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Courrier (French)
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 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 05-2010
Copyright Date: 2010
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00082

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Le


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010


e e ee e re e er re r
Le magazine bimensuel des relations el coopralions Alrique Caraibes Pacilique & Union Europenne


\\I


X:i' j


De la Normandie a Bastogne:
Sla Voie de la Libert


I ur:ulence dans i aviation AUL;


; i.. l












Courrier


Sommaire


LE COURIER, N.17 NOUVELLE SERIES (N.S)


Comit de rdaction


Co-prsidents
Mohamed Ibn Chambas, Secrtaire gnral
Secretariat du Groupe des Etats ACP
www.acp.int

Stefano Manservisi, Directeur-Gnral DG Dveloppement
Commission europenne
ec.europa.eu/development/

Rdaction

Directeur et Rdacteur en chef
Hegel Goutier


.t


DOSSIER 12 LA SOCIT CIVIL EN ACTION 22


Journalistes
Marie-Martine Buckens (Assistante Rdacteur en chef)
Debra Percival

Assistant ditorial
Okechukwu Umelo

Assistant de production
Telm Borrs

Ont particip ce numro :
Colette Braeckman, Victoria Burbidge, Elisabetta Degli Esposti Merli, Sandra Federici,
Catherine Haenlein, Elisabeth Lequeret, Souleymane Mazou, Jacqueline Meido-Madiot,
Dev Nadkarni, Andrea Marchesini Reggiani

Gestionnaire de project
Gerda Van Biervliet


Coordination artistique et conception graphique
Gregorie Desmons

Conception graphique
Ldoc Gaume

Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani


Distribution
Viva Xpress Logistics ww.vxlnet.be


Agence photo
Reporters ww.reporters.be


Couverture
Colline de Buga au Burundi.Au leve du soleil, les agriculteurs
vont au travail Andrea Frazzetta / LUZDhoto


Contact
Le Courrier
45, Rue de Trves
1040 Brussels
Belgique (UE)
info@acp-eucourier.info
www.acp eucourier.info
Tl.: +32 2 2345061
Fax: +32 2 2801406


Public tous les deux mois en anglais, en franais, en espagnol et en portugais

Pour toute information concernant l'abonnement,
Veuillez consulter notre site web l'adresse www.acp-eucourier.info ou envoyez un
courriel l'adresse info@acp-eucourier.info

Editeur responsible
Hegel Goutier

Consortium
Gopa-Cartermill -Grand Angle Lai-momo

Les opinions exprimes sont celles de leurs auteurs et ne reprsentent pas la position
officielle de la CE ou des pays ACP / Le SecrtariatACP et l'Union europenne dclinent
toute responsabilit quant aux positions prises dans les articles du magazine Le Courrier

Le consortium et la rdaction dclinent toute responsabilit quant aux articles crits par
des auteurs extrieurs la rdaction.


EDITORIAL


PROFILE


Anthony Hylton : Les changes et l'aide humanitaire
competent toujours pour l'Europe
Romano Prodi. Une feuille de route pour renforcer
l'intgration africaine


SANS DTOUR


Hati. Planifier plutt que reconstruire vite :
Rencontre avec le Maire de Port-au-Prince


TOUR D'HORIZON


DOSSIER
Industrie aronautique des ACP


Aviation ACP : l'heure de la reliance a sonn 12
Un ciel africain unique ? 13
Un centre regional d'excellence pour la scurit 14
Le Pacifique l'aube d'une mini-rvolution ? 16
Zone de turbulences pour les companies ariennes
des Carabes 18
De nombreuses companies d'aviation africaines
sur liste noire 20
EGNOS : un satellite europen pour le ciel africain ? 21


LA SOCIT CIVIL EN ACTION


De la comprehension interculturelle Islamic Relief 22
Dialogue avec la Chine: les organizations africaines de
la socit civil ratent le coche 23




























TOUR D'HORIZON 24


DECOUVRIR L'EUROPE 26


TOUR D'HORIZON

Rithy Panh et le ralisateur burkinab Gaston Kabor
discustent de leur collaboration -Entretien


DECOUVRIR L'EUROPE
Normandie & Bastogne


La "Voie de la Libert"
De la Normandie Bastogne
La bataille de Hastings, en dessin anim
Ste Thrse, la patronnee des Missions"
Paysans du Nord et du Sud, mme combat
Une approche territorial du dveloppement
Des Electriciens sans frontiers
Littraire et gourmande


ZOOM


Aaron Mokoena : capitaine exemplaire des Bafana Bafana 34


DE LA TERRE


Sismes : entire fatalit et lucidit


Cannes 2010 : le Groupe ACP assure la promotion de
ses cinmas


REPORTAGE
Burundi

Dsormais en paix, le Burundi va de l'avant
Burundi. Le dveloppement conomique ira vite
Multiples opposition
Le courage de traquer les drives
Aide tous azimuts pour un pays ressuscit :
Interview avec Alain Darthenucq, chef de la dlgation
de l'UE
Le succs d'un project bien conu
Vivace Bujumbura
Burundi A visiter


CRATIVIT


Je danse donc je suis
Dak'art 2010 : retrospective et perspectives
Rosenclaire : investor dans l'immatriel
Un hommage : Afrique Visionnaire


AUX PLUS JEUNES


INTERACTIONS


Coupe du Monde 2010


Rpublique dmocratique du Congo :
une exigence de souverainet 38
La renaissance africaine en bronze 40
Replacer la scurit alimentaire au centre des strategies
de dveloppement 42
Entretien avec le Commissaire Piebalgs :
L'APD ne suffit pas raliser les OMD 43
Les dputs ACP-UE inquiets de la situation
Madagascar 44
Soudan : Un pas en direction du rfrendum de 2011 45


LA PAROLE AUX LECTEURS/CALENDRIER


Visitez notre site pour participer la competition
photo 2010 www.acp-eucourier.info
ou contacter award@acp-eucourier.info


L Espace Senghor est un centre qui assure la promo-
tion d'artistes venus des pays d'Afrique, Carabes et
Pacifique et l'change cultural entire communauts, au
travers de programmes varis allant des arts scniques,
de la musique, du cinma, la tenue de conferences. S'y
rencontrent belges, immigrs d'origine diverse, fonction-
naires europens.


C 4M11US
tJENJ-OR


Espace Senghor
Centre cultural d'Etterbeek
Bruxelles, Belgique
espace.senghor@chello.be
www.senghorbe


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010


INTERACTIONS 38




































































Gamin Ogoni, Delta Niger, Nigeria GeorgeOsodi
Contributon courtoise de BOZAR, Centre d'Art Bruxelles


Courrier



















De la difficile impartialit des bilans et,

entire autres, de l'Afrique


L Afrique commmore cette
anne les 50 ans de son ind-
pendance, selon le raccourci
de mdias et d'organisateurs
d'vnements. Et cela fait les man-
chettes de la press africaine et euro-
penne et est l'objet comme pour toutes
les clbrations de bilans. Ceci consti-
tue un biais car c'est plutt les pays
francophones d'Afrique qui en sont
leurs jubils et les grands titres sont
plutt ceux de la press francophone.

Les clbrations sont trs grandioses
et surtout trs officielles dans les pays
africains concerns, au nombre de 17.
Et elles provoquent plutt les critiques
acerbes des opposants. C'est le cas
notamment du Sngal o le clou de
la fte a t l'inauguration du colossal
Monument de la Renaissance africaine,
le plus grand du monde, semble-t-il,
qui a soulev un toll de critiques dans
l'opposition au president Wade et en
Europe.

Le Courrier y a t et a simplement
inform dans ce numro de l'histoire
et de la facture artistique de l'ouvre
qui a une thtralit peut-tre gran-
diloquente mais ni plus ni moins que
ce genre de symbols partout dans le
monde. Le Courrier a rendu compete des
choses dites et entendues des officials
et de Sngalais moyens don't certain
estiment que le Sngal et le people
noir en gnral mritent aussi de grands
symbols. Dans la press franaise,
on a beaucoup relat les charges de
l'opposition sur le cot et le mauvais
got de la clbration et sur la person-
nalit du president de la rpublique.
Et surtout fait un bilan plutt morose
de 50 ans d'indpendance de l'Afrique.
Le monument n'a rien cot au trsor
sngalais, c'est une transaction avec la
Core. Prcise le president Wade. Qui
rappelle dans son discours official que
l'indpendance du Sngal avait suivi
directement cinq sicles de presence
trangre cumulant l'poque de l'escla-
vage et de la colonisation.

Il faudrait donc faire le bilan de 550 ans.
Sauf considrer qu' la veille de l'ind-


pendance le pays tait plus avanc que
maintenant. Un pas que beaucoup de
commentateurs en Europe franchissent
en valuant le chemin parcouru depuis
l'indpendance par le Congo RDC par
example. Ce n'est pas le cas de Colette
Braeckman dans son article pour le
Courrier qui montre que malgr tous
les impedimenta, les menaces et les
handicaps persistants, le Congo semble
voir se lever une aube.

En Belgique, la commmoration du
jubil de l'indpendance de ce pays et
de l'Afrique prend une grande dimen-
sion. A travers de trs nombreuses
activits culturelles don't le grand fes-
tival "Afrique visionnaire" du temple
de l'esprit, le Palais des Beaux Arts de
Bruxelles -Le Courrier en parle -. Et
du festival de cinma de Bruxelles. La
culture n'est pas exempte de polmique.
Le festival de cinma a dprogramm
la dernire minute le film "Lumumba"
du grand cinaste hatien Raoul Peck
car il mettrait en cause des officials ou
l'Etat belge dans l'assassinat du hros
de l'indpendance congolaise, Patrice
Lumumba, un homme politique consi-
dr intgre mme par ses dtracteurs.
Alors qu'Afrique visionnaire invite
Raoul Peck.

En faisant le bilan du Congo, on rappelle
volontiers les devises rapportes au pays
aprs l'indpendance par ses minerals et
le gaspillage de ses resources. Difficile,
le bilan. A l'indpendance, le Congo
avait, le chiffre varie selon la source, 1
ou 2 universitaires. Certains se posent
la question : combien de pays peuvent
bien s'en sortir avec un ou deux univer-
sitaires quand il faut ngocier avec des
divisions d'experts des contres richis-
simes ? Et un ou deux universitaires
seulement pour un pays gigantesque,
comment et pourquoi ? La question est
dj un bilan.

Un peu partiel et partial, comme tout
bilan, apparemment.


Hegel Goutier
Rdacteur en chef


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010
































Anthony Hylton.

"Les changes et l'aide humanitaire

competent toujours pour l'Europe"


Debra Percival


est un homme
politique
jamacain. Ancien
Ministre des Affaires
trangres et du Commerce,
puis de l'Energie, il est
aujourd'hui dput de
l'opposition au Parlement,
o il sige depuis 1993
sous les couleurs du Parti
national du Peuple, en tant
qu'lu de la circonscription
de Western Saint Thomas
Parish. Ses talents de
ngociateur pour la region
caribenne -lors de la
conclusion de l'Accord de
Cotonou entire les pays
d'Afrique, des Carabes
et du Pacifique (ACP) et
l'Union europenne (UE)
lui ont valu les honneurs
du gouvernement bninois.
Il a galement dfendu
les intrts des ACP lors
du cycle de Doha des
ngociations mondiales sur
le commerce ainsi que les
intrts de sa region, avec
la signature d'un Accord
de partenariat conomique
(APE) avec l'UE. La
Jamaque fait parties des
pays du CARICOM qui
ont sign un APE mis en
uvre la fin 2008. Un
accord qui devrait ouvrir
la voie au libre-change
avec l'UE. Nous nous
sommes entretenus avec
lui, voquant entire autres


les rcents dveloppements
ACP-UE. "Appelez-a
cooperation ou partenariat,
qu'importe. L'essentiel,
c'est de bien comprendre
les besoins de la region
caribenne", affirme
Hylton.

L'APE profite-il la
Jamaique ?

Nous avions prvenu le
gouvernement jamacain
entrant que l'APE n'tait
pas vritablement ax sur
le dveloppement. Les
pays ACP ont t invits
renoncer aux avantages
potentiels des prfrences
commercials [ndr. :
principalement sur le sucre
et les bananes]. Or, en tant
que juriste, je continue
d'affirmer que le protocole
du sucre tait un accord
contraignant. L'APE peut
offrir des perspectives.
Ses avantages se situent
clairement du ct des
marchandises, mais les
Carabes doivent pour cela
s'employer dvelopper
leur march. Les habitants
des Carabes se sont vus
octroyer un moratoire de
trois ans [ndr. : l'accs plus
ais des marchandises et
des services de l'UE au
march cariben doit tre
supprim ds la fin 2011 [
l'expiration du moratoire].
Nous n'avons jamais estim
que ces trois ans seraient
suffisants. D'autant que
dans l'intervalle, nous avons


t touchs par la recession
mondiale et que chaque
Etat membre de l'UE a
inject massivement des
fonds publics pour soutenir
son conomie, crant ainsi
des deficits publics. Ce qui,
en terms commerciaux,
revient octroyer des
subventions. Dans le
mme temps, les pays des
Carabes, don't le mien, sont
soumis aux programmes
du Fonds montaire
international (FMI). Nous
nous sommes donc face
une effroyable consolidation
et compression fiscales et
c'est dans ce context que
nous devons dsormais
ouvrir notre march aux
products europens.











L'avenir du Groupe des
ACP

Le Groupe des ACP a t
mis sur pied Georgetown,
au Guyana, en 1975. En tant
que ministry, j'avais avanc
que l'Accord de Georgetown
devait tre vraiment
dynamique et permettre
ainsi aux ACP d'tablir
d'autres relations, avec les
Etats-Unis, l'Asie et d'autres


entits. Alors que les
Carabes insistaient sur cet
aspect, d'autres pays ACP,
en raison notamment les
arrangements institutionnels
au sein du group, n'ont
pas souhait aller au-del
du cadre ACP-UE. D'un
point de vue lgal, le group
des ACP a toutefois une
existence distinct.

A propos du Sommet
UE-Amrique latine-
Carabes, 19 mai 2010

Les Caribens devraient
nouer des relations d'un
autre type avec l'Amrique
latine et le Brsil. Certains
en appellent la creation
d'un accord Amrique
latine-Carabes excluant les
Etats-Unis et le Canada.
Un dialogue s'tait instaur
pendant un temps entire
l'UE, l'Amrique latine
et les Carabes, mais le
problme c'est qu'il n'a
rien de trilatral selon
moi. A ce jour, l'Amrique
latine et les Carabes ont,
chacun de leur ct, tabli
un dialogue avec l'Europe.
Or, des questions plus
gnrales et d'envergure
international pourraient
tre abordes et discutes
ensemble, condition
vraisemblablement de ne pas
se limiter aux seuls aspects
commerciaux.

Pour lire l'interview d'Anthony
Hylton dans son intgralit,
consultez www.acp-eucourier.
info.


Courrier






































Fondabon pour la cooperation international


Andrea Marchesini Reggiani



Aprs avoir t
deux reprises
Premier ministry
italien et ensuite
President de la Commission
europenne, quelles peuvent
bien tre les ambitions
internationales de cet
homme politique ? Au course
de sa carrire politique,
Romano Prodi a galement
assur le bon droulement
de deux projects europens
ambitieux -la monnaie
unique et le cinquime
largissement de l'UE (le
sixime ayant t ralis
sous la prsidence Barroso).
Aujourd'hui, il a dcid de
se consacrer l'Afrique.

En septembre 2008, le
Secrtaire gnral des
Nations Unies Ban Ki
Moon nommait Romano
Prodi la prsidence du
Groupe d'experts Union
africaine-Nations Unies sur
les operations de paix. Un
group qui a pour objectif
de renforcer les relations
entire les NU et l'UA et de
mieux les exploiter.

Romano Prodi donne
galement course dans
les universits les plus
prestigieuses et a mis sur
pied la Fondation pour la


Romano Prodi. Une feuille de route

pour renforcer l'intgration africaine


cooperation international.
Cette foundation se concentre
sur les problmatiques
sociales, culturelles,
conomiques et politiques
de faon promouvoir
de nouvelles propositions
de cooperation l'chelle
international.

Le Courrier a rencontr
M. Prodi l'occasion
du premier vnement
majeur organis par sa
foundation, la convention
"Afrique, 53 pays, un
continent", organise le
21 mai 2010, Bologne.
Participaient galement
cette convention Abdoulaye
Wade, le Prsident du
Sngal, Thabo Mbeki,
ancien Prsident de
l'Afrique du Sud, Asha
Rose Mgiro, Vice-secrtaire
gnrale des Nations
Unies et Andris Piebalgs,
Commissaire europen en
charge du Dveloppement.

Quel est selon vous le rle
de l'UA dans le maintien
de la paix ?

Je pense qu'il est important
de renforcer la participation
de l'UA au processus de
decision et au dploiement
des operations de paix sur
le continent africain, mais
aussi de soutenir sa capacity
de maintien de la paix en
lui accordant une aide


financire. Cette thse est
toujours en examen et elle
ne fait pas l'unanimit. Ceux
qui s'opposent une Union
africaine forte sont ceux
qui privilgient les relations
bilatrales avec les pays
africains avec lesquels il
existe des liens historiques.
Pourtant, la cooperation
multilatrale avec les pays
africains et entire ceux-ci est
fondamentale pour l'avenir
du continent, d'autant que
l'histoire a montr l'chec
des relations bilatrales.

Depuis un moment, il
est beaucoup question de
l ,iiiu, ,i de la Chine
sur le continent africain.
Quelle position l'Europe
devrait-elle adopter ?

Ce serait une bonne chose
que l'UE, la Chine et les
Etats-Unis se retrouvent
autour d'une table, histoire
d'viter que l'Afrique ne
devienne un pion au milieu
de puissances concurrentes.
L'UE a acquis un grand
advantage : en unifiant
un si grand nombre de
pays diffrents, elle s'est
positionne comme un
modle et comme une
entit capable d'exercer une
relle coordination. Mais
il faut voir les choses en
face : l'ide de travailler en
Afrique sans la Chine ou
les Etats-Unis est irraliste


aujourd'hui. Ds lors, nous
devrions plutt essayer de
travailler avec ces deux
pays afin de mettre au point
une politique commune
pour le continent, qui
vise renforcer le rle
de l'UA et dfinir des
strategies long terme,
respectueuses de toutes les
ralits et spcificits locales
africaines.

Les politiques de
dveloppement sont
la base de l'histoire de
l'UE. Pensez-vous que
les craintes et l'gosme
qui semblent dominer
l'opinion publique
puissent les mettre en
danger ?

J'ai eu le privilege d'tre
president une priode o
la conjoncture conomique
tait meilleure. Nous
avons d'importantes
ralisations notre actif.
Nous avons ainsi lanc un
financement pour aider
l'UA jouer un rle plus
actif dans le maintien de
la paix. Malgr les craintes
que nourrit l'opinion
publique, la cooperation
reste une constant de
l'UE (n'oublions pas qu'elle
assure la moiti de l'aide
publique au dveloppement
dans le monde) et j'espre
qu'il en sera toujours ainsi.


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010













































Haiti. Planifier plutt


que reconstruire vite


Rencontre avec le Maire de Port-au-Prince


Jean-Yves Muscadin Jason, le
maire de Port-au-Prince, capital
d'Hati ravage par un sisme le 12
janvier dernier, tait invit la fin
d'avril Bruxelles par la Commission
Dveloppement du Parlement
europen. Il a aussi rencontr la
Commissaire europenne l'Aide
humanitaire et la rponse aux crises.
Pour informer de son point de vue sur
la reconstruction. Pour lui l'important
est de prparer la reconstruction au
lieu de l'entamer tout de suite.


Hegel Goutier


J e leur ai expliqu, a-t-il
dit au Courrier qu'avant de
parler de reconstruction,
il faut avoir un plan de
construction. J'ai demand
au Parlement europen un
appui pour un centre de dveloppement
durable multidisciplinaire pour Port-au-


Jean-Yves Muscadin Jason, maire de Port-au-Prince
Hegel Goutier


Prince et la zone mtropolitaine, qui
aiderait la rflexion, la production de
documents comme un plan directeur,
un plan d'urbanisme, un de scurit
publique et un de transport."
Interview
HG Le 12 janvier, o tiez-vous,
monsieur le maire de Port-au-Prince
quand tout s'croule sous vos pieds ?


Cou rrier





































J-Y M J J'animais une reunion de la
section financire de la mairie dans un
btiment administratif. Il y eut un bruit
sourd, les gens ont pris la fuite. Je ne
savais pas ce que c'tait, j'ai t rcup-
rer la mmoire lectronique de la mairie
que j'ai mise dans mon sac. Et la maison
s'est croule, je me suis retrouv sous
les dcombres, accompagn de quelques
employs. Il y avait encore des collgues
qui taient coincs, j'ai t chercher du
secours. On a pu sortir tout le monde.
Mais l'Htel de ville, dj vtuste
et qui s'est croul, il y a eu plusieurs
morts. On a enregistr une centaine de
dcs la mairie de Port-au-Prince don't
une cinquantaine d'coliers. La mairie
gre huit coles communales et toutes se
sont effondres.

Psychologiquement vous tiez-vous
rendu compete de l'ampleur des dgts
tout de suite ?

Au dpart, non. C'est lorsque je suis
sorti que j'ai compris que c'tait un
tremblement de terre. Ensuite j'ai pu
interroger les membres de notre brigade
de protection civil. J'ai t dans les rues
secourir les gens et j'ai vu que c'tait
une catastrophe. C'tait horrible, j'ai
pu aller dans plusieurs hpitaux, j'ai pu
aussi aller chercher des mdecins pour
accompagner des gens qui taient en
trs mauvais tat. Il faut que je vous dise
que a a t trs traumatisant. J'en suis
encore sous le choc.

Quelle est l'importance des units de
protection civil de la mairie ?

On a un Etat faible en Hati et qui n'a
jamais voulu avoir de mairie forte. C'est
vrai qu'il y a un prescrit constitutionnel
qui dit que les mairies sont autonomes
administrativement et financirement
mais on n'a pas encore mis en place
toutes les mairies. Je suis arriv en mars
2007, je me suis battu d'abord dans le
cadre de la cooperation dcentralise


Distribution d'eau Port-au-Prince, janvier 2010. Contrasto/Reporters


pour construire la mairie. Lorsque je
suis arriv, il y avait un embryon de
bnvolat qui travaillait dans le cadre
de la protection civil directement en
relation avec le ministre de l'Intrieur.
C'est grce au jumelage qu'on a initi
avec plusieurs villes mexicaines qu'on
a pu monter notre unit de protection
civil communale just quelques jours
avant le tremblement de terre avec une
trentaine de technicians qui nous reve-
naient de formation.

Le tremblement de terre a-t-il vrai-
ment cr une sorte de catharsis
positive parce que beaucoup de pro-
grs avaient t enregistrs ces der-
nires annes en Hati ?

Les premiers jours de la catastrophe,
ceux qui taient dans les rues, c'tait
les citoyens, des bnvoles proches de
la mairie. On a pu mettre en route les
conseils de quarter. C'est ce qui a pu
aider la gestion de cette catastrophe.
D'un autre ct, les Hatiens sont des
combatants, on est des gens qui sont
habitus se battre contre l'adversit et
le tremblement de terre a montr notre
capacity ragir. L'exprience que nous
avons faite en Hati peut servir aux
autres pays qui connatront une catas-
trophe pareille. On s'est mis debout,
on s'est mis ensemble, on a t avec
nos doigts, nos ongles creuser la terre,
soulever les blocs de bton, on n'a pas
attend les tracteurs ou les excavateurs.
On a pu sauver pas mal de gens. C'est
une opportunity saisir pour construire
du neuf aussi. Il faut construire et non
reconstruire, avec des solutions bases
sur l'homme hatien. Et a on ne pourra
le faire qu'avec des citoyens conscients,
qui comprennent le sens de leur appar-
tenance un space qu'il faut chaque


jour bonifier, fignoler, et qui doivent
comprendre qu'ils sont les matres de
leur avenir.

Tout cela avec l'aide de la commu-
naut international ?

Les gens ont reu de l'aide mais c'est le
genre d'aide qui tue. Quand tu reois
cinq avions avec des centaines de bou-
teilles d'eau, ces bouteilles de plastique
restent en Hati. Il va falloir grer cela.
Des gens qui arrivent avec tout et qui
ont peur de nous comment va-t-on faire
pour se faire accepter. Des gens qui ne
veulent pas aller dans des zones risque
soi-disant, les zones dites rouges par les
ONG. Alors qu'il existe une adminis-
tration municipal qui est prte les
scuriser, les conduire l o il y a des
problmes.

Quand une ONG vient avec des mil-
liers, des millions de sac de riz et les
distribue d'une faon trs indigne aux
gens, a dnature l'homme et a dna-
ture l'conomie. Ces sacs de riz sont
subventionns. Nous avons du riz en
Hati pourquoi on ne le subventionne
pas pour les donner aux gens. A moyen
terme, notre riz de l'Artibonite n'aura
plus de place. Notre riz vient de l'Arti-
bonite qui n'a pas t secou.

Notre pays se retrouvera dans quelques
annes se poser encore la question de
l'aide. Soit on sera encore aid, ce qui
sera indigne. Soit on va devoir nous-
mmes nous occuper de nous. Ou bien
on a des partenaires, ou bien on a des
bailleurs. Le bailleur impose son ide.
Le partenaire prend le temps de discu-
ter avec toi, de travailler avec toi et on
trouve des solutions ensemble.


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010


Sn dtou





































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~-~i~l ~,-tia -a ;Yce1 021.I-


Parler d'une seule voix avec ses
partenaires. Objectif ambitieux mais
difficile. Cinq mois aprs l'adoption
du Trait de Lisbonne, les Vingt-Sept
ont finalement accept le 26 avril
les grandes lignes du future Service
d'action extrieure (SEAE) de l'Union
europenne. Un compromise qui n'est
pas du got de tous.

Marie-Martine Buckens



;y L p Europe a besoin
d'un service d'ac-
tion extrieure qui
incarnera de faon
coordonne notre rponse aux dfis
auxquels nous devons faire face tra-


fait ses premiers pas


vers le monde et servira promouvoir
des politiques compltes", a dclar la
Haute reprsentante, la britannique
Catherine Ashton. Le chef de la diplo-
matie franaise, Bernard Kouchner, a
renchrit : "L'Europe a besoin de ce
nouvel outil diplomatique pour agir de
faon plus efficace, plus lisible et plus
coordonne."

Ce service diplomatique europen
devrait computer jusqu' 5.000 per-
sonnes. Un tiers proviendrait directe-
ment des Etats membres, un tiers de
la Commission et le dernier tiers du
Conseil de l'Union europenne. Mais
avant de le mettre en place, il va falloir
convaincre le Parlement europen qui a


menac de le bloquer s'il fait la part trop
belle aux chancelleries nationals.

De leur ct, les ONG de dveloppe-
ment europennes et non europennes
(Concord, CIDSE, Aprodev, Oxfam,
etc.) ont rclam une revision completee
et urgente" de la proposition du SEAE
estimant qu'elle va l'encontre des
intrts europens et de ceux des plus
pauvres du monde. En outre, les ONG
font valoir -avec l'appui d'avocats -que,
en vertu des traits europens, le rle du
SEAE devrait se limiter la politique
trangre et de scurit commune (la
PESC) de l'Union et en tout tat de
cause en exclure la cooperation au dve-
loppement.


Appel une rforme de la PAC en vue de la ralisation des OMD


Une rforme de la politique agricole
commune (PAC) de l'Union europenne
(UE) s'impose de toute urgence pour
que les huit Objectifs du Millnaire pour
le dveloppement puissent tre raliss
l'chance 2015. Tel est l'avis de la Millen-
nium Campaign for Europe la branch
europenne de l'initiative interagence
cre par l'ancien Secrtaire gnral des
Nations Unies, Kofi Annan. Cette initia-
tive a pour but d'appuyer les efforts des
citoyens qui entendent rappeler aux gou-
vernements leurs engagements en vue
de la ralisation des OMD.
"Laide publique au dveloppement (APD)


ne peut elle seule supporter tout le poids
du dveloppement", a expliqu Eckhard
Deutscher, president du Comit d'aide
au dveloppement de l'Organisation de
cooperation et de dveloppement co-
nomiques (OCDE) base Paris, lors du
recent lancement de l'tude Give Deve-
lopment a Chance Europe's CAP needs
urgent reform, prpare par la Campagne
du Millnaire.
"Les aspirations en matire de dvelop-
pement de I'UE se heurtent avant tout
l'absence de cohrence politique. Les
politiques commercials, de dvelop-
pement, agricoles et environnementales


- ne sont tout simplement pas en phase
avec les besoins des pays en dveloppe-
ment", estime M. Deutscher.
Gabriele Zimmer, socialist allemande
membre du Parlement europen a d-
clar : "La rforme de la PAC mettra
l'preuve la faisabilit des OMD. Alors
que nous nous apprtons ngocier le
prochain budget de I'UE, nous devons
revoir radicalement un rgime de subven-
tions qui est source de gaspillages dans
I'UE et de dgts collatraux dans les
pays tiers."

Pour en savoir plus: www.endpoverty2015.org


C*u r rie r





pu d p pn 0


Un Maghreb solide, gage de scurit pour I'UE et les pays sahliens


ai -bnaDaD, le Dras miliaire ces anciens rioDunaux islamiques somallens, est un group o insurrection puissant
qui se bat depuis dbut 2007 contre la presence de troupes trangres dans le pays. AP Photo


La situation de "non-Maghreb" qui
prvaut aujourd'hui entire les cinq pays
d'Afrique du nord occidentale pourrait
peser sur la scurit tant de I'UE
que des pays du Sahel. Telle est en
substance la mise en garde lance par
l'institut Thomas More, un think-tank
europen.



M.M.B.


L e 7 avril Bruxelles, l'institut
Thomas More organisait une
conference pour y prsenter
son nouveau rapport "Pour
une scurit durable au Maghreb, une
chance pour la region, un engagement
pour l'Union europenne". Fruit de
plusieurs mois de recherches et d'entre-
tiens raliss par une quipe pluridis-
ciplinaire, le rapport passe en revue
les menaces qui psent sur la scu-
rit durable du Maghreb (Mauritanie,
Maroc, Algrie, Tunisie et Libye) que
ce soit les tensions entire Etats, les dfis
lis l'immigration -provenant tant de
la region que des pays sahliens -ou
au terrorism sur un flanc sud. Les
auteurs du rapport font de la coop-
ration entire Etats et du partenariat


euromaghrbin une des cls de cette
scurit durable, non pas seulement
pour les seuls pays du Maghreb mais
pour l'ensemble de la region.

Lutte contre la criminalit

Abordant les enjeux lis la lutte
contre le terrorism et la crimina-
lit, les auteurs soulignent sa dimen-
sion "sahlo maghrbine", et donc
la ncessit que l'ensemble des pays
du Maghreb soient inclus dans la
dmarche de scurisation commune
avec les pays sahlien, "voire au-del,
comme le suggrent les connexions
avec les trafiquants de drogue sud-
amricains", conseille le rapport.

"Une nouvelle approche
gographique largie pregnant
en compete toute la zone
sahlo-maghrbine s'impose"

"A l'interface entire deux continents, le
Maghreb apparat comme une region
carrefour, tant historiquement, gogra-
phiquement que gostratgiquement",
nous explique Jean-Thomas Lesueur,
dlgu gnral de l'institut Thomas
More. "Il constitute une region en pleine
mutation et qui s'ouvre... qui s'ouvre
l'Union europenne sa voisine, en lui
offrant de nouvelles opportunits et


en lui confrant galement des respon-
sabilits renouveles, mais son sud
galement, porteur de nombreux dfis
et facteur de plus en plus important de
l'quilibre de toute la region.
Se dessine alors pour l'Europe,
l'Afrique du Nord et l'Afrique subsa-
harienne une nouvelle donne strat-
gique, qui impose de considrer l'aire
maghrbo-sahlienne dans sa globalit
et sa diversity."

La tenue prochaine de plusieurs som-
mets entire l'UE et les pays ACP et
du sommet UpM (Union pour la
Mditerrane) Barcelone, les objec-
tifs affichs de la prsidence espagnole
-qui souhaite renforcer les relations
avec ses partenaires stratgiques privi-
lgis que sont le Maghreb et l'Afrique
-ou encore la nouvelle stratgie euro-
penne de scurit intrieure -qui
affiche la volont de renforcer la coo-
pration avec ses voisins en matire de
scurit -constituent-ils un context
favorable pour une meilleure prise de
conscience de ces enjeux ? "En tout
cas, ajoute Jean-Thomas Lesueur, les
faits sont l... Sur les questions migra-
toires, sur les menaces en matire de
terrorism et de traffic et les probl-
matiques frontalires dans la region,
une nouvelle approche gographique
largie pregnant en compete toute la zone
sahlo-maghrbine s'impose."


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010





pu d h pin


Lueur pour le Bochimans



du Kalahari


Le passage au Botswana en mars 2009 de James Anaya, Rapporteur special
des Nations Unies sur les peuples indignes, semble avoir port ses fruits.
Les Bochimans, chasss de leurs terres ancestrales du Kalahari en 2002,
seront nouveau entendus par la Cour le 9 juin prochain.


M.M.B.


La question a galement t sou-
leve au Parlement europen
en mars dernier par le dput
irlandais Brian Crowley. Ce
dernier demandait au Conseil de l'UE
"d'valuer l'ampleur du harclement
auquel sont confronts les Bochimans
du Kalahari."

Retour sur image. Le 13 dcembre
2006, la Cour supreme du Botswana,
dclarait que l'expulsion des Bochimans
gana et gwi tait "illgale et anticons-
titutionnelle", et qu'ils avaient le droit
de vivre sur leurs terres ancestrales
dans la reserve du Kalahari central
(CKGR). Ces expulsions auraient dbu-
t quelques annes aprs la dcouverte
en 1980 d'un gisement de diamants
dans la reserve. La licence d'exploita-
tion, qui appartenait la De Beers, a
t vendue Gem Diamonds, une nou-
velle compagnie fonde avec d'anciens


employs du diamantaire sud-africain
et qui aurait annonc son intention de
procder l'exploitation du site. Afin
de pousser les Bochimans s'instal-
ler dans de nouveaux campements, le
gouvernement avait scell le puits de la
reserve. James Anaya a appel le gou-
vernement rouvrir le puits, estimant
que les Bochimans qui sont retourns
dans la reserve "sont confronts des
conditions de vie dplorables et dange-
reuses en raison de leur manque d'accs
l'eau."

Audition

Ct europen, la rponse au dput
Brian Crowley est prudent. La ques-
tion des San/Bochimans, indique la
prsidence espagnole, fait l'objet de dis-
cussions rgulires entire les Chefs de
mission de l'UE et le gouvernement
botswanais. Ces discussions se droulent
au titre de l'article 8 de l'Accord de
Cotonou qui prvoit un dialogue formel
et systmatique sur les trois lments
essentiels de l'Accord de Cotonou,


Une femme Basarwa en train de fumer une pipe artisanale Metsiamenong, un village loign
situ au cur de la reserve de gibier du Kalahari Central Botswana. oReporters


savoir les droits humans, les principles
dmocratiques et la prminence du
droit. Au course de ces runions, ajoute
la prsidence, le gouvernement a infor-
m l'UE du suivi de l'arrt de la Cour.
Et, "selon nos informations", ajoute-t-
elle, "les San/Bochimans ont nomm
en dcembre dernier les reprsentants
appels discuter de la question avec
le gouvernement. Afin de trouver une
solution au problme de leur dlocalisa-
tion, des contacts sont present engags
avec le gouvernement." Une nouvelle
audition devant la Cour serait prvue
dbut juin.


Courrier


Quelque 100.000 Bochimans vivent
encore au Botswana, Namibie,
Afrique du Sud et Angola o ils
vivent depuis des dizaines de mil-
liers d'annes.
La Reserve naturelle de gibier du
Kalahari central est situe au coeur
du Botswana ; elle avait t cre
pour protger le territoire ancestral
des 5.000 Bochimans gana, gwi et
tsila et de leurs voisins, les Bakga-
lagadi, ainsi que les animaux sau-
vages don't ils dependent. D'autres
Bochimans, les bukakhwe, vivant
prs du Delta de l'Okavango, dans
le nord-est du pays, ont de leur
ct conclu un accord avec I'ONG
Conservation International et la
socit Wilderness Safaris afin de
crer un camp d'cotourisme. Une
initiative, selon Conservation Inter-
national, qui permet aux tourists de
dcouvrir l'hritage cultural de ces
Bochimans, ces derniers d'utiliser
les resources financires dans des
projects de dveloppement, et d'all-
ger la charge sur la faune sauvage.





pu d'h prin


Une nouvelle quipe de

direction pour les ACP


Okechukwu Umelo




secrtaires gnraux du
Groupe des pays d'Afrique,
des Carabes et du Pacifique
(ACP) a t nomme. Pour la premiere
fois dans l'histoire de l'association, deux
femmes ont t dsignes.

Il s'agit des personnel suivantes
Nthisana Matlhogonolo Philips
(Botswana, Afrique australe),
Administration, finance et res-
sources humaines ; Achille Bassilekin
III (Cameroun, Afrique centrale,
Dveloppement conomique durable
et commerce ; Michele Dominique
Raymond (Hati, Carabes), Questions
politiques et dveloppement human ;
et Paulo S. Kautoke (Tonga, Pacifique),
Macroconomie, financement du dve-
loppement et programmation intra-ACP.


La culture ougandaise
l'honneur avec le Festival
international de musique et
d'arts de Bayimba

Du 17 au 19 septembre, le Centre
cultural national de Kampala
accueillera la troisime dition du
festival d'art d'Ouganda.

Catherine Haenlein



Le Festival international de
musique et d'arts de Bayimba
a t organis pour la premiere
fois en 2008. Premier festival
de ce type organis en Ouganda, ce
fut une vritable rvlation pour les
habitants du pays. Un public nombreux
et diversifi s'est laiss littralement
hypnotis par l'explosion de beats, de
sons et de couleurs dclins en une
srie d'vnements clectiques. Depuis,
chaque nouvelle dition du festival est
attendue avec impatience et plus de cent
artistes d'Ouganda, d'Afrique orientale
et mme d'ailleurs se sont products dans
le cadre de cette initiative qui propose
toujours de trs nombreux spectacles
et manifestations : concerts live, danse,
graffiti, contest, mixage vido, dfils de
mode et silent disco.

Les prparatifs pour cette troisime
dition battent leur plein et de trs
nombreux spectacles live sont dj
l'affiche. La promotion de l'vnement


i,- e -.m -dU- s i III
', "
i ^RY-Mf i,^^
;/'^]^B:M-^^^


En partant de la gauche : Nthisana Matlhogonolo Philips, Mohamed Ibn Chambas, Achille
Bassilekin III et Michele Dominique Raymond. o ecrtariatACP


La selection de cette nouvelle quipe
de direction a t annonce par le
Secrtaire gnral des ACP, Mohamed
Ibn Chambas, au terme d'une procedure
de recrutements ouverte dans quatre des
six rgions ACP. M. Chambas a souli-
gn les qualits de sa nouvelle quipe
qui se caractrise par une diversity de
genre et des experiences et comptences
professionnelles varies.


Paulo S. Kautoke. a SecrtariatACP


Des jeunes dansent au rythme de la musique islamique matali. Fondation culturelle de Baylmba


s'annonce tout aussi intressante, avec
une srie d'ateliers et d'vnements pr-
liminaires organiss Gulu, au mois
de mai, Mbarara en juin et Mbale
en juillet.

Derrire ce phnomne cultural se trouve
la Fondation culturelle de Bayimba, une
association base Kampala qui entend
faire de l'Ouganda, et de l'Afrique orien-
tale dans son ensemble, un centre musi-
cal et artistique majeur sur le continent
africain. Et de fait, le festival influence
dj profondment le paysage cratif et
cultural de la region. L'association in-


dite d'expressions artistiques des plus
htroclites a d'ores et dj donn lieu
une profusion d'changes culturels
et cratifs innovants, propices l'mer-
gence de nouvelles formes de collabora-
tions artistiques. Le festival a galement
jou un rle cl en projetant sur la scne
locale et international la musique et les
arts d'Ouganda et d'Afrique orientale.
La Fondation garantit par ailleurs la
gratuit d'accs au festival, qui bnficie
ainsi d'une participation maximale.

Pour en savoir plus sur le festival, consulted
www.bayimba.org.


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010




















































turbulence


Debra Percival



Le lien entire l'attnuation de
la pauvret et la prosprit
du secteur de l'aviation civil
ne saute pas ncessairement
aux yeux. Dans les pages qui suivent,
nous allons donc nous intresser au
dveloppement de l'aviation -civile et
commercial -dans les pays d'Afrique,
des Carabes et du Pacifique (ACP)
en tant que moteur du dveloppement
conomique et social.

Les Carabes et le Pacifique tant com-
poss de petits Etats insulaires qui
dependent particulirement de l'avia-
tion, mais aujourd'hui, ces 2 rgions
doivent toutes deux faire face de
grandes difficults. Les companies
ariennes des Carabes ont en effet t
touches de plein fouet par la hausse
des prix du carburant et la crise co-
nomique mondiale. Dans le Pacifique
en revanche, l'heure est l'optimisme
avec la perspective d'un enforcement
de la cooperation politique et de l'arri-
ve d'avions de plus petites tailles, qui
pourraient promouvoir les services et le
secteur touristique.


L'absurdit de cette absence de liaisons
rgulires entire les grandes capitals
africaines opres par des compa-
gnies indignes a rcemment t mise
en evidence par un confrre journa-
liste congolais, en sjour Dakar, au
Sngal. Alors qu'il se trouvait plus
de 4179 kilomtres de chez lui, le
trajet le plus facile" pour rentrer au
pays a t de rejoindre Paris depuis
Dakar (Dakar-Paris, 4.065 km) en
volant avec une compagnie europenne
et d'embarquer ensuite sur un vol bat-
tant pavilion europen lui aussi pour
rentrer Kinshasa (Paris-Kinshasa
6.043 km). Ce qui lui a fait passer deux
fois plus de temps dans les airs -et
doubler les missions de carbon -tout
en l'obligeant se soumettre aux exi-
gences de visa puisqu'il a transit dans
un Etat membre. A elle seule, son exp-
rience en dit long sur la domination de
l'espace africain arien par les compa-
gnies ariennes europennes.

Le march unique africain tou-
jours en attente de dcollage

Mais ce jour, les progrs de la mise
en uvre de la Dcision de 1999
de Yamoussoukro entire les gouverne-
ments africains en vue de la creation


d'un space africain unique de l'avia-
tion se font encore attendre. La dci-
sion consacre le principle de l'accs au
libre-march des transporteurs ariens
ligibles pour les liaisons intra-afri-
caines. Alors que le nombre de passa-
gers devrait augmenter considrable-
ment dans les 15 annes venir, nous
allons examiner les obstacles au dcol-
lage de l'espace arien africain unique.

Nous nous pencherons aussi sur le
enforcement de la cooperation entire
l'Afrique et l'UE dans ce secteur -une
cooperation qui couvre les questions
en rapport avec la scurit, la rgu-
lation conomique, l'environnement,
la formation et le financement des
aides la navigation qui favoriseront
l'ouverture d'un plus grand nombre
d'aroports rgionaux sur le continent.
L'UE propose en effet de partager
ses propres dveloppements dans le
domaine de l'aviation, y compris le
Ciel unique europen -une initiative
ambitieuse visant rformer l'archi-
tecture du contrle du traffic arien
europen en vue de rpondre aux
besoins futurs en terms de capacity
et de scurit.


Courrier





1IDose


Un ciel africain


unique ?


L es companies ariennes
africaines ont pay un lourd
tribute la crise conomique
mondiale. Pour le seul mois
de fvrier 2009, les companies afri-
caines ont ainsi enregistr une chute de
13,7% du nombre de passagers. C'est ce
qu'indique l'AFRAA, l'Association des
companies ariennes africaines base
Nairobi, qui regroupe 40 lignes indignes
du continent. Et cette anne, le nuage
de cendres au-dessus de l'Europe, pro-
voqu par l'ruption du volcan islandais
Eyjafjallajkull, a par ailleurs entran
l'annulation de certain vols oprs par
des companies africaines. Ont ainsi t
touches les lignes rgulires et com-
merciales transportant des fruits et des
lgumes frais ainsi que des fleurs cou-
pes, venant principalement de l'Est du
continent.

Ces vnements de nature imprvisible et
inconstante sont venus aggraver les pro-
blmes sur le long terme que connaissent
aujourd'hui les transporteurs africains :
investissements insuffisants, avec pour
corollaire des problmes de scurit,
exode de pilots et d'ingnieurs de vol et
lenteur du processus de libralisation du
ciel africain.

La Decision de Yamasoukkrou, en 1999,
sur la libralisation du transport arien
en Afrique entendait crer un ciel afri-
cain unique pour 2002, mais sa mise en
uvre s'avre trs lente. Or, c'est prci-
sment l'un des domaines dans lesquels
l'UE estime qu'elle pourrait partager ses
meilleures pratiques. La libralisation de
l'espace arien europen, ralise en 1992,
a en effet augment de plus de 40% le
nombre de lignes intra-europennes alors
que le nombre de transporteurs ariens
oprant sur le march europen a pro-
gress de plus de 25%.


d'une augmentation du nombre d'opra-
teurs africains low cost et des passagers,
mais elle souligne que les transporteurs
ariens doivent tre en measure de survive
la libralisation et qu'ici, les investisse-
ments font pour l'instant dfaut. Selon les
chiffres de l'AFRAA, le continent africain
reprsente actuellement 4% seulement
du traffic arien civil international. Il ne
compete que sept oprateurs low cost et
mme si la libralisation devenait ralit,
leur survive dpendra de la densit du tra-
fic direct.

Domination europenne

Les vols intercontinentaux en direction
et au dpart de l'Afrique sont aujourd'hui
domins par les oprateurs europens qui
transportent, sur une base hebdomadaire,
plus de 70% des passagers entire les deux
continents. Dans les annes 1970 et 1980,
l'Afrique tait desservie par 26 lignes
intercontinentales indignes, notam-
ment Air Afrique, qui couvrait 11 pays.
Aujourd'hui, neuf transporteurs africains
seulement oprent encore des vols inter-
continentaux indique l'AFRAA.

Profitant de la signature d'accords bilat-
raux avec des pays tiers, certaines com-
pagnies sont dsormais en measure d'op-
rer des vols intercontinentaux, pursuit
l'AFRAA. Il s'agit des transporteurs sui-
vants : Ethiopian Airlines, Kenya Airways,
South African Airways, and Royal Air
Maroc, Afriqiyah et Egyptair. Mais selon
l'association, la connectivit africaine doit
tre amliore et de nouvelles liaisons
dveloppes pour rduire les cots et la
dure du transport entire les villes.

L'AFRAA pingle galement la question
de la scurit des transporteurs africains,
un enjeu important. 58% des engines de
la flotte du continent ont en moyenne 19
ans. Selon le constructeur aronautique
Boeing, le montant des investissements
ncessaires dans la flotte africaine s'lve
60 milliards entire 2007 et 2027.


L'AFRAA espre que la libralisation de S'y ajoutent les considerations environne-
l'espace arien africain s'accompagnera mentales souleves par l'utilisation d'avi-


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010












ons d'un certain ge. Selon l'AFRAA, il
faut absolument renouveler cette flotte
pour rduire l'empreinte carbon des
lignes ariennes africaines. Mme si
elle se flicite de l'initiative europenne
d'change des quotas d'mission de car-
bone dans l'aviation, I'AFRAA aurait
prfr une approche global lance
l'initiative de l'Organisation de l'aviation
civil international.

Une feuille de route UA-UE
pour l'aviation

L'anne dernire, une feuille de route
pour la cooperation dans le domaine de
l'aviation entire l'UE et la Commission
de l'Union africaine (CUA) a t lance
en Namibie lors d'une runion -sponso-
rise par l'UE -de dcideurs, de repr-
sentants de l'industrie de l'aronautique
et de prestataires de services des deux
continents. Cette initiative a dbouch
sur un enforcement de la cooperation
entire l'UE et l'UA, l'objectif tant d'am-
liorer la scurit ainsi que la mise en
uvre de la Dcision de Yamoussoukro
sur la libralisation de l'aviation civil et
commercial. LUE a dgag 750.000
euros de financement en faveur de la


Commission africaine de l'aviation civil,
base Dakar, pour lui permettre d'exa-
miner comment mettre en place un mar-
ch africain unique de l'aviation.

Un accord sur la poursuite de la coop-
ration dans le domaine de la gestion du
traffic arien et sur le dialogue portant
sur les questions environnementales est
galement intervenu.


financement de l'UE en vue de l'exten-
sion de son propre satellite de naviga-
tion, EGNOS, notamment pour am-
liorer la scurit dans les aroports
rgionaux du continent africain. Des
rcepteurs EGNOS ont dj t instal-
ls en Afrique du Nord (voir article).


Pour en savoir plus :
www.cafac.org


Est &alement l'tude un ventuel www.afraa.org


qt-. >e
lc, ~ Ct

IL'


jl-. -QEr
ai_

Sk-8 d.c'

*1-


Un centre regional d'excellence


pour la scurit

Interview de Sadamba Tchagbele, Directeur de l'cole africaine de la mtorolo-
gie et de l'aviation civil (EAMAC).


Sadamba Tchagbele. souleymane Mazou


Souleymane Mazou



votre institution?

L'EAMAC, l'Ecole africaine
de la mtorologie et de l'avia-
tion civil est l'un des quatre centres de
formation don't dispose l'Agence pour
la scurit de la navigation arienne en
Afrique et Madagascar (ASECNA).
On a ft le cinquantenaire de notre ins-
titution en dcembre pass. L'EAMAC
a beaucoup uvr pour contribuer la
scurit au sein de l'espace arien des
Etats membres. Aujourd'hui, l'EAMAC
compete 18 Etats membres don't la France.


On retrouve des pays de l'Afrique central
comme ceux de l'Afrique de l'Ouest. A
sa creation, l'EAMAC, comprenait des
pays essentiellement francophones mais
aujourd'hui, elle comprend des Etats luso-
phones comme hispanophones.

Quel est le rle que IAEMAC dans le
cadre de l'intgration rgionale ?

En terms d'intgration, c'est une institu-
tion don't la vocation est essentiellement
cooperative. A ce titre, elle participe
une trs forte integration des Etats
membres. Les outils de cette integration
sont nos institutions de formation, notam-
ment l'EAMAC situ au Niger, l'ERSI
situ Douala (Cameroun) et l'ERNAM
situ au Sngal de mme que le centre


Courrier


DsI e


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A Wi*-ai. -^

Jg -

'.jE. 7
1^ cii.~ ^





















APSEC (Aviation security) toujours bas
au Sngal. Ces centres de formation
travaillent et participent d'une manire
gnrale l'intgration de nos Etats et
surtout des hommes et des femmes qui
participent la furniture de la navigation
arienne dans nos Etats. L'EAMAC a
bnfici de fonds de l'Union europenne
pour assurer ses formations.

Quels sont les principaux dfis dans
les domaines de la scurit et de la
formation ?

Ils sont d'abord technologiques. Ainsi,
dans le domaine purement aronautique,
on voit que les avions sont construits soit
pour aller de plus en plus vite, soit pour
tre de plus en plus gros, soit pour aller de
plus en plus loin. Cela suppose un certain
nombre de dispositions scuritaires pour
accompagner chacune des dimensions
que j'ai voques. Autant de dfis par
rapport la scurit, tant sur le plan tech-
nologique, en ce qui concern la construc-
tion des avions, que d'un point de vue
service bord. Parce que les tableaux
de bord des avions ont beaucoup volu.
Les TIC (technologies de l'information
et de communication) ont envahi tous les
domaines, don't l'aviation.


Il faut ainsi que les tablissement de
formation puissent se mettre jour en
s'adaptant l'volution technologique
pour pouvoir rpondre l'attente des
clients qui demandent qu'on forme les
agents pour remplir un certain nombre
de function bord d'un avion ou au sol.
Je voudrais faire une distinction parce
que l'ASECNA est avant tout un four-
nisseur de service de navigation arienne.
Il n'intervient pas bord, mais s'assure
de la bonne conduite des vols, pour vi-
ter notamment les collisions. Toutes nos
formations rpondent aux normes et pra-
tiques recommandes par l'Organisation
de l'aviation civil (OACI), l'organisme
mondial qui dicte la rglementation sus-
ceptible d'assurer la scurit au niveau de
l'espace arien de l'ensemble des Etats.

Est-ce que vous avez d'autres dfis ?

Oui, notamment celui de la planification
des besoins. Cela fait parties des questions
aujourd'hui en discussion au plan afri-
cain, savoir comment faire pour que
les besoins soient mieux connus afin que
les centres de formation puissent s'adap-
ter. L'autre dfi, qui lui est li, est celui
de la capacity des centres de formation.
Comment allez-vous dimensionner votre


centre de formation pour satisfaire les
besoins, sachant que ces besoins sont
variables. Sur ce point aussi les discus-
sions sont en course au niveau africain,
avec l'assistance de l'OACI, afin de crer
des synergies entire les centres de forma-
tion africains.

Un autre dfi est celui de la formation
linguistique (l'OACI a dcid qu' partir
de mars 2011 aucun pilote ou aiguilleur
du ciel ne pourra exercer s'il ne matrise
pas l'anglais, NDLR). Pour nous, qui
sommes essentiellement francophones, le
dfi est de taille.

Est-ce que vous traverse des diffi-
cults ?

Oui, surtout au plan financier pour les
institutions de formation. Mais si vous
voulez on peut voir la crise au plan mon-
dial. Inutile de vous dire que les crises
conomique et financire se rpercutent
sur des institutions comme l'ASECNA ;
et comme nous appartenons l'ASEC-
NA, forcment il y a quelques soubresauts
que nous ressentons de ces vnements
qui arrivent dans l'ensemble du monde.


w aa^M^^^


Madagascar. a Lat /Reporters


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010


1IDose





IDosi


Le Pacifique l'aube



d'une mini-rvolution ?


Une cooperation intergouvernementale renforce dans la region et l'arrive
d'avions plus petits se traduiront-elles par l'ouverture du ciel du Pacifique et de
ce fait par l'augmentation des recettes du tourism ?



Dev Nadkarni


P our la quasi-totalit des Etats
insulaires du Pacifique, le tou-
risme a toujours t en premiere
ou deuxime place du classe-
ment des secteurs les plus rentables, aprs
les envois d'argent de l'tranger. Le tou-
risme est n'en pas douter la plus grande
source d'emplois directs et indirects.
Toutefois, des facteurs naturels tels que
les longues distances et l'exigut des mar-
chs -les vols rguliers ne sont pas viables
conomiquement cause de ces niches et
du nombre insuffisant de passagers -se
conjuguent d'autres problmes allant .. "
de l'inadquation des infrastructures au ..................
sentiment d'instabilit politique en pas- i ....""i "
sant par l'incertitude cologique -une
preoccupation plus rcente ce qui nuit
l'exploitation optimale des beaux sites
de la region.
Cela a donn lieu un sous-investisse-
ment la fois dans les infrastructures ..
et dans le secteur des transports, qui se
traduit par des cots levs, des services .
de moindre quality et une croissance
lente de l'conomie des Etats insulaires,
don't la survive dpend presque totalement
du tourism.
Les itinraires longs aux couloirs troits
trois heures au moins de vol, ce qui
ncessite des avions de ligne, alors que
les passagers sont peu nombreux -et le
manque d'appareils appropris pour pal-
lier ce double problme moindres frais
mettent le secteur de l'aviation rude
preuve depuis des dcennies, certaines
companies competent mme parmi les
plus chres du monde.
tout cela vient s'ajouter le fait que
l'accord concernant la dessert arienne
dans la region (le PIASA, Pacific Islands
Air Services Agreement) n'est pas ratifi
Un avion survole Aitutaki, dans l'archipel des les Cook. Reporters


Courrier


































depuis des annes, ce qui retarde la mise
en uvre tant attendue de la politique de
l'ouverture des spaces ariens dans la
region -mme si la situation volue bien
grce une meilleure entente entire les
gouvernements.

TIDES

Lors de la rcente conference finance par
l'Union europenne "Tourism Investment
for the Development of Enterprise and
Sustainability" (TIDES) qui s'est tenue
aux Samoa, Chris Flynn, directeur rgio-
nal de la Pacific Asia Travel Association
(PIASA) base Sydney, a dclar que les
conventions d'achat de capacity (Capacity
Purchase Agreement, CPA) entire opra-
teurs commenaient pour la premiere
fois s'adapter aux ralits de la nature
unique des lignes des Etats insulaires
du Pacifique (des itinraires relativement
longs aux couloirs troits, avec peu de
passagers) et pourraient offrir des solu-
tions pour remdier aux problmes que la
region rencontre depuis longtemps.

Toujours selon Chris Flynn, des tudes
plus approfondies s'imposent, mais des
solutions pourraient tre labores dans
le cadre de la PIASA. Une ide, qui n'a
certes jamais t mise l'preuve ailleurs
dans le monde, mais qui est prometteuse
pour la region selon Chris Flynn, serait
de rpartir la capacity d'accueil des gros-
porteurs entire oprateurs via les CPA.
Cela consiste en partages de codes entire
companies ariennes, ce qui implique
de partager la capacity de l'ensemble de
la flotte entire deux companies ariennes
partenaires. Selon cette ide de rparti-
tion, la capacity d'accueil d'un seul avion
pourrait tre partage entire trois, quatre,
cinq companies ariennes, voire davan-
tage, au lieu de la rpartition habituelle
entire deux companies seulement.

Toutefois, la region est l'aube d'une
mini-rvolution dans le secteur de l'avia-
tion avec l'arrive d'une nouvelle gn-
ration d'avions de plus petite taille et


qui sont conomiquement rentables avec
moins de passagers. Leur arrive dans
la region -en particulier en Australie
coincide avec l'mergence de nouvelles
tendances dans les Etats insulaires de la
region, en l'occurrence la cooperation
renforce entire les gouvernements qui
devrait, espre-t-on, ouvrir le ciel du
Pacifique plus vite que prvu.

Des avions plus petits

La proliferation d'avions de plus petite
taille allie l'ouverture du ciel du
Pacifique offrira sans aucun doute un
large ventail de nouvelles occasions
au secteur du tourism dans les les du
Pacifique : il deviendra possible de se
rendre d'une le l'autre et de visiter
plusieurs les au course d'un mme voyage,
grce une meilleure connexion entire les
miles, ce que seuls les navires de croisire
sont capable de proposer aujourd'hui.


La Chine a ajout un certain
nombre dles du Pacifique
dans sa liste de destinations
touristiques favorites.

A l'heure o le monde sort de la rces-
sion, l'affluence des tourists de Nouvelle-
Zlande et d'Australie, les principaux pays
d'origine des tourists, a dj consid-
rablement augment. La region devrait
aussi susciter un nouvel intrt dans des
marchs non traditionnels, aprs l'exposi-
tion de Shanghai entire mai et octobre de
cette anne. Les les du Pacifique dispo-
seront en effet d'un pavilion conjoint qui
sera l'un des plus grands de l'vnement.

De plus, la Chine a ajout un certain
nombre d'les du Pacifique dans sa liste de
destinations touristiques favorites. Tout
cela promet un accroissement du nombre
de tourists, ainsi qu'en tmoigne dj
l'accroissement du nombre de vols entire
les les du Pacifique et l'Asie et les Etats-
Unis au course des 12 derniers mois.


Savai'i, Samoa. D Percival


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010


DosI e





DsI e


,-- Blwl :1 " q.


e"" ".-: -."

Jamaque, Montego Bay, Buccaneer Beach, droite de 'Aroport international de Sangster Rp
Jamaque, Montego Bay, Buooaneer Beaoh, droite de l'Aroport international de Sangster. Reporters


Zone de turbulences pour les


companies ariennes des Cara'bes


Les hausses du prix du carburant
associes la recession mondiale ont
mis mal la situation conomique des
companies ariennes caribennes.
Certaines ont t obliges de
fusionner tandis que d'autres se
voyaient contraintes de cesser leurs
activits.


Victoria Burbidge


la compagnie national Air
Jamaica a d jeter l'ponge.
Un accord de rachat par
Caribbean Airlines, une compagnie de
Trinidad-et-Tobago, doit tre incessam-
ment finalis. Selon Bruce Golding,
Premier ministry jamacain, les pertes
accumules par la compagnie -126 mil-
liards de dollars jamacains ont t
la raison principal de la vente. Cette
operation constituait aussi l'une des
conditions respecter par la Jamaque
pour conclure un accord avec le Fonds
montaire international (FMI).

Selon Ian Bertrand, consultant en
aviation et ancien directeur gnral de
British West Indian Airways (BWIA),


prdcesseur de Caribbean Airlines,
l'chec d'Air Jamaica s'explique par le
fait que la compagnie avait pour mission
de soutenir entirement l'offre touris-
tique du pays. "Si vous voulez perdre de
l'argent, soutenez le tourism, soutenez
les vols qui sont fortement ethniques",
a-t-il expliqu au Courier. "La gestion
n'tait pas en cause, c'est la mission qui
n'tait pas adequate."

Un nouvel environnement

Norman Girvan, qui est charge de
recherches au rang de professeur l'Ins-
titut suprieur de relations internatio-
nales de l'Universit West Indies (UWI)
St. Augustine (Trinidad-et-Tobago)
souligne cependant que la situation est
aujourd'hui trs different de ce qu'il
tait lors des beaux jours de la BWIA
et d'Air Jamaica. "La drglementation
et les technologies de l'information ont


Courrier


............
..... ...


.... ... .





1IDose


Airbus d'Air Jamaica. hutterstock


favoris l'mergence d'un grand nombre
de nouveaux acteurs dans le secteur
et modifi la donne commercial. Les
vols low-cost, les billets qui ne sont
assortis d'aucun service, les reductions
et les tarifications diffrentielles sont
quelques-unes des caractristiques des
nouveaux modles commerciaux", a-t-il
expliqu lors d'un recent expos sur le
transport arien dans les Carabes.

Ce n'est pas la premiere fois qu'une
compagnie arienne caribenne sort du
march. La BWIA a t liquide en
2006. "Aprs sa privatization dans les
annes 1990, la compagnie a continue
fonctionner perte. Elle est maintenant
repasse sous le contrle de l'Etat. Le
fait de la rebaptiser Caribbean Airlines
est un changement stratgique qui peut
reflter ses ambitions long terme",
comment M. Girvan.

M. Bertrand, responsible d'exploi-
tation de la BWIA l'poque, nous
livre l'analyse suivante : "Si la BWIA
a connu l'chec, c'est en grande parties
parce qu'elle tait sous-capitalise... et
qu'elle couvrait des destinations non
rentables." Il a par ailleurs soulign le
fait que les autres companies ariennes
rgionales, notamment la Bahamasair
et la Surinam Airways, connaissaient
galement des difficults.

Bahamasair est la compagnie national
des Bahamas. Elle a t cre aprs que
la British Airways en 1970 et la Pan
American Airlines en 1973 aient cess
de desservir les Bahamas en raison de
la crise ptrolire, laissant un vide dans
le secteur du transport aux Bahamas. A
l'poque, cette cessation d'activits avait
port prejudice au secteur touristique
et aux habitants des les. Selon le site


web de la compagnie, celle-ci a affront,
depuis les annes 1990, plusieurs situa-
tions difficiles, notamment une escalade
des cots et une perte de revenues, en par-
ticulier sur les vols vers les Etats-Unis.
Le Conseil d'administration a ensuite
dcid que la compagnie ne desservirait
plus que les destinations rentables. Il a
galement pris plusieurs initiatives pour
rationaliser l'exploitation, notamment le
replacement de la flotte par des appa-
reils plus conomes en carburant.

M. Bertrand prcise que la Surinam
Airways a aussi connu des difficults
financires. Cre en 1955, cette com-
pagnie arienne a lanc ses activits
nationals et services rguliers entire
Paramaribo, la capital, et Moengo,
ville d'extraction minire de bauxite, en
utilisant des avions de tourism. Le 30
aot 1962 a vu la creation officielle de la
Surinamese Luchtvaart Maatschappij.
Il a fallu attendre l'indpendance de
ce pays nerlandophone pour que la
compagnie arienne mette en exploi-
tation un vol transatlantique jusqu'
Amsterdam, aux Pays-Bas.

Les hauts et les bas de la LIAT

M. Bertrand s'est cependant montr
plus prudent en commentant les activi-
ts de la compagnie Leeward Islands Air
Transport Services (LIAT). La LIAT,
qui a son sige Antigua, dans les
Carabes orientales, a t fonde en
1956. Elle dessert aujourd'hui 22 des-
tinations dans les Carabes. Au fil des
ans, cette compagnie a elle aussi tra-
vers des zones de turbulence. En 1971,
75% de ses actions ont t rachetes
par la Court Line, une compagnie de
charters britannique trs connue. Trois
ans plus tard, la Courtline faisait faillite


mais, pour sauver la LIAT, 11 pays des
Carabes ont rachet la compagnie.

Afin d'tre sauve une nouvelle fois de
la faillite, la LIAT a t partiellement
privatise en 1995. En janvier 2007, elle
a annonc sa fusion avec un concurrent
regional, la Caribbean Star Airlines.
Les deux companies ont conclu une
alliance commercial comprenant l'ex-
ploitation commune d'un service de
vols rguliers. Toutefois, en juin 2007,
les gouvernements actionnaires de la
Barbade, d'Antigua et de Saint-Vincent
ont prfr donner au Conseil d'admi-
nistration le feu vert pour le rachat de
la Caribbean Star Airlines, en octobre
2007. Par la suite, la LIAT a dci-
d de modifier son slogan en "LIAT,
Star of the Caribbean". La compagnie
arienne est dtenue par sept gouverne-
ments caribens, don't trois (Barbade,
Antigua-et-Barbuda et Saint-Vincent-
et-les-Grenadines) en sont les action-
naires majoritaires.

Selon M. Bertrand, la concurrence des
plus grands acteurs devrait encore se
renforcer. Il estime que la region n'a
pas la capacity financire pour mainte-
nir des companies ariennes qui fonc-
tionnent perte. "Ce secteur n'est pas
fait pour les timors ni pour ceux qui
manquent de moyens", commente-t-il.

Des companies internationales d'Am-
rique du Nord et d'Europe comme
JetBlue, Jet Air, Air Tran et Westjet
tirent profit du march jamacain. En
un an peine, elles ont russi tendre
leurs services la Jamaque. Les com-
pagnies traditionnelles telles que US
Airways, American Airlines, British
Airways et Delta ont elles aussi tendu
la game de leurs vols rguliers.


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010





DsI e


De nombreuses companies

d'aviation africaines sur liste noire


L'EU interdit plus de 100 D.P.


companies ariennes africaines de
survoler son space arien. Pour I'
AFRAA, I'association des companies
ariennes africaines base Nairobi,
au Kenya, il s'agit d'une measure
qui profit surtout aux companies
europennes.


Logo d'interdiction de I'UE. CE


a dernire liste noire de l'UE
des companies ariennes
internationales non conformes
aux rglementations de l'UE
a t publie le 30 mars 2010. Cette
liste est rgulirement mise jour et
aujourd'hui 11 pays -sur un total de
17 -et 111 transporteurs figurant sur
cette liste se situent en Afrique subsa-
harienne.

"En fin de compete, les
bnficiaires de ces measures
d'interdiction sont les
transporteurs europens, qui
dominant le ciel africain au
dtriment des companies
indignes"

Selon l'AFRAA, cette liste noire de
l'UE nuit la reputation, mais aussi aux
activits, de nombreux exploitants de
lignes rgulires don't la cote de scurit
et le respect des normes de scurit de
l'Organisation de l'aviation civil inter-
nationale (OACI) sont pourtant compa-
rables ceux des meilleures companies
ariennes oprant dans le monde.
L'interdiction d'exploitation impose
tous les transporteurs ariens soudanais
-en raison des mauvaises performances
des autorits soudanaises de l'aviation
civil en matire de scurit rsultant
de manquements constants aux normes
internationales dans le domaine de la
surveillance -est l'une des nouveauts
de cette treizime mise jour. Et mme
si les transporteurs angolais figurent
toujours sur la liste noire, l'interdiction
de TAAG Angola Airlines a t en parties
leve, ce qui signifie que cette compa-
gnie arienne peut present desservir
toutes les destinations de l'UE, dans le
respect de conditions strictes et avec des
appareils prcis.
Les pays don't les transporteurs figurent
sur la liste noire sont les suivants :
l'Angola (voir exception), le Benin, la
Rpublique dmocratique du Congo,
Djibouti, la Guine quatoriale, le
Gabon ( l'exception de trois compa-
gnies autorises mais soumises des
restrictions d'exploitation et des condi-
tions), le Liberia, la Rpublique du


Congo, la Sierra Leone, Sao Tome-et-
Principe, le Soudan, le Swaziland et
la Zambie. En outre, la majority des
engines de la compagnie comorienne,
Air Service Comoros sont interdits dans
l'espace arien europen ainsi que tous
les avions de la compagnie rwandaise
Silverback Cargo Freighters.

Les gagnants ? Les companies
europennes
"En fin de compete, les bnficiaires
de ces measures d'interdiction sont les
transporteurs europens, qui dominant
le ciel africain au dtriment des compa-
gnies indignes. Si une liste doit tre
publie, celle-ci doit tre rdige par
l'OACI, l'organisme international de
rglementation de la scurit arienne,
don't l'impartialit est avre", explique
Nick Fadugba, secrtaire gnral de
l'AFRAA.
Selon l'AFRAA, la majority des trans-
porteurs africains figurant sur la liste
noire n'ont jamais opr des vols rgu-
liers destination de l'Europe, n'envi-
sagent pas de le faire et ne disposent
d'aucun engin capable de desservir un
pays de l'UE. "La liste rpertorie de
nombreuses companies ariennes qui
n'existent que sur paper et qui ne sont
pas oprationnelles", prcise l'AFRAA.
Les Etats-Unis ont adopt une position
plus utile en ce qui concern le problme
de la scurit arienne des companies
africaines. Ils ont en effet lanc l'ini-
tiative "Safe Skies for Africa" qui vise
amliorer la capacity des transpor-
teurs en dveloppant leurs comptences
et en les dotant des infrastructures
ncessaires l'amlioration de la scu-
rit. "Cette initiative est mise en uvre
alors qu'un petit nombre de transpor-
teurs amricains seulement desservent
l'Afrique", explique le reprsentant de
l'AFRAA. Lequel souhaite voir l'UE
prendre example sur les Etats-Unis et
lancer son propre programme de moder-
nisation pour le continent africain.
"Nous sommes disposs aider les
pays qui ont besoin de dvelopper leurs
activits techniques et administrative
pour satisfaire aux exigences de l'avia-
tion civile, a indiqu pour sa part
Sim Kallis, commissaire europen aux
transports.


Pour consulter la liste complete : http://
ec.europa.eu/transport/air-ban/listfr.htm


Courrier





1IDose


EGNOS : un satellite


europen pour le ciel


africain ?


L'Union africaine (UA) et l'Union europenne (UE) examinent actuellement comment amliorer la navigation et la
communication par satellite dans l'espace arien africain. L'objectif tant d'amliorer la scurit et de relancer le
dveloppement conomique en Afrique. Une option consisterait tendre EGNOS le service europen de navigation par
recouvrement gostationnaire tout le continent africain. Une initiative don't les bnfices ne se limiteraient pas au seul
secteur de l'aviation.


l'actuel systme de posi-
tionnement capacity
global (GPS) et d'autres
constellations satellitaires en course de
dveloppement, EGNOS permettra
de rduire les accidents en phase
d'approche et d'atterrissage, notam-
ment dans les aroports rgionaux non
quips des aides traditionnelles la
navigation. EGNOS se compose de trois
satellites gostationnaires et d'un rseau
de stations terrestres. Il transmet un
signal contenant des donnes sur la fia-
bilit et l'exactitude des signaux de posi-
tionnement envoys par GPS et permet
ses utilisateurs, en Europe et ailleurs,
de dterminer leur position avec une


precision de l'ordre du 1,5 mtre. Les
avions survolant la parties nord du con-
tinent africain peuvent dj recevoir des
informations provenant des systmes
terrestres installes en Afrique du Nord.

"Les avions quittant l'UE destina-
tion de l'Afrique et vice versa pour-
ront utiliser les mmes instruments de
navigation sur les deux continents. Il
convient galement de souligner que
c'est le mme signal qui est utilis
aux Etats-Unis et au Japon, et qui est
aujourd'hui dvelopp en Inde et en
Russie", explique Fabio Pirotta, porte-
parole d'Antonio Tajani, Commissaire
europen en charge des Entreprises et
de l'industrie. Une analyse du cot-
bnfice du dploiement d'un systme
de type EGNOS a mis en evidence
un gain d'un milliard d'euros pour la
socit africaine", prcise-t-il.


L'amlioration de la navigation arienne
et des normes de scurit dans l'espace
arien africain tait l'une des priorits
pingles lors de la premiere runion
haut niveau entire l'Afrique et l'UE
sur l'aviation, organis Windhoek,
en Namibie en avril 2009. Le dvel-
oppement d'un systme apparent
EGNOS a par ailleurs t identifi dans
le premier plan d'action du 8e parte-
nariat de la stratgie Afrique-Union
europenne pour la science, la socit de
l'information et l'espace.

Une decision sur le financement
de cette initiative majeure
pourrait tre prise lors du
Sommet Afrique-UE


L'UE pourrait donner son feu vert
politique EGNOS, ou un systme
similaire pour l'Afrique et statuer sur
le financement -primordial -de cette
initiative majeure d'ici la fin de l'anne,
lors du Sommet Afrique-Union euro-
penne qui se tiendra Tripoli, les
29 et 30 novembre 2010, indique M.
Pirotta. "La mise en place d'EGNOS
a cot plus de 700 millions d'euros
pour la seule couverture de l'Europe.
Toute solution prvoyant la couverture
de l'Afrique impliquerait le partage de
l'infrastructure EGNOS et ds lors une
diminution sensible des cots", a-t-il
ajout.

Le ciel pour limited

Outre l'aviation, EGNOS a des rper-
cussions dans d'autres secteurs. Il pour-
rait notamment tre utilis pour amlio-
rer la connaissance du positionnement
des vaisseaux maritimes, la protection
des animaux ou encore l'amnagement
du territoire. Le secteur ptrolier et de
l'extraction sont d'autres applications
possibles.


L'UE souhaite tendre EGNOS l'Afrique. EGNOS utilisera les constellations de navigation
satellitaire existantes (GPS, Glonass) et peut-tre Galileo un systme de 30 satellites moyenne
orbite en course de dveloppement. sESA


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010









































interculturelle Islamic Relief


Islamic Relief (IR) est une organisation
non gouvernementale (ONG)
d'inspiration religieuse. Elle ne se
limited pas toutefois venir en aide aux
communauts islamiques des pays en
dveloppement, comme en tmoigne
son aide humanitaire d'urgence
apporte en Hati.


D. P.





Uni, Islamic Relief apporte son
aide aux communauts les plus
pauvres du monde, sans distinction de
race, de religion ou de genre, explique
Sarah Douik, charge Bruxelles des
relations internationales de long.
Ses partenaires, presents dans plus de
30 pays, dploient et coordonnent les
actions d'assistance, qui vont de l'appro-
visionnement en eau l'ducation en
passant par l'aide humanitaire d'urgence.

L'Office d'aide humanitaire de la
Commission europenne (ECHO) et le
Fonds europen de dveloppement (FED)
competent parmi ses bailleurs de fonds, de
mme que l'Allemagne, les Etats-Unis, la
France, le Royaume-Uni et la Sude.

Actuellement, l'UE cofinance avec IRun
project d'une dure de 18 mois au Tchad
( hauteur de 563.243 euros). Ce Projet
de Dveloppement Communautaire du


Canton de Salamat a pour objectif de
promouvoir la responsabilisation des lus
dans 118 villages du pays.

"Donner est bien plus qu'un
acte de gnrosit, c'est une
question de respect des droits
des personnel dmunies"

IR est bien entendu particulirement
active dans les pays africains abritant
des communauts islamiques tels que


Une aide vitale pour le Soudan
Le Soudan est le premier pays o IR est
intervene. C'tait en 1984, aprs la fa-
mine. Dans ce pays, les projects de I'ONG
se concentrent maintenant sur la recons-
truction post-conflit avec, notamment, le
forage de puits, l'amlioration des struc-
tures de soins de sant et la rintgration
des rfugis.
IR est galement le chef de file d'un
consortium d'ONG finance par le FED au
titre d'un programme de rehabilitation et de
reconstruction. Finance par I'UE (avec un
budget de 54,3 millions d'euros) et gre
par le Programme des Nations Unies pour
le dveloppement (PNUD), cette initiative a
pour bnficiaires 800.000 habitants de dix
zones rurales du Soudan. Elle s'articule
autour de divers projects augmentation


le Tchad, Kenya, Mali, Niger, Somalie,
Soudan et Malawi. Mais, prcise Mme
Douik, ce sont les valeurs de l'islam qui
guident les actions de long. "Donner
est bien plus qu'un acte de gnrosit,
c'est une question de respect des droits
des personnel dmunies", explique-t-
elle. IR a ainsi t l'une des premires
ONG intervenir en Hati aprs le
sisme du 12 janvier. Elle y a fait don de
600 tentes et vient en aide 1.300 survi-
vants du quarter Delmas 33.


Courrier


de la production agricole, soins mdicaux,
creation d'emplois et sensibilisation des
communauts aux dividends de la paix
- mis en oeuvre par 48 ONG nationals et
internationales.
IR insisted sur l'importance de poursuivre ce
project grce au lancement d'une second
phase, mais il n'y a rien de sr. N'ayant pas
sign l'Accord de Cotonou (2000-2020)
pour la date limited du 1er juillet 2009, le
Soudan n'est en effet pas ligible pour l'ins-
tant aux fonds du 10e FED (2008-2013).
En mars 2010, la Commission europenne
a donc notifi par crit IR qu'elle s'em-
ployait trouver une solution pour venir en
aide aux populations vulnrables du Sou-
dan, en utilisant les fonds restants du 9e
FED.





I- ,'f P -


Dialogue avec la Chine: les


organizations africaines de la


socit civil ratent le coche


d'Afrique subsaharienne,
la Chine commence faire
figure de relle puissance
conomique et politique. Pourtant, les
organizations de la socit civil (OSC),
en Afrique comme en Chine, sont loin
d'tre associes au suivi des accords
conclus entire les gouvernements afri-
cains et les consortium chinois. Tels
sont les propos qui ressortent de la
conference "China, Africa and the
European Union", organise par l'Ins-
titute of Development Policy and
Management de l'Universit d'Anvers
(UCSIA), en Belgique.

La pntration de la Chine en Afrique
est souvent considre comme une situa-
tion o les deux parties y trouvent leur
intrt : les gouvernements africains
fournissant la Chine des matires pre-
mires comme du ptrole, du cobalt, du
cuivre, de l'or, des minerals et des dia-
mants en contrepartie de prts chinois
taux avantageux destins finance les
investissements d'infrastructure vitales
pour stimuler la croissance conomique
du continent.


"Reste voir comment la population
pourra en profiter, si tant est qu'elle
puisse un jour en profiter. Telle est la
question que les organizations de la
socit civil et d'autres acteurs doivent
examiner", a expliqu Stefaan Marysse,
professeur d'conomie politique l'UC-
SIA. Examinez attentivement une carte
des infrastructures subsahariennes dans
les annes 1950, quand le continent afri-
cain tait encore colonis : elle est prati-
quement identique celle d'aujourd'hui.
Elle montre que ces investissements
restent tourns vers l'extrieur -vers les
ports maritimes -au lieu de stimuler
la creation de liaisons de transport
l'intrieur du continent. "Les relations
conomiques entire l'Afrique et la Chine
sont du mme type que celles qu'on
trouvait l'poque colonial, la domi-
nation politique en moins", explique M.
Marysse.

Mais d'autres questions doivent encore
tre examines par les OSC chinoises et
africaines, comme les conditions de tra-
vail imposes en Afrique par les socits
chinoises, la dgradation de l'environne-
ment provoque par les projects chinois
et la monte du nouveau sentiment
anti-chinois en Afrique. C'est ce qu'ex-
plique Jonathan Holslag, directeur de
recherche l'Institut d'Etudes de la


Chine contemporaine situ Bruxelles.
Et d'tayer ses propos en pointant les
40 Chinois assassins au course des cinq
dernires annes en Afrique. Les mani-
festations pacifistes qui font place des
tensions de plus en plus vives sont le fait
de la politique mene par les entreprises
chinoises, qui exportent leur propre
main-d'uvre en Afrique, privant ainsi
les populations locales d'un emploi.
Mais elles rsultent galement de la
conviction -c'est du moins l'opinion de
M. Holslag -que la Chine entretient des
liens avec les lites politiques locales.
Toujours selon M. Holslag, la Chine est
aujourd'hui largement perue comme
"une nouvelle puissance colonisatrice
et negative."

A quand des OSC indignes !

Mais la conference a galement mis
en relief l'absence d'OSC vraiment
africaines, capable de mettre sur le
tapis des questions telles que les rela-
tions entire la Chine et l'Afrique. Des
nombreuses OSC africaines ont vu le
jour grce des fonds europens et
grent donc des questions europennes,
explique Anthony Otieno Ong'ayo,
qui appelle l'ouverture d'un dialogue
panafricain permettant d'examiner et de
mettre en avant les problmes poss par
la presence chinoise en Afrique.

En Chine, les organizations de la socit
civiles sont un phnomne relativement
recent. En 2002, on en dnombrait
ainsi 870.000, pursuit Otieno Ong'ayo.
Et leurs contacts avec la communaut
international sont limits. D'un statut
encore prcaire lorsqu'elles ne sont pas
enregistres, les OSC chinoises ne pos-
sdent aucune lgitimit et sont confron-
tes des problmes de financement.
Quant aux organizations enregistres,
leurs activits sont limites par la poli-
tique gouvernementale; elles ne peuvent
ni dfendre les droits des citoyens ni
s'organiser. Otieno Ong'ayo appelle
donc les OSC chinoises de secteurs
similaires former des partenariats et
crer de nouveaux partenariats entire
OSC chinoises et universits africaines.


Un visiteur du Pavillon de l'Afrique de l'Exposition universelle 2010 Shanghai, en Chine. Reporters/Novosti


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010








-g.:irr li--- -r -


l'image est un droit

Propos recueillis par Elisabeth Lequeret (*)
Journaliste et critique aux Cahiers du Cinma


Rithy Panh ralisateur cambodgien
du clbre documentaire "S21- la
machine de mort khmre rouge", nous
parle de sa collaboration fructueuse
avec Imagine, le centre de formation
de Gaston Kabor Ouagadougou,
une des entits soutenues par ACP
Films.


V ous avez t cette anne
le parrain, avec l'actrice
Sandrine Bonnaire, du
Pavillon des cinmas
du Monde, pendant le Festival de
Cannes...

C'est un honneur, et une exp-
rience formidable. Je suis venu avec
beaucoup d'envies : que les choses
s'changent, qu'il y ait un point
de rencontre avec ces douze jeunes
cinastes, don't six viennent d'ail-
leurs de la zone ACP. Il faut parier
sur l'avenir, et ils sont l'avenir. C'est
magnifique de rencontrer un jeune
cinaste nigrien, Elhadj Magori
Sani, et de dcouvrir son formidable
documentaire, Pour le meilleur et pour
l'oignon. Notre rle consiste parler
d'eux. Je vais rester en contact pour
voir comment ils voluent, en quoi je
peux les aider. J'espre qu'il y aura
des Gaston Kabor, des Rithy Panh,


qui sortiront de la, des gens qui font
un cinma qu'ils aiment, et qui pen-
sent aussi transmettre.

Vous tes un cinaste de renom,
vous avez aussi cr en 2006 le
centre de resources audiovi-
suelles Bophana, Phnom Penh...

Nous voulons nous dvelopper selon
trois directions : mmoire, formation
et production. Nous avons commen-
c par le plus urgent, la mmoire.
Compte tenu de notre histoire et
de l'tat des archives audiovisuelles
au Cambodge, il fallait collector et
restaurer l'existant, qui tait en train
de disparaitre faute de moyens. Dans
le mme temps, nous formons des
documentalistes et des chercheurs.
Rcemment, nous avons reu une
subvention pour mettre gratuitement
des musiques traditionnelles cam-
bodgiennes en ligne. Les droits sont


Courrier





To pur phin


libres. Et si ceux qui les tlchargent
veulent nous aider, ils nous verse-
ront un don, dans la measure de leurs
moyens : un euro, deux euros, voire
plus. Cet argent sera utilis pour sau-
ver cette culture.

Combien de personnel travaillent
Bophana et quel est son statut ?

Trente cinq personnel, don't la
moyenne d'ge est infrieure 30
ans.
C'est une association but non lucra-
tif. L'ide est de crer une struc-
ture, puis, quand l'Etat en aura
les moyens, de la lui donner, pour
que, dans les dix ans qui viennent,
Bophana devienne la Cinmathque
national du Cambodge.
Dans le mme temps, il faut aussi
former des technicians, construire
des corps de mtier. En ce moment
mme nous avons deux formations en
course, cameraman et preneur de son,
assures par des technicians cam-
bodgiens, ceux que j'ai moi-mme
forms il y a dix ans. Nous tentons
d'inclure des gens exclus du systme,
des gens dfavoriss. Chaque fois
que je vais dans une rizire, je me dis
qu'il y a peut-tre l un Eisenstein en
train de garder les beufs.

A quand remote votre collabo-
ration avec Imagine, le centre de
formation de Gaston Kabor
Ouagadougou ?

Nous avons commenc voici deux
ans. Gaston est un grand cinaste et
un grand ami. Il s'est lanc dans la
formation, et est trs en advance sur
nous dans ce domaine. Ainsi, Imagine
est dj en train de travailler sur un
project de dessin anim. En revanche,
il n'y avait pas de dispositif d'accs
aux images Imagine. Ouagadougou
est un peu la Mecque du cinma
en Afrique noire. Gaston Kabor
ne prtend bien sr pas remplacer
la Cinmathque de Ouagadougou.
Plus modestement, Imagine entend
donner un accs public au cinma,
pas seulement du Burkina Faso, mais
aussi de tout le continent. J'ai un
principle : j'invite toujours les gens
venir nous voir. Donc, Gaston est
venu au Cambodge, avec un respon-
sable de son centre, ils ont visit,
observ. Puis ils ont crit le project,
en function de leurs propres besoins.
Bophana a donn l'expertise, c'est
tout. Plus les outils technologiques.

C'est un project d'accs aux images :
lesquelles ?

Aux films products par le centre
Imagine, et peut-tre, terme, aux
images de la tlvision et aux films


La monte des marches pour le film du Tchadien Haroun, laurat du prix du Jury. Autour de Sandrine Bonnaire,
S.E.M. R.Makongo Prsident du Comit des Ambassadeurs ACP, Madame Jeannette Kavira Mapera, Ministre de la
culture et des arts de RDC, sont accompagns par les jeunes ralisateurs ACP invits au festival de Cannes. ACP


de la cinmathque de Ouagadougou.
Inutile de numriser des images si
on les stock ensuite sur une ta-
gre. Pour qu'un project fonctionne,
il faut l'engagement d'un profession-
nel. Gaston est un grand cinaste.
Il se trouve qu'il a envie de trans-
mettre quelque chose. Il se trouve
que c'est lui qui pendant des annes
a fdr tout le monde autour de
la Fepaci (Fdration Panafricaine
des Cinastes). Il se trouve que c'est
un homme intgre. Tout a m'int-
resse. Il a envie de nous aider, j'ai
envie de l'aider, c'est normal. Ainsi,
je m'informe rgulirement de ce
qu'il fait en formation. Il a de trs
bonnes ides, par example faire venir
des professionnels du film d'anima-
tion. Quand il a construit lui-mme
un centre o les jeunes dfavori-
ss peuvent dormir et travailler, j'ai
applaudi. A Bophana, nous ne pou-
vons pas le faire faute de place, mais
c'est une ide formidable !

"Idalement, il faudrait
d'ailleurs que la Francophonie
s'implique un peu plus dans
les changes Sud-Sud"

Avez-vous des projects en parte-
nariat ?

Oui, des cycles de films. Et des
documentalistes d'Imagine sont
venus se former chez nous. Ils ont
pris en main nos technologies, puis
un informaticien cambodgien est
parti un mois au Burkina Faso pour
mettre le project en route. Ca march
trs bien. Ils se parent en franais.
Idalement, il faudrait d'ailleurs que
la Francophonie s'implique un peu


plus dans les changes Sud-Sud.
Ce n'est pas un problme d'argent,
mais un problme politique. Et de
confiance rciproque. Chacun doit
assumer ses responsabilits. Si
Gaston et moi voulions faire du
commerce, nous en ferions. Mais
nous aimons notre pays, nous aimons
notre culture, notre people, voil
tout.

Avez-vous des projects dans
d'autres pays de la zone ACP ?

Cinq pays africains s'intressent au
project, ils vont venir Bophana pour
voir comment a fonctionne, et peut-
tre que terme, Imagine prendra le
relais pour travailler avec eux.

Quels pays ?

Nous avons pris contact avec le
Mozambique et le Rwanda. Il faut
identifier les pays dans lesquels la
ncessit de mmoire est urgente.
Nous avons rencontr des gens, mais
leur faon de fonctionner est un peu
trop coteuse. Il y a trop de person-
nel. Il faudra discuter de ces choix.
C'est l'intelligence de Gaston : crer
trois ou quatre postes, et ensuite
grandir en function de la demand.
Parce qu'il y a du travail, il faut
travailler avec les scolaires, se faire
entendre. D'abord les gens pensent
que c'est payant, ou que c'est compli-
qu alors que notre systme est aussi
simple et ludique qu'un navigateur
de recherche Internet.

(*) Vous trouverez l'intgrale de l'inter-
view sur le site du Courrier: http://new.
acp-eucourier.info


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010























































de la Libert"


Reportage de Marie-Martine Buckens



C tait il y a soixante six
ans. Le 6 juin 1944,
aprs de longs prpara-
tifs tenus secrets, com-
menait le dbarquement alli sur les
plages de Normandie. La liberation des
pays d'Europe occups par l'Allemagne
d'Hitler commenait. Le dbarque-
ment, suivi de la bataille de Normandie,
ouvrait la voie la liberation de Paris,
puis de la France entire. Quatre mois
plus tard, c'tait au tour de la Belgique,


et de son voisin du Nord, les Pays-Bas,
d'tre dlivrs du joug nazi aprs une
autre bataille tout aussi douloureuse, la
bataille des Ardennes, don't la ville de
Bastogne en Belgique fut l'picentre.
C'est cette vocation qu'est consacr
le dossier "Dcouvrir l'Europe" de ce
numro. En s'attardant malgr tout sur
la region, la Normandie -ou, pour tre
plus prcis, la Basse-Normandie, en
attendant que les Franais versatiles,
fusionnent nouveau les deux entits,
Basse et Haute -ancien duch don't le
nom rappelle tout jamais, l'arrive, il y
a plus de dix sicles, des gens du Nord,
les vikings.


En partant de Caen, qui reste la "ville
aux cent clochers" bien qu'elle ait t
aux trois quart rase la fin de la
Deuxime Guerre mondiale, en suivant
la Voie de la Libert, cette route qui part
des plages de dbarquement pour abou-
tir Bastogne, on ira la rencontre du
pass, mais aussi, et surtout, du present.
En particulier de ces hommes et femmes
qui, au travers de centaines d'associa-
tions, cooprent avec leurs conseurs du
Sud. Car la region a fait de "l'ouverture
sur le monde" sa nouvelle devise.


Courrier















De la Normandie


Bastogne


bourgade un jet de pierre
de la plage de la Madeleine,
qui rentrera dans la lgende
sous le nom de code "Utah Beach".
Le 6 juin 1944, une heure du matin,
15.000 parachutistes amricains
sautent sur le secteur. Aprs trois
heures de combats acharns, Sainte-
Mre-Eglise sera le premier village
franais libr. Peu de temps avant, les
Anglais ont pris possession du pont de
Bnouville, vritable goulot d'tran-
glement au nord de Caen, prfecture
de la Basse-Normandie.

Une impressionnante flotte allie de
7.000 navires de guerre et barges
de dbarquement apparat alors au
large des ctes normandes. Face
eux : le mur de l'Atlantique, un impo-
sant rseau de 12.000 blockhaus et
pices d'artillerie s'tendant depuis
la Norvge jusqu' la frontire espa-
gnole.

"Bloody Omaha"

Le dbarquement proprement dit peut
commencer. A "Omaha Beach", un
peu plus l'est de "Utah Beach", une
premiere vague de soldats amricains


saute dans l'eau depuis des barges de
dbarquement. C'est la mare basse, et
pour atteindre le pied des falaises, ils
doivent parcourir 400 mtres dcou-
vert. A 8 heures, sur les 6.000 hommes
des quatre premires vagues, plus de la
moiti sont dj morts ou blesss. Au
premier soir de l'Opration Overlord,
35.000 hommes ont dbarqu, mais
3.000 sont rests sur le sable de ce qui
restera dans les mmoires comme le
"Bloody Omaha".

Un peu plus loin, Arromanches-les-
Bains, situe l'extrmit de la plage
de Gold Beach prise par les Anglais
le 6 juin au matin. Une fois les pre-
mires defenses allemandes enfonces,
se posait le problme du ravitaillement
et du dbarquement du matriel lourd.
Tous les ports important comme le
Havre ou Cherbourg taient aux mains
des Allemands. Arromanches fut choi-
sie pour y construire un incroyable
port artificial de 500 hectares rpon-
dant au nom de code de : "Mulberry"
(mrier). Avec une capacity de dbar-
quement de 7.000 tonnes de matriel
par jour, ce port artificial a t un
lment dcisif dans la progression des
forces allies. Il a contribu la lib-
ration progressive de la Normandie, et


Retour sur histoire

Pendant la Seconde Guerre mon-
diale, les troupes de l'Axe contrlent
la majeure parties de l'Europe, l'ex-
ception de l'Angleterre. Les Etats-
Unis puissance conomique et
industrielle montante rcoltent en
1944 des succs militaires dcisifs
dans le Pacifique et les troupes al-
lies se battent en Afrique du Nord.
Sur le front de l'Est, les troupes so-
vitiques retiennent grand' peine
les Allemands, malgr le soutien lo-
gistique des Amricains. Aussi Sta-
line suggre que les Allis mnent
des operations l'ouest de l'Europe
afin de dsengorger leur front. Les
dirigeants allis Roosevelt pour les
Etats-Unis, Churchill pour la Grande-
Bretagne et Staline pour I'URSS -
dcident d'ouvrir le front en France,
et plus particulirement en Norman-
die, l o lesAllemands les attendent
le moins. Il est dcid que l'invasion
se fera de l'Angleterre. L'Angleterre
devient une vritable usine militaire
o du matriel est entrepos et o
des milliers de soldats s'entranent.

Soixante-six ans aprs, cette bataille
reste la plus grande operation logis-
tique de dbarquement, 3 millions de
soldats principalement amricains,
britanniques, canadiens mais aussi
d'autres forces allies (arme fran-
aise, troupes polonaises, belges,
tchcoslovaques, nerlandaises et
norvgiennes) traversant la Manche
pour dbarquer en Normandie don't
130.000 le jour J.


Le memorial du dbarquement Lisieux. a Marie Marbne Buckens


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010












notamment d'Avranches, ville proche
du Mont Saint-Michel, libre par le
Gnral Patton ds le 31 Juillet 1944.

Des torches tous les kilomtres

C'est de Sainte-Mre-Eglise que part
la Voie de la Libert.
Des bornes, plantes un kilomtre
d'intervalle, jalonnent le trajet. Sur
chacune d'elles est sculpte une
torche. La Voie traverse la France
d'ouest en est jusqu' Metz, pour
remonter sur Luxembourg, Arlon et
aboutir Bastogne, en Belgique, aprs
un parcours de 1.145 km.

En dcembre 1944, les Allemands
lanaient une ultime offensive dans
les Ardennes. Pour Hitler et son tat-
major, c'tait le quite ou double. Si la
bataille de Bastogne ne constitua qu'un
pisode de cette sanglante mle, son
issue fut dterminante dans la dfaite
des armes nazies. Elle opposa l'arme
allemande aux divisions amricaines.
Le 22 dcembre, somm de se
rendre, le gnral Mc Auliffe rpon-
dait par son "Nuts" lgendaire.

Pour faire face la pnurie de muni-
tions qui risquait d'tre catastro-
phique, plusieurs operations de
parachutage furent dcides. Le 26
dcembre, les troupes de Patton per-
aient les defenses allemandes et pn-
traient dans Bastogne. Mais il fallut
attendre le 16 janvier pour que la
bataille prenne fin. Elle avait cot
aux troupes encercles 800 tus, 3.240
blesss et 661 disparus ou prisonniers.


La bataille de Normandie, jour aprs jour,
au Memorial de Caen


Construit l'emplacement d'un ancien
blockhaus, le memorial de Caen ne se
borne pas relater l'histoire du dbar-
quement. Son ambition est plus large :
engager une rflexion sur la paix en pr-
sentant l'histoire du XXe sicle.

Il n'empche. Fort de sa position strat-
gique une dizaine de kilomtres des
plages de dbarquement le memorial
vient d'ouvrir, en mai 2010, une exposi-
tion permanent, entirement ddie
au Jour J et la bataille qui s'en suivit
en Normandie. Soixante-six ans aprs,
un tel intrt pour cet pisode tragique
de l'histoire se justifie-t-il encore ? Oui,
en juger par le nombre de tourists -
Europens mais aussi Canadiens, Am-
ricains et venus d'Asie qui sillonnent les
plages du dbarquement.

La poche de Falaise

Des tourists que l'on retrouve ga-
lement un autre memorial, nich au


coeur du pays d'Auge, dans la "poche
de Falaise" o se livra, en aot 1944 une
bataille decisive. C'est que aprs la cap-
ture de Cherbourg en fin du mois de juin,
la progression des Allis s'tait enlise.
Les operations Epsom, Charnwood et
Goodwood en secteur britannique, la dif-
ficile et laborieuse guerre des haies des
Amricains dans les bocages normands
avaient chou enfoncer le front alle-
mand. La bataille de la Falaise ouvrit la
voie des Allis la liberation de Paris.
Le prix payer fut fort. Des dizaines de
milliers d'Allis y trouvrent la mort en
l'espace de quelques jours, alors que du
ct allemand le nombre de tus fut mul-
tipli par dix. "Une des plus grandes tue-
ries de la guerre" aurait dclar le gn-
ral Eisenhower, qui aurait aussi conclu :
"cette bataille marque le commencement
de la fin de la guerre."


Table d'orientation Arromanches. Xavier Rouchaud


Courrier













Ste Thrse, la patronnee des Missions"


Ils sont plus de 700.000 plerins se
rendre chaque anne la Basilique de Li-
sieux, difie en l'honneur de sceur Th-
rse de l'Enfant Jsus. Sur le plan co-
nomique l'impact de tels movements
religieux reste cependant trs limit, en
raison d'un manque vident de capaci-
ts htelires. Une situation laquelle
les autorits publiques et religieuses ont
dcid de s'attaquer.

La petite Thrse, comme on l'appelle
aussi, considre comme l'une des plus
grandes saints du XXe sicle par la reli-
gion catholique, a eu un parcours ton-
nant. Etonnant et fulgurant puisqu'il dbute
en 1873 et s'achve 24 ans plus tard,
aprs deux annes passes dans la "nuit
de la foi". La future sainte rentre 15 ans
au Carmel. Elle y entreprend la rdaction
de ce qui fut rassembl par la suite sous
le titre Histoire d'une me. Ses crits, pu-
blis en petit nombre peu aprs sa mort,
deviennent rapidement un succs de foule.

Les raisons ? "Au dbut du XXe sicle,


Un fragment de la tapisserie de Bayeux. 0 Reporters


l'anticlricalisme tait virulent en France,
nous explique une attache laque
au Carmel. Thrse connaissait des
athes, amis de son oncle. Elle-mme,
souffrant de tuberculose, s'est pose la
question de l'existence d'un Dieu. Elle
a dcid de croire. Sa 'petite doctrine'
est l'oppos de la doctrine de l'poque
qui misait tout sur l'effort. Son 'effort'
elle est d'offrir les petits gestes de la vie
quotidienne. Elle se rfre St Jean de
la Croix Dieu est amour en opposi-
tion aux Jansnistes, avec l'image d'un
Dieu vengeur. Thrse apportait ainsi un
nouveau message." Trs vite, les gens
se rendent Lisieux, "un peu comme au-
jourd'hui certain se rendent St Sulpice
Paris, aprs avoir lu le Code Da Vinci !"

Canonise en 1925, le pape Jean-Paul
II la proclame 33e docteur de l'Eglise en
1997. Patronne des Missions, Thrse
de Lisieux a essaim dans quantit de
pays du monde, comme en tmoignent le
nombre de Carmels, en Afrique surtout,
mais aussi dans les Carabes et en Asie.


La Basilique de Lisieux. 0Sunset/Reporters


La bataille de Hastings, en
dessin anim

Accroche dans la cathdrale de
Bayeux en 1077, cette tapisserie -
en ralit une fine broderie de 70
mtres de long et 50 centimtres
de haut rvle un tournant de l'his-
toire europenne : la victoire de
Guillaume le Conqurant, duc de
Normandie, sur les Anglais, lors de
la bataille d'Hastings en 1066.

La tapisserie attire plus de 40.000
curieux chaque anne. Lpope
qu'elle rapporte commence en 1064,
alors que le vieux roi Edouard d'An-
gleterre, sans hritier direct, envoie
en Normandie Harold, son beau-
frre, offrir la couronne Guillaume,
qu'il dsigne comme son successeur.
Mais en dpit du serment de fidlit
prt Guillaume, Harold s'empare
de la couronne d'Angleterre la mort
d'Edouard en 1066. Il ne faut que
quelques mois Guillaume, devenu
Guillaume le Conqurant, pour pr-
parer ses troupes et les mener la
victoire, Hastings, ou Harold et son
arme sont vaincus le 14 octobre
1066. Pour beaucoup et ils sont
lgion s'tre penchs sur cette
oeuvre unique la tapisserie n'a
qu'un seul sujet : la conqute de l'An-
gleterre et sa justification. Elle ser-
vait en quelque sorte de livre blanc
politique et aussi accessoirement
d'dification religieuse et morale.

Quoi qu'il en soit, la tapisserie de
Bayeux reste un chef-d'ceuvre de
crativit. La technique de narra-
tion, droulement continue, plan par
plan, ainsi que le graphisme ren-
forc par des effects de matire en
relief, voquent la technique du des-
sin anim. Eternels voyageurs, les
Vikings auraient rapport des loin-
taines contres des styles artistiques
que l'on retrouve dans la tapisserie :
art "barbare" (drakkars, mobiliers),
byzantin (personnages plats), mu-
sulman (arcades claveaux), perse
sassanide (feu sacr entire les lions)
ou copte gyptien (chapiteaux et
entrelacs).


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010


































Fermes historiques de Basse-Normandie. Xavier Rouchaud


Paysans du Nord et du Sud,


mme combat



Vice-prsidente de la Rgion Basse-Normandie, Pascale Cauchy est en charge,
depuis 2010, de la Culture et du Patrimoine. Aprs avoir pilot, pendant six ans,
la cooperation dcentralise.


S "otre cooperation dcen-
tralise est assez exem-
plaire, et a mme t
pingle par l'Union
europenne", nous explique en guise
d'introduction celle qui fut galement
maire adjointe de Caen. Et de pour-
suivre : "Pour vous donner un example
: nous avons organis il y a cinq mois
un colloque rassemblant des paysans
tant du Nord que du Sud. Nous avons
invit nos partenaires historiques venant
de Madagascar et de Macdoine, et
des reprsentants du Prou. Lors de
ce colloque j'ai parl de notre vision de
producteurs du Nord, riches. Et pour-
tant, voyez la crise du lait en Europe,
qui frappe de plein fouet nos produc-
teurs normands. En ralit, s'agissant
de scurit alimentaire, nous faisons
face aux mmes problmes que les pays
du Sud."

Une agriculture du Nord
respectueuse du Sud

Le problme, pursuit Pascale Cauchy,
lue du parti Europe-Ecologie, est le
cercle vicieux dans lequel se trouvent
la plupart des agriculture : "le pro-


ductivisme est synonyme de surpro-
duction, mais aussi d'endettement et de
surpollution. Heureusement, certain
ont fait le pas en Normandie et pra-
tiquent une agriculture respectueuse de
l'environnement. Une agriculture qui
est en outre tout bnfice pour les agri-
culteurs du Sud puisqu'elle ne produit
pas d'excdents, ces excdents que l'on
trouve sur les tals du Sud et touffent
la production locale. La cooperation
dcentralise sert cela". Comment ?
"En se mettant au service des collecti-
vits ; ce sont les Communes, du Nord
et du Sud, qui collaborent, quite faire
appel une ONG pour excuter les tra-
vaux. Mais il ne revient pas long de
dire ce qui est bon ; elle est spcialise.
Alors qu'une Commune sait comment
dvelopper son territoire et peut ainsi
conseiller la Commune du Sud."

Cette notion de cooperation dcentrali-
se, Pascale Cauchy entend bien l'appli-
quer la Culture, don't elle a la charge
depuis janvier. "Idalement, il s'agit de
voir comment la culture -de mme que
l'conomique et le social -peut tre une
source d'emplois dlocaliss. Un grand
chantier m'attend..."


L'Esprit Village hante
l'Orne depuis 17 ans

Le retour la nature est une ralit
en Basse-Normandie. Pour preuve,
le succs sans cesse grandissant
de L'Esprit Village. L'aventure com-
mence en 1993 quand Sylvie Le
Calvez et Claire Lelivre dcident de
crer I'Acteur Rural, une socit de
press installe dans la champagne
normande, La Carneille. Ambition,
lit-on dans le magazine, est "de mon-
trer que la champagne est certes lieu
de mmoire, de culture, de savoir
et de savoir-faire mais aussi lieu de
creation, d'innovation, laboratoire
o se construit l'avenir autrement".
Au fil des annes, l'Acteur Rural se
dote de nouveaux outils : la Lettre de
l'Acteur Rural destine aux profes-
sionnels remplace ensuite par le
blog des Acteurs du dveloppement
territorial et durable, le site Internet
du magazine Village, et un ple d-
bat. Aujourd'hui, il compete une qui-
pe permanent de cinq personnel et
un rseau d'une quinzaine de rdac-
teurs rpartis sur toute la France. Au
fil des ans, le magazine a change de
nom pour devenir l'Esprit Village.

Info : http://www.village.tm.fr/


Courrier


























































N iger. Y Marie-Martine Buckens


Sh Plus de 300 acteurs de solidarity
Une approach international sont implants sur
le territoire bas-normand. Ils sont
territorial du regroups pour la plupart au sein de
territory e association Horizons Solidaires qui
s'attache dvelopper une approche

developpem ent nouvelle : l'approche territorial du
dveloppement.





P p rincipalement associa-
tifs, ces acteurs rassem-
blent aussi des tablisse-
ments d'enseignement,
des tablissements publics et notam-
ment une trentaine de collectivits
territoriales engages en cooperation
dcentralise" explique Lia Chevalier,


charge de mission au sein de Horizons
Solidaires. "Ces acteurs, poursuit-
elle, interviennent principalement en
Afrique de l'Ouest Mali, Burkina
Faso, Sngal, Niger Madagascar,
mais aussi dans les Balkans et dans une
moindre measure en Asie du sud-est."

Le rseau Horizons Solidaires s'adresse
et travaille en lien avec la plupart de ces
structures basses-normandes.

Le rseau a pour tches essentielles
d'accompagner, informer et former les
associations adhrentes. "Nous sommes
actuellement en phase de post-valua-
tion, et mettons en place une approche
du dveloppement base sur le ter-
ritoire" ajoute Lia Chevalier. Prenant
galement en compete l'volution du con-
texte national et international de la
cooperation, l'ensemble des missions
et actions du rseau tend s'articuler
autour de trois ples : "centre de res-
sources", "ingnierie et formation" et
spacess de concertation".

"Ouverture sur le monde"

"La nature des activits du rseau
regional Horizons Solidaires est trs
diverse, pursuit la charge de mission.
Il apporte un appui individual et col-
lectif aux acteurs bas-normands visant
l'amlioration de leurs pratiques, au
enforcement de leurs capacits. Il sen-
sibilise les collectivits territoriales la
cooperation dcentralise et les accom-
pagne dans le project. Il offre aux acteurs
un space d'changes, de dialogue et de
mutualisation de leurs activits travers
notamment les groups de concertation
renforce au Mali et au Burkina Faso.
Grce ses outils de communication,
le rseau informed l'ensemble des acteurs
bas-normands des runions, manifesta-
tions, colloques et autres vnements de
cooperation international mais aussi
des opportunits de cofinancement."

Le rseau est la fois soutenu par le
Ministre des Affaires trangres et
europennes et par le Conseil regional
de Basse-Normandie, don't les orienta-
tions sont dfinies dans une convention
tripartite. De plus, le rseau participe
selon le schma regional d'amnagement
du territoire bas-normand la poli-
tique affirme par la Basse-Normandie
"d'ouverture sur le monde".

Aujourd'hui, neuf autres rgions fran-
aises sont dotes d'un rseau rgion-
al multi-acteurs : Resacoop en region
Rhne-Alpes, Lianes Coopration en
region Nord-Pas de Calais, Medcoop
en region Provence-Alpes-Ctes d'Azur,
CentreAider en region Centre, Cercoop
en region Franche-Comt, Auvergne,
Rciproc' en region Champagne-
Ardenne, Alcid en region Pays de la
Loire et Cap Coopration en region
Aquitaine.


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010





















Des Electriciens sans frontires



Electriciens sans frontires Basse-Normandie apporte lectricit et eau des
populations dfavorises en Afrique de l'Ouest. Jeune ONG, elle existe depuis trois
ans et compete son actif quatre projects, don't trois en phase de ralisation.


N ous sommes 35
bnvoles, jeunes
retraits ou sala-
S" Nris, pour la plupart
issues du secteur de l'ingnierie" nous
explique Maurice Roupsard, president
d'Electriciens sans frontires (ESF) de
la region de Basse-Normandie. Installe
Caen, la jeune association est encore
en phase d'expansion. "Notre premiere
dmarche, pursuit M. Roupsard, est
de nous faire connatre. Nous n'avons
que trois ans d'existence. C'est ainsi que
nous avons adhr au rseau regional
Horizons Solidaires, ce qui permet
d'autres associations ou collectivits
rgionales de faire appel nous."

Ce qui a permis ESF Basse-Normandie
d'engranger en janvier 2009 son premier
grand project. "A l'poque, la mairie de
Cherbourg nous a demand d'tudier
et de rceptionner un champ solaire
de 64 m2 en Casamance, au Sngal.
L'lectricit ainsi produite doit permet-
tre, partir de forages, d'alimenter
en eau un chateau d'eau et de mettre
en place un systme de batterie pour
l'clairage local." Outre la reception
du matriel, la jeune ONG a galement
assur la formation des conducteurs de
forage afin de leur permettre d'agir en
cas d'urgence. "Tous les conducteurs de
forage de la region ont bnfici de cette
formation. Nous en avons galement
profit pour rencontrer les responsables
de l'hydraulique Dakar afin qu'ils
prennent le relais" explique le president
d'ESF Basse-Normandie.

Prennit

Le chateau d'eau (qui n'tait plus utilis
depuis 20 ans, la pompe diesel tant en
panne) doit permettre d'alimenter en eau
le village et de crer de nouvelles zones
de marachage. "Cela permet d'viter
l'exode rural. Nous voulons aussi viter
que de nouvelles cultures, comme le jat-
ropha, deviennent de nouvelles cultures
de rente comme le coton."


ruiii IdiudLl ri oujeL clily iji piU iuvuI diq ulqUt L ead Udbd11 La illdl i. w Liectrciens-sans-tronieres


Le project a t initi par les collectivits
territoriales de Casamance, rpondant
ainsi aux nouvelles priorits d'Horizons
Solidaires (lire article spar). "Dans le
cadre de la cooperation dcentralise,
une collectivit territorial du Nord col-
labore avec une collectivit territorial
du Sud. Cela sous-tend aussi que le
project soit prenne, que la population
soit mme d'utiliser et d'entretenir
le matriel ; d'o nos formations." En
Casamance, ESF a travaill avec une
autre ONG de Cherbourg, et bnfici
du soutien financier de l'Union euro-
penne.

Le president tient prciser : "Nous ne
sommes pas des bailleurs de fonds. Les
tudes que nous faisons sont gratuites.
Ensuite, nous laborons une convention
et soumettons le project la Commission


national d'ESF qui analyse si le project
souscrit la charte thique labore
par ESF au plan national. Nous effec-
tuons par aprs une court mission
d'identification sur le terrain. Ensuite,
nous nous adressons des entreprises
de la region de Basse-Normandie pour
amener les fonds." L'ONG -qui peut
s'appuyer sur l'expertise d'ESF France,
mise en place en 1986 -travaille actuel-
lement sur trois autres projects, au Mali,
au Togo et Madagascar. Outre le
pompage d'eau potable, les projects de
production d'nergie autonomes, essen-
tiellement des quipements solaires
photovoltaques, visent l'clairage des
sales de classes, de dispensaires ou de
maternits.


Courrier




























Littraire


et gourmande


Sapitale" de la rgion
de Basse-Normandie,
Caen tait surnom-
me au XVIIe sicle
"l'Athnes normande", en rfrence
aux Acadmies des arts et belles-lettres
cres l'poque. Un surnom que la
ville et sa region se plaisent entrete-
nir... sans oublier de mettre en valeur
un art plus que millnaire, l'art culi-
naire.

C'est le prestigieux Magazine littraire
qui en mai 2005 le soulignait : "Par
l'ampleur et la diversity de ses manifes-
tations et de ses institutions littraires
et philosophiques, Caen fait aujourd'hui
figure de vritable capital des lettres"
et de poursuivre : "Il a gard au fond
des yeux, tincelante, la mmoire lit-
traire de sa ville natale, plus connue
pour son Mmorial et ses plages du
Dbarquement que pour ses Lettres,
et pourtant... Le pote Franois de
Cornire a parcouru Caen dans un livre
hlas puis -mais disponible dans
l'excellent rseau de bibliothques de la
ville. A raconter de vive voix ces annes
1950-1960 o Caen renaissait tout just
des bombardements, son regard ptille
plus encore. Et au passage : n'est-ce pas
Caen que gronda, ds fvrier 1968,
la revolution de Mai ? Si Mais tant
l'ignorent..."

Mais retournons plus loin. Le plus
ancien texte de littrature de France,
La Chanson de Roland, pome pique
de la fin du XXIe sicle n'est-il pas crit
en anglo-normand ? Depuis, la vocation
littraire de cette region ne s'est jamais
dmentie. On citera au hasard Guy de
Maupassant, Jules Barbey d'Aurevilly,
Gustave Flaubert, immortel auteur de
Madame Bovary, et pourquoi pas Marcel
Proust qui, mme s'il tait parisien,
a arpent les bocages, s'est attard
Cabourg, et les a immortaliss dans A
l'ombre des jeunes filles en fleurs.


Les peintres ne sont pas en reste :
Le Poussin, Gricault, Fernand Lger
ou Marcel Duchamp. La region en a
inspir bien d'autres, qu'il s'agisse de
Claude Monet, Courbet avec ses falaises
d'Etretat ou Eugne Boudin peignant
la plage de Trouville. Autant de toiles
admirer sur fond de Gymnopdies
d'Erik Satie, pianist et compositeur n
dans la region.


Marie Martine Buckens


De pommes et de tripes

Les bocages de Basse-Normandie res-
semblent un patchwork de jardins
anglais, o les pommiers (parsems de
quelques poiriers) se le disputent d'im-
menses haras, proprits de noms pres-
tigieux comme l'Aga Khan. Si les haras
chappent pour la plupart nos regards,
dissimuls derrire des haies parfaites
ciseles aux ciseaux de couturire, les
vergers se donnent voir tous les tour-
nants. A voir et dguster.

Car la pomme se decline l'infini en
Normandie. A commencer par les tartes,
suivies du jus de pomme, servi au petit-
djeuner, lequel se transform en cidre
l'heure de l'apritif et fini en calvados
entire deux plats du soir on l'appelle
alors le "trou normand" ou simple-
ment comme digestif. Cette eau de vie
est labellise AOC (appellation d'origine
contrle) depuis 1942. De mme que
le camembert, illustre fromage venant


du village du mme nom, et qui doit en
parties sa renomm au fait qu'il fit parties
de la ration des soldats pendant la guerre
14-18...D'autres fromages lui embotent
le pas comme le pav d'auge ou le pont-
l'vque.

La liste est longue trop longue. Mais on
ne quittera pas le Mont-Saint-Michel
sans avoir got l'agneau de pr-
sal, ni Caen sans avoir dgust ses
fameuses tripes...


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010












































Aaron Mokoena derrire des participants au project. AaronMokoenaFoundation


Aaron Mokoena:

capitaine

exemplaire des

Bafana Bafana


Quelle est la raison d'tre d'Aaron
Mokoena, capitaine des Bafana
Bafana (Garons), l'quipe national
sud-africaine de football? Nous nous
sommes entretenus avec lui alors qu'il
se prparait pour la Finale de la Coupe
du monde de la FIFA qui a lieu dans
son pays.


D. P. et O.U


e 11 juin 2010, l'homme
mnera ses joueurs sud-
africains sur le terrain pour
le match d'ouverture de la
Coupe du monde de la FIFA, contre le
Mexique. Un vnement qui se drou-
lera au Soccer City de Johannesburg,
rnov et modernis pour l'occasion.
Baptis Calabash, le stade rappelle, par
sa conception, la fameuse poterie afri-
caine du mme nom, et se situe un jet
de pierre de Soweto, un township qui ne
vit pratiquement que pour le football.

Aaron joue actuellement au Portsmouth
FC, une quipe qui a connu des hauts et
des bas durant cette saison. Aujourd'hui
lanterne rouge de la Barclays' Premier
League (et d'ailleurs dj t relgu en
Championship, l'quivalent de la deu-
xime division et plac en curatelle pour
cause de dettes), le club est nanmoins
parvenu en finale de la FA Cup qui aura
lieu le 15 mai, Londres, au Stade de
Wembley. Une finale qui l'opposera
Chelsea, le numro un de la League,
au moment de la mise sous press du
Courrier.

Quel message Aaron adresserait-il aux
jeunes qui souhaitent marcher dans


ses pas ? "Je leur dirais simplement
de suivre leur cour, mais surtout, de
faire les choses srieusement", a-t-il
expliqu la veille d'un des quatre
derniers match jous cette saison par
Portsmouth en Premier League. "Le
parcours sera marqu par de nombreux
sacrifices. Il vous faut vous y prparer,
mais il faut aussi en profiter", ajoute le
milieu de terrain, g de 29 ans.

Aaron est n dans le township de
Boipatong, 45 minutes de route au sud
de Johannesburg. "J'ai toujours aim
faire du sport. J'ai ainsi fait du basket et
du volley", nous dit-il. Jeune joueur, il a
t remarqu par la lgende du football
sud-africain, Jomo Cosmos, qui avait
son propre club ponyme. "Jomo m'a vu
jouer et m'a contact, explique Aaron.
Au course des deux annes suivantes,
Aaron joue donc en Afrique du Sud
avant d'tre slectionn, l'ge de 17
ans seulement -un record qu'il dtient
toujours -pour faire parties de l'quipe
national sud-africaine.

S'adapter la vie en Europe

Ag de 18 ans peine, Aaron quite
l'Afrique du Sud pour le club allemand
du Bayer Leverkusen, avant de rejoindre
l'Ajax d'Amsterdam aux Pays-Bas. Aprs
avoir jou en Belgique, au KRC de Genk
et au Germinal Beerschot d'Anvers, il
part en 2005 pour le Royaume-Uni. Il


Courrier

































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Project de formation de footballeurs, Fondation Aaron Mokoena, Afrique du Sud. FondationAaron Mokoena


y jouera pour le Blackburn Rovers avant
de rejoindre, cette saison, le Portsmouth
FC. Il voque quel point ce fut pour
lui un dchirement de quitter l'Afrique
et de passer le reste de sa jeunesse en
Europe. Un processus d'adaptation dif-
ficile. "Je voulais vivre mon rve. J'tais
vraiment fou de football, je voulais rus-
sir comme footballeur professionnel et
aujourd'hui, je peux dire que j'y suis
arriv", nous confie-t-il.

"...il faut toujours rester matre
de sa vie et ne pas se laisser
aveugler par la renomme"

Impatient d'offrir en change quelque
chose son pays, il cre l'anne der-
nire, Boipatong, la Aaron Mokoena
Foundation, qui a pour objectif de pro-
mouvoir le football en Afrique du Sud et
de hisser ce sport au niveau internatio-
nal, l'instar des quipes nationals de
rugby et de cricket. Un autre objectif est
de dvelopper les capacits des jeunes
au sens large par le sport. "L'ide est
de crer des opportunits pour les filles
comme pour les garons. Je souhaite
laisser quelque chose en heritage", nous
dit-il. En tant que capitaine de l'quipe
national, il fait figure de rfrence
pour beaucoup de Sud-Africains. "La
foundation utilise le football comme un
vhicule tout en aidant la jeunesse


s'panouir dans le sport et dans leur vie
en gnral, au bnfice de l'avenir de
l'Afrique du Sud. Devenir footballeur
n'est pas donn tout le monde. De
toute faon, l'Afrique du Sud a aussi
besoin de mdecins, de gestionnaires,
d'enseignants... ."

La Fondation sponsorise divers projects
axs sur le dveloppement des com-
ptences en matire d'entranement,
notamment l'chelon communautaire,
la creation de classes de football dans
les coles, l'accs des jeunes filles et des
femmes au football et le dveloppement
des ligues junior locales en vue d'am-
liorer l'accs au football de competition.
L'accent est galement mis sur l'am-
lioration des infrastructures sportives.
Aaron y a t de sa poche pour finan-
cer la Fondation. Celle-ci a aussi ses
propres sponsors, mais elle recherche
activement d'autres partenaires. "Libre
d'autres de nous rejoindre et de nous
aider", nous dit-il.

"Mbazo"

Surnomm "Mbazo"(" l'axe") pour ses
prodigieux tackles, Aaron nous dit qu'il
doit ce surnom sa volont inbranlable,
son dynamisme et sa persvrance. "Je
prends naturellement les choses trs
cour mais en mme temps, je suis
quelqu'un de trs humble. Le succs ne


-W-4


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010


Zoo


--r mm


--~- -- j


mn


me monte pas la tte. Je reste matre
de ma vie et de ma destine. Je tiens
rester moi-mme, je ne veux pas devenir
quelqu'un d'autre. J'ai envie de vivre
fond et d'tre jug de manire positive",
explique-t-il. Quand il ne joue pas, il se
dtend en jouant au golf et au billard,
en regardant des films, en lisant et en
coutant de la musique : "Toutes les
musiques, pourvu qu'elles me donnent
envie de danser."

Et comment le champion se prpare-
t-il aux grandes rencontres de cet t ?
"Tout est une question d'entranement.
La veille du match, j'aime rester seul
pour pouvoir rflchir dans le calme
au prochain match. Le jour mme, je
prfre ne pas y penser. J'coute alors
de la musique jusqu'au coup de sifflet
de l'arbitre."

Il se rjouit dj l'avance de conduire
l'quipe national sur le terrain du
Calabash -le stade historique o Nelson
a organis son premier grand meeting
public sa sortie de prison, en 1990.
Pour Aaron, les prochaines semaines
s'annoncent trs charges. Aprs l'en-
tranement pour la Finale de la FA Cup,
il a rejoint l'quipe national sud-afri-
caine pour prparer avec elle la Coupe
du monde. La finale de la FA Cup est
aujourd'hui au temps fort de sa carrire
; avant cela, il avait particip la Coupe
du monde de la FIFA de 2002, au Japon
et en Core du Sud.

Impossible de lui tirer les verres du nez
pour connatre son pronostic pour la
Coupe du monde : "Je pense que cette
dition de la Coupe du Monde appor-
tera son lot de surprises." C'est la pre-
mire fois que cette manifestation spor-
tive majeure se droule sur le continent
africain. "J'espre que les pays d'Afrique
seront la hauteur. Et surtout l'Afrique
du Sud, qui devra se classer en bonne
place. Nous nous entranons donc
fond pour l'instant", ajoute-il.

Jouera-t-il encore Portsmouth la saison
prochaine ? "Pour l'instant, je n'y vois
pas encore trs clair. Je dois m'entretenir
avec les administrateurs du club et voir
quels sont leurs projects. Ce qui compete
pour moi, c'est de jouer ", nous rpte-il

"J'ai eu la chance extraordinaire d'avoir
t soutenu par de grands entraneurs,
comme Carlos Parreira [actuel entra-
neur de l'quipe national sud-africaine]
qui m'a expliqu qu'il faut toujours
rester matre de sa vie et ne pas se lais-
ser aveugler par la renomme. Il garde
prcieusement en tte les paroles de son
coach de Portsmouth, Avram Grant:
"Dans le football [et dans la vie], il faut
savoir tirer les leons des experiences
ngatives et les oublier."














































entire fatality


et lucidit


Le sisme qui a ravag Haiti n'a rien d'exceptionnel vous diront les
sismologues. Ce qui a change depuis un sicle, c'est l'afflux des populations
vers les centres urbains dans des zones risque, augmentant de manire
exponentielle le nombre de victims. En attendant une ncessaire refonte des
politiques nationals de gestion du territoire, petit tour d'horizon des points
chauds du globe.


M.M.B.


Sc'est sans contest la region
Pacifique qui est la plus
risque nous explique le Dr
Michel Van Camp, sismologue l'Obser-
vatoire Royal de Belgique. Un rapide
coup d'oil la liste des tremblements de
terre importantt" (soit d'une magni-
tude gale ou suprieure six) des trois
derniers mois le confirm : sur les 50
sismes rpertoris ( !), plus de 20 ont t
enregistrs dans le Pacifique : dans les
les Salomon, Fidji, Vanuatu, Tonga, ou
encore en Papouasie Nouvelle Guine,
picentre important. "C'est ce qu'on
appelle la 'ceinture de feu' du Pacifique,
pursuit Michel Van Camp. L'activit
sismique y est intense de mme que dans


Courrier










des pays proches comme les Philippines,
l'Indonsie, Taiwan, le Japon certaine-
ment et mme l'Alaska."

Un lastique trop tendu

Les Carabes (toujours pour le group
ACP) suivent le Pacifique. "Avant la
catastrophe de Port-au-Prince, il n'y
avait plus eu de tremblement de terre
depuis 250 ans", explique M. Van Camp,
poursuivant "or la plaque carabe bouge
de plus de un cm par an par rapport la
plaque nord-amricaine. Vous faites le
compete : deux mtres et demi de tension
en deux sicles et demi, cela ne pouvait
plus tenir longtemps. C'est comme un
lastique trop tendu qui casse." Pour ce
dernier, les Carabes reprsentent tou-
tefois, dans la region, une zone moins
grand risque que la cte Pacifique des
Amriques.

"Les villes deviennent des armes
potentielles de destruction
massive"
Le sismologue belge pointe une pro-
chaine region grand risque : les contre-
forts de l'Himalaya o l'Inde rentre en
collision avec le continent eurasiatique.
"Des tremblements de terre de magni-
tude huit sont en preparation. On peut
s'attendre des scnarios catastrophes
quand ont compete le nombre de grandes
villes situes dans la valle du Gange."
Et si, tout comme l'ensemble des sis-
mologues, il souligne le ct habituel
des activits sismiques en course, Michel
Van Camp met en garde : "il y aura
de plus en plus de victims si l'on tient
compete du fait que plus de la moiti
de la population vit aujourd'hui dans
les grands centres urbains. Les villes
deviennent des armes potentielles de
destruction massive." Et de rappeler que
nombre de villes du pourtour mditerra-
nen figurent toujours sur la liste rouge :
Le Caire (qui aprs un sisme au Moyen
ge fut reconstruite en parties avec les
blocs des pyramides) et Alexandrie (qui
y perdit son phare), Istanbul, plusieurs
villes d'Algrie et du Maroc, sans oublier,
plus loin, Thran.


Relocalisation au coup
par coup
Extension tentaculaire de la ville
de Bukavu, au bord du lac Kivu en
Rpublique dmocratique du Congo
(RDC), non loin des volcans, ou des
mgalopoles indiennes de la valle
du Gange, adosses au plateau tib-
tain, les maisons construites dans
les zones inondables (la France I'a
rcemment appris ses dpens), ...
La liste est longue des endroits dan-
gereux du globe o l'homme, mme
averti ou chass par une catas-
trophe, revient sur les lieux, certain
de conjurer le sort.

Jusqu' ce que les autorits dcident
d'agir. Mais les dlocalisations impo-
ses suscitent souvent colre et in-
comprhension, comme ce fut le cas
aprs l'ouragan Katrina la Nouvelle
Orlans (Etats-Unis) et, tout rcem-
ment, aprs les inondations qui ont
frapp des rgions dans l'ouest de la
France. Au Mozambique, suite aux
inondations de 2001 et 2007, les ha-
bitants des rives du fleuve Zambze
ont t dplacs dans une cinquan-
taine de centres de rinstallation. A
Thran, ce sont pas moins de 5 mil-
lions de personnel que le president
iranien Mahmoud Ahmadinejad veut
pousser dmnager dans la crainte
d'un tremblement de terre. Autant de
decisions qui se prennent au coup
par coup, en attendant une relle
planification rgionale.


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010


Dela iTerre


Glissements de terrain et
volcans africains
Et l'Afrique ? "Compar aux rgions
du Pacifique ou des Carabes, le
continent africain est relativement
pargn, Dieu merci", nous dit Michel
Van Camp. Mais les risques sis-
miques, mais surtout volcaniques,
sont rels, en particulier tout le long
de la faille du grand rift est-africain qui
s'tend de l'Ethiopie jusqu'au Zam-
bze, sur plus de 6.000 km de lon-
gueur et 40 60 km de larger, crant
la chane des grands lacs et o bour-
geonnent d'innombrables volcans.
Les plus nombreux (67) et les moins
connus, se trouvent en Ethiopie, don't
le Erta Ale, en ruption constant
depuis 1967.
Et puis, il y a le mythique Niragongo,
prs du lac Kivu en RDC. Mythique et
unique, en raison de son alcalinit qui
rend sa lave fluide, donc trs rapide
(jusqu' 100 km heure)...et dange-
reuse. Les habitants de la ville de
Goma s'en souviennent : en 1977 et
2002 d'importantes coules de lave
recouvrirent une parties de la ville,
tuant des milliers de personnel. La
presence abondante de gaz mthane
dans les profondeurs du lac Kivu (65
km3 estims) constitute une autre me-
nace pour la population de la region.
Le Niragongo est une belle tude de
cas, estime pour sa part Luc Andr,
chef du Dpartement des Sciences
de la Terre au Muse royal d'Afrique
central en Belgique. Son activity
magmatique peut galement aug-
menter la quantit de mthane et de
C02 dans les parties les plus pro-
fondes du lac Kivu. Le lac Kivu est
un lac stratifi et un glissement de
terrain peut aisment provoquer une
inversion de stratification, ramenant
la surface ces gaz." Du C02 que l'on
retrouve d'ailleurs dans des petites
dpressions sur terre, appeles ma-
zukus (souffle du diable en zwahili)
o le dioxyde de carbon, une fois
et demi plus dense que l'air, stagne,
tuant au passage les personnel et les
btes qui s'y aventurent. Luc Andr :
"il est donc vital, en matire d'amna-
gement du territoire, de raliser une
cartographie des zones sismiques,
des zones risque de glissement de
terrain. Mais c'est loin d'tre le cas. Le
risque augmente avec la concentra-
tion de la population en zone urbaine.
Voyez Bukavu, en bordure du lac Kivu.
La ville est devenue tentaculaire. Au
moindre glissement de terrain on
risque une nouvelle catastrophe."


























































une exigence de souverainet


Colette Braeckman


anniversaire de son ind-
pendance, qui sera clbr
Kinshasa en presence du roi
belge Albert II, la Rpublique dmocra-
tique du Congo vit un moment unique
de son histoire, celui de la reconstruc-
tion des infrastructures, de la remise
en ordre d'un Etat si souvent prsent
comme en faillite. Les autorits, issues
des lections de 2006, remportes par le
President Kabila avec 58% des voix, se
sentent presses par le temps : le 30 juin


2010 sera un moment de clbration,
mais aussi d'introspection et de critique
tandis que les prochaines chances
lectorales, fixes 2011 dterminent
dj l'agenda politique.

Dmentant le scepticisme d'Internatio-
nal Crisis Group qui avait dnonc en
avril l'enlisement du project dmocra-
tique, l'Assemble national a mis sur
orbite la prochaine Commission natio-
nale lectorale indpendante (CENI).
Son bureau se limitera sept membres,
tous issues des parties politiques, au grand
dam de la socit civil qui ne sera pas
reprsente. La CENI aura pour mis-
sion d'organiser en 2011 les lections


Courrier





t ram


prsidentielle et legislative, les lections
locales, qui auraient dj du avoir lieu,
tant une nouvelle fois reportes. Ds
la clture des festivits du 30 juin,
la course lectorale sera ouverte, avec
un grand absent : Jean-Pierre Bemba,
toujours dtenu La Haye par la
Cour pnale international. Leader
du Mouvement pour la liberation du
Congo, un movement rebelle trans-
form en parti politique, vice-prsident
de 2002 2006, challenger de Kabila
avec 42% des voix au second tour, Jean-
Pierre Bemba est toujours considr par
ses partisans comme le leader natural de
l'opposition et son absence psera lour-
dement sur les chances lectorales.

Si les travaux de reconstruction se pour-
suivent, il y a gros parier que les auto-
rits actuelles seront crdites d'avoir
pu mobiliser les capitaux ncessaires.
Cependant, les contracts passs avec les
entreprises d'Etat chinoises ont du tre
revus la baisse ; alors que les prts
consentis par la Chine pour la reliance
du secteur minier et pour les grands
travaux d'infrastructures, s'levaient
initialement 9 milliards de dollars, les
pressions du Fonds montaire interna-
tional, qui redoutait un nouvel endette-
ment du pays, ont oblig les Congolais
renoncer 3 milliards. Un sacrifice
qui pourrait tre compens par de nou-
veaux partenaires : la Core du Sud,
qui s'est engage construire le port en
eau profonde de Banana, la Turquie, le
Brsil. De son ct, l'Union europenne
vient de librer un don important : 410
millions de dollars qui seront affects
aux infrastructures, au secteur de la
sant, l'amlioration de la navigation
fluviale...

Contrats chinois

En outre, la situation conomique s'am-
liore : pour la premiere fois, bnficiant
du doublement du prix des matires
premires, le gouvernement a dgag
des surplus financiers, limit l'inflation
14%, stabilis le taux de change du
franc congolais 900 FC pour un dollar
et le Ministre des Finances Matanda
Ponyo assure que cette anne encore la
RDC atteindra l'objectif tant attend, le
quasi mythique "point d'achvement"
de l'initiative PPTE (pays pauvres trs
endetts) permettant d'effacer 10 mil-
liards de dollars du montant total de la
dette extrieure, valu 13,1 milliards.
Une dception cependant : alors que
les autorits auraient souhait que la
measure d'effacement intervienne avant
le 30 juin, comme une sorte de "cadeau


dmocratique du Congo. CAP


d'anniversaire", le FMI a renvoy
juillet l'examen du dossier congolais.
Les experts s'interrogeront une fois de
plus sur les dsormais fameux contractss
chinois".

Un effacement de la dette permettrait
cependant de relancer le "front social"
toujours la trane, d'augmenter les
salaires dans la function publique, d'ins-
taurer enfin la gratuit de l'enseigne-
ment...

A la veille du cinquantime anniversaire
de l'indpendance, il apparat, dans
plusieurs domaines, que les autorits
congolaises entendent rtablir l'autorit
de l'Etat et diminuer ce qu'elles res-
sentent comme une tutelle de la com-
munaut international. Cette exigence
de souverainet explique le souhait de
voir la Mission des Nations Unies au
Congo, prsente dans le pays depuis
dix ans, mettre fin ses activits en
novembre 2011. En fait Kinshasa sou-
haiterait qu'en 2010 dj, les forces de
la MONUC se recentrent sur l'Est du
pays. Les derniers vnements survenus
dans la province de l'Equateur montrent
que le pari est peut-tre risqu : le
week-end de Pques en effet, des forces
rebelles, se rfrant un movement tri-
bal, les Enyele, ont attaqu Mbandaka,
la capital de l'Equateur, et les op-
rations de reconqute ont t menes
par les forces armes congolaises avec
l'appui du contingent de la MONUC. Il
est apparu par la suite que les rebelles,
bien arms, n'taient pas de simples
pcheurs mais relevaient d'un mouve-


ment structure, bnficiant de soutiens
dans les pays voisins.

Inscurit

D'autres rgions demeurent elles aussi
en proie l'inscurit : les redoutables
rebelles ougandais de la LRA (Lords
Resistance Army ) svissent toujours
dans le district de l'Uele, o ils com-
mettent des atrocits contre les popu-
lations civiles (enlvement de centaines
de villageois, mutilations, violence
sexuelles...) et ces groups n'ont pas
encore t radiqus malgr les efforts
de l'arme congolaise et la formation
militaire que dispensent dsormais des
instructeurs amricains Kisangani.

En outre, la guerre du Kivu est loin
d'tre termine : les operations mili-
taires menes contre les rebelles
rwandais des FDLR (forces dmocra-
tiques pour la liberation du Rwanda)
ont permis le rapatriement de plus de
20.000 Hutus, mais des groups arms
contrlent toujours certain secteurs
miniers et se vengent sur les populations
civiles tandis que les ex-rebelles tutsis
de Laurent Nkunda (toujours plac en
residence surveille au Rwanda) sont en
principle intgrs dans l'arme national
mais contrlent encore leurs anciennes
places fortes. Les autorits congolaises
estiment que l'arme national, en voie
de restructuration, sera mme, d'ici
un an, de relayer les 20.000 Casques
bleus de la MONUC mais la commu-
naut international pourrait en dcider
autrement...


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010
















La renaissance


africaine en bronze



L'norme monument en bronze, ddi la renaissance africaine et conu par
le president du Sngal, Abdoulaye Wade, jaillit dans le ciel de Dakar, porteur
du message du renouveau de l'Afrique. Son norme silhouette se profile dans
le paysage monotone de la ville. Il devrait permettre de lever des fonds pour les
enfants du pays.


D.P.




surgit un gant africain. De
son bras droit il protge une
femme et de l'autre, il enlace un jeune
enfant don't le regard se tourne vers
l'Atlantique et au-del. Le monument
en bronze s'lve sur le volcan teint
Ouakam, la pointe des Almadies,
l'extrmit ouest du continent africain.
Avec ses 53 mtres, c'est la statue la
plus haute du monde. Inaugure le 3
avril 2010, la veille de la clbration du
cinquantenaire de l'indpendance du
Sngal, elle symbolise la renaissance
du continent africain aprs cinq sicles
d'esclavage et deux sicles de colonisa-
tion.
clipsant mme le Christ rdempteur
(40,44 mtres) qui surplombe Rio de
Janeiro, au Brsil, et la statue de la
Libert (46,5 mtres) l'entre de
New York, le monument devrait rsis-
ter pendant 1200 ans. Plusieurs chefs
d'Etat africains, don't Robert Mugabe
(Zimbabwe) et Ellen Johnson-Sirleaf
(Liberia), le president de l'Union afri-
caine, Bingu Wa Mutharika presidentt
du Malawi), et d'autres dignitaires, don't
le militant des droits de l'homme Jesse
Jackson, taient presents Dakar en
signe d'approbation.
De nouveaux liens avec
l'Europe
Lors de l'inauguration, le president
Wade a dclar que l'homme africain
jaillissait du volcan "comme s'il tait
m par une force invisible, balayant
les rigueurs du pass par les nouveaux
frmissements de la Terre." Et d'ajouter
que la tragdie de l'esclavage n'a pas


Courrier


Inercton







































bris l'Afrique, qui est toujours bel et
bien debout et s'ouvre de nouvelles
relations. L'amiti, les complmenta-
rits culturelles et la raison sont la
base d'une nouvelle cooperation trian-
gulaire entire l'Afrique, l'Europe et les
Amriques, qui replace le commerce
triangulaire que constituait l'esclavage,
a-t-il poursuivi. Ce commerce a dbut
au XVe sicle : l'Europe capturait et
achetait des esclaves en Afrique et les
vendait aux Etats-Unis pour travailler
dans les plantations de coton, don't la
production tait exporte vers l'Europe.

Aucun cot pour le Sngal

Aux yeux du president Wade, le monu-
ment symbolise galement la nces-
sit d'intgrer dans le dveloppement
du continent "sa jeunesse vibrant et
talentueuse" et sa diaspora, la "sixime
region". "L'heure du dcollage a sonn
pour l'Afrique", a-t-il martel.

Lors d'un sminaire organis Dakar
sur le thme de la renaissance afri-
caine, le 3 avril, le president Bingu Wa
Mutharika a expliqu que la renaissance
africaine tait un tat d'esprit, l'expres-
sion de la volont d'radiquer la pauvre-
t et la famine, d'tablir une bonne gou-
vernance et de progresser dans la voie
du dveloppement avec la science et la
technologies pour moteur. D'autres ora-
teurs ont regrett que l'Europe se ferme
aux Africains et ont dit craindre que la
relation spciale qu'elle entretenait avec
l'Afrique fasse les frais de la relation
plus troite qu'elle entretient dsormais
avec les pays du bassin mditerranen,
notamment l'Afrique du Nord.

Sculpteur hongrois

Un sculpteur d'origine hongroise, Virgil
Magherusan, a conu cette statue ima-
gine par le president Wade dans son


livre Un destin pour l'Afrique paru en
2006 (ditions Michel Lafon, Paris,
2006, 262 pages). Un consortium nord-
coren, Mansudae Overseas Project
Group of Companies, l'un des rares
au monde qui ralise encore de telles
structures colossales, a t retenu pour
sa construction. Le cot du monument
a t estim 12 milliards de CFA
(revu la hausse compete tenu du course
actuel, 20 milliards de CFA), mais le
president Wade a dclar que pas un
sou n'avait t vers. Une convention
lgale de "paiement en nature" a t
conclue : la Core du Nord a reu des
terres en contrepartie du State Property
Registration Department du Sngal.

Abstraction faite de plusieurs personnel
de religion musulmane qui ont protest
contre la tenue lgre des personnages
de la statue, il n'y a gure de critiques
qui fusent dans les rues de Dakar. Pour
la plupart des habitants de la capi-
tale, le monument symbolise le fait que
l'Afrique "se relve". "D'autres conti-
nents ont leurs monuments, pourquoi
pas nous", disent d'autres personnel
interroges.

Une fois le site ouvert, les spaces d'ex-
position, les magasins et les galleries
devraient rapporter de l'argent. Les
visiteurs pourront monter en ascen-
seur (ou par l'escalier) au sommet du
monument, sur la tte de l'homme, o
ils pourront admirer le panorama d'une
terrasse d'observation qui surplombe
Dakar et s'ouvre sur l'Atlantique. L'Etat
dtient 55% des actions du monument,
la Fondation Abdoulaye Wade, 30% et
l'Agence national pour l'enfance, 15%.
Wade a promise que sous son mandate, les
recettes du monument iraient intgrale-
ment l'Agence national des enfants et
la Case des Tout Petits, une associa-
tion pour la protection de l'enfance.


Hati l'honneur


Les tragdies passes et prsentes
d'Hati ont pris une place central lors
de l'inauguration. Une scne de la
pice La Tragdie du Roi Christophe
du Martiniquais Aim Csaire a t
joue pour rappeler la parole de l'un
des hros de la revolution de Hati
(1791-1804) qui a about l'indpen-
dance du pays vis--vis de la France
et la constitution de la premiere r-
publique noire. Le royaume de Henri-
Christophe, dans le nord de Hati, est
en ruine, mais les monuments qu'il a
crs, le palais de Sans-Souci et la
Citadelle ont rsist au sisme du 12
janvier 2010.

Le president Vade a appel les
autres chefs d'Etat africains suivre
son example et offrir des terres aux
Hatiens suite au tremblement de
terre. Selon lui, en tant que descen-
dants d'esclaves noirs, ceux-ci ont
droit une nouvelle vie sur le conti-
nent. C'est au point de non-retour,
l'ancien port de l'le de Gore, 20
minutes en bateau de Dakar, que de
nombreux esclaves vendus en Am-
rique ont foul la terre africaine pour
la dernire fois. Dans son discours
lors de l'inauguration du monument
de la Renaissance africaine, le pr-
sident Vade a expliqu que l'le de
Gore, site inscrit au patrimoine de
l'Organisation des Nations Unies pour
l'ducation, la science et la culture
(UNESCO), rappelait les stigmates de
ce traffic honteux dclar crime contre
l'humanit par le Sngal.


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010


t ram
















Replacer la scurit alimentaire au


centre des strategies de dveloppement


Le 31 mars 2010, soit deux ans jour pour jour aprs qu'clatent les premires
"meutes de la faim" dans plusieurs pays du Sud, la Commission europenne
a prsent sa nouvelle stratgie pour aider les pays en dveloppement faire
face au problme de la scurit alimentaire, tant dans les situations d'urgence
qu' long terme.





M.M.B.


meutes de 2008, l'ensemble
des pays industrialists fai-
saient leur mea culpa, recon-
naissant avoir dlaiss l'agriculture dans
leurs programmes d'aide, le Commissaire
europen au Dveloppement, Andris
Piebalgs soulignait pour sa part le 31
mars dernier que "l'amlioration de la
scurit alimentaire reste l'un des objec-
tifs prioritaires de l'UE". Et de pour-
suivre : "Nous avons plac la scurit
alimentaire, l'agriculture durable et le
dveloppement rural au centre de notre
politique l'gard de nos partenaires
en dveloppement. Il est unacceptable
qu'en 2010, un milliard de personnel
souffrent encore de la faim et de la mal-
nutrition". Une initiative, a-t-il ajout,
qui s'inscrit "dans la perspective de la
ralisation des Objectifs du Millnaire
pour le dveloppement".

"Il est unacceptable qu'en
2010, un milliard de personnel
souffrent encore de la faim et de
la malnutrition"

La stratgie prsente par la Commission
comprend deux "cadres stratgiques",
l'un assurant la scurit alimentaire sur
le long terme, l'autre dans les situations
d'urgence. S'agissant d'aide humani-
taire d'urgence, "il existe des moyens
plus efficaces d'aider les gens que de
simples distributions de nourriture", a
soulign pour sa part la Commissaire
Kristalina Georgieva en charge de cette
politique. Parmi les nouvelles actions
envisages : la furniture de semences et
outils aux agriculteurs sinistrs pour les
aider se remettre sur pied, l'octroi de
dons en espces pour que la population
puisse acheter la nourriture don't elle a
besoin et "soutenir ainsi les producteurs
locaux", a ajout la commissaire.


La stratgie long terme prvoit une
srie de measures (voir Box) impliquant
tant les Etats membres de l'Union euro-
penne que la communaut internatio-
nale. Toujours dans ce cadre, Andris
Piebalgs a annonc que la Commission
tait dcide affected "prs de 3 mil-
liards d'euros sur la priode 2010-2012"

Les priorits long terme
Dans sa communication, la Commission
propose de :

- accrotre de manire substantielle, soit
de 50% d'ici 2015, l'aide la recherche,
la vulgarisation et l'innovation agri-
coles fondes sur la demand ;
-lancer, avec l'Union africaine, une ini-
tiative conjointe pour acclrer la mise
en oeuvre des lignes directrices pour
les politiques foncires en Afrique ;
-soutenir la mise en place ou le dve-
loppement de dispositifs de scurit


l'initiative sur la scurit alimentaire
mondiale convenue en 2009 par les diri-
geants mondiaux runis l'occasion du
sommet du G8.


Info : http://ec.europa.eu/development/services/
dev-policy-proposalsfr.cfm



social cibls et souples adapts aux
contextes locaux;
-promouvoir une meilleure prise en
compete de la nutrition dans les poli-
tiques de dveloppement, notamment
dans les domaines de l'ducation et de
la sant et du enforcement des capaci-
ts en la matire ;
- appuyer la rforme visant faire du Co-
mit de la scurit alimentaire mondiale
l'institution international de rfrence
en matire de scurit alimentaire.


Courrier


Inercton













Entretien avec le Commissaire Piebalgs






"L'APD ne suffit pas



raliser les OMD"


M.M.B.


Le 21 avril, vous avez pro-
nonc votre premiere grande
declaration sur la politique de
dveloppement de votre nou-
veau mandate, sous la forme d'un plan
d'action en 12 points visant soutenir
les Objectifs du Millnaire pour le dve-
loppement (OMD). Ces objectifs, dci-
ds l'chelon international, doivent
permettre de rduire la pauvret dans le
monde d'ici 2015.

Quels sont les grands messages de
votre plan d'action ?

Ils sont au nombre de deux : tout d'abord,
l'Europe doit respecter ses engagements
et apporter un soutien financier aux
pays en dveloppement, en s'assurant
que l'opration soit efficacement gre.
L'Europe s'est dj engage accrotre
son aide aux pays en dveloppement,
qui s'est leve 49 milliards d'euros
en 2009. Nous sommes le bailleur de
fonds le plus gnreux au monde, avec
plus de la moiti de l'aide international.
Pourtant, nous savons que ces sommes
ne suffiront pas affected 0,7% du
RNB de l'UE l'aide au dveloppement
et rduire sensiblement la pauvret
d'ici 2015. Or, la ralisation de ces
objectifs est faisable mais elle exige
une relle volont politique. Le plan
d'action recommande donc que les Etats
membres rdigent des feuilles de route
annuelles, ralistes et vrifiables, qui
seront soumises chaque anne aux chefs
d'Etat et de gouvernement, jusqu'en
2015. Il en va de la crdibilit de l'Eu-
rope sur la scne international.

Pourquoi l'UE en appelle-t-elle un
enforcement et une amlioration de
l'aide ? Parce que notre objectif est
de garantir des choses tout simples,
qui vont de soi dans notre vie quoti-
dienne d'Europen, comme un accs
fiable l'eau potable, l'nergie, une
infrastructure de transports efficace,
aux services de sant et l'ducation.
J'y ajouterais la scurit et l'Etat de


droit, deux pr-requis essentiels pour le
dveloppement.

Nous ne devons pas nous voiler la face et
affirmer qu' elle seule, cette aide per-
mettra d'assurer l'accs de tous l'eau
potable, l'nergie, aux soins de sant,
aux transports et l'ducation. De telles
ambitions ne sont notre porte que si
nous considrons notre aide comme
un catalyseur du dveloppement. Et de
fait, de tels changements sont possibles
si les fonds de l'aide au dveloppement
peuvent tre utiliss pour faire germer
la croissance et la stimuler en soutenant
de nouveaux marchs, en gnrant des
activits industrielles ou en dveloppant
les capacits, par example en vue d'am-
liorer les systmes de taxation.

La bonne governance est la cl du
dveloppement. L'aide ne parviendra
pas offrir aux habitants de la plante
des perspectives long terme tant que
l'Etat de droit, la scurit ou la bonne
sant des finances publiques ne seront
pas garantis. Si nous ignorons ces pr-
requis, nous ne parviendrons qu' grer
la pauvret, et non pas l'radiquer. Or,
je n'entends pas me contenter d'assurer
la survive des populations des pays en
dveloppement.

Le plan met galement en avant l'impor-
tance de la quality" de l'aide. Il faut que
chaque euro soit convenablement invest
au bnfice des pays les plus pauvres
et les plus vulnrables -par example
en Hati et en Afrique subsaharienne
-mais aussi au bnfice des OMD qui
accusent le plus de retard, tels que la
sant maternelle et infantile, la scurit
alimentaire et l'ducation. En outre, le
plan d'action fait galement rfrence
la ncessit de concentrer nos autres
politiques europennes sur les efforts de
dveloppement. A ce propos, je compete
travailler en troite cooperation avec
mes collgues charges du commerce,
de l'agriculture, de l'environnement, du
changement climatique, de la scurit
et de la migration, en vue de garantir
la cohrence de notre approche. L'autre
message est donc que l'UE doit dfi-
nir une position commune en vue du


sommet des NU sur les OMD prvu en
septembre et parler d'une mme voix
pour appeler d'autres bailleurs de fonds
fournir une aide quivalente la ntre.

Certains Etats membres ne sont
pas prs d'atteindre leur ,ij ,ili en
matire d'aide au dveloppement,
savoir 0,7% de leur RNB. Cela tant,
nefaudrait-ilpas plutt envisager de
travailler sur une autre base ?

Je ne pense pas. Les Etats membres ont
donn leur accord l'objectif des 0,7%
fix par les NU en vue de raliser les
Objectifs du Millnaire pour le dve-
loppement. Certains d'entre eux ont
dj atteint cet objectif, d'autres sont
en bonne voie. En modifiant cette base,
nous risquons de dnaturer le message
initial. Cela ne nous empche cependant
pas de rflchir d'autres sources de
financement pour le dveloppement. A
elle seule, l'aide publique au dveloppe-
ment ne suffira pas raliser les OMD.
Les pays en dveloppement doivent
aussi s'aider eux-mmes en augmentant
leurs resources domestiques. Nous les
aiderons mettre en place des systmes
de taxation transparents et solides et les
aiderons lutter contre l'vasion fiscal.
Promouvoir la bonne governance sera
l'une de mes priorits.


Andris Piebalgs. 0EC


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010


Inercton











La nouvelle politique extrieure de
l'UE prvoit-elle des possibilits de
coordination entire les politiques de
dveloppement de l'UE et celles des
diffrents Etats membres ? Si oui,
quelles forces revtira cette nouvelle
cooperation selon vous ?

Il y a normment de possibilits Le
Trait de Lisbonne appelle la coor-
dination des politiques europennes et
nationals, afin d'en renforcer l'effica-
cit, et mise sur leur complmentarit.
Il donne la Commission la possibility
de prendre "toute initiative utile pour


promouvoir la coordination" de ces poli-
tiques nationals et europennes. J'ai
dj commenc faire bon usage de
cette competence en appelant les Etats
membres coordonner en amount leurs
programmes d'aide afin d'viter tout
redondance. Cette coordination pour-
rait dj nous permettre d'conomiser
de 3 6 milliards d'euros par an. Cela
fait maintenant un moment que l'UE et
les Etats membres travaillent avec suc-
cs dans une srie de pays pilots. Plus
rcemment, nous avons vu ce principle
l'ouvre dans le plan d'action de l'UE
pour la reconstruction en Hati. Nous


sommes parvenus rdiger un plan
d'action commun et nous engager,
collectivement, hauteur de 1,2 milliard
d'euros lors de la conference internatio-
nale des donateurs du 31 mars. A pr-
sent, je vais m'employer, en collabora-
tion avec nos partenaires internationaux
et hatiens, m'assurer que cette aide
financire soit correctement utilise.
Voil des examples qui montrent com-
ment l'UE peut tre plus forte et gagner
en efficacit.


Les dputs ACP-UE inquiets

de la situation Madagascar

"Je voudrais transmettre une des preoccupations de l'Assemble qui est
la situation dramatique de Madagascar", a dclar Louis Michel, lors de la
sance inaugural de la 19e session de l'Assemble parlementaire paritaire
ACP-UE le 31 mars Tenerife (Espagne).


M.M.B.



nterpellant le Ministre espagnol des
Affaires trangres, Miguel Angel
Moratinos, le dput europen
et co-prsident de l'Assemble, a
demand que le Conseil de l'UE enforce
les sanctions europennes l'encontre
de ce pays et les aligne sur celles
dcides par l'Union africaine (UA).

"Les lections sont revenues une source
important de conflict et de violence
politique", a dplor de son ct le
Zambien Charles Milupi, co-prsident
ACP, "alors mme qu'elles ont pour
finalit de dpartager des sensibilits
politiques diffrentes et de garantir la
paix et la stability". Charles Milupi a
ajout qu'en tant que "parlementaires
et membres de l'APP, nous devons
nous opposer de manire total toute
prise de pouvoir non dmocratique,


que ce soit par le biais de coups
d'Etats ou de manipulations civiles
des processus dmocratiques." M.
Milupi a soulign l'implication directed
de l'Union africaine, de la CEDEAO
et de la SADC (Communaut
de dveloppement de l'Afrique
australe) dans les crises politiques au
Niger, en Guine et Madagascar.

L'Assemble ACP, qui runit deux fois
par an 78 dputs europens et 78
dputs nationaux des pays d'Afrique,
des Carabes et du Pacifique, a
relgu les dlgations du Niger et de
Madagascar au rang d'observateurs
sans droits de vote vu l'absence d'ordre
constitutionnel dans ces pays. Louis
Michel a prcis que le Niger "fait
des propositions positives qui vont
dans la bonne direction." La Guine
quatoriale galement en proie des
troubles politiques n'a pas envoy de
dlgus la runion de Tenerife.


Les agrocarburants au secours
de la scurit alimentaire ?
A contre-courant de l'avis d'une ma-
jorit d'analystes, l'association PAN-
GEA affirme que production d'ali-
ments et d'agrocarburants peuvent
aller de pair. Ces derniers, a affirm
Meghan Sapp, Secrtaire gnrale
de Partners for Euro-African Green
Energy (PANGEA), s'exprimant
devant l'Assemble paritaire ACP-
UE runie Tenerife, ont t tort
prsents comme les coupables de
la hausse des prix des denres ali-
mentaires de base en 2008. Largu-
ment selon lequel les agrocarburants
ont li le prix des aliments celui du
ptrole est battu en brche lorsque
l'on considre le prix du riz. Celui-ci
est rest lev, mme aprs la chute
des prix du ptrole. Autre argument
avanc par Meghan Sapp : la pro-
duction alimentaire a connu une
hausse constant de 2% par an ces
20 dernires annes, alors que le
taux de croissance de la population
chutait pour s'tablir 1,14% par an.
Et de souligner galement le rle
nfaste des barrires et subsides
commerciaux, rduisant d'autant
l'accs la nourriture, sans computer
les programmes d'ajustement struc-
turels imposs aux pays en dve-
loppement dans les annes 1980,
ouvrant leurs marchs aux exporta-
tions alimentaires des prix trs bas
destination de l'Europe, des Etats-
Unis, et du Brsil.


Courrier


Interactions





t ram


Soudan : Un pas en direction


du rfrendum de 2011


La runion ministrielle orga-
nise le 26 avril, Luxem-
bourg, danslecadredudialogue
Afrique-Union europenne a
appel le Soudan rgler les questions
post-lectorales qui subsistent encore et
mettre totalement en uvre l'accord
de paix global de 2005.Cet accord
prvoit notamment l'organisation, en
janvier 2011, d'un rfrendum sur
l'autodtermination du Sud-Soudan.

Lors d'une runion distinct, les 27
ministres des affaires trangres
de l'UE se sont dclars proccups
par les manquements aux normes
internationales lors des rcentes
lections lgislatives au Soudan, qui
ont eu lieu du 11 au 15 avril -les
premires en 24 ans. Ils ont toutefois
aussi tenu exprimer leur soutien
l'accord de paix global conclu entire
le Gouvernement du Soudan et le
Mouvement de liberation du people


soudanais (MLPS) et au rfrendum
qui permettra aux Soudanais de
dterminer si le sud -majoritairement
chrtien -doit se sparer de la parties
nord du pays, largement islamique.
Les ministres europens des affaires
trangres ont galement affirm que
l'UE tait dtermine maintenir
l'aide humanitaire un niveau lev en
rponse aux besoins sur le terrain. Le
Soudan n'est pas signataire de l'Accord
de Cotonou (2000-2020) et ne bnficie
donc pas de l'assistance du Fonds
europen de dveloppement (FED).
Les ministres de l'UE ont galement
appel toutes les parties impliques
dans la crise du Darfour s'attaquer
aux causes profondes du conflict dans
le cadre d'un dialogue pacifique.

Le recent scrutiny national qui s'est tenu
au Soudan a vu la rlection de l'actuel
President Omar-al-Bashir avec 68%
des voix. Dans la parties sud du pays,
semi-autonome, Salva Kirr, chef du
Mouvement de liberation du people
soudanais, a t plbiscit, avec 93%
des voix. La mission d'observation


lectorale de l'UE au Soudan
forte de 130 membres et mene par
Vronique de Keyser, dpute socialist
belge au Parlement europen -ainsi
qu'une dlgation de six eurodputs
conduite par la socialist portugaise Ana
Gomes -ont rapport des allegations
d'ingrences gnralises dans le
processus lectoral. Pour sa part, Mme
Gomes s'est rjouie du dbat politique
rendu possible par ces lections, dbat
qui, espre-t-elle, lancera le processus
de transformation dmocratique du
pays. Et d'ajouter que l'UE devait ds
present anticiper l'aprs-rfrendum
pour viter la dliquescence du Soudan.
"Il faut viter d'en arriver une situation
o les institutions du sud seraient plus
faibles que celle du nord du pays, ce
qui est dj le cas", a dclar Mme
Gomes. Cette dernire a ainsi suggr
d'affecter des fonds, au titre par example
de l'instrument de facility de l'UE, en
vue du enforcement de la capacity des
institutions et de la socit civil.


Cannes 2010 : le Groupe ACP


assure la promotion de ses cinmas


Pour la premiere fois, le Groupe ACP tait partenaire official du Pavillon Les
Cinmas du Monde Cannes. Au course de cette 63e dition du prestigieux
Festival, le Prsident du Comit des Ambassadeurs ACP, Mr. Ren Makongo,
Ambassadeur du Gabon, a prsent officiellement les politiques du Groupe
ACP en matire de culture et dveloppement.


Jacqueline Meido-Madiot*




ACP et son Programme

Pendant 10 jours, le Secrtariat
ACPFilms en presence de
son partenaire privilgi
EuropeAid -ont accompagn les
jeunes ralisateurs ACP, en partena-
riat avec l'OIF, RFI, TV5 Monde,
CFI, et le Ministre franais des
Affaires trangres, le tout coordonn
par CulturesFrance, oprateur du
Pavillon Les Cinmas du Monde.

Avant mme l'ouverture officielle
du Festival, le ton tait donn. Le
13 mai 2010, le Secrtariat ACP a
anim le Pavillon Les Cinmas du
Monde, en organisant un "ACP Day"
: une journe spciale marque par
l'accueil des 12 jeunes ralisateurs de la
Dlgation artistique, don't 6 ACP, et 3


bnficiaires du Programme ACPFilms.
Une rencontre publique sur le thme
"Quelles politiques de cooperation au
dveloppement en matire de culture" a
suscit de nombreux dbats, qui se sont
poursuivis tout au long du Festival, et
notamment lors des ateliers juridiques
anims par Matre Michel Gyori.
Partenaire galement du March du
film, le Secrtariat ACP a anim une
table ronde du "Producers Network".

Outre l'accompagnement spcifique
des cinastes ACP, le Secrtariat ACP
tait partenaire de la soire inaugural
de la Quinzaine des Ralisateurs, avec
la projection du film documentaire
Staff Benda Bilili des ralisateurs
Renaud Barret et Florent de La
Tullaye, mettant en valeur un group
de musicians de la ville de Kinshasa.

Alors que le Comit des Ambassadeurs se
proccupe du prochain financement du


Grande premiere : Mahamat Saleh Haroun, en selection
officielle Cannes, dcroche le Prix du Jury. A
Screaming Man... est le quatrime film du ralisateur
tchadien pour la premiere fois en selection officielle
Cannes. En 1999, son premier film Bye-ByeAfrica,
avait t slectionn la Mostra de Venise, o il
avait dcroch le Prix du meilleur premier film. Son
deuxime film Abouna a t prsent la Quinzaine des
ralisateurs, en 2002, et Daratta t rcompens par
le Prix special du jury de Venise. Le SecrtariatACP est
heureux que A Screaming Man, un film soutenu par le
Programme ACPFilms, aitt rcompens
(Photo de M S Haroun)


secteur de la culture sous le 10e FED, le
Prix du Jury, dcern Mahamat Saleh
Haroun vient renforcer les appeals des
professionnels ACP pour la poursuite de
l'appui politique et financier ncessaire
un dveloppement du secteur de
la creation et du cinma et de son
dveloppement conomique. Longue
et belle vie Un homme qui crie....

*Jacqueline Meido-Madiot est Conseiller.
Politiques culturelles pour le Secrtariat
ACP.


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010













































Dsormais en paix


e Burundi va de l'avant


La paix est revenue au Burundi,
l'espoir renat et les initiatives
fleurissent. "La paix revenue". Cette
nouvelle n'est plus frache, remontant
avril 2009, avec le dpt des armes
de la dernire fraction arme. Mais
elle ne semble pas tre connue
l'tranger. Ce pays fait parties de ceux
enferms dans une image, dans le
cas d'espce celle du conflict ethnique.
Le Burundi d'aujourd'hui mrite d'tre
dcouvert. Pour ses opportunits
conomiques, ses initiatives pour
renforcer la dmocratie, sa beaut,
et les qualits humaines de sa
population, hospitalire, respectueuse
d'autrui, curieuse des ailleurs et
inventive.


Reportage de Hegel Goutier



dmocratiques remontent
quatre ans et le pays entire
dj depuis ce mois de mai
2010 dans un nouveau cycle d'lections
tous les niveaux, du local au prsi-
dentiel ; et ce, jusqu'en juillet ou aot.
Evidemment, les vieux dmons ne sont
pas tous exorciss, ne ft-ce que dans les
apprehensions de la population. Aucun
observateur n'ose exclure des montes
de fivre mais tous aussi paraissent opti-
mistes, considrant le chemin parcouru
potentiellement irrversible long terme.
L'estompage du facteur
ethnique
Mais la victoire la plus important
engrange par ce pays ces dernires


annes est l'estompage du facteur eth-
nique mme dans le context pr-lec-
toral. On se souciait plutt, lors du
Reportage du Courrier en avril, des
risques de fraude au profit de parties
mais pas de groups ethniques. La nou-
velle constitution du pays, pondre le
"un homme, une voix" par un systme
de quota pour chaque group ethnique
et ceci tous les niveaux de pouvoir.
40% des siges de dputs sont rservs
d'office aux Tutsis et il y a une reprsen-
tativit gale 50-50 pour les Hutus et les
Tutsis dans la chambre haute, le Snat.
Alors que ces derniers ne reprsente-
raient que 16% de la population global.
Aucun des deux groups ne peut avoir
plus de 67% d'administrateurs commu-
naux dans une localit du pays, un parti
ne peut tre mono-ethnique, etc. Ce ne
sont que des examples de mcanismes
pour favoriser un homostat commu-
nautaire.


Courrier























Si les lections de 2010 se passent bien,
le Burundi rentrera dans une nouvelle
re. Et ses potentialits pour lesquelles
des intrts trangers se manifestent
dj, s'exprimeront. Et elles sont nom-
breuses dans le domaine hydro-lec-
trique, de l'exploitation de minraux,
et du tourism sans computer la position
stratgique dans l'Afrique australe et
central.

Histoire

Comme le reste de l'Afrique, le terri-
toire actuel du Burundi tait occup
au dbut du palolithique comme l'at-
testent des pierres tailles. Des outils
en fer tmoignent aussi de la presence
humaine la priode dite du fer ancien*.
Les sources orales transmises de gn-
ration gnration par des dpositaires
attitrs signalent l'arrive dans la zone
des Grands Lacs d'un people de langue
bantoue environ un millnaire avant
l're actuelle. Il sera considr plus tard
comme celui des Hutus -agriculteurs
qui auraient chass les pygmes don't
les descendants seraient les Twas, une
population marginale aujourd'hui. Plus
tard seraient arrivs du nord-est de
l'Afrique (Ethiopie, Egypte, Somalie),
des leveurs qui constitueraient l'ethnie
tutsie.

Le premier royaume du Burundi, a t
instaur la fin du XVIIIe sicle, avec
sa tte le roi (mwami) Ntare Rushatsi,
un hros mythique d'aprs la lgende.
La plupart des sources orales consi-
dre qu'il tait un Hutu, et que les rois
pousaient presque toujours des femmes
tutsies. Les descendants de ces unions
se dnomment aujourd'hui Ganwa, ni
Hutu ni Tutsi.


Les premiers explorateurs europens
arrivent au milieu du XIXe sicle.
Livingstone et Stanley se sont rencon-
trs au Burundi en 1871. En 1890 le
pays devient un protectorat allemand,
runi avec le Rwanda sous l'appellation
de Ruanda Urundi mais la monarchie
demeura. Aprs la Premire Guerre
mondiale, la Socit des Nations confia
le Ruanda Urundi la Belgique qui les
unira au Congo en 1925. Les premires
grandes rvoltes contre l'occupant dbu-
trent en 1934.

Jeu du colon: Tutsis contre
Hutus

La suite nous est raconte par l'histo-
rien Augustin Nzojibwami, ancien pr-
sident du parti FRODEBU (Front pour
la dmocratie au Burundi), homme
de dialogue entire les communauts.
L'administration belge va utiliser la
minority tutsie contre la majority hutue.

40% des siges de dputs
sont rservs d'office aux Tutsis
et il y a une reprsentativit
gale 50-50 pour les Hutus
et les Tutsis dans la chambre
haute, le Snat.

En 1957, c'est la parution du Manifeste des
Bahutu au Rwanda suivie de leur rvolte
contre le systme colonial. A la fin de
l'anne 1960, des lections communales
au suffrage universal sont organises
sur les trois territoires. Au Burundi elles
donnent la victoire aux parties prnant la
tutelle et non l'indpendance. Toutefois,
aux lections lgislatives de septembre
1961, le parti UPRONA (Union pour
le progrs national) indpendantiste,
plutt tutsi, sort vainqueur. Le ler jan-
vier 1962, le Rwanda et le Burundi
deviennent des Etats autonomes. Six
mois plus tard, le ler juillet 1962, c'est
l'indpendance, Les deux pays se spa-
rent. Le premier a opt pour un systme
rpublicain alors que le deuxime reste
une monarchie. Le premier ministry,
un prince par ailleurs, est assassin
peu aprs. Le Burundi entire alors dans
la tourmente qui ne s'achvera qu'en
2009. Un rgime de parti unique s'tait
install sous la houlette de l'UPRONA,
de 1966 1982. En 1972 eurent lieu
des tueries essentiellement contre des
Hutus. Il y aurait eu 300.000 victims.
Les lections de 1993 sont gagnes par
le FRODEBU majority hutue. Le


Village de Mwaro. Hegel Goutier


President burundais Melchior Ndadaye
est assassin en 1993 ; cela va tre le
point de dpart de massacres contre les
Tutsis.

La suite sera l'entre de troupes de
l'ONU et le long processus d'Arusha
conduit par le Prsident Mandela qui
a permis de dboucher sur une paix
paracheve par le dpt des armes du
dernier movement arm hutu, le FNL
la fin de 2009. Et l'entre en vigueur
de la nouvelle constitution garantissant
la participation des deux ethnies princi-
pales dans tous les organes de pouvoir.

* voir Christine Deslaurier Guide Petitfut du
Burundi


Tableau d'un roi. "La tradition orale nous apprend que les
premiers rois (hutus) pousaient presque toujours des
Tutsies". Hegel Goutier


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010


*'DeD vta





Reportage


Burundi.


Le dveloppement conomique ira vite


Yves Sahinguvu est le 1er vice-
prsident du Burundi, poste garanti
un Tutsi selon la constitution
entrinant les Accords d'Arusha qui
ont mis fin quinze annes de guerre
civil. Il a la reputation d'un homme
au franc-parler.


HG Le Prsident de la Rpublique
est au Congo RDC pour le moment.
On peut supposed que c'est dans le
cadre de la concertation entire les
pays des Grands Lacs. O en cette
cooperation ?

Effectivement, le president visit la
Rpublique Dmocratique du Congo.
Les relations vont trs bien entire les
Etats de la Communaut conomique
des Pays des Grands Lacs (CEPGL). Le
Burundi fait parties aussi de l'East Africa
Community. Pour le moment aprs
tous les conflicts, les choses progressent
bien entire le Burundi, la Rpublique
Dmocratique du Congo et le Rwanda,
pour redynamiser la confiance entire eux
et relancer l'conomie. Leur banque de
dveloppement, la BDGL qui relve des
trois pays est dj relance ; les projects
agricoles sont de nouveau en course. Il
y a le gaz mthane du lac Kivu qui est
dj exploit par la RDC et le Rwanda,
le Burundi va bientt s'y associer. Et
d'autres projects se dveloppent comme
le barrage Ruzizi 3, la grande central
don't on a tous besoin. Dans le cas du


Burundi, pour les grandes industriali-
sations comme l'exploitation du nickel
Musongati.

Il y a eu aussi une diminution
de l'appui budgtaire cause
de la crise

Comment va l'conomie du Burundi
aprs la crise financire mondiale ?

La crise mondiale nous a frapps. Nous
venons de connatre quinze ans de
conflict, le dernier movement rebelle
ayant dpos les armes en avril 2009,
il n'y a pas longtemps. Le Burundi est
un pays qui vit essentiellement de l'agri-
culture, en particulier du caf et du th
pour l'exportation. Il y a eu les rpercus-
sions de la crise, travers notamment
l'amenuisement des aides bilatrales.
En outre, il y a eu une diminution
des investissements directs mais le plus
important a t la reduction des recettes
d'exportation, avec la chute des course
mondiaux. Notre caf entire juillet et
septembre 2008 a enregistr une chute


Courrier












































Yves Sahinguvu. 0 Hegel Goutier


de 24,1%. Il y a eu aussi une diminution
de l'appui budgtaire cause de cette
crise.

Chute d'aide de quel bailleur de
fonds ?

Des pays qui nous aidaient de faon
classique, on peut parler de la France par
example mais nous sommes vraiment
heureux que l'Union europenne nous a
soutenus et a continue le faire en 2009.
Les measures qu'on a prises ? On a cr
une structure charge de suivre ce pro-
blme, on a pris des measures d'austrit
en terms de dpenses publiques et on
a aussi renforc, la gestion, la transpa-
rence dans les finances de l'Etat. On
s'tait tourn vers l'UE pour deman-
der un appui budgtaire. Nous avions
demand 7,5 millions d'euros sur le
programme Flex-vulnrabilit. Nous
avions eu aussi un soutien fort de la
Belgique don't nous sommes trs satis-
faits.

L'appui budgtaire est gnralement
accord aux pays avec une relati-
vement bonne governance. Sur ce
point, comment se passe la prpara-
tion des prochaines lections ?

Trs bien. Le gouvernement se flicite
des ralisations dj faites dans le pro-
cessus de preparation des lections qui
commencent le mois prochain (en mai).
Le code lectoral est dj promulgu,
la commission lectorale en place, le
calendrier dj public de mme que


l'enrlement des lecteurs. On passe
maintenant l'affichage des listes. Le
financement est l, il nous manque seu-
lement dix millions de dollars que nous
esprons trouver d'ici les lections. Le
code de conduite des diffrents parties
politiques est sign. Il y a un dcret
qui convoque les lecteurs aux diff-
rentes lections, communales, prsi-
dentielles, lgislatives et snatoriales. Il
y a des observateurs qui ont t invits.
L'Union europenne (UE) a rpondu
positivement avec 83 observateurs.
Tout comme l'Union africaine (UA),
l'East African Community (EAC), la
CEPGL et aussi des pays comme la
Belgique, la France, l'Allemagne. Tout
est en place.

Mais il y a quelques difficults, des
dfis. Nous devons tre vigilants. Il
y a par ci par l des intolrances, des
confrontations entire les jeunes affilis
des parties politiques, commencer par
ceux proches du parti majoritaire. Le
gouvernement a dj pris des measures
pour y mettre fin. Il y a eu des tentatives
de certain membres de parties politiques
d'acheter des attestations d'inscription
de certaines personnel mais la CENI
(commission lectorale national ind-
pendante) a pris des measures efficaces
pour contrer cette fraude. Nous devons
aussi faire attention l'informatique.


Mais dans l'ensemble, nous sommes
optimistes.

Quant aux intimidations des jour-
nalistes ?

Effectivement, il y a quelques journa-
listes qui ont t intimids, arrts et
qui se sont retrouvs en prison. Mais
pour le moment, je pense que les choses
marchent bien. Il n'y a aucun journalist
en prison, les choses se sont amliores.

Nous nous sommes mis
d'accord avec les Nations-
Unies pour que les crimes de
guerre, de genocide et contre
l'humanit ne soient pas
amnistis

La reconciliation entire Hutus et
Tutsis aprs les massacres du pass,
ne peut se faire sans le processus
Vrit et Rconciliation come en
Afrique du Sud ou que la justice
passe ?

La reconciliation social est une nces-
sit pour le Burundi. Il y a des measures
qui ont t prises aprs l'Accord
d'Arusha, qui ont t intgres dans la
constitution burundaise et dans le code


Resha Beach / Lake Tanganiyka. Hegel Gouter


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010


Reportag





















lectoral. C'est le systme de quota.
Au gouvernement nous avons 60% de
Hutus et 40% de Tutsis, ces derniers
constituent l'ethnie minoritaire, la mme
proportion l'Assemble national. Au
Snat, c'est 50% pour chacun des deux
groups parce que cette instance est
appele surveiller ce qui se passe dans
les autres. L'arme c'est aussi 50-50.
Dans les administrations communales,
la base, aucune composante ne peut avoir
plus de 67% d'administrateurs commu-
naux, etc.

Il y a d'autres measures pour remettre
l'honneur les valeurs culturelles burun-
daises et favoriser les mixages territo-
riaux et ethniques. Comme les villages
de paix o se retrouvent rapatris Hutus
venus de Tanzanie -prs de 800.000
et dplacs internes, des Tutsis.

Pour la justice de transition, nous nous
sommes mis d'accord avec les Nations-
Unies pour que les crimes de guerre,
de genocide et contre l'humanit ne
soient pas amnistis. Ca, c'est clair.
Sur les relations qui auront lieu entire la
Commission Vrit et Rconciliation et
le Tribunal special pour le Burundi qui
seront mis en place, il nous faut encore
nous entendre. Est-ce que le procureur
du Tribunal va se contenter de ce que la
Commission lui soumet ou pourra-t-il
faire l'auto-saisine d'un cas ?

Par rapport aux pays voisins, le
Burundi est dans une situation diffi-
cile alors que son voisin, le Rwanda
semble vouloir devenir un petit
dragon conomique. Pourquoi le
Burundi est-il la trane ?

Nous avons des programmes pour relan-
cer l'conomie ; et des atouts, nous en
avons : notre grand gisement de nickel,
le ptrole dans le lac Tanganyika, le
lac, des paysages tout--fait splendides.
Beaucoup d'investisseurs sont prts
venir. Dans l'East Africa Community,
nous sommes en train d'harmoniser
tous les systmes douaniers, la TVA. Je
crois qu'on ira peut-tre plus vite que le
Rwanda prochainement.

- Sur la governance, il y a des cri-
tiques dures come celle portant
sur la vente frauduleuse de l'avion
prsidentiel.

Quant cette affaire, c'est une ques-
tion qui est l depuis trois, quatre ans,
pour laquelle l'Assemble national a
mis en place une commission qui en
a fait un rapport, dj entire les mains


Le monument de Ilndependance, bujumbura. Nous avons enonnement d'atouts. a Hegel Gouter


de la justice. Nous pensions que celle-
ci va rapidement suivre son course et
traduire les vrais responsables devant
la justice car ce n'est pas normal
qu'on puisse vendre un avion dans
des conditions qui n'taient pas bien
prcises, et qu'on laisse passer de tels
carts.

Notre march est petit, nous
sommes 8 millions d'habitants, il
nous faut faire parties d'un grand
ensemble

- A part les Grands Lacs, quelles
sont vos priorits en terms de rela-
tions extrieures ? Des pays come
la Chine, la Thalande et le Brsil
s'intressent vous.

Nous sommes un pays enclav. Nous
devons avoir de bons rapports avec
les pays voisins, nous en avons parl.
La Chine nous appuie dans beaucoup


de domaines, la sant, l'agriculture et
d'autres. La Thalande, c'est peut-tre
un dbut, dans le domaine pharma-
ceutique. Mais nous avons toujours des
rapports troits avec les partenaires de
longue date comme la Belgique, l'Union
europenne.

Nous avons intgr l'East Africa
Community pour plusieurs raisons,
d'abord la petitesse de notre territoire
avec une dmographie important.
Nous aimerions que notre population
puisse circuler. C'est dj acquis partir
du mois de juillet 2010 au sein de l'EAC.
Le Burundi a connu des problmes,
ce dualisme entire deux ethnies. Nous
avons besoin de le noyer dans un grand
ensemble politique pour oublier nos
querelles internes. Et aussi notre mar-
ch est petit, nous sommes 8 millions
d'habitants, il nous faut faire parties d'un
grand ensemble.


Courrier


Reportage





*epo rtg


Multiples opposition


En face du gouvernement du Prsident
de la Rpublique, Pierre Nkurunziza
reposant essentiellement sur le parti
CNDD-FDD* se positionne la veille
des lections une quarantine de
parties d'opposition, don't on ne peut
valuer l'importance, en l'absence
de sondages fiables. Tous critiquent
de faon acerbe le gouvernement et
l'accusent de mauvaise governance,
de repression voile et de corruption.





plus susceptibles de marquer
des points sont les anciens
parties de pouvoir, FRODEBU
et UPRONA et un nouveau movement
dirig par le trs bouillant ancien jour-
naliste indpendant Alexis Sinduhije
qui tait pass par la case prison pour
"injures au chef de l'Etat" aprs avoir
enqut sur certaines affaires troubles.

Pour Lonce Ngendakumana du
FRODEBU, les principaux griefs contre
le pouvoir portent sur les points sui-
vants. Le gouvernement fait voter des
budgets pour des programmes sans
fournir les informations relatives. A titre
d'exemples, un ensemble de 6 barrages
de 10 MW chacun et un grand aro-
port au centre du pays. Le gouverne-
ment couvre des malversations graves,
d'aprs Ngendakumana, dans le cas
par example de la vente frauduleuse de
l'avion prsidentiel, alors qu'il est cens
mener une lutte anti-corruption.

Il accuse aussi le Prsident de la
Rpublique d'abus de pouvoir. Preuves
l'appui : la deuxime vice-prsidente
du pays qui avait dnonc cette affaire
de l'avion, a t exclue du bureau du
parlement, accuse d'intelligence avec
l'opposition ; le president a dmis ill-


galement via le Conseil constitutionnel
22 dputs qui l'ont critiqu alors que
lgalement seul le parlement a le droit
de requrir pareille sanction. Le pr-
sident est aussi accus d'avoir tolr
une milice lie son parti, qui terrori-
sait des membres de l'opposition. Cette
milice aurait tu jusqu' 6 membres du
FRODEBU.

Le leader d'UPRONA, Bonaventure
Niyoyankana insisted aussi de son ct
sur l'impunit don't bnficient des l-
ments du pouvoir qui auraient particip
des crimes contre l'humanit dans
les annes de conflict. Tout comme les
criminals qui ont assassin le vice-pr-
sident d'Olucome (Observatoire de lutte
contre la corruption et les malversations
conomiques), Ernest Manirumva, et
d'autres dfenseurs des liberts. Il vitu-
pre en outre le npotisme don't se
serait rendu coupable le gouvernement
en faveur de ses partisans.

Alexis Sinduhidje de MSD (Mouvement
pour la Solidarit et la Dmocratie) veut
construire un pays dans lequel la peur
aura disparu. L'Etat devrait octroyer
chacun le droit la protection, ce qui
n'est pas le cas aujourd'hui, selon lui.
Et il donne l'exemple de son propre
emprisonnement sous un faux prtexte
uniquement parce que le pouvoir voulait
se sparer d'un gneur. Hors, c'est l'Etat
au Burundi qui tue les citoyens. "Mme
aujourd'hui, l'Etat continue tuer les
citoyens." Avec la peur, la panique,
la terreur, le manque de protection,
continue Sinduhije, l'Etat bafoue aussi
la libert d'entreprendre. Par ailleurs,
il ne favorite pas les circuits financiers
normaux, ce qui force les citoyens sur-
tout les paysans s'endetter des taux
usuraires. Alors que le citoyen burun-
dais paie dj beaucoup d'impts, 70%
du PIB.

* Conseil National pour la Dfense de
la Dmocratie -Forces de Dfense de la
Dmocratie


Bonaventure Niyoyankana / UPRONA.
Hegel Gouber


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010


Jean iviinani / r-UULbU banwanya
scissionn du FRODEBU).
SHegel Gouber


Lonce Ngendakumana / FRODEBU.
Hegel Gouter


Alexis Sinduhidje / MSD. Hegel Gouer





*e'D rag


ONG et Presse


Le courage de


traquer les drives


Les graves conflicts des trente
dernires annes entire les
communauts hutue et tutsie ont eu
comme rare effet positif l'apparition
d'une socit civil dynamique et
d'une press luttant pour la bonne
governance, la reconciliation
communautaire et la dmocratie.
Portrait d'un monde dynamique et
engag.


L e president de la Ligue
Iteka (Ligue des Droits de
l'homme), Joseph Ndayizeye
rsume ainsi la situation poli-
tique du Burundi. "Depuis la fin des
conflicts, la situation s'est fortement
amliore quant l'inscurit. Mais
ce n'est pas le cas pour les droits de
l'homme. On a constat qu'il y a tou-
jours des assassinats, du banditisme et
des cas de viol contre les femmes. Ce
qui est choquant est que leurs auteurs ne


sont pas identifies et apprhends par la
police et la justice."

Manifeste-toi

Dernirement des jeunes apparents
des parties politiques se sont constitus
en vritables milices et se sont affronts
avec des armes blanches et des pierres.
Ces attaques de jeunes miliciens n'ont
pas fait de morts. Mais il y a eu des
assassinats perptrs par d'autres au
sujet desquels les parties d'opposition
parent de mobile politique. Ces morts
suspects sont au moins au nombre de
cinq selon le vice-prsident de l'asso-
ciation Olucome (Observatoire de luttes
contre la corruption et les malversations
conomiques). Il y a aussi des viols, un
crime encore considr comme end-
mique malgr la fin de la guerre, et
contre lesquels l'association Seruka
(manifeste-toi) conduit la bataille pour
la defense des victims et de relles
poursuites des criminals.

L'OAG (Observatoire de l'action gou-
vernementale) qui est une ombrelle de


,r iwe I i


plusieurs associations, nous prcise son
directeur Onesphore Nduwayo, public
des rapports approfondis sur des th-
matiques diverse relatives la gouver-
nance du pays. Elle interroge des gens
du pouvoir qui consentent rencontrer
ses enquteurs. "Mais nous donnons la
chance de s'exprimer toutes les par-
ties impliques. Avant toute publication,
nous faisons une lecture critique avec
la participation de ceux ventuellement
mis en cause. Nous vitons gnrale-
ment de citer des noms sauf dans des
cas flagrants dj connus. Mais nous
dnonons de faon musclee" Un cas
recent tudi par l'OAG a t l'annu-
lation par le ministry de l'Intrieur
de l'ordonnance qui avait enregistr
le "Forum pour le enforcement de
la socit civile"(FORSC), considre
comme un cas flagrant d'abus de pou-
voir. Le FORSC avait demand des
explications sur l'assassinat le 9 avril
2009 du vice-prsident de l'Olucome,
Ernest Manirumva qui est devenu un
abcs de fixation pour les ONG et la
press indpendante


Journaliste (Radio-TV Renaissance) et un chef de l'opposition. 0 Hegel Goutier


Courrier























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Affiche de I'ONG OLUCOME. Le vice-prsident de 'ONG a t tu". Hegel Gouber




Olucome est un symbol. Ses bureaux ont pas de journalises en prison mais ils sont
t visits et sont manifestement surveil- intimids."
ls. De sorte que ses reprsentants nous
reoivent derrire des portes renforces, Et de citer deux hebdomadaires Iwachu
avec des camras d'observation partout. et Arc-en-ciel, des radios associatives,
Son president, Gabriel Rufyiri : "Oui et surtout la station de tl Renaissance.
nous vivons dans l'inquitude. Nous Auxquels il faut ajouter deux tls van-
menons des investigations et faisons des glistes qui ne donnent pas de nouvelles
dnonciations concernant des puissants. mais font des missions de conscienti-
Nous savons que la raison du plus fort station.
est toujours la meilleure. Depuis 2003,
nous avons investigu sur plus de 1.000 Parmi les stations de radio de quality,
dossiers transmis ' qui de droit', gou- on peut citer Radio Isanganiro cre en
vernement, et justice." 2002 au moment de la guerre civil et
qui avait avec courage pris le parti de la
Presse. Dtermine et reconciliation et de la fraternity. C'est
responsible elle qui avait soulev le dossier de l'avion
prsidentiel. Aujourd'hui, elle continue
Denise Mugugu, une des journalists ce travail pour informer et rconcilier.
en froid avec les autorits, est prsidente Jusque l'mission musical de son ani-
de La Maison de la press, une institu- amateur Excellent Nimubona trs prise
tion qui bnficie du soutien de l'Union par les jeunes est une voix citoyenne
europenne et qui est la fois une cole de conscientisation. Tl Renaissance
pratique de spcialisation, un studio, a t attaque par la milice des jeunes
une archive audiovisuelle et un centre du parti au pouvoir qui ont donn
d'analyse d'information audiovisuelle. l'assaut contre le vhicule de l'une de
Mme Mugugu souligne la drive des ses quipes.
mdias gouvernementaux qui attaquent
les individus ayant maille partir avec Et pourtant tous les responsables de ces
le gouvernement jusque dans leur vie mdias et ONG reconnaissent que la
prive. "Les relations avec le pouvoir situation s'est beaucoup amliore parce
sont compliques chaque fois qu'un que la repression n'est qu'occasionnelle.
journalist ose enquter sur certaines C'est peut-tre cela la moderation et
malversations. Pour le moment, il n'y a l'esprit de responsabilit.


SHegel Gouber
Verbatim
Innocent Muhozi, directeur
de Radio-TV Renaissance

"Ce mtier, c'est d'abord un choix. Si
on le fait, ce n'est pas pour gagner de
l'argent mais pour dfendre ides et
valeurs. Le pays a t victim d'idio-
tie pseudo-ethnique o les gens se
sont massacrs sans trop savoir
pourquoi, en definitive, just parce
qu'ils ont t manipuls.

J'ai perdu des amis parce qu'ils
avaient t au mauvais endroit ou
avaient la mauvaise couleur. Il faut
se dire qu'on peut tre utile contre
la haine fratricide et autres drives.
Je laisse travailler mes collabora-
teurs, ce que je leur demand c'est
du respect pour tout le monde, de
la bienveillance mais de l'indpen-
dance. Nous sommes dans une
socit extrmement meurtrie et
pauvre. Cela suppose du malheur
dans le quotidien des families qui
ne peuvent se nourrir et qui sont
sans espoir. Ce genre de drame
est absent du dbat politique ici.

J'ai cr cette station pour dire 'Nous
sommes tous citoyens du mme
pays, on doit avoir les mmes droits
et les mmes obligations'. C'est cela
en deux mots notre ligne ditoriale."


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010


*'De vra





Reportage


L'Union Europenne et le Burundi



Aide tous azimuts


pour un pays ressuscit



Interview avec Alain Darthenucq, chef de la dlgation de I'UE


L'Union europenne est le premier
contributeur du Burundi tant pour
l'aide global que pour une de ses
constituantes importantes, l'aide
budgtaire. Par ailleurs divers pays
de I'UE y apportent aussi leurs
contributions comme ses deux
partenaires historiques, la Belgique
et l'Allemagne auxquels il faut ajouter
notamment la France, les Pays-Bas
et le Royaume-Uni. Le soutien gnral
apport par I'UE et ses Etats membres
au Burundi est en augmentation,
insisted Alain Darthenucq, chef de la
dlgation de l'Union europenne
Bujumbura.


En ce qui concern la situation
global du Burundi, le diplo-
mate europen juge que sur
beaucoup de plans, "la situa-
tion est mauvaise mais la tendance est
bonne. Un observateur peut juger que
rien ne march bien, droits de l'homme,
justice, infrastructures, governance,
conomie, esprit d'entreprise. Mais si
l'on considre de quel tat chaotique
le pays vient, les progrs accomplish
depuis les Accords d'Arusha sont sur-
prenants."

Et de citer comme example la paix
retrouve aprs 13 ans de guerre civil,
la lgitimit dmocratique du pouvoir,
la grande libert de la press, le nombre
de parties politiques reconnus -plus
d'une quarantine le travail de la
Cour des comptes et de l'Inspection
gnrale de l'Etat, la suppression de la


SHegel Gouter


peine de mort, le nouveau Code pnal
qui punit la violence sexuelle, le res-
pect du quota de 30% de femmes dans
les institutions. "Les problmes n'en
demeurent pas moins. Le Burundi s'est,
ces dernires annes, dot d'outils qui
ne sont pas encore utiliss totalement et
parfaitement."

HG Quels sont les grands axes
de la cooperation europenne au
Burundi ?

AD -Le plus visible dans notre coo-
pration, ce sont les infrastructures.
On vient de finir par example 31 km de
rues Bujumbura. On a aussi construit
rcemment deux routes dans l'est du
pays.
Tout aussi important est notre contri-
bution en faveur de la bonne gouver-
nance. On peut citer le recensement de
la population en vue des lections que
nous avons pris en charge hauteur
de 80%. Toujours dans le domaine
de la bonne governance, l'UE a sou-
tenu la mise en place ou l'amlioration
de mcanismes important : l'Inspec-
tion gnrale de l'Etat et la Cour des
comptes ; 44 "tribunaux de residence"
dans les petites localits; la preparation
d'un nouveau Code foncier (jusqu'
present les conflicts fonciers constituent
la premiere cause de mort violent) ; la
dcentralisation travers la formation
et le enforcement des capacits. La
deuxime phase sera le enforcement
des communes pour qu'elles disposent
de resources suffisantes, et l'appui la
dcentralisation des services de l'Etat
central.

Le troisime secteur est celui de la sant
qui a vu, avec le 10e FED, une aug-
mentation sensible. On exprimente le


Courrier





*eporDag


Manufacture de th de Ijenda "En 2009, les recettes de la vente de th ont t exceptionnelles au Burundi". o Hegel Goutier


nouveau programme national de sant
caractris par la dconcentration et
par une motivation sur rsultats.

Quid de ce nouveau programme de
sant ?

Le gouvernement a dcid de faire
une experimentation grande chelle :
dans 5 des 17 provinces du pays. Nous
y sommes impliqus ct d'autres
partenaires.

D'aucuns critiquent que le gouver-
nement a dcid d'imposer l'duca-
tion pour tous et la gratuit de la
mdecine prinatale mais sans y
mettre les moyens adquats

C'est vrai que les moyens n'ont pas
t mis sur la table. Nous pensions que
l'aide budgtaire va permettre de le
faire. Plus de la moiti du budget de
l'Etat vient de sources extrieures. Et
sur cette aide, l'UE, Commission et
Etats membres, participe pour plus de
la moiti. Pour la Commission, l'aide
budgtaire paye en 2009 a reprsent


plus de 40 millions d'euros, soit environ
40% du montant de l'aide dcaisse
pour le Burundi pour cette anne
En plus de l'aide budgtaire provenant
du 10e FED, il y a eu des dotations de
deux autres sources : la facility alimen-
taire et le Flex-Vulnrabilit pour com-
penser les effects de la crise alimentaire
et ceux de la crise conomique sur ce
pays.

Le 4e secteur d'intervention de l'UE
est le dveloppement rural au travers
du FED et de la ligne facility alimen-
taire. Quatre-vingt-cinq pour cent de
la population est rurale. On est inter-
venu trs fortement pour permettre
au Burundi de produire les aliments
de base, et soutenir paralllement les
cultures d'exportation, th, caf, pal-
mier notamment, les seules sources de
revenue l'exportation du Burundi.
On a aussi contribu la reliance de la
filire horticole. En 2009, le th a four-
ni les meilleurs revenues que le Burundi
n'ait jamais enregistrs. Le prix du th
tait pourtant stable mais l'amlioration
de la quality a permis de vendre le th


burundais 50% plus cher que le prix
moyen antrieur.

Le dernier secteur dans lequel nous
intervenons est l'appui une socit
civil dj trs dynamique. Avec des
associations comme, ITEKA, OAG,
COSOME, FORSC ou OLUCOME,
la Chambre de Commerce et d'Indus-
trie ; nous appuyons aussi les mdias
notamment au travers de la maison de
la press.

Comme tout est faire au Burundi,
l'UE y intervient donc dans de nom-
breux domaines. De fait, son image y
est trs bonne et sa visibility grande. Ce
qui en fait une sorte de laboratoire pour
l'aide europenne.


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010





*e'D rag


Bonne governance l'affaire de tous



Le succs


d'un project bien conu


Gutwara Neza (Bonne governance)
est un project intgr de 20 millions
d'euros de la part de l'Union
europenne plus une participation
de la Banque mondiale, couvrant
un champ large : formation de
juges, construction de tribunaux de
villages, information de la population
sur ses droits d'accs la justice,
mcanismes de conciliation dans
les conflicts fonciers, etc. Vronique
Parque, la coordinatrice du project
nous le prsente avec passion. Elle
connat chacun de ses collaborateurs
locaux.


Itaba, Reunion au village sur les droits de l'homme et la bonne governance. a Hegel Goutier


piliers principaux, l'tat de
droit, la transparence des
affaires publiques et la par-
ticipation de la population. Sous un
autre angle on peut considrer que le
project allie governance conomique,
politique et administrative. Dans la
governance politique, sont concerns
l'tat de droit et le enforcement de la
dcentralisation. Les animateurs du
project ont commenc par informer la
population de ses droits et du fonc-
tionnement de la justice. Trois groups
de 900 mnages ont t abords. Le
constat tait simple. La population
considrait la justice comme corrom-
pue, il fallait payer pour avoir un
jugement en sa faveur. Par ailleurs,
des crimes contre l'humanit avaient
t commis et la justice n'est jamais
passe.

A partir de ces constats, un plan d'ac-
tion a t labor. D'abord organi-
ser une champagne de sensibilisation


l'accs la justice. Des brochures, des
panneaux avec dessins et photos ont t
prpars. La population d'un village se
rencontre un certain nombre de fois
pour en discuter entire personnel de
tous ges.

Un autre objectif a t de former les
magistrats sur le plan local. Le troi-
sime axe d'action a t la construc-
tion ou la rehabilitation des btiments
(tribunaux). Et le dernier concern
le contrle des magistrats. Dans ce
context, le project a soutenu des insti-
tutions comme l'Inspection gnrale de
l'Etat et la Brigade anti-corruption. Le
project a galement donn un soutien
l'Etat central en formant les magistrats
de la Cour administrative. Une forma-
tion a aussi t donne aux ONG sur
les mandres juridiques pour pouvoir
le cas chant ester en justice contre
l'Etat.

L'un des succs les plus notoires du pro-
gramme, ce sont les tribunaux des vil-


lages et la gestion des conflicts fonciers.
Les tribunaux ne s'occupent dsormais
de ces questions qui faisaient couler
du sang avant, qu'en second resort.
Les associations de villageois lisent
des "commissions collinaires" don't les
membres sont des bnvoles qui proc-
dent l'arpentage des proprits en cas
de conflict par example entire voisins et
arrivent en gnral une conclusion
l'amiable qui sera seulement enregis-
tre par la justice..

Le jour de la visit du Courrier dans
le village d'Itaba prs de la ville de
Gitega, on pouvait voir siger les tribu-
naux locaux avec 3 juges disant la jus-
tice avec patience et pdagogie. Et aussi
assister une intervention des commis-
sions collinaires. Et surtout admirer la
ferveur de tout le village discutant des
heures durant des lments des grands
panneaux pdagogiques sur leur droit
d'accs la justice.


Courrier





*epo rtg


Culture




Vivace Bujumbura


P our un pays avec une seule
grande agglomration, Bu-
jumbura et ses 400.000 habi-
tants, le Burundi bouillonne de
culture. Les Tambours du Burundi ont
cum les grandes sales du monde. Mais
derrire eux, c'est une pliade d'artistes
qui entretiennent une vie culturelle tr-
pidante avec de nombreuses associations
culturelles, des socits de production.
Malgr le peu de moyens financiers et
l'insuffisance des lieux de culture.

L'une des associations culturelles les
plus dynamiques, est Menya Media (voir
Le Courrier No 12 "Sache que LONG
Menya Media a le vent en poupe). Au
moment du Reportage du Courrier, elle
venait de coproduire avec la tlvision
francophone de Belgique et d'autres
associs un court mtrage Na WEWE
(Toi aussi) dnonant les violence inter-
ethniques sur un arrire-fond par ins-
tant comique. Le film a t prsent en
avant-premire au Burundi au dbut
d'avril et en premiere au Centre cultu-
rel d'Uccle Bruxelles, avec un grand
succs. Menya Media venait galement
de produire le disque "Hati Lve-toi",
le don du Burundi Hati aprs le trem-
blement de terre. Et surtout d'organiser
sous le titre de "Pamwade Burundi", la
premiere dition burundaise du festival
regional "Pearl of Africa Music Awards".
Les plus grandes distinctions ont t
attributes des artistes qui front parler
d'eux ailleurs : Steven Sogo en catgorie
homme, Risiki pour les femmes et Lions
Story pour les groups.

Outre les Tambours du Burundi ou
Khadja Nin, de plus en plus d'artistes
de ce pays se font dcouvrir l'tran-
ger. Ainsi de Jrmie Hakeshimana, et
de Sybille Cishahayo* qui ont fait une
premiere parties hautement apprcie
du concert de la star congolaise Baloji
Leuven, Belgique en avril dernier.
Jrmie Hakeshimana est composi-
teur, arrangeur et musicien. Sybille
Cishahayo*, a la carrure d'une diva sen-
suelle dans ses chansons d'amour, mais
engage par ces uvres sur la paix, la
lutte contre le Sida et les combats de la
femme africaine.


Alida Baranyizigiye, chanteuse et cratrice de mode. o Hegel Goutier


Quant Alida Baranyizigiye, une autre
chanteuse dcouvrir, elle fait une
musique de rve et de rythme. Ayant
commenc ds l'ge de 12 ans dans un
chur de gospel, elle a gliss vers le
zouk, la salsa, le RnB et le jazz. Toujours
raffine. Elle a moul le zouk antillais
dans les intonations suaves de la langue
kirundi. Son zouk, dit-elle, se chante
avec amour et sensualit, le soul est pour
son spleen et le RnB c'est just pour le
rythme, une musique du corps.

Serge Nkurunziza**. Difficile de se
promener avec lui Bujumbura, il est
arrt par tout le monde. C'est un musi-
cien, arrangeur et surtout chanteur d'un
rythme endiabl. Il est aussi un dcora-
teur talentueux qui a conu et ralis la
dcoration complete allant des revte-
ments muraux au meubles de certain
des plus belles villas et hotels de la ville.

Le thtre est aussi relativement dyna-
mique fortement encourage et soutenu
par le Centre cultural franais. De nom-
breuses expositions de peinture se ra-
lisent dans ce lieu et ailleurs. A voir :
les uvres du collectif Maoni, trois


artistes, une belge, une Colombienne et
la Burundaise Fidlit Bivugire don't la
peinture mi figurative mi abstraite est
trs chatoyante.

Le cinaste Lonce Ngabo est aussi
suivre. Paralllement des tudes de
chimie, il pratiquait la musique. Et a
crit le scenario d'un court mtrage. Et
puis, un conte de fe. Un grand cinaste
suisse venu faire des reprages le dcou-
vrira par un heureux hasard. Que pen-
sez-vous qu'il arriva. Tout simplement
en un jour c'est la signature d'un contract
pour la ralisation d'un long mtrage
avec une grosse advance la clef. Ce
long mtrage "Guito l'Ingrat", a envahi
des crans en Europe. Lonce Ngabo
a par la suite cr dans son pays le
FESTICAP (Festival international du
cinma et de l'audiovisuel du Burundi)
qui en est sa deuxime dition.


* alias Kazuba. DVD "Indoto & Akazuba" 2009
et DVD promotionnel 2009, Ed Menya Media
wwwmenya-media.org
** Dernire parution "Africa", 2010 Ed. Sodetra


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010

















Jean-Jacques

Nyenimigabo.

Un ministry de la

Culture adul



La culture est un point important
dans les Objectifs du Millnaire du
Dveloppement. D'autant plus au
Burundi o travers des chansonss de
paix" par example qui vhiculaient "les
bonnes valeurs", elle a jou un grand
rle aprs tout ce qu'on a connu d'hor-
reur. Telle est la profession de fois du
Ministre de la Culture, des Sports et de
la Jeunesse, Jean-Jacques Nyenimigabo
dans son entretien avec Le Courrier.

La paix. Le Burundi met donc l'accent
sur la culture dans le processus de
reconciliation national. En fin d'anne,
se tient un festival de culture o toutes
les provinces sont reprsentes travers
des danses, des chansons et autres pro-
duits culturels, ce qui permet aux uns de
mieux connatre les autres. Par example,
les Batwa ont une culture assez diff-
rente des autres, le festival leur permet
de se valoriser, de se sentir comme les
Hutu et les Tutsi.

L'conomie. Le Burundi, souligne
le ministry, a fait ces derniers temps
une grande ouverture sur le cinma.
Tmoin, la quality du film "Gito l'in-
grat" de Lonce Ngabo. D'autres films


sont en tournage. Un festival de cinma
a vu le jour, le Festicab, festival du
cinma et de l'audiovisuel du Burundi.
Le gouvernement fait un grand effort
pour soutenir ces projects qui bnficient
par ailleurs du soutien d'autres spon-
sors comme les ambassades de France,
d'Allemagne de Belgique et des Etats-
Unis. A ct de l'industrie du cinma, se
dveloppe celle de la musique. Pour vi-
ter le piratage qui prenait de l'ampleur,
le ministry de la Culture a dcid avec
les professionnels d'ouvrir un bureau de
droits d'auteur et des droits voisins. Une
loi a t vote pour les protger.

Le ministre de la Culture a travaill
de concert avec le Forum des Artistes
et producteurs mais aussi avec d'autres
ministres, Justice et Scurit. Les
contrles se font rgulirement dans les
magasins et les studios. La cooperation
entire Nyenimigabo et les artistes est de
fait trs bonne. Mme les artistes qui
ont une dent contre le gouvernement
tiennent proclamer que ce ministry est
le leur car il se soucie de leur russite,
de leurs intrts et de leur bien-tre.
Un ministry adul. Une fois n'est pas
coutume.


Sybille Cisahayo. En concert Leuven, Belgique.
Hegel Gouber


Serge Nkurunziza


Burundi A visiter

* Saga plage Bujumbura, www.sagaplage.com

* Saga Nyanza au bord du lac Tanganyika la
frontire avec la Tanzanie,

* Resha au bord du Lac Tanganyika ( 60 km de
Bujumbura)

* Les chutes de Rutana

* Les eaux thermales de Rumonge, site non
amnag, mais sublime avec un bassin trs
chaud pour les hommes et celui du bas plus
tempr pour les femmes (rgle non crite)


* Les chutes d'eau a l'entre de Mwaro (supposes
sacres prs desquelles toutes les reines du
Burundi taient enterres).

* Le parc priv attenant au nouvel htel luxueux
Iteka Mwaro. Ne pas manquer de discuter avec
le matre du logis Etienne Barigume, intarissable
sur les vertus cologiques de la region

* Les parcs nationaux : Ruvubu, Kibira et Rusizi


* Stanley et Livingstone

* La source du Nil

* Le march de Masekeza

* Les chutes Agasamo

* Le Lac Rwihinda ou Lac des oiseaux ( Kirundo)


* La faille des Allemands Nyakazu,
impressionnante


Courrier


*'De ,rag



































IIi, :1..- [.-, ,.-iI11,..,, I.: l


"Je danse donc ie suis"


Quarante jeunes gs de 12 18 ans,
deux centres de danse, deux pays
africains, une organisation but non
lucratif et l'Union europenne sont
associs au programme "Je danse
donc je suis".





Elisabetta Degli Esposti Merli




d'offrir des jeunes sociale-
ment dfavoriss d'Afrique
des course de formation
artistique qui combinent tradition et
modernit tout en encourageant leur
insertion social et socioculturelle.
Des difficults sociales, conom-
iques ou de sant peuvent en effet
marginaliser radicalement les jeunes.
Deux partenaires, l'ANERSER
(Ouagadougou, Burkina Faso) et le
RIOEV (Bamako, Mali) entendent
attnuer ce phnomne. L'ANERSER
est une association but non lucratif
axe sur la rinsertion des enfants
et des jeunes et le RIOEV un rseau
rassemblant 40 associations et 1.000
enfants des rues.

Au terme du sminaire de lance-
ment du project (18-22 janvier 2010),
40 jeunes ont t slectionns pour
participer des course dispenss par
le CDC* La Termitire (http://cdc-
latermitiere.net/) et Donko Seko
(http://www.donkoseko.org/) -des


organizations diriges par des dan-
seurs de renomme internationlae,
savoir Salia Sanou, Seydou Boro et
Ketty Noel. Le programme organise
present une formation artistique
incluant des ateliers, des course de
chorgraphie et des course thoriques
sur l'histoire de la danse et du thtre.
Il monte galement des spectacles de
danse au niveau local et regional pour
"remercier" la socit de ce quelle leur
a donn. Ce project triennal est finance
par la Commission europenne dans le
cadre du programme "Dveloppement
social et human" et est mis en uvre
par Africalia en partenariat par les
associations africaines prcites.

Nous avons pos une srie de ques-
tions Africalia :

Pourquoi avez-vous dcid de
miser sur la danse pour la rinser-
tion des jeunes ?

Africalia -La danse est un moyen
de communication trs efficace qui
permet aux jeunes d'exprimer ce qu'ils
ressentent avec leur corps. Ces jeunes
ont en effet souvent du mal met-
tre des mots sur leurs sentiments.
Vritable language corporel, la danse a
un effet thrapeutique en incitant les
jeunes aller la rencontre des autres
et les couter. [...] A long terme, le
programme encourage les participants
se hisser un niveau professionnel,
ce qui peut aussi leur ouvrir de relles


opportunits conomiques.

Quel accueil rserveront selon vous
les habitants ce programme ?

Les premiers spectacles publics
organiss pour "remercier" la soci-
t ont t accueillis avec beaucoup
d'enthousiasme par les habitants des
deux villes, qui ont galement apprci
la presentation d'un nouveau point
de vue et le changement de mentality
[...] Ces activits entendent aussi pro-
mouvoir l'"accs universal la cul-
ture" [...]

Selon nous, la reaction des habit-
ants de Ouagadougou et de Bamako
sera positive. Tout d'abord, parce que
ce programme offre aux jeunes en
difficult la possibility de retrouver
une autonomie conomique et social,
grce un course de trois ans de
niveau professionnel. Ensuite, sou-
venons-nous de la clbre citation de
Descartes "cogito ergo sum" (Je pense,
donc je suis). "Je danse donc je suis ",
communique donc l'ide que la danse
est synonyme de vie, une expression
de l'tre, une expression d'espoir et la
confirmation du moi et de sa propre
existence. Comme l'a dit le clbre
danseur Alphonse Tierou "Si sa
danse bouge, l'Afrique bougera "

* Centre de Dveloppement
Chorgraphique .


N. 17 N.E. MAI JUIN 2010


:1..- [.i -, : .- I I,- : ', : 1-: I, : .-l,-













Dak'art 2010:


retrospective et perspectives



Dak'Art, la Biennale de l'Art africain contemporain, s'est droule dans la
capital sngalaise du 7 mai au 7 juin, autour du thme RETROSPECTIVE AND
PERSPECTIVE. La premiere dition de cette biennale remote 1990. D'abord
axe sur l'art et la littrature (Biennale de l'art et de la littrature), la Biennale de
Dakar est dsormais ddie aux reprsentants africains des arts plastiques.


Sandra Federici


tiques, curateurs et artistes
ont t fort occups durant
la premiere semaine, courant
d'une interview l'autre et se partag-
eant entire les diverse inaugurations et
les spectacles varis l'affiche du pro-
gramme official et les vnements, tout
aussi intressants, organiss en marge
de Dak'Art.

Les cinq curateurs de Dak'Art 2010
avaient t charges de slectionner les
artistes participants parmi les 400 can-
didatures reues d'artistes n'ayant jamais
expos Dak'Art. Ils ont propos une
exposition international qui a surtout
t l'occasion, pour le public, de dcou-
vrir de jeunes artistes comme le laurat
du Grand Prix Lopold Sdar Senghor,
Moridja Kitenge Banza (RDC). C'est le
Muse IFAN qui a accueilli cette expo-
sition, ainsi qu'une retrospective sur les
nouvelles oeuvres d'art de 9 artistes des
prcdentes ditions de la Biennale.

La Galerie Nationale des Arts a prsen-
t les uvres de cinq artistes hatiens,
parmi lesquels Mario Benjamin et
Maksaens Denis, et expos deux com-
positions autour du thme du sisme qui
a ravag Port-au-Prince.

Plusieurs vnements ont t organiss
en marge de l'exposition, notamment
le duo de Barthlemy Toguo et de Soly
Ciss la Galerie du Mange, le project
Afropixel au Ker Thiossane, et "La
Cour de Joe Ouakam", un crivain
et artiste sngalais reconnu. Notons
galement la presentation d'un project
particulirement intressant ralis par
les Acadmies des Beaux-Arts de Dakar
et de Rouen, avec un tablode qui pro-
pose des ides, des images et des instan-
tans de la vie des jeunes Sngalais.

Mme si cette dition semble avoir
moins retenu l'attention du monde des
arts, le secrtaire gnral de Dak'art,
Ousseynou Wade, s'est dclar satisfait
de l'vnement, notamment du point
de vue de l'organisation. "Toutes les


Barthlmy TOGUO, Road for Exile, techniques mixtes, 700 x 400 cm, 2008-2010, Exposition Toguo/
Ciss, Galerie Le Mange, Dak'art Off, Dak'art 2010


uvres sont arrives ici, l'exception
d'une seule qui devait tre monte
sur place par l'artiste burundais Serge
Nitegeka. Celui-ci vit en Afrique du Sud
mais n'a pu rejoindre Dakar en raison de
son statut de rfugi." Son mail, dans
lequel il nous a annonc avec tristesse
qu'il ne pourrait assister l'vnement
et remercie les organisateurs de l'avoir
slectionn, a t expos dans l'espace
qui lui tait rserv dans cette exposi-
tion international.

Le catalogue Dak'Art 2010 prsente un
compete rendu critique de ces 20 dern-
ires annes, au travers d'intressantes
contributions de celles et ceux qui ont
fait jusqu'ici le succs de cet vnement.
Devenue une vritable institution, la
Biennale de Dakar est aujourd'hui bien
tablie, aprs des annes d'incertitudes.
Elle a survcu de nombreux vne-
ments, qui, malgr un financement plus
important, n'ont pu aboutir. On lui doit


en outre un patrimoine irremplaable
d'uvres visuelles africaines. En plus
du financement de divers donateurs
europens, l'vnement a toujours t
massivement soutenu par le Sngal
lui-mme.
Pour les organisateurs, l'heure n'est
cependant pas se reposer sur leurs
lauriers, malgr ce constat positif. A eux
present de s'employer faire de cet
vnement bien plus qu'un rendez-vous
dsormais traditionnel. Il faut mainten-
ant surprendre le visiteur, en privil-
giant l'innovation et en approfondissant
le dbat et la rflexion. Comment ? En
s'inspirant, pourquoi pas, de l'appel
lanc aux artistes par le duo sud-africain
Rosenclaire, qui, l'entre du Muse
IFAN, accueille les visiteurs en les
invitant "Investir dans l'immatriel"
(Invest in the immaterial ; voir article
suivant).


Courrier


Craivit
















Rosenclaire:


investor dans l'immatriel

Le duo artistique form de Rose Shakinowsky et de Claire Gavronsky a vu le jour
en Afrique du Sud. Les deux femmes se partagent aujourd'hui, en priv et dans
le travail, entire Florence, Le Cap et Johannesburg. Ces deux artistes ont quitt
l'Afrique du Sud pour l'Italie il y a 25 ans ; c'est l, en Toscane, qu'elles ont mis en
place un prestigieux programme d'artistes en residence. Rosenclaire partage ses
ides par le biais de projects de collaboration qui ont rcemment bnfici d'une
reconnaissance important. Nous les avons rencontres la Biennale de Dak'art.


signes de reconnaissance
se sont multiplis : les
Botes savon l'extrieur
de la South ., i, a i National Gallery,
la rcente exposition la Galerie
Goodman, au Cap, l'exposition
Domestic Departures l'Universit
d'Etat de Californie et present, la
Biennale de Dakar. C'est la premiere
fois que vous participez cette bien-
nale. Pourquoi ?

Selon nous, Dak'art offre surtout une
chance aux artistes mergents du con-
tinent africain qui exposent titre
indpendant. Cette anne, la curatrice
de l'vnement, Marylin Martin, nous
a demand de traduire en franais
notre enseigne Invest in the immaterial,
notamment pour l'entre du Pavillon
de la biennale. Notre enseigne appelle
les artistes, les critiques, les curateurs
et les collectionneurs investor dans


l'intangible et dans le philosophique.
Nous voulons oprer recentrage et une
rvaluation du sens et de l'importance
de la production artistique au XXIe
sicle. C'est une enseigne, une inscrip-
tion sur le mur contre le traffic d'uvres
d'art que nous avons observ au course
de cette dernire dcennie.

Vos crations revtent un aspect
politique, qui lie le present et le
pass. Quels sont vos principaux
thmes ?

Le racism, la difference et l'identit (en
Afrique du Sud comme en Europe), la
mmoire et le colonialisme, la violence
contre les femmes et les enfants et
l'injustice conomique.

Nos crations, et c'est l leur caract-
ristique principal, reposent toujours
sur un dialogue avec l'histoire de l'art
et la critique contemporaine, mais elles
abordent en mme temps des ques-
tions sociales et politiques. Nous faisons
appel aux mdias traditionnels et con-
temporains afin de remettre en question


les prjugs en matire de production
artistique. Dans le cadre de notre expo-
sition fministe Domestic Departures,
nous avons ainsi invit Kentridge
s'associer certaines de nos produc-
tions, comme Gesture -erased WK draw-
ing et Vacuum I et Vacuum II. Nous
avons aspir un de ses grands dessins
la craie avec un aspirateur. Rosenclaire
rappelle ici Erased de Kooning* cr par
Rauschenberg en 1953 et son Factum I et
Factum II, deux uvres de 1957.

L'entit artistique de Rosenclaire est
lefruit d'une union entire deux styles
artistiques trs diffrents. Comment
parvenez-vous faire le lien entire
ces deux aspects ?

Nous unissons nos forces pour faciliter
un dialogue cratif sur un thme, un
lieu ou une situation spcifique. On
pourrait parler de fertilisationn croise"
entire le march aux puces, le studio,
l'histoire de l'art et l'exprience person-
nelle, avec comme point d'articulation
la peinture, le dessin, la sculpture,
l'installation et la vido.

Pourquoi avez-vous fait le choix de
vivre la fois en Italie et en Afrique
du Sud ?

Nous adorons le style de vie l'italienne
et tout ce qu'il a nous offrir sur le plan
artistique ; son histoire et ses traditions
continent nous inspire, ainsi que
les artistes avec lesquels nous travail-
lons. Mais nos racines profondes sont
en Afrique du Sud, o nous continuous
participer activement l'ducation
artistique et au dialogue avec l'art con-
temporain africain.

* Signant un acte d'expression artistique,
Rauschenberg a littralement gomm un des-
sin de Willem de Kooning.


Rosenclaire, Punctuation, 2010, Huile sur lin, Courbe
franaise et point d'interrogation 30 x 39 cm (peinture).
Rosenclaire


Rosenclaire, Seismograph, 2010, Huile sur planche et
stthoscope ancien, 18 x 12,5 cm (peinture). Rosenclaire


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010


Craivit


















Prsidence belge de
l'Union Europenne


Un homage


Afrique


Visionnaire


Sous ce titre le Palais des Beaux-Arts
de Bruxelles (Bozar) en association
avec le Muse de Tervuren, rend un
insigne hommage au dynamisme
et la modernit de l'art d'Afrique,
y compris de la diaspora africaine,
pour clbrer les cinquante ans
d'indpendance de 17 pays du
continent. Et ce, travers un
festival se droulant du 30 mai
au 26 septembre 2010 avec le
support du gouvernement belge, de
la Commission europenne et du
Secrtariat du Groupe ACP. L'une des
originalits de ce festival est que sa
programmation a t faite en grande
parties par des Africains eux-mmes.


C ,est David Adjaye archi-
tecte britannique d'ori-
gine ghanenne qui en est
le directeur artistique et
Nana Oforiatta Ayim, aussi du Ghana, la
directrice de recherche. Une autre origi-
nalit d'Afrique Visionnaire est de marier
recherches artistique et scientifique.
2010 n'tant pas uniquement l'anne du
jubil des indpendances africaines mais
aussi celle d'un vnement symbolique,
la premiere coupe du monde de football
en Afrique, les deux hauts lieux culturels
organisateurs du festival ont rserv
une place une manifestation populaire
accdant rarement sinon jamais de
pareilles cathdrales de la culture.

A la base d'Afrique visionnaire, la mission
d'organiser un vnement cultural de
grande importance pour la prsidence
de l'Union europenne par la Belgique,
alloue par le gouvernement au Palais
des Beaux-Arts. Le directeur-gnral de
cette institution, Paul Dujardin a propo-
s "un project d'change avec l'Afrique,
rsolument tourn vers l'avenir" selon
son propos. La Commission europenne
qui a galement finance le project, a sou-
hait qu'il serve de catalyseur renforant
les relations entire les centres culturels
et muses d'Europe et d'Afrique. De
nombreuses entits culturelles belges tra-


vaillant sur l'Afrique comme Africalia,
de mme que des organizations de la
diaspora africaine comme Matonge En
Couleurs, tout comme les ambassades
Bruxelles de 53 pays africains ont t
associes la conception de l'vnement.

Parmi les temps forts du festival, il y
aura l'exposition GEO-graphics. A Map
of Art practices in Africa Past and Present
mettant face face des chefs d'uvres
de l'art ancien d'Afrique et des cra-
tions contemporaines. Elle est prpare
notamment par David Adjaye et Nana
Oforiatta Ayim. Huit muses d'Afrique
ont t invits y envoyer leurs uvres
d'art moderne. Parmi les artistes renom-
ms d'Afrique et de la diaspora qui par-
ticiperont Afrique Visionnaire, figurent
Anglique Kidjo, Rokia Traor, Papa
Wemba, Germaine Acogny et Raoul
Peck.

En Belgique le prolongement du fes-
tival sera rien moins qu'un "muse
de l'Afrique du XXIe sicle" par-
tir d'une revision musographique des
riches collections du Muse de Tervuren
(Muse royal de l'Afrique central) qui
l'entreprendra avec le Bozar et en asso-
ciation avec des artistes et associations
culturelles africaines. En Afrique, le fes-
tival se dclinera aprs sous des formes
varies. La premiere occasion sera le
Sommet Afrique-Europe Tripoli, Libye
en novembre 2010.


"<


David Adjaye.
SEd Reeve Avec l'aimable autorisaton du Palais des Beaux-Arts de
Bruxelles


Nana Oforiatta Ayim.
D Sam PellyPelly Avec l'aimable autorisation du Palais des Beaux-Arts de
Bruxelles


Courrier


Craivit





A Ius jeunes


r.



N-yi; 9io


N. 17 N.E.- MAI JUIN 2010











Conference international
sur le dveloppement de
l'Afrique Yaound
A l'invitation du Prsident de la
Rpublique du Cameroun, S.E.
Paul Biya, une conference interna-
tionale "Africa 21" s'est drou-
le Yaound, au Cameroun, les
18-19 mai 2010. Ces deux journes
se sont articules autour du thme
Africa, an Opportunity for the
World: Realities and Challenges
("LAfrique, une opportunity pour le
monde : Ralits et dfis"). Cre
aprs le Symposium de Monrovia
de 1979, la Confrence interna-
tionale de Yaound s'est droule
dans le context des clbrations
organises en 2010 pour le 50e
anniversaire de l'indpendance de
17 pays africains. Occasion rve
d'examiner les dfis et les perspec-
tives du dveloppement africain.
La Conference a abord une srie
de questions en rapport avec la
gestion des resources, la bonne
governance, la scurit, le rle
du secteur priv, l'intgration co-
nomique et le rle de l'Afrique dans
l'ordre international.


Ues laureats du prix Jeunesse et Ueveloppement en pleine discussion avec des
tudiants ghanens. e Commission europenne


ADRESSE : LE COURIER 45, RUE DE TRVES 1040 BRUXELLES (BELGIQUE)
COURRIEL : INFO@ACP-EUCOURIER.INFO SITE INTERNET : WWW.ACP-EUCOURIER.INFO


CALENDRIER JUILLET NOVEMBRE 2010


Juillet 2010

18-23/7
Conference 2010 sur le SIDA
Vienne, Autriche
Pour en savoirplus :


25-27/7
Sommet de l'Union africaine :
Assemble des chefs d'Etat et
de gouvernement
Kampala, Ouganda


Septembre 2010

20 22/09
Conference haut niveau sur le suivi
des OMD des NU
New York City, Etats-Unis

27 -30/09
3e runion des ministres ACP en
charge de l'asile, des migrations et de
la mobilit
Bruxelles, Belgique

27 -30/09
21e Session de l'Assemble
parlementaire des ACP et 21e session
de l'APP
Bruxelles, Belgique


Novembre 2010

29- 30/11
Sommet UE-Afrique
Tripoli, Libye
Pour en savoirplus :
http://www.africa-eu-partnership.org/
focus/itemslarticle 10010 fr.htm


Courrier


Prix europen "Jeunesse et dveloppement" :
un voyage en Afrique pour les laurats
Du 3 au 8 mai, les 27 tudiants laurats de l'dition 2008-2009 du Prix europen
"Jeunesse et dveloppement" sont parties en voyage au Ghana avec leurs ensei-
gnants. Un prix qui leur a permis de mieux connatre l'Afrique et d'observer la
cooperation au dveloppement l'oeuvre.
Le Prix europen "Jeunesse et dveloppement" est ouvert aux tudiants de 16 18
ans de tous les pays de I'UE. Pour cette troisime dition 2008-2009, les tudiants
ont t invits raliser des vidos ou des affiches autour du thme des dfis et de
l'avenir de l'Afrique. Lobjectif est de sensibiliser les jeunes l'Afrique et d'amliorer
la connaissance des activits et de l'aide humanitaire de I'UE en Afrique. Chaque
dition du prix s'articule autour d'un thme spcifique ; pour cette dition, c'est celui
du "Dveloppement human en Afrique" qui avait t retenu.
Le group a suivi un programme intensif, qui lui a aussi offert une occasion unique
de rencontrer des tudiants africains et de parler avec eux de leurs habitudes,
cultures et experiences. Le voyage s'est termin Bruxelles, o les tudiants se
sont attards les 7 et 8 mai pour visiter les institutions europennes la veille de la
Journe de l'Europe.
















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Femme de Itaba, Buiunci e Hegel Goutier