Title: BULLETIN DE L'ISPAN
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Title: BULLETIN DE L'ISPAN
Physical Description: Serial
Language: French
Publisher: Bibliotheque Nationale d'Haiti
Place of Publication: Port-au-Prince, Haiti
Publication Date: April 2010
Copyright Date: 2010
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Bibliographic ID: UF00097351
Volume ID: VID00011
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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* Le larc INational Historique Litadelle, bans-bouci, Kamier.


Citadelle, Sans-Souci, Ramiers

Les menaces
Notre vie continue...
Celle de notre patrimoine galement.
Avec le souvenir du 12-janvier.
Avec la ralit de l'aprs-12-janvier.
Il tait de notre intention, suite au numro 8 paru au mois de dcembre 2009 et consacr aux 30
annes de 'ISPAN, d'initier une srie d'articles de fond sur la dure problmatique de la conserva-
tion du patrimoine en Haiti. Aprs deux numros consacrs au sisme du 12janvier, il nous a paru
essential de poursuivre cette dmarche initial tout en gardant un oil attentifsur l'actualit "post
sisme" et ses graves consequences sur notre patrimoine.
Le Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci, Ramiers (PNH) dans le Nord objet de toutes les
convoitises, vit actuellement une priode particulirement /f'f .'.' de son histoire.
Centre de gravity du ple touristique Nord, dfini par le plan directeur du tourism revise, le Parc
National Historique attire, de jour en jour l'attention d'investisseurs trangers, des tours operators,
des entrepreneurs en amnagement touristique, d'ONGs, d'associations... Des reunions, des dbats,
des rencontres questionnent les ventuelles exploitations touristiques du Parc National Historique.
Quels seront les bnfices ? Quels seront les risques?
Le BULLETIN de l'ISPAN de ce mois d'avril tente de recentrer ces dbats quelque peu parpills en
rappellant la donne essentielle qui trop souvent est oublie ou ignore : Haiti a sign puis ratifi la
Convention Internationale du Patrimoine Mondial en 1980 et le Parc National Historique Cita-
delle, Sans-Souci, Ramiers est un bien cultural class Patrimoine Mondial par l'UNESCO (1982).
A ce titre, le statut du Parc National Historiquefait <,.:,. I,,' 'Etat-Partie, en l'occurrence Haiti,
au respect d'engagements pris.


i-iLL IT II II 'I i ISPA N ,I I.: I 12 i:.. -


Pour figure sur la liste du Patrimoine
Mondial, un bien cultural doit possder une
valeur universelle exceptionnelle et satis-
faire au moins un des dix critres de selection
dfinis par l'UNESCO. Dans le rapport d'va-
luation produit par le Conseil International
des Monuments et des Sites (ICOMOS) en
mai 1982, la Citadelle Henry est perue la
fois comme un ouvrage militaire et un mani-
feste politique et constitute l'un des meilleurs
tmoins de l'art des ingnieurs militaires au
dbut du XIXe sicle.
La description du Conseil est loquente
et met en exergue la beauty et la complexity
de cette construction militaire.
Ses plans seraient dus l'Hatiien Henri
Barr, mais il est probable que la part prise par
le gnral Christophe leur laboration fut
Sommaire
* Citadelle Sans-Souci, Ramiers. Les menaces
* Les Casernes Dessalines dtruites
* Chronique ....


BULLETIN DE LISPAN est une publication mensuelle de l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National destine
vulgariser la connaissance des biens immobiliers valeur culturelle et historique de la Rpublique d'Haiti, promouvoir
leur protection et leur mise en valeur Communiquez votre adresse lectronique ispan.bulletin@gmail.com pour
recevoir rgulirement le BULLETIN DE LISPAN.Vos critiques et suggestions seront grandement apprcies. Merci.


BULLETIN DE L'ISPAN No I l1er avril 2010 I






























Le Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci, Ramiers, vue de la Citadelle Henry
A dr la Batterie Coidavid et la crte du Bonnet--I'Evque.Au fond, la silouhette du more du Cap.


prpondrante :les corps avances, remarqua-
blement articuls pour permettre un emploi
integral des possibilits de l'artillerie, un syst-
me trs labor de canalisations et de citernes,
des murailles colossales devaient rendre cette
Citadelle inexpugnable.
Dans son argumentaire, I'ICOMOS quali-
fie le Palais de Sans-Souci de bizarre beaut,
due non seulement un accord exceptionnel
avec le site montagneux mais aussi au recourse
des modles architecturaux divers et rputs
inconciliables.
D'ailleurs la description du Palais de
Sans-Souci renvoie au rve :les escaliers ba-
roques et les terrasses classiques, les jardins
tages o passent les souvenirs du Postdam et
de Vienne, les canaux et les bassins librement
inspirs de Versailles donnent la creation du
roi mgalomane une indfinissable valeur oni-
rique.
En ces terms, I'ICOMOS a donn un avis
favorable en se fondant essentiellement sur
deux critres de la Convention du Patrimoine
Mondial (Voir encadr).
Ces deux critres ont permis le classe-
ment d'une vaste aire gographique au titre
de Patrimoine Mondial de l'Humanit, sous
le nom official de Parc National Historique
- Citadelle, Sans-Souci, Ramiers.
Le Parc National Historique
Situ dans la parties septentrionale de la
Rpublique d'Hati, le Parc National Historique
s'inscrit dans la zone central des massifs du
Nord qui se prolongent en Rpublique Do-
minicaine. Il s'tend, dans le dpartement du
Nord, surtrois communes :celle de Milot, celle
de Dondon et celle de la Plaine-du-Nord. Il est
caractris par une structure morphologique
complex forms de massifs calcaires aux pen-
tes abruptes l'Ouest (la chaine du Bonnet--
l'Evque), au Sud (le morne Ka-Madi), rongs


par des eaux de ruissellement qui lui donnent
un aspect ruiniforme ; de massifs volcaniques
(morne Jrme, morne Ginette...) entaills de
nombreuses ravines qui descendent au Nord
vers Milot et au Sud longeant la valle de Bros-
tage, depression plate qui est le passage oblig
entire le Nord du pays et l'intrieur, formant la
passe du Dondon.
Le Parc Naitonal Hisorique se trouve ainsi
une charnire entire l'espace-plaine ctier et
l'espace-montagne l'intrieur. Le choix de
construire la Citadelle Henry sur des sommets
rpond une logique stratgique de protec-
tion intrieure qui se diffrencie de la defense
ctire hrite de la colonisation franaise,
qui elle, rigeaient ses ouvrages de defenses
essentiellement le long des ctes. La Citadelle
Henry, le site fortifi des Ramiers et le site du
Palais de Sans-Souci ont fait enter ces mon-


tagnes dans l'Histoire universelle. Impression
ressentie par le visiteur en presence de ces
monuments rsulte, certes, de leur quality,
mais aussi de leur environnement grandiose
o la noblesse des formes naturelles et l'ar-
chitecture s'harmonisent en une unit paysa-
gre remarquable. La volornL ue prese ver cet
crin natural des ralisations du roi Christophe
fut l'origine de la creation du Parc National
Historique qui, partir de ces grandes lignes
d'ides, s'est dote d oujectifs bien dfinis :
* Culturels : preservation et mise en valeur
des zones monumentales (Citadelle, Ramiers,
Sans-Souci).
* Paysagers : protection et mise en valeur des
milieux caractristiques de cette region : mor-
nes volcaniques, mornes calcaires, valles...
* Humains: amlioration des conditions de vie
dans la region.


FICHE SIGNALETIQUE AU PATRIMOINE MONDIAL (UNESCO)
Etat-partie : Rpublique d'Hati
Nom du bien: Parc National Historique Citadelle Sans-Souci Ramiers
Critres d'inscription : (iv) et vi)
(iv). offrir un example minent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou
technologique ou de paysage illustrant une ou des priodes ,iK ihr ..1 i de l'histoire hu-
maine ;
(vi). tre directement ou matriellement associ des vnements ou des traditions vivantes,
des ides, des croyances ou des oeuvres artistiques et littraires ayant une signification univer-
selle exceptionnelle.
Coordonnes gographiques : 1934' 24.996" N / 72" 14' 39.012" O
Date d'inscription sur la liste du Patrimoine Mondial : 1982

Organisation responsible : Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN)
Ministre de la Culture et de la Communication (MCC)


Ce bien offre l'exemple imminent d'un type de structure illustrant la situation historique d'Hati
au lendemain de son indpendance. L'phmre rpublique de Jean Jacques Dessalines revt une
signification historique universelle. C'est le premier tat fond l'poque contemporaine par des
esclaves noirs ayant conquis leur libert.
Conseil International des Monuments et des Sites (ICOMOS)

BULLETIN DE L'ISPAN No 1 1er avril 2010 2

















































DONDON

SLocalisation du parc
SLe parc rparti sur quatre communes
Ortho-photo du parc

La complexity des problmes, le souci
de mener une action efficace et d'viter la
dispersion, ont conduit limiter sa superficie
environ vingt-cinq kilomtres carrs. Cette
dlimitation a t tablie la suite d'une mis-
sion de l'UNESCO mene parYves Renard en
1983. En l'absence de toute legislation natio-
nale, ce sont les propositions de Renard qui
constituent jusqu' aujourd'hui les rfrences
spatiales pour le parc, savoir une aire d'envi-
ron comprenant le parc proprement dit et sa
zone priphrique, dite zone-tampon.
Le Parc National Historique se trouve
ainsi dlimit au nord par le site de Sans-Souci,
de la route d'accs la Citadelle Henry jusqu'
la ravine Brisement ; l'Ouest par le versant
ouest de la chane du Bonnet--I'Evque jus-
qu'au Grand-Gouffre, (cte d'altitude compri-
se entire les 500 et 600 mtres).A l'Est, le parc
coupe la valle de Brostage, prs du bourg de
Dondon entire les mornes Godignant et Bel-
levue. Au Sud, il long les crtes des mornes
Corneille, Ginette et Jrme.


Les monuments historiques
Le parc enserre les principaux monu-
ments historiques christophiens.
En premier lieu, la Citadelle Henry,
construite 900 m d'altitude, est la plus grande
forteresse des Caraibes. Elle a t rige selon
une ordonnance de Dessalines aprs l'Ind-
pendance d'Hati (I804) pour dfendre la par-
tie nord de Ile contre un ventuel retour des


Le rarc INaional Mistorique bans-bouci, Kamiers
Franais. 20.000 personnel participrent aux
travaux de construction qui durrent quatorze
annes. Sa defense est complte par le site
fortifi de Ramiers, form de quatre redoutes
entourant un vaste complex rsidentiel et mi-
litaire dit "Palais de la Reine".
Le Palais de Sans-Souci constitute un
grand ensemble architectural, rpondant la
ncessit de concentrer autour de la residence


BULLETIN DE LISPAN No I l1er avril 2010 3







royale, l'essentiel des functions administrative
de la nouvelle monarchie. Le chantier dbuta
en 181 1 et fut achev en 1815. Entour de
massifs montagneux couverts d'une vgtation
luxuriante, l'ensemble tait agrment de jar-
dins, de bassins et de fontaines.
Les monuments historiques du parc ont
t inscrits par la suite sur la liste du Patrimoine
National par arrt en date du 23 Aot 1995.
Le territoire du parc est tmoin d'un
processus historique porte universelle.
Ses monuments ont t rigs pour protger
l'indpendance d'Haiti, premier tat fond
l'poque contemporaine par des esclaves vic-
torieux. C'est prcisment pour cette raison
que le parc a t class Patrimoine de l'Huma-
nit en 1982 par l'UNESCO.
Ce statut de Patrimoine Mondial fait obli-
gation l'Etat parties de la Convention du Pa-
trimoine Mondial de prendre en charge le parc
selon les articles 4, 5, 6 et 7 de ladite Conven-
tion. L'nstitut de Sauvegarde du Patrimoine
National (ISPAN) organisme autonome plac
sous la tutelle du Ministre de la Culture et de
la Communication (MCC) est l'agence gouver-
nementale qui, de sa creation en 1979 nos
jours, gre des destines de ce parc.
De 1979 1990, avec la collaboration
soutenue et fondamentale de l'UNESCO et
du PNUD, l'Institut a ralis un ensemble de
travaux de conservation et de mise en valeur
des monuments du parc, qui sont parvenus
les sauver d'une destruction irreversible.
De nos jours, le Parc National Historique
Citadelle, Sans-Souci, Ramiers, limitrophe
deux agglomrations urbaines en pleine ex-
pansion, Milot et Dondon, est soumis une
forte pression dmographique. Le parc a ga-
lement t localis dans une zone dfinie par
le Plan Directeur duTourisme comme un ple
touristique prioritaire. Ce qui cre potentiel-
lement des intrts financiers don't les revers
non contrls peuvent constituer de graves
menaces.
Vingt-cinq annes aprs son inscription
sur la liste du Patrimoine de l'Humanit, le Parc
National Historique Citadelle, Sans-Souci, Ra-
miers fait face de nouveaux dfis d'envergure
qui dcideront de son avenir.
Rappel
A la mort du roi Henry ler, le 8 octo-
bre 1820, le pillage du Palais et l'abandon de la
Citadelle Henry et du site fortifi de Ramiers
dclenchrent un mcanisme de la destruc-
tion qui se poursuivit ds lors dans l'indiff-
rence et dans l'oubli des hommes, aliment
par le mythe d'Henry Chrisophe. En 1842 un
terrible tremblement de terre, don't l'picentre
situ non loin de la cte nord d'Hati, ruina en
grande parties le Palais de Sans-Souci, branla la
Citadelle Henry en endommageant gravement
la Batterie Coidavid. Puis pendant plus de trois
quarts de sicle, le martlement incessant


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S .. K i,,. !', i-i:; .
* Le Palais de Sans-Souci en 187 1. La toiture du corps principal du Palais du Roi encore en place.
La premiere gravure de la Citadelle Henry, publie en 188 1, par Edgard La Selve


des eaux de pluie s'infiltrant travers fissures
et lzardes, l'rosion lugubre du vent, l'assaut
silencieux de la vgtation et les rapines des
hommes, investirent inexorablement ces rui-
nes dsertes .
En 1934, le gouvernement du Prsident
StnioVincent fit entreprendre des travaux de
nettoyage et de mise jour des vestiges tant
au Palais de Sans-Souci qu' la Citadelle Henry.
Pour la premiere fois des relevs assez com-
plets des plans de ces difices sont dresss et
l'on procda la reconstruction de la chapelle
de Milot.
En 1940, la premiere loi organique pour la
protection des Sites et Monuments historiques
ft promulgue.
Mais, de nouveau, la vigilance se relche,
la degradation recommence, s'aggrave. Il faut


attendre le dbut des annes 50 pour une
nouvelle intervention de restauration. Des tra-
vaux parties de consolidation structurelle, de
rfection et de rejointoiement de murs, de col-
matage de fissures et de reprise des surfaces
de terrasses sont entrepris au Palais de Sans-
Souci et la Citadelle Henry. L'engouement
touristique pour la visit de ces monuments
historiques suscite une relative continuity dans
l'entretien, mais l'absence de la mise en place
d'une organisation permanent spcialement
consacre cette tche laisse la voie libre la
dgradation qui, de nouveau et, trs vite, s'ag-
grave. (Voir BULLETIN DE LISPAN No 9)
Ce n'est que sous le gouvernement du
President Jean-Claude Duvalier qu'est envisa-
ge une approche systmatique de l'ensemble
des problmes de sauvegarde des monuments,


BULLETIN DE LISPAN No I l1er avril 2010 4







en accord avec les normes scientifiques inter-
nationales. En 1973 un project conjoint du gou-
vernement d'Haiti et de I'OEA ralise l'tude
prliminaire des problmes de protection, de
sauvegarde, de restauration appropries de
l'ensemble monumental du Palais de Sans-Sou-
ci, de la Citadelle Henry et du site fortifi de
Ramiers. L'tude fut dirige par le Service de
Conservation des Sites et Monuments Histo-
riques d'Haiti, sous la direction de l'architecte
hatien Albert Mangons. Cette tude bnfi-
cia de l'aide prcieuse et de l'assistance tech-
nique de l'Organisation des Etats Amricains
(O.E.A.).
Ce travail prliminaire a permis de
constituer en 1974 le dossier-cadre de l'tat
de degradation avance de ces monuments
historiques, de prsenter une documentation
graphique mticuleuse, des relevs prcis des
structures existantes, accompagns de des-
criptions dtailles des dommages techniques
et de l'analyse des causes de ces dommages.
On en a tir la formulation de proposi-
tions d'ensemble pour enrayer la degradation
des ruines, organiser une action graduelle de
restauration de ces monuments et projeter
une gestion cohrente de l'utilisation de ces
hauts lieux de notre Patrimoine National.
Cette premiere action polarisa graduel-
lement l'intrt des organismes trangers na-
tionaux et internationaux spcialiss. En 1976,
Lopold Sengho, Prsident du Sngal, aprs
une visit officielle des monuments christo-
phiens qu'il ralisa comme un plerinage aux
sources vives de la ngritude , apporta une
contribution de US $ 60.000,00 la constitu-
tion d'un fonds consacr la restauration du
Palais de Sans-Souci et de la Citadelle Henry.


Au course du mois d'aot 1977, le gou-
vernement de Duvalie, face la gravity du
problme, choisit d'engager sans quivoque sa
responsabilit pour assume la fois les tra-
vaux essentiels de protection, d'actualisation
et d'approfondissement des tudes techniques
pour sauver et mettre en valeur ces lments
exceptionnels du Patrimoine de la Nation.
Le 8 octobre 1977 marque la date offi-
cielle de l'ouverture du project de restauration
des monuments christophiens du Nord, dot
d'un budget annuel d'opration de l'ordre de
US $ 360.000,00,
Rpondant aux dmarches du Gouverne-
ment hatien, l'UNESCO manifesta un intrt
soutenu pour le project de sauvegarde du Palais
de Sans-Souci, de la Citadelle Henry et du site
fortifi des Ramiers. En 1978 la visit du Direc-
teur Gnral de cette institution, M. Amadou
Matar M'Bow, donne une impulsion decisive
la cooperation international dans ce domaine,
par l'apport de missions d'experts, d'une aide
financire substantielle pour l'acquisition de
matriel et d'quipement. C'est galement au
course de cette anne que le project de restau-
ration des monuments du Roi Christophe est
inscrit sur la liste des projects susceptibles de
bnficier d'une champagne de solidarity inter-
nationale sous l'gide de l'UNESCO.
En 1979, le gouvernement d'Haiti cre
l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine Natio-
nal (ISPAN) sous la direction de l'Architecte
Albert Mangons, initiateur du project de res-
tauration. LISPAN est, dsormais, l'organisme
official ayant charge la definition de la po-
litique de protection du Patrimoine National
d'Haiti ainsi que le programme de restauration
du Palais de Sans-Souci, de la Citadelle Henry
li i


et du site fortifi de Ramiers, programme don't
le budget d'opration est dsormais inscrit au
budget rgulier de dveloppement national (Le
programme d'investissements publics [PIP]).
Des missions d'experts finances conjoin-
tement par l'UNESCO et le PNUD ont appor-
t une contribution prcieuse la programma-
tion des travaux, ainsi qu'une aide financire du
PNUD, de l'ordre de US $ 100.000,00, pour
l'acquisition d'quipement et de matriel indis-
pensables au project.
C'est galement au course d'une de ces
missions en 1979 qu'a t tabli un accord de
principle entire l'UNESCO et les services de
l'UNESCO pour un plan d'action d'une cam-
pagne international pour la protection, la pr-
servation, la restauration et la mise en valeur
du Palais de Sans-Souci, de la Citadelle Henry
et du site fortifi de Ramiers. Ce plan d'action
a t ratifi par le Gouvernement d'Haiti.
De 1980 1990, les travaux de restaura-
tion et de mise en valeur de ces monuments
historiques se concentrrent sur la mise hours
d'eau de la Citadelle Henry et la stabilisation
des ruines du Palais de Sans-Souci.
Pour la gestion du Parc, mise part de
nombreuses tudes et recherches ralises, le
Project ISPAN/PNUD/UNESCO ralisa la route
Milot Choiseul (au lieu-dit Parking) et le che-
min Choiseul Citadelle. Les deux ouvrages fu-
rent revtus d'une chausse de maonnerie de
moellons, s'intgrant parfaitement au paysage.
En 1989, peu avant la fin du Projet, la mis-
sion d'valuation du PNUD conclut:
La Mission support sans restriction l'appro-
che globale et interdisciplinaire entreprise jusqu'
ce jour dans le domaine de la preservation, de la
restauration et de la mise en valeur de la Cita-


o




4
I. Le sol non impermabilis du Palais du Roi Sans-Souci laissant infiltrer l'eau de pluie
dans les foundations
2. Lavoir public au abord de l'enceinte du Palais du Roi Sans-Souci
3. Constructions sur l'emprise du site de Sans-Souci
4. Djointoiement des briques et des pierres la base des murs du Palais du Roi

BULLETIN DE LISPAN No 1 1er avril 2010 5







delle, du Palois de Sans-Souci et du site fortifi de
Ramiers dans le cadre du Parc National Histori-
que et reconnat la ncessit de poursuivre cet
effort sans relche.
En 1990, la fin du Projet, les monu-
ments historiques du Parc sont pratiquement
mis hours de danger. Cependant, cause de
troubles politiques svres que connut Hati
durant la decade 1990 2000, le Parc Natio-
nal Historique et ses monuments historiques
furent pratiquement laiss l'tat d'abandon,
mis part quelques interventions sporadiques
dues essentiellement l'initiative des techni-
ciens de I'ISPAN.
Menaces pour l'authenticit
Menaces pour l'intgrit
L'UNESCO considre qu'un bien cultural
possde une valeur universelle exceptionnelle
si ce bien rpond des critres bien prcis *
permettant son classement sur la liste du Pa-
trimoine Mondial. Dans le cas du Parc National
Historique, ce sont les critres suivants qui ont
permis sa classification en 1982, suite une
recommendation du conseil International des
Monuments et des sites (ICOMOS) :
Critre (iv) :offrir un example minent d'un
type de construction ou d'ensemble architectural
ou technologique ou de passage illustrant une ou
des priodes significative(s) de l'histoire humane;
Critre (vi) : tre directement ou matrielle-
ment associ des vnements ou des traditions
vivantes, des ides, des croyances ou des oeuvres
artistiques et littraires ayant une signification
universelle exceptionnelle.
En dcembre 2009, le Centre du Patri-
moine Mondial, organisme de l'UNESCO
charge de la gestion des bins cultural inscrits
sur la liste, a entrepris un inventaire rtrospectif
des monuments classes au patrimoine mondial
en Amrique Latine et dans la Caraibe (LAC).
En fait, pour rester sur la liste du Patrimoine
Mondial, les sites classes de la region LAC doi-
vent tre rvalus en function des critres de


valeur universelle exceptionnelle retenu pour
leur classification et satisfaire un cahier de
charges soumis aux responsables des dits biens
culturels. Ce processus doit tre achev avant
la date butoir de juillet 2013. Autrement dit
pour conserve son statut de Patrimoine mon-
dial, le Parc National Historique devra rpon-
dre une srie de conditions impliquant un
ensemble d'actions qui doivent tre entrepris
dans les meilleurs dlais en vue de sa mise aux
normes de la Convention du Patrimoine Mon-
dial. Parmi ces actions, citons la cartographie
du parc, son bornage lgal, la definition lgale
de son statut, son zonage, son plan d'utilisation
du sol, son plan de gestion, etc.
En fait, I'ISPAN a su, au long des derni-
res dcennies, tant bien que mal conserve les
monuments historiques dans un tat apprcia-
ble. Mais il en est tout autrement pour le cadre
environnemental et natural du Parc National
Historique, soumis des menaces se prcisant
de jour en jour
Quoique ces facteurs de dtrioration
soient lis par des relations de cause effet,
nous numrerons en vrac quelques uns affec-
tant actuellement l'intgrit et l'authenticit du
Parc National Historique et qui risquent de re-
mettre en cause les critres de valeur univer-
selle exceptionnelle qui l'ont permis de figure
sur la liste du Patrimoine Mondial :
L'urbanisation incontrle
Un rapport d'experts de l'UNESCO, pro-
duit suite une mission ralise en 2006 se
prononce sur l'tat de degradation du Parc
dix-huit annes aprs la fermeture du project
en 1990. Ce rapport dcrit la menace qui pse
sur le Parc National Historique en ces terms:
La ville de Milot s'est dveloppe norm-
ment partir des annes 70, en parties cause
de l'arrive des travailleurs impliqus dans la
champagne de sauvegarde de la Citadelle. Il faut
prciser que, ds 1 955, un rapport d'experts avait
annonc la croissance de la ville, mais qu'aucune


measure ne fut prise pour endiguer ce phnomne.
Aujourd'hui la petite ville de Milot s'tend sur le
territoire du porc...
... L'architecture et l'environnement de Mi-
lot se dgradent progressivement en raison de la
construction de nouveaux logements qui mena-
cent i visuelle de l'accs Sans-Souci et
commencent s'tendre l'intrieur du porc en
utilisant porfois les structures historiques elles-
mmes...
... Environ 40 logements ont t btis de
manire anarchique aux abords de Sans Souci,
don't 70 % d'entre eux avec des matriaux et un
style contemporains qui portent atteinte l'rchi-
tecture unique et traditionnelle du site, progressi-
vement substitute par des constructions en bton
arm, peu esthtiques et qui ne sont pas relies
aux rseaux d'eau, d'lectricit, et d'gouts, aug-
mentant ainsi la pollution environnementale...
La combinaison de phnomnes mi-
gratoires, de dstructuration de l'conomie
agricole et l'absence de contrle municipal du
dveloppement des agglomrations de Milot
et de Dondon favorisent l'tablissement de
nouvelles zones de logements le long des rares
infrastructures routires existantes, la pollution
par des dchets solides et l'extraction anarchi-
que de matriaux de construction.
Des constructions anarchiques poussent
le long de la route Milot-Choiseul et la ville
de Dondon s'accroit en direction de Carre-
four-Seize, dans la valle de Brostage. Ces ex-
tensions urbaines se situent en plein dans le
primtre du Parc National Historique.
Agriculture libre et dboisement.
Les deux phnomnes sont intimement
lis. La pratique des cultures sarcles nces-
sitant un fort pourcentage d'ensoleillement
(mas, haricots, patates douces, etc.) incite ainsi

* Les critres de selection d'un bien cultural au rang de
Patrimoine Mondial peuvent tre consults la page
WEB : http://whc.unesco.org/fr/critres/


J.&Jj
e;"-
J. r --


BULLETIN DE L'ISPAN No I l1er avril 2010 6































A dr, la valle de Brostage que surplombe la Citadelle Henry et o passera la RN 003.
A noter le dnuement des terres autour de la Citadelle Henry et du site fortifi de Ramiers


l'abattage systmatique des arbres, entranant
leurtour la degradation du site. Selon un r-
cent rapport ralis fin 2009 par Michle Oriol
sur le PNH : Le systme agraire est present
dans tous les lments de dgradation de l'envi-
ronnement identifies dans des systme du mme
type travers le pays : coupe de bois, levage
la corde de bovins et de caprins, levage libre
sur les terres de l'Etat, production de charbon,....
La parties la plus dgrade de l'espace est juste-
ment la parties central du parc telle que dfinie
par Renard, l'espace monumental autour de la
Citadelle Henry, des Ramiers et de sans-Souci et
les sommets du Bonnet--l'Evque, tous proprit
de l'Etat haitien.
A cela il convient d'ajouter, le besoin en
nergie de plus en plus croissant Milot et
Dondon, voire le Cap-Hatien, conduisant
galement l'abattage d'arbres en vue de la
production de carbon de bois.
La pollution
La production des dchets affectant le
Parc est du essentiellement aux visiteurs ar-
rivant par Milot, notamment lors de grande
affluence :de la priode s'talant de janvier
au mois de mai avec un pic durant la semaine
sainte. Selon des chiffres non confirms le Jeu-
di-Saint la Citadelle Henry et le Palais de Sans-
Souci accueilleraient, pour cette seule journe,
25.000 personnel. Depuis 2006, des festivals
de musique (mga concerts) sont organiss
Milot, drainant vers les monuments histo-
riques une population important de jeunes,
sans encadrement, sans dispositif didactique et
sans dispositif d'accueil. Le Parc National His-
torique n'est pas pourvu de systme de ges-
tion d'ordures. Les measures infimes prises par
I'ISPAN pour tenter de palier ce phnomne
demeurent presque sans effet : pose de trois
poubelles la Citadelle Henry et d'une pou-
belle au Palais de Sans-Souci, embauchage de


gardens, de technicians de surface, en nombre
nettement insuffisant...
Extraction de matriaux
Il s'agit strictement de pierres calcaires,
en abondance dans le parc.Trois paramtres
identifies sont l'origine de l'ouverture de ces
sites d'extraction. En premier lieu, la demand
en matriaux de construction se fait de plus
en plus croissante dans les villes de Milot et de
Dondon. Puis, l'aggravation de la pauvret dans
ces villes mne exploiter tout product sus-
ceptible de pourvoir des revenues immdiats.
Enfin, l'accessibilit par l'infrastructure routire
carrossable du parc aux sites d'extraction de
matriaux de construction rend ais ce type
d'exploitation.
La construction de la RN-003
Le Gouvernement haitien a rcemment
sign un accord de financement avec l'Union
Europenne pour de la ralisation du tronon
Hinche-Cap-Haitien. Ces travaux permettront
d'achever la rehabilitation total de la RN 003
reliant Port-au-Prince au Cap-Haitien. Ce pro-
jet, capital pour le dveloppement des dpar-
tements du Nord, du Nord-Est et du Centre,
est parvenu au stade de passation de march.
Six kilomtres de cette route traverseront
le parc par la valle de Brostage. Des tudes
d'impacts de ce project ont t ralises an-
trieurement, mais sans tenir compete du parc
et de son statut exceptionnel de Patrimoine
Mondial.
Une fois acheve, cette route, plus court
de 50 km que la RN 001, recevra, en plus du
traffic local rgnr, la totalit du traffic rou-
tier de la RN 001 reliant actuellement le Cap-
Haitien Port-au-Prince De plus, passant par
la ville de Dondon, elle servira de support au
dveloppement sauvage que connat dj l'ur-
banisation de cette ville en direction du parc.
Par ailleurs, ce tronon de la RN 003, tra-


versera la valle de Brostage, sur laquelle la
Citadelle Henry offre une vue panoramique,
une des principles composantes du critre
(iv) qui a permis le classement du parc au titre
de Patrimoine mondial. Cette valle, don't le
zonage est toujours inexistant, sera dsormais
moins de 45 minutes du Cap-Haitien. Ce qui
engendrera d'normes pressions foncires et
mnera l'occupation incontrle de cette
important parties du parc.
Les effects pervers du tourism
La proximity du port de croisire Laba-
die (situ 20 km du parc) qui reoit chaque
semaine une bonne dizaine de milliers de
croisiristes, cre une forte demand pour
une exploitation accrue du Parc. La construc-
tion prochaine de la route touristique reliant
l'Acul Milot, permettant d'viter la ville du
Cap-Haitien et ses insolubles problmes, est
l'expression concrete de cette pression. Cette
route, finance par l'Agence Internationale des
Etats-Unis d'Amrique pour le Dveloppe-
ment (USAID) est en course de construction.
L'tude de ce project n'est galement pas ac-
compagne d'tude d'impacts sur le Parc Na-
tional Historique.
De plus, la demand touristique en visit
guide pour le parc et ses monuments histo-
riques ne cesse de s'accrotre en provenance
de la Rpublique Dominicaine, notamment de
la cte nord, o ce sont implants plusieurs
chanes d'htels internationales.
Le Ministre du Tourisme s'est dot en
2008 d'un plan directeur pour le Nord d'Haiti,
considr par ce secteur comme priority pre-
mire. Dans ce plan, dans lequel des projects
d'architecture ont t identifies, il est prvu
bon nombre d'amnagements, tel un centre
d'accueil Sans-Souci, l'amnagement d'un
parc de stationnement Choiseul ( mis che-
min entire la Citadelle Henry et le Palais de


BULLETIN DE L'ISPAN No I l1er avril 2010 7

































* La charpente de la Batterie Royale expose aux violent vents


Sans-Souci), un plan d'amnagement de la Ci-
tadelle Henry, incluant des boutiques, des sales
d'exposition, des muses, etc. Ces projects sont
proposes sans une evaluation des impacts et
des consequences sur les monuments histori-
ques et sans consideration aucune des chartes
et recommendations internationales (Charte
deVenise, Convention du Patrimoine Mondial,
Charte Internationale du Tourisme Culturel,
Document de Nara, I, etc.).
Les catastrophes naturelles
Les dommages causes par les perturba-
tions atmosphriques affectant Haiti durant
ces dernires annes ne sont pas dus aux
vents mais plutt aux pluies qui en gnral
les accompagnent. Aprs un certain nombre
d'heures d'averses, les sols rendus instables
par le dboisement deviennent saturs, provo-
quant des glissements de terrain, des coules
de boue et des inondations. La situation actuel-
le du Parc ne fait pas exception ce proces-
sus, eu gard sa topographie mouvemente,
sa gologie et le dboisement acclr don't
il est soumis. Une degradation de la situation
actuelle par palier exponentiel dans les pro-
chaines annes est prvoir si aucune measure
n'est prise. De toute manire, le parc et ses
monuments historiques ne sont pas pourvus
de systme de prevention contre les risques
de dsastres naturels (cyclone, sisme, etc.).
Par ailleurs, il faut signaler que la Citadelle
Henry est situe dans une zone, qui face
l'Ocan Atlantique, est soumise quotidienne-
ment l'effet de Foehn occasionnant priodi-
quement des temptes. Les dommages subis
par les toitures de la Batterie Coidavid et de
la Batterie Royale, pleinement exposes aux
vents de l'Est, n'ont pas attend les priodes
cycloniques pour subir des dsordres.
Le sisme du 12 janvier don't l'picentre


a t localis 17 km de Port-au-Prince, n'a
t que faiblement ressenti dans la parties nord
d'Hati. Cependant, la cte nord long une im-
portante faille sismique qui causa le terrible
tremblement de terre de 1842. Ce sisme
endommageat gravement le Palais de Sans-
Souci, le rduisant, peu de chose prs, aux
ruines que nous connaissons aujourd'hui, causa
la dstabilisation des principles structures de
la Citadelle Henry et fissura profondment
le bastion Coidavid. Une tude sur les rac-
tions de ces ruines face aux secousses telluri-
ques s'avre indispensable afin d'y porter des
contreventements et autres ouvrages antisis-
miques que requiert leur fragile stability
Dans le cas de Sans-Souci, les principaux
murs du Palais du Roi, s'levant sur plus de dix
(10) mtres de hauteur pour une paisseur
maximale de 50 cm leur base, ont perdu de-
puis fort longtemps, les solives des planchers
qui jouaient le rle de tirants, participant la
stability gnrale de l'difice. Des travaux dli-
cats de contreventement des murs par struc-
tures ajoutes seraient prvoir. Enfin, l'infiltra-
tion d'eau de pluie au Palais du Roi ruisselant
au travers du parquet non revtu de pavage
engendre des pousses excdentaires ten-
dant dstabiliser les murs du sous-sol et les
foundations. Une expertise structurelle, suivie
d'interventions appropries serait ncessaire
ce niveau. On se rappelle que I'ISPAN avait du
entreprendre en toute urgence des travaux de
stabilisation de l'escalier monumental du Pa-
lais du roi qui menaait de s'effondrer sous le
poids des remblais destabiliss par l'infiltration
des eaux de pluie (voir BULLETIN DE LISPAN
No 9)
Arrt des chantiers
Larrt des chantiers de restauration
en 1990, suivi du non-financement par l'Etat


haitien des cots rcurrents ces travaux a
entran un arrt brusque de leur entretien
gnral. Des signes de degradation manifestes
ont t observes.
A la Citadelle Henry, la degradation du
systme d'vacuation des eaux pluviales de la
toiture du Quartier des Officiers et celle de
la terrasse de la Batterie Royale, les rcentes
dteriorations de la couverture en bacs d'alu-
minium de la Batterie Coidavid sont essentiel-
lement du au manque d'entretien.
De mme, au Palais de Sans-Souci, l'ab-
sence d'entretien et de contrle soutenu a
caus galement une progressive mais sensible
dterioration des ruines : perte d'aplomb des
structures portantes, dtrioration des arases
des murs, dsagrgation de la maonnerie, re-
montes d'eau par capillarit dans les murs,
dcollement des enduis, etc.
Inscurit
Hormis la production de dchets, la fr-
quentation du site par des visiteurs locaux ou
des tourists strangers draine avec elle, face
l'inexistence de structures d'accueil, des actes
de vandalism, tel les vols de munitions, vols
d'quipement et graffiti sur les murs.
Des rumeurs persistantes font tat de
vols de projectiles. Ces faits n'ont pas t do-
cuments. Mais il demeure certain que ces
projectiles sont une proie extrmement facile,
compete tenu des conditions de gardiennage
du monument historique et des caractristi-
ques physiques du site, lui-mme. Les petits
projectiles (type calibre I, trs rares), sont les
plus menacs. Enfin, les abords de la Citadelle
Henry et du site fortifi de Ramiers sont en-
core riches de boulets de tous types, gars au
fil des hasards de l'Histoire.
Il est cependant utile de noter qu' la fa-
veur des Rencontres Fondatrices de Caraibes


BULLETIN DE LISPAN No I l1er avril 2010 8







en Crations, tenues la Citadelle Henry en
2006, I'ISPAN a pu mettre en place un syst-
me de gardiennage et d'entretien permanent
compose de six gardens de nuit, de onze gar-
diens de jour et de onze technicians de surface
affects l'entretien de la Citadelle, du Palais
de Sans-Souci et du site fortifi de Ramiers.
Ce nombre est malgr tout insuffisant pour le
contrle effectif du PNH et de ses monuments
historiques.
Signaltique absente
Le parc et ses monuments historiques ne
sont quips d'aucune sorte d'informations
immdiatement accessible aux visiteurs. Pour-
tant, une abondante documentation trs varie
sur les diverse dimensions (culturelles, envi-
ronnementales, gographiques, etc.) du PNH
et ses monuments historique existe, archive
dans les dpts de I'ISPAN. Ces informations
devront tres mis la disposition des visiteurs
en qute d'informations sous forme d'affiches,
de dpliants, pamphlets, brochures, de plans, de
tables de lecture, de vido-documenaires, de
signaux logotypes, etc.
Cette absence d'information didactique
a pour effet immdiat d'augmenter le taux
d'inscurit dans le parc et facility le vanda-
lisme. De plus il a t constat que, hormis
l'exprience de contact physique avec les mo-
numents historiques du parc, le visiteur revient
de sa randonne sans informations suppl-
mentaires, trs peu enrichi culturellement.


Une autorit pour le parc
Dclar zone rserve par la loi du 7
aot 1962, dnomm parc national par le
dcret du 18 mars 1968, class Patrimoine
mondial par l'UNESCO en 1982, le Parc Natio-
nal Historique Citadelle, Sans-Souci, Ramiers, a,
selon les Gouvernements qui se sont succds
en Haiti, soit bnfici d'une attention soute-
nue, soit laiss dans un tat de quasi abandon.
A plus d'un titre, il imported que ce patri-
moine soit dot d'un plan d'amnagement et
de dveloppement, engageant le respect des
responsabilits de l'Etat hatien mais aussi celui
des partenaires internationaux impliqus dans
la preservation, la conservation, la restauration
de Monuments et des sites historiques, tout
particulirement l'UNESCO et le Centre du
Patrimoine Mondial. Lieu symbolique et space
cultural, le Parc est galement un outil de d-
veloppement conomique pour la zone Nord
d'Hati.
Il s'agit, cette tape crucial de la vie du
Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci,
Ramiers, de raliser scrupuleusement l'Inven-
taire Rtrospectif initi par le Centre du Pa-
trimoine Mondial. Mis part le dclassement
au rang de Patrimoine Mondial de l'Humanit,,
les Hatiens risquent, face aux menaces qui se
prcisent, de perdre le parc et ses monuments
historiques.
A cet effet, la Direction gnrale de I'IS-
PAN a conu le project de la mise en place


d'un bureau national du patrimoine mondial
(BNPM), tel qu'il en existe dans les autres
pays de l'Amrique latine possdant un bien
cultural inscrit sur la liste Patrimoine Mondial.
Ce bureau, interdisciplinaire et jouissant d'une
large autonomie, serait charge de la gestion
du parc, de la ralisation de l'Inventaire rtros-
pectif lanc par le Centre du Patrimoine Mon-
dial (CPM-LAC) et de la mise en cuvre de la
Convention du Patrimoine Mondial.
A ce titre, le BNPM raliserait, en autres, la
cartographie officielle du PNH, entreprendrait
son bornage et son zonage, tout en dressant
sa carte d'utilisation du sol et dfinissant son
statut lgal.
Dans ce cadre, le BNPM serait galement
charge de la preservation et de la mise en va-
leur du parc et de ses zones monumentales
en conformity avec les critres (iv) et (vi) du
Patrimoine Mondial [critre (iv)], de la pro-
tection et de la mise en valeur les milieux
caractristiques naturels du Parc National His-
torique [critre (vi)]. Il s'agira galement pour
cette autorit de mettre en place, d'amliorer
les conditions de vie de la population du parc
estim 3 000 habitants et de satisfaire les
conditions de visit de ses monuments histo-
riques, tout en les protgeant et les mettant
en valeur.

space exceptionnel, gestion exception-
nelle.


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BULLETIN DE L'ISPAN No


I.Aire de stationnement de Choiseul
2. Le clocher de Milot
3. Lglise de Milot
4. Logement type des habitants du parc

Il er avril 2010 9


r-'







Questions rcurrentes
Que ;,t-ce que le Patrimoine Mondial ?
Sont considrc comme Patrimoine Mondial de l'Humanit, les biens cultu-
rels et naturels dots d'une valeur universelle exceptionnelle. Ce sont des
biens inestimables et irremplarables non seulement de chaque nation mais
de l'humanit tout entire. La perte, par suite de degradation ou de dispa-
rition, de l'un quelconque de ces biens minemment prcieux constitute un
appauvrissement du patrimoine de tous les peuples du monde.
Le patrimoine cultural et le patrimoine natural sont dfinis aux articles 1 et
2 de la Convention dupatrimoine mondial
Sont considrs come patrimoine cultural :
les monuments : ouvres architecturales, de sculpture ou de peinture
monumentales, lments ou structures de caractre archologique, ins-
criptions, grottes et groups d'lments, qui ont une valeur universelle
exceptionnelle du point de vue de l'histoire, de l'art ou de la science,
les ensembles : groups de constructions isoles ou runies, qui, en
raison de leur architecture, de leur unit, ou de leur integration dans
le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de
l'histoire, de l'art ou de la science,
les sites: uvres de ou uvres conjugues de et de la
nature, ainsi que les zones y compris les sites archologiques qui ont une
valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthtique,
ethnologique ou anthropologique.
Sont considrs comme patrimoine natural :
les monuments naturels constitus par des formations physiques et
biologiques ou par des groups de telles formations qui ont une valeur
universelle exceptionnelle du point de vue esthtique ou scientifique,
les formations gologiques etphysiographiques et les zones strictement
dlimites constituent l'habitat d'espces animals et vgtales mena-
ces, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la
science ou de la conservation,
Haiti a ratifi la Convention du Patrimoine Mondial en 1980.
Quels sont les critres pour qu'un bien soit inscrit sur la liste du Pa-
trimoine Mondial ?
Pour tre inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial, le bien doit rpondre ,
au moins, l'un des critres suivants :
i. reprsenter un chef-d'uvre du gnie crateur human ;
ii. tmoigner d'un change d'influences considerable pendant une p-
riode donne ou dans une aire culturelle dtermine, sur le dveloppe-
ment de l'architecture ou de la technologies, des arts monumentaux, de
laplanification des villes ou de la creation de paysages;
iii. apporter un tmoignage unique ou du moins exceptionnel sur une
tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue;
iv. ff un example minent d'un type de construction ou d'ensemble
architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des p-
riodes )de l'histoire humaine;


v. tre un example minent d'tablissement human traditionnel, de
l'utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit reprsen-
tatif d'une culture (ou de cultures), ou de l'interaction humaine avec
l'environnement, spcialement quand celui-ci est devenu vulnerable
sous l'impact d'une mutation irreversible;
vi. tre directement ou matriellement associ des vnements ou des
traditions vivantes, des ides, des croyances ou des ouvres artistiques et
littraires ayant une . universelle exceptionnelle. (Le Comi-
t considre que ce critre doitprfrablement tre utilis en conjunction
avec d'autres critres);
vii. reprsenter des phnomnes naturels ou des aires d'une beauty na-
turelle et d'une importance esthtique exceptionnelles;
viii. tre des examples minemment reprsentatifs des grands states de
l'histoire de la terre, y compris le tmoignage de la vie, de processus
gologiques en course dans le dveloppement des formes terrestres ou
d'lments gomorphiques ou physiographiques ayant une grande si-

ix. tre des examples minemment reprsentatifs deprocessus cologiques
et biologiques en course dans l'volution et le dveloppement des cosys-
tmes et communauts de plants et d'animaux terrestres, aquatiques,
ctiers et marines ; contenir les habitats naturels les plus reprsentatifs
et les plus important pour la conservation in situ de la diversity bio-
logique, y compris ceux o survivent des espces menaces ayant une
valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la
conservation.
Comment dfini-t-on la valeur universelle exceptionnelle?
La valeur universelle exceptionnelle une importance culturelle et/ou
naturelle tellement exceptionnelle qu'elle transcended les frontires nationals
et qu'elleprsente le mme caractre inestimable pour les gnrations actuelles
et futures de l'ensemble de l'humanit. A ce titre, la protection permanent
de ce patrimoine est de la plus haute importance pour la communaut inter-
nationale toute entire.
Depiiiu quand le Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci,
Ramiers a t inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial ?
Le Parc National Historique Citadelle Sans-Souci, Ramiers a t inscrit sur
la liste du Patrimoine Mondial en 1982, suite une recommendation du
Conseil International des Monuments et des Sites (ICOMOS).
Hati a-t-il d'autres biens cultures ou naturels inscrits sur la liste du
Patrimoine Mondial ?
Haiti n'a pas d'autres biens inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de
l'UNESCO. Cependant, en 2004, le Gouvernement haitien a fait inscrire
le centre historique de la ville Jacmel sur la liste indicative du Patrimoine
Mondial, selon les critres (ii) et (iv) de la Convention. Le numro de rf-
rence de cette inscription est le 1947. L'ISPANprojette de poursuivre cette
inscription au cour de l'anne 2010.


Les Casernes Dessalines

dtruites


C'est dans le cadre d'une rforme en
profondeur de l'arme haitienne que furent
construites les casernes Dessalines. Cincin-
natus Leconte, nomm la prsidence de la
Rpublique en aot 191 I, entrepris de trans-
former en une arme rgulire ce que les
avatars de la politique haitienne avaient rduite
au rang de d'arme de mercenaires (: Cor-
vington). La premiere pierre de la construction
de cet immense immeuble, le plus beau de la


capital , fut pose le 3 mars 1912. Le project
fut confi l'architecte Georges Baussan qui
excuta l'ouvrage en seize mois mois. Entre-
temps, le 8 aot 1912, une explosion dtruisit
le Palais National, important Cincinnatus Le-
conte qui n'eut pas le temps de voir achever la
construction des casernes Dessalines.
Pour raliser cet important difice Baus-
san, utilisa des briques fabriques La Bauderie
de l'Arcahaie et fit venir des pierres calcaires


dures de la rivire Froide. Baussan choisit pour
l'difice un plan en L, don't une branch suit
au Sud, sur plus de 200 mtres linaires, la rue
Magny et, sur 70 mtres, la portion de la rue
Geffrard longeant le Champ-de-Mars. Ldifice
qui devait tre pour longtemps le plus impor-
tant de la capital hatienne, s'lve sur deux
niveaux et un tage sous combles couverte
d'une mansarde. Le choix d'un module rpti-
tif pour la composition des faades reflte sans


BULLETIN DE L'ISPAN No 1 I ler avril 2010 10







quivoque le programme du project et facility
l'excution de l'ouvrage. Une galerie couverte
long, au rez-de-chausse, le primtre interne
de l'difice donnant sur une vaste court d'hon-
neur. La structure des Casernes Dessalines
tait ralise en murs porteurs : maonnerie
de roche et pilastres de briques lies au mor-
tier de chaux et mesurant 40 cm d'paisseur
leur base. Ils sont renforcs de tirants en acier
de 2 pouces de diamtre.
Ds le lendemain des dbarquements des
troupes amricaines, le 15 juillet 1915, les ca-
sernes furent occupies par les Marines. Ils de-
vaient y sjourner jusqu'en 1934, lors de leur
evacuation.
En janvier 195 1, une salle de spectacle,
pouvant contenirjusqu' 300 spectateurs, des-
sine et excute par l'ingnieur Henry Ar-
mand, fut accole l'aile sud de l'difice. Les
Casernes Dessalines servirent de logement
des troupes des FAD'H jusqu'en 1997. Depuis,
quasiment abandonn, elles abritrent l'Unit
Spciale de la Garde du Palais National.
Des nombreuses interventions malheu-
reuses visant accommoder, tant bien que mal,
des services connexes au logement de troupes
acclrrent la degradation de l'difice, mal
entretenu et souvent, par endroit, insalubre.
La court d'honneur squattrise de btiments
don't l'absence de planification rendit difficile
la gestion du complex : rection d'un dispen-
saire, amnagement de bureaux et logements
pour les officers suprieurs, construction de
cellules pour prisonniers politiques sous la
dictature de Franois Duvalier, amnagement
d'une aire de stationnement, etc.
Plusieurs projects de restauration ont t
proposes par I'ISPAN, pour sauver ce btiment
dsormais historique, tout en lui affectant une
nouvelle utilisation. Tous sont rests sans len-
demain.
Lors sisme du 12 janvier 2010, l'ensem-
ble de la structure de l'difice fut branl. La
maonnerie des murs porteurs, affaiblis par le
manque d'entretien et ronge par les infiltra-
tions d'eau de pluie, n'ont pas rsist au choc.
Seul les cages d'escalier ont pu jouer un rle
de contreventement qui a permit que l'difice
ne s'effondrt compltement.
Nanmoins, les Casernes Dessalines sont
restaurables , d'autant plus qu'il existe une
assez bonne documentation dans les archives
de I'ISPAN, constitute de relevs topographi-
ques, architecturaux et photographiques, etc.).

D'aprs rapport dress par E. Colas / ISPAN 2010


Les technicians de 'ISPAN ont entam le mois denier une srie de rapports-constats sur les monu-
ments historiques abims ou dtruits par le sisme du 12janvier 2010.
Ces constats prsentent sous forme de fiche technique, le diagnostic de l'tat de conservation du
monument historique suite la secousse tellurique, prcd d'un rappel historique et d'une descrip-
tion de l'difice avant le sisme ou dans son tat d'origine. Une estimation de travaux de measures
conservatoires complete le document.
Ces rapports seront prsents sous forme d'article aux lecteurs du BULLETIN chaque parution.
Nous inaugurons cette sriepar les Casernes Jean-Jacques Dessalines de Port-au-Prince.


o
I


Les Casernes Dessalines de Port-au-Prince:
I.Vue prise du Champ-de-Mars en 1913, peu aprs l'achvement des travaux de construction
2. Les Casernes Dessalines, en 2009
3. Les Casernes Dessalines, le 13 janvier 2010
4. Elevation sud des Casernes Dessalines


BULLETIN DE L'ISPAN No I l1er avril 2010 II








Chronique

des monuments et sites historiques d'Hati


Note de press No 008
Port-au-Prince, le 28 mars 2010
La Direction gnrale de l'Institut de Sauvegarde
du Patrimoine National (ISPAN) informed qu'elle a
reu du Bureau du Reprsentant de l'Organisa-
tion des Nations-Unies pour l'Education, pour la
Sciences et pour la Culture (UNESCO) en Hati, la
some de dix-neuf mille cinq-cent cinquante-cinq
dollars amricains & 00/100 (US $ 19.555,00), des-
tine la protection des monuments historiques de
Port-au-Prince endommags lors du sisme du 12
janvier 2010.
Ces fonds ont servi construire 203 mtres li-
naires de cltures provisoires l'glise Sainte-Anne
du Morne--Tuf, l'glise du Sacr-Coeur de Tur-
geau et la Cathdrale de Port-au-Prince. Ces pro-
tections priphriques sont actuellement acheves.
Ces fonds constituent, date, l'unique finance-
ment reu par l'Institut, depuis le 12 janvier 2010
et destins intervenir directement sur les biens
immobiliers valeur culturelle et historique de la
Rpublique d'Hati affects par le sisme.
La Direction gnrale de I'ISPAN

Identification de biens culturels
Le Service de l'Inventaire a entrepris, du 12 au 28
mars une mise jour de l'identification des maisons
gingerbread du Bois-Verna Port-au-Prince, sui-
te au sisme du 12 janvier Les fiches produites per-
mettront une fois leur traitement termin d'avoir un
profile exact de dommages causs par le sisme sur
ces maisons datant de la fin du XIXe sicle au pre-
mier quart du XXe sicle. La premiere identification
de cette collection de residences avait t ralise
en octobre de l'anne dernire, lors de la mise au
point du Manuel d'Identification des Biens Immo-
bilier Valeur Culturelle de l'Institut. Identification
de maisons gingerbread du Bois-Verna rentre dans
le cadre de la preparation d'un project de restaura-
tion et de mis en valeur que I'ISPAN compete raliser
avec la collaboration de la Fondasyon Konesans ak
Libte (FOKAL) et l'appui technique et financier de
laWorld Monument Fund. Cette champagne d'identi-
fication de biens culturels a t mene sous la direc-
tion de l'ingnieur Elsoit Colas de I'ISPAN. Un total
de 56 maisons de style gingerbread a t identifi.
Precdemment, cette mme operation d'identifi-
cation avait t ralise du 22 au 24 fvrier dernier


Residence gingerbread au Bois-Verna, endommage
par le sisme du 12 janvier


I--L21- -


Rsidence gingerbread au Bois-Verna (Maison Bazin)
sur le centre historique de Jacmel, exclusivement
sur les btiments endommags par le sisme. Cette
enqute, trs exhaustive, a dcrit et class les dom-
mages subis par les 103 maisons identifis. Cette
enqute permettra une evaluation quantitative des
measures conservatoires prendre pour sauver les
btiments anciens de ce centre historique, inscrit sur
la listed indicative du Patrimoine Mondial.Au course de
cette champagne, I'ISPAN a appos un sceau sur les
faades des btiments identifis. Les technicians de
I'ISPAN ont galement procd, toutes fins utiles,
une identification informelle de leur propritaire
et/ou grant responsible.

Btiments historiques scuriss
Grce un financement du bureau du Repr-
sentant resident de l'UNESCO en Hati, I'ISPAN a
clturer l'enceinte de trois btiments historiques
de Port-au-Prince, estims les plus menacs par les
actes de vandalism qui ont suivi s le sisme du 12
janvier 2010. Il s'agit de l'glise du Sacr-Cceur de
Turgeau (1 19 ml), de l'glise Sainte-Anne du Morne-


Lglise du Sacr-Coeur deTurgeau clture


-Tuf (63 ml) et de la Cathdrale Notre-Dame de
Port-au-Prince (21 ml). Ces fonds mis gracieuse-
ment la disposition de l'Institut par le Reprsen-
tant de l'UNESCO en Hati, M'Teeluck Buhanee, a
permits de scuriser et, probablement, mettre hours
de dangers in extremist ces btiments menacs d'ac-
tes de vandalism ou de destruction pure et simple.
Ainsi, 203 mtres linaires de clture en feuilles de
tle ondul, montes sur structure de bois ont t
pose sous la supervision de I'ISPAN.

L'ISPAN au Clinton Global Initiative
En marge de la reunion du Clinton Global Initia-
tive, qui s'est tenu New-York le 24 mars dernier
Mme Monique Rocourt, reprsentante de I'ISPAN, a
eu diverse rencontres New York avec des orga-
nismes interesss soutenir les initiatives de l'Insti-
tut. Au course de son sjour, Mme Rocourt a eut des
entretiens positifs avec les reprsentants du World
Monument Fund presents cette reunion, Mmes
Norma Barbacci, Sharon Breland et Erica Avrami,
dcids apporter un encadrement technique
une exposition photographique sur le patrimoine
architectural hatien en danger Cette exposition
itinrante, propose par I'ISPAN, sera prsente
dans plusieurs villes des Etats-Unis. M. Gary Hattem,
directeur administratif de la Deutsche Bank, partici-
pant cette entrevue, a accept spontannment de
finance une parties des frais de cette exposition.
Mme Rocourt galement eut une sance de
travail avec M. Ralph Appelbaum de la clbre fir-
me Ralph Appelbaum Associates (RAA), l'un des
meilleurs crateurs de centres d'interprtation
culturels. M.Appelbaum a offer de mettre les servi-
ces de sa prestigieuse compagnie la disposition de
I'ISPAN pour la creation du site Internet de l'Institut.
M. Appelbaum a offer galement les services de
sa firme pour l'tude d'un plan de visit culturelle
du Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci,
Ramiers et de ces monuments historiques et aussi
pour la creation, au Palais de Sans-Souci, d'un centre
d'interprtation du parc et de ses monuments histo-
rique. M.Appelbaum, l'initiative de I'ISPAN, visitera
bientt Hati.
A la rencontre du Clinton Global Initiative, Mme
Rocourt a prsent, au sein du group de travail
Initiatives culturelles, une conference sur les be-
soins urgent de I'ISPAN tant au niveau de la res-
tructuration de son bureau qu' celui des interven-
tions raliser sur le monuments historiques hatiens
affects par le sisme du 12 janvier Mme Rocourt
a galement prsent les travaux de restauration
et d'amnagement programms par I'ISPAN pour le
Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci, Ra-
miers afin de faciliter la visit culturelle de ses mo-
numents historiques. Mme Rocourt, a en outre fait
tat des enjeux du processes de l'Inventaire retros-
pectif initi par Centre du Patrimoine Mondial pour
ce bien cultural, processes qui, men bien, devrait
assoir dfinitivement le parc sur des bases durables.
Au course de sa presentation, Mme Rocourt a in-
sist sur le fait que ce parc national historique, seul
site hatien class au Patrimoine Mondial de l'Hu-
manit, reprsentait un potential conomique ex-
traordinaire qui n'exigerait que relativement peu de
resources en investissements.


BULLETIN DE LISPAN No I l1er avril 2010 12




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