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Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
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 Material Information
Title: Gazette nationale, ou, Le moniteur universel
Portion of title: Gazette nationale
Moniteur universel
Physical Description: v. ; 51 cm.
Language: French
Creator: Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Panckoucke, Charles Joseph, 1736-1798
Thuau-Grandville
Publisher: Chez H. Agasse, Libraire.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1789
 Subjects
Subjects / Keywords: History -- Periodicals -- France -- 1789-1815   ( lcsh )
History -- Sources -- France -- 1789-1815   ( lcsh )
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
 Notes
Additional Physical Form: Also available on microfilm from Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse and Northern Micrographics.
Dates or Sequential Designation: 5 mai 1789-déc. 1810.
Numbering Peculiarities: Publication began with issue for Nov. 24, 1789; issues for May 5-Nov. 23, 1789 appeared in the introductory volume published in 1796. Cf. Hatin. Bibliographie historique et critique de la presse periodique française. 1866. p. 125-127.
General Note: Founded by C.-J. Panckoucke.
Funding: Digitization provided by Creekside Digital
Funding: Digitization provided by Creekside Digital.
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 06444351
System ID: UF00103152:00135
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PIECES JUSTIFICATIVES.

L E s principaux kvCnemens de l'anne dont nous venons de tracer I'hifloire, 'ont t&d rapportes a leurs dates d'une maniere cir-
conftanciee; et nous nous fommes attache i 'es prefentcr avec la plus farupuleufe impariahte ; tous lea dItails que nous en avons
publics ont ete puifes dans des forces authentiques, out 'etraites des relations qui nous ont paru les plus exactes dans lea diverfes
hiloires qu'on a donnues fur ces premieres "oques de la Revolution. Mjsa parmi ces evenemens, il en eft de tellement imporans,
qu'on ne faurait mettre dans leur ricit trop a authenticity ; .tels font c@4x des 13 et 1. juiltot, des y et 6 6ctobre, qui ontm et
comme la bafe de tous leas cvnemens fubfcquens. Tous les dOtails qui peuvent concourir a les fire apprecier, appartiennent a 'hif-
toire, et nous croyoris ne pouvoir nous difpenfer de rapporter ici ceux de ces details et lea pieces juflificatives qui n'ont pu trouvcr
place dans lea recits rapides, parfembi dans ce volume.
Nous Lommencons par lea proces-verbaux des ilecteurs de Paris, depuis le 13 jufqu'au t8 juillet. Les 6lectewrs itaient alors la
feule autorite qui gouvernat la capital; leurs proces-verbaux font les feules archives de cett; epoque de la revolution pariilenne.


Extrait du pros verbal des fiances des
ilecteurs de Paris. -Du j3 juilect 8789.

O N announce I 1'anemblie que M. le lieutenant de
police defire d 'tre introduit, pour donner i fes
concitoyens, conformdment 'invitation qui lui a
6t6 faite par l'arrete pris le matin dans 'affemblde
ginerale, tous les renfeignemens qui peuvent etre
en fon pouvoir, fur les moyens d'affurer la fubfif-
tance de la capital.
M. le lieutenant de police, introduit avec M. le
prevet des marchnds, M. le procureur du roi et de
laville et MM. lest chevins, a expofe i laffem-
blee que fa charge et fes foncrions ne le plaqaient
pas de maniere I veiller fur 1'origine et fur les pre-
miers moyens des approvifionnemens; que les ope-
rat'ons confies Cfon miniftere fe bornaient A aflurer
la distribution gale de tous les comeftibles qu'on
amenait A Paris.
M. le lieutenant de police a ajoutr que par leurs
re nations nceflaires avec M. de Montaran, M. Dou-
mere et les autres adminiftrateurs ou intereflfs dans
Ia commiffion des vivres, fes bureaux pouvaient
fournir quelques notions miles, et il a demanded s'il
plaifait a l'affemblde nommer deux electeurs, qui
laccompagneraienc jufqu'i l'hotel de la police, et
auxquels itdonnerait tous les renfeignemem qui font
en fou pouvoir.
L'alfemblde adoptant cette proposition, a arrete
que M. Dufaulx, de 1'academie des inscriptions et
belles-lettres, et M. Gibert, notairee, tous deux
electeurs, feraicnt invit6si fuivre M. le lieutenant
de police pour recevoir de lui et tranfmettre au
comite permanent routes les notions qui pourraient
6tre recueillies dans les bureau de la police fur le
faith des fubfiftances de Paris.
M. Chignard, 6lecteur, a obferv6 qu'il rdfultait
du dilcours de M. le lieutenant de police, que ni
lui, ni MM. les officers municipaux n'etaient char-
ges de l'approvifionimement des fubfiftances de la
ville; que dans les circonfltances actuelles les ci-
toyens de Paris ne pouvaient fe repofer de ce foin
important fur le gouvernement don't les nouveaux
miniftres devaient etre fufpects.
En confdquence ii a demanded, et il a &et fur le
charrp arretd que le comitn permanent, conjointe-
ment avec MM. les officers du bureau de la ville,
et M. le lieutenant de police, demeureraient fp6-
cialement charges de pourvoir A l'approvifion-
nement des bleds et marines pour la ville de
Paris.
M. le lieutenant de police s'eft retire avec M. le
prevAt des marchands, M. le procureur du roi et de
h ville, et MM. les achevins.
Cependant les d6putes de plufieurs difirics ve-
naient, dans le trouble et le difordre qui exif-
taient toujours, apporter les deliberations de leurs
diflricts refpectifs, et demander des armes.

Grand Auguftins.

Le d6put6 du diflrict des Grands-Auguftins a mis
fur le bureau 'a deliberation do fon district, et
fignie de plufieurs citoyens, par laquelle il fanc-
tionne l'arr&t pris le martin dans l'affemblie gen&-
rale de I'h6tel-de-ville relatif A la formation de la
milice parifienne, et ftatu que, provifoirement,
et pour la garde feulement de la nuit prochaine,
chaque citoyen fera fentinelle devant la porte de
fa maifon.
Saint Andrn des Arcs.

Le depute du difitrict de Saint- Andrd des Arcs
a remis fur le bureau la delibration par laquelle
fon district ftatuait que tous les commandans de
troupes rdgldes dtablies dams I'intdrieur de la ca-
pitale, feraient avertis que les citoyens avaient for-
me ure garde bourgeoife, et invites i le joindre i
cette garde.
Les Feuillans.

Le depute du district des Feuillans a mis fur le


bureau la deliberation par laquelle fon district
fittuait :
1i. Que zoo citoyens feraient prets a fervir dans
la milice national aux ordres de 1'hetel-de-
ville.
2'. Que tous les militaires qui re prefenteraient
pour s'incorporer das la garde national, feraient
accueillis et leur existence afluree.
3. Que 'ho6tel-de-ville s'adrefferait incontinent
au gouverneur de la ville, au lieutenant de police ,
Sl'intcendant, pour obtenir d'eux la certitude de
l'approvifionnement ; er a defaut par eux de donnt.r
cette certitude, que I'hotel-de-ville s'emparerait de
leurs functions pour les exercer avec les notions,
que ces anciens adminiftrateurs feraient obliges de
donner.
4#. Quo l'hotel-de-ville s'a4refferait anuti aux
commandant des troupes exiftlantes dans Paris, et
notamment au fieur d'Affry pour connaitre ks or-
dres qui pouvaient leur avoir et6 donnes.
fO. Qu'il fera pourvu fans dlMai aux moyens d'a-
voir des armes et des mun.;:ions.
6Q. Que MM. les Feuillans offraient de nourrir
1o homes et de les loger.
Au surplus, le diflrct adherait unanimement A
I'arr~t6 du dilirict de Saint-Honor6.

Enfans Rouges.

Les deputes du diflrict des Enfans-Rouges onvmis
fur le bureau la deliberation par laquelle leur dif-
trict let commettait pour prendre a I'htcel-de-ville
les mefures neceflaires a la formation et i l'organi-
fation de la garde municipal.

Blancs Manteaux.

Les deputies du district des Blancs-Manteaux ont
mis fur le bureau la deliberation par laquelle leur
district s'en rapport abfolument a la prudence de
MM. les electeurs don't ils conficment en tant que de
befoin-, et don't ils etendent les pouvoirs, les in-
vitant au nom de la Patrie i mettre dans leur deli-
b&ration toute la celerite qui pourrait fe concilier
avec la prudence.
Le diflrict des Blancs- Manteaux arr&te encore,
qu'attendu la neceflitf de pourvoir fans delai i la
llret publique, tous les citoyens du district fe
raffembleront a cinq heures dui foir, avec leurs
armes, pour en fire lufage qui fera jug6 indif-
penfable.
Saint-Germain-des-P res.

M. Garran de Coulon, electeur du diftrict de
Saint-Germain- des- Pres, fuivi de plutieurs de fes
colleagues, a dit qu'il s'etait prefente hier au fo'r
et ce martin a I'hotel-de- ville, fans avoir pu s'y
trouver au moment o I'laffemblee etait formre ;
qu'il avait enfuite 't4 fon difirict qui avait com-
mence a s'affembler fur les 9 a xo heures du matin;
qu'on l'avait pri6 unanimement d'en accepter la
prefidence ; mais que fur fes reprefentations on avait
juge qu'il ferait plus utile a I'h6ttl-de-ville ; qu'en
confequence le difltrict prMfid6 par M. le Roy, auffi
electeur, qui etait alors furvenu, avait autorif6 les
autres'dlecteurs du di;'rict a fe transporter a I'hotel-
de-ville pour, avec les alecteurs ou deputies des
autres districts, faire tout ce que I'urgence des cir
confltances exigerait pour 'la fdrete commune et le
bien public fauf au district de I'Abbaye A revo-
quer ou modifier ces pouvoirs quand bon lui fem-
blerait.
Que fur la demand d'avoir une expedition en
regle de cet arrete, I'affemblee avait plufieurs fois
declare que la situation oil 'on fe trouvait ne per-
mettait pas de perdre du terns en de pareil es tbr-
malitres, et qu'elle avait charge nommement M.
Fortin et lui de porter ce voeu i I'affemblee de
l'hbtel-de-ville.
Et M. Garran de Coulon a remis cene decla-
ration, de lui ignge, fur le bureau.


Saint- Etienne-du-Mont.


M, Duveyrier, fecretaire de l'affemblee des dlec-


teurs, et electeur du difirict de Saint-Etienne-du-
Mont, a dit : que fur les Hliit heures du matin
il s'eft rendu a fon district, qu'il 1'a trouve dane
la confusion deont il eft facile de fe fire une' idee;
u*il a requ les offres de'plufieurs Gardes Fraciaifes
e fervir la caufe commune ; que fur fa prup,-
fition, le district a decide de ne rien faire faim favor
ce que les el-cteurs, raffembls 'A l'hotel-de-v;lle,
auraient decide : et cela pour mettre dans les op.'
rations de la capirale cette unite ec cet enftmble
qui doivent en affurer le fucchs : qu'en confequence,
i'ur les onze heur.s du martin, o fn district l'a envoy6
a l'h6tel de-ville, pour favoir ce qui s'y pafairt
qu'il a rencontr6 au milieu de Ia ftiule immenfe qui
s'y precipitait, M. Levacher de la Terriniere, dlec-
t-ur, lequel lui a dit que I'affemble htait remife
.1 quatre heures, et la garde bourgeoife arretCe.
Que fur ce rapport fait a Ton diflrict, il a et6
charge de fe trouper a cette affemble ainfi que
l.s autres electeurs de fon diftrict, pour y fire,
conlointermnt avec les electeurs ou deputies des
auitres d ftricts., tout ce que leur zele et Icur pru-.
dence pourraient leur dicter dans cette circonftance"
critique, et notamment pour apporter I I'hotel-
de-ville le vreu du difirict fur la formation de la
garde beuigeoife.
Sainte-Ellfabeth.
Les deputies du dfltrict de Sainte-Elifabeth ont
mis fur le bureau la ddliberition par laquelle leur
dilirict ktabliffait une garde bourgeoife compolee
ie citoyens connus, nommait des commiffaires pour
I'execution de cet arr&et, annonqait et r6glair le
ferment i pr ter par les citoyens qui compoleraient
cette garde national, ftatuait enfin un reglement
provifoire pour le service de cette garde.

Petits-Auguflins.

Les deputes du district des Petits-Auguftins ont
mis fur le bureau la deliberation par laquelle leur
district is nommait pour alHiiter i routes les de-
liberations de I'h6tt.l-de-ville, et avifer avec MM. les
elecrteurs, don't il confirmait Ils pouvoirs en tant
'ue de befoin, aux moyens les plus prompts do
fauver la Patrie.
Le Sepulcre.

I es deputies du diftrict du Sepu'cre ont mis fur
le bureau ia cdlib&ration par laque!le leur district
arretait unanimement que l'ttabliffement d'une garde
bourgeoife, deja votee par MM. les electeurs, etait
indifpenfable et inflniment urgent ; que les bour-
geois proprietaires du diflrict etaient prers a prendre
les armes, en tel nombre qui ferait juge necelfaire
par MM. les electeurs; i qu'il ferait l'inltant nomm6
des commiffaires pour faire le denombrement des
bourgeois en etat de porter les armes; que cinqruante
hommes feraie.it arms provifoirement pour la garde
du district.
Le district, en outre, conflituait cinq deputies
pour porter le prefent arrest& a 1'affemblee de MM. les
6lecteurs, et les remercier de leur zele et de leur
follicitude pour la paix et la f iretC de Paris.

La Madeleine.

Les d6putes de la paroilTe de la Madeleine ont
mis fur le bureau la deliberation par laquelle leur
affemblde arretait unanimement la formation de la
garde bourgeoife, et nommait quatre deputCs pour
porter cet arrrer a I'hoiel de-ville, et avif-r avec
les officers wmunicipaux, ou touch autres qu'il crn-
viendrait, aux precautions neceffaires es relatives
a cette garde bourgeoife.

Saint-Leu.

Les deputies du difitrict de Saint-Leu ont mis fur
le bureau la deliberation par laquelle leur difltrict
arretait unanimement qu'il ferait des-i-prefint etabli
une garde bourgeoife pour le re vice militair? du
iftrict, en attendant la deliberation qui ferait prife
A l'htel-de-ville par MM. les electeurs; que le pre-
fident du district fe tranfporterait fur les trojs heures


L I -- ----c-- ---- -h- ---- ---l---l-~-c--l -- ----1CC-I.----~-I-


--- I


- ------- li- r












Ndu 1toii 'hbtel-de-ville, pour donner %onnaiffance
de cet arrete i MM. les eiccteuirs, et qu attredu
l'urgence du cas, vingt d-putes feraiciut envbcyes
dars toutes les rues du district pour y drtefer la
lflte de tous lcs citoyens domicilies en etar de porter
les arnies.
Saiht-Pierrc.des-Arcis.

Les deputies de la paroiffe de Saint-Pletre-des-
Artis, en la Cite, ont mis fur le bureau la d&-
liberation'de cette pa oiff,, par laquelle ils &taicnt
envoys A I'htel- de-vile i l'affemblee de MM. les
lectreurs, pour y deliberer avec eux fur tout cc
qui devrait Ctre tait relatiuvmeni a la firete de la
capitale.
Les 1illes-Dieu.

Les deputies du difltrie des Filles.Dieu ont ihis
fuir le bureau la deliberation par laquelle leur dii-
trict adherait purement et fimple nent a la delibe-
ration du dlilrict de Saint-Eu fache, qui lui avait
ere communique.
Saint-Euflache.
te depurte ddiftrict de Saint-Euftache a mis
fur l1!bureau la deliberation F3ar laquelle fon district
a arrete ce imatin, dans fcn afl-mnblee :
i0. De fcrmer une garde bourgeoife pour la ftiretd
et la garden publique de la ville de Paris;
Z. De comnmuniquer fur le champ cette refolu-
t;cn aux r3giaens des GardesF'raNaifes, des G.rdes
SLiiIes et autres ,corps de militaires citovens,
Four les eaigagcr i. le reunir ia la milice boar-
geoife ,
Et. Et que I'at &6 ferait envoy a I'affemb e des
e-Icteurs, pour y etre avif6 fans difcontinuaton
a. I'ordre et au maintien de.la milice bourgeoife,
c.'v.ma' aufli communique aux autres districts de la
cLaitale. .
Sorbonne.
Les dOput's du diqrict de Sorborne ont mis fur
Io bureau 1a ddl 'bration par laquelle leur district,
at:endi I'imminence du danger arretait que tous
citove'.s vrais patriots en etat de porter les
arms s'a;n-.i-r.iint pour ]a fiurcte de la capital,
tt cr..biirii. nt dar.s les rues du dixirict dls patrouilles
q;ii v).ii;ra:;it ;our et nl!:it a ce qu'i l ,- fut porter
a.icul'.f 2.t.1inte a Ia ffir,.te des periblines et des
biLns de tuus is lito),ens.

Miimires.

Le d.putd du diflrict des Minimes a mis fur le
bureau la deliberation par laqueile fon district arre-
t.air l'retab'iffcmcnt de la milice bourgeoife ; la
communication de fon arreie au diftiict de Saint-
Eiufiache a I'aTlrmb 6e generale qui devait fc: tnir
a I'hotel-3,-ville, aux regimens des Gardes-Fraii-
acs e if et Suil et a, tres corps miliraircs; l'inf-
ciii-,tion fi.r u;i: liit-, des noms de tous ls ci'.:oyCkiS
du dliftict, pour former la garde du jour et d.
la nuit; ct erfin, la continuation de l'aff mbl-;
jufou'au rctab.ifl.in.nc du repos et de la ftu ite
publics.
Sainte-Marguerite.

T.e deputy du diflrict de Sainte-Marguerite a mi,
fuir le bureau la .1A ration par laquelle fon dif-
trict en execution de celle prfe en l'afft-mbl&e
des electeurs tenue dans la matinee, I l'hotel-de-
'ille trabliffait la gardie bourgeoife s'en rapportait
l'atfcmblee ge6erale des electeurs pour I'organi.
nation et la difcipline de cette garden comme aufi
pour la furete des fubfilances.

Saint-Merry.
Les deputies du district de Saint-Merry ont mi
fu le bureau la delib6.ation par laluelle ce diftric
flatuait a I'unanimitd des voix:
1. Qu'une garde bourgeoire ferait dtablie e
compofee des chefs de maifon, peres de famille
et autres habitat's, exerqant prottliion publique
fans aucuoe diltinction d'oidres, d'dtat et de qu:
lites, nobles ou non nobles, n.&ne des jeunes ger
attach's a MM. les notaires, procurers, neg(
cians, et autres qui voudraient s'y en6ler;
z'r. Que tout citoyen ferait tcnu de ce fervi(
rerfonn element, ou garant de celui qu'i, mettra
a fa place;


d;. Qu'il ferait tabli une caije pour I'entretit
de caux qui ne vivent que de- leur travail;
40. Et enfin que le reglehment a fire par 1'a
femil)ct de la commune fcra rigouriufcnmt nt cxecu
pour tous et conre tous.
Barnabites.
Les depurds du diflrict des Barnabires ont n
fur le bureau \a dulib ration par lhquelle ce diftr;
ftaniai: I'-tabliltemenr de la milice parifienne,
nomination je commiffaires, pour drcfler etat
toutes les perfc nnes capab'es du service public
tt 1"' nvoi dts d,-utes a;i 'horel-de-ville, vour aflif
i l'afl'Jniblke gencirale et cotcourlr i la ddlibrati
qui dc ait y cic- prife.


Y34


Bonne-Nouvelle.


it


fiCtus les lecteurs.

S. cond arre'te, Saint- Germain- des Pres.

ict De nouveaux deputts du d f rict de I'abbaye Sair
la Germain-des-Pres, ont mis fur le bureau la dell
de ration par laquelle leur difirict arretait unanime'ner
c, 1. Que tous les peres de fanill-s ou proprietaii
ler feraient cnga3es i fai-e rentrer dans leurs iiiatbr
on avant 9 heures les enfans, et tous ceux fur Icfqu
ils exercent quelque puiffance.


Les diFutes du difirict de Bonne-Nouvelle ont
mis fur le bureau la deliberation par laquelle ce
district arrrtait que tout bourgeois fervirait dans
la milice bourgeoife fans exception, et fans pou-
voir fe fire remnilacer, finon lour caufe de n-v
ladie.
Et de plus, quxi le prefent arrest ferait portC a
l'aflemblee gen eaMe de MM. les electeurs, pour y
eire avife fur la maniere d'etablir le plus utilement
poflible cette milice bourgeoife. 4.

Saint-Germain- le- Vieux.

Les deputies de la paroifTe de Saint-Germain-le-
Vieux ont mis fur le bureau la deliberacion par
l.quelle les habirans de cette paroiffe affemRbljs,
airetaient provifoirement, i I'unanimitr des voix,
qu'ils fe devouaient tous fans exception, au fer-
vice public de la paroifle en patticulier, et de tous
les citoyens de cette ville en general; et qu'il appar-
tenait au bureau de la ville de faire executer,
d'apres la reun'on des diverfes opinions des dif-
tricts ou paroiffes de la ville, le plan qui ferait
trace pour le bi~n general et la fdrete publique.
Les habitans de cette paroifle nommatitnr en ontre
leurs preudiins et fecretaires, 'eurs d6putes a I'hitcl-
de-ville et les offiritrs des quatre companies,
provifoirement inftituees pour la garden.

Saint-Jacques et Saints-Innocens.

Les depiutkes du district de Saint-Jacques et des
Sii. ts- Innocents ont mis fur Ic bureau la delibera-
tion par laQuelle ce district,
1. Approuvait l'arrkt6 pris le martin a I'hLotel-
'de-ville par le corps de tous Ics citoyensi
1. Confirmait MM. les prevot des marchands
(t echevins dans leurs fonctions et Ils invitait '
fe trouver aux affenmblees, pour y deliberer avec
tous les citoytns ;
r. Invitait ega'ement M. le lieutenant de police
a fe rentdre a I'hotel-de-ville pOur donner les con-
naiflances et r- nf. inemens cui lui i f raicnt dcnlands,
notamment fur Ics approvifionneniens et fubfit-
tan -es
4. D clarait enfin qu'il fe conformnerait fcrupu
leul1ment aux de.ib&rations qui feraient prices pai
le corps des citoyens affemblIs a 1'hotel-de-ville.

Saint-Magloire.

Les d6putCs du difirict de Samnt-Maploire on
m s fut le bureau la declaration par laquelle 1(
district arrTeait que chaque citoyen martchand o0
proprietaire s'armerait pour la defenf7- publiquc
d'aprs ce qui aurait ete conver.u a c et egard pa
tous les elecreuirs reunis a l'hotel-de-vill- efperan
d'avance que MM. les electeurs s'occuproint de
appro'-ifionen;e-ns et munitions necelfaires a la vili
de Faris et ai fes habitans.
Le district decidait, en outre que fon arret
ferait communique a MM. les offlciers et foldat
Gardes FrancaifeLs, Gardes Suiffcs Et auitres, pou
Sales engager a fe reunir a la Garde Nationale.

Second arreie, Saint-Andre-des-Arts.
t De nouveaux depuis du district de Saint-Andr&
des-Arts ont mis fur le bureau ure fccon iL delib-:
ration, par laquelle le difttrict les conitituair pot
fe tranfporter a I'hotel-de-ville, concert r avec It
electeurs des autres difiricts, tt prendre ls irefuit
neceffaires pour aflurer les p. oprietes et les perfonn,
des eitoyens.
: Saint-Louis en I'fle.
Les deputies du difltrict de Saint-Louis en 'lIf
Sont mis fur le bureau la delibration, par laqu I
s ce district lets charg.ait de le rendre I'affiT.m .I
' fearnte a I'httl-de-vil'e l 'cif.t d'y voter poi
l'I 'tabliffement, fans delai d'une milice bourgeoilt
's declarant que le district etait en etat de tournir
quantity au moins de 400 perfonnes pour ton coi
tingent dans la milice bourgeoife.

it Capucins du Marals.

l Le district des Capucins du Marais a fait parver
la little de vingt citoyens, qui fe font orffrts,
qui ont tee accepts pour le service de la journal
et en cette quali!e envoy&esa l'horclde-vi',i
te conformemrent a la deliberation provifoire de Mi


-- -~ ------ ----- -a--- --TC~- ~ __


b


1. Que les gardens bourgeolfes feraient atorifes
i empecher tout attroupement.
Q5. Qu'en confluence ii ferait itabli dans cha-
que difrict une garde bourgeoife comneofe d'un
nombre d'hommes rtlatif a ion &tendue ec t fa
population.
4. Que pour mette cette garde en activity,
4eux commilfaires nommes dans chaque rue, leve.
raient une liite exact des hommes en ctat de porter
les armes.
j*. Que MM. les lecteurs prendront tous les
moyens qu'ils jugeront convenables pour la f4ret6
des fubfitainces.
6". Et'enfin, que le Idifrict adh&ait aux arrit6s
pleins de fageffe de courage et de pattioti(me pris
jufqu'alors par, l.Affemblee national.
Notre-Dame.

Les d4putes di dift ict de Notre-Dame ont de-
clare qu'ils etaient charges par leur ditricL d'appoiter
a1 'hitel-de.ville (on adhifion i tout ce qui etait et
ferait par la fuite" ftarue par I'affemblCe des eiec-
tcurs, et notamment i l'arr&6 qui venait d'etablil
la garde bourgeoife.

Petit-Saint- Atoine.

Les deputies du dif ict du Petit-Saint-Antoine oit
depofe fitr le bureau la deliberation par laquelle
leur district decide I'etabliffement d'une garde bour-
geoife foumet cette garde bourgeoife de fon reflort
a un reglement provifoire, jufqu'i ce que I'affem-
bl&e des Mdecteurs air pu fur les deliberations do
tous les districts, concerter un regime general.
Et a cet effect, le district du Petit-Saint-Antoine
donne pouvoir 1 fcs electeurs de delibirer et art&er
i n lffembl6e genirale des electeurs, tout ce qu'ibl
jugeront cohtvenable.

L' Oratoire.

Les deputies du difirict de I Oratoir- ont mis fur
le bureau la delibdration par laquelle les citoyens
de ce diflrkt, convoques d'apres le vcu et la fage
prevoyance de MM. ,es elcceurs arr&ent qu'il
*fra foranc provifoirement une garde bourgeoife dans
fon arron iifement ; que tous les citoyens du district
(,'ncourront en pirfonne, taut de jour que de nuit,
Sjtfqu'a ce qu'ii puille y 6tre autrement pourvui
r q" 1-'affemblce general des dlecteurs fera fuppliee
,I'orgnifer cett, card bourgeoife provifoire, et
tn ou>re de protigt' r l'etitrre des fubfiflances, de
poarvoir aux belfoins ds pauvris, et d'etablir une
Lorrfpomdatite active entrc I'affemblec genirale des
ft lecteL.rs et tous les districts particuliers.
Tous Its autres districts que la rapidity des evd-
u "emeris et des operations avait empchesi fans doute,
, de redtier lcurs deliberations par ecrit, envoyakint
lr uccemfAvement leurs electeurs ou des deputies a
SI'afcmb!.e pour y porter leurs refolutions toujours
's uniforms, fur I'tabliffement de la garde bour-
e geoife ,-et pour deminder des armes et dts muni-
tio 's, ce qui entretenait, dans I'hbtel-d.-ville un
te tumulte et une confusion inexprimablcs.
ts Imm.diatement apres I'appel et la verification des
r rocs-v rbaux lies dlifricts un lItcteur a dirt ue
es diftric'.s don't on v.nwit de verifier les proces-
vcwrbaux avaient voted l'etjabiflement de la garde
bourgeoife, que la necc-fitr de 1'erablir etaict vi-
d. nte. et qu'il fillait prendre a Iinfltant mime
I ans I'affemblee un arrete fur cet ktabliffnment, qui
ne ponvait plus etre retardd fans Ie plus grand danger.
Ur ,r n confequ. nc il a ete unanimement a r.I
e q 'on 6tatilirait lur le champ une garde buurgeoiie
Sdans 1 'inteieur dt: Palis, contormement aux dirers
rret.s qui poivaient avoir ete pris rant aujourd'hui
que les inurs preced ns, foit par les afflmblees par-
ti-!les d'elrcteurs, foit par le bureau de ville, foit
.ifin par le comite permanent, auxquels arretes
Ie I'allemblee general a d&clar qu'elle acherait a cet
le egard.
ee C'eft au milieu de cette confusion qu'on a remar-
Ur qu avec une grande satisfaction, une deputation
e; de MM. les clercs du Palais qui, s' tant reunis,
la frefaient parvenir a l'alfemblee l'arrete fuivant:
Les cl rcs du Palais, viverrient ala:mes, come
tous les citoyens, du danger imminent qui menace
ia Patrie, et fingu.!icrment la capital f- font
rtunis en corps, et ont Lnanimeincnt dtlibere de


nir deput.r aupr8s de MM. les Jlectvurs pour leur
t (iffir leur service et une garde volontaire et auxi-
h laiie, prife parmi leurs membres.
e, Fait a Paris le 13 juillet i789, en la grande fall
ef- du Pa!ais.
Signed, Henri, prdfident ; Berthon, fecrtaire.

MM. les clercs du Chatcler ont produit dans
l'afftmblee une fenfation non moins fatisfifante ,
rt lorfque leurs deputies ont fait la lecture de la deli-
D- beration fuivante:
it,
res Du lundi 1 juillit 1789.
IS ,
iels Les clercs du Chate'et, que le meme defir en-
flamme de donner des marques de leur attachement


rn

ic












I la Patrie, affTembles aujourd'hui au parc-civil Au
Chitelet, ont unanimenenr ct par acclaination
arrtet que confiderant que des circonftances trrs-
alarmantes exigent les fecours lesplus prompts, fix
membies d'entre eux, choifis a l'inftant, fC tranf.
pon teront fans delai, a 'hbtel-de-villa pour offrir
leurs fcco~irs, et demanderont que MM. les lec-
teurs aflembles, qu'ils regardpt come les v6rita-
bles repr6efCntans des bourgeois de Paris, dans un
infant oui la liberty des d6putes eft enchain6e, veuil-
lent bien le-ir indiquer I'ordre qu'ils doivent obfer-
ver, et qu'ils fe front un devoir de fuivre ;
Qu'ils obferveront I MM. les electeurs qu'ils font
prets de fe r6unir aux clercs des notaires et du pa-
lais que le mrnde zele anime dans ce moment;
maid neanmoins, qu'ils defirent former une compa-
gnie particuliere -Tbordonn6e aux infiructions de
M.M. les 6lecteurs, et fous la denomination qu'itl
jugeront de prendre
A 1'effet de laquelle deputation l'affembl e a
nonmme MM. I agarde, Monnot, Bazikre, CafT6,
Lubin et Bezard, qui ont figne avec MM. les pr&-
fidcnt et adjoint.
Signed Gine, president, et Bourdon adjoint.
L'affembl6e a timoigned MM. les clercs du Palais
- et du Cht let dans les terms les plus expreffifs,
Ie contentment et la reconnatifance avec lefquels
elle acceptait leurs offres pitriotid'ues, en leur pro-
mettant qu'ils recevraient inceffamment les infttuc-
tions relatives au service don't ils voulaient bien fe
charger.
L'affemblde a exprim. les mimes fentimens a
MM. les eleves en chirurgie, qui ont fait les mrnes
offres de service par l'organe de M. Boyer, chi-
rurgien principal de la Charit ; et il a eti con-
venu que ce ferait I M. Boyer lui-mgme que
I'nfembl e ferait parvenir les inftructions necef-
fGires.
Les Gardes-Franqaifes, qui d6jl comme on a
pu le voir, s'etaient portes la veille avec les ci-
toyens au devant des troupes armies et ranges en
baraille dans la place Louis XV, qui dejl s'6taientm
;,rlentes le main dans different difrticts Ipour fe
dcvouer a la defense commune font venus dans
l'alfemb'l1e reiterer les temoignages de leur zeli
ct de leur courage : 'afeblembee a applaudi ave<
tranfpo t aux fentimens de ces braves guerriers
et d cide d'envoyer fur le champ aux caferne;
poai y outer lksremsrcimens de la ville, et prenidn
avec I's chefs les mefures n6ceffaires i la r6uniol
projeite de MM. les Gardes-Franqaifes aux milice
Parifiennes.
M. de Rhulieres, commandant du guet de Paris
e't1 prefennt autfi pour d6clarer au nom de I
troup qU'il command qu'e le erait difpofee a tot
aire fous les ordres de I'aflter.ble pour la dt
tente de la vill et tla fdirete des citoyens : cette offi
a rte accepted avec les memes marques de grati
tudc et de satisfaction, et MM. de Vauvilliers e
Par qit z, 6lecteurs, ont ete deputes vets M. d
Rhuliitt.s, pour remercier en fa'perfonne la trouF
qu'il a l'honneur de commander.
Uni membre du district de Saint-Euftache eft ven
dire a I'afftmbl6e que les Suiffes, camps au Chami
de Mars faifient egalement offre de leurs ft
vices et fe declaraient tous difpof6s a defend
la ville centre laqu.lle ies ennemis de i'Etat 1
avaient arms.
L'affembl6e a d6putn fur le champ MM. Pica
et Horn, deux de fes membres, au Champdi
Mars pour s'affurer des difpofitions des troup
etrangetes, et leur porter fi ces difpofitio
6taient telles qu'on les annoncait, l'eiprlflion
la reconnaiffance don't les Parifiens dqvaient et
panetres.
MM. HIorn et Picard font revenues rl'inftant d'apnri
et ils ont dit a 1'affemblee, qu'avant de fe train
porter au Champ-de-Mars, ils avaient cru prud(
de verifier la nouvelle pretendue donnde au diftr
de Saitt-'Eutache des offres faites par les Suilti
qu'ils venaiuent de fe rendre au diffrict de Sai
nf.utache, qu'ils avaitnt interrog6 tons les citov
de ce district raffnmbles, et que cette nouvel
portee a l'hotel-de-ville par un membre income
de ce diftrioct, etait detauee dc tunt fondement
Pendant que l'afftmbl~e, au milieu d'urn gr;
trouble, trouvait encore le moyen de rece\
avec un certain ordre et les deliberations


dilricts et les offres faites par les differentes
fociations, elle etait alfaillie par des dcman
d',rmt.s et de munitions qu'elle renvoyait au
tnite permanent,
I a place de l'h6tAl-de-ville itait couverte de '
tures de charrettes de chariots faifis.
Une ide ces families a it6 infiniment agr6abl
'affemblee.
L.e fieur Lafortune, foldat invalide et compag
laitier, demeurant rue de la Harpe chez M. C
tier; et Ie fieur Cailleau garqon perruquier,
meurant chez M. Gomme maitre perruquier,
Croix-des-Petits Champs fe font prefentis, et
declare qu'ils venaient de decouvrir, de fair
retnr et conduire a l'hatpl-de-ville ,oo000 li
de alpetre en 1o fiitailles ,oco iivres de poL
de traite en 5 baii!ls, 5 chapes et zo facs,


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reffltes dans la fale ; les l.cteurs eux-mn;es qui
ft fuccedainnt fans ccff, er:ient obli.gs de le
niettre au bureau, ct de decider les questions qu'on
vemnait leur foumettre.
11 exit;:.it a o heures du foir une efpece d'af-
femblee, larfque MM. Delavigne prdfident des
electeurs, et Ag.er, lecttur font revenues de
Verfailhts oil leur follicitude perfonnelle les avait
entrains des le martin, pour prendre fuir les cir-
conftinces actuelles les mnte;,tions et les ordres de
T'AffemblTe nationa'e.


f,woo de potagfe e 1. 2 bilss Ic tout charge a
l'Arf, nal, pour =&re tranlporre a Rouen par les
voitures d'eau.
Et les fieurs Lafortune et Cailleau ont dipof6
fur le bureau ks lettres de voiturtcs fignees diondel,
a l'adreffe de M. Endel, commilfaire des poudres
et falpecres du toi, i Rouen.
L'affemnble en arritant que cette premiere
ddcouverte de poudre ferait mentionn6e au proces-
verbal, pour attribuer i fes- auteurs, dans un terns
plus paifible, la recompenfe qu'elle meritait, a
ordonne que ces cinq milliest de poudre feraient
a instantt meme depofes dans une falle baffe de
T'h6tel-de-ville, pour etre diftribu6s aux ciroyens
fuivant les befoins des different poltes a defendre.
A infantt mime, M. l'abbd Lefel.vre electeur
eccl6fialtique, s'efl pr6fent6, et il a dit que ces
barils de poudre venaient d'etre d6pofds dans la
court de l'hotel-de-ville, en tace de la flatue de
Louis XIV que le Peuple en foule demandait avec
fureur que cette poudre lui frut diftribu6e i qu'il
menaCait de ddfoncer les barils.
Temoin de ce danger imminent, M. I'abb6
Lefebvre s'etait porter au milieu du Peuple i il
I'avait fupplit de ne pas d6fonccr lcs barri s lui
remontrant que la plus 6lgere indifcrntion pouvait
fire fauter I'ho6el-de-ville, et les maifons du
quarrier.
11 fe difpofait meme I aller chercher les garden
de la ville pour contenir ce Peuple obflin6, lorf-
qu'un coup de futil tire a cot6 des barils de pou-
dre, avait cauf6 une 6pouvante general.
Le coup de fufil et 'effroi qu'il avait caufd
n'avaient eu, graces a la providence, qu'un effe
propice, celui d'ecarter les plus opiniatres et dt
faciliter l'approche des gardes de la ville.
M. 1'abbd Lefebvre a terming fon ricit en affu
ratt que les gardes de la ville fans fufil, et armne
feulement de leur edpee, c-nvironnaient et gardaiet
actuellement les barils de poudre ; mais qu'il 6tai
de la plus urgente ndceflite de les enfermer dans u
Sliu ftir, et de n'en confier la distribution qu'i de
! perbfnnes courage es et prudentes.
s L'affemblee a arret6 que M. le prevot des mar
I chands ferait invite a indiquer fur le champ l'et
c droit le plus frt.
.r nonr niup la iftrihltiitnn Cft fai;rP avr C:


geffe et referve, pour qu'elle fut utilement et con-
venablement appliquee aux dangers les plus graves
et les plus pellfans i'affemblke a prepofe a cette
distribution M. I'abbe Lefebvre lui-meme qui a
bien voulu, en fe chargeant de cetre commiflion
delicate, expofer fa vie A tons les rifques qui de-
vaient l'environner.
Et a l'inftantr inme M. l'abbe L'efbvre a faith
dpofer les bari's de poudre dans lks bureaux des
payeurs des rented, dent M. le Prevot des Mar'
chands lui a fait donner la clef.
Un grand nomrwre de lettres avaierit &t6 fairies et
depoifes fur le bureau. On a dcliberd fur ce qu'il
coit'enait de faire : l'opinion la plus general a
etc que dans une circonftance aultfi dangereufe, l'in-
trter com'mun devait commander aux interets par-
ticuliers. Trois fois M. le president a mis a l'opi-
nion s'll ferait la lecture des lettres, s'il la ferait
publiquement oi i apre l'avoir faiie tout bas
il rendrait compete i l'alfemblee 4e cells qui pa-
raitraienr meriter une attention particuliere.
L'afTemblde a decide q ie les lettres feraient ou-
veites et lues publiquement, ce qui a ete execute:
toutes les lettres etaient adreffees a des particuliers,
et abfolument indiffcrentes a i'interet general.
Dans le nombre confus des diffirens objets faifis
et conduits fur la place de Greve, on a diftingue
les offers et bagagcs des miniftres, notamment ceux
de MM. les comt-s de Montmorin et de la Luzerne,
charges fur des chariots. M. Moreau de Saint-Mry ,
apres avoir pris l'Avis de l'alTtmnble a donned des
ordres pour que ces effects ruffTnt conduits a leur
dttlination, avec toute protection et fdirete.
On a diftingue auffi la voiture du prince de
Lambefc, efcortde par plufieurs citovens arms,
qui croyaient avoir arrete le prince de Lambefc
lui-meme.
L'Affemblke a decide que la voi:ure et les che-
vaux feraient fur le champ mis en fourriere dans
I 'auberge la plus voifine
L'arr&t6 a 6t6 executr relativement aux chevaux,
mais il a ete imipoffible de fauver la voiturr., a
laquelie le Peiple a mis le feu et don't il a dif-
perrf les morceaux reduits en cendre arres en
- avoir, avec le plus grand fcrupule detache 1i
malle et retire tous les offers qu'il eft venu depofel
a fur le bureau de I'affmblee.
Sur les 8 heures, ceux de MM. les electeurs qui
n dtaient membres du comite permanent s'eutat re
lires dans le bureau du comity et prcfque tous 1,!
. autres s'etant difperf6s dans leurs districts, M. 1t
president, en recommandant a la multitude de ft
Lt retire, pour veilier, chacun a fon pofte 1
Sdfenfe commune, a termine la eance et con
s voque l'aflfemblee pour demain huit heures di
martin.


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form6e ce foir pour s'occuper de la chofe publi-
que :je lui ai announce que je venais prendre kes
ordres pour les tranfmettre aux 6lecteurs et exe-
cuter ponctuellement ce qu'ils nous prefcriraient.
C'eft aprqs nous avoir entendus avec bonte et
avec interrt, que l'augufte Affemblie a delibcr6
fur une nouvelle instance i faire aupres du roi.


(I) Une fluxion considerable atteftait 1'indifpofi-
tion de M. Delavigne.
(z) L'Affemblke national a unanimement arrete
au'il ferait faith une deputation au roi pour lui re-
pr center tous ks dangers qui menace:.t la (api'ale
et la royaume la ntceffite de rcnvoyer les troupes
don't la prdfence irrite le d~fefpoir du Peuple, et
de confier la garde de la ville 'i la milice bour-
geoife.
11 a et6, de plus, arret6 que fi l'Affemblee ob.
tient la parole du roi pour Ic renvoi des troupes,
et l etabliffement de la milice bourgeoife, elle tcn-
verra des d6putes a Paris pour y porter ces nou-
velles confolantes et contribuer au retour de la
tranquillity. Arretd de 1'Affeinbl e national du
13 juillet 1789.


(3) II s'etait repandu un bruit dans Paris,
concernant plufieurs des deputs a r'Affemblee
national. On parlait d'attentats medirts on exe-
cutes contre leurs perfonnes. On citait enr'autses
M. Poignot I'un des dputes de Paris que l'on
difait difparu en vertu d'ordres minitterils. iil e.rait
certain, en effect, que M. Poignot n'avait pas paru
aux feances de I'Affcmblee national pendant qu'l-
ques jours. Le public s'erait apperCu de cette ab-
fence. On en interpretait la caufe bien diverfe-
m. nt. Lorfque, dans fon r~cit a I'hotel-de-ville,
M. Delavigne a parle des deputies de Pari a I'Af-
lem'l-,e national, plufieurs voix ont iiiterrom;-u
pour demander fi M. Point 6tait a l'Alfembl. e
national, fi MM. Delavigne et Aicer I'v avai nt
vu. lls repondirent qu'cui, et plufieurs fois trcs-
affirmativement, tant l'inquiitude 6tait grande t ce
fu'et. M. Poignot avait ete mrilade. Plufieurs jours
de fi:vre 1' vaient r>tenu a FPri. II n'etait pas re-
tabli encore : mais, apprenant les bruits auxquels
fon abfence force avait donne lieu il s'etait rendu
a Verfailles le lundi martin i et avait aiti&e conf-
tammtel r routes les de!ib6raticns de ce jour ,
nmalgr6 Ii situation p6nible de fa fant6. MM. )--la-


vinee et Aeier en atteltant ces fits an oub:ic -


Cependant un grand nombre de perfonnms font ont r'paudu quelque tranquillity' dans le eiprt.s.
A 2


[Is ont cru devoir rendre compete aux citoyens
IimblCs, de ce qu'ils avaient vu et entendu dans
iffemblee national et M. Delavigne a di :
SHonoti par le choix de mes concitoyens, qui
ont fait prefient'dend allemblee des elscteuis,
i vivement fenti combien ii dtait difhic'lc de e e-
ler feul quelle part je devais prendre dans lis cit-
'nflances penibles qui nous enviionremt. L'atfein-
ee dcs electeurs n2 s'eft occupee que dit falut
iblic : le thoix des mroyens ellt deicat dans cet'
flant : je n'ai rien voulu prendre fIur moi : i'ai
iu devoir confilter l'Atfemib'Ce national. Malgre
etat ot1 vous me voyez, (i) je fuis parni pour
erfail!es : M. Agier, lecteur a bien voulu
*accompagner.
Nous avoins vu I'auguqfe A(Temblee national ,
occupant avec un zele inquiet de ce qui peut
itablir ['ordre et fair le buIheui de cctte ca-
itale; une deputation nombreufe etait all6e vers
a roi pour lui demander I'eloignerment des trouwes
affembles autour de la capital dans un nombre
ffiayant, et folliciter (i maj pourt l'tabliffe-
ient des gardes bourgeoifes. L'intention de L'Af.
embl'e, T elle ett eu le bonheur d'obtenir ces
leux objets fur lefquels elle avait deji fait prdce-
lemment de vives inflances, etait d'envoyer au
nilieu de vous une deputation nombreufe vous fair
)art de fes fucces (2). Quatrc-vingt membres de
'Affemible etaient deja nonm 6s et de ce nombre
6taie:nt les quatante deputds de la vile de Paris.
'Affemble national, malgr T'empreffement de
tous fes membres, avait cru devoir prdfeter de
vous envoyer ceux que votre confiance a hono-
rds, (3) et don't le zele et le patriotifme ont ft
bien juflifi vontre choix. La deputation aupres da
roi avait ordre de demantder 1'agrement de fa ma-
jiete pour l'envoi de fes membres aupres de vous.
Nous avons dte temoins du retour des deputes.
La reponfe dit roi n'a pas et6 favorable elle a
conftern6 1'Affemblde, mais elle ne ['a pas d&cou-
ragee. L'Affemblee a entendu le recir que je lui
ai fa't des malheurs de la capital : je lui ai fair
connaitie les details que je connaiffais moim-meme:
ie luiai dif n.p l'eFUarnmaiap> AC. e lrr c rc fPrait


I ,_s~-1- 1.- ~-f-.-----~a ~---- ----


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t.
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P;ifinr,- prnifrts de rdact:on onnt tC r6,rfent6s:
I'AffemLl'o.- elt demneui e d'accord de ctlui don't je
vais avoir l'honneur de vous fire lecture.
Extrait du proccs-vrrbal des feances de I'rAfemblle
national.
Du lundi t 3 juillet 1789.
II a &tc rendu compete par les dtputes envoys
au roi, de la reponfe de fa majefle en c-s terms:
,, Je vous ai deji faith connalcre mes intentions
fur Ics mefures que les defordres de Paris m'ont
force de prendre : c'eft a moi feul de juger de leur
n6cflite, et je ne puis ai cet regard apporter au-
cuns changemens. Quelques villes fe garden elles-
mem s, mais 1'etendue de cette capital ne permit
pas utie furvillance de ce genre :je ne doute pas
de la uret6 des motifs qui vous portent i m'offrir
vos loins danis cette afiigeante circonftance, mais
votre preftnce a Paris ne ferait aucun bien, elle
ell necellaire ici pour l'acceltration de vos im-
portans trvaux don't je ne ceffe de vous recom-
mander la faite ".
Sir quoi 1'Afklmble interprete des fentimens
de la Nation, declare que M. Necker, ainfi que
les autres niniltres qui viennent d'etre eloignes,
tmportent avec eux fon eflime et fes regrets i
Declare qu'effrayee des suites funeftes que peut
entiainer Ia ieponfe du Roi elle ne ceffera d'infif-
tcr fur 1'eloignement des troupes extraordinairement
rafrimbldcs pres de Paris et de Verfailles et fur
lertablifkemenu des gardes bourgeoifes i
Declare de nouveau qu'il ne peut exifter d'in-
termediaire entire le roi et 1'Affemblee national;
Dlclare que les miniftres et les agens civil et
militaires de l'autorite font refponfables de toute
entreprile contraire aux droits de la Nation et aux
decrets de l'Atfemblde;
Declare que les miniftres actuels et les confeils
de fa majetfle, de quelque rang et tatr qu'i s puif-
fent etre ou quques functions qu'ils puiflent avoir,
font ptrtonnellement refponfables des malheurs pr6-
fens et d. tous ceux qui peuvent fuivre ;
D6 large que la dette publique ayant ctC mife
focus a garde'honneur ede onneure la loyaute fran-
aife et que la Nation ne refufant point d'en payei
les interests, nul pouvoir n'a le droit de prononcer
Iinfame mot de banqueroute nul pouvoir n'a It
droit de manquer A la foi publique fous quelque
forme et denomination que ce puiffe etre
Enfin, i'Affemble national declare qu'elle per-
fifte dans fesprecddens arretes et notamment dans
ceux du 17,u zo et du 1 juin dernier
Et la pr6fente deibbration fera remife au roi
par le president de I'Affemblee, et publide par la
voie de l'impreflion ;
Ordonne aux fecretaires de l'Affembl6v d'adref-
fer a',x miniftres retires une expedition par extrait
du prefentcarit6.
Signed la Fayette, vice-prefident ; Mounier, l'abbe
Sveyes Chaplier Gregoire Staniflas de Clermont-
ionnerre, fecretaires de 1'Affemb!ee national.
A peine cette deliberation a-t-elle te 6 decretde,
que nous avons faith les instances les plus preflantes
pour en obtenir une expedition authentiqne :nous
vous la prefentons fbus la signature du vice-prdfi-
dent et des fecretaires de 1'Affemblee national ;
ce doit etre une consolation bien prdcieufe pour
vous, de voir exprimer par cette augufte Affemblte
les fentimens que vous avez deja manifefies vous-
mnmes d'une maniere fi dclatante.
Tous les deputes nous ont trmoignd leur joie
fur vos difpoihtions courageufes don't nous letur
avons fait part : ils ne font pas moins decidds que
vous A tout faire pour la libertC puablique.
Nous avons vu avec la plus vive satisfaction que
les dvenemens actuels font un nouvel aliment au
patriotifme qui les anime i lorfqu'on a lu dans I'Af-
femblee natlonale la parties de l'arrred que vous
venez d'encendre, o il eft dit que rAjfremblee na-
tionalc declare qu'clle perjifle dans fes pricedens arre-
tes, et notamment dans ceux des 17, .0 et 13 juin
dernier, nous avons ete temoins d gdnreux em-
prefiement avec lequelun grand nombre de depu-
tes nobles fe font elancds de leurs fieges fur le
bureau, et ont declare A toute l'Affemblde que fi,
dant le principle, les conditions impdrieufes de leurs
mandates avaient gene les fentimens patriotiques qui
les portaient A ['union des ordres, tout les preffait,
tout les portrait, dans la circonflance actuelle, a fe


drifter de toutes oppofitions de toutes protefta-
tions; ils ont declare que l'amour du bien public
l1s dterininait a adherer a ces arretes pris dans
I'Afremb!le avant la reunion. II eft impoffible, Mef-
lieurs, de Cfe dcifndre et de r'etre pas itte6dri,
en vovant s''teindre pour toujours les ktincelles de
la division que nos ennemis voulaient entretenir
entre 1a s differens ordres; tout eft maintenant de-
cid6 leur force comme la n6tre, refultera de
leur un~on.
Nos deputies a l'Affemblie national ne doutent
pas plus que vous, qu'il faut des gardes bourgeoi-
fs pour ramener l'ordre et maintenir la furetd. Les
miniltr, s qui obfedent et qui trompent le meilleur
des rois montrent encore une opposition bien r
marquee i l'etabliffemcnt de ces milcesi rmais leI


116
vcru de l'Affemblie national conligni dans fes
arrktcs, n'eii eft pas moins decided pour que les
milices bourgeoifes foient 6tablies. En douterez-
vous encore, Meffieurs lorfque je vous dirai qu'un
des deputs" m'a remis avant de partir, la note
que vbici, c&rite de fa-n ain. M. Dupom confeil
Irr d'Etat, chevalier de I'ordre de Vaza et fon fils
age de I8 ans, demeurant rue du Petit-Mufc n 17,
demandent a' tre compris-au rdole de la milice bour-
geoife ,j# el le e itablie.
Nous croyons done, M. Agier et moi pouvoir
vous dtclarer en refultat de la million que nous
nous femmes donnee vers lAffemblee national,
que tout announce et tout promet la reunion la plus
complete entire tous Its membres de cette auguflte Af-
femble.. Vous voyez qu'outre leur attention ordi-
naire fur les grands objers d'utilit6 gindrale pour
tout le royaume, les membres de 1'Affemblke ont
donn6 une attention et ont faith des demarches
routes particulieres et tres-preffantes pour la fu-
rete et la tranquillity de cette capital. C'ef a nous
i ne rien Faire qui ne foit marque au coin de la
fageffe et de la moderation. Felons tout pour notre
furete, pour la dedfnfe de la cit ;i nous le de-
vons : il faut du courage, mais il faut que le cou-
rage foit'conduit. Voili ce que nos d.putrs de
Paris, voila ce que Ies deputies des provinces, qui
ont &t6 touches de notre situation, nous ont Tpecia-
lement charges de vous dire. Vous concevtz com-
bien il eft utile de nous conformer a leurs invi-
tations.
Si, apres ces developpemens importans, les ci-
toyens ici prefens defirent quelques details fur des
circonflances plus minutieufes de notre voyage,
nous leur dirons qu'en allant a Verfailles vers
midi, nous avons rencontrr des ddtachemens con-
fiderables de huffards dans la plaine, entire le che-
min et la riviere, avant le pont de Seves. Une pardie
de ces huffards trait a cheval en repos dans la
plane ; une autre parties etait defcendue, et tenait
les chevaux par la bride. Quelques piquets fefaient
patrouille le long du chemin, a la porcee des au-
tres pelotons qui etaient dans la plane.
Le pont de Seves etait garden par des Suiffes. Ils
ne nous ont rien demand et ils n'on pas mis d'obf-
tacle a notre paffage. Nous avons encore rencontrr
d'autres patrouilles de Suiffes reverss jaunes, dans
le bourg de Seves.
A notre retour, vis-i-vis la manufacture de por-
celaine de Seves nous avons rencontre plufieurs
voitures, don't les cochers et les gens avatent pris
des cocardes ou des rubans verts.
A Seves, au bureau nous avons appris que
tout le monde avait pris la cocarde de couleur
verte, et effectivement tous ceux que nous avons
rencontrds,la portaient.
II ne fefait plus jour lorfque nous avons repaffR
au camp des huffards, pres le lieu apple le Poiat
dujour. Les huffards y font encore dans la mmeI
position; ils fe tiennent en grouppes a poftes
fixes enveloppes de leurs manteaux blancs, et
quelques pelotons vont rodant le long du chemin.,
Ce ricit a dte entendu dans le plus grand filence.
L'arrete pris par l'Affemblee national, et la certi-
tude de fes rdfolutions patriotiques, ont jetd dfns
tous les ca~urs une efperance nouvelle un nou-
veau courage. II etait press de minuit, lorfque MM.
Delavigne et Agier fe font retires fuivis de tous
ceux qui venaient de les ecouter.
Pendant que I'affemblde des 6!ecteurs fidgeait
dans la grande talle, le comitr permanent n'avait
pas ceff d'trre en activity.
La confusion', I'impatience et le ddfordre y
etaient ports aux derniers excs ; les armes pro-
mifes n'etaient pas arrives. Les ddputds de tous
les difltricts, a qui on en avait promise pour cinq
heures du foir, raflembles dans un tres-petit local,
temoignaient avec chaleur leur mdfiance et leurs
foupcons i quelques voix meme fefaient retentir les
mots de perfldie et de trahifon.
M. le prdv6c des marchands rdpondait ai toutes
les demands, a tous les reproches avec une
grande tranquillity. On eit enfin parvenu a renvoyer
les deputrs des difitricts, en leur recommandaint de
revenir a 7 heures pour la difitribution des armes
qu'on attendait toujours.
Entre 5 et 6 heures on a annoncd que plufieurs
caiffes etiquetres Artillerie venaient d'arriver de-


vant I'hotel-de-ville. On a dit que ces caiffes con-
tenaient les armes promises A M. le prdvot des
marchands, par M. de Preffoles.
Et pour eviter l'inconvenient facheux de laiffer
ces armes i la difcrdtion de la multitude, le comite
permanent a fait fur le champ transporter les caiffes
fermees dans les caves de I'hotel-de-ville.
L'embarras &tait de trouver les moyens de diftri-
buer avec fageffe, de mettre en des mains fiddles
et connues les munitions qu'on avait, et ces armes
qu'on croyait avoir.
II a et6 enfin ddcid6 que quatre electeurs, mem-
bres du comite permanent, fe tranfport-raient aux
cafernes des Gardes-Francaifes et que profitant des
services offers par ces braves militaires, ils les el-
gageraient, au nom de la commune i fe rendre en
corps i ol!tel-de-ville, pour de lA it ditfribuer
dans les difiricts, et y porter les armes et les mu-
nitions.


MM. Duvnyrier, Perignon, le Couteult de Ia
Nornye et Ganilh ont et6 charges de cette commit.
fion, et deputies, les deux premiers, verles le ca-
fernes de 1'trapade les deux autres, vers cells
de la rue Poifionniere et du dep6t.
Quelque-tems apres ils font revenues, M. Ie
Couteulx de la Noraye ionduifant avec lihi un drta-
chement confidirable de Gardes-Franjaifes et
MvM. Duveyrier Pe6ignon et Ganilh feul, et
lans foldats.
M. Duveyrier a dit que n M. Pdrignon et lui
s'6taient tranfportes 11a caferne de l'Eftrapade, oit'
ils avaient trouv6 les foldats tout difpofis, et leurs
arnes pretes ; qu'un jeune officer, qui les comman-
dais, leur avait obferv6 que cette caferne ne con-
renait pas un grand nombre de foldats; qu'il 6ta't
convenable de fe tranfporter, avec le petit nombre
de foldats de cette caferne, i la grande caferne,
fife rue neuve Saint-Etienne don't lei foldats
attendaient aufti avec impatience le signal de voler
au fecours de leurs concitoyens ; que l'ordre dcs
officers fuperieurs etait d mtid pour que les Gardes-
Francaifes de ces deux cafernes fe ditiribuaffent dans
les diflricts des tauxbourgs Saint-Marceau Saint-
Jacques et Saint.Germain, mais, qu'ils avaient reju
la defense de paffer la riviere.
Qu'en confiquence ils n'avaient pas jugs i piopos
d'amener ces foldats i I'h6tel.de-villeh, au mdpris
des ordres qu'ils avaient recus et que tris-fatis-
faits de les voir diftribues pour la detenfe des diL-
tricts voifins, ils s'dtaient contents de fe rendre ,
avec les foldars de la caferne de I'Eftrapade i Is
grande caferne ; que delay toute la troupe ayant 1
fa tece les deux deputds du comitC permanent, et
merchant au milieu des applaudiffemens de tous lei
citoyens, s'dtait rendue fur la place de Saint-Etienhe-
du-Mont, oil, apr6s s'etre range en bataille, elle
s'etlit divifee fuivant les ordres recus, pour jeter un
detachement dans chaque district w.
MM. Duveyrier et Perignon ont ajout ,, qu'il leur
etait impdfible de peindre I'alldgreffe avec laquelle
ils avaient ete requs dans les deux cafernes, que
lufieurs foldats veriaient des larmes en leur ferrant
a main, et que la joie de prendre enfin lea armes
pour la conservation commune, avait pu feule cal-
mer la douleur qu'ils reffentaient de n'avoir pas
et6 plut6t appellds,,.
M. Gatlilh n'a pas prdfent6 des details auti fatis-
faifans. II a dit;, qu'ils s'etaient tranfportis au dtp6t
des Gardes-FranCaifes, au coin de la Chauffte d'An-
tin, oa ils avaient 6tC prdfentCs i M. de Boifgelin ,
qui commandait; qu'ils avaient faith part de leur mil-
lion i cet officer, qu'ils r'avaient remercie au nomr
de l'affemblee du patriotifme que lui et fes mili-
taires, etant fous fes ordres, avaient manifeftl en
offrant de concourir avec tous les citoyens i la fdreti
publique i qu'ils l'avaient pri au nom de I'affem-
eMee ,d'envoyer une parties de fa troupe I'hotel-de-
ville, pour que le comite permanent pdt s'aider des
lumieres de fes officers, et du courage de fes foldats.
Que M. de Boifgelin avait repondu que I'affem-
blee etait mal informed, qu'il ne mdritait pas fes
remerciemens; qu'un de les devoirs etait de veiller
'a la fitret6 publique ; qu'il s'en acquittait en faifant
fire des patrouilles, et qu'il les ferait continue ;
qu'il ne pouvaic pas repondre I 'invitation de
I affemblee fans avoir pris les ordres du general ;
qu'il I'attendait i chaque infant, et que fi MM. lea
deputies de la ville voulaient aufli attendre, ils pour-
raient confdrer avec lui ,,.
M. Ganilh a ajout6 s, qu'ils avaient en effect atten-
du, et qu une demi-heure apres, un aide-de-camp
etait venu dire a M. de Boifgelin que I. general ne
fe rendrait point au ddp6r: qu'il s'en rapportait a
M. de Boifgelin fur le commandement et la difpoli-
fion des troupes qui etaient au-dela de la riviere,
fe refervant de veiller lui-meme fur celles qui etaient
en deca.
Qu'aprs le depart de 1'aide-de-camp ils one
reiterd leur invitation a M. de Boifgelin, mais qu'l
s'y eit conflamment refufe.
Qu'au surplus, en fe retirant, ii one vu plufieun
foldats dans les meilleurs difpofitions, et qu'ils ont
recu d'eux I'affurance que tous leurs camarades deli-
raient dgalement de fe rdunir aux citoyens pour I*
defense commune -.
C'eft alors qu'on a jug4 poflible de diftribuer lea
fufils promise par M. le prevyt des marchands, et
qu'o croyair toujours contcenus dans les caiffes ap-
portees i I'h6tel-de-ville.


Ces caiffes ont ete ouvertes en pr6fence de M. Hay,
colonel des gardes de !a ville, de M. le marquis de
la Saill- des deputds de plufieurs districts., et en-
tr'aurres, en prefence de M. Brunet, procureur au
chatelet, M. Javon, avocat, et M. Bouvier, ne-
gociant, deputes du difitrict de Saint-Nicolas-des-
Champs ; et tous les fpectateurs ont tk crangement
ftupdfaits, lorfqui' I'ouverture de ces caiffes, au
lien des fufils attendus, ils ont trouve ces caifles
remplies de vieux linge (i).

(i) Cette nigme n'a jamais 6rd expliquee : com-
ment ces caifics ont elles &td envoydes a I'hotel-de.
ville? qui les avait envoyees ? a quel effect ? d'od
venait la nouvelle qu'elles etaient replies de fuils ?
Voila ce qu'on r'a jamais pu decouvrir.
Il


u-~~r~ -- _---_1--_ --------------- ,,lrr~-, ., ..i~:~_, _~~~_,__1~_ I 111 III Ir












11 n'Ctait pas po;ble de cacher cet ivinement
aux ddputes des districts toujours affemnbl&e, tou-
jours impatiens d'obtenir les artnes dant on flantait
depuis le martin leur patrintifme et leur courage.
Cette impatiencea pris a I'inftant m&ene les carac-
teres de la tureur et de i'indigrlation.
Un cri general de trahifon s'eft dleve centre le
pr i6t des marchands contre les membrts du co-
mitre permanent; et ce qu on a tente pour arrete-
cette impreflion funefte, n'a faith que l'augmen-
ter et la porter par degris aux effets les plus
terriblts.
Quclqups-uns des citovens qui fe fuccddaient
perpetuetllment, ayant dit au comite permanent
que le couv-nct dis Chartret x et cenui des CdIl:tias
iecelaitnt une grande quantity de fufils, le comite
a remis auy ndpu,6s de plufieurs dittricts, Lt notam-
ment ies dilt-i, ts des Mathurins de Saint- Eullache,
et d& la 3Baroche, des o;dres pour prendre des fufils
aux Chiaitreux.
L'ordre donned aux deputes des districts des M.-
thurins et tie Saint-Euftache et ainfi concu :
L Le comite permanent de la milice parifienne
invite MM. les Chartreux de fire rem nttre anx
citoyens du difltrict des Mathurins ( de Saint-Euf
tache ), 5o fufils ,.
Les autres ordres etaient conqus I-peu-pres dans
ks memcs terms.


I,e comite permanent a donned de meme plu.
fieuirs ordres pour prendre des cartouch s i l Ar-
fenal.
II a dEclare a tous les autres citoyens que l'hotel-
d(-ville etait hors d'etat de fournir des armes. On
a pubid ila permiflion genirale, et donned des orIres
particuliers i tous les districts qui en ont demand,
de fair fabriquer des piques, des hallebardes, aux
frais de la ville de fe fervir enfin de toutes les
ar ;,Is que chacrin pourrait fe procurer.
Tel eft I'ordre donned pour le diflrict de Saint-
Euflache :
cc D.1)s le bcfoin preffant or fe trouvent les ci-
tvells d'rtre arms, MM. du diflrict de St. Eutlache
font auco.ifes i faire forger des hallkbardes' pout
arm. r lks citoyens de ce district. ,
M. le marquis de la Salle lieutenant- colonel
chevalii de St. Louis', dlecreur, membre du co-
mite permanent, et I'un des citoyens nobles qui fT
flint r,.t is les premiers I la commune, a obferve
Qu'un des plus grands inconvcniens de la fitiatiot
actue.le, eltt le dfaut d'ordre et de liaifon entrt
kIs diftferentes parties de cette grande machine
don: une etincelle vient d'embrad'er tous Ics rellorts
que cc-t ordre fi necefirire, cette reunion cett
corrtfpondance fi precieufe pour le fkicces et 1
rapidite des expeditions, ne peuvent exitter que pa
le commandement et l'obeiffance ; que, faute d
.chefs connus et avou6s par la puiffance pub;ique
tous es citoyens devenus foldats font fans ceffc ex
poa!s perdre leur zzle et leur intrreidite en effort
fuperflus, et quelquefois meme en efforts contraires
qa 'i! taui fur-tout un gcn:ral don't le nom, lVexp6
ri.nco et les principes connus infpirent la confiance
qun ii dt bien loin dte fe cire capable et digne d
la pr.v-Tiere place, mais q'e, dans une occasion
Ft!oriiufe, tous les poftes boit facres, tous les en
p'.ois honorable t-t qu'il oftre a la commune c
P'-i pout oftrir fit fortune ct fa vie.
Cette offre genereute de M. le marquis de
S.ile a te vivemn-nt applaudiL. On a cherch, (
con-ert avec lui, un citoytn qui pilot remplir av
distinction la place dL comniandant-gen6ral.
Un membre du comr t a deligne M. le duc d'A
m,)nt, don't la prdefnce dais 'afnemblbe gender;
dis eiecteurs ycnait d'annoncer les fontiirmens p
triotiques.


Ce choix a dtk univerfellement approuv6. Pour
pla:e de commandant en second, tous ks yeiux
font fixes :ur M. le marquis de la Salle. Sa condui
manifclthit affez f, s intentions et fcs principet.i 1
fcrviccs etnicnt connus. Un membre du coiite
rapport que M. le marquis de la Saile avaieiit fern
depuis 1750 come officer drns le regiment
1ro, comme capitaine dans les dragons de Thiang
comme employee dans lFetat-major de l'armee,
quclquefois marechal-dcs-lo;is en chef dtie plufie
corps de referve; conmme major du regiment d ,
bevil!e et aujourd'hui lieutenant colonel co
mnand.nt le bataillon de V'ermandiois : enlin ,
fon courage avait ete cit6 avec l1og;e dans plufic
occasions de la gutrre d'Hanovre par les papi
publics.
Le coi-imandement en second a t6 def.c.r6 a
le marquis de la Salle, qui a acc ptne cet honn
avec rtco'lnaiffancc.
I.e trouble qui femblait nugmcnter .a chaque
tant, et 1ls interruptions quc le comite permar
nie ccifait d'p'ouver ont empchc de proclant
des le loir meme ccs deux nominations.
Cep:ndant, M. le marquis de la SaIle eft e
fur-le-champ en functions i ii a reiu entr'autrr
offres de service de la companies de i'arquebt
qui a annonc6 qni&Ile etait pfte et en etat de
entrrprcndre pour la deftunf. de la ville, puifq+.
avait eu la precaution et le bonheur do fauvei
aimes du pillage.


;537


Is




n



c

I
d














It

s


ul


Et ii a donn fur-le-champ a M. Bicard, elec-
teur ct thance'ier de la compagnic, I'orire verbal
de fe po-Cter promptement I'hobtel Bretonvilliers,
pour prefcrver cette place du pillage et de 1'inccn-
die don't elle eait menacee.
Milgrd le chaos'epouvantable qui fe'nblait avoir
bouleverfe toutes les parties i'utie cite imrnenfe ,
le centre de reunion forrnc ai 'horel-de-ville par
;'affembl&e des electeurs, a kte la premiere caule`
du falut public. Cette puifiance municipal, creee
par la circonftance, tacitement confentie et recon-
nue par tous les citoyens, a r~ufli a mettre l'imagg
de 1'ordrc et de l'obeiflance au milieu du delbordre
et de I'anarchie j et toutes les voloites particulierei
tendant au nmtne but, a la confetvation gnferale
la firet6 individuellean'a recu aucune atteinlte : 1
garden bourgeoife s'eft formee dans tous les diflricts
et d&s le Loir mrnee, ks patrouilles fe font faite
avec exactitude, les rues ont te illuminees, tou
les poftes gardes avec surveillance, et toutes Ie
maifons refpect6es.
Le commit permanertt, ea conformity du regle
ment de la mitice parifienne, avait fait fire un gran
nombre de cocardes rouges et bleles; elles out et
diftribuies des le foir meme, et les cocardes vert
ont et proflcrites avec autant de promptitud
qu'elles avaient ete adoptees.
On arAtait aux barriers, et fans aucune excel
tion, routes les pertbnnes qui voulaient entrcr dai
la ville, ct qtui voulaient en fortir i on erait fu
tout attentif et defiant fur cells qui vtnaientc
Verfailles, et qui, par leur etat ou par leur nai
fance, eraient cenfees avoir quelques relations avi
les mii.ifltts : hommcs, femmes, v.otures, chevau
lttstrs, malt s et paquets, tout etait amn noc
apporte i l'hotel-de-v.lle.
Dans le nombre, impoffible a decrire, de c
perfonnes ainfi arretees, on a conduit au comi
permanent, fur les io heures du foir, M. Bocha
de Sarron, premier president du parlement et i
le Fevre d'Ammecourt, confeiller de grand-chambi
qui rcvenaient ae Verfailles.
Ces magiftrats ont exprim6 combien ils &taie
r p nemtes de tout ce qu'i:s voyaient ; ils ont app
qu'a Verfailles tout paraifait tranquille, et c
I Affembrle national s'occupait d'apporter remt
aux troubles de la capital.
e Str le defir qu'ils ont temoignI, de favoir
: meures que 1 hotel-de-ville prenait au milieu
n cer orange, on leur a fait lecture de I'arite6 gen;
S ui avait etabli, des la n)atinee du meme jour,
c comite permanent, et du reglementc qi v nait
i; atucr fur la forme et la composition de la mil
c bourgeoife parifienne.
1 Ils ont demanded l'un et l'autre un exemplaire
r ces deux rdglcmens municipaux.
e .Cependant la piece qui precdait le comite I
' manent, etait remplie d'une foult prodigieufe :
t- eFprits ecaient aigris etexaltes. On iaiflaic echap
:s &s foupqons et dts murmures fur le voyage que
> deux magiltrats venaient de faire a VL rlailles.
difait nieme que M. d'Ammeccurt avait etc
fiigne comirte fuccIffCur de M. Neckcr.
{. Les membres du comity permanent ouit av
I MM. Bochard de Sarron et d'Ammenw ourt qu'il t
ct prudent de fe retire ; et pour Ics mettre a I'
de toute infulte, MM. Buffault, Lerurand de Sa
ia )inen et Delkutre, precedes ide fluinbaux et
le gardes d. la ville, ks ont reconduits jufqu'a
c vciture qui les attendiit au has de l'efcalie1
nhotel-de-ville, et i's ont recomm.ind ai la g
buurgeoile qui Its avait amnen s, de les accon
1 %ncr chez eux avec les egards dus 1 leur carac
t a leurs functions.
a ,
A minuic ou environ, quelques membres du
la mite permanent fe font retires pour prendrt
r peu de repos. M. de Fleffelles, prevet d-s
;it hands, n'a pas voulu fortir de I'hot.l de-villi
[e a acceFte un lit chez M. Veytard, greffrie
Schef.
vi, MM. Legrand de Saint-Ren6, Buffau't, Ve
.u et Hyon, font reles dans la falle pour teni
;e, comice pendant la nuit, pour prevenir ou ar
et 1ks dangers qui pourraient fe manifefler, pou
urs pondre l toues l s deputations, a totes les
Lb- mandes qui Te fuccliaient fans interruption, et
im- prononcer fur le fort de routes les ptrlonnus
qu ls patrouiiles ne ciffaient d'arre er comme
urs pectes, en d'amener a I'hotel-de-ville.


Les membres du comit6 permrncnt d&clarent en-
core, qu'ils out appliudi aux v-,rtus peu ccm'nuncs
de M. l'abbe l.etf\bvrc, laWifnt, t ulenient i fa
aIgeffe ie foin d'carter les p,!us rnnds dangers.
Que fur 1Is cinq hcurcs du main, M. Leg-and
dle Sairt-Rnet a crit au nomn du comite perma-
nent, a M. le du: du Chtelt, pour fire relever
le detacherment des (;adLS:d-lr'raifes, qui, depu.s
la veille, tait wccupe a la garde de I'hCitel-de-
viyle, et qu'il en a recu la reponfc fuivant;-, ainfi
adreffee : a M. Legrand de Saint-Rene', elcteur ct
.'zembre du comi:e permanent.
D'aprs l'avis que vous me donn-z, Meficeurs,
que I'hotel de-ville a befoin d'un detachement 'dn
regiment des Gardes-Francaifis, rour le garantir
(de l'effervefcence de la populace, comme je dois
a lia ftret6 de Paris de fire porter des fecours
dans tous les lieux qui peuvent etre mnenac6s du
pillage et de l'inccndie en attendant les ordres
de M. le marerhal de Broplie, charge fp&ciale-
ment par le roi du commandement des troupes
dans Patis, je vicns d'cnve,,cr les ordres necef-
faires pour que le detachemcnt du regiment des
Gardes que vous me mandez avoir marcine hier aa
foir a Vhotel de-ville a voire r~quifition, pour en
affurer la conservation, foit inceffamment reeve.
J'ai l'honneur d'etre avec les fentimens de la
confiddration la plus diflinguge,
Meffieurs, votre trrs-humble et tris-
obiffant ferviteur,


Signed, le duc du CHATILET.

Paris, ce 14ju:ilit 1i789.

Qu'ils font parvenus a fire defarmer plus de
r o vagabonds, qui ivres de vin et d'cau-dL;-vie ,
s'etaient endormis dans linterieur de hotnd-de-
ville ;
Que ces gens d farms demandaient du travail;
et qu'a'ors, fur i'inftruction donnee par li. Euffault,
qu tous les ouvriers pouvaient etre utilt ment em-
ployes a la GranAe-Garre, le comitr a fur le champ
fait imprimer et promulguer I'arr&te qui uitn:
Le comit6 permanent 6tabli a 'hotel-de-vil'e,
defirant de concourir ai entretenir Its ouvriers de
toutes les claffes, invite MM. les chefs de chaque
district d'a-noncer qu'ils ont ouvert un attelier i
la Grand-Garre, oi tous ceux qui veulent etre oc-
cupes, trouveront du trava:l 1 raifon d'un prix con-
venn par toife; de rtlle forte cue chaque ouvrier
fitra paye ai raifon de Con activity et de tin tra-
vail.
En confequence, ceux qui voudront fe tranf-
porter a la Grande-Garre, y front occupies fur le
champ, en rapportant un certificate du chef de leur
district.
DIa mardi, 14 juillet 1789.

Des fix heures du martin d'autres membres du
comit6 permanent v font fucceffivement revenues.
Les deputes ds difiricts, ec une futile de cirovens
de routes [ s claffcs, remplif iient 'lhltel-de-villc;
les uns r6clamant, les aitrcs conduifant d&s effets
laifis, d&s charet:ts de famine de b:cd de vin,
et d'it,'res come&;ibes des canons, dcs fufils, des
Munitions des chevaux : tout etait enlkvd juf-
qtu'u,\ grains deftines i I.a halle, et tout etait amene
iur la place te l'hitel-e-villc.
e Datrs cette e range confuil'on on avait foin fur-
X( out de faire rl-conduire promptemen- L la halle
t tout ce qui arrivait pour fon approvifionnement.
S Les rues 6taient inond'rs d'tune mu!rtitud innom-
Sbra'.le dc p.-rfonnCs de to;,t a7e et de c,ut cta t,
quti Ils par.:nuraient lfas crdre et avec d1-s armnes
s de toute efpece. Pour prevenir 1ks dangers quo


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le
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an-
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arcs


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mefagers furpris fans doute de n'avoir pas fait
une plus grande fenfation, fe font retires en fi'ence,
et avec urne tranquillity qui dementait affez l'ap-
prrie du dL:ng,.r qu'ils venaient d'annoncei;
iI M. l'abb4 Lefebvre, garden et difributeur
-t i .,urs, elft venu leur rendre compete de cc
qui ie laffait ilans le irme teams au magafin i
Qu'il leur a dit qu'a peine avait-il etd charge
des quatre pirnuiers bairils, que le Peup'e avait
faifi fur le port Saint-Nicolas et trannfiortt dans la
cour de I'hortl-Ic-ville So autres baiisi de poudre ;
qu'il les a'-air fait depofer dans le second bureau
. des piyeurs des r-ntes ; qu'il avait acc ptet .ilors pour
s laid, r dats la distribution, I lfeccuis de deux h, :mcs
C fe dilant d lerteurs des canloniers; qu't heures
a apres minuit ou environ la foul: s'etant rn peu
, ditlip6e il avait cru devoir fair- fE.i mer II pr init ~ y
s porte du 'magafin i mais qn'une fioule nouvelle ve-
s nait de brifer cette porte a cr ufs de ha'he et de
pieux et ou'un coup de piltouer parti au.n iLine
infant, effeurant fes ch: veux, avail caflk dci rieri
d- lui plutieurs carreaux de la fenktre qu'ii fe voyait
Force cde difribuer de la poudre en facs et coriets
:e I ce P.-uple eft'rne qui n'en demandait qu'en lui
-s prtfentant des pilolents, des fabres des piques ou
le autres arnes ; que cependant faifant a la Patri.
lefacrihce de fon exiftrnce il n'ahandonnerait npa-. ce
,. pofle, le plus dangereux fans douce et le plus im-
,s portant.


t


e,




es
c

-e


Lers Ils rapportent que fur les deux heures du
tin pluieurs prlfonnes portant fur leurs vi
M. tous Its fi anes de l'effroi et de la confltrnat
ieur le font preci itnes dans le bureau en s'e<
que tout etait perdu, la ville prife, et la rt
inf- i3int-Antbine inondee de iy,ooc foldats qui s'
ient caient vers la place de Greve. et qui dar
,r, inula~rt, aliaient s'emparer de l'hbtel-de-ville ;
Qu'ils avaienr i cette nouvelle conferv6 afl
ntr6 couiage et de tranquillitC pour montrer un ,
; les ferme et trar.quille, et pour faire entendre a
Sfe, qui I'apportaiLnt, que l'h6tel-de-ville trou
tout dans fon magafin a poudre, dcs movens pr
.\ile et iurs de faire repentir ceux qui tenteraient
: fs furprcn!ire;
Qu'apres quelques minutes d'attente, les fi











prt'n"ast cette agitation effrayante, !e cornit6 a
jit inprimintr et affcher I'aiTree fuivarnt:
.Les citoyens de tous les etdres font invites a
fe tranfporter a l'inftant, chacun dans fon df&rkt.
On made aux chefs de corporation de mian-
teuir dans l'ordre tous ceux qui lolit focus k r'de-
p~tindance.
CrCux qui cnt des armes et qui ne font pas
cliff-s dans l urs districts foCt invites A fe porter
liir le champ dans les corps de la milice Pari-
liennc ".
Le plus grand nombre des perfonnes qui rem-
pliAaicnt l'hItel-d&-vill' eraient ceux qei la
vcJi.l, on avait tres-vaincment promise des armes.
Ccux I quii l'on avait donned' des ordres pour
prcndre des fufils aux Chartreux, s'etaent tranl-
pcrtes aux C hartreux et n'y avaient pas trouve
tin fLul tufil.
C(ux q:',,n avait envoys "a 'Arfenal y prendre
des cartoon h.i.s, in'avaient pas trouvd une feule car-
touche a i'Arfenal.


1.11 cokcre et
hch,,.,ju , i;a r
dctrnirfe fur I.-
6.'s naulnitiols
nrI-11" (-: ellks
2LIX CItMG'CbS.


indignation femblaient s'accroitre
Spr cette fatalird qui s'acharnait a
foinitrure neci-laire des armes et
tout-s les efperances au moment
eraiclt formees et communiquees


Le cow;iitw permanent s'6tair reuni au milieu des
cla:.n.ura furiculLs, et des nimeaces les plus ef-
frayintces.
Son premier foin a e't d'arreter que M. Ethi6
d ( oiny procureur du roi et de la 'vile, ferait
in\iv a t f. rtuanporter fur le champ i I h6tel des
I:,valids, pour y demander Its armes de toute ef-
ptce (tii pnurraient s'y trouver, et les fire ap-
porter lIhotel-de-ville.
\I. V this de Corny a accepted cette commiffion ,
et il efi part pour la remplir.
A fcpt heures, ou environ, une foule effrayee
eft ven'e annoncerque le regiment Royal-Alleman.:
s't ait mnis en bataille a la barrier du Trone.
Que!qu-s moments apries, unit autre foule pouf-
fanr des ris, elt vemtie dire que le regiment Royal-
Al!nmand et Roy-l-Cravate s'avanCaient dans le
fauxbourg Saint-Antoine ; qu'ils y maflacraient tout,
fans ditiinctjon d'age et de fexe ; qu'ils plaCaient
d.s canons dans Ites rues; que la rue de Charonne
etait remplie de foldats et de carnage ; que le
faux'ouig Saint-Antoine etait menace d'une def-
tvucticn total.
Darns le meme infant une autre foule eft arrivee,
dii'nt que les regimens places i Saint-Denis s'etaient
avances jufgu'a la Chapelle, et qu'ils allaient en-
trer par le fauxbourg.


Ces nouvelles dliatlreufes c
blks d'une diffoblution gdnerale,
le courage du conmite permanent
prudence.


:es prefages terri-
n'ont pas dbranl,
ni dcconcerte fa


Rappelant ia on fonvenir la reponfe du roi fiire
a tine deputation de l'Affemb!ee national le 0o du
pretirt moil, ct dans laquifle fa nimajcli avait dit :
\Vous pouvCL aftirer les Etats-Gt'neraux que les
troupes ralfLn:blees autour de Paris ne font defti-
rees qu'a reprimer, ou plut6t prevenir de nouveaux
deiitdres, ia maint;nir le bon ordre ct I'exeicice
tits lois, i aflurer et protdgei meme la liberty qui
doit rgn:r d.ns leurs deliberations i le comite
permanent a etc pc ifuadd que fi les troupes, au
cownraire, venaient pporter au rfin de la capicale
l'Jlarme le d'fordre et la monrt, elles agiffaient
evid:-'mment c..ntre les intentions paternelles, au
mre;ris ds ordres de fa majefl et fans doute etn
vertu d'ordres arbitraires donnes par des chefs trai-
trc s au roi et i la Patrie.
Le comite permanent a ete persuade qu'il ne
pouvait donner une prcuve plus fignalee de fa fide
litn a fon devoir et de fon dvoulment aux volonte's
du roi, come aux int &ers de la Patiie, qu en op-
pofant une defense legitime i une attaque criii-
nelle.
En consequence, apres avoir d6p8. ho des cou-
ieri-s d.,ns les f'uxbourgs Sa;nt- Antoine et Sairt-
Leis pour s'ultruire avant tout du veritable etat
des chofs le comit6 a envoy dans cl:aque district
un mnitlager port;int ordre de forpner par-tout l'alar-
mnif, e dt pav.r Ies rues, de creuter des fbflTs de
former des barricades, d'oppolcr cnfin i 1Ventree
des trotups to(us les obstacles re le ztde et le pa.
tj-iotifie rtaient capable d'iniventcr et de mettre
en uface.
En nie'me terns il a fait raffemlcler le plus rgrandl
nomi;re rofilble de Cardes Franciaiies ct de ci-
towvens arrrnes, pour Is oppo!Cr aux enreimis
c 1i d',allaienr, difait on, le faumbouig Saint-
Antoine.
Cette troupe Ctait pree lo-ifoue les couriers en-
vcr\ s vcr% ce fiuxbolrg et le fanuxbcou:- Saint-
)cnis, int \'cnuus rapporter que l'aianne etaitc fifft ;
que ie regiment Royal-Al demand etait, i la vnrire ,
ninte a c-hevil, mais qu'il n'occupait que les de-
..- de la bari .'..: du Troie ; qu' l paraiJait dif-
jI. pliut 'i a sl'climrar qu'ai enter dans Paris;
quc ls tL.riitit 1n places it Sint --Denis ne s'e-
alent pas avncws juluu'i lha Chapdile; qua cetse


138
route etait tranquille, et qu'il ne paraiffait pas
mnme qu'ils euffent jufqu'a prefent quitter leur
pofte.
Ce qui raffurait encore fur les difpofitions des
troupes, etait le nombre considerable de foldats,
dragons et fantaffins des divers regimens camp-s
aux environs de Paris qui fe prfentaient aux bar-
rieres avec armes It baqrages, qui declaraient leur
intention decided de fervir la Nation, et qui 6taient
arr&t,'s par les different diflricts et conduits a
hotel dee ville, d'oii le coinite les diflribuait
dans les troupes nationals avec des precau-
tions fuffifantes pour s'affurer de kurs difpo-
fitions.
Sur 1'avis donned au comity que les brigands dif-
perfes avaient manifcie quelque intention de fe
raffembler pour attaquer et pilier le trefor royal et
la caiffe defcompte, Ie comire a donne l'ordre que
ces deux etabli'flmens, les plus important fans
doute, fuiffent gardes par un nombre legal de Gar
des Francaifes et de citoyens arms.
Dans le nombre des perfonnes fairies et amene:s
i I'hotel-de-ville, on a diltinguz un garcon de 13
a 14 ans, faifi et conduit par une fou'e de jeunes
gens de fon age, qui ['ont accufd de vendre aans
la rue Saint-Antoine, au ,rix d'un ecu deS co-
cardes qui ne vahient pas vingt-quatre fous, et
d'ufer de menaces et de gefles violins pour les fire
ach-ter.
Le comity ayant ordonnd que I'argent et les co-
cardes ieraient faifis et difiribues aux pauvres les
accufateurs ont infilt6 difant avec tumuire que
cette punition ne fuffif4it pas, et qu'un citoyen
qui Lmploie en .ibme teams centre fes concitoyens
la fraud et la violence, meritait d'e&re livre a la
juiiice.
En conrfquence le comite a ordonne que
le marchand de cocardes ferait envoy en prison.
On a apportrd i 1'h6tel de ville la caiffe de
Poilfy, que les patrouilles avaient faifie : le co-
nite Pa faith depofer dans une falie, pour y
etre gardde par deux fufiliers, jufqu'a ce qu'elle
piut et;e rendue aux-proprietaires er interefes.
Sur les huit heures du matin, quelques particu-
liers font venus annoncer que la rue Saint-Antoine
,tait menacee d'un c6te par les huffards qui deji
avaient paru dans le fauxbqurp, et de I'autre par
les ca:,o! s de la Bafii!le qui etaient braques fur
cette rue.
Le comite permanent a voulu prevenir le carnage
que ces difpolitions ho'iiles paraiffaient annoncer,
et fur le champ il a charged MM. Bellon officier de
I'arquebufe Billefod, fergent major d'artillerie %
penfionnaire du roi, et Chaton, anrien fergent des
Gardes-Franqaifes, aufli penfionnaire du roi, de fe
rendre ~ la Baflille pour parler a M. Delaunay com-
mandant de cette fortereffe, l'engager i retire
fes canons,, et a donner parole de ne commettre
aucune hoftiliti, I'auranc de leur co6f que le
Pcupl2 du fauxbourg Saint-Antoine et des environs
ne fe portrait a aucune entreprile funete contre lui
et centre l. place qu'il commandait.
MM. Bellon, Bi lefod et Chiton font parties fur le
chimp pour executer cette commiflion.
Sur le bruit qui s'eft repandu que les theatres
avaient requ de M. le baron de Breteuil, h'ordre
d'ouvrir leurs fpuctacles aujourd'hui, le comite
permanent a cru devoir prevenir les inconveniens
qui pourraient rdfulter de cette demarche impru-
dente.
En confequence, il a fait ,arvenir aux diffrens
theitres, imprimer et aficher la proclamation fui-
vante :
Defenfes font ites i tous spectacles quel-
, conques d'ouvrir jufqu'i nouvel ordre de la

Parrrni tous les citoyens qui venaient apporter en
tumulte I'hotel-de-ville leurs alarmes ou ieurs fu-
reurs, on a diltingue M. Loller et un de fes confre-
res, procureuis a la chambre des competes, et por-
trurs d'un mefnage bien different.
M. Loller et fon confrere ont dit que la commu-
naute des procureurs de laI chambre des compares,
perfLnadee que I'hbtel- de ville dans ce moment
d'embatras de tenmtntation et de danger, a beoim
de fecours extraordinaire, les a charges d'offrir et
d'apporr'r au comite permanent une fomme de
2,400o livres pour &tre employee aux neceflites pu-
bliques.


Et au meme infant M. Lolier et fon confrere
ont dtpofe fur le bureau deux facs de i,zoo liv.
chacun.
Le comite permanent, en acceptant ce fecours fi
p(hnarcuf..ncnt offert, leur a temoigne combicn il
etair fzi-fible i cet acre patriorique, le prtmniLr dc
cc g-nre don't lr'xcmp'e airt et donned dans ceste
circontihnce, et ii ies a charges de porter a leur
commnuiaiut, les rem' rcimens que le comite perma-
nent croyait lui devoir. 4
M. Buffault, prLmier echcvin a bien voulu,
fur P'invi action du conit6, fe iharner de cette fom-
me de 2,400 liv. pour la verfer dans la caiffe com-
mune.
Sur crs entrefaites, M. le marquis de la Salle eft


'emr et i1 a dis qu'il fe voyait avec regret dian
l'impofibiliti de rendre utile lemploi don't on ra.
vait honor la veille ; que nomme commandant ea
second de la milice parifienne, fcui les ordres dk
M. le duc d'Aumont, nomme lui-mdme command.
dant general, ii ne pouvait exercer fes fonctions
dans toute l'&endue et avec tout le fuccis dd i ft
bonnie volont6, tant que fa nomination ne ferait
pas cofinue et agree de tous les citoyens, et rant
que M. le duc d'Aumont, fous le commandment
duquel il devait agir, ne ferait point averti de fe
rendre i r'hotel-de-ville.
Le comity a fur le champ envoy vers M. le due
d'Aumont, pour L'inviter i fe rendre i 1'hotel-de-
ville. 4
Et il a 6t6 arrtd die rediger fur le champ la
commiflion en verru d. laquelle M. le due d&Au.
mont et M. le marquis de la Salle exercaient,
le premier, les fonctions de commandant-general,
et le second, !es functions de commandant ea
second.
A l'inftant s'eff rrfente M. de la Cauffidtera,
chevalier de Saint-Louis, qui a offer fes services,
et demand avec inflance un emhloi dans 1'etat-ma-
jor, fous les ordres de MM. le duc d'Aumont et
marquis de la Salle.
Le comity a deciMd de donner i M. le chevalier
de la Cauflidiere le grade et l'autorite de major, et
de le comprendre fous ce titre dans la commiflion
qu'on allait rddiger.
Cctte commiffion a eti rddigde en ces terms:
Le comit6 permanent de la milice parifienne a
nomme et inflitu6, favoir:
,, M. le duc d'Aumont commandant -gdneral do
la iilice parifienne, et autres corps militaires y
rdunis ;
) M. le marquis de la Salle, commandant e
second i;
j Et M. le chevalier de la Cauffidiere, major,
pour diriger ladire milice fous les ordres et inftruc-
tions du comit. ,, .
Fait i l'htel -de-ville de Paris, le 14 juillet
1789.
Signs de Flfelles kI Grand de Saint Rend,
Fauchet, Bancal des Iffarts Duveyrier, Vergne,
Chignard ; Rouen Grefl Tafin Boucker, Hyon,
Perignon.
iM. le duc d'Aumont eft arrive, et il s'eft excufA
d'abord d'accepter l.i place de commandant-general,
et etnfuite il a demanded vingt-quatre heures pour fe
decider.
Alors le comite permanent, i qui 24 minutes pa-
raiffaient un deai I#angereux, a engage M. le mar-
quis de la Salle fi e charger du commandement en
chef, et ce citoyen eltim-ble n'a accept cette place
6minente que pour donner la premiere preuve de fa
foumiflion et de fon devodment aux ordres de la
commune.
M. de Saudray, chevalier de Saint-Louis, connu
par Les longs services dans les course 6zrangeres, ci-
devant major et aide-marechal-general des logis du
roi, s'eft prefent; il a offer Ton courage et fon
experience, ne mettant i fes offres qu'une condi-
tion, celle de ne pas f'trvir avec un grade inferieur
ou grade qu'il avait deja dans l'armde.
Le comity perman nt, en lui temoignant toute la
fenfibilite que meritait fon zele et fon devomnent, lui
a offer les fonctions et le titre de commandant-
general en second immediatement fous les ordres do
M. le marquis de la Salle.
M. de Saudray a accept cette place avec recon-
naiffance, et dans le mime infltant iil a recu un brevet
Sconmu en ces terms:
Le comitd permanent de la ville de Paris a
nomme M. le chevalier de Saudray commandant.
general en second de la milice national parilienne,
et de routes les troupes qui s'y joindront.
Faith en l'hotel-de-ville, le 14 juillet 1789.
Sinies Fauchet Boucher Plerignon, Rouen,
Buffaul Vergne de Flefelles Legrand dc Saint-
ReMn/, Bancal des Ifarts, Ouveyrier, fecretaire ; il
marquis de la Sa!lle, Hyoi, Deleutre, Tuaffin, Morea*
aie Saint Mery.
Dans le meme terns, M. Souet d'Ermigny, che-
valier de Saint-Louis, temoignait les memes fenti-
mens et les memes defirs; heureux de fair i la
Patrie le sacrifice de fa vie i quelqae rang et dans
quelqu'emploi qu'elle voulut bien le placer.


Le comite permanent l'a price d'accepter dans
I'etat-major le titre, Pautorite et les functions do
major-fuppleant.
Et M. le chevalier d'Ermigny a recu un brevet
conqu en ces terms :
Le commit permanent de la rnilice Parifienne a
nomn6, et inflitu6 M. le chevalier Souet d'Ermigny
en quality de major-fuppleant, pour diriger la milice
Patrifienne fous les ordres et instructions du comite.
Faith en 'h6tel-dc-ville, le 14 juillet 1789.
Signs, Dclavigte president des elocteurs; de
F/c/feles, prev6t des marchands, et prdfidcnt du
comite ; Bouclhcr, Pr'igron Bancal des /ffarts, t
le marquis de la Salle, commandant en chef.


---- -- ---1 ---~-a~- i_~__ ._ _~_ __~_~_ __ ~~_ __ _~_ ~ _NOW~_












Ces quatre offcien, MM. Ie nmarqlis de la Salle,
le chevalier de Saudray, de la Cauflidire et d'Lrt-
migAy ont prit6 ferment dans le comity ei:tre les
mains du president, de reirplir leurs functions avec
honneur et fidelitY, de n'cmployer les forces qtt
Jeur Crai nt confines fous I's ordres de la municipa-
lit que pour la defense de la commune, et la
conservation de la liberty publique.
Cette formality remplie, ils ont &td conduits fur
le perron de l'h6tel-de-ville, et la, ils ont 6te
proclames par quatre membres du comit6 permanent,
et reconnus par tous les citoyens arms qui les en-
vironnaient; favnir: M. le marquis de la Salle,
commandanIt en chef,, M. le chevalier de Saudray,
commandant-gtneral en second, et MM. k- cheva-
lier d'Ermigny et de la Cauflidiire, come majori-
generalt de la milice Parifienne.
Ft l'inftlant meme ii a 6t6 arretr que ces quatre
officiers compofant I'etat-Maijor, formeraient dans
rhtrel de ville un bureau militaire, auquel feraient
rer.voyes tous les objets relatifs a la discipline, a la
manutention et Ila direction des armes.
Dans le meme terns, M. Moreau de Saint-Mdry ,
president des electeurs, fefait dans la grande falle
tous les efforts poflibles, pour reunir er former
l'affernblee des 6lecteurs convoquie pour huit heures
du matin.
Mais la foule qui ne celTait de circulcr dans la
grande falle, la confusion extreme qui y regnait,
et I'habitide diji prife de porter routes 1es deman-
dcs, et d'exiger routes les rdfolutions du cnmite
ptr nanent, met:ant I la formation de l'affemblee
g6n6rale un obflacle infurmontable, M. Moreau de
Saint-NMry a pris le parti de paffer lui-mime au
comir6 permanent.
MM. les directeurs et caifer de la caifle de Sceaux
et de Poiffy fe font prdfentes au comity, et ils ont
demand qu'il fut donned ordre I la caiffe d'efcompte
de leur remetrree ifo,ooo livres en efpeces, pour
change de pareille fomme 'en billets de la meme
c.uiffL; et ce, afin de pouvoir fair I'approvifionne.
ment de Paris pour cette femaine.
Sur cette demand, don't l'importance a et6 g6-
niralem::nt fentie le comite permanent a arr6te
cue MM. les adminiflrateurs de la caiffe d'efcompte
feront invites i fair 1'echange demanded. '
1t cet aret& fign des membres du comitr pr6-
fens, a etC delivre a MM. les directeurs et caiflier
de la caiffe de Sceaux et de Poiffy.
Sur la nouvelle rescue, qu'une grande quantity
d'arines et de bagages avait te' tranfport6e a Sainte-
Marguerite, M. Oudatt, 6lpcteur et avocat au par-
lemnent, a recu et accept la commiffion fuivante :
Le comity permanent autorife M. Oudart, avocar
au parlement, I prendre les mefures les plus ages,
pour mettre en lieu de fdrete les armes et bagages
qui fon t a Sainte- Marguerite, i la charge d'en
rendre compete au comity.
M. Sotlcs 6scctcur, a prdfente un 6crit de M. le
maTquis de la Salle, adreffe au comite permanent,
et cur:cu en ces terms:
Permettez 'a M. Souls de lever une compagn't
de cavalelie de cent, ou, s'il fec pent, de deux
cents jeunes gens choifis.
Sign6 I marquis de la Salle.

M. Souls interroge fur les moyens qu'il pouvait
avoir pour lever cette compagnie de cavalerie, a
repondu que le zele extreme de tous les citovens
Ctait un ftir garant de fon lucces. Sur ce, le comite
permanent a permis i M. de Soules de lever une
compagnie de cavalerie, et commiflion lui a ete
delivrce en consequence.
En rendani compete des mefures deja prices pour
la defense publique, M. le marquis de la Salie s'efl
applaud, furtout, du zele manifeftk par la com-
pagnie de l'arquebufe et il a dit qu'il avait cru ne
pas devoir Iorner les efforts de ces braves citoyens,
en leur donnant une commiflion particuliere ; qu'il
leur avai donned 'ordre de fe repandre dans tous
les endroits de cette ville ou leur presence fera ne-
,ffjire, et d'y porter les fecours et I'ordre que la
prudence leur dictera.
M. le marquis de la Salle a dit encore qu'il etait
intcrefiant pour le maintien de l'ordre et la rapiditd
de l'ex'cution d'etnblir une correftpondance prompted
et certain entire l'hotel-de-ville et les difiricts.


En confequeice, le comite permanent a fait faire
la proclamation fuivante :
Les different ; diflricts cont'nueront de s'affembler
en armest I'eRlile ou ils fe font torimns ; et tous
les matins .,:. enverront d'ordonnance fix homes
arms I h6tel-de-ville. Tous l.s ordres front
envoves aux districts par un de ces homes d'or-
donnance.
Plufieu s citoyens arms ont arrete et conduit a
l'h6tel-de-ville une voirure aux armes de M. le
prince de Conty, et dans Iqiquelle tai, nt dux per
fonnes don't l'une aviit etc prife par la multitude
pour M. le prince de Conty lui-mfnme.


Ces deivx perfonnes itaient deux officers de M. le
prince de Con't qui ont declare que leur inten-
tion dtait de fortir de Patis pour aller A leur cam-
pagne.
Le comity permanent les a invites a diffirer leur
voyage, et a donned ordre qu'ils fuffent libres de
retourner chez eux.
Parmi les diferens paquets de depeches qu'on
arrA.tait entire les mains de tous les couriers on a
trouvd des Icttres du miniftre de la guerre au gou-
verneur des Invalides, et d'autres miflives.
Le moment n'etant pas favorable pour la lecture
et l'exam..n de tous c--s paquets, ii a etd decide
qu'ils feraient depofes au greffe de la ville.
On a apporti au comit6 une lettre, i I'adreffe de
M. de Crofne et fignde prince de Lambefc, par
aqutelle ii announce qu'il va envoyer un detache-
ment pour efcorter le pain et le vin deftines a fon
regiment.
On a arrete, conduit i I'h6tel-de-ville et confif-
que deux chariots qu'on a dit avoir et6 fournis par
les tcuries du roi. et qui fe trouvaient charges
d'avoine.
Ces chores fe paffaient au milieu d'un defordre
toujours croifnant au milieu des demnindes des
murniures er des menaces relatives aux armes pro-
mifes la vwille.
I)epais fCpt heures du matin on delivrait a tous
ceux qui voulaient s'en cont;nter, des otdr;s pour
etablir ties patouilles et des corps-de-garde dans
les quarters Yes moins furveilles et pour fair fabri-
qutr fur le champ des anr-es aux frais dc la ville.
Tel eft l'ordre ddlivrd a M. Lemafle, lccteur:
Le comitr de la milice parifienne autcrrife M. Jean
Thomas Lemale premier electeur du district d.
la Magdeleine-de-Traifinel, a donner des ord es i l
milice de fon quarter, pour l's pcrouuilles et :'eta-
bliffement des corps-de-garde dans lis difl icts.
Le meme comite autorife le meme di':rict r
fire fabriquer 3co hallebardes, cont ks frais d
fabrication feront rembouifes par la vi'le, fur Ics
quittances.
Tels font ceux ddlivris a M. Gorneau du diflticr
de Saint-Mery; i M. Damoye, electeur et prefi-
dent du difirict de Sainte-Margueriee, et a naimie
autres, tous concus a peu pres dans IL s ni~nmes ter.
mes, avec promefle de fire rembourfer fur la caiff
municipal les armes qui fkraien:t tabriqu:es.
Sur Ia ddlivrance dt ces ordres pour la fabrication
des la:rces, hallebardes ou piques un citoyti a
declare qu'il etait certain de l'offre faite par It; gou-
,erneur des Invalides, de donner les arms doni
il etait depofitaire, et que le comit6 fe rendrait
coupable d'infdelit6 et d'imprudence en ne procu-
rant aux citoyens que des lances et des hallebardes,
lorfqu'il etait en fo pouvoir de leur procurer des
fufils et des bayornettes.
Un membre du comity a obfervd que M. de
Corny, procureur du roi et de la ville, ava;t 6et
d6putd des fept heures du martin vers le gouverneur
des Inivalides, pour l'cngager a donner des armnes,
ct que M. de Corny 'ne pouvait pas order r a
revenir.
Malgre cette observation le comite a et6 fur
le champ oblige de donner un ordre concu en ces
terms :
M. le gouverneur des Invalides, qui a bien voulu
offrir des armes aux citoyens de Paris, tiA inflanm-
ment price de la part du con ict, de les remettre aux
orders de M. le marquis de la Salle.
Et cet ordre a ete fur le champ remis par M. le
marquis de la Salle a M. Dunos, qui s'eit charge
de executerer.
Alors un electeur et memnbre dr comitr a inftruit
le comity que la bazoche du Palais rtait aflcmblee
fur le Pont-au-Change, attendant avec impatience
les airmes qui lui avaient ete promises par l'h6tel-
de-ville ; qu'il etait convenable de lui envoyer un
ordre femblable, pour l'autorifer a aller prendre des
armes aux Invalides.
Cet ordre a ete fair l'irflant et remis a M. Chi-
gnard qui venait d'en fire fntir l'utilite etqui
s'eft charge de le porter lui-meme a la bazoche.
Le prieur et le procureur-general des (Chartreux
ont et. prfemntsau couiite, conduits par MM. Joly
et Pons de Verdun, electeurs.
Ces religiceux, hpouvantes du fpectacle qu'offrait
alors ra place de l'h:tcl-de-ville qu'i s venaient d:
traverfer, ne pouvaient proferer un feul mot, et fei


loutenaient a pemne.
M. Joly, tenant a la main un ordre quc M. le
prevot d&s marchands 'avait donned la veille au dif-
trict Saint-Andre-dcs-Arcs pour aller prendre des
armes aux Chartreux, en adreflant la parole a ce
magifirat, lui a ditr
Voill, Monfir~ur, 1'ordre aue vo:s avez donned
hier au difrict de Saint-Andre-des-Arcs, pour I'au-
torifer aller prendre d-s fufils aux Chartreux :
envoys par ce diflrict M. Pons de Vcrdun ct m i,
nous nous fomm-s taiifplrtes cc martin au coivciir
dtis Chartreux avec cinquante hommes : nous avons
fomme M. le prieur et M. le procureur general de


ouns delivrer I l'inflant let armes demandteq en
leur obfervant que votre ordre ne permettait pas
de douter de l'exiftence de ces armes. II nous ont
r6pondu qu'is Ctaient fort etonnes de ces ordrns
dornms a plufieurs districts; qu'ils n'avaient jamais
eu aw.une arme dans leur maifon ; que ces ordres
cependant les expnfaient au plus grand danger, cn
repandant Zians la capital le faux bruit quie leur
couvent recelait un magafin d'aimes ; que depuis
plus de douze heures le couvent etait rtmpli dune
foule prndigieufe de perfonnes qui fe fuccedaiicn
Iins aucune interruption, tt qui routes difaient-
elles venaient chercher Ics armes cachees; quot la
plus grande furveillance et le fecours de tous les
bons citovens avaintn a peine fufli julinu' picrlLlnt ,
Pour la garantir du pill ige ; q.ie d. s re,:htirhes mu;:4
fois repetr.s, et par plus de vingt j9rouill- s dit-
rentes, dcvaient atfurer bi:n ccjfnincemcnt qu'il
n'exlflait pas un teud futil dans 1 couvcit des
Chartreux.
Sur cette declaration nous les avons engag;s
nous accompagner a 'hAt!-.le-viile et les voila.
Voulez-vous bien, Monlieur nous expliquer c9
myfitre.
M. le pr6vot des marchands a donn6 qutlques
fignles d'embarras et d'hef t.'iin ; puis il a repondu :
je me fuis tr .omp.... j'ai ete trompe,
Apres des observations aflei vives furIe danger
manitelle d'un. telje erreur, MM. Jo;y et 0'ons de
Vcrdun ont dn.,indce a' M. le prevot des march.inds
a reponfe par crrc, neceflaire a cux-m&mes, pour
iendre ompte i leur difirict de l utiilion dott ils
ent Cte charges mais pl-is neceftaire encore aux
C'hrtrcux, pour 1 s .,ar:witir de la fureut du P.u-
pie trompe qui v;ut rles torcer a doiwir des atmes
iu'ils n'ont pas.


Alors M. l- prvo6t des
un ecrit date figne de lui
- LI s Chartreux avant de(
ulnes aimcs le comite


mnarchands leur a donn6.
, ct coniu en ces tfrmes:
:lafe qu'ils n'avaicht au-
revoque l'ordre lu'il a


donne hter.,, a
Cet incident n'a faith qu'augmenter la fui eur et'
1'impatience de tous ceux qui d-pu;s pris de 14
heut- s demandaient en vain des armes.
Au meme infant eli arrive un homme couvert
d'un habit bleu, orne de brandebourgs en or; il
-tait en bott.s, couvtrt de poufliere et de fu eur
et il pa aiflait avoir rait une grande diligence.
11 a dit qu'il venait du fauxbourg Saint-An-
roine; qu'une tres-grande quandite de dragons ct
de. hulfards dtai;nt dans la rue de Charonne ec
s'avarcaient en etat de gierre; qu'il avait tait jeter
dans la rue pour k.s are er, tout ce qu'il avait
pu trouver, pieces de bois, pierre s, chaifes, voi-
tures, charettes i mais que tout cela ne pouvait .es
arr^ter long-terns, qu'il fallait des fecours, et let
fecours Its plus prompts.
Le comitY, deja trompe prenait les precautions
nwceffaires pour s'aflu,er de la v-Lrite du fair. M.
It prevot dts marchands confervant touiours une
grande tranquillity demnandait i M. de Rihuli res,
qu'on avait fair monter quel no.fb:e de cavaliers
du guest il pourrait fournir; Iorfique d'a tres per-
fonnes venant du fauxbourg Sai: t- Antoine, out
allure que l'alarme donnee par I'ircon;!u et les
pieren -ues precautions prices par lui, talent d'une
egale fauflete.
Entre io et xi heures du martin, M. Ethis de
Corny eft revenue de I'horte des Invalides et il a
dit qu'il avait trouvd cet hotel deji environne d'un
grAnd nombre de citoyens aries ;
Qu'introduit chez M. de Sonibrtuil gouverneur
de cet hotel, il lui avait faith part de l'objet de fa
million or que M. de Sombreuil avait repondu
qu'il avait ere prevenu des la veille d s intentions
qut lui etaient cor.firmees par cctte demande ; que
n'tran, que depofitaire et garden de cts arm s, il
avait cu devoir, pour fe mettre en regle, envoyer
un courier i Verlaills et dt:mander des ordres;
qu'il defirait qu'on voulut bien attendre la te'onfe
qu'il attendair lui-meine ; qu'il refetait an furplus
les proteftat:ons les plus hnceres d'attach merit,
de deference et d'amidie tant pour l'hbtel-de-viile
que pour tous les citoyens de la capital. ,
M. Ethis de Corny a ajout qu'apres cette re-
ponf: de M. de Sombreuil il avair cru d voir en
venir confertr avcc les citoyens raffemblcs en de-
hors de Ia grille;
Que le 1lger retard propofe par MA. de Som-
breuil, avait d'1bord paru fans inconvenient a plu-
fieuts d'entr'eux; q.,'ils avaicnt me 'e approve la
conduire et les .motifs .ie cet ofHlcier, et parail-
faie:.t decides a attendre encore une dMnii-heure
(;u trois quarts d'heure feulement le retour du
courier ;
Que M. de Sornbreuil qui eta;t refid dans I'in-
teri, ur, tenioin de tes difpofirions de bienveillance,
et dt.- conciliation a cru devoir faire ouvrir ia
gri;le, et venir r,-pdrer luinmuine, avec la loyiut6
er la anderr d'un ancient m litaire, les obfervations
qn'il avait fa:tes t le defir qu'il avait que ce
delai demanded jufqu'au retour de fon courier, fdt
accord ;
Que dans ce moment un feul des citoyens raf-


_ -0












firmb!es s'efl eleven centre Ie danger de toute ef-
Pe-,L dr retard cqitlque court qu'il prt eire, en
i- a.rt iue Its prepar.1tits hclt ks qui tnvironn.mieot
la c. ita neie rm.raciit pas le moindre dtlai i
qu'i tdal'at aa coni:raire qiue activity tippllit au
Jl1a2 t d. terns et qu'on ne devait pas ein
p.Id -: ;
,1e. centre obfeivation a fait oublier la demand
de Nh.,i.e o -l -r. uii .ct les railons doultelle &eait ap-
ptyv'e i qu'cn u'i tlluiint la de.eriI.iation eft devenue
g-ii, rale e-t i cxccution aufli rapid que le project ;
(,m- la trr'utitu-de s'eft precii:ice dans l.s fofles,
Su'(*li- s'cit repntikJue d;,', toutes les parties dc
l;ht.:l quillt elt parvenue jufqu'aux eu droits lVs
plus ricuies, qu1'Jl-j eta.'t oc cu0ee i chercher et a
cii:l2v-cr l s aimles vue les ienlinelles oi0t ct4 de
farn-me-s qu'ii a done lui-memne ks chevaux dc fa
voitutie pour tr.iiiier un ca;o.; ; que tots hIs ch -
VauHx qu'on a pu iroitvcr o'.t etrd.de ireme attele;
a.,x autres c rioibs et qu'ai4li on a;iti~e en cc
r.imo-nrnt plulieurs canons de I'horcl des Invalides.
Sur ce rappo:t de M. Ethis de Corny Ie co-
mite a arict-e que Ic bureau militaire ferait I'ainf-
tv !:t invite i doner lets ordrLs neceffairrs pour la
*u'il ferait r,; f iiie, I'abus de ctte imnimenfite dt
fuii:ji difpcriLf ,n d.s mains inconnucs et i:.xpe-
rinienter _s.
]).Cux orcirs aux Gardes Francaifef. ont demanded
S ecre in.roduits pour effrir Icur service au comire
permanent ; ils o:t etcr admis fur le champ, et ils
oWt dit qu'ils fe ren,'iaent a l'invitaction qu'ils vc'-
miient 'et.recevoir, ct qu'ils dcliraiknr apprendic
tommt nt ils pouvaient etre tiles.
M. de a 'l-f.l!es leur a demanJ.u de quelle per-
fo:ine ils avaictit recu unie invitation, et quelle etait
cctte invitation.
Ces tcux officers, trrs-jeunes qui paraiffaient
&ere lous-lie't,:rlans ont rern's centre les mains dt
M. de l-'1&fIlles un billet qu'il a etr price de lire
tcut ha.i:.
Ce bi'kit etdit (conu a peu pros en ces terms:
Les dwux compagni-s de la caferne..... vien-
dLonut i i h-ures precifes fe mettre en bataille de-
vant Fhotel-dc-ville.",
M. de F',flkl1 s a demands aux deux officiers de
q i ils avnicnt rc'.I ce billet.
Les deux fhcic:s ont paru etonnes et embaraffe,
de c(r:e t:e action; ils ont repondu qu'ils c-nmacn:
quo cc Liiet leur avait rt envoy de l'hotel-de-
ville.
Sur quoi !e comite leur a faith remarqner qu, It
billet ne p'- r.,ait auiiUune figniture et ii a ajeutt
qu'ii furphis Icurs offres, agreables i la commune .
ne pouvaient etre acccptees que dans Ie cas oiu Ic-
deux cornpagnies reunies, aux citoyens arm s n
comb.ittr.i.rit que fous ks ordres de la commune,
et pour f-a del'enfe felinemnt.
Et les dciix offici-rs ont et& interpell-'s de d6cl
rcr s'ils t:ai:;t dans la retblution de peter fLr-
mntnt au coinitr permanent, t tde n'ui:ir qu'a ft.
cidrcs.
I ont repondui qu'ils etaient bons citovens ,e-
prcts a r.pandre leui f:ng po.r la Patri: ; nais qu'dl,
av.aint ( s chcfs aux ',rdres defiuels ils pouvaien,
lu!'s obeir et qu'il ferait injufte de les tiiver di
n.c;:.e honncur.
Le comity permanent a arte& que les deux cony-
pagni s dcj tfous les armes aux environs de 1:
p:acc poira:enit fe mettre en batraille devant 11"o
tel-dt- viil ; 1ue cependant I.es d.-ux ofhci; rs pre-
IL(is ft-raicrnt en forte d'etre infltruits lur le chami
des inteetiLns de leurs thefs,et que Ii ,.uns un.
dcmi heure ils n'avaient pas obtciiu 1 nr ere -i-
bcr:t d'executer tous lt.s o:dres qui (eraient don
nes par la commune, et de n'obcir qu'a elle It:
deux companies feraisnt tenues de fe retire.
En cftf-t, on a vu fur le champ les deux compa
g:nies fe ranger en bataitle en face de l'hite:-de
vlile.
Un infant aprts, une foule effrayee s'ef preci
pitee dmins l'h5it l-de-ville, ect eIs Ilus auime
font veius jnfqu'aii comnt4 permanent, dire qu
les huffards airivaient par le fauxbourg Saint-An
t.ine.
Le comity permanent, pfu effray, de ces alar
nwcs fuci flivc', et touiours demernties a fait ct


pendant ivier l:s deux officers don't on vi nt d
pa'!cr, dze fe porter au-devant des huffaids ave
les deux cowpagnies d&s Gardes Francailebs qi
etaient cn hataille dcvant I'hlitel-de-vill.. I.es ieu
Ciwci rs ont refiif6, pretextant qu'ils n'avai.:nt pa
YL e d.-: le irs fupeiieurs les uodrcs neccffai:ies.
Les fcidats otr declare qu'ils eraicnr pre:s a mai
chllr por rcpouff._r les hatllards, 1i ceux-ci fe per
n;.. ipint d'attacuc.r les cito)ens.
Alors ie cormite permanent a charge p, '. de Rhi
lici-es, commandin n dc la garde d- Paris, de
mcrtrcn avt c qi:elIqus cavaliers i la t&te de CLs des
coa-ipagt.ies et d'aller i la rencontre des huffar(
pour Its rtpoulL.r s'ils tentaient quelqu'entrepri:
lIIr !c t'iit.btr.tg Sint-Antoine.
NM. de iliiires lit parri fur le champ pour ex(


S40
cuter cet ordre, a la taee d'un dVtachement de la ce
garde a cheva' et de deux companies des Gardes q4
Francaifes. qu
11 eft revenue peu de terns apres affurant que t(
l'alarme etait fatjfie, et que les huffards i'avaient
pas paru dans I- fauxbourg Saint-Anroine. nc
Pour d6barrafftr le comnit6 permanent autint qn'il ri
fcra't polfible, et pour mnittre un pet plus d'ordre '
dans la dilribution de ton travail innmenfe on a
tentede de former Aes bureau particiliers.
MM. Moreau de Saint- MWry et Chifnard ont etc f
dlleVguC s dans la fal!e voifine dite la petite fallen
d audience pour ivp-nndre i toutes les demands
particu'ieres qui n'exigeaient pas une delib6ration c
genrale. t
MM. Duvevricr et aeret nt o et4 d;:'1gues dans I
une autre falle donnant fur la place, pour y tenir un
bureau provifoire de police.
MM. Moecau de Saint-Mery et Chignard fe font
reunis an comite permanent apres avoir faith p-n-
da(nt tne heure des efforts inutilcs pour mettre leur
bureau en activity, et pour attire vers eux les ci-
toiens qni pour les oboets ies moirns important, et '
les demands les moins relatives a I'interrt general,
voulaient obtenir tine decision du comite perma-
nent et n'en voulaient pas d'autre. c
1)ci fi plnfieirs cris s'raient f.it entendre et des
citovens en grand nombre etaienr accourus en difant,
Ics uns qne leC canons de la RBaftille etaient bra- t
oues fur la rue S iint-Antoine ; IPS autres q'e quel- ,
ques cirvyens client deji blefifs des coups de feu
parts de ce chateau.
On n'avait aucune nouivelle de MM. Pellon Bille-
fod et Chaton envnyes vers M. Delaunav depuis
plus dt" deux hcures, et le comi>e ne pouvait p-is
meme d liberer fur un obitt aufli irlpnrtant ai mi-
li-u dll tunulte, des derrandes qu'-"n lui fefit de
routes piats, er meme des reproches armers qu'on
lui adreffait fur les armes qu'il avait proniifes et
qu'il tie don nait pas.
M. Thuriot de la Rofiere, lecteur du diffrict
,*e la Cullture, a fait dire qu'il ne povait pas op-
netrer ;luqu'au bureau, et que cepenJint il av;it
une million tres-importante a remplir aupres du co-
mit4 permanent.
Quelques membres du comite font pafTs avec
lui dans la fall voifine et la M. de la Rofitrc
a dit:
,, Qu'il etait envoyC par fcn difricr avec M. Bou-
heron pour rendre compte a coii-ite de ce qu'il
vena;t de voir dans 1'inrerieur dte a Baftirle ;
Que fur la nouvelle port a fon d'lrict que
la direction des canoiis de Ia I: iti!l mnacairt la
capital, et que les citoyens fuirieux fe preparai:-nt
a commencer Ie fi6ge de cette fort-r Te f0:1 di(-
trict avait decide d'envoyer Line dckpuiartirn i M.
I). launav g-uverneur, pour 1',.ngager a taire reti-
rer fes canons et ia fe rtnre;
Qu'il avait, lui Thuriot de la R;fiere et6
charge de erte deputation avec MM. i ourlier et
I'ou'(,uf foldats-citoyeins du meme difttict
,, Qi 1 paffage ttait encore all\z libre, quoi-
que Ie I 'uple tilt affri.b'6 deja autour de la Baf-
,iile; qi'il etait parvenu avec fes deux collegums
jufqu'ati pon;-levis, o ii il lts avait piacds en Ils
S ngage.nt a ne pas quitter leur poftle
Qu'il avait kte introduit et couduit aar un in
valid aupres (du gouvertinur, dans le momn-nt oui
M. Bcllon, officer de 1'Atqubufe charge d'ut.
autre million, fe rctiraitr
,, Qu'il avait fomnme ce gouve neur de changer la
direction de fes canonls et de fe rendre
Qu- la reponfe n'avait pas tre aufli favorable
qu'il le defirait, et qu'alors il avnit .lemande a pJI ."
dans la feconde court ce qu il n'avait obtenu qu'avcc
Sine grande difficult
Que le grand pont-levis fait pour communique
a cette cour etait level ; que le petit pont-lkvis t tait
baiffe i qu'il avait pafle avec le gouve'neur fur ce
netit pont, et qu'ils etaieiit entries da s la cour par
la grille de fer qui s'etait ouvcrte i la voix du
go.iv rneur ;
c Qu'il avait vu dans ce'te cour trois canons dif-
._ poes et fervis par deux canoniers, trtiite fix p. tits-
Suifnls et douze iivalid.s ou environ tous ious les
ar .Is, et commandos par quatre offilciers ; quc !s
otlciers de l'Ptat-major du chateau y etaient aulii
"ialfenib!es ;


S Qu'il les avait fommes tous au nom de l'hon-
", neur, de la Nation et de la Patrrie, de fire chan-
ger la direction des canons et de fe renAre ;
i: OQue fur la provocation mrme du gouverneur,
rous les otficiers et foldats uvaient jure qu'ils n
r- eraict pas feu, cr qu'ils ne fe ferviraiznt point de
r-lcuis arnes fi on les attaquait;
Que cette prom-ffe lui ayant paru infuffifante,
t. il avait demande a monster fur les tours pour voir
f, la position des canons ;
1, Que Ie gouverneur avait d'abord refufd mais
is qu'en!iite ii s'etiit rendu atux instances de rous L.-s
Ift: tiiciers, tt qu'il avait concnti I'accompagner fur
les tours ;
a ,n QLQu'au mime infant la fentinelle qui etait fur


stte tour s'appercevant qu'on fe prparait I at4.
uer I- gouvernernent, 1'avait invite a fe montrert,
u'il s'etait montr6 et qu'il avait c0 applaudi par
)rts ceux qui rempliflaientle jardin de 1'Arfenal;
,b Que, jetamt un coup-d'oeil rapid fur les ca&
onis, il s'etait aperqu que, qo:qqu ihs fufifet en di-
, tion ils avyient eit retires d'environ quatre
ieds d-,s nem+:-.:ures et que des jantes avaient 4t6
Miles dans ces emb;ifures pour empecher qu'cn no
Ls vit ;
Qu'il 6tait dcfcendu avec le gouverneur, reitirant
on invitation de fe rendre;
,, Que les officers et foldats paraiffaient difpofes i
:der nmais que le gouverneur itait mal reufemntc
op aftectd du movement extirieur qu'il n'et-ait
,Ius a luii qu'il avait faith quelques reflexions vai-
iement combattues par lui Thuriot de la,,fiere;
~ Qu'au surplus, on pouvait etre affure dela pa-
ole donnee par ce go.iverneur de ne fair aucun
ifage des battery s de la forterelle, s'il n'y ieait
)as force pour fa denfe".fe
Sur ce rapport de M. Thuriot de la Rofiere,
I a ete decide qu'il ferait a I'inltant mrnme proclamd,
tans la place de l'H tel-de-Ville qe M. Delau-
nay ava t promise de ne point tirer, on ne 'att,-
quait pas.
Cette rbfolution a et confirmee par le retour de
1MM. Billctod er Chaton, deux des trois deputy s
nv-oyes le martin a M. Delaunay leiquels ont
lit :
Qu'ils avaient 6te introduits dans la Bifaile fans
ditliculte;
,, Qu'ils avaient rendu compete a M. Delaunay do
ce qu. fe p .fit a I'hotel-de-vill1e
,, Que M. Delaunay les avatl affurds qu'il no
ferait aucun mal, et que, quoiqu'on uet incendia
Its barrieies, il efperait bien qu'on ne viendrait pas
ordler fes points
Qu'il les a recus avec une grand@ polit:fie
qu'il i,ur a fait fervir i d jeuiner, et qu'il a bu et
:uange avec eux
) Qu'il a don 6 devant eux I'ordre de retire les
canons, et qu'un m.;ment apres on eft venu, tou-
jours en Ltur pretence, lui dire. que les canons
etaient r:tires i
-, Qu'au momc-nt oi ils prenaient cong6 de lui,
on i,.t,oduifait dans la liaflille uu particular qui a
d:t etre depute par le difirict de Saint-Louis-la-
Cult re;
-, Q 'ils n'ont pas pu fc rendre auftiftlrt i 'hotel-
de-ville, parce qu'ils unt rt6 iparis par la foule
!ortant de la Baflille et que a'un d'eux, M, Belon,
a et- long-teu.s maltraitte t retenu par le Peuple
qui s'acharnait i le prcndre pour un t.fpion ,.
La proclamation decide M. Ethis de Corny,
prcureur du roi et ue iI ville M. Boudher, elec-
teur et mcrnbre du comirt ptimianent, et M. I hu-
r'ot de la Boli re lui-m6me, fort detcendus fur le
pcrron de I'hhtcl-de-ville pour L:re cctte procla-
ination.
La trompette de la ville allai-t fonner, lorfqu'ils
Irut entcndu un coup de canc)n tire du co6t de la
T3iiili- e tt danls le mehme toms, une foule prodi-
gieiiuf s', it rreciiiee dans la place de Crcve, criant
a la pcrfidie a a trahifun.
On amenait un home bleff6 au bras par les
coups de fufils tires de la Baflille ; on apportair un
foliat aux Ca des Francaife t xpirant fur un cadre.
On annoncait que quinzt ou vingt blkfls avaient
ete d6pofes daiis des maiobns de la rue de la Ce-
rniayve que M. I)elaunay avait fait ba fTer le pre-
oiir p ,nt de fa forterenfe, pour en,-^r le Peuple
i s'approcher; que le Peuple s'etant iivre en effect
Sce'te ni.rqie de co' fiance, il avait cffuye aufl-
,dt une declarge de toute la moufqueterie de la
ortcre tie. Ces; apports et ia pretfence de deux hommes
blelcs demontraieniit au comite permanent la jerfidie
de ceux ^ui etraient pr'poftss a la garde de cette
o tereffe, et la nctflite d'tnvoyer des fecours i
ceux qui, pele-mele, fans ordre et fans torce fufi-
finte, en avaient commence I'arttaque.
Le defaut d'armes et de munitions, ou plut6t
ctte impol bilite d'en fournir, que les vaines pro-
mefl'es de la veiile fefaient prendre a la multitude
:,our un r-ius opiniatre, portaient dans tons les
i ,rits une teill: f rmer.tation, qu on s'attendait t
cheque instant a quelque violence effrayante.


Pendant que le bureau militaire donrait les ordres
nec-flaires pour faire tranfoorter les h immes blefles
en lieu convenable, Ile comity permanent deliberait
au i.iliu de la confuifion, fur le part "L prendre
relativement a la Baflille.
Un nouvel incident eft venu trouble enco :. et
'uf- endre a d6liberation.
Deux particuliers, fe difant d6put6s du Palais-
R, val, font elt-6s dans la fall du coirde perma-
manent, fuivis d'un concours extraordinaire.
I'un de ces deux particuliers, don't le mairien
n'annoncait pas la moderatio, a d;t In ton le plus
haint er le plus emorrt qu'ils 6taient envoves par
les cirovens affTnio-i-s au Palais-Royal pour denon-
cer M. de Fleffclles comma traitre i la Patrie ; que
depuis


___ ___~ _~__ C 1_ Ir___ __ _________ ~__~


L '1_ -- -e _


__ _~_ __











lepuis vingr-quaetre heures, i tfermpit fes cenci-
toyens par de fauffes promeffes d'armei et de mu-
nitions qu'il retardait toujours I fournir, fous les
plus vans pretextes, pour livrer la ville i s enne-
miss 1qu'i etait en relation avec les principaux arif-
tocrates ; qu'il avait furtout des intelligence intimes
avtc le prince de Conti; qu'il fallait enfin que M.
de Flelfflles vint au Palais-Royal expliqudr et jufli-
fier fa conduit.
M. de Fleffclles a ripondu avec une fermet6 tran-
quille, que fa conscience eft pure, q,'il a rempli
ion devoir; qu'il ne demande pas mieux d'eclairer
fa conduit aux yeux de les concitoyens; que I'ac-
cufation relative i on intimitr prdtendue avec Ie
prince de Conti eft une infigne tauffe,i; qu'il n'a
yu ce prince que deux fois en fia vie encore dans
des circonifances fortunes; qu'il ne lui a jamais
ecrit, et qu'il n'a jamais rcu une ficule lettre de
lui.
Un nimbre du comitY permanent a pris la pa-
role et ii s'eft exprim6 avec beaucoup de torce
et d'energie fur le crime et let dangers d'utie accu-
fation caFitale, qui n'aurait pour tout fondem-nE
que des fuppofitiom, des inductions, des confe-
quences fauffns d'un fait don't tous les incident nt
pouvaient etre parfaitement connus de la multitude.
11 a dit que, depuis le moment" oi M. de FLf-
felles ttait monte la veille i I'hotel dc-ville, de-
puis le moment oil il avait ete confirnmi dans la place
de premier adminifirateur municipal par le Peutpie
hui-ime.e il n'vait donn que des preuves de fide-
liie, de zile et de patriotifine i qu'il n'etait pas
forti un feul infant de 1'hotel-dt-viile i qu'exceptr
3 ou j heures di la nuit, donnies au reps le plus
necefliire il n'avait pas cefje de trava'l'er avec les
menmbres du cn-nitO, de donner fous les yeux tantt
des, uns ;:t tantot des autres. at concurremment avec
eux tous les ordres neccflaires a la defense de la
ville contre lks tr-'upes dont elles eli envirounie;
qu'en cct etat, il et bien difficile de concevoir com-
ment M. de Fleffclles aurait entretenu, fans que
perfonnd s'en aper ilt, des int=lligences contraires
au falut public.
Ces raifons faifaient aifez d'impreffion fur tous
ce ix qui etaient ia ortce de lts entendre, ct m~me
fuir ) rs prttendus deputies du P alais-Royal i mais i;
Ailc les falles voifincs, les corridors, les efcalier
6t&.ie.it pleins d'une foule imm agitce.
Et c'eft au milieu de ce chaos que le comite per
mancnt etait force de delibercr fur les moyens
prendre pour art&ter le carnage qui fe faitait auto
de la Eallille.
Le pa ti le plus fage a paru cre d'envoyer
M. Delaunay, gouverneur de cette forterefie de
dCputes qui le lommeraicnt au nom de la ville, d
ne point employer contre lIs citoyens les arm.
don't i' pouvait difpotlr et au contraire d
ks ,oindre aux armes de la commune, et de n'W
fire ufage que pour la defense et la confervatic
publique.
En confluence, MM. Delavigne, president de
lecteurs Chignard et abe Fatichet electeurs
auxqaels s'elt joint volontairement M. Ledcilt (
BIouuidoux depurc-fupuleant des communes de iBr
tag e i l'Affemrblee na'ionale ont ete charges
porter a M. Delaunay l'arret tfuivanc:
,, Le comitn permanent de la mnilice parifienne
co:.fiderant qu'il ne doit y avoir i Paris aucun
force militaire qui ne foit fous la main de la vi le
charge les dputrs qu'il adrcffe a M. le mArqu
Delaunay commandant de la Baflille, de lui di
man-ier s'il elft difpotfe a recevoir dans cette p'.a
les troupes de la malice parifienne, qui la guard
rent de concert avec les troupes qui s'y trove
actuellement et qui front aux ordres de
ville.
Fait a I'hotel-de-ville le I4 juillet 1789. Signt
l'otiginal Fl.ffes prevot des marchands,
prefident du comite ; Delavigte pr:fidcnt c
elect..urs ; Moreau de Sait-Mery president \
tiectcurs; Legrand de Saint-Ren, lI marquis de
Sall Deleutte Boucher Pcr4nron, Bancal ,
fILrts H)on. (.hignaid, Fauche membres
coanite ".
Le'. deputies nommes font parties fur le champ p<
rtinplir leur million.
MM. Sageret echevin, et Duveyrier fec
taire des electeurs, avaient et comme on
vu, delegues pour former un bureau Frovifoire.


Uls raient a peine inflalles, que la fall dans
quelle ils s'etaitnt placs flit tour-a-coup reni
d'une multitude dce gens arms '.e fufils, de faore
de piques et de ba ons trainant avec eux ti
invalids dont ils demandaicnt ia mort avec des
furieux.
Ces trois invalides difa*ent-ils devaient 4
condamn6s fur le champ a tte pendus pF
qn'ils avaicnt 6t! faiis les armes a la mail
la porte de la Baftille, et tirant fur leaus c
citoyens.
L'un de ces trois invalides don't 'aige et
cheveux blancs infpihaient au moins la plus v
tompaflion tranquil e aa milieu ds n menaces
mort qui retentnfaicnt a fes rei! es ditait: c
n.nt puls-le etre coupable et avoir tire fur


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A cette nouvelle ,
aftille fe rendait, ils
onniers.


I emprefft de lui donner les fecours exigis par fa fi-
tuation.


Le
tale
core
tnfei
Cold


ils ont promise que, fi la
firaient grace aux trois pri-


Cette fcene n'6tait pas finie lorfqu'au mil;eu c(
des clameurs conrinuelLs, on a entendu des cla-
mjurs plus kclatantt-s et plus tumultueufes. La for.le d
fe precipitait dans la place par la rue de I'Orme-
Saint-Gervais, en criant jue le gonverneur de la c;
Baftille etait pris, et qu'on I'amenait a l'h6el-de- q
ville.
Au mime infant plufieurs perfonnes font accou "
rues en difant qu'elles venaient de voir l'homme s
arret6 ; que ce n'etait pas le g6uverneur de la c
Baltille, et qu'il n'y avait pas un moment a perdie f
pour fauver au Peuple irrite le malheur d'une me- f
prife.
Les chefs mi'iraires avertis, fe font ports anu
tevant avec tous les hommes de bonne volont6 P
qu'ils ont pu raffermbler ils font parverus jufqu'i '
I'homrme faifi malgr2 la foule qui obltruait enti,- 1
recent le grand efcalier de l'hotel malgre les
menaces et les coups qni pleuvaient de touces
parts.
M. le chevalier de Saudray, commandant en fe- d
cond en fe pr6cipitint fur le prifonnier pour I'ar-
racher i touts les armes tournees contre lui a
requ un coup de fabre fur la there dont il a ett'
grie'ement bleff et qui cependant n'a pas ralenti
fes efforts.
Scu!ement la violence du coup l'ayant force
d'abindonner la perconne arrete M. le marquis de
'a Salle s'en eft aufli-tbr empard, et tous deux font
er.fin parvenus le mettre en furete, et fauver
fa vie.
Malgre les mauvais trairemens qu'il avait effuye's,
les bletfu es nombreul.;s qu'il avait ieques, et le
fang don't il etait covert, il a etr univerfellement
reconnu pour 6tre M. Clouet, regiffeur des pou-
dres et falpetres et ir a declare qu'il etait forti le
matin rrmmre a cheval pour alikr ch.-z M. Blondel,
* maitre des requtes charge du dtdpartement des
poudres et falpkties ; qu'apres lui avoir renAu
conmppe, ainfi qu'il tft d'ufaoe, des operations de
la regie, il r:venait tranquillement chez lui par Ia
rue Sain-Antoine ; que la foule qui environna't
deja la Baltilie, Ii a fait craindre de ne pas pou-
voir pnetrer par le pail.ge qui donne de !a rue
e Saint-Antoine dans la cour de l'Orme; qu'alors il
, a fa:t un d-tour qui femblait i'eloioner, de la Baf-
s tille ; quc ce movement et l'habit biku brod6 tn
s or d tr '1 etait couvert, ont lirvi de pretexte a
quc!Iques femmes pour crier que le gouverneur d,.
e la Baftille s'evadait; qu'a ce cri il s'eft vu tout a
e coup environn4 de qu2Ilques ouvriers don't Ic
a no'rbre pir degres s'et port a cinq ou fix cents
i perfonnes; q,,i'i a 6t. precipite de detfus fon che
val faifi train, accable de coups julqu'! I hotcl-
>s de-ville, et que fans le fecours de quelqu-s citovens
e htnnires qui n ont pas ceiff de le defendre, il au-
le rait ret mille fois maflac e.
n- M. Clouet paraiffait n'avoir pas une parties de
:s 1 fon corps fans contusion ou fans bleffure : on s'eit


citeyens, puifque j'6tais fans armes, et que je fortais
d'un cabaret ou j'avais ete chercher une bouteille de
vin pour moi et mes camaradeas '-,
Les membres du bureau ne voVaient dans ces
invalidtis que tcois victims tvrlhwereufes qu'il
fallait fauvcr d'un premier movement de faeur et
de prevention.
M. Duveytier, aun dextt, a pris la parole; et
aprts avoir, rion fans petie, obtenu silence, il a
expofe que la mort donne meme un criminal,
fans unt jugem*nt prealable, n'etait qu'un ataffinat;
qu'il fallait juger I-s prifonniers, et priclainer leur
iugement et le motif de leur jugement avant de lei
liver au bourreau; qu'au surplus, la prife de ces
trois foldats de la Baftille etait un 6venement heu
rit;x dans la circonflance et dont il ferait bier
imiprudctc de ne pas profiter i que la conduit de
M. Delaunay 6tiit plus que fupecte-au comit6 per
manent et qu'il itait indifpenfable de fire i,;terro-
ger les trr'is foliats, pour reveler tout ce qui fi
p;fTait dans l'interieur de la forterqffe.
Ces raifons avaient fait une grande impreffion fu
la multitude ; elle manifdtlait Con inte-tion de ni
pas fur le champ facrifier les captifs ; I'ordr
mn me pour l-s conduire aux prifns de la ville 6tai
dtja icrit et fign6, lorfqu'un autre eltcteur, e
membre du comini permanent, ell arrive.
Ignorant ce qui s'6tait paff et n'6coutant qu
Ton zele il tit monu' fur la table meme qui fCi
vait de bureau et il a rpe'te a la multitude a pe
pros les motifs q..'*elle venait c.'.ntendre, pot
1'engager a conduire les trois invalides en prison
ajoutant ce endant que,. paur plus de fdret6 ,
invitait ccux qui les avaient faifis a choifir douz
d'entre eux pour garder les prfonniers.
C:tte proposition les a entidrement decides, )
ils onr tous confenti a ce que les trois inrvalide
fuleht conduits prealablement en prison.
Comm ils fe difpofaient fortir pour ex&cut
cette re!ol. tion le tm-ne electeur leura appris qi
s le comity permanent venait d'envoyer une depat
tion a la Baftille, pour former le gouverneur
fe rendre.


Ces deputies ont ete charges d'engager tons ceux
ui environnaient la Baftille, a fe retirar ,ans Lurs
iftrictc refpectifs, afin d'y recevoir promptem-nt
leur admrifion dans la mi!ice parfit-nne; de rappelec
a M. Dlaunay la parole quil avait donn6e I
M. Thuriot de la Rofiere, et a M-M. d, IB-llon,
Billefod et Chatoni de lui rappcler combien it
etait important de ne pas exciter I'ani-.ofitA du
Pt,.ple et d'epargner la vi.- de; citoycns ; de le
fommer enfin de coffer toute hoftilite et dte re-
cevoir les defenfeurs de la ville a la garde et dans
I'interieur de la fortereffe.
Les deputies font parties fur le champ pour rem-
plir leur miiffon, M. Joannon, I'un d'eux, poutant


I I r _~ ;__~_,1_,.__ -- 7~--L--, --


i -I -


1


. feu qni devorait toates lee parties de Ia capi-
, velait fe concentrer I l'hotel-de-ville': d'un
des patroui les de tous les districts demandaient
Able a ere entendues fur les faifies, qu'clles
inunaient de fire non feu.emrnt aux barreres,
meme dan les rues de Paris de peronnl I
nctes, et de voiures chargcs d'ttfets, d-
bl=s ou de provisions : la place de I'hot-l-de-
Sen etair covertne, et I'on ne favait plus oa
ofer routes Its holes qu'i era t iniiifpenfiV.e
:onfifquer dans ce moment, fauf a Iks rendre
lite aux proprietaires.
)'un aU.tre ci'ot Ics meffaiet arrivaient par
dcs, annonCaint le ravage que faifit le t-LI (",
iaftille dans la rue Saint- Alitoin-e et ldans l-s
s voifincs : tous crihicnt qit'i fallait s'rnmpar r
cette fortereffe, cd ,ime f la coqunte n'net
endu que d'un arretd du coinite pctrma ent I
ci l'on demandait tnuiouis avec des trianiports
rage dts arm-s pout repouffer l'ennrmi,
, diraic-on 6tait aux portes, des armes que
wel-de-ville avait ptmitfes et qu'il n'avait

Li Ori fc'r envoys pas M. de Sombreuil,
.iv.rnct.r des invalides annoncait que cecte
ifon ctait affiegee par cent mllle ames quid-
ndaient des' arnes, qaliqu'il fft de not rite,
bliquque ue ibutes los arms depofoes a I'h&tAl
s invalides avai'en ~ e enleve&s dmns la matinee
e cette maifon &tairmeracee d; pillage et d'in-
ndie, et que rien ne pouvait na lbtuftraire a ce
nger fi I'hotel-de'vhfle ne fe hitait pas de
sndre telles metures qu'il corviendrait pour les
*venir.
On attendait le retour Jles d6&?utn s envoys Ia
tfille, et on efperaic quelque fucces de Cctto,
;onde deputation.
Le comit6 a voultf cependant d;miruer le d6for-
e, en emn&chant, s'il etait poffible, toutes les
ifies faites dans l'interieur de la ville.
En conf6quence il faith imprimer et afficher l'ar-
et* fuivant,
3o Le comite permanent invite inflamment tous les
royens des districts de laiffer un libre course a la
ommuiiicatioD de toutes les voitures dans Patis.
Il fera inceffamment tabli a routes les barri res
es efcouades pour veiller a ce qu'il ne forte de la
apitale aucuns vivres et munitions de guerre,
uelle qu'en foit la nature. 3,
Sar les demanries ritr6ps;des districts, et pour
lbtenir des munitions M. Francotay electeur,
'aireffxnt a M. de FleffTlles, lui a enemande pour-
luoi ii refufait de la poudre et d:.s armes aux
oldats citoyens qui en avaient un fi grand be-
foin.
M. de Fleffelles lui a dit de fe tire, et alors
M. de Francotay a repliqu6 :,, Je ne me tairai
point : le terns preffe et l'on maftacre nos freres
i la Baftille,. J'ai rencontre dans 'efca!ier un june
homme qui a en 1 b1ras caffe devant cette forte-
reffe, et qui pleurait la mort de fon 'camarade tue
a fes cotes.,,
Ce difcours de M. Fraricotay, et I'impatience
des citoyens qui prefentait tous les caracteres de
la fureur, ont fait prendre au corniet permanent
la resolution d'envoyer a la Baftille una troifitine
deputation.
Mais comme MM. Dlavigne, Chignard, l'alb6
Fauchet et Biutidoux deji deputies ve's M. D,-
launay, ne revenaient pas, on a penf6 que la foule
qui fe preffait autour de la Baftille et le defaut
abfolu de marques diftinctives qui pulfent faire re-
connaitre les deputies avait pu les empecher do
parvenir jufqu'a M. Delaunay.
En confequence, il a t decide que cette troi-
fieme derutation ferait envoyee dans la forme des
deputations parlementaires, c'eft a dire, avec un
tambour et un drapeau.
Cntte deputntion determinee, M. de Fltiflles
a defign6 lui-meme M. de Francotay pour en fairce
parti- avec M. de Corny, procuteur du roi et de
la ville, et les autres citoyens qui fe font vo-
lontairement prefenites pour accompagner M. de
Corny.
Ces citoyens ont ete MM. de Milly, Beaubourg,
Piquot de Saitre-Honorine, Boucheron, Contams,
Joannon et Fils.










le drapeau, et prec6des d'ufn tambour des Gardes-
EranCaifes.
A i'inflant mdme une patrouille a amen 'a L'hotel-
de-v lie un courier i a lirre t de ia reine, porteur
4e plufi, urs lertres pour M. de Sombreuil, gou-
verneur de Iuvalides.
Le courier a &et mis en librtte mais les lettrre
don't i 4tait port Utr ont etr rallies et revenues pat
le comriti permanent qui jpu a'or; s'oc uper du
da'gter diont I'htel des Invalides etait menace.
Et il a ette dt-cide d'y envoyer M. Deleutre,
-lrcteur et mcn:bre dai comite, pour dtourner la
multitude, an mTlitcu de laquiielle, fous pretexre
di'un rechercht del6rim-ais inurile, plufi-urs brigandts
ians doute fe promettaient Ia devafiati'n complete
de, ce- grand dJifice.
Les moyvrns ls plus favorable ddipendant des
circonftaices tt du- moment ont ete laiifes 'a la
fagacite et la prudence de M. Deleutre, qui a
bien vo'uu t'c chirgcr de cette co;miniliiin ddltcate
ct penibl., dcfiranrt feulement e te accom. a,ne par
d,:uze cit( yens arms, deux gardes de la vile ct
deux ca\alihrs du guet.
Sur ces'cntrefaitt-s, MjM. ,Delayigine, Chignard,
I'abb 1 auiict ec ioucidoux conpofant ia fc-
cond- d4ept:a.ion ewi-oyee i la baliille, tont revehus,
et M. DlJavigne a fait le rapport tlfivani:
,- En fortant de I'ho16lde-ville pour nous rendre
a la Baltlile i.ous avons rencon::e, fosus I'arcade de
If rue Sainr-Jean, un cihoyeh port fat un braincard,
blefTi de coups de L'ull, qu'l.nous.. a dt avoir erte
tires de la Ealfille dans la rit Saii-WAntoine. Plus
loin .a nsJa ms;.: rue, plufictus ciroyc.us tenaietU
et c',Iduif:ciit trots fold'rs invalides, do t Fuil
nous a paru bltffe i la rte, er qu'on nous a dei-
clare avoir e e arretCs a la Bafllle, faifant lfeu fur
les citoyens. Jugeaxt par ces evn.cemens que le danger
tigmenrtait pour nos freres, nous avons hait not e
mache, ,dans l'efpoir de faire ceffer un combat
tviden:-.mnit uinegal, par I'avantage de la fort;refle,
tn. conf bnmant avec le gouveineur la negotiation
don't le cuinite nous avait charges. Arrives i cent
pas de la Bal'iile par la cour de I'Orme, nous avons
appercu iur l s tours du fort I s foldats de la gar-
nilon1, qui paraiffai nt tirer &,.rs II rue Saint- Antoin"e.
et dans L, (.cur ou l!outs itions:, nous avotis aufli
cInlt:iidiu d.s coups qui pirtarent d'en-b s, et que
no s avons pri:uwie &ere tir-s par des citoy)cns fur
Ia g rnifon i en lorte que la garnifon ct les citoyvens
fc fuki;;,L nt reciproqumni. nr. Alors, au miiieu de
Ja cour ct de i'vndroit d'cu nous pouvions eitrc
appe:-us Ic plus faciliirent par ia ga:iiilor qui etait
fur let, tours nous avons faith plufi urs fignaux, tant
avcc la mroin qu'avec nos mouchuirs, en forne de
plvillon b!an:c, afin dannionrer a la garnifon, et
par fuite au gouvemrneur, notre caract~re et notrc
niiffion ,qu'indiquaient encore notre cofltume et no :r
dwierche confidante au milieu des dangers : nous
ignorons 1i nos fignaux ont 6t; apperqus et compris,
imasi le fenu n'a pas ctfle. Alors, nous avons cru
devoir aller nous preiLntcr i la porte di fort, pou-
demander I entries, en nous faifrit connaitre. Cepen-
dant en approchant de la Ballile, toujours iar'li
nlCine cuuir, ious avons apperui, f us la voiit
qui conduit i la rue Saint-Antoiin., un grandnomnbre
de ciroyens ajmc:s, qui n s'avaiicant de terns
autre t'raient fur la ga nifon quoiju'eil fit un
feu prc-fque continue fur l'endaoit, ouf ces citoycns
ie placaient ; et ces citoyens nous ayant faith line
de ,,ous retirer, nous fommes retournes fur nos pas,
dans I'intrettion d'atiiver la i aftille par la rke
Saint-Anto ne. Etant parvenus a cette rue par ccllk
dc ia Ccrifaye, nous y avons eguiem-nr tro,uve un
grand nonibro de citoyciis atims-, qui fans errt-
a.u-uieTem-nt couverts ni garaaitis, fe tulillaient avec
la garniton du fort, lefquels tiraient en outre de
groffts pieces d'artillerie, autant que nous en avons
Iu juger par le bruit et 'eftet des dechargts. Avant
aborde ces citoyens, nous nous fommes faith con-
naitre, et les avons en mene-tems inftruits du fujet
de notre deputatin n, en les engageant a fufpendre
touie hottilit4, afin que de fon ctre I* garni on
du fort ccffat le feu, fur les fignaux que nous allio::s
reiterer, et qu'apres nous etre fait connaitre a la
porte, nous tuflions introduits aupres du gouver-
neur, pour le former de rendre la place, ou d-
recevoir une garnifon municipale. (Cnfbr'nTement
i notre million, les citoyens ont accept cette trove ,
ils !'ont obferve; noU.s avons reitcr6 les fignaux
de pnix ; mais la garnifon a continuC de nous charge r,
et nous avons eu la douleur de voir tomber i nos


c6tes plufieurs ciroyens don't nous avions fufpendu
les coups. A travers ces dangers nous avancions
neanmoiins aupres de la porte da fort, apres avoir
ta'i retire dans la rue de la Cerifaye les cirovens
qai 6taiei:t dans la rue Saint-Antoine, et dour la
prefel.ce, mnal interpreted pouvait tre le motif
de la continuation des hoflilites de la garnifon. Mais
I es au:res citeyens armes qui etaient rettcs fous la
voiute dont rous avons parole et qui avaient ega-
I emeiit ccfle le feu, le recommencerent alors avec
autant de courage que d'indignation. Nos remon-
trances nos prieres ne les arretent plui ; une de-
putation n'tft plus ce qu'ils veulenti c'eft le fiee
dc: a Bafille c'eft la dcltruction de cette horribl;-
pl; I't ; cAfit la nmirt du gouverneur qu'ils demandent
ua ,:, i cis. RI poufies par ces braves ci(oyt-ns,
rubts Lon.nr.s forces de nuus retirer, en partageAit


541
ICur indignation que juflifie encore un trait abo-
mitiablk Jont ils chargent le gouvtrneur. Ils nous
ont dit que dans la matinee plufieudrs citoyens
s etant approchds de la Baflille pour de-rtander d&s
armes, le gouverneur en avait faith entrdr un certain
nombre, et qu'enarite ii les avait faic tufiller dans
a., premiere cou'. Ainfi cette trahtfon du gouver-
,,cur a ete le premier final d'une gSutre qu'il a
declaree luii -nri;n. i fts cqncitoyent, ot qu'il parait
vouloir continued opiniarrement, fuifqu'l a refuld
d'entcndre norre deputation. ,,
On atteniait plus de fuccs de ha ffconde dd-
putation don't les lignrux parlemermaires qui la
precedaient, devaienti neceIffarement facilitcer le
paffage et I'ent.e& a la Baftille.
Mais dejA l'indign nation du Peuple corrtre la gar-
nifon de la Baftifle, fun impatient courage, fGs
menaces n:.nee, avaient force les chefs m liraires.
On r6p6rait par-tout que ie Ptuple avait det invite
Sa p4rocher de la BAltllc par des fignaux de paix
et d'am.ti# i et qu'au monenrt rre.ne oi6 il etait entire
,iars la premiere cour, le gouverneur 'vaic fait fair
fur lui deux decharges i mitraille.
On demandait a grants cris le fiege de la Baflille,
on voulait du canon.
M. le chevalier de' Saudrav en a fait marcher
cinq pi.ccs, frrvics par Oinq canonniels nommcs
Bcrard, du Caftll Georgtt, ct les deux frtres
Leverr 2.
II etait alors deux heures apres-midi ou en-
viron.
Un infant aprks, la feconde deputation eft revenue
avec fon drapeau et fon tambour.
M. Ethis de Corny, rendant compete de la ma-
nicre don't fes co d6putcs et lui avaient ruipli tleu
million a dit:
,, Qu'etant arrives a l'Arfenal par la rue de la
Ceril'iye et par la court d&s po, dres et falpe&res
dans la court de 1'Orme, ils s'etaierit poMls au milieu
de cette court, bien en vu:e de la platte-form dt
la Baflille; que le drapeau de la reputation avait
eti fignale; qu'enfuite celui qui le portrait s'rtait
ache-min avccc re tambour vers Ie pont-levis ; niis
que le Peuple s etait eerie qu'il rallaic bien fe garder
d'entrer;
,, Que pendant ce terns, on avait vu a.borer fur
la platte- fornte de la Baffille un pavi;lon blanc
Lue les foldats armt:s de fuliis avaicnt rtnverf kuurl:
fidils le canon tn bas, la crofle en haut, et 11e
les fignes de paix et d'appel avaient ete multi pls
par les chapeaux ;
3, Que, fous les aufpices de ce commencement
de tectEption alniale les deputt's av.iinrt engage
le People, au nom et de la part du. comit6 per
manent de fe retire dans les districts afin que
l'on pat ceffer de part et d'aurre ces voices de fait,
ct prcndre fur le tout les melures les plus capable
de retablir le came et de coacourir ai l la isftattion
general i
-' Que cette retraite commencait I s'executer;
que le Peup e prenait tout aturciltment Ie chemin
de la cour de l'(orme oii ctait la deputation par-
!emezltaire lrirque malgrc la f,i rig.,ureutfeniert
obfervee dans tous les cas de deputation parlc ern-
taire, au prejudice de cel e des lignaux du pavilion
blanc arbore fur l- Bait lie, et des fulils rLbiverfls,
tout .-cotup les deputies ont vu po nter itne p ece
de canon fur la cour de r'Orm., et dans Ic men e
moment ius ont recu u e dh'hirget de moufqueterie,
qui a tue trois p. rfonnes a L-urs piedsi
Qu'un citoyrn oui parlait a I'un des deputes, a
recu une balle dans fin chaptau; qd'u e aut e
balle a dechire l'cpauleite de M. Beaubourg, l'un
des deputds;
Que cette atrocitr au moment ou l'on par'air
de difpofiions pacfiqucs, a trr.nfportr de turreur
tous ceux qui fe trouvaient dans la court de
l'Urne ;
Que plufieurs d'entre eux fe font emportes at
point d'environne r les d-putes, de leur imettre la
bayrnnette fur li poitrin., ct le tabri fir la tte ,
en Icur difant : f'js sites afjL des rinirrts, votus nou.,
aveT fair pajfer aans cette cour pour nous faiie luerplaa
]irment ;
,, Que M. Beaubourg a ete maltraite, et qu'on
a arrache l'epe ai M. Piquot de Saint-Honorine;
Que lui Erhis de Corny, a re.ondu: Si vos
amis ft des daputes que la ville e. voie pour votrie


Iurete, pouvaient rete jurfonnes adu.. project aujfi cou-
pablb/ auffi odicux i/s iviteraient de fe trouver dans
Ie mcme lieu ; vos cots au milieu de vous et ex-
pofes aux mimes coups. Au furl/us, je me conftiut
vote otage votre prijbnnier,: gallons a la vill,, ct
vous vous convaincrct de la ,vctiet ;
Que ce langage de raiton, de confiance et dc
verite a produit fon effect, mais que la tureur du
Peuple contre la Baflille nen eft revenue quc
plus active ; que ,lufieurs bandes fe font fepa-
rees et ont couru fur le champ denoncer aux
citoyens raffembles devant I'hotel-de-ville, cette tra
hilOn exercde fur la deputation parlinentaire.
Qu'a ce recir, l'eff-rvtefcence a dl krre bicn
prompte; puiIqu'en ruvenant a I'hotel-e vile, les
deputes ont rcncontre vis-a-vis Saiut-Ger;a:s une


mrulitrud, d cidtovem arnm6s, prcdee d'eaimft
cQ ('orda4 durc irneit de. Gatdes-rran~aifS, fuivs
des canons ,prs k, martin aux invalies, merchant
en ordre, au pas redouble, en difant a tous quik
allaient fire -le fiege de la Baftille.
Quelque tems aprhs, M. Fi ancotay lecteur j
qui s'Ctait ftpare de I& deputation a ia B llle,
A-ft revgnu, et il a dit que Ia deputation s'tft ar
reCte dans la petite court, ou tile a ti cspof4e
a, un feu terrible i que Ii FranLotay s'avarCant tou-
jours, s'eft approach jufqu'auprs du pont-levis
que plufieurs"perbonnes ayant 4te. tuees a fes c6tes,
ila 6td oblige de palfer par deffus le cadavre d'un
pere de famnille que toutle monde regrettait.
C'ef alors que le Peuple don't il a ete reconne
pour un des die teurs, lui a crie de fe fuver,
que la trahifon etait manifefte ; qulil a ripendu:
Cef 6iirf plut& a vous, mes amis a vous rairer:
vous e.,nFtcet n;os foldate ct nos canons d'entrer da:x
cette court encomhbrie, oi Vous alllki tous F'itr inurti't-
mer.t ; qu'ils fe font ecries avec un transport inn
concevablc : Non, non; nos ca'4awe, frviront i
oombler s f/fIt .
Que peu de teams apres, f aen4antAIleurn inf-
tances il a return, fur fet pa i travers -s bal!ets-
qui fifflaient i fes oreilles et frappaient dans te
inur vers lequel ils s'avanjaient.
Ces recits, et la nouvelle de cette feconJe per-
fidie, repan.,ue dans la viHe mnt vive-.tent agit6
tous les efprits deaj livris A la mdfiance et au forp-
qon. Dans tous les lieux, dans Ies diftricts, fur
les places publiques, on ne parlait que de complots
et de trahifon.
On rappelait ces promeffes fi fouvcrn faiths par
I'hotel-de ville, de dinner des armes des fufils,
des munitions qu'il avait ete dans I'imponf.bi!itd de
donner : on rappe!ait ces ordres fignis par le pr' 5at
des marchands, pour aller prendre aux Chartr ux
des f'uils qui n'y eraient pas, et a r'Arfenal des
munitions qu'on avait refuf6es.
Ainfi I'opinion gen6rale, fi prompte i Nifir toures
les interpretations malignes furtout dans les nmo-
mens de trouble et ,l'alarnes, fuppofait une intel-
ligence coupable entire les adminilfrateurs de I'hotel-
de-ville, et les ennemis de la tiberte.
Cette idee fauffe autint que funefle avait faith
dans la journey des progres effrayans. Tous les
nmembr-s du conmite permanent etaicnt dans un dan-
ger imminent, et ils ne I'ignoraient pas.
Chacun d'eux, s'il avait occasion de traverfer Ia
foule qui couvrait Ia place qui remplifTait les falks
et I's corridors de I'h cl-de-ville, venait rapporter
les propos liniltres, et les menaces effrayantes qu'il
avaic eitendus.
II ne s'aginffit pas moins que de mettre le feu
a I'h5rtl-de-ville, ct d'egorger le prevot des mar-
chands, l-s echevins, les membres du comite per-
manent et nime tous les electeurs.
Cctte situation terrible n'a point affaibli leur zele
et leur conliance ; et de iberant an milieu d'un fracas
dnouvantable fur le part It- plus convt unable a pren-
dre, deliberant au milieu d'une multitude furieufe,
qui les pr-IffTlt d'ordonner le iiege de la Baflille,
le conite permanent a airert d'envoyer A 1'Aflemblde
national ut:e deputation charge de lui prelenter la
deliberation fuivante :
Le comitce permanent de la furet6 publique,
afemble a lI'hote:-de-ville, a arr ie qu'l ferait en
co rcTfpondance journaliere avec l'Affntmble natio-
nale tt de d'puter M. Ga.ilh, avocat au parle-
ment, et M. Bancal des lltarts, ancien notaire,
tous deux electeurs de la vile de Paris, ec mem-
bres du comite ;
A I'effet de peindre a l'Affemblee national I'etat
affreux ou tilt a ville de Paris, les malheurs ar-
lives aux environs de la Bafltille, l'inutilitr des de-
putations qui oit etd envoyecs par le comity avec
un taunbour et un drapcau, pour y porter des pa-
roles de paix ect deiander que le canon de la Paf-
lille ne Loit point dirige contre les citoyens; la
mort de plufieurs ci:oven% tues par le feu de la
Balitlle la teinande fiite par une multitude de
citoyens alkimbles, d'tn faire le liege, 2es mafia-
crps qui peuveni en ;rre la fuite; et de supplier
i':lft'iiblt.e national de vouloir bien pefer duns fa.
. agelie, le plus promptemeimc qu'il lui tcra polibh le,
lis moyens d'tv'ter a la ville de Paris les horreurs
d'une guerre civil


Enfin, d'expofer a I'Affemble national, que
1'etabl lfemt.nt de la milic bourgeoilec, et les me-
furcs prices hier, tant par l'Alfemblee des elec-
t:urs que par le comity ont procure a la v;lle
un_ nuir plus trani'uil- qu'tlle n'avait pu l'tfprerr,
i'aprc-s le nomrbre coi fiILrab'e de p.rticulitrs qui
etaicnt artnis le dimanche et le lundi avant l',;ia-
olifemrint de la milice ; que par le compete rtndu
Oar differens ddtricts, il eft coitflant que nombre
de particuliers ont et6 defarmes et ramenes a l'ordre
par la milice bourgeoife.
Fait au comite, le 14 juillet 1789. Sign6 de
Fle/fj'/tes, prev6t des Maichands, prfident dii co-
nite ; t3ancHl aes Ij7aits Moreau de Saint- 1Ary ,
Duve- ier, Roiuen, Vctgn' khinawd, Fauchct et
Ganiih mrtUmbes d&L corrit.


1


___ ___ __ _~ ____ _~__ _











. Tahdis qu'on :reigenit cet arrtd, 4'awtrs irfci-
dens fofpenilaient Ie depart de MM. Bancal des if-
farts et CGanilh.


I


Sr Irs trois heures apres midi ou enviro', font
arrives des d&putes du diftrict des B!a.iCs-Mantcaux,
chargCs de demander a M. de Fleffeiles comment
ii avail promis la veille d s ufitb et des nun'tions
qu'il navait pas donnes comment ii avait announce
pouvoir difpofer de ,oco fufils qui n'etaient pa ,
fans doute en fa difpofition I comment il avait
donni un ordre pour aller przndre aux Chartreux
des fufils qui no s'y dtaient pas trouves, et a I'Ai-
fenal des cartouches qu'on n'avait pas dopntes.
M. de Fleffe'les a dit que M. de Preffoles, in-
tircff g ila manufacture de Charleville, lui avait
offcrt i2,coo tulils qui etaient, di ait-il, en etat
de service; qu'il ks avait accepts avec empreffe-
ment ; que quelques heures apres on avait apipoitt
pluficurs caifLs a l'htrei-deville, et que quequeCs
perroiin.s lii avaient dirt alors que les ru.'. ct'.r:et
contenus dans ces cailles ; qu'il avait recommandc
de les dipoufer en lieu fir, pour conferver la fa
cu'!t d'en fire une rage distribution ; mats qu'au
moment de les difiribuer, on avait reconnu cuL
ces caiffes ne contenaient que des chifftons et des
bnuts de chaaldelles; qu'il avait ere, par confe-
quet,; luimnime indignement trompe.
A l'rajrd de I'ordre donn6 pour aller chercher
ades fnifils aux (lhartreux, et des cartouh.s a 1'Ar-
enal!, M. de Fkil-elles a dit qu'il n'avait donn6 c, s
ordtes que fur les rapports faux qui lui avaient et
fais qu'il y avait des fiufils aux Chartreux et qu'on
donnertir des cirtouiches l'Arfenal.
Les d'putes du district ont part lfrpofns a croiri
qe M. de Fleffelles avait ee lIui- m6me la victims
dune indigne tromperie : ils ont exige feulhmtnt
quil fit arrter fur le champ les perfon',ei qui avaiert
of6 l'induire dans une erreur auffi funefte.
iM. de Fleffelles s'cft excuf, fur 1'imtpoffibilite d
recoi;nai:re ces perfonnes au milieu d I'agitatior
violknte qui tourmentait depuis deux jours l'hrtcl
de-ville et dans la fo"lIe innonibrable de gens d,
toute efpece don't il 6tait continuellement affailli
Cette fcene n'a fait qu'augmcnter le trouble di
moin, nt et la fureur des homimes de tous itats ec
de to:;tes conlitiois qui rempliflaient la falle e
i-s .-f~.li.rs de l'hotel-de-ville, et qcui ne proferaien
qu injures ct menaces centre le prevot des marchand
et Ls inembres du comitr permanent.
Cux qui avaient entendu ce qui venait d'etr
dit aiix aeputes des districts taieit rmoins animes
nmiis les autres ne ceffaient de r6p6ter: ii veut gagne
du r'ns pour nous fair perdre le n6tre.
M. Dufaulx, d!ectaur, refpcctable par Ton ag
et par ion patriotifme ddcid6 etait parvend A cor
tcnir plufieurs pelotons qui complottaient de fair
main faTe fur tous les officers du bureau de
vilie, ct ne paraiffaient difpofes a queiques 6gar.
et quelqucs douceurs qn en faveur de ceux qui ft
raicnt honors du titre d'6lecteurs.
I e difcours de M. Dufiulx lui avait donned u
af:e,:dant visible fur les citoyens Lt foldats dhnt
fe trouvait environn6.
II a &te invite i prendre place au bureau pour e
pavrtaer les functions perilleufcs.


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Fn d(clarant qa'il n'avait pas droit de de'ib&er,
p iiilii'il n'etait tas membie du comite permanent,
M. Iufaulx, cep.ndant a pris la parole, et ii
s'eft exprime avec beaucoup d'onction fur l'injuftice
d& foupqonner M. de F ff-'les les membres du
co'nitr permanent, tous les electeurs qui s'at3ient
ab.idonnes avec tint de zele, et qii travaillaient
ensemble avec tant de conltance depuis deux jours
et deux nuits a la deftnfe commune.
Pendant qu'une parties de la foule accufait et pro-
f&6ait des imprecations un autre parties invefliffait
Ic bureau et r~clamait avec la mmne fureur les
moyV.ns de prendlre la Br.ftille.
Un particulicr qui s'eft dit men:ifier, a declare
avoir un moycn furi et prompt de r'duire cette
fort.ieffe et il a demand a etre cntendu.
Ce partrculier a dit que .on moycn etait de fire
ufage d'une catapulted, machine d'inventinn romaine,
an inoyen de laquelle d'6normes pierres lances con-
tre 11 Baftille avec une force incalculable devaient
rcn\erfer f.s 6paiiLcs muraillcs.
Tons les afliflans ont pris cette proposition pour
une raillerie.
M. de Cauflidiere, major-p.n6ral delamilicePari-
finne a repouGff ce particulier, s'elt mis a fi
place cta dit que le Cful moyen de prendr- I .
3altiile atait de l'attaoucr dans les regles de la guerre,
et cu'il fallait ouvrir une rrainhie.
Totires ces propositions femblainnt etre fairest pour
irriter l'impatience publiqac bi.:~ loin aie Ia flaisfairt
C'etl d.ins le me.ne temps qu'unc patrouille du
dilIrict de Saint-Ge rvai. comimandee par M. Chai-
gne-ct, a arrete un particulier entire les mains du-
inel on a trouv6 un p.aCuct a I'adrcffe de M. du
Pugett, major de la BifMille.
Cc paquet a ete apporte tout ouvert au comire
perimancltt: on a reconnu qu'il conttnait deux billets,
Iun adteffc .1 M. duPuget ct cop(u en ces terms :


Je voj c4s noie mo i cie d'" Puget I'or-re que vous


Y
n

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r
t;


(i


et n/ceffaie ; vous It remittret. Paris, cc I4jaillet
.9 Signed Bttenval. L.'autre adteflr a M. De-
ay, gouverneur de la Baflille contenant ces
s :


1. de Launay tiendr.: ,': ifqa la
i ai envoy' des forces juffiantes.
Sile baron de Hetenval.


derniere extrimit';
Ce J4juilict 1789.


2es deux billets ont det remis I M. Boucheron I
difirict de Saint-Gervais, qui s'en eft charge pour t
ddpofer A fon district.
Cette decouverre devait ajouter encore aux alar-
s publiques, et fur-tout a la fureur cqui agitait en
moment les auditeurs centre la Baltille, contre,
gouverneur de cette fortereffe centre le prvotr
marchands et centre Ie comite permanan: lui-
nie.
Un vieillard s'eft ecri : Mes amnis, que faifons-
is avec ces traitres ? Marhons 1 la BafiIlle.
A ce cri, come a un final de victoire tous les
ns arms font fortis de fa falle du confeil, et les
nmbres du comite ptrtnanent font reftes feuls un,
"ant.
C'efl dans cet infant de solitude et de terreui
e M. le commifa;rc Carr6 eft venu 'eifro'
int fur le vilfge, et qu'il a dit que la Grave tre-
ffait de rage que tous les memb es du comite
rmanent eaient devoaus i la fureur du Peuple.
i:q., a-t-il ajoute, en fe rttirant, ou vovs E:es
'duis.
Ccpendant les bleffes ne ceffaicnt d'arriver au
ireau militaire. Ceux qui les apportaient, peignaient
car,.age des citoyens immoles fous Its remparts de
Baftille.
Ce carnage, les chefs militaires l'attribuaient au
efo:drt de l'attaque et a l'intrepidite des aflaillans,
us grande encore que le defordre. Ils voulaient
pargtier la fing s'il dtait poflible.
Les deputations envoyees i la Baftille n'avaient eu
jcun fuicc&si ils fongeaitt a en faite partir une
uatrieme plus remarquable, qui pdt ne pas &ere ar-
etee dans la route, parvenir ufqu'au gouverneur
e la fortereffe, et lui reprefenttr la n6cefni t di
e remettre avec la garuifon dans les niains de la
ommune.
Deja M. le chevalier d'Ermigny major-gen6ral,
rtait command. pour fe mettre A ia tate de 6o
lommes qui devaient marcher avec un tambour e:
in drapeau. MM. de Viinemur et Moreton de
Chabrillant s'ttaient joints volontairement a M. le
:hevalier d'Ermigny ;les foixante homes, le dra-
,eau et le tambour etaient ranges dans la court de
hotel-de-ville; tout etait pret, on fe mettait en
narche.
Cependant quelques voix ont annoncd la prife de
la Bafill i; cette nouvelle invraifeinblable, d6ej
donnee plufieurs fois et toujours trompeufe n';
p's faith une grande impreffion. La foule s'eft preci
pitre encore vers la falle ou fiegeait le comity
permanent ; et I'ayant trouvee fermre elle s'ef
abandonnee A tous les exces de la mefiance, a tou
las transports de la colere.
On a cri6 de toutes parts que le comitet permanent
ne travaillait ainfi en fecret et hors ia prtiefnct- de
crto.ens que pour kIs trahir ; qu'il fallait enleve
tous les mnr mbres de ce comite :1 les transfer dan
la grande falle, otu leurs operations pourraient err
furveilles; qu'il fallait enfin tenir une affemble
generale.
M. de Fleffelles s'eft levd et il s'eft achemine vet
la grande falle accn.mpagne des membres du comit
permanent et de la foule qui le preffait d'une 6erang
maniere.
C'eft alors feulement que MM. Bancal des Iffar
et Ganilh, d6putes vers I'Affemble nationa'e, or
trouv6 moyen de partir pour executer leur con
million.
M. de Fleffelles, arrive dans la grande falle
eft monte fur I'eftrade qui fiutient le fiege c
president.
Ce qui s'efl paffe dans cet infant i la porte
la grande falle peu: donner une idee du dang
que couraient tous les membrcs du comitd pe
manent.
On n'of it pas encore les attaquer, affemb!
a leuir bureau ; mais individuell:ment et s
eufTent ecte reconnus dans la foule et le tumurte
ils auraieirt et erpofes aux pus grands exces.
M. de FleTffelles venait d'entrer, lorfqu'au mili<
de la troupe qui fe preffait fur fes pas, quatre hoi
mes de la derriere claife du Peuple s'adreffant i
particulier vetu de noir, lui ont dit: alh I coqui,
tu es auji du comity permanent; tu pe'rira,; et
m;ne terns ils ont voulu le faifir. Le partic tier ve
de noir s'cft hcureufement degage, ne laii tnr qi
fa perruque dins les mains qui voulaient Ic r
rer.ir, et il s'efl fauve en fe gliflant dans les jamb
des perfonnes entaflfes autour de lui, et fous I


banes de la grande falle.
ILa nouvelle dql la prife de' la Baftille n'erait )
encore parvenue dans cette failed, la foule des c
tovens qu'e!le reuniffair tait extrement animee ; 1
ur.s proft'-aient hautement des menaces et des ir
precautions contre M. le prvo't des marchands,


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de-
ten


V. lt marquis de la Salle eft renrr6
vmnaient de I'arrhter dans 1'cfcalier
ville, en lui prefcntant les clefs
effe.


avec ceux
de l'hbtci-
de la for-


A l'inflant mmre la grande falle a 6t6 inondde
d'une mulcitud d'homnmt s de tous tkits, da toatms.
condi ions, et couverts d'armes de toute efpece. Le
tumulte etait inexprimabhk- ; on eait dit que l'h6tel-
de ?ville allait s'crouler fous les cris co foa-
dus de victoire et de trahifon, de vengeance et 4e
liberty.
On a trained, au milieu de la fa!le, une tren-
taine, ou environ, de loidats invalides et de Pe-
tits-.uifles don't la multitude deinandait la mort i
grands cris.
Pendus, pendks Ce mot htait un cri ge-
neral.
M. E!ie, officier au regiment de la Reine, et
un Garde Franqaife ftne entries ports fur let
bras de ceux qui les environnaient, et proclames
par eux vainqueurs de la Baitille, et les pre-
miers des courageux citoyeiis qui venaient ds s'ea
emparer.


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I es efforts de M. Elie pour repo
imoignagcs d'honneur don't on l'accab
inutiles. 11 a ete place malgie lui
une petite table en face du bureau,
rous les prifonniers, qui femblaicnt
fupplice.


suffer les t-
laitr, ont et6
, deboul fur
au m'tieu 4e
attendre leir


Dans cette situation M. Elie a 6td couronn6
et environne de plufieurs faifccaux d'armes tro-
phees bizarrement arranges et qui n'avaitnt
d'eclat que celui du fentiment et de la circonf-
tance.
Ot a rapport toute l'argenterie faifie a la Baf-
tille; et les conipagnons d'armes de M. Elie ''onc
preflG avec les instances Ics plus vives de l'accop-
ter, come les plus riches dcpouilles de l'ennemi
vaincu.
II a developp6 avec nobleffe mais en mmse
terns avec fermete les motifs de .on rcfus, ec
il elft enfin parvenu a pe:fuad.r a tous ceux qui
l'entouraient, que ces depouilles ne leur appar-
tenaient pas, et que le patriorifme jaloux de
gloire et d'honneur, rougirait d'une recompenfe
pecuniaire.
Dans cette circonftance memnrable, M. Elie n'a
faith uWage de l'afcendant qu'il avait fur la multitude
que pour la porter i la concorde, a la moderation,
a la clemence.
Dans le meme terns on a apport6 le drapeau de la
Baltille; et M. le marquis de la Salle, a qui M. Elie
avait temis ics clefs de cctte forter..ffe, les a de-
poL, es fur le bureau.
Un grand regiffre fcelld d'une agraffe de fer,
ou'on difait &tre le reglement de la Battille etait
porter par un jeune homme au bout de fon fufil, et
traverf6 parfa bayonnette.
M. Dufaulx a prefente ce jeune homme, appeal
Guigon, a M. le marquis de la Salle.
C'eft alors qu'on a appris dans la grande falle la
mort de M. Delaunay, gouverneur de la Baltille,
faifi dans la court de cette tortereffe, trained par Ie
Pcuple en furt ur jufques dans la place de l'hrtAl-
de-ville, et maffacr6 au bas du perron.
Un particulier mortrait meme une boucl? de col,
qu'il difait &tre celle de M. Delaunay, don't il fe
glorifiait d'avoir coupe la there.
Quelques momens apres on a appris la mort de
M. DIelofme Salbray major de la Baflille, tue dans
la place de l'hotel-de-ville, vis-a-vis laircade Saint-
Jean; celle de M. Mirav ai.de-major de la mneme
fortereffe, et celle de M. Pei fon, lieutenant de Ia
compagnie des invaliIds qui v etait en garnifon ,
immolks tous deux, le premier rue des Toarnelles,
et le fccond fur le Port-au-ble.
Les invalides et les petits-fuiflks 6taient touiours
au m;lieu de la falle come des victims de.voues,
er les cris les plus effrayans prelfaient instantnt de
leer mort.
Un electeur a parle pour eux avec beaucoup
s d'energie, rcIclamant en leur faveur la justice et I
generofite francaife.
M. Elie, de fon c6te arretait de toutes fes
forces les mouvemens les plus vifs et les plus dai-
s gereux.
La multitude s'acharnait principalement centre
trois invalids qu'elle difait etre canonniers de la


es autres demandaient a grands cris le fiege 4e In

M. le marquis de la Salle, au milieu d'etu,
'efforcait de les calmer, en leur communiquant les
noyens qu'il croyait capable de fire prendre cette
forterefTe, fans expofer les plus braves defenfeurs
Ie la capirale a un carnage evident.
II a d6clare qu'il 'llait au mtme infant re porter
lui-meme vers la Baftillc pour executer ce qu'il pro-
pofait.
Et en effet, il eft forti dans cette intention;
mais tout a coup un bruit nouveau d'abovd
lointain mais s'avancant avec le fracas et la rapi-
dit6 d'une tempete eft venu confirmer la Frife do
la Baflihle.


--


_ -- -- -- -L .-










Baftille ,et qu'elle denoncait come colpables d'a-
vor tire ie canon fur les citoyells.
L'un d'eux 6tait blefle, et par confiquent atti-
fair plus d'attenfion.
Un autre electeur a pris la difenre de cet infor-
tune mais tcs paroles ont Ce Ctout#Les par Ls cris
de la multitude.
M. le marquis de la Salle, qui, depuis le pre-
mier moment de cette Rrande tribulation, s'etait
place au bureau i c6t6 de M. de FlcTlles, et
emplovait tous les moyens de zele, d'energie et
,de prudence pour ramnener les efprits i des fenti-
*mens moderes i M. de la Salle s'eft mis dtvaut 'in-
valide blcife ; et forcant en quelque maniere le
:Peuole I'enten'e e ii a reclamn l'autori-e qu'il
devait avoir co'nmi commnn3an:-general ajcutan:
tout de fuite qu'il s'e.nparait des coupables pour
I-s fire juer ec piir luivant toute la rigueur des
lois de la guerre.
La mulr'itude a paru approuver ce parti, et M.
le marquis de la 5dlle, profitant de l'inflant favo-
r-ble a faic palmer I'invalidc bielte dans la falle de
ia teine.
Mais pendant qu'il fauvait ainfi ia vie de cet in-
-fortune, les deux autres foldats invalides qu'on di-
fair etre Ies canonnitrs de Ia Bafli;le, ont ete trains
par la multitude; et quelques omenss apres, on eli
venu apprendre qu'ils etaient pendus au fer quii
foutient le reverkbre en face de 'h6tcl-de-ville au
coin du roi.
I'effervefcence etait toujours la wrme. Deux
fentimmns agitaient la multitude et entretenIdtnt
lis trair,ports ct fon dAiire : la joie d'avoir vaincu,
et le ddJir de f. vengcr.
On parlair de trahifon, d- perfidie, de complots,
de manoeuvres i on accufaic hautement M. de Flef-
ftGIks.
Ies premiers mots qu'il a Lu prononcer et faire
enteedre ont ete ceux-ci : Puij'ue je fuis fufpect i
mis concitocens, il flin inaifrc-JaDle que je me retire.
Et en n.m-ternms il a fait un movement pour
defcend-e .- I'tltra.-e oui il &tait place.
Piufieurs rerfcnnes fe font mifes au-devant pour
; 1 ':!r..n: lqu': n'etait fuf.pect a pertbrne,
et ou'il tfi'a'!t s'affecter un peu moins de tout ce
qu'il entenaiit.
M. de Fieffelles n'efl point defcenhu de I'eflrade.
M. Delapoiie, 3lecteur, levanrt la voix, lui a
dit : V:..s fert rcfponfj l, Monfieur, des malhturs
qvi vo-.t arriver. Fous n''ave Aas encore don::e Ics cles
d4 mr.gain de la ville ou, fJont fs arms et fur-tot
fis ca!".rs.
M. de Flefielles, fans mot dire, a tire des cles
de fa poche, et les a prefentc.es I M. Delapoize,
qui lui-nrd:re les a remifes i un autre electeur (i).
Alors quJl~dues perFonnes fe preffant autour du
bureau, o:'r interpclle pius directement M. de Flef-
fClles, en L::i difnt, II s uns qu'il fallait fe faifir de
lui et le harder comme a:age; les aut es, qu'l1
allait rre c_,nduit tn prison au Chatelet; les autrcs,
qu'il fi!lair verir au Palais-Royal pour y etre juge.
Ce dLrni-r vceu eft devenu I1 voau general, et
I'on a crie de touts parts, au Palais Royal, au
Palais-Royal i
M. de FleiTcl!es a repondu (implement: Eh bien !
Mjfiu'rs aonr s au Palais-RoyJl.
En pFolerant ces mots, il eft defcendu de l'ef-
trade, il a rraverfd la fall il eft forti, la multi-
tade Ce ,pretifnt autour de lui et tur fes pas, mais
f,.;s lui fire aucune violence.
M. le marquis de la Salle a voulu, pour fauver
les autres invalides et les petits-fuilfcs employer
les moyvns qui venaient de fauver un de leurs ca-
rnarades. 11 leur a dit, avec un ton fevere, que
s'ils etairent des traitres, ils feraient judges et punis
de mort.
Alors les gardes-francaires, qui etaient en affez
grand, nombre, ont dcmrande, pour reconpenfe des
12rvices qu'ils rendaient a la Patrie, la grace de
leurs anciens frercs d'armes.
M. Elie s'eft joint a eux, et il a fair la mrme
demanded, ajoutant que cette gra-e ferait plus pre-
cieufe i tion coeur que les honicurs tt les dons don't
on voulait I'accabter.
Quelques voix ont cri6 grace. Ce movement a
fail tous les efprits, et ces mots grace grace, out
retenti dans toute la falle.


M. Elie, pour alfurer davantage 1'effet de ce fen-
timen: a propofe de tfaire preier aux prifonniers
fLrment de ridelitr i la Nation et a la ville de
Iaris.
Crtte proposition a &t6 rescue avec des fignes
d'u;.e f.,tisfaation general.
Tcus les prifonniers invalides et pe its-fuiffes ont
jure, enitre les mains de M. Elie, d'&re deforrais
fideles i la Nation et c la ville de Paris, er de
joindre 1eurs efforts a ceux des bons citoyens pour
Ia defense de la Iberte publique.

(j) Ce L-it a ete contrcdir par piifieutrs elec-
teuts Wiais 'allcniblee n'a pas de.ide qu'il ferair
fuprtunse.


Ce ferment pr&t Ics gardei-francaifes fe font
erpares des prilonniers, les ont places au milieu
i ^*.-x, et les ont emmcnes fans eprouver aucune
refitance.
Dans les tranfports de violence et de fureur qui
venaient d'clater, le bureau lui-meme n'avait pas
ete refpectC 6 les planches qui formaient Ton en-
ceinte avaient ete brifees, la table avait ete pou6e
fur le fiege du president, et M. Moreau de Saint-
MWry, prdfident des electeurs, qui s'tait place i
cte de Mi. de Fiffelles, a 6t6 oblige de ceder
un infant, et de paffer dans la fall de la reine.
Plufieurs lectccurs fe font reunis autour de lui,
et ils ont confere fur ce qu'ils devaient fire dans
ce mom,-nt, qui paraillait etre celui d'une diffolu-
tion generale.
M. Moreau de Slint-Mry a &ee d'avis de trntrer
dans la grande falle, s'il etait poflible, er de ne
point ddkfmparer.
Apres quelques efforts inutiles pour percer la
fouled qui obltruait tous les paffages, il eit rentri
avec quelques eiecteurs et a rpris fa place.
C'elt dans ce moment qu'on ell vena apprendre
que M. de Fleflclls avait tcavcrfe la place de (Gieve
Jans eprouver aticun mauvais traitement; nais qtt'an
coin da quai Pl':etic-r, tin coup de piflolt pawti
d'une main incontue, I'ava.t trappe a la tite et
etendu fur la pace.
Sur ces entreftaites une nouvelle foule s'eft pr6-
cipitre dans la fafle ,trainant au milieu d-s fabrLs tt
dts bayonnetces M. le prince de Montbatrrcyet for
epoucf. Tou:es les voix l'accufaient d'etre un ancient
mi! iltre un des principaux a iflocrates, et tous les
bras fCmblaient levels fur lui pour le rapper.
La princeffe de Montbarrey, conduit au bureau,
leave Ls bras au cicl, et tomb. en defail'ance.
On 1'a emportee a l'infiant et depofee dans la falle
de la reine.
M. le marquis de la Salle qui s'etait jets tout
au travers de li multitude arm;e n'a pu empicher
que M. le prince de Motitbarrey ne fut jete et plie
en deux fur le bureau situation dans laquelle il a
ete rerenu qgtelques minutes.
Enfin, M. le marquis de la Salle eft parvenu i
carter lis plus anines i moderer les autres; il
s'eAt Piace entre eux et M. le prince de Montbarrey,
aui, avant obtenu quelque libtrti s'eft level et
Ssadrdifant a la multitude, a dit : Mes amis, vous
vous trompez : vous voulez me punir combine un
atilocrate, et )e fuis un des plus zeles partifans
de la liberty : )'ai quitter le miniftere depuis plufieurs
ann~es, et je n'ai conferve aucune relation tufpecte
avec ceux qui m'ont fuccede : mon fis, M. le prince
de Saint-Maurice, eft celui qui a opere la revolution
en Fianche Comt 3,.
Ces paroles ont excite de vifs app'audiffemens;
et le Peuple calm a laife palfer le prince de Mont-
barrey dans la fall de la reine d'oi il eft forti
pailiblenent avec fon epouf:.
Cette fcene a et' fuivie d'une autre fcene a-peu-
pres de mnme nature, mais moins effrayante.
M. de Montbarrey etait a pine forti avec fon
epoufe, que d'autres citoyens me!6s a des foldats
du regiment de Ventimille, ont amend i l'h6t:-l-dc-
ville avec un grand tumulte, et routes les appa-
rences d'une prile imporrante M. le baron de
Bachmann, major du rcgimcnt des Gardir-SuinfTs,
et NM. Cliauetc, ad'uJant du memne r gimcnt, qu'ils
avaient, difaient-ils, failis et arretes au bas du Pont-
Royal, au moment ocu ils felaient turner leur voi-
ture pour aller ai Verfai.es.
M. le baron de Bachmann a die que Con intention
n'etait point d'aller i Verlfailles, qu'il venaic du
fauxbourg Saint-Germain, et pafait par le Pont-
Royal pour Ce retire en Con hotel, fitue rue Verte,
fauxbourg Saint-Honore, et que le chemin le plus
court etait fans contredit Ie quai des 1 uileries, et
la place Louis XV.
M. Moreau de Saint-Mery a repondu a M. le
baron de Bachmnann qu'il avait cu griid tort de
ne pas prendre pour aller chei lui un autre chemin
que cclui de 'erfailles i que, lrrfqu'on voyait utre
voiture tournee du cotre de Verfaiiles, on etait bicn
force de croire qu'elle allait a VetCfaiies; que, pour
la peine iraritee par fun imprudence, il ferait ef-
corte ;ufql'es chcz '.ui par les nmemes cicoyens et les
memes foldacs qui l'avaient arrete, et qui voudraient
biem ne le perdre de vue qu'apres l'avoir depofe
dans ia maifon.


M. Perard, chevalier de l'Arc-royal de Paris,
compagnie de .uxembourg, a ete charge de 1'exe-
cution de cLt ordrc, et X'cn venir rendre compt-
a I'hiote!-de-villc.
M. Moreau de Saint-Mery a ete enfuite occupy
a repodre a tutcs les depurations envoy-es par
les different districts, pour s'informer d s crconf-
tances de la prife de la Ballille, et des moyens pris
ou a prendre pour garner cetre forterilT et i
donner des ordres de distribution de pouJres, no-
tamment i la compagnie de l'Arquebufe place de-
vant la Baf.tlle. s
M. Oudart, electeur eft venu rendre compete
de la commiffion don't il a 6te charge ce rnarin,
relative aux basgges dipofes a Sainte-Alaruerire ,


et il a mis fur le bureau n cerificat de M. Gui-
bout-Midi, electeur de ce difrict ,.porant' qu'a
moyen de ce que Iaffembec eft dans l'intetiolde
garder les effects ci-deflts dfignis dans la paroilf,
M. Oudart n'z pu s'acquitter autrement d e i nmif-
lion, et en a td dechargd.
M. Delapoize 6lectcur, eft vnu fain Bn rap-
port, que par es foins et fa surveillance, routes
tes poudres qui talent i la Baftille venaie-m d'rt
ttranfporttee i I'hte! de-ville, et confines i M. l'abbi
Lekebvre char6 de cetoe parttie, et depuis la veila
expofA a tous les dangers de cettcc pnible con-
minion.
Stir les huit heures et demise, on a annoncd un
deputy: de l'Affemblde national.
C'Ctait M. Bouchotte, deputy du bailliage de
Bar-fur-Seine, qu'une garde d'honneur conduifait
depuis la place Louis XV jufqu'a I'h6telde-ville',
ou il avait tmnoign lIe defir de prende un pOiE-
port pour retourner le lendemain I Verfailles.
En lui donw ant ce paffeport, M. Moreau de Saint-
Mery lui a adreff& ces paroles:
Nous vous prions, Monfieur, de rendre compete
i l'Affemiblee national de ce que vous avez vu de
lui dire que noi s fefens tout ce que nous pouvomn
poir mairtenir l'ordre, et que nous comptons for
fon lecours et Ton autorit, pour y parvenir d'une
miniere efficace. Vous voudrez bien Ia trier de notr
part de fe joindre a nous, pout supplier fa maj*eo
de fire revivre ici fon autorit6 en n'employant
d'autre arme que l'amour de fesPeuples : cette arme
fuflit, et routes les aotres feraient inutiles ,.
M. Bouchotta a r6pondu qu'il remplirait le plus
dignement poflible cette commiflion honorable;
mais qu'il lui feiait difficile d'exprimer tous les fen.
timenis don't il avait ect pinetre au milieu de carte
capital libre et triomphante.
Sur les neuf heures du foir ou env;roa, M. De-
leutre eft revenue 1 l'h6:el-de-ville avec M. de Moot-
fort, officer invalide, envoy par M. de Sombreuil,
pour remercier le cornitce permanent des foins 9u'il
avait pris pour la conservation et la tranquillite de
I'hbtel don't il 6tait gouverneur.
M. de Montfort s'eft acquittc de fa commiflion,
en s'adreffant a M. Moreau de Saint-Mery, qu'il a
trouvd invironne' du Peuple qui rempliffait la grand*
falle.
Et M. Deleutre, rendant compete des moyens qu'il
avait employes pour remplir les vues du cornice per-
manent, a dic:
Qu'il eft arriv iA I'hotel des Invalides avec les
douze folJats-citoyens qui 1'accompagnaient, les
deux gardens de la ville, et les deux cavaliers du
guest don't il Ctait precAede6
Qu'une foule immense s'agitair deviant la grille
de I hotel ; mais que les gardens et les cavaliers du
guest I'ayant anninc6 cofnme electeur. envoy par
Ia ville pour fire une recherche exacte des armes
qni pouvaient fe trotuver encore dins I'h6tel des
Invalides, Ia grille s'etait ouverte devant lui fans
difficult i
Qbe dix mille perfonnes au moins rempli(Taient
la cour.de l'hotel, et qu'apres leu: avoir promise
que fa recherche ferait exact et leur avoir fait
promettre que perfonne n'entrerait dans I'hotel, il
elt monte dans l'appartement de M. de Sombreuil ;
Que M. de Sombreuil lui a declare qu'il n'y avait
plus d'armes dans I'hotel, que les fentinelles memes
ava- et ete derarmees; que la multitude avait en-
leve les canons et plus de no,ooo fufils dent
Sz,ooo au moins, ce qui l'affligeait davantage, de-
vaienr e&re dans des mains dangercufes;
Qu'il allait au furplus fire ouvrir routes les por-
tes, pour qu'on put faire une vifite exact,
Que, tandis que le gouverneur parlait ainfi, lI
Peuple fefait des efforts pour former les caves de
I'hotel i
Que lui Deleutre eft defcendu dans la court, et
que trLs-heureufement feconde par les douze ci-
toyens armnes qui I'accompagnaient et furtout par
un ie'ne grenadier des Gards- Francaifes, qui, dans
centre circonftance, a fignale le plus grand courage,
il ft parvenu a calmer la multitude, meme a fire
exp'dller un jeune homme aflez bien mis qui lui
rcprochJ!t hautement d'tre un traitre lui-mene,
et de s'cntendre avec le gouverneur des Invalides;
Qu'alors on a vou!u former la grande ponrte de
l'h6:el pour empecher la fbule d'entrer;


Qu'il ne I'a point foufferr, en difant qu'il fe con-
trntait de la parole du public, ce qui a excite des
apllaudiff. means univerfels;
Que cette marque d'approbation redoublant fa
cnnfiance il a 6l ve la voix pour demander i tous
cc ux ui l'cntouraient, de nominmr eux- menes quatre
pcrlb :nes qui 1'accompagneraie t et le feconderaient
dans la vilite don't il etait charged ;
Que ces quatre perfonnes ontr te choifies et nom-
mees fur-le-champ, et qu'il leur a dit alors en pre-
ftence de tous : Je ne ferai point la vifite moi-
rr.mne ; je vous remets a cet egard Its pouvoirs que
j ai rtCus de la ville : votre rapport i ra le mien;
Que cette maniere de proctder a paru fatisft'irS
tout le monde ; que les quatre perlonces choilies
ie


- "~ ---- ` ~-~--- --- -~- 1-- ~-:-- -1~~ -. .~ ~ .---c3~- ~~~ -` --~-"---~-~~-` ~- ~~i~--a--~I*--"- ----r. 1.,.__











fe font livrets tranquillement i une vifite fi exacro
et fi longue, qu'el e n'a r termiiiee qu'a neuf
heuitCs ou environ.
Qu>. ces quaire perfonnes font venues irrcontinent
lui rapportcr qu' elles n'avAient rien trouv6; qu'il
s'eft prefinte avec elles a la multitude qui apres
av.ir enrendu ce rappoit non fufptct des commif-
iair. s, qu'dle avait elle-me.ne nommes s'eft retiree
conetlrte et pa.Lible -.
Pendant tout le refte de la nuit, quelques elec-
t.u:s fe font fuccedes dans la grande falle, et M.
Moitau de Saint-Mery, qui n'a pas quite un inftanr
le bureau declare :
S Qu'il en a vu beauatUp d'attresd conduits a
'hotel-de-ville par les commilfions don't leurs difi
tricrs ks avaient charges, et par le service miliwJire
auquel ils ,'etaient iivres;
Qu'il a &re parcillement fecondi par M. Elie,
qui ji a pas ceffe de diriger execution de fes ordrcs
dans l'hiotkl-ide-ville es. afleurs i
Qu'll a vu dans les mains de M. Elie ke billet par
lequdl la garnif4n de la Baftille a annoncl ta vo-
lonei de le rendre; que ce billet porte : Nous
avons vingt itiilicrs de poudre i nous ferons faster
ja garnifon et tout le quartier fi vous ne I'ac-
ceptcz i
u Qu'il a fait tout ce que fon zele et fa prudence.
ponUvaient lui iniprer pour empicher le pkts'gitnd
naihur l'entiere dilolution d& tous les feflortsequi
riunileint et qui font m uvoir dans le i.e.ne fens
tout s Ies parties de la capital i
Mais qu'il lui ferait bien imp-Afible de rappeler a
fa mem.,ire et de detai le r tous les evenemcn; de
ccitt nuit memorable tois Its ordr.s qu il a ion-
r.1s danis ce court inteialles de teams, ou les auto-
ri's dif.rLint.cs s'etaicn t-chapp"cs d, toute Itc
r.ai2s pour fe reunir dans ls fiennes oui, feul at
Smilieu de Paris,'.un, lecteur avait le droit dv comr
rnandir et d 6tre obei
Q,'il a donn6 peut-6tre trois mille ordres foi
pour Ia diltribution des p-'udres foit pour la faifi.
a. s canons et autres armes don't on v~nait lui de
n1i:Crcr la d-couverte 'oit enfin pour autorifer dte
pr.'. nations de defe.nfe dans tous les lieux ou la ne
c.f:,e en dtait indiqu6e ;
Qa'il a requ entr'autres une deputation du diftric
de 1' .)raoirre, apportaint a I'liotel- ,.e-vilJe un pro
(C.-vt:ibal d: leut district qui cnmftate qu'un de
t..,l: iwnr de ce district eompofe d'environ dcu
ctiis itoyens et de ticnte foldais taut du regi
mnir tics Gardes-FranCaifes ,que de ct ux de Vir
timille 1 t Provence, cbmmande 'par M. Legros d
Kum'goy avocat s'eft empare aux Inva ides c
pluticurs canons charges a poudre, et qui one &i
conduits au district, et non a I'hotel-e-ville ,
ciufe d s .fiuons deji repandus contre la fidei
du prevot d ,s tar(thands ;
Qtu 1: io:ne dt&achemetit avait partafg le dang
et 1.i .loire de la prii: de la B1ftille i
Q(,;e quelque-tems.apres cette prife un parici
lil- d'uin figure inpofante mais couvcrt d'.hbi
qMii ainontiiicnt la captivity, a kte am.nd au diitr.
p.ir tine totlec de ciLoyes ;
Q.wc d'aprts fes declarations ce particuli
s'dt : orn.m Solangcs, mar uis de Carmond gem
hocrne dc Langutlitc ; qu'il a langui quator'ze a
dai 'is 1rif(ns de Pierre-Eicfi^ de Vincennes
de la Baftille ;
Qu'il a exprime fa reconnaiffince dans les te
meb iLs p'us t:uchans et implore la protection
I'adi'i,,blee au milieu de laquelle il avait (
conduit ;
Qu'apres quelques paroles confolantes a
adretlees par M. Trudon, elcteur, et prefidt
dui dilirict, ii avait etri conduit, en verru d
an rte pris au milieu des acciamna.ions i 1'lo
dc R;uen, rue d'Angiviilrrs, pcur y etre log
habille er niourri aux depens'du d fltrict, jufqu
moment oi ta famille le reclamerait ,,.
A ojize heures ou environ, on i annonce a'
etfroi, 15,000oo homm.s poftis duns le bois
Boulogne, et tout difofios a fondre fur Paris
la baniere de Ciichv :M. Moreau de Saint-M
a invite M. Dele: reA fe tranfporter auflitt
les lieax pour veiifier ce fait important.
M. Snu!es, electeur, ctait ven;.r au coniirt n
taire dire a Mi. le marquis de .la Salle, qu'il a
d. i leve une parties afiiW, confidirabke de la.co


pi,:nic dc cav.leriie don't ii avait retu la commit
danIs la matinee ; que 4o homes eaient enro'
lor!que la nouvell, de la mort de M. de Fliff
tt hits months ie fa mort tells qu'i s 't.icnt publ
avaivznt toutirr6,r tn fwai'ant ri* t,.'r par tous (
a qui il la prdilnt.it uine co:inmiAilon fiyn6e d
P I 'v' dics mairchauds.
Apprc nant alors qne Pari- etait menace par I
hor.mes, il a demande li I'a Iaaltille etait en'ift]
Et fur la reponfe de M. le marquis de la S,
qne cette fortrcjTfe nW't it rarJte que par
Gardes-,Frantaifes et qut qu-s citovens co'nma
feu.emcnt par des fernens, il a dtfire y etre
plhnV ; et M. le marquis d, la fall I'a envc
fa Baftille avec n orndre ai:nfi corqu : M. Sou
rnt,,i a 1a B.tille I ec vec Ioo hommnes de l 't idJl
pour occ4;er ce Ij'oj ave : es G(ardas-Fran.aij's q


541
ont d/j et en predra le gouvernemnt jufqu'a nouuel D
ordre. 1CF
M. Moreu -e Saint-Mery declare encore qu'il a fies
done l'ordre de transporter fept cadavres i la laor- nem
gue du Chitelet rieu
Qu'i u:' e heure du matin on environ les allarmes dant
fe font fuccedes fans interruption ; qu'on annon- N,
yait i chaque instant les trouves du roi marchantit
tantot vers le fauxbourg &int-Dcis tantot vers le fure.
tauxbourg Saint-Marceau, er celui de Saint-Martn vifio
Que dans l'une de ces allarmes, il a pa tage, aulit
pour la detenfe de ces fauxbourgs, cinq catops qui tetud
relaient fur la place de Grave, coni
Qu'il a toujours, fur la rtquififnon des citoyens, fior.
autorif6 les moyens de nmettre obstacle au paflage le c
&ds troupes ; I.
Queedans la neceflite d'indiquer A ceux qui ve- plus
naient reclamer fes ordres Jufqu'au moyen de .les 9 u'
fire executer i a eu occasion d'apprendre que dp 1
M. le chevalier de Saudray pallait la nuit au bu- de
reau militaire, pour veilltr a touts les operations Pro
relatives et que M. l'abb" Lf.fcbvre et #e fieur I
Guyot n'avaient pas ceffc de preflder a la dillribu- netr
tion de la poudre et autres munitions; der
Qi'ayant appris alors qu,': ,poudr fe diftribuait a tiat
la thandlle il fait.parvenir a M. de Saudray fits vill
craintes i cet regard ; I
Qu'a deux h 'urs un quart du martin M. Du- fioi
point, deputy du bailliage e d Nemours a I'Aliemblet
national, eft arrive Il'h'tel-de-ville oAu ii a dit
qve e roi avait rtpordu i une deputatiola de l'Af- me
Ifmblde national, qu'il approuvait la nsilice bour- mE
g:oile et qu'il failatt rntirer les troupes du Champ- Po
dt-Mars 0
Que M. Deleutre, de retour, a dit qu'il s'ttait
tranfpore, jufqu'a la birriere de Clichy i que 1'al- s'e
lnrmne donnee de ce cot,6 etait encore une faunl. re;
ailarme i ma s qu'il avait trouvd les. homines, les va
fcmrnes, les enfans, les vicillards qccupes a de-
c paver la rue qui aboutit a cette barri;re et les M
t rues adjacentes, et A *'prarer tous les moyens pr
de repouifer ou d'arreter 1'ennemi. hl
s Les grenadiers du regiment des Gardcs-Francaifes ci
font venus declarer qu'ils n'tntendaient plus re- fI
turner a leurs cafernes, dans lefquelles ils crai- c(
:t gna'ent d'etre les victims de mille embtuches. M
M. le prdiidcnt a cru devoir, en conf6quence, les
x renvoyer dans les dcifiLe;rts maifons relipieutfes e n
ilctamment A Sainte-Gcnt-vieve aux Feuillans, au\ n
Jacobins de la rus Saint-Honore, avec invitation
it aux religicux de ces commun.utes de Its recevoir
I' et de les nourrir juftu'a un nouvel ordre de ,n
chofes. b
a M. Moreau de Sainr-Mdry declare enfin qu'on a F
t conduit a l'hoel-le-ville un paiticulier reui-arquab)lc
par tine longue bare qu'on a dit etre un des pri-
er fonniers ddlivrds a la Bdltille ; P
Que ce particulier fe difait major de 1'imm4ffite',
u -t t.nait des propos qui maniffltaient la perte en- 1
S tire de fa railbon qu'il a cru de:voir le fire con-
It dire a Cha enron, pour y etre trait avtc atten- .
.t tion et humnaniti; -
i fr Que fur les 7 heures du martin, un particulier ,
f1 te difant envoy pir M. le procvreur general doi
parlement eft venu rendre compete de 1'etar des
n lubhiitances ; que fon rapport nerite la plus f.rie,.it
e attention, .puifqu'il en reiulre que la marine actul-
lemcnt a Paris fuffit a peine pour le nouirir juf-
dr' qu'a vendredi prochain ;
I Que le me1ne particuri'r Iii ,a demandi-, de la
part de M. le procureur gnral los miovet:s de
ti faire arriver un bate.iu de famine arrtir a BArcy
la ,Qu'il a donned a M. Deleutre, electeur, les or-
en dres et Its' infltructions neceffaires pour fire arri-
y I ven ce bateau et qu'il l'a charge en n.n?.-. emsns
de veilier avec quelques autres lecteurs, ai routes
au les prc'aunions capables d'aflurer l'ap1,rovifine-,
ment de la ca>:itle; ce qui a prouve la fag-:fle des
lectures, qui, des. le lundi s'taient occupds de
vec la comotfition d'un bureau de fubfiftances, uni-
de quemnct charge de cette parties intdreffante.
par
cry Du mcrcr'di ,I; juilet I789.
fun
C'eft ainfi que fur les 7 heures du martin le co-
nii- mite permanent a tet divilt ent p1 fieurs bureaux,
vait comme on avait t.ti p&ufiurs fois do le fire la


Omr- vcille,et l'on a apple au travail de ces'bureaux qyel-
,.boll qces autrt-s elect.urs.
M. egr mad de Saint-Reni et enfurit: MM. Bou-
.les chcr et Gibert ont dre charges des ftrbfillt ces.
les, MM. iuveyrier et Chignard one tnd charges de
:clUx la police.
e ce Le premier fo;n du bureau des fubfiftances a et6
d'tnvoyer une invitation a quatre notables de tla-
,oco quc dilirict a 1'effct de te traiwfporter chcz les
rct4. boulangers, pour drdiTer procms-verbal de la quan-
le, tit e dr famine qui s'y trouvait ainfi que de la con-
, o0 fommation journaliere de chacun d'eux.
nd6s A mefure que quelques electeurs fe pr6fentaient
em dans la fale'du bureau" des fubfiftances ils etai nt
,y. a pr ies d'alier vifiter la ha!!e et de furveiller la dif-
ls fe tribution des farines. Dix a douze 6lecteurrs s'v font
et rendus fUccelfiveTnent et entr'autres MM. Parifot,
qui y luport-Dutertre, Etiiainme de la Riviere.


e cette manicre le bureau des fubfiftlnces au-
les deput.s de hiaque difirict ont remis dains
ace de h..ures, des proces verbaux des vi-
faites chz7. les boAil angers, a ie2 ires pertu-
imnt inltruit qu'en effet il y avait d4ns I'inte-
de la capital i peine de quoi nourrir pen-
5 jours press d'un mt lion d'habitans.
e fe diintmulant pas la facility avec laquelle les
mis du bi Cn public pouvaient derangtr les ine-
s quc le Souvernenment avait prices pour pppro-
inner Parls, M. Legrand de Saint-letne a ecrit
tot a M. de Montaran, qui, en fa quaiite d'in
plant du corammerce devait avoir une partaire
sililatice de tout ce qui Etait relarif a cet api rovi-
nemtnt i et M.de Montaran s'-lt tranfporte nur
hamp (au uiteau des fibfiftances.
a place de I'hotel-dc-ville s'obtiruait de plus en
s par la quantity de bfitiaux de touwe etlpce
311 faififlait aux barriers, et qu'oi detourl ,ait
leturev4itable deflination ; on y cc-mptait htis
Ico moutons ct plus de 40 bculfs dont les
prietaires n'ctaient pas connus.
Lc bureau des fubfiflances a cru devoir en ordon-
la vente, et il a charge M. Gibtrt de priei-
a cette vente, ainfi qu'i celle de tousles l,e f-
ix qui feraient failis et amenes a l'hbtel-de-
e.
M. Giber eft parti pour remplir cette commif-
a, muni de l'ordre ici tranfcrit;
,, M. Gibert I'aine, notaire, decteur, et l'un des
*mlires 4u bureau des fubfiftancei eft Q Cciaie-
:nt charge fde tranfporter a la Halle aux veaux ,
ur faire vendre les beftiaux qui y feront envoyes
ur la confommation de Paris.,,
Quelque terns aprs, le propieraire des botufs
;tant prefertd au bureau d.s tubfiftances ce bu-
an I'a adreffe a M. Gibert avec l'itflruction fui-
nte :
L I.e bureau des fubfifances adreffe a M. Gibert,
1. Bayard proprietaire des boe(ius, pour tn fa
refT-nce proceder lui-memn i la ventc de fa mar-
andife en recevoir le prix, et en donner de-
uarge a M. Gibert; ou pour Ls fire conauire dans
In domicile a Paris en s'afurant qu'ils feront
onduits dans fes stables. Le comite olft.rve que
I. Bayard n'eit pas proprietaire des moutuns.,
M. Sante-re letreur, s'ft prtfente et il a de-
iand quie le comite p rmanci;t voulut bi n confir-
ler Ies pouvoirs qu'ii' exriait dans une parties du
auxbourg Saint-Antoine.
11 a dit qu'hier dans la matinee il avait etW nom-
n6 par le Peuple commandant general du faux-
>ourg Sait.t-Autoine i qu'il avait p;t&e firment et
pafde fous les drapeaux pris i dix heures et dcmie
In martin dans le magafin hors de Ia Bailille
Qu'a 'a tete d'une troupe de 4co homes il avait
)artagt? tous les travaux du fidge;
Qu'il avait minme con a l'id'e d'i-cendier la
3aftille avec de I'huile d tEill.t et d'alpic failie Ja
veille, enflarnmiee par du phofphore et injcctee
ll moyen des ponmpes a incxndiel
Que les ponipes etaient d-j.i par fon ordre
traiportes fur la place lorfque la Baitille a ete
prife ;
Qu'il a vu en ce moment un de fes domefliqucs
tuil et jete par un des Petits-Suilffts du haut de
la Baflille fur le pont ; n;iis v nge i i rftant d'aprks
par un de fes camarades, qui avait tfit fubir art
Peti:-Suilne le n.eme fort,
Qu'il a cu le bonheur de fauver 1I vie a un inva-
lide que h multitude avait tili, et qu'elle voulait
p nare ce qui 1'a expose au plus imminent
danger ;
Qu'au moment of par fon ordre ce vieux fol-
dat prenait in furet la route .:e l'hbtel des inva-
lidcs, utitne femme a fc'n.!u la foule ecun:ant de
rac et demandant aux aiifllans un couteau pour
1I'aftfintr i
Que cette fpm-ne difait: Malhe:ireux, tu donncs
la grace a an filelrat qai vient a'aIjfJ'aiTr mon mar!ri
Qu'on difait cn effet que le marn de cette femme
venait d'etre tue a la Bailille;
Que le nimianiicn ,e cette femme fes cris et fes
reproches, avaient chiauie la di:pofition de ous Is
efpirts et qu il a eu b foin de torute a f rm n.td et
de I'andltance dc tous ceux qui le connaiIH:cnt, pour
echapp- r au Peupie aninime contreli merne. ,


Le comity permanent a appl udi au zel3 au
courage et a I'hmianite de AM. S.':tzrre ; il a con-
firme I s pouvoirs a i u dotin s par 1-- Peupie, ,t
il l'a invite a redoubler fes floins s il c tin polni-
bl pour ramener I'orire Ct !e calm anr! le Ctiix-
bourp, Saint-Antoine dans ce ftu.bourg don't la
tranquilltde a taut d i'flnu-!ce fur la tranquillite de
toute la vi:le.
Stir I s 8 heures da matin qu-Ilques elecreurs
s'etani rafl imbl-s la gra de Ille tot;-)aias ou-
verte aux citoyens tie touts 1:s clalf.s et de routes
les parties de la capirale qie !, t o,:vI mnc ae-
neral appelait et r:-:-iL:,r i'hotel dc vi'l ,. M. -
reau de Saint-Mery a d& mand c cc qu'il convenait
de fire des lPttres trouv:-.:s dinns lIs poches de M.
de FleflUlles appo.tr s .1 nii, I'llur 1-! buicau oar
M. Damcuve pere, d la par: ; rdideni du dif-
D


II --1 3 3 1


ML -- -- --_II 1. 1 -C .---










a
trict de Saint -J:an-en-Greve, avec le proces-vetbal
du depot de cc district.
L,'Affntble a decide que la lecture de ces let-
trcs etait indiipenfable.
Et M. Moreau' de Saint-Mery a fait cette lecture
fur le clump.
Dans le nombre de fept i huit lettres apportces
a l'Aflimnblee, comnime ayant ht6 trouvdes dans les
pothos de M. de Fleffelles, quatre feuekment n'e-
talent pas relatives a fes affairs domefltiques.
De ces quatre lettres etrangeres I M. de Fleffelles,
trois 6raient contrefignes Bertier ; ia premiere,
adr flee a M. Chriflophe, ftibdelegu6 de l'inten-
dance rue des Foils-Montmartre, ia Paris ; Ia fe-
conde, aux otficierl municipaux a Saint-Denis; et
h troifieme, i M. le cornte dc Ganges Saint-
Denis.
Ces trois lettres datees du Champ de Mars le !3
juitllet 1789 eaicnt relatives I jo facs'de farirfe
denmandes i M. Bertier par les officers munici-
paux d: Saint-l)enis pour la fubfiftance des trou.
ps poflehs dans cette ville, et commardees par
M. le coarte de Ganges.
L'Ua mblhe a d-cid& que le contenu de ces lettres
ne f-r,iit p irit infere au proces-verbal, comme tout
a fait infignifiant.
:ial.iiible a cru entrevoir dans la quatrieme la
ive que P.ris devait dire attaqui, et par cec
motiitcllk a arrdte que fon contenu ferait infere au
procs-vterbal.
Cette qujtrieme lettre, fans date, fns fignaturt ,
fans dd:ignation du lieu d'oi elle a 6t6 ecrite elt
adrffnte madame Duteil, maifon de M. Roulht
ou loullin, ou Rouffel, n 2o0, rue Mdlee, et
tile Ldit aiufi concue :
-, Pour toi feule et madame ( Roullet ou Roullin,
ca' Rouffel. )
Sois tranquille, tout ici 1'eft parfaitement, on ne
craint rien, ct on va prendrt des mefsres pour vous
fccourir.
Tu con.cis avec quelle peine je t'ai laiffle feule;
mais la loi imrperieufe .du devoir m'a force ai te
quitter: je ne l'aurais certainement pas faith, fi ta
tranquillity n'etait pas aflure ; elle 'eft d'une ma-
nicre parfaite. Embraffe notre entant, tranquillife-
toi, repofe bien cette nuit et crois que je ne fuis
pas moins en fdrete que ma femme et ma fille que
j'-tribralre. Dis mille choices tendres a madame
( Roullet QU Roullin, ou Rouffel:) c'eft une bien
bonne amie que nous allows bien embrafflr.


Tu dois te rappelcr avoir vo une
qui fe ploie, et don't routes les
argent; elle doit ckre dans un etui
che Ia, et envoie la moi, en la
portier de l'Intendance. (1),,


ecritoire a moi,
pieces font en
de peau: cher-
m-ttant chez le


Apres cette lecture, M. Moreau de Saint-Mery
a fair celle d'un proc&:-verbal, depofe fnr le bureau
par un deputy du diflrict des Capucins de la Chauf-
fee-d'Atirtn d'autant plus effentiel qu'il detruit le
bruit feme la veille dans un paper trouv6 dans la
main de M. de Fleffelles apres fa mort.
II eft conflatC par ce proces-verbal que M. Fran-
Cois-hloi Saufferottes de Raucourt, bourgeois de
Paris, demneurant rue Neuve-des-Capucins, maifon
du fi.ur Boudry, peintre, s'eft prefente a 1'affem-
blhe du difltict, et a declar6 qu'il s'etait trouve le
jour d'hier dans la place de I'hotel-de-ville au
moment o MNI. de Flefflles prevot des marchands,
avait &ee tu:,; qu'il avait dans fa main un paper
plie, que lui fieur de Raucourt, l'en avait retire
a pa priere de routes les perfonnes prefentes, en
avait donne lecture, et s'en dtait empar&, promet-
tant au public de le reprifenter dans 'affemblde
de fon district ; qu3en confequence ledit fieur de
Raucourt a reprefente un &crit qu'il a dit e&re celui
2 ue M. de Fleffelles tenait dans'fa main au moment
de fa mort, et de la teneur fuivante :
J'ai l'honneur de prier M. le prev6t des mar-
chands de vouloir bien faire entendre au comitce
permanent de la ville le fieur le Rouge fur une in-
dication important, et fur laquelle il parait con-
venir de donner les ordres les plus piecis dans les
diflricts. ,
Ce 14 juillet 1789.
Sigrr Jannin, electeur de Saint-Leu, et l'un
de MM. les commiffaires ou deputies de la ville.
Enfin, M. Moreau de Saint-Mery a fait lecture
d'une lettre adreff'e a l'affemblde par M. de Crofne,
lieutenant-general de police, et par laquelle ce ma-
giltrat, en prevenant l'affemblee qu'il vient de re-
mnettre entre les mains du roi, la demiifion de fa
charge et des functions qui lui dtaient confiees,
lui offrait dans les terms les plus expreffifs, d&
I'aider de tous fes foins et des connaiflances que
l'exe:cice mnime de fa charge lui avait donnees,


(1) II parait certain que certe lettre eiait du
fieur Duteil, comrnis de 1'Intendance, i fa femme;
et ces mots, ecrirs fans doure du Champ de Mars,
cr,1'le les tro)s lettrcs de l'Inrendant, on va pren-
c.' de- mcflres pour 'ous fcourir auraient faith pen-
fer tde mnie -i des efprits calmes, et duns'un rms
paiflle.


546
d in routes !cs operations relatives aux fubfiftances
de la capital.
L'afl'emble a vu dans cette d6mifolnn Ia preuve
dii patriotifine de M. de Crofne, qui donnait a la
ville la certitude qu'ellk ne'ferait pas contrariee
dans la nouvelle administration don't les circonf-
tances venaient de lui reflituer le droir et l'exercice.
Mais l'affemblee a juge en rnmme teams toute la
pefaniteur du fardeau qur lui 6tait impofe ; elle a
fenti la necefl1it, en affurant la defense et la con-
fervation de la ville centre les efforts qui menacaient
la liberty, de veiller en mime teams avec une vigi-
lance extreme a fa fdret6, a f tranquillity interieure
et I fes approvifionnemens.
Elle a dCide d'envoyer i M. de Crofne M. Per-
rier et M.... lecteurs, charges de lui prefenter
I'arret6 fuivant:
L'affemblee de Paris ayant kee inftrufte par
M.' de Crotne qu'il venait de donner fa demiflion
de l'office de lieutenant de police, a arre&c de d6-
puter vers lui a I'effet de lui trmoigner fes regrets
et fa reconnaiffance, pour le patriotifme don't M.
de Crofne donne a l'affembhle, comme citoyen,
une nouivelle preuve, en lui offrant de continue r
fe, services pour touted ks precautions relatives aux
fubfiltances.
L'aflemblke a arrer6 de charger fes deputes'de
prendre, de concert avec M. de Crofne les ren-
feignemens qu'il a offers, et de rendre publique
1'expreflion dcs fentimens dont elle eft animee pour
un magifirat qui.a toujours meritd fon clftim;
Et en ourre, que cct anrte ferait imprim6 et
affich6.
M. Deleutre electeur et membre du comite
permanent, envoy par M. Moreau de Saint Mery
pour faire arriver un bateau de bled annonc' par le
fecretaire de M. le procureur-general, eft revenue ,
difant qu'on n'av;.it pas voulu le laiffer fortir de la
ville, et qu'on arr~eait aux barriers routes les per-
fonnes fans difiinction, et meme celles neceflaires
a l'approvifionnemenr de ia capital.
L'affemblee, frappe de cet inconvenient, I
fair parvenir fur le champ aux barriers l'ordre de
laiffer paffer librement les fermiers, boulargers,
bouchers, jardiniers, et tous autres qui apportent
des provifions a Paris.
Er pour mrettre M. Deleutre en tat d'executer
la comnmiflion dont il etait charge elle lui a faic
donner par le comite militaire, l'ordre fuivant: .
Toutes les patrouilles et corps-de-garde de I'hbtel-
de-viile de Paris, laifferont librement pafler M.
Deleutre, electeur, et membre du comite, charge
de nos ordres et de ceux du comite, le reconnai-
tiront comme note aide-de-camp et recevront tous
les ordres qu'il po'tera de -notre partet de celle du
comite del 'hotel-de-ville.
Signed, Ie marquis Id la Salle.
Le bureau &tait covert et charged de toutes les
lettres faifies les deux jo,.rs precedens. Apr&s quel-
ques debats, il a ere dtcidd que routes ces lettres
feraient lues et examines. M. Moreau de Saint-
Mery a fait la lecture de plufieurs ; mais come
on a reconnu qu'elles etatent etranqeres aux circonl-
tances et que cette lecture pourrait occuper l'affem-
blee plufieurs jours de fuite, elle a pris le parti de
nommer des commiflaires qu'elle a charges de lire
ces lettres, de les examiner, de conferver, pour
lui en faire rapport, routes celles qui ne feraient
pas abfolument indifftrentes aux circonfltancesI de
recacheter les autres aux armes de la ville et de les
renvoyer i la pofte:
Les commilfaires nommds d cet effect, ont etC
MM. Gamier, ndgocianc, Gorneau, procureur aax
confuls, Picard, avocat au parlement, Garran de
Coulon, auli avocat, tous electeurs, et Cham-
pion, avocat aux confeils, et citoyen du diftrictr
de......
Ces commiffaires fe font fur le champ dCablis au
fond de la grande falle, et ont procdd a J'op&a-
tion dent ils ctaient charges.
Tout ceci etait trouble interrompu par de nou-
veaux avis, par des alarmes pouvelles 2u'on ren-
voyait au bureau miitaire, par des faifies, des
dfnonciations, des demands des pafle-ports et
autres, qu'on a reulvoyes au bureau de police,
du moment ot l'on a ete inftruit de fa formation.'.


MM. Bancal des Iffarts et Ganilh, envoys vers
l'Atfemblee rationale, font revenues ; ils ont rendu
compare 'qu'introduits dans cette augufte Affemblie,
l'un d'eux, M. Bancal des Iffarts, a prononce le dif-
cours fuivantl:
Meflieurs, il eft impoflible a des occurs Fi-nqCais
vivement affects dans ce moment, de vous pein-
dre les malheurs de leur Patrie. Pardonnez le defor-
dre de nos idees dans une circonflance des plus d&-
faflreufes.
L'etabliffement de la garde bourgeoife, qui avait
et6 fait hier fort heureufement, avait procure une
nuit affez tranquille.
Par le compete des operations des dlftricts, rendu
au comite permanent, il eft conflant que plufieurs
particuliers non enregiftres ont dte defarm-s et
leu,.s armes apportecs foit aux districts, foic a I'h6tel-
de-ville.


Ce masin un elcadron de huffards, qui ri6tait.
prdfentc dans le fauxbourg Saint-Antoine, a r.pandq
une alarm gdndrale et excite la fureur du Peuple.
II s'eft port dans le quarter de la Balille pout con-
naitre les intentions du gouverneur.
Sur I'avis qui en a 6tC donnd au comitd, il a
invite M. de Rhulieres, commandant de la garden
de Paris, et deux companies de Gardes-Frnfaifes
i aller au fecours des citoyens attaquis.
A peine deaient-ils arrives, que les huffirds avaienc
difparu.
Bientbt apris, une partie du Penple a appriM
copit6 re quJe gouverneur de la Baftille avait fair
tirer furies citoyens :.ce m6me Peuple s'itait em.
pare de trois invalides de la Bafille qu'il a con-
duits i I'hotel-de-ville et que le comitc a faith mema
en fdlretC dans a les prifons de l'h6tel.
Le comitd voulant. prdvenir les malheun qui
allaient arriver i la Bafille, y a envoy trois depu-
trations i l'une compofie de M. 1'&bbW Fauchet, et
trois autres membres pour conjurer le marquis
Delauiay de ne point fire tirer Ile canon de Is
Bafltille, et, afia de calmer le-Peuple, lui propofer
de recevoir une garde bourgeoiS.
Ces meflieurs, apr6s avoir couru le plus grand
danger, font revenues fans avoir eu aucun fuccis.
Une autre deputation s'y eft prdfenrde aveceun
drapesu et a faith le final de la paix; on la lailf6
pdnetrer dans une cour de la Baftille, et bientbt une
dechare a faith bomber 1 fesa cots des citoyens morut
et blefit s.
M. de Corny, p.,ocureur du roi et de la ville
etait de cette deputation, et i Ton detour il a inf.
truit le .cemitd de ce fait.
Nous fommes parties fans avoir ehtendu le rifultat
des demarches de la troifieme dEputation.
Mais, Meflieurs, une heure avant notre depart,.
nous avons vu le spectacle le Ilus alarmant : une
parttie du Peuple, qui avait 6te temoin des mal-
heurs arrives I la Baflille, s'eft portde a I'hocel-
de-ville, eft entree dans la fall du comite, et a
demand I grands cris le fidge de la Baftille.
Dan., ce moment, le comit6 a jugS que notre dd-
part etait nrceffaire, et que nous ne devions pas
perdre un infant pour fire part aux gintreux re-
prdfentans de la Nation la plus gdnereufe de I'Uni-
vers, de la dou!eur profonde de tous les habitans
de la capital, et tles fpplier de nous aider de leurs
lumieres et de Icur patriotifme.
Pendant 1'intervalle qui s'eR ecould entire Ia d&-
prtation vers le gouverneur de la Baftille et fon re-
tour a I'hotel-de-vi'le, plufieurs citoyens arms ont
amrend au comit6 deux couriers, 1'nn charge de la
ddlpche du miniftre de la guerre contenant dcs
lettres adreffies a M. de Sombreuil, gouverneur des
invalides, et M. Bertier, inten4ant de l'armde;
1'autre charged d'une lettre adreuffe au gouvemeur
de la Baflige-.
Le People demandait I grinds cris I'ouverture de
touted les lettres : le comitc eft parvenu i fauver Ia
depeche du miniftre de ia guerre.
Quant a la lettre au gouverneur de Ia Baflille,
elle contenait ordre a ce gouverneur de tenir juf-
qu'l la derniere extremitC, qu'il avait des forces
fuffifantes pour fe defentre. 0
Nous gallons avoir I'honneur, effieurs de vous
faire lecture de l'ar~tA pris par le comite per-
manent de la fdlretC publique affembl6 i I'h6tel-
de-ville.
M. Bancal des arts a ajoutC qu'il a faith lecture
de I'arr&d du counitC permanent, qu'il en a laift
fur le bureau de l'Afftmble national une copie
certifiee de lui et que M. le marquis de la
Fayette viceprmfidentc, a rdpondu i fan college
et a lui:
Meflieurs ) l'Affemblee national penetre des
malheurs publics, n'a cefte de s'occuper jour ct
nuit des moyens de les prevenir ou de les arreter.
Dans ce moment meme, Ton prdfident, a la tce
d'une deputation nombreufe, eft chez le roi, et
lui porte de notre pare les inflances lea plus vives '
pour l'loignement des troupes. Je vous invite,.
Mellieurs, a refter parrhi nous, pour dere temoins
du rapport qui va nous etre fait. ,
Qu'ils font refits; que I'Affemblee national a
cru devoir envoyer fur le champ au roi une feconde
deputation, fans attendre le retour de la premiere ;
que les deux. deputations font revenues 1 une apres


Loautre et qu'apres avoir entendu leur rapport,
I'Affemblee national a daigne les charger, fort
collgue et lui, d'une reponfe adreflfe a MM. les
electeurs, et de la copie des deur reponfes faites
par le toi aux deux deputatiars a lui envoyees dans
la journey par 1'Affemblee national.
La reponfe de l'Affembli national de ainfi
concue :
,, L'Affemblde national, profonddment affected
des malheurs qu'elle n'avait que trop prevus, n'a
cefe de demander I fa mijeftE la. retraite entire et
abfolue des troupes extraordinairement raffembldes
dans la capital et aux environs. Elle a encore en-
voye dans ce jour deux depurations au roi fur cet
objet, don't elle ne ceffe de s'occuper nuit et jour.
Elle tait part aux electeurs des deux reponfes qu'elle
a rescues : elle renouvellera remainn les mnemes d-


---I -- --~---1 1` -1-11-1 ---~_._ __~ _~ ~I~ -~~ ----II L -~-~.--I __~_


_ _ _-I -- - ~-- ~n IC












msrches i eile les fera plus preffantes encore s'il ef
poflible ; elle ne ceffera de les ripeter et de tenter
de nouveaux efforts ju(lu'i ce qu'ils ayent eu le
fuccs qu'elle a droit dattndcre, et de la juilice de
fa reclamation, et du coeur du roi, lorlque des
impreflions dtiangeres n' n arrcteront plus les mou-
vemfells.
La premiere reponfe du roi eft ainfi concue:
Je me Cuils -ans ceffe occupe de routes les me-
lures propres i retablir la tranquillity dins Paris;
j'avais en confCquence donned ordre au prevot des
marchands et aux officers nunicipaux de fe rendire
ici pour concerted avec eux les difpofitions necef-
faires, Inflruit de puis de'la formation d'une garde
bourgeoife, j'ai donned des ordres A des officiers-
geniraux de fe mettre A la t6 e de cette garde,
afin de l'aider deleur experience et de .feconder Ie
zele des bomr citoyens.T'ai egalement ordonne que
les troupes qui font au Champ-de-Mars s'ecarte-
raient de Paris. I es inquietudes que vous me te-
moignez fur les defordres de cette ville, doi-
vent iere dans tous les coeurs, et affecteet vivement
le mien. -
La feconde reponfe du roi eft ainfi concue:
Meflieurs, vous d&hirez mon coeur de plus.
on plus, par le rcit .que vous me faites des mal-
heurs de Paris:il n'eft as' poffible de croire que
les ordres'qui ont etc donnas aux troupes, en
foient la caufe ; vous favez la reponfe que I'ai
faite A votre pricidente deputation: je n'ai rien a
y ajouter. ,,
MM. Bancal des Iffarts et Ganilh ont remis fur le
bureau la reponfe de 1'Affemblec national ,tt les
reponfes du roi aux deux deputations.
MM. Bancal des Iffarts et Ganilh, continuant leur
recit, oint dit qu'avant de quitter l'Affemblce na-
tionale ,-M. de tla Fayette leur avait particuliere-
ment recommend de fe dtfir des officiers-gene-
raux que, conformement A la reponfe du roi, le
;,,uvernentnt allait tenter de mettre i la tite de
tiorre grde bourgeoife ;
Que dans leur retour I Paris, et avant d'arriver
i Sevts, ils ont ete arr6tCs et conduits devant un
(ILcier veIu dr bleu et qui leur a paru officer des
Gardes-lranCaifes i
Que, fur Ia declaration de la million don't ils
eaicant charges, cet officer, apres avoir 64t prendre
l'ordre du general et po(l quatre fentinelles A leur
voiture, leur a permits de continue leur route avec
Ics.quatre fentinelles
Qu'a Seves ces quatre foldats les ont mis entire
les mains des Saiffes qui les ont conduits devant un
autre gcndral
Qu'ils ont vainement montre les preuves de leur
miflion, Ia delibtration du comite permanent, les
dtux reponfrs du .roi, celle de I'Affemblee nfiio-
naie et un certificate qui leur avait ete delivre par
Mvl. le marquis de la Faycttc, vice-prCfident., et M.
de La ly-Tolendal, lecretaire;
Que ce general leur a d&clare qu'ils ne pouvai, nt
pafler faiis un ordre expres du roi, et qu en me:me
terns il a dictd i Con iecrutaire une lettre pour ob-
tenir cet ordre ;
Qu'ils ont converfd fucceflivement avec des ofi-
it.ts er des foldats i
Que les ecficiers fe plaignaient d'etre excedds de
fatigue et d'avoir paffe plufieurs nuits i;
Que les foldats difaient qu'ils ne fe desermine-
ralenit pas .att.'quer Irs citoyens, mais qu'ils fe
detendraient s'lls etaient attaques i qu'ils avaient
precipitamment, ec dans la nuit, quicctte leur carnp
cu Champ-de-Mars, dans la cramntce d'tre inveitis
p.ar les Parifiens i
Que I'Ecntre du pont de Saves stait heriffee d'une
multitude de foldats et de canons, et que de P'autre
coct les tentes des regimens couvraienc la grande
allee do pare de Saint-Cloud ;
,, Qu'ils ont reconna I'impoflbilit6 d'chapper a
pied, parce que tous les polttes, tous les palflages
etaieint rigoureufement gardes;
Mais que, dans l'impatience ol ils etaient de
rendre con pte de leur million A 1'affemblee, ils
ott prcfitC d'un bateau dans lequel its n'ont ete
clandeltinement introduits, qne fur leur declraration
u'ils eraient du Tiers tat, et de plus, deputies
es electeurs de Paris


,, Que ce bateau qui allait 2 1'Ecole-Mi.itaire,
cherchtr, s'il &rait pollible de les gecouvrer, les
iquipagp s des deux regimens Suifles campA la vtille
au C.hamp-de-Mars, Its a mis a terre. au port de
Paify;
., Qu'ils ont vu cs flatues de cette barrier brifieA,
et Ie bucau des commis incendie ;
s, Que ce spectacle leur a faith craindre de plus
grands malheurs ; mais qu'arrives a la hauteur des
ttileries, un autre entimnent s'tft empare de iturs,
ames a
Qu'ils n'ont pu voir fans attendriffement, fans
admiration, les preparatifs fairs pendant la nuit,
pour defendre l'entree de cctte ville i une haute
barricade torn canons places fur ia terraffe des Tuilerios, tous


547
les poles girnis de citoyens wmies, et manifeflant
I Ienvi les plus feripes r folutions. ,,
L'affemblee a donn6 4 MM. Ganilh et Bancal
dei Iffarts les marques de fatistacton que meritaient
leur zele et leur courage.
Au milieu du defordre et du tumulte, quelqucs
perfonnes fe difant pr~pokfes des payeurs des rentes,
et porteAt des regifitres, fe font prefentmes, et ont
demanded qu'il leur fit donnd acre de l'impoilibi'ite
ota elles etaient de payer Its renters come lIor-
dinaire.
On les a interpell6es de declarer fi elles appor
talent les fonds declines a ces paiemens.
Elles ont dit que les fonds etiient chez ks
payeurs, et qu'elles offraient de les apportera i 'hotd-
de-ville, e; de payer comme a l'ordinave, fi or.
leur rendait libre et fire la falle deftinee a ce,.
paiemens.
L'affemblee, attend !impoflibilit6 notoire dL
degager la falle des paiemens, toujours remplie,
cormme les autres falles de 1'hotel-de-ville, d'une
foule innombrable, a arr&e que les Petits-Perc*
de la place desVictoires feraient invites i donner ur
emplacement propre i ce service ; que la libtrtt
des paiemens, ect !r ftrete des fommes a cc de:-
tinses, f-raient furvtiiles par une garde fuffiante,
et qu'a I'inflant on ferak imprimer et aflicher ui
avis portant ces mots:
L'hotel-de-ville etant toujouts occupy pour les
affairs publiques, on tit averti que. les p4imnens
des rentese fe eront demain jeudi, 16 juiller, dan
1'iglife ou la maifon des Petits-Peres de la place
des Victoires. -
M. Ricard, chancelier de la compagnie de V'ar-
quebufe, s'eft adreffHe M. le marquis de la Sal'.
pour demander ce qu'il convenait de taire de I'officie,
et des foldats Suiffes de Salis-Samade, faits prison
niers I la Baftille, et que la veille, la compagni
de l'arquebufe, par ordre de M. More-u de Sait:t
MWry, president, des electeurs, avait depofes da;s
les diflricts de Saint-Jean-en-Greve et de Saint
Gervais.
M. le marquis de la Salle ayant fait part a l'af
.femblee de la demand de 1'arquebufe, il lui a 6te
deLivre l'ordre fuivant:
So La compagnie de I'arquebufe fe chargers dt-
'officier et des foldats de Salis-S:made par el!e
conduits a Saint-Jean et ASaint-;cervais, et le:
fera marcher avec lie Adns les marches qu'dlle a
ordre de fair aujourd'hui.-
M. Moreau de Saint-MWry a fair part a l'afpfe-
blie qu'il vient de rtcevoir une lettre de M. l)eL.-
vigne, par laquelle ce. president de l'affemblee an-
nonce qu une fluxion tres-confiderable ne lui pernne
pas d'aflifter a fa fiance et tranfmet, pour li
cdnduite A tenir dans ces circonflances orageufes :
dts avis qui prouver la (ageffe de M. Delavignt
et fon amour poui Ie bien public.
Les deputes du district Saint-Honor6 charge:
pendant la nuir de Fonduire i Charenton le par
ticulier don't ii a kt6 fair mention dans le rapport
de M. Moreau de Saint-Mery, font venus renjrt.
compete de leur million. 0
Et ils ont iai&ff fur le bureau le r6cipiff du
pere Eufebe Boyer, prieur de la maifon de ta cha-
rite de Charenton, qui reconnait avoir recu daias
fa maifon un inconnu, forti de la Baflille, conduit
par M. Imnbert, infpecteur-general des fermes, pouw
en prendre foin.
M. Alix, citoyen du diflrict des Filles-Saint-
Thomas, etreceveur des octois de la ville, a
reprtfente ,, qu'il Cait de la derriere importance
de pourvoir fur le champ a la garde et furete de,
bar ieres, et a la protection des entries et droit,
de la vile; que la perception de ces droits pou
vait feule, dans cette cri-fe, alimenter les fonds
defines a tous les objets du moment que les prt-
cautions A prendre etaient d'autant plus indifpen
tables, que les barriers avaient ete incendiees, .les
bureaux pills les regiftres d&hires, *et tour I:
commis dilperfes. ,
On. a dit alors que le comitd permanent s'etait
occupy de cet objet, et oni a fait lecture d'un arrest
concu en ces terms.

Comite permanent.


3, Arrted que MM. de la ferme-gne'rale et de I.-
regie general continueront de percevoir les droit,
d'entrees et autres droits etablis a Paris ;
A I'effvt de quoi, ordonne que la nilice pari
fienne p6tera main-forte pour affurer l iite per
cepfion, et veiller a la fdrrte des deniers don't l'em
ploi fera determine par le comite. ,,
L'affemblee a cru ne devoir rien aj'uter a ctr
arrete, qui a ete fur le champ imprime et affiche.
L'affemblec a de meme approuve les ordres donn&
par le comite a plufieurs electeurs, et notammeiit
a M. Damoye 'acheter au plus bas prix pot.
fible, tous les fufils qu'ils pourraient fe procurer:
ce.moytn etant, fans contredit, le moyen le pluc
paifible et le plus fae de mettre en fdretc dts
armes utiles dans des mai;,s fidelles, et dahgereufcs
dans dcs mai::s Cufpectes.


On a apportc le tableau qui ornait Ia chapelle de
la BaflilL et qui reprifente S. Pierre-aux-Liens:
M. Moreau de Saint-M&ry 1'a faith placer fur la
cheminee de la grande falle, derriere Ie bufte de
M. le marquis de la Fayette.
MM. les dleves en chirurgie ayant fair demander
les instructions de l'affembl6e fur le regime mili-
taire qu'ils entendaient Ctablir parmi eux, I'aflembl e
a faith paffer au bureau militaire I'ordre de leur en-
voyer M. Groizard, electeur, et officit r dfs Gre-
nadiers Royaux pour prAfideA i leur formation
.nilitaite, en attendant que M. le come de Cha-
brillant, qui a acceptC leur comaiandement, fe
prefente.
Deux particuliers fe font pr6tentms fuivis d'une
grande multitude qui les applaudifl'it avec transport.
Les uns difaient qu is apportaient i la ville urIe
grande et heureufe nouvelle les autrcs qu ils
venaient .offiir le fecouis d'une fontmre tUi;e-
rable.
L'un des deux particu!i:rs 'efit avance vers le
bureau, er il a dit qu'il s'applaiit i.4barthf,, et
!u'il etait citoven de Pari:, 'ret 1 fa ltiier pour
a comrTmune toutts sis facuitr#s, et meme fa vie ;
,u'1l avait plifi-urs enfars, qui, dans ce moment
neme 1et li.;:t lIots les arms avec leurs conci-
yens; q'i s'ctait former au Pl :is oyal une troupe
f." c',ni 6rablc de jcu :es volontajireC, au nonibri
d'environ jo !,e a qainze imille i qt'il les avait raf-
.rinb'es; et quo, lur la necelitc;- par lui 'expofee ,
ion leulemcrn- n 'dtre conduit par un chfr, mais
ncorr d'&'r.! eclare et p,uide fr Its efforts qu'il
(al ait rpoui-er ou entrep,cndre ce corps volon-
ailr av.tit b t:! voulu le proclaniier ion capitaine ;
.rais qu'il n'emploierait ,.ea Ie commandant, qu'une
autoritd ilhigitnmi fi fa non.;ination n etait pas
:or~firtnet par l'aff.-mbl::-t j qt'il venat supplier laf-
C, mblte de ne pas laitfr fans chef une troupe qui
Jouvait e re d'une giandt atilite ; q *'il n'avait droit
e" prettndre A c.tte pac;. quw par Con z.;le, fon
courage et Ton d6vouement; qu'il eca.t prit d'obe'r
au commandant plis dign et i:lus capable que iui
que l'affemble pourrait nommer; u , dans tous
les tas, ii fuppliait que I'on voulut bien joindre
a cctte jeunefle intrepide, ma s inexperimentee,
,in certain nombre de ces anir-ns militaires, de
ces braves Gardes-Francaifes, don't il fe t frait un
iionneur, un devoir de fuinre les Ircons et les
xcmples ; qu'il ne de mandait t-nfin aucun fecours
pecuniair.s ; qu'il erait ddja certain de trouvcr dans
ia bouwfe et dans ceaie de fes amis, une fomme
Ie 5oo,coo livres pour les depenfes de Ton entre-
prile.
L'offre patriotique de M. de Labarthe a excite
Its.plus vifs applaudiffemens; et I'afemlrtlee par
l'organe de M. Moreau dt Saint-Mery, Ion prefi-
d nt, lui a temoigne combien ellt etait touch~e
dcs lentimens qu i. venait de manifefter.
Elle I'a proclame commandant des volontaires
du Palais-Royal, en lui impofant neanimoins cctte
condition imperieufe,, de reconnaitnr pour chef
tI-perieur M. de la Salle, commandcant en chef de
la garde parificnne ; nomme par l'affemnble et
de n'obeir qu'aux ordres einanes du bureau miii-
tarre.
M. de Labai the s'y eft engage en pretant le fer-
ment, de la manuiere accourumie, de remplir avec
tid: litd et courage s functions d ,nt itl tait charge
ious les ordres de M. le comnmandant-gne'ral et du
bureau milItrire.
Comme -il fe difpofait a fe retire, M. Moreau
de Sainit- MA y president, lui a prefente une
.epe en lui difant : C'ot la Patrie qui vous la

M. de Labarthe a recu cette 6pde avec recon-
naifTance, et il a reiter6 le ferment de ne I'employer
qu'. la difenfe de la liberty commune.
Ce particulier etait A peine forti que MM. Def-
meuniers et i)uport, deputies al'Aflemblee natio-
nal font entries, et ont dir qu'ils venaient pour
,,rendre connaiffance particuliere de la fituarion de
Paris, pa-c- que'lAflemblee defurait reg;er fur cette
co naiffance bien certain, fes determinations ultd-
Stiures ; qu'ils avaiemtr parcouru pluiieurs parties de
la capital ; qu'ils avaient vu avec une latisfactton
gale a leur &ronnement, les difpoficions-courag-ufes
tait.s par Tous les habitans de cette grande ville,
't les fendimens patriotiques qui entlamment tous
les ccurs ;


Mais que lenr compete a rendre A 1'Affemblee naw
rionale lerait imparthi,, s'il n'eCait poiu:t en, tat
de l'inftruire des travaux de :'aflemblee des el-cteurs
et du com'te permanent, er des melfires prifek, au-
-ant pour la furete individuelle que pour la liberty
,ublique.
Apres avoir entcndu le rapport qu; leur a etc frit
,)ar M. Moreau de S.ii t-Mery, apres avoir vifitd
ous les bureaux et pris la plus exact connaiffance
'1, la diflribut;on des bureaux er de I'tat int.-r'eur
le I'hotel de-ville MM. Defmeumiers et Duport, fe
ont retires pour fe rendre a Verfailles.
Le m~me d'fordre agitait touiours to,tres les par-
;es de la capitalel e foup ,on, la mnAliane les
Ilarmes continuelles int. rcepraient tous ;:s pa'!a-
ges, ec fufpendaient toute circulation i on arretait


~T


---- ---' I ----- -~-~ ~t













trivcn ir;'UX barri'-rFS m~mes Ics couriers t1c I -ople
s t"' n- k conduifair avtc leurs depechcs
Ai L Ac~ -cilkt.
I commff;lhif'c nommes poi!r Ia lecture et la
V, r; 11, *tIolf de 5 It mr-s contintia(11t toujou:s cette
S. "A" cc UtIc g:lnde afiiuie et chaque iif-
tajnt a g 'e:)t ill. I. tit travail.
Cur L, ct h~lenres du marin, un poffllon elI
e!,,r r -.a's la fI;t ,ii a dir qu utn district inquict
i. I (iki I r'pandaiE qu- 1. s tr upes de Saint-
1 ) -1 !S1 diii C'Y1. a ti. 1-s canons fur Viris, vt pr paraicII
le li:t~ U? trtO' Vilel, laVait ewo) ASaint-De-nis
in cc q.i sv pataize t pour rendre compete
all d1`nir t Lt aUX elecreuts
( IL t ii eror pa: ri pour remplir cette com-
initb~o,; rn~is l'af.cr ds di.g'nis pot s dans la
PA re CI .LN A'i a Iui doo.i.'. par 1I':hii.:rS P.~r-
fwnris qtti :cr dcn-ft I's s ~nr4Xi'i qut)on failait
tE ':m certi- NIJ- d,: gi.1~ndks pinzPArafs de guerr--
I Av~iefl I:nrinucle au pohiit qu il etait recent fur
f...s pas.
A lois 7!'\!. 1i2, coniiiiifair i s pr:)of s A h l.lctrrt

c. s tiui I. r avati,:t parU III 1itEr qtelque it-
t' nlon.
(nS I rC. tt licS CIcS jc 1t ecrijts Ies

a ji ,ic- L:1 (A i. aux en "m-rns ie Sint- 0is;
ell, tqlit; s rJldtiVeS atiX cironfl.uW,s. (CCs 5.iieirs
ii mi~aent~c.s farifiL ns dui -'oii:pt ra'eOt qii Oll Icur
a ttait Lir.. feFx pofs s oc-
Co. i- dles ltoytS ho01 iYes qulls irttiiUloaaent .1
L. rs Oic s centre Ia 6i11- de lari ,
ar .. lta err a\~i: K t~1~r x :.-y r ec~5 .'~ trKi LS;

a: c hjuc~ .niL1nt enS Ii 'it cldps hIC nv
4.2'1a"1 IS (i LC J(.- i pit 0L-7r;
I .ure ~ t..uAc, a D ..1 Dux d', c cs
t r S "tr 1 :.t es dlronrai vr !uxI) p rfounics i cui eli 2s
s f CitS s io i d- quirt..r Par s Ic plus
11 n; t IT _111 poll'ibie.
!,a Let.Ctir C L' : (s 1.ttrrs et i rapport du pof-
ti~flo, Or' ,11rn1 I ,am jii f ihe aib 1'
M.Dalnr- '101i qui fulaifr a!( rs a,,ctc M. GYArr..n
& Coole I (ir iesfIl IoIIs d, cftC r r ir S ti4t lA'L.
ct a di lI I~ c1 icO !t die d mcrIi n.,, P' o, oi- I a
ci) nfc- i Ce L rn-cs oti ct nc e c 0s
cctlii's .1 tf ii, ('1 co vi-lt 2. ,t C Irifi .r
dEs fits tasi'eics Paur"Cnrc oar tin potiiio1 ri: iiiek
ano::O:Ct S .1.; U(., `ILrL. S flo...S ,~Tres ce5S uu
dr: ccr-.!t et vrt:bt tcitt rI:Lu qat; .ir I-,
co i)'LcMr1rs tires d. Icur vyc'v t: ipipt dU ri:
fc-MbiewV..n- dOS trOtijS tt Lcs ditpofiriois con-

(Q 'iI faut envoyer a Saint-D:nis tne pet foonw
vpablc dc btavr tuus ics d6an,;. is -o Vr nrfl-rr
's (-F cztte viikc et qti dans q atrr hL-ures, poll
di 'cit: a sr a:: .Ls rotCS LC
ed s p~r~.pr.tits iju'c~iks peilv~znr raire.
j 111 tr 'i cLi ft In 'e. Fin rt poll
r,,1lj)I, C'-tt'4 LCo:*.iii( j;I:l Si ;. 1 c r..viins Pa's avail
qiatre hP-iis a t ii ajoure ,Ina iLr.t n:on fI
youir vow,1 ,?nive di s aitss qui votns a!.:ma-iwn. J
c.tunan~e f.nl~ rrt quo pe-rl 1ne n o tol 01 C
Ica~anr Uine 11.11L (; dici poor uchI )e wtule ar
riv-r a S nr-1)ei avant quz lek tr'ralres sI1 y e
a par;j nous donnmnt ivis ie ..,a (i marchh.
'ai4_:mo1e-a donni aI. [>inT'aAGu d.:s remoi
a :a!cs bsli. la c afatir~ isfaccin1, Lt iCe Iui a fai
eXPL~di~r L'oiAr qui fuit
L aiii z prtfr librcnor,.et 1\{arimDjou acireut
for 4- aixant icr iA ren-l.nnt uI vi ,Ia d .c,)L
verre. Nn~cs vous prions tIe mui lournir chevaux
armes or rout ce qui lui lera niccin~ire. "~
ii a Utt: do~ pins arr~t~ qu~ porfiontie ne Ion
rair de: Ia flue pndaltr tne h;-ure~a cii toi~iis,
t ~~co~mpter du Ilcmomnt du~ deprt' do NI.~ Daritwm"o
er dc~UX C~~tilecreurs hi ont ~cinparcs dcs potrr~s.
P~lufleulrs perfonuies s'tranr prtf. nr~s pour acior
pagncr M2. I)al~a. ou, 11il a choifi Ni. Dcfro~.h~S
lrarnlcourt, citcy)en dci difinict de: Saint-Luitach;
qui s'erair otiKt~rt le premier.
Lalarine plie Ia lecture dc~s !e~trrc; arrer's~ rc
dait cure- fois vra:(emhldble ta:ii; r~\cL.neurcI O
cen~rr~ dans l'all~mbi..a d~es Lic'teur5C.
Elk~ a ~t fT~ulewcn:n co~nvuuiqueo A Mi. le nvi
qulis do Ia Sal~e qui a fair fur Ic ciunmp narrir 3
Gyrdes-Fran~aifes, avec quclqucs pieces de canro
CT orc~io~nanr qtie 1 f de ce~s gar:d~s fe pollafU.
a ia barniere S'aint-MaIrtin, e ryc 150 3I b:'ri(~:


Saint-De is; tqie ILS citoytns d.s cii'ricts \vo'l
fe jiigii-Knr ,ux G.ard.s-rrai!.if.s, it q,._ la ,o
mri: ication itt ertallie par 1.i r;: (les ei-c!Ls.
C.': a dans ce moment d'inquietude et d'.i-frC

rTf :ch ijlni fur la place d.e con;ma1d:':.-:-'i:.ral
L acrdc national offer'te ;natirlcleit a M. le c
d'Aumoiit ont parl ds la neci.it' de ionimr
a cette plac- un homimne qui pilt eflicacement
fondr le zcle, l'intell gence et le courage dcs o
ciers fuli'ieu-'s de:a nomm.s, -t deja recomm
nia,'LaiAks par d.s services signal's .
Aicrs f Mo,,rcti de Saint-Miry s'eft conte
i v' n: -, r L uitc d, M. le marqu's de la F'.wvt
(. r'f :1 % t viS .Imllt finti et tous lks vU


d it tai ~i~t sais pu


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ins En cotnfqti-nce le coinite permanent a faith it
M- p, imnr ,' at!ich.-r et pafef.r i tous les difricts 'i
k station: faltc a cnhacuin d'eux, d'envoy.r a i'aaf;-
I i It't' d :'d.put+-s qui fe rI;event foir et mntft
*ai quC' l'a.Ift..;-'1.il e rfle lufllfanunztcnt garinill q
.C .s a Iic ;.s )u 'ii .' n...e fu.frent n .c,.n r .trd ,
Inic q'e les diilricts iient avertis foir et martin,
, tlurt ce qui fe ffra.
f- D)'un autre cot., le comit6 permanent voy
)ir- avec doul-ur la mifere extreme dans laqudel ecei
an- fiutverfion de tous ls rapports fociaux allait prci
pFir r .une graNmde parties des citoyens de la capitaI.
nte Tous fas diftincrion avaient couru aux arn
tCI. a h prci'knire nouvelle du danger ; ils &taitnt t(
I1x 'mpo,; 3 ,mi : L.'fn re comnn!uie ; It s n tellers cIT.li
ni ddfctrs, le boutitji;s eticn t.:trmies ; tout traia


de la lbert6 franqaife putt 6tre confide i l'iltuflre
lefenltfur de Ja libeittdu nouveau Monde.
r& comity Ipermanent a faith parvenir a l'affem-
hble la reclaination de M. It. baron d'() gny, inten-
damn.-general des poltcs, fur la necellit' de rendre
.i la circulation d.-s l-ttres fon activity ordi-
mnire fi 1'oot dirai qu'un plus long retard ne
porract pas une aut,:inte funefle a toutes les bran-
ches du commerce.
M. d'Ogny denandair encore que quatre elec-
teurs fulf-nr nonmmes pour aafitcr l 1'arrivee, au
depart et a la distribution des lettres et paquets.
L'affemblee, fur certe demand, a arre&r que le
ferice de la pole aix lettres ne fmrait plus inter-
roimpu, et quo le burCiu miiitaire ferait fur le
chamiip prvenir aux barriers l'ordre de ne plus
arr&-ir les couriers, et aux patrouilles cglui de les
uaiiir p.iT'r iibremtnt 'u"nu 'i : 'hltel d&s poft-s.
1ile a nommne en nmme tents MM. Gittard,
Chaludot, bovt:r et Dnmeuve fils 6lecteurs qu,.llc
a ch'rgoes d'altilter a I'arrivee tt au d part a la
dilhibution des L, ttres et paquets ; d'arritcr' ccllcs
q i paraitraient fufpecces tt furtout d';nwecher
*oute violation du ficret relativrment a cells q'Lii
ne port:i,.nt aucun caractere allarmant pour la tran-
1'a'l~i:e pab',i-ue.
jIL!L. a -rr&c' eInfin que le comire pernuanent fe-
ra:t charge de fire i:nprinmer et ahficher un avis au
public portait que l'adii niiiration des poites con-
ti.:iuait fTon Lrvice co:nine par le paff&, en pre-
Q.:;,i- des qijnr.' 6lecteurs nonmm-s pour vwiller a
c.. qi'il ne I "t commis aucune efpece de violation
&de coiiia:ce .
MMI'I. Cittard, Chaudot Boyer et Dameuve ont
accptere la commiflion qui leur '-art donn&iC, et ils
ftont parts pour la remplir, une hourse a)res I:
1Jpa-t de MM. Darimajou et des Roches de Fr -
;-iucourt.
Quelques moment apres l'affemble a requ de
ccs cuaMtre commiffaires un billet ainfi conIi :
,Nous prio: sMM. du comity de vouloir bicn ren
.over a 1 h6te' des poles tout ce qu ils croiromt
coiv.nble tant en paquets et lettres que chevaux
.t VnoitUr:S, po-,r ne point interrompre le fcrvict
)ii.'ic i nous infpect_.rons le tout, et il cl abblolu-
wil:t iknLcllaire ieit n* p' s mittre de retard. S
S Siqces, jGit:ara C:Izudot, Boyer ft Dameuve.
S Sur cette invitation l'Falnemblce a arrtet que
t.iit%.s sleS lettres r.cach .S., pua i-es comimiifairts,
aI cvchet de la ville nicmee celtls quit n'etai'en
p_ lues encore feraient fur le haiip rmnvovees
i l'hbtel des ptes, fauf i y '.:re exarmnile.s pat
NIM. Gittard, Chaudot, Boycr et Dameuve.
Les dputtions des districts fe rcnouvelkieni
r fans ci ;fTe, lit pour tr.mf,.ettre a \'htteI-Je-vill1
S-s avis qiU'ils recevaiitit a clhaqe iie luit fiar I :
t il'.tiiiionis des troupes aux environs de Paris, fiil
.!.,)fr diemnander les ordies et les moycns de de.

t D)ns le memn:e tens le coivite permanent s'oc
cu,.'air de deUcx C bjcts iunportns.
L l.e plius grad inconventirnt de l'adminiflration
... at,,., r lIs operations de vaic.nt, pour etrr
n bbien .xecuteEs galcr la multipaicit cet la rali
Si:.e dis m otivcmn. s qui crrtrati'ai nt e.n fens dt
i .-r:rt, et qu,;qcicfls con-ll rc ,a routes les par.ic
de Ia Lapital, ettit le dctaut d'une corrcfpoin
it dance continue!le entr I'htell'de-ville ,.t Its dil
tricts ; il etait intert flint d.- tirouvr un movtn qu
:itti tantlliittre i chalue itilant i tous Is fllrict
u- dA Paris les decisions geaurales dmanees de l'hote
1 d -vlle.
Le comitS permanent a arretr que les diftrici
Li- f rair-It invites envoyrr tous les Lours Ai i'alfeir
i b'. ) l inc-rale, feaite ai 1'httr-de ville, cha uin dcu
t dc!pu:es, pour y donncr Ilur avis fur tout ce qi
co:i:-rna.nit l'incretr cornmun, et r'po'rrer le f)
n- a, lLIrs dilricts relpectiis, ce qui aurait ete ta
de et d~cidt3 A I'hotel-de-vi le.
e comite pernanepnt a tr6 determine j prefer,
ce I;o(vcn par la confderratioih qu'a I'avanrtg. -uI'
n- corrci.fj,,nd-ance jocrnialiere trt eclairee il ;oigna
n- i'.av.tirre afi pre-cictuiix fiis doure d'e treren
l.i cotifilnct C tre I.s alfi.nble.-s particu iur,-s d,
diilhricts, t et ',s affi..ntiees genirales de I'hbtel-d
r villa t -t de aire prticipr les citoyvns de tout
Sl.s claft., autaint qn'il etait potfible, aux deib
,t rations qui interelrfaienc routes les claffes des c
t,, oytns.


Cet arret6 a ete communiqu. a 'affemblee qui, ,
en approuvant cette precaution bierfefante, a fonge
aux moyens de tair+ ceflezr ls dangers et Its alaimes
qui la rendaient neclffaire.
Le moyen le plus fenlible celui qui frappait
t'ous ls tfplits etait d'envoyer des deputes i
I'Afleniblte nainonale, .charges de la fuipli;r de
redoublhr fes ctforts pour fire parvenirela veri,6
jiifqu'au trbne &clairer et toucher le coeur dat
mt:illur des rois, l'engager enfin a carter de fon
l'ciip!c es troops 6trangeres cqui le nieraccnt
conime un PCuple ennemi ct de fa pe;fonne ces
n'riiitres prcvaricateurs qui tromupent les intcrnions
bienfefantes, et qui abultnt de fon autorite legir
time.
Pour remplir cet ollict,.M. Moreau de S.-Merry,
prefidenrt a propofe de charger les deputies qu'on te
propolait d'tnvoyer d'un arre'ti conu *en ces
terries:
r/affA:mbl6e tenante A. 'h6tel-de-viile a recourse
I l'AIf-n'blee national comme la plus propre a
expri,, .r a un Randnd roi les calamirts don't la' ca-
pitale de fonr royaume eft accable :
I i joltrne id'hier fcra a jamais memorable par
la price d'Wi'e citadelle que la perfidie de ion gou.
"veraLut" a mife en un instant aa pouvoir d'un Puple
don't la brv,;ure s'tft itritee par une parole d'hon-
ncur tralhie.
Cet acte qui eft la meilleur re reuvf qu'une
Nation qi lair l ie miex obeir 1tt avide de fa
ufle libLrte a e.6 Cfuivi d&s trails que les malhe4rs
publics avaient pu prefagtr.
C'eft aux reprfern)ans de cette mrme Nation i
dire A ce roi que le .del a dcflitiei a re adore de
fon Peuple, .que c'elt par la douceur qu'il doit
regner, et qu ii eift tens que c.tte belle Nation
cefld tdtre tr,:itce come fi lle etait coopable.,a
(ert arre'e, approuvt par l'alfemble MM. Gar-
ran de Coulo:i Lateutrie Patrrs ct Brillantois-
Marion dlcteurs ont er- charges de le porter
i 1'Alfemblce national et ces deputies font parties
a I inliant meme.


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M. ),Ieutre eft revenue et il a dit qu'il venait
du remp!i, fa commidfioi ; qui le bateau de b!2d
annonce etait arrive au port de Ia Briche ; qu'il
venlit de donnir l'ordre dc le ditIhiLutr das Itks
moulins &cts environs ; qu'en fortant de Paiis, il a
trnuv le regiment de \ intii ille tn hulhe i la Cha-
ple ,c mais qu'il ne 1'a pins trouv6 en revenant,
.tqu ',or.lui a dit que cc regiment s',tait retire a
Saini I)hnis.
Su.r les deux h:ures ou environ les nouvelles
a!armances s'etai# nt luccedees avec tant de rapidity ,
et les efprits eiai, nt parvenus i un tel degr6 de fu-
rourt, que 1'aflnmblte venait d'arrter de fire de-
pave, tou:es les rues ; et fop president M. Mtoreau
de Saint-MWry en fignait l'ordre lorfque la nouvella
la plus heureufe et la plus imprevue ef venue
changer des ours d'alarmes en des jours d'all'-
grefi et placer au milieu de I'hotel-de-ville les.
fondemenrs de la lierte et de la felicite de toute
la Fraice.
Un particulier, haletant, couvert de fueur, pres
de tomr;ler en dfaillance s'eft prefente et il a dit
qu'il venait de fire la courfdie de Verfailles a Pavis
en une hcure et demie, et qu'il etait content d'ap-
port.r Ie premier i la ville ,1e Paris la nouvelle ie
fon 'bonhetr.
Malgri l'impatience qu'on avait de 1'entendre,
orn 1'a pri5 de calmer fes fens.
II e:ait plus'impatient encore de parler, et il a
dit que rous les malheurs 6taicnt finis ; q.'il etait
d1ns la falle de I'Affemblee nationn le lorfque le
r,,i v e!t vc:!u 1.' mtrrin fins gardes ,1t accompagne
feti'emricrt des deux princes fes fr.res ; qu(e Ie roi
a prononce un difcours fouvent intiiuiiisunipu par d
crs d'atttendnrifemenrt t de joie ; que Ie roi a dit :
,, Je viens avec confiance au milieu des reprefentans
dr la Nation leur temoigner ma douleur, et les
invitcr a prendre tous ks movens de tinir les maux
.de i'Ftat. Je ne fuis qu'un avec ma Nation. J'ai
donnC les order, s pour quw les troupes s'eloignent
a I'inftanr de Paris et de Verfailles ; je desire que
vous reaniihiez vos efforts aux miens pour retablir
le clrme dans li capitale.-


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tout commerce, &taent interrompus. Cette actvit6
euerriere pouvait etre long-terns in tifpenfable ; et
dlans cette multitude de citoyens-foldats, combien
ne pouvaient exi ler que du tuit journalier de leurs
travaux!
Perfuadd de la necefrit, d'*carter loin d'eux vne
mifere extreme et le dc-:efpoir qu'elle traine a fa
fuite le comite permanent a faith un arrtt6 coicfu
en cts tcrmes :
,, Le comite voulant pourvoir efficacement I la
fubfiltance des malheureux habitans de la capital.
et a la paye de; citoyens employes au f rvice de I&
Patrie, qui font hors d'6rot d'y employer leur temns
gratuitement, invite MM. les prdfldens des aflem-
blics 4'ouvrir des foufcriptierns dans chacun de leurs
districts, qui front fixes & la moitie d'une inn-e
.ie capitation. Chaque diflrict nommera fes .trefo.
riers et receveuts particuliers, qui verferont enfitite
entire les mains de M.Canneisde Bonard~Lre, Cailliit
de la vilie, que le comite a nommri treforier ge-
neral. ,


5


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Le meme tarticulier a ajout6 que ces parks
n'draient pas pc:u.-tre les propres parole tiu dif.
cours prnionci par fa tmaj fle a 1'Aff.mblee natio-
nale mais que les refultats raitent curtains ;
Qu'apres avoir enrendu le roi, le ftn:inient le
plus vif et le plus delicieux l'avait emport6; quiT
s 'rait pr.cipiie fur la route de piris, dans un ca-
bliolet piis i la poftle qu'arriv6 a Seves, il a 6e,
atre&d par des fo'dats fulffls qui P'ont conduit a
l'officict-commandant ; que cet officer Iii a denir,i.t-
pou quoi il vo.lait aller i Paris; qu'ayant explique
i l'officier le motif de fon voyage et de fa vive
impatience, l'officier avait reponidu quc les ordrcs
donnes ne lui permettaient pas le paffage ;
Qu'alors ii a cherchd des officers di, regiment &d
Beinacli, Stii!1 qu'il connaiflait; qu'il les a vaine-
ment fupples de le laiffer paffer;
O,'c, d'ferfprec de ce contrc-tems, il a traverfe
Ia rivi-ie dais un batectt, et qu'il a cttru a pired
d,iuis le butid de la riviere julqu'a 1 hotrl-de-
'ille.
Cette grande nouvelle a excitr un tranfport uni-
vtrft.1 : quelques cfprits affectaient encore le f;,up-
Con t t l'incredulitei mais le plus grand nombre
cioyait la chorfe vraifTimblable polfible, cer aine ,
dans I'opinion religieufe qu'ils s'etaiLnt forme- d:s
fenwiincims de jufite et de bonte qui remplillaient le
coe 1 tie fa majelel .
On a demanded i ce particulier fon nom et fa
demeure;il a die fe nommer Charl.s-Joilph Piquais,
negociant, demeurant rue de la Suurdiere, n t1;
rt fur les foupcons manifef1es par qu, Iques mem-
bros de I'affembl~e, ii a dclire rcltcr lut n enc c.n
otage I'h6tel-de-vi'le, juqf ce qu'on etit acquis
la crt r tude de cc qu'il venait d'annoncer.
Cepzn plant I'affemblbe a charge, M. Bigot de Prea4
meitiu, l 'un de fes membres d'aller a l'inftant
memne I Verfailles pour verifier la plus important
dr trutes les nouvelles, et M. Bigot de Prtamtneu
eCl pirri fur-le-champ avec un pdLte-port de l'af
fenitbce.
Bit-:tbot la nouvelle eft devenue publique : M. le
naprquis de Villett! eft accouru, coniluil.ant un autr.
pa :tculihr a cheval qui arrivait de Verfailles, tt
oui a confirm la relation deja faite, de la prfencE
et du difcours du roi, au miiliu de l'Affemble
national.
li;e heure apres, on a annonc. unt membre de
I'Ali* mblCe national.
M. Laver;ae, deputy de Bazas, eft entrr et il a
dit, que fur l'invita-ion fate par le Ioi liti.meme' a
I'A;ii .bl e national, elle avait arre:r d'envover
fuit-l-champ i Paris une depntation nombreufe ,
charge d'apprendre a la capital la ceflation d.:.
caufes qui la plongeaient depuis trois jours dans t.r
deIL dru epouvanmable, l'eloignement des troupes
ttr 'accord parfaitrment etabli entire les repre'fi.-
tans de la Nation ect on louverain;
Qu'au moment ol il parlait, les diputes devaiten
&tre parties di Verfailkls, qu'ils allaient arriver danii
une hcure ou a p' u-pres;
Quail Lvair d..Tire lIs prevenir attant pour apport.
la paix et le bonheur a Pars quelques moments plu
( tot, que pour dnntier a l'hotl-de-viiie le terns dt
n'etre pas fiurpis par une deputatitn nomfbreufe,
inatic.due tt la feule que I'Affemblbe naticnali
aura jamnais envoyee a un, manit ipali.e.
L'alfenmblee a fa t a M. Lavwnue Ics plus vifs t
les plus finceres remercinens.
Elle etait bien peu nombreufe; le terns ne per
mettait pas de grands p:eparatits.
II a ete arretr que MM. Duveyrier, fecrncair
de I'aflemblee et membre du comitd pertn anent
Deleutre, l'abb Fauchet et Icgrand de Saint Rena
flecteu s et merubres du comitr permanent, precr
des de douze cavaliers du guet, et fuivis d'un de
tachement de gardes-fiiifles et detx tambours,'!
tranfporteraient ait-devant de MM. les deputies d
1'Anfremblee national, pour les rec rt yo l entreee
de Paris et les conrduire jutq,.'- l'htrl-de-ville.
En niemo-teiris, die a tranfmis au bureau mil
taire l'ordre que le canon tfut tine au moment c
la deputation de I'Alfeunilee narionale nrettrait
pied fur r'ef.ialier de I'hutel de-ville.
MM. Duveyrier, Deleutre, Fauchct et Legrat


de Sainit-Ret;e, font parties fur-le champ pour s'a
quiticr de cette honorable commiliion.
L.a fall 6rait pleine de diff'rentes deputations,
entr'autres d'une deputation de la comniunt de Se-vi
qui ven.it prm r).e Is intentions de 1'affl:nbl&e 1
ce qu'il convenaitr de taire au milieu deo tioup
don't ce village ctait ironde.
P'rcfau t'-us les diftricts tnvsicvitl~t itfl ,i F';
ftimblc d.s deputes pou s''ui6r de I." U vinie
crtte pranide nouvclle dIfCa rt 1. du: das !a. cdj
tale, d'une reconciliation venei'ale.
Pluficurs citoyens arms, ,;ccompagn6s de quat
fotdats aux cardes f-ant:.ii'i-s, ont conduit dins
Ualcl in pofli!lon a la liv ee de M. Ie duc d'Oricai
arni a la harrieie de la (Conference, commie p
t<.ur d'une I,.ttre i I'da&efle de madame la duchd
d'Orlcans.


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\ Sur les trois hours ou environ plus de 2ooo
homes, tant citoy-ns arm:'s que Cardes Fran-
aift s font arrives devant 'hocel de ville con-
conduifant en triomphe un nombre confid, rable de
foldats de l'armde du marecnal de Broglie, cava-
liers et fantaflins, beanicoup de chevaux, d.s ca
nons, dts trains d'artillerie et des chariots charges
de bagages de toute elpece.
L'affmblee a arrrti que les canons, l'artillerie
et le bagage feraitnt mis en lieu de furetdjufqu', ce
qu'on puilfe taturr pailiblement fur ces obj*ts i et
que les foldars et chcvaux front repartis dans le,
differens difitricts, avec les precautions deja prifri
vis-a-vis tous les d agons, huffirds ct lintailrin qu
fe fnt julqu'i prdfentprefntc6s pour fervir la com.
mune.
En cet infant MM., Garran de Coulon, Patris
d; la Feutrie eC Brill~ntois Marion eltcreurs
envoys ce martin par l'affemblee des electeurs ver
I'Aflemble national, ont etc ramcnes a l'hitel
he-ville par un grand nombre d'honimmes arms, e
M. Garran de Coulon a dit :
Qu'apts avc-ir pris des chcvux de polte rni
Contrefcarpe et flit vif.er leurs pouvoirs au gra',,
corps d. garnc d ia rue dauphine ils avaient tri
ver e Paris fans cbaic!e fo:-s Ih s ufp',ic s lde d-t,
foltiats titovcns du district dc I' .bbaiye Saint-G-r
m.in-de-s-Pr~ s don't lui- e .rle elI electeur, et q,
onut cI la compla fance d., moaiti;r avec le coch.
fur le firge de leur voiture.
Mais qu'ils avaient kt6 arrests a tin corps d
garden du iiilirict des Jacobins-Saint Dominiqu ;
Qu'ils twt vainement reprefent6 leurs pouvoirs
et vainement dktaillc ave- la plus gtiande moder.
tion les motifs et la ndce.l-te de leur vo) age ,


140
F es citoyens qui avaient arrNr ce poflillon ont
d.niande l I'affn, mblee que le cachet d& cette lettre fi
file romptr pr le prefidcnt, et que la lecture tttr q
faite ha'itement : Non, diia:ent-ils, quc ls feniimcns
,Ven conr.us de la mjifon d'Orleans puijfint donner d
a cet guardd aucun foauf on, mais il eft pojftile que Ies fi
ennemi: de la revolution abufent de cc nrrn refpecthleC, el
et de la livrie du Frince pou' fair pavwenir e firete' d
des avis fecrets a Icurs part fans. d
L'affemblee tait difpofee i prendre ce parti. r,
'inquietude fe manifeliaic d'une maniere tres-'en-
fible et tres-tumultueufe, lorlqu'un el6cteur a pro- It
pof6 un moyen qui conciliair i-la-fois l'inviolabilite ti
au fecret des lettres le refp.ct que I'on devait en
paiticulier au nom d'Orleans et la certitude iii q
difnrit!'able I acquerir q.:e ce nom r ver6 n'etait c
p,'nt compromise par des perfonnes enemies eI b
des deffins coupa'ltes.
Ce moyen etait de confier le paquet a un &kLc- c
teur qui le reinettrat nadamtne iad iucheit: d'Or- 1
I6(ans ( n perfo .ne s'affur,-rait d'clle ue paquert
lui etait define et dans Ie cas conttaire que I.
paquet fertit rapport a l'atlemblde pour prtndre
par elle le patti convenable.
Cet avis ayant 6td adopted par une acclamation
gnerale, celui iweme qui vcnait de le dounmr, M.
Mitouflet de Beauvoir, a ete unanimemrnt invite .1
fe rendre auprvs de madame la duchcfle d'Orleaiis.
On a observe que cette princc-ffe n'ctait point ;
Paris mais au Rincy; qu'un detachemrnt ie hu(-
ards rermait le palfage et que par prudence feu
element M. Mitouflt devait etre accumpagn6.
Plufietrs gardes -ftanCaifes ont reclainm cette fi-
veur i inais M. Mitoufle t, obfcrvant que leur cou-
ra fferait plus utilie Paris les a remercies dc
Icwihffre genereufe.
Deux capitaines de la gar'le bourgeoife ent irn
filt ;i M. Mituflet a accepted leur service et il tL
diifpfait ~a partir avec eux, lorfqu'on a atmonce
i'approche de la deputation de I'Aliemblee natio-

Alos l'affemblee a decide que M. Mitouflct re-
tardcrait fon voyage, jvoulant qu'i la remife du
paquet don't ii etait porteur pour la princeffe il
joignit le compete des htureufQ; nouveiles don't
'Affcmble national daignwit fire part i cel'e des
elccreurs.
Une difficult itait furvenue pour Ia garde de la
Balti;le entire M. Souls nommni coninmndant d,
cettc fortereffe la veille a it hures du foir, pat
M. Ie marquis de la Salle, : M. de Boutidoux,
det'.: fup.p!;ant des comniuies de Bretagne a I'A'-
femnblee national pourvu, d4ns la main e, du
Smme titre (t de la nieme auturit6 par M. le mar-
Squib de la Salle.
II a ete reconnu que cette feconde nomination
d'un commandant de la Battille n'etait qu'une er
reur. M. de Boutidoux a renoncd lui. tn- me ai i
nomination, et il a et_ ariete que M. le maiquis
t de la Sal e onrnrait un ordre par lequel NM. Souies
s ferait autorife a retouruer la 3 Baftille, et a garder
le comnmandemlnt de cette forttr.fle juofu'a ce que
r L coniite eut nomme quclqu'un pour le rcmplacer;
le commandement en fccond proviloirewment artribue
: M. Elie, officicr ail rgiment de la reine, fous
les ordrcs du corn tr' prmaneiit, exclaant expreffe-
c ment de la garde de ce polte tous les officers ou
loldjts qui n'auraient pas un mandement particulier
de M. le marquis de la. Salle.


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(i) En effrt,les circonftances le travail conri-
nuul d.s inomers pAfes et le d lire.iu inm -nt
pr .f(nr.poLiv.liuint fet-ils tfiie pliioin,.-r ,ict qia're
adnliil'.!:'.nt':tlrs municip:.ux fpe p.('.'ncalii. a hi potra
dt-s l' ilhcries dais u- defbiordr' bizarre ct ourrnnt
'arhetique, pour rn cvr)ir une dapucazion de cenc
mn.mbres de I'AITfm!,lIe national
(z) L.es canons n'onc pas tre tires ians ce mo-
ment, parce que d.ar' I,- .defotir t d v-ilie, ils
avaient ert depiplacs pour I lei.eC d" la Palit-e ec
U.- tens a iwanqtlie pnur les reta *hir f1ir la place do
I'hbte.-dc-villw *.vu ;t I'arivee i,-: dspuics.
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Qu'on s'efl nbhfin6 i les prendre pour des tranf-
'igcs qui voulaitit s'tchappvr tt qui avaient f-bri-
u6 les pouvoirs don't ils taient portturs i
Qu'ils avaienr vainement demand a et&re con-
u'ts, foit au difirict, foit au comite du tfirict,
bit devant le prefiient ; vainement off'.rt iLs uns
t les autr:s de rlftcr en fitages et de rdpundre
c la v'rite fur leur tete, pourvu qu'un iteil
'einre eux obtint tA liberrn de continucr 1i
oute ;
Que le Peuple artroupe et furieux voulait qu'cn
es pendit fur le champ ou qu'oai leur coupat la
:te i
Qu'au r;.itieu des menaces et mnme des coups
|u'on1 I:ur adrcflait un des o'idats citoy.ns Ite-
:onducteuts, avit requ dans la jout. un coup dt
bayonntcttm ;
Que cot accident ayant un peu calind l'effervei-
cenc i.s avai,:nt obrcnu einliu d'errc recondaits i.
't::It-dc-viile, bus l'cfc-,rte dt plutieurs foldais
citoyens.
Les 6lecteurs ont fclicitd leurs deputes en k$s
erribraffant t ils ktlir ont trani'nis alors tous Itc
deta:;s fatisfaitirn qu'ils venaient d'apprendre.
M. l); laigiie l'un des prelildens d2 I'AffombWle.
eit Entre et a dit :.u appi nmint '1s grand-& nou-
velics Ljui \icrnent de porter l'allegrefle dans le
coeur de tous les bons (itoyc-is, et I'arrivee i
l'iitel-de-v;lle d'une deputation .t: I'Affemblee na-
tioiialo, i, n'a poihit etd arrt&e par fa fluxion don't
on volt lh(s marques, t.t qu'il u'a pu refifler au defit
de paItair la )oiu publique.
M M. I)uvcyricr, I) lcutre Fauchelt et Legrand
de Saint-Rene envoys vers la dicpuitaion de I'AI-
femblke niationale, ont renco :re M M. les deputies
la port des TuiL-riks, fur l'efcalier ir.6ne qui
done clans lia cou: toale.
M. IDuvcyri.. r, adreifint l par le i M. le marquihi
de la Fa)ytte, vice-prCiiden;t, iur a dit:
,) Mcliceurs, nous fonmn. s d.pL.tes par 1'affemb'/'e
des eltkcteurs pour rccevoi Ics ai.g s i paix q'~e
l'Aflcmblee national nous envoi : qu'tele dai,:ie
exctifer le petit nombre et lextericur neglige des
deputies (I).
Ces parol-s ont et6 a peine nrendues au n :ilieu
d.:s acclai-oations don't Ics airs retcntiffaicint, --t de
mI',-prcl mtnLt doe toir ls citoytuns, donut M vl. les
,&ep'c s de l'Afmai.:l;e national ne cherC'.aicni
point a ic garaiimr.
Cette augulte compagnie eft parvenue a I'hoiel.
de-ville par la place du Carroufel, la rui Saint.
Nicaife, la rue Saint-Honore, !a iue de I1'Arbre-
ltc le quai dc l'Ecole, le quai de la M-giifl ie, le
quai de (Tvres, le quai Pkllerier et la place do
I hotel-dc-vile dans l'ordre qui fruit:
La march etait ouverrte par les cavaliers du guet
et deux detacheniens des Gardes Francaiifes et des
Gardcs-SuilftsIels setaient luivis &ds oiticie rs de la
prevotee de I'h6tcl, des otfci1.rs de Ia :r-l[:ce pari.
liunne, precddes d uni tronpctte, niarchaitn t enfuite
MM. les deputes de l'dleinbelte rLes 2L-ccurs, et
immtndiatement aprs iMM. les d.purts de I'Af-
'mnble national, preceddt de deux hu:ifiers de
cttte Affemblee.
Plufieurs detachemens des Gardes-Franiaifcs ec
de la milice parifienne fermaicnt la marchlt et bor-
daient la haie.
Depuis l'entree de Paris iufqu'a I'hItel-t'A:-ville,
MM. les deputies de I'Affr-ntb!e nation-le n'onc
entendu qu'un cri continue: Vive la Natio i, vtve
le roi, vivent les deputes 'Ious les bras etai1-nt ten-
dus vers eux, tous les yeux etaient remplis de lar-
mes; des fleurs tombient fur eux de touctes lcs
fentres:i amnais fpfctacle plus maieltueux n'avait
etonn6 les rues de la capicale. Le patriotifine fcul
en faifait la pompe et l'ornement.
S Arrivs fur I'efcalier de I'htwl-de-ville, MM. 'Is
Sdeputes de 1'Affemb'ie narionale ornt trouve MM.
tPons de Votrdun et autres electeurs chirg'-_s
Spar l'affemblke de les attendre, et de les mutrC.-
Sduire (z).
i Et au moment ol ils fe font prefenCs pour enter
- dans la grande ile M. Morsau e Sai .t-Mery et
tous les elecreurs pr:3fens fe fouit avancs au-devant
,d'cux jufqu'i la porte.
La eraiide falle etait remplie ,,non feulem~nt de
Stous ls elocteurs mTais encore de tous les citr ycls
-qu'clle pouvait contenir : i painc avail-on pu referver











les places fuffifantes pour MM. les d6pute's de I'A-
femblee national.
M. le marquis de la Fayette, vice-prhfilent de
l'AfTemblee national-, M.'Bailly, M. I'archeveque
de Paris, M. l'abb6 Syeyes et M. le conite de i
Cie:mont-Tonnerre ont pu 6tre plIces au bureau
A c&t, de M. le prefidcnt de I'affemblee des elec-
tei's ; les autres d&putes fe font confondus avec Ik
c tnU. s.
II etaki difficile d'arreter, de fufpendre feulement
los applaudiffemens les cris de joie, ce tumulte
atren irillant de I'allcgreffe publique.
Elfi L., on a f.it filer.ce, et M. le marquis de la
Tavt. e portant la parole, a protionce un dif'cours
pl in d- cette eloquence qu'ii poffede, ii touchante,
,parce qu'elle eft fimple et naturelle.
M. le marquis de la Fayette a frlicit l'.affemblhe
des electeurs libsrte qu'ils avaient conquife par leur courage de
la piix et di bonheur dont ils ne ofraicnt rcdeva-
il s qui'a la juffice d'un monarque bientaifant et
detr( mip,.
11 a dit que I'Affemblee national reconnaiflait
avec pla:'ir qu, la France entire devait la confti-
tut on qui .alait afl*hrcr fa felicite, aux grads efforts
quie les Pariii.ns venaient de faire pour la liberty
j ubliquc.
11 a racor.t6 comment l'Affemblie national, at-
t itlee de o'inutilite des deux deputations qu'elle
avait envoyees an roi dans la journee du lundi 13,
pour demaneer le ronvoi d;s troupes apres avoir
1' 1tla la nuit la plus agitee dans ie lieu meme de fes
f inces, venait ce martin d'arreter une deputation
cmpoteea de 24 perlonnes, et charge de porter
au innnarque fes alarms et fa douleur, lorfque le
grand-mni.itre des ceremonies eft venu annoncer A
.I'A!tEiiblhe que le roi fe difpofait A s'y rendre en
pcr foVne.
II a dit comment, une demi-heure apres, le roi
rtait entrd dans la fa!le de l'Affemblte national,
fans gardens, accompagne fLulement de Mon/fear,
et de M. JL come d'Artois.
II a annoncd qu'il allait faire la lecture du difcours
pranonce par le roi dans cctte memorable circonf-
tance, et qu'il en depoferait copie certified fur le
bureau pour etre annexee au procis verbal de
I'afftnb!ee de des lecteurs.
11 a dir enfin comment tous les membres de o'Af-
f-irmbee emportes par l'ivreffe du fentiment, fe
font pecipites fur les pas de fa ma'efte, lorfqu'elle
s'eft retiree ont faith cercle autour de fa pertonne
augufte, et 1ont reconduite en triomphe au cha-
teau, au milieu d'une multitude attendrie, et
tranfportde par un fpectacle fi doux et fi nouveau.
M. le marquis de la Fayette en finiffant, a faith
lecture du difcours prononc& par le roi a 1'Affemblde
national.
La copie de ce difcours a det d6pofde fur le bu-
reau, fignee de M. le marquis de la Fayette.
Le difcours de M. le marquis de la Favette et
la lecture du difcours du roi, ont ete interrompus,
prelqouea chaque phrafe, par des app'audiffemens,
par des cris univerfels : vive le roi I vive Ia Na-
sion i
On a eu beaucoup de peine encore a obtenir le
filence, et enfin M. de Lally-Tolendal a pris la pa-
role, et a dit :
Merireurs, ce font vos concitoyens, vos freres,
vos reprefentans qui viennern vous donner la paix.
Dans les ciiconfances defaitreufes qui viennent de
fe paffer, nous n'avons pas ceffd de partager vos
douleurs; mais nous avons auifi partage votre ref-
fentmnent: il dtait jufte.
Si quelque chafe nous console au milieu de
l'atiiction publique, c'eft I'efperance de vous prd-
ferver des malheurs qui vous menacent.
On avait fdduit votre bon roi; on avait empoi-
fonn ftan ccur du venin de la calomnie ; on lui
avait faith redouter cette Nation qu'il a l'honneur
ot le bonheur do commander.
Nous avons dete lui drvoiler la verite : fan coeur
a gemni, il eift venu fe jeter au milieu de nous, il
s'ett n A nous, c'eft-a dire ia vous il nous a de-
mande des confeils, c'eit-ai-dire les v6tres. Nous
l'avons porter en triomphe, et il le meritait. II nous
a die que les troupes etrangeres allaient fe retirer,
ct nous avons enf le plaifir inexprimable de les voir


s'eloigner. Le Peuple a faith entendre fa voix pour
comhber le roi de benedictions, routes los rues re-
tenrtiffent de cris d'a!legreffe.
ii nous refte une priere a vous aireffcr. Nous
venons vous porter la paix de la part du roi et
de I'Alfeimblee ;'ationale. Vous enes g-nereux, vous j
&rcs Franqais vous aimez vos femmes vos enfans, !
la P.irie i 'y t ,lu u dc mauvai. irtoyens parmi
vous : tout Aet came, tout eft paifible.
Nous avons ,jmird I'ordre de votre police, de
vos distributions, le plan de votre defenfe i mais;
maintenant la puix doit renaitre parmi nois et je
finis en voes adreflant au nom de I'Affemblee
national les paroles de confidence cle le fouverain I
a dp.ofics dani le fein de c.tte ffoembhlee. Je me *


50
fie i vous c'et-la notre voeu ; il exprime tout ce
que nous fentons.
Ce difcours, interrompu fouvent par des tranf-
ports qu'il dtait impoflible do rdprimer, a porter
I aflemblWe au dernier degree d'cuthoufiainme et de
fenfibilite. Los citoyens qui environnaient M. le
come de Lally-Tolendal, I'ont prefl( dans Icurs
bras; une couronne de fit urs a ert jetre fur lui du
fond de la falle : on a voulu la placer fur fai tte;
il a r6file de toutes fes forces ; il a tented plufieurs
fois d'en fire hommage ai 'Affemblee naticnale,
en la dirigeant flr la ttte de M. Bailly, fon premier
prfident.
Mais malgrd fes efforts, la couronne a &t6 pla-
cde et revenue fur la tete de M. le come de Lally-
Tolendal ; et dans cet etat, il a det porte et pre-
fent6 par la fendtre i la multitude qui couvraic 'a
place de I'hltel-de-ville, et qui fef it tout retentir
de faon allegreffe.
M. Moreau de Saint-Mery, president des elec-
teurs a pris la parole, et a dit:
Les fates d'une monarchie qui a deja dure plus
de treize fiecles, n'offient point encore un jour
aufli fulennel que celui ori les auguftes rpre:cntans
de la Nation viennent lui announcer, au nom du
meilleur des rois, qu'il lui eft ptrmis d'etre libr',
de cette liberty qui eleve I'honme jufqu'a la hau-
teur de fa deflinee.
Dites, Mefieurs, A ce roi qui acquiert aujour-
d'hui le tire immortel de pere de fes fujets, que,
dans la neceffitd de rfiflter a des ordres defaLrtux,
noits n'avo-,s jamais doute que fon coeur ne les dd-
favouit. Dites-lui que nous fommes prers a embraffer
fes genoux ; dites-lui enfin, que !e premier roi du
Monde eft celui qui a la gloire de commander a
des Franfais. |
A ce difcours les memes tranfports ont iclat&.
Un de MM. les deputies de 1'Affemblee national
a profits du moment le moins tumuitueux, pour
annoncer a l'affembloe que le roi coRfirmair et au-
torifait le rdtabliflement de la milice bourgeoife.
Mais, lorfqu'il a parle des Gardes-Fran;aifes, le
mot pardon etant dchapp6 i I'abondance et i la fa-
cilite de fes paroles, un murmure general a reclam6
centre cette expreflion, qui fans doute n'6tait pas
propre a la penle de M. le ddputd de I'Affemble
nat.onale.


Un grand nombre
trouvaient au milieu
jufqu'au bureau, et
ils ont dit:


de ces braves foldats, qui fe
de la falle, fe font fait jour
l'un d'eux portant la parole,


Qu'ils ne voulaient point de pardon, qu'ils n'en
avaient pas befoias qu'en fervant la Nation ils
avaient entendu fervirle roi, et que fes intentions
aujourd'hui manifefttes, prouvaient affez a toute la
trance, qu'eux feuls peut- rre avaient ere veri-
tablement fideles ai roi et a la Parrie.
M. le come de Clermont-Tonnerre, invite par
tous ceux qui I'environiiaient, a detruire cette im-
preffion faulfe et dcfavorable, a trouve fur It champ
les exprefions les plus douces et les plus ingenieu-
fes, pour ddvelopper les idees les plus nobles er
les plus vraifes fur la conduite des Gardes-Francaifes;
et jamais fans doure 1'eloquence du moment n'a
produit un plus grand effet.
M. I'archeveque de Pat is avec cett(! onction
pallorale qui n'elt que l'expreflion de fes fentimens,
a exhorted tous les habitans de Paris a la paix ; et
il a propose que, fans fe feparer, I'Aflemblee fe
rendit a la metropole pour y rendre graces au tres-
haut par un Te Deum folennellement change.
Cette proposition a net rescue avec une fatisfac-
tion general.
M. Moreau de Saint-Mery, pr6fident des elec-
teurs a pris une feconde fois la parole et il
a dite
D'anciens defenfeurs de la Pattie, egards par
klurs chefs, ont eu le malheur de fire cou!er le
tang de leurs concitoyens. Ce chtf a expi6 fon
errEur; mais ils font encore en notre pouvoir.
Abandonnons leur fort aux repiefenrns de la Na-
tion ; que danis ce jour il ne foit pas question de
crimes, de chatimens. C'eft au moment du triom-
phe de la libertY qu'il convient d'etre gernreux.
Les coupables front aftez punis en nous voyant
jouir du bien ineltimable don't ils voulaient nous
priver.
L'affemblee en a faith la promeffe par une acclama-
tion general.
Au moment odl MM. les deputes de 1'Affembl6e
national fe pr6paraient A fortir, routes les voix
fe foint reunies pour proclamer M. le marquis de
la Fayette commandant -g general de la milice Pari-
flfnne.
M. le marquis de la Fayette, acceptant cet hon
neur avec tous les figncs de respect et dn- recon-
naiflance, a tir faon 6pdee; et il a fair ferment de
facrifier fa vie A la conservation de cette libfrtr
fi precieufe, et don't on daignaitc ui confitr la
defense.
Au meme infant routes ls voix ont proclame de
mime M. Bailly pr6v6t des marchands.


Unte voix s'ef fate entendre, et a dit : non pa
prdvot des marchands mais maire dt Paris.
Et par une acclamation genirale, tous les aftliltan
ont replte : oi : maire de Paris.
M. Bailly s'eft incline fur le bureau, les yeur
baignes de larmes, et le coeur tellement opprtiQfe
qu'au mi ieu des expreffions de fa reconnaitlance ,
on a feulement entendu qu'il n'tait pas digne d'un
fi grand honneur ni capable de porter un tel
tardeau.
La couronne qui venait de rcompenferl'eloquence
patriotique de M. le come de Lally-Tolendal s'eft
trouv6e tout I coup fur la tCte de M. Bailly, ec,
malgre la rififtance opiniitre de fa modeftie irrtire,
la main de M. 1'archeveque de Paris a retenu cette
cruronne fur fa t6te cimme unl homage i toutes
les vertus de I'homrne jufte qui avait le premier
prefide l'AfTemblde national de 1789, et jeit les
premiers fondemens de la liberty FranCaife.
Toutes les voix fe font encore r6unies pour de-
mander avec de grandes inflances I MM. les deputies
de I'Affemblee national, fon intercefion aupris
du roi, pour obt-nir de lui Ic rappel de M. Necker
et des autres miniftres don't les ennemis de la Nation
avaient f,)rce 1'eloignement.
Avant de fortir, M. le marquis de la Fayette,
M. Bailly, M. l'archeveque de Paris, et M. le
come de Clirmont-Tonnerre ont demand I M.
Moreau de Saint-MWry, president de 'laffemble,
qu'il vouhlt bien nommer quelques dlecteurs qui
viendraient a l'archev&che inft'uire plus parriculie
recent MM. 1 s deput6s de l'Affemblee national,
de tout ce qui avait etC fait, et concerter avec
eux ce qui pourrait etre fair par la fuite pour Ia
tranquillity de la capital.
Les electeurs nommds pour cette commiflion ant
etr MM. Delavigne, l'un des prfiidens de 'affem-
blee, Duveyrier, fecretaire, Deleutre, Chignard,
.les Roches, Boucher, Taflin, le Couteulx de Ia
Noraye, Ganilh, et M. le marquis de la Salle.
MM. les deputies de I'Affembl&e national font
i fortis de Plhitel-de-ville dans le meme ordre obferv6
i Icur reception, et ils fe font acheminis vers la
cath6drale, environnes de plus 300 electeurs, et
fuivis d'une foule innombrable qui leur adreflait let
p!us eclatantcs felicitations et les voeux les plus
empreffes pour le retour de M. Necktr et desau-
tres miniftres.
Au moment ou MM. les dputes de l'Affemblea
national font lortis de l'hotel-de ville, la procla-
mation de MM. Bailly et de la Fayette ayant 6t6
repandue dans la place, ces deux gendreux citoyens
ont etd entours preffes, einbrafles par la multi-
tude vraiment enivree.
M. le marquis de la Fayette a 6tC entralnd par
un group immenfe.
M. Bailly, arrete au milieu de la place allait
devenir la victim des transports dornt il etait l'ob-
jet, lorfqu'un electeur self hitr de raffembler 18
Gardes Suiffes, a I'aide de defquels il eft parvenu
debarrafftr M. le maire.
Place au milieu de cette garden, I la tCte de Ia-
quelle 1'elec:tur lui-meme a voulu marcher, M.
Bailly a d te, pour ainli dire port julqu'i la ca-
thedrale a travers une foule nombreufe qui les
larmes aux yeux et les mains levees au ciel, s'e-
criait vive M. Bailly, vive notre privdt des mar-
c/lands !(i)
M. Moreau de Saint-Mery, prfident, eft reflt
dans la grande falle avec quelques dlecteurs, pour
rdpondre a routes les demands, et furtout aux de-
putatiorts des districts, qui venaient exprimer les
divers fentimens dent Uls etaient agites.
Sur ces entrefrites, un par ticulier a dtCd entraind
au milieu de l'Aifemblee par une foule armde qui
l'accufait hautement de s'tre incroduit dans let
fouterrains de la Baflille, pour execurer un corn-
plot qu'il s'obftinait a cacher: on montrait deux
piltolets dent il avait etr trouvd faifi, et qui pa-
raiffaient depofer des mauvaifes intentions qu'on lui
iattribuai:. Cet home, au milieu du tumulte, a
dit fe nommer le come de Saint -. Marc, et qu'il
avait ete envoy par un district, avec d'aurres ci-
toyens, pour examiner ii les fouterrains de la Baf-
tille n'avaient pas quelques communication: s dan-
gereufes. Mais il avait ete trouv6 feul, cette cir-
conthance coiitrred;f'': fon rdcit; la foule qui I'avait
faiT et don't il etait environne, manifeftait le plus
dangereux emportement.


Cependant I'arrivde des d&putrs de l'Affemblde
national difpofait infenfiblement les efprits i plus
de moderation et, ce qui la veille edt ete fans
doute impofible, l'affemblde a obtenu, apres quel-
que rcfiftanck. contraire que Ie come de Saint-
Marc fut renferm6 dan les prifons de I'hotel-de-
ville pour 6tre juge enfuite par un confeil do
gueiic.
On a fait la lecture d'une ddlibdration du diflrict
de Saint Jacques ct des Saints Innocens, par la-
quelle ce district arrete :, Que la Nation ayant


(i) Le Peuple ne connaiffait encore que ce mot
pour designer l1 premier oi'cier municipal.


__~~ ~~ ~I __ __~__1_7 __ ~b_~__ I __ ___ _____~__~ _


__ ___ ~___ ____ ~I I __










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et6 trempie nombre de fois par des confeils don,- mut
ncs i S. M., qui tendaient i porter la plus forte tict]
attminte I la libertt 4e la Nation, I'on doit fe gar- anci
der bien plus que jamrais des embflches etr maneu- em|
vres qui pourraient 6tre employees pour rendre ,
inutiles les fucces obtenus par la milice parifienne, des
conjointement avec les troupes patriots. trac
En confluence ordonne aux patrouilles du dif- les
trict de veiller plus que janmais a la furerC des ci- cile
tovens; trial
Et invite le comitc permanent a s'occuper dans nyiv
l'inftant du traitement des ti onpes na ionales et (
itrangeres, qui ont montre un eice patriotique; de par
les caferncr fur le champ et de leur demander le dan
depot de leurs armes, la tranquillity des citovens dec
1'exigeant, ct n'etant pas niceflaire que les troupes et
reg!ees, arrivAes cejoird'hui foient armies fe
pref:ntant commie patriots, jufqu'q ce que I'har- rec
mionie foit retablie entire la Nation et le roi.,, i
Sur la Icctule de cette delibiration I'affemb'e l'e:
Sarr&r~ que, relativwment au traitement d.s trou-
pes il en ferait refir6 i M. le rrarquis de la rec
Favette et au bureau militaire ; et fur les autres ob rie
jets, qu'elle ne pouvait qu'approuver les precau- del
tions prifcs par le difrict de Saint-Jacques et des les
Saints-Innocens, fans approuver neanmoins une me- M
fiance exagree qui contrarierat les minfures a me
prendre pour rdtablir l'ordre, la paix et la circu- et
nation. d';
Au milieu de cette deliberation quelques ci
tayens font entries avec precipitation, difant qu'il
failait porter les fecours les plus prompts a la Sal-
p6triere don't les prifonniers etaient revoltes. M
L'affemblee a voulu favor les caufes et lesljeffets et
de cette insurrection ; et les citoyenF ont dit quun A
diirict cherchant des armes, s'etait tranfporte juf- A
qu la Salpetriere et s'etait empar6 des fufils des
foldats preofds a la garde de cette maifon de force;
qge les prifonniers infiruits que leurs gardiens du
etaiint defarmes, avaient enfonce, deux portes, et ui
que l'on n'avait trouv6 d'autre moyen de les arre- ful
tdr que de murer uue troifietne porte. ,
Ainri c'etait furtout des armes qu'on demandait ~'
a I'h tel-de-ville. cd
IUhotel-de-ville n'avait point d'armes; les fufils
de f(.s gardes avaient ete enleves par le Peuple;
et d'ailleurs 1'exaltation des efprits ne permettait n
pas de transporter fans danger des fufils dans les e
rues et hours des murs de Paris.
Dans cet embarrass, M. J llier de Savault, lec- u
teur a et charge par l'Aflemblee d'aller avertir
protnptement le commandant du guer, et de con- ^
cerer avec lui les moyens de reprimer cette infur- f
reaction.
On a faith lecture d'une deliberation du district r
des Filles I)ieu par laquelle penetre de recon- n
ha ifance ct de :a plus vive allegreffe il arrete una-
nim-ment de prier l'affemblde g6n6rale de la comn
muine de Paris de charger une deputation des dec-
teurs de fuplier le roi de vouloir bien fe tranf-
porter dans la bonne ville de Paris pour recevoir
plus immendiatemcnt des marques de i'attachement
et de la fidelity inviolable de fon Peuple.
On a fait lecture d'un arreti du district de Saint -
Andr6 des-Arcs apporte par MM. Fleury er
d'Azincouit comediens fianqais, et par lequel ce
district prie M. l'infpecteur des carriers d'affurer
par fon ferment la tranquillity* du fauxbourg Saint-
Germain et autres quarters fous lefquels il y aurait
des carriers; en lui repond-nt qu'll n'exifte au-
cune mine dans Its carriers foutLrraiie, qui pui!tf
communiqtuer dans aucun lieu, et en pe:-mettant
toures vilites que le district croirait neceffaires.
On a faith lecture d'une lettre de M. Acloqie,
president du district de Saint-Marcel, par laquelle ,
IIVc un attendri/fement que fa plume arrtt e par-des
ILrmes de joi, ne peut exprimer', il prefente 4 ['af-
fimblee des chafleurs de Lorraine qui, accom-
pagnes par des grenadiers des Gar'ies Francaifes,
vi~ntent temoigner a l'hotel-de-ville leur fidelite
pour leur fouverain, et leur amrniti inviolable pour
la Patrie.
L'aflemblde a arrete que les chaffeurs de Lor
ra:ne feraicnt renvoyes au bureau militaire, pour,
apres avoir prete a la commune le ferment requis,
erre incorpores, s'il y avait lieu dans la milice
parifienne.
On a faith lecture d'une delib rarion da difltrict


des Mathurins, par laquelle cc dilirict arrete una-
nimement que les dlecteurs dui district font et de-
meurent cosfirmis et autorifes provifoiremeAt a
fire conjointement avec Its l.'cteurs des autres
districts tout ce qui ftra iVeceffaire pour I admi-
niftration commune et notamment pour tout ct qui
intitreffe !'ordre public la furet6 et la fubfiflatce
des citoycus.
On faith lecture d'un rapport prefentc a 1'Afem-
blee par M. Dufourny de V :liLrs ingenieur en
chef de la ville de Paris et de la commune, et du-
quel il rfulte que M. Dufourny de Villiers fur
un ordre a lui donned par M. le marquis de la
Salle, commandant en chef de la garde bour-
geoife, s'tft rendu au chaitreau de la Baftille pour
en vifiter les fouterrains entire lefque!s et ceux
de Vincennes on pretendait qu'il y avait des com-


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M. Moreau de Saint-Mery a rendu compete de
l'ordre qui venait d'etra donne a M. Dufourny de
Villiers pour le meme objet. On a penfe que Its
trois invalides pourraient ne pas erre inutilts a
cette recherche ; et traveftis en cochrs de l'hotel-
de-ville on Ics a faith p rtir pour donn.er dans,
la Baflille meme 1-s renfeignemens don't 1'expe-
rience et la connaiffance 4es lieux les rendaient ca-
pables.
MM. les deputrs de l'Affemblee national et
MM. les electeurs afft:mblks avec eux dans la fall,-
des gouverneurs, apres avoir regle quelqu-s obj.--ts
important a la tranquillity publique i et M. le mar-
quis de la Fayette, apres avoir donn' les ordres
neccefaires i la manutention militrire fe font rtti
res, avec parole de fe rejoindre a fept htures
.ans la m'me falle : il tait environ deux heares
du martin.


$51
ntcations, felon un grand nombre d'avis et par-
ilieremnent celui du nomme Pierre de la Porte, tis,
ien foldart du regiment de Navarre et paveur N
ploye par la villei tel-<
Qu'il a parcouru toutes les parties acceffibles ne 1
cachots et caves, et qu'il n'a reconnu aucune I1
:e de communication bouch.e fous la cour et rt&
tours du chateau ; qu'il ferait d'ailleurs diffi- n&r;
qu'il en put exifter une de cette parties cen- C
e, qui eft entourie de foffes creufes jufqu'au fown
eau de la riviere ; yen
Que la communication ne pouvant exifter que de I
les dehors de la coatrefcarpe il a cherche aut
is la cour et fous les bitimens qui correfpon-
it a cette contrefcarpe du c6ot du fud-oueit, nce
qu'il n'a rien trouve. des
Qu' anfi autant que I'extreme confufion qui
ine en ce lieu pris d'affaut a pu lui permettre .ui
a reconnu qu'il n'y avait pas lieu de croira a
xiftence d'aucune communication u
Que fur I'autre objet de fa miffion qui etait de
:onnaitre tous les foutcrrains et galeries de car- enl
res par lefqtiels ou pourrait s'introduire .I,
hours au-dedans de la vifle il a comipulfe tous
plans qui ont pu lui erre commnuiques !, l'e
. Renard architects, en I'abfence de NM. Gu(i!a,- a
)t architect-- du roi charge de ce department, pa
qu'il a trouvd feiulement queiques points digns pa
attention, et qui feraient l'objet d'une recherche
ivie, pour laquclle il attendra des ordres plui ,e
endus iC
M. Dufourny de Villiers finit par declarer qe ie
M. Cloufier electcur du diilriCt des Mathurirns, 3
Cellier prAfident au district de Saint-Andre-ds
rcs, depute-commiffaire a I'affemblee des elec iurs la
I'httel-de-ville ont bien voulu l'accompagner
ins cette recherche ,. tf
L'alfemblee a remerci6 M. Dufourny de Villiers d
u foin qu'il avait mis dans cette recherche : nai, :(
n autre fain a reclame fa foilicitude. Tra.iquill
ir la crainte donnie de queiques communication, a
vfc des poltes encore occupies par les trou'e- elk l,
e I'a pas ete fur I'exiltence fhuppofee de qutlques c
achots inconnus, dans lefquels gemiratLnt encor,.
es prifonniers abandonnes.
En confdquence, quoique I'affemblde fut tres-peu
ombreu'e, M. Mqreau de Saint-Mery president,
t M. Garran de Coulon faifant l:s functions dL i
eerkraire, ont exig6 en fon nom du ze'e d.
M. D)ufourny de Vil iers, une feconde vfite ,
in quzm.nt deflinee a la recherche des prifonniers
[ui pouvaient exifter encore dans les fouterrairs
le la Baftille et ils lui ont delivrd I'ordre qui
uit :
,,Nous autorifons M. Dufourny que I'affem-
b)le des Olecteurs de la commune de Paris a com-
nis pour vifitrr ce martin les fouterrains de la
Baftille effectt d'en rechercher les communica
:ions qui pourra.ent etre avec les dehors de Paris,
I fc concerrer de nouveau avec !es gardes qui foit
a la Baftille, pour en vifiter les cachots et fur
tout pour fauver de la faim et de tout autre accidetr
Is prifonn ers s'il en exifte nous en rapportant,
a cet egard, a fon zlel e i a ion humanity bicri
connus -.
Les officers de l'arcquebnfe font venus rapporter
qu'il paraiffait encore dans la champagne quolques pa-
trou lles de dragons.
A onze Ihtures et demie ou environ MM. It
marquis de la Fayette le marquis de Tracv, lK
co!nre de la Tour-Maubourg, Ie marquis de la
Coflte, font revenues de l'archev&che avec M. 'e
marquis de la Salle, le baron de Cadignan, De-
leutre et Boucher, electeurs.
M. Moreau de Saint-Mery a qnitt6 l'affembl&
pour patter avec eux dans la falle des gouver-
nieurs.
Ces meulieurs revenaient a I'h6tel-de-ville, fur-
tout pour avifer aux moyens de delivrer prompte-
m-nt lS victimisiS qui pouvaient erre encore ei,-
glouties dans les abiines de la Baftille et fur F'exif
tence defquelkls ou avait alarms leur fenfibilite.
On avait parley d'envoyer a leur recherche Ks trois
invalides que, la veille dans la mati:lee, MM. Du-
veyrier et Dileutre dtaient parvenus a fauve des fu-
reurs de la multitude, en les faifant mettre dans hs
prisons de l'h6tel-de-vilie.


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(i) M. le maire a defire, et I'affembibe a appn'-nuv
quc le fait fuivant fcit configne en note dans on
proems-verbal :
Le-s commis au bureau des voirures de l1 cour,
n'onr jamais voulu diI:;s c( tte circonftance prendre
l'argejtr de M. Bail'!y, hi di'alit que dns ce jour
d,, fete er de joie ils n avaitnt ul6 ainfi avec
tous ks deputies de I'AfL'mblee natioiale.


___ ___ _ II_ _1.. __~_~___=__r*----rr ----~- ~' ~ ~-V-~--


_ -- --


IM. Legrand de Saint-Rend et Buffault font ref-
, et ils ont pafle la nuit dans la meme fall.
i. Bailly a ete reconduit de la cathedrale 'a 'ho-
de-ville par l'lecteur et les dix-huit fuiUfs qui
'avaient pas qui.te.
a pris la prdfidence en quality de maire, tan-
au comite permanent tantot 1' aiemblee ge-
ile.
'eft li que, vers minuit, quelques electeurs
t ve. us dire qu'une femme deguifee en home
ait d'etre arretee i qu'elle etait dans la cour de
I'h'tel-de-ville oi le Peuple allait la pendre fails
re forme de process.
M. le mare elf defcendu fur le champ : l'infortu-
, etait au milieu d'une foule d'hommes portant
s armes et des flambeaux.
M. le maire a voulu 1'interroger : la frayeur ne
iaiflait pas I1 liberty d, s'exprimer; et le tu-
ilte terait fi grand, qu'on ne pouvait entendie fes

On ne cefflit pas de la maltraiter : elle eft romb6e
fin evanouie fur ie pave.
M. le maire n'etait pas connu de tous ceux qui
nvirunnaint ; il ne connaillait pas iui meme ceux
qu! il d.vait donner des or ires auxquels on n'etait
s encore accoutume. 11 entendait dire qu'il n'etait
as en fuiret6.
Dans cet embarras, M. Hay, colonel des gardes
* la ville, a offt=rt fes fervic s M. le maire a
mis c. tte femme entire fes mains et rfos (a garde,
chargearnt d la conduire en prifun, fous prrtexte
u'elle devait ere jug.e.
Et en etffet, tell a 6t. conduite fur le champ dans
Sprifon de 'hotel-de-ville.
Quelques citovens arn s ont conduit devant I'af-
(mb:ee V. 'eveque de Chartr.s, et un autre depute
e 1 Affembl e national qui venaient d'irec arrd-
es comme fulpects.
TIs ont ete reconnus par M. le maire, qui leur
faith les excufes convenables d'une errcur attribute
culement a la confusion de tous les evenemens do
ette journee.
L'affemblee a de plus ordonn6 routes les pre-
:autions neceffaires pour faciliter leur retour i
Verfailcs.
La mefiance tourmentait encore que!ques efprits.
)cs paiticuliers incorn.us font venus dire a I'affm-
blee qu. la denmarche du roi n' etait pas sincere ;
qu'elie cachait un piege de nos ennemis pour nous
fare pofer ILs armes, et nous attaquer avec plus
de facility .
M. le maire s'eft eleven avec force centre un foup-
con que les vertus connues du roi et la furete de
fa parole, ne permettaient pas de concevoir. il a
dit qu'il avait ete temoini de tout, et qu'il repondait
de 1Iexactitude des recits faits a l'afemblee et aia
Peup;e.
Ses paroles ont came les inqui6tudes; mais auffi-
tot les ciroyens ont manifeite 1L ur voeu, et defir6
que M. Bailly fut charge de lipplier le roi de venir
Ie e ndemann a Paris.
M. Bailly a r6pondu qu'il retournait cette nuit
mnme a Verfailles; qu'il n'avait pas la lib rte da
voir Ie roi auflitot qu'il le dtfirait; qu'il profiterait
de la premiere deputation que ['Aflmblee natior;ale
pourrait envoyer vers le roi; mais qu',n ne pou-
vait pas avoir l'efperance de voir fa majefie a Paris
le lend, main.
M. Billy a quitter I'h'te!-de-vile fur les trois
henres du matin pour ret urner a XTeriailles, et ii
a ete conduit par un eccteur, pour que le maire
de Paris, tresp:u connu encore des patrouilles
nombrtufes qui fefaient la garde, n'epiouvit aucun
obflacle (I).
Du jeudi, x6 juillet 1789.
Sur les neuf heures, M. le marquis de la
Fayette, nomme la veille commandant-general de
ia milice parifienne, eft arniv6 d'ns la fall des
Gouverneurs, occupee alors par le comite per-
manent.
Dans le meme terns font arrives aufli, come
ils en dtaicn: conventis, MM. Target, Duport,
le duc de la Roch.foucauld, le come de Cler-
mont-Tonnerre, le come de Tracy le marquis
de ia Cole, le comte de la Tour-MaLbourg, tous
memnbres de 1'Affemblee national.
Ces meflieurs ont etr invites a concourir, avec


j


le com:te perma ient, au retib'liff-ment de I'ordte
public qu" l'ivreffe d'une liberate njiffinte venait
dI renverfer; et de concert av,,c eux le comit6
permanent a reddi et atrt6d u n r:.gteme;!t pour
maintenir la furete et la tranquilltt- de la ville,
et pour- affurer 1'exactitude du fervice d.s pa-
trouilles.


I










On .: piric d!, la demo,!i ion '.e la Badilel; e!':
a e-: ': Ic chramp arrctec ct i'ordre eni a etC
Vt,::Cge :n ces tetues
,,: co-itre -er rnnent e:bli a l'h6:el-de-vil!e,
P'"T ..;:nt au:r;nfe ju!qu a i ertai'ilmnent d'unt
ntuaiicijaare rtuLi-rr ct Lbrimn.nr t ,otm-e. par
'et.ci:ion dcs ,:ovtns ;
A ar.r:e q'-I ia .alti;le ferta t Cmon i: Cans perte
d- t'-rs a;,: n; vsfat: r d:.ax arch',ccret
,:;._ de ci;;gr i'nopra-'cnt de ia de-noli:umn,
It-ls 1:' corn jrci-rtpt die MI. le maryu.s de la
:'.,:-, ch 'rge ds nriefu:es neceflaircs pour Frevenir
icS aCC1iJ:;s.
L, tr ,ur la notiE,-ition de !a .prtinr e ordon-
illcu qua'rc e.ti-t.urs, au'Xquels tdeux ciput-s
S N I \"i :e -.A :,s : A lm bic-, pnationa. cuel-
Jcrncr-." p e'.e:ns a "'*;,,e.-.-.- l',i.: lero:'.t j:;i .., .: ,
m:n re :I rrafpcrtrc:o: fit.r Ie tnamp a h Baf-
riik. ,
II a it: mis en qucflion fi c-t or,:-e ferart figne
par M' S. .s deputes de I'Afirnili.e n roni e
-tFi : i:: t: f ie:.s ad comr.t- ; qu Ucli-U:Si-.s --
tr cux v a\-ie:i: :-.elr d--ja appo.c leurs lign,-
tures.
Ft itl r r- ,cid qu'. l'excep:ion de M. Ic
Tr.a'u s :.a [acttt M%\1. les dieputes de VAti-
f 'Il;h n.t IoUe 1! a-va:t uu au'ue tor;-ar daans Par;s,
iis 1L p. '". .;': ,.iS cola.toarir a l'Uoire joi.ne dc
dcol'.ir i bafti !.* i
Ert i',card de CI. Ie mrq,.Lis de a Favettrr
ui-'nl u-, o::'etant fubolrdnie .. la puiaiTr.ce ci-
vjiz, i! n as\ai ci!t: Ic droil de 'ine txecUt*.r It:-
o:d:es da comrue, et q l'tr. c,;n:; q J_oce i! n= pe;u
vair pa, ordtonner la dno.io:lun li CJia,;.c, ma i
la fire e.-nr.o:;r cn co'iequltnce d: I'or;rc donn-.
a cet cgard par le comite.
Fn et i!-Pinta, MM. Thuriot de la R-'fier. et
?);yea.x c-ectes font venjs dcnander que eiur
d;liiri:, cc,-:oi 2te .in:-LoLis 'a-CulIure, tutr charge
de la d&im;arlition ae la Batillte.
Le crnirn a ar-rdt qae la Baftiie gfrait dem.nci-
par tci us ls di ii ts t:; fen b-le lous 'infpcctiun
cepaep.ad.: du iri .t c Sa:;;r-Louis-ld-Cu;'utn.
L'orre de la I dmolition a &e' fu- le champ
proclaime r 1Ls t:;ni:),.tt;s ,de ia vile dans Ia
Court d- 1 hote. e: cans t(;us ics carrcfo'-rs de
F.tis, a; nomr de M. I :lir.ji..uis de l.i Fa.rte ,
cortn.t.a, daji-ge.rai et e:: pi e icncit d MI '.. '1 ru-
rotr d: la ohlere, elecr-ur du diltrict d: Sd i t-
I.c;Uis-l--C;ultLr; Picaril, C!tCtrur du diilric: des
Bns !annt r.t.aux ; de Cor:,iiriere electur du di.-
t'ict Gce. Ptit Perts ; ct iuvinct elecceur du
district ,aE .uirnte-Elifactih.
Cet o'-j'.t terrni-6, M. T,ga'and de S'int-Rer4'
a fair un r.npo:t fuccinct de 'ettr d;s fulbulfanccs
dans I intii.aur di Paris.
11 a ob,-re h qule a 'Ilupart des prcpos ~ a cette
a rminilliat'n 'n-im:des pa le rc-'A .le des fcen-
l.-ig!ari ts qui \ t:,nciit de f-: palThr, ont pris ha
lUlkj, on ii: f,:,t rcparavrre ; qu- ct-re difp-rutir n
i:;opr.-ee '. s hcrmnes cuai t-n:ti( nt !e fi! Cts o0 -
ra::;or:s ri aii' t"iFiiles (ur j'ap a .v:fi ,.,A ent de !a
c.p'ra'e .-) pol'. !les habitats de cctt- vi!'e imrn, n;L.
;aux Ioit0.Uls ide Ia ami:ne plus tunlfi-f cent fois
qut lla gu iar.I q.'jon vient d'e, arcr ir que dans c t
aia:.do:i des lorfes il deveur iti!r!,ena i -ien d
|Fr.:;irr fur le champ des r ef..rts p-,ur envov: r
anl Ha'-re, Routn fur la rotre, ?a'-s ls nioaii;s
d'-s t.i.\lol: ; en ,ri mot, d-ns t tss It-s endoits
oui doiN\en etre 'es llcds et farinc- ateesaetes pi- r
gou\veri -rmcnt po,ur Ii frdLfiitace I he la capirtil,
e: d'etabiir i I'inftant un (oiitti de fubiiiiances
charge fpcialem~nt d,- firveiu-r 1- t depart, Ia raar-
the, la d;tribution ides bleds dans Ics mnouii.:s, et
l'arrivee dis farineiis a halle.
Sur quoi et d'apres plufieuas obfe'virinns fires
tour-a-tour par M. le nmarquis de la F-'avrtr ,
IMM. Moreau de Sint-M;y 'I',rzet, Pa:uc::l drs
starts, et aai.es, il a ete !njninTtmcnt arrLr de
for:ner un comitr de fubfiflancts, et de liifer
la faeeffe ct i I'activite di, mnembres choilis I:
foin des p" cC U:iois qu'Il elt po:i;ble d& prvo';r
dans des ciivconatances fi da;g rules, pour f.r
acceierer la mnarclihe is c( n\'-i p':r terre et p r
ear, r.querir la force mili:aire p',ur emr&iher le
p!!age ct ia depr dation fuirvsciler la dil!:ibur<,iu
ds farin.s a 1haile rcglr ci;fin touts les ope-
ratons Irelatives.


Ce com;ir a 6t, I'inflant ,-'ne compofe de
MM. I~egrand dZ Saint Ren-, I)eleutre, Btouc!;er,
Gibert Bancal des Iffarts Talffia, Puffault et
Vevrard gr'fri.r die Ie'ville.
Et ccmmrne M. de Montaran, ii tendant du cornm-
merce, et M. )Doumnere, il .i vai-nt .:t6- cha-ges p;:r
M Necker d'afhats cofi .!rbles etit bleds et fa-
rin--s, s'cta;ent rranfport:s au cornr- fur i'invl3ation
qui leur ctn ava;t 6t6 faite la veill!e, ils ont (t'-
p es d'- cominunicuer .ux membres du comnir rtous
es rcnfeiu-nemens et toutes les instructions qui etkicnt
en ,eur p<-uvoir.
Ce comnite de fubfiflances a &t6 filr le champ
en ac;i\itr-- ,!ns I'appartement de I'h6tel-de-ville
OC< uipe par M. Vevtard, qui a bien voulu Ic l'ra-
poflr, ct Iabanldonit:r a ccer ufage.


Ft pour premiere operation, i a pris 'arret
luivan: :
SLe b!eA q'ii fe trouve actuellement i la halle
;'era tranp,,r:e fur IL champ dins hes d'ifrens mr.oulins
pour v &ere m u!u fans dIjai.
II rfaura prcter attenr:on ~i ce qu'i! ne foit
Jiflrtiiue p'our ch. que moluin que la mouture de
"4 heures. MM. lI)uort-du-Trttre EtiLnnc de la
Ri'e.e et Lcroi vou iront bien fe charger de la
urvc'l.;ance de c r: i outru- ainfi que M. Gallet.
(omPnl-.in nt ie d'ifrict de Slinr-ti'flache et autres
otmiirs qu'i!s )u-eront convenabl s.
f ra dlivr a cet ectet, des ordres par un
des principaux oiii.-rs die ia nIt'ice prifi. rne, piur
r ,a;aitir Ic tr :c.f' rt dts gtairus et la rentrre tdc la
:arine i la hal'.e, f:,ias la fauve-a:de des patroui ks
dis diff:rcns diliricts. ,
M. Dcleutse a ete charge de fe tranfp rter ,
i'lcol:-\lilita're pour v verifi:- 1'etat ct la fitua-
rio-i dts a;ppro\ifiinnemes qui pouvaient y etrr
n.m;,ngalines ; et pour Ie mettre en .:at d'executel
Cr cc crmmitfion, ii lui a e;e done I'ordre qui
tui- :
Laiffez paffer librement NM. Deleutre, electeur,
et mern.re du co6nite des fubfiflances, poar ailli
'a.rtout ofu ii lui plaira. ,
M. de la Favette a propof6 enfu;te de f rm-:
.'e m:-e un colrrit inilirat e qui It rait fpec'ale-
mnit change ce reaiiger un plan a'organiifa:ion pour
;a gardc hoargcoi;e.
Et, fur fa demand!, il a 2 t& autorif pit 'e
.c: ... p--rrancnt, a ecrire a tous les districts,
.'our t.s inv-tcr a en'.'oyer i I'htel-de-ville chacin
u:i citroy:n e;u, et charge de trrav,iiler avec h.
c.mmanTiant general, d- ina!nitre que le comitt
mi'itaire ferait compote de foixante citoyens choif-s
ibr cniit par les foixante divisions de la capi-
ti e.
Ces detail de guerre ont detourne un infant
l'atrtentirn ur les pou.lAres fI:ifis p'r le Pclipl ,
fur 1-. poudres tranfporrees de la Baftitle a i'hcte-
ie-viile.
MM. les deputes i I'Affenblee national oni
voul.i favor quilles precautions avaient ere prif-.s
poar la g.ird: et la distribution de ces poudres.
Alo:s un mcn;bre du comity perma,.nr a rend
co npre ,,e tousies dai,acrs courts ct :e t(,us '
f; is p:is par M. i'aboLe lc fovr.. Iui cr,..i.i
a ctt:e gardc et i ceire diffribution depuis iur.d,
denier.
11 a dit que fur-tor't dans li jowrnee du marJi:
M. l'6bbe itefcbvre av\,it enu i utmtr centre i impru
dJclce autax,t que coitre la fureur et I impatience
tiu PcupA'.e
Que ceux aui ne tiraient pis des coups de pif-
to:Ls da:ns le mag ifin pour l'i;li:ridcr, s'a.::u:ai. n
au inoins, pour le b:aver i fumtr leurs p'p s 1 r
I--s birils
yu'il tfllait alos arh.ter 1Is pines i un 1li,
v.ye'r!:a:it pout avoir le dioir dc l s bifcr i
Que dans a nuit du mardi au mercredi, I tra-
vaii t:e la difirtburion avdit &e fi rJpide ct ii co':f-
aoir, tuele diltiuteurcu n'avait pas rtncore eu Ic
t.nr:s de longer au per I evident dc dilrtibuer d& i.
pouwire eii cornets, dans u nlocil etro.t, a la l,,.i-r
e p!uLf:.urs carnde'les loifqu N Mi. le ch valier
e Saudir-:'. et Un el-creur tlurant da"s le nagafin
!ur Ls (ItUix h-ures du nation, lui avain:n ffit re
m r :ur l apcr l ape fulfuru :ul e e a poudre airil
?,it:e i paxi;dait dans tou. le :,:.ga n trt que Ic
ftu tihs chait'eilts n'ava t lufqu'a.ors epargne que
,ar unie tfpcce de Inirale i
Q'e depuis cet a' is falutaire, on a pris le pari
d' :, vironner l.S chandelles d'une tfeile d. pj-
pier i
Que les follicitudes de M. l'abb6 lefebvre ne fi
f, t point bornteb I la garde des pour, s; que
i chtarte l'a jortc:, dans la j /urnee du mardi, jiufqu'a
fi.e 6iltribuer, de fes deniers, du pain et du vin
mux honmnes affames qui venaient aliieiger Ion ma-
gafin i
Qu'il a bien voul:i de me'ne fe charger d'achetcr
tous Its futi!s 'ue lets vagabonds voulaient ven'-sre,
cr de lurveiller a .rde des t ntes, nmt.lats ,
cnuverturcs ct autres objets enleves du Cha.np-d,.-
,!ars.


iM les deputes de I'Affemblee naton.de ont
C't mnus de t.,nt de preuves d'un fi grand ze!e:
ils ont clharng 1; ccomire pemranernt d'n rtemoigner
!'ur satisfaction i M. I'abbe Letebvre et de co:-
.lirvtr -i la commune par tous les proc-des ch--rs
an patriotifme, ILs services inappreciabies d'un 1i
vertu.-ux citoyen.


Dans e mme terns, I'Jfcmblnbe des el';ctcufs
fut formie. MM. Garran de Coulon et Pons de
Verdun renlanti compete de lIur travail nocturne,
ont dir que prefque torte la uit s'eft pafire i r-
pondre aux demanJes tres-multiplihes que les gardens
des diff4rens districts ont formees, a concerter avec
eux les mefiures nece'liires pour la fIrete publique
ct I'approvifiaunement dc la vile, i recvoir d&s


letres ou des indications fur le meme objet de
la part de plufieurs villages des environs, i exp6.
dier les pane-ports n&ctlaires ;
Que les details re!atifs i ces dirffrem objers fe
tfnt multiplies, qulis fe fnt fucc-'ds avec tant
de rapidity qu'il a ere imoifible non-feulenent
de dreffr un procs-'verb.l darticie par article, mais
m&me de retenir la n,,te de tous Ics ordtes (uonnes,
foit verbaltment, foit par icrit;
Quc dLu'c particuliers ont etd arret&s par les
patrouill-s et conduits 1 l'hrte.-d,-vil- ( ), qu'ils
ont ordoiap6 de Is garder jufqu'i la rormt:ion
de l'aflcrnblee pour 6ere pris' un patti fur leur
compete ;
Que neanmoins, M. le vice p*li.;filzt a fair fubir
un inierrogatoire fonmmire a cJui dCe cts particu-
liter qui a ete ameue Ic premier dauns un moment
moins agite ;
Qu'ils ont remiss fur le bur ju !a minute dt: cet
inttrrogatoi e fC)mmaire lignte de M. !e ,.ice-
prelid nt et de M. Maiquttt, vice-lcc:;taire, pour
etrL annexee au prf'tnt pr.),cs-verbal ;
Que les ordres deja donnes pour la vifite doe I
Battille ayant fouff.rt quelque ditficu!tk dans leur
cxecutirn, ct L rapport de M. I)utourny laiifait
beaucoup a d&iirer, ils ont done de nouvea.ix
'rdres our u:ie viflite plus c xacte et plas (com-
)lttct, recomm.indantr, fur-rout avec les inflancet
ILs PlAh1 vivs, ai M. )utfourny ingenicur, de
vifirer les tours et les cachors de cctte fortercflL,
pour s'affurer s'il y avait encore quelqies pei-
lonres qui y fln-nt detenues cormne plfieut.rs
cijrnyens ei avaient pluli-urs fois temoignd I&
crauite i
Que plufieurs deputations des difflrens diflricts
font venues demander la demolition de cette prison{
Mais qtie cet:e crane de plufieurs captifs peut-
erre encore dten.s dans des cacho:< i n~rres, ce
qiii avair dit dans la journey fur l'utiiire don! cette
torttrtffi pouvait &:re pour la detfnme de Pa;is, et
cnfin I'abltn e de prefque tous les membiLts de
l'iff'- | I !c I-s ont emp&eh.s de fta-u:tr ur cette
demand -, ct cdordonner fur-le-champ la demolition
de la balille ;
("u'ils o't renvoy1 la d2lib&ation fur cet objet
irF,rorant a l'af:lmb',de g-n'r.:le;
Qu't-n:re tnw,tes les perfonnes arrt'er on a dif-
tinf'uc ui i,->, qu'is onr c'u t.lvo-ior tLir; recon-
,iu;re au i.il1t:ct qui l'avai: arr&te;
Que M. R:iad chandelier de l'Arq'jebuer et
-lecreur, r t X. ( ;Ifiin ,"maridanr d' ue patrouile,
i- ,oitt pr"' n,.s ;oir fire lup.er un ditt. rl;j entire
iix, fur un J,!rj fine de M. Ic marquis de la
A'le er adr-f au conmmradan: de hI Bafli!!f, d'ou-
riia I-s frc ,-tr .is Je -ctte fortrrefle ai M. Iicard,
et a M. Elie, ofii.icr zu regimnntt de la ceine
Qe M. ()!!'in conianan ant 1i patrouille une
des L:orts d- II Bafti!l, leur Nv .it refAfC l'enrree,
prctenda'rt ne pas conniitre la firn..ture de M. Il
marquis de la S.lle; m; s que cette figniure ayant
et: certified Mi. OiTJin 1'1 teq.is acre tie i'ofre
a-C'il f.tait de co;.cuire lui-meme M. Ricard a la
1adii1e.
MM. les cotr.nmiti.rcs nomnmes la veilie pour fe
rendre a I'archevehie avi.c MM. Ils d &pt.ci de
1'Aifembl:e nationa!e, ont rendu comnpte d leur
mifioa et M. )Dutyvrr, I'un deuc, a dir:
2Qu'is avai. nt accompagne MM. les d put's de
l'Afienblce wationale a 'eglife de Norre-DI.rne;
()Qi'ls avai lit afni T e a, rT Deuwn Iolen'eitlemncnt
cO.in e au milieu d.s a-claa;aions m nlie tt di'u bruit dc-s canns, de II mor'qicterie
er des tarn' ours des (azd;s-Fran:iafes et de la nai-
lice pari,> nne i
Que .'. 'e marquis de Ia Fayctte n'eft arrive qu'i
la fin du Te Deurm, puiice qle, d:'pui, l'h6t.l de-
iik jufqu a Notr-)-Dame il a erte arrete, enrbralTe,
torte par la multitude qui s'empr ifait fur f~s pas;
Qu'adp'.s le Te Deum chanted, i's avaient fuivi
MM. Ls deputies dans une des falks de I'arci-ve-
che, ec qu'ils avai heure du matrn ur 1, fi atiiofn de 5a capitaie, fur
l'cut d.s ftub!il:im:c~s, f.r les precautions prices pour
Ie rrcouvreunmnt d s 'troits d' lntrces et des iia.po-
litiors, pnu: !a lib-rte dc Ia pofte, pour le service
de la I1.le, et tous l.ss autres objects de ia pt;lice
interirure i


Que M. Ie marquis de la Sa!le, aprts avoir affure
M. le marquis de la Fayette qu'il s'tirnait heureux
de remnettre le comnmndement-gen~6ral rn des mains
aufli pures que L5 finnncs et de fervir fous fes
or r-,'s, a parfaitemrnt inflruit MM. I%1. deputies de
1'r.r!re rfg'6 pour le service mi;itaire, et pour la
det r.f ci la vile;
Quc MM. Ites dputes enfin ont paru fatisfaits des
m-lur. s prifc-s, et tranquilks far les meiures a preaoi
dre pour la ftret pubiique
i I I i i __II I I II -

(i) Prefque routes les perfonnes arr&hrs etaient
cnnduites au bureau militaire, ou au cimjt' pcr-
manent; ce don't le procis verbal de i'rffmblee ne
peut pas fair mention.


"~- ~ -z -- I












Qie fur 'alarmne donnee i quelques uns d':ntre
eux relativement aux prifonniers qu'on dt,ait etre
encore cnfevlis dans les cachots inconrus de la
Bafuille, ii a a t6 obfrvc ,lue les invalids trains
la veille ,i l'hoitel-de-ville par le Peuple en furcur,
ct mis en furete dans les prifons de cot hotel ,
uiirriient dotiner fans doute des notions particu-
ieres fur l'exiftence de ce1 cachots, feulement foup-
jCnnes;
Que MM. Boucher et le baron de Ca i'nan owt
ite envoys i I'hotel-de-ville pour chciLher ces
iivalides i
Qu'ils font revenues a l'archevechA avec les in-
vaitdes habillts en cochers de I'h6tel-de vile, au
rjImc;It ou M\'I. Ils d puts de l'Alfemblee na-
tion.ale part i,nt iks uns pour fe rendre Ver-
faillcs les autrcs a I'lio6el-de-vil e
Que M. le marquis de la Favette, avec MM. Boai-
ther et le baron de Cidignan, ont dui ramnener les
i;ivalidts 13 l'.6tel-de-vile pour lks envoyer de la
i la Baitilie avec leks infitrutions neceflaires;
Et que MM. Bailly Deavigne, Deleurre et le
marquis de laSalle ont di6 de mnme revenir a l'h6:el
de-ville avcc MM. de la Rochefoucauld, omte d,.
IA Tour-Maubourg marquis de Tracy Duport,
Target ec marquis de la Cofte.
M. de Corny s'eUQ pr encu6 i l'affemblie et i!
a expole que fur les delnandes multipl:Les de tous
les diltricts, et conformmemcr i la'vist d. q,.elqucs
deputies de l'Affemblee national*, reffld i Paris,
et actuellement prdfens au cornite permn'.tn les
membres de ce comite avaient cru devuir dunWiie-r
un ordre pour Ia prompted demolition de la Baltili-:,
aprEs toutefois qu'elle aurait tti vifitee par deux
architects charges de dtriger I'operat'on fous le corn-
inatidemt nt de M. le marquis de la Sa le, qui pren-
drait lt-s mefures ncceffaires pour prdvenirles acci-
dtns i
Que I'affemblde ptifquf'elle eft form6e ne pe&t
p s s'occuper trop tot d'un objet auffi important,
avec d'autant plus de raiion, que Ie comite per.
n!ai'nc reconnait lui-meme que la d6moliiron de LA
lfuiilie pour etre plus regulierement faite, doii
itre dccidee par la commune.
On a vii que, pendant !a nu;t, M. Garran de
Coulon avail renvoye It meme ob)et de la decifio
de I'.fiemblee general.
lIa ma:iere a et4 mife fur-le-champ en delibera
ti n ; et ape:s avoir long-terns balance l'avantag
de conferver cette fortereffe pour la dftinfe d
Paris dans tin terns de guerre ou d'oppieffin nou
velle le dartger de la conferver, fi elle devait fervi
de retrraite encore au defpotifme et a la tyrannic
la gloire de ne laiffer i nos derniers neveux que fo
fouvenir, et la place oil elle exifta pendant plufieui
fi.cies i
I.Tffcmblte a arretk qu'elle ferait fur-le-chimp d(
mnolie jufques dans fes f<,ndtmens ; que M. Jal!it
te Sav.ult de Mont'l:zon et De.apoize, electeur
tt architects, feraient rrepofes i I'infpection 'i
cette demolition coacurleiltnent avec M. P. yk t
archicctre de la vilL- ;
Qu'il leur ferait donnd en confequence un ord
fine par *es officers de l'alfftmblee, et par I,
n.,mbres du comile Ferrmanentt.
M. Mitouaet de Bauvpir a rendu compete de
d:I'putation don't ii a ete charge her aupres de mi
dame la ducheffe dOrleans.
II refulte des details don't il a faith part a l'affe:
blee que cette princeffe a faith i fon ddputi la r
teption la plus honorable et I1 plus flatteufe ; qu'1!
la charge, avec cette bonct qui lui eli natuell
d'kxprimer i l'affemblee des electeurs combien <.
etait fenfible i fon attention i (t qu au fouper auqi
M. Mitouflct a dtm invite, les gentilshommes et 1
dames de la fuire de la princdfe ont port av
une franche et loyale a!legreflet, la fante des b<;
citoyens de Paris, et des courageux vainqueurs
la Baftiille.
En finiffant Ton rapport, M. M;touflet de Eea
voir a laiffle fuir le bureau le certificate par leqT
madame la duchdfe d'O(rl6ans attelte Iue le Faqi
& elie remis lui etait veri:ablemtntr adreffe.
M. M toufiet a laiffd aufli fur le bureau le ni
des pterfonnes qui etaient duns crtte circonftat
aupres de la prhiceffe, er qui ont demand.;, cornm
une faveur, q!ue leurs ntomsn fuflent confi. nbs d
le proes-verbal du jour : ce qui a etc arrtd.


On cft venu annonc,,r
Deitis eta t en al.rmn,.s,
des troupes du ct.6 de
0


que I, fan\bourg Sa'nr-
qu'on avait vu s'avancer
kl Chapelle.


I.'aflemble a penfe que I'ar.parition de quelques
unii;ruumes fur la route d-' P.Ris a SaiOt-D)nis, pou-
vain etrc ia ta.,fe i:nocer., d.: cc-tl rameur et
nianmoins elle n'a rieti voL.lu ngliiger pour la lucte
de la ville, dans ua moienc ou la prudence leRi-
time admittait au moins I. vigilance la plus active
etila plus fcrupuiikufe.
Fn confequnce elle a charge# MM. Brilantois-
Mavion 6iecteur du diitict de S'.in,-Jofuiph ; Lrm-
Iarll dui dil riCt ie Saint Scvcrin ct Mah.i,.'t, du
di fict des PetiEs-Aut-ulins,. di air jul',.'i Saint-
Deris, s'il eait necelairi:, pour verifier Ia situation
des troupes.


MM. BrilLntois Marion, Lombard et Malfinat font
parties fur-le-chimp.
On a obferve qu'en ordonnant la ddrrolition de
la Baftille MM. les i cectuirs n'-vaier.t pas fans
doute eu l'intention de liver au pillage et i la def-
truction les archives de cette tortercffe, ce depot
de pieces originals et precicufcs deflindes peut-etre
a jultifier dans l'opinion de la poiterite, Ics efforts
fairs centre la tyrannie et pour la conqukce de
la liberty'
Qu'il etait du devoir de 1'affemblke, et des fen-
timens patrionques qui la dirigeaint de veiller
avec une attention paterieclle a conferver lcs preuves
.tirhentiqucs de tous les exces du pouvoir arbi-
traire ; cCs preuves qui, placees au milieu des
monumcns hiitoriques de ce ficcle, feraient dans
l'avenir le plus ferrue rempart des droits de l'hu-
maniti.
L'affemblde, frappde de la fagelfe de cette ob-
lervation, a arrete que MM. Dufaulx, de Cham-
fcru Gorneau ct Cailleau, dlectcurs, ieraient nom-
ines commiffaires a Itffet de fe tranforner fur le
champ i la Batlille, pour reunir tous l.s papers,
iivres lialcs cginfres qui p-uvent s'y trouvcr,
pour le tout etre tranfportr par les commiffaires-
elctr.urs i i'abbaye Saint-Germain-dcs-Pr s ct
rdunis aux autres FapiAcrs et regiftres, qui deja y ont
te apportes.


Les memes
fairt remettre
biortheques et
en i'alf mblde


commiffaires ont eit autorifes a fe
totites les clets des archives, bi-
burc aux pour dtre par eux apportes
des electeurs.


E,.tin, par le meme arretd, I'Affemblie invite I'
C.Stes hls perfonncs qui po'lrraient avoir recueilli F'
uiilques papers de Ia Baflille, ia les apporter a et
hitel-de.ville. tr
al
MM. I)ufaulx de Chamferu, Gorneau et Cailleau d
)nt fortis pour aller remplir cette commlition *
u'ils olit accepted. p
On a obfervi que cejourd'hui 16 juillet, etrit
e jour du tirage de la loterie royale et qu'il q
tail indifpenfable de pourvoir i ce qu'il fat pro- p
ede i ce tirage dans la forme accoutumee, en y n
oignant les precautions neceffaires pour affurer la c
:onfiance publique et la liberty de 1'opcration. i
L'affemblee pregnant en consideration It befoin de 1
:onierver l'ordre accou:uin dans les operations I
)ubliques a arrete que le tirage de la loterie royale 1
iura lieu auiourd'hui coinme i !'ordinaire, et que
M. de Crofne fera invited A prefider i certte ope-
ration, malgri fa demiiiion donnee et accepted.
Arrrte en mime terns que ce tirage fera infpect.
par la presence de M. Gauran, lecteur du dif-
trict de Saint-Euftache ; Perrie: 'aina dlectetir du
diflrict des capucins de la %,hauffhe d'Antin Alix,
citoyen du district des Filles-Saint-Thomas, depute
i I'alfemblee; et Bofcary electeur du district du
Sepulchre.
On a fafi et apportr dans la falle de l'Affemblde
des paquets de letrres et dep&ches des min'itres.
Aprds une coulre deliberation, il a ete arrdet
que ces lettres ferai,.nt poitees au bureau general
des pcftes ,par MM. Patris et Let:bvre, elected'$,
auxqu-ls l'affemblee a faith donner un oidre figne
de M. le pr6fident et du fetreraire, pour quails
ne foient pas arr&ces par les patrouilles.
Et d'apres les observations faites fur les fonc-
tions et Ie pouvoir des cominif-iires nonmmeds la
vt ille pour preflier dans l'h6tel des poftes a la
difirilbution des lettres, i'afembl'e a arret6 que
MMAI. les dlecteurs qui ont ete envoyes aux bureaux
oe la pole, ne de\ai.'nt pas feulemcnt fe borner
a une simple vdrification mais encore l'etendre a
tout ce qui feta relatif i cette verification ; l'Affem-
blee remettant le tout ai lur prudence et A leur
fageffe.
MM. le marquis de la Fayette, le duc de la
Ri chetoucauld, Duport, le come de Tracy le
marquis de Lacolte, le come de Caflellane, le
Marquis de la Tour-M.iubourg, deputies de 1'Af-
ielmbiee national qui avaient pafle la nuit a
Pans, ont ete, en fotnant du comite permanent,
introduits dans I'aff mblee et lui ont exprime la
latislac:ion avec l4quelle ils vovaient i'ordre fe rc-
tabtir dins toutes les patues de I'admii:iltration mu-
nicipale zt le caline qui paraiffat s'affermir fur
des bafts folides.
L'un de ces meflieurs a remis fur le bureau une
note envoyee de Verf ills pouir etre remife a
l'afncmble des eldcteurs ,/et conue eil ccs t.rmes:
L'Afflirblee narionale jouit de la p us entiere
liberty : cle s'occupera maintenant fans reiich;- de
la conttitu;ion du royaume; mas., pour qu' tile
puifle y travailler ians i- terruption et faire jouir
plhttot fes comment .s de la liierte publique, il
cli abfolumintr necc1aire que Ie came f dans la viliieda i. ,... .O. .... r,....;
I'A4 mble national.
On avait dji parlk plufieurs fois d'envoyer au to'
uine deputation chareet de lui prcfentrer le refpect,
i amour et la fidldlte de tous les habitans de fa
bonne ville de Paris et furtout le fentimrnnt dt
gratitude et d'adn.ir.iutio don't ils ,trnt penetrrs pour
la demarche ai jamais memorable cru'il avait
i daig:d tAire la. vcile au i nlicru ide 1 Aflniblee na
Stionale.


.et objet intCreffant, fouvent interrompu par
s les incidcfns qui entraiiaicnt l'artention (ie
rembce a ete mis d&finitivement en d,.lib,-ta-
n; ei quelques debars fur le nombre des deputrs
fier la forme de leur election, ont eti tetmines
r'aric.'r luivant :
I a dt& arrete a l'unanim;td que la deputation
ctl i fare au roi devant etre une deputation
la ville de Partis. ieft important de coif'erver
a maffl generale de la coma .une I'honneur du
>ix des nimeinbres qui devaicnt composer le fond
la deputation autf i a)otLtei au nombre ds
ante perfrnn.-s qui ferontchoiiies danslesfoixante
icts de la ville de Paris tel nombre d'eltcteurs
ployes au bureau d. l'hotel dc ville, qui con-
Mdra. II a, en conleqarnce etC aire', que,
Sle champ, les feiixante difiricts ferai.nt af-
nbles au bruit de la ca;f'e pour pirvenir i
nomination de foixante deputy au non.bre dtf-
dts pourront etrc- choilis les electeuis ux-niemes >
qui, auitft6t ap;:s leur oromin.tion I., rendront
'hotel-de-ville pour coti(Prtit a,.c lts autres
mnbres d la depurtation t ts tnmrciemnens ct
dreffe qui font a fair i fa majeile.
Arrete de plus, que le prt nt arrete fiLra fu
champ imprime et affiche par-tout ol befoin

Les deputies du district de I'Univerfite ont re-
cfente que la prertntion de plufieurs dillrictis.
e faire infcrire et fervir dans la milice Parifieni a
s externes etudians aux coll4gcs, ct mrme les
enfionnaires dt-s colleges et penlions de 1'Univerftej,
tait Vallarme dans les mailons d'. education, et pre-
irait plulieurs inconveniens, dont le plus fcnfible
:tait de dirperfer ces jeunes gens de les fouf-
raire i la discipline i la fubordination de les
bandonner enfin i une vie licencieute et defor-
onnee, qui favoriferait qui renirait iemc ine-
itables toutes les faut.s de la jzuneffe et de 'inex-
erience.
Sur' cette fige observation, l'affemrble a arrdt6
ue tous les, etudians de I'Univerfite, externes ou
'enfionnaires dans les colleges penfions ou femi-
iaires feront exempts du feivice Ililitaire qu'en
:onfiquence, ils ne front pas ten' s de fe fair
nfcrire dans les riles de la miliae Parificnne quo
es diflricts front invites I refufi r ceux qui fe pr6-
'enteraient, a les fire reRvoyer dans kurs pernfions ,
feminaires ou colrgLSs ; et enfini, enjoi dtire a Lurs
oatrouilles d>, refpecter et proteger le libre paffnge
des 6coliers externes, allant de kurs mailons au lieu
ordinaire de leurs etudes.
L'affemrble a port fuon attention fur l'6tab!ife-
ment du coinitc permanent.
On a dit que ce comite ne devait fon institution
qu'a la neccflite des circonflances : qu'une partic
des membres qui le compofaient av.iient etC nommes
par Its citovens de toutes l-s claffes qui remplif-
taient hbotef-de-ville dans la matinee du Inmndi i ;
que certte foule reunie fans ordre, et Far le ftnti-
menrt feul de fon iinuienride ec de fa cclere re
formait pas la repri*f'ntation gale de tous Its ci-
tov ns de la capital, et n'avait pas requ d'eux lI
pouvoir de conflituer un comite pt;rniancnt.
Que les membres de ce conmit qui avaient
ete elus par 1'affemblee dcs electeurs, n'etaientr as
plus vAablemenrt lus, parce que les electeurs eux-
Irwmes a'aicnt ere choifis par leurs concitoyens pour
6lir. des deputies aux E.ats-Ge'net.aux ,et non pour
adminiftrer les affaires municip.iles.
I,'affemblee penktrde de ces Frincipes, apres avoir
aitre long-tMms les moyLtIs de ,ubilituer au comite
ptrmatiint un corps legal d'a.hmniniltrtion ou de
donner aux membres qui le compoeAnt dt s pouvoirs
legitimes, a a:rte ,, de nommer fix conrniitlaires
1ui front charges de pref nter a I alf'emblee le plan
e composition d'un comit- provifoire, qui reunile
SIa legininiitr des pouvoirs une distribution fage de
routes Its functions municipaies. ,
On a fair lec:uire d'une deliberation dui d;flric: de
Notre-Dame qui a nommne i I unanimnit MM. V'au-
train, Delaprelle et Delliaux lup lkans i MM. les
electeurs, e, charges de concouiir avec eux aux
travaux de l'htel-de-viile.
M. Jallier de Savault, rendant compete de Ia mif-
fion dent il a ere charge hi. r et relative i l'emeute
de Ditre, a dit :
Que le rommarndant du Guet etant i Notre-
Dame c'eit avec M. le major qu'il a pris tous Its


arr.ngemen, ;
Qu'vtn de' achenent de cavalerie dte 2z homes,
non employee dans ce moment eli parri pour la
Salpetriere ramaffant dans les corps dc-ga'1.kcs du
GC It tout ce qu'il trouvai, de loldats avec des tufils,
et Its conduifant A cet h6pital i
Que la prerfnce de ces foldits a calm la fedit'on,
nn,'il; y ont IaIle leurt fuhlis, ec font revenues i
Paris, fans armes, avc lks lav.lirs ui I.s avaiernt
accompagnes ,
Que, dans la nuit venant rendre compete au
comite milit-ire de la manierm aont cet ev, ement
s'etait termine ; il a ere acoflt par un parriculier
fe difant tie ion district et qui lui a decla-e en
confidence qte les term, rs -'lieraux avaient tiois
mille tulils italis lur les cotirrebandiers, au depot
dut prohibe a I'hotl d-s titru.i i
F


a-- - I lff -. --~--~--1


,, --- --


I




1 I -~~--~-~-- *-~ ~---- _______mu- -------.


Que f:ntint vivcment rimpottance de tenir
ft: Ir t cet avis, qi i rai ouil ix pouv.uit portel
le PcuiL .iux d' t-iers txc.s .onitrc l1'lit.l des
i'(nc: s et les kimiii s gnelr.iux cux-mees. il a
It CnnL deii le ieplus ,rofuid fe t t au donmnur
da,"is ; ct quL pour pln de precaution ii 1l'.
Co-;.hngrn a d ux f-.I;.i -elkls qui cii effect l'ont
garden tote la nulit a I hokt.ld,---,lle ;
Q it ; lA CL t- ms il 'ctLt tlit donner tin ordre
iigon: du coi,:m..,i ,r-it cn f-cond, qui a autorinC ;
L. tranjp rt) r .1 I I!rce1l ies f.rmies, 1,ouLr idre ouvr:ir
1.5s d o tt o',i.:er Its armcs quLi pe}urrnont s'y
trotsv r, .t 11qui L', lnt J.jlivree.., LarrecoiiijLnce,
a ;x p-t oii,:-.s tie l coc;liti9 p-rinaint noiminerait i
()nu'.,!iour fetil pir e\ t r tolut c'lat dat ig. eix l'h t 1l
de', f riis ; t ciU'Jijpt;s tin terns aflez. long AI.
(i' .r';i;:.c-'it .it ariiv\. ; que ce fermier gen-tral a
fait fur- Ih' c -':. roipre ies potes, ouvrir les ar-
mno,ir,.s : lIk-.. cr-es etC qui'il re s'e, trouve d'autres
arma's ot:. I p : vicu. fI ils A 1'ar'uinr et pr.quic Ili rs
d:tt de clxeirN qu'i! a fait c pmnvaant metrre a

Q('Con a ,,: ti un proc"s-verbal exact de cetre
0o..:.tJ;). t t q ii r ,ulitc d-. fta con\'erfatiion avec
IM. 'i ri uI'i'.'r o ntt eti ft lis t-rIii'rs-c:Ie-
;.:iIx Ltihi.nt fo:ivenu des pri'Ls de ftifils fur ]es
coii1.,;i' s ,1 mnis que c s arincs In'entraier;t poi!t
a Pari, -t leu:w lrvaienti a eqkiper lours commis
uans les provilices. -
N1. AMoreau de S.iint-Me;rv pretfilent, a co.n-
mn:riqui- I'.naflemble ue lC trre qu'il vcniimit d,:
re..,voir de Mil. Blliv, t do.it vcici l- con:cnu :
C't ft avec bien du regret, fonfieur, que je
ne vrous ai pis tmoien hier m.i recoimailLnce de
tout c, qui s'eit p.,ff pour moi de fLattciur a Ia ville.
]1 m: fmibie que c',L vous qii av L eu lb. b,)nti
de me proporc'r pour inaire d Paris ; je vous dois
les iuffi.ages de I',fflnmble Ct vous five. le cas
u.. je fas duL viorre en p.irticulier. J'ai ete oblige
de m- r nJrc, ici fur le champ ; et peut-&re aurais-
je ei qu ..-u:s d6inarches a fire. Vous voudrcz
bien ln'exci.er ; mnis raifons font mon devoir. On
iii'a dit "tIe l'1.ctiol i 1 flattUifl pour mioi, doit
tie coiinrin2'e pir une v. ritable 6L. action: cela me
pa.aiac Itt.l!. Si elle mi'ft favorable, ce fera utine
InoLiVr. 1r o!'ijit on qu t je vous aurai. Mot] coe'lr
eif pen6re d-s bon-s pqte m'ont m.:rquess tous
mes co!rcio,6viIs eI gi 'ral et MMI. les telecteuirs
en pr:,icuili:r. Je vutis fupplie d'etre aupits d'cux
1'orgine de ,ia refpectu.A':-e reconnailfance.
DI,,iinez ar '--r les fentimens d l I'attachement
avec lefqu Is )'ai l'hanneur d'etre Moafieun:, votre
tres-humble &-c. ,
A Veifailles ce i;6 juillt 1789.

L'aiThmbhle a arret6 que cette lettre de M. Bailly
ferait infcrite dans fon pioc:-vcrbal.
On a flit Ltcrure d'une Icttre de M. Regnault,
furnilkur de la marine, par laquelle il offre a
Fal'nlb l -_e, a iy foIu, la Iivr-,, ,iare mili> pcfant
de farine de pommes de terrc qu'ii vend ordi-
n.aircei lent o fous la livre.
M. Regnault afitur2 qu'il les r6duirait ia un plus
bas prix Sil iiti ertit poflblde de 6i nnt-r cette
preuvc de ieon p.i iiotifme et de fon devoument.
L'afl mhblee a a rtre que cette offre de M. Regnault,
agreabl et plr la relfro'rce qu'e le pr., fente, et par
lc fc:,time:n t q:i I'a dlictee fc:rat renvoyee au
buil-au dLs fubliltaices.
L'V. iri'Ct Ice a de m&nae renvoye a M. le marquis
c \\ I 1-'Pavtt et ant bureau militaire un b Allet de
M. Acloque prelident du diitric de S. Marcel ,
avec une lertre e i M. de la Care 1; re, li.utenint-
colonel dts chaflurs de Lor'raine qui price ituflaiu-
mtcnt quol]i ait la boiita de rtnvoyer navec Icrs
chav..ux et le,-r:, armnes, deux patrouilies de ton
regm. nt defti;:ecs a protPger les convois die farinc
t't die blcds pour l'approvifion'r imnt de la cipitale,
tt quti oit ecte arretces par des ddtacheme's (ie la
,iiulice !fins avir cornmis auctin acted. d'hoili6e.
M. Ie marquis de la Fayetre s'c-ft prfi'ntd Ai I'nf-
fcimblee pour lui com'-nuniquer une l.ttre qii'il
vient de recevir die M. le come le (sicrmont-
T'oin:erre, f.cr,-tairc ,ie i'Ai nmblee national: ctte
Irttrte eft adicife a liii, Oil ten 1"o, aof;-tice, a
NlM. idu co-iiite prm;:nert de li'hoti-de-viile ct
content cope d'une aurte I.ttre eKrite par M. le
nnirchal de I3roglie A M. le president de I'Alnm-
blee nartionale.


,a lcttre de M. le coimte de Clermont-Tonnerre
appr Ad i M. le marquis de la Fa,,ctte quI- M. tie
B.r ntiiti, garden 2ds fceaux .t Mi. Ie ';: .rchal de
B.o-li iccicntn t die do;inlr leur dcmifion.
!.a copies de la lettre ecr'tc par M. le marechal
de ru- a M. Ic prii.i il'Ailrcnmblee nratio-
..ie contc:unt cn d&tu-il ic;, or.ires "'d.); es pour le
prompt depart des troupes don't Ie roi lui avait
cojih, le comn:anaileitnt.
L'aff'mbi~ e apr-es avoir enrendu Ia lecture de
c-as d-rtx I, trrrs a arrete qu'Jle fi r.iren, inmpri-
ini::es C a:I; r',.s pc-unr rindr.-s pbhliqus Ics heu-
Lit,uf.s nouv'ti.s qu'ell^S cnti,.nnent.


nfuite t 7. de la I'ayette a fa:t 1' r&cit V'un hvi-
nemcnt qui, fans fun ficours, cat t.r infaillible-
ment trahique. 11 a dit que ve nant i I'hkel-de-ville,
ii a r',v:ontre une ffule immenft q, i fre p ecipitait
avec impetiiolite vcis le cairtour de L!uly i
Qi'il a diemandr ce que c'etait qt!'on lui a re-
pondu : ce n'.l rnc, ; 'efl un abbe' qu'on vazpendre ;
Qu'il s'tlI avancCA promptL.ment, et qu'en tflfet
ila % u un abbe tnvironn6 de quiclqui's citoy.n:v
arms qut c ,: LdfenL icnc avec courage mais quil
ertiient p:e, de c .,dcr an ilombre et i la fureur de
ceux qui /ou''ient iminoler Iabbe fans perinettre
meinCi ,a il tuit conduit i 1 hotel-de-ville i
Q.ae la preFlece ai fLpen.1u I'acharnemcnt ; qu'on
lui a dit que c,:t b'.e etait 1 abbe i,, .ra'tre a
la P.ric ; qu'on lavait trouve nmmi ne tit letter :
ecrite i Vetfaiiltcs, ct dis hlqucllC il promcttait
\o canons, et 40o,o000 homes pour egorger tous
L.s citoyens;
Que I'abb1d .u conmrairc lui a dir qu'il n'trait
point l'abbJ Roy qui'il s'appclait Curaicr que la
lctrtrc- don't on 'arlait eCit unCI excrable fup-
poidlion ; que bien loin de formn.r d&s con-
plots con:re la libeite6 de fon pays il fe flar-
tait d'avoir donnen que'it'ues preuwes de pat:io-
tilIne ; qC falls lprkr dL !"'cs ou ra"is qui tous
i- r.iiLrnt Ics mtiilcurs principes c'etait lui q i,
daiis I'liotcl-de-vjiI melie avair done 1' ,is d i
loix.'nI -,cux c?,,ons ir, a;\' .s au Boui, get .t qui
aivit d: ciide la iccure p)ublique de routes Lks Ict-
trcs iaih .s.
'I. le marquis de la Fjyette a ajoute que, pour
fusvLr ci t abb mc.nace de tools cotes, ii a rii
qu-.i u -meme s'oltrit pcur Ie conduire i I'hotr-l-dc-
Siile et qu'en etfct il vient de l'amener toutou:s
lituvi di'une tfoule considerable qui fi elle n'ol.,it
minl:raiter l'abb6 ne lui epargnait pas les plus
atroces injures;
Qu'arrive a I'hOtcl-de-ville I'abbd a 6el fur Ic
champ reconnu pour 6tre l'abb6 Cordier, citoyen
eiii:nab'e par fI'on zele et tfes intentions pitioti-
ques ; qu'a'ors la fcene a change que ceux mnme
qui pct.rfuiiv.ient l'abbe Iloy avec Ic plus d'aihar-
nement fe precipita;nt fur l'abb6 Cordiet pour
1'ernbraffer et le fliciter ; que lui marquis de la
Fayette a ligne au bureau inilitaire un cerrificat
dans lequel il eft dit que la ;Ville a reconniu cct
abbe p')urutn honnete citoven et qu'il a done
ordre Ila mi!icc parifienne de le reconduite en fiu-
rete dans foa domicile ;
Qu'un moment apres ii a employee les memes ef-
fots pour dLgagc-r M. Soules qui, nomrme com-
mandant de ia laflille mardi foir 14 juil!et avait
et6 violrmmenn faifi Ai on potte par un comman-
dant de pt .ouille conduirt comme un homme fuif-
pect au difir*ict des Cordeliers, et de ce dirthict i
t'hotel-de-vile; demarche 6clatante incotifid6r6e
(t injufe quii avait environn M. Souls d'un
danger evident.
Fn cet infant fe font pref-nris, pTour preter fer-
ment i la Nation entire 1-.s mains de leur comman-
dant gfelln l, les dputes d&s diffrecns corps miiji-
taires t.xiftpns do.ns la capital :
Les ddpoitcs des (;ardes-Francaifcs, ceux d(i guer
i cheval ceux de la mare'thauflfe e I'e '-fl dc
Fron: e ceux de la Conn.,tablfe ceux des (G.ir.l-s
Suites ct des Cfcld.its des ditferens regimens repan-
dus dans les diflricts ceux de la compagniie de
I'Arquebufe ceux de la Bazoche du Palais et de
la Bazoche du Chatelet.
Le fermcnr d'etre fiddle a Ia Nation, au roi et a
la commune de Paris a ete prete fucceflivement
par ces diff rcis corps entree les mains de M. I.
marquis dc la Fv::ette, et cet acte public die pa-
triot:iinme et de fiAtlitC a erC vivement applaud par
tojte Vaffemblhe.
M. le maquins de la Fayette a expof6 qu'il &tit
,1'une importance extrine d'orgaeift r le pis promp.
tcment poffble ct de foamettre i un reglement
ablee et rdgulier la mioice parilienne ; que cette
unionn de citoyens arrres t(tja celbres par Icur
*ourag fi elle relait aitfi fans ordre et ians dif
cipline, guijce par la fI.ule impreffion du moment,
non- eulem;nrt fe;ait exo de a perdre par l.i con-
tufion d-s mouvemrn.rs le fruit de f.s etti,,ts nais
qu'Jllle pourr,!it nmeT fanls le voulor renfr-
nier dans fon fc.n des fCiiiices de trouble et de
divi fon.


Qu'il conv'ienlnit fas dor!te d'incorporer dans
cc co(.ps IiliairC ces biav,-s (;.rdcs Franliaiics, h
diTiLS p':r li uri conduit parriotiqute de la recon-
,ai!fc::: de I. co, Iiiiuiie ; mais qui, difpcrlis au-
ioirdi'nui doins I.s dIricts de lParis fciitcnt e.tx-
iUni s Ic b.loiin d'e:re atiujcttis a une discipline
rngulire ;
Que tout-s Ics comrmuncs du royaumne fc pro-
"l'ant fIns diiic a l.xc nlCe d.e Paris d.' con-
ti r I ir d.f r'n fe inetL'riure a un c,,rps dc cit.,y'-inc
arntes il d fire. que la ville de P.ris donn.- la p;e-
mi.-re le titre qu:i convient r ces troupews ,itoyei-
ncs armncs po.ir la defcnie de la coiAlitution na-
tionale ;
Qiie le titr.- le p!is convenable lui partlit 6rre
Garde Natiora, lec en y joignant le nomn de chaque
ville a la'qulie la garde fr.rirt attrathe ct par
exemple po4i lParis, Garec na:icnale ae P-t,


77




Enfin que I'organifation de ce corps miliaire
de ce corps qui farait nomm Garde ainaiona de
Paris ne lui tcnible legal et poflible que fur un
plan qui ferait t1dle cet concert avec lui par des
deputies de tous les districts apportant et reunif-
fant a 'hotel-de-ville e I vYuu g.nrai de la com-
mune.
L'affernble deliberart fur les propositions de
M. eP marquis de la Fayette a arr&rd que le corps
militaire auquel feraient confides la garde et la
tranquillity de li vile fera d.formais nommw Garde
natiunale de Paris et que ch-que district fera i
l'inltant mnme invite i depurer a I'hotel-de-ville une
perfonne ch'rgee de fa confiance pour concourir
avec AM. le marquis de Ia lavette a la confection
d'un travail qui ectablira l'organiiation et le trgims
de ce corps rilitaire et citoyen.
On a fair lecture d'une d&liberation du difrict
des Premontres de la Croix-Rouge par laquelle
ce conite entr'autres chofes made a I'hottel-de-
ville qu'on eft affailli de propos alarmans, don't le
plus confidt rable tit qa'on a arrtce une voiture
pleine d'habits bourgeois pour en revdtir des
foldats.
Le comit6 demnande que la Ville donne cha-
qute .ior un not d'ordre qu'on ira prcndre tous Is
nl. tins.
11 demande encore ce qii'il faut fire des fol-
dats luiifes et autres foldats qui ne ctffent d'ar-
Iivcr.
M. le marquis de la rayette prefent aa la lcture
de cette d. iblr.ation, a bien voulu fe charger d'en
tiglcr tous les ob;ets comme plus particulieie-
ment relatifs au fervice militaire.
M. Deleutre revenant de I'Ecole militaire oil
il a &et envoy ce mnatin a dit qu'a Con retour il
a ete artist au coin des rues du Bacq tt Saint-
Dominiqu<- par M. de Luc, electeur, qui lui a de-
iande s iI n'Clt pas vrai que le roi vienne aujour-
d'hui i Paris ; qu'i I'inlhant nwme fa voiture a
et& enouree d'une foule inimcrfe ; que touted
les voi x criaient enfemble: ,, Pourquoi le roi ne
vient-il pas ? on l'a annonce hitr mais on trompe
le Pecuple, on I'amufe par de vaines promcffes;,,
Que la foule eft devenue fi confiderable qu'il a
6dt oblige de fortir de fa voiturc de fe placer
fur le fie-e du coc her et de dire a ceux qui l'en-
vironaiant qu'.a la verite le roi dcva:t venir,
mais qu'il ezait indifpofe et qu'il viendrait fatis
doute auffit6t qu'il ferait bien portant.
M. Deleutre a ajoutC qu'apres s'erre debarraff6
ainfi il a coiitinui fa r6ute mais que jufqu'i
I'h6tl-de-ville il a ete efcuii dl- corps le garde
en corps de garden, et partout interroge comme un
hommie tufpect malgre la necefIite de le recjn-
naitre come membrc du comit-e p rinanent, puif-
ciue fa voiture etait ptccedte par uir gard& de la
ville, ai heval et puifqu'il montrait la commiffion
du comitc don't il etait poittur ;
Qu'il a communique ces details an comit6 per-
manent lequ.-l s'occupe. en cc moment d'un arretC
fur la libre circulation dans 1'interieur de la vil:e i
Qu'au furpliis, il a rapporze au comic des fiblif-
tancs qlue tous ls approvifointetmens emmagafi-
tics a I'Ecole Militaire, vcnaicnt d'etre tranfportes
la I Ialle qui neanmoins etait dans un etat de
dertrefle etfravunte ; que pour prevenir une difette
abfiolt e, ii vient de recevoir du bureau la commif-
fion fuiivante :
,, Le comity permanent a charge M. Deleutre,
Plcteur et membre du comite des fiibfifiances &Ca-
bli A I'hi'el-de-vie de fire la verification, et
recevpir les declarations des procureurs, economes,
priuurs ou prieures des mailfons religieufes des deux
fexes de la ville de Paris, de la quantity des facs
de grains ou farinus qui peuvcnt etre dans liVs dif-
ferentes commcnantes, recevoir le fermnient defdiits
fup&rieurs ec depofitaires ; du tout drcffer, s'il le
iuge ai-propos, tout proces-verbal necflTaire. Le
comitr ordonne ai toutes les patrouillcs de refpec-
tcr et de concourir, s':l elft: bcfoin, ai l'excution
de la commiifllion de mondit fieur Deleutre. ,


Qu'attcndu la delicatelre de cetre commiffion, il
a de itnme recu des chcfs milicaires I autorifation
fuivante :
,, Nous autorifons M. Deleutre, membre du co-
mite des fubfiflances, a prenidre dans la milice pa-
rifienne. ..rdes francaifes ou gardes- fuiffcs, les
hornmes qui lui front nectIaires pour remplir les
commifions don't il elft charge. ,
M. Lpf4bvre de Gin'au, electeur, ajoutant I ce
q,,i M. Deletitre vient de dire, et pour tranquii:ifer
I'afltn-mb;!e fur routes les mefures prices par le comire
ies fuifi(lances, a fait lecture d'une commiflion i
lui donnieiet Ltiicue en ccs termes :
Pour approvfionner promptement et avec abon.
dance la cap tale il a ete arrest d'envoyer fiur-le-
clamp pluieurs 6lecteurs dans lcs lieux qu leur
f_ ront indiques, avec ordre de fire tranfportrr, fdr
bonne et fuire garden des farines.
A cet effort, M. Lefebvre de (;ineau a e,t nommd
pour S.nlii,, Saint Deilis (C'r et Pont, ou il s'in-
crmnera quels font les moulius pour le coupte du











gouvernement, ou pour lea perfonnes par lui pr&-
poC'es.
1o. 11 verifiera les qualities de grains que les
meuniers ont recu;
oQ. Ce qui a e6t convert en farines
3. Les quantities de fairies dija expedi&es i la
Hallr ,
4. Cc qui en refte a exp'dier i
50. Enfin, ce que produiront les grains I moudre;
En conf6quence, il fera partir fans delai toutes
le farines fires, et prendra des mefures pour que
celles a faire n'eprouvent aucun retard dans leur
expedition.
II fera comm .nA" a cct effet, au prix convenu
de gr! a gri, routes les voitures neceffaires pour
la c Lritr du transport.
h9-A.efebvre de Gineau eft aufli autorif6 fe
fiire fuivre par un nombre de voitures qui lui
f'ra convenable, et a prendre un rombre de facs
videos, pour prevenir ce qui pourrait en manqu.r
Chez7 les meuniers.
Et pour plus prompted execution du prdfent man-
dat il demcure autorife ai fe faire accompagner
p.ir les cavaliers et employer d'.utres moyens de
ircrt:e.
11 1Ce fera dgalement delivrer des ordres par M.
le marquis de la Fayerte commandant-nn&raIl de
la milice patifienne, ou autres officers fuilerieurs. ,
Certe commilfion eft fuivie d-- l'ordre donni par
IL pouvoir executif, ainfi concu :
S II frra dot;i.n, par MM. I-s officers de la mi-
k1ce patifienne tous les moyens d'excuiter I'ordre
ci do.irus et les troupes qai feraient jugees ne&ef-
faires, en leur recomman4ant de fe conduire avec
1:o plus grand ordre.
MNIM. les officers de marechauffhe font pries de
dinner tous les fecours neceffaires. *
M. Lefebvre d, Gvi'niu a ajoutc que plufieurs
a',t s el S ccutrs avaient et; charges d'une commif-
fi,,) f.idiblatble pour tous les lieux circonvoifins.
M. de Bonneville a 6e' envoyS avec la mnme
co ,Vini'on A Vernon, Mantes ct Mtulan.
MM. Bril!ant.-is- Marion Lombard et Malfinat,
cnvoyes par 1'affemblee fur le chemin de S Denis,
pour icoinairre le motvemrnt poflible des troupes
pof .-s dins cette ville, font rtyvenus et oant dit
qu'l s ourt et ;ulfqu'a S. Denis; qu2 ricn n'a paru
L-utI 'iitqaer des intentions hoftiles de la ;'.rt des
r,:gim :.n tationnes dans cette ville ; qu'i!s ont parley
au gene;:al qiii 1-s command et qu ils en rappor-
ittnt la r.poticf fuivante:
,, MM. les deputts de la ville de Paris s'etant
p !Int,,'s a moi -pour executer la miffion don't ils
ct.:,irnt (haces pi la commitlion ci-deffus et
iI'ayauit d mn:ad; fi j'avais des orders pour faire re-
tr; r Ils trou,)ts uui leut Ai mues ordres, je veux
bi'n d-'clarer pour la tranquillity de la ville, que
je n'ai ;,ucun (,rdte hoflile contr'e!le ; qu'il y a
11 t:it a;piicnce~ Ue u ) lc third t roii pi, a i.n recc-
I oir p ur f[tite retirer k s troupes, et que j'ai men &.
arti., a Claye le regiment de la'nault qui vtnrit
ki. Mais je previtiis de ne pas laifler approcher
C.:s ;ens armes dans la pltine et a ponCe de S.
Lenis pace que je fcrais force de les repouffer. :
S;'ie, le hbarmn de FALCKENHl-YN lieutenant-
f,:;u rld des arm&nes du roi, commandant les troupes
a S. Denis.
L'Affembl6e a arrtne que la r6ponfe de M. de
Faltkenheyn ferait fur-le champ communique a M.
de la Flavette pour qu'il plt dJnner les ordres et
JiA.iquer les precautions nceflaiies.
Los daput's du difrict des Filles-Dieu ont etC intro'
dnits, et ils ont present i A AfflTmb'ee deux offmciers
du re3iment de Provence, avec un proc&s-verbal
drcfe d.ns le,rs dithicts, conftatant que ces deux oti.
tiers avaisnt etr. arre:s par la patrouile la cinq-centrs
p.>s des premieres mnifns au-deffuLs de la Chapelle
an mmniment ou ils montaient dans un cabriolet.
Qu'ils avaient diclare n'avoir d'autre objet que de
promnc'nc: Icur cheval ; t qu'ils avaient fur-le-champ
cii!;inti i fCc lailfr coaiuire au district, et de-la s
'iteo:tl-de-ville pour fe faire reconnaitre, fi 6r
l'cxigeait;
Que l'un d'cux a dit fe nornm'r M.de laProvoterie
capitaine ; et l'autre M. de Noir el, lieutenant at
r gin nt de iProvyice ;


Quoe le bureau du dilirict des FillesDieu n'a trouvc
au furplus dans ,a co i.uite ds ces dt.ux officers
et dans leurs difcours, que la plus grand. honn6-
tere.
I.r' deput's ajoutaient cependant que quoiqui
cv.s d ulx offiicrs parafft nrt Ie pas ctre fuft:ects, i
faltait ufer de (irconlpcction .vec eiux parce qii
Its citoycns qui Its .iViLnt arc!tC- s tt conTullits at
dil!rict preteniaie'nt les avoir furpris occupies
examiner, avec lb.-aucoup l'attenition, les avenue
etla situation dL! ifauxboug.
U.'anembl6e encore frappt''e de !a r'ponfe afiT
hoflik: d'" M T I baron dc Failck nheyn a adcidi
que kcs deux vfiki;tis f ralent coudLi.Is a Mi. I mar


quis de la Fayete, pour flatuer ce qui conviendrait
I ltur egari.
Le com;te permanent a fait paffer a l'affembloe
un arret- qui ui par.ii autv~t rau't i iidifpenfable,
que Its ordres donnIs hier par l'alfcmble rtlati-
vem.nt au retab!iffem 'nt des b.rrieres, n'ont 6t6
que tris-imparfaiternmnt ext;cutes.
Cet arrete, que 'altffemblee a approved fans ba-
lancer, eft ainti conc u :
Le cormite permanent conFderant que les reve-
nus de la viic la fubfiftance Its hpitaux et les
depenfls indifpInfablcs de I'adminiftration, refolent
fit la peiceptiori LXacte dis droits d'entrce, elioint
a tous les commais d&s batrires de reprendre leur,
pofi, (,et de ptrcevoir tous les droits, tels qu'ils
etaient percus ci-devant;
Statue que tous les districts preteront nombre
fuflifant d'hommes come certains difricts l'ont
Ileja tait, pour ctablir a chaque ba:rictrL un corps-
de-garde propoitonne i I'importance de la bar-
riere.
Ordonne que I s receveurs coniinueronrt de ver
fer les deniers de perception dans ks caiffes orAi-
inaires, comme il en etait ruf ci-devant.
Autorife MM. les commifliires nommrs a cct
tffzt, ai fuvre 1'euycution du prefent arrkt6, lequel
le'ra imprime e t aitiche. 3*
Le bureau de police a fait parvenir a l'affembIhe
in pr .jet de proclamation qu'il jage rnc. flaire
d.:ns Its cirtonfrances a.tuellcs, et qui eit conqu
en ces terms :
cc La circulation eft retablie dans l'interieur de
Paris et fur les routes, de maniere que touces les
voiurcs bourgeoiies pubiiques et de place ne
doivent erre arretees par aucune patrouilc.
I,es patrouilles pof6es aux barri-res pour la fdreti:
de la perception des droits, n'arreieront que !a
fiitie des fubfiltances et le transport des convois
d'armes.
L'es voitures, de quelque efpece qu'elles f,,ientr
n'auront d'autre contrainte dans i'int.ricur de Piris,
que d'alltr au pas ou au pctit trot.
LJes spectacles front ouverts, et les promenak!
public ues frequcntdcs come a I'ordin,,ire.
Les boutiques les atteliers, les manufacture!
front rendus leur activity o;dinaire et tous le
citcyen5 font invit-s avec intfance a r p.ndre par
t rt 1'orAre et le caline, et a pourfuivre avec vi
gueur les perturbateurs du repos public.
Enjoint aux patrouillcs de tenir la main a 1'exe
cution du present arte6t. ,
Lecture faite de cc project de proclamation, 1
,nariere a et6 mife en deliberation et vivement d,
battue.
On a penf( qu. I'intention des m:mbres du co
mite, de police etair veritiblement utile et lnuable
que me;ne elle avait dte figemenr dSte;minee pa
I1 rapport de M. Deleutrr et par les obstacles qu,
,e m -inmbrc du comitre venait d'ep'rouver dans I'm1
terie ur nine de Paris pour I'txection d s cc m
millions don't il dtait char. m.is que l'cff-et de ct
aireti, pour la libre circulation (crait peut-err
un pe ppU cipit6 ; que les efprits dtaient encore nai
tes par des alarmes continuellc s; que les ci cnifl
t:>nces rendaient pour ainfi dire, Ia tm'fiance I'gi
tim' i qu'il ne fuffifa t pus d'affichrr \a conafiance poti
!'ir;fpirer, et qu'il etait acraindre qu't.n voulan
ha er le r'tabl;fement d'une libre circulation, or
n- fit que le retarder.
En confequence I'affemble a arrete qu'il n'
avait pas lieu, quant a prefent, a delibrer fur 1
project de proclamation propofe pFr le bureau d
Police, en le confervant neanmoins pour en fair
S age lorfque le moment propice ferait arrive.
M. Mazer de la Tule, ingetnieur, connu par i
cajtivite de trentce-cinq annres la l atnille, a Vin
cennes, a Charenton et ai Bic&re, en vertu de
lett:es-de-cachet obtenues par la marquife de Porn
padour, et plus connu encore par fon ovafionde !
SBaifiil ia nuit du iS atiu z6 fevrier I756, s'eQl prd
fente pour reclamer l'tchelle de cordL et les autr:
indrumcns par lui fabr;ques dans la B;'ille, pou
a rendre foin evafion p;fli.:le ; ces objers fe trouvan
au nombre de tous les effects qui onut te apportc
de la Baflille a l'hotel-de-ville.


a L'affenbl-e n'a pas balance a ordnn'r cettr rePi
tuiion leitinnc, et NM. N\I;zer d- la 'utde a tZ ai:
torife a erm'orter fon echelle tongue de iSo pinds
et les autrLS ianti umens accdlfoi'es : moi;um uis pre
. que incroyailcs de fon ad-eiIe et de fa couilta.:ce.
M. Damove electeur et president du diffrict d
e Sainte-Margnerire a r:prefenrt !'extierle niifere d:
il ouvr'ers du fauxbou;i Saint-Antoine ert la n, ii:
c de difitibuer du pai;fl Ir-reut a ceu2 quLi nl'av..ii
u pas mang5 d puis 24 har-es ; et M. Dam.ioye a allui
i que le nombre de ces i ,foeunes erait confiderarlle.
s L'alTemblee a autorife M. Demoye L fe rttirer:
cornire des fubfidtances pour n ,brtenir ftir-le-cba,
un L:cours inAiipenfable, le r.poiant p,iur la )ul
z difribution, fur la faflTe de sct 'lcteur.


I On a propruf dti fire lecture des d.ibirations


que les diffricts peuvent avoir envoy~es dans la jour-
nde relativenmnt i la nomination qui leur a e:it
demandee d'u,1 depute pour fe joindreai a depu-
tation que I'alfemblte a decided d'envoyer au toi.
Le difrict de Saint-Fuftache declare unanimement
qu'il deilpproutve la d6putation q .e l'afrmblee des
electeurs ie propofe d'envoyer au roi, pour le re-
mercier do la tranquillity qu'il a r~eablie dans P.ris,
attend que cr.tte tranquillity n'erant point effec-
tu6e, on tie doit, quant a pre'tnt faire aucune
ad rffe de remcrctment pour un bienfait announce,
mais non encore confomme.
Le district confent feulemert que la deputation
a fire demand au roi le renvfi des troupcs dans
les garnifins, I'eloignement de.s nruvctaux iilnii:res
qui out tr ompe fa religion et le tappel d'un nli-
nifire qui etait cher i la Nation.
Le district de Saint-Nicolas-des-Chanmp declare
qh'il n'y a lieu a d libcrer fur ia nomiiatio;i diuut
depute pour fire des rnmerti- ens attrendu qu'on
regarded cette deputation comme pr mn. turee.
L.e diffrict de Saint CGeimain-l'.VAux .rrois a arretm
unanimtm.nt qu'il n'y avit lieu ni i deputation,
ini a remercimlens au roi
Les autrcs diltricts ont confenti i la deputation,
et nummn des d% putes.
AM. le marquis de la Fayette eft venu infiruire
l'aflembl~,e dts ordres donnes et (its jugmint s rcrdiis
pour atlurer la traniuiillitc pubitque ct il a dit
qu'eintre autres difpofitions nmiitaircs, avarnt app;is
que li rule des cmrieux fe precipitait inprudem-
i;ient fur les decombres de la Baiflille dont la de-
molition Ctait deja commence il a cru devoir or-
d inner part'culierementt r i& compagnie de l'Arque-
bufe d lfe rendre a la Baftille pour y naintenir l'ordre,
ecartLr la toult des curieux ou*gens mal-intrntionnes,
* et preserver I:s citoyens des accident inieparabies
de la demolition de cette forttreitie
Qu'il a r cu prefq.ae en mnmt-tems la reponfe du
baron de Falk nheyn que l'aliCmble a bien voulu
lui cnmmuniquer, et les deux oftticiers arretds aux
environss de ia \ilette; qi'en fe conformant aux dif-
pofikion prit-s par le commandant des troupes de
Sde Saiut-IXnis, ii a c:u devoir retenir les dcux offi-
ciers prifonniers fur leur parole ; qu'il lkur a effort
a ville pour limits, mais qu'ils fe font volontai-
s recent decides a ne pas fortir ae l'h6tel-de-vilie.
A-peu-prcs dans le ineme-tems des patrouilles
ont conduit a l'hotel-dc-ville come home fuf-
pect M. de B.'if;clin, baron de 1Bretagne, preli-
dent de la nobl fle aux dt-rnirs Ftats, cel ,i-lI mniue
Squid avait prononc6 i la tire de la noblelle bretonne,
le fameux frment centre toute innovation aux E.tats
a do 1614. M. de Boifgelin, en priant M. de la la)'yete
.ie le prendre fous fa fauve-garde, lui a raconte qu'il
allait a \'e4ailits, lotfqu'il a (tre arrtt i dans fa voi-
ture promene de patrouille en patrouille au mi-
- Iku d'un 'Pe pl e aninme qui 1'accablait d'iniures et
i qui, qulquefois mneme, parlait tout haut de lui
r daoner la mort.
e M. de la Favette eft paife alors dans la falle des
gouverneurs pour juger le fieur l.abarthe, accufl
par tine ikqputation du Palais-Royal!, e. le come de
t Saint-Marc, arr&t6 la veille a la B.iflille accriuf
e d'avoir me6ditr des tentative centre cctt-: forterifle,
dncvnue le rempart de la libjrtt come elle etait
a'ktretois celui du defpotiftic.
r 11 a fait entrcr M. de 13oifgelin daps cette fall
t des gouverneurs, pour qu'il prit conikil de ce qu'il
n vetrait ou de ce qu'il entendrait.


Et p:u de terns apr&s M. le marquis de la Fayette
eft venu rcndre compete i l'aff mbible :
Qu'a l'cegard du come de Saint-Marc arret la
veill'. a la B ftille, et accuf6 d'un complot crimninet,
M. Boucher electeur et membre du c:)mite per-
manent, ayan: ete commis pour cntendre dans tine
falle voifine, le. d positions &ds t -moins prodini s
pour et centre I'accufe il cit etult te de fn rap-
port, que le comti de Sainit-Marc s'etait pref'nt,
la veilie au district de Saint( Gervais qu'il etait
monte dans la (haire de l'glif. qu'il avait annonc6
que ie bruit s'etant rcpandu que Ics fouterrains do
la Bafliale comn iIiquaient au chateau de Vincennes,
il etait poflfible qui- par ces foutterrans I:s troup s
du roi parvi fntii a s'i troduire d.ms ia vi'l ; quo
pou prevuItnir ce danger, ii ofirait dc fe netrre a
la trc,.e des citoyens courageux qui voudrai.nr i'ac-
con;.pagner pour allcr viliter c s fouterraiis ; que
plufieurs s'etatent preit.nt6s auift;o:; que h. t.i'lict
avaif flit chl't +r ui:i pair det :itolets pour (hicun
1eC ccux ciii Otra:.nlt de Cfe d._ouer aiifi an tla'nt
pumbic; qu'on l.'ur avait deli' l I:s niarntiin s ,r -
c. ;Irt-S pour ch rger cs ars ari s iq', 1 c,'(!'': do
Sai,'t-" ,arc etait pat-ti en eftet avcc plihti urs citov,'ns i
u'ari-ve la lta iile il tavt tronvt un paiticu-
irr qmi s'en dfait le con,:arandatnt et iui \V 'it I.. ii
de I'n, o -.iIIv ; Li.ue dJirm.!i t x :r ,,t
Ina iffion dorit il etit ch.r e ii 'v it i'ri-u ,.' ( ,o'-
pa-.'n ns d ran,.i. it8c t i r : r
p ,ler ,a cllui Cqu s't'n di ait ic ,,' iiin',;;.;,,pn ; iu'
s. etit advance qutlqucs p-Is v'et 1,," : a bi. -
ro: 1 a,'t den.id pu !ufpt ft ;t-c; :. , L,: Ie
cet eirtrctien Ittrc t arretr' ct COi(ii.tL1 J I1 \t i .
MI. d- la Fviyttt a aijotr(' .ue fi"r (' r.ip:,,;: il
etait tres-c!airmient preuLv,. que M. ie cX wiwl de


-- -- --- -I '1












Stint-Marc n'avat et conduit 3 la Baf ile que plr
des vues tres-louables ; que cepcndant il avait (tu
devoir le reten r a i'hOtrl-de-viie pour carter de
Lui tout danger i
Qu'i l'cgard de M. de Labarthe on le foutenait
indigne rt :nca1i,a')le dat commandemnnt qui lui avait
:e:e defer6 la vt-iie a l'hotcl-d-ville. Entre autre,
griefts, on iui reprochait d'avoir pr mis vainemenr
5o lou s pour faire pren'dre ies ariltocrates. L'accu-
fation n'etait pas de les avoir proinis mais bien de
sie les avoir pas doeines ;
Que M. de Labarthe pretendait n'avoir pas pro-
sjnis os 5o louis mais qu'il alfurait que fts inicn-
tio.is etaicnt connues, et qu'i les aurait donneis de
.bon cetar ;
Que lui marqAis de la Fayette, a termind cette
affaire en acceptant la demiffion de M. de Labar-
she qui s'elt retire pailiblement avec les accu-
fateurs ;
Qu'etifin il n'a plus trouve dans la falle M. de
Boisgelin qui fans doute s'efl retire fans dan;cr,
en fe coni(,Jant d.ns la foule.
Un deptPte du difrict des Enfans-Rouges a remis
tine lettre du comity de fan diflrict, par laquelle
t-s member: s de ce comite irtiruifent I'afl:nmbl -
qu'ils ont appris que pendant la nu:t precedente
un come et quatre parriculiers avaient ere arr&-
res dir.s Is Iftureriaivs de la Bafltille, e: Ie
come feulement continue pr'lbnniitr an burc.tu de
ia viile ;
Q4'ils eftiment trs-eff'.ntiel d'o donn:r la p-r-
quilition la plus exact pour s'aff,;rzr fi l.s
louteri gains, ou auttrcs endroits de ce valte ba-
timent, ne renfernment aucune perfonne ful-
pecte.
L'aflemblee a arretc qu'il ferait repondu 3 MM.
du district des Entans Routg s que l'affaire du
come venait d'etre jugee par M. le marquis de la
Fay. ttei 'a tete du confeil de guerre, et qu'au
furplus on avait p;is toutcs les mefures convenables,
et fait fire dans les caves er foutcrrains de la
lEaftiie routes les perquifitions n-ceifaires pour
alfurer la tranquillity des habitans de la ca-
pitale.
Sur les on7e heures du foir NM. le prefident a
annonce qu'il compr'rit p:lfer la nuit a l'hittl-de-
ville, ct i a deniand- ci.ux de MM. hs electeurs qui
- voudraien: part3ger av c liii ce travai cxtraora.nii.;e:
p!uHi-urs elhcreu s fe font pref ntes, de forte que la
feancc n'a poin, ece levee.
Le comity permanent eft reA auffi en activity
pendant touted la nuit.
Au meme infant on a annonce un men'bre de
'Alleniblee national ; MM. Defro hes et Chi-
gnard o;it ete envoys pour le recevoir et r'in-
troduire.
II s'efl fair con-aitre pour M. Her,'vn c'm'ill,-r
penfionnire d'Honflicote en flanre, deputy du
bailiiage de Bail eul, et il a ditrqu'l elt venu a Paris
fans aucune qnuiitie de depute d I'At fembie: na'io
nale mais anime feulement par foil zele et ton
amour du bicn .-ublic, en pour annoncer Paris
qu'aujourd'hui fur les neuf heures du foir le comntt
de la Chaitre s'etait rendu a l'Atnimblee national,
pour lui apprendre que le roi avait refoiu de fu
rendie le Iln remain 17 dans la capital, que MM.
Ie garde des fceaux et le baron de Breteuil avaient
donned leur dmniflion ; que :e roi 1'avait accepted,
et qu'il av.Ait rappcle M. Neckcr.
M. Herwyn a encore infiruit 1'afemblle qu'avant
fon depart de Verfailles 1'Afleible national avait
nomme u:we deputation de douze membres pour fc
rendre 3 Paris dans F'alffmblee des electeurs, et la
prevenir del'arrivee du roi.
L'affemb'ee a temoignd a M. Herwvn la joie
qu'elle reflentit dcs heureufes nouvellts apportees
par lui, et elle a charge Ml. Dcleutre d'aller au-
devant de MM. les deputies de 1'Affemnblde nario-
nale, et d'rvertir tons es districts qui fe trouvaienti
fur fon chemin, pour qu'uls envoyatlfent une garden
extraordinaire i i'htel-die-ville.
M. Deleutre s'cft acquitt6 It bien de cette com-
mi!lion et le zele des citoyens etait tel, qu'en un
infant plus de ;,5co hommcis de gare obnt arrives
dcvant f 'htel-de-ville, envoyc;s par trois districts
feulement qui avaint pu etre avrtis : par ks dif-
tr cts de Saint Honore, de Saint- Roch et des
Feuillans.


La nuit a t6 tres occuplee, mis affez tranquille.
On a donii, des pafftporrs a x pert nnes non tiif-
pecres qui en avaient demanded i cn a pronounce fur
toutes les fai'ies de perfonnes et d'etffts qui asVai, nt
etc fditcs par les patrouilles ; on a repondu aux uif-
fevrntcs demands des diftricts.

Du vendredi, 17 juillct 1789.

A une here du martin ou environ font arrives
i t'h6tl-de-viile, conduits par M. Deleutre, douze
n. n4hus de l'Affemble national, deputies a Paris
pour prevt-nir cette capita!e que le roi, iniruit
du defit qui les Parii:iens avaic.t de fa presence,


fe propofait de leur accorder dette faveur dans la
journee.
Ces douze membres de I'Affemblee national
talentt M. le prince de Poix portant la parole;
M. l archevrtuc d, Paris, M. Gourres cure d'Ar-
gelieres; M. Texier, chanoine de Charrres; M. le
conte de la Cha're, M. le come de Puifye, M.
Perret de Tregadoret, M. Perrin de Rozicres, M.
le Long, M. de Riberolles, M. Gillet de la Jacque-
miniere, et M. Milanois.
Penetre de jo;e et d'attndriffnment, M. Moreau
de Saint-Mltry n'a pu airffer i MM. ies deputies que
c s mots :
Chaque jour ileve de nouveaux monumens a
la gloire de cette capital. J'ofe augurer que fa joie
Cgal.bra bieirct fes prorond:s dou.eurs. Nous alions
done voir fC former en quelque forte une nouvelle
alliance ennte un prince cheri et fa bonne ville de
Paris, qui lui portera le plus doux hommage, cdui
de foil amour et de fa fidclire.,,
Aufli-tot MM. les electeurs ont fait pilTer cette
heureufe nouvelle dans tous les bureiux tt fur-
tout a M. de la Fayette pour qu'il leur fut poLffbl.
de prendre I l'in'lant mtneme Ls arr.ngemens ne
ceffaires a l'ordre ct i la pompe de cette entree
memorable.
Et d&s-lors l'affemblde a penfe n. devoir s'occu-
per que des prcparatirs pour recevoir le toi.
File a arr.re que zi lecteurs feraicnt nommes
pour, conlulement et fans difltinction avec 2z
mcmbres diu corps municipal echevins procureur
du roi et de la ville grefitvr confeillers de ville
ft quartiniers all,.r au-devant du roi jufqu'3 la
barrier de la Conterence M. Bailly etint i leur
*ete, et charge, comme maire de Paris, do pre-
fenrer les clefs de la ville.
Elle a arrete qu'un trone ferair dreffR pour le roi
dans la fallen de fes fiea-ces et qu'il Itrait pl.ce au-
delus die la porte principle de I'hrtel de-ville 4 et
devant le cadran de I'horlo'e, un tr.tnlparent por-
trant ces mots : Louis XVI pere acs Franfais et
Roi d'un Peuple libre.
Mf de la Fayette a envoye dans tous les dinricts
I' rdre de border la haie d'puis le Point-du-Jour
JuTqu'a V'hotel-dc-ville.
II a trace d'aillturs routes les difpofitions mili-
tair s de ctte journey fir tin ordre qu'.l a remis,
pourt :r2- tx cut6, N M. !e chevalier de Saudray.
I.es compa.t ics tiL s dttx X Bazoch-s ont 6ti en-
vovyes La nouNcile bar'iere pour attendre et re-
cevoir le roi.
M. Ddiaviqne et M. Moreau de Siint-MWry pre-
fidens de l'aifemblee ont ete char qes de nommer
l-.s Zi electeurs qui dtvaient aler au-devant du roi,
tt ils ont nomme :
MM. D.vevrier londe A(ier, Berrolio, Fau-
chet Boucher, Ltgrrnd de 5jant- HeRie Carra,
Ta:l;n, Garran de Coulon Duft Ix, Pctit Def-
roches Gav'et Pcrrier I'aine Chiiuar1 I)uvl,
Bancal des ltfjrrt I)umangin, Ganih Duport du
l er;re, iyon, Quat:;emere Cailleau er De-
leutr-.
On a faith partir des gardens de la ville pour pre-
venir ceux de ces Metii;urs qui n', ailnt pas encore
3 !'hUtel-de-ville.


On a reclam6 pour le corps
d'dtre fepa:e des electeurs, et
roi en cotlume municipal.


municipal le droit
de f. presenter au


M. Moreau de Saint-\MI'ry a repondu que le co-
mire municipal etait le maitre de s'honortr d'une
relle distinction, s'il n'y voyait aucun dangc ri
Et fur la question faite, fi tous LUs membres
comper(ant la deputation fe mettraient a genoux
deva;it le roi, M. Moreau de Saint Mery a dit
que les officers munici;!aux, s'ils croy.aicnt le de-
voir, pouvaieiit bient onferver cct ancient uf.ge i
mais que les electeurs avaienc obtenu de ne pas
tre loumnis aux ufages anciens, lorl'que ces ufages
rappelaient d'autrcs idees que cells de la liberre;
-t dans te cas que les el-cteurs reciamai nt i
Itur tour le droit d'etre fepar-.s du corps muni-
cipal.
A dix heures prdcifes, MM. les electeurs nom-
mes pour ailer au devauit du roi, raflmblcs a I'ho&el.
de-vi le avec lhs vinrgtcinq mLmbrcs du corps mu-
nicipal et M. le marquis de la Sa!le, font parties,
ayarnr ai leur ts6. M. RJi;ly et leurs pr fidei;s, pre-
cedes de la mufque de la ville, et ef-coitm, par
ics coe gardes, fous le commandment de M. iHay,
hkur cooiin.
MM. Vergne ct BBiffault porraient alternativement
le plat de vwrmeil et les cl-fs.
Ils ont rLncontre fuir la route, et jurquvs fur la
barri: re de la ContertLnce co mtmbies c.u en
iron de i'Aiembole natio a e, qut ie lont con
fon'ius avec cur le propofiant a'accompagner IL
roi a I'h6otl-de ville.
Cts co6 mcmbres, ou environ de 1'Affembl~ e
national ne tai-ient point parties des oo m mbres
nom-nes par I'Affembee elle-mme pour accom-
pagner le roi. I s s'etaient volontaireqient rendus a
Paris, pour augnmenter la pompe d'un fi beau jour,
et partaser i'allagretlfe publique.


Ce cortndge r rpectrb'e, arriv i la barrere de I
Conference, a attend le roi.
Le roi n'ei arrive que fur les trois Ehures aprEbs
midi, parce qu'efcorte depuis Vetfailles juiqu'aa
Poinr-du-Jour par la garde national d& Verfailles,
il avait ete efcorte depuis le Point-du-Jour par Ia
garde national de Paris; ce qui avait force I voi-
ture de fa majeflt de n'aller qu'au pas.
Quelqres gardcs du roi ont efcortt la voitura
de la majefle jufqu'i la barrier ; n.ais, avant d'ar-
river, ils ont dit i M. le marquis de La Fayette
qu'tls avaient ordre d(1 ne pas aller hlus loin.
Le roi dtait dans fa voittre avec M. le duc de
Villeroy, M. le mar&chal de Beauvau, M. le due
\riltequier, ct M. le come d'ltilaing fans aucune
pope et fans gardens.
11 etair accomnpagn, de cent membres de I'Affem.
blWe national, nommes la veille, par e!le-mnme,
pour lui fervir de cortege et d'efcor e, ft qui ont
mis pied a terre a la barrie.e pour fe c. nfondre aiec
les electeurs.
Le roi etant arrive a laba riere de la Conference,
M. Bailly ma re de Paris, s'ft approach i de la
portiere de Ton caroffei, ct, en lui prefentant I a
cltis de la ville, il lui a adreffe le difcouis fu.vant:

S I R E,

J'apporre a vorre mafefte les clefs de fa bonne
ville de Paris. Ce font It s memes qui orit 6t6 prefc-n-
ties i Henri IV; il avait reconquis fon Peuple: ici
c'eil le Peuple qui a reconquis Ion ro!.
Vote majefRi vent jou'r de la paix r i'elle a
r'tablie dans la capital. lile vient jouir de lYamour
de fes fidles fujcts : c'eft pour leur bonhevr que
votre najielte a affl-mbl pre& d'elle les reprefentarn
de la Nation, er qu't!le va s'occuper avec eux i
pof- r Is baf: de la iibrt'i et de la profperiti pu-
blique. Q iel jour memora e que cedli o0 votre
mi.efIl eti vetnue fiep r en pcre au milieu de c-tto
fa:nille r.,unie oiL elle a ete reco iuire fTon palais
par I'AtTemnblte national entierc I Gardde par les
repreftntaiis de la Narion, preif-6 par un PLuple
imm-nfe elle pnrta't dans fes traits augufles I'er-
pretfi'n de la fenfibilitr et du bonheur, tandis que,
aituour d'elle, on n'fntrndait 1iue dcs acilamations
de joie on ne voyait que des la:ms d'atttndrif-
femit nt et d'amour
Sire, ni votre Peuple, ni votre majcfld n'oublie-
ront jamais ce grand jour : c'ef le plus beau jour
de la monarchi- : c'eft 1'epo .ue d'une alliance, e'ur-
nelle entire le mona'que et le- Peuple. Ce trait eft
unique dans l'hfl'oir : iI i:,mortalife votre majeUfe.
J ai vu ce bhau jour er, come fi tous les bon-
heurs raitu-nt taits pour moi la premier ltonction
d2 la place rot' m'a conduit le \cru de mes conci-
toyens eft de vous potter I'exprefion de leur ref-
p. cc et de leur amour.
M. Bailly a fair place M. D.liigne, prefident
dcs electeurs, qui a p,rii ern ces titnnes:

SIRE,

Lorfque vous vots d&cidates 3 affembler la Na-
tion la France reconnut ce genrttux deflcin le
caractere paternel de vore majefle.
Tous t's coeurs fe ratnurent penetrds de l'amour
le plus rcipectueux pour votre perfouine augule ,
a qui ils avaient juar depais long-tents une inviolable
fi.k Iite.
11 nous femblait alors, Sire, qu'il etait impoflible
de iern ajouter aux fenrimens don't toutes ks amnies
Francaifes e.aient alors eituucs.
Mais qu'efl-ce que ce premier bienfait, en Is
comparant a celui 'lnr vous nous fjites jouir au-
jourd'hui ?
Tout ce qu'on pouvait attendre d'un rmi jftle
et bon, vous lavez announced a I'AtwIblee na-
tionale.
Eft coinmne fI votre ame noble n'etait pas faris.
tisfaitr., aprns avoir autorife et invite cctte augiLfe
Affemblee a faire connaitre vos difofitions a la
caritale, voas venez .s lui fire connaitre vous-
irtme.
Vous venez, Sire, etre temoin du bonheur et
de la joie que fair nmitre au milieu de votre Peu-
pie, la presence du meilleur des rois.
Que je fuis heureux d'tre l'organe des fenti-
mens dcs lcr.teurs de votre bonne ville de Paris


S'il me refte un voe i a former, c'eft celui de voir
confacrer a jamais par 'rcabliffement d'une fRte na-
rionale, ce jour fortune, le plus beau dc ma vie,
oa un nmonarque pere, vienr au milieu de feif'ujets
et de ies enfans, recevoir Y'hommage vrai de leur
fn ieiie,*, de leur amour et de leur reipecturufc u i-
conna;nance.
le roi a r~ponhu a I'un et I 1'anrre, qu'i! re-
cevait avec plaifir les hommages de fa bone ville
de Paris.
Enfuite, on s'efl mis en march, et Ib cort-!`-,
pour fe ren ire a I'lUite-de-vile, a parcr urt le qlui
de la Conference, la place Louis XV la rue Sai:mt-
Ho'lore ,


0


-- ---C -- ~-~ --_ __~_ ~~_


_ __


% i


1











Honor la rue du Roule, la rue de Ia Monnaie,
le quai de la Megifferie, le quai de Gevrcs, le
quai Pelletier ec la place de I'h6tel de-ville.
Les deputies de l'Affemblee national et de 'af-
femblee des Clecteurs de Paris marchaient deux I
deux a gauche et a d oite de la voitu e de Ca ma-
jefte precede et fuivie de deux ddtachemens de
la garde national i cheval, don't un command par
M. le chevalier de Saudray.
Quatre offiriers de la garde national tenaient les
boutons des portieres.
M. le commanJant-general, en frac uni, le cha-
peau furmontC d'un panache et de la cocarde natio-
nale fans autre marque militaire que fon epee,
etait a cheval tant6t devant, tant6t A c6te de la
voiture du roi.
II etait environni de fes aides-de-camp MM. de
Gou;'ion (i), Jauge, Bonneville, Cadignan Cha-
bot, Curmer, l)efmottcs, Romeuf, Lacolombe (i),
et fuivi d'un detachement de cavalerie, tous citoyens
egalement en frac et fans autre attribute militaire
que 1'6pee et la cocarde national.
L'arm~e citoyenne qu'il commandait, compofee
d'environ zoo,ooo hommes arms de fufils, d'epees,
de sabres, de piques, de lances, de faulx et autre'
armes, bordaient la haie depuis la brriere de 1;
Conference.
Sur les bords de la riviere, avant d'arriver a 1I
place Louis XV, on a vu ranges fur la nr.eme lignt
que les citoyens arms deux ou trois mille Inva
lides fans armes, ayant A leur tcte M. de Sonibreuil
gouverneur de l'h6tel, et autres officers.
Ils avaient paff 1'eau pour fe prifenter aufli a
plus cheri des rois, dans le plus beau jour de fo
tgne.
Parmi les citoyens arms, on a diftingud de
femmes d'un tat honnete, des demoilelles a pein
au printems de leur age, des moines, et entr ai
tres des capucins, tous portant fur I'epaule Vl'p6
ou le moufquet.
D'autres religieux, comme les Mathurins, po
talent le drap.au de leur ordre, comme drape;
du diflrict.
Derriere les rangs de citoyens arms, etaient e
tallest femmes, enfaps, vieillards : toutcs les fen
tres etaient garnies les toits meme Ctaient couvei
de fpectateurs.
La fuibordination et le bon ordre etaient tel
qu'un figne de M. le marquis de la Fayctte fuffll
pour executer fans tumulte le plus grand morw
ment: aucun homme arms n'a quite fon rang, ;
cun- perfonne n'a traverfI la ligne.
La place Louis XV offrait un certle parfait d<
tout le contour &tait bordd par plufieurs rangs
la garde, ct le centre par un bataillon quarrel
Garde-Franqaifes qui environnaient la flatue.
A l'approche du cortege, ce bataillon s'eft ouy
pour fe mettre en march; il a laifl& voir dars
fein plufieurs pieces de canon, trainees par
chevaux qui de meme ont march i la t6te
cortege.
La gards national bordait la haie depuis
barrier de la Conerence jufqu'i 1'hotel-de vil
fur deux trois quattre et.meme quelquefois,
cinq rangs de file.
Les airs retentiffai, nt d'une acclamation co
nuelle, vive L' Nation i viv eIt roi vivent Mejf
Bailly de l h Fayette, les deputes, les elected
melee au fon des trompettes, de la mufique g
ri: r et au bruit de l'artillerie dans tous les I
oa les canons etaient places.
Cet dvenement feul pouvait offrir A la cap
un fpectacle plus grand, plus majefltueux, plus
ciant que le Ipectacle don't elle avait joui deux j
auparavant.
Arrives A la place d l'h6tel-de-ville, les
drons de cavalerie, le bataillon des Gardes I
Cafes, et les canons qui precedaient le cortege
paleTs fur le po't Saint-Paul, et fe font dif|
de telle maniere que la place de l'hotel-de-ville
trouvde entierement libre pour la. paflage du
de fa fuite.
Le roi et defcendu de voicture au bas du p<
de I'hbtel-de-ville, et Ia, M. Billy a prefer
fa majdttl une cocarde aux couleurs de la \
qu'elle a rescue avec bontre et qu'elle a daignd
le champ appliquer a ion chapeau.
En lui prefentant cette cocarde, M. Billy
au roi: Sire, vorre majef.veut' -elle bien accep


figne difinctifdes Franfais
II a monte l'e'calier de l'hbtel-de-ville fou!
voilte d'Cpees entrelacies.
Dans cet c nftant la foule etait prodigieufe a
de fa perfonne. M le prince de Beauvau et;
redoouDiaiiL urf-.o'ts pu.'.r carrter les plus cr
fes. Sa ma;efe a dit: laif/e-lIts fire ils m'a
bien.
MM. les electeurs et plufieurs autres cit


5"7
de Paris, raffembls dans la grande fall, atten- bonheur du monarque; que ce monument f oit F'ew
dAiAnr le mi. .: inn in lia... .i rtn... 4 ,, i .I... I.& r1 ....... im _-


II (
preff6
et de


eft entrr, fepard des feigneurs de fa fuite, I
Sport dans les bras de fes enfans ivres d'amour grand
joie. qu'il
Wide
a pris place fur le tone qui lui avait 't' de la
rw- fouvr
falle tcait remplie autant qu'elle pouvait I'etre. par 1
perfonnes qui occupaient le milieu de la falle,
ii ne pouvaienr pas s'affeoir, et.ient I ge- Ur
pour liffier i ceux qui les fuivaient, le plafir ftoir
a vue du roi. Les transports de I affemble
wienr par tous les fignes poffibles. Les appiau-
nens les cris de vvev Ie roi retentiffaient M
:out. Toutes les mains etaient ilevCes vets le l'inte
., to, s les yeux repandaient des larmes. Cette c
e fublime eft impoffible i decrire. VOi
n a faith filence et tout i coup une voix 'eft don't
6e du fond de la falle notre roi! notre pre r y a
:tris, les applaudiflemens, le% tranfports ont re- vou!
ublI. Les traits de fa majef1e portaient l'em-
nte de la plus douce ferfibilitC. nati
[. Bailly s'efl approchd du tr6ne fans flchir le 5li
ou, et il a dit au roi: ur
Je prefente i vote majeflt quatorze lecteurs v
Paris qui brdlent du defir, et aui follicitent par
c inllance l'honneur d'etre ifs gardes dans I'no- j,
de-ville. a
:es quatorze 6lecteuts etaient MM. Lieffe, de
gennes, Vig6e, Hyon Soutflot de Merey, for
mond Garin, d'Ofmont le jeune le Roux, il
ouin, de la Bergerie Ortillon, le Vaffeur et fes
bert. fa
Le roi a repondu: je les accepted avec plaifir ; et pa'
5t&t ils ont mis I'epee i la main et ont entoure fwo
trone. no
Le roi a demand que les epies fuffent remnifes dans qu'
foureau, et fon ordre a eet executC. *
M. Moreau de Saint.Mery l'un des prefidens ni
MM. les electeurs portant la parole, a die: V
u SIRE d
, Quel spectacle pour des Francais, que celui ce
an monarque citoyen abandonnant route ia pompe, fe
venant chercher un nouvt.l eclat dons la fidel:te v
fon PeCple Votre naiffance fire vous avairt d'
ftine la cburonne; mais aujourd'hui vous ne la ga
:vez qu'a vos vertus. le
Contemplez-le, fire, ce Peuple qui vnos preffe, le
-;it les avides regards cherchent les votres, qui P
6nivre du bonheur de vous poffedd-.r. P
-, Et voill ,fire, ce Peuple qu'on a of6 calomnier I
-3Des minillres impies vous ont dit que le bon-
eur des Nations n'etait pas i ecdfaire au bonheur F
es rois ; que les princes ne devaient avoir press
'eux q-ie les apotrcs du delporifine.
- Ah 1 fire, vous les avez rejetees ces odieufes q
naximes, au milieu des hommes courageux que
otre 4oeu et le choixde la Nation ont raffembles
res de vous comme pour fortifier encore votrc
me.
3, Vous venez promettre a vos fujets, at; rein
neme de votre capicale que les auteurs de ces con-
eils dCfaftreux rWenvironneront plus votre augufte
perfonne, et que la vectu toujou.s trop long-terns
;xilee, refltera votre appui.
33 Ajoutez fire, a tant de triomnphes, celui de
ne pas vou!oir apprPndrc fi vos ntans ont rte for-
:esde vous defobeir : que vos regards n'appercoivent
que des fujets devor-s du plus brulant amiour, ch6-
riffant plus que jamais la liberty, parce qu'elle aura I
votre regne pour epoque.
t, Un roi tel que vous, fire, n'a plus befoin que
de fe repeter fans ceffe cetce fublime et touchante
veiit'. que le trone n'elt jamais plus folide que
lorfqu'il a I amour la fid lite des Peuples pour
bafes, et qu'ainfi le votre eft inebranlable.,,
Ce difcours a ete interrompu plufieurs fois par
les plus vitfs applaudiflemens.
A cette phrase : cc Et voila fire, ce Peuple
qu'on a ofe calomnier; le roi a faith un figne qui
voulait dire, ou qu'on n'avait pas calomnie le Peuple
aupre de fa majefCle, ou qu'elle n'avait ajoute au-
cune foi i ces calomnies.
M. This de Corny, procureur du roi et de la
ville, place fur la marche du trone, s'eft levd at a
dit :


c S I R E ,
Meffieurs, dans cet infant augufle !'elan du
sentiment, les larmes de la joie font le *eil language
qui puiffe expr mer l'admi action et la reccnnaiffnlce.
Honored a.:s functions du miniftere public au-
preis de cette communer !a. pemiere du Mo..de ,
je requiers que ce jour memorable foit confacre par
le vouu d'une flatue erigee a Louis XVI, regenera-
reur de la liberty national, restaurateur de la li-
bertd publique, et pere du Peuple Francais.
Je requiers que l'erection de ce monument fuive
im.nediattment la confltitution qui doit garantir les
droits du ciloyen, la gloire de l'empie ec eI


un ue qiu i rU1''I'iie a 1411413 BE nt)II14 un-


attachment, eft de retablir la tranquill: et do
remettre entire les mains de la justice ordinaire les
malfaiteurs qui front arretes. Monfi ur Baillv ,
infltruifezt 'aflemblke de mes intentions. Je fiis
bien aife que vous fovez maire et que M. de la
Fayette foit commandant-general.
M. Bailly s'eft approach du trone fans flechir le
genou, il a pris les ordres de fa majiue i et ie
tournant vers 'affemblee, il a dit r
a Le roi me charge de vous dire qu'il eft touch
de i'attachement et de la fide ite de Kmn Peuple et
Sque fon Peuple atifli ne doit pas outer d.! ion
* amour; qu'il approuve 1'etablifftment de la garie
Parifienne ma nomination i la pace de maire, es
G


(i) Depuis major-gendral de la garde national.
(z) Depuis aide-major-g&eiral.


_ ___V ~_ ___r _~*__ I ~~__~ __ __ 1~__1__


_ --- -- ------


le d'amou'r et de' lib rt,; former entre le plus
des rois et le plus genereux des Petrpyls i
rtcrnife le patriotifmc et l'energie de 1'Affm-
nationale, la hdiliti et les vertus civiqties
commune de Paris les principle puts d'un
:rain adore qui ne veut regner deformais que
'amour, la bienfeiance et la juflice. a,
ne acclamation univerfelle a repondu au riqui-
e de M. Ethis de Corny, et I'erection d'une
z au roi fur I'emplacement de la Baftille, a
votee d'un confentement unanime.
. le come de Lally-Tolerdal ayant tCmoign6
nation de parler, on a faith filence etil a dit:
Eh bien citoyens etes vous fatisaits ? Le
I cc roi que vous demandiez a grands cris, et
t le nom feul excitait vos tranfports, lorfqu'il
deux jours nous le proferions au milieu de
s. Jouiffez de fa presence et de fes bienfaits.
Voila celui qui voui a rendu vos Affemblees
onales, et qui veut les perpetuer. Voila celui
a voulu etablir vos libertCs vos propriCes .
des fondemens inebranlables. Voi'a celui qui
is a offert pour ainfi dire, d'entrer avec lui en
stage de fon autoritd, ne fe refrvant que celle qui
necellaire i votre bonheur, celle qui doit i
,ais lui appartenir et que vous-memes devez le
ljurer de ne jamais perdre.
, Ah I qu'il recueille enfin des confolations; que
i cceur noble et pur emporte d'ici la paix done
eft fi digne ; et puifque furpaffant les vertus de
preddceffeurs, il a voulu placer fa puiffance et
grandeur dans notre amour, n'etre obei quo
r l'amour, et n'&tre garden que par I'amour, re
yons ni moins fenfibles, ni morns genereux qt e
tre roi, et prouvons lui que meme fa puiflanct,
,e meme fa grandeur ont plus gagn6 mille fois
'elles n'ont facrifi6.
- Et vous, fire, permettex i un fujet qui n'ft
plus fidAle, ni plus devoue que tous ceux qui
)us environnent mais qui left autant qu'aucun
e ceux qui vous obeiffent, permettez- lui d ile-
er fa voix vers vous, et de vous dire : Le voila,
e Peuple qui vous idolatre, ce Peuple que votre
ule presence anime, et don't les fentimens pour
otre perfonne facree ne peuvent lamais atre l'objec
un doute. Regarded, fire ; confolez-vous en re-
ard nt tous ces citoyens de votre capital. Voyez
:u s yeux, ecoutez leurs voix, penetrez dans
;urs coeurs qui velent au-devant de vous. II n'et
as ici un leul homme qui ne foit pret a verfer
our vous, pour vote autorit6 legitime, la der-
ieie goutte de fon fang.
-, Non, fire, cette generation d! Franqais n'efl
Ias affez malheureufe pour qu'il lui ait ete referv6
le dementir quatorze liecles de fidelity i nous pe-
ir'ons tous, s'il le fallait, pour ddfendre un trone
qui nous eft auffi facre qu'a vcus et i l'augufle famille
que nous y avons place il y a 8co ans.
-, Croyez, fire croyez que nous n'avons jamais
port6 A votre coeur une atteinte douloureufe, qui
n'ait dechire le n6tre ; qu'au milieu des calainites
publiques, c'en eft une de vous affligtr, nieme
par une plainte qti vous avertit qui vous im-
plore, et qui ne vous accufe jamais.
23 Enfin, tous les chagrins vont difparaitre, tous
les troubles vort s'appaifer. Un ful mot de votre
bouche a tout calms : notre vi.rtucux roi arappele fes
vtrt.ieux confeils. Piriffent les ennemis publics qui
voudraient encore femet la division entce la Nation
et fon chef 1 Roi, fujets citoyens confondons
nos voeux nos coeurs, nos efforts, et d ploy )ns aux
yeux de l'Univers le spectacle magnifique d'une de
fes plus belles Nations libre, heureufe,trioniphante
fous un roi julte, cheri, revere, qui, ne devanr
rien i la force, devra tout ia fes vertus ec
notre amour -.
Chaqu. mot prononce par M. le comte de Lally-
Tolendal, &taic, Four ainfi dire, le final d'un cri
de joie ou d'attendriffement.
Le difcours fini, et l'extafe publique un peu dif-
fipCe, M. Delavigne a tee prefente au roi par
M. Bailly, et le roi lui a dit : monfieur Dela-
vigne, j'ai enrendu avec p!aifir ce que vous mn'avez
dit. -
Puis s'adreffant A tons ceux qui I'entouraient,
il a continue : c Mefieurs, je fuis tres-fatisfait;
j'approuve I'etablifement de la garden bourgeoifC ;
mais la meilleure maniece de me prouver votrt











< ,'ie ,4 M. de la Fayert? a la place de comtanw.ant-
Lene al : e.d ai il vut que l'ordre ct le a!ril 'oicrnt
retablis et que dl.ormais tut cotipable fit remis
a li ulticc. ,
L'a4emblCe a repondu par un aptplaudiiTcnie. t
sCeunl.
Cepevdant un defir univ,.rfil fe manifcPait d'en
tendre que'!ques paroles de la bouche du roi.
M. Baiily a pris la liberte de L. fire remarquer
ai a majeflt qui a dit a l',fleinblb e : YouJ fouvce
4 qjoura omptr fur mon amour.
!1 a vouiu f: montrer a la multitude affembla.
fur ia p.Jce de I'hotci-de-vi le qui du.:nn Lit a
grands cris fa p-efence.
Les grAdins dret~if dJns la grande falle obftruaient
les fenetres : pur (e niontrer au PL-ep!C It roi a
eiL obi:ge dr pafl'Tr dans la falle de ia r,.irne. La
grande port qui done ent.ee dans citte ialle etait
emr.baur.tlete par pl.s de zoo pcrfornes.


MI. Vcrne hclievin
joic qui e'ar.;it toutes
du ri i. i a dit : Sie
C.,lduirc .',,tIe majefeld.


, emoorte par ce d Mire dc
ACles tes, pregnant la mairm
, daignei me -ivre ; je vais


Et et ei -ct il a conduit le roi par un corridor
tries- ich : 1 MI. le duc dIe \illeroy M. ei prince
tde Beaniva'i tr pluiicuts de fes rgirdes citoycns ,
iu!vaicltr durlt que le local poavait le per-
mI. ttrc. ,
Coniprenant tnfin l'iri6gularitd de fa demarche,
M. \ -:rgme s'ift hate de donner un coup de pied
dans une petite porte qui s'eft o'wverte a I'inflant,
et Ie ioi ctt enirr dans la falle de la ieine.
Sa prlf-nce a la fenkre et I bontr qu'il a eue
c.d mettre ton chapeau de'core dc la cocarde nation
nale qu'il avait crtue ont excite dans la place de
I'hotel-de-ville et dans les rues voifines des tranf-
ports qu'il eft imnpollible d'exprimer.
Apres avoir fatisfair pendant pros d'un quart
d'heure, les regards emprefles de fis lfujets, e:
rc-qi des temoienages aufli fenfibles de leur ten-
dreffe le roi eft repaffe dans la grande fall.
A!ors M. Billy lui a prdfente M. Moreau de
Saint-Mlerv, en difant : Sire voila M. Moreau de
Saint-Merv, confeiller de votre confeil fupdrieur
de Sr. Domingue.
Sa maeyft. a traverf6 la grande fall au milieu de
fe, qu itorze gardes-citoyens qui I'ont accompagnee
j~fqu'a fa voiture.
M. Le marquis de la Fayette etait refte dans la
place de I'Iiow:l-de-ville, pour maintenir le b':n
or re il n'tft mount a l'hit .l-d--viild que pour
prcndre le roi au moment de fon depart, et affurer
Ion libre paffage.
Sa majefte eft parvenue a fa voiture fans aucun
obiacie, et c'efi dans ce moment qu'dle a dit au
cornmandant-general : M. de la Fayette je vous cher-
ch/ais por ivous d;re que e conhrme votre nomination
L la place de commaaniant -gintral de la garde pari-
fienne.
Montr dans fa voiture le roi a repris le chemin de
\etrfaiiles avec Ic Inn corresge et dans le me me
ordre qu'ii etait venu precdde et fuivi d'acclama-
tions plus vives peur-6cre et plus univerfelles.
On a remarqu* que les chevaux les panneaux et
jufqu'A 1'imperiale de fa voiture etaient decores de
cocardes nationals : celle qu'il avait acceptre etait
place a c6te de lui, en dehors de la portiere.
Deux heures apres fon depart ou environ, M. de
TrvfAontaine commandant militiire du district des
Fi'ls Stint Thomas eit venu r:ipporter que charge
Ie miatin par fon diflrict d'aller a la tete de vingt
honimes a cheval protdger le retabliflement de
I'ordre et de ha perception des droits a 1'entree des
barri: res de Paffy et Neuilly, il s'eft acquittal de
certe commifimon avec tout le zele et la diligence
poffible ; qu'il a tire des commis une reconnaillance
du Ietabiiflcmcnt de la perception .des droits ; qu'en
fpfant cette tournee, il a imagine d'aller lulqu'au
Point-du-Jour, parce qu'il a prefume y rencontrer
fa ma eflt ; qu'il ne s'eft pas trompe ; que le co.n-
inmndant de la milice de Verfailles lui a remis alors
Ic foin d'efcorter fa maieft6 jufqu'i Paris mais i
condition qu'il l'accompagncrait encore i fon retour,
et la remettrait a la garden de la milice de Verfa;lles;
qu'il a fair aupres de fa majeftl et jufq'i'a l'horel-
de-ville, l'office de fon exempt des gardces, et qin'il
a eu fouvent occafion de voir combien elle etait
fatisfaite des fentimens de fon Peuple ; qu'il a pris
ia lib rte de lui faire remettre, par M. le pri-.ce
de Beauvau les preuves du reti.blifftiment de la
perception des droits ; que le roi les a lues avec
attention et a tcmoigne en etre tres-fatisfait; que
MT. Ih prince de Beauvau a ecrit avec fon cryon ,
fur l'ordre du district : le r;i la il et en eft tres
c:nnzr t ; qii'i! a accompagn-6 !e lr" i,!'q"n1 !hre!-
Gd-vilie,; et a fon retour, depuis i'h6rel-de-ville,
,fiu'au Poinr-dau-lour comme il s'en etait charge
qu'arive en cet endroit, fa majefte n'a jamais voulu
permtttre aux citovns de Paris d'allhr plus loin,
et qu'ils en o. t recu en fe feparan: les plus douces
m.irqu:s de fentfibilit6 et d'amour.
M. le marquis de la Fayette, de retour a 1'htrcl-


de-vilk', a dir ,qu'apr-s avoir accompagr.a le roi
Prciqu'au li.u :iu LC to lii nime a txige de la
garden national qu tl. ;'.diliat pas plus loin, il eft
veru fe rcunmr d.vs li falle dts gouverneurs aux
deputies que 1ks Jjdi!hts avaient du envoyer pour
for:incr le comit I.Aili.;r ~ c u'il a fai' part a ceux
quil a trout es d;i!.s c-tte lalle de l'obrf:t pour
sequel iil aviat dire leur pieknL;et. et leur concours;
ma:s que I- nomble de ces dtputes n etant pas
encore ailez considerable pour commencer la v r:-
hication des pouvoi:s il a remnis cette premiere
operation, inuiipenable pou la formation du co
n:ite nilitaire, i iman.nche 19 de ce mois : annon-
la lettre qu il comptait e(rite i chacun des districts
fur fi nomination an comnandement-general, qu'emt
donnant l'ordre de demait.
Pluticurs electeurs, pour le travail de la nuit,
fe font reunis au bureau prciides par M. (;arrani
de Cou'on, ayant de'i prRte ierment en cctte qua-
tire de vice-prefident.
Les fonctiors cde fecr4taire ont ete confides i
M. I.cffe, qui a prete fLrm'nnt en cette quality,
ct qui dej.i ,n avait fait Ics factions.
.Et pendant cetre nuit du plus beau jour cqui
jamais ait eclaiie l'l'mpire Fran ais toutes les re-
netres de la capital ont ete illumiiees fans auctii
ordre public' a ctt egard.
Cttrre fete n'a pFtint interrompu les travaux du
comite uies fubfillances ; c.s travaux ktaient indif
penfables, puilque les approvifionnemens de la vilie
etaitnt preflue 'entierenmnt confommnes, la halle
de"fete et routes les relations de commerce trou-
blees et futpcndues.
Les membres de ce comite ont 6t6 furtout oc-
cupes i donner des comminflions aux perfonnes les
plus sdres, pour fire des achats de bled et de
fEine dans tous les lieux indiques par M. de
Montaran i et entr'autres, M. Brillantois-Ma:ion ,
electeur, a ,t6 envoy Amiens, pour trailer des
marines off:rtes i M. de Montaran, par M. Jourdaiin
de la Loge, et a Dunkerque, pour examiner 6ce
barils de farine offers par la ville de Valen-
ciennes.
Du famed, 18 juillet 1 89.

A neuf heures du martin M. Moreau de Saint-
MCry ayant ouvert la fiance M. Garran de Cou-
lon a rendu compete de ce qui s'teait pafle pendant
la nuit, et ii a dit :
,3 Que fur la nouvelle parvenue i l'h6tel-de-vil!e
de plufieurs accident occafionnes par d&s armes a
feu imprudemment tirtees, ils avaieuit rendu une
ordonnance portant detcnfe de decharger aucuns
fufils, ni autres armes i feu de tirer ni petards,
ni fufees; que cette ordonnance a ete envoy&
fir le champ dans tous les diflricts pub:Iee par
les trompettes de la ville imprimee er attichee
dans toutes les rues5
Que, fur la reclamation de quelques perfonnes
attacnees aux maitons des amballa.tcurs ii a ete
pareillement ordonne de laiffer palmer, aller et venir
avec Line crtitire libcrt4 tout ce qui appartient
Sla famii'le et au fcrvice d&s miniltres etrangers ;
Que le commandant d'une patruille du district
de IOratoire a mis fur le bureau un process verbal
portant que, fur les cinq heures de I'apres-midi,
cette patrouille, commife au maintain de i'ordre
dans la place prife et abandonnee de la Baftille,
et aiifant executcr les ordres de M. le marquis de
la Fayette, s'eft emparee de la grille de la Bafti le,
pour emp&cher la foule qui pourrait f! porter dans
un li.u oi I'on n'avait jamais pnetre i que Ie fieur
Grammont, comedien francais de cette capital,
a force les fentinelles pofees par le commandant
de la patrouille, a bleffe d'un ,oup de fabre Je
nomrii6 Mauguet, a di" ne connaitre aucun com-
mandant dans la ville de Paris, et que, fi l'on
voulait s'oppofer i fon entree dans la Baltille, il
etait prit a y livrer I'affaut avec les cinquante oil
foixante hommes du district des Cordeliers qu'il
commandait; que le bureau militaire du difhtrict de
l'Oratoire a eltim6 qu'il en ferait fur le champ
Sfait rapport a meffieurs comnpofant le comite per-
manent aa l vi!!e, pour etre flatuc ce que de
raifon.
M. Garran de Coulon a joutd que, fur ce proces-
verbal, fes colleagues et lui avaient cru devoir ren-
voyer cette aftdire comme delic militaire, au juge-
Sment du bureau militaire ;


Que le diflrict de Saint-Nicolas-des-Champs a
adrdlt 'a l'alemblee le proces verbal de capture
faite par fes patrouilles de deux homes farn
avtu, fans domicile ct fulpects meme par I ,,
reponfe, que le district a envoys i l'hotel te i,
Force ;
QUC p 'IehaIli. uiiiCts oit pdaeLlement c''. :ic'
une fauffe parrouille de cinq honrmts h.,:i i .
verd avec paremens rouges, de laquelk i;s o::
pu s'affurer;
Que le refte de la fruit a itr emplovm.j : ;
divers ordres pour la firet4 publiqu.,
des palfe ports, et A dd'autrs ,(iCI:'. .i; idc'.:
efpcce.


On a fait lecture d'une deliberation du difttict
des Minimes prife la veille, et par laquelle Ie
district nomme M-. Fauconnier pour fe reunir, f
l'hotel-de-ville, i la deputation qui doit &cre en.
voyce au roi.
On a fait lecture d'une d6liberation du district
de Notre-Danme, price la veille, par I quelle ce
district nomme MM. Beaurain, Girouft et Dufour
de ia Bouilaye, comme luppleans des electeurs, et
cooperant avec eux au travail du comity permanent
de I'hotel-dc- ville.
On a faith lecture de deux lettres; I'une adreffte
i M. Moreau de Saint Mry par M. Dupont,
confeiller d't:tat, membre dee 'Affemble natio-
nale et I'autre ai 'affemblte, par M. de Crolne ; ,
toutes les deux relatives aux prifonniers que I'on
croit entend e encore dans les fouterrains de la
Baftille, et i la neceftite de leur porter un prompt
frcours.
L'.lfemblie a arretC qu'il feraic repondu I ces
deux citoyens que, v! i;fcation faite des prifonniers
qui etaient a la Baftille au moment de fa prire,
Vt-l s'elt affurte que rous avaient it6 deiivres ;
que, pour plus g ande fdrete, tlle avait faith fire
i plulheurs reprises les recherches les plus exactrs
que M. de la Fayette en avait ordonne lui-mtme,
er qu'on pouvait etre certain qu'il ne reftait lu,
aucun prifonnier dans les cachets de cette forte-
rell!.
On a fait lecture de deux delil-Nations de I&
paroiife de Linas, prices le jeudi 16, et relatives,
I'une a la garden bourgeoife etablie dans cette pa-
roifre a 'inftar de celle de Paris i; t I'autre i
quelques voitures de farine arretees par les habi-
t.ns de cette paroiffe, quoiqu'elles fulleint defiines
pour I'approvifionnement de Paris.
L'affemblde a arr6te que cette derniere delib-.
ration fetait renvoyee au comitC des fubfiftances.
On a fait lecture d'une adreffe de flicitation,
envoyee i MM. les electeurs par la communaut6
de Vernouillt- fur- Seine avec une deliberation
prife le jeudi 16, par cette communaute, et par
laquelle d elle charge fon fyndic de fire chanter
un Te Deum, pour remercier Dieu d'avoir clairt6
le rei Louis XVI, et reuni le pere i fes enfanTs
sa Invite le cure a celebrer les prieres ordinaires,
pour qu'il plaife a Dieu de continue i repandre
fes iumieres et fes graces fur les peres de la Patrie,
compofant I'Aflemblee national, et Jks prdferver
de routes embutches;
,, Arree qu'il fera allum6 un feu de joie, faith
des iiluminations dans tout le village, et adrefl6
une lettre A MM. les electeurs, pour les prier
d'eclairer la commuuautd fur la conduit qu'elle
doit tenir, ne voulant avoir d'autres guides et
models que les liberatcers de la Patrie. w
L'Aflemblde a arre&6 que I'adreffe de la com-
munaute de Verimouillet-fur-Seine ferait annexee i
fon proces-verbal.
M. le marquis de la Fayette s'eft prefentC i
I'affemblee, ct il a dir que le roi avait daign6
confirmer 'delction qui avait et6 faite de fa per-
J-onne pour commandant-general de I garde na-
tionale de Paris; mais que cette acclamation, figne
tries flatteur du fuffrage de plufieurs citoyens, n'etait
pas, dans la former legal des elections, la preuve
d'un fuffrage univerfel ;
Qu'il ne pourrait fe confiddrer come veritable-
ment pourvu de I'autorire neceffaire pour remplir
avec fucces et tranquillity de conscience, les fonc-
tions dont on voulait bien I'honorer, que dans la
cas o l Ie plus grand nombre des citoyens de la
capita;e s'expliqueraient d'une maniere favorable
fur (on election i
Qu'il defirait done que l'affemble prit les moyens
les plus lirs et les plus prompts pour connaitre
le voeu du Peuple fuir f nomination, et fur Il
competition delormais nlceffaire de I'adminiflration
municipal civil et militaire.
M. Bailly s'efl prdfentd a l'afTemblee, et il a dir
a ptu pres les memes chores que M. le marquis
de la -ayette fuir la nomination fair par accla-
mation, ct a3zreee par le roi fur la reconnaiflance
dont il eft penetre; fur la ndceflit6 de fire con-
firmner Ion election par la plurality des citoyens de
Paris
l'afThmnblee, en rendant hommage aux prnncipes
qui dtirigent, et aux fenrimens qui animent M. le
nmi.mme ,t M. Ie commandant-gneral, a arrdrte que
t{,i, IL. districts feraient invites a delib rer en affem-


* ... n ale fur le choix fait de M. Bailly pour
de maire de la ville de Paris, et fur le
.\ .- i,- M. le marquis de la Fayette pour la
:'. ,ommandatt- general de la garde national
\: i: c , et de fair parvenir i F'un et ai 'autre
i ', d...t r cp d li'lf, rt ion1 .
i i avis reCu qai'un nonmbre confiderable do
S charges de farine et d'flinees i l'ap-
'ni ,nemernt de la capitale, taiment arretees par
S'bitans di" Bourg-la-Rcine MM. herert et
.-. ,,, electeurs, ont reCu la comnmijijon fui-

S 1 eft arrete que MM. Cheret ez Hoem, dlec-


I I -- -- I lim- - -W--- ~~----


- 1,--











teurs, fe tranfporterott c u Bourg-la.Reine, pour
y confirer avec lea habitat, et les determiner i
aiffer entrer dans Paris les voitures de farine qu'ils
ont arritees.-
M. Gibert a rendu compete de la commission qn'il
avait rescue le I5, du comity des fubfiftances, de
ven.ire des moutons et des bocufs don't les pro-
prietaires etaient abfens, et qui avaient dti baifis
et amends fur la place de l'hotel-de-ville.
On a demand fi les commiffaires nommds pour
rddiger un plan de comity provifoire avaient pre-
pare leur travail.
Cetto question a tout-i-coup port l'attention de
raffemblee fur la nature des pouvoirs qu'elle exer-
Cait elle-m4.ne et fur la necetfire inflante de placer
i l'h'tel-de-ville un corps adminiftratif, compofe
de perfonnes choifies par les citoyens, pour regler et
Adniiniltrer les affairs de la commune.
On a propofe ( le chofes reftant proviroirement
on 1'etat actuel ) que tous les membres de I'af-
fembl6e remittant provifoirement leurs pouvoirs a
leurs districts qut feraient invites a nommer des
reprefentans de la commune.
La matiere ayant r6 mife en deliberation, et
debattue avec autant de fagaciti que de franchise,
l'aflemble, confidant que les functions remplies
par les electeurs dans ce moment de crile et de
det(rdre, n'ont eu d'autre objet qtui de pourvoit
i la tranquillity de Ia capital, et ni. peuvent pa!
autorifer la formation de la nouvclle adminitratior
qu'il convient de former i
Confiderant que lea dlecteurs ont fait jufqu'i
prefent ce que leur zele et leur amour patriotiqut
leur avaient commander, e' que, graces au cou alg
4e M. Moreau de Saint-Mery, pr6fident, de tou
les memtnbres de l'affembl6e, et de MM. les offi
ciers municipaux reconnus par i'affemblee gdn6
tale de la commune, tenue le lundi 15, les bor
citoyens ont joui, au milieu du difordre le pit
efftavanr, d'une ffreti et d'une tranquillitC vra
ment miraculeufes ;
Confid rant enfin que les electeurs n'entendei
en aucune maniere 6tendre les effets de la confiamn
don't ils ont 6te honors:
A arrhed, a l 'nanimit6 que les 6o diftricts feroi
convoquis et affemblds dans la forme prefentde p
le rtglement du mois d'avril dernier, pour ks arro
diffemens feulement, avec cette attention, que I
nobles et les eccldfiailiques, membres reconn
de la commune, feront convoques et affernbl
avec les autres citoyens, fans aucune diftinctioi i
Pour nomnier, par chaque diflrict, des ddpui
en tel nombre qui fera ci-apres i lefquels fi
merontr I'hbtlr-de-vi le le corp-municipalj
Auxquels deput6s chaque district donnera le pc
voir de rigler la formation de l'adminiflration n
nicipale, et de faire executer avec une fo
gale, dans la ville et les fauxbourgs tous les
glemens civil et militaires qui emaneront de ce
affetnblde des reprdfentans de la commune, et p
maniftter le voeu du chaque district fur la no
nation de M. Bailly, come maire, et de M
marquis de la Fayette, comme commandant-gdin
de la garde national.
Cet arretd pris i l' nanimite, l'affemblie a f
I'inpoffibilit dae l'executer avec fucc/s, fi le n(
bre des diprdtis i envoyer par .chaque difiri
r'etait pas regle d'une maniere uniform ; et
jour de leur reutrion a l'h6tel-de-ville, n'etait
fixe, puifque ce jour devait &tre celui de la
nation des fonctrions de l'afemblde.
On a mis fur Ie champ en ddlibdration
nombre de ddputds chaque district pourrait
voyer.
M. Bofcary a propofd de regler que chaque
ttict nommat deux dputres pour former une a
blee provifoire, deflinde feulement a ftatuer fi
nombre des repref-ntaus que chaque district j
rait fournir a l'affemblde des reprefentans 4
commune,
La ddliberation a dtr interrompue par an r
bre de Laffemblde, qui a reclame la plus pro
dcifion fur un objet qu'il a dir etre d'une
grande importance.
II a obfervd que les armes enlevcs aux inv
dans la matide du mardi 14 au garde-me


I


ruret4 des villages circonvoifins infiuait trop vifi- q
blement fur la tranquillity intdrieure de la capital, r
poL:r que l'ffemblee, par inrer&t et par politique,
fi ce n*etait par humanity, ne prit pas des mefures
rapid .s pour prevenir un fi grand danger.
L'aflembl6e, confiderant que le fucces des mefures
i prendre ddpendait fpdcialement de l'emploi Ca-
gement dirigd des forces militaires', a arrdte que M. le
marquis de la Fayette donnera et fera executer les
ordres convenables pour arreter et dofarmer aux
barriers les perfonnes inconnues qui ne font pas
autorifdes a porter des armes par leur infctiption
dans la garde national, et qui voudront fortir
de Paris et importer ces arms qu'tlles n'ont pas
Ic droit de conferver.
On a faith lecture d'une deliberation du diflrict
de Sainte-Opportune, qui, en adherant a I'aret6e
du comited permanent, rclatif a la perception d. s
droits et en le remerciant de cette fage difpofi-
tion faite pour affurer, furtout, les revtnus fi ne.
ceffaires aux hbpitaux, propofe cependant d'exempter
les difiricts interieurs du service des barriers, ce
service pouvant dere faith plus commodement par
les districts qui avoifinent les lieux de la pcr-
ccotion.


l a fiance a commence par la lecture de l'arrt&6
A linflant meme, M. Bailly et entr et il a pris le martin fur retabliffement d'un comitd pro-
demande que l'alhcmble vouluit bien envoyer quel- vifoire.
ques dlecteurs la barrier de Foitainebleau, pour Quelques membres de 'affemblde ont reclam6
protnger la perception des droits, I laquelle le fur a dipofition de cet arrete qoi do, n a MM. les
People soppofait. oficirs du bureau de la vile fence er voix
L'affemblee deliberant, et fur la demande dt 3el berative dans tous les bureaux du comite pro-
M. Bailly et fur la proposition du district de vifiroe.
Sainte Opportune, a arrete que les elteurs du 0.1 a dit que l'affr-mbice des electturs ayant re-
dittrict de .tint-Marcel front pries de s'entendr., nnu et dcid das a ma e n
foit conjointement, (irit feparemrnt, pour luvetller elle-ni.me les onctions adminiftrauv s qu'6ile excr-
et proteger la perception des droits a la barriLre it, que e la ceflfte d s circontlancts, et non
de Fontainebleau et controler le regiftre de re- pas du choix libre des citoyens de la capital tle
certe. ne opouvait c\crtainemtnt pas donner a d'au&ts 1h
M. Bailly a ajoute qu'on devair etre tranquille pouvoi qu'ele n'avait pas, ie pouvoir d'admi-
fur l'exiftence de M. Clout, regietiur des pouor e niftrer "
et falpetres, ce citoyen pris par le Ptuple, dansla 'un comity d'adminiftration ne pouvait etre
journee du 14 pour kl gouverneur de la Baltille, l)alcmnt conltitue et h-s m,wmbres dc ci conrrite
expofe long terns a tous les exces de la fur.ur,, choills,quw par la reunion de tous les Litoyens do
et don't la vie nWavait dtd 'fauvde que par une ef- a capital
pece de prodige ;
Qu M Cloet vien de e prefer lui-mme Qu'il grait d'une inconfequence extre' ie que o af-
Quo M. Clouetr vient de fe prdfenter lui-mdme emblee des electeurs qui, de fon ropre aveu ,
pour offrir fa reconnaiffance et fes services a la n'avait pas Ic droit d'adminiftrer fe mnlat de creer
commune; et de choifir des admtiniffratcurs.
Qu'il paralt affez bien remis des contufions et a e iement fenie e, apr
des bleffures dont il 6tait covert Cette oblervation a ete vivement fenie ; et, aprs
Que fon premier foin a dtd de demander lofmfcier une difcufiion fort longue,
qui a etd bleffd fur l'efcalier de I'hotel-de-ville en L'affemblee a arrdr* que, provifoirement, tous
le defendant; (i) les bureaux font confervas, pour li:npo.tance et
Qu'il a donnd au fu'plus, les marques de la 1'activite des operations,
plus vive fenfibilite pour tous les citoyens, qui, Que chaque district, apres demain o20 du prCfent
- dans ce moment terrible, peuvent avoir contribute mnois, nommera un citoyen; ce qui forniera Ie nom-
i* fa confervatior.I bre de 60o citoyens qui compoferout Ic coniicte pro-
e Sur l'obfervation faitepar un t-imbre deo 'Affem- vifoire, et front repartis dans les quatre burcaux
Sble que les commniffnarcs nommes pou l'etablif- don't le comite fera form i a vec c tte attention-,
e fement du comite provifoire avaient tin plan a pro- que les membres actuels du bureau d-s fublittance!
ir poler, i'affemblee a penCe qu'il etait important, poirront ere co,.firmes et adjoints aux nouveau
ademembresi le compost ,par',a rai on evidence
i- en tout en erat de cufe, de composer provifoi- members qui he compofet, par a rai on event
le rement et d'une maniere plus legal, un comite que Ie fucees des operations depend unmquement
al qui ferait charged de toutt- !es operations journa- pour ce bureau, de la connaiflance de tus.les.ref
lieres, parc que q 'etabliifemerit du comitd perma- lotts qui les dirigent et les font mouvoir.
iti neti etait afflz gn-:ralement improuvd, non pas M. Caftillon, dlecteur, a dir que, fur les nou
n- relativemet.t i la pls grande parties des membres, velks envoyees par l'allemblee, et donnees pa
qui le component, mais eu egard a la precipitation lui ja bureau 4es fubfit.mnces, c bureau s'etait d6
le mme qui Iavait ktabli. termini a 'envover au Havre avec M Fortin, autrr


alides
uble,


et a l'hotel-de-ville, dans la matinee du lundi 1i,
itaient repandues pour la plus grande partie dans
des mains fufpectes et dangereufes; qu'on avait
fenti I'inconvenient de laiff-r dai's l'interieur de
la capital, a ces hommes fans aveu et fans do-
micile, le moyen de nuire comme ils en aVient
fanis doute intention ; que toutes les patro:iillts
ex"cutaient avec exactitude et feverite l'ordrt-
q"-'elles avaient reCu de defarmer tous ceux qui
ne feraient pas intcrits dajis la garde national d'un
district ;
Mais que cette precaution fi fage produifait un
autre inconvenient: que ces brigands fortaicnt en
foule des barriers emportant avec eux les armes
qu'ils ne pouvaient conferver dans la ville ; qu or
devait craindre qu'ils ne portaffent le trouble et 1;
defolation dans les campagnes voifines i qu: 1;


x

e


En confdquence, et fuc le plan propofW par les "lecteur, pour f'aire arriver i Pa is les marines qui
cormiffaires, l'affenblde arrete : y font depofets, et pour v-iller a toute, les op;-
rations de cette parties de l'approvifionneneait.
Qu'il fea form un comite provifoire pour rein-: M. Gavet, dlecteur a de nme infiruie I'af-
placer le comitd permanent fem e que MM. Rameau, Patris, Simonnet..et
Que le comite provifoire fera compofe de foixante Iui, detient charges d'une comcniffion a peu p:es
membres femblablt pour Ponroife ; qu'ils y 6taient envoys
Qu'il fera divif6 en quatrt bureaux, compofs, par le bureau des fubfiftances pour favoir fi certet
chacun de quinze membres: communaut6 etait.en dt. d'aidrr la capital, etr,
i'. Un bureau de distribution. dans ce cas, poqr .fiiro arriver fur le champ les
.0. Un bureau de police. bleds et farines qu'ele pourrait fournir.
3Q. Un bureau de fubfiflances. M. Soules lecteur, a fait le rapport de ha
4o. Un bureau militaite dans lequel entreront. commifion dnt il av it dt 'hargO de v'iller A
MM. les offici,rs de 'etat-niajor de la garde na l ga-de de la Baftlle depois le moment de la
tiona l pifd, en qcialint de commandant dela fortereffe;
ionale, i commiffion qui lui avait r&6 donnee par M. .e mar-
Que MM. les oflciers du bureau' de la ville an-' uis de la Salle,et il a dit :
ror.t fence avec voix delibdrat;ve dans les quatre u- conformement la teneur de (a c-m-
bureaux, et fe diftribueront eu. m 4nes dans cha- u i, s raip e.t nt6au eneuri de fa c-Pu
que bureau m fion s'erair pre-nte au Idl iet de Sain-Paul,
oi les habitats i!u district des Mimimes s'daiLit raf-
Que MM. les membres du com*t6 provifoire fuimbls dans la mati;,ee ; mais que M. Thiuriot d 1a
front choifis par life et nqu' c.t eft't l'Affcim- rPoliere ommiflaire de ce district n'avai pu lui
bl6e general des electors f;ra convoquee pour donner lets (ent hominmes don't ii avair bcfoin, et
cinq h. ures i I'hotel-de-ville. I.i avartI d:t uu'il n'en avair p:is meme alf z )p ur 1;


i
1
1
I


M. de Caftillon avocat et &!ecteur, a dit q,'ilI
v-nait de reccvoir, a infantt nenne une lertre
de fun free, medecin a Builbcq, en date du 16
de ce m, is par laqu.lle il lui made que 7 8o00
bandits ont ravage plufieurs march f, fc f 't)or:es
fur la route de Houen aux environs de Barentn,
etront piild dirmanche pand, vingt voitures 4e
marines deltin4~s a I'approvifi, nernm. tt de la capital i

(i) M. le chevalier de Saudray.


I


parde de fa raroifie ; qu'i; ava t rrouve dans la Ialle
du comitn4 de cc district M. Desfintaines d'Fs-
turn, aux charge d'ap;-rovifionnr la Ballille qui
s'6tait miS fur le chailp a a s or r. s, et I'avait in-
form6t qu'il n'y av it dan, la pace auctin boiurgeois,
mais a peu press cepr tli1ujit- rG-. arJ's "'r i
commnandes par M. de Laiztrt, officer aux Gardes ,
et habilli en simple foldat ;
'Qut lur le rapport de ces circonflances et de
I'appr che des troup.rs M. Souls avait craint
quelque trahiifun; qu'it avait temoigne ftr appre-


I I i I


j.


lve nmadi dernier quatre autres vhitures d&^ ar-
rivdes a Bolbec, iont retournds vers le -HaIvre,
parce qu'il n'y avaic pas de furete par la route de
Rouen i que mercredi matin les citoyens du Havre
ayant eu avis que 4o6 huffArds avaient tdC embar-
quds a Hontleur pour venir renforcer la garnifon
de lur ville, ont artaqu l'arfenal de la marine,
en ont force les portes fe font armies, ont point
le canon de la jet.ie centre les vaiffeaux qui por-
taicnt les hufirards, et l:s ont forces de rctourner i
Hor:feur i quc cependant le bon ordrc regne dans
:a ville, mais que les citoyens n'en veulent laiffer
partir auctun grain ni farine dans la crainte de
fournir dts vivres aux troupes qu'ils croient en-
ct)re campees aux environs de Paris. Je me fuuis
empreffl a ajoute M. de Caflitlun, de vous ap-
prendre ces evenemens important pour vos fubfif-
tances, afin que vous prenie datns votre fag-ti ,
les metures Its plus convenables pour aflurtr les
approvifionnemens.
Iafl mblee a cru cdnvenable de renvoyer cette
inflruction au comite des fubtiftances.

Da meme jour, feazce du foir.


11


c











ienfi,'ns I M. -De.fontaines ;' ct qu'apris avoir pri
k.h-Z les boulangers de la rue Saint-Antoine tous Ie
pains qui s'y font trouves il s'etaient hates de fi
rendre i la Bafliilr; qu'ils y etaitnr eutrrs a unr
hfure du main I f juillet, et que lui M. Soules
apres avoir mortre la comm;fion au cheva jet d;
.atzert hIi .,vai. dcnMande le commandemen t.n e IN
forterefle, naJ. que le ch valier le lui a.air refuse
en difant qu'il en ctait en poffeflion avec tn detach.
ment de la com.pagnie, de Thome, et qu'il ne voulai
pas en t&re d-poi,|edol;
Qu'lnterog. par lui Soules de qui ii tenaik f
commilfion, et pour qui il tenait la place, ii avail
repondu qu'il n'avair pas de commission; qu'ii te
Jiait la place pour lui et pour le bien public, et qu'i
la defendrait jlufqu'i la derniere extreme te i que li
deffus il etait fort du tfort avec M. Desfontaines
pour deliberer fur le parri qu'il y avait a prendrc
dans des circonftances f critiques les troupes etan
fuppolees s'avancer, et !e fiier de Laizert paraiflan
utn home tres-fufpect puifqu'il n'avait aucun<
Commilfion i
,Que le refulrar d'une court deliberation avai
ete d'envoypr a Ia la le et i la decouverte vers lei
barricres Saint-Antoine et Saint-M tin ;
Que IC-s Ferfonnes envovees a la decouverte, leut
avai nt appris que lalarme au fiuet de l'approche
des trotrps etait fauffe ;
Que lui Soules, alors plus tranquille fur la frlrett
du fort avaic luge a propos d'attzndre juiqu'au
jour pour en d-poff.der le fi-ur de Laizert; qu'il
avait clu gd M. DJsfontaiaes de f.rre reiler lep!uw
dt bourgeois qu'il pourrait, de toats les patrouille,
qui palfaient, en les engageant de garner U'ext~rieur
de la forterefl< i
Qu'a trois h ures du martin il avait fomme M. de
Laizert, en preilnce de M. Desfontaines, de lui
ro1ndre le commandement de la place, et que, fiur
le refus de M. de Laizert, ii avait affemble la
garnifon lur la place de I'interieur, en fiilant battle
la gtcnrale ;
Qui'a'ors il avait lu fa commiion i haute voix,
et den aride aux gardes s'ils voulaient obeir i la
commune de Paris, ou an chevalier de Laizert ; et
que les Gardts Fran~aifcs a\aent unar.imement re-
pondu qu ils etaient aux ordres de la viile, et le
reconnaiilaient, lui M. Sourls, po:.r commTand.nt du
fort i; que li-delius M. de Laiz.rt avait fait des
rcproches aux bfldats i 1;'
Que M. Sou!&s etait monte fur les tours pour
examiner I etat des lieux, et qu'a fon grand etonne-
mrnt il .vait trouve tous les canons decharges et
Peine 40 livrcs de poudre dans le fort, quoique
on eut ete pendant la nuit dans des alarmes con-
tinuellcs ; qu'il etait alors defcendu dans la forte-
relLr- ou i fon grand etotincmnnt, ii avais trouve
le fieut de Btaumarchais avec le fieur de Laizert,
fortant d'un des fouterrainm; qu'apres le depart de
-M. de Laizert, ii avait interrog- M. de Beaumnia-
chais fur fa mifion, et qu ce dernier lui avait
dit qut; le motif de fa demarche ta't l'humanitei
que fachant que la place a!;ait 6tre dnmolic, et
que les effects de midame )elaunay allaient coni;:-
,quemmtnt etre laiffes au pillage, it E tit venu prier
It commandant d- Fermettre i cette fmme mnalheu-
reufe de retire fes fferts i
Que lui Soul.s avait infifle fur la neceffit. d'un
ordre emane du comite pernu.inlt et que le fieur
de Beaumarchais s'etait retire avec la garde don't ii
&tait accompagn, ;
Que tout commenca't i rentrer dans l'ordre, lorf-
qu un eveznement imprevu avait tout derang_ et
penfe caufer de grands malheuts i que M. de Bou.
tidoux fupplhant de Bretagne a 1'Affeimble natio-
nile, et fe difant aide-de-camrnp du marquis de la
Salle, s'etait prfc~ntd vers les deux heures a la
porte de 'a Bfltille, i la tete de zoo hommes de
la Bazoche, et avait demanded a parler au comman-
dant; qu. le fiber de Boutiloux lui avaic pr~fent
une commillion fignue de M. le marquis de Ia Salle ,
par laquelle le fiour de Boutrdoux etait autorife a
s'emparer de la. Baftille ; que lui Soules furpris
d'un ordre auflr extraoprdinajre avait montrd fa
comriffion au fi-ur de Boutiloux, qui s'etait com-
porte avec beaucoup de politefle; que fur le refial-
tat d'une deltberation des officiers de la garnifon,
et de' ceux de la Bazoche les fieurs Soules et de
Boutidoux s'tuaient transpurces a l'hotel-de-ville
pour demander l'explication d'osdnrs fi contradic
toires, et que M. le marquis de Ia Salle, apres avoir
faith des excufes a M. Soules fur ine meprife doni laI


confusion leule etait cafe, i'avait conifirnie dans
fon commandemet ;
Que pendant Con abfence la populace s"'etait
pore:e vers la fortereffe, y avait e~ in, roduite ,
es qu' ifon arrivee il y avait trouve plus de 0o,oo0
ams pillant et facagtait rout i qu'il avait tiche
de. remedier au defordre en faifant former la pre-
ui,:re barriore ct lever Ie point i mais que la mul-
titude enfernee 'etait fi confiderable qu'il avait
ordonne qu'on le reoaiffat i qu'il avait place des
ientinelles pour empdcher qu'on empoitat les
paiers, et que la place s'eft evacu6e petit '
pent ;
Qu'i utris heures du mawin, z6 juilles, il etait


s (orti hours du fFrt, fur It premier point, pour exa
s miner l'exterieu et qu'il ecrivait au comitd per
maner, pour l'itiformer de (a tatblfcfe et hui de
e mander des ordres lorfqu'if fut accofle par une
, patrouilte don't le commandant, connurdepuis pou
Ctre M...... du difhrict des Cordelhers demand
a I fire patrouille dans la Balille i que lui Soules n(
, connaiffant point M...... et ne voulant pa
- laiffr enirer dans la fortereffe une patrouille plut
t forte que la garnifon, lui avait rkpondu qu'on n en
rrait pas et que le commandant d'un fort pouvai
feul en ordonner les patrouilles i que M......
t apres lui avoir demand fa comr-iTion, avait traits
cette commilfion de chifuon et l'avait conduit de
1 force au district des Cordeliers, quoique lui Soul&e
demandrt a etre conduit devant le comiti des elec-
teurs, don't it tenait fa comnmifion ; qu'arriv6 at
f district des Cordeliers, on avait fait (onner le toc-
t fin, comme fi 1'ennemi eilt etr aux portes de la
t ville et que le district etant affemble, on avait
dreffe proces-verbal de tout ce qui s'tait pafft
que quelques energumenes du diflrict vou!aiurt ab
foltument que lui Soules filt oupable quouqu'i
t n'y eut centre lui aucune charge et que malgri
s les rec'amations des electeurs de ce district it a er
conduit dans un fiacre, come criminal de I~fe-
r Nation, travers une multitude innombrable, que
E le fon du tocfin ava;t raifmble' rois fufiliers
etant dans le fiacre accompagni 1'ailleurs d'une
Sgarre nomnbreufe i que de rtems en teams it entendaii
I crier autour de lui c'ejft second gouvrneur de la
SBaflille; et q'l'arrive i la place de l'hortt-de-vile ,
s on parlait de le pendre ou de lui couwer la telte
, et que d.ux perfonnes lui out meme prefente I epe
r fur 1eltomac ;
Que MM. les marquis de la Fayette et de la
S Salle, informs de fa situation, avaient vole ai on
fecours; que le premier 1'avait pris pir la main, et
avait dit au Peuple affemble que fi les comites qu'il
avait lui-imrne nommes ne meritaient point fa con-
nance, il devaic en nommer d'autres; mais que s'ils
en etaient d gnes, it devait leur ob ir qu'autre-
ment il donnerait fa demiffion ; qu'il venait d'empe-
cher un malheur en fauvant i'abbe Cordier, ma s
que la mep ire etait encore! pius grande par rapport
au fieur Souls$ qu'il connaiflait et qu'il avait tou-
jours connu pour un veritable ami de la liberate i que
fur ce dilcours de M. Ie marquis de la Fayette il
avait et6 reached fur le champ ; que le marquis de
la Salle etait venu lui rendre fon epee au bas dc
i'eicalier de I'hoel.de-viile, en prfoence de la mul-
titude innombrable doit la place etait couverte;
mais qu'il avait crtu devoir reinettre fa commitlion,
-n distant qu'il ne voulait plus de commandment,
puifqu'il n'y avait pas de fuuordinatio:,, ct puif-
qu'une patrouille de diithict avait la prefomption
d enlever un commandant a on polite, quoique muni
d'une commiflion de la commune.
M. Souls a fini en demandant justice de I'infulte
publique qui lui avait kte faire ; mais d'autres
affairs ont retarded la deliberation relative i cette
demand.
M. Picard a fait lecture d'un mInoire prefente
par les Cardes-Francaifes dans sequel ils accuf t
.es oflicicrs qui les ont commander jufqu au mo-
ment de la revolution, d'etre leurs tnnemis les plus
perfides et ceux de la Nation ; d'avoir employee les
careLfks les plus infidicufes et les menfonges es plus
hardis, pour les. empocher de fuivre le mouvenient
de leur coeur qui les portcat i remplir tous les de-'
voirs de citoyens pour la detenfe de la Patrie d'avoir
refuft de marcher a ieur tete dans un terns ou ii
ne s'agiffait de rien moins que du Calut de la capi.
tale et de la Nation entire; d'avoir provoqu6 de
la part des fatteurs de la tyrannie aiifBcratique,
don't ils font les adherens et les complic.s, I'ordre
infidieux de 1I s eloigner de la capital, et I'ordre
barbare de livrtr un grand nombre d'entru eux aux
fupplices que merient les deferteurs de la caufe
national ; d'avoir port la trahifon envers la Patrrie
jufqu'a faire enclouer les canons du regiment, et
leter dans l.s foffes d nitions des ddftenieurs des citoyens ; d'avoir eu
mu1me la lichete de placer dtie la poudre Cous qiiel-
ques-unes de leurs falles d'exercice, dans le noble
deffein de Irs faire fauter en l'air ; de n'avoir enfin
que trop jutiffie par rant de perfidies les craintes de
poifon quils ont a redouter de leur part.
Par routes ces cr'nfiderations, les Gardes-Fran-
caifes fupplient l'affemblee des dlecteurs de faire
aupres du roi qu'ils cheriffent qu'ilh refpectent,
et pour lequel ils font toujours pr&rs a verfer juf-
au'a la de-niere goutte de leur fang, les demands


que la fageffe fuegerera, pour que leur re'Ciment ne
poit plus affervi au commandment des officers qui
leur ont &td prepofes jufqu'ici.
Ils defirent que la Nation faffe dans leur corps tin
eff.ii honorable qui montre I'Univers .ntier qu'cn
regiment franqais, uniquement compofe des men,-
bres de la claire productive, pett trouver dans fro
propre fein des officers et deq commandant, ca-
pablf s de foutenir avec dignity I'honnrur des armes
franCaifes.
En parlant de M. le marquis de la Favtte, ils
drclarert qi'i s verraient avec transport i lIur t&te
ce valeureux guerrier.


M. le prifident a ripondu aux Gardes-Franpite
prefens i la lecture de ce memoire, que l'attem-
Sble de concert avec M. le marquis de la Fayette
e lui-mnme, prendrait tres-promprement en confide.
r ration tout ce qui pouvait fatisfaire le defir don't
a la commune etait animee, de leur prouver I'eftime
e qu'elHe f.ifait de leurs ferviccs parriotiques, ct le
s prix qu'elle attachait i leur conservation.
s On a annonc6 quatre membres de I'AfTemhlee
nat.onale i plufieurs lecteurs fe font detaches pour
t les aller recevoir, et ils les ont int.odu.ts dans
, I'afemblee.
0 Ces quatre membres de I'Al'emblee national font
MM. Gros, cure de Saint-Nicolas du Chardonneti
Defineuniers, Duport et Guillotin, tous deputies die
o la ville de Paris.
M. Defmeuniers a dit qu'un citoyen de Paris
I M. Beffin, procurcur au Chitelet, etait venu i
t l'Affemblde national fair le tableau le plus tcu-
chant de la nmifere i laquelle tous les ouvrers de la
. capital dtcaent reduits; qu'il avait peint fur-tout
des plus affligeantes couleurs la detrelle du faux-
6 bourg Sa;nt-Antoine j qu I'Affew.blie national les
avait a I infantt meme deputies vers laffemblee des
. lecteurs, pour I'inviter i repandre dans tous
Its efprits charitable de la capital la n'cefl.tr
s de fubvenir aux befoins preffans de la claffe indi-
> gene ;
t Qu. Ila deputation de Paris davaic pas cru pou-
a voir fur cet objet s'en tenir a des voeux tenres;
que tous les membres de cette deputation s'etaient
reunis dans une aflle particuliere, et avaicnt fair
> entire eux une contribution de 41.cco litres en
faveur des pauvrts ouvricrs, dans laquelle fomme
de 4,000ooo vres M. I'archevtuie de Paris avait
fourni feut une fomme de zo,ooo liv. i
S Et fur le champ M. Defmeuniers a depofC fur I*
bureau une declaration conque en ces terms:
w MM. les deputes de la ville de Paris i I'Affemt
blee national out aurtrife M. le cure de S. Nicolas
du Chardonnet, M. Duport, M. Guillotin et M.
D -fmuniers, 2 propofer i I'afftniblie generate do
MM. les electeurs 45,ooo francs, qui feront diias
peu de jours entire les mai.,s de M. P'archesque do
Paris.
,, Cette fomme de 45,coo liv. eft le produit d'une
contribution vo'ontaire de de MM. -es deputies de
la commune de Paris a 1'Aflembiee nationa!k. Its de.
firent qu'elle foit employee au foulagement des pau-
vres ouvriers de la capital, et notamnment de ceux
du fauxbourg Saint-Antoi;:e. -
Fait I Paris, le 8 juillitt 1789.
Signed Gros, cure de Saint-Nicolas du Chardon-
net i Guillotin, efmncnicrs, )Daport.
Ce don a etr recu par I'Aftemblee avec les
argues les plus vivcs de fcnfibilite et de recon-
naillance.
Avant de fe retire, MM. lcs deputies de l'Aflem-
blee rationale ont desire quo M. PDfmeuniers, I'un
d'eux, communiqu.it l'allemb'ie routes ler nou-
velles parvenus a l'Affemblee national fur 1'etat
artuel des affaires,
Er M. Defmeunikrs a rcndu compare du concert ge-
ndral av.ec sequel toutes les provinces avaient fiuivi
1'exemple de la capital, des citoyens armes gour
la constitution fur toutcs les surfaces du royanime,
et principalement a Lyon et en I)auphin6; d'une
emeute exciree Ia Poiffy et a Saint-Germain par la
rarete des fubli!ances appaitfe par une deputation
de 'Affemblee national, A la tre de laquelle etait
M. l'vequ- de Chartres ; de 1'4loignement total des
troupes, et du depart de I'abbi de Vermont, con-
fidere dans I'opinion publique commne le dernier
foutien de I 'aritocratie.
M. Deftneuniers a termine Ton difcourspar l'invi-
ration la plus touchante i la paix, i i'union et i la
contraternite des fentimens. l a infilfte fur la nrecelite
de calmer prompremtnt les difcullions qui Ce prepa-
rent et qui fe font deja manifdtees dans quelques
diflticts de Paris.
Un citoyen iapportd fur le champ un billet de
caitle de la lbmme de 0oo liv.
On a propof6 diffirnrns moyens pour defarmer les
ouvriers ct les fire retirer paifiblement dans leurs
ateliers.
lAhxamen de ces moyens a conduit i differentes
questions fur I'avantage ct la polfibilitd actuelle d'une
ltbre circulation.


Au milieu de ces opinions diverfes, un membre
de I'atfemblee a propofe de faire une toufcription vo-
lomnaireen faveur des ouvriers, et de verfer tous
les fonds de cette foufcription entire les mains de
M. le caiffier de la ville, pour &cre d: lines aux be-
foins publics, et non pas au befoin particulier des
difilricts.
Un autre membre a propoef de fire fervir le
montant de la foufcription a payer aux ouvriers les
journeys p-ndant Jefquelles iis n'avaienr travailld
qu'a la defense commune, i condition qu'ils rap-
porneraient leurs arms.
M. Popelin, electeur et president du diflrict de
Saint-Gertmaiin-des-Pres, a cru devoir propofer la
maniere


s*---- ---= --~ ----- I I I I ~ ---~-------v --


i, t~-- I- ;----~-- -------- ---- -- -- -- ------- I ~-- ~-- r -- - -- --Y. ~I












maniere don't il s'taft fervi avee n~ieis per t-en
voyer les ouvriers i leurs atteiiers, et pour obtenir
leurs armes.
Il a fair publier dans fon district un avis qu'un
ul, arquebufier tait chaig6 d'acheter toutes les
armes que les ouvriers lui apporterantint avec un certi-
ficat de leur maitre, conflitant qu'ils avaient repris
le travail itt dans la matinee leulement, plus de
80o fulils ont etd rapportes.
M. Matfictto, premier electeur du district de
I'Oratoire a offert d'avancer une fomme de
,o00o liv.
M. de Saiut-Criftau ilecteur du district de Saint-
Jean a fair l'offre de la m6me fonime.
M. Beffin procureur au chirelzt, ce meme ci-
toyen qui a ~te \ers I'AtTemblee national, appeler
fa bientaifance fur les pauvres ouvriers, a declare
avoir remis i M. Bailly la fomme de 6oo livres,
oflerte i 1'Afemblee national.
Apr6s plufieurs motions qui tendaient touts au
meme objet, et qui ont te tris-vivement difcu-
tees, 'aflemblee a faith I'arree fuivant :
*w Les ouvriers font invites i reprendre leurs tra-
vaux, et m'affemble a declare qu'en rapportant par
eux un certificate de leurs maitrcs ou chefs d'atte-
liers, portant qu'ils ont repris leurs travaix ct u'i
certificate du prefidcnt du difrnnct, kortant qu'ils
o:it depofe leurs armes dans le d6ept indiqu.- par
Je difhict ii leur fera pay6 une foamme de 9 liv.;
favoir, dans trois jours a computer du present arrete ,
6 liv. i ceux qui auront rapport une arme a feu,
et 5 liv. i ceux qui n'auront pas rapport une arme
i fcu, et huitaine apres, les I liv. rcftans,' chaque
ouvrier fans dillinction.
L'aff mb.ee declare s'en rapporter a la prudence
des districts, i 1' guard des ouvriers journaliers et
autres, qui, n'ayant aucun maitre, aucun chefd'atte-
lier, 1ercont dans ITimpotlibilite de rapporter un cer-
tificat de reprife de travail.
Et de plus, il eft arr&et que la prCfente procla-
ma. on fera imprimie publiee affichec partout ou
beloin lera ,,.
M. Santerre, bralfeur du fauxbourg Saint-Antoine,
eft veiu donnt-r fur ce fauxbourg des details fatis-
fUfazs aflurant que la tranquillity y regnait q''il
etait certain de 4 a j,ooo ouvriers qui s'etaient vo-
lontalcment mis fous fa dependance.
11 a ajoute qu'il avait cru devoir, au nom de
I'httcl-de vile, donnetr p rmiflion de travailler fur
le port de la Rapee, et i a price I'aflembl6e de ne
point le defavouer.
L'affemblee bien loin de defavouer M. Santere
1'a rlinercii de fes foins infatigables pour ia ftt~tt
publique.
La patrouille da district de Saint-Honord a con
duit au n1ii. u de l'afflTmblee un particular qu'eell
vcnait d'arriter au Palais-Royal, come coupabli
de edition.
Le commandant de la patrouille a dit que ce par
ticulier monte fur une chaIfe a', milieu du Palis
Royal, et t nvironne de !a foul que fbn action t
fes dilcours ava;' ratf'enbl'ee, dilait a h.iute voix qu'i
venait de le e tefenter i l'hoel-de-ville; qu'il I'avai
trouve ferne eit:rourt de voitures de nobks; qu'ol
avait en la presence refult I'tnttre aux electnur
e..x-mnemes; que cette conduite etait iufpecte qu'i
faliair m-ircher i l'h6tel-d!-ville.
Le commandant de la patrouille a ajout6 que ton
ces propos tendaient a foulever le Palais-Royal contr
I'hotel-de-ville ; qu'ils avaient mnme excite une el
pece d'emeute, don't la terreur fubite avait fai
term r les boutiques dans une grande parties de 1
rue Saint -olorer
Ce particutier initerogd a dit fe nommer Duha
mel, demeurant rue de la Mortelltrne, nmaifon d
M. Bongard numdro 34.
Examen fair des papers qu'il avait dans fes p(
ches, et qui n'ont fourni aucune preuve contre lui
I'affemblee a arrete qu'il ferait conduit pardevant u
commilfaire de police, pour &ire fair enfuite c
que, par juftice il fCrait ordonne.
M. le marquis de la Fayette eft venu rendre compi
a l'afemb!6. de ce qu'il avait cru devoir fire rel
tivemrnent aux foldats ;ui avaient quite leur rkgimei
pour venir a Paris fetvir dans Ia garde national
relativement aux bagages abandonnes par Its troupe
campees ces jours dernie's au Champ-de-Mars,
laifis par plufieurs detachemens de la garde n
tiunale.


A l'egard des foldats, il a dit qu'il les avait a
t-rif.'s a refter Pars s, en leur don,'ant efperan(
de les incorporer dans la gaide nationaie s'ils
mritaient par It-ur conduit et fi fa majefle da
gnait y conle:tir.
A I'egard des bagages, ii a diftingue les bagag
generaux appartenans aux diff rtcns corps qui coi
potent l'armee du marechal de Lrog ie, comme I
canons, les tentes &c. rt les bagages part. ulie
qui appattenaient a chacun des offcitrs et foldai
II a dit qu'il avait excute relativement aux I
et aux autres, les luis de la guerre, en confervan
come bonne pnife les bagag;s generaux, ei re
voyant les bagages patticulieas i leurs diffeteas pi
prietaies.


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On a fair lecture d'ure declaration mife fur I1
burea i, par laquele MM. I s marquis de Fournier
et come de Bcllevue difent que tonts d-,ux qua-
lifies de titres qu'un vain pre)ug' Its a jufqu'ici
autorifes I porter, mais qu'ils les abandonnent pour
s'ho.:orer du beau titre de citoyen fraicais, et de
bourgeois de Paris.
Un membre du comite des fubfiflances eft venue
communiquer a I'affembnle un arret6 dont les m ,-
tifs les plh:s legitimes ont demontre la neceffite, et
don, il eft important que l'affetiblde prenne con
nai(Tlnce, pot.r prevenir dans fa fagefle les fJutfls
impreflions l'il pourrait produire, s'ii etait exetLut:
dans le myftere et le silence.
Cet arr&rC eft ainfi concu :
Le comity provifoirement 6Ctbli pour la fdrete
publique et la fubhiflance de la ville de Paris, a
prie et autorife MM. Guefiuon et I.anglois tons
deux 6l-cteurs de la ville de Paris, de vouloir bien
fe tranfporter, foit conjoinitement, foit feparemen'-,
dans les couven-s d'hqmmcs et de femmes de la
ville bainLeue tt faubourgs de Parin, et aux envi-
rons a l'effet d'y faire la perquilition de tous les
grains, blues et farines qui peuvent y e're, en conf-
tater la quantity en dreffer proces-verbal, rece-
voir routes declarations, et fire tout ce qui fera
niceffaire cet regard.
M. Bailly eft entr6, et il a dit que, quelqueflatteufe
que fdt pour lui 1'election faite de fa perfonne, par
acclamation, dans la fiance da mercredi foir, pour
occuper la place de maire Ton voeu eft que les
districts confirmnent fon election, ou nomment tout
autre citoyen a cette p ace important-..
II a obferv6 que deja les districts avaient dd 're
invites i delibkrer fur cet obict; mais que fans doute
le concours de routes I s affairs les avait emp&chts
de hI prendre en confide action ; qu'il dcfirait que
Its districts recufl nt a cet regard dans la irurnee une
invitation expr.ffe et preffante, et qu'a cet effect,
il leur avait ecrit la lettre fuivante :
-C Meffieurs, l'affembl-e des electeurs, ot'l fe font
trouves un grant nombre de citoycns m'a faith
I'honneur de me nomm-.r maire de Paris : quelque
pcu capable que je me croi;- des functions de cettc
important place?, le choix de mes concitoyens me
donnera peut-kere des forces et Iturs confeils me
procureront des lumiLnres pour la remplir. Na-s ,
Mellieurs, 'e ne puis me regar~i-r comnm fumff;:am-
ment et legalement nomme que pir les diff rents
d'lftricts: I'ole done vous ifupp!i-r de vouloir bien de-
liberer fur mi demand en confirmation de ce pre-
inier hoix. Je puis toujo rs vous affiurr cque je
n'oubli rai de ma vie ks bontes touchantes et les
Sf.vrurs don't j'ai 6t6 comble.
Je fuis avec respect, &c. "
I L'affemblee a arr'te' qu3 tous les districts feraient
i l'iftant mfme invites i deiberer fur cet objet


On a fait lecture de plufieurs deliberations en-
voyies par les districts:
D'une deliberation par laquelle le district des Pr&
montres de la Croix-Rouge, decide :a libre circu-
lation dans l'interieur de Par s et aux barriers;
D'une deliberation du district des Petits-Auguftins,
par latuelle ce diftnict, fur ce qu'il a etk propofI
d'etablir provifoirement des juges de paix chez
qui feraient amenes touies les perfonnes fufpectes
arr&cees par les patrouilles bourgeoifes i
Lefquels juges d. paix connaitraient de tous objets
de police, tranquil!ite et fCrete publique, pour,
par eux, 6tre entendu et flatue fur toutcs contdtta-
tions a ce relatives, et provifoirement prononce fur
la liberate ou detention de routes perfennEs qui con-
treviendraicnt 1 'ordre public, fauf a en r.ferer i
I'affemblee gdnerale;
Arr6te que ces juges ferort, nommes au nombre
de quatre qu'ils auront cl nom de tribuns et que
leurs functions front d7termin es dans un comity
comprofe de MM. les president et fecretaires, con-
jo ntement avec lefdits tribuns.
La meme deliberation fair mention que l'afflm-
blWe a procede par la vote du fcrutin, a l'elecdion
de ces quatre tribur.s;
Et que le fcrutin depotuill et recenfj il en
eft rlfult: que la majority !ides voix s-1t irouve t ni
faveur de MM. Moule, comdriicn fraqas s, qui Jd6i
av ir ete nomme depute a li ville Ic i Achet,
Offl!in deji nomme depute, et Lallouette.
Un trembre du bureau des fibflfhartes a rendu
compete a I'affemblee d'un fait don't l s confequcnce
pouvaient &ere iniportantes pour la viile de Paris
Un home don't les c.fcours avaie..t ex it6 deja
une caotaine rumeur fur la place de I hotel-de-vi lI ,
a ite conduit au bureau dtcs lublitaiicts et il a
diclare qu'il avait certitude de pran.lcs provifiots
de bled cachees dlans les foutmrrains de la viil,
de Pontoife.
Le bureau a decide que c t home ferait fur-
le-champ conduit a Ponroife, fou bonne et fi.e
garden, pour inhiquer les fout.rr.i, s qui renf:rmniaient
tant de richeffts i qu'il fera rcomprtnf6 fi fon rap-
port fe trouve veritable n mais cans le cas contraire,
qu'il fera ramene i Paris pour e:re ms en prison
et y refter jufqu'a ce qu'il ait paye ls frais du
voyage.


anim? nous fait efperer la fin de nos mn fer-s, en
noiIs fcti'at dire d'avance que votre ugufte afl-m-
blee repre'ente I h hmianite du meilleur des rois ,
ia protect n du plus grand des princes et que
vous etes tous des Necker.
Enfuite elles ont chanted des couplets fur la
reni.,n des trois ord.es, et le voyage du roi A
Paris.
M.Moreau de Saint-Mery les a f6licitees des bons
fentimens qu'elles f, faiei t paraitr- ; et fur 1-ur
demmnde il a ete arrete que lIur difcours rt !e ir
chanfon feraient inferes dUns le journal de Paris.
Un membre -d- I'affemblie a repr-fcnt6 qu* ,
malgr6 I'airte pris par l'affemblee, les fpect cles
n'avaiceIt pis olF ouvrir auiourd hui pare qtea
quclques districts avAintIt haute nenc decLae qa usil
H


~-- -- P n"PTFI-~*--~ ~-- -- -~I~-


-- -.~C-.-~ ~-. -- i- "--'"-- -~~-' 1


incipal, et & fire paffer, le plut8t poffible. leur
liberation a I'h6tel-de-ville.
Les dpputms de la communaut6 de Meudon ont
sfente a 1a'atermblie un memoire, par lequel cetta
mmunaut6 demand a #'re autorifee a etablir une
rde bourgeoife et les instructions n&effaires
ur la march et les regles i fuivre dans cetto
pration.
L'affembide a autorif M. le president repondre
MM. les deputrs de Meudon, qu'elle n- pouvait
ercer aucune autorite fur les comn.unautes voi-
nIs, et qu'elle fe bornait i les invitrr i prendre
utes les mefutes que leur zele et leur pattiotifnme
oirraitnt leur infpirer pour le maintien de I'ordre
la defense de la liberty.
Beaucoup d'autres deputations de d ffirentes com-
unms, ndme eloignees qui venaitnt demander
es decisions et des ordres I'affemblie des elec-
.urs, ont recu la meme reponle.
Lauteur d'un ecrit intitulI : A mrs concitoyens,
hommage' M. le d:uc d Orleazs s'.fl prelent6
our demander la permillion de vendre et de diltri-
uer cet ouvrage.
M. le prolident a repondu que l'affembl'e le per-
>ettdiit, autint toutetois qie la pernifion pouva t
rr. i eceliaire, pourvu que l'ouvrage fit figne de
auteur, et garanti par lii.
Sur le rkcit Lit a l'affemblee par MM. de Gra-
iil bailli, lieutenant- g neral, civil et criminal
c la ville de Brie omit-Rotert et Petit de la
dotte, m)m de la rneme ville ue le fit ur Coufin
retrndan. iune commiflion d-: capitajne-genrral
e la i'Iiiice bouirgeoif de Blie-Comte-Kob.rt, qu'il
hiait tenir de i'alfemblee des Olecte'irs de la ville
,it Paris, femait le trouble ct le d-fordre dans la
,'ii de Bri.', en tmypehant i-s afl, nib.ees convo-
qutes par M. le mahie Lt autres ofticiers qui en ont
e iroit,
I a et- arretit que I'affemr le aefivouait la qua-
ite de comma idant-g'n-idl d: la milice bourgeoifie
le Bri- Ccmte -Robcrt, que le fitur (o.ilin s'ar-
rogc, fous prctextc d e;! avoir une commiithon ema-
iee d_ I'aliemblee d&s electcurs de la ville do
Paris.
L'aff-mblee a de plus arrete que MM. les habitans de
Brie-Cointe-Robert Ieraient i. vites a f. conformer
pruNvif,,ircInAnt aux reglemens en uiai-e pour la con-
vocation oes citoyens; en conf-cq ence, a fe reunir
et s aff mblcr en la manlere accou um: c a la rrai-
fon-d:-ville fous la prefidincc dLs otfici-rs mu:;i-
cipaux, a ne rien oublicr pour loiin-.r tour la
pro ecton necr-flaire a la IfLrcte pubique, et main-
tenir I'ordre et la tranquillity dans la vie de Brie et
dans fes environs.
On a fait une motion tendante a fixer ILs moyens
de former la garde national parifimnne dc maniere
que chaque citoyen en erat de porter ILs arms .
ne pat fe foufliaire a cette obligation pattio-
tique.
Les avis, d'abrd differens fe font rpunis fur
la neceffit6 de former un r6le exact des habi:ats
de chaque district; et l'alrffebiee a arrete que M.
Mabillc, directtur des vingtitmcs tt de la capita-
tion, lera tenu de de ivrer a chaque ditNiict de la
ville de Paris le r61le de a capitation des habi-
t,inn de chaque district et qu'txpedition du pre-
lent arrte f[cra delivree N MI. le marquis de la
Fay-tte pour le fire executer.
O(n a announce que la mnliitude s'agitait encore
autour de I'hotel des Invaliides pretendant que
cette maifon cotntenait iencore des armes cachets,
et que I'effcrvelcence populaire fi p ompte a s'en-
flammer fur cet article, ftfait craind.e u..e in-
vaftion.
L'affemble a arrete que quatre dlecteurs, avec
Its forces militaires donnees par M. le marquis de
la Fiyette, f rent charges c fe fetranporter a I' b-
tel des Invalids pour verifier s'il ,xilte encore des
arinis dans cette mrifon, et pour affurer fa tran-
quillite.
Les dames p~ffirdes dpiutees du march Saint-
Paul ont ete introduites; l'une d'elles a pronunce
le difcours fuivant:
Mefieurs I'amour d'un Peuple qui adore Con
roi, vous conduit ici pour la conlommation du
plus grand de tous les ouvrages, qut eft a reunion
recle des tr, i ordrts ; et le divin ziele qui nous











nte fouffriraient pas 1'ouverture des fpectacles avant
!'artiv.,' de M. Necker et cependant qu'il ctait
interelfant de ne plus tarder a donner aux bons ci-
toyens cette preuve du retabliffement del'ordre, et
aux pauvres ouvriers ce foulagement, puifqiue la
premiere rciprfentation de tous les theatres devair
etre donnnee leur profit.
L'afl.mblee, avant de prendre une.derniere r6-
folution, a defir6 connaitre les moy:ns que M. le
marquis de la Fayette pouvait avoir pour affurer
la trdnquillite des (pectacles, s'ils dormaient de-
main leur premiere reprCfentation, et le general a
kt6 invite a fe rendre a I'affemblee.
n. le marquis de la Fayette s'eft rendu fur le
Champ a cette invitation, et il a dit qu'il avait pris
poi.r la ide et la furete des fpectacles, des me-
iures d'oi~efficacitr' lui parailffait certain et qu'il
etait defirable qu'ils roprilfent leurs travaux le plus
promptement poffible.
En confequence, et attend l'urgente n&cefiteC
des pauvres ouvricrs auxquels apparti.nt le produit
.d de la capital, ['affemblee a arrete qu'ils front ou-
verts detain.
Des deputes de Ia municipality de Compiegne
ont prefente i i'aflkmblee une lettre des officers
municipaux et citoyens de cette ville ainli concue:
,, Meffieurs les habitans de Compiegne ayant
&t6 informs que M. Bertier de Sauvigny, inten-
dant de Paris, etait ici, I'ont arretef, fur le bruit
que la capital le fefdit chercher; en confequence,
Meieurs ls citoyens vous depechent la preiente,
et vous prient de les &elairer fur la c95uite qu'ils
ont a tenir.
Nous fommes avec un tr8s-profond respect, Mef
fieurs, vos tres-humbles, &c.
Sigue les officiers municipaux et citoyens.
Lecaron de MaTentourt, DelmarefI, Herbet, Mot-
tel Wa:qual Conflant d'ljanville Charmolue,
Charmolue. )
M. Bailly a 6t6 invited fe rendre i l'affembl'e
pour deliberer fur cet objet important.'
II s'y eft rendu fur le champ i et apres mure d.-
liberation, en presence des deputies de Compiegne,
il a ere ar'-e' que la ville de Paris ne felant point
chercher M. Bertier de Sauvigny et cet ancien
intendint n'etant ni accufe ni decrete par juflice,
il ferait repondu aux habitans de Compiegiie qu'il
n'exilfit aucune railon legitime de e e retenir pri-
fonnier.
Les deput"s de cette ville ont obferv6 que le
Peuple de Compiegne etait extremement anime con
tre M. Bertier ; qu'i. etait impoufible de repondre
de fa vie, i laquelle peut-itre on avait attend de-
puis leur depart, et qu'il n'exiltait qu'un moy. n
de la lui conferver, celui de le faire conduire dans
les prifons de Pari. %
Cette observation, le ton meme des deputies,
qui p-ignait 'agitation de leur vile ont je.t
dans 1'ailcmblee un autre efprit et d'autres fenti-
nicns.
Quelques 6lecteurs et plufieurs citoyens prfewns
ont rappeld que M. Bertier etait depuis plufieurs
jours, l'objet des clameurs publiques; qu'il etait
intendant de I'armee raffemblee coiutre Paris ; qu'ii
s'etait rendu de Paris a Verailles le jour meme d&
la prife de la Baltille et qu'il convenair, foit r
Ia juftce publique s'il etait coupable, foit a for
inter&t particulier, s'il tait innocent, que fa per-
fonne fit mile fous la garde des tribunaux.
Tous les avis fe font reunis, et il a &tr arr&te
qu'il ferait envoy a Compiegne une troupe de 24(
homes A cheval, pour mettre en furete la per
fonne de M. Bertier de Sauvigny et pour le con
duite A Paris; qu'il ferait demnandd A cheque dif-
trict 4 hommes a cheval, pour former cette troup
de 240 cavaliers ; que cette troupe ferait diiig&
dans fes mouvemens par deux electeurs, qui feraien
charges de prier, au nom de I'anfemblee, MM. le;
officers municipaux de Compiegne de leur remettn
M. Bertier de Sauvigny.
MM. Etitnne de la Riviere, electeur, et Andr
de la Prefle citoyen ont ete nommes a ce
effet, et ils oat bicn voulu fe charger de cett
commiflion.
M. d'Ermigny a ete nomm6 pour commander 1h
dtac heiment.
En confequence, I'aflemblee a donn6 a meifieur
Etienne de la Riviere et Andre de la Prefle l'ordri


fuivant:
L'aflcmble a arrete que MM. Etienne de la Ri
viere et Andre de ja Preile electeurs et nime
brcs de l'affembl6e de Paris, fe tranfporterontc
Compiegne avec 24o homnmes a ch val, de la garden
nationale parifi'nne pour demander a MM. le
oflicicrs municipaux de la ville de Compigne I;
perforne de M. Bertier de Sauvigny, intendan
de Paris et le ramener a Paris dans les prison
civiles de l'ordre de l'affemblee.
L'afemblee a arr&te en mdme terns que M. fou
president donnerait un ordre pour faire appofe
Ies fcelles fur rous les papers de M. Bertier di
Sau6 igny.


f6l
M. le cutr de Saint-Euftache s'eft present et il
a peint avec energie le malheur qui menaCait l ab-
baye de Montmattre entouree de plus de io,c q
ames qui meracaient de faccager ce monaitere, poui
obtenir les armes et les munitions qu'on preten-
dait y etre cachees, et pour punir 'abbeffe qu'on
accufait de trahifon et de complots contre la liberty
publique ; ii a remis fur le bureau un 6crit fign I
par l'abbeffe et fcelle de fes armes, ainfi concu :
Je certifi. que tout ce que I'on m'impute efi
faux : je fuis citoyenne zilee pour la conservation
de mes compatriotes. Fair i Montmattre, ce z1
juillet 1789. Signi J. MONTMORENCY LAVAL ,
abbefle de 'abbaye de Montmartriev.
Quelqua membres de l'affemblee ont expofe qut
les bruits !es plus funefties s'etaient repandus pen
dantm la main:e fur cette abbaye et Ion abbeffe
'Tout fe reuniffair enfin pour remontrer a. l'affem
blee la necetfite et I'urgetice des fecours demanded
par M. le cure de Saint-Emfiache.
II a 6t6 arr&6e que M. Deleutre, electeur et
membre du comite permanent voudrait bien ft
tranfporter fur le champ A I'abbaye de Monrmartre,
pr&cede de deux gardes de la ville, et ufer de
tous les moyens que fa prudence pourra;t lui fugge-
rer, pour mettre en ffiret~ cet rtabliffement reli.
gieux et les perfonnos qui I'habitent.

Extrait du proc4s-verbal de la fiance du mercredi 21
jPi/et 1789.

Sur les cinq heures du martin et;p.rdevant It
comity de I'affemblee choifi pour paffer la nuit a
'hct-l-de-ville M. Car.ette, commandant de la
niiiice du district de Saint-Marcel s'flt prefente,
et a declare que, fur la requifition de M. Rappe,
fyndic du village de Viry il amnait a ''ho6tt.de-
ville M. Foulon confeiller d'tats, arrete par It
fieur Rappe, a \i y a la port. d'une mai on d
champagne de ce village et conduit A piei pai
les memes hbitans jufqu'au premier district de la
capital ;
Qu'en arr'vant, M. Foulon a C t dipof. chcL
M. Acloque electeur e, pr-fident du district dt
Saint-Marcel qui conjointcment avec un autre
electeur, a bien voulu fe charger de fa perfonne ,
jufqu'a ce qu'il air pu le remettre i la garden qui
vicnt de le conduire a I'hotel-de-ville.
M. C rre'te a remis en meme-terms fur le bureau
un paquet qu'il avait recu de M. Rappe et lequet
contcnait plufieurs lettr=s I'adreffe de M. Foulon,
et fairies entre les mains d'une tem ne charge dt
les lui remettre.
Depuis, un autre particulier a remis fur le bu-
reau un petit paquet contenant des morc -aux dt
paper dcchire et qu'il a declar etre des lam-
bea.ux ud'ie lettre que M. Foulon a d chir?
ent e fes dents, au moment meme oh il a tc
arre-d.
A I'egard de la perfonne da M. Foulon I
comire n'a pas cru devoir decider, er il a engage
MM. Foulon et lRappe a attendrc dans une chambrt
de l'hotei-de-ville la reunion de 1'affemblee ge
nerale ;
Et fur les neuf heures du martin, I'affembl&e
s'etant retunie et prenfile par M. Mor au de Saint-
SMe y, on a mis en deliberation ce qu'ii convenai
de ftatuer fur M. Foulon et fur routes les autre,
perfonnes deja accufees et faifies ou qui pour
raient etre par la fuite acculefs et laifies a la cla
meiur publique ;
Et apres plufieurs debars interromp'is par quAl
' ques fairs preffans de police, lahfinibe a arrive,
,, que routes les perfonnes foupConncts de crmn s d&
Slst-Nation acrufees et fairies a la clameur pu
blique, ou qui pourront I'etre par la fuite, fcron
conduits et renftrn;ees dans es prisons de l'abbayv:
Saint-Germain, et que MM. Crrat en Duport du
STertre, ,electeurs front charges de porter k
t present arrte a I 'A.lfmblte national. pour &rt
s par elle pror once lifr li nature ou l'efpcce d,
Stribunal qu'elle votidra bien coniltituer pour jugei
ces perfonnes deja arr&rdes ou qui pourraienr
l 'etre ;
t Que les fcellks front appofes fur leurs papers, ei
e que ceux faifis fur ellks front depofus au greffe dt
la vylle.


Arret6 en outre qu'il fern mis fur la porre de 12
prifon de [1Abbaye Saint Germain une infcriptioi
s portant ces mots: Prifonnters mis fous la min d,
e la Nation ;
Que M. le commandant-general de la garde nation
- nale de Paris donnera les ordres necellaires pou.
la conservation des prifonniers ;
1 Et que le prefent arrete fera lu, public et affich
par-tout ori befoin fera. ,,
a En conffquence de cet arrt6 M. Carr6, corn
a miffaire, MM. Gorneau et Levacher de la Teri-
s niere tous trois electeurs, ont ete charges d'allei
appofer les fcelles fur les papers de M. Foulon.
n On a mis en deliberation fi M. Foulon ferait con-
r duit fur le champ a cette prison national.
e A cent gard ii a &r6 dit que M. Foulon avait
Ste' nomm6 le 12 du prfent mois,, adjoint au mi-


niftert de h guerre; aque Ie 14, ona agit gn6
ralement ripandu qu'il venait de nourir d'apop.exie ;
que d'ailleurs la prefence actuelle a V hotel-de-ville
etait mainterant repandue parmi le Peuple, foit pat
les hommes de Viry, qui ['ont conduit a pied i
Paris et qui meme Vont fort maltrait dans la
route foit par les citoyens qui l'ont vu chez
M. Acloqlue, ou dans fon tralet jufqu' I'h6tel-de-
vi le ; qu en confCquence, il y aurait danger evi-
dent pour fa perforne A lui faire traverfer Paris
dans Ie moment d'une effervefcence dent il etait
Fobjet.
Ainfi, pour iviter un Mclat fans doute funefte,
et eloigner tout danger de Ia perfonne de M. Foulon,
il a &6e arret6 qu'il ferait conduit a I'abb. ye Saint-
Germain le plus fecrettemen:t poffible, et i V'en-
tr6e de la nuit.
On a obferv6 que M. Bertier de Sauvigny etait
attend ce foir, et que la prudence exigeait encore
la precaution de ne pas fire arriver M. Bertier
dans un moment o I larreflation de M. Foulon,
fon beau-pere pouvait raffenmbler et animer Ic
Peuple.
Sur cette ob&; vation, don't Ia fageffe a itC gin&
ralement fentie Paffemblee a decide qu'un ordrp
ferait envovy fur le champ 1 MM. Etienne de la
Riviere et la Prefle, d'arnrer au lieu meme oA
cet ordre les rencontrerait, et d'y attendre un ordre
ulterieur.
M. de la Fayette eft entree, et il a dit qu'il ve-
nait de recevoir une lettre du roi dornt il tait
0,ec.ffaire que l'affemble. vouldt bien entendre la
lecture.
Cette lettre eft ainfi conque:
Verfailes,1 It I juillet 1719.

Je fuis informS, Monfieur, ru'un nombre con-
fiderable de foldats de divers de mes regimens en
a quitrC les drapeaux pour fe joindre aux troupes
ie Paris. Je vous autorife i garder tous ceux qui
s'y font rendus avant que vous recevi.z la prifente
lettre feul-ment, a moins qu'ils ne preferent re-
tnurner A leurs corps refpectifs avec un billet de
vous, au moyen duquel i's n'y prouveront aucun
.itfagrement. Quint aux Gardes-FranCaifes, je les
auitorife i entrer dans les milices bourgeoifes de
ma caitalt:, et leur prit et nourriture fera continue
iufqu'a ce que mi ville de Paris ait pris dts arran-
gemens relatifs i lcur fubfiflance. Les quatre com-
Dagnies qui font ici pour ma garde, continucront
cependant ce service, et j'en aurai foin. 3,
Signed L o u i S.
La bonte du roi et fa privoyance paternelle ont
excite les plus vifs et les plus finceres applaudiffe-
mens, et l'Aflemble a arrt6e que fa lettre ferait
futr le champ imprimee et affichee.
Les operations fe-fuccidaient ainfi, lorfqu'a midi,
ou environ, des cris tumultjcux fe font eleves dans
la place de l'h6tel-de-ville : l'on eft venu apprendre
que la multitude s Ctait attroupee, et qu'edle de-
n.lndait avec furedr la mort de M. foulon.
M. le marquis de la Fayette vifi:ait quelques dif-
tricts ; on a avife de l'envoyer cherchtr et fur le
champ on a depechd vers lui.
Chaque minute augmentait I attroupement et I'em-
portement ; il a 6te bientt certain que 'h6tel-de-
ville et fa garden 6taient menaces.
L'affemblee a artete qu'un grand nombre d'elec-
reurs, les plus venerables par leur habit et leur
teat, MM. les cures furiout, defcendraienr avec
M. Bailly, maire delay ville, tt porteraient a la fouled
des paroles de moderatioa et de juflice.
M. Bailly et quinze ou vingt electeurs fe font
prfentrs fuir le person de I'hotel de-ville ; M. Bailly
t faith lecture da I'arrnet pris Ie matin dans I allem-
blee, et rclatit i la pourfuite ldgitime de toutes
les perfonnes accufees de delits centre la liberty
publique. II a,parle erfuite avec fon onction ordi-
naire. Les elecreiurs ont feconde fes efforts; is font
parvenus A calmer ceux qui pouvaient les entendre.
.Iais les electeurs ont rapporte dans la falle la cer-
titude que le came ferait de tres-peu de duree,
a re dula foul innombrable et la grande etffervef-
cence des efprirs.
En effect, quelques minutes apres, les cris f nt
devenus plus effrayans, et les efforts contre la garde
de l'hot:-l de-ville plus fenfibles.


L'affenblee a decide que les electeurs, en plus
grand nombre defcendraient encore, fe difperfe-
raicnnt, s'il eait poffible, fur la place de l'hotel-
,le-ville et tacheraient de repandre dans les diff6-
IrA:ns pelotons forms par la multitude, la neceffit6
ie juger M. Foulon avant de le punir, s'il tait
coupable.
Cette dcifion a & r execute fur le champ, et
MM. les electeurs ont rapport prefque tous, que
la multitude s'nrimait davantage, par I'idee qu on
avait favorif6 1'6vafion de M. Foul9n ; qu'elle de-
mandoit I 'e voir ; qu'elle ferait peut-etre plus tran-
quille apr s l'avoir vu; que cette precaution d'ail.
leurs etait d'autant plus indifpenfable, que ce foupcon
de 1'evafion de M. Foulon, deja r6pandu dans la place,
fefait eclater par tout la me sce doe etuie le feu


-T_ _~- -~_ -_ i ~~ ~___ -~-*1-------~11-__ ~91.-*__i~l*_












A l'h'tel-de-ville et d'immoler les
m~mes.


6lecteurs eux-


Dans ce moment, l'effroi a faifi tous les mem-
bres de I'affcmblte. On favait que M. Foulon avait
&dC conduit i l'h6tel-de-ville entre cinq et fix heures
du martin ; mais le s ner4rhes du bureau de nluit,
qui l'avaient recu, s'taient retires. On ne favait
pas dans quel endroit de I'h6tel-de-ville il avait ete
depuoe. If etait meme poflible que Fon dvafion eclt
det favorif6e a I'infiu de 1'aifemblee.
Quelques electeurs s'dtaient difperfes pour Ic
chercher ; on eft venu apprendre qu'il etait dans la
falle de la reine avec quatre gardes de la ville.
Alors l'affemblde a voulu tenter, s'il etait pofli-
ble de calmer le Peuple, en lui donnant, comme
it le demandait avec des cris elfroyables, l'affurance
que M. Foulon etait dans I'hotel-de-ville.
E le a charged MM. B3audouin, Charton et deux
aurres dlecteurs, de paffer avec lui dans la fall
de la reinh de ne plus le quitter, et de l'engagcr a
fe montrer i I'une des feintres de cettre falle qui
donne fur la place de I'h6ttl-de-ville.
Les elecaurs nommis ont exdcutd cette commif-
fion. Le domefique de M. Foulon, faifi et amene
avec lui, s'eft jet6 I leurs pieds, en leur expofant
que fi ion maitre dtait coupable itl tait lui tr6s-
innocent. 11 les a conjures de le feparer le plutbt
poflible de fon maitre, et il leut a remis, pJur
&tre envoy a fa femme, dans le cas or1 i n'echap-
perait pas A ce danger, quatre louis d'or, un ecu
de fix livres, et.fa montre d'or.
L'affeinble a decidd que le domefltique ferait, A
l'inftant mime, fdparde du maitre ; et M. Duveyrier,
l'un des lecretaires de 'affemblee, s'eft charge des
qoatre louis d'or, de l'dcu de fix livres, et de la
montre d'or du dometlique, pour les remettre A
lui mime lorfqy'il fe ferait connaitre.
Cependant la vue de M. Foulon avait excitr dans
la place plufieurs cris de joie ; on a cru avoir gagne
quelque chofe: mais, prefque au mime infant, les
barriers ont eit brifies, les gardes enfonces, et
la -multitude a inonde les efcaliers, la cour et Ia
grande fall de l'hotel-de-ville. Quelques electeurs
fe font portes vers la porte, et font parvenus i taire
affeoir ceux qui fe prtfcntaient les premiers.
La falle remplie, ils ont demand M. Foulon i
grand cris ; M. Moreau de Saint.Mdry les a enga-
ges A Iccuter avec attention; et celft avec beau-
coup de peine qu'il a obtenu un infant de filence.
M. Delapoize, dlecteur, en a profit pour dire,
en deux mot que tout coupable devait &tre juge
et puni par la justice ; que parmi les Francais don't
il 6tait environne iti e fiattait de ne pas voir un
feul bourreau.
Certe idWe a paru faire quelque imprelfion. M.
Offelin, autre dlecteur, eft monid fur le bureau,
et it a expofi, avec bien plus d'etendue et d'une
maniere tris-propre a fe faire entendre de ceux qui
l'ecoutaient, la nkceltitr d'une instruction et d'un
jugement, avant toute execution.
11 a faith affez d'impreffion pour affurer quelque
delai et c'dtait beaucoup, arce qu'on efperait
davantage de la presence de M. le marquis de la
Fayette qui n'etait pas encore arrive.
Un cri univerfel s'eft faith auflit6t entendre : oui,
juge tout de fuite et pendu.
M. Offelin a obtervd que pour juger, it fallait
des juges, et il a propofe de remettre le prifonnier
entire les mains des juges ordinaires, en attendant
que I'Alfemblee national, comnme elle I'ann6ncait,
edt conftlitu un tribuual fpecialement dctfine A la
pourfuite des ddlits don't M. Foulon etait accufd.
Toutes les voix ont rdpondu: non, non : jugi
tout de fuite et pendu.
M. Offelin a continue, et dit que puifqu'on ne
voulaic pas des juges ordinaires, il etait indifpen-
ble d'en nommer dautres.
Dans la confusion des voix qui s'dlevaient en-
Ftamble on a ctu comprendre que la multitude
chargeait les dlecteurs du Coin de les nommer eux-
mdmes.
M. Offelin a obfervd que les electeurs n'avaient
aucun droit de crder des juges, ect il a propof a
la multitude de les nommer elle-meme.
Cette proposition a dte accepted, et plufieurs
voix ont nonimm dabord M. le curd deSaint-Etien
ne-du-Mont, M. le curt de Saint-Andre-des-Arcs.
Ces nominations Ctajent interrompues par des cris
furieux, jugeZ done.


M. Offelin toujours debut fur !e bureau, a
obfervd que deux ou trois juges n'6taient pas fuffi-
fans et qu'il e::. fallair fept pour juger au criminal.
Plufieurs voix ont nomme M. Varangue, maitre
de penfion ; eDfuite M. Vergne, echevin; enfuite
M. Picard, juge auditeur ; enfuite M. Magimel,
ancien echevin.
M. Offelin a obferve encore qu'il fallait un greffier
pour ecrire le jugement, et routes les voix ont crii,
Vous vous-meme,
11 a obfervd qu'il fallait -in procureur du roi pour
d6noncer le crime. Quelques voix ont cried: M. Du-
'veyrier efl-il l A D'autres out repondu : oui, oui ;
et toutes enfemblej c'ief lui, procarcur du roi.


M. Duveyrier a demand de quel crime on accu-
fait M. Fou'on ; er ceux qui etaient aupres de lui
ont rdpondu: qu'i/ avait voulu vexer I Peuple ;
qu il avait dit qu'il lui firait manger dc I'hrbe; qu'il
avait voulu fair fire la banqucroute ; qu'il etait dans
lc project ; qu'di avait accapard Is bleds.
Ces nominations faites, et comme la multitude
pr6cipitait toujours le jugement, MM. les cures
nommes pour juger ont hafardd l'obfervation, que
puifqu'il s'agifait de crimes, ils etaient forces de
s'abltfnir parce que les lois de 1'eglife leur ddfen-
daient de juger i mort.
Cette obfervartion a ere affez bien prife par quel-
ques-uns, et emal par les autres. L'impatience s'eft
manifeflte, le tumulte eft devenu exceflif. Des bras
nuds s'elevaient, et fefaient fi6,ie de couper une
fete. On s'eft precipire vers le bureau, et les plus
voifins portaient le poing tbus le nez des electeurs,
en criant: vous nous amufqi, tt le prifonnier s'echappc.
Nous voulons Ie voir; et en mnme teams la foule fe
preffait vers la falle de la reine, et fe difpofait a en
brifer les portes.
On a 6tr contraint, pour appaifer ce movement
de rage, de propofl que quatre perfonnes de la
multitude fufftnt commifes A a garde deM. Fou!on,
en pr&ecat ferment qu'il ne lui ferait faith aucun mal.
Tous voulaient cet emploi. Quatre des plus
voifins fe font montres aux autres, ont pret6 le
ferment demand et ont ete introduits dans la falle
oa etait M. Foulon.
La multitude 6tant un peu plus came if a et
poflible de propofer le changement de MM. les
curds ; et i la place du premier le Peuple a nommc
M. Bailly maire de la ville, et M. de la Fayette
i la place du second.
On a remarque que M. Bailly n'dtait point pre-
fent et qu'il\iallait 'Aller cchercher dans le bureau
des fubfiflaices, o, ii etait occupe.
La multitude n'a voulu fouffrir aucun retard;
elle a nomm tfur le champ, a fa place, M. Mo-
reau de Saint-Mery.
Toutes ces lenteurs redoublaient l'impatience et
l'agitation ; de forte que, fur I'obfervation ndcef-
faire que M. de la Fayette et M. Quatremere 6taient
abfens, et qu'il fallait les attendre ou nommer a
leur place, toute la falle s'ef dmue dune maniere
affreufe et qu'on a cried de routes pats : nommer
vite nommer vous-memncs.
On a ete oblige de nommer a la place de M. Qua-
tremere, M. Duport du Tertre qui ntait prefent.
La fureur dtait parvenue au dernier degr6 ;tous
demindaient a grands cris qu'on amenat le prifon-
nier, pour qu'il ffit jugd fur le champ en presence
de I'affembl6e.
Apres quelques lenteurs dangereufes mkdne pour
les 6lecteurs prdfens, on a exig la promeffe que
le prifonnrier, lorfqu'il ferait dans l'aff:mblee, ne
ferait expof ia aucun mauvais traitement.
La multitude l'a promise ; et meme plufieurs fai-
fant la chaine et repouffant les aurres, ont de-
barraff !a place denliiuee au prifonnier, devant
le bureau de l'aifemblke.
M. Foulon a 6t6 amend par les quatre gardes
qui venaient de lui kere donnes et accompagne
des dlecteurs qui l.-i avaient tde envoys. La mul-
titude elle-meme a place une chaife fur une petite
table d-vant le bureau de I'affemblee, et a con-
traint M. Foulon a s'y affeoir.
I1 etait encore question de remplacer M. le
marquis de la Fayette ; et cette necefitC joint a
la presence de la Victime, livrait 1'affemblee A des
mouvemens convulfifs.
MM. Baudouin, Charton, et les autres dlecteurs
commis par l'affemblee pour refter aupres de M. Fou-
lon, avaient bien vainement propose de fe livrer
en stages, et de repondre, fur leur perfonne
de celle de M. Foulon ; il ne reftait plus arcun
moyen de furpendre la colere impatience et frdnd-
tique de la multitude, lorfque des cris redoubles
ont annonce M. Ie marquis de la Fayette.
On lui a fair place; il elt entrd fans difficulty ;
il eft venu fe mettre i c6te de M. Moreau de Saint-
Mery, prdlident d, r'Aiffemblde. A fon aifpecrt, le
filence le plus profond a fuccede au tumulte : M. le
marquis de la Fayette a parlk pendant une demi
heure ou environ, et il eli bien difflicile de pein-
dre la force, P'adreffe, et tous les traits de la
plus simple et de la plus dnerbique eloquence don't
Ton difcours a ete femd.


Je fuiis connu de vous tous leur difait-il ; vous
m'avez nomme pour votre general; et ce choix,
qui m'honore m'impofe le devoir de vous parler
avec la liberty et la franchise qui font la bate de mon
caractere. Vous voulez fair pdrir fans jugement cet
homme qui eft devant vous : c'eft une iniuftice qui
vous ddshonorerait, qui me fldtrirait moi-mrme,
qui flitrirait tous les effort's que j'ai faits en faveur
d la librte, fi j'etais aflez faible pour la per-
mettre : je ne la permettrai pas, cette injufiice.
Mais je iuis bien loin de prdtendre Ie fauver, s'il
eft coupable ; je veux feulement que i'arrfte de
I'affemblee foit execute, et que cet homme foit
conduit en prison pour dte juge par Ie tribunal que
la Nation indiquera. Je veux que la loi foit r-fpec-
tee, la loi fans laquelle il nWeft point de liberty ,


Ia Ioi (ans le lecours de laquelle je n'aurais point
contribute aIa a evolution du nouveau Monde, et
plans laquelle je ne contribuerai pas a la revolution
qui fe prepare. Ce que je dis en faveur dcs former
et de la loi ne doit pas etre interpredt en fiveur
de M. Foulon. Je ne luis pas fufpect Ia on dgardj
et peut-6tre mme la mainlere dorn je me fuis ex-
prime fur fon compete dans plufieurs occasions, fuffi-
rait feule pour m'interdire le droit de le juger. Mais
plus il efl prefume coupable, plus il eft rlimortant
que les formes s'obfervent ia on igard, foit pour
rendre fa punition plus eclatante, foit pour l'in-
terroger legalement, et avoir de fa bouche la
revelation de fes complices. Ainfi, je vais ordonner
qu'il foit conduit dans les prifons de Ylabbaye Saint-
Germain. ,,
Ce difcours de M. de la Fayette avait fait une
grande impreflio' et principalement fur ceux qui,
dans cette falle tres-vate avaient Cte i porcte do
le bien entendre.
Les plus voifins etaient d'avis qu'il fdt furle champ
conduit en prilbn ; et mnme deux d'entre la mul-
titude, du nombre de ceux qui avaient ete donnas
pour gardes i M. Foulon, font montes fur le bu-
reau, et ont dir qu'il fallait le coniduire en prison ;
mais A I'extremite de la falle, les efprits n'&raienc
pas fi bien difpofes; des voix furieufes ont crime ,
Sbas, a bhas I et les deux homes ont dce obligds
de defcendre et de fe taire.
M. Foulon lui-mdme a voulu parler. On a fait
un peu filence, mais on n*a pu entendre que ces
mots : Afemblie reJpectable Peuple jufte et ginlreux:
au furplus je fuis au milieu de mes concitoyens jo
ne crains rien.
Ces paroles ont fait peut-&tre un tout autre effect
que celui qu'on pouvait en attendre. L'effervefcence
a repris tous fes aces ; des clameurs le font faith
entendre dans la place de l'h6tel-de-ville ; quelques
perfonnes d'un exteneur decent me'des parmi la
toule, meme dans la fall, 'excitaient la feveritr.
Un particulier bien vrtu s'adreffant au bureau ,
s'ecriait avec colere : qu eft-il befoin dejugement pour
un home jugi depuis trente ans ?
Par trois fois diffdrentes, M. le marquis de la
Fayette a repris la parole; toujours il a produit
quelque effet favorable, et il eft impolfible de fa-
voir ce qui ferait arrive, lorfque des cris, beau-
coup plus effrayans, font parties de la place de i'hotel-
de-ville. Plufiturs voix i l'extremite de la falle ont
annonc6 que le Palais-Royal et le fauxbourg Saint-
Antoine venaient enlever le prifonnier. Les efcaliers
et tous les paffages de l'hotel-de ville ont retenti
de cris epouvantables; une foule nouvelle eft venue
prefer la foule qui rempliffaic d~ja la grande falle ;
tous fe font dbranlds a la fois; tous fe font portes
avec impdtuofit6 vers le bureau et vers la table qui
foutenait la chaife fur laquelle M. Foulon etait aflis.
La chailfe s'ebranlait ; efle etait renverfee, lorfque
M. le marquis de la Fayette a prononce 0 haute
voix qu'on Il conduife en prilbn.
M. Foulon dtait deja dans Is mains du Peuple,
qui lui a fait traverferer la falle fans mauvais traite-
mnt io et I'initant d'apres, on elt venue apprendre
que le Peuple I'avait pendu i la lanteine place en
face de I'hotel-de-ville.
Au meme infant le fieur Louis-Pierre-Jean-
Baptifte Breton compagnon menuifier, a apportre
fur le bureau un foulier avec une boucle d'argent,
et une tabatiere d'or qu'il a dit appartenir A M.
Foulon et don't il a demanded un recu.
Son chapeau a t&e aufli rapporct ainfi que fes
deux montres d'or, don't une A chaine d'or et
l'autre a cordon de foie et glands d'or, un flacor
garni de fon bouchon de vermeil et de Con eirui
de maroquin vert; un autre flacon de mdme, don't
le bouchon a perles d'or de couieur; une bourfe
avec deux coulans d'or, vuide ; une autre bourfo
dans laquelle etaient onze louis en or, deux pieces
de fix lous, et une miulle d'argent; un moudchoir
de toile blanche er cH'aire de gants.
Sur ce qui a ete annThice A l'affetmblde, que vrai-
fCmblablement l'ordre envoye ce martin a M VI. Etienne
de la .ivierre et ih Prefle ne letur etait pas parveiu
puifq.i'ils pourfuivaient leur route avec M. $ertier
de Sauvigny, et qu'on les av'.it vus arrdces an
Bourget pour y diner i
L'affemblee plus pdndtrde encore de la ndceffitd
de ne pas laiffer arrivter M. Bcrtier de Sauvigny i
SParis, au milieu des horreurs don't il etait agi /,


a decide qu'un express ferait fur-le-champ envoy
vers MM. Etienne de la Rivieire et la Pr fle, pour
!es engager I fare coucrher M. Bertier au Bou:g-.
M. la Prefle, un des d.putes envoys par l'Affcm-
bl'e pour conduire M. Ber:ier A Paris, eft arrived,
et il a dir que M. Etienne de la Rivi-rre, et :i ,
avaient bien recu I'o;dre de l'afflmblee pour fire
coucher M. Be tier au Boutget; mais qu'ils avaient
edt dans l'impoffibiiit de i'executer ;
Qu'aux 240 cavaliers envoys par l'alfemblde pour
harder cet intendant, plus de 6co autrr-s cava iers
s'etaient joints, foit i Senlis, ,oir lur la rout -;
Que cette troupe n'a jamais voulu fouffrir que la
voiture fdt arretee au h, urgeti qu- Ic cl h inI,
depuis ce village. iufqu'i Par's, ett couv-rrt i'.ne
multitude innombrabl txttemement animee; qu'ils
ont eu la plus grand, peine dars pluucurs occA-


- ---""-.r -~.~-..~.` __g- --L- I II












fions, garanmir M. Ierter des coups que voulaient
lui por er, meme les cavaliers qui s etaient loirts
a, garde et que to.'s les efftts front evidem-,
inutiltks pour I'cmpecher d'arrivcr i Paris. I
Alors I'aiftr-cM e, ufant de Il derniere rnffource
qii lu r flat- pour carter ou du moins pour affai-
bli, L djng&r a d-cide qu'au moment meme, iil
ferait tuvoye au devatit de M. Etienne de la HIi-
vierre ui courier, ,ort-'ur d'un ordre en vertu du-
quel NM. Better die Saa igny devait erre, en en-
trant a Paris, conuit directement aux prifons de
i'abbaye Saint-Gennain.
A huit h.ur-s trois quarts, des clameurs fembla
bles a cllcs .'.u mitin, ont annonc6 un evenenicnt
dans la place de I'hotel-de-ville : LA Peuple malgre
les gardes muitiplies et Ies difpofitions les mieux
or.onns s'tft portn encore fur l'efcalier, dans
tous les palfages de l'h6tel-de-ville et fur tout
dans l falle de l'affcmblee ; et nille voix onut
annonLe M. Bertier de Sauvigny.
A la premiere nouvelle, M. Bailly et M. le mar-
quis de li Fayet.e s'etaient rendus dans la falle.
Ce dctr:ier avait fait mettre fous les armes une
gardc tres notmbrcufe. La coUr et les ekaliers de
1 hotel d--ville etaient garnis de Gardes-Francuiifeb
et de citoyens arm's la bayonnette au bout du
*ufil.
Dans ce moment le cotirier envoy au-devant
de M. B:t.ier de Sauvigny, pour notiher aux elec-
teurs qui I'accon pagiaient, I'ordre de le conduire
far-le-champ a ',Abb,Wve-S-it-Germain elft revtnu,
et il a dit qu'il ava t r. ncontre la voiture a la port
Saint-Ma tin ; mais que la fou!e fifroyable don tell
et.it etnvirc.nmcc, l'avait empecht de penetrer et de
remettre l'ori!re don't il etait port;ur.
L'inflant d'apres, M. Eti-nne de la Riviere, l'un
des elctu:s comm;ffaires envoys a Compiegne
pour rc.-voir M. B-rtier de Sauvigny des mains
d s office rs muniiipaux et citiyens de la memc
ville Lit t e et il a dit qu'il avait rempli fa
million avec tics peines im-ofiblcs a exprimer
m.uire la q.::r= iitobreufc don't il 6tait tfcortr
qu il v,.iiai; d'ami-nenr NI. Bertier de Sauvigny juf-
qu'a I hoc 1-dc vUiie de Paris ,au milieu d'un Pt upl<
i nln- li t auite des mouvemens les plus eflravans
quil l'..v.it de ,oie avec fa garde dans une chambre
viine et il a d-made fi l'afi'mblee defirait qu'i
fat in',t' odut.
Eit I'aiY':nble a arret" que M. Bertier de Sau
vigny fra t iitrodu t fur 1e champ.
M. F.tinne de la Riviere eift fort, et dans ce
intcrvale M. le commandant-general a faith entire
dans la falle plufieurs foldats qui fe font in~roduim
avec peine et auxquels il a command de veillt
fur la perlonn: de M. Bertier.
Quelques mi,utes apres, M. Etienne de la R
viere eft rentr au nmilieu d'une garde nombreufe
et accompagne de M. Bertier de Sauvigny.
M. Baillv a demand au prifonnier s'il avait qu-
cue ch6fe a dire. M. Bertier a dit qu'il fe juf
lirrait lorfqu'il connaitrait les accusations porter
centre lui.
M. Bailly lui a demand ce qu'il avait faith de
puis le iz de ce mois.
11 a r6pondu qu'au commencement des troi
bles il a cru devoir fe rctirer a Verfailles, d'(
il eft part .rnzrcredi 15 a minuit; que des affair
d'admiuiftration I'appelliient a Mantes et a Meulan
qu'il s'y efti rendu i qu? deaI il a tk 'a Meaux
.quider les frais de paffage pour la retraite d
troupes ; qu'il en eft part vendredi dernier po
fe rendre a Soiffons, ou' il a foupe et couch ch
fad fle ;
Qu'il en eli parti famedi martin pour Compiegn
ou en ar ivant il a 6tc arrete par deux hommes c
lui ont dir avoir l'ordre de le faifir partout oui
le rencontreraient.
M. Baillt lui a demand ce qu'6taient dever
fes papers; il a rtporu u'il navait fur
qu'une efpece d'az.reffe .u m'ne inltant i
t'r4 de (a poche ; que fes papers relarifs a 1';
miniftration, devaient etre dans fes bureaux ; qi
n'avait emportn avec lui que fan porre-Feuil
reftee entire les mains de fon domeflique, qui a\
dui le remettre a M. I'intendant de Soiffcns ; q
n favait pas au furplus ce que le domeltique e
d&venu.
II a ajoutP qu'il avait djia paffe 3 ou 4 nuits I
dormir, ayant etr garden a Compiegne par
h ,rames qui veillaient dans fa chambre; et i


~


164
nouvelle. La garden a rti repou(lTe avec on pri-
fonnier, jufques fur le bureau de I'aflernibie.
M. Bailly a demand fi 'affembl6e, fuivant fon
arrret du martin, voulait que M. Bertier de Sau-
v'gny tat conduit a la pri on dcfignee.
L'affemble a dtcid6 que M. Bertier de Sau-
vigny fkrait conduit et renferme fur le champ dans
la prifon de l'abbaye Saizit-GeCrmain.
M. Bailly ,n a d.nne i'ordre. La gatde ayant au
milieu d'elle fon prifonnier, a traverfe la falle fans
refiitance ; mais l'infant d'aprs on eft venu an-
noncer a l'affemblee qu'. pine defcendu de l'h6-
tel-de-villc, M. Bertier avait et6 arrach6 aux
gardes qui ['environnaient, et maflacre par la mul-
titude.
En effet, prefque au moment oa cette nouvelle
dtait annoncie, un honime vetu d'un uniform de
dragon, et fuivi d'une grande foue s'eft avanc6
jutqu'aupres du bureau, et porrant la main un
morccau de chair enfanglant6e, a dit: voille caur
de Beetier.
Ce spectacle a repandu un f nt;ment d'horreur
dans l'aifmblee; quelques electeurs outt faith ligne
a cet homme de fortir, et il *'eft retire toujouls
accompagne de la multitude qui pouffait des cris de
joie.
D'autres font venus dire qu'on apportait auni la
tite de M. Berrier, et qu el.e etait deja fur l'ef-
calicr de l'hotel-de-ville.
M. le marquis de la Fayette et M. Moreau de
Saint-NMery out engage les memes perfonnes d'ob-
ferver au Pieuple que l'affem',lee etait occupee d'af.
faires tres-iniportantes, et de tricher d'obtenir qu-i
la there ne flt point apportee dans la falle ; ce qui
a eu le fucces delirt.


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Extrait de la procedure criminelle inflruite
au Chdtelet de Paris Jur la diionciation
desfhaits artivis P Verailles dans lajourtfee
du 6 octebre 1789.

COMITt DES RFCHERCHES DE LA
MUNICIPALITE DE PARIS.

DEN N C I A T I0ON.


I e comite s'eft attached depuis fa creation, a
rechercher, avec un zele infatigable, les auteurs
de la confpiration former, au niois de juilltt der.
nier, centre V'Affemblde national et contre la ville
de Paris ; confpiration dans laquelle fous pri-
texte de conciliation et de precaution pour la tran-
quillit6 publ;que on a fi Cruellement furpris la reli-
gion d'un roi protccteur de la liberate et le pre-
mier ami de fon Peuple.
Le comit6 s'eft egalement empreffe de rechercher
les auteurs d'une autre contpiration don't le but
parait; yoir ete de lever clandlftinement des trou-
pes d'exciter des troubles et d'en profiter pour
entrainfr le roi loin de Ton fejour et rompre la
communication entire lui et I'Affemblee national.


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le
ei


le
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If
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Le comitd fe propofe aujourd'hui de denoncer un
autre crime, don't la recherche ne 1'a pas moins
occup, depuis fon orivine; crime qui parait appar-
tenir a une force differente, et qui a excite I'in-
dignation et la dou'eur de tous les bons citoyens ;
cr;me deja conftat6 par la notoriety publique, et
qui ferait de~t6r6 depuis long-tems, fi le comite n'a-
vait pas cru devoir employer d'abord tous les moyens
qui font en Ton pouvoir pour, en rechercher Its
auteurs.
Ce forfait execrable qui a fouill le chateau
de Verfailles dans la matinee du mardi 6 octobre,
n'a eu pour inftrumens que des bandits qui, pouf-
fes par des manoeuvres clandeftines, fe ibnt mle's
et confondus parmi les citoyens. Le comity ne rap-
pellera point tous les exces auxquels tous ces bri-
gands fe font I vr6s et qu'i's auraient multiplies
fans doute s'ils n'avaient &t6 arrdtes par des trou-
pes nations, deftinees a reprimer les defordres,
et i a affurer la tranquillity du roi et de I'Affemblee
national. Elles reminlirent, i leur arrive cet ob-
j'rt facre don't elle, s'etaient fait la loi par le fer-
ment de fidelirt de refpect pour le roit, qu'elles
avaient renouvele a leur entree a Verfailles. Pla.
cees a l'extremitd du chateau, dans les poftes que
le roi avait ordonni de leur confier, eNes s'occu-
perent yv maintenir le bon ordre. Tout parailfait
lage, graces a' leur zele et aux difpofitions ages de
leur commandant. La confraternite et l'harmonie
regnaient partout ; on ne parlait que de recor.naif-
fance d'Anour, de fraternity lorfqu'entre I et 6
heurcs de la matinee du mardi, une troupe de ces
bandits arms aicompagnee de q:. Iques femm:s
et d'hommes ddguif's en femmzs, fit, par des paf-
fages interieurs du jardn une irruption foudaine
dns le chateau forqa les Cardes-du-coros en fin-
tine'le dans l intdrieur enfonqa les portes fe pr-
cipita vers les appartemens dre la reine mafacra
queiques-uns des Gard-s qui veillaient a fa furer ,
et penetra dan< cet a',-parte nent que S. M. avait a
peine eu le terns de quitter pour fe retirer aupts
dIu roi. La fureur de ces affiarlns ne fut reprineod


Lequel nous a repr6fent6 et remis entire le; mains
n imprim6 contenant I'arr&t6 du comity des re-
herches itabli i I'hotel-de-ville, enh date du z5
u present mois, au bas duquel imprim6, et fat le
cto du second teuillet font les signatures originals
e MM. Agier Perron Oudart Garr*a de Coulon
t Briffot de Warville, membres dulit comity :
edit arrete paraphe et figne par M. le procurear-
rndic cejourd'hui et en confluence dudit arretd
n vertu de la million qui lui en a cie donnhe par
?s reprefentails de la commune, et en cominuant
es denonciations prc6demment faites, nous d6e
once les attentats mentionnis audit arrt&6, ainfi que
eurs auteurs, fauteurs, complices et adh6rans, et
ous ceux qui, par des promeffes, ou de I'argent,
u par d'autres manoeuvres, les ont excites et pro-
voquis.
Laquelle prefente denonciation, ledit M' de la
M4artiniere, audit nom, a figne avec nous, et ledit
le Nouvillers.
Sign6 Boullemer de la Martiniere, de Nouvillers
ie Flandres de Brunville, avec des paraphei.
Ainfi figne au bas de 1 expedition de Nouvillers
avec paraphe.
Collationne conform d la copieidtpofe at somite des
rappoits par nous fecritaire dudit comiU foulffign,
P. G. H. GIROT.
Requifitoire portant plainte ; et ordonnance 6tant
enfuite ,portant permiflion d'informerj; nomination
de juges et de greffiers.

A M. le prlvit de Paris, M. I lieutenant civil,
M. le lieutenant-criminel, dM. les litutenans par.
ticuliers, et MM. tenant Ite Cldtd t et filge prifi-
dial de Paris.

Vous remontre le procureur du roi, qu'en execu-
tion de l'arr6te du comite des recherches de la
commune de Paris, en date du 15 novembre der-
nier, et fuivant le proces- verbal faith par I dit pro-
cureur du roi, le 0o du meme mois, le procureur.
fyndic de la commune de Paris a denonc6 audit
procureur du roi les fairts qui re fcnt paffls au cha-
teau de Verfailes, dans la matinee du mardi 6 oc-
tobre dernier, et qui en mrme terns qu'ils ont ex-
cite I'ind nation et la douleur de tous les bons ci-
toyens, ne doivenr pas moins txciter la vindicte
publique et la rigueur des lois. En effect, il eft dir,
dans hI danonciation dudit procureur-fyndic de Ia
commune, que les troupes nationals Parifiennes ne
furent pas plutot arrives i Verfailles, qu'elles fu-
rent places A l'exterieur du chateau dans les poftes
que le roi avait ordonn6 de leur confier, et qu elles
s'occuperent I y maintenir le bon ordre ; que tout
paraiffait came lorrque ledit jour 6 octobre, e,-
tre cinq et fix heures du martin, une troupe do
bandits arms, qui, pouflls par des manoeuvres clarh
dtAlines, s'6taient mhles et confondus parmi les ci.
toymns, accompagnis de quelques femmes et d'hommes
deguifes en femmes, fit par des paffages intdrieurs
du jardin, une irruprt:on foudiine dans le chateau,
forca les gardes du-corps en fentinelle dans I'int-
Iieur, enfonca les portes, fe precipita vers I'appar.
tcmient de la reine, maffacra quelques-uns des gar-
des qui veillaiert a fa furete, et penetra dans cet
apparrement que fa majeflte avait a peine eu le
teams de quitter pour fe retire aupres duroi; qu'enfin
la fitreur de ces affaffins ne fut reprimie qie par
les gardes niationailes, qui averties de ce carnage,
accoururent de lours poles ext~rieurs pour les re-
poufler et arracher de leurs mains d'autres gardes-
du corps qu'ils allaient immaoler.
SjpaM


que par le garden nationtle qui, tverties dtec
carnage accouturent de leurs poftes exrrieuts
pour les repouffer, et arracher de leurs mains d'w-
tres Gardes-du-corps qu'ils allaient immoler.
Le comit6 confie rant que des attenats aufil atto-
ces, s'ils reftaient fans pourfuite imprimeraient i
I'honneur de Ia capital eet au nom franjais ure tache
ineffacable,
Eftime que M. le procureur Cyndic doit, en
vertu de la million qui lut a Wtc donnie par Its re-
prdfentans de la commune et en continuant les
denonciations precedemment fahes d'aprts les m&-
mes pouvoirs, dinoncer les attntats ci deffus
mentionnes, aiifi que leurs auteurs, fauturs et
complices et tous ceux qui, par des promelres d'ar-.
gent ou par d'autres manoeuvres, is ont tecitr6
et provoques.
Fait audit comit6, leI novebtbre 1789.
Signs Agier, Perron, Oudart Garran de Coulm et
Briobt de Warville, avec paraphes.


L'an mil ept cent quatre-vingt-neuf, le mardi
;o novembre de relevee, nous.Franjois-Anteine do
Flandres, de Brunville, procureur du rgi au Chi-
telet de Paris, altifte de Charles dr Nouville ,
conmis-greffier-criminel du Chaitelet e Paris 6tant
en notre cabinet audit Chitelet -
Eft compatu par-devant nous M* Jean-Baptift
Boullemer de la Martiniere avocat mu parlement,
procureur-fyndic de la commune de Paris, demcu-
rant rue Thibautod6 paroiffe Saint -Germaia
I' Auxerrois.


demand ies moyens de prendre quelque repos
On a demandS lecture du pro rs-verbal de
mile de la pe-fonne de M. Bvrtier de Sauvi
par la municipalitd de Compi:gne.
M. Etir.nne de la Riviere a fa: lecture du proc
verbal et il l'a depofe fur le bureau.
Pendant cette lecture le turmulte toujiurs i
firtant dans la ;.lace a pris le caractere le
dct'id de 'epmporrement et de la revolte;
clhn urs terrible fe font fait enrendre ; mille v
rr; 'enr dians 1'int-rieur de l'hotel-de-ville : fini
fi:'7-? duic ; o' vicnt on force rhu'tel-de-ville
f..uxoU, Siint-A:Qoine... Ie Palais-Royal..
toute ia ile s'ciLt trouve inondee d'una f(


-~--- ~ ----- -------C- ----*--~~~__*--~~~I-1 *--------- ------~----_~ -----~-__---


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*i


I


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-I


- -











n o ctft, rienCfo.ediit l aeorter i Wil
4lime qui eft do (on dot r ec ddfoa uuailte 4o
le porier su Cs dciapr i:
A CnM cnfos, rf.4siie lInl.Wth dormE ths de la
plamt q1'il rend dei fsi mnwudoalW n a bdMnen-
d .if da FprocureUr-fy~and de Ia cemaom e de Pat,
d&, your d'hier et as p rRn ruiiirs e t ntre o turs
aut-urs, iauturs, cosp.ieas et adhdrans ; en con-
fequenice du tre infor de&ips fits, circonftanc.s
et dependmnces per dlvan caiu do Mefleurs qui
fera normad i cerefe, en s. r cd" dodeutur adjonts,
Four I'rinformadtir.ff .at r ommunilu6e audit
procureurtd roi, i par lui lrequs, et par vtoo,
Meffieurn, orido co qu'il app~aiendra.: et v*ou
fert juftice. '
Signei de BWa& & Srssvih.1l
Par dldtibation du cosfgfl, Is c onagnfe aaifa
blWe, et par jusement n dernir report en ve tu
du pouvoir i nous doonO par kpa lettres-patemnes di
zf octobre demir, acted o is plainte permit d'in
former par devant M. de .farniere confei er
aite de M. Charles do& Norillen owmmis.remfe
que nous *mmettoum tant pour i'keucrion q"u
pour le judgement 4 p)ocs lequel prtera rmernsnt
is mains do mondit fiur de Ia Msarsk,, de bien
t fidelememn rempir-ofdia firocio*, eC do ret
mncttre, apr& ls uione du proc, tou'es ,eks
pieces Au efft aoe opapgi : aai fuplas, bfo
tit ainfi quil reqis.t .
Fait e rrfen ce doe feartn Han et Riaet ds
Taffin, adjoints, le spmAer dconrb 17849
Sigs e i Twis, trt. C if M Talt, B&.
G W,. ditwer, MMia i I Vir ,it, 9 .

M. de Ia Manr pnt Oof qu&E des lures
I lJi furvenues 4ip I'"O n 'empdeaimt de fe
charger do l'i".Dru v d fproees, ia p M. 1e
lieucnam i 4. nomner u-n autrue d Meffirsn
en fa placet: oin l'eCqmUCo nor n avoas nommd
MM. Ollivk, ot Olive.
Faith co 4 ddecmbre 1789.
Signd, Tale.
Ainfi 6igd fur reptdido, ,do Nouiien, naec
paraphe.
Cullatiowu cMOfw i I a ei l por e af m cwuite
&s rappeas, p&r eos hfecrair.6 adit comhil.
Soulflgnd, P. C, HL Giraud.
P R I M I I R. D PO IS TIOT N ().
Da wndrndi t dhcmr~nk ,# ad etervl.
Sieur Jean Peltierf Agd de trente an$, adgociani
a Paris, demeurant rue ne tv des Pecits-Champs,
paroifeT Saint-Roch: apt~,sirm nt par lfi faith de
dire et dpofer vCirdit &c.
Dipofe que tout ce qu'il fait des falts contenus
s pieces don't nous venons de lui fire lectrre,
c'eIt qu'il a appris feulement, par des bruits publics
dans Ie tbocittes, promenades clubs ou cafs fans
pouvoir rappeler par quelles perfonnes, differentes
circontances et anecdotes relatives aux fcenes dcraf-
treufes des I et 6 octobre dernier t qu'il a fu de la
forte, que M. I. doc d'Orlans fomentait un part
avec quelques membres de l'Affeinbld national,
pour s'emprer doe lIadminillraion du royanme;
Iu'on lui a dt qIe le comte de Mirabea deputy
d' Ai, et M. de Cots, oficier d'artilleie, edtent
f^s principaux agents, que le c tome do Mi abeau
*'etait charge de fire enter dns le complot les
plus pun de I'Affnemblce, et centre autres a M. Mou-
nier, dCpute- dc Daisphin, lequei four Mouniet
avait afnurd qu M. de Mirabeau lui avaiC adretli
les paroles qIi fuivornt: E~ mu bonhorme a. voue
I f:es qui c-cC qui VS a di, q'Ul nefa pas n roi?
SMail q seu vsw imporue qu ce faith 'Loa XVfI oa
Locis XVII VoultCvoait qu. feoit eujeiat Ic barn-
Sbin q1i nous eownu E? QuP ce propose, da rpaindu
Sdam hl publc a+ t6 rdpdtr alui dpofant, aC
cetie fetne vanitren: .LoUs ou Pkiippei ob(frve
qui1lui parait efentiel d'appler M. Mounier i onr.
Rrmer, plr fon timnoigQ.igieg, un propose auti grave;
qu'il loi a dtc dit pareilenrnt qse q e lieur tomue
de Miraibeau avait enuepris de fduire M. Bergaffe
dtputd de Lyon, et membre, ainfi que M. Mou
ni or, du premier comi t de conufitution ; mass quor
varie enmie M. er .laffe luita ieb ou M' Duvevrier


avocat, i qui dtrefa la propofirion ; quo lui
ddpofant, fe, rappelle mnme avoir cetsendu dire qut
pour flatter I'amour.propre de M. Bergaffe, M. Ie
come de Mirabeau avait propof6 d fe contenttt
d'un pofte infdrieur i celui quil fe r fervak pou
lui-nmtme: te depofant observe que le trmoignag
de MM.. Duveyrier et BergafTe. de prifet i Parts
ddtruira ou confirmed certe ddpofition qu'il dear
encore une fois n'tre fondue que fur des bruit
publics.


(j) Nota. Nous laiferons i iextrait de cheque ddpo-
fition, le numro queUlle occape anms ta procedure.
On remarquera par les lacunes qui fe trouveront
dans la f"ite des num&os, qu'il ef ptufielrs d8-
roftiomr quo nosi n'avons ps cXt dev-ir rappNoter,
foit i caufe de leur peu a importance Coit pour
dviter des reditrs.


Daoflh encore qiilx a etends dire quoI lo Jud1
I octob &e u mati rt tndi que le Peuple paruit
en dtfordre pour YIeriilles, Monfeigeutr Ie duc
dXam ins it a lrobeiifque du bo s de Bou:ogne,
dm IiMTon eton, enmourd do. jokes et de poitil-
lons, qiuod dpchait tant6t pour Verfailles, tantm
potr Pris qu;'il a entendu dire quo M. Campy .
Sainuier, rue Thevenot demeurant alone dans une
petite maif o BouloSine y avai vIu Ie prince ce
jour-li t' avati caufe avec fes poflillows: cc qui
fer aif i verifier, &c.
Eft conmpam ledit .iear Peliert ci-devatn d4-
nomm4 &c. : Que lui ddapofante b aafpo~a i Vet-
faillies, le 6 occobre .a main fur lei dix heures
et qu'apres avoir vu, a hameaun dit Ie Point d.i
Jour, les deux tstes de gardes-du 'orps que le
Peuple ameneiti i arise .ot aptr avoir jol d (pec-
taloe douloureux do p dpirt de Is famin rojyai par.
rant pent Paris au milieu de quamante mille homes
armes, il re renlit a 1'Aifembl6e nanonale powu y
obltrvet r effet que tonus es eveaemens y avmaent
prodit, Ce la fenfation qu'ils y avaienc caufCe.
I CaiM alone deux heurs la fWance finifait; M. Mou-
nier, president, venait de demander, vi r'epuife-
ment de fes forces, la pernniion de la lever. Les
d6ptts (oe aimnt en fouled ; lui dipofant itait alors
dans sun .ouloir i oe fienr come de Mirabeau, de-
p d'Aix paffa I cte ded lui:il paraiffait fort
aglt4, foit d avoir beauoup pari6 i Ia fiance,
foif par I'impreflion des fenes du main. 11 adrffa
IS parole u parutculiet qui Ce trouvait i c6cdt de
lui dpofant, qu' il nfconnalt mais qu I oup-
,onne itte an de ceqs Gnevois qui fe font dtablis
collaborateurs de M. de Mirabeua, depuis 1'ouver-
ture des Ecats-GUndraux, et lui dit : Ce Peuple a
befoin qu'o lui faffe fire d trams en tens Ie fauc du
tremplain. .* Que lui dpofant a entendu dire dmns Ie
monde ,que le duc d'Orleas avait loud la maifon
de M. de B4i lAtinriliesA A PaV, et qu depuis
Usn moi,- cetne malbfn tair Ie rendeazv.us de dif-
ftErm dtputk* qui y venaient' totis les foirs con-
cetter des operations quils mCditaient. Ls hibi-
canr de Paflf; et les voifini de Cete m ifon pour-
ront donncr des renfeignemens pofitcis a cet regard.
Qoe Ie fieur Magin huifier, porte Saint-Antoine,
faifant partie de la troupe qul ?e rendait i Ver-
failles, le I octobre i huit hnures di toir, obferva
et it obferver i fes voifins que cette maifon de
Paffy etait pr6digieufement dclair6e dam les appar-
temens.


Qu'on a dgatement dir i lui depofant que MM. de
Ternay, pere et fits, le premier, depute a 1'Affem-
blWe national, avaient vu le mardi 6 octobre,
M. de la Clos, habiUd en .femme, diigeant cette
portion du Peuple qui Iit urm irruption dans les
apprtememrOstt chateau : mias lui .dpofant ajoute
de plus avoir eui dire que MM. de Ternay avaient
declanr que, vu la difpofition actuelfe des e(prits et
defscirconflances, is n'en conviendraient ps. Ajoute,
lui d6poEan, uai Croit fe rnppiler que M. Mokns,
commis des finances, dolt avoir eonnaiffance du
propose de MM. db Ternay. Ddpofe encore qu'il a
oui dire queo M. de I Glos avait mtri ud avant
fes Ilaifons avec M. le duc d Orlians, pour fe fire
prlsenter dans ia maifon do Monfieur, free du roi,
teque cc ne futqu'aps avoir eit renvoye dechezce
dernier prince', qu'i! e lia avec le premier. Croit,
le d.pofant, fe rappeler qu'on lui a dit qut -. de
Rulhieres, de J'acadmlie frasifre 6cait inflruit
de beaucoup de fits relati f project de M. de
la Cios avec a maifon det hfieur. Ajoute le
ddpofantn quon lui a dit que lorfque le regiment
de Flandre eft arrived Verfailles on avait vu
M. Duport et eM. Bamave, tous deux ddputer aux
Etrats-Gdneraux etciter Ie people centre ce beau
rdgimecnt que Pon avait envoy de Paris deux
cents filles pour fiduire les foldats du regiment de
Flandret que les oft ers de I tac-major da ce rd-
giment notamrment M. de Valfond, major ou
ieprtetant-colonel avaitntm cet cdartd des par-
ticularitds fort influctives. Ajoute, le ddpofant ,
qu'ila entenidu dire qu'aprs arrivee du roi a Paris,
le foyer de Ia cable fubfiftan toujors, on avait,
dans le deffein de caufer des frayeurs la tamille
royale fait mnarquer pendant troiS nuits de fuite,
des maifons a la crae : avoir entendu dire que ces
marqueu;s de maiforns daient des jok-is ou autres
gens des dcuries de M, le duc d'Orleans, et que,
fa premiere nuit let maifons marquees furent cells
qui avo''inaienc le Patais -Royaf, ia rue de Va-
lois, celle de Rohan 'et autres avoir entendu dire
que les mrendes et rams du. fiiur abbd Douglas,
actuellement Udtenu s prifi s du Chitcelet, lui
talenirt commander par les agents de M. le duc
dCedauns, ce qui parait d'autant plus vraifemblable
que iui d.ip' anc voyait frquemmentn ledit fieur
abbd Douglas dans le jardin et dans les caffes du
Plais Royal ; qu'il a emendu dire que le dimnanche
4 octobre au main, lofqae ia fermentation du
People commenjait, an futet des cocardes noires
des gardes du corps, et de hI cocrde national
qu'on dl'fi avoir te fiul e aux pieds, Verfaille,
le jendi prdcddent, les prdes du Palais-Royil rd-
pandaient catte nouvelle dm trs gropes ; et qnel-
qu'un ayant obfere i rJun de ces gardens, dunr
maniere dure, que Ie faitai'ai pas vrai, to garden
ripondiit er 'c&ait le due d'Orlims lui-m6n e q' i
lei avait aint ve4i:r le martin pour leur apprendre
cette nouvelle, et les charger de la repandre dan!
PaaisARoyal.


Dipofe encore qu'il a entendu dire que les deur
negres que le duc d'Orlans confurve i Ton service,
au mipnis de nos lois et de nos ordonnances, onut
etd employs., depuis le commencement de 1'annee,
i ameuter le Peuple dam le faubourg St. Antoine,
t -dan los les vahe lieux qui bordent le Palais-
Royal; depofe encore avoir entendu dire que l'etat-
major de ia ullice national de Paris avait de tels
indices de routes les trames de cette cable, qu'il
avail donn6 des ordres d'arriter quelques-uns des
couriers i a livrie d'Otl6ans, don't ce prince cou-
vrait les'routes, mais qu'ils achappaienc tous par Ia
cletrit6 de leurs chevaux ; qu il a entendu dire en
outre, que le 5 octobre, les commis i la barrier
die Verfailles avaiett vu pallor dix-huit de ces cou-
riers : ce qu'on vrifiera facilement aux fet mes.
Dpofe en outre qu'on lui a a*(!ri que le come
de Mirabeau eft inumement liU avec une prodigi, ufe
quanuire dindividus don't plufteurs tares tct fltris
et d'autres strangers fugitifs de leur patrie; quil
eft fur-tout envelopOp d'une focidtd nombreufe de
OGnevois. qi lui f, r la plupart de fes adreises,
motions et, difcours f I'AfTemblde Nationale; qu'un
de ces G nevois entrrautres eft le fieur du Rouvray ,
membre d'une focidt,. foi-difant, d'amis des npirs,
qui commence i fare en France des progress ffrayans
pour le commerce ainfi que pour I'exiftence e t a
profpdrite de ce royaume; qu'on a dir i lui ddppfant,
que prtmi les gens qu'employa lc fieur de Mir, aeaJ
pour foulever le Peuple, eft un M. Defmoulins,
avocat, auteur de deux ouvrages, plus que dtmo-
critiques, l'un intituld :.Il France f libre ; I'autre : Dif-
cours de la Lanterne aux Pariens;j que le ficur do
Mirabeau appelle cc flour Defmoulins Con Side ;
qu'on a dit a lui depofant, que c'dtait M. le come
e Mirabeau, qui avait tourni audit fieur Defmoulins
let matdriaux et notes qui lui ont fervi i faire contie
MM. Leleu et Necker un mimoire, don't tous 16s
honnOtes gens ont :t6 rdvoltes ; qu'on a dir a li
ddpofant, que e fieur Defmoulins etait un des fai-
feurs de motions au Palais-Royal, lors du veto et
de l'aftaire du marquis de Saint-Huruge qu'il a de-
puis ddfendu motion qu'il a confirmed recemment
dans le numdro troifieme d'un journal qu'ii rddige
intituld : Rivolutions du Brabant h Paris chet
Garnry diaire des journaux dans lequel il a faith graver un
home i cheval et une lanterne derriere avtc
cette dpigraphe, Meunier fuyant en Dauphini, ct
ces vers: la lantern eft en crouppe, et galoppe av. c
lui ; que lui d6pofant a entendu dire comma la preume
certain de lexiftence d'une cable anti royalifte,
que Mde. la comtesse de Tess6 ayaic faith des rt-
proches a M. Barnave, deputy fur fa conduit
et fur ce qu'il ddnigrair M. Mounier, fon college
et fon bientaiteur il lui avait rrpondu : clque voulez-
vous, madame ? je me fuis engage. : Propos qt,.i
ne furprendra pas, le depofant declarAnt lui avoir
entendu dire en pleine AIlermbi.e Nadionale: Le
fang qui coule efl-il donc fi pur ? dans le terns
4e lffi'afinat de M. Bertier; aoute le depofane
avoir entendu dire, que tars de I'oaffafinat du bou-
langer Franclois le Peuple avait portnd f tte dans
les course du Palais-Royal et lui avait fait fire trois
falutatins devant les fenetres de 1'appartement du
duc d'Orleans ; ddpofe encore avoir eiitendu dire ,
que les fermiers-g.ndraux avaient furpris des poi-
gnards qui venaient de Marfe;lle a Paris, dans les
ballots de gazes de contrebande; qu'on les avaic
brifds et enterres, et que M. la Perriere fermier-
gdndral, avart connaiflance de toute c-tte affaire,
er qu'il eft facile de favoir par lui a qui les poignards
etaient adreffds.


I V.

Sieur Nicolas Bergaffe, Igd de trente-neuf ans,
ddputd A I'Affemblee national, demeurant actu-l-
ient a Patis, fauxbourg du Temple, rue de Cirkme-
prenant; lequel, apres ferment par luijfait de dire
ec ddpofer vWric ; qu'il nous a reprdfente cope de
I'alignation I lui donnue cejourd'hrui par Fayel,
huialier I verge audit chiteltl de Par's; lectu e I
iui faite des arrtei et requifitoire fufinoncds et de
i'ordonnance fufdatee, a daclard n'etre parent, allied,
ferviteur ni dom-ftique des parties.
Depofe qu'il n'a acune connaiff nce psrriculiero
des fits qui fe (ont paff.s a Verfailles, les f ert
octobre dernier ; qu'il faith feulement que plufieurs
'jurs avant les svdnemens du y et du 6. on annon-
cait publiquement a Ver ailles une in urrection contri
la tamille joyale ; qu'on a commence i parler 'd
cetre infurrection, lors de I'arrivde du rdginent de
Flandre dans cettr ville; que le martin du jour oA
Tes bandits fe font tranfporr6s A Verfailles, l fer-
mentation etait trs-grande dans a ville qu'on y
difait qu'il dtait terns d'gorger la reine, et de te
dA:ivrer de la cabaic qu'elle protdgeait ; que depuis
long-terns divrfes perfonnts paraiflaient occupies dti
prowet de faire de M. le duc d'Orleans, un lieu-
tenant-gnenral du royaume; que lui, depofant, nd
fe p.rmet pas -d'affirmer qte ce prince air -u la
momdre par a tous C s mouvemens qui ont eu ii 11
pour le fire arriver a ce pofte; -uti' tr m. e port
i croire, jufqu'i d. plans grands Mclairciffemens
qu'il n'a ee que le prdte-nom de bexucoup Ie gens
qui voulaient Ce fervir de fon credit prOr affurer le
frcchs de leurs intrigues ; mais qu'il doir cev:,-ndant
i la vdri de depcfcr que, le trouvannt d n, la
lille du I'drge A i'Affmblee national a i'epoque


_ L __~ q _


5











eo i\ Ctat auiftion de demander au rto le renvoi n
des troupes, avec MNM. de Mirabeau, de la Faytite f
Mounier, Dup(ot et d Rouvray ancin proou- c
reur-general de It Repnblique de Geneve, on di-. 1i
puta long-tems fur la n4ceiitC de maintenir la pre- t
rogative royale i qiie cetre difcufi,)n terminie ,
M. d las Fayette Ctar fotrti pour caufer avec M. de o
JeffcrTon, miniltre des Erats-Unis, on vint a parler f
-lu regime actuel, et qu alors M. de Mirabeau ne c
diffimula pas qu'on ne ferait jamais un pas vers ha
libe te tant qu'on n parviendrait pas t operer une 1
-rdvohition a lacour; que ledit fieur de M brabhau,
intercoge fur la nature de cette revolution fit en- q
tendre qu'il importait d'dlever M. le due d'Orlians I
au pofte de lieutenant g6n&al du royaume; que
quelqu'un lui ayant demand ft M. le duc d'Ortians
y confentirait, M. deMirabeau avait riCondu que M.
te duc d'Orleans lui avait dit far cela des chofes tres-
aimables.
, Le ddpofant doit encore ajouter, que M. Mounier
fe trouvant chez lui, depofant, avec quelques amis,
M. Mounier leur a rapport que, raifonnaiit "encore
*avec M. de Mirabeau fur J4 prerogative royile,
M. de Mirabeau remarquant Ion attachment pour le
roi lui avAit tenu ce propos ; :c Mais, bonhomme
'que vous etes avec tout votre efprit, vous n'etes
quoun fort; j veux un roi, tout comme vous; mais
'qu'importe que ce foit Louis XVI ou Louis XV l ;
et qu'avons-nous befoin de ce petit bambin pour
no.us gouverner ? qui eft tout ce que e depofant
a dit favoir, &c.
V.
Sieur Jacques-Marie-Jofeph Regnier, g6ede ; 3 ans,
bourgeois de Paris, y demeurant, rue du fauxbourg
.-Saint-Denis, pres la porte ; obferve que e i 6 ocrto-
!bre dernier, vers 1o heures du martin Ctant A
Verfailles pres de la rampe de la chancellerie il
fut arretd par un grouppe de femmes qui lui ont
demandd f6 cocarde ; quil la leur a donnee; que,
ptrmi ces femmes, il y a vu des homnmes deguifds
en femmes qui avaient du rouge et la barbe un peu
longue; qu il a enmendu dire a M. de Valfond ,
lieutenant.colonel dui rgiment de Flatidre, que ,
dans la loiree du hidme jour I octobre, il a vu
Ml. le come de Mirabau- fur la place d'armes et
paffant derriere les ranges du regiment de Flandre,
tenant fous fon bras un fabre nud, et que ledit
fieur de Valfond et M. de Mirabeau avaient eu une
conversation, qui n'eft pas affez preftnte a lui de-
pofant pour la rendre.
Obferve qu'dtant hier foir dans la boutique du
fieur Gattey, libraire au Palais-Royal, huit ou dix
perfonnes converfaient ensemble fur les affaires pr6-
fenmes, ne fe rappelle point pr6cifdment tout ce
qui a kt6 dit, mais qu'il fur frappd d'un fair avanc6
par un ecclefiaftique qui dit qu'une femme lui avairt
dir que le dimanche it juillet dernier au foir, M.
Je due d'Orleans, montant ou defcendart de voiture
dans la cour de Con palais od il y avait une grande
--affluence de monde, dit a ceux qua I'environnaient
et imploraient fon fecours dans ce moment de crife:
,, II n'v a qu'un moyen, mes enfans, c'eft de prendre
Jes armes 3qui eft tout ce que le depofant a dit
favoir.
V I.
Sieur Claude Carleman de Rulhieres, Agd de 55
ans, chevalier de I'ordre royal et militaire de Saint-
Louis, ancien capitaine de cavalerie, l'un des 40o de
I'academie francaife, demeurant a I'aris, rue du
Dauphin, n z;
Depofe qu'il ne peut nous rendre compete d'au
cuns faits particuliers, fi ce n'eft qu'il a entendu
dire, fans pouvoir le certifier, que M. de la Clos,
oficier d'arcillerie, s'etait rendu a Saint-Denis pour
attendre M. le duc d'Orleans et partir avec lui i; qu'i:
ne connait ledit fieur de la Clos que trrs-impartai-
tement pour l'avoir vu dans cdifferentes maifons a
Verfailles,et a Paris darns le club de Valois, don't
dI M. le duc d'Orldeans.


VII.


Sieur Ren6-Remi Magin, 16gde 46 ans, premier
iruiflier- audiencier de la prdvt.te-gnerale de 1'Ifle-
de-France, demeurant a Paris, ports et fauxbourg
Saint-Antoine;
SDdpofe que le lundi 5 octobre dernier, fur les
leut heures un quart, i{ eft foiti avec les grena-
,diers qui reflent dans famaifon, armed d'un fufil et
d'une bayonnette i que tous ensemble fe rendirent
dans la place de Gr6ve, o il eft reid jufques vers
$ heures de l'apris-diner; qu'i panir avec la troupe
pour Verfailles i que dans 1 intervalle il a vu et en-
atendu M. de laFayette perorer les grenadiers, en
les engageant a etre fideles i leur ferment; qu'il
comptait fur leur zele et leur bravoure, come ils
pouvaient computer fur la fienne; qu'il verferait juf-
qu'a la derniere goutte de Con fang pour Cour otenr la
liberty; quoe fi elle n'avait pas lieu, il n'v furvivrait
pas; qu'i a entendu dire par un grenadier qu'il ne
connati pas, ni de quelle compagnie il eit, A fes
camarades : I faut aller i Verfailles et fi M. de
\L Fayette ne veut pas y venir, il faut prendre un
ancien grenadier pour nous commander. 3 Que fur4
la route de Verfailles, (t paffaut vis-i-vis de la


iron de M. de Boulinviliecs, a Pal'y, environ
ept heures, il a temarqu d et fit remarquer j fes
amarades que cetre matfon 6taix intdrleurement Lt-
uminie ; qu'il dit mimc iun ancien militaire qui
favaille a la manufacture des places ces mots:
)uand It roi ferait dans cette maifon-fll u qa'i y
ura4it n bal, ile ne ferait pas mieax cldire ob.
servant qai' ceite epoque il ignorait qui I'habitaic
fu'arriv i Verfailles fur les minuit et demi, ils
rit e ranges en bataille; observe qu'ii a vu une
ennme remuer urn canon avec awitar do force et
I'agilit6 qu'un home, ce qui lui it foupconner
iue c'itait un home deguifir, qui oft tout ce quo
e dipofapt a dit favoir.
IX.
Sieur Guillaumre-Francois Tardivet du Repaire,
ige d'environ trente-trois ans, &cuyer, demeurant
i Paris, paffage des Petits Peres, maifon de M.
Lardens;
Depofe que le 5 octobre dernier, vers let cinq
et demie a fix heures du ftir, ii a vu fortir de l'apl
partement du roi un grouppe affez confiddrable de
temmes qui criaient: Vive I roi ous t.oru obtenuu
ce que nous demandons ; nous rctournonns Paris que
mime une de ces femmes I'a embraffd, que le refte
de la nuit aa t affei tranquille, fi ce n'elt que, vers
deux heures du matin,com-ne lui diporant 6rait en
fentinelle pros Ia grille, un homma qu'il n a pu
difiinguer, vu l'obfcuritj, mais arm6 d une pique,
a pafle fa pique a travers Ia grille en difant :J.. f.....
de galonni, ton tour viendra avant q it fl it long
terms; qu'il s'eft retire dans la gurite fans rien dire
a cet homme, attend es ordres qui leur etaient
donnes de ne point agir ; qu'enfuite il a t66 releve
de fi faction; mais que le martin du mardi 6, apris
fix heures, Ctant dans a grande falle, entendan: des
gens criant: LOA~.t& .fr i ride counPs J ? uI/
man-cr t curir; ui dipofanr s-effport'irsla porte
de fappartement de la reine pour empdcher, s'i
6tait poftlile ces gens d'y entrer ;i 4u ces gens des
dcux fexes en grand nombre, foot rombs for lui,
l'ont faifi par la bandouilliere, jeth a terre en criant:
llfaut It tuer; qu'en lui portant des coups fur toutes
les parties du corps ils Pont tralne jufqu'i la porte
du grand efcalier, et quo la ils difaiernt: Itfst ui
cooper It col. Qu'un home qu'it n' pu remarquer,
voulut dam ce moment Ini longer une piq ue doat
il etait armed ; que lui depofant ayant faifi cette. pi-
que de la main pour dviter le coup qui lui tait
la'ct, celai qui i tenait Ia retirant, a aid lut d&-
pofant a fe mettre fur fon fdant, oa il avait plus de
force ; n'a point quitter ladite pique, en a dUfarmJ
le porteur, et avec cette pique l a par6 nombre
de coups q'u lui itaient lances. Obferve quoe dan
le moment qu'il dtait ainfi renverf., it a vu une
culotte de coqleur fout un jupon de r un de ceux quJ
Iattaquaient.
( Les depofirions n 1o jufqu'i 14, parent d4
quelques coups de fu ti rs fur les gardens dt
corps, de beaucoup d'hommes diguifds en femmes.
et qui annoncaieot tre munis d'argent.)

XV.
Sieur Simon-David Lefieur, igd de o8 ans, huif
fier audiencier au bailliage royal de Vcrfailles, e
capitaine de la gae national de ladite vile,
demeurant, rue t i*r-ngerie, paroiffe St. Louis
n 36, ;i
D6clare qu'il a connaiffance que deux garden di
roi d2pofs dans l'enceinte du corps-de-garde de
gardes francaifes qu'il a reconnus a leur habit
avaient eu la t&te fdparde du corps, ne fait pa
qui ; ajoute que lorfque l'armoe de Paris eft artivd
a Verfailles, fur les minuit, ou enyiron, il fut I
reconnatre et parla a M. le due d'Aumomn qui paru
fort fatisfait de ia maniere don't s'dait conduit 1
garde nationale de Verfailles ; fe rappetle Ie ddpofan
que venant a Paris, il y a huir a quinze jours, dan
une voiture do place, avec Un cure, depute
1'Affemblee national, qui dans ita converfatiol
relative a ce qui s'dtait pafte lefdits jours ciaq e
fix, dit que s rant rendu avec plufieurs autres d
MM, les deputds, place d'armes, pour tppaifef 1
populace ii avait enteidu dire par piufieurs fern
mes, quelles n'dtaitnt point venues A Verfaille
pour fe promener, et qu elles draient payees pou
autre chofe.


XVII.
M. Claude Fauchet, gdi de 45 ans, prue e d
diocefe de Nevers vicdire geniral de Bourgps
predicateur ordinaire du roi, demeurant a Paris
i la communautr des pte&res de la paroiffe Sai
Roch
A entendu dire qutil y avait des homes deguifR
en femmes ; et depuis, il lui a et6 dit quo d
nombre des hommes deguifds, dtait M. le du
d'Aiguillon i qu'il a entendu dire auffi que dans I
moment du grand mouvemmnt i Verfailles, M. I
conmte de Mirabeau avait, dans un grouped di
putes reunis dans la falle de t'Affemblee national
dit qu'un homm efentid et fr teque iUs devaient i
plus compur, leur manq:ait dana ce moment;; ne psi
dirt quelles perfonnes lui ont parl6 de ces fairs, r


dam qes endrolts; i tam nda dire i
Dupre pretre hibituw A Saint-Rqh ,
avait dit qu'un curd deput i et&r. .
nale, etant retir damn in angle. d la frl,
oui M. le comi4e la Touche, e 1M. dv t-
lans tenir ,t ble une converf-ai w qiu|.i t
i des complo u Wifibls au bien public eWoCI
quelque tens avant tvmmment du j'cotsil


Franois-Aim4 de Miomandre de Sainte-Made,
igS de o; ansr, garde-du-coro du roi, denmurfatt
ordinairement au Chiteau-Neuf en Limofin log
en cette villa do Paris, *rue et h6tel du C'oiffant;
Depof que I.e 6 dudit moist d'ocwobre o veen
heures du martin, lui depofant ctast fur ie balon
de Ia fallen du rot, a vu earer par la cour des puin-
ces une multitude de .glns arn-is de piques,
batons et autres arnies qui fe portaUiet ver
vote qui va i la chapelle. Alors un milicien dea I
garden de Verfailles, petit, ayant les maim ger(6s
et noires par le travail dt(charbon ,les yeut nofr,
tort peu de cheve .ix lea yeux enfon& agi d'e-
viron 3o ans, ruivi i'un fantiin fe mirent rnts
deux i la tite doe ctrt troupeR et vinornt i Iefca-
lier do roi s lui ddpofant et fes camaradesn porte-
rent futr 'efclier du ro i h ; d .pofatM, au premier
rang defcendit quatre marchis fattn i ces genss:
Mesais, vous aimez vote roj et .vo. ven*
'inquitter jafque dans (on palais S qan r ti r6-
prndirent ten ,. et ticherent de Ie .prntdre par fa
bandouliere et les cheveux. Abhis tn des camara-
des de lui ddpoCfnt le faitt par I'habit, pout ai-
der i remonter ces quatre marches qu'l avait ef-
cenduei. Un de ces gens faifit on moufqueton i maMs
Il fecouatit violemment il Ie sctira a In'. Alors ul
depofant et fes camaradel f rtiforcerenft chacta
dams leur fate i qu'au mineDjplant ce ens eanfop-
cerent ls portes, et les fiteerent i ittr
falles; i qe hii dipotant fe trouaen 40 dves e
netres d ladite grande sfalc, et vit preado e ia b-
tinelle de Is fatle de la rein 1'entrainer futr I'e-
calier. Alors voyant It danger que courakit fafou-
vcraine, lui ddpofint vola dan Ca falle. Ea y en-
itrgn, ii aperfut Ie fieur d Repaire, on cama-
rade renvcrft fur Is dos un hoimae li tenant one.
pique fur 1efinmac lui dpoifant parvint Ie dd,.
,gm r de fon aflalin. Ledit fieur du Repaire nequitta
pas la pique, et I'entraDn avec lui enteadant ks
propose qu'on tenait contre fa fouveraine, ces mal-
heureux diant : .ose wa sm ceuper fa ttuI,, for,
cmr et fsricafarfA f ta ce a ne flu'a pa: t, .
Lui dpolfant vole a rpparteMnent de la reine, on-
vre sla prte, et crie A one dame qu'il aperWut a
bout dune autre piece : Madame I'a#svq la rime,
on eM 'v is fa vie ;j, fidsfeiconU i deix m tle igres
mes camarades ont Itforcis de quitter leurfatlC. Alof
lui ddpofant ferma la porte fur lti .et aprs ql-
ques minutes de combat, ut home lui a port nm
e coup de pique, qu'il ct l e bonheur de prt ; Ie
m ne home pregnant fa pique du c6tr du fir, lui
lanCa un coup qu'il ne pat parer, !duquel coup lui
ddpofant fut futerraff. Alors Is milicien que lui de-
poCant a prcidemment fignald, dit i ces malheu-
reux : recalet-vous, et prend wfure do It tCte do
lui depofant avec fon fuil!, et lui en a applique un
coup du c6t6 du chien qui a ft enter dans IJ cCr-
t veau de lui dipoCiat. Afors Ie voyanL_ baigai dam
Sfon fang, Ust e crur-nr mort, et pafnaln darn !a
grande falle pour s'armer; quoe ui ddpofAnt nnl-
mant toutes fts forces, au moment qu'il ne vit
Spivs que quatre perfonnes a I porte doe h grand*
s fall b, ft leva ramafa on chapeau r et r trainer
pour rejoindre fes camarades.
r Ddpof en ourre qu, pendant on igjour I'n-
e firmerie royale, M. Ie marquis de Valfond, ieo
tenant colonel du tregiment de Flan Ire, eft venu
t nombre de fois voir li d.po(aA et fes camarades,
a et a dit au fieur la' Goutte-Beo td Garde 4u rof,
t compagnie de Noaille.i, et lui depofant, que Il
s octobre dans 'apres-mnsdi, M. le camte d Mi-
Srabeau avait paffd danm lts rangs dudit regimenrt
n d Flandre, pornant un fabre anu pendant i fa main,
r. t oa dit aotx foldats:. Mes ami praenez irde
e vos; vos officiers ct les Gardes du roi 9t fonaa
a une confpiration conmte vous ; les Gardes do roi
- viennent d'afailiner deur de vos camatifes devant
s eurt hbtel ct utt troifieme dans Ia rue Satorp'.
tr fuis icd pour vous ddfendre. Ajoute quil ef ai 1
connaifance, pat unc inHnitr de perfonnes de Ver-
failles, qu'il dt enu foixante femmnoes environ pour
debaucher lets foldats du regiment de Flandre!
u qu'on avait difiribme do 1'argent pour Ils cot-


rompre.
DiDepoTf de plus que ledit jour J octobre demir,
t- dans I'aprts-dhern, dram dans la court des minifires,
il a vit fur la place dh'rmes tun home en habic
is bourgeois, doma II ne peut fire le fignalemeat.,
u attend I'dloignement excitant le Peuple connre
C let Gardes da roi, qui dans ce miment:- iauient
le I cheval Cufdie place d'armes, et fe donnant des
mouvemens pour fe reunir en grande quantity ; qu'It
., s'eft inform du nomr de ce particaqler, et qu'on
lui a dit que c'6tait un ficur LecoiAtre, lieutenant
! colonel de la milice de Verfailles marchani de
toils, et jouiffant d'une fortune afez cor.oidbdvble.
ii Obierve que, Iors de I& decharge don't il nons a


-- -1~~- -----~--- -------- ----- ----- ----------r---I-


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-T--~-C- -F~---1~~~--~ 5 -~- ~


prdc6demnenc parlk ps, O li adh qu he ofieor L-
cointre drat au corps de gaf dr. font parties lea

A do ptiam metendu dire q" ce mn4me fieur
Lecointro avait di ribui de lu, r i A diffreres"
fois et avec pro!'ufion,.a que mieldajlis 16iv6-
rement, ii ne marcge .i yerraile q' avCeo beau-
c ,,p de gens de aIs popialahe qoe tout Verfailles
defire 1'Aloignemen di erw Lecointre de a lieu B
et qu la muadcipalitt a contnfe tIl quatrte chefs
d'accufrtion qu efti tout c Co Qe le dipo0nr a die
favoir. ,i ,
Xx. '.: .


tlfabeth- Pannier,, ae de 30 a nl, feinme de
Frantois Bal'tt, inarehani UImfnadi et % gard.e a-
tional, avec lequel ile d"meure A VetiUlIs riae
Satoty, Su coin de c'Celi Saint-Fra e6ila, obkfrve
que les foldats du rguient de. Fluadre paraiffem
avoir td gagni dAs leur i rivf aVerfailles; qv,'on
s'eft fervi, pour porvit r a ces ito,' 4 bsatcoup
de filles de Paris qu'ontetd a envoyies preryu auRli-
t6t I ur arrivee 1 6?1 $. octobre, pns apres-
diner, phdfieunrspartcultti, i Ueb intonnus, nrnctenu
dans Ton catr des p sti a cotitre los gatdes4wducoirps
et faith voir des bailes de plo0mb, en diftnt rUe
c trait poutour le ddef cntr les gardes-du-corps
que le foir de"ce ms e. jout i vers huit heures,
eile a entendsr tiv"e dno nombre confddrable Ide
coups de fufi. et no m or deox coups qul par-
tirent tout pir d c "nn etl qi firent 1taber
Un jarde dau ri de dttis de fon chivai, 't iquq
l'inftant la populace fe mit A crier: tft -i F.ir;
qu'eeirayee de oe rfpeitdi, elt feC reoem cher
cule, ne farce qu'ri rvtiu ce ae d4a-oi r ot n
quawt-d'henge aprbs, Ue a.i e everiQ c grtde
du roi abbdon*n A W place, ayaf uS jL mbeW
catlke, et a vu n n oat tt toe cheval-
fur il plae d'artmd k ir6 kdr64 Irnt mnS*;I
quoe e ix dudrt mol i fax bUlmi d o.man,
el as vi d fcendre tIn gardelducorp do service
au chlaeou,'dl arm entree ls mains de deux t re-
npadicers des gar~dftaaie f.ii 4aOW &infde&
toule de Pceplei I.; e&asr 41Ev 0t porm 1o
Vend un reverbre is *'asrt1 tp!r14Puar, difaient-
ls, qu'on lour dowioe diaB-dtitR rps pour Ie
mettr au riv rbere e deux gardei iad sn,
repobierent I'audae de co genst a, t ne fCit ce
que le garde du roi eat dvonui quo, deftcc-',e
dans fa boutique, ele y rr.ouva" deux hommoe d6-
guenills avec des ao rour du corp o du ayant
des v flolets A 1cur ceinture, or chacun u fibre
en bandoulieh; que ces gem yant vu te. r-
pondamre, tr.esefay ls luil~demanderent fi cela
lui faifalt de I pehe, et qu'lle en vertait bian
d'autres 0 qu'is n' uiea, vrmus que opour cela
que ces gem ont pay leur ddpente ).qi't enm e
encore furvenu beaucbup d'autrbes, t quo pkoua
d'entre eux paraiffilien avoir besacoup d'argl t ;Cfe
rappelle encore aroir encnd diresax femmes ve-
nues de Paris : Qua'lles avaien aplpl des b aquets
pour empower les tronhes is' ganles doa rot, et qu'i
cela d'autres applaudifTaient par des claquemens de
mains; fe rappelle encore qu'un des particuliers
qu'clle a ignali en dernier lieu, di.;r jai dlji tWi
un garden du roi, etje compete encore. en twre fautrmt ;
lue Ie fieur Charpentier, marchand de vii rue
de a Chancelletie, a dit i elle dpofante dan'r
fon cafe, que c'etait lui qui avait can Ie bras i
M. de Savonniieres, d'un coup de fufil, tandis que
lui, Charpentier, tiit en fentinelle i i grille du
chateau qu qu elques jours apres ce ma heureux
6v6nement, trois toldats du regiment de Flandre,
en pregnant de la liqueur chez elle, un tira des
icus de fix francs de ft poche, en difant : C'eft
un plaifr d'allr A Paris, oe" n'revient vec de tar.-
gent ; qui eft tout cea- qu'elle, dipofmertce a dit
lavoir.
XXIV.

Sieur Pierre B!aifot e1i de 44 ans, libraire or-
dinaire du :oiat de la farille royale demeurantr
Verfailles, ddpofe quo tout ce qu'il faith des fits
contenus aux pieces done nous venons de li fire
lecture, c'eft quo dix i douze jours avant Ie rnal.
heureux ivinement diu octobre dernier, lui dd-
pofant ayant tre porter des livresa M. le come de
Mirabeau, ce dernier lui die qu'il croyait appercmvoir
qu'ily aarait des ievtemens malzkureux Verfailles ,
mais qae ls honnite geust ceux, qui rejiemblaient a
lui tdmoi, n'avaient den k craindre; que quelques
jours aprs et de meme avant l'evenqmeant,un par-
riculier i lui inconnu Itant dans un des cabinets
du dipofant a regarded de litvres, dit A unautre
qui enrra : J'ai .ne letre qui ."'e4 venue d'un tre, dans
laqutlle i me marque quill a pear per moi \ qu'it Je
ripand dans fei environs un bruit qu'il doit arriver a
VYerfailles qaelques tlvnemens flr.airek. Qu' i e prie di
lui donner de fee nouveles; que lui dipofant croit qua
etre letere venait de Toualoufe que le 5 octobre
dans i'apres-dlner, M. le come d'Efaing seft
prl'fente A lI municipality (ou tlui dipofant trait
come membre ), pour demander on ordre pout
agirt repoufler la force par la force que luiii
Spoiantne fe trouvant qu'avec fept surros meo-
bres, lui dit qu'il falait delibrer, et quils itaieni
en trop peti nombre pour !ui done tune pnteil
ordre ot q d'aillcurs iil failait avoir coaiffancfce


(Pilfieursn utres depofitiom font relatdves au
manucre do phifisurs gardes-du-corps. )
XXIX. '

SioeurPierre-Maxiumilien Beche fils, gi6 de vingt.
neut' trente ans, ingeuieur-g8ographe demeurant
A Paris i rue do Boucheries Saint-Honor i;
Depoie que tout ce qu'il faith des fits contenus
pieces p do no"w venom do lui fire lecture,
c'eft qu'l a vu arriver i Verfualles Us femmes du
Peue doe Pars lt lundi cinq octobre dernier,.vers
qu e heres de I'aprts-diner, it an milieu d'elles 1
un abb qbli ne peut fignaler, avec plufieurs autres
bormmes a vis de piques; que ces femmes forcaien a
les cuifinieres et autres femmns qu'elles trouvaient
fur leur paffage de les fuivre I qu'il le a vues paufer
au mravers les ranges des foldats du r giment de Flar,-
dre' qui Its liffaient pafer librement malgrI la
configne ontraire que le.dipofant prlfume leut avoir
eto dont e I en uger parleUs primandes qu'fi
a enrendues far rar les olciers A ces foldarst que
ces Cldats en voyant arrive le fiemmes de Pans,
idirmnt, Noes gallons avoir au plaifir de. mltin;.
quoe fr le's ix heures du foir de ce ditr jour, au
mome.rt quo doe voitures frtaient des petite cu-
des, p. t condulre difait-on, Ie roi Rambouil-
let', lI Peuple, parmi iefqiiuels t"rat de cl o
bouchcrs, cbmrant apres as voituresn diCam, ii
(auti ensm her les voitures de fortir uet e mUin d4
parir, en parlant du roi et de faith, un petit quart
d'heures aprbs, lefdites voitures ont di ramen6es
abxsteire. icuries i que Ie. mardi Ox octobre der-
nier, a matin, des gens A piques, auxquels fe font
joints qu iues foldats de Ia. milice Parilienne, to-
naient un pyticulier quils. accufaient etre un efpioi I
des gardes-d -corps; qu'il avait 'air d'un de leur pal.
freniersque cs geus conduifirentce parriculier jufiqu'
a grille d a grian4dacurie qu'un de ces gens i piques
month; fur la potence de Ia lantern et Ita defcendit
ufqu'A -pea pprs de la moitie de fa hauteur ; que
des foldats de Is milice Parifienne qui efcortaient ce
malheurux oberv;n que c 'ecir t manuer a roti
que de pendre un home en face de fes fenCtres
que fur cette observation, ce particulier fat con-
juit'i la geole, pour y itre pendu; que le depo-
rant na pas fuivi, et croit que ce particulier n'a pas
itn pen a i qui eft tout Ce que q le depofant a dit
favor: lecture a lui faite de fa d.pofition, a dit
icelle contenir verkn y a perfiftl, a requis falaire,
I lui taxes trois livres, et a figni avec nous, le
grefier et lefdits fieurs adjoins.
Ainf figfi s, Becke Ollivier, Olive de la Gofline ,
Durmont, Brion a de Nouavil/ers.

XXX.

Sieur Jean-Louis Broufle des Faucherets, Ag6 de
quarante-trois ans, avocet au parliament, lieutenant-
de-maire au dipartement des tabliffemens publics,
demeurant a Paris, rue de Paradis, au Marais ;
Dipofe que lue andi cin octobre dernier, i
neuf beures et demie du martin ou environ, fe ren-
dant A lh6tel-de-ville pour y exercer fes fonctions
de fecrrtaire de Ia commune, il vit la place de
Grve remplie d'une foul inorme de Peuple qui ,
aprbs avoir detachl le riverbereo, criait quil lui
fllait du pain, et punki les auteurs de la famine
u'il iprouvait. Qu alors lui dipofant fe rendit I
1hr el-de-ville qu'il trouva Ia grande (fale, oil fe
tenaient ordinairemant les affemblies, ertierement
vide ; quon Iui dit que Ie peu de reprifentans qui
qui fe ctrouvait alors A I'h6tel-de-ville itait riuni
dauis la chambre oi fe trenait le commit de police ;
qu'il s y rendit; qu'en arrivant dam Plantichamb e,
ilvit la porte embarraflie par quatre ou cinq gre-
nadiers des Gardes-Franqaifes, done un portair la
parole, ect done il n'a pu entendre ie difcours i
qu'arrivi prs de 1run d'eux, il entendit impofer
mtence au foldat qui etait pres de lui et qui
Svoulait parlor en lui difant: Laifez parlor ce-
lui-la, i parle bien; qu'alors lui deofanr vit
Sfortir M. de Ia Fayette qui cherchait a appaifer
t ces foldats qui tui ripondai:nr tous enfemble. 11
r eft inutile de anus convaincre ; car tous nos cama-
i rades penfent ainfi, ect quand vous nous convain-
- criez, vous ne les changeriez pas, que M. de la
r Fayette los fuivit. dans ha pace oi lui depolfant
I arrival avec lui tamt& pros de lui, tantOt eloigne
a par ia foule do mood qui e croifair i qu'il vit les


567
des chorbs : fr quoi M. E-taling ripllqur que Ie
dar itait preltnt que te ddpofant lfotit alors
a a.ppris deputy qu'on avait donn un ordre 1
d'faingduque il n'a point fait usfae $;que
e & la nuit tombinte, en rentrant cheiz ui par
ia rmpe, ii a vau de porticuliers cahes dans des
plerrst et dan la rampe de Ia Chancelleie qui
ont irftdes'coups de fufil ne faith fur quai qi tant
rencr6 chez li et environ l'heure de mihuiu ot
demi htanr t la crti6fe fans lumiere, it a enatetdu
par des paniculiers qu il na pu diflinguer, ,enir
des propose centre les prdes du roi, tendant miles
afflJ ner et malrreri ; qu'il a encendu particulia-
reetit uone voix qui difait : Qe jfaurais 4q pIaifir
Xf je matais la main l premier fur cout bougrefc-lA et
lti cVepr I col fur Ia premier boawe.


Sieur Jean-Francois Jacques Roufille de Cham-
f.re, age1 de pres de 4t ans, docteur en mede-
cine de Ja faculty de Paris, y demeurant, rue dti
Hafird, butte et paroife Saint-Roch n t ;
DIpofe que le dimanche 27 feprembre dern;er 'il
a recueilli, dans une focidj6 oi les opinions fur la
revolution actuelle etaient variables un plan de
guerre civil, don't on appyait le fuccies en faveur
des ordres privilkgies fur ce qu'ils auraient le
moyen ct les faculties de fouenir trois campagnes,
pendant que l'ordre du Tiers-Etat pourrait a peine
en f I depoiant a ite mande dins une focidtC on on avaic
project de lui declarer des rqotions qu'il a prifes
par icrit, fur la dicrie qui lui en a ete faite en
presence de M. Duquefnoy, grand-malitre des eaux
I et forces, demeurant rue de ichelieu, n0 16, da


I ;- a


fom minuttles que fdeait M. le comtnandant-gnrenal
pournappaifer ls cris et 'impetuofitC des foldau
'Cunis ir Peuple qti n'-.ait qu un cri: al&ns a Vr-
(ai/if; que voyant lai, dpo-fant, qu'il n' rait bon
i rien, ctt que on devoir'l'apptldi' ailleurs, il re-
non t l1'h6tel-de-ville ou ii rencontra un deshrpre-
encans, dcpnt Ie nom cchappe a ia melnjoir, et
|ui hut raconta quoe ces grenadier qui patient au
amBo nt de lui dipofant, s'etaient presents ;I l
porte du comitd de police, avaient dit i M. de la
Fayett 3. Mon genral, IP Peuple manque de pain.
a mifcre eft au comble, le romite de fubfiflances
)u vous trompe, ou eft trompe ; nous Commes dans
ine position qui ne peut pas durer: it n'eft qu'uia
noyen de la fire clffer; a!lons a Verfailes, on
dit que le roi eft un imbecille,'nous placerons la
couronne fur la tdre de Ton fils ; on nomrnera un
confeil de rig.nce, et la France fera mieux gouvcr-
nt n qtoe fa perfonne qui fit ce r6cit a lui dipo-
rant, ajoure qtue cc foldat joignait i la plus belle
figure un choix d'expreffions qui t tonna rous ceux
qui lN'coutaient, et un fang-froid qui les kronna
encore davanrage ; qtte lui depofant, voyant toutcs
les operations fufpendues, et n'ayant rien mango
depuis le martin, retoairna chez lui fur let trois
heures et demie iH revint une here apres i I'ho-
tel-de-ville, oil i appri que M. de Ia Fayette,
contraint par la volonti abfolue des troupes avait
6tC oblige de marcher A lear tete jufqu'l Verlaill-s,
apros avoir pris l'ordre de Ia commune qui le
lui enjoignait ; qu'alors lraffembl6e des reprdfenta as
s'ecant former dans la grande falle M. le maire
ayant pris fa place lui d &pofant s'Ctait mis au bureau
ou 1 applait Ca faonction de fecretaire i que cems
s'rtait patl dans l'inquiitude et dans I'attente a
recevoir !es deputations des difiricts qui veniient
demander des nouvelles; que pour etre en rtat d'y
rpondre on dopecha une premiere ordonnance ,
on attendait fon re;our, lorfque, fur les onze heures
du foir, fe prifenta une femme fuivie dun pottillcn
de polite, laquelle tant monteeau bureau di- pu-
bliquement'que le Peuple stant arrive a Verfaillts,
les sgrdes-du-corps avaient tire; que 'un d'eux avait.
Otr pris, et qu'elle-mhme, aidee de plufieurs autrrs
f.immes, 'avaient pendu a la grille du chatreai;
qu'empreffe6 de rapporter ces nouvelles, qu-elle
avairt zencontrch u poftillon qui etait avec
ele et qu'elle avati force de lui donner fon che-
val; que ce r6cit augmentant les inquietudes, et
les deputations des difiricts fe multiplant, on avait
faith partir une nouvelle ordonnance, qui rappo'ta.
des details plus precis ct hita le retour d: la pre-
miere; qmuon attendait l'une et I'autre lorlqae, fur
les trois heures apres minute, fe prefenta une troupe
deo femmes A a t:te defquelles etait une nommiee
Magdelaine ou Marguerite Chabry ditto Louifon,
bounuetiere dans le quarter du ialais-RoyJl, qui
rendit compete de ce qu'avaient faith les femmes qui
s'itaient portees I Verfailts, et qui ajoura qu apres
avoir obcenu de l'AfTemblee national diff6rents de-
crets fur les grains, elle avait eu elle-mene une
audience particuliere du roi qui ayant fanc-
tionn6 lefdits dicrets Iavait embranlfe ; que ces
decrets avaient etC remis a d'autres fenimes qui,
conduites par le fleur Maillard volontaire de la
Ba4tille, allaient arriver dan, les voitures de Ia cour,
auxquelles on avait ordonn6 de les ramener A Pa is;
qu'effectivement ur.e heure ares etait arrive le ficur
Maillard, et une douzaine d'autres femmcs, qua
remirent une expedition defdits decrets don't on
ordonna fur le champ I'imprffiunti; que route cetrte
troupe, puifee de fatigue et de faim, ayant de-
manXde des alimens, on raffembla tout ce qu'on put
fe procurer de viande et de pain, et on Icur fer-
vit, dans la fall attenant celle de I'a(Tcmblie un
Cooper qu'elles partagerent entire elles.
La curioiit ayamn conduit lui depofant dans cette
faile il vit ces femmes rangees autour d'une table,
qui, dans l'ivreffe de leur joie, fe livrerent aux
propos les plus fcandaleux; que s'etant approche
de l'une-d'lies, done Ia figure ne lui eft pas affeez,
prefente pour en donner le fignalement, i ll'enten-
dir tres-diftinctement dire: Ah cette Ftite Marie-
Antoinette, fi nous ravions attrap/e. nous I'aurions
fai dainfier come i faut i et fur l'dtonnement quo
lui, depofant, temoigna de pareils difcours, elle
ajouta : Cei/ bien cc qu'elle miete, car e/e fik eft la
eaufi do tosa les maux que nous foufrons.

XXXI.












eWe Au Palais-!Roya!. Sur Ie rappo-t de M. de Sen-
tex, docteur en me3ecine, demeurant tee Saint-
.Audre-.eArts vis-a-vis celle Gir-le-Caer, ces
notions confident :
:I. En un project d'enr6lenmen t et dquipement
d'uR nouveau corps de troupes, come fumra-
tiat idiadii des Gardes-da- Corps,fans q4'il y ait eu
a cet 6ga.d aucune ordomance du niniltre de la
ga 're.
S. En uwe aimonce de divers regimens prws A
fe rapprocher de nouveau de Ia capital et de Ver-
failles.
30. En un project de fire enclouer les canons de
Pa-is en fubornant un certain nombre d'hommes
par chaque diflrict.
Le, depofant ajoute qu'on lui a affur6 que M. Ie
come d'ilftiig et un certain baron de Morgne,
Sg:nce .dans rous ces projects, et qu il s'agiffait, et
des la (emaine rfiivante de favorifer I'vafion du
roi et de la famille royal a Metz; le d6pofant a
recueilli le I fam-di oi et le dimanche 11 octobre
Jernier, fous la dictee d'un de fes confrerei, le
iietur de iahi. .ntdecin rue Traverfiere Saint-
]lonore pres I'hltel d'Autriche plufieurs parti-
1uUri;is, relatiw mcn;, i Ia la action d'Orleans, don't
Li ,iepolant :int fe doctait nullem-nt : il s'agiffait de
creer une lieutrn3nce ou une rigence du royaume ;
M. le due d'Orieans itait dihgne pour cette place,
et fes creatures et adh(rens avaient agi en confe
q'uence dis les premieres aflembldes qui ont pri-
4'd(6 l'Aflemblee national. Cette faction devait
profiter de I'evafion du roii a Metz pour affurer Ie
fuccer de Ton entreprire ,et elle .vait des partisan
dans l'Affemblee national; ajonte Ie d6pofant qu'il
a communique les declarations ci-deffus decaill&s ,
tant a M. le ina~re chacune vers leur date quai
MM. du conaitc des recherches de l'hotel-de-vilhe,
il y a environ ty jouts ; ajoure le ddpofarnt que
danes l1inrervalle de l'arrive du roi k Paris, au
dpa:;r de M. le duc d'Orl'ans le depofant, en fa
FqualitC qu'il avait alors de prefident du district de
S int-Roch, a Jgne et remis a M. Harvoin corn-
niandant du b'taillon de ce district, un ordre pour
ar6-cer uv.e perfonne attached au service de M. I
tiuc d'Orl!anss, c-,ndi.ite i la ville et relaxee apres
a\vc:ir et e rterrogeic; qui eit tout ce que le depo-
faat a dis favoir.
XXXV.
Maltr.e Gerard He:iri Deblois, age de 4 ans ,
avocat au parlement, demeurantt a Paris rue du
Battoir, paroiffe Saint-Come ;
Dlpofe qu'en qualitA de reprdfentant de la com-
wune, il a paffe a l'hktel-devil'e, pour le- service
de nuir, la nuit du dimanche 4 au lundi 5 octobre
ternier ; que vers les 7 heures du martin du lundi,
il s'elt trouve fcul au comite de police; que le
premier indice du foulevenient a td P'arreartion
d'un boulanger, pres Saint-Euftache, prCvenu d'a-
vuir vendu un pain de deux lives a fept ounces au-
,Ailous du poids, qu'un drtachement de la garde
national lui amena; que M. de Gouvion, major
gSen-ral, virt en prevenir le dopofant, en ;ui difant
que le Peuple qui etait fur la place, dernandait que
ce boulanger fdt attache a Ia lanter.v ; que le d&
pofant, apres avoir interrogd ledit boulanger, qui
convint de fa faute ro pondit a' mondit fieur de
Gouvion, qui ccaigirt que Ie Peuple ne vint s'em-
parer du boulang.r, qdils devaient l'un et I'autre
faire tous leurs efforts pour empdcher cet afrafi-'
at ; ce boulanger, que le depofant avait fait ca-
cher, a eu le bonheur de s'echapper pendant Ie
course de l'enceinte qui a conmmenc quelques mo-
mens apre&s; que vert les 8 heures du mautn le de-
pofant, infitruit par M. de Gouvion que 1'enceinte
eait decide, que le Peuple commencait a arriver
fur la place de Greve, vit en efft entrer dans la
cour de l'h6tel-de-vile un premier peloton de fern-
mes don't la pluFart jeunes, vetues de blanc,
conff'es et poudroes, ayant I'air enjoud et n'an-
nonaant aucune mnauvaife intention ; qu'elles moo-
terent dais les differentis falles et notamment
dans la piece oiu fe tenait le cer't de police et
dans ua autre A c6te oi fe dir:ibuaient les pife-
rorCs qoe le depofant caufa avec elles; elles eure.t
beaucoup d'honn&etr; il repondit a routes leurs quef-
tions qui n'avaient d'autres objets que de connaitre
la d ,linirioia dts falies que quelques- nes meme
engagerent Ic depofant & recevoir des femmes qu'elles
avaient forcees a les fuivre, parce que les unes


etaient groffes et les autres fe fentaient incom-
modees j que le depofant fit enter et affeoir ces
damrs, en ieur offrant des fecours fi elles en
a aiicnt bJloin; quu fcuccmfivrement le nomnbre de
ces femmes augmenta confiderablement jufque vers
les i hWures du martin ; qu'il en vic un- parnte mon-
ter 1'efcalier qui conduit au beffroi et fonnerent ie
toclin; une autre parties rirent, chavacerent et dan-
fAient dans la cour demandantt quelquefois: om' eft
M. Baily, ou eft M. de la Fayette i qu'il vit aufli
des femimes forcer le concierge de la geole de met-
tre en liberty les perfonnes detenues ; que lui di-
pofant remarqua dcux enfanms ges de 14 a i5 ans,
qu'il avait faith conluire a I, geole dins la nuit
mnein, pour avoir e6t arreeds a heure indue faifis
Ous leurs lubits de lames d'ep6e obferve Ie de'


;E8
pokfnt qu'ayanm examined let habMefiens, )a tnur.
nure et la figure de totes ces ferames il en re
matiqua trks-peu que l'on put ranger parmi Iiclaffe
de la vile populace i qu'en outre ayant marquis fon
dtonnement a que qu ues perfnnes, de co quo lI.
femmes feules entraient a I'h&tel-de-ville randik
que Ia place de Greve etait couverted'hommes fans
que perConne siopposat i leur entire II 1Wi fut ri-
pondu que les femmes leur avaient defendu d'en-
trer; que vets les i i heures et demie, le depofaht
enmendit un grand bruit du cote de o'arcade Saint
Jean; qu'alois s'eant pottn de ce 6rt, il a vu
un nombre considerable d'hommes for-cr les portes
qui font fous cette arcade avec dts btch's des
marteaux et autres infirumens i que bient~t Ies por-
res furent enfonces, er-qlu'alors une populace t
nombreufe fe r bandit de tous cities dans l'h6rttl
dt-ville, fans me"me entrer dans cet inftant par le
grand efcilier; qu'alors lui depofant, a a vue de
tous ces gens, ne doutant pas qu'ils n'euflent des
projects dcngereux, il quitta l'hWtel-de-ville, parce
qu'il y avait peu e repre fen.mns de s commune,
et que ies chefs de la municipality n'y tiient pas ;
le depofant y entra vers lcs deux heures avec M
Sde Vauvilliers, qu'il avail rencontrr dias fon dif-
trict des Cordeliers i que tous deux fe rendirent
dans la falle du comitd de police; que IA iui depo-
fant vit M. le marquis de la F.yc:tte entoutr de
deux grenadiers, ci-devant aux Gardes-Francaifes,
don't l'un avair Pair fort echaufI, et difant i M.
de la Fayette : Mon gneral, en voa w tr'mw p ique
celui-ci demandant qu'on lui indiquit let perfonnes
qui pouvaient abnfer de fa conliance, le grenlier
lui repondit: Nos vyes Its nommerosu, mai ilfaut
aller Veflaitles; qu' ce propos M. de la Fayette
s'eloigna, toujours accompagn6 des deux grena-
diers qu'falorsn lui dpofant ne put entendre que
tris-imparfaitement cc qui fuat dien mais qu'un iinf
tant ap bs, quelqu un don't il ne fe rappele pas 1U
nom, lui dit : Les grenadiers forcent M. de It
Fayette d'aller a Verfailles 11i s'y oppofe en leur
reprifentant que let roi peut quitter fonr four
ordinaire ; r'un des grenadie's repondit : Si I& ri
quite Verfaillis nowt matrons fonl fi r u tr6j
que ce minne propos fur enteado fans doute par
d'autrs perfonnee, puifque lui depofant rentendit
repdter dans la falle des reprefentas- de la com-
mune emr'autres perfonnes par M. Brouffe des
Fauch;rets .jue damns l'aprs-mridi tousles reprefun
tans de la commune cant alors reunis dans la grande
falle, le d:potant vit arriver fuccefivement plo-
fieurs aides-de-camp de M. dz la Fayette annoncer
que fes ours dtaient en danger, qu on le menaCait
de la lanterne ; que de tous crts on emend-it les
cris: a Verfaiils, A ,erfajilici ; qu'alors I'affrm-
bl-e crut devoir cider i la force, et donner I'or-
dre i M. le general de partirpour Verfailes ; que
lui depofant n'a connaifance de ce qui s'eft pafn
a Versailles q'se par les r6cits publics; ajoure le
d&pofant, qu'il a enrenJu dire par des membres du
comitd de police, que le jeudi I" octobre ilt tair
arrive de Hollande une fomrme de 6 ou 7 millions,
Ifquels etaient defines i payer I. Peuple pour I'ex-
citer au fouleve.n-nt ei i paver le regiment de
Flandre qui etait alors a Verfailles ; que des le
vendredi et le fam di fuivans, on lui a dit que les
grenadi-rs aux GarJies-Franjaifes avaient et6 a Ver-
failles ddebaucher les foldats du regiment de Flan-
dre, et les conduire dans les cats et autres lieux
publics, ou ils avaient pay6 pour eux des ddpenfes
affcz confiderables.
Nora. Une depofition de M. Lourdet de Santerre,
confeilr du roi, maitre ordinaire de la chambre
I- to H I r -1- I


aes competes ,et eiun aes repreOntans ae la com-
mune, confirm et detaille les mnme faits.

XXXVL

Sieur Francois Marie de Mathei, marquis de
Valfond, ig. de cinquante arns, lieutenanr-colonel
du regiment de Flandres, chevalier de l'ordre royal
et milit;raire de Saint-Louis, demeurant i Patis, rue
du Cherche-Midi, paroiffe Saint-Sulpice
Depofe que, le I octobre denier, it recut ordre
de former fon regiment i trois heures et demie dit
foir : ce qui fut fair; qu'a ept heures oe demie,
huit heures, il recut autll ordre de faiie rentrer
fondit regiment d-ns les manages de la grande Ecurie
qu'il occupaitr; qu'a dix heures et demie, 'onze
heures, ii recut ordre de M. eI come d'Eftaing
de former de nouveau fon regiment dans la cour
des grandes ecuries, ce qui fut egalement execute ;
et lui fut ordonn6, de la part du roi, de ne com-
mettre aucun acte d'hoftilite : cet ordre fut fi pbnc-
tuel erment executE, que la chine qui formait la
grille Frincipale de la cour avant et, brifee i coups
de hache par d4s particuliers quelconques, mal veus
et fans uniforme ils antrerennt dans Ia court, fe
porterent enl aiffe grand trombre dans cette cour,
o le regimrenr etait en bataille fu(r deux lien s,
pendtrerent dans les maneges, piller.nt plufieurs
effects, et plus particulidrement les armes qui s'y
trouverent, fans que cc regiment oppoact aucune
refiftance A ces mdfaits, pour le conformer rigou-
reufement aux ordres qui lui avaient kte intimes;
que le mime jour, s octobre, fur les quatre heures
et demie, un gra ,d nombre de femmes (e prifen-
terent I lui, d1pofaot, avec beaucoup de voh1-


I


menee I-t demandant dui ain, diaO qM u aff I
trente Iz heum. qu'el'es n',.aint mangE( q IuV
offrit do I'argpnt qu'elles refuferemc, er d4M
g i't u j par &Par "I/ no**fini neft d pidie
qui ft tout c qc r l a dit avoir : lecture i jui fN
de fa depo4fion, P dit icelle contenirk vdit., y
petfiftd n'a rea aire, et a figne avec nit,
e refer et Iefdits adjoints I et avatM de figrer,
lefdits fieurs adjeints nous ont obferve qu'il pourrait
etre intdreffant, pourt I 'larciffement desa fais ci.
def depofs, et I conaaif4.ce exacte do tomt
ce qui peut s'epaffe sIt f et 6 octobre daflnies
fous les yeaIx du depofant, de s'expliquer fur un
fair confign dams quelqes papers publics; favor,
que M. Ie commne eJ Miabeau amt paol devant
lui mdmoin, avec un grand fibre nud focus W btati
(Ii trmoin, lui avaic dit: Vepai ave Iair de Chrls ow j
laquelle observation ayanc ir par nous faite a wi:
fieur temoin il a dir Qu'en etfct le octobre,
dans r aprsdian tan t al tre de fon r _lnPg
fur la place d armes I Vertfalles, ii a vu M. le compt
de Mirabeau ayant un fibre nod tfous 1 bras, t
lui a dit : Veu aw fa rir d Cherias 4J1i A qoli
M. de Mirabeau lui ripchdk : On as f.uk ce qul f4'
arriwer, U fuw ,wo urAn M .+0 dn Act ife.


Sieur Claude-Touffaint FTioar, Il de vingtN'e
ans, confeiller du roi, agent de change, cpre-wn-
tant de Ia commune eto I'm des fqizanre admi-
nitrateurs provifoires de la munkicplitt, dmeamoraia
iParis, roe de Cl ry, 0 66"
iDepofe quo lIe d.manche 4 octobre derni, il
etait de fervic do nuitir ft comn de polck de
I'h6tel-de-vill j qu'il y a paitf1 hla, mi, tl eft re
jufqu'i huit here ua quart, ol on 'eft venu 1
river f qu'il elt retourns t lh -de-ville fur ke
dix heurtes i qu ven midlW4. dpofanr, etmat
Ecrire foas i dictie dt M. de Ia Fayette, aso
d pche laMtihv A I'infurrection qui s'Cerat rahi-
feie tt es les mntf heures du matri, ddpkhe qu'il
itait charge doe orci a lr*Ag blee national et
iaux miniftres du ri, cinq u fix grenadiers frap-
perent avec fors i I& poe du comit d a police,
oil e trouvait alors reunie a commune, compo(e
feulement do fept oi bhit de fs membres : I'un
d'eux portant la parole, die i M. de hi Fayere,
aucant que luii, depofar, peut fe Ie rappeler : Mton
general, nous fomnts deputs par lesfit comp. lies
de grenadiers; nou noe vous croyons ps un trait. ,
nous croyons que It gouvernemsent vous trahir ;
il ell temns que tout ceci finie: noaus ne pouvons
pas rouaer nos armes contre dcs femnmes qui de-
mandmn du pain e s comirt de fubftitancus vous
tnrmpe, il faut le reavoyer : nous voulom alter
a VerfaitHes, exterminer lte gardens du corps et te
regiment do Flandr', qu ui ont f.:ulkaux pieds la
cocard nationals : fi ec roi de France eft trop faible
pour porter fa couronne, qu'il la dpofe A nout
couronnerons fon fils, et tot ira mizux. Au mieme
infant, M. de la Fayette fortic avec ces grenadiers,
fe rendit fur la place de Greve, ou il harangua
les grenadiers, aff.mbles; et drant remont A rIh6tel-
de-ville, il donna les dernirut inflructions at de-
pofant, qui partit pour Verfail:es obferve qu'il eft
part de Paris pour Verfailles A deut b here, et
n'eft cependant arrive dans cette dcrniere ville que
vers les cinq heures et decie, quoiqil edt pris
des cbevaux de pofie A Seves, pirce qu'.i partlr du
Cours-de-a-Relne oufqu'a Verfailles, il a etc arrtir
plufieun fois par divers ropes de fimmes du
Peuple, qi, les unes, exigeaient qu'il teur rehdit
compete o6 i aait, et d'autres ce qu'i: allait fire
i Verfilles ; que mime queltques-unes I'on t ouille,
er d'autras menace des arms qu'elles avaict it; qu'ar-
rive i Verfailles il eft d'abord mcrd A l'Aflcmnblde
national, don't le prfidenr rant abfenr, il n'a pa
lui rendre compete otlciellemen de' fa miftion; qu'il
on a feulement inform M. I'ei lue de Langres,
qei prefidait alors, ainfi que M. Target et quelques
autres deputies ; que de I il s'eft rendu au chateau,
dan, l'irterieur duqual il a eu beaucoup de peine i
s'incroduire, i caulie des troupes qui en dtfFendaient
I'enrr. e ; qu'eeHfi parvenua A i chambre du rot, qui
fuit immddeatement I'(Eil-de-Beuf, a trouvd.,M.
Necker, auquel il a etenis 'ex pofe don't it etair pr-
teur, en invicant M. le premier miniftre des finances
de Je m-ttre ia ponre d'informer egalement tes au-
(res minilres des it -ub'es de la capiate, conffr-
mment A la miLlion fpciate qu'il en avaic ieue i que
fonant d'aupres des miniftre; il a rencontr te fieur
Deperieres, aide-deoamp de' M. de la Fayite t
lequel lui avai dit Qu'il venai d'annoncer au rol


I'airiee du geriral, avec une grande parties de la
garden national ; que d'apris cet edvnement, le
depofant avail dA croire Ca million tennin~e, et
s'etait retire 1 qui eft tout ce que le depofant a di
iavoir.
X L 1 i i.
M. Jcques Delavigne. ige de 46 ars, avocat an
parliament de Paris y demeurant, rue dui Platre
Saint-Jacques, n0 i.
Dr:poe qu'il n'a atucune connaifiance partichley
des faits contends aux pieces doot nous venons do
lui fire Icrture, er ne peut abfolument nous donner
aucu n rnfignement a ceat guard. Obfwve qu'il &
out


:r1


-- 1------1~1.~.~_~


I










e*i dire fans ponvorl dirm par qui, quo I'infur-
rection du s octobre dernier avait comintence par
les mouvemens auxquels a donn6 lieu une petite
ille que 'on dit 6tre parties du quarter Saint-
Jluflache ou des halles, dtre entree dans un corps
de garde, s'etre emparde d'un tambour, avoir cir-
cul6 dans les rues adjacentes en battant dudit tam-
bour et pouffant des cris relatifs la rarete du pain,
ce qui caufa I'attroupement de pluficeus femmes,
don't le nombre groflit fcnfiblemer.t, et fe port o
JI htel-de-ville, qui eft tout ce qe qu Ie dpofant a
dit favoir.
X LI V.
0
M. Guillaume. LouiL Lefevre, iS6 de 41 ans,
clerc tonfure du dibcefde Paris titulaire de Sawntc-
M rie Egyptienane, demeura:t i Paris, rue de la
Julfienne I
Depote quo le lundi j octobre dernier, dans la
matinee vers 9 heures, ednnt i l'hbtel de-ville, il a
vu une inimenfitd de people, parmi sequel it y avait
beaucoup de femmes et d'hommes deuifds en fem-
mes entrer i I'htel-de-ville er force le magafin
des ar net confti aux Coins de lui depofant; que 7 A
Sco fifils furent pris et emportes, et de-li fe por.a
au fecodd magafin a entre-fol, oh o taient les tennes,
couvertures, cartouches, pierres i fufils, chapeaux
et faifceaux d'armes, qui furent en partie pilles et
partiCuli*.remwnt les faifceaux d'armes, don't it a
rt6 ie bois et le coutil vole; que ce mCme people
s'eft repandu dans les ralles de Ih6rtel-de-ville, et
particulieremenr au comir6 de police, o its n'ont
commis aucun digit ; qre vers ls o-ze heures, au
moment que lui depofant fe difpnfait i d&fcendre i
(on bureau, ii a idt arret6 par un group d'hommes
qu'il a cru pouvoir etre compofe de 16 1 8,1'ont
pris an collet et train dans le beffroi de I'horloge i
que I1 un homme de la taille d'environ cinq pieds
quatre porces lui a paffd une corde atu col, et 1'a
accrocUh a un morceau de bois; qu'une fecencd
pu: tard, lui depofant, qui ava:t perdu la tete au-
rait p rdu la vie, mais qu'une femme, ou un home
d&guilfe en temme, a coupS la code ; qu'il ell
to -ib, comm- une maffe; q'un de ces homes qui
avait fjr fo.l epaule un rondain,lui adonno un coup
de pied : ce coup de pied a fait revenir lui ddpofant
de i'ctat de ftipeur oal i etait i qu'il eft defcendi
et ret:umrne chez lui: obferve qu' avant d'etre ainm
accroche et dtant dans la cour de I'hotel.de-ville
il a entendu plufieurs voix dire :, L'h6tel-de-vill
tft compofi de tous ariftocrates qui s'entenden
avec Ic roi, mnais n'a pu diftinguer perfonne i qu
vers quatre heures de Vappres-diner, lui depofar
revint i lhoitel-de-ville, ot il trouva toute la troup
national aflemblie etle general au milieu; queI
commune dtait affemblde, ainfi que le comitd d
police; que ueelques-uns de ces membres V'engagc
rent a fe retirer chez lui, ce qu'il fit ; de maniel
qu'il n'a aucune connaiffance particuliere des fai
qui fe font paffes depuis, &c.

XLV.
Sieur Firmin Miann6 de Saint-Firmin, 1g6 de
ans paffes, bourgeois de Paris, y demeurant rue c
Four, fauxbourg Saint Germain, maifon de M
Ballet, notaire;
Ddpofe qu'il y a a peu pres deux mois qu'eta
alle voir M. le chevalier d'Etreffes, officer de di
gons, que lui depofant connait depuis plufieurs a
nees, caufant enfemble fur les affairs du terns,
dernier lui a dit que le j ou'le 6 octobre dernie
etant chez lui lorfque fa blanchiffeufe rapporta f
line 9 fon valet dc chambre, il dit i cette bla
chiffeufe :Comment vous n'rtcs pas & Verfailles ?
que cette blanchilTfeufe lui rdpondit: M. le che'
lier, vous etesdansl'erreur, comme tout le mond
d'imaginer que ce ne font que des blanchiffeufes
autres femmes de ce genre qui font allees a V<
failles: on eftl bien venu fur mon batteau en fa
la proposition i moi ci a mes compagnes, et c
une fenme qui elft venue offrant fix et douze liver
mais cette femme n'eft pasplus femme que vous:
1'ai bien reconnue, car je blanchis Con valet
chambtre : c'efl un feigneur qui demeure, ou au
., lais-Royal, ou aux environs du. Palais-Royal;
eft tout ce que Ih depofant a dit favor.

XLV I.


Meffire Jofeph Pomier, tg6 de (o ans, pretre
diocefe de Saint-Flour vicaire de la paroiffe
Saint-Roch de Paffy, deinturant I la common;
des pretres de cettnr paroille i
Depofe qu'il n'a aucune connaiffance particul
des faits contends aux pieces tont nous venons
lui faire lecture observe ceuendant qu'il a enre
dire a quelqu'un qu'il ne pe'ut indiquer, qu'aux
virc rs de !'&poq: oil M. d'Lfltaing a ete pis
tdee des troupes de Verlailles, un deputy ecch1
tiqui s'rtant retire a 'ecart dans la falle de 'Afl
blde national pour lire Ton breviaire, il avait
tendu M. le duc d'Orleans et M. de la Touche
verfer ensemble en entrar~ dans la falle, et
d'Orlans dire a M. de la Touche : Le coup cfl
manqua ? Oui, a repondu M. de la Touche. Ma
.ferit-il pas poflible, reprit Le duc d'Orleans


569
gagoer d'Eftint ? Oh non, rdpliqna M. te Ia Tou- (ait,
che: i eft inutile de penfer I lui; ct que cc deputy qu'en
Ce retire bien vite pour ne pas &re appercu de ces peupl
Meflieurs i qui ef tout ce que le. depofant a dit tre fo
Savoir. criaie
X L V II. men:,
Ife ch;
M. Franqis Brujas de Maifon-Blanche, *ge de P2ru"
45 ani, 0aurntnir de la mailon du rui, chaplain i
de M&ame Adelaide, prtre du diocefe de Cler- viro"
minont, chtinoine dans le meme diotefe, demeurant qut '
a Paris, i la communaut6 des pr&tres de Saint- event
Hoch idont
gage:
Declare qu'il n'a aucune connaiffance particuliere de Sa
des fairs rebates aux pieces don't ious venons de fecti
lui fire lecture : observe cependant qu'on lui a dit, vant
I"ns pouvoir fe rappeler qui, qu'au moment que les Mvon
deputies de I'Affemble etaient dans la falle du roi, re
Ie martin du jour que fa majefta eft venue a Paris, on faille
avait vu M. le duc d'Orlans fe promener feul en teau
long eten large dans cette falle, ayant un air reveur, deta
et Iaraitff.it peu content; qui eft tout ce que le de- dev;
pofant a dit favoir. ce c
de
X L VII I. nem
Ie I
Sieur Antoine-Lonis-Jofeph Girin de la Motte piece
ig6 de 31 plans environ capitaine la fuite d'lntan- corr
terie diemrnurant a Paris, rue Notre-Damie-des- garc
Victoires, n 18t; ce
Depofe qu'anterieurement aux ivenemens don't il cn't
s'agit, il a entendu pendant un mois les m ,tions IUlt
faiths fous le paffage qui conduit au cirque du Pa- Lar
lais-Royal; que c'"tait toujours le mine. orateur qui dan
r.-.petait chaque jour et a plufi4urs reprifs les leso-
tions qui confiltaient a demander que les princes na1:
des niilibns de Conti, de Conde et de Bourbon Ga
fulfent exiles du royaume comm. donnant des con h.alt
feils pernicieux au roi dont la faibleffe etait connue, he
et de chaffer du royaume les Polignac comme don- elt
nant autfi des confCils pernicieux i la rnine et hon- au
Steux pour fa majefte ; que les citoyens devaient faire gfy
le ferment de d6fendre 1'Afleinble national M. es
i Necker et M. le duc d'Orleans, en appuyant forte- ,
ment fur cesr mots monfeigneur le duc d'Orleans, d
i et enfuite invitait les bons citoyens qui trouvaient
i cette motion bonne, d'aller, finer au atfe de Foy. a
i Ajoute le depofant qu'il a lu plulieurs placards, non. c
feulement a:taches aux arbres, mais meme i la porter dn
e du cirque, tant en vers qu'en profe, tous a la plus L
it grande lounge de monfeigneur le duc d'Orleans; ea
e qu'un )our indiqu6 de ces motions, lui depafant fe
it rencontra le fieur de Grandmaifon, beau- free du ie
e fieur Quidor et lui fit remarquer ce particulier, M
ta faifcur de motions i qu'il repondit A lau depofant :
le Si l4 police itait en activitY il y aurait long-tem'
e- qu'iherait enleve; que lui d pofant t6moigna Con P
re etonnem-nt de ce que M. I- duc d'Or'6ans foutfrait
ts ces motions. Ledit fizur de Grandmaifon lui dit, en
I'Accompagnant, cour royale : Ca part de 1l, et lui
montra les fenetres du palais ; et fur la question que
lui fit lui depofant fi on avait diftribue de l arent, g
il lui fit un ligne qui 1'annonjait, et de fuite fur une
nouvelle question il lui dit : Oui je l'ai vu, oui, 9
u je l'ai vu que dans le mmne terns lui dipofant a
i' vu et entendu dans plufieurs circonfiances un li- P
braire don't la boutique eft adoffee au laboratoire C
du pavilion de Foy, fire des motions tres-incen- C
nt diatres dans le centre du Palais-Royal et au cafe de d
ra- Foy, et fiiigulierement le dimanche ou I'on a pro-
n- mene les butLs de M. le duc d'Orleans et de M. d
ce Ne"ker en criant: Vive M. Necker, vive M. Ie due !
on d'Orleans ; que Ie din.a9che 4 octobte dernier ( a
ce que lui depofant a appris depuis quelqu es jours
en par un particulier qu'il croit ecclelialtique, et loge
roe neuve des Bons-Enfans, a l'hotel de la rein",
a- et qu'illavu au cafe Valois), M. !e come de Mi
Srabeau arrive vers 9 heures du foir a'adit h6tel pour
er- y parler a I'h6tefle, a laquelle il dolt i6,0oo liv.,
ire dir deviant des I:erfonnes don't il croya;t n'etre p.
'ei connu, et notamment du domefltique dudit fieur
e abb quefous Feu d'heures on verrait bien des chofes ;
Sje que le lundi 5 octobre, a 4 heures du foir, il a ere
de remain, etant au Palais-Royal qu'environ quinze
pa rarticuliers malvetus arms de batons ,defendirent
qu; 'entree du jardia oo hommies au moins de la
u garde national qui etaient commandos par un che-
vatier de Saint-Louis; qu'il entendit des propos af-
freux et des menaces contrr les gardes du roi-, en
difant: 11 taut aller a Verfailles les maffacrer tous.


Que lui depofant avaint prec demment e t attache
Sdu a ce corps, partit fur !e champ pour fe rendre ~
dc Verfailles, et prevtrnir de tout ce qui etait Ifa
aute connaiffance. que parvenu i la pompe i feu pres
Chaillot, il fut arr&e par le people qui voulair
iere l'amencr avec eux; qu'il --ur rtpreftnta qu'il allait
s de a ChAillot au Mufee dts demoifelles ; qu'on le me-
*ndu naca de le mettre la lanterne s'il ne fuivait ; que
en- lui depofant fe voyait force de prendre ce parti,
a la lorfqu'une quantity prodigieufe de femmes firent
1ialf- diverfion, dotr Ic diepo-'nt prfia puar f- dnbtr
Term- et monster i Chaillot, d'ou il defcendit par la mon-
en- tagne des Bons-hommes et reprit la route de Ver-
co!i- aides : il rencontra au Point-du-Jour deux perfonnes
M. dans un cabriolet, don't l'une vetue de I'habit na-
donc tional de Veifailles et i'a;tre en unitornme du re-
is ne gimtnt de Flauidre avec des epauletres d'offcier
, de qu'il croit &t.e de colonel; ii leur d:t ce qui fe pat-


et rebroutTeretm ehemin par Saint. Cloud ;
tre Sevcs et Virofflay il rencontra beaucoutp de
e qui cheminait vers Vetfailles ainfi que qua-
AId us du regiment de Flandre: les premiers
.nt ( et notamment Ies temmes): Qu'e4es em-
*aient la rune morte oa vive et que les hommes
argeraient du roi; et que Its (oldars, qui lui
ent de fang.froid, criaient : Viiv la Nation et
iment de Flandre / A fix htures et demie ou en-
,, il arrival Ila falle de 1'Affemblee national ,
6tait remplie de people ; qu'il fit part i M.
que de Ltngces de tout ce qu'il avait vu et
ce pr6!at n'avait aucune connaifface ; ii en-
a lui depofant i taire part de tout cela i MM.
aint-Prieft et de la Tour-du-Pin; qu'il parrit ef-
vement dans cette intention, et en paflant de-
les grandes curies du roi, il prevint MM. de
itinorin et de la Sonnoye otficitrs fupfrieurs du
mnent de Flandre, de I'arrivee du Peuple i Ver-
es, ce quils ignoraient ; qu'il monta an chi-
cour des miniftresj qu'il y trouva un grand
chement des gardes du roi, ranges en bataille
ant la grille i u'il s'adrefla aux comnmandans de
:ors ( M. le duc de Guiche et M. le marquis
Vilaine) qui parurent dans le plus grand 6ton-
nent, et conduifirent lui dipofast lufques pres
gallon du roi; lui dpofant monta leul dans Ila
:; qui precede le cabinet du roi, et la il rendit
apte a plufieurs feigneurs, et notamnment a M. le
ic des Iceaux, de tout ce qu'il lui tait arrive;
lernicr fur-tout lui fit non bre de questions, et
ta lur le chanp dans le cabinet du roi ; que de
e il fut a i'appartement de la reine, parla a M.
ripan ,et lui rl ndit compete de ce qui concernait
rine j qu& de l:i, et apres avoir couru differens
gcrs fur ia pimce d'armes, oil I on tirait frdquem-
it des coups de fufil pres du corps de garde des
id.s Franaifes, il fe rendir i I'Affemblde natio-
e, omu la teance tenair ; qu'elle fut levee vers trois
ircs, et ou il reflta jutqu'a cinq i que de li ayanc
.tndu des coups de fuiil, il fe porta de nouveau
chateau, ou il ne put peietrer, mais a vu deux
*des du roi maffacres, et un troifieme tenu Ious
b:as par deux gardes natignaux de Paris qui
e'chaient i e fauver, qui fiut bleffe d'un coup do
tolct tire i bout-portant par un foflat de la mili e
Paris, qu'on lui a dit d.&puis etre du district do
int-Honore et vit mener ce foildat par un data-
ern.ent de la garden national dans une falle, place
auphine et qu'un des gardes qui ten-it le garden
I roi, pique d'une tel e action voulat krrangler
a ,oldat avec le cosdon de fon labre ; que d.ns
apres-midi dudit jour 6 il eft rcvenu i Ptiris : ob-
rve qu'il y a environ cinq Ifmainesil a appris d un
eur Bouche, membre du district des capucins du
4arais, que le fils de Ton porter avail travaille chez
armurier de M. le duc d'Orleans a fabri \uer des
iques, er que ce particulier a dit l'avoir denonc6 a
on district : obferve encore qu'il a entendu dire quo
M. le cornte de Mirabeau le lundi 5 octobre dans
'apre-dire ,~avait traverfd les rangs du regiment de
'landre, avant un fabre nud i la main, et une redin-
;ote grife, cherchant animer les foldats centre
eurs ofliciers et Ls gardes-du-corps, et leur dirant
|ue les gardes-du-corps avaient deja tu6 deux de
eurs camarades pres la porte Satory, et que liii de-
,ofant ayant un jour parle de ce fait un officer
I'infanterie don't il ne faith le nom regiment, ni la
lemeure et qu'il fait aller de teams en terns au cafe
k. Valois, cet officer lui repordir que ce ne pou-
vait pas etre le come de Mirabrau mais qu'il
avait vu et reconnu le cnmte de Gamache meld avec
le foldats; que cette alfertion a paru vrifemnblable
i lui depofant, qui fait qn'il y a quelque relnem-
blance entire ces deux perfonnes, pour la taille et
la fltature qui eli tout ce que le depofant a dit
favoir.
XLIX.

Sieur Louis Duval de Grandmaifon, age de 36 ans,
avocat en parlemen' dwmeurant i Paris, rue de
Richelieu, n1 6 i
Depofe qu'il n'a nulle connaiffance particuliere
des saits contenus aux pieces dent nous venons de
lui faire lecture i observe que le jour de I'infurrec-
tion il a vu, commne tout le monde, Irs femmes,
et des homes deguifes en femmes, aller et re-
venir de Verfa lies, tenir d~s propos affreux (ur Ie
compete de la rcine, difant qu'elles voulaient I'ame-
mentr a Paris, la maffadcrer et 1'6cartel; r; mais que
dans la melee et cohue de ces gens, il n'a pu re-
marquer avec precifion les individus qui pronon-


aitrnt ces parokIs : obferve encore que quelques
ours avant ladite infurrecron, M. le chevalier de
Lamotte, ancien garde du roi, et infp ctrur des
chafles de feu M. le duc d Orleans, lui a dir avoir
vu j-.ter de I'argent des fen&tres du Pal.iL Royal, oil
logent le prince et fes entans i que ledit de Lamotte,
le jour q.e le roi eft arrive a Pa, is,ou le lende-
'main a encore dit I iui depoiant qu'il avait e t
Stmoin oculaire de tius les evenemens arrives i
Verfai'cs les 5 et 6 ocrobre dernier, que lui-mnime
depofant a vu plufieurs fois anterieurement au inc. ;
de juillet, depuis et notamment dans les jours qui
ont precde I'invafion faire i Verifilles dans Iks
premiers j urs d'octobre diverfes ptrfonnes dif-
tribuer de l'argen, au Palais-Poyal ; a vu auffi un
grand negre fans livree, mais qu'il faith appartenir i
K


1


_~L ~L.------i ------- ~rl----- I--^---- -- --











M. le duie itOrlans, crier et tenir des pror ,- centre
h; repas des gardes-du-corps, dais l'intcrvalfe de ce
repa, i I'invabon faite a Verfailles; observe encore
qu'id tieit d'ui parriculier don il a oublie Ie norn
et la ualite, mais qui elt actuelkl ent en Artois,
que M. deC Sati-Prijft eCe calomniieuknermnt ac-
cuf par M. I: come de Mirabeau ai 'Alfemble
rationale, de propose tens par M. de $Sinc-Prieft
aux fmnes qui demandaient u pain et q'le ce
particulitr qui n'ivait point quite I'Eil-de-boeuf,
ni p,.rdu de vue m ndit leurr de Saint Prieft pen-
da t tous ces e vu ) .r.s a done le dememni le
plus formel au cc de Mirabeau fiarcette ac
cuiation ; qui eft ce qu le depofant a dit
favor.
L.

Antoine-Jacques Pourfin de Grandchamp, age de
,cinquante ans, fecretaite du roi, maifon, cou-
roini de France et de fes finances, demeurant i
Paris ,ruc 4n iit-Jofeph paroiffe Saint-Euttache i
QuC le depofant a 'tC nomme dans cette affem-
blec pour aller invitmr M. le maire a vcnir i l'ho-
tel-de-vile et lui rapporter I'ttat ou etaient les
chof-s; qu il eft revenue a l'hoel-de-villV dans la
voiture de M. le maire, et avec lui : ils ont vu
b-aucolip de monde range dans les rues qui avoi
fiuncnt Ia place de Grbve; qu'il y avait egal.meim t
d&. fold its de 'a garden national en function, lef-
quels gardens criaient : Du Faina elt e'faitel.rs que
M. Ie ma re tenta de Ton c6te d'haranguernce Peuple
en l'excit.nt au calme pendant que le ddpofant,
par 'autre poiriere de la voiturc tachait dc rc.mplir
le n .nme voeu ; mais que kls memes cr s : Du pain et
a Verl'il es eraient repmt6s t.:nt par Ie Peuple que
par la garden national cn rctcion et range en haies ;
que Ic: lpofant n'a c ffl d'enmtendre les nmincs
cris jufqu'a I'hottl-de-ville; qu'il a vu fucceflive-
nient arriver beaucoup de troupes de garden natio-
nale dans la place de Greve; qu'il a vu 'galement
fUcceflivement arriver des canons, beaucoup de
gens du Peuple arms de piques de broches, ba-
tons et autres infirumens i qu'il a vu charger les
canons et beaucoup de femmes arriver 6galtment ,
qui fe font melees a toute cette cohue ; que route
la place rctentiffait des oris : D pain et a Vifailles ;
qte neanmoins les mots a Vefailles etaient les
plus repctes qu'il a vu euifin partir pour V\'crailles
tout ce monde qui rflembla t a uie armue de
croiies. Oblerve le depofant que dans It courant
de fe-ptembre dernicr, etant dans le clhour de 1'eg ie
de Sa;nt-Fuftache le jour de la benedicrion des
drapeaux de Saint-Magloi:e un partikulier a lui
incunnu eift venu dire que les Gardes Fra caifes
parlaient d'un voyage a Verfailles; mais qu'il n'a
pu rqjlindre ledit particulier ni fuivre aucune
u-ace relative a un propos autli vague toutes les
enqu&es qu'il a pu faire a cet regard n'ayant rien
product i qui eft tout ce que le depofant a d:t
favor.
L I V.

Demnifelle Anne Pottevin, age de quarante ans,
veuve du fi-ur Louis Boutte tenant I'hotel gaini
de Warfovie, rue neuve des Bons-Enfans, paroifie
Saint Euftache : d6pofe que le fieuir abbe de la
Noue qui loge chez elle, lui a dit tenir de fon
domeftique, que le comte de Mirabeau avait dir
au vortier de I'hotel, le z12 juill-t der:niir, en par-
lant des mou\ emns te Paris: O,. en ver a lern
d'autrcs qu'tl e s'tef informnee de ce propos A fTen
porter, qui lui a dit n'en avoir aucune connaif-
fhnce ; que d'ailleurs M. de o :r.ibeau tait trop
ficr po:ir s'entretenir avec luii ,,'jlerve qu'elle con-
nait M. de Mirabeau depu s di-neuf ans qu'elle
eli fa creanciere de cinq mille livres environ en
principal, pour fes habits de noce ; qu'elle n'a pu
en emre payee mnalgr les follicitations qu'elle a
faimes et la promefi: dudic fieur de Mirabeau, qui
tranquill lait elle depofante fur fa crdance en 'ui
difant qui'il allait etre miniflre que cela qlue ledit fienr conmte de Mirabeau lui a dim cela
lors d'une vifite qu'elle lui fit peu de jours apes
l'arrivee du roi a Paris, au mois d'octobre der-
nier ; ajoure cependanr que ledit fienr come de
Mirabeau, pour fe liquider envers elle, Iii a re-
mis un billet dtie miile livres de la cailfe d'efcompte,
et des effects fignes Lejay fils, imprimeur, pour le
surplus, pavables ai divedi's (poques ; qui eli tout
ce qu'elle aepofante a dit favcir.

LV.


Sieur Claude la Fiffe, age de quarante-fix ans
docteur-regent de la faculIt de mnederiie de Paris ,
y demeurant, rue Traverfiere Saint-Honore ,-paroifle
Saint-Roch ;
Depof!t qu'il n'a abfolument aucune connaiflance
dir-ccte des faits detailles is pieces don't nous ve-
nors de lui fire lecture, et ne pcur nous donner
aacuLns renfeignemens fur les faits y relates; obferve
cependant qu'il a entendu dire par plufieurs per-
tonties et dans diverles focietes, qu'il avic txifte
un project concerto entire quelques membi-s de
I' Affmblee national, et notamment M. le come
de Mi be7an I'~quel pro'et avait pour but de fe
djfain dc la reiae, d'oblig-r le woi A prendre la


701
.fuite de le fire interdire, et en conf6quence de
faire declare M. le duc d'Orlkans regent ou ad-
miiltrateur du royaune ; mais qu'il ne fi, rappelle
pont les peribnn-s qui lui out parle d: ce project,
dont ii n'a d'a'.trPs ind;iccs ,quw les ditffrLns oui-
d res qu'il a recueilis fans qu'jucun lui en Ait
fourni aucune ctLtitude i ;e rapptile enrore qu'on
lui a dit que dans I in:..rvalle de 'arnivee du roi
a Paris en derier lieu et ia trarflation d I'Afrin-
blee naiionale en cette ville, M. le come de Mira
beau devant denoncer a lI'Afllcrblee na ionale M. Ie
duc d'Orleans pour f4re juger Ta cor.duite, d'apres
la resolution qui en avait ere prife de concert avec
ce prince : le jour menie que M. de Mirabeau
devait ffectuer cette diionmiation il lui avait etd
remis dans i'Afemdebie une lettre qui lui fut an-
nonc6e come venant de la part de M. le duc
d'Orleans i qu'une perfonne place p es ledit fieur
de Mirabeau avait pu lire cette letire en Imene
terns qe lui, et qu'lle contenait ces mots : J'ai
change d'*vis : ne faites rien ; nous nous verrons
ce foir. Qu'apres avoir lu cette lettre M. d
Mirab-,au I'avait remife L un de fcs voifins, en lui
difant : Tenez life i i1 eft liche come un Ia-
quais; c'efl un jean tboure qui ne merite pas les
peines qu'on s'eft donned pour, lui. Ne peut, lui
depofant, nous dire qude ellt lIa perfonne qui lui
a rapport cc fair, ni cn aflurer Ia verite i qui e i
tout ce qu'il a dit lavoir.

LVj.


Sceur Marie-Anne Favier,
riure de l'infirmerie royale
mneirant ;


ghe de de 4 ans fitpi-
de Vcrfailles, y dc-


Depofe que des fairs 6nonces aux pieces don't
vient de .lui etre fait lecture ellc n'a connaiffaiice
u~ue de ce qui s'eft paffe a 'infirmerie le 6 octobre
d&rnicr; que des 6 heures et demic de ladite ma-
tinee, il s eft rendu a ladite infirmerie une quan;ite
de perfonnes des'deux fees, armees de piques et
de tufils, qui lui ami.nerent qtuatrt particulies fans
uniform, et .qui par leur habillement paraiffa ent
etre 9Cs ouvrtiers qui avaient ete bklties i que tous
ces gens armes demanderent a elle depolante, com-
bien elle avait de gardes du roi a l'infirmerie; qu'elie
relondit qu'elle ne favait jamais le nombre de cts
mcflfiurs qu'ils entraienr rt ortaient quand il[
voulaient; qu'elle ticha d'adoucir ces gens en leur
donnint des liqueurs; que ces gens font fortis pour
aller chercher du pain pour l'infirmerie ; qu'ils fout
revinus apres s'rn etre procure; qu'elle les a remer-
cies pour s'en dCbarraffer. Obfeive que dans la con-
verfation qu'ellec, dpofanrte eut avecc quelqu.s.
uns de ces gens, il y en eut qui lui dirent qu'l-s
venaient pour emmener le boulanger a Paris et
d'apres quelques erp lications fur le boulanger, qu'elle,
dtpofante, croyait etre un habitant de Vtrlai les,
ils dirtnt: C'ejt Ie ,oi. Obferve de pus, qu'un
de ces gens lui dit : Voyez, ma foeur, que nous
fommes bien ferres ; nous ne manquons pas d'or et
d'argent, et fit fonrer une poch, de vdte, dat:s
laqu-lie eile reinarqua au fon qu'il y avair des
efpcces, et ce particu'ier tira de Ctttc m me poche
une poignee de pieces d'or et d'argent ; que c-C
particuAier 6tait aflez mal vrtu ayart ur I c orps
une velte b'anchatre fall; qu'Jlle, depolante et it
parverue i gagner du terns, elle fit cacher et evad,-r
de l'intirnerie ceux des gard.s du roi qui y etaient
au nombre de quatorze don't deux fautercnt par
une fenkrre dans le jardin dcs rtligieufes voifines
de la Charite; qui eft tout ce qu'ede depolante a
die favor :
LVII.

Sieur Jean-Loidis Longuet, age de 40 a 41 ans,
ma chand limonadier a I'hotel des gardes du roi i
Vtrfailles, avenue de Sceaux;
Depofe qu'il faith feulem,-nt des fairs enonc6s es
dites pieces, que ve's minuit et demi de la nuit du
J au 6 octobre dernier, il s'eft preentme a Iho'tel
des gardes du roi une troupe de ger s arms don't
la plus grande parties etait en uniform de la garden
national parifi-nne ayant i leur tete des officers,
et precedes do tambours ; que le commandant de-
manda celui de l'hotel : -M. de Safnt-George aide.
maior des gardes du roi qui y etait ftul alors, ft:
proi !."i n commandant demand&, de paffer la nuit avec fa
'troupe dans ledit hboel s'il y avait des falle. NM. d2
Saiitr-George fit lever L.s aubergiftes dudlir h6tel
ordonna de faire bon fej ; ce qui fur execute ainfi
que dans la falie de lui de~polant. Oblerve qu'il a
app is par quelques-unes Aes perfonnes qui fe font
chautfees chez iui, bu et ma ge que la troupe qui
s'&ait refugide audit hitel dtait des difllkts dcs
PNtirs-Percs, d& Saint-N-colas-des-Champs ; que
dans I's cr.nverrations que lui d~potant eut avec
plufieurs d'cntre eux fur les morifs de leur voyvag
a Verfailles ils lui dirent qu'e"x marchands et.iblis,
ayant des mai.ons de champagne, voyageant ordinai-
rement en voiture is avaient fait quatre lieues a
pied par un maunvais terns, et qu'ils te les auraient
pas faites impunement ; e que nonobflant les qut.f.
tions rditdrees de lui d6pofant il ne put .n tirer
aucun autre eclairciffement; qu:a la pointe du jour
du mardi 6, le tambour avant rappele la troupe
qui etait i l'hotel, ec aualitct qu'elle fut en march,


il fe pr~fenta audit hbtel une troupe de gems' id
vetus, et d'autres en uniform que lui depofant mw
reconnut pas pour e:re du nombre de ceux qu: avaient
palle la nuit audit ho:el, arms de piques, fulil.,
barons, lames d'epte nrmmanch6es fur des batons,
et autrts initrumens i que ces gens s'enparerent de
que!ques gaides du roi qu'ils ddearmerrnt, et a qni
ils dirent de venir avec cux fur la lace d'armts,
qu'il ne leIw ferait fair aucun mal; majis que dana
le cas coutraire i s ne repondaient pas d'eux, &c.

L V I I.

Sieur Pierre Ia Bouahe, age de cinquante-unans,
maitre de bairns a Verlaill, y demeurant, rue de
Mat.repas- parole Notre.'Dame i
Depofe qu'au mois de feptembre dsrnier ; lai.
depofant, voyageant et ta.nt a Toloule le 9 dudit
mois, come il foupait da..s une auberge de cette
ville, tin particulicr i.iconnu i lui depofant, qu'il
n'a pas remarqu6 y ayant beaucouy. de monde oi
ils ctaient dit, dans la cooverfauon a lui de-
pofant : Je vous entt nds dire, Monfieur, que vous
dtvez aller i Bordeaux i it vous eres de Vtfailles.
cmnme le vous l'ai pareilielent entendu dire, et quo
quclque ch.,f4 vou> y attache, vous ferez Lien d y
rctourner ; car fi vous allez a Bordeaux et que vous
v rtftez xquelques jours, vous ne retrouverez piat
Ie roi Verfailles; que lui depofaut lui temo:gna
avoir de 'a petre ai croire cette nouvelle que ce
pirticulier la lui aflura encore plus pofitivement ;.
qu2 d'apres ce propos, lui dtipofant au lieu d'alter
a Bordeaux revint i VertailBls od it arrival le di-
manche 4 octobre, fur les trois a quatre hetres 4e
i'apres-midi ; que I- mime jour dimanche, fur let
qu.'tre heures et demie, defccndant la rampe de la
rue Sarory, dcux foldats ayant des tubans i leurt
boutonnieres, dirent a deux ou trois parriculiers :
C'elt demain que nous venons reprt ndre nos poftes
ne fair t n de particulier fur les faits qui fe ibnt
p;ffes i Verfailles, les 5 et 6 octobre dernier, et
ne peut ablolument nous donocr aucun renfeigune
ment pofitif, &c.

L I X.

Sieur Andr6-Jofeph Durre, gd de quarante-deux
ar3s, chevalier de 1'ordre royal et miltaire de Saint-
Louis capiraine au regiment de Flandre. demeu-
rant a Verf.,illes, hotel des gardens do la porte du roi,
place d'armes i
Depofe que tout ce qu'il fairt, c'eft que le lundi,
S octobre dernier, fur les quatre heures et demie.
le rigime:it de Flandre etamnt lous s armes, place
d'armes i Verlaillei, q,;'il y a vu arriver b-aucoup
de femmes et d homes habilles en f.mrnes, qu'il a
partaitement reconnus pour tre drguifcs, ta it au
ion de la voix qu'a la mife et au maiatien ; que
cette troupe a ferre de pros les foldats mats n'a
i'u diltingucr perlonne ; que plufieurt perfolbnnes.
qu'i! n'a pu non plus remarquer ont traverfe les
rungs et parole aux fold.its ; ne airt rquels propose
out etc ten-s, ir.ais tit portte croire que es
propose ecaient tres dangcreu d'.6prls la conduit
poteNrii ure d& ccs l,,dats i qku lui d"kpof nt a inter-
pofr fon a';torite, autanr qu'il lui a etd poflible ,
pour evirer le defordre mais qu'elle a ke6 infufli-
tante ; faith, pout l'avoir Nu qu'un de (fs fol.ats
qui a depuis quite le reg.im.nt pour venir a Paris,
et qui n'a pas .reparu d, puis, ce memie jour neuf
heures du foir, a envt-loppie ui-e de fes mains dun
line blanc, fe diiant b e-ff par un garde du corps,
et mndifpofant fes camarades contre ce garden du rci ;
fait, lui depofant, qut fon foldam n av;,it aucune
btffure; ayane rete- fous les armnes d&puis quatre
heures environ, jufqu'a quatre henres du main,
fons les yeux de lui depofant et des autres chefs ;
que c'eti de cem inftlant que l'infubordination ,Ia
plus grande s'eft maniefltee parmi le foldAts de
ce regiirent ; qui eli tout ce qus ie dpofant a dit
Lavoir.
LX.

Sieur Ambroife Guerin, agd de ay amn, avroet
au parlemcnt de Paris, y demeurant, rue de Ia
Monna:e, piroiffe Sainr-Germ..i-l'Auxerrois, d,
pofe que tout ce qu'il fat des faits conter-us aux
pi ces deunt nous venons de lui fare lecture, c'cft
que Ie lundi I octobre ddtriir, i.i dpofaint ,qui
emait alo s foldat national de la garde parilienmne,


par it av c fa compagaie, de la place de Grdvea
vers f heures de 1'apres-midi qu ils arrivcrent i
Verta4les vers minuit un quart environ que fitid-
gues exccd's par le mauvais terns, lui dEpofant et
d'autres foldats erttrerent chez une blanch feufe cui
dr-mure dals avenuee qui precede Veriailles i
qu'apres s'retr un peu f.chee et rechauffis, ils
forticent, hlii troifieme, d chJcz cctte blanchif-
fcule, et en fortant ils virent un home habil]6
tn tmme de petite taille et de moyenne grof-
/,eur qui allait du core de la falie de l'AffeTnbloe
national, ; que cet individu narchair a grands pas,
ce qui lcur 6ta la facilire de I'examiner lus at-
tentivement. que ;ui et les deux autres foldats,
apres &tre enir-s em refles quelque terns dans la
falt: de I'Affembl&e, oL' ils virent beaucoup do
Peupli, feowu reviuus pace d'armcs : lui depofant


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yonrt rejoint ra compgnie qui dtait fur cette p{k,I,
preta, ainlfi que fes camalades le ferment qus M. de
la Fayette exigej de nouveau d'eux. L- f-rment
fait, ils allerent'fe repofer dans les grandes cu- |
ries du roi, )iafqu quatre heuies et demic envi- i
ron, qu'i cinq heures moins un quart, environ
quatre-vingt foldats de la division de lui d6pofant,
Ie rendirent fur la place d'artnes, q il;s ne trou-
verent ni foldats ni genis du Peuple que tout etait
tranquille { que tout-a-coup come its etaient oc-
cupes a regatder i travers une des grilles du cha-
teau qui etaitent fermees, ils virent arriver de droite
et de gauche nombre de Peuple des deux fexes,
arms de piques, batons et autres. in rumens,
criant, en appercevant des gardens du roi: Ah les I
voili, les guex. Qu'auifrtiot e Peuple Iles entoura
et les fci-a'de tir.r fur ces gardens du roi, ce
qu'i's firei,t., craignant, eux foldats, pour leurs
jours, attnndu que. ce Peuple ntait en grand nom-
bre qui les mtenaeait : oblerve que leur decharge
n'a cause aucuia mal anux gard-s du roi, parce qu'ils
etaicnt auwdeia de !a portie du coup; que ce meme
Petiole, qui ne relpirait que la defaite des gard.es
du roi, n'attendit pas qu'eux foldats euffent tire
touti-ta-it; quelques-uns forcerenr-la porte d'une
grille pour Ie porter lur les gardes du roi et
requrent quelques coups de tufil; qu'un des zarJes
du toi ayant malheureufcment ete atteint plar qtel-
q)c:s-uns d. cek gensi, fut defarrni et mafthcr-. fur
le ch nip ; qu'uu autre garde du roi ,qui s'erntuyait
du co~re de la chapelle, ayant auti etC atteint,
pcrdit la vie, (a tete ayant &ie lparl.e de ion
corps; que ce fpectacle affreux lti a emp&ch de
remarqtuer ceux qui ont commis ces atfitlnans ; y a
vu un hom-ne i grande barbe tenir cette f.conde
victim .tais ne peut atlurer que ce foit lui qui
lui air t anchd la t dte : obferve qu'apres ces mal-
heureux il a 'yu h'homme i grande babe ayant
un couteau de chaffe, qui femblait fe faire gloire
tide ce qu'il avait flitr que lui depofant tout hours
de lui cc qu'il venait de voir fe retire a ia cafcrne,
oa il. refta environ one heure, et d'oil il tortit ,
pour eviter J.e fpectacle d'un troifieme garden du
roi que le P Raple voulhat pendre au-devant de la
cafrne ; qu ii rejoignit fa companies et relta avec
ele iufqu'au moment de la reconcination, et re-
vint i Paris fur les fix a f:pt heures du foir ; qui
eit tout ce que Ie depofant a dit favoir.

LXI.


Sicur Jean-Jacques de Tergat, age de pris:de jo
anils, capitaine d'infanterie, lieutenant de la compa-
gnie des gardes de la prevot: de hotel et de la
grande prev6r6t de France, demeurant i Verfailles,
place I)auphine, et a Paris rue Saint-Honore ,
n". 614, d6pofe que tout ce qu'il fait des fiits
don't eli question c'eft qu'etanr de fervice al'Af-
femblke rationalee a Verfiilles, le octobre der-
icer prevenu par ce qu'il avait .entendu dire la
veilie que. des hommes e(t des femmes de Paris,
en tres-grand nombre, ve,,rient pour en!ever le
roi, la famihle royale et I'Affenmb6e nationalO, et
avcri a i i heures du martin qu'on avait vu, plane
de Szvess, des honirnes et des femmres, arms cde
piques, tufils et autres armes, clui conduifaien: du
catIon, que 1ui,djpofant,a vu arriver vers Its quaire
heur-s et demie dairs les avenues de Paris et en-
trcr a 1'Affenblee national ; que le premier norm-
hbre tair preique toutes f-mmes, qu'elles avaient
a leur tet un particulier qu'elles appellaient Mail-
lard et dans lequel elles-parailfaient avoir beaucouF
de confiance; que le compete rendu i M. Ie pre
fident de l'Affemblee il ordonna qu'on en laiflia
entrer une dotziiite ; qu d'apres cet ordre, en:
viron une vingtaine de ces femmes entrerent, avan
i leur tete ledit Maillard et un autre partictlie
qu'elles ont dit ntre ci-devant Garde-FranCaife e
auqucl elles avaient 6t la cprde du col dtan
fur eI point d'etre pendu pour avoir fonnm le toc
fin : que Maillard qui peroratr, dit qu'ils venaien
demander du pain, et qu'ils etaiett certain qu'oi
avait diftribue de l'argent aux m tnniers pour le
empecher de moudre, mais de ce fair ils ne purer
adminiftrer aucune pretve;, que 1'affemblee con
tim'a fa 'fance et porta un decret fur les fubfif
dances pour le porter fur le (hamp au roi qui 1
finctiorina; que, dans ces enttefaites, cn vint avertJ
le dfpofant que la bur fe rempliflait encore d
monde, qaie s'y etant.rendu il v trouva encore
un nombre confiderable de e tmmes qui detnar
daient ai enter pour voir Maillard ; que le fici
Gat.drbn Dutilloy, major d" la compagnie de It
depofant, qui avait dtk preve&nu de Iarrivee d
Ces femmes,.qui s'dtait rendui audit hotel avec 6
homes de d6-achemrntt, mit tout en afage (
concert avec lui depofant pour affarer la tranqcuilli
de I'Affemblre ; qu'au mil;eu de ces gens, il let
fi tdit, ne flit par qui, une infinite de propose
d h-rrcurs contre la rcine1, et qui anuo'qC:eiue t menr
le defein qu'its avaient d'exerce.r fur elle Is tra
temens les plus atroces, ce quz lui depofant ct
fi-.ur Dutilloy, qui courtit rifque de perdre lav
dans ce moment, ont ctienda bien clairemctt
reptRer I phlAieurs reptifls ; que le dep6fant voya
la court pleine de fes gens, ct vu Ile mauvais tem
les fit enter, aurtnt qu'il put, dans une maifi
de bois nouvellement conlrorure pour mettre un b
reau, qu'apr~s ce, le C..ur s'eranr de nouve


717
remplie d'hommes et de femmes, lui depofant pria I
les perfottnes qui etaient dans les tribunes publi- fe
ques de I'Aflemblee #e fe retire ce qnelles firent, FI
et fit ett:rer i leur place ces gens firvenus en der- n
nier lieu dans ladite court. ObV-crve qu'ayant remar i
que beaucoup de ces gcns arms de piques et au- f2
tres qui voulaient enter dr.s 1a colr malgri la f(
garden lui depofant appela Maillard lequel venu c
partly i ce Peuple, les contint, et parvint i les d
engager a quitter leurs arme, pour enirer, ce qui f
eut lieu; que la court s'etanPremplie une troifieme c
fois, d'apres l'avis de lui depofant, M. le pr6- c
fiient et ks membres de 1'Aeinemblee confennirent I
I lai;ter entrer tout le monde dans la fall, ce qui t
eut lieu ; qu'apris la derniere fiance de l'Affemblee
levee, on donna, aurant qu'il fut poffuble, i boire c
et a manger a tous ces gens; qu'environ huit cent,
neuf cents ou mille pafferent la nuit dAns la fall i
de l'Affemblee i que conmme ils etaient crotes et
mouills les uns quitrerent des jupons qu'ils avaient r
flr des cul3tes d'autres des tulotes et des bas
qu'ils avaient fous des jupons pour les taire fcher i
que pendant ctcte nuitc i fe palla entire ces gens
ides sceness pcu d cents qu'il croit inutile de nous
taconter; que dans le courant de cette mime nuit,
lui depoiant vifitant les poftes, etanc parvenu a
celui qui tl0 p.es du trrfor et des archives, ii en-
tendit des grenadiers caufer enftmble,et I'un d'eux
dit i fes camrarades qu'il fe reparaait un bruit que
r'on devait obliger les gardes-du-corps a defiler
devant la garden national, le chapeau a la main,
et flechir un genou ; que c;tte nouvelle repugna
ii tbot i i'un de ces grenadiers, qu'il dit qu'il
aimerait mieux fe fire couptr par morceaux que
de fe preter a u:.e pareille humiliation; qu'un
home vetu d'un habit unifornne avec epaulette
de la garde national parifienne dit qu'il faudrait
les tier tous jufqu'au d& rnier, leur arracher le coeur,
les fricaffer et d6jeuiner avec; que ces propose
que lui depofantr aentendus ayant 'rritC toutes ces
perfones pref, ntes cc parricuher n eut que le terns
de s'efquiver, cdr fans certte ilfite ii ferait arrive
mnaiheur; que fur les 5 heurc: du mtin come
ii tie reftait qu'environ cent cinquawre perfonnes dans
la falle i leut fit envilager la netrelit,4 qu'il y
avait qu'elles fe ,etiraffent, MM. les d.putes devant
!CuItr de bonne heure 1 tous y confentireant ,et fe re.
tirerent amiablement. Ayant toujours refte de fer-
vice pour I'Alfemblee, il n'a rien vu de ce qui s'eft
patk a Ve failles, et ne peut nous rendre aucun
compare i cert guard observe que vers fix heures
environ du foir dudit jour lundi j octobre il a
entendu dans la cour qui precede L'Afleinblee des
perfobnnes du people dire que la corde de la lan-
terne qui etait dans un des coins d& la cour, etait
trop faible, qu'il tallait en mettre une autre, pen-
dre I'archeveque de Paris, V'abb6 Maury et d'Epre-
mefnil ; obfeive encore que lui depofant qui etait
*veu de fon grand uniform femblable i celui des
Gardes-du-corps, fut pris pour 1'un d'eux parce
qu' la lumiera 1'or parair argent ; qu'il prit ja
precaution de fire venir fon petit inrforme, les
gens qui etaiertt dans la tribune voulant le prendre
t comme le croyant un garden du roi ou oflicitr
" d'iceux ; qui ell tout ce que lc depoliant a dit
S(lavoir.


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Sieur Charles Lefebvre ag de z6 ans, ci-devant
furnumnraire au corps des ingenieurs-gcographes du
roi, maintenant graveur et dellinateur pour I'Affem-
blee national, dermeurantr Paris ,rue BCthify h6-
tel de Bourgogne ;
Depofe que tout ce qu'il fait des faits don't il eft
question, c'eft qu'etant par.i le ditraiche matin 4
octobre dernier de Verfailles pour venir a Paris,
fur le foupcon qu'il devait fe paffer quelque chofe
de dfafltreux ,. d'apres I'opinion defavorab!e qu'une
claffe de citoyens avait concue centre les Gardes-
du-corps, a la luite de quelques propos indecens
peut etre qu'il a oui trnir par plufieurs jeunes Gardits-
du-corps, en face de I hotel du chtieau, mais don't
il a oui reprimer l'inconfequence par plufieurs de
leurt camnarades ; bien d'autres circonftances aug-
mentant encore les craintes et les inquietudes de
lui depofant, lui ont faith quitter la ville de Ver-
failles, pour n'rre point remoin des fcenes qu'il
ptefigeait devoit y arriver; de forte qu'il n'a ere
nullement temoin de ce qui s'eft pafle i Verf~ilies
les 5 et 6 dudit mois d'octobre dernier que le di-
manche 4 octobre le depofant etant au Pahls-
Royal a entendu fare plufieurs motions par des
Farticuliers et particulieres i une enrr'autres agee
d'environ 36 ans don't la mife indiquart une fermme
d'une clatte au-dcffus du mediocre, apres avoir dit
aux affifans qu'elle manquait de pain a exhorre
ceux qui l'entendaient 'a I'accompagner, pour en
aler demander au roi er a la famille royale ; voyant
que petfonne ne s'appretait a la fuivre clle donna
un foufflet i un particuli r qui avait repondu un
pena indecemment aux plaintes et aux propofitions de
cette femme; ele dirt enfuite etre tres- connue
dans le faubourg Saint-D. nis; qua le lendemain
lunJi elle avait r'folu de paitir pour Verfailles x
la tete de fes voifinaes pour demander au roi rt I
la reine les caules de la difeite qui affligeait la ca-
pitale; cette motion fut vivement apo ,udie et fit
des fectateurs. Le lendem in lunidi le depofant
renccntra la meme ferned ameme d'un fabire, dans


rue neuve des Petits-Champs, avec beaucoup de
mmes, annonqant qu'elles allaient i Verfaiilcs.
1 s y furent en f.fet, car le dtpv!'nr reconwn t la
e.me fcmmn, i cheval liar un canon dr 'armee pari-
nne a ton retour i Paris, le mardi fitivant ; no
it ni le nom, ni la quality de cette femme ob-'
rye quu'tait tre;l da.ns Ion cabinet le jeudi pre-
idant le dirnanche 4 octobte, entire 7 a 8 hearts
a foir, ii entendit un br-it extraordinaire qui lui
t quitter fon logis d'ot ii fe porta au lieu d'oa
i bruit feinblait partir ; qu'il vit dans les course
u chateau une foule de foldats dragons, prec6des
ar des Gardes-du-corps : 'ivnfle ou ces gens fe
ouvaient fit qu'ils n'oferent approcher jufqt,'i la
our der marbre, ol ils s'ap:rcevaient qu'on cher-
ha t.a enter dans les Ippartemlns du roi par les
enerres. Cettre fcene retllemcnt fcandaletufe, lui
ifp:rait des craintes pour les per'onnes de la fa-
ille royale, mais qui furent bieuitor diltipes, loIf-
u it entendit cette foule de gens ivrcs crier vive
Sro, vive la teine 1 Plufieurs particuliers qui kcaienrt
i, trouverent cette fcene extrdnement indte-nte,
t dirent i lui depofant qu'il; avaient oui cette nenma
hldatefque fe repandre en apropos iiiuribux centre
? Tiers-Etat, la cocarde national t 1'Affemblee;
iais lui depofant n'a point entendu proferer ces
roles i ajoute qu'il a eni'#nd,i dire 'qu'un nomm6
eclerc, officer d'un regiment prc.vincial etaat
ntre deux Gardes-du-corps le menm: jour jeudi ,
vait dir hautement, aptes les mots v::e le roi,
'ive la reine : au diale I'Ajfemb'fe -wationa.; i qui eft
out ce que le depofant a dit favoir.

LXXI.

Sieur Pierre Jofeph Cavalier, aig de quarante-
iuatre ans chirurgien major du regiment de
Flandre, demeurant a Verfailles, rue Munboron,
1 I ;
Depofe qu'il n'a aucune connaiffance particuliere
des fairs enonces aux pieces en quefltion ; obfcrve
que le fieur Maffe capitaine, a dit qu'un fi,ldat
qui lui rend des services particuliers, n'ayant pas
Ie fou la veille, a paru avoir beaucoup d'argent le
lendemain, et que ces veille et lendemain peu-
vent fe rapporter aux 4, 6 ou 7 octobre dernier ;
obferve encore qu'il a entendu dire a MM. Dupuis
et Duquenelet, que M. Valfond avait parl aM. le
come de Mirabeau, ha la te du regiment, et que
ce dernier avait alors un fabre et des piftolets i que
M. de Valfond ayant ditr M. d& Mirabeau : (2ue
pcnjel-vous ae csda ? Quand cela finira-t- il ? Ce der-
nier avait repondu: 11 n'y a que Dieu qui Ie fiche ;
ajoute encore avoir entendu dire a M. de Valfond,
qu'une fem;ne, Vayant abord6 en lui demandant du
pain, ii lui avait offert La bourfe i cette femme en
fecouant fa poche, oil ii y avait de l'argent, lui
avait die : Nous n'en avons pas befoin nous deman-
dons du pain ; que le dimanche 4 octobre, lui de-
pofant, erant chez M. le duc d'Avray, il a entendti
dire par M. de la Dominiere, ancien capitaine diu
regiment de Flandre, et actufllement major de la
citadelle ou fort d'Angers ; que d'apus ks bruins dti
P;lais-Royal il prlrumait que les genrs de Paris fe
port-raient le lendemain i Verfailles ; qu'il a en-
tendu dire par I'aunmonier du regiment, que des
fc nmes toutes mouillhes et crotrtees en fecouanc
leurs poches oa ii y avait de I'argent elles difaientr:
Voye\ come nous fommcs a,rangees nous fornmes
faites comme des diables mais la bougreJfe nous Ic
payera cher; qui eft tout ce qu'il a dir favor.

LXXIII.

Sieur Alexis Grincourt, age de quarante-deux anr
environ, marchand tlapilfier, dermeurant a Verfail-
les, rue de la paroife Notre-Dame i
Ddpofe quell e repas donned par les gardes du roi
aux officers du regiment de Flandres. et autres,
avait donned quelques inquitudes ajx habitans de
Verfailles, avant la journey du y octobre dernier;
que ce meme jour, lui depofant, vers cinq heures
du foir, etant place d'armcs il a vu arriver de
Paris des femmes du Peuple; que leur arrivee a
caurfe quelque inquietude : Ics gardes du roi fe ifout
raPcmbiLes fitfdite place i qu'!n particu!ier vntu d'un
habit de garden national parifienna:, avant traverf6
les raiugs des gavdes du roi, l'un d'eux eftl coutu
fur lui le fabre nud i la-main en voulbnrt lui en
porter des coups, coups que le parriculi r evitait
avec fon fabre, et s'eft reugie dans une baraque {
que deux autres gardens du roi font aufli ails fur ce


;articulicr foit pour I'arr&er foit pour 6viter
des fuires facheules et que c'eft dans ce moic.nt
que M. de Savonnieres a recu un coup de fufil qui
lui a 6r6 tired par un parriculier vetu tr-s-mefqai-
nement ; qu'on a battu la g4nerale : aiors'les loldats
narionaux de Verfail'es fc fnst -mis rfous le a rues
et ralfembles au grand corps-de-g rde place d'ar-
mes que vers huit heures ,nr let r a donned ordra
de fe rttirer ce qu'ils ont fait que les gard-s du
roi ft font pareillement retires; et come ils li
retiraietr, ils ont 6te h,,'s pir des gens du Peuple S
que la queue de la olonne avant tire quelqucs coups
de pitoli ts fans douter pour en impolcr a;u P. ile,
car perfonne n'a ete bleff au i iins a la c',in.aif-
fan e de lui d pof.nt, qnt' ne J-ciarrie de foiuante
fufils environ a ere fait, lfur los gar-.lcs da roi, n


I sl---


--- --- --~ -.~-L-l- __ __- I~-_ I -.- -- L-~












fait ft qdelques-ur.s ae ces derniers out mt6 bleffs ,
snen aytar pas connaifance; quc nmardi 6 octobre,
vers fept heures ou enviro du martina it a vu porter
au bout de piqu-s deux tetes; qu'ilt t, alle cour de
Maibr- o il a vu Ie cadavic d'un particulier qui
av'-tr la'ete fracaffee ; que dr ux particuliers v-Atus
-de l'h bit de garde national parifienne tenaient au
collet un garden du roi qui parailarit fortir des appar-
temens, auquel itl e ait voir ce cadavre, et lui
iunputaient fa mort ; que c garden du roi proteflait
ddt (n innocence fur ce nalheur. Nonobfthnt fes
proteRtavons le Peuple cdiait : 11 faut Ic pendre, it
il faut le I uer; qie lui dIpofant et d'autres perion-
rnes s'etant mis I cri;r : II faut le conadire a Paris ,
a Paris; f nt parvenus a le conduire jufqu'au grand
corps-de-garde, ou M. de la Fayette et.mt venu,
a retite ce garde du roi d&s mains de ceux qui
voulaient le facrifier; que qielques jours apres M:
(anctande garde du roi, a dir a lui depofant,
que leedit jour f octobre, pendanit qae les gardes
du roi eaient ralfermbles fur I'avenue de Paris, lui,
de concert avec plufieiirs autris de fes camarades
qui etaient dans ce moment au chateau avaient
conimenme a ec ire une adreffe a Ia garde national,
t a la municipality de Verfailles, a l'effer de les
perfuaJt-r que l'intcnrion de leur corps n'avait jamais
ect d'irnfuitr pcrfonne ; que fi quelques-uns d'eux
s'tJ:i.t ecart.s de ce urincipe, its taient prets
a 11. fair punir ; que cette adreffe, qui aurait fans
doute prodtuit le came, a &t6 empechee par leur
capitahi:e ; e fair ce qui s'eft paffe lefdits jours
I et 6 octol-re dernier dans le chateau de Verfail-
es que p-:r oui-dires i qui eft tout ce que le de-
pofant a dit favor.

LXXVII.

Sieur Pierre Gaudron-Dutilloy age de 5 ans,
major des gardens de la prevote de I'hotel du roi,
dtckilur.nmt a Paris rue Saint-Honor Ri0 484 ;
Depofe que tout ce qu'il faith des faits don't eft
qucition, c'eit qu le Ie lundi 5 octobre dernier, dans
rdarei-dmdin rant chez lui il fut averti qu'un
nombre confiderable de Peuple fe prdfentait pour
entrer dans la fal'e de I'Affcmblee n.tiona'e ; it s'ell
rendu dans la court de laWite falle pour prendre
tonhnaiifrince de ce qui fe paffait ; qu'etant au milieu
de ce P-uple leur demandant avec amitie ce qu'ils
vou.Licit, un grand particulier, affez mal vetu I'a
pris pair les epaules, en lui demandant quelles tcaient
les epaulettes qu'il portait, et qui il etai; qu'dq lui
rtponlit A ces questions que dans cette melee it
s'eleva des voix qui ctiaient ala Interne ; d'autres
cricrent que lui d pofait etait un galant home,
nu'il fallait le laiffer; alors un particulier vdCu de
noir que ces gens appelaient Maillard et dans
lequel it piraiffait que ces gens avaient beaucoup
de corfiance, s'adreffa a lui depofant, et cauferent
tnfenmble fur le motif de la demarche de ce Peu
p ie ; que d'apres ce que lui depofant dit audit Mail-
rd qu'il allait parler a M. le president de l'Alfem-
blee, Maillard perora ces gens de maniere que le
calmre et fiience fe manifefterent autffitt; que
d'apres le recit fait a M. le president, ce deriiiir
ordontia qu'on fit parairre i la barre une vingtaine
de ces feinmes, ce qai fat ex6cutr mais it en entra
un plus gr..nA norubre, et toujours Maillard a kur
tcte, !equ-i Maillard demand pour edles la dimrinu-
tion des entrees et du pain et accufa des mem-
bres de l'Affembl4e d'accaparer les grains ; que fur
Sle questions faitts par 1'un des membres de 1'- ffem-
blee q uelles etaient ces perfonnes en definitif,
| qulq uis ernmes, qu il na pu remarquer defigne-
rent M. I'archpveque de Paris come jayant done
z2o liv. a un boulanger pour ne pas cuire ; que
P'Atrembl&e ayant level la fiance, et MM. retires,
ces gens, en grand nombre font reftas dans la
fall, y ont couches ; que lui depofant, le martin du
mardi, avant que la fiance comrrennat, engagea ces
8 ans i fe retired ; ce qu'ils firent amiablement ; ob-
ferve que le parciculier qui I'avait prism par les epau.
les, a dir A lui depofant, qu'il availt mnanqud d'tre
pendu pour avoir fonne le tocfin ; ct ce fait lui ;
Setcd confirm par quelques-unes de c s femmes qu
lui dir'nt avoir coupe la corde ; qui eft tout ce qu<
\,Ie ddpofant a dit favoir.

LXXIX..

Sieur Alleaume-Francois-Charles-Nicolas de Vil
lelongue, age de 39 ans.' ancien capitaine-ccmman
dant du regiment Royal-Auvergne, commiffaire a
co;nite miltaire de la vile de Paris, y d-meurant


rue Bourbon-le-Chateau ;,
Depofe qu'il n'a aucune connaiffance particulier
des fairs qui fe font pafes a Vtriailles les f et
octobie dernier quotqu'll fdt A Verftilles ces jours
la ; obferve que Ie dimanche 4 uctobrt, on propol
dans fon district d'aller a Verfailles ; mais couim
on ne difignait aucun chef, lui depofaat ne tin
compete de cette proposition et fe rttira chez lui
d'ol il partit Ie iendemain martin, lundi, par n1
voitures de la cour pour Verfailles ; obferve er
core qu'il ne ftic i cette iniurr-ction eait pre
mr-diie -depuis long-terns; mais f:! rappelltt qu'a
mois de juilat dernier, les 13 et 14 etant che
tun dc f,.s anmis, rue de tioarbon, ii a vu erIte I


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wres et midi de ces deux jours plufieurs jockeis la I circonflance prifente ; que ces damfs pefif.
.nir a grandecowirft de cheval, et appler Lefcaze, tar.t toujounr dans ieurs deffeins lui d pofant cturt
fpecteur de police, qui dem-ure march de Bou- prudent qu'ii fe retirit de nouveau auprs de mondtt
irivilliers i -~ 14 entr'ai.-es il a vu quatre fieur d'Ermigny, pour lui fair part de Ia rifolution
ckJds don't un %eta en veite rouge, galonnee de css femmes, en ajoutant audit fieur d'Ermigny quo
i argent, ayant fiUr la tete un bonlet d- vAlours s'il jugeait i pops, 1li depofant sccornpagnerait
)ir avec houpcrte en or qu'il prcflume etre la ces temmes i Verfailos, pour prdvenir et leur hire
vree de M. le duc d'Orleimns4 ayant toujours vu connaicre le danger o elles s'expofaient en fairant
s jocklis ainfi h,.billes k Iquel, apres avoir appele une demarche aufli peu rit chie, i quoi ledit fieur
efcaze fe lepara des autres jockcis et furt fe d'Ermigny rMpondit i lui depofant qu'il ne pouvait
ettre aI la ttc d'une band. de gens aiems de pi- donner un ordre d& cette nature que ce ferait contra
ues, Inces et ba-ons', qui etaient reftes vis-i-vis lis intCrets "es citoyens, et que mi depofant pou-
-otl de Salm ; que ce group lui a paru confide- vait fare tout ce qu'il lui plairait, pourvu que cela
ible et prefume qu'ils taient bien deux mUle, ne portit aucun prejudice a la tranquillity publi-
ui s'en alierent par le point royal, ou il les per- que: lui depofant ajouta audit fieur'Ermigny qua
it de vuc; y.ii ell tout ce qu'il a dit favor. cela ne pouvait prejudicier, et que c'etait e feul
moyen de debarraffer l'h6tel-de-ville e a capittle ;
L X X X I. qse par ce meme moyen l'on pa viendrait I mettre
Staniflas-Marie Maillard agA de iz ans, capi- lesdiftricts fur pied i que pendat le terns qu'elk
;rne des volontaires de la Baftille, demeurant a feraient quatre lieues, I'armie pourrait prevenir lea
aris rue de Bethizi paroifle Saint Germain- malheurs que cs femmes fe propofaient de comn.
Auxerrois retire. Le depotant prit un tambour i la porte do
i'hltelde-ville ou les feinmes etafent dj1A affem-
DMpofe que les ouvriers de Ia Bafli le fe porte- bl-es en trrs-grand nombre; et des detachement
nti fur la compagnie des volontaires qui eCait d'elles partirent dars different quarter pour fair
)us les armes dans la cour de Ia Baftille que Ic recrue ,'autres femmes, A qut eles donnerent ren-
eur Hulin commandant en chef de ce corps, d'ac- dez vous i la place Louis XV; qte lui depofant vlt
ord avec !ui depofanr ont employee toute Ihon- plufieurs homes qui fe portaient ileurt te et qui
tetrt envers lefdits ouvriers, cu les airurant qu'ils Lkur faifaient des harangues propres i exciter une
e voulaient fe fervir de leurs armes que centre edition crut qu'il etait de lon devoir de fire con-
's ennemis de la I bere et ion envers eux, naitre ces femm:s que ces hormnesles induif:ient
ommire ils le pretendaient, et que pour les en con- a erreur; qu'au premier tambour dent it a parl6
aincre, Ils firent mettre les armes bas auxdits vo- plus haut, deux autres fe reunirent et ptirent leur
ontai es; que le calme 6tanc retabli parmi ces ou- route le long du quai des Orfevres, de .YEcole,
ri-ts, et apres qu'ils ont eu evacueIa place de la jufqu'au dernier gu;chet du Louvre; quo ces femnmes
I.ft:le, lui depofant quitta le lieur Hulin, et vim voulant force lui depofant a paiier par Ie jardin des
I hotel-de-ville feul, fur la priere que lui en avail Tuileries, il leur object que cela n'eti pats poi-
aite M. de Gouvion de venir 1'aider, fe trouvant ble, ,que lte fuiffes s'y oppoferaient, et que cc fe'
ul ; lui depofant, dans ce moment, no put mon rait infulter fa majeft6 que de patfer ainfi par *
Ar i I'hotel-de-ville, il tait occupe par une af- tardin, et fur-tout en auut grand nombre : touts h
luence de fcinmes qui ne voulaient pas d'hommes recrierent que puifque lui dpofant ne voula point
larmui elles et qui rep&aient fans ceffe que la ville condefcendre a leurs volonth, qu'il uet ift retint
tait compofee d ariftocrates; que lui depofant fut de leur &te et plufieurs d'entre elles fe mirenm e
*ris pour un membre de la ville parce qu'il Ctait devoir de le ftrapper, ce qui obligea Ie depofant de
,dtu de noir et ellCs fe refufetent i ton cntr6ee, lur dire qu'il allait le fire, mais au moins qu'elles
e qui l'obligca d'aller changer de v~eement ; mais lui permiffent d'employer coute la prudence quCexi-
In defcendant les degres de Fhbrel-de-ville il fut geai une demarche aufli inconfid&r6e. Ct femmes
rr&~r par cinq ou fix femmes qui le firent monster, lui permirent: il demands une des femmes pour
!n criant a routes les autres que c'eait un volon- allhr prevenir le fuiffe qu'il n'avait rien i eraindre,
aire de Ia Baftille, r t qu'il n'y avait rien a crain- et que c'etait des dames qui demandaient paffer
Ire de fa part; qu'alors lui depofant ayant pen& par le jardin qu elles ne commettraient aucun d6-
re au milieu d'elles, il les trouva les unes enfon- gat, et qu'elles fe comporteraient de maniere i no.
3ant les portes d'en-bas les autres arrachant les pint lui attirer de reproches i cette femme, nom-
,apiers dans les fall-s, difant que c'etait tout ce m e madame Lavarenne, portiere, rue Bailleul,
ju'on avait fait depuis 1'epoaue dc la revolution et petit h6tel d'Aligre, charge e de cette million de Ia
lu'elles les bruleraient ; cu- li:i depofant les invita part de lui depofant, alla vers ce fuiffe pour lui fairs
a refer tranquilles, a I aide d'un nommni Richard part de ce don't elle etait charge. Co fiffe refufa
Dupin ; que ces femmes repetaient que les hommes de l'entendre, tr a Ton epie de Con baudrier avec Ie
I'ava'ent point affez de force pour re venger, et fourreau et pourfuivic cette femmne qui avait un
qu'elles fe montreraient mi. ux que IFs hommes ; manche a balai a fa main, et qui Ce fauvaic en criant
que dans un moment or lui d&pofant etait au fond Con fecours : routes les femmes, indign&s du pro-
de la cour, en fe retournant il vit monster une quan- cede du fuiffe voulaient fe porter fur lui et lul
:itr d'hommes arms de piques, lances, fourches arracher la vie ; que lui depofant leur fit connaitre
et autres armes ayant force les fr~imes de les laif. le tort qu'elles avaient, et leur objecra qu'une fen-
fer cntrer ; que ces homTmes fe jeternt fur les tirielle ou un fuiffe qui etait dans un pofte quelcon-
porres oil ces femmes avaicnt commence a frap que et qui dtait confi a fa garden, reprifentait la
per, qu'ils erfoncerent, l'aide de gros marteaux perfonne du roi et etait aui refpectable: ells no
qu'ils avaient et de leviers qu'ils trouverent voulurent point ecouter cc que lui depofant pouvaict
da;ns I'hotel de ville qu'ils prirent routes les leur dire pour les engager a prendre une autre
armes qu ils trouverent en donnerent aux fern- route, ce qui engage Ie d pofant t dire I ces fmer-
mres; qu'on vint dire a lui depofant que des nes qu'il allait lui parler : ily fut en effect; mais cc
femmes irrivaient avec des torches pour bri-, (uiffe, toujours inacceffible, tira Con rpee hours do
ler les papers qui reftaient dans ledit h6tel-de- ofun fourreau pour en porter plufkurs coups A lui
ville ; que lui depofant fortit de I'hotel-de-ville, depofant, coups qu'il para fans cherchet ien porter
fe precipita fur ces memes femmes au nombre de audit fuifle, mais feulement pour fe ddfendre; qus
,eux qui tenaient ,hacune une torche allnm.e er cette f mme Lavarenne voyant ainfi lui ddpofan?
qui gagnaient l'h6tel-de-ville i qu',l leurretira ces trait, vint A Ton lecours, crut devoir donner un
torches, ce qui faillit lui fare perdre la vie, parce coup de fon manche a balai fur les deux p&es qnui
qu'il s'oppofait a leur projer : il leur obferva qu'ellev fe croifaient; que de ce coup, lui ddpofant et le
pouvaient fe porter, par une deputation, a la corn- fuiffe furent de armes: le fuifle rebut un coup d'une
miune, a l'effet de demander justice, et de repre- autre femme qui le fit tomber; un particulier, arm6
fent-r la fituation ou elles pouvaient etre, puique d'un fufil au bout duquel etait une bayonnette ,
routes demandaient du pain mais elles rdpondi- vint foncer fur Ie luitle qu'on difait rendre la vie,
rent que route la commune etait compofee de mau- voulait I'achever en Ie percant de fa bayonnrcte;
vais citoyens qui reritaient tous d'etre A la lan- que lui depofant arreta le coup, et s'empara de la
rerne, M. Baillly et M. de la Fayette les pre- bayoinette de ce partriculier, comme de 161 e di
miers. fuife ; que lui depofant et les femmes traverferenc
Ajoute que, pour eviter le danger et le malheur les Tuileries pour gagner la place Louis XV, lieu
qui menacaient tant les deux tr&es (MM. de la du readez-vous que ces femmes sctaienc donnd ;
Fayette et Batlly), ainfi que l'h6oel-de-ville lui mais comme le people etait at|mblt en grand nom4
depofant crut qu'il tait neceffaire qt';l fe tranf- be, et que cette place ne devenait plus propre at
portrt de nouveau Ai 1'etat-maior dudit h6:el-de- lieu convene de leur affhmblde, eles decid'rent


ville, oi il ne tr.uva que M. d'Ermigny, aide-major- d'aller au milieu des Champs-Elyfes, place d'arnes,
general, A qui il demand que!s moyens I'on pouvait d'oil lui depofant vit arriver de touts parts des de-
employer pour calmer tout ce people qui ne de- tachemens de femmes armies de manches i balais,
:mvanduat que le carnage. M. d'Frmigny fit reponfe a lances, fourches, ,pdes, piftolets et fufils, fans ce-
tui depof.nt, qu'il le priait de fare tout ce que fa pendant aucune d'elles avoir de munitions puif-
fageffe et la fagacite pourraient lui fuggerer pour qu'elles voulaient le forcer A aller chercher de la
rktablir le came au feia de la capital ; a quoi lui poudre a l'arfenal avec un detachemenT d'elles; mais
depofint dit au fieur d'Ermiingny que routes ces dames qu'il croyait prudent que puifqu'elles ne voulaient
ne voulaient entenire aucun's raifons et qu'apres aller ai 'Affemble national que pour demander
avoir mis en ruine I'hbtel-de-ville, elkes voulaient ;uflice et du pain ,elles pouvatent y aller fans at-
fe porter i 'Affembinh e narionale, a I'cffet de cor.- mes, ct qu'elles attendriraient plut6t cette Affem-
naitre tout ce qui avair et6 faith er dkcrCr; jufCu'a c- blee en fe prCfentant fans armies qu'en employant la
our 5 ortobre ; a quoi lui depofant dir A ces James force : a force de prieres et de proteflations, ii
que i'Affemble nartionale ne leur devait aucun Parvint de fire mettre bas les armes a ces temmes
come et que fi eiles y alaient, elles cauferaient a 1'exception de quelques-unes qui s'y refuferent,
une rumeur et empicheraient les dAputes ,ie s'oc- mais qie d*autres plus fagts fireat ceder. Cepen-
cuper ferieufement des affaires impornanme. relatives daM


I


I












dant deux to prEmtrer.wt Ree Jns eh ft il,
et exhiberent une cartouche, I'une de (ept amn et
J'auire de quar.e ans et dtmi, difint qu'eles avaient
tre vivandieres, et qu'elles dlaient en dtar de fe
defendre, et qu'elks le priaient de les lailer ar-
ades i qu'elks lui ferviraitnt d'avant-gard';, ainfi
qu'aux autres fenimes :il leur object qu'il itait
impoflibie, parce tue cela excitait de la jaloufie aux
auti es fernines, qu'il pria de lej fair ren,-er parmi
miles i mais une douzaine de femmes le porterent fur
ces deux, et icur firent rindrt, Il, armes, dilaia
iq'il n'y aurait point d'exception i qu'au ofun de la
voix de ces deux femmes, et I la raille de I'une,
il foupionna que ce pouvait etre des homes de-
guifEs, que lui depoLaut setait acquis la confiance
lie ces tcmmes aa point qu'elles dirent routes d'urn
voix unanime qu'ellts ne fouffriraient quo lui i
leur tete: une vingraine fe detacherent pour fire
rentrer tous les autres hammes derriere elles i;
Cirirent ;a route de Verfailles, ayant devan, elles
luit ou dix tambours; que ces femmes alors pou-
vaitnt ere au nombre de fix i fopt mille, et palfc-
rent par Chaillot, le Ion# de Ia riviere; que rou-
tes ks maifons 6taient femtes, dans la crainte,
fans doute, du pillage; quo des femmes, malgre
cela, allaient frapper a routes les portes; ec quand
on 1ti refufait d'ouvir, elles voulaient tlos en-
foncer, et fe mettaient en devoir d'enlever les
enfeigne-s i voyant et voulant prevenir la ruine dt
ces habitans, il fit fire halted a routes ces fnmmes, et
lear dit qu'elles ne fe feraient point honneur en
fc comportant de cette maniere, et que lui, de-
pofant, fe retierirt de leur tAte, fi el;s fe com-
)ottaientaini ,et quon pourrait regarderleurs actions
4e mauvais cril; au lieu que fi elles allaient paifi-
blement, avec honnetete, tous les citoyens de la
rCpitale leut en fauraient bon gre. Elles cederent
Cj3in aux remontrances et avis de lui depofant, et
continuerent leur route avec fageffe julqu'A Sevesi
que cep ndant, ,ans cet intervalle de chemin, elles
intercepterent le pafTage i divers couriers et voi-
turL.s de la cour, qui allaient du cbrt de Verfailles,
dans la crainte, difaient-dcles, quon ne fit former
le pont de Seves pour les cmpecher de paffler,
fins fire aucun tnal a cos perfonnes. Arrive au pont
d4- Seves, il fit fire halte, et pour prevenir des
malheurs, il demand s'il y avait des hommes arms
rais au lieu de reponfe latisfaif nte de la part des
habitarns de Seves, qui op s'etait adrefft, iis
direnit feulement que Seves dtait dans la plus grande
Ctnfirn,.itionI, que tout dtair ferrni, et qu'il ferait
inop'oflible de trouver aucun rafraichiffrcment pour
ces dames. Ne fachant quel part prendre, il avifa
le moyen de propofer A celles de ces femmes qui
lui paraiffaient les moins animdes, et qui marchaient
forcement, de demander s'il y avait des hommes
de Paris arnies I leur fuite; que plufieurs repon-
dirent qu'oui, et en furent chercher huit, qui fe
pfrfenteren: i lui depofant, dent und'entr'eux
3ui demand la permiflion de commander aux fept
autres i que comme ce particulier itait en velle d'or-
donnaance, et que lui depofant croyait au fait du
service y confentit, et lui donna pour configne
d'aller a Seves, d! s';nformer et de decouvrir ot
etaient les boulangers du lieu, de les inviter a donner
ct a diftribuer le pain qu'ils pouvaient avoir chez
euix tn les affurant qu'iIs pouvaicnt compeer qu'on
ne leur ferait aucun mal ni tort, ces femmes en
avant afiure lui depofant. D'apres cet ordre donn' ,
lui depofant et les femines continuerent leur che-
min, fans rencontrer aucun obstacle dans Seves,
mrnme aucun garde i qu'arriv6s a Seves, iul trr.u-
v.rent effectivement les boutiques de limonadiers
cc'cabaretiers fermdes : une ordonnance de la part
d ,pa, ticulier par lui dip&he a Seves avec fept hommes,
'h"t apprendre i lui depofant qu'il avait couru toes
les boulangers, et qu'il n'avait trouv6 que huit pains
de quatre livres, que les boulangers les coupaienr
par morceaux, a pet te portion, pour les diftribuer
aux femmes i quoi le ddpofant rdpondit, qu'il ait
A ret,,urner a Con pofte, et qu'il y fdt ferme, et
engage fes camarades d'armes a 1 imiter, et fur-tout
quil observe la prudence et l'honnetete. Le depofant
fat oblige de rendre compete i ces dames du rap-
port quon venait de lui faire, ce qui excita des
murmures entr'elles ec les fit difperfer ca et la, pout
tenir et former des complots, ce qui fit craindre
i lui depofant pour les habirans de Seves. II crut
devoir fire rappeler, pour raffemnbler routes ces
femmes: un grand nombre s'approcherent, mais une
quantity aufli relterent derriere, ce qui uit croire
a lui ddpofant qu'il y avait de l'obftination de Is


part de ces dernieres pour fire le mal. Le ddpofani
fe fervit de la voix de celles qui paraitfaient fou-
mifes, et les engagea a fe porter dans les peloton!
des autres, pour lelr infpirer une facon de penfel
differelte de celle qu'on difait a lui ddpofant qu'elles
avaient. Files ne pu-ent rtin gagner, et bientot les
pelotons fe difperferent er les femmes fe porterent
a toutes les portes et boutiqu:.s des marchands de
vin auberpiftes, limonadiers et autres citoyens
entrerent merne dans une court, prirent des bane
et autres morceaux de bois, et fe mnirent en devoi
d'enfrncer les portes ft a.battre les enfeignes de
tous 1- s marchinds; lui depofant ht battre la gine'rale
pour rffernbler les citovens de Seves et les mettre
en etat de defenfe centre les malhears dont ils teaien
menaces mais au lieu de ces citoyens il vit arrive
une foule d'hommes arms, qu'il croyait d'abord etr


dos hebitsan de ce lieu i au cintralf, c'dralt des
homes affams de la perte des citoyens de Seves,
et qui le porterent, avec les femmes, avec fureur,
fur toutes les portes oil dies 6taient; alors lui d&-
pofant prit le part encore de fiire rappeler, rc
d'affembler tous I s homes et les femmes, et leur
fit entendre qu'on les prendrait plutrt pour des
bandits que poor des citoy.'n1, comme iis s'annon-
Caient; qu'il valait mieux qu'ils reftaffent tranqu lies,
,ue lui depolant allait alkr frapper a diverfes portes
pour avoir des aliens et du vin s'il y en avait;
qu'effectivement il fe porta i une en face de la
grille du pare, qu'il fe prefenta un homme malade,
et lui dit, fur la demand de lui depofant, de
donner du vin et du pain s'il en avait I qu'il n'avait
point de pain, mais qi'il avait du vin; que lui
depofanr, lui en fit tirer dix cu douze brcs qu'il
fit diftribuer par des hommes arms i toutes ces
femines; les unes payaient et ls autres ne pay.lient
pas : lui depofant dit i ce paiticulier qu'il en done
ctpendant tant que ces femmes en voudraient, que
lui depofint le paierait de ton argent ; et que sii
n'en avait pas aftez, il lui donn rait un bon pour
etre pay la villei mais ce particuiier dit qu'il
rcgrettlit de ne pas en avoie davantage, qu'il en
aurait fait le sacrifice fans auc:.ne re:rbution : plu-
fieurs femmes le remercierent, et lui depofant en-
gagea une vingtaine de femmes 1 prenflre des hal
iebardes pour pouvoir former une barr ere devait
elles, afin qu'aucunes d'ellts ne puiffint pader en
avant: elles furent ddlarmer trois ou quatr. hnommes,
et apporterent des hallebardes et tormerent une bar-
riere i elles fe mirent en route, les homm.s relterzit
derriere, ce qui ne laifla pas moins de craintc a
lui depofant ; ma s un particulier tans col, et qui
a dit i lui depofant, avoir manque d (tre pciid..
pour avoir fonne le tocfin dans une eglitc de iaris ,
lui ajouta que 6i lui depofant voulair Ic charger di.
commandementdes hommes qu'ilreiaoutait, ii It tf r..it
avec toute la prudence; mais que lui dcpolaat ,ui
repondit qu'il n'6tait pas plus le Imai.re de li
donner le commandement, que lui d'&tre commandant
!ui-meme; que s'il voulait fire le bier,, on lui en
faurait toujours bon gre, et qu'il viendr it trruve ,
lui depofant, t qu'il rendrait compt i' la ville dt-
Les actions pour lui meiiter des remrciime' s. Le de-
polant avec ces femmes cheniinaient pour gagner
Verfaillcs et pafle Viroffliv, elles rcncontrerent
plufieurs particuliers i cheval, qui paraitfaient etre
des bourgeois ayant des cocardes noires A leurs cha-
peauxi elles kls arretrent et voulai:cnt fe porter a
des excis contr'eux difant qu'il failait qu'ils p.--
riflent pour fubir le chitim-int de linulte qu'ils
avaietit faire et qu'ils faifa ent a la cocaxde natio-
nale i elles en frapperent un, le demont, rent de fon
cheval, en lui arrachant ia cocarde noiie, qu'une
de ces temmes remit a lui depofant : i fit fire halted
aux autres femmes, qui ne pafferent pas leur bar-
riere, et lui depofant fut au lecours du particuliec
qu'elles maltraitaient; qu'il obtint fa grace, fous
condition qu'il donnerait fon cheval, qu'il marche-
rat derriere elles, et quru premier lieu elles lu
mettvrient un ecriteau derriere lui ( comme ayani
iiifulte la cocarde nationale. Ce particuliir con-
fentit a tout, pourvu qu'on lui laiffat la vie : une
de ces femmes monta fur le cheval et partit avertii
a Verfailles qu'elles allalent arriver : un p u plu:
loin, elles appFrcq'rent dans une avenue qui tii.
fourche au grand chemin, deux autres parttculikr
v&rus de me&ne en bourgeois, et qui allaient a grande
courfe de cheval vers Veriaill:s : plufieurs fm-nme!
fortirent des rangs et intercepterent h palLfe a ce
deux particuliers, qui avaient fur leurs tetcs des
chapeaux rounds avec des cocardes noires, q ;i leua
furent pris. Une de ces femmes, qui avait I'un d,
deux chapeaux, ect connue fous c nom de femm
Tournay, deux autres femmes retiirent a lui de
pofanr ies deux cocardes noires, et deux femmes
monterent fur ks chvaux, et ces deux particu ier
fe placerent derriere les femmes. Cette expediiioi
faite, il fit mettre ces femmes fur troisrangs, autan
qu'il fur dans Cbn pouvoir, et fit former un ct rcle
ec leur dir que les deux pieces de canon qu'elle
avaient, ne devaie't point erre trainees a leur rt&e
que malgr6 qu'dlles n'eutffent point de munitions
Son pourrait les toupconner de mauvailes intention
qu'ellts devaient pluott montrer de la gaiete qui
Sde caufer une emeute dans Veriailles; que cette vili
n'etant point informee de leur denarche, les habi
tans pourraient foupconner d'autres vues, et qu'eik
feraient victims de leur devouement : elles con
fenritent i fire ce que lui depofaqt voudraiti ei
conrqeuence les canons furent places derriere elles
et invita lefdites femmes chanter: Vive Henri IV


s en entrant i Verfailles, et i crier : Vivc le roi; ce
r qu'elles ne cefferent de reperer au milieu du Peupl
s de cette ville qui letattendait et qui criait : Vir
S nos Parifiennes! Elles arrivecrent i la porte de I'At
t temblee national, o.i lui depofant dir qu'il etai
Simprudent de fe montrer plus que cinq ou fix femmes
ells fe refuferent et voulurent touts entrer ; qu'u
s officer des gardes qui Ptait a I'Affemblee national
r fe joignit i lui depofant, et invitcr-nr ces femme
e a ne point motrter davantage que douze.
e Que d'aprs plufieurs debats entire fes femmes,
e sen eft trouve 15 qui entr. rent avec lui depofant
t la barre de I Affemblde national; que, de c. s quinr
r femmes, il n'a connu que la ftmme Varennes do:
e iA a precedemment parole, et qui vient d'etre great


Ie d'une m ldaille par h commune de Paris. 0O
drtn, il engage iefd'tes fern es a fe taire et lto
laiffer feut faire part i l'Aifembl~e de leurs demands
qi'elles lui avaient communiques en route i quoi
eleks ont confanti. Alors lui depofant demand Ia
parole au prrdide t ; M. Mounier, alors prei&.nt,
Ia lui accord; et lui depofant dit que deux ou trois
perfonnes, dans une voiture ,e la cour, qu'ils avaieot
rencontrees fur la route, lui avaient dit qn'ils eraient
inflruits qu'un abbe attach a 1''Affenblee, avait
donna i un medniur zoo liv. pour l'emjechr ide
moudre, avec promeffe de lui en donnpr autant par
feinaine : 'Aflemblee natfonale demand fortement
que lui depofant, le nommt il ne put fatisfaire
leur demand, atrendu qu'if ne. fe rappeait ni des
noms de ceux que ces gens lui avaient denonces,
ni des denonciateurs memes ; que ce qu'il put dire,
c*'ft qu'il fe rappelait qu'ils demeuraient rue du
Platre-Saintr-Avoye ; que I'Aflembl-,' perfiftant tou-
iours I connaitre le denonc6 M. Robefpierre de-
pute d'Artois, prit 1 parole, et dit que I'etranger
introduitdansla diete augufte avaio fortement railon,
et qu'it croyait qu'il en avait ete question le martin
que M. l'abbe Gregoire pourrait dinner des dclair-
ciffeme-s; ce qui dechargea, lui depofant, d'eu
donner lui-mreme.
Lui depofant ayant la parole il dit que pour
&ablir Ia tranquilllit renire les efprits plus calmes
rt prevt.nir d&s malheurs, ii pria t MM. de 1'Aflem-
blee de nomm r une dcputatfon q i vouldt bien fe
transporter pres MM. lets gardes-du corps, a I'tffet
de les e:igager a prendre la cocarde national, et
de fa re reparation de I'injure qul'on difait qu'ib
avaient faite a cette mime cocarde : plufieurs inmus-
br.s d I"'Affemb.Ce il.verent la voix et dirent qu'il
erait faux qut I s gardes d rTCi n'avaient jamail
i' liute la cocarde national; que to s ceux qui vou-
laint erre citoyen., pouvaiert I'6crer de bonne vo-
lonoe et qu on ne pouvait fo;cer peroisnt. I.ui
depofant prit la parole et dit en montrant trois co-
card.s norcs qui etaient iles don't il a i &dvant
pale ; qti'au coitraire, il ne devait exifler aucune
perlomin, qui n lfe fit honneur de 'itre i ,ue, s'il
y avait parmi c.tte augufte Aflemblee des mem-
bres qui fe troivafLti deshonores de e titre,
ils devaient en etti exclus fur-lt-champ : il fut fair
p!ufieurs applaud flfmens, et des cris retentirent dans
la fall : cc Oui toas doivent I'etre et nous fomme
tOlus citoyi 0s S.
Pendant ces apolaudiffemens, on apporta a lui dd-
pofant une cocarde national de la part des gardes.
du-corps qu'il montra a routes les femmes pour fire
connaltre la fournitlion de ces premiers ; les temmes
crierent toutes : Vive le roi et AIM. les gardes du
corps lui depotant demand en(uite la parole au
president, et dit qu'il etait efflntiel auffi Iour pr6-
venir des malheurs, et les doutcs qui etaiLnt revandus
dans la capital, fur 1'a:rivee du r'-giment de Flandre
r a Veifailles, de faire eloigner ce regiment, parce
s que les citoyens craignaient une revolution de leur
i part.
t M. Mounier repondit qu'on inftruirait le roi le
foir a ton retour de la chaffe, oi on le difait etre:
lut depofant rcpliqua qu'il avait bien du plaifir A
r croire le contraire des loupCons et dts cris qui pa-
s raiffaient fe ripandre et agitjr la capital que ce-
p ier dant ii cr; yait, pour le bi;n des citoyrns, qu'on
engageat le roi i prononcer le renvoi de ce regi-
: ment, en lui donnant iidee que I'erait toujours mille
s bouclies a nour r Ct que, dat.s Ie moment de ca-
, lamic et ae dilete e d pain oru nous 6tions, ce
s regiment pourrait rut6rt ft pou'voir dans uiie ville
r de province, que i pres dte la capirale ou le pain
s valait 3 IRv. iz f. Ics qu.nr:-' iivres.
e Un membre (hevalir de Saint-louis prit la pa-
- role et dit qu'il era~t f;hx qu'i arriv it Ie Paris ;
Squ'il tavait qu'on av.it betIucoup de peine a avoir
, du pain, nais quil ne valait pas plus de I Ibous
c~t demi, et que liui c(epol nt en inipofait a 1'Affem-
t blee : lui d pufant r, pliqua *u'il al!ait deminer preuve
, dc ce qu'il avancait, tt dit qi',. :cune f-mme nst
s pouvait tC mcttre plans la fouloe i l porre d'un bou-
SIanger; qu'un home f ul pouvait le tairc ; que,
, par ce moyVn, c-t homnme perdant fa jon!n;e il
Sp-rda t 5 Iihres, et i1 tous que lui coura t Ih pain ,
e c ui tefait un total de 5 liv. 11 foul ; qu'il crait
a elfentiel, pour prevenir de pareis d-fc-dr, ( ui
etaient cau.4s par ds villas de province o';i fe pcr-
s metraient d'intercepter des vorure-s d :.ririns ou
farines, dcftinees pour la capttate, fous pretexte
n qu'ils en manquaient dans leIt is v;il s), te lanc r


Sui cdcret contre tou:tes pcr(onnes qui fC ,crcnLt-
, tr ient ces fairs fins une cafe leg:iime. M.' lc I-
c fident repliqua qu'on formetait une deputation v- rs
e fa majel6e pour lui fire areer tout ce que lui de-
'e pofant venait dc demand r, mais qu'oi n irair que
- le foir attend que It roi ne fefait que d'arriver
it de la chaff : lui depofant lit qu., s'lis ne vfiu-
': lai nt fur-le champ fci taialfporter vers fa n-actlt ,
n il fE croyairt blhge d'y allr lui-men~-e pour ice fre-
le venir des n-: ht.urs qui menacqiint la capital. lors
s ide lcur deparr ; que fa ma;.lte an.s o,,tt n f,
refuferrai point a rccevoir la d. putati-n d- N1. :.
il deptirts que la m.Ij \te .vaiit vraiFen;'ibl. m,
a ou pu favoir que le, tre-nines de Paris erAicn '
te failles en tres-grand nonitbre, ct qu,. icla de\."
nt caufr d&es inquiietudes It pri-iAid.it dit qu'il ,
i- nommer fur-le-champ une d&putation ; qu il fC
L













Olr;t i ele et qu'its itient enfuite chez ra tr.a-

Hs partirent en effect, en lui dif.nt de faire prendre
patience a ces dames; qu'il fail:it le tcins d'a(inm-
bitr I s miniftres du roi, et cue nous pouvi-,;is
compt-r qu'il fteri tout fun potivoir pour rewiplir
pos voeux. ,'rlqu'ils furent parties lui depofant crit
devoir prevtnir cu orr d s propose que cts nlirnef,
rpaindAii7It It que le'.irs etis s'cchauffaieint contre
IMM. du clrge i a preuve qu'il en eut dans Ie mo-
ment c'tlt qu'un abbe oitAirt une croix, vint
propof r a une de cts ftmrncs, pour I'Cn.agper a
ta ranq1iilite de lui baifer (a main ; m.iis cette
temme lui donna uri coupt dcffus, en lul difnt qu'elle
n'etait pas f..... pour biifer la parte d'un chien;
que cet abbe s'eft retire i que l.s ft'imes fe recriirent
routes : A bas Ia ca!ote ; c',fl tout le derge qui fait
lnotre mal.
Pour 6viter la fureur ou' ces femmes fe f-raient
porttcs,, I,li drpofant dcemanda la parole ai, prtfident;
qa'tli ldi tut accoidee, et dit, pour prcvenir er
latistair% ces dalmes, sue tous lzs citoy.ns d la
capital eraier:t tous affires qu'on s'occupait ferieu-
leHilHnt, da,.s cttie augufle Ai;-rnb!6e a former
une bon;ne constitution ; mais qu'il avait ent-rnd ,
et ce qui ctaic ie cri eenmral dans 'a catirale, c'eit
que le clrge lanss ceffl- tait -' la contrarir. L n
mtnbre fur la gauche du prdtdent chevalier de
Saint- Louis, prit la parole ct dit : Que, loriqu'un
stranger introduit dans une ditte augtlte l' per-
wncttait a'inculper des mcanbrA s de i'Affe'nbhl i!
devait lubir une punition excmplair-: fur-'e l.lioiip,
mais lui d pofant demand a prcAlident d trec en
tendu er dit qui. n'avAt jamais pr rendu incL lp'-r
aucun ,itembre ; qu'il cr.oyait au coiitrare rendr, fer-
vice i ces M, i. diu lerge qu'il ne crovait point
coupabls, n..iis qu'il s'imaginait que lorq1'iun
denonce ne connuifflit pas les mr'tifs de Con accu-
fition il ne pouvait fe juil*tir i qit'il pi iit
MMI. du clerge de ne point lui en voulcir,
qu'il n'avait dit c-la que dans I'intciion doe r
venir des defordr,.s que Ie clerge r;e co:naillait
point ; que M. Roelfpier'e fit a ;!a iui:e tiln iicours
"pl-in de patriotiine cc qui r-nait toutes les ff-mmes
traniuilics pour le moment : un infant aprbs le
minor d&s gurd-:s de la prevote vint dire i'a ui de-
poFant qui et.ai toi,ouis a dh barre, quon avait
repandu dans routes ces trnmincs qu'il av.lit 'u 1in--
ii e, t queles toaicnt les gai des Ia ls litter
erntrer: Iui depco ait fortit avec ce miaor fe niotr
i ce- f mines, et les raffira ; ellces demanderr-nt
toLire i en'rer :lui depofant lIur dit qu'ii n'etait
pa, poiI kiuj qu l.'s pOUVAilnt computer qu tc..cs
fL:raient vic.ori- ufees; qu'il ttait plus be at dc l'etre
de c.ct:e maniiere que fi elles euffent rep'ndui d'i
fang comnme ells le voulaient fante dans la capital
et en route. Elles lui promirent toutes d(rre tran-
ui les : il r ntra i 1'AlL ir ble national ou ii atttrn-
dit le retour de MM. les deputies qui e:aient chez
le roi.
Dans ce moment s'efi prefent le par iculi-r qui
avait l'ei e de lui depofant, et don't ii a p.'1-l: ci-
decius, qui dit a MM. cts d-putes 4uil a', ait nta.-
que d'etre pen uti, et quail fe permit des invectivPe
centre plun curs particuLers c.ui avaieot attenie a f:
vie, et dir a lut depofant que lhs gardes- du-corp
'venaint de fair- tfeu, et que s'il voulait donn.-
fes oidres, il al ait fair-'e-ciiamp fc potteLr avec I!
fem-nmes qui etaient dehors chez. lts gardes-du-corps
qu' Is bav-rar.itnt tous ct qu'ils f: re' draiint
maittes d'ecux mnis, lui depoiati, bieqi loin de
condCfcend e a ces vues, lui fit connaitre l'horr.-u
d'un pireil project, et que cc n'-tit pas fe bier
montrer que de fe porter a des exces fembliblcs
que trt ou tard on connai.rait la voritd et qu'o!
puirait les coupabes. L.ui d:-poilnt lui montra 1
cocarde de la part de MM. its gardes du roi, e
lui dit qu'ils paraiffaient foumis ; qu'il ne failait pa
e're avike de lfan. Au mnme moment ouf il pitlait
une douzaine de f mnes entrerent dans 1'Affemble
n .tionalc tt direvrt que les gardcs-du-corps venaier
de fire feu fur ellks; qu'il y en avait un d'atrete
e!les attendai nt, diiaienr tiles, que !Ji depofar
fur en bas pour fixer le genre de mort qu'i micri
tair. A ce meir.e infant, on entendit une dnchirg
dj moufquereric ce qui caufa l'lirrme dans l'Aflir
bl e, et iut, lui d pofant, eneagd par plufieil
deputes a redoubter le pas et fon activity pot
emnipecher ces mahcus lu :rs il dcfcenidit au mnilieu c
ces fitnnes; ii apercut uii garde-du-corps qui eta
tenu par la bride de Con cheval; qu'il voulait de
ceuidre de deluTs i mais les'fminmes s'y oppofcrjnu
fans lui faire aucun mal, que de lui teuir des prop,


injurleux.
Lorfque le garde-du-corps vit lui depofant s'a,
prccher de lui pour lui parler il ti a uin tibre
coupa les rclinns de ton iLhcval : lI bo,.t potta f
F'tpaule d'une fcinme, et fe l.i .:. Lui d.pkfa
voutlur courir apies ii ne put I'attracer, et le guard
du-corps, en fc fauvant tira un coup de pistol
ei arricie qui n'a.teignit point lui d'pofant. L
dcpo!ant ientra dans I'Alffcmblee national api
avoir tngage touts ces fmmes ia ne point fe port
davantage vers le chateau ; que vers les huit heui
da toir le prlide,-nt revin accompagne de fa d
pLit.ti.'nr dc chez I roi ; ii rapporta les paroles
ri, que toiste Ai:nemblke entendit, er que le Peup
patu; rf;cZert, puifqu'eles Iu- tndaicnt qu'i rel


174


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Jeanne Martin, igde de quarante-neuf ans, garde-
nirladcs, fcmime de Jean I.avarenne portier dti petit
hltcl d'Alig'e 'vtc lequel ell;. deni:ure rue Bailo
letul, paroilte Saint-Gerniain-l'Auxertois ;
1)epofe que le lundi 5 octobre dernier, dans la
matinee, elle a 6te f'rcee par une quaraiarailt de
tmrtnis, dans le paffage du Louvre pros le jardin
de l lnfite d'aller avec elles 'a Verfaills ; qu'elles
lui ont mis un baton i la main la menaiqint de la
nultraiter ii elle ne marchait point ; qu'dle depo-
i.nre leur obferva qu'elle n'ava't point djetuin
qu'e'le n'av.iit pas le fu; elles lui rcpondirent :
March march, tu .ne manqueras de rien ; que
pour eviter les mauvais traiteniens don't elle etait
menacee : clle a fuivi ces femimes ; que parvenutes
aix Tuileries, et ayant voulu paffer par le jardin le
tui&fe nomme Frederic s'y ktant refutl, cela a done
lieu a une ri- e entire ce fuiffe et le fieur Maillard,
qui etaicr le r tCte ; qu'elles font routes pafIees par
lis Tuileries, et ont continue leur route v.rs Ver-
failles, avec d'autres femmes qui les ont rejointes
a la pace de Louis XV, dams le Cou s-la-ieine et
apres la barrier ; que, parvenues a Seves pres
la manufacture de porcelaine tiles ont rencontre
deux mefrieurs, don't un ayant le cordon noir, l'autre
veru d'un hibit vert qui leur d rent : Oui al/:-
vous mtfaames ? qiuell-s repondirent : Nous allons
I Vefailles, demander au roi au pain Four I.es pour
leurs manris et leur fans et l'approvifionnement de Ia
cajitale i que ces. particuliers dirent : AI1. mes
enfans comnportre-vous bien ne faites a'injulence a
prfonne la paix fit avec vous ;i qu'alors une femme
qu'elle depofante ne connait pas mais qui etair
armed d'e due epee dit: Out, oui nous allons a
I'eifi!iA's ; nous aFporterons la t'te e la reinc au
,,ut dune ipee ; que Its autrcs ternmes lui irnpofe.rent
filcrnce. Obferve la depofante que dans la route elle
avait vu paffer diffeirens couriers; qu'un entr'autres ,
que les femmes avaient voulu arr&ter leur etait
echa: )p, a,-res avoir jet i la rivlere uin porto-
f uille dort il etait charge ; qu'on avait laiGff paffer
librement un autre courier appartenant i M. le duc
d'Orl.ans, et qui partait de Paffv pour aller a Ver-
failles ; que le Iong de la route elles ont vu d'autres
couriers ; que quand elles font arrives i Verfailles,
le regiment de Flandre krair fous les armies fur la
gauche du chateau, et les gardes-du-corps en face


I


roi de leurs bonnets et ont auti crie V: ive le
roi, vive la Nati;on, et daons ce morrment le roi a
d%-clard qu'a midi il partira't pour Paris ; que d'apres
ce tile eit pa; tie feule pour revenir ; et chemn fai-
fant, et parvenue au hameau du Point-du-Jour,
dcs perfonnes qui etaient fur une charette l'ont
reconnue, P'ont tait mo-iter avec elles, et l'ont
rarnenee chez elle. Obferve la depofante qu'il y
a quelques jours une femme &rant venue pour
louer dans la maifon otu elle d6dolnte demeure,
lui a dir avoir 6d: egalement arrkete et force d'aller
a AVerfailles ; que dans la route elle avait propof,
i une de ces f.mmnes de la laiffer en aller, parcel
qui'elle avait laiffe chez ele un jeune enfant qui
avait befoin de fes loins ; que pour obtenir fa Ii-
bertd, elle lui a propol de boire une chopine de


A I


~--- --C- ---- -------- ------- 1_~. __~~~_


blir la tranqtui1it parmi fcn Peuple : enlruite il fit
lecture de ciaq pieces relatives a la dtmande que
la gardte national avait taite aupres de 1' .Ulembiee
Rationale et du roi pour les fubfitlances.
Sa majedt 6vait ordonnj que cc ift deux officers
qui accompagnaltcnt lui dcpofant pour retourneri '
tadriS aiis lfiS emm-s s'y oppoioereut et dircnt toutes
qu'clles lul.-s I'i fcorteraitent que L s copies lip rocs
a lui dc'potanti furiit trafkcrites fur Its icgiltrcs dc
I'Affembli e par M. le vicomte de Mirabeau ; et
iui dvoufant, imv-ndiiatemcnt apres, revint a Paris
avec trne parties die ces fmimmes dans une voiture de
la court, et rencontrercnt dans l'avenue de Vrlfailles
la garden nationa.e parilienne.
Arrive ai Paris, lui depofant fe fit conduire a
l'h6rt.l-ti-ville o 1 ii entra accompagne d'environ cent
cinquarinte temnme qui l'avaient ptreced dans la fal!e
ot etaient Ies r'plelentans de la commune, M. le
maire li&e ant; qae lui dcpoiant rendit ,.ompte de
tout ce qui s'rtait pafTe ,'et riemtr a M. le maire
cinq pitres qui lui avaient eit confines, comnie il
nous Ia dit plus hau., apres cependant qu'il en t.it
t:it: lecture ; qu 'entuite lui dipofaint dit a i'aff.i-
blee qu'ayant drf.rme Ie Suiflu des T'uileries, er ne
vouilait pas profiter de cette d tplouAile il remett.it
i M. Ie maire I'epee de ce Suilte, et en etfft la lui
pretcnta. M. le ma-re, au noin de I'alnfinbl e, en
fit pr-Aent I lui dcpb'falt, dilant qu'cile tait 'it'n
entire tes mains, tdt dit a un f-.critaire non;me M.
Broufle des laana ,.-r- de lui expedier un rcu des
cintq pieces que lui &pofant lui avait rcniles, et
le don de I'. pee, qui ftit ligne par M. ie maire,
I1. Bourdon de la Crofniier. et dudit liLur Broullc
des FalchIeretS M. le n ire otfr:t a fouper a toutes
ces dames qu'elles acceptercnt, en ch.argeant lui
depofant, au nom de 1'afemblec de leur tairt donner
ce qui etait ndceffaire et fans aucune retribution de
la pait de ces temmes.
A fix hLures du martin, Ie mardi 6 M. le maire
engagea ces temmes a -e retiier chacune chez ell.s,
ce qu'ells fieiit it h;,it a dix vinrcnt aLcoma.Q.
gner lui depoiant en fa deineure alors rue et h6t, I
re Crenclie-Saizit-Hoino c. Sut lis h.,it h.uris du
martin didit'jour 6 octobre, dix i douz! femmts
vin ent Ie che cher Ct le force trnt de marcher avec
ikls pour ailer au-devant d-e la garde nati. nale, et
presenter I M. le marquis de la Fayette untc branch.-
de laurier i fon reiour de Veria:tll.s ; mais qu'un
courier pafla' t dcvant Alles Icur dit qu il allait faire
afppiet:r le carteau des Tuilcries pour y reccvoir
la malttt qui vc,.ait a Paris ce loir : elks cnga-
gercnt lui depofant a!ler av c ellcs au-devant de
ta maj. t1 ; que lui di-,olant, avec ces fLimmes, y
alla, et lencolt:Lerent le roi a Virofflay : elles te
mplercnt parmi les femnies qui etaient a la tdte de
la voiture du roi et revinrent 'a Paris lulqu'a I'ho'tel-
de-ville ou lui depofaut quitra routes ct.s f-immes;
qui eit tout ce que le depofant a dit lavoir.

L X X X I I.


la grill* du chateau; qu'edles fe font prifentre
3or entrer dans les course mails qkieles ern ont r6
ip^ch-es qu'un hoinnme vtu de l'uniforwne de It
rde patifiennd, arrme d'u tabre, ayant travrr6f
s ranvgs des gardes du roi, un garde fe detacha ,
iurut fur lui, le fabre la mai et lui en port
I coup qui jeta fIyi chapeau n iib:is qu.. trois utres
rdes du roi fortirent e.ga'ei.ent des ratgs, Ie
hie nud t la main, pout courir apres cet home
i c6te de la caferne : alors lile d pofante, Jes a
.rdus de vue; que les femmes n'ayalit pu pin&'
er dars les course du chateau allerernt, infi
i'elk d-pofante i I'Aflemblee national ; qu'elles
taient toujours ia leur tte Ic fieur Mai'lard et une
ngtaine de femmes done elle depofante dtait da
)mbre ; furent ntroduitcs it la barre de I'Aflem-
ee national : qu'elles furent rccues avec grande
e et affabiliti ; qu'on les fir affeoir fur une ban-
Jette ; que ce fut ledit Maillard Cful d'abord,
Mi porta la parole pour aller demander duI aiLf
our eles ihurs maris et leurs enfans, et I'appro-
fionnement de la capitrle, qie deux n.embres de
,lf-inmble furent deputds avec neuf femmes d'en-
'elles pour alkr chez le roi ; que fept feulement
lint entrees, lui a-t-on dii ; qu'elle depofante eft
:liee A li barre de I'Ailmbl4e ;,que la depurtrion
tit revenue de chez le roi que fur les d:x unitess;
u'on a lair lecture d : la rpornfe du roi, qui a fte
,mib: cnruite i M. le viccmte de Mitab iU ds
iains duquel el!e depo!ante I'a rescue pour la re.
crttre audit Maillard qui devait les a; porter Ie
lus prompiement ia I'h&oel-de-viil que la fiance
ce I'Aflfcnbl ce ayint Ptr levee v, rs tine h ure da
atin elle depofaiite et beaucoup d'autrcs fenimes
nt couches dans ladite fallen; qu'clle n'a remarqu6
'nc.n home ddguiid en femme, et qu' il ne eft
itn Pa4e contre l'honnetete et Ii decence; qu'i
imq htures do martin, du mardi 6 elle depofante
t dtetx autres femnies don't elle ignore les nons et
I -nvtur s font forties de i'- falle, et font allier
ur la place d'arms tt enluite au chateau ou ellt
Svu arrivtr la populace en grand nombre, q1'i grim.-
)ai: aux gr lies pur s'introduire dons It chateau,
ifqu.l,,s r n'et.i::t pras uverte''iu-' ""' cc. morneiit,
luI iturs gardts du roi, de tinteiieur dui chateau, ont
ir-- des coups de m,:ufquet frirlel Puple : ele d6epo-
ante en a temarque ct reconnu j ou 4 ia eurs hibiset
)ando'.l'eres ; que de cette decharge nou citoyn a et6
nc- dans la coui de mnarbre qi:,;a g rdc du roi qui avait
:u6 cecitoy.n aet _f:ili par Ie poipu ace, quil'a conduit
place d'armes otuii a pcrdu la vie iqu'un autr- garden du
oi avant port.- tin coup d-- poignard dans Ic bras d'un
cit,,y-n qui en a ete cruehenemnt blefle et port I
I'in Irn tie : que ce garde du roi a 't; tout do
tuie blelle d un coup de hache qui Iui a abattu
la mnoitie de la filu'e et delay conduit fur la plaa
d'armes o1i il a ete rue i cote du premier; qu'un
homme du fauxbourg Sain'-Antoine, ;yant ur:e
tongue barbe, et aime d'une hache, a coupe aI
teteauxdits gardes-du-corp i que plufieurs garde:-
du-roi, egalement menaces par les femmes, o;.t
ere fanves par les grenadik-rs ae la garde national ;
qu elle-mndiie depufii:,e en a. fcouru un pour parer
le coup de lance qui ui et.nt porrte coup qu'elle
d6pofante a requ atu bras droit, et don't elle a et6
bleif6e dangeiL.uemeait j que, piu de terns apres,
N\. de la Favctte a anno;icd que le roi allait pa-
r'itre : en ff -t le roi et la famille royale ont part
ui balcon. Alors Ie Peupli s'eft ecrid : 'veI le roi,
vive la Nationl vivce le a,,lj;hi.i! qu'tl!e cdpofai re
et quelqtics autres .'..nmis ayant crie vive Ia reine,
des famines du Peuple ies ont trappees pour les fire
taire que le roi et la fmnille royale s'etant reties
du hal on, la reine a ete fe placer at une petite fe-
ntcre ,er, tandis qu'el'e etait en ce dtrni-r endtoit,
dtes femmes dn Peupla vomi.,t centre ell routes
fortes d'injures qu'elle depolante ne n us repetera
pas ici. Le Peuple a crie : kive i. roi! Le roi ,
Paris! Ie roi i Paris i que fa maje ltd y ayant coln-
fenti, d'autr s cris de vive le roi fe font fiit en-
t rndre ; que la reine accompagnee de M. le mar-
quis de la F.,yettrn ,e prefenta au balcon, et ce
deenier porrant la parole a dit : la reine eft
fichde de voir ce qu'elle,voit devant fes yeux elle
a dte trompe ; ell. prom.t qu'elle nele fera plus;
elle promet d'airner Ton Peuple, d'y etre attachaee
conimme Jefis-Chrifit l'elft i fon Eglife i et, en
figne de probation, la reine ver!an, des larmes, a
tev6 deux fois la main. Le roi a demand grace pour
fes gardes, et le Peuple a rep.tc fes paroles. Les
gard.s du roi de leur ctrt -int cried : Vive 1
roi, vive /a Nation, et ont jetr leurs chapeaux et
bandoulieres, et meire quelqucs-uns leur argent par
les croifGes. Les grenadiers ontr coeffe 1 s gardes du


cirk..~l --~--r -1-.--~.-- ~~-L -.-L-~-.~--- --- 1




- ~- ----~--7 --


in qu'elles dtaient entries dans un cabaret, et
la, qu'elly avait obferve I cette fErnme qu'elle Ctait
nu-pieds, A quoi la femme avait repondu : ce n'eft
pas fate d'argent, t avait ttir de fa poche en-
viron une dixaine d'cus de fix francs, tous enve-
lopes feparemenit dans dts papers qui etaient de
ces feuilles qu'on ctre dans les rues ; qui eft tout
ce qu'elle depofante a di- tavuir er coiicnir verit ,
.y a perfiltk, a requis afaaire, a elle taxes ; liv.,
et a declare ne favoir figner, de ce reqAiis j et nous
avons iign6 averc I gt. flier et lefdits fieurs adjoints.
Ainfi figure Ollivier Olive de la Gafline, Brion ,
Durmont Lt de NouviXlert.
LXXXIII.


fl
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Madelhine Glain, igde de 41 ans, faifeures de .
m-nages, femme de Francois Gaillard garCon de a
bureau au district de l'Oratoire, avec lequel elle P
dcmeure, rue Froidmanteau, n0 40, depoqe qu'ayantr
t1: force, comme beaucoup d'autres femmes, de t
fuivre la foule qui fe portait i Verfailles le lundi e
I octobre dernier, 6Cant arrive a Seves pres la (
manufacture de porcelain, un monfieur ayant un c
cordon noir, leur ayant demanded oet e.les alljient,
u'elles lui repondirent qu'elles allaient dem.nder f
Su pain i Verfailles; que ce monfieur les exh)or a
SCfe bien comporter ; mais qu'une femme qu'elle I
fait kire femme du monde, et qui, depuis,, a de- (
meure chez Lagrement, limonadier tu- Bai lul, 1
ayant d;t qu'elle allait i Veriailles pour en rapporter q
la trte de la reine cette femme fut fort repri
mnandde par les autres; qu'arrivees aux avenues de
Verfailles, cette mene fetmme a arr&t6 un gard-
du roi qui &tait a cheval, auquel elle dit beaucoup
d'injur-s, le menaqant d'une mauvaife epee rouillee
qu'tlle avait i la maini- qu'ellC tItait une malheureufe, et pout lui fire lache
la briitede fon cheval qu'elle tenait, lui porta un coup
don't elle a et. bltefle au bras que s'eialtr en-
fuite portee au chateau, dans I intention de preve-
nir fa niajete des n:otifs de leu:s demarchesi qu'elle
depofante fe trouvant tnfirnmee c'eft-a dire les
jupes prices dans les deux montans de la grille, don't
un Suiffe I'a ddbaraflee apres quoi lie eft ailee
avec lIs autres femr.mes a la falle de 1'Affembl&e na-
tiuna';e, oa elks font entrees en grand nombre; que
qucques-ui es de ces femmes ayant demand Ie pain
de quacre livres pour 8 fols, et la viande au meme
prix, lie depofan e pria qu'on fit fi ence, et aptes
elle dit qu'elits demandaient qu'on ne manqtait pas
de pa n, mais non pas au prix que cefdites femmes
voutaicni l'avoir; qu'elle n'eft pas allee en deputa-
tion au chateau mais eft revenue avec le fitur
Maillard et deux autres femmes a l'hotel-de-vyiie d,.
Paris, rapporter h;s decrets qu'on leur .vaic donnes
ai 'AlknCmble national; que M. le maire et les rcpr6-
fentans de la commune out et trrs-tat sfairs, les
ont rqeus avec joie, et qu'enfuite le ddpofante a
etc conduite par la garde national au district de
l'Oratoire fire part de ces bones nouvelles
qu'ell ne peut npus donner aucun renfeignement
fur ce qui s'elt pafle Ie mardi 6 a Veifaillts, mats
a appris fans pouvoir dire par qui que le
nominn MNicolas, model a l'academie, qui demeu-
rait chez Poujet, rue ChampfLiri, avait, ledit jour
m.rdi coup la tete de deux gardes du roi, qui
avaient ete naffacres par le Peuple, et quue depuis,
credit Nicolas n'a pas reparu dans le quarter.


L X X V.
Jeanne-Dorothee Delaiffement, agc'e de z8 ans,
maitreffe couturiere, veuve de Philippe Brenair,
demeurante a Paris rue Mauconfeil, maifon du
tharron, en f.ice de la rue f ranqaife, apres nous
avoir repreiente copie de l'aflignation i elle dnennee
par Fayel, huiltier a verge en cette cour : lecture
a dile fite des arret et requifitoire fuf 6nonces, et
de l'ordonnance fuf-datre, a d clart n'etre parent,
alliee, fervarte ni domtltique des parties;
" Depofe que le lundi 5 octobre dernier, dans la
matinee, clle dpoiante a etC forcee, comme b.au-
coup d'autres femmes, par La f6ule. qui v:,ulait all, r
a Verfallcs i que les femines qui Von ainfi entrainee
I'ont d abord conduit a I'hotcl-de ville, et d& fuitc
a Veifailles; qu'elle n'a rien remarqu6 dips !a route
qui ait meritr Ton attention i qu'elle fait qu'un par
ticulier qu'elle n_- conna fiait pas alors, mais qu'elle
a fu depuis fe nom:mer Maillard, s'eft donn&ebeau-
coup de peine pour maiiltcnir les fimmes qui etaient
arm es de piques batons, morceaux de fer et
autres et qu'. eft parvenu a les faire defarmer en
route ; qu'avant d'arriver a Verfailles, un foldat
veru d'un habit blanc qu'elle a appris etre du
regiment de Flandre, d'apres les questions qu'elk
depofante lui a faites de qui elles avaicnt n fA
itrfier, ce foldat lui a dit que le regiment de Flan-
dre ne leur ferait aucun mal, mais qu'ells devaient
crain:re les gardes du roi, qui, dans un repas
avaicnt fouled a cocarde national aux pieds; qu'ellt
ddpolante n'eft point alle au chateau ni i la iall<
de l'Aflemblee national, &c.
LX X XVI.
Demoifelle Marie-F.lifabethNolle,agde de foixante
un ans, veuve dtu fieur Piere Thibault,premier(


Sieur Louis de Maiff, ige de cinquante ans,
chevalier de 1'ordre royal et militaire de Saint-Louis,
capitaine commandant au regiment de Flandre,
demturant a Verfailles, i I'hotel des gardes de la
porte du roi ;
Depofe que le octobre au foir, il etait a la
tete du regiment de Flandie qvand les femmes de
Paris font arrives que lui depofant, et les autres
officers s'oppoferent autantr quil fur en eux,
a (e que ces -fmmes ne s'introduififfent pas dans
I ls rangs ma's que malgre leur vigilance, des
femmes fe font introduites dans les rangs, mais n'a
rien vu d'extraordinaire; que parmi ces femmes,
il y en avait qui a leur tournure leur on tide
voix leurs gefltes avaient I'air d'homm,-s deguifes;
nmis lui, depofant,, n'en a aucune coniuaiffance per-
fnnlle : obferve que le nomm. bel Eiilet, foldat
de la compagnie de lui depofant, garCon honn&te,
tranquilly, bon fujet, qui fait les comminfions de lui
ddpofant, et qui eft prefentement en femelire, ayant
demanded A lui d'pc.fant un, piece de douze fols Ie
dimanche 4 octobre ou le lundi 5 ii la lui doniai,
que le mercredi iatin, lui depofant fut furpris de
voir audit bel (.illet des ecus de fix francs qu'il
avait dans une bourfe lui en tdmoigna fa furprfe,
a quoi ce foldat lui repondit: C'efl que j'ai refu
dc I'ardent pour de mes camarades h caufe de travaux
par nous faits et je n'ai pas eu le ie .-s de les payer.
A fu lui depofant depuis, que ledit bel f(illet a
paye quelques ,fommes a quelques foldats, mais
ii.nore fi toutn 'argent que bel Mi;lct avait, a ete
ainfi diltribui.' Ajoutte que Itdit jour a, a la chite
du jour, un p:rticulirr de la taille d'environ c nq
pieds tro's ponces, v~eu d'une redingote focus
laquelle il paraiffait, avoir tin h hbit noir ou bleu a ce
qu il lui a paru s'dtt prfe'-nt devant le front du
regiment, ec a cried aux foldats qu'un de leurs ca
mrirades venait d'&tre tu et un autre bleff6 tres-
dangereufemnnt rar les gardes du roi ; que lui de
point f tournant vers fa troupe pour attefter que
ce fair n'etait pas vrai et effec:ivemtnt ii s'eft
trouvd faux ; que 'lu d6pofant foupqonna que la
demarche de ce particulicr n'avait pour but que
d'exclter dans le regim rnt de Flandre une fermen-
tation qui a cu lieu. Aloute ledit dipofant qu'il y
a liu de prefumer qu'on avait cherch' a debauch- r
lts flats et qu ii a et6 dit que beaucoup de
femmes publiques avaient &t employees a cet effect;
qui eft tout ce qu'il a dit favor.


L XXX V III.


Sieur Jean Duval de Nampty, age' de trente- '
huit ans environ, capitaine au r.giment de Flandre,
demeurant a Verfailles, aux menus plaifirs du roi, e
avenue de Par's i '
Depofe qu'il n'a aucune connaiflance particuliere 9
des fairs contenus aux pieces dont nous venons de
lui parler; a vu, comme tout le monde l liurtdi
5 octobre, l'arrivee des femmes de Paris a Ver-
failles ; que deux ou trois jours aprs l'arrivee du
roi a Paris, le fieur Groux, garde du roi, a dit ,
dans un diner ou lui d6pofant etait que le mard;
6 octobre dernier, entire fix et fept h ures du
martin, il avait vu M. le duc d'Orleans en grande
redingote grife, qui, etant mal boutonner lui avait
Iaiffe entrevoir fon crachat indiqu r du bras au
Peuple arm6 qui etait la !e grand efcalier du cha
teau et faifant figne de tourn r i droite ; que
lui depofant etant fur la place d'a mes le ma-in
dudit jour 6, il a entendu le Peuple crier A grans
cris, pendant cinq a fix minutes: Vive Ie ro, a'Or-
Mlans A entendu dire par quelques foldats de fa
(compagnie, qu'on avait diitfbue beaucoup d'argen,


75"
emme de chambre de la reine demeurante
aris, rue des Petits-Auguftins, N 16
Dipofe que le 5 octobre dernier, elle 6tait de
service pres la reine qu'elle n'a pas quitter ce jour
'appartement de fa mnj. te ; que Ic mardi 6 octobre,
ur les fix heures du martin elle a entendu beau-
;r.up de bruit; qu'elle s'eft levee pour Lavoir d'oat
artait ce bruit et ce qui loccafionnait ; qu'elle
vit que c'etait des femmes du Peuple qui rtaient
ur la terraffe ; que la reine dans ce moment ,
ayanit fonne elle depofante entra dans la chambre
i couchcr; que la reine lui ayant demand qu'eft-
:e que c'etait que ce bruit, ele lui repondit que
:'itait ces femnies de Paris qui vraifemblablen.ent
W'ayant pas trouve a coucher, fe promenaient; que
:ette reponfe parut tranquillifer la reine et elle
lepofante fe retira ; qu'environ un quart d'heure
apr6s, elle entendit un bruit bien plus grand qui
partait de la falle des gardens ; qu'elle depofante,
et madame Augu, autre femme-de chambre de la
'cine, ouvraient la porte de la piece o' ellis etaient,
et virent que des brigands voulaient forcer les
gardes pour entrer, ce que ces ces dernitrs emp&-
:haieat, en formant une barrier avec le'irs fufils
qu'ils p aqaient en travers la porte; qu'elle depo-
ante, effrayee,entra pr6cipitamment dans la chambre
o) la reine etait couchee ; qu'elle l'a fait lev,-r,
ui a pafle un jupon er des bas, et, par un paflage
i6robe elle 'a ,avec ladite Augue conduite chez
e roi, et la, el e n'a., pas quite; qui eft tout ce
qu'elle depofante a dir favoir.
L X X X V I I.


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ur Pierre-S6raphin-Jofiph-I lonor6 Duquennelet,
ie trente-trois capitaine au regiment de Flan-
demeurant a Verlailles, place d'armes, h6rel
irdes-de-la-porte;
,L pore qu'il n'a aucune connaiffance particulierm
s fairs contends aux pieces don't nous venons do
fire lecture ; fair que le lundi cirnq octobre
rnier, dans l'apres midi le regiment etai.t fous
armes, des homes et des femm-s de Paris (tant
rivs a Verfailles, punfiturs fe prefentrc:iLt au-
I'iats, leur difant : Mere-vous de notre coit, tout
l'heure nous battrons les gardes da roi nous aurons
beaux hits les vendron : et autres apropos ten-
ns a ftduire ccs flddats. A fu qu'on avait donn6 do
recent aux foldats, mais ne fait qui fLfait cetto
Itribution; que depuis i'arrivee du regiment de
andres a Verfailles jufqu'au 5 octobre, ILS foldats
ii avaient toujours ete foumis aux ordres de leurs
ficiers, s'enivraient, manquaient aux appeals de-
beiffaient et avaient d.s temmes du monde parrti
ix : obferve que ledit jour, cinq ocrobre, ils avaient
qu des ordr.s precis de ne commnettre aucune
Afti'ite ordres qu'is ont tellement executes que
uoique pendant la nuit on ait force la grille de la
Our de la grande curie, en abattant le cadenas
ui la tenait fermje, le regiment n'a faith aucuti
\ouvement pour emipecher cette violence ; que le
iardi fix apres l de aiat du roi lui depoftint et
iautres officers Etant alles pour diner, un parti-
ulier de petite taille brun ; qui s'eft dit charcuticr,
ui etait, a ce qu'il croit, vecu de l'uniforme pa.
ifien, les a fuivis, s'eft mis a table malgre *eux,
:ur a montrr des cartouches a balls, leur a con-
eille de venir a Paris parce qu'iscouraient rifque
'r:re egorpes dans la nuit ; qu'il dit autfi qu1'o
avait bien iegale chez le roi ; qu'il avait bu du bori
in et mange du poulet/et tenu d'au'res propose ;
jue cet home qui etair un peu pris de vin, s'-.ft
cheve en dinant, s'eft endormi, et ils l'ont laiff6
l'auberge j qui eft tout ce que le depofant a dit
ivoir :
XC.
Elifabeth Girard, dire Beaupre, fille agee de vingt.
neuf ans bourgeoife de Paris, demeurant rue corn-
tffe d'Artois, maifon du bonnctier, pres Ie paflage
Ie la reine d'Hong.ie;
D6pofe que le lundi S octobre dernier fur Ie
nidi, plufieurs femrnis ton: montnes chez la d'po-
aonte pour lui dire qu'elles all.itnt i la ville et la
'orccrent de la fuivre, en la menaa nt de lui cou-
ier les cheveux, ii elle ne marchait pas ; qu'oblig-e
par cette violence de ft jou;ndre t dies, elle partit
de compagnie; mais qu'au liteu d'aller a I'hat.l-.e-
ville, elles dirigerent leur route A Verfailits, ,ot
6tant arrives apres avoir faith quelques halt, s dans
,a route, elles font entrees dans la falle dc l'Affem-
ble national ou' les femmes ont deman.ie du pain
et la diminution du ptix du pain et de la viad, *;(tuc les
deputy s s'etant r.ttres les hcmmes et ls fte-ints
qui etAitnt entries dans la fill!, y ont bu et mange;
les fen.me< out redem:nd5 I'Ai6,.,bil'c, on a fonna
la clothe et 1'Affemblee s'eft rcformr e ; ciqe s'ttapnt
occupy d'aucrrs objers que ccux Its lublittanCLs ,
I'S f-nimes en temoignrrent de impatiencee et in-
terrompirent plulieurs f-is Ites opians quc M. le
come de Mirabeau fe pl:ignit de cette irrevr- nee,
ct dt-nranda vu 'imipoitfbiiite d& contiiterla fiance.
u'elle fult remif1 auI k remainn ce qui fut faith; la
pofante toujours entr i1:2e par la foule aila tans
les course du chateau fur les fi h.iirrs du martin
mardi fix ou elle a vu un garle du roi tue bai-
gnant dan, fen fang, et dans une :,urre cour un
aurre garde du roi rtnu par It collect, par des
parriculiers v4tus des hubirs des pai: s njtio ales;
qu'elle vit donner A cc garde tu roi d-ux coup' de
crofle de fu:fil fur la tte deont il )ut renvcrfe a terre
fans qu'lle ddpofante fulr s'il euit moit de ces coups;


I


aux foldats le lundi ou le mardi, mime les deux
jours, et depuis a entendu dire qu'on donnait
tn petit ecu a chaque foldat pour quitter fis
drapeaux et venir a Paris, et que mmne un d'eiitre
eux 6tait revenue a plufieurs fois difant qu'il n'avait
rien recu et par ce moyen avait touche trois
petits ecus ; ajoue que le mardi i etant a din r
avec plulieurs de fes camarades, un particulier
revetru de l'uniforme parifien, qui s'eft dir char-.
cuitier a Paris petit de taille et brun, et ere da
D)reux ayant des cartouches plcin fes poch.s,
etant ivre, et ayant dine avec eux, malgre eux,
leur dit : MCS frres, je vous coniJille de venir tous
ce joir coucher a PIars fans quoi vous feret lous
igorges dans la nuit ; qu'il dit mmne que s'il def-
cendait, il ferait le maitre de les fire tous egorger
s'il donnait un coup de fifflet ; qu'il y avait alms
beaucorp de Peuple a Vridfailes, retenu vraifem-
blablement par le defir de pillcr i que lui, depo-
fant, et fes camarades, achev\' rent de gliler tout-
a-fait cet home et 'iont laitfe dorimir dans I'au-
berge et s'en font debarrafles come Ca ; que
cedir particulier dit auffi qu'il avai le martin,
pris un poulct dans la cuisine du roi et qu'il
I'avait mnanget de meilleur anpetit que fa majelte
qui eli tout ce que le depofant a di lfavuir.
L X X X I X.


I













w~ns quImctnentient aprs, tm hTompe i grande barbe
b, bill en ekcave, lui a cou6e ia there d'utu coup
de hjch-:, et que dLtte tite fut mife a bout d'une
iq e par un autre particulier qui l'empo ta que
S cadavre tat traine ps une guerite i que pendantr
tout c terns elle 'kp'rfante a ent. ndu proferer des
paroles abomnirable, contre la reine iufqu'au inoment
ob le roi ayant promnis de e rendre ia Pais avec fa
fainlo le rroribl s1'ti sr'aif et elle dcpofante
et nt parvcnuc i ce retire de la foule, a ete prendre
u ie voiure d, la court et elft rs eue chez elle vers
ouatre heures : observe qu'a Vcrfail!es tout le Peu-
p'e indidfincrtenmn et principalemient des compagnons
ferruritrs en grand ninbre difa ent qu'ris avaient
ptriu leur journee; pie fi le roi ne venait pas a
P.iris, et ti les eards-du corps n'ctaient pas tues,
itl a!lait nettre la t&e de la Fayette au bout d'une
piquC s que ces menaces tta'cnt accompagnees d'au-
trrs prr ps i~itI1eux contre ce general qui ter tout
ce qu'eile dcpoiante a dit ravoir.

X C I.

NM. Fra-'oris- Xavier Veard, gI de ir ans,
p' rcdu dudi 'cefe de Clermont, en Auvergne doc-
t. ur de !iA icu!te de theologic de Paris cure-de
la paro:ile St. Gi.rvais, demneurant Palis rue du
Long port ;
Dl)potf cue lI fctobre dernier fur les d.ux
h -ues apres-mid:, MIt. les gardes-du corps inftruits
qu: la tioupe dc Paris devait ver.irt Verfailles, fe
rajlcmb.erent dcvwnt la grille du chateau; des f.mn-
mrs, dons q'iaelqus-unLs aifez bien mifes s'6tant
approchees des chevaux trois gardes-du-corps for
tircnt d-s ra'irs pour les eloigner aufdi bien que qu=I-
ques ha' m.s qui eL laiffa er.t caller a dcs apropos in-
jurvix au\A.i s gards-Ju-corps : que dans ce moment
un foildct de a milice nationaie de Verfaill!s tira,
a ic ou 11 pas de lui dep giant un coup de fufil ,
qui caffa le bras a un girde-du-corps, que P'on dir
itre le fieur de Savonnieres i qu audii t le Peuple
en cour.nt c;:a qu'iI fa lit extermener tous 1 s
garJes-du-c -rps i que route la troupe d, Paris ctant
a:rivee ic foir une parties entra dans l'Affemblee
national, come hommes et femmes armes de
lances fuais e: autres uarmes i qu'une parties fe mila
a..ec les iepj:es qui etaient dans la falle, tandis
que I'aut-e .nvirona le ficge du preflient alor!
M. I'c.,qu. de I.angres et I: bureau des fecretaires
oi M1. t a.iel depute de Cahors et fecretaire, etai'
rtite ft:u'; qu'il y avait deux pieces de cation vis-ai
vis de la flle qui n'y etaient pas avant l'arrivee des
fns de Paris ; que le regiment de Fianire etai; fui
deiux li;ne da.s avenue de Verfaiies et qu'un(
dan dA':reu s difent plutfiurs vrue d'une redin
gore roue, du moins autant qu'on en pouvait jugei
da :s 'ob-caitre, parcourait les rangs des foldats
tenant ure corbei'l a la mlin ou !es folda s pre
c:I:nt de p-tits paqaets i i peu de terns ces foldat
fe r-tirerernt dars ITur cazr.ne ; obferve quilaen
t;ndwtdans ce monmcnt donner le nom de Theroigne
a c-:te da2ne que I-s gardes-du-corps tffuyeren
puialieurs coups de fufils, fans oppoier la moindre
dftft:fe parce qu'on adurait que r'ordre leur er
avait ere dtonne.
Oberve Ie d6pofant, que lurdi au foir M. Mou
ricr pcifident, propofait que toute l'afTemblee f
rTndit pres de fa mliefte, co.nne fa maiefte I'avai
prime le defirer ; M. le comte de Mirabeau di
hal tement qu'une pareille demarche ne convenai
pas a la dignite de 'Affemblee, et qu'il futifa
a'envoyer une dep.-tation, ce qui fut fait : il ajout
ue L vaiT.au de 1'Etat ne s'avanCait qu'avec pit
de rapidire vers le port i fits que lu, depofant
croit etrr- conlignes dansle proces-verbal de V'aflen
blee ; qu'i ces propose, plufieurs membres de Va
ftmbi-e, indignes, fe retirement; qui ef tout
que le depofant a dit favoir :

XCII.

Mefflre Chales Bermardin Laugier de Beaurecuei
prctre licentie en theologie de la faculty de Pari
cure de la paroiffe Sainte-Marguerite, faubou
Saint-Antoine doyen des cures de Paris, ige
78 ans, demeurant rue Saint-Bernard, fufdit fa
bourg Saint-Antoine, depofe q 'il ne fair autre cho
finaon que le lundi f octobre dernier, vers 8 heuw
du martin, on frappa i coups redoubles i la po
de fon presbvtere ; que la porter ayant etre ouvert
il fe prefenta deux pardciuiers affez bien vetl
dont l'un paraiffait avoir une quarantain= d'anne


l'autre etait un jeune homme d'environ 2c ans ,
quels demandaicnt au depofant de fire fonner
tocfin ; que le depofant leur ayant demand po
quic, ils lui repondient que cerait pour avoir
pai n, et ie iune homme a;oua : On ne dira
qute la recoite n'a pas etC bells; ie depofar.t i
oDwkrva que ce netrit pas le bWe qui manqoa
mnais Ia arine et cu'ii fa.ahit fe rcpofer lur Ie z
d- ecuvernelment et qae ie ninilere d'un ct
n tiAt pas de mettre le Peupie en mouv-m,e:
n;as au conrtaire de prevtenir ou de pacifier
U:t..bies; qu'.en confequence, il ne pouvait c
fentir a ce qu'ils demandaient; que ces particuli
fe r tiuerenti, et un iftant apres, une femnme
a rulaai[it pas tre da commun, fe preftnuta









i .J ^*J1Dtlgyl^ ^*-^ri;;~ ~Y- ^ ^..^l~


s



s
S








ir


:e, que cefd;ts bufies lui ont ede remis, favoi celui de
as, de M. d'Orleans le lendemain, et celui de M. Necker
es; fix jours apres; a entendu dire que le favovard avait
ef- Ite bleffe d'un coup de bayonnette dans le creux
le de 1'eflomac pour raifon de quoi il a &de pres de fix
ur- femaines i 1'Ho-.el-Dieu, et que le jeune home
du avait ete rue, place Vendome, par un coup d'arme
pas a tfea; qui enc tout ce que le depofant a dit
ear favoir.
irX C V I I.
ele
urc tennard Chaillot, dit Trevoux 1e de 24 ans,
it, fufilitr au regiment Ie Flandre, companies de Brune,
en dzmeurant a Verfailles, hotel de Ripaille, avenue
on- de Paris:
iers
qui Depofe que Ie lundi 5 octobre, lui depofant fut
iei aborde par un paticulier vema d'ua furtout bleu,


T76
lui, lt i in#me demand et eut la meme trponfe : ait
malgre cela I* tocfin fut fonne ,lefonneur y ayant Po
ete contraint j qui cit tout ce que I* depofant a dir dis
favoir. Le
X C I I I.

Meflire Phili'ert Gennetet ig de 6 ans prtre de
du diocefe de Chi!ons-fur-Saone, cure d'Etrigny all
audit diocLfe, Ut depute du meme bailliage I'Af- cu
iembl.ie national dutmeurant ord nair. r tnt I Etri- lai
gny, press Chilons, loge en cette ville de Patis, iil
rue du Dovenne Sai-L'ouis du Louvre, depofe de
ju'il ne fait rien de bien pofitif relativement aux fai
e6enemens qui fe font paffes a Verfailles les $ et fai
6 octobre dernier i qu'il a appris, par des bruits d'
vagues don't il n-. connait Fas la force, que trois q
femaines avant ces jours-la, il a ous-dire par di- ay
verfes perfornes qu'il ne peut deti.ner, qu'il y fe
avait a Paffy deux etrangets qu'on dtt.ir bien dan- m
gereux pour la tranquillity, qu'on difait s'appeler ri
Claviere et du- Rouray;, que ces etrangers exci- pi
talent le Peuple 'a Iinmurrection, et repandaient beau. on
coup d'argent pour cela ; qu'ils afiftaientr tous les pa
ours aux fences de I'Affemble national, et y r
renaient des propos feditieux ; on difait meme les m
avoir vu redoubler de mouvenenet les 4, 5 et 6 Iu
octobre, accompagnes de plufieur; perfonn-s, don't g
on ne lui a pas decline les noms ; mais qu'ils fr- a
quentai-.nt plufieurs mnembresde l'Affemblee.

C X I V.
i
Demoifil:e Henrierte Adelaide Genet, ig&e de 1 d
ans environ, femme-de-chambre de la rcine, epoufe C
de M. Pirre-Cefar Aague, receveur-general des d
finances de la reine demeurant I Paris, rue reuve
de Luxembourg, ,arotlTe de la Madeleine ae la
\ille-.'Eveque nr. .i
Depofe que le f octobre dernier et ours fui- e
vans, elle etait de service pres la reine que ce ;our f
elle n'apas quite 1 s appartenens, et n'a rien vu t
Sd: ce qui s'eit paie i \Verfai les que la r1'ine fe
coucha trrs-rranquillement, mais eie depofante et
madame Thibaulc ne fe coucherent pas, que le d
mardi 6 octobre, I fix heures un quart, elles en- t
r endirent un bruit occafionn6 par ids femmes qui t
s paflaient fous les fe, etres de I'appartement de la 1
reine, mais que ce bruit ne les inquieta pas i mais j
. qu'un quart-d hure environ apres ayant entendu c
un bruit confid-rable du cote de la falle des gardens i
s de la reine, elles ouvrirent la porte et elle vit un ]
r garde da roi, qu'elle a appris depuis etre le fieur d
S.Miomandre, qui barrait li porte avec fon mouf- s
qu-ton i des gens qui voulaient pafftr ; qu'il fe
r tourna vers elle, et dit: Ma lame, fauvez la
, reine : fes jours font en danger. Elle depofinte
- ferma la porte au verrou ; apres quoi, de concert
s avec madame Thibault, elle entra chtz !a reine ,
lui pafferent un upon et des bas et la conduifinrent
C chez le roi, par un petit paffage qu'on appelle le
t r.rage au raoi ; qu'arriv&e chez le roi rile depo-
a fante n'eft pas fortie des appartemens, et n'a run
n vu de ce qui s'eft paffe cc jour-lA i Verfailles.

XC V.
e
it Sieur Guillaume Curtius, igi de 40 ans, peintre
it de i'academie de Saint-Luc fculpteur, dcaneurant
it a Paris, boulevard du Temple, paroiTe Saint-
it Laurent i
a Depofe qu'il fait que long-terns avant, il fe for-
mait des groups au Palais-Royal qu'on y fifait
drs motions ub!iquememnt prefque tous les ours,
Sce qu'il a obl:rve en allant a Con c-binet qu'il a
dauns le jardin de ce palais i ne s'eft jamais mele dans
ce lefdits groups, er ne fait l'obiet de ces motions,
mais que c'eft par une fuite d'une de ces motions,
que le dimancne 1r juillet quatre heures du f.,ir,
une foule immense de Peuple s'ei pref-ntde chez
lui, au boulevard, pour avoir les buftes de Mi. Il duc
il, d'Orleans etM. Necker;que la demand lui en fCt faite
s, par deux perfonnes fort b'enmifes, icote defquelles
irg etat un favoyard, ayant un bonnet noir fur fa tnte,
de qui s'eft charge du bulie die Mi. d&Orleans, et un
iu jeune hornet afT-z bien mis qui s'eft charge de
fe, celui de M. Neckr, et font parties avwc; a lu que
res ce people, precece defdits pait'culiers, avai~nt et|
rte aux Champs-Elvfees ct autres endroits de cerre vill ;


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im tme pk; qi qt il lui demnwda qui i Hiat, St
ur qui il tait ; qu'a cette question lui depofaat
C: re na fuis point Anglais, jf fiir par If thirs-
at; qu'apris cttre r4ponfe, c- particuliet, tira fo
6e, et voulut a ponrtr plufieurs coups a lui d6-
C.nt, qui les p darae la main mais cependant a c
main droice couple intrieurerr.ent, et un coup
' pointe danm la pomme de la mime main, le t:o
rcz legerement que lui dpofnt n'avait alorsn au-
ine arne; que Lans le f. course de gens qui travail-
ilnt aux farines, qui font accourus i fa dienfe ,
aurait fuccomb (Cbus les coups; qu'a i'approche
e ces gens le particulier s'eft nfui, et lui depo,
nt n'a pu le remarquer davantage i que lui depol
nt alia prendre fes armes, et fe rendit place
armes oi le regiment de Flandre s'afembiait
ie far crtte place d'armes, M. de Montumoria
*ant ekt inftruit que lui depofant avait tdC bleflf,
rendit oil lui depofant 6tait, lui demand cora-
tnt et pourquoi il avait t blefe qu'il fit la
6ponfe convenable i fa question; qu'etant fur lad"ts
lace d'armes, des femmes du people de Paris Ie
nt abordes, leur ont dcmande qu'ils ne tiraffent
is fur elles, leur propofaient de boire une bou-
:ille ; et qu'il en a remarqut une qui avait des
louftaches, d'apres lefquels, et au fon de voix,
ui depofant eft perfuade que c'itait un hommse d-
uife en ftmme; qui ett tout ce que lui depofant
dir lavoir.
XC VII I.

Sieur Charles-Auauflin Dupuy de Saint-Martin,
ge e 0o ans, off.ier au regiment de Flandre,
emeurant i Verfailles, place d'armn s, hotel des
jardes de Ia porte; aprts ferment par lui fait de
ire et depofer veritr :
Depofe que le lundi 6 octob-e dernier, dam
apres-midi, etant avec le rigiinet,t de Flandre fows
es armes, place d'armes a Verfailles, des femnsu
.t des homnmes du people arriverent de Paris, In
emmens s approchant des foldats, leur promettant
out, jufqui lever leurs jupes dcvant eux; qu'il en a
emarque plufieurs qu'il a prefu-ne ere des homes
leguifes en femmes ; que I* mardi martin it vit encore
les homes et ees femmes; qu'une qui etait monf-
rueufe par fa groffeur, le frappa plus que leks a
res; ique des particuliers qui etaicnt prs de lui,
a remarquerent aufli; 1'un dit : Ak uqaLe role
emmn ; I'autre dit: Ceft, j crois, M.t due d'Aiguillo;
'n di, it quPe c'cf lui ; quil n'en fut r pas dit davan-
:agei mais lui depofant affure que ne connaiffant pas
M. le duc d'Aiguillon, il ne peut rien dire fur ce
deguifemcnt, ct obferve qu'au ton don't ce propose
s'eft tenu, il a juge que c'etair une plaifanterie
qu'il a vu parir fous f.s yeux un F;.nd jeune homnc,
gatde du roi malgre qu'il y cut beaucoup do
gardens nationales dins les environs, et un hommne
i grande barber lui coupa le col; a vu ce jeune
homme fe debartre encore centre ces malheureux,
comme ce m.me hommne i grande barbe rPexpdiaits
que ce fpectac e le fit fremir, et fe -erra cheL liii
qui eft tout ce que ie dtpotan: a dit favor :

C I.

Alexis-Nicolas Chauchard ig d'environ foA an,
capitaine d'infanteie cheva.ier de 1'ordre royal et
militaire de Saint-Louis, demeurant i Verfailles, ho
tel de Noailies rue de la Pompe i
Depofe que le lundi < octobre de-nier, meant prC-
venu de l'alrte il monta a cheval armed d'un fa-
bre ; qu'il fc rendit fiur la place c'armes, enfuite ftur
l'avenue de Paris ; qu'il remarqua fufire avenue
des brigands, hommes et fermies, armies de piques,
de lances e eentr'autres uine fcmme aflz jolie, qui
avait un fabre nu i la main et qui affemblait d'iau-'
tres femmes; qu'il trouva inutile de garder for
fabre, et le d'pofa dans une mailon et continual
fe promener i cheval ; qu. les hon-n es 'tr s fem
mes du pIuple qui entoutreer.t un i:.l,.: I... .epo-
rant, lui dirent : AIe/ dire a -os G r.~,- da aui quill


font Frofnrirs ct que tout au:Jn q.4il nas en tonbert
fous les mains, tout autant eus ev7 igorgerLt r., ; CUil
leur dit : Les voida pl-ce d',rnms a. h Itur dire;
qu'il eft refte a chevai jufque v, rs ic heures du foir,
a parcoum les rues de e;:f.iills pour s'informer
de ce qui fe paffuit; avant reconnu qi'il n'y avail
avait aucun rifque itl le retire chcz lui et s'ef
couch; obferve que lcs gcrdes du roi fc fiont con-
duts dans cette affaire, ledit jour 5 avec la plus
grande circonfpection ; quil a vu le pculle Iur
)eter de la boue et des pierre,, et vomir conn'Weu
routes fortes d'inures, fans qu'ils aient faith aucut
movement pour repouffer ce:te attaque ; qu'i 3
heurts du martin, lui depofant ctant couche, ena-
tendit du tumulte dans Verfailles mit ]a tte i Ia
fenitre et vit au c!air de la lure deux hommes
en habit de garde ratona!e en fac:ion i la porter
de l'h6tel ou' il demeure : voulant favor de quoi ii
erait question ,il d&fcendit chez le porter pour prefP
dre des informations. ln voulant entrer chief ce por-
tier, il vit M. de Gouvion qui en forrait, leuel
vovant I'e:onnement de lui depofart Ihi dir: f
quoi, mon ami, vous etts etonne de me voir ici -;
que lui depofant lui demand qu'efl ce que itoa
cel voQIIWt dire i il lui dit: Vou$ avez befoin dO
IQoaus i


1





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17T
fecours T vous nous en demanded, notus vous el
avons ameni; nous fommts ici a la trte de vingt C X. .
mille hommes. ,, En difint cala, its ch-.rvinerent Mefre Jean Dio igde4
vrs le fond de la cour, et Is Ie dir fieur Gouvion Mer Jea e 48 ans, prdre du
dit I hui d6pofant: Actuellemtent que me demandez- docefe d Amiens, cure de la paroife de Ligny.fur-L
vous 5 alors li depofant lui dit :Mon ami, dites- Canche province d'Artois, oepute i I Alfembl
moi comnmenr tout cela finira il lui repondit :,Vous ioatanale dermeurart i ordinairemient a Ligny, et
me tf itt-s une grande qu flion. Si vous m'aviez 4e- Ilo en cette vle de Paris rue Cocatrx en la
manud ce martin par ou )e flirajrs, ye vous aurais c '
dit que je fin rais par 6tre pendu, car pendant A i Ddpofe que Ie lundi, j ocrobre dernier, vers les
3 heures je mdtais arrange pour cela ; et lui ten- fept heures du foir ,paflatirpar laplaced'arniesi Ver-
dit compete de ce qui s'etait patff i Paris lundi ma- failles, et setant arr&6 pour quelques befoins ,
tin. l.ui tepofant fi dit:;n Et M. de la Fayette ? press d'une baraque a entreee de I'avenue de Paris,
Le fieur de Gouvion lui dit : s, II a couru au moins il enrendic de I'autre co6 de cette baraque trois
autant d- ritques q"e moi ; il eft ici -; que lui d- perfQonnes qui caufaient enfemble. La curiofite I'ayant
pofant luirmarqua fonetonnement,endifaint: ,Com- porter ecouter, parcel que cette converfarion Jui
rent, M. de 'a F tyirtte eft venu avec tout ce monde- parut fort anime, il entendit t une de ces perfonnes
1H pour fire le roi prifonnier ? A quoi M. deGou- engaget fortement les deux autres, mnme en leur
vion lui reprndic: II a bien fall quit y vint, on prooofant de l'argent, a fe join.!rc a pluii.urs autres
)"y a bien force. ,, Que ledit fieur de Gouvion perfonnes qu'elle nomma, et don't lui depofant n'a
ajouca:",, Mais ponrquoi la cour nse sef-el!e pis en pu retenir les noms pour center dans Ie chateau
alt'e ? Lui depofant lui dit : a Vous avez envoy de Verfailles Ie lendemain matin, affafiner Its
un courier a la cour qui a annoac6 que Ih"tel- gardes qui 1'-iaient refittance, et anaffiner la reiae ;
de-ville stait repris : que M. de la Fayette con. que les deux autres perfonnes aprts avoir refufe
mieniait Itre maitre des troupes, et que la tra'- d'abord, acquiefcerent fur I'affurance qui leur fut
quillitel f. retibliffait"A Paris ,,; que le fieur deGou- donn6e qn'une perfonne attache I M. le duc d'Or-
vion lIi dit : Vous devz avoir requ par un coi:- Ileans, kur payerait la fomnme propolfee ; que cette
rier, fur les t) heures du foir, avis que le defordre fomme etait de cinquante louis pour chacun, on
&-it remis dans It troupe, et que M. de laFayette cinquance louis pour les deux ce que le d~pofant
m rchait i leur t#re ; au rette, lui dit le fi-ur de -"e peut fe rappeler au iute ; quejla cor.verfition
G ,uvion les Gardes-Franjaifics font contemns i les tcrmrinde, une de ces perfonnws, habillie en femme,
poftes font repris, nous repartirons domain mitin, de hiute feature et dune forte corpulence, et qu a
et 1I roi fera le maitre dlier ou il voudra et fare I la voix il a rxconnu pour &tre un ho-me, avamnt
ce qui li p!ira n; quTiis fe retirerent enfuite dans paie du c6t6 de ia baraque ou etait iui depotant
Ja cuifin: du condierr: pour f chaufc'r, qu is y s'dant aperite que leur convcrfaticp avait 6et en-
trruverent p'ufieurs officers qui rendirent des comp.- tendue par lui depofant, s'avanqa vers lui avec une
t s a M. de Gouvion; que pendint ce terns le fieur epee ou une canne a 6pe a la main avec intention
Du nas, coloneldans e'etat-major gendral d l'armee, de lui en porter uncoup, coupco qu- t lui d~pofant a
vitu en bourgeois y vint, dit qu'il avait a parler par6 avec fa canine qu'il tenait a fa main et duquel
i M. de la Fayette, et qu'll ne for.ir.it pas avant coupcetteperfonnefur ddfarmee; que ,u I'obfcurit1
cue ce dernier fdr revn'i. Laconverfation alors dans laquelleon erait, lui d&pofant ne peut pas
devint generale, et roula fur ce qui fe paffait a Ver- designer plus particuliLrement ces perfornes ; qu'a-
faitles ; que le fieur Dumas dit: Pour moi, je fuis pres cette fcene, et penetre de F'indignation de
enchante de la revolution ; et en parent I M. de ce comlot affreux il avait conIu l. dellein d'aller
Geuvion : vous en favez bien les raifons c que lui en donner connaitffance au chateau mais qu'il n'a
4dpofnnt alor' fe retire chez. li ; que M. de Roux, pu fe fair un paffage au nilieu de ceux qui en
lietitnait- colonel dans 1 tat-major general de tear. rmnpliffaient lks abords et que d'aileurs, mfulte
mee, a dit a 1li depofant, qtie M. le due d'Orlkans par un grand nombre de particuliers de la miniere
et M. de la Fayette ctam [a nuit du C au 6 chez la plus ourrateaite il peut croire qu'au moment
le r.i, M. de la Fayette avait dit a M. le duc d'Or- meine fa vie n'ecait pas en furete; qui eft tout ce
leans a, Monfieur j'ai recu la lettre que vous que le dIpofanc a dir favoir.
m'avez faith I'honneur de m'icrire mes affaires
i ont pis permis d'y ripondre N'; qui eft'tout ce que C X I.
le ddpotant a dit favoir.L


SCIV.
Louis-Poterne Antoine, &gW de -17 ans, comropa-
tgnon ferruricr travaillant chez le fieur Faure
ferrurier de M. le due d'Orlians demeurant a Paris,
rue Pagevin chez Collard, maitre menuifier;
Depofe que tout ce qu'il petit nous dire c'eft que
le mardi, 14 juillet d-rnier, lui et beaucoup de
compagnons ferruriers, ont travaille a faire fix cenis
piques de fer ou environ, fous les ordres et dans
es ateliers du fieur Faure, ferrurier de M. le duc
d'Orleans ;ignore qui avait don,, ordre a fon bour-
geois de faire ces piques, ni qui I'a pay que mui
, .pofm:, et une foixantaine d'autres compagnons,
ont port ces piques au diffrict des Filles Saint
Thomas ; quson leur a mehe done un louis pour
hbire ; qui eft tout ce que le depofant a dit favoir.
to
C VII.

Sieur Pierre de Roux, age de 4; Ins, cheva!i.r
de I'ordre royal et militaire de St. Louis, aide-
mnarchal des logis de I'armee avec rang de
l.e'tenant-colonel, demneurant ordinaireminent a Ver-
faiiks, a I'hotel du goutvernement rue des R.fer-
voirs, loge en cette ville de Paris, rue des Ca-
pu.ins, chauflee d Antin ;
Dpofe que le mardi main, il eft mont6 au cha-
teau et alor, tout etait came ; q-)il a vu M. de
la Fayette dans les apoartemens du mni et fur le bal-
con 'a entendu haranigue r le Peupleet I'exhorter Ai
Ja tranquillity qu'il croit n.6ne f7 rappeler avoir vu
M. de la Fayette parlor a M. le due d'Orl6ans $ et
s'il ne fe trompe lui dire : Monfeignexr je n'ai
pas pu repondre a la lettre que vou. m'avel fair I'ktonneur
de rn'icrie ; qui elft tout ce que le depofant a dit
favor.
CIX.

Sieur of-_ph Faure age de cinquante ans, maitre
ferurier a Paris v demeura rue Saint-Georges,
paroiffe Saint-Euftache ;
Oepofe que le mardi, jour de la prife de la Baf-
tilte i la requifition et follicitation du district des
Filles Saint-Thomas, don't il &tait, il a fair fa-
briquer par fes ouvriers, quatre cents trente
piques qu'it a faith porter au district le mnme }our,
et oil elles font encore ; que fon difIrict a voulu
les lui payer ce qu'il a refuf6; a feulement recu
u1 louis pour boire de fes ouvriers, auxquels il
1'a donn6 fur le champ; qui eft tout ce qua le
depofant a dit favoir.


M. Pierre-Victor Malouet, g' dec 49 ans, inten-
dant de la marine et d6pute a 1'Aflfemblee natio-
nale, demeurant a Paris, place de la Viile-l'Eveque,
paroiffe de la Madlekine;
Depofe ainfi qu'il fuit: Le jour de l'arrwiv& du
regiment de Flandre a Verfailles, et lorfqu'il dfi-
lair dns I'avenue, je me prpmenais avec MM. Lally-
'lolendal et Mounier ; nous rencontrames MM. Du-
port, Barnave et la torde, qui regardaiert pafter
ce regiment; nous nous arr6iames un infant, pen-
dant lequel je fus acoftN par un autre depute. Je ne
fuis point affez fdr de ce qui fut dit dans cett.
course conversation pour en rendre compete aujour-
d'hui imais je me fouviens de l'impretlion vivt
qu'e!tle fit fur MM. Lally et Mounier, et je fuis
prfuad6 qu'ils s'en rappelleront mieux que moi.
Nous 6tions alors accables des plus noirs preffenti-
mens, et il nous revenait de routes parts qu'il exil-
tait utine conjuration centre le roi et ccontre les de-
putes qu'on connaiflTait attaches aux principles conf
titutifs de la monarchie. Nous etif.ns quinze ou
vilgt d6putes vivant dans une foci6te intime. De ce
nombre 6taient MM. de Marnezia, Henri de Lon-
gueve, I'6vq,,ie de Langres Laily, Mounier, Vi-
rieu Rhedon Defchamps, Madier, Dufraiffe,
Faydel, Maifon-neuve, la Cheze, Pacquart, I'abbe
Mathias, Durjet et autres don't je nie me rappelle
pas les nomns. Je recevais chaque jour, ainfi que
MM. Lally et Mounier, des lettres anonymes et de,
liftes de profcriptins ou nous etions infcrits. Nous
avons envoys pluifieurs de cis lettres au comit6 de
police de I'hotcl de'ville de Paris, et je me rap-
pelle en avoir communi iue A dives d-putes dans
'AIfremblee, du nombre defquels eft M. Canmus.
Ces lettres annonqaient routes une mort prompted et
violence A tout depute qui defehdait I'autorite
royale. Dans le m~me remns M. Rhedon me vint
trouver i Montreuil, o0u je logeais et me parla
avec effroi du danger que courait le roi. Pour reunir
i tous les faith relatifs a notre situation perfon-
nelle, je rappellerai la denonciation taite a I'Affem-
blde national par M. Cochergl, quil avait etr ar
rM6e A Seves dans fa voit ure par des hommes arms
Squi lui demanderent s'il ne s'appelait pas Malouet
ou Virieu, en lui difar.t qu'ils cherchait nt ces
deux deputes pour ies tuer. Trs-inft uits des motifs
de la perfecution et de la diffamrnation a laquelle nous
rtions livres comme partifans de lauto:4it royale,
que nous n'avons jamais defendue que dans fts rap-
Sports avec la conflitution et avec la liberty puiti-
que, nous avons eflay6 plus d'une fois d' xciter
l'animadverfion de I'Affemblee conrre les libeldiftes
et les motionnaires incendiaires qui enrretenaie.-t
des atttoupem ns h.bituels au Puilas-Royal mais
nos reprdfi'nttions et nos efforts devenus fufpects,


t 6r conftiammen rrpoiifT s. Ye rortis de I'Af-
mnbtle a itros heutes apres midi, le S oc:obre,
rfquie j'a;i rencontre dans la coitr un premier de .
cheme-r de femrnmes qui paraiflait commande par
Shomme de mauvaife mine, en habit no.r dcchird,
rant une epee a la main, et demandant a cn:ret
insia fall. Plus loin, je rencontrai une autre troupe
e femmes ct d hommts,armds de piques et de fuhis,
ui marrdterent en me demandant ft j'erais drpute :
leur repondis que outi, et is me ailTferent pallet
i me difiant qu'ils venaient dtmanwer du pain i
Allemblee natiojial.. Je me iendfs i Montreuil oa
log-ais et ayant appris qu'il y avait eu des coups
e fufil de tires a Verfailles, je retournai i 'Af..
,mblee a fept heures du foir ; je tro vai Ito& tri-
unes et kles bans des deputies occupds par un trrs-
rand nombre de femmes et d'hommes duniit j'avais
encontre les premiers detachemens : M. I'ev6que de
,angres prefidait en I'abtLnce de M. Mourneir qui
tait chez le roi, l'Affemrnblee national prefentait en
ette circonflance to fpectacle le p!us deplorable;
Sprefident et les deputies du clerge etaient intultEs
t menaces par plufieurs etrangtrs. La barre tait
emplie d'une troupe de ces forcenes, et un d'eux
ortait en etendaid une efpece dc anibour de baf-
Lueje ) ropolai de lever la fiance, et de nous
endure cnez ec roi, fur quoi il s'eleva un bruit con-
us et mnenaqant de la paint des etiangtrs. Unie fLime
iui etait afife ai cote de moi me deiAandz de quoi
e nm'avifais ; j'appelai un huifiier pour la fare fortir ,
nais ji ne peuvais 6're entendu: M. de Mirabeau
e plaignit alors de I'audace de ces strangers, et il ty
*ut un moment de filence, bient6t interrompu par
te nouveaux cris des fcmmn s qui demandaient obrf
tin6ment qu'en taxjt le pain A deux fous la livre:
e" frtis pour aller chercher I'oflicier de garde, et
ne pouvant point le dilingier dans tin grand nombre
d'hommes a-ies qui kaiert a i'entr&e de la falle,
j'allai me r.-mttire a ma place. Bient6t apres, le tu-
multe croiffant, et ne pouvant me faire entendre,
et ne voyant prendre aucun part iaifonnable, je me
recirat chez moi a dix heures et demie du, foir: i
onze h.urcs et demie, des homes armC' frappe-
rtnt i ma porte; j'ouvris la fenetre et leur demandai
cc qu'ils voulaient : ils me dirent qu'ils avaitnt faim,
qu'ils prcedaient 1'armee qui etait en march; js
I: ur demandai ce que vcnait faire l'armee A Ver-
iailles : itls me repondirent qu'elle venait chercher
le roi pour le conduire a Paris. Je L-ur fis donner
du }ain et du vin, et bientot apis j'enten is$ lI
tambours ik la oivifion pui Oaffait par Montrr-ui ;
'appris alors que M. de la Fayette eta t A la ter
de I'arme., et cette nouvelle me raffura perfuadd
que fa pretlnce previendrait Ls defordres : j'en-
voyai au chateau a fix lichures diu martin pour favor
ce qui s'y patffait, et je m' rendis auffi-t6t que je
fus infiruit des attenta-s de 1i nuit. Je m'arr-'.ai cher
M. de Montmorin, o )- ; trouvai M. l'vkque de
Langres Qui m'apprit le maff'cre des gardas gardes-
du-corps'et les dangers qu'il avait courus I i-mrnme
en fortant de l'Affemb.ee : j'allai de-la dans les appar-
temens, en trav, riant la cour de marbre, qui etaic
remp!:e de gens armes et de femmes qui paraiffaient.
fort a-.imes ; le roi ewait far Ion bacon avec la fa-
mi 11 royale les miniftres et plufieurs gardes-du-
corps; je m'arretai un infltant pour entendre ce que
I'on diLit. Au moment ou pluhieurs gardes-du-corps
jeraient leurs bandoulieres par la fenetre, une fern-
me qii eta t a c6t6 de moi me dit alors: I1 taut leur
faire gr.ice, n'efl-il pas vrai, Monfieur ? Non, r6-
pondit un ouvrier, qui itait devant cette femme
ils font les calins a prefent, et fi nous manquons
occasionn de n',us deLaire de touted cettc race nous
ne la r:trouverons plus. J'obferve que cet homme
paraiffait 6tre un boulanger, de la taitle de cinq pieds
fix pouces environ, large de carrure, age de A 5 ,
40 ans, ayant une mauvaife phyfionomie : je gagnai
tes appartemens par le grand efcalier; je rencontrai
M. !e duc dOrleans dans 1'9il-de-boeuf; il me de-
man~a fi on alla't s'aflemblur : je lui repondis que
je n'en favais rien mais qu'il me paraiffait tre-n6-
ceff ire de s$affembler tout de fuire au chateau plut.c
qu'ailleurs, et de fe tenir pres du roi; j'allai a di-
vers deputes en dire autaut, ec nous convinmes de
nous rennir dans 1 falton d'Hercune : nous nous y
trouvam'?s trente ou quarance. M. I garden des
fceaux y vint, et me dit qu'on etait aile church r
le prdlident : apr&s avoir atcendut pres dune h:ure,
nons apprimes que la f.aice etait ouverte aux me-
nus-plailirs, et lorfque j'v arrival, on avair deia d6-
libeci de ne pus fe 'eplacer, et la difcuiiiou avait
lieu fur l ordre du jour, qai etait, fi je ne me
trompe les municipahites : )'erais trop vivement
affect de tout ce que j'avais vu. Le fpecracte de l1


famnlle royale cploree; L s teres des garjes-du-corps
ma'lacres que j'avais vu paffer les injures et les me-
naces qui mavaient t& perfonnell-ment adrtffees,
en traverfant la place d'armes, parplufieurs hominws
arm s d& piques, qui me nomritient en jurant ;
routes ces horreurs m'avaient trop emu pour que je
pulfe prendre pattia une difcuilion fur les niunici,-
pa',tes J'allI me promener dans I'avenue oi les
m lices qui retournaient a Paris dichargeaipnt leurs
armes hifaient un feu roulant i ces denonftrations
de joie prolongeaie-'t encore les imprelfions de ter-
reur qu'avaient produites les scenes affreufes de
cetce journee, et le fCectacle d'un jeune enfant
convert de fang qui portrait au bout d'une pijue la
tcte d'un garden du roi.
M


U










J'j11ai le foir chez M. Mounier, et nnus nousS
rt-unikies tr,e vingtaine de deputies che~ M.ABergatle,
pour avifer au part i prendre dans de relies cir-
contlances: les violence conmifes dans la falle na-
tionale i le fang repandu fous les yeux et dans le
palais du roi, ne nous permettaient pls de regard r
nos deliiberations come lbres : nous examinames
ce que l'honucur et le devoir nous cominandai.nt,
et cc qua l'emnpire des circonftances nous intcrdifait.
Nous ne fumes que neuf d'avis de denoncer i I'Af-
1tinbleC tous ces attentats, et d'en pourfuivre la
.-:nurance ; des cotiliderations relatives a la fircte
du roi nous art terent, mais j'ai fouvent genmi de
ce honteux silence : enfin, je le romp s dans Ia
feance du zi novembre dernier celle ou j-i fus
mnoi-n~mne denonce, apiks avoir demanded compete
au conite d s recherchi.s des informations fur les
crimes cor.inui les et 6 octobre i qui elt tout ce
1u= Il depoufnit a dit fa\ oir.

C X V.

Sieur (Charles-Gabrii-Hiliire d'Arfac, come de
Ternav, ag' de dix-h uit a dis-neuf ans, garde-du-
corps f'iiitlu:',raice denm.urant orainairL.m.nt i
Paris, rue Blar.cre au niarais :
PepocZ qltue, dans l'apves-mi'i du J etant avec
le fieur font pcre duas Ics a, partemuens du chateau,
Al a vu er.tr-r des tcmmes avec des deputies et des
gardens du r i* qu'il entendir dire que ces fti'nes
venaiert derim::der du pain; tt fur la demands faice
audit ficur depofant, ar les notables adioints i,
parmi 1-5 homnmes et r les femmes don't il vient de
parler, il n'a pas remarqu ., ou fi on ne lui a pas
faith remnuco'lcr quelaues particuliers; i laquAlle de-
mande le "Ii.ur temloin depofat a dit qu'il croit
avoir difingue dans les appartemens M. de la (Cos,
vtu d'un habit brun, et c.nverfant avec different
groups de nionde; qu'ii etait lors cinq h.ures en-
viron de i'apres-n.idi du lundi 5 ; observe au fur-
plus lu" dpeofant, qu'il connait ledit fiur de la
Clos comme t'ayant vu plufieurs tois dans la tribune
des fupple.ns.

C X V.

Sieur Paul Ftranqois-Jean-Nicolas de Barr-s igc
de i; ans capitainit: d'iianter e i la fice, d&meu-
r.nt a Paris, rue des Fotiis-Saint-Germain-l'Auxer-
rois, aa coin de celle Jean-Tifon, chze M. de
Mirande :
Depofc que le lundi 5 octrbre dernier vers les
trois i quatre heures erant fur I'avenue de Ver-
filies i Paris il vit arriver un grand nombre
d hommes et de femmes du people, qui difaient qu'ils
venai.nt demander du pain, et fe fire enfuite iultice
de ceux dcs nmembres de I'Affemblite national qui
'etraiient pas da'"s les principles du Peuple, et mtt-
tailent de ce nornbre M. l'Pevque de Langres, M
lounier et autres ; qu entire dix et onze heur s di
foir, le d'pofant etant i' 1'entree de la piace d'armes
entendic la converfation de trois hommes qui etaieni
entembie l'un des trois, ige d'environ.3o ans,
blnA figure ovaie tailie d'environ cinq pieds
q'uatre pouces vdtu d'un habit gris niarbre, ei
que le depofant a r- connu, par diverfes indications
tiemeurer rue Saint Honore, et etre un homme au
deffus du commun, qui difair aux deux autres, ave<
chaleur et agitation : Qa'on ferait icentu't en forces
qje les milices a:'llient arriver; qu'il falait allcr ai
chdteeu, fi fiafir de la perfonne au roi et de la reine
ainf! que de rous les coquins qui les entourent qa'on
n'avait pas befoin de tous ces cgerns-l; que pijdju'ils n
favaient pas geuverner il faiait i fe d'iarrnzffr de c
fardezu; qu'au refte, il arrivait uu homrme de I milic
na!ionale ad'nt ils elaient fus, et qui feconderait bite
Ieur deffizn ; qu'alors lui depofant leur dit : Quoi
Mefleurs, il y a done des complots ? C'eft unt horreur
Ie rei n'ej pjs cufe 5 flus miiiftres ont priva i~ue
qu'ils repondirent : Bon bon, a quoi bon a n roi
plus de tout cela : au furplus, qui etes-vous Mo;:icur
lies-vous de la mirice natio'ale ? qu'it leer repondi
du propose, il s'eloigna.


Nota. Les depofitionsnumeros 17 et I 18 font cells
de deux domeftiques de M. Maltuet, qui confir-
ment plufieurs paticularites cities par lui.

CXIX.
Sieur Louis, marquis de Foucauld-Lardimalie,
depuie a I'Aflemblee national ige de trente
quatre ant, demeurant ordinairement au chateau de
.ardim.lie, ores Perizueux, loge en cette ville de
Paris, rue de Verntuil, n. 14;
Depofe que tout ce qut'l ait des faits contenus 6s
pieces don't nuts venous de lui ta're lecture, C'ett
que le dimanche 4 occobre d, riier, dans I'apres-
midi, etant alley fe promtner au Palais-Royal, il a vu
beaucoup de group s d'hommes dais le jardin; qu'il
s'approcha de ces groups poir tither de favoir
quelles conversations s'y tenaient; qu'il remarqua
que beaucoup de tetes etaient echau f ues; que dans
ces groups ii ntendit qu'il etait question de la co-
carke noire que l'on fuppofait avoir ted prife i Ver-
ftiilles, u'ayant vraifemblablcmcut eto reconnu par


$78
quelqu'un pour &re deput" a l'AfTemble national,
Sn lui dcitnauida ii L faith de cerrte cocarde etait vrai .
qu'il repondir avec verit6 qu'il n'Ln avait auclinj''
connaiffnce ; qu'il paraifait que des-lors ii y avait
un project d'aller i Verfailles, fiur le motif, les uns
de la chcrti du pain les autres de ce que la
cocarde noire aviit tkd prifei d'aurres, par me-
conrenutement c ntre la reine, contre la prfonne de
laquelle, on fc p-rmettait les propose Its plus affi ux j
d'aurres enfin fur les manoe'avres attributes aux bou.
rangers; que, fort du Palais-Royal le depofant
entendit' des femmes du Peuple dire : Demain les
chofes iront mieux ; nous nous mettrons I la the
des affairs : qu'une perfonr~e 'it i lui depo-
fant, avoir entrndu d'autrcs fmnimes tenir le mnme
pro pos un foldat national, de potte pr6s I'h6tcl
de Noailles; qu le le lndemain lundi f, ia lpoitat
du jour lui depofant, curieux de voir ce qui fe
paffait, d'ap.rs ce qu'il avait entendu la veille for-
tit de chez lii ; qu! montant Ie boulevard, pres la
porte Satir-t.ionore, i: rencontra M. le duc d'Or-
6lanis vcdu d'unr redingote grifc fans aucune
marque distinctive ayant fur la tete un chapeau
rond navant perfonne fa f fite : is pa. urcnt I'un
et l'.aure furpris de fe rencontier ; qu'apres s'etre
reciprou-,uemen fixes un moment, its le depallk rent
l'un et I'autre et apres q6pIlques pas, ie rctour-
n'rent rel'pecivement pour fe regarder ewnore:
apies u.;,i it; contimuerew chacun leur chc-min i
que lui depotant, parcourant les rues de Paris, il a
vu des femmes du Peuple qui in forqaient d autres a
aller avec ees ; que, parvenu aut quai Pelletitr, it
vit beaucoup de femmes et d'homsies arms de
piques et a.utres armes; iI ne douta plus d'une infur-
r.ct;on prcchaine i qu'il en fut bienrtt convaincu
par le depart des troupes pour Vetlailcs, t&c.


CX X.


Sieur Amable-Gilbert Dufraiffe-Tuchy. 6 de
trente qua:re ans. chevalier, confillter du roi, fon
lieutenant gdnral en la fenechauftfe d'Auvergne et
liege prefidial de la ville de Hiom, depute i l'Af-
femblee national, demeuranitordinair, ment ai iiom,.
loye en cutte ville de Paris, hotel des deux Siciles.
rue dc Rich:.icu i


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D.pofe que Ic 6 octobre dernier it fur prevenu que
des gens arises avaient force la garde du chateau dc
Verfalil:s et aviirnt aflatfine plufieurs gardts du
roi, qu'on iui dir que les denputes f* rendaient au
chateau ; qu'il y fut fur le champ et qu'ceu s'y ren-
dant, i. entenAtt plufieurs individius, C urnitrrme,
qui difaient : 11 taut tu;-t tous ccs b..... de eardtS du
roi.; qu'il fut de fuite dans I fallon d'Hercule ou
etatent tin tres-grand nombre de deputes, et qu'il
apprit que, fans le courage de plufieurs gardens du
rot, la reine aurait ei affatl;nee ; que p utieurs def-
dits gardes avaient ete tues, et que MM. du Re-
pair- et Sainte-Matie &aient les dernicrs qui avaient
refiJt aux aTfaflins ; qu'on lui dir que la garde na-
tionale de Paris en avait fauve p ,fieurs a qui on
voulaic couper le col ; qu'il fe rendit enfuite a
I'AIt'emb'tee national ou ure pmrtie des mer.bres
de !Iaite Affemblee ttaient ; qu'il fur delib&re qu'on
nomnnrerait une deputation pour accompagner le
roi i Paris ; que lui dkpofant fut nomme N'un des
membres de certe d4putation; qu'il vit deux tltes
au haut des piques qui prdcedaient la mnarche de
fa majeti.; que piufikeucs gardens du roi etaicnt i pied
et condau:s comme en triotrphe ia i fuite du roi ;
que lui depofant, qui trait dans une d-s voirures de
la court entendit un rets-grand nombre dc perfon-
n.s mcnacer MM. du clerg- en criant : 11 faut
e2ttrre tous ces b..... de calotinsi la lantecrni ; aue
depuisle hameaudu Point-du-Jour.jufqu'auCours- la
Rcine plufieurs individus a lui inconnus s'ap-
prochetent de lcurs voitures en demandanrt Its calo-
tins, et ne fe retierent que quand ks foliats de
la reilice nationale leur difaiint qu'il n'y avait point
de calotins dans la voiture ; que le 5 octobre, dans
I',pt~s-din6 ii vir arriver a Verfailles un grand
nombre d'hommes et de femmrres; qu'une parrie fe
rendirent i I'Affemblte, ayant i leur there un homme
vetu de noir, porrant au bout d'un baton une efpece
d'eculIon ovale; que ce particulier dir: Je fuis I'ora-
trur des citoyenne4; qa'ayant pris la parole, il
chercha i inculper une parties de I'A'fenble, ev.
d-fignant MM. du c!erge; qu'alors M. le baron de
R.ochsbrune lui dit : Fait.s attention que vous &tes
dans IAffexb ee nationile; fi vous y manquez de
refpect, et que vous en infultiez !es individus, vous
meritez d'etre puni; qu'il vit plufieurs femmes, parmi
lefquelles il crut rzconnaitre des horrm1s d-guifes
en temmes, ce qu'il jugea par la longueur d, leur
barbe, qui s'crant approchees du bureau, mena-
cerent M. 1'evique de Langres qui prefidjic en
I'abfence de M. Mouni-r, qui etait chcz ie roi,
et qu'une d'elles lui dit : Mets les pouc s fur 1:.
bureau ; cc qu'il fit. Alors deux d'entr'elles direct:
Noas formtnes contentes; it faut q e ta nous em
bralfe. D6epfe de plus que dans It; commencement
du mois d'aout fe trouvant au Palais Royal, et
s'6tant approrhe d'un group il entendit plufieurs
perfonnes qui difaient : II faudra aller a Verfailles
pour paffer une revue devant le roi, et 1'engager
de venir i Paris le zy, pour recevoir Con bouquet;
et s'il ne veut pas y ve: ir, it faudra I'aler chercher.
Depofe en outre qu'il a o..i diue que le minultes


sites I M. 1'archev&qu. de Paris avaient it4 exc.
es par des ennemis du bien public, qui cherchaient
6garer et i troimper Ie Peupl! ct a intimider kst
.putes. Dipofe en outre qu'il croit devoir nour
clearerr une converfaiion quuil eut le 17 juint der-
er, ptremiet our quI le roi vint I Paris, Mon.
euil, chess M. Malotuet, od 1= trouvait M. Coroller
u Mou(ttir, depute, qui, en parlant de la revo-
tiuos, dtt qu'on ne pouvait rien fire que par It
'rce ; qu'alois M. MalouCt lii dit: Pourquoi a-t-oa
herche I me calomnier come on a fa t I Nons
vrons bien que vous etes d'honntees gens, rtpondit
I. Coroller, mais vous 6tes trap moderes et aui-
ntfous d'une revolution. On lui obferva que (ani
i defection des Gardes-Frapaiifes, cette revolution
tait manqu'e et on expofait le rovaunie au ral-
cur de I'anarchie ; a!ors il dit : Nous rions fOr
e la defection des troupes; n ais, lui feportdic
I. Ma'ouet, vous n'aviez pas prevu le renvoi de
d. Neckreret fans cette faute, vous ai'riet ichoui.
)n avait tout p.evu, dit M. Corotkr: ii M. Neccer
'avait pas t4i renvoye .la revolution Ie ieraih tou
ours faite : on aurair mis 1. t-eu au palais BomEibona
ni eft rout ce qu'il a dit favor :v a perfite, n't
equis falaire, tt a figne avec nous le con.mi-m
rcfdiier et lefllits fieurs adjoints, i pareil endroit et
u bas des pages de a minute de la prdfente d-po-
ltion.
CXXI.

Demoifelle Gabri_ Ile-Therefe Paillet des Brugnieres,
igce de 4 ar.s, epoufe du fieur Pierre-Nicolas
.olAet d'Hauttville, fermier- general des meiTage-
ies, demeurant avec le fiur Ton manr, rue de
Bondyi
Depofe qu'elle n'a abfolument aucune connaiflance
erfinne!le des fairs qui re font pafl-s i Verfaills
les f tt 6 octobre dernier, n'itant pas forrie de
Paris : obflrve qu'ily a environ trois tcmaines, Mt
lour donr dlie n'etl pas mnmorative, erant dons mn
loge i 1'Opera un june home blond et pile.
qui etait dans la loge nuJmdrotee o10 ou r, dit i
une femme qui lui a' nonCait que lks damss do ia
halle projettaient de ratiener le roi i Verfailles, por
qu'il y fit fes piques; qu'il ne cioyait pas qu'dl l y
fit de long-terns, attend que fous pCu on lui don-
nerait fes It'tes wae brgeoif*; que ce propo" a dt6
egalement entenhiu par M. le chevalier Brugniees,
qui etr~ i avCc elle depofanrei que qu:lques emaines
auparavairt, ledit fiur Brugmeres etant ytC elle
ndpolanre i I'Opera dans la w me loge, ils ont
entendu trnir, par le mime jeunc homnw, des propose
qu'tle a mal .r-eenus, mais dans kfquels ii tait op-
lement question du roi.

C XX II.

Sieur Henri-Francois-Tlucrecius Darmand, m irtuis
de Blacons, age de j ans, depute de la province
de Dauphine a l'AUImblee nionainale, demeuranc
ordinairement i Grenoble et actucllement me do
Gramont, n 2, n Paris;
Depofe que quinze jour avant I'evinement des
5 et 6 octobre, avoir entcndu dire vaguement, mais
par plufieurs perfonnes, qu.e les ci-devant Gardes-
Francafes avaient intention de revenir I Vt.rfailles
pour s'empartr d&s poftes qu'ils avaient precedem-
inent occupies ; avoir tentendu dire i M. Revol, depute
du Dauphine, que M de Mirabeau s'etait approch6
de M. Mounier, alors prefid- du et I'avait jprte de kver la feance, en lui
annoncant l'ativeie de quarante mile homiies de
Paris; q,'ayant ete tq duputarion lix heures du
foir, chez le roi il y trit rftcl jufqu'a ,eufheures
avec M. le duc d'Aiguillon; qu'i1 en ft forri pour.
caller diner chez ledit fiur due d'Aiguillon, doa
il eft forti i dix h ures ec demie avcc lui pour fe
rendre a I'Afemblee national, oi i's reflerent en-
femble jufqu'i minuitr; qu'ils reprirent ensemble 1e
chemin du chateau, oiu ils reltcrent jufqu'i deux
heures dans J'apparternent inrtrieur du roi ; qu'ils
retournerent de nouveau i I'Affcmblee national,
ou ils fe feparerent i trois h ures un quart: obferva
qu'i onie heures di miatin, le mardi 6, ayant ert6
de la part du roi prier M. Mounier, a!.rs prefi-
duat, dengaper l'Affemblce nartionale i fe tranf-
p&:rter au chireau, M. de Mirabeau, 'ors de la


propofition a l'Auemblee s'y oppofa fortement ;
qui eft tout ce que le ddpofant a ditr favoir.

CXXIV.

Francois Pep;n, g de pres de 54 ans, colporteur
de perites merciries demeuraint a Paris, rue des
Vertus, maifon numerotee 24 ;
D'pofe que le dimanche 1z juil'et 1ernier, dans
l'apr6s-midi vce:dant des papicis publics, et et; :a
dans une rue press le Palais-Royal, il a eie entraii.e
par la foule a.x boulevards pour taire former les
fp:ctaclcs et de fui:e chz Curtius pour s'cmparer
des bultes de M. le duc d'Orliins et M. Neckeri
qu'un jeune hontme veti d'un habit de toie rave,
ayant deux montres, s'empara du bulle de M. Neckl r,
et fit remettre, i lui depofant, cclui de NM. le uc
d'Orleans ; quil s'en charge d'aurant plus volon-
tiers qu'il cornaitfait le ficu.r Currius qui ils
apparteaaiet. mais, quo chemin faifant ec parve-


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mus pres la porte Saint-Martin, un itune hwnme
aywrt un c.ee I fon c60e, lui a pris Ie baite u'il
portaiti lui ddpofirta luivi la foule, qui apies m.e
paife par diverfes ru<.s e ntrie au Pa!ils-Royal,
et deal I Ila place Louis XV ; observe que Il
Peupl tlui fuiva't, cnriit: Vive M. Necker, vive
Mi. le duc d'Orlans i quitant place Louis XV,
a,2n't v, le buae de M. le duc d'Orlais aban-
dome il s'en empara, et peu de tms apris it requt
a It ja:.,be gauche un coup de feu et i la poitrine un
co!p de fabre ces cuups I'obfigerrnt a abandonner
ledit bu;fte, qui fur ramaLfe par uu homme du fieur
Curtits qu e Ie dpofa chez un des fuiffes des
T.mi.leries i que lui dppofant baignant dans Ton fang,
fur port an Palai4-,Ioyal et eeXpof i Ia vue de tout
le Monde i q;u'on lui banda fes places, et un jeune
ho ume qui &tait i fes cotes, dit haurttnent que
lui ddpolant avait t6d blefl~ par les troupes; qu'ila
inviter tout le monde i prendre les armes ; qu'il
fallait fe defendre ; qu'il 6eait terns; qu'on mit
meme dans les mains du d~pofint un fufil, don't il
n'a fait apcun ufage ; qu'il a 6r~ porter enfuite a
I'h6tel-dieu, &c.

C X V I.

Sieur Conflintin Tailhardit de Lamai fonneuve, 11
de trente-fept ans, conftiieer-procureur du roi en la
fdn6(hauhee d'Auve: gne et fiege p-efidial de la vile
de R io;', deput6 I Aflfemrntie national, demeurait
ordimairement I Riom, et loge en cette ville de
Paris, rue de Richelieu, hotlr des deux Siciles ;


Depofe qu'il paf a la journt4e du dimanche 4 oc-
tobre Paris ; ]que d'apres cc qu'i: y entendit dire ,
d'apres le manque dc touted cfpece de precautions
pour difiper las attrouppemens qui eurent lieu pen-
dant route la jouraee au Palais-Royal et d'apres
fur-tout les propos qu'il entendit tenir i une ving
taine de gardens nationiles, qu'il prelhume &tre ci-
devant des Gardes-Francaifes qui b'lvaient des li-
'ueurs fous la tente dut pavillnn du cafe de Foy ; il
s'en retourna le foir i Verfailles, avec I'entiere per-
f.afi.on q.ae le lendermain la milice parifienne s'y
p' irterait en grande parties let tribune de 1'Affem-
hl'-e furent occupies par les hoinmes et les femmes
vn:us de Paris; qua la barre drait remplie de ces
menies f-em.nles ayant I leur rtee un ora.etfr vdta de
noir et portant en forme d'6tendard une efpecr
di. tamboor de barfque que cet orateur ayant dans
fon diftburs iniurii les membres du clerg6 le dc-
pofant s'approchi d lui et lui impofa filence ,ce qui
ftr auf ft tait haute voix par un ddputd de la no-
blefe que lui deporfnt croit ecre M de Roche-
brune ; que lui depofint etint approchti de M. le
marquis de Sillery et lui ay.nt entremdu dite i des
deputies, aupres defquels ii etait afisi, que 'e roi
venait de partir lui depofant lui affura qu'il n'er
ctait rien : fur quoi tM. de Sillery garda }e filence
qu'ctant tout de fuite pafGe dans unepartie de 1;
fall., il entendict M4. le yicomte de Noailles dire ega
lemcnt a fes voifinS, qul le roi venait de partir qu,
lui ayant dit, ainli qu'il venait da le faire a M. dc
Sillery, que la chof. n'6tait pas M. Ie vicorrte d,
Noailles lui repondit qwc cetait M. Malouct qui v.
unit de lui affirer lA nouvelle; que le lendemaii
avant demand a NM. Malouet fi ce fait cait vrai, c
ier.di lui attelia quiii n'avait meme pas parle a 1
fiance. du foir de la vei'le a M. le vicomte d
Ioai'.;s ; que peu de teams apres cette converfat:r,
avcc NM. le vicomte de Noailles, les hommes et k1
femmes qui remplifaent r les tribunes de la falle, e
dcAcen ircnt et vimaent fC; meler avec les deputds
(t s'emnparerent de leurs bancs ; cqu'alors I'Affen
blee national reprefentait le fpectacle Iz plu|revc
tant d'hommes et de femmes ivres ert artnes,
don't la plupatt des uns et des autres avaient la pli
mauvaife mine; qu'il averqut auffi dans la falle
dans fes corridors p!ufieurs gardes nationals de
milice parifi:nne ; que dans le bane qui etait imm
diatcment derriere celur oi il fe tinrt q-ielque ter
pres du bureau du prefideit etaicnt aflis trc
jeunes gens qu'il ne reconnaltrait pas, qui pariaie
em!'emble i qu'il entendit un des troika dire aux autt
qa'il avait recu cent fols ; croir devoir ajouter
details d'une conversation qui lui a donnd bea
coup a penfer dans le reins, et qui pourrait f
vir a txpliquer plufieurs dzs 6venemens qui c
prEce.de les journeys dcs 5 et 6 octobre ; q
e 7 juilet, jo17r ou le roi vint a Paris, lui dep
iant y vintt dans la voiture de M. Matout avec
d.pute M M. Dufraile-Duclhey, Lebrun,deput6
Eourbonnais, et Coroller du Mouftoir, depute
lret.gne i q>.*avant de monster tn voiture, et
dillernant chez M. Malouet, celui-ji dit a M.
Curoller: Pourquoi vos b etons fe font-ils fi f
acharnes a me calomnier dans l'atiemb.ee ? N(
vcus connaiffuns bien, dit M. Coroller, nous
volls bien quc vous etes un g:ala'it homn- n; n
vous &es rnoddr et la inoderation ;e vwut r
pour une revolution ;i que dans la voiture la c
verfation eut principalement pour objet les eve
mene d'alors; que*M. MalouRt diti a M. Coroll
fur ce qu'il parlait de la revolution comme y a)
eu beaucoup de part, ainfi que les auties dept
bretons : Mais la revolution ne fe fitt point
fcctuee, fi les poiffardes et la canaillelde Verfa
n'avait pas pnurfuivi i coups de pierres M. I
;hevcque de Paris. C'etut nous qui les faith


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a;ir rpliqua M. Coroller. Vous ne feriez
venus i bout de rien, pourfuivit M. Matouet, fanw
la defection d-s Gardes ria"caif.:s et ides troupes.
Nous irions firs des coupes, repondit M!. Co-
roller, nous avions depuis lon.-teri;s des correr-
ponldances avec tous les regimens. Mais malgrd
tous les moyens, vous auriez f trement echoui,
fi la court n'avait pas commis la mat adreffe de ren-
voyer M. Necker, continue M. Maloutt. M. Co
roller repondit ralors-: Cet eivnemenr n a fait que
hater de deux jours l'exdcution de' notre plan.
Notis itions fdrs d'armer Paris, et pour celt le
feu devait itre mis au palais Bourbon. Alors
M. Malouet finite par ditr qu'il n'avait plus rien
a r6pondre, et ajouta. en continuant de parler a
M. Coroller : Vous avez done bien fait de
ne pas me mettre dans votre fecret, car je n'au-
rais pu approuver do pareils moyens pour operer
la revolution. n
Obferv* qu'il etait du comitd des reach rches,
immddiatement ava-.t celui qui exifte aujourd'hui,
et que, lors de fon en rte audit comitd il y
exiftait trrs-peu de renfeignemeus fur la prefente
affaire; qu'il n'avait point etd faith d'invcnraire de
la majeure parties des pieces et renfeignemens qui
traient alors dins le bureau ; que tous les ren-
feignrmens qui ont pu venir pendant ie terns de
fon exercise, relrtifs a c-tte arfaire, ont 6te exac-
tement enregifltrs : dkcl're que pendant fon exer-
cice au bureau des techerch.s ii a dtd apporte par
an membre.du corite dts rechorches de la corn
mune de Paris, pimin une petite boite de morceaux
de bois de differentes longueurs en forme de
labels, provenans d'une t:s-grand quantted qui
.wait ert fi;ifiu fur des voitures a la fuite d'un re-
giment ; que ces lambtls font d4pofds au conite
des recherches de la commune de Paris ; qu'il a
autfi dte rendu compete dans le memne terns, audit
comitr des recherches par celui de Ia commune
de Paris, d'un grand nombre de plaques aux ar-
mes d Orletans, commanders ne fair par qui ni a
qui i qu'il a auffi 6tC rendu compete, toujours par
le cornitC des rcchcrcbes de la commune, qu'ur
affez grand nombre de iettres avair ete arrete a la
pofte de Paris cqmme rtint adidlfes A plufieur!
perfonnes, entr'auwes i a mairon d'Orleans, ve-
nant d'Ang:eterre, et don't ouelques-uncs :taien
meme aux armes et de i'dcriture de M. le dui
d'O l6ans et que ces lettres doivent etre depo
fees au commit tides recherches de la commune
qui eft tout ce qu'il a dit favoir
C X X V I I.
Meflire Claude vicomte de la Chatre, feigneu
de Mont, en Poito. ddputd de cette province
Sag de cinquinte-fept ans, demeurant ordiiiaire
ment i on chateau de Mont, paroiffe de SAiat
Clement de Sceaux logd en cette ville de Paris
? hotel de la Chitre rut de I'Unriverfite i
S D pofe ainfi qu'ii fu:t: Je declare et affirme trr
e reflt i 'Affemblde national alors a Verfailles
Se octobre dernier jufqu'aux environs de cin
c heures d I'apres midi, et en erre forti au momei
ou on nomma MM. ks deputds pour aller che
n le roi lui faire fanctionner le decret. A ma fort
e de la falle de I'Aifemblde etant avec de lines co
a dputers pour aller diner, il y avait dieja des fenim
e a la premiere porte d: la cour des menus en grant
n nombre qui me parurent prefque- toutes c
!s grande taille; on nous dir qu'il en artivait
n Paris une plus granIe quantity; je n':n crus rier
, et conriauai mon ch min pour allcr diner.
i- peinme tfumes nous etablis i 1a hotel de Touloufi
AI- que nous entendimes de toute', parts que quatre mil
er temmes afiegeaient le chateau ; que Ic roi et
us reiiu etaieRt en danger. Nous cournimes tous
et chateau, oi nous trouvimes grilles e. portes fi
la rI mees. Nous entrcimes, apres un morn nt d'attentn
ie- ai lfaveur d'une pofe e fenrtnelks A laquelle nc
ns annoncames etre deputies: il etait entree cinq et
>is heures. Arrives a l'(il-de-boeuf, nous y trouvan
nt un monde enonme : madame Necker madame
es Stadel, madame la miarechale de Beauvau, et L
les autre petite dame : ellks y dtaient affembl.es ;
ii- les y ai vues pindiant tout le terns que j'y ai di
-r- ce qit a e&td ujuu'A minuit et drmi, que nc
nt resumes les ordrcs de fa majefte, donnes a M. M<
ue nier pour lors president, pour aller a la fall
10- prendre nos feances. Je declare avoir vu, le
ce jlour 5 octobre,entre fix et fept heures, ks femm
du ou du moins elles en avaient le coftume entrr


Intc- ment longeant la line des troupes, n dehrrs
oi ; d'elles, ayanr lair de venir de la place d'armes, oil
lent les Gardes-du-corps, au nombre da deux,. avaienr
:her etd ledit martin ex.cut's. Ce prince pdif:it ous
uel- la croifee 6iu j'ctais, au premier avait une badine
une a la main tine groffe cocarde a fon chapeau et ne
per- ceffait de rire. J'drais avec les nommesJacques Gue-
ious itifley et Antoine Eud,'line to.s deux domeitiques
ces de M. le come de la Chitre ce dernier etant alirs
I fe chez Monfieur. L'un des deux, je ne fais L-quI,
i et defcendit a la porte du fuiffe d(- marne ded Ta-
rent laru, a Verfailles ; I'aurre rdcla avec moi a cetto
peu croifee, ainfi que le nomm Ftaro)is-C!au'ie, dic
:que Mirecourt, mon domeftique. J'ai vu longer M. le
ient duc d'Orleans fuivi d'un multitude tues- norm-


de ct apres, a la fuice d.s ddputes i I'Alfemblee
en tionale qui allaicnt porter les decrets a la fa
de tion royale, pour difaient-elles, forcer cette fa
.crt. tion. On voirut les empecher d'entrer chez le r
ous MM. les officers des gardes-du-corps qui erai
fi- de service, firent ce qu'ils purent pour empic
Iais ces dames ou pretendues telles d'y entrer; q
rien ques moraens apres il en fortit quatre, don't
on- tres-grande qui tenait un paper a la main, I
He- qant la foule et criait tout haut, en jurant : /
ler, Ie favions bien qu;e nous It fei:'ons fanctionner. A
rant paroles, prononcdes tres-formne et fort haut, i
utis fit un bruit de voix 6no'.ite dans ie chateau
ef- dans i's environs. MM. de la d6putation forti
illes un moment apres de chez le roi ; on retla un
'ar- tranquille p-ndant quelquws moments. On difait
ionsr trente miUle homes des habirans de Paris ven;


I VerSailles; beaucoup d;fai.nt : M. de la Favette
en empdch ra ou aver:ira et perfonne ne prenait
aucuine precauion du moins de cell-s tres- nom-
breufcs qui etaient a 'Eii-die-boeitf rt autres pIcCt
adjacentcs au cabintet d'l roi. Je declare que le
mnme jour vers,huit beures environ etnt lut
le balcc'n de la clianbre du confeil, j'ai vu pa[-
tir de I'anicien corps de garde du r'gimenrt res
Gard.s-Francaifes,au bas de la premiere cour dii cha-
teau de Veriailles, uae decharge d'environ cinquante
coups de fufil, dmnc la direction me parut quoi-
que un peu eloignde ere a hauteur a'un home
Ca mn'etonna, .st le dis a de tres-ancciens mili:aires:
Ah I mon Dieu, il va arriver de grands malheurs;
comment fe ieut-il qu'on n'y metre pas ordre ?
Ccs meimes .. ciens inilitaires, que je n'ai 'houn-
netir de connaitre que de vue, me foutinrent que
c'etait une re)ouilt'rnc& ct que ces coups di' lu-
fil etaient tires -n l'air ; je foutins avcec force
que non et beaucoup de militaires qui craient
cserrkre moi eurent I'honntet6 de dire : M. le
vicomte d. la Charre coit s y coi;nitre et :1 re
.fe trompe pas ; on a tire de maniere pour tutr
quelqu un. Ces ancicns militaires, d'apres ce pio-
pos, fe retirement chez le roi, i ce que je crois,
et on ne fut pas long-trms a etre certain cue )e
ne m'eiais pas trompe, M. do Savonnieres et beau-
coup d'autrcs ayant edr blelfis de cette ddchar:;c,
partant, comnme je I'ai dit, du corps-de-garde :
d'a.llcurs je rdclame a cet egard et br'.,ucoup
d'autres faits, qu'on veuille bien entendre t tlomne
Ifratiois-Claude Mirecourt, mon doniettiju log6
h6tel de la Chatre, rue de I'Univerfite. Je declare
avoir rett affllis a la porte du cabinet du roi, charr.bre
du confeil, depuis huit heures environ, jufqu'a
onze hcures et demie aufli environ qu'arriva M. de
la Fayett.; qu'il traverfa l'Kil de boeuf et les
appartemens y atena ns donnant le bras a deux
meftieurs en uniform de la garde national jo
crois de Paris ; qu'il a dtd chez Ie roi tries peu
de terns. Je declare que Ie roi ibrtit feul quelques
moments apres de on rtappartement et qu'il me
Sdcmanda : M. ke la Cliarre y a-t-il beauccup do
deputies a l'Etil-de-boeuf ou dans le chateau ? Jo
s lui dis : Oui, fire. iraites -i es avertir qu'lls pa-
. raiffent ici. 11 me dit encore : Y en a-t-il des corn-
t munes? Je repondis: Je n'en fais rien. Quelqu'un
c que je n'ai pas I'honneur de connaitre parttt,et
. tut y voir, et revint dire qu'il y en avait tres-
i peu. Le roi dcant pour la feconde fois forti de les
a:ppartemens dmainda d'avertir M. Mounier pour
lors pieiident et aufiA MM. les deputes des com-
munes. M. Mounier arriva. Sa najailt fortit avec
M. le ga de-des-lceaux. .e roi di ai M. Mounier:
lr M. de la Fayette m'a prtvenu, fans cela ;'aurais
ete au milieu de vcus pour y profiler de vos con-
feils dans cette circontiance ; mais M. de la Fayette
'- m a prom s de me garder centre les pretendus bri-
, gands qa'on dit arriver i Verfailks. Le roi dir 1
M. Mounier d'aller reprendre fa fence : nous par-
re times avuc lii pour nous rendre aux Menus, ec
, pafsames au milieu des deux lignes des troipes ,
iq i huit homes au moins de hauteur : ces oeuX
it ignes prenai.nt des la grille de la court de marbre
.z jut'qu'a celle des Menus, etr peut-r-ie plus loin ;
ie que paffrnt dans ladite ligne beaucoup de ces
o- gens rn'unt nommer M. de Vorfai, en nous inju-
es riadit. Le pottes etaient deja reeves par les troti'es
iid arriv !es dans la nuit. Je declare qiie moi, et ceuc
de de MM. les deputies rendus i la i lle des Menus ,
de nous y avons fiegd avec des femmes et des hommes,
7, en grand nombre qui y faifaient beaucop de bruit
A en ilua'lt cruellement.
e, Je declare qu'ai heures un quart du marin du
Ile 6 octobre dernier, un honorable membre propofa
la a M. le prdfident de lever la f.ance ; tous Its mem-
au bres etant exc~dds de fatigue, on la leva Je me
mr- rendis au pavilion de Talaru, cour des miniftrcs,
s oui je logeais A Verfailies ; j'effayai de monter an
ius chateau, les grilles et portes en drtalent ftrmd s
fix et gardees par les troupis arrives dans la niit.
ies N'ayanc pu entrer je vins darts ma cht:nbre, oi
de j'eirivis peut-etre une heure et me mis fur mon
mne lit. A peine tais-je endormi, que M. lq"comte de
je la Chatrre,pvemir gentilhomme de Monfieur, log6
t, dans la chambre donnant fur la cour des miniltr.s,
,us mc ditr:,, Viens done on traine Ils Gardes-du-
)- corps, et on leur coupe le col, je crois, fur la
re- place d'ammes pres la grille d'entrde de la conr
*dit des mnirittres.,, Je reclame A cet &Pard aue M. die
Its, la Chatre foilt enttiilu. J'ai vu de cetre rhan.bre et
er, j'ai entendu des cris percans de vive Ic roi .'Or-
na- lins i j'ai fixd mes regards du ctr d la cour des
nc- mminitres, 1'ai apereu ce prince dans ce mene mo-




U-- II __ __ __ _ ~ _~__~-- .i C-- _ ___ 5~-i~- ~ _~~~_ __


"brcuffr et qui ne dircominuiit pss de rire en ffiam
jou-r (a bamie. Le premier ava.t V'ait de dirigcr
f.s pas vers ii cur, dcs princes i le I ai aptriru juf-
,tu'a -a grille qui terme c-tte c. ur. 11i avait a
cett' gr:lIe un group de monie bitn habitle et :ans
arr.ts, qui n'ant riea dit a M. I duc dO l ans,
ct'li a rebroufft L.he-min, et Ioujl.Ars fuivi par cetttc
V.ulti'.utie dre m~mTde quli rn'ont p.ru tous pretque
l.u-, tt dins le It nwbr: b.aucx.up de femmes ou
(;,I moist elles en avaicnt le ci.tu-ne. Ce prince a
f r,; pat a grilic a core du paviu.on Talaru a Ver-
;a'.,!- qui doi.ne je cris 'Ians 1 rWte d: a
Chincellirie j ne I ai vu que jufqu-ii i ; atis j'ai
entci.d-u lo;:.;-te-:s d:s cr:s ou h.irLwens dorAtje ne
p ux rernirt; e lns, et ea-ote mains les paroles.

C X X V 111.

Si-ur Francik-Nicolas Gutrou!'. du Rerville, ige
de z. alni e;i.ion, ;Ga d-.-,u-corps du roi, co;n-
pa.gie Ecotlirk *denm-uram o:dinar;.n net cans la
vil:k d'i-.:, log! en cttre vile de Paris hotel tde
Montauban wue Glt-le-Coeur;
)epoFe que le lundi j octobre dernier fur lei
S hto res du ioir, Aui depo'anL et cinq ou fic d.
eIs ca ilarJA.s paffant du Ch.:nl au Grand-Matlrrt
p )ir y g:g.:er fu h6tel, ils furt tt poutfl's p.r it
People q.t Itur dit :- ctirf z-vous Meliturs,
ce font I s GarJes-Francqa.fes qui aflaffintnt vos
rcauar ." ; a'.ors ils entrer;nt a hotel d0 Cha
roll ...:int confcil de gu rre pour lavoir s'ils re-
t.)ur.erai.nt a leur h6:ejl par i'avenre de Paris ou
par la piace; qu't;s ( d-cid rent i pifer'par Il
place; c t comnie is pafhai tit deva,'t l'avznuc d
Paris i's fure.. tfitiles i qu'ils cntr-iu.reiit des voix
t.,e: 'I' u, ttie ce iont des Gardes-d- corps ,, ;
quje certe dechirge les ayanr tous diTfips, lui d
pofant diri3ca ei ple s v-is le chiteau oj des gen.
du Peup.c en grand npmbre le luivirenri qu il tra-
ver(a le regiTrent des 1 ro s-Evech2s, en bat.aill
a!ors en .,vnt dc la grIlie de la court des mi
niA:res.
La, fe crovant en furet6 ii fe retourna et vir
le PCUT"t q9..i "enait ,:r i i ; un cent-fuiffe saper-
c.evantr dr dager que iui depofant courait, le coo-
vrit dc foni mnnteau ; et ':a!ns ce moment, lui de-
pofant reCit: unr conp de maifie fur la tktc: que Ic
cant fuilie 1`. port cour des minlftr si et apres avo:,
repris fIs Lns i f t po te dans le gallon du rci
qu'ap-es cet evenement il fe couch ; le mard; fix
1:x hetirts un quart environ du nmatin, ont vint dir.
dins Ia falle dts ga.dcs : Virte mes amis, on vicn
d e lever u n de nos ca'naradcs ; qu'ils fe tranfpor
tercnt au h3ut de 1'efcalier on' ils trouverent un
foule de guer-x arms qui voulaiet enter; que,
mligre le- efforts de lui depofant et de fes cama
ra irS, po-ir en)Ipher ces g.ns d'entrer, is les ont
p-;uffs jufque dans leur falle; et Ia, ne pouvant
plus y ttnir, ils fircnt avertir Ia reine dj danger
qu'clle coura.t : ap es setre itroduirs julque d.ns
la piece q i prec -de cele ru" la rein- etait cou-
chee, la port de la reine ainrs s'eff ouyerre : ellt
n'y etait pius, mais ils trouverent le roi, qui leur
demand queti-ce quil y avait ? qu ils lui repmndrcnr
que le chateau etiit force de routes part ; qu iis
tenailnt chcz Ia rcine pour I'-ngager i paffer che7
lui. Sa maj;le s'en rctourna, et iis la fuivirent ;ufqu'a
l'Ei;-d.-boeuf; que la garde national parifienn'.
fujrvsnue, Its a .zeivres du Peuple qui trappait a
coups redouble: anx potes i quil a fuivy f niaajlfe
quan.i elie ei vt.nue a Paris en derni-r liutt ; qua
Seves ne pouvan: plus y tenir il quitra la furi
i.t motrta dans une voitu:e avcc un fol-lat natiora;
cti le tetiait par le bras, et lui fcrvait comme de
fauf- conduit i que dans la voiture ou etiie;t deux
homes vetus de Ihabit ,iniforme d. gardes natio-
rtales, le premier, dans la cnnverlation, dir que, fi
V'on n'eut pas trouve le roi Vterfailes, on aurait
proclanme M. le dauphin, et que, fi l'on n'ert pas
t : ..vd ce de.rnitr, on aurait proclame M. le duc
d'Orleans ; Iks d-ux autres mouitrerent i iui depn
fant 1'arr&et du faunbourg Saint- Ar.toine im,;rin ,
duqueli n$|fe rapp -llie pas du conrenu i; que le garde
c,ui fervait de fauf-conduit a lui depoiant, ie con-
drifit chez M. de la Fayette, oui il flut depofe a
l1 garde et fur laign6 le foir, tt eut I'honneur de
voir trois ou quatre fois madame de la Faye:te q'ji
a pris de lui tous les Coins potihbles. IT.e lendemain
Iu! ^dpofa: t pr;t congd de madame de la Flyette,
fe rendit au chateau fcus l'efcorte de grenadiers que
M. de la Fayttze lui donna.


Nota. Les dpofitions numerorees CXXIX et
CXXX, font de deux girdes du corps et .on-
tiennert les mne-es decai;s que la prtccdente.

CX XX I.

FrancNois Duncnr a"e de qu:rnanre-deux ans,
fuiffe au service de madame I\ vicont-infe dc Talaru,
chez laquelle il dementre I Verfailles, papillon de
Talaru, cour des miniflres i
1)- pofe que le mardi, 6 octobre vers neuf a dix
h. ures du martin, le d&pofant 6tant fur fa porte, a
te t-rmoin du mcutred un garde-du-corps a qui un
hormm a longue birbe a coupe la tCe ; que meme
cct home .yart cles mains routes enfanglantees,
eft vnu dedimander A i ui d'ipofwait une prif. de tabac,


qui la lui donna en .a lui mettant fur la nmain; que
cct homme d!t: Ex voil deija en; cc na fera pas It
aervurr et paraitlait joyeux en pronoai~ant ces pa-
roks : a vu april patiEr encore un autre garden du
roi qu'on allait itnmuoier ; ne fair rien de particu'ier
de ce qui s'dtt ptL ia Verlailles, eis ert 6 ocrtbre
deurier, &c.
CXXXII. .

Franrois-Clauie, dit Mirecourt, ag decinquawe-
quatre a;:s ou ciquante-cinq, domettique au tL.rvice
de M. Ile vicomte de ia Chitre ;
Depofe que le jour que les gens de Paris font venus
a Vcrfaitlus pour aim-ner le roi, les gardens du roi
qui devanaiient ct luivaient fa majefte qui r:venat
te la chatfe, ont ete aboy6s par le Peuple de
Vcrfail'es qui h-riait fur eux; que memn- un petit
po) iifn a )cte q eique chof-. i un garden imats t
i'a pas atteint; que le foir it a vu et entendu tirer
des coups d fiufil fur les gardes-du-corlp qu d4eti-
I. eit mais ne p ut dite precifement par qui ces
coups etaia.nt ires, et q%'ils partaient du corps-de-
garde des Garles-Fra ilt.-s i que le lendemain
mardi 6 vers huit hurts du main lui depofant
trant avac le fieur fon m rtre dins ton appartement
aj premier itage eti a la croiee, a vu M. le due
d'Orleans ayant un' grotfe cocarde a Cfn chapeau,
.t tcnant a a main une badine qutl taifaiti j-uer el:
ria:t; que ce prince montait de ia place d'atmns vers
Ia grille d ies rinces fe portant fur fa gauche et
cotoyant Iks troupes qui etaient en ligr.,s ;i cue
Ixanacoup de Peuple le fuivait en criant: Vive le
.C if Odrans I, "&C.

CXXXIII.


Jacques Gueniffey ,
huit atIs domeflique
de la Chitre ch;z
!Univerfite ;


ige d- pres de quarante-
au service de M. Te come
lequl il demeure, rue d&


Depofe oue le mardi 6 vers huit i neuf heur-s
Au mat:n, lui depofant etaut dars la cour des mi-
nildrcs a Verfa lies, a vu M. le dluc d'Orleans,
v&u a ce qu'il croit, d'une rejingotec, ayant fur
fa te un petit chapeau rond, auquei etait une co-
carde, tt:art i( Ia main une badite, et parlanrt a',
Peuple d'un air gai et riant ; cu. ce prince 6tait
avec M. le duc de Biron ; que les gens du Peuple
qui I'environniai.nt criaient : Vive noire bon b auc
a'OIlians &c.
C X X X I V.

Sieur Jacques de Coulomme ,aigi de cinquante-
trois aus chevalier de i'ordre royal et mili-aire de
Saint-Louis, m-rechal-des-loois d s gardis du roi,
co.?4gnie de Gramont, ci-devant de Villeroy i
Drpo e que le lundi, T octobre dernier, fur les
uatr a cin h-ures dui foir il a 6te requis par M.
e Cuvervill capitaine de dragons, po-" vis-i-vis
!a lalle de I'Altemblee national avec fon dctache-
msnt, de lui pirter fecours, parce que 1c Ptaple
arrive de Parit, menyicat d'y mettre.le teu i quite lui
d-p ,fant, un au re ma e. hal-de-logis et quatorzc
gardes du roi, s'y renJir-nt ; que come iVs etaient
ran e ecn ba:aille un home de grande taill-,
f, rti ou de la falle de 1'Affemblee nationle ,
ou d'une maifon a c6re ayant a la main une meche
allumrne court fur i'averue pour m:ttre te feu a
tro's pi ces ce ca-on qui avaient et~ amenies par le
P-upic; que voyant qu'iTs 't:ient tres-sxpofes, lui
depofant propolfa tes ctmarades et aux dragons
d'tnlever cces canors: fes ca;va;:.des s'v porterent de
bonne volontr ainfi que trois ou quatre dragons,
Is autres rnurmiurerent; de forte que fon project refta
fans execution. Obfcrve que dans ce moment deux
des hoT m.s qui etaient a ces canons, dema:idertnt
a p rle-nentL r av-c des officers de dragons et leur
demander nt de fire partir lur troupe en av.ant,
qu'ils n'en voulaient qu'aux gardcs-du-corps; que ce
propose firt t-nu affz haut pour que lui d6pofant I'en-
tendit ; qu'un officer des dragons vint aufli lui en
fire part; que Ii troupe de dragons ayant reqn
l'ordre de fe poit r en avatit, lui depofant 1. s fuivit
de pris, dc for.e qm'il e6tat impoflibl de tjrer fur
eux gardes du roi, fans tuillkr ks dragons que
ayant quite les dragons et yartr fat. commande-
ment a gauche par deux pour fe p rttr vers le cha-
tfau pour rejoindre kurs camarades iis furent affail-
lis a coups de piques et de pierres, et qu'on tira
fur eux nombre ite coups de fhfil ; que meme le
cheval d.: lui depofant a etC blefle6 d'un coup d ai a cuilfe ; que le fi.ur Monrefun 4'un d',:ux a
rte bleffe au v:fage et a perdu Ton chlpeau j que
M. Lk come de la Chitre lui otfrit'le fien mait
qu'un homrne habille d- rouge s'y oppofa en
ditairt : Comment Monl7eu' / vous wvouleq don.:e,
v, ire chFeau a' des gens commc-f i, pa;fej votre che-
min 7&c.
CXXXVI.

Antoine Eudeline ag6e de trente-quatre ans
domettique au service de M. le come de la Chatre,
chez lequel il demeure h6tel de la Chitre, rue de
I'Univerrfite
Depofe qu'il a vu M. le duc d'Orl6ans vCtu d'un
frac ray6 ayant un crachat deffus avant fur fa
thte un ch.Fpeau a trois comes ci une badii ia fa


main arec Iaquelle il febarit fair remaurqer
queique choe ai M. lM dlc de BErin qui siaccews
pagnait t que M. le duc xle Biron avait un chaipea
road ; que run et I'autre paraifaient venir de la
place darmes pour fe rendre vers Ia cour des .we*,
mais ne fauit lui dpofant, oi dMfinirivemtnt il t
font portes, queM. le due d'Orluan avait rair rne.
riant, 8c.
CXXXVI I.

Antoine P"iget, age de pris doe 4 am, logeut
en chambres garnies, demeurant i Pars, rue Cbamp-
fleuri :
Depofe qu'il n'a fu ce qui s'ef pAlie Verfailles
les f et 6 octobre deriier, que p rat l rIcitscm u'o
lui en a fasit, attend que lut depofaM euait i
Mantes avec Con bataillon; qu'i fon retour, i a vi
;e nomme Nicolas,, ui precidkmment 'firtai do
model i 1'acadmie, quii demeurair chez lui depo
.nr depuis environ deux am, pendant lefquels il
n'a rien reconnu en lui de corn aire i la probite ;
que ce Nicolas eft I'homme quo, depuis cette epo-
2uz, eft connu fous la difign union de l'homme a la
:rande barbe, et pour avoir, dit on, coupe la
:ete i un gaide-du-corps qui etait wort; qu'on lli
a dit aufli que cet home avait e t force par troil
pjrticulitrs de les fire ai Verfail'es ; que c'eft fc
re.our de Mantes que lui depofant a vu que ledit
Nicolas s6tair fa t tafer i que fur a qutifion de lui
,..pofant audit Nicolas poyrquoi J audit fair coupe
fa barber, Nicolas lui a rtpondu que c'tait pare0
que les enfans Ia lui tiraien'; a fu au2;, lui &deo-
rant, par wedit Nicolas, qu il avait ftrt force d'afler'
i Vetfailles, et que c'etatt eaIeoment les poifrardes
qui I'avaient :.orc a courier Ia tre ddu garde-di-
:orps, lequel. rait mort ; qu'il ne s'eft dett rmind
a c-tte operation, que pour evirer d'irre lumnom
,nafllcri par les Icmmes, qui le menaCaient de lui
couper la tel6c; croit que c'eft vers le 14 ou le i1
Judit moisi doctobre que ledit Nicolas a cr5e do
demeurtr chez lui depofant ; ne t'a pas vu depuae
gje terns, ne faith od il demeure prifentemem! quo
feulement la fervante de lui depofant lui a dit avoik
rencoatre ledir Nicolas aux Potchetons.

CXXXVIII.

Sieur Michel-Louis de Marcenay, Igi de 6 am,
premier commit au department de C:orfe, ihev.a-
lier, demeurant ordinairement a Verfaiiles, avenue
le Sceaux, et prfentcmenrt rue Saint Dominique,
paroiffe Sainit-Su!pice, i Paris, hbtel de Bieurne :
Depofe avoir &t6 depuis quatre heures et demio
de !'a'r&s-midi du lundi f octobre dtrnitr, i che.
val dans les rangs des gardes di roi, place d'armes
i Verfaillcs, jufques environ hvit heures et demise,
h ure i laouelle ils te retirement, et Jt. d.-pofant
tntra dana la court du chateau; que lorfque efdits
.ardes du roi f retirerenrt il a, lui depofant, en-
trndu ct vu tirer nombre de coups de fufil et tois
coups de canon fur eux ; que pendant que lefdits
gardens du roi itaient en bataille fur la place d'ar-
mes, ils onte ct infults par le people venu de Pars;
qu'au moment de I'arrivee de lui depofant fur Ia
place d'armes, il a vu nn officer des gardens, a lui
inconnu, mbais qu'on lui a dit rtre hM. de Savonrs
nieres recevoir un coup de feu, et fir-le-champ
etre entoure par fcs camarades ; qu'alors le bruit le
repandit de tang en rang, que ledit fieur de Savon-
niers avait I'epaule caffde; qu'enfuite le depofant,
ain.it quc plufieurs gardes-du-corps et ququelques par-
ticuliers a cheval come lui depofant, voyant al!er
et venir des officers des gardes-du-corps, et eton-
nes de* ne recevoir auZuns ordres, en demtandaent
incetamaikci ces oificiers, et en:r'autrres i M. l
marquis de Gouvernert, commandant en second fous
M. le come d'E 'aing, a quoi il repon:iit qu'il
allait monster au chai:eau en demander at M. d Ef-
tring, et les kIeur rapporter; qu'a \S brune dudit
jour, il a vu arriver nombre de femmes du people
qui venaient de Paris, fe prefenter aux gardes du
roi pour entrer au chateau; quapres p!luficurs pour-
parlers, il f;t convetu qu'on n'en laiifferait p:fer
qu'une petite partic; ce qui cut lieu. Le depofant
virt palf:r devant lui routes Iefdites femmes, ei fit
a remarque, qu'il cormuniqua i fes voitfins, que
qulques unes de ces femmes avaient plus I air
d'hommes deguifes, que de femmes, et qu entire
autres 'I y toen avait une trrs- puiffante, le village
brim et enlumine; qu I'inftmnt arri a de Paris Je
fieur de Senneterre orfcier d'infantcrie, de ia con-


naiilance dc lui depofant, et qui lui demand les
moyens do fervir utilement le roi et fa Patrie, en
lhui diiint qu'il avait faith le voyage de Paris expret
pour cela. Alors le depofant le prefenta a un goupe
d'offciers qui aicnt hla rete du regiment de
flanire, en le leur recommandant comnre iun brave
militaire, qui ne pouvait que leur faire honne, r.
Ces officitrs I'accudillirent, et le remireit entre L.s
mains des grenadiers, qni fe chargerent de lui pro-
curer des armes. Le d6cofant de retour a fon poflt
press les gardens du roi, y refla comme il a prec&-
dtmment dir, et jufqu'i ce qu'ils recurent ordre
le fe rendre i leur htelI; que lui ddpofant rentrr'
dans les codH du chateau, ii a entendu un grand
debate entire M. le come d'Eflaine et plufieurs on-.
ciers de la garden narionale de Verfailles, auxqtA
M.


_~__ ;ri


.~FfLCI~Q-- ~_~1~~~_ ~_ _~__ ~_T~C_~_ --------~C~C-LI~YLL--~h~-~-_~l~c1





,a-


M. b come d'Fltaing reprochait avce cor et tris- f4
ntrement, que leurs foldats avaient c l'iadignice bc
s titrer fur lts gardes-du-corps : te Udpofant enmen m
dit pluieurs officers dire : MJoM Marar, oa a4 a pas ai
tid; et M. !e come d'Eftaing [cur rpondre: 04 ni
a irl jin fuis Jir. Morbleu, tit pluhat far d'
moi qu'on devait tirer. Alors lui depofant monta i fi
rMyil-de-boeuf, oi il refta iufqu'i arrivee de M. aI
de la Fayctte i qu'il Ie vi traverfer I'Eil-de-bouf, d
rait fort harratfe tenant fous Ie bras une perfonne, r
et (e foutenant i peine. Lorfque M. de la Fayette d
fortit de la chambre du roi et traverfa l'(dil-de- d
bktuf pour s'en al' r, le d6poaint fe trouva trts- a
pres d. lui, le fuivi:, et entendit M. de Tollendal, t
apres quelques mots dits a I'oreille lui dire atlez p
hallt : e vous en price faits :Cela, votsf ne pouv
mcs.x fair ; a quoi M. de la Fayette repondit : Ji e
frai mon poffible. Un initar.t aprbs, les gardes-du- p
cops revinrent fe poll r dans la court des miiftres
ris JA grille de la cour royals lui depofant fut t
les voir dans cet endroit 1 parla i plufieurs qui lui
marquerent leur defolation de ce qui vtnait de leur
arriver, fe plaignant de ce qu'en etat de repoulfer
rinjure, its avaient recu I'ordre de ne rien fare.
Les hues et les cris redoublerent fcL eux i la grille
de la p ace d'armes q'le le Peuple voulate forcer pour
venir toniber fur cux, lorfque les Suiites fc:rtirent
de leur corps-de-garde pari la porte qui donne cour
des miniftres, et viireint border la grille, en dedans
h court.
A une heure environ du martin, lui dpocfant a
quitt le chateau, et en revenant de reconduire fon
cheval, a vu arrive fur la place ,'aurmes la troupe
national de Paris; a vu, edit lout, mardi, le pil-
lage de i'h6tel des gardcrs-tu corps ; n'a fu ce qui
'efl paffe au chateau ctdit jour que par les reckt
qu'on lui en a faits : obf-rve qu'il a omis de nois
dire qu'il a appris que le coup de feu tirn fur M.
de Savonnieres avait ect tire par un garde nationa!e
de Verfailles a cote duquel etait Ie fieur Bernier,
commis au bureau de la guerre lequel, indignd de
ce proceed die a ce particulier : Eft-ce pour clda
Iuon nou do dnni des cartouches ? i quoi il repondit:
Oui, il ne faut pia qu'il refle an garden du roi. Le
fitur Bernier .quitta Ion potte, ne voulant pas etre
temoin de routes ces horreurs, alla chercher un


'St
:s rwviifl par un bruit coufus de cr et de tim-
ours; je fauni hbas de mon lit, et, courant I
na fen&tre, je vis une bande de femmes et d'hom mes
rmes de piques fe repandre dans Ia cour des MiW
fires ai nombre d'environ cinq i fix cents i bientc6
'autres pet:tes bandes les joignirent; alors je vis
orcer a grille de la cour des Princes, et courir
pres les gardes-du-corps qui 6taient en fentinelles
ans la cour Royale et fous la vote de I'apparte-
nent de mefdames; chacune des differences bandes
u Peuple avait l'air d'etre dirigie par deux ou trois
*entC'eux; deux femmes entr'autres que je jugeai,
leur to rnure, etre des homines deguif es, en-
rerent les premiers dans la cour des Princes, et
p affant fous la colotinade, conduififent une band
:onfiderable a la fentinelle des gardes-du-corps qui
itait i la grille toyale, tandis qu'une autre bande
pen6trait ans le chateau par le fond de la cour
des Princes; bient6t je vis un garde-du-corps trained
par trois ou quarre cents perfonnes, fortir par la
grille de la cour des Princes, palmer fobus mes fenetres
et defcendre jufqu'au-dela de la grille de la court
des Miniftres ; ii avait alors difparu A rres yeux:
deux minutes a"res je vis for ir tie la foule-tui l'en-
tourait, une tire portee au bout d'une pique, et
je ne doutai pas que c- ne tlt la fienne ;i a peu
pris dans Ie meme moment, un autre garde-du-corps
arrachi de fon pofte par le Peuple fortit par la
grille de la cour Royale; ii fut iraine vis-a-vis l'ap-
partemtnt de M. de la Luzerne oil l'on me dit
qu'il avait eu la thte couple i ce qa'il v a de idr
c'ef que j'en apperjus une peu de teams at es, at
bout d'une pique; un demi- quart d'heu'e aprs
mon valet-de-chambre qui me cherchait, t-ntr;
thez moi, en me difant : L'honime qui a coupe L
tire des gardes-du-corps eft i votre porte i ffective
ment je vis par ma fenitre un home v&tu d'un
'petite redingotte portant une longue barbe tries
fournie, coeff6 d'un chapeau round i ftome trees
elevCe, ayant les mains teintes de fang et tenai
dans une d'elles une hache enfanglantee; ce fut u
instant aprs qu'entendant prononctr contule iv-i
e nor de la reine, le Peuple furieux prouonc:
des imprecations, je quittai precipitanment l'appa
cement o j'etais et paTfant p.es du mathcurei
coupeur de t~es, je fagnai le chlaceu aut momrn
A 1- -J- I ..t -- I- A L


uiAt vh plus trouble le fentienre d'affection qu'on
Iui portait, et dent cet oflicier parailfait particu-
li6rement pdn6ttr I j'obferve, au furplus, que cet
oflicier, don't I'ignore le nomr, etait daflez belle
taille m'a paru age de 28 30o ans, proprement
mis, m'a dit etre marchand, et demeure rue dui
S6pulc:e ; comme j'ktais au meme endroit, j'ai eu
un entretien avec unencien (oldat, qui avait n ervi
fous mes ordres, dans Ie regiment d'infanterie do
Monfieur, et qui pour lors ayant quittn le service,
&tait tabli a Paris et commandaic une compagnie
de cinquante homes; ayant appris de moi quo
M. le come d'Artois n'accompagnait pas le roi,
il en part fort aife, en m'avouant que s'il fdt
venu, il y avait un paffeport pour Ie garder ,
Paris, et qu'on etait refolu de le fire.


Je cr
convert
rabeau
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droits
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homine pour monter ia garden a ia place i qui eit | es greiaaiers ae Wu gate nat onaie cn.icnatent eloi
tout ce que e ddpoi^n, a die favor. i rtablir I'ordre et la po'icei le montai par l'ef prer
caller dea court desPrincts; je fus anrie un m n.nt et c
C X X X I X. par les Cent-Suiffes; mais t'un d'eux, m'ayant re- joui
connu, me laiffa pafer; je traverf i la grande 1alle i'ex
M. Claude-Louis, come de la ChAtre, ig dee des gardts, apprl6e le Magafin, q,~e je tr. uvai fanr
qiarante-quatre ans, premier gentilhomme de la vuide; j'entrai enfuite dans Ila fale des gardens dc ou:
chambre de Monficar, frere du roi, et deputn a la reine, qui 'etait egaltment : des traces de fang quc
1'Aflemble national, demeurantau paUis du Luxem- Caient iA a porte; je penerai dans Con apanrte- e
bourg; ment, don't je trouvai les portes ouvert:es, et )e ac
Depoe *ainfi ui fui: fuiarv A i rfrilles fmis i i'afpect de fon lit, qui me parut avoir et. cr,
Depoe u ini octoril furni: Je 9is rrtir Verfailles boulcvetrf par des malfaiteurs i jy reftai pennt i ,t
le lundi m octobre djrnier, entire midi eo heures quelques minutes A genoux fur un canapl, .t lorfque mc
du mat in ; ce rmeme^ jour, centre mid; et midi tt j'eus repris mes fens, je foris de cet e chambre, =u
demi, je me trouvai dans l'avenue de Paris, vis- reprise ms deurs, et dafor s laquelle j c rue u
S I oden evo un litu d'horreurs, et dans laquelle je cru
I-vis la porte de la cour de IAffemblde national,
e caufai avec MM. de Bouthillier etI'abbe Syeyes eviir ne feme attache rfonne de a
Iorfqu'un quidam Bouthillier edit abb Setiyei, :reine, i cc que j'ai pre'um ai feon air trite et abattu: d
orfqtu'un quidam s'approcha dudit abb6, et lui dir: d I je me tranfportai dans 'appartement du r i ,
a -o iy a aucoup d bruit a Paris; quoi oa je vis a ree qui s etait rendue, ainfi qwt I
labbt repondit : Je Ie fais, mais je ny comprends M. le dauphin, ect depuis ce moment je n'ai r ni le
rien; fa march er fens contraire. Alors e quidam ct remarqu de patticulier.
VabbC nous quitterent ; que ce particulier etait d ea e a uier.
moyenne taille, vetu dun frac, paraiffant iag6 d'une C X L.
trentaine d'annees, ayant une canne i la main et C X L.
paraiftant un home de mifc. A trois heures et demie bi
apres midi, je vis arriver dans l'avenue de Pa is et Sieur Francois-Henri de Virieu, age de 5 i bA
pafler dtvant la maifon que j'y occupais, un grand 36 ans, colonel du regiment infanterie de Limolin, e
nomtre de femmes, d'hommes ddguitis en femmes chevalier de I'ordre royal et mi.itaire de Saint-Louis, s
et gens du Peuple, arms de batons ferrs ; cett. depute i f'Affemblee national n
troupe conduifait et trainait trois petites pieces de Dpof ainfi quil ui : Perfuad qu les faits d
canon; elle s arriEa au deffus de a maifon qu'oc- y octobre dernier one eu nictfrairement des rap-
upain ci devant M. o cemte do Verge~nnes; peu 5orts avec des, fits ant ieuns qumavaient frapped
apres je fortis, moi cinqu'cme, pour me'ere au .orts vec de.s Camspontdiou:Is qut m I vaienc frappe,
chateau, et paffanrt pres d.s canons, je vis le Peuple pecrols devoir, pour rendre A Ia vnite 1 immage -
occupe i les Vointet fur un detachement de dragons conplet que j'ai jurA, reprendre de plus haut le g
qui etait en bataille devant la porte de I'Affcmble recit de ce qui e venu i ma connaillance. r
rationale) je m'approchai, et je dis : Je voiu en Le 17 juillet dernier, ayant Ct6 comme mem- '
conjure, m es enfans, ne iret Foint fur ces hafeurs; bre de I'Affemblee national deputen pour accom- a
ce font de bons citoyens qui ne vous veulent point pagner le roi j'eus occasion, en 'Attendant fi ma- I
de mal : votre roi eft bon, et il n'a appeal des troupes eft6e la place Loui XV de mr'entr-tenir affcz
.que pour maintenir 'ordra et la police; ne la trou- lgument vec un ofcier des troupe
blez point. Non, ce font des gueux, oeprirent les qut Y etaient poftfes.
ftmmes ii faut Iks exterminer et les gardes-du- Son honnet6, fa finmp'icit:, a modcftie, l'efprit
corps. Cependant ie les calmai un peu, lorfque deux nature et fa jufteffe m ayant iht refLd a lui,non
hab tans de Verfailles ag d'environ 4; a fo ans, moins qu'i la confiance qu'I me 'marquait, je crus
vtnusp:oiprement etpatlant aup:ssde moi, s'crierent pouvoir entrer avec lui dans quelques details afftz
d'un t n turieux : N l'e Icoutef pas, c'~l unf... g..., approfondis fur Il'tat p-6rent des chuos ; il m'avoua
court defus ; aufl-tnt une doutaine de gens arms dc es ctaintes extremes qu'il avait cues ainfi que
Fiques fe ditacherent fur nous, et come une des tous fes concitoyens pour I'Affemblee 'ationale en
quatre perfonnes avec lefquelles j'etais forti de cha7. r general, et pour fes memb es en pirticul;er; it
Urom ne pouvait pas fuivre les autres, nous fimes m'affur.. qu'iis talent r6fous a tout facrifier pour
obiiges de nous arrter deux fois, et deux fois aulfi les defendre, et it convict que fi on eut atteite
ces nArmes parniculiers excitertnt le Peuple centre i Ia fdrete de 1'Af, mblee ou de quelqu'un de f.s
irni lorfqu'il affa un brigadier et fix gaides-du- membres, ils kt .it'nt determines a proclamer M. le
corps a cheval ; alors tout le Peuple court deffus duc d'Orleans, foit protecteur foit lieutenant-ge-
en criant qu'il fallait tuer iufquW'u dernier ; ca nous niral du royaurne ; fur quoi je lui fis des ob'er-
donna le moyen ie garner affez tranquillernent le nationss qu'etxigeait le bon orire general, la fide :i'
chateau : le paflai le refte du )our fb't dans I Af due au rot q.e ltes erreurs des minilir fembl~e natiorale, foit dans 'a :partement du oi ; vent empecher d'tire norre feut et nlgitime fou-
et vers ntois heures ou trois heures et demie du verain, n-n moins 1'ex: rience conftlante de I'hif-
matin, du mardi 6 je me retirai lorfque M. le toire, et le viritahle etat des chores actuelles d nt
president de I'Affemblee national 'eut fepare;i mais on lui av.it exigAer les dangers ; ii v part fen-
,oe voulant pas m'6loigner du chateau, u entrai dans fible et temoigna une vive faisfaction de ce que
men appartement, fitue court des Minifires, au pre- le roi venait de ceder au vceu p blic en fe jet-
mier itage, pavilion Talaru. Au point du jour, je tant dans les bras de la Nation, enforce que oien ne


ois devoir encore devoir rendre compete d'une
nation que )'ai eue avec M. le come de Mi-
le foir du fecond jour de la di icifion ui
ieu dans 'Aflemblee nationals au tujet de
de la branch de Bourbon r.gnantce n Ef-
A la couronne de France daus le cas l'ex-
)n de la branch regnante de France : comme
:lit nettement prononc6 dans une opinion
ire a la mienne qu'il parailfait appuyzr avec
celle d'a ourner implement la qu-.ltion ou do
i(it-r en fvcur de I maifon d'Ornlans je crus
tant de chreh ruavec lui des tempIramens pro-
concil er lks cpntits, fans nuire a I'intrkt na-
qui exigeait, fuivant moi, qu'il fat pro onc6
ela:, loit lo t ajoun.nnrit A 1'epoque oil la
prefenterait, boit Ia dccifion en faveur do
igne que nous ne pouvions fans le plus granl
;r armer contre nous, par une exclusion decide.
ce terns de detriffe excdfive oi la tolidire do
alliance: cit notrc leui appui contre les tntre-
s de nos ivaux foit nfin l'effdct-ment total
quelttion, come fi dlle n'eilt as te n i ete ;
us d v ir i;nfitter fur diffeitens moyens de con-
ion )'appuyai part.;culit-renicnt fur ce que rieu
o0.s tngagcait a nous en occuper da is un terns
e grand numbre des tntes exiitntces d:ins la fa-
e royale et leur ige nous mettait heurtufe-
t A aiabii de craindre de long-tcmrs I'ouvwr wre
ette dange eute d!ffi.:ultt. M. le c nmte de Mi-
:ao me repondit qu'elle n'etait peut-Atre pas aulli
gnee dans le fait qu'elle pouvait le paraittre att
nmer coupd'oeil; eue P'etat plethorique du roi
:elui de Monfieur, qui pouvait abreger leurs
rs, faifait a pcu pies d.pcndre la qeflion de
litcnce de M. le dauphin, qui n Wtajit qu'un en-
:i je lui marquai m n etonnement de ce qu'il
liait M. le come d'Artois et fes enfais :fur
i il me rbpondit que dans le cas o u V'evenement
preienterait d'ici a un terns peu eloigne, il tLailtit
ouer qu on pouvait regarder M. le come d'Artois
ume fugitif, ainfi que fes rnfans, et d'apres co
i s etair paffe, come A peu pres ex lex pour aut
oins ou environ dix ans ; cette conversation ayant
iku dans un couloir derriere 1, s colonnes a Ia
u he du president, pluiieurs deputes s'approche-
nt de nous A diverfes reprifes, et furent a port6e
entendre une grande pattie de notre conversation,
ni fur tres-lonigue ; de ce nombre font MM. le duc
Havre le comtte d'Egmr,nt, fi je ne me trompe ,
marquis d'Ambly -t et le marquis de Fournez a
ueiquts jouis apres me trouvant dans le vcltibule
la fallen de I'Atlt-nible qui donne fur la rue des
haiitiers, dans le cours de la mat;nee j'ai eu une
juvelle convwrfation avec M. le comte da Mira-
eau; nous reparlanmes encore de M. le duc d'Or-
a, is et de I'appui qu'il me paraiffait lui donner; il
en dfr;en it un peu en me foutenant qu'i avait
rop pcu de caractere et de tenue pour qu'on put
elementt en faire un chef de part, et tenter de
randes entreprifcs p.ir fon moyen ou avec lui ; et
our me donner un xtmple de fa timidity il me
lit avec un ton mel doe depit et de daiin, a pcu
>res ces paroles : Sa timidity I'a faith manquer de
'rands fu:ces; on voilait lef -ire lieuttnantz-ge'ni al du
*oyaune ii a tenu qu'a lui on lui avai fait faifot
hieme, tn lui avait pre'ps'e ce qu'iL avait a dire. C'.tait
i 1'epoque de la revolution de juilkt, lot fque la
ptiC~ de la Bafti.le avait jete la cour dans la rerreur
et l'embatras; il devait fe prefenter a la pore du
Lonltil, s'y faire introduire penda..t fa tetrue fe
porter potr mediateur entire le roi et la ville de
Paris, et mettre pour condition fa nomination a cette
place important : mais au lieu de cela parvenu A
la porte du confeil il n'ofa pas y entrer ec fe
borna, aprts ton iiTt" I demander au roi la per-
miflion de pafler en Anclzterre, fi les atfaires pre-
nait.nt une tournure tacheufe.
Le octnbre, quoiqu'ayant marq'nqi les jours
pr'cedens grand nombre de circonnfancts, de details
qui me prouvaient qu'on travaillait beaucoup le
people, et qu'il fe prep 'rait des oraees, i- n'avais
aucune notion de ce qui ife preparait ; ie Ftus furpris
de la roideur dnun certain nombre d'opinions et de
Icur tnn mEn.~ ict. Vers mnii ii ou tine heure on cero-
men a a rpaidrs dalns I' Ailrnmble qu'il y avait dins
Paris la p'us vi: !-nte fermentation, par e lue le
pain y minquait a;'olu.nent. Les v',uv iics Jevin
rLnt de plus en plus alarm rntes jur.iie vcrs qa t-e
he r s ou q'intre h-ures et d,-mi : on a'nnona ilors
q 'il ar'iv i, Ie Paris un ora'd nom'i e Ie L',n nes
pour ,iemattder ds rubfitla:ces i Atfemblee ordo'na
qu 'n fit entr-r une d-vputiaon d'ntrn elles, p-u
nombreufe, pour a;porter leurs plairntcs et le'2S
demands: cette deputation cn-ra ayant i fa tnee
N


_ _~~~-----rR~~r~~C~ ~ CLI.- ) -~--- ---~ -h ---~- -_r. --C--~L --- C-


1









I


reor bhomwn, rfu ep ernusmamr tdom
iite avai diLfjr-i!, ;ragje dare podso k ma in
luour awyvir You's. .-nerx- Ka tvcgbi i !*ntr, e bii"W
Sinor, ervait d orwuir i ces fcpwas.
Aprs avoirr &arl <, d3eb. d_ fubianee, i
Ita des alarm's de Paris : pu a peu, toyatt 1
nte avec &u.-Ce r.aamb.ee l'ecoat, il ji
de I au tace, et s'eiprt- A run tO res trees info-is
fur i'auffare ds cocardes ntro*.aes ct fur lt revo
a to r da rcg:m-nr de FLndre, emplora.-it fojven
ces rMmors: cfas vZO&a, -5 CrXfxyw ., i ir cola I in
dignation que triaiieafterer.t plaeurm .eputes, te fi
xcnrrer un ceu dans 'a Jecence. Pendart ce teams
lfe fmens forcerenm Is eIrrmes de la ftle et o .r ln
decent de touts parts.
Le ardi 6 a trois hers du rima 'n, -;,rque )I
face fut ro-xpue, forrs avec M. Moru:ir., et
Ueus trouvi ae i le I-na:.iM de la Fay-tre dai:a h
Court des Menu., avec le+iei nous accmpagnime!
MI. MlouniJr ,r qu'a f. porte. M. de a F;yet-e, qws
)C que i:rmai fur k caarcs de !a crife 4dA moment,
'r er: part re-Affc:e, et Li regar.tcr come une
fuire des asrci%.nrs c~bi!.s d:,t c e fo ipcr,:t.i!
1Pexitlence d-;I.s l.'- e.:is, ainfhi qc de p!roiAs di-
rigs :onr-e:i ri-r ; ;e n'ai d'aiLc:a.is aucun"e co-
railfance pa.ticu;ere d&s fits d,. ceite j.turre u'e
par ies r&i:s r.ai'iiis qu'oa er. a fa:; i ul elt tout
ce que je depofant a dit favor.

C X L 1I.

M. Emnanitel Joferh Syoves i?- de 4 ans ,
pretre e: rza;. vi.air= di Chrtrr+s dz;t.te a l'Af-
te-nb!ee n.t;o. i- detnmtrant ordaairernen i Chat-
ftes, et a Ptris, rue S3anc-Honore nt 27j ;
Depofe aitifi ct'l fuiit :J'aie inign in~igi ainfi ue
rous bs c bons t;oiyens, ,.cs fcenes aborninables qui
o"t ell !isu dans !e ch.i:au de Verfaillcs, et qu:
f,-.t 'ob'et de la yjainte du Frocureur du roi. Je ne
co:;i.:s de ces tiits qJc ceux qui fe r:contaicrnt
dins la oitr. et d-ns la fal ie de 'Affemblee natio-
nale, n'al.3nt tce temroia ocu!aire d'aacun : le ns
conn;is en auc ;7e mna;iere ies auteurs, fautsurs,
comj!ices et ,dhm-tr;s d -s horreus don't tous les
femrcs ds i Al.xnmb ,e enai :.ale a qui j'ai parlr
ce lour-Ia er -ours fuiMv.- n'Cont pa:u au affixi-
gEs quC m)i-rr.em_. Ces cvenemenis quaint i kur
or:gine font er;core un Fprb!'ere pour moii ainfi
far rout ce:a je n'ai rin d= parricuiier i depofer ;
je ne fais pas nicme ce quil. euty avoir d'exacte-
Yment vrai daas les di"Curs qui fe colportcrnt a ce
fu.t: dans le mond; i qui ft tout ce que le depo-
fat a die favoir.


CX L IV.


Au.dlin Ducis. i, de d ans d'.mirAique
fcric- dd. 'i. coite de Vreu.: cbez kuael
4QCMmi;re, i Paris rue de. Vacatmes, n* 7--;
Dpofe qu'dl a en, ndu dire qu'il a etd difh
bue ae eargent a did rem pArticuli-rs et qu
tent du noromm T:illcur garcon d'an virrier
Uhit:l de Rchan- habot, qu'i i'epoque de Ia revi
ltiun du mois de juilict detnier, iedit Tailleur e
49 ajtrfs papriuliers avaient reu chacu-i un lou
au PaDli-Royal, fans lui dire de qui pour fe pom
ter du c5Ae de a Mueette, et y recornaitre le cam
die M. le princ, dde U mbefc i qui itl tout ce qu
k depofant a dir favoir.

C X L V.

Metfre Jean-Francois-Ange d'Eymar, e de 4
Mns aobe-prelar de Neuvilers vicaire general di
'trasbourg, deputy i I'Affemblee national i
Depof; que s'erant trouvd I'un des fecretaire
de IAfetmbl nratior.ale a I'iFoque des J et 6 ,vc
tobre dernier ii r.'avait vu et apercu, du Lureat
ou il a conltamrneot r- .e qie ce qui a ete expof.
i la vue de tout Ie mrnde dans la falle ; que ce-
penda t, conjointementr avec piufizurs de fes colle-
gues, il avait remarque ec fait i'obfrvatio.i que dams
1e nombrc corfilJeracle de fimmes qji fe font pie-
fentees d'abo!d i la barr.: de i'.Aflmbie et qui
de 11 fe fo t repandu.s d ns la fa!le m:ue', au
roint que p!ufieurs ont entoure le fauteuil de M.
le prefidant ec ceux de MM. les fecrctaires, i y
vait quelques-unes defditrs teammes qui lui onr paru,
ainfi q.'i fes colleagues, etre des hommes dcguifesi
cue vers les 3 hcures environ du martin, pendant
qu on itart cccupe i difcuter queliaes articles du
code crimin-A M. le prfiAten rrut un mellage
de M. de la Fayette, qui le priait de paffer un ntC-
t r dins la ,ai!e vcifine ayant que!que chore lui
communique I miis ne pnuvant quitter fon fau
teuil (i laiff.r I'Aflcmbl- f-ins prf-iler.t, M. Mou-
nier pria un oil deux (is deputies de fivoir par cux-
nrmes ce que M. de la Favette pouvait avoir i lui
dire : le refulat de ce meffage fur qve le comman-
dant de la milice parifienne fcfaic dire a M. 'e pre
fident qu'il pouvait fans danger tire lever la fiance,
et ailer prendre du rcp ,s, don't ii imiginair hi:n
qu'il avait grand b-foin; confeil qui fut fuivi i 'inf-
tant, et la Ceance fut levee, apres avoir convoque
13 fuivante pour ii heures du mime martin 6. Le d -
pofant s'cant retire ch-z lui a cette heure, n'eft
ICve. u danam la jle national qu' I heure indiqur6


its
ii

1-
'ii
le

is


_________________ m u- -- - - -------- --- - ----- ~ --- 1 -


S12
fiano, it fime que 4umm ca~ t ini~+
a aw f pa avolf aw"Mft CO.qf"lmaK peora~taiI
* 41euIsM Ijak-ux qps It bAiw puasc.us a a(tu aP-

CXLc Y 1.

AnkAjZlonifi~ttc-Loui do Riqtwtti vkotme de


i
t
4.
t




t
*


Mirabeau ie de ; ans, chevalier de 'ordre tc
et mi!itaire d: Saint-Louis chevalier d'honneut
I'ordr de b. !ean de Jeruafalem e melwbre de
fociete de Ciminnatus colonel do regimtnt
louraine, depute i I'Atfemblee nationaJe dem
rMut a Paris, en ton hitel, rue de Smine. e
bourg Saint-Germa ;


Dyal
lii

cu-


5 I Le depofant defcendait a!ors du chateau pour fe
e rendre a i'Aufeniblee national: ii prenait qu que
choie i la buvette de la rue d.-s Chantiers, lorf-
S que M. le duc d'Orleans et M le due de Biron font
Sntres da s la fal e ; lui depofant a dit i M. le duc
d'Or cans :* Meflieurs I'Afemblee national le
t(lent au fallond'Hercule le president vient de I*en-
voyer dire. Ces mellieurs font fortis, ont caufe
pres de la porte a gauche avec deux homnmes de
Stres-mnauvaife mine. 11 y avait deuz donredtiques
la livrCe de M. le cardinal le Rohan fur la porte,
qui ont dd beaucoup mieux voir ctshooma s, et Fu
cntendre la crnverfatio. qu'lls one tenuu avec ces
me fliers. Obferve que le lundi, entre 7 et 9 heures
da foir, comme lui depofant avec d'autres deputis
prenaient 1'air i la grille des Menus, on leur d t
que M. le duc d'Orleans tait dans un group do
Peuple, au milieu de 1'avenue, accompagad de
deux autres perfonnes qu'on ne nomma pas; que
M. de Cou'aommi=rs, che valier de S -Louis, acnuelle-
ment capitaine dans la cavalerie parifinne et alors
loge avec fa femme -t fon enfant, i Paf y, chez lui
j-.po.aa,t ,lui a dit qu'il s'cait tenudes conciliabutks
avant la jouruee du octobre, dans :a maifon de
M. d- Boulainvilliers, Paffy, occupee par les en-
fans de M. le duc d'Orieans; que le bruit avair
couru que ce prince avait pafle une parrie de la
nui: du au 6 octobre dans le bois de Boulogne,
er que lui, fieur de Coulo..amiers et fea nme,
avaient vu M. le due d'Orleans et fes enfans fur
la tenaffe qui done fur la rivie au moment qui
le rol a pail' ; qu'il s'itait cepeodiar retire uo
inflntt, mais que fes enfanss etaient relts.
Le d&pofant aioute tenir de M. Dicoine, d de Bourgogpe, qu'eapt damJ la chambre o la orine,


d
r
SI


i


7


a F&Iin"-e du o's grospo jul pursOr os Ce
Lrwm Cqui f-- pffaki rIArc reS' e "epp th&t -di'
hCaors .A'ro Pa, #,,*Seb i si i uv iama da-r
it, de Ale dac AIfOrMaspiJ4 ia d aa asiapC
fiW COMMWAIL
Cerihek i dhpofam at vr vs dne a la or d4
jour 5, on ooammamea i iebwteque M.i'o16quAt
Langresoya Ia finance. d& -sc keeort des cbnvam
de main, au corn do laruatddo Ckaoriors, pr~a
barierre, apparreaur i M. It doc d'Orlima, 3a'l
en a vu gah-mzn dardam r es-midi dii mano Iu
5, dam ravens, dvas; I(We do NMusem; q4&
oft tour cc quoI dipofanzaadit favoir.

CXLVI1I.


D;pofe qu; Le lundi f octobre dernier, enre Iz
a et unc ncui:v, conowi la nouveile fe repan.isit que
t kIs fcm arriv. ert de Paris lu dpofaar a en-
a terAu '. l'abbe yvyes, difant a un quuaun qui lui
J an::J;j,>ic qa i y avait beaucoup de nouvemtnt a
Pa! is : Cca eft vrai; mais ce qui reOtonnec, c'ett
qu'ii fe Wide en fens contraire :e n'y comiprends
rien -, que kdit fi:ur abbe Syyes ct ce quidam
S:tai-Mn4 !o:s, aurti que lui iOepufan, au bout de
S;aenu-. d P-ris, du c6te de ha petite Ecurie da
roi ; qie ui d"poaInt e..it lecretaire de 1'Atf-rr.-
b;... n:ionale ldit 'our ( oci.bre i u'ii n'a pint
qci;rte Ic bureau unt que oLs:.ncf-s ort tenu ; qu'l
y -ait par confeq int lorique Is f.mmes font ar-
1iiCes, et tout Ie t ms qu'eiles y oat reft : i leur
a n.eme ir.pof tfiLt.ice piuiie, r tobi. Ce tfi lut de-
pofant qui e< -ivic le d-crrt de fubliftance au nl'-eu
d'cl',s c' ,,Lcs enwironnairnt en cc monient Ie
bureau, tt crot pouvou certifir qu'a lut rton et
a lur t oix ii a reconnu des h.rnmes pJarii eles,
a.;.i que des femmes d'une cl:ffe au-d fus a corn-
.nun. ct qui, menmc i t urs propose, nc pouvaimnt
pas irre regardo&s come des tfenmes enrrttcnu;s ;
et il cite, pour appuyer a cet egard ton t.-moi-
gnale e propo9 q. i lu a te tenu par urge d'elles,
au moment oua ayanr fait quelqes erreus il de-
chira la premiere copic du dtcr. t, ptur Ia recom-
mnencer, cette femme lui dit : Eft-.e qu'un fecre-
taire de PAffcmbkee narionale doit foigfr ton ecr-
ture comrrne un commis de bureau 32 Se rappelle
que center -irmme a de gr:ans ve iX noirs, Ii vliae
allonge qc le foir duuit jour 5 octobre et Ie
nm.rdi au aa*i' I hrmome qui tenait La burette
de i'Airnibli-e rnaionale, du cbte de la roe des
Chintiers, a Vtr;aiulc, et qui vend acturienment
d&s brochtrt-s fous ie couloir qwu coni it de ia
:aile de l'Affemble aux Tuil-ries, a diiribite damr
la cle avcc profufion, i tous venars tous ks
cerveLtas, pies, jamnbons fruts::s d outrsefpeces,
vim et generalesncn tout ce qui etair dam a bu
vette it resnplces enfaite. Certifie le d&eofaM
qu'il a entendu deux pcrtonnts lortant de I'Afft:n-
ble, tt qu'd croitc dputcrs, lui dcmander, uis
l'elfpace qui ertai emte r'hataadate de I'instt. ur
et la tribune, et qui form it le corridor ( en luibf-
unce) qsuai f-ce qui Ie rPayrait et 'ii avaik envie
Ce fe r.dier. A quoi cet horr -me repondit : M. lk
aU a'O'Luas m'a dai qu fIt poCIais dewer G; que le
fit particulier s'fd paffe entire 8 hetrrs et dmnie
et 1o heures et demie dtrit j ur lundi 3 ; qui ie
owadi 6, entire 6 heures et demie e 7 heures et
d-mie, un domeftique viru en wfte gifre, qu'o
IuI a d:t err! au fervi.e ds M. de Talaru, en qua-
lit6 dv fuiff, l1i a dit que le coupe-tere etait venu
hI.i demandcr du vin; qu'i lui en avait donni, t i
que ce coup-tete Jui avair dir qu'il tairt fatigue
que cependant ii avait manque Ie meilleur c up,
3ui erait ia reine ct ajUuta qu'on frait mecont.nt
toPUr.


CXL V I I L


Sieur Jean-Felix Fayddel, Ig e 44 a 4f, .piPte
i i'A&mblnde nitiosale, &mneurant ordiaircmemr
i Cahots en Quercy ;
Depofe que S cu 10 jours avant e i octesre.
dernier, on di 't publiquement i Verfaiiles qu'oS
avaic form t le pro et de fonduire be roi i Paris et
d'ob'igtr pir-1i 'Aflemblbe t aitioale dc s'y r nre ;
qu'a Ia amelne poque et vers les.6 heures du r.arin,
gon domeftique ui ayant drnande la ptmuiola
d'alier a uire quelu;s comrr.ilions i ct prom-_ tnt
d'etre de retour a huit heurec ii ente d t fra; ptr,
i La porte do fon appar:cment i VtrfaiP'es, rue.
de la Pompe, et qu'iI crut que c'ntait fon prrru-
quier, et qu'il fut de fuite ouvrir, qu'i l'inflat.
meme dent hommes d'une tailie ava trageufe, f
prifenterent i Li : 'an d'eux lui dir: Nous ve-
nons favoig 3avc vous ce qui fe pafle a i'AfftmHleo
rationale ; pourquoi vous adreflez-vous i moi re-
plicua le depofant? qui vous a duane won ad:eftfe
je ne vous connais pas; ce mrme homme lui re-
pondit : Je fuis de votre pays ; j'ai connu MMN. vos
firres erablis i la Guadeloupe ; nous fommes, ainfi
que notr- camarade qui eft das le corridor, s
Gar'es-Ftancaifes; on nous a fair avoir Paris qus-
ies calocins et is ar;flocrares de& uiaiurr.t It mncai
ce que vows aviez fait Ia veille; que vous y ttu .
,u.nelkmsnt menaces par ces Mefiltirs ; vous favei.
fans.douwt qut nous venos id en habits bpuiauxo


____ _____ ._r


I


I


I
i
I
I


S'cur Pierre-Jofeph de Is Cbee, !iekwru -gin.-
ral de la fenechaluuTe de Mare, eo Quercy,d.-
pure a 'Alnibl a tionale, age de 4f ans, da.
meurant Ordinairerianr i Matel er, Qoercy ;
Dipofe qu'il n'a aucune cosnzailacZ parracl'em
des fams conaenus ax pieces done nous venoom d&
Ai fire lecture ; observe qu'tanr membre du co
mite des recherch s dam les mois de juil et oaJ aod
drerier, il a t r renam au comiCi di&erentes pieces
et entr'autres par M. le vicomte de Mirabeaut sa
ietrie ven2frt at'un ommne AMonnier, domliitm
a'ua naugifrar de Ia chambre des comptrc, ou de
la court des aides, lequel Monitr efl orininire
des environs d Etampes, et e aurr lettre venani
de :,afcilUe ; qu'il penfe que la conmunuicamr
J- res pieces pourramt douner des c 4maifoces
relatives aux compltsoa, qu font t'objet de Iapr.
Icate irdornation i a;oure avoir enuda dig, i
ce qu ui penf ch-z maiarme h marqufL de Se-
corad ou chez madame de Lotawjes qua'w cu,
deputy i rafieCmbi&e, s'ctant retire dan burora
od tiat "M luaVtes pour v reciter fon aoce,
ii avait eneidu tuc coGterfation entire M. le doC
d'Oriea et w;e p rfonne uo a's pa nosminei
ccnverfation dans laeile M. le d 'OrWiam fe
laignait d'etre decouvert, et dti vawis fuccs
de quuwaes pro)4ts deCiftreu powr I miifoa
royal rj marque Ie Oi.efam qu cerr conmrik-
tio c r leu quclqwe pea doe ~rms r"es qu 1'a
fc b;o o eut decret qu'il n'y avait lieu a de be-
rer f:r la renonciaiioa de Phdlippe V a bl f cti f'o
au tone de France par a brache d'tfpanare. f
rappeil- encore que e Is quion ttldive i
cctte fcctefon fht tratir la motion is: faite,
par uoe pafvfonne iui q'aLors incontoue danm I'i-
flnbi; ie uoa ltai a dtir qe M. Ie doc d'Orle
avai: forni au monosat qu corte motion fui fare,
ct s'ecait introduit par ks coulcis foaE I-s grading
et que dans le ngime moment, M. le maravuis d
Silkaiy eatra par uoe surre porte, a'ayaa pro" Lait
de toitete, kCquct mon.a i la tuibue, ei ayaoC
da:is fa poche le trait conreart sla remniriuaoo
que lorfiee I d:crer futr porter, i, a enteda,, co
on lui a dit que M. I marquis de SiAwr avait
dir i des deputis d-: communes, quo k com-
munes avaient manque i M. Ie due d'Odeas, q
s'ra-t monturr kur plus zei par t fn qu M.
Montnorin, rU)Jor du repfntm de Flandre, a die
au depofant, par deux tois difrenates, avair ve
difiribuer de 'argent .uz foldan du regim at da
Flandre pour lts debaucher, iaquele difirlbutioe
a etC fire ke j ou le 6 octobre dcruicr: que a cwdi
fieur de Mo. :morinrta rapporte i lui depo.ire qu il
avait oui-dire quc M. Du,;uct, depuie rAlSmbi
narionale, avair le iour Je I'arnv"ee dui regamtc
de Flandre a Vcifaills harangue ls faodats de
ce regiment, de manicre i les deic.umf r de-hlur
devoirs ; ajouutan Wt fieur de. Monr moia, qu'A
ne l'avait, pas vu, et que s'il 1'avait vu il I'auraio
oule aux pieds.de Too chcvali qui elt tout c u q
e depofant a die favoir.










i tour de rS* quo noM friquentomn vs gale
ties, pour tous runner du fccours aq befoin.
Ce meme hortne voya t la fIrprife du depofam,
fortit de fa poche un cong6 que Ie depotnw iut;
il r tultait de c cong6, quo lasper.fome qui y dcait
d(e6mmee itJit native do Cahors, c qu'e le
avair fCrvi pecdant 8 ans dans un regiment de
calieurs.; ce m6mne homnme ajouta qveklu-s parti-
cularitet fur la tamille du dipofant, qui lai fit
croire que cet home erait vdritablement originaire
de Cahors ect fqui Is d terminerat i faire entrer.
et afftoir kls deux prCfonnms dans Con apportement:
alo.s le d pofant demand i ce. teme homme
s'il 6tait attach; ia troupe feld6e do Paris, pour .
oi il quittait on pote e n'avair point ion uni-
ormne : ce tie hre oine lui repondit Nous fom--
nwrs attaches a a Is garden foldde, et autoriCes a porter
des habits bourgeois; nous fommes envoys ici;
nous gagnons vingt-cinq folt par )our, nous allons
reliever nos camera es; i quede hture turt-il nous
ren.ire aux galerits ? ditesamoi, e vous en prie ,
fi tout va bjen, et i vous C~rs coucent des calo-
tiuls et des arittocrates ; le d-pofantC voyant que
cas homm-s avaient la there eralte ,, et qu'ils paraif-
fatnit d'ailleurs al inifruits, kur repondu : 'lout va
adtz bien, it ne taut pas vous 6tonner que dans
wit a(fembl.e de douze cents prCerfoes trairant
d'lnt6tts divers il y ait des debats et des dif-
cuifions; je penfe que vous feriez beaucoup mieux
doe relter i vos pdlles ; cca mme hjmme re-
pliqua au depofant : Nous ne venons pas idcpour
ce feul objet, nous vou ons reprendre le polte que
nous avions ici, et nous ne v)ulons pas permettre
qu'aucun autre regiment l'occup ; le depofant lui
obferva que puiqu'ils avaient quitt, le polte, il
fi lair bient que ie roi edt une autre gardc. Nous
Piaomn quitta, dit ce mitne home pace qu'il
avait qu'te I Nation; mats aujouwd'hui qu'il a ac-
ccpte la cocarde national nous voulons reprendre
pitre:pofte : vovez fi les Suiffes et fi le regiment
do Flandre ont o le e piendce ? Le depofant lui ob-
firva q*e les Gardes-Fra;c.aifes, don't panie s'etait
rtiree du service, n'etaient pas aflet puiffans pour
dfwputer ce pofte aux troupes r.giies, qui etaienr a
Verfailes. No-w avonsM, repond't ce mewt home,
Its gardens ; ationales dc Paris i notre service ; nous
fommes d'ailleurs certain qoe le regiment de Flan
ike, les dtago s, les Suiffes et a garden national
de Verfailles ne front aucune r6fiftancej nous n'au-
roas affaire qu'aux garles-da-corps et cerraipement
its ne front pas menagis, s'ils font reftiftanc. Vous
tavez, fans doute, ajouta cc mime homnae, que ,
d ioi a huit ours, nous viendrons chefCher le r(.
Lbe dipofamr trait cette jactance de bruit ppulairm,
r male datis eIts rues, en observant a cet hornme
qu'il avait vraifemblablement pris fa source dans quel-
que cahikr dte Patis, o -ori damandait que le roi
habi it la capital ; enfin lui depofart fe f-para de
c.s huomres cn les exhortant i la paix.. Le depofnle
alQoue quo, le $ octobre, il fCe rendit de bonne
luree a I'Atmble~ e croyant etre o ige, en fa
quality de fecretaire, 4e tenir la plume la f&nce
commenja par Ia difcunfon fur I'accptation condi-
tionnelle du roi des articles conftitutionnels, et fur
fN declaration qu~i' fufendait fon acceptation : quant
i'la ddcl: ration des droits de rhomme, jufqun' lap
plication des principles de certe declaration les p e-
mitrs orateurs qui parure t a la tribune tdmbigiie
itnt beaucoup d'inquhitude furvla"pbonfe du roi,
en difant qu etle pouvait exciter le Peuple d j& en
movement : ils declamrent beaucoup contte le
repas donn6 par les gardes-du-corps; ils le traiterent
d'orgie : il part au dtpofant q,.e ces difcuflons'
ecitaient beaucoup de fermnentauon et d'indignation
d&ns les ga'eries.
Durant cette difcutlion onannopi dans 'Alemr-
blee que trois ou quatre mille femies de Paris',
asec, d4 homnis airmns, et deux pieces de canon ,
erakint deja au point de Seves; qw'llks avaRcaient
fur. le chateau de Verfailles; qaeu ces hoinmes et
ces femmes pekemete, arreraient les allans et ye-
nans i qu'ls arrachaient les cocardtis noires et blan,
ches a ceux qui en portaient et qu'ilt forcauinr
rome ceux qui vwnrlent i Paris i retourner fur
Iuis pas, ou de s'incorporer aver eux : cette niw-
velle inquietante parut.precipiter la deliberation por-
tant que Ic roi ferait fuppli e:d'accepter purement et
fimplement les arrtes conftitutiomnnels er la decla-
tion des droits de lI'hornme ec du citoyen,
Dans I terns qu'on s'occupait d'une depntatibti
au roti les huiiicrs annoncerent a 1'Affembnlte q e
la couir des Menus t&ait remplie de ces hommes et


de ces femmes, arrives de Paris, et qui dernandaie'ir
i entrer porctr !'urs plaintes a 1'Affemblec-, en di-
fant que Paris maiquait de pain et de farineo M.
Mounier, alors prfident donna fes orcdes pour
cu'ii ne part a la barre qu'une douzaisse de ces
femmes : bientBt les galleries, la barre et paxrie de
I&af-tlle furent replies de tous ces gens-lai le de-
pofant remarqua que quantity de ce; fcmmes; fr!ten
s'affeoir fur lets bans ec mdme i cb6t de plufieurs
d-putes, que lui depofant ne reconnut pas: ces
fttrmnms, qui taient la barre, avaient a teur *kre
un jeune homine portant un mauvas habit noir.qai
ne pataiffait pas fait opur lui, et une epee qu'il
dkrma. aA tesir Ia unI de,ces fernmes, une autre de
ccs ftmmes portait une perch, au boest de haquelle
pendait qucluquc chole qui avaic 'air d'un tambour


ao baque. Ce jeane homme tfi cotunume, prit
li parole d un air haggard et menaacnt : ii dit que
Paris manquair de pain qu'iis *raienc expos a
mourin de aimn; qu'il, venaient demander du pain
i 1 Afneblee et Ua permiflion de fouiller dans toutes
les muifons o ils foupl~onai-nt qu'il pouvait y a oir
des accaparemens; i i nifta beaucoup fur cette per
mifllon ; il dit que le Peuple etait aui dfe~.,fpoir ;
qu'i s avaieot le bras level; qu'ils fe porteratent a
it s exces, ec que c'taict 1 aAffernblee a partnerr
I'tffulion du fang : it ajouta que I'Aflemble avair
dans fon fein des ennemis du bien public qui 6taient
la caufe de la famine qui menaqait Paris i que ces
ennemis donnaient de 'argent et des billets de la
caifle aux medniers pour les engager a ne pas mou.
dre ; qu'ils avaient la preuve de ces fairs ; qu'ils
favaient leurs noms matis qu'iis ne voulaient kls
heommer, parce qu'ils ne voulaient pv .tre dela-
teurs, tt ne demandaient que du pain : Etes-vous
bitn fr dU ce yue vous avaneqr, lui de'manda M. Mou-
nier ? Oui, r6pondit 1* jeune home ainfi que les
femmes qui etaient Ila barre, et quantite de voix
in partirent des tribunes : alors plufieurs membres
de 1'Al'emblee, indignes de tous ces propose, de-
manderent que ce jeune home tdh tenu de nommer
les perfonnes don't ii entendair parler; cette inter-
pellation occafionna beaucoup de murmures dans
l'AffenblW.
Le d pofant, qui etait toujours au bureau et en face
de la barre,tandis que M. Defmneuniers tenait la plume
pourredigerle proces-verbal, apercut deux perfonna-
ges habill s de noir, qui s'approcherent de ce jeine
honime, et lui parlerent i l'oreille, et de fuitecejeune
hominme repondic i M. Mou ier, prufident, qu'il
etait honnete, et qu'il ne croyait pas devoir nommer
les perfonnes don't il avait parld i I'Aflemblee infifta
pour qu'il les nommat : le d6pofant s'aperut encore
que ces mmrcs perfonnagcs, habilles de noir, par-
lerent a putfieurs de ces fenmes qui 6taient en-
dedans et en-dehors de la barre i et dans l'inftant
plufieurs d& ces femm,.s cricrent que c'6tait l'arche-
veque de Paris; i i n'y ut dans I'Aftlemble qu'un
cri d1idignation centre cette calomnie: M. le pr.-
fide.t prefa vivlment ce june hdmine de st.xpliquer
fur les noms des perfonnes quit avait accufets, et
furtout de produire les preuves qu'dl difait avoir;
fur cette Invitation le jeune home repondir d'un
air fort embarrdffi, quw fur la route de Verfailles
;Is avaient rencontrt' une dame allantr Paris, qui
leur avait ratontd ce qu'il venait de dire en Ieur
ajoutant : allez fi vos avez bt-foin de preuves le
les donnerai ; je fuis log6e a Paris, dans relle rue
.(le depoant ne te rappelle du nom de cette rue ) :
duranr'ette fcene, la troupe d'Nomms rtt de femrqcs
jui 6:ai mn veni. de Paris, continue de penetrer
ians l'Affermble ,.e d'en occupr tous les banes i
ces peifonpa&;s fefaieit la co'nverfaniion a haute voix,
avec ceux qUi etaient aux galeties; ils portaient le
Idifordre dans tous les rangs : plufiueurs de ces femme
Ce porrerent au bureau, et l0autrres enourerent ,l1
faureuil du pr fident, qi ntait occupe6dans ce mo-
ment par M. I'eveque de Langres, en PIabfence de
M. Moanier, qui etait alley ch- z le roi; plufi!urs
tde ces fenrimes obligerent M. .'eveque de Langres
et plufieurs depuates i recevoit leurs embraflads i
le ddpofant fut fort furpfis de voir plufieurs de c s
fitmmes qui avaient l'air d'hommes'traveftlis en habit
de femme; at le jugeta 1apresleur,%regarf Faroucht
*et mcnacant, eaur ,ein leur barbe,, .leur taillhi,
leor d6marche leur accoutre ient et jiur filence.
Poor calmer-tous ces gens- a ,I et fQrteUt ceux des
galeries qui mu uraientbeaucoup, I'ATfemblete s'oc-
cupa des. moyen', q..i pituvaient f cilbirr la circuli-
!tion ides grains em fjainesa pour Paris, elle rn lit uri
dAcret a ces r ins, et en fir ddllvrer de fuite tune
expe ition, ainfi qn: depl iteurs auttes relatifs anrx
fubfiftances'a ces fempes, qui 4vaiete deja d&clar
'qu'elles ne voaIaiet fCertir de t'AfemblMe, qu'aii-
rant qu'on leur dbnnerait cette fatisraerien : ces
femmes ayant toajours a euar tCee le june homme,
jdont ui depofatsa.'deji park et ayant autfi parmrf
elles des gensm 'v&tas deoan'lereh utiH rertifica'
comme:quoi eles sktaient rtenues 1 r'Allembtee
!pour reclamer di pain ce qutleir fue accordd"
SLe jeune homtnem ntianr de I expedhion du decree,
adreffa la pai:ae ai depofant, en' lui difant: Nous
tne fommes pas fatlsfaits de ce decret il rn con-
tient point la pereil'fion que nhut irons demandee
,de nous tranfportc; payout oi '.nious fdupconnons
qu'i y a des accaparmerits : C'royez rif Me'flieurs,
faires ce'que'ndus vous demaido.is',f vbut volez
;dpargner l'trffafion du fahg.


i etait, dans ce. moment, ,%peu-prps dix heures
,foir; la majeure paret dcs deputies avait *Quitt I 'Af-
'femblee ; M. lefineuniers et le dpofants eaient feuls
;au bureau. M. I'evqu4e de Langres (e voyant in-
fulte, et le d.Ifo;dre dans 1'Ati mble augmentant
a vue d'ocil leva la fiance.
L'inltant d'apris le depofant fe ireovrfeaul.u bu-
reau, et bient&r invtAti par quaitit& de femmes et
d'hommes a lui: inconnu<, qiui lui 4din qu'ils ne
f',rtiraient point do l'Affemblei'qtfil nleut tax le
:pain i fix focus: les quatre livres', -et 13 viande a fix
fous la livre.
Le depofant leur repr'fenta quiil n'avlt ancunr'
qnalite pour cela; qu'ils devatent s'tdteffer la
municipalire de Paris : ces perfonnag.s inifterent;


et cmmte its vrene qt t d rafant ramafltait fei
patpirs pout I redrer, Its le faifirent par fon habit;
le ferreiernt de plus pt s, en ripitant qu'ilne fallait
pas l hffer tort ni. Str ts entrefair.* uit jeane
home de la taille de cinq pied, figure mraigte ec
livide, habil! de grms et portant un dblTer
aJrefii la parole au depofam, en lui difa-t : fAites
ce quEon vous dem'aride ; n'imainez pas que nous
foyons des enfits que I'on joue ; notus arvos le bras
lev6.
Le depofant repr~fenta a ce jeune home aue
fon pro:-.de elait puniutable ; qu"il n'avait qu'a fe
contenir; et adrefTant la parole aux femmes qui Ie
tenaieuct par rfo, habit, i tleur repr6feenta de rechef
qu'll n'avait aucane quality pour leur accorder ce
qu',:les demnadaient, et qa'il etait inmilei qu'elles
infiaffcnt davantage : une : une ces femmes Cut oc--
cuper le tauteuil du prefidnt ; elle prononqa quel-
ques paroles, qu : hli depofant n'entendit pas, mais
o1ui fufflrent pour dif .air. lets perfonnes qui itaient,
autour de lui, et iui taciliter les moyens de fe re-
tirer chez lui ajoute le depofant que fe retirant par
les corridors, il fut arrcCt par trois offtcitrs de la
garde national qui lui dirent que I'Affemblide, en
fe conduifant ainhf qu'elle I'avair faith, avait prevent
de grands malheurs et que certainemeunt ces gens-li
eraicnt venus avec de bien mauvaifes intentions ; dir de
Splus le depofant, que vers minuit ou une heure
du martin, les deputies furent invites au Con du
tambour de Ce r~hcdre a l'Alf emblde I qo'a cetta
here 11i tait couch, et prevenu par un de fle
coliegues qui rta:t Iojt dans la n, me maifon, et'
qui prit le devant le depoant fit toute la dili-
gence poflible pour s'y rindre ; il traverfa le'plaf
fage du Chenil;.nmais lorfqu'il fur fur l'avenui:de
Paris, il fut :rrdti dns Cfa marche par la file de
la garde de Paris qui arrivait linr quatre rangy
de Lhauteur de\ chaque cAte de l'avenue, et par
un train' d'artillere formidable trained fur le pavy.
Arrive I1'Affemble il fi:t question de reprendre'
le travail fur qtelques points de la procedure cri-
minelle ; le depofant appercqt beaucoup de ces
hoarem s et de ces femmes, diont il a dejai parl'
fur Its banes de la faile et aux glieries : le de-
fordre que ces gens porraient dans l'Affemble,
fut la caufe que h feaii4e fur bient6t levee ; 1e
depofant retourna chez lui pendant !es trois heuris
du martin ; il entendit tirer vets le r.ftc de la nuit
quantity de coups de ftfiils. Vers I s fix heurts
matit, on vint lui dire qu'otn egorgeait ls gards
da chateau. Plufieurs j puts n'etai nt pas Ln ft-
rete chez eux; qu'on fefait cournr des liftes de
prufcriptions qu'on avait appotees du Palais-Royal ,
et que le bruit courrat qu'on demandait la tete
de .M. Mounier, prel4rutAt. Le dpofant s'elt rendu
I dix'hefes'64l u martin a I'Affmblde*; ii re ncon-
rra e ton chemin r, .t nprtapw'f nt fur Ies aveiuits
de Saint-Cloud et t e Pitis, quantire d'hommes et
de femmes arm-s' de piques j de fabres ec de poi-
prrds : plufiet'rs .de es tr.nmes avaient I'air d'ktre
pit~ses e vin. Qu'unn heure a're6, le dpofant etrant
(br( I'AB 4( Alle'tourvoir ce qui fe p~afaiit fur
I avenai d arS,, o4 *I pn ft4ait,pour ajifi dJire, un
feu ioulao, 1il v,'lr Jts garJes nationals, emme-
nas ri phleurs gar.de-du'-corps qui portaient dci
b6fmn ts de grenadi''s, et quantity d'hAontmes ctt
de fmni es armed e 'de ,abres .4e de piques; le roi
et la famille royale talent rtau yilieu de ce cor-
tge qui avait plutot lai, dr Ii 4, et de la trifo
tcffe que d'unp march royale i, oh teve le depofant
que verss les 4ixheures da, mAtn u.ai 6 ottoIre,
entrant dans' i' rand'e cour'des lenUs, il ent.n.-
(tit une voix qul L aNp lait f/tw" monr pays ? quo
s'etant r,tourne, itl rILeol;nC.Il m)ie foldat aQ
.ardes don; il ^ *.-lrst qua etsli venu cah"
nhu ou dJiK joruri ^Wa^pc po'ir lui dc-
m ndjer ce' qui fea ,i ihmublee natiuoale;,
cet homn)e etaitll mnrlnel, t enuniformne de
garden nationale, pargsne iIlit ,au deoofant d'un
air t e i-fats 4fit ^i.,5 < r4 fleur!, je ne YVuS ,L
pf.trompe ,.,.no tout.ce qtad le a34ppn; 'a i..t favoir.


Sieur Jean Firau s'-rGCIat de Guilberml 1g
de vingt-neuf ans ,proocureu .du eoi tn la lene-
chaug e,et fiege principal de Caftdelaudary, d4putir
a I'Affembtde national, en cette uville de Parish
rue -e V ichelieu ,. loge h&eel de Sidle )
Depofe que d'aits le udibls d'aout der ier, il a wi
dire .a MM: Maloitt., Durairffe fet Maifineuv-e,
detputr 's' de la f6nechauufie d'Auvergne que le
j6t'q. qle t roi vint i Paris, dans le mois de juillet


idernier, dejenant avec' M Coroll-r du M)uftoir,
ce dernier lui avail aVbou'"qu'il etait d'un' -fpece
de conite qui avail entrrtihnt corr-fpohdance avec
tous les regimen% de I'armee .pout les engaget
la defection; et que pout foulever le PucpIe,
fi la cour n'avvlit pas revo M eckr iavair
Sdt r~folu de fire inettee le'f.u au'palais Bouirbonj
Sq!i! dins la n,:it dti 5 'au'6 oCtobre aivanr tf
Srarpeld-a I'Affmrbll6e ven' le, un hedre4 aprs
: mrhfuir jl fit' rencontre ia's la court du Cri-nil
d'uid d ri qa'il n'a pa rtconnu dempui%, et doni
i'd i gn'ore Li nomr, qu'ii lu dttqul faltait nomer.
Sun rg-gent dt ro.'iaun et qte c'4tait pour cet
objet qu'on f, rendaic a i'AlcAbnbee i que Iaice


I I I _~ ~---------------------r -~-~~~-- -----


-i I 1~.1


I












Aff inblhe s'tant rendue chez Ie roi, et pendant
Sa'ellk deflait pjr lacoor des miniftres, etait ar-
rer e par l'affuence du Peuple a la porte exte-
rieuro i lum d.pofmt fe trouvant entire MM. D)uport
ct Barnave un incomatu, portant une mauvaife
velle rouge, dit, en s'adreffant i eux trois, qu'il
lui fallait Ia tCte de l'abbe Maury pour joucr aur
quiles : fair le depofant quc M. de Lartigie,*.
girde-du-corps du roi, habitant dans le Comminde
; Lit avoir vu promener M le duc d'Orleans palni
los brigands qui fe lInt iitroduits dans le chateau,
et ce, le 6 octobre, vers les fix heures du martin i
qie MM. Thierry de la Ville, demeuant A Parisa
rue de la M;chodiere, au cinquieme etage de li
mai Con nurnmrotL 7, et Roufftau, mitre d'armet
des enfans de France ont vu pareillement, La
nuit du 5 au 6, 1- come de Mirabeau exhortani
ls troupes troupesa h defection et animant le Peuple
Illi diflant qu'ilt ombattait pour la liberty ; qu'iia ott
dire quh le S' Baz;re cauitaine de la milice national'
dc Vt rfai;lcs, conn.Aflait plufieurs dputes qui avamiei
pratiqu!e Idite milice et le regiment de Flandt
pFur les engager il a defection ; qu'au furplus
:I fait que ces brigands fe font introduits dans 1
chateau de Verfailles au vu de la milice de Paris
et qu'ils ont publiquement promene les ttes d-:
gardes du rui maffacres, fans que le chef de 1L
dite milics ait fait tire aucun mouvemcnt pau
les arreter; qui eit tout ce que le dspofant a di
favor.
Et avant de figner, le depofant observe qu'il
ublie dc nfous rendre compete de la converfatic
qu'il a eue dans la cour du Chenil, avec Ie 4c
pat. don't il a doji parl .l'-quel fair etre dput
ds communes, pour i'avoir vu porrant un mte
teau ; que ce d.-pute lui donna pour preteste d
la nomination d'un regent le prntendu voyal
du roi a Metz ; que fur l'obfervation de lui d4
pfCant que Metz etait aufti liei une vill 4
France q e Verfailles et que ant qua le rti i
quitterait point Con rovaume, il nt pouvait y aS
u a avoir un regent; que quand meme il y a
ta.t liet crtte place apparriandrait i Momaful
frcre da roi, par le droit de fa naiffance qw
part au depoufrrt que Con observation n'avas p
l'approbation de ce deputy, et que c'6tait M.
du4 d'Orlcans qu'il voulait pour ~egent.

C L 1 V,

Sieur Pierre-Suzanne Defcharrps agd de qv
rante-ci:.q ans depute de la nobleffe de Lvoui
I'Atn'imblee national demeurant ordinairemtnm
Lyon, logr en cette ville de Paris, rue du Hafar
n .8;
Drpofe qu'Ctant a rAffembl6e ntionatle .
octobre dernier, it -fut temuoin, aiil que tos
membres, que vers les quarre heures apr$s-mi(
des femmes arrivant de Pari firent demand,
di'tre introduites i la barre, '&c: qua M. le F
fident ayant invite les membres fCe rendre cbher
roi, le d pofant l'y fuivit tpiq'rant arriv i
grande grille du chateau et pendant que ces d
tes y entraient les uns apres les autres, des f-mn
lui demanderent, a plufieurs reprifes : Ob ejl t
comte de Mirabeau; nous veulonm voir notre comrt
Mirabeau ; qu'il leur r6pondit qu'il ne l'avait
apercu; qu'ii tait poflfible qu'il fat deja enrr<
chateau ou qu'il flth encore par derriere qu'en I
*tant de ch.z zle-+oi, M. Mounier ayant annonc6 u
Sfsn intention,'ram que la fCance durittoute la nu
;il pnra le deporfait qui avait dem ane la parole
le projectt de decret provifoire pour Inftru tion 4
minelle d'allonger aurant qu'lt le pourrait cc
difcuflion qu'il errTtirirt 'A 'ordte du jour p
remplir la feancer; qu'en reo'rant dins la fallen,
les une heure jtrele'tie'du matin,, Ios dppiats tr
'ver'rnt prefque to-tes feurs pflrcates mne ctfcte
prefident, occupies par des -'tfnies dir Pecs
qu'on parvint cependart a let enCer A fe ca mon
'ur les banes les pTtli elves I qef lex ou t
imemhtes ayant'parTe far rotire da iout, fans (
interrompus, le dpctofant fe ter our'pendrd
parole ; qua I'inftant .les femme q' i occupy
Jes bans et les tribunies 'irett rerentir tout
falle de cescris : Ce n'eft pa ctla qu'il noua f;
trous rvoaltns ahtrre chfl'e tPq*.Mil paroles; c 'e
pain que nous voaulsc-t -1irabeau fe btvs ouefats ca t f_-nwM
ofaient commnarder des d le-champ un fitence abfolA c; ledtp am q4aw
pris la parole pour cE que tous les articles 'du proiti. 44.cr~e r
dCmonrrer ou I'inutilihe ou i4 datlers, oat 1


barras ou irme une forte d'inpuoflfile das
tains cas M. Monnir lui fit dire *. pres un i
hcure que MM. de Ja Fayttte vena;t fire ini
a lever ra fance tout etant cmirn et en fI
Sedans Verfai!les i q'en conf4cmwu ce il le priaii
termi-er la ditfcifion, ce quil fir aufTir6Ot ; il
alors trois heures du martin. UL'AITn,biee s'*tv
patre, il fe r"tira dnts fmin do-idle et hla
n'ktant affigne? pour he lendemain qu'a onze hv-
I ft'apprit qu'en sy tenant, les scenes affre
qui s'etaent paffTes le martin au chateau, he maC
Z e plfieur, gardens du crps et la rfoluton4-d
de fe rendre i Paris. Qut :lepuis Ia tranflatiot
"'AcLmblee national dans cette capital ayant


me fe rappelle pa quel jour, dlmner t Ve efldes emu
chez M. BergafiC, foti co-depur ia t vim s A et hl
Sap r;-midi, un ofctier du rdgimet, a flasr ,i* qae
Squ'il croit 4tre le Bieuirteftm-coIanor, lkqm n flht
qrue- dans it mit 4o f M b ocrt, It i M Iri
le Come de Mirabe au frimitew d PuW 0 6 de1 t
WoUrat, pownaw fous Ie brit m j i f fbqN, i t'l
)ui avail dit .: 0 VW% voill r-IWno # Mn40 Clel ts
X, il- i quoi M. de Mirabeis auhg &vt i- pie 81 4
dam c moment de tunmse iA awn no aIm.n am
po iltur 'tl, c. .

CLV. C
1 Sivur Jean-Louis H1 ri de Lonla"o. 156 4 o
Sremne-fept am. cuyer, ptemier avu aut l 0ot1 au
chitl:et 4Or6ans, d pur.t a l'AeMb4l rwlaonadk .
deneurut otdinjirement & Orfktus, 1i en CitWt
v iUle ida Paris, hotrl d'Avaray iW d 4j (ricUle. 'o
e tauxboiug Saint-Germain ; r"
It tgF
C Dipofe quo e es Ie courant do p obfum do f.c
nier le rappochemen d'un tanAd mM.brWe d fti
e propose et de circonitances I'avaient auto#i I trostin ;
, qu on cherchait a exciter danla I capitk4des mo -s vement Ctonre le roi la Nine et Um pfcti. des re
*- mcmbres de I'Alffemblae national j qu eet top- fm
ir v-ns a ccc egud djtet dnctIhstihet d'siw tv fir
it furrection provoquec par le ficur do S.intr--Hng, cc
ot douit lut depofa t, alort tcrttire de I'Atlt n pp
.let national, fut chargO de terndr cowpe a Iadite o
SAtcmbe'& que te lundi, j octiobt, dsrouver- o
cure de Ia tfance, ii crut rematfqWc 4u't l s4 ti pa
rait qullqae chof d'exraordinaire part I ten qu at*-
tc f.ctaient d'y prenlte quel i es memnret ds 'Affzm-
1-' bie ct notmwnint ie tlur comte. de Mahea,
Sen partanmt d'= "ditoonciation qu't po9uTk ftiire I
ie et quai onrtit vifihbemnt coamru tlai rei$ qu'en 4'
SeFt, fur Itse d&u heuares Ie br iuit u rihidit' dans SI
a isaite qu'i! a.ivit I V.rfaill.s in pand no bre nl
'A d4hbitans d0 Fa iS qu'un home plci dans la
ba asne mrntcipa M. It prtfideMn pour li dire f ue h
U lui et ls J;ahmes qei I accompagnaienrt teiet infor- V
r neo '', y rvait Jam I Atn.bl fyrtU patm, in L ,
i le eccleattiqra s. beaucoup de maivait dates qui (f
a t oppo ai-tit at bien, e quit iti chir 4a fair I
ce q, i en ehat t que le p (fiJn. -1 a rponmdit avec q
bornet, i. 4,e m' niere Ie rappektl i fon devoir, e
ct quc a f eancc fe pr, longer d4am n i itt de trouble o
-t 'midec:nce }ufqu4i pris do dix theures du foir, fi
cpoque -. rLqu1lt on rapport use teponfr faaorble c
0a du iroi 1L" ia demand de cct kmmwnl qoe vers p
i minMluit ui dipofant etant au mom. m do ft m.tre
t i au lit. entenditoTvoquear trt noauveUtl A&fimee ; p
d, qU'il fe rerkit fur Ic champ i i faile oa i tArsva v
U.n tri-petit rnombrt lo dptlS o cOtr'aines rt
A M. cure ice do Mirab*au i qo e for N la'on di i
lti bu 4potans quos parttie de r6*Xlfb4tw pro
i, ababennt chrt Ie roi, et fur ce quid dmnunda i
de, Ctux quii I'entoutait s'il ne convenait ps :de s'y
f. rendre toumil future pri trs+-ait.rcm..-t par un d
le tes coleguce qui pictenedit quo 'A T" b~f tiG o-
1i n e ne pouvait janrait fe former r ches t' roi i quoe
S M. It baron de Marpgcrittc. deput4. de MNitie, a
em dit a lui d prnfant, tn foiete ,.5qe dam I foircf
, u d iu ,ent p, U triune, a vu deus do,
C femirmts venues de Pallsr don't 'une anmSait a
p l'au:r: un imoceaud d pain tt-aoirct diAit quaelk s
au voulait taire avaler ce minaccau de pain I 'Autwi.
,ro chicnne, et lui grfdre te col d i flusIs" ttet col- 4
lue jeues d- a4i d1pofant te I o S'J. 4fptu 4
sit ; de Mitz, lul a dit quc fe renitA i Ptts, Ie 6 I
fur octoube, 4as ~(a voiture., i fue aretA sopow(& d
cri- tvs par dixr o dourm p'oa 105u". I* ftciretn t
ette e retourtu r i V'rfailles". r n mr OiM ot, '
ou pattie dane fa voi'rw, et fpar db e,e Is Is
ve ditiwt qu'ilt aoeleraiment pane. pfn M ot
ou- n, fut fVefajcill < dfm d 'i| 1
du kur it de Ii *rpliq'.r e. poe,. ii bi tepoot.-
r fi ame di f rn ia 1. nl, q u+ ,,o
rtfeli fa j a 4ea a e idmW du C X aim ivchrdl '
rha dna c uraatd1et. id a ,n I ttu i,
lent f e coIeImet ek de onmt aI Iro mnur de
:e la ntdcel-dt^l< d LP irn k I.toep tm 4..rsnlri-
ut : gnemns fur ccirfit, fti4cnr 4 $. I procure r
4du ro. rr {uc.,ijli, maj| ut Uj 0taat aqs1 en
| about iu'a jiqam wcs t ,ftes, ^yualti 4ft r.i.
qui tire, ile fu4iptlrrj ucceli>i i uoudilt6t
r. la p i P9Ua'40a tri, qw uMiM d Im re.
aBe ChtCrdcSi de ntth7ac1.4e~uitele i ot iolt i Am depo.
wyf- frunt (dutC ilues p94 dj 4 rkiaodear i pew
t < pres d'mune dni-fL eotiTwC (h to(6mb t ou
'eais deuw let armem d'Orlaus e it f-rtd eO yam tn


eik trmint or lui dit qu'an n < Wi | qtt'il en q o it
vie.r I t commard4 tan oerta4f rsiasait -44I t firbltbks
Iret6 qtia'a ih mme poqe MM. i:te..'tmi dol'bt6t-de-
t de ville explgerent a c-&e'i -' rA*7bi, dtait qu'ils Ft.i-.nt en poffetfrina'niuft ct~fain tmbre de
i f- lettres venamnde Ldndres, -*rdftc 4 t4adme d<.
iance Silley et d'auttes perlonnes. w It cciet de M.
Irf s. le duc d'(rleans et don't qauelu-t ses paradiaient
eufes porter line adrelie de la m:i$ u i tn e dIe M, le duc
Tacre d'Orleans; que fur les infflar q*'ih.vwa:ent faikes
pr,oi .auprcs du comite des re(hcrchet, qui av .t precedd
n de. celui dort le depnfant e rit meihree, cw -omite ,
Set6, avant d'auaorife ourer tu'o ie Je c lers k s avait


devoir prend-e directement les ordres du roi,
ui demiander une autorifation pour les ouvrir;
fa majeftr avait repondu qu'rle ne pouvat
eMttre d. violer le fecret des lettres, mai quo
WsM etaient 6crites par des gens, ou adreff&; i
pfonnes pr6venues de quelques delits, le tri-
m charge de 'jnftruction pouvait ordonner quo
Irces feraient dicachetis, et que pour eet
it i les instances du comirte des recherches ,il
ni~ait le fieur d'Ogny a les laiffer en dep6t entire
mains du comit6 de I'hbtel-de-ville; que ce dd
Sowtmncm ait a leur devenir embarradant ;que
I Ctres rtaient journellement reclamses, et qu'il
as "ntiel, ou de les rendre i Ieur adreffe, ou
Sd ft determiner a les ouvrir; qcue tI ddpofant
km cvolkgues, apres avoir vu la reponfe du roi ,
ar umande de leurs predeceffeurs, reponfe dent
oear &Ogny avait declare avoir dolivrr4 des copies
ormes a I'original ttant en fa poffefion, penfe-
m que let choafes n'etaient plus entieres, et qu'on
pol tait rien fire de mietux que de fe conformer
rp kufement aux intentions du roi; que dans la
ire dce rapports qui fe trouvaient naturellement
ialia emre les deux cmitds, le dip fant a 6tr .
rt do remarquer que celui de I htel- de-ville
cevtit des declarations par ecrit de differences pe r-
arn masndet i cet effect fir les 6venemens des
e 6 octobre; que meme des ce moment ledit
mit6 a mnnnci I lui depofant qu'il exiftait la
em" complete d'un complot form centre let
*ti de Ia reine, mais don't les auccur n 'taienc
MI uocore IouoRa
C LV I.

Sieu Jean- Antoine.Louis Cornier de hlDodinieto,
i doe 41 i 46 asm, major des ville et chateau
Angpra, chvalier de Iordre royal et militaire do
int>-Lsi, demevuram a Paris, rue Saint-Martin,
H41
Depofe quit et fo(ti, fur les fept heures et demie
sit heroo di martin du 6 octobre, pour parcourir
(erfaitles i voir ce qui s'y pafait ; qu'il a rema qu6
n tfemmw, vitiw 'une redingotte rouge, ayant
ir ia tite un chapeau road, qui allait de grourppt
n group et caufai avec diffirentes perfones i
ue 1i mecredi 7 dAdiK tRois, lui depofant. tant
nmr6 dan un cafd pour djednert ,il y troava uan
:icer ,la. garde *lMieale parifienne; que, car.-
tmt efem l fwr lt td emsens des deux ours pri-
edem te t o4ficv Ii 4:t que ce qui ne lui fortait
do 1 tse uiu wnft femme vetue de rouge,
u'il avaiS e etreJ prler et exciter Ia troupe i fe
mweer AI'AftCmtrl national pour s'emparer des
cta 4um r \lte doRpait les noms. fans qioi l'opt
mm i tai qu4 &c.

C L V II.
Siew Charces Thierny de Laville, Ige de 35 ans,
eYaft~aepitaine de la i fcompagnie de Veriailles,
V dcnmcotAirrdinairement rue de Maurepas, n.0 ,
t loge a Paris, rue, de ai Micbodiere, n6 7 ;
4*pofe qu le z6 juin dernier, dtant dam la
alle de 'Aillmbice national, une deputation da
'alaii-Roy4 campofee de huit ou dix j-unes gens,
'y rendtt pour prefnter une adreffe d'une motiao
tui pIaraiait lnmtndiire; mais ne fe fouvient plus
lu comw a, fai s caf6 de Foy, au Palais-Royali
J'Apres k refas faith par los g.irdcs de la prevot 6
Ie laifet entrtr cerre deputation, Ie d+pofant leur
lemanda quel tait 1. fujert de leur million; ils lui
ripoodirnt qu'is ertaient Its repr6 entans de dix
ille msr du Palaf-Royal; que, d'apris cette re-
peonfle 1 tlew confeilla de changer cette d6nomi-
natio, pour fubaituer c-lle die citoyens d4 Paris
let's entre a ee e*et duns un bureau, ol vnrent
plefiurs ddputi, entr'autres M. Ie come de Mir&.
au e( M. Bamnave, It fquels dirent que 1# thn-
rw aropofe par le depofant n'etait pas necef-
att qetqspe ndint I'avis de lt.i ddpofant fut fuivi.
et Ct~s deputation fuat introduite a la barre t qae
leudae iour f enrre rrois ct quatre heures de l'aprm-
1*I, .l vinrent chez lui d'pofant le remercier.
eot oa uene au Palais-Royal, on il paraiffait qu'ils
urlim e kl prefenter en triomphe, ce qui le d&
itomm ii 'cea retourner ia Verfailles ; que quelques
j76a ar syant enrendu dire, fans fe rappeler oar
quti '1'?. le duc d'Orleans stait mecontenc de
ec qu* Ili 8gCofant avait emp&ch d'entr.r la dC-
p!aioo womrne elle etat venue; Ie depofant crut
dov' cc'* eapliquer avec ce prince qu'il rercotnrra
do I'f lenblee national, et que ce prince lui
Cfynikit : Cela ne me regarded pas, je fuIs neutre dane


tw wla.
4Que I*e octobre dernier, entire qtatre et cinq
heures du foir lui ddpof:it fe rentdit fur la place
d'armes a Verfailles; que les poiffa des de Paris arri-
verent; qu'il a vu entrer chez le roi une ddputa-
rion de ces femmes, a laquelle fa majeltd donna ua
ocrit en pr6fence de M. Necker, pour avoir du pain;
que cette premiere deputation fortie, il en furvint
une autre egalement defemmes; que ces f:mmis-
dervendiretnt et rencontrerent plufieurs d6putes, tantC
de la commune de Paris que de ['AfTemblee natio-
nals qui nonterent au chateau ; qu'il a enrtndu-
des voix, parmi ces diputes, dire : La libert m re
cnfr.5,


1
_ _












enfans, nous fommes pour vous, eta reconnu M. tar-
nave, ect A cc qu'il croit M. de Mirabeau, pour &re
de Ceux qui parlaient ainfi qu'il eft d'a-aanr pius
po tr a croire qu'il ne fe trompe point fur la pr~rence
er le propos de M. de Mirabk-au que vers la fin du
menne mois d'octobre, fe trouvant en vifite chez
nidame de Miff;ry, l'une des premieres femmes-
de--hanbre de a reine, M.RoufflTau, maitre d'armes
des enr'ans de France qui s'y trouva pareiliement,
dit qu'il av.it vu M. ie come de Mirabeau, le 6
au main fur la place d'arm.s, ayant un fib e fonis
le bras et dire au Peuple : Courage, m s :nfans,
ta liberre ; propos femblab!es a ceux que lui d'-po-
fan: vt:nr tie dire avoir enrcndlu la veille i que L1
mnim- fiuir Routff:au a encore dir qu'il avwit vu
dans la mnii rartine: le duc d'Aiuillon, deguile
en termne cet M. le duc d'OrlIa:s, mo;tati 'Vef-
calier et ind-quan_ rsu bras au Petiple I'appartemitnt
de la rtin ou'au furp!ls, lui dcpofant a cntendu
prononc,r par le Peuple des imprecations et de,
horreurs contre la reine; qui eft tout ce que le
depofan: a dit favoir.

C L V I I I.

Sicur Co&ne Beaupoil, comte de Saint-Autlaire,
1a6 de .48 ans, marcchal de camp, licuen nt-com-
min inr d'efcadrc;n des garcs-Iu ccrps compagnie
de Grimnirt, ch:va'ier de I'ordre r,,,i ct militaire
de Saint-Louis, dcmeu ant a Paris, rue du Sentier,
no 33;
l)t )of-. ainfi qu'il fit : Les gardes-du corp<, au
nio;:bre od i-pt'u p es de trois cent vingt, ont montr
a cheval, a trois hieares et demie, et (e font rendus
fur fa plI ce d'am-s l. droire appuyre i I'ancienne
caf.nrtie des gardes-francaifes, ayant la grille au dos.
Is fiont ainfi reftes en panne route la journ6e, s'6tant
rt tire's vers les fix heures et demie i leur h6tel,
par o- dre du roi; c'eft alors que dans toute la dur-e
de leur march ils ont etffuyc trois ou qatre cents
coups de fufil d& piques et aurres armes, de la
part 6e la garden national de Verfailles et du Peuple.
i.es garlcs-du.corps, craignant d'6tre bloqu6s dans
leur hItel et dtnm ; les diffrrens endroits qu ili occu-
paient, ont aufil-tot remonte a cheval; pluficurs ne
lont p-s faith, et ceux qui par petite troupe a lament
re;oin re la plus grande parties Ial embi!e, ont eprouv6
et ef'iny beau.oup de coups. de fufil dans le pal-
fage du Grand-Maitre, qui contiit a l'avenue de
Sceaux. Les gardes-du-corps raffembles font revenues
ia leur arcien pofle qu'ils n'ont quite que vers le
minuit, par orrAe du roi, pour venir prendre pofte
fair la terraffe de I'Orangerif ils fe font retires
a;j bis du tapis verd et ayvnt gagn6Trianon, ils
o:rt pris la route de Ramhoui,Lt. Tous les gardes-
du corps m'ort declare qu'on ne leur avait donned
qu'une cartouche.
Le 6 octobre ayant paf-4 toute t nuit I aller
et venir fins ceflfi de la falle des gardes de M. le
dauphin, la grille de la cour des Minifres, tin
foidat de la garde national de Verfiilles ou de Paris
nia, au travers les barreaux de ladite grille, allonge
un coup de bayonnette qui a debout .nnd mon habit
Ct ne mra qu'flReure la poitrine en me difant :
B.... A la lanterne ; ii tera jour demain. Si tu
crois que nous fommes venus ici pour des prunes,
t v t,- trompes bien. A la pointe du jour, le Peurice
eli enwei par deux endroits da;s les course du cha-
t"Al le paffage de la Volt-. et la grille de la court
dles PriictS don't le pohre rait confie a la garden
nati..nale parificnne. J'ai rcmarque que !e Peuple n.
venait qu'avec infiniment de crainte. Un plus hard
fans durte s'eft avance iufque fur la court de NMarbre i
f, s dux pieds ont gliGfe en avant, il eft tomb6 en
a riere, et s'eft tu6 roi e : alors plufieurs de ces
mrmes g'ns ont accouru, eni difant : Ce font /,.
Ra'des-du.cor$rs o- t t.'e; mais, aprtes I'avoir vilite;
ils on, recnnu cu'il n'avait aucune marque de coup
de feu, et qu'il .avait la tate fendue parderriere
Le mort eft refln environ une heure en place, el
a et-i enlevd enfu;te. Pour lors, le chateau etani
environne de routres.parts par le Peuple j'ai et<
chez M. le dauphin, et, ayant reveidle madame
lIa rnarquife de T'burzel, en pofant un bongeoul
fur le pIied de fon lit, je luii ai dir : Madana
vous n'avez puas ine mi:;ute a perre pou
porter M. le dauphin chcz le roi ,1;, le Peupli
qui et.air alors futr Ia tcrraffe du rtd du tapis ver(
et pros !cs fenrtre< criant: C'eft l que dcmeure I
Cju.:',i. Monfieur le dai'plin fur le point de fi
rerdre chef. le roi je fuis venue dans la faIlle e
g,r *!dcs de ce prince ; le bri radiercorr muadant m'ayan
dcrn.ane, la coinduite qu'il avait a tenir, je lui a
ordonn de la part du roi, de ne fire de mat


p(.'r!onne, Pt que lorfque la fall ferait fur le point
de;re fo,' ce de fe retire par 1Vs petits efcaliers
dan I'V9;il de-bwouf. Cet ordre donned je me fui
rendu chcz le roi, pros de M. le dauphin: la rein
y eft pa ue aufitrt toute chi:velee avcc un
prtite redinirotte de toile race jaune : lle m-
demand lii les ci-devant gardes-francq ifes (taier
dii noir.bre des troupes a-rivtes de Paris. Je !i
r6pon.tis que je les avais vu arrivr a une heure d
mTtin. Peu de temin apris les falles des gardks-di
ofrps ont it' forces pa: le Peuple les femmes
fcr.uenaies par les troupe. s t.nt de Paris que de \Ve
faiillo, er'fitous les gf irids n'ont pas ete matlacr6s
nous en devons la reconnaiflance aux garie.i par
ficl;nes, et pr.nriprl 'irrnt i ux grennd .rs. J'ob'!er,
quc le brigadier de Ia falle Dauphine m'a rend


ys;
compete qu aynt &:6 arrhet avec neuf aut es girdes-
du-corps, cct contluits aux grilles du chateau pour
y &tre pendus, ils avait;.t ere dlivrIs des mains
dcs fermmes et du Peuple, par les ord es de M. le
marquis de la Fayette a fes grenaci-,, ui auflitrt
s'en font empares. M. I niarquis de la fa%.Mtt2 a
parl6 ainfi a fefdits grenadiers : J'ai don:;' ma
parole d'honneur au roi, qu'il ne ferait fait aucun
mal a MM. les gardes-du-corps; fi vous me faites
nwanquer a ma parole d'honneur, je ne fuis plus digne
d'6&re votre general, et ;e vous abandonne. Grena-
dii-rs, fal'rez. 1ls n'ont point fabre, mais ils ont
fondu fur le Peuplecet fe font empares des neufgardes-
du-corps et du brigadier.
CLXI.


Metffre Charles-L6on de Bouthillier, agsde qua
rante-!ix a quarante-fept ans colonel it i :,gimen
de Picardie, d.pute a I'Affemblee national i
DepofT- qu'etant a l'Affemblee national le lundi
cinq octobre dcrni -r au martin, et ayant appris par
le bruit public, qu'unie troupe de femnmes tt d hom-
mres, Uevaiert vwnir de Parts a Verfai.les; il furtic
de la falle pour aller dans les avenues de Paris,
voir ce qui fe paffait, ec que la fe pronmenant avec
plufieurs deputes, il vit un IhoT me mni rand ni petit,
ag6 d'Environ trente ai.s, avant fort chaud border
M.l'abbe Syeves, et lui dire, en le prenant .a parr,
d'une voix ifalz haute pour etre cependant entendu :
I'abbe il y a du bruit A Paris fur quoi M. l'a':b
Syeyes lui repondit, je le fatis, maisle n'y intends
rien 'a march en fens contraire ; apres quoi ils
s'eIo.ig rrent tous deux ; rearetre la file declare,
lui depofant ne rien avoir en:endu de plus; qu'il
vint fur la place d'arines, a 4 heures et demie du
foir, apres avoir 6t, i,,fult6 par des gens arms de
piques, et a lui inconnus; ily trouva ie regiment
de Flandres en bataille, et qu'etant approach de fes
rangs pour traverfer cette place plus en (drcte, il
y a appercu M. le come de Mirabeau caufant avec
plufieurs foldats ; que la nuit, dans la falle de I'Af-
femblee, oil il avait trouve b 'aucoup de fEmmes
t mefie d hommes ce qu'ii pr.fume habilles
ell feinmes, apres une difcuftioni fur la procedure cri-
minelle, il vit M. le comrt de Mirab.-au e lever de fa
, lace pour aller caufer avec M. Barnave et M. Petion de
Villene uve, e apres avoir eu I'air de fe concerter avec
eux faire la motion pour faire rompre l'Afcemblee i
d 'lare. que ferentdant chez lui apres la f6parationde
1'Affemblee i eft redefcendu fur le pas de fa porte,
attc ndre line occasion pour envoycr une lettre a Paris,
et que pcndant environ un. demi-heure qu'il y elt
reftri, il a vu deux hommes A cheval, venant du
c te de Paris, entrer fucceflivement l'un apres l'autre,
a environ dixr minutes d, distance l'un de l'autre,
dans la maifon de M. de Vergennes occupde alo s
par M. le duc d'Orleans, et qu'il a vu fortir de
!adite maifon un troifieme homme A cheva-l avant
une redingotte rouge, et la tournure d'un jockei ,
ainfi que les deux premiers lequel fe porta du c6bt
du chateau; d6c!are, de plus, avoir oui-dire qu'une
dcmoifelle de Paris avait etr arrdtte dans fon car-
roffe aux Champs- Elyfe- par une dcs bands de
femmes et par el!es entrainee aVerfailles, oil elle
s'erait dit-on retfui-e pendint la nuit dans une
des pieces du lo-.m -nmt du miniltre de la guerre,
et qu'eile avait entendu dire a ces femmes ou hommes
qui les accompagnaient les noms de ceux qui les
ava'Lnt excites et pays pour aller a Verfailles
dcl.ire ,ui depofant, ne point connaitre cette de-
mnoifelle et ignore abl'olument les noms et de-
meure ; qui eli tout ce que le depofant a dit
favoir.


C L X I I.
Sicur Char! s Turpin a~-6 de 4; ans lieutenant
criiminel au prefidial de Blois, d6put6 a I'Affenblee
national, loge en cette ville de. Paris, cloitre Saint-
MWry ;
Depofe que, ayant ere charge par Ie comte des
recherches de Il'Affemble national d'aller au co-
mite des recherch s de la ville pour une autre
affAire MM. de ce dernier comite montrerent a
lui depofant et a M. ilenri fon college qui
Paccompagnait, d.ux plrqu:s aux arms d'Orleans,
fur l'une defquelles il y avair cette le'gnde : Vive
Or!eans ; que danis cette conference MM. du co.
mite des rech:rchcs d. la ville leur dirn lit qu'il I-tir
venait frequemment d :s declarations relatives aux
affaires des 5 er 6 cctobre.
Que dans le mneie e teams qu'il etait encore au com:t'
des recherches de l'Aifemnbiee nati'nale, il y fLi:
adrcfle un a:vis non ii~n6 p ,rtant qui'une damr
nommre a. cet avis, et du nomn de laqu-lle il ne fe
fouvient plus avait vu le 6 octobre au main ,
parrmi les brigands venus d Paris i Verfali tine
dame, qu'elle croit 6tre la d moifclle 'Iheroicne
de Montefurt ; verue en homme avec un grand,
feign ur habille en fimme, et que le comite fit
fur Ie champ palfer cette note a M. le procurrcir
du roi du Chatlet i qui eft tout ce qu'il a dit
favoir.
C L X I V.
Sieur Auguflin-Bernard-Louis-Jofeph Rouffeau
a'6 de 41 ans mai;re des exErcices inilirairts dts
enfans de France dcmeurant i Verfailles, Al'hbtel
dii parde-meuble
Depofe que 1 nomme Lefage et fa femme, ven-
daua des billets de lote:ies, demreurant a VNtrfilles,


1
(
(
1
1
1

(


Sieur Ferdi-and-Aiphonfe-Honore marqi:s de
Digoine du Palais,,age de pres dc qu:arante ans,
alcade de la i.oblclle de Bourgogne tc depute i
L'Aflemblee national du bailliage d'Autun ;
D)pofe que lundi 5 octobre dernier, dans I'apres-
mid.i, fortant de I'Aflemblee national pour al er
diner, il a vu fur la place d'armes des hommes et
des femmes du Peuple qu'apres fon dine, il fe
rendit au chateau vers les fix heurcs; qu'il entra
avec plufieurs perfonnes dans I appartement de la
reine; et que iai apres qu'un officer des g.irdes-dEu-
corps fur venu avcrrir fa in.titei que M. d- I&
Fayette arrivait avwe la garden narionle cet officer
fe retira dans un grouppe d'hommes pres de Ia porte,
oul il raconrait a ties haute voix ce qu'il veiair
d appercevoir dans les cours; qu'une perfonne pour
qui le d&pofant a le plus pofond refpect, 1'appLa
et lui dit d'etre plus circonfpecr, fur quoi lui de-
pofant, en ayant paru etonne, cette perfonne lui
dit qu'il venait d'entrer dans I'apparrement un valet-
de-chambre de M. le due d'Orleans; ell le llu fit
r marquer ; arrive dans I'Eil de btrPuf, o6 ii y avait
beaucoup de monde, !I vit fortir de la chamnbre du
roi pufieurs femmes habilles en poiflardes, don't
une d'une jolie figure, qui tenait un paper i la
main, et qui difairt n le month ant: ha! fjutre,
nous avons force le bougre A fanctionner;
Que I :i d.polant ne s'6tait retire du chateau que
d'apres ce que M. de ia Fayette avait dit dans l'4Eil
de boeuf, qcue je roi tair couch que tout etait
tianqui~le. Sur ce que vers 1 cinq heures et deaie,
on vint dire au ddpoai'nt qu'on foroait le chateau il
y court, et il entra par la meme porte de I'opdra
ec I'cfcali_ r de 1. chapelle ; qu'il trouva la porte du
fallon d'Hercule ferniee; qu'alors i! elt defcrndu. a
'rave;fe la cour de mambre eft ionr6 par 1'efcalier
dL nmarbre fur la feconde rampe duqutl il trouva tne
foule considerable d'hommes et de femmes mnl ha-
bili s, a3nrms de piqu.s, lances et autres inftramens,
qui tntrr..irnint deeux guard s-du-corps qui iui pa-
rurtlnt bleffes ; qu'ayant, Ii d pofanc, travrrie cette
oule il s'eft pre'ent6 i !a porte de la falle d-s
gardes do roi, qui etait encore fc-rmee, et qu'il n'a
pt k- fire ouvrir; alors ii fe retira par la gra de
fall de girdts oil il he vit que dcs gens P.ireils i
ceux qu'il avait rro :vs fur 1- rand e:cali r; .i' il
travel la lai lle des Crt Suifl's, et def'ceniiir par
I'el.alier aipellc des PrirK,,. ; qu'au bas de cett efca-
li r il trouva M. I- duc d'(Yrle.tis feul qui erfir
arret ent c cet efcalier er la porrte de la cour des
princes que M. le duc d'Ork-ans erit v'iu a:,-
tanr qu'il pcut s'en rapp--ler d'un frac ou Aoa1nt
gris tine bdtfine a la main er un lchrevi a tr.,is
corners au.iu I rtair atrach e ilne grf.' cocad ;
qu-- ti' dejofart lonrz-a l, gal i--r itcs prinr-s ,Ir u' a
l'et-cai..r qioi tit vis i',,'s I'am.ii n aPia',t-r,-m.nt Je
Ml. I- dmu-hi' p.," I-uel c nm!e I a tit fortrt ,
il vit citrrcr ute trou e Ae mene efp.ce de gctu
()


~Y-- -1 I I i -I .~-~----~.- -- ~1


place Dauphine, n'. rt ct ayant une baraque au
chiteau I.res la grille qui defcend I a firintendance,
oai i s vender;t de !'eau-d&-vie et des billets de lote-
ries lui ont dit que le mardi martin, 6 october ,
vers les cinq h-urts il s'etait prrf nt, pour boire
de l'eau-de-vie un particulier qui, en apparence ,
Faraiffait mat vetu ; que ledir particulier ayant Itve
fa fouquei~i!le pour fouiller a fa poche tira une
poign&- de louis qu'il mit fur leur comptoir, et dit
en monterat une tnarthe d'habit de ga e-du-cnrps,.
qu'il avait pi.fTe i un de fes brawl: ,c Je e vou ir:.,,
pour cet or ne pas avo r cette manche i qi eft
tout ce que le depofant a dit ivoir.

C L X V I I.

Sieur Claude- Francois- Marie Rigoley d'Ogny,
ige de .4 a.s, intendant general des pofles cum-
niandint du bataiilon de la garde r rationale parifinne
du difl:ict de Saint-Euttache demeurant A Paris,
rue Coqheron
DWpole que Cle octobre dernier il eft all6 avec
ia gaide par:fienne a Verfaillies; que' d'apres Ics
ordr.s du general, lui depofant, qui depu s plu-
fiours mois vcila:t i la frette de la halle au bled
et marines, eit revenue dans la nuit du 5 au 6 de
Verfaillcs pour continue fes foins, de mani:re
qt'il n'a fu que par les rccits qui liii cn ont cr6
fairs, ce qui s'eCt paGfe au chateau de Verfailles
dans la matinee du 6 octobre.
MM. les adjoints fe font cru tenus en leur ame et
rnnf'cince et aix terms de I'article VII du decret
du mI octobre dernier d'obferver an tC&oin qu'il
refulte de 1'inflruction faite jufqu'a prleknt, qu'il a
exife des letters venant d'Angleterre, lefquille;
paraiffe;;t kre refltees s mains de lui fieur depo-
fant en vertu d'ordres fiperieurs et ont pri' MM.
les commiflaires d'en fire la demand audit fieur
ddpofant.
Lecture a lui faite d& Ildite observation, et fur
notre demanded faite audit fieur depofant de s'expli-
quer fur ces circonflances;
Le fieur timoin a repondu qu'ktant tenu par lea
devoirs de fa place de gader le fecit t le plus invio-
lable fur tous les details de fon administration, il ne
peut ni ne doit nous donner aucans renfeigneiene
fur ce que nous lui demandons.

C L X V I I J.














Twe ceux qui &aient dans ksr apptrtem1r; qu'i l es
uiwvit de icS yeux er les vtr moiner par i'cecalier
d-s prints ; qu'a*.,rs lui depofant fe retire chez un
de f s anus on i; reita julqufs vers ncuf h ures;
h-ure i laqu-lL ii r-tourna au chite;u,et entra dans
I,, appartt-mens par le falon d'Hercule qu'etant
dans la galetie un huhiiier ouvrit la porte de glacf;
q;:i donne dins ia -himbte du confeil, et lui propofa
4i v renIrer ce q'ii fit, et ii y trouva la plupart
s.Ls minifres, plufieurs pcrfonnes qui ecrivaicnt tlu
une table des billet, c. ['on jetait par les fennres
aui Pcuple qui remplil.Ait la cour Ce Marore ; a en
tr d't dire que cesl ters portaient que le roi irait
a Paris ; dans ie niTne lieu etait M. le duc d'Or-
lri-ns, qui sN promenait avec M. Dupott, Qu'il te-
nair fous le bras, er avec kquel i! caufait Ad'ue ma-
rn-re bien libr. ct bien gaie :le e depofant patfa ..'is
*dans Its pet;ts appartemens qu'il trouva ouverts, et
trouva dans i'une des chamrbres, la rtine dcbout dans
|'encoignure a'une nfcirre, ayant a fa dtoite madame
Elifab- h. a fa g!auche, et tout centre eli, madame,
fiIl da roi ; ec devat ele debut fur une thlif-,
monfeign-ur Ie dauphin oui tout en badinant avec
Ies chev< u% de fa 'oeur nifai: : manan, j'ai faimn
a quoi la reine lui rcpondit les larmes aux y-ux,
,quil faliaic prendre patience et attendre que le tu
4nulte ffit p..lir ; monfieur m'dane et niefdans ,
,tantcs du roi etaient dans laI neilne piece; dans
ce mnc Lr.nt qutlqu'un que le d-pofant ne connait
,p.s vint dire a la reine quec le Peuple l deman-
da'. au bacon toute feule ; elle part hficer h ellk
s'y rendrait i mais M. de la Fayctt2. etan: arr:ivF, Ce
ui ayant dit que cett : r narche etait nc-fi
fa';r pour calmer la multitude ; tlle dir : en ce
cas duffT- je aller au fupplice, je n'hifite p!us;
j'y vais. Elle prit fes enfans par la main et s'y
rendit ; le depofant l'v accompaina ct fortrt
tn'ui:e du chateau, pour fe rendre l'Affemblee ;
Obflrve le depofant que, le lundi 5, le diner
d-:s gardes-du-corps tut dcnonce il AHifmblse comme
tune ogie impardonnable. Un deputy, offiCier ties
gErdes-Au-corps, chcrcha a I'excufe: ; fur quoi M. Ite
,mte de Mrabeau dit ru'tl.e etair d'aurant plus
impru ien'e, qu'il etair poflible qn'avant peu on f.
vtegear d-s p. rfonnes qui I'avaient occafionnee ; fur
quoi un aitre dzpute qu'il croit etre le fieur mar-
quis d'Amblyv, le formm de nomnetr ces peronnes;
tM. de Mirabeau iepondit alors que ii 'AfTfn~biec
il cr._tait Que la perfiune du roi etit fcule Lfci.e
tt invio i ie, il terait la denunciation i et dans 'e
mlie.iI infant, il dit i demi-voix ~ ceux qui etaient
Fresh de lui et affez haut pour que lui depofant
'entendit : Cefl la reine et M. Ie dzc de Guiche q e
je deno.-cerai. Dans le mnme infant, dans la tribune
de der:ier. o era'.ent les enfans de M. tl du d'Or-
leans, Md' de Sillery et d'autres perfounes, une
voix dit : Comment, la reine? A quoi il fut repondu
pr une perfonne de la mres: tribune : La reine
come une autre, fi etle eft cnupCIle. Obferve encore
que quelques jours avant le f octobre dernier, fi
la menioire Ie lui rapi:e'le bizn pohtivenmnc, il a
entendu dire par beaucoup de perfonncs, qu'un foir,
pendant 'Aflcmb"le, un cure depue s'etant rc-
tite dans un bureau fans lumieres, pour reciter de
ri.moire fon office, deux perlonrcs y eraient en-
tr&s apres lui; qu'il hts ra oonnut a la voix pour
&cre M. le duc d Orleans et M. de !a Touche ; que
]e premier avait dit au fecond : Eh bien d'Eflai;:g
l'aurons-nous ? A q'uoi il avait 6te r&r,oi:du : 'Non,
rnaofigeur ceft impfi.jle. Sur quoi M. le duc
d'Orleans aurait dit : II fat s'en d;faire ; et que ce
cure ayarit fait du bruit, ces deux perbonnms s'edaieint
fauv-es. Obftrve encore le &dpofint, que lorfqu'i
lu, question dc la fucceifion a la couronne, motion
qui furt faite tre-incidemment, M. I ma quis de
Silvery, attache de tout terns i M. le dc dC)'Or-
?6ans, monta a la tribune, et dit a 1 Aileimblice qu'i!
allait lui lire le trait d'Utrecht qu'l avairt Fpar hajua
dans fa poche; qui eft tout c que le depolaut a
dir favor.

C L X Xm"' et dernicre diofoj;ion.

Sieur Noel-Jofeph Maadier de M ntjau, age de
trente-cirq ans, avocat au parlenrcnt dr c Toulufe ,
depute i 1'Afenablee national;
Depofe que le 6 octobre, a r, heures du m',tin,
s'etant rendut a la fall de I'Affe, bies narior.lhe
avant d'y arriver, it vit un ht'imne plans bas e 1=
janibes qui p:,rtait au bout d'une pique des lam
beaux bleus et rouges qui etaicnt entiercment en-
faniglantes ; que lu; deiofant jugea que c.s lasi:b~au)
fefai-nt partie d'habits de gardes-du-corps ; ct s lain
beaux etaient arretes clans la p'que par un tr',nyot


186
fident 64uda r'ofre du fieur Mirab:au ; que cetre
deputation nornnmee, le flur de Mirabcau propofa
de ecret&-r une adrefP.0 aux provinces, pour l s
raffurer fur cet ev.-ne;.ent, et leur apprendre que
le vaitfeau de iEtac n'vancerait que plus rapide-
mer.t vers le pttt; e depotant afure qie ce iont
les propres p:roLs du lieur de Mirabeau.
Le drprfrant indigne ainfi que plufieurs autres
deputies, forfeit alors de ha iallc i vit alors L'ave-
niae de Paris garime de Peupe c-t de gens uarmes
il appcrt .t dans une diftairce aflez eltignee deux
perches, au bout delquelles etaient deux tetes;
plutieurs gardes C: roti a pied Ies fu:vaient elcor-
tes de ge&:s ari,..s a ap es eux veiiticnt deux au-
tics gaides iins armnCs, dclunt ui netait en bo.tcs,
)4y.an une blf'ur,: au co., la c.imife et fts v6tc-
niw.ns eefanglantcs ,et :cnu au coket par deuthomrnmes
tn unifornitc national ,ayant une epe nue a la main:
plus loin il y avait un grotpe de gardes du roi i
iheval, les uns en troupe les autres fur la file,
ayant prelque tous un co.npagnon en utiforme
nirional qui etait monte avcc eux i une Fartie de
la populace et des ftinmes qui les en\irunnaint ,
obiigeient les gardens du roi i crier : vivc la Na-
tion et a boire et ; ma naer avec eux : ce cort:ge
tair t-rm ne par une voiture dans liquclle etait
le re' et Ia famtill royale i cette voiture etait tn-
touree et fuivi des grenadiers de 'arnnec p.rifienre ,
de pufieurs pieces de canon, fur lefquelhes etaient
a cai tourchon d.s temimes et des hommes dLguifes
en tfemmes oblervc !e depofant, qu'on doit trou-
ver au comite des rechtrchcs de 1'Affn.mbl&e na-
tionale doi.t il a ece membre des in!t-uctions
p!ds particuiieres, fi comme le d pofant n'en doute
pas, on a continue i fuivre la methode c t Pordre
qui avaient ete tablis dans le comitC pour 1'en-
regiltrement par mois, jour et heure de toutes Ies
pieces, lettres et instructions qui y e&aient adreff s;
pour Icquel enregiflremtrnt il exile audit .omire un
regiflre exprs cote et paraphe du president et
du fecretite, ainfi que dans le comite des recher
ches de la commune de Paris, avec lequel celui
de 'Allemblie national ecait en relation ; qui elft
tout ce que lui depofaut a dit favoir.
-


N. B. Aprtes av,,ir rapport la parti- authenti-
que des details relatifs a ~ 'ienment qui peut eire
r:garde comme un des principaux par la nature
des prujets auxquels on le fuppole lie, nous croyons
que les lecteurs front curitux dee connirre Ies
intMrpretat ons diverfks que chaque part a donne;s
a ces pieces.
lls trouveront dan s es feuilles du Moniteur, des
i", I, j et 4 octobre 1790 le rappor fair par
M. Chabroud iur la procedure du C(hatelet, rap-
port don't !e but a ece de faire decider qu'il n'y
avait pas lieu i accufacion centre Ie duc d'Urleans
er M. le come de M;rabeau, amfi que les d.fcours
de ces deux derniers, et du %uc de Birun.
Pa mi Ies commentaires q,,e !e parrti oppof a
publics, le plus remarquzble eft celui que M.
Mlounier ecrivit i Gen.ve en novembre 1790. 11
content plafieurs particularts, et 1'extrait de plu-
fieurs depofitions imnportanres qui n'ont pas paru
(cans le recutil imprime don't nous avons doon 1'ex-
trait. II oppose plufieurs rapprochemens i ceux
de M. Chabroud ; il rappelle les opinions qu'une
parrtie du public avait cornCucs i l'epo ue m ene de
ces even inens tur la nature de lours caufes fe-
crettes; et :ous ce rapport cet ecrit appartient a
l'hittoire qui ne s'tclaircit que par Its verfions
coti aires.
Nous gallons, par ce motif, en donner un tres-
court extract, en annoncant, neanmoins que les
lentimitns connus de i'auteur, far la revolut on ne
doivent le fire conlid'rer que comme un ouvrage
de parti, utile pour faire des rapprochemens et
dans lequel l'efprit de critique d'un lecteur exercd ,
faura difceiner les fairs et les obfervations qui peu-
vent &ere dignes de confidence.


Extrait des observations de M. Mouiier,
jur le rapport de M. Chabroud, relatif a
la proce ure du Cdtelet de Paris, Jfur lei
e dntmelts dss 65 et 6 octobe ; avec ce titre:
Appel a I'opinion publique.
J'ai quelques droits pour recourir 1l'opinion
publique. J'ai donned le premier rdcit fidelle des
crimes du 5 cc du 6 octobre; 'ouvrage qui le
,ontenait a precede la denonciation faite par les
membres du pritendu comite des recherches de
Paris. II leur en a faith fentir la neceffite. Av-nt Ia
publication de moai memoire intitcle : Expff de
ma cv'duite tous les lournaliflt.s parlaienr avec
elcge des crimes commis i \Nerfailles le 5 et le 6
octobre 1789. M. Mercier dans fes Annale-spatrio-
tiques appeliait cts attintats la prompted et ne-
ceffaire expedition de Verfailles. Le come de Mi-
rzbeau difait que I'armee parifienne avait en la
gloire de la rapidity dans la conquete, la fageffe
de la conduit dans les campemens, et la douceur
de la moderation apres la victoire ; M. Brifot de


Warvill', membre du comith des re rcher et
qui figna depuis la denonciation des affaitiau da 6
o tob: e avait trouve tres-nauwrel que les Parifiem
tulLnt allies i Verfailles pour punir Its gardos-du.
corps, amener Ie roi i Paris, et I'enlever i rinf-
luence des ai iftocrares.
N'ayant pu me procurer das preuves fruf ntes.
je denonait dans les premiers jours de novcmbre,
ies crimi s et non pas les coupables.
La crainte de mon t moignage fut ue des caufes
des dernieres perlicutions qui rn'ont ete fufcites,
ec qui m'ont constraint de cherch-r un afyle dans uw
pays libre, et confdquemrnent hours de France,
J'eus la precaution de fire infirer damr mon b6-
moignage que je croyais qu'il avait exifte deux fac-
tions I'une pour difpofer du tror6 ; I'aunre pout
fire une Republique : mais que je ne pouvais pal
affirmer que les deux factions ou 'une d'elles edt
dirige i'infurrcction du s o.tobre et les affa2finats di
6 devant me border fur-tout i ce qui etait relatif
i la plainte, et ne pouvanm pas tablir des relations
par des conjectures (i).


(t) Je vais donner ici Ies drails de
vertations du mois de juillet 1'89 i je
MMI. BergafTe, Regnier, i moi-meme,
i la verite.


deux con-
Ies dois I
et fut-tout


Pendant que Paris &tait environne de troupes, le
come de Mirabeau etant avec M. du Rovray de
Geneve, dans la court des Menus I V'rfailles, aborda
MM. Bergaffe, de la Fayette, Duportt tme; tl nous
pria de paffer avec lui dans l'un des bureau ; il
nous fit part de la r'folution o il eiiait d'engager
J'Aflemblhe i demander r'loignement des troupes.
II 03etait point encore qaftlion de la maniere don't
devait 6tre dirigee I'adreffe au roi fur ce fulet. Nous
fumes tous de Ton avis. M. le marquis de la Fayette
Cortit enfuire. Les autres coninjerentleur entretien.
Le come de Mirabeau, apr6s avoir part de Ia n6-
ceftfit de mettre obstacle aux projects que pouvaic
avoir la cour, nous tint le d;fcours fuivant: MeF-
fliurs, j'ai rencontre hier M. le due d'Oreans, i
.tui j'ai dit: monfeigneur, vous tne pouvez pas nier,
que nous ne puillions avoir bient6t Loui- XVII au
lieu de Louis XVI; et fi cela n'etait s ainfi, vous
feriez au moins lieutenant-gnhral d". rcyaume. Le
duc d'Orl!ans m'na rpondu, Mefiicurs, des chofes
fort aimables n.
Je refechis fur ces expreffions du come de Mi-
rabeau, ec lorfque le roi ecit r6pondu qu'il n'avait
jamais eu le deffein de nuire a a liberty de 'Af'-
femble, et que, s'il lui reftait fur la presence des
troupes, es moindres ilnquiJtudes, il offrait de la
transftrer a Soiff ns, je ref-lus de combatte trout
nouvclle proportion fur ce lfuet. Je voulais vitr
entire I'autorite royale et 1'Affemnble une guerre
qui me paraiffait 6ealement dangereufe pour 1'une
et pour 'autre i je fis part de nma resolution i beau-
coup de deputies. L.e come de Mirabeau, qui avait
fait de vain;s efforts pour empechtr qu'on ne fit fa-
tirkfit de la reponfe du roi ne perdir point 1'ef-
Crance de rengag-r le combat. 11 travaillait i une
fcconde adreffe. 11 me fit app.llcr dnus un des bu-
reaux ou je le trouvai avec MM. Buzot et Robef-
pierre. 11 s'efforCa de me fire abandonner 1'oppofi-
tion don't j'avais form Cle project. J'y perfiftai; je
lui dis que j'rais exc flivement alarme de toutes
les manoeuvres employees i Pais pour occafionner
tne defection dans ;es troupes que la premiere
adreffe paraiffait fuffire pour prouver au gouverne-
ment qu'on avait ,Ls yeux ouverts fur fes decins ,
que plufieurs phrafes qu'elie rentermait etaient infi-
niment propres i gartr 'es foliats qu'une feconde
adreffe accroitrait le danz r, que dais cette fitua-
tion un prince ambitieux paraiiTant au minieu de
i'armne apres avoir faith ditribuer de I'argent et des
libelles pourrait s'emparer du tr6ne. Ii me repon-
dit : mais, bon-homme que vous &des, je fuis autU
attache que vol:s a la royaute : mais qu imported quo
nous ayons Louis XVII au lieu de Louis XVI, et
qu'avons tous befoin d'un tambln pour nous gou-
verner m ? Je voulus alors prouver combien &tait cri-
minel tout ce qui pouvait conduire i un change-
ment de dyna.;ie ; qu'un pareil chang- ment avait
de fi tcrriblcs confequcnces qu'il fallait pour le
juflifilr, qu'un prince fe ftr baigne dans le farg de
fes ujets : ,, mais favez-vous, me dit-il, que ha
maniere don't les membres des communeos ont e e
reFoffs du lieu de leurs fdances avant la declara-
tion du 13 juin, 6tait un acre bien coupable, et qu'll
y aurait hi un beau pretexte pn."r une manifefle Je
rip iquai que je reconnaiflais dans cette mefure
une iiiprudence tres-b'!am.ble, qu'avant d'ordonner
les prepa-atifs pour la fiance royale, on aurait da
pr venir les communes pendant que Ies membres
,:taient aifemblnus, ct ne pas interrompre le cours
de i'ajournemert ; rnrais qu'enfin fi le connaitTais
un homnme qui eut le deft-in de profiter diL circonf-
tances pour s'emparer du tr6 e et que je pulfe en-
:revoir une probability de fuccis je me ferars un
devoir de le poignarder. Le c.mte de Mirabeau
change fubitememt de ton et de conrenaice et
tacha de me ptrfuaddr qu'il ne fillhai pas prendre
litteralement tout ce qu'i m'avai: dir. Je quittai Mi.
de Mirabeau. La fiance venait de finir. Je rencotifrai
MM. de Maubourg et de !a CoftL qu fte retiraicnt.
Il furent frappes de mon air trever, ei voulaturent


-- --- --~ - --- ~--- ----


Miaming


Le pain, et cet homme s'etait arr ete au-devant d'un
cabaret, et difa:t a ceux qui entient dedans : Cer/
eft fmi ; ii vientc, ou nous I'emmenons. Arrive lui de
pofant, i 'Aflerrblee, il entenmit quil rtatir quef.
tion de deputation au roi; ii apPrit qu'll venai
d'erre decrete que I'Affenblee etair infip.rable dt
roi i que les gaierics etair remplies d'homn'es arms
don't la plupart avaient couche leurs arnKs le Ions
dts bancs i uu'au retour de deux deputa:ions qu
avaint tcd f ucceflivcmei.t envoyees au roi et L
deliberation ci- deirTs confommee, il vit la plus grande
pa:tie de ces lommes arms relcver leurs fufils, e
ft retire qu Ique terns 2pres; ii entendit M. h1
cointe de Miaabeau s'offrir pour irre de la dipu-
taLion pour act ompagner le roi a Par.s ; que le pree





Fn par!ant de la depofition de M. le conmte de
Virieu M. Chabroud demand oL ei Ile motif de
bIt/'aer le project de faire obtenir du roi, la lieute-
nance-gener.lAe en faveur du due d'OCleans pour
prix de (a mediation.
Le fang coulait dans Paris. La court etait dans leos
,plus vives allarmes ; itl rait difficile de pr6voir a
quel tt-me s'arretera't u'ie ppoLulace fu-ietfe qui
avaic deja inimoio plufieurs victims. Le difcours


en favoir la caufe. Je leur racontai ma dcrniere
converfiion avec le crmte aeMirabeau, et mt;re la
prec6dentc. MM. de la Favetcte et Du, ort qui furvin
rent, entendirtnt mon rvcit. Je compris par quciques
mots qtle nie die M. de la Fayette, qu'il .tait encov!
plus initruit que rnoi.


Ce n'*et plus cdmme timoln queo e vais p-r!or. Je
tie 2erai plus borne par les exprefiions d'une plainte
juridique et Il former d'une procedure. J"- prends un
role qui me cmvient mieux c'eft celui d'idverfaire
du duc d Orleans et du come de Mirabeau.
M. Chabroud glifle legrement fur les depofitioni
qui lui font contraires et lorfq'il en rencontre
qui le dmentent trop evi4d'mm .nt, il prend le part
beaucoup plus simple de les paffer itlbs filence. On
va bito6t juger la meihode don't il faith ufage pour
ticier d'obfcurcir la verite. J'adopterai l'ordre qu'il a
fuivi dans ofn rapport.

Les crimes commis h a erfal/les le et Ie 6 oceoire
1789, avoient-ils itW prepares par un compFoti

Un complot eft prouv6 dans cheque page de la
procedure, tt par une reunion de circonltances que
perfonne ne peut ignore. M. Chabroud a tenti
d'alananir ces preuves.,
Deux t.moins MM. Dufraiffe t Tailhardat,
membres de 1'Alfemblee national, atteflent que,
It 17 juillet, M. Coroller, depute de Bretagne, fe
va-itait i un dejeuner chez M. Malouet, d'avoir
idt6 'un de ccux qui avaii tit diiig la defection des
troupes, les outrages fats i M. Iarchcveque de
P,.ris, et qui s 'taienc prcpcfes de faire metrre le
feu au palais Bourbon, fi Ie renvoi de M. Necker
n'ett excite l'infurrection qu'ils defiraient.
M. Chabioud fait fortir M. Coroller d'embarras
fans beaucoup de peine. 11 fe conte:ite de repondre
que cc d6pur6 s'ECait joui de la liL cre dc la convr-
jation avait abufc de fuon triumphzc, parce qu'il fup-
pofait Ie nouv el odre de cAhafs pcu agreable aux autrel
ovi .ves. II taxes l'indifcredion ae M. Coroller,
d'ironic I.gere de vain perfifage et reproche aux
temoins d'avoir viold l'iniirvwit d'un deuner.
Qu'on fe d fe a'uteur des crimes don't nul ne
peut revoquer en doute la r6aliti, et cela pour
paraitre gai par ironie on pour abufer d tbn
triomphe, c'efl ce qae M, Chabrouds'efforce vai-
rem.-nt de perfuader ce que perfonne ne pourra
croire.
M. Perrin, avocat aux confeils, avait entendu,
dins Ic mois de juillet 17899, au Palais-Royal, fair
la proposition de defcrer a M. le duc d'Orl6ans,
la lieurenance general du royaume. Dans le
mime terns M. Bergaffe avait enrgndu le come
de Mirabeau annoncer u;i femblable project,
en aloatant que M. le duec d')rlans lui avait d.t
a cet 6gard des chofesfort aima kls. Deux mois aptes,
le come de Mirabeau avait inflruit le come de
Viricu, des vues qu'on avait eues precddemment
fur le prince qui i'epoque de lA prile de la
Bafliile, devait enter dans le confeil, offrir d'em-
loyer Ion influence a calm-r le Peuple et demar.der
e pofe de lieutenant-general, pour prix de fa me-
diation.
Ces trois depofitions donnent la preuve d'un fai
certain; c'eft quion avait le projat de profiter des
troubles du mois de juil'et pour fire M. le duc
d'Orleans lieutenant geNrial du royatime : mais
M. Chabroud retpondl que ce n'ef ni le teams, ni
It lieu examiner quelle me/ure pouvait tire alors Icgi
time.
Quoi I parce que des confeillers imprudens ava;ent
perfua.li au roi qu'i l tait n (effaire de .aire appro-
cher u:e armee de Paris, pour prevenir les infar-
rections et en impofer a ceux qui fomentaient les
troubles, M. Chabroud r fe dre qu'il n''-xamineri
point que/le mefure pouvait etre alors lgiuitime. Ah!
fans doute il erait legitime de la part des deputy ,
de trmoigiier au roi les alarmes que devait leur
infpir.r ce raffemblenient de troupes fur la liberate
des fuifriges, de demander qu'ells fuffent eloignees
du lieu de leurs deliberations d'inviter le prince,
i recourir a des moyens plus dignes de fa bienveil
lance. Ii eit ete legitine de rep ulffer la force par
la force, ii l'armite euct t etnp'loyee hollilement
pour founettre les citoyens au )ou2 de la fervitude,
ta:ndis qu'e Ie n'airait dil Ie ro qu'a proteger le
maiintien d. l'ordra : mais pace qu'une armee eft
auprs de Paris, s'occuper dts n'oyens de depouiller
le roi de fon au:oriz pour la ienettre dans les
mains de M. le duc d'Orlkans, ce project ne pou-
vait e&re concu que par d' .. hnmxries c,.pabIes de
livrer la France a tons les dclordrcs, de la d chiier
p.ir le fer et la flamme, pour I'intr&t de leur ambi
tton ou de leur cupidity.


MM. Bergaffe et Regnier me citent pour leur
avoir repee6 le propos de M. de Mirabeau : Qu'im-
porte que nous ayons pour roi Louis XVI ou
Louis XVII,,
Pour cette fois, M. Chabroud fe montre indi-
gn6 ; it n'a pas lu de fang-froid ces abominables
paroles : mais fon indignation va bie--ntt center. II
court a ma d6pofition ; j'ai pa;; ce fait fous fiience.
Toutes ces alarmes font diflipees ; et pour coi-
vaincre que mon file-ce ne laide aucun doure fur
la fauffete de I'anecdote il a foin d'obferver que
ma deposition n'eft pas concife que j'ai dir tout
ce queie favais, tout ce que je prefumais.
I.tXffroi Ade M. Chabroud etait videmment fup-
pofe. Si fon indignation ert te rCelle, il ne hli


f97
de If. de Mirabeau a M. de Virieu, Cuppofe qu'il
etait au pouvoir de M. le duc d'Orleans de rhia-
blir 1ordre et la paix ; id; fuppofe que ce prince eut
dd fe prefent'tr au confeil, et qu'il aurait dia dire:
Je puis d'un mot arrater les troubles de Parisi
mais je mets un prix A mes services; que le roi,
fe defaififfe en ma faveur de fon auterirt, que je
Fpis lieutenant-igdnral du royaume. Si je n'obtiens
ma demand, le refte tranquille fpectateur de tous
les mnaiu qui peuvent fuivre i que le fang coule encore,
que m'importe, puifque je ne trouverais point d'avan-
tage a Iemp&her de couler, et que les dangers ne
Ibnt pas pour moi. *
Ft le project d'une pareille demarche, que le plus
audacieux des fcelerars aurait rougi d'avouer en pre-
fence OiL confeil du roi, tit juge par M. Chabroud
tres-jufle et tre&s-convenable; car il dit avec beau-
coup de franchise : Et ok itait, je vous prie, le motif
de bUmer ?
Parmi les preuves d'un project antrrieur au mois
d'oetobre pour forcer le roi a fe rentdroe a Paris,
M. ChabrouAi ne choifit que ma depofition et cell
de M. FyIJcl. J'avais attefI que ce project exiflait
pl;fi;;urs mnois avant le t octobre, ct que les mi-
nifires avaient fouventreju des avisalarmans. M. Faydel
a c(ic ouue, huit ou dix jour: avant le f octobre,
deux foldats de la garde de Paris lui avaicnt an-
nonci qu'ils devaient venir chercher le roi. M. Cha-
broud oppofe a cts temoirnaces ceux de MM. la
I iffe et Rouflille de Chamtcrua fuivant lefquels.
dit-il, les conjures defiraient la fuite du roi. I c.n
coC tlut que, force e roi a fe rendre a Paris et computer
fur f ffuite. font aes mefres diff'rentes qui ne peuvent
appartenir au mime project.
La conclusion n'ellt point jufte. Si r'on avwit defir,
la fuite du roi, ce .i'er.ir pas uae fauffe mefwie
que d'agir comme ii I'on edt voulu le forcer A fe
rendre i Paris. II eitt dee tris-naturel d'efperer que,
pour ne pas coder I cette contrainte, il pourrait
prendre e parti de fe refugier dans une autre
vil e.
Au surplus, pour demontrer qu' vant le rrois d'oc-
tobre, on avait pris la resolution d'enlever le rui
et de le conduire a Paris, il fant joindre a l de-
pofition de M. Faydel ,celle de M. Dufraitfe-Duchey,
qui en dtait infiruit des le mois d'aot, et celle de
M. Tailhardat de Maifon-Neuve qui en avait en-
tendu parler long-tens avant le 5 octobre.
,, L'incertitude n'eft pas fix&e, ajoute M. Cha-
broud par ce que difent quelqucs temoins, qu'une
inf.jrrection du Pieuple etait annoncie plufieurs jours
aupa avant ; car ce n'eit pas dans 1 infuriectin elle-
mnme que peut &cre le del t, il ferait dans l'intrigse
qui 'a.,ra, t provoqune et dans le fecret dea'n qui en
aurait eie 1'objet.t,
Je no m'occuperai point de refuter la doctr;na de
M. Clabroud qui ne voit point de delit dans tine
infurrec:ion. Comm. il veut bien reconnaitre qu'il
y aurait un dWlit dans l'intrigue qui 'aaurait provo-
quee, je lui demanderai fculkm nt comment une
tifurretio peut e&re annoncee fans q i'elle foit connue
d'avance? comment elle peut rcre connue d'avance
fins qu'tlle ait 6t project) ? common nt elle peut etr:
\ o)ltee fans intrigue et fans dej'ein fecret ?
Le marquis de la Fayette a dit qu'6tant fur la
place de Greve quelques foldars [r.Tfant le depart
de Verfailles, avaient pononc-t les mots de coafil,
4 r'gence et autres exprefions qui ne paraiff ient
dJais 1 ur bouche que des repetitions de ce qu'ils
pouvaiLnt avoir entendu. Cctte c'rconiftnce eft en-
core attrft'e par deux autrts tmrnoins. Un f Ilat
de la uiilice parificnne avait declar. ai M. du Ber-
viile que, .i I on n'trlt trouve a Vcra lIes ni le roi,
ni le dauphin on aurait proclame M. le duc d'Or
lians. Un d-pute a'ait dir, le t octobre dans la
nuit, a M. (uilhermi, qu ii falloit nommer un re-
gent, et, tromp Ifans dome par le defir qu'ii en
avait, il croyait que la fiance qu'on venait d'an-
noncer ad fun du tambour, &tait dLftmnee a cettc
nomination et il voulait que le choix fat en f-
yoveur de M. tle duc d'Orleans. M. Chabroud io,-
tient que ceux qui parlai:nt ainfi ne favaient CL
quils difaient. Cette txplication n'a pms du lui copter
be:iucoup d'dforts. II aioutr que ceux qui trament
de, compllots ne font pas leurs cor.fidences au Peuple:
mais quand on veut fire rxecutr un comp.ot i ar
te Peuple, il faut bien lui fnggrer une parties de
f.s deflrein. a)rt des contpirations n'efl-il pis de
fire demander p.'r une populace imbcille ce qu'on
defire d'obrteir de lui cacher le but fecret et
les premiers auteurs des intrigues qui la fent mou-
voir ?


f-nrte I'une des pL'ques conf, rmes a fon modle ,
elle a ere decrite dans la depofition.
Or j; concois bien comment les p'aqnis gravees
pi- le (ieur Simon, et fondues par le fitfr o ,oufflTau
en 1788 pouvaicit erre dtflin6ts a marquer d&s
linlites : mais cc que je ne conq is pas c'elt 1'ufage
qu'on vou'ait fair,, des plaq ues nravees par Gibiard
dans Is mois de juin ou de juillet 1789 fir lei-
quell s on avaitmis les mots de vive d'Orlians, qui
me iembleraient tres extraotd;naircs fur des po-
tcaux place-s dans les tcrres meme de M. le due
d'Orleans.
M. de la Tontrnmire, fuivint fa dpofition, fat
inform dans !e mois de feptembre par diverges
perfonnes de fa mauoon, que Ie isoinm Blaugez,


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eft pas trC auf i facile de fe raflftrer; ii n'aurait
pas furtout cherchd i ralfurer les autrcs par un
mcnfonee ; car ii eft faux que j'aie dir tout ce que
je prehlmais. Ma depofition mgme p ouvait e'i-
demment le contraire. Si M. Chabroud ert faith
ddpendre le tort de la queflion foumrle a la deci-
fion de l'Aflemblee national des paroles que
j'avais entendues, il etait fi fimple de fire or-
donner la continuation de la procedure.
Dix ou douze jours avant Ie 5 octobre, le
come de Mirabeau dir a M. Blaifot libraire ,
c, qu'il croyait appercevoir qu'il y aurAit des eve-
nenmns malheureux a Verfaikcs i nmai; que los h.on-
netes gens, et ceux qui reflemblaient a M. Blai-
for, n'avaient rien A crainere. Ce faith eft cer-
tain; car M. de Mirabeat ne 1'a pas nie. M. Cha-
broud n'y dc&ouvre que 'indice d'une inquietude
qu'on ne pouvait gu&er. alurs ne pas avoir.
Quoique la come de Mirabeau air abandonne
a la cenfure fa vie privee, comr.ie il foutient qua
fa vie publique elt exempte de blime et qu'il
compte pour rien la prcmni-re, il penfe qu'il eft
convenable quand i rarle ctes honnetes gens ,
de fe compeer dans ce nounbre. Or, it annontait
des .vninemens malheureux a Verfaillts oui les
honnrets gens n'avaier t rien a craindre. 11 et done
indub'itable que lui-meme efimairt qu'i; n'avai, ri-n
a craindrc non p us que tuus ceux qui fuivaitnt
le pa:ti dominant
Mais qui done avait a craindre dans loes malheu-
reux evenemeins que prevoyait M. de Mirabeau ?
N'etf-il pas dvidtur que tous les dangers devaienc
6tre pour le roi f famille et ceux qui lui ref-
taient fiddles ? Ainfi M. de Mirabeau avait, dix
ou douze jours avant le y octobre la connailfance
de ce qui devait arriver : ma's it en conccvait
peu d'allrmes puifqu'il n'appercevait aucun peril
pour ceux qu'il appelait les honnetes gens.
M. Malonet a dit dans fa ddpofitio. qu'A
peu pres vers le terns de- 'arrivt#.e du regiment de
Fiand'e, il etait ainfi que fes am's, accable des
plus noirs preffentimens. M. Chabroud qui n'a
pas cru devoir s'affliger des evenerntns don't il
av:it a pr-'ftnrtr l s derails et qii meme s'rft crt
permits d'ourrager la deceice et I'humanit6 jul-
qu'au pint d'y trouver plufieurs fois des fu'ets
de plaifant rie, s'eft moq'ie de Ihiftoire des prel-
fentimens de M. Malouet ; et cependant, it lui a
paru tros- fimple que M. d- Mirabeau air pu pre-
dire dx ou douz, jours avant le 5 octob:e A
M. Blaifot les mailheurs qui d-v;ii:nt ariiver a
Verfaillts. c II etait impoflible dir M. Chabroud,
de ne pas avoir de I inquietude. ,
Je fuis exceffivement frappe d'une circonflance;
c'eft que dans la reforve Tu duc d'OrleAns contle
los temoins qu'il accufe de fa'x temoigna.e i
n'eft pas dit un feul mot de Marguerite Andtl ,
qui pretend avoir recu d'un inconnu une Iettre
pour M. le duc d'Orl,-ais fur laquelle etaient
reprefentees focus les emblemes, I' fperance la
conco de une couronne orn e de rrois fleurs de
lys, don't celle du milieu etait renverfle.
MM. H Mnri de L 'ngueve et Turpin, inembres
d'un anci-n cornit des recharchhes de 'AlleThbloe
national ont vu deux plaques aux armes d'Or-
leans, don't t'une avait pour devife : Vive d'Or-
IUa's et qui leur avaiLnt etC rmontrees par le
comitr des recherches de la ville. Ces plaques
etaknt ainfi que I'a remarque M. Henri, de la
grandeur d'une demie feuille de papier.
fM. Chabroud repond que ces plaques avaient
etr ordonnees en 1788, po.r etre attach:ces i
des poteaux et marquer des limits ; que lc ficur
Si -on en avait fair le model, et qu'tlles avaietr
ere executees dar i lhivcr fuivant, cn.plomb, par
Rouffeau, et en fontre par Gi iard.
Mais voici ce que M. Chabroun a eu grand Coin
de taire. Le fieur RouRtffau a dir expref-dinent que
les memes plaques one et4 executee, en torte de
ft-r par le feur Gibiard d'apres It modeie qu'il
lui a communique Lur la fin du mois de ju;n, ot
au commencement de juiitet 1789; que te oieur
Gibiard avait ajoutr au haut de la letende : Vive
a'Orlians et au bas, faith par moi Gibiard ;qu'uIne
de ce; plaques lui avait dt6 repref-iree au comitd
des recherches, et qu'une des lictnnes y etait ega-
lemant dipof&.
En effect ls m mbres du cornmitr des recher-
ches de Pa is ont monte i.ux plaques A MM. Hcnri
et Tnrpin, l'une fins l-gende, I'autre avec aes
mots v.,- d'OrIC',.s et le flour Simon ayant rt-pre-












d,rneRiqiie d .Lairmwt, Iirecteur de 1,2 m,-n&- tribune & argeottque ,a d&P~f"a n Uyefaire
c at w teii, avaic dir u n ui, a Cath-1rtc ctre duifrihtution d'a-,cr .nc et a tawce inutleaet
wa-j~ M,~~ ~lo~ oraf ~.er la rine. AIlarlne ainfi lque plubtews *fiociers du ®imcnz de Flandre,
,&tc lu iA enact d appren~we) Is Hva L. leiidemlan d aarr
na in en' z N1. LaarnaMr q tie fa'valt Cxpren-ire N1. DnvvaI 2 d_-pef. que les follats diaCiaent pu-
fun dudiaqu. M. .: ~a orit i~ch.i di.rd lebl-quern;nr qu on Lur Avaii Arbt45Q V
truu -e dais tn lpou!a~.ilr s A exteiwte c as rs-S a Sa 0- e nis.
(It lhomnne ctait t u. ii.ir u vAfe rappe- ~n~g e u-iw*e ewarc c ii
L it c e q . i a v 4:.~i-:--,. h v llie q ';l Ce reg i rd ait l n M r o e ; t e l s p lI n to i e u le t t
(On euf ~~rn erI l.iprea csmc fi- OU Oc- a d:'" 6:. z large);it aux f ;-."its do r~e~
Lut -~ar ~re 't~ia-u ~ar u no~x.rnP -tea-iFuni c Pour rcifuter e.:s c.'triopg~.'
2VU~ia qpiIl Pcrima.*l 6 is a a oedZlin LdA c~cr~a~ia is ~, N1 C. b 0o id fe otifl.nre d pa1:
Tzi~, ldL aa: t~ .1 ~C1caitet c C.ti de M. 4z.\c.n-rnorin, pace qu'Awa
ce: ai h i: arce qu ori* di1'vM. d i o -! pourra )C L.. Ol.t ( .CLZItOffi.icT a cril voir
scifr.a .. a ia i tf~~~tF t -t ; -t ~uflpanicr pie-n
igen At)un cuuw ,tilt i rousve c-oD
re'nu~ ~-ruXpri !Et C1.'a ago ~~' jo~,~ i;i


fo'e r.~u rt h* er qi .v i a. -o'l !aSa
.4fll A flzc-t CtA..ias IbIL i'tC.NI udu 7
c ~ r, k r I -n al, mrra na p: 2 d : tir s-,u'd!Pi: ion ia 4J nibi.

&- r -' '~-10-i ~ d~e ~i>i r c.'"i2! ut e Un mome nt apain res a-r! .
cl01T a !*el 1:1n 1!'~. a.r.cz I cpuae ie Paa
n-~c-~ r~.~3 ct, P F5 42m 1101! taux iflrau Atio11.5 dargenr fait
e r '- T a, : I ~ ~ .:.*! .- -!
fa-r airc~r'~ ~ t.r~s ea I t~e, u i Dc" L ma-aet sce1.des brigads, ouver ie lta pa
a-Q a r11 IL .3:L: 2 v i rm~- af-e, OS, mn~:o vc a~'to agn
nipr:t i --_-0:tCC t "* 3' vzs on -11 _'a eaatIn 1ArpiV F iiyaac ead j
.n ---t a ; : 7S d 1: b 3mi-',aUSdip..d5cr or .O()2; nts ies-precs.adplt~ Ql!I
,r-~CCO1 sa ~atPa in6ele r.- Itra fj, oniicenr deauivarie, aenrend
4 a -n.c d'-).- e otor ,careh tccrrut eutare s du arri,
la l rt e"0! a1 cit-t rVr11 ho we qir di aait i maeu fe name a iaq Ie i d
(~IJ 3A ~iLii wa'" c'a '- a ~ ffl-ti ~ e'1.1Rigonn'autde IN Gris. t athia
r. -T,;,-- c rtL it i cert PX \aion-Netnavecintaux enlrintu piuii-us d pcrgetfait
fa.t-"r av. fcn- -' -t u' qt u asa a t tie-I iu e j r-U I oue rn-qs'tael~ s bai ,,nr re d e [ar de hadn
c W:oltdtLiru% j. Ga'LUra ndnrqui e aitcwalior -n Vt5ar nu fecre
la p iz -_ II aeiit tn.
Ie A t o ~ ~ ~ e p ~ .: -~ a r c ~ C f 0 : 2i e -t '2 u r bp e av o r i o nit y a va c p l fi urd j c


mauna~iaS Pros-u'S t;;&a S par b a-gtz.
\tais ii eft prorae'e Far trois d1-pofitio!s qu~e
a a i feo~re d'argant qua tui av~aat
etc rti a;U 2Tfl iircin: qu- e Phieps it a

M. d: iLbar ewac a ti.: qi !aa ioctar% ,
la fuite du rti 7 s ue.r15gau;d upor.
a.: arfA :tr!OLsiS .oaCk. -,_u rc-a i on : ityra a
-'~hyf~n ccca i'e nuis qu utn dragcn
lilra la-adX'o ,e f..nr qu'A c-ait un mi'heu-
lre, X caVs'a:rt~tla CveI a-z-- at par rzf vloni(flmaitre;
vqu u-i~t ktU e' t cu 0 un fAl a lte.
M.de 1itonaantire-C'-at--aun--Uf a donnti fur ce
rule[ de Fms grI'nls c-'iahs. A;rts asoir pafl;e tUP
air: d h u,,e- iur !;,r..I",. ',cuti?,a azir a r(Eit
c~-b;afit nco.. .-.iu-i chniS""-r des irois-Lv6-
ch si:.4:.s leplYT12 q-1 n c'uu"" au griandecit.
(ac V1-a~aa~.*I~ ~ aim o-
lair fe rwr.M.ci-n.a a T,. reh-cna r a Icot-
foarer ta p r 'a ca-1i' a a -af-r


.Je flas au-r--.: J i Sr% -i -
41f' dem L.,. ce. c o""--arvia c Jr.ead s
meUponil On m: pu: '- k rc
Ces d:':x te onots r-iniffzn- donzpf uratt ft
au c ~cet-bre n adi-: Son w oucIi oulw.l
Icr~ i -cl e p oir iiasoav ir rL .i aartI :nt po ur
triahli fun rnai:rc.
M. (ChabmA dfoutia,-nt que 1-c-a Tur gIit ivre
CeL -Ptut i-Wa.'as Las temoi0;s ria:le tila nr itp8
et quandi i auralt e i vra ,Con av.:u an I f:rair pas
moins ren-,rcjuabic;[i af:pleur taaer
cxcuf.:r u:s props muic;ulux m -as ;infaep;r
Vaveu Tlun crime quoli aa'a pa; coma- iis. 11 Eli &.or.nn
,de Ce Jai e. 'varaen-etc Ii a eft ~rit e l-r.-rt- t
tietux pErfonnes. 11 ktiltid-1nI~uA311it!! p~b'Aullta:a
X i-rfAilS:rrais on rna p afair pger tcous CC.'u
,qui Ofit Pu Ite coflaitfl.-


I elft prou',e par qaatr: d: i.rons,-que des Ie
jour de t'ar.iTee a regimen: dle lL..-,dr,-:, (n vait
ch'rg das proflituecs da :o. de tefduire l s foi-
dats. On n-e s'etri; pas borne i CttC ;nf.ar.n '.:-
cautionon n 1 :r dL .tj ". : jr -a ':. (,:i r. Nv.I:'
egalemernt diiriboa dns 'ia n-'.u::t.-& a Paa.s pout
la difpofer i f e renire a \ c .s.
On va jugeT fi M. Cha'roud pouvait de bonr.n
foi revoqar en doute les diftribuiions d ,atP.nt.
M. de Quennelct, capiraine au rc-jim-;t d
Fiandre a -d,. iard favor qi'on avaitrdonnie d0
I'argent aux f'd.:is de ce regim. nr.
M. de MotAmorit, m ior en fecornd du mman
req.n-nt a vu le octobre pcnd an: que ft
fotiats etaiel.l fur,- plre d armcs r'uii-u:s .mirne
pafler dans les r s lune ',la s Irant un pa
ricr d'calr, cauvert d'une toIe ar-s lequ-l h
avsit de I'argent qu'elle di tribu it aux fold.ts.
MN. Leclerc, capitaine au bataillon de Tourjinc
qui etait afis fi;r ia place d'armes le 5 octobre
a ,it qte !es bri'ands et les femmes ne ceffaier
4 ie fe ter fu.r le egimant de Fiadre pour lui die


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,mr-n's IuI ertcaient le octobre dans Ia tale
de l'a.T.-tlle, montrer de Iargenc qu'elles ve-
-alent de recevoir ; t vers sneut h.ures du foir,
:1 vie devant la f[le piui:urs hommnes diltribuer
le largenat aux gens i pique, aux itemrnes, aux
homrn.s degui es en fenr.me-.
Ft cona-imcnt M-. Chabroud pourraic-il regarded
:o,-me p:u vra.femulables l,-s distributions d'ar-
gent tandis qu llss 'nt devenues le mobile (.r
dJi'aire de tous 'ics defordres ? Dans tcus les rdgi
mer.s ou les foldats fe font rvtvokes cottre leurk
offlcic s leur rbdlIion n'a-cte-le pas t6 precede
de perfides et d'abonda tes largeffe ? in oiicier
n'a-t-il pas prfent'r i I'Affem-nblee national*, de la
part d un capoi-al 'arlLrie, la fomme quti lui
avait ete remi-fe pour le corromnpre ? Dans 'a plu-
part d,:s viJ,.s di, rovau;me, n'a-t-on pi, remarque
ies hommes qui, avant (a rLvoiution vmvazent dans
,a detreffe et qui, d-'-'n.s pius 'iunie innce ,
:ouiffict d'une ce::tine r il.a ce .u milt u d.- i mi-
fr.e pu"Wiu, f.as a,.rre pr"rr11i1n que celle i.
.rorp .r li :*i :'1. t...L- t de !a maintLnir dans 1-
itcence et duns I avi,'.Lmcnt ?
Des i'inflant o, i'on a fu qu'il exiflait un deficit
dans e-.s firaicKs et qu'on a parole de la coimSo
cation d:s Eta s-Genzraux tous les regards ft
foat porr.s fi.r l'ave:;ir. Tous ls inrd.6ts touted
! a. aivors oit c- .u.e 1.-s evn.nt.i,-s. L'armbi ion
e Ia haip,.e ont pV.ge Ie lmm-nt favo-auL,. L--s
uWs t cr, cue, da,:s les convilfions de l'aa:-che
i'.s p'uvae;i: parv.-nir a dti o'cr d- i'autorite f.-
prernme et fe retvr les favc-urs et les graces
q I:'e!i avair aurefois la tr rdaarwe de difpenfer.
I-s atrrcs ont con a un d-ffin d'une execution
plus f.cile ce-!u G' neantir routes les diffanctions
.:uxy,.elIes i's ne Fouvaiiei,t preoendre, ,!oufi5 dt
touat niveler de tout confondre de s'eutourer de.
ru'nes.
Dans ces deux factions fe font jetes tous ceux
pour qui la court n'avait jamais e&e affcz prodigue
au gre de Lur cupiidite tous ceux qui, ayaitquel-
cvue reffentiment i fa'isfaire, o.t eu la bafleff.
ta 'ttendre que leurs ennemis I:.ff-:rt accabis par IV
nombre pour fc me'cr dzns la foule de leurs per-
F CutcLuri, et ta:tt d hommes de ietr-.s f(ubat rns.
o ui, bi.n pl&:s a ides de repay taion que dignhs de
S oot.nir, ont cru fe rendre celebres en outrageant
l'idole qu'lls avaient autrefois encenfee.


s
s
y



t


Ure de ces factions n'aurait pas voulu dans le
principle aneantir I'autorite royale; on ne cherche
pas a detrure c q,'on defire de iavr : mais ne
p' uvant fe pafler de l'aparobation de la multItudae,
e!la a k6 force de rivj'ifer avec la faction de
mnocratiquC un zele fuppofe pour les inrets dai
,l" et ctie--ci a ;u profitcr de fes efforts.
Maiitenant que la prenmere a vu fes prnjet. avcrt:s
elle a ete force de fire avec li democrartie ur
alliance plus errcite, de confondre l.s d-ux part
en un feul de conferver 'apparence de la royaut
pour en impofer au Peuple: rnais d'en fapper tot.
les fondenen.; pour qu'elle n put iam.'s diriger
fur leurs tetes coupables le glaive de la juflice.
C'eft ainfi que s'exolique n :urel'eTmaf la con
duite de queques homaies qui, pa-., autrefois


ni !es oppreflfe do People, Ie didaignait.
ctant di'uiblence, et qui foutiennent aujour.
>i la 4iemocratia abloluae. On fe demanded: quo
ven:-is efperer, quel eft le but auquel ils veua-
: attemndre ? Ils eaient Jansam un rang ileve. Ils
enr dans l'opienr.e. Leur conduitt pafle ne
met pas "4 lcs fuppofir aticz seneteux pour
tre d1;ig.s qu.- par''enthoufiifme du bien pp-
: C... C qu :.s peuvent efperer! I'impaniu e
rs Crifliptlles iinrigues.
Zeux qui ;vaient: eu le deffein de s'emrnarer del
puif'in e royaiL. parent agir de conac rt av-.:c ceut
Sdefiraient de ia itruire i: n'.atpas (otra.::e
Sairaiemb'aaice de pretumtr qua, OAr's un cra'd
uvernmeut de rage populaire les ;uurs n emn dti
i fLrai nrt en p .ri. Je me foui!:rais pai na pium,
'nc pareille horreur, s'll 'c-tait cotlate pat la
cedure qu'.- Ie f et Ie 6 octrbre d-s menaces
ete f.ait:s contre la vie du rni. On pouvaic
p- rer i-uJ s'il echapvait au damir, et s'il taic
Xa uit a Paris la fcrr.entation nie terait pas ii
onmptement calrree et forntrit de rouva'.:x
:g.-s erfi, quoique les factieux dutf:nt crain'.
ae i le roi s'nvfuyait I' pproche d s revolties,
fire ne fit naitre des evenemniis propres a d.e-
onccrter eurs rues, iis dirent pr.voir auffi qu'tle
wur.ait entrain.r p-aur le monarq.ae jdes confe-
,icn..,s funAtts, et leur orcfenter de grands avan-
ages.
On profit ir de routes !es occasions pour exc'ter
a Peupl.. i)aras k m'is de feptrmbre, lorrque ia
nu',titu;de fut rafi:rb','e au Palais-Roval, et cuna
"nt-l .u.. f! pr.'poiait de i coMui4r' a Verf.I'e,
n partit d:-ja d',nl ver le roi c t Ic d 'phin, e, ,s
*rolcrire ICes "itm'3rcs de I'Affe-ib!eequi dterw:aient
A fCnction royale. On annonfait auitl d'horribles
lffcias contre la r-ine. L'cxecution de ce project
fut differee : mais la tentative nt fut pas vaine; car
,n connait 1 irnfluince qu'elle eut fur la prrogative
a pt'us effeTn'ile d6 t,6ne.
Apres I'cmprifonnemrent de Saintr-Huruge (z),
on perlitta .ans !e dlfcin de fire tine incurfion
Verlailles. Je repete. fans crainte d'etre deemntio
4ue les mii'tr.s rccevaien: chaque L)ou fUt ce fujet
les avis lc< p!us alarmans ; que leis cardes do roi
furint p utieurs lois obliges de pflflra nuit pres
a mount r a chev1l. On paraiffit alors decide i
repoulf-r par Ii force ceux qui pourraien: entre-
prei.dre de yiolcr Ie feiour d& roi.
NM. de la Fayt :e ecrivit d.ns le cou-ant u nmois
de feptembre a M. de S 'int-Priefl,pour lui annoncer
c.u'on avait c mis dans la tCte dcs grinadiers d'alier
la nr.it fuivante A VerfuitUes.... Qtie cette vellkite
* rait fnr'rement dctr'me par les qua-re niots qu'il
leur av.it dit, et qu'il ne htn en etait refte que
l'idee des reffaurces inepuif-bles des cabaicurs. a
Donc M. de la Fayee, qui tit a:t .porte d'tre
infiruit, favait que kIs cabakcurs agilaaient aupres
de la mi'ice pa.ifien'e.
II etait du devrir des niniftres de prendre les
mefures ntceffaires pour refifter en cas d'attaque. II
aurait 6r bicn imprudent de croire que 1a milice
tn1icre ferait confitamment foumife au marquis de la
Fayette. L'evrn-mtnt a prouve qu'on cut raifon de
nm: pas re fi ccr.fiant. Paris pouvait better fubite-
mcr.t dans V'eoaa >1ies u:'c populace irimznfe. Si la
milice ICe revoltait et mar.-tait avec elle au lieu de
la ontenir on n'avai-: pas d. s forces fuffifantes i
lui oppofer. Deja Ie ri .i'vait plus affez ie puif-
famcc pour oid.n'ier un cn ::''?nint de garnifon, il
fallut implorer l'autorire mi, icipile. I.e come d'Ef-
taiug commandant de la mi cic de Vcrfail!es, fit
a'k.nib: r Ie conair did ce:e.r Ir.lice le ;8 ipten.bre,
lui commuriiuua le billct d: MI. de !.a Fav,.te, e,
lui propota d'engager !i mu'.icina'itdt i d.-m.: d~ r
au roi un regimnnt d'infuantcrie. Cette propofitiyn
fut adm:ir, ia mu.icipalit:-confentit; mais el!e you-
lait avoir tine let:re pojr auror fcr fa deliberation;
ec comme on er ^-ait dc nuire a NT. de la Fayette
e-n i'nprmiiant l a tre, op. cp obtiot une de M. de
Sa'nt-Ptieft, a q,.' j .- J.-i V f. de la Favetee ,!tait
adreffee, Ic rt-qu fi:oire du comri'd &: r, m;!ic: con-
tena't ces CYpra.Aions re-narqu-o'.Cs : -, L,.s deputies
fouflignes font vt nus dc!a.rcr i"'1i11hi;ace de leras
forces, attn, : [s avis plus alarmans les uns que
les au:rt.s (n:,:rc 'e bi..e: d- M. de la Fayctte, le comc.
de la aiice K.c Veif_.js avait donc ea de nona-
brs'. .vis f'.r l': !'.,r. cti,,l Ou'on vo-Iait excited
daa.s la a..r.i,., co:.rre la fg^-:e du roi. II v a.ait


(z) 11 fut 6largi fans auctine co'n3arrn-iinn pu de
tr-ms apr6s que~k roi eot C od it ?iris. It
d,ifjr pnur fa td-f. 'ir,,.*ou'i r' atqu;u propA'eca
que. le ?euple avan LP'Uis eeCcute. rci.


s
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donc un compht er 'I. (Ch.abroud :'a bien era-
rafft de nier ctrrc pr;uve j car au non bre des fipe
fignataires du requilitoire, je vois le norna de M.
le Coiatre.
S Le 2 1 fepterrmbr, on arnonfi dans 1' -ff:r.blee
Sna:ionase i'a nivee du reiar-e!!t e landre, et ot
. !ct Ia .-el beration de la nr.uci.Ma'it) 'e Verfaiiles.
Eilc nj:e plut roi; t au romte d& _.iir.,.'.'u ,nu you-
lait qye ia municipality vint rendr. compete de fes











motifs. Plulieurs auMt ddprsrt dfapprvereflt
hautement cette augmentation do forces militaires
dans la ville de Vet faille.
Dans tout le course de cetm revolution, les pr.
cautions employees pour reiifl.r aux factieux ont
et fi faibles, ou ils ont eteo i habiles, qu'ils font
parvenus a s'en fair do nouvegux moewns. AuWi
faifirent- ils avec ardeur l'arrivee du regiment de
Flandre, pour femer I'effroi dans le people de Ver-
fai les et fur-tout dans celui de Paris, en fuppo-
fante la cour des projects comtre Ia liberre pu-
blique (3).
La commune de Paris fit des r&clamations centre
I'arrivie du regiment de Flandre. M. Baill)y 6civit
quo les ouvriers de I'Ecole milihaire avaient ete
fur le point de partir, et qu'il les avait arrets avec
beaucoup d- peine.
Or, les ouvriers de l'Ecole militaire ne pouvaienr
pas prendre fubitement la resolution de courir I
Verfailles, parce que Ia municipality de cette ville
avait demand un regiment, fi ces ouvriers n'avaient
pas ete excites, alarms par les autcurs d'un corn-
plot.
Dans la 'tance du 15 feptembre, on lut deux
lettres de M. de la Tour-du-Pin. Dans Ilune de ces
lett. es,il ntait dit que, fur 'avis -. que des gens ma'-
intentio: nes fe propofaient de trouble le tejour du
roi et de i'AffCmblee national -, il avait done
les ordres neceflaires. Ce fur le meme jour que le
regiment de Flandre entra dans la ville de Ver-
fa miles.
On craignait encore que la haine infpitie centre
Ia reine contre les gaides-du-corps, ne A4t pas
caufer un foulevement affez general. On mit en
ufage un autre moyen dcji plufieurs fois eprouve,
ce ui de career une difette, d'en accufer ceux qu on
nommait les ariftocrates. de faire entendre que
l'abondance etait I la difoofition d'un prince fans
pouvoir, et d'affocier ainti le sentiment de la ven-
geance au fentiment du befoin (4).
Les reprefentans de la commune de Paris dans
I'adreffe qu'ils prefentereut le io octobre i L'Affem-
b!4e national, pour la prefer de fe rendre dans
cette vill., apres avoir exprimd la joic que leur
caufait le fejour du roi dans la capital s'icriaient:
Jetons un voi:. fur ces ivdnemens fur Ics manauvres
afreuftf qui Its avaient prepare's. Done les reprifen.
tans de la commune croyaient qu'un complot avait
dirig6 les ivenemens.
Le corniti des recherches de Paris, pendant qu'on
menacait publiquement les juges du Chitelet, eut
foin de faire afficher I'avis fuivant :
Inftruit qu'on etend la denonciation fur des faits
qui fe font paffes la veille .... confiderant que, s'il
gardait le filence, on pourrait lui imputer de vou
loir pourfuivre ceux qui'ont eu pwai aux ivtncmn I.t
pl:s impertans de la revolution il declare qu*! "n';
denonc quoe 'larttenat commis dans Ia matinee du C
,'.tobre, c'ef.i-di'e, I'irruption violent ec fou.
daie e, faite dans les appartemens fVl les fix heures
tlu nmatin, et le maffacre de quelques gardes-idu-corp!
qrui a fuivi cctte irruption, que toute pourfuite.au
(itla de ces taits lui eft etrangere. Cette declara-
tion fit faite le 1; avril (5).
La depuration du Chatelet, en prefentant la pro
c'dure a l'Afl.mblt e national dans la fiance du
aufit, a dit :
Nous venons depofer fur le bureau toute I
procedure inltruite dans I'affaire de la mafinet du6
octobre et les pieces don't nous fommes redevablic
au comity des recherches de I'Anmblee national
iNous n'avons pas obtenu la meme luffice du comirl
des re~herches de la ville de Paris, quoique not
ayons obferve qu'il refultait des dlib rations d
comrnitd de d 'Ailemblee national et de I'inftruc
tion, qu'un grand nombre de pieces y avaient et
portees. ,,
Un dec:et de l'Affemblee ordonna quo le commit
des rechf:rches remettrait ces pieces au procurer
du roi.
-- I--
(5) M. Briffot de Warville dans le n. -z c
Con journal, dit qu'on avait perfuade aux Pariieie
que de nouveaux corps de troupes allaient envirol
nert leur ville.
(4) M. Briffot de Warville, membre de la con
munie et du comity des recherches, a etC force
s'expimrer ainfidans fon journal, n 64, au fujet


l'infitrrection du 5 octobre. ,, It regnait depi
qutlques jours cette meme difette apparent do
nous avons d2ja parlI. Cette difette n'exiftait poi
reellement.... I.e Peuple, trifle jouet de ces mn
noeuvres, etait las d'icheter fa fubfiftance chaq
jour par une perte de, teams weoifiderable, et fo
vent par des querelles. Ce n'etait point fes chef
ni militaires ni civils qu'il accuftit. Le part d
ariflocrates de Verfa lies etait le feul objet de C
clameurs.
(5) M. Mercier prettndit i cette dpoque d;
fes annales patriotiques, que Ics 6v 'nemains du 5
du 6 octobre avaii.nt etc conduits par la provide%
Le Chatelet ditait-il, oferait fire la guerre a
providence I11 voudrair punir les 3 3 mille inflrume
qu'el!e a employCs dans cettq occasion pour fauv
la France euniete I


os




Is
Le




kt


uis compete de leur miflion aux femmes qui eCaient f
Mn la place d'arnes, les dernieres furent rellement ir
nt tees de leur satisfaction qu'elles les maltraiteren
ia- et furent fur le pointide tes pendre ; ce qui prouw
ue qu'elles voulaient autre chofe que des ordres po
u- loes fubfiftances.
is, Je ne m'arrrterai point cette circonftance ra
les portee par M. Defronnet, a qui un des ouviiers i
kfs 'Ecole militdire affura le iz octobre, qu'on le
donnait du mauvais pain fa;t depuis huit jours
Ins meilleur march.que I'autre il fuffit de remarqu
tt que ceux qui avaient occafionnne cette difette, c
cc. rent grand foin de retablir l'abondance apres, 1';
la rivee du roi : ctte abondance fubite fut avouee p
ens ',a commune dans Con adreffe a 'Affemblee nati
ver nale; die eft aulli reconnue dans la confultati
pour M. le due d'Orlkans.


Le rto t. ler nmembres du comitd des recher-J
ches de Paris vinrent i la barre, its declaretent que
te procureur du roi et trois membres du Chi:elet,
quelques Mois apris la denonciation des deists com-
mis le 6 cctobre, leur avatent propof d'ajoi,:er
I cette denon.-iation, celle de plufieurs fairs vrais
ou faux qui leur avaient paru strangers i la pour
fuite provoquWe par le procureur-fyndic de la conm-
rnune, et dont qaelques-uns leur femblaient plu-
t6t dignes de la reconnaiffance publique que d'une
procedure criminelle., ls dirent que le bruit
s'etait repandu, que le Chaielet fcfait le process
a la revolution et qu'il avait ent denonc6 A
'iAffembice national par la tre -grande mapd-
rite des diftricnrs qul le procureur du roi leur
yarnt demand les pieces qui dtaient en leur pou-
Voir, ils avaient rdpondu qu'ils n'en avaient aucune
lui pdt fe rapporter aux de6its denonces. Is ajou-
cerent: Nous nous croirions grandement cou-
pables, fi nous avions ddnonc La journee dai
,ctobre; nous n'avons pas plus dtnonc6 la journde
du 6; le procureur-lyndic a denonc euleenient les
delis commis dans la matin6e du 6, au chateau
de Verfailles.... Nous proteftons de plus que nous
', avons aucune piece que nous puiflions remettre
i M. le procureur du roi, comme relative aux de-
lint du 6 octobre. 2,
A'nfi le comite des recherches de Paris ne put nier
lu'il avait les pieces don't le depot etait conflate
'ar I'nftructioi et par les deliberations du comite
i:e l'Affembl~e national. 11 foutint feulement qu'il
r'en avait pas de relatives aux delirs commis dans
a matinee du 6 au chateau de Verfailles iet comme
il pouvait cependant executer le decret du -7 aoti,
1I promit obeiffance et respect pour ce qu'il pli-
.*it i- V'Aflembie de lui ordonner. M. i'abbe
Mlaury voulut monster a la tribune pour demontrer
la necelfitd d'ordonner I'execution du decret du
7 aodr. En commencant fon difcours, il commenca
par ces mots : Mon caractere de miniftre des au-
"els. n Auflit6t des huees des eclats de rire ne
'ui permirint plus de parlor. II quitta la tribune ;
coute reclamation lui 6tant interdite avec tant d'in-
.iecence, le decret du 7 aoat ne fat rdvoque ni con-
tirnmi et le ChItelet ne put vaincre la refittance des
m~embres dj comitie aux ordres de la justice.

Examen des caufes partlculieres de l'infurrection indique'e
par M. Clzabroud.
M. Chabroud commence par rappeler la har'ngu<
d'un grenadier de la milice national i M. di 1;
Fayette, pour le forcer i fe rendre a Vtrfailles
Ke grenadier parla t de la difette des fubfiftances
11 difait que la force du mal erait a Verfailles
qu'il fallait aller chercher le roi, exterminer li
Sr6giment de Flandre et les gardts du-corps. Le rap
s porteur rn releve point les mots conJeil de regency qu
a furent proferes, ainli que I'atteftent plutieur tdmoins
5 et notamment MM. DesFaucherets et le marquis d
ia Fayette. M. Chabroud aurair dd obfi rver qu
s cette harangue s'accordait peu avec ce qu'il avai
s dit lui-mrtme, que la garde national de Paris Etai
alle Verfailles pour contenir le Peuple.
M. Chabroud entire dans quelqu,,s details pov
prouver que la raret6 du pain a contribute A l'infur
rectibn du I octobre ; perfonne ne peut contel
7 ter qu'elle n'ait influx ce jour-li fur les mouve
means. populaires, il eft demontre par une foule d
a temoignages qcue dans tous les attroupemens, To
6 a Par(, loit a Verfailles, beaucoup de femmes 1
s plaigniienrt de ne pouvoir fe procurer du pain. L
., lieur Maillard, orateur de celles qui parurent i
Sheures dans I'Affemblde national, ftit de la difeti
es le principal fujet de fes remmntrancesi car M. Ch;
u broud a tort de dire que cetie ddputation ne demat
:- dait que du pain :mais il eft question de favoir
:i la difette etait une des caufes premieres de I'infu
reaction, ou fi elle fervait feulement de moyen.
6 lV eft certain qqe parmi les fiemmes qui fe rend
itr rent a Verfailles le 5 octobre, plufieu s etaient c
bonne foi, et n'ava;ent ete conduites que par
rarete du'pain; on ne faurait en doutr, quand c
reflIchit que plufieurs rfetourntrent avec le rfiei
Ie Mai.lard a Paris, des qu'elles eurenr les 1dcrets
ns les ordres du roi relatifs a l'approvifionnement
n- Ila capital, done on leur remit une copie penda
que )'etais encore aupres de S. M. On faith mdn
n- que celles qui m'acccompagnerent chez le roi, p
ie rurent tres-facisfaites et criaienc vive Ic roi i
de fortant du chateau ; mna quand ellks re dire


itr qu'lles rdpandraient ia contufin qu'alors les
ri- h6mmes qui ls iiuivraient auraientrmoins de dangers
i, i courier. Aufli les femmes preccderent les homnfes
ve a Verfailles comme elles 14s availnt prdcedes i
ur Paris fur la place de Grive, qui parait avoir ett6
le lieu fixed pour le raffemblement. On voulut garnir
cette pace de gardes nationals, mais les foldats,
e bien loin de contenir la multitude obeiffaient i
ur fes volontes.
, a Ces femmes et des brigands qui les fuivaient
ier arms de hachts, de fiifils de fabres et de piques,
:u- etfoncere t les portes de rhotcl-de-ville, iufulcre-cit
at- les r, llrefentans de la commune qui s'y trnuvaient,
par peindirent I'un d'eux, parce qu'iT erait ecclefiaftique,'
io et latiferent cepndant couper Ia corde avant qu'il
on fut expire e-levertmnt les armes forcerent les pri-
fons et partirent a urn. here povr Verfailles, obii-
P


I I -~--r~F--.- -`-- -----a~sP--rr+b.--~T ~~T- 7


~1 -------~I~~---~


M. Chabroud church a d couvrir un autte fujet
d'infurrection dans le preC'ndu project d'enlevcr le
roi pour le conduire i Metz. Nous a!!ons parcourir
les preuves qu'dl en done; ii cite la depolition d(u
fieur Loullalot et c.Le de M. Duval pour p )ouv-r
que la fuite du roi avait &t6 preditn dans des ha-
rangues aa Pa!ais-Royal : fuivant M. Duval dans
le mois de feptembre 1-78) un frne'tique nomme
Camille Delmoulins voulant fire foulever la po-
pulace pour empecher qu'on ne reconnut la nJct1-f'itt
de la function du roi, emplovy les menlonges qu'il
croyait les plus propres a feduire la fonte qui !,e,-
tourait ; i! difait que la vie du conite de Mirabeast
dtait en danger, que I'empereur venait de fire Ia
paix avec lesTurcs pour pouvoir at.aquer la France,
que la reine voudrait aller le joindre tt que le roi
no voudrait point la quitter. II propolait tie deou-
ter quinze mille homes en arints pour emm:ener
le roi t fire enfermer la seine.
Ainfi M. Chabroud cite la preuve d'un complor,
pour perfuader qu'il n'y avait point de complor.
Une impofture imagine pour hater execution du
project, it I'appelle ,n prediction de la faite du roi.
Les murmures, dit M. Chabroud alaic.::t 'rrnant
de la conrfiftance a la fin de fqtenbrt; I E nom de M.
de Bouili/etait mil a, ans ces prefages. Ilcite aice fujet
la dcp,,fition de Louis Priere.
Ce temoin a ditr qua la fin du mois de fi'p-
tembre, i. entendit parler, par diverf. s pertlonnes
don't ii n'as it pas Ils o nlos i dfens du v,% agc du
roi a Metz, ,t de M de Bouile Icommne d'ui lionime
capable. II a obferv6 que c'etait apres le ripas des
gardcs du corps qu'il avait entnndu ces propos. ,
M. de la Fond d Agulhac a de& of.i qui'l avait
entendu dire queque terns avan.t le 5 octobre,
par pluficurs perfonnes et entr'autres par M. de
a Prade, vaeu d'un uniform vert a paremens rouges,
que le roi pourrait fe r:tirer i Metz mais que
ces projects paraiffaient chimeriques.
Dire que le roi pourrait fe retire a Metz n'etait
p s annoncer qu'il avwit le deffcin de s' rendre. Al
s'eft permis d'ajouter que cet uniform n'aFpartenait a
aucun regiment de larm/e, coninme fi le t'moin avait
faith lui-meme cette remarqu ; elle n'eft pas cepen-
dant. dans fa d&pofition, a nmoins qu'elle n'en ait
eti retranch.e par l'imprimeur.
S M. de Chamferu a paidl de propos tenus le 27
feptembre dans une focidue fur un pretendu plan de
guerre civil et il a dit que le ui" octobre il fur
e made dans une fociete o i'on avait projere de lui
i declare des motions qu'il prit par ecrit fous la
- dictee de M. Sentex docteur en med-cine et en
. prefence de M. Duquefnoy; it a ajoute que ces
, motions confiftaierfi en an enrollment fous le nonr
e de gardes-du-corps furnumeraires dans 1'anunonce
- de divers regimens, dans le project de fai e enclouer
ii les canons de Paris qu'on lui avait af&Fur que IM.
, le comte d'Eftaing etait d'intelligence pour l'exs-
le cution de ce projer, et qu'il s'agiflait de favorifer
e l'evafiuon du roi A Metz. C'etait un fingulier com-
it plot que celui don't on pouvait faire circuler aitili
it les articles f.crets dats les focLed1s par tomie de
bulletins.
Ir Circondnces du du ; e du 6 octurbe.

Puifqu'iP faus pour la ddfenfe de la v6riti ne rien
omettre fur un Ii triftle ujet, parcourons les cii-
t confRances des crimes du 5 et du 6 o, tobre; il n'tn
i eft point qui ne prefente de nouvelles preuves d'un
e complot.
4 Le dimanche 4 octobre, dins les attroupemens
4 forms au Palaia-Roya!, on annonqait la refolutiou
a- de partir le lendemain pour Verfailles; la rarete du
,. pain, le defir de venger la cocarde, celui d'aller
fi chercher le roi pour le conduire a Paris, etaient
les motifs que donnaient les mncontens qui fe per-
mettaient les props les plus affreux centre la
reine.
to Le meme jour, plufieurs particuliers annoncaient
a i Ve rlailles le deffein d'egorger les gardes-du-corps.
) D'anciens garden franCaifes etaient venus de Paris
Sfonder la difpofition des efprits, et confdrer aves
et des chaffeurs ect des foldats du regiment de Flandres.
de Le octobre, d-s le martin le foulevement du
nt Peuple d.lata. Ceux qi dirigeaient 1'infurrection
le avatent ji ge utile de a f"aire conrener par tes
a- femmes; ils feutaient que leur presence infpirerai:
en moins d'inquitude, quon fe determinerait plus
nt difficilement a les repouffer par la force des artnes,


di



le












geant tous ccut qu'ils rencontraint I marcher avec
eux. Par ni .-s femms qai prirent ainfi la route de
VcA.illes taie rt bzAucoup ,Jhonmes deguifes (6).
On parvint i a ramener de nouveau fur la place
le. truupes en pius jiand nombre. [lles facilittrent
au\ r.preIcnrtans de la commune les moyens de fe
reuir a I hotI;-- i-vie mnais e les partagerent ev
cote les r2:oiut:ons du Peuple. De,. grenadiers et
Jdes hili-.-rs i'put s par leurs camaades i NM. de
la F:-.' tc lui ded-irertet qu'on voulait partir pour
Ven-riiLs. il refitia lokng-temsi il reu:lt a fufpendre
leur d part i .q i'a cinq ou lix bcu.cs; maits a re-
fitlance fht ,vane. De to s cotes1, on tnten iait fur
la p'ace Ie Peu,,le et les o(dats qui criaient a
t-aiJ.'si:.' t', *ja.es .' Sa vi: memCe turt n din-
ger t il lut c,' traint de coIder a la torce, ainfi
que les rt:preicrntits de la commune. L'armee fe mit
en miarh. avec des canons, dcs munitions de guerre ,
t-t touw l. tpareii c i precede unc ba-aille, et luiv'e
par une hoid,- nimo u:eufe de populhce armee de
piqu-s. Lts woI n:-ir-s de la Battlle les a\ aient pre-
c'iJ -S.
J;: Puis loin de penfer que tous ceux qui fe ren-
dirc:.t n a.rm-_s de Paris a \Vr:aii'les, hillent dans
l'int.-n::no: d:- pot-gcr l-s d-:fordrcs, beaucoup au
conltrair Re es'tizint otnits Iux fLJ!dats revolves que
ans l'i.:--tio:1 Ij: ls prevcnir mais ii 1t1 e-vident
qn-l li M\. de la 4-aver:t, av.it compete fur I'obeil-
ce ,.dI- a p'us rl"nde parties de fa nilice ie dotis
croire qu'1iI aur it perlifle dans ion r;ius qu'ii u-
r.it fait a:rr,,r ceux qui atti;aient le teu de la fcdi-
tion et quijl aurait port une part e de fA s forces
fhi !. cie1ni, 1 de \r.-iailles pour cooper Ie pafl'age
au- brigands (-).
Rien n'eft p'as remarquable que 1'o-dre donn6 dans
cette circonltance a M. de la Fayette par lis mem-
bres de la commune. Ne voulant pas paraitre accor-
der leur confentemert au depart de 1 armee, fans
aucun pretexte ils ordcnncr.nt \I le comman-
da:t-general de fe rrmcttre i la tetc de l'armee, de
preinter au roi Ile tableau de la fcene qui fe paffLit ,
Paris de- lui exprimer les inquietudes ginierales Jde
11 c.r:tae fa, ce q.i s'e:tat r.i a e-lfaiiles la
ne.c,:e ar ia.mner Ie PepIFl, Ct ic tiC qu11is y cm-

T e roi tait encore i la chafte pendant que la pre-
mierc c,lonne des femmnes s'apprptchait de \-rfai lcs,
et ii cut a pine Ie t.ms lorfqu'il fut averti, d,
retvenir pr.-c'pitrm'neat au ch-rtau, qu't.n moinz.ant
plus tard il courai: le dang-r d :re cnvironne.
11 etait environ minute quand 12 marquis de la
Fayette arrival. II dit lui-meme dans fa depofition
que parvenu pres de la falle de 'Atfemble-e, il
fit preter a la lmiice parifienin Ie ferment d'itre felacs
aI t NatJioni aLaoi eL t a roi.
On fai: que le reflcnrimcnt de, la nilice parifienne
cnilTre les gardens du roi, parut came qland elie
vit qu'ils ne lui oppolaint aucun oblhacle. M. de
1 |tI' rte vint, en arrivant, dans la falie de l'AItm-
Hez n.mTonflce, me parla de difiribui-mn d arg-nr
tait-s pr les facti-tux, et me dit qu il efpe ait que
la pax 1-nrait retabie fi I'on conC.lcendait a d:S
dtni: d-s tt-s-i'mporitat'.s e\n tout .utI.: tL.ms, nia's
<11iu I p:.ra11aient p,. u dans unc pir--iiie n iie. Enluil,
it me quitta pour alter chez le roi (8).
On fai: enc-ore q-e je fus invtre par itle roi i m
rend:e au chateau avec tous les deputies cue ie pour-
rats riLr-m-ber ; 'rMa:s ,ue M. de ia ravette s etint
prcL.fint a'ant l'Affenblre national le roi n'eut
!IAtSi qu a nous announcer la fecurite que lui avait
ia;pri.e fia co:vC,:r:ation avec le chef de la mi:ice
pirifi-nn. P'nutieurs deputies crurenrt aors qu'on pou-
vai: fe feparer; mais ii me reflait encore trop d'a!ar-
LSt : i z'irl:.i pour continuer la teance j e dis que
jamais ia reunion des membres de 1'Afemblee i'a 'va'
etc plus nrcclltaire. Quelques-uns fe retirement; mais
la pu.':art revinrent dans la falle, oil I'on pr t un
fuct de difcuniiion pour ne pas refer o'fif; et par
unc circoritnce bien rremarquable, ce fujet fut celui
de la procedure criminelle.
Je dois reconnairre que 1a famille reyale et les
p:rdes du corps qui etaient, le 6 octolre, ~ Ver-
f.illes, ont ete fauves par la milice parificnne ; m.is
c'eft la march de cette miaice qui avait cree Icurs
cprils. f le a fa:t reit:tuer une parties du ti'!are de
hotel dics gardens, et plufieurs de leurs ihenaux,


(6) M. de Blois, membre de la commune et du
comnte de police, temoin dit que les premieres
temmtsqui fe pefent.rent ertaient poudrees, coiffees
tt vetuus de blanc ayant lair enjoue, n'an:,avil nt
autunemauvaine inrerrtin ; fuccelhivement Icur nom
bre iugmenta lts unes fonnrrent le tocfin ; d'autres
riaient, cha:,taient danf.:i nt dars Ii court ; ce qui
prove q'.e p1.r;i rcs ftemmes un giand nombre
n1'.-vajt poMit j fouffrTr de !a dtitte et n'etaient
tpyIecs rue pf 'mur a'neu.cr ks alitr-s.
(-i Slivanr I. l d-pofitions du z- tremoin dans
]'aires-midi dui octobre la garden quii fut dou-
bl-e a la bart icre d-. Neu.il' eait charge d'em-
pieher le Peup'e d2 ie porter i Verfailles.
(S) C(s demands avaient pour obert Ie depart du
regiment de Flandrie; que!quAs mots di, roi en ta-
veru de la cocarde parilienne er la garden interieure
di cha:eau.


I9o
mai% on eft rcbA qu'aucun des coupables n'ait 6:e moire des tmcmins lq 'heure prkcife des &s Me
arrte. nmens; mais il n'en ft pas moisr certain que dex
I te'noins atteflnt avoir vu M. Ie duc dOrleam, te
Ctkbrre corrc M. I c auc dOrlianr s t M. If ce S otoobre. dans le bois de Boulogne, et que deux
ac MirAcaks. eoins attefttnt l'avoir vau Verfaiiles.


II eft confatre par cette procedure, que depuis
iong-tems plufieurs pertonnts avaient announce des
proiets eln lt as.ur de M. le duc d'Orleans qu'on
voutait I elever au rang de lieutenant general du
rovaume, qu- fon nom avait ete li6 dans la Mouche
de plutieurs fcel-rats aux defleins ks plus crimi-
rels. J, ne repertrai pas ici les preuves que )'ai
deja citees.
M. BoilTe a depof4 qu'll a entendu la populace
de Paris aa moment ou tle arrva rait 3 Vrtrilles,
le 5 octobre, profcrtr des imprecations contre le
roi et la reine iet plufieurs ditaient que c'ili: le
juc ji'OraO'jns qu' lecur f-l alt pour rwo. Des fenmmes
demandaient au Iieur Mercitr valet de gardcrobc
de Madime AdeLaide Ii leur pere etait i Ver-
fiiills. 11 voulut favor quel crait leur pre ; elks
reponcirent 'oit c'f le c a'O:-L-ans. Suivant M. dt 'a
Strre, une des fenmmes qui furent admifes dans le
ChatCeU flr lIs j heuit s'ecriait : notre ptre, c',fi
1 a.:: a'O/-CJ. et s'oh{inait ai repeater viv, lie ..
'e/as .*;.' tants que f-s cn npag'ies te'noienawc,':
I'_ur 1iatisfacti,,n de 'accutil qu'e.les .vaient reC ,
et cr'aiLnt i';v' I roi
M. Boillf a dit de plus que e f o.tob-e il asva;-
vu M. le duc d'OrleLans fortir de 1'Affem.bl, natio-
ra!e a une heure apres midi mnter a cheval ,
fui\i de trois d ifes gezns tt prendre la route de
Paris ; que I- foir, au decline du Jour il le vi: en
core a Ver'aillcs, darns avenue de Pans ento.tr-
de beaucnup de ger.s armies da piques lances, pil-
tolts batons et autrrs armes.
M. Ga'land commis au bureau de la marine, a
vu le cct cbre M. le duc d'Orleans atlant, le
foir plufieurs tois de chez hli i 'Affemblee et
ide l'.\llmblee chz lui. M. le vicomte de Mira-
beau a vu dam i1'aprrs miii du f octobre, de<
;,.kJ is et ds hev..u' de main apartienant a M.
le duc d'Or;eans, darns l'aenue de Paris et devant
la fall de PI'Alemblee, et le foir il les vit encore
au coin de la rue des chantr;rs pres de la bar-
riere.
M. de la Co!biere commiLTaire ge6rral des Suiffes
et (-rifons, fur les n hur=es du rratin fe pro-
menant da;.s le bois de Boulogne, voit deux hom-
mes a cheval, -vetu de m.uvaifes redingottes ,por-
tant en bandouliere des fabres fufpendus avec de%
ficelles ;, 'un d'eux demand i fon domcftique le
chemin de Boulogne. Un quarr-t'h, ure apres il voir
NI. d'Orltans i cheval fuivi de deux Jockeis, en-
trer dans le boispar laporte Maillot. Ille voit s'arri-
ter donner des ordres i fes Jockeis, qui le quit-
trnt, et ptennent deux routes differences. M. de ia
Corbiere revient i la porte Maillot y apprend i'ii-
furrection et la march de la populace, rentre dans
le bo s v revoit NM. le duc d'()rlans keui aur la
route de Boulogne d'ou il paraiffait revenir. MI.
tc Ia Corbiere prend la resolution d'aller a Co':r-
bevoie et va i la porte Mai:lot pour y retrouve,
fis chevaux. I1 fe met a la fuite du pri c qui
prenait eI meme chenmin. Arrive i la porte .Ma:i!or,
il volt M. le duc 'Or!emns fur la route de Paris,
s'arrLter, par.tere inlecis pour revenir fur fes pas,
et prendre au plus grand gal.p le chemin de la re-
voite.
M. Cofirir mdecin, dans I'apres-midi du j
octobre, etait ppres de Neuil:i fit rencontre d'un
hom-ne qui lui part rtre un boucher. Cet homme
fut enfuite ab-'rde par un autre qui etait i cheval,
setu de gris et fuivis de deux Jockeis vetus de
rouge. M. Cofnier s'eloigne ; et le boucher apres
avoir qurtte les trois cavaliers qui !ui parurent
continue leur route vers Paris, lui dit qu'il croyait
que c'etait le duc d'Oileans.
Com-ment, dit M.i. Chabroud, M. le duc d'Or-
leans avant ere vu par M. de la Corbiere, ai midi
et deci, reven:nr feul du bois de Boulogne, p.uc-
i1 fe trouver i peu press a Ia meme heure revenant
de Neuilli avec les deux Jock-: is ?
MI. Chabroul cr'e des diticultes qui n'exiftent
n I. M. de la Corbiere dir quit a \ti M. le duc
d'Orleans fur la route de Paris prendre. le chemmn
de la revokte i ridi tt demi. Celui-6i a pu tacile-
ment 'rrrousver fs deAlx Jot-kris damns un lieu con-
venu. ;.Cofnier a pu le rencontrer press de Neuilhi,
accompagne par eux. II erait alors plus de midi et
demi, pu fue M\. (ofnier a/ait eu le terns depuis
midi dti crendre des renfeignemens i la barriere iur
ce qui fe patlit a Paris et d'entrer dans Se fau\-
boiurg 'aint-Honor-', avant de partir a pied pour
Ruc-I. lY'sileurs da's nioi:.s d'urin qartd'heure IM.
le duc d'(Orlmns avait pu fe rendre de la port


\ailIlt N euil'i. Ce rerour precpite repond a
I'irdecifion rcn.irquec par M. de la Corbiere.
Mais M. Boiffe dit avoir vu NM. le d,,c d'Or-
leans fortir dr- i A'.t.mb.!e n.tionale i uwe h-ure
apt-s mii et preidre la rnou, de Paris. I1 eft cer-
ti n, comime I'obftrve NM. Chabroud qu'il ne
pouvait MIs Ctr- a la tifis a V\-rfailles et press de
Neuili. MN. Boilf' a pu fe tromper fur I'heure. Ceux
qui ont queiqu'habitAud de la procedure criminellle,
favwnc qu. r,.n ict s'crtace plus aifemrient de la mi-


M. Chabroud ne voit pas, dit-il, quel rapport
peut exiller entire ces differences courfes et les cri-
mes de ce jour-li ; niis on doit reconnaitre Que,
fi M. le duc d'Orleans etair stranger i ce qui fe
paffait i Verfailles, il eft bien malheureux pour
lui qu'il ait eu, Ie octobre, autant d'activitdet
d'agitation, qu'il airt eu des ordres fi multiplies i
fair executer i car independammenu de ceux qu'il
a donr.s i fes jockeis dans le bois de Boulogne ,
M. de Bouthilier dit que dans la nuit de au C
octobre, apres la levee de la fiance de I'A Umblke
nationle entire 3 et 4 heures du martin lvit
deux hommts i cheval, veius d'une redingotte
rouge, venan;t du c6te de Paris, entrer fatcceflive-
icAn,, a deux minutes de diftance l'un de I'autre,
chez NM. Ie due d Orklans, et qu'il en vie fortir
un troifieme, v& i de mmem egalemem i cheval,
et- Cc porter du cu c~t6 du chateau. Quand on veut
:ntritler, et cepndant pourt mafquer fes demar-
chts, T inontrer en p:ufieurs lieux a la fois, quand
on til accable d'inqui&udes fur les evenemens qu'oa
prevoit agit-on d'une autre maniere .
Trois temoins alt rment que M. Ie ,Auc d'Orlanst
et.at, Ie icindemiin 6, au chaieau ou dans leI
co!rs, pendant la prcnoiere attaque daus Iinterieur;
plulickus autres t.moins l'ont aplprCu pendant que
les gardcs-du-corps etaient encore Fourfuivis; ne
dcv it-il pas piettdrc I-ur defteife et calmer la furtur
des brigands ? Ne devait-il pas exhorter ceux qui
lui temoignaitnt leur deouirent par leurs acclama-
tions, a ne pas violer la hbL.rte du roi ?
Les apparitions de M. le duc d'Orlcans dans les
course oJ dams le chit.au ne font pas toures fuf-
pectes. 11 ellt tes-fimple que, fur l'avis done par
Al. le vicomrte de Mirabeau entire dix et onze heu-
res, ii.fe foit rendu chez Ie roi ccmme tamnt d'autres
dputes; mais chaque fois qu'il s'etait monte, ii
avait ete tuivi par Ia populace. Ele criait: VivI k
.;Uc d'Orarins lnoti ut n du, tO lcunu. GO Ctita
meme : Vive I roi d'OrLUan.
M. de la Fayette, defenfeur des nouvelles infli-
tutions, mais qui etait bicn eioizne de vouloir
lervir les detI ins qu'on luf-pofait i M. Ie duc d'Or-
!eas s, refolut de le fair lbrtir du royaume, efpe-
rant que fun abletnce doinerait plus de ftailite pour
prevenir les troubles. On ne crutch ps les circonf-
tances affez favorables pour porter fur fes actions
tin examen fevere i ou pcut-rtre on ne crut p's fof-
lible de fe procurer aflkiz de preuves pour Y'awta-
querjuridiquemtnt. II fallout negocier avec lui'i et
Loit prudence foit faibleffe on imagine de colorer
fon Jepast par une million en Anglcterre.
Le comte de Mirabeau, qui vraifemblablement
ne crovait pas qu'on ofat pouriuivre devant un tl-
burnal un prince qui jouillait de tant de popularity ,
fouterit qu'ii lui fit donner le confe'l de rafter en
I rance. II nous apprend que Ia convert.,tion entire
le due d'Orleans et le inarquis dc la Favette tut
tres- impericufe d'tne part, et tries refignee de
:'autre. 11 dit avec rai:on que le duc d'Orleans avait
reu, noise ia million, nais la loi tde partir pour
l'Angleterre. 11 pretend lui avoir fair eprifenter
tous les inconveniers de fa tuite; il etait en etfet
bien evident que 1'obeiffance du prince aux ordres
de M. de la Fayette fournirait de nouveaux motifs
a ceux qui voudraient I'accufer. II11 e vante d'avoir
dit a I'un de leurs amis communs: Wil oS-ti je di-
nonce fon dirart. S il veat rafter j'ofe at ~renoncer
I auteriti qi predl lI place at celle s ici. Le comite
d: Mirabeau d'apres ce qu'il dit lui-meme temoi-
gnait done le plus vif interit au fort de M. Ie duc
d'OTleans don't il voulait emp&cher le de* art, pace
qu'il en craignait les confequences.
Si reellement le proj,.t de dnoncer !e depart da
duc d'Orleans n'etait pas tm.; coup d? parties convene,
comme l'avait out dire MI. de la Fife, il faut croire
que M. le duc d'Orleans fat trop efftiave par la con-
verfation imperieufe de iM. de la Fayvette, pour
pouvoir l'eire par la menace du come dtie irabeau.
Celui-ci recut d.ns 1'Affemblee un billet de M. de
iron, qui lui annoncait le depart du Prince. II
a\oue que dans l'exces de .on indignation, il tint
un propos que le rlpp-rteur, dit-il, aurait dui fair
connai:re pour avoir le droit de le taxerf d'indifcret,
et .que lui-meme permet de trouver infoblnt; mais
il efa eflentiel d'obferver qu'il n'eut garde de faire
la denonciaioen qu'il avait d'abord annoncee on
prnomife. Ainfi fes amis, ou lui, avaient change de
resolution.
Cr quel eft le propose qialifie d'indifcret par le
r.rpr'eur ? C'eft celui que M. la Fife a repete par
oc;i dire : Tenez., life iil (tc la.he comme un


aoiais, cell un j.... f.... qui ne merite pas la peine
qu'on s'eflt donee pour lui ".
Si M\. le duc d'Orteans n'edt pas craint d'etre
3ccIfl au-ait-il obei i M. de la Fayvtte, malgre
Its conili s de MIM. de Biron e: de M.rabeau ?
N'avairt-il pas, par lui ou par fes amis toute la
popularity necrfiaire pour letter contre celle do
commandant general ? II etait f facile de prevoir
qu'en acceptart line pretendue miftion pour I'An-
gler rre, ii s'avouait coupable devaatc 'Eurupecu-


~ 1. .__

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I


tiere. Pourquoi done aurait-il tt Ii roumis, fi Ca te
conduite edt ett pure ? di
Mais, dit M. Bonhomme Commeiras, l'un des di
avocats confultans du duc d'Orleans ifi M. le Cu
duc d'Orleans avait eu de I'ambition ce n'efl pas lu
le 5 octobre, c'eft le it juillec qu'elle auraiteclatC. M
11 eft trrs-vrai que damn le mois de juillet ,les fuc- cc
ces auraient 6 t plus ficiles ; mais une femblable to
rf6leion ferait plus propre i fair naltre des foup- V
Ions qu'i les difliper. On fa t qu tle nor de M. le tit
duc d Orlans ne fiat point stranger aux troubles fu
du moist de juillet. I1 eft certain qu en allant i Paris
Su1 et cle juillet, en fe plaaQt i la t&te du fa
Peuplet, i aurait pu obtenir de grinds advantages. To
Ceux qui lui croyient des project aimbidieux pour- dc
raient dire, qu'on ne eprend pas toujours les meil- n;
kuns moyens pour ru lir, que le propos tenu par n'
par M. de Mirabeau I'ain6 a M. de Virieu, indi- in
querait que fes confeillers n'Ctaient pas contens de
Ion courage, et qu'un project manqu6 dans le mois b
de juillet, pouvair fort bien fubfifter encore dans le d
mois d'octobre (9). v
M. le duc d'Orleans et fes defenfeurs ont beau- v
coup exaltr ce ou'il a faith pour la revolution. Je
ne fais pas s'ils ont voulu parler de services fecrets,
ou de services publics. Ceux-ci me paraiffent d'une I)
bien faible importance. Les inflructions qu'il a faith c
imprimer avant les Etats-Geniraux peuvent bien etre a
tine preuve de fes projects en faveur d'une grande n
revolution ; mais je ne crois pas que leur influence I
ait ere bien marquee. Quant aux Cervices fecrets f
je ne roepkerai point les oui dire. Je ne tirerai pas, >
come tant d'autres, de grandes confdquences de c
i'evanouiffemen: qui furvint a M. le duc d'Orlans p
dans la chambre de la nobleffe, lorfqu'apre avoir e
prononc6 en tremblant un difcours pour obtenir une r
verification commune des pouvoirs quelqu'un lui de- i
manda fans malice quiferait president ? -s
Soit que dans cette question, il edt entrevu qu'on c
lui foupconnait des deffeins important, foit que, l
par une fatality bien extraordinaire, it ait ete frappe C
d'une indifpofition fubite au moment ou I'on alren- t
dait fa reponfe, it eft certain qu'il balbutia et fut
oblige dc prendre 1'air, aide de MM. de la Blache,
de Chaleon et d'autres deputies de Dauphine. '
L'experience demontre qu'un feul obstacle s'eft
oppofe aux projects de la faction democratique, c'eft
l'attachement du Peuple i la dignity royaile. Elle a
pu aneantir la royaut6 ; mais elle a et6 forcee de
conferver pour le Peuple le titre de roi, qu'elle a
Ijifie fans functions importantes pour en rendre dans
l'avenir la fuppreffion poffible.
Camille Defmoulins, imembre du club des Amis
de la constitution, a dit avec franchife, que la
royaute etait place avc tauc t '/art daos cette
constitution, que, lorfque le Peuple (erait affez
ccair6 pour en permettre l'aneantifflmette ,1t ferait
faith fans convulfion qu'il faudrait feulement
dicoudre et non pas dichirer. II a. dit aufli avec une
naivete trts-remarquable, qu'on a lailff i aa France
.'I ncm de monarchs pour ne pas trop effaroucher ce
qui efi cagot, idiot ,rampant animal d'habitude ; mais
qu'a l'exception de quatre ou cinq d"ertts contraaic-
toires avec les autres, on noas a conflituls en RIepu-
blique.

Charges centre le comte de Mirabeau.

En raffemblant Its preuves de 1'exiftence d'un
complot antdrieur au mois d'octobre 1789 nous
avons vu que fuivant deux temoins, MM. Bergaffe
t de Virietu le come de Mirabeau avait eu ,
dans le mois de juillet, l'intention de fair lever
M. le duc d'Orleans au grade de lieutenant-g-enral
du royaume.
'ai prouve que ce project &tait uu crime de lefe-
majefte.
Le come de Mirabeau n'a point nid ce que iM.
Bergaffe lui avail entendu dire au fujet de la lieu-


0


(9) Les defenfeurs de M. le duc d'Orleans ont dit,
que le 17 juillet ; jour oa le roi avait etd forc6 de
fe rendre au vueu des Parifiens qui voulurent le voir
dans la capital, M. le duc d'Orleans avait eu la
difcrktion de ne pas aller a Paris. II eft ttes vrai
qu'il ne s'eloigna point de Verfailles. Je me rap-
pelle que M. de la Queille m'ayant fait part de fes
allarmes, fur le danger que courait le roi d'etre re-
tenu, fuivant les avis qu'on venait de recevoir,
j'apperqus M. le duc d'Orleans pres la porte de 1'Af-
fernble j'allai vers lui ; je 1'inftruifis de ce que
je venais d'apprendre. Je lui dis que, fi le foi nt
revenait pas le meme jour a Verfailles ii devait
comme citoyen, come prince da fang, et pour
detruire les bruits repandus centre lui, confenrir a
fe mettre i la tete des deputies, et r&elamer la
liberty du roi, que nous Ction; un certain nombre
refolus de l'engager a cette demarche. II me re-
pondit 3 je ne crois pas cette crainte tondee, on
pourrait bien lui fire figner quelque chofe mais
on ne le garderait pas et fi on le gardait, cela
ferait bien embarraffant, car fi je faTais ce que
vous dites, le Peuple croirait que je le trahis- .
Quoi! Monfeigrneur, vous pourriez hefiter,
et pour plaire au Peuple ...... Eh bien oui,
dit-il autl t6t, nous irions reclaramr le roi I


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que d'apprendre au roi ce qui parfait i Paris, il pou-
vait lui faire parvenir un avis par tout autre que par
le president, et il n'6rait pas d'ailleurs neceffaire
de me fournir le pretexte ridicule d'une indifpofition.
Je me rappelle trns-pofitivement qu'il me recom-
mandait de preflcr la deliberation et de lever Ii
fiance. M. de Frondeville affure que M. Lalli-To-
lendal, qui avait entendu les proprrs paroles de M.
de Mirabeau, les lui r. ptaa l'infiant meme, er
que, d'apres ce recit, la recommendation de lever
la fiance etait au nombre des instructions qu'il m'avait
donnees.
Quand le come de Mirabeau vin m'annoncer
I'arrivee des Parifiens je crus voir en lui I'intencion
de m'efftayer; je crus qu'il ne m'engageait i ter-
miner la difcutlion qte dans 'efpoir d'empe-her les
membres de I'Affem'-6le national d'etre i portee
de delibirer au moment de l'arriv'e de Aa 1 ojulace.


191
rnce- gn&rale, en prd fence de MM. Dupw-lt, C.f
Roveray et de mei i mais. il aniP ce qJ'il aviai cru
i M. de Virieu dans Is turns de la difcuflion dit
les droits de la maifon d' fpagne. On fait quI'l b-ai
fit part alors de fes efpkrances en faveur de proi
le duc d'Orieans, et qu'il no confidera poimt da
nme un obstacle l'exiftete de M. le come d'Ar- le
et celle de fes snfans. II pretend que M. de foen
ieu ne seft jamais afiei montre l'ami de lu conf- mes
rion, pour qu un homme don't en a tout dit, except TOt
lfut unte bite 1ait prisainfi pour Con confident. en
'opinion publique ddcidera kauel des deur itl
t croire, ou du come de Virieu affirmant .fur nale
honneur et fur la foi du ferment ou du come et 4
Mirabeau, niant dans la tribune. Ceux qui con- Mir
tent le come de Mirabeau, ignorent-ils qu'il A
AF pas en fon pouvoir de taire fes projects? Cette mid
ifcr6tion qui le trahit fans ceffe eft un d6faut tdu
ir lui, elle elA peut etre pour les autres un carl
nfait de la providence. Elle femble l'avoir doue alh
l'indilcretion come fuivant quelques obfer-
eurs, elle fait croitre a co6t de certaines plants d&t
n6neufes cells qui doivent leur i;ervic d'an- Mi
ote. reil
:1 eft tellement indifcret, que dans le mois de 'ai
llet 1789 rtant dans une fociete une dame ayant affa
npar6 fon adrefTe fur i'eloigiiement des troupes
elles que prefenterent fur le ime fujet les com- rev
rnes d'Angleterre fous Charles Ic ii s'ecria : C'
bien r Madamr Cromwel n'a-t-il pas illuftei fa qu,
lille ? et
Le come de Mirabeau ne fait pas m~ene e&re dfl fei
et dans la tribune et je vais en citer deux exem- MI
es. Sur la fin de feptembre 1789, I'agitation ecait fie
treme dans tous les districts de la capital, !eurs ve
valittes, leurs pretentions caufaient les plus vives d';
quietudes. Des membres de 1'Afcmbloe national ro
rendaient frequemment, et l'on ne croyait pas
'ils euffent Ic deffein d'y reiablir la paix. Le pre-, do
er aolt, M. Reynaud propofe de defendre r tout D,
put6 d'aller dans les districts fans miffion. Auffi- let
t le comte de Mirabeau fe leve, dit que cette p(
opofition le cnncerne, et i'outient qu'il ne fe rend
ts les districts que pour donner des plans de mu- bi
cipalite. cc
Le 7 novembre dernier, M. Lanjuinais propose la
interdire aux deputds, pendant la feffion prefente, qi
entree dans le miniflere; M. de Mirabeau ne peut
rimuler qu'il fe regirde comme l'objet de la mo- n(
on. I1 eclate en reproches, en farcafmes centre o r
eux qui detruifent fes plus cheres efperances.
Le 5 octobre au martin, entire onze heures et d
fidi, le comte de Mirabeau vint fe placer derriere
moi pendant que je nr~fidais l'Afiemblete, et me .
it: M. le prifident, quarante mille hornmes arms P
rrivent de Paris. Prejjet la dilibiration level la
eance, trouvet-vous mal, dites que vous allet chet
e roi. i f
II efefflentiel d'obferver que les premieres femmes q
ui arriverent a Verfailles, y parurent vers les quatre r
i-ures et la milice a minuit ; mais ce que je trouve q
ie plus remarquable, c'ift que le comte de Mira-
eau voulait fire lever la Cfance. 11 nie d'en avoir
u le deffein. II pretend qu'il n'6tait pas en mon c
,ouvoir de fuivre fon confeil. I
Voici fa version.
cc Dans la matinee du octobre, dit-il, je fus ;
Lverti que la fermentation oe Paris redoublait. Je
I'avais pas befoin de coniailtre ces details pour y
:roire : un augure qui ne trompe jamais la nature
Ics chofes me I'indiquait affez. Je m'approchai de
I. Mounier et je lui dis : Paris march fur nous;
croyez-moi ou ne me croyez pas, peu m'importe i
mais Paris vous dis-je, march fur nous. Trove[-
vous mal, montez au chateau. Donnez-leur cet avis:
dites-meme, fi vous voulez, que vous le tenet de
mnoi, j'y confens; mais faites cifer celte cantroverfe
(candaleuft. Le terns prelfe, il n'y a pas une minute
a perdre ".
"De fon aveu, le comte de Mirabeau favait done
dans la matin6e du octobre, !que la fermentation
redoublait ~i Paris. Elle lui avait dei ete indiquee
par la nature des chores, et cependant un moment
avant de me donner cet avis, il venait, par fes
difcours incendiaires, de propager cette fermenta-
tion a Verfailles, et de designer des victims, en
annoncant qu 'Il avait i de~-oncer le chef des gardens
du corps et la reine.
" Si le come de Mirabeau n'edt eu d'autre intention


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Quelle finguliere analog enut ItH k ovens, do
fenfe du duc d'Orltan s et CUX dsA c mre de
rabeau L'un pretend iqe )o I owrore i l-ta
te chez lui pour les atfliri de fA fa mailiol I
tire qu'il eft refte che li pour 'occ6ip de
aires de la Belgique.
M. le come de Mirabeu cite ccore on fet
wnarquable fur leqael i awtette M i 'Matk:t
eft qu'ayant i a peine emplf*e sm dis ~kwi ll
elques mots fur lee citcot6t,r ir'i mnenh;k..
confiderant la funefte protabitie que dA- Vioin-
llers pervers contraindrai-t k tl* oi fi' retfi
etz il lui dit : La dytlitie cft perdu iMoN-
ur ne relie pas et ne prmad let rdaefi A t
rnement. Ils convinrenr ,ajoute-t-il: des mgoyc
avoir une audience du prince, i d epat I
i s'exicutait. -; '
A peine trois minutes! FrncattI, cmwaiffea
mnc I'hypocrifie des d8nagogues qui vous parentt.
ans leurs harangues feditieufci ils ne voes par-.
nt