<%BANNER%>
HIDE
 Front Cover
 Copyright
 Main
 Back Matter
 Back Cover














Courrier (French)
ALL VOLUMES CITATION SEARCH THUMBNAILS PDF VIEWER PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00095067/00090
 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 08-2010
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00090

Downloads

This item has the following downloads:

00008-2010 ( PDF )


Table of Contents
    Front Cover
        Front Cover
    Copyright
        Copyright
    Main
        Page 1
        Page 2
        Page 3
        Page 4
        Page 5
        Page 6
        Page 7
        Page 8
        Page 9
        Page 10
        Page 11
        Page 12
        Page 13
        Page 14
        Page 15
        Page 16
    Back Matter
        Back Matter
    Back Cover
        Back Cover
Full Text


EDITION SPCIALE N.E. AoT 2010
Le



reu rrier
Le magazine bimensuel des relations et cooprations Afrique Carabes Pacifique
& Union Europenne


--" i --

d
w .b ..-., ,


t,.


*^


;0e


N111


du


3e


2"V


e\enteur












Courrier


Comit de rdaction
Co-prsidents
Mohamed Ibn Chambas, Secrtaire gnral
Secretariat du Groupe des Etats ACP
www.acp.int

Fokion Fotiadis, Directeur-Gnral DG Dveloppement
Commission europenne
ec.europa.eu/development/

Rdaction
Directeur et Rdacteur en chef
Hegel Goutier

Journalistes
Marie-Martine Buckens (Assistante Rdacteur en chef)
Debra Percival

Assistant ditorial
Okechukwu Umelo

Assistant de production
Telm Borrs

Ont particip ce numro :
Mariama Khai Fornah, Anne-Marie Mouradian, Seydou Sarr.

Gestionnaire de project
Gerda Van Biervliet

Coordination artistique
Gregorie Desmons

Conception graphique
Loic Gaume

Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani

Distribution
Viva Xpress Logistics ww.vxlnet.be

Agence photo
Reporters ww.reporters.be

Couverture
Francis Ngatia, agriculteur, Kenya. UE/COLEACP
S -Ab Intervention graphique de Gregorie Desmons.


SOMMAIRE


Editorial ..................... ........ ....... 1


Point de vue ....................................... 2


Acteurs .......................................... 4


Dbat ........................... .......... 11


Pour les jeunes lecteurs.................... .. 16


Contact
Le Courrier
45, Rue de Trves
1040 Brussels
Belgique (UE)
info@acp-eucourier.info
wvww.acp eucourier.info
Tl.: +32 2 2345061
Fax: +32 2 280 1912

Public tous les deux mois en anglais, en franais, en espagnol et en portugais

Pour toute information concernant l'abonnement,
Veuillez consulter notre site web l'adresse www.acp-eucourier.info ou envoyez
un courriel l'adresse info@acp-eucourier.info

Editeur responsible
Hegel Goutier

Consortium
Gopa-Cartermill -Grand Angle -Lai-momo

Les opinions exprimes sont celles de leurs auteurs et ne reprsentent pas la position
officielle de la CE ou des pays ACP. / Le SecrtariatACP et l'Union europenne dclinent
toute responsabilit quant aux positions prises dans les articles du magazine Le Courrier

Le consortium et la rdaction dclinent toute responsabilit quant aux articles crits par
des auteurs extrieurs la rdaction.


















Objectifs du Millnaire pour le dveloppement



Un rendez-vous thique


L es Objectifs du Millnaire pour
le Dveloppement ont trs vite
atteint au moins un objectif,
c'est d'tre l'initiative de l'ONU
la mieux connue des citoyens du monde,
contribuant faire reconnatre cette
institution une volont de s'approcher
des proccupations des femmes et des
hommes de la terre plutt que de rester un
lieu de confrontation thre entire puis-
sants. Les derniers Secrtaires gnraux
de l'organisation, surtout Kofi Annan,
entire autres en promouvant des strat-
gies de dveloppement, malgr toutes
les critiques faites celles-ci, ont marqu
une volont de traiter les questions de
dveloppement. Et ceci, l'chelle des
tres humans.

Avant mme les premires valuations
des progrs vers les buts viss, les OMD
ont soulev d'une part des concerts de
louanges les identifiant une revolution
copernicienne dans la stratgie global
de lutte contre la pauvret. Et d'autre
part, des critiques des plus acerbes
ont t faites. Souvent ces critiques ne
concernent pas les objectifs eux-mmes
mais la volont suppose de ceux qui
s'accaparent le plus les richesses de la
plante de les saper, ou l'incapacit
tout aussi suppose, intrinsque ou
provoque, des pays les plus pauvres,
d'Afrique en particulier, les atteindre.

Ni trop d'honneur ni trop
d'indignit

Outre une critique gnrale -les habi-
tudes de contrle de l'conomie mondiale
par les puissants sont incompatible avec
les OMD et ne permettraient pas aux plus
pauvres de se pourvoir de l'indispensable
pour s'extirper de la grande pauvret -
nombreuses faiblesses ont t condam-
nes. A commencer par les objectifs,
jugs insuffisants. Fixer 1 dollar par
jour le seuil de l'extrme pauvret parat
un objectif brad car peu avant, les experts
des Nations Unies eux-mmes avaient
considr que le double tait ncessaire.
De faon gnrale, les contempteurs des


OMD les jugent insuffisants et abstraits.
Un pygme de la fort camerounaise
peut la limited se passer d'un dollar par
jour si ses droits sur son environnement
sont respects et s'il peut continue s'y
approvisionner et y trouver son gte et son
couvert. Pour d'autres, les OMD seraient
de nouveaux instruments d'assujettis-
sement des pays pauvres l'conomie
mondialise car leurs indicateurs sont
bass sur du numraire et ne tiennent pas
compete des droits de l'individu et de sa
participation aux prises de decisions qui le
concernent, et en l'absence desquels tout
dveloppement est illusoire. Et puis trop
technocratiques pour tre humanistes.

La parole et l'outil

Ce sont les points de vue de nombre
d'ONG de dveloppement du Nord
comme du Sud. Mais pour la premiere
fois, il y a une relle fracture entire les ana-
lyses des tenants de la socit civil. On en
trouve au moins autant du Nord que du
Sud qui saluent les OMD, les estimant un
outil crucial et un baromtre important
des progrs, utiles pour savoir o l'on va*.
Et au moins, "un rendez-vous thique
fort que les pays du Nord ont pris" pour
parodier Francisco Hernandez, Secrtaire
gnral de la section Amrique latine de
la grande ONG Caritas, une de celles
qui s'occupent le plus des dshrits de la
plante. Ce n'est plus d'un ct la parole
et les promesses, de l'autre l'outil ou les
leviers qui aident franchir des paliers
dans la liberation de la grande pauvret.
C'est la rencontre de la parole et de l'outil.
Et chacun semble le reconnatre.


Hegel Goutier,
Rdacteur en chef



* L'UE est l'un des plus ardents dfenseurs des
OMD. Andris Piebalgs, Commissaire europen
au Dveloppement, raffirme rgulirement
cet eeengagement, dclarant, dans l'interview
accorde au Courrier (mai/juin) que "L'Europe
doit respecter ses engagements".


EDITION SPECIAL N.S. OMD AOT 2010










Point du vue du Groupe ACP*


ACP-UE : Une vision similaire des OMD




Des progrs s'imposent


de toute urgence


Carolyn Rodrigues-Birkett, Dpute, Ministre des Affaires trangres de Guyana et Prsidente du Conseil ACP. o secrtarat ACP


sparent de l'chance de 2015
fixe pour la ralisation des
Objectifs du Millnaire pour
le dveloppement (OMD), le Groupe
des pays d'Afrique, des Carabes et du
Pacifique (ACP) entend insuffler un
nouvel lan aux efforts communs pour la
mise en place d'une approche global. Les
ACP sont particulirement attentifs aux
pays et aux objectifs les plus la trane
et veilleront se concentrer sur les com-
munauts les plus vulnrables et les plus
marginalises.

Selon les toutes dernires donnes, de
nombreux pays ACP auront beaucoup
de mal raliser les OMD d'ici 2015,
notamment les pays de l'Afrique subsa-
harienne et les pays les moins avancs
(PMA), ainsi que les pays en conflict ou
en proie l'instabilit. Certains OMD
ceux en rapport avec la lutte contre la


famine, la mortality maternelle et infantile
et l'accs l'eau potable et aux services
d'assainissement -sont vraiment fort la
trane, et exigent ds lors une attention et
des measures spcifiques.

Les pays ACP estiment avoir les mmes
proccupations que l'UE s'agissant du
enforcement du pouvoir des femmes
et des filles ainsi que des ingalits fon-
des sur le genre en terms d'accs aux
resources financires, des rapports de
force ingaux, de la discrimination -des
phnomnes structures et transversaux
profondment ancrs qui freinent la pro-
gression des OMD dans ces domaines.
Lors du dernier conseil des ministres
ACP-UE, qui s'est tenu Ouagadougou
en juin 2010, les deux parties ont confirm
cette vision commune et dclar que la
crise financire et conomique mondiale,
ainsi que les rcentes crises alimentaires et
ptrolires et le changement climatique et


ses consequences, risquaient de ralentir la
progression des OMD et mme d'anantir
les progrs raliss jusqu'ici.

Les ACP et l'UE souhaitent renforcer le
leadership au niveau national, ainsi que
l'appropriation grande chelle des OMD,
notamment en les intgrant dans les strat-
gies de dveloppement national et regional
et en amliorant la collect de donnes et
les capacits de suivi. Il s'agit l de measures
essentielles pour la ralisation des OMD.
Ils insistent galement sur l'importance de
mobiliser les resources domestiques et de
favoriser la redistribution des richesses, et
sur la ncessit d'impliquer la responsabi-
lit des gouvernements vis--vis de leurs
citoyens. Il convient de mettre en place des
systmes de taxation quitables et efficaces,
ainsi que des instruments politiques appro-
pris pour lutter contre l'vasion fiscal.

En gnrant la croissance, les emplois et
les resources ncessaires pour soutenir la
ralisation des OMD, l'intgration rgio-
nale et le commerce jouent selon les ACP
et l'UE un rle cl dans la promotion du
dveloppement. L'UE et les ACP sou-
haitent galement poursuivre leur partena-
riat au service du processus d'intgration
rgionale des ACP, notamment par le biais
de l'adoption et de la mise en uvre de
programmes rgionaux d'Aide pour le
Commerce. Ils entendent galement sou-
tenir le dveloppement d'un secteur priv
dynamique et l'amlioration du climate des
affaires dans les pays ACP, par example via
la Facility d'investissement en faveur des
ACP et le Fonds fiduciaire UE-Afrique
pour les infrastructures.

Dans la declaration commune publie
Ouagadougou, les ACP et l'UE raffir-
ment l'importance de l'Aide publique au
dveloppement (APD), lment indispen-
sable d'un fort partenariat mondial pour
le dveloppement qui permet de dgager
d'autres resources financires comme des
investissements privs, des partenariats
public-privs et diverse autres formes de
financement priv.

Par cette declaration, l'UE raffirme son
engagement consacrer d'ici 2015 0,7%
de son RIB collectif l'APD et appelle
les bailleurs de fonds internationaux y
compris les nouveaux partenaires et les
partenaires mergents augmenter leur
APD dans des proportions similaires.

* Ce texte est bas sur une communication du
Groupe ACP.


Cou rrier





















C Hegel Goutier



n sa quality de directrice du
PNUD*, Helen Clarke suit de
prs la ralisation des OMD.
Consciente de la lenteur des avan-
ces ce jour, elle fait preuve de ralisme.
A l'instar du Secrtaire gnral des NU,
elle appelle les pays raliser, d'ici 2015,
non pas tous les objectifs, mais le maxi-
mum d'entre eux. Et elle insisted en parti-
culier sur l'importance de l'objectif relatif
l'aide au dveloppement : "Le deficit
entire l'aide au dveloppement projete pour
2010 et l'aide promise lors de la runion du
G8 Gleneagles en 2005 se monte prs
de 0,05% du revenue national brut combin
des pays dvelopps en 2010. Cet cart peut
et doit tre combl, mme en ces temps
difficiles. Certains pays respectent leurs
engagements, mais d'autres ne le font pas."

HG L'engagement pris par la com-
munaut international en 2000 de
raliser ces OMD a-t-il t un moment
majeur de lapolitique international
de dveloppement ?

HC -En 2000, en ma quality de chef de
gouvernement, j'tais prsente New York
pour signer la Dclaration du Millnaire.
Ce fut effectivement un moment histo-
rique. Pour la premiere fois, 189 nations
se runissaient et s'engageaient, l'che-
lon international, rduire la pauvret de
manire significative. Les OMD reprsen-
taient l'poque -et reprsentent d'ailleurs
toujours -les objectifs de dveloppement
intgrs et spcifiques les plus largement
soutenus jamais adopts dans le monde

Il faut bien se rappeler que pour les per-
sonnes vivant dans la pauvret, les OMD
ont toujours t bien plus que des objectifs
ou des cibles. Ils ont ouvert la voie vers
une vie meilleure.

Quels sont les OMD ayant bnfici
des plus grandes avances ce jour ?

Le monde est en passe de raliser une srie
d'OMD l'chelon mondial. Lorsque de
grandes nations, comme la Chine et le
Brsil, se rapprochent de ceux-ci, les rsul-
tats s'amliorent indirectement partout
dans le monde. L'objectif de reduction de
la pauvret pourrait donc tre atteint, de
mme que les objectifs en rapport avec
l'enseignement primaire pour tous, la
lutte contre le VIH/SIDA et la malaria, et
l'galit hommes-femmes dans l'duca-
tion condition de rester trs attentifs


MDGs : Le retard peut


et doit tre combl

Entretien avec Helen Clarke
Administratrice du Programme des Nations Unies
pour le dveloppement (PNUD).
Ancienne Premire ministry de Nouvelle-Zlande


Uiscours ca eien ubarK iors ce ia e session ou uomnie ae naui niveau pour la uooperaiion bua-uau.
UN Photo/Evan Schneider


ces objectifs. Certains pays parviennent
galement raliser des rsultats tonnants
-la Tanzanie a ainsi russi augmenter
son taux de participation l'enseignement
primaire de plus de 90% depuis 1991 ;
de son ct, l'Afrique du Sud a rduit de
moiti le nombre de ses habitants n'ayant
pas accs l'eau potable. Quant l'Egypte,
elle a vu ses taux de pauvret chuter de
moiti depuis 1999.

Partout dans le monde, des pays, y com-
pris certain des plus pauvres, ralisent des
avances incroyables en terms d'OMD.
Nous sommes donc convaincus que ces
objectifs peuvent tre atteints.

Selon vous, quels sont les OMD qui
accusent le plus de retard ?

L'OMD relatif la sant maternelle accuse
pour l'instant le retard le plus important.
L'objectif est de rduire de trois quarts,
d'ici 2015, le nombre de dcs maternels
par rapport 1990 et d'assurer l'accs
universal aux services de sant sexuelle
et reproductive.

Les progrs se font aussi attendre en ce
qui concern l'OMD ax sur le renforce-
ment du partenariat international pour
le dveloppement. Lors du Sommet du
G8 Gleneagles, les chefs d'Etat et de
gouvernement s'taient engags doubler
l'aide en faveur de l'Afrique d'ici 2010.
Nous sommes loin du compete.


Les politiques financires mondiales
et les politiques agricoles ont-elles un
impact sur la ralisation des OMD ?

Assurment Une distribution quitable
des revenues, des actifs et des opportunits
est primordiale. L'impasse dans laquelle
se trouvent actuellement les ngociations
commercials fait tout sauf encourager le
dveloppement.

Dans les pays en dveloppement, 2,5
milliards de personnel dependent de
l'agriculture pour leur subsistence. Les
agriculteurs doivent augmenter leur pro-
duction et avoir accs aux marchs.

C'est ici qu'intervient selon nous la
Cohrence des politiques au service du
dveloppement. Si l'Europe tait en
measure de faire connatre, en septembre,
ses intentions quant la nouvelle rforme
de la politique agricole commune (PAC),
d'laborer une politique davantage axe
sur le soutien aux populations pauvres, ou
d'expliquer comment "Europe 2020 Une
stratgie pour une croissance plus intelli-
gente, plus durable et plus inclusive" peut
gnrer des opportunits pour les pays
en dveloppement, ce serait l un signal
fort de cohrence politique au service du
dveloppement.


* Programme des Nations Unies pour le dve-
loppement : http://www.undp.org/mdg/


EDITION SPECIAL N.S. OMD AOT 2010












* E
)~ -r


W -%
ir e


s,
IL>---


Un Sommet pour


rattraper les retards


vers les Objectifs du


Millnaire


Anne-Marie Mouradian


L ,aide europenne devrait
atteindre 0,46% du produit
intrieur brut de l'Union en
2010, loin de l'objectif inter-
mdiaire des 0,56% qui avait t fix pour
la ralisation des Objectifs du Millnaire
pour le dveloppement. L'UE devra acc-
lrer le movement pour respecter sa pro-
messe, raffirme le 17 juin dernier, de
porter son aide 0,7% du PIB l'horizon
2015. Elle ritrera son engagement au
Sommet de l'ONU, en septembre New
York, o elle compete peser de tout son
poids de premier bailleur mondial pour


amener l'ensemble de la communaut
international renforcer ses efforts.
A cinq ans de l'chance, le bilan des
OMD est mitig, avec des avances dans le
secteur de l'ducation primaire, accessible
aujourd'hui prs de 90% des enfants
dans le monde, mais des retards drama-
tiques en matire, notamment, de sant.
Pour lutter contre la mortality maternelle
et infantile, il tait prvu que ds 2010,
"21 millions de naissances supplmen-
taires seraient encadres par des soins
professionnels." On est loin du compete.
Et selon le rapport du Programme des
Nations Unies pour le dveloppement,
1,2 milliard de personnel souffrent encore
de malnutrition; plus d'un milliard n'ont


Courrier


r~ ,.s
I'


'"


r- _1










pas accs des installations sanitaires
dcentes.

Mme si la recession mondiale, les crises
alimentaires et nergtiques, les dfis du
rchauffement climatique et des catas-
trophes naturelles ont compliqu le che-
min vers les OMD, nous devons tenir
nos promesses. Le monde ne peut plus
engendrer de "gnrations perdues" sou-
ligne-t-on la Commission europenne.
Des dclarations qui laissent les ONG de
dveloppement sceptiques. Selon elles,
l'Europe serait en train de perdre peu
peu sa crdibilit au niveau international.

Pour prouver qu'ils sont "srieux", les
27 auraient d, affirme l'organisation
Oxfam, reprendre leur compete les pro-
positions du Commissaire europen au
Dveloppement. Andris Piebalgs sou-
haitait que les Etats membres rendent
contraignant l'objectif de consacrer 0,7%
de leur PIB l'aide au dveloppement, en
l'inscrivant dans leur legislation natio-
nale. La Belgique est un des rares pays
avoir eu recours ce mcanisme et vot
une loi. Du coup, elle va probablement
rejoindre cette anne le petit club des
"champions mondiaux de l'aide" qui


regroupe cinq Etats, quatre membres de
l'UE (Danemark, Luxembourg, Pays-Bas,
Sude) et la Norvge*. Preuve, malgr
la crise, qu'il s'agit d'une question de
volont politique. La Grande-Bretagne,
de son ct, a nettement augment son
aide au dveloppement en 2009 tandis que
l'Allemagne, l'Irlande, l'Autriche, l'Italie
l'ont diminue... Le Conseil europen du
17 juin a invit les Etats membres "clai-
rement en retard" dployer les efforts
ncessaires "par des actions ralistes et
vrifiables" pour atteindre les niveaux
d'aide requis pour 2015.

Si l'aide publique au
dveloppement reste
fondamentale, le recours
des sources de financement
innovantes et additionnelles est
devenu incontournable

Au Sommet de septembre, l'UE fera
appel la responsabilit collective de la
communaut international. Il ne sera
pas facile d'atteindre les objectifs fixs
mais les OMD restent atteignables si tous
les partenaires -ensemble des donateurs
et pays en dveloppement joignent leurs


forces et acclrent la cadence (cf.: http://
ec.europa.eu/development/services/
dev-policy-proposalsfr.cfm). Elle rap-
pellera aussi que si l'aide publique au
dveloppement reste fondamentale, le
recours des sources de financement
innovantes et additionnelles est devenu
incontournable. La creation de taxes sur
les transactions financires, encourage
par l'Allemagne et la France, est toujours
l'tude. Pour les ONG, elle s'impose
d'urgence. L'UE devrait galement plai-
der pour le enforcement des capacits
fiscales des pays en dveloppement et de
la lutte contre la fraude qui fait perdre
chaque anne ces pays des recettes fis-
cales correspondent dix fois le montant
de l'aide fournie par les Etats riches !**
2015 approche grands pas. Aprs les
rats du Sommet de Copenhague sur
le changement climatique en dcembre
dernier, le Sommet contre la Pauvret
de septembre New York ne peut se
permettre d'aboutir un nouvel chec.


* Seuls pays ayant dj atteint ou dpass l'objectif
des 0,7% du PIB

** Rapport du PE mars 2010.


L'UE veut faire la difference au



Sommet de New York


A.M.M.



Union europenne compete
jouer un rle de chef de file
pour inciter la communaut
international rattraper ses
retards vers les Objectifs du Millnaire
pour le dveloppement (OMD). La posi-
tion qu'elle dfendra au Sommet des
Nations Unies New York est dfinie dans
l'ambitieux plan d'action en douze points
qu'elle a adopt au Conseil europen de
juin sur base des propositions prsentes
par la Commission.

Un plan d'action pour redresser
la barre

Le plan prvoit de cibler, d'une part, les
Etats fragiles et en crise don't la vulnrabi-
lit pose un grave dfi pour la ralisation
des OMD, d'autre part, les objectifs les
plus ngligs et en retard. Il prconise
en particulier de nouvelles measures pour


acclrer les efforts en faveur de l'galit
hommes-femmes, la sant, l'ducation et
la scurit alimentaire. La lutte contre
la mortality maternelle et infantile qui
prsente ce jour les performances les
plus mdiocres, sera place en tte des
priorits de l'UE.

Dans ce cadre, le volume des resources
disponibles est dterminant. Donateur le
plus gnreux, l'UE a toutefois connu en
2009, avec 49 milliards d'euros, un lger
inflchissement de son aide. Le plan d'ac-
tion demand aux Etats membres d'ta-
blir des programmes annuels vrifiables
pour atteindre l'objectif promise de 0,7%
du RNB pour l'aide au dveloppement.
Ces documents front l'objet d'un mca-
nisme de contrle par les pairs au niveau
des chefs d'Etat et de gouvernement. Les
Vingt-sept sont pris de publier leurs pre-
miers plans nationaux avant le Sommet
de l'ONU en septembre. Pour atteindre
la cible de 0,7% du RNB, l'UE devra
globalement y consacrer 9 milliards de
plus par an jusqu'en 2015. Dans le mme


temps, il est entendu que cette aide ne
suffira pas pour l'avenir.

De nouvelles sources de
financement s'imposent

Le plan vise augmenter l'efficacit et la
rentabilit de l'aide europenne par une
meilleure division du travail et la coordi-
nation des programmes d'aide nationaux
des Vingt-sept. Selon la Commission, cette
measure devrait permettre d'conomiser
quelque 3 6 milliards d'euros par an. Le
plan prvoit galement d'augmenter les
resources nationals des pays en dvelop-
pement en instaurant des rgimes fiscaux
plus forts et en luttant contre l'vasion
fiscal. L'UE prtera main forte aux pays
qui le souhaitent en leur fournissant un
soutien technique et des experts fiscalistes.
Par ailleurs, la Commission suggre des
pistes sur la faon d'encourager la bonne
governance fiscal dans les pays en
dveloppement et d'obliger les entreprises
multinationales qui y oprent fournir des
donnes financires et comptables.


EDITION SPECIAL N.S. OMD AOT 2010
















Le plan d'action insisted galement sur la res-
ponsabilisation des pays en dveloppement
et leur ncessaire appropriation des OMD
dans le cadre d'un dialogue et de partenariats
comme la Stratgie commune UE-Afrique.

D'autres points portent sur la cohrence
entire les autres politiques europennes
scurit, commerce, immigration, chan-


gement climatique... et les objectifs de En septembre, la Commission europenne
dveloppement, sur l'engagement contract publiera une nouvelle enqute Eurobaromtre
par l'UE Copenhague de fournir un sur "les Europens et les OMD", disponible
financement de 2,4 milliards d'euros par pour la conference de haut niveau organise
an dans le cadre de la lutte contre le chan- New York. Lien Internet : http://ec.europa.eu/
gement climatique ou encore, sur la faon publicopinion/indexen.htm d'aider les pays du Sud augmenter leur eu/publicopinion/indexen.htmb>
poids au sein de la Banque mondiale et du
Fonds montaire international.


Les Objectifs du Millnaire pour le dveloppement


OMD 1 : rduire de moiti la proportion
de la population souffrant de la pau-
vret et la faim
Depuis 1990, le nombre de personnel
vivant sous le seuil de pauvret (avec moins
de 1,2 dollar par jour) est pass de 1,8
1,4 milliard. Lobjectif(920 millions en 2015)
pourrait encore tre atteint mais les progrs
sont essentiellement dus aux avances en
Asie de l'Est. De surcrot, depuis la crise
alimentaire de 2008, la faim a regagn du
terrain. Pour diminuer son impact, I'UE a
lanc un programme special d'l milliard
d'euros qui bnficie quelque 40 pays
vulnrables. Et en 2010, elle a adopt une
nouvelle stratgie pour aider les pays en
dveloppement renforcer leur scurit
alimentaire.

OMD 2 : donner tous les enfants les
moyens d'achever un cycle complete
d'tudes primaires
Avec prs de 90% des enfants scolariss,
les progrs sont encourageants. Mais 75
millions d'enfants ne vont toujours pas
l'cole, don't 38 millions d'Africains et une
majority de filles. Plusieurs pays ACP ont
lanc des programmes d' "Enseignement
primaire de quality pour tous", soutenus
par le Fonds europen de dveloppement.

OMD 3 : liminer les ingalits entire
les sexes
Les deux tiers des analphabtes dans le


monde sont des femmes. Mais la scolari-
sation des filles au niveau de l'enseigne-
ment primaire progress. C'est en Afrique
subsaharienne qu'il reste le plus faible,
avec 10% des filles qui n'ont jamais t
l'cole. L'accs des femmes au march du
travail s'est amlior mais reste souvent
limit des emplois prcaires, voire non
rmunrs. Leur representation politique
augmente lentement. LUE finance des
actions dans tous ces domaines y compris
en matire de lutte contre les violence
sexuelles.

OMD 4 : Rduire de 2/3 le taux de mor-
talit des enfants de moins de 5 ans
Les dcs d'enfants sont passs sous la
barre des 10 millions mais on reste encore
loin de l'objectif. LUE aide les pays ACP
consolider leurs systmes de sant,
rendre les soins essentiels plus acces-
sibles et faire face la grave pnurie de
professionnels de sant. Elle est l'un des
principaux bailleurs de fonds de l'Alliance
mondiale pour les Vaccins et l'lmmuni-
sation.

OMD 5 : Rduire de trois quarts le taux
de mortality maternelle
De tous les objectifs, c'est celui qui reste
le plus scandaleusement la trane. En
moyenne, 1.500 femmes meurent chaque
jour de complications lies leur grossesse
ou leur accouchement. 95% de ces dcs


surviennent en Afrique ou en Asie. "Aucun
autre taux de mortality ne va aussi loin
dans l'ingalit entire pays pauvres et dve-
lopps que celui des femmes enceintes ou
en couches", relve l'Unicef. L'UE est trs
active dans ce domaine, tout en soutenant
le Plan d'action de l'Union africaine dans
ce domaine.

OMD 6 : Stopper la propagation du VIH/
Sida, du paludisme, de la tuberculose
Quelques 33 millions de personnel vivent
encore avec le VIH. Le paludisme continue
de tuer prs d'un million d'individus par
an, pour la plupart des enfants. Dans les
rgions touches par l'infection sidenne,
le nombre de nouveaux cas de tuberculose
augmente. Premier bailleur du Fonds mon-
dial contre ces pandmies, I'UE contribute
la furniture de mdicaments essentiels,
la construction de cliniques et la formation
de personnel soignant. Le Partenariat des
Pays Europens et en Dveloppement
sur les Essais Cliniques joue un rle es-
sentiel pour dvelopper les capacits de
recherche de nouveaux mdicaments et
vaccins en Afrique.

OMD 7 : Assurer la viabilit environ-
nementale
II s'agit d'intgrer le dveloppement durable
dans les politiques des pays en dvelop-
pement et de lutter contre l'puisement
de leurs resources naturelles. L'objectif


Courrier

































































Des jeunes femmes en burqa, le vtement islamique traditionnel, rentrent chez elles aprs l'cole, Hargeisa, Somalie.
Reporters/ Associated Press


EDITION SPECIAL N.S. OMD AOT 2010


vise aussi rduire de moiti la population plmentaires devraient disposer, d'ici 2015, loin de l'objectif. Malgr la crise cono-
qui n'a pas accs l'eau potable et aux de toilettes, de systmesd'vacuation des mique, I'UE reste le premier donateur et
services d'assainissement. Des "Facilits ordures et eaux uses... les sondages (Eurobaromtre) montrent
ACP-UE" contribuent amliorer l'accs que les citoyens europens demeurent
des populations des pays ACP une eau OMD 8 : Mettre en place un partenariat favorables la solidarity mondiale.
propre et l'lectricit. Lobjectif concer- mondial pour le dveloppement
nant l'eau potable est en train d'tre atteint. Les pays dvelopps se sont engags
En revanche, pour raliser celui de l'assai- consacrer 0,7% de leur revenue national
nissement, 1,4 milliard de personnel sup- l'aide au dveloppement. Ils sont encore













Pays Afrique Carabes Pacifique



Des progrs mais surtout


beaucoup de lenteur


IVall. Reporters /Photononstop


Le sommet des Nations Unies de septembre 2010 New-York, consacr aux
Objectifs du Millnaire pour le dveloppement, sera l'occasion pour la communaut
international de faire une valuation des progrs accomplish depuis 10 ans. A 5
ans de l'chance fixe 2015, le bilan est mitig. Si des progrs sont rels dans
certain domaines, comme l'ducation, beaucoup reste faire, notamment dans la
ralisation des objectifs lis la sant et la lutte contre la pauvret, surtout dans
les pays d'Afrique, des Carabes et du Pacifique.


Seydou Sarr*


L es objectifs du Millnaire
pour le dveloppement
(OMD) sont ralisables,
et un chec dans leur ra-
lisation n'est pas acceptable. Il ne reste que
si peu de temps avant l'expiration du dlai
fix pour la ralisation des OMD, en 2015.
Beaucoup d'autres choses doivent encore
tre accomplies," dclarait en juin dernier
New York, M. Ali Treki, Prsident de
l'Assemble gnrale de l'Organisation des
Nations Unies (ONU). M. Ali Treki, qui
rsumait ainsi l'inquitude de l'organisation
international, quelques jours avant la publi-
cation du rapport 2010 sur les Objectifs du
Millnaire pour le dveloppement.

Le rapport, public le 23 juin 2010 (http://
www.un.org/fr/millenniumgoals/), sou-


ligne les efforts collectifs entrepris dans
la ralisation des OMD, qui ont permis
d'atteindre des rsultats satisfaisants dans
de nombreux domaines, don't la reduction
de la pauvret. "Dans son ensemble, le
monde en dveloppement est sur la bonne
voie pour atteindre la cible de reduction
de la pauvret d'ici 2015. On s'attend tou-
jours ce que le taux global de pauvret
tombe en-dessous de 15% d'ici 2015, ce
qui se traduirait par environ 920 millions
d'individus vivant sous le seuil de pauvret
international une diminution de moiti
par rapport 1990", indique le rapport.

Autre objectif pour lequel l'ONU note
une avance significative, la scolarisation
primaire. Dans ce domaine, l'Afrique sub-
saharienne, la plupart des pays du group
Afrique, Carabes et Pacifique, semble
avoir accompli les progrs les plus rapides,
passant d'une scolarisation de 58% en
1999 76% en 2008.


Dans le domaine de la sant, les indica-
teurs sont encourageants selon le rapport,
avec une amlioration notable dans la
lutte contre le paludisme et le sida ou la
vaccination anti-rougeole. Les actions
entreprises dans cette lutte ont fait passer
la mortality infantile de 12,6 millions de
dcs en 1990 8,8 millions en 2008,
selon les chiffres du rapport.

Des lenteurs, surtout en Afrique

En dpit des progrs important enregis-
trs, on est encore loin des objectifs fixs
par la Dclaration du Millnaire en 2000,
dans la plupart des pays ACP mais sur-
tout en Afrique. Dans un rapport intitul
Perspectives conomiques en Afrique (PEA)
2010 (www.africaneconomicoutlook.org/
fr/), rendu public fin mai 2010 Abidjan
en Cte d'Ivoire, la Banque africaine de
Dveloppement (BAD) constate que "la
dernire crise financire et conomique
mondiale a bris le rythme de croissance
que l'Afrique a connu entire 2000 et 2008.
Cette situation, associe d'autres facteurs,
a remis srieusement en cause les espoirs
de ces pays de raliser les OMD." La BAD
estime en outre que "50 millions de dollars
amricains supplmentaires seront nces-
saires chaque anne pour que l'Afrique
atteigne le niveau de croissance de son
produit intrieur brut (PIB) indispensable
pour la ralisation de l'objectif de reduction
de la pauvret de moiti d'ici 2015."

Malgr les engagements pris lors de dif-
frents sommets par les chefs d'Etat et de
gouvernement ACP en matire de fourni-
ture de soins de sant de meilleure quality
et des cots abordables, "des centaines
de milliers de femmes et de filles meurent
durant la grossesse ou l'accouchement, et
10 15 millions d'autres souffrent de lon-
gues maladies ou d'un handicap causs par
des complications lies la grossesse, alors
que les moyens et les connaissances pour
les sauver existent" comme le rappelait le
Secrtaire gnral de l'ONU Ban Ki-moon
en avril dernier, lors du lancement d'un
plan d'action** en faveur de la sant mater-
nelle et infantile. Et le Secrtaire gnral
d'insister sur le rle des femmes comme
moteur du progrs dans les socits pauvres
du monde, en ce sens qu'elles s'occupent
des enfants, travaillent dans les champs
et apportent la cohsion dans les families
et les communauts. "Des mres qui sont
en bonne sant lveront des enfants en
bonne sant. Et ces enfants bien portants
creront des socits prospres", insistait-
il, mettant en evidence le lien troit, dans
les pays pauvres, entire le enforcement
du rle des femmes et l'amlioration des
conditions de vie, de la sant et de l'du-
cation des enfants.

Plus de solidarity et une aide
plus efficace

Beaucoup de pays dvelopps se sont
engags augmenter le niveau de l'aide


Courrier














publique au dveloppement, conform-
ment l'Agenda d'action d'Accra adopt
en septembre 2008 et qui fait suite la
Declaration de Paris sur l'efficacit de
l'aide. Cette declaration adopte en 2005
par les pays membres de l'OCDE, repose
sur les principles de l'appropriation par
les pays qui laborent et pilotent leurs
propres strategies, l'alignement de l'aide
sur les politiques dfinies par les pays
bnficiaires, l'harmonisation des actions
des pays donateurs, la gestion des rsultats
et la responsabilit mutuelle.

L'accent y est mis sur la ncessit d'acc-
lrer les progrs vers la ralisation des
OMD et la lutte contre la pauvret, sans
oublier les besoins de reconstruction aprs
des conflicts arms ou des catastrophes
naturelles.

Pour faire face aux multiples dfis aux-
quels sont confronts les pays conomie
fragile, il faudrait sans doute les aider
se doter de capacits supplmentaires.
La science, la technologies et l'innovation
figurent certainement parmi les atouts
placer encore plus au cour de la politique
de dveloppement.

* Journaliste, Infosud Bruxelles.

** http://www.who.int/pmnch/activities/
jointactionplan/en/index.html



Pacifique, des progrs en dents
de scie


"La route est encore longue avant que
la region du Pacifique n'atteigne les
Objectifs du Millnaire pour le dve-
loppement." Ainsi s'exprimait, voici un
an, Peter Wise, Ministre de la Planifi-
cation national de Fidji. Depuis lors, la
situation n'a gure volu. Les pays du
Pacifique n'atteindront pas l'ensemble
des OMD en 2015, date butoir fixe par
les Nations Unies.


Un tableau qu'il convient toutefois de
nuancer. Ainsi, les pays de la region
peuvent se targuer d'avoir matris la
tuberculose et commenc inverser la
tendance actuelle (Objectif 6 des OMD),
de mme que d'avoir atteint une des
quatre cibles du 7e OMD assurerr un
environnement durable) en crant des
reserves de biodiversit. Mais, a reconnu
Peter Wise, les dfis restent normes
dans les domaines de la lutte contre la
pauvret et la malnutrition, l'amlioration
de la sant maternelle et l'accs l'eau
potable.


Le symbol des NU. 0 Reporters


Pnurie de donnes


Trinit-et-Tobago (T & T), un pays
moyens revenues du Sud-Est des Carabes,
a dj dpass de nombreux Objectifs du
Millnaire pour le dveloppement (OMD),
affirme Marcia de Castro, Reprsentante
rsidente du Programme des Nations
Unies pour le dveloppement (PNUD)
dans le pays. Il faut dire que l'ancien
gouvernement de Patrick Manning avait
intgr une srie d'OMD dans sa Vision
2020, lance pour faire de T&T un pays
dvelopp l'horizon 2020. Marcia de
Castro met toutefois en avant un aspect
qui influence la measure de la ralisation
des OMD : l'absence de donnes fiables.


Un example : les donateurs tiennent abso-
lument valuer le nombre de personnel


vivant sous le seuil de pauvret Trinit-
et-Tobago, et, en particulier, le nombre
d'habitants n'ayant toujours pas accs
l'eau potable. Selon une tude de l'Union
europenne remontant 2002, quelque 17
20% d'habitants vivraient sous ce seuil
de pauvret. Prs de 10 ans plus tard,
cette tude est toujours le seul document
de rfrence sur les statistiques relatives
la pauvret dans le pays, dplore Marcia
de Castro. Stelios Christopoulos, Charg
d'Affaires de I'UE T&T, signal que 10%
des Trinbagoniens* n'ont toujours pas
accs l'eau courante potable. "Or, les
donnes sont absolument indispensables",
dclare Marcia de Castro.


* Un ressortissant de Trinit-et-Tobago


EDITION SPECIAL N.S. OMD AOT 2010














La Chine, L'lnde et Le Brsil




LAfrique, enjeu conomique


pour les pays mergents



Mme s'il subsiste encore d'normes disparits et ingalits sociales et conom-
iques l'intrieur de leurs frontires, les pays dits mergents figurent aujourd'hui
au premier plan dans la lutte contre la pauvret dans le monde. Pour la Chine,
l'Inde et le Brsil, au regard des performances conomiques ralises au course
des dernires dcennies, l'Afrique reprsente un enjeu conomique important.


La Chine dcouvre l'Afrique

Les besoins de la Chine en matires pre-
mires sont la base d'un dveloppement
acclr de sa cooperation avec l'Afrique.
En septembre 2008 l'ONU, le Premier
ministry chinois a fait une srie de promesses
ce continent, portant sur les secteurs de
l'agriculture et de la scurit alimentaire. S'y
ajoutent l'annulation des prts sans intrt
aux pays les moins dvelopps expirant
la fin 2008, et l'exonration de taxes doua-
nires pour 95% de products provenant de
ces pays. En mars 2009, ces promesses se
sont concrtises avec la signature d'une
srie d'accords entire la Chine et la FAO,
l'Organisation pour l'alimentation et l'agri-
culture des Nations Unies, et l'octroi d'un
don de 30 millions de dollars sur trois ans
en faveur des pays pauvres.


La Chine a compris l'norme dbouch
que reprsente l'Afrique pour ses products
manufactures, textiles et lectromnagers
bon march qui inondent le continent.
Sans computer la presence chinoise dans
la ralisation de grandes infrastructures.
On est loin du missionnaire chinois au
livre rouge qui dbarquait pour convertir
les masses africaines l'idologie com-
muniste. Aujourd'hui, l'attrait est co-
nomique.

L'Inde se tourne vers l'Afrique

Jusqu' rcemment, l'Inde n'avait pas
exploit la presence de sa forte diaspora
en Afrique, principalement au Kenya et
en Afrique du Sud. Mais depuis sa forte
croissance, elle a tiss des relations co-
nomiques notamment avec le Nigeria, la
Libye, le Soudan et l'Angola notamment
pour diversifier ses approvisionnements
en resources nergtiques. Une nouvelle


approche base sur le partenariat s'est
concrtise par le sommet Inde-Afrique
runi en avril 2008 New Delhi.

L'Inde offre dsormais l'Afrique une
aide conomique et une assistance dans la
lutte contre la pauvret. Elle met profit
le dynamisme de son secteur priv, en
particulier de son industries pharmaceu-
tique avec ses mdicaments gnriques
bon march, qui en fait la pharmacie des
pays en dveloppement.

Mme si elle s'en dfend, l'Inde est entre
dans une vritable competition avec la
Chine dans la conqute de l'Afrique.

Le Brsil entire dans la danse

Autre pays mergent qui n'entend pas
rester sur la touche, le Brsil, qui s'est
lanc dans une offensive de charme vis-
-vis de l'Afrique. Parmi ses nombreuses
initiatives promues personnellement
par le president Lula qui y a effectu de
nombreux voyages, figure la decision
de renforcer le partenariat conomique
entire le Brsil et la Communaut cono-
mique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO), prise lors d'un sommet tenu
au Cap-Vert le 3 juillet dernier. Les deux
parties se sont engages explorer de
nouvelles opportunits d'investissement
dans les domaines des biocarburants et
des nergies durables, de l'industrie de
transformation des products agricoles,
et de l'amlioration des infrastructures,
en mettant l'accent sur le partenariat
avec le secteur priv et l'implication des
hommes d'affaires. Au cour des discus-
sions, la lutte contre la pauvret, l'ins-
curit alimentaire et l'amlioration des
capacits affronter les problmes de
dveloppement.


Bund Shanghai ; navetteurs Bombay ; Bourse de Sao Paulo. oReporters


Courrier










ciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
******iiiiiiiii ^B
:::::: '


doivent raffirmer leurs engagements


doivent raffirmer leurs engagements


Un enforcement et une amlioration de l'aide de I'UE peuvent permettre de raliser
les Objectifs du Millnaire pour le dveloppement (OMD). C'est ce qu'affirme le
rapport annuel AidWatch, public par CONCORD, la Confdration europenne des
ONG d'urgence et de dveloppement, qui reprsente plus de 1.600 organizations
non gouvernementales europennes (ONG).


Debra Percival


suit de prs l'volution quali-
tative et quantitative de l'aide
publique au dveloppement
(APD) dans les 27 Etats membres. Son
dernier rapport, Penalty contre la pauvret,
indique que l'aide europenne pour le
dveloppement s'est leve 49 milliards
d'euros en 2009, ce qui reprsente 0,42%
du revenue brut europen, soit un milliard
de moins qu'en 2008.

"Au Malawi, l'aide publique au
dveloppement permet aux petits
agriculteurs de produire plus.
En Ouganda et au Kenya, elle
ralentit la propagation du sida"

Selon les estimations pour 2010, l'aide
consentie par l'UE reprsentera 0,46%
du revenue brut europen, bien loin de
l'objectif de 0,56% que les Etats membres
avaient convenu en 2005. "S'agissant
du montant de l'aide, j'appelle les Etats
membres prparer des plans d'action
annuels concrets et crdibles afin que
nous puissions raliser l'objectif fix
l'chance 2015, savoir une aide repr-
sentant 0,7% du RNB. Il s'agit l d'un
objectif cl si nous voulons convaincre
nos partenaires internationaux d'atteindre
notre niveau d'ambition", a dclar le
commissaire europen en charge du dve-
loppement, Andris Piebalgs, suite la
parution du rapport.


"Les engagements des Etats membres
sont bien en-de du niveau requis pour
la ralisation des OMD", a expliqu Javier
Pereira, auteur du rapport AidWatch, au
course d'une conference de press. Et de
prdire un manque gagner de 11 mil-
liards d'euros pour 2010, voire de 19 mil-
liards si l'on enlve du montant global de
l'aide les chiffres de l'aide "artificiellement
gonfls", pinglant ici le financement de
l'annulation de la dette, des bourses d'tu-
diants et des dpenses pour des rfugis
vivant en Europe. Un manque gagner,
qui, souligne-t-il, est en grande parties d


la dfaillance de l'Italie, de l'Allemagne
et de la France, qui n'ont pas respect
leurs engagements.

"Le sommet des NU, qui fera le point, en
septembre, sur les OMD servira de test.
Aux Europens de montrer leurs ambi-
tions par rapport ces objectifs", a expli-
qu Elise Ford, chef du bureau europen
d'Oxfam International, aux journalists.
L'anne dernire, la volont politique au
sein de l'UE d'augmenter l'APD s'est
manifeste par les efforts consentis par la
Belgique, le Royaume-Uni et la Slovnie,
qui ont relev le budget de l'APD de 51
millions d'euros en 2009.


Pour lire le rapport complete :
http://www.concordeurope.org


Pour lire le plan en 12 points du commissaire
Piebalgs sur les OMD : http://ec.europa.eu/
development/how/achievingmdgfr.cfm



CONCORD appelle galement plus de
cohrence entire la politique du dveloppe-
ment de l'UE et d'autres politiques, comme la
politique commercial. CONCORD souscrit
parailleurs l'ide de 'UE de mettre en place
un "mcanisme d'examen par les pairs", qui
permettrait un Etat membre de I'UE de
suivre l'volution des engagements d'aide au
dveloppement dans un autre Etat membre,
avec un rle de surveillance pour le Parle-
ment europen. Il souhaite galement que
les Etats membres respectent leurs enga-
gements au titre des accords internationaux
de Paris (2005) et d'Accra sur l'efficacit de
l'aide. CONCORD fait galement pression
pour l'organisation de pourparlers en vue
d'exclure les projects axs sur la scurit et les
migrations du financement au titre de I'APD.


EDITION SPECIAL N.S. OMD AOT 2010


Un plan d'action sur l'aide


"Au Malawi, l'aide publique au dveloppement
permet aux petits agriculteurs de produire
plus. En Ouganda et au Kenya, elle ralentit
la propagation du sida", a expliqu Hussaini
Abdu, directeur national d'ActionAid Nigeria
lors d'une interview accorde au Courrier.
M. Abdu s'est fait l'cho de l'appel lanc
par CONCORD la socit civil et aux
parlements, leur demandant de s'impliquer
pleinement dans la planification de l'aide et
l'instauration d'une taxe sur les transactions
financires dans l'UE. "Une taxe minuscule
permettrait dj de rcolterdes milliards dans
I'UE au bnfice, par example, de la lutte
contre la pauvret et contre le changement
climatique", affirme-t-il. Dans son rapport,


















Agencies de l'ONU, ONG et Parlement europen interpellent l'Europe




Il faut de nouveaux


financements


Les Objectifs du Millnaire pour le Dveloppement n'auront qu'une ambition
limite si les nations et les instances internationales ne prennent pas une srie de
measures pour limiter les freins au dveloppement. Parmi ces measures, le respect
par les pays riches de leurs engagements en terms d'aide au dveloppement et
de lutte contre les flux financiers illicites ou l'vasion fiscal. L'Union europenne
n'affirme pas suffisamment son leadership sur ces questions, regrettent certaines


associations et institutions.


Hegel Goutier



Le Parlement europen classes les
transactions financires hasar-
deuses qui avaient conduit
la crise financire puis cono-
mique global parmi les carcans touffant
les OMD. Il regrette par ailleurs que les
instances internationales n'aient pas suffi-
samment recherch de nouveaux moyens
de financement pour atteindre les objec-
tifs fixs. Lors de leur session plnire de
juin 2010, les parlementaires ont adopt
une resolution stipulant que l'Union
europenne doit dfendre des moyens
ambitieux en vue de la ralisation des
OMD, parmi lesquels de nouveaux mca-


nismes de financement comme une taxe
sur les transactions financires. A pro-
pos du financement du dveloppement,
le rapporteur de la resolution, Michael
Cashman, s'est montr ferme la tribune
du Parlement. "Ce que je souhaite, c'est
voir l'UE faire preuve de leadership, non
pas en s'accordant sur un minimum, mais
en s'engageant affected aux OMD 0,7
% du revenue national brut, c'est--dire
en revoyant le financement la hausse."

Parmi les autres measures prnes par le PE
figurent un allgement plus substantial de
la dette des pays pauvres, le enforcement
de la lutte contre l'vasion fiscal ou les flux
financiers illicites et la reduction de l'impo-
sition des transferts d'argent effectus par
les migrants originaires des pays pauvres.


L'Afrique en tte pour les OMD

Les pays les plus pauvres ont ralis
les progrs les plus notoires quant
aux Objectifs du Millnaire pour le
Dveloppement. Et dans ce group,
c'est l'Afrique qui arrive en tte, avec
11 pays dans le top 20. De plus, la
moiti des pays du continent sont en
measure d'atteindre l'objectif le plus
important, celui de rduire de moi-
ti leur pauvret. Tel est l'essentiel
d'un rapport prliminaire de l'Over-
seas Development Institue (ODI) et
de la Campagne du Millnaire des
NU, rendu public en juin dernier au
moment o les leaders du G8 et du
G20 se rencontraient Toronto.

Les pays bas et moyens revenues ont
enregistr des progrs pour les indica-
teurs de dveloppement les plus impor-
tants. Selon ses responsables, l'tude
dment les allegations selon lesquelles
l'Afrique ratera le coche des OMD et
met en lumire l'efficacit de la coop-
ration en Afrique entire gouvernements
et citoyens, cooperation soutenue par
les donateurs. Ce qui devrait convaincre
ces derniers que leur aide est un inves-
tissement rentable.

L'tude a valu les progrs "relatifs" et
"absolus", les premiers ne tenant pas
compete des ralisations par rapport
1990, l'anne de base ou 2000, celle de
l'adoption des OMD. Les 20 pays en tte
s'agissant des progrs "absolus" sont
par ordre dcroissant : le Bnin, le Ben-
gladesh, le Mali, le Honduras, l'Ethiopie,
la Mauritanie, la Gambie, le Ghana, le
Malawi, la Chine, le Vietnam, le Burkina
Faso, l'Ouganda, le Rwanda, le Npal,
le Nicaragua, l'Inde, le Guatemala, le
Cambodge, le Togo.

L'tude a aussi mis en evidence qu'un
pays ralise d'autant plus de progrs
qu'il bnficie d'une bonne stability gou-
vernementale, d'un secteur public au
service des citoyens et d'un bon niveau
de dcentralisation.


Courrier














































Timor-Leste : Des agriculteurs emportent les cultures dtruites par les fortes prcipitations. 0 UN Photo/Martine Perret


De son ct, l'OCDE, par la voix du
directeur de son Comit d'aide au dve-
loppement (CAD), Eckhard Deutscher,
souligne que "c'est l'absence de cohrence
politique qui fait le plus gravement obs-
tacle aux aspirations de l'UE en matire
de dveloppement... Les politiques com-
merciales, de dveloppement, de l'agri-
culture et de l'environnement manquent
tout simplement de cohrence en ce qui
concern les pays en dveloppement." *


End Poverty 2015 Millenium Campaign,
une organisation interagences de l'ONU
cre par l'ancien Secrtaire gnral, Kofi
Annan, souligne que les pays de l'UE n'ont
pas respect leurs engagements quant
une aide au dveloppement hauteur de
0,7% de leur produit intrieur brut. Et
qu'ils n'ont pas suffisamment rvis leurs
politiques commercial et agricole pour
les rendre compatibles avec les exigences
de dveloppement des pays du Sud. Sont
critiques aussi les subventions l'agri-
culture europenne qui sont de surcrot


que "les strategies pour leur mise en oeuvre
pourraient mme contribuer aggraver la
pauvret, la marginalisation et l'exclusion don't
sont victims les PIT." Ltude cite une va-
luation ralise parle Groupe inter-agences
de soutien aux Nations Unies selon lequel
"en gnral, les OMD ne sont pas focaliss
sur les questions d'importance vitale pour
les peuples indignes et tribaux, savoir
les droits fonciers, la gestion des resources
naturelles, la participation la definition des
politiques, la culture et les droits de l'Homme
ainsi que les questions relatives aux groups
marginaliss."


Le manque de pertinence des indicateurs de
pauvret est considr comme un example
vident. Les definitions de la pauvret dans
les rapports officials et pour le people Baka


"non tenables" et le manque d'ouverture
du march europen.

La Campagne du Millnaire apporte par
contre un soutien la Commission euro-
penne don't les propositions de measures
contraignantes en ce qui concern les
0,7% et un mcanisme de contrle (peer
review) de leur mise en uvre, n'ont
pas t suivis par les Etats membres.


*Voir: www.endpoverty2015.org/en/node/803


seraient totalement opposes. D'un ct, il
s'agit d'un manque de resources matrielles
et financires pour satisfaire des besoins
fondamentaux ; de l'autre, du manque de
matrise des resources forestires qui
fournissent l'essentiel des moyens de sub-
sistance, du manque d'accs aux services de
base et de la non-reprsentation au niveau
politique. Les measures prises par I'Etat pour
accrotre le pouvoir d'achat ainsi que les
nouvelles infrastructures ou la creation de
zones amnages pour faciliter les changes
conomiques, confisques par d'autres, sont
souvent prises au dtriment des chasseurs-
cueilleurs que sont les Baka.



* Les Baka reprsentent une population de 40.000
personnel vivant sur un territoire de 75.000 km2.


EDITION SPECIAL N.S. OMD AOT 2010


Les populations indignes et
autochtones, ngliges par les OMD


Les indicateurs des OMD ne sont pas for-
muls pour prendre en compete des catgo-
ries comme les communauts indignes et
autochtones. Une tude ralise en 2006
par l'Organisation international du Travail
(OIT) auprs d'une parties de la population
Baka du Cameroun paralllement des
recherches semblables en Bolivie, au Cam-
bodge, au Guatemala et au Npal estime
qu'il est impossible d'valuer le niveau de
ralisation des OMD pour ces populations.


La Micro-tude surles OMD etles peuples
indignes et tribaux au Cameroun affirme que
les peuples indignes et tribaux (PIT) sont
exclus de la definition des objectifs. Et pire,
















































La communaut locale organise des classes en plein air pour les enfants de squatters Negril, Jamaque.




L'ducation primaire



pour tous porte



de main ?


A.M.M.


D'aprs le rapport 2010 des
Nations unies, l'objectif
visant assurer l'ducation
primaire pour tous est celui
qui enregistre les meilleurs rsultats.
Aujourd'hui, plus de 88% des enfants
dans le monde sont scolariss (contre
81% en 1990).

Mais la route reste longue avant que soit
garantie la couverture universelle prvue


pour 2015. Ils sont encore 75 millions ne
pas aller l'cole don't 38 millions d'Afri-
cains soit 45% de la population mondiale
des enfants non scolariss. Et en dpit des
efforts mens pour rduire les ingalits
entire les sexes, la majority (55 %) des
laisss-pour- compete sont des petites filles.

Selon l'Unesco, 44 pays don't 23 situs en
Afrique subsaharienne, n'ont pratique-
ment aucune chance d'atteindre l'OMD 2.

Toutefois, si le taux de scolarisation est le
plus bas en Afrique, il y est quand mme
pass de 58 76% entire 1999 et 2008,


avec des avances parfois remarquables.
Les progrs sont bien visible dans les pays
qui ont instaur l'cole primaire gratuite,
Au Burundi, par example, cette decision
a entran une multiplication par trois
des enfants scolariss depuis 1999, avec
une frquentation de 99% en 2008*. En
Tanzanie, elle a permis de doubler en
quatre ans le nombre d'enfants inscrits
l'cole lmentaire. D'autres pays don't
l'Ethiopie, le Ghana, le Kenya, le Malawi,
le Mozambique, l'Ouganda, le Bnin...
ont galement adopt des programmes
d'enseignement pour tous , avec l'appui
du Fonds europen de dveloppement.

Un manque crucial d'enseignants

Encore faut-il que la quality soit au ren-
dez-vous. L'augmentation des inscriptions
aprs l'abolition des frais pose d'normes
dfis. En cause: le deficit d'enseignants,
devenu chronique aprs que la plupart des
pays ont gel le recrutement de fonction-
naires suite la mise en place, dans les
annes 90, des plans d'ajustement structu-
rels exigs par les bailleurs de fonds. Pour
pallier le manque crucial d'instituteurs,
les populations ont essay de s'organiser
en recrutant et rmunrant elles-mmes
des matres d'cole< communautaires .

Selon les projections ralises par l'institut
de statistiques de l'Unesco, il faudra crer
1,159 million de postes supplmentaires
d'ici 2015 en Afrique subsaharienne,
mais si on prend en compete les dparts
(retraites, dmissions, dcs) ce seront
plus de 2,3 millions d'enseignants qui
devraient tre recruts alors que les
Etats manquent de moyens financiers.
De son ct, le directeur du rapport
mondial de suivi sur l'ducation pour
tous, l'Unesco, Kevin Watkins, a tir
la sonnette d'alarme : "L'aide interna-
tionale pour l'ducation affiche un recul
inquitant". Selon les chiffres de l'OCDE,
les montants de l'aide international
l'ducation de base en Afrique subsaha-
rienne sont passs de 1,72 milliard de
dollars en 2007 1,65 milliard de dol-
lars en 2008. "En considrant la hausse
des inscriptions en primaire, l'aide par
lve a diminu de 7 %", prcise l'Unesco.

* Source : Nations unies (Millenium Goals)
http://www.un.org/millenniumgoals/


Cou rrier
















Sierra Leone : des measures pour lutter


contre la mortality maternelle et infantile

Une initiative gouvernementale de gratuit des soins de sant


La Sierra Leone affiche l'un des taux de mortality maternelle et infantile les plus levs au monde.
Nous sommes alls sur le terrain nous rendre compete comment une politique de gratuit des
soins de sant peut sauver la vie de nombreuses femmes et enfants.


Mariama Khai Fornah


Mariama Limba a bnfici
du nouveau programme de
soins de sant gratuits mis
en uvre Pujehun, au sud
de la Sierra Leone. Elle habite dans la
chefferie de Galiness Perre, et l'hpital de
rfrence le plus proche est plus de 20
kilomtres. Elle vient d'avoir des jumeaux.
Elle a eu six autres bbs, don't elle a
accouch la maison, avec l'aide d'une
assistant qualifie, mais trois d'entre eux
sont morts avant leur premier anniver-
saire, faute d'accs aux soins de sant.

Ses deux jumeaux sont ns l'hpital. Elle
nous explique que sans ce nouveau service
medical gratuit, ni elle ni ses deux bbs
ne seraient encore en vie. Victime d'une
hmorragie pendant sa grossesse, elle a
t transporte d'urgence au centre de
sant d'un village voisin. Elle a ensuite t
transfre l'hpital gouvernemental de
Pujehun o le diagnostic d'clampsie a t
pos. Aprs deux mois d'hospitalisation,
elle a finalement donn naissance ses
jumeaux par csarienne.

SDe sombres statistiques

\(D Mariama fait parties des plus chanceuses.
SSelon un rapport public par Amnesty
International en 2009, une femme sur huit
risque de mourir pendant la grossesse ou
l'accouchement en Sierra Leone. Le pays
affiche ainsi l'un des taux de mortality
maternelle les plus levs au monde. Des
milliers de femmes font une hmorragie
postnatale qui leur est fatale. La plupart
meurent chez elles, d'autres lorsqu'elles
sont en route pour l'hpital. Moins de
la moiti des femmes bnficient d'une
assistance qualifie la naissance et moins
d'un accouchement sur cinq a lieu dans
une infrastructure mdicale. A l'occasion
du lancement d'une champagne de lutte
contre la mortality maternelle en Sierre
Leone, Irene Khan, secrtaire gnrale


Une Sierra-Lonaise et son bb lors du lancement, en avril, du programme de gratuit des soins de sant, Princess
Christian Maternity Hospital, Freetown.
SAssociated Press / Reporters


d'Amnesty International, a dclar : "Ces
sombres statistiques montrent quel point
la mortality maternelle est une urgence
des droits de l'homme en Sierra Leone".

"Le Prsident Ernest
Bai Koroma a lanc un
programme de gratuit des
soins de sant en faveur des
femmes enceintes."

Le 27 avril, dans le cadre de son pro-
gramme pour le changement, le Prsident
Ernest Bai Koroma a lanc un programme
de gratuit des soins de sant en faveur des
femmes enceintes, des femmes allaitantes
et des enfants de moins de cinq ans. Les
services mdicaux seront ainsi assurs
gratuitement sur le lieu de prestation dans
le but d'amliorer de manire significative
la sant maternelle et infantile.


Et ce systme de gratuit des soins de
sant, encourage par les Objectifs du
Millnaire pour le dveloppement, com-
mence porter ses fruits Pujehun.
Les femmes affluent present dans les
centres de sant et les hpitaux publics
o elles bnficient de cette gratuit
des soins. Susan Charles, directrice de
l'hpital gouvernemental de Pujehun,
explique qu'avant cette measure de gra-
tuit des soins, les femmes enceintes
vitaient de se rendre l'hpital cause
du cot. En janvier de cette anne, neuf
femmes seulement avaient t admises
dans cette structure. Mais dans les deux
mois qui ont suivi l'introduction de cette
initiative, elles taient 46 y tre admises.
Et de prciser que selon elle, environ
95% des femmes enceintes se rendent
aujourd'hui plus rgulirement dans un
centre de soins de sant.


EDITION SPECIAL N.S. OMD AOT 2010

















"Goal" contre la mort


des mres et des petits enfants

Des objectifs du Millnaire pour le dveloppement trs important pour les jeunes






H.G. 13 fois plus que dans les pays riches.
Encore dur supporter. Ici, le "goal" est
de rduire de trois quarts leur nombre.


En septembre 2000, l'Organisa-
tion des Nations Unies (ONU)
a adopt le plan le plus impor-
tant de son histoire dans la lutte
contre la trs grande pauvret dans le
monde : les Objectifs du Millnaire pour
le Dveloppement. L'utilisation du terme
anglais goal pour dire objectif et aussi
"but" dans le language du sport -est lo-
quente.

A l'ONU, ce sont 189 pays, quasiment
tous ceux de la terre, reprsents directe-
ment par 147 chefs d'Etat qui ont adopt
ensemble 8 objectifs pour en finir avec la
trs grande misre en 2015.

Parmi les 8 buts qu'il faut marquer, l'un
concern la mort qui frappe les femmes
pendant la grossesse ou l'accouchement et
leurs tout petits bbs dans les pays trs
pauvres. Sur cent femmes qui i !.- -
raissent ainsi, 95 vivent en A!! iqu,
ou en Asie. Une situation
injuste Le but : rduire de
deux tiers le nombre des
femmes qui meurent de
telles complications. Un
autre but concern les petits
enfants qui meurent avant
5 ans dans les pays pauvres,


En septembre 2010, les dirigeants du
monde entier se runiront New York
pour valuer les rsultats. Il reste seu-
lement 5 ans. Il y a beaucoup de pro-
grs mais a advance trop lentement. La
decision sera certainement d'acclrer les
efforts pour marquer le maximum de buts.


Courrier




















t at

a- a a













C:D
a a
a a- a






me 1
z.






















._o
Go
I a






E

n

























C
-D _- a









CDD
















z "`" m
c0z
m a


e a a a a-_._a
o --o a e _



a Sa aa






























< 5J"
,
a a r a o-

a r a a a a a






























a -











""~c :a '
"WC i -
___________________________________________________________________________________________ 1 Q






















































- -m