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Title: Procès verbal des séances du Conseil général de la nation ..
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 Material Information
Title: Procès verbal des séances du Conseil général de la nation ..
Physical Description: 20 p. : ; 28 x 22 cm.
Language: French
Creator: Haiti -- Conseil general
Dauxion Lavaysse, J.-J ( Jean-J. ), ca. 1770-1826
Publisher: P. Roux
Place of Publication: Cap-Henry
Publication Date: 1814
 Subjects
Subject: Foreign relations -- Haiti -- France   ( lcsh )
Foreign relations -- France -- Haiti   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
France
 Notes
General Note: Caption title.
General Note: The proposal of General Dauxion Lavayesse, envoy of Louis XVIII, that Haiti should again become a French colony; and the reply of the Haitians.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00102611
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 48676035

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Special Collections
RARE BOOKS
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LIBERATE s INDPENDANCE,


ROYAUME D'HAYTL



PROCESS VERBAL

DesSancesduConseil ginralde la Nation.


C E J o D' n u i, vingt-unime du mois d'Octobre, mil huit cent
quatorze, l'an onzime de l'indpendance d'Hayti, et la quatrime du
rgne de Sa Majest.
Les grands Dignitaires, les Officiers civils, administratifs et militaires
du rqyaume, extraordinairement convoqus en conseil gnral de la
Nation, en vertu d'ordre de Sa Majest, au palais du Conseil Sans-
Souci l'effet de prendre connaissance des pices qu'il plairait au Roi,
aotre trs-auguste et trs-grcieux, Souverain de mettre leur dlibration.
Lesdits officers, en grande tenue ont t introduits et placs selon
Jeurs rangs par M. le baron de Sicard, grand matre des crmonies.
Sa Majest, notre trs-auguste et trs-gracieux Souverain, est apparue
ayant sa gauche S. A. R. Monseigneur le Prince Royal, et prcde.
des grands officers de la couronne.
Les acclamations de. ive le Roi Vive le Prince Royal se sonf
fait entendre.
Sa Majest s'tant place sur son trne, a prononc le discours suivant .
HAYTIENS!
Nous vous avons fait assembler et convoquer en Conseil gnral
de la Nation, pour vous donner connaissance des Lettres et Papiers que
nous avons reu du gnral francais Dauxion Lavaysse, envoy de
3a Majest LOUIS XVIII.
Haytiens mditez ces crits avec calme et sagesse, tel qu'il convient
,i des hommes libres qui ont conquis-leur indpendance au prix de
.A ,


im ,t


.WWJ














leur sang. Md;tez-les tel qu'il convient enifin des mandataires qui
reprsentent la nation, et qui, en cette quality, ont proonocer sur leur
sort et les intrts les plus chers de leurs concitoyens !'
S. E. M' le comte de Limonade, Secrtaire d'tat, Ministre des affairs
trangres, a donn lecture des pices ci-aprs:
Lettre du gnral Dauxion Lavaysse date de Kingston le I',
Ociobre 18r4, portant pour suscription : A S. E. le gnral HENVRf
CHRISTOPHE Chef supreme du Gouvernemnnt du Nord d&
Jlayti ainsi conue :

G iE R A Lr,

'ous tes inform de la mission important don't j'ai dL
l'honneur d'tre charge auprs de V. E. et en arrivant ici mon
> intention tait de m'adresser simultanment V'. E. et at
~gnral Ption; carje ne suis pas venu,v'ous ne ignorez pas,
come message de discord, mais comme le prcurseur de la
> paix et de la reconciliation.
Peu de jours aprs mon arrive ici, je payai le tribute a.u-
climate, ainsi que mon compagnon de voyage M. Draveman et
je n'ai trouv ici qu'un seul home en qui 'aye pu placer ma.
confiance, pour m'aider de sa plume comme secrtaire.
Cependant j'ai communique avec des personnel estimable
qu'on m'assure avoir vote confiance, et qui m'ont confirmed ce que
la renomme m'avait dj appris. de vous.
, Mais avant d'avoir l'honneur de communique directemnent
avec. otre Excellence, fai dd prendre les renseignemens les-
plus certain sur vous et sur tout ce qu'il imported au succs d&
7> ma mission de connaitre; etje confesse, avecplaisir, P. E.,.
~ que tout ce queje sais aujourd'hui a beaucoup ajout mes.
esprances, et m'encourage vous parler avec la franchise d'unm
soldat, et avec lintrt que ne peuvent se refuser ceux qui one
suivi la carrire militaire..
LeRoi vertueux qui est enfin rendu la France, ce Roi,
> galement admirable par la fermet et la bont de son caractre ,
par l'tendue de ses lumires, et par lek mepris qu'il profe'sse paul











(-3
Yt tout ptefug illibra Louis XV III a gmi plus que personnel
des measures atroces qui parent employees contre le ganral
Toussaint la paix de i802. Ce chef, loyal et clair avait,-
avec la presque totalit des habitans d'Hayti, pris les armes eni
faveur de la cause royale. Il l'avait soutenue plusieurs annes
,avec nergie, et il avait rtabli fordre et les cultures Hayti,
i au point le plus tonnant. Mais lorsque l'Europe entire fuS
- courbe sous le joug de Bonaparte, il sentit qu'il fallait se sou-,
mettre cet usurpateur reconnu. Aucun des actes du gindral
P Toussaint n'avaib annonc l'indpendance, cependant Bont-
parte, soit pour sacrifier une parties des troupes E[r immense
qui l'embarrassaient ta paix, soit pour s'approprier des trsors
imaginaires, envoya une arme Saint-Domingue lorsqu'il ne
devait y envoyer que des rcompenses.
L'effet de cettebarbare expedition futune second destruction
. de la colonie et la perte du. gnral Toussaint.
Le Roi regarderait cette perteirrparable, si Votre Excellence
n'avait pas succd la puissance de cet home clbre : et con-
vaincu que vous tes parfaitement instruit de vos vritables
v intrts; et de tout ce qui s'est pass en Europe; certain que le
v bonheur de votre pays, le votre proplre, celui de votre famille-, e
*. de vos amis,.servira de rgle .votre conduite, iln'a pas clout que
Svous. n'agissiez avec lui come Toussaint eus agi s'il eZt vcu.
Je viens donc-, Gnrat, par les ordres de cet auguste Sou-
Sverain,. vous porter.-des paroles de satisfaction et de paix. Et
, lorsque du haut du trne le plus brilliant de l'Europe il command
> une arme de cinq cents, mille hommnes,.il mn'enoy-e seul traiter"
> avec vous de vos intrts,
-Nous ne sommes. plus au temps de Bonaparte; tous les souve.
rains de l'Europe s'taient ligus pourfaire tomber l'usurpateur,
--tous restent runis, pour assurer la tranquillit de toutes les:


[1] Presque toutes ces troupes avaient servi sous Moreau qui elles restaient
b .brt attaches; mais les Gnraux taient pour la plupart du partide Bonaparte..












3i parties du #nlnde. anws ce moment vous v6ySz FAngleterr pinir
5 i5oo lieues d'elle, les Etats-Unis de 'A.rmrique, qui avaient'
-P osd prter leur appui l'ennemi e l'ordre et durepos du monde :.
de lz capitale de ce novel empire a td livre aux flamess:
d/j son chef es entfuite; ce ne sera que lorsque ces mmes
M Etats-Unis professeront les principles des souverains de l'Europe,
8) que l'AAngleterre cessera de les eraser du poids de ses vengeances
4) terrible : ainsi tant qu'il y aura un point de l'univers o fordre
, ne sera pas r'tabli, les souverains allis ne poseront pa& les armes;
4 ils resteront lis pour achever leur grand ouvrage.
Si vous ddutez de cette vrit, Gnral, que Votre Excellence
fasse consulter par ses agens, les dispositions de l'Angleterre,
-5> jadis 'ennemie de la France, aujourd'hui son plus fiddle alli ;
et ils vous attesteront ce que je viens de vous dire.
Gnral, si Bonaparte, avec une grande parties des forces de
la France, a succomb sous la masse desforces des allis; qui
> peut aujourd'hui rsister la France unie l'Europe entire;
5> la France devenue Tallie de lAngleterre? Et qui doute que
Bonaparte n'edt rapidement eonsomm l'ouvre infernale de
destruction qu'il avait commenc en 1802 si en i803 'Angle-
-* terre n'edt pas dclar la guerre la France, et rompu ainsi, par
-~ ses immense flottes, la communication entree la France et
a Saint-Domingue ?
>, Tout a t prvu dans le trait de paix entire les souverains
> de l'Europe. Ne connaissant pas la sagesse et les principles de
Votre Excellence, on a suppos que vous pourriez hsiter dans
S-la conduite que vous devez suivre, et on est convenu que pour
a, remplaeer la population d'Hayti, qui, dans ce cas, serai ttota-
element anantie par les masses de forces qu'elle attirerait contra
, elle, il fallait que pendant plusieurs annes, la France continued
4> le commerce de la traite des africains, dans le double buo de
remplacer les bras atthchs la culture, et d'en former des
,soldals, O limitation des anglais.
11












( 5 )
: l est sanS doutze inutilee d'entrer dans des ddtails avec iiu
> home d'un esprit aussi suprieur que Totre Excellence, mais
il convient, peut-tre, que ces grandes considerations soient
prsentes aux personnel que Votre Excellence honor de sa
4 confiance,
Si Tlalliance des puissances de 'Europe a euz pour but le reta.
blis.sement de l'ordre et la chute de l'usurpateur qui le troublait
sans cesse, les augustes monarques qui composent cette alliance,
5 n'ont pas montr pour cela moins d'estime aux dignes supports
de la gloire et de flindpendance de la France; a ces illustres
militaires qui, pendant 25 ans de calamits n'ont jamais
1 dsert le pose du pril, et ont sauv leur patri, et les hor-
reurs de la gueri e civil, et l'humiliation du dmembrement de
la France. Le Roi le phls gnreux et le plus sage du monde ,
le vertueux Louis XVIII, a plus vivement senti qu'aucun de ses
grands allies les tires qu'avaient ces braves, la munificence
n royale, comme i la gratitude publique; ils sont aujourd'hut
combls d'honneurs, ils jouissent des fortunes immense, et ils
bnissent les vnemens qui ont donn leur superb existence,
la stability que ne pouvait leur donner un usurpateur,
Suivez leur example, Gnral, proclamez Louis XV III i;
HIayfi, comme ils l'ont proclam en France, et non-seulement
des honneurs et des rcompenses vous seront prsentes, mais
ceux que vous dsignerez, recevront des marques de la satis-
faction de notre souverain, et de la reconnaissance de notre
patrie; et l'empire des prjugs qui est dtruit acec l'ancien
regime, ne mettra aucun obstacle, -.ce que les rcompenses
. soient gales la grandeur des services rendus au Roi.
Sans doute si Bonaparte vous adressait du haut du trne de la
,, France, les paroles que je vous porte, je vous plaindrais de vous
y livrer. Ses succs en politique daient dus l'art de tromper, sa
, perfidie galait la puissance de ses armes, et le gnral Toussaint
n'est pas le seul qui en. ait fait la fatal et cruelle experience.;
B











( 6 )
i mazis, le Roi lgitime Ine la France, (auguste successeurde tant
Sde souverains illustres, le descendant de St-Louis et d'Henry IV,
y n'a sans doute pas besoin des moyens vils d'un'usurpateur, sa
Parole royale est sacre autant que sa race est antique etvdn-.
rable, et tel que l'un Je ses nmagnanimes anctres, Louis XTVIf'
a dit: que si la bonnefoi tait bannie de la terre, elle devait se
retrouver dans le cour des Rois.
.> Ainsi donc ce qu'il vous promettra, Gnral, sera certain et
e sera stable; vous ne pouvez en douter.
>, Mais je sens qu'il est peut tre parmi a'os gnraux des per-
Ssonnes qui craignent que les chefs envoys par le roi, oubliant,
les instructions qu'ils en auront reu, et se laissant influence
: parles crdoles et les dnigrs ne rtablissent peu peu le regime
Sdes prjugds. Mais croyez-moi, Gdnral, le rgne des prjugs est
> termind pour jamais. Il ne revivra pas plus. dans les colonies
franaises, qu'en France, et qui peut croire qu'il existe encore
dans cedernier pays ? lorsqu' cot des.Montmorenrcy,des Rohan,
des Prigord, etc. sont assis les Soult, les Suchet, les Dessolee,
5> etc. lorsque des homes d'origine si diffrentes; mais galement
. illustre les uns-, par leurs hauts faits les autres par ceux de
t leurs anctres sidgent en consequence gaux dans la chambre
des' Pairs, et partagent galement les grades dignits de l'tat ?
Le Roi qui veut que le bien se prenne partout o ilpeut se trouver,
agira, n'en doutez pas, come les Monarques d'Espagne et de
n Portugal, qui, par des lettres de blanc donnent un individi
'~ de quelle couleur, qu'il soit l'dati d'un individu blanc. Sa puis-
sance royale qui a gal les Ney, les Soult les Suchet, les-
Dessoles, etc. aux Montmorency, aux Rohlan etc. par un acte
de munificence et d'quit auquel toute la France a applaudi,
peut galement rendre un homme noir ou june, semblable
S'~devant le trne et la loi, et dans les habitudes sociales es
l'hommhe le plus blond de la Picardie.
Vous ne nous orcerez pas, Gnral, changer en soldats les
nigres que Tal' traite dans ce moment 4 la cdte d'dfriqae ; vous











(C 7,)*
rit ne nous forceretopas userde tous les mroyens da dastructions po's-
sibles; vous ne vous exposerez pas voir deserter cos bataillons,
qui seront bientot itnforms quela discipli;efranaise qui est la
plus parfaite de l'univers, n'exige pas la svrit excessive que
Vous avez si souvent exerce; nous connaissons tous cos moyens.
de defenses; qtuandje dis vous, je veux dire les personnel giw
sont sous vos ordres.
Car je vous crois la tte trop saine, un esprit trop claird et
r trop noble, pour ne pas tre satisfait de devenir un grand seigneur
. et un officer gndral, sous cette antique dynastie des Bourbons,
w- que la providence semble se plaire, en dpit de tous les calculus ,
humans, vouloir perptuer sur le trne de notre chire Franced.
vous prefdrerez devenir un illustre serviteur du graamdsouverainLdes
franais, au sort plus que prcaire de chef d'esclaves rvolts, E ,
. s'ilfallait des examples pour vous engager limitation, voyez les.,
m gnraux Murat et Bernadoete, Chefs ou Rois, depuis plusieurs,
annes, des nations qu'ils ont illustres parles armes, descert-
dant noblement des trdnes sur lesquels les avaient levs les suite.
de la revolution Jran.daase. Voyez-les, dis-je, descendant noble-.
ment et volontairement de ces trones, pour devenir de grand et
d'illustres seigneurs, et preefrer des honneurs lgitimes et dura-
bles, pour eux et leur postrit, at: titre odieux et prcaire-
a) dusurpateurd
Car ne vous faitespas illusion, Gnral, les souverains del'E-
p.. rope, quoiq"u'ils aient fait la paix, ils n'ont pas encore remis rpe
*- dans le furreau-; et sans doute, vous n'ignorez pas ce que tout
>, le monde sait en Europe, quoique la chose ne soit pas encore.
>- diplomatiquement publique, que le principalaarticle du pacte qua
Sviennent designer tous les sowuerains europens, sur leur honneus
royal, est d'unir leurs armes, s'il en est besoin et de se donner
tous les secours ncessaires pour dtruire tous les gouvernemnenm
i qui se sontforms par suite de la revolution franchise, soit e,<:
p Europe, soit dans le nouveau monde. N'ignorez pas que c'est.li
4 Grande-Bretagne qui est le centre et la principal partic das












m ee'e obze oWlt7oon laquelle il faudra quelqus "moi pluit oIt
plus tard, que tout gouvernement se soumette; et que tout gou-
' vernement ou chefs qui ne se soumettront pas, seront raits
y: come des tratres et des brigands: tandis que ceux qui, volon-
tairement et de bonne grdce, seront asse. raisonnables, et assez
i honntes gens pour adhrer ce principle, an contribuant fire
rentrer les peuples qu'ils government sous l'obissance des sou-
!' verains lgitimes, obtiendront, de ces souverains, unze existence
' et des tablissemens aussi honorable que durables.
La dernire consideration que je prsenterai Votre Excel-
lence, c'est la morality et la loyaut qui caractrisent le Ministre
Sactuel de la Marine. Tout le monde sait qu'au temps de fAs-
semble constituante, ol il fit constamment l'un des plus zls
, dfenseurs de la cause du Roi, il insist sur la ncessitd et la
, justice d'amliorer le sort des noirs et des homes de couleur.
- Prononcer le nom de Malouet, c'est fappeller l'ide des plus
Shautes vertus et de la bonne foi la plus inflexible. Tout ce qui,
. se< promise par un tel homme, sera aussi sacred et aussi certain,
Sque si c'tat (je demand pardon de expression ) la Divinit
mdme qui vous le promettaitc

.~ Veuilllez agrer, Gnral, les senpimens de haute onsid!.
ration avec lesquels j'ai 'hlonneur d'dtre,

b DE VOTRE EXCELLENCE,

Le trs-humble et trs-obissant, Serviteur,

Sign le gdenral DA XI ON L4T V.Y SS E.

P, S. Le colonel Mdina, qui est associ ma mission, doit
P5 se rendr'e auprs de Votre Excellence, don't il mrite toute la
confiance.
Pour preuve de la loyaut ave laquelle j'agis je joins ici la
. copie de la lettre que j'ai adresse au dnral Ption : A peine
S, lavais-je dcrite que je todnbai malade, ce qui m'empcha d'avoir
n 'lhoite r dcrir;e Vqtre E;ccellnce dans. le mme moment ,
cekne I enlM IO7











( 9


Copie de la Lettre du gnral DA U XI ON
LAVAYSSE au gnral PE TION.

Kingston, Jamaque G Septembre 1iS4.

GEN RAL,

U Une des personnel qui ont la confiance de Votre Excellence, et avec
laquelle le gnral Hodgson eut la bont de m'aboucher Curacao,
vous a sans doute rendu compete du but de ma mission, ainsi que des
intentions paternelles et librales de notre roi bien-aim Louis XVIII.
Vous tes trop clair, Gnral, et sans doute assez dpassionn ,
pour ne pas concevoir et sentir toute la difference qui existe, entire l'ordre
de chose tabli, la restauration de Louis XVVIII, et ce qu'on appele
l'ancien rgime ainsi que le gouvernement despotique et arbitraire que
Bonaparte avait essay d'tablir en France.
STromper- pour -asservir tait devenu depnts dix ans, le grand
secret, et le principal mobile de la politique du perfide et haineux usur-
pateur. Excr du monde entier, abandonn des compagnons de sa
ginire militaire le sort (le cet Energumne sera il faut l'esprer une
leon pouf tous, ceux qui exercent un pouvoir illgitime et prcaire ont
rependant la tte saine.
Il n'est pas besoin de grades connaissances en droit public pour
apercevoir la difference qui existe entire la foine constitutionnelle, du
government de France actuel, et celui qui existait avant 1789.
SCe n'est pas ce que les migrs et les rpublicains appelaient une
tontre revolution il y a quelques annes qui a replace les Bombons
sur le trne dle France. Les Rois de l'Europe n'ont point fait la guerre
au people franais, leursrmines n'ont point fait la conqu.te de la France.
Le gnreux Alexandre et ses allies venus en France Four se venger
d'in lyran en dlire, ont t le point (le ralliement des franais, las de:uis
ing-temps dth plus extravagant et du plus sanguinaire despotismle.
",










( 10 )
C'est auprs d'Alexandre que se sont rallies les hommes nergiques,
sages et habiles qui ont jou les premiers rles durant notre revolution.
Ce sont les Talleyrand-.Bnvent les Dessoles les )upont les
Marmont, les Ney, les Bournonville, etc. etc. qui, aprs avoir iravaill
pendant plus de vingt ans durant les diverse variations de notre rvo-
lution l'ouvre de la liberty et de l'indpendance de la France, ont t
I agens de notre patrie pour rdifier la monarchie fran9aise sur les
bases d'une constitution libre et representative ; et cette constitution c'est
Lou:s XVIII qui en est l'auteur et le rdacteur principal; combien cetle
circonstance, Gnral, ne doit-elle pas rendre le nom de son royal auteur
prcieux tous les vrais amis de la liberty De quelle heureuse augure
ne doit-elle pas tre pour nos frres de l'le d'Hayti !
w, Oui, Gnral, c'est un roi philosophy, un nouveau Marc-Aurle,
un nouvel Henry IV qui est assis sur le trne de France; croyez m'en,
je ne parole pas le language de la flatterie mais celui de la vrit celui
de mes compatriotes.
-, Pour bien vous fixer sur l'esprit qui rgne aujourd'hui en France,
jetez les yeux sur la liste de la chambre des pairs, et des principles
autorits de lEtat. L vous verrez ces antiques colonies corinthiennes
de la monarchie franaise, les Montmorencys, les Rohan, les Prigords,
les La Rochefoucaut etc. mles ces colonies hroques d'ordre
mnoderne, les Neys, les Suchet, les Marmont, les Bournonville, les
IMalouet, les Dessoles, les Dupont, etc. les dfenseurs de la gloire et de
'indpendance de notre chre France.
Vous verrez tous ces hommes qui par leurs talents, leur gnie ,
leur vaillance et leurs vertus, se sont illustrs pendant les orages et les-
grandes scnes de notre revolution ; vous les verrez, dis-je, dignement
placs entire le Roi et le people, galement soutiens de la Majest et de
lapuissance delay couronne, des droits de la nation, et de la libert publique.
SLisez la charge constitutionnelle et les actes du gouvernement actuel,
et vous verrez qu'au mpris des criailleries et des absurdits des partisans
aveugles ou intresss de l'ancien rgime, tout'ce que la rvolution a
produit de bien, de principles libraux compatibles avec nos habitudes
monarchiques a t religieusement conserv.











11 )
,i Pfl 'chissez hien sur ces choses, et diies vous je vous en prie,
Gnral Louis XVIII e';t un Roi philosoplhe, qui fnt avant, et au
commencement de la revolution, un des plus zls dfenseuis de la
libert publique: les grands magistrates, les gnraux qui l'entourent,
sont presque tous les enfans de la revolution, consqueniment les ennemis
des anciens abus et des anciens prjugs.... Ces homes se sont levs
par la revolution, l'gal des premires families de France.... Et nous;
comme eux, levs par les orages de la mnme rvoluiion, et par les
nmme causes, nous resterions dans l'avilissement...... Cela n'est
pas possible ,
Dites-vous aussi : ce Bonapart fut un despite perfide et cruel, qui
n'employait gure en politique que des agens aussi immoraux et aussi
perfides que lui, mieux eit valu combattre jusques dans nos derniers
retranchemens, que de ne jamais faire aucun trait avec ce Corse qui
ne respect jamais ses promesses : mais Louis XVIII est un souverain
lgitime', le descendant de Saint-Louis et de Henry IV. II n'emploie
pour traiter avec nous que des homes d'honneur des homes sans
prjugs, peut-tre des hommes qui, sous un autre gouvernement, ont
dfendu notre cause dans leurs crits, ou leurs discours... Ils n'couteront
pas la voix d'hommes aveugls par leurs prjugs ou aigris rar leurs
malheurs,...Il est le pre et l'arbitre common de tous ses sujets... Prenons
confiance en ce roi gnreux, loyal, clair, il nous fera partager les
droits de sujets et de citoyens franais ce qui certes, est prfrable au
sort d'tre trait comme des sauvages malfaisans, ou traqus comme des
ngres marrons .
Faites ces rflexions, ce monologue Gnral; pn:rez-en les
hommes raisonnables qui mritent vote confiance, et vous mriterez les
marques les plus honorables de la satisfaction de votre soverain et la
reconnaissance de votre patrie et des habitans d'Hayti, que nous ne
pouvons cesser de considrer comme franais.
Vous avez trop d'esprit, la tte trop saine, Gnral, vous connaissez
trop bien la France pour prendre ce language pour celui de la faiblesse :
la faiblesse menace; l'homme fort et puissant frappe et crase, lorsque
l'on mconnat et que l'on ddaigne sa gnrosit.

Je suis etc.

Sign D.AUXIO N L A VA Y SSE,

Pour copie conforme,


DAUXION LAVA YSSE.













( 1i )
Aprs, S. jE. a lu au conseil le pamphlet d'un nommd H. fHenry,
imprim la Jamaque, ayant pour titre : Considrations offertes aux
flabitans de Saint-Don.ingue, sur leur sort actuel et sur le sort
prsum qui les attend.
Ces lectures termines, Sa Majest a dit :
'Je laisse la sagesse du Conseil gnral de la Nation, de prendre
les measures et les resolutions qu'il croira convenables pour le salut
de notre pays.
, Le rsultat de ses dlibrations, toute fois qu'il ne compromettra
point notre honneur et les intrts du people haytien sera la rgle
invariable de notre conduite .
Sa Majest s'est retire aux mmes acclamations de T'ive le Roi!
Le conseil s'est alors constitu sous la prsidence de S. A. S. M' le
prince du Limb, ministry de la guerre et de la marine, de S. E. M' le
comte de la Taste, ministry des finances et de l'intrieur, vice-prsident.
S. E. M. le comte d'Ennery, lieutenant gnral et M. le baron de
JDessalines major gnral secrtaire gnral du dpartement de la
guerre, ont t nomms secrtaires.
Le Conseil gnral de la Nation, dlibrant unanimityt, a dcid
qu'il serait rdig, sance tenante, une Adresse au Roi pour voter des
remercimens Sa Majest, sur l'honneur qu'Elle lui a fait de me tre
sa dlibration, les communications importantes qu'elle lui a donn,
mnanifeste a So Majest les sentimens qui animent le conseil et la
resolution qu'elle a prise.
Aprs la rdaction S. A. S. M' le prince du Limb president, a
annonc au conseil qne l'adresse tait rdig,e. que lecture en allait
ttre donne ; ce que S. E. M. le comte d'Ennery, secrtaire, s'est
empress de fire.














AU R I,


SIRE,


C'est en vain que l'on chercherait dans les annales des nations
l'exemple d'une ouverture de paix entrepris sous de plus affreux
auspices, et accompagn de circonstances aussi dshonorantes que
celle entame par le gnral franais Dauxion Lavaysse, au nom et
comme agent de Sa Majest Louis XVIII.
Les peuples, les souverains, les individus mme en particulier
ont des droits qui sont respects parmi les nations les plus barbares;
et il n'est point permis qui que ce soit de les enfreindre; mais si les
hommes en gnral sont convenus de respecter ces droits, consacrs
par l'usage et l'honntet publics, combien plus forte raison, est-il
odieux que l'envoy d'un roi, d'un people clair, ait os violer ouverte-
ment ces droits sacrs ?
Quoi les plus abominables des tyrans quand ils ont voulu
opprimer les peuples, en leur imposant le joug de la tyrannie, ont
employ des moyens perfides et ont couvert de quelques prtextes
spcieux leurs criminelles entreprises ( parce qu'ils n'osaient violer
ouvertement ces droits des peuples); mais l'envoy du roi des franais
a tout viol impudemment; il a fait la plus cruelle injure qu'il soit
possible de faire un people libre, en lui proposant cette abominable
alternative d'opter entire l'esclavage et la mort. A qui ce vil Agent ose-t-il
s'adresser pour manifester les intentions atroces de son gouvernement 2
C'est Votre Majest, au vainqueur des franais, au dfenseur de la
libert et de l'indpendance A vous, SIRE, qui avez consacr votre vie
entire au maintien et la defense des droits indestructibles et ternels
D











( i4 )
de l'homme A votre Majest quia toujours eu pour rgle de sa conduit
et de ses actions, l'honneur et la gloire du people haytien On ose vous'
proposer de descendre d'un trne o vous avez t plac par l'amour et
la gratitude de vos concitoyens O comble d'audace et d'infamie On
ose souponner votre grande me d'une insigne perfidie !... A qui ose-t-ou
parler d maitre et d'esclave ? A nous, un people libre et indpendant;
des guerriers couverts de nobles cicatrices gagnes au champ 'honneur ,
qui ont dtruit jusques dans ses dernires racines l'arbre antique des
prjugs et de l'esclavage; ces guerriers qui dans mille combats ont
fait mordre la poussire ces barbares colons don't les restes chapps.q
notre just vengeance, osent encore parler de rasseoir ici leur rgime
abhorr que nous avons proscrit jamais Non jamais il n'existera
Vore Majest se serait-elle attendue un tel excs d'indignit*
de la part d'un souverain que la renomme s'est plu nous prsenter
come un roi sage, bon et vertueux, instruit l'cole de l'adversit-,
eninemi des prjugs illibraux, enfin just et humain ? Que la renommo
est mensongre, SIRE, s'il faut compare les effects avec ce qu'elle
devance tant de fois? La premiere overture de paix, les premires paroles
de conciliation qui nous sont adresses au nom de ce prince don't nous
nous tions forms une si grande ide sont des insultes des outage&
sanglans ; on ose ptoposer -des homes libres depuis vingt cinq ans,.
qui ont encore les armes la main de les dposer pour reprendre les
chaines de l'ignominie et d'an barbare esclavage En nous insinuant
ces horreurs, on les couvre du prtexte spcieux de paroles de paix
et de reconciliation! On envelope le poignard de la trahison et de la
perfidie sous le manteau honorable et sduisant des sentiments libraux
de justice et d'humanit du monarque des franais notre gard Mais
soudain ce vil agent, ce monstre antrop'dphage changeant de language,
pregnant le ton et le caractre atroce de son odieuse mission, nous menace
d'anantir notre race, et de la subsistuer par une autre Quell justice i
quelle libralit quelle humanity !
A cette dernire dmarche des franais, SIRE, tout ne. nous demoi,.
tre-t-il pas que la cause des haytiens est spare de celle des autres peuples?










( 5 )
En effect quel people.! quel souverain aurait-on os proposer des
conditions, aussi viles que dshonorantes ? Ils. nous mprisent, ils nous
croyent stupides au point de supposed que nous sommes privs
mme de cet instinct, qu'ont les animaux pour leur propre conser-
vation ; quel dlire quel excs d'audace d'oser nous proposer de
nous livrer aux franais, fe nous soumettre ]eur odieuse domination !
Serait-ce pour les bienfaits que nous en avons reu que nous reprendrions
les chanes de la servitude ? Serait-ce pour un souverain qui nous est
tout fait tranger, que nous ne connaissons pas, qui n'a jamais rien fait
pour nous au nom duquel on vient nous outrager que nous irions
changer de matre ? Serait-ce enfin, pour tre de nouveau livrs aux
tortures et aux chiens dvorer que nous renoncerions au fruit de
vingt cinq ans de combats et de sang rpandu ? Qu'avons-nous donc
encore de commun avec ce people? N'avons-nous pas bris tous les liens
qui pouvaient nous unir lui? Nous avons change de nom, de vie, de
murs, nous ne ressemblons en rien aux franais ; ce people qui
n'a cess de nous perscuter et que nous abhorrons. Pourquoi donc
notre sort serait-il d'tre condamn gmirsous sa lyrannique oppression ?
Ces barbares, ils osent nous mpriser Ils croyent que nous sommes.
indignes des bienfaits de la libert et de l'indpendance Ils croyent
que nous ne sommes pas susceptibles de ces sentimens sublimes, de ces&
lans gnreux qui formfent les hros et rendent les hommes matres de
-leurs destines ; ils le croyelnt, mais ils se trompent qu'ils connais-
sent bien peu la magnanimit, l'nergie et le courage de ce peuple
qu'ils osent outrager Nous voulons tre libres et indpendans, et nous
le serons en dpit des tyrans i
Ah Si jamais notre cause est spare de celle des autres peuples
si l'on se croit en droit de nous menacer, de nous insulter, de nous rayer
du nombre des vivans;si l'injustice prvaul sur l'quit dans ce sicle de
lumieies; si nos tyrans enfin parvenaient triompher de nous, du moini
que la gloire du people haytien n'ait rien qui puisse l'galer dans les
annales des nations! Oui, nous y souscrivons, plutt que de renoncer la
liberty et l'indpendance, que notre race entire soye extermine l~Nous
y souscrivons ; mais avant que le franais puisse asseoir ici sa puissance ,












a devenne waste desert, que nos vlles, nos actur
q'Tayti devienne un v.aste desert, que nos villes, nos manu Factures,
nos maisons, soyent la proie des flames; que chacun de nous multiple
ses forces, redouble son nergie et son courage, en immolant dans
notre just fureur des milliers de ces tigres altrs de notre sang.
Qu'Hayti ne reprsente qu'un monceau de ruines, que les regards effrays
ne rencontrent que l'aspect de la mort, de la destruction et de la ven-
geance! Que la postrit dise, en voyant ces dbris : Ici il existait unz
people libre et gnreux, des tyrans ont voulu lui ravir sa libert, il a
prfr cesser d'exister! ... La postrit applaudira cet acte de magna-
nimit. lI quel est le mortel assez peu gnreux qui nous refuserait
son admiration son estime et ses veux ?
Dans les guerres politiques, entire tats polics, les armes combattent
et les peuples vivent en paix ; mais dass une guerre d'extermination,
comme celle don't on ose nous menacer lorsqu'il s'agit de dfendre ses
foyers, les tombeaux de ses pres, sa libert et son indpendance.
Que dis-je ? son existence, celle de ses femmes et de ses enfans; la guerre
est d'homme hommie ; les femmes les adolescens sont en guerre ;
tout est en armes ; tout le mal que nous pourrons fair notre
ennemi est un devoir sacr ; tous les moyens de destruction nous
seront lgitimes ; nous ferons revivre ces examples terrible de
l'exaspration des peuples qui ont pouvant la terre . . . .
La postrit en frmira d'horreur ; mais loin de nous blmer,
elle ne les imputera qu' la perversity du sicle aux tyrans et la
ncessit !. . . . . Mais non, cela ne sera pas, cela est
impossible! Hayti est invincible, et la justice de sa cause la fera triompher
de tous les obstacles Non, jamais cette excrable entreprise aura lieu, il
y va de l'honneur, de la gloire des souverains et des peuples de l'Europe;
et la Grande-Bretagne, cette libratrice du, monde, empchera une
pareille abomination !
S I n E, l'insulte faite au people haytien et son souverain, l'outrage
particulier fait l'auguste personnel de Votre Majest, rjaillit sur nous
individuellement et sur la nation enlire ; dans notre just indigna-
lion sil nons tait possible la vengeance et gal l'offense.











( 17 )
Le Conseil pntr des grades choses que Votre Majest a faites pour
"le bonheur et la gloire do people haytien a l'honneur de presenter
,Voire Majest, au nom de ce people brave et gnreux sa resolution
de vivre libre et indpendant ou mourir et de tmoigner ses sentiments
de dvouement, de fidlit et de reconnaissance l'auguste personnel
de Votre Majest et de la Famille royale; vingt-cinq ans d'exprience-
et de services rendus au people haytien, sont les srs garans que le
bonheur et la flicit de Votre Majest sont .intimement lis au salute
de tous. Notre premier movement est donc de crier aux armes, et le
second de porter nos regards sur Votre Majest qui le people
a confi sa destine ; nous vous offrons unanimement, SIRE nos
armes, nos vies, nos biens, pour le service de Votre Majest, de notre
patrie, de notre libert et de notre indpendance ; et nous renouvelions
au pied de votre trne, ce serment sacr: Obdissance aux Constitutions
du Royaume et fiddlit au Roi !
Le conseil a accueilli cette adresse aux acclamations de Vive le Roi!
Vive la Libert Indpendance ou la Mort A l'instant tous les
membres se sont empresss de se porter au bureau pour y apposee
leurs signatures.
SIGNES Leurs Altesses Royales, prince Noele prince Jean. Son Altesse
-Srnissime, prince de Saint Marc. Leurs Grces, duc de l'Anse, duc'de
Fort-Royal, duc de l'Artibonite duc de l'Avanc duc de la Marmelade,
due du Dondon. Leurs Excellences les comtes de Valire, d'Ouanaminthe ,
de Laxavon, de Cahos, de Limonade, duTrou, de Saint-Louis, du Terrier-Rouge,
du Gros-Morne, de Logane, de Richeplaine, de Terre-Neuve de Thilorier,.
de Mont-Rous. Les marchaux de camps, de Barthlemy Choisy, de Jean Joseph,
de L. Frgis, de Faraud,de Dville, de Chevallier, de Raymond, de Joseph Jrome>
Les barons, de Thabares, de Henry Proix, de Sicard, de Dossou de Ferrier,
de Bastien Fabien, de Cadet Antoine, de P. Poux, de C. Cap, de Bottex, de Lo,
de Montpoint,de Dupuy, de Bliard, de Stanislas Latortue ,de Joseph Latortue,
de P. A. Carrier, de J.B. Petit, de Delon, de Yastey, de J. Dessalines, de Lucas.
Les chevaliers de Lacroix, de Biaise de C. Leconte, de C. Ptigny, de
Dzormes, de Przeau, de Dupin.
Les colonels, de David, de Diacou,de Prophile, de Laurent Dsir, de Dagobert,
de P. Apollon, de P. Fraiois, d'Andr Lejeune, Vincent Louis, de Grandmaison,
E













( 18 )
de H-Toban Ignace, de J. L. Louis, P. PaulColin de P.Apollon, de Dsolly,
de R. Sembl, de T. Gabriel, de J. P.J.Baptiste, de Fidle, de Samson, de J. Csaire,
de S. L. Alexandre,de Frontis, Lubin, de Villarceux, L.Poux Jannitte,Daniel Carr.
L.es lieutenans colonels, d'Antoine Paul, Bien-aim Cuillaume, Lubin, C. A ugustin,
Leonel, de Jumeau, Christophe, de P. Hardy, Titus, de Fidle Franois, de Prophte,
de Ste Fleur, de Marc fils, de Nord Alexis, de Belair, Prophte Augustin, Isidore,
tde Csar Mineur, de Manuel, d'Etienne Bazile, de ,uillemo te, G. Lafricain, Ulysse,
.Ambroise Henry, Janite, de Corasm~n,Catabois, Josepli Bion, E. Guillaume, Crepin >
de .. Paul, Flix, Bardette, J.B. Gabriel, ,e Michaux,Georges Francois, C. Dullard,
Dossou,Chevrau Lapointe, AntoineDouet, M onrose, Bernard,Francois, de Gourgues,
Maret, de Titon, Clestin, Joachim, Svre, Boreaux, Julien Pierre, Thoby, Philipe,
]3igaille, de Damis, de Paul, d'Azor Elis, de Vincent, Protte, de Colas, A. Faraud,'
M. Lafleur, L. Voltaire, d'Adonis, Eustache de Paul, de Janvier, d'Etienne, Denis
Ren, de Janite, .brican, Felix, J. P. Colifi, de Bernard, Dauphin, de Silvain Pierre ,
Jean-Louis, de Georges, de Pierre, de Jacquet, de P. Phlippe, de Jacques, de Noel,
Eugne, de P. Charles, d'Honor Andr, de J.F. Champain, de Baine, Mouscardy.
Les officers de l'administration, G.Dmangles, Diaquoy, Achille,Mnard ,Darney,
Auguste jeune T. Gurinet, N. Gaulard Brvoltaire, Gallo Birame Dufresne
C. Warloppe.
Les conseillers, B. .emoine, Hector, Mancelle, Guisot, Aurignac,Dubois, Jonka,
Filiatre, Sommereux, Bayron Heuraux, ain, P. Martin, Sangosse V. Domig
.P. Joseph, Ulysse, J. Blain, Pierre Louis, SanonDraque, Penet, Vilton.
Les lieutenans de juges, Jacques Lallemand, Corasmin, A. Tollo, Eustache Aramy,
MIardy, J. Dville, J. P. Jeanot, J. Grgoire, J. B. Dessalines, Robert, Grandjean,
3. F. Danfour, Marcpre, Guillaume Joseph, J.P. Antoine, Thomas Pierre, T. Gilbert ,
PasteurBrisson, PaulRousseau, JeanRemy, J. Gaulard, MichelBess, Louis Fierre,
Christophe Baptiste, Joseplih Amadis, J. B. Tony, Jean Lavigne ; Suite un gra;iI
*nombre de signatures.

S. E. M' le comte de la Taste, vice-prsident proposal de nommer
iune dputation pour apporter aux-pieds du Roi notre trs- auguste et
tis-grcieux Souverain l'adresse et la resolution du conseil.
'S. A. S. Mr le prince de Saint-Marc, Sa GrAce M' le duc de la
Marmelade, S. E. M. le come d'Ennery, furent charges de ce message.
La dputation de retour, S. A. S. MN le prince de Saint-Marc annona
au conseil que Sa Majest avait accueilli favorablement l'adresse, et
qu'elle allait se rendre en personnel au conseil, pour lui manifester t de
vive voix, ses sentiments,










( 19 )
S. E. M. le come de Saint- Louis matre de crmonies annonec
au conseil l'arrive de Sa Majest; tous les membres se lvent.
Sa Majest debout, sur son trne a dit :

eHAYTIENS!

0 Vos sentimens, voire gnreuse resolution, sont dignes de Nous;
votre Roi sera toujours digne de Vous !
Notre indignation est son comble qu'Hayti, ds cet instant, ne
soit qu'un vaste camp ; prparons-nous combattre ces tyrans, qui nous
mena cent de fers, de l'esclavage et la mort.
Haytiens l'univers entier a les yeux fixs sur nous ; notre conduit
doit confondre nos dtracteurs et justifier l'opinion que les philantropes
concoivent de nous. Rallions- nous n'ayons qu'un seul et mme veu,
celui d'exterminer nos tyrans; du concours unanime de notre union, de
nos efforts, dpendra le prompt succs de notre cause. Donnons la
postrit un grand acte de courage; combattons avec gloire; soyons effacs
du rang des peoples, plutt que de renoncer la libert et l'ind-
pendance. Roi nous saurons vivre et mourir en Roi vous nous verrez
toujours votre tte, partager vos pdrils et vos dangers. S'il arrivait que
iious cessassions d'tre, avant d'avoir consolid vos droits, ressouvenez-
vous de nos actions ; et si nos tyrans parvenaient mettre en danger
vote libert et votre indpendance, exhumez mes os, ils vous guideroni
encore la victoire et vous front triompher de nos implacables et
ternels ennemis ,.
Les cris mille fois rpts de Vive le Roi Five le Prince Royal !
Vive l'?zdpendance Libert ou la Mort Guerre mort auie
ly.rans ont retenti dans l'enceinte de la salle et ont t rpts dans
les avenues du conseil, par le concourse du people et des troupes.
Sa Majest vivement mue, s'est rtire; le Conseil l'a accompagn4
dans son-.palais au cris de Vive Henry Vive i'Indpendance ViV'a
le DfenJseur de la Libert !
La sance a t leve trois heures de l'aprs-midi et renvoye an
lendemain sept heures.












TLe vingt- deuxime jour da mois d'Octobre, des annes susdites
a sept heures du malin.
Les membres du conseil runis,
La sance a t ouverte aux acclamations de Vice le Roi !
S. E. M. le come d'Ennery donna lecture du procs verbal de la
eance du jour d'hier, don't la rdaction a t unanimement approuve
oar le conseil.
S. A. S. M' le prince de Saint-Marc a demand que lecture soit
lonne au Conseil des diffrens paragraphes de l'Ouvrage de M. Malouet,
ninisire de S. M. Louis XVIII, concernant les vues de ce ministry sur
e people haytien tant convaincu que ledit Malouet pursuit maintenant
executionn du plan qu'il avait alors propos. Cette demand ayant t
iccueillie, S, M. le comte d'Ennery a donn lecture des diffrens
>aragraphes don't s'agit, lesquels sont consigns dans le IVe Vohlime
les Collections de Mmoires sur les Colonies, et particulciremeni
ui Saint-Donzingue, public en l'an X, rpondant 1802.
Pendant cette lecture, des mouvemens d'indignation se sont faits
emirquer dans l'assemble.
S. E. M. le comte de Richeplaine a demand que le procs verbal des
lances du Conseil gnral de la Nation, l'adresse et la resolution prise,
:ient rendus publics par la voie de l'impression. Cette demand
t adopte.
Le president a lev la sance aux acclamations de iv'e le Roi f
Zive la Libert 'Vi'e l'Indpendance !

Eait et pass en conseil, les jours, mois et an que dessus.

Prince DU LIMBi, president.

Comte DE LA TASTE vice-prsident.
/
Comte d'ENNERY et baron de DESAALINES, secrtaireqs


LU Cap-Henry, chez P. R oux, imprimeur du Roi.




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