Title: Haïti en marche
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 Material Information
Title: Haïti en marche
Physical Description: v. : ill. ; 45 cm.
Language: French
Publisher: s.n.
Place of Publication: Miami Fla
Miami Fla
Publication Date: March 23, 2005
Copyright Date: 2005
Frequency: weekly
regular
 Subjects
Subject: Haitians -- Newspapers -- United States   ( lcsh )
Newspapers -- Miami (Fla.)   ( lcsh )
Newspapers -- Miami-Dade County (Fla.)   ( lcsh )
Genre: newspaper   ( marcgt )
Spatial Coverage: United States of America -- Florida -- Dade -- Miami
Haiti
 Notes
Language: In French.
General Note: Description based on: Vol. 3, no. 37 (7 November 1989).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00098809
Volume ID: VID00258
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 21271733
lccn - sn 92061416
issn - 1064-3869

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Haiti en Marche edition du 23 au 29 Mars 2005 Vol. XIX No.8
I I


OPERATION SANGLANTE

Deux casques bleus

et 2 ex-militaires

haitiens tues dimanche
LA MINUSTAH A REPRIS LE CONTROLE DU COMMISSARIAT DE PETIT
GOAVE ET LUNDI MATIN MENAIT UNE OFFENSIVE CONTRE LA BASE
DES ANCIENS MILITAIRES A TERRE ROUGE (PLATEAU CENTRAL)
PORT-AU-PRINCE, haitienne dans l'ouest et le Casques bleus tu6s en Haiti depuis
20 Mars Deux casques bleus centre du pays, a d6clar6 des l'arriv6e en juin 2004 de la
ont Wt6 tu6s dimanche a Haiti responsables de 1'ONU. MINUSTAH, la force de 7.400
dans deux incidents s6par6s Les soldats onusiens, hommes charge de la stabilisation
opposant les forces de 1'ONU de nationality sri-lankaise et dans le pays.
aux soldats de l'ex-arm6e n6palaise, sont les premiers (voir Confrontations / 3)


AIDE A LA RECONSTRUCTION D'HAITI


Cayenne,


cahin-caha!

Les donateurs
maintiennent leurs reserves
ANALYSE concrets", a dit Michel Barnier
PORT-AU-PRINCE, dans un entretien paru vendredi
19 Mars La conference de (18 mars) dans Le Figaro, le
Cayennes'estachev6ecomme meme jour of s'ouvrait a
ne le voulait pas Michel Cayenne (en Guyane francaise)
Barnier, le ministre francais une rencontre de 24 heures a
des Affaires 6trangbres: sur de l'initiative du gouvernement


'Available
I,-


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dicated Content
Commercial News Provid


rIuslcurs lilleltrs uc partisans ue Lavalas aiccoxipaginen venureul e courege iuneiralre ue leurs
3 camarades tu6s le 28 f6vrier dernier par la police haitienne lors d'une manifestation pour
comm6morer le ler anniversaire du renversement du president Aristide photo Haiti en Marche


"bonnes paroles." Du moins,
vue d'Haiti.
"L'originalit6 de notre
demarche est d'6viter les voeux
pieux et les promesses verbales
et de se concentrer, tout au
contraire, sur des projets


francais.
"La premiere priority,
pour le peuple haitien comme
pour la communaut6
internationale, doit etre de faire
repartir le pays."
(voir Cayenne / 4)


LES CRIMINELS SONT DANS LA VILLE


Criminality et politique:
mm e co mt kidnappings et autres crimes des plus crapuleux qui est
B O- f ftomb6e sur les residents de la capitale haltienne et ses
XXXc maX0 faubourgs?
EDITORIAL grand patronat a appel6 une Assur6ment non!
PORT-AU-PRINCE, 22 "journ6e de deuil": magasins, Les bien pensants continuent a faire la politique
Mars Samedi, fun6railles du banques et stations service sont de l'autruche et du "linge sale se lave en famille."
patron du Market St. Pierre rests ferm6s. Au lieu de prendre le taureau par les comes et
(P6tion-Ville) assassin sur sa Mais est-ce la solution d'engager un vrai mouvement de protestation pacifique
caisse le mercredi 16 mars. Le a la vague de meurtres, hold-ups, contre qui de droit. (voir Criminalite / 7)

FRANCOPHONIE
Diouf apporte

S S son soutien au
"Copyrighted Material gouvernement de
Syndicated Content transition et aux
Available from Commercial News Providers"
-. -elections


(voir Francophonie / 2)


I -- -


Le Conseil de
security visitera
Haiti du 13 au 16
Avril
PORT-AU-PRINCE, 19 Mars Le
Conseil de s6curit6 de 1'ONU a fix6 la date
de sa visite en Haiti. Ce sera du 13 au 16 Avril
prochain, une des rares fois que le Conseil
effectue une visite sur le terrain dans un pays
en crise. Ce qui souligne aussi la profondeur
de la crise haitienne, selon un chroniqueur
(voir ONU-Haiti / 9)

Haiti en Marche
Port-au-Prince
100 Avenue Lamartinifre au Bois Verna
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Fax 305 756-0979
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EN PLUS ... ENBREF...


Mercredi 23 Mars 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No. 8


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La MINUSTAH passe A l'attaque
Bilan: 2 casques bleus tubs, 2 anciens militaires perdent aussi la vie
Deux operations ont 6td mendes le dimanche 20 Mars par les soldats de la
MINUSTAH, conjointement avec les units sp6cialis6es de la Police Nationale, l'une i
Petit-GoAve, l'autre Terre Rouge, dans le Plateau central.
A Petit-Goave, il s'agissait de ddloger des locaux du commissariat les militaires
d6mobilis6s qui occupaient les lieux depuis plusieurs mois et qui refusaient de
d6minager malgrd les appels r6p6t6s de la PNH.
La MINUSTAH est arrive I en prendre le contr6le. Mais le bilan de l'op6ration est
lourd: 3 morts. 2 militaires d6mobilis6s et un soldat de la MINUSTAH d'origine
srilankaise, plusieurs bless6s et environ 27 arrestations.
La seconde operation a Wtd mende dimanche aprbs-midi dans le Plateau Central. LU
aussi un soldat de la MINUSTAH a perdu la vie. Il s'agit d'un membre du contingent
ndpalais.
Dans les deux cas les militaires d6mobilis6s ont &t6 forces de quitter les lieux. Ils
seraient en cavale dans le cas de la zone de Terrier Rouge.


PORT-AU-PRINCE, 21 Mars -
Lundi, c'6tait la stance d'ouverture de la
table ronde sur les "Transitions
d6mocratiques dans l'espace franco-
phone", r6unissant sous l'6gide de 1'OIF -
L'Organisation Internationale de la
Francophonie, de nombreux acteurs de


meme que la plupart des institutions du
secteur priv6.
Le Conseil des Sages est venu,
de meme que le Conseil Electoral
Provisoire et enfin le Corps diplomatique.
Pour partager leur experience (ou
leurs experiences) avec ces frbres haitiens


Les dirigeants Yvon Feuille (Fanmi Lavalas) et Guy Philippe (souriant, a droite)
du Front qui avait men6 la lutte contre Aristide photo Haiti en Marche


pays hier aussi en crise et qui sont venus
partager leur experience avec les acteurs
haltiens, en l'occurence les repr6sentants
de partis politiques. Ils 6taient 1B ces
repr6sentants de partis politiques haitiens,
pas tous mais appartenant a divers
horizons, reunis a l'h6tel Montana.
Par contre, la soci6td civile dite
organis6e 6tait faiblement repr6sent6e, de


qui refusent depuis longtemps de
s'entendre pr6f6rant cultiver ce qui les
spare plut6t que ce qui pourrait les unir,
il y avait les personnalit6s suivantes:
L'ancien ministre des Affaires
6trangbres du B6nin, Me Robert Dossou,
qui est 6galement President du comit6
d'organisation de la Conf6rence Nationale
des Forces vives du B6nin.
(voir Table ronde / 18)


Declaration du porte-parole du Quai d'Orsay (Paris, le 21 mars 2005)
Deux casques bleus, membres de la Mission de Stabilisation des
Nations Unies en Haiti (MINUSTAH), ont Wtd tuds dimanche 20 mars,
alors qu'ils participaient a des operations visant a reprendre le
contr6le de deux commissariats occup6s ill6galement par d'anciens
militaires.
En condamnant cet acte lache, la France salue le courage de ces deux
soldats et pr6sente ses condoldances les plus sinceres a leurs
families et aux gouvernements concerns.
Les operations de dimanche, lances par la MINUSTAH en appui aux
efforts de la Police Nationale Haitienne, visaient a reprendre le
contr6le effectif de l'ensemble des commissariats encore occup6s par
des bandes armies rebelles. Elles constituaient un pr6alable
indispensable a la mise en oeuvre, a l'automne 2005, d'un processus
electoral permettant rfellement a l'ensemble des haitiens, sur
l'ensemble du territoire, de s'exprimer librement. La France apporte
tout son appui au gouvernement haitien et a la MINUSTAH pour ces
operations indispensables au retour de la s6curit6, de la d6mocratie,
et done du d6veloppement d'Haiti.'
La Rencontre de Cayenne
Elle a eu lieu le vendredi 18 Mars 2005 (en Guyane francaise) a l'initiative du
gouvernement francais et aura dur6 24 heures.
"La premiere priority, pour le peuple haitien comme pour la communaut6
internationale, doit etre de faire repartir le pays," a d6clard le chancelier francais
Michel Barnier avant la rencontre.
La conference a adopt un agenda pour Haiti compose d'une liste structured" de prbs
de 380 projets finances a hauteur de 750 millions d'euros. Sl6ectionnds pour r6pondre
aux besoins quotidiens et les plus urgents de la population haitienne, ils doivent etre
mis en oeuvre trbs rapidement, courant 2005.
Ces projets concernent trois domaines: l'infrastructure et la relance &conomique du
pays rehabilitationn des routes, fourniture d'l6ectricit6, agriculture), la gouvernance
(appui aux elections, Etat de droit, amelioration de la s6curit6, de la justice, de la
gouvernance) et, enfin, l'accbs aux services de base educationn, sant6, eau et
assainissement, aide humanitaire d'urgence). Cependant aucune date n'a Wtd retenue
pour le d6marrage du moindre de ces projets et la population est inquite.
Prochaine visite du Conseil de Securit6 en Haiti
Le Conseil de s6curit6 de 1'ONU a fix6 la date de sa visite en Haiti. Ce sera du 13 au
16 Avril prochain, une des rares fois que le Conseil effectue une visite sur le terrain
dans un pays en crise. Ce qui souligne aussi la profondeur de la crise haitienne, selon
un chroniqueur du Miami Herald editionn du vendredi 18 mars).
Les membres du Conseil de s6curit6 seront rejoints pour cette visite par ceux du
Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC), cela au milieu des
preoccupations croissantes que les efforts internationaux pour aider a la reconstruction
en Haiti sont bloqu6s et pourraient meme s'6crouler.
L'ambassadeur du Br6sil (qui assure la pr6sidence tournante du Conseil de s6curite),
Ronaldo Mota Sardenberg, a indiqu6 que la visite est destinde a promouvoir la s6curit6,
la stability et le respect des droits humains et ouvrir la voie aux elections g6ndrales en
Haiti fixes a la fin de l'annde.
Haiti" est un problbme dans notre region. Nous ne pouvons rater cette opportunity
aujourd'hui, parce que c'est la dernibre chance pour trouver une solution, une solution
viable. Les Nations Unies ne peuvent pas se permettre d'avoir une autre crise en Haiti
dans 5 ans, ou dans 10 ans" a d6clard Sardenberg.
Renouvellement du mandat de la mission de I'ONU en Haiti ?
Un renouvellement du mandat de la Mission de 1'ONU pour la Stabilisation en Haiti
(Minustah) qui comprend maintenant 7.500 hommes de troupes et de police est
attendu en mai prochain.
Aprbs avoir entendu un rapport sur Haiti la semaine dernibre, le Conseil de s6curit6 a
6mis une declaration disant en substance que la force onusienne en Haiti est mieux
pr6parde pour repondre aux d6fis de l'ins6curit6 et "produire des r6sultats
remarquables." Mais, poursuit la declaration, "la situation au niveau s6curit6 continue
d'etre instable."
Une Table Ronde sur le Dialogue National
Elle a eu lieu a Port-au-Prince les lundi et mardi 21 et 22 mars dernier, sous
l'ob6dience de l'OIF Organisation Internationale de la Francophonie. Le Secr6taire
Gen&ral de l'OIF, le Pr6sident Abdou DIOUF avait tenu a c6l6brer en Haiti la Journ6 le
Internationale de la Francophonie le 20 Mars et a pr6sider cette table ronde ayant pour
(voir En bref / 12)


Page 2


Latortue plaide pour une

aide en justice et police







L'EVENEMENT


Deux casques bleus

et 2 ex-militaires

haitiens tues dimanche


(Confrontations ... suite de la lere page)
Le Casque bleu sri-lankais a td tue lors d'un raid
a Petit-Goave, bastion des soldats d6mobilis6s de l'armee
haitienne, situd a 72km a l'ouest de Port-au-Prince, a
d6clard le porte-parole de 1'ONU, Toussaint Kongo-
Doudou. "Nous avons perdu un homme", a-t-il d6clare,
ajoutant que trois autres Casques bleus, bless6s lors du raid,
se trouvent dans un 6tat stable.
Lors de ce raid effectud avant l'aube, les Casques
bleus de 1'ONU tentaient de ddloger d'un commissariat de


police un
Le comma
g6ndral Au
minutes de
de se render
sur les for
Doudou.
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6galement


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groupe de soldats de l'ex-arm6e haitienne.
andant br6silien des soldats de 1'ONU, le
gusto Heleno Ribeiro, avait tent6 durant 20
Sconvaincre les soldats de l'arm6e dissoute
*e pacifiquement, lorsqu'ils ont ouvert le feu
ces onusiennes, a pr&cise Toussaint Kongo-

eux soldats de l'ex-arm6e haitienne ont
6td tuds et dix autres ont Wtd bless6s.
Plus tard dimanche, un groupe de
Casques bleus ndpalais qui se d6placaient a
bord de v6hicules dans la ville de Hinche
(centre) ont 6chang6 des tirs avec un autre
groupes de soldats de l'arm6e haitienne
dissoute, a d6clard le porte-parole de 1'ONU,
Damian Onses-Cardona.
Les ex-soldats haitiens ont tud un
Casque bleu N6palais et vol6 l'un des
v6hicules. Aucun autre detail n'6tait
disponible dans l'imm6diat. AP


COMMUNIQUE
DE L'AMBASSADE
DES ETATS UNIS

EN HAITI
Dimanche 20 mars 2005

Les Etats-Unis expriment leur
profondes condoldances aux familles et au


rs
x


colleagues des soldats des Nations Unies qui ont Wte
lachement tuds dimanche.

Nous sommes concerns par ces actes de violence
contre les forces de maintien de la paix qui ont eu lieu le
dimanche 20 mars 2005.

Nous renouvelons notre solidarity avec les Nations
Unies et le Gouvernement int6rimaire d'Haiti, alors qu'ils
oeuvrent en vue d'apporter la paix et la stability en Haiti.


1*4kWV" ti'ia rr(









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Fiche d'Abonnement a Haiti en Marche


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US $ 78
DC $ 80
US $ 135
US $ 135


1 An


Mercredi 23 Mars 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No. 8


Page 3


L'EVENEMENT SOMMAIRE
Deux casques bleus et 2 ex-militaires haitiens tues au cours
d'affrontements p.l
Condamnation du Conseil de security p.2
Communique de l'Ambassade des USA p.2
ANALYSE
Cayenne, Cahin-caha! p.1
ACTUALITE
Les criminels sont dans la ville p.1
Le Conseil de security visitera Haiti du 13 au 16 avril p.1
Wesley Clark: La mission de 1'ONU doit reussir p.3
EDITORIAL
Criminality et Politique: meme combat p.1
POLITIQUE ET ASSISTANCE
Les bailleurs lancent un signal d'alarme face a la fragility de la
situation p.5
Valdes: Beaucoup de promesses aux Haitiens n'ont pas ete
tenues p. 6
Entretien avec Michel Barnier p.5
Pourquoi la reunion de Cayenne ne changera rien a notre sort
p.6
Le FMI encourage les autorites a perseverer dans la voie des
reforms p.6
Les Gonaives en plein denuement malgre toute l'aide
internationale p.9
Radiothon de Montreal: Denis Coderre veut retrouver l'argent
p.17
FRANCOPHONIE
Diouf ouvre une table ronde sur le dialogue national p.1
INSERTION DEMANDEE
La famille Parisien informe p.8
Pourquoi ce denigrement? p.20
TOURISME
La Tour inachevee fait du chemin p.10
ELECTIONS
KID design Evans Paul comme son candidat aux
presidentielles p.12
Le MIDH n'est pas en faveur du depart de Gerard Latortue p.12
DEVELOPPEMENT DURABLE
Survol de l'evolution de la structure fonciere p.14
FOOTBALL
Tous les championnats disputes durant le week-end p.15


6 Mois


1 An


~i--


I



I








UNE ANALYSE


Mercredi 23 Mars 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No. 8


(Cayenne ... AIDE A LA RECONSTRUCTION
suite de la 1Ire page)

Or on ne peut

revenir au point deyenne, cahin
. Cayenne a &6t officiellement une initiative de la
depart d'un depart toujours hypoth6tique, les gens finissent France, second par 'Union europenne(UE).Avec pour
par perdre tout leur enthousiasme. Jusqu'au gouvernementix ls ps ls i s
invites speciaux les pays latino-americains impliques dans
int6rimaire a propos duquel le quotidien haitien Le Matin p t i ,
S, Opla problmatique haitienne (Br6sil, Chili, Argentine), ainsi
titrait la veille de la conference de Cayenne: "Optimisme notre voisine la Rpublique Dominicaine.
que notre voisine la Republique Dominicaine.


prudent du gouvernement haitien."
Aussi la phrase que les
Haitiens ont surtout retenue vendredi
aprbs la reunion, c'est: "Une conference
minist6rielle de suivi de ces projets se
tiendra dans six mois au Canada."
Rendez-vous done a nouveau
dans six mois!
On rapporte que la conference

d'une liste structure6" de pres de 380
projets finances a hauteur de 750
millions d'euros. S61ectionnds pour
r6pondre aux besoins quotidiens et les Avail h 1
plus urgents de la population haitienne,
ils doivent etre mis en oeuvre trs
rapidement, courant 2005.
Ces projets concernent trois
domaines: l'infrastructure et la relance
6conomique du pays (rehabilitation des
routes, fourniture d'6lectricit6,
agriculture), la gouvernance (appui aux
elections, Etat de droit, amelioration de
la s6curit6, de la justice, de la
gouvernance) et, enfin, l'accbs aux
services de base educationn, sante, eau et assainissement,
aide humanitaire d'urgence).

Les Etats-Unis gardent un profil bas ...
Le chancelier canadien Pierre Pettigrew a estim6
qu'il faut agir vite, meme si l'ins6curit6 rbgne.
Cependant les Etats-Unis ont gard6 un profil bas,
malgr6 la presence de l'Assistant Secr6taire d'Etat Roger
Noriega.


Toutefois aujourd'hui on en est venu i consider
que les Etats-Unis et le Canada ont fait cause commune
dans la crise haitienne, et donc que Ottawa parle aussi
pour Washington.
Or justement tous les participants i la reunion
de Cayenne parlent-ils le meme langage?
Le chancelier Pettigrew, et son conseiller special
pour les affaires haitiennes, le d6put6 qu6b6cois Denis
Coderre, ne jurent que par les 61ections. D'aprbs la Presse
Canadienne, les deux
principaux points de
l'agenda de la visite du
ministre des Affaires
6trangbres du Canada, la
semaine dernibre en Haiti,
6taient le d6sarmement et
les prochaines 61ections.
M. Pettigrew a
annonc6 une aide de $8.8
millions, dont 2 millions
destin6s aux fermiers de
l'Artibonite, 2.9 millions
pour permettre i Haiti de
devenir membre de la
Banque de d6veloppement
des Caraibes ...
Tandis que 3.9
millions serviront
renforcer la capacity du
gouvernement de transition
i mettre en oeuvre le Cadre
de cooperation int6rimaire.

"Plus de 300
militaires et 7 fusils!"

Mais par-dessus
tout, note la Presse
Canadienne, Ottawa juge
prioritaire et urgent la mise
en place d'un programme
vigoureux de d6sarmement
et la tenue d'61ections en
Haiti.
Le d6sarmement a
en effet commence le
week-end qui a pr&c6dd
l'arriv6e du chef de la
diplomatie canadiennne.
Le premier ministre
int6rimaire a pr6sid6 une
c6r6monie dans la
deuxibme ville du pays, le
Cap-Haitien, au cours de
laquelle ont &6t collects 7
fusils M-1, datant de la
Deuxibme guerre mon-


TD'H A ITI diale, et une mitraillette
i I TIA III UZI toute rouill6e
(Associated Press).

Plus de 300 militaires et 7
fusils!"
Cette remise d'armes se voulait seulement
symbolique, d'aprbs les secteurs officiels. Est-ce que
cosm6tique ne serait pas plut6t le mot?
Mais c'est aussi le qualicatif qu'un grand nombre
d'observateurs donnent deja aux prochaines elections. On
soupconne Washington et Ottawa de ne
pas etre int6ress6s a aller au-delT de cette
facade ...
Par contre, selon un article
intitul6 "Une ile i la drive" (Val6rie
Thorin), "meme d6mocratiquement 61u, le
gouvernement qui sera mis en place aprbs
les elections de la fin de l'annde n'a de
chance de r6ussir que si des actions
concerts sont entreprises pour lutter
contre la criminality, aussi bien dans les
provinces, ou d'anciens militaires qui ont
conserve leurs armes continuent de semer
i ders" la terreur, que dans des quartiers pauvres
de la capitale. Ii devra par ailleurs
s'attacher a favoriser la reconciliation
nationale, en assignant, par exemple, des
objectifs communs au gouvernement et i
l'opposition. Mais rien ne sera sans doute
possible sans une relance de l'6conomie,
accompagn6e d'un plan social
d'envergure."
Dizaines de milliers de
manifestants Lavalas ...
Quant a la France, elle aussi a son obsession. Celle-
ci a pour nom Aristide. Alors que des dizaines de milliers
de manifestants Lavalas continuent de descendre
couramment dans les rues, les officiels francais r6pondent
a qui veut l'entendre que l'ancien president "n'est pas aussi
populaire qu'on le dit."
Tout comme Paris n'a jamais eu aucun
commentaire autour de la controverse soulev6e par la grave
de la faim de l'ex-premier ministre Lavalas Yvon Neptune
pour protester contre sa detention illimit6e sans aucune
accusation formelle.
Les Am6ricains pour leur part insistent que Lavalas
doit etre n6cessairement inclus dans le processus de sortie
de crise. La France n'en fait jamais mention.
Est-ce que ces positions respectives face au Lavalas
pbsent aussi sur l'approche des uns ou des autres de la crise
haitienne?
Paris resterait plus fiddle a son option de depart,
qui le rapproche davantage des forces qui ont oeuvr6 au
renversemement de Jean-Bertrand Aristide le 29 f6vrier
2004. Par exemple, le Groupe des 184, dont le grand
patronat.
Cependant la France reconnait en meme temps que
le gouvernement int6rimaire n'a pas &6t a la hauteur de la
tache.
Or les 184 cherchent depuis quelque temps a garder
une certaine distance et ne pas trop s'identifier au pouvoir
en place.
Le gouvernement du premier ministre G6rard
Latortue est-il dans les memes bonnes graces de Paris qu'au
lendemain du 29 f6vrier 2004?
Tout cela a dfi aussi peser sur la rencontre de
Cayenne, qui sait? La suite nous le dira. Si suite, il y a ...
Il est vrai qu'il y a un autre protagoniste dont
l'implication n'a cess6 de s'6tendre et s'agrandir ces demiers
mois, passant petit a petit du simple mandat d'aider au
r6tablissement de l'ordre, aux teaches de remise en train des
m&canismes de relance.
Et c'est la MINUSTAH ou Mission de 1'ONU pour
la Stabilisation en Haiti. En un mot, international. Par
exemple, le chef du gouvernement devait partir cette
semaine dans la Grande Anse pour lancer deux projets dans
le cadre du Mill6naire du D6veloppement, c'est le PNUD
(Programme des Nations Unies) qui a fait parvenir les
invitations.

Concilier les int6r6ts des uns et des
autres ...
L'international (ou comme le nom 1'indique: les
nations unies) est done le commun d6nominateur qui permet
de r&concilier les diff6rentes approches des pays "amis" (de
concilier les int&rets des uns et des autres) vis-a-vis du
dilemme haitien. L'international agissant comme un filet
de protection (pour l'assistance financibre, s'entend).
Revenons justement a celle-ci.
Des $8.8 millions avanc6s par le chancelier
(voir Cayenne / 5)


Page 4







Mercredi 23 Mars 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No. 8


Page 5


DE L'ACTUALITE


Les donateurs maintiennent leurs reserves


(Cayenne ... suite de la page 4)
Pettigrew, seuls 2 iront directement dans la bouche de la
population (les fermiers des GonaYves).
2.9 millions sont destines a permettre H Haiti de
devenir membre de la Banque de d6veloppement des
Caraibes; 3.9 millions a renforcer la capacity du
gouvernement de transition de mettre en oeuvre le Cadre
de cooperation int6rimaire (entre parenthbse, on ne compte
plus les millions engloutis dans la mise au point de ce
dernier ou CCI).
Revenons a l'article "Haiti, une ile a la drivee"
"En fait, rien, ou presque, n'a change depuis le
depart d'Aristide (il y a un an). Les 6quilibres
macroeconomiques ont certes W6t restaur6s, mais qui s'en
apercoit? Sfirement pas les pauvres hbres qui peuplent les
bidonvilles."
Ironie ou non, le jour oh s'ouvre la rencontre de
Cayenne, le Fonds Mon6taire International (FMI) salue la
performance du gouvernement int6rimaire qui a accompli
" des progrbs encourageants dans le r6tablissement de la
stability financiere et 6conomique en Haiti ", et l'encourage
a adopter des mesures vigoureuses pour "mener a terme
les r6formes engagess"

Une nation saign6e aux quatre veines
La mission du Fonds qui vient de sojourner au


pays du 6 au 16 mars rapporte que "la gourde est rest6e
stable, le commerce ext6rieur a retrouv6 ses niveaux de
1'annee 2003, l'inflation (en rythme annuel) ralentit et les
reserves internationales nettes de la BRH (banque centrale)
ont augment6"
Sur ce, le FMI encourage les bailleurs de fonds a
"acc6l6rer le d6boursement de l'aide (...) pour stimuler la
croissance 6conomique, cr6er des emplois et d6velopper
les principaux services sociaux."
Cependant, selon un document de l'International
Crisis Group, en date du 8 F6vrier 2005, des 70 a 75
millions de dollars d6bours6s par la Banque Interamericaine
de D6veloppement (BID) depuis qu'elle a repris son
programme en Haiti en juillet 2003, prbs de 60 millions
ont W6t consacr6s au support budg6taire, et seulement 10 a
15 millions au secteur projets, alors que ces derniers
constituent le gros du portefeuille de la BID affect a Haiti.
Les donateurs ne sont pas assez sirs de la capacity
du gouvernement de transition a g6ndrer et ex6cuter des
projets qui repr6sentent cependant 80% de leurs
engagements dans le Cadre de Coop6tation Int6rimaire.
Tandis que le gouvernement de technocrates de
G6rard Latortue saigne la nation aux quatre veines pour
satisfaire les politiques d'ajustement structurel du FMI et
les arrier6s de paiement de la dette externe, international
a peur pour son or, craint de ne continuer seulement a


alimenter une corruption 16gendaire, le tonneau des
Danaides haitien.

Du pur exercice de style? ...
Mais la conference de Cayenne ira-t-elle au-deld
de toutes ces interrogations qui a la longue et faute de
rechercher une solution m6diane finissent par devenir du
pur exercice de style? Traduisez, une mechante farce en
regard des souffrances que cela impose a la nation toute
entire en termes de pauvret6 ou de pr6carit6 de toutes
sortes, mais aussi d'ins6curit6 devenue une calamity a tous
les niveaux de notre socit&6.
Le premier ministre ne croit pas si bien dire
lorsqu'il declare a Cayenne que c'est la pauvret6 qui
engendre la criminality et l'ins6curit6, mais on ne voit ni
son gouvernement ni ses h8tes choisir la voie d'une solution
veritable.
Vendredi les Haitiens n'avaient le coeur ni a la
conference de Cayenne, ni a la Journee internationale de
la francophonie. H61as. Car ce n'est pas non plus en baissant
les bras mais c'est par un engagement de plus en plus lucide
qu'on pourra peut-etre en sortir. Ce sera l'objet d'une
prochaine chronique

Haiti en Marche, 19 mars 2005


AIDE A LA RECONSTRUCTION D'HAITI


Les bailleurs lancent un signal d'alarme


face a la
CAYENNE, 18 Mars Les bailleurs de fonds
d'Haiti r6unis vendredi en conference minist6rielle a
Cayenne, en Guyane francaise, ont lanc6 un signal d'alarme
face a la fragility de la situation dans l'ile dont ils se sont
engages a acc6lrer la reconstruction.
"La communaut6 internationale n'a pas le droit
d'6chouer en Haiti", "ce serait un signal d'impuissance",
a d6clar6 le ministre francais des Affaires 6trangbres,
Michel Barnier, a l'origine de la Conf6rence internationale
sur la reconstruction en Haiti.


Entretien avec


Michel Barnier

Michel Barnier : "Haiti est un test pour
la capacity de l'Europe a reagir"

Un an apres la chute du regime
d'Aristide, Haiti est toujours plong6 dans la
violence, le marasme 6conomique et I'extreme
pauvrete. Soucieuse d'appuyer 1'effort entrepris
par la communaut6 internationale pour tenter de
stabiliser le pays, la France accueille aujourd'hui
a Cayenne une reunion ministerielle sur la
reconstruction en Haiti. A 1'origine de cette
initiative, Michel Barnier explique les enjeux de
cette conference internationale.

Propos recueillis par Thierry Oberle
[18 mars 2005]

LE FIGARO. Pourquoi une conference
internationale sur Haiti ?
Michel BARNIER. -Haiti est un pays
francophone oh aucun ministre des Affaires
6trangbres n'6tait all6 pendant deux siecles avant mes
deux voyages en 2004. J'y ai ressenti de l'6motion,
un trEs fort sentiment de solidarity et beaucoup de
raisons d'agir. Ce pays concentre, en effet, de
nombreux d6fis a relever. Le premier d'entre eux est
celui de la pauvret6. La nation haitienne est class6e
parmi les quatre plus pauvres du monde. La misere y
est partout pr6sente comme dans les bidonvilles de
Port-au-Prince. Par ailleurs, le pays sort difficilement
d'une guerre civile malgr6 la presence des forces
internationales qui demeurent necessaires pour
stabiliser la situation. Le deuxibme d6fi est &cologique
avec, en particulier, une deforestation massive. Le
troisibme d6fi est celui de notre influence r6gionale
avec la presence des territoires francais proches.
(voir Michel Barnier / 6)


fragilite de la situation
"Les conditions de vie de la population haitienne Les participants a la reunion ont 6galement
n'ont pas connu de grandes amdliorations", a-t-il d6plor6. soulign6 la n6cessit6 d'appuyer le processus electoral lanc6
"Nous voulons convaincre les Haitiens non par des mots en Haiti. Des elections pr6sidentielle et l6gislatives auront
mais par des actes, que nous sommes d6termines a les lieu en octobre et novembre prochains.
aider", a-t-il assure. "Nous nous engageons a les r6aliser, Le repr6sentant special du secr6taire general des


nous allons mettre
toutes nos
energies, toutes
nos comp6tences
pour cela" a-t-il
affirm lors d'une
conference de
presse 5 l'issue de
la reunion.
Cette
conference a o pyr
adopt un "agenda
pour Haiti" Syndi
compose d'une
liste structure de vailable from Cc
prbs de 380
projets finances a
hauteur de 750
millions d'euros.
S61ectionnes pour
r6pondre aux
besoins quotidiens
et les plus urgents
de la population
haitienne, ils u m .f m 4
doivent etre mise en oeuvre tres rapidement, courant 2005.
Ces projets concernent trois domaines:
l'infrastructure et la relance 6conomique du pays
rehabilitationn des routes, fourniture d'Mlectricit6,
agriculture), la gouvernance (appui aux elections, Etat de
droit, amelioration de la s6curit6, de la justice, de la
gouvernance) et, enfin, l'accbs aux services de base
educationn, sant6, eau et assainissement, aide humanitaire
d'urgence).
Une conference minist6rielle de suivi de ces
projets se tiendra dans six mois au Canada. Le Premier
ministre canadien, Pierre Pettigrew, s'exprimant en marge
de la reunion, a estim6 qu'il "fallait absolument agir, meme
si l'ins6curit6 rbgne".
Le Premier ministre haitien int6rimaire, G6rard
Latortue, a fustig6 la lenteur des d6caissements de 1'aide
promise a Haiti lors de la Conf6rence internationale de
Washington en juillet 2004 d'un montant de 1,3 milliard
de dollars.
"Le peuple haitien compte sur vous, il compte sur
des r6sultats concrets et visibles pour tous", a-t-il lanc6.
"Il faut aller vite", a ajout6 M. Latortue, en
6mettant l'espoir que cette reunion "remette les pendules
a l'heure".


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Nations unies pour Haiti, Juan Gabriel Vald6s, qui dirige
la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haiti
(Minustah), a fait part de sa preoccupation concernant
l'ins6curit6 et le d6sarmement des anciens soldats haitiens.
Il est "urgent" d'"acc6l6rer" le d6sarmement qu'il
a jug6 "prioritaire". II a r6clam6 "des concours financiers
suppl6mentaires" pour mener a bien cette operation a
laquelle doit contribuer la Minustah et il a juge necessaire
une augmentation du nombre de policiers de 1'ONU.
Outre M. Vald6s, les ministres des Affaires
6trangbres des principaux pays engages dans l'aide a Haiti
(Chili, Mexique, Canada, Argentine, R6publique
dominicaine) ou leurs repr6sentants (Br6sil, Etats-Unis,
Espagne) ont particip6 a cette reunion.
Plus d'un an aprbs la chute de l'ex-pr6sident Jean
Bertrand Aristide, le 29 f6vrier 2004, la transition politique
s'enlise.
En d6pit des 6.000 casques bleus et 1.400 policiers
de l'Onu d6ployds sur le terrain, Haiti reste mine par la
violence, la corruption et une extreme pauvret6 de la
population. Le pays a 6galement W6t durement frapp6 par
le cyclone Jeanne en septembre 2004.







ASSISTANCE EXTERNE


Mercredi 23 Mars 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No. 8


CONFERENCE DE CAYENNE


Entretien avec

Michel Barnier
(suite de la page 5)
Enfin, c'est un test pour la capacity de l'Europe a r6agir
ensemble. Nous avons organism cette conference sur Haiti
avec mon homologue espagnol, Miguel Angel Moratinos,
et mes collbgues du continent am6ricain pour en faire une
reunion diff6rente des autres. Il ne s'agit pas de se contenter
de produire des discours et de signer des cheques. Nous
voulons apporter du progres tres concrbtement et trbs
directement sur le terrain.

.Qu'allez-vous proposer ?
I s'agit d'un rendez-vous op6rationnel, qui va
se tenir dans la region meme, a Cayenne, avec des pays
d6cid6s a agir rapidement et le premier ministre haitien,
M. Latortue. Nous allons 6tablir la liste des projets que
nous sommes prets a soutenir puis d6cider qui les realise
et dans quels d6lais. La France va proposer prbs de 60
projets pour un montant de 31 millions d'euros. Au total,
plus de 200 projets sont en train d'etre finalists, c'est un
veritable "agenda pour Haiti" que nous voulons mettre en
oeuvre tous ensemble."Les initiatives qui devraient etre
adoptees a Cayenne couvrent trois grands enjeux : les
infrastructures avec les routes, l'61ectricit6 et l'eau, les
services de base avec la sant6 et l'6ducation et la bonne
gouvernance. L'originalit6 de notre demarche est d'6viter
les voeux pieux et les promesses verbales et de se
concentrer, tout au contraire, sur des projets trbs concrets.

Comment allez-vous contourner les obstacles
de la corruption ?

La plaie de la corruption existe meme si les
bailleurs de fond constatent une nette amelioration du
contr6le de la d6pense publique par le gouvernement
haitien. Mais il ne faut pas relacher l'effort et c'est la raison
pour laquelle l'un des themes traits a Cayenne visera
pr6cis6ment B renforcer notre assistance dans ce domaine.
Le fait d'engager l'argent nous-memes, en accord bien sfir
avec les autorit6s locales, est peut-etre aussi une garantie.

Est-il possible de lancer des grands projets
alors que la security n'est pas retablie ?
I y a encore, c'est vrai, une situation de grande
ins6curit6 en Haiti. La Minustah (la force des Nations unies)
doit done continuer son travail et renforcer son action. Nous
ne pourrons donner a notre cooperation sa pleine mesure
que si ce pays retrouve une vraie stability. II faut done
avancer en meme temps sur ces deux terrains : le retour a
la s6curit6 et la monte en puissance de l'aide
internationale.

Faut-il engager des poursuites contre I'ancien
president Aristide ?
Aujourd'hui, Haiti a un calendrier politique clair
et pr6cis. Le gouvernement int6rimaire haitien a pour
mission essentielle de preparer les elections generales, a
1'automne 2005. Sa priorit, dans ce contexte, est de susciter
un dialogue national constructif, en vue d'une
reconciliation nationale. La premiere priority, pour le
peuple haitien comme pour la communaut6 internationale,
doit etre de faire repartir le pays. Au-del5 de ces elections,
il sera temps alors pour les nouvelles autorit6s haitiennes
de r6fl6chir a la manibre de rendre cette reconciliation
nationale v6ritablement effective. A ce moment-1l, se
posera la question de mener une action r6solue contre tous
ceux qui ont pris part a des violations des droits de
1'homme, a des d6tournements de fonds publics ou a des
activities ill6gales. Mais ce d6bat-l1, ce sera aux Haitiens
eux-memes de le mener et de le trancher.


Valdes: Beaucoup de promesses


aux Haitiens n'ont pas ete tenues


18 mars 2005 Le repr6sentant special
du secr6taire g6n6ral des Nations unies en Haiti,
le chilien Juan Gabriel Vald6s, a affirm vendredi
a Cayenne (Guyane francaise) que beaucoup de
promesses faites aux Haitiens par la communaut6
internationale n'ont pas &t6 tenues.
"Nous sommes tous conscients que bien
des attentes ont Wte d cues ces dernieres ann6es,
que beaucoup de promesses ont 6t6 faites au
peuple haitien qui ne se sont pas mat6rialis6es", a
d6clar6 M. Vald6s lors de la Conf6rence
internationale sur la reconstruction en Haiti.
"La communaut6 internationale a
maintenant une occasion unique de montrer sa
determination, ne la laissons pas passer", a-t-il
lanc6, en critiquant le "retard" des projets de
d6veloppement "dfi la lenteur des procedures de
d6caissement".
Haiti "vient d'entrer dans une phase
cruciale, celle du processus electoral", a ajout6
M. Vald6s qui dirige la Mission des Nations unies


pour la stabilisation en Haiti (MINUSTAH) forte de 6.000 casques
bleus et 1.400 policiers de l'Onu, en soulignant que cette derniere
"a la responsabilit6 de cr6er un climat propice au bon d6roulement
du processus electoral", outre une "assistance technique, logistique
et administrative".
Des elections pr6sidentielle et 1lgislatives ont Wte
convoqu6es par le gouvernement int6rimaire de G6rard Latortue
pour octobre et novembre 2005.
II a estim6 "urgent d'acc6l1rer" le programme de
d6sarmement des anciens soldats haitiens dont certains occupent
des casernes d6saffect6es et il a r6clame "des concours financiers
suppl6mentaires de la communaut6 internationale" pour ce
programme.
"Le premier d6fi est de garantir la liberty et la s6curit6
n6cessaire a une large participation 6lectorale", a-t-il insist.
L'ins6curit6 et la violence persiste en Haiti malgr6 la
presence des casques bleus.
La Conference minist6rielle de Cayenne, organis6e par la
France, va mettre en place un "agenda pour Haiti" fait de plus de
300 projets de d6veloppement a court terme recens6s par les bailleurs
de fonds et destin6s a am6liorer la vie quotidienne des Haitiens.


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LIBRES OPINIONS

Pourquoi la reunion de Cayenne

ne changera rien a notre sort


par G6rard Bissainthe
La reunion qui a lieu cette semaine a
Cayenne me rappelle trait pour trait une autre
reunion a laquelle j'avais assist en 1986. C'6tait
sur le meme sujet: l'assistance H Haiti
Cela se passait dans les locaux du
Ministere de la Coop6ration Francaise a Paris.
Accompagn6 du G6n6ral Herard Abraham, en ce


U --.-- -


temps Ministre de l'Information, je repr6sentais officiellement le
Ministre des Affaires Etrangeres, Jean-Baptiste Hilaire, dont j 'tais
le Conseiller Sp6cial. La veille de cette reunion j'avais eu des
conversations directes, instructives avec le Ministre de la
Cooperation, Michel Aurillac, puis avec de hauts responsables de
son entourage. Je sentais partout une volont6 chaleureuse et
enthousiaste d'aider Haiti a sortir de son bourbier.
Quelques jours avant notre voyage pour Paris, Bernard
Hadjadj qui 6tait alors le Chef de la Mission Francaise m'avait invite
a son bureau de Port-au-Prince pour mettre une derniere main a la
liste et au contenu des projets qui allaient etre pr6sent6s a la reunion
de Paris. A deux nous r6visames tout pendant la journ6e entire.
Bernard me fit comprendre que la France 6tait prete a investir
environ 80 (quatre-vingt) millions de dollars dans ces projets. II
ajouta qu'il n'y avait pas vraiment de limites aux sommes qu'on
pouvait investir et que nous pourrions meme aller jusqu'5 deux
cents millions de dollars; l'Europe 6ventuellement pouvant venir a
la rescousse. Mais que le grand problem 6tait les structures
d'accueil. Il n'6tait pas sir que le pays pourrait absorber ces quatre-
vingt millions de dollars. Je compris depuis ce jour-l1 clairement
que l'assistance internationale a littiralement des possibilities
illimitees : la France et les autres bailleurs de fonds peuvent
investir en Haiti des sommes pharamineuses, allant du million d
plusieurs milliards, s'il lefaut. Les limites ne sontpas en amont,
(voir Cayenne / 16)


Page 6


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Mercredi 23 Mars 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No. 8


Page 7


MILES CRIMINELS SONT DANS LA VILLE


Criminality et politique: meme combat


(Criminalite... suite de la lere page)
Qui sont les fauteurs d'ins6curit6?
Avant son renversement le 29 f6vrier 2004, on
accusait fatalement le president Jean-Bertrand Aristide.
Jusqu'5 r6cemment, avant le quadrillage des
quartiers du Bel-air et de Cit6 Soleil par les casques bleus
de 1'ONU, c'6tait les "chimbres", les
partisans arms du president d6chu.
Aujourd'hui, on n'a plus de bouc
6missaire tout trouv6. Qui favorise ou active
la criminalit?
Ce sont toutes les politiques,
entreprises autant par l'intemational que par
le gouvernement haitien de transition, qui
ouvrent notre flanc aux milliers de tueurs
en liberty qui hantent le pays, et d'abord la
capitale et ses environs.

Quand ce sont les armes qui
font la loi ...
Commencons par le
commencement. La lutte arm6e conduite d&s FORA A
l'ann6e de sa seconde investiture contre BRAS
Aristide (7 f6vrier 2001), les paramilitaires DO
surgis dans les hauteurs de Pernal (Centre), Manifestat
de Petit Goave et ailleurs ... br6siliennes
Le coup de force contre l'Acad6mie de police de
Frbres, puis contre le Palais National (17 d6cembre 2001)
provoquant la premiere demonstration publique dans les
rues de la capitale des "chimbres" ou partisans de Lavalas
lourdement arms et brandissant leurs armes comme les
tontons macoutes d'autrefois.
Avant cela, il y avait bien eu des remont6es de la
criminality, mais vite contenues par le peuple des quartiers
populaires apres un appel du president Aristide pour la
"z6ro tolerance."
Mais appel qui sera vite r6cup&r6 aussi par
certaines organisations des droits de l'homme comme un
nouvel argument pour accuser le president de violations
des droits humains.
On aimerait bien savoir ce que ces memes
organisations ont a nous proposer aujourd'hui ...
Survint la prise d'armes des Gonaives, incite par
l'opposition au regime Lavalas. Policiers mutil6s et leurs
cadavres trains dans les rues ...
Depuis, ce sont les armes qui font la loi.

Les plus importants "trouble-makers"

Aristide est renvers6 le 29 f6vrier 2004. Les
diff6rents groupes arms restent sur leur position. Les
"chimbres" rbgnent sur les quartiers populaires (Cit6 Soleil,
la Saline). Les anciens militaires et autres gangs qui avaient
fait le coup de feu contre Aristide, dominent dans maintes
regions du pays.
Ces derniers mois, grace aux effectifs d6sormais
complets de la force internationale d'intervention
(Minustah), les quartiers populaires (principalement le Bel-
air) ont retrouv6 un certain calme, tandis que les plus
importants "trouble-makers", tel le commandant auto-
proclam6 des militaires d6mobilis6s, l'ex-caporal
Remissainthe Ravix, ont ete forces a s'eloigner de la
capitale.
L'international a aussi ses responsabilit6s. Les
tergiversations pour r6aliser le d6sarmement de tous les
groupes arms sans distinction, comme le veut la resolution
du Conseil de s6curit6 en vigueur.
L'ancienne opposition qui occupe actuellement
toutes les allies du pouvoir, a refuse jusqu'au dernier
moment d'entendre parler de d6sarmement des anciens
militaires.
En meme temps que d'autres secteurs, du moins
a ce qu'on rapporte, d6bauchaient des anciens "chimbres"
pour constituer leurs propres troupes de choc.
Outre des centaines de policiers r6voqu6s pour
cause de devotion au president d6chu, et dont beaucoup
seraient passes dans le "milieu" (underworld) avec armes
et bagages.

Exiger un arret des deportations ...
D'aprbs les chiffres de 1'ONU, ce sont au moins
300.000 armes ill6gales qui circuleraient aujourd'hui dans
le pays. C'est meme Haiti qui alimente les rues chaudes de
Kingston (Jamaique).
L'international n'a pas seulement sous-estim6
l'importance du d6sarmement, mais si l'on veut protester
contre cette hausse irresistible de la criminality, force est
de se porter tout droit devant l'ambassade am6ricaine pour


exiger un arret des deportations par les Etats-Unis de tous
leurs anciens bagnards d'origine haitienne.
DWbarqu6s sur une base r6gulibre depuis prbs de
20 ans, aujourd'hui ils constituent une caste a part. Les
criminels d'aujourd'hui se caract6riseraient par une plus
grande maitrise d'eux-memes et de leur art.


STRp AS
ILEIRAS
HAITI
ion a Sao Paulo contre la guerre en Iraq et intervention d
en Haiti avec des portraits-effigie des presidents Bush et L


Cependant le nouveau pouvoir install apres le
29 f6vrier 2004 n'a rien fait pour combattre l'impunit6 qui
a Wte le principal reproche fait a Aristide. Au contraire:
pratiquant une politique ouvertement de deux poids et deux
mesures, il a l6argi le vide ce monde en dehors de toute
regulation ou les mafias 6voluent en toute liberty.
Seuls les "chimbres" Lavalas sont combattus, les
autres sont au contraire embrigad6s dans la chasse aux
sorcibres.
Des partisans Lavalas sont abattus
impitoyablement, "chimbres" ou pas, comme le 28 f6vriei
dernier au beau milieu d'une manifestation pacifique el
sous les yeux des casques bleus.
La police a toujours la meme explication: bandits
tombs au cours d'6changes avec la police.
Pendant ce temps, des suspects dans la mort de
policiers continuent de courir les rues sans etre jamais
rattrapp6s. Ce fut le cas r6cemment a Petit Goave (2
policiers en civil bril6s vifs) et plus r6cemment encore 4
agents assassins de sang froid le dimanche du carnaval (6
f6vrier) a Freres, prbs de P6tionville.
Et ainsi de suite.

Une police "criminellise" ...
Les professionnels du crime ont la partie belle.
Ils sont non seulement mieux arms et plus
exp6riment6s, mais la politique gouvernementale
leur fait place nette.
A ce train 1, pas 6tonnant que la police
nationale elle-meme se retrouve de plus en plus
impliqu6e. Sous Aristide, c'6tait une police trop
politis6e, aujourd'hui c'est une police
"criminellis6e", un neologisme qui voudrait dire
impliqu6e encore plus directement dans le crime
organism.
Mais n'est-ce pas une facon aussi pour le
policier de sauver sa peau, puisque l'Etat ne le
protege pas!
Pas 6tonnant done l'evasion du 19 f6vrier
of prbs de 500 d6tenus, parmi eux des criminels
notoires, se sont sauv6s en plein jour du P6nitencier
national. Les premiers l66ments de l'enquete
montrent que le coup a Wte organism avec la
complicity d'616ments de la police nationale.
Le mot enquete n'a plus de sens, n'est
qu'une facon de parler. Il n'y a jamais d'enquete,
comme le deplore le dernier rapport du Conseil de
s6curit6. Voire quand ce sont des escadrons de la
mort soupconn6s d'exister au sein meme de la police
qui commettent des executions sommaires, dont les
victimes ne sont autres bien sfir que de jeunes
partisans du mouvement Lavalas. Et plus les
manifestations pro-Lavalas prennent de l'ampleur,
comme c'est actuellement le cas, plus les escadrons
de la mort ont du pain sur la planche.
Beaucoup de ces ex6cuteurs en uniforme
sont aussi bien sfir des membres du crime organism,
comme toujours cela se passe. Car on n'a jamais
rien sans rien.
C'est a tout cela qu'il faut penser si l'on
veut monter un vrai mouvement de protestation
pactifique contre l'audace des tueurs.


Tout le monde a peur de tout le monde

Mais ce n'est pas tout. La soci6t6 a aussi sa part
de responsabilit6 et non des moindres. R6cemment une
longue liste a circul6 avec des noms de plusieurs
personnalit6s ou 6tablissements appartenant au milieu des
affaires et qui sont accuses d'implication dans
le blanchiment d'argent.
Vrai ou faux? Peu ont contest. La
liste attibu6e au minister de la justice et au
bureau de lutte contre la corruption n'a pas
Wtd d6savou6e non plus par le pouvoir.
Cependant tout continue comme par
le pass. Business as usual. Et comme de
coutume dans l'l6ite haitienne: le linge sale
se lave en famille.
Cependant un tel Mvenement reste
rarement sans suite ...
Et meme s'il n'y a pas de suite l6gale
(par exemple, en Espagne ce sont des dizaines
d'arrestations qui ont eu lieu la semaine
dernibre dans le d6mantelement d'un r6seau
de blanchiment), eh bien, il peut y avoir pire:
des rbglements de compte comme on en
es troupes soupconne d6ji chez nous ...
ula da Silva Mais aussi des gens profitant de cette
situation inopin6e, ce vide 16gal ce monde
en dehors de toute regulation, pour r6gler d'autres affaires
personnelles.
Le vide est chaque jour plus immense, et toujours
par nos fautes, ou par les politiques que nous appuyons,
les unes comme les autres, la society a son flanc largement
ouvert, et tout le monde a peur de tout le monde. Comme
dit encore l'article "Haiti: une ile a la drivee:
"Les cadavres jonchent les rues et pourrissent au
soleil avant que quelqu'un, souvent un volontaire, se decide
a les emporter. Les villas chics s'entourent de hauts murs
h6riss6s de tessons de bouteille. Terrorists, les privil6gi6s
vivent en quasi-autarcie. C'est la loi de la jungle, tout le
monde se m6fie de tout le monde. Des gangs, bien sfr,
mais aussi de la police, des irr6guliers de l'arm6e et meme
des casques bleus!"

Etre franc avec soi-meme ...
Prenons encore cette autre liste pretee au
gouvernement de 29 personnalit6s Lavalas accuses de
corruption, tout le monde parle de cette liste, mais personne
ne sait qui sont ces 29 personnalit6s ...
Pourquoi ne pas rendre cette liste officielle, et si
l'accusation est fondue, ouvrir officiellement des
poursuites?
(voir Criminalite / 9)


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INSERTION DEMANDEEI


Mercredi 23 Mars 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No. 8


La Famille Parisien


Lundi, le 3 Mars, 2005

Le remaniement du Cabinet Ministeriel du
gouvernement provisoire d'Haiti a maintenu
l'attention publique pendant les trois dernieres
semaines. En particulier, la nomination de
Michel Bernardin au poste de Ministre de
l'Int6rieur a provoqu6 une clameur
d'indignation publique que le retrait pr6cipit6
de cette nomination n'a pas pu apaiser. Cette
derniere s'est manifested dans de nombreux
articles de la presse 6crite et parl6e d6nonqant
Michel Bernardin pour sa participation dans des
actions criminelles perp6tr6es durant le regime
sanguinaire de Franqois Duvallier. Pendant ces
d6cennies de terreur, des milliers de familles
haitiennes ont perdu des &tres chers sans aucun
detail sur les circonstances de leur disparition.
Cependant, certains crimes, a cause de leur
caractere particulierement odieux, sont rests
vifs dans la m6moire du public ainsi que les
noms de ceux qui y 6taient impliqu6s. Michel
Bernardin, vivant a l'6tranger depuis lors en
"citoyen module", revint r6cemment au pays
avec de hautes aspirations politiques en ce
moment de crise nationale. Dans une note de
presse parue le 4 Fevrier 2005, il tenta de r6futer
ces accusations, en falsifiant les dates et
circonstances de ces 6v6nements.

Apres plusieurs ann6es de silence, la
famille Parisien a l'opportunit6 de dire la verite
sur les circonstances de la disparition de ses
fils. Un crime r6voltant fut perp6tr6 dans la nuit
du 16 Mai 1969 sur les personnes de Leslie
(Loly) Parisien (age de 21 ans, benjamin de la
famille Parisien et 6tudiant de la Facult6 de
Genie) et de Jacques Holly (agent d'assurance
et beau-frere de Leslie) par Michel Bernardin,
son cousin (1'un des freres de Max Dominique


informe
- gendre de Francois Duvallier) et un
troisieme complice. Ces meurtriers, apres
s'ktre d6sign6s juges et ex6cuteurs de
Jacques Holly, assassinerent brutalement
ce dernier ainsi que Leslie, temoin genant
de leur action crapuleuse. Cet assassinat
fut commis en presence de l'6pouse de
Jacques (soeur de Leslie, alors 6tudiante
en M6decine). Cette derniere 6chappa
miraculeusement, fuyant la scene du crime
a la faveur de la nuit et des accidents de
montagne de la region. Craignant d'&tre
d6couverte, elle gagna le maquis pendant
plusieurs mois avant de se r6fugier a
l'6tranger. Les criminels quitterent le pays
peu de temps apres. Alors que les deux
families resteront plong6es dans la douleur
et la frustration, sans espoir de justice
pendant des ann6es, les details de ce crime
seront a jamais graves dans leurs
m6moires aussi vivement qu'au premier
jour. D'autres t6moins pourront confirmer
la presence de Bernardin et de ses acolytes
sur les lieux de l'enlivement des victimes
la nuit du 16 Mai 1969.


ses accusateurs publiquement et en plein
jour, une position enviable compare a
celle de Leslie et de Jacques qui firent
face a leurs meurtriers dans un champ
d'ex6cution desert, sous le couvert de la
nuit.



Nous avons contact le Centre des
Droits Constitutionels aux Etats Unis.
Cette organisation, voude au respect des
droits humains, a une longue histoire
d'investigation de crimes et de poursuites
de violateurs. Son Directeur Executif,
Mr. Ron Daniels, entreprend les tapes
n6cessaires pour instituer une action
judiciaire contre Michel Bernardin, s'il
remettait les pieds sur le sol Amdricain.

Serge Parisien, M.D.

May Parisien, M.D.

Jules Parisien, M.D.

Bertha Parisien, R.N.

Lionel Parisien, Ing.

Ginette Parisien, R.N.


Jean-Claude Parisien, Ing.


En l'honneur de ces deux disparus
dont les d6pouilles ne furent jamais
retrouv6es, la famille Parisien accuse
Michel Bernardin du meurtre de Leslie
Parisien et de Jacques Holly et continuera
a le d6noncer jusqu'a ce que justice soit
faite. Le moment est finalement arrive oh
Michel Bernardin r6pondra pour ses
crimes. II aura l'opportunit6 de confronter


Nicole Parisien, R.N. Gladys Parisien,
M.D.

Mme Philomine Latortue (88 ans, mere
de Loly)

Vastey Parisien, M.D. (d6c6d6, pore de
Loly)


Monday, March 3, 2005
The reshuffling of the Cabinet of
Haiti's provisional government has been
at the center of public attention over the
past three weeks. Of particular interest,
the appointment of Michel Bernardin to
the position of Minister of the Interior
has provoked a public outcry, forcing the
rapid withdrawal of his nomination by
Prime Minister Latortue. This decision,
however, has not tempered the expression
of indignation, which has been voiced
through numerous protests in
newspapers, radio and television stations
denouncing Michel Bernardin for crimes
committed during the bloody regime of
Francois Duvallier. During this era of
pervasive terror, thousands of individuals
disappeared, causing many Haitian
families to lose loved ones without
knowledge of neither the circumstances
surrounding their deaths nor the identity
of the criminals. Certain crimes, as well
as the names of the perpetrators, have
remained forged in the collective
memory of the public, due to their
particularly violent nature. Michel
Bernardin, who has since been abroad
and living the life of a "model citizen",
recently resurfaced in Haiti with political
aspirations to a Cabinet position. In a


PRESS RELEASE [ENGLISH]
press release dated February 4th, 2005, his
attempts to refute these accusations fell
short of convincing.



After many years of silence, the
Parisien Family is now able to share with
the public the story of their tragic loss. The
night of May 16th 1969, a violent crime
was committed against Leslie (Loly)
Parisien (21-year-old engineering student
at the State University of Haiti, and the
youngest of the Parisien family) and
Jacques Holly (insurance broker in his
early twenties, and Leslie's brother-in-
law) by Michel Bernardin, his cousin
(brother of Max Dominique Francois
Duvalier's son-in-law) and a third
accomplice. These murderers, self-
appointed judges and executioners of
Jacques Holly, brutally assassinated him,
along with Leslie, an inconvenient
witness. These murders were committed
in the presence of Jacques' wife (Leslie's
sister), who miraculously escaped death
in the mountains by cover of night.
Fearing for her life, she remained in hiding
then sought refuge abroad. The criminals
are alledged to have fled the country
shortly after the murder. While the


Parisien and Holly families have
remained grief-striken, in fear and with
little hope of justice for many years, the
details of the crime remain as clear today
as when the events took place. Other
witnesses can confirm the presence of
Michel Bernardin and his accomplices
at the time and place of the victims'
abductions.



In honor of their two loved ones, whose
bodies were never found, the Parisien Family
accuses Michel Bernardin of the murders of
Leslie Parisien and Jacques Holly, and will
continue to denounce him until justice is
served. The time has come when he will face
his accusers publicly and in broad daylight,
a privilege that Leslie and Jacques were not
afforded, when the two young men had to
face their executioners in a killing field in
the dead of night.

The Parisien Family has contacted the
Center for Constitutional Rights (CCR),
which has a long history of prosecuting
human rights' violators. According to the
CCR's Executive Director, Mr. Ron
Daniels, his organization is considering
filing a lawsuit against Michel Bernardin
if he ever enters the United States again.


Page 8







Mercredi 23 Mars 2005
Haiti en Marche Vol. XIX No. 8


HAITI-CRISE


Le Conseil de security visitera Haiti du 13 au 16 Avril

Les efforts internationaux pour aider Haiti sont bloques et pourraient meme s'dcrouler...


(ONU-Haiti ... suite de la lere page)
du Miami Herald editionn du vendredi 18 mars).
Les membres du Conseil de s6curit6 seront rejoints
pour cette visite par ceux du Conseil Economique et Social
des Nations Unies (ECOSOC), cela au milieu des
preoccupations croissantes que les efforts internationaux
pour aider a la reconstruction en Haiti sont bloqu6s et
pourraient meme s'6crouler.
Les officiels de 1'ONU disent que le Conseil
accomplit rarement de telles visites sur le terrain. La
dernibre fois c'6tait en novembre dernier a Nairobi (Kenya)
pour discuter de la crise dans la region de Darfour, au
Soudan.
L'ambassadeur du Br6sil (qui assure la pr6sidence
tournante du Conseil de s6curite), Ronaldo Mota
Sardenberg, a indiqu6 que la visite est destinde a
promouvoir la s6curit6, la stability et le respect des droits
humains et ouvrir la voie aux elections g6ndrales en Haiti
fixes a la fin de l'ann6e.
Haiti est un problem dans notre region. Nous
ne pouvons rater cette opportunity aujourd'hui, parce que


c'est la dernibre chance pour trouver une solution, une
solution viable. Les Nations Unies ne peuvent pas se
permettre d'avoir une autre crise en Haiti dans 5 ans, ou
dans 10 ans" a d6clar6 Sardenberg.
Un renouvellement du mandat de la Mission de
1'ONU pour la Stabilisation en Haiti (Minustah) qui
comprend maintenant 7.500 hommes de troupes et de police
- est attendu en mai prochain.
Aprbs avoir entendu un rapport sur Haiti la
semaine dernibre, le Conseil de s6curit6 a 6mis une
declaration disant en substance que la force onusienne en
Haiti est mieux pr6parde pour r6pondre aux d6fis de
l'ins6curit6 et "produire des r6sultats remarquables."
Mais, poursuit la declaration, "la situation au
niveau security continue d'etre instable."
Dimanche, au cours de confrontations avec des
anciens militaires haitiens, la Minustah a perdu deux
hommes en l'espace de quelques heures, deux casques bleus
sri lankais et ndpalais. Trois militaires d6mobilis6s ont aussi
perdu la vie au cours des &changes de tirs.
L'objectif de la visite du Conseil de s6curit6 le
13 avril prochain couvre 1'agenda global d'Haiti:


6conomique, social et droits humains" a pr6cis6
l'ambassadeur Sardenberg.
Selon les membres du Conseil, la r6ussite des
prochaines elections repose sur le progrbs qu'aura fait le
gouvernement de transition haitien dans les domaines de
la reconciliation nationale, de la s6curit6 et du
d6veloppement.
D'autre part, dans ses dernibres declarations, le
Conseil de s6curit6 a appel6 le gouvernement de Gerard
Latortue a r6gler au plut t6t les dossiers judiciaires contre
d'anciens officiels du gouvernement Aristide, tel l'ancien
premier ministre Yvon Neptune, d6tenu depuis de longs
mois sans aucune charge formelle.
Sardenberg a reconnu que les problbmes d'Haiti
d6tournent l'attention d'autres crises beaucoup plus graves,
comme la guerre civile au Soudan et le tsunami dans
l'Oc6an indien.
Mais l'ambassadeur du Br6sil a insist qu'"il est
important de maintenir Haiti sur l'agenda du Conseil.
L'effort pour Haiti doit etre vu comme un effort a long
terme."


AIDE INTERNATIONALE


Les Gonaives en plein denuement


18 mars 2005
Gilles BIASSETTE


En d6pit d'une forte aide internationale, la grande
ville c6tibre d'Haiti, d6vast6e il y a six mois par des pluies
diluviennes, se relive bien lentement
Du matin jusqu'a la tomb6e de la nuit, le trafic est
toujours dense sur l'avenue des Dattes, au coeur de la ville
des Gonaives. Les v6hicules blancs ou rouges de 1'ONU
passent et repassent, croisant les gros 4 Y 4 des nombreuses
ONG actives dans cette region sinistr6e en septembre
dernier par la tempete Jeanne.
Au milieu des pistons, des mobylettes et des vdlos,
klaxons et coups de volant sees sont de mise pour se frayer
un chemin et 6viter les foss6s d'6vacuation obstru6s par
les ordures. A un carrefour, quelques soldats am6ricains,
parmi les 175 presents jusqu'en mai pour une mission
humanitaire, reconstruisent une cole, sous le regard des
curieux.
La perfusion humanitaire Six mois aprbs le
passage de Jeanne, les Gonaives ont toutes les apparences



Hr I Itor



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CRIMINALITE...
(suite de la page 7)
II faut done en conclure que c'est une liste
"politique", destinde B barrer la route a des adversaires
politiques.
Mais ce faisant, le gouvernement de transition
continue a alimenter le meme vide legal, le meme d6ni de
justice, la meme impunity ...
Ce sont ces memes politiques, de politisation de
lajustice, de derision de lajustice, de diversion constante,
de justification politique de l'impunit6 ...
C'est ca aussi, c'est ca d'abord la cause de cette
pouss6e irresistible de la criminality. Et nous y participons
tous a un degr6 ou a un autre ...
Mais bien entendu les d6cideurs d'abord,
decideurs nationaux et internationaux, d6cideurs officiels
et officieux, d'hier et d'aujourd'hui.
Si l'on veut lutter v6ritablement contre la
criminality, faut d'abord etre franc avec soi-meme.

Editorial, Mdlodie 103.3 FM, Port-au-Prince


d'une ville sous protectorat conjoint des ONG et de l'ONU :
aux premieres, le r6tablissement des infrastructures ; a la
seconde, le maintien de l'ordre. Ici, la communaut6
internationale ne 16sine pas, a commencer par les Etats-
Unis qui ont accord un don de 34 millions de dollars pour
les victimes de la tempete tropicale. Principal
r6cipiendaire :
1 ONG
am6ricaine
Care, forte de
ses 400 em-
ployds. C'est
elle qui, pass
la phase d'ur-
gence qui
s'achbve, va
remettre en
6tat et agrandir
le r6seau
d'eau, re-
construire des
maisons, des
routes... En
revanche, les
traces d'une
quelconque
autorit6
haitienne sont
rares. Les
d e r n i e r s Gonaives au lendemain des inoi
kilometres avant d'arriver aux Gonaives depuis Port-au-
Prince sont 6difiants : ici, rien ne semble avoir boug6 depuis
le 19 septembre, et l'eau est toujours maitresse des lieux.
La tempete a laiss6 derriere elle un vaste lac, au milieu de
ces terres d6sertiques h6riss6es de cactus, barrant la route
nationale, abandonnde depuis longtemps par son asphalte.
Sur la droite, une hasardeuse piste de sable d6fonc6e, sans
aucun am6nagement, reste l'unique alternative.
Dans la ville, le champ de ruine qu'est le
commissariat de police confirme ce sentiment d'abandon.
Seuls quelques pans de murs tiennent encore debout, tout
comme un escalier, dont les dix marches se dressent dans
le vide. Pourtant, il y a longtemps d6j5 que les assaillants
ont regagn6 leur repaire : le vaste local blanc et bleu a 6te
d6truit il y a plus d'un an, au debut de la crise politique qui
devait conduire (le 29 f6vrier 2004) au depart du president
Aristide. Les forces de la MINUSTAH (Mission des
Nations unies pour la stabilisation en Haiti) ont install
leur QG dans un batiment de la place principale de la ville.
Tout un symbole : sur cette meme place fut d6clar6e
l'ind6pendance d'Haiti, le lerjanvier 1804, aprbs la d6route
des forces napol6oniennes...
Une ville encore a terre Pourtant, en d6pit de la
forte mobilisation internationale, ce n'est que lentement
que la vie reprend son cours. Si les rues ont 6t6 nettoydes
de la boue, des tas restent visibles : notamment dans les
quartiers les plus touches, ou nombre de maisons sont
encore a terre. Les salines, principale activity 6conomique
de cette ville c6tibre, ne donnent toujours pas de sel, mais
de la boue, depuis que la tempete Jeanne les a noydes. La


peche 6galement tourne, au mieux, au ralenti.
Les gens ne veulent plus acheter de poisson :
ils disent qu'ils ont mang6 des morts ", explique-t-on dans
les rues des GonaYves. Six mois apres la catastrophe, l'accbs
a l'eau et le traitement des eaux uses constituent les
problbmes les plus graves. Des problbmes communs a tout


idations de septembre 2004 photo Haiti en Marche
le pays et bien ant6rieurs, ici, au passage de Jeanne. Mais
les pluies n'ont 6videmment rien arrange.
Dans l'urgence, les ONG ont r6habilit6 les puits,
se r6partissant les diffirents quartiers : un problbme crucial
dans un pays of 80% des habitants vivent avec moins de
deux dollars, et n'ont en g6ndral qu'un accbs limit a l'eau
potable, ce qui les contraint a acheter des bouteilles au prix
de 5 gourdes (0,11 euros) le demi-litre...
Quelques infrastructures ont bien 6t remises sur
pied, a l'image de l'h6pital de la Providence, r6habilit6
par la Croix-Rouge, une ONG haitienne, et avec l'aide de
Taiwan, qui vient de rouvrir ses portes. Mais le manque de
lits (une cinquantaine, contre 165 avant la tempete) et
d'hygibne 616mentaire est evident. Dans les couloirs ou
patientent les malades, le personnel est discret, et l'h6pital
tourne essentiellement grace aux 12 m6decins venus de
La Havane.
L'Etat haitien absent Qu'a fait l'Etat haitien ?
Nous avons assure la coordination ", r6pond le directeur
de l'h6pital, le docteur Paul Saint-Gilles. Et si un batiment
est encore jonch6 de detritus, la responsabilit6 incombe,
dit-il, aux Taiwanais. Ce sont eux qui ont choisi, sans
nous consulter, l'entreprise haitienne pour faire certains
travaux. Tout devrait etre fini, et vous avez vu de quoi Ca a
'air ? Nous ne pouvons rien faire. "
C6t ONG, on deplore surtout le manque
d'implication des autorit6s. La phase de l'urgence est
terminde, mais nous n'avons pas encore commence celle
de la reconstruction a proprement parler, entend-on chez
(voir Gonaives / 16)


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