flutation d'iddes contradicoires; i claircit les doutes, diffipa les erreurs, & il Clearifa toutes leurs ttes du feu facr6 de la liberty & de
Enfin, parti du Cap le 5 o&obre, je fuis arrive D2









Marif ile le 18 �dcembre, & me fuis rendu i Paris le 6 jaavier.
Le rapport que je viens de fire, ft riduit en fubf tance a ceci.
j'ai rempli une million, fans que j'en euife peut. tre le droit; j'ai approuvd une adbeiation contraire i la lettre de la loi; j'ai retranchi partie de Ia date d'une loi que je faifbis prornulguer; j'ai ordonnd des deportations extraordinaires; mais jai p;4par toutes chofes pour faciliter les travaux de mes fucceffeurs: j'ai empech6 que les citoyens de couleur & n6gres libres ne fuirfnt trompis a Saint-Domingue, comme its l'ont dtd la Martinique & t la Guadeloupe; j'ai dejoud tous les projects des contre-revolutionnatres a Saint - Domingue; j'ai conferv Ie Port-au-Prince malgrd les complots de fes ennemis, & les fureurs de fes citoyens; j'ai conferv6 plus de la moaid de la colonie, & rdtabli la circulation, l'agriculture & le commerce dans la province de roueft.
Et je n'avois aucune autre efphce de moyens, qu'une influence morale qu'il m'a fallu redonner la commifion.
Parnt, ie S8 Aanvier g579, tan Second de Oj
.dpubliquer franfaise.

Sign., R u i so











N'. I.


SR OC LAM AT1 O N

AU NOM DE LA NATION, DE LA LOI ET D ROI.

FPiERTazErT-FnTtfOlS R 0 UXEL DE BLANCHELAVDE ,
Marichal- des camps et armdes du roij, lieutenant pour le roi au gouvernemenet - general des ftls frantyises
d'Amerique sous le vent;

Jt PxlutrrPP-Ross ROUME , Commissaire national civil ,
ddligui par le roi aux fles frangaises de 1rAmerique sous le vent pour y maintenir 'ordre et la tranquillity
publique , en ertu de la loi du Ai fierier L79 .

L'ASSEMBLAE NATIONALE et le Roi ayant, par la loi du 4 avril dernier, fix' d'une rmaui"re invariable l'itat politique des hommes de couleur ,et nigres libres, en leur reconnoissat use 'galitb parfaite de droits avee ceux decsBlancs; cette loi, dicate par la' justice et Ppir l'int'tt bien dmontrb des colonies, a t~ res e par tous les bons citeyens comme un bienfait signal , qui riunira db'piuion les hommes libres de la colonic, et les fera concourit au ien public.
Charg~s , par nos emplois respectifs , de faire executor la loi du4avril, sauf les points personnellement attribeuts anx nouveaux commissaires qui sont journellement attendus; apris avoir rigli dans la province du nord les objets relatifs i ladite loi OUA avons jugP devoir nous transporter dans cello de l'ouest, rceffet d'y recolnonitre, par noiusm es,la situation actuelle des chose, et d'adaptar provisoirement les mesures proptes & a rrhter les progress du nal, i runir les citoyens, ai preparer executionn
4 ltive de la loi confine aux nouveaux comumissaires.










NOUs avons en Ta satisfaction d rencontrer chez tous te aons
citoyen, des detlx partis, qui ont it. divis s par La guerre civil, st desir ega de se tito i.liier , d'oublier leurs erreurs ricproques , et de prouver a la nation et au 1oi lear invariable loyaut; mais neuS avons eu arqu qu'il i egnoit, de part et d'autr, unt defiance que nous trouverious effrayante, si nous n'a ieons 'espoir de U surtnonter par de agtes prcautions, qui, mettant ces citoyens a meme dte se coimnumiquer sans danger, leur procureraI ~occas:on de se mueux connoitte , et de se rendre
mutuellement la Inme justice que nous lIur tendons.
Noas jugeons que , dans cette cirenstance aussi majeure que
delicate, nous devens , ans nous asservir aux formes regulires, no nous diriger que d'apris leslois de l'imperieuse necessite, thmoigner natant d'gard et de confiance ai lun des partis comme i Paurere , ne ie prejuger pour ou conte, et ne rien detraire
de ce qui pent tre utile.
Dirigis par ces couidrations, nous avons reconnu que le
caseil de paix et d'union , qui s'est Ftabli A Saint-Marc par it choixs es riede lOuest , et d'une parties de clles du Nord , quoique inconstitutionneI dani la forme , n'en est pas
* moins un corps central oui se rounissent les veux et la confiante
de ces paroisses; que Ia dissolution de cette respectable coalition entalneroit ia subversion totale des mmecs paroisses o reigne uve fermentation ginerate parmi les att:diers ; et qu'en ligalisant, an contraite, 'le counsel de paix et d'union , et autorisant a continuer provisoirement exercisee des functions de police et de discipline initericures qui jtsqu'ici a produi: l'effet le plus salutaire, nous parviendrons A diriger vets le m"me but du bien public Le librcs et les esclaves des pat oisses
cealises.
Nous avons reconu chez les citoyens de touleur et nigres
libres la pu. forote ambition de prouver i la France qu'ils ne ofnt pas mois jtoux de lui appartenir par leur civisme et lear giParosit; que par le courage dont ils ont donned des
prveuve s ictatastes
Les troupes de ligne du Port-au-Prince se soat"montreis de
Vrais stidats - citavens.
La garde national de Ia mime ville nom a p-r n d*re compose qu de bns Fran,6is, nffligis dies mAhers de la Colonie,
et deilrant c oncourir ardemmentawec nous A les zatpa er.









Et la troupe solde vient de s"'cqrir ; aunsi que la ma rchausse , de jises dro-its e notre estie.
Mais nous savous, par une fatale exprince n, qul se troupe at, Pt- au -Prince un oubrn eab coLsidrable de personnel
cis,$ dent eis ttes out ete exalties par effervescence qu regtie ; et nous craindrions que ces personnes a e n e 1teonvlassent les sc~'nes dsastrcuaes qui s'y sont rssees, si nous ne les reteaions daus le devoir, a mov en Juae for ce ituposante qui, soaules ordres d'ut mlitatre sage et 6 En cosdquence, nous autorisons le coyiil de paix et danion, de Sa Mr cont inuer provisoretment Iexefcice de ses fonetihs dans routes tes paroisses d son association , en se conformant aux decrets natiouau, se sounettant aun artees de as-. senmbieceloniale, approuvuspar le giouveineur , et correspondant , Iorsqu'il y aura lie a, avec les utres corps populares, 1 gouverneent et Ia commission national civile.
Des ordres nijeurN eigeant le- depart du bataillo de Normandie, nous lui reudans la justice de d'clarer que nou avons une eutiere satisfaction de Ia couduite qu'll vient de tenir.
Rendant la minme justice au bataillon d'Axtois et aux detachermens de Provence et dartillerie , M. le g irai l s reticut au Port-au-Pince jusqu' nouvel ordre.
Nous ne doutons pas que Ia gaird nationale du Pdrt--'Pr:nce ne continue de nous donuer des preuves de son z"le et de on patro tmise.
Nous promettons one protection special A agarde so.1ie ,, tant qu'elle se conduira commune eale viet de le faite.
Et nous n'oublions pas de meuntionner idi la satifctiuo que nous a cause lat conduite de la nmar&chaussee.
Nons angmenterons provisoiemeat ia force p jbl que da Port - au - Prince , de la mani.rie dot Md. mle ginral le riglera.
Les citoyens de couetr de la vtlle du Port-ain-P ti e fen it leur rentre le jeudi , 5 di courant, , sept ee dt rnatin ;l s ser9nt accompagbe par d'autres ci toyerns ; le tacobre t t.il is uts et des atres ne passera pas mtille. MM. Ic "iabi.et ie ca-i mwssatre national civit se triansportetout d'avance la ti clplaithe, et accompagns chacun dedeeux 6fitciers m ui.ipau:,,; i1 se rCndront aux dcux portes de la viLle, pour faire reIIttu D4









Tesdits ctoyens qui viendront de Biston et de -a Coix-des. Bouquets.
Nous invitons enfin tousles Fraiqais de la colonies i se reunr sincirement de eeur et d'esprit pour Ic r ahlissemen de Pordre et de la tranquillit publique,et nous "dciarous infmus iet traitres a la patrie teux qui, par tentrs discourse ou leur conduite, voudroient reveiller des haines et des passions qui out fall caustr ia perte de la colonic et la ruine da commerce national.
Mandons & MM.tI de assemblee provinciatle de I'Ouest et d ia municipalit, de fire iupriner, publier et afficher la prCseuse proclamation , et de tenir la main i son execution.

A bord du vaissau de litat, le Jupiter, mouilli en rade du Porto au-Prince, le 3 juille rg792.

Sign ,, BLANCHELADE , RouE.





No, I L

X TRA i T du Requisitire de A.! LR c H E IV sQ trE
ToiM vA r , procureur - syndic de la commune du
Cap.
Da premier aotit Syz.

n pride ~ar ordre de la Corri;sion nt4ivioale-civie.

Le commis ot nationaie-ciile , jugeaut que , dans ls cirtonstances actuelldes3, le patriotism ; la surveillance et la rbuaion des bns s citoyens ne sauroient -tre entrtenus par trop de moyens ayant traouv dans an riquisitoire du procureaur-syndic de la comrunse du Cap , qui a ite distribu dans la province dw







57
N od, un diveloppement tris-bion fait des malhears de la colotde, accompagae de vaus tres-sages pour en empecher les suites, ordone en consequence que ledit diveloppement scra impri-e au uombre de deux mille exemplaires, pour 4tre distribeu dans les provinces de 'ouest ct du sud.

t Portr1-au-Pric , It 14 aodt 179s.

Le commissaire national-civil, . Saint-Demingue. Romwz.

PETITr VIERS , secritaire ad hoc de la commission.





SE L P P E J EN T.


Ouvrons donc efia les yeux ; interrogeons les v"vnemens qui se sot passes , et qui se passent encore sons nos yeux; cessons de nous btourdir sur la veritable cause de nos maux, et tout nous dira, tout nous convaincra qu'ils prenuent leur source dans le dessein form~ d'operer ue contre-revoltion.
La loi du 4 avril est venue. Naturcllement, st les citoyens de coaleur et nigres libres cussent Sth les seuls qui eussent mis le poignard et la torche aux mains de nos esclaves, tout devoit fliir du moment que cette lo! a 't6 acccpate. Au ontraire l'insurrection fait des progress ; 1'embrasement augmente ; la rvvolte a gagnk des cantons o. les esclaves s'btoient montris plus que soumis , ou ils s'"tolent rendus les dbfenseurs de Ieurs rntres ; le desastre enfin menace de devenir genial.
D'Ao vicnt cela ? Ou ne pent plus dire dsormais que ce soient lIs eitoyeus de couleur et negres libres qui fomentent, qui attirent la rbelion do not esclaves ; is n' ot plus d'intiret1 Pentretenir; its ent, au contraire , I; dme intiret que nous la fire cesser.
t y a done une cause searde qui travaille no esclavep. Quelle est-elle cette cause, si ce n est la fureur d'operer, i ucelquc pri que ce soit, la contre-.rvelution









Je eux erolre que la philanthropie entre pour beaucoup dans les maheurs que nous prOUCans ; mais cette philanthropie u'y entre qte jomre l anrumeLnt et non pas commne cause. It falloit aux contre--rvotiom aires un appat qu1is pussent presenter
ust enclaves pour les soulever contre la servitude ; ils Font trouve dns la dci4ration des droits de l'homme. MAais , sans ies contreretolutionnaircs , jnmais cette d&caration n'ett prodait sur io:, esclave uue impression assez forte pour es fire passer tOut d'n coup , coume on l'a va, de la somuissio la plus pat fite aux dernierr execs de la rivolte.
Suivons les teve eus,. ulland est-ce qu'a commence linsuret ion de nos eltla~hs ? le 9sO ao7t 79 ; et deux ass atiparavaut avoit paria ladlarationte des drvoli de Iliomme ; depuis deux ans cette declaration avoit retenti daa~s tout l'utivers, et, outr ne ptrler que de Saint-Domingue , j usques dans ses triples anntagues, sans que nos eselaves eussent tiemoigu la moindre envie de s'en prCvaloir, et se tcsent reliches le moinsdu monde du respect et de .oheissance qu'ils avoieat eans jusques-li pour lears matres.
Ce n'est done pas la declaration des drouts de lhomme qui lear a fait briser leurs ch~unes.
La noiuvelle du d cret diu 5 rmai arrive dar~s la colonie, ct les stelaves ne font pas encore le moiudre mouvement.
Eufin arrive celle de Ph'vasion du rai , du a I juin suivant, el cette nouvelle semble etre le signal de liasurrection. La rivolte de aos atteliers eClate peu dejours apres, et avec elle commnencent les assassiuats , les inceudies, et aussitat nos esclaves out des fusils, des canons', toute esp ce darmes , toute esp"ce de munitots de guerre et te bouche , et It mal s'accroit avee tant de violence, avee taut de rapidit , que ses progrs Ctonnent autant qeu'its constera*eat ceunx memes qut croient qu'on ne doit en therchr la cause que dant le desk de briser tout-A-fait un joug quou a commence A seEoUer.
Ule reraaque a fare, cest que li o Ies catoyens de couleur et nkires libres out conmnis le plus de ravages, Ils schves en ont fait mobss : come si la mene main eit donne 'mapulson a uns tt anx intres , et se it contentee dPagir daus une partie de ta colode par ie moyen des esclaves~, et dens l'autre par fentremuise des citoyens de couleur et nigres libres.
Mais veut-on se blend convaincre que la philanthropie n'estrtien mois que le mobile dI la guerr qtue inous font sos osclaves ?










qu'on jette in coup- d'it sur ce qui se passe parrni eux: y volt.oa auIue des fornies populaires que la revoLtion a introdutes ? Ont-ils des mIunicipais , des ges de paix , des asem l'bes de communes, des gvardes nationals, etc. ? Ritn de tout cela. On l'y jure ue par le roi; o'n 'y parte que de rtablir .I, ro0 sur son tr6ne on y altfecte touts les distinctions de Pan-. cien regime eln ut mot , on y, esti oppose a nouveau, quune cause de mort bien asur e pour les blauics qui out ie adhlkour de tomber au pouvoir de ces harbafts, est d'avoirjpub un r6le dans quelque corps populaire.
Cette haine , cette aversion pour le nouveau rigirme, d6 ccaent ouvertemeut Ie principe de Iinsurrection de nos eselaves; car, si c'toient les philanthropes qui les eussent excites A la rsvolte, comme les plus grands philanthropes de l'assemblie rationale constituante sont aussi, cex qu out le plus cooper
Ia constitution franchise, en soulevant nos atteliers contre nous, oils n'eussent pas manque' de leur iinuuer le got des fbrtnes p0pulaires que la constitution a iatroduites ; its o'eussent pas fait prendre , sur-touti Jean-Frauois , le cordon blen , et un suerbe crachat qu'ii porte sur son habit.
N'en doutons pas la revolte de nos esclaves est due au cantre-r'ooutiotnnaires ; la guerre que ces mmes esclaves nous font - machinalement , est une veritable guerre de contrericolution.
Mais quel pent tre le but de ceux qui nous ont suscit eette guerre et qui '1ntretiennent avec taut d'art ? Pense- t - on que ce soit implement d'opher la contre-revolution &t SaintDomingueq? It faudroit leur supposer des vues bie courtes, pour s'imaginer qu'ls bornassent lfi leurs projets : et A quo leur serviroit d'ophrer la contre-rivolution i Saint-Domingue, si eltile ne s'operoit pas en France ?
Voil done letur grand but : c'est d'ophert on d'aider i oprer la coutre-rvColutioni. dans la nire-patrie. Or , potr' parvenir ce but , que faut-.il runter, aucantir Saint-Domuigue , conmnt l'une des principles sources de Ia prosp6rit ide notre nation: ils esprent , en efftet, que la m Eire " d nouveau regime fera grgretter I ancier ; et certes , poU'r amener cette misete, uis ne saurolent mieux s'y prendre qu'en detraisant une ausiflorssamte colonie ae eelIe-ei. 01- compte deja plusieurs faillites considerable dans quelucs ports de mer ; et, par une suite de ces faillites, des raisons de banque, des meilleures dte Pais,









out stispendu, dit-on, leurs palemens. 11 est fort A craindre, s le calm e ne renait promptement dans la colonie, que Ia fortune publiqe dut royaume nie soit elle-mnme bient8t ibCranIje par les secoasses que doivent ncessairement lui donner des revers multipis dans les fortunes particuli" es.
Tenons done pour certain que, dans le syst~ne contre.etdotuEonnaire, Saint -Domingue est destiny A pArir; et, si on en doute, Ou'on rflekchisse, encore une fois, sure qui s'y passe depuis que la lol d 4 avril a t6 reque ct accepted, Jamals nods ne noasu somimes crus plus pres du terme de nos maux qu' cette epoque , et cependant tout aous annonce que nous sommes ajouid'hui plus Join que jamais de reatrer sur nos propriptis, ct 4e recouvrer notre tranquillity.
Qyand on connote le rial, it fhat y appliqner le remde. Quel et celui dont nous pouvous user jusqu'i ce que le vrai reme i sos maux ouus seit arrive de France ? Je Pai dja dit, une extreme saeillance : cette surveillance , joint aux nouvelles Sesurs que j'ai cru, Messieurs, devoir yvus proposer (r), emptcheranos vrais eanemis d'executerleurs projects avant 'arrive des stcours que nous attendons (car c'est dans cet intervalle qu'ils ont risolu de frapper lear grand coup) ; et eIs nouveaux secours arrivant, la colnie chest sauvie, les projets de contre-r"volutiuo frhouent , nos esclaves se voyant abandonids de ceux qui les out mis en insurrection, rentrent dans 'ordre, Saint-Domingue, renait pour lai et pour la m'tropole.
Mais cc n'est pas tout de redoubler de surveillance, il faut fncore de union. Qe ceax de nos concitoyens qui forment des Veux pour eI rtablissement de Planciert regime , ouvrent done Its yeux A leur tour; qst'is soient ben persuades qu'ou les abuse, qu'on les joue , qu'on les trompe ; qu'ils fervent d'instrument , sans le savor, aux mauvais desseins de ceux qui oat atles gagner qu'ils cooprent en avengles, et sans autre profit que des chlimres qui ne se raliserent jamais, i la destruction de, ette colonies, a I'appauvrissement de la mere-patrie, i a ruine, a I'exil, i la mort de leurs concitoyens. Que cette seule idCe les rapprech 4e e urs ftrres n 'avous-nous pas eprouve asses de malheturs, sans y ajouter celui de nos divisions ?


(1) ets lesures don't it s'agit ki south partkiuli~es aux ditconstaces 4ls Cloclits de la ille du Cap.










Qy ils so pinetrent bien de cette v&iti, qu'll en est des eontre-ivolutiotns comme des rechtites en maadie: les ravages que causct les unes et les autres sont d'autant plus grands, que les principles qui constitur~t le corps politique, ains que le corps humaini, n'ont pas encore eu le teimps de se remettre en ieuiibre. aQiIs sacheut euiore qu'tt, come nous le sommes, 2 la traine de la metropole , sous devons ncessairerment suivre son allure , si nous voulous tre lieureax et trauquilles ; qu'une chaloupe qui est i la remorque dan gros vaisseau , efforceroi vainement d'atler en sens contraire ; que la revolution 4tant etabli Aen France, it fut de bon t gre s'y livrer comme u torrent , ta~her senlement de garner les bords le plus qu'1i est possible, et qu'en resistant a ce torrent , on court le risque d'4tre Cnglouti. Ctest i quoi nous mtune Ia manic contrc-rvolutionnire que propagent l'orgueil et une cupidity mercantille.
Mais, qu'on ne sen flatte pas, cette centre-revolution eont se repaissent ridiculement cesx qtti nont pas ti i portie de voir de prs Ie changement qu sest opir en France dans la masse des esprits, come dans le government, ne se fern jamais, et on en sera facilement persuad , si tI'n fait attention anu cractire propre et particulier qui distingue la revolution presetme dt toutes lei autres.
Dans les revolutions qui ont prcid4 ', it n'y avoit lart que le Itroupes qui soutenoient l'u et I'autre parti; Ie people n'en retiroit Ipas le fruit ; i n'en etoit, au coutraire, 1que pis fouled par It parti vainqueur. Ic1 tniversaliti da peupit ae armie t0t-out p , t fa etd p or reco pour r rer ses droits et ii e dija accOumbt a en jouir. It a fail* des sitices d'astuce pour t'ca deponiler; ce ne sera pas la force dun moment qui I'enpritve de nouveau, sur-tout lorsqu%'i a de quo'i riparer les plus grades pcrtes; et qu'au courage et A intripidite joint Pintirt to piti vif , celi de conserver ue conquete qe cent peuples a'a*.s recent pas le boaheur de faire comme lai.


. ; ; ; - 1 - -;: ~ "'''llirr~~rs~ -i'T"*r~ ;;" '--~uv











No. IIL

L a Tor- d dudtoylan LdRC EYESQUE THB[ u,
Procureur de la Commune du Cap aut citoyen R o UV
commissaire national- ciVil

At Cap le a6 Septembre ,lqt.


t O s S E U .


M. le Borgne a en la bonth de me donner quelques exemplaires de Trxtrait que vous avez fait impritmev an Port-au-Prince, de sIon retquistoite du premier Aoit. Je m'empresse de vous transInettre ma reconnoissance pour un timoignage d'approbation aussilattent. I me didommage amplement de tout ce que j'ai eu a souffri depuis que ma place m'a mis dans le ,as de signaler maon attachment A la revolution. L'eloge que vous faites, mdnsieur, de mon travail et des vues q'il renferme , met le comble i mes desirs. J'y tiouve tout-la-fois la recompense de maon zele, justice A rnes bonnes- intentions, protection contre mes,: e'nnemis , et encouragement pour moi-rinmee aussi bien que pour tous ceux qui se sent devoues i la bqnne cause.
Elle va done triompher, maosieur. cette bone cause. La pubicite jue vous, venez d'aouter a ecrit oa j ai essay6 de dieasquer nos vrair enlemis, est 'avant-coureur de leur -dfaite. II n'y aptus A ASy Mprendre : nos ennetais sunt ceux do la evolution ; Coblentz est dans la colonie ; c'est vous-nm~es, monsieur, qi l'annoncez. C'en est fait ; le coup decisit est porter. L'essentiel etoit de faire, consoitre les auiters de nos maux i cxeux pi soet envoys pbur les reparer. La colonie, une fois purge des titres qu'elle recele dans son seia, nest plus perdue pour la Ftrance.
Qt n'~ites-yous ici, Monsenr! 11s vont nous clhapper, ces trattres, Grand. Dieux! et tant de forfaits resteroient impunis ;tez, monsitur, hktez,de grace,votr rtesour en cette ville. Votre









experience de*laera les forces qui nos viennent. Achevez par I$ votre ouvrage. L'amour du bien est une mission qui ae st tivoque pas. La confiance qui vivifie les pouvoirs, a aus i la vertu de les proroger.

iEie fie lie u d'honwemrs h celui qu'ette onort.

Le procurer de la commune du Cap.
Sign, LACf IrIrVSQ.E T l~ UraD.



N'. IV.

1 rT R erite A la Commission Nationak , par I
Citoyen de couleur , R 1 GA t D, General de 'armis, de ces Citoyens dans leans Sud t sujet dAun mirite transcendant , qui reunit des venrtus et des tans aessi
?ares que prcieux.

Da xa. Septcmbte #.792

M. LE COMMISSAIRE NATIONAL- CIVIL,

Etant charge de pouroirs de l'assemble proviuciate,.du Sd , pour alter fire unn rrangement avee les negres insrges et re fugis dlans les montagnes du Platou , it est de moxn devoir de, ro us instruire o i en sent les hoses ; si je ne l'ai pas plutot fait4 mousieut, c'est que je n'avois pas encore ,Pespoir de termiuer avec eux. Mais, apris un mois de peines et de risques , je suils tnfin parveau A ramener ces ngres a des pricipes de paix. On accorde la liberty a sept cents ; je Itur delivre des itmprin s d'affranchissemeat au nom de la province du Sud, cl vertu des pouvoirs qui mr'oat Cte donaes. Je i'occipe A les organiser ea compagnic de cent hompres shacune, pour faire le service et proteger la plaine at les mornes, et se porter par-tout oi besoia sera danr la province peaur arrter les insurrections, les iiuoenues









et e brigandage # use partie ont deJa en activit dans ce setr vice les habitans commecent A restrer chez etx , et j'espte que soun pe ces mmes habitans sertr t minme de rkparer les pertes considrables qu'ils vienaent d'essuyer.
Vous avez vu, monsieur, Iadresse que j'ai fate ala commission nationale- civile, soes le covert de M. de SaintL ger, eit je parlois d'accorder la libert a une partie des n3gres que les habitats balance avoieut arms contre les hommes de couleur, et qai ont profit du moment qu'ls itoient arms pour secouer le Joug - ces ngres , form's en compaguies de gendarmerie, auroient maitenu tout le reste, seul maoyen d'empacher L'insur. rettion ginbrale. Mais, M. le commissaire national-civil , il urf. fisoit que j'avois donn cet avis ( qui auroit bien moins coti, et on auroit evite tous les malher"s qui sont arrives ) pour qu'il ne ffit pas adopt. Les habitans disolent alors : Nsou aimons mux tout Perdre que de consentir a la liberty d'un sed negre. Je voyois it mat qui s priparoit; je oaulois le bIea, et voulois 'opher au perit de ma vie; mais, monsieur, que d'entraves, que de resistances ai-je pas treuves ! que dorgueil, que de preJuls ii falloit encore vaincre, malgre que la 1oi du 4 avril etoit promulguoee. Apres avoir ee persecute pendant doux ans, j al itb encore caomnib en r&compense de sues bonnes intentions; etjusqu'aujonrd'hui (qu'on dit ma'avoir mal connu) I'envie ne cesse de me poursuivre; je serifie mes inter&ts interest general; j'expose ma vie journellement pour preserver celle de ies concitoyens. Peut-8tre qu'un jour on connoitra mon ceur ; d ja les honnetes gens me rendent justice , cela me d'dommage bien del'injustice des michans.
La lettre que vous m'avez fait I'honneaor de m'crire, monsieur, me sert de guide; je ri ge routes aes actions d'apr s vos principes d'honaeur, de justice et de loyaute. Je desire avoir quel. quefois cette faveur ; la carriere qu'd faut parcourir a SaintDemingue pour soutenir contre nos ennetmis, et jouir de Pigalit des de droits politiques, est parsemee d'bpines. Appelb par mes eamarades pour les commander , t Its aider a renverser le pesant fardaau idu prejug , devent insapportable par lcs vexations et les humiliations rbiteries depuis deux ant , bpoque oi nos maux auroieft di tre adoucis par ia rige&ration du people franoiax dent nous fasens partie je peux dire n avoir as fait uan pas que mon caeur desavout ; jati su respecter mes ennenis ea combattast leurs erreurs; e'est cc que votre lettre me prescrit
*'st d *youI, monsite~ Ie comnmiasaire national civil , que je YVewx







veux apprendre a fare le bien pour le ma; c'est i votre example que je veux oublier toutes les injures qu'on m'a fate" , et les calomnies atroces que mes ennemis se plaisent A verser sur moi; c'est de vos erits , monsieur, puisque je n'ai pas eu lI bonheur de vous voir com vos me vus te P'aviez fait esprer, que jo veux me pinetrer de cette sublme morale , afi de me rendre digne des bienfaits de r assemble national et du roi, et de FIestime dontvous m'hoAor . Je tache dlinspirer les mnAmes sentimens i tons tues damarades qti o t de la coniance en nmoi, et dOnt je suis charge de diriger la condulte ; ce scra la march invariable que nous tiendrons ; i nous ne par enous pas u but que no nous pioposons , qui est de voir t0is iros concitoyens heureux , nous aurons au meins la satisfaction d'aveir fait notre devoir.
je suis avec respect,

M. le commissaire national civil,

Votre trs - humble et trs
obeissant serviCeur,
A. R A UID.


Aux Ces, le 6 Scptjmbre 1g7902


Pour copic.


R ou E.


Rxpkut e .Pliliirke Roce Re.ame.


r~ i:;uli .,~., ,,~~.;~,;,.,.;. .;-~I_,. ;~.,,.~,_;; ii;,,,












lee Conseil d'Admiistration de la Garde
National du Port - a Prince,


S 1m Ro trM E , Commissaire national- civil diigud
par le Roi aux Isles sous l vent de 'Amdrique.


M o N S I E 1,it

L'honnenr que vous avez fait au conseil de venir dans son sein, la sance du jou:d'hier , 4 t sdIvi du regret le plus profood, d'apres Pavis que vous iui aviez donni de votre depart peur:le Cap. Voss avez di reconnoitre P expression de tous les ce~urs p;ar les thoeignates qu'oi vous en a dounns. Daignez prit votre attention aux importantes riflexions que nous allows VOUS presenter.
Le conseil a considerd, Moinseut, que votre abandonader cette province sersit indubitablemient le sigal dune explosion genirale, si & craiadre dans ce moment i et dent votre influence a preserve jusqu'd present cette parties,
Les nouvelles de PArtibonuiste que vous avez communiquees vous-munte au conseil d'administration, devienuent un motif puissant , et vous iudiquent la necessite impeiense de jester daus cette province. Le voyage que vous avez bien voutIu, monsieur, tirne d'api ess eolicihtatios , A Saint.Marc, et dans lequel vous tious avez rendu des services que nous n'ou,lierous jamais , en restituant 'a liberte nos concitoyens injus. tement oppdris, vous a tnfailliblemett mis A mmi e de reconneitte la conuexith 6videute des insurrections de la plaine de Aitbotlute, ettde celle duA culde-sac. . . Touj ours empresses d'aoaer, mme par les ptlus 1 xands sacrifices' , solt daus nos opinions , suit anls nos amiitte particuheres , les moyens que vous pensitz devodrnous proposer, pour eviter, non*cuient toute feratutation, mis mEme la moiudre activity









dans les esprits, seroit-ce daus un moment aussi prlieux ee aussi critique que celuCCie , que vous crinez ,mciisieur , do. voir abandonner une province as~ interessante que celle-x. . d'un c(td ~. sans un reprsentaut de la nation qui y jouit de I plus tenure amitie de tons les partis qu'il a su commencer concilier, et qui y existe l ombre de la confiance la mieux acquise, et la plus parfaitememt prouvie . . . de l'autre , sans le chef des troupes patiottqucs I, l seul capable peut-tte d'ins. pirer une terreur reelle auxc rvoltes qul nous assaitioent infailtilement , du moment qu'ils ne seront plus maintels par to respect d ta votre presence . . ,Ce seroit aprs avoir t le sauveur de la province dCe I'Onest devenir o directement sou destructeur. Cette idiee, d'une veitv relle doit fair frissonner une ame aussi doece , aussi frnche , aussi gnirense, que cello que vous nous avez diveloppie. . .Restez donc, mon#ievtr, a miliu de ceux qui vous c hrissent, que vous avez tous les meyens possibles de conduire au plus haut degree destime pout vous, et continueZ a rnpt otre tv influence dans routes les
parties de l'Ouest, jusqu' l'arrivie des forces, et de MM. les no veaux commissaires ~nationaux civils , dams :,tte mAmw province,. . , e seroit ne injustice relle aim ycux de ' assemblee national elle - Mte a, que Ie Cap vinissitut tl corps ltgislatif de la aolo ie. , et M. le lieutenant as goavernement-. g niral , no privt de. Ia prsee -d seat tre bieufaisant qui , depuis lai r&voltion , at 0abotdi nog parages , et nous laisst, en voulant vous tirer de notre .sin, sans aucun appuiLe retour leordre dans cette partie de l'Ouest peut n'existet qu'ea apparence. Nous avois des ennemis secrets ( vous en tes convenu vous-meme) qui saisiroint 'isutant de votre depart pour donner cours A leurs tramec odieuses. Vot e rsidernce , an coitraire , dieoncertera,et est seule capable de diso*kcerteC leurs projets.
Le counsel d'administration est d'a;lleurs persuade is'ayant deji par vos cnseils , et sut-tout par votre example , procur 1'union et la concorde dans iTutricitur, vous tameatred insensi. blemeut l'ordre au-dehots don't le retablisseuent primitif n'est du qu'a vous seat.
Nous penlsons, et probablement vous ne pourrez pas vous empicher de reqoiotre_ voumm-le ,quec l'mission-par rit de votre veu iur la proclamation qu vous et propose , peit templi parftaitement I'objet de o iiwtatioa de tassembl4 0olo Ezx







alt : et%'tn suplu da , da "itat des choose, votre golCre ne vou-s "rmnet. pas de balancer eue usne adhesion de residence qui tc*s i iconserv.t ila sule proittee Attatte e Saiit-Domingue, et Ue Tsoution de deq art qi, jettant le trouble dns les espr;is, occasionetroit des disordres funestes et des maux inLe counsel administrations vous prie en consequence , M. le ton1i's.i.ie national-civdi, i t .oS S invite , aU om du bienf publcI, de rernoncer vo e project. de part pottr le Cap
*o vote pirsenct, t raisoi die la situation de la parties du Nord, es, Avidtrmulnent minus nect ,saiia e que dans EOuest. It vous de:adie instaainuent de peser avtc attention les mot:fs justes et, Soides ur lsquels se foun te pour dame et obtenir de vou, la continuation de votrie j c t aus Po-t-au-PriInce . .
1 flinit pIa vous soAliciter vivement de re aMlir .-la-fois deux devoirs qui deivent vou paioitfAe galement prceux . celai ,d achcvet die traverune provict e, qut, detiae a vous devoir sa coie.vaon , si vous consentez A tertiner l'ouvrage que vous avez coincidence , ne essera jamas dCe vous avouer sa seconnoissance. et celui d:e porter aplus plus haut ride rhonueur qtte voW vout tes acqis jusqu'a present, in vous ttouvat it seal-de tous les earg s d.e pouvoits de lanatioi frantaise A Saint, Domingue - qui puissiez ent ce moment lui 6ffrir qucelques ptIcieux restes de Ia plus superbt colonial de utives, magr e les efforts~ os1is, shultiplies, Cet malheiurti eentak, dari set instant , plus redoub1 quejaals pour la renverser jusques dans ses fondemnis.
irt- ad ri r 14Seiltm re 79g.
S A L b ? : Si gnt, J'. Brunet, "risidn t t :majo-.0 -nit Simon , secria re ; Busquc , def d4u remirc bataillon ; Forest, def du second b4taillon ; A. Fournir, major du t~risine ataillo7i; Lase re , maor du quatriDe ; Pichon , comman'dant de la emiere-ompagnie du quaridme fataillos ; Jirion , gidi-m 'or. gi1ralt Jean CreitcsSey s5s-if utinnta ; B. Quichelle, liei. tea;t l;Hutet, mrjr du firemierd btailon ; Charrier, commis. ain$e de ia ~Vrde nthavalsaa a tconsei 4'adm nins tration ; J. Caoulle, ommissa.ie AlMatthieu , Clausson commissaire - DuboI s fils, commissaire et c~apitaine en stcraod dela faPmi,e compagnie du tfro sitius btati4 r; De ubois , qprtier -.matr,- tresotr ; oislandry a Ret- b3hasssse , capitaine , Biquillon , chetf de bata4illol, Perusset, licuteasn t ; Pascaud , chef du iii #, bLtasilou.









La munieipalith d Port-au-Prince , en reite~raut ses instances apris de M. le cormissaire national-ciiv , pour le porter A container sa residence en cette ville, se joint au conseil d'a dministration de la arde national , et appuie sa petition qui tend an bien et aux avautages de la province, et qui a pour objet de prevenir les mau qui pourrotent risuker de ri&aignement de M. le commissaire civil.Port - auPrince , en ta m4isen community, l 14 Septembre 1792.

Sigan, LrEsBoUi~o, maire; TAXIS DE BLATREAT, Procurur dte Ia commune n; J. MACAuHA , secritaite - greffier.



Extr4ait es Registres des ddilibirafions de l'Assemblie Provinciale
Ct pro *soieCment administrative de l'Ouest.


Stance du 14 Septembre 1792 , au mating.


L'assemble, dlibrant sur I'expose du conseil d'adminil. tration de cette ville, peneitre de utilityh de la presence de M. Roume en cette province, et prenant dans la !plus haute consideration les motifs expos's par MM. de la garde aatioaale, aopuie de tous ces moyens et de son influence , aupris de 3M. It commissaire national-civil, les dbmarches qu'ils font en cette circo tance.

En consequence elle requiert , au nom -du bien public
M. Rounme, commissaire national-civil , de continuer son sbjour en cete province , et plus paticuliie"rement en cette vill jusqu'i Partriv~e, dans cette meme province , de 'MM, lts commnissaires nationaux -civils; arriti que la ptesente requisition lai sera presented par deux cotumisaircs de 'siembiee, nommes a Cet effet, uit .accompagaeront, la deputatiou de
MM. du conseil d'administration.
Raf1ort e Piffe iRee Rus. E L 3





U

o |









1at et Cos en sanet i les jours, mois et an que

Signi au lfistre, CRiozER, x-prisident.
CofrTY .t BERTRAND , sc~ttaires. Collationne.
Signi, CROTZtER, Prisideatt de h sIne.
Courxy, secrd aire.
e~ar copies . ROomS.




No. V I.

Les Citoyens de couleur et MJgres libres
arm s, r6unis an Port - au - Prince,


d M. Ro 0 v, I commissaire national - civil, d'lgud
par I Roi aux Isles franfaises sous le vent.

x[ S I0VIt E U R

Le sues de vdjs operations pour le rtablissement de Yordre dans a prirovince de Ouest, et la conservation de ce ptrieux reste de la colonie , n'est pas moins di ' l'heureuse influence que vous donneut vos vertus personuelles sur tous ltes individus qui Phabitent, qu i Pefficaciti des moyens qtue vous aves mployds.
On ne doit pas se disimnler que la douc tranquillity don't n0ous jOUissons mainteiant , repose sur votre surveillance pater, ternelle et sur t heueuxnt t de votre pri'sece dan csetut $tO;YicCt









7t
Nous apprenons votre depart pour le Cap. Ena mme temps nous appercevns sur tous Ies citoyll s amis de lordre et 4e ia constitution e expression du, chagrin pF'wid que ce te noAve le a tepandu dans tus s s curs. Dans sette circonstauce alarmante , sous ne sowmmeS rassures que par nsotre grade confiance em 'la 1agesse de vos mesurcs et de vos operations.
Mais , M. le commissaire ational- civil , qi pourroit
Sons garantir des maheurs que votre abseae d'ici peut occasionner !
Daignez fixer votre sollicitude sur ces craintes , penut-tre trop fondles ; daignez iteoter avec la both qui vous caractirise Ilinstate priite que nons vous faisos de ne point interrompre, jusqu' I'arriv'e des noaveaux comtmissaites, vtre sejour dans la province e de Ottst, dout la conservation doit etre actuellement -1objet le pins prcieux de votre mission.
Daignez agrer 1'assurance de netre tris. profound respect.

Port-- au- Prince , 14 Septembre 179.

Les membres du comity militaire des citovens de coulcur et nbgres libres , en garnison i Port-au-Prince.

Sigl, G. Black ; Beauvais ; .P. Caff~ ; A. tLeprstre ; Petion ; Raiy ; Lapommerye ai1 ; Lafontam ; Prunier;
Boissic ; Temcr ; Tray-Torrer ; Derjon jeune ; Malique; Rueul ; Lausie ; Jean Hules ; CGolon ; Lundy; Plesanci, stcrdiaire ; Daquin fils , frsiiut.

Pour copies , Ronue.






/7








7A


IL 10 V I
N VII.


C or E de f'adresse de ssemblee Provinciale,
et provisoirement administrative de lOuest , &



Port-au-rince, to a$ SeptaMbre a79!,

Newts avons re n ce martin votre lettre datee de Saint-vMare, le to de ce rn mos , ti notus appread votre depart pour Ie Cap; onsl molisiS inrorm s de i'airivie de MM. les nouveaux commissaires civics 4 nous avens m me reu de I'assmblie colonial leurs coaraissions wt ue li du jtinf, conceranit leurs pouvoirs ; nous nous so7times empresses de lesf ire publier, et nous joignous i c un exemplajre des placards que Pon affiche e', c moment en cette ville.
Nous vous remettons, monsieur, 50 exemplaires de I'arrete de Xas*serablie du i de ce mois, contenant I'expression de sa reconnaissance pour ce que "ous avez fait pour Ia province; de PIOuest. Tout le wnare de cet hommagel est dans la verite qui ]e dicte ; Inous e~tirons qle lassemrble nationale et le roi recoaotrout vos services, et les ricrompenstront d'ute maniLAeedi-'nte de la iati~o franaise. Apr's avoir dipose votre caracte public , vous wtus palez en fre, en ami; vos expresiuns n'en devienent que plus peisuasives pour nous, et naus vous assronsl que nous emptoierons constamment tons les m ayens qui south en notre ponvoir pour maintenir notre tiatuion actuetle , jusqu'a ce que MM. les commissaires civil Lnt flt tconnoitre lear disposItions.10
L'on aurcit use granite joie dans cette centre , si roa apprenoit que vous etes associ' A leurs travaux. Qli mieu tte vous , nonsietr , eonnoit notre mat ? Et qui miecan tque vo'us peut y appliquer Ie remitde ?







73
Nout avions dittrrih d'envoyer an Cap un d eput ,princpatlemnt pour teacher de dissiper la pdvvention que MM les commissaires cdvils doivent avoir centre nous, saiui que contre let autres corps, puisque nous voyons consigned dans la I oi que I assembled nationale a suppose qu'ils poutroiclt Lprouver de Ia rsistance a s 'itroduire daus la ~ olonie. Mais, monsieur, la bonnie opinion que vons avez con~ae de nous , parce quo vous nous avez connu , nos a fait penser que vous voudiedz bien employer vos bons offices anprvs de ces messeurs , pour detruire les mauvaises impressions que 1'on a cterch A le tur donner de nou. Nous ne deputerons done poitt en cc moment ; nous allns neus tenir prets A leur sounmettre nos actes et notre condute , s'ils veulent les examiner; et nous presumons bien que , pour noes juger , ils se reporteront aux temps et aux circonstauces ot nous aous sommes trOuv's , qui sont tels qde toute la rLevoltion francaise n'en prisente ni d'aussi difficiles ni d'aussl philleux.

S S A L U T : igns , CROISIER, e. -)rSidete , BE'TRAND et Couary , secretaires.

Pour ropie , Ro u t E.




No. VIII.

X T dR T des Registres de l'Assemblee Provindcak
et provisoirement administrative de POuest.

Seance du i Septembre 192.*

M. le commissaire national-civil se prsente ' l'assembliet, y prend stance et dit, qu'itant i PArcahaye, iI a uen ol'ccasion d'apprendre ,pa2 un memnbre de a ssenAble colonial , que MM. les nouveau commissaires civils . au lieu d'arriver a Saint -Mare , comme on iavoit d'abord annonc , d6br. queroient au Cap ; qu'taut ncessaire qu'l se trouve a







74
lieu de leur adbartquement , ii aureoit continue la route de IArahalye sa Cap , s'd 'aokt donni ;U Lassembeie , lots de ~ou d pasLt, sa parole de revenir ii ; qu'i lut annonce aujoIrdl'ui que ceC nest q'aves regret qu'ipartirasamedi prochaia pour le Cap.
M. le president lul t"mrigne combien P'assembrt e en partie ier, la province et a colonie en general lui doivent de reMercteelut et combien lle s'fdlige de le voir partir, dals un moment on sa presence est si preciese ; it 'invite i manifeste r A MM. les nou eaux commissaires les sentimens des chtoyenp du Pot-a-Piune e , persuade e qu'il lear rendva la -jutice qai lear est dite, et que se rappelant qte la couserv1tion dt k 'Ouestcst son ouvrag~e, it ne I'abandonnera joLtlars$.*
M. Cle omm*isaire se retire. Sur la motsn d'un membre, 'assemblIe considrait que , quoiqe lors de Parivee , en cette ville , de M. Rounme , commssaire national - civil, la loi ,du 4 avril dernier y avoit it6 prorimugide, la province Atoit atia nsaas daus un tel tat , que , presque dans toutes les parties, ~Iadiculture y etoit dCtaisse , tles atteliers y avoient ete, ou y vtoient encore plus C moB s iUsurPes ; la eculation y 4toit intereepte, et tout y tend it i la destruction la plus prinochaie et la molins itravtable;
Considbrant qiue ce 'est qu'aux friquens voyages de M. le comm sai-re national - civil darts les divers paroisses de la prove nce , quest dn le commlencement du retomr dle Iordre de la part des atteliers,el'entr'e en ville des denrets fabrionus, la teprise des trtaux de Pag icuiltture , et lesoir d'arracher aux ,dt'c)krbrs de la partie iaraise de Saint-Dosni~ ue, la province de OChLtest, encore fible gage du cowme rce fran-ais d (ans cete ite ;s .t

DE"clare g"clbe vte a no~ dela proince, des retmereireraes A M, Rout e , commissare enal-civil, pour les soihns , lePees pel .s , Les fati~gaes I et le s v(oyages auSxquels ii dest liver's depais qu'il eat da la a dpedance s
Dclaore qrtlle pense qe ce U'Ct on influence
et a s ze in~~abe , quest die l conservation des vropidts , et sutoit ltat e calme dont eie joidt eC ce mtom gentt 1














7ar7VNOIV TFI Wflh'EWI1IN.7 RG'SDTIVd V
. ,_ =- ,


's~rt Sq Oros PqvqSi~~rt~~cw oj, l Od aav)H *2uuolll~lo2


� pra1ls?l " a x v " v i x fn I (I v
' snssap nb nU ur sovt 'no Sa '1 0uras uD Sop a2 0 3F osa l yduloa s l bur' ap D4C aoabl tnB UOiS9aFmm aP :N" -) !jqnUnp,* ta% ia " v:=nqg sap woa[ "
;p 1a87e" no1 aenuFfuoo a 'i r, awup-c as waald .11 aub 014 a1uo


,-usl oaa,,a ,,;AIl ld QI aa.b ol I R nb OlAr lau
lirrqatP TI a1rQ Xt~,fO $ j J14 If
-rsrr:zs~z ~iJ Sll % 73209 Z1 3f an sU~G uuopf


'i -




Full Text
xml version 1.0 encoding UTF-8
REPORT xmlns http:www.fcla.edudlsmddaitss xmlns:xsi http:www.w3.org2001XMLSchema-instance xsi:schemaLocation http:www.fcla.edudlsmddaitssdaitssReport.xsd
INGEST IEID EXJF3LM65_L19SRO INGEST_TIME 2014-08-22T19:32:36Z PACKAGE AA00008969_00001
AGREEMENT_INFO ACCOUNT UF PROJECT UFDC
FILES