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 Abolition legale de la traite,...
 Des peines fondees sur l'opini...
 Des peines infomantes. Moyen d'en...
 Moyens religieux qui peuvent seconder...
 Autres mesures pour parvenir a...
 Application de la peins infama...
 Duree de la peine infamante
 Appendice
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Title: Des Peines Infamantes a Infliger aux Negriers
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 Material Information
Title: Des Peines Infamantes a Infliger aux Negriers
Physical Description: Archival
Language: French
Creator: Gregoire, M.
Publisher: Haudouin Freres, Imprimeurs-Libraires
Place of Publication: Paris
Publication Date: 1822
 Record Information
Bibliographic ID: UF00099012
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

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    Abolition legale de la traite, continuation do cet horrible trafic. Doit-on le puoir par lu peine de mort?
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    Des peines fondees sur l'opinion
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    Des peines infomantes. Moyen d'en assurer l'efficacite
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    Moyens religieux qui peuvent seconder l'autorite publique pour l'abolition do la traite
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    Autres mesures pour parvenir a l'abolition definitive de la traite
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    Application de la peins infamante
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    Duree de la peine infamante
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    Appendice
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Full Text



DES PEINES

INF.MANTES


A INFLIGER AUX NGRIERS.


PAR M. GRGOIRE1r ;-
ANCI t.vtlqui: DE ILLMl. /J

MT
^-A 1


PARIS.
IIAUDOULN FRl'I ES, LMPRIMEURS-LUIRAIIWS,
mIu Dn VAIoOIBAir, ED 56.

8a22.


Z L








DES PEINES

INFAMANTES

A INFLIGER AUX NGRIERS.



CHAPITRE PREMIER.

Abolition 1ialn de la Traite, Continualion de cet horrible Icfic.
Doit- on le punir par In pine de mort ?



J'Ari,''ELE rur'grir, non-seuileilenit le capitaine de na-
rire qui vole, aclhte, ericlainie, eucaque et vend des
oromnies noirs ou aniiiig-iiil qui mime les jette a la
irner pour faire dispairaitre le corps de dlit, mais en-
core tout individu qui lpr une cooperation directed
on indirect, est complice de ces crimes. Ainsi, la
diCiiomnination de ngriers comprend les armatears,
affrteurs, actiaitiaires, commanditaires, assureurs,
colons-planteurs, grans, capitaines, contre-'matres,
et iusqu'au dernier des matelots, participant l ce traffic
houinteru.
L'abulition de la traite desNoirs futrsolue Vienne,
dans un congrls, oh l'on fit quivalemment la traite
,ic Ilulncs, puisque des provinces et des peuples,
enni leur consentement, y furent distribus quelques
families, come on partagernit des troupeaux de
LmefT, et iumme compts pur ttest combine du btail.
il





Quelques lgislations prononcent des pines nflic-
tives centre les ngricrs. L'Angleterre les dporte pour
quatorze ans i Uoinnty-lay. Les ital5-Unlis infligent
la pine capital. La FIranre coit!/quiirc le navire, et d-
clore le rappitaiii incapable id servir.
Une ordunnaiice dii 4 janvier 1818 lnhlit une es-
cadre sur la cte d'Afri[ue pour enipcher la trait
sous pavillou rranais; et cepeniant sois ce papillon,
la Iraile continue....... Elle continue avec une fu-
reiir qui lude et brave routes les imesures de r-
pression,
11 y a deux ans qu' In tribune legislative on niait
ces faits, et l'on menaait lde metire en jugement
M. Morenas qui les avait diioiii:s ; l'anne suivante,
par une second petition, il demand lui-mme d'tre
livr aux Iribuinian, et prsenta une srie nomvelle de
fais pouvantables. Cependant on a gard le silence
sur cetle pititin accusatrice et si important, quoi-
qu'on ait rendu compete d'une foule d'autres, post-
ncrres cit date,et dlelnt un grand nombre taient d'un
mnoinrilie inltir. Que de rllexinas siggiLre un tel si-
lence !
Si quelqu'ui voulait encore lever dri doutes str la
conliniiatini de la traite, sous pavilion frrannis et par
des Franais, qu'il lise la corrsporindance dii cabinet
anglais avec les outres goivereiiicns : correspondence
prsente l'an dernier i In rliarlibre des conimunes
d'Angleterre, publieo ofnicicllement, et rsiiie dans
les ouvrages cils ici en note, don't le second circle h
Paris (i).
(i) V. Abltret of the information reccttly laid in lthe lalile o
tJic houie Of commons on the sbjecto the ilave-trade, 8o, Lan-




(3)
Si la lecture de ces crits, auxquels des faits nou-
veaux fourniraiont un affreux supplement, ne dchire
pas ion cour, il n'est pas home; c'est un tigre au un
nigrier.
Ces prvaricationas naissent:
t De l'imiiirectlion res inoyens prventifs et rpres-
sif., Qu'est-ce qu'une croisire sur dix ou quinze my-
riaumires, prs de nos tablissemens d'Afrique, tandis
que si r mille ou qurirne cetis iayriamintres de ctes non
surveillies, les adgriers peiuven exercer leur brigan-
doge (>)?
La craintoi d'tire caplturs, peut-elle balancer l'es-
pra nc niceux Fuiidc dra I' l't'lre psi ? La clanrce de
perdre iine cargaison rest comnpenCs par la cerLitude
d'iiormiiidei litlti:es suiir la wrl de cells qui chappent
aux :roiseiirs.
a". l.es prvaricrleurs ir trouvent-ils pas nussi nno
sanuvegiUar, dans l'incurie et la connivence de cer-
tains ihomiues, chiargs par dlal de les poursuivre? En
trapant ces mots, je me rappelle involontairement
Iq ielques cCrivains, quelques orateurs courtisans. Out-
ils mis atim reproche trop miriitE, une proposition cou.
rageuse? vite, ils s'efforcent de l'attnuer par des com-
pliniens, come si la vrit n'dlait qu'un badinage. Si
V'ou n'a pas prvenu ou rrpriiu le trime, c'est sre-
mcent, di-ent-ils, parce qu'on cn connaissait pas les
faits.... ils n'attaquent pas les intentions ...... Sdrement ,


di i8l ; traduit le l'anglais, avrc une prdfaco bion pemunaa etbic
decide piar M. Dcnjuamin Ila Itoche.
(ij Itld, p. xiv et xv de l'Avinti-roapoi.
Vi




(4)
elles sont pures, ils ri sont persuads.... Eh non, vous
ne.l'tes pas. Soyez, circo(rispect4, pour ne pas lesser
injusteenlt les rpulatious. N'accutses piun, si vous
n'tes ariiies de preuves ainlrielles et poitives. Aises
de lAclit et iifAniites calomnialeurs, sanis exceptrr mu ec
des divots, proclameront impunniment des iipostures
atroces, lmenties par In irule inspection d'un pro-
c&s-verbal ; miais iquand des probabilits s'lvent 1.1l
certitude morale, t quoi bon ces prcautioun orl oires,
qui imblent inspires par le desir de conserver sa po-
pularit, sans conprometre une ambition mal d-
gu; se? Ce qu'an vient delire trahit le secret de beau-
coup de gens.
La Iraite est un attentat conire la loi nnaurelle, qui
defend de fair autrui ce que nous no voulons pas qui
nous soit fait;
Un attentat contre la loi vanglique, qui, sanction-
naiit celle de la nature, y ajoute l'obligation de fire
poiir inos sotlbables, nos frres, tout co que nous dsi-
rans qu'on fasse pour no-niis-m es (i);
1 n antentat centre le pace social, don't il enfreint
les principles ;
Un attenttn centre le droit dei geis. Que dirier-vous,
si des pirales noirs venaient sur vos clIs. voler des
blancs, les nietire anu fIers, et les tranerdans un imr-
chd africain poury Are vendus?
Le ngrier, en ant l'espce humaine est plus criminal quie l'assasiii car
l'escinvage i'itant qu'une agonie cruellemerit pro-


et ) .Lyl, Mlh., 7, v. 1, etc. 19, v. 1.- Marce, n, v. 3 ,
et rJm




(5)
longe, la mort estprfrable la per te de la libert, auxn
yeus surtout des tribussauvages. L'homme de lanature
prefre, tout, son indpendance. Telle est la cause
dessuicides nitiiplii i parmi leesclaves. Les pinnteurs
'n'ont-ils pas t rduits chercher des measures centre
les tentative frqiiuens des Noirs, pour s'touffer on
avalant leur langue? D'ailleurs, fussent-il mnuime in-
difraois i ir la perle de leur liberty, le prix d'une
chose doit tre calcul surr a valour relle. Drober
une some d'argent un hommn e d siintressi, est-co
iii crime miniidre ique ile voler run avare?
Presque Itoutes es nations condannentc mort celui
qui a donn la mort. f;en'est poiniici le cas de discuter
si la socitd a droit d'ter la vie I l'un doses membres,
il suflit d'noncer que celle question est encore probl-
matique (1]: et quand M. de Maisitr, dannises Soites
de St.-ldCersbourg djiscrle loIlgueminiut pnur dtIman-
trer que la guerrni est divine, que datns I*tructure du
corp social le bourreau est u personinaige trs-im-
portant ; l'aniie |pouvante se rfugie dans ces socildls
dcpai/ qu'on ne peut s'enp&cherd'estinmeret d'nimer,
et qui, en Angleterre, en Amrique, s'occupent sans
relche des moyens d'extirper la guerre, et les calai
mits qui en sont les suites invitables.
Plusieurs fois l'auteur de cet ouvrnge.a rclan 'l'a-
bolition de la peine de mort, surtout le ti; novembre
1792. 11 demandait la Convention que cette barbarie
disparL de notre code.


(i) Vuy. contre la pine de mort, un macallcut Mmnioire pu-
hlii rncemient par M. HeiberU .




( )
Toute peine dcernuoe doit avoir pour but de corriger
le coupable, de rparer la mal ii'il a fail, de garantir
la socit6 contre ses nlltentats: le corrige-I-nn en lui
tant la vie, et rendcon la vie :ui qu'il en a
priv? La sonciLi'; Cet garntic ld cotaititu dans lI'imposibilirt de niiir,pnr la dtciction,
les fern, les galeres de mer, les sonneter, onu alres
de terre, tablics e certain canltoln de la Suisse. L'as-
pect journalier d'un forat, condnamn des travaux
pnibles, contin;nls et proluctlis, st plus efficnce
pour dcourager le crime, et ceux qui seraient tents
de le comrnettre, que lespcinacle effrayani, rmais pas-
snger, de l'chafaud.
Aux .iatsTUns d'Anmrique, la loi punit de mort les
pirates: plusieurs coupables1 furent ex cutL lioslon
il ya peu d'aniiees, et quoique cet cvrnernent eit pro-
duit une tris-vive sensation la piraterie fut exercde
ensuite ave&plus d'extension et d'audace. L'crivain
qui m fou rnit ces details y ajoute plusieurs dclara-
tion. faicih I li barre de la chaiibre des Commnunes
d''Anglelterre. Il en riilto In prenre d'exprienic qiue
/lil peilir cipitale est inefificace pour prvenir ou rprimer
le crime(i).


(,! The Panophtil an.1 M %1Linniry Ileranl, 8 rstlon, juillel
i lS v. o .




(7)


CHAPITRE I.

De. pines fondes sur Popinioo.



A ublrm E que l'homme tend ses rapports avec ses
sembnllnlilc, il clherche obtenir dans leur esprit une
conidralion ftunde sour ses richesses, son crdil, son
pouvoir, ses laiens, on ce qui viilt mieux et qui est
p]lii rare, sur ses verils. Clte existence horse de lui-
iiinie, et qiii rcpoise sur l'opi.ion, elt pour lui d'une
Ircs-haulie iimporlance...... Si l'opinion tait toujours
just, elle se conrnndrail avec les ides de raison, de
verLLI; Iiaii, souventt rrlnfle, elle excrce iin ascrnldant
dpit,lrnallj'. Ce, euveu's de l'iiiloslan, rp|i'se priciiplent
sur le bArlher d'un tpouxi, sanut viciiies d'uii prjug4
centre lequlel vouti dclaiime ; mais parmi vous', Euro-
pens si fiers de ce que vous appele civilization, un
prj ug pluiis absurd, plus barbare, et qui lous les
jouri inminole lde vic'tincs, Cil ce)ini uli, au raisonni-
tuent lst t islit t l'jpe onu' le pistolet, tuount a.dver-
.nirne pouur li p~rro)uver (ili'il ci turt.
El i-clle plus sreie, l'opiniiion quli nilache l'inriinie
u ii Su Ii[cu' d u gib l, et non h celiui dle I l',usillade? N'est-
elle ins IL corubleli de In dime nce I'uliiuio quii rlum iios
,ilImnir' ien.'u l:I unioliesse de I'u:i)L'inIe ', et upi, jus5luej
d:niis s iliiinr'i iin.uiiaoes, persculaut la Icinle .Ifri-
caiiie iltrit le mariage d'un blanc avec une fgum




(8)
do couleur, fEt-elle un module de verin, tandis qu'elle
n'inflige pas niim e e inimpris ani libertinage le-pins
ihont? A cette subversioni de totes les idles de mo-
rale, de sens communi, je ne vois de comparable que
Ies inItrurctis de Mlal/uert, .minisrre de la marine. qui,
pour rattacher St.-Domningue la Francei, plro tcltnit
des lrttres dle Blanc au prsid'lnt Ption, et (qu lques
autres song-mftis oni noirs;, qui seraient jugs digues
de cette hlinte faveur. Les rois de Tomiiinctou et.de
Houssa piourront un jour parodier cet :cte en offrant
des lettres de Noir quelque potentat europen qu'ils
roudront gratifier de leur lbenveillaice.
Si l'opinion n'tait pas vicide, voudrait-on, dans au-
cun pays, former ni conserve des liaisons avec ce n-
grier, ce planter, don't la fortune est cimente par
les sueurs, les larmes et esang des malheureux Afri-
coins?
Avec des agens coupables d'actes arbitraires contre
un citoyen ? c r l'oppression d'un seul est l'oppression
de lous sinnn le pacte social serait une chimre ;
Avec un imagistrat (iii, pour lh:lter la mort d'unt ac-
ciis, lui nurait feriiui la bouche, lorsqull'il 'voulait pr-
senter des reasons just'ificatives un attLnuantes ?
Avec des flioctiornaires quii, se ravalant eux-mines
nu rle de'provocateurs, nurnient corrompu des vt-
lets pour se procurer la correspondence des matures ,
soudoy de vils subalternes pour violer, par le bris des
lettres, les secrets des families, les conlidences de l'a-
umitli; avili le caractre national par des legions de ce
qu'ils appellent observaiurs, mais que les hoimmes
seiscs dIsigneni snmis d'autres noms.
Si Ipblinion, publique tait jitei, si les homes sa-




(,9 )
vaient se respecter eux-mmes voudraient-ils fr-
luenter tant d'itres immondes qui, pour obtenir des
places, des pensions, des litres, des runnns, des hon-
neurs, sacrifiant l'honneur, se snnt affihils de tous les
costunes, ont profess totes les doitrines, courlis
tous let parties ec surnagi rous le.sparti, en prodi-
gunnit In lni issnce du jour les adulations les plus
services; en protestant qu'ils avaient prvu, prdit et
provoqu la chute de ceux qu'ils encensaient la veille?
Ames ptries de houe, nu demand en vain la league
des expressions propres .i pcindre voire infamie.
Parmi cescires dgrads figurent une fouled'hommes
qui, jadis contenipteurs de toute religion, soudain en
ont improvis la defense, et se sont faits perscuteurs.
Les dvots sont l'an lipode des hommes pieux. Le
Changeux les a oublies dans son Trail! dirs ietreii s.
S'il vivait encore, l'rpoiqe actuelle lui fouriirait la
matire d'uin tlisinir volu e.
Les factions et la haine clierclidrt toujours h s'em-
parer de l'opinioin puliqiiie, en ilnant sos sn tutelle,
en dcorant de son nom des clameurs scandaleuseset
dem assertions mensong'res. La particule on, suscep-
tible de l'acception la plus tendue come la plus res-
treinte, sert nerveilleusement la perfidie, qui se cache
dans le vague des expressions, telles on dit, on pense, on croit, on convient gnrale-
ment que, etc. Ainsi, aprs avoir assure que l'abb
de Cavcirac a fait l'apologie de la Saint-larllidlemi,
Voltaire le fera rpter, et rpter par la troupe en-
rlc sous sa bannire ; mais btt ou lnrd le dmenti le
plus former et une dmonsiration portiejusqu' l'-
vidence, front justice de cetft calomnie.




( "i )
Dnus le course de la revolution, mainales fois la puis-
auice du jour dirigea centre certain homes, qui
gniirnit ses projetsL, ses entreprises, toute l'artillerie
des libellistes. les journalisles ai gages. Mais enfin la
vrit pierce la nuage don't am l'envimronnait, et l'ippns-
titre dliiinmasriic ne Iltrit que ceux qui l'inventntntou
iqi la rptent. C'est la fange qui retombe utr la face
de celui iqui I'a jete.
Tous les files dcernent des pines centre celui qui
drobe le bien d'autri : cependanit, il est un genre do
vol, souvent plus criminal ct plus avilissant, qui oc-
cupe rarement les Iribunaux judiciaires mail qui n'd-
chappe point celui de l'opinion, c'est le plagiat lit-
itraire; une lchli hypocrisies aggrave toujours cet
atlentat sur la proprit.
L'npinion, tribnail d'Ippel juge en dernier resort,
et case quelquefois des senteinccs mands, mrnme d'an-
torils lgailes ou rputces tells. L'opinio n n Espagno
a dji, nui-seulemeti. annul, jmais couvtri d'op-
probre, in presiue tolalit des jugeimens de cette in-
quisilion don't l'exitenrce eiule calomniiit l''vangile.
En Angleterr. l'opiniiiii,par uiin inemaniif l't:ml. n cla-
tanrif, prolscla plsii d'iuie fois centre l'ini tili (l de sen-
tencrs revltiues de tol tes les 'orini jidiiniires. Pour un
utiv'rage que la court qualili:it dl li rlle, tel auteur
fui condamn au pilori ; imis on xit dres citoyens les
pli:c distinguish accourir sur In place dl'exdcition pour
f liciter le-liateit et chiange'r Iso supplice en pompe
triomphale. Bonaparte, :iyant iniute au-del dul Pas-
de-Calais, un procs contre ui crivaini, obli ti crnitre
Jni une sentence ; mais elle fit casser par l'iipiiion
national, et le plaidoyer du dichlre lMalinmosli sera




( il )
toiilodfs cit comme on monument de la liberty br!-
Itinnique.
En-idei du i dtroit, chez une nation distingue par
des ,iualis itrs-brillantes, mais oi les homes b co-
rncitrec et douts d'un courage civil sont der pluio-
mii irie, I'njpiion publique a cependant intime quel-
querlois dJe ordres souverains ; c'est qo qIui prescrivit
i V%'rade iulendannL de Franche-Conmt, de dchirer
les lc t rei de noblesse accordtes par le roi 'Philippe II
d'Elpagufi Grard, en rcompensc de cequ'il avait
vuulu assassiner (;uillanrne prince d'Or.nge. Dnns
celle coiili)icit lihomicide, don't Grard et Philippe
pnrtagent I'infamic, Philippe inconistablement
appartient la pius grande part.
Ainii4 l'inexornble positrilt, appelant sa barre les
inliviiliis et le pailples, dilslribuc la gloire tc lI honte.
Ellc i;lgiiinlise d'une Iltrisiure indillbilc la miiuoire
die ce IlanigraiV de Il ese et d'autrrs princes Vui
vendaiitil au cabinet de Saiiil-Jnnis commne dei trou-
peanx ile brties ile rgimiens desiins touffer dnus
son berceau la liberal dc l'Amrique, atm ils illnient
gorger et se fire gorger. Les vendeurs et les ache-
teurs, frappds du adine anouaihme, sont atlaclhsau
miime poteau. Combion de princes auxquels les Ladi-
lateurs avaient dcern le titre de grands, et don't la
po'strit a bris le pidestal combien d'hommes
iriiiinn s par la tyrannic, et don't elle a proclam I'in-
iiocence! L'auteur de la Consolation de la philosophir,
rondamn i mort pour avoir defendu la divinity de J-
i)s-ClriSt, la libert romaine et la dignit du. enat, fut
lAchiemen iabaindonn par ce snat h la fureur du roi
Tlitodoric. Aujourdrlii Roeccc hinnrablement inscnt




( 12 )
dans les fastest littraires, figure encore commdiftmrtyr
dans le calendrier ecclsiastique de l'Italie. Pendant
trois sicles, sur la tombe du cllbre Las Casas, a pes
J'accusation il'avoir introdlit la irnite des Noirs, ponr
les transporter dan~le Nouvrau-lMunde. Ajonnrd'htii
il est reconni qu'elle exisliiti i ans et peut- ire riimme
19 nns avant qW'il rt ne. Apres avoir rhabiliil la
iiimnoire de Porlier, les Cort i, Id'l.ipn giie rermonilanL aui
sicles antrriours ont appel li vnr:latrion pbilique
sur d'autres victiues et dcrt qu'un moniiiment
serait rigd Jean de Padilla.
Quand les jugeinens coniemporains sont dicts par
l'quitl, l'histoire se borne les enregistrer. Les actes
arbitraires ne sont jamais dshonorans que pour l'au-
toriLd don't ils dmanent. Combien d'hoummes Irainsia
la Bastilleen sortaient non-seulement sons tache, mais
avec honneur; et, depuis la destruction do ces cachots
reojplaces par tant d'aures quelle foule de person-
inags pour qui des condamnations furent des cou-
rouiies civiques !
Il m'a paru indispensable d'exposer les details qu'on
vient de lire sur l'opinion ienviJage commIn puissance
publique, avant d'aliorder la question des peinesinfa-
mantes, qui arn Il'obicl dii chapitre lsivaniit.




( 3 )


CHAPITRE m.

Deu peinem infamanter. Moyen d'an naLurer lclmeanitf.




Ts*Ar WI'..D a observe que les savages du Canada
minaiestein un profound riiprris, noi-seulement pour
leI Ihoreiis qui ont volonitairement abdiqu leur li-
ert tiais encore pour tous ciux qii, aprs l'avoir
diiidue vnillanuient, laasCs du combat, ont sui'
Ir joug (i). D'iutres voyagers ont fait In mine re-
marque cher. la plupart des naniuos incille clt bar-
bnrs., Ce triiris envers le enclaves volontaires, a pour
corrinlanl ifi'cessaire le senliment d'aversion et mnme
d]'hor enlr cnmtre q(Iiconq(ue Lente do ravir la libert h
soi semblable, setiiment qui acquerrait plus d'nergie
chez les peuples oh l'ducation auraiL dvelopp les
facults iteillectuollei et morales, et pour lesquels
l'Evangile ne serait pas comme un livre ignor.
Le mipris relche et rise mimeles liens de confiance
et de coinanguinii. C'est le premier degr de Iinra-
ilni, espce d'excommunication civil inflige par l'o-
piniion; c'est 'ifaminie de fait qui deviant infamie de
droit, quand la Ii lui imprime ce caracibre.


(i) Voy.Voyage naCunada, en i9g5,96etg97 prluasc Weld.
Svol. in-8*. Pari, 195, t. III, p. t'o.




( '4 )
La loi, dit-on, ne peut crer cette pine, mais sou-
liment la dclarer, la sanctlionner, Ce dire n'est pas
d'une exactitude rignureuse. Sans doute gi la loi eiur-
tait l'opinion, urlle-ci vn triniplieraii ; mais quand la
1ii fonde sr les principles ltern ls d'ordre, de justice,
sur des si'ntimens qui ont leurracine dans le courl u-
main, prononcera l'infamie cou Ire des brigands qui von t
arracher leur terre nasale la population n africaine
pour ln vriiire d'niinres brigands dans les Antilles,
croyer que l'opinion et la loi se praleront un inultel
aplputi I.eursefloris simultans meitront enlin un terme
h dvs forl'ials qni, aux lhabitansde l'Afriquce ii idrieur ,
montrent sans ccsse l'Europe et l'Amdrique comme des
repairs de flibustiers acharnes sur eux. L'opinion
claire par les principles, consacre par la loi, de-
viendra promptemenL esprit public, esprit national,
'rTe est l'heureux changement opird prcilmnient sur
:et article cn Angleterre, graces la liberty de la
press, qui rst le v4mlhicule de touteC les ides grades
et g1inriisecs. li ci auiinis-seiit bien fpen len rs vrilables
intirts et crurx t.i peluil, les gt'ivr'rneno ns forcent de l'dtol'er; ils s4int ei urme temps bien
nvnifiglte, ;carda1n ce grere de itonimopole le commerce
interlnle,' idjlifrcrn sanis rric les Ilnuailiers.
Si la liberfit le la press dever u ie licence, se portrait
des excbs rlpriihcrsibiles iiiil dnute que ces excs
doivent glre pinnis; mnais, au lini de s'garer da.ns le
vague dlre pr:dso plin de iclpaillitd qui ouvrent
toutes les port i I'-arbitraire tune ltgislaiton sage
doit spcificr cliiriiemint le corps de dlits : autrement
les birrierci s qu'on live conltre la alinifrestation de la
pensde sont un symptLme le faiblesse ono de duplicit




( 5 )
qu'on s'elorcerait en vain de pallier. Les peuples
sont saturs des amplifications gompruses dans les-
quelles le despotisme prconrise a bonil lt rrnrlle. Les
processes sont nne monnaie de billon tombe en dis-
crdit. Il est, pour les gouvernemens un moyen in-
faillible dl nie pai craindre In liberty de la press:
C'est d'ltrr justes. La measure de cette liberal est la me-
sire certain de la loyaut de ceux qui commandent,
des drnits acquis ux qui obissent, et de la pros-
pril- nalionale. Pl'Is iniiiis avanlons dans le course des
s-iilcles, is celle s,:r l se rpand et devient palpable.
CL' qu'on vient de lire rue parait une rfuilation anti-
cilp de l'a rginumnt r'ipt' nagiure par un puissant du
joLir,tier l'opinio' en Fr ran ii n'eslt ls encoren assez mdrr
piir qu'oun Jiisise tavrc ,ceks infliger aux ngriers des
peine inrfaniimte. Est-cc de bonne loi qu', l'appui de
cetle iinserlioit nu iiivoique l'aii itnri de lilangieri ? Ce
publiciste vnlninni fi'iri sentir que les priIes de ce
genre sont illii ,)ireq Mi elles ne sont ratifies par l'o-
piiionm publique, nlligue l'cxemple dre certain pays oit
la loi fitrit celui qui accepted le diiel, tandis que l'o-
pinion le fltrit s'il tn l'acceptepns. Les dispositions p-
nales contre le duel et contre la traite, n'admettent
aucune parit. La loi fltrira le ngrier et ses com-
plices ; niais l'opinion n'a jiiiiais blin inmals elle
ie hlmera celuii lqui reflse de participer ce genre de
traffic : il se pourrait que, pour avoir repouss un tel
nmyeun de forinne il lti traiit de so dans les maisons
de force lec bagnes et dans quelques salons dor ;
mais les anomalies du crime ne constituent pas l'o-
pinion publique.
La peine iufamante serait inefficace si elle atteignait




( m6 )
in trop grand nombre d'individus parce qu'alors ils
feraient masse. Ici ct iticinivuniient ii'cit pas redou-
ter; car, d3l-nl caipturer et couduamner (ce qui est
trit-disiirable ) tins les ngriers et leurs complices,
ils ne seraient j.iauis qu'un niiiibre tris-limit coin-
parativueniit la population franaise.
L'iustabilit des affections l; mobilil des ides
dans un pays qui n'a gure que des modes suggrent
un argument I>lus splcieuL centre l'emploi de la peine
infaiuante.
La France est un tableau mouvant qui depuis
trente-lrois ans, a pr&seutd routes les phases de la d-
nocratie et de la tyrannie, du vrai et de l'absurde,
du sublime et du ridicule. Les maximes les plus con-
Iradictoires ont tproclaiiies successivement datns les
mmes chiires les mmes tribunes et souvent par les
miu-ses bouches. Vous les conuaissez ces orateurs de
circonstance, race parasite qu'on s'efforce vainement
d'extii per ; leurs zomnis vienne n sur vos lvres.
Cep:ndant les rechcrches ntiies ncciupent davantage
les esprits. De Louiie puirls unie jnuiineOse stidieuse p-
iilre dans le iiniiictuire des sciences. Aujourd'hui les
Concrui de DI)ral, les IlouquiieLs iytlhologiques de
Bernis clt mlImei les Illroid-es d'fide, traduilts par
le cardinal de Iloisgelin Iroiuveraieil poineqiclques
lecteirs; mais lan pratique des vertus suit-elle la pro-
gression des limii rire,? L'nergie des s eiimens est-elle
h la m1nme hauler que le ddveloppementintellectuel?
Oit ntnl les hormiies caractcre chez ce people doui
do qualits si brillantes? Il a porle au degr le plus
lev la valeur militaire; mais est-on moins rcivole
dans un pays qui s'amuse de calembourgs de joutes,




7 )
de feux d'artifices, et inemo de cocagnes, oi l'on
ravale, au dernier term de degradation l'espce hu-
maine? Qu'esprez-vous d'une nation voue I'ido-
IlArie politiiqie, toujoursa iailnatirice et la plus cornpli-
nicnteuse do l'Europe ? Voil, co me sembler, 'ulijec-
tion danns loLute sa;i rcIe; cr4 ienlantL quelques consi-
drilionri peuveti siniun la ddtruirn, du moins l'af-
laililir,
La cupidild et la vanity prconisent les rausses dnc-
trines. Le uombre de ceux. quci les croient est moindre
que le nombre de ceux qui les soutiennent. Cette ob-
servation, peu honorable pour une foule de gens,
n'en est pas moins une vrrit de fait ; et tel quii, en
public, afrlectcra de la nier, sera dlimenti par son cour.
iEn rimenant ces observations la question Ies pines
iifalianiies l(otre les ndirier, janiai ou nor pourrait
former en r fi lr aveur illue tlinosphicr. d'npirnion
publique, vu l'exiguiil de leur nombre. L'arnatllme
iolitiquie lanii ur eut trouvera un appui, non-seule-
rient daiin la magnanimit naturelle du ceur lu-
main tmis plus encore dans cette gnrosit factice
don't l'amour-propre aime tant fire parade. La
propension an faveur des Africain. se fortiiera cer-
taineicent parles mesires que prennent d'autres gou-
vrrnemens dans les deux mondes, contre leplus hor-
rible des trafics. L'esprit human mancipe tend
mnuanciper tous les homes, quelles que soient leur
couleur, leur origin, leur religion, surtout dans le
nouveau Continent, et l'Amrique, ragissant sur l'Eu-
rope,y fera; jaillir, avec plus de force, I vrits so-
A In peinr capital inflige presque partnut nrus
2




18 )
cumnurs de mer, aux i.cendiaires, aux faux-mon-
noyeurs, aux assasmiisi, etc.; on doit prfrer une
peine inf.amante ii: imini ei quoi ciniistera l'infabmie
centre des hlamimTnS bien p lu criiinils, les ngriers?
'Un dri lt;itils-tl'ii c'est. je crois, la Virginie, a
stalnir que loi duellistes seraient cnisldrs come
tonibes en dmence, eni colnnmi:ence priv de la gPs-
tion de leurs iciiie qui l'on coulfie iiii u lteur. Cettlle
disposition est utile sans doute, niais iiisuiliunate.
L'oslracismie, le pitalisme, le ba nisseeiint, la d-
portation furent sovnt employs punir autre chose
que des crimes. Depuis Aruisidejusqu'l' nos jours, I'his-
toire en fournit d'iinnombrables exeniples. Si In pine
du ban lait just, suitiie lorsqu'elle frappe de Vrila-
bles mialitilurs, je dirais iqu'aux negriers errans et
fugit;fs sur la terre, il faudrait, conn .e i Cain leur
devancier, imprimer un signed indestruclible qui les
lit reconnaitr partout, et qui partout iiispirht l'hor-
reur ; mais une iilion a-t-elle le droit d'exposer les
autres a il dalagr 'lu recevoir des t res perverse qu'elle
clhisse par la crjiiitl qui'ils tit srnilleit la lerre na-
tlilIt? Nriis a (inilr IIPe l:igires, et piouirquioi iu'livnns-noiou
pas encore 1u11 iHi rlr-/Jl- ~ C leli't pas falmile dle ler-
ritoire. C'est, fatiltl d'itrgetilt aiis d tiile. A cila je n'ai
riitl i e'lonirv, car ouit le monde sait conliien il
eit faoil pour nuire iiiarine lii, depuis long-telmps,
joue uii rile si oiiiegiiliqiu il ci faItL pour des fI tes,
dce specincles, det ss Illes d'Oprai, etlhealcoiIp d'aulres
chose dans iiie coniitc uh si ilouvent le supcrflu
usurp" la place del l'utile du ncessaire.
Ai rcsie qii:iand inmue les criminals don't il s'agit
ne scrient Ips squiestlr de .i socit quand m6me




( 9)
ils ne seraient pas astreints istuime, un signed
qui les ni reconnaiire, la sentence fltrissante obLien-
dra son effel, si elle est afliche en permanence dans
tous les tribunaux, ports, bourses, aniirnait, ad-
ministrations, uairies, sans aucune exception; et
si les coupables qul'elle frappe sont signals publi-
quement dans la commune ddsigne pour leur do-
micile.
Sur l'tre le plus dgrad, quelle impression doit
fair sa situation lhabiluelle! prive des droits civils et
pnlitiquies, caiIu et citl partoutcomme ihlumain,
criminal, inflme, il voit tout le monde s'loignerde
lui avec effroi par la crainte de partager l'opprobre
don't il s'eitcouvert.




( ) )



CHAPITRE IV.

Moyeni religieux qui panvLent *rcoderl'autoritd publiqnsa peur
l'abolition do la truite.




D'rnts ce titre, les observa Lions suivanies p.raitront
peut-4ire trangres mon sujet ; j'aime a croire qu'a-
pr' les avoir lues un avouera qu'elles s'y ratanclhet.
Quoique les sentimens religieux suicint dplora-
bleiment afltiblis parmi inou- la religion principle
du bonheur pour les individus dans le tcnips et au-
del des temps; priicipe de prosprit pour les tls,
est encore de tons les leviers le plus puissait aussi
la politique voiilut presque toujours l'associer h ses
forfaits, et fire de la religion on plutt de ses ini-
iislres, des-instruineris. On mte dispensera sins doute
d'en furniiri les preuves.
La postirit croiri- t-elle que, depuis l'introduction
de la traite jusqu' present, les marclhands de sang
humaii, ont prtiendu la justifier come moyei de
convertir les idolAtres et de les ameicer au clristia-
nisiie ? Ce prteixte lul allgu jiidis un roi tde France
pour obtenir ce sujet son autoristiion. La donnait-il
debonne foi? C', Cit td le comble de l'ineptie; feignait-il
de croire que le motif allgu tait admissible? Ce
tait seul ( sns computer celui de la mort (le Cinq.Mars




( u. )
et plusieurs atres ) suffirait pour apprcier l'pi-
thete de just que donnaient i Louis XIII Malherbe et
nombre de ses contemporains. Le niiie motir fat
allgu, en iSi t, par des tartures de la Havane z cette
ville est un des plus grand marches pour la vented des
esclaves.
Le siilan de Constantinople prconisait naglure
son ininlsaIble misricorde envers les Grecs, dans un
firmnnu qui probablementsera comment par les dfen-
seurs de la 1igitimit muuiilmane. Les planters en
gnral tiennent le mbe language en parlant de leurs
noirs qui, disent-ils, sont si heureux! plus heureux
que les paysansd'Europe. C'est sans doute par entite-
nient lie les esclaves s'obstinent ne pas croire h leur
bonheur, qu(oiqu'on leur prodigue des coups de fouet
pour les ai comivainLre.
Une multitude de fais il nestent que souvent les
lnfemm des p|lntniii rs sirpssient leurs naris en cruaut.
Le voyageur Jolith Davis a donn rcemment sur cet
article de nouveaux dtiils. En C(arline, et surtout k
Charlestown, pour les moindres fantes, elles envoient
leurs esclnves rmiles et famelles la nmaion d'enfer
( toa hl:lish mansiion ), pour ktre foietids. Douse
coups de fouet se patient un shelling. Mani on peut
s'abonner tannt par an. nce dame de la ville en a
moutr l'exemple. Les malheureux noirs, toujours
exposs h voir dchirer leur pena et briser leurs os,
fuient quand ils peuvent.
Dans une gazette de la mnme ville, aprs avoir
donn le signalement d'un esclave marron et promise
4o dollars i celui (qii le ramnerait, le planter
ajoutait : .i Mon .ngre s'est dchapp sans provocation ;




( 2 )
n car on sait que je sus bon maliro et lin main.... on le
reconnalra aux incisions de coups$ de fuel qu'il a
Saur le.rdos (t). ..
Ainsi la cupiditld, dnaturant les notions les plus
claires, niriique la rison roule :ix u puiedi la justice,
l'huianil ; et la face du ciel et de la terre, ces plan-
eurs, ces nigriers ces Havanais osent se dire chr-
Liens !
Nulle part dans l'vangileon ice lit que pourconurtir
les homes il fouille les enchalner ; avec de elles
maximes,on ijustifierait l'inquisition les lragonnades,
la Saint-Uartlilcrni et les [ois de sang publies contre
les catholiques dans un parlement omniLotrniraire. Le
divines ;critures prutesteroaut jaiais contre toute
espce de despotisuie C de persecution ; mais les dcvots
et les rigriers ont un novel vangile. Ces hypocrites
qui prchent l'obissance passive, ont pour ternme de
comparison, l'autre extrmit de la ligne, de pr-
tendus libraux. L'incrdulit des uns faith des ennemiis
la liberty ; le bigotisme des oitres faith des ennemis h
la religion, LIesi vrai chrtiens se placent entire ces deux
iCicils.
Toute socit n le droit d'admission sur ceux qui
veulents'y ogregor, et le droit d'exclusion sur ceux
qui en sont iienmbres, jIroit iilihreiit sa nature et
pans lequel l'anarchie pourrait la dissoudre. L'exclu-
sion est ce que la politique nomme ostracisme, ban-
nissement, mort civil, etc. ce que l'glise appelle


(i) Voy, Travcl of four years and lalf in lie United-States, by
John Davis, 8. Lonidon, 181 1, p. go 93.




( 23 )
excommunication. Les quakers socit religieuse et
morale, l'appellent dimraeu.
. Les censures politiques furent souvent dtournes
de leur huL et der.irers dans leur application. On
a cirt prccEdcmnment Aristide class d'Athlies. Le
gnral Maoreau iane poqie oit sa gloire tait sans
tache rut relgii r n Aiiirilie. .Les censures eccl-
sifasliitiei qui, J.ain In prlii:iiive Iglise, taient un
Ifrini salilaire, 0o sjin'elles ne friplnient que des
coupables fIrrenl souvenlt p)rodigiies pour servir la
Tengeanct cL l'ejir i e dle aiiiieainn. Un prince se ou-
trait. dans lu lilicrliiage saiisu courier le risque d'itre
eccommuni, niais il l'lail pour avoir enfreint les
imi unii s cls ricales. iHenri IV fut excomnmuni comme
calviniste, inais non pour avoir souillE la couche de
cent poux, etafllcl l'exemple hideuxde la d'tba uche.
Ne piurrait-on pas, nc udevrait-on pas ramener ce
pouvoir censorial soni Lut primitif ? Ies quakers en
ont donna l'exemple Jlorque, par un acte solencel, ils
dsavouireint, excomnunirenit exclurent de leur so-
cit quicnnqieiaiiurait dls esclaves.
La sociLd ilibicrnicine de New-York incorpore en
1807 par un acte du congrs amricain a prononc
unanimiment, en 18to, la nime exclusion attendu
* que ce qui est moralement criminal ine pcut tre
politiquement just (t).
Coniibien scr:it sublime l'acle par lequel, ou nom
de l'glise catholique, le chef des pasteurs prononce-


(t) 'oy. Lontlilulion f [lie HIibernian jrovidrnt siciety of th
rit oCf New-Yrck etc. au, Tiroklyn iRno.




( .4)
rait qu'elle exclut de son sein quiconque faith la traite
ou garden des esclaves Mais peut-on concevoir b cet
gard des esprnnces quand une measure nioins-cela-,
tante, mais cependiat trs-utile ,sollicite Rnome,
n'a pas anime obtenu une rponse ? C'est une auecdole
qu'il faut lguer l'hiitoire.
Ef iGS63 par l'organe du cardinal Cibo, la congrd-
gation ide la Propagande enjoignit aux inissionnaires
d'Afriqpe 'de prcher cuulre l'usagc de vendre des
hommes (iCr. Cent trente ciitl ans nprs, iiun ivque
frananis persuade qu'il serait extrumeienct utile de
ritrer cette injunction crivit an cardinal Fontana,
president actual de In Propagande, la lettre suivante
qui a lt imprime Tlaiti dans le Tdl'graplh(a).

IMEINENCE ,

Vers la fii, du dix-septime siicle ( c'est, dit-on,
eu i683), le cardinal Ciho, au nom,dela congregation
de la Propagande, crivant aux misiionnaires du Congo,
leur prescrivit d'employer l'nscendant de leur minis-
tire ponr rprimer l'rsr r iage de vendre les homes et de
les rduire en esclavage. Ce dcret, si honorable pour
I'aiitorilt don't il dninanit, est imalheureusement trop
lieu connu ; car l'.yait rappel dans plusieurs de mes
Lcrits contre la traite et l'esclavage des Noirs, j'ai ou
occasion d'apprendre qu'il avait caus beaucoup de
personnel une agrablesuirprise, L'heureux effetdecetle


( ) Voy. da nn Li rollecion der Voyige., p'r Chlurcil, et daun
lh!vosri ht't Voage diln pihrt Mtrnlln lut Cnng-,
(2il Di J) "marn 18Ri.




( 25 )
citation et t plus tendu, si j'avais pu mettre sous
les yeux des lecteurs une copie authentique et textuelle
de a lettre duecardinial Cil>o. L'illustre president de la
congregation pourrait facilement me procurer cette
copies, inais l'obtention de cette grAce, laquelle i'at-
tache de l'intrat, n'est encore qu'un accessoire l'ob-
jet plus important que je vais soumettre Votre tmi-
ience.
L'avarice, pour qui rien n'est sacr que l'or, a touff
citez de prtendus chrtiens la voix de la religion. Des
millions d'hoimmesi, la plupart Africains, ont t ar-
racis de leur terre natale; leurs larmes et leurs uecurs
ron arros le sol de l'Amrique et spcialement des An-
tilles. Les missionnaires qui, de leurs efforts piiur em-
pcher ces attentats centre l'humanit, n'avaient re-
cueilli que des outrages furent rduits L donner au
zle religieux une direction nouvelle, celle de consoler
les imalheureux, de les aider supporter leurs fers par
la perspective du bonheur danJ cette clrnit laquelle
aboutil notre course rapid sur la terre, tc par le senti-
mient de cette bolt divine qui', en dcernant la vertu
dos couronnes iummnortelles, justiflo la Providence,
Enfin, dans ces dernires anaes, les puissanccsl -
pdenneis sont convenues d'abolir la commerce infAim
de la traite; prsage heureux que, par des moyens pro-
gressifs et sants secousse, l'esclavage aura prochaine-
ientl unt term. Mais diej de Loutes parts la curiditl
lude les iesures consacres par l'Ilvangile et adoptes
par la politique. Des renseignemens incontestables et
multiplies attestent que la traite continue. Si l'infrac-
lion aux lois expose les amateurs ngriers quelqune
dangers, ce, dangers sont compenss par les chance*




( 26 )
de profits normes en cas de rusite, et frdquemment,
des ctes d'Afrique, de Mlnambiique, de Madagascar
parent des cargnainns d'ciclaves pour ltre venudus, les
uns d i e aeles tiaiiies; le niulrr ean plus grand
noilbre Ct;i ,n la G(iadlconpe, la l Marlinique,
et autiirs ile I de I',All:iatiique. .l'ei excep!e in ripubliqu@e
d'l:ili C(S'iit-Domiiiiag)nii une pnpuilalion libre, noire
et ilaang .c comiinenrcc i veldIppcr loits les genres de
talents et de verLus, iinimi duits ai un IrFs- lril noiibrep, restroiiit bca;uiccanp los
succsii que proliiellenl de si elureurses udiIsposilions,
Il y a plus; :le lais qui anioriiaient jadis la traile
des Africains proliibaient la vente des Indiens asia-
tiques, des noirs cheveux longs ; cependant, malgr
le Icxln positif de ces lois, actuellienent encore, anu iles
de Bourbon et de France plusieurs milliers de ces in-
'ortuns gmissentl, dit-on sous le joug d'une servi-
tude que la cupidit lyrannique s'efTorce de lgilimer
par d es decisions jidiciaires. On iii'n cit un ecclsins-
tique qui I l'ile de Bourbon s'tant rcri centre ce
dSordre, a ct en liiille aux outlrages, et force de
quitter la cure dle Saint-Pal mine des p|rincipales de
t!U nuir sc confiner dlans te chliive p3roiip. M. I b-
bd Ciudicelly, iais.iunnairc t Saintii.oiis du SE-
ungal, a prouv les iiiim s contiradictionms pour avoir
montr uni ailc clair et louable contre la lraile.
Avant de le connnitre la corre1iipudaice avec ce
pays m'avait procured, cet gard, des details qu'il
m'a caclfirni'rs de vive voix et qu'il s'eiupressra de
miettre sos les yeux de la Propagande.
Celte Congrgation c'lbre a conquis le respect et
la reconnaissance de la clirtienl par les services




( 27 )
qa'elle n rendui h I'Eglise catholiquie t aux sciences;
clles'asiurerait un tire de plui aux iommages ,si ,d'a-
prs l'expos des fails lui viinaent d'ltre prsells ,
associant sas eforl- ceux da gniiveriiestris euro-
pens par un dcret solennel piulii dans Inilles les
regions, elle ri-itirriit lois les le iissionnaires l'injionic-
tion de pri'dier centre Cle :ritr de vtendre les ioiuiues.
Que de biens resulterail dl'une leell iiimeure!
i'. Elle serait une rpanrse viclortsrise anx calom-
nies quii iiiiputent h I'l'gli catholique de favnriser
l'esclavage colnsidquvlnmmet les calamlitvs de l'espco
huiaine.
2". Elle oafaillirait les iprivenrions de tins fr'reser-
rans de! diverse socits chrlicnies quii ont erit,
prclih et agi centre l'asservisscment de nos sem-
blabes.
3c. Elle serait un litredc plus, pour le catholiques,
h In bienvoillaiice des gotiveenemens prolesloaus, et
surto.-l de l'Angiclerre don't les reffrL% persvrans ont
dlerniiiii lem autres u I>iis.nii ces seconder ses rves
pour I'.blolitinn de la traite.
4'. Si les chet; ou plutt les tyrans des tribus afri-
caineiS qui voidaent lurI sujels comnme des troupa x s,
ont vu, ivec regret, IC. loi rendues centre ce traffic ,
il les avr que les peoples africains y ont applaudi ,
mais ils, doutent de leur ralii en voyant que la traite
conlirue. Ainsi, tandis que d'une part les autorits po-
liliques prendraient des moyens efficaces pour rpri-
mer un commerrce ou plutt un brigandage galemint
honaeux et affreux, d'niie nutre part nl manifestation
des dcrets de la Congrgation de la Propagande ,
fonde sur l'eineignement irrfragable de l'Fglise cathio-




( %8 >
liiqic, prparerait les esprits et Irs course des peuples
nusulmans et idolAltres recevoir les lumires de l'-
vnogile.
5o. Les miissioILhnnitrs appny's sur les principles
religieux :iay: par l'iiin;oricion de leurs suprieurs
et par la protrction de la puissance civil rempliraient
leur mini-iLnre avec plus de scurit et de succs.
mLinence depuii tIrni ais el plus, je me suis d-
voue h la case ('s enaris ,le I'frrique, trnvers des
persicutioi.s deurt la conlinuiit et la noirceur loin
d'aiiorlir nioa courage, l'ont acr, et, jusqu' iinon
derpier soupir i!s trouveront en moi un dferiseur.
Ayant rait une tude sptciale de tout ce qui se ratllchl
celtecause, li d'ail lIursavcc la plupart des homnimes
distingui qui, dans les deux mondes et surloni en
Angleterre, l'ont embrasse ; j'ai acquis peu t-tre quel-
quet droit la confiance, dans ies meures qiue je sou-
mets h la snges.e de Voire Tminence. Je lui enverrai,
par la premiire occasion le dernier outrage que j'ai
pnhlli sons ce litre : lannel de pii't A l'usage des
Hnmestc3 r lide 'ilir. e ri ls IVoir) E~I leur inculquant
les vrits de la foi, et les ninxihiii de la tcrtu ; ri pr-
sentant l leur imiltaion des trres humans de leur
:oniicur. auiijturd'hnli citoyens du ciel, et don't leder-
nier r t canonlis par Sr Sainietle, le pape Pie VII,
cet outrage doit lorlifir I'a taclimernnt des Africains
l'L'gliseenatholique ; j'ai acquis la certitude que djl il
a prodnit quielqe bien.
Quelle que soit la mianiere d'envisager les mnsures
proposes, j'aiume h croire (lue Votre mninence rendra
justice ani motirqui les a inspires ; mais je persivreh
croire que leur adoption conrrihncrnit puissnmmaent




( 29 )
la gloire de In religion, la propagation de I'vn-
gile, et consquemment ain bonheur de l'espece hu-
maine.
Agrez, eminence, les sentinens, etc.
Signed Gntc.oinri,
Ancien dv4ue. de Blois.
Paris, 7 dcembre 1818.

Le pacha d'gypte, Mehlicind-Ali manifesto dei
sentiments homnin iliii lui oiit inrit les loges des
voyngeurs, Plusieurs rois rn'est venue l'ide de lui
dresser un Mmioire contre I'usage de vendre annuel-
lement au Caire une caravan d'esclaves ajueiins de
Nblie. Le Miisuliian, Melieemed-Ali, nurait probable-
ment rpondu, le cardinal Fontana n'a pas daign rr-
pondre.
Eu exlinlant la douleur qn'inspire tin tel silence,
peut-on di moins en adocrir l'armertnme par l.'e.rp-
rance que le t-le individiiel y impplera ; quei les ini,
sionuaires cahloliques, dissmins sur le globe; auromnt
le courage de revendiquer les droits inilprcscriptiblrt
et solidaires de toute la famille jouirde la liberty, et
qu'ils front retentir sur les c6tes d'Afrique les nnn-
thilmcs prononcs dans les saints riLcriures contre les
volura et les fventeurs d'hommes ( )?
Vaiinement dira-t-oni des peoples ignorant que les
manxiies vangliques inculquent les devoirs de ji%-
tice et de charity, si cette doctrine i*est nppu e par
I'exemple qui s-ra toujiors le plus loquent des prdi-

()V.y. F, Xtu i 1. ,r. fDse.tr is. >.- 1. TimnIt. t 1o.




( 3o )
caleurs. Quelie idMe peivent-ils sa former de notre
religion, l'aspect de ccs Europens pr'tendus chr-
tiens, qui vont lesarriclicr des ras de leurs families,
pour les transporier danis des rgiorins lointaines oi,
livrds pardes tigrei 'autrei s ligres, ils trantent dans
l'esclavage, les fatigueset les chAtimens corporels, une
vie de douleur, sans autre consolation, la lin de
chaque jour, que d'avoir fait quelques pas de plus
vers le tombeau ? Pour l'mire la religion dts proslytes
parmi les Noirs, rprimez d'abord ia tyrannie des
blancs.
Pourquoi ne dirait-on pas au clergy catholique que,
sur cet objet, le clergy protetaint de la Grande-Bre-
tagne lui a montr I'exemple? Des vques, des mi-
nistres anglicans et disscriers ont, par leurs serinons,
devanc It provoqu l'acte du parlement qui bolt. la
traite (i). On rpondra peut-ttre que clie nous l'au-
torit publique eta svi centre l'orateur qui aurait
attaqu un tragic autoris; niais, depuis quatre ans, il
est cens4i commue aboli, et l'on n'entend pas dire qu'
Paris ni dans noi ports, on ait prIchlii ni public uin
seul discourse centre nu crime qui, galement proscrit



(i) On rilr conlrr li trite It sernnons par Hiayter, drique de
Norwirl en i-5 iS Warhuritiho, Cvi1Jua dtc Glocestor, n i gei
IPoltcits, vque dl Ctihester, nisiite de Londrce., n 1783;
Wiirrrn dvtlue de llangnr, en 8.3; Cornwalli dvlquede
Lietiltiald, ail i;H); d'antres rlegrnen ont prbch et public deO
iirmunnf' du mema genre. MU. Saunderon, James Fdiler.
Will. Agulter. Prir.tlet, lMa'on Ridlke, Hawker, Peekard.
Bontli. dir, ir,




( 3' )
par I'vangile et par l'autorit publique, a ld con-
tinut avec une audace effrne.
Dans les premieres aniies du dix-neuvime sicle,
les synagogues, les temples, les glises calloliques
retentiisaieut de sermons, de niandemens, don't plu-
sieurs furent justmrtil ciiUlars ana bulletins de la
grande armie. Sans ceeL' nris eqeIICS et nos pritres
prconisaient et canonisaient presque le nouveau Cj-
rus, le Constantin, le Tloldose, le Chiarlemagne,
rI'voyddu iTrrs-Hanut, T'Iornrlmme sa droite, etc, etc.
Il tombe, et aussiltt il est conspui .Nrni-t-on queces
chairs, d'oi ne devraient descendre Ique des paroles de
paix, d ouiil, out retenti iiainte fois d'imprcalions,
d'allusiorn, de bofi onneries, de sarcasmes, de doctrines
servilem, d'accusalionsitndirales don'tt l'effel leplus cer-
tain estdesusciter drsverigearices,de ddgrader l'auguste
religion en subs lituant I la pit Mn eCngotisme uniais et
cruel. O n a tiiendiil deis seriiioii muinion centre la liblerit Igitiue, des ninidemens de
carrime contre l'enseigemenit inutuel : pourrait-on
en citer un seul contre le plus abominable des trafics?
Ce douloureux paragraph sera termin par l'loge
d'un pasteur digne de ce nom, cunsignedans une lettre
d'un baibitaut de la Martinique.
En rUi5 quelques enclaves noirs et sang-m4bls des
deux sexes teintercut de s'vader et de recouvrer leur
liberi ; mais, an moment d'lefectuer leur project, ils
furent saisis et condamns par le conseil suprieur
sant ar Fort-Royal, les uns h ltre fouelts, marquis,
envoys aux galresi perptuit ; d'antres avoir les
jarrets coupes; d'autres h lre pendus et leurs corps
Ietirs la ,voiriet. .e itlirli ie li sentence est pcidf :




( 3-. )
c'est pour avoir voulu ravir leur ma u r e lre prix de
leur raleur. L'arr.tl ui exccut le 4 dcembre 8ti5.
L'abb Le Goff, cir do la paroisse du PiL.celir, ne
pouivalt les soustrairio la islort, se montra du mains
leur coInolateur et ceiui de leurs poreTis (r).
Supposons pour un motmentque les juges di conseil
suprieur se trouvent dans la mCme position que les
victims iiminoles par eux et eiic, rdutits on escla-
vage, ils teniteti de s'vader ; j'en appelle leur cons-
cilece, celle du lecteur; que peiseraicnt-ili d'un
jugement qui, pour ce prtendu crime, les dvouerait
au supplice?


(1) Voy. ce arr't A la suite de r'ourage.




( 33 )


CHAPITRE V.

Autre me3urri I'ur parvenir l'abolition dfnitive de la
traite,.



La confiscation di btliment ngrier et de la cargai-
soit, l'arrestation du capitaine et do tous les agons du
crime, en descendant jusqu'aux mousses, leur tra-
ductiaon. la Cour d'assises, entrent dans le course r-
gulier de la procedure; mais les pines infamantos
pour expier l'attentat poitre la socit, ne sont pas un
ddommagement envers les esclaves librds. La jutiico
et l'humanit auront pourvu leurs pressed besoins;
mais soit qu'ils dsirent retourner dans leur contre
natale, soit qu'ils prfd'rcint de rester dans la pays o
s'est opdre leur dlivrance, des indemnits leur sont
dues. Eux et leurs familles,ont une hypothque incon-
testable sur toutes les proprits mobiliaires et immo-
biliaires dc leirs oppresseurs. Si elles sont insufisantes,
la singularit du moyen suivant, pour y supplier, ne
m'empclie pas de le proposer avec confiance.
J'ai rprouvU la pine de mort contre les assas-
iiis parcel qu'elle ne rpare le nal en aucune sorte ,
ni envers la socit, ni envers la victim; on pour-
rait le rparer par d'autres punitions qui rentrent
dans le cercle de ce qu'ou nomme peine du talion. Tel
serait l'esclavage lgal de celui qui a voulu ravir la
liberty ; ainsi, achetcurs et vendeuri d'hommes, soys




( 34 )
vendus... tendus au profit de ceux que vous avec rendus
ou voulu rendre escanves; vendus en Amrique ou en
Afrique, peu imported. Niera-t-on que cette peine soit
conform aux rgles strictes de la justice ? Cependant
il faut d'autres measures si l'ou veut sinc:rement extir-
per le mal dans sa racine.
Des ministries, niitours riches en processes, pour-
raient tromper pasjagheemeut des homes abondam-
nient pourvus de crdulit; inni elle serait bientt
dsabuse on conmprant les discours et les actions,
car les actions seuels donnent la clefdu cour.
Sur l'abolition de la traite, n'a-t-on pas multipli
les plus brillantes processes ? N'a-t-on pas assure
qu'elle n'avait plus lieu? N'a-t-on pas appel ca-
lomniateurs ceux qui assuraient le contraire? N'a-
t-on pa s menac de mettre en jugement les tmoins
nculaireAe ce traffic? et lorsque, les preuves la main,
ils ont enx-niiies provoqu l'excution de cette me-
nace na-t-on pas gard le silence ?
En 819, un navire ngrier, le ddtlcur, faisant route
pour la Guadeloupe avec un chargementi d'rsclaves,
beaucoup de ces malheureux, affects de nostalgic et
livrs au dsespoir, s'taient prcipits dans les flots
en se tenant embrisss les uns les autres. Le capi-
taine, craignant que leur example ne le privt totale-
ment de sa proie, fait pendre des noirs dans 'esp-
rance que le spectacle de leur supplice empachera les
autres de se noyer.
Une ophthalnie contagieuse ayant ensuite exerce
sur son navire de tels ravages, que trente-neuf noirs
furent frapps de ccit le capitaine les faiit jeter
la mer.




( 35 )
En a8ao, nn autre navire, la Jenme Estleide la
Martinique, abord par un croiseur anglais, assure n'a.
voir aucun esclave i board; mais des gmissemonssourds
se font entendre, et l'on trouve entasses dans un ton-
neau doux jeunes ngresses qui taient dans le dernier
tat de sulffcation (i). Quelles poursuites a-t-on diri-
ges? de quelles pines a-t-on frapp les auteurs de ces
actes d'une frocit inoue? Cependant notre Code ac-
tuel est ici applicable (.).
Prcilemmii nt on a faith sentir combien abnt ila-
soires des croisires tablies sur un space trs-limit,
prs des dtablissemens frannis, tandis que la traite
s'exerce sons obstacle sur une vast tendue de ctes ;
dira-I-on que c'est faite de. moyens, taudis qu'annuel-
lement on prsente un'tat pompeux de notre ma-
rine, et qu' son entretii sont consacrs tant de millions
auxquels chaque session des Chambres ajoute un sup-
pliieut qui s'accroit toujours ?
Dans un itat de paix, dans un tat presquede nul-
lit pour le commerce, quoi donc sont employs ces
vaisseaux, ces frgates, ces corvettes, ces briks don't
on tale l'urniumration ?
On tfit des battles dns s les forts pour dtrnire les
loups, pour dtruire des repairs de voleurs on de con-
trebandiers; ilserait dsirer que pour donnerla chasse
aux ngriers, on format des escadrescomposes de'cn-
tigeni fournis par toutes les puissances maritimes;


(t) Voy. de l'Eiat actual de la traite, etc. p. 86 et luiantel;
itlid, p. i09 et suivantes.
(2) Voyez dans l'Appendice les extraits du Code du ddlit. et
des pines.




( 36 )
mnais,.i l'on ne peut obtenir leur concourse simoltan
ett gard, quedu moins l'Angleterre et la France, si
long-temps rivales pour ieurs iiiltrlts, rivalisent de
lle pour le bien de l'lhumaniid.
Les piiissaces belligranteii doineiit communiment
des cettres dle marque pour faire la course en mer ; ce
n'est pas ici le cas d'examiner, anus le point de vue
moral,un usage correspoidant h celii aq ii nutoriserait
-le briganudag sur terre ; mais certes rien nu serait
plus just que d'autoriser la course centre les ngriors,
come pirate ; car peut-on les envisager autrement ?
Un moyen projos par l'Angleterre lan France, est
la visit rciproque des bitinmens par les vaisseaux de
guerre. A l'instant on s'est rcri que c'tait com-
promettre l'honneur national ; que l'honneur national
repose une telle proposition, ce qui est abjurde,
puisque la visit serait rciproque. Le Portugal et les
Pays-Bas, qui ont accd cette demand, n'ont-ils
pas aussi Ilionneur conserve?
Une disposition iiidipensable est l'enregistrement
des enclaves existans dau s les colonies pour en constater
le nombre actuel et empcclier introduction d'autres
esclaves. Quand cette measure fut propose en Angle-
terre, elle trouva de violent contradicteirs ; dfaut
d'argumens plausible, nn M. Georges Clialmers traila
do jacobins ceux qui l'adoptaient; il en et fait volon-
tiers des factieux, des sdidieux (i). Tenez pour cer-
tain que chez nous il eun sra de mcme. Le parlemeit
britannique, sans s'inquiter des accusations de jaco-
binisrne, a, par divers bills, status sur Ies former

(i) Voy. le Pilanthropist, t. VI, n. 2 pp. f et suivantels




( 3 )
uivre dans cette operation, de ni'nire prvenir les
supercheries. Je ne vois rien de mieux fire que de
suivre cette marche avec I'atll:lioi pi spciaile d ne
onfier ce travail qu'i des comiiimissaires enivys d'Eu-
rope et d'une intgrit reconnue.
Une consequence iinidiate de l'enregistrement,
c'est la iiaie en liblrtI avec inilrunnh de tous les s-
claves introdilits cia cuutrebande depuis i817. On ne
manquera pa. d'objecter que les Noirs de Irnite une
fois tablis sur les plantations, il est impossible
de les distinguer. Vain subterfuge ; il exise plusieurs
moyens pour reconnaitre les Ngres importl post-
rieuremenut cette poque.
I. Le dnombrement fourni par chaque planteur,
administration colonial, des Ngresexistans la fin
de l'anne, ainsi (ue dtesnaissauces et dcs survenus;
2'. Les registres de baptnme de chaque paroisse,
les Noirs nouveaux tant ordinairciment baptisms danu
les premiers mois de leur arrive;
3". Le tmoignage des Noirs eux-mnmeis et celui de
leurs compagnons qui se rappellent trs-bien la date
de leur entered sur la plantation. Les Noirs d'Afrique
connaissent les noms du lieu de leur depart, du
navire du capitaine ungrier, du ngociant qui les
a vendus, Si la minoire de l'un est ea dfaut, les
Noirs de la inme cargni-ini, qu'ils rencontrent au
bourg le dimanche, pourront l'en informer.
La mise en libert des enclaves introduits en fraud,
et l'indemnit due pour leur travail, sont des actes de
justice qui dconcerteront les spculaleurs.
Quelqu'un a propose d'envoyer aux lies de la
Martinique, Guadeloupe, Cayenne Bourbou des




(38 )
agens affldd et secrets, en surveillance habituelle
contre les ngeior. La dlicatesse repousse un moyen
qui se rattache au systme d'espionnage, l'un des
grands resorts de In politique moderne; systme qui,
tablissant la dfiance et l'hypocrisie contribute si
puissamment dpraver les nations; systme outra-
geant pour ceux qui en sont l'objet, avilissant pour
ceux qui l'exercent, et fltrissant, d'une tache ind-
Ibile, ceux qui le soudoient ; systmei invent par l'i-
neptie, car l'emploi de moyens obscure, tortueux et
odieux, atteste l'incapacild gouverner par des for-
mes lgales, et a suivre la route trace par Suger,
Sully, Turgot, Maleslierbes.
Et pourquoi des agenda secrets, loraque, dans tous
les tablissemens, vous avez des fonciionnaires publics?
Ngligent-ils les devoir de leur tat? Cette con-
duite pent-&re accuse votre choix ? Alors changer-
les et choisissez mieux ; surtout envoyez dans ces
possessions lointaines des magistrates europens, et non
des planters qui, intress. au maintien des ahns,
sont juges et parties contre les Noir! et les Sang-mnels.
Que lours causes soient juges par des triIbuinux rgu-
lieri et non d'exception et que la voice d'appel aux
tribunaux europens leur snit ouverte.
Telle est encore chez une futni le d personnel l'igno-
rance, qu'elles n'ont pas d'ides prcises sur les carac-
tres distinctj'i de ce qu'on appelle constitution, lois
et ordonnances. Il n'est donc npas inutile d'ajouter
que les measures, proposes pour prvenir la traite et
punir les ngriers, doivent otre l'objet de lois et non
d'ordonnances, don't le caractre dislinctifest do fire
oedcter les lois.




( 39 )
Dans nos temps modernes, la plupart des hommes
qui, de droit ou de fait, president aux destines des
people semblent croire que, pour bien gouverner, il
suflit d'ordouner. De l cette exubrance legislative,
ce bagage norme de Codes compliqus et quelquefois
contradictoires, inusits uimme, jamil abrogs ou
rduits, et toujours menaans ; In chicane etl'arbitraire
ne manquent pas de les exploiter en opprimant. Dans
tout pays, ce qui tient au regime fiscal est le plus soi-
gneusement excute, car tant de gens aiment s'ap-
proprier ces zitaux don't la valeur idale reprsente
toutes les valeurs matrielles. 11 n'en est pasde mme
sur beaucoup d'autres articles. Contre la traite, par
example, vainement ou multiplier, on entassera les
lois, lus ordonnances; elles resternnt inexcutes, si
leur application nest conlie des mains pures. En
trouve-t-on facilement cheap des nations oi lI'hypo-
crisie, la deception, reduitsi en systmes, tendent
rtrcir les esprits, dpraver les crurs? Beaucoup de
lois seraient inutiles ct tomberaient en dsutud, si,
pour rendre les citoyens vertueux, on y consacrait
seulement uue parties des sommes et des soins qu'on
emploie h les asservir, les dgrader. L'art de gou-
verner consist moins prescrire des devoirs, qu' les
faihe connaltre par la conviction qui subjugue l'es-
prit, les fire aimer par la persuasion qui entrane
le cur. Que sert de rpdter avec emphase le clbre
axiome, ,ridlege sine moridus? si l'on n'a pas assur
aux lois une garantie par l'ducation ente sur le sen-
timent religieux, base cssentielle de toute organisa-
tion social, ct uans lequel elle s'croulera?
Au milieu des tnbres du polythisme, 'ducation




( 4o )
4tail une parties colntitutive de ces rpubliques grec-
que don't nos vux sollicitent la resurrection. Le
mot civilization, non telle qu'elle est, niais tell qu'elle
devrait tre, prisente la double notion des facults
intellectuelles et de la pratique des vertus dveloppes
A un hiut degr ; niais depuis long-temips ciez nous
on fait tout pour l'esprit et presque rien pour le
cour. L'instruction est aussi commune que l'duca-
ioi est rare. Eu sort que les dons de l'esprit, qui
tdevraient servir d'appui la morale, deviennent sou-
vent des armes contre elle.
Mais l'instruction mme, que sera-t-elle, si enfin
s'excute le plan concert et dj partiellement ex-
cut de la confier une classes d'hommes qui s'effor-
ceront d'imprimer l'enfance les forms du despo-
tisme, et mine de lui donner nu caractre dogmati-
que, en le plaant sous l'gide de la religion qui le
repousse et l'abhorre 7
Rappelez-vous des services soin le litre de profes-
seurs qui, Paris et dans les dpartemeus, fati-
guaient, excdaient la patience de leurs dlves, en leur
donnant pour sujet d'aniplilicatinns l'apolih e d'iun
despite qu'ils ont maudit l'envi des le lendemain
de sa chute. Est-elle naturalise parii nous cette
souillure adulatrice par laquelle se .-ont fltris tant
d'hommes dans les classes les plus leves les plus
cultives de la socit, vques prtres, snateurs,
dputs, magistrate, prfets, poets, artistes, etc., etc.
Faisons des vux pour que cette contagion deplorable
n'infecte pas une jeunesse qui accueille avidement tout
ce qui rappelle l'liominc sa dignit etsa haute des-
tinde. Supposons, par example que pour sujet de cou-




( 41
course des prix dans vos coles, on propose la question
de la traite et de l'esclavage; tenez pour certain que
la fermentation du talent va fire explosion en prose,
en vers, en grec, en latin, en franais, et vous verret
ce que peuvent enfanter, par leur runion, la prco-
cit du gnie et un lan natural vers tout ce qui est
just, grand et gnreux.
Ne devraient-elles pas montrer I'exemple ces socits
savanules, ces academies qui retentissent si souvent de
fades loges? Quand quitlera-t-on cette ignoble rou-
tine ? La littrature aussi a donc ses giemonfis et ses
cloaques ; c'est le rceptacle dfinitif des complimens
dbits dans les chaires et les tribunes, au barreau et
au Parnasse.
Par des institutions nationals et par l'axemple, plus
facilement que par des fois, on transformed en esprit
public les principles vrais, les sentirmens purs. L'dnca-
tion est le moyen le plus sir pour obtenir ce riultat,
et vous l'obtiendrez si dans les ltanblissrumens destins
la jeunesse, l'criture, la peinture .1 lithographie,
et tous les genres d'iintrucion retracent sans cesse,
non-seulement des ides propres clairer l'esprit,
imais bien plus encore les drInemens, les fits, les
ainiimes qui agissent utilement sur les ceurs ; si vers
ce but est dirig le course des tudes par les lions lives
,distribus aux dlbres, par les mnodles qu'on place sous
leurs yeux, par les sujets sur lesquels on essaie leurs
tales.
Ils avaient bien comprise cette puissane publique,
ces Hlollandaisqui, dans leuir coles, avaient rpandu
un outrage don't les rcits et les gravures rnppnlaient
sans cesse leurs enfanu les dvastations corinises idai




(4 )
leur pays sous Louis XIV (I), et les fliau don't il les
aroit accabls.
Il avaitbiou comprise la puissance de l'ducation, ce
potentat qui, de nos jours, a lent sans succs de ri-
diculiser la liberty en l'a ppelaut idologie.
Combien d'hommes titrs, prns, et actuellement
en place, secondrant tous ses projects pour vacciner
le despotisme. N'ont-i' l au voulu arracher des mains
de la jeunesse cerLins classiques grecs et latins cou-
pables de haine contre le; oppresseurs, surtout ce
Tacite qui, non content d'tre liberal, il y a seize
cents ans, eut l'audace dr rv d,' h tous les sicles les
forfaits des tyrainu Car, aprs Il Bible et surtout aprs
l'vangile, parmi les ouvrages que certaines gens ap-
pellent .additieux, Tacite figure au premier rang.

(i) Voy. le livre intitul : De Firwohce t-ranny, in-ta, Anister-
dam, 16q4.




(43 )



CHLAPITRE VI.

Application dea l pine infamaune.



Us Anglais dlisait 1y a tclle action pour laquelle
je in contw clrais de mettre Ul no IOME D PEUPLE a fa-
mende ou en prison, car rlamendi et la prison ne doi-
vent pas tre cumuldes; mais je ferais pendre lU lord
par respect pour sa dignity Cette ide peut trouver des
approbateurs dans un pays oit l'on croit qu'un lord est
un resort ncessaire du mcanisme politique.
Mais dans une contre oi l'agriculture, le. manu-
factures sont reconnues plus utiles la socit que les
privileges et les titres ; oi la dignity d'homme, la pre-
micre dans l'ordre de la c'ration, n'est point efacCe
par les dgards accords aux dignits conventionnelles
qu'on a introduites dais la structure du gouvernement;
oi chacun, quel que soit soi rang dans cette hirarchie
social, doiLu'honorer d'treuildbdien,honme dupeuple,
et de participer la maj si de la nation expression
vraie et, je ni sais comment, chappe la plume de
M' Ferrand, pair de France(i), toutes les places tant
accessible, ou du moins rputes tells, tousles geres


(i) Voy. log e de madlme lisabeth de France, 89, Parii,
i8imj, p. tof.




(44)
de mrite, les punitions come les rcompenses doi-
vent tre rparties dans le mnme ordre. La loi, ma-
nation de li justice ternelle nesurant ses rigueurs
sur la gravilt dii crime, doit sanii distinction frapper
les coupablcs, DIvier le ce principle, ce serait faciliter
l'accs toutes les iniquitsl. Hl1las! trop souveut encore
se vrifiera l'ingnieuse comparison qu'o n faite des
lois aux toiles d'araigne qui retiennent le moucheron,
nais qui sont brises par un insecte plus volumineux.
De grands coupables, ireranchLs derriere le rideau d'oi
ils feraient mouvoir les automates sacrifis, chappe-
raientsifacilenent la rigueur des loisl Pourruient-elles
jamais les atteindre, si, pour avoir un avis, les juges
allaient prendre le moLOd'rdre; s'ils taientdes honintes
don't ou pt acheter les votes et le silence, et auxquels,
avec de l'or, on pt former la bouche et les yeux?
Nous avons dit qu'il faut poursuivre les armateurs,
affrteurs, assureurs, commanditaires, capitaines
lieutenans cottre-rniitres, et descendru jusqu'au
mousse, car toLas sont complies (i).
Les criniiiialisies ont dissert sur la complicit et la
proportion dans laqn lel les pcinceis dlivent qLtreinifliges.
La loi iitervenir doit tracer des rgles lies a cet
gard, et ne pas livrer le sort des accuss aux chances
arbitraires du systi'ei iiiterp,rtalifiqui, dans l'histoire
de-la legislation modere fournira d'pouvantables
episodes.
La tentative du crime doit encore tlre prvue. 1 est
nombre de cas oii elle sera occulte et consdquemmeiie

(r) Voy. dluis l'Apipendice, I'artl. 5 du Caoid des dlils ct de"
pcine.




( 4 )
iattaquable. Un navire faith voile pour la Guine avec
l'intention formelle d'y laire la traite ; ceite intention
secouvre du project d'aclheter lu morfil, de la poudre
d'or, de l'huile do palme, de la gonme. LMais cette ex-
cuse peut-elle s'nppliHq(ir ia project imprim d'arme-
ment, par e I)enilu, du IlIAvre, pour caller h la cte
d'Afrique acheter ceiit cent cinq mnulrfs qui, sur une
godlelue de soixante-dix to:meaux, seraient ports et
vendus aux Antilles (i)?
Sur l'article de la traite, come pour tout autre
crime nu dlit, un innocent t peu tre accuse; mais, si
avant que sion innocence ft reconnue, il a t tran
dans les priions, quel ddommagement lui assiguerez-
.vous? Dans tous les pays lorsque pour un objet d'u-
tilitd publique, on s'emnpHr d'un cihamnp, de la maison
d'un citoyen il est indemnisd de la perte de sa pro-
,pritd. Rien de plus just, et di;s lor ririin n'vt plus
injustue que d pe ie s ddniiiiager I' ihomnen reconnu
innocent, qui n g:mui udans les cachuls. L'altration de
sa saut lI chaigrinu qu'il n proruvs, ainsi que sa fa-
mille, sont un nmal irri;paralle ; que du moins la so-
cil compense le lort faith ia sa fortune. Cet article est
une lacune dans notre legislation il eu est de inmme
de la prise b parties, pour certain cas que la loi n'a pas
encore spcifi, tli serait, ce ime semble celui de
l'dtrange jugement rendu la Martinique, don't on a
parl, et qui est imprim la suite de ce ouvrage.

(L) Voy, de l'Lat actual de la trails, etc, p. I rair anivailte.









CHAPITRE VII.


Dure de lapeine infamante.



Dieu lit du repentir la vertu dei mnrtri,

CETTE maxime est fausse dans saR gnralit: refuse-
rait-on le titre d'homme vertueux celui qui n'nurait
jamais cd aux attraits device, pour ne l'accorder
qu' celui qui, aprs avoir failli, se serait relev de
sa chute? an n'exige pas d'un pote la precision d'un
logicien, mais remnar-uons, en passant la mauvaise
foi des dcrivains anti-chrtiens: parle-ton des riguurs
de la justice cleste ? ils accusent le christianisme de
montrer en.Dieu umiitrc iiiiilityab[l ? Parle-t-on de
sa misricorde ? ils accuoiiLt le christianisme de favo-
riser le vice, en adrmetant des tscies expia tires; alrs,
impitoyables eux-mnmcs, ils repoussent donc le re-
peantir.
Les institutions les plus sacrdes se dnaturent par
l'ignorance ou par la perversity des homes ; mais re-
proche-t-on a l'imprimerie de publier des calomnies
et des obsciits, au WiJgraphe de transmettre quel-
quefois des arrts de sang, la justice d'tre quielque-
fois administre par des prvaricateurs ? Une censure
mrite s'lvera toujours contre eette prodigalil
d'absolutions et d'indulgences inconnues la primi-




( 47 )
tive glise et contraires son esprit, par lesquelles on
endort les coupables dans une fausse scuritd; mais
vous save, lecteur, quelle socit appartiennent ces
casuisies relichs au dire desquels :
11 est avec le ciel des accoummodemens.
La reconciliation religieuse l'indulgence sont, en
matire ecclsiastique, ce que,da ns les if tires civiles,
on appelle le droit de fire grdce; la justice humaine
doit avoir pour type la justice divine. Former la porte
au repentir, ce serait ouvrir celle du dsespoir ; au-
tant vaudrait graver au frontispice de vos cachots la
fameuse inscription que Le Dante place sur le frortis-
pice des enters.
Lllomme qui vous laissez la vie, mais qui n'at-
tend plus rien de la socitc, est contre elle dans un
tat d'hostilit permanent; si au contraire son ex-
hrdation n'est que tempornire, si i rayon d'esp-
rance lui sourit, elle soutient ses forces. elle alimente
son courage.Tel qui fut autrefois in flau pour la so-
cidt, peiit y rentrer sous l'escorte de la vertu. Le fa-
meux voleur Barrington dport aotanny-Bayy a ,
dit-on, rempli dans la suite avec distinction les fonc-
tions de juge de paix.
Inspired au coupable le dsir de reconqurir l'es-
time de ses semblables; quand, par le laps de temps et
surtout par le changement constat de son tat moral,
il aura expi ses torts, dclarez que sa fltrissure est
teinte ; s'il est fiddle remplir tous ses devoirs, il a re-
conquis tons ses droits.




( 48 )
APPENDICE.


EXTRAITS Dn CODE lES DLITS ET DES PEINE.
Articles aiplicable. aux crimes des ngriers.
Art. 7. Les pines afilictives et infamantes sont :
a', La mort;
2". Les travaux forces perptuit;
3. La dportalion;
4I. Les travaux forces temps;
5*. La rclusion.
Art. 8. Les pines infamantes sont :
io. Le carcan;
a". Le bannissement;
3. La degradation civique.
Art. io. La condemnation nux peines tablies par la
loi, est toujours proonce, sans prejudice des resti-
tutions et domoages-iiutirLts, qui peuvent ,tre dus
aux parties.
Art. 55. Tous i[.- inlividutiii ndin lni pour un
mame crime, ou pour iu iim ine d lit, soni tenus
solidairement ie'; nlu. "inl'es, des restitutions, des dom-
mages-iiicdrts et des rriis.
Art. 59. Les complies d'un crime ou d'un ddlit,
seront punis de la runiie pine que les auleurs mImes
de ce crime ou de ce dlit, sauf le cas o la loi en
aurait dispose autrement.
Art. 167. Toute forfeiture, poty laquelle lau oi ne
prononc-pas de pines plus graves, est punie de la d-
gradation civique.
Art. 265. Toute association de malfaiteurs envers




( 4u )
les personnel ou les proprits, est un crime contre la
paiz publique.


(Fol. VI, n 102). Gazlete de la Martinique, du ven-
Mlartinique, Fort-ltoyal, Ie 3o novembre.

Arrt du conseil suprieur, sant au Fort-Royal,
le jeudi 3o novembre i8i5.
Louis, pnr la grace de Dieu, roi de France et deNa-
varre, tous prdsens et venir, salait : *
Le conseil supriour de l'ilo Martinique a rendu
l'arrdt suivant:
Vu le procs criminal instruit et poursuivi la re-
qutte et sur les diligen ics du substitut du procureur-
gnral du Roi, re la sandclhausse de Saint-Pierre, de-
mandeur, accusateur, anis.sant de son office contre di-
vers esclaves arrtLs en nier dans uni cannot, par eux
enlev, s'vadant tous fauteurs et coinplices de leur vasion.
Sor lequel procs est intervene jugement, le jeudi
23 du present mois, rendu par M' Jean-Amans Astorg,
conseiller du Roi, snchal de ladite snchausse as-
sist de MM. Pecoul et Pronzat, second et troisime
substitute dudit procureur du Roi en ladite sn-
chausse, et composant In chambre.
Par lequel jugement, les premiers juges ont dclar
les accusa, ci-aprs nomms, dtineut atteintset con-
vaincus, savoir :
Edouard, cApre, esclave du sieur Pitaulhpre; .dge-
nor, dit Jtannon, muultre, esclave du sieur Joseph




( 50 )
Perpigia; Louis, multre, esclave du sieur Edouarr
Patrice; St.-Prir, miultre, enclave de la demoiselle
Dutournay; Cliarles, dit Clariliy multre, esclave
du sieur Geraid id Fr y'e; John, n igre, esclave du
sieur O'imullane; Micirl, mniultre, eclsavedeo. Jorna
de la Calr; Pierre, dit Caprice, ct frilliaun, n-
gres, esclaves du sieur Genec Durosaire ; et le mu-
lAito Ezl'de, escliave du sieur Faroga. d'avoir en-
semble, onu iparcment, formin le project iles'dvnder de
la colonies ; de s'ltra runis avec Jean Philippe, esclave
du sieur Assicr; et Rcrnmond, esclave du sieur Sainte-
Croix (lesqutls se sont l'un et l'nutre noys au moment
de leur arrestation), pour enlever ut cannot apparte-
nant la nomme Reynette, mulAtresse libre, et ef-
fectuer le project de leur vasion ; de l'nvoir ralis en
s'embarquant tous ensemble dans ledit cannot, enlev
aprs effraction de la chane etdu cadenas, qui le te-
naient attach deux autres canots; et board duquel
ils ont t pris et arrZltL par la chaloupe de ronde,
dansla nuit du 17 nu iS eptembre, une lieue et
demeide la ctle, faisant route pour joindre une go-
lette anglaise qui devait les porter dans ii nu ile trai-
gre, et d'avoir voulu ainsi ravir f Inur.: matres le prix
de leur valrur.
Le dit Elize, particulirement d'avoir vol 3o0
gourdes d'espces, qui lui avaient l confies par le
sieur Reynouard, pour tre premises au sieur Ancinell,
du Fort-Royal.
Les inulAtresses AI et Agnes, l'nie et l'autre esclaves
da sieur douard-Henri, d'avoir dunni retraile
lide, doublement coupable de vol et dle marrou-
iage; de l'avoir recel, en lui proctr.aiml 1tu1 Lsile




( .1 )
drant la maison ou la chambre qu'occupaiL .Jn-Phi-
lippe, sous prtemte de pidt, et encore cn fournis-
sait la nourriture et l'entretien dudit Elizc'pen-
enfin de lui avoir facility les moyens de disparaltre et
de s'vader l'Vtranger avrc le dit Jean-Philippe.
Pour riparationi de quoi lesdits premiers judges, en
conformit des articles 3, 4 et 5 de l'ordonnance du
roi du <*' fvrier 3743, ont condamn ledit mulitre
(liz~e, esclave du sieur Faugas, accuse, itre tir
des prisons, et conduit, par l'excuteur des lianes-
ouvres, au lieu ordinaire des excutions de la ville de
Saint-Pierre, pour y tre pendu par ledit excuteur,
et trangl jnsqu'i ce que mort s'ensuive, k la potence
qui s'y trouveplante; son corps mort jid la voirie.
Et lesdits douard, cApre, esclave du sieur Piault
pre ; Agenor, dit Jeannon, inul.tre, enclave du sieur
.Josrph Perp:igTa; Louis, inulltre, escltce du sieur
Ldouarl Patricr; Saint-Prix, rumilAtre, enclave de
In demioiselle Di ourni;-; Charl 's, dit Charlerr. e.-
clave du sieur Gralddf Faye; John, ngre, escinve
nlu sicitr O'mnullane;l MichelC, mnltre, esclave de
M. Jorna rd la Cair; Pierrn, dit Caprice, et l"'illiam,
enclaves du sieur Genet Durn.aire: Agnbs et Ai, juu-
ltresees, esclanes du sieur doainrd-llriri; tous ac-
cuses, & 'tre tirs des piri.ons, nt conduils par lex-
cuteur des hautes-euvres, au lieu ordinaire des ex-
cutions de ladite ville de Saint-Pierre, pour y -tro
fouetts de vingt-nief coups du fouet, par le dit ex-
cuteur, marqus sur l':paule droite d'un fer rouge,
rn forne de lettres G. A. L., et conduits nux galres,
pour y servir le Roi i iprrpluiit commie fonr-air.




(C5)
Ont dcharg la petite mul&tresse Donnett de touted
accusations, et ordonn qu'elle serait largie de la gele
et son crou bifV.
Vu les conclusinns tiu procururr gnral du Roi
ouvertessur le bureau, et portant appel rmninmddudit
jugement ;
Ou les accuses en leurs 'interrogatoires, subis de-
vant la Cour; savoir, par la petite mulAtresse Don-
nette, par crit et la barre, et les autres verbalement
et sur la sellette ;
Oui le rapport verbal de ladite procedure, par M. le
June de Lanmote, conseiller titulaire ;
Tout vu, considr et mzrement examine ;
La Cour, aisant droit sur l'appel minimd da pro-
cureur gnral du Roi, a mis l'appellation et juge-
ment, don't est appel, au nant, en ce qlue, i"les
accuss nomms douard, cpre, esclave du sieur Pi-
taul ; Agenor, dit Jcannon, nmultel, enclave du sieur
Joseph Prrpigna; Louis, mulAtre, esclave du sieur
duiard Patrice: Saint-Prix, esclanvide la demoiselle
Putournay'. Charles, dil Chairleyr miulitre esclave
du sieur Geraldl r de aye; John, nCgre, esclave du
sieur O'mullane; Micheli, imulAtre, enclave deM. Jorna
de la Cale; Pierre, dit Caprice, et Tiilliam, esclaves
du sieur Genet Durosaire, n'ont t condamns qu'
tro rouetts et marqus et mis aux galres perpc-
tuelles.
C. En ce que la muiiAitrese Ai, esclave du Jieur
douard Henry, a t condamne simplement i -tre
foiette et marque, mise aux galres perptuelles ;
3". E1' c e que la ultresse nomme Aibirs esclave




( r;it )
dudit sieur Ldouard Henrj-, a tI condamne dtre
fouette et mnrque, et mise aux galires perptuelles.
imecudant qant ces trois chefi dudit jugeienti,or-
donneque ledits accnsustsr oinuomi, anvoir: l douard,
Agenor, dii Jfainnon, Louis, Saint-Prix, Clharles, dit
Charlrry John Mir.lc: Pierre, dit Caprice, et IT"l-
lian, scront tirrs des prisons et condnits par l'excu-
teur de la haute justice, au lieu ordinaire des excu-
Lions de la ville de Saint-Pierre, pour y dtre pendus
par ledit execiilciir, et trantglis jusqui' ce que mort
s'ensuive iine poteice qui y sera plante, si fait
n'a t et leurs corps morts jet.I la voirie.
Ordonne que Ies deux munl;tresses, nommes Ai et
Agnis, assisteront h l'excution idu present arrt; que,
de plus, Indite A> sera foulle, sur ladite place, de
vingl-neuf coups de fouet par les mains dudit excu-
teur de lh liante justice, et marque sur l'paule droite
d'un fer rouge, portant l'vinrniriiite des trois lettres
G. A. L., et ensuite conduile aux galires pour y servir
le roi cummie forceit ih ierpitliti.
Orduune qu'il sera plus amnplement et inridnrimiiii it
inform contre ladite mnlAitrrese Agnis, laquelle gar-
dera prison dans la nouvelle geile du Fort-Royal.
Le risidu du jugement exc:ut selon sa forme et te-
neur. La cour renvoie l'texcutiou du priLsent arrdt de-
vant les oflicters de In uinchauisse de Saint-Pierre, et
ordonne que leditarrt scra imprim et aflichl partuiit
oi besrin sera.
Mandons et ordonnons tous huissiers, sur ce
requis de nietiC ledit arrit excutiin; A nos
procureurs prs oIt .qn:chauisses d'y tenir la main;
a lots couiimndaiidn et lnniciers ile In force olpublique




( 51 )
dle prter main-forte, lor*sq'ils en seront lgalement
requis.
En foi de quoi, le present arr't a ti sign par le
president de la Cour.
Fait et jug au Conseil suprieur de la Martinique,
en sa sance extraordinaire, du jeudi 3o novembru
i8r5. RONDEAU.
Scell au Fori-Royal, lesdits jour et an.
RONDFAU.

Excutd a dt l'arrt ci-contre, et des autres parts
en prsence des officers de la snchausse de Saint-
Pierre, sur la place ordinaire des excutions de ladite
ville, dix heures du martin, ce jour lundi 4 dcembre
1815.
lloaun.


Arrt du Conseil suprieur de l'lleMartinique, sant
au Fort-Royal, lI vendredi s"' dcembre i815.
Louis, pnr la gr&ce de Dieu, roi de France et de
Navarre, tous prscns et venir, salt :
Le Conseil suprieur de l'ile Martinique a rendu
l'arrt suivant
Vu parla Cour, le prochs criminal instruit et pour-
suivi la requit e et sur Ics diligence du substitute du
procureur gnral duRoi, en la sduchausse de Saint-
Pierra, demandeur et accusateur contre divers escla-
ves, accuses d'vasioni l'itranger, et centre tous
auteurs, fautelur ei compliccs, tant de ladite invasion




( 55 )
que des vols domestiques, commit par aucuns deidits
esclaves.
Sur lequel procs criminal eot intervene jugement
rendu le 23 du present mois, par iM Jean-Amans As-
torg conseiller lu roi, snchal de ladite sdichaus-
sde de Saint-Pierre, assisti de MM. Pecoiul et Prou.
zat, secoiid et Iroisiiie iiubstitliu diudi procureur du
roi, comiiiisa Inl chambre.
Par lequel jugement, lesdits jugei out drclard les
ar.cuses ci-apris iiomuiudis diUmeu atteints et convain-
cus savor i
Le ngre Marcel, esclaie du sieur Poney, d'avoir,
dessein de s'varler, nabs de la ccniiance de son
maire en ouvrant l'arroire dans laquelle tait ren-
forme une some assez cnnsiddrable, larit en or
qu'en argent, et eni y lciitnlant une bnurse conitelant
dix donbleo et pillsieurs auires pIbces dle monnaie
d'or, ainii qu'uui sac plein de Irac:lios ide gourdes e
argent; d'avoir ensuite, l'aide id'ine pince ilfoiici
une port ddederridre qui tait frriiie au c;ldeiBas,
pour fuir avec son vol et de s'ttre enfin soustrait
la domination de sou matre en s'vadant de la co-
loniiio passed r pa l'tranger.
Joseph ngre, esclave de Lavenitur, hoimme de
couleur libre, d'avoir aussi vole son imailre di-
verses pieces d'argenterie, qu'il a ensuile donnes eu
paiement de son passage au maitre ou capitaine de la
golette sur laquelle il s'est embarqu pour passer ci
l'le de Saint-Bartliulemy, et se soustraire la domri-
nation de son maitre.
Et les nommes Charlery, esclave de Raceil, femmn
de couleur libre ; litr esclave dlu sieur Raymonsd di





Perpigna ; et Fictor, esclave du iieur Clment, n-
gocient en ladite ville de Saint-Pierre, tous trois mu-
ldtres; d'avoir, soit par sdduction soit de leurpro-
pre movement entrepris et exdcui le project de s'-
vader de la colonies, ct p:aser l l'tr.nger ; d'avoir
par-l, et e s'embarquant sur une golette qui los a
ports h Saint-Barthlemy ainsi que les susuomrnnx
parcel et Joseph ravi leurs matres cl prix de leur
valeur.
Pour reparation de quoi lesdits premiers juges ont,
conornnment nux articles 3, A: et 5 de l'ordonnance
d verain de cette ile, condnumnd Marcel, ngre, esclave
du sieur Poncr; et Josrph esclave de Lavieture,
atre tirs des prisons, et conduits par l'excuteur des
liautes-muvres, ani lieu ordinaire des exdcutions de la
ville de Snint-lierre, >ponr y dtre penn$s et diran-
gli.s jusqu''i ce qiue rt .i'ensuile:, la potence qui
s'y trouve plarni Icurs corps morts jclitr la voirie.
Les iiouiiinm Ficor, tiul:ire du sieur Cldment,
ElieC, niilitre, enclave du sii'nr ltay.nond de P'r-
pi~nl, iet 'rlrl'r, mulAtre, esclave de Rachel,
femmie de couleur libre i litre conduits par Vex-
culeur des liaucs-Souvres an lien ordinaire des exciu-
tiens de ladite ville de Sain t-Pierre poury itre foettis
de vingt-neul'coups de fouet marqus sur l'paule
droite d'un fer chaudi ri forme des lettres G. A. L. et
conduiiL aux galres pour y servir le roi perptuit,
come formats.
Vu les conclusions du procrururgnral du Roi, ou-
vertes sur le bureau :




( 57 )
Oui les accuss en leurs interrogatoires subis sur la
sellettc, devant la Cour
Oui le rapport verbal de ladite procedure, par
M. Bourke, conseiller titulnire;
Tout vu, consid1r et mnArement examine;
La Cour a nis l'appellationr, et ce don't est appel au
nant, en ce que les noiniiii J victor 1/'ll et Charlery,
ont t condamins i& ire fouett et miarnlus, et mis
aui galbres perptuelles. Einendant,.quant a ce, or-
donne que ledits susniomins r'iFtor, esclave du sieur
Clment; Elie, enclave du sieur ayj-mond tc Per-
yigpna; et Cliurlr3-, enclave dleiachel, femiunt de cou-
leur libre, assisteront au supplice des nomms IMarcel
et Joseph, qu'ils auront le jarred~ coup par l'e cuteur
de la haurt jiuslice, et qu'is sero.t ensuite remis leurs
mattres.
Le rsidu du jugement exdcut selon sa forme et
teneur.
Ordonne en outre ladite Cour, que le present arrt
sera imprim et ailiclih partout oi besoin sera, et
renvoie l'excution didit arrti, devant les oficiers de
la snchausse de Saint-Pierre.
landons tc ordonnons tous huissiers, sur ce re-
quis, dea mettre ledit arrt a execution ; nos procu-
rcurs-godutra.ux, et a nus procureurs prs les se-
chausses, d'y tenir la main ; tous coiiimaudans et
oliciers de lai force publiqlue de priter main forte
lorsqu'ils eu seront ii galeien t requis.
En foi de quoi le prseut arrt a lt sign par le pr-
sident de la Cour.
Fait et juge au Couseil suprieur de la Martinique,




( 58 )
en la sance extraordinaire du jeudi 3o novembre
i8i5.

Scell au Fort-Royal, leIdits jours et an.
MoBsnenu.
dcut n t l'arr&t ci-contre et des nutres parts,
eu presence les officers de la sCnchlaussLc de Suint-
Pierre, sur la place ordinaire des excutions die ladite
ville, ce jour, lundi 4 dccniare i8i5, dix heures
du mnatin.
BoDEn..
Posl-Scrisptm. Une lite nominative des jiige, quni
cpmnposaient alors ce tribunal, a i env'oye du llivre;
on ne la joint pas l'auret, parce qu'elle laisas quelque
incertitudc. Cette publication peut avoir lion dans nu
autre crit.




TABLE


DES MATIRES.



page,.
CAr nTr 1"r -Abolilinn lgale de la trait, oentinuBtion
de c. horrible traflc. Doit-on le punir par la pine de
mort? i
CtAt. n. Des paeies fonddes sur l'pinion. 7
CUtr. III. Dca Pines inifamiante. Moyen d'en anurer
eflieicaitL. |3
Cai,. IV, Moyens rcligirux qui peuvent seconder rau-
ntritd publique pour l'aholition do la traite. 30
Citr. V. Autres menures pour parvenir A abolition
dlfinilive de la traiteo 33
CTir. VI. Applicalion de la prine ifnraiante. 43
Ciir. V,. Durr de la pine infamanto. 46
APPENDICE.
fttraiti du Code des dits et de, pclnec. 48
Cazette de la Martinique, du vendredi i5 ddoembre s1iS. {g




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