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Courrier (French)
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 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 11-2010
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00098

Full Text




Le


'rier
Le magazine des relations el cooperalions Alrique
-Caraibes - Pacilique & Union Europeenne
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Courrier



Comite de redaction
Co-presidents
Mohamed Ibn Chambas, Secretaire general
Secretariat du Groupe des Etats ACP
www.acp.int

Fokion Fotiadis, Directeur-General DG Developpement
Commission europeenne
ec.europa.eu/development/

Redaction
Directeur et Redacteur en chef
Hegel Goutier

Journalistes
Marie-Martine Buckens (Assistante Redacteur en chef)
Debra Percival


Assistant editorial et de production
Anna Bates


Sommaire


LE COURIER, N.20 NOUVELLE SERIES (N.S)


DOSSIER 16


E I ' E
DECOUVRIR L'EUROPE 24


EDITORIAL


Assistant de production
Telm Borras

Ont particip6 a ce num6ro :
Anne Marie Mouridian, Francis Kokutse, Sonja van Renssen, Julianne Breitenfeld, Sandra
Federici, Olivia Rutazibwa, Anna Patton.

Gestionnaire de project
Gerda Van Biervliet

Coordination artistique
Gregorie Desmons

Conception graphique
Loic Gaume

Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani

Distribution
Viva Xpress Logistics - ww.vxlnet.be

Agence photo
Reporters - ww.reporters.be

Couverture
Province de Nampula Hege Gouter


Contact
Le Courrier
45, Rue de Treves
1040 Brussels
Belgique (UE)
info@acp-eucourier.info
www.acp eucourier.info
Tel.: +32 2 2345061
Fax: +32 2 280 1912

Public tous les deux mois en anglais, en frangais, en espagnol et en portugais

Pour toute information concernant I'abonnement,
Veuillez consulter notre site web a I'adresse www.acp-eucourier.info ou envoyez un
courriel a I'adresse info@acp-eucourier.info

Editeur responsible
Hegel Goutier

Consortium
Gopa-Cartermill -Grand Angle Lai-momo

Les opinions exprimees sont celles de leurs auteurs et ne representent pas la position
officielle de la CE ou des pays ACP. / Le SecretariatACP et I'Union europeenne declinent
toute responsabilite quant aux positions prises dans les articles du magazine Le Courrier

Le consortium et la redaction declinent toute responsabilite quant aux articles ecrits par
des auteurs exterieurs a a redaction.


PROFILE
Charles Michel, President du Conseil Developpement 4
Jean PING, President de l'UA: Une diplomatic qui brille
de mille feux 5


SANS DETOUR
Entretien avec Richard Zink, Ambassadeur de l'UE
en RDC: < La priority& absolue pour l'ann&e 2011 est
d'appuyer les elections > 6


TOUR D'HORIZON
Journ&es europ&ennes du d6veloppement, Bruxelles 2010 8
La Libye accueille le troisieme Sommet Afrique-UE 1(
Les jeunes elivent la voix 1:
La sante mental, parent pauvre de l'aide au d6veloppement
Observatoire ACP sur les migrations : debut des travaux 1I
L'appel de Zimbabw&ennes 1l
Dialogue transatlantique sur le d6veloppement 1'


DOSSIER
Les accords de partenariats economiques
Nouvelles n6gociations commercials en vue pour 2011 16
Afrique occidentale : vers la fin de l'impasse ? 18
Des relations commercials qui permettent
le d6veloppement des ACP 19
Entretien avec le commissaire au commerce Karel
de Gucht: Maintenir l'&lan 20
L'APE CARIFORUM au centre de tous les regards 22


DECOUVRIR L'EUROPE
Hongrie
Hongrie, le test de l'alt&rit& 24
Oublier Trianon 25
Priorit& a l'&ducation au d6veloppement 26




























ZOOM 34


INTERACTIONS 38


Un pont entire l'Afrique et la Hongrie
Boues rouges : < L'Europe doit tirer les lemons de la
catastrophe miniere >
Une politique europeenne pour les Roms
Le pere du "nouveau regard"


COMMERCE
L'elevage africain se defend sur l'echiquier international


ZOOM
David Adjaye : Un des grands architects internationaux ...
et Ghan&en


DE LA TERRE
Cancun- les nations pauvres ont un nouvel espoir


INTERACTIONS
< Securit&e >, maitre-mot lors de l'Assemblee ACP-UE
L'UE appuie le processus democratique en RD Congo
Reforme agraire : le cas exemplaire de la Namibie
Readapter le partenariat entire l'UE et l'Afrique
Seychelles : une plateforme Sud-Sud


REPORTAGE
Mozambique
Mozambique : le temps de la renaissance
Entretien avec Armando E. Guebuza, President du
Mozambique
Relation tendue Opposition -Majorite
Le Haut-commissaire britannique fait l'loge de
la stability et de la paix
Glauco Calzuola, Chef de Delegation de 1'UE au
Mozambique
Coup d'mil sur l'aide de l'UE au Mozambique
Projects UE : une cooperation a grande echelle.
Draguer et labourer
Beira, future porte du monde pour le continent africain
Comprendre le Mozambicain
Ilha de Mogambique et autres enchantements


REPORTAGE 46


CREATIVITY 60


27 LA SOCIETY CIVIL EN ACTION
Soudan : sur le point d'ecrire son histoire


CREATIVITY
Haiti- Rodney Saint-Eloi, ecrivain et editeur
Le secretariat ACP : une vitrine pour la creativity
Edition 2010 du Concours de jeunes photographs ACP
du Courrier


AUX PLUS JEUNES
Cartoon- Sommet UE-Afrique


LA PAROLE AUX LECTEURS/CALENDRIER


L Espace Senghor est un centre qui assure la promo-
tion d'artistes venus des pays d'Afrique, Caraibes et
Pacifique et I'echange cultural entire communautes, au
travers de programmes varies allant des arts sceniques,
de la musique, du cinema, a la tenue de conferences. S'y
rencontrent belges, immigres d'origine diverse, fonction-
naires europeens.


Espace Senghor
Centre cultural d'Etterbeek
Bruxelles, Belgique
espace.senghor@chello.be
www.senghorbe


CEN HOR
iJENGHOR


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010





























































"Sur leur 31" Chris Saunders, Afrique du Sud, 1' prix du concourse du Courrierpourjeunes photographs





















2 CDeurrier




















La sagesse des grands reves


L orsque les pays de trois regions,
Afrique, Caraibe et Pacifique
qui negociaient separement
avec l'Union europeenne les
bases d'une future cooperation avec elle,
se sont decides a former un group uni
a Georgetown en 1975, plut6t que d'y
adherer chacun de son cote, ils avaient
fait preuve de grande perspicacity.

Il y a eu des remous et des incertitudes
dans la cooperation entire les deux blocs
mais elle a toujours garden le cap contre
vents et marees. Et les ACP, malgre toutes
les differences, sont rests unis depuis plus
de trois decennies a travers les evolutions,
de la Guerre froide a la periode actuelle
plus transparent sur le plan de la gou-
vernance par example mais avec d'autres
incertitudes. C'est que la decision qu'ils
avaient prise de se constituer en group
uni etait sage dans le sens otu Oscar Wilde
aurait consider que la sagesse, c'etait
d'avoir des reves assez grands pour ne
pas les perdre de vue en les poursuivant.

Ces derniers temps, nombre d'obser-
vateurs des plus avertis soulignent les
mutations dans la cooperation ACP-UE
et avouent leur perplexity sur son future.
Meme si les deux parties sont conscientes
que le developpement des pays pauvres
ne passera que par la prosperity du com-
merce, certaines incomprehensions sont
persistantes quant aux APE. Ceux-ci
font l'objet du Dossier de ce numero. II a
ete aprement discute au recent sommet
Union Europeenne-Union Africaine.
II faut restaurer dans ces negociations
les conditions de la confiance et du dia-
logue, a confie au Courrier le President
en exercise du Conseil Developpement de
1'UE. Le besoin de flexibility des APE a
ete souligne a l'Assemblee parlementaire
paritaire ACP-UE au Congo, RDC. Aussi
relate dans notre grand reportage.

Les relations entire les deux blocs sont deja
d'un autre type avec les APE. Par ailleurs,
l'accent y sera desormais plus oriented,
comme 'ont souligne et le Commissaire
europeen au Developpement, Andris
Pielbags aux Journees europeennes du
Developpement 2010 a Bruxelles et la
Haute Representante du service europeen
pour action exterieure SEAE, Catherine


Ashton, vers certaines priorities comme les
energies renouvelables, et le domaine de
l'agriculture et de la security alimentaire.

Entretemps, d'autres acteurs, au premier
rang la Chine, ont faith une percee particu-
lierement en Afrique, changeant la donne.
Meme si un recent sondage montre que
les citoyens de 1'UE sont en majority favo-
rables a la poursuite de l'aide au develop-
pement, ils sont plus regardants quant a
l'efficacite de celle-ci, d'autant plus que les
crises economiques, financieres et mone-
taires ont fortement cingle les grandes
economies et affected leur niveau de vie.

Un des jalons de la consolidation de 1'UE
vient d'etre pose, le Service europeen
pour Faction exterieure SEAE, qui par-
tage desormais la gestion des relations
avec les ACP avec la Direction gene-
rale Developpement bient6t denommee
DEVCO a partir du ler janvier 2011 -
suite a sa fusion avec AidCo - Mouvement
vertical en ce qui concern les secteurs
de developpement prioritaires de 1'UE,
movement horizontal en function des
APE, movement diagonal entire parte-
naires de developpement traditionnels et
emergents. En function de tout cela, l'une
des hypotheses revenues par les observa-
teurs est la disparition du Groupe ACP,
du moins de sa cooperation en tant que
tel avec 1'UE.

Mas le genre de poids que s'etaient donned
les Non-alignes a l'epoque de la Guerre
froide, ou les ACP dans leurs relations
avec 1'UE ou a 1'OMC, s'avere de plus
en plus indispensable, dans les incerti-
tudes globales d'aujourd'hui, governance
mondiale, finance, climate ... La question
qui se pose parmi les observateurs est si
la mutation des relations entire l'Europe
et les regions ou pays du Groupe ACP
rendraient celui-ci obsolete. Tout depend
de l'esprit dans lequel ceux-ci l'avaient
cree avec l'Accord de Georgetown, il a
35 ans. C'etait un vrai grand reve. Ils
ne le perdront probablement pas de vue.




Hegel Goutier
Redacteur en chef


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010






























Charles Michel, President


du Conseil Developpement

r'ltjb5Jdlltu bulyg uu C'UL


Charles Michel 0 Reporters/ Fred Guerdin


Hegel Goutier


un lib&ralisme social
celui a la base des
progres des droits
humans et sociaux en Europe
a la fin du XIXe siecle,
empreint de gn&erosit& vis-a-
vis de l'etre human "pour que
les hommes soient vraiment
libres et 6gaux". Mais precise-
t-il, "il faut tenir compete de la
liberty& des etres humans don't
le bonheur doit etre choisi pas
contraint".

Cet homme defend ses id&es
et mine ses combats avec
la passion d'un artiste. On
pourrait ajouter de sa jeunesse,
verse tot dans ce qu'il appelle
le combat des id&es, Des
records parmi d'autres : il a &t&
le plus jeune avocat du barreau
de Bruxelles quand il a pret&
serment et, a 24 ans, le plus
jeune ministry de l'histoire
de la Belgique. Avant la fin
de ses 6tudes, il a &t& &lu au
Conseil provincial du Brabant
a 19 ans. Il n'aura 35 ans qu'au
moment otu ce numero du
Courrier sera mis sous press.

Conversation avec le
Courrier

CM - Je suis content que
mon pays, la Belgique, ait
honor& ses engagements en


allouant 0,7% de son PNB
a l'aide au d6veloppement.
Depuis que je suis a ce poste
(ndlr 21 d6c. 2007), on a
augment& de 75% la part du
budget national consacr&e au
d6veloppement. Mais je pense
que la quality& et l'efficience
sont aussi importantes que les
resources. En ce sens, nous
avons par example sign& avec
les ONG belges un accord
pour que leurs interventions
soient en ligne avec les
priorities sectorielles des pays
partenaires. L'ensemble des
efforts de la Belgique pour le
d6veloppement a &t& salu& par
1'OCDE et par le Secr&taire
general de 1'ONU Ban-ki
Moon.

HG - Les ONG belges
emettent une reserve sur le
0,7% qui inclut les bourses
d'etudes et l'allegement de
la dette.

CM - Nous appliquons
les crit&res de 1'OCDE qui
tiennent compete de ces
bourses. Mais les ONG ont
raison de soulever ce d6bat.
Je signalerais toutefois que
la Belgique consent a des
d6penses non prises en compete
dans le 0,7% et auxquelles
d'autres pays sont r6ticents a
cause de cela. Par example,
dans le cadre de certaines
actions internationales, elle
construit des batiments
destin&s aux families des


militaires locaux en RDC,
pour des raisons humaines
6videntes.

HG- Quels sont les
success marquants de la
cooperation belge ?

CM - D'abord le secteur
agricole, un enjeu important
dans la lutte contre la grande
pauvret& et la faim. La
Belgique comme tous les pays
europ&ens avaient diminu&
son aide a l'agriculture dans
les PVD en la faisant passer en
moyenne de 16% de leur APD
dans les ann&es 80 a 6%. A la
veille du Sommet de la FAO
a Rome en d6cembre 2009, la
Belgique a faith le maximum
pour sensibiliser 1'UE sur
cette question, et ensemble
on a convaincu les autres
partenaires de d6veloppement.
Un deuxieme domaine est la
sante, dans lequel la Belgique
a une expertise particuliere
que nous apportons
notamment a la RDC et au
Rwanda. Ce dernier pays
a enregistr& des progress
spectaculaires en terms de
diminution de la mortality&
infantile entire autres.
J'ajouterais aussi notre volont&
de voir la cooperation a long
terme, d'oi l'importance que
nous accordons par example
aux bourses d'&tudes.

(Voir aussi dans Round up: Sommet
UA-UE)


C u rrier






























Jean Ping, President de la


Commission de I'Union africaine

Un diplomat vraiment F i: il ,ili


Jean Ping GCE


Hegel Goutier et Debra Percival



Jean Ping a occup&
pendant vingt ans
diverse functions
minist&rielles dans
son propre pays, le
Gabon, avant d'etre lu a la
pr6sidence de la Commission
de l'UA en 2008. II &tait avant
cela Ministre des Affaires
&trang&res, de la Cooperation
et de la Francophonie.
Respect& partout dans le
monde pour ses remarquables
qualities de diplomat,
Monsieur Ping a rehauss&
l'image du Gabon mais aussi
de son President, Omar
Bongo. Confident de Bongo,
il a r6ellement contribu& a
accroitre le prestige de ce
dernier.

Son pere &tait un commergant
chinois et sa mire &tait
gabonaise. Titulaire d'un
doctorate de l'Universit& de
Paris (Panth&on-Sorbonne),
il commence sa carrier
en 1972, a 1'UNESCO,
l'Organisation des Nations
Unies pour l'education, la
science et la culture. En 1984,
il devient directeur de cabinet
du President Omar Bongo,
function qu'il occupera
jusqu'en 1990.

II a acquis la reputation
d'exercer ses mandates en
s'y donnant corps et ame
C'est durant l'exercice de
sa function de President de
l'Assembl&e gen&rale des
Nations Unies, de 2004 a
2005, que ses qualities de


diplomat -perspicacit&,
determination et intelligence
-apparaissent au grand jour.
Mais M. Ping a surtout &tI le
conseiller du President Bongo
lors de nombreuses missions
de mediation que ce dernier a
menses en Afrique.

II a une veritable passion
pour l'Afrique, a laquelle il a
consacr& ses deux ouvrages,
Mondialisation, paix,
democratic et developpement en
Afrique : l'expirience gabonaise'
preface par l'ancien ministry
des Affaires &trang&res de
Mitterrand, Hubert VWdrine,
et Et l'Afrique brillera de mill
feux.2

Investissements
et commerce

I1 est aujourd'hui a la tete
de l'UA et, au course du
recent Sommet UA-Afrique
organism en Libye, il a
clairement explique que
le continent africain
souhaitait un enforcement
des investissements directs
strangers ainsi que des
&changes commerciaux
dans le cadre du partenariat
naissant avec l'UE. "L'aide
humanitaire est une source
important de soutien pour
notre continent, je le congois
tout a faith, mais a elle seule,
elle ne nous permettra jamais
de nous sortir des difficulties
auxquelles nous sommes
confrontss, a explique M.
Ping lors d'une conference de
press.

Toujours extremement
courtois, il ne mache pourtant


pas ses mots lorsqu'il
s'exprime en sa quality& de
President de l'UA. Durant le
Sommet UA-UE, lors d'une
conference de press conjointe
avec Jose Manuel Barroso,
President de la Commission
europ&enne, M.Ping a
r6pondu aux journalists
qui l'interrogeaient sur la
"chaise vide" laiss&e par
le Soudan et l'impunite de
son President, Omar-al-
Bechir. Rappelons que la
Cour p6nale international
(CPI) a delivr& un mandate
d'arret contre le president
soudanais, accuse de crimes
de guerre au Darfour. "La
lutte centre l'impunite est un
objectif fundamental de l'UA.
Regardez la composition de la
CPI: 30 de ses membres sont
africains. Nous ne sommes
done pas opposes a ce tribunal;
mais nous sommes contre
l'injustice, dans le sens otu
des Africains sont poursuivis
comme si eux seuls pouvaient
etre coupables. Il y a aussi
un probl&me a Gaza. Les
Europ&ens votent des lois
pour proteger ceux qui sont
coupables a Gaza. Mais ne
s'est-il vraiment rien pass& en
G&orgie, au Sri Lanka et en
Irlande ?" a demand& M. Ping

Et de continue : "Nous ne
voulons pas d'un system
judiciaire a geometrie variable,
qui accuserait les petits voleurs
de poulet en laissant impunis
les grands malfaiteurs."



Ed l'Harmattan, 2002
2Ed 1'Harmattan


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010











































<< La priority absolue pour I'annee


2011 est d'appuyer les elections ,,



Entretien avec Richard Zink, Ambassadeur de I'UE
en R6publique d6mocratique du Congo

C'est au 150 etage de I'immeuble de la Banque commercial du Congo (BCDC) qui domine le quarter de Gombe, le quarter
des Ambassades, des ministeres et des medias a Kinshasa, que Richard Zink nous recoit. Son bureau surplombe le fleuve
Congo. Sur I'autre rive, se dresse la Tour Nabemba, qui abrite les bureaux de la society petroliere Elf-Congo, au centre de
Brazzaville, capital de < I'autre >> Congo. A peine quatre kilometres d'eau separent les deux capitals. Seules quelques
embarcations troublent la surface du fleuve.


Marie-Martine Buckens


U ne situation qui ne cesse d'in-
triguer le chef de la delega-
tion de l'Union europeenne
a Kinshasa. Est-ce sa vaste
experience de l'Afrique -mais aussi
de Haiti et des Balkans -qui pousse
cet Allemand, agroeconomiste de


formation, a vouloir d'abord situer la
Republique democratique du Congo
(RDC), avant de parler de l'action de
1'UE dans le pays?
ce pays, il faut avant tout le position-
ner. Et que constatez-vous d'emblee?
Ce pays est le seul, en Afrique, a avoir
neuf voisins! Un record qu'il partage,
sur le plan mondial, avec deux autres


pays seulement: l'Allemagne et la Russie
actuelle >. Richard Zink pursuit: < Et
si vous faites le tour de ces neuf voi-
sins que constatez-vous? Vous avez des
pays aussi grands avec des populations
levees mais egalement plus petits et
beaucoup moins peuple, des pays riches
en resources (notamment petrolieres)
mais d'autres qui sont moins nantis; des
pays avec une forte tendance demo-
cratique et ceux qui en ont moins, des


C u rrier



























pays qui affichent des scores relati-
vement bons (dans les divers indices)
mais aussi ceux avec des points noirs
en matiere par example de la liberty de
la press etc. Cela devrait relativiser
l'opinion que d'aucuns peuvent avoir
sur la RDC >.

C'est sur cette toile de fond que Richard
Zink present action de 1'UE sur le
sol de la RD Congo. < Notre action
est multiple. Outre la presence de la
Commission europeenne, 11 Etats
membres sont presents en RDC,
don't cinq ont des attaches militaires.
II faut savoir que c'est le seul pays,
avec la Bosnie, ou nous avons deux
missions de security de 1'UE (dans le
cadre de la Politique Etrangere et de
Security Commune, PESC, NDLR).
En outre, nous avons un representant
special pour la region des Grands-
Lacs. Enfin, comme dans beaucoup
d'autres pays, 1'UE est le plus grand
bailleur; la Commission europeenne
seule a depense plus de 200 millions


La RDC de I'Afrique ; peinture de Nga-du dans les locaux
du journal congolais 'Le Potentiel' a Kinshasa a Marie-Martne Buckens


durable des forgets d'Afrique central,
ECOFAC, qui couvre depuis sept pays.


d'euros en 2009 . Autant d'actions qui s'inscrivent dans un
context particulier. < Nous nous trou-
L'aide de 1'UE se focalise sur des sec- vons huit ans apres les accords de Sun
teurs cles dans un pays oi1 l'insecurite City (en Afrique du Sud, NDLR), qui
regne, comme l'armee, la justice, la ont marque la fin de la deuxieme guerre
governance, mais aussi l'assistance en RDC, et moins d'un an avant les
humanitaire (quelque 50 millions elections generales de 2011 >. Richard
d'euros sont engages chaque annee Zink pursuit: < des annees de conflict
par le service europeen ECHO). Autre que certain ont appele la premiere
secteur ot l'aide europeenne est impor- guerre continental africaine et don't
tante, les infrastruc- le recent Mapping
tures, en particulier ( Les problems persistent des Nations Unies
dans les provinces, dans l'excution des lois, mais temoigneduniveau
l'arriere-pays o0 les lepays, a genouxil ya six, sept d'intensit& et de
routes qui subsistent brutality, qui ont
apres des ann&es de ans, s'est doucement relev6 place un pays avec
conflicts sont pour la un potential econo-
plupart deteriorees. Mais il n'ya pas que mique de taille, a l'une des dernieres
les routes. Le transport fluvial permet places du palmares 'Doing Business'.
en grande parties aux populations et aux Ainsi, le PIB per capital en 1960 etait de
marchandises de se deplacer. < Nous 380 dollars centre 155 aujourd'hui. En
sommes en train de mettre sur pied un 2000, le budget de l'Etat s'elevait a 300
grand project sur le fleuve Congo>, sou- millions de dollars; il y a quatre ans, il
ligne Richard Zink. 4I1 prevoit le balisage etait de 1,7 milliards de dollars et en
sur toute sa parties navigable >. L'UE 2011 il devrait s'elever a 6,7 milliards.
affected &galement des budgets impor- A titre de comparison, le budget de
tants a la sante ou a la protection de Congo-Brazzaville est de 10 milliards
l'environnement, notamment la protec- de dollars et celui de l'Angola de 40
tion des brands narcs come celui des milliards de dollars >.


Virunga (Est) ou de la Salonga (ouest
et Equateur) ou de Garamba (pres du
Soudan), sans computer l'extension a la
RDC du vaste programme de gestion


Mais l'Ambassadeur de 1'UE se veut
optimiste: < les problems persistent
dans l'execution des lois, mais le pays,


a genoux il y a six, sept ans, s'est dou-
cement relev&e >. Sans escamoter les
problems < enormes > qui perdurent
tant sur le plan de la governance
economique que politique, comme en
temoigne l'assassinat du defenseur des
droits de l'homme, Floribert Chebeya,
ou encore < le fleau de la violence
sexuelle que les groups arms utilisent
comme arme de guerre >.

Mais, souligne Richard Zink, < la prio-
rite absolue pour 2011 est d'appuyer les
elections. Il y a en effet lieu de preser-
ver a tout prix la legitimite du pouvoir
dans le respect de la Constitution.
Quelles que soient les imperfections
possibles quand au deroulement du
cycle electoral, il y a lieu de veiller a ce
que ces elections aient lieu >. D'oiu la
necessity d'un appui financier pour les
elections, mais aussi a plus long term,
notamment via un appui aux parlements
congolais (lire article dans la rubrique
Interactions).

Avant de prendre conge, Richard Zink a
un dernier regard sur le fleuve, vide de
bateaux: < curieux qu'il y ait si peu de
va et vient entire les deux capitals les
plus proches du monde, alors qu'entre
Goma (a l'Est de la RDC, NDLR) et
Gisenyi (Rwanda) plus de 25.000 per-
sonnes se deplacent quotidiennement
dans les deux sens...... ,


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


Sans MoIu












































- Journees europeennes du



developpement, Bruxelles 2010


Place au neuf


Debra Percival


De nouvelles politiques de deve-
loppement pour un impact
maximum. Ce theme etait
sur routes les levres lors des
Journees europeennes du developpement
(JED) organisees a Bruxelles les 6 et 7
decembre au "Square", le nouveau centre
de congress de la capital beige.

Chaque annee, ces Journees reunissent un
eventail unique de parties prenantes des
representants des pays developpes et en
developpement, d'ONG, d'agences et de
foundations internationales, des medias,
de centres de recherche et de groups de
reflexion. Jose Manuel Barroso, president
de la Commission europeenne, a declare
que l'evenement devait etre "la reference
de l'UE pour promouvoir la cooperation
entire agencies de developpement."


Les JED, qui avaient lieu pour la cin-
quieme fois, sont traditionnellement orga-
nisees par la Commission europeenne et
le pays exergant la presidence de l'UE, en
l'occurrence la Belgique. Veritable plate-
forme de debats sur des questions actuelles
en rapport avec le
developpement, ces Le veritable d
journees servent comment l'E
aussi de vitrine aux Ces 0,7% du pr
productions cultu- brut (PNB) con
relies des pays en
developpement, de publique au de
la photographic a (APD) pour r6al
la mode. Parmi les maximal , a ex
dignitaires invites, Pieb
citons Thomas Boni
Yayi, le president du Benin, Mo Ibrahim,
le president de la Fondation Mo Ibrahim,
ainsi que Blaise Compaore, president du
Burkina Faso. Dominique Strauss-Kahn,
directeur general du FMI, etait egale-
ment present. En outre, un village du
developpement a reuni les stands d'une
serie d'acteurs du developpement, offrant


'F
i*


as


ainsi de multiples possibilities de travail
en reseau.

Un nouveau regard sur
le developpement

Set d Les participants ont
fi e d avoir examine comment
rope utilise reorienter et ameliorer
)duit national les politiques de deve-
acr6s a I'aide loppement en vue de
realiser les Objectifs
veloppement du Millenaire pour le
ser un impact developpement (OMD)
)lique Andris de 2015. Le Livre vert
Igs "La politique de deve-
loppement de 1'UE
en faveur de la croissance inclusive et
du developpement durable -Accroitre
l'impact de la politique de developpe-
ment de l'UE" de novembre, redige par
Andris Piebalgs, Commissaire europeen
au Developpement, a donned matiere a
reflexion sur l'avenir des strategies de
developpement de l'UE.


C u rrier















Le role que jouera la politique de develop-
pement dans le nouveau Service europ&en
pour l'action exterieure (SEAE) a partir
du ler janvier 2011 a fait l'objet d'une
autre table ronde. Certains participants
se sont demanded si les questions en rap-
port avec le developpement ne risquaient
pas d'etre releguees a l'arriere-plan du
nouveau SEAE. Pour Louis Michel, co-
president de l'Assemblee parlementaire
paritaire ACP-UE, l'orientation future
de la politique de developpement "depen-
dra des choix et de la strategic politiques"
de la Baronne Ashton, nouvelle Haute
representante de l'Union pour les affaires
etrangeres. La Ministre suedoise de la
Cooperation international au develop-
pement, Gunilla Carlsson, a declare que le
SEAE offraitune occasion de "comprendre
ou se situe la valeur ajoutee de l'UE [en
matiere de politique de developpement] et
de permettre une meilleure coordination
avec les Etats membres."

Plutot que sa future architecture interne,
"le veritable defi est de savoir comment
l'Europe utilise ces 0,7% du produit natio-
nal brut (PNB) consacres a l'aide publique
au developpement (APD) pour realiser
un impact maximal", a explique Andris
Piebalgs, enumerant ensuite ses priorit&s,
parmi lesquelles les energies renouvelables
et l'agriculture durable. Selon Philomena
Johnson, directrice de l'ONG Caritas, au
Ghana, il imported de remedier a "la lenteur
des processus et procedures" des depenses
d'aide de l'UE.

Un debat a mis egalement l'accent sur les
nouveaux instruments de financement du
developpement, y compris la possibility
d'instaurer une taxe sur les transactions
financieres et de prendre des measures


contre les paradise fiscaux, ou de nom-
breuses multinationales europeennes ont
ouvert des filiales qui leur permettent d'evi-
ter de payer des impots. L'ancien President
frangais Jacques Chirac, qui gere une fon-
dation humanitaire, a quant a lui appele
a des measures repressives contre la vente

. ....' .. 1


de faux medicaments aux pays en deve-
loppement.

La sixieme edition des JED 2011 devrait
avoir lieu en Pologne, au course de la deu-
xieme moitie de l'ann&e.


eLude das.eu






*


o Protection social et d6veloppe-
ment inclusif

Le Rapport europeen sur le developpement
(RED) 2010-2011, une publication annuelle
de la Commission europeenne, a mis en relief
la "Securite social pour le developpement
inclusif'. Le group de coordination du RED
est compose de la Commission europeenne,
de I'lnstitut universitaire europeen de Floren-
ce en Italie et de sept Etats membresde I'UE.
"La protection social est un facteur-cle pour
promouvoir la reprise", a declare Frangoise
Moreau, directrice faisant function charge
de la politique de developpement de I'UE
la Direction general du Developpement de
la Commission europeenne. "La protection
social peut et devrait etre un element dis-
tinctifde I'agenda de developpement de I'UE",
a declare pour sa part Georgia Giovannetti
de I'lnstitut universitaire europeen, auteur


principal du RED. II a ajoute : "Lheure est
venue de soutenir les systems de security
social; un plus grand engagement en faveur
de la governance et une croissance levee
en Afrique subsaharienne." Elle a egalement
affirmed que "la protection social peut atte-
nuer les risques, reduire la pauvrete et les
inegalites et accelerer la progression vers
les Objectifs du Millenaire pour le developpe-
ment (OM D)." Le Lesotho, le Ghana, Maurice,
le Rwanda, I'Afrique du Sud, le Kenya et
I'Ethiopie ont tous introduit divers projects
de protection social couronnes de success.
Le rapport comprend une serie de recom-
mandations, don't "une meilleure protection
social dans le dialogue entire I'Afrique et
I'UE" et "un cadre politique europeen de-
taille en matiere de protection social, lie
a des engagements assortis d'echeances
determinees et de resources specifiques."
II recommande aussi que I'UE favorite le


"cadre de la politique social de I'Union afri-
caine." Le rapport encourage par ailleurs
les bailleurs de fonds de I'UE a soutenir la
recherche sur I'impact et les avantages des
projects de protection social dans les pays en
developpement, notamment la mise en place
d'un "reseau d'experts de I'UE charge de
cartographier les aides de I'U E en matiere de
protection sociale" Frangois Bourguignon de
I'Ecole d'economie de Paris a cependant mis
en garde contre le risque de faire de la pro-
tection social le nouveau "sujet a la mode". II
a precise que I'Europe s'est a nouveau ruee
sur le developpement des infrastructures
en Afrique apres I'arrivee de la Chine dans
ce secteur. D'apres lui, la protection social
devrait etre integree a la politique global en
matiere de developpement.



http://erd.eui.eu/


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


Tou #d Dr Dn


Le Prix Natali de Mujer ("Paroles de femme") qui decrit
la vie quotidienne d'un group de femmes
Les laureats 2010 du Prix Natali pour le dans la communaute de Bocana de Paiwas,
journalism, decerne chaque annee par au centre du Nicaragua. Parmi les autres
I'UE en memoire de I'ancien Commissaire articles gagnants de journalists issues des
europeen au du Developpement, defenseur cinq continents, retenons un reportage sur
de la liberty d'expression, de la democratic, le scandal du march du cacao en C6te
des droits de I'homme et du developpe- d'lvoireet sur unbainde sang dans unstade
ment, ont ete recompenses lors des JED. de foot au Ghana.
Le Grand Prix Lorenzo Natali a ete decerne
a Yader Luna du Nicaragua, pour Palabra Voir: http://www.prixnatali2010.eu/content/fr/





Tu d Dnhr D


La Libye accueille


le troisieme Sommet Afrique-UE



Les 29 et 30 novembre, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a accueilli les chefs
d'Etat et de gouvernement de 80 pays de I'Union europeenne et d'Afrique dans
la capital libyenne de Tripoli a I'occasion du troisieme Sommet Afrique-UE. La
Somalie et le Soudan se sont fait remarquer par leur absence.


Olivia Rutazibwa'


C e sommet, organism tous les
trois ans, vise a encourager
le dialogue au sommet entire
dirigeants europeens et afri-
cains sur des questions d'int&rit com-
mun, dans un esprit d'&galit& et de
partenariat. Le sommet de Tripoli avait
pour theme "Creation d'emplois, inves-
tissements et croissance &conomique".
La paix, la stability, les migrations et le
changement climatique talentt &gale-
ment a l'ordre du jour. L'&venement a
6galement vu la conclusion d'un accord
sur un "plan d'action" pour la mise en
ouvre du Partenariat Afrique-UE
au course des trois prochaines annees
(2011-2013).

L'UE esp&rait la signature d'une
declaration commune sur le change-
ment climatique avec ses partenaires
africains, mais ces derniers ont refuse.
"Il aurait &et malvenu de signer cette
declaration commune avant le Sommet
climatique de Cancun, non pas parce
que nous d6sapprouvons son contenu
nous sommes en effet d'accord sur les
grandes lignes mais bien parce qu'elle
n'est pas passee par le processus de
n6gociation appropri&. En outre, une
telle declaration commune donnerait un
trop grand poids a l'Europe", a expliqu6
un diplomat africain a Tripoli.

Les Accords de partenariat &cono-
mique (APE) ont egalement suscit&
des tensions. Et si la declaration de
Tripoli, portee par les dirigeants des
deux continents, &voque un "engage-
ment a conclure des APE favorisant
le d6veloppement socio-&conomique,


l'int6gration r6gionale et l'int6gration
de l'Afrique dans l'Fconomie mon-
diale", cette definition ne reflete pas les
d6saccords entire l'Union europeenne
et l'Afrique qui sous-tendent les APE.
Les regions d'Afrique veulent en effet
atteindre des niveaux prd&efinis de
d6veloppement et se rapprocher des
OMD avant d'ouvrir leurs marches,
alors les partenaires europ6ens estiment


Tripoli la nuit � Reporters be/Photononstop Chnstophe Lehenaff



c'est pr&cisement la mise en ouvre des
accords de libre-echange qui permettra
de r6aliser ces objectifs (voir le dossier
sur les APE dans ce numero).

La revolution de 1'energie propre

La Declaration de Tripoli a reaffirm&
l'engagement de 1'UE a r6aliser l'ob-
jectif commun de consacrer 0,7 % du


Cou rr ie r













































































produit national brut (PNB) a l'aide
publique au d6veloppement d'ici a 2015,
en promettant d'affecter 50 milliards
d'euros aux objectifs g6neraux du par-
tenariat au course des trois prochaines
annees. Lors d'une conference de
press, le President de la Commission
europeenne Jose Manuel Barroso a
6voqu6 la n&cessit6 de coordonner le
d6veloppement des infrastructures sur


le continent africain, de promouvoir la Le prochain Sommet Afrique-UE aura
security agricole et d'initier une "revo- lieu a Bruxelles en 2013.
lution de l'6nergie propre en Afrique."
Le President de l'UA, Jean Ping, a pour
sa part mis en avant l'aide publique au
d6veloppement et l'amelioration des
flux commerciaux, deux conditions
essentielles pour une croissance plus
soutenue et la creation d'emplois. Olivia Rutazibwa est journalist pour le
magazine beige < Mo >: www.MO.be


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


TIo h rif on


Olivia U Rutazibwa


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Les jeunes 6l vent



la voix


La cooperation entire jeunes Africains et Europeens, lancee en 2007, prend de
I'ampleur. Des organizations de jeunesse des deux continents se sont rencontrees a
Tripoli, en Libye, avant le 3e SommetAfrique-UE, afin de discuter d'une declaration
commune sur les priorities et de travailler sur des idees pour I'avenir.


Anna Patton



S'I 1 in'y a pas plus vulnerable qu'un
immigre clandestine, affirme
Antonia, de Finlande. La fayon
Ldont nous les traitons est reve-
latrice de notre conception des droits de
l'homme". Les discussions au 2e Sommet
Afrique-Europe de la Jeunesse, rassem-
blant une centaine de delegues de plus de
40 pays, se sont penchees sur les differences
experiences en matiere de migration et
de mobility. Alors qu'Alhassane du Niger
s'insurge contre le sort reserve aux per-
sonnes qui tentent vainement de traverser
les deserts de son pays : "Je connais la
souffrance de mes freres africains ! ", Evy
qui travaille pour l'association citoyenne
FIMCAP en Belgique -est frustree par la
quasi-impossibilite d'obtenir des visas pour
les partenaires africains : < Il ne s'agit plus
d'un change a proprement parler s'ils ne
peuvent pas venir ici, > dit-elle.

La migration est l'un des sept domaines
d'action auquel les jeunes issues des deux
continents s'attaquent aujourd'hui suite
au premier Sommet de la Jeunesse, orga-
nise il y a trois ans. Dans la plupart des
domaines, la cooperation en est toujours
au stade des idees meme si certain ont
deji bien avance. Ludgero, un Cap verdien
qui habite au Portugal, est l'un des fonda-
teurs du African Diaspora Youth Network en
Europe. Cette association espere, d'apres
lui, "resoudre certain problems auxquels
nous, Africains, sommes confronts en
Europe : l'exclusion, le ch6mage, la dis-
crimination. En meme temps, nous sou-
haitons contribuer au developpement de
notre continent d'origine."

Le role de la jeunesse dans la cooperation
entire l'Afrique et l'Europe est clairement


defini dans la Declaration de Tripoli. Selon
Christoffer Gronstad du Forum europeen
de la Jeunesse, le document "ne demand
pas seulement a nos gouvernements
d'agir -ce que la society civil fait gene-
ralement tries bien -mais explique aussi
comment nous pouvons y contribuer, en
tant qu'organisations de jeunesse."Parmi
les idees adressees aux leaders africains
et europeens, on trouve un programme
de microcredit de commerce equitable, la
participation de la jeunesse a la surveillance
des elections et la sensibilisation commune
contre le commerce des armes.

Mais il n'est pas toujours evident de se
mettre d'accord. Les voix se sont levees et
les passions se sont enflammees lorsque le
passe colonial risquait de bloquer le debat.
"Il y a tant d'energie positive ici, pourquoi
parlons-nous toujours du passe ? " s'est
demanded Simona de Slovenie. D'autres
differences culturelles ont aussi ete mises
au grand jour : si l'Europe a envoy un
peu plus de femmes que d'hommes, le
nombre de delegu&es est rested limited du
cote africain. "Les femmes africaines sont
timides. Elles ne veulent pas s'impliquer",


explique Augustus du Liberia en haus-
sant les epaules. Saba d'Erythree estime
que ses pairs manquent de confiance en
soi, mais elle adresse aussi des reproches
aux homes : "Ils ne veulent pas que les
femmes prennent les decisions !" Les orga-
nisateurs de l'evenement admettent que
cela doit s'ameliorer.

Tandis que l'Europe devance l'Afrique
dans le domaine de l'egalite entire les
hommes et les femmes, l'Afrique prend de
l'avance avec sa Charte de la jeunesse. Ce
document legalement contraignant -qui
doit encore etre ratified par de nombreux
Etats africains reconnait les besoins, les
droits et les responsabilites specifiques des
jeunes de 15 a 35 ans. Les organizations
de jeunesse europeennes esperent tirer des
enseignements de l'experience africaine
pour pouvoir faire pression aupres de leurs
propres gouvernements.

Le travail ne fait que commencer et les
organizations de jeunesse competent encore
sur le soutien -y compris financier -des
gouvernements et des institutions. Le
Sommet de Tripoli n'est qu'une tape d'un
long processus d'apprentissage sur le tas
et de decouverte des meilleures pratiques
pour travailler ensemble, ce qui constitute
un defi a part entire. Pour l'instant, les
discussions animees se poursuivent. Et
peut-etre, comme le dit Mannubia de
Libye : "Tant que ce dialogue existed, tout
le rest suivra facilement."


Cu r r i e r


TI I iznB


Parmi les demandes/propositions soumises aux dirigeants
europeens et africians :

- Soutenir les projects d'echange de jeu- equitable qui soit gere par les jeunes;
nes pour 100.000 Africains et 100.000 - Imposer des quotas aux multinationales
Europeens, en tant que contribution a pour I'emploi et la formation de jeunes
I'OMD 8 locaux ;
- Mettre en place un Fonds fiduciaire - Introduire des systems pour I'emploi
Afrique-Europe de la jeunesse pour le temporaire des immigres/demandeurs
financement de projects pilots ; d'asile fraichement arrives;
- Soutenir un programme de microcre- - Inclure des jeunes dans les delegations
dit Afrique-Europe pour le commerce nationals lors de toutes les reunions





TIo h rif on


La sant6 mental, parent pauvre de I'aide au d6veloppement


Le 14 octobre, lors d'une conf&-
rence international de la
Global Initiative on Psychiatry
(GIP, base aux Pays-Bas) au
Parlement europeen, il a ete decide d'inte-
grer la sante mental dans les programmes
d'aide au developpement.

Cette conference s'inscrivait dans le cadre
d'un project de sensibilisation � cette pro-
blematique, finance par l'Union euro-
peenne et axe sur les nouveaux Etats
membres de l'Union : la Lituanie, la
Roumanie et la Bulgarie, ainsi que les
Pays-Bas.

"L'objectif est d'accorder � la sante
mental l'attention qu'elle merite", a
explique Robert van Voren, directeur
de la GIP. President du GIP, le Dr. Benedetto Saraceno, (deuxieme a droite) s'adresse a la Conference EP CiscaGoedhart


Juan Garay, en charge de la sante au sein
de la direction generale du developpe-
ment de la CE, a epingle l'actuelle insuffi-
sance de fonds affects a la sante mental,
par rapport au genereux financement
don't a beneficie la lutte contre le sida au
course de ces dernieres annees. La raison
? Un impact, en terms de vies sauvees,
plus aisement quantifiable. Benedetto
Saraceno, president de la GIP, a d'ailleurs


admis que l'impact de l'aide pour la sante
mental etait bien plus difficile a mettre
en evidence.

Melvyn Freeman, du minister sud-
africain de la Sante, a explique :
"Aujourd'hui, je ne vois plus les problems
de sante mental comme la consequence
de determinants sociaux, mais l'inverse."


Le project a lance un site web : www.
mhcommunity.net. Et la GIP envisage
egalement de publier un document met-
tant en avant les aspects -notamment
de sante mental - privilegier dans les
programmes d'aide au developpement
(2011-2015). D.P.


Observatoire ACP sur les migrations : debut des travaux


adja Nin, Khadja Nin, Ambassadeur de bonne volonte
au lancement de I'Observatoire ACP sur la migration
� Olivier Rocher


gL Observatoire ACP (Afrique,
Caraibes, Pacifique) sur les
migrations a vu officielle-
ment le jour le 25 octobre, a
Bruxelles. II a pour mission de reunir des
donnees et de mener des recherches sur les
migrations Sud-Sud dans les pays ACP.
La musicienne burundaise Khadja Nin est
l'ambassadrice de ce nouvel organism.

Grace aux faits et chiffres et aux recherches
sur les flux migratoires, les responsables
politiques, les membres de la society civil
et le grand public pourront se faire une
meilleure idee des movements de popu-
lations. Toutes les donnees, ainsi que les
conclusions des recherches, seront postees
sur un site internet consacre qui lancera
egalement un dialogue public.

Lors de l'inauguration de l'observatoire,
Mohamed Ibn Chambas, secretaire gene-
ral des ACP, a explique aux journalists
que ces donnees "contribueraient a limiter
l'impact negatifdes flux migratoires sud-
sud et encourageraient au contraire une
contribution positive de ces movements
au developpement de notre region."

L'Observatoire a pour partenaires 15
organismes de recherche des ACP et
de l'UE defendant de l'Organisation


international sur les migrations (OIM).
L'essentiel du budget total de l'organisme
-9,4 millions d'euros -est finance par
le 9e Fonds europeen de developpement
(FED) en faveur des pays ACP. Le gou-
vernement suisse a egalement participe
financierement a la mise en place de
l'observatoire.

L'observatoire, pour l'instant base &
Bruxelles, sera ulterieurement transfer
dans un des pays ACP. Ses premiers tra-
vaux de recherche porteront sur 12 pays
des differentes regions ACP: L'Angola, le
Cameroun, la Republique democratique
du Congo, Haiti, le Kenya, le Lesotho, la
Namibie, la Papouasie-Nouvelle-Guinee,
le Senegal, la Tanzanie, Timor Leste et
Trinidad-et-Tobago.

Les envois d'argent Sud-Sud, les migra-
tions et le changement climatique, les
migrations professionnelles, les migra-
tions forces, les migrations et la sante
competent parmi les themes annonces
pour les premieres recherches de l'obser-
vatoire. D.P.




http://www.acpmigration-obs.org/


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


















L'appel de



Zimbabweennes


La participation des femmes dans le processus de transition democratique au
Zimbabwe a ete au centre de I'audition publique qui s'est tenue au Parlement le 6
octobre 2010 a Bruxelles. Accueillie par Judith Sargentini, membre du group des
Verts, cette audition a ete organisee par I'EEPA (Europe External Policy Advisors),
un group de consultants specialists dans la politique de developpement de I'UE.


S a democratic ne pourra voir
le jour au Zimbabwe que
si les femmes font active-
- ment parties du processus
de transition en course et qu'un parte-
nariat d'egal a legal avec les hommes est
assure." Venue temoigner au Parlement
europeen, la journalist zimbabweenne
Grace Kwinjeh a ainsi resume la position
des autres personnalites zimbabweennes
presentes lors de cette audition: la ministry
responsible de l'integration et de la recon-
ciliation, Sekai Holland, et Betty Makoni,
fondatrice et directrice du Reseau pour les
femmes et enfants du Zimbabwe, le GCN
(Girls and Child Network).

Autant de femmes qui, comme beaucoup
d'autres au Zimbabwe, ont paye le prix fort
pour permettre a leurs pairs d'etre res-
pectees et avoir droit au chapitre dans un
pays caracterise, selon elles par un regime
profondement patriarcal et machiste. Viols,
tortures ont ete, et sont encore le lot de
bien des femmes. "Depuis 1983 (trois ans
apres l'independance du pays, NDLR), le
viol a ete utilise comme arme de guerre", a
explique Betty Makn, poursuivant : "ce fut
le cas en 2000, lors de l'invasion des fermes,
en 2002, lors des elections. En mai 2008,
les autorites zimbabweennes ont instaure
un climate de terreur, visant en particulier
les personnel supposees soutenir l'oppo-
sition. Les femmes ont ete victims de
violence sexuelles, du viol a la torture.
Hormis le traumatisme et l'humiliation,
cette violence transmet le virus du sida.
Et pour beaucoup de filles, il s'agit d'une
tragedie grotesque : viol, sida, tomber
enceinte et quitter le parcours scolaire."

Consultations publiques

Au course de l'audition, la senatrice belge
Sabine de Bethune a indique que la par-
ticipation des femmes dans le maintien et
la promotion de la paix et de la security
comme le stipule la resolution 1325 du


Conseil de security des Nations Unies,
etait l'une des priorities de la Belgique,
qui assure la Presidence de l'Union euro-
peenne jusque fin decembre 2010. L'UE,
a-t-elle precise, devrait presenter d'ici la
fin de l'annee des indicateurs qui permet-
traient de mieux evaluer et controler les
mecanismes mis en place dans les pays.

L'audition s'est tenue peu de temps avant la
tenue, au Zimbabwe, des premieres consul-
tations publiques sur le nouveau texte de
Constitution, prealable a la tenue de nou-
velles elections. Ces dernieres devraient
se tenir a la mi-2011, comme convenu
entire les deux principaux protagonistes du
"gouvernement d'union" former en fevrier
2009, le President Robert Mugabe et son
rival, promu Premier ministry, Morgan
Tsvangirai. M.M.B.


Allegement des sanctions
europeennes

Le dialogue politique avec le Zimba-
bwe a ete relanc6 des le 18 juin 2009,
soit quatre mois apres la formation d'un
gouvernement d'union national. Lors
du r6examen annuel des measures " en
fevrier 2010, les measures restrictives
en vigueur ont ete alleges pour saluer
la mise en place de ce gouvernement.
C'etait la premiere fois qu'un allegement
de ces measures intervenait depuis f6vrier
2002, date a laquelle elles avaient ete
mises en place. Les sanctions europ6en-
nes consistent en un embargo sur les
armes et les equipements susceptibles
de servir a la repression interne. Elles
comprennent aussi I'interdiction de vo-
yager dans I'UE pour plus d'une centaine
de personnel lies au pouvoir en place
ainsi que le gel des avoirs financiers de
ces memes personnel.
Laugmentation de I'aide europeenne
au Zimbabwe, passant de 82 millions
d'euros en 2008 a 110 millions d'euros en
2009, est destine a soutenir I'action du
gouvernement d'union national dans les
secteurs sociaux, notamment la s6curit6
alimentaire, la sant6 et 1'education.
La Haute Representante, Catherine
Ashton, a requ une delegation minis-
terielle zimbabweenne dans le cadre
du dialogue politique le 2 juillet 2010 et
a rappele que I'Union europeenne se
tenait prdte a r6pondre positivement a
toute avanc6e dans la mise en oeuvre
de I'Accord politique global (GPA) du 15
septembre 2008.


Noster Dzomba joue dans une piece de theatre sur la mortality infantile a Harare, le 1er d6cembre 2010. Selon un rapport
qu'Amnesty International a public le meme jour, le gouvernement du Zimbabwe doit de toute urgence faire face aux menaces
sur la sant6 des nouveaux-n6s en mettant imm6diatement en place toutes les measures n6cessaires pour assurer aux femmes
enceintes et les jeunesfilles de I'6tablissement d'Hopley, et d'autres 6tablissements de I'Op6ration Garikai, I'acces a des soins
maternels et n6onataux. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)


Cu r r i e r


Tu d hnDriz





T d Dn


Dialogue transatlantique


sur le developpement


Les Etats-Unis et I'Union europeenne s'emploient actuellement a renforcer le
dialogue et la coordination sur les strategies de security alimentaire dans les pays
en developpement, don't certaines nations africaines.


Unis assurent 80% de l'aide
publique au developpement.
Une cooperation plus etroite est
essentielle pour promouvoir un "deve-
loppement durable sur le long terme,
expliquait un haut fonctionnaire de la
mission americaine aupres de 1'UE. En
2009, I'UE a affected 70 milliards de
dollars (54 milliards d'euros) a l'aide
publique au developpement et les Etats-
Unis 30 milliards de dollars (23 mil-
liards d'euros) revelent les statistiques
americaines.

De part et d'autre de l'Atlantique,
des responsables elaborent conjointe-
ment une listed de pays, l'idee etant de
coordonner le "developpement multi-
donateur, place sous la responsabilite
du pays, de politiques, de strategies
et de plans d'investissement integres,


qui incluent l'acces a la nourriture et
d'autres aspects", expliquent des fonc-
tionnaires de la mission americaine.
Ceux-ci ajoutent que ces activities seront
coordonnees avec le processus PDDAA,
le Programme detaille de developpement
de l'agriculture africaine, elabore par le
Nouveau partenariat pour le developpe-
ment de l'Afrique (NEPAD).

Le 22 septembre 2010, le President
americain Barack Obama signait une
nouvelle politique sur le developpement
mondial, une premiere pour une admi-
nistration americaine. D.P.


Un Corps volontaire d'aide
humanitaire pour I'Europe

La Commission europeenne a propose
de creer un Corps volontaire europeen
d'aide humanitaire, I'idee etant de ren-
forcer les programmes paneuropeens de
volontariat. Une consultation publique a
ce sujet devrait 6tre lancee d'ici la fin de
I'annee et les premiers projects pilots de-
vraient 6tre operationnels courant 2011,
I'Annee europeenne du Volontariat. Une
proposition legislative sur la structure
finale de ce corps est attendue dans le
courant 2012.

Voir: ec.europa.eu/echo


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010




































7f.
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Nouvelles negotiations



commercials en vue pour 2011


Au course du premier semestre 2011, I'UE rencontrera ses partenaires ACP afin de donner un nouvel elan aux discussions
sur les Accords de partenariat economique (APE). Huit ans apres les negociations sur le libre-echange entamees avec sept
groupements regionaux de la zone ACP, quelles sont les chances de reussite de ces nouveaux pourparlers ?


Debra Percival


Lors du sommet Union africaine-
Union europeenne qui s'est tenu
en Libye en novembre 2010, le
resident de la Commission
europeenne, M. Jose Manuel Barroso,
et le President de l'Union africaine (UA),
M. Jean Ping, ont tous deux appel& les
parties a faire preuve de flexibility& lors
des futures n6gociations commercials.
Le Forum des Etats ACP des Caraibes


(CARIFORUM) a d6ji sign& un v&ri-
table APE avec l'UE (cf. interview ailleurs
dans ce numero) couvrant les changes de
biens et de services et les investissements.
Par ailleurs, les plus grandes nations du
Forum des miles du Pacifique, la Papouasie
Nouvelle Guin6e et les Fidji, beneficient
d'un APE provisoire limits aux biens,
tandis que les discussions sur un future
APE se poursuivent a l'6chelon regional.
Jusqu'a present, les n6gociations les plus
delicates concernent le continent africain.

Les cinq groupements r6gionaux afri-
cains sont: l'Afrique orientale et australe


(AOA), la Cooperation d'Afrique de l'Est
(CAE), l'Afrique de l'Ouest (membres de
la Communaut6e conomique des Etats
d'Afrique de l'Ouest et la Mauritanie),
l'Afrique central (les six membres de
la Communaut6e conomique et mon6-
taire d'Afrique central (CEMAC),
plus la R6publique D6mocratique du
Congo et Sao Tome et Principe), et,
enfin, la Communaut6 de d6veloppement
d'Afrique australe (SADC).

Les pays africains craignent qu'une
ouverture de leurs marches nationaux
aux importations de l'UE n'entraine


C u rrier





A c -.ords - de Pr � � - . ..iq(PEj) D


un afflux de marchandises a bas prix,
ce qui representerait une menace pour
la production locale et une perte de
recettes fiscales. Selon la SADC, un APE
pourrait egalement nuire a l'integration
regionale en course au sein de l'Union
douaniere d'Afrique australe (UDAA).
Chris Stevens, chercheur a l'Overseas
Development Institute (ODI), un group
de reflexion britannique sur le develop-
pement, explique en effet que "si un pays
accepted de liberaliser substantiellement
les importations europeennes sans que
son voisin ne le fasse, ce dernier sera
toujours reticent a lever les obstacles
aux importations de son voisin, de peur
que certaines de ces importations ne
concernent en reality des biens euro-
peens qui s'introduiraient ainsi chez lui
de fagon detournee."

Jusqu'd present, seuls 36 des 77 pays
ACP ont signed un APE "entier" ou "par-
tiel". L'avalanche de signatures observe
a la fin de l'annee 2007 s'explique par
la suppression des preferences commer-
ciales, requise par l'OMC, decoulant de
l'Accord de Cotonou (2000-2020). Pour
les pays les moins avances (PMA) du
group ACP, l'incitation a signer etait
moins present, des lors qu'en 2001,
tous les PMA se sont vu offrir un access
libre et illimite a "tout sauf les armes"
(TSA) sans contrepartie, ce qui etait
une option plus attrayante qu'un access
progressif aux biens de I'UE, comme le
prevoient les APE.

Manque d'incitants


Preoccupations de I'UA con-
cernant les APE1

* Rappel de I'importance de la dimension
de developpement des accords et de la
necessity, pour I'UE, de fournir des res-
sources suffisantes pour permettre la mise
en oeuvre des APE.

* La demand faite par I'UE aux pays afri-
cains de liberaliser 80% des changes d'ici
15 ans, avec seulement 20% de marchan-
dises considerees comme "sensibles", est
trop exigeante.

* La clause de la Nation la plus favorisee
(NPF) devrait etre exclue des APE, des
lors qu'elle contrevient aux regles du
GATT/OMC pour la cooperation Sud-
Sud.

* LUA reclame des"margesde manoeuvre"
permettant de lever ou de modifier des
taxes ou d'imposer des restrictions quan-
titatives sur des biens provenant de I'EU,
et ce, afin de soutenir le developpement
d'industries naissantes.



I'UE s'est "tire une ball dans le pied"
en offrant le regime TSA a tous les pays
en developpement.

I1 explique egalement pourquoi la plu-
part des pays africains doivent encore etre
convaincus des avantages supplementaires
d'un APE en matiere de services, d'inves-
tissements et de marches publics : "De
nombreuses critiques formulees par la
DG Commerce a l'egard des pays ACP


Chris Stevens a sa propre explication de sont correctes, notamment a propos de
la raison pour laquelle les negociations l'inefficacite des marches publics, qui fait
pietinent depuis lors : que les contribuables
"Comme partout ail- < NOUS nOUssommes engages patient beaucoup plus
leurs, certain pays c fairelemaximumpourtrouver que necessaire, ou
sont favorables a un a propos des mau-
regime commercial le plusrapidementpossibledes vaises rgles en
liberal, et d'autres solutions appropinees a cet 6gard � matiere d'investis-
sont sceptiques. Or segment, qui main-
l'UE avait tries peu a offrir en change, tiennent les investissements a un bas
precisement du fait que le regime com- niveau. Mais l'un des contre-arguments
mercial de Cotonou etait tries avanta- est que, comme pour les biens, si un Etat
geux en ce qui concern les biens". Et juge necessaire de changer de politique,
d'ajouter qu'au plan des negociations, il n'a pas besoin de I'UE pour le faire."


* Non-inclusion d'une clause de statu quo,
afin de permettre une modification ulte-
rieure destarifs douaniers. II pourrait 6tre
un jour necessaire d'harmoniser cestarifs
en function de I'evolution des programmes
d'integration regional.

* Mise en place de sauvegardes en cas
de prejudice grave inflige aux marches
africains par des products de I'UE.

* Renegociation des regles d'origine con-
venues dans le cadre des accords "pro-
visoires" sur les biens.

* En matiere de droits d'origine, les pays
africains veulent un cumul incondition-
nel avec tous les pays ACP, les pays et
territoires d'outre-mer (PTOM) de I'UE
et les pays voisins que sont le Maroc, la
Tunisie et I'Egypte, et ils reclament une
reduction du nombre de products exclus
en provenance d'Afrique du Sud.





SBase sur la declaration de Kigali.



Par ailleurs, les choses se presentent
plutot bien en matiere de flexibility. Lors
du recent sommet UA-UE en Libye,
le president de 1'UA, M. Jean Ping, a
declare : "Nous allons dans la bonne
direction, avec davantage de flexibility
de part et d'autre. Nous nous sommes
engages a faire le maximum pour trouver
le plus rapidement possible des solutions
approprices a cet regard " Les ministres
de l'UA ont abattu leurs cartes dans une
declaration elaboree debut novembre
a Kigali (cf. encadre). Le Conseil des
ministres ACP y a repondu en presen-
tant sa propre resolution de six pages.
La declaration de Kigali faisait egale-
ment reference a des alternatives aux
APE envisagees par certain Etats afri-
cains, comme le Systeme de preferences
generalisees (SPG) ou l'elargissement
des preferences TSA a l'ensemble de
l'Afrique subsaharienne.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010





I...e . Acors - - .. . . oo (AP


Afrique occidentale:



vers la fin de I'impasse ?


Pour Francis Kokutse, journalist bas6
au Ghana, la disinformation est I'un des
principaux obstacles a la conclusion d'un
Accord de partenariat economique (APE)
avec I'Afrique occidentale.


Francis Kokutse



l'Afrique occidental constitu-
erait potentiellement l'accord
le plus important en term de
volume commercial puisque cette region
repr6sente en effet 40% de la totalit& des
&changes entire les ACP et l'UE.

"Le manque d'interactions, par le passe,
avec les 6lecteurs, a about a une d6sin-
formation, une representation erronee et
une mauvaise image du service essential
et vital que nous assurons au nom de la
sous-r6gion", a expliqu& Victor Gbeho,
president de la Communaute &conom-
ique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO) lors d'une reunion organis&e
recemment a Accra, au Ghana, sur les
n6gociations commercials avec l'UE.
Alors que le Ghana et la Cote d'Ivoire
ont signed des accords interimaires portant
exclusivement sur les marchandises, le
Nigeria - veritable locomotive &conom-
ique de la region -a jusqu'a present refuse
de signer un APE.

<< En mai 2010, les ministres europeens
en charge du developpement se sont
engages a soutenir le PAPED,
le programme de developpement pour
I'APE axe sur I'aide commercial en
faveur de la region >
Selon la quatrieme edition du rapport
sur l'int6gration r6gionale en Afrique
(Assessing Regional Integration in Africa
ARIA) de la Commission &conomique
pour l'Afrique (CEA), "les principles de
I'APE sont incompatible avec l'actuelle
configuration des huit Communautes
&conomiques r6gionales (CER) recon-
nues par l'UA." Dans la region, d'aucuns
esperent cependant encore la signature
d'un APE : la CEDEAO l6abore ainsi,
pour la fin de l'ann&e, un tarif exterieur
commun. Alhaji Mohammed Daramy,
commissaire de la CEDEAO en charge
du commerce, des droits de douane, de
l'industrie et des mines, a declare que
ce tarif commun faciliterait l'l6aboration
d'une offre APE r6gionale d'acces au mar-
che pour les products de l'UE.


Le march, Bamako, Mali. Les producteurs ouest africains sont preoccupes par les effects des importations de I'UE
sur leurs moyens de subsistence OB Foubert, Photononstop/Reporters be


Le point sur les n6gociations

Les negotiations sur un APE avec
I'Afrique occidentale associent tous les
membres de la CEDEAO; le Benin, le
Burkina Faso, le Cap Vert, la Gambie, le
Ghana, la Guinee, la Guinee Bissau, la
C6te d'lvoire, le Liberia, le Mali, la Mau-
ritanie, le Niger, le Nigeria, le Senegal, la
Sierra Leone et le Togo.

La C6te d'lvoire et le Ghana ont signed
des accords portant exclusivement sur
les marchandises par crainte de perdre
les preferences agricoles accordees par
I'Accord de Cotonou, progressivement
supprimees a partir de 2007. C'est ce
qu'indique un recent rapport du Centre
europeen de gestion des politiques de
developpement (ECPDM), le think thank,
base a Maastricht pour les questions ACP,
intitule : "Which wayforward in EPA nego-
ciations". Et si la C6te d'lvoire signait des
novembre 2008 son APE, le Ghana ne I'a
pas encore fait. A I'echelon regional, les
negotiations se poursuivent avec d'autres
membres de la CEDEAO, en vue d'un APE
global. Dans leur derniere offre portant
sur les marchandises, presentee au mois


de mars, les pays d'Afrique occidentale
acceptaient d'ouvrir 70% de leurs mar-
ches aux marchandises de I'UE, sur une
period de 25 ans et au terme d'une "pe-
riode preparatoire" de cinq ans. D'autres
questions, comme I'inclusion de clause de
la nation la plus favorisee (NPF), les ser-
vices et des regles d'origine ameliorees
sont egalement en course de negociation.
En mai 2010, les ministres europeens en
charge du developpement se sont enga-
ges a soutenir le PAPED, le programme
de developpement pour I'APE axe sur
I'aide commercial en faveur de la region.
"Les fonds affects pour les cinq prochai-
nes annees aux activities PAPED par le
biais de I'ensemble de ses instruments
de financement s'elevent a au moins 6,5
milliards d'euros, tandis que I'aide com-
merciale octroyee par I'ensemble des bai-
Ileurs de fonds depassera les 12 milliards
de dollars (9,2 milliards d'euros) pour la
meme periode, indique un communique
de press ministeriel. La region recherche
des fonds supplementaires pour realiser
ses objectifs APE.



Lien : ecpdm.org


C u rrier





A c -.ords - de ��- -a. . . . iA Dossier


Des relations commercials


qui permettent le d6veloppement


des ACP


"Les Accords de partenariats econom-
iques (APE) negocies par les pays
d'Afrique-Caraibe-Pacifique avec I'Union
europeenne sont cruciaux. A condition
qu'ils mettent I'accent sur le developpe-
ment" a souligne le 10 octobre dernier
le Dr Chambas, Secr6taire g6n6ral du
Groupe ACP.

Mohamed Ibn Chambas s'ex-
primait lors de la conference
de press qui cl6turait la jour-
nee portes ouvertes organisee
par le department du Developpement
&conomique durable et du commerce du
Secretariat, "une initiative lancee afin de
promouvoir le travail des ACP aupres de
partenaires cles", a explique le Secr&taire
general, ajoutant : "Le niveau actuel de
pauvrete dans les pays ACP est inaccep-
table. Pour le combattre, nous devons ren- Mohamed Ibn Chambas, Secretaire general des ACP, s'exprimant aux JED 2010 a EU
forcer les actions sociales et economiques."


Tout en reconnaissant dans ce cadre
le caractere "crucial" des APE, le Dr
Chambas a insisted sur le fait que ces accords
ne devaient pas se limiter au seul aspect
economique mais s'assurer egalement qu'ils
contribuent au developpement des pays.

Flexibility

S'agissant de l'Afrique, il a reconnu que
le scepticisme regnait actuellement sur le
bien-fonde de ces accords. "Il existed un
blocage psychologique qu'il est necessaire
de lever", a-t-il souligne, estimant qu'il
appartenait a l'Europe de donner les assu-
rances necessaires aux pays africains que
ces accords ne se traduiront pas par des
avantages excessifs pour les pays de l'UE.
"L'UE doit au contraire faire des efforts
pour offrir un environnement favorable
pour permettre aux products ACP de se
developer sur le march europeen". "Cela
demandera 1l'UE de faire preuve de flexi-
bilite, surtout sur les questions sensibles
relatives aux regles d'origine et a la clause
de la nation la plus favorisee."

Concernant la region Pacifique, le
Secretaire general a rappele que peu de
pays ont ete en measure de faire des offres
en matiere d'acces au march, plaidant
pour un soutien en matiere de capacity
technique. Les Caraibes quant a elles sont
les premieres, et seules, a avoir signed un
APE avec l'UE, mais, a joute Mohamed
Ibn Chambas, "la mise en oeuvre de cet
accord ne se deroule pas de maniere aussi


reguliere que souhaite. Si ce defi pouvait
etre releve, cela pourrait encourager les
autres regions des ACP a signer un APE."

Enfin, le Secretaire general a souligne
l'importance que revetent dans ces nego-
ciations, les regions, en particulier pour
l'Afrique (les APE sont des negociations


Vers un APE pour tout
le Pacifique ?

La Papouasie Nouvelle Guinee et les lies
Fidji, les plus grandes economies du Fo-
rum des fles du Pacifique, beneficient d'un
APE provisoire signed en novembre 2007,
qui a institute une regle d'origine prefe-
rentielle pour les exportations de pois-
son transformed et de products de la mer a
destination du march europeen. Selon
une 6tude intitulee Which way forward in
EPA negotiations ?1 publiee par le Centre
europeen de gestion des politiques de
developpement (ECDPM), un group de
reflexion base a Maastricht, le poisson est
repute provenir de pays ACP du Pacifique
a partir du moment oO il est transformed aux
Fidji ou en Papouasie Nouvelle Guinee, de
1'etat frais ou surgele en produit precuit,
en conserve ou autrement conditionne.


par entities regionales). "L'integration
regionale est d'une importance vitale
pour resorber la pauvrete, en creant des
infrastructures, des flux commerciaux
transfrontaliers". Ainsi, ajoute-t-il, "en
Afrique occidental le commerce regional
est de 15%, contre 70% en Europe, 60%
en Asie." M.M.B.

Vu le faible niveau des changes entire
I'UE et les fles lointaines du Pacifique,
I'UE ne s'est pas pressee de conclure des
accords avec d'autres nations de la region,
m6me si des pourparlers sont en course
avec Niue, les Samoa, les lies Cook, les
Etats Federes de Micronesie et les Ton-
ga. De leur c8te, les Etats du Pacifique
se sont montres reticents a engager des
discussions a 1'echelon regional en vue de
liberaliser les changes avec I'UE avant de
conclure les negotiations en course avec
I'Australie et la Nouvelle-Zelande, de peur
d'etre contraints d'offrir a tout autre pays
tiers les m6mes facilities qu'a I'Australie et
a la Nouvelle-Zelande sous le regime de la
clause de la nation la plus favorisee (NPF).

' Which way forward in EPA negotiations?,
Sanoussi Bilal et Isabelle Ramdoo, ECPDM,
novembre 2010.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010





I..... Acors - - .. . . oo (APE


Exploiter le momentum



"Nous restons aux cotes des partenaires d'APE qui demeurent engages dans le
processus pour poursuivre les negociations et aboutir a des resultats dans un avenir
qui n'est pas si lointain", a affirmed le Commissaire europeen au Commerce, Karel
De Gucht, dans un entretien au Courrier.


U n seul vrai APE a ete signed &
cejour, en l'occurrence avec
la CARICOM. Comment
faire pour donner un nou-
vel elan aux ndgociations des APE ?

KDG: Sept ans apres leur lancement, les
negociations des APE ne progressent pas
comme nous le voudrions, en particulier en
Afrique. Comme dans toute negociation,
vous ne pouvez pas aller au-delh de ce que
les deux parties souhaitent. Avec les APE,
nous aimerions que les marches des pays
ACP s'ouvrent au meme rythme que les
changes internationaux -pas unique-
ment pour les biens, mais aussi pour les
services don't la contribution a la crois-
sance economique de par le monde n'est
pas toujours suffisamment mise a profit.
Parce que l'histoire nous montre qu'aucun
pays n'obtient de croissance a long terme
sans lever les barriers qui font obstacle
aux changes. Nous restons aux c6tes des
partenaires d'APE qui demeurent enga-
ges dans le processus pour poursuivre les
negotiations et aboutir a des resultats dans
un avenir qui n'est pas si lointain.

En quoi lesAPE menent-ils sur la voie
de l'intdgration regionale ?

KDG : La plupart des economies et des
marches des pays ACP sont de petite
envergure, disperses et cloisonnes, ce
qui les empeche de realiser des econo-
mies d'echelle et de career des synergies
a l'echelle regionale. Lorsqu'elle est pos-
sible, l'integration regionale peut contri-
buer a construire des marches regionaux
et a attirer des investisseurs strangers.
L'ambition est de conclure un APE avec
chacune des regions ACP. Certains nous
ont faith part de leur volonte de conclure un
APE regional d'ici la fin de l'annee 2010.


Ce n'est pas grave sur l'airain, mais ces
signes nous montrent qu'il est important
de rester mobilises et de tirer parti de ce
momentum. D'autres regions ne se mon-
trent pas aussi desireuses de progresser.
Nous craignons toutefois ne pas etre en
measure de prolonger indefiniment cette
incertitude.

Les pays ACP qui ont ddj& conclu un
APE ont-ils accru leurs exportations
sur le march europeen ?

KDG: Comme example des effects positifs
a court terme des APE, citons les APE
intermediaires qui ont permis d'eviter
toute interruption du commerce de
bananes et de cacao en Cote d'Ivoire et
au Ghana. Les APE intermediaires ont
ouvert la voie a l'exportation de bananes
(ce don't des pays comme le Burundi et
le Cameroun ont profit) et de sucre (la
SADC et le COMESA sont de gros expor-
tateurs, et certain pays tels que le Kenya,
Maurice, le Mozambique, le Swaziland et
la Tanzanie ont gagne des parts de march
ces dernieres annees).

L'APE UE - CARIFORUM a egalement
cree un cadre qui dope la cooperation
dans la region, en particulier entire la
Republique Dominicaine et les pays de
la CARICOM, don't Haiti. Et les produc-
teurs des Caraibes seront, une fois de plus,
a l'abri de la concurrence en franchise
de droits des importations europeennes
pendant 10 a 25 ans. Les fleurs coupes
du Kenya sont une autre success story. Le
thon en conserve, l'un des products expor-
tes vers l'UE par la Papouasie Nouvelle
Guin&e, continuera d'etre exported vers
l'UE en franchise de droits et sans quota,
avec des regles d'origine plus simples afin
de faciliter l'achat de thons a transformer.


Le commissaire europeen au Commerce, Karel De Gucht
avec la ministry botswanais du commerce,
Dorcas Makgato-Malesu OCE


Nous nous employons a rendre les regles
d'origine encore plus respectueuses de
l'environnement.

Quelle est la nature desprojetsfinan-
ces dans les pays ACP au titre de
l'initiative europeenne 'Aide pour le
commerce" ?

KDG : Dans les pays ACP, l'aide pour
le commerce a augmented a un rythme
constant : de 2,2 milliards d'euros en
2007 a 3 milliards en 2008, soit 36%
d'augmentation. L'UE finance des projects
pour reduire les frais eleves de transport
et les delais important en douane. Par
example, le project Trade Investissement
Facility mene au Lesotho (au titre de
l'initiative "Aide pour le commerce") per-
met de traiter les demands en 15 minutes
et plus en 7 jours, et les exportateurs rem-


C u rrier





Accrd de-.-RU^ a -u (A.PE).Dossjie


plissent un dossier de 2 pages, et plus de
23. De bonnes pratiques, don't les posters
de douane a guichet unique, se retrou-
vent aussi en Zambie et au Zimbabwe, au
poste frontiere de Chirundu, ainsi qu'a
la frontiere entire l'Afrique du Sud et le
Mozambique.

Envisagez-vous d'autres initiatives
enfaveur du commerce dans les pays
ACP dans le sillage de l'adoption de la
strategic "Europe 2020" ?

KDG : Au debut du mois de novembre,
la Commission europeenne a adopted une
communication sur l'avenir de la politique
commercial de l'UE. Ce texte fixe nos
priorities dans le domaine des changes
: conclure une serie d'accords commer-
ciaux ambitieux, les uns multilateraux via
I'OMC, les autres bilateraux avec divers
partenaires commerciaux majeurs, etablir
des liens plus etroits en matiere d'echanges
et d'investissements avec nos partenaires
commerciaux majeurs (les Etats-Unis, la
Chine et la Russie) pour ameliorer notre
acces a l'energie et aux matieres premieres
des pays industrialists et des pays emer-
gents -mais nous n'avons pas d'interets


commerciaux i.u . ,' dans ce domain ou reste notre toute premiere priority. Y par-
dans d'autres domaines dans les pays ACP venir permettrait d'accroitre les echan-
-et, enfin, revoir le system europeen ges mondiaux de plus de 300 milliards
de preferences gene- d'euros par an et les
ralisees pour les pays " J'ai engage I'Union europeenne revenues mondiaux de
en developpement. a utilisersa souplesse pour plus de 135 milliards
L'annee prochaine, apaiserles craintes c6t6 africain. d'euros. La dimen-
nous publierons ega- Les Commissaires De Gucht et sion du developpement
element un document du cycle de Doha se
d'orientation sur notre Piebalgs sont pr6ts a ouvrir des retrouve dans tous les
programme d'echange d6bats concrete, techniques et volets des negocia-
et de developpement approfondis avec nos partenaires tions. Dans le cadre
pour decrire la fagon pour aboutir a des rdsultats du cycle de Doha,
don't nous pouvons uti- les pays en develop-
liser nos instruments COncrets o pement beneficieront
commerciaux pour soutenir la croissance d'un traitement special et diff&rencie,
economique a long terme et prendre le vraiment a part. Les pays les moins deve-
meme chemin que les pays qui ont reussi loppes ne sont plus tenus de prendre le
a grimper plusieurs echelons sur l'echelle moindre engagement et gagneront des
de la pauvrete. acces en franchise de droits et sans quota.
L'UE estime que c'est le realisme qui doit
Dans quelle measure est-il impor- guidertoutes les parties, lesquelles doivent
tant de relancer les ndgociations de etre disposees a travailler tres dur dans les
l'Organisation mondiale du commerce mois qui viennent pour trouver les com-
(OMC) ? promise indispensables a l'aboutissement
des negociations en 2011. Que le G20 ait
KDG: Malgre de lents progres, la cloture reconnu cet objectif lors de son recent
du cycle de Doha (que l'on appelle aussi sommet de Seoul nous donne un nouvel
Programme de Doha pour le developpement) elan que nous utiliserons. D.P.


. 1 - Wil




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en dehors du siege de I'UE, Bruxelles, Octobre


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010





DI i'ooo--. .A oi - (AEsI


L'APE CARIFORUM au


centre de tous les regards


L'Accord de partenariat economique
(APE) pass avec les 15 Etats membres
du CARIFORUM (Forum des Etats ACP
des Caraibes) est, a ce jour, le seul APE
complete " signed avec I'Union europeenne
(UE). C'est la raison pour laquelle d'autres
regions de la zone ACP scrutent avec
interit les problems et les avantages
de cet accord, qui a ete mis sur les rails
il y a deux ans.

P our faire le point sur le chemin
parcouru, nous avons rencontre
Branford Isaacs, directeur de
l'Unite de mise en ouvre de 1'APE
au Secretariat de la Communaute cari-
beenne (CARICOM) base au Guyana et
specialist du commerce de marchandises,
ainsi que sa college, Allyson Francis,
specialiste du commerce de services et
d'investissements. Cette unite a &et creee
en fevrier 2009, suite a une decision des
Chefs d'Etat de la Communaute cari-
beenne (CARICOM).

Qui est responsible de la mise en euvre
de 1'APE ?

BI: Les institutions de CARICOM et de
CARIFORUM. L'unite aide les Etats mais
travaille sous l'autorite de ces institutions.
Les ministres savent tries bien ce qui se
passe sur le terrain, notamment dans leur
propre pays, et ils sont donc au courant
des problems, notamment le manque de
personnel et de competences.

Observe-t-on des ralentissements ?

BI: Oui, notamment au sein des petites
administrations, qui sont confrontees a un
manque de main-d'muvre, mais aussi un
manque de maitrise de certaines questions
techniques. Nous avons du renforcer les
connaissances du CARIFORUM en ce
qui concern tant le caractere unique de
I'APE que l'appreciation de l'eventail de
disciplines qu'il recouvre.

Peut-on ddjd epingler certain effects
p1 . l... ?

BI: En matiere d'echange de biens, l'un
des effects positifs imm&diats de l'accord


La minisire ees ATTalres eirangeres ae la taroDae, ivlaxlne iviculean (a gaucne) avec ie president au uonsell europeen,
Herman Van Rompuy (a droite) lors du Sommet du Cariforum / UE a Madrid, mai 2010 �ChenHatong UPP/Reporters


est l'assouplissement des regles sur l'origine velle donne car ils disposent d'un cadre
des products. Par example, la Republique reglementaire plus elabore et d'une
dominicaine se rejouit "Coalition d'indus-
de pouvoir dorenavant < Or, au sein du CARIFORUM, tries de services" les
vendre ses vetements la regulation des services en aidant a resoudre des
a 1'UE, des lors que est encore a un stade problems d'informa-
les regles permettent embryonnaire o tion commercial.
d'utiliser des tissus en


provenance de pays tiers, sans pour autant
perdre l'avantage de preferences commer-
ciales sur le march europeen.

AF: Au niveau des services, il n'y pas
encore eu de grandes avancees en terms de
facility d'acces a l'UE, mais 1'APE genere
assurement une plus grande certitude.
II faut savoir que le march des services
est extremement regule. Or, au sein du
CARIFORUM, la regulation des services
en est encore a un stade embryonnaire.
Nous en sommes en train de developper
notre propre cadre reglementaire afin
d'ameliorer l'acces au march europeen.
Certains des plus grands Etats membres,
comme la Barbade et Trinite et Tobago,
sont mieux places pour profiter de la nou-


Qu'en est-il du protocol cultural ?

AF: Trinite et Tobago est le centre de
gravity cultural des Caraibes, et cet Etat
a plusieurs longueurs d'avance dans la
mise en place des mecanismes. Les acteurs
culturels y satisfont deji aux criteres de
classification et d'enregistrement. Pour
sa part, la Jamaique a conclu un trait de
co-production avec le Royaume-Uni.

Tout indique que les opportunities sont
Id. Qu'est-ce qui enmpche les contracts
d'affluer ?

AF: Un manque de flair et de connais-
sance des marches. Nous devons mieux
vendre nos services a l'etranger. Le proto-


C u rrier





I Accor� .- - e �i�t - ..i.uD lA oi er


cole cultural est une &tape crucial, mais il
faut a present trouver le meilleur moyen de
d6velopper le secteur dans la region. Nous
essayons 6galement de mettre en place une
reconnaissance mutuelle des qualifications
et des diplomes pour les architects et les
ing6nieurs, afin de leur permettre de prati-
quer en Europe. L'APE nous a apporte un
certain degree de certitude ou de clart&, et
nous savons maintenant ce qu'il nous reste
a faire pour pouvoir acceder au march
europeen.

Avez-vous l'intention d'utiliser la
clause de revision quinquennale ?

BI: Il existe une declaration commune
qui permet une revision apres cinq ans.
Nous suivons attentivement l'&volution
de la mise en ouvre de l'accord dans les
diff6rents pays, et nous voulons tirer parti
des reunions des organes 6tablis dans
le cadre de l'APE. Le Conseil conjoint
CARIFORUM-APE s'est r6uni pour
la premiere fois le 17 mai 2010, et nous
voulons a terme convoquer l'organe de
second niveau, a savoir le "Comit6 conjoint
Commerce et d6veloppement", qui est
charge de r6gler les details pratiques de
la mise en ouvre. Notre volont& est de
laisser a ces organs le soin d'aplanir les
difficulties rencontrees en course de route,
et de recourir par ailleurs a la procedure
de revision quinquennale pour concretiser
les ajustements n&cessaires.

L'APEfavorise-t-il l'integration rgio-
nale de laregimn cairthi'i'ne,y comprise
pour les Pays et territoires d'outre-mer
(PTOM)?

BI: Pour le commerce de marchandises,
l'accord permet aux pays du CARIFORUM
d'utiliser un certain nombre de matieres
premieres et de products semi-finis en pro-
venance des PTOM dans la fabrication
des products destines a 1'UE. II appar-
tient maintenant au secteur priv&, tant
du CARIFORUM que des PTOM, de
saisir les opportunities et de profiter des
ouvertures creees.

L'APE peut-il renforcer le developpe-
ment socio-dconomique dans la region ?

AF: A long terme, I'APE peut aider les
Etats membres du CARIFORUM a &ra-
diquer la pauvrete et a mieux integrer la


uarnaval de Inrnldad et lobago - les Uaralbes rlcles en services culturelsH Gyssels


region dans l'&conomie mondiale. En ce
qui concern les services et les questions
de r6glementation, nos principaux soucis
concernent les transferts de technologies
et l'acces aux connaissances necessaires au
developpement de nouveaux products. D.P.



L'APE CARIFORUM en resume

LAPE UE-CARIFORUM a ete signed le 15
octobre 2008, apres plus de quatre ans de
negotiations, par la plupart des pays du
CARIFORUM :Antigua et Barbuda, les Ba-
hamas, la Barbade, Belize, la Dominique,
la Republique dominicaine, Grenade, la Ja-
maique, Saint Christophe et Nevis, Sainte
Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, le
Suriname et Trinite et Tobago. Le Guyana
a signed I'accord le 20 octobre 2008, apres
I'inclusion d'une clause de revision. Enfin,
suite aux reserves exprimees par Haiti a
I'egard des avantages de I'APE, ce pays n'a
signed I'accord que le 11 decembre 2009.

L'APE est entree en vigueur le 29 d6cem-


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


I'acces en franchise de droits et sans
contingent (DFQF) au march europeen
pour tous les products du CARIFORUM,
et introduisait egalement une liberalisa-
tion par tapes des exportations euro-
peennes vers le CARIFORUM. Accord
prevoit qu'au bout de 15 ans, 82% des
marchandises produites en UE devront
pouvoir s'ecouler dans les pays du CA-
RICOM, a I'exception de certain products
"sensibles", pour lesquels le delai pourrait
atteindre 25 ans. Outre I'assouplissement
des regles d'origine, des ouvertures de
march depassant les engagements de
I'OMC s'appliquent au secteur de la cr6a-
tion et du divertissement du CARIFORUM,
ouvertures consacrees dans un "protocole
cultural" r6volutionnaire.


bre 2008. II garantissait immediatement



















































le test de


longrie,


I'alterite


Marie-Martine Buckens


Sept ans apres son entree dans
1'Union europeenne, la Hongrie
s'apprite a en prendre la presi-
dence. Le ler janvier 2011, et
pour six mois. Une pr6sidence qui ne sera
pas de tout repos et devrait s'attaquer
a trois questions, jugees prioritaires
par Budapest : la s&curit& &nerg&tique,
l'6largissement de l'UE a la Croatie et
l'int6gration des tsiganes, ou Roms. Sur
cette derniere question, la Pr6sidence
hongroise aura la delicate tache de tenter
d'apporter une r6ponse aux nouvelles
vagues de rejets des tsiganes qui se mani-
festent tant a l'interieur de ses frontieres


qu'a l'exterieur, en France en particulier.
Une question test pour l'ensemble de
l'Europe, l'Orientale et l'Occidentale.
Celle de l'alt6rit6, de l'Autre, qu'il soit
Rom, Africain ou d'ailleurs, et de la
place qu'elle est prete a lui donner.
Mais un autre chantier attend plus que
certainement la Hongrie lorsqu'elle
pr6sidera l'Union europ6enne : celui
de reviser les legislation europ6ennes
qui r6gissent les activities des grandes
industries minieres. En janvier 2011,
trois mois se seront &coules depuis la
rupture d'un reservoir de l'usine de
bauxite-aluminium d'Ajka, a 160 km a
l'ouest de Budapest, d6versant environ
700.000 metres cubes de boue rouge
toxique sur les villages alentours, pro-


voquant une catastrophe &cologique, la
mort d'une dizaine de personnel, des
centaines de blesses et de sans-abri.
Accident, non-respect des normes euro-
peennes ? L'enquete devrait permet-
tre de voir si la directive europeenne
relative aux industries extractives est
suffisamment explicit pour pr&ve-
nir de tels accidents. La bauxite -ce
mineral tant convoitk pour fabriquer
l'aluminium indispensable a bien des
products de grande consommation est
traitee dans plusieurs points du globe.
La Guinee, en Afrique, en possede des
reserves importantes. Et l'extraction de
l'aluminium y est regulierement ponc-
tuee par des d6versements anarchiques
de boues rouges. Dans l'indiff&rence la
plus total.


Ceu rrier















Oublier Trianon


Venues de I'Oural et de la Volga, sept tribus magyares d6cident de se
sedentariser dans le bassin du Danube. Nous sommes en 900. Cent ans
plus tard, le royaume de Hongrie voit le jour. Istvan, convert au catholicisme,
se fait couronner roi sous le nom de Saint Etienne.


Apeine port sur les fonds
baptismaux, le royaume de
Hongrie devra faire face a l'in-
vasion des Tartares. Depuis,
l'histoire de la Hongrie est marquee par
une suite d'invasions et de dominations
etrangeres: les Mongols au 13� siecle, les
Turcs aux 160 et 170 siecle -leurs 150
ans d'occupation laisseront des traces
durables, notamment dans la langue
hongroise - , les Autrichiens ensuite
jusqu'en 1918, enfin les Sovietiques de
1945 a 1990.

Ces intrusions incessantes expliquent
une certain fierte


nationalist. Une
fierte exacerbee
depuis le fameux
Traite de Trianon,
impose en juin
1920 aux Hongrois
au lendemain de la


< II reviendra
Orbaan de se
Hongrois a
europe


Premiere guerre mondiale, reduisant a
un tiers le territoire du pays et rejetant
dans les pays voisins plus de trois mil-
lions de Magyars (un quart de la popu-
lation).

restee dans
declarait voi
Peter Kende
demeure gra
insurmonte.

Adhesion


le subconscient hongrois,>,
ci un an l'historien hongrois
e, et le trait de Trianon
ve comme un traumatisme


Un traumatisme qui devrait toutefois
s'estomper depuis l'entree, en 2004, de
la Hongrie dans l'Union europeenne, de
meme que deux (Slovenie et Slovaquie)
de ses sept voisins, neuf ans apres l'Au-
triche et trois ans avant la Roumaine.
Ainsi, entire ces pays les frontieres se
sont ouvertes, les
aussi a Viktor visas abolis, le bilin-
guisme acquis dans
nsibiliser les les communes otu les
la question Hongrois sont majo-
'enne > ritaires, et, dans les
departments rou-
mains a large majo-
rite magyare, ainsi que dans la plaine
danubienne de la Slovaquie, la pratique
du hongrois est indispensable, y compris
pour les roumains ou les slovaques.


Il n'est donc pas etonnant que le dossier
majeur que la Hongrie entend porter a
l'occasion de sa presidence europeenne
soit celui de l'elargissement de l'UE
aux pays des Balkans. La Hongrie qui
n'a sans doute pas oublie l'epoque, avant
le < diktat > du Trianon, ou elle avait
encore un access a la mer via la Croatie.
Le premier semestre de 2011 sera aussi
l'occasion pour le Premier ministry
Viktor Orbin d'ameliorer son image
de 'rebelle' a l'etranger depuis que son
parti, le Fidesz, regne en quasi maitre a
Budapest. Qualified de < droite conserva-
trice >, le Fidesz a largement gagne les
elections en avril 2010, releguant dans
l'opposition le parti socialist MSZP,
au pouvoir depuis 2002. II lui reviendra
aussi de sensibiliser les Hongrois a la
question europeenne, qui est, estime un
journalist hongrois, secondaire dans
un pays mine par la crise et la corrup-
tion.

Mais c'est aussi, pursuit ce meme jour-
naliste, oublier l'attachement reel des
pres de 10 millions de Hongrois a leur
pays. Un pays qui compete a son actifdes
grandes lettres, des savants -la Hongrie
compete huit prix Nobel-, des huma-
nistes comme le Juif Elie Wiesel, des
musicians comme Bela Bartok ou Franz
Liszt, des photographs de renommee
mondiale (lire article sparee, sans
computer la nouvelle vague de roman-
cier, don't Liszlo Krasznahorkai est un
superbe representant. M.M.B.


Le roi Saint Etienne, Budapest. Detail a MarieMartne Buckens


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010











Priorite a I'education


au developpement


L'education et la sensibilisation aux questions de developpement restent les deux grandes priorities de la vingtaine
d'organisations non gouvernementales qui en Hongrie s'occupent de cooperation au developpement.


I y a moins de dix ans, les ONG de
developpement se comptaient sur les
dix doigts de nos mains. En 2003, elles
decident de se rassembler et creent la
plateforme HAND, l'Association hongroise
d'ONG pour le developpement et l'aide
humanitaire. Aujourd'hui, HAND compete
26 membres.

Cette relative monte en puissance d'ONG
de developpement dans un pays qui, il y a
peu, etait lui-meme beneficiaire de l'aide
europeenne, est a mettre en parallele avec le
budget alloue par le gouvernement hongrois
a la cooperation.

Aide en diminution

En 2001, cette aide publique au developpe-
ment etait d'environ 14 millions d'euros, soit
0,027% du revenue national brut (RNB) de
la Hongrie. Cette meme annee, le gouverne-
ment adopted pour la premiere fois une stra-
tegie encadrant les activities de cooperation
au developpement. En novembre 2002, une
nouvelle direction de la cooperation inter-
nationale pour le developpement voit le jour
au sein du minister hongrois des Affaires
etrangeres. Un an plus tard, la direction
arrete une liste des quatre pays partenaires
privilegies : la Serbie/Montenegro, la Bosnie
Herzegovine, le Vietnam et les zones admi-
nistrees par les autorites palestiniennes.

o Les all6gements de dette
envers la Tanzanie et le
Y6men ont repr6sentd 50%
de I'aide bilat6rale hongroise
en 2005 ,

A cette liste, se sont ajoutes aujourd'hui des
pays comme l'Irak, plusieurs pays d'Asie
central et, parmi les pays les moins avances
(PMA), le Cambodge, le Laos, le Yemen et
l'Ethiopie. Le budget alloue a l'aide publique
au developpement (APD) a lui aussi aug-
mente, passant a 0,16% de son RNB en 2006,
resultat plus que satisfaisant puisque pour la
Hongrie, de meme que pour les autres pays
d'Europe de l'Est membres de l'UE, l'objectif
a l'horizon 2010 etait de 0,17% du RNB.

Un objectif que vraisemblablement la
Hongrie n'atteindra pas puisque son APD
en 2008 ne representait plus que 0,08%
de son RNB, soit 72 millions d'euros, une
APD parmi les plus faibles au sein des 27
de l'UE. Une situation qui s'explique, selon


CONCORD, la plateforme des ONG euro-
peennes de developpement, par le jeu des
annulations de dette accordees aux pays
en developpement, sommes venant syste-
matiquement gonfler le budget de 1'APD
jusqu'en 2007. Ainsi, les allegements de
dette envers la Tanzanie et le Yemen ont
represented 50% de l'aide bilaterale hon-
groise en 2005. "A present, cette pompe
s'est ass&chee", note CONCORD dans son
rapport sur l'evolution des APD des Etats
membres de l'UE.

Plus de transparence

En mettant l'accent sur la sensibilisation et
l'education, les ONG regroupees au sein



















a".


de HAND esperent augmenter leur assise
populaire et ainsi influer sur les decisions
du gouvernement hongrois. En attendant,
les ONG langaient voici deux ans un appel
au gouvernement hongrois pour que, d'une
part, il augmente son aide bilaterale, et que,
d'autre part, il mette en place un systeme de
collect de donnees sur les flux d'aide. Ces
ONG menent egalement des campagnes de
sensibilisation, tant au sein du gouverne-
ment qu'aupres du public, sur l'importance
de la transparence des types d'aide, qui res-
tent trop souvent des aides "liees" a l'achat
de products hongrois. M.M.B.


txposlIlon aans ie uare rrinra, buaapesr MarieMartineBuckens


"Cafe equitable" a Printa Cafe, Budapest Marie-MartineBuckens


C u rrier
















Un pont entire I'Afrique


et la Hongrie


Venu etudier la theologie a Budapest en 1997, France Mutombo retourne
a Kinshasa, capital de la RD Congo, deux ans plus tard. Confronted a
la misere de certain quarters de la ville, il decide de se lancer dans
I'humanitaire. Tout en gardant un pied en Hongrie, pour conscientiser la
jeunesse. La Fondation pour I'Afrique voit le jour en 2002.


France Mutombo et sa temme devant leur ecole a Kinshasa
� Marie Marbne Buckens


E t c'est a Kinshasa meme, a la
veille de l'Assemblee paritaire
parlementaire ACP-UE (lire
article s6par6) - laquelle il
doit participer -que nous rencontrons
France Mutamba. Et son spouse, hon-
groise, qui depuis
six ans l'accompagne
dans cette venture. " Des court,
France Mutombo est fundamental a
pasteur protestant. et de conscien
< Apres etre revenue ont 6t6 intr
de mon voyage en
RDC, j'ai decide le cu
en 2002 de monter
une mission de prospection avec deux
collogues hongrois qui m'ont accom-
pagn6 sur fonds propres. Ils etaient les
'ambassadeurs' aupres de la Hongrie >,
nous explique-t-il, poursuivant: , nous
avons une trouv& une &cole, petite
et en mauvais &tat, dans un quarter
pauvre de la capital ,>.

Restait a la finance. En RDC,
l'&ducation reste la parent pauvre
du government. Les &coles publi-
ques sont en nombre insuffisant, les
professeurs, mal ou pas pays, font
continuellement appel a l'aide des
parents. Les &coles privies, de plus
en plus nombreuses, y compris dans les
quarters pauvres, tentent de pallier a
ce manque. Fondation pour l'Afrique
parvient a trouver des financements,
en grande parties de donateurs hon-
grois. En 2005, elle faith l'aquisition
d'un terrain et construit une nouve-
lle &cole. En 2008, les deux ecoles
recoivent plus de 1.800 6elves, tant du
primaire (le matin) que du secondaire
(l'apres midi), une pratique g6enralis6e
a Kinshasa.

Reference

� Comme nous sommes une foundation,
nous sommes consid6r6s comme une
cole privee, bien que l'ecole, a ses
debuts, soit gratuite, pursuit France
Mutombo. Malgr& cela, les parents


ne participaient pas, l'&cole ne fonc-
tionnait pas. Nous avons done decide
d'introduire des frais de scolarit6, mais
abordables, pour garder le caract&re
social du project; nous pr&voyons aussi
des frais d6gressifs pour des families
particulierement
vuln&rables >. Cette
d'6thique, decision entrai-
notre 6poque, nera la defection de
isation au sida, nombreux eleves. <
)duits dans Mais, depuis 2009,
les effectifs remon-
SUS 0 tent, lentement mais
surement. Nous
avons 6galement &t& plus stricts dans
le choix des professeurs et depuis, nous
sommes devenus une reference >.

En outre, la Fondation a decide
d'introduire des course d'ethique - <
fundamental a notre epoque oiu les
jeunes sont sans reperes �- de mime
que des course de conscientisation sur
le sida. Des volontaires participant a
ces seances, tous les samedis.

La question du financement reste tou-
jours crucial et la Fondation multiple
les contacts pour trouver de nouveaux
donateurs. Des organizations am&-
ricaines, mais aussi congolaises ont
r6pondu present pour permettre la
construction de toilettes modernes et
d'une fosse septique d'une capacity& de
plus de 1.800 personnel. Une entre-
prise hongroise, Korax, a instal& des
panneaux solaires photovoltaiques et
une 6olienne qui devraient 6galement
permettre d'alimenter la future classes
d'informatique. < En contrepartie,
nous leur donnons des contacts en
RDC >.

Et la Fondation compete sur le parrai-
nage, essentiellement de la population
hongroise, pour finance l'orphelinat
qui jouxte l'&cole et oiu vivent une
dizaine d'orphelins. M.M.B.

Info: www.afrikaert.hu


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


s

t

r



















< L'Europe doit tirer les lemons de


cette derniere catastrophe miniere ,


Trois mois apres la deferlante de
boues rouges, echappees d'un
reservoir de dechets de I'usine de
bauxite-aluminium MAL de Ajka, a
160 km a I'ouest de Budapest et
80 km du lac Balaton, le group
des Verts du Parlement europeen
reclame la mise en place d'une
'task force' afin de tirer les lemons
de cette catastrophe.








L e 4 octobre, a midi, une digue
du plus grand des bassins de
retention de boues residuelles
de l'usine MAL s'effondre lais-
sant s'echapper un flot de 700,000 m3
de boues rouges qui devaste Kolontar,
le village le plus proche, en submergeant
une dizaine d'hectares, detruisant egale-
ment des maisons de deux villages voisins.
Ces boues liquides, toxiques et corrosives
laissent derriere elles un lourd bilan : 9
morts, plus de 130 blesses et plus de 1.000
hectares de terres agricoles polluees, don't
4 sites du reseau europeen de sites naturels
Natura 2000.

Deficiences

Trois semaines apres la catastrophe, de
nombreuses questions restent ouvertes
nous explique a Kolontar Benedek Javor,
president de la commission du devel-
oppement durable au sein du Parlement
hongrois, accompagnant &galement sur
place Satu Hassi et Ulrike Lunacek,
deputies europeennes du group des
Verts. A commencer par le manque de
control et l'absence, apparemment, de
plans d'urgence adequats, sans computer
le faith que le reservoir en cause tait en
surcharge.

Autant de faits qui rappellent la catas-
trophe de la mine d'or de Baia Mare en
Roumanie qui, en 2000, avait diverse
des milliers de tonnes de cyanure dans la


tttonarement ae la aigue au reservoir ae Doues rouges � Marie-Martlne Buckens


Precipitation

La plateforme d'ONG environnementales
hongroise Levelog (ou 'clean air action
group' - CAAG) qui, depuis des annees
a denonce le manque de precautions
prises par I'entreprise MAL, et d'autres
en Hongrie, denonce la precipitation des
autorites hongroises. < II est beaucoup
trop t6t pour renvoyer les gens dans
leurs villages >, nous confiait fin octobre
Gergely Simon, chimiste environnemen-
tal du CAAG.

< Les gens ont ete renvoyes dans leurs
villages alors que les operations de
nettoyage sont loin d'&tre terminees.
Le risque d'inhaler des metaux toxiques
et des poussieres caustiques est encore


reel. En outre, les boues sont toujours
presentes sur les champs, autour des
villages >. Gergely Simon fustige en
outre le fait qu'aucune evaluation - du
moins connue du public - n'a ete faite
sur le contenu en arsenic - metal tries
toxique et cancerigene - des poussie-
res. De nombreuses questions restent
pendantes, pursuit le chimiste : < Le
pH (qui sert a mesurer la causticite et/
ou I'acidite, NDLR) des boues et des
poussieres a-t-il diminue ? Quelle est la
concentration en metaux des poussie-
res, sachant que ces dernieres peuvent
se disperser a plus de 30 km ? Qu'en est-
il de I'etat des rivieres ? >. Pour Gergely
Simon, les autorites hongroises auraient
dG appliquer en priority le principle de
precaution.


C u rrier































Tisza, le plus grand affluent hongrois du
Danube. Une catastrophe qui avait pousse
l'Union europeenne a adopter une direc-
tive encadrant la gestion des dechets des
industries extractives et une directive sur
la responsabilite environnementale. Or,
suivant les informations recueillies sur
place aupres de Zoltan Illes, Secretaire
d'etat hongrois a l'environnement, les
deux deputies estiment que < la mise en
muvre de ces legislation europeennes
a ete clairement deficiente en Hongrie
>. Dans une lettre ouverte envoy&e le
29 octobre au commissaire europeen
S1l'Environnement, Janez Poto nik, le
group des Verts du Parlement europ&en
estime que cette situation < n'est pas isolee
et que des problems similaires existent
vraisemblablement dans d'autres pays ,.

Inspections

Les Verts demandent a la Commission
europeenne l'envoi d'une 'task force',
comme elle l'avait faith au lendemain de la
catastrophe de Baia Mare. Le group par-
lementaire s'etonne par ailleurs qu'aucune
base legale n'ait encore ete approuvee pour
la mise en place d'un corps d'inspecteurs
environnementaux europeens. II demand
donc au commissaire de presenter une
proposition de directive qui permettrait
a 1'UE de mener des inspections dans
les Etats membres sur des sites don't les
activities pourraient avoir des effects trans-
frontieres.


o La mise en ceuvre des
16gislations europdennes a
6t6 clairement d6ficiente
en Hongrie ,

Pour l'heure, la moitie des habitants de
Kolontar, et des deux villages voisins,
chassis de leurs maisons detruites par les
flots de boue rouge, attendent d'etre relo-
ges par l'Etat hongrois. Mais qui paiera
in fine ces dommages, sans oublier la
pollution des champs agricoles qui, selon
un expert de l'Academie hongroise des
Sciences, rendra toute culture impropre
a la consommation, et pronant donc des
cultures industrielles a vocation energe-


A Devecser � Marie-Martine Buckens


tique ? Alors que le gouvernement a chiffre
l'ampleur des degats a 29 millions d'euros,
la compagnie a annonce qu'elle etait prete
a verser 5,5 millions d'euros aux habitants
touches, repartis sur cinq ans...

Principe du pollueur-payeur

Lors du debat en pleniere au Parlement
europeen quinze jours apres la catastro-
phe de Ajka, Kristalina Georgieva, la
commissaire europeenne a la coopera-
tion international, l'aide humanitaire


Les boues rouges oubli6es de
Guinee

La Guinee detiendrait le tiers des re-
serves mondiales de bauxite. Premier
producteur au monde, son mineral est
particulierement prise car tres riche en
alumine, le precurseur de I'aluminium.
Cette richesse naturelle est sa principal
source de revenue: en 2006, le secteur
minier lui a rapport 123 millions de do-
llars, soit presque autant que I'enveloppe
accordee par I'UE au titre de I'aide au
d6veloppement.


et reaction aux crises, s'etait interrogee
sur la portee reelle de la directive sur la
responsabilite environnementale, dans
la measure otu cette derniere n'impose pas
aux entreprises de garantie financiere. II
est donc temps, estiment les Verts, que
la Commission enforce cette directive.
Enfin, les deputies Verts demandent egale-
ment la revision de la listed classifiant les
dechets, dans la measure oiu cette listed ne
tient pas compete du fort taux d'alcalinite
des boues rouges. M.M.B.


A Fria, a deux heures de route de Co-
nakry la capital, I'usine Rusal-Friguia,
creee par le Frangais Pechiney en 1957,
et actuellement aux mains du group
russe Ruski Alumini contr8le par le
milliardaire Oleg Deripaska,, est I'une
des trois grandes usines d'aluminium du
pays. Depuis trois ans, les accidents se
succedent. Voici moins d'un an, et mal-
gre les travaux de soutenement, le grand
barrage de retention de boues rouges
de Dote a rompu une nouvelle fois, pro-
voquant un desastre ecologique sans
precedent. Dans I'indifference total.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010




























Une politique europ6enne



pour les Roms


Durant sa presidence europeenne, la
Hongrie entend mettre I'accent sur
I'integration des quelque 10 millions
de Roms europeens, trop souvent vic-
times de discrimination.A commencer
en Hongrie.


Question complex

Le gouvernement hongrois a depense
des sommes importantes -plus de 150
milliards de HUF (0,54 milliards d'euros)
au course des deux dernieres decennies
mais avec des resultats mitiges, estime une
etude publi&e par la Cour des Comptes en
2008. Cette derniere explique l'inefficacite
de ces measures par le faith qu'aucun gou-
vernement au pouvoir depuis les ann&es
1990 n'a reconnu que la problematique rom
etait une question complex. De plus, une


I Is sont 400.000 a 600.000 a vivre en grande parties des subventions n'&ait pas
Hongrie aujourd'hui. Faisant de la seulement distribute aux Roms, mais aussi
Hongrie le quatrieme pays d'Europe a d'autres groups sociaux en difficultY.
a abriter le plus grand nombre de
Roms, apres la Roumanie, la Bulgarie et Aujourd'hui, en Hongrie, 40% des jeunes
l'Espagne. Installees en Inde, lors de la Roms n'auraient pas acheve l'enseignement
vague de migration primaire, sans comp-
des peuples commen- o La question des Roms ne ter le fait que de nom-
cee au IIe millionaire breux enfants roms
avant notre ere, les doit pas 6tre instrumentalist sont regroups dans
tribus tsiganes quit- a des fins politiciennes o des classes speciales
tent l'Inde suite aux pour enfants attardes
attaques musulmanes menees contre les et difficiles. Une situation denoncee en
territoires qu'elles occupaient. Le term octobre 2010 par les experts du Comite des
tsigane apparait a l'epoque. Derive du mot droits de l'homme de l'ONU qui estiment
grec-byzantin atsinkanos significant "paria", que les Roms en Hongrie sont globalement
"heretique". victims de discriminationn" et de "mau-


Une denomination deji lourde de sens et
qui au fil des annees a pris une connotation
pejorative dans bien des pays d'Europe cen-
trale. Aujourd'hui, la communaute pref&re
le term de Rom qui signifie "Hommes"
en romani et qui repond a leur besoin de
reconnaissance. Est-ce le faith d'etre les
derniers nomades d'Europe qui explique
un tel rejet ? Pourtant, depuis la periode
communist, les Roms se sont pour la plu-
part, sous la contrainte, sedentarises. Dans
des conditions souvent pitoyables.


vais traitements".

Un rapport concomitant a la levee de bou-
cliers du Parlement europeen contre la
politique de rapatriement force des Roms
d'origine roumaine decidee par le pre-
sident francais Sarkozy. Mais attention,
"la question des Roms ne doit pas etre
instrumentalisee a des fins politicien-
nes", declarait en octobre la seule elue
d'origine rom du Parlement europeen, la
Hongroise du parti conservateur Fidesz,
Livia Jiroka, visant ainsi implicitement les


Marie-Martine Buckens


elus de gauche, liberaux et ecologistes qui
ont denonce la politique frangaise. Selon
Mme Jiroka, le scandal ne reside pas tant
dans le rapatriement de Roms vers leur
pays d'origine que dans le faith que "rien n'a
ete faith au course des dernieres decennies
pour attenuer l'extreme pauvrete" de cette
communaute. Les deputies europeens du
Fidesz -ainsi que d'autres parlementaires
conservateurs -ont souligne la necessity
d'une politique europeenne sur la question
des Roms.

Une question que le gouvernement hon-
grois a inscrite en tete de listed de ses prio-
rites au course de sa presidence de l'UE.
M.M.B.


C u rrier





















Le pere du


"nouveau


regard"



Martin Munkacsi, consider comme
I'un des pionniers du photojournal-
isme, adule de son vivant, meurt,
oublie et miserable, victim d'une
crise cardiaque en assistant a
un match de football a New York.
C'etait en 1963. II avait 67 ans. La
Hongrie rend hommage a I'un des
siens, pendant un an - d'octobre
2010 a septembre 2011 - au
Ludwig Muzeum, le musee d'art
contemporain de Budapest.


Martin Munkacsi: Enfants courant dans la mer, Liberia, 1930. courtoisle bld Ullstein


photographic des studios et la
mit en movement. Ce n'est
pas un hasard si sa carrier
debute par des photos d'une rixe morte-
lie. Photos qui permettent d'innocenter
l'accuse. Une carriere qui le m&ne d'abord a
Berlin ouI le march de la press est alors en
plein essor. Les journalists entretenaient
des contacts etroits avec la Hongrie. Deux
autres photographs hongrois s'y installment
egalement, et pas des moindres : Laszlo
Moholy-Nagy et Ernd Friedmann, alias
Robert Capa. Le beau et tenebreux Capa,
qui deviendra dans les annees 40 le plus
c&lebre des photographs de guerre, et un
des fondateurs de la premiere cooperative
independante de photojournalistes, la cele-
bre Agence Magnum.

"Pensez quand vous appuyez sur
le declencheur !"

A Berlin, Munkicsi travaille surtout pour
l'innovant Berliner Illustrirte Zeitung, ou
BIZ, don't le tirage depassait le million
d'exemplaires. I1 voyage. En 1930, il ram&ne
d'Afrique une photo qui faith sensation: Trois
enfants noirs courant dans la mer. Une photo
qui marque a jamais le grand photograph


francais Henri Cartier-Bresson. "Ce fut
cette photo qui provoqua l'etincelle en moi,
qui declencha le feu d'artifice. [...] J'ai subi-
tement compris que la photographic pouvait
atteindre l'eternite par l'instant. C'est la
seule photographic qui m'ait influence. I y a
dans cette image une telle intensity, une telle
joie de vivre, un tel miracle, qu'aujourd'hui
encore elle me fascine", ecrivait a Joan, la
fille de Munkicsi, le maitre de l'instantane
frangais en 1977.

o< J'ai subitement compris que
la photographic pouvait
atteindre 1'6ternit6 par I'instant ,


Le 21 mars 1933, il photographia la
Journee de Potsdam, quand le vieux pre-
sident allemand Paul von Hindenburg
passe le pouvoir a Adolf Hitler. Le BIZ
est control par les nazis. Kurt Korff,
redacteur en chef juif, s'exile aux Etats-
Unis, tout comme Munkicsi et nombre
d'autres collaborateurs du journal. Pour
Munkicsi c'est le debut de la gloire et de
la richesse. Le celebre Harper's Bazaar et
ensuite Life se l'arrachent. Il revolutionne


la photographic de mode en la sortant des
studios ; il impressionne par ses portraits
insolites des grandes stars hollywoodien-
nes et une serie sur la vie quotidienne des
Americains. M.M.B.

L'nigme hongroise

Bon nombre d'historiens ont tente,
sans succ6s, de comprendre pourquoi
I'Europe de I'Est, et singulierement la
Hongrie, ont genere tant de photogra-
phes talentueux. II y a bien sur ceux
qui, comme Munkacsi, mais aussi
Andre Kertesz, Robert Capa, Laszl6
Moholy-Nagy qui, dans la period de
I'entre-deux-guerres, ont emigre et sont
devenus celebres. Mais il y aussi ceux
qui, rests en Hongrie, ont su, malgre
leur isolement, imposer un style qua-
lifie par la critique 6trangere de "style
hongrois", inspire du pictorialisme, que
pratiquaient Rudolf Balog et Ern6 Va-
das dans leur pays.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010




























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L'elevage africain


se defend sur


echiquier


international


Le commerce du betail est en pleine croissance en Afrique. Puissant facteur d'integration regionale, il doit egale-
ment satisfaire aux normes sanitaires imposees par les pays importateurs, notamment les pays du Golfe. Sur ce
nouvel echiquier, un acteur incontournable, le Bureau interafricain des resources animals de I'Union africaine
(UA-BIRA) vient en aide aux pays d'Afrique pour defendre leurs interits.


Marie-Martine Buckens

La demand en viande ne faith que
croitre dans les megalopoles. Et
l'Afrique n'echappe pas a cette
regle. Ainsi, aux anciens circuits
Nord-Sud construits entire les zones pasto-
rales septentrionales et les zones littorales


plus peuplees, s'ajoutent de nouveaux
circuits horizontaux nes autour de la forte
demand nigeriane ou encore de l'urbani-
sation croissante des regions cotieres. Des
circuits facilities par la creation de zones de
libre-echange au sein d'entites regionales
comme 1'UEMOA en Afrique de l'Ouest,
la CEMAC en Afrique central, la SADC
en Afrique australe et le COMESA en
Afrique de l'Est.


Cette demand est encore en grande
parties remplie par l'apport des cheptels
africains mais aussi, et de plus en plus,
par l'importation de viande en prove-
nance d'Europe, des Etats-Unis, d'Ame-
rique latine, etc. Les importations de lait
suivent la meme tendance. Une ouverture
qui devrait s'accelerer au lendemain des
Accords de partenariats economiques
(APE) entire l'Union europeenne et les


C u rrier






























pays ACP. Par ailleurs, certain pays
africains, profitant de l'internationalisa-
tion croissante des marches, parviennent
a exporter. C'est le cas surtout de pays
de la corne de l'Afrique, qui fournissent
une part important des importations
d'animaux des pays du Golfe. Ainsi, en
2006, les pays de la Corne de l'Afrique
ont represented un tiers des importations
en ovins des pays de la Peninsule ara-
bique, qui constituent au total un march
de plus de 7 millions de tetes.

Valeur ajoutee

Dans ce march en evolution, les normes
sanitaires, de meme qu'une information
ad hoc, jouent un role fundamental pour
eviter de marginaliser certain eleveurs.
C'est dans ce cadre qu'intervient l'UA-
BIRA. "Notre role est d'offrir un appui
technique aux Etats membres de l'Union
africaine, soit directement, soit, et c'est
de plus en plus le cas, au travers des com-
munautes economiques regionales " nous
explique Alban Bellinguez, conseiller
technique au sein du Bureau interafricain
des resources animals, qui pursuit :
"nous travaillons sur le principle de la
subsidiaritye'. En aucun cas nous n'agis-
sons a la place des Etats. Nous appor-
tons une valeur ajoutee en travaillant sur
l'harmonisation des politiques nationals
et regionales et ceci, pour faciliter le com-
merce essentiellement."

"En outre, ajoute Simplice Nouala, res-
ponsable de l'unite Production Animale
au sein de l'UA-BIRA, nous sensibilisons
les acteurs, notamment via nos connexions
avec la FAO ou 1'OIE. Nous rassemblons
les informations et les diffusons". "Le
secteur souffre de sous-investissements
par rapport au produit interieur brut
des pays, souligne Alban Bellinguez, et
l'apport prive/Etat est disproportionne par
rapport a ce que cela apporte aux popula-
tions." Dans certaines regions d'Afrique
en proie aux conflicts, le Bureau apport
meme son appui pour remettre sur pied
les functions de l'Etat. "Dans certain
cas, comme en Somalie, nous pallions
meme a l'absence d'Etat", indique Alban
Bellinguez qui ajoute: "N'oubliez pas, la
sante animal est reconnue comme un
bien public mondial."


Participer a 1'elaboration des qui etablit des normes reconnues par
normes l'Organisation mondiale du commerce."

Outre ses functions de sensibilisation et Une politique qui permet aux pays afri-
d'information, le Bureau joue un role cains de s'approprier enfin le processus
cle dans les negociations internationales et de faire valoir leurs prerogatives. "Le
mettant en prise les acteurs du commerce. faith de parler d'une seule voix a un poids
"Nous aidons les pays de l'Union afri- considerable puisque au sein de 1'OIE
caine a participer activement a l'etablisse- c'est la regle d'un pays, une voix. Or
ment des normes. Jusqu'd maintenant ils l'Afrique, c'est 52 pays dans une organi-
les subissaient, ces normes etant surtout station qui compete 153 membres, pursuit
etablies par les pays le conseiller technique
du Nord" souligne de l'UA-BIRA. Dans
Alban Bellinguez qui o La sant6 animal est certain cas, nous
pursuit: "nous nous reconnue comme un bien nous sommes allies
reunissons reguliere- avec l'UE, ce qui nous
ment, parfois meme public mondial , permettait de rempor-
avec les experts euro- ter l'adhesion". Alban
peens, ce qui permet aux deux parties Bellinguez voit plus loin : "Notre poli-
de mieux comprendre leurs interets et tique pourrait servir d'approche pilote
problems respectifs. Nous preparons pour d'autres negociations, notamment
les pays de l'UA a parler d'une seule voix celles relatives au march du carbone"
au sein des instances internationales,
notamment au sein de 1'OIE, l'Organi-
sation mondiale pour la sante animal, Info : www.au-ibar.org


. --


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Betail au Niger a MarieMartine Buckens


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


^^^^^^^^^^^^^ Commerce^^





















































David Adjaye


Un des grands architects internationaux et Ghaneen


Hegel Goutier


I est en train de r6aliser des projects des
plus prestigieux et des plus cr6atifs et
innovants, la pharaonique restructu-
ration du ceur de la ville de Doha au
Qatar, le nouveau Smithsonian National
Museum of African American History
and Culture a Washington. II vient d'ache-
ver l'Ecole de management/Skolkovo de
Moscou qui devait, d'apres les exigences
du concours, "promouvoir une approche
novatrice et pratique du management, en
phase avec le context emergent en Russie
et ailleurs dans le monde."

La maison d'architecture Adjaye
Associates a pignon sur rue a Londres,
New York et Berlin. En 2000, les pro-


fanes l'ont d6couvert a travers le livre de
reference de l'&diteur Taschen sur les 40
grands architects anglais. Les experts
connaissaient d6ji ce talent pr&coce.
En 1993, a 26 ans, il &tait aureole du
prestigieux "First prize bronze medal"
de la RIBA Royal Institute of British
Architecture. Trois ans plus tard, il est
nominee au "Stirling". Le Guardian sou-
ligne qu'il r6alise ces prouesses a un age
ou la plupart des grands architects fai-
saient leurs debuts.

Adjaye est aussi un artiste. Ses projects
architecturaux sont exposes dans des
musees prestigieux. Aussi, il d6borde
de l'architecture et presente sa vision
de territoires entiers a travers la pho-
tographie, notamment en 2010, dans
Geo-graphics, exposition phare du festival
Afrique visionnaire du temple de l'art de


Bruxelles, le BOZAR, ou Urban Africa au
Design Museum de Londres. Il congoit
6galement des expositions en connivence
avec des artistes fameux: Your black hori-
zon, installation lumineuse avec Olafur
Eliasson ou The Upper Room, installation
autour des peintures de Chris Ofili au
Tate Britain.

Entretien avec Le Courrier

HG - Votre carrier a recemment
entame un virage. Alors que vous etiez
connu comme I'un des plus grands
architects au monde, maintenant
on vous consider egalement comme
un artiste et un conservateur d'ex-
positions d'art. Vous n'avez pas eu
besoin de beaucoup de temps pour
bdtir votre prestigieuse reputation
d'architecte. Voyez-vous architecture


Ceu rrier















comme un language, une forme d'art
ou autre chose ?

DA -L'architecture est un concept. Elle
est un language, une facon de developper
des structures qui disent quelque chose
sur la soci&et dans laquelle nous vivons.
J'ai choisi d'utiliser l'architecture pour
parler de mes idees et de la soci&et mais
aussi pour edifier la society. Pour moi,
l'architecture est un vecteur cultural.

Vous avez travaille a la fois pour
des personnel et des municipalities.
Avec qui avez-vous dialogue lorsque
vous avez concu le Stephen Lawrence
Centre, par example ?


different. Il y a une sorte de language
archetypal mais il se deforme toujours
selon le context, il subit les distorsions
dues aux different types de scenarios.

Etes-vous inspire par l'Afrique ?
D'aucuns disent que votre architec-
ture est multiculturelle.

Mon travail s'inspire completement du
continent. J'utilise les techniques les
plus adaptees. C'est pourquoi j'observe
la culture et les evolutions, quel que soit
le lieu d'emergence, car des idees qui
emanent d'Afrique pourraient trouver
leur application en Alaska. Ma source ori-
ginelle est toujours le continent africain.
Son riche potential


Tous mes clients, Doha se site encore a une explique que j'y
les plus prestigieux autre 6chelle carj'y concois la reviens constam-
comme les plus ment.
modestes, s'int- ville pas uniquement comme
ressent au develop- un project mais aussi comme un Quandvousendos-
pement de nouvelles phenomene sez votre rdle de
formes a l'interieur conservateur d'ex-
des soci&ets. Le batiment Stephen positions d'art, suivez-vous la mdme
Lawrence' est un example de ces formes approche pour organiser une salle
novatrices et le Bernie Grant Centre2 d'exposition que lorsque vous conce-
en est un autre, et c'est meme le cas du vez un bdtiment ?
Smithsonian a Washington. Je suis tries
inspire par l'emergence de nouvelles idees Oui. Tous les projects sur lesquels je
au sein des soci&ets. A mes yeux, l'archi- travaille reposent entierement sur le
tecture est un moyen de rendre concretes concept d'urbanite et, en particulier,
des differences. d'urbanite collective. Meme l'exposi-
tion Geo-graphics est monte comme
Le Stephen Lawrence Centre et le une scenographie de different contextes
Bernie Grant Art Centre emanent-ils urbains determines par la geographie du
de vos sympathies politiques ? continent.


Oui, en ce sens que je m'interesse a un
agenda sociopolitique car je consider
l'architecture comme un service. Si je
devais me definir d'un point de vue poli-
tique, je me verrais comme une sorte de
mecanisme de enforcement social.

Vos bdtiments ne se ressemblentpas.
En quoi consist la touche Adjaye ?

Vous avez raison. J'ai cette capacity&
de l'artiste qui reussit tout ce qu'il
entreprend et qui a donc le droit de
faire passer ses idees dans ses ouvres.
Celles-ci doivent repondre a des id&es
et a un context. C'est comme ga que je
concois l'architecture. J'ai mon propre
cabinet d'architectes, David Adjaye
Associates, mais ses ouvres emanent
de mes reponses, de mes points de vue
et questionnements intellectuals mais
aussi des debats et dialogues du moment.

II existed un lien entire trois de vos bdti-
ments : le Bernie Grant Art Centre,
au Royaume-Uni, le Centre du Prix
Nobel d Oslo, Norvege, et la Montauk
House, a Londres.

Oui, c'est exact. Si vous etes vraiment
observateur, vous verrez que les systems
que je deploie procedent de contextes


Que pouvez-vous nous dire de vos
projects les plus recent : l'Ecole de
management de Moscou, I'Elmina
College au Ghana et la restructuration
du centre de Doha ?

Tous ces projects representent la transition
operee par mon entreprise d'architecture,
qui est passee de projects a petite echelle a
de vastes structures urbaines. Le project a
Moscou est le premier de mes grands pro-
jets a avoir ete inaugure. L'ecole Elmina,
un important centre d'education, sera
probablement le second. Ce project au
Ghana compete beaucoup pour moi car
il marque mon entree sur le continent et
voit l'application d'une grande parties de
mes connaissances. Doha se situe encore
a une autre echelle car j'y congois la ville
pas uniquement comme un project mais
aussi comme un phenomene.





'Ouvert en fevrier 2008 A Deptford, dans le
sud-est londonien, le Centre porte le nom d'un
adolescent noir qui a ete poignarde A mort A
Londres 1993 pour un motif racial. Le Centre
favorite le developpement des jeunes des com-
munautes defavorisees.

'Inaugure en 2007 A Tottenham, Londres, le
Centre a ete baptise en hommage A la memoire
de Bernie Grant, ancien parlementaire britan-
nique d'origine guyanaise A qui l'on doit une
amelioration des chances offertes aux minorities
ethniques de Grande-Bretagne.


Project du Musee national d'histoire afro-americaine et de la culture, presented par Freelon Adjaye Bond /SmithGroup
� (AP Photo/ Jacquelyn Martn, File)


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


I Zoo













































Les nations pauvres



reprennent espoir a Cancun


Demi-victoire pour les pays en deve-
loppement a la conference des Nations
Unies sur les changements climatiques
qui s'est tenue a CancOn, au Mexique,
en decembre


Sonja van Renssen


Pour les pays en developpement,
les changements climatiques
appellent bien plus qu'un debat
theorique sur les objectifs de
reduction des emissions a l'horizon 2020 et
au-delL. Ces pays ressentent deji l'impact
destructeur de ces changements sur leur
environnement. Une augmentation de la
temperature d'a peine 1,5 degree Celsius
alors que tous les indicateurs convergent
vers une augmentation de plus du double
-reduirait d'un tiers le rendement agricole
en Afrique. C'est ce qu'a declare le chef
de la delegation africaine, Tosi Mpanu-
Mpanu, de la Republique Democratique
du Congo (RDC), lors d'un seminaire a
Bruxelles en octobre.

L'Afrique s'apprete a etre la plus grande
victim d'un problem qu'elle a le moins
contribute a causer. L'adaptation aux


changements climatiques est sa premiere
priority. Ce don't elle a avant tout besoin,
c'est d'un soutien financier ainsi que d'une
assistance technique et d'une aide au ren-
forcement des capacities. Au sommet de
Copenhague sur le climate, en decembre
2009, les nations riches ont promise de dega-
ger 30 milliards de dollars entire 2010 et
2012 et 100 milliards de dollars par an
a partir de 2020 pour aider les nations
pauvres a s'adapter aux changements cli-
matiques et a s'orienter dans la voie d'un
developpement a faible emission de car-
bone. La derniere conference en date des
Nations Unies sur le climate, qui a eu lieu
en decembre a Cancin, au Mexique, etait
censee concretiser ces engagements.

Le "Cadre de travail pour
adaptation de Cancuin"

Ce sommet a tenu ses promesses, d'une
certain facon. Les gouvernements ont
presented les premiers fonds de demarrage
rapide, ainsi qu'on les a appeles, et ont


C u rrier















promise une plus grande transparence a
leur sujet. Ils ont aussi cr&e le Fonds vert
des Nations Unies sur le climate, qui cana-
lisera la plus grande parties du financement
relatif aux changements climatiques. II
sera regi par un conseil d'administration
de 24 membres, oit seront represents sur
un pied d'egalite pays developpes et pays
en developpement.

Le "Cadre de travail pour l'adaptation de
Canc6n" permettra de mieux planifier
et mettre en muvre les projects d'adapta-
tion dans les pays en developpement, par
example par le biais de la creation d'un
processus qui aidera les pays les moins
developpes a laborer et appliquer des pro-
grammes nationaux d'adaptation. Les pro-
gres sur la voie de l'adaptation sont a l'ordre
du jour puisque le fonds d'adaptation cree
dans le cadre du protocol de Kyoto est
finalement tout a faith operationnel : son
conseil d'administration a approuve en
septembre le financement de deux pre-
miers projects, au Senegal et au Honduras,
a hauteur de 14 millions de dollars.

Canc6n a egalement port ses fruits sur le
front de la deforestation, des transferts de
technologies et du soutien au developpe-
ment des capacities.

La deforestation est a l'origine d'un cin-
quieme environ des emissions de gaz a
effet de serre et la reduction des emissions
resultant du deboisement et de la degrada-
tion des forgets (REDD) suscite beaucoup
d'interet dans les pays developpes, qui
pourraient en profiter pour reporter de
cofteuses reductions d'emission sur leur
territoire. L'idee du mecanisme REDD est
assez original puisqu'il s'agit de finan-
cer la deforestation evitee. Une certain
some d'argent sera attribute a ceux qui
protegeront les forgets, proportionnellement
aux quantities de C02 qui auraient ete
liberees dans l'atmosphere si elles avaient
ete detruites.

Les debats de Canc6n " Toutefois,
n'ont pas about sur la accomplissen
question de l'inclusion est peut-6tre c
de la foresterie dans les
marches du dioxyde de le sentiment
carbon, certes, mais ils Unies consti
ont permis d'avancer au ad hoc pour
sujet des principles de changement
la reduction des emis-
sions dans le secteur.
Ces initiatives de reduction doivent etre
suivies a l'echelle national, et non infra-
nationale, a-t-il par example ete convenu.
Une nouvelle fois, ces progress tombent a
point nomme, car les fonds commencent a
etre liberes : l'initiative Paris-Oslo creee le
printemps dernier, a laquelle participent les
Etats-Unis, la Norvege, le Royaume-Uni,
la France, l'Australie et le Japon, a permis
de debloquer a ce jour 4 milliards de dollars
pour la REDD, un budget provenant des
fonds de demarrage rapid.


l
q
t
s
s


Un nouveau fonds en faveur de
la biodiversity

On s'accorde de plus en plus a recon-
naitre que la perte de biodiversity est
une menace fondamentale pour notre
mode de vie et que sa preservation est
un moyen de faire face aux changements
climatiques: les ecosystemes en bonne
sante sont des ecosystemes resilients.
II est interessant de constater des lors
qu'a la Convention des Nations Unies sur
la diversity biologique qui s'est tenue a
Nagoya, au Japon, a la fin octobre, le


Toutefois, le plus grand accomplisse-
ment de Canc6n est peut-etre d'avoir faith
naitre le sentiment que les Nations Unies
constituent le forum ad hoc pour s'attaquer
aux changements climatiques. Avant ce
sommet, il semblait que des partenariats
bilateraux, tels que celui annonce par le
Royaume-Uni et l'Inde, pourrait rempla-
cer un accord mondial sur le climate, sans
toutefois favoriser la conclusion d'un tel
accord. "[Sans les Nations Unies,] des pays
comme le mien seraient laisses sur le bord
de la route", a averti M. Mpanu-Mpanu
a Bruxelles.

I1 reste que malgre tous ces accomplis-
sements encourageants, Canc6n laisse
de nombreuses questions sans response,
notamment celle de savoir dans quelle
measure les fonds de demarrage rapide
sont reellement "nouveaux" et "comple-
mentaires" des engagements deji pris. II
reste aussi a determiner avec precision d'oti
viendront les 100 milliards de dollars et
plus particulierement quelle part en sera
finance par le secteur public et par le
secteur prive.

Autre problem, la
e plus grand plupart des enve-
ent de Cancun loppes sur la table
'avoir fait naitre a ce jour sont desti-
nees a finance des
ue les Nations projects de reduction
uent le forum d'emissions et non
'attaquer aux des projects d'adap-
climatiques - station. L'Institut
international pour
l'environnement et le
developpement a calcule que moins d'un
cinquieme des engagements financiers
pris dans le cadre des fonds de demar-
rage rapid concern les projects d'adap-
tation, alors que le texte principal adopted
a Cancun place les deux axes sur un pied
d'egalite. Enfin, citons le problem de
l'identification des pays en developpement
qui sont "particulierement vulnerables"
et qui meritent a ce titre le soutien le plus
important.


Fonds pour I'environnement mondial (qui
finance des projects environnementaux
dans les pays en developpement), la
Banque mondiale et I'Union internatio-
nale pour la conservation de la nature
ont cree le nouveau fonds "Save Our
Species" (SOS), d'ores et deja dote
de plus de 10 millions de dollars. Ces
instances appellent les entreprises a
contribuer a la mise en place du plus
grand fonds mondial pour la conserva-
tion des especes d'ici 2015. Ce fonds
financera des projects de conservation
sur le terrain.action.


Nouveau trait mondial sur le
climate

Ces questions sont celles auxquelles il fau-
dra trouver une reponse au course des pre-
paratifs de la prochaine grande conference
des Nations Unies, qui devrait se tenir en
decembre 2011 en Afrique du Sud. C'est
1 que le monde entier espere reussir ce
qui a echoue a Copenhague : un nouveau
trait mondial sur le climate. La possibility
d'un nouvel engagement dans le cadre du
protocol de Kyoto n'est pas a exclure.

Ce ne sont pas seulement des Etats-Unis
attentistes ou la conjoncture economique
qui ont empeche la conclusion d'un accord
jusqu'ici 1'UE a insisted sur le fait qu'elle
voulait un accord "equilibre". L'UE l'a dit
lors des preparatifs de Canc6n et le redira
lors des preparatifs de la conference en
Afrique du Sud. Ce qui signifie des progress
sur tous les fronts. Les engagements que
l'Europe a pris envers le monde en deve-
loppement en matiere de financement et
de technologies doivent se doubler d'enga-
gements de la part de gros producteurs
d'emissions tels que la Chine et l'Inde.
Des progress ont ete accomplish sur ce front
a Canc6n, ainsi qu'en attestent les enga-
gements des gros producteurs d'emissions
et l'objectif de limiter a deux degres la
hausse de la temperature inscrit pour la
premiere fois dans un document official des
Nations Unies. Les economies emergentes
ont egalement ouvert la voie au respect
des indicateurs mesurables, notifiables et
verifiables.

Les choses changent. Cancin a permis
d'accomplir des progress, car les negocia-
teurs n'y sont pas venus en quete du Graal,
un accord mondial. Quelques dossiers ont
about, pas tous. En fin de compete, le tris-
tement c&lebre "rien n'est decide tant que
tout n'est pas decide" reste d'actualite.
Les nations en developpement ont repris
espoir a Cancun, mais tous les regards se
tournent maintenant vers l'Afrique du Sud.
Et pendant ce temps, le climate continue
de changer.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


I De la Terv








































< SeCUrite ,, maitre-mot


lors de I'Assemblee ACP-UE


La security alimentaire, I'insecurite au
Sahel et I'insecurite climatique, ont ete au
centre des discussions de la 200 session
pliniere de I'Assemblee parlementaire
paritaire ACP-UE qui s'est deroulee du 2
au 4 decembre a Kinshasa (RD Congo)
et rassemblait plus de 450 deputies de
110 pays.


Marie-Martine Buckens



- comme la liberty de la
press, les mineraux, sources
de conflicts en RDC, la mor-
talite infantile et les elections en Cote
d'Ivoire - ont egalement ete discutes par
les 78 deputies europeens et 78 deputies
des pays d'Afrique, des Caraibes et du
Pacifique membres de cette Assemblee
charge d'assurer le control parlementaire
de la politique europeenne de develop-
pement.

Le choix de la capital de la Republique
democratique du Congo pour tenir cette
session a ete salute par le Belge Louis
Michel, co-president de 1'APP aux c6tes
du Zambien David Matongo: < Je pense


energies renouvelables. Or, le potential de
l'Afrique est enorme et seuls 7% du potential
hydraulique et 1% de la geothermie sont
actuellement exploits.

Security


Les deputies de l'Assemblee ACP-UE
que la RDC a gagne beaucoup au course de ont par ailleurs < lance un appel a 1'UE
cette session, beaucoup en credibility et en et a la communaute international a se
image aussi. Les parlementaires europeens mobiliser pour lutter contre l'insecurite
et africains ont bien senti que quelque croissante au Sahel suite a la recrudes-
chose s'est passe dans ce pays, a la fois cence des activities de la branch maghre-
sur le plan economique, bine d'Al-Qaida
social, politique et demo-ue c e dans cette zone peu
cratique . La lutte cntre e peuplee et propice
r6chauffement climatique aux trafics (dro-
Climat exige des decisions a la fois gues, armes et etres
De son c , le president courageuses et responsables , humans) >.
De son cote, le president
de RDC, Joseph Kabila, Au sujet de la secu-
a tenu r rappeler a l'ouverture de la session rite alimentaire, l'Assemblee a rappele < le
que la majority des Etats ACP sont parmi caractere inalienable et universal du droit a
les moins contributeurs aux emissions de l'alimentation, mis a mal par la speculation
gaz a effet de serre, ajoutant: < le caractere sur les cereales et d'autres denrees alimen-
asymetrique de la situation en terms de taires �, et demanded a la Commission, aux
responsabilite dans le rechauffement de la Etats europeens et a ceux des pays ACP
planet et l'exposition a ses consequences de cooperer < etroitement � et de prendre
est moralement unacceptable, politique- des < measures concretes ,.
ment et economiquement insoutenable. II
exige des decisions a la fois courageuses et Enfin, s'agissant des negociations en course
responsables >. sur les Accords de partenariats economiques


Un rapport adopted a Kinshasa par les depu-
tes de 1'APP estime que le transfer des tech-
nologies a faibles emissions de carbon vers
les pays les plus vulnerables, et notamment
ceux de 1'ACP, est < un element-cle a toute
response international , pour lutter contre
le changement climatique. Le rapport note
que seul 0,2% de l'aide europeenne actuelle
est consacree a des investissements vers les


(APE), le commissaire europeen au com-
merce, le Belge Karel De Gucht, a appele
a un partenariat < solid et mature > entire
1'UE et les ACP. < Le partenariat signifie
aussi que 1'UE aidera les partenaires ACP
Srenforcer leurs capacities institutionnelles
et productive �, a-t-il ajoute (lire egalement
l'interview du commissaire dans le Dossier
sur les APE).


Cu r r i e r


P~BIWO~





Interacion


L'UE appuie le processus



democratique en RD Congo


L'Union europeenne a decide de mettre
en place un programme de soutien par-
lementaire en Republique democratique
du Congo (RDC). Priority sera donnee a
la formation des elus et a I'administration,
ainsi qu'a la rehabilitation de batiments,
souvent vetustes.



L e programme devrait etre
lance dans le courant du pre-
mier trimestre 2011 �, nous
explique Lena Veierskov,
responsible egalement des programmes
d'appui a la decentralisation et aux elec-
tions au sein de la delegation de 1'UE
a Kinshasa. Un programme pilot car
il se concentrera sur deux des onze
provinces que compete le pays: le Nord-
Kivu et la province de Kinshasa (la plus
petite mais qui concentre plus de 10%
de la population estimee a 60 millions
d'ames).

Formation et rehabilitation

Le programme, lance a moins d'un
an des elections en RDC, est dote de
cinq millions d'euros. Certains aspects
devraient etre pris en charge par le pro-
gramme d'appui a la decentralisation,
lance en parallele, et dote lui de 15 mil-
lions d'euros. < Nous prevoyons un volet
important pour la rehabilitation des
infrastructures, y compris les batiments
lies aux Assemblees provinciales >. Ces
dernieres ont vu le jour au lendemain


A Kinshasa, en face du "Palais du Peuple" (Parlement) OMarie-MartineBuckens


des accords de fin de guerre signs a
Sun City (Afrique du Sud), debouchant
sur la nouvelle Constitution congolaise
de 2006. Ils sont le reflet de la decentra-
lisation prevus dans ces memes accords,

Si un volet 'materiel' est egalement envi-
sage - comme la creation d'un cybercafe
pour le Senat, ou une salle de formation
informatique de l'Assemblee national,
construite en 1960 par les Chinois -le
cour du programme vise essentielle-
ment la formation des elus. Les elus en
place actuellement, ainsi que les futurs
elus, puisque les elections presiden-
tielles et legislative sont prevues en
novembre 2011, et devraient etre suivies
des elections provinciales et locales.
< Nous adapterons le volet formation


des elus en function des dates exactes
des elections ,, ajoute Lena Veierskov,
qui pursuit: d beaucoup des nouveaux
deputies seront vraisemblablement sans
experience; nous prevoyons des forma-
tions leur expliquant leur role, leurs
responsabilites vis-vis des electeurs,
des seminaires et des contacts avec
des parlementaires d'autres pays >. Le
programme vise tant les parlementaires
(actuellement au nombre de 500, don't
42 femmes) que les senateurs (108
don't cinq femmes). < Nous prevoyons
egalement, ajoute-t-elle, la formation
du personnel administratif; un volet
important car cela permet de creer une
memoire institutionnelle >. M.M.B.


Un soutien necessaire

<< Le programme mis en place par 'UE est depute, c'est la formation. Nous ne sommes Jean-Lucien Bussa, 48 ans, compete se


necessaire > nous dit d'emblee Jean-Lucien
Bussa Tongba, depute national et membre
du MLC, parti de I'opposition.

<< II est necessaire que nous puissions tra-
vailler dans des conditions idoines, disposer
de sales et d'une logistique suffisante. Et je
ne parle pas des Assemblees provinciales,


pas tous au m6me niveau. Le programme
doit permettre de partager nos experiences
avec les autres, et permettre de niveller par
le haut la quality des elus >. Dans ce cas
la, a nouveau, les besoins les plus criants,
estime-t-il, sont au niveau provincial: < bien
souvent, les deputies n'ont pas conscience
qu'ils ont requ mandate du people et qu'ils


representer, en < bonne position > aux
prochaines elections. Aujourd'hui, il est
vice-president de la commission Econo-
mie-Finances du Parlement, qui d'ailleurs
est soutenu par I'UE a travers une serie des
formations en 2011 qui vise a renforcer la
connaissance macro-economique et la ges-
tion des finances publiques des membres


oCi bien souvent les chaises manquent >. < ne sont pas la pour servir de caisse de du comite et leurs assistants
Mais ce qui est plus important, pursuit le resonnance du parti >>.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010





















R6forme agraire: le cas


exemplaire de la Namibie


En Namibie, le recourse a des technologies appropriies permet d'accelerer sensi-
blement le processus complex de la reforme agraire. L'utilisation combinee de
techniques de pointe en matiere d'information et de communication et de systems
d'enregistrement foncier innovants a permis d'obtenir des resultats impressionnants.
Ces rsultats ont notamment profit aux petits paysans, qui savent qu'ils disposent
dorenavant de terres qu'ils peuvent cultiver et sur lesquelles ils peuvent vivre.


Julianne Breitenfeld *



Lacces a la terre est important
Spour la survive de nombreuses
personnel dans les pays en
developpement. Pour proteger
durablement les droits fonciers des popu-
lations rurales, il est souvent necessaire de


proceder a une reform du regime de pro-
priete. Une telle reform peut necessiter
une amelioration des regles coutumieres
d'acces au foncier dans les zones en ges-
tion collective, ou une redistribution des
terres d'un group a l'autre dans d'autres
zones.

Pour proteger les droits aux terres com-
munautaires, il faut etablir et tenir a jour


Une journee historique: les premiers certificates sont remis aux petits agriculteurs par Alpheus Naruseb, le ministry
namibien des Terres et de la reinstallation le 30 Juin 2008. A gauche: le sous-secretaire du minister Shipena Hannu,
3eme a gauche: Dr.Elisabeth Pape, chef de la delegation de I'UE a Namibie �CE


un cadastre precis de routes les parcelles,
des gens qui les utilisent et des details rela-
tifs a ces droits. C'est ce que l'on appelle
l'enregistrement foncier, une activity qui
se traduit par l'etablissement d'un registre
contenant des cartes et des ecrits conser-
ves en security et respects en tant que
documents legaux.

Supprimer les inegalites

En Namibie, 52% des terres agricoles
sont delimitees, cadastrees et destinies a
un usage commercial en pleine propriety,
tandis que les 48% restants sont en gestion
collective et partages par des individus
titulaires de droits fonciers elementaires.
Plus de la moitie de la population de la
Namibie (2 millions d'habitants) vit de
l'agriculture de subsistence et ne dispose
que de droits precaires dans ces zones
communautaires. De telles inegalites,
doublees de disparities dans la reparti-
tion des droits fonciers, necessitaient un
programme public de reform agraire.

Fidele a sa politique de soutien a l'eco-
nomie des pays les plus pauvres, I'UE a
prevu, dans le cadre de son Programme de
reduction de la pauvrete rurale en Namibie
(RPRP, dote de 53 millions d'euros), un
montant de 3,5 millions d'euros pour sou-
tenir la reform agraire entreprise par le
gouvernement namibien. Selon Elisabeth
Pape, chef de la Delegation de l'UE a
Windhoek, deux facteurs important ont
joue dans cette decision de l'UE : tout
d'abord, la volonte du gouvernement nami-
bien de suivre un processus de reform
agraire structure et ordonne, et, ensuite,
le faith que les representants du secteur
agricole commercial reclamaient eux aussi
des measures de reform agraire pour les
terres en propriety libre.

Vers plus de s6curit6

Au fil des decennies, le flou entourant les
terres en gestion collective avait about
a une insecurity quant a la legitimite de
l'acces a la terre et des droits fonciers. Des
veuves et des orphelins se retrouvaient
ainsi parfois prives des terres laissees par
leurs epoux ou parents decades. La Loi


Cu r r i e r


Interactions ^^^^^^^^





Interacion


de reforme des terres communautaires
de 2002 a mis fin a cette insecurity en
codifiant l'egalite des droit d'acces et la
security de la propri&et fonciere dans les
zones communautaires. Cette loi a egale-
ment servi de base legale pour les progress
techniques realises en matiere de cadastre
et soutenus par le RPRP des son lance-
ment en 2005. Ce travail, realise par le
Minist&re des terres et du repeuplement en
&troite collaboration avec la cooperation
bilaterale allemande, a pu etre accompli a
un rythme accelere grace aux technologies
de l'information et de la communication.

Selon Elisabeth Pape, la mise en muvre du
nouveau system d'enregistrement foncier
dans les zones communautaires a ete un
facteur cle de la reussite du RPRP, un avis
partage par Hannu Shipena, vice-secretaire
du Minister des terres et du repeuplement
: "L'enregistrement foncier est la piece mai-
tresse du RPRP. C'est sous ce programme
que nous avons enregistre le plus grand
nombre d'inscriptions foncieres."

Vues du ciel

Le processus mis en muvre par le RPRP
pour l'enregistrement massif de parcelles
utilise la photographic aerienne nume-
rique. L'UE a mis 2 millions d'euros a
la disposition de la Namibie pour qu'elle
puisse acquerir et traiter plus de 30.000
photos aeriennes a haute resolution cou-
vrant, dans le nord de
la Namibie, un terri-
toire plus vaste que le < Une refo
Royaume-Uni. est coOteusE
pas de r
Une fois imprimees,
les photos aeriennes investissem
sont presentees aux
villageois afin qu'ils tracent les contours
de leurs parcelles. Selon M. Robert
Ridgway, Conseiller du RPRP en reform
agraire aupres du Ministere des terres et
du repeuplement, "en 2008-2009, cette
technique a permis a deux equipes de ter-
rain d'etablir les plans de 20.000 parcelles
et de delivrer les certificates d'enregistre-
ment necessaires." M. Shipena espere
pouvoir delivrer 240.000 certificates de
propri&et fonciere aux ayants droit.


r

e


Un systeme coherent unified

Le RPRP s'est 6galement attache a ame-
liorer le registre des actes du Ministere,
ou plus d'un demi-million d'actes sur
support paper sont conserves dans de
pietres conditions. Les informations
qu'ils contiennent ont une importance
legale mais ont parfois de plus de 100
ans. Le RPRP a donc propose une aide
technique au Ministere afin d'informa-
tiser ces donnees. A terme, les certificates
de propri&et fonciere relatifs aux terres
communautaires
seront incorpores au
'me agraire registre des actes, qui
et ne product devrait constituer la
tours sur base d'un system
d'information fon-
ent rapides , ciere coherent au
niveau national. A
l'heure otu le RPRP arrive a son term,
Hannu Shipena se montre satisfait :
"Nous avons atteint les principaux
objectifs que nous avions fixes avec le
Minister debut 2006."

Continuity

"Une reform agraire est couteuse et ne
produit pas de retours sur investissement
rapides", avertit toutefois Robert Ridgway.


Un appui technique et des fonds etran-
gers resteront necessaires. Mais d'autres
sources d'aide sont prevues. C'est ainsi
que le Fonds du millionaire pour la
Namibie, un programme finance par le
gouvernement americain, a lance un project
de soutien d'une valeur de 9 millions de
dollars axe sur les terres communautaires,
tandis que les agencies de d6veloppement
GTZ et KfW, ainsi que la cooperation
espagnole, ont faith savoir qu'elles conti-
nueraient a soutenir la reform agraire.

Elisabeth Pape est satisfaite des resul-
tats du RPRP : "Nous avons contribute a
jeter les bases des futurs programmes de
reform agraire en Namibie." De son cote,
Hannu Shipena est certain que "de nou-
veaux bailleurs de fonds, comme le Fonds
du mill6naire, s'inscriront dans le par-
fait prolongement de l'action du RPRP."






*Julianne Breitenfeld a A son actif 11 ans d'expe-
rience en tant que journalist en Allemagne, et
compete egalement 11 ans d'experience dans le
domaine du developpement international. Elle
a aujourd'hui sa propre society de consultance,
& Windhoek.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


, . . '





Interactions


R6adapter le partenariat


entire I'UE et I'Afrique


Comment consolider le partenariat IT
strat6gique entire I'Union europeenne
et I'Afrique? La Commission europeenne
s'efforce de repondre a la question dans
sa communication, public le 10 novem-
bre, sur "La consolidation des relations
UE-Afrique- 1,5 milliard d'individus, 80
pays, deux continents, un avenir".


Anne-Marie Mouradian
Anne-Marie Mouradian


de ce partenariat unique, les
relations entire les deux conti-
nents, selon le document,
sont passes d'une approche de simple
donateur-beneficiaire a une coop&ra-
tion d'egal a legal otu les problems sont
affronts ensemble, en tenant compete
des interets des deux parties. Mais les
nouveaux d6fis mondiaux, tels que la
crise economique, les retards dans la rea-
lisation des Objectifs du Millenaire pour
le d6veloppement, la crise alimentaire,
le changement climatique, l'emergence
de nouveaux donateurs, et 6galement,
le nouveau cadre institutionnel de 1'UE,
exigent que ces relations soient readap-
tees. La Commission europeenne a, dans
le meme temps, lance un livre vert qui
ouvre des consultations sur l'avenir de la
politique europeenne de developpement.

Chef de file sur ces deux dossiers, Andris
Piebalgs, le Commissaire charge du
developpement, a souligne la necessity
de recentrer les efforts. La croissance
economique, la creation d'emplois et
l'investissement, la paix et la security,
la security alimentaire et l'energie seront
des domaines plus que jamais priori-
taires.

"Ilfaut", insisted Andris Piebalgs "faire
en sorte que les progres realises en Afrique
touchent un plus large eventail de popula-
tion". "Chaque famille africaine devrait,
dans 20 ans, avoir accds l'electricite."


Une aide qui mise sur la crois-
sance economique

Dans la prochaine decennie, l'objectif
sous-jacent de l'aide au d6veloppement
sera de servir de moteur pour favori-
ser la croissance don't l'impact est plus
important en terms de reduction de
la pauvrete que l'APD. Autrement dit,
si les flux financiers restent indispen-
sables, l'Afrique a moins besoin d'aide
"classique" - qui ne suffira jamais a elle


seule a sortir des millions de personnel
de la pauvrete - que d'une aide ciblee
visant a renforcer sa capacity a genrer
la croissance -, analyse la Commission
europeenne A deux conditions: que cette
croissance soit equilibr&e, socialement
equitable, permette de reduire les inega-
lites et d'ameliorer les services de base et
qu'elle soit durable, autrement dit qu'elle
developpe des economies competitives et
respectueuses de l'environnement.


Cu r r i e r





Interacion


I neaire ae aanse rkA I Uh par haymona ularlsse - courrolsle haymona ularlsse
Une autre priority est le partenariat pour la paix et la security


Le pontArmando Guebuza, nouveau pont sur le fleuve Zambeze au
Mozambique construit avec le soutien de I'UE. avec la permission du gouvernement
du Mozambique


Certains observateurs voient une appa-
rente contradiction entire la volonte de
l'Europe de renforcer sa cooperation
economique avec l'Afrique, face aussi a
la presence de plus en plus forte de pays
emergents comme la Chine, et l'impasse
actuelle des negotiations pour des accords
de partenariat economique UE-ACP. La
question des APE, qui continent de ren-
contrer de fortes reticences de la part de
nombreux pays africains, a domine le
dernier conseil des ministres ACP.


Pour assurer leur developpement econo-
mique, les pays africains ont besoin de sta-
bilite, d'administrations publiques saines et
de gouvernements responsables qui rendent
compete de leurs actes, d'ou l'importance
des questions relatives a la governance
(int&rieure et internationale, insisted la
Commission europeenne. Contribuer, par
example, a ameliorer l'efficacite du minis-
tere de la sante d'un pays peut s'averer plus
profitable au niveau global, que finance la
construction d'un hospital aux resultats plus
tangibles aux yeux du public.

Autre dossier prioritaire: le partenariat
pour la paix et la security. Europeens et
Africains doivent renforcer leurs efforts
conjoints face aux nouvelles menaces telles
que le terrorism, la piraterie et differentes
formes de trafics, note la Commission.


Des preoccupations partagees par la
Haute Representante pour la Politique
exterieure qui a assure, debut novembre,
devant la commission du developpement
du Parlement europeen, que: "le renforce-
ment et l'approfondissement des relations
entire l'UE et l'Afrique sont une priority
cle de mon mandate. L'Afrique n'est pas
seulement un beneficiaire de l'aide euro-
peenne mais un important partenaire sur
nombre de questions regionales et inter-
nationales majeures d'interet commun
comme la security regionale".

Cooperation au developpement
et politique exterieure

Pour Catherine Ashton, la Corne de
l'Afrique, "la region la plus dangereuse
du continent", requiert une attention par-


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


_� _ I












ticuliere. Outre ses operations navales novembre. Mais en response aux questions
avec l'OTAN, efficaces mais insuffisantes de deputies europeens, Catherine Ashton
pour mettre fin a la piraterie qui menace a estime que "il n'y aura pas de conflicts
le traffic maritime sur entire nous" et assure
le canal de Suez, I'UE qu'Andris Piebalgs
y pursuit depuis avril L'Afrique a moins besoin et elle, collaboreront
2010 une mission de d'aide "classique" - qui ne surles objectifs strate-
formation des forces suffira jamais a e/le seule giques et la meilleure
de security du gou- faaon d'utiliser leurs
vernement soma- a sortir des millions de resources.
lien de transition en personnel de la pauvret6 -
Ouganda. La strat&- que d'une aide ciblee visant Al'issue de sa consul-
gie UE-Afrique lie station sur lavenir du
cooperation au deve- a renforcer sa capacity a developpement, M.
loppement et objec- g6n6rer la croissance Piebalgs entend, de
tifs prioritaires de son cote, presenter en
politique exterieure, avec une question 2011 les grandes lignes d'une "politique
recurrente: comment se repartira le travail europeenne de developpement moder-
entre le Commissaire au developpement nisee". Le livre vert lance la reflexion
et la Haute Representante? Le Service autour de quatre questions et objectifs
europeen pour l'action exterieure (SEAE) principaux : comment garantir la mise en
n'etait pas encore operationnel lors de la ceuvre d'une politique de developpement a
presentation de la communication du 10 fort impact, apte a garantir notamment que


chaque euro defense genre la meilleure valeur
ajoutee et le meilleur rapport cout-resultats;
comment favoriser une croissance plus forte
etplus inclusive dans les pays en developpe-
ment; comment promouvoir le developpement
durable et comment atteindre des resultats
durables dans le domaine de l'agriculture et
de la security alimentaire.'

La consultation, qui se tiendra du 15
novembre au 17 janvier 2011, est ouverte
a toute parties interessee: particuliers,
organizations, pays de l'UE et des par-
tenaires en developpement. Le degree de
participation de la soci&et civil des deux
continents representera, a cet regard, un
test important.

Le livre vert intitule #La politique de developpe-
ment de 1'UE en faveur de la croissance inclusive
et du developpement durable Accroitre l'impact
de la politique de developpement de 1'Union
europeennew est public sur le site internet de la
Commission (http://ec.europa.eu/yourvoice/).


Seychelles:


une plateforme Sud-Sud



Les Seychelles offrent des pos- tourism, avec ses voisins de l'ocean Indien
sibilites d'investissement dans Madagascar, Maurice et la Reunion
ses secteurs traditionnels -la et offrir aux investisseurs une base pour
peche, le tourism et les services les changes commerciaux avec les pays
offshore -mais aussi asiatiques, a explique
dans de nouveaux sec- Peter Sinon, ministry
teurs comme la ges- Air Seychelles illustre bien de l'Investissement,
tion et le recyclage des /a capacity du pays a stimuler des industries et des
dechets, I'agriculture la cooperation Sud-Sud resources nature-
de pointe, les services lles des Seychelles.
medicaux specialists Air Seychelles illus-
et l'aide aux investissements. C'est ce tre bien la capacity du pays a stimuler
qu'a explique Sherin Renaud, directrice la cooperation Sud-Sud, a affirmed pour
generale du Bureau d'investissement sa part David Savy, president executif
des Seychelles, lors du premier forum d'Air Seychelles. Air Seychelles est l'un
des investissements du pays organism a des cinq transporteurs subsahariens ope-
Bruxelles du 20 au 22 octobre. D'ici 2017, rant des vols long courier et desservant
cet archipel de l'ocean Indien de 115 iles notamment Paris, Londres, Rome, Milan,
espere attirer deux fois plus de touris- Singapour et Chennai. En outre, en parte-
tes qu'aujourd'hui. L'objectif : 360.000 nariat avec Air Mozambique (LAM), elle
visiteurs par an, depensant chacun 250 opere egalement des vols entire Maputo
dollars par jour. et Lisbonne avec ses propres avions et
equipages. "De formidable perspecti-
Idealement place ves s'offrent ainsi a Air Seychelles, qui
pourrait ainsi desservir d'autres pays
"Au beau milieu de nulle part" : ce pays est d'Afrique, en partenariat", se rejouit
idealement situe pour developper des par- David Savy. D.P.
tenariats, notamment dans le secteur du


Encore beaucoup de possibilities pour I'investissement
touristique aux Seychelles CH Gouber


C u rrier


Interactions ^^^^^^^^





Interacion


Une vision de I'UE


pour le Pacifique



Le premier pas vers la creation d'un reseau de recherche pour le Pacifique au sein
de I'UE, visant a porter un regard frais sur les decisions a prendre en matiere de
politique social, d'egalite des sexes, de changement climatique, de security et
de stability, a ete franchi en reunissant une assemblee d'universitaires europeens
a Bruxelles le 22 novembre.


Laleia, E Timor H Goutler


SL e Pacifique est important
pour nous : avec moins de
10 millions d'habitants,
il represent 13 votes aux
Nations Unies, qui peuvent s'ajouter aux
27 de l'UE pour former un bloc permet-
tant de defendre un agenda commun", a
declare Ranieri Sabatucci, responsible de
la region Pacifique au sein de la Direction
generale du Developpement (DG Dev)
de la Commission europeenne. La region
dispose aussi d'un tresor de biodiversity,
de poisson et de minerals.

L'evenement "European Research and
External Action: Together in the Pacific"
("Recherche europeenne et action exte-
rieure : ensemble dans le Pacifique") a
mis en evidence certaines recherches
en course dans les institutions univer-
sitaires de l'UE et, plus largement, au
sein de l'Association europeenne de
libre-echange (AELE), qui comprend
notamment la Norvege, ou l'Universite
de Bergen est l'un des principaux centres
de recherche sur le Pacifique en Europe.

"Nous sommes enchants de pouvoir
renforcer la visibility de notre travail.


Nos recherches etaient souvent denuees
de tout agenda politique", a declare Sue
Farran de l'Universite de Dundee en
Ecosse. Plusieurs colleagues universi-
taires s'accordent a reconnaitre que les
chercheurs europeens peuvent explo-
rer leurs idees plus librement que leurs
homologues en Australie ou en Nouvelle-
Zelande, pays qui dominant la region
par leurs politiques etrangeres. Environ
17 institutions universitaires de l'UE
travaillent sur le Pacifique actuellement.

Les iles independantes du Pacifique
adherent a l'Accord de Cotonou entire
les pays d'Afrique, des Caraibes et du
Pacifique (ACP) et l'UE1, tandis que
d'autres sont soumises a l'accord de
cooperation de l'UE avec ses pays et
territoires d'outre-mer (PTOM)2. L'UE
est represented dans la region par 100
personnel travaillant dans cinq dele-
gations.

A la maniere du Pacifique

"Nous souhaitons career une vision realiste
ensemble", a declare Thierry Catteau,
un fonctionnaire de l'unite en charge


du Pacifique au sein de la DG Dev, aux
scientifiques reunis. II a explique que
l'UE souhaite forger des politiques qui
comprennent et respectent pleinement les
modalites de prise de decision specifiques
au Pacifique, y compris les traditions cou-
tumieres. "Le Pacifique a l'une des eco-
nomies de subsistence les plus resistantes
du monde. Les resources appartiennent
a des membres de la population locale", a
faith remarquer Edvard Hviding de l'Uni-
versite de Bergen.

Le congress a deji apporte de nouveaux
points de vue, notamment une approche
different en matiere de violence a l'egard
des femmes. D'apres une note de discus-
sion de l'UE, prepare en vue de l'eve-
nement a Bruxelles, routes les nations
du Pacifique, sauf le Tonga, adherent a
la Convention sur l'elimination de routes
les formes de discrimination a l'egard
des femmes (CEDAW), mais les taux de
violence familiale restent eleves dans toute
la region. Sur la base de ses travaux per-
sonnels sur la diversity des sexes dans des
populations urbaines de Port Moresby en
Papouasie Nouvelle Guinee, Tony Crook,
de l'Universite de St Andrews en Ecosse, a
suggere que les niveaux eleves de violence
familiale seraient peut-etre lies a des dis-
putes familiales, plutot qu'd des violence
entire hommes et femmes.

Des fonds seront peut-etre degages par le
septieme, puis le huitieme programme-
cadre (7e PC : 2007-2013) de l'UE pour
la recherche, en vue de finance les
recherches universitaires concernant le
Pacifique. Des informations a ce sujet
devraient etre disponibles bient6t sur un
site web dedie au Pacifique, qui heber-
gera aussi des documents sur des sujets
regionaux, issues de recherches menees
dans toute l'Europe. D.P.

'Etats du Pacifique adherant A l'Accord de Cotonou:
Etats Federes de Micronesie, Iles Cook, Fidji, Iles
Marshall, Iles Salomon, Kiribati, Nauru, Niue,
Palau, Papouasie Nouvelle Guinee, Samoa, Tonga,
Tuvalu, Vanuatu.

PTOM du Pacifique : Nouvelle Caledonie,
Polynesie frangaise, Wallis-et-Futuna, Pitcairn.


Sur Iile de Manono o D Percival


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010










































Dicouverte et Histoire



Mozambique



Le temps de la renaissance


Reportage de Hegel Goutier


Pour un pays qui a connu suc-
cessivement deux conflicts
interminables don't une guerre
civil qui ne s'est achevee que
depuis a peine 18 ans, le Mozambique
est un miracle. II vit une renaissance
surprenante et exerce une seduction de
plus en plus forte. Il est meme percu
comme un potential future petit dra-
gon economique de l'Afrique, dote d'un
system politique jug& decent et une
governance &conomique en progress


par les pays riches et les institutions
internationales.
De prime abord, la paix au Mozambique
semble une constant, l'unit6 et l'unicit6
du pays et de sa population sont procla-
mees meme avec outrance. C'est comme
si la guerre fratricide qui l'avait dechire
etait oubliee, ignore ou niee comme le
juge son plus c6lebre romancier, Mia
Couto. Le pays connait malgre la per-
sistance de la grande pauvret& surtout
dans les regions rurales, une croissance
&conomique presqu'arrogante avec
une moyenne de 8% depuis plusieurs
annees, une apparent prosp&rit& avec


l'installation de grosses entreprises,
une modernisation des infrastructures,
une relative opulence avec ses signes
exterieurs de richesse surtout dans
les grandes villes et une renaissance
culturelle s6duisante avec une pleiade
d'artistes de haut niveau dans des dis-
ciplines diverse.
Maputo la plus belle. Symbole
du renouveau
Un symbol de ce renouveau, la capi-
tale Maputo, de plus en plus coquette,
propre, avec des vitrines all6chantes,
des lieux de culture vivaces, ses belles


C u rrier
















promenades, ses lieux d'amusement
hospitaliers, originaux et de bon gout.
Elle parait plus sure qu'il y a quelques
annees quand la delinquance affectait
son image On peut s'y ebaubir devant
de majestueuses murales en azulejos
ou s'aerer aisement dans ses parcs
verdoyants et tranquilles. Maputo est
admiree aujourd'hui par les visiteurs
come probablement une des plus
belles et la plus agreable ville subsa-
harienne.



HISTOIRE D'UN PAYS MIRACLE

Les premiers habitants connus du
Mozambique ont ete les Hottentots et
les Bochimans don't les descendants sont
aujourd'hui peu nombreux, qui ont ete
peu a peu refoules vers la fin du 3eme
siecle par des migrations successives de
peuples de langues bantoues.


leur superficie a des companies pri- les offensives contre la nouvelle armee
vees dites "majestatiques", les colonies mozambicaine. C'est la guerre civil
se sont developpees economiquement avec ses outrances. Parallelement le
sous l'impulsion du Mozambique prend
regime salazariste ses distances par rap-
installe au Portugal " Le plus grand success port au communism.
en 1928. La guerre du Mozambique est la paix En 1986 le president,
d'independance est installed dans 'esprit de ses Samora Machel est
declenchee en 1964 mort suite a la des-
des la creation du citoyens o truction de son avion


FRELIMO Front
de Liberation du Mozambique. Apres
la mort de Salazar en 1968, son suc-
cesseur Marcello Caetano livra dans
les colonies une guerre des plus bru-
tales. Jusqu'a la "Revolution des fillets"
en 1974 qui amena la democratic au
Portugal et sonna le glas de son entre-
prise colonial.

Victoire d'un people sur la
guerre et la division


Le 7 septembre 1974, le Portugal laissa
L'empire shona de la civilisation dite le pouvoir au FRELIMO. Le regime
du Grand Zimbabwe, avec un deve- installed, avec a sa tete le leader Samora
loppement relativement sophistiqu - Machel, se veut l'allie de l'Union sovie-
jusqu'd l'usage d'un system d'egouts tique. Des opposants, notamment des
- a vu le jour vers le Blancs, quitterent
XIe siecle. Un autre le pays en masse.
empire shona, celui o Le m6tissage entire colons Se forma un mou-
des Karangas, centre portugais et femmes africaines vement paramili-
sur le Mozambique, se poursuivra tout le temps taire, RENAMO
lui a succede durant de la colonies (Resistance natio-
le XIVe siecle, avec nale mozambicaine)
a sa tete son crea- dirige par Afonso
teur NeMbire intronise sous le nom de Dhlakama, le leader de l'opposition
Monomotapa (maitre du royaume). II aujourd'hui, qui s'implantera en 1980
restera puissant jusqu'au XVIIe siecle dans l'Afrique du Sud de l'apartheid
et ne disparaitra completement qu'en avec le soutien duquel, il declencha
1902 avec la mort du 526 Monomotapa.

Un gouverneur portugais
"premiere spouse du roi"

Des la fin du premier millionaire, arri-
verent au Mozambique des commer-
cants arabes. A la venue de Vasco de
Gama en 1498, une parties important
du territoire etait terre musulmane.
Celui-ci avait du deguerpir d'Ilha de
Mogambique, dans le nord du pays, pris
sous le feu des canons. Les Portugais
n'ont pu s'installer qu'au XVIIe siecle
a la faveur de l'instabilite du regime du
Monomotapa don't le pouvoir se reduisit
par des traits successifs en peau de
chagrin. Un gouverneur portugais a
meme alors obtenu le titre de "premiere
spouse du roi", peu flatteur pour l'ego
mais garantissant nombre de privileges.
Le metissage entire colons portugais et
femmes africaines qui se poursuivra tout
le temps de la colonies, connut alors ses ML
beaux jours. I "

C'est aussi l'epoque de l'esclavage i >
qui ne disparut qu'en 1878. Apres la- W ',
periode de concession de la moitie de


don't les radars ont ete
brouilles par l'armee sud-africaine.

En 1990, le pays adopta une nouvelle
constitution. Un accord de paix est
signed entire les belligerants en 1992 et
les premieres elections pluripartites sont
organisees en 1994, sous le control des
Nations-Unies. Depuis lors, les quatre
elections presidentielles ont ete gagnees
par le FELIMO : deux fois par Joaquim
Chissano et deux par l'actuel president
Armando Guebuza. Malgre les accu-
sations de fraud faites par le perpe-
tuel challenger, Afonso Dhlakama, les
observateurs internationaux et la Cour
Supreme du Mozambique ont toujours
certified que les elections, ont ete demo-
cratiques et leurs resultats justes.

Actuellement, le pays connait une crois-
sance economique forte. Ses success en
terms d'education et de sante sont
notoires. Les gouvernances politique
et economique se sont ameliorees gran-
dement. Mais le plus grand success du
Mozambique est la paix installee dans
l'esprit de ses citoyens. Le vrai vain-
queur de la guerre civil est le people
de ce pays. C'est cela le grand miracle.


Murale a Maputo Hegel Goutler


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


Mozambique Repo-rtage





*Reot M oza. biq-


Entretien avec Armando


Emilio GUEBUZA, President


du Mozambique

Le Mozambique : un pays pauvre qui affected pourtant ses
resources a ses citoyens

Lorsque Le Courrieravait demanded au President si son pays pouvait devenir un
nouveau petit dragon economique, celui-ci avait repondu preferer le terme "lion".
Fidele a sa personnalite, le President s'est montre direct et detendu. Notre premi-
ere question portait sur I'optimisme qui prevaut actuellement au Mozambique. Ce
climate est-il lie aux projections qui font etat d'une croissance a deux chiffres ?


A EG -Durant la guerre civil, Meme si le Mozambique est un pays
plus de 4,5 millions de citoyens pauvre, il s'emploie a restituer des res-
avaient quitter leur region sources a la population, par le biais de
d'origine, et plus d'un million measures sociales et d'autres initiatives. A
d'entre eux ont meme fui dans les pays l'independance, le pays ne comptait pas
voisins. Une fois la guerre terminee, les plus de 20 ecoles secondaires et une seule
deplaces et les refugies sont rentres chez university. Aujourd'hui, il y a plus de cent
eux. Notre pays a ecoles secondaires et
alors connu une ere 38 etablissements uni-
de reconstruction "A I'ind6pendance, il n'y versitaires. Des mil-
des infrastructures : avait pas plus de 20 6coles lions d'enfants sont
il fallait des ecoles, secondaires et une seule a present scolarises.
des hopitaux et des Nous avons construit
systems d'approvi- university" des h6pitaux, des cli-
sionnement en eau niques et des materni-
potable pour les habitants. Et comme tes. L'acces a l'eau potable, a l'electricite
nous sortions d'une periode de guerre, et aux telecommunications a ete ameliore
nous devions aussi ameliorer notre image.
Nous sommes neanmoins parvenus a atti- HG - L'opposition critique la domi-
rer deux grandes entreprises -MOZAL nation politique et economique du
et SASOL Un veritable message pour le FRELIMO, auquel elle reproche 6ga-
monde entier et pour les investisseurs, qui element d'avoir incite & la violence
ont commence a venir chez nous. Nous policiere, par example pendant les
avons aussi faith l'effort de simplifier le mtnifestatiuo.s dumoisde septembre.
processus d'octroi des licences afin de
career un environnement pacific et propice AEG -Un parti qui a "APE, DO
aux affaires. Et nous avons encourage la 190 elus au Parlement,
soci&et civil a contribuer au processus alors que le parti de doivent exar
et a l'influencer. l'opposition n'en a que s'adapter aux


HG- Certaines statistiques epinglent
un taux de pauvrete toujours eleve.
Allez-vous pouvoir combler cet cart
entire la croissance et le niveau de vie
des plus demunis ?

AEG Cet cart existera toujours. Nous
nous efforgons cependant d'y remedier.
Ainsi, un Fonds de Developpement de
District stimule aujourd'hui la croissance
dans les regions rurales.


soixante, domine force-
ment le paysage politique. Il ne faut pas
confondre l'ecoute et la phase de decision.
Nous ecoutons ce que l'opposition et la
society civil ont a nous dire, mais nous
prenons les decisions.

Lors des emeutes qui ont eclate en sep-
tembre, j'ai pris la parole et ai publi-
quement admis que la pauvrete etait un
problem preoccupant dans le pays, car
le cout de la vie est superieur aux revenues


�Hegel Gouter/Gouvernement Mozambique


des habitants. Nous avons critique l'usage
de la force et l'incendie d'infrastructures.
II fallait proteger les habitants et retablir
l'ordre public. Malheureusement, il y a
eu des morts, ce que je deplore comme
je l'ai publiquement
HA - les ACP expliqu. Les habi-
tants peuvent orga-
niner comment niser des groves ou
nouveaux d6fis" des manifestations,
exprimer leurs
points de vue, mais ils doivent le faire de
maniere pacifique.

HG - Comment se developpe l'inte-
gration de la region d'Afrique australe
en ce qui concern les changes com-
merciaux et la cooperation interna-
tionale ? Qu'en est-il des Accords de
Partenariat Economique, des nou-
veaux partenaires et de l'avenir du
group ACP ?


Cu r r i e r







I.I .
:'Y.
4" ,g' S, I . '


LUniversite Eduardo Mondlane, Maputo CHegel Goutier
A I'independance, il n'y avait pas plus de 20 ecoles et une seule university.


AEG - Nos relations avec notre region,
la Communaute de developpement
d'Afrique australe (SADC), sont essen-
tielles. Nous continuous a consolider notre
situation politique en tant que sous-region
unie meme si nous avons des problems,
par example la situation a Madagascar.
Ces problems, nous tentons de les
resoudre ensemble. Nous appliquons
a present le principle de libre-echange
entire nos pays. Cette liberalisation ne
se met pas en place aussi bien que prevu
mais ce n'est pas surprenant. Nous avons
decide de ne pas modifier nos objectifs,
mais simplement d'adapter le calendrier.
Ainsi, nous aurions voulu introduire une
monnaie unique d'ici 2018. Nous savons a
present que cela ne sera pas possible pour
cette date mais les efforts en ce sens se
poursuivent neanmoins.

Pour ce qui est des relations du
Mozambique avec ses different parte-


Lutte centre la pauvret6 : des efforts
restent a faire dans les villes

Entretien avec Henrique Banze,
vice-ministre des Affaires etran-
geres et de la cooperation

Lors de son entretien avec Le Courrier, M.
Banze a insisted sur le r6le cle du Mozam-
bique dans le developpement regional.
Selon lui, la forte croissance qu'affiche
son pays depuis quelques annees s'ex-
plique surtout par le developpement de
ses resources en eau, rendu possible
par d'importants investissements dans
les infrastructures industrielles et les
transports routiers, ferroviaires, fluviaux
et maritimes. Une evolution qui a permis au
pays d'assurer son autosuffisance ener-
getique et d'approvisionner ses voisins,
au benefice du commerce regional. Et
de devenir une plateforme regional pour
I'integration au march mondial.


naires economiques, il est clair que des
investissements accrus nous aideront a
sortir plus rapidement de la pauvrete.
Nous avons une relation privilegiee avec
l'UE car elle nous a soutenus dans la
reconstruction des infrastructures mais
aussi par le biais d'autres measures, comme
la facility commercial pour le sucre. En
matiere de developpement, I'UE est un
partenaire tries proche. Malgre tout, des
differends commerciaux subsistent en ce
qui concern les APE et les negociations
de Doha. Les realites ont evolue et les
pays ACP doivent a present trouver com-
ment s'adapter aux nouveaux defis. Voila
pourquoi nous devons examiner comment
negocier. L'UE pense malheureusement
que les ACP considerent que la SADC est
divisee, ou du moins pas suffisamment
unie. La SADC est unie. H.G.


Le ministry Henrique Banze cHegel Goutier


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


En matiere de lutte contre la pauvrete,
le Mozambique donne la priority a I'edu-
cation et a la sante, mais aussi au deve-
loppement rural. A cette fin, les petites
et moyennes entreprises et associations
rurales beneficient d'un soutien approprie
et le gouvernement negocie actuellement
avec les banques en vue de leur faciliter
I'acces au credit.

Une initiative a mettre en rapport avec un
commentaire du vice-ministre a propos
des recentes manifestations contre les
hausses de prix, qui tient du mea culpa.
"Nous nous sommes attaques a la pau-
vrete dans les regions rurales, mais nos
efforts ont ete insuffisants et inappropries
dans les villes, victims de I'exode rural.
Nous avons ete pris de court par le phe-
nomene de la pauvrete urbaine."


Mozambique Repo-rtage





R*p g iM., o ziqs . e-


Des relations tendues entire


la majority et I'opposition


L'histoire en heritage


Les relations entire le parti de la
majority& et l'opposition sont
particulierement tendues au
Mozambique. Dans un entretien
accord au Courrier, Afonso Dlakama,
leader de l'opposition et chef de la
RENAMO, declarait ainsi qu'il contes-
tait les resultats des
quatre elections pre- FRELIMO -
sidentielles de 1994, pour I'ind6
alors que les conclu- Moza
sions des observateurs
internationaux et du system judiciaire
mozambicain laissaient entendre que le
scrutiny s'etait deroule regulierement. La
RENAMO critique egalement la libera-
lisation insuffisante de l'economie et les
politiques administrative du gouverne-
ment qui favorisent ses partisans. Entre-
temps, le FRELIMO, le parti majoritaire,
est egalement sur ses gardes.

Un petit retour en arriere permet assez
facilement d'expliquer ces tensions poli-
tiques. D'un cote, il y a le FRELIMO
qui s'est battu pour l'independance du
Mozambique et qui estime avoir consent
d'enormes sacrifices durant la guerre
et de l'autre, la RENAMO, issue d'un
movement armed qui, avec le soutien


q
p;


national, ne d'une scission au sein de
la RENAMO en 2009) se montre plus
modern. Ses critiques portent en effet
sur certain points specifiques, comme
la perte de control de la police lors des
manifestations centre les hausses de prix
qui ont provoque la mort de plusieurs
manifestants. Une
ui s'est battu bavure que le gou-
endance du vernement a fina-
nbique element reconnue et
qu'il regrette.

S'agissant de ses choix economiques,
Simango reproche au gouvernement de
ne pas soutenir suffisamment les petites
et moyennes entreprises. "Toutes ses res-
sources sont affectees aux grandes com-
pagnies du secteur du gaz, de l'electricite
ou du bois ; secteurs qui ne creent pas
d'emploi et qui exportent des matieres
premieres que le pays est ensuite oblige
d'importer a un cout prohibitif sous
forme de products finis.

Un Observatoire a la fois critique
et cooperatif

L'Observatoire electoral, l'office mozam-
bicain en charge de la surveillance elec-


de l'Afrique du Sud, torale, a finalement
engagea une guerre RENAMO, engagea une guerre estime que meme si
armee centre le jeune armee centre le jeune Etat des irregularities ont
Etat independent, ind6pendant, don't elle ne bien ete constatees,
don't elle ne parta- partageaitpas 'id6ologie lors des recentes
geait pas l'ideologie. elections, dans les dis-
tricts administratifs controls par le parti
La "Pasionaria" au pouvoir, d'autres ont ete observees
dans les districts favorisant l'opposition.
Alice Mobote, militant et president L'Observatoire a signaled ces irregularities
de la Ligue des droits de l'homme et au Parlement et aux institutions judi-
veritable "pasionaria" mozambicaine, ciaires du pays, insistant toutefois sur le
condamne sans equivoque l'organisa- faith qu'elles ne modifieraient pas l'issue
tion des elections, balayant d'un revers global du scrutiny.


de la main les conclusions des observa-
teurs internationaux. Elle demand elle
aussi que soit resituee dans son context
historique la guerre civil lance par la
RENAMO. "Tous les crimes n'ont pas ete
commis par un seul parti... le FRELIMO
ne peut s'absoudre de tout blame."

Plus de moderation

Davis Simango, maire de Beira et chef
du MDM (Mouvement democratique


L'Observatoire a egalement appuye le
processus electoral en identifiant huit
personnalites de la society civil destinies
pour singer a la Commission electoral
national apres approbation des parle-
mentaires membres de cette organisation.
Trois d'entre elles ont ete "cooptees" par
les deputies. H.G.


Afonso Dlakama (RENAMO)


Alice Mabote, la Ligue des Uroits de I Homme �HegelGouter


Mazula brazao, Ubservatoire electoral �HegelGoutier


C u rrier

















Le Haut commissaire


britannique fait I'eloge


de la stability et de la paix


britannique a Maputo et presi-
dent du G19, le group de parte-
naires qui mettent en ouvre un
programme d'aide budgetaire en faveur
du Mozambique, fait l'eloge du taux de
croissance eleven du pays, de sa stability,
de la paix et du developpement de grandes
entreprises d'exportation.

Mais comme ces entreprises utilisent peu
de main d'ouvre, la pauvrete rest pro-
blematique, et il semble meme que les
inegalites sociales se renforcent. Autant
de problems pour le gouvernement qui ne
sait pas comment remedier. Ce dernier se
retrouve done dans une situation delicate,
estime le diplomat, une situation encore
�HegelGouter aggravee par la depreciation du metical


notamment par rapport au rand, la devise
dans laquelle une grande parties du pays
effectue ses transactions.

Le gouvernement est bien conscient
qu'il doit mette en place un plan global
assorti d'une vision a long term pour le
Mozambique, mais il n'a pas encore defini
une tell vision. "Je ne sais pas quels sont
les pays don't le gouvernement entend
s'inspirer, le Botswana ou l'Angola par
example ?", indique M. Cleary. Et en ce
qui concern les souhaits des bailleurs
du pays, sa reponse est simple: "Reduire
la pauvrete sans augmenter une bureau-
cratie inutile. Et il va sans dire que la
transparence et la previsibilite sont les
maitres-mots." H.G.


)Hegel Goutler


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


Mozambique Repo-rtage





R*epo a Mo . bi-e


Glauco Calzuola, Chef de Dl66gation de I'UE au Mozambique :



Nous parions sur la volonte de ce pays


de prendre en main son destin


Au Mozambique, autant dans les milieux
politiques que dans ceux des affaires ou
de la society civil, y compris le monde
universitaire ou artistique, la cooperation
avec I'Union europeenne est bien connue.
Une visibility particuliere a laquelle la per-
sonnalite de I'ambassadeur de I'UE sur
place, Glauco Calzuola qui connait bien le
Mozambique et que le Mozambique con-
nait, n'est pas etrangere. II parie sur le
succes de ce pays qui a realise, consid-
ere-t-il, beaucoup en peu de temps, les
troubles politiques ne s'y etant acheves
qu'en 1992 apres une guerre civil
postindependance tres traumatisante.


Interview de Hegel Goutier


G C - Jusqu'd la signature des
accords de paix en octobre
1992, nous intervenions dans
les zones controlees par le gou-
vernement. Apres la guerre, le pays s'est
attele a la restauration de ses infrastruc-
tures et l'Union europeenne a ete a ses
cotes. Nous l'avons egalement accompa-
gne dans l'instauration de la democra-
tie. En 1994, on a assisted aux premieres
elections pluripartites. Et maintenant,
la cooperation europeenne accord aussi
une priority a la consolidation de l'Etat
de droit.

L'essentiel de notre aide est accord via
l'appui budgetaire general a hauteur de
50% et sectoriel (dans les domaines des
infrastructures, de la sante et de l'en-
semble agriculture - developpement rural)
a pres de 30%. Le rest est attribute a des
petits projects d'infrastructures, d'assis-
tance technique ou d'appui aux secteurs
non etatiques.

HG - Qu'implique la consolidation de
l'Etat de droit ?

GC - Dans ce
domaine, nous tra-
vaillons de concert " La gestion
avec d'autres bail- publiques es
leurs de fonds dans mais il fau
le group denomme
ici G19. Il s'agit de transparency
la governance dans d'investis
tous ses aspects :
l'assistance pour la gestion des finances
publiques, le soutien au minister de l'In-
terieur a travers notamment une coopera-
tion avec le Portugal, l'appui a la soci&et
civil, et aussi au secteur prive.

Le Mozambique enregistre depuis plu-
sieurs annees une croissance econo-
mique exceptionnelle. Apres la guerre,


t
a


luauco uaizuoia ,Amoassaaeur ae I Ut HegelGouber



les measures fiscales adoptees ont favorise
l'entree de capitaux exterieurs et des inves-
tissements important dans des domaines
comme l'agriculture. Ce qui n'a pas man-
que de poser certain problems relatifs
notamment aux biens fonciers don't l'Etat
est le seul proprietaire. Beaucoup a ete
faith, la gestion des finances publiques est
transparent mais il faudra plus de trans-
parence en matiere
d'investissements. La
des finances press evoque de la
transparent corruption, ceci dit,
fra plus de elle le faith librement.
Pour le moment,
Sen matire l'environnement des
ements affaires reste a se
consolider avec des
regles claires. Les grosses societes ont
les moyens de negocier. Mais les petites
et moyennes entreprises ont besoin de
previsibilite.

Le gouvernement est bien organism et a les
capacities pour laborer des projects de deve-
loppement structures. Le pays s'est engage
depuis dix ans dans un "Programme d'ap-


C u rrier





Moa-i . - R'ep rae


pui a la reduction de la pauvrete absolue" de ce pays et nous parions sur sa volonte
PARPA, qui en est a sa 2eme phase. Avec de prendre en main son destin. Notre
un success relatif. 50% de la population dialogue avec lui s'inscrit dans le temps.
est touchee par la grande pauvrete au lieu
de 70% auparavant. Mais une evalua- HG - Quels sont les atouts du
tion recent de PARPA 2 a montre que Mozambiquepour cetteprise en main
malgre une amelioration substantielle en de son destin ?
matiere d'acces a l'eau potable, a la sante
et a l'education, la pauvrete ne diminue GC - Le Mozambique a d'enormes res-
plus. Quelle strategic sources naturelles,
a mettre en muvre gaz, carbon, d'autres
pour qu'il n'y ait plus " Nous nous alignons sur la resources minires,
de dichotomie entire strat6gie de d6veloppement peut-etre du petrole.
croissance et situation c long terme du pays , La facilitation fiscal
des plus pauvres. La apres l'independance
est la question. a permis le develop-
pement de grandes industries comme le
HG - Le budget de l'Etat depend a 50 % MOZAL (Mozambique Aluminium). A
de aide exterieure. Est-ce une situa- part Cahora Bassa, sur le fleuve Zambeze,
tion soutenable ? il y a moyen de construire 2 a 4 autres
barrages. Le pays a donc de grands
GC - Le developpement du secteur prive potentiels et il dispose d'infrastructures
et l'elargissement de l'assiette fiscal pour- importantes. Et si de grandes societies
raient reduire cette dependance. Nous s'y etablissent autant, c'est qu'il y a de la
travaillons dans ce sens avec d'autres stability. Quant a la transparence dans
bailleurs. Pourquoi contribuer a ce les contracts, un code existed qui doit se
niveau au budget ? Du point de vue de la perfectionner. Les resources naturelles
Commission europeenne, nous croyons en n'en restent pas moins comme partout un
la capacity de developpement autonome problem difficile a gerer.


Centre de telecommunications de Nampula 0HegelGoutier


Sous l'angle des resources humaines, le
pays dispose de cadres excellent mais pas
en nombre suffisant et manque surtout
de personnel intermediaires et d'agents
d'execution.

HG- Quels sontpour vous lesfleurons
de cette cooperation UE-Mozambique ?

Dans le domaine des infrastructures, je
releverais un project comme le pont sur le
Zambeze cofinance par 1'UE, 1'Italie et la
Suede. Ce project n'est qu'un element d'un
ensemble de grande envergure relatif aux
infrastructures de transport routier, ferro-
viaire et maritime. En ce qui a trait a l'aide
budgetaire par secteur, notre appui au
minister de l'agriculture s'av&re aussi tres
productif. La-dessus, comme les autres
bailleurs, conformement a la Declaration
de Paris, nous nous alignons sur la stra-
tegie de developpement a long terme du
pays. Ce n'est pas une revolution, dans les
faits il y a longtemps que la Commission
a compris que c'est la meilleure forme
de cooperation. C'est cela notre muvre
principal.


IViusee ad istoire Naturelle oe IViaputo Hegel Gouber


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010





Reotg Mo amb . -


Coup d'oeil sur I'aide de


I'UE au Mozambique


P our la periode 2008-2013 - 10e
Fonds europ6en de d6veloppe-
ment (FED) :

- 622 millions d'euros affects au
programme indicatif pour le Mozambique

- 12,1 millions d'euros pour les 6v6ne-
ments imprevus

Ces montants peuvent etre revus par
1'UE sur base de certain criteres, lors
de l'6valuation a mi-parcours et a la
fin de la periode de programmation.

Sur ces 622 millions d'euros :

- 3% (19 millions d'euros) : participation
du Mozambique a des projects conjoints
des six pays lusophones du Groupe
ACP


- 46% a 50% : aide budg&taire gn&erale

- Environ 21% : aide budgetaire sectorielle
pour le ler secteur cl& : infrastructure
de transport et integration &conomique
regionale

- De 12% a 15% : aide budg&taire secto-
rielle pour le 2e secteur cl& : agriculture
et d6veloppement rural

- Le reste est affected des secteurs non
prioritaires, notamment la sante, a des
projects de governance politique non
couverts par l'aide budg&taire gene-
rale comme les droits de l'homme, la
justice et la lutte contre la corruption,
le parlement et la soci&t& civil. Un
soutien au commerce et aux Accords
de partenariat &conomique (APE) est
6galement pr&vu.


- Le Mozambique beneficie 6galement
de fonds du FED pour son programme
indicatif

Le Mozambique est 6galement eligible
aux fonds du 10e FED par le biais :

- du programme indicatif regional de
la Communaute de d6veloppement
d'Afrique australe

- de la facility& d'investissement, un ins-
trument g6er par la Banque europeenne
d'investissement (BEI)

- du soutien du CDE (Centre pour le d6ve-
loppement de l'entreprise) et du CTA
(Centre technique pour la cooperation
agricole et rurale ACP-UE) H.G.


Projects UE: une cooperation


a grande echelle


Draguer et labourer


L 4M -,..I

t , rn-I


L e dragueur qui, 24 heures sur
24 retire les depots de sable
sur une superficie de 30 km2 a
l'embouchure de la riviere pres
de Beira est une machine impressionnante
et sophistiquee. Toutes les trois heures, elle
charge 3.300 m3 de sable, les traite avant
de les rejeter a proximity . Le sable sera
ensuite tale et s6ch6 pour servir de base au
future terminal d'exportation de carbon.
Peter Vroege, administrateur en chef de
ce project mis en ouvre par une entreprise
neerlandaise, nous livre quelques chiffres :
un cout total d'environ 40 millions d'euros
don'tt 10 millions du gouvernement des
Pays-Bas, 10 autres millions de la CFM*
et enfin 20 millions sous la forme d'un pret
de la BEI**). Une fois le project termine, en
juillet 2011, des navires de gros tonnage
pourront facilement acceder au port. Ce
project s'inscrit dans le cadre d'une vaste
initiative visant a d6velopper les infrastruc-
tures de transport dans le pays, finance
en parties par l'UE.


Dans un tout autre ordre de grandeur,
nous avons un petit project, finance par
la Facilit& alimentaire de la Commission
europeenne et gere par la CESVI (coo-
peration et d6veloppement), une ONG
italienne . Ce project a demarre en 2007,
dans la region de Matutuine, non loin de
Maputo. II a consid6rablement change
la vie de la communaute en mettant a la
disposition d'un group d'entraide local,
Machubo, du materiel agricole. Le pre-
sident de l'association, Silvestre Petrosse
Nhaca, explique : "Si ce project a pu etre
realise, c'est grace a la longue tradition
de solidarit& qui existe dans notre village.
L'aide que nous avons reque nous a permis
de mieux nous organiser et maintenant,
jour apres jour, nous voyons s'ameliorer
les moyens de subsistence de la commu-
naute." H.G.

* Entreprise des ports et des chemins du fer du
Mozambique
** Banque europeenne d'investissement


Port de Beira. Dredger @Hegel Goutler


C u rrier


































Une interminable procession de camions dans le port de Beira 0Hegel Goutler


Beira, future porte du monde


pour le continent africain


Beira, second ville du Mozambique, est
situee a I'embouchure du fleuve Pungue
et non loin de celle du Zambeze. Et elle
a tous les atouts pour supplanter les
ports sud-africains et ouvrir le continent
africain sur I'Asie et le reste du monde.
Dans une interview accordee au Courrier,
CAndido G. Jone, directeur executif de
CFM, les ports et chemins de fer du
Mozambique, resume cet espoir en ces
terms: "Depuis Beira, on apercoit d ja
I'lnde et la Chine." Cette ville est un atout
incontestable pour le developpement de
I'interieur du pays et I'ouverture aux voi-
sins, notamment le Malawi. Noeud de
communication routiere, ferroviaire et
portuaire, Beira est aussi situee le long
d'un ol6oduc. Actrice de la croissance
conomique de ces dix dernieres annees,
cette ville est la fierte du Mozambique.


La renaissance apres le chaos

Ce r6seau au depart de Beira remote a
1'&poque colonial. Laiss& a l'abandon a la
fin de l'empire portugais et victim des hor-
reurs de la guerre civil et d'independance,
le r6seau se degrada considerablement.
Il est aujourd'hui en course de rehabilita-
tion et de modernisation. Et ces travaux
progressent rapidement grace a la volont&
du pays et au sou-
tien de ses bailleurs, o Le Mozaml
a commencer par d6cid6 de s'at
l'Union europeenne.
La CFM (la compa- reconstruct
gnie des chemins de resources do
fer du Mozambique)
est au ceur de ce system et, au-dela de
sa denomination, elle gere &galement les
ports du pays et travaille en cooperation
avec 1'ANE administrationn national du
reseau routier).

Deux lignes de chemin de fer ont pour
point de depart le port de Beira : le "cor-
ridor de Beira" qui dessert le Zimbabwe,
l'Afrique du Sud et le Botswana, et la "ligne
ferroviaire de Sena" en course de recons-
truction, qui long la vall&e du Zambeze,
depuis le nord du pays jusqu'au sud, avant
de se diriger vers le Malawi. "Le port et les
chemins de fer ont &et totalement detruits
suite aux 18 annees de guerre civil, mais
une fois la guerre terminee, nous nous
sommes attaques a leur reconstruction",
explique Candido Jone, fier et triste a la
fois. L'ol6oduc reliant Beira au Zimbabwe
et le reseau routier qui relief le pays a ses


cinq voisins -la Tanzanie, le Zimbabwe,
le Malawi, la Zambie et l'Afrique du Sud
-font &galement parties de ce corridor.

"Au travail !"

Un organisme charge de d6velopper le
corridor de Beira a &et mis en place just
apres l'independance du pays, en 1975. La
construction du terminal p6trolier com-
mengaen 1990. Ilfal-
)ique a done lut toutefois attendre la
taquer a cette fin de la guerre civil,
en 1992, pour que les
on avec les travaux commencent
t il disposait 0 r6ellement. "Au
depart, nous n'avons
regu que tres peu d'aide de l'etranger et les
n6gociations avec les institutions interna-
tionales ont longtemps ete improductives.
En 2002, le Mozambique a done decide de
s'attaquer a cette reconstruction avec les
resources don't il disposait, allant meme
jusqu'a mobiliser les &tudiants des &coles
d'ing&nieur du pays. Et au final, le FMI
et d'autres institutions internationales
ont eux-memes pris contact avec nous",
indique M. Jone avec satisfaction.

2003 a vu la signature d'un accord avec
les bailleurs de fonds et la cooperation a
demarr& en 2004, avec, entire autres, la
construction de 670 km de routes, don't
de grands points, la ligne de chemin de
fer "SENA" et l'ouverture vers le port de
Beira. Les chantiers n'ont subi pratique-
ment aucun retard et une grande parties du
reseau est d6ji op&rationnel. H.G.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


Mozambique Repo-rtage


L'un des points sur le fleuve Zambeze - courtosie de CFM


b
i[
1





* De'p t 4." ..e e -


Traduit du


mozambicain


L'art pour entrevoir le coeur du Mozambique


L e Mozambique est integr& a son
continent et est a la fois si parti-
culiere, comme insulaire par le
desir pendulaire de s'echapper
de son lieu et d'y retourner des qu'on s'en
est eloigne. De s'exprimer et de garder
des sous-entendus. La pleiade d'artistes
et de createurs originaires de cette terre
traduisent ses sensibilities unique. Dont
les suivants.

Jogo Borges Coelho, professeur d'his-
toire a l'universite, specialiste des guerres
contemporaines, et romancier de talent
passe de l'histoire a la fiction pour dire
le Mozambique avec une approche et un
style rappelant Humberto Eco.

Selectionner la m6moire

"L'histoire et le roman sont different. Je
ne peux toutefois pas les s6parer. Pour les
deux, je pars de ma vie. La guerre est le
set up de tout le decor. Il est important
de voir la fayon don't la politique fait la
guerre et don't celle-ci a empoisonne la
politique. Celle-ci a permits de lib&rer
le pays et de 1l elle a assis son pouvoir.
Nous avions eu deux guerres, celle pour
l'ind6pendance et la guerre civil. Ce qui
est drole est que dans l'esprit des gens,
l'une resonne, l'autre est silencieuse alors
qu'elle a affected plus de monde. C'est que
la guerre d'independance est symbolique
de justice et a conduit a la reality de la
nation. Pour l'autre, la guerre civil c'est
plus complex. Comme si dans la memoire
des Mozambicains, il aurait mieux valu
qu'elle n'existat pas, elle n'a pas exist&."

Mia Couto, romancier prolifique, deten-
teur de plusieurs prix litteraires, adapted
par divers cineastes et autres createurs
est un prophete en son pays. C'est celui
qu'on recommande au visiteur stranger,
consider comme le passeur par excellence
vers l'ame du Mozambique. "Mon pere est


Ivialangalana sIualo. A gaucne, sa pelnture. A a[role, une piece ae sa collecTion � Hegel Goutler


poete, j'ai grand lh-dedans. La poesie est
un mode d'etre, une fagon de regarder le
monde, de voir les choses." Ce n'etait pas
pour lui, une vocation ou un metier. Il en
avait choisi un autre, la medecine qu'il
etudia trois ans avant de l'abandonner
"pour infiltrer la press" entire les mains
des Portugais sur ordre du FRELIMO
don't il etait membre durant la guerre
d'independance. Il reprendra apres, des
etudes de biologie, branch qu'il pratique
toujours.

Identity mozambicaine, mirage
d'une question fant6me

Le premier roman de Mia Couto remote
a 1992, 'Terra Sonambula' et le dernier
est mis en circulation cette annee, 'O
olho de Hertzog'. II a public au total 27


Mia Counto, romancier. oHegelGouber
II est par excellence le passport pour I'lme du Mozambique


C u rrier





Moa-i . - R'ep rae


if f.


,
t *


"llha de Mogambique". Cinema Hegel Goutler
L'unicite du Mozambique, decrite par ses pleiades d'artistes


Malangatana CHegelGoutler


ouvrages - posies, romans, essais - et est
traduit dans de nombreuses langues. Sans
contest, l'&crivain mozambicain le plus
connu a l'6tranger. Un de ces essais porte
sur culture-politique-identit&.

"L'identite est un mirage d'une question
fant6me. Elle est plurielle, dynamique. On
doit s'accepter non comme une personnel
mais comme un monde de personnel. Un
Mozambicain. Pareil etre n'existe pas.
Personne n'est noire ou blanche, homme
ou femme. On a toute l'humanit& en soi.
Je suis une femme quand je concois le
personnage d'une femme. Cela entraine
de la souffrance mais aussi du bonheur.
Quand j'&tais combattant underground
du FRELIMO, ce qui me posait problem
est que ce parti encensait la souffrance,
plus on a souffert plus on 6tait appr&-
cie. Moi je n'avais jamais souffert, pas de
discrimination racial, des parents qui
m'aimaient, pas dans le besoin. J'&tais un
gars heureux qui ne souffrait que d'une
chose, la souffrance des autres.

L'identite exige une sorte de creation.
Nous Africains nous consid&rons sou-
vent en souffrance, victims. Combien
d'entre nous avions particip& au business
de l'esclavage ? Nous sommes toujours
en train d'&chafauder une unit& de la
nation Mozambique. Une nation n6e de


diff6rentes nations, cultures, religions,
langues. Les gens ont adopt& une langue
europ&enne parfois a cote d'une langue
locale r6gionale. Mais quand ils s'adressent
a leurs dieux ou quand ils parent de leur
etre profound, ils utilisent des langues plus
intimes. Ici l'id&e d'un Dieu global est
d'ailleurs absent. On venere le dieu de
sa famille, plutot du terrain sur lequel on
est, son Hossi. Sur toute la c6te mozambi-
caine une grande parties de la population
est m6tisse d'origine arabe mais on ne
parle pas de m6tissage. Chacun cherche
la puret&, une purete mozambicaine."

Le r6alisateur de cinema Jogo Ribeiro
qui est lui aussi un passeur vers le
Mozambique, avec ces souffrances d'apres
guerres et ses croyances, a adapt& deux
romans de Mia Couto. 'A Fogueira' d'ou
il a tire 'Fogata', et 'O ultimo voo do
Flamingo'.

Malangatana, homme repere

L'ambassadeur cultural par excellence du
Mozambique est probablement le peintre
Malangatana. Plus qu'un artiste ou un
sage, il est consult&, approach , r&clame et
invite non seulement dans son pays mais
Sl'6trangerc comme un repere qui balise
l'esprit de son pays.

Monstre sacr& est l'expression par lequel
on le d6signe souvent. Il est d'autant plus
aim& que son inspiration et sa facture
trouvent leurs racines dans l'art populaire
vers lequel il se retourne toujours pour se
renouveler meme quand il fait de l'abstrac-
tion. On adore son engouement pour la
vie, vrai Pantagruel qu'il est, de l'art, de la
bonne chere et de la compagnie des autres.
A l'image de ses compatriotes. Avec l'age,
il semble s'affaisser mais des qu'il parle,
on est sur le charm, des paroles bien sur
mais aussi de son intonation, un mix des
voix de Louis Armstrong et de Martin
Luther King. Ecoutons. H.G.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010





*R oa M oz a. ebq-


L'lle de Mozambique et


autres enchantements


L'lle de Mozambique, en portugais llha
de Mogambique, est une petite ile qui
a seduit les sultans arabes, les march-
ands indiens et les conquerants portu-
gais depuis le Xe siecle, et qui a donned
son nom au pays que nous connais-
sons aujourd'hui. Cette ile reste un pur
enchantement, au point que le visiteur
se demand si ce lieu suspend dans
le temps existe vraiment. L'ile beneficie
de la protection de I'Organisation des
Nations Unies pour I'education, la science
et la culture (UNESCO), qui I'a classee au
patrimoine mondial en 1991.


A la source des r&ves de l'Orient

Pour se rendre de Maputo a "Ilha",
comme l'appellent affectueusement les
Mozambicains, il faut parcourir 3.000 km
en avion, puis rouler trois heures avant
d'emprunter un pont de 3 km reliant l'ile
au continent. L'ile elle-meme measure a
peine 5 km de long sur 1 km de large
et deborde d'exotisme, de charm et de
nostalgic. Dans les rues, les jeunes filles
et de jeunes hommes -affichent leur
elegance, le visage decor de beaux dessins
elabores traces a l'aide d'une pommade
blanche qui sert a la fois de protection
pour la peau et de maquillage. C'est sur
l'ile de Mozambique que les Portugais ont
concocted leurs projects commerciaux avec
l'Inde. Et, avant eux, a partir du Xe siecle,
l'ile fut une escale pour les marchands
arabes en route vers l'Orient, charges d'or
et d'autres products de luxe: parfum, soie
et pierres precieuses.


Le nord de l'ile abrite la Cidade de piedra
e cal, la ville de pierre et de chaux, com-
posee de demeures majestueuses quoique
marquees par le passage irresistible du
temps. Meme la petite ville tries pauvre
de Makuti, dans le sud, avec ses maisons
en chaume et en bois recupere de maisons
abandonnees alors que l'ile perdait gra-
duellement de son prestige (perdant dans
la foulee son statut de capital national,
en 1898, et provincial, en 1935), a garden
a ce jour une magie que l'on ne retrouve
nulle part ailleurs.

Un haut lieu de metissage

Les ressortissants de cette petite ile, qui
compete 16.000 habitants, ont herite de
l'habitude de discuter entire eux. Cette
caracteristique resort particulierement
lors du festival annuel d'art et de cul-
ture, qui a lieu en octobre. La capital
regionale, Nampula, est un haut lieu de
metissage entire blancs, noirs, Indiens et
Arabes. C'est peut-etre meme le lieu ou les
Indiens se sont le plus melanges a d'autres
populations.

Pour rester dans l'ambiance desuete de
temps revolus, le visiteur ne manquera
pas non plus Inhambane, ville coloni-
ale portugaise par excellence, ou chaque
batiment semble avoir ete construit en
reference au passe. Belle et tranquille, la
ville s'anime a la nuit tombante, lorsque
les jeunes envahissent les rues. Les belles
plages de Bara et Tofo ne sont qu'd un
jet de pierre du centre, tandis qu'un peu
plus loin, l'archipel de Bazaruto egrene
ses iles de reve, avec leurs tons pastels
bleus, emeraude et fuchsia sur fond de
sable beige et blanc.

Et puis, il y a bien sur Maputo, ancienne-
ment Lourenco Marques, une ville a la
fois moderne et belle, dynamique sans
etre accablante, branches mais accueil-
lante. Et puis Pemba, l'une des perles de
la cote des iles Quirimbas, les plus belles
du monde. Et puis, il y aussi Beira, Xai
Xai, les paysages, les parcs nationaux,
Gorongosa, Niassa, et puis, et puis... H.G.


Sur I'lle de Mozambique �HegelGouber
Delicat dessin sur le visage a base de "muciro"


Cu r r i e r









































Le Soudan s'apprete



a enter dans I'histoire

Si tout se deroule comme prevu le 9 janvier 2011, le Soudan organisera deux
referendums qui determineront I'avenir de I'Afrique. En cas de scission du pays, il
s'agirait de la premiere modification d'une frontiere africaine par scrutiny.


Olivia Rutazibwa


C onformement a l'Accord de paix
global (APG) de 2005, un refe-
rendum au Sud-Soudan deci-
dera de l'unit6 ou de la scission
du plus grand pays d'Afrique. Le deu-
xieme referendum sera organism dans la
region frontali6re riche en petrole d'Abyei,
oiu les habitants devront se prononcer
sur un rattachement au Nord ou au Sud-
Soudan en cas de partition.

Lors d'une recent visit a Bruxelles,
Olivia Kallis d'Oxfam International, qui
travaille a Nairobi, a souligne que la com-
munaute international doit reliever le defi
du d6veloppement de l'ensemble du pays.
Un defi gigantesque au Sud-Soudan, oiu
les infrastructures sont tries peu d6ve-
loppees en dehors de Juba, tandis que le
Nord-Soudan n'a toujours pas r6solu la
crise du Darfour.

Malgre l'aide humanitaire apportee par
l'UE dans le pays, le faith que le Soudan n'a
pas ratified le nouvel Accord de Cotonou
entire les pays d'Afrique, des Caraibes


et du Pacifique (ACP) et l'UE faith obs-
tacle a l'aide au d6veloppement a plus
long terme. Les hauts responsables de
l'UE ne peuvent trailer ouvertement avec
le President soudanais Omar al-Bashir,
sous le coup d'un mandate d'arret de la
Cour p6nale international pour crimes
de guerre et crimes contre l'humanite au
Darfour. A ce jour, I'UE n'a donc pas pu
affected les 300 millions d'euros reserves
au Soudan au titre du 10e Fonds europeen
de d6veloppement (2008-2013).

Un engagement financier a hau-
teur de 150 millions d'euros

Le Docteur Francis Nazario, Chef de
Mission de la Representation du Sud-
Soudan a Bruxelles, explique que cette
situation a retarded l'aide financiere en
faveur des populations du Sud-Soudan
dans des domaines tels que le financement
de la reform du secteur de la security. "Il
rest encore de l'argent du 9e FED, mais
ces sommes seront epuises d'ici la fin de
l'annee prochaine", a indique un haut
representant de l'UE. L'UE et ses Etats
membres ont r6uni 150 millions d'euros
pour l'ensemble du pays, en accordant
une attention particuliere aux popula-


tions touchees par la guerre au Sud, au
Darfour et a l'Est. Suite a une mission a
Khartoum et a Juba en octobre 2010, un
document de programmation europeen
a ete prepare. Il inclut des suggestions
relatives a l'affectation des fonds, avec
trois domaines prioritaires : le develop-
pement agricole (y compris la security
alimentaire), les services de base -tels
que l'education, la sante et l'hygiene -et
la governance d6mocratique. Ces fonds
ne seront en aucun cas achemines par
l'intermediaire du gouvernement sou-
danais, mais plut6t par des ONG ou des
organizations internationales.

La plupart des observateurs s'attendent
a ce que les habitants du Sud-Soudan
se prononcent en faveur d'un Etat inde-
pendant, une issue que le Nord ne sou-
haite pas. Mada Elfatih, porte-parole de
l'ambassade soudanaise a Bruxelles, a
declare : "L'independance du Sud-Soudan
beneficiera uniquement a une tranche
specifique de la population sud-souda-
naise. La majority ne souhaite pas un pays
divise. Mais nous accepterons le resultat
du referendum, quel qu'il soit, a condition
que celui-ci se soit deroule librement et
equitablement."


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010






























-~l a


Rodney Saint-Eloi, ecrivain et editeur


"Haiti, kenbe la!


35 seconds et mon pays


a reconstruire"


H aiti, redresse-toi!...est un livre
de plus d'un ecrivain haitien
racontant le goudou-goudou,
onomatopee creole pour desi-
gner le tremblement de terre. Mais un livre
different, original, comme chacun public
par les ecrivains de 'ile caribeenne pour
s'emparer, des les heures qui ont suivi le
seisme, de cet episode qui allait constituer,
un pan colossal de l'histoire de leur pays.
Et qu'ils se devaient, considerent-ils tous,
de raconter eux-memes plutot que de lais-
ser d'autres parler a leur place.

Les deux apophtegmes ouvrant l'muvre,
en disent long sur l'intention de Rodney
Saint-Eloi et par procuration de ses
nombreux compatriotes ecrivains qui
ont public sur le cataclysme ou 'ont pris
comme decor de fictions. Le premier est
de la renommee ecrivaine haitienne en


langue anglaise, Edwidge Danticat, "Nous
n'avons pas l'habitude de laisser notre cha-
grin nous reduire en silence" et le second
de la sagesse africaine "Tant que le lion
n'aura pas son historien, les histoires de
chasse glorifieront toujours le chasseur".

"Haiti, Kenbe la... " raconte le seisme du
12 janvier 2010 et l'analyse, ou du moins
ses consequences, en parallele avec des
problems structures d'Haiti, ce qu'il
appelle le seisme plus global qui secoue
la soci&et haitienne, rappelant la sagesse
premonitoire de son arriere grand-mere.
"L'histoire du pays est une succession
de seismes. Seismes naturels. Seismes
humanss.

Celui du 12 janvier a surprise beaucoup
d'artistes, d'ecrivains, de createurs hai-
tiens mais aussi strangers venus preparer


une serie d'evenements culturels et feter
les prix litteraires internationaux decro-
ches par les romanciers du pays durant
l'annee 2009. Saint-Eloi venant d'arriver
le jour-meme a Port-au-Prince et le trem-
blement de terre a surgi, a peine avait-il
receptionne sa clef dans l'un des grands
hotels des environs de la capital, hotel
qui sera completement detruit.

Haiti kenbe la, c'est l'histoire de rencontres
dans la douleur de fils d'Haiti participant
a ce que l'auteur appelle la "sorte de folie
creative" du people haitien. Et un chant de
louange a ce people dote d'apres lui d'une
resilience particuliere. C'est la fois une
analyse des derives du pays, et un hymne
a ses heures de gloires. C'est surtout un
beau livre, qui, tout en etant un reportage
et un essai, a le rythme du style du grand
romancier qu'est Rodney St-Eloi, avec
une musique, des ellipses, la scenarisa-
tion et le reve. Le reve, comme quand
l'auteur arrive a somnoler dans la cour de
l'hotel detruit a c6te de dizaines d'autres
sinistres, touts rangs sociaux confondus,
maitres et domestiques, etendus a meme
le sol la nuit des 46 repliques du seisme.

"Ils se seraient allonges pour faire corps
avec cette ville de Port-au-Prince ou le
besoin de vivre ensemble se manifest
rarement. Eux et leur personnel domes-
tique seraient reunis sous les armes de
la Republique par respect pour les veux
de liberty, egalite, fraternity, la devise
national ...". H.G.

* preface de Yasmina Khadre, Ed Michel Lafon,
France www.michel-lafon.com


C u rrier












Mode, Musique


Le Secretariat ACP,


vitrine de creativity



Un evenement cultural exception-
nel pour clore, le 26 octobre dernier,
la reunion de I'Observatoire ACP,
sous la pr6sidence d'honneur de son
Ambassadrice de bonne volonte, la
chanteuse star burundaise, Khadja Nin
et de M. Mohammed Ibn Chambas,
Secretaire general du Groupe ACP, a
metamorphose le hall plutdt austere
du siege bruxellois de cette institution.
D'abord, un defile de mode impres-
sionnant de modernity, de fantaisie, de
creativity, et d'entrain. D'autant plus sur-
prenant qu'on s'attendait a un travail
d'etudiants et de debutants. En effet,
il s'agissait de jeunes professionnels
africains vivant en Belgique. Mais c'etait
des createurs chevronnes, talentueux,
petillants.


Elfes et oiseaux de paradise

D'entree de jeu, Naomie Hamka,
d'origine camerounaise, en a mis plein
les yeux a l'assistance nombreuse. Avec
des vetements sublimes, poesies de den-
telles et de voiles blanches portees par
des modules legeres comme des elfes.
Une maitrise de la matiere s'enrichissant
des sensibilities europeennes autant
qu'africaines mais s'en affranchissant
pour donner vie a des creations origi-
nales, modernes mais avec plus qu'un
zeste de nostalgic.


Faklani Reda, lui, se dit impregne de la
folie des oiseaux du paradise. Il realise
des projections de couleurs chaudes sur
matiere soyeuse noire ou bleu-nuit, qui
ont la magie du clair-obscur et conf&rent
du myst&re. Contrepoint de rugosite sur
la finesse, utilisation de matieres inso-
lites, colson ou bobby pins parachevent
le charme, donnant l'impression, parole
de Reda, qu'"une beauty froide prend
place et mystifie la femme dans un decor
onirique."

Carnaval d'inspirations

Marie-Franyoise Komnek, du Cameroun
a presented une sorte de defile car-
naval d'inspirations, de matieres et
d'accessoires, un hymne au metissage
des gouts et des couleurs. Passant de


creations ae laom e nam Ka Hegel Gouber


creations sportives a d'autres raffin&es
mais faciles a porter, dans une mise en
scene rap. Une mode dedi&e aux jeunes
ancres dans leur temps.

Et pour finir la sophistication du duo
Pauline Bourguignon et Cheika-Sigl,
symphonie de noir et de masques. De
l'esthetique d'un carnaval de Venise
avec les couleurs se r&fugiant sous la
soie sombre et la seduction des visages
pergant de sous les masques. Cacher
pour mieux montrer.

Le public aux anges, saoule de beauties
apres ce defile, allait etre grise de musi-


que d'artistes aussi talentueux que les
deux leaders du group de jazz Taam'la,
Madeena et Desire, de Cote d'Ivoire.
Suivis du Burkinabe, Mbaterna Desire
Some et, apres, de la musique tradition-
nelle, donc bouillonnante, du group
cubain CubaSoy du maestro Adalberto
"El Bamba" Martinez, qui laissera la
scene au Senegalais Bao Sissoko. Il reve-
nait au group Kel Assouf, conduit par
le duo de talentueux Touaregs, Anana
Harouna et Omar Mokhtar, de clore
une soiree don't le Secretariat ACP peut
s'enorgueillir comme vitrine de culture
de ses pays membres. Que cela se repete.
H.G.


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010


Craiv

















Edition 2010 du Concours de jeunes


photographs ACP du Courrier




Sandra Federici


Un group de danseurs dans
la ville de Johannesburg ;
un jeune gargon qui peche
dans les zones rurales du
Mozambique; les ruines d'un immeu-
ble au Mali : un simple coup d'eil aux
trois photos gagnantes de l'edition 2010
du "Concours de jeunes photographs
ACP du Courrier" permet de se faire une
bonne idee de la vari&et de points de
vue represents, de la profondeur des
analyses et des realites sociales des pays
ACP capturees a travers l'objectif des
photographs laureats.

Ce concours etait organism par Le Courrier
afin de mettre a l'honneur le travail de
jeunes photographs des pays ACP, ages
de moins de 30 ans. Les photographs
desireux de participer avaient ete invites
a soumettre leurs photos dans l'une des
categories suivantes : commerce, culture,
tradition, changement climatique, ou
sciences & technologies au service du
developpement des pays ACP. Au total,
91 photos prises par une trentaine de
photographs satisfaisaient aux criteres
d'eligibilite.

Le Sud-Africain Chris Saunders a decro-
che le premier prix avec Dressed up, une
photo qui faisait parties de tout un report-
age realise par le photograph sur les
danseurs de pantsula, des mauvais gar-
gons originaires du township d'Orange
Farm a Johannesburg. Cette serie de
photos raconte une histoire interessante
et positive. Ce photo-reportage ainsi que
les photos des autres photographs eli-
gibles peuvent etre visualises sur le site
internet du Courrier. http://www.acp-
eucourier.info/. Toutes ces photos sont
accompagnees de legendes redig&es par
les photographs eux-memes.

The Little Fisherman de Mario Macilau
(Mozambique) s'est classee deuxieme,
suivie, a la troisieme place par La
Demolition, d'Aboubacar Traore (Mali).

Saunders termine pour l'instant un stage
d'un an a la Fabrica, un prestigieux centre
independent de recherche en communi-
cation situ&e Trevise, en Italie. Macilau
a quant a lui ete former par le photograph
mozambicain Ricardo Rangel et Traore


"Le Petit Pecheur", 2eme prix dans du concours photo du Courrier 0 Maro Maclau


a participe a l'exposition panafricaine
lors de la Biennale de Bamako en 2009.

Ironie


au choix du jury : la quality technique,
la capacity narrative de l'image, et la
valeur photo-journalistique, ainsi que
l'originalite et la valeur artistique.


De tries nombreuses photos se voulaient Le laureat a remporte le prix de 1.000
clairement ironiques, par example euros offert par les sponsors du concours,
American Dreams du photograph sene- Africa e Mediterraneo (Bologne: www.
galais Boubacar D. Coly; la photo du Sud- laimomo.it) et l'agence press & produc-
Africain Max Edkins, Airplanes Produce tion Grand Angle (Bruxelles, Belgique
Carbon Dioxide, : www.grandangle.
qui represent un De tres nombreuses photos se info ).COLEACP,
nuage de talc sortant voulaient clairement ironiques un reseau ACP-UE
d'un module reduit s'est engage a offrir
d'avion, symbol des au gagnant un report-
emissions polluantes des avions ; ou age photo dans un pays ACP
encore Utuko Import de Georges Senga,
de Republique democratique du Congo, Les partenaires media du concours
gros plan d'une maison sur laquelle un etaient Jeune Afrique, Africultures, Afri
code-barres de lutuku, un alcohol tradi- Photo,African Colours etArterial Network.
tionnel, a ete peint.


Le jury international etait compose
d'experts dans le domaine de la pho-
tographie comme Christine Eyene,
Giovanni Melillo Kostner et des mem-
bres du comite et de l'equipe de redaction
du Courrier. Divers criteres ont preside


Une selection de 20 photos a ete expose
a l'occasion des DevDays, qui ont eu lieu
a Bruxelles les 6 et 7 decembre 2010 (voir
article a ce sujet dans la section Tour
d'horizon).


C u rrier


Cr~ai







Aux plus jeunes


B- W MEw *


SSommet EU-Afrique
** Evenement parallel -2eme Sommet
UE-Afrique Jeunesse


N� 20 N.E. - NOVEMBRE-DECEMBRE 2010















La parole aux lecteurs


Reportage sur Trinidad et Tobago
(Courrier n�18)

... Je souhaiterais que les penseurs
et decideurs africains puissent
s'impregner de la situation de Trinite-
et-Tobago ... Pour moi, Trinite-
et-Tobago est un example a suivre
par tous les pays ACP parce que
ni son statut d'Etat insulaire ni les
colonisations a repetition n'ont freine
son train de developpement.

A propos du supplement sur les OMD,
je suis bien reconnaissant de l'opinion
qui envisage de mettre 0,7 % de leur
RNB a 1'APD. Mais ...nous nous ren-
drons compete que c'est une aide destined
a une poignee d'individus et non aux
pays. ... Les moyens ne signifieront
rien s'ils ne sont accompagnes des plans
qu'il faut et de la volonte d'aller de l'avant.
... Pour moi la crise de developpement
n'est rien d'autre que la crise de lead-
ership. Continuez a nous proposer des
articles qui nous susciteront des debats.
C'est du bon travail pour vous et pour
nous. L'un de vos fervents lecteurs en
Afrique (extrait de lettre de Patrick
ISSA KALENGA)


Relations Afrique-UE (Courrier n�19):
Evidemment, les relations entire
l'Europe et l'Afrique ont passe a une
period de plus maturity. Maintenant
il ne s'agit pas de savoir deji la
quantity d'aide au developpement
donnee, mais la quantity de projects
que materialisent et que font de
l'Afrique autosuffisant.
(J A Falcon - IRGEI)


Reportage sur Tanzanie (Courrier n�19):
Le pays peut se vanter d'une des
transitions les plus stables entire ceux
qui ont constitute et leur successeurs
aujourd'hui, d'ou la continuity
qu'on constate aujourd'hui .Les
pays africains qui n'ont pas connu
autant de changements dans leur
gouvernement que les continents
de l'ouest, sont souvent stigmatises
comme non democratiques. Il
est temps de complimenter les
developpements qui sont progressifs
au lieu de les categoriser, surtout
quand on ne vit pas en Afrique.


ADRESSE : LE COURIER - 45, RUE DE TREVES 1040 BRUXELLES (BELGIQUE)
COURRIEL: INFO@ACP-EUCOURIER.INFO - SITE INTERNET: WWW.ACP-EUCOURIER.INFO


Calendrier Janvier-mars 2011


January

1/1/11 Le debut de la presidence
hongroise de l'Union
Europeenne (a voir:
notre dossier a la decouverte
d'Europe)

20 -21/1 AGROTEC-EMRC Forum
international de commerce
Lisboa, Portugal
. U:." . , .. . I . , . " , i , - ..-,
tec-2011.aspx


30 -31/1 16.'" Sommet de l'Union
Africaine, Addis-Abeba,
Ethiopie
Theme : < Vers une plus
grande unite et integration par
des valeurs partagees >
Centre de conference de la
Commission Economique
pour l'Afrique des Nations
Unies (CEA)
www.africa-union.org


31/1 ACP-OIF Symposium
Stimuler la cooperation Sud-
Sud - Dfis et Opportunites
pour le Groupe ACP

FHvrier

7-9/2 4".. edition de la conference
'Corporate Africa', coalition
des Entreprises, conference
des partenariats en faveur de
la prevention et des soins de
sante en Afrique.
Sheraton Hotel, Addis Ababa,
Ethiopie
www. corporateafricahealthfounda-
tion.org


A confirmer Conference sur le commerce
et investissement entire l'UE-
Afrique
Theme: La promotion du com-


merce et de l'investissement
- Mobiliser les capacities et les
resources de la diaspora.
http://eu-africatradeinvestment-
conferencemay2010.yolasite.com/

Mars

14-17/3 Semaine Africaine de
l'energie et du bien-etre,
Cape Town, Afrique du Sud
i. . . ,1 ; ."., , - ..,i ..;-. in - . . T ...,1 .,

Mai

9 -13/5 La quatrieme Conference des
Nations Unies sur les Pays les
moins avances (PMA IV)
. , i , . " . . . 1 . ., , - ., ... . , , 1 /
,' , . ,,,t I ; ' l ' ., " , J , ' .


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