Liberté ou La Mort ; Freedom or Death ; the Haitian Declaration of Independence

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Title:
Liberté ou La Mort ; Freedom or Death ; the Haitian Declaration of Independence
Physical Description:
Mixed Material
Language:
French
Creator:
Haiti
Publisher:
Haiti
Place of Publication:
Haiti
Publication Date:
Copyright Date:
1804

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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System ID:
UF00099542:00001

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LIBERTY


OU


LA


MORT.


. ARMEE


D, I11G
INDIGE NE.


AuyouRnt'vI premier Janvier, mil huit cent
qua're, le Gnral en Chef de l'arme Indign.e,
accompagn des Gnraux, Chefs de l'arme,
convoqus \'ffeet de prendre les measures qui
doivent tendie au bonheur du pays.
Aprs avoir fait connatre aux Gnraux assem-
bls, ses vritables intentions, d'assurer. jamais
aux Indignes d'Hayti, un Gouverncment stable ,
object de sa p!us vive sollicitude i ce qu'il a fait
par un disc..urs qui tend fare conn:itrc aux
Puissances Etrangres, la resolution de nndre le
pays indpendant, et de jouir d'une liberty con-
sacr6e par le sang du peup!e de cette l e; et
apres avoir recueilli les avis, a dcmand qu-
chacun des Gnraux assembls pronont le ser-
nient de renoncer a jamais la France, de mourir


plutt


que


de


vivre sous sa domination,


ct e


combattre
pendance.


jusqu'au dernier soupir


pour 'ind-


j -t
-'~.. rf. j a,-








Les Genrau'x, pntres de ces principes sacres,
aiprs avoir donn d'une voix unanime leur adh-
sion au project bien rnanifest d'inddpend.ance,
ont tous jur la postrit l uzivers enter, de
renoncer jamais a la France, et de mourir plutt
que de vivre sous sa domination.
e. '
Fait aux Gnalves, ce i r. Janvier x8o4 et le
ler, jour de l'indpendance d'Hayti.
S.SiGns, DrSSs. Es, Gncial en ch.f; Christophe,
rFtion., Clervaux Geffrard, Vernet, Gabart,
;Gcnraux de. Division; P. Romain, -E. Gerin,
F. Capoix Daut, Jean- Loui6- Franois, Ferou,
Cang, L. Bazelais, Magloire Ambroise, J. J.i,
Hcrne, Toussaint Brave, Yayou, Ginraux de
Brigade; Bonnet, F. Papalier, Morelly, Chcvalicr,
Marion .Adjudans Gnraux ; M- gny Roux ,
Chefs de Brigade,; Chareron, B. Loret, Quer,
Ma!;ajoux, Dupuy Carbonne, Diaquoi ain,
Raphal, MaLt, Derenoncourt, Officiers de l'aime,
et Boisrond Tonnerr.e, Se'retaire.












4'

>-V
*.* l '* ^ ., '


Il


--.-M






LE GENERAL EN CHEF,

AU PEOPLE D'HAYTI.

CITOYENS,

CE n'est pas assez d'avoir expuls de votre pays
les barbares qui Pont ensanglantd depuis deux sicles;
ce nest pas asse d(avoir mis un frein aux factions
toujours renaissantes qui se )ouaient tour--tour du
fantme de liberty que la france exposait vos yeux;
il faut par un dernier acte d'autorit national, assurer
a jamais l'empire de la liberty dans le pays cui nous a
vu natre; il faut ravir au gouvernement inhumain
qui tient depuis long-temns nos esprits dans la torpeur
la plus humiliante, tout espoir de nous rasservir;
il faut eufin vivre ind pendans ou mourir.
Indpendance, ou la mort. . . que ces mots
sacrs nous rallient, et qu'ils soient le signal des
combats et de notre reunion.
Citoyens, mes Compatriotes, j'ai rassembl dans
ce jour solemnel ces militaires courageux, qui,
la veille de reculi lir les derniers soupirs de la
liberty, ont prodigu leur sang pour la sauver;
ces Gn:raux qui ont guid vos efforts contre la
tyrannie, n'ont point encore assez fait pour votre
bonheur. . . le nom franais lugubre encore
nos contres.
Tout y retrace le souvenir des cruautis dle ce
people barbare; nos lois, nos murs, nos villes,
tout encore porte l'empreinte franaie ; que dis-
je, il existed des franais dans notre IsIe et vnus
vous croyez libres et indpecndans de cette Rpu-
blique qui a combattu toutes les nations,. il est


.-.- -







vrai; mais qui n'a jamais vaincu cells qui ont
voulu tre libres. e
Eh quoi victims pendant quatorze ans de notre
crdulit et de notre indulgence; vaincus, non par
des armies franaises, mais par la pipense loquence
des proclamations de leurs agens; quand nous lasse-
rons nous de respircr le mme air qu'eux ?
Qu'avons-nous de common avec ce peoplee bour-
reu ? Sa cruaut compare a notre patient mo-
ration; sa couleur la ntre, 'tendue des mers
qui nous sparent, notre climate vengeur nous
disent assez qu'ils ne sont .pas nos fires, qu'iis
ne le deviendront jamais, et que s'ils trouvent un
asile pacmi nous ils seront encore les machina-
teurs de nos troubles et de nos divisions.
Citoyens Indignes, homes, femmes, filles et
erdfans, ports vos regards sur toutes les parties
de cette Isle, cherchez-y, vous yos pous:s, vous
vos maris, voUs vos frres, vous vos surs; que
'dis-je, cherchez-y vos enfans, vos enfans la
jimamelle ? Que sont-ils devenus. .... Je frmis
d4e le dire...,. la proie de ces vautours. Au lieu
de ces victimaes intressantes, votre eil constern
n'apperoit que leurs assassins; que les tires
dgoutta~t encore de leur sang, et don't l'affrcu e
presence vous rcproche votre inensibilit et y tre
coupable lentcur les venger. Quatte rdez-vous pour
appaiser Lurs mnes; songez que vous avez voulu
que vos r.st-s reposassent auprs de ceux de vos
pres, quand vous avez chass la tyrannie ; des-
cendrez-vous dans leurs tombes, sans les avojr
vengs? Non, Iurs oss:meins repousser ient les
Vtres.







Et vous hommee prcieur, Gnraux intrpides
qui. insensibles vos propres malheur avez
rsesuscit la liberty en lui prodiguant tout votre
sang; sachez que vous n'avez rien fait, si vous
ne donnez aux nations un example terrible, mais
just, de la -vengeance que doit exercer un peup!e
fier d'avoir recouvr sa libert, et jaloux de la
maintenir ; effrayons tous ceux qui oseraient tenter de
nous la ravir encore : commenons par les franais.......
Qu'ils frdmissent en abordant nos ctes, sinon par le
souvenir des cruauts qu'ils y ont exer,.es, au moins
par la resolution terrible que nous allons prendre
de dvouer la mort, quiconque n frana;s, souil.
lerait de sn ped sacrilege le territoire de la liberty.
Nous avons os etre libres, osons l'etre par nous-
mmes et pour nous-mmes; imitons l'enfant qui
grandit: son propre poids brise la lisire qui lui
devient inutile et l'entrave dans sa march. Quel
people a combattu pour nous quel people voudrait
re.uelilir les fruits de nos travaux ? Et quelle desho-
norante absurdity que de vaincre pour tre esclaves.
Esclaves ... laissons aux franais cette pithte qua-
lificative ; ils ont vaincu pour cesser d' tre libres.
Marchons sur d'autres traces, imitons ces peuples
qui, portant leurs sollicitudes jusques sur l'avenr et
apprhendant de laisser la postrit l'exemple de la
lchet, ont prfrs tre extermins que rays dur
nombre des peuples libres.
Gardons-nous cependant que l'esprit de prosli-
tisime ne dtrue notre ouvrage; la*ssons en paix
respirer nos voisins, qu'ils vivent paisiblement sous
1?gide des lois qu'i's se sont faites, et n'a&lons pas,






(6)
boutes-feu rdvolutonnaires nous rigeant en lgis-
lateurs des Antilles, fiie consisrer notre gloire
trouble le repos des Isles qui nous avoisi-
nent; elles n'ont point comme celles que nous
habitons, td arrosees du sang innocent de leurs
habitans; ils n'ont point de vengeance exercer
centre l'autoritJ qui les protege.
Heureuses de n'avoir jamais connu les flaux qui
nous ont dtruit; elles ne peuvent que faire des
voeux pour notre prospirit.
Paix nos voisins, mais anathme au nom fran-
sais, haine iternelle la france: voil notre cri.
Indignes d'Hayti mon heureuse destine me rd-
servait tre un jour la sentinelle qui dt veiller
la garde de l'idole laquelle vous sacrifiez: j'ai
veill combattu quelquefois seul et si j'ai t
assez heureux que de remettre en vos mains le dpt
sacred que vous m'avez confi songez que c'est
vous maintenant A le conserver. En combattant pour
votre liberty j'ai travaill mon propre bonheur.
Avant de la consolider par des lois qui assurent
votre libre individuality, vos Chefs, que 'assemble
ici, et moi-menme nous vous devons la dernire
preuve de notre dvouen:ent.
GnCraux et vous Chefs rdunis ici prs de moi
pour le bonheur de notre pays le jour est arriv,
ce lour qui doit terniser notre gloire, notre indd
pendance.
S'il pouvait exister parmi nous un cur tide,
qu'il s'loigne et tremble de prononcer le serment
qui dort nous unir.
Jurons l'anivers enter, la postrit nous
*




j&-<^-y&^^~~~~~ ..'^''\* ^'-* ** sm







mimes de renoncer a jamais la france, et de mourir
plutt que de vivre sous sa domination.
De combatir jusqi/au rdernier soupir pour findpen-
dance de rnotre pays.
Et toi, people trop long-tems infortune, tmoip
du ser'ment que nous prononons, souviens toi que
c'est sur ta constance et ton courage que j'a ompte
quand je me suis lanc dans la carrire de la liberty
pour y combattre le despotisme et la tyrannie contre
lesquels tu luttais depuis qua(orze ans; rapelle toi
que j'ai tout sacrifi pour voler ta defense, parents,
enfans fortune, et que maintenant je ne suis riche
que de ta libert; que nmon nom est d.venu en horreur
tous les peuples qui veulent l'esclavage et que les
despotes et les tyrans ne le prononcent qu'en mau-
dissant le jour qui m'a vu natre; et si jamais tu
refusais ou recevais en murmurant les lois que le
gnie qui veille tes destins me dictera pour ton
bonheur, tu mriterais le sort des peuples ingrats.
Mais loin de moi cette a*freuse i1ce ; tu seras le
soutien de la liberty que tu chdris, l'appui du Chef
qui te command.
Prte donc entire ses mains le serment de vivre
libre et indpendant, et de prfrer la mort tout
ce qui tendrait i te remettre sous le joug. Jure enfin -
de poursuivre jamais les tratres et les ennemis
de ton indpendance.
FA IT au Quartier-genral des Gon:ives le premier
Jarvier mil huit unt quatre, V n premier dl
fl'ndpendance ,

ign, J. D E S S A L I N ES.


a *..





AU NOM DU PEOPLE D'HA YTI.


NoUs Gnraux et Chefs des Armes de l'Isle
d'Hayti, pntis de reconnaissance des bienfaits
que nous avons ,prouvs du Gnral en Chef,
Jean-Jacques Dessalines, le protecteur de la libert
don't jouit le people.
Au nom de la liberty, au nom de l'indpcn.
dance, au nom du people qu'il a rendu heureux,
nous le proclkmons Gouverneur-Gnral, vie,
d'Hayti ; nous jurons d'obCir aveuglement aux Lois
manes de son autorit, la seule que nous re:on-
natrons: nous lui donnons le droit de faire la
paix, la gui-rre et de nommer son successeur.
Fait au Quartier-Gnral des Gon.ives, ce zer
Janvier 1804, et le er*. jour de l'indpendance.
Sigrs, Gabart, P. Romain, J. Herne, Capoix,
Christophe, Geffrrd, E* Gerin, Vernet, Petion, e
Clervaux, Jean Louis Franois Cdng, Ferou ,
Yayou, Toussaint Brave, Magloire Ambroise,
Louis Bazelais.






AU PORT- AU-PRINCE,
De 'Imprimerie du Go UVERN E.F E NT.





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