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Title: Petition pour l'abolition de la traite des noirs, adressee aux chambres ...
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Title: Petition pour l'abolition de la traite des noirs, adressee aux chambres ...
Physical Description: Archival
Language: French
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Bibliographic ID: UF00099016
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
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PETITION

POUR L'ABOLITITON


D,E LA TRAITE DES NOIRS,

ADRESSEE AUX CIIAMBRRS

In'i UIN GtRAND NOMBIIlI IDE NtrGoCIANnS :i IE
NOEITAIII.I1< PI LA VILLE U.K PARis.




MjtSSIEU .S,
Danis le course de la session dernire ,'nittention de la
Chaliilire a i appelen sur la ncessit dl;ilopter des nic-
Sures efficaces- pour la repression de ldi'udioux traliu des
Noirs.
Des iits ,soiivu.iux, dles faiLi gl'ves tL authentiques
niposent aux soussigntus le.devoir de revenir sur mine
question qui intresse au plus haut degr lhurnneur tdu
comunere fruianais, come l'honneur et la siret dii pn-
villoiu le la France.
Dans une rcause qui cst, celle du la religion, de la
justice et du l'huumaniit, il i no tous le; pa permis de
nous liver au ilcruiiiierienilt, et lei -lniLssigns renuou'
velleront letlrs rosetu'inudii s mu;iis vives instances, jus-
1i ce que la voix de la religion de la justice t dlu
Iniuiiaite ail it eiutcidiic.






II est malheureusement notoire, et personnel aujour-
d'hui oe le r4voqte cri doute; o 4e a Traite des Noirs,
loin d'avoir diminu, se fait sur navires franais, avec
plus d'acharnement que jamais, et que, soit i la cte
d'Afrique, soit aux Antilles, le parillon franais sert de
sauvegarde ce deplorable traffic. Il n'est pias moins
certain que si li'Traite a acquis plus d'tendue dans ces
dcrniires iiiiines, elle se fait aussi d'une manire plus
cruelle.
A l'poque oh le commerce des Noirs tait autoris
par les lois, il tait du moins entour de quelques pr-
cautions&dans l'intrOt des malheureux Ngres : les r-
glemens fixaient une certain proportion entire le nombre
des eseLives et le tonnage des vaisseaux employs la
Traite. Aujourd'hui, la contrebande des homes se fait
sur de petits b;tiiens fins voiliers, dans la construction
dosqueil tout est sacrifi la rapidity de la march. C'est
li que l'on entasse jusqu' trois et quatre cents csclaves
dlo 'un et de l'autre sexe, dans un espace oh nutrefois il
n'uurait pas t pIermis d'en eimarquer plus du quart.
C'est l que, sutlfoqus dans un critrupont de doux pieds
et demi de hlut, ibL ont subir d'atroces souffrances,
don't le plus simple rcit fait frnmir d'horreur; souf-
francesqti seraient revoltantes, lors mnie qu'elles n'au-
raient pour objet que des aniniaux destins la boiche-
rio, mais qu'on ne sait plus de quel nom qutinlier
lorquTe l'on songe que les victims sont des cratores
humaines.
Comme une preuve entra mille de la viitt de :i
qu'ils avancent, les soussignDs ont l'honneur de mettre
sound les yeux de la Chaimbre une collection des firs cmii-
ploys i laI Traite. Ils ontet aichets Nantes, oi ils so
laliriquent et sd vendent ptihliqiuetient.
Il est ldone iralhureimsement constate que IlL loi ig





( 3 )
(3)
Auffiaiat et illusoiro qui prohiba la Traite, n'a: eo jus-
qu', present d'autre rsultat que d'aggraver les souf-
frances les malheureuses victims sur lesqualles cette
Traite s'exerce. ,
Des documents authentiques tablissent qnuI se jett
annuellement la mer, par les n igriLers, nviron U'ois
mille Noirs, homes, femmes et enfans edont plus ide
moiti sont sacrifis encore vivans, soit pour chappir
la visit des croisires, soit parce qu'tant affaiblis par
lea souffrances, ils ne se'vendlh'iciet pas avec profit.,
Aprs de pareils faits, est-il besoin de dire que la
Traite des Noirs est non seulement une suite d'aff'eiises
oalamiiis pour ceux sur lesquels elle s'exerce, mais une
source profonde de degradation morale pour tous ceux
qui y prennent part;et tandis que ces horreurs appellent
la vindicte publique, note legislation ne contientrqUe
deux clauses pnales, iussi insuffisantes qu'aisiment
ludes.
L'iine,'la confiscation du hbtimert, n'a d'autre effect
que d'ilever la prime d'asstirunice, et ceregard le
taux de cette hlonetuse assIrance, dans le moment dc-
tuel, est un indices de la facility croissante ave laquelle
on se livre la Traite, puisque ce taux n'est plus que
le :25 !, tandis qu'il tait de 33 36 p. d il y a quelques
anneas.
L'autre cumuliion pnale, l'inrterdiction du captibine,
est une pure derision, puisque personnel n'ignore qu'on
petit fire figure un prdte-nonm sur les rles d'equipages,
tandis que le vritable commandant de expeditionon
s'cmlnrquoee vn quality de second.
Cette iiioll indulgence lde nos lois former un contrast
deplorable ave la si vrit de l'Angleterre, des tats-
IUqis et de la Sude, qui nit iassiniilt la Traite au crime





(4)
importance, et les soussigns supplient la Chambre de
la peser dans sa mages4e, et do considrer que le traffic
des Noir;s, qui dj lernit l'honneur du pavilion fran-
ais, peut d'un moment l'autre compromettre sa
iLret. 6
Sil tait ncessaire de se livrer A d'autres considra-
tions, les soussigns feraient ressortir tout ce quil yau-
rait d'trange a ce que logouvernement du Roi, qui vient
de reconnnitre la rpublique d'Haiti, continuit sottf-
frir qde des hommes issues de la mme origin que -es
habitans, fnssent traits come les plus vils animaux.
C'est donu avec la plus respectueuse mais la plus
ferme con iance, que les souiigns supplient la Chambre
de se fire rendre compete de 'tat des faits et de la I.
gislalion, et dle prendre les measures que rclame la mo-
rile publique, pour que la Traite soit rprinic par une
loi svur et efficace qui en atteigne tois les complies;
Les soussignes ont l'honneur d'offrir la Chambru,
l'hommage du leur plus humble et plus profound respect.

Paris, a3 f'ivrier I826.

Suivent ccrt trente signaturaws.






i




'i'itiihl l'n i iit i .ulEI.KTr,
u cil Vatlihacir tli, n1' .,




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