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HIDE
 Front Cover
 Half Title
 Title Page
 Preface
 Recit de voyage de Banana...
 Tableau I: La population blanche...
 Tableau I: Commerce de la colonie...
 Table of Contents
 Back Matter
 Back Cover














Group Title: A` travers le Congo belge;
Title: À travers le Congo belge
CITATION
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Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00103229/00001
 Material Information
Title: À travers le Congo belge récit de voyage de Banana au Katanga
Physical Description: 85 p. : illus., maps, ports. ; 29 cm.
Language: French
Creator: Dubreucq, René
Publisher: s.n.
Place of Publication: Bruxelles
 Subjects
Subjects / Keywords: Description and travel -- Congo (Democratic Republic) -- 1881-1950   ( lcsh )
Colonies -- Belgium -- Africa   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Congo (Democratic Republic)
 Notes
General Note: "Publié sous les auspices de l'Expansion belge; revue mensuelle illsutrée."
 Record Information
Bibliographic ID: UF00103229
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 01059315
Classification: lcc - DT646 .D8
ddc - 916.75 D819a

Table of Contents
    Front Cover
        Front Cover
    Half Title
        Half Title
    Title Page
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    Preface
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    Recit de voyage de Banana au Katanga
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    Tableau I: La population blanche du Congo belge
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    Tableau I: Commerce de la colonie avec la Belgique depuis 1893
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    Back Matter
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Full Text
















-0-h1n~R


CAP.' COMMAnMDNT ADJ. o'E.M
Ren DUBREUCO
Membre du Conseil Colonial


Put saus /e /r V e/~1 de


t


I


PRIX : DEUX FRANCS


m,.
...-


hL














travers


le


Congo


belge


A








Capitaine commandant adjoint d'E.- M.
Ren Dubreucq
du Rgiment des Grenadiers
MEMBRE DU CONSEIL COLONIAL







A travers


le Congo belge



Rcit de voyage de Banana au Katanga


public sous les auspices de


L'EXPANSION BELGE
Revue mensuelle illustre
4, rue de Berlaimont


Bruxelles, Ier juillet 1909
















28














Un people s'lve ou s'abaisse avec son idal... Si nous tions demeurs satisfaits de la petite
Belgique de jadis, jouissant modestement de la quite notorit des rles secondaires, nous nous
fussions perdus : la dchance nous guettait.
Heureusement, on nous a suggr des ambitions. Ds que nous avons consent bousculer en
leur nom notre inertie, nous nous sommes trouvs hisss la hauteur de radieuses destines. C'est
l l'histoire d'hier qu'aujourd'hui nul ne discute plus une page glorieuse sur laquelle, la
veille de nouveaux efforts, avec un peu de lgitime vanit, nous nous attardons un instant.
L'eil, maintenant exerc l'impartiale critique, commence percevoir nettement, dans la
brume des contradictions qui se dissipent grce au rayon de lumire que le temps met au service
de la vrit, les contours exacts de toutes choses.
Et ainsi l'euvre africaine de nos compatriotes nous apparat dans son majestueux prestige...
Elle nous attire et elle nous passionne; nous sommes pris de l'ardent dsir de la connatre, de la
comprendre, de pouvoir la suivre dans ses dveloppements ultrieurs.
Mais o et comment la saisir dans ses grandes lignes, dgage des dtails qui en
alourdissent l'aspect?
Les ouvrages traitant la matire ne manquent pas; mais la plupart se spcialisent en vue de
la discussion de principles ou de l'expos technique de certaines situations spciales. Ce que dsire
la curiosity lgitime du public, c'est un expos simple et substantial de l'ensemble, un petit livre
de vulgarisation qui se laisse feuilleter avec plaisir, qui excite l'intrt chacune de ses pages,
qui condense, qui rapproche, qui synthtise avec mthode.
Celui que, sous le patronage de L'Expansion Belge, M. le capitaine commandant adjoint
d'E.-M. Dubreucq, du rgiment des grenadiers, membre du Conseil colonial, prsente au grand
public parat bien runir ces conditions essentielles.
Le commandant Dubreucq, ancien commissaire de district de l'Etat Indpendant du Congo, est
un de nos Africains les plus en vue, et certes celui qui a le plus contribu faire connatre
aux masses belges les efforts des ntres au Congo. Depuis plus de deux ans, ce dvou
propagandiste par la conference iconographique porte, dans tous les coins du pays, le chaud
enthousiasme de ses convictions sincres; tous ceux qui l'ont entendu il a pris la parole prs de
deux cents fois! ont gard le charmant souvenir de son verbe sonore, de sa mthode intressante,
de son rudition point prtentieuse.
L'uvre de vulgarisation du commandant Dubreucq demandait un couronnement : la publi-
cation de ses divers exposs captivants, amplifis des complments ncessaires et juxtaposs de
faon former un toutparfaitement homogne.
L'Expansion Belge qui, en dehors de tout esprit de lucre, se voue l'essor du gnie de notre
race dans les diffrents domaines o il peut trouver dpenser son nergie en excs , qui a inscrit
en tte de son programme l'ambition de stimuler l'opinion en l'clairant et de favoriser
l'closion d'aspirations fortes et saines au sein de la jeunesse , L'Expansion Belge se devait
d'apporter au commandant Dubreucq son concours le plus absolu.
Et c'est ainsi que voici ralis un project de saine propaganda, dans des conditions qui ne
peuvent manquer de lui assurer prs du public le succs que doivent lui souhaiter tous les patriots
soucieux des destines de la plus grande Belgique...


L'Expansion Belge.

















A travers le Congo belge




Rcit de voyage de Banana au Katanga


L connaissance de notre colonie s'impose
tout citoyen. Cette haute ncessit
patriotique est la raison du present
travail, qui pursuit avant tout un
but de vulgarisation.
A la faveur d'un voyage de Banana au
Katanga, nous glanerons, de-ci, de-l, quelques
dtails caractristiques de l'organisation poli-
tique et de la constitution physique du
Congo belge (1). >. A d,

I. D'Anvers au Congo. .
/ // '
Quatre voies principles relient 'i
actuellement la mtropole la /
colonie. .'
La premiere, que nous utiliserons, \i ,
est la voie rgulire de la malle ,--
congolaise; elle est jalonne par
les ports d'escale : Southampton, \
La Palice, Tnriffe, Dakar, Sierra-
Leone.


La second,
1' Union
South- ,
(


que suivent les steamers de
Castle Line , part de
ampton, prend escale
Madre, et aboutit
Capetown le dix-
) septime jour. De
.......... ce point, en sept
jours de chemin
S de fer (3,500
kilomtres),
on parvient


I.;~Q#


~!I ..rt


Fig. i. Le vapeur Lopoldville au dpart d'Anvers
Trois steamers du nme type assurent, intervalles de trois semaines, la liaison Anvers-Matadi.


Carte I. Les voies de communications
vers notre colonie.

la frontire du Katanga (2).

(1) Afin de donner cette tude unc
porte pratique, nous nous attache-
rons serrer de prs le sujet de nos
cliches qui constituent autant de
documents prcieux et vivants.
Nous avons numrot les vues,
don't la collection complete, en
diapositives, est dpose au Cercle
Africain Bruxelles, Tavern:eduiG.obe,
place Royale, 5 ; cette collection sera
confie pour trois jours aux organis-
mes qui en adresseront la demand.
(2) Expans. Belge, mai 1909, p. 171.











La troisime voie, par Suez et l'Ocan Indien,
permet, vi Mombassa et Beira, d'atteindre


Fig. 2. L'Armadaale Castle, vapeur de I' Union Castle
a bord duquel S. A. R. le Prince Albert s'embarqua Southampton,


sensiblement rduite si l'on emploie le rameau
ferr de Port Soudan-Berber.
Nous nous embarquons
Anvers bord du Lopoldville.
Le septime jour, brillante
escale Tnrife, capital de
la province espagnole des Iles
Canaries.
Le sjour de quelques heures
dans ces les fortunes , au
climate dlicieux et aux sites
joyeusement ensoleills,consti-
tue l'vnement le plus agrable
de la traverse.
Puis, voici Freetown, capi-
tale de la colonie britannique
de Sierra Leone, ville ngre,
premiere scale surle continent
africain.
De Freetown, coupant le
Golfe de Guine, le Lopold-
ine ointe droit sur Banana.
le 3 avril IO). ville pointe droit sur Banana.


Fig. 3. En route d'Entebbe vers le 3o! ... 4Fig. 4. A board du Ioooldville


rapidement les provinces de l'Est et du Sud-Est,
c'est--dire la region des Grands Lacs. Le trajet
Naples-Mombassa est franchi en quinze jours;
les 963 kilomtres de voie ferre qui relient
Mombassa Port-Florence, sur le Lac Victoria,
sont parcourus en cinquante-et-une heures; puis,
un vapeur gagne Entebbe, petit port de la cte
Nord-Ouest du Lac, en deux journes, et
d'Entebbe, en trois semaines de caravane, on
atteint la frontire belge du 30e mridien (1).
Enfin, il est possible de se rendre au Congo
par l'Egypte et le Soudan; il faut un mois pour
remonter la valle du Nil, d'Alexandrie
Karthum en chemin de fer et de Karthum
Lado en steamer. La dure du voyage est

(i) Causeries du Cercle Africain en 1906. Voyage 'au
Congo par Mombassa, lieut.-colonel Em. Wangerme.


A hauteur de l'le portugaise de San Thom,
baptme de l'Equateur .


Fig. 6. Freetown
Aspect caractristique d'une rue des villes ngres de la cte ouest
de l'Afrique tropical.











Enfin, le dix-neuvime jour, parfois le dix-
huitime, mergent l'horizon des cimes de


sur une colline, dix kilomtres au Nord
de Banana, se silhouette une tour rougetre:


Fig. 5. Le port de Santa Cruz de Tnriffe, capital de la province espagnole des Iles Canaries
L.archipel des Canaries comprend sept iles habites don't les plus grandes sont: Tnriffe, Fuertaventura et Grande
Canarie (ville et port de Las Palmas), et quelques iiots dserts; ces iles sont essentiellement volcaniques. Leur
fertility est remarquable.


palmiers: c'est la cte congo-
laise, c'est Banana.
A plusieurs lieues au large
de Banana, les eaux bleues
se sont insensiblement tein-
tes de gris: nous naviguons
dj dans les eaux limo-
neuses du grand fleuve.
Nos jumelles fouillent les
rives basses et dsertes ;


Fig. 9.- Le cannot du commissaire maritime Banana


c'est le phare de Moanda.
La baie de Banana, si
facilement accessible, consti-
tue un excellent mouillage.
Aujourd'hui simple station
du service hospitalier et du
pilotage, la coquette cit,
aux pittoresques cocotiers,
est incontestablement appe-
le devenir un port de


Fig. 7. Le Baptme de la line. Fig. 8. Baptme d'un nophyte.
Le Cortge de Neptune et d'Amphytrite. Barbe et plongeon.











ravitaillement de premier ordre. Au moment o
nous franchissons le seuil de notre colonie,
quelques mots d'historique s'imposent.

II. Les origins du Congo belge

Les origins du Congo belge comportent
trois phases essentielles :
Premire phase. Les dcouvertes de
Livingstone, de Cameron et de Stanley
rvlent la gographie du centre africain.
Livingstone, de 1849 1873, explore le
Zambze, effectue la premiere traverse
africaine (de Saint-Paul de Loanda Quili-
mane), reconnat les Grands Lacs du Sud et
le Haut-Lualaba, qu'il croit tre l'une des
sources du Nil.


mille pripties tragiques, arrive le 9 aot 1877
Boma (1).


Fig. io. Une alle de cocotiers Baanana.


j. ,.' ,,











par la Socit de Gographie de
Londres pour seconder Living-

stone, ralise son tour un
voyage transafricain (Bagamayo-
Nyangwe-Benguella).







Enfin, Stanley retrouve >
SUDOUESTAHl N| I *






Livingstone en 1871 (1), et, en
1874, charge d e continue I. rie center
Cameron, dsign en 1872









du clbre missionnairevoyageur,
complar la S ocit de Gographissance des .
Grands pourLacs de la dorsale afri-
stone, ralise son tour un
voyage transafricain (Bagamayo-



caine, s'embarqgwe-Benguella). Nyangwe
sur lEnfin, Stanley Congo et, aprouve

() o ai reo Livingstone en 1871 (1) et, en
par He nry M. STANLEY, 1872. Carte I'uv- trees expdi
du clbre missionnaire voyageur,
complete la reconnaissance des %
Grands Lacs de la dorsale afri-
caine, s'embarque Nyangwe
sur le Haut Congo et, aprs


(i) Comment j'ai retrouv Livingstone,
par Henry M. STANLEY, 1872. Carte III. I.cs expdi


Deuxime phase. L'euvre
de l'Association international
africaine.
Le 12 septembre 1876, s'ouvre
Bruxelles, au Palais du Roi,
la Conference gographique, d'o
nat 1' Association international
africaine . Celle-ci assume la
mission :
1 D'organiser l'exploration
complete et mthodique du coeur
de l'Afrique;
2 D'tablir des stations scien-
tifiques et hospitalires destines
venir en aide aux explorateurs.

(r) A travers le continent nystrieux,
par Henry M. STANLEY, 1878.


tions belges de la cte oriental












Ds 1877, le Comit belge de l'Association
international envoie successivement cinq exp-
ditions, ayant pour base de ravitaillement Zanzi-
bar, et comme objectif les rives du Tanganyka.
Troisime phase. La creation et le dve-
loppement de l'Etat Indpendant du Congo.
L'apparition sensationnelle de Stanley
Boma, la nouvelle de ses dcouvertes gogra-
phiques modifient l'orientation des projects
du Roi : la cte Ouest sera dornavant la base
de la pntration africaine, et le fleuve Congo
en sera la voie principal.
Dans la mmorable sance du 25 novem-
bre 1878, le Comit d'Etudes du Haut-Congo,
issu de l'Association international, confie


En 1882, le Comit d'Etudes prcise sa
mission en pregnant le titre d'Association inter-


Fig. 13. La rive actuelle de Boma.


Aupremierp1an (assis)
(de gauche ci droite):
Dr Smith (Anglais),
Dr Leslie (Anglais),
Sir Francis de Winton
(Anglais),
M. Camille Janssens
(Belge),
gouverneur gnral,
de Cuvelier (Belge),
de Kuyper (Holl.).

Aut secondflan, (deboLii):
Moore (Anglais),
Legat (Belge),
Casecient (Anglais),
(plus tard consul),
Troop (Anglais),
Destrain, Riga, Noots
(Belges),
? ?. Andersen (Anglais).


[Fig. II. Premier group des fonctionnaires de l'Etat du Congo, photographic I Vivi en dcembre i885,
par un membre de l'expdition Wissman, aprs sa descent du Kassa.


Fig. 12, Boma en 187 .


Stanley la ralisation definitive des vises du
Roi : jeter les bases d'un Etat colonial au centre
de l'Afrique.


national du Congo et en affirmant sa pleine
souverainet sur les territoires dcouverts et
occups par ses agents.
Durant l'anne 1884, au course d'une cam-
pagne diplomatique ardue et delicate, l'Asso-
ciation international du Congo fait reconnatre
son drapeau bleu toil d'or comme celui d'un
Etat constitu.
Fin 1884, le jeune Etat participe la Conf-
rence de Berlin, o, dans la sance solennelle
du 23 fvrier 1885, les reprsentants des puis-
sances saluent avec sympathie le nouvel orga-
nisme (1).

( ) L'Etat Indpendant du Congo et le droit international,
par Ernest NYs, professeur l'Universit de Bruxelles.
L'AJfriqu nouvelle, par E. DESCAMPS, professeur
l'Universit de Louvain, p. 44.












Le 1er juillet 1885, Sir Francis de Winton,
successeur de Stanley dans la direction des


Fig. 14. L'htel du Gouverneur gnral


affaires locales, announce, par
une proclamation date de Vivi,
que l'Etat indpendant du
Congo est n.
Notre voyage A travers la
Colonie donnera au lecteur
une impression profonde et
'durable de l'ouvre magistrale
accomplie depuis 1885 par le
gouvernement de l'Etat Ind-
pendant.
Deux dates terminent la
troisime phase de ce rapide
aperu historique : respective-
ment le 20 aot et le 9 sep-
tembre 1908, la Chambre et le
Snat votent 1' annexion ,
et, depuis le 15 novembre de


]Fig. i5. La vrandah de l'htel du Gouverneur gnral

l'anne dernire, la Belgique a pris possession
de l'immense empire colonial qu'elle doit au


gnie de son Roi et au labeur glorieux de
ses enfants.
*
Reprenons notre voyage.
Nous effectuerons rebours le trajet que
Stanley ralisa, au prix des plus grands prils,
de 1874 1877.


III. Boma et le Bas-Congo

Remontons le fleuve, et, aprs cinq heures de
navigation, nous touchons Boma.
Stanley n'y trouva, en 1879, qu'une demi-
douzaine de factoreiies diriges par dix-huit
Europens (1).
Aujourd'hui capital de la colonie (2), Boma
se dveloppe et se complete rapidement. Nous y
trouvons les difices les plus divers, depuis les


Fig. 16. Le parc du Gouverneur gnral


(I) Cinq annes au Congo, STANLEY.
(2) Organisation du gouvernement local:
Le Roi est reprsent dans la colonie par un gouver-
neur gnral, assist d'un ou de plusieurs vice-gouver-
neurs gnraux (art. 21 et 22 de la Charte coloniale.
Le gouvernement local comprend huit directions:
Ire direction, Secrtariat gnral;
2e 1, Marine et Travaux publics;
3e n Service administratif;
4e Force publique et Travaux de defense;
5e Justice;
6e Finances. Cette direction a notamment
dans ses attributions la perception des
impts de toute nature, le commerce,
l'immigration, les relations postales
et tlgraphiques, etc.;
7e Titres fonciers,qui s'occupe de la conser-
vation des actes de proprit, du
cadastre et de l'enregistrement des
terres. Les seuls titres officials de
proprit au Congo manent de ce
dernier service;
8e Agriculture et Domaine.













maisons du dbut, en bois ou en fer, comme constructions les plus modernes en briques et
l'htel du Gouverneur gnral, jusqu'aux en pierres.




P- B AS-CONGO Po s N S P A N A I S

BlAlil B-rOliED IIE15 0EIIIEiAl T











eOC 'UIM S 0 \ . 0 .... T. *' 0











*^'- .- --- '-+--+.^* ^^^* ^^ + *^*^*^^^ *-- ---. e--~--+ ---'--- ----J---- -- -- ^^-------- ---


Carte IV. Le Bas-Congo








































Fig. 17. Le Jardin d'Essai de Boma
On y tudie la culture et le rendement des espces conomiques appropries L la nature du terrain et au climate du Bas-Congo.
Ce jardin facility, a ceux qui dbarquent au Congo, la connaissance des plants utiles croissant en Afrique.

13











La ville officielle se profile sur un plateau
distant de la rive d'un kilomtre; c'est une


Au Nord de Boma, cependant, s'tend une
zone forestire, riche et bien peuple : c'est le


Fig. rybis. Socit (les Chemins de fer vicinaux du \layumbe. Ensemble des installations de la gare de Bouma.


succession pittoresque de cottages bien om-
brags.
Toute cette vgtation de Borna est, pour
ainsi dire, artificielle, obtenue pniblement
grce l'apport de terres alluvionnaires et
des arrosages frquents.
Les regions avoisinant le fleuve, en amount de
la pointe Ouest de l'le de Mateba ( mi-route
du trajet Banana-Bomal, sont d'un aspect
dsolant : ce sont, perte de vue, des croupes
herbeuses largement tales, ainsi que le
montre le fond de la fig. 16.
De distance en distance, en plateau ou en
valle, des touffes de bananiers, que dominant
de leurs silhouettes gracieuses quelques pal-
miers, rvlent les emplacements des rares et
misrables villages.
C'est aux approaches de Borna que se trouvent
deux postes d'levage trs prospres : Zambi,
l'une des fermes modles de la colonie, o l'on
compete 800 ttes de gros btail, et l'le de


Mayumbe (1), prolongement en territoire belge
de la fort quatoriale du Gabon.


Fig 18- L.e chemin de fer du Mayumbe au klm. 6.80o.
la brousse herbeuse du Bas-Congo.

La culture du cacao y est trs florissante;
elle a produit 450 tonnes en 1907. Le gouverne-
ment a cr, dans cette region de grand avenir,


Fig. 18bis. Poste (le la Socit agricole du ayumiiibe; halte se trouvant sur le parcours de la line dlu cheiiiiiin e < r vicinal.
Cettte vue donne (nie cl'armninnte impression de la vegtation luixriaiinte de celte coiitre.


Mateba, o la Compagnie des Produits possde
un troupeau de 7,000 ttes.


(i) Les Mayuimbe, Cyr. VAN OVERBERGH, 1907.


j'











un centre agricole important Tshela : on y
ralisera surtout des plantations de cacaoyers
et d'essences caoutchouc.


Le long de cette ligne ferre, nous trouvons
successivement, au kilomtre 7, dans la region
herbeuse, le poste de reboisement de Kalamu,


Fig. ir. T.a fort du Maviumbe.


Un chemin de fer, arrt momentanment au
kilomtre 80, est destin draner les products
agricoles et forestiers de la luxuriante region
du Mayumbe.


Fig. 20. Au Mayumbe : tatouages de femmes.


la lisire de la fort, le Camp de Luki et au
terminus actuel de la voie, en pleine fort, le
Camp de reserve de la Lukula.
Continuons remonter le fleuve bord du
Lopoldville.
Au del de Boma, les reliefs s'accentuent;
nous nous engageons dans une gorge comprise
entire deux contreforts des Monts de Cristal.
Un coude brusque, encercl de vritables
montagnes, determine un violent tourbillon; le
vapeur redouble d'efforts, l'impression est
grandiose: c'est le passage du Chaudron d'Enfer.
Et, tout coup, apparat en amphithtre un
fouillis de toits blancs : on arrive Matadi,
point terminus de la navigation sur le bas-fleuve.

IV %CZatadi et la region
des cataracts

Le chemin de fer Matadi-Lopoldville
Matadi, clef actuelle de l'Afrique central,
sera bref dlai le port le mieux outill de la
cte Ouest. Facilement accessible, et pour











longtemps encore le dbouch oblig des entre-
prises tentes dans la plus grande parties du


et don't le bourrelet circulaire limited actuellement
le bassin du fleuve.


Fig. 2i. Vue de Matadi vers le Chaudron d'Enfer (voir hors texte, fig. 22, Panorama de Matadi)


bassin conventionnel du Congo, Matadi est
appele de brillantes destines.
Avant de poursuivre notre voyage vers le
centre de la colonie, esquissons sa nature golo-
gique et son aspect gographique.


Fig. 23. Le steamer Lopoldzillie au pier aval de Matadi

Au point de vue gologique, le Congo belge
constitute un plateau primaire,au centre affaiss,


Dans l'affaissement central,qui, vers la fin du
primaire , constituait un vaste lac, se sont
dposes des formations que l'on peut classer
en deux groups: le group infrieur (systme
du Kundulungu) qui repose en couches gnra-
lement peu dranges de la position horizontal
sur les terrains primaires, et le group suprieur
(systme du Lubilache) qui repose, soit sur le
group prcdent, soit directement sur le sub-
stratum ancien, lorsque la dnudation post-
kundulunguienne a fait disparatre les couches
infrieures avant le dpt des couches sup-
rieures.
Par dessus cet ensemble, vient un manteau
plus ou moins continue et d'paisseur variable
de dpts meubles, ayant pour origine premiere
l'altration chimique et la dsagrgation mca-
nique des roches du sous-sol, et le dpt recent,
vers les parties les plus dprimes, d'alluvions
sablo-limoneuses. Dans ces couches meubles,
des sdiments ferrugineux,arrachs par l'rosion
la priphrie primaire, se sont dposs sous
forme de latrite scoriace, celluleuse, d'un









MATADI


Fig. 22. LE PANORAMA TEL QU'IL SE PRSENTE AU DBOUCH DU CHAUDRON D'ENFER "











brun-rougetre : c'est le minerai de fer utilis
par les forgerons indignes de toute la parties
central du bassin (1).


La reproduction photographique du relief de
notre colonie donne une image bien precise de
l'aspect actuel de son sol.
Le rseau hydrogra-
phique congolais est
des plus complete, il fait
de ces territoires du
centre africain l'une
des regions les mieux
draines du globe.
Dans sa courbe
immense, le fleuve
recueille toutes les ri-
vires descendant de
la bordure priphri-
que, determinant un
rseau de plus de
20 000 kilomtres de
voies accessible la
navigation vapeur.
Rduit une artre
unique Kwamouth,
le fleuve s'panouit en
une vaste expansion,
le Stanley-Pool, puis,


Fig. 24. Une rue de dMatadi le dimanche.


Carte V. Le Congo belge.


(I) J. CORNET, La Gologie du Bassin du Congo d'afrs
nos connaissances actuelles, 1897.


entire Lopoldville et Matadi, franchit la bordure
Sud-Ouest du plateau central en une succes-











sion sauvage et bruyante de rapides et de
chutes.


Fig. 25. -- Groupe des principaux membres de la premiere expedition d
du chemin de fer du Bas-Congo, 1887.
Au premier ,lan, : Le capitaine (aujourd'hui colonel) Thys; le capitaine (aui
(assis) major) Cambier.
An second flan : Romberg, )upont, Cilmont mortt au Congo), Vauthier
d'hui au Brsil), Liebrecht, Lambotte, Demeuse.
Dans 'a-rbrc : Le lieutenant Alfred Baert mortt en Chine).

La ncessit de relier par le rail Matadi
Lopoldville, s'est impose de bonne heure;


Fig. 26. T.a region et le sentier des caravanes.


Stanley, le premier, l'voqua au retour de son
odysse transafricaine de 1874-77. En 1884,
aprs cinq annes consacres l'occupation des


rives du haut fleuve, l'illustre explorateur cri-
vait : Il y a, au sein du continent mystrieux,
des richesses normes qui attendent le
chemin de fer.
Ds 1885, un syndicate de capitalistes
anglais voulut tenter l'aventure, mais
ses ngociations avec l'Etat du Congo
chourent.
En 1887, le project fut repris dfini-
tivement par la Compagnie belge pour
le Commerce et l'Industrie au Congo,
et, deux ans aprs, les expeditions
Sd'tudes, sous l'active direction du
capitaine Cambier, rapportaient un
avant-projet de chemin de fer Matadi-
Lopoldville.
Les travaux commencrent au dbut
de 1891; la locomotive toucha le
Stanley-Pool en fvrier 1898, et, le
1er juillet de la mme anne, le premier
railway congolais fut solennellement
inaugur (1).
Comment, autrefois, atteignait-on
Lopoldville?
Au prix de vingt tapes pniblement
parcourues le long de la sinistre
route des caravanes .
'tudes
La brousse, vigoureuse et folle, s'est
iourd hui charge depuis longtemps de former ce
(aujour- cruel calvaire; seules en indiquent
encore la trace, les spultures des
nombreux tres humans, blancs et
noirs. qui payrent de leur vie l'initiation de la
Belgique ses destines coloniales.


Fig. 27. -- Passage d'une caravan la rivire Pozo.


(I) Voir la carte au I/5,ooo,ooo0 Accentuer en bleu
les parties de rivires navigables; en rouge, le chemin
de fer du Bas-Congo et les deux tronons Stanleyville-
Ponthierville et Kindu-Kongolo.















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; srFtibiri~i~~:d~o~r!;J.8~ (Al:I











Aujourd'hui, 400 kilom. de voie ferre relient
Matadi Lopoldville. Le voyageur les fran-


Fig. 28. Transport en hamac d'une Europenne
le long de la route des caravanes.
chit en deux jours (1).
Ce chemin de fer est
le rsultat d'un effort
immense: crer en sept
annes 400 kilomtres
de voie travers une
region aussi acciden-
te sans travaux d'art
excessifs, arriver au
but l'aide d'une
main-d'euvre au dbut
absolument inexpri-
mente, sous un soleil
de plomb, dans des
(1) Le chemin de fer du
Congo (Matadi-Stanley- Fig. 3o. gare
Pool), par LOUIS GOFFIN, isur l roche et prolo
ingnieur,ancien directeur au centre, le btimi
de la construction. Bru- premier plan, les
xelles,WVeissenbruch 1907. Matadi.


de Matadi, ta
nge en reiiibiii
ent dles recettes
iteliers; it droi


conditions de ravitaillement en subsistances et
en matriaux particulirement difficiles, n'est-ce


Fig. 29. Pont de lines,
manifestation trs intressante de la main-d'truvre indigne.
pas une oeuvre don't
les Belges ont le droit
d'tre fiers?
Durant sept kilo-
mtres, au dpart de
Matadi, la ligne est
S tablie en corniche le
long du fleuve et de
son affluent : la Pozo;
puis, de massifs en
massifs, la voie, admi-
rablementappliqueau
terrain, dessine ses
innombrables et pres-
tigieux lacets pour
i blie sur une terrasse conquise franchir, au col de
vers le fleuve. Nous r voyons : aci, de
; gauche, les entrepts; an Sona Gongo, 743
te, les premires maisons lde
mtres d'altitude, le
rameau principal des Monts de Cristal.
C'est cet endroit de grande salubrit que se


Fig. 3i. Piquetage de la voie le long du fleuve.


L$tl


Fig. 32. La voie ralise aiu niCme endroit.


=J01b-. -












cre de toutes pieces un centre nouveau:
Thysville.
Afin d'loigner de la fournaise pierreuse de
Matadi le plus de personnel possible, la Com-


le plateau de Tampa, s'engage dans la pitto-
resque valle de la Lukaya pour aboutir, au
kilomtre 400 Lopoldville.
*



Fig. 33. Le pont di

pagnie du Chemin de fer a dcid de concentrer
Thysville ses principaux ateliers de rpara-
tions et ses tablissements hospitaliers, visant
y raliser un veritable lieu de villgiature.


e la Pozo, porte 80 mtres.


V. Lopoldville

Lopoldville est le port d'attache de la flottille
qui sillonne le rseau navigable du Haut-Congo.


Fig. 34. La gare de Thysville Fig. 36. Petits pavillons en bton arm abritant les employs
Les dpendances de la gare, les ateliers, les habitations des agents de la compagnie du chemin de fer
et la ville elle-mme seront prochainement clairs t Il'lectricit.


Les voyageurs y passent la nuit. Au del de
Thysville, la voie descend vers la valle de
l'Inkisi, puis, franchissant un dernier massif,


Ses chantiers et son outillage se sont
dvelopps avec une activity sans cesse crois-
sante en raison des progrs de l'occupation
territorial.












Rappelons en quelques mots l'histoire de la
creation de Lopoldville.


Fig. 35. Thysville : Atelier de la compagnie du chemin
Cet atelier dispose d'une force de go chevaux qui actionne des machines
plus modernes. L'atelier est pourvu d'un outillage pneumatique et d'un
Des pompes lectriques vont tre places incessamment et fourniront d
aux diffrents services de la gare et l'agglomration. L'atelier anime
d'une capacity de 175 kilogs l'heure.


Fig. 38. Le montage du pont de l'Inkisi.


Parti de Vivi le 5 mai 1880, Stanley, aprs
avoir cr Isangila et Manyanga,dans la region
des cataractes, apparut au Pool le 29 novembre
1881 ; il s'occupa immdiatement d'y riger,
flanc du Mont Lopold, une station qui devait
devenir la base de ses entreprises vers le haut
fleuve. Stanley tranait sa suite, sur chariots,
deux petits vapeurs de 5 tonnes, l'En Avant et
le Royal. On s'imagine aisment les difficults
qu'il fallut surmonter pour amener au Pool ces
lourds vhicules : ils franchirent les 378 kilo-
mtres qui sparent Vivi de Lopoldville en
quatre cent cinquante jours !
Ce fut bord de ces modestes vapeurs que


s'effecturent les premires explorations du
fleuve et des affluents principaux.
Ds 1886, le montage de
la Ville de Bruxelles, et peu
aprs celui du Stanley, de la
Ville d'Anvers, etc., tous stern-
wheels de 35 40 tonnes,
caractrise la second priode
du dveloppement industrial
du port de Lopoldville.
Pour ces bateaux,on renona
naturellement au mode de
transport par chariot et on dut
recourir au portage, dos
d'hommes, de pieces de 30
35 kilogs, exceptionnellement
de 100 kilogs. Cette priode,
particulirement pnible pour
les populations de la region des
cataractes, dura jusqu'au jour
de fer. de l'achvement du chemin de
s-outils des types les fer du Bas-Congo ; celui-ci
outillage oxhydrique. amena au Pool des ces lus
e l'eau sous pression pice s
une machine glace pondreuses, ce qui permit de


Fig. 39. Je pcnt de l'Inkisi en place.


EV JVInl 188is


Carte VI. Stanley et la pntration par la cte occidentale.
Le Bas-Congo en janvier s883.











passer la construction de vapeurs de tonnages
plus levs. C'est ainsi qu'en 1898 s'est ouverte
pour Lopoldville une phase d'activit intensive;
ds ce moment, l'Etat du Congo put lancer sur
le haut fleuve des vapeurs de 150 tonnes : le
Brabant, le Hainaut et la Flandre.
Ces vapeurs sont fond plat, ne calent
que lm20 et sont mus par une roue arrire;
indpendamment des 150,000 kilogs de mar-
chandises qu'ils portent dans leurs cales, ils
peuvent recevoir une centaine de passagers
noirs sur le premier pont, et des cabines sont
amnages pour abriter trente passagers blancs.
Comme tous les steamers congolais, ils sont
chauffs au bois.
Le Brabant, le Hainaut et la Flandre
assurent, concurremment avec deux barges de


i


350 tonnes, un service rgulier vers Stanley-
ville, tandis que les vapeurs de 35 40 tonnes


Fig. 37. L'htel de Thysville, en fer et bton arm.


b,


Fig. 40. Locomotive et steamer.
Reception Lopoldville de M. le vice-gouverneur gnral F. Fuchs, president du tribunal d'appel.

font gnralement le ser-
vice du Kasai-Sankuru
jusque Lusambo. Des
steamers de tonnages
plus faibles (22 tonnes
et moins) sont utiliss
sur les artres fluviales
secondaires.
Les dparts rguliers de
Lopoldville vers Stan-
leyville s'effectuent tous
les 10 ou 11 jours alterna-
tivement; vers Lusambo,
les dparts ont lieu toutes
les trois semaines. Les
uns et les autres sont
rgls en vue d'assurer la

Fig. 41. Lopoldville en 1882 correspondence avec la
Au premier plan, l'En Avant et le Royal. malle d'Anvers.


IrW I-r -W a 1M~


-;
,f


_:











L'augmentation constant du traffic sur le
haut fleuve ncessita, ds 1899, la construction


Et nous ajouterons que nulle part mieux qu'
Lopoldville ne se rvle plus loquemment et


Fig. 42. Lopoldville, le port actuel partiese aval).


de barges marchandises, de 200 350 tonnes,
tranes par des remorqueurs puissants, et dans
ces dernires annes, la creation des chemins
de fer du Congo suprieur aux Grands Lacs
amena le gouver-
nement lancer
deux vapeurs de
500 tonnes, le
Kintanbo et le
Segetini.
Il y a environ .....
cent vapeurs na- "
vigant sur le ;
Haut-Congo, la
moiti apparte-
nant au gou-
vernement, les
autres aux mis-
sions religieuses
et aux compa-
gnies commer-
ciales. Presque Fig. 43.
tous sont charges, dchargs,
entretenus et rpars Lopoldville; c'est
dire la grande activity des chantiers du Pool.


de faon plus spontane l'activit que les Belges
apportent au dveloppement de leur colonie.
Parmi les lments les plus intressants de
cette activity, citons l'amlioration de l'outillage
du port, com-
mence en 1902,
et comprenant la
construction de
slips pour rpa-
rations des ba-
,,teaux, le creu-
-" segment et l'am-
nagement de
bassins, le com-

rais contigus
aux quais ; si-
gnalons aussi
l'tablissement
d'une distribu-
tion d'eau po-
Le B-raban table, la creation
d'une usine d'lectricit en
vue d'assurer l'clairage de la ville, l'difi-
cation de nombreuses habitations, le trac








































Fig. 45. La grande barge de 35o tonnes et son remorqueur. Fig. 47. Le Segelini. Quand un vapeur accoste la rive d'une
le touage en flche n'est pas possible sur le Haut-Congo station, il est ancr l'avant et runi la terre par des cables.
en raison du caractre sinueux que prsentent, aux eaux basses Une double et solide planche relie le premier pont la rive.
surtout, les lignes de navigation.


Fig. 48.


Le slip Lopoldville


Le Kinlambo

en construction,

la Ville d'Anvers

en rparation.


Fig. 45. Petit vapeur de i5 tonnes.
On augmente sa capacity de transport en amarrant babord
et tribord des baleinires en acier ou des pirogues indignes.


Fig. 44. Une cabine bord du Brabanl.









































Fig. 49. T ancement du Kintambo et parties naval du port de Lopoldville
I.a coque, don't les pices ont t assembles et rives sur le slip (fig. 48), vient d'tre glisse l'eau. On achvera la superstructure a flot.


de la cit officielle, l'amorce de la ville future,
etc., etc.
Ce programme, don't la ralisation se pour-
suit avec nergie et mthode, fait prvoir qu'au
Lopoldville actuel, noyau essentiellement
administratif, viendra se greffer, bref dlai,


une ville commercial qui finira par englober
les tablissements de Kinshasa et la plaine de
N'Dolo. Bien que moins importantes que celles
de l'administration, les installations de N'Dolo
et de Kinshasa n'en sont pas moins remar-
quables et dnotent un srieux effort de la part


Fig..5. 5- Le grand chariot-transbordeur, servant a l'entretien et a la rparation des grands steamers. C'est une charpente mtallique ia claire-voie,
roulant sur galets, ceux-ci guids par des rails.
1.e chariot est amen sous le vapeur flot; on amarre celui-ci au transbordeur, et l'aide de cables et de cabestans, on tire tout le systme sec.
25











des particuliers pour faire face aux besoins
croissants du ngoce.
La Compagnie Industrielle et des Transports


Fig. 5i. Un petit transbordeur pregnant en charge une chaudire,


au Stanley-Pool (Citas) possde des ateliers et
un lvateur Kinshasa, ainsi que des ateliers et
des slips N'Dolo; la Compagnie commercial
et financire de mme que les missions reli-


rs complete pour blancs et pour noirs.
ent de rendre hommage l'Associa-
ngolaise et Africaine de la Croix-Rouge
qui, depuis plus de
vingt ans, s'est prodi-
gue en efforts gn-
reux et persvrants
afin de doter les cits
principles de la colo-
nie de coquettes et
mwmm confortables villas o
les Europens malades
sont recueillis et soi-
gns. Ces installations
de la Croix-Rouge sont
diriges par des mde-
cins de grande exp-
rience tropical, secon-
ds par d'admirables
religieuses auxquelles
les Africains ne man-
queront pas d'adresser
li un tribute respectueux de profonde

trouvons donc Lopoldville des laza-
r indignes, les pavillons de la Croix-


% -1A


Fig. 5. Le mnime transbordeur accol un vapeur se rendant i Stanleyville. .a chaudire sera glisse sur le point idu steamer.
gieuses voisines ont galement des installations Rouge et de plus l'Institut bactriologique, don't
indpendantes, les dcouvertes exercent dj une bien salutaire
-R* influence sur l'hygine publique.


En raison de sa situation gographique,
Lopoldville est pourvu d'tablissements hospi-


* *











Rsumons les efforts tents par le gouver-
nement en vue de dvelopper l'assistance
mdicale indigne.
Il est du devoir de tous les agents de la


Fig. 53. Pavillon de la Croix-Rouge a 1.ololdville.
Grce i l'aide gnreuse de l'Association Congolaise et Afri-
caine de la Croix-Rouge, des hpitaux pour Europens
ont pu tre crs dans des conditions trs confortables a
Banana, Boma, Lopoldville et Stanleyville. La Com-
pagnie du Chemin de fer du Bas-Congo a cr les hpitaux
de Kikanda (Matadi) et de Thysville.
colonie dit le Recueil administratif -
s'occuper de l'hygine des stations et du pa
sur lequel s'tend leur jurisdiction.
Un hpital existe dans chaque chef-lieu
district ; dans les autres postes, des mesur
sont prises en vue d'assurer le service sanitair
Quarante mdecins, tous anciens lves
l'Ecole de mdecine tropical de Bruxelles,so
rpartis entire les hpitaux et les lazarets.
Des commissions d'hygine,
institutes depuis 1899 aux
chefs-lieux dedistrictetde zone,
ont pour mission de surveiller
et de complter tout ce qui
concern la sant publique.
Deux flaux menacent les po-
pulations congolaises: la variole
et la maladie du sommeil.
De grandes pidmies de
variole svissaient au Congo
avant l'occupation belge. Le
gouvernement de l'Etat Ind-
pendant s'est immdiatement
occup de les enrayer. Huit
postes vaccinognes, tablis
dans des centres d'levage,four-
nissent le vaccin aux diffrents
districts, et depuis quelques
annes, grce l'acclration
des communications, certaines rgions reoive
directement le vaccin d'Europe. Les noirs
sont bien vite familiariss avec les mesur
prventives, et on peut affirmer qu'aujourd'hi
les pidmies de variole ne sont plus redoute


Les ravages de la terrible maladie du sommeil
(la trypanosomiase), que les indignes connais-
sent depuis longtemps, sont plus rcents. Des
cas isols existaient dans tout le Bas-Congo, et,


Fig. 55.- Le laboratoire de l'Institut de bactriologie de Lopoldville
cr en 1899 par le docteur Van Campenlout.

depuis 1890, la maladie rgnait en pidmie
de Bolobo et l'embouchure du Kasai. Depuis lors,
ys sa march envahissante s'est manifeste avec
violence, remontant le fleuve et ses affluents :
de sesdsastresmenacenttoutlecentre de l'Afrique.
es Et ainsi se pose ce problme angoissant : la
e. civilisation, qui multiple et dveloppe les
de relations, porte donc avec elle un germe myst-
nt rieux de destruction des races noires.
Stimulus par les gouvernements coloniaux et


IFig. 5.1. I. no. uvel hi' pl;il des nois o de liona.
Une cole professionneill pour inflir iers y est ainnxc e.

nt particulirement par l'Etat Indpendant du
se Congo, des savants de toutes nations se sont
es mis l'oeuvre. L'Institut bactriologique de
li, Lopoldville,qui abrite les travaux de nos prati-
,r. ciens, a puissamment contribu l'tude de la











trypanosomiase. La lutte contre la maladie du
sommeil est organise depuis plusieurs annes.
Les rgions du Nord-Est et les hauts plateaux
du Sud et du Katanga sont indemmes; il s'agit
de les protger. D'o l'installation de postes
d'observation aux extrmits des grandes voies
de pntration, Yakoma, Ibembo, Stanley-
ville, Kindu, Kabinda, Uvira et Lado (1).
Tous les passagers y sont visits par des
mdecins.
Indpendamment de ces postes, dans les
rgions contamines, quatorze lazarets reoivent
en traitement les malades.
Des dispositions d'hygine sont ordonnes
bord des steamers; dans les stations et les
villages, des measures ont t dictes en vue
d'loigner des lieux habits et des tables la
mouche tsts (agent vhiculaire du redoutable
germe). Enfin, dans les postes officials, missions,
tablissements commerciaux, villages, les Euro-


les malheureux suspects de trypanosomiase,
de leur donner les premiers soins, et de les
envoyer ensuite dans les lazarets.


Fig. 56. Hpitail des noirs.
District de l'Equateur, station dle Couillihatville.


Avant de poursuivre notre voyage, disons un
mot des relations tlgraphiques et tl-
phoniques l'intrieur de la colonie.


Fig. 57. La. line tlgraphique Lopoldville-Coquilhtville duis la fort de Lukolela.
Aspect caractristique ce la graniide fort quatoriale Len site non inonde.


pens et les chefs indignes reoivent un ensei-
gnement pratique lmentaire qui leur permit
de dcouvrir rapidement, parmi leur personnel,

(I) A Lado sont notamment visits les noirs venant
de l'Est, de la province anglaise de l'Uganda, o la
trypanosomiase exerce de grands ravages.


Les lignes tlgraphiques existantes sont :
1 Boma-Lukula (suivant le chemin de fer
du Mayumbe) = 80 klm.;
20 Boma-Matadi 52 klm.;
3 la ligne du chemin de fer de Matadi
Lopoldville = 400 klm.;











40 le tronon Lopoldville-Coquilhatville =
1,200 klm.;
5 la line du chemin de fer du Congo sup-










.





4--

Fig. 58. I.es homes du Briaban/t la corve du bois

rieur aux Grands Lacs; le 1 r tronon est achev,
il compete, de Stanleyville Ponthierville,
127 klm.; sur le second tronon, la ligne
progress avec le rail;


Kwamouth au Katanga par la Lukenie, Lusambo
et Pania Mutombo; Coquilhatville l'Ubangi;
l'Uele et Stanleyville. Ce sera la ralisation
d'un rseau mettant Boma en communica-
tion avec les principaux centres de la colonie.
Quelles sont les relations tlgraphiques
du Congo belge avec la mtropole?
La France possde une ligne, Brazzaville-
Loango; de ce point court une ligne ctire
Sjusque Libreville, o plonge le cble qui
Srelie le Gabon la France Un cble immerg
Srelie Lopoldville Brazzaville Enfin, nous
verrons probablement la jonction prochaine
de Boma au cble anglo-portugais, noy
quelques lieues au large de Banana.


Prenons place, maintenant, bord du
Brabant, et remontons le fleuve jusqu'aux
Stanley Falls .

VI
De Lopoldville Coquilhatville
L'approvisionnement des steamers en com-
bustible est l'une des proccupations essen-


Fig. 59. Par 6" de latitude Sud, chtes de Tslala, du Sankuru-Lubilache, ailluent du Kasai
Sur les rives, aspect Luebo, approximativement a 5"23' de lat. S. Ses aflluents sont tous interrompius, i peu prs i la ilmiie laitilude, par des chutes ou des rapids.
Voir la carte au -- Accentuer d'un trait rouge, pour toutes les rivires congolaises, les rapids qlii dtermineiil les limits de navigabilit.
5,ooo, ooo


60 Enfin, le fil Kasongo-Lac Tanganyka-
425 klm.
Divers projects sont actuellement l'tude en
vue de relier tlgraphiquement Boma Banana;


tielles de la navigation intrieure; il est assur,
sur le rseau fluvial congolais, par des postes
de bois convenablement chelonns. Chaque
poste compete vingt-cinq travailleurs qui s'oc-











cupent de rechercher le bois sec dans les forts
riveraines et de le dbiter en bches de m. 0.65
de longueur.


-- *^*' T ^ ^ l^ ^:. _: :...-: .
Fig. 59bis. Aspect de la savane aux arbres serrs
Dfrichement sommaire en vue de l'installation d'un post.


Ces postes de bois sont pourvus de logements,
afin de servir de gtes d'tape aux vapeurs,
ceux-ci ne navigant pas la nuit.

*
Quittant le vaste et calme Pool, aux rives
basses et herbeuses, nous nous engageons
bientt dans le chenal . Ainsi dnomme-t-on
la gorge sauvage de 200 kilomtres, comprise
entire Tshumbiri et le Pool et dans laquelle le
fleuve se prcipite avec une vitesse presque
torrentielle. Les rives du chenal sont trs
leves et boises, la larger moyenne ne
dpasse gure 1,500 m. C'est, durant deux
jours, une navigation pnible et monotone.
*
-W

A Kwamouth se dversent les eaux du
Kasai, l'un des grands tributaires du Congo,
celui don't le bassin est le plus tendu. 11 corres-
pond aux trois districts du Lac Lopold II, du
Kwango et du Kasai.
La parties septentrionale, c'est--dire le dis-
trict du Lac Lopold II, appartient la grande
fort quatoriale; la region situe au Sud de la
ligne d'eau Kasai-Sankuru-Lubefu est semi-
forestire : c'est la Savane australe , qui
dgnre en brousse vers les bords du
bassin.
*


aspect du sol de notre colonie affected trois
s principaux : fort, savane et brousse.
ous caractriserons plus loin la grande
fort quatoriale .
La savane , ex-
pression conventionnelle
que nous acceptons bien
volontiers, s'applique, au
Congo, des tendues
herbeuses agrablement
ondules, couvertes d'ar-
bres de faible taille,tantt
clairsems, tantt serrs,
ou runis en bouquets
touffus, en petits bois,
voire en vritables forts.
Ce sont les sites les plus
pittoresquesde la colonie.
Certes, dans nos mar-
ches nombreuses travers
les forts de l'Equateur,
nous avons subi lecharme
profound des frondaisons
imposantes o rgne nuit
et jour un silence mys-
trieux, mais combien
plus varies, plus riantes
nt nos randonnes dans la savane de 'Uele,
ous pouvions joyeusement souligner nos
uis de route des mots aspect de parc ,
cesse rpts.
s rivires, en region de savane, sont bor-
de bandes boises, d'un dveloppement
al parfois considerable; et remontant ces
s d'eau, en vapeur, en pirogue ou gu,
circulerons, charms, sous de verdoyantes
series aux dtours capricieux souvent


Fig. 60. A I.usambu, chet-lieu du district du Kasai, le labourage.


pleins d'imprvus. La savane congolaise com-
prend, outre les immense territoires du Sud,
tout le bassin de l'Ubangi-Uele en amount des
rapides de Zongo.


~o~Y ~~j:~~~
nrlS;il~P~' b~ili 1* n


i











Le mridien 23"54' divise la savane
en deux parties : les territoires de 1
administrs par le Comit sp
Katanga ; la parties occidentale,
fertile et peuple, particulirement
riche en products forestiers, est
ouverte aux operations commercials
de l'importante et prospre Com-
pagnie du Kasai .
La brousse est une vgtation
d'herbes hautes et dures, parsemes
parfois de quelques arbustes, chtifs
et rabougris. Tel est l'aspect du
Bas-Congo aux environs de Boma,
des croupes et des ctes rocailleuses
du district des cataractes et du Stan-
ley-Pool, des crtes de la priphrie
congolaise.
Dans ces rgions, chaque anne,
la saison des herbes sches ,
les indignes mettent le feu la
brousse; les immense incendies qui
en rsultent ont videmment l'avan-
tage d' ouvrir le pays, de dtruire
une faune malfaisante de reptiles et
d'insectes, de procurer aux natifs
l'occasion de chasses faciles et fructueu
il en rsulte un dommage vident pour
segment de ces territoires. Aussi un a
gouverneur gnral autorise-t-il les


Figf 62. Danseurs liakulba
Les danses Ba;kuba constituent un des spectacles les
donn d'admirer au Congo. Elles servent de prtexte
ingnieux don't le Bakuba est si jaloux. Seuls les Il
ont le droit de garnir de caiuris et de plumes leurs sui

saires de district interdire cette coutu
les endroits propres au dveloppement
de la vgtation forestire.
Pour complter l'aperu physique d


australe
'Est sont
cial du

PiIgsII
Sgkil


mridional(territoires situs au Suddudeuxime
parallle), voici, avec une approximation suffi-
sante, comment les saisons s'y rpartissent:


Fig. Or.- Huttes Blakuba
Les Bakuba, qui sont des Bantu de la ,savane,", habitent la region comprise entire le
Kasai et le Sankuru. Ils constituent une population intelligence, travaiileuse et artiste,
don't l'tonnante organisation actuelle semble commie un vestige d'une splendeur
passe (L' Harroy).
Le sentiment artistique des Bakuba se rvle par les dessins de leurs nattes et des
parois extrieures de leurs propres et coquettes maisons.

ses, mais 1 de mi-mai septembre, saison sche, ou
le reboi- des moindres pluies; saison saine, agrable,
irrt du durant laquelle la temperature est relativement
commis- modre, sans cart thermique excessif entire le
jour et la nuit. A la cte, vers Banana,
il y a pour ainsi dire absence complete
de pluie en juin, juillet et aot; cette
priode de scheresse absolue diminue de
dure quand on s'avance vers l'intrieur
du continent.
20 d'octobre la mi-mai, saison des
pluies avec intercalation d'une petite
saison sche vers dcembre et janvier.
C'est la saison chaude, la saison des
orages, des tornades.
Il rgnealors-sauf certaines corrections
dues la latitude et l'altitude une
temperature variant de 27 300 le jour et
de 20 240 la nuit. La difference entire les
temperatures de jour et de nuit est en
moyenne de 805 ( Bruxelles 702 seule-
Splis c. rie.ux qu'il suit ment); elle est moindre Banana, pluscon-
au dploiement ldu liux
aimbi ciefs; de village, sidrable l'intrieur.C'est cet abaissement
perbes cilfures voyants, le plus grand nombre de maladies.
ime dans L'ordre de ces saisons est renvers au Nord
spontan de l'Equateur, c'est--dire dans la parties sep-
tentrionale de la grande fort et dans la savane
.u Congo de l'Uele.


ucu












Nous voquerons par la suite les conditions
climatologiques de la grande fort et des
hauts plateaux de l'Est et du Sud.
*


Ubangi-Uele sont affects d'une saison
sche (1).
Les territoires forestiers proprement dits, sauf
en certain points de la lisire Nord et Nord-Est,


En amount de Tshum-
biri, et il en sera de
mme jusque Basoko,
l'aspect du fleuve est
grandiose : c'est une
succession de large
expansions parsemes
d'les nombreuses aux
aspects les plus varis.
Cette parties du course
du fleuve correspond
la region la plus
dprime du plateau
central,c'estla grande
courbe quatoriale .
Au sommet de la cour-
be,Bumba,nous nous
trouverons au milieu
d'un vritable pool,
coup d'un fouillis
d'lots ; le fleuve y
atteint une larger
voisine de quarante
kilomtres (1).
A Lukolela, nous
franchissons la lisire


* 4


'~'~ ;
P
.rr
'-~c~
. .1
iIYi~"-;irii~-- -------


Fig. 63. Dima, sige de la direction de la Compagnie du Kasai
Cet organisme, n en 19o0 de l'entente des quatorze socits qui commeraient dans le bassin du Kasai, a
conime champ d'action la region comprise - l'Ouest par le Kwilu-Inzia, l'Est par la limited du Comit
special du Katanga, au Nord par la crte de partage eintre Kasai et l'ini-Lukenie, le 22e mridien
puis le Sankuru-Lubefu.


Sud de la grande fort qui s'tend sur les
terrains les plus rcemment dposs dans la
grande depression congolaise. C'est la region la
plus heureusement favorise au point de vue du
rgime pluvial :les pluies s'y rpartissent de
faon peu prs uniform durant toute l'anne,


Fig. 64. Le vapeur Birnbant long une rive semi-inondle

tandis que les pays de savane du Sud Bas-
Congo, Kasai, Haut-Lualaba et du Nord -

(i) L'Etal Ildpendant dit Congo, par A. J. \TAUTERS;
Bruxelles 1899. 2me parties: Gographie physique.


ne passent pas brusquement la savane ou
la brousse partir de la limited indique sur la
carte. En dehors de cette ligne ncessairement
schmatique, existent encore des regions trs
vigoureusement boises. Nous avons d'ailleurs
dj dit qu'en pays de savane les valles de
rivires sont ombrages.
Le rgime climatologique de la grande
fort , dans sa parties vraiment quatoriale,
entiree les parallles 2 Sud et Nord), est peu
prs le suivant :
1o de la mi-mai au mois d'aot, saison des
moindres pluies, appele improprement, pour
cette region surtout, saison sche;
20 de septembre la mi-dcembre, saison des
pluies ou saison chaude ;
3" de la mi-dcembre fvrier, petite saison
sche;
4u mars, avril et mi-mai, petite saison des
pluies.
La temperature maxima est lgrement inf-

(I) Dployer la carte au i/5,ooo,ooo. Teinter de vert
la limited de la grande fort.











rieure celle dj cite pour la savane ;
l'cart thermique de jour et de nuit est aussi
un peu moindre. Les figures 19 et 57 nous ont


Carte VII. L'occupation du Congo moyen et du Kasai en 1884.

montr l'aspect de luxuriante et majestueuse
beaut que prsente la fort quatoriale quand
elle a pu se dvelop-
per normalement.
Il n'en est pas tou-
jours ainsi.
Le rgime d'ro-
sion pluviale et
fluviale qui suivit
l'vacuation du lac
Lubilachien-relire
page 16 aboutit
une attnuation
trs avance du re-
lief du pays et la .
rgularisation du '
course du. fleuve et '
de ses affluents prin- -
cipaux. Il fut un .
temps o le bassin
du Congo prsentait
l'aspect d'une im-
mense plaine ondu-
le parcourue par de
vastes course d'eau Fig. 65. Pichier
Le 20 avril 1884, le capitaine Hanss
aux allures paisi- Amelot, board de l' E, Avant, s',
ble. S rint alors trait avec les chefs indignes, le
es. Survint alors remonta a son tour l'Ubangi jusqu
un phnomne iden- VanGle,second par le lieutenant
S en janvier 1888, chez les Yakoma, a
tique celui qui s'-
tait dj accompli deux fois depuis la fin des
temps primaires : un affaissement relatif des


parties centrales du bassin accompagn de rel-
vement en bourrelet des rgions priphriques,
ce qui barra la route au grand fleuve et restitua
un rgime torrentiel aux affluents suprieurs.
Alors s'tablit le lac intrieur qui dposa les
vastes nappes d'alluvions qui bordent lefleuve
actuel entire le confluent du Lomami et Tshum-
biri, image attnue des grandes mers intrieures
des poques prcdentes. Le nouveau lac s'le-
vant rapidement, ls eaux finirent par reprendre
le chemin de leur ancien dversoir (1).
Les rivires postlubilachiennes, aux allures
paisibles, coulaient dans ce qui est aujourd'hui
encore leur lit majeur; puis, aprs le phnomne
que nous venons d'voquer, leur niveau de base
s'abaissa et en mme temps leur dbit diminua :
elles se mirent dcrire de multiples mandres
dans leur ancien lit, o elles creusrent leur lit
actuel, leur lit mineur.
Il existe donc, dans la depression congolaise,
des terrains trs bien drains, chappant aux
inondations, et des terrains que l'inondation
recouvre encore la saison des pluies et qui
sont les lits majeurs des rivires quatoriales.
En dehors de ces lits majeurs, la fort s'est
dveloppe rgulirement, dans toute sa majest


les sango dans les rapids dle Illanzyville (1-Haut-Ubangi).
ens et le lieutenant \Van Gle, accompagns de MM. Courtois, Gurin et
engagrent les premiers dans les ejux de l'Ubangi et s'y assurrent, par
protectorat des deux rives. Quelques mois plus tard, le Rv. G. Grenfeli
'au premier barrage, le rapid de Zongo (4"20' Nord).- Fin dcembre 1887,
Linart.parvint a tirer l' En vanlt au dei des rapides deBanzyville etarriva,
i confluent de l'Uele et du Bomu. Le problme de l'Ubangi-Uele tait rsolu.

(I) J. CORNET, La Gologie dut Congo d'aprs nos
connaissances actuelles. 1897.











(figures 19 et 57); nous y trou-
verons les villages et les cultu-
res, tandis que dans les parties
semi-inondes, la vgtation
sylvestre se prsente en gnral
comme un fouillis inextricable
de lines et de palmiers de tou-
tes espces que dominant toute-
fois des arbres de forte taille.
C'est sous ce dernier aspect
que les rives boises et semi-
inondes apparaissent au voya-
geur remontant le fleuve. Il
arrive que le lit actuel du fleuve
ou d'un affluent long une berge
du lit majeur ; nous y dcou-
vririons la belle et grande fort
proprement dite, si ces empla-
cements n'avaient t choisis
et dfrichs pour les villages
et les cultures.
Dans les hauts course
des rivires de la region
forestire, les lits majeurs A
se rtrcissent; la rivire
s'tant enfonce, on a
l'impression de naviguer
en pays montagneux,
mais ce n'est l qu'une
illusion. Ces hautes falai-
ses argileuses, qui mon-
trent la base leur sous-
sol grseux,sont les rives,
aujourd'hui pic, des


65 bis. A i]Bnzyville. Danse de guerriers s:anga.


Fig. 68. L'exerc


~.4


f


.A I .


Fig. 67. Un dtaciheiment de la Iorce publique i un exercise il

anciennes rivires descendues dans le plateau.
L
Aprs Lukolela, voici l'tranglement tumul-


tueux de Liranga-Gombe,
puis un vaste pool, dans
lequel aboutit l'Ubangi
l au milieu d'les nombreu-
ses et boises. Vers notre
M droite, une succession de
villages riverains, bien
peupls et tapageurs, et,
au dbouch du petit che-
nal qui fait communiquer
lefleuveaveclelacTumba,
nous abordons Irebu,
ice du can. camp d'instruction.
ice du canon,
Sur la rive, ombrage
de beaux arbres, crit M. Vandervelde,
qui visit Irebu en septembre 1908,
s'alignent,devant des parterres defleurs,
les magasins et les maisons des blancs.
Derrire sont les hangars o se font les
theories, et o va bientt s'ouvrir une
cole. Pour btir tout cela, le comman-
dant Jeuniaux n'avait d'autre main-
d'oeuvre que ses recrues, d'autres mat-
riaux que les lines, les bambous,
. I l'argile du pays. Il a trouv des artisans
parmi les jeunes sauvages qu'on lui
envoyait pour en faire des soldats.
II leur a appris cuire des briques,
maonner, carpenter, fabriquer
des meubles. Il a d, ne recevant pas
fu.. de clous, en confectionner lui-mme
avec de vieilles baguettes de fusils et
des fers de caisses d'emballage. Il a, en un mot,
cr Irebu de toutes pieces, et, cependant,
lorsqu'on se trouve dans son hospitalire


1











demeure, dans sa maison o cent dtails char-
mants rvlent la presence d'une femme, on ne
se douterait pas
que cette maison
tout entire, avec
tous ses meubles,
a t faite par un
officer qui n'-
tait, avant l'Afri-
que,niarchitecte,
ni maon, ni
charpentier (1).
Profitons de .'
cet arrt au camp
d'instruction d'I-
rebu pour esquis-
ser l'organisa-
tion militaire
de notre colo-
nie.
La Force pu-
blique (2) est re-
crute par la r-.~ '
milice (dure de
service: sept ans
l'actif, cinq ans Fig. 6
la reserve) et
par le volontariat (dure de service: trois ans
au minimum). Les soldats,miliciens ou volon-
taires, sont instruits, pendant un an, dans les
camps de Luki, Irebu et Lisala, puis verss dans
les companies. Les volontaires, recruts pour


Fig. 69. Mnages de grads de la Force publique au camp d'Irebu.


(1) E. VANDERVELDE, Les derniers jours de l'Etat du
Congo. journal l de Voyage, 1909.)
(2) LaForce publique congolaise comptait au Ier jan-
vier 1909 : 165 officers et 248 sous-officiers europens,
I,5oo grads et 12,386 soldats indignes.


moins de quatre ans, sont instruits aux chefs-
lieux de district ou de zone. Il y a, par district


. Le dbarcadre du camp d'Irebu.


ou zone, une compagnie, don't l'effectif est en
rapport avec l'tendue du territoire.
Une force atteignant gnralement le quart de
cette unit forme groupement central au chef-lieu
de district ou de zone, sous l'autorit directed du
commandant de compagnie. Le restant est
rparti entire les secteurs. Au chef-lieu de
chaque secteur stationne un peloton ou une
section, command par un officer ou un
sous-officier.
La Force publique comprend en outre :
4 a) Un corps de reserve rapidement mobili-
sable don't le noyau stationne en permanence
Lukula (Mayumbe);
b) Une cole de candidates sergents-comp-
tables ;
c) Une cole d'armuriers.
Une troupe congolaise ne peut tre consti-
tue qu'au moyen de noirs encadrs dans des
proportions convenables par des grades euro-
pens : une troupe blanche serait incapable
de vivre, de se mouvoir, donc de combattre
dans le centre africain. Elle y constituerait
un lment lourd, encombrant, accessible la
dmoralisation, et don't se joueraient aisment
les bandes indignes, plus mobiles, moins
exigeantes.













Nous arrivons Coquilhatville, chef-lieu
du district de l'Equateur, sept kilomtres en
amount de la station que crrent, en 1883, les
lieutenants Van Gle et.Coquilhat.



VII. Coquilhatville et Eala.



L'Agriculture au Congo.


Coquilhatville est le sige d'un tribunal de
premiere instance et d'un conseil de guerre (1).


Les chefs des environs nous attendent la
rive ; plusieurs d'entre eux sont porteurs d'une


Fig. 72. Village wangata prs de Coquilhiatville


-7pi --_ e > t ` '' '~
0 ) jY 1 -
X, i ,q """""""""""' i


Fig. 70. I es chefs de la region de Coquilhatville nous attendant i la rive...


(i) La Justice au Congo.
Il y a au Congo belge :
i Six tribunaux de Irl instance composs de magistrats
de carrire, et qui, au point de vue de leur resort
respectif, se partagent la colonies en six territoires sen-
siblement de mme tendue. Ces tribunaux sigent
priodiquement dans les diffrentes rgions de leur
resort;
2 Des tribunaux territoriaux ayant come juge le
commissaire de district et come officer du ministre
public un docteur en droit. Il n'existe de tribunaux
territoriaux que dans les localits difficilement acces-
sibles aux tribunaux de ire instance.


Cette composition des tribunaux territoriaux est toute
temporaire, le gouvernement s'occupant activement de
remplacer par des magistrats de carrire les agents
administratifs nantis de functions judiciaires.
Les officers du ministre public, docteurs en droit,
possdent de plus un certain pouvoir juridictionnel pour
trancher les petits diffrends au course de leurs tournes.
Dans toutes les garnisons importantes sige un con-
seil de guerre, coimpos gnralement des mmes l-
ments que le tribunal territorial correspondent;
3 A Boma, un tribunal et un conseil de guerre
d'appel ;
4 A Bruxelles, un conseil suprieur sigeant tantt
come cour d'appel, tantt comme cour de cassation.












mdaille aux armes de la colonie, insigne de
leur reconnaissance officielle.
Dfinissons les chefferies indignes.
Le Congo belge se divise en douze provinces,
ou plutt, pour employer la terminologie congo-
laise, en douze districts; les districts se divisent
en secteurs, les secteurs en circonscriptions de


Fig. 71. J'elmmne wvangata.


dj des chefferies indignes,mais pour diverse
raisons, son application fut localise quelques
rgions.


Fig. 73. Fenueims wangata, indigne et demi-civilises.
Le collier, en cuivre massit, de la personnel de gauche, pse 12 kg.


Fig. 74. Station (le Coquilhatville en i903. Au premier plan, le bureau des postes et tlgraphes.


postes, et celles-ci en chefferies. Dans certain
districts, d'tendue considerable, il existe une
subdivision intermdiaire entire le district et le
secteur : c'est la zone (1). Un dcret du Roi-
Souverain, en date du 6 octobre 1891, traitait


(i) Dployer la carte I/5,ooo,ooo. Accentuer en bistre
les frontires de la colonie et les limits de district.
Souligner d'un trait de nmme nuance les chefs-lieux de
district t de zone; souligner d'un trait rouge tous les
postes officials..












Plus tard, le gouvernement dcida de gn-
raliser et de complter les prescriptions de 1891,
et un dcret du 3 juin 1906 fit de la chefferie
indigne la subdi-
vision ultime de l'or-
ganisation adminis-
trative de la colonie.

Les lignes suivan-
tes, extraites d'un -
rapport des secr-
taires gnraux, ex-
posent clairement le
principle des chef-
feries :

Ce sera un inter-
mdiaire souple, et
pour ainsi dire popu-
laire, qui servira de
trait d'union entire
l'Etat et les indi-
gnes, leur fera
accepter les ordres
du pouvoir, et qui
acquerra en outre,
en vertu d'une in-
IFig. 75.
,., ,,. ^' T ~
vestiture officielle, A droite et gauche, des alig
une influence suffi-
sante sur les populations pour les maintenir
dans l'obissance.
Les limits et la composition de la chefferie,
devenue unit organique,les droits et les devoirs
des chefs en matire administrative comme en
matire judiciaire, sont rgls par la
coutume indigne en tant que celle-ci


La region de Coquilhatville appartient la
grande fort quatoriale, o les conditions
climatologiques sont particulirement favorables


La Grande Avenue de Coquilhatville en 1894.
nements de jeunes plants de cafiers encercls de petits btonnets.

au dveloppement des plants tropicales
vgtation ininterrompue, et l'on conoit que
cette belle sta-
tion soit devenue
un centre de
cultures de pre-
mier ordre.


Fig. 76. La mme en 1898.


n'est pas contraire aux rgles d'ordre public
universal ou aux lois de la colonie.


avenues bordes d'arbres
de toutes espces.


Les plantations
de Coquilhat-
ville, commen-
ces en 1893,
couvrent une
superficie de 800
hectares. Elles
compare nnent
prs de 300,000
cafiers en plein
rapport, des
champs de caca-
oyers et diverse
cultures d'essen-
ces caoutchouc,
l'ensemble sil-
lonn de large
fruitiers tropicaux


-1i
r-i
:CI.
I~i~l~3:ti4 :i.ilh~LIIr.

...~











Depuis 1900, Coquilhatville compete une La direction du service de l'agricul-
annexe intressante, c'est le Jardin d'Eala. ture a pour attributions principles :

L'agriculture au Congo.
L'action gouvernementale.
Les entreprises prives.

Depuis longtemps, le gouver-
nement de la colonie a reconnu et
proclam que l'agriculture, parall-
lement l'industrie minire, devait
tre la base de la prosprit
conomique et humanitaire du Congo
belge. Et parmi les euvres les plus
durables accomplies par l'Etat Ind-
pendant, on doit citer l'organisation
du service de l'agriculture. Le quart
de sicle qui vient de s'couler ne
pouvait videmment voir se raliser
la transformation d'un pays neuf en
pays agricole, mais les bases jetes
sont puissantes, et l'exprience
acquise, dj considerable. Ds
aujourd'hui, on peut envisaged Fig. 77. Une alle de cocotiers Eala.
aujourd'hui, on peut envisager
avec confiance l'avenir agricole de notre a) Les travaux du jardin botanique et d'essai
colonie. d'Eala;


Fig. 78. Vue du jardin botanique; droite un coin de la vrandah du directeur.
39













b).L'tude des essences forestires et leur
exploitation, le service du contrle forestier
(21 agents) ;


l'ig 79. Ficus it la rive d'Ealu,


Fig. o. Le Borassus flobellifer. C'est l'arbre de certaines regions
(le brousse; il y rsiste trs bien aux incendies d'herbes.


Fig. 8. -- L'arbre des voyageurs (Ravenala mada ascariensis).
[.es feuilles de cette plante curieuse sont agencies (le telle faon )que
l'eau pluviale est amene dans les ga'nes formes par les ptioles,
o elle se conserve fraiche et limpide. Cette plante, offrant ainsi des
reserves d'eau, prsente un grand intrt pour les pays climate sec.


Fig. 8.. Arbre il gutla-percli;, originairre lc Siiiintra.
lspces expcdies ix F.ala par les s ins lu ijarlini coilnial de
I.aLeken (i). smi, foriine caisses vitres. Leur iacclliini:t.itiol est dimointre. l)'s uiie
les arbres donneront dles rainei's, on p)ourra les considirer
coimme tablis dalns le centre africain.
(i ) Les organisms mtropolitains de la direction de
l'agriculture sont :
io A Laeken, le jardin colonial, la ferme modle et
un tablissement de culture marachre et fruitire;
20 A Tervueren, un second tablissement de culture
marachre et fruitire.


u\^











c) La surveillance gnrale des cultures de
rapport, des cultures vivrires, des travaux de
reboisement, etc.;
d) L'lve du btail (8 vtrinaires et 17 le-
veurs).
Nous ne parlerons ici que des travaux
d'Eala (1).
Au jardin botanique, on runit non seulement
une collection aussi complete que possible de
spcimens de la flore indigne, mais aussi les
vgtaux exotiques, tropicaux ou intertropi-
caux utiles au point de vue commercial et indus-
triel, et don't l'acclimatation peut tre utilement
tente.
Cette parties d'Eala measure 20 hectares.
Environ un miller d'espces botaniques scien-
tifiquement dtermines y sont cultives par
groupements distincts, selon leur ordre natural.
Le jardin d'essai, en quelque sorte le corol-
laire du jardin botanique proprement dit, sert
exclusivement la culture exprimentale des
plants susceptibles de rendement commercial.
Sur une tendue de 80 hectares, nous y trou-
vons toutes les plants de rapport des rgions
tropicales du globe que l'on peut classer dans
les categories suivantes :


Fig. 84. Hevea brasiliensis, caout.houquier du Para (Brsil).
Manire. rationnelle de saigner un arbre caoutchouc.
l.'icvea est un arbre gigantesque don't on pourrait compare le feuillage
celui de notre frne. Introduit Ceyian et en Malaisie, il y a
fourni des rendements trs important; aussi les planteurs indiens
ont-ils donn a sa culture un dveloppement considerable. Ai Congo,
des experiences faites, il rsulte qu'on peut s'attendre de trs bons
rsultats.


a) plants caoutchouc : arbres et lines
africains et trangers;
b) plants gutta-percha (Sumatra);


Fig. 83. Vue de la vanillire d'Eala, prise en avril 1907.
Les vanilliers avaient alors i mtre de haut. Deux ans aprs, certaines
tiges atteignaient o1 12 mtres.

c) plants Balata guttaa de Guyane);
d) plants pseudo-alimentaires : cafiers,
cacaoyers, thiers, etc.;
e) plants parfum : verveine, citronnelle,
vtiver, patchouli, etc.;
f) plants tinctoriales et tannantes : rocou,
cachou, etc. ;
g) plants mdicinales;
h) plants pices et aromates : cannelier,
muscadier, giroflier, vanillier, etc.;
i) plants textiles : coton, chanvre-alos,
chanvre de sisal, jute, abaca, ramie, etc.;
Des essais de culture de diverse espces de
coton sont poursuivis en n:me temps dans
d'autres centres agricoles, notamment dans le
Bas-Congo Kalamu, Tshela, Kionzo (prs
de Matadi) et chez les chefs indignes du
Mayumbe.
j) plants fourragres;
k) plants fruitires;
1) plants alimentaires, etc.;
Les espces les plus intressantes sont actuel-
lement celles de la premiere catgorie; nous

(I) L. PYNAERT, Le Jardin d'essai d' Fala. (Expansion
Belge, nos 2, 3, 4 et 5 de 1909.)
































Fig. 85. -- Irehs, appels I untumia elastica depuis 1902.
L'irel est l'un des principaux producteurs de caoutchouc d'Afrique central. Les
spcimens de la ligure 85 ont 6t plants en 191 ; ils mesurent actuellement
(en septembre ig9o) i3 mtres de laut et o09go de circonfrence de tronc un
mtre du sol


Fig. 86. Entre du Jardin d'essai, Eala.
A gauche, des Castilloa Tunu; plants en i9ir, ils mesurent aujourd'hui (sept. I0o8S)
la mtres de hauteur et viior d(e circonfrence a la base; i droite, des Castilloa
elastica.


Fig. 88. La ferme d'Eala.
Sans culiiiie, sans levage, on ne dveloppe gure une contre, ni mme un post.
songer a pourvoir a l'alimentation des habitants. D'un autre ct, un planter do
trait pour ses machines agricoles et d'engrais pour fumer ses plantations. Eala poss


trouvons Eala les varits suivantes
d'arbres caoutchouc, ranges par ordre
de priority :
1" L'Hevea brasiliensis (caoutchou-
quier du Parai don't on estime le
rendement annuel 250 grammes de
caoutchouc, ds la huitime anne;
2 Le Funtumia elastica (Ireh), caout-
chouquier d'Afrique central, don't le
rendement moyen annuel est estim
125 grammes, partir de la huitime
anne;
3 Les Castilloa Tunu et elastica
(caoutch.d'Amrique central) ;
4o Le Ficus elastica (caoutch. d'Inde)
introduit au Congo depuis longtemps ;
5 Le Manihot glaziovii (caoutch. de
Ceara).
L'ordre de priority tabli provient de
la facility de la culture, de la valeur du
produit, de la resistance aux maladies
et de la dure de vitalit de l'espce.
Les essais portent galement sur les
lines caoutchouc africaines et tran-
gres ; les rsultats obtenus sont encore
insuffisants pour juger du rendement de
semblables cultures (1).
Les tudes exprimentales et com-
paratives poursuivies Eala guident
le gouvernement dans les measures qu'il
dicte en vue d'assurer la protection et
la replantation des essences caout-
chouc..
Un dcret en date du 22 septem-
bre 1904,compltant les dcrets de 1899
et de 1902, stipule que par tonne de
caoutchouc frais rcolte,il sera mis en
terre 500 plants d'arbres ou de lines
laticifres (150 s'il s'agit du caoutchouc
dit des herbes ). Les agents du
contrle forestier,
par des visits fr-
quentesaux champs
de culture, veillent
a l'excution de ces
prescriptions.

( ) Les rsultats ob-
tenus par la direction
de l'agriculture dans
ses divers tablisse-
inents sont publis
rgulirceent par les
soins de l'Office colo-
nial, en annexc au Bul-
Il faut, (les l'occupation,
it disposer d'animaux de letin official di Congo
de tout cela. belge.












Une ferme modle est annexe au jardin
d'Eala : elle compete cinquante ttes de gros


Bangala (1). La station de Nouvelle-Anvers
fut cre, en mai 1883. par le capitaine Hanssens
et le lieutenant Coquilhat. Le regrett
Coquilhat, dans son beau livre
Sur le Haut-Congo, nous conte
de faon pittoresque et prcise


Fig. o9. Un coin de Nouvelle-Anvers en 19oo.


Fig. 87. Ces rcolteurs de caoutchouc de lines incident en
plaies circulaires le tronc et les rameaux secondaires; les
incisions sont distantes d'environ ol5o les unes des autres;
des petits pots reoivent le latex. Celui-ci, par coagulation,
donne le caoutchouc frais que l'on soumet alors une
dessiccation d'un mois sur schoirs abrits.


btail, trois cents chvres et moutons et des
animaux divers de basse-cour.
Nous trouvons encore Eala une station
mtorologique, des laboratoires de chimie
agricole et de pathologie vgtale et une cole
professionnelle.
Tous les jeunes agents du service de l'agri-
culture font un stage Eala.
Cet tablissement est en relation avec tous les
jardins botaniques du monde entier et les
changes de graines sont constants.

VIII. Le pays des Bangala.

Aprs Coquilhatville puis Lulonga, voici
Nouvelle-Anvers, chef-lieu du district des


Fig. 89. Nouvelle-Anvers en aot I885, d'aprs une esquisse de Coquilha


son installation chez les terrible
Bangala (2).
S Saluons en passant la mmoire de cet illustre
pionnier de l'oeuvre belge en Afrique central.


Fig. 91. Les pcheuses bangala du Muse de Tervueren (3)

Que de fois, dans nos veilles sous la sylve
quatoriale, avons-nous parcouru et mdit le
rcit passionnant de la creation de Nouvelle-
Anvers, pages sublimes d'o se dgagent
avec grandeur les difficults dconcertantes
du dbut et la volont triomphante des
premiers d'entre nous.
j Nous sommes six cents kilomtres
de Lopoldville, crivait Coquilhat, et onze
cents de la mer, coups de toute communi-

(i) Les Bangala, CYR. VAN OVERBERGHI-, 1907.
S (2) Sur le Hant-Congo, COQUILHAT,
(3) Annales du Mluse de Tervierein. Zoologie. Les
poissons du Congo, par G. A. BOULANGER.
Les Pclienres et les poissons du Congo, par A. GOFFIN,
t. sous-chef de bureau aux colonies. Bruxelles i909.












cation avec le monde civilis et l'expdition, et
livrs nous-mmes pour crer, avec d'infimes
resources, le noyau d'un centre civilisateur
au milieu de populations primitives peine
entrevues.
Cette situation nouvelle, dans laquelle l'ini-
tiative aura libre carrire, est pour nous d'une
saveur toute spciale. Malgr l'aspect un peu
farouche des indignes, nous avons confiance.
Leurs auglomrations ne paraissent ni trs
denses ni fort unies politiquement ; une fraction
au moins est accessible et se prte la conver-
sation et l'change de vivres contre les
marchandises. C'est le premier chanon d'une
suite de liens nouer. C'est une sensation dli-
cieuse de se sentir matre absolu de ses actes,


officielles, tablissements commerciaux et
missions religieuses. Les administrations mtro-


Fig. 93. Le rhinocros blanc, tu prs de Lado, par M3. A. Solvay.
La /lwinie congolaise comporte esseniielement : ", dans les rgions de brousse et lions (particulirement nombreux aux environs des Grands Lacs), des rhinoceros des buliles (que
l'on rencontre aussi en fortt, des civettes, des mangoustes, des cervals, etc.


nettement responsible de
leurs rsultats et invest
d'une mission bien dfi-
nie, belle par son but
lev et grosse de cons-
quences avantageuses au
progrs, si elle russit!
L est le stimulant de
notre activity, la raison
de notre indifference pour
l'absence de confort, et
l'une des causes du main-
tien de notre sant dans
des conditions hygini-
ques dfectueuses.
Avant de quitter la
station de Nouvelle-An-
vers, je crois utile de vous
initier en quelques mots
l'alimentation des Eu-
ropens dans les stations


Fig. 92.- Le btail de lanzyville.
Un jeune lphant
s'est mule au troupeau.

politaines expdient p-
riodiquement leurs
agents :
lo Certaines denres:
beurre, sucre, farine, pi-
ces et le vin (en moyenne
un demi-litre par agent et
par jour) ;
2, Des graines pota-
gres. Dans tous les
tablissements occups
par des blancs, des pota-
gers ont t crs depuis
longtemps et on y cultive


lig. 9. Le farniente chez l'hippo.
14une, congolaise : se, Partout, en pays de savane,et de brousse comme en fort : l'lpli nt (en
troupeaux particulirenent noimbreux d.ins le Nord) ,'hippopotame, le sanglier, l'antilope (les
troupeaux les.,pius nombreux en planee, des singes d'espces trs varies, le lopard (plus
rpandu et plus froce en pays lierbeux), l'cureuil, l'hyne, etc.












avec succs presque tous les lgumes, tant
tropicaux .qu'europens.


1 ig. 95. Ces irdigncs viennei.t de vendre i un blanc la dpouille d'


De plus, une parties du budget journalier est
consacre l'achat de vivres indignes: lgumes,
crales, volaille, petit btail,
poisson. De nombreuses popu-
lations congolaises pratiquent
l'levage du mouton, de la
"^ .. chvre,du cochon et desoiseaux
de basse cour (poules et
W .' canards). Seuls, les indignes
des regions herbeuses du Nord
et de l'Est possdent des trou-
peaux de gros btail que le
gouvernement s'occupe active-
ment de propager dans tous
les districts de la colonie.
L'important service de l'le-
vage du gros btail et de son
-',, utilisation pour les travaux
S' agricoles est assur par huit
:" '" vtrinaires et dix-sept leveurs.
n cochon savage Ce personnel dirige cent postes
'un cochon sa ivadge


Ilig 96. -- L'antilope, type Valengi a, antilope-cheval.


Fig. 97. -- L'okapi de la station d'Api.
Ruminant de la famille des (irallids, intermdiaire entre les
Giraffide ,, tertiaires et les girafes actuelles.
L'okapi, signal dans les regions Nord et Nord-Est de lu gr.nide
fort congolaise, a surtout t observ et chass dans le Haut-
Ituri (lire ce sujet les Annales diu jllase de Ter7uren, de
septembre 1907).
fJaune congolaise : 3, au Nord de la grande fort : la girafe,
l'okapi, le rat des roseaux, le lapin, etc.

Dans les regions leves on est mme par-
venu acclimater le bl et la pomme de terre.


Fig: q8. Les zbres capturs au Katanga par le capitaine Nys.
Faune congolaise : e, au Sud : le zbre, le lynx, etc.

rpartis principalement dans les rgions des
savanes, la grande fort convenant beau-


~











coup moins pour l'tablissement de fermes
d'levage.


Fig. [on. Vapeur au large d'Upoto.
Ajoutons incidemment
que les troupeaux de
Mateba et de l'Angola
fournissent rgulirement
de la viande frache aux /
stations du Bas-Congo et
Lopoldville.
Enfin, les gibiers de
toutes espces, de poil et
de plume, fournissent un
prcieux appoint, et vous
conclurez avec moi, chers
lecteurs, qu'avec l'aide
d'un boy-cuisinier raison-
nablement dress, nos
sFig. 99. L'hlbitation du coming
tables africaines prsen-
tent un confort suffisanm'mnt substantial.
A bord des steamers, toutefois, les conditions
sont plus dlicates : malgr les provisions de
lgumes que les capitaines peuvent se procurer
dans les stations riveraines, malgr les quelques
chvres et poules achetes aux indignes, les
conserves prennent large place dans les menus.
Il y a l une lacune que comblera bientt,
esprons-le, l'initiative prive. Une compagnie
commercial qui chelonnerait, de Lopoldville
Stanleyville, quelques postes de ravitaille-
ment, s'approvisionnant rgulirement des
stations d'levage bien choisies, ferait certes de
brillantes affaires.
Les lments principaux de l'alimentation
vgtale chez l'indigne sont, dans la region
central, le manioc et la banane. Le manioc
est utilis sous forme de chikwangue, de
carotte bouillie l'eau ou de farine; le premier
de ces usages est le plus gnral. Aliments
secondaires : patates douces, ignames, kundju
(vulgairement pommes de terre ariennes ),


arachides, courges, pinards, feuilles de manioc,
mas, huile de palme, etc.
Dans la Province Orientale, l'Uele et le Sud
de la colonie, les noirs se nourrissent surtout de
crales: mas, sorgho, leusine, ssame, millet.
En amount de Stanleyville, les Arabes ont intro-
duit la culture du riz, qui, aujourd'hui, se
gnralise dans toute la colonie.
Epars dans les champs indignes, nous
trouverons quelques plants de tabac, des buis-
sons de ricin, des touffes de poivriers (pili-pili).
Quelques rares populations cultivent le chanvre
pourlefumer, mais on conoit que les Europens
s'occupent nergiquement de faire disparatre
ce dangereux vgtal.
Le ngre est trs friend de viande et de
poisson.
L'eau est sa boisson
habituelle; les chefs et
les hommes libres ne d-
daignent cependant pas
le vin de palme et diverse
boissons fermentes, bi-
res de canne sucre, de
banane,de sorgho,d'leu-
sine ou de mas.

Au del de Nouvelle-
Anvers,ia valle du fleuve
s'largit considrable-
ment; les rives et les les,
andant du camp d'instruction de Lisala. basses et boises, sont


Fii. ior. Guerrier et femmes upoto.
Les tresses de grosses perles blanches sont les parures caractris-
tiques de ces dames d'Upoto. Certaines garnitures atteignent un
poids de 15 a 20 kilogs. Aux pieds et aux poignets, des bracelets
massifs en cuivre.

inondes pendant la moiti de l'anne; le vapeur,
la monte,emprunte de prfrence les chenaux













ali


*1


s


I ~


Fig. ioibis. SUR LE HAUT-CONGO : VISION QUATORIALE. Reprodtction interdite.
Au premier plan, vgtation semi-inonde; les crues annuelles ont mis a nu les racines les plus exposes. Au loin, une vue infinie entire deux les don't
les pais feuillages se refltent en teintes agrablement varies dans les eaux gris-fer du grand fleuve.
Voila la signification matrielle du tableau.
L'auteur de cette reproduction si caractristique de l'une des pages du livre grandiose de la nature congolaise russit merveille nous communiquer
l'impression de calme majestueux, le sentiment de posie sauvage de cette vision quatoriale.


. .- ..


rc,

:iP











latraux, o le courant est plus faible ; aux e;
basses, l'utilisation de ces chenaux per
d'viter les inconvnients qu'occasionnent,
milieu du fleuve, les bancs de sable don't
dplacements capricieux ont caus mai
mcomptes.
A trois jours de navi-
gation de Nouvelle-Anvers,
nous longeons, dominant la
rive Nord, les hauteurs
d'Umangi et d'Upoto, cou-
ronnes de villages trs
denses. COGYO.
Les Upoto, si bizarre-
ment tatous, nous saluent
de leurs cris,de leurs chants,
auxquels rpondent les
choeurs et les batteries de
tams-tams de nos hommes .;. '
d'quipage.

Nous pourrions continue ,.
naviguer sur le fleuve '- .'
jusqu'aux rapides de Stan-
ley, d'o part le premier "
tronon du chemin de fer
du Congo suprieur aux
Grands Lacs, mais je crois
opportun de donner au


IX. Le district de l'Uele.

Quittons le fleuve et remontons l'Itimbiri-
Rubi bord d'un vapeur de 35 tonnes, affect
la liaison Buta-G.
Vers le sixime jour, arrt au seuil de la chute


Carte VIII. -- Le district de l'Uele et l'Enclave de .ado.


de O; nous dlaissons notre
comfortable steamer pour
nous embarquer, en amount
de l'obstacle, sur le Milz,
a qui nous conduira Buta,
terminus de la navigation
sur ce bief secondaire et
station tte d'tape du dis-
trict de I'Uele.
Fidle la mission que
nous nous sommes impose
de rappeler, chemin faisant,
l'histoire de l'occupation des
provinces que nous visitors,
voquons brivement les
faits essentiels de la prise
de possession du bassin de
Fig. tou. /Iakrakra.
Station occupe en r8o2 par Pollicier belge attach en quality de ,, resident .-, auprs du sultan Azande Smio. I'Uele.
Balcrakra, situe sur la rive gauche du Bomu, par 295' environ de longitude Est, lut le point de En 1890, le commandant
dpart des colonnes belges qui parcoururent et occuprent le Bahr-El-Ghazal avant l'arrangement
franco-congolais du 14 aoit r804. Celui-ci limit au Bomu. nos territoires septentrionaux. Roget, chef du district de
l'Aruwimi,partit du camp de
lecteur l'occasion de visiter le district Basoko en compagnie du lieutenant Milz,
de l'Uele, le plus septentrional du Congo remonta l'Itimbiri et la Likati, traita avec
belge. Enguettra, puis avec Djabbir, le plus puissant
** chef des Azande-Abandja.











Laissant Milz crer une station -
prs de la zriba de Djabbir, r"rt
Roget parcourut les populations DUNGU. --
abandja de la valle du Bili et "'76 -. .
parvint quelques heures de .'
march du Bomu. ' i W
En 1892-93, l'inspecteur d'Etat . 'i
Vankerckhoven remonta l'Uele
et occupa le pays de Abarambo et ''fl
des Mangbetu; son expedition 5 ,'
atteignit le Nil, o quelques pos- J .. ,
tes furent crs. Mais bientt, .- -i i''
l'approche d'importantes bandes .' li
madhistes rendit intenables nos -
faibles troupes les rives du Nil, et -' .- --- ---
l'expdition vint se fortifier -
Dungu.
Durngu Fig. .o3. Le fort et le camp de iDungu en 1896. Croquis du lieutenant R. Dubreucq,
Durant une priode de trois commandant le camp.
I)ungu, alors point extreme de notre occupation vers le Norl-Est, comptait douze
ans, le commissaire de district officers et sous-olficiers cur.)pens et 800 soldats noirs. L'enceinte pen agonale consistait
en une solid zriba (parapet surmont d'une palissade); aux angles, petites zribas
de l'Uele eut, comme proccu- flanquantes, garnies de canons i tir rapide; au saillant principal, observatoire et bar-
bette dominant arme de trois canons. C'est la garnison de Dungu que Chaltin mena
pation essentielle, la soumission au Nil en 1897.

















Fig. 114. Dungu en 1904.
\'ue prise de lile, entoure de rapides, que l'on remarque sur le croquis n'ro3. Des maisons spacieuses en briques, entoures de large
vrandalis, ont remplac les habitations en pis de r896. Dungn est actuellement le chef-lieu de la zone Gurba-Dungo, l'une des
quatre zones du district de l'Uele.

-, effective des puissants chefs azande-avungura,
-qui se partagent les rgions septentrionales
de la colonie.
En 1896, le Roi-Souverain jugea le moment
opportun de roccuper, titre dfinitif, l'Equa-
toria, l'ancienne province d'Emin Pacha.
Sa Majest confia cette glorieuse mission
Chaltin, chef des territoires de l'Uele, et au
baron Dhanis, commandant suprieur de la
Province Orientale.
A la tte des troupes runies Dungu (1),
Chaltin se mit en march en dcembre 1896,
pour crer, six jours vers l'Est, une base plus
rapproche de l'objectif final. Il quitta cette
Fig. w5. F lemmues mangbetu.
Caractristiques : traits affins, chevelure soigneusemtent tresse ou
artistement monte sur un canevas vgtal. Les femmes de chef (i) 800 soldats, encadrs par 8 officers et sous-offi-
portent parfois un bouton d'ivoire ou d'argent lich dans une
aile du nez. ciers et unt canon de montagne.












station (aujourd'hui Vankerckhovenville) le
1er janvier 1897.
Le 14 fvrier, l'expdition arriva sur les bords
du Nil, hauteur de l'ancienne station
gyptienne de Bedden, et prit aussitt contact
avec les madhistes.






















Fig. o06. Chef mangbetu.
Dtails caractristiques : coiffure, instrument de musique, chaise.
Les Mangbetu, come leurs voisins les Abarambo, sont le
rsultat de la fusion entire Nubiens et Bantu. Population
particulirement intressante d'agriculteurs.


Le 17, aprs deux journes de lutte farouche,
o chaque parti jouait son va-tout, Chaltin
enleva Redjaf.
Depuis ce jour, le drapeau bleu toil d'or
flotte sur les rives du fleuve des Pharaons.
Rappelons que le commandant franais Mar-
chand arriva Fashoda le 10 juillet 1898, et
que Kitchener reconquit
Khartum le 3 septembre
suivant. Durant les an-
nes 1897 et 1898, l'exp-
dition belge assuma donc
la mission prilleuse d'ar-
rter un reflux ventuel
vers le Sud des forces
madhistes du Bahr-el-
Gazal
L'enclave de Lado nous
est donne bail (arran-
gement dfinitif du
9 mai 1906) pendant la
dure du rgne de S. M.
le Roi Lopold II. A Aspect typique des r
l'expiration de ce rgne,
ces territoires seront remis au gouvernement
soudanais. Pour la petite enclave de Makagi, le


bail restera en vigueur aussi longtemps que
le Congo sera colonie belge.


Fig. 107.- Guerriers azande.
Sentinelle et sonneur de trompe posts sur une termitire.
Les Azande (Abandja l'Ouest, Avungura l'Est), sont
d'origine nubienne. Ce sont des guerriers et des chasseurs.
.'appel aux armes de la population valide s'effectue chez
les Azarde, come chez les Mangbetu d'ailleurs, de
prfrence la nuit, sons de gongs et de trompes. Durant
les hostilits, les batteries nocturnes de gongs assurent
les communications entire parties allis, tandis que les
trompes servent, le jour, aux provocations et aux signaux
d'alerte et de combat.

Au dbut de l'occupation de l'enclave, notre
petite arme de Redjaf fut exclusivement ravi-
taille par la voie de l'Uele, et il y a 1,000 kilo-
mtres de Buta Redjaf !


'ig. wo8. Vue du post de Redjal uon i)o3.
ives du Nil en aval des rapids de Hedden. Region de savanes.

Ce fait nous amne tout naturellement dire
un mot du problme des communications tel













qu'il se prsente dans le centre congolais. C'est
l, au double point de vue conomique et huma-


nitaire, une question des plus important.
En effet, amliorer et multiplier les moyens


Vig. ioo. Les vainqueurs de Redjaf (i).


--Amj


Fig. o10. Le petit vapeur belge VI'kerck/hoven
don't le port d'attache est Redjal.
C'est bord du lVaiTkereckhen, qu'en janvier 9goo, le
capitaine Henry, chef des forces congolaises runies dans
l'enclave, descendit le Nil et se rendit K;irtumi pour
y saluer les autorits anglo-gyptiennes.

(I) En souvenir de joies et de misres partages, nous
offrons l'hommage de ce mdaillon nos anciens
camarades du camp de Dungu.


Fig iir. Le Nil prs du Caire.
L'arrangement anglo-congolnis du inai tooo, qui fixe It
dure du bail des enclaves de ILado et de Mahagi, comporte
encore, entiree atres clauses : l'tablissement d'un port
commercial belge dans lat region d1i Lado. I: libert dle
navigation pour nos bateaux sur le Haut-Nil; le libre
transit an Soudan et en Egypte des personnel et marchandises
venant du Congo belge oi s'y rendant.



Nous regrettons vivement n'avoir pu nous procurer la
photographic de feu le sergent Cajot qui fut bless
deux reprises au combat de Redjaf.











de pntration, assurer des relations faciles entire
les postes d'occupation, stations officielles, ta-


-- *.
: . ."



Fig. 1i2. Les nutos Buta.
Ces lgeres voitures vapeur, chauffees au bois, peuvent transporter
plus les quantits d'eau et de bois suffisantes pour parcouri


blissements commerciaux et missions, faciliter
les transports d'importation de marchandises
d'Europe et l'vacuation vers
l'Ocan des products du sol
congolais, et cela en rduisant
au minimum puis en suppri-
mant la dure corve du portage,
n'est-ce pas une parties essen-
tielle du programme qui s'im-
pose notre gouvernement
colonial ?
Mais ce programme sim-
pliste correspondent des solu-
tions bien complexes.
Nous avons esquiss, au
commencement de cette tude,
l'immense rseau navigable
congolais que le chemin de fer
Lopoldville-Matadi a dfiniti-
vement reli l'Ocan. Des
diverse extrmits fluviales
accessible aux vapeurs,rayon-
nent vers la priphrie de la
colonie autant de voies de
communication. C'est ainsi que Fi.
de Buta, de Stanleyville et de
Lusambo parent, vers la frontire orientale,
trois routes de premiere importance. L'encom-


brement s'y accentue chaque jour et le gouver-
nement doit y faire face en visant la suppression
prochaine du portage.
Dans les directions
o les ncessits co-
nomiques l'exigent, il
imported d'adopter des
solutions dfinitives et
completes: les chemins
de fer et les bateaux
vapeur. Il en est ainsi
en amount de Stanley-
ville ; nous y revien-
drons.
Sur la route qui relief
L l'Itimbiri au Nil, les
conditions sont moins
S .l, imprieuses et on uti-
..-. lise, en vuede soulager
puis de supprimer le
portage, des lments
.. secondaires, qu'il
est trs intressant
d'ailleurs d'examiner.
Il y a 1,000 kilom-
i,5oo kilogs de marchandises, trees, disions-nous. de
r 25 kilomtres.
Buta Redjaf. Nous
pouvons diviser le trac en quatre tronons


peu prs gaux :


Route pour automobiles de But- Biambili, au kilomtre r7.
Le pont sur la Dibungo.

Le premier, de Buta Bambili, pour les deux
tiers en pleine fort, sera parcouru par des auto-











mobiles. Le second tronon, de Bambili
Dungu, correspond une parties du course
de l'Uele suffisamment accessible aux
pirogues et baleinires.
Sur les troisime et quatrime tronons,
de Dungu Faradje et de Faradje au Nil,
le portage dos d'homme, quoique peu
rigoureux en raison des facilits topogra-
phiques, est, depuis 1904, srieusement
attnu par l'utilisation de chariots trans
par des boeufs; on y a essay aussi des
nes de bt amens d'Egypte f- .
L'automobile arrivera incessamment .,.
Bambili, et, fix par l'exprience quant au --
type dfinitif de voitures adopter, le
gouvernement Fig. Une vingtuine de chariots, attels gnralement de
quatre paires de b se udci- de Dungu-Ye. Des posters de relai. avec remises et
tables, sont installs tout le long du traIet, a
des distances de io it 12 kilomtres.

de nombreux et habiles terras-
siers. En d'autres points de
la colonie, le gouvernement
s'occupe activement de re-
chercher et de dvelopper
ces lments secondaires >,
et, depuis plusieurs annes,
*. on procde des essais d'uti-
lisation d'animaux propres,
sous les tropiques, la trac-
. .. tion ou au portage : boeufs
S :.' -. des routes du Nil etde Kasongo,
P,. .. .-essais tout locaux de bovids
et de mules dans diverse sta-

Fig. ri5. Anes de bt essays pour les transports dans la ,'.
region montagneuse entire Ye et R.edjaf.

deravraisemblablement prolonger
la route d'autos vers l'Est en
suivant la rive gauche
de l'Uele jusque Dun-
gu, puis le trac actuel
de la route de portage .
de Dungu au Nil.
L'excution de ces
tronons sera rapide;
la region traverser,
largement ondule, est
couverte d'herbe ou de
brousse maigre; les
valles seules sont
boises
Les laborieuses po-
pulations abarambo et Fig. iit. Attelage di commandant baron Charles de Rennette, au haras dce iambili.
mangbetu fourniront Les chevaux de Bambili proviennent du Sngal (vi Bioma) et du Chari (eu caravane, par la frontire du Bomu).












tions, chevaux du haras de Bambili, chameaux
de Lopoldville, zbres du Katanga, lphants


du camp d'Api. De tous ces essais, ceux du
camp d'Api competent plusieurs titres parmi


Fig. 118. Les lphants d'Api. Tous les matins, ds l'aube, par leurs barrissements rpts,
les jeunes lphants rclament la libert. Conduits par leurs cornacs, ils se dirigent vers les pturages.


Fig. 117. Les chameaux Lopoldville Ces animaux, achets Tnriffe, proviennent des kraals de l'ile de Fuertaventura, l'une des Canaries.
Les chameaux, utiliss Lopoldville pour le transport des matriaux de construction, se sont trs bien accoutums au climate congolais.
Ils sont vigoureux, s'accommodent bien des fourrages locaux et se reproduisent normalement.











les plus intressants (1). Tandis que les l- champs de capture;
plants de race asiatique n'ont cess d'tre element le centre de
employs au service de
l'homme, la domesti-
cation de la race afri-
caine a t interrompue
pendant de longs si-
cles et n'a t reprise
srieusement que de-
puis une dizaine d'an-
nes,grce l'initiative
de l'Etat du Congo.
Ds 1899, le gou-
vernement de l'Etat In-
dpendant co'nfia au
capitaine Laplume la Fig- im les lphants d'Api.
capitaine Laplume la iPendant les heures raiclihes (le lIt journe, on utilise les elphants
mission de capture et a trau.sport dle materiaux wagonnets. C ertains suits trainent lat charrue et suivent atten-
de dresser des l- tivement le sillon come le feraient les beufs les mieux dresss.
phants. Les territoires semi-forestiers de la rive compete Api une qu
droite de l'Uele moyen furent choisis comme Du 13 juillet au 31


le kraal d'Api est actuel-
es travaux d'levage et
de domestication.
Les dbuts de la
mission Laplume ont
t particulirement
pnibles; on eut d'a-
bord vaincre la rpu-
gnance des indignes
pour un genre d'op-
ration qu'ils n'avaient
jamais pratiqu ; ce
furent ensuite de longs
ttonnements pour ar-
river raliser les cap-
tures sans danger ni
dchet.
Aujourd'hui, on
arantaine d'lphants.
aot 1908, six d'entre eux


Fig. i-o. )e midi a 3 heures, les animaux sont rintgrs dans le .. kraa.l et mis l'ombre; ils ressortent pour le bain,
qui est suivi d'une second sance (i) P. BouRDARIE,L'E:lpihani d'Afrique. L'A ricullt're ont effectu,docilement et sans le moindre dom-
pratiq ide es fs chauuds (Jui u :Doesti- 7) mage, un parcours de 700 kln., suivant l'itin-
lcation de 'Elphant. Annex aux no,El It e rr :Api-Bambili-Titule-Buta et retour.
cation de 'Elphant. Annexe aux nSIo,: et 12 de,19o7. raire Api-Bambili-Titule-Buta et retour.











Ce premier raid et les rsultats de dressage
obtenus Api permettent d'affirmer que l'l-
phant d'Afrique est tout aussi susceptible de
domestication que son congnre asiatique.


Fig. 121. Basoko, au confluent de l'Aruwiiii.
Station cre en 1889 par le regrett major d'E.-M. Lon :Roget.
Le camp de Basoko devait arrter les progrs vers l'Ouest de
l'occupation arabe et servir ventuellemcnt de base une action
offensive contre les esclavagistes.

Quand les sujets dresss auront atteint l'ge
adulte (15 20 ans), ils serviront capture
les lphants sauvages, ainsi que cela se
pratique aux Indes.


Fig. 125. Pirogues et pagayeurs turumbu accompagnant, le 28 november
Stanleyville le vice-gouverneur gnral Lanton

Les essais d'Api seront videmment poursui-
vis en de multiples points du Congo belge, en
fort comme en savane; ils procureront nos
stations et nos ports des animaux indignes,
intelligent et forts, aptes tous les services


locaux de transports et de manipulations.
En mme temps, on conservera, en le rgula-
risant, le commerce de l'ivoire.


Fig. 122. L'officier commandant la station de Basoko. Mal 1902.

Reprenons Bumba le Brabant, et gagnons
Stanleyville.
Le deuxime jour, tape Basoko, chef-lieu
du district de l'Aruwimi. L'Aruwimi (Ituri dans
le haut course) est cette rivire barre de mul-
tiples et dangereux rapides que Stanley remonta
en 1887, lors de son expedition vers le lac
Albert Nyanza, au se-
cours d'Emin Pacha.
C'est dans les forts de
l'lturi que Stanley ren-
contra des peuplades
nomades de nains.
< Ces pygmes,crit-
il, d'une stature variant
de 92 138 centimtres
et don't le plus robust
ne pse gure au del
de 40 kilogrammes,
S habitent la fort vierge
et se nourrissent de
gibier (1).
Il nous a t donn
de rencontrer des tribus
de l'espce en pays de
planes, dans le Haut-
Bomokandi. On les
e le vapeur qui amenait signal d'ailleurs en de
e l908, le vapeur qui amenait a
nois. nombreux points de la
colonie.
C'est sur les rives du course suprieur extreme
de l'Aruwimi que se trouve la region minire
de Kilo. On y exploit des alluvions aurifres
(i) Dans les tnbres de l'Afrique; recherche, dlivrance
et retraite d'Emin Pacha, par H.-M. STANLEY











dposes dans les nombreuses valles qui sil-
lonnent le pays, et la superficie connue de cette
zone, dit un rapport de prospection, peut tre
value plus de 3000 kilomtres carrs.


qui ne manquera pas de provoquer des prospec-
tions actives dans les hautes valles des bassins
de l'Aruwimi-Ituri, du Nepoko et du Kibali.
En amount de Basoko, les rives du fleuve se
rapprochent et se relvent, tantt majestueuse-
ment boises, tantt dlicieusement ombrages
de bananiers et de palmiers; leur aspect pitto-
resque et vari rompt heureusement la mono-
tonie des interminables [sites inonds du
Moyen-Congo.
A partir du confluent du Lomami, le fleuve


Fig. 123. Population d'un petit village de nains,
prs de Bomili (Haut-Ituri).

Kilo est situ 20 de latitude N., une alti-
ude moyenne de 1500 mtres; le climate y est


Fig. r24. Mobali.
Population de pcheurs avoisinant Avakubi et Bomili (Haut-Ituri).
Ce sont des Bantu de la grande fort.

se rtrcit de plus en plus,les les se font rares,
les villages se succdent nombreux, environns
de vastes bananeraies et de rizires; le courant
s'accentue, les roches apparaissent; aussi les


Fig. 127. Bateke.
Population essentiellement commerante des rives du Stanley-Pool.
Bantu de la brousse occidentale.

trs bon. C'est donc une region de grand avenir.
Les dcouvertes minires ralises aux envi-
rons de Kilo sont une indication prcieuse


Fig. iro l.'ariive d'un va.pl, ir la riv le Se Stanleyville.

sondeurs, l'avant du vapeur, redoublent-ils
d'attention.

A bord, l'agitation va croissant, les chants et
les batteries de tams-tanis font rage; chacun,
blanc ou noir, fait un brin de toilette; nous
touchons Stanleyville, la clef de la Province
Orientale.












X. Les populations congolaises.


Arrtons-nous durant
Stanleyville et esquis-
sons le schma de
l'ethnographie congo-
laise.
Nous adopterons le
dispositif ethnique de
MM. Goffart et Moris-
sens (1) qui rapportent
les populations de no-
tre colonie quatre
races bien distinctes :
I. Les Bantu, qui
couvrent peu prs
toute la superficie du

(i) Le Congo physique,
politique et conomique. 2e
dition. F. GOFFARD et
G. MORISSENS. Bruxelles,
1909. chez Misch et Thron.


quelques instants


Fig. 128. Dem
Femmes manyema, bantu de


Congo belge et que l'on peut diviser en Bantu
occidentaux et en Bantu orientaux.
A. Bantu occidentaux. Ce sont :
1 Les Bantu de la
cte et de la brousse,
en gnral modifis par
un long contact avec
les Europens;
20 Les Bantu de la
-. grande fort quato-
riale, organiss en pe-
tites chefferies et mon-
trant un got prononc
pour les tatouages :
l'Ouest les tribus de la
boucle de l'Ubangi:
Bangala, Sango, Bu-
dja, Ababua, etc. ; au
centre lesMongo et les
Kundu; l'Est les
i-civilises. Lukele, les Wagenia,
s savanes du Sud. les Mobali, etc.;


Grandes divisions ethniques.


Carte IX. Congo belge.





























Fig. i3r. A l'E luateur et dans toute la region occidental de
la grande fort, les villages sont furms d'un double alignment
de huttes rectangulaires. A l'extrieur, quatre ou cinq ranges de
bananiers, puis les champs de manioc. Ces villages ont un dve-
loppement parfois considerable, variant de 2 ou 3 kilomtres a
piusie.rs journes de march.


Fig. 2. Chef bobandana.
Rive Nord du lac Kivu. lBantu oriental.


tribus dbordent sur le versant congolais.
II. Les populations azande qui appartiennent
au group nubien.
III. Les populations de la valle du Haut-Nil
qui participent du rameau nigritique.
IV. Les tribus naines dissmines sur toute
l'tendue de notre territoire colonial. Elles
forment le rameau ngrille. Ce sont, pense-t-on,








Fig. r3o. Coquette alulu des environs de
Mlahagi (lac Albert), populations du
group nigritique. (Lieut. A. Deniue-
ninck. Alt pays de ,tla/agi, i98S.)

3o Les Bantu des sa-
vanes et de la brousse
du Sud, souvent orga-
niss en grandes chef-
feries et rarement ta-
tous : ce sont princi-
palement les Lunda,
les Bakuba, les Bate-
tela, les Kioko, les
Manyema.


B. Bantu orientaux.
Ce sont les populations
des rgions monta-
gneuses de la dorsale
Fig. 132. Village sango, prs de Banzyville (Haut-Ubangi).
africainedontquelques Vue prise a hauteur des rapides de Alobaye. En face, le poste franais de Mobaye.











les premiers occupants
invasion desBantu.
Il convient d'ajouter
ces quatre races bien
dtermines les peu
pies mtisss, parmi
lesquels nous citerons
particulirement les
Mangbetu et les Aba-
rambo qui sont des
Bantu-Nubiens.

*


du sol avant la grande


L'tude dtaille de
ces populations, de
leurs origins, de leurs
migrations, ne peut
entrer dans le cadre de
ce travail.
Nous dsirons sim-
plement, en prsentant
quelques types appar-
tenant chacun des Fig. 133. Entr
groups ethniques,
persuader le lecteur de la grande varit des
profils congolais et de la beaut vigoureuse de


c de


certain d'entre eux. Les villages offrent les
aspects les plus divers, suivant que nous nous
trouvons en pays de
fort ou de brousse, en
montagne ou en plaine,
a a la rive ou l'in-
trieur.
Ici, comme chez les
Bateke et les Kundu,
les Mongo et chez de
nombreuses tribus du
bassin du Kasai, ce
sont des alignments
de huttes rectangulai-
res; ailleurs, sur les
rives de l'Ubangi, par
example, ce sont des
agglomrations plus
ou moins considra-
t.. bles de huttes circu-
lairesl toits coniques.
village palissad. Les villages de l'in-
trieur,surtout en pays
forestier ou semi-forestier, sont parfois palis-
sads ou retranchs.


Fig. 134- Village de peclieurs wagenia, prs de 1'onthiervilie.











Lesindustries indignes ralisent un ensemble nature pou
trs complete qui rpond aux besoins essentiels parti pris.



















Fig. r35. La tlphonie sans fil chez le noir. la tabrication du
Les batteries tlphoniques de gongs se font surtout rencontre, en pln
entendre la nuit. A l'aide d'un code simple et mtho- nous avons signal
dique, les indignes se transmettent toutes les nou- Raremuent la ma
velles, s'adressent tous les appeals, priphrie, sont
fondants qui exisl
Les indignes font
des populations. Nous rencontrons au Congo soufflets du typeci
est conmmun tout
d'habiles forgerons, fournissant des armes, le soufflet, le foy
des outils, des engines de chasse et de pche, sert d'en"clume '
tenaille, un iiart
des ornements, etc., des potiers et des van- forces et des pel
niers trs adroits. Certaines populations sont
trs agricoles; d'autres, nomades ou rive- ngre des
raines, le sont peu et pratiquent surtout la et l'influ
chasse et la
pche
Des spcia-
listes s'occu-
peront de
scruter la men-








S -








Fig. 136. Femmes basoko fabriquant des poteries.
I.re, au sujet de l'industrie cramique, les Annailes du Mluse de Tervueren, mai 1o07.

talit du noir, si complex, si mobile, mais Rsumo
combien fconde en enseignements de toute avons affa


r un observateur patient et dnu de
Aprs avoir dpouill l'me du


Fig. 137. Une forge indigne.
fer est la spcialit des populations chez lesquelles se
s grande quantit, la latrite ou limonite scoriace don't
le l'existence sur toute l'tendue du bassin du Congo.
gntite et l'oligiste, qui sont les riches minerals de la
utiliss; toujours trs compacts, ils exigent l'addition de
tent a l'tat natural dans la limonite scoriace (J. Cornet).
usage de fours catalans ", activs par quatre ou cinq
-dessus. L'outillage de la forge que nous montre la fig. 137,
tes les populations de l'Afrique central; nous y voyons :
er chauff ai carbon de bois, un bloc de granite qui
dgrossir, de petites enclumettes fiches en terre, une
eau; il convient d'y ajouter le matriel du fondeur, des
tits creusets en terre rfractaire.

tares invitables, dues l'atavisme
ence du milieu, aprs lui avoir fait
grce de manies, souvent inoffen-
sives, inhrentes sa civilisation
naissante, nous y dcouvrons une
vidente accessibility aux senti-
ments que nous comptons parmi
les plus levs.
Certes, les populations noires
montrent une aversion profonde
pour tout effort persvrant, mais
l'aspect de leurs villages, le carac-
tre original et complete des pro-
duits de leur industries, leur puis-
sant instinct commercial, sont des
indices certain de perfectibilit
morale.
Dans cet ordre d'ides, l'tude
minutieuse et raisonne de l'habi-
tat et de la main-d'euvre indignes
s'imposent notre attention; mais
le temps nous manque, nous voya-
geons rapidement et nous laisse-
rons d'autres le soin d'envisager
ces problmes passionnants.
ns implement nos impressions: nous
lire, en gnral, des populations












normales au point de vue intellectual, fortes
et saines au point de vue physique, mais
laborieuses par intermittence et sensibles aux
prjugs (1). C'est nous, civilisateurs, qu'il


~. r -


Fig. s3S. Boy recueillant du vin de palmier.


appartient de modifier heureusement ces mes
d'enfant, en dveloppant avant tout les facults
professionnelles, en .crant, en imposant un
systme official d'enseignement public, en
amliorant progressivement et
prudemmient la morality et la "
coutume indignes; en mme


F'ig. i40. lia menuiserie de l'Ecole prolessionelle de honua.


temps, notre contact, des ncessits de tout
genre se creront, et comme la continuity et la
(i) Annales du Muse de Tervueren du i'rjuillet 1906:
Le Ftichisme .


progressivit des besoins entrane la permanence
du travail, nous sommes en droit d'esprer pour
le noir un avenir digne de lui, digne de nos
efforts.


Fig.. -
Commie siege un morceau de bois, in
iutre morceau de bois formant tabli, tel
est le simple utelier de cet artisan. Une
herminette, manie avec lenteur, don-
nera la lorme i la poigne d'un couteau.


at, aid des missions et des organismes
hropiques a la charge de guider cette
on. Le gouvernement a cr, jusqu' ce
uatre coles professionnelles : Boma,
Lopoldville, Eala et
Stanleyville.
Une trentaine d'appren-
tis, gs de 12 20 ans,
sont attachs chaque
tablissement ; ils y sont
traits aux frais de l'Etat.
La dure des course est de
deux ans. Les lves y
reoivent, outre l'ensei-
gnement professionnel et
pratique, des notions d'-
S criture, de calcul, de go-
mtrie et de dessin.
C'est l, esprons-le, un
premier pas vers une
solution decisive : l'obli-
gation pour toute station
(poste,factorerie,mission)
de crer et d'entretenir
dans ses dpendances
une cole semblable aux
tablissements existants.
cole primaire publique vient d'tre
Boma par les soins du gouvernement.
*











Les missions religieuses.

Les missions religieuses congolaises appar-
tiennent des ordres catholiques belges et des
sectes protestantes.


Fig. 14r. Le Rvrend pre E. Cambier,
prfet apostolique du Haut-Kasai.


A. Les tablissements catholiques sont
rpartis en trois vicariats, trois prfectures et
quatre missions.
a) Le vicariat apostolique du Congo belge,
confi aux pres
de la Congrga-
tion de Scheut
aids des seurs
franciscaines
missionnaires de -,
Marie et des
seurs de charil
deGand, s'tend
sur les deux rives
du fleuve, de r
Lopoldville '
Stanleyville.
Le vicariat
apostolique du
Haut-Congo,con-
fi aux Pres Fig.
Blans et auEtablissement prin
Blancs et aux
seurs de Notre-Dame d'Afrique, vanglise les
populations de l'Entre Lualaba et Tanganyka. -
Le vicariat des Stanley-Falls a, comme
religieux, des prtres du Sacr-Coeur de Jsus,
comme religieuses les sours franciscaines.


b) Les trois prfectures apostoliques sont celles
du Kwango (pres jsuites et sceurs de Notre-
Dame de Namur), de l'Uele (chanoines Prmon-
trs de l'Abbaye de Tongerloo et sours du
Sacr-Cour de Marie), et du Haut-Kasai (pres
de Scheut et sours de charit de Gand).


Fig. r42. 'iiimpriierie de la mission (le Nouvelle-Anvers.

c) Enfin, quatre missions : ce sont celles des
pres rdemptoristes, qui dirigent notamment
l'hpital de Kinkanda avec le secours des seurs
de charit de Gand, des pres trappistes de
l'Equateur, qui ont pour auxiliaires des seurs
trappistines, des pres anglais de Mill-Hill dans
la Lulonga et des pres du Saint-Esprit Sendwe.


143. La mission de I.uluabourg.
cipal de la prflecture apostolique ldu Haut-Kasai.


Indpendamment de soixante-un postes fixes
et de quarante postes de passage, les missions
catholiques belges, qui competent un effectif
de trois cent cinquante religieux, assurent le
dveloppement d'un miller de fermes-chapelles,











d'un systme complete d'coles primaires et
professionnelles et de nombreux hpitaux,
dispensaires ou lazarets.


Carte X. La province orientale.
-----.-- Lusmibo-Kabinda-N'ya.-igwe, itinraire de la colonne Dhanis,
-I-1- Premier et deuxime tronion des chemins de fer d.i Congo si
aux Grands Lacs.


B. Les missions protestantes comprennent
huit congregations possdant quarante stations
diriges par deux cent onze missionnaires
des deux sexes. Les deux principles congr-
gations sont la Baptist Missionnary Society,
qui a comme sige principal Bolobo et
administre les missions du fleuve, et la Congo
Balolo Mission, qui tend son action dans les
bassins du Lapori et de la Maringa.
*
*

XI. Stanleyville,
la Province Orientale et les
chemins de fer du Congo Suprieur
aux rands Lacs.
Nous nous sommes arrts Stanleyville.
Il y a prs d'un demi-sicle, toute la parties est
du Congo belge tait occupe par des Arabes
esclavagistes venus de Zanzibar ; en 1874,
l'poque dela mmorable traverse deStanley,
leurs bandes avaient atteint le Lualaba, dans la


region de Nyangwe; le champ de leurs cruels
exploits s'largit bien vite, et, en 1883, le
grand explorateur, se rendant vers le
Shut fleuve pour y crer des stations,
rencontra les Arabes en aval des Falls,
S terrorisantles populations par l'incendie
et le massacre, ralisant de criminelles
razzias d'esclaves qu'ils envoyaient
vers l'Afrique orientale charges des pro-
.. duits de leurs rapines (1).
Ds ce moment, des conflicts surgirent
et se multiplirent entire les agents de
l'Etat du Congo et les chefs arabes.
?'& Une lutte outrance devint bientt
inevitable. Elle prit un caractre dfi-
u' nitif avec l'offensive de Dhanis. En
1892, la tte d'une colonne congolaise,
appuy par les puissants chefs indignes
du Haut-Sankuru, Dhanis partit de
Lusambo et march vers les bomas
arabes ; aprs maints combats, il
.. chassa les esclavagistes de l'Entre-
Lomami et Lualaba, franchit le fleuve
S en face de Nyangwve et, le 14 janvier
1894, deux jours au Sud-Est de
--... Kasongo, infligea Rumaliza un chec
dcisif. Ce fut
le signal de la
droute pour
les esclavagis-
ilpriciir tes, que Lo-


Fig. 144. 1.c i5 novembre S1o2, le sergent De lBryne, du >"' rgi-
ment de line, affaibli, dcharn, vieilli par cinq mois de sont-
frances physiques et morales ", prfra la mort l'abandon de
son chef, le lieutenant Lippens.

thaire, l'adjoint de Dhanis, poursuivit jusqu'
la frontire orientale de l'Etat.
(I) STANLEY. Cinq anllnes ait Coungo. Pages 451, 452 et
suivantes.











Pendant ce temps, Chaltin affirmait notre
autorit aux Stanley-Falls et Jacques occupait


Fig. 145. L'esclavagiste arabe du Muse de Tervueren.
Group dfi Samuel.


victorieusement la rive Ouest du Tanganyka.
Tel est, en quelques mots, le rcit de cette


Depuis lors, ces regions Est forment la Pro-
vince Orientale, l'un des plus riches districts
de la colonie.
Stanleyville en est le chef-lieu.

*
La champagne arabe, l'occupation du Haut-
Nil, les expeditions menes de toutes parts pour
assurer rapidement nos frontires ont donn la
measure de la valeur militaire des officers et
sous-officiers belges. Il faudrait un volume pour
grouper les examples nombreux d'initiative
hardie, d'abngation, de courage, don't s'honore
l'histoire militaire de notre colonie (1). Dans ce
simple aperu, nous nous bornerons adresser
un souvenir mu de fraternelle affection aux
disparus, nos camarades de la Force publique
congolaise qui se sont gnreusement offers en
holocaust au minotaure africain aujourd'hui
dompt.
*


Fig. 146. A Stanleyville. La Force publique rentrant de l'exercice, musique en tte

glorieuse et rapide odysse, que l'on dsigne
glorieuse et rasoue nood e ln gne (i) Lire ce sujet : CHAPEAUX, Le Congo, pages 286
gnralement sous le nom de Campagne et-suivantes. Bruxelles, 1894. Dr HINDE, La Chute de la
arabe (1). domination arabe. LEJEUNE, L'Histoire militaire du Congo.
















La Tshopo est un affluent de droite du Congo; son confluent se
trouve immdiatement en aval de Stinleyville.


Fig. 147. A) La Tshopo immdiatement en amount de la chute; B) La chute vue du seuil.
I.e vice-gouverneur gnral Lantonnois, accompagn du commissaire gnral A. de Meulemeester et du sous-lieutenant Stubbe,
en excursion aux chutes de la Tshopo, prs de Stanleyville.


Fig. 48. Les Stanley-Falls .
Vue des rapides d'aval prise aux eaux mi-hautes. Au milieu, chafaudages destins maintenir les nasses de pche.
Au premier plan, des pagayeurs hissent une pirogue vide vers l'amont.











Nous disions dans un chapitre prcdent que Nous avons dcrit la route Buta-Redjaf ;
trois grandes voies de transport ont pour nous verrons plus loin que la Compagnie du
origins Buta, Lusambo et Stanleyville.












-mie-


Fig. 149. Aux Stanlev-Falls. Fig. i5o. Ma pirogue l'Equateur.
Franchissement d'une pirogue aux e:aux hautes. Longueuir :14 mitres, portant 40 pagayeurs et 20o passagers.

chemin de fer du Bas-Congo au Katanga
tudie le trac Lusambo-Ruwe. La troisime
voie, qui, de Stanleyville, se dirige vers le
Sud, a pour but de desservir la Province
Orientale et surtout de contribuer l'va-
cuation prochaine des products miniers du
Katanga.
Le chef-lieu de la Province Orientale est
situ au seuil de trois groups de rapides
qui, dans leur ensemble, portent le nom de
Stanley-Falls >.
De Stanleyville jusque Ponthierville, sur
une longueur de 160 kilomtres, le Congo-
Lualaba n'est praticable qu'aux pirogues
habilement diriges. En 1877, Stanley, lors
de sa prilleuse traverse transafricaine,
guid par des quipiers non-indignes recru-
ts Zanzibar, mit vingt-quatre jours pour
descendre ces dangereuses cataractes; avec les
mmes moyens, il ne lui fallut que quarante-
cinq jours pour franchir les 1,600 kilomtres
du bief Stanleyville-Lopoldville.
Les pagayeurs riverains, les Wagenia,
descendent les Stanley-Falls en deux jours
et demi et les remontent en sept jours.
Un chemin de fer de 127 kilomtres,
premier tronon des chemins de fer du
Congo suprieur aux Grands Lacs, contourne
les rapides de Stanley. Achev depuis 1906,
il ouvre l'accs d'un bief navigable de
315 kilomtres : le bief Ponthierville-Kindu.
Pour la creation des chemins de fer du
Fig.. 151r.. Le premier troncon des chemins de fer du Congo suprieur Congo suprieur, le government de la
aux Grands Lacs est trac en pleine fort quatoriale. La voie au km. 8. colonie a pass avec la compagnie dite des











Grands Lacs une convention-cahier des charges,
don't l'conomie est la suivante :
L'Etat fait les tudes, arrte les tracs, con-
struit la plate-forme de la voie, les btiments,
gares, dpts, voies, etc., pour compete de la
compagnie; celle-ci lui fournit, Anvers, les
rails et accessoires, les parties mtalliques, le
matriel de traction et le matriel roulant nces-
saires et, au fur et measure de l'avancement,
rembourse l'Etat le prix de revient des travaux
excuts (1).
La voie est l'cartement d'un mtre.
Le premier tronon, trac suivant la corde de
l'arc que dcrit le Lualaba entire Ponthierville et
Stanleyville, se dveloppe en entier dans la
grande fort. Les ingnieurs du chemin de fer
ont donc trouv pied-d'ceuvre des essences
trs rsistantes en quantity inpuisable, qu'ils
ont utilises pour les points provisoires et les
traverses.
Depuis l'achvement du premier tronon,
l'animation des chantiers de Ponthierville est
croissante : le montage des vapeurs du second
bief, le transbordement du matriel ncessaire
la deuxime section du railway lui donnent
une physionomie qui rappelle assez bien
Lopoldville vers 1890.


.J--


Fig. I52. Les chantiers de Ponthierville en go95.


Le lit du fleuve entire Ponthierville et Kindu
prsente quelques roches isoles et mme des
seuils rocheux qui pourraient, aux eaux excep-
tionnellement basses, contrarier la navigation
vapeur. Lorsque ces rcifs sont dcouvert, on
les dtruit la tonite; les roches immerges
sont brises par la drocheuse.
Le deuxime bief est dj en exploitation

(I) Annexe au Bulletin officiel de l'Etat du Congo de mai
1908 : < La construction en rgie des chemins de fer
du Congo suprieur aux Grands Lacs africains .


rgulire, mais presque exclusivement pour le
transport des matriaux du chemin de fer. Cinq
vapeurs, trois barges et quinze baleinires, d'un
rendement total de 400,000 kilos en cales, y
naviguent.


Fig. i53. La drocheuse.


Depuis les travaux d'amlioration excuts
aux passes difficiles, des vapeurs de 100 tonnes
circulent avec facility entire Ponthierville et
Kindu; ils font ce voyage de 315 kilomtres,
toutes les poques de l'anne et par tous les
tiages, en trois jours la monte et deux jours
la descent.
Il est intressant de se rendre compete des
matriaux utiliss pour les constructions et les
ouvrages d'art difis le longdes chemins de
fer des Grands Lacs.
La colonie a recouru le moins possible aux
constructions dmontables, mtalliques ou
autres. Les constructions dfinitives sont pres-
que toutes en maonnerie de grs ou de briques;
les couvertures sont en tle galvanise, lment
plus durable et plus conomique que les tuiles
ou que les matriaux indignes : herbes ou
feuilles de palmiers.
Des recherches de calcaire, entreprises en
vue d'obtenir une bonne chaux btir, ont
amen la dcouverte de divers gisements don't
l'un d'eux, celui de Mupele, sur le Haut-Aru-
wimi, est en pleine exploitation. Le four de
Mupele fournit une chaux demi-grasse, trs
blanche, qui convient trs bien pour les mortiers
ariens et s'emploie pour certain travaux en
mlange avec du ciment d'Europe.
La voie franchit les valles encaisses des
affluents de gauche du Lualaba au moyen de
points mtalliques.
Un premier type de pont en acier (voir











fig. 155) a t adopt : il est conu de faon
s'appliquer la plupart des profils de valles.
Le tablier est form de traves de 14 mtres,
indpendantes les unes des autres, obtenues en
assemblant bout bout deux poutres sous-rails
de 7 mtres amenes toutes montes d'Europe.


Pour les petites hauteurs, les traves repo-
sent directement sur le cadre, mais quand le
tablier est lev, au talweg, par example, on
dresse sur le cadre un pylone en cornires.
Dans les points de construction plus rcente,
les pylones sont ancrs dans des piles en


Fig. 154. Pagayeurs wasongola sur le Lualaba, i Lokandu.


Quant aux supports, ils sont forms de
quatre tubes en acier battus la sonnette, puis
remplis de bton riche bien dam, et runis
la parties suprieure par un cadre mtallique
qui assure la rigidit du systme.


maonnerie de moellons (fig. 156). Les combi-
naisons adoptes permettent l'envoi anticip
en Afrique de pieces constitutives des ouvrages
mtalliques don't on devrait, si on les construi-
sait d'aprs des projects spciaux chaque cas














































Fig. 155. Pont mtallique au kilomtre io du premier tronon.


et rdigs au Congo, attendre l'excution en
Europe. Il en rsulterait des pertes de temps
considrables.
Entre Kindu et l'le de Kongolo (par 520 de
latitude Sud), sur un dveloppement total
d'environ 310 kilomtres, le Lualaba est impra-
ticable la navigation.
Nous rencontrons successivement en amount
de Kindu les rapides de Sendwe et de Kibombo,
puis, aprs le petit bief Kibombo-Kasongo dans
les eaux duquel navigue le petit vapeur Baron
Dhanis, les cinq groups des chutes de Hinde
et la passe sauvage des Portes d'Enfer .
Le deuxime tronon des chemins defer du
Congo suprieur a donc son origine Kindu.
Il aura 350 kilomtres de longueur ; son trac
s'carte trs peu du Lualaba jusqu' hauteur de
Kasongo ; la ligne se dirige ensuite directe-
ment sur Kongolo.
Les points, peu nombreux, sont construits
d'aprs les mmes principles que ceux du
premier tronon ; toutefois, pour les points de la
Lueki et de la Lufubu, on a d adopter des


dispositions spciales. Les valles de ces
rivires prsentent un lit majeur, inond la


Fig. i56. Pont de la Mongamba.
Kilom. o1 du premier tronon des chemins de fer du
Congo suprieur aux Grands Lacs.











saison des pluies, et un lit mineur ou normal ;
la zone semi-inonde est franchise au moyen
de traves ordinaires de 14 mtres reposant sur


Fig. 157. Pont au kilomtre 8 i deuximea trontuon.


les supports mtalliques dj dcrits, et
l'ouvrage se prolonge au-dessus du lit normal
par une grande trave de 50 mtres,
Les tudes prliminaires relatives aux
chemins de fer du Congo suprieur aux Grands
Lacs ont t excutes par l'ingnieur Auguste
Adam qui dirige personnellement,
avec une nergie et une activity
inlassables, l'excution des deux
tronons que nous venons de dcrire
L'ingnieur Adam dispose de
185 agents blancs et de 5,623 travail-
leurs noirs rpartis comme suit :
premier tronon, 60 blancs et
1615 noirs ; deuxime tronon,
100 blancs et 3,531 noirs; biefs,
ports, etc., 25 blancs et 477 noirs.
La voie Kindu-Kongolo sera ache-
ve en octobre ou novembre 1910, et
ds cette poque la flottille du troi-
sime bief nous conduira, aprs un
parcours de 640 klm, Bukama, au
seuil des chutes de Kalengwe, en qi i u rier,
superieur
plein Katanga. portable


(I) Le gologue J. Cornet attribue un affaissement
l'origine de la plaine alluviale o coule le Lualaba
entire les rapids de Kalengwe et le lac Kabamba; il


roisime bief est ds maintenant utilisable
ne longueur de 440 kilomtres jusqu'
nsion lagunaire du Kisale, encombre
d'une vgtation
touffue de papyrus
et d'autres herbes
aquatiques travers
laquelle on s'occupe
de pratiquer et de
maintenir un chenal
navigable. L'ach-
vement de ce travail
portera le dvelop-
pement actuelle-
ment accessible du
troisime bief,
520 kilomtres.

En amount de Ka-
bombo, village situ
hauteur de la
pointe Sud de la
lagune del'Upemba
et jusqu'aux chutes
de Kalengwe, sur
une longueur de
120 kilomtres, le
ba cesse d'tre navigable pendant
riode de quatre mois chaque anne,
il sera possible, en excutant quelques
x d'amnagement et de rgulari-
, d'obtenir un mouillage minimum
ntre 50 (1).


'ig. 58S. I'inagnicur, en chef Autg. Adam,
depuis 1Sq0, les tudes et la colnstrut'tion ides cheminis de fer tdu Congi>
aux Grands Lacs. Ciiiipmenent du service des tudes. Mason trans-
du type dit t, danois ,. Parois en toile bitumte.


appelle cette depression, qui affected la forme d'une
tranche ou d'un foss, le Graben de l'Upemba.
J. CORNE', Les Dislocations du bassin du Congo, 1905.


.:;t' i:~WlaB~iU:. .~













La region des grands lacs et des volcans


Avant de gagner le Katanga, o s'achvera notre voyage,
jetons un coup d'oeil sur les territoires de la frontire orientale.
Kasongo est reli par une bonne route double d'une
ligne tlgraphique Baraka (klm. 315) et Uvira (klm. 425)
sur le lac Tanganyka.


Fig. 159. Les eaux du lac Kivu ont envahi le cratre de l'ancien volcan de Goma.
Btail de la region du Kivu et des volcans, du type longues cornes, bosse et
fanon dvelopp. Les eaux des lacs de formation rcente, le Kivu et le lac Edouard,
par example, sont gnralement saumtres. Probablement pour cette raison, les
crocodiles ne s'y rencontrent pas, tandis que le Tanganyka et le Victoria en sont
infests.

Il est certain qu'un chemin de fer s'imposera bientt entire le
Lualaba et le Tanganyka, o aboutira la ligne allemande de
Dar es Salam. Cette liaison fait d'ailleurs parties du programme
official; mais sa ralisation sera vraisemblablement subordon-
ne aux dcouvertes minires que nous reserve le sous-sol
du Manyema.
Le Congo belge est sensiblement limit l'Est, de Kituta
(Sud du Tanganyka) au lac Albert, par les grands lacs de
la dorsale africaine.
Ces lacs garnissent le fond d'un gigantesque affaissement,


Carte XI. La frontire orientale
et les Grands Lacs.


Fig. 16o. Panorama du massif du Ruenzori.
Le Ruenzori appartient a la chane bordire orientale du grand
Graben. C'est une masse primaire norme et superbe, couronne
de neiges ternelles. Son pic le plus lev, le pic Marguerite,
ainsi que l'a dnomm le duc des Abruzzes, se trouve l'altitude
de 5,125 m. Les premires neiges apparaissent vers 3,400 im.


Fig. 16I. Petit lac trs pittoresque dans un cratre de volcan.


72













un Graben, disent les Allemands, qui a affect
la bordure priphrique primaire dans une


direction voisine du mridien. Au dbut de la
formation de ce formidable foss, il est pro-


Fig. 162. Le Kirunga volcano ) Tsha Nina Gongo. Fig. 163. Le cratre du Tsha Nina Gongo.
Vue prise du village de Mobimbi, ancient posted de Bobandana. Les boards du cratre sont une altitude d'environ 3,5oo mtres.
Deux volcans sont actifs : celui-ci et le Kirunga Tshai Nyamlagira. De deux chemines situes au milieu d'un cirque de I,ooo mtres
de diamtre, s'chappent continuellement des vapeurs, parfois
des cendres et des scores.


Fig. 164. L'ascension du Tsha Nina Gongo est gnralement
tente par les versants Est ou Nord-Ouest. La caravane a fait
arrt 295o mtres o rgne dj un froid intense. Un nain
batua > lui sert de guide. A cette altitude, la vgtation est
pour ainsi dire europenne : on y traverse, tout naturellement
dvelopps, de magnifiques champs de trfles, coups de vritables
parterres d'immortelles.


~ i~~-;~i' '.:"'' ,,j.


Fig. 166. Le lac Bugnoni.
Un movement orognique a barr une valle d'coulement, et un lac
s'est form une altitude voisine de 2,000 mtres.


Fig. I65. Coule de lave produite, en 1903, par l'ruption d'un
nouveau volcan, peu de distance de la rive Nord du Kivu.
Cette coule, large de i5o 200 mtres, s'est dverse dans une
baie dpendant du lac, o elle a provoqu une hcatombe de
poissons.

bable que les lacs Kivu,
Edouard et Albert dversaient
leurs eaux vers le Nil tandis
que le Tanganyka appartenait
dj au domaine congolais.
Survint alors l'rection volca-
S. nique de la chane latrale des
Virunga qui spara dfinitive-
ment le bassin du Kivu, de celui
du lac Edouard et tablit le
systme hydrographique actuel.

La grande fort quatoriale
vient mourir au pied des mon-
tagnes formant le bord occi-
dental de la grande depression;
c'est alors, suivant les altitudes,
une vgtation de savane ou de
des plus pittoresque ba
brousse, parfois de bambous.











XII. Le sous-sol congolais et la

question minire.

Le sous-sol constitute un lment essential,
parfois prpondrant, de la valeur conomique
d'un territoire et notre tude descriptive serait
incomplete si nous n'examinions dans quelles
conditions se prsente notre colonie au point
de vue minier (1).
Nous avons dj dit, page 16, que le Congo
belge constitute un plateau primaire, don't le
centre, affaiss, est aujourd'hui recouvert de
couches d'ge secondaire et de formations allu-
vionnaires modernes. La bordure primaire, ajou-
tions-nous, reste en saillie, prsentant une
altitude moyenne de 500 mtres l'Ouest, de
1000 1500 mtres au Katanga, de 3000
mtres et plus dans les rgions avoisinant les
Grands Lacs, limited actuellement le bassin du


Carte XII. Croquis gologique.


fleuve. De telle sorte qu'une section transver-
salle du pays, faite suivant une orientation

(I) D'aprs les travaux de MM. J. Cornet et H. Butt-
genbach, auxquels nous adressons, cette occasion,
l'expression de nos sentiments d'affectueuse gratitude.
(Amnales du Muse de. Tervueren, fvrier 19o8.)


quelconque, donnerait sensiblement le schma
reprsent en marge de la carte XII.


Fig. 167. Le lopard du commandant B.


C'est dans le bourrelet priphrique primaire,
d'ailleurs fortement entam, aras, parfois
mme invisible aux profanes, que les disloca-
tions du sol ont provo-
9 qu des craquelures, des
-fissures, des affaisse-
.* ments, devenus par dp t
S* de matires minrales des
i -, /, gtes mtallifres. C'est
S, ainsi que les gologues
+ pprdirent l'existence de
Sgisements de l'espce
Sdans les rgions leves
,qui encerclent le Congo
belge. Notre compatriote
Jules Cornet, lors de sa
[...,-; m mmorable expedition au
SKatanga, en 1892, fut le
.' -, premier vrifier ces
'.. ., conclusions.
-,,- ', La carte XII montre,
S *, ,', d'aprs l'tat actuel des
'prospections et des d-
couvertes fortuites, les
S'i endroits o des minerals
U ont t trouvs. Ces gtes
ne sont pas tous exploi-
tables, mais leur multi-
Splicit constitute une
*..* prsomption srieuse de
l'avenir minier de notre
colonie (1).
Les substances reconnues sont :
D'abord, le cuivre et l'tain, trouvs un peu


(i) H. BUTTrGENBACH, Le Congo deviendra-t-il un
pays minier ? (Bulletin de la Socit d'Etudes coloniales,
fvrier 9go8.)











partout, mais qui existent en gisements incom-
parables au Katanga.
Le fer, sous forme de latrite ou limonite
scoriace dans
toute la dpres- .
S;tun central, e i'


I ig. 168. Type de femme baluba, de la region de Kiambi.

l'tat de magntite, d'oligiste et de limonite,
en dpts abondants au Katanga.
Le plomb dans le Bas-Congo, le zinc dans
l'Ituri.
Les mtaux prcieux, l'or et le platine dcou-
verts principalement au Katanga (Ruwe et
Kambove) et dans l'Ituri (Kilo), l'argent dans le
Mayumbe.
Plusieurs petits diamants trouvs dans les
alluvions anciennes de divers affluents du
Lualaba.
Enfin, des indices srieux de combustible
sont signals: des couches de carbon, peu
importantes il est vrai, ont t dcouvertes au
Katanga dans des conditions gologiques qui
autorisent d'actives recherches; celles-ci seront
entames ds que l'on pourra amener pied-
d'oeuvre le matriel ncessaire.
Des missions de prospection parcourent les
bassins du Kasai et de l'Ituri ; d'autres vont
fouiller les rgions comprises entire le Lualaba
et notre frontire orientale. Et ainsi se prcise-
ront les possibilits minires de la colonie, ainsi
apparatra dans toute sa matrielle ralit la
valeur conomique du sous-sol congolais.
Ces considerations gnrales vont nous per-


mettre d'exposer, aussi simplement que possible,
un aspect particulier de la question minire
au Congo, c'est--dire la mise en valeur des
territoires du Katanga.
Nous avons eu l'occasion, dans le courant
de cette tude, de rappeler les diffrentes tapes
de l'occupation des rgions frontires.
De 1890 1894, l'Etat Indpendant du Congo
assure la prise de possession de ses territoires
extremes en envoyant de toutes parts de mmo-
rables reconnaissances.
Vers le Sud, fin 1890, le gouvernement,
jugeant opportun de rendre effective son auto-
rit sur les territoires du Haut-Lualaba, charge
le commandant Paul Le Marinel, commissaire
de district du Kasai. de se rendre au Katanga.
Paul Le Marinel parvient Bunkeia le 16 avril
1891, traite avec Msiri, et cre le poste de Lofo
o il laisse Legat et Verdick, les premiers
Belges en station au Katanga.
En mme temps, la suite d'une convention
conclue avec l'Etat le 12 mars 1897, la Compa-
gnie du Katanga s'engage explorer le Haut-
Congo en amount de Riba-Riba (Lokandu actuel)
moyennant l'octroi en pleine proprit du
tiers des territoires parcourir.
La compagnie y envoie en 1891 lestrois exp-
ditions A. Delcommune, Bia-Franqui et Stairs,
don't les travaux constitueront, peut-on dire, la
base des projects ultrieurs d'exploitation cono-
miques du Katanga. C'est en effet le gologue
J. Cornet, adjoint la colonne Bia-Franqui,


Fig. Ixi,. .a reine alahaiiiga.
Ancienne femme de lsiri, le grand chef les jiayieke; elle est
aictuelleient, selon la coutume, preniiire pouse du tils.
\lahanga lve ce lionceau lged'un an.

qui, le premier, fixe scientifiquement la nature
du sous-sol de cette incomparable region ; c'est
Cornet qui, ds son retour,'caractrise de faon
prcise les richesses minires du Katanga, en












prouvant qu'il y existe une masse norme de
minerals de fer et de cuivre (1).

*

La phase decisive de la mise en valeur du
Katanga ne commena cependant que six ans


immdiatement des tudes gologiques et des
recherches minires furent menes avec mthode
et nergie.
Les rsultats obtenus dpassrent toutes les
provisions et aboutirent, le 28 octobre 1906,
la creation d'un organisme dfinitif, l'Union
minire du Katanga, don't l'activit s'exerce
dj dans la parties mridionale des territoires
soumis l'administration du comit special (1).

*

Les gisements de cuivre du Katanga sont
rpartis dans une bande longue de plus de
250 kilomtres, large de 40 60 kilomtres,
recoupant les hauts course du Lualaba et de
la Lufira (voir carte au 1/5,000,000e )
Cent trente cinq gisements sont actuellement
reconnus, une trentaine seulement sont tudis
l'aide de tranches, de puits, de galleries, de
sondages ; le tonnage en mtal de douze de


Fig. 170. Route de Lukalu Kambove.
Une voie parfaitement cyclable, d'une longueur de 145 km., runit
Lukafu Kambove. Elle se prolonge vers l'Ouest jusque Ruwe.
Ceci montre avec quelle facility il sera possible de couvrir la
region minire d'un bon rseau routier.

plus tard, avec la creation d'un comit special
charge d'assurer et de diriger en participation
l'exploitation des terrains appartenant au
domaine de l'Etat et la Compagnie du
Katanga.
Ds 1901, le comit special s'assura le
concours des prospecteurs de la Tanganyika
Concessions, socit anglaise de Rhodsie, et


Fig. 171. Mines de cuivre de Dikurtwc.
Region Ouest des gisements de cuivre au Katanga.
Les collins malachite, trs peu boises, se prsentent sous tore
de saillies isoles plus ou moins coniques, ou sous forme lde
crtes allonges (J. Cornet).
La colline de Dikuruwe a ,ooo ni. de longueur sur 30 m. de larger.


(I) J. CORNET, Les gisements mtallifres du Katanga,
1894 ; Les terrains anciens du Katanga, 1896.


Fig. 172. Entre de galerie et affleurements de mineral
i la mine de cuivre de Fungurume.

ces mines a t valu par des ingnieurs de
diverse nationalits 2,000,000 de tonnes de
cuivre, absolument ralisables fleur de sol,
par la simple mthode des carrires. (fig. 172.)
Le mineral de ces collins est un grs plus ou
moins imprgn de carbonate de cuivre (mala-
chite) ; il renferme en moyenne 140/o de mtal.
Notons qu'en Amrique, des companies mini-
res font de brillantes affaires en extrayant
jusqu' 1800 mtres de profondeur du mineral
don't la teneur descend parfois 2 o/o (2).
La bande cuprifre sera mise en valeur ds
que le rail atteindra les gisements de l'Est. Une
premiere usine de reduction est en voie de con-


(1) C'est la parties limite au Nord par le io paral-
lle Sud, le Lualaba et la Lufira jusqu' leur confluent
et le parallle de Lofo.
(2)"H. BUTTGENBACH, Les mines.du Katanga, 1908.












struction l'Etoile du Congo, centre d'une
region incomparablement riche en minerals.
Le chemin de fer de Rhodsie, prolong
sur notre territoire, atteindra l'Etoile en dcem-
bre 1910; on se prepare produire en ce point
1000 tonnes de cuivre par mois.
Par la suite, le chemin de fer se dirigeant
vers l'Ouest travers la bande cuprifre, on
crera successivement deux nouveaux centres
de reduction proximity des chutes de la
Lufira et prs des gorges de Zilo, qui consti-
tueront au bnfice de l'industrie minire des
sources formidable d'nergie.


Dans l'tat actuel des connaissances sur les
richesses du sous-sol, on est loin de pouvoir
assimiler le Katanga d'autres regions aurifres,
mais il n'en est pas moins vrai que le mtal
prcieux ayant t dcel en de nombreux
endroits, on peut beaucoup augurer des dcou-
vertes futures.
L'or a t trouv au Katanga sous quatre
acpects diffrents :
1" Dans presque toutes les roches imprgnes
de malachite;
2" Dans des alluvions rcentes (Kambove);
3 Dans des alluvions anciennes (Ruwe);
4" En filon, de teneur trs faible, au Nord-
Ouest de Ruwe.
Le gte de Ruwe est en exploitation
depuis 1903.


~~eJ~`


Fig. 173. Chute de 30 mtres.
Le Lualaba aux gorges de zilo.


Les gisements d'tain sont compris dans une
bande granitique trs accidente, de 160 kilo-
mtres de longueur, parallle au dernier
lment du Lualaba navigable (voir carte au
1/5000,00000e).
L'tain s'y rencontre l'tat de cassitrite,
principalement en dbris alluvionnaires dj
reconnus exploitables, mais aussi en filons don't
tude devra tre pour-
l XSMiKeiM'M suivie.


Fig. 174, Tranche dans des alluvions stannifres.
Tandis que les collins de malachite sont dnudes, on remar-
quera que les terrains stannifres sont recouverts de savane
boise.


Fig. 175. Lavage au ', sluice d'alluvions aurifres,
Ruwe.

Nous avons cit prcdemment l'abondance
des dpts ferrugineux et nous avons signal
l'existence au Katanga de traces de houille
et de pierres prcieuses.

*
En some, nous pouvons affirmer que
l'exploitation des gisements du Katanga se
prsente matriellement dans des conditions
trs avantageuses; l'industrie minire y trouvera
les lments d'une activity illimite.
Cette activity se dveloppera dans des pro-
portions rapides si le Katanga offre les carac-
tres d'une colonie de peuplement et si un
systme conomique de voies de communication
permet l'vacuation rgulire des products vers
l'Ocan. Ce sont les deux points qu'il nous
reste examiner.
*
Une altitude moyenne de 1,200 1,500 mtres
procure la region minire situe au Sud du











parallle 9 un-climat vraiment tempr; aussi
l'acclimatement de l'Europen y est-il des plus
ais. C'est ce que dmontrent les observations


Katanga la ralisation rapide d'une colonie de
peuplement.
C'est au gouvernement qu'il appartient de
diriger la colonisation au Katanga.


' f::


Fig. 176. Le betail Lukfafu.
routes les valles du Katanga sont infestes lde mouches tsts
(g/lssilna v n rsitais) qui transmettent aux animaux la trypano-
somiase (nagana). Aussi l'levage ne russit gure it Luka:iu, et
on devrra transfrer le btail sur les plateaux voisins, sur le
Kundeliingu, par example, o se dveloppent (le riches pturages
pargns par la nagana.


mtorologiques suivantes recueillies Kambc
pendant l'anne 1908 : hauteur total d'e
1,259 mm, temperature journalire 21"1, tem|
rature moyenne maxima 27"9, tem-
prature moyenne minima des nuits
1403; saison sche ou froide d'avril
octobre, saison chaude ou des
pluies d'octobre avril. Les vents
alizs balayent rgulirement le vaste
plateau et ne permettent aux mous-
tiques de vivre que dans les valles
principles : il en rsulte l'absence
des fivres malariales habituelles en
Afrique. La maladie du sommeil est
inconnue au Sud du 10e parallle.
Les valles alluvionnaires et sur-
tout de nombreux plateaux culti-
vables et bien arross permettent
le dveloppement intensif de l'agri-
culture et de l'levage. Les essais
tents dans les trois fermes, instal-
les par l'Union minire aux abords
des trois futurs centres industries
dj signals, ont prouv la possi-
bilit de crer de vastes cultures
vivrires et d'obtenir au Katanga,
non seulement tous les vgtaux
indignes : mas, sorgho, leusine,
banane, manioc, mais aussi le riz,
le froment, la pomme de terre et tous
les lgumes europens.
On voit donc que toutes les circonstanc
gographiques concourent permettre


l'ig. 177. Deux chariots transportant une ramille boer venue de
Rhodsie dans la region minire vers Lulua et Ruwe.


L'accord est unanime parmi les voyageurs
qui ont parcouru cette province et les rgions
similaires de la Rhodsie et de l'Angola, pour
proclamer la ncessit de prparer et de soutenir
matriellement l'installation au Katanga de
fermiers blancs qui, par l'agriculture et l'le-


Fig. IS7. .La faune lid Kat.nga.
Rhinoceros tu prs de Sakania. Aspect de la savane au Katanga.

es vage, contribueront doubler la valeur cono-
au mique de ces territoires.











Ds maintenant, il semble que l'organe direc-
teur qui reprsente l-bas le gouvernement
doit comprendre dans son tat-major une direc-


Fig. 170. Musicien sakania.
C'est Sakania que le chemin de fer rhodsien franchit
la frontire belge.

tion de l'agriculture active et expert, disposant
sur place de puissants moyens d'tudes et de
diffusion, dirigeant dans les colonies voisines
de fructueuses missions d'investigation.


Fig. I8o. la aune du Katanga.
Deux bullles abattus prs de IKavallo.


La mise en valeur des rgions minires du
Katanga a dtermin la conception de quatre


Fig. 81r. La faune du Katanga.
Deux lions tus dans la rrion de Kavallo.


projects de chemin de fer (voir la
carte au 1/5,000,000e) :
S 1" La voie belge, que nous avons
parcourue de Matadi aux chutes de
Kalengwe, et qui comprend 877 kilo-
mtres de tronons ferrs et 2,555
kilomtres de biefs navigables. Ce
sera la voie d'vacuation de l'tain;
ce sera surtout la route qu'utilise-
ront les ouvriers mineurs que l'on
recrutera l'intrieur de la colonie,
parmi les populations fortes et
denses du Manyema, par example.
Il faudra 350 kilomtres de rail
pour prolonger cette voie jusqu' la
zone du cuivre.
2" La voie anglaise, qui a pour
origine Capetown ou Beira et qui
tait arrte depuis 1906 Broken-
Hill.
Une convention, conclue le 10 d-
cembre 1908 entire la Rhodesia-
Katanga Junction constitutee
l'intervention de la Tanganyika )
et les organismes belges du Katanga
(Union minire, Compagnie du
chemin de fer du Bas-Congo au
Katanga, Compagnie du chemin de
fer du Katanga), a dcid le prolongement du
chemin de fer rhodsien jusqu' l'Etoile du



































Congo d'abord, et plus
tard vers Kambove, Ruwe
et l'Ouest, la rencontre
du chemin de fer du
Benguela. L'entrepreneur
s'est engag atteindre *
1'Etoile du Congo en
dcembre 1910. Ds ce
moment, le trajet Bru-
xelles-Etoile sera franchi
en 24 jours! S. A. R.
le Prince Albert, en Fig
avril 1909, n'y est arriv
qu'au bout de six semaines.
3o La ligne du Benguela,
qui, tant la plus court, sera
videmment la voie la plus
conomique.
Il y a 1,650 kilomtres
environ de Lobito Ruwe.
Les 650 kilomtres excuter
sur le territoire belge seront
construits par la Compagnie
du chemin de fer du Bas-
Congo au Katanga.
Pour des raisons financires,
les travaux de la ligne du
Benguela ont t arrts au
klm. 206; le trac est tudi
jusqu'au kilomtre 750. Il est
question d'entreprendre inces-
samment la construction d'une
nouvelle section de 125 kilo-
mtres.


. 183. Chutes du Luapula dans sa parties m


40 Le project belge de chemin
de fer du Bas-Congo au Katanga.
On avait d'abord song au trac
Lopoldville Kasai Ruwe; on en
est revenue maintenant l'ide toute
naturelle de relier avant tout
Lusambo ou Pania Mutombo aux
gisements de Ruwe, soit directe-
ment, soit en combinant une section
commune avec le tronon projet
des chutes de Kalengwe la region
cuprifre.
*
*

Si nous avons donn la descrip-
tion du Katanga un dveloppement
qui dpasse peut-tre la porte
simpliste que nous nous sommes
impose dans le courant de ce rcit,
c'est que nous verrons
bientt clore, dans la
priphrie congolaise,
d'autres centres miniers,
et, par analogie, le lec-
teur se rendra compete
des lments ncessaires
leur exploitation pros-
pre.


Puisse cet expos suc-
ridionale. cinct des rsultats d'un


Fig. 182. Le Lualaba hauteur de Bukama, au terminus de son
dernier bief navigable.


Fig. 184. La taune du Katanga.
Antilope femelle (appele Seboula dans la region minire).












quart de sicle d'expansion belge en Afrique
central renforcer dans l'esprit de nos lecteurs
le sentiment de patriotique admiration que
mritent l'Initiateur de l'oeuvre et ses fidles
disciples Puisse-t-il, en stimulant chez les
jeunes la volont de complter ces donnes
ncessairement sommaires sur la colonisation,


susciter de juveniles vocations, assurer l'ide
expansionniste de nouveaux dvouements!
Puisse-t-il enfin, en clairant nos nationaux
sur la grandeur des devoirs que l'annexion
du Congo nous impose, leur communiquer notre
foi profonde dans les destines humanitaires
et conomiques de notre colonie !


Ixelles, le 1er juillet 1909.


Fig. 185 Trophe de chasse Sakania.
On conoit que la ts-ts se multiple surtout dans les rgions les plus giboyeuses. Certain animaux, les zbres
notamment, seraient mme immuniss contre les mcrtelles piqres. En vue de l'lve et de
l'utilisation des bovids et des quids, une chasse outrance s'impose donc. AMais, de
grce, piti pour les lphants. Il serait intressant de rechercher dans
quelle measure les incendies de brousse rduisent les possibilits
de multiplication de la ts-ts.











Tableau I


LA POPULATION BLANCHE DU CONGO BELGE


POPULATION BLANCHE PAR CATGORIE
DATE
TOTAL
du Agents MISSIONNAIRES OBSERVATIONS
du Commerts ENRAL
recensement p starts
recensement gouvernt catholiqes protestants


1895

ler janvier 1901

1903

1908


1087

1287

1329 <')


794

741

1051


1325

2346

2483

2943


) Ce chiffre se dcompose
comme suit :

Administration des
districts .345

Service administratif 54

Force publique . 339

Marine . 176

Service medical. 35

Travaux publics 55

Agriculture . 117

Finances . 121

SMagistrats 49
Justice
Commis 38

1329













COMMERCE DE


LA COLONIE AVEC LA BELGIQUE


COMMERCE SPECIAL PART DE LA BELGIQUE
ANNES DU -

CONGO BELGE Importations Exportations Au total o/o


15,381,238.02

21,628,867.06

72,101,510.24

73,107,625.14

79,755,419.78

84,076,583.87


4,422,661.73

6,003,465.22

17,270,483.72

13,888,811.75

15,285,291.56

18,026,565.34


3,184,898.30

8,999,660.33

42,694,998.14

48,662,777.70

54,304,695.71

53,624,585.96


7,607,560.03

15,003,125.55

59,965,481.86

62,551,589.45

69,589,987.27

71,651,151.30


Tableau II


1893

1895

1900

1905

1906

1907


49 o/o

69 o/o

83 o/o

86 o/o

87 "/o

85 o/o






















































































Types Bangala















Table des Matires







PAGES
Les voies qui relient la Belgique la colonie 7
Banana 9
Les origins du Congo belge Io. 10
Boma. -- Organisation du gouvernement local 12
Le Mayumbe. . . 14
Matadi ...... i5
La gologie du Congo belge .16
Le rseau hydrographique congolais et le chemin de fer Matadi-Lopoldville 17
La route des caravanes. 18
Le chemin de fer du Bas-Congo . 19
Lopoldville. La flottille. L'outillage du port . 20
L'assistance mdicale indigne 27
Les relations tlgraphiques et tlphoniques l'intrieur de la colonie, . 28
Les postes de bois.. .. 29
Le chenal ) .. .. 3o
L'aspect du sol ; la savane et la brousse ; les saisons au Sud et au Nord de la grande fort 3o
La Compagnie du Kasai 32
La grande fort quatoriale, rgime climatologique . .32
L'Ubangi 33
Le camp d'Irebu ; l'organisation de la Force publique 34
Coquilhatville. 36
Organisation du dpartement de la Justice. 36
Les chefferies indignes 37
L'agriculture au Congo ; le Jardin botanique d'Eala 39
Nouvelle-Anvers et le pays des Bangala 43
L'alimentation des Europens .44
La faune congolaise 44
L'alimentation indigne. 46
Le district de l'Uele ; historique de l'occupation des rgions Uele-Nil . 48
Dungu 49
Mangbetu et Azande .. .... .. 50
Les vainqueurs de Redjaf 5
Les communications au Congo ; lments principaux : chemins de fer et bateaux vapeur; lments
secondaires : automobiles, chariots du type boer, traction chevaline, chameaux, lphants 52
Les lphants du camp d'Api . 54
Basoko .. .. 56
Les nains du Haut-Aruwimi 56
Les alluvions aurifres de Kilo .56
Les plantations congolaises; grandes divisions ethniques 58
L'habitation et l'industrie indignes 60
Les coles professionnelles 62
Les missions religieuses 63
Stanleyville 64
La champagne arabe .64

85













Les Stanley-Falls .
Les Chemins de fer du Congo suprieur aux Grands Lacs .
Le premier tronon Stanleyville-Ponthierville
Le deuxime tronon
La region des Grands Lacs et des volcans .
Le sous-sol congolais et la question minire
Conditions gologiques dans lesquelles se prsentent les gisements mtallifres
Historique de la reconnaissance, de l'occupation et de la mise en valeur du Katanga .
Les gisements de cuivre
Les gisements d'tain. .
Les gtes aurifres. ... .
La colonisation au Katanga. .
La faune du Katanga. Srie de clichs .
Les chemins de fer qui vacueront les products miniers du Katanga







La population blanche du Congo belge .
Commerce de la colonie avec la Belgique depuis 893







ANNEXE : Carte du Congo belge en 1907, l'chelle de i/5,ooo,oooe.


















'w~


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S 75
S 76
S 77
77
77
S 78
S 79


Tableau I
II
















































DES PRESSES DE
L'IMPRIMERIE DE L'EXPANSION BELGE,,
4, RUE DE BERLAIMONT, 4
BRUXELLES

JUILLET 1909




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