Title: Haïti en marche
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 Material Information
Title: Haïti en marche
Physical Description: v. : ill. ; 45 cm.
Language: French
Publisher: s.n.
Place of Publication: Miami Fla
Miami Fla
Publication Date: April 23, 2008
Copyright Date: 2005
Frequency: weekly
regular
 Subjects
Subject: Haitians -- Newspapers -- United States   ( lcsh )
Newspapers -- Miami (Fla.)   ( lcsh )
Newspapers -- Miami-Dade County (Fla.)   ( lcsh )
Genre: newspaper   ( marcgt )
Spatial Coverage: United States of America -- Florida -- Dade -- Miami
Haiti
 Notes
Language: In French.
General Note: Description based on: Vol. 3, no. 37 (7 November 1989).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00098809
Volume ID: VID00300
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 21271733
lccn - sn 92061416
issn - 1064-3869

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Haiti en Marche edition du 23 au 29 Avril 2008 Vol. XXII No. 13


RECHERCHE D'UN PREMIER MINISTRE


Voici venu le temps des deals >


PUKI-AU-KPINLCE, 19
Avril On prend les memes et on re-
commence. Comment construire du
nouveau avec ce qui a deja echou6.


confiance au Senat ae la
republique.
Pourtant cela ne
semble pas deranger les acteurs


Rend Prival debat avec partis politiques etparlementaires,
ici deux influents senateurs: Rudy Herivaux et Youri Latortue


C'est l'6norme d6fi, la veritable
quadrature du cercle auquel se
confronte la politique haitienne au
moment de trouver un remplapant au
Premier ministre Jacques Edouard
Alexis qui a 6cop6 d'un vote de non


outre mesure. La force de
l'habitude. Toujours les memes
gueules, pas une nouvelle
tronche a l'horizon. On y veille
jalousement d'ailleurs. Cejeu de
(DEALS/ p. 4)


ECONOMIE-EMEUTES

Les causes de la crise

restent intactes


PORT-AU-PRINCE, 20
Avril Personne n'a vu venir le
d6chainement de ces derniers jours.
Ni les pouvoirs publics. Ni
l'international (mission des Nations
Unies, ONGs).
Meme quand la presse lo-
cale pullule d'articles et d'6ditoriaux
d6nongant le couit vertigineux de la
vie et l'absence d'efforts reels pour
y faire face.
Mais nul ne s'y attendait.
Meme quand les 6meutes de la faim
avaient commence a frapper d'autres
pays. Mais chez nous pas question,
continuait-on a penser.


Et meme quand les
6meutes s'6taient d6clench6es
que les dirigeants haitiens
semblaient mettre davantage
l'accent sur le secondaire
(infiltrateurs, trafiquants,
casseurs) que sur la r6alit6 mrme
de l'6v6nement.
Et aujourd'hui encore,
qui sait si on pense autrement. A
preuve, les 6v6nements ont vite
&6t r6cup6r6s pour faciliter des
changements politiques (renvoi
du Premier ministre et autres) qui
n'attendaient qu'une telle occa-
sion. (CRISE / p. 5)


Faut-il dedommager les victimes des emeutes ?
PORT-AU-PRINCE, 18 Avril Le pas et celui-ci en est encore moins responsable. Ily a l'Etat lui-meme dont les bureaux de
;ouvernement ne peut etre tenu pour responsable Mais qui l'Etat doit-il dedommager ? I y a tel organisme ont 6t6 rases totalement par les
les consequences des 6meutes qui ont secou6 le la petite marchande dont la barque de bombons et 6meutiers, comme la succursale de 1'ONA (Office
lays ces dernieres semaines. I1 est difficile de definir cigarettes a kt6 crabouill6e lors de la fuite 6perdue au national d'assurance vieillesse) a Petionville.
;elon quelle logique on pourrait tenir le moment de l'intervention des forces de police locales Il y a des m6dias qui ont recu des pierres
;ouvernement pour responsable. et des casques bleus onusiens (Minustah) ... lors du repli massif des manifestants devant les
Par contre le gouvernement pourrait etre Ily a le photographe de presse qui a recu une blinds de la Minustah.
3ollicit6 pour aider a reparer les degats provoques balle en caoutchouc en plein corps ou le reporter qui a Et il y a environ une quarantain
ar l'Etat a des moyens que le simple citoyen n'a perdu sa cassette enregistreuse. Etc. (DEDOMMAGER/ p. 6)


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IEN PLUS ..


EN BREF


Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


SOMMET DES BAILLEURS

Encore une chance

qu'on laisse passer


PORT-AU-PRINCE, 16
Avril Les jeunes manifestants du
mardi 8 avril devant le palais national
ne savaient pas si bien dire en
s'adressant aux casques bleus de la
Minustah en ces termes : << nous avons
fait 1804, nous ferons 2008 >
En effet, ils ont fait 2008.
Depuis les 6meutes d'Haiti, la crise
alimentaire qui est mondiale a pris une
nouvelle dimension. Dans toutes les
grandes chancelleries du monde, on ne
parle que de cela. Et le nom d'Haiti est
en premiere ligne.
Juste retour des choses. Alors
qu'en Haiti nous avons une perception
e ces manifestations 6maill6es de
violences et d'actes de vandalisme
comme un pas en arrisre dans les
efforts pour la stabilisation, telle n'est
miraculeusement pas la reaction qui
nous vient du dehors.
Oyez plutt : << Le president
Bush est 'tris pr6occup6' par la crise
qui touche Haiti, l'Egypte et les
Philippines, entre autres, selon sa
porte-parole Dana Perino.
Sur ce Mr. Bush d'ordonner
lundi le d6blocage de 200 millions de
dollars d'aide d'urgence pour faire face
a la crise alimentaire qui frappe
durement certains pays.
Le D6partement d'Etat et
1'USAID sont mobilis6s.
Cette aide alimentaire
suppl6mentaire s'ajoute aux
programmes am6ricains d'aide
alimentaire d6ja existant et pourra aussi
servir a r6pondre aux besoins impr6vus
en aide alimentaire, selon la porte-
parole de M. Bush.
Les 6meutes d'Haiti n'ont pas
kt6 les premieres. En Egypte, on a
enregistr6 une soixantaine de morts,
des dizaines en Afrique et aux
Philippines. En Haiti, on a relev6 5
morts dans la ville des Cayes. Et le
policier nig6rian qui a k6t assassin
samedi dans un march de la capitale.
Cependant les 6v6nements
d'Haiti ont servi de toute evidence de
catalyseur a l'6chelle internationale.
Oyez encore. << Les appels a
la mobilisation internationale se
multiplient pour faire face aux crises
alimentaires qui menacent la planite. >
Et pas n'importe laquelle ...
Selon << le rapporteur special des
Nations unies pour le droit a
l'alimentation, Jean Ziegler, la
planite > se dirigerait << vers une tris
longue pyriode d' meutes > et de
conflits lies a la hausse des prix et aux
p6nuries.
Diff6rentes propositions ...
La France appelle l'Union
europ6enne a augmenter sa production
agricole tandis que les Etats-Unis ont
d6bloqu6 l'aide d'urgence (que nous
venons de voir).
Selon le ministre francais de
l'agriculture Michel Barnier, << il va
falloir doubler la production mondiale
d'ici a 2050 pour nourrir 9 milliards
d'habitants sur la planite. >
La France propose B l'Europe
de produire << plus et mieux > et de
rester << une puissance agricole forte >
pour r6pondre au << contexte grave de
crise > et aux << 6meutes de la faim. >
Michel Barnier recommande
aussi a 1'UE une aide agricole plus
importante aux pays pauvres pour
qu'ils se rapprochent de l'auto-
suffisance.
II a aussi plaid en faveur
d'une plus grande fermet6 de l'Europe
dans les n6gociations commerciales
avec 1'OMC (Organisation mondiale
du commerce) oft l'Europe est sous
pression pour r6duire ses aides et droits
de douane et ses subventions aux
agriculteurs.
Aussi l'initiative frangaise ne
fait-elle pas totalement l'unanimit6,
particulierement chez les Britanniques,
non seulement plus gagn6s au n6o-
lib6ralisme (c'est le pays de Margaret
Thatcher) mais aussi parce qu'ils
soupponnent la France de chercher a


profiter du contexte international pour
d6fendre ses int6rets de premiere
puissance agricole de l'UE.
Par consequent cette
nouvelle situation peut provoquer un
rebrassage des cartes au plan de
l'6conomie mondiale. Il faut le retenir
nous aussi.
A tel point que si la Banque
mondiale le dit, c'est vrai. Or ce sont
les deux plus grands argentiers de la
planite, la Banque mondiale (BM) et
le Fonds mon6taire international
(FMI) eux-memes, qui viennent de
tirer la sonnette d'alarme.
Si ce n'est plut6t les derniers
6v6nements en Haiti.
Incroyable mais vrai, c'est le
president de la Banque mondiale
(temple du n6o-lib6ralisme), Mr
Robert Zoellick, qui met en garde, a
l'issue de la conference de printemps
des deux organisations le week-end
dernier a Washington, contre des
<< consequences terribles > si
l'inflation se poursuit, avec << des
centaines de milliers de personnes
(qui) vont mourir de faim. >
C'est toujours M. Zoellick
qui note : Dans les pays pauvres, la
monte des prix a d6ja conduit a de
graves explosions de violence, a des
manifestations et des pillages. En
Haiti (poursuit-on), les troubles ont
fait des morts et abouti a la chute du
gouvernement.
Entre parentheses, rappelle-
t-on, l'une des raisons de la monte
des prix est la part grandissante de la
production de bio-carburants a partir
de c6r6ales qui manquent maintenant
pour l'alimentation des populations.
Ce qui amine un Jean
Ziegler, dont on sait qu'il ne mache
pas ses mots, a s'6crier : << La
production massive de bio-carburants
est un crime contre l'humanit6. >
Le quart de la production de
mais aux Etats-Unis est d6ja consacr6
a la production de ce qu'on appelle
aussi le p6trole vert.
Ce mardi les prix du riz et
du mais ont inscrit de nouveaux
records historiques, portant la hausse
des prix du riz depuis le d6but de
l'ann6e a plus de 60% et accentuant
les craintes de tension sur le march
mondial.
Les cours du riz ont double
depuis septembre dernier sur le
march de Chicago (Chicago Board
of Trade ou CBOT) pour atteindre
22,22 dollars les 100 livres et cela va
continuer, les gros importateurs
augmentant leurs achats pour
constituer des stocks de peur de voir
les exportateurs r6duire leurs
livraisons, comme c'est deja le cas
avec l'Inde et le Vietnam. Tandis que
les Philippines, premier importateur
mondial, disent vouloir acheter en mai
500.000 tonnes suppl6mentaires pour
augmenter leurs stocks.
<< On parle du riz presque
autant que du p6trole maintenant dans
les grands m6dias et l'int6ret pour le
sujet va croissant > note un analyste
du march.
Le president de la Banque
mondiale n'a pas h6sit6 a appeler
dimanche a un << New Deal pour la
politique alimentaire mondiale >>
destined renforcer la productivity
agricole et am6liorer l'acces a
1'alimentation.
Et c'est l1 que cela devient
encore plus int6ressant pour nous
autres. C'est que les grands
gendarmes economiques de la planite
(reconnaissant en quelque sorte
l'6chec de certaines de leurs
politiques) acceptent de faire certains
accrocs a la sacro sainte doctrine n6o-
lib6rale.
C'est Robert Zoellick qui
parle. << Nous sommes tris pr6occup6s
et nous 6tudions ce que nous pouvons
faire a court terme (comme de
r6clamer une aide alimentaire
(voir BAILLEURS / 6)


Visite du maire de Montr6al A Port-au-Prince en relation
avec la crise alimentaire pr6valant dans la capitale haitienne
Le maire de Montr6al, M. G6rald Tremblay, effectue une visite a Port-au-Prince
du 20 au 22 avril, en r6ponse A l'invitation de son homologue haitien Muscadin
Jean-Yves Jason et du Pr6sident d'Haiti, M. Ren6 Pr6val.
<< Je suis conscient de la situation qui pr6vaut pr6sentement A Port-au-Prince
relativement A la crise alimentaire. II faut etre r6aliste face au role qu'une ville
comme Montr6al peutjouer quant A la resolution de cette situation. Toutefois, il
m'apparait essentiel, particulierement en ces moments difficiles, de r6it6rer
notre solidarity envers le peuple haitien et de maintenir notre soutien en fonction
de nos capacit6s et de nos moyens >, a d6clar6 le maire de Montr6al.
< Je compte profiter de cette visite pour r6affirmer au maire Jason la volont6 de
la Ville de Montr6al de poursuivre les efforts que nous avons amorc6s dans le
cadre du Protocole de cooperation s'6chelonnant sur cinq ans que nous avons
sign A Montr6al, en d6cembre dernier >, a ajout6 M. Tremblay.
Au cours de sa visite, M. Tremblay doit s'entretenir notamment avec le
president d'Haiti, M. Ren6 Pr6val ainsi qu'avec le maire de Port-au-Prince. I1
aura 6galement l'occasion de remercier les policiers et policieres du Service de
police de la Ville de Montr6al (SPVM) pr6sentement en mission dans le pays et
qui r6alisent un travail de formation exceptionnel. Lors de sa visite le maire
s'adressera aux membres de la Chambre de commerce et d'Industrie haitiano-
canadienne. Le maire de Montr6al pr6voit 6galement de rencontrer des
Organisations Non Gouvernementales montr6alaises actives A Port-au-Prince.
Un fort contingent de policiers canadiens, dont des retrait6s s'6tant ports
volontaires, font partie de la police de I'ONU en Haiti (UNPOL). Ils sont
particulierement impliqu6s dans des programmes de formation et de
renforcement de la Police Nationale d'Haiti.

Visite en Haiti du secr6taire d'Etat frangais A la Coop6ration
Le secr6taire d'Etat francais A la Coop6ration et la Francophonie, Alain
Joyandet, est arrive en Haiti pour une visite de 48 heures, ax6e sur la crise
alimentaire traverse par le pays et qui a provoqu6 des 6meutes de la faim qui
ont fait 5 morts.
"Cette visite intervient apris l'annonce par le president francais Nicolas Sarkozy
du doublement de l'aide alimentaire frangaise en 2008", a soulign6 l'ambassade
de France A Port-au-Prince dans un communique.
M. Joyandet doit s'entretenir avec les autorit6s haitiennes de la situation
politique du pays, dont le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis a &6t
destitu6 par le S6nat, et des problimes sociaux dus A l'envol6e des prix des
denr6es alimentaires.
Le secr6taire d'Etat francais sera notamment recu mercredi par le president Ren6
Pr6val et devrait rencontrer des membres du bureau du Programme alimentaire
mondial et des responsables de la mission de stabilisation de I'ONU d6ploy6e en
Haiti.
M. Joyandet, qui s'est rendu auparavant en Martinique pour assister aux
obseques du porte martiniquais Aim6 C6saire, devait arriver lundi soir en Haiti
pour y sojourner jusqu'A mercredi.
A la suite de son assemble g6n6rale A Washington le week-end pr6c6dent, la
Banque mondiale a d6cid6 d'octroyer 10 millions de dollars A Haiti et d'y
d6pecher une 6quipe d'experts pour aider les autorit6s A r6soudre la crise
alimentaire.
Cependant une conference internationale de bailleurs de fonds pr6vue le 25 avril
a 6t6 annul6e a la suite de la destitution du Premier ministre et une nouvelle date
devrait etre fix6e une fois le nouveau gouvernement form.

Le chancelier espagnol en Haiti le 25 avril
Le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, effectuera une
visite en Haiti le 25 avril dans le cadre d'une tourn6e r6gionale de cinq jours qui
le conduira 6galement au P6rou, en Argentine et au Br6sil, rapporte une d6peche
de I'AFP date de Madrid.
Au cours de son passage A Port-au-Prince, M. Moratinos aura notamment des
entretiens avec les autorit6s haitiennes et les membres de la police et de la garde
civile espagnoles faisant partie de la Mission de stabilisation de I'ONU
(MINUSTAH).
Apris avoir laiss6 Port-au-Prince, Miguel Angel Moratinos participera A Lima
au sommet euro-latinoam6ricain le 26 avril, puis s6journera les 27 et 28 A
Buenos Aires et A Brasilia of des questions bilat6rales seront d6battues.
Outre sa presence au sein de la composante policiere de la force onusienne
(UNPOL), Madrid qui avait, en 2006, rappel6 ses casques bleus d'Haiti,
entretient avec le pays une cooperation portant en particulier sur l'Mducation et le
micro-cr6dit.

Le president bresilien prochainement en Haiti
Suite aux r6cents troubles que vient de vivre Haiti, le president du Br6sil, M. Lui
Lula Da Silva visitera le pays.
Pr6vue pour le 28 mai prochain, cette visite lui permettra de discuter avec son
homologue haitien, M. Ren6 Pr6val, autour de la relance de la production
agricole dans le pays.
La visite du chef d'Etat br6silien a &6t r6v6l6e jeudi, par l'ambassadeur br6silien
en Haiti, M. Igor Kipman. Selon lui, elle devra etre devanc6e d'une 6quipe
d'experts br6siliens qui pr6pareront l'entretien entre les deux presidents.
A la suite des violentes manifestations qui se sont d6roul6es dans le pays A cause
la chert6 de la vie due A une hausse des prix des produits de premiere n6cessit6,
un ph6nomine mondial, plusieurs organismes internationaux ont manifesto leur
volont6 d'assister Haiti,
Cette visite du president br6silien t6moignera, outre le support financier A
l'endroit d'Haiti, de la solidarity de ce pays en des moments de trouble.


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Available from Commercial News Providers"

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Haiti en Marche Vol. XXII No. 13 L ACTUALITY EN MARCH

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Page 3


SUSPENSE SOMMAIRE
SUSPENSE
Recherche d'un premier ministre ...
Voici venu le temps des "deals" p.1
L'EVENEMENT
Emeutes: les causes de la crise restent intactes p.1
BILAN
Faut-il d6dommager les victimes des 6meutes ?
p.1
ECONOMIE
Renvoi du sommet des bailleurs : encore une
chance qu'on laisse passer p.2
POLITIOUE
Le president Pr6val fait face A sa premiere crise
importante p.3
L'ONU esp3re la formation rapide d'un nouveau
gouvernement p.8
ACTUALITE
L'aide arrive mais ne suffit pas p.3
INTERNATIONAL
Crise alimentaire : Ban Ki-moon et Lula tirent la
sonnette d'alarme p.7
REACTIONS EN HAITI
D6nonciation de la politique n6o-lib6rale p.9
EN SPECIAL
Mort de l'6crivain Aim6 C6saire pp.10,11,16,17
LIBRE PENSEE
R6volte p.14
Le dilemme corn6lien ...p.14
VATICAN-USA-ONU
I1 ne faut pas saper l'autorit6 des Nations Unies,
dit Benoit XVI


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toutes les Femmes Hdiliennes d'Hditi
et de la Diaspora et les honore pour
leur courage et leur d6vouement
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Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


RECHERCHE D'UN PREMIER MINISTRE


Voici venu le temps des < deals


(DEALS... suite de la lre page)
chaise musicale bat son plein depuis plus de deux
decennies. Que peut-on encore en esperer ?
Le va et vient a recommence entre les trois
acteurs officiels qui sont le palais presidentiel, les
presidents des deux chambres du Parlement et les partis
politiques.
Meme si on ne doute pas que les v6ritables
negociations se font ailleurs (grandes ambassades,
diners en ville, hotels particuliers, lits a baldaquin ou
arriere-cours de
magasins), que
pudiquement le
maquignonnage a lieu
dans les coulisses,
toujours est-il qu'on sait
depuis longtemps d j .
quoi s'en tenir.

L'assaut
des gros interfts ...
En effet, les
deux premieres annees
du mandat presidential
en cours ont montre que
les all6geances ne A vailable fl
resistent pas longtemps
a l'assaut des gros
interets. En un mot, les
partis politiques qui
accourent a nouveau au
palais presidential n'ont
aucune representativit6
veritable. Ni au niveau
electoral, leur score aux
dernieres presidentielles
ayant h peine depasse les
3 pour cent. Mais qui
plus est, les senateurs et d6putes elus sous leur banniere
ont depuis longtemps trouv6 d'autres
accommodements plus susceptibles de garantir leurs
int6rets imm6diats.
Les parlementaires ne votent plus desormais
suivant la ligne de leurs partis respectifs (il est vrai
que ces derniers devraient commencer par en avoir
une qui soit plus claire et nette et respectable) ...
Mais au gre du moment ou pire encore. Un
Herivaux, classes Fanmi Lavalas, se met avec Youri
Latortue, un des tombeurs de son ex-president et leader
adore, pour abattre le Premier ministre Jacques
Edouard Alexis.


Et ce dernier avait-il a peine obtenu la
confiance presque unanime de la chambre des d6putes
que le Senat le renverse moins d'un mois plus tard !

D'autres qui tirent les ficelles ...
Par consequent l'all6geance est une vielle
defroque que nos parlementaires avaient t6t fait
d' envoyer par-dessus les moulins pour adopter d'autres
labels dont l'avantage est qu'ils n'expriment rien de
particulier mais rien que des interets particuliers. Ce


ne sont que groupes X o0
Le Premier m
convoque a la chambre d
60.
Et c'est le Grou
donnera le samedi 12 avi
Un vocable qui r
tout dire a la fois. Et d'ab
sous l'influence des pi
officiellement census r
grandes decisions comm
S'il en est ainsi,
leaders au Palais national


uY ...
linistre Alexis avait 6et
es d6putes par le Groupe des

ipe des 16 senateurs qui lui
ril le coup de grace.
ie veut rien dire mais qui veut
ord que nos elus ne sont plus
artis politiques qu'ils sont
epresenter au moment des
e aujourd'hui...
que viennent chercher leurs
il si tant est que la politique
est unjeu de give and take,
du donner et du recevoir,
donnant donnant. Si ces
partis ne peuvent garantir le
vote de leurs elus, s'ils n'ont
plus les moyens aujourd'hui
de < delivrer >, alors a quoi
bon tout cela. Du cinema ?

Ou alors c'est
peut-etre que leur impor-
tance vient d'ailleurs. Et
que ce sont d'autres qui
tirent les ficelles. D'autres
et non des moindres ...

La nature a
horreur du vide ...
Tout autre est le


cas du Parlement. Celui-ci est devenu un veritable
chateau fort. Le Groupe des 60 a la chambre basse, le
Groupe des 16 au Senat s'intitulent nouvelle majority
et le vote du 12 avril a prouv6 que ce n'est pas un vain
mot ... Comment tout cela a-t-il pu se constituer a la
barbe du pouvoir et des partis politiques. Et sous quelle
influence et grace a quels moyens ? C'est meme la
seule innovation politique de ces deux dernieres
annees.
Primaute de l'individualisme sur les
principes. De l'interet
personnel sur l'intfret
national. Et sur fond
d'effacement total de
l'Etat et donc (tout
s'explique) du seul
garant de l'interkt
collectif. Nous ne
saurions dire avec exac-
S 1 titude. Par contre pour
trouver la signification
d'un tel ph6nomene, il
faut aussi interpeller le
pouvoir et les partis
politiques. En vertu du
Providers" proverbe: la nature a
horreur du vide !
Des partis
politiques qui meme i
plusieurs arrivent o
peine a faire 3 pour cent
de l'electorat.
Mais qu'en
est-il du pouvoir lui-
mme ? Le president
Rend Prival a 6tO alu au
premier tour et i la
faveur d'une participa-
tion massive ...
Mais tant6t il se declare un sans-parti ou au-
dessus des partis, se voulant le symbole parfait ou
I'arch6type de la reconciliation nationale () ...

Une peau de chagrin ...
Tant6t il cherche (comme aujourd'hui) a
relancer le mouvement qui l'avait port6e la victoire le
7 fevrier 2006, cela en vue des prochaines spnatoriales
partielles oh il lui faut absolument marquer quelques
points sous peine de tomber encore plus sous la coupe
des puissants < groupes >> parlementaires ci-dessus
mentionn6s.
Mais (toujours l'horreur du vide) la coalition
du 7 fpvrier 2006 n'est plus ce qu'elle 6tait. Le parti
gouvernemental LESPWA (qui n'en a d'ailleurs ete
que le << chapeau legal >>) ressemble aujourd'hui i une
peau de chagrin, d6sert6 qu'il est soit par ses propres
membres (tel le tris actif d6puta de Petionville, Steven
Benoit), soit par ses anciennes alliances, dont Corega
(au nom du disaccord que dit avoir ce dernier avec la
politique neo-liberale suivie par le regime en place)

Quant E la base naturelle du president Pr5val
(au nom de son ex-titre dejumeau d'Aristide) c'est le
chef de l'Etat lui-meme qui tourne le dos i Lavalas.
Pour ses propres raisons ...
Conclusion : on voit difficilement de quel
atout dispose le Palais national dans le jeu actuel.
Autrement dit est-il normal qu'un president Olu au
suffrage universel direct se trouve etre l'oblig6 de tous
(DEALS / p. 5)


Page 4


AMERIJET TO OPEN FORT LAUDERDALE
CARGO DROP STATION

FORT LAUDERDALE,
FL Amerijet International will open
a Fort Lauderdale air freight station
on April 2, 2007, announced Pamela
Rollins, Amerijet's VP of Business
Development.
The station is located
adjacent to Amerijet's corporate
headquarters at 2800 South Andrews Avenue.
"We have a lot of customers in Broward, Palm Beach and even
Martin counties that will enjoy the additional convenience of this station,"
Rollins said. "Eventually, we will expand this location to offer ocean services
and delivery of import cargo, to make shipping with us even easier."
Amerijet will accept outbound international air freight at this station,
including general personal and commercial cargo, large or small packages,
barrels, valuable and fragile goods, hazardous material, oversized shipments
and domesticated live animals.
Hours of operation will be 9:00 a.m. to 5:00 p.m. Mon day gh
Friday and 9:00 a.m. to 1:00 p.m. on Saturday. A meijet sport cargo
between this sta il11i ocnd i Transfer. For rates
and rtpesecificntact Amerijet's sales
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Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


Page 5


ECONOMIE-EMEUTES


Les causes de la crise restent intactes


(CRISE... suite de la lre page)
D'of vient une telle attitude ?
L'Histoire veut que le peuple haitien ait une
immense capacity a avaler les coups durs. Les
responsables politiques en ont la certitude. C'est leur
principal atout, leur arme secrete et leur profession de
foi depuis toujours.
Tout peuple a le gouvernement qu'il m6rite,
dit le proverbe, et si Haiti n'a jamais connu le
d6veloppement, cherchez en aussi la cause dans cette
tolerance particuliere
pretee a son peuple.

Bush trs
pr6occup >>...
Mais qu'en
est-il de l'international
qui semble s'activer
tellement depuis cette
recente lev6e de
boucliers, appel6e en-
core < 6meutes de la
faim >, survenue dans
notre pays.
Du president
George W. Bush qui se
declare < tris pr6oc-
cup6 > au grand
mouvement de solida-
rite de l'aide alimentaire
qui se manifeste d'un
peu partout.
A ce compte-
1l, international
semble plus averti que
les autorit6s haitiennes
elles-memes.
Mais pourquoi
n'avoir rien faitjusque-
1l ? I1 faut avouer que Des manifestants
des strangers savent nous demander comme ga, a brule
pourpoint: comment les Haitiens peuvent-ils vivre
ainsi?
Sans doute qu'ils finissent avant longtemps
par s'habituer eux aussi au mythe du peuple qui chante
et danse dans sa misere. Les officiels de la Minustah
vont et viennent sans trop s'en 6mouvoir dans nos rues
d6fonc6es et autour des montagnes d'immondices
empil6s dans la rue sans attendre le passage du camion
de la voirie mais que personne ne songe plus a interdire.


les
pas




(les

g
app
con
ore


Les recettes les plus rigoureuses ...
Mais ceci c'est la face 6merg6e de l'iceberg.
La tolerance proverbiale de 1'Haitien peut aussi avoir
inspire les grands stratiges internationaux du n6o-
lib6ralisme a essayer chez nous les recettes les plus
rigoureuses de leur arsenal. En effet, alors que les pires
6meutes de notre histoire r6cente couvaient aux quatre
coins du pays, les dirigeants haitiens n'ont cess6 de
recevoir les meilleures notes de la part des grands
argentiers de la planite. Inflation, taux de reserves,


diployant le bicolore national face aux blinds de laforce
PIB, respect absolu des lois du march, taxation z6ro
ou presque a l'importation, tout est au beau fixe. Mais
comme soeur Anne on attend en vain la contrepartie
promise. A ce jour, pas d'investissements locaux ni
strangers, done pas d'emplois dignes de ce nom,
r6sultat pas de pouvoir d'achat cr66, en meme temps
que les produits imports deviennent inabordables plus
que jamais et pour toutes les raisons que personne
n'ignore (p6trole a plus de 110 dollars le baril, bio-
carburant a base de c6r6ales, app6tit des pays
6mergents Chine, Inde). En meme temps aussi que


Voici venu le temps des deals >>
(DEALS... suite de la page 4) tout, la politique a coups de deals, y compris pour le
autres pouvoirs, y compris de pouvoirs qui n'osent passage des programmes de gouvernement, budgets,
Sdire leur nom. projets, contrats, credits et prets internationaux etc.
Ou (et c'est le plus probable) les deux en
A l'image des groupes de pression meme temps!
Force est de conclure que la politique
Sans base propre, face a des interlocuteurs gouvernementale actuelle en particulier (et l'6chec de
Spartis politiques) eux-memes sans influence r6elle la classe politique en g6n6ral) semble nous avoir con-
Et en face d'un mur de b6ton constitu6 par des duit au bord d'un choix encore plus douloureux
;roupes >> de parlementaires sans conviction ni qu'avant. Soit une tutelle 6trangere plus marque. Soit
)artenance d6finie et qui ne r6pondent a aucune la dictature de < groupes > parlementaires dont
isigne officielle (batis a l'image des groupes de personne ne connait les tenants et encore moins les
ssion, mais faut-il rapoeler oue ces derniers sont aboutissants.


faits pour preter leurs services a tout venant et au
meilleur ench6risseur), que reste-t-il au pouvoir a
faire ?
Ou bien s'en remettre totalement aux mains
de l'6tranger comme il a fallu faire appel aux casques
bleus de 1'ONU pour d6gager le Palais national assi6g6
par les 6meutiers de la faim ;
Ou bien place aux < deals >> en tout et pour


Cela sans doute par refus d'entendre le pays
r6el.
Drole de denouement pour un pouvoir qui
s'6tait annonc6 sous le signe de la lutte contre la cor-
ruption sous toutes ses formes.

Marcus, 19Avril 2008


le gouvernement haitien perdait un temps pr6cieux en
j6r6miades ineptes, du genre il faut laisser jouer les
lois du march, apparemment str des vertus de la
m6decine de cheval qu'il est charge d'appliquer ...
Bref, on nous demande plus d'efforts qu'i
tout autre, mais pour etre pay6 en monnaie de singe.
Coincidence ou experience ? Revient ce douloureux
soupcon d'etre utilis6 comme un laboratoire, qu'on
est des cobayes.
Ou ils se trompent, ou ils nous
trompent ...
Les officiels de
la Banque mondiale et
du Fonds monstaire ne
er dsont pas leur coup
d' essai. Du haut de leurs
statistiques et de leurs
paramitres, ils savent
depuis longtemps peut-
etre que les choses
n'allaient pas tarder c
p6ter en Haiti. Sinon,
comme disait l'autre, ou
ils se trompent, ou ils
nous trompent !
D'ailleurs leur
reaction apris-coup est
si empresse (et qui sait,
calcul6e) qu'on pourrait
la consider comme
une sorte de preuve.
De son c6t6, le
president Ren6 Pr6val
declare faire un autre
choix, celui de la pro-
duction nationale.
Comme son habitude,
il dit refuser de faire des
promesses imm6diates
etrangere qu'il ne pourrait pas
tenir. C'6tait d6jh son thbme de campagne aux
pr6sidentielles de 2006.
Mais beaucoup d'eau a could sous les ponts.
De plus c'est lM une culbute (subventionner la produc-
tion nationale plutot que les importations) qui lui
permet de ne pas sembler toucher au sacro-saint
6vangile du libre-6changisme pour lequel le
gouvernement n'a pas cess6 d'etre f6licit6. Le
gouvernement, oui, mais pas le pays pour lequel rien
n'a change, si ce n'est en pis.

La < corporatocratie > ...
Le raisonnement du president Pr6val est que
la relance de la production locale de riz doit permettre
au pays d'6conomiser les plus de 500 millions de dol-
lars annuels que drainent les importations de ce produit.
Mais quand un reporter stranger lui
demanda lors de sa conference de presse du samedi
12 avril : est-ce qu'il sait comment ragiront les maitres
6conomiques du monde (la << corporatocratie >>), M.
Pr6val a r6pondu en substance : ce n'est pas son af-
faire !
R6ponse un peu courte car les importations
ne sont pas une fantaisie au gr6 des changements de
gouvernement (comme celui qui se prepare en ce mo-
ment chez nous), c'est un systime plan6taire
soigneusement calcul6 autour de politiques financibres
et fiscales bien d6finies et dont le respect est
farouchement garanti par les institutions les plus
puissantes de la planite : Banque mondiale,
Organisation mondiale du commerce (OMC) etc.
Or apris les 6meutes en Haiti, M. Bush s'est
lui aussi d6clar6 << tris pr6occup6. >> Mais lui a les
moyens de sa politique. En effet, aussit6t apris des
tonnes de nourriture ont commence i d6barquer ...
(CRISE / p. 6)


FICHE D'ABONNEMENT A HAITI EN MARCH


I SCatpou S


Gdes 260.00
_US $ 40.00
SUS $ 42.00
US $ 70.00
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I .c ** pou


Gdes 520.00
US $ 78.00
US $ 80.00
US $ 135.00
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Dans le cas d'un abonnement
avec Iivraison, le coOt est le double.
PriBre de specifier si vous 6tes
un nouvel abonn6
ou s'il s'agit d'un renouvellement


Nouveau

LIi


Renouvellement

W1


Nom
Adresse


Hati
Etats Unis
Canada _


Europe
Am6rique Latine


I








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


Faut-il dedommager les victimes des emeutes


(DEDOMMAGER...
suite de la lere page)
d'etablissements commerciaux dont les
vitres ou vitrines ont vole en 6clats ou
qui ont 6t6 totalement d6valises comme
le building logeant les bureaux d'Air
France et le restaurant Le Caf6-Terrasse
au Champ de Mars.
Il y a encore et encore ... On
ne pourraitjamais 6num6rer le nombre
total des dommages provoqu6s par ce
genre d'6v6nements. Et cela sous tous
les cieux. Selon la presse
internationale, les 6meutes
contre la faim ont d6ja touch
de nombreux pays. Et cela
risque de durer encore quelque
temps selon les etudes de la
Banque mondiale elle-meme.
Ensuite, lorsqu'on dit
l'Etat, n'oublions pas que l'on
parle de l'argent du
contribuable. Or celui-ci n'est
le monopole de personne et le
bien de tous ...
Le secteur priv6 des
affaires est en train de dresser
le constat des actes de
vandalisme et de pillage
survenus pendant les
manifestations contre la vie
chere.
Cela dans l'intention,
dit-il, d'exiger reparations de
1'Etat haitien.
Et du fait que le
gouvernement n'aurait rien fait Les
pour empecher ce
dechainement de violences.
Or on sait de combien de
policiers disposent des villes comme
New York, Los Angeles ou Paris.
Cependant des 6meutes s'y produisent
plus souvent que partout ailleurs dans
le monde. Quant aux r6centes 6meutes
de la faim en Egypte, elles ont fait pas
moins de 60 morts.
I1 ne faudrait pas tout
interpreter a l'aune des 6v6nements
politiques de ces dernieres ann6es qui
ont vu des partis politiques appartenant
lors a l'opposition, puis plus tard aussi
des firmes privees beneficier les uns
comme les autres d'importants
dedommagements sur les fonds publics
pour avoir 6t6 victimes de violences
perpetrees par des partisans du regime
en place.
Apres un coup de main mend
contre le Palais national par un
commando arm6 anti-Aristide en
d6cembre 2001, lesjeunes partisans de
Fanmi Lavalas se d6chainerent contre
les sieges de plusieurs partis politiques
de l'opposition qu'ils mirent a sac.
Une commission d'enquete de
l'OEA en conclut que le gouvernement
Aristide devait reparations a ces partis


politiques. Ceux-ci furent gracieusement
dedommag6s.
Puis au lendemain du 29
fevrier 2004 qui vit le renversement
brutal d'Aristide et de nouveaux
d6bordements des fanatiques Lavalas
devant l'avanc6e des troupes
insurrectionnelles conduites par l'ex-
commissaire de police Guy Philippe,
une grande quantity d'6tablissements
commerciaux et industriels furent
detruits a ras sol.


bureaux de l'Office national d'assurance vi
lors des emeutes du mercredi 9.
I1 y aurait eu des
dedommagements verses par 1'Etat
haitien. Soit directement, soit par lejeu
de la fiscalite. Mais cela a e6t fait de
telle facon que seuls les partisans du
regime int6rimaire ont pu en b6enficier.
D'autres qui ont eu leurs 6quipements
sabot6s (dont certains m6dias) n'ont
jamais 6te contacts.
Aujourd'hui nous vivons sous
un autre regime qui n'est pas suppose
faire ce genre de distinguos, ni pratiquer
aucune sorte de discriminations. Ni
favoriser qui que ce soit, aucun secteur
au detriment d'autres categories de la
population.
Cela dit, on ne saurait ignorer
le bien fond6 des r6clamations venant
du secteur des affaires. Et la Chambre
de commerce et d'industrie d'Haiti fait
bien son travail en en dressant le constat
et en cherchant autant que possible a
trouver une compensation pour les
hommes et femmes d'affaires qui en ont
6t6 victimes.
Par contre, on ne saurait
appuyer l'accusation que le
gouvernement doit etre tenu pour
responsable des 6meutes et de leurs


Les causes de la crise

restent intactes
(CRISE... suite de la page 5)


I1 est vrai que Hugo Chavez
n'entend pas laisser passer non plus
l'occasion, annongant l'envoi de plus de
350 tonnes. C'est qui dit mieux !

Puisque 1'Etat n'existe
pas ...
Or une autre facon et meme
encore plus efficace de tuer toute vell6it6
de production nationale, c'est une aide
non contr6ole (et par qui le serait-elle
puisque 1'Etat n'existe pas), c'est noyer
le pays, inonder le march sous les
memes produits. Le temps que passe la
crise.
Conclusion : il ne suffit pas de
diminuer de 50 pour cent le prix des
engrais et des intrants agricoles quand
on ne peut garantir a ses producteurs le
march. Puisque le march en question


(votre propre march) depuis
longtemps ne vous appartient
plus. Or le riz ne souffre pas
de grippe aviaire comme les
eufs et les poulets
dominicains.
I1 en faut beaucoup
plus pour relancer la produc-
tion nationale. Or on ne peut
avoir les deux en meme
temps: la confiance des gen-
darmes 6conomiques et aussi
son contraire.
La crise est peut-etre
sous control, mais les causes
de la crise n'ont pas e6t
touches. Bien au contraire.

Haiti en Marche, 20
Avril 2008


consequences.
Ni l'argumentation selon
laquelle si l'Etat ne paie pas des
reparations, c'est un mauvais signal
lance aux investisseurs. C'est du
chantage ...
Mais et les autres victimes. Qui
va prendre leur cas en main ? Peut-on
simplement les ignorer parce que ne
faisant point partie de la << soci6et civile
organis6e > ?
On bien va-t-on revenir an


pour un oui ou un non dans la baie de
Port-au-Prince afin d'exiger de l'Etat
haitien paiement de reparations pour
leurs ressortissants. Une page sombre
de notre histoire connue de tous les
6coliers sous le nom de l'Affaire Luders.
Aujourd'hui encore, et comme
en ce temps-la, ce serait un dangereux
pr6ecdent que d'accepter de mettre sur
le compte de l'Etat des 6meutes comme
celles en question, et dont tout le monde
sait qu'elles n'6taient en rien
Spolitiques. Contrairement a
d6cembre 2001 et fevrier 2004


A moins de vouloir
faire au gouvernement un
proces d'intention (comme
aujourd'hui certains
40 s6nateurs !). Etjustement il est
r difficile de prouver que telle
pourrait avoir 6t son
intention !
Cependant il existe
Sedans beaucoup de pays des
institutions sp6cifiquement
destinies porter secours ou
preter assistance en cas de
desastre. Comme aux Etats-
Unis, la FEMA.
Et ces 6meutes de la
semaine derniere, ce fut un

Que l'Etat se doive
d'aider apres un desastre,
6ventuellement tous ceux qui
eillesse (ONA) a Pdtionville totalement d utruits ont 6t6 frapp6s, tous et toutes
gpnsralement quelconques.
Avril (photo Thony Blizaire) gnralement quelconques.
Ce n'est pas pareil de
temps de la diplomatie des canonnidres, dire que 1'Etat en porte la responsabilit6.
quand les bateaux de guerre des grandes
puissances europ6ennes se pointaient Milodie 103.3 FM, Port-au-Prince

SOMMET DES BAILLEURS
Encore une chance qu'on laisse passer
(BAILLEURS ... suite de la page 2)
d'urgence de 500 millions de dollars), aussi d'un certain retournement au
mais en prenant galement en compte niveau de l'6conomie nationale (et
le long terme. > favoriser ce que le president de la
Et celui-ci c'est un << New r6publique appelle de ses veux la
Deal ... destiny renforcer la production nationale) siseulement nous
Sroductivit6 agricole et am6liorer pouvions sortir de notre confusion ou
'acchs i l'alimentation. > notre alienation, des limitations que d6jh
Voilo donc une nouvelle soi-meme on s'impose, de notre esprit
ouverture de la part des grandes insulaire, pour ne pas dire de notre
institutions de credit dont tous les pays soumission i la fois au plan politique,
menaces par la crise alimentaire vont diplomatique et surtout economique.
s'empresser de tirer avantage. Ce sommet des bailleurs le 25
A la bonne heure, nous avons avril c'est l'occasion idWale de r6aliser
un sommet des bailleurs devant se tenir une perc6e en profitant des nouvelles
le 25 avril dans nos murs. dispositions manifestoes justement par
En conclusion, alors que sur le les grands bailleurs.
plan local, les 6meutes de la semaine Mais, horreur, que vient-on
derniere ont paru comme la pire d'apprendre : la rencontre avec les
nuisance que nous pouvions imaginer i bailleurs a 6t6 annul6e sine die.
l'heure actuelle, eh bien voici que la Inutile de vous dire pourquoi.
situation se retourne et que cette lev6e Bravo messieurs-dames !
de boucliers contre la chert6 de la vie a
remis Haiti au centre de la mappemonde. Mdlodie 103.3 FM,
Et que cela pourrait augurer 16Avril 2008


Page 6


MIAMI-DADE
S ^^^ ^ M AMI f
LEGAL ANNOUNCEMENT REGARDING REQUEST FOR
PROPOSALS FOR NON-EXCLUSIVE TELECOMMUNICATIONS & NETWORK
MANAGEMENT SERVICES AGREEMENT FOR THE
MIAMI-DADE AVIATION DEPARTMENT
RFP NO. MDAD-08-06
MIAMI-DADE COUNTY MIAMI, FLORIDA
Miami-Dade County, Florida is announcing the availability of the above referenced, advertisement,
which can be obtained by visiting the Miami-Dade Aviation Department (MDAD) Website at:
www.miami-airport.com/html/advertisements.html (in order to view full Advertisement please
select "Advertisements" link and select respective solicitation).
Copies of the RFP solicitation package can only be obtained through the MDAD, Contracts
Administration Division, in person or via courier at 4200 NW 36th Street, Building 5A, 4th Floor,
Miami, FL 33122, or through a mail request to P.O. Box 025504, Miami, FL 33102-5504. The cost for
each solicitation package is $50.00 (non-refundable) check or money order payable to: Miami-Dade
Aviation Department.
This solicitation is subject to the "Cone of Silence" in accordance with section 2-11.1(t) of the
Miami-Dade County Code.





Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


I REACTIONS INTERNATIONALES I


I.- *ak arripr
mak ne uf1tk pa%
-


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!trwal A 0im **11 o S aI~ lrA


Eske pye fikis

w yo vin tou

jon oswa ap

pedifeyyo?

Genyen yon noubo danje
kap menase pye fikis Sid
Florid yo, men tretman
ki komanse byen bone fe
yon diferans.

Nan denye mwa sa yo, yon bon
kantite pye fikis te enfekte pa
mouch blanch yo, yon espes
mouch blanch ki nouvo nan peyi
Lezetazini. Li fe pye fikis yo vin tou
jbn epi pedi fey yo.
Cheche konnen kouman
pou idantifye pwoblem la
epi trete pye fikis w yo:
Rele 3-1-1 oswa klike
miamidade.gov/csd
Si w trete pwoblem sa-a mal li
gen dwa tiye lot ensek ki bon pou
jaden yo. Si w bay yon konpayi
okipe gazon an, asire ke li genyen
pemi pou sevi ak ensektisid epi
li swiv tretman ki rek6mande
pou vemin jaden sa-a menm.
Pou jwenn esplikasyon sou kalite
tretman sa-a, vizite sitweb nou an
oswa kontakte Biwo Sevis Agrik6l:
Miami-Dade County/University of
Florida Extension Service nan
305-248-3311.


3-1-1


Page 7


--







Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


!! #1 I IiA* A1t


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L COMMUNIQUE DE PRESS ..
COMMUNIQUE DE PRESSE ... .


Lig Pouvwa Fanm deplore les r6cents
6venements qui ont abouti au renvoi du Premier
Ministre et de son gouvernement. Elle adresse ses
sympathies i tous ceux et celles qui ont k6t victimes
par suite des actes de violences encourues au cours
de cesjourn6es d'6meutes .
Tris pr6occup6e par la conjoncture actuelle, Lig
Pouvwa Fanm tient i fixer sa position et i offrir ses
recommendations pour la formation et l'6tablissement
d'un nouveau gouvernement.
1. Le nouveau gouvernement doit etre un
gouvernement de consensus. II est imperatif qu'on



1




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d6finisse la mission et l'orientation de ce nouveau
gouvernement avant meme de penser aux
personnalites qui seront appel6es i en faire partie.
Le profil du nouveau Premier Ministre doit etre
defini i partir de cette mission et de cette orienta-
tion. II incombe au Chef de 1' Etat la tache urgente
de reunir sans tarder les Presidents des deux
Chambres, les representants des partis politiques
et de la Societe Civile pour 6tablir dans le con-
sensus les priorities, la mission et 1'orientation que
doit avoir ce nouveau gouvernement, et rendre
publique toute decision prise par les autorites de
l'Etat. Alors, et alors seulement, on pourra
s'entendre pour choisir un Premier Ministre et une
6quipe gouvernementale.
2. Un fonds d'assistance national finance par
l'imposition de taxes et par la contribution des
Haitiens vivant i 1 tranger doit ere 6tabli en vue
de subvenir aux besoins des couches d6favorisees.
3. Ce nouveau gouvernement doit s'6vertuer A
renforcer Etat de Droit par la creation d'emplois
en vue de garantir l'exercice des droits
alimentaires et sociaux des populations en
difficulties. Les mairies pourraient organiser pour
lesjeunes des activities d'action civique dans les
hopitaux, les 6coles, la voirie. Des programmes
de stage et de formation dans les Institutions d'Etat
et dans les communes devraient etre 6tablis. II
faudrait aussi 6tablir une cantine dans chaque
commune, si possible avec le support des
organisations internationales.
4. Une reforme administrative g6nerale visant
a restructurer les differents ministires pour une


meilleure 6fficacit6 et une meilleure utilisation des
ressources doit etre envisagecomme une priority.
II faudrait par exemple r6duire d'une fagon ex-
haustive l'effectif des missions a l'6tranger.
5. Le Chef de l'Etat doit mettre en place une
commission charge d'entreprendre les d6marches
en vue de l'amendement de la Constitution.
6. Les responsables de l'Etat doivent entamer
des discussions avec les Nations Unies en vue de
l'6tablissement d'un calendrier pour le
desengagement de leurs troupes dans le pays.
N:B Nous souhaitons que les Presidents des
differentes commissions des deuix chambres
fassent parties du consensus.


Johanne Goin
Responsable des Relations Publiques


Effets personnels J i7AI
Produits explosifs
Toutes dimensions de materiels
POUR VOS RESERVATIONS DE CARGO, APPELEZ

1-800-927-6059 TE
ou en0voe nos n e-mailCE A CEaTTE AamSSEicom
on envoyez nous un e-mail: saes@ai ecom -- "


Page 8


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Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


REACTIONS EN HAITI


KOLEKTIF SOLIDARITE, IDANTITE AK LIBETE (KSIL)

Pbtoprens, jou ki 16 avril 2008

SOU KESYON LAVICHE, GRANGOU, MALSITE AK NOUVEL EKIP

KI PRAL MONTE NAN GOUVELMAN AN


Page 9


N ap mande popilasyon an pou
li fi atansayon 1y y ap pale de laviche ki
toupatou nan lemonn. Nou dwe fD
diferans ant lavichi yon pa; grangou,
lamize ak malsite yon lbt pa. Se pa
toupatou lavichi donnen grangou ak
malsite.
Nou dwe konprann lavichi a
frape tout peyi gwo pisans yo anpeche
viv angranmoun, pa lantremiz gwo
oganizasyon entinasyonal yo k ap dikte
tout kalite politik pou yo swiv, pi
espesyalman politik ekonomik yo. Se
nan peyi sa yo kriz grangou a ap layite
kb lijounenjodi a. Se sa ki f6 se sitou
ladan yo gen anpil pip k ap manifeste
kont laviche. Sitiyasyon sa a, se rezilta
yon sivilizasyon ki rive nan yon degre
peze-sousejouk nan bout, ki anvayi tout
plant la, yo rele << mondyalizasyon >.
Se sa ki fD, andedan chak peyi, pandan
yon bann moun ap mouri grangou, yon
ponyen lbt ap byen mennen. Sitirasyon
peze-souse sa a ki chita sou rny ranmase
lajan, fi lajan fi pil nan men yon ponyen
moun, nan lemonn ak andedan peyi a,


se li menm k ap kale grangou ak lamiz6.
Se li menm ki fejou anjou plis moun
gen tanta, y ap chache tout mwayen pou
yo gen lajan nenpbt kijan pou yo byen
mennen, san konsiderasyon pou
majorite popilasyon yo k ap kokobe
anba mizi, san konsiderasyon pou lanati
k ap depafini, san konsiderasyon pou
lavi mounjodi a ni poujenerasyon k ap
vini an. Se li ki kale kbripsyon, dwit
long sipery6, gran manji, detounen lajan
toupatou, gaspiyay nan sevis leta,
kidnaping, trafik dwbg, gwo vblb,
kontrebann, ak tout kalite delenkan. Se
li ki kreye trafik zam ak lag6. Se li ki
kreye tout kalte ensekirite ak
"enstabilite", pou itilize yon mo alambd.
Kantite moun k ap vin pi pbv
jou an jou, kalte dezas k ap fwape
limanite toupatou se siy sivilizasyon
mondyal sa a pa ka kontinye konsa. Li
mande chanje. Rezistans k ap mennen
nan tout peyi sa yo ki viktim nan, se pou
pemit konstwi yon lbt sivilizasyon kote
tout moun ka benefisye kek gwo pwogr6
lasyans, ak tout resous limanite genyen,


pou tout moun sou late viv byen.
Kidonk, se batay pou yon lbt kalte
mondyalizasyon. Leve kanpe pip
ayisyen kont sitiyasyon sa a ki pi rid an
Ayiti, dwe yon may nan chenn goumen
kont sivilizasyon peze-souse sa a, pou
ka gen yon lbt rapb ki balanse nan mitan
moun,epi ant peyi akpeyi nan lemonn.
Gwo mobilizasyon ki sbt fet la a, malgre
febles li ak move zak ki pase ladan 1, se
siyal pip yo p ap dbmi. Se pousa, fbk
nou mete kanpe bganizasyon djanm nan
tout rejyon nan peyi a, pou nou kapab
mennen lit sa a ki pa fasil, nan pi bon
kondisyon.
KSIL ap swiv ak anpil enter
ak vijilans, repons dirijan yo pwal bay
revandikasyon ki sbti nan mobilizasyon
sa a. KSI1 pisiste kw6 bagay yo pa ka
kontinye kou anvan. Fbk gen yon siyal
chanjman politik ki reponn siyal pip la
lanse a. Pou nou menm, popilasyon an
pale kl.
Premye siyal f6 pip la ap tann
san demagoji, se mennen batay kont
koripsyon, kont kidnaping ak tout kalte
move trafik, ki se yon priyorite pou
jwenn resous pou bay pip la lespwa, pou
wete pip la nan grangou ak nan chomaj.
Se chemen poujwenn lap6 tou andedan
peyi a. Deklannche you batay konsekan
pou f6 netwayaj nan administrasyon leta
yo, nan palman an, pou ride sosyete a
netwaye tou. Se sa ki f6, fbk nou lonje
dwit sou tout tit kowonpi nou w6 ki
part nan ekip gouvilman k ap vini an
ak tout lbt kote nou konnen yo ye.
Veye Denonse Mete dosye yo deyb!
Nou dwe lanse yon gwo mobilizasyon
nasyonal sou tout fbm pasifik kont
koripsyon ak kriminalite, nan pouvwa
a, nan sosyete a, nan pati politik, nan
bganizasyon nou yo. Sosyete a pouri,
leta a pouri. Si nou pa leve kanpe pou
yon gwo netwayay, kbripsyon ap bwote
n ale.


Mesaj la kle : se oswa nou
chanje direksyon ak yon lIt ekip, oswa
nou anfale.
Pip la pa dakb mouri grangou
nan estabilite malatchong, kase fey
kouvri sa.
Pip la pa dakb mouri grangou
pandan dirijan ap f6 gagbt lajan,
gaspiyay ak kbripsyon.
Pip la pa dakb mouri grangou
pandan kominote entinasyonal la ap
gaspiye lajan pou antreteni
MINUSTAH.
Pip la pa dakb mouri grangou
pou f6 Bank entinasyonal plezi.
Pip la pa dakb dedi sou dwa
granmoun li pou bay fbs etranje dwa vin
valkande nan lakou peyi d Ayiti. Pip
ayisyen an di li p ap aksepte mouri
grangou anba dominasyon fbs
miltinasyonal.
Manifestasyon yo di nou kle,
pi gwo sous enstabilite ak vyolans se
lamizi, grangou ak malsite.
Pi gwo sous enstabilite, se lI y
ap pase diyite nasyonal yon pip anba
pye.
Pi gwo sous enstabilite, se lI
yon pip pa gen dirijan li kap f6
konfyans, se lI li lage nan men tout
kalite malfekt6.
Mesaj la kle : Pip la dakb ak
solidarite entinasyonal men pa ak
dominasyon entinasyonal. Pip la dakb
pou tout moun, tout kategori sosyal f6
sakrifis ansanm pou rebati peyi a.
POU YON PEP LIB NAN
YON PEYI GRANMOUN !

Pou KSIL (KolektifSolidarite,
Idantite ak Libete) nan KORE N
(Kodinasyon pou Refonde Nasyon an) :
Yanick Guiteau Dandin
Jean William Jeanty
Maxime Magloire


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Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


Le petit matin d'Aime C6saire / pa
En 1944,jeunes gens en colere a Port-au-Prince mise atrocement en coupe regl6e par les profiteurs de
(Haiti), oh en 6tions-nous aux jours qui prkc6d&rent ses 6preuves. On manquait d'iddes et de livres capables
l'arrivee d'Aim6 Cesaire dans notre vie ? Jusque-lM d'6clairer notre revolte. Cheminant seuls, en temps de
on avait v6cu en vase clos, dans un ghetto insulaire, guerre mondiale, on avangait a tatons dans le black-
une moitie d'ile couple de la Caraibe et du monde, et out 6touffant de nos incertitudes.


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I I


L


Page 10


r Ren6 Despestre
En litterature, le Mouvement indig6niste de la
fin des ann6es 20 avait 16gu6 a notre g6n6ration les
enseignements admirables de Jean Price-Mars, Jacques
Roumain, Carl Brouard, Emile Roumer, Magloire
Saint-Aude. Ils repr6sentaient avec ceux de Leon
Laleau, Jean F.
Brierre, Rous-
san Camille -
l'essentiel du
fonds de con-
naissances qui
orientaient nos
doutes, tem-
psraient nos
angoisses, et
nous laissaient
quelque esp6-
rance de pou-
voir un jour
"descendre du -
cheval en sueur
de nos contra- :
dictions histo-
riques", selon
un raccourci L 'dcrivain haftien Rend Depestre
un raccourci
hardi du pote Georges Cast ra fils.
Outre les 6crits de nos ain1s haitiens, il y efit
d'autres signes avant-coureurs du changement de cap
que C6saire allait proposer d notre imagination. Un
soir de 1942, Alejo Carpentier pronons a dans un cin6
une conference sur les origines du r6el merveilleux
am6ricain. Le futur auteur de Un royaume de ce monde,
avec des exemples pris dans l'histoire d'Haiti qu'il
d6couvrait, nous apprit b r66valuer la part considerable
que le merveilleux occupe dans la structure
psychologique et morale de la Caraibe et de
l'Am6rique latine.
Peu de temps apris la legon d'Alejo Carpentier,
on b6n6ficia du magisthre intellectuel de Pierre
Mabille. Esprit tris proche du surr6alisme et d'Andr6
Breton, il avait public i Paris, dans les ann6es 30, des
livres d'une forte originality: Le miroir du merveilleux,
Initiation a la connaissance de l'homme, Egrtgores
ou la vie des civilisations. A ses yeux l'aventure
surr6aliste 6tait bien plus qu'une tentative de
renouvellement du romantisme europ6en, et
notamment du r6le que celui-ci attribuait au sacr6 dans
les relations humaines. Le surr6alisme permettrait
l'l1aboration d'une anthropologie critique dans la voie
d'une comprehension synth6tique de l'histoire des
soci6t6s.
Savant et visionnaire, Mabille trouvait des ar-
guments i vous couper le souffle, pour parler des
r6alit6s, des reves, des savoirs et des civilisations de
la planite. Sa capacity de survol des connaissances
paraissait sans limites. Mabille nous pr6para ainsi a
(voir CESAIRE / 12)








Mercredi 23 Avril 2008 ME ARE M R E f DE Page 11
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13 AIME CESAIRE / MARYSE CONDE P

<
le monde vivable et la mort affrontable>> / Aime Cesaire
Quand un Martiniquais, pere des intellectuels antillais, reqoit une Guadeloupeenne, reine des lettres, la rencontre ne peut decevoir. Les 90 ans d Aimd Cesaire
ont &tt cdldbrts 1 'an dernier. Parmi les manifestations d'hommages, un colloque organism par Maryse Condt s'est tenu a l'universitt de New York et comptaitparmi
les invites Breyten Breytenbach ou Edouard Glissant. Yfutprdsentt lefilm d'entretiens qu 'Aimd Ctsaire a accords a Patrice Louis, journaliste parisien install en
Martinique et auteur d'un A, B, C...dsaire (td. Ibis rouge, 2003). A l 'issue des travaux, Maryse Condt, qui partage sa vie entre les Etats- Unis et son ile natale, dmit le
vcwu de revoir le fiJre aind en tcriture qu 'ellen 'avaitpas revu depuis vingt ans. Pourtantproches, les deux ilesfrangaises de la Caraibe peuventparaitre stpardes par
l'immensitt d'un octan... ((Le <fut charge de la mission. Lejour dit, 1 'dcrivaine atterrit le matin a 1 'adroport, qui devraitporter dks que possible le
nom d 'Aimd Ctsaire, oit l'attendait le messager. Direction: l'ancienne mairie de Fort-de-France, oit le podte, longtemps blu, a conserve un bureau. Une heure durant,
les deux Antillais nourris d 'Afrique ont dchangd, I'auteure de Stgou se muant en intervieweuse du chantre de la ntgritude ...

MARYSE CONDE. Je commencerai par une un peu timide... C'6tait le docteur Duvalier! J'6tais Je me rappelle en avoir connu plusieurs lorsquej'6tais
question d'actualitd. Haiti a occupy une place loin de penser qu'un jour Duvalier allait devenir le au lyc6e Louis-le-Grand, i Paris les noms
considerable dans votre ceuvre. Que pensez-vous des tyran qu'il a kt6. C'est un peu la meme chose pour m'6chappent parfois et parfois je n'ai pas tellement
tvtnements qui s'y passent? Aristide:je l'aivu quand il revenait des Etats-Unis. I1 envie de les prononcer -, et quand je les ai revus i
est pass ici, en Martinique. Nous avons meme (voir AIME CESAIRE/ 12)
organism une conference en son honneur! I1 a parl&.
C'6tait un intellectuel, un catholique, ancien cure, plein
de reserve. Mais je n'ai pas senti en lui une doctrine.
J'ai surtout vu un homme tris riserv6, peut-etre (je
n'en suis pas str) un peu repli6 sur lui-meme. Quelle
6tait sa doctrine? Je ne sais pas. Que voulait-il faire?
Je ne sais pas. Quel 6tait son caract&re et avait-il
l'6nergie n6cessaire pour conduire ce pays qui n'est
pas facile? Je ne m'en suis pas bien rendu compte, i
l'6poque, mais c'6tait h voir. Et puis, des bruits
circulaient. J'ai 6t6 tout i fait 6tonn6 lorsqu'on m'a
dit qu'il employait des mithodes que nous croyions
disparues i tout jamais. Quoi qu'il en soit, il ne me
semble pas qu'Aristide ait rdalis6 grand-chose pour le
peuple d'Haiti. Si le progris a consists h remplacer
simplement les <> par les
<...
M.C. L'tcrivain hailien Jean AMtellus parle
beaucoup de la malediction d'Haiti. Croyez-vous a
cette malddiction?
A.C. Non, mais il ya le poids de l'Histoire. Au
fond, Haiti comme les autres Antilles, d'ailleurs, mais
1l, c'est beaucoup plus tragique n'est pas enti&rement
gudrie des maux hiritis de 1' poque coloniale, qui 6tait
malheureusement une 6poque colonialiste. Le peuple
haitien est intelligent, les l1ites sont nombreuses, mais
ce qu'il y a de remarquable, c'est que les esprits les
plus brillants de cette l1ite ont migr6. Ils sont B
1' exterieur et n'ontjamais trouv6 leur place en Haiti. La romancidre Maryse Conde


La cdtdbre pidce de Aimd Cesairejoude
sur toutes les scones du monde

AIMt CtSAIRE. C'est path6tique! L'histoire pr ent
d'Haiti est glorieuse. Je n'aijamais oubli6 que cette
ile a conquis la liberty voili deux cents ans: on ne la
lui a pas donn6e. Les Haitiens se sont battus pour
l'avoir. Mais il faut insister sur le fait qu'ils l'ont
conquise pas seulement pour eux mais pour nous tous.
Nous devons leur en etre reconnaissants. Cependant,
je dois dire que, i part cet episode, il y a eu vraiment
des moments extremement pinibles, au point que,
malgr6 cette liberty conquise, le malheur veut que
jamais les Haitiens n'aient pu trouver une organisation
raisonnable capable d'assurer une sorte d'6quilibre.
Ils ont fait un trs mauvais heritage. Bien suir, ils ont
conquis la liberty, mais la socidt6 n'a pas change de
manibre aussi profonde qu'on l'aurait souhait6.
D'abord, il y eut les Blancs, les maitres esclavagistes,
et puis le peuple... nous. I se trouve que la classe f
intermidiaire qui a remplac6 les Blancs a conserve
beaucoup d'habitudes, et de mauvaises habitudes. Ils
ont un peu pris leur place et n'ont pasjou6 le role que
nous attendions et espirions. Haiti cherche son
6quilibre et ne l'a toujours pas trouv6.
M.C. Pensez-vous qu'on peut dcrire La
tragddie de Jean-BertrandAristide comme vous avez
dcrit La tragddie du roi Christophe?
A.C. Je connais tris peu Aristide. Je suis all
en Haiti en 1945. Le president Lescot 6tait alors au
pouvoir. Cela m'a permis de voir i ce moment-l Leon
Lalo, Camille Broussan Depestre etait encore tris
jeune. J'ai connu cette g6n&ration-l J'6tais 1h, juste
au moment oh Andre Breton passait et donnait cette
conference sur le surrialisme qui a eu beaucoup
d'influence. < pays est inseparable de ses croyances et de ses iddaux
s6culaires, dis l'instant oh ceux-ci se montrent encore
si vivaces. Ce qui lui a donn6 la force de supporter
d'abord, puis de secouer tous les jougs, ce qui a 6te
l'Ame de sa resistance, c'est le patrimoine africain qu'il
a rdussi i transplanter ici et i faire fructifier malgr
ses chaines.> (Andre Breton, 1945) Apris, j'ai suivi
la situation avec attention, mais je n'ai pas voulu .
retourner en Haiti au moment de Duvalier. Je me
rappelle que, pendant mon sour, un type vraiment .. 306*945*814 1...64.LAD.Y
tri~s intiressant qui connaissait tous les paves de Cap- o hlloetvnet VIP Seoaling Available
Ha'itien- j'oublie son nom,je suis vieux etje perds la __ ,___
m~moire m'a prdsenti un monsieur i l'air reserve,









HOMMAGE UNIVERSEL


Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


INTERVIEW DE AIME CESAIRE PAR MARYSE CONDE


(AIME CESAIRE ... suite de la page 11)
Haiti, ils avaient l'air malheureux et donnaient
l'impression d'etre un peu marginalis6s.
M.C. A regarder l 'dtat du monde, pensez-vous
toujours que la podsie est I' qui
pulvdrise les barrieres entravant les libertts?
A.C. Je ne sais pas si elle est miraculeuse...
M.C. C'est vous qui 1 'avez dit.
A.C. Pour moi, la po6sie est tris importante,
elle est meme fondamentale. A tort ou a raison, j'ai
toujours pens6 que l'arme pour nous on n'y croyait
pas suffisamment -, c'est la culture. Je ne dis pas la
civilisation, qui est un mot tris XIXe siecle. On
opposait alors la civilisation et la sauvagerie. Mais les
ethnologues et l'exp6rience nous ont appris qu'il y a
la culture. Je d6finis la culture ainsi: c'est tout ce que
les hommes ont imagine pour faconner le monde, pour
s'accommoder du monde et pour le rendre digne de
l'homme. C'est ga, la culture: c'est tout ce que


l'homme a invent pour rendre le monde vivable et la
mort affrontable. En tant que Martiniquais,j'ai toujours
pens6 qu'il y avait quelque chose qui n'6tait pas
appr&cid a sajuste mesure a la Martinique et dans les
Antilles. Oh, ce n'est pas un reproche! Ily a l'Histoire,
il y a les Etats. Nous avons 6t6 domin6s par l'id&e de
1'esclavagisme et il fallait lutter contre. On appartient
a son 6poque et il faut admettre que la IIIe R6publique
a invent une doctrine que nous avions tout a fait
adopt6e. C'6tait la doctrine dite de l'assimilation, qui
consistait, pour etre civilis6 et ne plus etre un sauvage,
a renoncer a un certain nombre de choses et a adopter
un autre mode de vie. Tout cela est tout a fait respect-
able mais c'est tris XIXe siecle et tris vite, d6ja au
lyc6e avec votre frere Auguste* -je savais bien que
cela 6tait respectable mais insuffisant. Cette doctrine
ne r6pondait plus aux besoins du XXe siecle! C'6tait
le XIXe siecle, c'6tait le romantisme, c'6taient les il-
lusions du pass. line faut pas etre ingrat: il est evident


que cela a rendu d'6normes services, mais dans le
monde moderne, il fallait autre chose. C'est pourquoi
j'ai k6t tris vite conquis par une idWe qui n'avait alors
pas encore toute sa place meme si elle n'6tait pas
inconnue dans nos comportements et nos philoso-
phies: l'identit6. Lorsque les Martiniquais disaient < similation>, quand j'ai 6t 61lu d6put6, ils me
demandaient de revenir de France avec la Martinique
d6partement frangais. J'avoue quej'ai k6t trouble. J'ai
h6sit6. Etje suis persuade, chore Maryse Cond6, que
celle qui est devant moi, queje revois encore assise,
r6fl6chissant, dans son bureau de la rue des Ecoles,
avec Alioune et Christiane Diop, me comprendra. J'ai
h6sit6. Finalement et ce fut un drame pour moi -j'ai
compris. L'assimilation, ga signifie l'ali6nation, le
refus de soi-meme. C'est terrible... Mais vous pensez
bien que les gens de Fort-de-France et des banlieues
n'entendaient pas cela du tout: ils pronongaient le mot
(voir AIME CESAIRE / 16)


Le petit matin d'
(CESAIRE ... suite de la page 10)
rencontrer Aim6 Cesaire, a nous 6merveiller de sa
personne et des profondeurs de sa pens6e, et a nous
rouler par terre de jubilation a la d6couverte du poete
genial du Cahier d'un retour au pays natal.
Pris de cinquante ans apris l'6blouissant effet-
C6saire, le parcours de ce dernier nous parait l'un des
plus exemplaires de l'intelligentsia mondiale du
vingtieme sickle. Son oeuvre aura k6t le journal de
bord de plusieurs g6n6rations d'Antillais et
d'Africains. En nous invitant, en 1944, a r6fl6chir sur
la po6sie et la connaissance, a partir de Lautr6amont,
Rimbaud, Apollinaire, Breton, et h partir de sa propre
experience de pokte et de penseur, il nous aura aids a
voyager en nous-memes, a la r6cup6ration du moi que
la colonisation avait enfoui sous des 6paisseurs de
mensonges, de poncifs et d'id6es revues.
Le regard qu'Aim6 C6sairejeta sur le pass des
Haitiens nous a permis de le red6couvrir dans sa vraie
dimension pique. I1 nous a d6livr6s d'une tare de
l'historiographie haitienne: la manie de diminuer un
pour grandir un autre. Tantot on rabaissait Toussaint
Louverture pour porter aux nues J.J. Dessalines, peint
sous les traits d'un sans paille dans son acier; tantot
on descendait en flammes Alexandre P6tion afin de
mieux hisser sur le pavois son rival Henri Christophe.
Aim6 C6saire trancha d'un seul mot ce vain d6bat: au
commencement de l'historie d6coloniale, a l'6chelle
d'Haiti et du monde, il y a le g6nie de Toussaint
Louverture. Ses intuitions firent monter a un 6tiage
sans pr6c6dent le niveau de conscience de ses
compagnons d'esclavage. Sans son articulation
historique, l'insurrection victorieuse des Noirs de
Saint-Domingue (1791-1804) n'aurait pas k6t l'un des
6v6n6ments majeurs des temps modernes.
En effet, le faux universalisme des idWes de la
Revolution frangaise avait mis les droits de l'homme


Aime C6saire / par Rene Despestre
hors de la port6e des Noirs. La famille humaine doit a tout pays imparfaitement d6colonis6. La conquete de
Toussaint Louverture le premier effort, couronn6 de l'ind6pendance ne mettrait pas automatiquement un
succs, d'universalisation des principes d6mocratiques peuple a l'abri des ph6nomines de recurrence du
de 1789. colonialisme. Comme cela s'est pass en Haiti,
L'histoire du droit et des idWes politiques doit d'entreprenants 6pigones noirs s'emploieraient,
A Toussaint une autre contribution qui traduit
l'exceptionnelle pr6cocit6 de sa vision des choses de
la decolonisation. Napol6on devait, i St. H line,
regretter amIrement de n'avoir pas saut6 sur l'occasion
que lui offrait le leader noir de constituer, dis lors, un
commonwealth i la frangaise, ce qui efit represent,
en 1801, un progris d6cisif de lajustice, comme de la
culture et de la liberty, dans les relations
internationales.
Apris l'historien, le dramaturge C6saire allait
i son tour situer les experiences de notre pays i leur
vraie place. Personne, avant La tragddie du roi
Christophe n'avait mis un tel doigt de maitre sur les
vicissitudes dramatiques oh l'histoire haitienne s'est
empetr6e au d6but du dix-neuvicme silcle; et oh,
jusqu' nosjours, elle ne finit pas de se d6prendre. La
n6gritude qui en Haiti se mit debout pour la premiere
fois continue d'6chouer dans la mission de forger un
Etat de droit, une soci6t6 civile, une 16gitimit6 favor-
able H l'6panouissement d'une nation moderne digne
de l'h6ritage louverturien.
A travers la m ctaphore lisab6thaine que lui UnjeuneAimt C gsaire
inspira le sort des Haitiens, c'est la trag6die g6n6rale
des revolutions du sircle qu'Aim6 C saire devait aussit6t les colons partis, p indig6niser avec rage les
analyser de fa on magistrale. I1 lanait un cri d'alarme outillages mentaux et les m6thodes d'oppression du
en direction des chefs africains de mouvements de temps de la colonisation.
liberation: S6kou Tour6, Modibo Keita, Ben Bella, De meme, dis 1956, soit trente-trois ans avant
Cabral, Patrice Lumumba. Au-deli de l'Afrique l'effondrement du mur de Berlin, Aim6 C6saire
combattante, l'avertissement de C6saire pouvait aussi comprit qu'on n'avait rien de bon a attendre de l'URSS
etre utile aux entreprises r6volutionnaires conduites i et du mouvement communiste international. Les
la Mao, Ho Chi Minh, Che Guevara, Fidel Castro. La pouvoirs, pr6tendument prol6tariens, avaient
parole proph6tique de C6saire, n travers l'6vocation accomod6 q des r6alit6s nouvelles les pires traditions
d'un royaume noir des du despotisme. A Moscou, Prague, Budapest,
Caraibes de 1820, Varsovie, Bucarest, Tirana, (avant que la contagion
pr6figurait les naufrages totalitaire ne s'6tende i P6kin, Hanoi, La Havane), ce
contemporains des n'6tait autre qu'un processus r6current d'intiriorisation
Staline, Ceausescu, des formes historiques les plus barbares
Honecker, et tant d'autres d'assujettissement des peuples i la tyrannie d'un
despotes qui, sans daigner homme ou d'un Parti.
regarder aux principes de La rupture d'Aim6 C6saire avec le PCF lui
la d6mocratie, se sont, fournit l'occasion de rappeler a Moscou, comme au
toute honte bue, livr6s au stalinisme i la frangaise, que "la question coloniale
plus terroriste d6tourne- ne peut etre trait6e comme une partie d'un ensemble
ment de reve et d'esp6- plus important, une partie sur laquelle d'autres
rance d'6mancipation que pourront transiger ou passer tel compromis qu'il leur
connaisse l'histoire de semblera, eu 6gard i une situation g6n6rale qu'ils
l'humanit6. auront seuls i appr6cier".
Aim6 C6saire a Aujourd'hui a quelle 6chelle peut-on mesurer
rendu nos r6alit6s plus l'oeuvre d'Aim6 C6saire ? Sfirement pas i l'aune de
intelligibles, en recourant la seule th6orie de la n6gritude. Le lyrisme de C6saire,
i des themes i la fois en effet, d6borde l'6troitesse conceptuelle et les
sp6cifiques et universels. ambiguit6s que la notion de n6gritude doit i ses
Son intelligence th6o- origines anthropologiques. Dans l'univers c6sarien, en
rique, et sa force prose comme en po6sie, on a toujours affaire i une
d'invention po6tique, n6gritude que f6conde la fraicheur des sensations
donnent toujours, dans v6cues. La grise th6orie est vivifi6e, transcended,
l'essai comme sur la irrigu6e d'humour et de ses du sacr6. Aim6 C6saire


T LL REE. 1PfI bb-bf-tbtB


PAX mtbS-flbbbftb
ELL. bafifab-bal I


scene, une analyse
approfondie des dyna-
miques complexes de la
decolonisation. II aura 6t6
le premier a souligner que
le mouvement d6colonial
n'6tait pas une creation
irreversible. On pouvait
s'attendre h voir des struc-
tures de l'ancien regime se
reconstituer au sein de


sait a la perfection faire sauter les verrous et les in-
stances sans grace de l'id6ologie. Son langage en ef-
fervescence est d6barrass6 de la fonction parodique
oh le carnaval de la plantation coloniale avait pendant
longtemps confine le bon usage que la femme et
l'homme de la Caraibe peuvent faire des langues creole
et frangaise. Chez le barde martiniquais po6sie et
connaissance jouent a la fois en virtuose accompli le
grand jeu de nos particularismes nigres, et la belle
aventure d'un universel humain enrichi de la bonne
(voir CESAIRE / 17)


Page 12







Mercredi 23 Avril 2008PETITES NNON S
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LIBRE PENSEE


Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


o La misdre mkne a la rdvolte ou a la
soumission >
Dominique Blondeau

La revolte est une sorte de rebellion contre
l'ordre 6tabli. Voila ce que disent les << d6finisseurs
de mots >. C'est aussi la manifestation du refus de ce
que l'on ne peut tolerer. Aim6 Cesaire, << le Grand >,
< l'Immense >, incarnait pour moi cette perception de
la revolte. Je le vois, en tant que << spectateur desolW et
revolt >> de la triste reality, de la Caraibe, de l'Afrique,
du Tiers-Monde. Je profite pour lui rendre hommage
a travers ces lignes. Paix a son ame !
La revolte peut aussi se manifester de facon
violente. Et, la violence des revoltks, meme si on a
tendance a lui accorder des circonstances attenuantes,
peut etre dangereuse car elle veut et tente de disarmer
l'adversaire par la peur. Elle n'a done pas le << sens de
la mesure > et peut devenir incontrolable si elle
n'obtient pas son objectif. << Map Kraz6 1 nit >.
Point n'est besoin d'etre devin, d'etre analyste
ou sociologue, pour comprendre que la pauvrete, le
cycle infernal de la pauvrete, la misere, les privations
6conomiques, l'absence de perspectives de futur, sont
des chemins qui conduisent in6vitablement vers la
revolte ... ou vers la resignation, vers la soumission.
On semblait ne pas s'en rendre compte en Haiti, ou ne
pas s'en soucier. Dans un exercice de << cynisme
exuberant >> ou de << myopie sociale grave >, on s'est
preoccup6 davantage de ses poches que de ses proches
ou de son propre pays sans observer que l'on avait
choisi le chemin de la destruction par la voie rapide.
Voila que le vent de la violence nous harcele
maintenant. On commence a comprendre que ce vent
de violence traduit le r6seau complexe, de peurs, de
phobies, de complexes et de prejug6s que nous avons
tiss6 au fil des annies dans notre socikt6.
Enfin, chers amis, chers lecteurs, revenons a
notre << duri>>, qui non seulement est chez nous un
produit de premiere n6cessit6 mais aussi de << farouche
enrichissement >. Le riz est,je ne sais pourquoi, dans
ce pays, motif de scandale, de perversion et de
malversation. Maintenant, il est a la base de la revolte.
Contre la << vie chore >, contre la << misere >, contre le
<< Gouvernement >. Pauvre Gouvernement Pourquoi
ne pas manger du << mais-moulu > ? Pourquoi ne pas
en planter (du << mais-moulu >, comme disait l'autre) ?
Pourquoi insister dans le riz, imports, subventionn6
par les Americains, et maintenant par l'Etat haitien.


R6volte !
Quelle perversion Nous allons manger du riz
doublement subventionn6. Qa, c'est de la quality Je
crois, qu'il nous faudrait faire comme font les
Europ6ens quand il s'agit de lutter contre un fl6au
quelconque : d6clarer une journ6e de sensibilisation.
D6clarons alors la << Journ6e Sans Riz >, ou bien la
<< Semaine sans Riz >. Une journ6e ou une semaine,
durant laquelle, personne, en Haiti, aucun Haitien
d'Haiti ou d'ailleurs, ne mangerait du riz. Ni local ni
import. Pour renforcer et consolider l'id6e, j'aurais
en plus fait suivre cette Journ6e ou cette Semaine,
d'une Journ6e ou d'une Semaine de << Promotion du
Riz Local >. Ou du Produit Local. Personne ne
mangerait de << Produits imports >. Suivrait ensuite
la << Journ6e de Misere >, journ6e de solidarity avec
tous ceux qui ont faim dans ce pays, qui ont faim
d'aliments et soif dejustice, dejustice sociale, d'6quitW,
d'acces a de meilleures conditions de vie. J'aurais
profit pour faire comprendre que nous ne pouvons
survivre si la grande majority n'arrive pas a vivre,
d6cemment, pleinement. J'aurais profit pour insister
et attirer l'attention sur le risque de << libanisation > de
la soci6t6 haitienne, sur le risque de transformer le pays
en << Domaine du Chen manj6 Chen >.
Je comprends done ce courant de d6sarroi qui
traverse toute la soci6te. Du dedans au-dehors, du
dehors au-dedans. Le CRABE, dans sa rencontre du
samedi, a essay de trouver des explications, non pas
aux raisons qui ont pouss6 le pays vers cette crise,
force, voulue, entretenue et inutile, mais de pr6f6rence
sur celles qui nous empechent de cr6er des structures
de fonctionnement bases sur le consensus. L'un des
membres a eu l'idee de recourir au rigne animal pour
essayer de trouver une explication. Il nous a parl6 du
crabe. I1 nous faisait comprendre que la soci6t6
haitienne ressemblait 6norm6ment a un panier de
crabes. La facility des membres de notre soci6t6e
s'entred6chirer et l'impossibilit6 pour le pays
d'avancer << vers l'avant > et plutot de marcher a
reculons, semble indiquer l'existence d'un sentiment
collectif rappelant une sorte de << complexe du Crabe >.
Un autre << crabien > auquel l'id&e semblait
plaire, a tout de suite trouv6 un deuxieme animal. Selon
lui, cela devait etre le << complexe du scorpion >. I1
semblerait que, si complexe collectif existe, il devrait
etre celui du scorpion, a cause de ce r6flexe a


s'autodetruire et h d6truire tous ceux qui s'exposent
aider le pays.
D'autres ont pens6 au << chien >, simplement
a cause de ce << Chen manj6 Chen >> que nous aimons
imposer comme rigle de conduite dans le pays.
Certains autres ont pens6 au << singe >, d'autres au
<< tigre >, certains autres a la << bourrique >, et une
bonne partie d'entre eux a << l'aganman >, a notre cher
<< CamMleon > qui semble adopter tout type de
comportement pour maintenir ses privileges. D'autres
enfin, pour faciliter les choses et dans un esprit de
synthise, ont cru voir tout un cirque ou meme un Zoo.
Enfin, chers amis, chers lecteurs, je me
demande si, pour faciliter les choses dans ce pays et
6viter cette situation de crise permanente, il ne serait
pas indispensable d'exiger de tout candidat << a un poste
l6ectif> (au lieu de ne penser qu'i des 616ments de
nationality) l'obligation :
De savoir lire et 6crire correctement dans les
deux langues officielles du pays,
De savoir exprimer ses idWes de facon
coherente,
De connaitre ses droits et surtout ses devoirs
de citoyen,
De pouvoir transmettre les valeurs de Probit6,
d'Honntett, de Loyaut6, de Patriotisme.
Nous ne pouvons plus continuer sur cette
voie. Et,je me demande meme si le CRABE va pouvoir
resister car les << crabiens > sont de plus en plus
mecontents et ont de moins en moins envie de
participer, meme de facon critique, B la transformation
du pays. Ils ont pens6 a la dissolution du CRABE et
moi qui ne supporterais pas l'humiliation d'une
revocation, j'ai voulu demissionner de mon role de
<< rapporteur > ou de << chroniqueur >, vu
l'impossibilit6 de comprendre ce qui se passe dans ce
petit pays dans lequel la liberty prenait naissance au
moment meme oh on se dotait des structures
d'esclavage les plus sophistiquees, nous transformant
en une society qui s'evertue a engendrer des 616ments
de differentiation de plus en plus performants.
N' est-il pas arrive le moment de penser a nous
resituer par rapport a nous-memes ?
Est-ce l'heure de la revolte ? Ou de la
soumission ?

Oscar Germain
germanor2005@yahoo.fr
Avril 2008


INSECURITE ALIMENTAIRE

Le dilemme cornelien du Pr6sident et la fronde des 17 senateurs


VERNET LAROSE
Un lendemain meilleur n'est pas pour demain.
La conjoncture de l'6conomie mondiale n'y est pas
favorable. Parmi nos principaux partenaires,les Etats-
Unis et la Republique Dominicaine sont lourdement
frappes par cette crise; et les donnees sont plus
qu'alarmantes.
Serge Truffaut, dans un editorial dans Le
Devoir du mardi 15 avril, commente ainsi les meutes
de la faim: "A la fois spontands et simultanes, ces
6venements ont kt6 mends, organisms, par les ventre-
creux de la terre. La cause. L'augmentation marquee
des aliments de base. Lors de leur reunion de fin de
semaine, les membres du G7 ont concentre leur 6nergie
sur la crise financiere. Si l'on comprend bien leur
position, le monde est affam6 mais pas suffisamment
pour que l'on s'interdise de secourir Merryll Lynch et
compagnie."www.ledevoir.com.
Pourtant, Jean Ziegler, rapporteur des Nations
unies sur le droit a l'alimentation, avait deji
pronostiqu6, en octobre 2007, une longue periode
d'emeutes" et de conflits politiques lies a la hausse
des prix et aux p6nuries; et, il accusa de "crime contre
l'humanit6, la production de biocarburant." Qui pis est,
le journal Le Monde titre : Faim dans le monde, Un
d6fi inedit pourl'ONU; l'explosion de la faim dans le
monde inquikte 1'ONU; les dispositifs d'aide sont
inadequats, selon une note interne : "La reflexion
onusienne s'appuie notamment sur des donnees du
Fonds international de d6veloppement agricole(FIDA),
une agence de 1'ONU selon laquelle, pour chaque
augmentation de 1% du prix des denrees de base, 16
millions de personnes suppl6mentaires sont plongees
dans l'inskcuritW alimentaire. Cela" signifie que 1,2
milliard d'etres humains pourraient avoir
chroniquement faim d'ici 2025", pruvient le document.
Parmi les pays en premiere ligne : l'Erythrde
,la Sierra Leone, Madagascar, Haiti, la Georgie, le
Burundi ou le Zimbabwe. "Philippe Bolopion, Lundi
14 avril. Je ne sais pas si le chef de l'Etat, les partis
politiques, les investisseurs et les entrepreneurs
prennent en consideration ces donnees en leur


processus de prise de decision. Par contre, ce que je
sais, dans tous les cas de figure, l'analyse du fait haitien
tend majoritairement a etre alarmante : Etat faible ou
failli, pauvret6 ou vulnerability de la grande majority
de la population. Lisons ce paragraphe tir6 de la
publication, The Failed States Index 2007 by The Fund
for Peace and Foreign Policy magazine : The
complex phenomenon of state failure may be much
discussed, but it remains little understood. The
problems that plague failing sates are generally all too
si rampant corruption, predatory elites who have long
monopolized power, an absence of the rule of law,
and severe ethnic or religious divisions. But that does
not that the responses to their problems should be cut
from the same cloth. Failing states are a diverse lot.
Burma and Haiti are two of the most corrupt countries
in this world, according to Transparency International,
and yet Burma's repressive junta persecutes ethnic
minorities and subjects its population to forced
resettlement, Haiti is wracked by extreme poverty,
lawlesness, and urban violence."
Certes, le president Ren6 Preval n'a jamais
cess6 de manifester sa volont6 de lutter contre la
corruption. Mais il s'est laiss6 pieger par des 6tudes
subjectives qui portent sur la perception par certaines
categories sociales du fonctionnement du service
public :Etat civil, DGI, EDH, CAMEP, les assurances,
douanes...; etudes qui n'ont pas 6t6 balancees par la
probl6matique de leur rationalisation au moyen de
l'augmentation de leur offre.
Moi, j'opte pour leur informatisation et des
concessions a accorder a des groupements
communautaires : services d'inter&t general de
proximity. Tout le monde en sortirait gagnant: l'Etat,
les contribuables et les usagers, tout en sapant
structurellement la base de la corruption. La politique
du riz l'illustre davantage.
D'abord, il faut interroger la probl6matique
qui oriente la formulation de la politique, qui elle, doit
tendre a creer des liens sociaux et de la cohesion socio-
culturelle, avec comme indicateur l'Ytablissement du
droit contractuel ; droit contractuel qui est au


fondement du principe de la division du travail, de la
compl6mentarit6 et de la plurality des roles et des
statuts de l'Etat, du marched et du mouvement
associatif. Ensuite les courts d'opportunit6 de la filiere
riz dans le cadre de la conjoncture marquee a la fois
par une rar6faction de l'offre et une hausse des prix
qui sont sustentees par la speculation. Dans ce
cadre,on 6met des hypothise telles, la tendance a la
hausse des prix rend competitive la production
nationale, done une politique de substitution des
importations devient faisable ; cette hausse facilite
6galement le choix d'une offre de consommation
alternative au riz. Et, finalement, une demarche qui
allie le marched et association volontaire, est adopt6e
: le regroupement des importateurs en syndicat en vue
de leur doner des capabilities pour negocier des prix
sur le marched mondial et en meme temps sa distribution
s'organise en association de consommateurs ou de
cooperatives. NaivetW! N'empeche, les societes
modernes dites d6veloppees ont emprunt6 cette voie.
Sauf tris court terme, la subvention du riz par l'Etat
et la part de la baisse du prix par les importateurs vont
crier des effets pervers qui risquent de destabiliser
davantage une conjoncture politique deja plus que
fragilis&e. D'ailleurs, c'est l'absence de la politique
comme cr6atrice de liens sociaux qui explique le
comportement de la Chambre des d6putes et du Senat
de la Republique qui se donnent eux-memes de la
competence en vue d'interpreter la constitution. Des
senateurs ne peuvent aucunement prolonger leur
mandat. Nous nous trouvons done hors de l'Etat de
droit. Or, cest un facteur qui aggrave l'instabilit6
politique, la violence urbaine et la grande pauvrete dans
laquelle survit la grande majority de la
population. L'electorat s'exprima nettement, il y a
deux ans deja, pour la mise en oeuvre de la
consolidation d6mocratique, et non pour la violation
de ses droits, du non-respect du mandat constitutionnel
et de la politique de la famine qui, elle, est toujours
aliment6e par un choix de society.

VERNETLAROSE


Page 14







Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13
Liga Le Real ne tremble
Eurosport dim., 20 avr. 23:42:00 2008
Le Real Madrid s'est impose en leader sur la
pelouse du Racing Santander (0-2) et pourrait etre sacr6
champion lors de la prochainejournee. Villarreal ravit
la 2e place i Barcelone tandis que Valence prend l'eau
sur la pelouse de l'Athletic Bilbao (5-1). Les hommes
de Koeman sont en grand danger.
LIGA 33e JOURNEE
SANTANDER REAL A4DRID : 0-2
Buts : Raul (13e), Higuain (90e)
Un but de Raul en debut de match, un autre
sign Higuain dans le temps additionnel et le Real
Madrid s'impose i Santander (0-2). Les Madrilines
n'ont pas vraiment force leur talent offensif mais ont
fait preuve d'une tris belle solidity pour prendre trois
nouveaux points et ainsi conforter leur avance en tete
du classement. Bien d6cides i prendre d6finitivement
leurs distances avec le Barga, auteur d'un triste match
nul samedi, les hommes de Bernd Schuster mettent


pas d'entr6e la pression sur la defense du Rac-
ing. A la suite d'une s6rie de passes i une
touche, Robinho, sur la gauche, centre vers Raul qui,
aux six mitres, pousse le ballon du bout du pied dans
le but de Tono (0-1, 13e). D6ji auteur d'un double a
l'aller (victoire 3-1 du Real), l'attaquant madriline
signe 1i son 17e but de la saison et met d6ji son 6quipe
sur la bonne voie dans ce duel entre les deux meilleures
arriere-gardes de Liga.
Santander ne se laisse pourtant pas
d6contenancer. Les joueurs de Garcia Toral veulent
se hisser i la quatrieme place, qualificative pour le
premier tour de la Ligue des champions et r6agissent
imm6diatement. Le Racing pousse mais Colsa (16e),
Tchit6 (37e) et surtout Cesar Navas (45e) manquent
de precision. La defense du Real a bien failli plierjuste
avant la pause et Santander accroit encore sa domina-
tion i la reprise mais celle-ci demeure sterile face au
bloc visiteur. Casillas n'estjamais inquikt6 et ce sont
meme Robinho (60e) et Robben (78e) qui se procurent
les meilleures occasions de la seconde p6riode sur des


Page 15
contres bien men6s. Essentiels dans l'organisation des
Merengues, les deux ailiers cedent leur place en fin de
match. Leurs remplagants prennent parfaitement le
relais et Balboa sert Higuain qui, seul dans l'axe i
l'entr6e de la surface adverse, trompe Tono d'un plat
du pied precis (0-2, 90e). Le Real compte d6sormais
dix longueurs d'avance sur Villarreal, son nouveau
dauphin, et pourrait etre sacr6 dis la prochainejourne.
VILLARREAL VALLADOLID : 2-0
Buts : Nihat (16e) et Cazorla (47e)
LEVANTE GETAFE: 3-1
Buts : Juanma (40e), Berson (43e), Pedro
Leon (54e) pour Levante et De la Red (59e) pour
Getafe
OSASUNA LA COROGNE: 0-1
But: Gonzalez (64e)
MURCIE A4JORQ UE : 1-4
Buts : Baiano (87e) pour Murcie et Guiza
(10e, 47e, 85e) etArango (19e) pour Majorque
ATHLETIC BILBAO VALENCE: 5-1


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HOMMAGE UNIVERSEL


Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


<
le monde vivable et la mort affrontable> / Aime Cesaire


(AIME CESAIRE ... suite de la page 12)
et lui donnaient un sens bien particulier.
J'ai accept de d6fendre cette thise parce que j'ai
compris et c'est evident qu'il y a les mots mais
aussi ce qu'il y a derriere les mots. En rdalitd, le pauvre
type qui venait s'accrocher a moi pour me demander
l'assimilation, pour que la Martinique devienne un
d6partement frangais, ce n'est pas l'assimilation qu'il
voulait. II voulait l'dgalitd avec les Francais. Voilk
pourquoi on s'est rabattus sur l'idde de
d6partementalisation, qui ne suppose pas forc6ment
l'assimilation: un d6partement, c'est une mesure
d'ordre administratif. Mais, pour moi, l'dquilibre
essentiel devait se faire a propos de l'identitd. D'oii
l'importance de la culture. Je reviens a votre ques-
tion: pourquoi les mots de la podsie sont-ils des miraculeuses>? Parce que j'ai pens6 que c'est de la
que, miraculeusement, devait venir le salut. C'6tait
cela, pour moi, le miracle.
M.C. Vous avez dit aussi que, tant qu 'ily aurait
des negres sur terre, la negritude vivra. Est-ce toujours
vrai?
A.C. Oui, c'est parfaitement vrai. Et je le
maintiens. Qu'est-ce que cela signifie? On a beaucoup
bavard6 a ce sujet. Pour moi, la negritude est la cul-
ture, la podsie. Pourquoi? J'aime beaucoup tout ce que
j'ai appris au lyc6e, B la Sorbonne. J'y crois beaucoup.
Je suis tris admirateur des Latins et plus encore des
Grecs, maisje sais aussi qu'il y a les Egyptiens et que
les Grecs et les Romains doivent beaucoup B l'Egypte,
l 1'Ethiopie, a tout ce monde-la. Done I l'Afrique.
J'en ai tris vite pris conscience. Je tiens a la culture,
et pas a une culture 6triqude, classique, sanctionn6e
par les examens et les diplomes europdens. C'est pour
moi tout autre chose. Qu'est-ce que la podsie? Pourquoi
m'y suis-je attache? Pourquoi ai-je 6td porte et
surrealisant? C'6tait sans le vouloir, je ne l'ai pas fait
expris; ce n'est pas pour 8tre d'une cole queje me
suis rallied. Et, quand Andre Breton m'a rencontrd, je
me suis rendu compte qu'en rdalitd je faisais du
surrealisme sans le savoir... Mais pourquoi? Ce qui
me frappait dans la socidtd antillaise, c'6tait
l'apparence, l'adaptation plus ou moins adroite, tout
un cot6 que je ne supportais pas, mais je savais que
dans l'homme antillais il y avait autre chose que cette
apparence. Il y a plus profond que ca. Et la podsie,
c'est la rdalitd profonde qui apparait. Vous savez qu'a
l'heure actuelle on cherche beaucoup tout ce qu'il y a
en dessous de la crotte terrestre. Eh bien, ce que je
voulais faire, c'6tait chercher ce qu'il y a en dessous
de la crotte mondaine, acad6mique. Qu'est-ce qui le
rdvile? Quand brusquement vous avez l'image
podtique qui 6clate, faites attention! On dirait
maintenant -je ne connais pas tris bien la gdographie
- que c'est un geyser... Attention a l'image podtique:
elle est revelatrice du monde le plus profond. Voilk
pourquoi elle est miraculeuse.
M.C. Pensez-vous que, grace a la negritude,
les Martiniquais et les Guadeloupeens ont change?
A.C. Non, je ne demande pas qu'ils changent
mais qu'ils prennent conscience de leur rdalitd
profonde.
M.C. L 'ont-ilsfait?
A.C. Oui, je crois. Je crois qu'il y a eu des
progres. Mais ce n'est pas facile, vous savez, pas fac-
ile du tout. Je crois que la conscience d'une identity a
fait de grands progris chez nous.
M.C. Regardez 1'Afrique d'aujourd'hui:
guerres civiles, luttes, maladies, destructions de
peuples entiers. Que pourriez-vous dire a un jeune
Antillais pour qu 'il gardefoi en 'Afrique?
A.C. Je pense, tout simplement, que c'est la
jeunesse qui doit dire ce qu'elle va faire. Nous avons
fait une experience, mais j'ai bien conscience qu'un
cycle est terminal, qu'il y a un autre monde a inventer.
Pour l'inventer, il faut faire le bilan de ce qui a 6td fait
et de ce qui existe. Le temps des ideologies sommaires
est 6puisd. I1 faut autre chose. II faut une autre Afrique.
Mais rassurez-vous: il faut aussi un autre monde.
M.C. Quifera naitre cette autre Afrique?
A.C. C'est cette jeunesse. C'est la jeunesse
nouvelle. Nous avons lutt6 pour la decolonisation et
nous retrouvons une Afrique divisde, un nouveau
tribalisme. Voyez l'dtat du Congo, du Liberia, de la
Cote d'Ivoire. Ce n'est pas douloureux, ga? Je me
rappelle quand j'dtais I l'Assembl6e nationale avec
Houphou6t-Boigny: nous le critiquions souvent tris
amicalement. Houphouet, en rdalitd, avait entrepris
quelque chose et croyait l'avoir rdussi. Peut-etre parce
qu'il avait des moyens tout a fait insuffisants ce n'6tait
pas forc6ment la bonne direction, mais il y avait une
experience. Houphou6t-Boigny voulait l'ivoiritd. I1
devait employer des moyens diplomatiques qui ont


rdussi tant qu'il est rest en vie, mais apris le problime
n' est pas rdsolu pour autant. Et le Sdnegal: je sais toutes
les difficulties que Ldopold Sddar Senghor a
rencontrees...
M.C. Vous n'avez pas rdpondu a la question:
comment peut-on garder foi?
A.C. Je ne connais pas la methode. On a la foi
ou on ne l'a pas, mais moi,je refuse de desesperer de
l'Afrique. Ce serait refuser d'esperer, tout simplement.
C'est enracind, fondamental. Je connais tous les
malheurs qui sont arrives. Je ne les nie pas, je suis
extremement lucide, maisje refuse de desesperer parce
que desesperer, c'est refuser la vie. II faut garder la
foi.
M.C. Quand on voit que la Martinique et la
Guadeloupe sont toujours des departements apres un
combat tel que le vdtre, qu 'est-ce qui peut nous faire
croire que demain sera meilleur?
A.C. Vous avez l'air de croire que nous sommes
prisonniers de cet habit de circonstance. Mais cela a
6td un moyen parmi d'autres! II faut tenir compte de
cette experience, de ce qu'elle a apport6 et, en meme
temps, de ses insuffisances. Lorsque les Martiniquais
et les Guadeloupdens (toute cette population qui 6tait
a peu pres comme Haiti, sans ressources, sans
logement, sans travail) sont devenus les habitants des
d6partements francais, j'ai vu la desertification de la
Martinique: ces pauvres gens se precipitaient vers Fort-
de-France et venaient me voir. Et vous croyez qu'il
fallait rester immobile? Que faire? Ils demandaient des
indemnites, la sdcuritd sociale, etc. Des progris 6taient
faits du point de vue social en metropole: et pourquoi
pas chez nous? C'est cela qu'ils voulaient, en rdalitd.
Je crois qu'effectivement ca a aide, il ne faut pas le
nier. Des progris reels ont 6td rdalises. Je pensais ddja
un peu, je soupponnais mais maintenant j'en suis
persuade que c'dtait tout a fait insuffisant. II fallait
commencer par 1, mais il faut maintenant aller plus
loin et trouver des institutions nouvelles qui
comprendront le sens profond de l'histoire de ces
peuples. Dans l'immddiat, il faut amener l'homme
antillais h prendre ses responsabilites devant l'Histoire.
Ce n'est pas simplement ! Non.
Maintenant le moment est venu de la responsabilitd.
Au fond, Mme Girardin, ministre de l'Outre-Mer,
n'avait pas tellement tort quand elle nous a dit a propos
du rdfdrendum de d6cembre dernier: commencez a nous embeter! Repondez: qu'est-ce que
vous voulez?> A mon avis, cela a 6td tris mal mend,
mais peu importe. En tout cas, cela indique que
l'homme antillais est maintenant au pied du mur.

M.C. Lors du colloque Cesaire de decembre
dernier a New York,j 'ai traitA du theme et 'Amdrique>. J'avoue quej 'ai eu beaucoup de mal.
Pouvez-vous clarifier vos rapports avec les Etats- Unis,
oi, contrairement a ce que 1 'on croit, vous vous etes
rendu a plusieurs reprises. En 1945, vous y avez
rencontrd Andrd Breton. Etj 'ai decouvert dans le livre
de Patrice Louis que vous etes allk en Floride en 1946.
Vous y etes retournd en 1987 1 'invitation de Carlos
Moore. L 'Amdrique, c 'est quoi pour vous?
A.C. Je n'ai pas de rdponse... Comment ne pas
penser I l'Amdrique? C'est quand meme un sacred
monde, une force, une puissance, une experience.
Mais, je ne vous le cache pas, ce qui m'a toujours
interess6 en Amdrique -je ne sais pas si c'est d6pass6
-, ce sont les nigres americains, le mouvement nigre.
C'dtait pour moi essentiel. Toute notre g6ndration a
6td profond6ment marquee par cette experience. Quand
j'dtais 6tudiant en philosophie, c'dtait pour nous un
autre chemin que celui que nous connaissions en
France. L'Amdrique, c'dtait le nigre moderne mais
rest nigre. C'6tait Langston Hughes, Countee Cullen,
la Black Renaissance. Cela me paraissait une tris
grande experience. Il y avait 1a un mouvement en
profondeur.
M.C. Vous avez traduit des poemes de Ster-
ling Brown. Pourquoi?
A.C. But I have forgotten all my english. [Aimd
Cesairejoue a accentuer son anglais scolaire.] I have
learned at school when I was a boy. I can read a little
but I can't speak. I don't understand.
M.C. Dans votre ceuvre, y a-t-il une influence
ambricaine?
A.C. Oui: l'attitude devant la vie, devant la
civilisation. J'ai senti qu'il y avait 1a une vdritd, une
profondeur. Sortir de l'acad6misme francais. Liberty,
Egalit6, Fraternitd: tris bien. Mais pourquoi n'a-t-on
jamais vu pour nous la fraternity? Nous ne l'avons
jamais eue. Nous avons la liberty, comme on peut
l'avoir dans le monde. Il y eut un effort pour l'dgalitd.
Mais la fraternity, oh est-elle? Je crois qu'on ne pourra


jamais l'avoir, la fraternity. Si tu ne me reconnais pas,
pourquoi veux-tu que nous soyons freres? Moi, je te
respecte, je te reconnais, mais il faut que toi tu me
respectes et me reconnaisses. Et l1, on s'embrasse.
C'est ca, pour nous, la fraternity.
M.C. Est-ce qu 'Aimd Cesaire a un hiritier?
A.C. Je ne me suis jamais pos6 la question. Je
n'ai aucune prdtention particuliere. J'ai dit ce que je
pensais,j'ai dit ce queje croyais. Je ne sais pas sij'ai
raison ou si j'ai tort, mais je reste fiddle a cela et a
l'Afrique fondamentale. On m'a beaucoup ddformd,
transform, caricature. Je crois simplement en
l'homme. Je ne suis pas du tout raciste. Je respecte
l'homme europden. Je connais son histoire. Je respecte
le peuple francais. Je respecte tous les hommes quels
qu'ils soient, maisje pense aussi qu'il faut leur faire
la legon et leur dire que l'homme nigre, ca existe et
que lui aussi il faut le respecter. Pourquoi ai-je dit
<? Ce n'est pas du tout que je crois a la
couleur. Ce n'est pas du tout ga. II faut toujours resituer
les choses dans le temps, dans l'Histoire, dans les
circonstances. N'oubliez pas que quand la negritude
est nde, a la veille de la Seconde Guerre mondiale, la
croyance g6ndrale, au lyc6e, dans la rue, 6tait une sorte
de racisme sous-jacent. Il y a la sauvagerie et la
civilisation. De bonne foi, tout le monde 6tait persuade
qu'il n'y avait qu'une seule civilisation, celle des
Europdens tous les autres 6taient des sauvages. Bien
sur, il y a des gens plus ou moins brutaux ou plus ou
moins intelligents. Lisez Gobineau. Meme dans Renan,
j'ai 6te effard, j'ai trouv6 des pages absolument
extraordinaires. Bien entendu, l'opinion publique
d6forme, vulgarise. Meme les nigres... Je me rappelle
encore, unjour ohj'6tais pris de la bibliotheque Sainte-
Genevieve: un grand type vient vers moi, un homme
de couleur. I1 me dit: y a une chose que je te reproche. Pourquoi parles-tu
comme ca de l'Afrique? C'est une bande de sauvages.
Nous n'avons plus rien h voir avec eux.> Voilh ce qu'il
m'a dit. C'est terrible! Meme les nigres en 6taient
convaincus. Ils 6taient pendtres de valeurs fausses.
C'est contre cela qu'il s'agissait, et qu'il s'agit, en-
core, de rdagir. Et puis un beau jour, Ldopold Sddar
Senghor a dit: un nigre! Et puis apris!> Et voici comment est nde la
negritude: d'un mouvement d'humeur. Autrement dit,
ce qui 6tait profdrd et lanced la figure comme une
insulte amenait la rdponse: puis apris!>
M.C. Cette annde parait une nouvelle traduc-
tion anglaise des Damnes de la terre de Frantz Fanon.
Pour vous, celui qui sembla un visionnaire pour les
luttes du tiersmonde garde-t-il sa pertinence et son
actualit ?
A.C. Je n'ai pas suivi Frantz Fanon parce que
c'6tait une autre g6ndration et qu'il a 6td ni plus ni
moins que mon eleve, donc je ne l'ai pas tris bien
connu. Mais j'ai toujours vu que c'dtait une chose
extremement importante. I1 y a des choses
fondamentales qui sont toujours vraies. Maintenant, il
faut tenir compte des circonstances dans lesquelles il
a v6cu. Pour un Antillais, tout n'est pas dans Frantz
Fanon parce que la vie a voulu que, pays colonist, les
Antilles n'ont pas td primordiales pour lui. Toute son
activity, sa foi, son 6nergie, il les a mises au service de
l'Algdrie, d'un autre monde. Son oeuvre est tris
importante. Elle vaut aussi pour nous. Que pensait-il
des Antilles? Il n'a pas eu le temps de nous le dire de
maniere tris complete. En tout cas, c'est une reflexion
considerable... Concritement, Fanon n'a pas pu
s'occuper de la question antillaise. Ce n'est pas un
reproche. Les Antilles n'ont pas toujours 6td pretes
non plus a entendre son message. C'est un reproche
que je ferais aux Antillais.
M.C. Pensez-vous que cette globalisation dont
on parle tant affectera la littirature? Deja, comme le
dit le poete Monchoachi, on ne saitplus oi commence
et oifinit la Caraibe. Selon vous, quels seront les effets
de ces exils et de ces migrations?
A.C. C'est pour cela, precisdment, qu'il faut
garder la foi, et garder la negritude. A l'heure actuelle,
la France est a peu pris, par rapport au monde, ce que
la Martinique est par rapport a la France. C'est ca la
mondialisation. Les Francais commencent aussi a
rdagir. Et c'est vital. Je suis persuade que, dans la
mondialisation et l'uniformisation, l'identit6 n'est pas
morte. Elle se reveillera. Ce n'est pas si facile que ca,
bien sur, mais 1'Europe sentira ce besoin de se ressaisir
comme les Antilles sentiront le besoin de se
repersonnaliser.
M.C. Ecrivez-vous vos Memoires?
A.C. Mes M6moires? Non, ma chore Maryse,
(voir AIME CESAIRE / 17)


Page 16








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


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Le petit matin

d'Aime Cesaire
(CESAIRE ... suite de la page 12)
seve creole de nos singularit6s: l'ile minuscule des
Antilles et la vaste terre-patrie, l'ensoleill chez-soi
martiniquais et le des autres c6ots de la mer, oh l'on
peut tout aussi bien, et 6couter les trilles des rossignols
de la po6sie et de la liberty.
S'il fallait c616brer en Aim6 C6saire, en
compagnie de ses freres de Leopold Sedar Senghor,
Leon Damas, Alioune Diop,je dirais que leur 6clatant
m6rite et celui de la revue Presence Africaine qui
fut longtemps leur tribune est d'avoir maintenu
l'anthropologie de la n6gritude dans une perspective
seulement esth6tique et morale. C'est d'avoir 6vit6 de
l'6riger en id6ologie d'Etat ou en operation politique
a caractere messianique. Leur sagesse B l'africaine aura
permis a tous ceux qui se reconnaissaient dans leur
parole de faire l'6conomie des horreurs du pan-
n6grisme totalitaire a la Papa Doc Duvalier. On doit
leur etre reconnaissant de n'avoir pas profit de leur
influence en Afrique et aux Antilles pour ouvrir avec
la negritude une cole 6cumante de haine: 6glise de
combat, mosquee armee jusqu'aux dents, temple
vaudou (houmfor) oh officierait l'oecumenisme
terrifiant des tontons-macoutes de l'infamie
universelle.
Aim6 Cesaire, Leopold Sedar Senghor (tout
comme Alioune Diop dans sa revue) devaient tenir
notre soif de justice et de solidarity loin des bornes
ethniques, religieuses, fondamentalistes, qui
encombrent maintenant les veilles routes sans issue
oh le nationalisme et l'integrisme sans foi ni loi
emminent leurs hordes d'excitateurs fanatiques faire
du surplace historique.
Et que faites-vous de la violence qui est propre
a la posie et au discours decolonial d'Aim Cesaire ?
J'invite mon interpellateur a celebrer avec moi la vio-
lence de l'esprit d'enfance et du merveilleux, la vio-
lence de l'innocence et de la v6rit6. En effet, Cesaire
rejoint fraternellement le courant principal de la cul-
ture mondiale, quand son embrasement de poete fait a
tout etre humain le don g6nereux de la paix. C'est
pourquoi il serait absolument vain de faire a Aim6
Cesaire un proces pour crime de lese-creolitW sous le
pretexte que sa force d'6merveillement nous parvient
dans une langue francaise de reve. Cesaire n'est-il pas
la creolite plus le sens du sacred ? La creolit6 plus le
drame historique des peuples noirs ? La creolite plus
Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire, Andre
Breton, Paul Claudel; enfin la creolite en mouvement
marin dans la qui, selon Charles Baudelaire, soulive
les grands 6tats de poesie et de misericorde avec a la
fois le malheur et la beauty qu'il y a dans le monde!
A l'heure des mutations d'identit6 qui
accompagnent la civilisation planetaire, le Common-
wealth B la francaise qu'on finira par edifier existe dejh
dans l'oeuvre du poete souverain de la Martinique qui
vivifie le soir d'une tendresse enceinte de son 6toile
du petit matin.

Auteur: ReneDepestre
vendredi 11 avril 2008


Toussaint Louverture vint ...


Le 7 Avril 2008 ramine le 2056me
anniversaire de la mort de Toussaint Louverture au
Fort de Joux a la Cluse et Mijoux (France). Comme
d'habitude, les autorit6s haitiennes rendent hommage
a ce h6ros national par l'interm6diaire de leurs
repr6sentants diplomatiques a Paris. Ainsi ce 7 Avril,
M. Fritzner Gaspard, charge d'affaires a.i. a
l'Ambassade d'Haiti en France, M. Vilbert B6lizaire,
consul g6n6ral d'Haiti a Paris, accompagn6s de
plusieurs diplomats, ont d6pos6 une gerbe de fleurs
sur la stile de Toussaint Louverture au Panth6on na-
tional, a Paris.
Par ailleurs plusieurs personnalit6s et diplo-
mates strangers, dont M. Michel Lou, repr6sentant du
bureau de la R6publique de Taiwan en France, Ma-
dame Catherine Neris, depute europeenne, ont assist
a la c6r6monie.
Dans le carr6 des grands, le h6ros haitien
cotoie Jean Jaures, Victor Schoelcher, Felix Ebou6.
Dans son allocution M. Fritzner Gaspard a
retrace l'itin6raire de Toussaint Louverture en des
termes 6mouvants : << N esclave, s'6tant d6marqu6 en
armes et ayant men6 une lutte victorieuse pour la
liberation des esclaves haitiens, il est devenu une fig-
ure historique d'importance dans le mouvement


d'6mancipation des noirs en Am6rique >.
Des associations antillaises et africaines
c61ebrent aussi le h6ros haitien, rappelle le diplomate :
< Nous ne sommes pas seuls a lui rendre hommage au
Fort de Joux oh il mourut, de nombreuses associations
haitiennes, antillaises, franpaises comm6morent aussi
l'6v6nement, ce qui t6moigne du caractere universel
de l'euvre de Toussaint Louverture >.
A l'occasion du bicentenaire de la mort de
Toussaint Louverture en 2003, l'ancien president
Jacques Chirac avait rendu hommage au h6ros haitien
en pr6sidant une grandiose c6r6monie au cours de
laquelle une stile a 6td d6voil6e sur laquelle est inscrit.
< Toussaint Louverture, h6ros haitien, mort au fort de
Joux en 1803. Pr6curseur de la lutte de l'ind6pendance
d'Haiti, militant anti- esclavagiste, il proclame la
liberty des noirs A Saint Domingue. >
Enfin M. le charge d'affaires a.i. a cl6tur6 la
c6r6monie en citant Aim6 C6saire, l'un des peres de
la n6gritude titulaire du grand prix Toussaint
Louverture d6cern6 par 1'UNESCO : << Toussaint
Louverture vint, ce fut pour prendre A la lettre la
declaration des droits de l'homme, ce fut pour montrer
qu'il n'y a pas de race paria, qu'il n'y a pas de pays
marginal, qu'il n'y a pas de peuple d'exception. >


(AIME CESAIRE ... suite de la page 16)
je n'ai pas le temps... Je n'ai jamais eu l'intention
d'6crire mes M6moires. Ce n'6tait pas mon but
essentiel. J'ai toujours r6agi a ma maniere. Je peux
aussi dire <. C'est tout. Ce n'est pas une
ceuvre, ga. Ily a des choses qui me sont insupportables
et qui me paraissent fondamentales. Je n'ai pas voulu
etre maire de Fort-de-France, pas du tout mais j'ai
r6pondu a ce qui me paraissait alors un besoin, une
exigence. A 91 ans, je suis vraiment tris vieux. Ce
queje voudrais, c'est que la foi ne soit pas perdue. Il y
aura d'autres expressions, elles seront diff6rentes mais
a partir d'une chose fondamentale...
M.C. Et que vous avezfondee...
A.C. Non, j'ai pris conscience simplement de
ce queje suis et, je crois, de ce que nous sommes. Je
ne connais pas la forme que cela prendra exactement
maisje sais que c'est cela la chose fondamentale.
M.C. Vous avez unefoi que ma generation n 'a
pas. Nous, nous sommes plut6t desesprdes parce que
nous avons l'impression que rien n 'a etJ fait, que la
Guadeloupe et la Martinique restent au m&me stade,
qu 'il n'y a pas de progres profonds. On est toujours
des departements, on a despasseportsfrangais... Com-


mentfaites-vous pour garder ce dynamisme que nous
n'avons pas?
A.C. Du dynamisme? Je n'en ai pas,je n'en ai
plus. Maisj'y crois. C'est cela la foi peut-etre, non?
Ce n'est pas forc6ment la raison...
M.C. Ne serait-il pas plusjuste de remplacer
le mot par le mot ?
A.C. J'ai toujours un espoir parce queje crois
en l'homme. C'est peut-etre stupide. La voie de
l'homme est d'accomplir l'humanit6, de prendre con-
science de soi-meme. De vieux souvenirs me
reviennent: a Louis-le-Grand, nous avions des
professeurs assez tonnants: Louis Lavelle, une sorte
d'existentialiste tris chr6tien, et le pere Cresson, un
kantien qui a 6crit des livres chez Armand Colin. Moi,
je ne suis pas kantien; le kantisme, c'est tris occidental.
Pour lui, 1'ceuvre de Kant se ramenait a trois ques-
tions fondamentales: < (sur les bancs de
la Sorbonne, il m'est arrive de me le demander, etj'ai
tris bien compris quij'etais); <>
(c'est cela la morale, une question que je me pose a
moi-meme); et < I1
n'a pas dit: < Et pour moi, ce
dernier point, c'est tout.


Page 17


AIME CESAIRE

Interview par Maryse Conde








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


1 41) 1 i,] ,1 ; i] IF


Allez de BACLES a FICHUE, en utilisant des mots du du
vocabulaire frangais, et ne changeant qu'une lettre par ligne.


G H A
GHA
Z I M
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I Z A
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Solutions de la semaine passee


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Trouvez 35 pays du monde subissant une crise
alimentaire dans le carr6 ci-dessous (liste de la FAO)




1*t m rr(I


7h00-9h00 M61odie Matin avec Marcus
Informations, Interview, Anecdotes, Humour,
Analyses
Nos Chroniques:
L'Editorial de Marcus
Au Quotidien avec Elsie
La Chronique Litt6raire avec Dominique Batraville
Les Sports avec Mario Bareau
Les Invit6s du Jour
M61odie Matin chaque samedi est anim6
par F6quiere Raphael

l h-Midi Le disque de I'Auditeur
animation James Prddvil

12:00-12h30 LeMidi
informations avec Laury Faustin

12h30-2h00 Lady Blues avec Elsie
Jazz, Blues, Swing, Ragtime

2h00- 3h00 C'est si Bon en chansons...
Emission de chansons francaises

3h-5hpm Le Bon Vieux Temps
Retro-Compas
avec Doc Daniel et Captain Bill

5h00 Le Journal de 5 heures
avec Villette Hertelou

7h-8h30 AmorySabor con Luciani

8h30- 9hoo Soir Informations

9h00 10h30 Notre Grand Concert
Lun. & Mer.: L'heure classique
Mar. & Ven. : Turgot Theodat tient I'antenne
Jeu. & Dim. : Jazz at Ten
Judy Carmichael regoit ses invites

9h00 et audelA Cavaliers, prenez vos dames
(Samedi) 50 ans de succ6s populaires haitiens




e Aet ffit 4 es 'a4aee /


Solutions de la
semaine passe:




MUS SES
RUAS SES
MAIS ~SIEI5

M U IS IS IEl5S
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Page 18


SCRABBLE
Arrangez les sept lettres ci-dessous
pour former un mot frangais

D E

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Solutions de la semaine passee
MEURTRE

1


1%


|BI A C L| EMS


F I C H U E








Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


ti Gout pa ti Gout ak Jan Mapou


Anba bouch-a Grann Mari
*

Kafe ak Akasan (A.K.100)
AK JACQUES JACQUELIN GARCON*

Pitit pitit-a Grann Mari pa ta kapab rete bouch
firman devan kayte djo bolode yo rele kafe nan peyi
isit. Pa di-m frekan non paske gan de kote ou pase ou
ka desann yon bon tas kafe. Noumenm Ayisyen nan
peyisit nou konnen ki kafe pou nou achte pou ban nou
gou lakay nou abiye ake-y-la.
Si se pou afir kafe-a menm, se nan man-m (men-
an-m) sa rete. Se bon pou zbt, tilman yo tilititi chapo
pwenti (tulututu chapeau pointu). Fb yo bwe kafe ake
sik blan. Men m'pale wou nig-an-m pa gan pi bon
pase youn gode kafe fit ake dlo kann osnon rapadou,
koule nan grig twil syanm. Dayer menm, plis kafe
nou te bwe lakay lr m'te piti se lan lakou-a menm li
te pile. Anvan pile te ganyen triye, griye ak rapadou.
Labitid lakay se apre yo fin wete poud kafe-a pou yo
vide youn dlo bouyi nan fon pilon-an. Sa bay youn ti
kafe fb ki satiyNt andedan nen-an-w anvan ou bw6-y.
Akasan (A.K.100) menmmenm-nan, se pa
youn koze mounn ka pale konsa konsa. Sa ki Ayisien
natif natal konnen fb nou koumanse pale denpi nan
mayi, zepi osnon angren. Boukannen, griye, pile, pase
nan machin, keseswajan-y kwit, i bon. Se ake-y yo f6
mayi moulen. Kote wou kite-y ake aransb? Zaboka
tou wi Gan anpe mounn ki rele-y fbkseli, kek zbt di
mayi moulu, lot non-an-y tou lrr-y kwit se tchentchen.
N'apwayjwenn akasan tou se youn manje ki sbt
an Afwik. Albs se la yo te seye-y toutjanjouk yo rive
jwenn preparasyon nou konnen-an. Anpil koze pale
anwo A.K. 100 nan youn liv pwofesir Maks Manniga
(Max Manigat) sbt mete deyb: Mots crdoles du
Nord'Haiti. Origines- Histoire Souvenirs, pay 27.
Pa senpleman rete anwo pawbl-an-m, ay gade ake de
naw6-an-nou. Tinig Ayiti gan anpil ladres tou nan
ranje koze ake bon kou konmedi. Sa f6 yo pa pedi tan
ekri akasan, yo annik mete: A.K.100. M'jiskr6 yo t'ap
seye vin ake youn mbd AK1000; men sa pa te mache
f6.
Ifo nou serye nan sa n'ap di: gan labouyi farin
mayi ou kwit youn jan likid men se pa vre A.K.100-
an..
Fb m'di tou nan makit isit, ou jwenn youn farin
mayi fen, fen kek mounn kwit ake lit, sik, kannil,
isans, anpi yo di yo fi akasan. Adje wi dan Pou fi
bonjan kalte akasan, fi wou mete mayi angren chich-
la chode, lrr-y kreve kon pwa, ou pile-y osnon
machinen-y nan moulen. Atb wou mete-y tranpe nan
dlo. Piske f6-y dbmi, i kbm vin younjan sirit, akbz i
travay (f:rmante) ; men i pa gate pou sa. Denmen
granmtimaten w'ay koule-y, pwije-y nan youn twel
fen jouk i pase san ma. Konsa ou mete-y byen kwit
ake moso jenjanm, kannil, lanniyetwale. Nan zbn
Lwis-la yo mete youn ti fey zepis ki rele malaget. Sa
bay bon sant ake gou tou. Akonpayman A.K.100 sa-a
se bon kalte siwo kann. Konsa i vin gan youn gou
espesyal. LUr yo kwit-li younjan pi frrm, kbm pi solib,
yo detaye-y gwo bit ake kiyer, yo toujou simaye siwo
anwo-y. Sa menm i rele kole. Okap ssl machann ki te
espesyalis esponsab ti kbmers sa-a, sete 2 ser. Ale pou
dizerdmaten mounn mit konmanse pare bouch-a-yo,
veso-a- yo, kiyar-a-yo, anpi mezi lajan-yo, gwbser-a
bbl-a- yo.
Akasan se manje zansit-an-nou kite pou nou.
Jounenjodi, tout timounn mande kbnfliks, yo pa vle
AK100 ankb. Si yo te gan konprann yo ta w6 kbnfliks
se mayi menmjan ak akasan ; men ti gou-a-y wbwbt
devan loder ake bon gou kalte AK-100 lakay Ayiti
Tonma ganyen.

Jacques Jacquelin Garqon ap ekri youn liv :
<< Anba bouch-a Grann Mari >.



KONPLIMAN POU :
HAITIAN NEIGHBORHOOD
CENTER
<>
Nou bat youn gwo bravo pou kouzin Jepsie
Mtellus direkt6 ekzekitif Haitian Neighhood Center
yo rele <>. Mesye-dam Sant-la te bganize
youn resepsyon pou renmesye komisan ak pisonalite
k'ap ede Sant-la epi kolekte youn ti monnen pou
penmit yo kontinye ofri sevis y'ap ofri depi kek tan.
s' oun sant referans. Kilkeswa pwoblim
ou gen ou depoze-1 nan men mesye-dam yo, y'ap ede-
w, y'ap gide-w.
Sware-a ki te fit nan Deauville Resort nan
Miami Beach te wololoy. Youn sware klasik. byen
oganize. Byen senp. Teni kravat ak vis pou mesye yo.
Medam yo: talon kikit, wbb lonng, kosaj fann
devan...ayayay!
Apre youn ti diskou remisiman tou senp men byen
atikile JepsieMetellus salwe asistans lan epi mache f6
foto ak envite yo, tab apre tab. Sou kadans group
Ansanm Belfort ki t'apjwe youn bon ti mizik djaz. An
apre, yo te rekonit 3 mounn nan kominote dapr6
Komite direksyon k'ap ft youn travay
eksepsyonel nan kozman edikasyon kominot&. Se te


Jan, Jak, Jeri.
Jan-an se mwenmenm Jan Mapou. Jak la se Jacques
Despinosse, depite nan Vil Nord Miami Jerry se
Gtrard Jean-Juste, youn aktivis. Youn defans6 dwa
mounn.
Jerry te voye youn lbt militan nan domenn imigrasyon
resevwa twofe-a pou li, Jak te kare zepbl li, gonfle
tomak li pou di misi. Kanta pou jan ki se menmenm
mwen te remisye mesye-dam yo e mwen te di tout
ekip solid Sant-la ki fD youn diferans nan sevi
kominote-a misi. Mwen te santi mwen ozanj 16 mwen
sonje mwen te younn nan manmjiri ki te batize Sant
sa-a e ki te vote pou non-an. Nou te chwazi SANT-
LAN (paske vwayUl nen ki gen konsbn -a
deye li rale atik . Men yo te pi renmen Sant-la
olye <>. Se pa grav! Nou swete pou mesye-
dam Sant-la kenbe dyanm. Travay-la anpil. Li pa fasil.
Se nou chak ki pou pote ti kontribisyon pa nou nan
konbit-tit ansanm-lan. Nan non Sosyete Koukouy ak
tout lot atis yo mwen di misi anpil.



LET POU YOUN ZANMI
Apwopo lanng manman nou an

Bonjou kanmarad,
Nan pale nou yy maten ou te di mwen : travay
kominoth w-ap f6 a se pa pou ou ff pwomosyon kreybl,
men se kbmsi ou bliye se kreybl ou ye. Ou di mwen
tou ou pa gen okenn pwoblim ak lanng kreybl la, mwen
dakb ak ou. Sa ki part dwbl, seke mwen oblije toujou
ap plenyen, paske mwen pa kab jwenn tiks yo pou
mwen tradui. Poukisa, teks yo pa kab vin jwenn
mwen ?
An reyalite, lI ou aji youn fason pou ou bay kreybl
la espas, se pwomosyon kilti ou w'ap f6. Anfit, kit
nou vle kit nou pa vle, pitit nou pa pejanm Kanadyen
100%. Lapriv, chak fwa blan yo kontre ak yo, premye
kesyon ki soti nan bouch blan yo se : Nan ki peyi ou
soti ? LU konsa, pa mwen yo reponn, mwen se
Kanadyen, Blan an reponn eskize-m! Kidonk, nou
genyen enter pou nou fe pwomosyon kilti nou, epi
pase li bay pitit nou. Prensipal fason pou nou andose
kilti nou epi pase lijenerasyon anjenerasyon, se lanng
nou pale a pou noujouke pi wo.
Peyi kolonizat6 yo konnen fbs zouti kiltirel sa a,
se sa ki f6 chak fwa yo anvayi youn t6, yo fose mounn
yo aprann lanng yo epi yo foure relijon pa yo nan kOsay
mounn yo. LU konsa, se kilti pip natif-natal la yo kraze
pou yo rann li zonbi, epi lave tit pitit peyi natif la.
Blan yo telman f6 sa byen, gade tout tan nou pase ap
pale sou youn dosye ki poutan senp. Wi senp Ou
voye tkks yo ban mwen, mwen tradui yo epi mwen
voye yo tounen ba ou. Epi nou korije ere ki dwe korije.
Vwala, se nan pale anpil, f6 bUl fraz nou tonbe. Tout
sa, se paske nou kanpe sou de teren diferan. Dimwens,
aksyon ki pou mwen espontane epi natirMl, tounen
youn pwa senkant pou ou.
Blan yo mare nou wi. Yo kreye konfizyon lanng
ak konfizyon relijyon nan mitan nou. Sa lakbz nou
divize an de (2)kategori : Afriken, sila yo ki pa gen
chans aprann li nan lanng blan-an epi sila yo blan yo
lave s nvel yo ak lanng li an. Batay lanng, se batay
ideyolojik. Epitou,se nan konba ideyolojik-la menm
nou ye. Manman nou Ayiti pa tajanm panse apre nou
fin bwe lWt nan tete li, grandi menmjan, pase nan menm
lekbl, nou ta kab tounen de ( 2 ) pitit diferan
ideyolojikman. Epitou, nan diferans ideyolojik la, se
mounn nou kw6 nou ap defann yo ki ap sibi, paske se
yomenm ki santi yo se mounn an deyb parapb ak
mounn lavil. Oubyen ankb yo sbt epi lIt yo gen lespri.
Se tout deba sa yo, batay lenguistik yo pote anndan yo
epi tout Ayisyen ta dwe depase, kite deye, men nou
poko ka rive la. Laprev nou ap pale sou sajodi-a ankb
apre plis pase 200 lane endepandans.
F6 pwomosyon lanng kreybl la, se youn kesyon
prensip. Se bay pip la asiz pou li gen konfyans nan
pwop tit li. Epi pou li pa wont pwbp tit li. L6 youn
mounn kanpe devan li ap pale franse, li pa pejennen.
Li pa pe wont, paske li ap konnen limenm tou li pale
youn lanng lot lan pa kab pale oubyen lot mounn lan
poko aprann pale. Se sa tou ki pral pemit li viv epi
aksepte pwop tit li kbm mounn, kbm sitwayen entegral
sou tout te kote 1' ap viv. Se konsa, ou dwe w6 koze
lanng lan anndan dokiman tout dokiman ou ap pibliye
pou Ayisyen yo. Se konsa toutjounal anndan Ayiti ta
dwe w6 sa : Nouvelliste, Le Matin, Le Moniteur
elatriye. Se konsa tou biznis Ayisyen nan domain vann
liv ta dwe we sa.
Nan pale nou, ou toujou di mwen, ou bezwen asire
byennit pip-la. Younn nan fason pou ou asire byennit
li, se sevi ak lanng li pale-a. Ou dwe sevi ak lanng li
pale-a chak fwa li posib oubyen ank6 chak fwa sa
nesese. Se l sa-a pip la pral santi, li egal ak lid6 yo.
Nou konn li, nou konn ekri. Se zouti ki esansyel nan
kalite sosyete nou ap viv la, pip-la poko konn li, li
poko konn ekri, men kiltirelman nou se menm ak li.
Eritay kiltirMl nou pote anndan nou an, se limenm li
pote anndan li tou. Anplisdesa, se eritay kiltirMl sa-a
menm ki f6 fbs nou toupatou kote nou pase. Nan rapb
mounn save yo ak pip la ki pale kreybl sil grenn lan,
se kbmsi nou gen youn ekwasyon :1 + 2 = 3.
1 pa 3 ni tou 2 pa 3, men se 1 ak 2 ki f6 3. Yo pa
menm, men yo egal. Pip-la, ki se reprezantan 100%
kilti Afriken an anndan peyi-a, reprezante 80%
popilasyon peyi-a, epi noumenm afranchi po nwa epi
po klW yo (mwen vle di noumenm ki pase lekol yo,


[lekbl ki konviti nou ideyolojikman, epi leta Ayiti
poko vle chanje a], nou reprezante apepr2 20%
popilasyon an. Nan afranchi yo, mwen mete oumenm,
mwenmenm ak tout lizbt ki pase sou ban lekbl yo.
Se de kategori mounn sa yo peyi a genyen ki dwe
aprannjere kondisyon lavi yo nan youn nivo kote yo
pral mete ansanm pou yo tounen 3. Se 1 + 2 sa-a ki
dwe tounen 3, youn fason pou nou tounen youn fbs.
Se fbs sa-a Blan yo te prevwa depi tout tan, ki f6 yo
foure nan tit nou youn modil edikasyon, kote nou
devlope epi nou grandi ak tout kalite divizyon nan
sosyete nou an. Tout tan ou kanpe lwen fbs ppp-la,
mwen vle di fbs kiltirM li, se tout tan w-ap kanpe
lwen relasyon ki pemit 1 + 2 tounen 3 a.
Si Blan an rekonit ou gen youn lanngjouk pou li
toujou ap voye dokiman ban nou tradui nan lanng lan(
nivo federal), poukisa oumenm ou pa vle aksepte bay
lanng lan plas li ? Kou blan yo vin nan aktivite nou,
premye sa yo fD se aprann di kek fraz kreybl.
Noumenm Aysisyen yo, nou bat bravo lakontantman
pou yo. Poutan kou yo la pami nou, pou nou fi yo
plezi, nou bliye nou gen youn lanng ki pa nou epi se
lanng pa yo a nou tanmen pale, kant yomenm yo
konnen epi aksepte diferans lan. Albske, nan peyi
etranje kote n' ap viv li kl pou nou tout gen youn
opsyon bilenng nou vle meprize. Youn opsyon k'ap
manbre nou mete ou dyanm nan amoni ak tout kbt
fanmi nou.
Nan plizye rankont mwen patisipe, se toujou blan
yo ki part ak pwopozisyon ki entegre kilti Ayisyen-
an nan travay n'ap fI an ekip. Eske sa se nbmal ?
Kisa ki lakbz nou rive nan pwen sa a ? Mwen ap reponn
pou ou: Se paske kolonizasyon an desounnen nou.
Po nou nwa, men anndan nou se youn lot mounn ki ap
aji. Mounn kolonizat6 yo devlope anndan nou an.
Ayisyen ki te sou tab kote mwen te ye yo pajanm
sonje yo gen youn kilti ki kab f6 ladiferans. Se kbmsi
nou ta di : << Fez6 nat fi nat epi li dbmi ate. > Reflechi
vye kanmarad mwen. Reflechi. Tufus mon mentor.
Tu le demeures encore, men chak fwa mwen santi ou
vle kite ray la, se responsablite mwen pou mwen rale
ou mete ou sou ray. Anfet zanmi mwen, fridam mwen,
tout dwit nan men nou pa menm long, men 16 nou
pliye yo ansanm, yo f6 youn youn gwo boul won ki
tounen pwen nou, nou kab frape sou youn tab pou nou
di non. La-a ankb, nou kab tounen ak ekwasyon-an 1
+ 2= 3.
Plis ou ap apwoche ou toupre Lewbp, kbm
afranchi ak lanng blan an te fi nou aprann lan, se plis
ou ap kite pep ou a, ki pale kreybl sil grenn lan deye.
Se plis tou blan ap kontan, paske nou ap mache nan
jwet divize pou reye li gaye nan mitan nou depi
lendepandans lan. Jwet ki fenk kare ap afebli nou. Pis
nou fib, se plis blan ap pran plezi pou li rale fisMl nou
fe nou jwe kont pwbp tot nou, pase nou nan tenten,
pase diyite nou nan labou eksetera eksetera tankou sa
te frt nan ane selebrasyon 200 an endepandans nou
an. Kounye a, ki mounn ki ap pwofite ? Ki mounn ki
wont ? Ki mounn ki pidi?
FR pwomosyon youn lanng, manman nou ak tout
kbd fanmi ou pale, se fe pwomosyon pwbp tt ou Li
pa pe deranje ni oumenm ni plan ou, ni rev ou. Okontr6,
li ap ba youjivrin, paske li ap ede mounn ki anba yo
w6 ou avk yo 100%. LU konsa, se diyite mounn yo
nou konsolide. Paske, 16 mounn yo, ki pale kreybl ase-
a w6 tout bagay ap dewoule nan youn lanng yo pa
maton ladan, yo wont tnt yo wi. Yo santi yo manke
sou mounn yo Yo pedi nan diyite yo paske yo pa
gen nivo lanng lan ki pou pmiet yo aji tankou youn
sitwayen entegral nan mitan pwbp konpatriybt yo.
Men vr6 pwoblim lan fr6 mwen. Nou gen mounn nan
mitan nou ki beb6 kant yo gen lapawbl. Nou
fonksyonne ak youn lanng yo pa konnen byen, oubyen
yo pa konnen ditou, nou retire dwa pawbl yo nan men
yo epi nou pidi kontribisyon pozitif yo ta kab pote
nan rasanbleman nou yo.
Mwen ta renmen ou konprann sa pou ajisman-ou
sQvi ekzanp youn fason pou libere lapawol lakay
mounn sa yo. Sa se travay ou tou kbm lid6, cher
camarade. Se nan nivo sa-a mwen ye zanmi mwen.
Se sa mwen ta renmen ou entegre nan lespri ou. Se la
mwen ta renmen ou vin kontre ak mwen, paske pawbl
mwen ap pale la yo soti dirik-dirik nan tout aprantisay
nou ff ansanm kbm timounn bout pantalonjouk nou
rive pran grad mete pantalon lonng. Mounn ki ap pale
ak oujodi-a, se mounn ou te fbme-a. Li ap mande ou
pran konsyans epi reflechi sou kote nou kote nou soti,
kote nou ye jounen jodi-a epi jouk ki kote nou kab
rive ak ekwasyon: 1+ 2 = 3 a.
Nou genyen youn ti ponyen mounn tou piti ki
reyisi sou tt etranje. Anfit, ti ponyen tou piti ki reyisi
a dwe toujou sonje kolektivite-a, paske reyisit nou an
ap toujou manke moso si nou ap jwi li pou kont nou
sil grenn. Ak konpbtman endividyll-la, se kbmsi depi
nou bon, se tout mounn ki bon, albske se lekontr6.
Anvan mwen ale, mwen senpman vle raple ou
konstitisyon 1987 la di nou gen 2 lanng ofisyel. Pip la
te vote pou li. An n' travay ansanm pou nou respekte
vbt mounn yo.
Bon mwen pa rete non.

Kenbe frm.
Se Bon zanmi ou : Kaptenn
ki renmen ou anpil, ki respekte ou epi ki vle louvrije
ou Sou youn dimansyon kiltirMl ou pa toujou evalye
menm jan akli. M'ale.
Nou va kontinye koze, paske pa gen pwoblim san
solisyon.


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Mercredi 23 Avril 2008
Haiti en Marche Vol. XXII No. 13


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