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Courrier (French)
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Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00095067/00110
 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 04-2011
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00110

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Le S.P NO. VI (N.S)- AVRIL 2011

C OU rrier
Le magazine des relations et cooperation Afrique - Caraibes - Pacifique & Union Europ6enne


rjiIHNKiM.













Ceurrier



Comite de redaction
Co-presidents
Mohamed Ibn Chambas, Secretaire general
Secretariat du Groupe des Etats ACP
\wvw.acp.int

Fokion Fotiadis, Directeur-General DG EuropeAid
Commission europeenne
ec.europa.eu/europeaid/indexfr.htm

Redaction
Directeur et Redacteur en chef
Hegel Goutier

Journalistes
Marie-Martine Buckens (Assistante Redacteur en chef)
Debra Percival


Assistant editorial et de production
Anna Bates


Assistant de production
Telm Borras


Ont participe a ce numero :
Clarens Renois, Haiti Press Network, www.hpnhaiti.com

Gestionnaire de project
Gerda Van Biervliet


Coordination artistique
Gregorie Desmons


Conception graphique
Ldic Gaume

Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani

Distribution
Viva Xpress Logistics - ww.vxlnet.be

Agence photo
Reporters - ww.reporters.be

Couverture
Port-au-Prince, Marche en Fer, reconstruit
en seulement 12 mois le 12 janvier 2011
� Hegel Goutier


Sommaire



Catastrophe naturelle, catastrophe humaine


Satisfaction pour l'Humanitaire. Apprehensions sur
la Reconstruction


Remerciement et conseil de modestie a la communaut&
international


Comment les ONG interviennent


Les commissaires europeens Andris Piebalgs et


Kristalina Georgieva tirent les lemons du s6isme en Haiti 5


Interview avec Mme l'ambassadrice de l'UE,

Lut Fabert-Goossens 6


ONG. Allies et critiques des institutions 8


Connaissance, culture, libert&... et &loge de la rigueur 9


Perspectives diplomatiques


Hors de Port-au-Prince : Jacmel et L&ogane


Reconstruction de Port-au-Prince


Protection civil Haitienne


Diaspora haitienne. Michaelle Jean


Seisme aussi dans l'ame haitienne


Contact
Le Courrier
45, Rue de Treves
1040 Brussels
Belgique (UE)
info@acp-eucourier.info
www.acp eucourier.info
Tel.: +32 2 2345061
Fax: +32 2 280 1912


Public tous les deux mois en anglais, en franQais, en espagnol et en portugais

Pour toute information concernant I'abonnement,
Veuillez consulter notre site web a I'adresse www.acp-eucourier.info ou envoyez
un courriel a I'adresse info@acp-eucourier.info

Editeur responsible
Hegel Goutier

Consortium
Gopa-Cartermill -Grand Angle Laimomo

"Les opinions exprimees sont celles de leurs auteurs et ne representent pas la position
officielle de la Commission europeenne ou des pays ACP. La Commission europeenne
et les pays ACP, ou toute personnel agissant en leur nom, declinent toute responsabilite
quant aux informations continues dans la present publication et aux eventuelles
erreurs qui pourraient s'y 6tre glissees en depit d'une preparation et d'une verification
attentives."




















Catastrophe naturelle, catastrophe humaine


tion par la communaute inter-
nationale de la crise majeure
engendree par le seisme d'il y a
un an en Haiti et les lemons qui en sont
tirees. Legons don't certaines malheu-
reusement ont ete vite pergues a l'occa-
sion d'une autre catastrophe naturelle, le
couple seisme-tsunami qui a meurtri le
Japon, l'un des pays les plus developpes
et des plus pares contre l'adversite.

A Sendai et a Fukushima, les maisons et
la central auraient resisted au tremblement
de terre mais pas a sa suite naturelle du
tsunami de 12 metres qui depassait la hau-
teur des protections. Le grand Port-au-
Prince aurait eu vingt, trente fois moins
de morts au debut des annees 50 quand
sa population n'etait que de 200.000 habi-
tant au lieu des 3 millions d'aujourd'hui.
Une catastrophe n'est donc jamais que
naturelle.

Dans la parution precedente du Courrier,
en prelude a ce numero special, Patricia
Danzi du Comite International de la
Croix Rouge don't des equipes etaient
sur place en Haiti le 12 janvier 2010, avait
prevenu de la fragility de tout pays face
a des catastrophes majeures, de plus en
plus probables au course desquelles on
aurait a gerer, comme c'etait le cas la
premiere fois dans un pays en paix, un
nombre aussi eleven que 250.000 morts
dans le perimetre d'une seule ville. De
nombreux sismologues avaient donne
d'autres avertissements sur les construc-
tions, le control des normes les regissant
et leur localisation. Des recommendations
sont faites en faveur de Casques rouges
internationaux prepares et aguerris,
comme le souhaite le President haitien
Rene Preval en function lors du reportage
du Courier, ou d'autre system de coor-
dination entire les instances publiques et
associatives intervenant en cas de catas-
trophes. Comme le dispositif don't la
commissaire UE Kirstalina Georgieva
envisage, au moins au niveau europeen,
la mise en place.

Plus specifiquement, un donateur comme
l'Union europeenne, a, de concert avec
Haiti, modified certaines priorities pour


renforcer la capacity d'absorption de
l'aide du pays, en ce inclus, sa prevoyance
des desastres naturels. Le commissaire
UE en charge du developpement, Andries
Pielbags a insisted sur la necessity d'ame-
lioration de la governance politique en
Haiti.

Une experience, du moins une reflexion
profonde, tiree d'Haiti, est la place des
ONG, leur performance en terms de
realisation par rapport aux moyens don't
elles disposent. Les Etats n'ont pas seu-
lement obligation de resultats mais de
performance par rapports aux resources
utilisees. Et les organizations non gouver-
nementales ont toujours bien joue le role
de gardens du temple de la governance.
Leur performance est Haiti est scrutee,
a leur honneur, par elles-memes. Leur
reussite est spectaculaire sur le plan de
l'humanitaire. Mais a quels couts ? Le
pays a-t-il besoin de plus de 10.000 asso-
ciations etrangeres sur place ? Pourquoi ne
pas elargir le budget de la reconstruction a
des usines d'assemblage de machines agri-
coles dans un pays essentiellement rural ?
se demand OXFAM dans un rapport
qui a faith du bruit. Des ONG haitiennes
lui font echo mais qui reclament de la
rigueur d'abord des Haitiens et de leur
gouvernement.

Sur le plan de la reconstruction, n'est
visible que l'impatience de la population.
Mais la situation est de loin moins mal
qu'apprehend&e. Relativement peu des
fonds disponibles sont depenses. Signe
de manque de capacity d'absorption d'un
pays ou d'une preparation meticuleuse de
la part de l'instance en charge de cette
reconstruction ? Il y a des plans sur la
table, des critiques sur les lenteurs. Et il
n'y a pas de rumeurs de detournements
de fonds. La reconstruction d'Haiti a
donc peut-etre commence.


Hegel Goutier
Redacteur en chef



http:// www.acp-eucourier. info/Haiti- Un-an-
apres. 1426.0. html?&L =2


EDITION SPECIAL N.E. - AVRIL 2011


















































IiI


Hegel Goutier


terre, la reconstruction est une
priority, source de critiques
et d'apprehensions, a tort ou a
raison. Sur le plan humanitaire, il n'y a pas
debate, une satisfaction general se degage.

Port-au-Prince, fevrier 2011. Des abris,
souvent des tentes, hebergent tous ceux
touches par le tremblement de terre.
On rencontre paradoxalement moins de
mendiants dans la ville qu'avant car tous
pouvaient passer pour sinistres et profiter
des commodities des camps, des rations
alimentaires, de l'eau potable, et autres
structures d'assainissement et antennes
medicales. Succes de l'humanitaire aussi
face au cholera qui est plus que contenu,
apres avoir tue environ 4.500 personnel.

S'attaquer aux handicaps
majeurs d'Haiti

Quant a la reconstruction, l'impatience
se manifeste partout. La gestion des
sommes qui y sont allou&es, est confine
a la Commission interimaire pour la


Reconstruction d'Haiti, la CIRH, diri-
gee par le Premier ministry Jean-Max
Bellerive et l'ancien President americain
Bill Clinton. Lors de sa reunion d'informa-
tion du 15 fevrier, a laquelle etaient convies
Mirlande Manigat et Michel Martelly, les
deux candidates au second tour des elec-
tions presidentielles, ceux-ci ont critique
les lenteurs et exhorted la CIRH a la celerite.

Plusieurs participants a la rencontre ont
insisted sur la necessity d'aider Haiti a elimi-
ner ses handicaps cruciaux regulierement
epingles par sa soci&et civil. D'abord, la
fragility du cadre institutionnel du pays,
au-delh du gouvernement en place. Et
puis le caractere inequitable de la soci&et
haitienne avec d'enormes disparities entire
les couches sociales et entire les regions.
Un autre frein reside dans le manque de
decentralisation. Les autorites locales ne
disposent pas des resources necessaires
qui leur permettent par example de reduire
les risques en cas de desastre, elles qui sont
en premiere ligne.

Et pourtant la reconstruction
progress

La regularisation du cadastre est une autre
necessity crucial. Le pays et les bailleurs


de fonds se seraient bien passes de la mesa-
venture d'un depot d'immondices don't la
construction bien avancee 2 millions de
dollars deji depenses -a ete stopped par
les supposes proprietaires du terrain qui
ont faith valoir leurs droits apres des mois de
silence. La justice est saisie mais avec quelle
independence ? L'Etat haitien a du mal a
exproprier, pour raison d'utilite publique,
des proprietaires prives meme quand leurs
titres de propriety sont douteux.

Et pourtant, la reconstruction advance. La
CIRH announce par example que 700.00
personnel plus ou moins 50% des sinis-
tres -ont quitter les camps pour regagner
leurs maisons securisees ou d'autres struc-
tures, que 90% des eleves sont retournes
a l'ecole et que des plans pour la recons-
truction de Port-au-Prince sont sur la table.
Au total, des projects cumulant 3 milliards
de dollars sont d6ej lances, parmi lesquels
un parc industrial d'un potential de 60.000
emplois a temps plein. Avant la fin de
l'annee, 400.000 personnel supplemen-
taires seront hebergees dans des logements
en dur, 10 h6pitaux et cliniques seront
construits, 50% de la population aura acces
a l'eau potable et a l'assainissement.


C u rrier























de ggasti "a' la aomna


a g rnationale


Le president Rene Pr&val fait le
bilan de la derniere annee de ses
deux mandates cons&cutifs, mar-
quee par une des catastrophes
naturelles les plus tragiques. I1 salue la gene-
rosit& de la communaute international a
l'&gard d'Haiti tout en l'appelant a plus de
modestie. Et se dit relativement pessimiste
pour l'avenir des pays en d6veloppement.

Interview

HG- Le plus dur est-ilpasse pour Hati ?

RP - II faut distinguer le moment oi l'on
avait sur les bras beaucoup de morts et de
blesses. Ce temps-la est passe grace au sup-
port de la communaute international qui
s'est mobilisee de fagon extraordinaire pour
aider Haiti. II faut retenir les lemons d'un
moment de grande mobilisation et aussi
de grande confusion parce qu'il n'a pas eu
en amount une coordination des interven-
tions. En ce sens-la, j'appuie la proposition
de Nicole Nicole Guedj, ancien ministry
francais (ndlr President de la Fondation
Casques Rouges) que l'ONU organise,
a l'instar des casques bleus, des casques
rouges pour preparer les interventions
humanitaires.

Ensuite il y a eu la post-urgence m6dicale
et d'assainissement qui a &et bien maitris&.
Maintenant c'est la phase de la reconstruc-
tion. Pourquoi un tremblement de terre
faith autant de morts en Haiti par rapport
a un autre de meme magnitude au Chili
ou en Chine ? C'est parce qu'il y a eu un
abandon des provinces don't les populations
sont venues chercher un illusoire mieux-
etre a Port-au-Prince, dans des conditions
d'occupation de terrains et avec des stan-
dards de construction inconvenables. II faut
d6centraliser le pays. Pour cela, la volont&
politique ne suffit pas. II faut identifier le
potential et les besoins de chaque zone et
y consentir les investissements idoines en


Port-au-Prince. Palais National � Hegel Goutier


EDITION SPECIAL N.E. - AVRIL 2011


d































Le president sortant, Rene Pr6val
� Hegel Goutier




terms d'infrastructures et de creation d'
emplois. Cela demand du temps.

HG - Sur les resources humaines,
y a-t-il eu une evaluation des pertes
de capacity de l'Etat haftien suite au
seisme ?

RP - Du point de vue physique, tous les
batiments des ministeres sont tombs de
meme que le palais legislatif, le palais de
justice, le palais national, les ports et en


parties l'aeroport, etc. II a fallu du temps
pour reloger les services dans des batiments
de fortune et faire fonctionner l'appareil
administratif. Un grand nombre de fonc-
tionnaires de l'Etat sont morts. On a perdu
10 milliards de dollars, l'equivalent de 40%
du PIB.

HG - Sur le plan pratique que faut-il
faire en vue de la reconstruction ?

Nous avions oublie qu'Haiti etait sur des
failles. D'autres tremblements de terre
auront lieu infailliblement. Succinctement,
il faut prendre des dispositions adequates,
parmi lesquelles des sondages geotech-
niques, l'adoption de normes antisismiques
et la deconcentration de la capital. Pour
que tout cela se fasse, il faut renforcer les
institutions, ce qui exige la stability poli-
tique. Et donc, un enforcement des parties
politiques qui avaient ete detruits par la
dictature.

HG - Quel est votre etat d'esprit sur
l'avenir d'Hafti?

RP Les conditions de gouvernabilite d'Haiti
sont difficiles. Il y a dans le pays une exclu-
sion social, politique et economique. Ce
fosse doit etre reduit, sinon il y aura tou-
jours des problems politiques. LHaitien
touche en moyenne 2,5 dollars par jour.


Mais ce qui me rend pessimiste, c'est le
module de developpement que suit le monde
aujourd'hui. La Chine vient de passer en
deuxieme position comme puissance &co-
nomique. Elle a besoin, comme d'autres
pays emergents de resources. Des res-
sources limitees sur terre. Dont ont besoin
les Etats-Unis, 1'Europe. La place pour les
pays en developpement par rapport a ceux
deja positionnes, est infime.

HG - Pour finir, quel est votre mes-
sage a la communaute international,
aux Haitiens et aux deux candidates au
second tour ?

RP -La communaute international, je lui
dirais d'etre plus modest dans ses appre-
ciations, de travailler plus avec les Haitiens
et de mieux les ecouter. Il y a parfois de
l'arrogance de sa part. Aux deux candidates,
que je regois demain matin (ndlr inter-
view realis&e le 15 fevrier), je conseillerais
aussi d'etre modestes, de ne pas lancer de
fausse promesse au risque de se career des
problems. Et de tenir compete de la fai-
blesse de nos institutions et donc de ne pas
faire tabula rasa d'une administration qui a
besoin de conserver des competences deja
limitees. Les Haitiens eux n'ont pas besoin
de conseils particuliers. Ils ont besoin de
travail. Ce sont des gens raisonnables,
et plus intelligent qu'on ne le croit. H.G.


Price Paddy, Ordonnateur national du Fonds europeen de Ddveloppement


Comment les ONG interviennent


Interview: Hegel Goutier a visited HaTti
pour cette Edition Speciale. II a rencontre
Price Paddy, Ordonnateur National (ON)
du Fonds Europeen de Developpement
(FED).
< Certaines ONG europeennes interve-
nant en Haiti ont leurs resources propres.
D'autres ont repondu a des appeals a
propositions de I'UE dans le cadre de
projects financees par le FED et qui sont
tous valides par le gouvernement haftien.
Mais, outre le FED, I'UE dispose de 'lignes
budgetaires' consacres a des projects pour
lesquels notre validation n'est pas requise.
Le problem, quand problem il y a, ne
reside pas dans la validation mais dans
le suivi. Partiellement a cause de notre


manque de capacity institutionnelle mais
aussi du fait que les rapports suppo-
ses rendus annuellement au minister
concerned ne le sont souvent pas. Ils ne
parviennent alors qu'a la Delegation UE.
Entretemps des modifications importantes
peuvent avoir ete apportees aux projects
a notre insu.
Par ailleurs, apres le seisme, d'innom-
brables ONG sont arrivees sans s'enre-
gistrer. D'autres, comme de nombreuses
missions religieuses, se sont inscrites
comme ONG. Elles sont dans I'illegalite.
Les ONG disposent certes d'importantes
resources financieres. Mais cet argent
ne provient pas des 11,3 milliards pour la
reconstruction d'Haiti. En ce qui concern
I'aide UE, ce qui a ete inclus dans ce
fonds, ce sont les resources du FED


engagees mais non encore utilisees au
moment du seisme (pour des projects de
construction ou de rehabilitation d'infras-
tructures par example) et celles hors du
FED comme le 'Stand by Facility' ou les
'lignes budgetaires'. H.G.


Ordonnateur National du EDF, Price Paddy
� Hegel Goutier


Cou rr ie r



































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Telle est la conclusion d'Andris Piebalgs, commissaire europ6en en charge du developpement, lors
de la conference "Haiti, un an apres le s6isme", organis6e le 23 f6vrier a Bruxelles. L'evenement
avait ete organism conjointement par le gouvernement canadien, la Commission europ6enne et
I'lnstitut d'Egmont, en cooperation avec I'ambassade haitienne.


K ristalina Georgieva, commis-
saire europeenne en charge
de la cooperation internatio-
nale, de l'aide humanitaire et
de la reponse aux crises, a tire les memes
conclusions. Elle a souligne "la neces-
site de plus en plus marquee d'ameliorer
les synergies entire les politiques d'aide
humanitaire et de developpement... nous
devons peaufiner nos instruments afin
d'etre mieux arms pour reagir en cas
de catastrophe, comme celle qui s'est
produite en Haiti."

La participation de la society
civil et la reduction du risque
de catastrophe

Avant de tirer les lemons de la crise
haitienne, la commissaire Georgieva a



EDITION SPECIAL N.E. - AVRIL 2011


rappele la rapidity avec laquelle l'UE
etait intervene suite au seisme du 12
janvier 2010, notamment en mobilisant
le mecanisme europeen de protection
civil qui a mis en place, en quelques
heures, des equipes multidisciplinaires
de 32 pays. I1 s'agissait de la plus vaste
mobilisation depuis la creation de cet
organisme en 2001, qui a connu en
quelque sorte son bapteme du feu. Une
equipe d'ECHO, l'Office d'aide huma-
nitaire de la Commission europeenne, a
ete deployee sur le terrain le lendemain
meme de la catastrophe, et il n'a fallu que
quelques heures a l'UE pour debloquer
des fonds. "Au total, les Etats membres
et la Commission ont debloque 320 mil-
lions d'euros rien que l'aide humanitaire
- don't 120 millions d'euros (en reality
130 millions d'euros si on compete la lutte


contre l'epidemie de cholera") venant de
la Commission, a indique la commissaire.
Ce montant represente plus d'un tiers
de l'aide humanitaire don't a beneficie
le pays.

Suite a la catastrophe, un nombre consi-
derable de travailleurs humanitaires ont
ete envoys sur le terrain. "Nous devons
encore mieux affiner la coordination de
notre assistance... nous avons aussi appris
a quel point il est important de dialogue
avec les communautes concernees et d'as-
surer la participation de la soci&et civil.
Nous devons dialogue plus systemati-
quement avec les populations victims
afin de mieux comprendre leurs besoins
et leurs vulnerabilites specifiques", a
ajoute la commissaire.













La CE a egalement renforce et soutenu
la reduction du risque de catastrophe
dans le cadre de sa reponse a l'urgence
haitienne en encourageant le renforce-
ment du mecanisme de protection civil
et en integrant la reduction des risques
dans routes ses operations humanitaires.

Faire le lien entire 1'aide
humanitaire, la rehabilitation
et le developpement grfce A
la bonne governance et a la
decentralisation

Pour Andris Piebalgs, commissaire euro-
peen en charge du developpement, il est
imperatif de renforcer ce lien au maxi-
mum, une mission d'autant plus difficile
aujourd'hui, comme il l'a souligne lors
de cette conference, en raison "du triple
impact de l'ouragan Tomas, de l'epidemie
de cholera et de l'instabilite politique."
Malgre cela, I'UE sait tres bien comment
faire bon usage du 1,2 milliard d'euros
don't 430 millions seront finances par
la Commission europeenne -promis en
mars 2011 lors de la Conference inter-
nationale des donateurs pour un nouvel


avenir en Haiti organisee a New York. La
moitie de cette some a deja ete engagee.

Ces fonds seront affects a de nouveaux
programmes de l'UE ainsi qu'> des pro-
grammes qui etaient deji en course de
realisation avant le seisme mais qui ont
ete adapts a la nouvelle reality. Un de ces
programmes a pour objectif d'ameliorer
la quality de l'enseignement en Haiti en
subventionnant les frais de scolarite de
150.000 enfants et en assurant la forma-
tion de 3.000 enseignants. De nouveaux
programmes ont ete mis en place afin de
repondre a des besoins urgents comme la
relocalisation de certain ministers, de
soutenir d'autres ministers pour gere
l'afflux de migrants et de renforcer, entire
autres, les structures de protection civil,
a explique le Commissaire Piebalgs.

"Je suis bien conscient des critiques a
l'egard de l'organisation de l'aide huma-
nitaire", a explique M. Piebalgs mais
"il convient de garder a l'esprit que les
projects de reconstruction a moyen et long
term s'etalent sur une duree de trois a
cinq ans, de meme que les paiements."


II a ajoute a quel point il etait essential
de savoir quelles sommes avaient ete
depensees, oiu, par qui et pour qui.

C'est la raison pour laquelle le commis-
saire europeen en charge du developpe-
ment s'est engage a promouvoir la bonne
governance et la decentralisation, deux
engagements pris le gouvernement hai-
tien dans son Plan d'action national pour
la reconstruction et le developpement,
presented a New York, en mars, a la com-
munaute international.

Andris Piebalgs a conclu en ajoutant que
"la stability politique et la responsabilite
democratique sont des pr&-requis pour
la reconstruction, la croissance et la
reduction de la pauvrete en Haiti" et en
rappelant la devise de Haiti et la legon
-que la communaute international et
l'UE avaient retenue de la catastrophe :
"L'Union faith la force". "Nous montre-
rons egalement que nous avons sur place
tous les ingredients pour cooperer effi-
cacement et que nous sommes engages a
apporter notre aide 1a otu elle est neces-
saire", a affirmed le commissaire. H.G.


I'UE fournissait une assistance
d'envergure a Haiti dans des
domaines varies, notamment
celui des infrastructures routieres. La
chef de delegation de l'Union europeenne,
l'ambassadrice Lut Fabert-Goossens
donne des details sur les adaptations
apportees par les deux parties a leur coo-
peration. Elle faith aussi part au Courrier
de son analyse global des imperatifs de
la reconstruction d'Haiti.

LFG - L'Union europeenne est present en
Haiti depuis plus de 20 ans et represent, en
terms absolus, le premier bailleur de fonds
de ce pays, Commission europeenne et Etats
membres confondus. Il est important de
souligner que la CE et les Etats membres de
l'UE programment ensemble leur coopera-
tion avec la Republique d'Haiti et comme
dans tous les pays ACP signent avec le
gouvernement un document de strategic
tous les 5 ans qui va guider la cooperation


C u rrier













entire l'Union Europeenne et les autorites
du pays. Les domaines de concentration
de la Commission ayant ete ces dernieres
annees les infrastructures, l'education (sur-
tout depuis le 9e FED) et la governance,
incluant la decentralisation.

Apres le tremblement de terre, le gouverne-
ment haitien a developpe un plan d'action
don't la visee principal etait de recons-
truire Haiti autrement, avec des poles de
developpement economique et la creation
d'emplois dans les differentes regions, Nord,
Centre, Port-au-Prince et Sud. De sorte
que les populations qui ont migre vers les
provinces puissent y rester. Le gouverne-
ment a demanded de concentrer les efforts au
depart sur le department du Nord. Nous
discutons avec d'autres bailleurs de fonds
comme la BID et USAID pour conjuguer
nos resources en ce sens. Pour 1'UE ce sera
prioritairement les infrastructures.

Une evaluation des besoins post-catastrophe
a ete faite. Pour le department du Nord, les
potentialites de developpement sont essen-
tiellement l'agriculture, le tourism et les
investissements dans l'industrie textile. Les
Etats-Unis interviendront en particulier
dans l'agriculture et le textile. L'UE envi-
sage de contribuer au vaste domain des
chainons manquants en terms d'infras-
tructures routieres et autres.

HG- Les incertitudes electorales n'ont-
elles pas cred une crispation genante
pour la reconstruction ?

LFG - Certains disent que la communaute
international avait trop interfere. Les resul-
tats du ler tour tels qu'exprimes initialement
n'avaient pas refl&et la volonte du people
haitien et le President Preval lui-meme a
demanded qu'une mission de l'OEA fasse la
lumiere. Mission qui a montre qu'il y a eu
des fraudes et des irregularities. La procla-
mation des resultats definitifs du premier
tour a bien respected la voix de la population.
Lors de l'annonce, les cris de joie ont ete


Mirebalais, Hopital soutenu par des ONG espagnoles / Les grandes ONG internationales d6veloppent peu de coordination
avec les ONG haitiennes � Hegel Goutier


entendus dans tout Port-au-Prince comme
apres un match de football.

HG - Ily a certaines controversies sur
les dispersions et les duplications des
interventions des ONG. Oit en est la
coordination entire les ONG et avec le
gouvernement ?

LFG - Je pense qu'il y a un problem. On
parle de l'existence de milliers d'ONG en
Haiti. Elles ne se coordonnent pas routes
entire elles, et done comment peuvent-elles le
faire avec le gouvernement ? Le pays manque
de plateformes representatives regroupant
ONG internationales et society civil hai-
tienne permettant un dialogue constructif
et fructueux avec l'Etat. En outre, dans la
Commission interimaire pour la reconstruc-
tion d'Haiti (CIRH) seulement un membre
represent les ONG ce qui ne facility pas
la coordination. Toutefois, certaines ONG
jouent un role important, par example MSF
qui dispose d'un budget superieur a celui de
l'Etat haitien pour le secteur sante.

Par ailleurs, certaines ONG internationales
ne se coordonnent pas assez avec les ONG et
la society civil haitienne. II faut soulignerici
la valeur ajoutee des ONG europeennes qui
de maniere general fonctionnent avec une
bonne unite et travaillent en etroite coope-
ration avec leurs partenaires haitiens. Cela
a ete fortement le cas dans le domain de
la protection civil et de l'aide humanitaire
par example, oiu les ONG europeennes ont
l'habitude de travailler ensemble avec leurs
partenaires haitiens.

L'un des criteres pour qu'une ONG benefi-
cie des lignes budgetaires de la Commission
europeenne est la collaboration avec les
ONG et la society civil locale. Un problem
aussi est qu'en Haiti, la society civil n'est
parfois pas encore assez structure. D'ou
notre attention pour renforcer les organisa-
tions qui souhaitent euvrer dans la structu-
ration de la soci&et civil afin d'augmenter


l'efficacite de leurs actions de lutte centre la
pauvrete en Haiti. Car il existed des organisa-
tions haitiennes tres actives dans le domain
du plaidoyer en faveur du developpement
du pays, c'est ainsi par example le cas de
la Plateforme Haitienne de Plaidoyer pour
un Developpement Alternatif PAPDA.

Legons principles

LFG - Pour Haiti, il faut mettre plus l'accent
sur le enforcement de la capacity institu-
tionnelle. On parle de 80% de cadres supe-
rieurs de l'administration disparu lors du
seisme. Dans la mise en place de la CIRH,
la CE a insisted sur ce point.

II faut aussi evidemment une meilleure coor-
dination entire les bailleurs et les ONG. Afin
d'eviter gaps et doublons. Pour cela il faut
mettre en place des "tables sectorielles"
de concertation. C'est valuable pour Haiti
et ailleurs.

Maintenant que la reconstruction a pris
un retard i cause des incertitudes apres le
premier tour des elections, il faut le com-
bler. D'ou l'importance de la conclusion
du processus electoral. J'aimerais mettre
l'accent sur la capacity institutionnelle
afin qu'Haiti s'approprie l'aide. Ceci est
d'une importance absolue pour l'UE. H.G.




Sur les details de l'aide de 1'UE a la reconstruc-
tion d'Haiti voir:

http://www.acp-eucourier.info/
Actualite.79.0.html?&L=2&tx ttnews[tt new
s]=1815&cHash=005dac4c9b32e250c297c8f
dc1317f58

http://www.acp-eucourier.info/
Actualite.79.0.html?&L=2&tx ttnews[tt new
s]=1806&cHash=d449adad8a95dfObel5ff113
3871710a


Haiti c Hegel boutler


EDITION SPECIAL N.E. - AVRIL 2011






























Port-a w, i-w .,: ,.,:,', .,11 I-, , . ,, I, ,h ,I , , ,: ,' , . ,,. I ,,,,, ,,, ,,.,. I. , . 1. , h w ,,, I w, ,,h,,


ONG. Allies



et critiques



des institutions


Elke Leidel, CONCERN � Hegel Goutier


Haiti font, un an apres le seisme,
une evaluation de l'intervention
de la communaute internatio-
nale. A des degres divers. Certaines de
facon tres critique comme OXFAM1 don't
les programmes ont soutenu 500.000 per-
sonnes en un an. D'autres affichent moins
leur role de plaidoyer mais il est souvent
sous-jacent. Comme l'organisation irlan-
daise CONCERN don't le choix de s'occu-
per des plus pauvres parmi les plus pauvres,
et le slogan Voix ignorees (Unheard Voices)
en disent long sur son engagement. En
Haiti, elle s'occupe de la sante, de l'eau et
de l'assainissement, de la construction et
des moyens de subsistances. L'un de ses
programmes les plus originaux F6n koze
(On doit se parler) est finance par l'UE.


Interviews

On aurait dz penser avant.

Roland Van Hauwermeiren, direc-
teur OXFAM Royaume-Uni installede
en Haiti depuis 1978)

"D'une part le plaidoyer fait parties inte-
grante de nos 3 piliers, les droits de
l'homme, le developpement et l'humani-
taire. De l'autre, nous recevons de l'aide
d'institutions, entire autres d'ECHO et


de la cooperation britannique. Apres le
seisme, tout a ete vite sous control. Mais
58 donateurs institutionnels, 28 agencies
des Nations Unies, la MINUSTAH, des
milliers d'associations et ONG n'ont pas
debouche sur le success qu'on aurait pu
attendre. Apres la reponse humanitaire, on
a rate le coche du developpement et de la
rehabilitation. Notre aide n'etait pas coor-
donnee, il n'y avait pas de vraie strategic.
Trop d'hesitation. C'etait sauver les vies et
penser apres. On aurait du penser avant."

"I y a eu recemment ici des bureaux
d'etudes du monde entier. Mais a-t-on
demanded a la population son point de vue ?
On en est encore aux constructions provi-
soires. II fallait privilegier vite l'agriculture
et mettre sur le march des products locaux
bon march. Pourquoi ne pas eriger avec
le budget de la reconstruction des usines
d'assemblages de machines agricoles ?"

Gestion de conflict. Heritage d'Irlande

Elke Leidel, directrice de CONCERN,
(ONG installee en Haiti depuis 1996)

"Un grand nombre d'ONG font un tra-
vail formidable, c'est la coordination qui
a ete un defi. Elle s'est amelioree grace
a la MINUSTAH. Toute bonne ONG
en principle essaie d'impliquer l'Etat du
pays. Done il nous faut son aval. Nous ne


faisons pas parties, nous, de la 'Republique
des ONG'."

"F6n Koze finance par l'UE se developpe
dans une zone violent du grand Port-
au-Prince, Martissan - St Martin. On
a approche certain gangs violemment
opposes pour qu'ils acceptent de discuter
les uns avec les autres. Nous nous etions
inspires de Glencree (Centre for peace
and reconciliation), a l'epoque des conflicts
communautaires en Irlande. L'idee d'une
telle approche est de leur montrer que
l'ennemi etait celui a qui on ressemblait
le plus, avec les memes problems et les
memes souffrances. On a renoue avec
des acteurs du secteur prive qu'on avait
sollicites deji avant le seisme pour les
encourager a s'installer dans cette zone.
Il y a espoir d'ouverture de cafes internet
qui emploient ces jeunes apres les avoir
forms aux nouvelles technologies. Nous
ne promouvons pas le dialogue seulement
entire gros bras mais aussi dans la popu-
lation pour voir comment maintenir la
paix et profiter des investissements." H.G.






Le Comite d'OXford pour soulager la FAMine
a ete fondee au Royaume-Uni en 1942


C u rrier



































FOKAL (Fondation pour la
connaissance et la liberty) est une
organisation haitienne actives
dans de nombreux domaines et
grant divers programmes de developpe-
ment. Aussi reputee pour son exigence de
la rigueur de la part de l'Etat et du citoyen.

Les domaines d'intervention de FOKAL
couvrent un spectre large : sante, adduc-
tion d'eau, defense juridique, publication,
education, culture, droits humans, pro-
tection de la nature, gestion de lieux de
culture - bibliotheque, theatre, cinema,
exposition d'artistes haitiens et strangers.
Avec une attention special pour les cate-
gories les plus fragiles ou les plus penalisees
-jeunes, populations de quarters defavo-
rises, femmes, monde rural.

La foundation a pu heberger apres le seisme
plus de 600 personnel dans sa propri&et
restee intacte du faith que Michele Pierre-
Louis, l'un de ses fondateurs et ancienne
directrice, ex premier-ministre, avait pris
les measures pour que la construction fut
vraiment parasismique. C'est ce qu'a tenu a
preciser, la directrice, Lorraine Mangones,
comme preambule a sa conversation avec
Le Courrier. Et elle pursuit :

"La duree d'hebergement etait fix&e a 4
semaines a la fin de laquelle tout le monde
est parti. On etait clair avec les gens, on
n'avait rien promise qu'on ne put tenir. "
Exigence de rigueur aussi pour l'Etat. "
En plus des tremblements de terre, Port-
au-Prince est aussi sujet aux tsunamis et
aux inondations. II aurait fallu, apres le


seisme, s'entendre vite sur une autorite
qui precise comment habiter cet space,
comment batir, qui stipule des codes de
construction et qui les fasse respecter. Ces
measures n'ont pas ete prises."

Lun des projects de FOKAL est "Espaces de
parole" don't la banlieue dure de Martissant
a ete le laboratoire. La foundation y gere
un parc de 160 hectares de grande beauty
reunissant deux legs faits l'Etat par les
heritiers du grand intellectual haitien Albert
Mangones et de la choregraphe americaine
Catherine Dunham.

Cecile Marotte, frangaise, gerante du parc
et d'Espace de parole: "Nous avons d'abord


Fokal : Education, Culture, Nature � Hegel Goutier




invites des membres de 160 organizations,
des vraies, des fausses, des gangs, a venir
nous rencontrer. Des que les spaces de
parole (des rencontres de cinq semaines
pour des groups de 12) ont ete instaures,
tout a ete faith selon nos regles. Pas d'armes,
par example. On n'a jamais ete vole, atta-
que, vise."

Des projects ont ete elabores ensemble.
Plusieurs voisins travaillent dans l'entre-
tien du parc. FOKAL a attribute 45 bourses
d'etude a des jeunes. Deux projects, un relatif
au droit a la sante et un autre sur la ges-
tion des fatras, ont ete lances recemment.
D'autres sont en perspective. H.G.


Mirebalais et Lascahobas
Flux et reflux de population


Experience des EFACAP* - centre de
formation de maitres autour duquel se
regroupent plusieurs ecoles fondamen-
tales - de Mirebalais et Lascahobas, que
le Courrier a visits est significative du flux
et reflux de population apres le seisme.

Le directeur du centre de Lascahobas,
Esperance Saintil, se rappelle : "de nom-
breuses families avaient afflue ici. Dans
notre seule ecole, il y en avait eu 76 nou-


veaux eleves. La plupart des families ont
regagne la capital apres quelques mois.
II ne reste encore que 18 de ces eleves. La
raison du reflux vers Port-au-Prince deja
engorgee est sans contest le manque
d'emplois et done de moyens de sub-
sistance", precise le directeur de I'ecole
fondamentale, Francisse Compere.

*(Ecole fondamentale d'application -
centre d'appui pedagogique)


EDITION SPECIAL N.E. - AVRIL 2011










































C e questionnement resume les
propos de deux ambassadeurs
europeens, Didier le Bret,
France et Jens Peter Voss,
Allemagne, qui ont faith part au Courrier
de leurs analyses sur la situation d'Haiti
un an apres le seisme. Avec des nuances
entire leurs avis.

Pour la France qui a une longue histoire
commune avec Haiti, le seisme de 2010
a ete l'occasion de renforcer les liens avec
ce pays. "La 1e reponse de la France etait
qu'il fallait redonner les moyens a l'Etat
haitien, notamment a travers une aide
budgetaire afin qu'il puisse conduire sa
politique. La 2e etait qu'il ne fallait pas
negliger les autres territoires hors de la
zone d'urgence. Le 3e axe etait de redon-
ner un elan aux changes entire les per-
sonnes, comme accueillir des etudiants.
Que des jeunes hommes et des femmes se
rencontrent et que nos pays apprennent
aussi a mieux se connaitre."

Le diplomat frangais estime que ce qui
manque le plus gravement a l'Etat hai-
tien, ce n'est pas la decentralisation mais
la deconcentration. "I1 faut que l'Etat
reprenne pied dans routes les provinces
et les fasse beneficier des grands investis-
sements quivont etre consentis." Par ail-
leurs releve-t-il, la concentration de l'aide
humanitaire sur Port-au-Prince attire trop
de gens et participe a ce desequilibre.

Quant a la reconstruction du pays, le
Bret consider qu'impliquant des choix
strategiques politiques, elle ne pouvait se
faire vite, surtout dans le context d'une
periode electorale. D'autant que la CIRH
devait trouver ses marques. "Il ne fallait
pas au pretexte d'avoir une administration
qui securise les bailleurs de fonds, fragili-
ser les structures haitiennes et demobili-
ser ceux qui demain resteront ici, quand,
nous, on sera parties. II fallait vraiment


Portau-Prince Recycage Hegel Goutier
Port-au-Prince. Recyclage � Hegel Goutier


mettre les autorites haitiennes au cour
du dispositif de reconstruction."

Pour resumer sa vision de la situation en
Haiti, le diplomat allemand Jan Peter
Voss, lui, raconte son enieme demarche
a la douane, pour essayer de receptionner
des appareils medicaux offers par une
entreprise allemande depuis juin dernier.
"Cela risque de faire mettre en doute la
capacity d'Haiti a absorber toute l'assis-
tance reyue."

Et le diplomat d'expliquer que l'Alle-
magne est en general reticente a accorder
l'aide budgetaire 1l otu le gouvernement
n'est pas strictement control par le par-
lement. "Dans le cas d'Haiti, mon gou-
vernement a accepted, et ce a ma propre
surprise, la proposition de l'UE, a cause
du seisme."

Jan Peter Voss regrette aussi le froid jete
entire la communaute international et les
autorites haitiennes par les irregularities
survenues au premier tour des elections.
II apprehende que les tensions creees a
l'occasion entire les autorites et l'opposi-
tion, fassent craindre un chamboulement
dans l'administration apres l'investiture


Ei S
"La coordination a ete parfaite entire les pays de I'UE",
Jens Peter Voss, Ambassadeur d'Allemagne
� Hegel Goutier


du future gouvernement, qui serait preju-
diciable au rythme de la reconstruction.

"Lorsqu'un evenement sans precedent
comme ce seisme, survient dans un Etat
deji faible, une action forte est requise
de la communaute international. Ici les
Americains avaient assume en arrivant avec
20.000 soldats. Ils ont vite remis l'aero-
port en ordre, permettant a l'humanitaire
d'arriver. Tout en restant discrets. Du cote
europeen, la coordination a ete parfaite
entire les pays de I'UE presents sur place,
rendant notre action tries efficace." H.G.


C u rrier









































Jacmel et Leogane. Satisfaction


au moins pour I'Humanitaire


Jonel Juste et Hegel Goutier


L ogane, 29 km a l'Ouest de Port-
au-Prince. Premiere impression,
rien n'a bouge depuis un an. Les
tentes, les cahutes en toles et en
bois enlaidissent encore la cite d'Ana-
caona, la reine arawak, chef d'Etat du
Xaragua, un des cinq caciquats de l'ile a
l'arrivee de Christophe Colomb, celebre
pour sa beauty et sa perspicacity politique.
Il en est de meme a Jacmel, capital du
department du Sud-Est, la plus coquette
des villes haitiennes avant le seisme. Les
ONG, don't plusieurs d'Espagne et d'Alle-
magne ont conquis l'adhesion de la popu-
lation par leur gestion de l'humanitaire
mais les apprehensions, comme partout
dans le pays, demeurent quant a la recons-
truction.

Les Leoganaises se croient encore des
princesses dans cette ville-epicentre du
seisme du 12 janvier. Leogane a ete rava-
gee par la catastrophe a 80%, selon l'ONU.
Symbole, l'hotel de ville debout, d'une
blancheur encore immaculee, devoile des
fissures beantes inquietantes.

L'edile, symbol de l'Etat, est present mais
la ville est aux bons soins de nombreuses
ONG. L'Etat peine a reprendre ses droits


dans la cite. Depuis un an, la ville ne pro-
duit plus son courant, c'est 'Electricite
sans frontieres' qui place quelques pro-
jecteurs dans les camps et dans les rues,>,
se desole Joseph Andre Ernest, inspecteur
de la mairie.

Le maire Santos Alexis se dit satisfait
des organizations qui accompagnent la
mairie dans les travaux d'assainisse-
ment et de courage de canaux. Celles-ci
ont donne du travail a des personnel
et permis e deblayer la ville. Il sou-
ligne la volonte de cooperation d'ONG
comme Medecins sans Frontieres don't


il vante l'efficacite, notamment pour sa
response au cholera et la construction
d'un hospital dans la ville de 250 000
habitants. < Sur le plan medical, on n'a
pas a se plaindre >, ajoute-t-il. Mais il se
dit d&eu des resultats de certaines orga-
nisations en terms de reconstruction et
de leur manque de consultation et de
coordination avec les autorites locales.

On reconstruit pourtant
Dans la plaine de Leogane, la recons-
truction se fait lentement mais surement.
Des sinistres de cette ville se trouvent


EDITION SPECIAL N.E. - AVRIL 2011







































L6ogane, abris � Haiti Press Network


encore sous les tentes, mais des efforts
sont consentis pour les relocaliser.

Par ici, les abris au toit ouvrant, de GTZ
(Deutsche Gesellschaft fir Internationale
Zusammenarbeit) d'Allemagne, l'une des
organizations les plus presentes. Ceux aux
toits verts sont de CARE (USA). Par-la,
d'autres faits de prelarts et recouverts
de tole. Chacun veut apporter du sien et
marque son territoire.

Du cote des beneficiaires, les avis sont
partages. On est surtout impatient, revant
de < maisons plus solides avec de meilleur
materiaux �, selon un habitant. Celimene,
70 ans, se dit pourtant satisfaite de sa
maisonnette en planche qui la protege
du soleil et de la pluie meme si < c'est une
vraie cage d'oiseau ,>.

La plus grande fournisseuse d'abris a
Leogane est le CARE. La distribution
d'abris etant prioritaire pour cette orga-
nisation qui en a remis plus de 1 000
pouvant abriter chacun une famille de
5 personnel. Parmi les autres agencies
a intervenir dans le relogement figure
l'allemande GTZ present en Haiti depuis
janvier 2011.

A Jacmel comme ailleurs,
MSF omnipresente

Que ce soit a Logane ou a Jacmel,
lorsqu'on evoque le sigle de MSF, c'est
l'enthousiasme. Sans MSF et ses centres
de traitement du cholera, nous n'aurions
pas survecu a cette maladie >, declare
Andris Riche, le maire-adjoint de Jacmel.
A Leogane, MSF Suisse a construit l'h6pi-
tal en trois mois, indique Raphael Gorgeu,
son chef de mission.


< Nous recevons a peu pres 4800 patients
par mois, 800 hospitalizations, 600 actes
chirurgicaux, en particulier des accou-
chements. En ce qui a trait au cholera,
poursuit-il, MSF a soigne pres de 30
000 cas a Leogane et au Cap-Haitien ,>,
informed M. Gorgeu, le chef de mission.

La relocalisation tarde encore

A Jacmel, classes au patrimoine de l'huma-
nite par l'Unesco, les tentes verdatres four-
nies par l'armee venezuelienne grouillent
encore de monde. C'est une longue his-
toire entire le Venezuela et cette ville oui
le drapeau de ce pays a ete cree quand
Bolivar a trouve refuge, soldats, arme-
ments et finances dans la jeune republique
haitienne et c'est de Jacmel qu'est parti
le premier bateau battant pavilion de la
future nation venezuelienne.

Au camp Mayard de Jacmel, Medair (Aide
d'urgence et de rehabilitation) a construit
pres de 2000 abris provisoires. Des sinis-
tres se plaignent d'un manque de volonte
des autorites locales de les reloger. < Il
n'y pas une tell volonte de l'Etat mais la
municipality demand aux organizations
de construire des abris plus docents et
en hauteur sur des terrains disponibles
> explique M. Riche, maire-adjoint de
Jacmel qui deplore l'absence de l'Etat et
la mainmise des ONG tout en louant le
travail d'organisations comme Medecins
sans frontieres Espagne pour sa reponse
rapid au cholera et la rehabilitation de
l'hopital St-Michel apres le s6isme.

De son c6te, Jean Vea Dieudonne, respon-
sable de project d'Agro-action allemande
relieve ses realisations : la rehabilitation de
176 maisons dans la ville dans un premier


temps et la reouverture de l'ecole profes-
sionnelle, puis la refection des routes,
la furniture d'eau potable, l'irrigation
et l'appui aux activities generatrices de
revenues.

Autre ONG appr&ciee, Diakonie qui
ouvre depuis 2003, a renforcer la security
alimentaire et la production agricole et qui
s'est oriented depuis le lendemain du 12
janvier 2010 au secours aux victims de la
catastrophe puis a la distribution d'abris
permanents aux sinistr6s, informed Astrid
Nissen, directrice national de l'agence.

< N'ayant pas eu la logique des abris tran-
sitoires, on a utilise une parties de nos
fonds (16 millions d'euros) pour construire
des abris plus durables >, pursuit Mme
Nissen. L'organisation allemande a ainsi
construit ou rehabilite pres de 300 mai-
sons et 3 ecoles a Jacmel et ses environs.

En septembre 2011, la Croix Rouge
espagnole aura reloge 4500 families de
Leogane et en decembre 2012, elle aura
construit 9 ecoles dans cette ville, 7 ecoles
et un centre de sante a Jacmel. Et la grande
parties des beneficiaires de ses projects sont
employes par elle dans la mise en muvre
de ceux-ci.

Les autorites municipales pourront-elles
prendre la relieve une fois les ONG par-
ties ? C'est souhaitable, a repondu le maire
Alexis Santos de L&ogane, mais ce n'est
pas encore sur. Pour le Jacmelien Andris
Riche, il se pose un problem de confiance
entire la population et les autorites, qui
doit etre r&tabli.


Jacmel, Installation d'art < Haiti ne p6rira pas >
� Haiti Press Network


C u rrier









































thely lors de la car


ri negel uouller


Clarens Renois* et Hegel Goutier


F'


Port-au-Prince, Cath6drale (catholique romaine)
@Hegel Goutier


L a communaute international
avait promise de consacrer 11
milliards de dollars a la recons-
truction d'Haiti. Un peu plus
d'un an apres, environ 1 milliard a ete
decaisse don't 359 millions ont ete verses
au Fonds pour la Reconstruction d'Haiti
(FRH) sous autorite de la Commission
Int6rimaire pour la Reconstruction
d'Haiti (CIRH). Les premiers projects de
construction de maisons pour les sans-
abris sont annonces. Trois d'entre eux
chiffres a 88 millions de dollars ont ete
approuves a la reunion de la CIRH du
15 fevrier 2011. "Le processus de recons-
truction va s'accelerer dans les prochains
mois", a promise alors Bill Clinton qui pre-
side l'institution avec le premier-ministre,
Jean-Max Bellerive.

Les projects de construction de logements
sociaux concernent plus de 1,2 millions
de personnel. < Je ne sais pas si un jour
j'aurai le bonheur de vivre avec ma famille
dans une vraie maison >, se plaint Jean
Albert, loge depuis plus d'un an au camp
de Tabarre Issa, et qui a pris la tete d'un
movement de protestation. < J'habitais
dans un quarter proche du centre de
Port-au-Prince, on nous a demanded de
venir ici a une vingtaine de kilometres de
l'ecole de mes enfants. Je vis en exil dans
mon pays,>, se d6sole-t-il.

Les deux candidates en lice pour le 2 "m
tour des elections presidentielles sont cri-
tiques. < J'imposerai des r6sultats rapides


pour renforcer l'etat de droit et soulager
la misere en Haiti ,, a declare Michel
Martelly. Mirlande Manigat a souhaite
que l'engagement de la communaute
international soit <... a long terme et
pas seulement une generosite manifested
sous le coup de l'emotion >.

Un plan global de la reconstruction de
Port-au-Prince a ete confie par le gouver-
nement a la Fondation Prince Charles qui
en a presented en fevrier 2011 la premiere
ebauche aux riverains, principalement
du secteur des affaires. La mairie de
Port-au-Prince planche parallelement
sur son propre plan. Des projects ponc-
tuels sont aussi a l'etude comme celui de
la Banque Centrale d'Haiti d'un grand
centre de recherche et de congress ou celui
du nouveau campus de l'Universite d'Etat
d'Haiti.

Quant a tout le cour de la capital, le
gouvernement recommande la patience, a
l'instar du ministry des Finances, Ronald
Beaudin. < Peut-etre dans dix ans on verra
pousser les premieres nouvelles construc-
tions du centre-ville ,.

*(www.hpnhaiti.om)


March en fer

Le march du fer - une parties du patri-
moine architectural du 19me� siecle - a ete
le premier edifice public restaure depuis
les evenements du 12 Janvier 2010 (voir
photo sur la page de couverture).


EDITION SPECIAL N.E. - AVRIL 2011



















































^r51 1rr42 -*

Programme UE pour le enforcement de la P i '.'... I. ... ...
Signature par le ministry de I'lnt6rieur P;. i i n l .: i .:. A...: .:
I'ambassadeurUE, Lut Fabert-Goossei H .. -.: i .: .1


' . ! I i l l.I! *I h *..u h l . !t,. L! I. " [ 1 1. -
IILL - . 'L 1 - i ' l. U 'l I -,,u l.[ 1 . , ![' !. l.
u h 11i 1 i .u. ! "ul ! u .u ! I ll!** [ ,*[,*u I 1 .
lh. d ',!l .- U-L '!!IL , ! u! I1 -,*ulh- L. qu-
Id. lh . I il.1 .I.-L . 1 - -u b l- I- ih . \\. , IIu -

Sluk -! ! ! ." - . ' , ,. -l. u. l.l I I.. !lh '! ... -

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dl. !li! !i .lu. I qu l! *,! !i'! ll.- * I uh l k. u l[*'

., h . I .l ! U . I. , ,l hl


LI impatience se faith montrer en
Haiti sur l'absence des normes
de construction annoncees.
Avec l'approche de la saison
cyclonique, les inquietudes renaissent.
Les autorites haitiennes mettent pourtant
la bouchee double pour jeter les bases
d'une vraie protection civil.

Intertitre En attendant les
normes

La terre a legerement tremble le ler mars
dernier en Haiti rappelant que le danger
de nouvelles secousses est toujours pos-
sible alors que des centaines de milliers
de personnel vivent encore sous tentes
et dans des abris provisoires.

"Il ne s'agit que d'une replique du seisme
du 12 janvier 2010", a rassure le sismo-
logue franCais Eric Calais. Mais a 3.8
degree, elle a ete fortement ressentie dans
plusieurs quarters de Port-au-Prince et
dans un rayon de 15 a 20 kilometres, et
a eu pour effet de jeter a la rue des cen-
taines de personnel prises de panique.


Le bureau de la Protection civil n'exis-
tait que sur le paper lors du tremblement
de terre. Sans moyen, avec un personnel
reduit et non former, touched lui-meme, il
etait alors impuissant.

Aujourd'hui, il y a une nouvelle donne.
Docteur Yolaine Surena, coordonnatrice
du nouveau Programme d'urgence et de
gestion des risques et desastres en Haiti
(PUGRD), pleine d'energie, est en train
d'eriger une protection civil digne de
ce nom. < Le seisme a ete un catalyseur
d'actions pour nous permettre d'aller
de l'avant ,>.

Aujourd'hui, la Protection civil d'Haiti
est deployee sur tout le pays et se dote
d'equipements adequats. 133 comites
sont mis en place dans les communes du
pays, une cinquantaine reste a couvrir.
Dr Surena regrette toutefois l'absence
a date d'une institution en charge de
l'evaluation des catastrophes.

La Commission int&rimaire pour la
Reconstruction d'Haiti, a, pour sa part,


rort-au-rrince, uatnearale (catnollque romaine)
� Hegel Goutier




approuve recemment un plan de preven-
tion sismique pour le grand Nord d'Haiti
de 14 millions de dollars, qui permette
de mobiliser 200 ingenieurs et de former
400 technicians locaux.

Une aide de 1'UE de f17M va donner un
gros coup de pouce a la protection civil,
nous informed Alain Damit du Programme
europeen d'appui au enforcement du
system national de gestion des risques et
des desastres. Elle servira au recrutement
et a la formation de 3.500 secouristes-
volontaires et la mise a disposition de 250
conteneurs de materials de sauvetage dans
les communautes territoriales avant l'arrivee
de la saison cyclonique de 2011 ; et aussi
au enforcement du system national de
gestion des risques et des desastres et a
un meilleur equipment du corps des
pompiers.

* www.hpnhaiti.com


C u rrier






























Michaelle Jean, envoyee special
de l'UNESCO, ex-Gouver-
neure generale (chefd'Etat,
agissant comme vice-reine)
et commandant en chef de l'Armee du
Canada, est une figure symbolique de la
diaspora haitienne. Elle a participe recem-
ment a une reunion de la Commission
interimaire pour la reconstruction d'Haiti
(Port-au-Prince, 15 fevrier 2011) et la
conference sur le meme theme organisee
par le Canada et l'Union europeenne avec
la collaboration de l'Ambassade d'Haiti a
Bruxelles le 23 fevrier 2011.

Interview

MJ Si j'ai accepted de me joindre a
1'UNESCO comme envoyee special
pour Haiti c'est en raison de ses champs
de competence qui repondent a des besoins
immediats pour la refondation d'Haiti et
parce que l'institution proposait a la fois une
action immediate et un accompagnement a
long term. C'est une organisation qui est
aux c6tes d'Haiti depuis longtemps et qui
est disposee a l'accompagner dans la mise en
place d'un system d'education universelle
de quality, publique.

Pour rappeler aussi a quel point Haiti
est une terre de culture et que la compo-
sante culture est fondamentale pour sa
refondation. Etant d'origine haitienne, je
sais combien l'instruction a toujours ete
au cour des priorities des Haitiennes et
des Haitiens, deji avant la revolution, du
temps des plantations, de triste memoire.
La femme et l'homme depossedes de tout,
reduits a l'esclavage, savaient que c'etait
le gage absolu pour l'emancipation et la
liberty. I1 y a toujours dans routes les
families ce desir absolu que les enfants
aient une education de quality. Certains
ont l'impression qu'Haiti part de zero or il
y a eu un group de travail sur l'education
et la formation qui a travaille d'arrache-
pied bien avant le tremblement de terre.
I1 en est sorti un plan qui est un pacte
national qu'il est de notre devoir, solidai-
rement, de soutenir.

HG -Vous semblez avoir une certain
apprehension que les processes & Haiti
ne soientpas compl&tement tenues ou
pas a bon escient ou pas en phase avec
la volonte des Haitiens ?


Conference Canada- EU sur Haiti, 23 fevrier 2011. Michaelle Jean et Thomas Adams, Special coordinateur
US pour Haiti, Departement d'Etat � Hegel Goutier


MJ On est a Bruxelles, capital de
l'Union europeenne don't la solidarity a
ete exemplaire. En ma quality d'ancienne
Gouverneure generale du Canada, j'ai
pu voir la generosity incroyable qui a ete
manifested au Canada. De nombreux pays
africains otu des gens temoignent de la
contribution et de l'apport de professionnels
haitiens au moment de leur independence,
ont aussi enormement a offrir. Les pays de
l'Amerique ont aussi repondu.

Tous ces partenaires sont important. Haiti
ne peut pas s'en sortir seule. Haiti par centre
a besoin d'etre appuyee et accompagnee
sur ses propres perspectives et initiatives.
Pas dans cette logique d'assistanat qui y


prevaut depuis des decennies et qui l'en-
fonce dans une situation de dependance
interioris&e. Cet assistant a transformed
Haiti en un test de routes les experiences,
de routes les strategies lacunaires qui n'ont
rien produit de reellement perenne. II faut
une logique d'investissements, pas force-
ment de capitaux, meme s'il en faut pour le
enforcement d'une economic national. Je
pense aussi a celui des capacities humaines,
c'est-a-dire institutionnelles, mais aussi
des initiatives de la society civil. II faut
encourager une governance inclusive, qui
permette donc a tout citoyen et citoyenne
d'Haiti de mettre l'epaule a la houe et d'etre
considered part entire comme faisant
parties des solutions.H.G.


Choeur de la cathedrale (anglicane) Ste Trinite. Repetition en petit group � Hegel Goutier


EDITION SPECIAL N.E. - AVRIL 2011
























Seisme aussi


"Quand la mort n 'est

pas annoncee par le

nom du mort, celui-ci


est encore

monde des

Ce sont de


qui revi


s6isme a engendr& des catas-
trophes graves dans le psychisme
du people en Haiti. Telle est
l'opinion de l'&minent chercheur haitien,
Lainnec Hurbon, directeur de recherche
au CNRS (Centre national de recherche
scientifique, France), docteur en th&ologie
et en sociologie, anthropologue, philosophy,
et &pistemologue des sciences sociales.
Hurbon est sp&cialiste des interrelations
entire culture, religion, philosophies et poli-
tique, et de la culture vaudou. Parmi ses
nombreuses publications, des ouvrages de
reference comme Dieu dans le vaudou har-
tien, Comprendre Harti, essai sur l'Etat, la
nation la culture, Le Barbare imaginaire ou
Ernst Bloch, utopie ou esperance.

Pour Hurbon, Haiti a v6cu un 6branlement
profound, incompris de la classes dirigeante
et pris en main partiellement par des mou-
vements religieux. Mais les religions ne
peuvent colmater la breche faite dans le
psychisme des Haitiens. Le gros probl&me
a ete la s6pulture, les morts sans s6pulture,
ceux rests sous les decombres devenus
indiscernables, ceux disparus on ne sait
ou, li ou le s6isme les a surprise.


dans le "Dans la culture haitienne, le rapport aux
dans le morts est capital. Quand on ne peut honorer
les morts selon ses rituels, c'est un choc vio-
vi va nts. lent. Caremonte a la condition esclavagiste,
lorsque ce rapport permettait de maintenir
S toute la chain s6mantique et symbolique
s mor ts avec les ancetres, avec les divinit6s, et de
penser la continuit& de la vie. Cette chain
rants est cass&e quand les gens disparaissent et
er n qu'il n'y a pas de s6pulture. La maniere don't
on organise de facon officielle le memo-
nnefnt" rial aux victims du tremblement de terre,
a la va-vite, sans que les morts ne soient


nommes, est troublant pour les Haitiens,
et les d6route. On n'existe pas quand son
nom n'est pas cite. Quand la mort n'est
pas annoncee par le nom du mort, celui-ci
est encore dans le monde des vivants. Ce
sont des morts errants qui reviennent. Et
alors, dans l'esprit vaudou, les vivants vont
connaitre des troubles important. Ceux-ci
commencent a se manifester, le cholera
par example."

Le deuxieme probl&me identify& est le
manque de reperes venant de l'Etat en
face de ce trouble. "L'Etat a entrepris de
se lancer dans une champagne electorale et
de career un system bancal de commission
interimaire jouant le role de regroupement
de ministeres, en charge de la reconstruc-
tion, avec essentiellement des strangers,
sans veritable participation de la population,
a part quelques rares membres d'ONG
haitiennes oeuvrant comme faire-valoir."

Beaucoup auraient profit& du manque de
reperes pour se mettre en pleine visibilitY.
Certains viennent dans les camps alors que
leurs maisons ne se sont pas effondrees.
C'est une situation de mendicit& general,
agissant comme palliatif retardant une
reaction qui risque d'etre violent. "Il y a
eu d'une part un traumatisme psychique et
cultural profound et de l'autre un sentiment
d'abandon." Pour le professeur Hurbon,
il fallait donner une boussole a la popu-
lation, la mobiliser pour la mutation. "Le
pays aurait du etre en etat de mobilisation
generale" Et ceci ne met pas en doute le r6le
crucial de la communaut& international
et sa generosite. Hurbon rappelle les mots
de l'&crivain Rene Depestre qui evoque la
"sympathie universelle" et "la tendresse du
monde pour Haiti". H.G.


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