Title: Description d'un Navire Negrier
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Title: Description d'un Navire Negrier
Physical Description: Archival
Language: French
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Bibliographic ID: UF00099019
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
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Navirenegrier ( PDF )


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DESCRIPTION

D' UN

NAVIRE NGRIER.


L E plan & les fadions du tableau ci-joint
reprfentcent un biriment ngrier & la ma-
nire don't on y entaffi les EHcJaves (r). Pour
&re aflurs de donner une defcription a laquelle
les fauteurs mr&ne de ce commerce ne puiffent
reprocher aucune exagration, nous donnons
celle du navire le Brooks, navire connu dans
ce commerce, qui cl le premier don't il a t
parl dans le rapport prfenr l'anne dernire
la Chambre des Communes, par le Capitaine
Parrey. Ce Capitaine avoir r envoyd Liver-
pool, de la parc du Gouvernement, pour y
prendre les dimcnfians dcs bh&timens employs
la traire dei Nbgres, apparrenant k ce Port.
Ce plan & ces fiedions front dans la proportion
d'un huirime de pouce par pied.

(i) Nous rendons compic ici de la nianiara erdinalro
donc o place les Eclavaes; mais elle varie fuirant la ferme
ia navire, & la pratique des diff rens Capinaines.
A





(z )


DIMENSIONS DU NAVIRE.

Pieds. Puces.
Longueur du franc -tillac, les
treillis & les fiparations y comi-
prifes,AA. 100 o
Largeur du franc-cillac en de-
dans, BB. 2$ 4
Profondeur de la cale 000
entire les deux points. 1o o
Hauteur d'un pont i J'autre. 5 8
Longueur de la chambre des
hommes CC, fur le franc-tillac. 46 o
Larger de la chambre des
hommes CC, fous le franc-tillac. 2a 4
Lnngueur des plates formes
DD, dans la chambre deshommes. 16 a
Largeur des plates-formes dans
la chambre des hommes, de cha-
que c6td. 6 0
Longueur de l'efpace alloud aux
Ngrillons, EE. a3 9
Larger dudic ofpace. aS o
Larger des places-formes FF,
d.ans la chambre des Ndgrillons. 6 o
Longucur de la chambre des
femmes, GG. . . . 28 6






Pieds. Poucdet,
Larger de la chambre des
femmes. 23 6
Longueur de la plate forme
HH,dans la chambre des femmes. 28 6
Largeur de la plate-forme dans
la chambre des femmes. 6 o
Longueur de la fainte-barbe II,
fur le franc-tillac. lo 6
Largeur de la fainte-barbe fur
le franc-tillac. 12 o
Longueur du chateau d'arrire,
KK. 33 6
Largeur du chAteau d'arrire. 19 6
Longueur de la chambre du
Capitaine LL. o4 9
Hauteur de la chambre du Ca-
pitaine. 6 2
Longueur du corps-de-garde
MM. 16 6
Hauteur du corps.de-garde. 6 2
Longueur des plates-formes
NN, au corps- de- garden. i6 6
-Largeur des plates-formes au
corps-de-garde. 6 *
Second pont PP.
As





S+)
Le navire eft donn pour ne con-
tenir que. 197
Cependant, aprs l'avoir mefur,Tonne
on fuppofe qu'il elf de. 320
Nombre de Matelots. 41
Il paror, par le compete qu'en ont donn,
au Capitaine Parrey, les Armateurs eux-mmes,
que, dans le faith, on embarquoic fur ce bAti-
mnt. 351 hommes.
127 femmes.
90 ngrillons.
4j1 jeunes n:greffes.

TOTA L. 609

Dans le plan ci-joint, il cif fiippofd que l'on
alloue aux Efclaves de chaque efpce Pefpace
ci-aprcs nonc :
Aux homes, 6 pieds on long fur i pied
4 pouces de large.
Aux femmes, j pieds so pouces fur un pied
4 poUces.
Aux ndgrillons, pieds fur i pied 2 pouces.
Aux jeunes ngreffes, 4 pieds 6 pouces fur
un pied.
En fuppofant qu'on leur alloue l'efpace nonc
dans le calcul prcdent, tout btiment de mme
giandcur que le Brooks, ne contiendra que la





( y
nombre repr(entrd dans le plan,& qui fe monte
un & demi par tonne (r).
Nombre
prdfenid rdelle-
da;ns ment
le plan. cmbarquw.


Hommes rur la plate-forme g90 35
du franc-tillac CC. DI). 66
Ngrillons fur le franc-
tillac EE. g 6
Ngrillons ftr la plate- 8j o e
former FF. 2.4
Femmes fur le franc-tillac
GG. 83
Et fur la p!ate-forme HH. 40
Femmesau corps-de-garde 183 127
MM. 36
Et fur la place-forme NN. 2.4
Jeunes ngrcfles dans la
fainte-barbe I. 2-7 4t

TOTAL. 482. 609

(r) Il faut remarquer que dans le plan ci-joint nous
fupprfons tous les avanagcs pollibles pour arranger lsc
Erfc'avcs. Car il y a, ou il doit y avoir dans chaqu
chambre, un on pluficurs baqucts. Il y aauff dcs pot,.'ax
A 3




( 6 )
La plus grande difference qui fe trouve dantu
ce relev, tombe fur les hommes. Il faut obfer-
ver que les hommes qui font les feuls qu'on
craint qu'ils ne fe rvoltent funt toujours aux
fers, & qu'il eft nccflire de les tenir dans la
chambre qui leur eft defline, & qui eft conf-
truite de manibre i la rendre plus sre que les
autres. On embarqua effedivement fur ca na-
vire (la Vnus) 35 hommes; &, felon lo
plan, en leur allouanch chacun un pied 4 pouces,
il ne devoir s'en trouver que 90o. Ce qui a fait
une diffrence de 6o:.
Comme le btiment, fuivant le plan ci-joint,
aimroir pu contenir 42 femmes, garons & filles
(dans leurs difFcrens appartemens ) de plus qu'il
ne portoit rellement, fiippofons, pour un mo-
mnent, que l'on ait retired ce nombre, 42 hommes,
pnoi les mettre la place des femmes ; cette foul-
tradion de 42 rduira Je numbre contenu dans
Pappartemenc de ces derniers 309; par con-
fdquent, l'cfpace de 6 pouces qui doit tre
allou dans le plan pour chaqu'e homme, fo
trnuve rellement rduit sq pouces; & fi lu
nombre entier de 354 dtoit enraffa en effect

puir rfiutcnir lcs plaurs-formes& les points; cependant .ni.
ne filnn.i aucune ddduatiun pIur cci objets, au cuontiai
ppu fuirpuoius le point cutidrcsncnm liiq




(7)
dans la chambre des hommzs, il eft clair qu'ils
n'avoient pas plus de 9 pouces de larger chacun
pour fe coucher.
En confcquence, an lieu d'tre couchs fuir le
dos, les hommes toient, comme cela le pra-
tique dans les navires pleins, couchs fur le
ct, ou l'un fur l'autre. On en trouve afWez
fouvent le martin de morts dans cette l station.
La feliorn en long, fig. 1 rcprfente de
quelle manire les Elclaves rtoient arranges fur
les difftrens points & fur les plates-formes, &
les fe&ions tranfverfales II & III le fonu voir
encore plus clairement. L'on voir par-l que la
hauteur, ou l'efpace entire deux points, eft de
1 pieds 8 pouces. Or, fi l'on alloue deux puuces
pour la plate forme & les supports, 'cefpai'j
entire les points &t les plates-formes (e trouve
rduit i 2 pieds 9 pouces; mais les traverils &
courses pregnant avec les entremifes fuir le pied
de 4 pouces l'un dans l'autre, cet elcpacc [.
trnove ingalcment divif, & foit au-de(ihs
ou (bit aut dolotis des plates-formes, n'quivaut
pas 1 plus de 2 pieds 7 pouces, de forte que les
Efclaves qui fanc le premier tour du vaifili u,
foit qu'ils loient places au-dellils on au-dhflus
dts plates formes, n'ont pas mme l'ai lince de
pouvoir fe mettre lur le fant, moins qu'il-;
no fuient ttcs peutis i Cncore ceux l n' le
A4




( 8 )
peuvent'ils qu' board des grands navires. Le
Capitaine Parrey rnefura neuf navires qui, pour
la plupart, roienc de grands birimens, & ce-
pendant I'efpace entire deux points, h les prendro
tous enfemble, n'toit que de 5 pieds i pouces
de hauteur. Cette hauteur, dans le navire la
Venus doir de +4 pieds a pouces; dans le b-
timent nomm le Kitty, de 4 pieds 4 pouces,
& tous deux avoient des plates-formes. Les
Ngres n'ont donc pas mme 2 pieds de hau.
teur dans ces pctis bimncns, ni au.deffuis ni
aui-dcffbLus de la placv-forme.
Dans la figure 1, f(us le pont de deffus PP,
: fuiis le franc-tillac, les traverfes & les entre-
.,ifu.s fonr reprfenrtes par des ombres quarres;
on a auffi reprfent d'un c6 les traverfes
dans les diviflans rranfvcrfities II & III, pour
n[onticr quel cliacc un Efclave a pour fu cou-
chir & rfriircr lurfqui'il fe trouve focus ces
trave:r!es.
On doui nattureliefent s'attendre, en voyant
c..ratTer de create manire un fi grand nombro
de nos fembbt.ils qui dans leur pays me-
no:cnt une vie libre & infobuciarte (fur-rot.t fi
l'un y uj:urc le chagrin qui doit s'emparer
d'eux,en lib vcyant dans une pareil]e firuation:,r
M,f.'1u 1 ,an:rl inumtbru de ces majiuircix. doivent
f.-n.b. : ;:-.!;I i p-rt r. lin efr, L nitm rt li




(9)
quelquefois parmi eux des ravages horribles; on
eflime que cela va un cinquime ou vingt
fur cent. On faith quelquefois du corps-de-gards
une efpee d'infirmerie; mais d'ordinaire on
n'y admet gures Jes hommes que quand on
commence dfufprcr de leur vie. Les Efclaves,
fuir malades ou en bone fantd, n'ont jamais
d'autre lit que lus planches, & ils font fouvent
tout meurtris par lu frottement & les chocs
qu'occafionne le movement du navire, ainfi
que par leurs chanes; & il arrive quelquefois
que la chair de leurs dpaules, de leurs coudes
& de leurs hanches ftl toute emparrte.
Il ne fera pas mal propos de donner ici
un dtail de la manire don't on s'affltre des
Eflchvcs, don't on leur faith refpircr lu grand air,
& de l'exercice qu'on leur faith prendre.
Les femmes & les cnfans ne font point en-
chains; mais les hommes le font rtoujuir'sdcux
deux; un joint la jambe gauche de l'un h la
droite de l'autre, & les mains de mime.
On les fait monster rous les Jours fur la pont
de deflbs, vers huit heures, &3 meFure quo
chaqiue couple monte, on leur pafE une chain
qui cruise leurs fers, & qui tient des chevilles
boucles fixes au pont : precaution ahfolument
jidceffaire pour prvenir les rvoltes. On leur
lai.U paflbr cn:vion un tiers des 24. heures damn




( 1o )
cet tat, lorfque le teams le permet. Pendant ce
tems-la, on leur donne manger, & on nettoie
les points & les plates- formes; mais lorfqu'il
fait mauvais rems, il cfl impoflible de leur
accorder ce foulagement, & on les fait feulement
monter par petites bandes, d'environ dix fa
fois, pour manger; & aprs avoir paffl un quart
d'heure fur le pont, chaque bande eft oblige
de redefeendre pour faire place celle qui doic
la fuivre.
Quand le rems eft tout-A-fit mauvais, on ne
peut cependant fe difpenfer d'en Lire muncer
quelques-uns, parce qu'il faut abfolument d-
placer ceux qui font fur les coutilles, fi on veut
tirer de Peau, des provifions, &c. du fond de
cale. Le changement violent qu'ils prouvent en
fortant ainfi de leurs chambres, o il fait une
chaleur inconceivable, & en. fe trouvant tour-1-
coup expofs au vent & la pluie, eft cafe qu'ils
font attaqus de toux violentes, d'engvrgemnns
dans les glandes du cou, de fivres & de diffen-
reries ; & ces maladies, qui deviennent conta-
gieufes, le communiquent aux autres Efclaves,
& mme aux Matelots.
Le feul exercise qu'on fafTe prendre aux
homes, c'eft de les faire fauter, charges de
fers comme ils font; & les fauteurs de ce cum-
ecrce appellent cela, les faire danlfer.




( il )
Ceux h, qui la manire don't on fait ce com-
merce de chair humaine ei inconnu, prendront
pluctt les plans qui prdcdent, pour des fidionq,
que pour la vraie defeription d'un btiment
employ la traite des Ngres. Peut-.tre ob-
jeteronr-ils que, fuivant ces plans que nous
donanons, il ne doit point y avoir de place do
relle pour me'tre les cables & les autres agrts
que l'un a coutume de placer entire les points.
Dins les barilmens ngriers, quand ils font pleins,
on met tous ces articles ftnd de cale, o on
les enrafle fur le fccond pont, ce qui, en cas
de mauvais rems on d'accidcns, doit occafi&n-
ncr bien de la confifion. Pcut-trc objjcera-
ton encore que les Efclaves font ttellemenr en-
tafrds que le Chirurgien n',a pas la facility de
les vifitcr ni de les alfitcr. En rgk:, quanj il
veut le fire, il cft oblig de marcher, le micuxi
qu'il peur, entre leurs jamnbus, & il fc troupe
fuuvent dan& l'impiflibhJitd de le r donner dcs
fecours qu'un hoinmme qui a du l'humanit (d.&
il s'en trouve mnmie parmni clux qui font ce
commerce) dclircroit leur porter. OQuand ces
nialleurcuix funt arraqu.s d'un flhi de fang, il
e(l prerque impoffible de dcrire lcur fituationn,
Nous en donncrons ici un exenimpl rapport pa1c
up tmoin occulair & qui pourra dqd~nncr 1.q1
idde (quouiqu',..,-z fuob!e) des foulfianccs de cs




( Il )
infortuns que nous arrachons fi cruellement i
leur pays pour les condamner un efclavage &
i une captivity perptuelle.
Un grand vent, accompagn de pluie, nous
a ayant forces de former nos aIbords, & mme
de couvrir les caillebotis, le flux & la fievre
fe mirent parmi les Ngres. Pendant le tennis
qu'ils firent dans cet tat malheureux, je
, defcendois fouvent parmi eux, ainfi que ma
n profeflion le requroit; mais la fin la cli-
n leur de leurs appartemens devint fi infuippor-
a, table, qu'il n'taoir plus pioflible d'y refer
au-delh de quelques minutes. Cette chaleur
,, excellive n'toir plus la faule chofe qui ren-
doit leur situation affreufe. Le pont, c'eft--
n dire, le plancher de leur chambre, toit tel-
, element covert d'odeurs putrides & de faig,
confquence du flux don't ils toient attaqnids
qu'en y entrant on auroit pu s'imaginer ;ire
, dans une tuerie. Il1 n'efl pas poflible l'er-
prit human d'imaginer un tableau plus hor-
n rible & plus dgoaranr que l'tat oh ces tres
,, mifrables fe trouvoient alors. Un grand
nombre des Efclaves avoient perdu counuil-
Stfance ; on les porta fur le fecond pont, oi
- plufieurs moururent & l'on eut bien de la
n peine fair revenir L-s autres. Peu s'cn






's fallout que je ne fuffe du nombre des vic-
times (1) .
Un autre inconvnient fur les btimens n-
griers cit qu'il n'y a point de place pour ftf-
pendre les hamacs des Matelots. Dans un N-
grier quand il a fa cargaifon d'Efclaves
bord les Marclots ne peuveut occuper d'autre
endroit que les punts, ou (dans les grand
bitimens ) les hunes, & ils n'ont que les plan-
ches pour Ce coucher. Erant forces d'tre conti-
nuellement expofs au grand air, ils reflent
fouvent mouilles pendant long-temsi car dans
ces climars on cif expof de groffes & frd-
quentes pluies. Dans les gros rems, on tend
un prdlard au-defliis du caillebotis i & fi les
Matelots fe mttent l'abri delbtus, ils font
expofds rcfpircr l'air infc& qui s'lve con-
tinuellement de l'appartement des Efclaves.
Il paroit, par les dpofitions des Armateurs,
faites l'anne dernibre devant la Chambre des
Communes, que les diffrences corves, telles
que celles de remonter les rivires dans des
bateaux fans fpont, pour aller chercher des
EIclaves, de les garder bord, de nettoyer le
,navire, & autres auxquelles les Matelois font
fujets, leur font tr-nuifibles, & qu'ils y

(r) Falcoabridge's Account of the Bave tradc, p. .




z4)
courenr plus de danger que dans tout autre
service. Les Equipages & les Ngres font fou-
vent attaquds de la petite vrole, de la rou-
geole, du flux & d'au.tes maladies contagienfes.
Les fatueurs de ce commerce avancent donc
ine uff-t infigne, en affirant qu'en l'abolif-
fant, on abolira une cole confidrable de ma-
rine, & que l'on coupera une branch impor-
tante decommerce, e. Clarkfon, dans fon Trait
inttinit : an Effay on the Impalicy of the Slave
trade (i), a prouv, de la manire la plus incon-
reflable que ce commerce, loin d'tre une cole
de marine, a drd conflamment & rgulirement
le tombeau d'un grand nombre de Matelots ; car
il efl prouv que l'Angleterre perd, dans ce com-
merce feul, plus de monde h proportion, en
un an, que dans tout a.rre, dans deux annes.
Outre le items qu'il faut que le bltiment refle
fur la cote pour complrer fa cargaifon, ce qui
dure quelquefois plfileurs mois, il faut ordinai-
rement lix ou huit femaines pour paffer les
Efclavas de la aux Indes occidentales.
Si l'un veut rdflchiri la fituation o fe trouve
alur- cette fuule de malheureux ainG dvouds,
lorrqu';ls front traits & enlacs de la forte, ne
tronvera-t-on pas leur fort affreux, mme en
(J) Cet Ouvrage cfi traduit en franois, & f trouve
che M. G;c:cy & autres Libraires au Palais Royal.






'fuppofant les circonfiances les plus favorables;
comme un Capitaine qui air de l'humanirt, un
habile Chirurgien, un items favorable & un paf-
fage court? Lorfque Je pailige efl long, que les
Ngres font maltraits, que leurs provisions font
rmauvaifes & en petire quantity, & qu'ils ont de
gros teams, il eft impoflible de dcrire l'horreur
de leur fituation. Il Ie trouve des circonflances
(fur-tour quand ils ont de gros teams) oh l'on
eft forc de tenir les Elclaves dans leurs appar-
remens, & de couvrir le caillebotis de prlards.
La mort faith de fi grands ravages parmi eux,
qu'un petit navire qui ne portoit que 40o Ef-
claves, ayant prouv une tempte qui dura iS
heures, 5o du ces malheureux prirent dans
ce peu de teams.
L'inhuiiimanite de ce traffic tant fi bien prou-
ve, peut-on fe dfendre d'ea dplorer les fuites
cruelles? Qu chaque individu confidre donc
combien il come clihrdtien, mais mme comme homme,
de con: r i;bici l'abolition de ce commerce,
& cr. q2iit tle L.,ifflr chapper la belle occafion
qui le r> Jirnie d laire fes efforts pour abolir
un coqu.e:mrct qe I'on peur, plans exagration
dnommes in ,es i'!ius grands maux qui exijlent
de nos jours ji.r /. terr:.


Fi N.




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