Title: Haïti en marche
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 Material Information
Title: Haïti en marche
Physical Description: v. : ill. ; 45 cm.
Language: French
Publisher: s.n.
Place of Publication: Miami Fla
Miami Fla
Publication Date: November 30, 2005
Copyright Date: 2005
Frequency: weekly
regular
 Subjects
Subject: Haitians -- Newspapers -- United States   ( lcsh )
Newspapers -- Miami (Fla.)   ( lcsh )
Newspapers -- Miami-Dade County (Fla.)   ( lcsh )
Genre: newspaper   ( marcgt )
Spatial Coverage: United States of America -- Florida -- Dade -- Miami
Haiti
 Notes
Language: In French.
General Note: Description based on: Vol. 3, no. 37 (7 November 1989).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00098809
Volume ID: VID00287
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 21271733
lccn - sn 92061416
issn - 1064-3869

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Haiti en Marche edition du 30 Novembre au 6 Decembre 2005 Vol. XIX No. 44

CALENDRIER ELECTORAL

Derriere la ronde infernale des dates


ANALYSE
MIAMI,
26 Novembre -
De nouvelles
dates ont dtd
annonc6es pour
les elections: 8
janvier pour le
premier tour des
prdsidentielles et
16gislatives, suivi
d'un second tour
le 15 fdvrier.
C'est la
4e fois que les
elections sont
report6es et la 2e
fois en l'espace
d'une semaine.
De quoi vous
donner le tournis.
De plus,
il n'y a aucune
raison, direz-
vous, pour que le


Le candidat independant Charles Henri Baker engage dans une grande alliance
de 8 formations politiques en cas d'un second tour photo Thony B6lizaire/P.2
ce que je ne peux
Comme dans la
fable "le loup et
les raisins": ils
sont trop verts,
dit-il, et sont
bons pour des
gou-jats!


manage ne continue.
Pourquoi
pas en effet, si la date
fixde constitution-
nellement pour
l'intronisation du
nouveau chef d'dtat
l6u (en l'occurrence,
le 7 fdvrier 2006) a
pu Wtre contournde
aussi all1grement.
Pendant
plusieurs semaines,
le mot d'ordre a 6t6:
il n'y a pas de date
tabou. Ehbien, voila,
ceux-la ont gagn6.
M a i s
qu'est-ce qui reste
alors pour contenir la
fantaisie de ceux qui
nous gouverent. Eh
bien, plus rien.
On connait
le proverbe haitien:
poss6der, je le gate!


fois car on ne saitjamais ce
qui peut arriver entre-
temps.
D'autant plus que
ddsormais, il n'y a plus
d'exigence de ddlai, celui
constitutionnel du 7 fdvrier
ayant 6te viold impun6-
ment. Bref, ddsormais, c'est
le tout est permis, tout est
possible.

Les memes cau-
ses produisent toujours
les memes effets ...
Mais le plus grave
est I'absence de toute
evaluation. Tout va bien
madame la marquise. Epi,
epi anyen On prend les
memes et on recommence.
Comme si tout
cela n'dtait que fatality,
"fanitas, fanitatis", et qu'il
n'y a jamais de responsa-
(voir Dates / 4)


Le DG de la Police 7

nationale felicite en

Conseil des ministres


Une classe moyenne
EDITORIAL tant de plus en plus
PORT-AU-PRINCE, t6 t,- -hl l circonscrite entre le
28 Novembre o,' cra e9,l principal candidat du
L'expression a dchappd a une D'ou l'appellation: "kokorat." mouvement populaire Lavalas, l'ex-
auditrice. Que sommes-nous La classe moyenne a president Ren6 Pr6val, et celui venant
aujourd'hui, nous de la classe march contre le rgime aristidien, des milieux d'affaires locaux,
moyenne en Haiti? Des cocorats. dans les rangs plut6t disparates de l'industriel Charles Henri Baker.
Prononcez "cocorate". Nologisme la coalition Convergence (voir Cocorats / 6)
,~I -i-, .. ..,'- -a....A,-...Ivo oo ts


crdole de formation r6cente
(kokorat) voulant dire les rebuts de
la socidtd et qui au d6but
s'appliquait aux enfants des
quartiers les plus d6munis, qui vont
fourfouailler dans les poubelles de
la force militaire internationale a la
recherche de boites de conserves
(cocoa) souvent A peine entam6es.


L'Demcratique luc-roupe s 4104,
lors du grand forcing qui a abouti
A la chute de ce pouvoir en fdvrier
2004.
Deux anndes apres, et a la
veille des elections, oui en est-elle?
Ceux qu'on pourrait
identifier comme ses candidats
n'en menent pas large, la bataille


La Minustah

frappe fort

a Cite Soleil

Bilan : 15 Morts


Mario Andresol, Dir. Gen. de la PNH


Haiti en Marche

Port-au-Prince
100 Avenue Lamartinire (Bois Verna)
Tel. 245-1910, Fax 221-1323
Miami
173 NW 94t Street
Miami, Florida 33150
Tel. 305 754-0705 /754-7543
Fax 305 756-0979
New York
914 358-7559
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508 941-6897
Montreal
514 337-1286
email pub@haitienmarche.com
URL www.haitienmarche.com
Library of Congress # ISSN 1064 3896


I~ I






Page 2


I EN PLUS ...


Latortue et des candidats a la

presidence au programme de

telIvision de Leonel Fernandez
I1 s'agit du programme ex-prdsidents et un ancien sdnateur:
tdldvisd du President dominicain Leslie F. Manigat, Rend Prdval et Serge
Leonel Fernandez, "Agenda del Gilles, tous les trois candidats A la


Leonel Fernandez et le no. 1
de la Minustah, J.G. Valdes
Presidente", retransmis tous les
dimanches sur 4 chaines locales.
L'ddition de cette semaine a dtd d6diee
A Haiti "La r6alit6 haitienne d6crite par
ses acteurs".
Rafael Nufiez, le responsable
du service de presse du palais national
de Santo Domingo, a fait le voyage a
PAP le week-end pr6cddent oii il a dtd
requ entre autres par les deux
principaux responsables du
gouvernement int6rimaire, Boniface
Alexandre et G6rard Latortue. Deux


pr6sidence, on 6dt interview6es par
Nfifiez. De meme que Latortue, le
Nonce Apostolique et
I'Ambassadeur Jose Serulle Ramia.
Manigat a parld de la crise
structurelle A laquelle est confrontW
le pays, dont la solution passerait
entre autres par un changement de
mentality chez l'haitien.
Serge Gilles s'est montrd
confiant dans ses possibilities de
gagner les elections. Preval a rompu
son silence pour plaider en faveur
de meilleures relations entre nos
deux pays, particulikrement les
conditions dans lesquelles sont
refoulds nos compatriotes.
Le PM de transition a
ouvertement critique la politique de
Leonel Fernandez face A Haiti, en
signalant notamment que
l'avenement au pouvoir du Chef de
l'Etat dominicain a 6td pour lui "une
grande satisfaction" et qu'il pensait que
la p6riode gouvernementale sous la
prdsidence de FernAndez serait "une
pdriode d'or dans les relations entre les
deux pays ... Malheureusement tel
n'est pas cas" a-t-il ajoutd.
Par ailleurs, Latortue a aussi
critique la participation dtrangere dans
le processus electoral haitien en faisant
observer que "la presence de tant
d'dtrangers et d'organisations est un
facteur de complication du processus
electoral".


ENBREF ...


Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


La MINUSTAH frappe fort

a Cite Soleil: 15 MORTS
L'op6ration a durd 4 heures de temps, le samedi 26 Novembre. Une bataille range.
Le bataillonjordanien de la MINUSTAH en poste A Cite Soleil, fort de 750 hommes,
a donnd l'assaut.
Des membres de gangs, lourdement anrms, auraient tent6 de riposter A l'attaque.
Bilan : 15 morts du c6t6 haitien. C'est le commandant en chef, le general Mata
Barcelar, qui a confirmed l'information.
Les habitants des quartiers de Delmas 19, Delmas 31, ceux de la Route de l'aeroport
ou du Bas de Delmas, ont pu suivre les tirs d'armes le samedi 26 Novembre au
moment de l'attaque mende par le contingent jordanien en poste a Citd Soleil.
Mais ce n'est que lundi apres-midi que l'Agencia Brasil, ainsi que le site O Popular
on-Line, rendaient l'information vraiment publique, renseignant sur son bilan: 15
Morts.
Les chars blinds onusiens barricadent depuis lors la Route 9 oiu tellement de
citoyens ont dtd agressds, certains trouvant la mort.
Cela faisait longtemps que les contingents des Nations Unies menaqaient les gangs
de Cit6 Soleil de leur donner l'assaut final, s'ils ne se d6cidaient pas a mettre bas
les armes.
De l'avis de plusieurs observateurs, Citd Soleil restait une chasse gardde des gangs
qui allaient y cacher leur butin, qu'il s'agisse de victimes de kidnapping ou de
voitures voldes.
Le Gdndral Mata Barcelar a confirmed que le but ultime de la MINUSTAH est que
tout le monde puisse vivre en paix et a promis de faire rdgner l'ordre et la tranquillity
A Citd Soleil comme ailleurs.
Le lendemain dimanche 27 Novembre, le calme rdgnait A Cit6 Soleil.
Ces derniers jours, la MINUSTAH a dtd accuse par des organisations nord-
amdricaines et latino-amdricaines de violations des droits des habitants des quartiers
populaires en Haiti. Des allegations qui ont dtd fermement d6menties par la mission
interationale.


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S .Haiti: Grve des stations essence
Une baisse des prix de l'essence est A l'horizon. La date de cette baisse n'a pas
encore Wt fix6e mais le gouvernement a fait savoir qu'une nouvelle grille de prix
FUNERAILLES DE PAUL DEJEAN des produits petroliers va tre adopt6e. Cette mesure est consecutive a la baisse
enregistr6e sur le march international.
La Communautd haltienne veill6e patriotique A la m6moire de ce Selon les nouveaux prix fixes par le gouvemrnement provisoire, le gallon de gazoline
de Montrdal a rendu un dernier vieux batisseur qu'dtait Paul Ddjean 95 devrait se vendre a 165 gourdes, le gallon de 91 a 146 gourdes.
hommage A Paul Dejean d&c6dd il y a qui avait travailld pendant de longues Une baisse est egalement annonc6e sur le Gasoil, dont le gallon est fix6 a 109
Le vendredi 25 novembre, compatriotes ont bravd le froidpourlui Le ministre de l'Economie et des finances Henri Bazin a d'autre part annonc6 que de
le Bureau de la Communautd des faire des adieux. nouveaux prix seront determines bient6t pour le transport en conmmnun. Le minister
Haitiens de Montr6al a organism une Chants,danses, podsie, des Affaires sociales est en train de travailler sur ces nouvelles tarifications.
(voir Hommage / 9) (voir En bref / 13)








Mercredi 30 Novembre 2005
WUnit On 1 ^ TMTn r V TVn I 44 A


I L'ACTUALITE EN MARCHE I


Htaiti LenIvIvIarciL VOL. AIA N .UI -I


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Page 3


0 -


Le Canada se prepare aussi
pour des elections P. 9


'Faisons rou ae ensmIibe"


ANALYSE SOMMAIRE
Derriere la ronde infemale des dates p. 1
SOCIETE
Une classe moyenne "cocoratisee" p. 1
Le chaos rituel et l'ordre citoyen p.14
ACTUALITE
La Minustah frappe a Cit6 Soleil: 15 morts p.2
LUTTE CONTRE L'INSECURITE
Le DG de la Police felicity en conseil des ministres p.7
1.600 tu6s depuis fdvrier 2004 p.7
Justice et Paix exprime sa grande preoccupation p.7
POLITIQUE-ELECTIONS
Elections le 8 janvier et un second tour le 15 fdvrier p.4
8 partis pour faire front commun dans l'6ventualit6
d'un second tour p.2
Rene Preval parle a la TV dominicaine p.2
Baker se prdsente comme le candidat du changement p.4
Mon pays est aussi un pays p.15
INTERNATIONAL
Le Canada va aussi aux elections en janvier p.9
ECONOMIC
Greve des stations d'essence p.3
Cafe haitien export sans control vers la Rep. Dom. p.9
Le projetpilote p.16
Batay Ouvrye: Alet p.17
LIBRE PENSEE
Pour Yvon Neptune ... p.8
Normalit p.10
REPORTAGE
Le CICR explique son mandat aux forces de police p.10
Haitiens, demiers esclaves d'Amdrique p. 11
ARTS & SPECTACLES
Festival "Rasin" 2005 p. 20


0 0 8


S o







AL Y 4 Mercredi 30 Novembre 2005
Page 4 UNE ANALYSE Haiti en Marche Vol. XIX No.44

CALENDRIER ELECTORAL

Derriere la ronde infernale des dates
(Dates ... suite de la lre page)
bles, alors qu'on sait, et spCcialement chez nous, que les mimes
causes produisent toujours les mimes effets.
Les mimes autorit6s 6lectorales qui n'ont pas 6td
capables de dClivrer la marchandise en prbs d'une annde et demi,
le feraient s present en une semaine e peine.
En effet, quelle difference entre le 27 d6cembre, date
pr6alablement annonc6e pour le premier tour, et aujourd'hui le 8
janvier?
Si ce n'est le viol du 7 f6vrier ...
L'installation du nouvel wlu aurait lieu, a-t-on sugg6rd,
le 7 avril 2006, anniversaire de la mort de Toussaint Louverture.
Pourtant les mimes vous disent qu'ils ne croient pas f la magie
des dates. Qu'est-ce done qui se mijote?
Oui, affaire de date, cela vous rappelle peut-6tre une
autre c6lbre tour de prestidigitation: le ler janvier 2004,
bicentenaire de notre ind6pendance. On nous disait: pressons-
nous de nous d6barrasser de ce maudit Aristide, pour pouvoir
honorer notre bicentenaire comme il se doit. Mon oeil!
Quel complot sejoue contre l'histoire de ce pays, contre
nos moindres symboles? En un mot, contre le pays. Et qui en
sont les v6ritables acteurs?
Toujours la m~me inad6quation ...
Commenqons par le commencement:
Ouverture de quelques bureaux 6lectoraux i la capitale. Manifestation en faveur du candidat pro-Lavalas Rend Preval photo Yonel Louis
Nous "faisons notre carte" h celui de la Place J&r6me en juin 6lectorale (CEP) se plaignent de la lenteur du dans les m6dias tant6t leurs doutes, tant6t leurs
dernier et constatons que tout marche trbs bien, les jeunes gens processus d'inscription. diff6rends intimes, ce qui revient au mime: h
engages pour cette tiche semblent s'en acquitter avec competence Et ainsi de suite, toujours la mime handicaper l'dvolution du processus (ainsi 5
et enthousiasme ... inad6quation entre d'un c6t6 des conseillers mois aprbs, nous attendons encore de recevoir
Mais dans le m6me temps, des membres de l'institution 6lectoraux passant le plus clair de leur temps h 6taler (voir Dates / 5)



1. C '. confirm I 'adop Gon



d" Copyrighted Ma terI al

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CITY OF NORTH MIAMI
NOTICE OF WORKSHOP A

The North Miami City Council will conduct a workshop to hear presentations from Community
Based Organizations that submitted proposals for Community Development Block Grant
FY 2005-2006 funding on Tuesday, December 13, 2005, starting at 5:45 PM at City Hall, 776 N.E.
125t Street, North Miami, Florida in the Council Chambers located on the 2nd Floor.

IN ACCORDANCE WITH THE AMERICANS WITH
DISABILITIES ACT OF 1990, PERSONS NEEDING SPECIAL
ACCOMMODATION TO PARTICIPATE IN THIS PROCEEDING
SHOULD CONTACT THE CITY CLERK'S OFFICE NO LATER THAN#b
FOUR (4) DAYS PRIOR TO THE PROCEEDING TELEPHONE (305) 893-
6511, EXT. 2142, FOR ASSISTANCE. IF HEARING IMPAIRED,
TELEPHONE OUT TDD LINE AT (305) 893-7936 FOR ASSISTANCE.
ANY PERSON WISHING TO APPEAL THE DECISION OF THE CITY
COUNCIL WILL NEED A VERBATIM RECORD OF THE MEETING'S
PROCEEDING, WHICH RECORD INCLUDES THE TESTIMONY AND
EVIDENCE UPON WHICH THE APPEAL IS TO BE BASED (CHAPTER
286.0105 F.S.).







Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


DE L'ACTUALITE


NOUVELLES DATES DU SCRUTIN


(Dates... suite de la page 4)
notre carte), et de l'autre c6t6 bient6t
l'enthousiasme des quartiers
populaires et des sections rurales
pour monter 6galement a bord.

Protecteurs interna-
tionaux faisant la sourde
oreille ...
Le blocage actuel est done
tout a fait dans l'ordre des choses. La
seule difference est qu'on ne sait pas
quelle est la part de responsabilit6
aussi de l'international. Qu'est-ce
que ce dernier a fait, ou n'a pas fait,
pour empecher cette impasse
annonc6e?
Depuis 5 mois, le commun
des mortels r6pete a qui veut
l'entendre (sauf nos protecteurs
internationaux qui ont choisi
jusqu'au dernier moment de faire la


sourde oreille) que ces elections tel
qu'elles se pr6sentent culmineront
dans une immense catastrophe
logistique. Contrairement au
massacre electoral du 29 novembre
1987, c'est par la bureaucratie que
le scandale cette fois arrivera. Des
elections pour commencer sans
carte 6lectorale et sans bureaux de
vote identifiables. Une pagaille, a
proprement parler, indescriptible.
Et le reste viendra par surcroit.
VoilB. Et il suffirait
maintenant d'une semaine pour
que cet agenda change du tout au
tout??? Du 27 d6cembre au 8
janvier ...
Difficile a croire.

Haiti en Marche, 26
Novembre 2005


L'inscription electorale s'est deroulee sans encombre dans les quartiers populaires
photo Thony Bdlizaire


Ktat m prtoe WI m t riakirwr Ikwin J


Les candidats Rigaud Duplan, Marc Bazin et Serge Gilles photo J.J. Augustin


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Fiche d'Abonnement a Haiti en Marche


Nom


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Etats-Unis
Canada
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US $ 40.00
DC $42
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US $ 78
DC $ 80
US $ 135
US$ 135


6 Mois


1An


Page 5


LI


. .4 41 41 -


I I


........ 1 .......... ... .... ----









SOCIETE & POLITIOUE


Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


Une classe moyenne "cocoratisee"
C1ttrt uit d l In1imnqo


( ocorats ... sute e a r )


Le regne du moins-Etat...
Mais de plus, l'intervention
internationale n'a rien pour elle dans ses
bagages. Que ce soit dans les promesses de


de contrats ou sous-contrats dont pourrait
b6ndficier le secteur priv6.
De tout temps, la chasse gard6e de la
classe moyenne a 6td l'administration publique,
l'Etat. Or ce dernier n'est pas particulierement git6


Des militaires demobilises qui occupaient le commissariat de Petit Goave ont etd ddloges
par les casques bleus 1'ancienne arm6e a &t6 un tremplin pour la classe moyenne
photo TB
projets a haute intensity de main d'oeuvre ou par le nouvel ordre politico-6conomique mondial.
de creation de zones franches industrielles, C'est le regne du moins-Etat que possible, tout
sollicitant la force de travail a bon march. Ou devant 6tre imm6diatement rentabilisd.


Le 29 f6vrier 2004, une opposition conduite par la
bourgeoisie a renvers6 un regime qui se r6clamait des masses
populaires.

Un tournant radical ...
Les classes moyennes avaient plus ou moins surv6cu dans
les premieres anndes apres la chute de la dictature Duvalier:
gouvemements militaires (Namphy, Avril) ou civilo-traditionnels
(Ertha Trouillot).
Mais le 7 f6vrier 1991 a marqu6 un toumant radical avec
l'entrde au palais national de l'ex-cur6 de Saint Jean Bosco.
Qui plus est, Jean-Bertrand Aristide, dans les moments
de crise, se toumait volontiers plut6t vers l'dlite 6conomique que
la classe moyenne.
Celle-ci avait connu son heure de gloire sous la dictature
de Papa Doc, et a un degrd moindre sous le fils. Puis la decadence
commenqa quand ce dernier 6pousa une dame de la bourgeoisie.
Lavalas porta a la classe moyenne le coup de grice en
faisant entrer les fils de personne au palais national.
Pas 6tonnant que plus encore que le retour des
duvali6ristes dans la campagne 6lectorale dont ils ont &t6 absents
depuis pres de deux d6cennies, ce qui fait encore plus de bruit
dans ces secteurs, c'est la demande pour reconstituer les forces
armies d'Haiti.
Les FAD'H ont &t6 une 6chelle d'ascension sociale
presque naturelle pour les nouvelles g6ndrations issues de la classe
moyenne.

D6nicher un visa ...
Conclusion: des emplois de manoeuvre pour les classes
laborieuses, et quelques contrats bon an mal an pour le secteur
prive.
Quant a la classe moyenne, elle n'a qu'a se d6brouiller
pour d6nicher un visa et aller chercher son salut sous d'autres
cieux. Comme les centaines ou milliers dejeunes couples de cadres
professionnels partis ces dernires anndes pour l'hiver canadien
a la faveur de la crise politique.
Ou encore les jeunes haitiennes descendant des
embarcations clandestines arraisonn6es par la garde c6tiire franco-
guyanaise, mais qui ressemblent de moins en moins a nos
paysannes arrivant en Floride dans les anndes 70.
Enfin, on a not6 qu'un certain chass6 crois6 a lieu
actuellement dans la campagne 6lectorale, avec une partie du
secteur des affaires rejoignant le camp du favori Lavalas Rend
Prdval, tandis que "Charlito" Baker s'allie avec le mouvement
paysan de Papaye.
La classe moyenne, encore une fois, est seule a laisser
passer le vent de l'Histoire.

Editorial, Mdlodie 103.3 FM, Port-au-Prince


Baker se present comme le candidat du changement

et denonce le gouvernement et certaines organisations internationales
(Baker ... suite de la page 4) Pierre Marie Boisson a enfin pr6nd
d'6tre un president honn6te qui sera l'6tablissement d'un 6tat de droit oni il y ait de la
au service des Haitiens, s'il arrive au cohesion sociale, condition essentielle, a-t-il dit, pour
pouvoir. bdtir Haiti.


L'ancien No 2 de la
plateforme des 184 a appeal ses
partisans a assumer leurs
responsabilit6s en votant pour lui
massivement lors des prochaines
pr6sidentielles. Available
Un des responsables de son
6quipe de campagne, 1'6conomiste
Pierre Marie Boisson, a donn
l'assurance qu'avec la victoire de
Baker aux prochaines elections, les
quartiers et les regions marginalis6s
auront un bien meilleur visage.
Les gens vivant dans les
quartiers populaires de Cit6 Soleil, du
Bel-Air, et de Grand'Ravine, ne seront plus des
marginaux, a-t-il dit, reconnaissant que si les habitants
de ces quartiers se livrent a la violence, c'est le plus
souvent en raison de leurs conditions de vie infra-
humaines.
M. Boisson a 6galement annonc6 l'entreprise
de travaux d'infrastructures de grande envergure sous
une 6ventuelle pr6sidence Baker.
Les principales villes du pays dont Port-au-
Prince, Gonaives, Cayes, Cap-Haitien, J&r6mie seront


atb Plus Bakery, Inc
Natural Juice


propres, securis6es et dotees d'aeroports et de ports
modemes, a-t-il assure
II a promis que l'ordre et la paix seront
r6tablis dans le pays si l'industriel Charles Henri
Baker arrive aupouvoirpuisque, a-t-il dit, avec l'ordre
et la paix, ce sera aussi le travail.


De hauts responsables et membres du Groupe
des 184 (fer de lance de la lutte anti-Aristide), avaient
pris leur distance d'avec M. Baker.
Un d'entre eux, Anthony Barbier, avait laiss6
entendre sur les ondes que si "Charlito" acc6dait a la
pr6sidence, il serait un dictateur.

Le candidat Charles Henri Baker a 6galement
d6nonc6 des responsables de l'Etat haitien qui
soutiennent, a-t-il dit, certains candidats avec l'argent
du contribuable.
II a 6galement cit6 des organisations
internationales travaillant sur le terrain comme la
CARE et 1'OEA qui utiliseraient leurs 6quipements
pour aider certains candidats a mener campagne.
M. Baker appelle a la fin de cette pratique
jug6e inadmissible.
Le porte-parole du PNUD, institution
responsable du budget des elections, a demand au
candidat de fournir des pr6cisions, pour qu'on puisse
prendre les measures approprides.


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Haiti en Marche Vol. XIX No.44


I LUTTE CONTRE L'INSECURITE


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Justice et Paix exprime une autre
fois sa grande preoccupation
Note de presse effort entrepris durant quelques mois pour y arriv
La commission Episcopale Nationale Justice ce r6sultat. Cela signifie, s'ily a de la volont6 dan
'aix exprime une autre fois sa grande preoccupation pays pour r6aliser quelque chose, beaucoup dev
l'avancement du processus electoral dans le pays. possible. Mais nous regrettons, et nous le consider
1.- En ce qui concerne la registration des comme une violation des droits de citoyens : ceux
oyens. La Commissionprend note de la declaration n'ont pas pu retirer leur carte de citoyen, sont
CEP qui fait savoir que sur 4.400.000 6lecteurs habitants des sections
entiels, 3.400.000 ont fait les d6marches pour retirer communales. Les mesures prises
r carte de citoyen. Nous reconnaissons le grand (voir Justice et Paix / 8)


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Page 8


LIBRE PENSEE


Mon cher Marcus,
Les mois passent et aggravent
mes remords. Remords et culpability
de n'avoir pas encore pris le temps de
te demander un petit espace dans Haiti
en Marche pour dire a Yvon Neptune
mon estime et mon d6goit du sort qui
lui est fait.
Lors de la passation des
pouvoirs entre 1'ancienne presidence
et l'actuel gouvernement provisoire,
Yvon Neptune a &td d'une dignity et
d'un courage exemplaires.
Ceux qui le maintiennent
scandaleusement en prison,
gouvernementaux, membres de
l'establishment, juges, revanchards
haineux et inquiets, doivent savoir
qu'ils sont d'ores et d6ji vouds aux
"poubelles de l'Histoire", comme on
disait autrefois.
Leurs proches et descendants
seront flatt6s de les y retrouver demain,
a jamais fl6tris par l'impitoyable
justice des historiens. Il est vrai que
les dites poubelles d6bordent et qu'ils
n'y manquerontjamais de compagnie,


Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


Pour Yvon Neptune


ne serait-ce que celle des Bush et
consorts.
Je profite de l'occasion pour
remarquer le spectacle d6risoire de la
course au tr6ne pr6sidentiel dans nos
deux R6publiques bananieres
respectives. Il y aura bient6t autant de
candidats en France qu'en Haiti, mais
nous vous ferons bien sfr la lecon.
Si je devais voter chez vous
(citoyen d'honneur de Port-au-Prince,
il ne manquerait plus queje me pr6sente
comme Simeus!), il me semble
qu'6cartant la tourbe des pitres, des
criminels, des inconscients et des
simples "avidadollars", je donnerais ma
voix a Rend Prdval qui me parait le plus
proche du peuple et le plus honnete.
A deux conditions cependant:
qu'il nous dise, d'une part, ce qu'il sait
de l'assassinat a jamais impardonnable
de Jean Dominique et, d'autre part, qu'il
ne trahisse pas ses partisans une fois l6u,
auquel cas il prendrait a son tour le
chemin des poubelles sus-dites ...

POST SCRIPTUM


Prdval president et
Yvon Neptune premier
ministre, qa ferait un beau
couple qui ferait plaisir a la
CIA, au Bord de Mer et aux
gangsters de tous poils, done
c'est bon et d6mocratique!
Soyons charitables:
j'ajouterais Marc Bazin (trbs
encadrd) comme conseiller
technique pour tout ce qui est
budget, finances; Micha
Gaillard quelque part a
l'Education nationale en
souvenir de son pbre. On
trouverait bien une vingtaine
de personnalit6s estimables
(y compris femmes: Madame
Lafontant a la culture).
Et bien sfr Marcus
Garcia a la t6te d'un grand
ministbre de l'Information,
de la Communication et des
rapports avec la Diaspora (quitte a lui a
compl6ter cet ideal gouvernement, je ne
connais pas tout le monde ...).


Justice et Paix exprime une autre fois sa grande preoccupation


(suite de la page 7)
pour corriger certaines situations, n'ont
pas donn6 le r6sultat esp6rd : le d6lai
6tait trop court, les habitants n'ont pas
&td inform convenablement, le materiel
6tait insuffisant, certaines zones sont trls
eloignees, ou bien il n'y a pas d'energie
6lectrique pour faire fonctionner
l'ordinateur. La consequence en est, que
certaines autorit6s locales seront 6lues
par un faible pourcentage de la
population. Pourtant, les elections
locales auraient dfi tre le fondement de
la construction d6mocratique du pays.

2.-Nous apprenons que la
registration s'est r6alis6e dans les
quartiers populaires de la capitale. Ceci


est une bonne nouvelle. Seulement,
nous nous demandons ce que cela
signifie quand il y a registration
d'l6ecteurs dans un quartier, les
personnes de l'ext6rieur ne peuvent
s'approcher pour cause de violence,
d'ins6curit6 et de kidnapping dans ces
zones.

3.-La distribution des cartes de
citoyennet6 a commence timidement
dans quelques zones. Dans certains
d6partements la distribution n'est pas
encore faite. Nous constatons avec
regret que certains responsables de
bureaux ne peuvent resister a la tentation
d'exiger de l'argent pour cette piece


d'identificat
de la capital
6lectorale eI
la popula
6lectoraux.
6tait inter
endroits. N
et celles qu
electoral, pi
comme un
collectivit6,
pour tirer u
penser a la c

4.-
certaines ac
lies avec la


tion. Dans quelques zones
e, la distribution de la carte
itraine des bastonnades sur
tion par les Policiers
Nous f6licitons le CEP qui
venu rapide en certains
ous demandons a tous ceux
ii font parti de l'appareil
our consid6rer leur travail
travail au service de la
et non pas comme une faqon
n avantage rapide qui fait
corruption.

Nous apprenons que
;tivit6s politiques qui sont
Violence a Port-au-Prince
et aux Gonaives.
Est-ce que le pays
sera de nouveau
victime de
l'impunit6 et du
d6sarmement qui
n'a pas eu lieu ?
Nous attendons la
reaction des
candidats, qu'ils
condamnent de
faqon ferme les
actes de violence
perp6tr6s par leurs
partisans. Nous les
demandons de
songer le Code
6thique sign par
divers partis
politiques. Les
responsables partis
et coalitions
politiques de leur
cot6, et le CEP lui


m6me doivent agir contre ces candidats
qui ne respectent pas les engagement
pris par eux, selon le vceux du D6cret
electoral.

5.-Dans la note du 21
septembre 2005, la Commission a
soulev6 la question des analphabetes.
Ces elections g6ndrales sont trbs
complexes a cause du nombre de
fonctions A dlire de partis politiques et
de candidats pour chaque poste.
Quelles dispositions sont prises par le
CEP pour permettre a ces citoyens de
voter correctement ? Rien n'est dit
jusqu'a ce moment.

Le processus avance
lentement. Plusieurs voix expriment
des doutes sur son bon d6roulement.
Pourtant, le pays ne peut pas rester dans
cette transition qui doit aboutir sur
l'6tablissement d'autorit6s l6gitimes
choisies par les citoyens dans des
elections libres, honn6tes et non
partisanes. La Commission demande
a tous les acteurs engages dans le
processus de faire preuve de bon sens
et de tolerance, de leur capacity de
dialogue et de n6gociation pour trouver
des solutions correctes a tous les
problkmes qui se posent au cours de
route.

Pour le Comit6 Directeur
National.


P. Jean Hanssens, directeur

Port-au-Prince,
20 novembre 2005


# 16 Ot


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Yvon n eptune
Meilleures amities,

Jacques Barros








Mercredi 30 Novembre 2005
H-Taiti pn Manrh h X VnTl YY n 44


OUELOUES CHIFFRES


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Canada: Des elections anticipees


HOMMAGE A PAUL DEJEAN
(Hommage ... suite de la page 2)
textes et t6moignages, tout y etait pour saluer ce grand
intellectuel.
Le lendemain samedi, les catholiques
s'6taient donnas rendez-vous a l'6glise Notre-Dame
d'Haiti pour une messe religieuse, conc6l1br6e par 3
pretres. Cir6monie tris 6mouvante rendue a cet ancien
pretre des spiritains et Ministre des haitiens vivant a
L'6tranger sous le regime Lavalas.
Paul DEJEAN est mort, apres une longue
maladie, le lundi 21 novembre dernier. I1 tait ag6 de
74 ans. II1 a &t6 le fondateur et un des principaux
animateurs du Bureau de la Communaut6 Chr6tienne
des Haitiens de Montreal (BCCHM).
Le d6vouement de Paul D6jean 6tait reconnu
par tous les membres de la communaut6 haitienne et
par les autorit6s qu6b6coises.
De retour en Haiti a la chute de la dictature
des Duvalier qu'il avait combattue avec passion, il a
rempli des fonctions officielles comme Secr6taire
d'Etat a l'Alphab6tisation et comme ministre des
Haitiens vivant a l'6tranger.
Nous pr6sentons nos condol6ances a toute
la famille D6jean et aux autres parents et proches.
Les fundrailles ont &t6 c6l1br6es a Port-au-
Prince le samedi 26 novembre.
A Montreal, une c6l1bration eucharistique
avec t6moignages a eu lieu aussi le samedi 26
novembre a la Paroisse Notre-Dame d'Haiti angle des
rues Saint-Denis et Beaubien a Montreal.


de notre con
Montreal, 28 nov. Le PM Paul Martin a
pr6sent6 la d6mission de son gouvernement
minoritaire, d6clenchant ainsi des elections anticip6es
pour le mois de janvier 2006. I1 s'est pr6sente cette
semaine devant la gouvemeur g6ndrale, l'honorable
Michaelle Jean, pour lui demander de dissoudre le
Parlement, ce qui a &te fait.
Qu'est-ce qui a amend le pays si vite aux
elections, 17 mois seulement apres la victoire du parti
liberal de Paul Martin? C'est une motion de defiance
qui a &t6 d6pos6e jeudi dernier et vote le lundi
suivant(28 nov) par les 3 partis de l'opposition: 171
voix Pour et 133 Contre. Cette motion de defiance du
Parti Conservateur du Canada (PCC) stipule que"le
Parlement n'a plus confiance dans le gouvernement
liberal minoritaire dirig6 par Paul Martin". Cette charge
est suffisante pour faire tomber le pouvoir en place.
C'est aussi le scandale des commandites
qui est a la base du renversement du gouvernement.
Un rapport du commissaire John Gomery public d6but
novembre, a r&v616 que les lib6raux f6d6raux, &re Jean
Chr6tien, ont gaspill6 des centaines de millions de
dollars dans des operations de commandites au
Qu6bec, afin de preserver, dit-on, l'unit6 du Canada
pendant et apres le r6f6rendum de 1995 sur la
Souverainet6 de la deuxieme province du pays.
En effet, plusieurs dizaines de millions ont
ete retrouv6s dans les comptes bancaires des amis du
parti sous forme de commandites. Cette affaire est
consid6rde par l'opposition comme 6tant le plus gros
scandale de corruption du siecle au Canada. Paul
Martin qui a 6ject6 Jean Chr6tien, liberal comme lui,


respondant
du fauteuil de premier ministre apres deux mandates,
s'est empress de recommander une commission
d'enquete ind6pendante pour r6gler des comptes
politiques. Un premier rapport sorti en novembre
dernier l'a blanchi et a blam6 son ex-patron, devenu
son meilleur ennemi Jean Chr6tien, qui a d6cid6 de
porter l'affaire en appel, honneur oblige.
L'ancien ministre des Finances n'a cess6
de rdp6ter qu'il est innocent, mais le scandale lui a
valu un gouvernement minoritaire en juin 2004.
L'opposition continue de le pousser dans ses derniers
retranchements en exigeant des elections meme en
plein hiver. Le chef du PCC Stephen Harper, jeune et
ambitieux, joue sa dernire carte. II a &t6 battu par
Paul Martin il y a 17 mois, et avec ces elections sur
fond de scandale financier, il espere prendre sa
revanche.
Ce qui n'est pas chose facile. Les derniers
sondages a l'6chelle nationale donnent les lib6raux
en avance de 10 points sur les conservateurs (doite
canadienne). En bon stratege, Paul Martin a promis
ces dermires semaines pas moins de 60 milliards de
dollars a tous les secteurs, une facon de prouver sa
bonne gouvemance.
Haiti, au coeur de la campagne
En pr-campagne, les gros canons du parti
Eillen Carrol, Pierre Pettigrew et Denis Coderre ont
annonc6 une aide de 33 millions de dollars pour des
projets en Haiti. Avec cette somme, le gouvernement
Martin aura d6ji d6bours6 120 millions sur 180
millions pour aider le pays dans des projets de toutes
(voir Canada / 18)


Page 9









I EN DIRECT DU TERRAIN


Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


Haiti : le CICR explique son


mandat aux forces de police


28 Octobre 2005
778 nouveaux policiers, dont 35 femmes, ont Wt6 forms pour renforcer la Police nationale
haitienne A I'approche des elections. Avant un d6ploiement sur le terrain, le CICR leur a rappel6 son
propre r6le car d616gu6s et policiers sont amen6s a se revoir.


Un reportage de Jean-Yves Clemenzo

Acad6mie de police de Port-au-Prince. Il est
9 heures ce matin de fin aoft. Cent soixante aspirants
policiers, v6tus de polos blancs et de shorts bleus,
arrivent en file et s'installent silencieusement dans la
grande salle du centre de formation. Ils vont participer
pendant trois heures a une stance durant laquelle des
collaborateurs du CICR parleront de divers sujets,
telles que 1'action de l'organisation en Haiti ou
l'obligation l1gale de respecter le personnel arborant
l'embl6me de la croix rouge.
Les chefs de groupe des deux classes
annoncent que les elves sont prets. La session d6bute
par un film retracant les activities du CICR. Sur fond
d'images de conflits arms, le film pose des questions
cruciales parmi lesquelles : "Existe-t-il encore une
place pour l'action humanitaire ou la dignity des
victimes?"
Ces messages forts touchent les esprits des
aspirants qui suivent une formation de quatre mois
avant d'etre affects dans tout le pays. Jacob Charles,
assistant en communication pour le CICR, leur
explique en crdole l'histoire de la Croix-Rouge, ses
principes d'humanit6, d'impartialit6 et de neutrality.
II poursuit en donnant des informations sur l'usage
des embl6mes de la croix rouge et du croissant rouge.

Respect de I'emblkme
"Ces embl6mes sont tres importants pour les
blesses, les d6l1gu6s du CICR et les volontaires de la
Croix-Rouge car ils servent a les prot6ger", precise
Jacob. En Haiti, 1'6vacuation des bless6s peut s'av6rer
dangereuse, surtout dans les quartiers populaires de
Port-au-Prince qui connaissent depuis plusieurs anndes
une violence end6mique.
Le CICR travaille notamment dans le quartier
de Cite Soleil, oi il r6habilite le system de distribution
d'eau, effectue des travaux d'assainissement et
soutient des secouristes de la Croix-Rouge haitienne.
Ces derniers 6vacuent r6gulierement des personnes qui
souffrent de blessures parballes. A la sortie du quartier,
les secouristes peuvent 6tre contr6l6s par la police ou
par les Casques bleus de la MINUSTAH (Mission des


Nations Unies pour la stabilisation en Haiti).
L'usage de l'embl6me et l'dvacuation des
bless6s int6ressent
particulierement les
aspirants. "Peut-on
stopper les ambulances
et contr6ler les
secouristes ?", demande
l'un d'entre eux. Un
d16egu6 rdpond que le
CICR ne s'oppose pas
aux contr6les dans le
cadre du travail de la
police, mais que toute
personne bless6e a le
droit de recevoir des .
soins dans les meilleurs
d6lais. .
Un autre as-
pirant s'interroge sur les
types de sanctions qui
peuvent 6tre prises a
l'encontre des per-
sonnes utilisant de facon La ceremonie d
abusive l'embl6me de la croix rouge. Plusieurs
questions portent sur les difficulties rencontrees sur le
terrain, sur les moyens de pr6venir la guerre et ou le
financement du CICR.

Acces aux detenus
"Les policiers ou les hommes de 1'ONU ne
comprennent pas toujours le travail des organisations
de la Croix-Rouge", souligne Jean-Yves Cl6menzo,
d16egu6 communication du CICR en Haiti. "Il est
important de les sensibiliser a notre action car nous
sommes appel6s a nous revoir sur le terrain,
quelquefois dans des environnements tendus ou
violents."
Comme le CICR effectue en Haiti des visites
dans des commissariats de la capitale pour s'assurer
que les conditions de detention sont conformes aux
normes internationales, il est n6cessaire de preparer
les policiers a collaborer avec les d6l1gu6s.


"I y a parfois une certaine reticence a
accepter les d6l1gu6s du CICR dans les lieux de
detention, il faut done que les policiers comprennent
lors de leur formation que le CICR intervient avec
l'accord des autorit6s et qu'il le fait pour tout le monde,
quelle que soient les opinions politiques des d6tenus",


e remises des dipl6mes (Cl6menzo/CICR)
affirme Maxime Miguelite, directeur de l'Acad6mie,
qui a lui-meme suivi un cours en droit international
humanitaire au mois d'aoft 2005 en Suisse.
Depuis le d6but de l'annde, le CICR a
organism 7 s6ances de diffusion pour pres de 1200
aspirants de l'Acad6mie de police a Port-au-Prince.
Des cours ont 6galement 6td donnis aux commissaires
et aux inspecteurs en formation ainsi que dans les
commissariats de province 5 Cap-Haitien au Nord du
pays, et a Hinche et Mirebalais, dans la region de
Plateau Central.
La police haitienne, en pleine restructuration,
doit faire face a des difficulties lies au manque de
materiel, d'effectifs et de cadres pour la relive au
niveau du commandement. Bient6t, les nouveaux
policiers issus de la 17e promotion vont se mettre a
l'ceuvre. Leur tiche ne sera pas facile dans un pays
marqu6 par la violence et des crises humanitaires a
r6p6tition.


OSCAR GERMAIN SOCIETE
Contrairement a la grande majority N
de mes articles qui prennent naissance griceH
a la f6condation des discussions de l'apres-
midi du samedi, entre amis, celui-ci, sur la Le concept de normality n'a de sens qu'aux yeux
normality, est le fruit des entrailles de mes ... A '|


observations quotidiennes de la situation,
j'espere, conjoncturelle, de la soci6t6 haitienne. Dans
toute soci6td, l'alternance de bons et de mauvais
moments, la rupture du consensus entre les diff6rentes
options iddologiques ou sociales, peut parfois cr6er
des moments de crise, de disorientation. Cependant,
ce ne sont g6n6ralement que des tapes historiques,
braves et qui g6n6ralement cadent la place h d'autres
tapes, de vie d6mocratique, de bien-6tre collectif.
La brievet6 de ces moments depend du degr6 de
maturity sociale de ces communaut6s. Chez nous,
depuis 200 et un ans, depuis done les temps de lutte
entre < concombre et aubergine >, nous n'avons
jamais cr&6 les conditions pour que prenne fin ce
processus d'ensevelissement des raves, des attentes,
des espoirs de tout un peuple. Nous n'avons jamais
voulu 6tablir un mode de fonctionnement normal.
La normality Peu de mots, sous une
apparence normale, renferment autant de
contradictions, de non-sens, de non-dits, de double
sens. Il se retrouve dans une grande vari6t6 de
domaines de l'esprit, de la vie : la psychologie, les
math6matiques, la physique, la chimie, la biologie, la
m6decine, les sciences sociales, etc. Il s'agit d'unterme
difficile d'appr6hender, de cerer. Nous pouvons parler
de normality biologique, de normality sociale, de
normality psychologique, et meme en statistiques,


UUlIne IIIIajUIIIt P>t. lIIa e
surtout en statistiques : tout ce qui n'est pas majority
est susceptible d'avoir des comportements anormaux.
Si tu cherches la normality, va dans le troupeau dit le
proverbe.
Mes < ennemis intimes >>, d6clards ou en
latence, mes < adversaires intellectuels >- je crois en
avoir-, et les autres < accepte-tout>>, tout ce beau
paquet de monde qui c6toie de faqon quotidienne
l'anormalite de la situation sociale, politique,
economique du pays et qui semble de moins en moins
vouloir en sortir pour r6cup6rer la normality, vont
sfrement en profiter pour attaquer ma faqon de voir
les choses. Mais, je n'y peux rien.
J'imagine que vous savez tous, chers lecteurs,
ce qu'est la normality, cependant, vu que, a travers
ces articlesj 'essaie de rallier le plus de monde possible
a mes points de vue, obligation m'est done faite, ou
impose, d'expliquer ma vision de la faqon la plus
complete possible. En plus, je pr6f6re exposer mes
arguments de faqon claire et nette car sinon, on pourrait
bien s'interroger sur 1'equilibre mental de l'auteur, sur
sa normalit.
L'exploration du terme normality nous
conduit g6ndralement vers deux domaines
d'interpr6tation, vers deux conceptions :

Le domaine quantitatif


En ce sens, la normality est
la conformity au type le plus frequent.
Il s'agit done d'une notion quantitative
et statistique. Ce qui est normal se
retrouve en plus grand nombre. Donc,
le plus grand nombre d'individus


adopte un type de comportement,
utilise un service d6termind, un certain produit, etc.

Le domaine qualitatif
En ce sens, la normality est conformity a une norme,
a une r6gle, et, dans ce cas, < ce qui est normal est en
ad6quation avec un r6f6rent d'ordre sup6rieur >.

La normality, du point de vue quantitatif, et
au niveau social, nous conduit vers des abus, vers des
drives (corruption g6nocides), vers des
m6sinterpr6tations. Puisque < C'est courant > oubien
puisque < Tout le monde le fait >, onpeut se permettre
d'utiliser les fonds publics a des fins personnelles, on
peut aussi d6cider sur la vie d'autrui au nom de la
s6curit6 publique, de la sfret6 de l'Etat, du Pouvoir
absolu, etc. C'6tait courant, durant mon adolescence,
de trouver des jeunes de mon Age se donner comme
modules les grands pr6dateurs des caisses de l'Etat
(Que Ma Caisse Prospere !), les grands criminels a la
solde d'un quelconque gouvernement. C'6tait la
normality. Notre m6moire collective est remplie de
ces 6tres.
Certains d'entre eux sont toujours parmi
nous, roulant mercedes ou autres voitures de luxe, ou
logeant grandes maisons dans ce qui reste de nos beaux
(voir normalit / 12)


Page 10








Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


REPORTAGE


Esclaves d'Amerique
Camera au poing, unjeune documentariste qu6b6cois a suivi des Haitiens immigr6s clandestinement <>, ou l'on construit en dur. Les
en R6publique dominicaine. Partis s'y refaire une vie, ils ont perdu leur liberty. coupeurs et leurs familles habitent de petites maisons
qui ressemblent A autant de boites de fibrociment,
Par Martin Pierre Tremblay d'allure un peu terne... mais propres.
Public dans L actualitye du ler d6cembre 2005 d e un e. aisprpre
Lucia, qui y vit en compagnie de cousins et
A- ---4- ~~~~~'-,4---1 --P--A1


Un combat 6clate sur la rive, laissant unjeune
homme A genoux, qui demande piti6 A son agresseur.
Plus loin, des femmes repoussent les assauts de miles
en rut. D'autres pataugent dans la rivibre avec leur
chargement de vivres sur la tete, A l'africaine. Des
enfants d6guenill6s, dont une petite auxjambes strides
de coups de machette, mendient en tendant les mains.
Le climat est tendu, ponctu6 de cris et de la p6tarade
des motos-taxis. Surtout ne pas paniquer. J'ai
l'habitude de ces zones de non droit. N'empeche, ma
camera me glisse des mains. Etje ne parle pas de ce
nceud que j'ai au fond de la gorge. La r6alit6 des
Haitiens qui traversent A gu6 le rio Massacre, dans le
viseur de ma Canon XL1, fait peine A voir.
Que diable suis-je venu faire ici? Suivre la
trace, en vue d'un documentaire, des immigrants
originaires d'Haiti qui font le voyage vers la
R6publique dominicaine voisine. Un calvaire qui
commence dans bien des cas ici, sur les rives du rio
Massacre, au poste frontibre de Dajab6n, dans le nord
du pays. Dans une bringuebalante auto de location,
avec pour tout bagage deux cameras numeriques, un
assistant anglophone de 145 kilos, une travailleuse
sociale dominicaine toute menue et plusieurs caisses
de bouteilles d'eau, je remonterai le fil de l'histoire.
Et suivrai la migration des quelques dizaines de milliers
d'Haitiens qui, A cause de l'ins6curit6 et de la crise au
< (petit pays, en creole), tentent chaque annde
le passage en (>, comme ils disent
On aurait pu choisir les postes frontibres de
Jimani ou d'Elias Pifias, plus au sud. Mais celui de
Dajabon, voie d'acces vers Cap-Haitien et tout le Nord,
comporte une dimension historique que n'ont pas les
deux autres. I1 est tristement c6lbre pour le massacre,
A la machette, de dizaines de milliers d'Haitiens en
octobre 1937, ordonn6 par le dictateur dominicain
Rafael Leonidas Trujillo qui fut assassin par un de
ses soldats en 1961. Le rio Massacre, cette rivi&re
pleine d'ordures, est le symbole de la ligature sanglante
entre les deux Etats se partageant l'ile d'Hispaniola -
et une frontibre de 360 km.
Chaque jour, des Ha'tiens des villages
frontaliers traversent la frontibre pour aller vendre des
v6tements au march, acheter des denrdes devenues
rares au pays. Mais il y a aussi bon nombre de familles
qui tombent dans le pibge de recruteurs dominicains
et partent travailler dans les exploitations agricoles, la
construction, la rdcolte de la canne A sucre. Ou pis,
vivre dans la rue. Elles le font en esp6rant trouver une
vie meilleure. Sauf que le d6placement 6quivaut au
bout du compte A passer d'un enfer A l'autre.
Il y a des Haitiens partout en R6publique
dominicaine ils sont entre 500 000 et un million, sur
une population d'environ neuf millions. Vous en
croiserez aux intersections, offrant des batons de canne
A sucre ou des oranges pel6es aux automobilistes,
slalomant au soleil entre les v6hicules. Vous
remarquerez des femmes de chambre dans les hotels,
des privil6gi6es. Mais vous ne trouverez pas d'Haitien
sur les hauteurs de Santiago riche ville de la province
agricole du Cibao ni dans les belles maisons de Saint-
Domingue, la capitale, qui donnent sur la mer.
L'Haitien errant vit majoritairement, avec sa
famille, A l'ext6rieur des villes, dans les exploitations
agricoles ou non loin des chantiers de construction on
il travaille. II vit en marge, membre d'une main-
d'oeuvre sous-payde que l'onveut cacher. Comme une
fausse note au pays du m6rengu6 et de la bachata.
L'Haitien errant se glisse dans les interstices du
systbme, en s'excusant presque de respirer. Et ce
systbme finit par l'6touffer...
C'est A cet esclave des temps modernes et A
sa famille que Carline Vital et son 6quipe entendent
redonner un peu de dignity. L' autoritaire j eune femme
dirige l'Organisation des femmes haitiennes migrantes
et leurs familles (ODEMIHF) depuis une banlieue de
Saint-Domingue, avec des moyens modestes. Le
minuscule bureau de 1'ONG ne paie pas de mine: une
seule piece, meuble de deux tables, ot le ventilo
tourne en permanence. Mais la tenacit6 et 1'6nergie du
groupe forcent le respect. Chaque jour, la dizaine de
travailleurs, 6ducateurs, m6decins fait impossible
pour venir en aide aux compatriotes en d6tresse.
Aujourd'hui, par contre, Etienne Elironne la
secr6taire de l'organisme est prdoccupde. Elle a donn6
un acompte pour une maison... que le propri6taire a
vendue A quelqu'un d'autre! Quand elle lui a demand
d'etre remboursde, elle a obtenu un < Haitienne. Qu'est-ce que tu peux faire? Me
poursuivre?>> Elle raconte sa mesaventure calmement,


ae cousines, s estme cnanceuse. Lajeune lemme a la
chevelure pleine de bigoudis vient de la region de
Jacmel, dans le sud d'Haiti. Elle avoue penser chaque
jour aux siens demeur6s 1 -bas. (< de savoir quej'ai de quoi manger alors qu'eux peuvent


comme si la chose 6tait entendue.
Belony Mercy, ing6nieur et conseiller
juridique de 1'ONG, lui donne une tape amicale sur
l'6paule, pour l'encourager. Parce qu'ici on se tient,
on s'entraide. Il n'est pas surpris d'une telle attitude
chez les propri6taires. 11 a
grandi dans un batey, l'un de
ces campements insalubres
situds enbordure des champs
de canne A sucre, on vivent les
coupeurs hartiens. De taille
moyenne, l'ceil vif du
d6brouillard et le sourire
facile, Belony Mercy est un
des rares enfants du batey A "Co
exercer une profession
lib6rale. Le trafic S)
d'immigrants haitiens, des
jeunes surtout, ilconnaitbien. Available fro
Des guides en font passer tout
le long de la fronti&re. < guide veut tre pay6. Lejeune
qui vient travailler, meme s'il
voulait rentrer, ne pourrait
pas: il doit d'abord
rembourser les cofts du
voyage.>>
Ce voyage, dans des *
camions surcharges, est long -
et dangereux. Et les militaires
ne se g6nent pas pour se graisser la patte au passage,
assure Belony Mercy. < par exemple, le convoi franchira huit postes. Le charge
de contr6le pourra demander chaque fois entre 1 000
et 1 500 pesos par tete [entre 50 et 75 dollars] au
conducteur. Ce business existe, il a toujours exist&...>>
Les travailleurs sont (livrds>> un chantier
de construction ou A une exploitation agricole.
D'autres n'ont pas cette chance. Ce sont les puissantes
mafias haitiennes et dominicaines qui dictent le code.
(Avant de gagner l'acces au travail, ces jeunes sont
obliges de passer par toutes sortes d'occupations:
certains vivront dans la rue, les filles devront se
prostituer et d'autres couperont
la canne, qu'ils le veuillent ou
non.>> Ceux qui tentent de l
d6roger au code des mafias
disparaissent.
Les conditions de vie
et de travail des coupeurs
haItiens en R6publique
dominicaine, pourtant engages
par le Conseil d'Etat du sucre,
sont en dessous de tout ce que
l'on peut imaginer. Les salaires
souvent en coupons
alimentaires plut6t qu'en argent
- sont mis6rables: plus ou moins
3 dollars la tonne de canne
couple, alors que celle-ci vaut
plus de 150 dollars amdricains
en Bourse!
Au-dela de l'aspect
financier, il y a le statut
d'immigrant temporaire. Quand
statut il y a. Seulement 5% des Co
travailleurs haitiens auraient des
papiers en regle. Des
arrestations au hasard
surviennent chaque jour sur les
chantiers et dans les at
exploitations agricoles, et les
travailleurs sont mends manu Intenational
militari a la frontire ou a la That's t
prison la plus proche. Battus, In H
dAnypone in HalMl w
privrs de leurs papiers, spares ..n Sl you wh
de leurs proches, ces hommes
sont traits comme des
animaux. Une depeche de
1'AFP signalait en aofit dernier you
plus de 2 000 de ces
deportations, bases sur la 1-8
couleur de la peau, entre la fin 1 inl .
de juillet et la mi-aofit thecardst
seulement. a. Cwa.
Dans la petite rt- i *gtue.
commune de Gautier, A 40 km I *. *' *N
environ de Saint-Domingue, en
compagnie d'une 6quipe de *"u uinhuwhe
l'ONG, je vais visiter un batey


G- &N-se0 0e-

passer trois jours sans rien avaler. Je demande A Dieu
de les prot6ger.> Elle qui 6tudiait la cuisine, la couture
et d'autres m6tiers avant de s'6tablir A Gautier gagne
maintenant sa vie comme tant d'autres, A vendre des
bricoles noix de cajou, oranges, journaux, etc. aux
intersections.
Apres Gautier, il est temps de descendre au
fond des choses. Au bout d'une vingtaine de minutes
d'un chemin de terre difficilement praticable pour
l'auto de location, on distingue le batey La Mula,
connu comme (>. Plus personne ne s'aventure
sur ce chemin A pied ou mn me A v6lo: on a recens6
(voir Esclaves / 12)


aM [tn


),


calls iram Haiti are only 5 Gourdes per minute I

he same price as local calls in Haiti!
th a Ca l He UmLil Plus or Caro le ancLe VIP Plus card
nr, whrever In Uh USA. Cmae da and onr lited Hnbtrln*
for 5 aurdes per inule


I have t do t cll Me CoMrel Cuninr Care M
88-426-6235 (1 -888-4COMCEL) i
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RELATIONS HAITIANO-DOMINICAINES


Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


Esclaves d'Amerique

Comment peut-on, au 20e siecle, asservir son voisin en toute impunitC,

a la face de I'ONU, des organismes de defense des droits de la personne?


(suite de la page 11)
des viols dans les champs, la nuit tombre. Le feu a
aussi 6td mis a des plantations. Certains fermiers vont
jusqu'a dire que la pbgre dominicaine serait bien
heureuse de r6gler le problkme de l'immigration en
r6duisant la taille et le nombre des exploitations.
Cela n'empechera pas Edmonde Ambroise,
m6decin pour 1'ODEMIHF, de faire sa tournde
hebdomadaire dans le batey, meme enceinte et sous
un soleil de plomb. N6e en R6publique dominicaine
de parents haitiens, elle est all6e en Haiti pour faire
ses 6tudes de m6decine.
Avec un dispensaire et des services de sante
ad6quats, les problkmes qu'elle affronte dans le batey
se r6gleraient facilement: fibvre, vers intestinaux,
MST, etc. < n'y a pas d'l6ectricit6, pas d'eau potable et encore
moins d'6coles.> Les families n'ont pas de loisirs, donc
aussit6t le travail terming, on se met au lit. Ce qui
explique le taux de natalit6 astronomique. Montrant
du doigt un groupe de jeunes filles d6penaill6es, elle
poursuit: < papiers. Elles n'ont pas la possibility d'obtenir une
bonne education.>
Parfois, des ONG leur apportent de la
nourriture. grandes>, dit la Dre Ambroise. Effectivement, les
coupeurs sont maigres et semblent 6puis6s. Tout
comme leurs femmes, assises parterre avec leurs petits.
Elle les connait tous personnellement, s'informe des
absents, chatouille les petites tetes cr6pues en riant.
Ces families sont la preuve que l'esclavage
perdure a quelques heures d'avion de Montr6al. Ces
Haitiens en exil habitent des taudis en bois pourri et
en t6le rouill6e. Quelques bateys seulement ont des
latrines communes, et chaque fois il s'agit d'une
victoire surl'employeur. Quand il pleut, le sol argileux
vire a la boue, qui entre dans les baraques. On touche
ici au degr6 z6ro de l'hygibne. Et de la dignity.
La situation est si dramatique en Haiti qu'on
trouve de plus en plus de jeunes femmes seules, de
meres de famille monoparentale pr6tes A tout
abandonner pour refaire leur vie. Selon Carline Vital,
qui s'occupe de ces immigrantes en difficult, elles
aussi ont pay6 pour venir et <<90% n'ont pas de
passeport, de carte d'identit6, d'acte de naissance.
Celles qui ne vont pas dans les bateys travaillent dans
les maisons, a bon march.>> Elle estime que plus de
70% se livreront t6t ou tard a la prostitution. R6publique dominicaine, les Haitiennes, surtout celles
des bateys, n'ont pas aces aux services de sante, a
l'6ducation. Elles n'ont pas aces a la documentation,
ne peuvent rien faire. Parce qu'elles sont clandestines,
haitiennes. Et negres.> La R6publique dominicaine
compte 11% de Noirs, 16% de Blancs et 73% de
mulatres.
Ainsi, Claire, originaire de Cap-Haitien, vit
des jours difficiles a Puerto Plata, ville de 100 000
habitants, a deux pas de la principale distillerie du
rhum national, le Brugal. C'est l1, dans le port le plus
important du nord de 'ile, que s'embarque toute la
production minibre et agricole du Cibao, la province
voisine. C'est 6galement dans cette baie que s'est
implants le tourisme de masse dans les ann6es 1980.
Ironie du sort, c'est a c6t6 d'un des plus grands
complexes touristiques des Caraibes, celui de Playa
Dorada, que se trouve le ghetto haitien de Padre
Granero.
Les cases d6labr6es, la criminality rampante


et les rues de terre battue de Padre Granero contrastent
avec le luxe des hotels tout compris. Qui dit
et < dit <. La chose se pratique ici
dans le quartier
chaud de Long
Beach, voisin du
barrio Padre
Granero, qui lui
sert de reservoir
Sfilles.
Claire
habite avec sa
mere, sa sceur et
une flop6e
d'enfants au
cceur du ghetto.
Cette ancienne
femme de cham- \
bre a dfi quitter
son emploi a la
naissance de son
deuxi me
enfant. Ses sept
frbres sont
toujours a Cap-
Haitien. Elle fait
d6sormais partie
d'une society
exclusivement GCrard Latortue et le minis
feminine, qui survit en vendant des v6tements et en
coiffant les femmes du voisinage. d'amies qui se prostituent avec des gringos dans
l'espoir de quitter le pays, dit-elle. Certaines y arrivent.
Moi, je pr6fere avoir moins de sous... mais les gagner
d'une manibre honorable.>>
La police ne fait pas la difference. Claire a
etd emprisonn6e a maintes reprises, sans motif. La
dernibre fois, enjuin, elle sortait d'une 6picerie. < m'a d6tenue en banlieue de Cabarete pendant trois
jours. II a fallu que ma mbre paie pour me sortir de
1.>> Depuis, Claire dvite de se promener h Long Beach,
specialement la fin de semaine on fait le manage de
la rue en provision de l'affluence touristique. Des
histoires de ce genre se passent chaque jour dans des
stations balndaires rdputdes pour la prostitution,
comme Sosua et Boca Chica.
Sur la plage de Sosua, justement, alors que
nous cherchons Nina, une amie de Claire, je suis
accost6 par une fille qui fait des tresses et pose de
petites billes de couleur dans les cheveux. J'ai le crane
ras6 pas payant. Elle entreprend de doter ma barbiche
d'un anneau noir. t-elle. Tu me donneras ce que tu veux.> Le vigile qui
lui hurle de ne pas importuner les touristes je lui
jappe aussi sec d'aller se faire foutre ne voit pas les
choses du meme ceil.
Nina, l'amie de Claire, qui a vu la scene de
la terrasse d'un bar enbordure de la plage, se bidonne.
Elle n'a pas d'autre choix que de courir le touriste
friqu&. Son joli sourire et ses longues tresses
multicolores lui permettent de vivre plut6t d6cemment.
A 19 ans, elle a le v6cu d'une femme de 50. Pourtant,
elle s'accroche. Surtout pour sa petite fille, dont elle
ne sait trop qui est le pbre. Mes parents sont morts,je ne les ai presque pas connus.
Je n'ai dans la vie que mes deux sceurs et la famille de
Claire>>, dit-elle dans l'auto en revenant a la <
de Claire, a Padre Granero.


Normalite!
Bienheureux ceux qui croient A la normality, le royaume de la coherence leur appartient!


(suite de la page 10)
quartiers. On a eu la d6veine d'en avoir un certain
nombre de ces Gouvernements dont le seul objectif
6tait de s'approprier les raves du peuple, ses espoirs,
ses attentes. Pour eux, c'6tait normal. Et pour d'autres,
cela continue de l'6tre. La norme,jusqu'a aujourd'hui,
chez nous, est toujours la conduite abusive dans la
gestion des biens de l'Etat. Ethiquement anormal,
devrait-on penser. Le dit-on ?
En ces temps d'l6ections, j'ai entendu dire a
un candidat que s'il arrivait au pouvoir, le lendemain
de sa prise de possession, il enverrait UNTEL en
prison, il dissoudrait UN TEL Conseil, il ferait ....
< Le comble de l'imb6cillit 6 dirait notre grand
Maurice Sixto, le comble de l'anormalit6, dirais-je.
Voilh le drame que nous vivons et qui nous empeche
d'dvoluer.


La mort, en Haiti, est banalis6e a un point
tel que l'on voit chaque jour reculer les limites de
l'humanisation. L'ill6gal est normalis6, l'arbitraire
tient lieu de justice. Enfin, l'individu ayant tendance
a accepter comme normal ce qui est conforme a ses
croyances, a son experience, a son v6cu personnel, je
vois difficile un changement si ce n'est sous la pression
de la normality, entre le marteau de notre volont6 de
vivre ensemble et l'enclume de notre sens de la
responsabilit6.
Rdfugions-nous dans la normality, celle de
l'6thique universelle, il y a suffisamment de routes
qui y menent.

Oscar Germain
germanor2005 @yahoo.fr


Install surune chaise de plastique, a l'ombre,
tandis qu'elle me raconte les alas de sa vie de
tapineuse,je remarque une enfant qui mordille unjouet


tre dominicain des affaires 6trangeres Troncoso
en arriere-plan, en lancant de petits cris. Des dizaines
de femmes, dont bon nombre sont enceintes, suivent
notre conversation depuis la porte de leurs cases de
bric et de broc, curieuses de ce blanc-bec a la camera
qui s'int6resse a elles. Et pour une rare fois dans ce
voyage, je me sens bien.
La majority des Dominicains sont prompts a
dire que leur situation n'est pas meilleure que celle
des immigrants, qu'ils sont aussi peu 6duqu6s et aussi
exploits qu'eux. Bref, qu'ils en bavent eux aussi. Il y
a du vrai l-dedans. Mais ces objections occultent un
probleme fondamental entre les deux pays: les
Dominicains n'ontjamais pardonn6 les deux d6cennies
d'occupation haitienne de leur territoire, au 19e siecle.
Les pr6sidences dominicaines de Trujillo puis de
Balaguer, au 20e siecle, ont voulu cet affront
par des pratiques condamnables: deportations,
enlkvements, assassinats, etc. Dont le massacre de
Dajabon.
Comment peut-on, au 20e siecle, asservir son
voisin en toute impunity, a la face de 1'ONU, des
organismes de defense des droits de la personne? En
lui refusant tout statut l1gal sur son territoire. La
situation n'est certes pas meilleure en Haiti certaines
personnes y passeront leur vie sans papiers d'identit6
-, mais elle tient davantage d'un d6faut de structure.
Ce qui fait dire a Luis, avocat dominicain trbs en vue
(dont nous tairons l'identit6 pour lui 6viter des
reprdsailles), que haitiens en R6publique dominicaine est une histoire
d'esclavage et d'humiliation constante>.
L'avocat, attabl6 a un caf6 du quartier
historique de Saint-Domingue, class au patrimoine
mondial de l'Unesco, insiste pour dire qu'il a honte
de l'attitude g6ndrale de la classe politique dominicaine
a l'endroit d'Haiti. tLa nation dominicaine? Quelle
nation? Nous sommes trbs fiers d'etre le pays du rhum,
de labachata et du baseball. Et quoi d'autre? Les zones
franches? Le tourisme? Ce qui nous manque, c'est une
capacity d'autocritique. Nous sommes a la fois
satisfaits et creux. Parce que, disons-le, nous vivons
dans un pays de merde, un pays du tiers-monde oi
tout fait d6faut, surtout l'6ducation. Regardez les
Cubains. Ils ont une ame, ils ont de quoi 6tre fiers. Pas
nous.> Pour lui, la solution au probleme de
l'immigration haitienne reside non seulement de droits, mais d'obligations de l'Etat
dominicain envers cette population. Il va de soi que la
resolution de la crise en Haiti aiderait beaucoup
6galement...>>
Belony Mercy, le conseiller juridique de
1'ODEMIHF, espbre lui aussi que la stability
sociopolitique reviendra unjour en Haiti. Mais dans
l'intervalle, il ne baisse pas les bras. organisation travaille pr6cis6ment dans le domaine de
l'6ducation. Pour faire un pays et se d6velopper, on
doit d'abord 6duquer ses enfants.>
Comment a-t-on pu en arriver 1a? Une
r6publique noire ind6pendante la premiere de
l'histoire -, qui s'est lib6rde de l'esclavage du regime
colonial francais, au 19e siecle, fournit aujourd'hui
(voir Esclaves / 14)


Page 12


97








Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol XIX No44


I L'ACTUALITE EN MARCHE I


En bref ...
(suite de la page 2)
Cependant l'association des distributeurs de produits p6troliers (ANADIPP) a de
son c6te demand au gouverement de reviser de fagon equitable la marge des
distributeurs.
L'association estime que les nouveaux prix annonces par le gouvernement ne
permettent pas aux distributeurs de s6curiser leur marge de profit.
En attendant, 1'ANADIPP a decide d'arrdter toutes activities de distribution a partir
du lundi 28 novembre pour exiger l'aboutissement des n6gociations entamees depuis
trois mois avec les pouvoirs publics.
Le ministre Henri Bazin a confirmed vendredi que des n6gociations sont en cours
avec l'Association Nationale des Distributeurs de Produits P6troliers.
L'ANADIPP disait d6plorer que les pouvoirs publics maintiennent inchang6s les
prix a la pompe, en d6pit de la baisse des cofits de ces produits a l'importation.
L'association qui affirme deplorer les inconv6nients que causera cette greve, en
appelle a la comprehension de tous les citoyens.
Une source proche du minister de l'Economie et des Finances avait indiqu6 plus t6t
dans la matinee que les autorit6s mon6taires sont en discussion avec les
responsables de 1'ANADIPP autour de la reconsideration de leur marge de profit.
Les nouveaux prix de la gasoline a la pompe devraient entrer en vigueur des cette
semaine prochaine avec 1'epuisement du stock en cours de distribution.


L'Assemblee general des Nations Unies
approuve l'attribution de fonds supplementaires
a la MINUSTAH
L'octroi de nouveaux fonds a ete attribute a deux missions 6tablies l'une en Haiti et
l'autre en C6te d'Ivoire.
La MINUSTAH install6e en Haiti, recevra une rallonge de 46.41 millions de dollars.
La MINUSTAH disposait d6ja d'un budget de 494 millions de dollars. Elle a requ ce
complement budg6taire a cause de l'augmentation temporaire de ses troupes face
aux exigences de s6curit6 qu'implique l'organisation des prochaines elections en
Haiti et la nouvelle period de transition politique qui suivra.


Operation des Forces armies dominicaines sur
la frontiere avec Haiti
Cette operation a ete menee a la fin de la semaine 6coulee (26 ou 27 Novembre) par
la marine de guerre et l'armee nationale dominicaine.
Elle a abouti a la saisie, tout pres de la frontiere haitienne commune avec Monte
Christie (nord), d'une douzaine d'armes a feu, d'une quantity de drogue et d'une
autre substance liquide (qui n'a pas ete sp6cifi6e).
En mdme temps, des arrestations ont ete op6eres. Il s'agit d'une douzaine d'Haitiens
qui s'apprdtaient, croit-on, a entrer en r6publique dominicaine ill6galement.
Cette information a ete announce par le general Rafael Ramiez Ferreoras qui a
precise la saisie de 37 pistolets, 5 revolvers, 4 fusils de chasse, 5 motocyclettes et
d'une camionnette charge de toutes sortes de documents.
C'6tait quoi exactement ces documents ? On ne precise pas.


Le Premier ministre Latortue en voyage
Le PM int6rimaire Gerard Latortue sera absent du pays, du vendredi 26 novembre
au lundi 5 d6cembre. Sa premiere destination est Vienne en Autriche, ou le premier
ministre haitien participera au Sommet mondial de l'ONUDI. Puis, Mr Latortue se
rendra aux Etats-Unis (New York, Washington et Orlando). II participera a
Washington, en compagnie du repr6sentant special du secr6taire general des nations
Unies pour Haiti, Mr Juan Gabriel Valdes, a une importante reunion sur Haiti
organis6e par la Banque Mondiale et le Fonds Mon6taire International. A Orlando, il
prenda part a l'inauguration du consulat d'Haiti a Orlando.


Le President Boniface Alexandre decore le
Premier ministre
Le vendredi 25 novembre, le President provisoire Boniface Alexandre a octroye a
Mr Latortue l'Ordre National Grand-Croix plaque d'argent honneur et merite, en
temoignage de son engagement en faveur de la cause d'Haiti.


Le projet de nouvelles dates electorales avance
Le president du Conseil Electoral Provisoire, Max Mathurin, a confirmed vendredi
qu'un projet de calendrier electoral a bien ete achemin6 a la pr6sidence pour
publication.
"Conform6ment aux dispositions de l'article 30 du d6cret electoral, le CEP sollicite
du pouvoir ex6cutif la publication de l'arr6te de convocation des assemblies
electorales et la convocation du peuple en ses cornices, le 8 janvier 2006 pour elire
le nouveau president de la Republique, 30 s6nateurs et 99 d6put6s", a indiqu6 M.
Mathurin.
Le 26me tour des pr6sidentielles et legislatives est fix6 au 15 f6vrier et les
municipales et locales au 5 mars.
Max Mathurin a fait savoir que ces dates ont ete choisies a l'unanimit6 apres
plusieurs seances de travail avec tous les acteurs impliqu6s dans le processus
electoral.
Tout sera prdt pour les prochaines joutes aux dates annoncees, a assure Mathurin.
Un autre responsable du Conseil Electoral Provisoire, Louis Gerson Richeme, avait
confi6 aussi vendredi a Radio Solidarit6 que ces nouvelles dates ont ete retenues
apres de nombreuses considerations pour 6viter tout nouveau d6sappointement.


La distribution des cartes electorales
En ce qui a trait a la distribution des cartes d'identification nationale, Louis Gerson
Richem6 a donned la garantie que cette operation prendra fin le 26 d6cembre 2005.
II a appel6 les candidats a redoubler d'ardeur dans leur campagne en restant en
contact permanent avec le CEP, et press les partis politiques de soumettre les
40.000 noms obligatoires en vue d'obtenir les subventions promises par l'Etat.


Patrick Fequiere d'un optimisme prudent
Pour sa part, le conseiller electoral Patrick F6quiere s'est declare satisfait des
avanc6es jug6es consid6rables r6alis6es, a-t-il dit, au niveau du Conseil Electoral
Provisoire.
M. F6quiere a 6galement salu6 l'entente trouv6e entre le CEP et la MINUSTAH en
termes de planification logistique pour l'acheminement du materiel electoral dans
tous les centres de vote aux dates voulues.
Le conseiller electoral s'est montr6 toutefois prudent puisqu'il reste beaucoup a
faire notamment, a-t-il dit, dans la distribution des cartes d'identification nationale,


la finalisation des bases de donn6es relatives aux l6ecteurs pour que chacun d'entre
eux sache exactement on voter le jour du scrutin.
"Le CEP aura encore a faire ses preuves dans la distribution des cartes
d'identification nationale", a expliqu6 M. F6quiere qui declare compter beaucoup
sur le concours de la presse et de la communaut6 internationale.
II a averti que les risques de fraudes electorales et des vices de procedures existent
encore. "I1 faut rester vigilant et prtt a les d6noncer", a-t-il dit.


D'autres reactions au projet de calendrier
electoral
Un responsable de la Fusion des Sociaux D6mocrates Haitiens, Micha Gaillard, a
declare vendredi que la presentation du projet de calendrier electoral a la presidence
n'a pas combl6 l'attente de la Fusion dans la mesure ou cette plate-forme politique
avait toujours souhait6 que les elections se realisent a la fin de l'annee 2005, pour
respecter 1'6cheance du 7 fevrier 2006.
M. Gaillard a dit toutefois comprendre que le Conseil Electoral Provisoire n'a pu
tenir ses promesses en raison, a-t-il dit, des contraintes de toutes sortes comme
l'absence de volont6 politique, les problems financiers et techniques.
Nous prenons acte de ce calendrier et appelons a son respect en vue de l'installation
du president qui sera issu des prochaines joutes au mois de fevrier pour 6viter tout
6ventuel trouble dans le pays, a dit M. Gaillard qui appelle les partisans et les
candidats de la Fusion a se mobiliser dans la course l6ectorale pour remporter le
scrutin des le premier tour. Il a du coup annonc6 l'ouverture de la campagne
l6ectorale de la Fusion qui n'attendait, a-t-il dit, que la publication du calendrier
electoral pour se lancer effectivement dans la bataille, tout en exprimant le souhait
que le gouvernement subventionne les partis politiques.

MOCHRENA
Le candidat a la pr6sidence du Mouvement Chr6tien pour une Nouvelle Haiti, Luc
Mesadieu, a de son c6t6 declare n'avoir aucun problem avec la date du 8 janvier
2006 pour le premier tour des presidentielles et legislatives.
Luc M6sadieu a toutefois exprim6 des reserves sur la formule d'elections en 3 temps
puisque, a-t-il dit, elles seront trop cofiteuses surtout pour les partis politiques ne
disposant pas de gros moyens financiers.
Selon lui, le 26me tour des presidentielles et des legislatives ainsi que les
municipales et locales pourraient se tenir le 29 janvier 2006, ce qui permettrait de
respecter, a-t-il dit, l'6cheance du 7 f6vrier 2006.


Le Canada promet 33 millions de dollars dans le
cadre de la reconstruction d'Hai'ti
Ces 33 millions de dollars seront alloues a cinq projets.
19 millions serviront a l'amelioration de la quality et de l'acces a l'6ducation et aux
soins de sante.
7.7 millions de dollars seront consacr6s au renforcement des institutions publiques.
5 millions iront au PNUD, pour la r6forme de l'appareil judiciaire et l'amelioration
des conditions de detention dans le pays.
33.000 dollars financeront la mise en place de l'Institut de la Francophonie, un
6tablissement d'enseignement sup6rieur qui aura pour mission permanente de
former une nouvelle generation de cadres en gestion et administration publique.


Plusieurs reseaux de trafiquants de drogue
actifs en Haiti
Selon le commissaire Michael Lucius, responsable de la DCPJ, 73 kilos de cocaine,
2 v6hicules et 2 fusils a pompe ont ete saisis lors d'une operation men6e le jeudi 24
novembre par la police haitienne dans une maison ou r6sidaient quatre strangers.
Deux d'entre eux, qui ont affirmed etre des Venezu6liens, ont ete arrdt6s. Les 2 autres
sont arrives a s'enfuir. L'operation a ete men6e dans la region de Marin.


L'association des femmes victimes des
Cooperatives dCnonce les violences de toutes sortes exercees contre
les femmes a l'occasion de lajoumee internationale contre la violence faite aux
femmes.
A l'occasion du 25 Novembre, Journ6e Internationale de lutte contre la violence
faite aux femmes, la pr6sidente de l'Association Nationale des Femmes Victimes des
Cooperatives (ANFVC), Margareth Fortune, a salu6 le courage des femmes
haitiennes.
Dans une declaration a Radio Solidarit6, Mme Fortune a dit d6plorer que les droits
des femmes continuent d'etre viol6s de diverses manieres dans le pays, en d6pit, a-t-
elle dit, des beaux discours contre ces pratiques.
Elle a critique l'attitude du gouverement int6rimaire qui, a-t-elle dit, avec la
complicity de la MINUSTAH, a disperse le 27 octobre dernier, une manifestation
des femmes victimes des cooperatives en faillite, qui reclamaient reparations et
dedommagements.
La responsable de 1'ANFVC a 6galement fait 6tat des cas de nombreuses femmes
viol6es et tuees par balles durant l'annme 2005, notamment l'assassinat recemment
d'une 6tudiante en 56me ann6e de la Facult6 de M6decine de l'Universit6 Notre
Dame, Jenny Daniel.
Elle a 6galement rappel6 la situation de petites marchandes victimes d'un incendie
cette ann6e et dont le cas n'aurait pas ete pris en consideration.
Sur le plan politique, Margareth Fortune a deplore qu'il y ait une seule femme sur
35 candidats a la presidence.


Ha'iti-elections : Des candidats utiliseraient les
services de gangs arms pour effrayer leurs
adversaires
HPN, 27 novembre
Le juge de paix de Belle-Anse, Josue Pierre a d6nonc6 aux autorit6s concern6es par
les prochaines elections un groupe de candidats qui se d6placent ou fr6quentent des
hommes arms pour terroriser les partisans de leurs adversaires.
< C'est dangereux, et j'attire votre attention la-dessus >> a declare le juge. M. Pierre
a demanded a la police du sud-est et la Minustah de prendre les mesures n6cessaires
pour identifier et maitriser ces candidats et traquer ces individus arms.
Soulignons que la locality de Belle-Anse hebergerait de nombreux inconnus arms
venus d'autres regions du pays se refugier dans le sud-est, selon des t6moignages.
D'autre part, les momes et les endroits isol6s de Grand Gosier font beaucoup parler
d'eux dans la presse regional a cause des agressions, affrontements, conflits arms,
tentatives d'assassinats repetes qui s'y multiplient.
Selon des habitants de cette commune, des inconnus arms s'entraineraient dans les
lieux recul6s de Grand Gosier.
Rappelons aussi l'arrestation et l'emprisonnement a Jacmel de l'ex-maire titulaire de
Grand Gosier, Roland Antoine, accuse d'assassinat.
PPA/HPN (voir suite page 18)


Page 13


r-ldiCl Vit IVM.IIV VVI AA IV-f.









CONFERENCE


S Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


Le chaos rituel et I'ordre citoyen


Le 18 Novembre, la Bibliotheque du Soleil a regu le Professeur Yves Dorestal, Doyen de la Faculte
d'Ethnologie. Le theme : L 'Histoire Secrete de l'Independance haitienne > a attire un grand nombre
d 'tudiants et autres personnalites intellectuelles sur la cour de la Bibliotheque. Le Professeur Dorestal afait
le tour des theories sur l'histoire. Mais, il a surtout insistW sur le fait que la vraie histoire se passe dans les
coulisses, hors de la visibility factuelle. Archdologie, Paldontologie, Anthropologie et autres sciences devraient
aider l'historien dans sa quote scientifique, soutient le Professeur Dorestal.

Le directeur de la Bibliotheque, Pierre Clitandre, a introduit la conference du Docteur Dorestal en
avangant des hypotheses autour du theme. En voici ses rflexions.


Le theme : l'Ind6pendance haitienne > est tres vaste. D'une part,
son propos va au delay des canons acad6miques connus
et de la Litt6rature des manuels scolaires. D'autre part,
la Pensde Haitienne n'ajamais abord6, en leurs aspects
scientifiques, les actes de notre histoire collective et
les diverses constantes de notre culture. En plus de
ces 616ments, il y a ce que j'appellerais le < tabou
s6culaire > qui porte notre attitude beaucoup plus vers
le secret ou le signe que vers une parole positive qui
nous libbre du mutisme ancestral et de la mutilation
du verbe en meme temps qu'elle 6mancipe le corps
social de ses contraintes physiques et spirituelles.
Je ne suis pas un anthropologue. Donc, je ne
peux aborder un theme si important qu'avec les propos
et les enquites d'autres chercheurs. Mais, affirmons
que le mot < secret > ne signifie pas automatiquement
mystbre. II peut 6tre question d'authentiques
documents cach6s, connus par une petite minority. Il
peut s'agir d'une connaissance transmise par des voies
non accessibles au grand public. Les caract6ristiques
de notre comportement collectif sont souvent abord6es
a l'angle folklorique et descriptif. Sans une s6rieuse
tentative d'6tablir scientifiquement les donndes
basiques de notre culture, l'irrationnel, 1'6motion, le
sensibility, le dramatique primeront sur l'enquete
m6thodique et la recherche. II faut croire que depuis
la naissance de l'indig6nisme litt6raire et son corollaire
institutionnel le Bureau d'Ethnologie nous semblons
fuir la technologie du laboratoire pour rester dans les
formalismes abstraits qui ne font pas avancer notre
histoire et 6voluer nos mceurs.
Certains penseurs d'aujourd'hui vont m6me
jusqu'a affirmer que nous avons en Haiti un
< laboratoire naturel >. Il serait quelque part dans un
lieu non encore d6fini entre notre pens6e et les
616ments fondamentaux de la nature : l'eau, la terre,
l'air, le feu. Et un cinquibme 616ment de synthese :
l'6nergie. Ce lieu ne serait ni un espace gdographique,
ni une chambre dans laquelle on manipulerait des
instruments de mesure et d'identification.
Selon mes experiences, ce lieu existe par le
seul fait que la pensde collective est branches sur la
croyance en l'existence de ce < laboratoire naturel >.
Cependant, l'absence d'6thique qui le d6finirait et les
individualismes qui l'entourent portent a se pencher
sur toutes les hypotheses, m6me celles qui pr6teraient
a une n6gativit6 absolue de la culture haitienne. Nous
n'affirmons pas que cet espace est plus sympathique
a l'obscur, a la possession, a l'envofitement qu'a une
attitude plus proche de la nettet6 de l'exp6rimentation.
Nous constatons, toutefois, que durant toutes les crises
sociales connues par Haiti nous n'avons jamais eu
l'audace de questionner les < secrets > qui, a cot6
des actes h6roiques consignds, ont eu aussi joud leur
r6le dans le faqonnement de la mentality collective.
Ce n'est pas l'exclusion culturelle. C'est le
confinement, la mise en cellule, le kidnapping,
l'agressivit6 contre toute entreprise libre de mise en
lumibre de notre histoire dans ce qu'elle a d'in6dit et
de profond..

INITIATIONS INDIVIDUELLES ET
MILITAIRES
Nous abordons ce sujet ce 18 Novembre
parce que nous devons, pour la construction positive
de notre citoyennet6, sortir de l'historicit6
chronologique et de l'anecdote pour entrer, de plein
pied, dans l'Histoire Universelle. Cette universality
nous conduit en m6me temps a 6clairer notre
particularity historique, mais surtout a comprendre
cette particularity en regard des cultures profondes
d'autres peuples. Nous avons la chance d'avoir le
Livre comme cadeau. L'oralit6 entretenu par le


ESCLAVES ...
(suite de la page 12)
des esclaves au pays voisin. < d'identit6, c'est une bataille de tous les instants pour
les Haitiens qui vivent ici, dit Belony Mercy. On offre
de faciliter les choses afin qu'on leur fournisse des
papiers en Haiti... Mais trbs peu sont favorables a cette
id6e. Ils pr6ferent rester ici plut6t que de retoumer 1i-
bas.>


mdcanisme herm6tique du << lieu >> impr6cis ne nous
permettrait pas de pr6ciser ce que nous allons articuler
plus loin.
A partir d'un texte lumineux du grand
anthropologue roumain Mircea Eliade titr6 : Initiation,
Rites, Soci6t6s secretes et Naissances mystiques >>,
nous disposons de s6rieuses hypotheses pour illustrer
le theme de la conference. Il nous reste a aller plus en
profondeur dans les textes d'auteurs haitiens pour
rapatrier les recherches et conclusions de Mircea
Eliade.
Deux chapitres du livre Initiation et Soci6t6s
Secretes ont attire notre attention. Le premier parle
des <. Le deuxibme traite
des << Initiations Militaires >
Dans le chapitre << Initiations Individuelles >
Eliade parle de < Descente aux Enfers et initiations
h6roiques >. C'est pour mentionner le < retour a la
Grande Mere chthonienne >. Cette Grande Mere c'est
la terre. Mircea Eliade 6crit que le h6ros p6netre dans
le ventre de la grande mere chthonienne sans r6gresser
a l'6tat d'embryon. > Ceci est important, car le danger
existe que le h6ros ne puisse sortir du ventre et rester
< fetal >.
Mais qu'est ce que cela veut dire : le ventre
de la Terra Mater ? P6n6trer dans son ventre, 6crit
Eliade, c'est descendre vivant dans les profondeurs
souterraines. L'anthropologue va plus loin. II precise
que << dans tous les contextes ( remarquez
l'universalit6 du mythe) la Grande Mere chthonienne
se manifeste surtout comme D6esse de la mort et
Maitresse des morts. L'anthropologue rdvble le
caractbre fundraire et possessif de cette entity. Si la
<< p6ntration >> a une connotation sexuelle selon un
d6codage freudien, Eliade juge important de
mentionner << la f6minit6 agressive et la matemit6
Ddvorante de la Gran- Mere. Il souligne meme la
notion de << vagina dentata > qui, sur les plan mythique
et iconographique, traduit le danger auquel est expos
le h6ros initiatique. < Dans les mythes initiatiques,
6crit Eliade, le passage d'un h6ros a travers le ventre
d'une G6ante et sa sortie par sa gueule 6quicvalent a
une nouvelle naissance. >>.
L'homme de science Mircea Eliade d6finit le
ventre comme < la nuit cosmique > par laquelle
l'on apprend des 6preuves mortelles. > Celui qui a
r6ussi un tel exploit ne craint plus la mort, but de toutes
les initiation h6roi qui, depuis l'6pop6e de Gilgamesg.
Pour Mircea Eliade, cette Terre Mere est
surtout le lieu de la Science et de la Sagesse.
L'Anthropologue Eliade prend le soin de preciser
qu'on ne peut parvenir a sortir du ventre qu'en esprit.
< Toutes les images mythiques et tous les cliches
folkloriques du passage dangereux expriment la
n6cessit6 d'un changement de mode d'existence pour
pouvoir atteindre le monde de l'esprit. > Mircea Eliade
souligne que << celui qui veut se transformer de ce
monde-ci dans l'autre ou en revenir doit le faire dans
l'intervalle unidimensionnel et atemporel qui spare
les forces apparentes mais contraires, a travers
lesquelles on ne peut passer qu'instantandment... >>
N'est-ce pas l1 une interpretation de la
mobility du < chanpwel > dont certains chercheurs
affirment que le mot est une appropriation creole du
< champ atemporel > ddcouvert par la science
moderne ? Ne dit-on pas que les insurg6s se
r6unissaient dans des lieux trbs 6loign6s de leurs
habitations alors que d&s le lendemain ils 6taient a leur
poste de labeur ?


LA MISE A FEU DU HEROS
Depuis les temps anciens de la Bible
jusqu'aux grands ensembles technologiques des temps
modernes, l'homme a partout fait la recherche de
< force sup6rieure >. Des alchimies de Moise a la
globalisation de l'Intemet on n'est pas sorti de la quete
prom6th6enne.
D'un livre de Georges Dumdzil : < Mythes
et Dieux des Germains >, Mircea Eliade reproduit cet
important passage : < ...Ils allaient sans cuirasse,
sauvages comme des chiens ou des loups. Ils mordaient
leurs boucliers et 6taient forts comme des ours et des
taureaux. Ils massacraient les hommes et ni le fer, ni


l'acier ne pouvaient rien contre eux. On appelait cela
la Fureur. > On devient ce genre de guerrier, dit Eliade,
a la suite d'une initiation. Les themes initiatiques sont
6vidents : l'6preuve du courage, la resistance aux
souffrances physiques et les metamorphoses en fauve.
Eliade dit trouver cette attitude d'appropriation de la
force instinctive animale dans les soci6t6s secretes
africaines et dans les orgies dionysiaques provoquant
l'hyst6rie extatique a la vue du sang.
On ne devient guerrier qu'a la suite d'une
experience magico-religieuse. Le guerrier < devait
transmuer son humanity par un aces de furie agressive
et terrifiante. Il s'6chauffait, souligne Eliade, a un
degr6 extreme emport6 par une force myst6rieuse,
inhumaine et irresistible que son elan combatif faisait
surgir du plus profond de son 6tre. Le h6ros est furieux,
poss6d6 par sa propre 6nergie tumultueuse et brflante.
C'est le syndrome de < prise de possession >.
L'Ethnopsychiatrie du docteur Louis Mars a raison
sur la connotation plus clinique de < crise >. Le sujet
est poss6d6 par un esprit, une 6nergie sup6rieure.
L'6chauffement du h6ros est d6pass6 par un
exces de puissance. Le corps de l'homme < prend
feu >. Cette quete de sacralit6 se manifeste par un
accroissement prodigieux de chaleur .> Le feu int6rieur
tue le neophyte a la condition humaine et le fait acc6der
a une nouvelle existence transhumaine. C'est aussi un
aces a la connaissance et a la sagesse.


DE LA MALADIE INITIATIQUE
Cette chaleur initiatique ne peut 6tre
identified, selon Eliade, a un ph6nombne
psychopathologique. Bien que cette combustion
< implique assez souvent une crise de profondeur qui
confine parfois a la folie. La maladie ddclench6e chez
le sujet par le sentiment angoissant qu'il a &t << choisi >
par les dieux est, de ce fait meme, valorisde en tant
que maladie initiatique. >
La crise totale de l'Elu du Feu conduisant
maintes fois a la d6sint6gration de la personnalit6 ( la
schizophr6nie...) peut 6tre valorisde comme une
regression symbolique au chaos pr6cosmogonique. On
sait, 6crit Eliade, que pour les cultures traditionnelles
le retour symbolique au chaos 6quivaut A la preparation
d'une nouvelle creation. Une nouvelle personnalit6 est
sur le point de naitre. >
Eliade soulbve ici un point important autour
du < chaos primordial > que repr6senterait la
revolution rouge contre le colonialisme. Aprbs deux
siecles il faut se demander : un homme neuf, initi6 et
constructeur, est-il nd de ce magma historique ? Le
Feu ddpos6 en nous est-il bien canalis6 vers les circuits
sup6rieurs de notre cerveau au lieu de satisfaire les
bas instincts qui nous enchainent aux matdrialitds, aux
adversit6s, a la capture, a l'accablement de Cain, a la
combustion solitaire ? Comment une nouvelle
< p6n6tration > dans la Terre Mere peut-elle nous faire
renaitre ? L'6chauffement incontr616 et guerrier ne
nous maintient-il pas au magma embryonnaire ? Car
cet 6chauffement a aboutit a la combustion du Pare de
la Patrie par des fils qui croyaient s'approprier de ses
pouvoirs.

Ceci ouvre un autre d6bat.

Pierre CLITANDRE













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Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol XIX No44


FOOTBALL CHAMPIONNATS


EUROPE
Allemagne
Hannover 96-FC Kaiserslautern
MSV Duisburg-FC K1ln
VfL Wolfsburg-Arminia Bielefeld
FC Niirnberg-Borussia Dortmund
Bayern Miinchen -FSV Mainz 05
Bayer Leverkusen-Hamburger SV
Schalke 04-Werder Bremen
Hertha BSC-Borussia
MOnchengladbach
Eintracht Frankfurt-VfB Stuttgart

Angleterre
Sunderland-Birmingham City
Arsenal-Blackburn Rovers
Aston Villa-Charlton Athletic
Portsmouth-Chelsea
Manchester City-Liverpool
Wigan Athletic-Tottenham Hotspur


Fulham-Bolton Wanderers
West Ham United-Manchester United
Everton-Newcastle United
Middlesbrough-West Bromwich Albion

Espagne
Osasuna-Alav6s
RCD Mallorca-Athletic Bilbao
Valencia CF-Celta de Vigo
Real Betis-Cadiz CF
Getafe CF-Milaga CF
Atl6tico Madrid-RCD Espanyol
FC Barcelona-Racing Santander
Real Sociedad-Real Madrid
Real Zaragoza-Sevilla FC
Deportivo La Corufia-Villarreal CF

France
Le Mans-AJ Auxerre
Lille OSC-AS Nancy
Toulouse FC-Ajaccio AC


ES Troyes AC-FC Metz
Saint-Etienne-Girondins de Bordeaux
OGC Nice-Olympique Lyonnais
FC Sochaux-Rennes
Olympique de Marseille-AS Monaco
Paris Saint-Germain-RC Lens
FC Nantes-RC Strasbourg

Hollande
NAC Breda-FC Groningen
Vitesse Amhem-RKC Waalwijk
NEC Nimegue-Willem II
FC Twente-Sparta Rotterdam
FC Utrecht-Ajax Amsterdam
PSV Eindhoven-ADO La Haye
Feyenoord Rotterdam-Heracles
AZ Alkmaar-Roda JC
SC Heerenveen-RBC Rosendhal

Italie
Livorno-Chievo
AC Milan-Lecce


AS Roma-Fiorentina
Messina-Interazionale
Empoli-Lazio
Ascoli-Palermo
Siena-Reggina
Cagliari-Sampdoria
Juventus-Treviso
Parma-Udinese

Argentine
Banfield-San Lorenzo
Velez Sarsfield-Rosario Central
Arsenal FC-Lanus
Tiro Federal-Racing Club
River Plate-Gimnasia La Plata
Estudiantes LP-Boca Juniors
Independiente-Olimpo
Newell's Old Boys-Argentinos
Juniors
Colon-Instituto
Quilmes-Gimnasia Jujuy


LE COIN DE MIAMI

HAITI-ELECTIONS

La communaute haitienne de Miami pas surprise du nouveau calendrier


PAR EVENS HILAIRE
evenshilaire @hotmail.com

Prbs de 2 ans depuis le depart
force pour l'exil du president Jean
Bertrand Aristide, Haiti vit dans
l'incertitude totale malgr6 les multiples
tentatives de l'6quipe au pouvoir pour
organiser de nouvelles elections en vue
de mettre un terme a une crise politique
vieille de plusieurs ann6es.
La communaut6 internationale
(principalement Etats-Unis, France et
Canada) qui a 6td a la base du
renversement d'Aristide, n'arrive


toujours pas a crier victoire car rien n'est
encore joud.
Le Conseil Electoral Provisoire
(CEP) charge d'organiser le prochain
scrutin n'a pas 6td en mesure jusqu'a
date de donner un calendrier d6finitif a
cause, dit-on par ici, d'un bras de fer
entre le PM G6rard Latortue et les
membres du CEP et aussi des
mannoeuvres de certains conseillers
6lectoraux pour fabriquer des elections
au profit d'un secteur bien d6termin6.
L'institution 6lectorale a d6jh
report a plusieurs reprises la date du
scrutin qui 6tait programme dans un
premier temps pour la fin de cette ann6e,


afin que le nouveau president lu puisse
entrer en fonction le 7 Fevrier 2006.
Les 9 membres du college
electoral ont annonc6 vendredi dernier
de nouvelles dates pour le premier tour
des pr6sidentielles et l1gislatives fix6
d6sormais au 8 Janvier prochain. Selon
ce nouveau calendrier, le deuxieme tour
aurait lieu un mois apres, soit le 15
Fevrier 2006.
Les conseillers 6lectoraux se
seraient enfin tous entendus sur un
calendrier, selon leur coll6gue
Rosemond Pradel qui en a fait l'annonce
le 25 Novembre dcoul6.
Malgr6 tout, l'organisation des


elections reste incertaine pour les
membres de la communaut6 haitienne
de Miami.
Les fiddles supporteurs a
Miami du president en exil Jean
Bertrand Aristide qualifient de
"dilatoires" les tergiversations des
membres du Conseil Electoral
Provivoire (CEP), cela pour faire
perdurer la crise. Pour certains, c'est a
la communaut6 internationale de g6rer
une crise dpnt elle est responsable au
premier degree et qui, sur tous les plans,
n'a apport6 aucun fruit au pays.

Evens Hilaire


Par Jean Erich Ren6 I
27 nov. 05
La ponctualit6 demeure
definitivement le segment le plus faible
du Gouvernement Boniface/Latortue. II a
loup6 tous ses rendez-vous avec l'histoire
sans exprimer aucun sentiment de regret
ni de culpability. Des erreurs et des
manquements au devoir nous en sommes
tous sujets. Mais persister dans la meme
foul6e avec un sang-froid de batracien
temoigne d'un sans-gene capable
d'6nerver les esprits les plus soumis. On
se base sur la passivity du Peuple haitien
pour lui faire avaler cette medecine Jalap.
Apres tant de viols de conscience et de
vols de confiance on a fini par croire que
nous sommes d6pourvus d'un system
nerveux. Comme des zombis sous l'effet
de la lobotomie nous sommes obliges
d'accepter en toute
docility et de maniere
machinale leurs
diktats. Nous refu-
sons de porter notre
signature a l'endos de
la lettre de change du
Gouvernement
Int6rimaire qui vient
de lancer le pays dans
une aventure
perilleuse par la
publication de son
calendrier electoral
charge d'l6ectricit6 et
de suspens. Quel
nouveau coup
d'amaque On peut
mentir a un groupe de
personnes pendant un
certain temps, mais
on ne peut pas
tromper tout le monde
a la fois.
Le 7 fevrier
2006 n'est pas une
date f6tiche pour la
prestation de serment
du President mais
c'est une date butoir
pour le Gouver-
nement Provisoire.
Le Gouvernement
Int6rimaire tire toute
sa legitimite du
CONSENSUS DE
TRANSITION
POLITIQUE conclu
avec le


4on pays est
Politiques. La fin de son mandat est fix6
au 7 fevrier 2006. A-t-on consult les
Partis Politiques afin de recueillir leurs
avis sur une prorogation du mandat du
Gouvemement Provisoire en vue de lui
accorder le delai necessaire pour la
realisation d'elections cr6dibles? Anotre
connaissance non! Le deuxieme tour des
elections est fix6 au 14 fevrier. Quel toupet
Dans les annales de notre histoire on
6vite toujours d'amalgamer mardi-gras et
elections. C'est un melange d6tonnant!
Notre inquietude devient encore plus
profonde quand nous relevons la presence
en ligne du CEP et du Gouvernement
Int6rimaire jusqu'au 5 mars 2006 pour
organiser les elections communales et


aussi un pay
locales. II faut vraiment avoir froid a l'oeil
pour poursuivre les activities electorales et
politiques jusqu'au Careme 2006 sans
avoir la d6cence d'expliquer de qui
provient ce pouvoir? Si les elections sont
avanc6es au printemps 2006, au mepris
de l'Accord de principe sign avec les
Partis Politiques et sans leur aval, le
Gouvernement Boniface/Latortue n'est
plus un Gouvernement de consensus.
En effet, depuis la publication du
calendrier electoral bidon du 26 novembre
2005, le Gouvernement Provisoire s'est
mute en Gouvernement de facto. Le coup
d'6tat est concretis6 non seulement par
leur acrobatie politique, leur audace et
leur t6emrit6 a sauter la barricade du 7


S fevrier 2006 mais encore par
S 'omission volontaire de la date de
l'inauguration du President elu.
Jeu de main, jeu de vilain, ce vide
est de nature a reveler l'existence d'une
bifurcation significative sur la ligne
d'actions gouvemementale. II faut avoir
le nez assez fin pour flairer l'odeur d'une
machination politique qui va certainement
nous conduire au Golgotha. Quand est-ce
que le President de la Republique sera
installed ? La Constitution nous dit
clairement que c'est le 7 fevrier mais le
Calendrier electoral du CEP n'en a pas fait
mention. Le President du CEP Max
Mathurin se contente d'en incomber la
tiche au Gouverement Int6rimaire dans
sa r6ponse aux medias. Cette dubitative
interrogation nous emmene a croire qu'a
(vnir Pav / 18)


Page 15


r-ldiCl Vit IVM .IIV VVI AA IV-f.








Page 16


DEVELOPPEMENT DURABLE


Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


La premiere intervention de
1'INARA dans 1'Artibonite (voir HEM,
Vol. XIX, Nos. 42 et 43) etait axee sur L
la resolution des conflits. A partir de f6vrier 96, un
autre acteur va apparaitre sur le terrain, le Pr6sident
Rend Pr6val, fraichement install, avec un autre
agenda : la production agricole et, en premier lieu, la
relance de 1'ODVA.
On pense que l'interet de Rend Pr6val pour
1'ODVA doit remonter a l'6poque oio son pbre,
l'agronome Claude Pr6val, 6tait Directeur G6ndral de
cette institution. Quoi qu'il en soit, le nouveau
president n'6tait pas au pouvoir depuis un mois qu'il
se rendait a Pont Sond& pour entendre les critiques et
suggestions des techniciens, mais aussi, a l'occasion
de grands rassemblements, les revendications des
paysans.
Cela aboutira a la formation du Comit6 de
Suivi de 1'ODVA, constitu6 de (1) un repr6sentant de
chacune des huit communes du Bas Artibonite,
Lestbre, Desdunes, Grande Saline, St Marc (plus
sp6cifiquement la 5eme section communale de
Bocozelle), Marchand-Dessalines, Petite Rivibre de
l'Artibonite, Verrettes, la Chapelle, d6sign6 par les
organisations paysannes de ces communes, (2) trois
repr6sentants de l'association des CASEC de
l'Artibonite et (3) trois repr6sentants de l'association
des maires de l'Artibonite.
La fonction de ce comit 6 tait, apres une
periode d'observation, de proposer des
recommandations quant a la structure et le
fonctionnement de 1'ODVA. Et de fait, quelque cinq


e projet pilo

mois apres sa mise sur pied, ce Comit6 de Suivi
produisait un document dont la proposition la plus
importante prdvoyait la disparition de 1'ODVA en tant
qu'organisme autonome et sa r6int6gration dans la
structure du MARNDR en tant que Sous-Direction
D6partementale dans le Bas-Artibonite (SODABA).
Le document prdvoyait aussi la dissolution
du Comit6 de Suivi dans sa forme initiale et son
remplacement par un nouveau comit6, form selon le
meme module, et qui aurait la fonction non seulement
de faire le suivi des activities de la SODABA, mais
aussi de participer a sa gestion. Pour en finir avec ce
point, on peut signaler tout de suite que la proposition
de transformation de 1'ODVA en SODABA ne s'est
jamais faite, de sorte que le Comit6 de Suivi, dont la
disparition 6tait lide a celle de 1'ODVA, a continue
d'exister pratiquement jusqu'au depart du Pr6sident
Pr6val.
Ce qu'il faut savoir, c'est que, au debut de
tout ce processus, 1'INARA 6tait pratiquement absent.
Certes nous 6tions toujours engages dans les activities
de mediation, mais, en dehors de cela, nous avions
entrepris toute une s6rie de rencontres avec des
organisations paysannes dans le d6partement du Nord-
Est. En effet, d&s les mois de novembre/d6cembre
1995, nous etudiions, avec l'accord du Ministre de
l'Agriculture d'alors, l'agronome David Nicolas, les
moyens de lancer une operation pilote dans les terres


t de l'ancienne Plantation Dauphin.
tC'est en juillet 1996, que le
Ministre Mathurin, lui-meme en
tournme dans le Nord et le Nord-Est, m'informa que le
President me demandait de concentrer toutes mes
activities sur l'Artibonite. Apparemment ses
discussions avec le Comit6 de Suivi l'avaient
convaincu que tous les efforts de r6forme de 1'ODVA
ne porteraient pas de fruit tant s'ils n'6taient pas
accompagn6s d'une r6forme au niveau des modes de
tenure.
I1 est possible aussi que la presence de G6rald
Mathurin comme Ministre de l'Agriculture du cabinet
Rosny Smarth aitjou6 un r6le dans le virage pris par
le gouvernement. Mathurin a en effet travaill6 dans
l'Artibonite, comme jeune agronome, sous le regime
de la loi d'exception du 28juillet 1975 ; il fut ensuite
Directeur G6ndral de 1'ODVA en 1991, et c'est le coup
d'Etat de septembre 1991 qui le chassa de son poste.
II avait done une bonne connaissance des problkmes
de la zone et sa nouvelle position lui offrait
probablement une formidable occasion de mettre en
ceuvre les solutions qu'il avait envisages.
En tout cas, a partir de ce moment, le campus
de 1'ODVA est devenu le thditre d'activit6s f6briles ;
sous le leadership du ministre, reunions et visites de
terrain se succ6daient, en vue de determiner les
modalit6s d'atteindre l'objectif qui 6tait l'installation
de familles paysannes sur des terres contr6lkes par
1'INARA, en leur garantissant
la s6curit6 de leur installation,
(voir Pilote / 17)


g 1 -d


0 _


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I* l E1l9 41m 4 i % M It"








Mercredi 30 Novembre 2005
H-Taiti pn lnMarhP Vn1 Tl Y n 44


MAIN D'OEUVRE


BATAY OUVRIYE


Alet !

BATAY OUVRIYE AP METE POPILASYON AN JENERAL E
KAMARAD KONSEKAN YO AN PATIKILYE OKOURAN YON BENY SAN
K AP PARE ANKO NAN PEYI A. FWA SAA, SE NAN 5e SEKSYON LAKAYE


KONPLO SANGINE A AP PREPARE.
Vreman re, aprb yo fin met ate
ansyen majistra a pou tout vol lite komdt
yo, yo nommem yon nouvo: se Wilbb
Kaseyis, sanse pou rektifye sitiyasyon
an. Men, an reyalite, se soti nan larivye
pou tonbe nan lanmb!
Nan tout plenn lakayb, e menm
pi lwen, poutbt bon kalite a e relasyon
dimwatye ilegal ki toujou genyen nan
pwodiksyon an, se yon kote ki toujou
chaje ak konfli vyolan anpil. Nou anik
sonje Pyat, kote, 16 rekbt rive, se chak
lane gounen a m6 pete, la a ata lapolis
twouve lanmb ane pase. E konfli tb a
sa yo toujou opoze grandon akayik yo
anfas ti peyizan ki yo menm ap travay
jan ya kapab, amelyore tb a pou k6 yo,
gen pou fe fas pou k6 yo a nenpbt ki
pwoblem lanati, 16 se pa bannan
dominiken Leta kite anvayi mache a.


Nou g ynn

Nou vi gate yr kli u nu yo de j


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6229NE 125%&Sua


Nan 5e seksyon Lakayb, gen
yon konfli te ki, jounenjodi a, ap opoze
yon grandon yo rele Klebb anfas ti
peyizan travaye yo. Bagay yo te yonjan
estabilize, jouk dnnye majistra Kaseyis
la vin rive. Se moun Kleb. E, vreman
vre, depi an lagan li pran k6b nan men 1
pou monte sa li rele yon "polis riral".
Men "polis riral" la pa gen 2 bi, se
ent&vni zam alame e "na non lalwa" nan
konfli Klebb ak ti peyizan yo. Yo gen
tan gen bdjij Klodi, titil& Lakayb a ki, li
menm, kareman ap chache "legalize"
masak y ap prepare a. Jij Klodi, se bbfrb
Klebb! Li gen tan bay yon seri nan
swadizan manda pou arete tout ti
peyizan ki pa vle rantre nan 16d
lespwatasyon akayik Klebb a. Yo plis
vize Bwandf, Dipi ak Michbl. Yo deja
arete 3 ti peyizan, youn nan Bwandf, 2
nan Michbl.
Kounye a y ap
mande 25,000
dola (vennsenk
mil dola!!) pou
lage chak! Plizyv
ti peyizan ki pe
"Leta", kbmanse
kite zbn la pou
Ju en ju pi plis, yo pa aret yo,
s iii n~lI menm si yo pa
W)9W --WI konnpouki. Men
MAR .DADd6t kanpe kin
NW2rAm.urtl1 sou revan-
i, jFI 116 dikasyon yo yo
a5)i6s4-27 konnen ki jis,
nan yon peyi! E
TREAL yo pa sti pou
C. aruES kite Klebb, ni
;142- majistra Kaseyis
ak tout "jij"
iNDO Klodi vin sasi-
S .a eaB i Tnil nen yo kon sa.
10n)4-M Popilasyon an
kanpe ak ti
M O I peyizan yo. Non
N. Dliet uy selamn paske yo
Brih, Fl ~ konnen se yo ki
gen rezon men


|121 K. FImgAmnm
f w*pa bI.h. PI 33f



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223-Wa65-223-a39
ml2-nt.,2-mailk 221-1631


paske yo konnen tou ekzaksyon Klebb
nan zbn la. Yo menm fe yon foul e bloke
yon reyiyon seten manm swadizan
"polis riral" yo a yo te vle vin enstale
nan z6n la.
Kidonk, jan nou kapab we, se
yon nouvo konfli sanglan k ap gonfle
nan z6n lan. Grandon akayik yo ki santi
yo sou pouvwa yo ak gouvenman
reyaksyone sa a ki anplas la, vle pwofite
sitiyasyon an pou fe tout ekzaksyon e
menm tout masak yo kapab pou bloke
revandikasyon travayb yo ki, yo menm,
ap pote peyi sa a sou do yo, san yo pa
janm twouve pyes benefis vre nan fwi
tout travay yo reyalize.

ALET! BATAY OUVRIYE
YON FWA ANKO AP DEKLARE!
ALET!


NOU DEJA REMAKE DEPI
LONTAN, GOUVENMAN SA S, APA
AJENNDA MERIKEN, LOKIPA-
SYON AK LABOUJWAZI, LI PA SOTI
POU OKIPE NI MENM TANDE PYES
MOUN. SE SA K FE AK
POPILASYON AN ANSANM AK
TOUT PWOGRESIS KONSEKAN N
AP ADRESE NOU JOUNEN JODI A.

ALET! NOU DI! JAN NOU
TOUJOU ANONSE: SE YON LOT
BENY SAN Y AP PREPARE!


Pou Batay Ouvriye
Yannick ETIENNE

P6toprens, 31 okt6b 2005


CAPTEZ L'EMISSION
ESPAS MINUSTAH
TOUS LES JEUDIS A 1H 30 PM
MELODIE 103.3 FM, P-AU-P



Projet pilote


(suite de la page 1b)
une parcelle de dimension
raisonnable,
une infrastructure
d'irrigation acceptable,
un approvisionnement en
intrants assured,
un programme de credit,
un encadrement
technique.
On aura constat6, a la lecture
de cette 6num6ration, que des six points
mentionnis, seul le premier, la s6curit6
des exploitations, relive de la
competence de 1'INARA. En effet,
l'irrigation, l'approvisionnement en
intrants, 1'encadrement technique, sont
de la competence de l'institution
chargee de l'appui a la production,
l'ODVA ; le credit est du domaine d'une
institution sp6cialis6e, le Bureau de
Credit Agricole, BCA. Tous ces points
ont &t6 r6unis dans ce que nous avons
appeal les mesures d'accompagnement
qui doivent garantir que l'op6ration de
distribution de parcelles atteigne ses
objectifs d'augmentation de la
production et d'amdlioration des
conditions de vie des exploitants. Quand
a la dimension de la parcelle, qui est le
point sur lequel l'exp6rience pilote a &td


le plus critique, nous aurons a y
consacrer un chapitre a part.
Dans cette experience pilote, la
tdche de 1'INARA 6tait done de crder une
situation qui assurerait la s6curit6 des
exploitants qui allaient b6ndficier des
interventions au niveau de la structure
fonciere. Pour comprendre les actions
entreprises pour assurer cette s6curit6 on
peut se r6f6rer a l'6tude finance par la
FAO et la BID en appui a la definition
d'une politique agraire 1. Selon cette
6tude, trois 616ments sont essentiels a la
garantie de la s6curit6 foncibre :
L'identification des
personnes,
L'identification des biens,
La definition des droits.

Dans les publications a venir,
nous exposerons ce qui aura &te entrepris
au niveau de chacun de ces trois
616ments.

Bernard Eth6art
ben @etheart.com

(Footnotes)
1 DMfinir une politique agro-fonciere
pour Haiti: E16ments d'orientation, FAO/
BID, mai 1997


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ZEuk. IFranaiAs, Aniain)
* Videu's ((Haidens Amdriaim, ns. Docua es Drars:
* Praduits de beauty


Page 17


r-ldiCl Vit IVMBVIIV VVI. AAA, INV


I










LES JEUX


Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


IIAROMES |


TIRJACTIE


Solutions de la semaine passe:


SYI E N I S E YRPB)
A C K\E\N Z//Y I RY
H R \Z NE O /E/ A N E
U 'R F H G H S P A KF
A U G D R S MXLN P O 0
N M 0A L A Y B A I J N
G A N P I\N\T\W S
D K oNU CR S N' /
e/T T B I X D I A ^
(A/R/IED A M) F\U1S H G
A T/N/E R U A L T FSX CL
W ( I P T ( C O N I RO
Z C P D(E N O Z A M A V


IJ I l I IId3 1 1B


Allez de AROMES a TRACTE, en utilisant des mots du du
vocabulaire frangais, et ne changeant qu'une lettre par ligne.


HORIZONTAL
1. Sortil6ge 2. Epoque Exclamation -
3. Porto-Rico Provoque la mort -
4. P6pin Devenu aigre -
5. Peintre du Moyen-Age 6. Maure -
7. Train europ6en Pr6position -
8. Bloque la vue p6ripherique.
VERTICAL
1. Diable- 2. Calage-
3.Article Cumin des pr6s -
4. Sentier de randonn6e 5. Fleur -
6. Executes 7. Transporter -
8. MG par le vent.


I -II


;IIHlll~lllillnI~YIIIII;III'II


Solutions de la
semaine passe:
DECHUIE
DEC RUE
D E C RIS
D E CPRI IS
D E P R I S
ME PRRI T


SCRABBLE
Arrangez les sept lettres ci-dessous
pour former un mot frangais

B I

TTN

SA


Solutions de la semaine passe
JAUGENT
-


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T6]: 22]-8567 / 221-S568221-&596 Fax: 221-0204/221-1323
e-mail: eniarthe@hatelonline.com URL: www.laiienmawche.cam
5hI) -fh3 Bon Rfl vell oa mnsique

6h30-7M00 Au. Plpirlt ceantant
Journal cr6le de la jumurnc avrC Yves Paul Land re

7th1 -9yi Mim 4lodle Matin uve MarNts
hIntormatids, Inierview~ Aecdotes. Humolar. Amlyses
L'Edit.ial de M circus
La Chronique su Quu4idien avrc Elsic
La CTrunniquc Eour irpque avc Rouscvell
La Clronique lillfaije de Dominique BaIraMviCl
La Spars vec Jacky Man=
Les lavilee du Jour
Miodie Matin chaque samedi est anirn
par F6quij Raphal


LOti15-MLdl


L2h1l- 12b1l5


Ml215 2100


Le Blisque dle I'Audlteur
anlnmailon: Jacqies Laswr

I.e Mitdi
Un rdsutn des lonfiwutds Locales ei NIloinales

Lady Blues
Jazz, Blues. Swing, Rathare


2hl -31h.a C 'est Sl bon
en chansonsa...
Eitsini de Chansis FPrncvais


31I0-ShW Le Bon Vleux Tenmpas
Rm Dri con a av
Do0 DMie] l Capti BU]


5h00


780-. 8h30


hd)t 0 al


Le Journal de 5 fleu res


Amnor y Sabor
Solr In format lons

PiNotre G rand concert
( Ludi e Mcredi: Lbeure classique )

Jazz at. 11hn I MadilJledi,Diithceh )
Jaz inspired: Judy Cmicbael reoi s invilds


a-dIA Cavaliersa prenez
vos danames (Saemd )
50 m de S ccs Pupu1lire Hekai
Clhaue Din he: 1Ih l Mii TlEs a PrItt eMms
avnt Dudidiq ue Richez
Molodie, c'est plus fort
en musique !


(suite de la page 9)
sortes. Est-ce un bonbon pour
inciter les haitiens du Canada A
voter liberal? De toute faqon, le
vote haitien n'a pas change
dans les comt6s acquis aux
lib6raux.
Le gouvernement
Martin a a son actif des surplus
budg6taires extraordinaires
qu'aucun pays du G7 n'a pu se
permettre. L'economie est en
bonne forme, le taux de
ch6mage r6gule, les accords
internationaux sont respects ...
tout semble donner aux
lib6raux une autre chance de
gouverner, malgr6 l'affaire des
commandites.
Quant aux conser-
vateurs qui ont endett6 le pays
avant l'arrivee des liberaux, ils
ont une pente A remonter pour
arriver au pouvoir: aucun
deputy au Qc; leur position sur
le mariage gai; un chef pas


vraiment bilingue... autant d'obstacles
pour succ6der A un Paul Martin
bagarreur qui veut un deuxieme mandat
majoritaire cette fois pour, dit-il, faire
mieux et garder le Canada Uni. Les
pequistes du Bloc Qu6ebcois
(opposition f6edrale) ne sont pas tendres
envers lui qui est determine A bloquer
l'accession du Quebec A la souverainet6.
La bataille sera rude.
La campagne sera longue, au
moins 50 jours et cofiteuse: 300
millions. Les deux grands partis jettent
dejA les gants pour un gouvernement
minoritaire ou majoritaire? La r6ponse
apres le 23 janvier.
Elections en Haiti et au
Canada A la m6me periode, les Haitiens
d'ici sont partag6s entre la raison et le
sentiment. Les conversations haitiennes
autour de la soupe durant les f6tes, vont
6tre branchees Elections et seront
passionnees comme lors d'unbon match
de football Haiti-Canada.
Serge Cesar


Mon pays est aussi un pays


(suite de la page 15)
d6faut du President
constitutionnellement 6lu un
Gouverement de facto au delay du
7 f6vrier 2006 assurera la
continuity des
affaires de l'Etat.
Cette situation politique
6chappe completement a
l'entendement de nos leaders
politiques les plus avis6s plut6t
occup6s a encaisser les 20.000
dollars remis a chaque Parti pour
l'organisation des elections.
Comme pour nous punir de notre
refus cat6gorique du retour de
l'enfant prodigue Rene Preval la
Communaute Internationale ferme
les yeux et laisse faire. Que l'on se
rappelle la mission non respected
du Gouvernement de Transition
entres autres: a. garantir la s6curit6
de la population, proc6der au
d6mantblement des bandes armies
et reorganiser la Police Nationale
d'Haiti ; b. lancer un programme
d'urgence 6conomique et sociale
tendant a revitaliser le secteur des
affaires et a soulager la population.
Peut-on passer outre la
16galit6, la transparence et la
democratic ? Quelles sont les
limites du pouvoir du
Gouvernement Boniface/
Latortue? Apres les horreurs
lavalassiennes de ce passe recent,
le caractere erron6, absurde et
d6pass6 des nouvelles tentatives
gouvernementales nous culbute
dans l'anarchie. Les Partis
politiques en course sont
completement exclus du d6bat


politique en cours. Il n'est plus question
de n6gociation, on impose carrement les
decisions. Nos leaders politiques ne
doivent pas se faire d'illusions en
acceptant comme un mal n6cessaire a
court terme la nouvelle conjoncture
politique. S'ils ne tiquent pas, ils seront
engages d6finitivement sur un chemin de
non retour. La solution ne sortira nulle part
que sur le th6etre national.
Mon pays est un pays comme les
autres pays c'est a dire il est r6gi par des
lois et des principes qui sont chers a la
collectivit6 geographique qui l'habite et
qui font d'elle une nation. On ne peut pas
en faire un march aux puces avec la
complicity de ses fils parjures. L'accord
du 4avril 2004 signed entre le
Gouvernement Alexandre /Latortue et les
Partis Politique dans son paragraphe C.
traitant de la Duree de la transition nous
dit ce qui suit:
"4.- La transition politique
prendra fin avec installation du President
issu des prochaines elections. La
determination des dates et l'organisation
de ces competitions sont de la competence
du Conseil Electoral Provisoire. En tout
6tat de cause, les elections pour tous les
postes doivent se terminer au cours de
l'annee 2005. "
Fait au Palais National a Port-
au-Prince, le 4 avril 2004.

Done le 31 janvier 2005 a
minuit, le mandat du CEP est 6puis6. Le
7 fevrier 2006 le Gouvemement Boniface/
Latortue n'a plus sa place.
A vos marques, Messieurs les
Leaders Politiques pour un nouveau
depart!


Page 18


Amazone
Amur
Brahmaputra
Chang Jiang
Congo
Danube
Huang He
Indus
Irysh
Lena
Mackenzie
Madeira
Mekong
Mississippi
Murray
Niger
Nil
Orinoco
Parana
Purus
Rio Grande
Salween
So Francisco
St Laurent
Volga
Yenisey
Yukon


Canada: Des elections anticipees


m


III







Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


I tl (iout pa tl out ak Jan Mapou


Page 19








Page 20


Miami

Le douxieme festival annuel de
la musique Rasin haitienne s'est d6roul6
comme prdvu au Bay Front Park de
Miami le samedi 4 novembre dernier.
Divers groupes ont &t6 sdlectionn6s:
Chand6l, Rasin Mapou de Az6, Koudjay
pour la musique "Rasin"; Djakout
Mizik, Top Vice, Nu-Look
repr6sentaient le compas; Top
Adlerman, la musique "Rap" et Jah
Nesta, le Reggae.
La scene, 616gamment d6cor6e,
correspondait au theme retenu cette
annde: "Festival Rasin 2005: Solby la
va leve sou Ayiti". En effet, de jolis
palmiers rappelant une Haiti jadis
verdoyante, ornaient le tableau de fond
tandis qu'au devant de la scene tr6naient
deux boulets de canon symbolisant la
lutte pour la liberty des futurs haitiens.
C'est dans ce beau d6cor que
deux talentueux prdsentateurs: Esther et
Phares, annonqaient l'ouverture du
spectacle apres environ quatre (4)
heures de retard. En effet le spectacle a
d6marr6 a six (6) heures du soir. Le
groupe Chand6l avait pour lourde tiche
de donner le coup d'envoi devant un
public clairsem6. Il a quand meme pu
cr6er une bonne animation en ex6cutant
sa meringue carnavalesque intitul6e
"US". L'ambiance aurait pu 6tre totale
si a la deuxibme presentation, une
imperfection 6lectronique n'avait pas
contraint le groupe a observer un arret
de quelques secondes. La reprise
quoique trbs rapide, n'a pas su
dissimuler la deception visible des
musiciens et davantage celle du public
qui avec trbs peu d'enthousiasme salua
le groupe a sa sortie de scene.
Une dizaine (10) de minutes
apres, un groupe de cinq (5) danseurs
de l'Universit6 Centrale de Florida
(UCF) base a Orlando, pr6senterent
une chor6graphie chaleureusement
applaudie par l'assistance.
L'effervescence qui r6gnait dans la foule
incita Lilie, demoiselle venue assister au
festival, a se porter volontaire pour une
chor6graphie improvise. Avec
l'autorisation d'Esther, elle gratifia
l'assistance d'une danse lascive tres
ovationnde, mais h6las trop breve.
En vue de preparer
l'orchestration pour le prochain groupe,
une longue pause musicale d'une heure
fut ensuite observe. Cette pesante
attente s'all6gea avec l'apparition


ARTS & SPECTACLES


Mercredi 30 Novembre 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No.44


Festival "Rasin" 2005


fulgurante de Top Adlerman. La foule
avait visiblement grossi. Le chanteur
cr6a une ambiance 6lectrisante qui
atteignit son paroxysme avec la musique
<< >>Pl6tonnen >>. A noter la presence
remarqude de Sweet Micky aux c6t6s
du chanteur durant toute la presentation.
L'ennui cree par le temps
d'arret observe chaque transition par
les ing6nieurs du son, a pu 6tre 6vite
grice a l'intervention de Rar Lakay. En
effet, cette bande de <> a su, en
quelques secondes, provoquer une
certaine affluence sur les pelouses du
Bay Front Park en trainant a sa suite une
bonne partie de l'assistance, nostalgique
de cette ambiance.
Aprbs quelques bonnes
minutes de divertissement, Nu-Look fit
son entire. Il interprta talentueusement
trois morceaux dont << Gran depans >>
fortement appr6cid du public. Satisfait
de cette performance, Gazman signifia
que la presence de Nu-Look a ce festival
c'est pourjouer de la bonne musique et
non pour faire du burit, fleche lance
6videmment a Djakout. Rappelons que
leur nouveau slogan << Si w santi k6 w
pa bon, jete w > a &te repris en chceur
par l'assistance. Ce fut
malheureusement d6ji la fin. Le temps
imparti s'6coula vraiment trop vite. Ils
durent c6der la scene aux danseurs de
l'UCF venus performer une seconde
fois.
< Rara Lakay > assura de
nouveau la transition. Le groupe relanca
l'animation avec cette fois-ci des
fanatiques enflamm6s.
Puis ce fut au tour de Azor de
monter en scene. Accompagn6 de ses
trois danseuses, v6tues en mauve et noir,
couleurs representatives du << guede >>,
Azor d6buta sa presentation avec une
priere adress6e a Boukman. Pendant
environ une demi-heure, il cr6a une
ambiance a tout casser qui fit enregistrer
parmi la foule
quelques cas de transe
comme a l'accoutmde.
Une pause de
dix minutes (10) fut
ensuite observe en
vue de permettre a T-
Vice de fixer ses
instruments. Sa
prestation constitute
essentiellement de
m 6 r i n g n e s


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carnavalesques, a galvanis6 la foule qui
faisait virevolter maillots, drapeaux,
mouchoirs sur la meringue << Elicopt >>.
Signalons que Roberto, a pu facilement
cr6er cette animation car il 6tait au micro
et son pbre a la guitare.
La transition habituelle fut
assure par Sweet Micky qui
s'improvisa blagueur. Il gratifia
l'assistance d'une blague trbs piment6e.
Esther lui notifia la presence d'enfants
dans l'assistance. Pour toute rdplique.,
il signala qu'ils n'6taient que des nains
d6ji pubbres, done sexuellement actifs.
Certains parents ont d6saprouv6 son
intervention.
Ce fut ensuite le tour de
Koudjay. Kessy, accompagn6 de ses
deux (2) chanteuses v6tues en noir et
blanc aurait pu mieux crder une
excellente animation si des problkmes
de sonorisation tres perceptibles
n'avaient &t6 enregistr6s. Sa prestation
fut trbs breve puisqu'on approchait de
la fin du spectacle.
Enfin a onze (11) heures
s'amenait Djakout Mizik.
Apparemment c'6tait le groupe le plus
attendu a en croire la reaction du public.


Les pieces musicales << Biznis pa m > et
<< Loue Kris la > ont cree une animation
a couper le souffle. Mais h6las La
bribvet6 de leur passage a laiss6 le public
sur sa faim.
Esther annonqait la cloture du
festival par Chandel mais ce ne fut pas
le cas. Cet impair constitua l'une des
critiques formuldes contre les
organisateurs de ce festival. On leur
reprocha 6galement
la faible participation de groupes
rasin a ce festival
le cofit 6lev6 des frais de
participation. En effet, le public
sdvbrement frapp6 par le cyclone
Wilma, a accuse un faible taux de
participation cette annde. Ce qui
est plut6t inhabituel.
la non-participation de Jah Nesta
jug6e d6cevante puisqu'aucun
motif d'absence n'a &t6
communique a l'assistance.
Cependant, en d6pit des erreurs
enregistr6es cette annde, il convient de
souhaiter longue vie a cette louable
initiative et une meilleure organisation
pour les anndes h venir.
Agathe St-Preux


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