Group Title: Me´moire en faveur des gens de couleur ou sang-me^le´s de St-Domingue et des autres i^les franc¸aises de l'Ame´rique, adresse´ a` l'Assemble´e nationale : ; par M. Gre´goire,...
Title: Memoire en faveur des gens de couleur ou sang-meles de St-Domingue et des autres iles francaises de l'Amerique, adresse a l'Assemble´e nationale : ; par M. Gregoire,...
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Title: Memoire en faveur des gens de couleur ou sang-meles de St-Domingue et des autres iles francaises de l'Amerique, adresse a l'Assemble´e nationale : ; par M. Gregoire,...
Physical Description: Archival
Language: French
Creator: Gregoire, Henri
Publisher: Belin
Place of Publication: Paris
Publication Date: 1789
Copyright Date: 1789
 Record Information
Bibliographic ID: UF00098883
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Resource Identifier: oclc - 466478012

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Rn favc s gens r o a
ml. df St .- Domin e, 6 des autres
Iflrs franoi/fes de a'mnque, adrejf
t lAe:A.3e Nationse. \

Par M. G'IR oxG 0
Cur d'Embermcnil, Dpur d Lorraine.
!


A PARIS,
Chz B L N, libraire, rue St-Jacque, .. yt.


1 7 8 .


r-


.I


'if4





MEMOIR
En faveur des gens 'd couleur ou fant-
mls de St. Domingue, & des autres
Ijfles francoifes de l'Amiique, adre/J
PAjfemblc Nationale.

Mss s auIn s,

EjN aucun pays il a'y a tant d'abus qu' S3t
Dominue ( t ) c'eft l'alertion d'un hommern
qui, aprs avoir Iabitr cette premiere Colonie
de la France., a donn au Public le fruit de ces
rflexions. Et par quelle f;talic les abus les plui
rvoltans furenr-ils toujours les plus tenaces ? Tels
font ceux qui attentcnlt a la libert. Sans ceffe elle
eft contrainte de lutter contre la tyrannie, qui,
depuis la naiirance diu monde le parcourt pour
ravir A l'homme cecre portion inalienable & facre

i() Les Notes Int L JI fizkrc du tcxce.
A




( 4 )
(4)
de ton patrimoine. Malheureux pour la plupart, les
peuples courbent la tte fAus la tmaffllu fodale des
Sarrapes, ou f lailnent conduire au carnage pour
enfalngiancer les lauriers & a(fouvir la frrocid de
Jlui,.lques brigand> qui confiderent les Nations
come Lirs proprits & leurs jouets.
La fodalit n'a pas puciicr clans nos ifles,
qiuqtue les'difpofilions du Code noir l'y autori-
illocnt (t); mais elles n'ofn chapp ce flau
que par w? aurre, & les Blancs ayant la force,
ont prononc, contre la juftice, qu'une peau rem-
brunie excluoic des avantages de la foci. Enor-
gueillis de leur teint, ils ont lev un mur fpa-
ratif enr'eux & une cldafe d'hommes libres, qu'im-
proprement on nomme gens de, couleur ou f:r:g-
inIls (). Ils ont vou li'avilifuit:trtt p:inlieurs
milliers d'eftimables individus comtie fi tous
i'toient pas enfans du pere common.
On ne manque pas d'argumens & le choix
feul embarraffe lorfqu'il s'agic de dfendre les
grands intCrts des hommes; mais q:uand ces in-
trtts font lies au fort d'un Emjilirc la qu ftion
fe complique & devient plus diicate. Il fiat l'en-
vifager alors fous le double afpet de la politi-
que & de Phumanir & pour alFcoir fon juge-
nentc l'homme fenuible doit fe plac1r cCt de
J'luhmmc d'Ecar.





Quarre qulcfions fe prCfelitent relaivemr 't arit
gens de couleur librt i. Seri-n ils allimilds en
ctur nux BlI.ns zt. Anrolc-il des Reptienans
l'Afekmble Nartioale ? O0. Quel en fira le
nombre ? 4. Ctix qui der.anderit de remplir
cette foctiion oni-ils miflon lgale? L'eximen
plalable de ce qu'ils font idais nos Colonies,
amelncra la foliuioii de ces demands, en nous
apprenant ce qu'ils doivent tre.
Supporrcr routes les charges de la focit plus
que les Blancs, n'en partager que foiblenient les
avantages, ire cri proie aux iplris, fouven aux
outrages aux angoines, voil le fore des gens
de couleur fpia.lment : St.-Domingue.
1. Seuls ils font le fervice de la Marchauffe,
& s'en acquittent foigneufement moins que
la crainte ne les porte pallier les dlits des Ngres,
don't les matres Blancs accablecoient les caprureurs
du poids de leur vengeance.
1U. Tous les homes de couleur roient encore
fournis, il y a peu la confcription militaire; en-
rls l'ige de feize ans, ils devoient fervir rous
les trois ans jufqu'A foixance. Une mulcrrefe,
poufe d'un Blanc ayant perdu fon mari, appelle
auprs d'elle pour confoler fa douleur & fur-
veiller foni commerce, un fils, qui pour lors Ctoic
en France ; 1 peine a-c-il abord6 l'ifle, qu'on veut-
As




l'crCler; la mere dfc!e s'arrache A fes embrar-
Lemens, & le renvoie dans la Mtropole cher-
cher une liberty qu il neo troLve pas fous l'horizon
qui l'a vu ii cte. Et nous fllons crier centre la
prclie dc' intelocs.n Angleterre!
Tour home de couleur cil aftreiWr au
fe vicede piiqcuet c'cfIl--diCe,. que chaque fix ou
fept flemaines il Ief oblige d'en paffer une en-
tire .i la piPoc kun Commandant ou autre Offi-
cicr avec un cheval toujours harnach & pr&c
;i f.Fiie toutes les courfes ordonnei Ainfi le mal-
ihureux cuitivatcCur cf: contraint de laiflcr A la
diiedrtion de les Ngres Lun plauiiarion, dans la.
quelle fouveiit au recour il rroive tour nglig
on latuleverf; le manouvrier eft condamn 1
perdre un tens rclam par fa famille indigente ;
il ftiut qu'il dpenfe au moins quarante huit
lives dans cette fcmaine, pour fournir & nour-
rir un ,hevial, qui A la fin pir quelquefois
excd de fatigue, & le tout, afin de fervit les
caprices d'un home, qui prtexte le service du
Roi ldans un pays o les prpofs civils, & fur-
ourt militaires, ont la route puifance des Vifirs.
Ces charges odieufes font aggraves par des
privations aufli injuries qu'humiliantes.
Dfnlfe aux gens de couleur d'exerces cer-
rains mitiers, come l'orfvrerie. Dira-t-on que






c'eft future d'aptitude ou de fidhlr ? ils ont fignali
leur probit & leur adrelle.
Dfenfe d'exercer la mdecine & la chirurgie;
pine de cinq cent livres d'amende & de pu-
nition corporelle.
bfenfe de porter des noms europdens, injonc-
tion de prendre des noms africains (4). On m'a
donn deux motifs de ce dcret. i ". Afin que la
difpatitv des noms tablt celle des rargs, car
dans tout pays la fotte vanity a prrendu fubor-
donner la verru mme aux qualifications &a aux para
chemins. z*. Dans l crainte qu'a la faveur d'un
nom common les gens de couleur ne s'imnpatro-
nifairetii dans des families donr ils envahiroient
heritagee, come fi les ficceflions croient d-
volues par identity de denomination, & non
par des icres de filiation. A coup sr, fi c'roit
li un inconvnient, il troubleroit la France en-
tiere. On a mme voulu leur contefter le tire de
Colons Amricains come fi des cultivateurs ne
pouvoient s'appliquer la feule dEfinition raifon-
nable que comporte le dfini.
Injondiion aux Curs, Notaires, & autres homn
mes publics, de configner dans leurs a&es les
qualifications de multres libres, carterons libres,
fang-mls &c. Ce ne peut tre pour les diftin-
guet des enclaves, puifque par un autre abus, on
A4





ne tienc auc un regifle qui conftate .'exifterice ci
vil, Je ceux il; mais toujours pour frapper d'op"
pruSr.,erc t'iir grande difriance des individus
doJn t crimti c i d'avor I pideeme nuance diff-

Dcreuife de mangrc avec les Blancs. En vrUta
de ce rglument public daps la Bands du fud,
oni a vu des gens de couleur indigneeint arrachs
de la table d'un Capitaine blHnc, donr ils avoienc'
accepc les prell ntes invitations.
Dfenfe de danfer aprs ncuf heures du foir,
encore fant-il, pour prendre ce divertilfement, avoir
la pcrmillion du Juge de police.
Dtfenfe d'ufer des mmes ioffes que les
Blancs. Des Archers de police furent commis
l'cxcIution de ce decret; oiJ les a vus fur les pla-
ccs pPblqiies aux portes m'iiie des glifes, arra-
cher les vtremens a des perfonnes du texe, qu'ils
lailfoienr fans autre voile que la pudeur.
DIfenfe de fe fervir de voiuire, fous peine de
prison pour les contrevenans, & de confifcation
des voicures & des chevaux. Un carreroneftim,
ngociant, voyageoit en chaife, un fieur Prodejac
I'arrcte dans la ville du petit Goave, & le force
defcendre de voiture, en difant: Un gueux de
mu/ltre come toi, doit-il voyager plus commo-
dmnrt que moi 11l ajoute des coups de canue




(y)
cette apoftrophe. L'affaire ell plaidCe le premier
Juge condamne Prod:j.ac ciiiq mille 1ivres d'a-
mnende envers I/s pauvres. L- calife efl porrce par
appel au Confcil qui met les parties hours de
Cour malgr les preuves le plus audiinciques
du d6lic ( 5 ).
Defenfe de paffer en France. lis ne peuvent
migrer qu'en feccre d'une paIie cui l s zrairc
en martre, & les rpute coupables lorqu'ils
s'dchappcnt pour venir chez nous fire retentir
leurs juftes plaintes.
Exclufion de toutes charges & emplois pu-
blics, foir dans la judicauurc foir dans le mili-
taire; ils ne peuvent plus a pirrr aux grades
d'Otficiers, quoiqu'en g-ndral on les reconnoiffe
pour gens trs-courageux. On ne veut pas mrne
que dans les companies de mnilices ils fuient
confondus avec les Blancs. Quelles que fuient
leurs verrus, leurs richefles, ils ne fomt point ad-
mis aux affembles paroilliales. Dans les fpec-
cacles ils font l'cart le mpris les pourfuir
jufqu'a l'glife, o la religion rapproche tous les
homes, qui ne doivenr y trouver que leurs gaux.
Des places diffin&es leur font aflignces.
L'opinion & divers dcrets repouffent des em-
plais, mnme les Blancs qui fe marient avec des
femmes de couleur i le non u1 C Guerin toit iMaX-




( ro )
guiller aux Cayes de Jacmel, il poufe une eti.
niable cr eronne aulli ct intervient une fen-
rence de la Jurifilition du Quartier, qui l'oblige .
fortic de l'reuvre, & cette fenrence cfe confirmed
pat le Co:rfeil fuprieur. Vous faurez, M M., que
par une contradi&ion trange, les Juifs fi mal--
propos outrags en Europe, ne le font point dans nos
ifles, & .'ers le mme tens un Juif, connu pour
tel, roi' Marguillier de la Paroiffe d'Aquin (6).
La confcription militaire n'a plus lieu mais le
service de piquet continue. Les prohibitions rela-
tives aux vccieniis & aux voitures font tombes
en dfurude ; mais le moindre caprice d'un Gou-
verneur peut fire revivre des ordonnances qui
rant abroges de fair ne le font pas de droit.
Tous les autres dcrcts, don't le but et d'carter
jamas males fang-ml' s des advantages rfervis aux
Blancs ( 7) font en vigueur & l'opinion les
fortified.
Le mpris habituel, les injustices, la cmau-
te envers les gens de couleur, ont trouv des apo-
logiftes. Plufieurs Ecrivains ont fouill leur plume,
en defendant la caufe de la tyrannie rduite en
yftmle. L'Arettur des Confidcrations fur Saint-Do-
mJinguc, ( Hilliard d'Auberreuil ) advance grave-
ment, que tout ce qui procde des Blancs, doit pa,
roire facrd aux Noirs & gens de coleur (8 ): c'eft-





( il )
adire qu'il futt garer leur raiion pour dominer
leurs fentimens, & les conduire avec la docilit
des btes le fommre. L'trcEr & la firetveulcnt,
dit-il, que nous accablions la race des Ndirs d'un
Jf grand nmpris que quiconqueil, r, dcf cndra juf-
qu' la fixieme gdnration foit covert d'une ta-
chc ineftayabl. Ainfi f'intir & la frrect front
pour les Blancs la mefure des obligations mo-
rales. Ngres & gens de couleur, fouvencz-vous-en.
Si vos defpotes perfiflent vous opprimer, ils
vons ont trac la route que vous pourrez fuivre.
Aprs des afferrions de cette nature, l'Auteur
n'1tonne plus lorfqu'il dir qu'un cchcr de
fjacr cfi thn au-.dkJts d'un m:a/tre que les
Blancs doivent ttre autorifjs } /c j ire juflice des
mutidres ; qu'un Blanc accufc par un Ngre de
l'avoir maltraitd voi, 6'c. doit tre cru fur fa
fimple !dnicgation mime coutre des trmoins Nb.
gre m tr& n trs parce qudls font parties j & que
fans doute le Blanc ine lPf' pas.
Si les gens de couleur ajoute-til, ofoientt
frapper un Blanc mme quand ils n font frapps,
ils feroicnt punis avec rigueur. Telle ei la force
du prejugi centre eux, que leur mort, en ce cas ne
paromtroit pas un trop grand jupplice : cette fvrit
fera peut tre iqjufle ; mais clle efl n'ccffaire.
Grand Dieu, quelle morale! Plus bas nous ver-




( 1 )
rons le mine Auteur, eintran par I'afcendanr de
la vdriri rendre un rnmoignage ccatant aux ver-
tus des fang mn!ds, & prouver par des aveux
forces, v toerts des bla.ncs tt r gard.
Vers 1770 .Pn .lIagillrat du Port-au-Prince
qui par Ia plae d&voic tre la prorcteur du
pauvre opprim s'exprimoic ainfi. Il e.vif: prmi
nous nCe claf npacure lement notre enneminie
qui por c encore fur jon front f'mpreinte de l'cf
clavage ; ce n'eJi que par des loix de r cuer qu'elle
doit rue conduit. 1i c/1 necrjfire 4d'ppefiantr fur
elle le m epris 6 t'opprobre qui lui ecJ dvolu ca
na,ant. Ce n'eft qu'en brifant /cs rcjorts de leur
ame, qu'on pourra les conduire au bien ( 9). Des
homes que l'on conduit au kien n rifant
les reffores de leur ame L'Auccur peut choi-
tir entire le ddlire de la railon & la frocit du
coeur.
La conduite des blancs eft concordante I ces
principles, & comme s'il ne leur fuflifoir pas de
verfer l'humiliation fur les gens du coileur, ils
infpirent les m&mes fentimens leurs Ngres,
qui affecnt enfuite le ton de fupriorite envers
les efclves des mulitres.
Des attentats contre la malefti des murs ,
rfultent du mpris don't on couvre les fang- m-
lis., Un Blanc convoite une fille ou femme de






coulenr. 11 entire chez elle, mme fans la connuo-
tre; L'CdI un homlme rferv, lorfqu'il ne s'chappe
tnq c propos licenicieux. Le pere ou le r i prc-
fcis olCrou-ils chafrer l'impudent, qui mena-
cera de les rouer de coups, qui tiendra parole,
& qui les fera punir enfuite, en 'difant : ce mu-
Iatre nm'a mianqud. Si le Blanc efl un homme enl
pla e & que celui qui met obstacle fes de-
lirs fir dans fa dpendance, on fe dbarraffe de
fa prtfnce importune en lui commandant des
corves. Pendant ce rems, tous les moyens de f-
duftion font mis en ufage pour corrompre Finno-
cence, & la liberrc du pere ou du mari devient
qqueluefois le prix dc la proflitution. Pardon MM.,
fi je vots rctrace ici ces turpitudes, qui excitent
l'indignation & non la furprife, car elles rap-
pcllent une des mille & une caufes quifaifoient
pleuvoir jadis les lettres-de-cacher.
Du m'pris a l'injufticc, il n'y a qu'un pas;
aufli fut-il que [e multrre ait fix fois raifon, pour
obrenir iie fois jftilice. II faut qu'il ait grieve-
ment imiltrait par un Blanc, mme du bas rage,
il laut que le dlit foit prouv jufqu'i I'vi-
dence, pour trre puni par vingt-quarre heures de
prison. L'homme de couleur n'a pas mme le droit
des animaux celui de repouffer la force par la
force & s'il fe defend lorfqu'on l'attaque, un




( L4 )
chtiment rigoureux lui apprend ne plus u(er
de Les droits. Hiltiard d'Auberteuil, cite pr-
cderm ~ent, nb vous a-c il pas dit qu'en pareil
cas, la morr mme ne paroitroic pas un trop
grand fupplice ? Et de peur qu'on ne rvoque en
doute fa vraci. je me l.ue de citer le trait lui-
vant. Un Blanc jouant avec un home de cou-
leur, voulut le tromper, celui-ci le lui reproche;
le Blanc le frappe, l'infult fe defend; l'aggrf-
feur porte plaince, & l'infortun multre con-
d;mnc tere pendu n'eft: qu'effigi parce qu'il
prend la fuite.
Celui qui dans ma maifon peut braver la
pudeur, m'injurier, me battle, peur galement
me ravir mon bien, pourvu qu'au vol il joigne
des menaces de mauvais trairenens, qui inti-
mideront ma rfiflance; car fi je rfifte, je ferai
train dans ce qu'ou oJe appellerlee fanluaire de
la Justice: l j'aurai pour accufateurs, pour Juges
pour excuteurs les prjugls, la Laine & la
force; puni avec une partialit rvoltante pour des
dlits lgers, ou mme fans dlit, je ferai fans
cefce facrifi la vengeance l'avarice don
impunity cft affurce.
Il eft vrai que depuis une quinzaine d'annes,
les loix froces font un peu moins inergiques,
& ls a&ions atroces moins communes. Cette




( '5 )
peinture hideufe ne convent point tous les
Blancs; plufieurs fonr homes, & forment une
exception d'autant plus clatante, qu'el1 a moins
d'imitateurs. Des tres fenfibles, qui n-ont point
ifol leurs affections, trouvent ieur bonheur dans
celui 'de leurs freres; mais porquoi lbut- il qu'ils
foient entours d'individus dout le cur eft p-
trifi?
Ceux-ci rpondent qu'en gnral, It: multres
eux-mCmes font durs envers les efclaves. i R-
criminer n'cft pas rpondre. z. Des faits trs-peu
nombreux ne comportment pas une induCtion
gnrale; mais 3o. il ne manque leur alTertion
qu'une petite chofe, c'efb d'en adminiftrer les
preuves. Et lorfqu'en 1784 un Edit plus human
tlaua :
SQue les Ngreffes feroient exemptes par fe-
maine d'autant de jours de travail, qu'elles au-
roient d'enfans nourrir.
Que les efclaves chommeroient les Dimanches
& les Fates, qu'on ne pourroit les force au tra-
vail avant la fin ni aprs le retour de la nuit.
Que la peine inflige par le matre i fon ef-
clave, n'excderoit pas vingt-cinq coups de fouet.
Qu'un chtiment plus rigoureux feroit pour-
fuivi at criminal, &c.
Qui a rclam contre ? font-ce les fang-m&lks




( c; )
Non, les Blancs feuls, & fur-tout les Europens
en general plu crtuIa que les Croles, ont
ctourdi les Minilles par leurs remontrances, &
1'Edic enregillh prefque forcment, elf demeur
fans excutiton,
Qu'on v:fire le> habit rions des Blancs & des
gens de couleur o oi ttouveratr-on plus de ces
infitruimens dcihntl s tourmenlter les Ngres ? o
verra-c-on de ces cachots dans Icrquels un home
ferr 'pa toutc lc corps nc peut fe tenir que
debout ?
Tel Mairre blanc toir fi bien connu par fa fi-
rocicr, qu'on fuifoir trembler tous les enclaves
dtobifans, en parlant de les vendre A ce tigre.
Tel autre fut menace par M. d'Ennery, Gou-
verneur, d'trre renvoyc en France, s'il continuoir
fufiller fes Ngres.
Tel autre, non-content d'accabler de travaux
fes Ngrclfes, leur arrachoit encore le honteux fa-
laire d'un honteux libertinage.
Tel autre faifoir fans cefle retentir la plane des
hurlemens de les efclaves, don't le fiig ruiffeloir
dans les plantations, o come celui d'Abel, il
crie vengeance; fon plaifir itari enfuice-de fe fire
fervir a table par ces malheureux donc les chairs
pendoient en lambeaux.
Tel autre caffoir une jambe A tout Ngre cou-
pable




( '7 )
pablie d marronage, & le laiflbit for place juf-
qu'd ce que la gangrene exiget d'amputation.
Tel aurre..... M r'rvr nipreff, dchir
m'interdit d'autrus .ca rAis, & ton vondrV nouO
perfuader que des honi nes acharnes co.uit les
Ngres, lont hiumr~: env s les lang milc qu'
abhorrent Qu'on enii ju par I 1alleau querl nou
avons bauch. A- -ildionc ton i .licr des
Landes, cri aflirant que la vic des gens r: cocu-
leur eft la merci de la colere & du caprice (.u ) ?
Ec quels font ces homes que le mpris
confpue ? La plupart ont acquis leur libert i titre
honorable, les uns par de fages conomies, d'au-
tres 'ont obtenue de leurs matres don't ils
avaient captivE l'eftiiie. Citoyens laborieux, ils
fontr fleurir les plantations, i y a parmi eux de
grands propritaires, ils augmentent la maffe des
richelffs colonials & partant concourent a la
profparit de rErat.
Pceronne n'cf plus agile pour gravir les mor-
nes, & ramener les Ngres marrons; ils font un
sr appui contre l'infurrction des Efclaves : on
done quelquefois par prfrence les commillions
pdrilleufes cette clafre d'hommes, don't la bra-
voure ef connue. Dans la dernicre guerre d'Amn-
rique ils ont dploy leur intrpidit Savan-

B




( k? )
On ne pjeur leur rLp:w;ciecr un gnllie curbulenv
& fditicux. Leur patrioufi:e a clat lors inme
qu'on vouloit l'touffer; quand en i78 3 M. de
Bollecomhb invite les Colons fair au Roi pr-
fenr d'un vaifleau, les Blancs conc ftrent aux
fi ny-iiCls le droitld' contribuer, mais ceux-ci
furnt jaloux de le rioitrer Franois, & par l'or.
drc du Ginral M. Raimiond ch.irgi de Lire la
cocil;te dans for Quartier > rCL'tuillit 9o00 livres
parmi z individus de couleur (1 L).
En :Lr:,,ttal ils ont conferv l'efimable bon-
hoimie it lc' muirsdomeftiqies. Ils fe diftinguenr,
ainli que les Ngtes, par beaucoup de pir filiale,
beaucoup de refpct pour la vieillefle; verru ton-
chante & prefqu'inconnnti dans ios meuirs.
Plufieurs ont une education trs-foignce & laif-
feit ce heritage leurs enifans. Ils font hofpit-
liers. Des Blancs patuvrcs, ou aventuriers, rcosi-
vent fouIveItt les premiers cfcours de cete claffe ,
qu'ils mprifent. On a vu de gnretfes mul-.
treffes acheter des enfiani de couleur, que leurs
peres n'avoient pu affranchir avant leur mort;
llcs conomifoienc poLr leur fire le don pr-
cieux de la liberty. Jamais l'atcachcmenr des fang-
ne[es pour les Blanis ne s'cft dnincti. Jamais
CLicun n'a t complice d'un empoifnn c menr, ils
,'ont point particip au crime de Macanda (x,),




( 19 )
& fi on compulfe les crous des prisons & les
regiftres des greffes on nle touvera pas quarre
hlmmes de couleur cundaiiir'nds icgitiiemelnt poLit
crime avre, depuis l'origine de la Colonie.
Obfervez que Hilliard d'Auberreui, doru cer-
tamnement le rmoignagr 'ef ?Pas fulfpeCl, allouc
lui Mtme ux gens de couleur la plupart de, ces
bones qualits ( i ). I fantr do eux une bien louable rope, a tio u la rrui- puif-S
que 1'aviliffement, le pere de tant;de vic n'a
point fltri leur cour ni altr les traits: arii
de leur aimable cara&ere.
La puret conijugale cil a feule veiru fuit 11
quell les feimmes de coldcur m .is fir .to'utles
Ngreffs, le fouint relichies. Soyons-en peins j
n'en foyons pas furpris.2 Dans une contre:iU lci
Blanches font rares, la fatcit des Blancs perf-
cute lus autres;. elles fuccombent d'nuxan.plds ta.
cilement qu'elles fcmt domiindes par l'afcendian
de l'autorit ou des menaces, & que d'ailleurselles
ont peu gagner en pvufant des fang-mEls,
prives de la confidraitidu publique. Alors au
fcandale de la Religion & -des murs, la fainret
du manage et remnplac par l'infamie du concu-
binage, d'o rfulre un effaim d'tres illkgicimes,
& ce font les Blancs qui abjurcnt envers leurs en.
fans les douces effulions de la paternity.
Bz






( o )
Voyons aAucllementr i la fage humanit, fili
faiin polirique, ne repoufifnt pas de concert une
prvcntion qui ravit les avaitages fociaux des
honiimes libres. Dans l'antiquit les efclaves
roient i peu prs traics comme nos Ngres,
mnais coi munimneAt la manumiflion ne leur laif-
foit rien a defirer fi cependant chez les Romains,
T'affran chi formoit un intermdiairc eitre l'efclav
& le cirayen, fon fils roit toujours rput in-
gnu ; d'injulets pijuggs n'empicloiet poiar
Epi&eter ni Horace, de dormir tranquillement fous
les lauriers, qui ombrageoient un affranchi ,& le
fils d'un affranchi.
Par,.quelle bizarrerie le Franois mipife-t-il
la mtime chofc en Amrique, & pas en Afie ?
Le prjug6 concre les gens de couleur n'infe&o
gucres les comptoirs de l'Inde, ni. les. lles
de France ,.d'e Bourbon ( 14), & de Gore.
La raifon :eft elle donc pas une dans les
climats divers, & n'eft i pas range, que
in&nme. St.-Domingue, la ligne de dcmarcatiout
des poTelions efpagnoles & franoifes foit aufli
celle des opinions, en force que d'un ct de
file on foit d'une indifference extreme fur la cou-
leur, laquelle l'autre parties attache une ex-
trcine importance ? Les Franois qui reprochent
avec raifon aux Efpagnols des cruauts dans 1J








nouveau monde, leur cdeht dans le mrmt p
Ja palme de la justice & du: lhumanic.
Ce prjug, qui n'eut pas jadis .un e i g.ralde
extenfion, ne s'eft fortifi que dans des tru ctrs-
modernes; il y a une vingtaire d'annes que les
faing-mls pouvoient encore atteindre les grades
nilitaires mais par les rgleiens do 1768 ,
on a t les brevets des Officiers multres,
auxquels ou ne pouvoir ravir Iku udcrite cdavoir bien
fervi la patrie. (i5)
Le crime n'eft-il donc pas la feule chofe qui
djonorc Si la fatality des vnemens vous avoic
livr i des forbans qui vous ciifLiit trrin Ma-
roc, quel fentiment vous accorderoi je ? Seroit-
ce le mpris, qui rpugne a mon cur, ou la
compaflion, qui ef fi vofine de la nature ? Ce fut
un malheur femblable qui donna occasion Cer-
.Vantes de fe montrer en Hros, avant d'erre un
crivain clbre. Suppofons quefur les bords de la
Gambie, votre peau blanche vous attire les infuItcs
des Noirs, avec quelle vhmence vous crieriez i
l'injuftice l Prenons l'inverfe. Je fuis nmultre,que
me reprochez-vous ? ma couleur ? Et qu'importe que
les membres du corps politique ayent let iifu rci-
culaire, blanc, noir ou bafan pourvu que la fo-
.ciecprofpcrc ? M'objetez vous ma naiifance ill-
girime, ou celle de mes press ? Parce qu'un home
B




( z: )
n a 4 degrs de latitude s'cft uni dans un au:
rc hiinilfphere, contre le vu de la loi A une
femme noircie pal les fcax de l'Equateur, vous
me condi-mrntiz l'opprobre ; pouvois-je choifir
les auc:;rs de mc njius ?
D'ailleurs, Mellicurs les Blancs, (i vous infif-
etz fur l'origellc, je vous demanderai quels oient
vos pires ? Lc unis ctoiclt ces boucaniers, ces
flibuthers qui tiifoient trembler & rougir l'huma-
nitr, & qui apr is s'ire gorgs de fang alloient le
digdrer I la Tormie on Sc.-Domingue; d'au-
tres &ticicn de ces homes fans aveu qqw la
compagnie d gages pour rrenc-fix mois au prix de trente
cus (6r). D'autres enfin roient des migrans de
Sr.-Chriftophe aprs la prife de cette ifle, qui, la
plupart avoient la mmnie origin, oUn toient gens
.de couleur; & lorfque vers 1746 M. de Larnage,
Gouverneur de St.-Dominguc, fatua que les def-
cendans des indigenes feroieni reputs Blancs,
beancoup de f.-g-mes f fireint dclarer tels,
en fe difant fils de Carabes; an ne fur pas diffi-
cile fur les preuves. Quelles croient vos meres ?
Ne faic-on pas qu' diverfes reprifes on amaffa
I'dcume des carrcfours de Paris, les reftes d-
goC.ans de la dbauche ? ces veftales furent tranft-
portces dans le nouveau monde, chacun prit fa




( L3 )
chacune les unes s'engageoicn t pour afouvir
penttdant trois ans la lubricit des colons, 'd'au-
tres devenoient poufes lgitimes d flibuftiers,
qui connoitflient bien la conduice airticure de
ces femmes, au point que tel leur difoic : o Je
ne vous demand pas comp-e du parlE vous
n'ltic pas a moi, rcipon)dez noi feulement tde
l'avenir. A prcfent que vuus m'appartenez, voil
,, (en montrant jr n fjurl,) ce qui mi -vengera de
a vos infidlits; fi vous me manquez il ne-
vous manquera pas (17)-.
Que prove cette origine contre les colony
Blancs ? Rien, & nous ne l'allguons que pour
retorquer un for railfo rnm.mnr. Rcprhoit-on 1
Manlins, A Cincinnatus, quils defccnduien des
brigands fondcteurs de Rome. Emprunter le m-
rite d'autrui, c'eft avouer la pnurie de mrite
personnel. On 1a dit avant moi, l'homme cft fils
de fes couvres ; rappellez-vous les murs des
fang-m&ls, & concluez.
Quand il sagira d'abolir la traie les
Planteurs crieront a lPijuiftice. Cec argument,
qui fera dbatuw, ne frappe pas fur la caufe des
fang-mls; ils forment une clafre libre, A la-
quelle l'orgueil & la cupidit difputent depuis
un fiecle des droits imprefcriptibles. J'ouvre le
Code noir, ou Edit de 135 articles j7 & 59.
.B4




( 14 )
ecrois devoir rapporter le texte mme, quoi-
que mal rdig. n DcclItons leurs aftranchiife-
, means fairt dans nos flcs leur tenir liet de
nai(anci e djais nos files, & les efclaves affrin-
, cits i'avoir bcfoin de nos lettres de natura-
lic pour jouir*dcs 1 inrages de nos fujets na-
Scrurels ldats noute RIoyaume, terres & pays de
S'notre obiiiaice encore qr'ils foient nCs dans
. Icp 'iatigetrs : o&royons aux affranchis
n les mines droits, privileges & immunits don't
jouit rucii les pterfionts nes libres voulons
qu'ils mnricait uul libert aniqife & qu'elle
produilc eri eux, rant pour leurs perfonnes
que pourc leurs biens les mimes effers qu.e le
bonheur de la liberty naturelle caure nos au-
, tres fiijets.cr La loi veut donc que tous les af-
franchis jouiffelt de cous les bienfaits rfuilrans
dc la libert : mais un prjugl barbare a prvalu;
des dccrets rendus par les Pacins & les Cadis qui
un ii, rnl', enc ou jugeoient la. Colonie, ont in-
firmi les difpdfitions de l'Edi ; voil comme
oit a priv une porrito de citoyens des droits que
leur afliroient la loi d'a:cord avec la nature, &
'on voir des Blancs prtendre juftifier leur con-
duite, en allguant qu'ils ont trouv la coutume
tablie, comme li des abus antiques ctoienc des
abus raifonnables, & que le laps de teams pt
fan&tioiner I'opprellion.




( cz )
Contre le project d'aflimilcr en tout les fan g
inCles aux Blancs, on a faith diverfes obje&ions
Je vais fuccefliveinent les parcourir & les d-
traire.
i". L'Auteur d'un pamphlet gui vient de p.-
roiure, nous dit Le Ngre eft iff d'un laii'
pur, le multre d'un fang mlang ;c'eft unir
efpece abctardie. Il cit aufli Evideait que le Ne-
gfi eft au-delus du multrr qu'il 14 ft que
Sl'or pur eft au-deffus de l'or ilang ( z3.),
Si L'Auteur entend que le Blanc n'eft pas ilfi d'un .
fang par videi meinc il faut le clalier aprs le
inultrei, puifque celui-ci tant mitoyen, parti-
cipe moins la complexion vicie du Blanc. Si
au contraire l'Auteur done au Blanc un fang
pur, il faut conclude de fon raifonnement, que
l'impur peur clore de principles purs, & que 'or
alli A l'argent product du plomb. J'avoue que je
fuis un peu honteux de combattre une tell ob-
jedion la fin dut dix-huiricmc ficle. C'eft
ici le cas de placer un fait, qui rappelle & for-
tifie un principle de Phyfique. En gnral, les
gens de couleur foin d'une conflirtuion robille ;
parce que le croifement des races amliore l'ef-
pce.
20. Si vous mettez les fang-mls au pair des
Blancs, & que l'opinion ne fHirirffe plus les ma-




( t6 )
aiagcs nitIs, le pian a-t.on dit, va fe commu-
niquer a la race d1e Blancs,
Le plan on Cpri, cit euml e nmala ie cutane s
uilcreufe (iplilliique &c. diverfLs caiafes, plus
commiunes clihz les Ntres peiveic la fire a-
tre ,o l'aggraver come la malproprct & la
rn'rmbrane gr.ilicUufu plus fournie. Le libertinage
des Blancs avec les NgrefTLs CA mnaihcureufement
cpnImlnlI danl s i t5s Il :ie a-t-on vu plus de
Blancs pianitiLs ? Non. Ofera-t-on inous dire que le
, ombre ien fra plus confidrable, quand le ma-
riage aura fan&iidii ces liaifons illicites ?
Mais n us dic-oni, Ci vous rapprochez ces di-
eerfes claTffs fir la line de l'galit, les N-
grelfees& les mulcffcs, entrandes par l'efp-
rance de fire des marriages qui flatcront leur va-
nia p oovoqueront elles-miimes les Blancs ; alors
les NMgres, dans les tranfporrs de la jaloufie ,
gorgeront. les Ncgreffes.
Ecartez des terreurs vaines, le crime Aes N-
gres aura toujours un frein pailalint dans un pays
ou il enI immndiatement fuivi de la peine, avec
certitude, en pareil cas, de ne point chapper
a celle du lion ; mais il cRf une reponfe plus
dcifive. L'impollibilir d'avoir des compagnes
pourroit feule poutier les Ngres aux fureurs
d'un dlire rotique. Cela n'arrive pas quoi-







( 17 )
que, come nous l'avons dja rprt beau.
coup de Blancs libertinent avec des Ngreffes &
des femmes dc couleur, qu'ils n'Cpoufenr pas,
dans la crainte de droger. Ocez cetne crainte,
court ce que je vois, c'eft que ds imariage ho-
niorables effaceront I'avililement du concubinage,
les rrcurus y gagneront, & les Negres n'y per-
dront pFis.
Mais, les gens de couleur dtvierironc info.
lens s'ils nous font afimils; je demand aux
Blancs s'ils font infolens envers les faig-mc-
Ids. Je ne poufferai pas cette clihc ; ccpendant
aprIs la peinture que j'ai fire, je prvois qu'o i
ne mne tiendra pas compete de la reticence.
Mais que manque-t-il auin fang-mbls ? Tran-
quilles dans leurs polfleions, ils y mangent en
paix les fruits du champ qu'ils ont cultiv fans
trouble.
De bonne foi enviez vous le fort de gens que
l'opinion avilit, qu'on opprime, qu'on outrage
prefque impunment ? Seriez-vous content d'en
tre rduits aux mmes termes; &:, pour le dire
en pafflTant, l'homme fenfible peut-il goter le
bonheur, lorfqu'autour de lui font une foule d'in.
dividus, avec lefquels il refuse de le partager.
Mais les fang-mids peuvent computer fur la
bienveillance des Blancs ; nous femmes leurs pa-






( ts )
trons leurs prote&eurs, ils tinenent gratuitement
de nous une liberty que nous avons paye au fifc,
le refpe& des aflfanchis envers nous en fur le prix,
convient-il, que nos anciens enclaves prtendent
au parallel ? D'ailleurs qu'ils calment leur impa-
rience, quand les A(fembles coloniales front or-
ganifics, nous les y appellerons, leurs griefs
front reciretfs, ils obtiendront tour ce qu'il fea
podible de leur accorder.
Je reprends ces rflexions, Les fang-mls peu-
vent computer fur la bienv ciBance des Blancs. 11
faut donc juger les Blancs uniquemene fur l'avenir,
car le pairl feroit une mauvaife garantie.
Nous fonmmcs leurs protelacurs. Ils vous regar-
dent come leurs oppreflcurs.
Ils tiennent de nous l liberty, &c. Comptons les
fang-mls auels, & voyons combien il en Aff
qui tiennent imnidiatemeint de vous cet advantage.
Nous l'avons dja dit originairement, beaucoup
l'ont mritC ou achet par leur travail; c'e f
un heritage que pluficurs gdnrations leur ont
tranfmis; ,au furplus en ftipulant tacitement le
rcfpe& & la reconnoiftance des affranchis envers
leurs librateurs, a-t-on mis cu balance le droic
de les mprifer, de les vexer ?
Coirvicnc-i! que nos c/flaves deviennent nos
igux ? Je crains bien que c e ne foi-li le fin mor.




( ,9 )
Pauvre vanity je vous renvoie a Ia dIlaration des
Jmloit de l'homme & du citoyei, cirez vous-en,
s'il fe peut.
Que les farkg-mftls attendant ls 4fJremblle
colonials on leur accordera rout ce qu'il Ifra
yofible de leur accorder. Cette pronyltc cfl louche;
leur commtuniquerez- vous tois les advantages de
itoycn ? rpondez d'une maniere poficive. Si vous
prtcijdez compofer avec eux, ils ne veulent
point de capitulation i fi vous avez rfolu d'acc-
dCr leurs demands, pourquoi recorder ce
moment ? .il feroic 'plus glorieux vous ,
de concourir avec l'AlTemble Nationale, pour
leur rendre une jufiice qu'ils veulent tenir de la
loi &c non de vous.
Mais eiiin, nous dit-on, fi les gens de couleur
font au niveau des Blancs, vpos perdez les colo-
nies, qui ne tiennent vous que par un fil, &
la banqueroute cft inevitable. Cet argument eft
le palladium des oppofans l'obje&ion eRf fp-
dicufe, voyons fi elle eft foude.
On pourroit examiner prlimuinairement, s'il
eft utile la France d'avoir ides Colonies. En
confervant mes doutes fut ce problIine, je le
fuppofe rfolu pour l'affirmiative, & je dis:
La Mtropole peur perdre Ces Colonies, ou
parce qu'clles feront conquifes, ou pace que les




( g )
Blancs fe fpareront, ou parce que les fang-mbr
ls front fcflion ou enfin, parce qu'une rvolte
des Ngres caufera aux Colonies une fecuuefc qui
les dmembrera de la France.
A des princes tourmcncds par la rage des con-
qurces, il ne fkur pas de raifon mais l'admitlion
des fang aMS-nl's n aavaiiages de ciroyen ne four-
nit pas nict'm le prdrtxte d'une invasion.
Nons na ferons point aux colons blancs l'in-
jure de leur prcrer un project de itparacion ,
malgr les inquidrudes qu'on pourroir fe permet-
tre fut cet object ( 9). Pourroient-ils s'ifoler en
Corps politique ? Quelques files relffrres
pour la population & les moyens donc les
ctes offrent i l'ennemi uu facile abord ne
fuutiendroient jamais le choc d'une Puiltance
qui viendroic les Iherter. Je ne vois gueres que
les Anglois ou les Anglo-Amricainis, auxqucls
ils pourroient ftre tents de s'aggrger i mais nos
colons blancs, qui cnrcftent mrnme aux gens de
couleur les droits de citoyen courroient-ils les
hazards de la guerre foit pour scaflocier A un
Corps politique, qui lie veut pals que des libres,
foir pour fe livrer aux Alglois, donc le miniffere
eft difpof 3 fupprimer Ia traite des enclaves ( 10),
de concert avec nous ? Les Blancs ne pourroieint
fans les gens de couleur, le livrer a une Puilfance




( 31 )
crangere les gens de couleur le pourroicti fans
eux. Plus que jamais ils le poutroiir, artendu que
leur population, qui augment journel!ement, va
prdominer.
Dans un Mmoire adreffi l'Afenmbce Natio
nale par les Minitres du Roi,eils obfervein que
les Colonies c.ir dilTemblables de la Mtropol
par leurs rapports commercial par des localits
inhlirenres A la nature des chofes, exigent des
loix diffrentes mais la liberty des homes eft
un droir come un befoin dins tous les climats.
Les gens de couleur fafaant feuls la ftiet de
la Colonie contre les rvoltes & l& marron>ge(z ).
Il cf an moins trs-impolitique de leur &ter la
conii(ration nceffaire pour contenir les efcdtes.
Loin donc que le prjug qui pere fur les fang-
mils foir tile la Colonie il faut au con-
traire leur donner du relief cimenter l'anidn
entire eux & les Blancs & leurs efforts com-
bins maintiendront plus eficacemneucr la fubor-
dination.
Dans Ilimpoffbilit dc reprocher aux fang-m6lcs
des crimes commis, ou leur a fuippof des crimes
a commettre come le project de rompre avec
l:i France aprs l'obtention de leur dcmanrde. Ainfi,
a votre avis, ce font des ferpens qui piquerod
le fein fur lequel ils auront retrouv la vie. A qui




( il )
perfuadera-t-on qu'ils invoquent notre bienveil-
lance uniquement pour le plailr d'*tre ingrats
& de trahir la Mtropole ? Peut-on imagine
qu'ils manifefteront des inre.tions hoftiles, aprs
avoir acquis par beaucoup de foins & de dmar-
ches, les avanrages qu'une infutreclion facile leur
ptoculicloir infailliblement. Ils jurent ae les am-
bitionner que pou L rivalifer avec les Blancs ie
p:ariodifme. Si au contraire les rang-mls, exc6
ds d'infulices, ef rcunillfeit aux ellaves pour bri-
fcr les liens avec la Mtropole, leur triomphe
eft certain, les Blancs fuccoiberonr par leur in-
friorird. Craignons d'aigrir des homes qui, pro-
fondment affedtes dt nos refis chercheroient
dans leur force ce qu'ils n'auroient pu arracher
a notre justice. La rciftance Ilopprelion elf un
.droir manC de Dieu, & reconnu par F'Alenmble
National.
On objeae que la haine des Ngres contre les
fangnls les empchera de fire caufc com-
mune. Si cette haine exifte, fans doute en voici
les prtextes. Quelques plaurations font furveilles
part des mul.tres non libres qui, fous peine de
punition lvere, fotn obliges de punir fcvrement
les Ngres ; ceux-ci donc l'efprit eft peu dve-
lopp ne remonrent pas aux cafes de leurs maux,
ils fe contenteit de dcefcr ceux qui en font les
iuftrumensc




( "3 )
inftrumens iiumddiacs. D'ailleurs les Ngres voyant
que les Blancs, peres des faug-mi ds, iddaignent
leurs propres enfans, ccrte varidc e te Icfp-ce hau
maine n'eft plus leurs yeux qu'une cate d4gta-
d & par int~rt comLme par erreur, ils fe rap-
prochent autant qu'il eCt ein gux, de la clatiI
qui feule poffde & difltibte routes les jouiiran-
Ces.
Mais les gens de couleur nicnt I'exiftence de
cette haine ,'& proceftent que les Blancs eti font
fpicialemnent l'objet; quoi qu'il en foit, vaine-
mec ,r, nous die-on que l'averfion des Ngres
pour les mulcres nous mec l'abri d'une coali-
ticoi dIu:l Hilliard d'Auberceuil fair craindre les
daingrs; l'inrcUt rciproque les rapprochera bruf-
qu enticr, & fi jamais les iang-milis arborent
l'Crendard de la liberty tous les Ngres vont s'y
rallier. Croyonsecn un colon blanc dj cit, &
donc le tmoignage eft trs- rcevable car il fe
montre oppof A la petition des rang- mls :
il allure que ( a: ) quatre cens mille enclaves
font pr&ts i filiir la premiere occasion pour fe
foulever.
Refle difcuter une derniere objeCion. Si vous
dferez, dit-on ; la demand des gens de cou-
leur les Ngres voyant la distance Tffadce entire
les Blancs & les multres, voudrunt franchiir ga-
C




( ;4 )
lementi cer intcumdiaire & leur rvolte fera le
Lignal prccurfeur de la perce des Colonies.
J'obfervc d'abord que la traire, djl plus diffi-
cite, ne peut plus fa fourenir long- cenis. La po-
pulation Afiicaine s'puife annuellement par des
exportations nicbrefes : mnais la craire aura.
t-elle tn term fix par la nceflir des cir-
cunitances, fais qu'on puiffe en fair honnenr
l'humanit iles Europcns, qui, pour le dire en
palfinr, dans la difette de Ngres, commencent
A trafiqulci des Indiens ? La raifon faith des con-
qurces rcitednes & rapids. Les Portugais (z ) & les
Quakers ont l'honneur d'avoir montr l'exemple
d'affranchiv. Dignes fucceffeurs des las Cafas,
des BCnzetz Mellieurs Briflot de Warville ,
Clark on Granville Sharp, James Ramfay, &
en gan'rir, les amis des Noirs Anglois & Fran-
ois, mddirenr d'amener graduellenment les efclaves
la libelt; leurs cfforrs front couronns du fuccs;
encore quelques annes & dans nos annales il ref-
tori feuletmenit 1 fonvenir d'un forfaik don't une
poflrirt plus fage rougira pour les gnrations
antrieure1.
Qu'il me foic permis de fixer un moment les
regards fur l'at a&uel des Nations, crafes pour
la plupart focus des fcepres de fer. Il y a certaine-
ment d'excellens Princes ; mais il eft peuc-trre





encore des fcltrats couronnes, qui fuiront dir un
dc mies amis, par n'tre plus que des fclrats, qui
veulent rgner fur des homes avilis, fur des ca-
davres & des dcombres ; qui prferent des vil-
les incendies des villes infurgences ; qui fa-
crifieroienr des milliers de fuldats plutt que
de manquer un affaut. On prend rant de peine
pour lever un bomme, tant de ,prcautions
avanI de condamner un accul, & des ingris alt-
rus de fang menent impunment des arnies
la bouclieile! Monftres ambitieux ou enrags, le
moment arrive o les Nations claiires fur leurs
vrais intrts, vous laiTferont.le plalfi infernal de
vous entregorger feuls. Elles ne coibattront plus
quc Pur conqucrir ou dfndre leur liberty.
PuiffTje voir enfin ma patrie dlivre jamais des
perverse qui avoient conjure fa perre, qui vou-
loient garer un bon Roi, & perptuer les maux
d'un bon people; puif-jc voir ces gnreux Bra-
banons, dans les planes qu'ils teignent de leur
fang qu'ils artofeat de leurs larmins rerpirer
enfin au fein de la paix & du bonheur puilr-je
voir une infurre&ion gl.r.ile dar l'univers ,
pour touffer la tyrannie, reffufciter la liberty,
& la placer 1 ct de la Religion & des moeurs
qui en modreront les lans, & l'm;npliheront
dc. dgnrer en licence.
Ca




r a6 )
Enfin les peuples rafafis de vexations ;
affams du defir d'tre libres commencenc
favoir que leurs fueurs ne doivent point
alimencer uire ambition effrne, Iun luxe r-
volrant, un libercinage crapuleux ; que les loix
qu'ils n'unt pas confetiies font des firmans
rortiinaircs; qju'is doivent avoir des chefs, &
jamais des matres. Un fei fecret couve dans
I'Europe entire, & pr-fage une revolution pro-
chaine, que les Poutencas pourroient & devroient
rendre calm & douce. Oui, le cri de la liberty
retentit dans les deiix Mondess, il ne fauc qu'un
Ochcllo, un Padrcjan pour rveitller, dans lame
des gres le feniiment de leurs inalinables
droits. Voyaui alors que les fang-mls ne peu-
Vent les protger centre leurs defpotcs, ils tour-
neronc peuti-tre Icurs fers centre tous, une ex-
plofon fouldine fera forudain tomber leurs chai-
anes; & qui de nous ofera les condamner, s'il fe
ftippfoe leur place ?
Souvent on nous prfeune un calcul preoLigieux
des intrtrs de la Mtcropole, dans lequel je croie
.recrruver les viles combinaifons de l'gofimc. Vous
idififtez pour la confervadion de la traite & delay fer-
virude des Ngres parce que des fuperfluits,
dcfliv's A fatsfatsire vos. befoins fhiices font le
prix de leur libeit. Ils font forces de dire leur




37 )
Vatric un ternel adieu. Des regions Africaines;
ils font conduits, charges de fer, dan ls ts camps
de l'Aminrique, pour y partager le fot'des ani.
maux domeftiques, parce qu'il vous faut du fucre,
(iu caf, du tafia. Indignes irprtels mangez
plutSt de heree & foycz juf es !
Il n'en coure rien 1 vote caur pour prononcer
l'arrt du mpris contre quarante mille hom-
ines de couleur; vous entendre, s'ils cetrent
d'tre avilis la France fera banqueroute. Je vous
avoue n'avoir jatrais Ptl faifir la coniixicte de cet
ides. Les intrcrrs de la'parrie ne mfaruent- ils
pas ici ceux de l'amour-propre ? Ne pouv ez- Vous
jouir dc la confidratiorn qu'autant que' cetre clafe
d'hommes fera dgrade ? Ajurez un for oigueil,
& foyez juftes
Quind ccffera-t-on -de nous dire que des con-
vernnts politiques doivent balancer la Juflice &
Il&hir la rigueut de fes loix ? Il et cernelle-
mrn& vrai que la morale des nations n'cft point
isure que celle des individus. Dans ce fr~cas
continue dans cette revolution ficceffive de
routes les chofes humaines la vertu feule pour les
Etats comme pour les homes, 'el un point fixe,
& la fabilit, le bonheur des Empires, rfultens
de l'heureux accord des principes politiques avec
ceux de la jufficc.
C5




(3 8.s )
Une confrquence rigouraife de ce qui prcde,
c'cf que la reje&ion des gens de couleur menace
!'Erat d'une fecouffe capable de 1'branler ;
fi au contraire vous comblez l'intervalle qui
les fpare des Blancs fi rapprochant les et-'
prits vous cimentez 'attachemenr mutuel
de ces deux clafls leur reunion prfente
uie maleai de forces plus efficace pour con-
tenir ls les efla s don't fans douce on all&
geri les pines, & fur le fore defquels il fera
permis de s'attendrtir jufqu'au moment opportun
poiur.les 4ffranchii (14).
Cet n.&ede juflice envers les gens de coileur,
aur pyur, eu4 tourt e prix ,dn bienfaic ; la grati-
tude fi naturelle leurs. aies, ls attachera in-
variabttient la Mrropolc, qui. aura vraimcnt
ritd le nm de Mcrc patrie. Beaicoup d'cnrr'eux
font propritaires. Ce charge fecret qui lie 'hom.
me libre fon champ, avivera leur pacriotifmc,
un novel effort agrandira leurs unmes, fera ger-
m, leurs talens, & favorifera la circulation de
l'abondance dans I.s canatux de l'agriculture, du
commerce & de Linduf:ie. Les- marriages mixtes
n'cant plus fournis a l'aniathime des prjuges,
les Blancs renonceront des engagemens illgiti-
mnes, qui dshonoroient leur jeunefie. L'efprance
prcfquc certain d'un rabliffcrnent honorable




t6-


(39 )
encouragera la bone conduie des filles de cou-
leur. Des liens refpc5lables ne lailferont plus qe
le fouvenir dteft d'un dtcciable concubinage.
Ce nouvel ordre de chofes offre la plerfp~tuive
riante de l'ducation rign ite, des meturs putt fi,5ns
d'un accroilfement de population & de tichelfes,
qui front fleurir l'Etat & confoleront l'huma-

Les gens de couleur tant au pair en tcout avec
les Blancs, on ne demandera pas, fans doutc,
s'ils doivent tre atifs dans la giilaion, & d-
purer a l'Airemble Nationale. Soumis aux loix &
l'irmpn les citoyens dtivcnt confcnrir l'un &
l'.itre fans quoi il peuvept refufer obiflance
& pavement. Si quelqu'un pouvoir prrendre A
pflfder plus minemment ce droit qui e igal
pour tous, ce feroient fans doute ceux qui plus
anfligs par des vexations longues & mulriplies,
ttnr plus de plaintes F former. A la demand des
gens'de couleur s'oppofeni de toutes leurs forces
Mcffieurs les Dpnts des Colonies qui prCten-
dent en &trc vrais & fi/s Reprfenrans ; vrais, foir,
l'Afremble Nationale a prononc en leur faveur,
malgr les rclamations d'un grand nombre de
Colors blancs; feuis nous le nions, ils ne peu-
vent reprfenter que leurs commecttans, les Blancs
fcuts le font.
C4




( 40 )
Mais, difent-ils, tous ont tC convoqus indif.
tin&emenr aux Alfembles paroiffiales. Les fang-
mrls le nient; dance conlir d'affertions don't
l'une d&ruit l';urre, qui croire ? ceux en faveur
de qui mniliuent its prlfonprions & les preuves. On
iECend cCeiie de MM. les Dpurs blancs, induits,
fans doure, en erreur par de fauffes rClations.
Ecotluoii ce qe leur ir d r les fang m-
ls: Un c ule de dc rets, culfaics paR le defpo-
, trifie Ious privcmn depuis un Gelede du bien-
n aic de la lui dle i 85. Les pr.uves irrfifti-
a blues ci. fuont cofigndCin dans l'ouvrage d'un
d'entre vous (i 5), Le tmoignage des auteurs
qui ont ccrit fur les Antills cerriore nos all-
n, garions. Lu publiC demn ar L s'il cil prtfmable
que vous ayez convoqud une: claIl d'hommes
s que vous avez conflainmnent .nprifds, & pri-
i vas des advantages excluaivement rfervs aux
, Blancs. Vous prercndez que nois affiflons aux
AffTeblIe paroiiiialcs ; qui ferez vous
, croire qe nous nous puifons en itdmarches, en
fuppliques, pourobienir ce que nous avons &
n fi vous tes nus mandataires, commenti e euc-
il qu'A vos pl~aintes ameres centre les Admi-
nfilfateurs des Colonies, vous n'ycz ps mil
le moindre mot fur les maux qui inous acc-
blent ? Cectc.pifompcioni cft tay de preuves.




( 41 )
a Ce font les lettres adreClTes par nous i MM. da
Chilleau, & de Marbois, avec les rponfes.
Elles ddmontrent qu'ayant demand de nous af-
fmrnbler le Mitnitre de la Marine renvoye l'af-
faire I'Airenmble Ntrional? (i6).
Elle vient no IOLI dic-on, d'anantir les Ordres,
peut-elle permnicttre une Corporation de dpu-
'rer ? La rponfe eft Gmple. Une nouvelle forme
de convocation ef fibftitue A l'ancie rine; mais lAf-
'femblde Nationale n'eut jamais intention de don-
ner A fes dcrets un effect rc.roalif, ni de priver
du droit de reptrfemn:a:tion quarante mille individus,
donc la timidit n'a of fire retentir plutc lac-
cent de la douleur.
Mais, ajoutent les Blancs dans les Aitem-
biles futures nous ferons droit rfu les plaintes
des gens de couleur. Autant eut value liver A la
'dcidion des antIpatriores les dolances des
Communes. *Les befoins les obligations, les
droits des fang-mt nls font atiels.
Par 'quel motif Meflieurs les DZputs Colo-
niaux font -ils donc tant d'efforts pour fair
chouer ceux des fang-mls ? Leurs intr&rs font
identiquis ou divers ; font-ils les mmes? Alors
Meiieurs les Dpuis des Ifles qui defiroient
une dpuration plus nombreufe que celle qu'ils ont
Sobtenue, doivent tre flatts de la voir renforcer




( 4t )
rpr l'admiifon des Dputis de couleur, ce qui
leur atfirera une influc-ce plus pondrante dans
les dlibrations de l'AtembIle. Mais fi leurs in-
trCrs different ou f: ccoifent il cft jifle que les
fang-mi~s puiilniit lever la voix das I'Alfemn-
ble Nationale & fire valoir leurs droits. Au
Comit de vrificarion, atuellemenii itvetff de
l'affirc des gens de couleur & la fance du
fuir, Jeudi 3 Dcembre, j'ai propof Meflieurs
les Dputr coloniaux, cet argument, qui elC
reR farns rLpanfe.
Quel doit Cte le nombre des DputIs de couleur?
En difcurant cLtte qucftion, nous ne parrirons pas
de la triple bafe dcrte par lrAlemble ,
puifque la population feule a fervi de mefure
pour dterminer celle des Colons blancs. Ce-
pendant il n'eft pas inutile d'obferver que les
fang mIls font en Iplus grand nombre, attachs
au fol par leur goi clrs occupations leurs
propricts; que beaucoup de Propritaires blancs
rdfident hors-de I'Ile; que parmi les autres il y a
beaucoup de pacoritleurs,d'&conomes, de caboteurs,
de pcl~eurs vulgairement nomms PFrers la Cte.
Cederniers font fouvent des tratres qui faciliten:
nux ennemis laccs de l'Ifl en teins de guerre, &
qui en.tou temrs engagent les efclaves voler pobr
acheter d'eux vil prix. Beaucoup d'aventuriers




( 43 )
quiL arrivent dans les lces font des Blancs fans
tales & fans reffources.
Les gens de couleur le font emprelf s d'offrir
1 la Nation le quart de leurs revenus,valui A prs de
fix millions, (argent des Culonie) &: ci outre, un
caurionnement de la cinquantieme parties de leurs
biens. Les Blancs ont perfifll ce ztc patriotique, &
dmenti le calcul. Que rpondent les fang-mils ?
Le revenue total de St.-Domingue cit d'environ
cent vingt millions, nous en poirdons prs du
quart, donc le quart s'dleve la fominmeofferre.
Nous conjurons l'Affeeble de flatuer fur no-
tre fort, quelques-uns de nous partiront en-
fuite pour aller dans les ifles ralifer l'offrande
il que nous ftifons fuir 'Autel de la paric les
aurces r0lferonc ein cage, ,& fur les biens de
tous on affcoira l'hypotleque.
Si !on en croit une brochure qui vient de pa-
roirre (17), il y avoit en 1787 St.- Domingue
i6 3:x individus de couleur. Vers le mame teins
on en comptoir environ cinq milled la Martini-
que, quatre nmille a la Guadeloupe deux mille
Ste.-Lucie, quacre cens Tabago, un peu moins
Marie-Galante i mais depuis ccrte poque, l'ac-
croilffment progreflif de cette clalfe e1f fenfible,
par la raifon dja cite, la raret des femmes
blanches i l'on affure qu'aauellemetnt St. Do-
mingue, les fang-mls Cont au moins aull nom-




( 44)
breux qie les Btiancs. Ccux.ci oit dix Reprferi
.tans i 1'Affcmblc Nationale ; fcroir-ce trop d'en
decmander cinq pour les gens de couleur ?
Mais ici l'on m'arrtce pour contefer la million
des fang- mls rfidens Paris.
Sont.-i/ F anois & Propriaires ? Il exhibenc
des tires qui leur a iTrent cette double quality.
Sont-ils ;liAc ? Prouvez qu'ils ne le font pas.
L'efclavage cft un artcetar fur le droit de 'honr-
me, & la liberty fe.prfume toujours. An fur-
plus ils la certiorent par leurs relations fociales,
par leurs lettres de correfpondance. Etqu'auroient
dit Mcilieurs les D)pucs blancs, fi ont eut exig
d'eux des preuves de cette nature ? car enfin,
la blancheur n'eft qu'un figne quivoque. Qual-
quefois ds la feconde g,dration, le teint eff ab-
folutinct lav a plus forte raifon peut -on Ce
tromiiper fur un Ticrteron, un Mamelouc, &c.
cncore vfctave.
Une .lcmblie rgulicre leur a-t-cllc confrd vn
caratie t igal. II me femble que Meilleurs les
Dpui.'s bliuics des Colonies ont moins de droit
que pcrfnne d'tre rigides fur les formes vou-
lues par la loi. La dputation doit cre inr6grale
& direcde, voill le principle ; mais jl-admet des
modifications impofdes par la niceflir & avoues
par la raifon. Quand une portion nonibreufe &




( 45)
fuuffrance de citoyens, fe trouvent confiitus dans
'impaolibilit d'dmettre un vceu, leur imputerez-
vous l'abfece des formalits qu'ils n'ont pu rem-
plir, & leurs pines front elles aggraves par le
refus d'en entendre le 'rcit ? Telle cil la position
des fang-mls que nous avoai dit n'avoir pu
t'afirmbler dans les Ides. Une :eI'aine d'en-
tr'eux fe font rlnis Paris, aprs avoiL prve:nu
les Chefs de la ville & dputc' vers lcs colons
blanucs, pour prparci les voics au rapproclimien
des incr&cs & des curs.
Nombre de lettres, crites par des gens de
couleur des Colonies & des villes mairitimes,
annoncent une adhlion contiennenLtkleurs de-
lan:es & donnenc ces DpucCs une forte
de mandac que votre juflice acLticillera niis doutc.
Ils doivent doinc, ai 'inftar des' autres Dpurs co-
loniaux, tre admis au moins provifoiremenct,
fauF ordonner une nouvelle convocation gn-
rale de tous les colons libres, Blancs & fang-
mls, runis fur la line de l'galit parfaire (17).
Je propose i l'Airemnblie le dcret fuivanr.
Les gens de couleur de Saint-Domingue & des
autres Colonies Franoifes, y compris les Ngres
libres font dclars citoyens dans toute I'cndtue
du terme, & en rout affimils aux Blancs; Cn can-
fquence, ils peuvent exercer tous les arts & m t.
tiers migrer des lles, frquenter les Eccles pu-




( 46 )
bliques, & afpirer i tous les emplois eccliaflti-
ques, civil & minliaires.
Les Compagnies de Volonraipes fangn-mils &
Blancs, front incorpores.
Les fanig-minls ne front le fervice de piquet
que d'aprs des'cinemens qui ne laiferont rien
I'.ubritae, &: conjintienten avec les Blancs.
i es initirc pourront affranchir leurs enclaves
faKs rien p.yir, les efclaves pourront fe rachc-
ter en payant feu!cmrent leur imaitre. On tiendra
r ireItc t'ie l'fianchiitcient, ainfi que des bap-
tmrncs, ma iinges & fpultures des Ngres.
Le ccncubinlage fera puni. Si une NgreiTe mer
au monde un enifant natural de couleur, for cn-
fant fera affranchi, & fi le pere tif c nnu il
fera condaimn, fuivant la loi, a z1oo livres de
fucre, pour taire un fort A l'eniant.
Les Articles 57 & 5 de l'Edir de 1685 fe
zont e.c:rit's ; toi Edits & D'clarations contrai-
res au pijfent dcrer, font abroges.
D5fenfcs de reprocher aux fang-m:tis leur ori-
gine fous peine d'tre pourfuivi comme pour
injures graves.
Les Curds fonr invites ufer de tour le credit
que leur donne leur miniifere pour effacer le pr-
jug & concourir l'excution du prfent dcrer.
Les 'gens de couleur runis 1 Paris, choiliront
cinq Dputs, qui aprs verification de leurs





( 47
pouvoirs, auront ai ni que les autrc Dpiltds
Coloniaux, fance provifoie l'Atnlfble Na-
tionalc, jufqrn' ce que l'on air procd6 dans les
llles de nouvelles letions par des Affembles
rgulieres de tous les citoyens libres, conformi-
ment aux Rglemens que l'AfeniCblc Nationadl
fers fur cer objet.

La faodalit heureufemeit dtruice dans le conti-
nent Franois, s'toit reproduite focus unle autte
lominc dans nos Colonies ; mais la perfvraince
des abus clt un motif de: plus pour les extirper.
11 eft teins que la raifon plane fur les precen-
tions orgueilleifes de la grandeur & de l'opu-
lence cl~iuns touches les diflinitaions avili-f
Ctfaces que la nature rprouve que la Religion
proferit : le vice & la vernu d6ivnt erre la feule
mefure de la conlidration publique, come
l'galit la feule mefure des droits des homee.
Vivre n'ef rien, vivre libre clf tour, & cetre li-
bert, que des guerriers Franois font alls plan-
ter dans les champs de l'Amiique feroit-elle
ctrangcre nos dles ? Non, Meleurs, quarante
mille individus libres par la loi, mais atlcivis par
dcrets d ogaroires & par les prjuges, vous de-
vronc leur bonheur: pour l'humanit ce fetra un
triomphe de plus & pour vous iin tire de plus
1 la gloire.





() V Confidtratfioi Cur L'r.at prent dce la Colon id
franuiei de S.-Jmltiguet par M. H. D. L. (Hilliard
d'Aubecrruil.) Paris-1777. T. t, page j yo.
(C) V. te code noir Edi de ih y ; articles n. & 5;.
( C Le denomination gens de coueut JIng-mrnt/ss, font
inrfgnifianrc puirqr'clics pruevcnc g'almcnt s'appliquer aux
Blancs libres aux Ngres cflcavcs &c. ; mais dans nos
fles I'rage a rre;lreirt l'acception de ces mots la ctafle
intcirmcdlaitrc don't Ite individus Blancs & Noirs font les
'foucieri. En voici Ic ramifications :
Le Mua., pioduit par l'un in du Blanc avc' la Ncgrcffe,
ou du Negrc avec a Blunchic.
Le Grif, q :clfucfois nomim Cabr:, produit par Ic Mu-
larrc avec la N4I;relTc D, &c.
Le Lar.E/,'ju; pruduit par le GriF avec la Ndgrcflc,

Le Carrtron produic par le DBlac avcc la Multrcffc,
ou, &c.

OLI, &C.
Le Mtis produfc p.u cl Blanc avec la Ticrccronie,
o0 &c,
Le Maame/ouc product par le Ill.iic avec la Mtrive, o, &c,.
QLclIqu.cois dF la feconde gdnJaril~.io, le teint s'c-- dlrcirt
& l'hidividii cll paifaimcnn: blnrc.
(4) Ccett ordatnance, & prcdjqu tiou)rcs les luivanccs,
font configgncs dans Ici Li.x & Cotnfita;iins des Counies
frairoifrs,





( 45$ 5
.franodfelr, &c. $ vol. in-4o., par M. Moi'au de Sain~t
Mcry Dput de la Marntnique. Videpaifn.
(y) Obervations importantes fur la decadence du toan-
mnerce maritific frah~ois dux tolones par M. le Chcva-
lier des Landes. Pag. i 6.
(6) Le Midcin de Pas, Juit, a t 2orTifcller au Contcil
du Por/ at Prihcc. Il a laiild i fa mort des biens confidra-
bles dans la faridc dd (itd. G abrici de PAs un de Tes ne-
veux, a Commanduani des Milices'; t'et tin 3utre idtc' -
ticveu du Mdecin, qui a &c Marguillier fde la Paroific
J'Aquin. La famille de Pas eft confidrc St,-t)ovingue.
(7) V. Loix & Conflitctions des Calonics; T. p. 3 s.
(s) Confikdrarions, &c p. 73 & fuivances.
(y) V. Affiches aminicaines de 1770. On pretend qhd
l'Autrur de cettc aircft affrtton a faith retircr, antan
qu'il a pu, les cecmplaires de ce affiches.
(Io) Obfcrvatiorsi inpoartantes. P. i4. *
(1 r) Les gens de couleur apprendront fais doute avec
recominofancc l'ardeur quonit apporce la difenft da
leur ranii Mclicrs Joli, Rainioud & 1i autres Mcm-
bres qui ont foufcrit lctr requte I'Aflcmib[tec Nationalc.
(z i) Macanda, Chef des Ngres marrons & quelques
uctres efclaves firent uL'ag de poifon pour rcrvir lcur
Vengeance particullet. Ce crime obtint un chtiment m&
tl,. Mais faut il brler fins mifricorde, ns preuve i
quelquefois tn6mc fans indice rout Ngre accufl de poi-
ton i C'eft fur quoi e rcric l'Auteur des confidCeions fut
St.-Domingue. T. i. p. t ;.
(i Confiderations, &c.T. i. 7p. & fuiv.
(14) Le prjug exiftc ccpendant au royaume d'Angofa;
i'homrnede couleur n'y peur saffeoir devant tls Blancs, donc
1'orguil c la lubricit intcrdiftct aux mulirctls tout LLu
D





( 5 )
bllemncj, anime 'ufage d'une p.-gnc. V. Hiloire des
Voyages, par Prvt6, dir. in-4.* T. 4 & I.
(r ) Die M. l'Abb de Cournand, qui a dja plaid avec
fucci tla caulc ds fang-mwls ainfi que M. de Mirabcau,
dans ton courier ic Prrivence.
(i 6) V. Hi-l. dcs 1Flbuilicrs, par Ocimctin, qui, lui-
mme fur.vcnda. Hill. de St.-Dopminiue, par Clharicvizr
Hift. des Anti!les, par du Tertre, Labar, &c.
(17) Ocxmncitu. T. i. p, 49.
(t S) RSclamatjors des NCgres libres, &c. P. t.
(i9) V. les rtflczio s fommaires, adrcffcs la France
& la Colopic de Sc,-Dominguc, par M. Labori, Pag. I
& '4.
(to) Je cite rqon garanr,l'lctinmablc M. Clark an, Auteur
de ltEfi urcnfravantages politiquesafr la traite des Ngres.
(z u) V. Encyclopdie article Muldtrs.
(et) Rflexions fommnaircs c, P. z l.
(11) Eu 17 y' le Portugal d-lclaq qt'u l'avenir tous
les ftjcts volonraircs ou forces dei la Courannc fcroient ci-
toyens dans toute [lticnduc du terme. Si cet dir bicnfaifant
n'a pas product au Brcfil tous les fruits qu'on avoit lieu d'en
attendre, c'cf parce qu'en difiant d'une main on a d-
truit de 'aiutrc oin n'a pas flimul l'inc lulrie ; on n'a point
align de cerrcs aux nouveaux citoyens un privilege ex-,
clufif a frapp leI commerce &c.
(&4) Pluficurs villas le Havre, Bordcaux, Rhcims,
Carcaffongc, ont envoy l'Afleimble Nationale des mn-
moires pnur empccher la rupprdeTion de l'cefcavage. II cit
bien Ialheureux que l'hulnia utl foir ri Couvent obligLc de
composer avec la politique a l'incitt. Quand nous agi:te
rns cette quclion il fera prouvd que l'avantagc de la





( il )
Mtropole, des Colonics. des planteur come celui des
cfclavcs, cl d'amener graducllcment ccrc rvoltrion. On
fourroit commencer par fuppriner les primes accordecs aux
vulifcaux ngriers, enfuirc l traice &c. On craint le fou-
cvcment des Ngtes & comnirir ne craint-on pas celni
des gens de toulctr ,qui oprcroit un toiilcvcmcnt ignral ?
Plus jy rfichis, & plus je fuis convaincu que l'intder de
rous cft de rpprocher par l'galird des droits les fang-mnt-
ls & les Blans.
(~i) V. Loix & Conflituution des Colonie, par M. Moe-
reau de Sait Mcry &cc. Comment donc M, de Thebau-
dicces, qui at Procurcur-Gnral au Cap, peutil nous dir e
( vues gnrales &c. p. i.) que les fang- mls ont cou-
jouirs joui, en vecir de l'dit de 8, d dcs droits communs
j toI LIc ciroycns randisqri'on tui prtriit vingt d icct
& plis, qui iprouvent ddmonftrativcmcnt I contraire? A la
page fuivance, on lit. Non contens d'etr nos gaux, ik
. ( les fang-!icls ) vculent devenir nos fupricers. n Sans
doute, il cn produira les preuves. II, demand (p. o. ) fi
jamais chez les Romains il y eit des affranchis parmi les
Snateurs, les Tribuns, &c. I! cft moins qucltion de ce qui
s'eft fait que de ce qu'il faut fair. Mais il voudra bica
remarquer que fou raifonnement croule, en ce qu'il fupporc
que tous les gens de couleur font affranchis, randis que les
neufdixiemes fonu ingnus. Dc nouvelles Affembles font
convoques, & ce tiennent peut-tre aCuollement la Mar-
tilique & St.-Domingue. Dira-t-on que les fang m~ls
ont droit d'y alleftcr parce que la loi ne les exclut pas ?
Un prjug imprieux les en limine; ils n'oferoient s'y
prfenter. Autant vaudroit dire que les Juifs d'Alfacc ou
de Mctz font admis aux AiTcmblIcs, parcel que la loi na
pronounce p s leur cxclufion






4,




(<) iLes pices origlinates fon chtre les nmrtns de M. R
l Luzerne, qui m'a rcnmi des copies collacionudcs, je ktg
ai dpoGdes au Comrt de vtriication.
(17) V. Approtifinncincns dc St.-Domingtic. P. .
P. S. Le fcrvicc de piqucr avoir t aboli par M. de l
Lutzrnc, on m'afFure que depuis on a rtrabli cebt vcraa

Je m'dtois propofd d'cxamjinr l'utilit politique dci Co-
lonies, rtl.uvcinciit la Mi&ropole. Un de mes mins,
M. Voidels. DputLi dre Sargucmincs, Le charge de cctt
itcic ; le public y gag'erl.


f 1 N+





LETTRE

AUX


PHILANTROPES,

Sur leO malheurs, leRs droits et les rclamations
des Gens de couleur de Saifnt-Domingue,
et des autres miles franoises de l'Atidriqzue;

PAR M. GRIGOIRE,

Cur d<'Einberiidnil, Dput du Dpartement
de la MeturhIe.







A P ARIS,

St I N, libraire rue Saint-Jacques prs St. Yves
Chez D is tN z libraire, au Palais-Roy l
SB A I L4Y libraiie, rue St-Honor barribre des Scrgcns
Et an Bureau du PATRlOTrC FrA osI, place du Thrl'tc italJin.

OCTOBRE i 7 9 o




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