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Lettre de M. François de Neufchateau, procureur-gén. au Con. souverain du Cap, a M. le P. Dup. : sur quelques réformes à faire dans la lég. criminelle : suivie de lettres de M. le P. Dup.

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Title:
Lettre de M. François de Neufchateau, procureur-gén. au Con. souverain du Cap, a M. le P. Dup. : sur quelques réformes à faire dans la lég. criminelle : suivie de lettres de M. le P. Dup.
Publisher:
[Cap Français, Haiti? : s.n., 1787?]
Language:
French

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General Note:
2b-L/E- 1787
General Note:
KGS5404.F736 L488 1787, Rare books

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Source Institution:
Library of Congress Law
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ILLMC
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LLMC31886

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LE T T RE
D E
M. FRANqOIS DE'NEUFCH'ATEAU; A
PROCUREUR-GtNtRAL
'AU CONSEIL SOUVERAIN DU CAP;,
A M. L E P.. D UP.,,
Sur quelques r6formes a faire dans la Ugiflation
Criminelle
3 U I v I E.
DE LETTRES DE Al. LE P.. DUP-




F -7 L




Au Cap le ill Avril 1787JE les ai lus Monficur & cber Pr6fident & ami, je les ai d6vor6s ces Moyens de droits fi puiffans & ce f6ible R qziifzzoire que votre amiti6 fouhaitoit fans doure que je puffe lire. J'ai regretted amerement d'kre fi loin d.e vous. C'eft ce que mon naufrage a eu fur-tout de d67 faftreux. Mais enfin le vais vous rejoindre. Je ne vous zi jamais quitt6 par la periffe. Et dans cc moment m8me, je ne peux rdfifter 'a la tentation de caufer un peu avec VOUS.
Ne vous effrayez pas du volume de cette Lettre.
,Quelqu'occup6 que vous foyez vous devez m'6couter. Car je vais ramener l'objet de mes Wes Pobjet principal des Orres.
Dans le tiffu du bien public, tout fe tient tout fe lie. Les fils qui le component s'entrelacent & fe rdpondent. Cela pofd, voyons fi je r6uffirai h remplir quelques points du fond de la grande tapilleric qui vous occupy dans cc moment.
Vous avez le deffein de r6concilier les Loix de la Juftice criminelle avec I'humanit6. Cette tache fablirne eft digne de votre ame & de votre gdnie. Je n'aurai poi nt le tort de vous en dloigner ni de vous en diftraire; j'oferai feulement me placer votre rencontre dans un coin de cc labyrinthe dont vous 6clairciffez les routes ; & je vous offrirai peut-6tre un repos agr6able.
Arr6tez-vous donc un moment, & jettez un coup-d'wil fur cette Colonic.
A 2




v
La crife embarratTante P oh nous jette aujourThui la di-; fette du nun-,tdraire eft un mal politique d'autant plus dangereu qu on y propose des remedies plus dangereux encore. Darts cette circonftance, j'ai fenti rna main pleine de quelques v6ric6s tiles ; & malgr6 le p6ril attached k cette franchise jai overt cette main.
Ceci ne vous announce qu'un proper. de finance mais attended & vous verrez qu'un project de finance peut ame-! net des r6glemens tiles.
J'ai clonn6 comme un des moyens de r6gdndrer SaintDomingue I'application qu'on peut faire h des travaux publics des fonds & des advances que Yon pourroit fe: procurer par un emprunt colonial ou par des aaions.
Dins le nornbre de ces travaux je comprends fur-tout les chemins qui fe font aujourd'hui par des corv6es de N gres pris clans cbaque atelier ; c'eft dire, que ces chernins font fouvent mal-entretenus & que les portions mieux fates font toujours affligeantes pour le Plailofophe qui fonge qu'cllcs font ciment6es du fang & des fiteurs des homes innocent. Car voil les effects de cette heu;-eitfe idee fifcale qLl'on nomme la corvie.
C'elt cc que l'on voyoit en France, &, graces 'a notre Mortarque & it I'Arr6t de fort Confeil du 8 Novembre 1786 cc citron n'y verra plus.
Je tic fais pas fi )e me trompe mais je penfe que ces travaux ces ouvraVs & ces chei-nins clans notre Colonicparviendroientit int6rclifer cettchont6de cccurqui diftin uc fi bien, notre augufte Monarque, fi on In! pr fentok routes ces entreprifes comnic tine occasion d'effacer la rigueur des f4pplices du code noir, &t.oe futflituer ha peine




de mort & 'a routes les autres pelnes prononcdes cotitre les enclaves la condarnnation aux outrages publics., foir, pour toute leur vie foit pour, un tems d6termin6 fui-w vant la nature des crimes. 'i.
On a d6jh dans Saint-Domingue tine idde imparfaite.& cc que je propose; & cc qu'on appelle la chain des lz gres dfertears en eft cornme 1'effai ; mais cer effai m6ritd de recevoir une autre forme & une exiftencenouvelle.
Les N6gres la chain font perdus pour leurs Maitres pendant qu'ils y denicurent & font dgalement perdus pour le Public. Its reflect dans Foifivetd fe corrompent les uns les autres & portent de la geole beaucoup plus perverts qu'ils ne 1'6toient h leur entire. Ces inconv6niens font Ci gdn6ralement connus que j'ai vu les Colons regarder comme un rr s-grand mal I'dtablifTement de la chain, & les N gres d'ailleurs Wen font nullement effrayos.
Les Confeils fouverains de cette Colonic font devenus m,s doux & tr s humans dans les iugemens criminals. Les condemnations a rnort ne font pas fr6quentes. Elles le feroient moins encore i les; Juges dcoient certain que ]a punition d'6tre mis h la chain iniprirn t dans 1'elprit des Etclaves coupables une falutaire terreur & donna un exernple utile.
La difpofition des Maglftrats de Sairit-Domingue leur fait honneur fans doute. C'eft une preuve de ]a raifon univerfelle qui va tous les jours en croifrant & qui &it t6c ou tard 6tendre par-tout fort empire i faide de l'Iniprimeric & de la Navigation les deux Arts Ics plus admitables & les plus utifes au nionde.
It eff t'ifte Imonficur que 1'ef'pric d'in3ulgence des




Tribunaux des Colonies foit contrarld fbit g6nd par l'imperfeffion de cette galere de rerre dont je vous ai parld.
Il en rdfulte auffi, de la part de nos habitats une certaine aversion de liver au glaive des Loix les N6gres prd,Venus de cronies.
En cas de peine capital le prix de ces Erclaves eft rernbcurf6 au Maitre fur la caiffe municipal des droits fupplici6s ; mais cc rembourfemenc eft fix6 fur un pied trop foible & qui n'a trop fouvent nulle proportion avec la valour des Efclavcs.
1 11 en eft tel de ces Efclaves qu! a coutd au Maitre cinq Ii fix mille francs & s'il eft condamn6 h mort, ]a caiffe publique le paie raifon de douze cent lives. On ne fauroit banger ce taux fans furcharger les Habitans, & les Loix g6ndrales ne peuvent gueres enter dans les exceptions.
Si I'Efclave au contraire n'eft que condamnd 'a la clidine pour un tems limited il s'y gke & finit par n'etre bon i rien.
Ces deux alternatives expofant les Propridtaires un prdludice evident ferment donc deux obflacles ce que les crimes des Noirs foient connUS & pUnis 'a tem s, ou d'une maniere efficacy. Auffi la Colonic a grand befoin It cet 6gard d'unc police mieux con ue.
Celle que je propose rduniroic les advantages qui.manquent a Pufage fuivi jufqu' pr6(ent. Elle s'accommoderoit bien mieux avec les intd rks des maitres avec ceux de ]a Colonie avec la cl6mence des Juges enfin avec Intention de nos Loix crimineVes.
Les N res reconnus coupables devroient donc 8tre




d6formais livrds pendant un certain tems; aux adjudica! tires du detT6chement des marais des remuemens des terres des fouilles des canaux de la confection des route's ou de leur entretien enfin de ces travaux dquivalens ceux des mines, auxquels les Elpagnols oat deftind leurs Criminals.
Ce que je voudrois ajouter cette Police efpagnole j ce- feroit de payer les jourrides de ces criminals aux U. pens du Public & de donner au Maitre ce que gagne. roit fon Efclave 'a Iz d6duffion des frais de nourriture moddrdment 6valuds. On int6refferoit aind I'Habitant de la Colonies d6noncer aux Juges les N6gres criminals, fans craindre de fe voir fruftr6 par leur fupplice des droits fouvent couteux de fix propri6t6. Utat du N6gre enclave, condamn6 aux travaux publics ne feroit point change relativement h fort maitre qui le prix de fon travail & le loyer de fes journ6es continueroient d'appartenir.
Par ce moyen Monfieur on ne fauroit outer que la Justice criminelle ne f6t mieux feconUe & mieux adminiftr6e. Les coupables ferolent d6fdrds & punis leur chatiment feroit utile & par Youvrage de leurs bras & par 1'exemple fubfiftant fous les yeux des autres Efclaves de ces travaux forces & correEtionnels.
De leur c6t6 les Juges dclair6s & humans, qui fignent regret des condemnations mort abfolument infructueu(es puifque ces condairmations fervent d6truire des homes fans rendre les autres meilleurs, s'emprefferoient d'admettre une Loi favorable, qui remplirolt le double but de punir les coupables & de les aniender.
Ce nouveau genre de fupplice heroic 'fur Jes ef'prits des




'N6gres une iniprefflon plus profound que les potences & les roues. Leur tournure defprir leur fait braver la morr, & dans certaines cikconftances its paroiffent la defirer.
-Au(Fi le N6gre eft-il en gdni6ral indifferent I'appareil des pines capitals & it deft pas 6-nu ,
Quand if voit la hiflice, en grofre companies
Mener tner tin homme avec c6r6nionie.
( DESPRiAUX).
Vous connoiffez Monfieur, ces deux vets du grand Satyrique its auroient d6 peut kre faire ouvrir les yeux de fon fiecle fur Finutile atrocity des executions cornme fes quarre vets fur le fale mot A Coqgr j eurent le m6rite tr s-rare d'influer fur opinion & la jurifprudence. Le Parlement ne rougit pas de d6ferer alors 1 Favis d'un Poi!te pour corriger un vieit abus; & la Cotr, en cela fe couvroit d'une gloire vdritablement exemPlaire.
je vous diCbis Monficur que I'afpe& des fupplices m6me les plus 116v&cs ne touchoit pas les N&gres & n'dtoient pas conf6quomment un moyen efficacy d'arr6ter le cours de leurs crimes.
It en feroit tout -autrement du fpeaacle continued de ces For ats livr6s des Entrepreneurs par lefquels its Iferoient fans ceffe attachds aux travaux publics & priv s des douceurs que les Efclaves bon fujets gofitent daris le train ordinaire des Habitations. Ce parallel fi frappant auroit un grand pouvoir fur Fefprit des EfClaves,
Les




9
Le's berognes les 'Plus p6nibles & les plus pdrilledes feroient le partake des Mgres condamnds au dernier fupplice comme le remuement des terres inonddes le deff6chement des rriarais &c. L'encretien des chemins feroit le lot des autres qui feroient condamn6s aux galeres
tems., Cette occupation ne les corromproit point & l'on peut pr6fiamer qu'elle en corrigeroit beaucoup. Leur tems fini les Maitres les reprendroient fans repugnance.
La crainfe feule de quitter leurs babitudes & leurs cafes, pour 8tre en proie h ces travaux & aux privations dont ils feroient accompagnds cette feule'crainte I dis je I fuffiroic vraifemblablement contenir dans leur devoir la majeure parties des N6gres. Elle dpargneroit bien des coups, bien des fdvdrit6s -qui font k pr6fent n6ceffaires.
Par ces raifons, je crois Monfieur cet arrangement practicable & m6me desirable pour perfe6lionner le Code criminal & la Police g6n6ral e de cette Colonie.
Yajoute une r6flexion.
La'caiTe des Supplici6i dont je vous ai parld eft celle o l'on per oit les contributions de tous les Habitans pour les indeninit6s qui r6fultent aux Mairres de" la perte de leurs Ef;laves. Cette cai(re eff adminiftr6e par les Confeils Supdrieurs parce qu'elle eft envifag c cornme municipal. La conflance des Colons & du Gouvernement ne fauroir 8tre mieux place. Cc regime Mon., fieur s'adopte de lui-m8me Farrangement propofd. Ces contributions employees 'a payer non le prix des Efclaves njois le prix des travaux publics qui feroient faits par eux tourneroient d'une autre maniere & plus direae & plus utile au profit du Public & des Int6reGs;
B




Ahiri ]a- phrtie de finance qui, croife ft fouvent tant Ze peWes tiles I ne ga'teroit point celle-ci.
Voila, Mon vceu pour $aint-Domingue. Mais je ne pezix me border 1 ; car Tai toujours les yeux fur la mere Patric.
Cc que j'ofe indiquer pour les N gres enclaves, pourroit sex6cuter avec tout aurant de fucc6s m8me I'dgard des Blares & des Libres jug6s dans les Cours du Royaume, 1i le Roi voulbit deffiner quelqu'une des Antilles non encore 6tablies recevoir ces Criminels.
Je dis qu'il leur faudroit une Ifle non encore dcablie par des N&gres enclaves parce qu'il. feroit impoffible d'offrir aux, yeux des N6gres d'une Colohie Efclaves le fpe6lacle de Blancs d6gradds 'a cc point & vendus, des Maitres qui pourroient les trailer plus mal que les N gres eux-m8mes ne le font ordinairement. It y auroit du inoins un danger evident faire cc melange ; au. lieq qu'onpeut fans aucun i1fque, placer ces Criminels tranff6rds du Royaume dans une Ifle particuliere & leur, faire fubir une captivity 16gale qui fatisferoit ]a Loi pour le cha^timent de leurs crimes, rendroit en m6me tems leur exillence utile h la mere Patric & leur laifferoit. n6anmoins Fe(poir de recouvrer un jour la vie civite fi leur conduit en &oit digne.
, N'eft-ce pas une experience digne de la grandeur & de. l'bumanitd du Roi de rdfoudIre ainCt par le fait la quef, tion tant agitde de favor fi, des Blancs pourroient fuffire. 4 la culture des terres fitudes dans le voifinage de la Z6ne Torride? On ea doute commandment, On foutient m6me




A I
le contraire ; malis la negation j eft 'qu'une conjeclure'" car on ne Pa jamais tentd.
L'dpreuve en feroit important quelled qu'en rut l'iffue.
En effet fj ces Criminels ne pouvoient foutenir latrantplantation & le travail, de Ia,. culture s'ils 'dtoient moiffonnds par les intempdries des climates fi redoutables, le probl6rne dont il s'agit feroic une fois ddcid6 & le sacrifice des jours de ces Coupables ne feroit pas de grande confirmation.
Mais s'il arrivoit au contraire que ces malheureux rduffiffent d6fticher une Ifle & la cultivar auffi-bien ou mieux que les N6gres ; ne feroit cepas un moyen tr s avantageux la France de fe d6barraffer de beaucoup de rnauvais fujets ? Ne feroit-ce pas une 6poque fa. vorable I'humanitd glorieufe pour la Juflice int6reffante en politique que celle o Yon verroit la peine de mort abolie dans une infinite de cas & IeS MeUrtres judiciaires fagement converts eq une transportation fous cette Z6ne ardent des Criminels jug6s par les Parlemens du Royaume ?
Si je peux hafarder ma foible divination fur un ft grand probl6me tout me porte h penfer, Monfieur que ces Blancs bien conduits & bien di(ciplin6s furpafferoient les N6gres dans routes les cultures qui font propre.s au Nouveau-Monde.
Je n'en chercherai point la preuve dans les jardins & les campaigns d'Alger & de Maroc de Maltbe & de Conftantinople fertilif6s comme Yon fait par les mains des Captifs. Mais, fans aller fi loin je dirai'que le people en France & dans t6me FEurope le people le plus libre B 2




4es paysles plus -temp&6 fupporte des travaux plus grand & des faiforis plus difficiles, & des befoins plus durs & des privations cent fois plus douloureufes cue la claffe la plus charge des F fclaves de Saint-Domingue.
Ceci a Fair d'un paradox. Je ne I'aurois pas avanc6, quand je ne connoiffois Saint-Domingue cue par les lives. mais rien. n'eft plus exaEl. J'ai vu de pr s le people & fes pines dans. I'Ancien-Monde. J'ai pu coniparer foil fort celui des Noirs du Nouveau-Monde. Ceux-ci n'ont pas m6me lidde de larnifere affieufe de la plupart des Payfans.
M, de Saint-Pierre a eu le noble courage d6crire qu'il y avoit dans Je Royaurne fept millions d:hommes fails pain fins vkemens 8c fans afy1c.
Ces homes font bien plus h plaindre cue les N&gres des Colonies.
Sans la Religion qui les foutient & les console ces fept millions Shornmes fails pain fe livreroient an Ufefpoir. 119 ont cet advantage d'8tre inflruits ii croire en un Dieu & Xefp6rcr une autre vie.,
Les N6gres fous cc point de vue nefont pas tout,.
-fait auffi-bien partag& On a peu de foin de leur ame, & c'eft un vice politique inexcusable nion avis d'autant plus. cue I'efpoir d'en faire des Chrdtiens fur le.ref. peclable motif qui d6termina -Louis X111 tol&er leur efclavage.
Cc vice peut fe f6parer quand on le voudra bien. Mais all physique auquel fur-tout les Negres font fenfibles..; ils.ne inanquent de rien. Us mcnent une vie cue ron peut dire heureufe & ifont point h fo.uffrir Its rigueurs di Phiver, ni 1'exadion des imp6ts, ni les foucis de, Fave:




nir ni tant' d!autres maux de tout genre qui font dans vos campaigns & dans vos villas mCme des fl aux
fi terrible pour la claffe des pauvres.
Ces pauvres, cependanc meurent de froid, de faim ou de douleur la porce des m6mes homes qui dpuifent leur rh6torique en d6clamations ridiculement ampouldes fur le malheur des Noirs enclaves. Voilh l'inconfdquence oh conduit la furcur de s.'occuper d'aucrui, en s'oubliant fbi-m6me. L'Affranchi d'Augufte a raison
Peras impofuit nobis Jupiter duas.
C'eft par effect de ces beaches qu'on a des entrailles d'airain pour la foule des mif6rables que Pon voit rous les jours dont on eft entourd ; & qu'on s'attendric en paroles fur le fort d'hommes 6loign6s que Fon ne connoit pas dont on n'a pas m6me d'idde. C'eft ainfi que 1 'Europe au fein de fon luxe brilliant n e ceffe de blAmer la fervitude am6ricaine & loin de reformer chez. elle Finbofpitalitd la duret6 des riches. enters des millions de pauvres elle eft par tout rong6e de la rnendicit6 de certe lepre fociale dont ta contagion. triomphe'de fa politique & d6shono.re fa fageffe..
0 contradifflon c'eft-a'-dire, 6 efprit human
L'Europe & I'Am6rique: ont peut-6tre leurs torts; mais ce n'eft pas ici le lieu de trailer cette question. Celle quip nous occupy eft affez important & fa solution rendroit utile h rEtat une foule Tindividus que Fon pekd cous les ans..
Sans doute it faut les retrancher de la fbci6t6 puif-




qu'ils y ont port6 le trouble. Mais bn peut les en f6parer, fans lent 6ter ]a vie dans des tourmens abominable, dont la feule i&e eft horrible dont le norn fouleve le cocur & dont la contemplation rapprocbe les folemnitds de la justice crit-ninelle de I'afpeEt ddgo6tant des repas des Antropopbages & des f6tes des Qnnibales.
A un people doux & humain comme cc bort people Fran ois il faut n'cn doutons pas une autre Ugiflation. Nos Loix font trop loin de nos occurs. 11 faut que nos Loix s'en rapprochent.
C'eft dans cet efprit mod6r6 qu'on a imagine la peine des galeres; je ne Fignore pas. Mais vous favez que les galeres ne font pas non plus fuffifantes pour contenir les Criminals. Si vous 6tez la honte laquelle il fe troupe encore des Sc6ldrats tr&s-peu fenfibles ; pour de certaines gens du people c eft prerqu'un 6tat desirable que la qualit6 de ForSat.
Soyez bien convaincu qu'il n'enferoitpasdemtmea leurs yeux de cette transportation fous un ciel d6vorant ob un efclavage durable & des travaux p6nibles attendroient les Gal6riens. Ils en feroient plus effrayds, & par conf6quent mieux Funis.
Ceux qui en p6riroient ne mdriteroient pas de laiffer des regrets.
Ccax qui r6fifleroient au danger du climate pourroienc fe corriger & devenir meilleurs.
Je n'ofe prefque pas hafarder une autre raifon. C'eft qu'en fuivant cc plan les m6prifes de ]a JuRice s'il lui en Lhappoit, ne feroient plus irr6parables.
Je ferai plus hardi pour dire que cc genre de peinc




perronnelle n'Impofant au Coupable qu'une efpece d"exif & une difparution de la foci&6 pendant un tems plus ou moins long n'emporteroit pour les patens nulle efpece d'ignominie; & qu'ainfi le Gouvernement extirperoit dans fa racine cet affieux pr6jug6 qu'a fi bien combattu moa 2ncien ami, M. de ]a Cretelle.
Sous tous les points de vue 1'efffai que je confeilla n'eft pas indigne d'un bon Roi ceft- -dire, d'un Pere, qui en faifant punir fes Sujets les plus criminals doit regretter encore que rautoritd de fort nom ferve 6gor get fes Enfants.
C'eft vous Monfieur de juger de la valour de mes iddes que je foumets aux v6tres.
En finiffant ma Lettre affArdment trop longue je reSois des nouvelles. Nous en manquions au Cap. Depuis quarante jours on n e fignaloit plus de navies d'Europe. Enfin donc il en arrive un! Qn m'apporte h Finflant des paquets de papers publics o i je vois mon pro)et exdcutd en Angleterre par r6tabliflement de la Baie de Botanique &- bien mieux encore en Tofcane par I'Edit admirable que le Grand-Duc a public; Duc vraiment bien nornrn6 vraiment grand en effet par cette attention fuivie qu'il donne au bonheur de fes Peuples Voyez
I S Lertres
Vous farez bien Monfieur que mon id6e eft ancienne. ruivantes.. Je vous en ai d6j tormented dans rnes Lettres; mais au. jourd'hui j'infifte. Ldopold de. Lorraine & Georges de Brunfwick confacrent cette idde. Ces. deux autoritds me femblent irnpolantes.




Joignez ces examples celui d'Elifabeth de ron long
-Regne en Ruffie fans goutte de fang r6pandue,
On ne manquera pas de me dire que cc Weft pas la m6me chofe parce que ]a Ruffic a une Sib6rie lieu d'exil & de chatiment plus craindre que la mort m6me. Je rdponds que la France a des poffelfions fous la Z6neTorride & que Sainte-Lucie ( en tranfportant ailleurs les N6gres qui s'y trouvent ) ou, implement encore, I'lfle de la Gonave on bien de la Tortue aupr s de SaintDomingue offrent pour cc project un.local f6par6 tout auffi. effrayant tout auffi peu commode que les environs de Tobolfck.
Mais o trouper I'arjent ?.... M?.... Je crois I'avoir d*t. Dans les fomferiptions dans les advances primitives, que feroient fur cc point de g6n6reux Aaionnaires qui auroient le plaifir de faire une bonne oeuvre & de bicn placer leur argent?
Ainfi done je perfifte dans mes concluflons s6r de garner ma caufe fi votre voix s'61eve & range en ma fa. veur Popinion publique.
C'eft cc que je fouhaite Saint-Domingue & 'a la France au nom de cetre fainted & douce humanity dQnt vous &es le 1)6feni ur! Au nom de la Juftice, qui n'a pas befoin que fon glaive fbit teint du fang des uns pour protdget les autres 1 Enfin, au nom facr6 de la gloire du Roi, qui maltre de choifir dans les divers chemins de l'immortalitd ouverts aux Monarques Fran ois a requ du Ciel m6me le don de ptdf6rer les fentiers de ]a bieni faifance




Ivy
fairance de la perfealon des Loix & du bonlieur de fes Sujets.
J'ai I'honneur d8tre avec un refpeeaueux &'ftnoere attachment
Monfieur & cher Prdfident & ami,
Votre tr6- humble & tr6s-ob6iflant Serviteur,.,
FELANqOIS DE NEUFCHATEAU.
-4 V E R T I S S E M E IV T
On a cra que le Public apre's avoir lu ce que M. de A'eu/chweau vient de dire fur le Grand Duc de Tofcane, liroit avec iatdrh ce que le P.. du P.. a dcrit fur le m me prince en 1785Les deux Lettres qu'oiz va lire font extradites An Recued de Lettres manuCcrites fur I'lialie. Celles-ci oat ite publWes ans TE fai fr la Nature Champ8tre par M. le Marquis de Maraez X dans quelques Journaux.
C




Florence.$ Ar 145 Avril 17BYL A plus belle galerie du monde mon cher ami, v eft Florence ; mais je ne vous parlerai point au3) jourd'hui de tableaux de flatues d'images. J'ai vu. .v Ldopold & fon people; c'eft de Uopold & de Can
people que je veux uniquement vous parler.
-) Uopold aime fon people, & it a fupprimd les imp6ts
* qui n'6toient pas n6ceffaires au. bonheur de cc people.
* 11 a licenci prefque routes fes troupes : iln 'en a gardd
* que cc qu il fallout pour en conferver un module.
a) It a d6truit les fortifications de Pife dont I'cntre)D tien 6toit fort cofiteux. 11 a renverf6 les plerres qui > d6voroient les h6mmes.
. Il a trouvZ que fa cour lui cachoit fon people. It n'a plus de cour. 11 a dtabli des ManufaEtures. It a fait ouvrir par tout des chemins fiaperbes, & fes frals. It a fonU des h6pitaux. On dirait que les h6pi-aux dans ]a Tofcane font les Palais du Grand Duc. Je les ai )D Vifitds & j'ai rencontr6 par tout la propret6, l'ordre les
fbins d6licats & attentifs. J'ai vu des vieillards maladies, ils avoient Pair d'etre fervis pay'leurs enfans. J'ai ,u des )D enfans maladies, ils avoient I'air d'6tre fervis. par leurs. Wres. Je n'ai ph voir fans verfer des larmes cc luxe de la mif6ricorde & de Phumanit& Sur les facadesAe .v ces h6pitaux on a donnd Ldopold le titre de Pere des pauvres. Les h6pitaux feuls lui donnoient cc titre. It eft des Monumens qui Ant pas befoin d'infcriptions Le Grand Duc Yient fouvent vifiter fes pauvres & fes




iD maladies. 11 ne ndglige pas le blen qu'll a fait. Il da pas z feulement des movements d'humanit6 il a une ame )p humane. 11 ne paroir jamais dans ce fdjour des angoiffes D & des 8ouleurs fans faire verfer des larmes de joic. 11 s) n'en fort jamais fans 6tre covert de b6nddifflons. On ,3 croir entendre la rec onnoiffance d'un people heureux, & jD fes cantiques s'616vent d'un 1 6pital.
v On peut 6tre pr6fentd au Grand Duc fans avoir v quatre cens ans de nobleffe fans defcendze de ceux ,v qui ont difputd la couronne fes anc6tres. Son palais eft overt tous fes fujets fans exception comme les Temples. 11 y a feulement trois jours de la femaine qui font confacr6 plus particuli&rement une certain claffe d'hommes. Ce ne font ni les grand, ni les ri.n ches ni les Peintres, ni les Mufiqiens ni les Pottes, a ce font les malheureux.
a Ailleurs le commerce & l'induftrie font devenus.; )D comme les terres Ic patrimoine An petit nombre
d'hommes' Chez IL,6opold tout ce, qu'on fait faire on peut le faire. On a un dtat, de's qu'on a un tai) lent ; & il n)y a qu'un feul privilege excluff, c'eil le
Les prices qu'on, fait Dieu pour lui demander 3) des moiffons ne font plus defcendre la famine dans )) les campaigns. Ce Prince a enrich I'ann& An grand >) nombre de jouts de travail qu'il a reprise 'a la fuperfti* tion pour les rendre Pagriculture aux arts aux p bones mocurs (Q. 11 eft occupy d'une r6forme entire
(j) Cet czempic avoic At dopa par ]a plus grade partic des EyiqueG




a, de la legillarlon. 11 a -vu une lumi&e nouvelle Jana :D quelques lives de ]a France. It fe hate de la faire m paffer dans les Loix de la Tofcane. 11 a commenced par 3) amplifierr les Loix civiles & par adoucir les Loix cri >) minelles. It y a dix ans que le fang n'a could en Tofcane fur un 6chafaud. It dy a que la fibert6 qui fbit bonnie des prisons de la Tofeane. Le Grand Duc les a rem>) plies de justice & d'humanitd.
>) Cet adouciffement des Loix a adouci les occurs publiques. Les crimes deviennent Fares depuis que les v pines atroces font abolies. Les prisons de la Tofcane j) ont 6cd vyides pendant trois mois.
v Le Grand Duc a partd devx Loix fomptuairespadmirables Paccu il qu'il fait la fimplicitd fon
example.
v Quand le foleil fe 16ve fur les Etats de ce Prince
le Prince &j les gouverne. A fix heures du matin it v a effuy6 bien des larmes. Ses Secrdtaires d'EEat font
des Commis.
,) Les Nobles trouvent qu'il ne les diftingue pas affezp les Pr6tres quil ne les craint pas affez, les Moines qu'il 1 ne les enricbit pas affiez les gens en place qu'il les >) furveille tFop. Dans fes Etats le Magiftrat juge le 3) Militaire fert Ic Prdlat r fide I'homme en place fait
fa place; c'eft que le roi regne.
)) Ses enfans ne font pas 61ev6s dans un Palais ; mais dans une maifon; it cberche a ea faire des bommqs
dc France; par N1. I'Arcluveque de Lyollquir4unit_1afagefrc humane aux vcltus religicuf4s.




& non pas 4es Princes car Us Je font. L7durAtl on qu'on Ieur donne Ies rapprocbc 4ns cefTc dqs rnalhetlr* door leur condition les dlo jgje. On cxpofe leur, qvours tout ce qui peut les ouvrir la pi66 4 4,ja bj n, w fairance. J'ai vu dans Ieurs mains les outrages de Loke.
)) Je ne connois, difoitun jour le Grand Due, que deux fortes d'hommes dans mes Erats : les gens de blen & >) ks m6chans.
)) It eft queflion dans ce moment de donner des f6tes au Roi & la Reine de Naples. On lui a propof6 pour Cubvenir aux ffai3, ure impefition fart viodique. Ma fernme, a-t-if pondu, a cacore pour t qis millions
Lie bijouxf-.
)) Le Gran Dac' fc protn nz f ul Jk' les rues de Florence & la nuit cc4ume le Jaw & cc ne feroit pas
un bon Prince
Le Grand Due eft heureux car fes peoples font heureux, & it croit en Dieu. ) > Quelles doivent etre Ies jouiffances de cc Prince, z lorfque tous les foirs, avant que de former les yeux
fur fon people avant de fe permettre le fommeil it rend compete au fouverain Etre du bonheur d'un million d'hommes pendant le cours de la journde figurez-vous un tel Prince dans une telle confidence avec
Dieu.
) Youbliois une parole- de Titus. On regrettoit un
jour deviant le Grand Due que fes Etats ne fiffent pas >) plus 6tendus. Ah s'dcria-t-il it y a encore des malhcureux dans mes Etats.




3D Heuretife Tokine riiais doublions pas que la Tof. io cane eft un petit Erat que Ia France eft notre patrie que la Reine eft laAeur du Grand Duc. Lo is XVI. ell zlotre Ro i W.




A Pife 4vril 17 4
HIER en vous parlant du Grand Duc je ne vous'at montr6 que les rayons du foleil ; je veux vous montrei aujourd'hui fes teaches, du moins cells qu'on lui repro'. che, cells que 1'envie'prdtend avoir d6couvertes mais avec fon ocil louche qui faifoit lui-m8me ces teaches,
On dit centre le Grand Duc:
, Depuisqu'il a dtabli la liberty abfolue du commerce i) & de Pinduftrie les artisans font fans pain.
3) Depuis qu'il a d6fendu d'emprifonner les ddbiteursi
on ne pr6te plus aux mallieureux.
Le Grand Duc protege la mendicit6.
On dit enfin centre le Grand Duc: x Il hait le Fifc
& la Nobleffe & il les' vexe.
Ecoutez ma converfatiin fur les trois premiers cbefs d'accufation avec une perfonne tr6s-inftruite. Nous difcu-I terns le quatri6nie da s la premi&e'lettre.
J'ai vifitd, lui ai-je dit, 116pital de Pife; je Wai jamais vu d'h6pitaux o6 Phumanit6 efit moins fe plaindre des Palais. L'infcription qui braille fur la porte ne flatten pas. La providence de Uopold p6re des pauvres: Provideatia Leopoldi pairis- pauperunz. Je Fai vue dette pro-, evidence, je l'ai vult de mes yeux
On pourroit encore mieux faire m'a rdpondu la per-w fonhe avec qui jeparlois. Ces h6pitaux ont dulmoins un grand advantage ; c'eft qu ils font trh -a6rds. L'air eft pour la fantd le premier des aliens, & le premier des reni6des pour la malady e. Vous avez Yu nos h6pitaux? Vous ne




voyage done pas comme 1 fiule des Anglois ? Sur centit n',j tn a pas deux qui chercheat s'inftruire. Faire des lieues par terre ou par cau ; prendre du punch & du thd 4,aps dies zuberges dire du mat de routes les autres na. tious ., & variter f4p cefTc la leur; voiB ce que la foule Ns Anglois appelle voyager. Le livre de -pofte aft le feul 06 Us s'inftruifent.
Mais, dites-moi, je vous fupplie quel effet la liberty ln 4finie du commerce a-t-il product ?
Upfi bon effet, qua jene confeillerois qui que ce fik de tenter de r6tablir le regime r6glemtntaire. 11 ferok lapid,6 par le people. J'ai hi tout ce qui a &6 fait & 6crit dans votre pays an faveur ou centre la libert6.. 4'exp6rience a rdfQlu la; queflion en favcur de ]a liberty. Avant elle it y eut an Tofcane deux anndes pauvres; it fallout qua I'Etat achetAt du bled ; it an co6ra I'Rar cent mille dcus ; it y out beaucoup de troubles & Fort apperqur la, famine. Depuis la liberty it eft furvenu trois ann&s plus fichaufes. 0 ii n'a pas achec6 de bled ; on n'a,
616 de dettes it n'y
pas contract pas eu de troubles &
la Totcane a vdcu. Je crois la v6rit6 qu'il faut pour qua la liberty du commerce foic falutaire qu'elle fb t ill&finie. Quand on g8ne le cours des rivieres it y a toLriours des ftagnations ou des d6bordernens. La liberty du commerce a augmencd fluguli6rement la culture & Pinduftrie. Les labourcurs font. riches les artifims font k. War aife. Les premieres anndes ont &6 pdnibles; mais c'eft le fort des conunencemens. Lorfque ]a li6ert6- commence k marcher toute feule elle fait toujours qu-plque cb6te, mais cheque ch6te Finfiruit, & cheque




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cheque pas la fortified. Sans doute ai-je r6pondu routes les loix qui prohibent autre chofe que -des ddlits font oppreffives.
J'ai demand6enfuite fi le Grand Duc s'occupoit d'extirper la mendicitd dans fes dtats car la mendickd eft une des grades places eft un des grand 'crimes des foci6tds aauelles. La. mendicitd eft une exposition des homes.
Le Government s'en occupe- me rdpondit mon interlocuteur mais il ne peut aller vite. La. mendicitd eft favorifde ici par des prdjug6s religieux & des intdrets particuliers. On emploie ici les medians h favor ce qu'i fe paffe dans les dglifes, qui y ya ou qui n'y va. pas, combien'on a brfil6 de cierges au Salut quel Pr8tre a officid : & d'ailleurs on fait faire ces medians beau coup de petites commiflions 'a peu de frais. Si le Gouvernement g6noit la mendicitd la fuperftition crieroit Fimpi&6 & avarice au defpotirme. La mendicitd a donc en Tofcane des facines plus fortes & plus profondes que par7toutailleurs ; elle en a fous les autels.
Eft-il vrai ai -je, demanded enfuite que la d6fenfe faite aux cr6anciers d'emprifonner les d6biteurs ait 6td caufe qu'on a moins pr6t6 aux malheureux, & qu'ils ont moins de reffources dans leuts befoins ?
On le craignoic ; I'dv6nement a raffurd. En effet ce e6toit jamais la. caution de la. liberty qui ddrerminoit 4 pr8ter puirque cette caution 6toit toujours inutile ou ondreufe. La loi a laiff6 aux crdanciers la faifie des biens. Tout homme malheureux trouvera. toujours emprunter fur fa. probity. Celui qui n!en a point, ne trouvera pas,.
1)




11 eft vrai ; mals. cela m8me eft un Men. On ne faurol't rendre trop imp6rieufe la n6ceffitd d'6tre honn6te homme..
Satisfait de ces r6ponfh fi lumineufes, quoique fx fimples, je demandai fi on avoit fupprimd en Tofcane la question & la peine de morr. Elles le font non par une loi A mais par des orders ; on attend experience pour faire. 4ne Joi: en effet, elle, feule rdv6le tous les biens fecrets & tous les maux cacUs 3 & une bonne Idgiflation eft comme la bonne phyfique elle doit 8tre experimentale, Il faut effayer les loix.
11 fur queftion encore des afyles fupprimds en Tofcane,, & maintenus Rome ; des abus & du fcandale de cet. ufage; de llimpoflibilir4 que I'drat eccldfiaftique fur bien gouvern6; d'une bulle qui excommunie tous ceux qui des. 6tats du Pape important en Tofcanecertaines marchandifes.. Un payfan me dit mon interlocuteur r6pondit un jour affez plaifamment, a que cette excommunication ne lui x feroit rien ; qdelle ne pouvoit timber que fur fon.ane ,,,
qui feul portoir la deride,, & qpi beuieufement avoit bon dos. <(Nous parlames encore de la convention entretgus les dtats de Fltalie de fe rendre les criminals ex.. cept6 entre Genes & la Tofcane; enfin de beaucoup d'au-ttres objets d'6conomie politique.
Avec qui ai- je eu cette conversation ? A qui ai-je fait ces obje&ions ? Qui les a aini rdfolues ? Efl-ce un dcrivain,, un magiftrat un part;culier ? C'eft un Souvera'n;;. c'efl le Grand Duc. Ceft lui qui ni'a donnd une heure audience, qui a peri-nis que je le quqftionnz ffe que jele preffaffe, que je le critiquaff, ., C'eft le Grand Ducc ui a, dir tou)'qurs -.l,0,%.a fa4't, le, Goavernemeat afait.,,




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qui j amals da parld'de lui. Ceft le, grand Duc qui repouffoit tous mes 6loges qui les parole avec une adreffe que je n'ai pu trooper que deux ou trois fois. Ceft le Grand Duc qui m'a parld pendant une beure deboutY dans un cabinet oh une tiffiple table eft up bureau ; des planches do f pin fani couleur un fecr6taire; un bougeoir de fer-blanc un flamb,au ; car le Grand Du'c n'a. &autre luxe que le- bonheur de fon people. C'eft le Grand Duc qui a cettd raifian cette fimplicit6 cette facility. Ses loix ne regrient malheureufement que fur la Tofcane. I En fortant de cette audience, j'ai dt6 admis 'a celle des trois ain& de fes enFans, dont le premier a kize ans. LeComter Alan Fr6di ni leur Gouverneur, & digne de I'6tre,, m'a introduit dans leur chamber car leur apparteme= eft une chamber & I eur palais une maifon.
J'ai trouv6 Faind lifant le livre- de la grandeur & dela decadence des Romains. Monfeigneur, vous apprenez donc Fhiftoire ? -Oui, Monfieur, ceft nia pTiiicipale dtude, avec Peffai de ioke'fur 1'entendenient humairr. -Monfeigneur vou& 6tudiew Loke! 11 vom bien. utile lorfqu'un jour il vous faudra rdgler ou ;',oncer des cerveaux humans dans vos Etats d'avoir d&-=pofd? & connu le m6chanifme du cerveau bumain dans votre: cabinpt.. Mais Monfeigneur permettez-moi de vous in,. viter joindre la league de. Loke celle de I'Art de pen., fer & fur-tout de la Logique de M. I'Abb de Condillac.,
- Nous favors que ces outrages existent nous le& lionss,
Nous avons cauM enfuite fur Loke & Lr CondillaC4 fur les. avantages.de Fefprit m&aphyfique qui feul. con,




dult 'a ]a v6rh6, &deTefprIt analytique, qui feul la troupe; fur le fyfl6me de ]a liaifGn des id6es Ct f6cond en vdrit6s importance dont Condillac s'efl pr6tendu Finventeur & qui rout enter eft dans Loke. Y&ois ravi, 3'6tois atrendri en voyant un Prince qui doit regner un jour s effayer Fart de rendre les homffies beureux en apprenant Fart de connoitre I'homme. Ce prince pourp gouTner par lui-m6me car il connoirra j if-_poOrra vouloir. ]T
Ce matin en me promenant dans le jardin botanique., J'Ai rencontrd un'petit enfant qui un d6monflrateur faifbit conrioitre les plants ; ,c'&oit yri enfant.du Gr24 Due. J'aime h voir les enfans des Rois aK & la:naturei JI
La nature devroit 6tre le premier livre-des'eKfans & j Ic dernier des vieillards.
11 Faut maintenance quitter le Grand Due Ri cc & Kalfer chercher Livourne. Le Grand Due eft en effet dans tons fes Ecats & on le fait: c'eft une parties de fa police.
Quelqu'un me difoit : il ne faut pas favor tant de gr6 au Grand Due Taimer le people ; le Prince de ... I'aime auffi. Le Grand Due aije rdpondu Aime le Feuple
le pr'ace de ... alme la populace,