Title: Telegraphie
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Title: Telegraphie
Physical Description: Serial
Language: French
Publisher: Imprimerie du gouvernement
Place of Publication: Port-au-Prince, Haiti
Publication Date: August 29, 1824
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Bibliographic ID: UF00095943
Volume ID: VID00108
Source Institution: University of Florida
Holding Location: Bibliotheque Haitienne des Peres du Saint Esprit
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LE


T E L E GRAPIIE


Gazette Officielle.




N.o XXXIX.


PORT-AU-PRINCE, le 26 Septembre 18~4, an 21.
i i I iI i iii r l i... I i i I I I


EXTER E U R.
Paris, 7 J'itet.

LE public a t averti par deux lettres insres
.dans les journaux qiu'ne suite d'actes violent et
illgaux avai, nt amen dans kes port de France
trente-sept hommes de couleur de la Martinique
dports sans j gement et qui- ces malheureux
fstaient sur le point de quitter nos rivages pour
atler subir a -v engal le chitiment injuste qui
teur a te inflige a u mpris de toites les lois di.
iines et humaines. Une telle rvlation a d caser
eutant dee ouleur que d'tonnr nent: car, bies
que Je fait se soit pass dans une de nos colo-
ites, an, a pine a croire que le systme constitu-
tionnel ltabli dans la nire-pairie n'ait point en.
rore amnen la rforme de tout ce qu'il y a d'i-
*jique et d'odient dai-s le rgine cotnonial. Un
autre sujet d'tntoniee nt est venue st joiadre A ce-
lui a ; A peine les deux Iettres qui rvlaient des
faits si graves avaient-elles paru, qu'on apprit que
ile. Isambert, avocat A la cour de cassation ,
ntait traduit devant le conseil de discipline de son
ordre pour 'le fait de leur publication. Qu'avait->on
pu dcouvrir dans ces lettres, hors une vertuense
indignation contre I'injustice et I'oppression, hora
un zle plein de chaieur et de dsintressement
pour la cause de la justice et de l'hunamtn? On
a peine A comprendre qu'une dmarche qui honor
le caractre d'un avocat puise fournir a un mi-
nistre le sujet d'une plainte; on supposerait bien
plus difficiiement encore que cette demarche ft
juge defvorablement par un conseil d'avocats.
Jamais one cause n'a t plus digne de I'attention
et de I'ittrt des gens de bien que celle don't
IMe. Isambert a embrass la defense. Cethabile
.jurisconsulte a public aujourdl'ui un 'Irmoire
adressd ap roi en son conseil des mrnistres, dans
sequel se trouvent exposs tous les faits de cette
deplorable affaire. Nous regretrms de ne pouvoir
reproduire le tableau qu'il trace du rgiimedes
colonies rgime que Louis XIV et Louis XVI
ont vainement tent d'adoucir, et que la barbare
opinitret des colons est parvenue A maintenir
dan out ce qu'il y avait de plus inique et de
lus odieux. Nous nous burnons a extraire de l'-
Squent Memoire de Me. Isambert le rcit de
la prtendne conspiration au moyen de laquelle
en est parvenu A jeter la lsolation dans tant de
families, et A fire perdre A la coionie une portion
intressante de sa population.
On peut affirmer, est-ii dit dans le Mmoire,
qpe depuis la reprise de possession par les au;o-


rits fraangaiges, le sort des homes de couleur,
bien lein d:avoir t amlior, ess devenu plus hu-
ifant et plus prcaire.
Les entraves qu'on avait mises au dveloppement
de I'isdustrie des hommes de couleur; quoique
subsistantes toujours lgalement, avaient cess6
d'&tre appliques rigoureusement sous I'adatinistra-
tion interimdiaire, et ils en avaient profit pour
lever des ,-tablissemens de commerce.
Les croles n'ont pu voir sans une extreme ja-
lousie un tat de prosprit qui blesse autant
letns intrts que leurs prcjugs ; et pour l'ar-
rter, ils ont employ toute leur influence auprat
des gouverneurs successifs de la colonies.
Tel tait i'tat des esprits lorsqu'au mois de
dcembre 1823 une brochure de trente-deuic
page' d'impression, intitule: De la situation des
grns de coanleur libres, awcu Anites francsiie.,
fui itiroduiiite, on ne sait par qui, dans la colonie,
Cette brochure, imprime i Paris chez Mac-,
carthy, dpose a la direction de la librairie le
20 octobre 1823, distribute aux menibres des
diux chambres, aux mmaistres de V. M n'a t
l'ubjet d'au.cune poursuite, d'aucune censure: I'au.
teur en est connu, et il n'en decline pas la res-
ponsabilit.
Rdige dans des terms respectueux envers V.
M. et son gauvernement, elle ne fait connaitre
qu'imparfaiternent les vices de la legislation locale:
et quand au fait qu'elle signal, elle est reste
bien loin de la vrit.
Les biancs ayant eu connaissance de l'arrive
de cette .brochure, dnoncrent .son introduction
aux autorits administrative et judiciaires come
une co spiration.
Voici en quels terms cette dnonciation clan.
destine fut faite, et 'on jugera.par le ton mena-
gant qui y rgne qui-,. des dnonciateurs ou des
victimes, a conspir centre I'ordre tabli et centre
le gouvernemetut dut ro.-
Dcembre 1823.
M. le gnral,
ar Depuis quejques jours des bruits alarmans se
rpandent dans ctte colonie : nous paraissons me-
nics d'une commotion prochaine. Dans cette cir-
circonstance nous croiugns manque~r, at r rP, ,
nutre pays et i rious-nimes, M..le gnrat, si
nou- hztions A fire connaitre A V. Exc. les
causes de I'agitatioo qui se .|ifeste.
w Les multres Moint-Luui Thbia et J. Erich
sont arrives depuis peu A la" rtiniqie, de reto-U
de France oi ils avaient d e B"usieurs
nas. Leur retour a te suivi de fai :






( 2 )


excitaient I'indignrtion rleos habitans de ce pays:
1,'msolerice du mu!tre Lorce ( ) a t punie.
inais les distribiteurs d'un libelle inflame d'un
Script sditreux le sont-ils? .Plusieurta mnultres ont
et pri' en flAgrant d!t en contravention A la
loi, et ont t relchs l'eixcerl"i.i' ii, ir.is. C.a
derniers avaient dit-on, dja sigr.,' ir 'r.e a.lrt-e
pour le bouleversement de la colo.iie mais les
nutres taient-ils moins coupables ? et si on leiir
et donn le temps d'apposer leur signature au
tas de cette adresse, ne l'eussent-iUs pas fait;
n'taient ils pas assembls dans cette interntio ?
Cette reunion, dans un pareil moment, n'indique-
raent-elle pas assez son but ?
L'crit que rPus qualifions de sdiitiux Vest
sans doute dans l'acception du mot: il doit tre
roursuivi et puni conmme teL- Les prtentinis -que
les mulAtres y exposent et. !e's demiandes,qu'ils ont
faites sont combattues et rejt tes par toutes les
Imis et ordonnances q.ii rgissent les colonies. Nous
demandons avant eux M. .le gnral, que ces lois
et ordonnances soient maintenues, et les habitans
de la-Martinique sont prtA seconder de toiableurs
tnoyns -h. s .ilesures que Y. Exc. s.fra dans le. cas
de prendre, pour faire rentrer dans le rang qu'-
onii eur a ssign ceui qui veulent s'en carter.
Les blancs ne' consentiront jamais se voir les gauX
d'hommes qui comnme la plus grande parties des
-*iultres, et mnie de ceux d'entre eux qui ;font e
plus de bruit ont des parents trs-proches dans nos
ateliers.
i( Nous savons, Mr. le gnral que les nimulires
en gnral resteront tr-nquilles: iis :connaissent
trop'bien 1'inuffisance de leurs moyens: ile .savent
que le gouvernement- du roi ne souffriia jamais que
le systme tabli soit renvers mnais siL.e grand
nolmbre est rarsonnab'e on ne peut. pas se, dissi-.
:nmuler que beaucoup d'entre eux, seduits par les
-chimres qu'an leur propose, peuven ft tre egars
.au point de trouble la tranqiilhite de la colonies.
S C'est entire vos main Mr. le gnral que le
roi a mis son autorit : vvois n'etes st-ulenient pas
administrateur ,vous tes aussi, et avant t.out, gou-
verneur. C'est de vous seul que dpend la tranquil-
lit publique ,et c'est vous qui en etes responsa-
ble, c'est vous qui rpoddrez au ri e la colo-
nie, des malheurs pirtiels pui pourraient arriver.
Nous devons ajouter, pour fire .conniitre. A
V. Exc. l'opinion entire des habitans, qu'ils at-
tribuent ce Mlti arrive aujourd'iioi aux idees negro-
phiites, et :-.la.conduite de plusieurs personnel qui
'entourent V." Exc. et 'qui 's se sot attire i'animad,
version de la colonie.
11: est des'ht lnes qui, depuis cinq. six ans,.
Wsemleirt prendre A itche d'emtitre es .opinio ri
extrmement Cf-nnti:rrs au systeme colonial:. ii i'est'
pas tonnant que cis homnines, places en videuce
auprs du government, aient d'abord perv~rti.les
esclaes,%'et ensuite les muitres libres. C'est a eux
que nous avons du, 1'anne derriere, la reiltle .des
esclaves du Mont-Carbet, et c'est a eix ,que..nouss
devons la manifestation des prtentions des multres:

(1 ) Lonce, ngociant mulAtre, -a t& eondamn a un mois
de prison et a 1,000 fr. d'amieiP pour avoir eu chez luftu'le
discussion .ave Beaudu' ils,' n'gociant', au sujet de I'acquit
d'une traitre, *et avoir lev des doutes sur la -solvabilit de
ette rtiais n. 'es planes se trouvrent offenuss eln -da pesohne
de Beaudi fils. lis prurut aris aux portes da tribunal, vo-
"ifrant la coqilamnation Le tribunal conmpos dun juge.
sa rsister si .,rndan.iJ Lr-.rL c un multre ilisolcnt.
a t depinte i iloru-p e ue.i'r.:ii du *4 dcemlbre 1825)-
wcede l"ilreuu"l..,). lI, tlr l.,jitali,.,
\ .< cb


ceux-ci, nlrus le savons ont I'audilce de s'tayer
de votre nomi, et de se vante-r del'apnui des per-
sorimes que noius veno'ns de designer. Mais quelles
que soient les menUes et les intrigues des tiis et
des autres, nons devona dire A V. Exc. que les ha-
bitauns. de la Martinique sont unanirnement dcids
a maintenir et dcondre, A quelque prix que ce
soit, l'tat actual de la gislation el A ne jamais
laisser,por.ter rjcune atteinte aux rglerenCs coio-
niaux. Si le gouvernem nt avait un jour le project
d'y faire quelques -changemen, nous prions
V Exc. d'tre notre organe aup;rs de lui, et de
lii fire bien comprendre que comme il y va de
'existince de nos femmin et de nos enfans, nout
sommnes feriement rsolis n'admettre aucune
modificti'o n.
t Nnus demandons a V. Eve. .le maintien 4pur
et simple des lois et ordmnnances coloniales, et que
V. Exc. veui!le bien donner des ordres pour qu'elles
soient A 'avenir exact ment maintenups. Pour pen
qu'on s'en Acarte, l'difice colonial est attaqu, et
les babitans ayant pris la ferme resolution de se de.
fendre, s'ilsuccamhbent la colonie sera perdue pour
la France, et qui en sera cauis"?
Nots sommnes avec respect, etc.
- (Siin FOnR d rlR aU nom de tous les habitans
de la Basst-Pointe, et cormnussaire de la parni-.a
'le B.....: d Brettevel, :pour les Ii ib;n- in. la p -
roisse de Maeodtiia: la S... Dufond commissaire de
la paroisse de la Grande. Anse. n
Amns! les signataires ne se contentent point d'veil-
ler la sollicitude des autorits sur un fait qu'ils ont
jug importer la tr.-riiiiiliade la colonie; ils pr-
sentent une pititon collective; ils ne parent pas
en leur noni personnel. mais en celui des paroisses
de Macouba, de la Basse-Pointe et de la Grande-
Anse; lai ,'institulent commissaries, ce qrui su>ppos
des rleumnons, des assemblies clandeastines, des rA-
solu ons prises en cornmun, sans autorisation des
autorits.
Slis portent leur audace jusqu'A dnancer lesmu-
torites elles-im&res; les personnel qii exercent sous
les ordres de 1'administrateur les pouivnsrs de V,
M.; que dis-je ils accusenit le gn.v, rneur liii mrme.
lJs le menacein d'une respns ibijit terrible, s'il
a'obit p s A ieurs injunctions.
Enfin, ils ne craign -nt pas d'nvancer qu'ils sont
frrniemnent resolus ri'admettre jamais aicune mo-
.dification anx re.glemens coloniaux relative A '.
tit des -onnues de couleur ; oabliant saus doute:
que c.es-rglemens soni i'ouvrage d; leur' caste, et
qu'ils so at un riiunument de rebellion enveis l'ai-
torit legislative des'augustes prdcesseurs de V *Me.
-Que dis-je! c'est envers l'autorit suprnie de-
M.- elte-inime qu'ils se dclarent. ls sont ferme..
nient,.rsolus' A miintenir et .-l'l.i'Ir-,. A queiqne
prix -que ce a sit, -,le code ot,., ir .-t. tyranniq.e
quiis'est former foind de yeux et. l'insus du gou.
veruement royaIl.
.Un Jangage auui" crinminel ne dnote-t.il pas une
cq ipiration vbrit*hbJ d e li part des croles.,
.Suipect ti-ti&mIn aux .i des colons ,Mr. le,
general DonBzelbt crut peut-tre pruideit de cdor
poiir' un moa>ent 1'orage, en se rservant de fire
connaitre a V. M1. les 'ritables causes du triste ev.
Segment, qi nous aecupe, et d'en sollciter lui-mim e '
la -rparatioria .
Voici les terms d'une proclamation adresse A
MM. les commandant du bdtaillon de miliceset aux
Scominissaires conmmandans les paroisses:
e Quelques agitateur se sont pmpars d'une classes


. :.





( )


, aule et pen cairee pour la pousser au dasor-
dre par I'espoir d'un changement prochain dans la
)gi.slation politique des colonies. Des pamplilets ,
ditribus clandestinement, ont trahi de coupables
voeux et product le deplorable effect d'enflammer les
esprits de toutes les classes de la population.
, Que tous les habitans de la Martinique soient
convaincus que je saurai maintenir l'ordre et la
tranquillit,
a La legislation tablie est l'ouvrage'des 'rois,
prdcesseurs de notre bien-aim monarque: cha-
CuS y doit obissance et respect ; et mni j'ap-
puieri de tout mon pouvoir.
S.. M. seule a le droit d'y apporter des mo-
difications.
Mais elle veut le bonheir et la prosprit de
tous ses sujets; aussi ,ne consacrera-t-elle que ce
qu'une s'age experience aura prouv etre conve-
nable' et ncessaire l'accompiissement de ce
doiube but.
Je foraj poursuivre avec la dernire rigueur
les perturbateurs, et particulirement ceux qui, par
des sour'des mnancuvres ou des libellks sditieux,
tenteraient d'inquiter ou de remuer les esprits.
Je ne doute pas que vous ne continuicz a exer-
cer une active surveillance, et que vous ne vous
empressiez de ni'informer de ce qui peut intres-
ser la tranquillit publique.
Je vous invite de mn'acctser reception de ma
.prsenite lettre.
Recevez, MI. le coromandant, I'assurance de
ana consideration distingue.
.1 Le lieutenant-gnral, gouverneur et
administrateur pour le roi.
(Sign) DONZELOT.

11 est ,ident que cet acte a t dict tout elt-
lier par I'esprit colonial. Comment, en effect, un
administraterr aussi instruit que M. Donzelot, aurait-
il pu dire que la legislation relative a la position ac-
tuelle des hoonmes de couleur en est la destruction ?
Quoi qu'il en soit, la publication de cetle pro-
cla nation a t funeste aix honmnes de couieur.
Elle donnait crance I'existence d'une conspi-
ration. II ne s'agi,,sait plus, pour les blancs que
de la consacrer par un acte judiciaire. Rien n'-
taitplus facile. Les juges de la colonie sont des
croles- ils partagent les prjiigs de leur caste.
Qui snit par quelies sollicitations, et par quelies
nienaces ils ont t conduits rendre l'art qui
a frapp tant de nilheuri-ux!
Ds le 12 dcoirbre a82, une perqnisition
avait t ordonne. 11 semblait qu'eile devait tre
dirige contre MM. Mont-Louis Thbia 'et Joseph
Erich, arrivs rceminent de France, et nominia-
tivement dnoncs par l'adresse que nous venons
de transcrire; il parait qu'on leur reservait I pri.
'vilige. d'tre dportes sans jugem nt, de peur que
dans leur defense ils ne fissent entendre tls es-
perances que leur sjour dans la intropole a d
leur donner. et qu'iis n en appellassent la justice
directed de V. M. et de son gouvernemeent. Les
blancs qui sentent que les deputs des chambres
d'agrictlture, qui resident lParis, et qui recoivent
un traitement sur le trsor de la colonies ne sont
!lue leLurs reprsentans et non ceux de la colonies,
,6signaient ironiquement M M. T'lbia et Erich,
comme les dputls des homes de couleur.
La descent de justice se (it chez M. -Bissette,
nguciant au Fort-Royal. Ge propritaire avait, aux


yeux des crdoles, le tort irrmissible d'avoir tj
rdacteur de plsieurs ptitions adresses par le
honmmes de oouleur M. le goirverneur. de la co.\
lonie S. Exc. le ministry de la marine, et d'un
project d'adresse A V. M.; iltait aussi rdacteur de
I'adresse faite au sujet de la guerre d'Espagne, A
la date du i15 mai 1829. C'en tait assez, sans doue,
pour tre dnorcc come chef de la prtendue cons-'
piration.
On troiva chez lui deux exemplaires seulement
de la brochure. Cela suffirait pour prouver qu'il n'ea
tait pas le dpos:taire ri +e colporteur; les pour-
suites n'en furent pas mnins continues. Le 13, it
fut cit & comparaitre devant le tribunal de pre-
iuire instance et depuis il n'a plus revu son
domricile: cependant :i ne fut dcrt de prise de
cops qu e le 27 mars; la significat.ion fut antidato
et rapporte au 16, afin de pallier une incarcra-
tion illgale de plusieurs semaines.
La suite au prochain No.


Arrnt du tribunal de cassation de la R-
publique d'Haiti.
AU NOM DE LA REPUBLIQUE.
Extrait des registres du greffe du tribunal
de cassation de la Rpublique, sant au
Port-au- Princes
Ce lundi, dix-neuf juillet mil-hoit-cent-
vingt-quatre, an vingr-unime de 1'ind-
pendance.
Le tribunal de cassation runi au pa.
lais de justice, lien ordinaire de ses au-
diences o taient pisens le doyen J,
F. Lespinasse, les juges Djean, Oriol,
Basquiat et Neptune, ainsi que le citoyea
L. A. Daumec remplissant provisoire.
ment les functions dA ministre public.
Delibrant sur le pourvoi en cassation
fait par Messieurs Robert Goldie et com-
pagpie negociants denmet'arnt en cette
ville, contre le jugement reudu par le tri-
bunal civil de ce resort en ses attri-
butions de celui de commerce, en date
du trente septembre mil-hutt-cent-vingt-
tfois ; lequel pourvoi portant poiir gref
fiusse application de l'aiticte 1241<, dut
code civil et contravention l'articl.
157, di code de commerce.
E itendu le rapport du juge Basquiat,
Oiii les conclusions verbales dii ito-
yen Louis Auguste Daumec, remplissant
provisoirement les functions du substitute
du commissaire, du gouver.iement, pt y
ayant gard.
.Vules articles 19~4 du code civil, et
157 du code de comirierce.
Vu les pieces, mmoires et antres do.
cumeus tenant au proce le tout m.f e
ient et attentiveenet ea iiin.
i 1.







Cunsidrant que, sur le premier moyen
c1 cassation, argt, par Messieurs Robert
Goldie et cormpnagnie pour fasiise appli-
cation de 'article '12- do code civil,
excipant que ce n'est qu'en matire ci-
vile qu'il est laisi at1 juges le pouvoir,
en pregnant en consideration la position
du debiteur, de tui accorder des deais
inoderes ponr le pavement des engage-
ments par lui contracts; que bien que
Messieurs Robert Goldie et compagnie,
ayent appuye cette assertion sur les dis-
tinctions luinieuses qui ont te faites par
la cour de cassation de trance, sur 'ar-
ticle 1241 du code civil, et notamment
par son arrt rendu en matitre de com-
merce, du ,2 juin 1812, mais dans I'es-
pce bien difter,,ite, qui existe entire Mes-
sieutrs Robert Goldie et con:pagnie et
la citoyenne R1 sinette marchande en
cette ville et qui presente le cas d'une
exception la regle, u cause d'in vene-
ment imprvu et de force majetre, aprs
les dsasties occasionnes par 'incendie lde
la nuit du seize Drembre nil-buit-cent-
vingt-deux la citoyenne Resinette ayant
t frappe par une catastrophe aussi fu.
neste qui'inopie nul doute que le tribu-
nal civil du Port-au.Prince, n'tt du fire
dans I'espce l'application de P'article
P4-1 di code civil, pour accorder un dlai
4 la dtbitrice: attendu qu'elle se trove
du nombre des incendis et qi,'i! est aussi
de notorit publique qut'elie a proutv
des pertes majeures qui r-clament sursis
son gard come il appert par la d-
claration qui a ct reqne au greffe du tri-
bunal de paix de cette ville, en date
du vingt-quatre L)ccembre mil-huit-cent-
vingt-deux en consequence le premier
moyen de cassation, argu par Messieurs
Robert Goldie et compagnie, doit tre
considre conime nul et de mil effect.
Consid^rant que le second nioyen de
cassation,. propose par iie.ssieirs Robert
Goldie et compagnie, pour I'annuilatii6n
du jugement attaque, est aussi tilusoire
et final fond en ce qde l'artic!e 157
di code de commerce, qui dispose que
les juges ne peuvent accorder auuiin delai
.pour le payment d'iine lettre de change,
n'est nullement applicab:e au cas d'cn en.
gagement contract, pour dette de mar-
chandises, et qu.e'i'on ne peut non plus
arguer de ce moyen pour demand r la re.
formation d'un ,genieiit qui accorde de
fioouveaux dela4 en fiveur d'uii deii iteur
(alheur A, frsque la justice et 1'hu.
\. \ic;he


(4


4 )

manit doivent en pareil cas le recom
mander aux magistrais hiargs de fair 'a,
plication de la loi : en cons, queice le se,
cond moyen de cassation tie peut ctre
app ci.
Le tribunal par ces motifs rej-tte le
pourvoi en casiation faith par Messieurs
Robert tGoldie et compagnie, centre le
jugement rendu, e, matiere de commercee,
par le tribunal civil de cette viIle, en
feuiir de la citoy.:-ime l(sinette, en date
du tier.te septembre mil.-hlit-cent-vingt-
tro.s et manrtienrt 'amende au pr,fit du
trsor public ; oiie qu'a la diligence
du miniistr' piubtec, expedition du pr&-
sent arrt sera eiivoye au gratid juge et
qii'extrait en sera i ser dans la Gazette
Officielle.
P'ironoc au palais de justice du tri.
bunal de cassation, les jour mois et an
que de J'autre part. Sinie .In. Fr'inois
Lespinaasse ; Boiss-n, greffier.
('ollatiound coifoijnie BOISSON.
---
AVIS DIVERS.
A LOUER 011 A AFFMRMIER
Afoyennant les conditions es plus on.enablea.
Un appartement situ dans li rue des Cazc(rn:-s,
en face de celui du colonel Acqu.r coisi.tant
en deux chambres une grande t*alle au mlieu,
deux cabincis et un gr:id satln.
S'atre>,ser a Ma.idei iselle Chiuchoute Carl,
denmeurant dans l dit ,uprtieent, et p,)ur plis
miplts infornimtions. Mlisieur Ducharcau, emin
p:"y au bureau des domaiiiis de la Secretaireie-
d'lEtat.
Le public est pr#venu que dans la nuit du-s a
med, six Seujpteibre. il i et vol unir montre
frannaise eii or et a quantiinit avec su chain
aussi en or. appartenante a Mansiur uiichareau.
Hinnte rcomipense A qui lui frra dcouvrir
ce vol.
Le public est prevenu, que dans la journe dti
6 September entei 8 et 9 h. urec du soir, il a te vol
dans un des corps de Ilgis de la maison du pre-
esdent d'Haii sire sur la place de i'Eglise, les
obijeta .ei-apres;
Une montre anglaise ( putente) monte sur dia-
mants ;
Une montre A rptition, le deasus de couleur
jaune;
Une montre d'argent ordinaire;
Un nceisaire d'.icajou, i' sage des femmees;
Un pi-inoet de poche, doubl- detente et ciarg;
Six boutms d'or A gilet, cte de melon;
Un louis de vingt-qitaire francs a couronne et
A I'effigie de Loni. XV.
Ces objeta appirtinnent a M. Jourdan Laprae;
il promet une rcompeone a la peraonne qui les fera
dcouvrir.
Port-au.Princu, de I- 'lu-priner d- Gou -rnemt---
Port-au-Prince, de V1mprimeria du Gouernamnint.




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