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Courrier (French)
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 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 03-2011
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00106

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Full Text


I Le


II I F - 1 1 - 1:.- - F. 11- 1 .11 1



el coop~ralions Alrique -.Jaraibes - Pac:ilique & Union Europ~enne


Le magazine des relations


K II


STurku, Finland4
Explosion culturell

S" Transport ACI
Les grands chantier
U -ct












Courrier



Comite de redaction
Co-presidents
Mohamed Ibn Chambas, Secretaire general
Secretariat du Groupe des Etats ACP
www.acp.int

Fokion Fotiadis, Directeur-General DG EuropeAid
Commission europeenne
ec.europa.eu/europeaid/indexfr.htm

Redaction
Directeur et Redacteur en chef
Hegel Goutier

Journalistes
Marie-Martine Buckens (Assistante Redacteur en chef)
Debra Percival


Sommaire


LE COURIER, N.22 NOUVELLE SERIES (N.S)


DOSSIER 16


Assistant editorial et de production
Anna Bates

Assistant de production
Telm Borras

Ont particip6e ce num6ro :
Anna Patton,Anna Bates, Souleymane Maazou,Anne Marie Mouridian, Charles Visser,
Bernard Babb, Dev Nadkarni, Philippe Lamotte, Sandra Frederici,Andrea Marchesini,
Eugenio Orsi, Sylvia Arthur, Cherelle Jackson

Gestionnaire de project
Gerda Van Biervliet

Coordination artistique
Gregorie Desmons

Conception graphique
Lodc Gaume

Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani

Distribution
Viva Xpress Logistics - ww.vxlnet.be

Agence photo
Reporters - www.reporters.be

Couverture
Reflexion, Khartoum, Soudan
� Marie Martine Buckens





Contact
Le Courrier
45, Rue de Treves
1040 Brussels
Belgique (UF)
info@acp-eucourier.info
www.acp-eucourier.info
Tel.: +32 2 2345061
Fax: +32 2 280 1912

Public tous les deux mois en anglais, en frangais, en espagnol et en portugais

Pour toute information concernant I'abonnement,
Veuillez consulter notre site web a I'adresse www.acp-eucourier.info ou envoyez
un courriel a I'adresse info@acp-eucourier.info

Editeur responsible
Hegel Goutier

Consortium
Gopa-Cartermill -Grand Angle Lai-momo

< Les opinions exprimees sont celles de leurs auteurs et ne representent pas la position
officielle de la Commission europeenne ou des pays ACP. La Commission europeenne
et les pays ACP, ou toute personnel agissant en leur nom, declinent toute responsabilite
quant aux informations continues dans la present publication et aux eventuelles
erreurs qui pourraient s'y 6tre glissees en depit d'une preparation et d'une verification
attentives. >


EDITORIAL


PROFILE
Entretien avec Tuiloma Neroni Slade, Secr&taire General
du Secretariat du Forum des iles du Pacifique 4
Entretien avec Nicholas Westcott - Le nouveau
M. Afrique 5


SANS DETOUR
Entretien avec Paavo Vayrynen, ministry finlandais pour le
developpement 6


TOUR D'HORIZON
Lutter contre les fonds vautours : entretien avec M.
Mamoudou Deme 8
Un nouveau cadre Pacifique-UE a l'horizon 10
Le sacre difficile de la femme aux elections de
la femme nig&rienne 11
Levee partielle des measures restrictives a l'encontre du
Zimbabwe 12
La "taxe Robin des Bois" accueillie favorablement 13
L'aide budg&taire de l'UE n'est pas encore pleinement
exploit&e 14
Cote d'Ivoire, l'apaisement? 15


L'lection de Michel Martelly comme president d'Haiti 16


DOSSIER
ACP: Transport
Un continent en quete de d6senclavement 16
L'UE et les grands projects de transports africains 18
Transnet, le g6ant sud-africain du transport, et les Chinois 20
Relancer le transport fluvial 21
R&tablir les routes en RDC et ailleurs 21
Le cout du transport a&rien, un obstacle au march&
unique carib&en 22
Les distances, un cauchemar pour la region du Pacifique 23


COMMERCE 24




























ZOOM 36 LA SOCIETY CIVIL EN ACTION 44


COMMERCE
Nouvelle offensive pour d6fendre le coton africain
Tuninvest/Africinvest, un module pour les
investissements en Afrique


DE LA TERRE
Quand la recherche mord la poussiere


DECOUVRIR L'EUROPE
Turku - Finlande
Turku: tradition et reinvention
Exploiter l'apport du titre de Capitale europeenne
de la culture 2011
La tente, les casseroles et les sandales
Industrie navale, design et sciences du vivant
De Tanzanie a Turku


ZOOM
Top model en mission


INTERACTIONS
Renforcer la diplomatic des matieres premieres
Le tourism carib&en sollicite l'aide de l'UE
Samoa : sauver des vies grace aux technologies mobiles
La Guin&e Equatoriale d6sormais a la barre de
l'Union africaine


LA SOCIETY CIVIL EN ACTION
Un programme pour pr&venir la cecit& dans les Caraibes
La West Africa Democracy Radio se diffuse


REPORTAGE
Soudan
Soudan, r6flexions sur une scission
Quelques pistes
Entretien avec S.E. M. De Filippi,
Chef de la Delegation de l'UE au Soudan
Un t6moin privilegi&
La femme, levier du renouveau


Des entreprises privies combatives, en quete de
24 reconnaissance et de marches
< L'UE doit instaurer un dialogue avec
25 les autorites du Sud >
S'attaquer a la corruption endemique
P&trole, terre et eau
Le Darfour, vu par l'artiste Issam Abdel-Hafez
26

CREATIVITY
Remise des prix des Festivals du film africains
FESPACO et Africa Movie Academy Awards
28 Les droits d'auteur et la mobilit& des artistes
dans le paysage cultural des pays ACP
30 Entretien avec Pat Masioni, auteur congolais
32 de bandes dessin&es


AUX PLUS JEUNES
Jour des elections scolaires


LA PAROLE AUX LECTEURS/CALENDRIER


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


DECOUVRIR L'EUROPE 28


REPORTAGE 46













r


C u rri e r




















L'Afrique bouge.

Pourvu qu'elle pilote le movement


numero, nous decouvrons
que l'Afrique, qui avait expe-
rimente avec la colonies une
< inversion spatiale > avec des ports c6tiers
pour capitals dans le but de drainer les
matieres premieres vers l'etranger, est en
train de s'articuler autrement. De nom-
breux reseaux de transport multimodal se
development entire les pays. L'Afrique est
aide sur ces projects par 1'UE et d'autres
bailleurs a travers des accords de deve-
loppement. La Chine y intervient sous
l'angle pur d'echange et de commerce.
Pouvant faire pencher la balance du c6te
de ses interests.

De leur c6te, les Etats du Pacifique victims
de latyrannie de la distance et done des dif-
ficult&s a exporter leurs products, viennent
de career une compagnie de transport mari-
time avec des connections via l'Australie et
la Nouvelle Zelande avec le reste du monde.
La Caraibe se debate apres avoir vu se former
deux de ses companies aeriennes non ren-
tables a cause du cout eleven des voyages par
avion. Une compagnie irlandaise se prepare
a prendre la relieve.

Le developpement des transports en
Afrique, rejoint la ' diplomatic des
matieres premieres > analyses dans la
rubrique Interaction. Parfois un seul
pays fournit une grande proportion d'un
produit indispensable a telle branch
de l'industrie mondiale. C'est le cas du
Congo RDC avec 40 % du cobalt ou de
l'Afrique du Sud, avec 80% du platine.

Les pays consommateurs, 1'Union euro-
peenne en particulier, reclament un acces
equitable aux matieres premieres critiques
pour leur production industrielle et leur
developpement economique. LUE exige
des programmes de reform de la part
des pays fournisseurs en terms de taxa-
tion et de transparence. Des ONG et des
chercheurs europeens repondent < Quid
en terms de transparence des compa-
gnies des pays developpes exploitant ces
products en provenance d'Afrique et qui
controlent les prix ? >

Nombre de pays en developpement, sur-
tout d'Afrique, sont victims de < fonds
vautour > qui se jettent souvent sur un
pays des que les signes de retablissement
de son economic apparaissent, souvent
aprs l'effacement de ses dettes. Un pays
attaque par ces rapaces a alors peu de force
pour negocier la vente de ses matieres


premieres ou un contract d'echange de
matieres premieres centre la construction
d'infrastructures routieres indispensables.
Une parade a ete esquiss&e a travers
une initiative de la Banque africaine de
developpement AfDB, denommee ALSF
(African legal Support Facility) pour aider
les pays menaces a se premunir. Le pre-
mier a en beneficier est le Congo RDC.
Mais les fonds de 1'ALSF sont relative-
ment insignifiants pour soutenir routes
les victims africaines des fonds vautour.

Le tour d'horizon de ce numero attire
attention sur la Cote d'Ivoire et Haiti.
Deux des multiples pays du Sud ou Ca
bouge. D'un c6te, un president consti-
tutionnellement elu depuis des mois, et
qui a du prendre les armes pour essayer
d'occuper sa place. Il n'est installed effec-
tivement a la tete du pays ce 11 avril que
par une action armee de ses troupes et
grace a l'intervention de l'ONU et des
forces franyaises. Malheureusement pas
par celle de l'Union Africaine. De l'autre
un outsider atypique arrive au pouvoir,
dans son pays, Haiti qui fait l'objet du
supplement special de ce numero, apres
un debut de processus electoral quelque
peu chaotique, avec, pour une fois, le
soutien croise des bidonvilles de Port-
au-Prince et du grand voisin americain.

Le grand reportage est consacre au
Soudan, l'ancien plus grand pays
d'Afrique, qui s'est rapetisse avec l'inde-
pendance de sa parties sud. Mais qui a
bouge dans le bon sens en se mettant en
harmonie avec le droit des peuples a choi-
sir leurs destins. Le Sud Soudan semble
faire des premiers pas plus reconfortants
qu'on ne l'apprehendait.

Des preoccupations se sont manifestoes
quant a l'impact des soubresauts revo-
lutionnaires en Afrique du Nord sur
l'Afrique sub-saharienne. Le nouveau Mr
Afrique de la diplomatic europeenne, voir
la rubrique Profil, se rejouit que les signes
y soient plut6t encourageants avec les elec-
tions democratiques en Guinee Conakry,
pays longtemps fige, et l'arrivee au pouvoir
de l'opposition au Niger. D'apres lui, la
legon a tirer des soubresauts de lAfrique
du Nord est que le choix du developpe-
ment economique sans avancee politique
est inexorablement voue a l'echec.


Hegel Goutier
Redacteur en chef


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011







































Tuiloma Neroni Slade, Secr6taire general du
Forum des iles du Pacifique � Reporters
Debra Percival



Le Samoan Tuiloma
Neroni Slade
a ete nomme
Secretaire general
du Secretariat du Forum
des iles du Pacifique -le
FIP, qui se compose de 16
nations 1 en aout 2008.
Avant d'occuper ce poste,
il a siege au Tribunal penal
international (TIP) de La
Haye, aux Pays-Bas. II
a aussi ete ambassadeur
aupres de plusieurs pays
ainsi qu'Attorney General des
Samoa et conseiller juridique
senior aupres du Secretariat
du Commonwealth, a
Londres.

Meme si le Pacifique est
geographiquement tries eloigne
de l'Europe, ' Pour les pays
insulaires du Pacifique, l'un
des principaux defis est la
diversification de leur base
d'exportation. Ils doivent aussi
s'assurer au maximum qu'une
trop grande dependance vis-
a-vis d'un ou deux partenaires
cles ne les mette pas encore
plus en danger en temps de
crise, comme ce fut le cas
durant la recent grande crise
economique mondiale. �

Durant cette recession, la
diminution des possibilities
d'emploi en Nouvelle-
Zelande et en Australie
avait eu un impact negatif
sur les economies de la
region, notamment celles


qul dJlpdlldill bau.up d~ta
envois de fonds des migrants,
comme les Samoa et les Tonga.
< En outre, des pays comme
Tuvalu et Kiribati ont mis en
place des fonds fiduciaires
investis dans des actions
internationales. Les autorites
utilisent les recettes de ces
fonds pour finance une parties
du budget national. Mais
l'effondrement des marches
d'actions internationaux a prive
ces pays de ces recettes, a une
epoque otu les communautes
avaient justement besoin d'une
aide supplementaire >, explique
M. Slade.

I1 est toutefois convaincu qu'il
existe de bons debouches
d'exportation sur le march
de l'Union europeenne
(UE), notamment dans les
secteurs de la peche et de la
transformation du poisson,
des cosmetiques, des eaux
minerales et de l'agriculture
tropical biologique de quality.
Des debouches qui attendent
d'etre exploits, par example
dans le cadre d'un Accord
de partenariat economique
regional un accord de
libre-echange en quelque
sorte -avec l'UE. A ce jour,
la Papouasie Nouvelle Guinee
(PNG) et les Fidji sont les
seuls pays de la region a avoir
signed un APE interimaire,
portant uniquement sur les
marchandises, avec l'UE.2
Un accord qui a permis a
la PNG de beneficier de
nouvelles regles d'origine
et de developper ainsi son
secteur de la mise en conserve
de poissons, avec, a la cle,
la creation d'un plus grand
nombre d'emplois. Meme


ai le FIP n'est pas a la table
des negotiations de 1'APE, il
conseille ses membres durant
les negociations commercials
toujours en course.

L'APE, source de
nouvelles opportunities

< Meme les petits pays
finiront par pouvoir assurer la
congelation et le fumage du
poisson. Il est tries important
que le poisson frais et congele
beneficie de regles d'origine
preferentielles au titre de
l'APE si l'on souhaite que cet
accord stimule reellement le
developpement >, explique le
Secretaire general. n'aura un impact positifsur
les pays du Pacifique que si
le secteur prive est en measure
de profiter des nouveaux
debouches ainsi cr&es. L'UE
soutient elle-meme les efforts
visant a ameliorer les systems
de gestion douaniere, a
developper des industries
agricoles a valeur ajoutee et
a promouvoir les changes
avec l'Europe. Un soutien
et des efforts essentiels pour
que l'Accord debouche bien
sur un enforcement des
changes commerciaux avec le
Pacifique >, ajoute-il.

Soulignant l'importance de
l'aide commercial de l'UE,
M. Slade revient egalement
sur le protocole d'accord
recemment signed avec 1'UE en
vue d'ameliorer le dialogue sur
le changement climatique. La
region du Pacifique, situ&e a
tries basse altitude, est en effect
particulierement vulnerable a
l'elevation du niveau de la mer
li&e a ce phenomene.


< La region a egalement
besoin d'une aide
accrue des bailleurs de
fonds internationaux
afin de developper ses
infrastructures de base, de
sante et d'enseignement
et avoir ainsi une chance
de realiser les Objectifs
du Millenaire pour le
Developpement (OMD) ,,
ajoute-il. Le FIP a mis
en place un < Pacte sur le
enforcement de l'aide au
developpement � qui se veut
etre un dialogue avec les
donateurs, parmi lesquels
l'UE, en vue d'ameliorer la
coordination et l'efficacite de
l'aide dans toute la region.


Le FIP se compose des pays
suivants : Australie, Iles Cook,
Etats Federes de Micronesie,
Kiribati, Iles Marshall, Nauru,
Niue, Nouvelle-Zelande, Palau,
PNG, Samoa, Iles Salomon,
Tonga, Tuvalu et Vanuatu.
La participation des Fidji est
actuellement suspendue (depuis
le 2 mai 2009), le Commodore
Bainimarama n'ayant pris aucune
measure constructive, au ler mai
2009, pour assurer le retour de son
pays A la democratic dans un delai
acceptable pour le Forum.

2En 2007, les Fidji et la PNG
ont paraphe un APE interimaire
(liberalisant uniquement le
commerce des marchandises) avec
l'UE en 2007. L'accord a ete signed
en juillet 2009 par la PNG et en
decembre 2009 par les Fidji.

L'interview du Secretaire general
est disponible dans son integralite
sur le site internet du Courrier.
www.acp-eucourier.info


C u rrier



































Anne-Marie Mouradian


est Haut-
commissaire
britannique au
Ghana et Ambassadeur pour
la Cote d'Ivoire, le Burkina
Faso, le Niger et le Togo,
jusqu'en janvier de cette
annee. II a aussi occupy
un poste en Tanzanie. Le
voilh aujourd'hui promu
< Monsieur Afrique � de la
diplomatic europeenne.

Nomme Directeur du
nouveau Service europ&en
pour l'Action Ext&rieure
(SEAE), en charge de la
politique europeenne pour
l'Afrique subsaharienne et
des relations avec l'Union
africaine, Nick Westcott
peut se pr&valoir d'une
experience considerable
en Afrique. < Mon int&ret
pour ce continent remote a
1976 �, souligne le nouveau
Monsieur Afrique, qui parle
couramment frangais et a
une bonne connaissance
du swahili. < Pour ma these
a Cambridge, j'avais en
effet choisi pour theme
l'Afrique de l'Est a l'&poque
colonial, notamment la
question de la transition
vers l'independance,
des nationalismes et
du developpement
&conomique. > Diplomate
britannique a Bruxelles
durant les annees 80,
Nicholas Westcott possede
&galement une solide
maitrise des affaires
europeennes.

Le nouveau Directeur
general du SEAE entire


en function a un moment
de grande agitation et
d'incertitudes. Meme si la
Libye est essentiellement
du resort de son college
Hugues Mingarelli,
Directeur pour le Proche-
Orient et le voisinage
meridional (du Maroc a la
Syrie), Nick Westcott est
responsible des relations
avec l'UA et de la situation
humanitaire des centaines de
milliers de migrants africains
travaillant en Libye. < Nous
travaillons en coordination
avec le d6partement
d'Aide Humanitaire de la
Commission Europ&enne
-ECHO, les Nations Unies et
l'Organisation Internationale
pour la Migration-OIM pour
organiser leur retour dans
leur pays d'origine. >

Ses services &tudient
actuellement l'impact
possible des r&voltes en
Afrique du Nord pour
l'Afrique subsaharienne.
< Trois elements doivent etre
pris en compete >, souligne-
t-il. � Tout d'abord la
contagion directed. Y a-t-il un
risque de d6stabilisation dans
les pays voisins, en Afrique
de l'Ouest ou au Soudan par
example ? Vient ensuite la
question de la coordination
de la communaute
international. Ce point est
tout a fait essential. Enfin,
que peut faire l'UE pour
aider les autres pays africains
vulnerables ? �>

< Des lemons doivent etre
tires des evenements
qui se sont products et
se produisent encore en
Afrique du Nord. Le
mecontentement populaire
s'explique par le faith que


ces pays sont les temoins du
developpement &conomique,
un developpement qui
n'est pas soutenu par un
system politique qui tient
compete des int&rets de tous
les citoyens >, conclut-il.
< Nous devons aider les pays
d'Afrique subsaharienne
les plus fragiles, comme
le Soudan, la RDC et la
Cote d'Ivoire qui vivent
aujourd'hui une veritable
tragedie. �

< Pour l'heure, les Etats
du Sahel semblent ne
pas etre d&stabilises. On
observe meme des signes
encourageants, comme
les recentes elections
d6mocratiques en Guin&e
et au Niger, aujourd'hui
dirig& par l'ancien leader de
l'opposition. Un processus
d6mocratique existe malgre
la s&curite pr&caire dans la
region et le faith que ces pays
competent parmi les plus
pauvres au monde. > L'UE
doit mettre en place pour le
Sahel une strategic ax&e a
la fois sur le developpement
et la s&curit&, < car nous ne
pouvons garantir la s&curite
s'il n'y a pas d'emplois pour
les jeunes. >

Aider le Sud-Soudan
qui accedera bient6t a
l'independance a r6pondre
aux besoins de ses habitants
et regler les questions encore
en suspens avec le Nord est
un autre d&fi majeur pour
I'UE. Un d&fi qui exige toute
l'attention de Nick Westcott.
< La tache est grande >, dit-il,
< mais il y a du vrai travail
a faire ici. Nous avons une
excellent occasion d'aider.
C'est la raison pour laquelle
je suis venu. >


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011








































Retour aux principles de


developpement de Rio


Entretien avec Paavo Matti Vayrynen, Ministre finlandais

du Commerce exterieur et du Diveloppement.


Debra Percival tiques europeennes de d6veloppement
_ la lumiere du d6bat qui se d&roule
actuellement.


Matti Viyrynen est Ministre
D epuis 2007, le centriste Paavo
du Commerce extlrieur et
du D&veloppement au sein
du Cabinet du Premier ministry Mari
Kiviniemi. Ancien
Ministre des Affaires L'UE est un g6
etrangeres (1977-
1982, 1983-1987 et
1991-1993), ii a aussi domaines: e
siege au Parlement le commerce
europeen (1995- environnemei
2007). Au moment
de la mise sous tOUS trOS lie
press du Courrier, socle que noi
les Finlandais s'ap- appuyer pour
pritaient a se rendre
aux urnes, le 17 avril, pour &lire leurs
d6putes. Dans un entretien qu'il nous
a accord& a Helsinki, le Ministre nous a
expliqu6 sa vision pour l'avenir des poli-


a

d
e



a


Quelles sont les priorities de votre
pays en terms de developpement ?
Notre objectif premier est la r6duc-
tion de la pauvrete par le d6veloppe-
ment durable. La
nt sur la scene croissance econo-
e dans trois mique une crois-
sance economique
6veloppement, durable doit aller
t les politiques de pair avec la prise
tales, qui sont en compete des fac-
teurs sociaux et
C'est sur ce environnementaux.
Sdevons nous La Finlande a en faith
tler de I'avant. montr6 l'exemple en
matiere de d6velop-
pement durable. Notre programme de
politique de d6veloppement de 2007
(Ed. ce programme met l'accent sur
l'objectif de reduction de la pauvrete et


C u rrier





Sans IM i


l'engagement a realiser les OMD tout
en donnant egalement la priority au
developpement economique, social et
ecologique durable) etait a l'epoque
inedit dans 1'UE. Apres le Sommet de
la Terre, a Rio en 1992, les principles
du developpement durable avaient en
effet ete progressivement perdus de vue.
Je pense que cet < oubli > etait lie en
parties a l'introduction des Objectifs du
Millenaire pour le developpement. En
outre, meme si la durability environne-
mentale est l'une des priorities (il s'agit
du 7e partenariat des OMD), elle est
difficilement mesurable et a donc fina-
lement ete mise sur le c6te. Quant a la
durability social et environnementale,
il n'en est absolument pas faith mention
dans les OMD. Or, si nous voulons
muvrer efficacement a la reduction de
la pauvrete, nous devons nous assurer
d'une croissance inclusive, mais qui
s'accompagne aussi de programmes de
reduction de la pauvrete a l'echelon des
pays. Nous devons egalement veiller au
developpement social durable -la paix
et la security, la stability, la democra-
tie, la bonne governance, les droits
de l'homme et le developpement du
secteur social -par example la sante
et l'education.

50% de l'aide de I'UE est deployee
par le biais du soutien budgetaire.
Est-ce la l'instrument le plus efficace
de reduction de la pauvrete ?

Une des consequences de la mau-
vaise interpretation des OMD est que
les fonds affects a la reduction de la
pauvrete ont ete directement octroyes
au secteur public, au detriment des
infrastructures et du secteur prive.
En Finlande, je me suis fermement
prononce contre le soutien budgetaire
general. Pour certain pays, nous avons
plafonne a 25% le montant du sou-
tien budgetaire, meme si nous avons
beaucoup recours a l'aide budgetaire
sectorielle. En Tanzanie, nous avons
abandonne l'aide budgetaire general
au profit de l'aide budgetaire sectorielle.
J'ai cependant l'esprit ouvert et je peux
donc concevoir que 1'UE deploie une
aide sous la forme d'un soutien bud-
getaire general. Je peux comprendre,
dans une certain measure, le point de
vue administratif; pour la Commission
europeenne, il est plus facile de don-
ner des sommes importantes a un pays
que de mettre en muvre ses propres
projects. Mais a c6te de cela, le soutien
budgetaire general major le risque de
corruption. La Commission a identified


ici quelques pistes qui preconisent un
enforcement de l'aide budgetaire gene-
rale aux pays a revenues intermediaires.
Mais nous devons surtout mettre l'ac-


Que pensez-vous de la strategic pour
le Sahel que I'UE prepare actuelle-
ment ?


cent sur le developpement des pays les Je crains que la prochaine entree en
plus pauvres. vigueur du trait de Lisbonne ne subor-
donne les politiques humanitaires et de
La Finlande a-t-elle atteint l't,'i, it developpement aux politiques etran-
d'affecter au moins 0, 7% du product geres et de security. En ce qui concern
interieur brut (PIB) au developpe- le Sahel, la strategic special de 1'UE
ment ? semble etre motive par < notre propre
securit&e >. Nous devons veiller a mettre
Nous sommes l'un des rares pays de en place des politiques efficaces de
l'UE et meme du monde a avoir releve reduction de la pauvrete et a promouvoir
les montants et le le developpement
pourcentage du PIB L'UE semble avoir social durable dans
affected au develop- tendance a associerscurito les pays du Sahel.
pement. L'annee Nous devons aller
derniere, le develop- et d6veloppement. trouver ces pays et


pement a represented
0,55% du PIB et cette annee, les 0,58%
seront atteints. Je suis convaincu que
nous serons en measure de realiser l'ob-
jectifdes 0,7% d'ici 2015. Cette annee,
le gouvernement finlandais a d'ailleurs
affected un milliard d'euros au finance-
ment du developpement. Nous avons
huit grands partenaires, cinq en Afrique
et les autres au Nicaragua, au Vietnam
et au Nepal. Nous finangons egalement
des acteurs panafricains et certain pro-
grammes regionaux en Afrique.

La Finlande est un petit pays.
Comment peut-elle exercer une
ilmiir ,,.- sur les politiques inter-
nationales de developpement ?

La politique de developpement va bien
au-deld de la cooperation au develop-
pement : il faut pouvoir influence le
developpement sur la base des principles
de Rio. Au debut 2009, j'ai pris l'initia-
tive de mettre sur pied un partenariat
transatlantique pour le developpement
durable. Ensemble, les Etats-Unis et
l'UE assurent 80% de l'aide publique
au developpement (l'UE et ses Etats
membres assurant a eux seuls 60% de
l'APD). Nous devons absolument coo-
perer le plus etroitement possible afin de
maximaliser l'efficacite des politiques de
developpement dans le respect des prin-
cipes du developpement durable. Nous
devons aussi convaincre de nouveaux
acteurs comme la Chine, l'Inde et le
Bresil, d'euvrer eux aussi a la reduction
de la pauvrete. L'administration Obama
n'a pas tarde a faire du developpement
une de ses priorities, en mettant l'accent
sur les 3 D diplomatic, defense et deve-
loppement - le developpement etant le
pendant independent de la politique
etrangere.


dire que nous vou-
lons les aider sur la voie du developpe-
ment, dans le respect de nos valeurs et
de nos principles, et negocier un pro-
gramme global. Nous pourrons de la
sorte promouvoir nos propres interets
en matiere de security . L'UE semble
avoir tendance a associer security et
developpement.

L'UE a elabore sa strategic de develop-
pement durable en 2001 ; elle y a ajoute
une dimension exterieure en 2002, a
la suite du Sommet mondial pour le
developpement durable qui s'est tenu a
Johannesburg. Cette strategic a ete mise
a jour en 2006 et elle devrait encore
etre revisee si nous voulons reellement
influence les resultats de la Conference
sur le developpement durable < Rio +
20 ,�des Nations Unies, prevue du 4 au
6 juin 2012.1 Le Conseil de 1'UE a clai-
rement affirmed que le developpement
durable devait etre le principle directeur
ou le cadre de routes les politiques et
strategies de 1'UE, egalement en ce qui
concern les relations exterieures. On
a entendu dire a maintes reprises que
l'UE est un geant economique et un
nain politique, mais c'est faux. Ceux
qui affirment une tell chose cherchent
en fait a renforcer le volet security et
defense de notre politique. L'UE est un
geant sur la scene international dans
trois domaines : le developpement, le
commerce et les politiques environne-
mentales, qui sont tous trois lies. C'est
sur ce socle que nous devons nous
appuyer pour aller de l'avant.




1 http://www.uncsd2012.org/rio20/index.
php?menu=35


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011
















































Lutter centre



les fonds vautours


Marie-Martine Buckens


victims de 'fonds vautours', ou
juridiquement mal 6quip6s face
aux investisseurs strangers, tel
est l'objectifde la Facilit6 africaine d'assis-
tance juridique de la Banque africaine de
d6veloppement (BAD). Un an apres sa
mise en place, et forte d'un premier accord
conclu avec la Republique d6mocratique
du Congo (RDC), elle cherche a conso-


lider ses acquis. Rencontre a Bruxelles
en janvier dernier avec son directeur,
Mamoudou Deme.
< Le but de notre visit a Bruxelles &tait
double: a la fois rencontrer des represen-
tants de l'Union europeenne, notamment
de la direction g6enrale du d6veloppement
de la Commission, et des ONG qui tra-
vaillent sur la question de la dette des
pays en d6veloppement, a savoir surtout
le Centre national (belge) de cooperation
au d6veloppement (CNCD). Il s'agissait
a la fois d'expliquer le travail faith par la


C u rrier



























Facility africaine d'assistance juridique et
d'explorer les possibilities de cooperation >
nous explique Mamoudou Deme.

La Facility de la BAD existe depuis
2008. < Mais il faut en faith remonter a
2005, souligne le directeur de la Facilite.
A l'epoque, le Conseil des ministres afri-
cains des Finances avait lance un appel a la
creation d'un organism destine a appor-
ter une assistance technique et juridique
aux Etats africains sur trois questions: la
dette, la negociation de contracts commer-
ciaux portant sur les resources naturelles
et le enforcement des capacities �. L'appel
est reit&er en 2007 a Addis Abeba lors du
Sommet de l'Union africaine. L'idee est
etudiee par la Banque africaine de deve-
loppement. En 2008, les 77 membres de
son conseil d'administration donnent leur
feu vert a la creation de la Facilite. Et c'est
en 2009 que le Conseil des gouverneurs
et le conseil d'administration sont mis
en place.

< L'essentiel de notre travail, pursuit
Mamoudou Deme est de recruter des avo-
cats qui puissent assister les Etats dans les
questions de contentieux lies a la dette ou
de contracts, mais aussi d'organiser et de
participer avec des associations soeurs a
des seminaires de enforcement des capa-
cites �. Un premier seminaire a eu lieu le
14 fevrier a Kigali (Rwanda) pour les pays
de la region de lAfrique de l'Est.


Le cas de la RDC


En novembre 2010, la Facilite a conclu
sa premiere operation en accordant a la
RDC un montant de 500.000 dollars.
Outre la RDC, une quinzaine de requetes
ont ete deposees aupres de la Facilite de la
BAD. Sans vouloir rentrer dans les details
Mamoudou Deme nous explique que 14
portent sur la negociation de contracts
miniers, d'agro-industries ou d'infras-
tructures. Parmi les 15 projects, la Facilite
s'apprete a en appuyer six. Reste le nerfde
la guerre. < Notre budget a ete fixed a 16
millions de dollars et d'ici 2012 nous vou-
drions mobiliser entire 50 et 100 millions
de dollars >. Des montants qui viendraient
tant des Etats membres que des bailleurs
de fonds.


Un fleau

< Ces fonds vautours sont un fleau non
seulement pour les pays en d6veloppe-
ment mais egalement pour les pays riches
puisqu'ils sont les principaux beneficiaires
des allegements de dettes, explique Re-
naud Vivien, juriste au Comite pour I'annu-
lation de la dette du tiers-monde-CADTM,
un reseau international present dans une
trentaine de pays, principalement au Sud.
En Belgique, le CADTM est membre du
CNCD. << S'il est un enseignement a tirer
des precedentes attaques des fonds vau-
tours, c'est que ces derniers attendent
que leur proie retrouve un peu d'oxygene


financier, notamment avec les maigres al-
legements de dettes, pour les attaquer en
justice. > pursuit Renaud Vivien. Quelle
est I'attitude des creanciers du Nord, en
particulier des 19 pays regroups au sein
du Club de Paris, ou d'organismes come
la Banque Mondiale < Pour I'heure, ils se
contentent de codes de bonne conduite.
Seule la Belgique et la Grande-Bretagne
ont pris des measures mais elles sont lar-
gement insuffisantes. En effet, la loi beige
adoptee en 2008 se limited a proteger son
aide publique au developpement en la
rendant <> et < insaisissable >>.


En France et aux Etats-Unis, des propo-
sitions de loi existent, mais restent lettre
morte >>.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


ITou di


La Banque africaine de developpement
compete 77 membres comprenant 53
pays africains independants (regionaux)
et 24 pays non-africains (non- r6gionaux)
don't huit pays de I'UE et la plupart des
pays de I'OCDE. Outre la Facilite d'assis-
tance juridique, la BAD a cree en 2006
le department Eau et Assainissement
(OWAS) qui consolide ses activities du
secteur de I'eau dans la region. Lun des
organes decisionnels les plus impor-
tants de la structure institutionnelle de
la BAD est son Conseil d'administration.
II est compose de 18 membres. Douze
membres sont elus par les gouverneurs
des pays membres regionaux et six par
les gouverneurs des pays membres non
regionaux. Certaines actions de pr&ts
de la BAD sont menees conjointement
avec la Banque europeenne d'investis-
sement (BEI).


neniauu Vlvlen V ivlarle-IVIli line DUcKens





Tu d Dnhr D


Un nouveau cadre


Pacifique-UE a I'horizon


Passer a la vitesse superieure

Un nouveau cadre pour la cooperation entire le Pacifique et I'UE devrait 6tre adopted
I'annee prochaine. II mettra I'accent sur I'adaptation au changement climatique
mais aussi sur I'aide au developpement a <, a annonce le Commissaire
europeen en charge du developpement Andris Piebalgs lors d'une recent visit
dans la region.


Debra Percival


C e nouveau cadre consolidera
y notre partenariat mondial
pour la lutte contre le
changement climatique, il
nous permettra de parler d'une seule et
meme voix dans le debat international et
encouragera d'autres partenaires a s'asso-
cier a nos efforts, tant
sur le plan financier < NOUS dE
que politique >, a expli-
que le commissaire lors I'approche m
de la Conference regio- matiere de f
nale a haut niveau sur faveur du
le changement clima-
tique dans le Pacifique,
organisee au Vanuatu du 2 au 4 mars. Les
modalites de ces nouveaux arrangements
devraient etre precisees lors de la presi-
dence polonaise de l'UE, qui debutera le
ler juillet 2011.

Dans le Pacifique, le changement cli-
matique se manifesto par une elevation
du niveau de la mer, une erosion cotiere
accrue due aux tempetes plus violentes et
le risque de voir l'eau de mer s'introduire
dans les reserves d'eau douce. Autant de
phenomenes qui font obstacle a la reali-
sation des Objectifs du Millenaire pour
le developpement (OMD).

En decembre 2010, le Commissaire
Piebalgs a signed un Protocole d'accord
avec Tuiloma Neroni Slade, le Secretaire
general du Forum des iles du Pacifique
(voir profile dans ce numero). Ce proto-
cole est un appel lance aux bailleurs de
fonds pour qu'ils deploient en faveur des
pays du Pacifique une part equitable du
financement consacre a la lutte contre le
changement climatique.


Une region en danger
Les pays insulaires du Pacifique abritent
une population de 10 millions d'habi-
tants mais recouvrent un cinquieme de
la surface du globe. En raison de leur
faible altitude, ils sont particulierement
vulnerables au changement climatique.
L'6elvation du niveau de la mer pourrait
meme engloutir et faire disparaitre cer-
taines iles de la region. Ainsi, une eleva-
tion de seulement 60
vons revoir cm pourrait rendre
les iles de Kiribati et
eme de I'UE en Tuvalu inhabitables.
inancement en


Pacifique Le Commissaire
Piebalgs a declare que
I'UE ne devait pas se
contenter d'eponger les consequences du
changement climatique comme elle l'a
faith en mettant a contribution le Fonds
europeen de developpement (FED) pour
reconstruire plus en hauteur le seul hopi-
tal des Tonga, detruit par le tsunami de
2009. < Nous devons revoir l'approche
meme de l'UE en matiere de financement
en faveur du Pacifique >, a-t-il affirmed.
II a aussi laisse entendre que l'UE et le
Pacifique devaient examiner ensemble le
soutien, l'idee etant de ne pas se limiter
aux seules solutions technologiques face
a cette problematique, mais d'envisager
aussi des solutions plus < vertes > qui font
par example appel a des connaissances
traditionnelles negligees. Le Pacifique
et l'UE doivent laborer des programmes
d'adaptation au changement climatique
dans le domaine de l'agriculture, de l'eau
et de l'assainissement, et developper les
energies renouvelables, estime le com-
missaire.

Durant la visit du commissaire, le lan-
cement de programmes europeens axes


I


Une 6olienne dans I'oc6an � Reporters


sur la lutte centre la pauvrete et les conse-
quences du changement climatiques
a hauteur d'un montant total de 89,4
millions d'euros -a ete annonce. Cette
measure devrait etre suivie par une propo-
sition de soutien aux petits etats insulaires
d'un montant de 11,4 millions d'euros.
Le Commissaire Piebalgs a egalement
suggere que la totality du < complement �
du 10e Fonds europeen de developpement
(2008-2013), adopted lors de sa revision a
mi-parcours (16,6 millions d'euros), soit
affected aux pays ACP du Pacifique pour
lutter contre les problems lies au change-
ment climatique. II a appele les pays ACP
de la region a identifier des projects qui font
le lien entire l'adaptation au changement
climatique et la realisation des Objectifs
du Millenaire pour le developpement.


Cu r r i e r


r





T d Dn


Le sacre difficile de la femme aux



elections de la femme nigerienne...



Premiere femme candidate a une election presidentielle au Niger, madame Bayard
Mariama Gamatie a recueilli 0,38% des voix a la presidentielle de janvier 2011. Un
score qualified de faible par les observateurs avertis de la scene politique nigerienne
au vue du poids demographique des femmes.


Souleymane Makzou


I faut avoir l'amour de sa patrie,
etre un democrat, avoir une
vision politique claire et sur-
tout avoir la volonte d'y parve-
nir >, a declare madame Bayard Mariama
Gamatie, candidate independante a l'elec-
tion presidentielle de janvier 2011.

Agee de 50 ans, cette militant de pre-
miere heure de la society civil nigerienne,
fondatrice du Rassemblement democra-
tique des femmes nigeriennes (RDFN)
et ancienne ministry sous la quatrieme
Republique a pose un acte de bravoure en
se presentant a une election presidentielle
dans un pays ou la sphere politique est
dominee par les hommes.

Seule femme parmi dix candidates, Madame
Bayard Mariama Gamatie a recueilli 0,38%
des suffrages exprimes. Avec ce score de
12.000 voix sur les 3 millions de suffrages
exprimes valables, la candidate femme se
classes dixieme en fermant la march dans
cette election presidentielle qui marque le
retour du Niger a un regime democratique
apres le coup d'Etat du 18 fevrier 2010
qui a depose le regime civil du president
Tandja Mamadou,

Pourtant les femmes representent plus de
52% de la population nigerienne estimee a
14 millions. > Malgre cepoids demographique
et electoral considerable lafemme nigerienne
peine a se debarrasse de la marginalization
dontelle est victim dans la society �, explique
Fati Hassane, membre actif de la soci&et
civil nigerienne et defenseuse des causes
feminines.

Le Niger dispose de tout un arsenal juri-
dique qui garantie la promotion de la
femme. En 1996, face a des inegalites
vis-a-vis de la femme, le gouvernement
nigerien a adopted une loi visant la pro-
motion de la femme et ensuite par le vote


en 2000 a l'Assemblee Nationale de la loi
sur le quota qui fixe un seuil minimal de
participation de chaque sexe a la gestion
des affaires publiques.

> Nous ne devrontpas ceder au decourage-
ment. De jour come de nuit nous devront
letter pour briser cette chaine de discrimi-
nation a l'endroit de lafemme >, a soutenu
Hassana Aliou, politicienne, deux fois
candidate a une election municipal.
Cette femme de 47 ans n'a jamais reussi
a se faire elire.

D'apres Almoustapha Boubacar, socio-
logue, le faible resultat que les femmes
obtiennent aux differentes elections au
Niger temoigne de l'austerite du climate
politique pour les femmes au Niger. < Et
cela meme pour les plus courageuses ), a-t-il
ajoute.

Au Niger les es obstacles a la participation
politique des femmes sont nombreux.


SBayard Mariama Gamati Reporters
Mme. Bayard Mariama Gamati6 � Reporters


Celles-ci doivent faire face a des difficulties
d'ordre familial tout en luttant contre les
pesanteurs socioculturelles et la discri-
mination au sein des parts politiques.
Le taux eleve d'analphabetisme chez les
femmes (88%), les marriages forces, le
chomage, la descolarisation et la pauvrete,
sont autant des boulets qui entravent le
chemin qui mene aux success des femmes
sur la scene politique.


une electrice sapprete a voier oans un bureau ae voie a Niamey, la capliale au Niger, le lunal .1i janvier zul i reporters


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011





Tu d Dnhr D


Levee partielle des measures


restrictives a I'encontre du Zimbabwe



L'Union europeenne (UE) a retire 35
personnel de sa liste des personnel
faisant I'objet de measures d'interdiction
de visa et de gel des avoirs a I'encontre
de ressortissants zimbabweens.


L a Haute representante de I'UE,
Catherine Ashton, a annonce ce
geste envers le Zimbabwe a la
mi-fevrier 2011, lors de l'examen
annuel mene par l'UE sur sa politique a
l'egard du Zimbabwe, qui inclut egalement
une analyse approfondie de la situation
economique, social et politique qui regne
dans le pays. Elle a pris note des : < pro-
gres sensibles qui ont ete realises en ce
qui concern la reponse a apporter a la
crise economique et l'amelioration de la
furniture de services sociaux de base au
Zimbabwe. �

L'aide au developpement a long terme, au
titre du Fonds europeen de developpe-
ment (FED) pour les pays d'Afrique, des
Caraibes et du Pacifique (ACP) restetou-
tefois suspendue tant que le pays meprisera
l'article 96 de l'Accord de Cotonou entire
I'UE et les Etats ACP (2000-2020) relatif
au respect de la democratic, aux droits de
l'homme et a l'Etat de droit. Cette clause
prevoit neanmoins de maintenir la com-
munication avec le pays ACP qui viole ces
< clauses essentielles , de l'Accord de fagon
a permettre un dialogue sur les measures
a prendre pour normaliser les relations.


dany


(h


5L3U~


..,-





The Daily News, suspend il y a sept ans pour ses critiques du gouvernement.
Le journal revient dans les kiosques du Zimbabwe en mars 2011 � Associated Press/Reporters


au Zimbabwe, mais pas uniquement via
des canaux gouvernementaux. Depuis la
constitution du Gouvernement d'Unite
national au Zimbabwe, en fevrier 2009,
l'UE a fourni une aide a hauteur de 365
millions d'euros destinee aux secteurs


sociaux ainsi qu'd la
�Je tiens i preciser que < Des progras sensible security alimentaire
l'UE reste dispose a qui ont lt realises en ce et la promotion de la
modifier sa decision a bonne governance,
tout moment au course qui concern la r6ponse une some finance
des douze prochains a apporter a la crise grace aux precedents
mois si de nouveaux economique et I'am6lioration budgets du FED et
progress concrets sont de la furniture de services aux lines budge-
realises. Je consider, taires de 1'UE �, a-t-
en particulier, qu'il est sociaux de base au elle explique.
d'une importance cru- Zimbabwe ,
ciale pour le processus < De plus amples
democratique dans le Catherine Ashton, reformes sont neces-
pays que les parties qui Haute repr6sentante de I'UE saires dans le domaine
participent au gouver- du respect de l'Etat
nement s'entendent sur les measures neces- de droit, des droits de l'homme et de la
saires a prendre dans la perspective des democratic, reformes qui sont essentielles
elections. pour crier un climate propice a la tenue
d'elections credibles >, a-t-elle ajoute. Au
SL'UE continuera a fournir une assistance total, 163 personnel et 31 societies figurent


toujours sur la liste des personnel faisant
l'objet d'une interdiction de visa/gel des
avoirs. L'embargo europeen sur les armes
est encore maintenu. D.P.


L'UE salue la transition
democratique
LUnion europeenne a salute le 15 mars
dernier I'election de I'opposant histo-
rique Mahamadou Issoufou a I'election
presidentielle au Niger. << Cette election
marque une tape important dans le
processus de transition vers la demo-
cratie et une tape majeure vers la
restauration d'une pleine cooperation
entire le Niger et I'Union europeenne",
ont affirmed la chef de la diplomatic
europeenne, Catherine Ashton et le
commissaire europeen charge du Deve-
loppement, Andris Piebalgs.


Cu r r i e r


---


i





ITou di


La < taxe Robin des Bois ,


accueillie favorablement


La Commission europeenne a
ete invitee a preparer un project
de proposition pour une taxes
paneuropeenne sur les transac-
tions financieres (TTF) applicable dans
toute l'Union. Cette demand faith suite
au rapport sur le < financement nova-
teur � adopted en mars lors d'une session
du Parlement europeen a Strasbourg par
529 voix pour, 127 voix contre et 18 abs-
tentions. Le rapport, prepare par Anni
Podimata, membre grecque socialist du
Parlement europeen, explique que l'intro-
duction d'une taxe sur les transactions
financieres sur une base unilaterale per-
mettra de recueillir des fonds pour le < le
bien public >, notamment l'aide au deve-
loppement et la lutte centre le changement
climatique.


tales de developpement : < Avec ce project
de taxe paneuropeenne Robin des Bois, le
Parlement europeen a montre l'exemple a
l'echelon international. Et c'est une excel-
lente chose. A elle seule, I'UE pourrait
lever des dizaines de milliards d'euros
et aider ainsi des millions de personnel
que la cupidity des banquiers a pousses
dans la pauvrete, � affirme Elise Ford,
responsible du Bureau europeen d'Oxfam
International.

< Et comme la France preside cette annee
le G20, l'Europe est idealement place
pour faire de cette TTF une reality. Nous
appelons a present les MPE a faire le
maximum pour que leurs gouvernements
respectifs soutiennent cette proposition, >
a-t-elle ajoute.


recherche economique, une taxe moyenne
de 0,05% sur les actions, les operations
de change et les obligations dans les 27
Etats membres de l'Union europeenne
rapporterait 210 milliards d'euros par
an. Une some qui pourrait etre mise a
profit pour le < bien public >, don't l'aide
au developpement. Mais la decision finale
rest entire les mains des Etats membres
de l'UE. Car si pour certain, cette taxes
s'inscrit dans une strategic europeenne
progressive, d'autres hesitent a deleguer
aux institutions europeenne toute forme
de competence fiscal. D.P.


SRobin des Bois est un heros du folklore medie-
val anglais, connu pour voler les riches afin
de nourrir les pauvres


Cette taxes est accueillie tres favorablement Selon une etude realisee par le Dr Stephan
par les organizations non-gouvernemen- Schulmeister de l'Institut autrichien de


Un home taisant champagne pour la I laxe Hobin des bois (V Heporters


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011





Tu d Dnhr D


L'aide budgetaire de I'UE n'est



pas encore pleinement exploiteel


SII y a encore des progress a faire >>, estime la Cour europeenne des

comptes, I'institution de contrble financier de I'UE


A u course de ces dix dernieres
annees, 1'UE a privilegie,
parmi ses instruments d'aide
exterieure, l'appui budgetaire,
lequel represente en moyenne 50% de la
totality de l'aide administree par les insti-
tutions de l'UE. Dans un rapport special,
la Cour des comptes europeenne (ECA),
l'organisme de control financier de l'UE
base au Luxembourg, indique que l'admi-
nistration de cette forme d'aide "pourrait
etre encore amelior&e." Son evaluation
vient alimenter l'actuelle reflexion des
services internes de la Commission euro-
peenne (CE) qui examinent s'il convient
de modifier les programmes d'appui bud-
getaire finances par l'UE pour realiser les
objectifs de developpement.

Ce type d'aide prend la forme d'un
transfer direct de fonds dans les caisses
nationals des pays partenaires. Les cri-
teres pour le declen-
chement de cette aide II/ convieI
sont decides dans le de mani/re
cadre d'un dialogue a contribu
politique entire l'UE et
les pays beneficiaires. budg6taire
Ces programmes ont de la p
pour advantage qu'ils
peuvent favoriser l'ap- Lars He
propriation par le pays Cour europ6ei
beneficiaire de ces res-
sources d'aide, renforcer les systems de
comptabilite national et accelerer les
changements politiques pour reduire la
pauvrete.

"En terms d'avantages politiques, cette
forme d'aide permet le transfer d'impor-
tants montants d'une maniere previsible",
a explique Lars Heikenstein, membre de
la Cour europeenne des comptes, lors du
lancement, au mois de fevrier du rapport
intitule "Gestion, par la Commission, de
l'appui budgetaire general dans les Etats
ACP, ainsi que dans les pays d'Amerique
latine et d'Asie" [Ed : L'aide budgetaire
sectorielle - l'aide de l'UE a un secteur
particulier comme la sante ou l'educa-
tion, n'est pas couverte par le rapport
de l'ECA).

"Peut mieux faire"
Pourtant, les institutions de l'UE pour-
raient mieux faire. "Les objectifs sont
formulas en des terms trop generaux,


n

t

a

n/"


ce qui est prejudiciable a la conception
du programme. Ils ne precisent pas a
quel niveau l'essentiel de la plus-value
est realisee", a explique Lars Heikenstein
aux journalists. L'objectif de ce rapport,
a-t-il ajoute, n'etait pas de se prononcer
pour ou contre l'appui budgetaire, mais
d'analyser si cette forme d'aide remplit les
objectifs qui lui ont ete fixes.

Pour Lars Heikenstein, le dialogue poli-
tique n'est pas pleinement exploited pour
l'instant et des lignes directrices plus
precises doivent etre mises au point :
"Il convient aussi d'analyser de maniere
systematique la contribution de l'appui
budgetaire a la reduction de la pauvrete."
"Des objectifs macro-economiques ont
certes ete definis, mais ils sont souvent
trop generaux, ce qui est prejudiciable
a la conception du programme", a indi-
que Gerald Locatelli, responsible du
Fonds europeen de
t d'analyser developpement a la
;yst6matique Cour europeenne des
ion de I'aide comptes.
la reduction La Commission
uvret6. , europeenne est bien
consciente des cri-
kenstein, tiques don't faith l'objet
ne des comptes l'appui budgetaire,
rappellent des fonc-
tionnaires de la Cour. Andris Piebalgs,
le commissaire europeen en charge du
developpement a lance une consultation
publique en ligne sur le soutien budge-
taire -clotur&e a la fin janvier' - afin de
recueillir un maximum de contributions
sur ce theme apres la publication du Livre
vert sur "L'avenir de l'appui budgetaire
de l'UE en faveur des pays tiers".2 La CE
devrait quant a elle rediger ses recomman-
dations sur cette question avant la tenue
du 4e Forum a haut niveau sur l'effica-
cite de l'aide qui se tiendra a Busan, en
Coree du Sud, du 29 novembre au ler
decembre 2011.

"L'UE doit respecter son engagement a
privilegier l'appui budgetaire par rapport
aux autres modalites de l'aide et continue
a y recourir de plus en plus dans les annees
a venir", indique pour sa part l'organisa-
tion non gouvernementale Oxfam sur le
site Internet de la consultation publique.
Oxfam souhaite egalement voir renforcees
les competences des institutions d'audit et


-. ,-

, , d..,




Les r6fugi6s dans un nouveau camp pour personnel
deplac6es a cause des affrontements tribaux � Reporters


de control, des parlements et des orga-
nismes de la soci&et civil en matiere de
control de l'utilisation des resources
budgetaires. Elle suggere aussi la creation
d'un registre public des accords d'appui
budgetaire.

Nick Roberts, Conseiller pour l'appui bud-
getaire aupres du minister des Finances
de Samoa, a declare qu'un des princi-
paux problems rencontres concernait
les measures a prendre en cas de reforms
insuffisantes ou inadequates dans le pays
beneficiaire. Des mecanismes pourraient
etre mis en place pour evaluer l'avancee
des reforms et lancer des avertissements
aux gouvernements dans le cas ou les pro-
gres ont ete tres lents ou inexistants, ecrit-
il sur son site Internet. Le Dr Kwabena
Duffuour, ministry des finances et de
la planification economique, a posted le
commentaire suivant: "Je suis convaincu
qu'il est justified de prevoir des criteres
d'eligibilite moins stricts pour l'appui
budgetaire sectoriel car cela permettrait
a l'UE de differencier cette forme de sou-
tien et de faciliter l'utilisation de l'appui
budgetaire sectoriel en tant qu'instrument
de l'aide." D.P.

Shttp://ec.europa.eu/europeaid/how/public-
consultations/5221 en.htm

2http://ec.europa.eu/development/icenter/
repository/greenpaperbudgetsupport
thirdcountriesen.pdf


Cu r r i e r





ITou di


Cote d'lvoire - I'apaisement ?

Au moment de la mise sous press du Courrier I'ancien President ivoirien Laurent
Gbagbo etait arrWte par les forces militaires loyales aAlassane Ouattara, son rival,
declare vainqueur des elections presidentielles en novembre 2010. Des chars
francais, participant a la mission de paix des Nations Unies en Cote d'lvoire (ONUCI),
etaient sur place. Grace cette arrestation, Alassane Ouattara a pu officiellement
entrer en function a la tate de son pays.


La communaute international
avait faith pression sur Laurent
Gbagbo, tant sur le plan diplo-
matique qu'economique. Des le
22 decembre, I'UE avait pris des sanctions
economiques telles que le gel des avoirs
financiers de 19 Ivoiriens, parmi lesquels
l'ancien President et sa femme.

Entre-temps, l'Union africaine (UA) a
appele Gbagbo a respecter la volonte du
people et a laisser la place a son opposant.


Une position encore renforcee par la deci-
sion de l'Afrique du Sud, mais aussi de
l'Angola, de joindre leur voix aux exigences
de leurs pairs africains. Meme position
egalement du c6te de la Communaute eco-
nomique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO), qui avait demanded I1'ONU
d'intervenir militairement en C6te d'Ivoire
afin de mettre fin aux affrontements de
plus en plus violent entire les deux camps,
affrontements qui risquaient de deboucher
sur une guerre civil.


Le 4 avril, Kristalina Georgieva, la
Commissaire europeenne en charge de
l'Aide humanitaire et de la Cooperation
international, a exprime sa profonde
inquietude face a l'aggravation des vio-
lences et au nombre croissant d'Ivoi-
riens en fuite. Plus de 120.000 refugies
ont afflue dans les pays voisins, parmi
lesquels le Liberia ; des pays qui sont
eux-memes souvent au bord de la crise
humanitaire. M.M.B.


eL'lection de Michel Martelly


comme president d'Haiti

Une strategic implacable et efficace


Hegel Goutier



Le future president d'Haiti don't
l'investiture est prevue le 14 mai
2011 sera Michel Martelly, l'ex-
chanteur populaire, l'idole des
pauvres des bidonvilles de Port-au-Prince,
apprecie par les milieux d'affaires haitiens
et par la communaute international.

Contrairement a WycleffJean, le peu de
pronostic favorable pour Michel Martelly
(Sweet Micky de son nom d'artiste) l'avait
protege des attaques d'une elite qui
n'imaginait pas un president non barde
de dipl6mes universitaires. C'etait sans
connaitre son imparable strategic. Jeune
artiste, il liait deji de solides relations
avec des politicians americains, surtout
du parti republican.

Sa strategic de conquete de pouvoir est
celle du joueur d'echec. L'action ne se
referee pas au present mais au future. Les
amities americaines serviront entire les
deux tours des elections ; elles prevau-


dront centre toute suspicion de populisme
quand il utilisera son electorat de Cite
Soleil pour faire valoir ses droits au second
tour. Des le debut, le nom de son parti,
< Repons peyizan > (Reponse des paysans),
est une cartouche pour le passage a l'iso-
loir dans un pays a majority rurale. Son
slogan, ' Michel Martelly, Tet kale >, en
creole : � la boule a zero >, < le culotte >
et meme < le mauvais gargon >, a faith un
tabac chez les jeunes.

Entre les deux tours, Martelly a propose
une collaboration au parti < Inite > du
candidate Jude Celestin, retrograde de la
2e a la 3e place, a Jean-Claude Duvalier
et a Aristide, dans la clientele duquel il
a puise les voix et don't les paroles sibyl-
lines semblaient soutenir sa concurrente,
Manigat. Au grand debate avec celle-ci, il
avait ete l'outsider, l'ancien chanteur en
face de la professeure. Martelly a surprise
par sa connaissance des dossiers et son
culot. Sur Facebook, il a 25.00 amis centre
5000 pour elle. Le sort en etait jete.


ATIcne electoral ae ivicnel viartelly inegel uoutler
Son slogan, 'Michel Martelly, Tet kale', en creole:
la boule a zero', 'le culotte' et meme 'le mauvais gargon',
a fait un tabac chez les jeunes.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011










































Un continent en quete de


desenclavement


Un simple coup d'oeil a une carte
d'Afrique permet de comprendre le defi
de taille auquel le continent est confront
s'il veut realiser un developpement
endogene. Des routes et des chemins
de fer qui gravitent autour de grand
ports destin6s a exporter les matieres
premieres, les rares incursions a I'inte-
rieur des terres s'arritant bien souvent
a des gisements miniers. A I'exception
notoire de I'Afrique du Sud, les reseaux


de transport ont peu evolue depuis la fin Marie-Martine Buckens
du colonialisme dans la plupart des pays


d'Afrique sub-saharienne et sont tries peu
interconnects. Depuis quelques annees,
les plans et projects pour combler le deficit
d'infrastructure en Afrique foisonnent.
Sous I'6gide de I'Union africaine (UA)
notamment, avec le soutien de I'Union
europ6enne (lire article sparee, mais
aussi des Etats-Unis. Sans oublier la
presence, massive, de la Chine.


D ans les Caraibes et le Pacifique,
don't les pays sont autant d'iles
ou de chapelets d'iles, le defi
le plus important porte sur le
transport maritime, come on le lira dans
les deux dernieres pages du dossier. Sur le
transport a&rien &galement -tout comme
sur le continent africain -un theme qui a
deja &et abord6 dans un dossier pr6ecdent du
Courrier (voir le numero 17, mai-juin 2010).


Cu r r i e r






















en toutes saisons ? Comment career des
liens de proximity entire pays quand les
relations aeriennes doivent transiter par
des neuds parfois tries eloignes ? �

Autant de schemas d'exploitation difficiles
a gerer etant donned la position excen-
tree des grands centres urbains. Ce qui
explique, ajoute Sylvie Bruxel, pourquoi
plusieurs pays africains ont voulu se doter,
a grands frais, de nouvelles capitals plus
centrales : Abuja au Nigeria, Dodoma
en Tanzanie ou Yamoussoukro en Cote
d'Ivoire. ,>

Aujourd'hui, la density des reseaux de
transport en Afrique route et rail reste
encore tries faible. Il est, pour les routes,
de 6,85 km pour 100 km2, centre 12 pour
100 km2 en Asie, 100 km en moyenne en
Europe (plus de 400 km pour 100 km2
pour la Belgique !). La density du reseau
ferroviaire africain ne depasse pas les 3
km pour 100 km2 centre 60 km pour 100
km2 pour l'Europe.

Route ou rail ?

Consider& comme trop couteux, et mal
gere, le rail a ete longtemps delaisse par les
grands donateurs, au premier rang desquels
la Banque mondiale, au profit de la route,


qui a beneficie au course de ces 20 dernieres
annees, d'une baisse de son cout relatif.
Dans le cadre des politiques d'ajustement
structures, le rail etait dans le collimateur.
Entreprises publiques, elles enregistraient
deficits sur deficits. Depuis 2000, le vent
a tourney. L'Union europeenne, suivie par
la Banque mondiale et d'autres donateurs,
a inscrit le developpement du rail parmi
ses priorities de cooperation. Les defis n'en
restent pas moins enormes : cout important
de la pose de nouvelles lignes, ecartements
different des rails, mise en place d'une
structure capable d'assurer la gestion. Sur
ce dernier point, nombre de donateurs
sont en faveur d'une restructuration en
cooperation avec le secteur prive, recom-
mandant leur mise en concession plutot
que leur privatization complete.

Les routes, meme si elles sont plus nom-
breuses -assurant notamment l'essentiel
des liens avec le monde rural ne sont pas
epargnees par le manque de financement
et souffrent de maniere chronique d'un
manque d'entretien.

Et c'est sans oublier, comme on le lira
plus loin, le role vital que jouent les ports,
pres d'une centaine, dans les relations
commercials de l'Afrique avec le rest
du monde.


Renversement des espaces'..l f
En Afrique, plusieurs projpi. I. ,i cer-
tains sont en bonne voie d',l .i ilm ii
visent a retablirdes liens de. - m!rnui! -
cation delaisses par les puiss i,,.- l...-
niales. En particulier les liens Noitd-Sud.
Comme l'ecrit la geographe frangaise
Sylvie Brunel dans son livre L'Afrique,
un continent en reserve de developpement,
< la colonisation a entraine un veritable
renversement des spaces africains (...) en
consacrant la suprematie des littoraux, le
long desquels se creent les villes, au point
de rupture des charges entire la mer et la
terre. La grande majority des capitals
africaines sont des ports, construits au
point d'aboutissement des voies ferries
drainant les products de l'interieur. Et
les reseaux de transport sont tries sou-
vent orients perpendiculairement aux
littoraux, ce qui pose le problem des
relations transversales >. Comment, se
demand l'auteure, < realiser l'integra- r
tion regionale quand on ne peut meme
pas se rendre physiquement d'un pays
a l'autre, faute non seulement de voices
ferrees, mais meme de routes praticables


.. . *'' *
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: -;'. .
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is


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


IDose


rir
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IDose


L'UE et les grands projects de


transports africains


Le grave deficit en matiere de transports
au sud du Sahara est un defi que I'UE et
I'Afrique cherchent a reliever ensemble a
travers leur Partenariat pour les infras-
tructures.


Anne-Marie Mouradian


strategique pour ameliorer
l'interconnexion des reseaux
de transports a travers le conti-
nent avec le soutien du Fonds fiduciaire
UE-Afrique pour les infrastructures.
II a sa place a c6te
d'autres grands pro- De leur c6tE
grammes comme le offrent de C(
PIDA (Programme
de developpement routes, en 6cl
des infrastructures aux resource
en Afrique), initia- mind
tive conjointe de la
Commission de l'Union africaine, du
NEPAD et de la Banque africaine de
developpement, le PTAS (Programme de
politiques de transport en Afrique subsa-
harienne), regroupant 35 pays africains et
leurs communautes regionales et soutenu
par 11 bailleurs de fonds, ou encore le
Consortium pour les infrastructures en
Afrique (CIA).

Les corridors, colonne
vertebrale du developpement
< Les transports sent avant tout une
affaire de connectivity >, explique


h
.7
S
r


Paulus Geraedts, chef du secteur des
infrastructures a la direction general
du Developpement et des Relations
avec les Etats ACP, a la Commission
europeenne. < Il s'agit de connecter des
regions avec des regions, des pays avec
des pays, l'Afrique avec le monde. La CE
cible ses interventions sur les corridors
transafricains et le financement des chai-
nons manquants qui sont aussi une prio-
rite de la Commission
les Chinois de l'Union africaine.
nstruire des Elle soutient &gale-
ment des programmes
ange d'acces nationaux, soit en
p6troli6res et tant que trongons de
ales. corridors regionaux
soit, a la demand des
pays, pour renforcer leurs reseaux locaux,
ameliorer l'accessibilite routiere en zone
rurale et la mobility urbaine. >

La Commission europeenne accord 600
millions d'euros de dons par an au secteur
africain des transports. Elle intervient
en cooperation avec le Fonds fiduciaire
UE-Afrique pour les infrastructures
dans de vastes projects transfrontaliers
tels que le corridor de Beira, la Grande
route de l'Est, la renovation du port de
Pointe Noire, l'aggrandissement du port
de Walvis Bay, l'extension de l'aeroport


C u rrier


















international Kenyatta, le Programme de fer ouest-africain Cotonou-Niamey-
integre de transports pour la Namibie... Ouagadougou, le pont de Gambie...


La Grande route de l'Est, section zam-
bienne du Corridor de Nacala qui relie le
port mozambicain de Nacala a la Zambie
via le Malawi, est un project couvrant
360 km pour un cout de 250 millions
d'euros. < C'est un bel example de coor-
dination europeenne. I1 implique la BEI,
l'Agence frangaise de developpement, la
Commission europeenne et la delegation
de l'UE qui est chef de file dans le dia-
logue avec les autorites zambiennes, ,
indique Juergen Kettner, specialiste des
politiques de transports et infrastruc-
tures a la DG du Developpement et des
Relations avec les Etats ACP.

Si les autorites nationals - ministeres des
Transports, des Finances ou des Travaux
publics -, sont proprietaires des projects et
en premiere ligne pour negocier avec les
bailleurs de fonds, < il est important, rap-
pelle Paulus Geraedts, de coordonner les
politiques nationals, regionales et conti-
nentale. Nous appuyons l'UA dans ses
efforts pour etablir une vue d'ensemble
et une vision, se doter de programmes
strategiques comme le PIDA a travers
lequel elle vise a exercer une influence
au niveau continental et jouer un role de
coordinateur des corridors. ,>

Parmi les recentes decisions, l'Accord de
Port Moresby signed en decembre entire
l'UE et l'UA, devrait finance les prepa-
rations d'actions prioritaires et les etudes
de projects strategiques comme les cor-
ridors autoroutiers africains, le chemin


Mais les resources publiques sont insuf-
fisantes face a l'enormite des besoins.
Conformement aux nouvelles priorities
definies dans le Livre vert1, la CE veut
encourager le secteur prive, principal
moteur de la croissance, a devenir un
partenaire du developpement. < Les
investisseurs prives sont interesses par
le march mais effrayes par les risques
politiques, les risques de change et les
problems de governance. Nous refle-
chissons a la fagon de travailler avec eux
en combinant par example nos subven-
tions et leurs finan-
cements pour limiter II s'agit de C(
les risques commer-
ciaux >, explique regions avec d
Paulus Geraedts. A pays avec des
l'avenir, le dialogue avec le
UE-Afrique pour les
transports devrait porter non seulement
sur l'identification de projects financiere-
ment viables, socialement responsables,
ecologiquement durables, mais aussi sur
la fagon d'attirer les investisseurs prives
en ameliorant la governance et le climate
des affaires.

La presence chinoise, un defi
pour 1'UE et pour 1'Afrique

L'Europe est confronted a une rude com-
petition de la part de la Chine, qui a
invest des milliards de dollars en Afrique.
Le rapport annual du Consortium pour
les infrastructures en Afrique indique
des investissements chinois de l'ordre


de 5 a 6 milliards de dollars en 2010.
< C'est evidemment un defi. L'Europe a
un paquet d'offres, incluant le dialogue
et le partenariat politiques qui vont de
pair avec les dons et les investissements >,
souligne Paulus Geraedts. De leur cote,
les Chinois offrent de construire des
routes, en change d'acces aux resources
petrolieres et minerales. < Aux Africains
de choisir, c'est aussi un defi pour eux >,
constate Paulus Geraedts. < Des gouver-
nements nous ont parfois indique que
sur tel ou tel project, ils preferent tra-
vailler avec les Chinois. Ca faith parties
de la vie. Mais les besoins sont si impor-
tants qu'il y a de la place pour tous >.
L'Afrique, la Chine
nnecter des et l'UE devraient tra-
vailler ensemble afin
es regions, des d'identifier un certain
pays, I'Afrique nombre de domaines
monde. oti une cooperation
trilaterale serait per-
tinente, estime la Commission euro-
peenne qui s'efforce de faire demarrer
ce dialogue. < En Zambie par example,
nous avons deji des contacts avec les
Chinois, indique Juergen Kettner. Le
defi est d'amener les colleagues chinois a
s'asseoir autour d'une table pour discuter,
se mettre d'accord sur des priorities com-
munes avec le gouvernement, canaliser
les financements de facon appropriate.
On ne travaille pas de fagon isolee mais
avec des partenaires. >

L'Inde, le Bresil, le Japon sont egale-
ment presents. < C'est une epoque fas-
cinante et les jeux ne ont pas encore
clairs, remarque Paulus Geraedts. Le
G20 pourrait jouer un role interessant en
rassemblant les pays emergents donateurs
comme la Chine ou d'autres pays BRIC,
l'Afrique et nous-memes. >

Le corridor de Nacala (Mozambique,
Malawi, Zambie) est un example de ce
partenariat international impliquant de
.es nombreux acteurs qui financent ses
differentes sections, don't les Japonais
(JICA - Agence japonaise de cooperation
internationale, qui interviennent dans la
parties mozambicaine du project.

http://ec.europa.eu/europeaid/how/public-
consultations/5241 fr.htm









E

Q
C5


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


IDose


C





IDose


Transnet, le g6ant sud-africain du


transport, et les Chinois


Charles Visser*


seulement politiquement,
ainsi qu'en attestent les evene-
ments recents en Egypte, dans
le Maghreb et au Soudan, mais aussi
economiquement, signed peut-etre de la
prochaine liberalisation d'un continent
qui a souffert si longtemps des querelles
internes et de la mauvaise gestion econo-
mique. Ou du debut d'une nouvelle ere de
colonisation... par les Chinois cette fois ?

Quoi qu'il en soit, l'Afrique est en march
et doit en grande parties son essor eco-
nomique aux investissements chinois.
C'est Transnet, la soci&et sud-africaine
de transport, qui s'occupe de la majeure
parties du fret de marchandises. Cette
society, propri&et du gouvernement sud-
africain, n'est pas subventionnee et est
rentable.

Selon la Standard Bank of South Africa,
tres present dans 17 autres pays d'Afrique
en partenariat avec l'Industrial and
Commercial Bank of China (ICBC), les
investissements chinois en Afrique dou-
bleront d'ici 2015 pour atteindre 36,8 mil-
liards d'euros, tout comme les &changes
bilateraux entire l'Afrique et la Chine, qui
passeront de 110 a 220 milliards d'euros.
Le PIB de l'Afrique devrait augmenter
a un taux de 6% en 2015, contre 4,9%
actuellement.


Cette envolee de l'activite economique
souleve la question du transport des mar-
chandises a travers le mauvais reseau rou-
tier et ferroviaire d'Afrique.

Selon son porte-parole, Mike Asefovitz,
Transnet exploit 80% du reseau ferro-
viaire africain et s'emploie a remettre de
l'ordre en Afrique du Sud, otu la demand
depasse l'offre >. Mike Asefovitz n'a pu
commenter < a un niveau strategique > la
possibility que Transnet s'associe au deve-
loppement d'infrastructures entrepris par
les Chinois sur le continent. (Precisons
que la participation de Transnet dans
la Communaute de developpement des
Etats d'Afrique australe, la CDAA, se


limited au leasing du materiel roulant et a
l'entretien des lignes de chemin de fer et
des pipelines.)

Comme le numero 1 africain du trans-
port ferroviaire, de l'activite portuaire
et du pipeline est < hors jeu > pour ce qui
est du developpement d'infrastructures
en Afrique en dehors de la CDAA, cela
laisse la porte ouverte a d'autres acteurs,
tels que l'UE, les Etats-Unis et la Chine,
qui peuvent en profiter pour atteindre les
richesses de l'Afrique.

* Charles Visser Ancien journalist et pen-
seur independent, Charles Visser vit en
Afrique du Sud.


chemin de fer a voie etroite traverse I'embouchure de la rivi&n


Kaimans DPA
� Reporters


Africarail et les autres


Depuis une dizaine d'annees, les projects
fleurissent en Afrique sub-saharienne. A
commencer par I'ambitieux project Afri-
carail.
Long de 2.000 km, il doit reunir quatre
pays d'Afrique de I'Ouest, le Benin, le
Togo, le Niger et le Burkina Faso, et est
soutenu par la Banque africaine de deve-
loppement. Le financement necessaire,
estime actuellement a quelque 6 milliards
de dollars devrait se faire sous la forme


partiellement sur desvoies ferries exis- nie, le Burundi et le Rwanda.
tantes, il devrait permettre de desencla- Des projects nationaux sont egalement a
ver non seulement les pays concerns, I'etude. Notamment les 500 km de voies


mais aussi les pays limitrophes, a savoir
le Nigeria, le Mali, le Senegal, la C8te
d'lvoire, le Ghana et le Tchad.


ferries qui doivent relier le centre de
Congo-Brazzaville au port de Pointe-
Noire. Les quelque 2.000 km de rail -


Plusieurs projects de voies transnationales coQt: 11 milliards de dollars - qui doivent
sont aussi a I'etude au sein de la Commu- relier toutes les provinces du Mozam-
naute de I'Afrique de I'Est (CAE). Quatre bique. Sans computer le project de pont-
< corridors >> ont ete retenus. Parmi eux : route-rail qui doit relier les deux capitals
une voie reliant les capitals du Kenya et les plus proches du monde, Brazzaville


d'un partenariat public-prive. S'appuyant de I'Ouganda; une autre reliant la Tanza- et Kinshasa. M.M.B.


C u rrier


















Relancer le transport fluvial

Les ports fluviaux de I'Afrique sub-saha-
rienne sont encore loin de rivaliser avec
ses ports maritimes. En cause, un manque
de balisage, des infrastructures vetustes.
Pres de 97% du commerce international
se fait via le transport maritime. LAfrique
compete plus de 80 ports maritimes impor-
tants, ce qui est relativement peu pour
un continent qui compete 53 pays, don't
six insulaires et 15 enclaves. Mais bon
nombre de ces ports sont confronts a


des problems d'equipement, de security,
de pollution et d'insuffisance de capacities
techniques. En outre, 80% des navires ont
plus de 15 ans d'age, contre une moyenne
mondiale de 15%.
Autant de points faibles qui caracterisent
le transport fluvial. Certes, de grands
fleuves comme le Congo ou le Nil ne sont
pas entierement navigables. Mais la oi
ils le sont, ils representent un element
d'integration economique tries important,


Short ae llnsnasa c viare-vlartine bucKens


RDC-route en mauvaise 6tat en train d'etre repar6e � Reporters


notamment dans des regions eloignees.
C'est le cas notamment en RD Congo, oi
I'UE finance actuellement un grand project
de balisage du fleuve Congo. En outre, le
transport fluvial jouit d'avantages econo-
miques non negligeables : il est six fois
moins cher de transporter des containers
par bateaux que par freight aerien, et une
barge de 500 tonnes peut accomplir un
trajet en deux fois moins de temps qu'un
camion de 14 tonnes. M.M.B.




Retablir les routes en RDC
et ailleurs

La route reste le mode de transport domi-
nant en Afrique sub-saharienne, repre-
sentant pres de 90% du traffic interurbain
et du traffic inter-Etats de marchandises.
Mais sa density reste des plus faibles (6,65
km pour 100 km2) et I'etat des routes,
des plus aleatoires. En moyenne 24,5%
des routes d'Afrique sont bitumees. Une
moyenne qui inclut I'Afrique du Nord, don't
le pourcentage s'eleve a 64%, contre 4%
pour I'Afrique central, 9,5% pour I'Afrique
de I'Est, 20,7% pour I'Afrique australe et
22,4% pour IAfrique de I'ouest.
Un reseau qui souffre d'un mauvais entre-
tien (en moyenne 30% des besoins requis
pour leur maintenance sont assures) et
de la surcharge des camions, reduisant
la duree de vie des routes.
La Republique Democratique du Congo
(RDC) est particulierement mal lotie. Parmi
les < cinq chantiers > annonces en 2006,
figurent la construction ou la rehabilita-
tion d'environ 10.000 km de routes et de
points. En quatre ans, quelque 5.000 km
de travaux auraient ete realises. Mais peu
de bitumage et pas de modification fonda-
mentale du reseau existant, construit pour
I'essentiel a I'epoque colonial. LUnion
europeenne figure comme principal bail-
leur de fonds, aux c6tes de la Banque
mondiale et de la Banque africaine de
developpement. Sans oublier la Chine,
don't la presence reste encore relative-
ment limited, a I'exception des travaux
routiers entrepris dans la capital, Kins-
hasa. M.M.B.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


IDose





IDose


Le coit du transport aerien, un



obstacle au march unique caribeen


La plupart des personnel qui se rendent aux Caraibes sont etonnees par le prix
eleven des transports aeriens. Prendre un avion pour aller d'une ile a I'autre cote
aussi cher qu'un billet pour I'Amerique du Nord. Peut-on y remedier ?


Bernard Babb*


A ujourd'hui plus que jamais,
les ressortissants des Caraibes
demandent aux gouverne-
ments du bloc commercial
du CARICOM' de meilleures liaisons
entire les iles, une diminution des taxes
aeriennes et une politique transparent sur
les transports r6gio-
naux. Pour plusieurs La derniere te
observateurs regio-
naux, l'absence d'un d'ameliorer
system de transport intra-r6gion
regional viable et Caraibes a pou
efficace constitute le ra po
principal obstacle au
bon fonctionnement cree par de
du March& et de d'affaires
l'Economie unique
des Caraibes (Caribbean Single Market
and Economy, CSME).

Dans un article address& en f6vrier 2011
au Daily Nation, Norman Smith, lecteur
de ce quotidien de la Barbade, a relay&
la tristesse de ses compatriotes et res-
sortissants des Caraibes et soulign a
quel point il 6tait urgent de revoir a la
baisse le prix des billets d'avion pour la
region : < J'ai r&cemment fait ma petite
enquete sur le prix du billet pour Saint-
Vincent-et-les Grenadines et l'on m'a
indiqu& les tarifs suivants -533 dollars
(266 dollars am&ricains) pour un bil-
let Barbade-Saint-Vincent, 637 dollars
(318 dollars am&ricains) pour Barbade-
Grenade et 858,42 dollars (427 dollars
am&ricains) pour Barbade-Grenade, via
Saint-Vincent. Dans le temps, si vous
preniez un avion de la compagnie LIAT
pour aller jusqu'a Grenade via Saint-
Vincent, vous payiez uniquement votre
billet pour la destination la plus &loi-
gnee. Aujourd'hui, on vous explique qu'il
s'agit de deux destinations diff6rentes,
et on vous compete alors l'&quivalent de
deux billets. Le prix exorbitant des bil-
lets d'avion dissuade les habitants des
Caraibes de voyager. Vous ne devriez pas
payer 858 dollars pour faire just un peu
plus de 160 km alors que pour le meme


prix, voire moins cher, vous pourriez vous
rendre a Miami, qui se trouve presque
16 fois plus loin. >

Un secteur en crise
Au course de ces deux dernieres ann&es,
la situation s'est encore aggravee.
L'augmentation du prix du carburant et
des pertes a hauteur de millions de dol-
lars ont accl&66r la faillite d'Air Jamaica.
Dans le m6me temps,
itative en vue LIAT, LA compagnie
aerienne r6gionale etait
'e transport confronted a une chute
al dans les de ses benefices, ce qui
r nom RedJet, l'a amenee a rationa-
ur lowcost liser ses itineraires
pour se maintenir a
Ix homes flot. American Eagle,
irlandais la filiale d'American
Airlines qui dessert
diff6rentes iles des Caraibes au depart de
Porto Rico, a 6galement abandonn6 cer-
taines destinations, jug6es non rentables.
La diminution du transport a6rien interr6-
gional 30% au course de ces cinq dernieres
ann6es selon l'Organisation touristique des
Caraibes (CTO) -induite par la crise &co-
nomique mondiale, a eu un impact n6gatif
sur les companies a6riennes de la region.

Dans ce context, la diminution de la capa-
cite a6rienne, associ&e au coft 6lev6 des
billets qui freine voyages et d6placements
non urgents, n'a rien fait pour ameliorer


les efforts visant a renforcer les moyens
de transports alternatifs -par mer -qui
restent trop peu nombreux. Ces dernieres
annees, plusieurs hommes d'affaires entre-
prenants ont annonc& leur intention de
renforcer les services de ferries dans les
Caraibes orientales, ce qui permettrait
de diminuer de 60% les frais de trans-
port. Mais un service fiable de ferries,
desservant l'ensemble des Caraibes se fait
toujours attendre. En effet, meme si le
transport maritime est moins gourmand en
carburant, ce qui devrait se traduit par une
diminution du prix des billets, transport
de personnel et transport de marchandises
seraient en competition.

La derniere tentative en vue d'ameliorer le
transport intra-r6gional dans les Caraibes
a pour nom RedJet, un transporteur lowcost
cr&& par deux hommes d'affaires irlan-
dais. Cette compagnie, base sur le module
europeen de Ryanair, doit encore etre offi-
ciellement autoris&e par le gouvernement
de la Barbade. Ce que les deux Irlandais
attendant avec impatience.

'Etats membres de la Communaute cari-
beenne (CARICOM): Antigua-et Barbuda,
les Bahamas, la Barbade, Belize, la Dominique,
la Grenade, le Guyana, Haiti, la Jamaique,
Montserrat, Sainte- Lucie, Saint-Kitts-et-
Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le
Suriname, Trinidad-et-Tobago.


*Journaliste base a la Barbade


A6roport de Melville Hall, La Dominique � H Goutier


Cu r r i e r


r
I

ri
't
L





I ~~Dose


Les distances, un cauchemar



pour la region du Pacifique



Des initiatives pour ameliorer le transport maritime entire les fles


Des populations eparpillees un peu partout dans le plus grand ocean du monde et les
mauvaises communications qui en resultent freinent la circulation des biens et des
personnel dans la region ainsi que son developpement economique et sa croissance.


Dev Nadkarni*


L e Forum des iles du Pacifique
(FIP) a reconnu l'existence de
ces obstacles au developpement.
Une des premieres initiatives
prises par le FIP pour y remedier a ete la
creation en 1978 de la Pacific Forum Line
par les gouvernements du Pacifique en vue
de repondre a leurs besoins en matiere
de transport de marchandises. Si cette
initiative en matiere de transport est sou-
vent saluee comme une success story de la
region des iles du Pacifique contrairement
a d'autres vaines tentatives visant a creer
une ligne aerienne reellement regional qui
n'ont jamais about -son developpement
s'est heurte a l'absence d'infrastructures
portuaires et au cout eleven du carburant.

Pour Ram Bajekal, president-directeur
general du Groupe FMF (Flour Mills of
Fiji), l'une des plus grandes entreprises
agro-alimentaire des Fidji, qui export
dans tout le Pacifique, y compris l'Aus-
tralie et la Nouvelle-Zelande, meme si
le transport maritime et aerien se sont
ameliores ces dernieres annees, il rest
encore un long chemin a parcourir.

< Nous aimerions fonder nos strategies de
croissance sur les exportations, lesquelles
exigeraient de meilleures connexions entire
les iles et avec l'Australie et la Nouvelle-
Zelande >, explique-t-il. Dans un context
caracterise par de faibles volumes de traffic
et l'absence de concurrence, la region
semble se contenter des horaires irregu-
liers des companies de transport mari-
time.

Pour M. Bajekal, la region doit ameliorer
de toute urgence la logistique du transport
des marchandises, dans l'interet des entre-
prises et du developpement economique
des pays insulaires de la region. < Malgre
une legere diminution, le cout du fret n'a
pas encore atteint un niveau juge 'pro-
portionnel' aux distances parcourues.
Nous pourrions offrir a nos clients des
iles, d'Australie et de Nouvelle-Zelande un


service nettement meilleur si les liaisons
etaient plus frequentes, plus fiables et
ponctuelles >, affirme-t-il.

Initiatives recentes
De recentes initiatives ont mis l'accent sur
les liaisons inter-iles, notamment entire
les plus petites d'entre-elles. Il y a deux
ans, lors d'une reunion, les ministres en
charge des affaires maritimes des petits
Etats insulaires ont present une pro-
position afin que des entreprises locales
de transport, don't l'entreprise publique
Kiribati Shipping Services, assurent la
liaison entire Nauru, Tuvalu, Kiribati,
Wallis-Et-Futuna et Suva, aux Fidji, le
port de transbordement le plus proche
relief au rest du monde.

Depuis, des entreprises privees de trans-
port maritime, comme la Pacific Direct
Line, ont renforce les services qu'elles
assuraient deji autour des plus petites
iles. Une plateforme a ainsi ete recemment
mise en place aux Fidji en vue d'ameliorer
la dessert des iles, a explique au Courrier
Alan Foote, directeur commercial de cette


entreprise base en Nouvelle Zelande.

Alors que des initiatives voient le jour en
vue de renforcer les services de transport
dans la region, les companies maritimes
ont du faire face a l'augmentation du prix
du carburant au course de ces derniers
mois. Les representants de ce secteur
ont toutefois explique au Courrier que
les entreprises s'efforgaient de maintenir
inchanges, dans la measure du possible, les
taux de fret. Le directeur general de l'en-
treprise fidjienne Carpenters Shipping,
Manickam Narain, a affirmed que malgre
la volatility des prix du carburant, l'entre-
prise -qui dessert les Fidji, la Papouasie-
Nouvelle-Guinee et les pays de la ceinture
du Pacifique -s'etait abstenue de revoir
ses prix a la hausse.


* Journaliste base en Nouvelle-Zelande

1La Pacific Forum Line a pour actionnaires les
pays suivants : Iles Cook, Fidji, Kiribati, Iles
Marshall, Nauru, Nouvelle-Zelande, Niue,
Papouasie-Nouvelle-Guinee, Samoa, Iles
Salomon, Tonga et Tuvalu.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011









































Nouvelle offensive pour



defendre le coton africain


Anne-Marie Mouradian


l'Union economique et mone-
taire ouest-africaine (UEMOA)
a lance, le 15 mars a Bruxelles,
une offensive en direction de l'Union euro-
peenne et des Etats-Unis pour redynamiser
la mobilisation en faveur du coton africain.

L'action est menee au nom de 1'UEMOA
et du C4 qui regroup les quatre pays pro-
ducteurs (Burkina Faso, Benin, Mali et
Tchad) instigateurs de
la premiere � Initiative < II faut en
coton � presented a d6liquescen
1'OMC en 2003. Le
dossier n'enregistre africain, si on
aucune avancee revive I'exp6ri
depuis des annees, arachidien a
a rappele le presi- S6ne
dent Soumaila Cisse.
L'objectif est d'obtenir l'elimination des
subventions internes aux producteurs euro-
peens et americains de coton qui causent
des distorsions sur le march mondial au
prejudice des producteurs africains. L'UE
et les USA se rejettent mutuellement les
torts tout en maintenant un statu quo qui
accentue la pauperisation des 15 millions
de cotonculteurs d'Afrique de l'Ouest et
du Centre, souligne 1'UEMOA.


L'organisation ouest-africaine veut
profiter des opportunities offertes
dans l'UE par le processus de revi-
sion en course de la Politique agri-
cole commune, et aux USA par la
preparation des debats sur la Farm Bill.

Decouplage
Au niveau europeen, le C4 reclame le
decouplage a 100% des subventions
aux producteurs de coton de Grece et
d'Espagne. Les soutiens couples sont des
aides aux revenues des agriculteurs propor-
tionnelles a la surface cultivee. Ils sont


plus important

ipecher la
ce du coton
veut eviter de
ence du bassin
u Mali et au
gal o


pour le coton que pour
la plupart des autres
productions agricoles
europeennes. Le taux
de decouplage actuel
est a 65% pour le cotton
contre 90% pour les
autres productions.
C'est insuffisant, a
souligne Soumaila


Cisse qui a demanded la suppression des
35% restants et affirmed qu'il n'y aura pas
de solution pour le cycle de Doha, s'il n'y
a pas une solution pour le coton.

Appliquer les regles de 1'OMC
Le president de la Commission de l'UE-
MOA s'est exprime devant l'Assemblee par-
lementaire paritaire ACP-UE. La nouvelle


initiative pour le coton africain vise en effect a
sensibiliser et i mobiliser les parlementaires
europeens - don't le pouvoir d'initiative et
de codecision a ete renforce par le trait
de Lisbonne - pour amplifier le plaidoyer.
Louis Michel, le co-president de 1'APP a
deji relayed le message. Dans une question
parlementaire a la Commission europeenne,
l'eurodepute souligne que : < les cotoncul-
teurs africains ne demandent pas un trai-
tement de faveur mais une application des
principles de 1'OMC {...} et la suppression
des measures distorsives de soutien a la pro-
duction et a l'exportation de coton et ce,
dans le but de lutter contre la pauvrete en
reconnaissant le caractere strategique du
coton pour leur developpement. �

De son c6te, la Commission europeenne
rappelle que le poids de sa production,
tries marginal, represent moins de 2%
de la production mondiale de coton, loin
derriere les Etats-Unis, troisieme grand
producteur apres la Chine et l'Inde.

L'UMEOA demand aussi un soutien
europeen pour plaider la cause aupres
des USA. La filiere cotonniere africaine
a un fort potential de developpement. < Il
faut empecher sa deliquescence >, pre-
vient Soumaila Cisse, < si on veut eviter de
revivre l'experience du bassin arachidien
au Mali et au Senegal qui, apres avoir peri-
clite, a vu les jeunes de la region rejoindre
les flux de migrants vers l'Europe. >


Cu r r i e r











L'experience Tuninvest/Africinvest,


un module pour les investissements


en Afrique


Andrea Marchesini Reggiani




teurs de Tuninvest/Africinvest,
un fonds independent de capi-
tal-investissement cree en 1994.
Lance en Tunisie, ce fonds s'est etendu
dans un premier temps a toute la region du
Maghreb. Aujourd'hui, il cible les entre-
prises d'Afrique subsaharienne. Le Groupe
investit actuellement dans sa troisieme
generation de fonds, axee sur la croissance
et sur les petites et moyennes entreprises
(PME). Dans un entretien accord au
Courier, il explique son experience positive
de l'entrepreneuriat en Afrique subsaha-
rienne. Et selon lui, l'esprit d'entreprise,
associe a des considerations sociales et
environnementales, pourrait etre rentable.
Mieux, il pourrait aussi representer l'avenir
du developpement.

Quelles sont les principles activities
de votre entreprise ?

Nous voulons soutenir les petites et
moyennes entreprises via des fonds leves
aupres d'investisseurs mais aussi aupres de
la Banque mondiale (BM) et de la Banque
europeenne d'investissement (BEI). Ces
fonds se repartissent en trois families : les
fonds pour les investisseurs tunisiens et
marocains, les fonds destines aux inves-
tisseurs internationaux qui seront investis
dans la region du Maghreb et les fonds
pour les investisseurs internationaux,
que nous investirons en Afrique subsa-
harienne. Nous gerons actuellement 650
millions de dollars et nous nous interes-
sons aussi maintenant a la microfinance.

Comment choisissez-vous les entre-
prises que vousfinancez ?

En 2004, nous avons ouvert un bureau
en Cote d'Ivoire pour les investissements
en Afrique occidental francophone, un
autre a Lagos, pour l'Afrique occidental
anglophone et enfin un bureau a Nairobi
pour l'Afrique oriental.

Dans toutes ces regions, des opportunities
existent. Nous essayons de les identifier
et de les transformer en projects concrets
et productifs. Il est donc essential de bien
comprendre le context economique spe-
cifique et les marches dans chaque pays.
Un example, notre dernier investissement
concern une cole privee au Kenya. Ce
project est a la fois bien gere et rentable.


Au Senegal, nous avons invest dans une
entreprise de poudre a lessiver. Pour
l'instant, son chiffre d'affaires est encore
modest et elle ne fabrique que quelques
products. Nous avons identified une serie
de points faibles et nous nous employons
a moderniser les methods et les moyens
de production de cette society. Ainsi, nous
tablons sur un chiffre d'affaires de l'ordre de
4 a 5 millions d'euros dans quelques annees.

Avec notre personnel, ou avec des experts
externes a court term, nous cherchons
a ameliorer les systems d'information,
la procedure de recrutement du person-
nel et les installations industrielles. II
ne s'agit pas uniquement d'assurer un
financement, nous attachons aussi une
grande importance aux interactions, a la
cooperation et au travail collectif. Nous
ne faisons qu'un avec l'entrepreneur : si
nous sommes gagnants, nous le sommes
tous les deux, et il en va de meme en cas
d'echec. Nous ne detenons habituellement
pas la majority du capital.

Combien d'entreprisesfinancez-vous
actuellement en Afrique subsaha-
rienne, et dans quels secteurs ?

Nous finangons pour l'instant environ 25
entreprises. En Afrique du Nord, nous
finangons un large eventail d'entreprises,
a l'exception de celles du secteur de la
construction, qui ne generent pas un reel
developpement et qui ne produisent pas
des biens exportables. Nous essayons aussi
d'eviter les secteurs nocifs pour la sante
comme les secteurs du tabac, de l'alcool
et des jeux d'argent.


Les entreprises dans lesquelles nous
investissons sont tenues de respecter un
code de conduit et des normes ethiques,
notamment en terms de confidentiality.

Vous vous etes recemment exprime a
l'occasion des Journees europeennes
du developpement 2010, a Bruxelles.
Qu'avez-vous retire de cette experience?

J'ai trouve interessant de pouvoir par-
tager des experiences, d'expliquer nos
activities et de demontrer que le develop-
pement peut etre assure par la creation
d'entreprises. Certains doutent de cette
approche motivee par le profit. Mais il
ne faut pas oublier que c'est grace a des
entreprises pharmaceutiques rentables
que des patients des pays les moins avan-
ces ont access a des medicaments meilleur
march et peuvent se les acheter.


Investisseurs en consultance � Reporters


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


Commerce


3~rr~It'














































Quand la recherche



mord la poussiere


Philippe Lamotte *


Les populations d'Afrique de I'Ouest
sont parmi les plus exposees du monde
aux particles desertiques. Mais I'inte-
ret de la recherche scientifique envers
cette forme particuliere de pollution
est quasiment inexistant. Une equipe
beninoise et europeenne en appelle a
une plus grande prise de conscience
des institutions internationales.


a sante des populations afri-
caines est plus que probablement
tres affected par les poussieres
sahariennes qui, a certaines sai-
sons, s'&levent a des milliers de metres
d'altitude et viennent ensuite se d6poser
sur le sol europeen et ambricain, mais
surtout sur la plupart des pays d'Afrique
de l'Ouest. Telle est l'hypothese d'une
6quipe de chercheurs issue de l'Universit6
de Parakou (B6nin) et de deux universities
belges, qui vient de publier un article dans
la litterature scientifique specialis6e' base
sur le passage en revue systematique de la


litterature international consacree depuis
dix ans a cette thematique.

Emportees par 1'Harmattan
Leur inquietude porte sur ces immense
nuages de poussieres qui, capable d'effec-
tuer des d6placements sur des milliers de
kilometres, se forment r6gulierement dans
plusieurs regions de la planete. Parmi ces
dernieres, le Sahara arrive largement en
tete avec une contribution estimee entire 50
et 58% du total. En Afrique de l'Ouest, ces
particles dites < PM 10 > (leur diametre
est inf&rieur a 10 microns), sont mises en
suspension principalement au Mali, en
Mauritanie et autour du lac Tchad. Elles
sont emportees par l'Harmattan2, ce vent


C u rrier



















sec qui souffle de la fin novembre jusqu'en
mars vers le Golfe de Guinee, en passant
par le Benin, le Nigeria, le Togo, le Ghana,
la Cote d'Ivoire, etc.

Intriguee par l'impact sanitaire de ces
poussieres desertiques, l'equipe universi-
taire a passe au crible 231 articles scienti-
fiques consacres aux impacts des PM 10
sur la quality de l'air. Affectant les voies
respiratoires superieures, ces particles
composees en bonne parties de quartz
jouent un role important dans des affec-
tions respiratoires variees : asthme, pneu-
monies, obstructions
chroniques, etc. Elles Sans donn6
peuvent jouer un role
dans les infections collect6es reg
respiratoires, qui le terrain, la
interviennent jusqu'a - et, de /1, la
20% dans les causes
de la mortality infan- populations -
tile dans certaines progressersen
regions. cette parties

Surprise : seules trois etudes - soit 1.3%
de l'ensemble - concernait la pollution de
l'air sur le continent africain ! A l'issue
d'un deuxieme passage en revue de la lit-
terature, cible cette fois sur des mots-cles
davantage connotes < sante � mortalitye,
morbidity, asthme, etc.), les chercheurs
sont arrives a une conclusion encore plus
edifiante : sur les 41 etudes identifies, pas
une seule n'etait consacree a l'Afrique...

< Dans l'interet scientifique international
accord a cette problematique, il y a clai-
rement un desequilibre regional, constate
Florence De Longueville, doctorante spe-
cialisee dans la gestion des risques natu-
rels au Departement de geographie de la
Faculty universitaire Notre-Dame de la
Paix a Namur (FUNDP, Belgique). Alors
que l'Afrique du Nord arrive largement en
tete des regions productrices de poussieres
du desert, la litterature rest quasiment
muette a ce sujet, alors que l'Asie, grosse
emettrice dans la region du desert de Gobi
(Chine/Mongolie), est nettement mieux
etudi&e. � Piquant, egalement: alors qu'a
peine 5 a 10% des poussieres sahariennes
penetrent l'atmosphere europeenne, l'effet
des PM 10 sahariennes sur la popula-
tion espagnole est mieux documented en
Espagne qu'en Afrique de l'Ouest. En
2008, une etude a par example demontre
que les incursions de poussieres deser-
tiques a Barcelone etaient associees a une
surmortalite de 8,4%.

Lacunes scientifiques

Ce sous-investissement scientifique sur
l'Afrique de l'Ouest peut s'expliquer de
diverse manieres : manque de stations
meteorologiques et synoptiques, lacunes


e
u



r
s


dans la formation et la sensibilisation a
ce phenomene chez le corps medical et
infirmier, faiblesse du reseau hospitalier
susceptible d'enregistrer les donnees de
terrain, manque d'integration entire les
disciplines scientifiques concernees, etc.
< Le constat de ces lacunes est d'autant
plus preoccupant que la population
concernee est particulierement vulnerable
et que son taux de malnutrition - deji l'un
des plus eleves du monde - ne cesse de
s'aggraver, deplore Pierre Ozer, geographe
au Department des Sciences et Gestion
de l'Environnement de l'ULg a Arlon
(Belgique). Or les
s sanitaires questions qui restent
sans reponse sont
llierement sur nombreuses : les expo-
onnaissance sitions chroniques a de
protection des faibles doses ont-elles
des effects sensiblement
ie pourra pas different des exposi-
,iblement dans tions massive lors des
le I'Afrique tempetes de sable ?
Comment se conju-
guent-elles, dans les villes, aux pollutions
aux PM 2,5, des particles plus petites
et qui ont la particularity de s'incruster
jusque dans les alveoles ? >

Le regard tourney vers l'Organisation
meteorologique mondiale (OMM) et l'Or-
ganisation mondiale de la sante (OMS), les
scientifiques beninois et belges esperent
qu'une plus grande attention sera bientot
accordee a ces phenomenes, a la faveur
des inquietudes croissantes sur le change-
ment climatique et ses effects sur la sante
publique. L'amelioration continue des
methods d'observation satellitaire consti-
tue deja un bel atout pour suivre les pro-
cessus de naissance et de deplacement des
poussieres. Mais, sans donnees sanitaires
collectees regulierement sur le terrain, la
connaissance - et, de 1a, la protection des
populations - ne pourra pas progresser sen-
siblement dans cette parties de l'Afrique.



* Freelance journalist

'< Que sait-on des effects des poussieres
du desert sur la quality de l'air et la sante
humaine en Afrique de l'Ouest par rapport
A d'autres regions ? > Science of the Total
Environment, 2010, par Yvon-Carmen
Hountondji (Parakou, Benin), Florence de
Longueville et Sabine Henry (FUNDP,
Belgique), Pierre Ozer (ULG, Belgique)

L'Harmattan peut obscurcir l'atmosphere
durant plusieurs jours, bloquer les avions au
sol et favoriser les epidemies de meningite,
la fragilisation des muqueuses par les parti-
cules en suspension facilitant le passage du
meningocoque dans le sang.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


Dle


Un phenomene pas si naturel...

Les PM 10 ne sont pas completement
<< naturelles >. Si elles sont bel et bien
le fruit de I'erosion eolienne et mises
en suspension par le vent, les quan-
tit6s emises n'en sont pas moins in-
fluenc6es par les activities humaines :
feux de brousse, d6boisement, surpa-
turage et pratiques agricoles diverse.
< Dans certaines regions, explique
Pierre Ozer, la matiere vegetale que
les paysans abandonnaient autrefois
sur le sol est aujourd'hui recuperee
pour divers usages : alimentation du
betail, constitution de stocks de petit
bois de feu pour la period de < sou-
dure >, etc. Resultat : des sols se
retrouvent completement nus apres
la saison agricole, ce qui favorite
la liberation des poussieres. > Dans
sa these de doctorate, le geographe
liegeois avait d'ailleurs demontre
que I'erosion eolienne, en Afrique de
I'Ouest, a globalement augmented d'un
facteur 2 a 3 entire les annees 50 et
les annees 80 !




























* * -. *~~

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d,: -�iII~~yi ..


Turku : tradition et


reinvention


L'energie brute

de la Capitale europeenne de la culture


Jadis sous administration su6doise,
puis russe, Turku est une ville de
177.500 habitants (300.000 habi-
tants pour le grand Turku), situee au
sud-ouest de la Finlande. Elle s'est
d6velopp6e le long de I'Aura et est
devenue un p6le commercial et cultu-
rel. Son dynamisme artistique I'a ele-
vee au rang de Capitale europ6enne
de la culture en 2011, au meme titre
que Tallin, la capital de I'Estonie.


Debra Percival


Le grand incendie de 1827,
qui a d6truit trois quarts des
batiments de la ville, a faith
disparaitre une parties de son
patrimoine architectural,
certes, mais il a aussi attis& son sentiment
d'espoir, comme le rappelle la brochure
de l'exposition < Fire, Fire > organisbe
dans le cadre de la Capitale culturelle :
< En ravageant tout, le feu donne nais-
sance a quelque chose de nouveau. , Une


autre citation, d'origine plus incertaine
celle-la, resume bien l'identit& finlan-
daise de Turku sur une statue moderne
de la Grand-Place : < Nous ne sommes
plus Suedois; Nous ne serons jamais
Russes. Laissez-nous etre Finlandais. >
L'attachement philosophique a la tradition
le dispute a l'esprit de reinvention qui a
marque de toute l'histoire de la ville.
Fondee a l'embouchure de l'Aura, au
XIIIe siecle, lorsque la region &tait sous
administration suedoise, Turku porte un
nom suedois (Ab6, ce qui signifie < pres
du fleuve >) : les course de suedois sont


Ceu rrier












obligatoires a l'ecole et les panneaux
de signalisation sont bilingues. 5% des
habitants sont de langue maternelle
suedoise. La region de Turku a faith parties
du royaume de Suede, le long de la frontiere
oriental, jusqu'en 1809, date a laquelle
elle a ete cedee a l'empire russe avec la
signature du trait de Fredrikshamn, qui
mit un terme a la guerre de Finlande.
Cette region a appartenu au Grand-Duche
autonome de Finlande, sous l'empire
russe, jusqu'd ce que la Finlande declare
son independence, en 1917.

P81e commercial

La ville doit son riche patrimoine a son
dynamisme de pole cultural et commercial.
Turku etait une escale pour les marchands
de la Ligue hanseatique, au XIIIe siecle : ce
group de negociants d'Europe du Nord,
don't la ville de Lubeck, dans le nord de
l'Allemagne, etait la plaque tournante,
dominaient les routes commercials de la
Baltique a la mer Noire. A cette epoque,
Turku n'avait pas officiellement le statut de
capital, mais la region &tait connue sous
le nom de < Finlande propre > et il &tait
d'usage que les ducs et gouverneurs gene-
raux de Finlande alors sous domination
suedoise y resident, meme s'ils exeraaient
rarement tries longtemps leurs functions.
C'est en 1640 que Christina, reine de
Suede, a fonde l'Universite suedoise de
Turku, qui est a l'origine de la longue tra-
dition d'excellence academique de la ville.

La cathedrale et le chateau sont deux des
edifices les plus anciens qui soient encore
debout, meme s'ils ont ete reconstruits et
renoves a plusieurs reprises. Consacree en
1300, la cathedrale se dresse sur la Grand-
Place. Elle est l'eglise-
mere de l'obedience < L'atta
evangelique luth&-
rienne finlandaise (a philosophiqu
laquelle appartiennent le dispute
81% des Finlandais) reinvention q
et le siege de l'arche- toute I'histoi,
veche de Finlande.
La construction du chateau de Turku a
debuted en 1280. Ancienne base militaire
des conquerants suedois et ancien centre
administratif de l'Oesterland (territoire de
l'Est) - le nom que portait la Finlande
sous administration suedoise - le chateau
accueille aujourd'hui des receptions offi-
cielles et privees.

Turku a rapidement perdu son statut de
capital du Duche de Finlande apres son
passage sous administration russe. Jugeant
la ville trop eloignee de la Russie et trop
proche de la Suede, le tsar Alexandre I a
choisi Helsinki pour capital en 1812. Le
grand incendie de 1827 a egalement reduit
l'influence de la ville et en a transform
l'aspect a jamais.

Excellence academique

L'Abo Akademi a ete relancee sous le
nom d'< Universite suedoise > en 1918.


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qZ a 3:.-�


Le chateau de Turku � D Percival


L'Universite finlandaise de Turku a ete
fondee en 1920. Turku compete quatre
autres universities de sciences appliques
et autres faculties. Toujours a l'affut de
nouvelles opportunities, la ville se situe a
un endroit strategique, qui lui permet de
s'ouvrir vers l'ouest, le golf de Botnie,
l'est de la Suede et l'Europe occidental
et vers l'est, en l'occurrence vers la Russie
et la Chine (voir l'article sur l'economie).

:hement Le port de Turku
Si t itio accueille pres de
. a la tradition
quatre millions de
I'esprit de passagers chaque
i a marque de annee. Les chantiers
e de la ville. , navals vivent actuelle-
ment des temps diffi-
ciles, mais des measures ont ete prises pour
adapter les competences des travailleurs
a de nouveaux secteurs.

La biotechnologie, les technologies de
l'information et de la communication,
le tourism et la production alimentaire
sont autant de secteurs d'activite en plein
essor dans la ville

Turku doit son actuel quadrillage a Carl
Ludwig Engel, l'architecte allemand
nomme par le tsar pour reconstruire la
ville apres le grand incendie. Engel a ega-
lement marque Helsinki, la capital, de
son empreinte. Comme Rome, Turku se
situe sur sept collins. Quelques-unes des
vieilles structures en bois ont echappe a
l'incendie, surtout dans le district de Port
Arthur. Elles sont maintenant recher-
chees et transformees en habitations ou en
bureaux. Sur les grandes avenues bordees
d'arbres, les maisons art-deco en granit


construites par les riches negociants a la
fin du XIXe siecle et au debut du XXe
siecle se distinguent par leurs facades
ornees de motifs empruntes a la nature,
des renards ou des pins. Les citoyens sont
aussi tries fiers des edifices plus recent
de leur ville, comme la nouvelle aile de
la bibliotheque municipal, qui resemble
l'hiver a une salle polyvalente : les gens s'y
present pour lire les journaux, surfer sur
internet ou boire un cafe, tout simplement.

Apres les longues journees sombres de
l'hiver (a la mi-decembre, le soleil ne
se leve pas avant 10 heures et se couche
des 14 heures), tout le monde aspire au
grand air. De nombreux citadins ont une
second residence dans l'archipel (voir
l'encadre a la page XX). Ils se prominent
ou font du jogging ou du velo sur les voies
pietonnes, le long de l'Aura qui gele en
hiver. < Les rives de l'Aura sont notre
salon, 1'ete �, explique Anu Salminen.
Durant les mois d'ete, quelques-unes des
expositions seront installees dans le parc
public, ou les animaux vivaient en liberty
au XVIIIe siecle.

La ville se forge rapidement une reputa-
tion d'excellence culinaire. < Turku sur
un plateau >, qui a ete produit a l'occa-
sion de l'annee de la capital culturelle,
reunit des recettes de dix des meilleurs
restaurants. Des muvres d'art qui servent
d'engins d'exercice sont installs dans les
lieux publics et le long des chemins de
promenade qui y menent. L'idee est qu'd
Turku, la culture s'installe dans la vie
quotidienne, a la fois pour les habitants
que pour les visiteurs.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


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Exploiter I'apport du titre de Capitale


europeenne de la culture 2011


Promouvoir le bien-etre cultural


a des evenements culturels organisms
dans des parcs, des saunas, des cine-
mas et meme des prisons de Turku.
Des evenements d'une grande diversity,
allant aux spectacles lyriques a un festival
de la pomme de terre nouvelle, y sont
organisms tout au long de cette annee.
La � participation inclusive > est notre
objectif, explique Cay Sev6n, Directrice
de la Fondation Turku 2011, en charge de
l'organisation des evenements au titre de
la Capital europeenne de la culture 2011.
Une annee qui a ete lance le 15 janvier
2011, par une soiree glaciale, a grands
coups de feux d'artifice et d'acrobaties
aeriennes.

Durant ces derniers mois d'hiver, un spec-
tacle celebrant l'obscurit - 876 shades of
darkness a meme ete programme. Des
abris ressemblant a de petites tentes de


divers formats -ont ete installs dans les
lieux publics aux quatre coins de la ville.
L'id&e etait de permettre aux visiteurs de
s'asseoir un moment et d'explorer leur paix
interieure durant le crepuscule. Dans une
� galerie totalement noire �, les visiteurs
ont ete invites a decouvrir, avec tous leurs
sens, des installations artistiques plutot
qu'd les regarder passivement. Et lors de
� soirees a l'aveugle �, les participants ont
du utiliser tous leurs sens, sauf la vue,
au moment de se presenter aux autres
noctambules !

L'heritage
L'idee que l'UE design chaque annee une
ou plusieurs villes comme � Villes de la
culture > revenuess, a partir de 1999, des
� Capitales de la culture >) a ete lance a
l'initiative de Melina Mercouri, ancienne
ministry grecque de la culture. On raconte


Un module de la ville de Turku en feu. Exposition 'Fire, Fire ', Logomo � Lehtikuva Oy/Reporters


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Le design finlandais pr6sent6 pendant la p6riode de la capital de la culture. , Turku
� Fondation de la Capitale de la Culture


qu'elle avait deji evoque cette idee en ces a partir du budget de la Fondation de
1984, avec Jacques Lang, a l'epoque Turku, 18 millions d'euros sont octroyes
ministry frangais de la culture. Athenes par la ville-meme, 18 millions par l'Etat
fut ainsi la premiere Ville europeenne finlandais, don't 10 millions seront issues


de la culture, suivie,
un an plus tard, par L'objectif glot
Florence, en 1986.
Au debut, les &evne- des points e
ments organisms dans et les prol
le cadre de la Ville d'autres se
europ&eenne de la
culture se limitaient qui subsiste
des festivals d'ete (les I'annee
villes selectionn&es
appartenant traditionnellement a des
Etats membres de 1'UE, saufIstanbul en
Turquie qui fut Capitale de la culture en
2010). Pour Cay Sev6n, 1990 a marque un
tournant, lorsque Glasgow eut l'honneur
d'etre choisie. A l'epoque, Glasgow etait
une ville en decline, en proie a de nombreux
problems sociaux. Mais apres une annee
sous le feu des projecteurs, la ville a pris
un nouveau depart, devenant une desti-
nation a la mode, accueillant egalement
des congress et des festivals internationaux.
Cay Sev6n espere que Turku deviendra
elle aussi une destination connue de tous.
De nombreux editorialistes ont d'ores et
deji inclus la ville dans leur top ten 2011
des villes a voir absolument.

Financement

Meme si ce programme est mene a l'ini-
tiative de l'UE, depuis 2010, les Capitales
de la culture doivent finance elles-memes
l'organisation des evenements de cette
annee. Sur les 50 millions d'euros finan-


des recettes des
al est de jeter spectacles meme si
70% des evenements
ntre I'artiste sont proposes gra-
essionnels tuitement. Depuis
cteurs, liens 2010, les Capitales
ont une ois de la culture sont
egalement eligibles
erminee. au < Prix Melina
Mercouri , un prix de
1,5 million d'euros decerne a certaines
villes uniquement, pour < la quality& des
preparatifs > de l'organisation.

De grands noms
De grands noms sont a l'affiche du pro-
gramme de Turku, comme la star lyrique
locale, Karita Mattila, qui se produira
au mois d'aout. Pendant une annee, les
muvres de l'artiste homo-&rotique < Tom
of Finland >, alias Touko Laaksonen
(1920-1991), seront exposes au Centre
de la culture Logomo un ancien atelier
de construction ferroviaire transformed en
une salle d'exposition permanent pour
l'annee de la Capitale de la culture. Mais
le programme de Turku se demarque sur-
tout par le fait que la plupart des projects
sont inities au niveau local et qu'ils ont
ete selectionnes suite a un appel d'offres
public. La Fondation a ainsi veille a eviter
une listed d'evenements trop provinciaux,
en y incluant par example l'exposition
< The Detour > : deux architects, Simon


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N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


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Cay Sev6n, chef de la direction de I'Ann6e de la Culture
� D Percival

Brunel et Nicolas Pannetier, ont illustre
un voyage a travers trois villes a l'aide
de photos, de videos et autres materiaux
glan&s a Turku, a Saint-Petersbourg et
dans l'autre capital de la culture 2011
Tallinn, en Estonie.

Quelque 14.000 personnel sont direc-
tement associees aux evenements de
cette annee culturelle ; 11.000 viennent
de la region, 2.000 d'autres parties de
la Finlande, un peu moins de 1.000
d'autres pays d'Europe et un peu plus de
100 d'autres continents, explique Cay
Sev6n. Trois mille professionnels sont
associes aux 155 projects et aux 5.000 eve-
nements de cette annee, essentiellement
des producteurs et des artistes du secteur
cultural.

Cay Sev6n explique que l'objectif glo-
bal est de jeter des points entire l'artiste
et les professionnels d'autres secteurs,
liens qui subsisteront une fois l'annee
terminee. Un example, la cartographie
du parcours cultural sportif (voir article
en page : a insurer) est bien la preuve que
< des artistes et des services des sports
peuvent cooperer, cooperation, qui, nous
l'esperons, se poursuivra >, explique Cay
Sev6n. Dans le cadre d'un autre project
pionnier, des residents d'une maison de
retraite sont questionnes sur leurs pre-
ferences culturelles : dessin, musique,
travaux manuels... Des artistes issues de
diverse disciplines viennent ensuite leur
rendre visit, et essaient de < faire de leurs
reves de culture une realit&. >

Autre project original, la delivrance de
5.500 < prescriptions culturelles , par des
medecins de la ville. Prescriptions que
les patients peuvent changer contre des
tickets pour un evenement cultural de leur
choix au centre d'information culturelle
de Turku. < La culture ameliore le bien-
etre mental, mais la recherche semble
indiquer qu'elle accroit le bien-etre phy-
sique >, affirmed Cay Sev6n. D.P.


Pour en savoir plus : www.turku2011.fi

Programme de la Capitale europeenne de la
culture : http://ec.europa.eu/culture/our-pro-
grammes-and-actions/doc441 en.htm


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La tente, les casseroles et les sandales



Des refugies marquent la Capitale

europeenne de la culture de leur empreinte


D es casseroles de refugies
transformees en instruments
de percussion. Des cuirs de
vache et de renne accroches
Sun convoi qui ira dans les ecoles et les
lieux publics. Des sandals, le plus sou-
vent des tongs, disposees sous forme de
chemins dans Turku. Et une tente faite de
morceaux de tissu confectionnes par des
refugies qui accueillera des concerts, des
pieces de theatre, des spectacles de poesie
et des debats. Le project < Pots, Sandals
and a Tent >, l'un des moments forts du
programme de printemps et d'&et de la
Capital culturelle, cherche a sensibiliser
l'opinion a la contribution des refugies a la
culture et la society de Turku et du monde,
explique sa productrice, la documentariste
finlandaise Kristiina Tuura.

< Impossible d'organiser une annee cultu-
relle europeenne en l'absence des refugies.
Ce project insisted sur l'importance de laisser
les refugies raconter leur histoire dans leurs
propres mots >, explique Kristiina Tuura.
La conception du project, elle y travaille en
&troite collaboration avec Shiffra-ry, une
petite ONG de femmes somaliennes en
Finlande. Le pays connait actuellement
des debats houleux sur l'asile ; de plus, la
presence de refugies est souvent mal pergue.

Dans le bureau du project, dans le centre de
Turku, Annika Raittinen, productrice de
la tente, et Ida-Lotta Backman, metteur
en scene, s'appretent a se rendre au centre
d'accueil de refugies de Turku pour leurs
ateliers hebdoma-


d'Ouganda, du Liberia, de Sierra Leone et
de Thailande. Bantu's Bead �, une coope-
rative de femmes somaliennes base a San
Diego, en Californie, confectionne les tissus
et les objets artisanaux qui decoreront la
tente de six metres de long et de trois metres
de haut qui sera installed a Turku et dans
les alentours a partir de mai 2011.

Les recits des refugies seront publics sur le
site internet du project.


daires. Les refugies o Impossible d'organiser une Parmi ceux-ci, citons
confectionnent l titre d'exemple celui
c c nens le annee culturelle europeenne itred'exemple elui
longues guirlandes quiannee culturelle europ6enne de Moses Kambale
decoreront la tente. en I'absence des r6fugies > qui a fui la Republique
< On leur a demanded Democratique du
de choisir des perles qui symbolisent des Congo (RDC) pour gagner l'Ouganda alors
evenements capitaux de leur existence, qu'ils qu'il n'avait que 10 ans. La Croix-Rouge l'a
soient tristes ou heureux >, explique Annika amene dans un camp de l'autre c6te de la
Raittinen. frontier, a Rukingiri : Je suis rested dans
ce camp de refugies. On m'a donned cette
Contributions mondiales casserole le premier jour, a Matanda. Je
n'avais jamais faith la cuisine auparavant,
Finance en parties par la Fondation Turku mais il fallait que je mange. C'etait super
2011 qui met en muvre le project Turku d'avoir quelque chose a se mettre sous la
Capital europeenne de la culture, le pro- dent apres ce sejour en forget �, se souvient
jet reunit une serie d'ONG, de particu- Moses, qui pose avec sa casserole. Les
liers et d'associations qui s'occupent des refugies qui ont donned leur casserole en
refugies dans le monde entier. Ainsi, le regoivent une nouvelle. Akim Color, un
Conseil finlandais des refugies organise percussionniste b6ninois base en Finlande,
la collect d'objets aupres des personnel accompagnera les percussionnistes d'ecole
refugiees en Finlande qui sont originaires en cole pour enseigner son art.


un jeune gargon OTTre ses sanoales pour le project
� potssandalsandatent


� Le project lancera egalement un forum
internet otu les refugies pourront changer
leurs histoires, adherer au project ou racon-
ter leur experience avec l'aide d'ONG
locales >, explique Kristiina Tuura. D.P.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site
www.potssandalstent.info ou sur
www.turku2011.fi/pata-sandaali-ja-teltta.


C u rrier













Industrie navale, design


et sciences du vivant



Une ville tournee a la fois vers I'ouest et vers I'est


G race a sa vaste base econo-
mique, Turku a ete relative-
ment epargnee par la recent
recession economique,
contrairement a d'autres villes de l'Union
europeenne. Cette ville est reputee pour
ses entreprises de design, ses chantiers
navals, et un secteur des sciences du vivant
en plein essor. Qui plus est, le tourism
s'y developpe, notamment sur l'archipel,
tout a faith exceptionnel. Que ce soit a
l'ouest, en direction de la Suede, ou a l'est,
vers la Russie et la Chine, de nouveaux
marches sont en train de s'ouvrir, avec
routes les opportunities que cela suppose
pour la ville.

Le secteur de l'art et de l'artisanat est
le premier a s'etre developpe dans cette
ville, des le XVIIe siecle. La fabrique
de ceramique de Kupittaa remote aux
annees 1750 tandis qu'un secteur textile
dynamique a commence a s'implanter
a Kestili, pres de Turku, au debut des
annees 1900. L'entreprise de fabrication
de meubles Huonekalutehdas Korhonen a
ete creee en 1910. Elle a largement uti-
lise les creations du celebre designer et
architect finlandais Alvar Aalto (1898-
1976). Les entreprises de design de Turku
et leurs products attirent des clients de
toute la Finlande. Ces creations seront
exposes dans le cadre du < Turku Design
Phenomenon Project >, presented dans
le cadre des evenements de la Capitale
europeenne de la culture. Un autre pro-
jet, < Dimensions on Wood > s'interes-
sera au developpement de l'entreprise
Huonekalutehdas Korhonen.

Des chantiers navals d'envergure
international
La construction navale est une autre
tradition economique regionale. Elle


remote au debut des annees 1700, avec
la construction de premiers bateaux en
bois a l'embouchure de l'Aura. Les com-
mandes ont certes chute ces dernieres
annees, mais c'est bien dans les chan-
tiers navals de Turku que les plus grands
navires ont ete construits, notamment les
bateaux de croisiere de la Royal Caribbean
International. En attendant une reprise des
commander, Aleksi Randell, le maire de
Turku, explique que les operations petro-
lieres et de forage en Laponie du Nord
devraient faire merger une demand pour
d'autres types de bateaux, les brise-glace.
Toujours a la pointe de l'innovation, les
entreprises de Turku, qui peuvent s'ap-
puyer sur une longue tradition dans le sec-
teur de la construction navale, cherchent a
adapter leurs competences pour se conver-
tir aux < activities terrestres >, notamment
la fabrication d'immeubles flottants. C'est
ce que nous explique Kalle Euro, respon-
sable commercial de la ville de Turku.
Clewer, l'entreprise de traitement des eaux
usees, se tournera vers la Chine en mars
2011, nous dit-il, afin de prospecter de
nouveaux clients, tandis que des entre-
prises de la ville ont exported des toilettes
publiques incassables et de quality en
Suisse et en Autriche.

Parmi les autres activities economiques
de la region, retenons la fabrication
de vehicules electriques et hybrides, a
Uusikauanki. Provoke et ED, deux entre-
prises de design industrial, ont travaille
en collaboration avec l'entreprise de
telephonie mobile Nokia don't une des
usines est installed a Salo, pres de Turku.
Avant la recession, le taux de ch6mage
etait de 8% dans la ville, mais il atteint
aujourd'hui 12%. Toutefois, indique
le maire, les nouveaux debouches sont
legion en Russie et en Chine. La ville
russe de Saint-Petersbourg est situ&e a


seulement cinq heures de train de Turku.
< Nous savons comment travailler avec la
Russie �, explique M. Randell, le maire.
Et de rappeler que la ville attire de plus
en plus de tourists russes, la plupart vers
l'archipel idyllique de Turku constitute
de 20.000 iles ou ils sont nombreux a
louer une petite maison pour y passer les
longues journees d'ete.

Des liens avec la Russie et la Chine
Le Transsiberien part de Turku et relief
la ville a Pekin, via Vladivostok. Turku
est par ailleurs jumelee avec Tianjin en
Chine, une ville de 12 millions d'habi-
tants. < Nous sommes fiables et loyaux,
deux atouts pour fid6liser clients et visi-
teurs >, explique Kalle Euro. < Les Chinois
apprecient l'implication de notre adminis-
tration municipal dans l'etablissement de
contacts commerciaux >, ajoute-il.

Mais la ville de Turku voit s'ouvrir et se
developer d'autres opportunities, notam-
ment dans le domain de l'imagerie bio-
medicale, qui permet de suivre l'evolution
de certaines pathologies, comme le can-
cer, et la sante en ligne. Les chercheurs
de la ville ont par ailleurs joue un role
de pionnier et recueilli des donnees sur
des maladies hormonales en particulier.
Le Parc scientifique de Turku, cr&e voici
22 ans, catalyse ces innovations. Il s'agit
d'< un module a triple helice qui associe
universities, entreprises privees et sec-
teur public �, nous explique son directeur
general Rikumatti Levomiki. Les acti-
vites scientifiques, commercials et de
recherche y sont rassemblees sur un seul et
meme site. Il confirm l'existence de for-
midables opportunities en Russie comme
en Chine. < Meme si nous ne sommes
pas competitifs au niveau des prix, nous
le sommes en terms d'innovation et de
materiel, le meilleur disponible actuelle-
ment �, explique-t-il.

Des consultants du Parc scientifique de
Turku ont travaille sur une etude de fai-
sabilite en vue de mettre en place un pole
d'innovation de ce type dans la province
de Gauteng en Afrique du Sud. Ce pole
a vu le jour en 2008. Ce project, realise
dans le cadre du programme COFISA
entire l'Afrique du Sud et la Finlande, s'est
employee a renforcer le Systeme national
sud-africain de l'innovation (South African
National System of Innovation, SANSI).
Les < Centre d'excellence > de la province
de Gauteng se consacrent essentiellement
a la recherche sur les telecommunications,
la technologies du laser et les biotechno-
logies, notamment pour des pathologies
comme la malaria, le VIH/sida et la tuber-
culose. D.P.

Pour en savoir plus sur le Parc scientifique de


Le plus grand bateau de croisiere du monde, ,Oasis of the Seas > construit a TurkuC DPA/ Reporters Turku : http://www.turkusciencepark.com;


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011











































Jan Erik Andersson a I'ext6rieur de son sauna. 'Leafhouse' a I'arriere� D Percival


La < Maison Feuille )


Jan-Erik Andersson travaille pour le mo-
ment a la conception d'un sauna pour le
project < Sauna Lab > dans le cadre de
I'initiative Capitale de la culture. Lidee
est d'installer cinq saunas dans des lieux
publics afin de permettre aux visiteurs de
decouvrir ce rituel finlandais. Le sien a
la forme d'une tdte d'ail ou d'un potiron,
voire m&me du d8me de la cathedrale
orthodox de Saint-Petersbourg. Mais
c'est sa < Maison Feuille >, sortie tout
droit d'un conte de fee, - autre symbol
aussi de I'innovation a Turku - qui attire
des visiteurs du monde entier.
Construite dans I'un des faubourgs verts
de la ville, < Life on a leaf>> a ete imagine
en 1999, annee durant laquelle Jan-Erik a
suivi un doctorate a I'Academie des beaux-
arts d'Helsinki. < Lentree dans la maison
se fait par la tige >, explique Jan-Erik qui
nous fait faire le tour du proprietaire. Cet
immeuble de trois stages se caracterise
entire autres par des murs arrondis et
une immense fendtre en forme de feuille,
a travers laquelle on apergoit au loin le
Chateau de Turku. A I'interieur comme a
I'exterieur, elle contrast reellement avec
les lignes angulaires et le minimalisme
traditionnellement associe au design
scandinave. Vingt artistes ont ete invites
a apposer leur signature sur la maison a
partir d'une installation video dissimulee


dans I'un des stages superieurs oi I'on
peut voir des gens qui se present dans
la veritable fourmiliere qu'est la ville de
New York (artiste : Pierre St. Jaques),
ou encore les images de farfadets sur
les plans de travail de la cuisine (artiste :
Karin Andersen).
< Nous sommes ici dans le royaume de
I'imaginaire >, explique Jan-Erik, ajoutant
que << chaque element a sa raison d'etre. >
Et il nous explique que son project est d'ex-
plorer la nature de I'ornementalisme : j'ai
voulu voir s'il est possible de vivre dans
un tableau ou une sculpture et si la nature,
lorsqu'on I'introduit dans une maison, peut
transformer un lieu de vie. Shawn Dec-
ker, un artiste du son qui vit a Chicago, a
quant a lui installed des microphones dans
les murs interieurs et exterieurs, histoire
d'introduire dans la maison des sons que
I'oreille humaine n'est pas toujours en
measure de percevoir. Un aspect qui dans
un premier temps inquietait sa partenaire,
Marjo Malin, architect d'interieur, qui
trouve aujourd'hui ces bruits legers rassu-
rants. << Lornementalisme est necessaire
pour aiguiser notre imagination et notre
fantaisie >, affirme Jan-Erik en guise de
conclusion.


Pour en savoir plus :
http://www.anderssonart.com/leaf/


L'archipel de Turku
sous I'angle de I'art

Au beau milieu de I'hiver, la calotte gla-
ciaire a recouvert la mer qui entoure les
Ties de I'archipel de Turku. Lorsque la mer
reapparaTt, avec la remontee destempera-
tures, la << culture des cottages > se reveille
et citadins et visiteurs venus de plus loin,
investissent les 20.000 fles eparpillees
dans la Baltique au large de Turku.
Dejuin a septembre 2011, << Contemporary
Art Archipelago > braquera les projecteurs
sur les fles, de Ruissalo a Ut6. Une multi-
tude d'artistes monteront diverse instal-
lations et expositions artistiques mettant
en valeur la beauty pure et tranquille de
I'archipel, son mode de vie et les menaces
ecologiques. Divers supports artistiques
seront exploits, de la photographic au
son.
Turu Elving, directeur artistique de ce
project qui s'inscrit dans le cadre des eve-
nements de Turku, Capitale de la culture
2011, explique que meme si la Baltique
est reputee &tre la mer la plus polluee
au monde, << la situation ecologique de
I'archipel est bien meilleure qu'il y a 20
ou 30 ans >. Les artistes invites - grands
noms de la scene artistique locale mais
aussi des artistes du monde entier, don't
le Colombien Alfredo Jaar- ont deja visited
I'archipel pour y trouver de I'inspiration.
Les pieces exposees seront disseminees
un peu partout dans I'archipel. Et elles
seront visible depuis la mer, des grands
ferry-boats et bateaux de croisiere, mais
aussi des petits bateaux et depuis les
routes et les points qui relient quelques-
unes de ces Tles. Une source d'inspiration
aura ete cet homme de quatre-vingt-ans,
qui a passe toute sa vie dans I'archipel et
qui a assisted, decennie apres decennie,
a tous les changements, explique Taru
Elving. Le project explore egalement ce qui
se passe sous les eaux peu profondes de
la Baltique lorsque des biologists marines
replantent toutes sortes d'algues marines.
Au mois d'aoQt, << Archipelago Logic: To-
wards a Sustainable Future > (< La logique
de I'Archipel : Vers un avenir durable >),
un symposium international organise par
I'universite Abo Akademi de Turku, placera
sous la loupe I'avenir des archipels du
monde entier.


Pour en savoir plus:
www.contemporaryartarchipelago.fi


C u rrier

















De Tanzanie a Turku






Zahor Khalifa, doctorant, s'adapte

au sud-ouest de la Finlande



Apres des etudes de premier, puis de deuxieme cycle en geographic a I'Uni-
versite de Dar Es Salaam, en Tanzanie, Zahor Khalifa passe la premiere annee
de son doctorate a I'Universite de Turku. II apprecie les effectifs reduits des
classes et le fait de pouvoir utiliser les derniers logiciels en date, mais avoue
qu'il a du mal a s'adapter au climate glacial de la Finlande en hiver !


L orsque je suis arrive en sep-
tembre 2010, je suis rested
trois, quatre jours enferme
dans ma chambre tellement
j'avais froid. Je me suis meme demanded
si j'allais rester >, se souvient-il. II faisait
-15�C dehors quand nous nous sommes
rencontr&s a l'Universite de Turku, qui
jouit d'une reputation mondiale d'excel-
lence academique. Zahor termine le cane-
vas de sa these de doctorate sur le theme de
la deforestation dans l'ile de Pemba, qui
se situe dans l'archipel de Zanzibar. II a
propose d'intituler sa these : < Evolution
des forests : causes et implications sur la
vie des habitants >. Il y a 150 ans, 95% du
territoire de l'ile etait recouvert de forests.
Cree sur l'ile en 1960, le Parc national de
Ngezi englobe les 5% restants. En depit
du statut de pare national protege, 40%


de sa superficie a disparu depuis lors a
cause de l'activite humaine. < On compete
de nombreuses affectations differences des
sols et de nombreuses causes differentes
de deforestation >, explique Zahor.

L'inestimable system
d'information geographique
(SIG)

La faculty de geographie de l'Universite
de Turku a mis a la disposition de Zahor
un bureau, un ordinateur de bureau et
un ordinateur portable. II beneficie aussi
d'une bourse et d'un logement. Il est par-
ticulierement heureux d'acqu&rir une
experience pratique du fonctionnement
du system d'information geographique
(SIG), qui permet de recueillir des don-
nees et des images satellitaires a propos


d'un endroit pour realiser des modules
et career des cartes. Il nous explique les
applications du SIG : < Si vous pouvez
cartographier les zones de peuplement
et le reseau de transport, vous savez ou
implanter un march&. � Il etait toujours
premier de sa classes aux course theoriques
sur le SIG a Dar Es Salaam, mais il a rate
l'examen a Turku tout simplement parce
qu'il n'avait jamais utilise les logiciels qui
permettent d'appliquer la theorie et de
trouver des solutions. II a repasse l'examen
et a termine parmi les trois premiers sur
une vingtaine d'etudiants. Alors que 1 400
etudiants se serrent dans les amphis en
Tanzanie, ils ne sont que 20 a 30 par classes
a Turku, ce qui explique la quality de
l'enseignement en Finlande, selon Zahor.

II apprecie tout particulierement le senti-
ment de security et de tranquillity d'esprit
qui regne en Finlande et a pris gout a
certaines activities traditionnelles locales :
il a appris a patiner et faith de temps a


autre un sauna (un bain de vapeur obtenu
par projection d'eau sur une pierre bru-
lante, tries courant en Finlande) avec des
amis et des colleagues. < Au debut, j'etais
assez choque d'avoir a enlever tous mes
vetements et de constater que la tempe-
rature du sauna ne cessait d'augmenter a
measure que les pierres brflantes etaient
aspergees d'eau �, raconte-t-il a propos de
sa decouverte du sauna. Les course sont
donnes en anglais, mais il a appris une
cinquantaine de mots de finnois. L'ete,
il rentrera a Pemba pour travailler sur le
terrain avec ses colleagues chercheurs qui
etudient des problems environnemen-
taux sur l'ile d'Unguja, dans l'archipel de
Zanzibar. Il espere reprendre ses etudes
a Turku en automne, mais a eu le plaisir
d'apprendre que l'Universite de Turku lui
avait deji garanti l'acces a l'inestimable
system d'information geographique s'il
devait retourner a l'Universite de Dar Es
Salaam. D.P.


University de Turku � D Percival


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011
























































Top model en mission


Sylvia Arthur


'est sans doute a son charm que
Noella Coursaris doit sa for-
tune, mais son action caritative
vaut son pesant d'or. En 2007,
le top model a cree la Fondation Georges
Malaika (GMF), du nom de son pere
disparu, qui a pour vocation d'aider les
jeunes filles a s'instruire, en Republique
Democratique du Congo (RDC). Depuis
sa creation, la Fondation a finance l'edu-
cation de 16 jeunes filles et a subvenu a
leurs frais de scolarite, de subsistence et
d'hebergement. La Fondation s'est lance
dans un project ambitieux: la construction
d'une ecole ecologique de 104 places, dans
la province ou Noella Coursaris a passe
les premieres annees de sa vie.


Nee a Lubumbashi, en RDC, de mere
congolaise et de pere grec, Noella
Coursaris a quitter l'Afrique a l'age de cinq
ans, lorsque sa mere l'a envoyee vivre en
Europe avec une tante, car elle ne pouvait
plus subvenir a ses besoins. II lui faudra
attendre 13 ans avant de revenir dans sa
patrie natale pour retrouver sa mere et
ses origins, un voyage initiatique qui l'a
transformee et qui lui a ouvert de nouveaux
horizons.

Noella Coursaris, que la philanthropic
rendra aussi celebre que son role dans la
mode, est intervene devant le Parlement
congolais et a 1'UNICEF a Kinshasa. Elle
a evoque les problems que rencontrent les
jeunes filles de condition modest dans la
society congolaise. Nous l'avons rencontree
a New York, ou elle se preparait a faire un
discours aux Nations Unies.


C u rrier

















Qu'est-ce qui vous a amenee d creer
la GMF?

J'ai perdu mon pere quand j'avais cinq
ans, et ma mere ne pouvait pas subve-
nir a mes besoins. J'ai grand ballotee
d'une famille a l'autre et je n'ai pu revoir
ma mere qu'apres 13 ans. Jusqu'd cette
epoque, je n'ai eu que peu de contacts
avec elle et je ne savais pas du tout a quoi
m'attendre quand je suis revenue en RDC.
Quand je suis arrive, ce que j'ai vu m'a
fait comprendre que j'avais eu beaucoup
de chance d'etre levee comme je l'ai ete.
Je n'ai pu en vouloir a ma mere de m'avoir
envoyee ailleurs, parce que j'ai compris
qu'elle l'avait fait pour mon bien. Voir
tous ces jeunes non scolarises, ces jeunes
filles enceintes a un tries jeune age m'a
reellement touchee. Je me suis faith une
promesse, celle de faire quelque chose
pour ce pays qui m'avait donned la vie.


Pourquoi avez-vous decide de cibler cultures. II faut que routes les cultures
votre action sur lesfilles ? contribuent a des changements positifs.


Parce que leur histoire est la mienne. En
Afrique, les femmes tendent a se reposer
sur leur epoux et s'il lui arrive quelque
chose ou s'il meurt, il ne leur rest rien.
II faut emanciper les femmes pour leur
permettre de se debrouiller seules le cas
echeant.

Pourquoi l'education est-elle a la cld
de l'emancipation en RDC ?

L'histoire de la RDC est tragique. Nous
avons connu la colonisation, puis la
guerre, 5,5 millions de victims, des
milliers de femmes violees. Nous devons
prendre le control de notre pays et de
nos resources, mais le seul moyen d'y
parvenir est l'education. II faut que davan-
tage de femmes accident a des postes a
responsabilite dans la politique, l'action
social et l'economie. II faut les emanciper
par la connaissance. Ce n'est qu'alors que
nous pourrons aller de l'avant en tant
que nation.

Qu'aimeriez-vous voir 1'UE faire pour
am6liorer la situation de la population
du Congo ?

II faut que nous travaillions ensemble. Il
ne faut pas imposer de solutions, ni de
politiques, mais travailler main dans la
main avec les Africains pour que les deux
parties donnent le meilleur d'elles-memes.

Quel impact votre metissage a-t-il eu
sur lafacon don't vous voyez 1:J-rtiqi, ?

C'est extraordinaire d'avoir deux cultures.
Je continue a apprendre tous les jours sur
les deux. J'ai aussi vecu aux Etats-Unis
pendant quatre ans, ce qui me faith trois


Cela a-t-il ete difficile de retrouver
l'Afrique & 18 ans, apres 13 ans d'ab-
sence ?

Les debuts n'ont pas ete faciles. J'ai
d'abord du refaire connaissance avec
ma mere. J'ai appr&cie de retrouver mes
racines. Cette experience a ete tries bene-
fique et a faith de moi une personnel plus
reflechie.

Quelle est l'iddefausse la plus repan-
due en Europe concernant l'Afrique ?

L'Europe a tendance a voir l'Afrique
comme un continent sous-developpe,
pauvre et affame, mais l'Afrique a beau-
coup plus a offrir.

Quel est le message que vous aimeriez
adresser au monde concernant les
femmes congolaises, leurs difficulties
et leur resilience ?

Les femmes congolaises continent de
souffrir et sont traumatisees, mais la com-
munaute international est plus consciente
de leur existence, elles ne souffrent donc
plus autant que par le passe. Nous devons
remercier tous ceux qui leur sont venus
en aide, beaucoup de gens et de pays les
soutiennent. Les femmes congolaises sont
fortes, et nous leur donnons une chance
non seulement en leur offrant la possibility
de s'instruire et d'acceder au microcredit,
mais aussi en leur inculquant d'autres
choses, concernant le planning familial
par example.

Lefait d'avoir un enfant a-t-il change
lafaaon don't vous voyez l'avenir, pour
vous-meme et votre action ?


Avoir un enfant est la meilleure chose qui
me soit jamais arrive. Cela me donne
envie d'en faire encore plus pour les
enfants et de faire en sorte que l'ecole
que nous construisons devienne une belle
rampe de lancement pour leur avenir.
L'education est un droit pour tous les
enfants. Tous les enfants ont le droit
d'aller a l'ecole, c'est ce qui les aidera a
voler de leurs propres ailes. C'est comme
une chaine. Les emanciper leur permettra
aussi d'aider les autres. Mais c'est impor-
tant que les enfants aient de bons pro-
fesseurs, bien forms et bien remun&ers.

Qu'est-ce que l'avenir vous reserve, a
vous et a votre Fondation ?

L'ecole que nous construisons ouvrira
ses portes en septembre : elle accueillera
104 filles et des course y seront donnes
aux parents les week-ends. Cette cole,
nous la voyons comme une plate-forme,
qui attirera encore plus d'ONG et autres
organizations dans la region de Kalebuka
pour y travailler et muvrer a son develop-
pement. Le plus important toutefois, c'est
de continue a impliquer la population.
Les habitants sont parties prenante du
project et sont essentiels au developpement,
non seulement de la region, mais aussi du
pays tout entier. Nous sommes recemment
venus en aide a Doc to Dock (une ONG
qui distribue du materiel medical dans
les pays en developpement) pour lui per-
mettre de livrer un conteneur de materiel
medical d'une valeur de 500 000 dollars
a l'h6pital de Sendwe, dans la province
du Katanga. Nous esperons intensifier ce
genre de collaboration a l'avenir.

Pour en savoir plus sur la fagon d'aider la
GMF a rompre le cercle vicieux de l'illet-
trisme et de la pauvrete en RDC, rendez-
vous sur le site www.gmalaikaf.org.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


I Zoom


.. &














































Renforcer la diplomatic


des matieres premieres


Dans une communication publiie en
fevrier 2011, la Commission europeenne
decrit les d6fis pos6s par les marches
des products de base et les matieres
premieres, des problems auxquels
I'Afrique est egalement confrontee. Des
propositions visant a garantir I'acces aux
resources ont regu la benediction des
industries, mais ont eveill le scepticisme
des ONG.


Anna Patton



a part de l'Afrique dans la pro-
duction mondiale de matieres
premieres est relativement
limited. Toutefois, le continent
recele un enorme potential puisqu'une
grande parties de son territoire reste inex-
ploree. L'Afrique produit deji plus d'une
soixantaine de metaux et de minerals,
don't le cuivre, le nickel et le fer. Quant
a l'Europe, don't les resources sont
reduites, elle s'inquiete de plus en plus
de l'explosion de la demand mondiale et
de la volatility des marches qui menacent
son acces aux matieres premieres -et les
30 millions d'emplois qui en dependent.

La Commission europeenne detaille ces
preoccupations dans la communication
< Relever les defis poses par les marches
des products de base et les matieres pre-
mieres ,>.dans le prolongement de l'initia-
tive < Matieres premieres > qu'elle a lance
en 2008, la CE appelle a agir sur trois
fronts : garantir des conditions equitables


en matiere d'acces aux resources dans les
pays tiers, favoriser un approvisionnement
durable en matieres premieres aupres de
sources europeennes et dynamiser l'effi-
cacite des resources. La communication
de 2011 elargit le champ d'application de
l'initiative pour y inclure l'energie, l'agri-
culture et les denrees alimentaires et en
appelle a l'amelioration de la reglemen-
tation et de la transparence des marches
financiers et de products de base.

Parmi les progres accomplish ces dernieres
annees dans le domaine des matieres pre-
mieres, citons les nouvelles lignes direc-
trices concernant l'extraction en zone
protegee ainsi que les nouvelles opportu-
nites de recherche dans le secteur minier.
Il n'en reste pas moins que les defis fon-
damentaux prennent de l'ampleur. La
demand de metaux cles a explose entire
2002 et 2008, une tendance qui devrait
se poursuivre a l'avenir : la demand de
gallium devrait etre multiplied par 20
et celle de l'indium par 8 entire 2006 et
2030. Quant a la demand total de den-
rees alimentaires, elle devrait augmen-
ter de 70% environ entire 2006 et 2050.


Cou rrier


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Intracio


Parallelement, les marches ont affiche une
volatility sans precedent, avec une fluctua-
tion des course de tous les products de base
(energie, metaux, mineraux, denrees ali-
mentaires et products agricoles). Ce phe-
nomene est en rapport avec de nouveaux
flux d'investissement a grande echelle : a
Bruxelles, Michel Barnier, Commissaire
europeen en charge du Marche interieur, a
souligne que le volume de contracts finan-
ciers concernant les instruments derives
sur matieres premieres avait triple entire
2002 et 2008. Bien que l'impact precis sur
la stability des marches soit controversy,
la CE confirm la necessity d'approfon-
dir les recherches a propos du lien entire
les marches financiers et les marches de
products de base.

L'UE s'est fixed des objectifs economiques
ambitieux a l'horizon 2020. L'Europe
est le plus grand importateur mondial
de matieres premieres ; elle ne peut
donc se developper sans ces dernieres.
Les secteurs high-tech sont particulie-
rement touches, tandis que les secteurs
novateurs et du creneau de l'energie
propre dependent de matieres premieres
jug&es < essentielles > pour l'UE -soit
celles d'une grande importance pour
l'economie, don't les risques de rupture
d'approvisionnement sont grands. Dans
l'ensemble, l'Afrique ne represent qu'une
petite parties de la production mondiale
de matieres premieres essentielles mais
quelques pays sont des acteurs majeurs,
tels que l'Afrique du Sud (pres de 80% de
la production mondiale de platine) et la
Republique democratique du Congo (40%
du march mondial du cobalt). Sur la listed
des matieres premieres essentielles dres-
see par l'UE, qui est actualisee tous les
trois ans, figurent les terres rares, requises
pour les products a rendement energetique
eleven, comme les vehicules hybrides et
les panneaux solaires. La Chine produit
actuellement 97% des terres rares et
l'UE est totalement dependante des ces
importations. L'annonce, en 2009, de
la reduction des exportations chinoises
a rappele la dependance europeenne de
fayon retentissante.

Explorer de nouvelles pistes au travers
d'une ' diplomatic des matieres pre-
mieres > est donc une priority pour l'UE.
Dans le cas de l'Afrique, cela signifie aussi
utiliser des instruments au service du
developpement. Dans sa communication
de 2001, la CE propose de soutenir des
etudes geologiques et d'accroitre le finan-
cement de l'industrie. La CE propose
aussi d'encourager < les gouvernements
partenaires a developper des programmes
de reform exhaustifs > pour poursuivre
des objectifs en matiere de taxation et de
transparence par example. Mais la col-
laboration avec des gouvernements n'est
qu'une facette du problem: < concernant
la transparence des entreprises, I'UE est
a la train >, affirmed Isabelle Ramdoo,
du group de reflexion ECDPM, qui cite
en example les lois americaines contrai-
gnantes contrairement aux propositions
de la CE qui visent a < promouvoir l'appli-


cation des normes europeennes > parmi
les entreprises europeennes. La Fondation
B611 a bien accueilli l'annonce de l'accrois-
sement du soutien a l'Initiative pour la
transparence des industries extractives,
mais l'ONG allemande met en garde :
< a defaut de legislation contraignante,
aucun changement concrete ne se produira
sur le terrain. ,>

L'UE envisage non seulement d'utiliser
des instruments au service du develop-
pement, mais aussi de revoir sa politique
commercial. Les barrieres commercials
front l'objet de debats, au sein de l'OMC
au besoin. L'ONG international OXFAM
a critique ce qu'elle consider dans le chef
de l'UE comme une tentative < de pousser
les pays en developpement a interdire ou
a reduire les taxes a l'exportation, sur
lesquelles beaucoup se reposent pourtant
pour se developper. > Les dispositions
en matiere d'investissement doivent etre
davantage integrees dans les negotiations
sur le commerce, un enjeu crucial pour les
pays d'Afrique. Dans un rapport conjoint,
The new resource grab, cinq ONG de deve-
loppement tirent la sonnette d'alarme :
< les investissements strangers peuvent
avoir des retombees positives, mais cette
poussee de l'UE rendra la tache des gou-
vernements encore plus ardue qui tentent
de reguler l'investissement pour promou-
voir le developpement local. ,>

Concernant les marches mondiaux, 1'UE
etendra aussi les principles de l'extraction
durable au sein de l'Europe : l'exploita-
tion des terres rares pourrait reprendre
des 2015. L'exploitation efficace des res-
sources est egalement abordee : la com-
munication de 2011 propose de bonnes
pratiques en matiere de collect de dechets
et d'amelioration de la competitivite des
entreprises de recyclage. Aux yeux de
certain, l'importance de ce troisieme
pilier a ete sous-estime. < La rarete n'est
pas le seul d&fi >, explique le depute euro-
peen Reinhard Biutikofer. < Une strategic
axee avant tout sur l'accs aux resources
peut etre utile pendant un temps, mais


Extrait de fer en attente de transport � Reporters



elle n'aidera pas l'industrie a reduire sa
dependance fondamentale a l'egard de
l'approvisionnement de resources. >

L'approche de l'UE est source de defis,
mais elle ouvre aussi la voie a de nouvelles
possibilities. Avant tout, le debate sur les
resources naturelles montre un example a
suivre aux gouvernements africains et les
encourage a laborer leurs propres stra-
tegies. L'Europe a desesperement besoin
de matieres premieres, et de nombreux
pays africains dependent enormement
de l'Europe. Gerer ces resources a bon
escient sera de plus en plus important
pour les deux continents.

1Commission europeenne, 02.02.2011,
COM(2011) 25 final. Voir http://ec.europa.
eu/enterprise/policies/raw-materials/files/
docs/communicationfr.pdf.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


Les propositions de la
Commission europdenne
sur les mati&res premieres
et les marches de products
de base
* Suivi de I'acces aux matieres pre-
mieres essentielles
* Mise en oeuvre d'une diplomatic
des matieres premieres
* Instauration d'une cooperation
bilaterale avec I'Afrique
* Amelioration de la reglementation
a propos de I'extraction durable
dans I'UE
* Enforcement de I'efficacite des
resources et du recyclage
* Promotion de la recherche et de
I'innovation
* Amelioration de la transparence et
de la stability des marches













Le tourism caribeen


sollicite I'aide de I'UE


Bruxelles avait ete choisie pour accueillir
le sommet annuel de I'Organisation tou-
ristique des Caraibes (Caribbean Tourism
Organisation, CTO) du 13 au 15 mars.
L'objectif etait d'attirer I'attention de I'UE
sur < la contribution tout a fait capital du
tourism regional aux moyens d'existence
et a la reduction de la pauvrete, > explique
Hugh Riely, directeur general de la CTO,
une organisation basee a la Barbade qui
represente 33 pays membres et de nom-
breuses entities du secteur prive.




Debra Percival



L'evenement a reuni des ministres
caribeens, des membres du
Parlement europeen, des repre-
sentants du secteur prive ainsi
que de hauts representants des institu-
tions europeennes et du Secretariat ACP
(Afrique, Caraibes et Pacifique).

< Nous sommes reunis ici pour demander
instamment a nos amis europeens de tenir
compete des formidable opportunities et
de l'impact majeur du tourism sur nos
economies lorsqu'ils mettent en place
des politiques dans des domaines comme
l'aviation, la security, le changement cli-
matique, l'education, le commerce et la
security alimentaire, >
a indique Ricky Au course
Skerritt, ministry du
tourism et du trans- dernieres ann
port international de a vu sa d6p(
Saint-Kitts-et-Nevis, revenues d
qui preside actuelle-
ment la CTO. se ef


e
u
*r


dans le mem


Au course de ces dix d6pendance
dernieres annees, la des cultures
region a vu sa depen-
dance aux revenues du come la t
tourism se renfor- sucre, a
cer alors que, dans
le meme temps, sa dependance aux
recettes des cultures de rapport, comme
la banane et le sucre, a chute. A Saint-
Kitts-et-Nevis, la derniere recolte de sucre
remote a cinq ans. Mais le secteur du
tourism des Caraibes occupe aujourd'hui
la treizieme place mondiale.

Meme si elle est connue dans le monde
entier pour ses < plages immaculees, son
merveilleux climate et le sens de l'hos-


'4


pitalite de ses habitants >, la region doit
aujourd'hui affronter la concurrence de
pays et regions comme l'Inde, la Chine
et Dubai. Et meme de l'Europe avec la
tendance actuelle a passer les vacances
< pres de chez soi ,, une formula de plus
en plus prisee. Voila ce qu'a explique le
ministry de Saint-Kitts-et-Nevis lors du
sommet. On a pu observer l'impact de
cette evolution il y a deux semaines, lors
qu'un grand organisateur de croisieres
americain a annonce qu'il allait reposi-
tionner l'un de ses bateaux de la mer des
Caraibes pour l'affecter aux eaux euro-
peennes pour l'ete 2012.

Des budgets plus serres
Hugh Riley a explique au Courrier que
meme si des pays membres de la CTO
avaient enregistre un nombre record de
tourists a la fin 2010 - 23 millions a la
fin 2010, representant la some de 39,4
milliards de dollars - une fois dans les
Caraibes, les visiteurs sont plut6t assis
sur leurs portefeuilles.

II a explique comment l'UE pourrait selon
lui stimuler le secteur par des measures
dans des domaines d6ej identifies dans
l'annexe sur le tourism de l'Accord de
partenariat economique (APE) signed
entire l'UE et les 15
de ces dix membres du bloc com-
mercial des Caraibes,
ees, la region le CARIFORUM. Les
ndance aux normes environne-
tourisme mentales et de qua-
alorsque lite, les strategies de
Sailors que, marketing en ligne,
e temps, sa la participation aux
aux recettes organismes interna-
de rapport, tionaux de fixation
des normes, les pro-
anane et le grammes d'echange
chut6. > touristique, la forma-
tion et les changes
des meilleures pratiques et d'informations
ainsi que la creation de systems natio-
naux de comptes satellites qui permettent
aux pays de documenter l'impact reel du
tourism sur le d6veloppement competent
parmi ces measures.

La Commission europeenne, par le biais
de son Office des statistiques, Eurostat,
a elle-meme joue un role dans la mise en
place d'un system mondial de comptes


Saint Martin, louristes a la plage Uyster Beach (V Heporters


satellites pour le tourism. Avec l'Organi-
sation de cooperation et de developpement
economique (OCDE) et l'Organisation
mondiale du tourism (OMT), elle a ainsi
signed un cadre conceptuel methodolo-
gique, qui a about a l'adoption du docu-
ment < Comptes satellites du tourism:
Cadre methodologique recommande ,
lors de la trente-et-unieme session de la
Commission de statistique des Nations
Unies, en mars 2000. Les recommanda-
tions des Nations Unies visent a mettre
en place un cadre pour un system de
comptes satellites du tourism, afin
d'ameliorer la comparability internatio-
nale des statistiques sur le tourism.


Cu r r i e r


Interactions












Samoa : sauver des vies en cas


de catastrophe naturelle grace aux


technologies mobiles



Bient6t un nouveau logiciel de reponse aux catastrophes


Lagipoiva Cherelle Jackson*


L a toute premiere fois que de
nombreux Samoans ont appris
qu'un tsunami avait balaye la
cote sud de l'ile d'Upolu (oiu
se situe Apia, la capital des Samoa),
en septembre 2009, ce fut par un appel
lance a la radio par un des survivants de
la catastrophe. < Ma maison a ete empor-
tee, c'est incroyable >, a-t-il explique, en
larmes. Durant routes les operations de
secours, les telephones portables ont ete
une veritable bouee de sauvetage pour de
nombreux habitants des zones isolees, qui
ont pu appeler la Croix-Rouge ou d'autres
organizations humanitaires, ainsi que les
urgences/services de secours.

Mme Filomena Nelson, a la tete du Bureau
de gestion des catastrophes, explique que
la technologies mobile joue un role indis-
pensable dans l'alerte et la reponse aux



--. ,!


catastrophes. Elle permet d'envoyer des
textos ou d'appeler des points de contact
dans tout l'archipel, lesquels font ensuite
sonner la cloche manuellement pour pre-
venir les habitants de la catastrophe.

Antony Sass, capitaine de l'Equipe
< Security de l'eau > (Water Safety Team)
pour l'Equipe benevole de reponse a
l'urgence aux Samoa (VERTS, Volunteer
Emergency Response Team Samoa) confirm
que la technologies mobile a radicalement
modified son travail. < Nos telephones sont
desormais en stand-by 24 heures sur 24
et 7 jours sur 7. Le faith de recevoir des
informations ou des renseignements sup-
plementaires grace a des textos de l'equipe
d'urgence facility notre travail avant meme
que nous nous rendions sur les lieux de la
catastrophe >, explique-t-il. L'internet est
un autre outil indispensable. Grace a lui,
des provisions meteorologiques actualisees
en permanence et des informations geolo-
giques peuvent etre utilisees par VERTS
pour adapter sa reponse.















-.I


< L'internet est vraiment essential, par
example lorsqu'on nous appelle en raison
d'une menace de cyclone. Nous restons
connects en permanence pour suivre
l'evolution du phenom&ne et nous preparer
a intervenir, le cas echeant >, precise-t-il.
En mars, lorsque le Japon a ete touched par
le terrible tremblement de terre, declen-
chant une alert tsunami dans certain
pays de la ceinture du Pacifique, l'equipe
de VERTS est intervene et a suivi en
ligne la situation afin d'evaluer les risques
pour les Samoa.

((Alerts Connect))
David Leng, developpeur de logiciels de
communication, a aide le Centre national
des operations d'urgence (NEOC). Selon
lui, il est encore possible de developper lar-
gement l'internet et la technologies mobile
pour faciliter la response aux catastrophes
aux Samoa et aux catastrophes naturelles
qui touchent le Pacifique. David Leng
developpe actuellement < Alert Connect >,
un nouveau logiciel de reponse qui per-
met de suivre et de gerer les crises. � J'ai
voulu concevoir un outil bon march pour
les Bureaux de gestion des catastrophes
naturelles du Pacifique >, explique-t-il.

� Il s'agit d'un system d'information centre
sur une carte et l'internet. II permet de cate-
goriser rapidement les donnees entrantes,
de les cartographier et de les transmettre
aux responsables ou agencies appropries.
Les infrastructures, les donnees et les
resources peuvent etre cartographiees
via l'internet a l'aide de Google Earth,
ou en utilisant le mappage SIG (Systeme
d'information geographique) local. Il existed
done un veritable centre d'information qui
permet a la commission consultative sur
les catastrophes de prendre rapidement
des decisions >, explique David Leng. Les
habitants, les agencies humanitaires, les
equipes internationales de reponse ainsi
que les medias peuvent s'y connecter pour
etre informs des evenements en temps
reel. Mais en attendant que ce logiciel soit
parfaitement operationnel, le Capitaine
Antony Sass garde en permanence son
telephone sur lui. Sait-on jamais...


Captain Sass �Lagipova Cherelle Jackson * Journaliste free-lance base aux Samoa.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


Interction





Intracion


La Guin6e Equatoriale d6sormais


a la barre de I'Union africaine


Anna Bates



T eodoro Obiang Nguemais,
le president de la Guinie
Equatoriale, est le nouveau
President de l'Union africaine
(UA). Elu a cette function lors du dernier
sommet de l'UA, qui s'est tenu le 3 fevrier
2011 a Addis Abeba, il succede a Bingu
wa Mautharika, president du Malawi.

Obiang Nguema preside la Guin&e
Equatoriale, pays d'Afrique occidental,
depuis 1979, a la suite d'un coup d'Etat
contre son oncle. Le magazine Forbes a
&valu& sa fortune personnelle a 360 mil-
lions de livres, ce qui en faith le 8e chef
d'Etat le plus riche au monde. En 2009,
lors de la derniere "election" presiden-
tielle, il n'avait recueilli "que" 96,7%
des voix contre 97% lors des pr&ecdentes
elections.

Troisieme pays producteur de p6trole
d'Afrique subsaharienne, la Guin&e
Equatoriale affiche un revenue par habitant
de 31.000 dollars par an, le plus &lev& de
la region, alors que le revenue moyen par
habitant n'est que d'un dollar par jour
pour la majority& de la population, qui
tente de survive avec moins d'un dollar
par jour.


L'UA tente actuellement de r6gler un
conflict territorial qui oppose la Guin&e
&quatoriale et le Gabon depuis le debut
des annees 70. Elle assure aussi une mis-
sion de mediation entire Laurent Gbagbo,
President de fait de Cote d'Ivoire, et
Alassane Ouattara, que la communaute
international a reconnu comme chef
d'Etat l6gitime en decembre 2010. Mais


aujourd'hui, il semble bien que ce soit
la situation en Libye qui preoccupe le
plus l'UA, aujourd'hui divis&e en deux
camps par ce conflict, meme si elle sou-
tient officiellement la resolution 1973 des
Nations Unies.


Teodoro Obiang Nguema en train de voter a Malabo, a I'election presidentielle la plus recent en Guinee equatorialeC
Associated Press


Le Nigeria succ&de au Guyana A la tate du Groupe ACP


Depuis le ler fevrier 2011, le Nigeria oc-
cupe la presidence semestrielle tournante
du Groupe ACP. Le nouveau President du
Comite des ambassadeursACP, I'Ambas-
sadeurdu Nigeria Son Excellence Usman
Alhaji Baraya, a ete accueilli, lors d'une
recent ceremonies a Bruxelles, par le
Secretaire general des ACP, Mohamed
Ibn Chambas. S.E. I'Ambassador Baraya
succede a S.E. Patrick Gomes, Ambassa-
deur du Guyana. La prochaine presidence
du group sera assuree par I'Ouganda, a
partir du mois d'aoQt 2011.
Des representants de cette troika des am-


bassadeurs ACP ont recemment rencontre
le Hongrois Peter Gy6rk6s, representant
permanent a Bruxelles de la Presidence
tournante de I'UE, actuellement assure
par la Hongrie. L'objectif de cette rencontre
etait de definir des objectifs communs. La
prochaine reunion ministerielle UE-ACP,
qui doit avoir lieu les 30 et 31 mai, abordera
vraisemblablement des themes comme la
politique au Sud-Soudan, la migration et le
developpement, les recent evenements
en Afrique du Nord ainsi que des questions
en rapport avec le 10 e Fonds europeen de
developpement (2008-2013). Anna Bates


President du Comite des ambassadeurs ACP et
Ambassadeur du Nigeria, S. E. Usman Alhaji Baraya


C u rrier
























La vulnerability de la < Ceinture de feu )


Au moment de la mise sous press de ce
numero, le dernier bilan du seisme et du
tsunami qui ont ravage le nord-est du Ja-
pon le 11 mars 2011 faisait etat de 18.000
a 24. 000 morts ou disparus, auxquels
s'ajoutent les sans-abri, plus nombreux
encore. Une piqure de rappel qui a mis
amplement en evidence la vulnerability
de cette zone du Pacifique connue sous
le nom de < Ceinture de feu >. Cette zone


de 40.000 km2 en forme de fer a cheval
qui borde la Ceinture du Pacifique est la
region sismique la plus active au monde.
Les pays inclus dans cet Anneau, parmi
lesquels les lies Salomon, les Fidji et les
Tonga, sont done particulierement expo-
ses aux seismes, eruptions volcaniques
et autres tsunamis. II convient de rappeler
que certaines Ties de la region ont ete
touchees par un raz-de-maree consecutif


au tsunami au Japon. La catastrophe japo-
naise a mis au premier plan la necessity
de mettre en place des systems d'alerte
rapide sophistiques et des measures pour
attenuer le changement climatique. A la
suite de I'elevation du niveau de la mer
provoquee par le changement climatique,
des Ties a tres basse altitude du Pacifique
risquent a tout moment d'&tre balayees
par des tsunamis.


Un mineur execute des charges de soufre dans le crat re du volcan Ijen dans Bondowoso, I'est de Java, en Indonesie.
Le pays compete environ 150 volcans le long d'un arc de lignes de faille dans le Pacifique appele l'anneau de feu>. �Associated Press / Reporters


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


Interction




















































Un programme finance par I'UE sur une period de cinq ans contribute aujourd'hui
a butter preventivement contre la cecite dans certain des pays les plus pauvres
de la region caribeenne : le Guyana, Haiti, la Jamaique et Sainte-Lucie. Cette
initiative est coordonnee par Sightsavers International, une organisation non-
gouvernementale basee au Royaume-Uni, en cooperation avec ses partenaires
des Caraibes.


Debra Percival




volets et finance toute une serie
de measures, de la formation
d'opticiens a la fabrication de
lunettes. Dans les Caraibes, on compete
en moyenne un opticien pour 100.000
habitants, contreun opticien pour 10.000
habitants au Royaume-Uni. 74% du budget
de 5.429.856 euros affected au programme
proviennent de fonds europeens. Lance
en janvier 2010, ce programme entend
aussi promouvoir Vision 2020, l'initiative
mondiale qui vise a eradiquer les formes
evitables de cecite a l'horizon 2020.

Sur le terrain, I'ONG peut computer
sur le soutien de divers partenaires :
la Caribbean Council for the Blind, la
Soci&et Haitienne d'Aide aux Aveugles,
la St. Lucia Blind Welfare Association, la
Jamaica's Society for the Blind et Eye Care


Guyana. Les cataractes non traitees, le
glaucome, les retinopathies diabetiques et
les troubles non cor-
riges de la refraction OS VgOi
sont les principles I,
causes de cecite dans
la region. Sightsavers "
explique que le pro- arri
gramme s'appuiera
surtout sur la forma-
tion des professionnels de la vue au depis-
tage precoce pour reduire la prevalence
de la cecite et des handicaps visuels au
sein des populations rurales et pauvres
des Caraibes.

< Un des objectifs du programme est de faire
baisser le prix des lunettes tout en equipant
les structures publiques et en assurant la
formation du personnel du secteur public.
Nous voulons faire en sorte que le gouver-
nement puisse poursuivre le programme
lorsqu'il arrivera a son terme >, explique
Charles Vandyke, d'Eye Care Guyana, dans
son bureau de Georgetown, au Guyana.


Former des professionnels
Au total, ce sont 1.240 professionnels des
soins de sante primaires et 100 profes-
sionnels de la vue qui beneficieront d'une
formation. Le programme entend egale-
ment ameliorer les installations dans sept
etablissements de soins de sante et ouvrir
13 centres de la vue specialists au sein des
structures de sante au niveau communau-
taire ou des districts. Cinq laboratoires
de lunetterie seront
efair n SOri egalement ouverts.
Ces professionnels
suivront une forma-
tion a l'Universite du
a a SOn �ere a Guyana qui propose
depuis 2010 un master
de 4 ans en optometrie
le seul des Caraibes. Ce programme
europeen finance egalement en parties le
traitement des charges de course ainsi que
des bourses d'etude pour les etudiants.

La recherche est un autre volet du pro-
gramme. Des Appreciations Rapides de
la Cecite Evitable (ARCE) permettront
d'etudier l'incidence de la cecite dans cha-
cun des pays beneficiaires du project. Enfin,
dans chaque pays, des campagnes media-
tiques a grande echelle sensibiliseront le
public a l'importance de la sante oculaire

Pour en savoir plus : www.sightsavers.org


C u rrier

















La West Africa Democracy Radio


se diffuse


Promouvoir la d6mocratie en Afrique occidentale grace aux m6dias


Station de radiodittusion ( Heporters


Sandra Frederici



L a West Africa Democracy Radio
(WADR, Radio de l'Afrique
occidental pour la democratic)
est une chaine de radio transna-
tionale cr&ee en vue de faciliter l'echange
d'informations sur le developpement entire
les pays d'Afrique occidentale.

Il s'agit d'une initiative de l'Open Society
Initiative for West Africa (OSIWA),
membre du reseau des Fondations Soros.
Ce reseau a pour objectifde promouvoir la
democratic, la bonne governance, l'Etat
de droit, la liberty et la participation de
la soci&et civil.

En 2002, les premieres tentatives visant
a etablir cette station de radio en Sierra
Leone ayant avorte, en raison de l'oppo-


sition politique, le siege de la WADR s'est
finalement installed a Dakar, au Senegal,
d'oiu la chain a commence a emettre en
2005. C'est ce qu'explique Ndeye Aita
Sarr, directrice executive de l'OSIWA
avant d'ajouter : < La WADR compete des
correspondents dans dix pays d'Afrique
occidental, les chaines associees etant
egalement des sources d'information au
niveau des villes ou des campagnes de
la region >, explique Aita Sarr. Outre les
emissions diffusees en direct sur les ondes
courts, les programmes de la chaine sont
aussi diffuses via la radio numerique par
satellite aux partenaires radio locaux qui
beneficient egalement d'un soutien tech-
nique.

La voix des communautes
' Nous nous employons a ameliorer la
capacity des chaines de radio commu-
nautaires, notamment celles des zones


rurales et a promouvoir la participation
de ces communautes. La voix du people
doit etre entendue au niveau local et les
habitants doivent pouvoir raconter leurs
propres recits et experiences et exprimer
leurs joies ou leurs deceptions avec leurs
propres mots >, pursuit Aita Sarr.

< A la fin 2010, notre reseau comptait 26
chaines de radios dans sept pays - Bnin,
Guinee, Senegal, Liberia, Sierra Leone,
Mali et Cote d'Ivoire. Celles-ci emettent
en frangais et en anglais. Les auditeurs
sont les plus divers, allant des decideurs,
leaders d'opinion et activists aux groups
de jeunes et aux communautes rurales.
Nous comptons realiser une enquete d'au-
dience d'ici la fin de l'ann&e e, ajoute-elle.

Il y a une grande diversity de programmes
qui couvrent les themes suivants : agri-
culture, environnement, egalite entire les
hommes et les femmes, jeunesse, sante,
culture, sports et dialogue social. Les
Echoes of Charles Taylor's Trial, le proces de
l'ancien president du Liberia, recemment
traduit devant le Tribunal special pour la
Sierra Leone a La Haye, ont ete retrans-
mis sur le site web de la WADR. Les inter-
nautes ont ainsi pu suivre les depositions
des temoins et le process, le tout complete
par des interviews et des commentaires
dans un anglais clair et comprehensible.
Comme tous les medias, la WADR met
au point sa strategic de visibility sur les
reseaux sociaux. < La WADR met a niveau
son site web (qui sera lance le ler avril
2011). Le site integrera l'utilisation des
reseaux sociaux en vue d'ameliorer la par-
ticipation au developpement de contends,
a la programmation et aux debats/discus-
sions sur des themes d'actualite >, conclut
la directrice executive.

Pour en savoir plus : http://www.wadr.org/


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011

















































Soudan,



reflexions sur une scission


Reportage de Marie-Martine Buckens




perdra son statut de plus grand
ays d'Afrique. La procla-
ation de l'independance du
Sud-Soudan mettra fin a une histoire
commune tourmentee et largement fagon-
nee par les premiers colonisateurs -qu'ils
soient Egyptiens, Turcs ou Anglais - de ce
territoire grand comme six fois la France.

A Khartoum, encore capital du Soudan
unified pour trois mois, la population
comme on le lira plus loin - se dit trauma-
tisee par une separation qui consacre aussi
le clivage entire le monde dit arabo-musul-
man du Nord du pays et celui dit afro-
chretien, mais aussi largement animiste
du Sud. Des clivages qui cachent en reality
une mosaique d'ethnies aux origins tant
sociales que religieuses diverse et don't la
repartition geographique a ete boulever-


see par la guerre civil entire le nord et le
sud du pays, sans computer la guerre du
Darfour a l'ouest, forcant des milliers de
gens a se refugier dans les pays voisins ou
dans des camps pres des villes du Nord.

L'accord de paix global (connu sous son
acronyme anglais CPA, Comprehensive
Peace Agreement) signed en 2005 entire le
Sud secessionniste et le Nord, et large-
ment soutenu par l'Union europeenne,
a mis fin a plus de 50 annees de conflicts
-entrecoupes d'une paix relative dans
les annees 1970 -et conduit au referen-
dum de janvier 2011 au terme duquel
une majority ecrasante de sud-soudanais
s'est prononcee pour l'independance. Une
independence qui prendra effet en juillet.

D'ici lI, nombre de questions restent a
regler, que ce soit sur le partage des reve-
nus du petrole - don't les champs sont
majoritairement situes dans le sud -, sur
le partage de la dette exterieure ou le trace
des frontieres. Questions qui, au moment


oi le Courrier allait sous press, donnaient
encore lieu a des combats sporadiques et
meurtriers dans certaines regions fron-
tieres.

Les defis qui attendant les deux nouveaux
pays sont de taille. L'UE, quant a elle, pre-
pare activement les formalities qui permet-
traient aux Sud-Soudan de signer l'accord
de Cotonou, consacrant ainsi son entree
dans le club des pays ACP. Le Soudan de
Khartoum, du president Omar Al-Bechir,
s'est quant a lui refuse a signer la derniere
version de l'accord de Cotonou. Si l'UE a
toutefois decide de poursuivre sa coopera-
tion avec le pays, afin de soutenir notam-
ment le processus du CPA, la scission
du pays devrait amener les responsables
europeens a reflechir sur l'opportunite
ou non de poursuivre la cooperation avec
Khartoum dans un cadre nouveau. Une
reflexion qui prend toute son acuite en
raison des evenements qui se deroulent en
Afrique du Nord, notamment en Libye et
Egypte, deux grands voisins du Soudan.


C u rrier





R*eorD age


Le president umar el-becnir en IjYe
� Marie-Martine Buckens


Les pyramides de M6ro6 � Marie-Martine Buckens




Quelques pistes


Le Soudan, < le pays des Noirs >
selon l'expression arabe Bilad as-
Sudan, designait l'ensemble de
l'Afrique saharienne a l'epoque
medievale. Un pays fascinant, situe au
carrefour du monde arabe et de l'Afrique
noire, heritier des civilisatons pharao-
nique, chretienne et musulmane, abritant
une mosaique de cultures, de langues et
de religions: Nubiens et Arabes au Nord,
Fur et Massalit a l'ouest, Dinka et Nuer
au sud, Beja a l'est, les uns musulmans,
les autres chretiens ou animistes. Les 42
millions de Soudanais se partagent entire
500 tribus, elles-memes relevant d'une
cinquantaine d'ethnies.

Retracer l'histoire d'un pays aussi vaste,
flanque de neufpays - la Libye et l'Egypte
au nord, a l'est la mer rouge, l'Erythree et
l'Ethiopie, le Centrafrique et le Tchad a
l'ouest et la RDC, le Kenya et l'Ouganda
au sud -releve de la gageure. Si l'his-
toire du Soudan meridional demeure peu
connue jusqu'au 190 siecle, les historians
vous parleront d'une riche civilisation neo-
lithique au nord. Suivirent des royaumes,
don't celui de Kerma, vers 2.500 avant
notre ere. Un de ses rois annexe l'Egypte
et se proclame pharaon. Cette dynastie de
< pharaons noirs > se voit force, devant
l'assaut des Assyriens de se replier sur
Meroe, en Nubie, non loin de Khartoum
ou subsistent aujourd'hui de splendides
vestiges. Vers 350 avant notre ere, c'est
au tour du royaume ethiopien d'Aksoum
de conquerir la Nubie. Se succedent, a
partir du VIJsecle de notre ere, de petits
royaumes chretiens qui subsistent jusqu'au
debut du 160 siecle. C'est l'epoque du
rayonnement du sultanat des Foundjis,
des Noirs islamises, don't la puissance
est assise sur la traite des Noirs du Sud.


Ensuite, les evenements se precipitent.
En 1820, 1'Egypte ottomane envahit
le Soudan. La domination egyptienne
durera 60 ans et s'etendra vers le sud
qui devient pourvoyeur d'esclaves. Le
pays est administre par le Britannique
Charles Gordon, au nom de l'empire otto-
man. Seul le sultanat du Darfour rest
independent, jusqu'en 1916. En 1882,
eclate la revolte soudanaise, menee par le
'Mahdi'. Le calife qui lui succede pursuit
les conquetes des peuples nilotiques du
Sud, annexant leurs territoires au Soudan.

En 1896, les Britanniques, inquiets de l'in-
fluence croissante de la France en Afrique
central, lancent une expedition centre le
calife. Menee par le general britannique
Kitchener, elle se solde par la defaite des
troupes mahdistes en 1898. Commence
un < regne > anglo-egyptien qui durera
jusqu'd l'independance du Soudan en
1956. C'est sous ce < r&gne > que se conso-
liderent les fractures entire le nord et le sud
du pays. Au nord, les Britanniques encou-
ragent l'islam orthodox et repousent les
missionnaires chretiens dans le Sud qu'ils
administrent par le biais de < barons du
marais > relativement autonomes. C'est
au nord qu'ils concentrent le developpe-
ment economique, base essentielement
sur l'agriculture. Les Britanniques doivent
faire face a de nombreux soulevements, en
particulier des peuples du sud. Ils decident
d'empecher tout contact entire le Nord et
le Sud, une politique qui sera source de
ressentiment et de frustration.

En 1948, une premiere assemble legis-
lative, dominee par les parties du nord du
pays est elue. Huit ans plus tard, la repu-
blique unitaire soudanaise est proclamee.
Apres des annees mouvementees, le gene-


Le General Kitchener, peinture, Khartoum
� Marie-Martine Buckens


ral el-Nemeiri prend le pouvoir en 1969
et accord l'autonomie aux secessionistes
du Sud. En 1972, les Sudistes, menes par
leur leader historique John Garang, se
rebellent entire la tentative d'imposition de
la loi islamique. Dans le Nord, la situation
se degrade aussi. En 1984, la loi martial
est impose.

En 1989, le general Omar el-Bechir prend
le pouvoir et enforce la loi islamique.

La guerre s'intensifie avec l'Armee popu-
laire de liberation du Soudan (APLS) de
John Garang. Alors que les pourparlers
entire Khartoum et le Sud font des pro-
gres, c'est au tout du Darfour, a l'ouest,
de s'enflammer, en 2003. Et il faudra
attendre 2005 pour qu'un accord de paix
global soit signed entire le Nord et le Sud,
reconnaissant a ce dernier le droit a l'auto-
determination. M.M.B.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011





*De'porta


o II faut poursuivre un dialogue politique constructif


et des projects de cooperation equilibres ,,


Entretien avec S.E. Carlo De Filippi, Chef de la D616gation de I'Union europ6enne au Soudan.


vous Chef de la Dedlgation
europeenne et comment
ddcririez-vous votre expe-
rience au Soudan?

Je travaille pour des projects de developpe-
ment en Afrique depuis 1977 et pour les
institutions europeennes depuis 1986. Je
suis arrive au Soudan en decembre 2007,
apres avoir ete en poste en Republique
Democratique du Congo, au Gabon et
en Guinee Equatoriale. C'est tries inte-
ressant de travailler dans un pays comme
le Soudan. Mais c'est aussi un veritable
defi. Le Soudan, c'est un peu le continent
africain en miniature. Comme l'Afrique,
le Soudan est culturellement riche et son
potential economique et politique est
enorme. Evidemment, si je devais resumer
ce pays en un seul mot, j'utiliserais le terme
< defis �, immense dans ce pays : preven-
tion des conflicts, construction de la paix,
reconstruction post-conflit, reduction de
la pauvrete, transition democratique, pro-
tection des droits de l'homme et edification
d'une nation. Je suis convaincu que dans
un pays comme le Soudan, la contribu-
tion de I'UE peut etre tries important :
pour le people soudanais mais aussi pour
l'Afrique, car nous pouvons y enrichir notre
experience pour ce qui est de la gestion des
problematiques africaines.

Sur un plan plus personnel, qu'est-
ce qui vous frappe le plus chez les
Soudanais ? Qu'est-ce qui pourrait
donner aux lecteurs occidentaux
une autre image de ce pays qu'ils ne
connaissent que par ses conflicts ?

En vivant ici, on a une toute autre
impression du pays que celle relayee par
les medias. Les Soudanais sont des gens
gentils et genereux. Ils sont fiers de leur
histoire et de leur identity et respectent les
strangers lorsqu'ils parent leur langue et
mangent avec eux. Le people soudanais
est relativement politise, il est critique,
il connait la situation dans son pays, en
Europe et dans le monde. Les Soudanais
ont une vision tries interessante des eve-
nements internationaux. Les Europeens
sont en etroit dialogue avec les Soudanais,
et ce a tous les niveaux, tant sur le plan
official qu'informel. Cette communication
bilaterale est tries important; en effet, il
ne faut pas se contenter de parler, il faut
aussi etre a l'&coute.


Comment I'UE voit-elle le Soudan,
quelle est votre vision pour l'avenir
de ce pays, et les projects ?

Nous avons montre jusqu'ici que le Soudan
est un pays important pour l'Europe, sur
les plans geographique, strategique et
cultural. Le Soudan est a la fois un pays
africain et un pays arabe. Et il possede
d'immenses resources que nous devons
encore explorer. C'est une important
passerelle entire l'Afrique et le Proche-
Orient. En outre, les Soudanais et leur
gouvernement s'interessent a l'Europe et
a l'Union europeenne. J'ai done confiance
en l'avenir. Il convient de poursuivre le
dialogue politique constructif ainsi que
les projects de cooperation equilibres, c'est
1a la cle pour des resultats durables dans
toutes les regions du pays.

Khartoum n'a pas signed l'Accord de
Cotonou. Quelles sont done les prin-
cipales actions de I'UE au Soudan ?

Nos projects de cooperation represen-
tent un investissement a hauteur de 500
millions d'euros. Ils couvrent different
domaines, dans toutes les regions du pays;
I'UE est par ailleurs le premier bailleur
d'aide humanitaire avec une assistance de
776 millions d'euros depuis 2003. Nous
avons aussi joue un role important dans
la transition democratique en assurant un
soutien technique et financier au proces-
sus electoral et aux referendums.

Nous soutenons egalement la Mission des
Nations Unies au Soudan (MINUS) et la
Mission des Nations Unies et de l'Union
africaine au Darfour (MINUAD), toutes
deux charges du maintien de la paix au
Darfour et au Sud-Soudan. L'UE a ouvert
un bureau a Juba qui sert de point focal
pour les activities au Sud-Soudan. Enfin,
le dialogue constructif se pursuit avec le
gouvernement sur bien d'autres questions.
Les choses s'ameliorent et notre relation
se construit petit a petit.

Lors de leur derniere reunion infor-
melle, les ministres europeens en charge
du developpement ont convenu d'ouvrir
des ndgociations avec le gouvernement
du Sud-Soudan concernant lAccord de
Cotonou ; qu'en pensez-vous ?

Le Sud-Soudan a fait le choix d'etre inde-
pendant a partir du 9 juillet 2011. Le


gouvernement du Sud-Soudan devien-
dra alors un pays souverain habilite a
rejoindre le Groupe ACP. A mon sens, la
conception meme de l'Accord (de parte-
nariat) de Cotonou en fait un bon outil de
soutien aux pays d'Afrique, du Pacifique
et des Caraibes. Le Sud-Soudan a donc
beaucoup a gagner a s'y associer, mais
c'est a lui que revient cette decision sou-
veraine. M.M.B.


� Marie-Martine Buckens


C u rrier





R*eorD age


Rosalind Marsden: < Les prochains mois constituent

une periode critique pour le Soudan �


Le Courrier a eu I'occasion d'interviewer Rosalind Marsden a Khartoum, une opportunity
a ne pas manquer


Q u'avez-vous fait jusqu'ici
depuis votre nomination au
poste de Representant special
de I'UE au Soudan ?

Ma mission consiste a contribuer a la rea-
lisation des objectifs strategiques de l'UE.
Ceux-ci incluent le soutien actif a la mise
en muvre complete et opportune de l'Ac-
cord de paix global (APG) de 2005 et d'un
accord sur les dispositions post-referen-
dum. Meme si je suis base a Bruxelles, je
passe au moins deux semaines par mois sur
le terrain, generalement a Khartoum et a
Juba, mais j'ai aussi ete dans les provinces
du Darfour, du Kordofan-Meridional et
du Nil Bleu. J'ai egalement participe a
une serie de reunions internationales a
haut niveau - Addis Ababa, New York et
Washington visant a soutenir les efforts
de mise en muvre de 1'APG et a lever des
obstacles. Comme vous le voyez, je me
deplace en permanence !

Comment evaluez-vous la mise en muvre
de 1'APG par le gouvernement soudanais
et le Mouvement de liberation du Peuple
soudanais (SPLM) ?

L'APG a mis fin a la plus longue guerre
civil en Afrique et il constitute a ce titre
une remarquable realisation. En tant que
temoin de cet APG, I'UE en a toujours
soutenu vigoureusement la mise en ouvre.
Mais l'Union reste preoccupee car cer-
tains aspects de 1'APG ne sont toujours pas
regles, alors qu'ils devraient l'etre, notam-
ment la necessity de resoudre le different
d'Abyei, de delimiter la frontiere entire le
nord et le sud du pays et d'organiser des
consultations populaires credibles dans
les provinces du Nil Bleu et du Kordofan-
Meridional. L'UE s'inquiete beaucoup
des recent affrontements qui ont faith de
nombreux morts dans la region d'Abyei
et elle appelle les parties a parvenir a une
solution politique rapide et equitable.


L'UE soutient les efforts du Groupe de
haut niveau de l'UA charge de la mise en
muvre du processus de paix, preside par
le President Mbeki. Ce group s'emploie
a regler les points de l'APG toujours en
suspens et a faciliter un accord entire les
parties a 1'APG sur les dispositions post-
referendum, comme la citoyennet&, le
petrole, la dette, les devises, la gestion des
frontieres et les accords sur la security,
autant d'elements cles pour le maintien
durable des relations entire le Nord et le
Sud.

Que pensez-vous des different processus
en course concernant le Darfour et du role
de l'UE dans l'Accord de paix pour le
Soudan oriental ?

L'UE s'inquiete de la poursuite des vio-
lences dans le Darfour et des souffrances
que cela entraine pour les populations.
Les prochains mois seront critiques pour
le Soudan et pour le Darfour en particu-
lier. L'UE a toujours vigoureusement
soutenu le processus de paix de Doha.
Maintenant que l'equipe de Mediation
afro-arabe pour le Darfur (ONU-UA) a
faith circule un project d'accord, j'espere que
le gouvernement soudanais et les mouve-
ments arms saisiront l'occasion pour faire
reellement avancer la paix.

L'UE fournit une aide humanitaire aux
habitants du Soudan oriental depuis le
debut des annees 1990 et une aide au
developpement depuis la signature de
l'Accord de paix pour le Soudan oriental
de 2006. Meme si certain indicateurs
de pauvrete y sont aussi mauvais qu'au
Darfour ou que dans d'autres regions du
Sud-Soudan et que la region abrite les
plus anciens refugies de toute l'Afrique,
le Soudan oriental faith l'objet de relati-
vement peu d'attention international.
Qui plus est, les transferts financiers de
Khartoum par habitant y sont bien infe-


rieurs a la moyenne. En decembre der-
nier, lors de la conference des donateurs
et des investisseurs internationaux au
Koweit, j'ai annonce que l'UE envisageait
d'affecter 24 millions d'euros au Soudan
oriental. Ce montant viendrait complete
l'actuel soutien de l'Union auxmoyens de
subsistence ruraux, a la security alimen-
taire et au enforcement de pouvoir des
femmes et de la soci&et civil, ainsi que
l'aide bilat&rale des Etats membres de
l'UE. L'UE participe actuellement a un
mecanisme incluant des fonds publics et
des fonds arabes visant a poursuivre les
interactions des bailleurs en faveur du
Soudan oriental.

Quels sont les principaux obstacles a une
cooperation solide entire l'UE et le Soudan
et comment promouvoir les relations
futures entire l'UE et le Soudan.

L'UE est prete a etablir avec le gouver-
nement de Karthoum un dialogue a long
terme sur des questions d'interet com-
mun. Elle reste aussi engagee a fournir
une assistance aux populations du Nord,
en function de leurs besoins. En outre,
elle est prete a examiner attentivement
la possibility d'un soutien de l'UE a un
effort international d'allegement de la
dette, en function des progress politiques.
Les progress en vue de la resolution du
conflict au Darfour et des points APG et
post-APG encore en suspens jetteront les
bases du enforcement des relations entire
l'UE et le Soudan.

Le referendum ayant eu lieu, I'UE espere
a present developper un partenariat etroit
et durable avec le Sud-Soudan. Elle
est prete a accroitre ses efforts dans le
domaine des services de base et du deve-
loppement agricole et a s'engager avec le
gouvernement du Sud-Soudan et d'autres
partenaires a soutenir un reel developpe-
ment des capacities. M.M.B.


A Juba � Marie-Martine Buckens Ceremonie soufie a Omdurman � Marie-Martine Buckens


A Khartoum � Marie-Martine Buckens


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


i7 . ....�i
9-V .~



. ...........





Reportag


Un temoin privileges


A la tete de son journal AlAyaam depuis 1953, Mahjoub Mohamed Saleh a suivi
pas a pas I'independance de son pays en 1956, ses convulsions politiques don't
chaque fermeture du journal ou arrestation en sont les signatures. A 84 ans, ce
sage de la press soudanaise porte un regard lucide empreint d'empathie sur
I'avenir de son pays.


Mahjoub Mohamed Saleh � Marie-Martine Buckens


S on bureau est au bout d'un couloir
decrepi, au ler stagee d'un petit
immeuble vacillant. Mahjoub
Mohamed Saleh est seul ce jeudi
son equipe de 15 journalists et secre-
taires a pris conge, demain est vendredi,
jour feri - et prend des notes. Attendant
nos questions.

La creation du journal ?
< J'ai commence ma carriere en 1949,
a la sortie de l'ecole. En octobre 1953,
avec deux autres amis, nous avons fonde
ce journal, grace a des prets de connais-
sances. Des le debut, nous nous etions
positionnes comme un journal national,
couvrant le politique, le social et l'eco-
nomique. �


< Vous savez, etre journalist ici est
un metier tries risque. Le journal a ete
confisque, ferme, nous avons ete arretes
a maintes reprises. De 1970 a 1986, Al
Ayaam a ete nationalist. J'ai survecu en
ouvrant une imprimerie et en collaborant
pour des journaux strangers. Ensuite, en
1989, le journal a ete ferme pendant dix
ans. Aucun journal prive n'etait auto-
rise jusqu'en 1993. L'etau s'est peu a peu
desserre. Nous avons recommence debut
2000. ,

La separation du Soudan ?

< Je suis triste. C'etait un bon pays et tant
de choses ont mal tourney. Dans les annees
1990, le Soudan etait deji un pays avec
de vieux, tries vieux problems dans le
Sud et l'Ouest. Cette separation est vecue
comme un veritable traumatisme ici. Et
le faith que le sud ait decide de s'appe-
ler < Sud-Soudan , est une bonne chose,
comme s'ils etaient encore Soudanais.
Je crois qu'il est important aujourd'hui
de s'arreter et de se demander : cela va-
t-il se passer ailleurs ? La guerre sevit au
Darfour et que pense-t-on 1a bas de la
separation du Sud ? Comment la voient-ils
en terms de risque, d'opportunite ? Le
Sud-Soudan n'a pu se permettre de se
separer que parce qu'il dispose a present
de resources financieres provenant du
petrole. Que se passera-t-il si les explo-
rations en course dans le Sud-Darfour se
revelent prometteuses ? Et comment cette
separation va-t-elle affected la popula-
tion dans le Sud Kordofan et le Nil Bleu
(zones de transition entire le Nord et le
Sud, NDLR), mais aussi dans les regions
de l'Est du pays ? D'autres inconnues
subsistent comme le sort des sudistes qui
vivaient au Nord. Le gouvernement de
Khartoum a raison de demander qu'ils
parent. Mais en pratique, comment va-t-
on regler des questions comme la retraite,
la propri&et ? >

L'avenir du Sud-Soudan ?

< Cela faith 50 ans que le Sud se bat contre
Khartoum et je crains que cette culture de
mutinerie ne reste. Cette fois-ci on risque


C u rrier


. v:.4;2





R*eorD age


de voir les tribus se rebeller contre l'Etat
central Juba. En outre, le Soudan actuel
compete neufvoisins ; le Sud-Soudan en
comptera six. C'est beaucoup pour un
pays en outre enclave. Pour une raison
ou une autre, chacun de ces six voisins
est int&ress& par le Sud-Soudan et risque
ainsi de le d6stabiliser. Une des questions
est : qui possede l'argent, les banques, le
commerce ? Aujourd'hui deja, la presence
des Ougandais, Kenyans, Indiens est tres
forte. ,�

L'aide apportee par les Occidentaux,
l'Union europeenne en particulier ?

< Prenez le cas du Darfour. En der-
niere analyse ce qui se passe l1-bas est


une question de sous-developpement.
La population -fermiers, pasteurs -se
bat pour des resources naturelles tres
limit&es. Et la population augmente. Or,
personnel ne s'attaque a ces problems de
base et n'&labore de strategie global. Y
compris la communaute international.
Apres l'accord de paix de 2005, les pays
donateurs se sont r6unis a Oslo pour sou-
tenir des projects de reconstruction et de
developpement. Ensuite, ils ont decide de
transferer cet argent au Darfour et n'ont
finalement lach& que 20%. J'&tais a Oslo,
repr6sentant la soci6et civil. Je l'avais pre-
dit. J'ai l'impression que l'Occident n'est
int&resse que par les zones en crises. II
n'est pas int&resse par le d6veloppement a
long terme, celui qui apporte la stability.


L'avenir du Soudan, de Khartoum ?

Le changement doit se produire, meme
le gouvernement l'admet. Mais comment,
et pour faire quoi ? Les questions sont
ouvertes. Il y a tant de choses a r6gler :
nous avons quatre mois pour r6gler la
separation Nord-Sud, comment arreter la
guerre au Darfour, sans oublier l'avenir de
toute la zone qui est aujourd'hui en pleine
tourmente. Un des grands problems est la
pauvret6; quand ceux qui ont le monopole
de l'autorit& s'arrogent la richesse, cela
cree des inegalites qui conduisent a des
conflicts et a la rebellion. La pauvrete cree
la competition, non l'harmonie. C'est 1l
sans doute notre plus grand probl&me,
vivre avec l'autre. M.M.B.


La femme, levier du renouveau


L es changements sont percep-
tibles au Soudan, et ils sont
amends par les femmes ,>
nous explique Balghis
Badri, directrice de l'Institut d'etudes sur
le d6veloppement et le genre de l'Universit6
Ahfad, l'unique institution universitaire
anglophone a Khartoum.

Nous sommes le 8 mars, Journee inter-
nationale de la femme. La police vient de
reprimer une manifestation de femmes
exigeant que le gouvernement cesse < la
violence contre des femmes >. L'histoire
recent des femmes soudanaises n'a pas
encore ete &crite, comment Balghis
Badri. Or, qui a initiI le processus de
n6gociations entire le Nord et le Sud du
pays ? Ce sont des femmes. En 2000, nous
avons r6ussi a changer la loi sur la partici-
pation des femmes aux affaires publiques.
Aujourd'hui, les femmes descendent dans
la rue, r6sistent. Je pense que le vent du
changement s'est lev& au Soudan >.

Mais la directrice de l'Institut reconnait
que cela ne se fera pas sans difficul-
tes. < Les d6fis ne sont pas uniquement
sociaux. Ils sont &galement culturels. La
separation de la sphere publique et priv&e
nous a toujours &et d6favorable. Mais les
femmes sont de plus en plus conscientes.
Surtout actuellement, avec la separation
du Sud-Soudan, le gouvernement est mis
au d&fi de soutenir, comme cela va etre le
cas dans le Sud, les movements des droits
de l'homme, surtout les movements
de femmes. Or nous sommes inquiets
quand nous lisons que le gouvernement
de Khartoum entend renforcer la loi isla-
mique, la charia, dans le Nord ,>.


Balghis Badri, qui a dirig& une etude sur
les m&canismes de resolution des conflicts
inter-communautaires sujet sensible dans
un pays otu les rivalit6s interethniques sont
a la base de la plupart des conflicts insisted
sur le travail indispensable a r6aliser avec
la soci&t& civil pour induire des chan-
gements positifs, tant au plan politique
que social. < J'ai beaucoup travaill& avec


l'Union europeenne sur ces sujets. Mais
aujourd'hui 1'UE ne finance plus directe-
ment des projects ; depuis la signature des
accords de paix, elle le fait au travers des
agencies onusiennes. Je pense qu'il impor-
tant de se poser la question du role que
l'Europe entend jouer, durant la periode de
transition, et apres juillet, quand la scission
du pays sera effective >. M.M.B.


ues Temmes proiesiant a umourman, 6 Iviarcn zu 11 Y bsul buoan


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011





R*epoD ae


Des entreprises privees combatives, en


quete de reconnaissance et de marches



Si la Chine est devenue le principal partenaire commercial du Soudan, les hommes
d'affaires a Khartoum ne desesperent pas de renouer des liens autrefois florissants
avec I'Union europeenne. Mais aussi avec le Sud-Soudan, considered comme
prioritaire. Et sans oublier le Darfour

Rencontre a Khartoum avec Bakri Yousif Omer, Secretaire general de la Federation du patronat soudanais.


"Notre organisation cha-
peaute tout le secteur
S prive, nous dit d'em-
S blee Bakri Omer ; de la
Chambre de commerce a celle de l'indus-
trie, du transport, de l'agriculture et de
l'elevage, et des petites
industries et de l'arti-
sanat. Moi-meme j'ai < nOus somn
ma propre entreprise, perdre toute
de consultance et d'in- europ
vestissement dans les
technologies de l'infor-
mation, et je travaille ici a titre gracieux. ,
Une organisation qui entretient des liens
&troits avec ses pendants europeens et
arabes. Sans oublier que c'est a Khartoum
que s'est tenu il y a quatre ans le Forum
economique des pays ACP.

Quelles sont les relations entire les hommes
d'affaires soudanais et europeens ? < Nos
relations se sont serieusement degrad&es
dans les annees 1980, alors que depuis
1950, l'Europe etait, et de loin, notre prin-
cipal partenaire. Au milieu des ann&es


r
e


1990, le boycott economique d&cr&et par
les Etats-Unis s'est de facto traduit par
un boycott europeen, meme s'il n'etait
pas official. �

Epoque a laquelle le gouvernement souda-
nais s'est tourney vers
l'Est, vers la Chine
es en train de qui aujourd'hui,
a technologies ajoute Bakri Omer,
'enne. , present le Soudan
comme une reussite
en Afrique. Pekin,
d'abord interessee par le petrole de l'ouest-
soudanais, a graduellement invest dans
tous les secteurs, y compris l'agriculture.
Mais jusqu'd present sans grandes retom-
bees pour le prive soudanais qui s'estime
le grand perdant d'une cooperation qui
se faith de gouvernement a gouvernement.
< Des progres ont ete accomplish depuis trois
ans, meme si les coentreprises soudano-
chinoises sont loin d'etre generalisees. ,
D'un autre c6te, se plaint le Secretaire
general, < nous sommes en train de perdre
toute la technologies europeenne. ,>.


Khartoum � Marie-Martine Buckens


Bakri yousif Omer � Marie-Martine Buckens


Nouveau partenariat Nord-Sud
Mais Bakri Omer s'enthousiasme quand
il parle des relations commercials mises
en place entire le Sud-Soudan et le Nord.
< Notre role est positif. Nous avons orga-
nise a Juba, en 2007, un forum d'inves-
tissement equitable auquel ont participe
30 companies allemandes. En novembre
dernier, ce sont 70 hommes d'affaires du
Sud-Soudan, don't sept femmes et huit
jeunes entrepreneurs, qui sont venus ici. >.
Le Secretaire general oeuvre egalement
pour que les organismes bancaires du
Nord se reinstallent dans le Sud, < j'ai
explique aux banquiers qu'un tel vide
serait vite rempli par les voisins. > Et
d'insister sur les liens &troits qui per-
durent entire les deux regions. Et sur une
maniere identique de faire des affaires :
< historiquement, le role d'un homme
d'affaires au Soudan est different des
autres pays. Notre role social est enorme.
Personnellement, j'ai construit dans mon
village deux lycees. Dans ma compagnie,
80% du personnel vient de mon village. >

Et c'est dans cet esprit que la federation
patronale s' investit dans le Darfour :
< nous avons contribute activement a la
reconstruction de villages, d'ecoles, de
puits. Avec la Chambre de l'artisanat,
nous avons organism des ateliers pour les
rebelles qui deposent leurs armes. Au lieu
de leur donner de l'argent, nous pensions
qu'il est plus judicieux de leur apprendre
un metier. ' M.M.B.


C u rrier





Reportag


Le pari du Sud-Soudan


Juba, capital du future Sud-Soudan. Deux routes fraichement bitumees forment le centre improbable
d'une ville qui tente de se construire vite, trop vite, sous la pression de tous les Sud-Soudanais
revenues 'au pays' apres cinquante annees de guerre. Des huttes jouxtent des batiments plus ou
moins neufs. Des bouteilles plastiques - I'eau puisee dans le Nil est douteuse, les eaux usees
n'etant pas traitee, la typhoide rode - forment des piles de dechets en attendant un hypothetique
ramassage d'immondices. Les hotels poussent comme des champignons pour recevoir le flot
d'experts internationaux venus apporter leur soutien a cette nation naissante




1


L e Sud-Soudan est un extra-
ordinaire laboratoire ,>
nous dit un representant
Sde la delegation de 1'UE
a Juba. Installee dans le 'compound' de
1'UE oif cohabitent aussi pour l'heure
les ambassades d'Italie, de France, du
Royaume-Uni, d'Allemagne, d'Espagne et
de Suede -la delegation de 1'UE, en rea-
lite un point focal de
la delegation de 1'UE Le Sud-Soudi
aupr&s du Soudan, une excellent
compete six personnel.
< Au depart, de mai les regions e
septembre 2009, le Notamment
bureau 6tait r6duit a cooperation
sa plus simple expres-
sion, fonctionnant meme sans serveur
informatique, nous explique Jesus Orus
Baguena, chef du bureau de Juba depuis
deux ans. Les conditions de s&curit&, le
manque d'&coles, font que le personnel
europeen est majoritairement c6liba-
taire ,>.

Pourtant, en raison des d6fis 6normes
qui attendent le Sud-Soudan naissant,
la presence de 1'UE, estime-t-il, doit etre


n


toffee, et rapidement: < Le Sud-Soudan
pourrait etre une excellent r6f6rence dans
les regions en post-conflits. Notamment
en matiere de cooperation international ,>.
Ainsi, s'est cream Juba un group informal,
le 'G6', qui regroup les chefs de dl66ga-
tion de la Banque mondiale, des Nations
Unies, des Etats-Unis, du Royaume-Uni,
de la Norvege et de 1'UE. Ensemble nous
essayons de coordon-
n pourrait 6tre ner nos politiques.
r6f6rence dans En outre, une 6quipe
conjointe de dona-
post-conflits. teurs a mis en place
?n matiere de certaines actions com-
nternationale munes. Cette &quipe
comprend quatre Etats
membres de 'UE le Danemark, la Suede,
le Royaume-Uni et les Pays-Bas auxquels
s'ajoutent la Norvege et le Canada ,>.

La tache qui attend la communaute inter-
nationale et le gouvernement en place est
6norme. Le pays, mine par la guerre, part
de rien. D'une superficie sup&rieure a la
France, quelque 590.000 km2, peupl& de
quelque 9 millions d'habitants seulement,
il est l'un des plus pauvres du monde et son


Le bureau du citoyen a Juba � Marie-Martine Buckens



indice de d6veloppementhumain est parmi
les plus faibles - 85% des adults seraient
analphabetes. II dispose cependant d'un
certain nombre d'atouts parmi lesquels des
terres agricoles fertiles et ses resources
p&trolieres, lesquelles repr6sentent 80%
des reserves petrolieres du Soudan actuel,
estimees a 6 milliards de barils.

Bonne governance et security
alimentaire

, La communaute international, don't
1'UE, est la principal source d'aide pour
la reconstruction du pays,>, nous explique
un observateur europeen, qui pursuit:
< il faut d'abord s'attaquer aux questions
de rapatriement, de reintegration et de
rehabilitation, notamment des anciens
gu&rilleros >. Devraient suivre les &coles,
les soins de sante, et toute la construction
de la structure &conomique, tant dans le
domain agricole que financier ou encore
des services. LUE pour sa part a decide
de soutenir en priority la bonne gouver-
nance, don't la lutte contre la corruption,
les questions de droits de l'homme et l'aide
alimentaire.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011















LW


Juba � Marie-Martine Buckens


< Le gouvernement sud-soudanais, pour-
suit-il, est en train d'etablir des structures
administrative dans les 10 Etats du pays.
C'est un processus lent, freine par deux
grandes contraintes: le manque de res-
sources financieres et de gens forms.
Sans computer les differends au sein meme
du parti dominant -le Mouvement pour
la liberation du people soudanais (MPLS)
-et entire ce dernier et les factions rivals,
nombreuses �. Mais le MPLS doit surtout
apprendre a passer d'un movement avec
une hierarchie militaire -Silva Kiir, actuel
president du Sud-Soudan, etait a la tete de
sa branch arme 1'APLS, 'Armee popu-
laire de liberation du Soudan - un parti
politique dote d'une structure democra-
tique. < Le MPLS, pursuit l'observateur,
s'est adjoint l'aide de Sud-Soudanais de la
diaspora. Entre ces derniers et les anciens
chefs de guerilla, habitues a prendre des
decisions sans filet de security, cela faith
un melange parfois frictionnel mais tries
interessant >.

Si certain membres de la diaspora ont
repondu a l'appel, la plupart viennent en
reality des villes du nord du Soudan. < Ces
derniers, nous explique un autre expert
europeen, ont ete forms en arabe et sui-
vant la loi islamique, tries different de la
< common law � (droit commun) d'inspi-
ration britannique, en vigueur dans le
Sud-Soudan �. Si a Juba, l'arabe - l'arabe
de Juba > - est communement parle, c'est
l'anglais qui deviendra la langue officielle
du pays lors de son independence en juil-
let prochain. M.M.B.


< L'UE doit instaurer un dialogue avec les autoritds du Sud )
Entretien avec Nhial Bol, R6dacteur en chef du Citizen a Juba, Sud-Soudan


Entretien avec Nhial Bol, Redacteur en
chef du Citizen a Juba, Sud-Soudan
< Un des grands problems auquel le
gouvernement du Sud-Soudan doit faire
face actuellement est la corruption et
le nepotisme >>, nous dit d'emblee Nhial
Bol. Et pour I'avoir ecrit, le patron du
journal independent de la capital sud-
soudanaise, lance en 2005, a connu, a
plusieurs reprises, la prison. A Khar-
toum egalement oi, directeur-general
du quotidien independent Khartoum-
Monitor, il est incarcere en 2002 pour
avoir accuse le gouvernement du presi-
dent EI-Bechir de favoriser I'esclavage
et le rapt de femmes et d'enfants des
regions du sud.
< De gros efforts doivent 6tre faits
pour non seulement former la police
mail gealement I'encadrer afin d'eviter


toute derive >. Le Sud-Soudan s'est
dote d'une Constitution, < mais oC sont
les lois ? << s'interroge Nhial Bol. > Or
sans lois, poursuit-il, les personnel
coupables de corruption ne peuvent
6tre condamnees. Et I'heure actuelle,
vous pouvez 6tre arr&te simplement
pour raisons de security. A Juba, 2.300
de personnel croupissent dans une
prison sans toilettes et prevue pour 300
personnel >>.
Pour le redacteur en chefdu Citizen, le
r6le de I'Union europeenne pourrait 6tre
crucial. << Si les Europeens veulent avoir
une presence ici, aux c6tes des Etats-
Unis et de la Norvege, il est important
qu'ils instaurent un dialogue constructif
avec le gouvernement, afin de les pous-
ser a 6tre vertueux. Et avec I'opposition,
pour qu'elle soit moins violent >>.


R*epoDtag


Nhial Bol � Marie-Martine Buckens


C u rrier


I





R*eorD age


S'attaquer


a la corruption


end6mique



<< La corruption est une des questions transversales les plus importantes a laquelle
le gouvernement du Sud-Soudan doit s'attaquer >, estime Dr Pauline Riek, a la
tate de la Commission anti-corruption instauree par le gouvernement de Salva Kiir.




L a corruption est un fleau qui central voudrait decentraliser la lutte
gangrene les relations dans cet contre la corruption, mais nous pensions
Etat naissant et que le gouver- que c'est trop tot. Nous sommes en train
nement lui-meme reconnait. de recruter du personnel dans ces Etats,
� Comment croyez-vous que nous avons mais ces gens doivent encore etre for-
pu finance notre mes. Icimeme a Juba,
guerilla contre les Quand on s'attaque a nous manquons cruel-
forces du Nord ? lquun, est toute la element de person-
d&larait r em ment qou-une qn' touce Nuet de formation.
un membre du gou- communautd qu'on touche Nous disposons de


raullne nleK o ivarle-vilartlne bucKens


vernement sud-sou-
danais a un observateur europeen. Et
regulierement, la press se faith l'echo de
cas de corruption, don't celui du ministry
des Finances implique dans des fraudes
d'aide alimentaire a grande echelle. En
fevrier 2011, au lendemain du referen-
dum, Silva Kiir a declare que son gou-
vernement allait desormais s'attaquer a
la < corruption endemique qu'il avait
jusqu'ici ignore >, tout occupy a la mise en
oeuvre de l'accord de paix signed en 2005.

< Notre role est a la fois facility par la
tradition participative du Sud-Soudan,
renforcee par la guerre, mais egalement
complique par cette tradition >, nous
explique la president de la Commission.
< Quand on s'attaque a quelqu'un, c'est
toute la communaute qu'on touche. D'oui
l'importance d'une participation active
de tous, les femmes, le gouvernement, la
soci&et civil. L'enquete que nous venons
de realiser nous montre aussi l'impor-
tance de la dynamique culturelle de la
corruption.

Recrutement
Pour l'heure, la Commission anti-corrup-
tion a signed une lettre d'intention avec les
10 Etats semi-autonomes du Sud-Soudan.
Pauline Riek precise : < le gouvernement


neuf enqueteurs don't
quatre qualifies. Mais la charge de travail
est enorme. Nous examinons actuellement
66 cas. Combien de temps ces enquetes
vont-elles prendre ? Deux mois, trois ans,
nous ne savons pas. �

Quatorze langues sont utilisees au Sud-
Soudan, < et nous devons parler ces
langues >, insisted la president. Il est ega-
lement indispensable que les enquetes
soient menees par des Sud-Soudanais. Si
l'enqueteur est stranger, les gens interro-
ges lui repondront ce qu'ils croient qu'il
veut entendre, alors qu'ils repondront
differemment a un citoyen de leur pays,
car ce dernier sait d'oi ils viennent. >

Le Sud-Soudan s'est dote d'une strategic
anti-corruption pour la periode 2010-
2014. < Ce n'est pas notre strategic, c'est
celle du gouvernement �, tient a preciser la
president. Deux projects de loi devraient
etre adopts sous peu qui definiraient
mieux notre role. Actuellement notre
marge de manoeuvre est reduite, nous
ne disposons pas encore de mandate de
poursuite. >

En attendant, les responsables sud-souda-
nais ont ete invites l'an dernier a remplir
une < declaration de richesse �. Seules 222
personnel sur 1.000 ont repondu. M.M.B.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011





*De'port


Petrole, terre et eau


L'accord de paix de 2005 pr&-
voit, notamment, le partage
des revenues du p6trole, don't
les trois quarts sont actuelle-
ment exploits dans le Sud-Soudan. Il
prevoit 6galement le reglement des Traites
internationaux don't celui portant sur le
partage des eaux du Nil. A ces deux ques-
tions sensibles s'ajoute une troisieme, non
couverte par l'accord de paix, celui de la
propri&t& des terres.

Alors qu'au nord du Soudan, la terre
appartient en theorie l'Etat, meme si
ce dernier a privatise
des entreprises agri- L'ind6penda
coles dans les annees
1980/90, le regime Soudan devrai
foncier qui devrait negotiations e
pr&valoir dans le difficile dossier
Sud-Soudan devrait eaux
reliever du droit com-
munautaire. C'est du
moins la position affich&e par le gouvern-
ment de Juba qui n'en reconnait pas moins
la n&cessit& d'une politique fonciere qui
permette la commercialization de l'agri-
culture et le d6veloppement d'une &cono-
mie de march& < equitable et inclusive �
dans une region ravagee par la guerre ou
la population ne vit que d'une agriculture
de subsistence.

La reconnaissance de la communauta-
risation des terres sera d'autant plus dif-
ficile dans les zones p&trolieres qui ont
&et vid&es de leurs occupants par le pou-
voir armed de Khartoum. Les recettes du
gouvernement du Sud-Soudan provenant
quasi exclusivement de la rente petroliere,
celui-ci sera amended career de nouvelles
structures de control politique.

Accaparement
En attendant, selon une 6tude realis&e
sous l'6gide de l'ONG Norwegian People's
Aid, les companies etrangeres auraient
achete, entire 2007 et 2010, un total de
2,64 millions d'hectares de terres desti-


n
t

C
:1


nees a l'agriculture, l'exploitation fores-
tiere et la production de biocarburants. La
surface concerned &quivaudrait a pres de
9% du total du territoire sud-soudanais,
soit plus que celle du Rwanda tout entier.

Or bleu

L'ind6pendance du Sud-Soudan devrait
accl&6rer les n6gociations en course sur le
difficile dossier du partage des eaux du
Nil. La visit du ministry 6gyptien des
affaires etrangeres, Nabil Elaraby, le 27
mars a Khartoum, suivie d'une visit a
Juba n'est pas anodine.
ce du Sud- LEgypte dispose d'un
droit << historique � sur
acc616rer les les eaux du Nil qui,
i course sur le depuis l'accord impose
JU partage des par les Britanniques
u Nil en 1929, amend& en
1959, lui permet de
b6n&ficier de 70% du
debit des eaux du Nil, 20% etant allou&
au Soudan en compensation de ses ter-
ritoires inond&s par le barrage 6gyptien
d'Assouan et le d6placement de plus


de 60.000 nubiens. Les 10% restants
etant alloues aux six pays situ&s en aval
du bassin du Nil Blanc, l'Ouganda, la
Republique d6mocratique du Congo, le
Burundi, le Rwanda, la Tanzanie et le
Kenya, et l'Ethiopie, berceau du Nil Bleu,
responsible en realit& de 85% du total du
Nil, lequel prend r6ellement naissance a
Khartoum, a la rencontre des Nils Blanc
et Bleu.

Depuis 1999, l'Initiative du Bassin Du
Nil tente de tenir compete des besoins
grandissants en eau des pays en aval. La
majority& de ces pays lont avalis&e. Le
Caire, jusqu'ici oppose a cette initiative,
semble pret a mettre de l'eau dans son vin.
L'id&e? Revitaliser le project de canal de
Jonglei. Lance en 1973, ce canal de 360
km devait permettre d'&viter au Nil Blanc
de transiter par les marais du Sudd, dans
le Sud-Soudan, et de recuperer ainsi 10
milliards de m3 d'eau par an. Un project
arret6 lors de la deuxieme guerre civil en
1983 et que le ministry 6gyptien entend
relancer avec ses nouveaux 'partenaires'
du Sud-Soudan. M.M.B.


C u rrier















SL'art


devrait


guider la


reflexion


d'un pays ,



Peintre, graveur, Rachid Diab est aussi
architect a ses heures quand il s'agit de
construire, en plein centre de Khartoum,
un centre dedie a I'art.





L e centre que j'ai construit
devrait preparer les gens
S se battre en utilisant la
culture comme outil >,
nous dit d'emblee Rachid Diab, qui pour-
suit : � le pays souffre de l'interieur. La
cooperation avec les Occidentaux a ete
gachse, par l'aide, notamment alimen-
taire, au lieu de nous apporter la logis-
tique, comment reflechir pour changer.
Ainsi l'aide de l'Union europeenne ne
prevoit pas de budget pour l'art, mais bien
pour les ONG et les institutions liees au
gouvernement >.
Rachid Diab est parti etudier l'art en
Espagne, ou il a rencontre sa femme; il
y a enseigne l'art pendant neuf ans. < J'ai
tout quitter ; je suis revenue ici. Je voulais
etre un revolutionnaire, un leader, non
pas politique, mais cultural. J'ai achete
un terrain a Khartoum sur lequel j'ai
construit ces batiments, que j'ai dessines;
les materiaux sont locaux ; ils abritent
une galerie, un magasin et des chambres
qui permettent aux artistes de sojourner
ici en residence. Des artistes allemands,
egyptiens et frangais ont deji participe a
des ateliers. > Dans le jardin, alcoves en
pierre, alleges de verdures s'entrecroisent.
Au centre, un plateau de theatre, et plus
loin des tables de travail ou, pour l'heure,
des enfants sont inities a la poterie. M.M.B.


Une peinture de Rachid Diab � Rachid Diab


Polyphonies


Six voix aux tonalites differentes

pour exprimer la reality du Soudan

d'aujourd'hui.


I y a, bien sur, Tayeb Salih, l'auteur
de Saison d'une migration vers le
Nord, un roman applaudi tant dans
le monde arabe qu'en Occident.
Hormis cet auteur, decade il y a deux
ans, peu d'ecrivains soudanais ont reussi
a faire entendre leur voix a l'exterieur de
leur pays. Le recueil Nouvelles du Soudan
veut combler ce vide. Les auteurs des
six nouvelles rassemblees sont d'origine
arabe, nubienne, sudiste ou darfouri. Tous
ecrivent en arabe, mais mettent en scene
des personnages venus des quatre coins du
pays, avec leurs coutumes et leurs caracte-
ristiques. Tous traduisent a leur maniere
la dictature, la guerre civil et son lot de
misere et de deplaces.


< Les faits evoques sont souvent graves,
mais l'habilete et l'elegance des auteurs,
l'humour et le style onirique de certain,
qui n'est pas sans rappeler le realisme
magique sud-americain, les transforment
en petits bijoux, temoins a la fois d'une
dure reality et d'une litterature qui ne
demand qu'd etre decouverte >, nous
explique en prologue Xavier Luffin, pro-
fesseur a l'Universite libre de Bruxelles et
traducteur des nouvelles. Les nouvelles
ont ete traduites en frangais, l'anglais
devrait suivre bient6t. M.M.B.
Info : Nouvelles du Soudan
Editeur : Magellan Et Cie
EAN13 : 9782350741604


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


Reportag

















Le Darfour, vu par I'artiste



Issam Abdel-Hafez



. D epuis huit ans, la guerre rue au
Darfour, province de l'ouest du
Soudan, voisine du Tchad. Ce
conflict aux causes multiples
conflicts interethniques, aggrav6s par l'ac-
croissement de la population, exploration
p&troliere, extension du conflict tchadien
a jusqu'ici forc& plus de 2,5 millions de
personnel � se d6placer, tuant pros d'un
million d'entre elles. L'UE tente depuis
le d6but des hostilit6s d'apporter une aide
massive aux populations par le biais de son
programme humanitaire ECHO.

Issam Abdel-Hafiz s'est rendu en 2006
et 2007 dans le Darfour avec une de ces
ONG humanitaires. Un livre sort deux
ans plus tard (lire l'encadr6), agr6ment6 de
32 de ses photos. De retour � Khartoum,
il lance une champagne sur internet Save
the Kids of Darfur (Sauvez les enfants
du Darfour). << Nous avons regu plus de
sept tonnes de m6dicaments, mat&riel
scolaire, vetements, en provenance du
monde entier, en particulier de la diaspora
soudanaise. > Depuis, Issam Abdel-Hafez
pursuit, non sans difficulties, son travail
de photograph engag&, sans oublier ses
Aff , -'. .N travaux de peinture et de dessin. M.M.B.


Darfour � Issam Abdel-Hafez


II


uarTour u Issam Ancel-Hiaez


C u rrier


Reportag


Darfur and the Crisis of
Governance in Sudan :
A Critical Reader
Cet essai, explique Salah M. Hassan,
son auteur, met en lumiere les diverse
fagons don't le conflict au Darfour a ete
present, represented et utilise par une
serie d'acteurs soudanais et strangers
de fagon a servir leurs propres interdts. II
attire I'attention sur la necessity urgente
d'apprehender << de I'interieur >> la strate-
gie de representation autour du Darfour.
Lessai met en avant la society civil
historiquement forte dans ce pays et se
propose d'expliquer comment I'analyse
des conflicts sous I'angle de la society
civil permet d'eviter les opposition
binaires simplistes - < Le Nord arabe >>,
par opposition au < Sud chretien/ani-
miste >, ou encore la nature < arabe >
/ << africaine > dans le cas du Darfour.
En effet, pour I'auteur, il convient plut6t
de considered que ces conflicts ont pour
origine les inegalites de developpement
et les injustices historiques que la classes
dirigeante des elites arabisees ont fait
subir aux groups marginalises de la
population. Dans sa description, Has-
san insisted sur le reel engagement des
Soudanais, a tous les niveaux, dans la
crise du Darfour ainsi que dans d'autres
aspects conflictuels don't le pays est ac-
tuellement la proie. Enfin, I'essai conclut
sur la necessity d'&tre a I'ecoute des
Soudanais, une ecoute indispensable
dans la recherche d'une reelle solution
aux nombreux conflicts que connaTt le
pays.












































Remise des prix des Festivals


du film africains FESPACO et


Africa Movie Academy


L a selection officielle de l'edition
2011 du FESPACO (Festival
Panafricain du Cinema de
Ouagadougou) comprenait 101
films. Ceux-ci, ainsi que 84 films hours
competition, ont ete projects lors de cette
edition, qui avait pour theme < Cinema
africain et Marches ,>.
Lors de ce festival biennal du film -qui
est en quelque sorte l'equivalent africain
des < Oscars � ou des < Cesars - 1'< Etalon
d'Or de Yennenga > (le premier prix) a
ete decerne au realisateur marocain
Mohamed Mouftakir, pour son premier
long metrage < Pegase >. Ce film raconte
l'histoire d'une jeune femme internee dans


un asile psychiatrique et qui a ete violee
par son pare. < Pegase > a egalement ete
recompense lors de festivals du film a
Dubai, a Bruxelles et a Tanger.
Le Prix Paul Robeson (pour la diaspora)
a ete remis au realisateur haitien Arnold
Antonin pour < Les amours d'un zombie >.
Andris Piebalgs, le Commissaire europeen
au developpement, a profit de sa presence
au festival pour annoncer que l'UE ren-
forcerait son soutien financier au cinema
africain, conformement a son souhait de
< contribuer au developpement econo-
mique, social et politique des pays ACP >.
Un financement a hauteur de 30 millions
d'euros sera mis a disposition du secteur
cultural des ACP, au titre des programmes
ACPFILMS et ACPCULTURES du 9e
Fonds europeen de developpement.


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


Anna Bates


k\ PEGASE













Un succes pour ACPFILMS :
( Viva Riva! ) a rafl6 la majo-
rite des prix aux Africa Movie
Academy Awards

L'edition 2011 des Africa Movie Academy
Awards (AMAA), la 7e depuis la crea-
tion de l'evenement, a eu lieu a Bayelsa
(Nigeria), le 26 mars. Le film congolais
< Viva Riva > y a remporte six prix, don't
ceux du meilleur film et du meilleur rea-
lisateur. Ce thriller exuberant mettant en
scene des gangsters au ceur de la ville de
Kinshasa est le premier long metrage de
son realisateur. Le producteur du film,
Michael Goldberg, parle d'un � Scarface
a Kinshasa >, a travers lequel le realisa-
teur et le producteur ont voulu raconter
une histoire africaine, qui temoigne de la
reality de l'Afrique moderne.

Apres avoir termine sa formation a
Bruxelles, le realisateur Djo Tunda est
retourne en RDC oi il a lance la premiere
society de production cinematographique,
Suka! Productions.

� Viva Riva > a ete subventionne par le
project ACPFILMS, qui a pour objectif
de soutenir les industries du cinema et de
l'audiovisuel dans les pays ACP. Le long
metrage a ete projete lors de festivals de
films a Berlin, Toronto et Hong Kong,
mais egalement a l'occasion du festival
SXSW1 et du Pan African Film Festival
(PAFF) a Los Angeles oiu il a reyu le prix
du meilleur long metrage. Djo Tunda
prepare actuellement son prochain film.
Il s'agira egalement d'un thriller, qui aura
cette fois-ci pour decor la Republique
Democratique du Congo et la Chine.

Pour en savoir plus, veuillez consulter www.
fespaco.bf, www.acpcultures.eu, www.acp-
films.eu et http://ec.europa.eu/europeaid/
what/culture/index fr.htm.

1 South by Southwest est un ensemble de fes-
tivals de musique, de film et de RichMedia
se tenant a Austin, Texas.


Les droits d'auteur et


la mobility des artistes


dans le paysage cultural


des pays ACP


Eugenio Orsi


Q uelle est la place de la culture
dans la reduction de la pauvrete ?
ACP Cultures, un project pilot
UE-ACP tente de repondre a
cette question. Avec la mondialisation,
il est de plus en plus tentant de mettre la
culture au service du developpement eco-
nomique. Mais pour exploiter pleinement
le potential de la culture, il convient tout
d'abord de bien comprendre comment
fonctionnent les industries culturelles.
Jusqu'ici, l'absence de donnees emanant
des pays ACP y faisait obstacle.

Un observatoire mis en place dans le cadre
du project ACP Cultures se propose de com-
bler ce deficit d'information. A cette fin, il
a public un nouveau rapport (en course de
finalisation) qui s'interesse aux questions
en rapport avec les droits d'auteur et la
propriety intellectuelle ainsi qu'avec la
mobility des artistes. L'enquete, lance
en octobre 2010, a ete menee aupres de
478 organizations culturelles de 60 pays,


appartenant a des secteurs aussi divers que
l'audiovisuel, les arts dramatiques ou la
musique. Cet etat des lieux a mis en evi-
dence une myriade de petites entreprises
et associations ott plus de 80% des emplois
creatifs sont generes par des entities comp-
tant moins de 10 employes.

Droits d'auteur

L'avenir n'est guere rose en ce qui concern
les droits de propri&et intellectuelle. � Dans
les pays ACP, l'essentiel des revenues lies
a la propri&et intellectuelle finit entire les
mains des producteurs et des managers.
Les artistes sont bien les derniers a profi-
ter des droits d'auteur >, deplore Frederic
Jacquemin, expert senior attache au pro-
jet. 75% des pays ACP sont dotes d'un
organisme de gestion des droits d'auteur.
Mais meme en presence d'un system de
droits d'auteur operationnel, les artistes
du monde entier ont l'impression que ce
system pourrait les soutenir davantage.
Frederic Jacquemin suggere donc que les
pays ACP commencent a examiner cer-
taines alternatives, comme l'exploitation des
technologies web et le partage peer-to-peer.


Djo Tunda Munga, realisateur
du film ,Viva Riva>


Lecture de po6sie � Cecile Mella


C u rrier


CrIativi






























Mobility

Les artistes des secteurs culturels des
ACP se deplacent et se produisent essen-
tiellement dans les ACP, qui plus est dans
leur propre region. < Un artiste ghaneen
's'exportera' plus volontiers dans un pays
de sa region qu'en Europe >, explique-
t-il. < Pour cette raison, nous devrions
vraiment insisted sur l'importance des
marches culturels regionaux >, ajoute-
il. Selon lui, la question des visas n'est
qu'une parties du problem. < Je pense
qu'il faut etre tries prudent avec la propo-
sition de visa cultural. Un tel visa serait
bien sur utile pour ceux qui travaillent
avec l'UE, mais il creerait une mobility
privilegi&e. Et je ne vois pas pourquoi les
artistes auraient ce privilege et non les
personnel qui travaillent dans d'autres
secteurs, par example les menuisiers et les
enseignants qui sont eux aussi amenes a
se deplacer pour des raisons profession-
nelles >, explique l'expert.

Mais comment les recherches de l'obser-
vatoire contribuent-elles a la reduction de
la pauvret - le principal objectifdu pro-
gramme ? < Certes, la collect de donnees
n'est pas une activity tres glamour, mais il
faut parfois dans un premier temps deve-
lopper des connaissances pour concevoir
des projects efficaces. >


Pour en savoir plus : www.acpcultures.eu/


La mobility du droit d'auteur et I'artiste dans le paysage cultural ACP performance � 2008 Afropixel


teur et I'artiste dans le paysage cultural ACP Atelier Bricolabs � Afropi)


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


Crnaivi
















Entretien avec Pat Masioni,


auteur congolais de bandes dessinees


Sandra Federici


En 2005, Pat Masioni accedait
a la renommee international
avec la publication de Rwanda
94, une bande dessinee en deux
volumes -Descente en enfer et Le camp de
la vie -sur le genocide rwandais. Ces
publications ont propulse Masioni au rang
de maitre du 9e art.

On lui doit egalement un volume de la
celebre serie Unknown Soldier sur la guerre
en Ouganda, public aux Etats-Unis par
Vertigo/DC Comics. II a egalement ete
selectionne, avec neufautres artistes, pour
collaborer a une edition special du maga-
zine international Colors consacree aux
super-heros (mars 2011).

Pat, vous avez ecrit sur votre blog a le
soleil brille n. Avouez quand mdme
que cela n'a pas ddi tre sifacile de
devenir un auteur international de
bandes dessinees ?

Cela n'a pas ete sans mal en effet car le
monde europeen de la bande dessinee
est plut6t ferme. Les editeurs hesitent
a publier des auteurs africains, don't les
livres risquent de ne pas bien se vendre.
Je suis arrive en France, comme refugie,
en 2002. Des que j'ai obtenu mon permits
de sejour, je suis parvenu a decrocher des
plusieurs petits boulots comme illustra-
teur et dessinateur.

Les choses ont vraiment demarre avec
la publication de Rwanda 94, qui a ete
tries bien accueilli par la press et par les
critiques. Je lui dois ma celebrite.

Comment avez-vous appris la bande
dessinee ? Apres tout, vous avez etudie
architecture, non ?

J'ai faith des etudes d'architecture d'inte-
rieur a l'Academie des Beaux-Arts de
Kinshasa, mais en faith, j'ai commence a
realiser des bandes dessinees quand j'avais
12 ans. Mon professeur m'avait en effet
encourage en me donnant des livres, des
magazines et du materiel pour travailler.
A 14 ans, j'ai public mon premier dessin;
c'etait une illustration pour une pochette
de disque compact. Cela m'a donne
confiance. Durant mes etudes a l'acade-


mie, j'ai aussi suivi des course de peinture
et de ceramique dans un studio prive.
J'ai egalement pris contact avec la mai-
son d'edition Saint-Paul en Republique
democratique du Congo (RDC) et j'ai
decroche un contract pour ecrire la vie de
Jesus-Christ en neuf volumes (un livre
encore reimprime aujourd'hui et distribute
dans toute l'Afrique occidental franco-
phone). Un atelier d'art organism par le
Centre cultural francais m'a egalement
enormement appris sur le plan artistique.

Vous dessinez des situations avec un
realisme impressionnant. Quelles
sont vos influences ?

Quand j'etais encore en RDC, mon auteur
favori etait Jean Giraud, mais depuis que
je suis en France, j'ai eu l'occasion de
decouvrir toute une serie de publica-
tions. Je suis passionne par la bande des-
sinee, je m'interesse a tout ce qui < vient
de paraitre >. J'y puise mon inspiration.
Mon style evolue mais il rest toujours
reconnaissable.

Dans le paysage africain de la bande
dessinee, les auteurs congolais sont
rdputes pour leur talent. Quelles en
sont les raisons selon vous ?

Depuis 1953, nous disposons de bonnes
ecoles artistiques en RDC (ancien Congo
belge), mais c'est en 1968 qu'une opportu-
nite formidable s'est vraiment presented,
avec la publication de la bande dessinee
June pour Jeunes. Le magazine, qui ras-
semblait des histoires de bandes dessinees


Pat Masioni, auteur congolais des bandes dessinees
� Pat Masioni
en noir et blanc de niveau professionnel,
a ete largement distribute dans le pays.
Comme tous les jeunes artistes, je me
depechais d'acheter chaque numero. II
nous arrivait aussi de recopier les dessins.

Dans ce sens, le module cultural de notre
pays colonisateur, la Belgique, a eu ici
une influence positive. En outre, diffe-
rents artistes, comme Barly Baruti, se
sont rendus en Europe et ont ramene
ensuite au Congo differentes methods
et idees. Le secteur de la bande dessinee
est aujourd'hui bien diversified en RDC,
en temoigne les diverse associations,
magazines et festivals.


iviaya, bu sur la violence contre les Temmes rhat Iviasioni / L. Ues ronds cans I'eau


C u rrier


CreativW






SElection >>


Voter ou ne pas voter


Cest wit perte
de teps, non 7


INs vous inqulitae pas,


Mas j'oa comprls
qua� ciux qu>
so plaignwt font parte
du probIime at non
di la solution I


A -


Vaila porquvai j a dicide
de me prisenter awu ilrctons cette anme I
ujourd~'ui jr suis l pour asn dire quo
ra mile, fongmi de foire biougr les chosts
t? iraotcIdre nor objectifs
cail de parlciper
se rmn de se pla~rdre


�Jason Kibiswa


N. 22 N.E - MARS AVRIL 2011


-I
h


Connie dcrnArei. Is candidate ant fair
L surachtre de pronaismse

1 1 V I ( Nr,


Triandies gratuitie
pour tout I* monde I'


Kib1�


I A # �ux ps jeun


J'at la solution I"


rt~
3e












La parole aux lecteurs


L'lnde et I'Afrique - Une histoire et un
avenir en commun (p. 24-25, dernier
num6ro 21)
Un tres bon article, qui d6crit bien
ces deux entit&s ; on notera toutefois
que l'article repose sur des r&f&rences
historiques et des personnalit&s qui ont
fait l'histoire, sans meme mentionner
le nom du dirigeant Gandhi
(Ed : on trouve cependant une photo
de Gandhi, quand il &tait jeune, en
Afrique du Sud). Du bon travail,
felicitations
(Pradeep Singh, 11.03.2011)


Voici hl un bel example des relations
Sud-Sud. Il est clair que, comme c'est
le cas des relations entire l'Afrique et la
Chine, les liens entire l'Afrique et l'Inde
seront un moteur de developpement
pour l'Afrique. Dommage que l'Europe
perde pied, mais c'est l'avenir
(Juan Antonio Falc6n Blasco,
17.03.2011).


Le Courrier
Je suis traducteur et interpreted.
Je lis toujours avec plaisir le Courrier.
J'aime beaucoup ce magazine que
je trouve tres attrayant et plein
d'informations. Cette publication est
une excellent resource pour tous
ceux et celles qui souhaitent se tenir au
courant de l'actualit& international.
Continuez ainsi !
(Sam Ngenda, lecteur, interpr&te
et traducteur, Kigali, Rwanda -
14.02.2011)


ADRESSE : LE COURIER - 45, RUE DE TREVES 1040 BRUXELLES (BELGIQUE)
COURRIEL : INFO@ACP-EUCOURIER.INFO - SITE INTERNET : WWW.ACP-EUCOURIER.INFO


Agenda


Fin avril Rapport sur les r6sultats de
la consultation publique sur
le Livre vert: < La politique
de developpement de 1'UE
en faveur de la croissance
inclusive et du developpement
durable >
Accroitre l'impact de la poli-
tique de developpement de
1'Union europeenne

04- 06/05 IST-Africa 2011
Gaborone, Botswana

IST-Africa 2011 est organisee
dans le cadre de l'initiative
IST-Africa, finance par la
Commission europeenne au
titre du theme TIC du 7e
programme-cadre (PC7).
Il s'agit de la 6e d'une serie
de conferences annuelles
qui reunissent de hauts
representants d'organisations
commercials, ainsi que


d'organismes gouvernementaux
et de recherche d'Afrique
et d'Europe. L'objectif ?
Reduire la fracture numerique
par le biais d'echanges de
connaissances, d'experiences,
d'enseignements acquis et
de bonnes pratiques et d'un
dialogue sur des questions
connexes.
http://www. istafrica.org/
conference2011/

11 - 18/05 24e Assembl&e parlementaire
ACP et 21eme Session de
l'Assembl&e Parlementaire
Paritaire ACP-UE
Budapest, Hongrie

30/05-03/06 4e Conference sur les pays les
moins avanc&s
Istanbul, Turquie
Adoption du Programme
d'action ( nouvelle generation >
pour les PMA jusqu'en 2020


25 - 27/05 eLearning Africa 2011
Dar es Salaam, Tanzanie
Pleins feux sur la jeunesse, les
competences et l'employabilite.
www.elearning-africa.com

17-18/09 Africa Web Summit
Brazzaville, Congo
Conference panafricaine sur
les technologies web.
http://www.africawebsummit.com,

21-22/09 Intermodal Africa
Casablanca, Maroc
La plus grande exposition
et conference annuelle du
continent africain dediee
aux ports et aux activities
portuaires en est a present
a sa 9e edition.
http://www.transportevents.
com/EventsDetails.
aspx?EventlD =EVE015


Ceurrier


















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