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CRI DES NGRES.
L'Ho ura est n libre. En vain, pour l'asservir,
La force et l'injustice ont fabriqu sa chane;
Il s'indigne, il brise sans pine
Les infmes liens qui voudraient le fltrir.
Levant sa tte enorgueillie,
Il ressaisit sa dignit,
Et dit i: Le Ciel est ma patrie,
M'n domaine est la libert.
Europens, rpondez! A quels titres
Venez-vous nous donner des fers ?
Quels sont vos droits sur nos dserts ?
De nos destins qui vous a faits arbitres ?
Qui nous a condamns d'ternels affronts?...
Et nous aussi, de Dieu, nous, nous sommes l'image !
.Sa main n'a point imprim sur nos fronpts
Le sceau fltri de l'esclavage.....
Non, ce soleil africain,
Dont la fureur a dessch nos veines,
Qui noircit et brle nos lines,
N'a point tari dans notre sein
La sensibility, la bont, la franchise,
Vertus don't nos cours sont jaloux;
Et l'Africain que votre orgueil mprise,
Est moins barbare que vous.
(4,)
Au joug faonn ds l'enfance,
Et courb sous le fouet sanglant,
Aux cruauts de son tyran,
Qu'oppose-t-jl ?... sa patience.
Des pleurs secrets sont sa seule defense:
Souffrir, voil ie loi; ti code est: obdir,
Travailler et se taire.
Sa fermei~ qie rien n'altre
Repousse un coup par un soupir.
Quelquefois le malheur abattant son courage,
11 se croit n pour l'esclavage;
N'osant lever ses yeux sur un ciel irrit,
Il maudit sa couleur, il maudit la nature,
Et des maux qu'il endure,
Rend cdmplice -an Dieu de bont.
Mais parmi ce people d'esclaves,
Au plus dur travail condamn,
Et qui, d'un pre infortun,
N'ont hrit que des entraves,
Voyez-vous ce fier Africain P...
Fils du dsert, et comme lui savage,
Le nom d'esclave irrite son courage.
.La bche avilit sa main...
D'un mattre injuste il brave le caprice;
Il rit de sa vaine fureur;
Et, tromhpant sa lche avarie,
SIlrompt ses fers... it devient libre... il meurt.
('5 )
II meurt; et, brlans d'esp6ance,
Ses regards attendris s'lancent dans les cieux.
Plus de malheurs! plus de. souffrance !
Sa voix s'est ranime, et bient.Jil commence
L'hymne mlodieux,
L'hymne de dlivrance:
Vastes forts, berceau de l'homme noir,
SMontagnes qui me vtes natre,
Dsert o je n'eus point de matre,
Salut, je pars pour vous revoir...
Chers amis de mon enfance,
Reconnaissez-vous ma voix ?...
Notre amiti, dans l'absence,
N'a rien perdu de ses droits:
Non. -Venez tous au rivage;
SAccourez sotu cet ombrage,
Le front couronn de fleurs,
Danser avec vos compagnes...
Descentlez il vbs montagnes,
Et j'oublirai mes dbuleurs !
Quel son charme mon oreille?
D'o parent ces doux concerts ?
L'cho des bois se reveille,
Et surprend l'cho des mers.
Au bruit des floats qui gmissent,
Les chants du bonheur s'unissent.
On approche. Chers amis,
Je vous revois Douce ivresse !
( 6 ')
Que dans mes bras je vous press!
Tous mes malheurs sont finis...
Mais quelle vierge timide
Semble viter les plaisirs,
De pleurs la paupire humide,
Et le cour gros de soupirs?.. -
Quel noir'chagrin vous dvore? %
Dites-moi... si jeune encore,
Qui peut causer vos douleurs ? -
Que vois-je ?... ma bien aime !
C'est toi que j'ai retrouve:
Me voil... sche tes pleurs!...
Me voil ma douce amie,
Qui donc nous a spars?...
Europens, race impie,
Monstres de sang altrs,
Vous, don't la main forcene,
D'une union fortune,
Sans piti trouble la paix,
SDites donc quel fut mon crime ?
En frappant votre victim,
Inventez-lui des forfaits...
Ciel voyez vers le rivage
-j Marcher ces affreux vaisseaux:
La mort, les fers, l'esclavage,
Les prcdent sur les eaux.
(7)
De l'or la rage homicide
Qui gonfle leur voile avide,
Ne connait rien de sacr.
Ah fuyez dans les montagnes,
Fuyez, timides compagnes,
Au lieu le plus ignor !...
Ils s'lancent au rivage,
Ils courent de toutes parts;
Ils trainent en esclavage
Pres, mres, fils, vieillards;
Et, dans leur froce joie,
Ils s'acharnent sur leur proie
Comme le tigre en fureur.
Forcen, la voix tremblante
De sa victim expirante
Ne va point jusqu' son ceur.
Eh bien osez donc encore
Parler de votre bont!
Osez, d'une voix sonore,
Vanter votre humanit!...
Vous, humans! vous, bons!.... Barbares,
Ames venales, avares,
Votre unique Dieu, c'est l'or;
Vos vertus, ce sont vos crimes; I
Vos droits, d'injustes maximes;
Vos lois, la loi du plus fort.
Sur ses lvreT b plinate ,': ;
D'un froid moxnpi put son. sangi;.es jsq; :
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.Qu'ai-je dit? Des ls de 1'rAfrique
Justj"aux trnes des rois les cris sont parvenus:
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Honneur .:vous Ilgislat.eurs augustes,.
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Puisse le genre-hu m.i ', sous vore.obssa"de,
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