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Courrier (French)
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 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 11-2009
Copyright Date: 2009
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00066

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N.14 N.E. NOVEMBRE DECEMBRE 2009

COURRIER
LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS AFRIQUE CARABES PACIFIQUE ET UNION EUROPENNE


.. ... ...... .. .. .. ..











COURRIER


Conseil Editorial
Co-prsidents
Sir John Kaputin, Secrtaire gnral
Secretariat du Groupe des Etats ACP
www.acp.int

M. Stefano Manservisi, Directeur-Gnral DG Dveloppement
ec.europa.eu/development/

Rdaction
Directeur et Rdacteur en chef
Hegel Goutier

Jounalistes
Marie-Martine Buckens (Assistante Rdacteur en chef)
Debra Percival

Assistant Editorial et Production
Okechukwu Romano Umelo

Ont particip ce numro
Elisabetta Degli Esposti Merli, Sandra Federici, Catherine Haenlein, Miagotar Japhet,
Joshua Massarenti, Andrea Marchesini Reggiani, Alfred Sayila, Okechukwu Romano Umelo
et Joyce van Genderen-Naar

Gestionnaire de project
Gerda Van Bierviliet

Coordination artistique, conception graphique
Gregorie Desmons

Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani (Responsable Relations publiques et rseaux ONG et experts)

Distribution
Viva Xpress Logistics (www.vxlnet.be)

Agence Photo
Reporters www.reporters.be

Couverture
Rocher et mer, Seychelles, 2009. Hegel Goutier

Quatrime de couverture
Poster dans la rue, Limerick (Irlande) 2009. Marie-Martine Buckens



Contact
Le Courrier
45, Rue de Trves
1040 Brussels
Belgique (EU)
info@acp-eucourier.info
www.acp-eucourier.info
Tel +32 22345061
Fax +32 2 2801406

Public tous les deux mois en franais, anglais, espagnol et portugais

Pour toute information concernant l'abonnement, veuillez consulter notre site web
www.acp-eucourier.info ou contacter info@acp-eucourier.info

Editeur responsible
Hegel Goutier

Consortium
Gopa-Cartermill Grand Angle Lai-momo

Le Secretariat ACP et l'Union europenne, membres du Conseil Editorial de la revue, dclinent
toute responsabilit quant aux positions prises dans les articles du magazine Le Courrier.
Le consortium et la rdaction dclinent toute responsabilit quant aux articles crits par les
rdacteurs extrieurs l'quipe de rdaction et par tout rdacteur invit.


Notre partenaire privilgi




SENGHOR

L 'Espace Senghor est un centre
qui assure la promotion d'ar-
tistes venus des pays d'Afrique,
Carabes et Pacifique et l'change
cultural entire communauts, au
travers de programmes varis al-
lant des arts scniques, de la mu-
sique, du cinma, la tenue de
conferences. S'y rencontrent bel-
ges, immigrs d'origine diverse,
fonctionnaires europens.

Espace Senghor
Centre cultural d'Etterbeek
Bruxelles, Belgique
espace.senghor@chello.be
www.senghor.be


e:4







N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


URRIER


LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS AFRIQUE CARAIBES PACIFIQUE ET UNION EUROPENNE




Sommaire
LE COURIER, N. 14 NOUVELLE SERIES (N.S)


PROFILE
Jerzy Buzek, president du Parlement europen 2
Stephen T.K. Katenta-Apuli, Ambassadeur ougandais
auprs de l'Union europenne 3
EDITORIAL 5
SANS DTOUR
Hansjrg Neun, Directeur du CTA :
Un bricoleur ingnieux au service des agriculteurs ACP G
TOUR D'HORIZON
DOSSIER
La Science s'invite dans la cooperation
Les richesses perdues, oublies, parfois exhumes,
de l'Afrique 13
Radioscopie 14
Une science au service du dveloppement durable 15
La locomotive sud-africaine 17
Cuba, l o science rime avec dveloppement 18
Le partage des donnes pour amliorer la recherche
mdicale 19
Le casse-tete de la fuite des cerveaux 20
INTERACTIONS
Journes europennes du dveloppement,
Stockholm, Sude, 22-24 octobre 21
Le Prix du journalism Lorenzo Natali 2009 fait
la une des journaux africains 24
La stratgie UA-UE deux ans aprs... 25
Un plan d'action pour favoriser les liaisons UE-Afrique 28
La russite de l'Afrique du Sud dpend de celle de
l'Afrique australe et du continent 27
LA SOCIT CIVIL EN ACTION
Les ONG de dveloppement s'inquitent des
nouvelles priorits europennes 29
TRIALOG : un triangle parfait 30
COMMERCE
Le Fonds commun pour les products de base a 20 ans 31
ZOOM
Boubacar Boris Diop :
"On ne peut plus s'appuyer sur le mur de Berlin" 33


DE LA TERRE
Les abeilles africaines au service du dveloppement 85
REPORTAGE
Seychelles
Presqu'une devise : Beaut, Libert, Scurit,
Hospitality et farniente 37
Une suite bien tempre 39
Succs des rformes aprs le spectre d'une banqueroute 41
"Pour survive, il faut etre conomiquement fort.
Et pour etre fort, travailler dur. L'poque de demander
ou faire l'aumne est rvolue" : Entretien avec le
president James Alix Michel 42
Cooperation Seychelles-UE : Entretien avec
Alessandro Mariani, chef de la dlgation UE 45
L'alliance large contre la piraterie somalienne 48
Wavel Ramkalawan : Il faut mettre fin la politique
partisan 50
Bouillon de cultures 51
DCOUVRIR L'EUROPE
Shannon
Shannon, o l'histoire d'Irlande se renouvelle 52
Des "oies sauvages" au Tigre europen 58
Un sens historique de la solidarity 55
Le soutien indfectible du people irlandais 58
"Les dfis sont immense mais la region possde
de srieux atouts" 57
Le coeur de la musique irlandaise bat Ennis 58
Des Gaeltachs aux Cendres d'Angela 59
CRATIVIT
Silvia da Bragana, artiste multiculturelle 80
Le programme Films UE-ACP soutient le secteur
cinmatographique et audiovisuel 81
Denise Colomb: un regard humaniste 82
AUX PLUS JEUNES
Recherche Scientifique 68
LA PAROLE AUX LECTEURS/CALENDRIER 64


LE




D rofil

Marie-Martine Buckens

Jerzy Buzek,



I-1ii





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1 '. 1. , P.1 , i .- l - il, .- il l P. 1 , i ..- .- i .. , i , i .- i , .. i .- P. 1 i ..- .- i ..- i i.- : , '.







editorial


a sagesse veut qu'on ne donne pas de pois-
sons aux pauvres mais qu'on leur apprenne
pcher. La grande sagesse, double de gn-
rosit prescrirait aujourd'hui qu'on les aide
acqurir les techniques et les moyens de construire
des flottes de peche capable de concurrencer celles
qui oprent dans leurs eaux. C'est illusoire bien sur.

Toujours est-il que la cooperation entire l'Union
europenne et le group des pays d'Afrique,
Carabes, Pacifique, de meme que celle entire ces
derniers dans le domaine de la science et des tech-
nologies, semblent passer un braquet suprieur
ces temps-ci. Elle se rvle maintenant une collabo-
ration plus quilibre entire partenaires. La coopra-
tion scientifique entire l'Europe et l'Afrique est deve-
nue une priority depuis fin 2007. Avec l'adoption
par le Sommet UE-Afrique, de strategies communes
dans huit domaines incluant la science, la socit de
l'information et l'espace, accompagne entire autres
de la creation de divers rseaux de recherche.

Depuis la fin 2007 la cooperation scientifique deve-
nue une priority des relations euro-africaines, avec
deux secteurs-cls dfinis par le Partenariat stratgi-
que UE-Afrique : la technologies spatiale et celle de
l'information et de la communication et la mise en
place de rseaux de chercheurs. Le lancement recent
par le programme-cadre de recherche et dveloppe-
ment de I'UE d'un appel propositions sans discri-
mination positive en faveur des institute africains est
rvlateur de la crdibilit acquise par ces derniers. Le
rapport 2009-2010 du Forum Economique Mondial,
sur la comptitivit, compliment les qualits des
rseaux de recherche public-priv de pays comme
l'Afrique du Sud ou le Kenya.


L'Unesco estime pour sa part que des pays comme
l'Afrique du Sud, la Cte d'Ivoire, le Kenya et le
Zimbabwe ont de relles potentialits de recherche
scientifique. Sans citer le Nigeria qui, malgr son
recul dans ce domaine, s'annonce toujours comme un
future dragon. Avec ses 95 universits et une dizaine
d'instituts techniques et surtout les dispositions prises
en 2006 de crer un fonds pour le dveloppement
scientifique et technologique de 5 milliards de dollars
prlevs sur les revenues ptroliers. Bon example. Le
hic est que le nouvel engagement africain dans la
recherche n'est pas encore consolid par un engage-
ment financier. Seul l'Afrique du Sud consacre plus
d'un pour cent de son PIB la recherche.

Eu gard l'ensemble du group ACP, l'Union
europenne a finance le programme de science et
technologies lanc en 2008 et qui vise une mise en
rseau de recherches. Dans la Carabe, Cuba reste
la locomotive d'autant qu'elle dveloppe de plus en
plus des relations avec ses voisins. C'est une entre-
prise de St-Kits-and-Nevis qui produira et commer-
cialisera dans le cadre d'un accord inter-cariben les
pesticides de nouvelle gnration et autres products
vtrinaires mis au point par les Cubains.

La nouvelle audace de l'Afrique quant la science
et la recherche, si nouvelle audace il y a, surgit
de pair avec le dbut d'une reconnaissance et d'une
valuation de l'apport du continent aux sciences
et techniques soulignes dans le Dossier de ce
numro. O l'on dcouvre qu'outre la mtallurgie
du fer essentielle pour le dveloppement future de
l'Occident, l'Afrique avait t la base des math-
matiques en ayant fabriqu le premier calculateur
que l'homme ait jamais invent, il y a 35.000 ans.


Hegel Goutier
Rdacteur en chef


N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009






J.wU


I


..............


I11il.I


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Aprs cinq ans la tte du CTA, son mandate s'achevant en fvrier 2010, Hansjrg Neun
s'apprte tirer sa rvrence. En ayant transform cette institution nagure peu connue
en une bote outils apprcie au service de l'agriculture des pays ACP, sans commune
measure avec le peu de resources don't elle dispose. Entre autres, grce l'instauration d'un
systme de gestion pregnant plus du marketing des entreprises prives que de la gestion
institutionnelle.


I Hansjrg Neun avec le personnel. a Hegel Goutier


Pour faire passer le concept du marketing
l'intrieur de l'institution, il lui fallait modi-
fier les approaches entire direction et person-
nel, tirer le maximum d'une petite quipe d'
peine quarante employs statutaires et une
dizaine de stagiaires qui devaient avoir plus
de prise sur leur travail. Peu protocolaire, il
tait surprise de dcouvrir le long tapis rouge
qui conduisait au bureau directorial qui lui
tait rserv. "S'il vous plait, demanda-t-
il, balance ce tapis rouge. Le ton tait
donn. Et l'action s'en est suivie. Quand il
est interview, il insisted pour que le journa-
liste parle aussi ses collgues. Proche du
dpart, qu'est-ce qui lui fait le plus de plaisir
avec recul ?


HN La motivation de mes collgues tait
l'un des objectifs qu'on s'tait fix, je crois
qu'on l'a bien atteint. Et ce, travers une
restructuration et une responsabilisation.
Je leur ai dit : vous etes pays pour faire un
travail, c'est vous de prendre seuls la res-
ponsabilit et de ne pas laisser au directeur
le pouvoir, l'obligation de dcider. Proposez-
moi votre business plan et votre budget. Je
crois que cette responsabilisation a rendu
les collgues plus l'aise, plus meme de
s'identifier l'institution.

Je suis ici en tant que manager. Je dois voir
ce qu'offre le CTA et ce qu'offre le march.
Avec l'argent des contribuables europens, je
dois avoir des rsultats. On peut faire autre-
ment mais je ne trouve pas cela sexy.


COURRIER


~j I


J M


M MM--


6L

















Restructuration
On a rduit le nombre de dpartements
oprationnels de 4 3. On a cr un poste
de marketing et on a renforc nos capacits
en technologies de l'information et de la
communication de meme que nos publica-
tions. On s'est focalis beaucoup plus vers
des groups cibles stratgiques en dter-
minant qui dans les 79 pays ACP sont nos
partenaires privilgis, qui nous offre par
sa collaboration des avantages comparatifs.
L'un de ces groups est les mdias. Malgr
l'importance de l'agriculture pour le dve-
loppement qui a t reconnue par le rapport
de la Banque mondiale sur le dveloppement
en 2008 et qui avait remis l'agriculture sur
le devant de la scne, on n'a pas enregistr
des suites appropries en terms d'investis-
sements en vue d'une meilleure productivity
afin de nourrir une population mondiale de
8 milliards d'habitants en 2050. Dernier
lment de la restructuration : un poste de
responsible de resources humaines, indis-
pensable pour la motivation de nos agents,
un meilleur recrutement et une bonne ges-
tion du personnel.

Cahier de charge
Comme le stipule l'Accord de Lom repris
par l'Accord de Cotonou, notre mandate est
de fournir des informations, assister les pays
ACP dans la communication et dans le ren-
forcement des capacits. Donc nous faiscns
de l'information sur des supports varis. La
communication, c'est de choisir les canaux
appropris pour parvenir toucher les grou-
pes cibles. Par example, pour les paysans et
le monde rural, c'est tout d'abord la radio
rurale, pour les ministres ou des services de
vulgarisation, l'email, le Web2. On dispose
de notre publication phare SPORE imprime
ou en ligne et nous utilisons le systme d'in-
formation gographique participatif (partici-
patory geographic information system).

Si peu de finances
Quand j'ai commenc en 2005, notre budget
tait de 70 millions d'euros pour 5 ans donc
14 millions par an. Maintenant on en est 16
millions pour plus de 70 pays avec une popu-
lation estime 1 milliard don't 600 700
millions vivent en milieu rural. Per capital,
cela revient 0,02 euro peine, la goutte
d'eau dans l'ocan. Il fallait donc bien dfi-
nir sa niche pour que le CTA ait une valeur
ajoute par rapport aux ONG sur place, ou
aux agents d'assistance au dveloppement
bilatral ou multilatral.



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


IA partir de lagauche : Oumy Ndiaye, Hansjorg Neun et Koda Traor. 0 Hegel Gouter


Mme Oumy Ndiaye Chef des Services
de Communication
Nous travaillons avec des partenaires
dans plusieurs pays d'Afrique a qui nous
avons donn un appui financierettechni-
que qui centralisent les informations sur
les prix des matieres premires a partir
d'Internet tout comme des informations
meto et les rediffusent par sms ou via
la radio Le paysan peut ainsi vendre au
meilleur moment et au meilleur prix Et
planter au bon moment

Koda-Traor
Coordinateur du programme TIC
Ayant constate que beaucoup de tele-
centres ont des problmes de prennit.
nous avons bti Lin programme avec 3
axes le modele de gestion, on a etLiudle
l'exemple de I Inde avec 100 000 tele-
centres proches des ralits africaines et
on en fera profiter nos clients africains ,
l appropriation travers les possibilities
pour les gens de gerer les contenLis dif-
fuses grce a des petits outils comme
Web2 le enforcement des capacities
par des formations peu coteLises dans
le milieu rural.


Carine Kazadi
Jeune expert au Service Marketing
Nous allons voir sur le terrain comment
les beneficiaries apprecient nos pro-
dLits.
Le CTA est une institution mais produi-
sant de I information, il devient une mar-
que Notre marketing quelle technique
utiliser pour s'assurer qu'on a une bonne
vision de la ralit sur le terrain Com-
ment rendre nos products plus compe-
titifs Comment captiver et fidliser nos
groups cibles












Debra Percival


L'UE prolonge les measures pour les Fidji


L es measuress appropries" prises par
l'Union europenne pour les Fidji
ont t proroges d'une nouvelle
priode de six mois. Dcides suite
au coup d'Etat du Commodore Voreque
Bainimarama, elles prendront fin le 31 mars
2010. Alors que l'aide au dveloppement et
l'aide spciale au secteur du sucre sont sus-
pendues, d'autres measures prvoient la pour-
suite du dialogue entire l'UE et les Fidji au
titre de l'article 96 de l'Accord de Cotonou,
auquel les Fidji sont toujours parties.
"Pour l'UE, la prorogation des measures
offre une occasion d'engager ventuelle-
ment un nouveau dialogue politique. Si les
consultations dbouchent sur de nouveaux
engagements crdibles de la part des Fidji,
l'UE est dispose rexaminer ses measures
dans un sens positif ", peut-on lire dans la
declaration du 24 septembre du Conseil.


I Marchands, Fiji. Reporters


Le communique prcise : "Les measures
appropries en vigueur sont destines
contribuer la transition aux Iles Fidji : la
cooperation au dveloppement serait reprise
progressivement si les Fidji devaient remplir
leurs engagements concernant les droits de
l'homme, les principles dmocratiques et
l'Etat de droit."
"Les autorits des Fidji ayant dcid de
violer un certain nombre d'engagements, le
pays s'est vu priv d'une parties des fonds
de dveloppement. L'aide humanitaire et le
soutien direct en faveur de la socit civil
ne sont pas affects par les measures appro-
pries", explique encore le communique.
Pour l'UE, le coup d'Etat militaire du 5
dcembre 2006 aux Fidji a constitu une
violation de la dmocratie et de l'Etat de
droit, deux "lments essentiels" de l'Accord
de Cotonou. S'en est suivi un dialogue entire
l'UE et le gouvernement intrimaire qui
a dbouch un ensemble de engagements
convenus en avril 2007 avec la rpublique
des Iles Fidji. Cette liste incluait initiale-
ment l'organisation d'lections parlementai-
res avant le 28 fvrier 2009.
Le Commonwealth a rcemment suspend
les Fidji pour n'avoir pas respect leur enga-
gement concernant la date des lections, le
Premier ministry par intrim Bainimarama
ayant fait part de son intention, dans son
"Cadre stratgique pour le changement"
du ler juillet 2009, de reporter les nouvelles
lections 2014. Malgr tout, le dialogue


se pursuit entire le gouvernement intri-
maire des Fidji et le Commonwealth pour
promouvoir le respect des principles de cette
association de pays et le bien-etre des habi-
tants des Fidji.
Dans un entretien accord au Courrier,
Joseph Ma'ahanua, ambassadeur des Iles
Salomon auprs de l'UE et ancien president
du Comit des ambassadeurs ACP-CE (de
fvrier juillet 2009), fait part de la vision
de son pays concernant son voisin fidjien.
"Nous avons traditionnellement toujours t
proches des Fidji et nous essayons donc de
travailler avec ce pays dans le cadre de nos
relations de longue date, qui ne se limitent
pas au fait que nous sommes voisins".
Et d'ajouter : "Nous sommes de surcrot
des nations assez jeunes qui venons de nous
soustraire l'autorit colonial et qui ne rai-
sonnons en terms de dmocratie que depuis
peu. Ces dmocraties taient fondes sur des
concepts trangers, don't certain ne tenaient
pas compete, au dbut, du context cultural
particulier".
"Face des difficults comme la situation
aux Fidji, nous essayons de comprendre les
problmes plutt que d'isoler un pays. Nous
devons aider ce pays s'attaquer aux causes
sous-jacentes et la racine du problme, et
l'aider avancer sur la bonne voie. Ce qui
ne signifie nullement que nous cherchions
excuser une prise de pouvoir antidmo-
cratique subie par un gouvernement lu",
prcise-t-il.


malgr la tragdie, le tourism des Samoa est ouuert aux affaires


tion gnrale de l'Union europen-
ne en charge de l'aide humanitai-
re (ECHO) n'a pas tard ragir,
approuvant une aide humanitaire d'urgence
hauteur de 150.000 euros en faveur des
Samoa. Un suivi, sous la forme d'une assistan-
ce humanitaire supplmentaire, est galement
envisag. Le 30 septembre, un tsunami avait
frapp la region, faisant 143 morts aux Samoa
et endommageant gravement les infrastructu-
res aux Tonga et dans les Samoa amricaines.
La Commission europenne a aussi ragi sans
dlai la catastrophe en envoyant des citer-
nes d'eau au sud des ctes d'Upolu, region
des Samoa particulirement touche par le
tsunami. Une assistance spcifique qui a pu
etre dgage dans le cadre d'un programme
existant de soutien au secteur de l'eau.
La reconstruction des infrastructures et la


promotion du tourism ont galement fait
l'objet de toutes les attentions. Le gouverne-
ment samoan a ainsi command une tude,
finance par le gouvernement australien,
auprs d'une important socit de consul-
tance du Pacifique, KVA Consult. L'objectif
est d'valuer les dgts et de recommander
une feuille de route pour assurer une rha-
bilitation parfaite des infrastructures en un
minimum de temps. C'est ce qu'a expliqu
le vice-Premier ministry Misa Telefoni, qui
est galement en charge du tourism. "Cette
tude doit absolument prendre en compete le
cot physique et financier de la rcente catas-
trophe, sans oublier son cot psychologique".
Et d'expliquer au Courrier que le tsunami
"avait rendu l'conomie national encore
plus vulnerable."
L'Autorit samoane du tourism (STA) a
lanc en octobre "une nouvelle champagne


de marketing aggressive "Les spcialistes
planchent dj sur la champagne car il ne faut
pas perdre de temps. Il faut veiller com-
muniquer rapidement et le mieux possible ce
message, en tenant compete des sensibilits
culturelles et psychologiques par rapport
la situation", explique M. Telefoni. Meme
si le tsunami a balay une parties des infras-
tructures, la plupart des hotels sont encore
oprationnels, y compris plus de la moiti
des infrastructures touristiques de "fals"
en bord de mer, particulirement touchs en
raison de leur emplacement sur la plage. Les
Samoa font parties du Groupe des pays ACP.
Ils bnficient d'une envelope de 30 mil-
lions d'euros au titre du 10e Fonds europen
de dveloppement (FED), essentiellement
dans le secteur de l'eau et du systme sani-
taire (voir la rubrique "Reportage" consacre
aux Samoa dans Le Courrier, n 12). D.P.


COURRIER






Tour d'horizon


Debra Percival


De nouveaux projects en faueur


du Zimbabwe par le biais d'OflG


A lors que les pourparlers se poursuivent
entre l'Union europenne (UE) et le
gouvernement unitaire de transition
du Zimbabwe quant aux conditions
que le pays doit respecter pour se voir octroyer
long terme une aide au dveloppement, la
direction gnrale de la Commission europenne
en charge de l'aide humanitaire (ECHO) et la
direction gnrale au dveloppement s'apprtent
finance cette anne des projects hauteur de
120 millions d'euros par le biais d'organisations
non gouvernementales.
Ce type d'aide humanitaire de la Commission
europenne (CE) en faveur du Zimbabwe est en
train d'voluer, explique Franois Goemans, chef
du bureau ECHO dans ce pays : en se basant
sur les critres de "malnutrition aigu globale,
dit-il, le Zimbabwe n'a plus besoin d'une aide
alimentaire. ECHO donne ds lors dsormais la
priority la sant publique, l'amlioration de
l'accs l'eau potable (l'objectif tant d'viter une
nouvelle pidmie de cholra comme celle qui
s'est produite en dbut d'anne) et l'accs aux
mdicaments essentiels. ECHO veillera d'ailleurs
approvisionner 1.500 centres de soins de sant
en mdicaments essentiels (42 au total).
"Mme si la situation s'est lgrement amliore
sur le front de la scurit alimentaire, la situation
d'urgence laquelle le Zimbabwe doit faire face


se prolonge. Faute de possder des terres, les
populations urbaines sont particulirement vul-
nrables. En cette priode, il est donc capital de
renforcer et de consolider les interventions axes
sur la scurit alimentaire afin de pouvoir venir
en aide aux populations en danger", a dclar
le commissaire en charge du dveloppement,
Karel De Gucht, rcemment nomm. Pour sa
part, Franois Goemans a indiqu au Courrier
qu'ECHO ngocie actuellement avec les autorits
en vue de l'octroi de petits lopins de terre aux
citadins, ce qui leur permettrait d'assurer leur
subsistence.
Depuis 2002, le Zimbabwe doit faire face une
inscurit alimentaire chronique provoque par
les difficults rencontres par le programme de
rforme foncire lanc en 2000 par le gouverne-
ment zimbabwen. La scheresse, les pnuries de
carburant, d'engrais et de tracteurs, le sous-inves-
tissement dans le domaine des infrastructures
ainsi que les contrles des prix ont pes sur la
productivity notamment dans le secteur agricole.
Les hauts reprsentants de la CE notent toute-
fois des amliorations dans l'approvisionnement
alimentaire et l'accs aux products alimentaire,
grce de meilleures rcoltes, la dollarisation
de l'conomie et la libralisation des marchs
craliers.
En partenariat avec le Comit international de


Patient assist par un membre de sa famille la sortie
de l'Hpital gnral Parirenyatwa, Harare, Zimbabwe,
2008. ECHO se concentre dsormais plus sur la sant
publique que sur l'aide alimentaire. Reporters/AP

la Croix-Rouge (CICR), ECHO s'emploie par
ailleurs amliorer les conditions de dtention
(y compris la situation alimentaire) des 20.000
prisonniers que compete le Zimbabwe, en particu-
lier dans les grands tablissements pnitentiaires
de plus de 200 dtenus. L'accs aux prisons a t
autoris par le ministry zimbabwen de la justice.
Mis en euvre par des ONG, les projects de la
direction gnrale au dveloppement pour le
Zimbabwe incluent des dons d'engrais et de
semences et un "programme de retention" gr
par l'Organisation international pour les migra-
tions (OIM), qui, par le biais d'incitants finan-
ciers, encourage le personnel spcialis, comme
le personnel soignant, rester au Zimbabwe au
lieu d'migrer en Afrique du Sud. L'aide long
terme en faveur du Zimbabwe, au titre du Fonds
europen de dveloppement (FED), reste en tout
cas suspendue, jusqu' ce que l'UE obtienne la
garantie de rformes supplmentaires de la part
du gouvernement unitaire zimbabwen. D.P.

Voir: http://www.delzwe.ec.europa.eu


NE~ dan laltepu lacIIax iaet

Dexognstosnnguenmna eet e tt ebe d 'Eiss xotstu atlglmn a 'ne e


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IntrainlErp.H IErp) ot mted rpit nelculedn e lmn elU u e risd rpit
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probme e l'cc ais au miamns de drisd prpit inelculeqi mdc et trov ,dsiauNg .






Tour d'horizon


Marie-Christine Buckens


La uolonte de cooperation Sud-Sud

A l'issue du Sommet Afrique-Amrique latine (ASA) qui s'est droul fin septembre sur l'le de
Margarita, dans le nord-est du Venezuela, les reprsentants d'une soixantaine de pays des
deux continents ont affirm leur volont d'approfondir leur cooperation. Un sujet voqu lors
du Sommet Union europenne-Brsil, qui s'est tenu le 7 octobre Bruxelles.


A l'issue du Sommet Afrique-
Amrique latine (ASA) qui s'est
droul fin septembre sur l'le de
Margarita, dans le nord-est du
Venezuela, les reprsentants d'une soixantai-
ne de pays des deux continents ont affirm
leur volont d'approfondir leur cooperation.
Un sujet voqu lors du Sommet Union
europenne-Brsil, qui s'est tenu le 7 octobre
Bruxelles.
"Ce sommet est un rendez-vous avec l'his-
toire, il faut aller au-del de la rhtorique,
car la crdibilit de la cooperation Sud-Sud
est en jeu" a dclar Jean Ping le president de
la commission de l'Union africaine.
La runion vise renforcer la cooperation
des pays participants devant la crise ali-
mentaire, financire, conomique et envi-
ronnementale et agrandir les accords et
plans d'action qui ont commenc dbut
2006 lors du premier sommet Abuja, au
Nigeria. Premire application, sept pays
sud-amricains ont sign l'acte de naissance
de la banque du Sud, un tablissement qui
financera des projects de dveloppement et
prsent comme une alternative la Banque
interamricaine de dveloppement (BID) et
au Fonds montaire international (FMI).


LE ROLE MOTHER DU BRESIL
A Bruxelles, le president brsilien Lula
da Silva a incit les Europens investor
advantage dans son pays, l'un des rares
ne pas avoir t durement touch par
la crise financire et conomique et qui'
devrait connatre une croissance posi-
tive cette anne. Brasilia de son ct a
la volont d'accrotre sa presence sur le
continent africain. Ainsi, les changes
commercial entre l'Amrique latrine et
l'Afrique sont passes de 6 36 milliards
de dollars, depuis le premier sommet e
d'Abuja au Nigeria en 2006. Rien que
pour le Brsil, les changes avec les
Le president brsilien Luiz Inacio Lula Da Silva lors
pays africains lusophones se sont levs d u Sommet Amrique du Sud Afrique,
l5 milliards de dollars. le 26 september 2009. 0 Rpffl-/AP


Le president vnzulien a appel les pays
d'Afrique faire de meme. Par ailleurs,
divers accords bilatraux, notamment ner-
gtiques portant sur la construction de raffi-
neries dans les pays ptroliers d'Afrique, ont
t signs. M.M.B.


Louis michel co-preside rIlssemble


parlementaire paritaire IfCP-UE


I Louis Michel. Reporters/AP


Aprs avoir command la coopra-
tion europenne au dveloppement
pendant cinq ans, le Belge Louis
Michel se retrouve aujourd'hui
dput (parti liberal) au Parlement europen.
Bien qu'il soit inscrit comme membre de la
commission parlementaire "Liberts civiles,


justice et affaires intrieures", l'ancien com-
missaire europen n'en a pas pour autant
abandonn ses vieilles amours. On le retrouve
ainsi inscrit comme membre supplant de la
commission parlementaire "Dveloppement"
et, surtout, comme coprsident de l'Assem-
ble parlementaire paritaire ACP-UE. Un
poste qu'il partage avec Wilkie Rasmussen,
vice-premier ministry des Iles Cook et qui lui
permettra d'influer nouveau sur la destine
des relations de l'Union europenne avec ses
partenaires, jusqu'ici privilgis, du group
Afrique, Carabe et Pacifique.
L'ambition de celui qui fut galement la
tete de la diplomatic belge ne s'arrete pas l.
Louis Michel a convaincu son gouvernement


de le presenter comme candidate a la prsi-
dence tournante de l'Assemble des Nations
Unies. Un poste occup actuellement par le
Libyen Ali Abdussalam Treki. L'Assemble
gnrale de l'ONU a un rle consultatif pour
les questions touchant au maintien de la paix
et la scurit international. Elle a aussi un
pouvoir de decision sur le budget de l'ONU
et l'entre des nouveaux membres au sein de
l'Organisation. M.M.B.



mots-cls
Assemble parlementaire paritaire ACP-
UE ; Louis Michel; Wilkie Rasmussen.


C*URRIER


mots-cls
ASA; Lula da Silva ; Sommet Afrique-
Amrique latine; Sommet UE-Brsil.




Tour d'horiz&


I
a


III


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III


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* Afrinue : Conenhnaoue


t 1uIIuI !


































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A


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Science Dossier


Les richesses perdues, oublies,



parfois exhumes, de Iflfrique


humaine et des mathmatiques... en
attendant que de nouvelles dcouver-
tes viennent infirmer le cas chant
ces affirmations. En rduisant ce continent
un rle d'"initiateur", quite confier aux
autres continents l'Europe surtout le soin
de parfaire le travail, c'est oublier la diversity
des inventions qui ont fleuri au course des
sicles, et cela bien avant notre re.

Si l'on exclut les fameux manuscrits de
Tombouctou (lire l'encadr) qu'on com-
mence enfin sauver de la destruction, peu
de tmoignages nous parviennent d'un pass
scientifique que l'on peut croire riche.

> Une actilit uacue
des mmoires
Les pistes existent pourtant, mais elles sont
rares. Pour quelles raisons ? La premiere,
sans doute, est le peu d'intrt port par les
colons aux pratiques des populations locales.
Si ce n'est par les quelques ethnologues et
archologues emports dans leurs malles.
Parmi eux, Marie-Claude Dupr et Bruno
Pinon qui, dans leur livre crit quatre
mains (Mtallurgie et Politique en Afrique
Central, Ed.Karthala), se penchent sur le
sort des "rois forgerons" des plateaux batk
(Gabon, Congo et Rpublique dmocra-
tique du Congo). Ces hommes ont uvr
depuis plus de 2.000 ans la fabrication de
mtaux, suivant des techniques qui ncessi-
taient des comptences pointues. Pourtant,
nous disent-ils, "l'activit mtallurgique
semble avoir t vacue des mmoires",
poursuivant : "un peu partout on attribue
bien volontiers aujourd'hui l'invention de la
sidrurgie aux Blancs, Portugais ou Colons,
quand elle n'est pas projete dans l'univers
immatriel des 'esprits'." Pourquoi un tel
dni ? Est-ce parce que ces populations
avaient abandonn ces pratiques depuis prs
d'un sicle ? Question ouverte.

> Les os de Lebombo et d'Ishango

Si le gnie mathmatique s'est exprim aux
quatre coins de la terre, les tenants de la
thorie et ils sont nombreux -d'une origine
unique (et non concomitante) d'une inven-


N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


Anciens manuscripts de ispar dans une mason aux murs de boue, Tombouctou, Mali. Les manuscrits constituent une fenetre
tsur la tradition et le rice passe de la vde eiR.AP


















milir de- bilithqes qu rel To- neO..Dpi os Arqed u pot


tion vous diront que chronologiquement
c'est en Afrique noire que tout a commence.
Leur argument : la dcouverte dans les
annes 70 dans les montagnes de Lebombo
entire l'Afrique du Sud et le Swaziland de la
premiere calculette, un pron de babouin
portant 29 encoches nettement visible et
datant de ... 35.000 ans avant notre re. Il
n'est pas le seul. En 1950, un gologue belge
dcouvre Ishango sur les rives congolaises
du lac Edouard un os particulier, datant de


25.000 avant notre re. Cet os deviendra la
coqueluche des archologues. Les encoches
sur ses cts seraient en fait une table de
nombres premiers. Ainsi l'Homo Sapiens
Sapiens Africanus matrisait dj les suites
arithmtiques. M.M.B.

mots-cls
Forgeron; mathmatique; Tombouctou;
manuscripts ; Afrique du Sud; os de
Lebombo et d'Ishango.






Dossier Science


Radioscopie


L'Afrique subsaharienne contribute au produit intrieur brut mondial pour environ 2,3% mais
ne dpense que 0,4% des sommes consacres la recherche et au dveloppement (R&D). Alors
qu'elle reprsente 13,4% de la population mondiale, elle ne fournit que 1,1% des chercheurs
scientifiques de la plante. Elle ne compete qu'un chercheur ou ingnieur pour 10.000 habitants,
contre 20 50 dans les pays industrialists.


multiples voient le jour. En 2005,
l'Union africaine (UA) et le NEPAD
(Nouveau partenariat pour le dve-
loppement de l'Afrique) lancent un plan
d'action afin de soutenir leurs programmes
dans des domaines comme l'agriculture,
l'environnement, les infrastructures, l'in-
dustrie et l'ducation. Ils dposent 12 projects
de recherche, allant de la biotechnologie au
dveloppement des connaissances africaines
traditionnelles en passant par l'adoption des
nouvelles technologies de l'information. Les
dirigeants africains ne sont cependant pas
parvenus un consensus sur le financement
de ce plan estim 158 millions de dollars
sur cinq ans.



CBien que le nombre
d'universits africaines
soit pass de 13 en 1960
300 en 2002,
la plupart manquent
de personnel et de
matriel. >


Crer la base scientifique et technologique
pour reliever les nombreux dfis du dve-
loppement de l'Afrique rencontre de formi-
dables obstacles : diminution constant du
financement de l'enseignement suprieur
ainsi que de la R&D et fuite des cerveaux.
Les liens entire industries et institutions
scientifiques sont trs faibles ; les rsultats
des recherches sont donc rarement exploits
localement. S'y ajoutent des politiques natio-
nales de promotion de la science primes,


Laboratoire medical l'Institut de recherche mdicale du Mmorial Noguchi, Ghana. 0 Reporters/Science Photo Library


une baisse de la quality de l'enseignement en
grande parties en raison du manque d'argent
et d'infrastructures. Bilan : l'Afrique est loin
d'atteindre l'objectif qu'elle s'est fixe d'at-
teindre au moins 1% du PIB en R&D (avec
une exception notable, l'Afrique du Sud).
Les politiques menes par les bailleurs de
fonds ont contribu au problme. Les pro-
grammes d'ajustement structure des annes
80 ont rduit les budgets de l'ducation; les
bailleurs de fonds ont reconnu le besoin de
rtablir ces budgets, mais ils se sont concen-
trs sur l'enseignement primaire arguant
qu'il profitait l'ensemble de la socit au
contraire de l'enseignement suprieur. Bien
que le nombre d'universits africaines soit
pass de 13 en 1960 300 en 2002, la plu-
part manquent de personnel et de matriel
et leurs rsultats de recherche sont parmi les
plus faibles au monde.


> Des dfis surmontables


Pourtant, des pays comme l'Afrique du
Sud (lire article spar), la Cte d'Ivoire,
le Kenya et le Zimbabwe possdent dj
une base scientifique et technologique rela-
tivement dveloppe et pourraient, estime
l'UNESCO, avec un investissement sup-
plmentaire relativement rduit, mettre sur
pied des tablissements technologiques et
scientifiques de haut niveau qui profite-
raient toute la region. Ainsi, le Nigeria a
mis en place en 2006 un fonds dot de 5
milliards de dollars pour le dveloppement
de la science et de la technologies ; fonds
principalement aliment par les revenues des
exportations ptrolires. M.M.B.
Mlots-cls
Union africaine; NEPAD ; science; Nigeria.


COURRIER






































La science fait dsormais
parties intgrante de
la cooperation entire
l'Union europenne et ses
partenaires du Groupe ACP.
En tmoignent le nouveau
partenariat scientifique
entire l'Afrique et l'Europe,
et la mise sur orbite du
Programme ACP pour la
Science et la Technologie.

Il ette volution est encoura-
geante" explique Daan du
Toit, conseiller en sciences
et technologies la Mission
de l'Afrique du Sud auprs de l'UE, qui
pursuit : "on l'a sentie venir au lendemain
du Sommet du dveloppement durable de
Johannesburg en 2002. Ce sommet a permis
de se rendre compete du rle important de la
science comme instrument de dveloppe-
ment." Deux ans plus tard, les ministres afri-
cains de la science adoptent un plan d'action
consolid. "Ce plan marque un tournant ",
pursuit le conseiller. Et c'est donc presque
naturellement que le partenariat stratgique
conclu en dcembre 2007 Lisbonne entire
l'Afrique et l'UE, compete parmi ses huit
thmes prioritaires, la science. La science,
flanque de deux secteurs d'application
directed et jugs particulirement important
par les pays africains : les technologiques



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


spatiales et celles de l'information et de la
communication (TIC).

"Si l'on veut vraiment parvenir un dve-
loppement durable, en se servant de la
science comme outil, il faut des gens sur le
terrain" pursuit Daan du Toit. La recher-
che n'est donc plus uniquement une affaire
de contracts de recherche qui jusqu'ici pro-
fitaient surtout aux centres et laboratoires
europens, mieux dots mais aussi une
question de enforcement des capacits de
recherche, encore souvent trs fragiles.

> Rseau africain
Ct europen, cela implique une colla-
boration indite entire certain acteurs qui













-r






I p
I Analyses l'hpital Jamaa, Nairobi, Kenya. Reporters/BSIP


jusqu'ici travaillaient en "solitaire". A com-
mencer par les Etats membres, comme en
tmoigne leur presence relativement clair-
seme aux runions du Groupe conjoint
d'experts, charge de mettre en uvre le
partenariat science. Un group qui, pour la
parties africaine, est prsid par la Tunisie
et par la France pour la parties europen-
ne. Coordonner les recherches de part et
d'autre de la Mditerrane reste encore une
gageure. Aussi, le partenariat a-t-il prvu de
mettre en place en parallle un rseau per-
mettant aux centres de recherche de crer
des groups (autofinancs), l'instar du
rseau europen ERA-NET. Son pendant
ERA-NET Africa a t lanc en juillet der-
nier. "Les consortium devraient permet-
tre de mutualiser les politiques", explique







Dossier Science


1Des scientifiques menent une recherche sur le system stereoscopique de haute energie sur le plateau de Namibie. Reporers


Patrice Cayr, reprsentant auprs de l'UE
de l'Institut franais de recherche pour le
dveloppement (IRD). L'IRD, qui a t
mandat par la France pour la reprsenter
la tete du group d'experts europen.

"Pour que ce partenariat remarquable soit
optimal, il faut qu'il prvoie des actions
tant de formation, que de recherche et de
transfer de connaissances, pursuit Patrice
Cayr. Pour cela, il faut que les direc-
tions gnrales concernes au sein de la
Commission europenne aient des instru-
ments coordonns." S'agissant de l'IRD,
son reprsentant Bruxelles voit grand :
"notre ambition est d'europaniser l'IRD. A
plus long terme, il faudrait un rseau, voire


un centre europen de recherche pour le
dveloppement. Si ce partenariat stratgique
se limited des actions programmes entire
les deux commissions (de l'UE et de l'AU,
ndlr), cela n'a pas de sens. L'implication des
Etats membres est essentielle."


> Fini la discrimination positive

"Ce partenariat reprsente un grand dfi
mais est une belle ide" rpond en cho
Francesco Affinito, charge du programme
science et technologies la direction gn-
rale dveloppement de la Commission. Une
direction qui est chef de file dans ce par-
tenariat, avec l'appui des trois directions
concernes par les trois thmes prioritaires :


recherche, TIC et space. Dix-neuf projects
de cooperation, don't six (deux par thmes)
ont t dclars prioritaires dans le parte-
nariat (cfr Le Courrier n8). Comment les
finance ? Aucun budget spcifique n'a t
allou au partenariat et la Commission jon-
gle essentiellement avec deux instruments
sa disposition : le 7e programme cadre
de recherche (PCRD) dot de la coquette
some de 53 milliards d'euros pour la
priode 2007-2013 et le Fonds europen
de dveloppement (FED). Pour la premiere
fois, le 7e PCRD est ouvert tous les pays.
"Encore faut-il que les sujets soient d'intrt
pour les pays en dveloppement, souligne
Patrice Cayr", qui se flicite malgr tout de
l'ouverture rcente d'un appel proposition
special pour l'Afrique, dot de 63 millions
d'euros. "A l'inverse des programmes prc-
dents, confirm Philippe Froissard, en charge
de la cooperation international la direction
recherche de la Commission, nous ne faisons
plus de discrimination positive. Les finance-
ments sont bass sur la concurrence libre et
l'excellence scientifique. Nous ne finanons
pas le enforcement des capacits."

Ce enforcement des capacits fait l'objet
de financements au titre des FED : de 30
millions d'euros au titre du 9e FED, il est
pass 40 millions d'euros dans le 10e. "Ces
fonds bnficieront tous les pays ACP, pr-
cise Francesco Affinito, et permettront aux
chercheurs ACP de pouvoir accder plus
facilement aux financement du 7e PCRD."
D.P.


mots-cls
Partenariat UA-UE Sciences ; Francesco
Affinito ; Philippe Froissard; Patrice
Cayr ; Tunisie; France; ERA-NET
Afrique; 7e PCRD ; FED.


COnSOLIDER LES RSERUS HCP

Dans la foule du forum ministriel ACP recherche d'accrotre leur mise en rseau. recherche, de mme que leur exploitation
sur la recherche qui s'est tenu au Cap en Pas seulement entre pays ACP, puisque et diffusion.
2002, le group ACP decide de lancer un le programme est galement overt aux
programme destiny souvenir les activists 27 Etats members de VUE, aux trois pays Six secteurs de recherche priorities ont
de ses chercheurs. Le "Programme ACP europens candidates l'adhsion et aux t fixs: les soins de sant de quality (les
pour la Science et la Technologie" est trois pays members de l'Espace conomi- mdecines traditionnelles et les progrs
lanc en juin 2008. Dot d'un budget de que europen. Il doit galement permettre en biotechnologies la recherche environ-
35 millions d'euros (30 millions provenant de contribute l'valuation des besoins nementale, l'nergie (en particular les
du 9e Fonds europen de dveloppe- de recherche, afin de permettre aux pays energies renouvelables), les transports (la
ment, et 5 millions puiss dans l'enve- de consider ou mettre en oeuvre des saturation des capacits de transport, la
loppe europenne prvue pour la coo- politiques de recherche national. La mise pollution atmosphrique et les accidents),
pration avec l'Afrique du Sud), il devrait en rseau devrait aussi permettre une agriculture et l'agro-inclustrie et le com-
permettre aux university et centres de amelioration de la quality des rsultats de merce equitable.


C*URRIER




























La locomotiue




sud-africaine


LODservaroire asironomique a ATrique au bua (bAAU), buinerlana,
Afrique du Sud. 0 Reporters/Science Photo Library I


orte de ses capacits scientifiques
importantes le plus grand nombre
de brevets et d'articles publis sur le
continent l'Afrique du Sud entend
jouer un rle de premier plan pour renforcer
la cooperation africaine.

CORPS D'abord au sein de la SADC
(Communaut de dveloppement d'Afrique
australe qui regroupe 14 pays de l'Afrique
australe et l'ocan Indien) ; ensuite en
concluant des accords bilatraux l'ins-
tar de celui renouvel chaque anne avec
le Kenya. Enfin, souligne Daan du Toit,
conseiller pour la science et la technologies
la Mission sud-africaine auprs de l'Union
europenne, "notre partenariat avec l'UE
en matire de R&D est l'un des plus anciens
puisqu'il remote 1996, au lendemain de
l'apartheid. Cet accord a t un modle du
genre, mme si aujourd'hui son importance
est devenue toute relative dans la measure o
le 7e programme-cadre de R&D de l'UE
est dsormais ouvert tous". Mais surtout,
insiste-t-il, "cette experience nous permet
d'inscrire la R&D comme priority dans
la cooperation africaine. Ainsi, lors de la
premiere prsidence du NEPAD (Nouveau
partenariat pour le dveloppement de l'Afri-
que), l'Afrique du Sud a beaucoup tra-
vaill sur l'initiative africaine en matire de
science. Notre engagement pour soutenir la
recherche africaine est rel."

La R&D sud-africaine se decline suivant
cinq priorits. A commencer par l'agricul-
ture et la sant, au travers du programme



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


Farmer to Pharma (De la ferme la pharma-
cie) qui s'appuie sur la recherche biotech-
nologique et agronomique pour mettre au
point de nouveaux intrants et mdicaments.
Les nergies renouvelables ensuite en met-
tant l'accent sur le solaire et les piles com-
bustible. Troisime priority : la lutte contre
le changement climatique et la preservation


de la biodiversit. La recherche spatiale et
enfin, thme transversal, l'tude de l'impact
des technologies sur la socit. M.M.B.


mots-cls
Sciences; Afrique du Sud; NEPAD.


L'fiu du Su cofim sa plc de Na ibe grmpn de l- l- 103
leader~~~~~~~ des pasdArqesbaainepsto ucasmnd eqel




pubiqe e c, e dpi d es grve to- gacrl 84e le M zamiu la 105






Dossier Science


Cuba, l o science rime


auec dueloppement

Un chiffre qui en dit long : Cuba consacre environ 1,2% de son PIB (soit plus que la moyenne
de I'UE) la recherche scientifique et au dveloppement technologique. Deux secteurs bio-
technologie et pharmacie restent privilgis mme si le gouvernement a dcid de renforcer
la recherche dans d'autres secteurs, en priority les sciences fondamentales, les technologies de
l'information et de la communication et, enfin, les sciences sociales.


Depuis le dbut des annes soixante,
Cuba a donn la priorit l'du-
cation. Son programme national
d'alphabtisation lanc l'po-
que permet Cuba de se targuer d'etre
aujourd'hui l'un des pays du monde en
dveloppement le plus alphabtis ; le pro-
gramme cubain connu aujourd'hui sous
le slogan "Yes, 1 can" essaime dans toute
la region. Priority l'ducation, mais aussi
la recherche avec comme objectif principal
un programme "cycle complete savoir
une recherche scientifique lie l'utilisation
des rsultats, au service du dveloppement
du pays. Un programme bas aussi sur les
resources humaines : celles-ci s'lvent
1,8 pour 1.000 habitants, une moyenne qui


dpasse de loin les taux des autres pays en
dveloppement.

En 50 ans, plusieurs centres de recherche
scientifique don't 7 majeurs ont vu
le jour Cuba. Ceux-ci sont essentielle-
ment concentrs La Havane au sein du
"Ple scientifique de l'Ouest" qui regroupe
un certain nombre d'instituts prestigieux
tels que : le Centre d'ingnierie gntique
et biotechnologique (Centro de Ingenieria
Gentica y Biotecnologia) reconnu pour ses
ralisations en terms de production (vac-
cin recombinant contre l'hpatite B par
example) et de recherche en biotechnologie ;
l'Institut de mdecine tropical Pedro Kouri
don't l'ONU et l'Universit amricaine de


Harvard ont rcemment fait l'loge comme
un des fers de lance du systme de sant
cubain, ou encore le Centre national de
recherches scientifiques (Centro Nacional
de Investigaciones Cientificas) rput pour
ses ralisations dans la recherche sur les
neuroscience, les products naturels, l'usage
medical de l'ozone, et la production de PPG
(un mdicament anti-cholestrol extrait de
la canne sucre). M.M.B.


Mlots-cls
Cuba ; science ; neem.


C*URRIER






Science Dossier


Andrea Marchesini Reggiani



Le partage des donnes pour



amliorer la recherche mdicale


Finance par le programme Edulink, le project Medishare au Kenya,
en Tanzanie et en Ouganda.


I CINECA- Runion de dmarrage, Bologne, Italie, 22-24 octobre 2008. 0 EugeniaRinaldi


C omme nombre d'autres pays en
dveloppement, le Kenya, la
Tanzanie et l'Ouganda patient un
lourd tribute aux maladies qui font
des ravages dans les populations rurales pau-
vres, surtout parmi les femmes et les enfants.
En Afrique subsaharienne, l'ingalit des
systmes de soins de sant reprsente le prin-
cipal obstacle l'atteinte des Objectifs du
Millnaire pour le dveloppement (OMD) n
4, 5 et 6, savoir rduire la mortality infan-
tile et maternelle et combattre le VIH/sida,
le paludisme et la tuberculose principless
maladies infectieuses).
L'amlioration de la quality, de la gestion
et de l'utilisation des donnes sur la sant
revt une importance toute particulire. Le
project Medishare vise crer un partenariat
durable articul autour d'un flux ascendant
et horizontal de connaissances mettre en
place entire les universits et les hpitaux.
Le chef de file du project est CINECA,
un consortium de 36 universits italiennes
form pour promouvoir un systme informa-
tique et de traitement des donnes extreme-
ment performant. Les partenaires du project
sont notamment l'universit de Nairobi,
l'universit Makerere (Ouganda), l'univer-
sit de la sant et des sciences connexes de
Muhimbili (Tanzanie) et le Consortium
Almalaura.
Ce project est finance par le programme
Edulink, un programme du Fonds europen
de dveloppement (www.acp-edulink.eu).



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


Jusqu' present, le project a cr, dans chaque
pays partenaire, une cellule de recherche
universitaire comptente dans le domaine
de l'pidmiologie ou des essais cliniques. Il
a galement finalis une phase pilote de col-
lecte de donnes auprs de huit hpitaux pri-
vs et publics dans les trois pays viss. Une
base de donnes reprenant 1181 patients a
ainsi t constitute selon une mthode qui
a t approuve en septembre dernier par les
comits thiques de ces trois pays.
Le project est maintenant entr dans une
nouvelle phase : l'augmentation du nom-
bre de sites cliniques actifs qui enregis-
trent leurs patients dans la base de donnes
Medishare.
Le site Internet du project propose aussi un
apprentissage en ligne sur l'infection par le
VIH et donne accs la recherche concernant
les enfants atteints de cette maladie, avec une
certification des crdits de formation.
"Nous ambitionnons de dvelopper cet aspect
de notre project, explique Marisa De Rosa,
coordinatrice du project, en particulier par la
formation sur la communication mdecin-
patient et des campagnes de communication
social. Nous devons produire davantage
d'informations sur les vraies causes de la
maladie afin d'viter la stigmatisation des
personnel malades. Nous savons maintenant
quelle est la premiere recommendation poli-
tique tirer de cette premiere phase de notre
project : les gouvernements, les diffrents
acteurs et les dcideurs doivent s'engager


accroitre l'information et la communication
destination des patients et de l'ensemble de
la socit. Cette amlioration jouera un rle
fundamental dans l'action preventive."
Le chef de file du project cherche aussi
impliquer les firmes pharmaceutiques, qui
mnent toutes des essais cliniques restreints
dans leurs pays respectifs et produisent des
bases de donnes isoles. L'un des objectifs
du project est de faire participer ces firmes
ses registres de connaissances et de normali-
ser les procedures, ce qui permettra de com-
parer les donnes. Un autre objectif consiste
amplifier les recherches de manire asso-
cier un plus grand nombre d'Etats africains
au rseau de recherche, mais galement
couvrir d'autres pathologies telles que le
diabte, le cancer ou les maladies cardio-
vasculaires, cela grce un financement qui
pourrait s'obtenir au titre du 7e programme-
cadre de recherche.


Salle d'attente, d'enregistrement et de consultation l'hpital
de Bagamoyo (Tanzanie), septembre 2009. C Eugenia Rinad,

lots-cls
Partage des donnes ; recherche mdicale;
pidmiologie ; paludisme ; SIDA ;
tuberculose ; MEDISHARE ; CINECA;
programme Edulink.










































Etudiants a l'Universite de Juba, Soudan. Des scientitiques
africains font champagne pour une rforme du systme
d'enseignement du continent, afin de stopper la fuite des
cerveaux. Reporters

Comment viter la fuite des
cerveaux, en particulier
de l'Afrique, vers les pays
industrialists ? Et quel
rle la diaspora peut-elle
jouer dans cette stratgie ?
Deux questions qui restent
ouvertes.

y L1 a fuite des cerveaux reste un
phnomne dvastateur en
Afrique" a rappel aux grands
de ce monde, runis en Italie en
juillet dernier sous la bannire du G8+5, le
Rseau des Acadmies africaines des scien-
ces (Network of African Science Academies
ou NASAC). Dans un communique public
un mois avant la runion du G8+5, le
NASAC soulignait le fait que "un tiers des
scientifiques africains vivent et travaillent
dans les pays dvelopps."
Les scientifiques africains ont exhort les
pays industrialists aider l'Afrique rebtir
son systme d'enseignement suprieur. Et
de leur rappeler les recommendations faites
l'poque par la commission mise en place
par le premier ministry britannique de l'po-
que, Tony Blair. A savoir : dbloquer "un


des cerueux


impratif ", estimait la commission 3 mil-
liards de dollars sur dix ans pour dvelopper
des centres d'excellence en sciences et tech-
nologies et 5 milliards pour le financement
des universits en Afrique. Une demand
reconnue par le G8 qui s'est toutefois bien
gard jusqu'ici de s'engager financirement.
La declaration souligne galement la nces-
sit de mettre en contact les scientifiques
africains de la diaspora et ceux rests sur le
continent. Premire tentative : la rencontre,
en aot dernier entire Jean-Pierre Ezin, le
Commissaire de l'Union africaine en charge
des Sciences et Technologies, et l'Insti-
tut scientifique africain (African Scientific
Institute ou ASI). Cette organisation de
rseautage base en Californie, propose
de permettre aux scientifiques africains de
la diaspora de participer aux programmes
scientifiques du continent.

> Risque de dtournement
L'ASI n'est pas la seule. La Fondation natio-
nale pour la Recherche d'Afrique du Sud
- gre par le bureau Afrique du Conseil
international pour la Science (ICSU) -
compte crer une base de donnes de cher-
cheurs mais aussi identifier des sources de
financement pour des projects conjoints. Le
financement initial devrait tre assur par
les pays africains plutt que par les bailleurs


de fonds trangers, si l'on en croit Sospeter
Muhungo, directeur de l'ICSU pour l'Afri-
que. Le discours de Muhungo indique
Linda Nordling, ancienne rdactrice en chef
du journal en ligne Research Africa tra-
duit une inquitude grandissante quant aux
consequences imprvues de la mobilisation
de la diaspora. Ainsi, indique-t-elle, "malgr
les intentions louables des scientifiques de la
diaspora, ces derniers risquent, grce leurs
entres auprs des bailleurs de fonds tran-
gers, de dtourner involontairement l'agenda
scientifique de l'Afrique. L'Institut africain
pour la Science et la Technologie (AIST) de
l'Institut Nelson Mandela illustre parfai-
tement ce sentiment croissant. L'AIST est
l'une des collaborations les plus ambitieuses
entire bailleurs de fonds internationaux et
scientifiques africains qu'ils soient sur le
continent ou migrs. Fruit de l'imagination
de scientifiques de renom vivant pour la
plupart aux Etats-Unis, elle se veut conue
selon le modle de l'Institut indien des
Technologies, avec un campus dans cha-
cune des rgions du continent : en Afrique
du Nord, de l'Est, de l'Ouest et en Afrique
Centrale. M.M.B.



mots-cls
Fuite des cerveaux ; diaspora ; Union
africaine; ICSU ; ASI.


C*URRIER











~i.

j' ,s, ~,4.


Hili''


w 111 [;&


III"








Interactions ACP UE


I Centre de Stockholm. Hegel GCoutier


Ernest Bai Koroma. La Sierra Leone reste
en bas de la liste de l'indice du dvelop-
pement human tablie par le Programme
des Nations Unies pour le dveloppement
(PNUD). Lors d'une session plnire, M.
Bai Koroma a expliqu que le prix du riz
avait double en moins d'un an. Qui plus est,
la croissance de son pays, qui atteignait 6,4%
en 2007, est redescendue 5,5% en 2008
puis 4% en 2009.

Selon le president de la Banque africaine de
dveloppement, Donald Kaberuka, la crise a
"sap les efforts d'autogestion des Africains",
balayant dix ans de rforme conomique
en six mois et frappant durement des pays
comme le Botswana et Maurice, qui avaient
prcdemment ralis de belles performan-
ces conomiques.

"Les institutions de Bretton Woods com-
mencent accuser leur ge ; d'aucuns disent
qu'il est temps d'envisager leur retrait", a
suggr Otive Ibguzor, directeur des cam-
pagnes internationales chez International
Campaigns for Action Aid. Dominique
Strauss-Khan, directeur gnral du Fonds
montaire international (FMI), fond aprs
la Deuxime Guerre mondiale pour veiller
la stability financire mondiale, a dclar que
le "FMI effectuait un retour aux sources",
rduisait l'tendue de ses exigences vis--vis
des pays et prenait davantage en compete les
circonstances locales.

Le Dr Ibguzor s'en est pris l'vasion fiscal
par les multinationales : "Robin des Bois vole
aux pauvres pour donner aux riches", a-t-il
affirm pour illustrer son propos. Cet argent,
qu'il estime 106 milliards de dollars par an,
soit la moiti du PIB de la Sude, pourrait
tre plus utilement dpens dans les pays en
dveloppement, a-t-il suggr.

Mohammed Yunus, prix Nobel de la paix


en 2006 et directeur gnral de la Grameen
Bank, a appel une refonte fondamentale
du systme financier international, lequel
nglige les deux tiers de la population de la
plante. Selon M. Yunus, le temps est venu
de rejeter l'gosme et la maximisation des
profits en faveur de l'altruisme, cela en
favorisant les entreprises sociales et les celles
don't les bnfices ne sont pas redistribus.

> Les grandes entreprises
sur la sellette

Dans un dbat "Dmocratie et dvelop-
pement", les grandes entreprises ont, elles
aussi, t mises sur la sellette. Kumi Naidoo,
president honoraire de la World Alliance for
Citizen Participation (CIVICUS), a deman-
d ce que les grandes entreprises rendent
des comptes pour avoir manipul la dmocra-
tie. Pendant les JED, de nombreuses voix se
sont leves pour appeler un enforcement
de la socit civil qui permettrait celle-ci
de jouer pleinement son rle de participation


Muhammad Yunus aux Journes europennes du
dveloppement 2009, Stockholm, Sude.
Commission europenne


au partenariat Afrique-UE. "La dmocratie
sans la socit civil n'est rien d'autre qu'une
simulation", a dclar Thoraya Ahmed
Obaid, directrice executive du Fonds des
Nations Unies pour la population. Un hom-
mage l'un des piliers de la dmocratie, la
press libre, a t rendu l'occasion de la
crmonie de remise des prix Natali pour
le journalism, dcerns par la Commission
europenne (voir article spar).

Les appeals pour agir en matire de change-
ment climatique ont jailli de toutes parts.
Selon le Dr Rajendra Pachauri, prix Nobel
de la paix 2007 et president du Groupe inter-
gouvernemental sur l'volution du climate
(GIEC), qui s'est exprim lors d'un dbat
en plnire sur ce sujet, son organisation a
estim que d'ici 2020, de 75 250 mil-
lions d'habitants d'Afrique pourraient tre
en situation de "stress hydrique" en cons-
quence du changement climatique.

Emmanuel Manny Mori, president des Etats
fdrs de Micronsie, a averti que son
pays, qui compete 600 miles dans le Pacifique
occidental, tait "au bord de la noyade". Il a
lanc un appel en faveur d'un nouveau mode
de vie avec une moindre consommation
des resources de la plante. Raila Odinga,
Premier ministry du Kenya, a dcrit le sym-
bole fort du changement climatique dans
son pays : l'effacement des neiges ternelles
au sommet du mont Kilimandjaro. Elles ont
diminu de 80% entire 1912 et 2009 et pour-
raient disparaitre totalement d'ici 2015.

Michle Louis, qui tait Premier ministry de
Hati au moment des JED, a demand des
compensations pour les pays en dveloppe-
ment comme le sien, qui subissent des dom-
mages causs par d'autres. Sa question tait
: "Sera-t-il possible de convenir au niveau
mondial d'un systme capable de stopper
les causes du changement climatique, un
systme qui favoriserait ceux qui souffrent
des consequences du changement climatique
sans l'avoir caus ?"

Selon Carl Bildt, ministry sudois des affai-
res trangres, l'UE a montr le bon exem-
ple en s'engageant rduire, d'ici 2020, les
missions de gaz effet de serre de 20%
par rapport aux niveaux de 1990. Jeremy
Hobbs, directeur excutif de long Oxfam
International, a, pour sa part, fait la dclara-
tion suivante : "Il n'y aucune possibility d'ap-
pliquer un plan B. Un chec Copenhague
quivaudra une condemnation pour cer-
tains." M. Hobbs a appel l'UE mettre un
fonds d'adaptation et d'attnuation de 110
milliards d'euros la disposition des pays en
dveloppement.

Pour les soucieux de l'empreinte carbon des
JED, le president Barroso a prcis que l'v-
nement gnrerait 120.000 euros de fonds
"compensatoires" de carbon. D.P.


COURRIER








ACP UE Interactions


aUIn R aH f a aRILT EnH *I





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nouea dar pou l'no euone gnn un toa de- 16 milird -u *
Elle vis enede de novele ide pa an, peu -o lir dan le rapot
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vat : Anoa Buuni Caeon Rpublique-- -- *
sbe poiiqe de y com ri ceu cetarcie Tchad Comres Cogo Ct
de tt me be qu afecen de -1oe Ruliu doraiu du CongoDji-
bugt nainu au deope et boti Gun qatrile *t e Gambie,-- -

ne Gun Bisu Keya Liera Mauritanie, - -* *
-~Ngr Nigria Rwna Sao Tom et Princi-----------e,
Mm *iri *- vnn i repo sa l Sirr Lene So ale Souan Too uad
de l'qup de --------------------*RED -et*Zimbabwe.


1 Le Kilimandjaro. Reporters/Eureka Slde



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009






















Le Prix du journalism



Lorenzo natali 2009 fait


A gauche : Mactar Silla, le president de
l'Association prive des producteurs et
tlvisions d'Afrique, remet le premier Prix pour
la region Afrique Richard Mgamba. 0 HegelGouter
Au centre : Le commissaire europen en charge
du dveloppement, Karel De Gucht, avec les
laurats du Prix Lorenzo Natali. 0 Hegel Gouter
Adroite : Le commissaire europen en charge
du dveloppement, Karel De Gucht, remet le
Grand Prix Yee-Chong Lee. CE


la une des journaux africains

L'dition 2009 du prix Lorenzo Natali fait la part belle aux reportages africains. Ce concours
de la Commission europenne, lanc en 1992, rcompense les auteurs de reportages dans la
press crite de tous les continents qui traduisent un engagement dans le domaine des droits de
l'homme, de la dmocratie et du dveloppement. Ce prix clbre la mmoire de Lorenzo Natali,
commissaire europen en charge du dveloppement de 1985 1989, dcd en 1990.


L es laurats de quatre continents -
Afrique, Amrique latine et Carabes,
Asie et Pacifique et Europe se
partagent galement une some
d'argent d'un montant de 60.000 dollars.
Cette anne, le concours avait t orga-
nis conjointement par deux grands orga-
nismes de defense de la libert de la press,
"Reporters Sans Frontires" et l'"Associa-
tion mondiale des journaux".

Cette anne, la crmonie de remise des prix
s'est droule Stockholm (Sude) du 22 au
24 octobre dans le cadre des Journes euro-
pennes du dveloppement. A cette occasion,
Margot Wallstrm, commissaire europenne
en charge des relations institutionnelles et de
la communication, a dclar que les repor-
tages prims cette anne racontaient, ".. .des
vrits inconfortables en mettant en lumire
les aspects les plus sombres du comporte-
ment human tout en offrant nanmoins une
lueur d'espoir pour l'avenir. "

Le Grand Prix Natali a t dcern
Yee Chong-Lee, journalist la Now TV
chinoise, pour son reportage intitul Le
tremblement de terre au Sichuan, un an aprs
qui dnonce la poursuite de constructions
ne rpondant pas aux normes sismiques
dans la province du Sichuan, un an aprs
ce sisme dvastateur qui a fait 50.000 vic-
times environ.

Dans la catgorie Afrique, c'est le journalis-
te tanzanien Richard Mgamba qui remporte
le premier prix pour The Battle for Souls
public dans l'hebdomadaire national The


Guardian on Sunday. Ce reportage rvle les
massacres, toujours plus nombreux dans le
pays, d'albinos, don't les organes, essentiel-
lement les parties gnitales, font l'objet d'un
traffic. Le deuxime prix a t attribu
Anas Aremeyaw Anas, du Ghana, qui, pour
publier son reportage The New Crusading
Guide, a infiltr pendant six mois la mafia
afin de dnoncer comment de jeunes chinoi-
ses atterrissent dans les milieux ghanens
de la prostitution. Venu chercher son prix le
visage masqu, par crainte des reprsailles,
Anas a dclar que les trafiquants avaient
rcemment t condamns une peine
total de 42 ans de prison. Dans son article
Orpaillage Du pain souterrain au prix de la
tmrit public dans L'vnement, Moussa
Zongo, troisime prix Afrique, montre les
terrible conditions de travail dans les mines
d'or du nord du Burkina Faso, o 20 person-
nes ont perdu la vie depuis dbut 2009.

Le Prix special Tlvision a t dcern
au Sud-Africain Johann Abrahams et au
Zimbabwen Godknows Nare pour Hell
hole, une enqute camra cache sur les
conditions de dtention dans les prisons du
Zimbabwe diffuse par la South African
Broadcasting Corporation (SABC). Quant
au Prix special Radio, il rcompense le
reportage de Freddy Mata Matundu et
Larissa Diakanua, Enfants dits "sorciers":
enfants en danger, diffus sur Radio Top
Congo FM en RDC.

Viole par sept soldats, un reportage de Lucy
Adams pour le Herald Magazine cossais sur
les abus sexuels don't sont victims les fem-


mes dans la province du Sud-Kivu en RDC,
dcroche quant lui le premier prix dans la
catgorie Europe. D.P.
Pour connatre les modalits d'inscription pour l'di-
tion 2010 du prix, consultez: www.nataliprize2009.eu

















mes I t la jeunesse et la1'i
it lturelle Les7 _ -


COURRIER










IIl 1





""L mis-ee ene Sur de --e statgi eojon e et dpln'ato E qe n' a encore te-nu



K.S drceur de caie- e la Comsso de- l'no eficie (UA lor e-e la rno
e-ee la -s fre note Afrqu-Unio euro--e-e qu s's -ene di Abeba l-es 8 et

ocobe,- e ea v e-l e d e ea trk miitrel -e- 13 et1 otbe.-


Au dbut du mois d'octobre, les mem-
bres de la task force Afrique-UE
runis Addis Abeba, sige de l'UA,
ont fait le point sur les avances de la
stratgie Afrique-UE depuis son lancement en
2007. Deux ans dj Les runions des hauts
reprsentants de l'UA et de l'UE, organises
quelques jours avant la troika pour chacun
des huit partenariats de la stratgie* avaient
t places sous la prsidence conjointe de
Gunilla Carlsson, ministry sudoise la coo-
pration international et du Dr Ali Treki,
secrtaire libyen aux affaires de l'UA, actuel
president du Conseil excutif de l'UA.

M. Shikaiye a expliqu que les contraintes
financires avaient pes sur la mise en uvre
des projects mens au titre de la stratgie
conjointe et du premier plan d'action (2008-
2010) pour les huit partenariats thmatiques.
De nombreux projects sont cependant en
course, notamment dans le secteur des scien-
ces et des technologies (voir notre dossier
dans ce numro).

Si le communique des ministres de l'UA/UE
prend note de l'engagement des deux parties
renforcer la stratgie, il appelle galement
une implication accrue des pays africains.
Sur le front du financement, l'UA souhaite
la mise en place d'un "fonds ddi" pour les
projects. Le communique insisted aussi sur une
meilleure mobilisation de toutes les ressour-
ces existantes et sur la recherche de nouvelles
pistes possibles de resources supplmen-
taires, tant dans le secteur priv qu'auprs
d'autres bailleurs de fonds comme la Banque
africaine de dveloppement (BAD), la
Banque europenne d'investissement (BEI)
ou encore la Banque mondiale (BM).

La capacity" institutionnelle insuffisante
au sein de l'UA pour la mise en oeuvre du
partenariat a galement t pingle, mme si
la Commission europenne (CE) a affect 55
millions d'euros au titre du Fonds europen
de dveloppement (FED) pour le "renfor-
cement des capacits", avec entire autres un
programme d'change de personnel. Ces
projects commencent porter leurs fruits en
dpit de difficults de trsorerie, estiment les



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


Un jeune couple regarded une carte de l'Afrique et de
l'Europe sur le site du Sommet UE-Afrique, Lisbonne, 2007.
I Reporters/AP

reprsentants de la CE.

> Un second plan d'action

Un second "plan d'action" devrait etre
approuv lors du Sommet Afrique-UE de
2010, l'ide tant de rectifier le tir en tenant
compete des difficults rencontres. Le com-
muniqu conjoint appelle une implication
accrue des acteurs non tatiques dans la
stratgie, mme si certain reprsentants de
la socit civil ont dj particip, en octobre,
aux runions du group d'experts conjoint.

Lors d'un sminaire, Citizens in the AU-EU
partnership (Les citoyens au coeur du parte-
nariat UA-UE) organis dans le cadre des
Journes europennes du dveloppement,
Stockholm, du 22 au 24 septembre, Klaus
Rudischhauser, directeur des affaires gnra-
les la direction gnrale du dveloppement
de la CE, a soulign que cette stratgie n'tait


pas seulement une "affaire de gouvernement
gouvernement". Une runion du Comit
conomique et social europen (CESE), l'or-
ganisme europen consultatif reprsentant
les groups d'intrt conomique, est ainsi
prvue Addis Abeba en mai 2010. Lors du
sminaire, un membre de long zambienne
Womenfor Change Zambia, a dclar que le
dialogue devait prendre en compete la voix des
femmes : "Il y a 51% de femmes en Afrique,
on a tendance l'oublier".

Le volet dialogue politique de la stratgie a
t plus facile mettre en uvre. La runion
ministrielle d'Addis Abeba s'est penche sur
le Soudan, la Somalie, la region des Grands
Lacs, la Guine, les lections Madagascar
et le Zimbabwe ainsi que sur des questions
internationales, comme le changement cli-
matique et la crise conomique mondiale.
D.P.





























mots-cls
Stratgie UE-Afrique; John K. Shikaiye ;
Gunilla Carisson; Ali Treki.




























SLe president sngalais Abdoulaye Wade et le






commissaire europeen en charge du transport, Antonio
Tajani, lors d'une conference de press commune a la
Commission europeenne, 2009. eReporters/AP

conjointe de la Banque mondiale et de l'UE
sur les infrastructures en Afrique, chiffre les
besoins d'infrastructures en Afrique 5 ou
6 milliards de dollars par an au total.

La CE soutient d'ores et dj le dvelop-
pement d'infrastructures au sein des pays
africains ainsi qu'entre eux. Ses projects
rcents sont dcrits dans le document qu'el-
le a public en 2006, intitul : Interconnecter
l'Afrique : le partenariat euro-africain en
e arianr p d'infrvastrurtures (httpV//ec euronp


1 Navires marchands, l'horizon, doivent attendre longtemps avant d'entrer dans le port de Luanda, Angola. DebraPercival2009


les ministres et les experts ont tent de
faire le point sur ce qui avait dj t
fait et sur ce qu'il reste encore faire
pour intgrer les transports terrestres, mari-
times et ariens. L'objectif final tant de faci-
liter la circulation des personnel et des mar-
chandises au sein de l'UE et de stimuler ainsi
l'conomie des 27 Etats membres. Organis
conjointement par la Commission europen-
ne, le ministre italien des transports et
des infrastructures et la prsidence sudoise
de l'Union europenne, l'vnement voulait
galement tendre la porte de ses dbats
aux Balkans, l'ouest de la Mditerrane et
l'Afrique, ainsi qu' la Norvge, la Suisse,
la Fdration de Russie et la Turquie. Le
president du Sngal, Abdoulaye Wade, et
le commissaire de l'Union africaine (UA)
en charge des infrastructures et de l'nergie,
Mahmoud Ahmed Ibrahim, taient gale-
ment presents.

Pour Antonio Tajani, commissaire euro-
pen, il est clair que "Nous avons les yeux
tourns vers l'Est, et pas suffisamment vers
l'Afrique". Tels sont les propos qu'il a tenus
avant de se rendre Naples, prcisant que
l'UE travaillait dj avec des pays africains
la mise en place d'un partenariat dans le
domaine de l'aviation civil.

Toutefois, d'ici la mi-2010, on table sur un
rapprochement des continents grce un


plus vaste "plan d'action" pour les projects
de transport. Ce plan va tre mis au point
par la CE et ses Etats membres en parte-
nariat avec les pays africains. Il reposera
sur la communication de juillet 2009 de
la CE "Connecter l'Afrique et l'Europe :
Vers un enforcement de la cooperation en
matire de transport". M. Tajani a dclar
qu'un haut fonctionnaire de la direction
gnrale des transports serait dpch
Addis Abeba, capital thiopienne et sige
de l'Union africaine, afin de mettre en place
un forum informel des transports au sein du
partenariat UE-Afrique (voir article)


> "Financement nouateur"
Toutefois, ces projects ncessiteront des "for-
mes innovantes de financement", indique
M. Tajani. Il suggre cet effet que des
fonds supplmentaires soient recherchs
tant auprs de la Banque europenne d'in-
vestissement (BEI) qu'auprs de grappes
de projects et aussi grce la creation de
partenariats entire le secteur public et priv.
Et d'ajouter qu'il souhaiterait cette fin
une revision des perspectives financires de
l'UE (2007-2013). La declaration publie
l'issue de la conference appelle l'change
de connaissances avec les partenaires afri-
cains sur le programme TEN-T de l'Union
europenne, ceci afin de faciliter la mise
en place de corridors panafricains. Tajani
conclut en disant qu'une rcente tude


eu/development/icenter/repository/comm
pdf com 2006 0376_fen interconnec-
ter afrique.pdf). Les projects d'infrastruc-
tures raliss en Afrique l'chelon natio-
nal ou regional sont financs par le biais
de programmes nationaux et rgionaux en
faveur du Groupe des pays ACP, au titre
des 9e et 10e Fonds europen de dveloppe-
ment (couvrant respectivement les priodes
2000-2007 et 2008-2013). Des fonds sup-
plmentaires proviennent du Fonds fidu-
ciaire UE-Afrique pour les infrastructures
- une parties tant d'ailleurs affecte aux
transports don't 108 millions d'euros sont
allous au titre du 9e FED, et dernirement
augments 300 millions d'euros au titre
du 10e FED. Quant aux fonds en faveur
du dveloppement des infrastructures dans
les pays et la region de l'Afrique du Nord
- Algrie, Egypte, Maroc et Tunisie ils
proviennent de divers budgets financs dans
le cadre de la politique europenne de
voisinage, comme par example la Facilit
euro-mditerranenne d'investissement et
de partenariat (FEMIP), un instrument de
la BEI. D.P.
Pour en savoir plus, consulter : www.ten-t-days-
2009-naples.eu




mots-cls
Antonio Tajani ; transport ; FED;
partenariat UE-Afrique ; FEMIP ;
programme TEN-T.


C*URRIER






Afrique Interactions


C'est en ces terms que
s'est exprim l'ambassadeur
d'Afrique du Sud auprs
de l'Union europenne,
Anil Sooklal, interrog
par Le Courier sur le
dveloppement des
relations entire son pays
et l'Union europen (UE)
suite au deuxime sommet
Afrique du Sud-UE qui
s'est tenu Kleinmond,
en Afrique du Sud le 11
septembre 2009.


Anil Sooklal, Ambassadeur d'Afrique du Sud.
0 Hegel Goutler 2009


M me si l'Afrique du Sud est
membre de l'Accord de Cotonou
pour les pays ACP, les dossiers
de la cooperation politique, du
dveloppement et de la cooperation co-
nomique, ainsi que d'autres aspects de la
cooperation sont rgis par l'Accord sur le
commerce, le dveloppement et la coopra-
tion (ACDC) de 1999. Un accord au titre
duquel ce pays bnficie d'une aide hau-
teur de 980 millions d'euros (2007-2013),
essentiellement sous la forme d'une aide
budgtaire. Le recent sommet Afrique du
Sud-UE a vu la signature d'un project de 120
millions d'euros, cofinanc par la CE (100
millions d'euros) et le ministre britannique
du Dveloppement international (20 millions
d'euros). L'objectif est de soutenir l'engage-
ment du Prsident Jacob Zuma, qui, en juin,
dans son discours sur l'tat de la nation, a
promise de crer un million d'emplois dans
son pays. L'Afrique du Sud a en outre reu
900 millions d'euros sous forme de prets
(2007-2013) de la Banque europenne d'in-
vestissement (BEI) destins essentiellement
finance les infrastructures, budget que
l'Afrique du Sud espre voir augmenter.

Trois ou quatre chapitres de l'ACDC ont t
rexamins lors du Sommet, dans le cadre de
la revision quinquennale de l'Accord, mais
ce rexamen n'a pas port sur le commerce.
"Nous avons mis pour l'instant le chapitre
du commerce entire parenthses en raison de
notre participation aux ngociations sur un
Accord de partenariat conomique (APE)",
explique l'ambassadeur. Quelques pays fai-
sant eux aussi parties de la Communaut
pour le dveloppement de l'Afrique australe
(SADC) ont d'ores et dj sign avec l'UE
un APE intrimaire portant uniquement sur
les biens. "Si nous n'avons pas sign d'accord
intrimaire la fin 2007, c'est parce que
subsistaient un certain nombre de 'points


non rsolus"', explique l'ambassadeur. Ces
dossiers en suspens sont notamment l'ali-
gnement tarifaire, la clause de la nation la
plus favorise (NPF) et les rgles d'origine.
"Nous craignons par-dessus tout qu'un tel
accord porte prejudice l'Union douanire
d'Afrique australe (SACU) et vienne pertur-
ber notre agenda d'intgration rgionale."
Des marchandises importes meilleur prix
par d'autres pays membres de la SACU -
Botswana, Lesotho et Swaziland lesquels
ont tous sign un APE intrimaire, risquent
en effet d'inonder le march sud-africain,
avec la cl, selon lui, le risque d'une rin-
troduction des frontires entire d'autres pays
de la SACU.

L'ACDC prvoit qu'en 2012, 94% des expor-
tations sud-africaines pourront entrer exemp-
tes de droit sur le march europen, tandis
que 86% des importations de l'UE, pour leur
part, entreront libres de droits sur le march
sud-africain. L'ambassadeur explique aussi
que tout APE sign ce stade par l'Afrique
du Sud ne portrait que sur les biens. Son
pays n'est en effet pas en measure de dbattre
dj des services et des investissements, tant
donn que la region doit dans un premier
temps dvelopper une position commune
autour de ce qu'on appelle les "questions de
Singapour" (services) et qu'il ne faut pas anti-
ciper les discussions du cycle de Doha au sein
de l'Organisation mondiale du commerce.
Comme le propose l'ambassadeur, "Donnons
d'abord la priority l'harmonisation au sein
de la region afin d'laborer ensuite un accord
appropri avec l'UE bnfique nous tous de
manire quivalente."

> Changes de connaissances

Le Sommet a en outre dress un tat des
lieux du "Partenariat stratgique" 2007 entire
l'Afrique du Sud et l'UE qui intgre un dialo-


N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009







Interactions Afrique


gue entire les deux entits sur un large ven-
tail de questions : migrations, sant, space,
nergie, technologies de l'information et de
la communication (TIC), transport mari-
time, sciences et technologies, commerce,
dveloppement, environnement, dveloppe-
ment durable et paix et scurit.

L'objectif est de permettre l'change d'ex-
pertise dans ces domaines. "Ainsi, en ce
qui concern l'nergie, nous avons mis en
place deux groups de travail ; l'un sur les
technologies bases sur le carbon propre
et l'autre sur le captage et le stockage du
carbone, explique encore l'ambassadeur.
Dans le cadre du 7e programme-cadre de
recherche, l'Afrique du Sud s'est vu octroyer
13 millions d'euros par le biais d'appels
propositions d'organisations sud-africaines.

Le sommet a galement fait le point sur
la situation financire international, le
changement climatique, le nuclaire ira-
nien, le processus de paix au Proche-Orient
et la situation en Somalie et au Darfour,
ainsi qu'au Zimbabwe. S.E l'Ambassadeur
Sooklal : "Nous avons essuy les critiques


Travaux sur le nouveau systme de transport rapide pour
Johannesburg pour la coupe du monde de la FIFA.
I HansPlenaar2009


SDonnons d'abord

la priority

l'harmonisation au

sein de la region afin

d'laborer ensuite

un accord appropri

avec I'UE bnfique

nous tous de manire

quivalente.>


de ceux qui nous reprochent notre politi-
que de faire des affaires avec le Zimbabwe.
C'est oublier que nous ne pouvions nous
permettre la faillite de ce pays l'impact
sur l'Afrique du Sud et ses voisins aurait t
dramatique. Le Zimbabwe est dsormais
sur la bonne voie, et nous devons nous
employer promouvoir la prosprit et la
stability de ce pays."

L'ambassadeur insisted ensuite sur l'im-
portance d'intgrer la Stratgie Afrique du
Sud-UE dans la stratgie Afrique-UE (voir
dans ce numro les articles sur la troka
UA-UE, les transports et les sciences et
les technologies). "L'agenda africain est
l'un des nos principaux dossiers de poli-
tique trangre", explique l'ambassadeur.
L'Afrique du Sud appartient six des huit
partenariats Afrique-UE. Il faut toutefois
insuffler un lan politique supplmentaire
ce processus. La mise en uvre du "plan
d'action" qui a t adopt a t confi
la Commission de l'Union africaine qui


Front de mer au Cap, Afrique du Sud. MPerevai


manque de resources et la Commission
europenne. "Les communauts rgionales
doivent tre amenes prendre davantage
part la promotion de ce plan d'action. Les
communauts conomiques rgionales sont
les vritables moteurs du Nouveau parte-
nariat pour le dveloppement de l'Afrique
(NEPAD). A notre avis, l'adoption de ce
mme modle permettrait de progresser
un rythme plus rapide", explique-t-il,
ajoutant que les diffrents pays africains
devraient "s'approprier" certain de ces par-
tenariats afin de les promouvoir. Le manque
de fonds est galement problmatique, et le
secteur priv et la socit civil doivent tre
davantage mobiliss, ajoute l'ambassadeur
Sooklal. "Cet agenda nous concern ; il
concern aussi le continent africain et notre
cooperation avec l'UE", ajoute-t-il.

L'ambassadeur sud-africain ragit aux nouvel-
les sur les protestations souleves en Afrique
du Sud par la recession conomique : "Avant
la crise financire, l'conomie sud-africaine
affichait un taux de croissance de l'ordre
de 5%. Vers la fin 2007 et en 2008, nous
avons t confronts une crise de l'nergie,
crise due une croissance trop rapide que
nous n'avions pas suffisamment planifie.
Avant mme le dbut de la crise conomique
mondiale, l'Afrique du Sud avait dj mis en
place un programme de modernisation des
infrastructures hauteur de 787 milliards
de rands**. L'organisation de la Coupe du
monde 2010 de la FIFA devrait galement
stimuler la croissance conomique."

"Nous avons, d'une part, une Afrique du
Sud emmene par les nouvelles opportuni-
ts cres par la dmocratie, laquelle parti-
cipe la croissance conomique mondiale,
et, d'autre part, une conomie secondaire,
o les dfis sont immense, notamment la
'prestation de services'", explique-t-il.

"Nous avons voqu avec la CE la politique
rgionale, en examinant comment elle avait
permis d'aider les plus petits pays candidates
l'adhsion. Nous avons convenu avec le com-
missaire en charge de la politique rgionale
d'organiser l'anne prochaine un atelier en
Afrique du Sud afin d'changer nos exprien-
ces et d'analyser les enseignements que nous
pouvons tirer de l'exprience de l'UE, notam-
ment dans le domaine de la prestation de
services et en terms de gouvernement local",
a expliqu l'ambassadeur Sooklal. D.P.
* L'UE a sign un accord portant exclusivement sur
les biens dans la region de la SADC avec le Botswana,
le Lesotho, le Mozambique et le Swaziland (2009).
Le Botswana, le Lesotho et le Swaziland sont mem-
bres de la SACU au mme titre que l'Afrique du Sud
et que la Namibie.
** 10,84 rands sud-africains = 1 euro (15/10/2009,
Bloomberg)


Mots cls
Dr Anil Sooklal ; Afrique du Sud; Jacob
Zuma; SADC ; SACU ; NEPAD ; Stratgie
Afrique-UE.


C*URRIER










































priorits europennes

"Les politiques europennes appauvrissent les pays en dveloppement" dnonce CONCORD
dans un rapport public le 13 octobre Bruxelles. La Confdration europenne des ONG
d'urgence et de dveloppement s'inquite en particulier de la proposition de la Commission de
cibler, et donc de rduire, le nombre de politiques faisant l'objet d'une analyse approfondie
de leur impact sur le dveloppement.


L'engagement de l'Union europenne
en faveur d'une politique cohrente
pour le dveloppement (la CPD ou
cohrence des politiques pour le dve-
loppement) date de 2005. A l'poque, douze
domaines avaient t identifies o l'UE s'en-
gageait mettre en cohrence sa politique
intrieure avec celle du dveloppement,
savoir : commerce, environnement, chan-
gement climatique, scurit, agriculture,
pche, dimension social de la mondialisa-
tion, emploi et travail dcent, migrations,
recherche, socit de l'information, trans-
ports, nergie.

Depuis, les crises alimentaires, nerg-
tiques et financires sont passes par l.
Crises qui ont galement montr l'inter-
dpendance croissante des conomies, de
mme que l'importance de plus en plus
grande des flux financiers autres que l'aide
publique vers les pays en dveloppement.
Tenant compete de tous ces lments, la
Commission estime, dans sa communica-
tion publie le 15 septembre dernier, qu'il
est ncessaire, au titre de la "CPD", de se
concentrer sur un petit nombre de priorits


N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


et de se limiter aux domaines suivants : le
changement climatique, la scurit alimen-
taire, les migrations, les droits de proprit
intellectuelle et la scurit et paix.

> Rupture
CONCORD se dit particulirement inquite
de cette nouvelle approche. "Ce document,
explique long dans un communique de
press, marque une rupture claire de l'en-
gagement de la Commission europenne de
contrler l'impact de ses politiques sur les
pauvres. Des domaines cruciaux, tel le com-
merce qui a des implications normes pour
la vie de millions de personnel pauvres, ont
soudain t abandonns."

"L'Union europenne ne peut donner d'une
main et reprendre de l'autre. Cela n'a pas
de sens ni envers les pays en dveloppement
ni envers l'Union europenne. Ces inco-
hrences entire les politiques europennes
font que de l'argent est gaspill l'intrieur
de l'Union europenne mais aussi que des
vies sont perdues dans les pays pauvres",
explique Justin Kilcullen, president de


CONCORD, la Confdration europenne
des ONG d'urgence et de dveloppement.

"L'Union europenne a besoin de rflchir
la faon don't ses diffrentes politiques
affectent la vie de millions de personnel en
dehors de l'Europe. Les Etats membres doi-
vent mettre en uvre des politiques coh-
rentes et tenir leurs promesses en matire
d'aide", a expliqu Rilli Lappalainen, secr-
taire gnral de la plate-forme des ONGD
finlandaises Kehys et membre du conseil
d'administration de CONCORD.

"CONCORD demand l'Union europen-
ne et ses Etats membres de s'assurer que
toutes les politiques qui touchent les pays
en dveloppement soient cohrentes et aient
l'radication de la pauvret pour objectif prio-
ritaire", a ajout Justin Kilcullen. M.M.B.




mots-cls
CONCORD; ONG ; cohrence politique
dveloppement; CPD.







La socit civil en action


TRIflLOG : un triangle parfait


Lors de l'adhsion l'Union europenne, les organizations non gouvernementales (ONG)

des 12 "nouveaux" Etats membres n'avaient qu'une experience limite de la cooperation

au dveloppement avec le Sud. Mise sur pied en 2000 avec le soutien financier de la

Commission europenne et de la Coopration autrichienne au dveloppement, la socit
TRIALOG, base Vienne, aide les ONG du Nord, du Sud et de l'Est travailler de concert

et "mettre en place des plateformes, travailler en rseau et changer des informations",

explique Rebecca Steel-Jasinka, assistant politique de TRIALOG Bruxelles.


Islande


Etats membres
Pays candidates
En lettres bleues : Les 'nouveaux' Europens


Irlande
Royaume-uni


Fr


Portugal
Espagne


Finlande


Norvege



Danemark


Li


Pays-bas
Belgique Allemagne Pologne
Luxembourg Republique Tcheque
Slovaquie
ance Suisse Autriche
Hongrie


Ital.


Estonie


Russie


Lettonie
tuanie
Belarus


Ukraine

Moldavie


Roumanie
Trbie
Bulga,,


Albanie
G rece


Malte

Carte montrant les nouveaux Etats membres de l'Union europenne. TRIALOG


Parmi les 12 "nouveaux" Etats mem-
bres, Chypre, la Rpublique tchque,
l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie,
la Lituanie, Malte, la Pologne, la
Rpublique slovaque et la Slovnie, ont rejoint
l'UE le ler mai 2004, suivis, le ler janvier
2007, par la Bulgarie et la Roumanie. Les ser-
vices de TRIALOG s'tendent aujourd'hui
aux pays candidates l'UE, notamment la
Croatie, la Macdoine et la Turquie.

Les ONG de ces nouveaux venus n'ont pas
d'exprience en matire de dveloppement
si ce n'est leur porte, en Bilorussie, en
Ukraine et aussi en Afghanistan, o leur
experience est relle. TRIALOG comble un
vide puisqu'elle intgre les ONG des deux
nouveaux Etats membres et des pays can-
didats l'adhsion au sein d'un organisme
europen coordinateur, la confdration
europenne des ONG d'aide d'urgence et
de dveloppement (CONCORD).


Chypre


En 2006, Vienne a ainsi accueilli un "salon"
du dveloppement afin d'apparier des ONG
des quatre coins de l'UE et des pays du
voisinage avec des partenaires des pays en
dveloppement. Un autre vnement de ce
type est prvu en fvrier 2010 (le lieu est
encore convenir). Mais ce ne sont pas l
les seules activits de TRIALOG. Sont ga-
lement couverts le enforcement du dialogue
politique et la mise en rseau ainsi que la
formation aux politiques de l'UE et aux pro-
cdures d'obtention de financement auprs
des institutions. TRIALOG a galement
mis disposition des prsidences slovne
et tchque de l'UE des informations sur la
politique de dveloppement.

Rebecca Steel-Jasifika explique que
TRIALOG, ainsi que les plateformes natio-
nales de dveloppement des nouveaux Etats
membres qu'elle aide mettre en place, a du
pain sur la planche puisqu'il lui faut encore


sensibiliser le grand public des pays ayant
rcemment rejoint l'UE la ncessit d'agir
contre la pauvret et de promouvoir des
relations gales entire les pays dvelopps et
les pays en dveloppement.

> U'ade office e au d-ue oppement
[fOD1 a la trane
Les douze nouveaux Etats membres sont
actuellement la trane en ce qui concern
leurs dpenses au titre de l'aide au dve-
loppement, exprimes en pourcentage du
produit national brut (PNB). Selon le project
Aid Watch mis en uvre par CONCORD
- qui suit les niveaux de l'aide officielle au
dveloppement (AOD) dans tous les pays de
l'UE les douze derniers pays avoir adhr
l'UE ont pris du retard dans la ralisation
des objectifs qu'ils s'taient fixs, savoir
consacrer 0,17% de leur PNB collectif
l'AOD d'ici 2010 et 0,55% d'ici 2015.
D'autant que, cette anne, certain d'entre
eux, notamment l'Estonie et la Lettonie, ont
revu la baisse leurs engagements en terms
d'AOD. Un retard qui remet en question l'ob-
jectif global des 27 Etats membres de l'UE,
qui est de consacrer 0,56% du PNB collectif
l'AOD d'ici 2010 et 0,7% d'ici 2015.*

La phase IV du project TRIALOG (s'ten-
dant de septembre 2009 septembre 2012)
comportera la publication d'un guide point
par point pour la politique et la sensibilisa-
tion, l'extension des plateformes nationals
et la participation une conference majeure
des ONG du dveloppement qui se tiendra
en novembre 2010 Managua au Nicaragua.
Un vnement qui doit leur permettre de se
pencher sur l'avenir des organizations de la
socit civil (OSC), d'laborer un code de
conduite pour la socit civil et d'affiner le
rle des ONG du dveloppement. D.P.
* Statistiques extraites de Lighten the load- In a time
of crisis, European aid has never been more important,
CONCORD, mai 2009.


mots-cls
TRIALOG ; Rebecca Steel-Jasifika;
CONCORD; AOD.


C*URRIER



































Le Fonds commun pour les products de base (CCF,
Common Fund for Commodities), bas Amsterdam,
a aujourd'hui 20 ans. Et mme s'il n'a jamais jou
aucun des rles qui lui avaient t confis, il est Ambassadeur Ali Mchumo. DebraPercival2009
trs actif. Nous nous sommes entretenus avec M. Ali
Mchumo, son directeur gnral tanzanien en function depuis 2004 et lui avons demand
comment le fonds soutient quelques-unes de communauts les plus pauvres, qui dependent,
directement ou indirectement, des products de base non ptroliers.


Ce fonds avait t initialement conu
comme un mcanisme d'interven-
tion et de protection contre la vola-
tilit des prix, don't l'impact sur
les revenues et les moyens d'existence de cer-
tains des pays les plus pauvres du monde est
particulirement ngatif. L'ambassadeur Ali
Mchumo explique : "Lorsque les anciennes
colonies sont revenues indpendantes dans
les annes 1960, elles se retrouves confron-
tes un ordre conomique mondial peu
favorable au dveloppement des products de
base. Ces pays ont rapidement souffert de la
volatility des prix des matires premires et
ont t affects par de mauvaises conditions
dans les changes commerciaux avec les pays
industrialists producteurs et exportateurs de
products industries. En d'autres terms, ils
taient victims d'une situation dsquilibre,
avec, d'une part, une baisse du prix des mati-
res premires et, d'autre part, une hausse des
importations des products industriess"

La Conference des Nations Unies sur le
commerce et le dveloppement (CNUCED)
a ainsi eu l'ide d'un fonds destin stabiliser
les prix de products de base comme le th, le
caf, le caoutchouc et le cacao en vue de la



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


constitution de stocks rgulateurs pouvant
tre achets en priode de forte production
et vendus en priode de production moindre.
Ce fonds a finalement t mis en place et est
oprationnel depuis 1989. Depuis, sa mission
s'est modifie. "Ds les premiers dbats au
sein des Nations Unies au sujet de ce fonds,
les avis taient mitigs. L'ide de stocks rgu-
lateurs n'ayant pas la moindre chance d'tre
accepte, nous nous sommes depuis concen-
trs sur son second objectif : le financement
de projects de soutien aux products de base
afin d'aider les agriculteurs accroitre leur
productivity et la valeur de leurs products,
amliorer le contrle de la quality post-rcol-
te et renforcer la lutte contre les maladies et
les parasites", explique l'ambassadeur.

> Les OmD en point de mire
L'actuel plan d'action quinquennal du CCF
(2008-2012) s'inscrit dans la ligne des objec-
tifs du Millnaire pour le dveloppement
(OMD) et fait le lien entire le dveloppement
des products de base et la reduction de la
pauvret en mettant l'accent sur les projects
d'augmentation de la productivity avant les
rcoltes, du traitement aprs les rcoltes,


d'amlioration du marketing et de la quality
et de dveloppement de dbouchs, ainsi que
sur la gestion du risque de prix. Les projects
financs peuvent concerned l'un des 37 pro-
duits de base ainsi que trois mtaux : le zinc,
le cuivre et le plomb.

Le CCF est un organisme intergouverne-
mental : chacun de ses 107 membres (voir :
www.common-fund.org) s'acquitte d'une
"contribution de capital" unique, destine
finance les frais de fonctionnement de l'orga-
nisme, mais aussi certain projects. Toutefois,
les projects sont essentiellement financs par
les contributions volontaires verses surtout
par des pays important comme les Pays-Bas,
le Japon et l'Allemagne. Le Fonds comprend
galement des membres institutionnels, non
redevables d'une contribution. Il s'agit de la
CE, du March commun d'Afrique orientale
et australe (COMESA) et de la Communaut
des Carabes (CARICOM).

A ce jour, 42% environ des projects financs
sont mis en uvre en Asie, 34% en Afrique,
22% en Amrique latine et 2% ailleurs. S.E.
Ali Mchumo explique que le CCF se distin-
gue essentiellement par son approche, non







Commerce


pas national mais fonde sur les products
de base. Et il prcise que les projects du CCF
sont "axs sur la demand" directed manant
des producteurs.

Une poigne de pays d'Afrique orientale et
australe le Mozambique, l'Ouganda et la
Tanzanie bnficie actuellement d'un pro-
jet de furniture de plants haut rendement
en faveur des producteurs de noix de cajou.
Ils peuvent ainsi esprer des rendements
suprieurs dans les trois ans, au lieu de six
ou sept.

Un autre project, finance en Afrique orientale,
aide les producteurs de sisal tirer davan-
tage de revenues de leur production, en ne se
limitant pas la vente des fibres de sisal mais
en vendant aussi les dchets de cette plante.
"Nous utilisons les dchets de sisal -soit 95%
de la plante pour gnrer un gaz permettant
de produire de l'lectricit dans les zones
rurales et pour fabriquer de l'engrais", expli-
que l'ambassadeur.

La CE contribute galement aux projects du
CCF par le biais du "Programme tous ACP
relatif aux products de base agricoles". Grce
un project ouest-africain en faveur des petits


cultivateurs de coton du Burkina Faso, de
Cte d'Ivoire et du Mali (soutenu par la
CE concurrence d'environ 3,5 millions de
dollars), ces producteurs pourront vendre
des graines non contamines au meilleur
prix. En Afrique orientale, le < Programme
tous ACP soutient un project (auquel la CE
contribute hauteur de 1 million de dollars)
visant amliorer la culture du coton petit
chelle. M. Ali Mchumo prcise ici que le
CCF met l'accent sur les pays les moins
avancs (PMA) et les plus pauvres des pays
en dveloppement moyens revenues.


> Un "systme d'entrept"

Ce fonds ne pourrait-il toutefois pas agir de
manire plus systmatique et lutter contre
les fluctuations du prix des products de
base aux effects dvastateurs pour certaines
des communauts rurales les plus pauvres ?
L'ambassadeur explique que le CCF met
actuellement en place un "systme d'en-
trept". "Face la volatility des prix, nous
mettons en uvre dans certain pays une
initiative pilote consistent organiser un
entrept, en association avec une banque
locale. L'ide est de permettre aux petits agri-
culteurs de vendre leurs products l'entrept


1 Cafier, Togo. Reporters /BSIP


60% du prix du march, en attendant que
les prix repartent la hausse. En effet, nous
savons, par experience, que les paysans ayant
des products vendre sont toujours la merci
d'intermdiaires qui profitent de leur besoin
urgent de liquidits, par example pour payer
les frais de scolarit de leurs enfants. En
mettant en place ce systme, nous montrons
aux petits producteurs qu'ils peuvent obtenir
un meilleur prix inutile donc de se dpecher
de vendre tout en tant protgs contre la
volatility des prix au niveau local. Et nous
esprons bien tendre ce systme l'chelon
mondial."

Nous avons aussi demand S.E l'ambassa-
deur Ali Mchumo si les gouvernements ne
pourraient pas prendre des measures pour
mieux grer les fluctuations des prix des pro-
duits de base. Un rapport public rcemment
par la CE Overcoming fy.: ; in Africa:
Forging a new European approach (Vaincre la
fragilit en Afrique Une nouvelle appro-
che europenne) attire l'attention sur les
fluctuations des prix qui ont touch de
plein fouet les Etats fragiles de l'Afrique
subsaharienne au course de la crise cono-
mique mondiale de 2008-2009. Le rapport
indique : "Ces pays sont exposs la crise
du fait surtout des changes commerciaux:
la diminution des revenues de l'exportation
s'accompagne d'une dgradation des terms
de l'change, situation encore aggrave par
la dpendance excessive des pays fragiles de
l'Afrique subsaharienne vis--vis des expor-
tations de products de base et par la polarisa-
tion de leurs exportations."

L'ambassadeur rpond : "Nous pensions que
cela pourrait se faire dans le cadre des ngo-
ciations de l'OMC sur l'agriculture ou sur
les accords relatifs la commercialization
de products non agricoles, mais aussi via
d'autres plateformes internationales, condi-
tion que les acteurs important parviennent
un consensus."

En guise de conclusion, l'ambassadeur affir-
me qu'il est temps present que le CCF aille
au-del de la mise en uvre de projects pilots
et qu'il finance des projects plus complete,
susceptibles d'avoir des rsultats immdiats
sur les conomies des pays concerns. La
runion du CCF organise la mi-dcembre
La Haye, aux Pays-Bas, l'occasion des 20
ans du fonds sera galement l'occasion d'exa-
miner des pistes pour dvelopper son assise
financire. Et d'ajouter que le CCF doit
encore examiner prs de 200 propositions en
attente de financement aux quatre coins du
monde. D.P.

mots-cls
Fonds commun pour les products de base ;
S.E. l'ambassadeur Ali Muchumo ;
products de base ; OMC ; crise financire.


C*URRIER








































Graffiti sur les restes de l'intrieur du mur de Berlin, non loin du centre de la ville, Allemagne, 2009. UPP/Reporters I


Vingt ans aprs, Boubacar
Boris Diop raconte
comment la chute du mur
de Berlin a t synonyme
d'un autre effondrement,
celui de la rfrence aux
valeurs occidentales, et du
ncessaire retour l'identit
africaine. Rencontre
Bruxelles avec cet crivain
majeur de la littrature
subsaharienne. Et qui,
depuis 2003, a dcid
d'crire non seulement en
franais, mais aussi en
wolof, la langue de son
pays, le Sngal.

A l'abri de la bise bruxelloise,
confortablement install dans
le bar cossu d'un htel du cen-
tre-ville Boubacar Boris Diop
n'aime pas les relents de cigarette froide
des bars avoisinants l'crivain nous parle
d'emble de ce qui l'occupe pour l'instant, le



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


"questionnement des identits". C'est sous
ce thme d'ailleurs qu'il est venu discourir
dans la capital belge, invit par le cercle de
la Cooperation Education et Culture (CEC).
"Il tait surtout question de Valentin-Yves
Mudimbe, cet crivain de Congo-Kinshasa,
quasi difi et qui, depuis qu'il enseigne aux
Etats-Unis, a dcid de ne plus crire qu'en
anglais", nous explique-t-il.

Mudimbe et son roman de 1979, L'Ecart -
au centre des discussions Bruxelles qui
narre l'histoire de Ahmed Nara, ethnologue
africain, qui finit par se suicide, incapable
de mener bien sa recherche sur une popu-
lation qu'il est charge d'tudier et don't il ne
peut rellement traduire la pense, du fait de
sa formation occidentale qui lui a donn des
instruments et des connaissances inadapts.
"A l'poque, explique Boubacar Boris Diop,
je m'identifiais Ahmed Nara, ce qu'il
reprsentait comme existentialisme li
Sartre et Camus. Mais 30 ans aprs, cette
identification est moins vidente. On sent
les artifices, les mimtismes."

> Le Boris de Sartre
Aujourd'hui, l'crivain sngalais dit avoir
un regard distanci par rapport ces
grandss" de la littrature, Sartre en particu-


lier don't il prendra malgr tout le nom d'un
de ses hros dans le Cycle des chemins de
la libert, Boris, "l'anarchiste, le libertaire",
pour l'ajouter son patronyme, "tellement
courant au Sngal." Boubacar Boris Diop,
nom de plume, est n.

Pour comprendre cet "agacement" par rap-
port ces allgeances, il faut drouler le fil
de l'histoire. Et "Boris", comme on l'appelle
dsormais, raconte. Son enfance d'abord :
"mon amour des choses racontes remote
cette priode quand ma mre nous racontait
moi et mes frres, et cousins, des histoires.
J'en redemandais, j'tais trs impressionna-
ble". Boris ira l'cole, au lyce. "Mon pre
tait un fonctionnaire colonial, adorant la
France, intendant de mon lyce Dakar."
Un lyce qui portera tout un temps le nom
de Joost Van Vollenhoven, n en Algrie
de parents hollandais et gouverneur, en
mai 1917, de l'Afrique occidentale fran-
aise (AOF). Joost Van Vollenhoven, don't
la mmoire reste grave dans le cour de
beaucoup de Sngalais pour avoir refus
de recruter des Sngalais que la France de
Clemenceau voulait envoyer au front durant
la 1re Guerre Mondiale. Il dmissionne,
rejoint lui-meme les tranches o il meurt
en 1918. "C'tait une figure admirable"
souligne Boubacar Boris.







Zoom


> Berlin, le premier choc

En attendant, il dvore les livres de la bi-
bliothque de son pre, avec des prdilec-
tions : Victor Hugo et ses Misrables, Jules
Verne et, surtout les Livres de la Jungle de
Rudyard Kipling. Viennent ensuite les exis-
tentialistes, Sartre, Camus et les autres. En
1968, le Sngal connait son "mai 68". A
l'poque, un homme sort de la masse. Omar
Blondin Diop. Diplm de l'Ecole normal
suprieure Paris, ami de Cohn-Bendit, il
retourne Dakar au Sngal pour transmet-
tre les ides galitaires que vhicule mai 68.
Il sera arret, emprisonn et retrouv mort
par strangulation. Le Sngal, au bord du
chaos, retrouvera son calme avec "l'aide"
de la France.

"Omar a t le hros de mon premier livre ;
c'tait l'poque o tout le monde tait
marxiste, o on en pinait pour le Che, o
on tait contre l'imprialisme franais". Il
n'empeche, pursuit Boris, "on restait trs
proche de la France, c'tait une priode de
francophilie non assumee"


Le premier choc fut en 1989 avec la chute du
mur de Berlin. "Nous nous sommes rendu
compete que le marxisme ou son oppos
n'taient que deux versions du rationalisme
occidental. Nous ne pouvions plus nous
appuyer sur le mur de Berlin. Il nous fallait
remettre au premier plan la question de la
culture, de l'histoire. Remonter l'Egypte
ancienne et aux enseignements de Cheikh
Anta Diop." Bref, "ne pas avoir honte."


> Rwanda, la plaie ouverte

Ensuite, il y a eu le Rwanda. "Un group
d'crivains, don't je faisais parties, s'est rendu
l-bas aprs le genocide, en 1998, dans le
cadre de l'initiative culturelle 'Rwanda :
crire par devoir de mmoire'. Je me suis
dit que si on a laiss tuer 10.000 Rwandais
chaque jour pendant trois mois, si personnel
n'a rien fait, c'est que cela traduisait un cer-
tain mpris l'gard de l'Afrique. C'est ce
moment-l que j'ai dcid d'crire dans ma
langue maternelle". Et de poursuivre : "la
littrature crite dans une autre langue a
un statut de transition. J'y crois infiniment.


Si on continue crire dans la langue des
colons, l'anglais, le franais, le portugais, on
va dans l'impasse."

Le prochain livre de Boubacar Boris Diop
parlera nouveau du Rwanda; comprendre,
envers et contre tout. Un livre sur lequel il
travaille de Tunis, sa dernire adresse. Tunis
mi-chemin entire Paris et le Sngal ?
"Mais aussi pas trop loin de ma famille".
Car Boris, qui vient de fter ses 63 ans, a
deux grands enfants, ancrs au Canada.
Un fils littraire "nous ne nous parlons pas
beaucoup, mais passons des soires jouer
aux checs" et une fille mathmaticienne.
Et quand il veut se dtendre, rien de tel
qu'un match de football. "C'est ma passion;
j'aime l'quipe de Barcelone ; je suis un
fan de leur ancien entraneur, le hollandais
Franck Rijkaard !" M.M.B. et J.M.





Mlots-cls
Boubacar Boris Diop; Sngal; Mudimbe.


C*URRIER





DO,.



















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tivement *a repodutio e- ebei .ais dpend des forets, garantes de leurhaAIb.ita
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mthode s e t de- techniques les feux eeforet, la df l de m tio
ture et e-industrialisatio erovoquent -eau- deruches.Dsl


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N. e4 ce e- NO EMR -eeR 200 35
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De la Terre


Les questions environnementales entranent
toute une srie de dfis pour le secteur de
l'apiculture en Afrique australe. Tant que les
organismes environnementaux et de gestion
forestire de la region ne participeront pas
activement la surveillance de leurs terri-
toires, la protection des abeilles hors levage
ne pourra pas contribuer au dveloppement
de la region.

> La ncessit de normes plus
strictes

L'apiculture et le secteur du miel sont en
outre confronts des problmes de mar-
keting. Ainsi, suite aux normes plus strictes
imposes par certain pays europens et par
les Etats-Unis pour les importations de miel
et de cire d'abeille, de nombreux exporta-
teurs d'Afrique australe ont du mal trouver
des dbouchs. Consequence de l'introduc-
tion d'une rglementation plus strict pour
les importations de miel en provenance de
cette region d'Afrique, la majority des ngo-
ciants en miel, qui vendent surtout du miel
sauvage recueilli dans des ruches en corce,
les abeilles tant neutralises par enfumage
en faisant brler des feuilles non sches,
ne sont plus en measure d'couler leurs pro-
duits dans les pays dvelopps d'Occident.
Conformment aux conditions fixes par
la Commission europenne (normes Codex
officielles), le miel africain en effet doit avoir
un got de fleur unique agrable distinct et
ne pas contenir de traces de rsidus nuisibles
pour la sant. Il ne peut tre teint de fume,
ni contamin, ni additionn de saccharose.
C'tait vraiment beaucoup demander ces
nombreux exportateurs africains de miel et
de cire d'abeille qui vivent du commerce des
varits sauvages. Sindiso Ngwenya, secrtai-
re gnral du COMESA, le march commun
d'Afrique orientale et australe, reconnait que
les apiculteurs de la region n'ont pour l'ins-
tant pas la capacity requise pour satisfaire


aux exigences des importateurs europens.
Ce qui signifie que la grande majority d'en-
tre eux continueront de voir leurs products
refuss sur les marchs europens et seront
ainsi privs de moyens de subsistence. Et
d'esprer que les pays europens assouplis-
sent leurs conditions dans l'esprit de l'Accord
de partenariat conomique (APE), sign par
quelques pays de la region.

Derek Fee, reprsentant de l'Union euro-
penne en Zambie, estime que la quality
ne doit faire l'objet d'aucun compromise. Il
conseille donc aux pays africains d'aider
leurs apiculteurs dvelopper au maximum
leur secteur, en utilisant les nouvelles tech-
nologies pour l'levage des abeilles et le trai-
tement des products base de miel. "Le miel
est un produit dlicat qui exige une manipu-
lation approprie, de la production primaire
au traitement secondaire," explique-t-il. Et
d'ajouter que le miel d'Afrique australe sera
toujours trs demand en Europe en raison
de son got et de ses qualits naturelles.

> Exportations en hausse

Un petit nombre seulement d'exportateurs -
habituellement ceux qui travaillent avec des
agents trangers qui comprennent les mar-
chs occidentaux ont trouv des dbouchs
pour leurs products. Chaque mois, plus de
30 millions de tonnes de miel et 19 millions
de tonnes de cire d'abeille en provenance
d'Afrique australe arrivent sur les marchs
de l'UE. Le Royaume-Uni serait l'un des
plus grands consommateurs de miel de la
region, puisqu'il en imported entire 25.000 et
34.000 tonnes chaque anne. L'Allemagne
vient en deuxime position, avec 10.000
18.000 tonnes.

En rsum, les exportations de miel et de
cire d'abeille en provenance d'Afrique aus-
trale vers les marchs d'outre-mer devraient


augmenter en volumes dans les annes
venir, d'autant que la majority des apicul-
teurs adoptent de nouvelles mthodes d'le-
vage et de fabrication. Il semble galement
que certain pays europens assouplissent
leurs conditions d'importation, acceptant du
miel d'une moindre valeur condition tou-
tefois qu'il satisfasse certain critres. Une
initiative qui donnera sans contest un coup
de pouce aux exportations de la region.

Malgr l'absence de donnes concrtes sur
les revenues tirs des exportations de miel et
de cire d'abeille, ce secteur rapporterait la
region plus de 46 milliards de dollars par
an selon les estimations. Ce chiffre pourrait
mme tre plus lev en raison de l'amliora-
tion de la quality et de la production observe
ces dernires annes. A present que ces deux
sous-rgions uvrent pour l'intgration de
leurs activits commercials par le biais de
l'unification du COMESA, de la SADC et de
la Communaut de l'Afrique de l'Est (EAC)
au sein d'une zone de libre-change et d'une
union douanire, les exportations de miel et
de cire d'abeille de la region devraient s'affi-
cher bientt clairement la hausse.

Forts d'une population d'environ 527 mil-
lions d'habitants, les trois groupements com-
merciaux, qui reprsentent 26 pays d'Afrique
constituent un march solide et dynamique
pour les products miel et cire d'abeille. En
fait, un systme douanier et commercial
regional unifi mettrait en contact importa-
teurs et exportateurs. Toutefois, l'unification
de ces trois cartels n'est pas encore d'actua-
lit en raison de prfrences politiques, de la
bureaucratic et de capitaux insuffisants.
* Journaliste de Zambie


mots-cls
Miel; cire d'abeille ; SADC ; COMESA;
APE.


C*URRIER























. ...... h . .


P--4-


onimi les cinq f1.Lhs,, dJe iuleur
tie l',riginul hannire sevchel-
I':s fusun crs l'avenir. la ce.ise:
du pa.,s-arclnpcl aurait pu C[re
Lces inq qu'tlie,- (C:innllnt f'ire pour nle
pas [inmber dans le- cliLhes Un pu', s dune
ht:buuc iniiuk, avc une. p' pulatin d'un t
a'frahiliiae rure En plus tev.luanit an- un
s'.s[emlt tieemLruntraqut a 1,a Wcstminswtr
f'niicti.nuint s,ns ai. .r,,L delpuiis les Jeriv'.s
s.xi'lji-anes Jes inn ne' 70, ave. un revenue
par twe 'lhapbiaant plus prchet: dLe Lelui des
pa\s richer, que de 4c4 'oiIins. cun LtnuL .s



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


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,' i[ cl Je -'c. uritt: a-se ci' rt'hlt. Dans
le Jernier cla-sineni Ju PNUI), Sevchelles
a la 57eme: plutcc sur 1>2 pays se [ro.u dJans
les piyn a Jt:iclipeinTn[ huinliain elcve,
le seul atri,a iln Jans Let[[c ia[cuoric avc.
.\lauri.,e qui le: ui[ a la .lenim pla .e


Se.hell- arri'c a inurier la mi'dernite aJvc
une %i.e di i[ure, la pro'wcti1in de, drolrs
humans et[ la garan[ic d'un b.in nive.au
l'equitl fllIr iLmmLes ct21 I1iiiini


Une lics -urpri-c- Jle e pays une sc.urite
-'iciale qui arr,'c a ceuvrir Jans sn as-u-
ran.e sunte: cneralise,. iusqu'au traitt:me:n[
a I'.[ranger Relations s.itles eni[r[crlnues
e slidarit: entree les h'thituni[ en sint peut-
t[r:e le rcusc[. El un pre.identi qui passe
nluulkes -'iirc.s a aller disLutir ave. se, s
.i.t_.cns dains [ous ls e 'in- du 'pays, sL'; -
-ani a la critique: et tie clipss a autre tu s,ir-
L.s ilt: lal qui ni nIanque pas Je '.'eurs.


%9p- "-IMM ...0
---- IEW
















On pourrait dire que le paradise n'existe pas
- et ce serait un autre clich si un rudit
anglais du dix-neuvime sicle, le gnral
Charles Gordon n'tait all jusqu' carto-
graphier la Valle de Mai ile de Praslin -
aujourd'hui patrimoine natural de l'Unesco,
comme une rplique du jardin d'Eden tel
que dcrit par la Gense.

Un pays bni donc des dieux ? Non mais il
faut chercher le mal. Ces derniers temps, le
mal s'est approch d'Eden. A bbord, sous le
visage d'abord de la piraterie boursire don't
la crise financire mondiale avait entrain un
ralentissement de l'conomie seychelloise,
ralenti le dveloppement de plusieurs grands
projects, et secou la monnaie qui a tangu
avant de se rtablir grce sa flottaison
dcide par le gouvernement mais au prix
d'une survaluation avec pour consequence
une augmentation du cot de la vie Ce cot
de la vie est dj lev. La seule parade des
industries du secteur du tourism a t de
baisser les prix afin de continue attirer sa
clientle qui va du tourism de grand luxe
celui intermdiaire, le tourism de masse
n'tant toujours pas un choix aux Seychelles.
Le tourism, un des deux grands secteurs
de l'conomie avait eu chaud. L'optimisme
-modr semble revenir.






Le mal s'est aussi approch tribord sous le
visage d'autres pirates, strict sensu ceux-l,
du Puntland *somalien qui cument l'Ocan
Indien et contre lesquels, les grandes puis-
sances don't les flottes de pche sont les
premires victims, poussent Seychelles
assumer une part de la lutte anti-piraterie
surdimensionne pour la petite rpublique
compete tenu des risques de dstabilisation
de sa scurit, de sa quality de vie et de
sa dmocratie. Les pirates se sont trs peu
aventurs dans les eaux seychelloises mais
un double impact psychologique a eu lieu.
La crainte du pays fut que des tourists mal
informs fissent un appariement trop rapide
entire les mots pirateries et Seychelles. Le
pays a mme du investor dans la communi-


cation pour informer la clientle sur la situa-
tion relle. Dans les deux cas, le rsultat
semble positif. La frquentation touristique
est maintenu et les investisseurs qui avaient
ralenti ou frein certain grands projects
d'infrastructures les ont relancs ou se sont
engags le faire bientt. Mais le vent de la
tempte avait souffl
> .



Seychelles est un hymne la crolit, int-
gration parfaite de cultures et de genres de
vie, conjugaison de patrimoines ethniques,
permabilit entire communauts faisant de
chacun un kalidoscope avec des nuan-
ces individualises et non un melting pot
indiffrenci. La socit seychelloise est un
continuum quant aux apparences. Cette
crolit est aussi social, dans laquelle les
rapports entres couches sociales et culturel-
les semblent plus fluide qu'ailleurs. Une fte
au ministre des affaires trangres pour le
dpart du ministry a t l'occasion de d'ob-
server ce velout dans les rapports humans,
du ministry au personnel de service.

La relation avec l'tranger est loin des cli-
chs ngatifs ou positifs. Le visiteur jouit
d'une convivialit gale celle rserve aux
collatraux, tutoiement rapide, attention
et absence de calcul. C'est peut-tre cela
la plus grande beaut de ce pays qui n'en
manque pas. La crolit locale est l'in-
verse de l'uniformit folklorique. Il n'y a
que la langue crole qui soit la mme pour
tous, et encore, d'aucuns l'piceront plus
d'ingrdients franais, anglais, indiens ou
africains.

Sr, le Seychellois ne sera pas court de
langue pour parler l'tranger qu'il arr-
te volontiers au dtour d'une promenade,
just pour s'enqurir de ses sentiments sur
Seychelles et changer. Surtout sans jamais
le solliciter ou attendre quelque chose de lui.
Ce n'est pas par mondanit mais par une
sorte d'extension de l'intimit, par ncessit
de communiquer, de sortir de l'insularit. Et
de toutes les beauts don't les Seychelles ont
t dotes, cette sympathie est probablement
le plus prcieux de leurs envoutements.

* Puntland : une region du nord-est de la Somalie
dclare Etat autonome par ses leaders en 1998



Mots-cls
Schelles ; Seychelles ; Charles Gordon;
Valle de Mai, de Mai, Praslin, pirate;
Puntland ; Somalie ; Ocan Indien; crolit ;
crole ; crise financire ; Hegel Goutier.


C*URRIER







s e->-1,,lis report






Une suite bien tempre


cu.i.litlle n Liilnnu une histIIire ,agin
tlentiins \t-sites niiineie Jians les
pcri''de- les plus fragile- Mminc
l'_cl age n~iail pus cngctnJrru les
hiorrcurs >x cssils di'illcurs Non plus la
lul L[ pour l'idcpeundaiitLe, u le t '.up Jd'lta
inali'naliec sur'.cnu dans la ieunc rpubli-
que ICpuis le rcLabihlcincn J'un regiinIc
inultiparlilc qui s ien i Il suivi. eiuiq clc -
t ins se s oit dicrruicl.s ditns la IranspirciiLu.
Un seul hallo. l'spp,'].ilin unxi a Kiaginl:
aucune Elle :4t trop fluble ,tu la prime au
pouvllr c'4 ifi .'rl c.'ininc uvuc cilan unu
pulitue c"iniunJaul pai' pau' ru ,-u ~.elul-ti
pcul Lcre iecIrcux avc1 '' ptlriisan'

s ile:, Scvchcllic calcn restiLs inIu.'Imues
dJans les ,Jinnile- hi-'r lusqs lusue crs 5% 0
ou des mianusi.rils arabes in oni aiiiiie A\
l'aubc Ju leine siel., fut rappriTrie ai'.
plus de prci._sioi, l'cistence d'ilits auxquel-
le- .'.-i dut N.iv,i. Jonia son n'ioni !11 '11i
% aini qu'ils ne fusse it rcbarpti-c-s Farqhur.
En 1502, \'as., Jte ;jia le- baptisua
"Arnranttes. Les portulans miii n io'nn.eriiii
le ii.iinn Jie G'inna. la Iahe d'auliurd'hui.
puis d'nu[res n'tnintiieit "Scp- trers" ou
"Sept s.tu r


mtissage prcoce

1t C le -rv.'en l ngluirmp, ic'caie tiux
ni\-irc,: se dirigeanlt ver- l'Inc. Surit ut tiux
pirtitc, qui s deldcialiaJicnLt diant l't Oca
iltiilen, apr': JuIe luibrcux aa.'tars diani
lc: (Carabhc. V\'er 1770 des colii', Iran-
ajis c oinienccnL ,ii 'v inslaller. Suivi, par
>id'an.icini c' lvtes afri.ais lihbers et lar-
Pue's pair Jd '. nav.igateurs nglai.s Dcbutl Ju
ni!li isgc.

Fn 175',, les Franai- ont ,nflkieleinen[ pris
p,'sscssiitn dJc criaJincs iles de l',urhiiprel
rehaptise, Sechel lls un 175c Jdu in'ni J lIcai-
M re-au de Setll.-ls. c .ntroleur di linai.ics
tJi l.,uis XV. qui n'v a pouranti iiainms iniss
le pic-d. La purio'dei pi'st-Rc.-'ilutin, fran-
.aisc est marque: par une guurre franco-hri-
aninique. Le 1c inii i 17t les tAn'plais 'oc.u-
penit Mlhe puis les autres% c ile- I.e trnite J
Paris conlsai.ri 'cta[ t: laii. L.a stouv..rail.it:e
britaiinique s'ins[auri le 21 aril INl avct.
un uinucrnteur, Nisu' ,arthilc-mi, Sullivan.

Seth .llhs Lest iL.enu S\ith.Ellcs Mai' l'inic



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


des Scv-idlclh'is ec- restc. diu coiec Je la
F-raincc tout un s'.c.nlmmlidllunit du rmdiJt du
gestioni brilaniniquu lDuulii qui per-is[c.
Apres l'abholit' in ctIN cl s[ n culirct: en
iguuur Jeux an- plus turd, Sc;c,.lcil- ni'
pas suivi M.nuricc qui availt faii venir ni1
imas'. dc'c Indiens pur les u lc s lia llucl-
lc' l 11'nnu Je grande teLnsions cthni-
quce. I_-c' iilO tniiens el-aves sur une


S.itchelles I'e p t n r' -hen r,' i rt e'l i' pp s


H .... ,,, l..a r


p,'pulatiin die 7~' i labianjits, .'in cire
diu participants aiiti- tic lc'i.'t: ni'ic qui va
dicvenir floris,-anc c'.ci't t-ai. .afel, p'ro-
tli, ianillu et c[irtuc, I.'Louierture du ci.snal
diu Sucz en IN.", v,i parlairc le tithleu car
les smaic-rs turo'p.cln- s'apr.v isiitnneroni
en cdiharbon a Mahc. I.i La.JpiaLJ|1ic \'cia c'
JdcveLnuc c.'quctec. l,)cs les sntL Ieues a d,'
explctilnlt'.



Liberation sous le signe
du pragmatisme

Au dbut de la ,oltniali,.n anghIlai.
Sc\ c.hllcs csl pa'e,: su' adminiiltrati' n
maurienicnni I c''il 'uvnebre ]" i Scv lhelec
-'c.Lrtt da c cit tuielle ei pas-c Jdircc.te-
icnt _,us le c'.oinrole diI la t.:,urinnc. La
pr..miere c.'ntestaiaIn pnilitique conitre l
lIug ..innial csi v.lnue Je la Ta'. P'acrs
Assi,.ia[tin. no'n J'a-snciation politique
Un pragniali-nmec signitfla Lf I- maurnasmni
re'tenu a cLt la Dcuximic guerre iiindille,
a dispa,ru \ans la fin ic cetlle-ci. Grucc a
l'ccs-unt.c-e rpaichouli qui a aicui-m dcs pri\
'.eriiuicux. Fn cctie anne- I'i 1, c- at,ipte
le ( ',l'nial lc hopml en ii l\c-lrare A.c[. l.a
-cu.urit s .iLal -il '.c .lcil uisc t.- nia nic e n
'11.0 un plan tde Jduelo.ppcilicnt Liciienntal
et, lanice. I.ue Seychcll,'i s'etaiLen engages


I er, LI e de Vi' i'.ii tL svysemep, itiq :..i r Sech lles es! i 'rae d' ,uer ur itsemo ,e strilt e t, n







eportage Seychelles


en masse durant la guerre et sept ans aprs
celle-ci, ils taient encore 1400 dans les for-
ces britanniques du Moyen-Orient.

En 1964 deux parties politiques sont ns.
D'abord, le Parti uni du Peuple seychel-
lois (People's United Party) SPUP, tiers-
mondiste, indpendantiste, avec pour lea-
der, France-Albert Ren. De l'autre, le
Parti dmocratique seychellois (Seychelles
Democratic Party) SDP qui veut garder
le statut colonial et viser l'amlioration du
niveau de vie. James Macham est son chef
de file. Le suffrage universal est instaur
en novembre 1967. Les premires joutes
lectorales ont concern la mis en place d'un
conseil lgislatif, le vote d'une constitution
et l'lection de ministres qui sigeront ct
du gouverneur. La participation y a t forte
chaque fois. Chacun des votes a augment
l'autonomie locale. Le parti "modr" SDP
en est sorti vainqueur. Tout comme aux
lections de novembre 1970 lgislatives. Son
leader James Mancham est devenu Premier
ministry.


L'le Flicit. Au XIXe sicle, l'conomie des Seychelles tait florissante. Elle tait base sur le cacao, le caf, les clous
de girofle, la vanille et les tortues. 0 Hegel Goutier


En 1973 ont dbut les grandes manifesta-
tions pour l'indpendance rclame aussi par




111M


I Ile Mah. Copyrght


l'ONU et l'OUA. Seychelles devint "colonie
autonome" en 1974. Les deux parties politi-
ques se rconcilient. Aprs les lections de
1974, James Mancham devient PM, France-
Albert Ren, ministry Travaux publics et
du Dveloppement rural. La conference
institutionnelle de Londres de 1976 dcide
de l'indpendance pout le 29 juin 1976
minuit. Ce jour-l, Seychelles tait peuple
de 47612 habitants. Dans la coalition mise
en place l'indpendance, James Mancham
tait president de la Rpublique et France-
Albert Ren, premier-ministre.

En 1977, coup d'Etat contre Mancham
(alors Londres) par son PM avec le SPUP
comme parti unique et l'Occident comme
ennemi dsign, dans la plus pure phraso-
logie de l'poque. L'opposition est billon-
ne mais tolre. Elle essaie un contre coup
d'Etat avec des mercenaires sud-africains,
mat grce Tanzanie. Le multipartisme
est rtabli en 1991. Une nouvelle constitu-
tion, aprs un premier rejet, est vote par
rfrendum en 1992. En 1993, l'ex-auteur
du coup d'Etat, France-Albert Ren est
rlu mais dmocratiquement. Il le sera
jusqu' sa dmission pour limited d'ge en
2004. Le vice-prsident, son dauphin qui
lui a succd provisoirement, James Alix
Michel sera confort en gagnant les lec-
tions de 2006. H.C.


mots-cls
Schelles; Seychelles; James Mancham;
France-Albert Ren; James Alix Michel;
Hegel Goutier.


COURRIER






..ch.-le eportage


Economic





Succs des




rformes




aprs le


e ton est aujourd'hui au soulagement
sinon l'optimisme dans le gouver-
nement et le secteur priv. Mais il y a
encore peu, Seychelles, frappe par la
crise du ptrole suivie de celle des products
alimentaires, avaient senti passer le boulet
avec la crise conomique.
Le ministry des Finances Danny Faure expli-
que avec effroi : "Ds le dbut de 1998 les
crises du ptrole et des products alimentaires
avaient durement frapp le pays qui avait
d'normes problmes de devises trangres
et don't la reserve montaire n'quivalait qu'
trois jours d'importation. Nous n'tions pas
en measure d'effectuer les paiements sur nos
obligations internationales en Eurobond et
Seychelles tait rtrograde au rang des pays
en 'dfaut slectif' en septembre 2008."
Le 21 octobre 2008, le president Michel
s'adresse avec gravit la population pour
l'informer qu'il a sollicit le soutien du Fonds
montaire international. Il announce des
measures difficiles mais promet leur succs.
"Nous nous sommes engags, prcise Danny
Faure, prendre des measures pour contrler
la convertibilit de la roupie seychelloise,
diminuer la dette extrieure qui avait atteint
ce 21 octobre 2008 170% du PIB, la plus
leve du monde, et remettre l'conomie sur
les rails. Nous en enregistrons aujourd'hui les



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


bnfices. Par example, la reserve montaire
est passe trois mois de PIB ; nous avons
obtenu en avril 2009 du Club de Paris un
effacement de 45% de nos dettes."
Le FMI et le gouvernement de Seychelles
avaient prvu une baisse sur les revenues du
secteur du tourism de 25%, maintenant la
provision n'est plus que de 15%. La situa-


IBanque central des Seychelles. 0 Hegel Gouter

tion s'est bien redresse, grce notamment
une champagne de marketing international
rigoureuse. En nombre de tourists, le chiffre
n'aura baiss cette anne que de 4%. Les
investisseurs du secteur reviennent.
Jennifer Morel, assistant-gouverneur de la
Banque central relve, elle, que le renforce-
ment de la monnaie tait au-del des attentes.
"La roupie est en trs forte position, 10


Danny Faure, Ministre des finances des Seychelles. e Hegel Gouier
pour 1 dollar US au lieu de 17 au plus fort
de la crise. Cela cre mme un dsavantage
pour les industries exportatrices, comme le
tourisme" Mais pour elle, comme c'est le
march qui guide la valeur de la devise, celle-
ci se stabilisera, elle pense autour de 12 13
roupies pour 1 dollar.
Vaithinasamy Ramados, Prsident de la
Chambre du commerce et de l'industrie,
se dclare tout fait optimiste. Il salue les
rformes qui ont, d'aprs lui, amlior la gou-
vernance "parce que le systme est devenu
plus rigoureux surtout en ce qui concern les
attributions d'avantages sociaux."
Sylviane Valmont, CEO du Small Enterprise
Promotion Agency (SEnPA) rend hommage
au gouvernement pour avoir pris les measures
pour mitiger l'impact des rformes sur les
petites entreprises qui dependent pour la
plupart de products imports. Elle se rjouit
que celles d'un maximum de cinq employs
ne patient pas de taxes en-dessous de 250.000
roupies de chiffres d'affaires. H.C.



mots-cls
Seychelles ; Danny Faure ; Jennifer Morel
; Vaithunasamy Ramados ; Sylviane
Valmont ; SEnPA ; Hegel Goutier.












11/


'il SUMI'irJ l


III


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Entretien avec le president James Alix Michel
Lorsque Le Courier s'est entretenu avec le Prsident de la Rpublique de Seychelles, James
Alix Michel, ce dernier venait d'achever une srie de rencontres informelles avec les citoyens.
De quoi donner l'image d'un president qui sort de l'ordinaire, et surtout d'un pays o les
hommes de pouvoir sont accessible et communiquent facilement avec le people.


COURRIER







Seychelles eportage


HG Comment S. .. fait-elle face aux
bouleversements qui secouent l'conomie mon-
diale ?

President Michel Seychelles n'a pas t
pargne par les consequences de la crise
conomique mondiale. Nous avions dj subi
de plein fouet l'impact des prcdentes crises
ptrolire et nergtique. Toute flambe
du prix de l'nergie se rpercute sur le prix
des denres alimentaires. Ajoutons cela le
poids de la dette, trs lev aux Seychelles.
Depuis notre indpendance, nous avons tou-
jours eu pour objectif de raliser un niveau
lev de dveloppement social. Nous offrons
nos enfants la gratuit de l'ducation et des
soins de sant ainsi que l'galit des chances.
Nous avons galement mis en place un pro-
gramme de logement subventionn en faveur
de nos citoyens ainsi qu'un programme de
dveloppement des infrastructures socia-
les. Seulement, le succs de notre politique
de dveloppement a fait merger ce que
j'appelle un "paradoxe du dveloppement".
Nous nous sommes retrouvs pnaliss, sans
accs aux subventions et aux aides. Nous
avons ainsi du souscrire des prets commer-
ciaux, qui ont lourdement grev les finances
publiques. Voil pourquoi notre situation
est devenue intenable lorsqu'a clat la crise
nergtique, alimentaire et conomique
mondiale, qui n'a pas tard frapper notre
pays. J'ai donc pris la decision de lancer un
vaste programme de rformes conomiques
en association avec nos partenaires, savoir
le Fonds montaire international (FMI), la
Banque mondiale (BM), la Banque africaine
de dveloppement (BAD)* et l'Union euro-
penne (UE). Un an plus tard, la surprise
de la plupart de nos partenaires, nous avions
russi viter le pire.

Nous avons galement ngoci avec le Club
de Paris et sommes actuellement en pour-
parlers avec nos partenaires bilatraux en
vue d'une annulation et d'une reduction de
la dette. Car nous devons etre en measure de
supporter le poids de la dette.

- Il semble que cette rforme ait un prix, savoir
une nouvelle forme de pauvret aux S. \. ;. .
avec notamment l'mergence de la prostitution.

- Je ne dirais pas que la pauvret s'installe
Seychelles. Au moment de mettre en uvre
notre rforme, nous savions que les plus
vulnrables seraient touchs. C'est pourquoi
nous avons fait preuve d'une trs grande
fermet vis--vis de nos partenaires que sont
le Fonds montaire international (FMI) et la
Banque mondiale (BM), en insistant sur le



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


fait que nous devions disposer d'un filet de
scurit pour aider les moins bien lotis et les
plus vulnrables de manire leur garantir
l'accs une forme de protection social.
Nanmoins, comme nous ne connaissons pas
le chmage en tant que tel, comme il y a du
travail aux Seychelles, il nous a t plus facile
de russir la mise en uvre de la rforme. En
outre, le secteur du tourism a t relative-
ment pargn par la crise. D'autant que nous
avons lanc un programme de promotion du
secteur, particulirement agressif. Ainsi, les
hotels continent embaucher, les tourists
visitent toujours notre pays, et le secteur
continue de bnficier d'investissements.

Il n'y a donc pas de pauvret proprement
parler. Seulement, certaines mres doivent
rester la maison pour s'occuper de leurs
enfants, et des families trs nombreuses
bnficient des allocations de notre orga-
nisme d'aide social. Aux Seychelles comme
dans la plupart des pays, nous avons du faire
face au problme de la drogue. Nous avons
donc lanc une champagne intensive de lutte
contre la drogue et arrt un grand nombre
de trafiquants, aujourd'hui derrire les bar-
reaux. Nous mettons par ailleurs en uvre
un programme de lutte contre les assutudes
pour aider les victims de ce flau. La toxi-
comanie est l'origine d'autres problmes,
comme la prostitution, le vol etc. La lutte
contre ces problmes est aujourd'hui mene
l'chelon communautaire. Mais je soutiens
que ces problmes sociaux ne sont pas la
consequence de notre programme de rfor-
mes conomiques.

- Dans quelle measure votre pays est-il touch par
le problme de la piraterie ?


- Aux Seychelles, nous ne nous attendions
pas du tout etre touchs par cette crise.
La Somalie tant gographiquement trs
loigne de nos miles, nous n'avions jamais
imagine que les pirates se rapprocheraient
de chez nous. Nous faisons parties d'une zone
conomique tendue. Nous avons octroy
des licences de peche l'UE et d'autre pays
qui nous donnent des avantages en terms
d'emplois et d'installations industrielles ;
notre pays compete par example une grande
usine de mise en boite. Au dbut de l'anne,
lorsque les pirates se sont approchs la
faveur d'une mto clmente, les bateaux de
pche ont mis le cap vers le sud, et notre sec-
teur de la peche en a souffert. La navigation
de plaisance a, elle aussi, eu ptir de ce ph-
nomne. Mais depuis, nous avons pris des
measures. J'ai appel la communaut inter-
nationale patrouiller nos cts dans nos
eaux. Nous avons ainsi bnfici du soutien
des forces de la mission Atalanta de l'Union
europenne et des forces de l'Organisation
du Trait de l'Atlantique Nord (OTAN)
et avons pu computer sur des patrouilles
chinoises, indiennes et des Emirats arabes
unis (EAU). Les Amricains sont galement
arrivs avec des drones. Et aujourd'hui, nos
propres forces sont mieux armes contre la
piraterie. Les bateaux de peche reviennent,
forts de la presence leur bord de personnel
militaire charge de leur protection. La situa-
tion est en train de se normaliser, et nous
esprons etre en measure de contenir toute
nouvelle attaque.

- Certains partenaires de S. 5. . ont suggr
que votre pays devrait s'engager davantage en
ce qui concern l'emprisonnement des pirates et
leurs ventuelles demands d'asile. N'attendent-
ils pas trop de vous ?

- Je pense que nos partenaires doivent bien se
rendre compete de la situation difficile dans
laquelle nous nous trouvons, en tant que
petit Etat insulaire. Nous ne disposons pas
des resources ni des infrastructures pour
mettre sur pied, comme l'a fait le Kenya,
un tribunal pour y juger les pirates et les
condamner. Nous ne pouvons pas nous per-
mettre de traduire en justice ou d'incarcrer
chez nous des centaines de pirates somaliens.
En outre, s'ils ne peuvent etre poursuivis,
que ferions-nous d'eux. Nous avons expliqu
notre position l'UE. En dpit de notre dsir
et de notre engagement soutenir la lutte
contre la piraterie, nous sommes confronts
des problmes de logistique et de resources.
LUE et les autres pays doivent en prendre
conscience. La solution au phnomne de
la piraterie se trouve en Somalie elle-meme.







eportage Seychelles


1 Bateaux militaires, Mahe. "Nous avons pris des measures
pour lutter contre la piraterie." cHegel Goutier


Ce pays est en faillite. La communaut
international doit identifier les moyens et
les solutions pour y tablir un vritable Etat
de droit. L'actuel statu quo ne permet pas de
rsoudre le problme de la piraterie.

- Compete tenu de vos nouvelles amitis en Asie et
en Amrique du Sud, o S. ..,. -_. se situe-elle
aujourd'hui sur le plan gopolitique ?

- Aujourd'hui, je dfends le concept d'une
diplomatic conomique active. Pour survive
dans le nouveau context de la mondiali-
sation, il faut etre conomiquement fort
et, pour etre conomiquement fort, il faut
poursuivre une politique active de diplo-


l l.i . *. *lr ,'i'iq ue. \ ,l1 l" 'u iq u' I h' 'u -
sommes amis avec tout le monde. Je tiens
etre un partenaire des autres pays car
l'poque de demander l'aumne est rvolue.
Le partenariat est une situation o tout le
monde gagne. Aujourd'hui, nous sommes
une dmocratie ouverte, forte d'une bonne
governance. Nous sommes donc en measure
de dvelopper des partenariats avec tous les
pays du monde. Nous appartenons plu-
sieurs organizations internationales, comme
la Commission de l'Ocan Indien (COI), la
Communaut de dveloppement de l'Afri-
que australe (CDAA) et le March commun
d'Afrique orientale et australe (COMESA),
au sein desquelles nous avons un rle impor-
tant jouer. Nous sommes galement mem-
bres d'autres organizations internationales
et nous avons pris les renes d'une mission
capital pour l'avenir : la lutte contre le chan-
gement climatique et la protection de l'envi-
ronnement. Nous dfendons avec conviction


S"Pour survive, il faut tre conomiquement fort." Hegel Gouier


l'avenir de notre secteur du tourism et de
l'avenir de l'humanit.

- Comment voyez-vous l'avenir des S... '

- Je crois en la dmocratie active. Je suis
convaincu qu'un bon president se doit d'etre
en contact permanent avec ses citoyens.
Depuis le dbut de mon deuxime mandate,
je me suis rendu dans les districts pour y
rencontrer des citoyens, les couter et enten-
dre leurs dolances mais aussi leurs ides,
notamment sur leur vision de l'avenir de
notre pays. Ces rencontres me donnent de
nouvelles ides, qui me permettent de mieux
planifier l'avenir de Seychelles. Tous les
samedis (dans le cadre de visits informel-
les), je prends la route, je visit des projects
et je m'entretiens avec des citoyens. A mon
sens, permettre aux citoyens de s'exprimer
et de rencontrer leur president pour parler
et discuter avec lui fait parties intgrante
d'une vraie dmocratie. J'ai reu de trs
nombreuses contributions de la part du
public. Celles-ci ont nourri ma vision pour
Seychelles, un pays fort d'une dmocratie,
d'un Etat de droit, d'une bonne governance
et d'une volont de transparence. Dans notre
pays, les gens travaillent dur. Les richesses
ne se crent que par le labeur. Des richesses
qui seront ensuite redistribues au sein de
la population. Je nourris la vision d'un pays
prospre, auquel chaque citoyen participe et
don't chacun retire des avantages.


* Les notes de la rdaction sont entire parentheses et en
italique


mots-cls
James Alix Michel; IOC; SADC;
COMESA; Hegel Goutier.


C*URRIER














t1 [lI i [4







eportage Seychelles


I De gauche droite : Alessandro Mariani, Chef de la dlgation de la Commission europenne, James Alix Michel, Prsident des Seychelles. 0 HegelGoutier


international (FMI), la Banque mondiale
(BM), la Banque africaine de dveloppe-
ment (BAD) et les Etats membres de l'UE.
Les trois piliers cits tant en place, nous
avons pu progresser vers l'aide budgtaire
gnrale.

Le changement climatique est une autre
priority. Il suffit de mettre en regard les dis-
cours prononcs rcemment par Jos Manuel
Barroso, Prsident de la Commission euro-
penne, et James Michel, Prsident de la
Rpublique de Seychelles, pour y voir un
esprit commun, une vision commune et
des ides communes. En ce qui concern
le commerce, Seychelles participe de faon
active aux ngociations sur l'accord de par-
tenariat conomique (APE). Le 29 aot,
Maurice, la Rpublique de Seychelles a
sign un APE intrimaire. Le pays souhaite
conclure un APE part entire ds que pos-
sible. La peche, un secteur extremement
important de l'conomie locale, constitute
un autre grand domaine de cooperation. Un
accord en la matire couvre la priode allant
jusqu'en janvier 2011.

- S. ;,.. espre bnficier du "mcanisme de
vulnrabilit". La Commission a-t-elle dj pris
une decision ce sujet ?

- Comme vous le savez, l'instrument Flex
vulnrabilit est destin aux pays qui ont
subi une srie de chocs lis la crise cono-
mique mondiale de l'an pass. Seychelles a,


de toute evidence, souffert de repercussions
de ce type. Pour ce pays, la proposition
s'lve 9 millions d'euros, ce qui constitute
des resources financires complmentaires
trs substantielles. Si une decision positive
devait etre adopte fin octobre, nous nous
mettrions immdiatement au travail pour
prparer un versement initial de 8 millions
d'euros sur les 9 millions d'euros prvus d'ici
la fin de l'anne.*

- S. i. ,. pourra-t-elle bnficier des "autres
facilits" prvues ?

- J'ai eu l'occasion de prsenter deux de ces
facilits au gouvernement de Seychelles :
la facility Energie, centre sur les nergies
renouvelables, et la facility Eau. Les deux
sont trs intressantes pour Seychelles. En
effet, le pays dispose d'une srie de projects
qui pourraient cadrer avec les deux facili-
ts. On m'a inform que, prcdemment,
quelques demands de financement pour
une facility Eau n'avaient pas donn lieu
des progrs au point d'arriver en phase de
finalisation. A present, les parties prenantes
Seychelles croient fermement la possibi-
lit d'un travail conjoint, qui pourrait mme
bnficier d'une participation de la Banque
europenne d'investissement.

Cooperation rgionale

Certains projects rgionaux trs intressants,
financs par l'UE, ont t approuvs cette
anne, notamment un project dans le secteur


de la peche et un autre en faveur du dvelop-
pement des petits Etats insulaires.

Le programme RecoMap, en phase de
mise en uvre, a t dcrit par le ministry
Morgan comme l'une des interventions les
plus efficaces que le pays ait menes pour
combattre l'rosion ctire. Le ministry a
aussi flicit la Commission europenne au
sujet du programme de dveloppement de
la peche, et soulign que Seychelles tait un
alli inconditionnel de l'UE dans la lutte
contre la peche illgale, non dclare et non
rglemente.

- L'engagement de l'UE en matire de piraterie

- Seychelles est reconnaissante l'UE pour
sa mission antipiraterie. En ralit, le gou-
vernement de ce pays avait demand l'UE
d'envisager d'tendre la mission "Atalanta"
la zone conomique exclusive (ZEE) de
Seychelles. Cette mission a aussi t prolon-
ge jusqu'en dcembre de l'anne prochaine.
LUE et d'autres pays y participent sur la
base d'une resolution des Nations Unies.
H.C.
* Decisions adoptes entre-temps.





mots-cls
Seychelles; cooperation UE-ACP;
Alessandro Mariani ; Hegel Goutier


CURRIER







Seychelles eportage


La cooperation entire l'Union europenne et


La cooperation entire l'Union europenne
(UEi et Seychelles vient de faire preuve
d'une grande flexibility Les priorities defi-
nies dans le document de stratgie, guide
quasiment intangible de la cooperation
UE-ACP viennent d tre tout fait cham-
boulees sur demand de Seychelles

Le pari etait risqu Laura Zampetti, res-
ponsable du desk Seychelles a la Com-
mission europeenne, se rejouit que ce
pays ait reussi a avoir l'accord de I Union
europeenne et d'institutions financires
internationales en vue d'une adaptation
de leLirs aides Dans le cas de l'UE. ce
sont les resources polir le 10e Fonds
europeen de developpement 2008-2013
qui vont changer d'utilisation La Commis-
sion a d realiser cette adaptation en un
temps record Dsormais la quasi-totalit
de son soutien sera apportee au travers
du budget de Seychelles

Cette flexibility a et rendue possible
d'aprs Laura Zampetti, par la conjonc-
tion des facteurs suivants

* la pro-activit de Seychelles qui a en-
clench des rformes de goiuvernance
conomique des la crise du ptrole et
mme avant

* la preparation prcoce de son argu-
mentaire auIprs des institutions in-
ternationales en approchant presque
simultanment le Fonds montaire in-
ternational (FMII la Banque mondiale
iBMi, lUE et la Banque africaine de
dveloppement (BAD) ,

* le model seychellois, une democratic
politique soutenue par une politique so-
ciale avancee que la cruise economique
et financire menaait. Le dernier fac-
teur plus particulier, est la prvoyance
de Seychelles, qui a introduit dans son
plan de reform des mecanismes de
protection de sa politique social ldu-
cation et soins de sante gratuits alloca-
tions de resources aux plus dmunis,
long cong de maternity, etc i


LOrdonnateur national seychellois du
FED, Viviane Fock-Tave, se rejouit de la
pertinence de l'aide budgetaire, plus en
phase avec les besoins de son pays, tout


en considrant que les procedures de de-
caissement restent trop lourdes, d'autant
que l'adaptation est destinee a rpondre
mieux et plus vite a une situation de cruise


I ln u-LIE 0 LI f fL'f irIge p i MEiyrri or'IJl 1Ir1 :. L r' i i iC',rrrie' rflll erif' lECle i rllellE pI li '~I' c lE. 1 i~le .',ITip l rerT Ull
fI1i i snl ,'If 'i 'i, un 'J1 I lisign lfilnt 'IF la sar,ut- Het,: ..1 ,1 ,ii.,1.4L1.. I,, .i ,,,,. al


UOCHBULRIRE: FED ET BUDGET


Dan, I s language de 1s .:..:.per3[i.:.n en-
tre I Unio.:.n euro.:.penne [ le-, ps;i, "F
l- re-;..ir,:ce-, pro.:. ennent entre autre-,
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peinent iFEDi er du Budgqet

FED. Le FED e;t .::n;ittue de n-.:.nt3nt,
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tran.:h -, de .:inq an;, et qui fnn.:cnt le I
pr.:.griran e indi.:atif nati.:.nal -de :h3-
que pI.s, -"CP e pr.:.grianimen indic:alf
regi:'nIl de c:h3quie region 9ui.queil i
luit j'.ul.ter un pr.:.grsniniie t.oui-,-C"F
Le FEC estl 3re u ni.:.n de I Un.:on psar
I Co."ini"ni;;' n eur.openne II recei:l
pour I; pI; I region :, t"CP de-, parti-,
li.e ;[ lle.ibli.e Le-;derniere- ,;,nt [ttri-
b.e ;ei.:.lon le-I ,:ritere-, de perfolrniance-
du bene.fi.:,sre en tern'-i, d tiliiatio.n de
l1ide .:.O, re-er ee-, de-, ne.:cn;,n-,


cc.i"iiie ,-:IL de '..-Fie. i ulnerabilie-
lie., i ci inter le de I 1niiba aldeur ',,1
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BUDGET. Dan;, la ngage de 1s :..:.pers-
tion uE--CP .: ne r -.t Ou.-entend 1; re;--
. ;r,:- pro:.pre de 1s .',ii"ii" ;n ,:n ur:,ro-
peInne C-tne n;,itu tion C .tlie une p.arte
de c:-; re;;:.urc:e; p.:our de- prO.j:et O:u
de; l,:ilit .:o."iii-i. 1s Fs.:ilte Energie
IEnergt Fa.:citti et t Fa .:iite E[ u i: water
lc':tli li e0 n.:orels F:clitel GIcobIClii-nsate
S:h3nge sllisnce En .:e qui .on.:erne c:nee
dernere de-tnee prin.:ipslenrient u. pe--
it,t Etat-,. n;,ularre-, ~au no:iment de imenre
Le Cou:.rrier ;,:.i, prei.,;; ec.:helle qui
a 3it une :h3n:ce d:obte-nr un n.:.ntant Ide
2 nrillion;, dleuro, de 3it prIeslsblie"r'ent
prepsarer une ;,trate-gie dadaptati.:n au.
: h3ngeirent;, .:lirsi3tHqu. -


N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009






eportage Seychelles


GOUUERDIlCE





Un pas est franchi dans le processus
d uLne ventuelle modification de la
constitution seychelloise Le "Judi-
clary Panel' prsid par le Presi-
dent de la Cour d'appel et "Judiciary'
de Seychelles. Francis McGregor a
remis ses conclusions au president
de la Commission de revision de la
Constitution* Pour preparer son rap-
port M McGregor a eu des reunions
de travail avec des constitutionna-
listes et des institutions diverse a
Seychelles et a l'tranger, y compns
a Bruxelles avec la Commission des
affaires constitutionnelles du Parle-
ment europeen pour changer des
experiences sur le processus consti-
tutionnel europen et sur l'exprien-
ce seychelloise en la matiere.

Entre la constitution adoptee par
Seychelles a son independence et
son ventuelle version revise, exis-
te une continuity d expertise, souli-
gne McGregor. Il releve que I un des
membres de son panel est aussi le
president de la Commission de Rvi-
sion et Lin autre avait te le president
de la Commission constitutionnelle
a l'arrivee du multipartisme il y a 15
ans II se felicite de ce que cette ex-
pertise est d'importance
'Chairmlan if the Constitution Ravie-.-. Com-
initlee


I -n.':is Mc'ijrgor Presideni de lI Cour d appel


i imiii


I B te'u m ilii31ir aIi' iMal l ..1i.. 1

En invitant des partenaires de nombreux pays s'associer
lui pour contenir la piraterie venant du Puntland
(Somalie), Seychelles se retrouve au centre d'une coalition
qu'il a parfois du mal contenir dans les limits de
ses attentes. D'abord le pays a t plus victim de la
communication sur la piraterie que de la piraterie elle-
mme. Les pirates ont pntr dans les eaux territoriales
seychelloises, mais ils se sont peu rapprochs des ctes.
Ils ont toutefois arraisonn une fois un bateau seychellois,
pregnant en otage pendant trois mois son quipage de sept
marines seychellois, pour la liberation desquels Seychelles
a consacr beaucoup d'nergie et de resources.


Pour le moment, l'Organisation des Na-
tions Unies a appel ses membres ap-
porter leur aide dans la lutte anti-piraterie
dans l'Cicean Indien LUnion europenne
et certain de ses Etats-membres no-
tamment ceuix qui bnficient plus des
accords de pche UE-Seychelles comme
la France, le RoyaLime-Uni et l'Espagne
et aussi d'autre pays Etats-Unis, Chine,
Russie, Japon ont rpondu l appel
des Nations Unies L'Union europeenne
a coordonn ses forces sous la dnomi-
nation Atalanta A travers la personnel du
Haut commissaire britannique, Matthew
Forbes, qui la represent sur place elle a
sign avec Seychelles le 8 novembre Lin
'Accord sur le statut des forces' Seychel-
les a par ailleuLirs un accord de cooperation


de Defense av'ec la Belgique depuis le 10
novembre De mme qu'un protocole d'ac-
cord av'ec le Royaume-Uni qui pr'oit des
operations militaires conjointes y compris
le jugement et I emprisonnement ventuel
Seychelles de supposes pirates s'ils
sont captures dans les eaux territoriales
de ce pays

Quand a la question controverse du droit
d'asile a des supposs pirates contre les-
quels il n y a pas ou pas assez de preuves
polir les condamner, Seychelles n'a tou-
jours pas pris d engagement, considerant
trop important le danger, pour un petit pays
de 90 000 habitants d'heberger en grand
nombre des personnel qui pourraient tre
des trouble-fte


C*URRIER


























































N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


.40






eportage Seychelles


Wavel Ramkalawan
Leader de l'opposition



Il faut mettre fin a


Quand le parti cr par Wavel
Ramkalawan, le Seychelles
National Party, partir de
trois minuscules movements
se prsenta aux lections
de 1998, il n'obtint qu'un
pour cent des voix. Moins de
dix ans plus tard en 2006,
ce prtre anglican, orateur
charismatique, a encore perdu
les lections mais avec 45,7%,
devenant le leader incontest
de l'opposition. Le Prsident
de la Rpublique voulait avoir
des rencontres rgulires avec
lui mais il venait de dcliner
l'invitation au moment de
la visit du Courrier.

Pourquoi ?

Wavel Ramkalawan On avait ce genre de
tte--tete le Prsident et moi auparavant.
C'tait avant l'annonce des rformes et je
pense qu'il voulait l'aval de l'opposition. On
avait discut de divers sujets mais il n'y avait
pas de passage l'action. Par example, il
m'a dit une fois qu'il voulait nommer deux
ambassadeurs itinrants et que chacun de
nous en choisirait un. J'ai propos l'an-
cien Prsident, M. Mancham. Le Prsident
Michel a applaudi ma proposition mais cette
nomination n'a jamais t annonce parce
que son parti aurait refus et lui n'a rien pu
faire. M. Michel d'un ct dit qu'on doit tra-
vailler ensemble pour le pays, et de l'autre ne
respect pas l'opposition.

Que prconisez-vous ?

Dans les districts, le parlementaire est lu
mais l'administrateur est nomm. Suivant que
le parlementaire soit de la majority ou non, il


sera consult pour les decisions relatives au
district ou pas. Il faut qu'il y ait des lections
ce poste. Le parlementaire pourrait etre la
personnel en charge du district, l'quivalent
d'un maire. Il ne doit pas avoir comme main-
tenant un commissaire lectoral nomm mais
une commission lectorale compose ven-
tuellement de personnalits indpendantes.
Dans un petit pays, il est plus facile d'influen-
cer une personnel qu'un group.

Sur les choix conomiques du gouvernement

En octobre 2008, le gouvernement a change
compltement son programme conomique
et, sans vouloir nous vanter, il a pris le
programme de l'opposition libralisation,
ouverture, convertibilit de la roupie. C'tait
dans notre manifeste pour les lections prsi-
dentielles de 2006. On est trs content alors
mais il faut passer la deuxime parties de
notre programme, qui est de protger les
acquis sociaux travers la libralisation et


I Wavel Ramkalawan, personnage charismatique, leader de
l'opposition. 0 Hegel Goutler

d'etre soucieux de la situation des petites
gens don't le gouvernement semble avoir
oubli la souffrance. On voit la pauvret
augmenter, meme la prostitution apparaitre.
Des mdecins disent que les dpressions aug-
mentent. La transition la libralisation n'a
pas t amnage pour permettre aux gens
de s'y adapter. Il faut aussi des dispositions
pour sauvegarder les rformes, pour que le
parlement joue son rle de contrle.

Et il faut mettre fin la politique partisan.
Et qu'on ne voit plus des interfrences comme
celles avec la foundation soi-disant non politi-
que du Prsident qui a repris le logo de sa
champagne prsidentielle, "JjSpirit" et semble
favoriser ses membres en leur fournissant des
emplois. H.C.


Mlots-cls
Seychelles ; opposition; Wavel Ramkalawan;
Seychelles National Party ; Hegel Goutier.


BOnnE GOUUERIInCE : LES PRIORITS


Une part important des resources affec-
tees au ttre du 10e FED aux Seychelles,
dans le cadre de sa cooperation avec l'UE
est destine aux pnorits suivantes en ma-
tire de bonne governance

* Gestion et rehabilitation des tablisse-
ments pnitentiaires y compris la pro-
motion de services de conseils et de
soutien aux prisonniers et leur rhabili-
tation L'idee est d'associer davantage
les organizations de la socite civil
dans ce domaine

* Creation d'une acadmie de police
pour soutenir les organismes publics et
prices dans l'laboration de politiques
de governance, I accent tant mis en


particulier sur les concepts et les pra-
tiques dans le domaine des droits de
l'homme (y comprise l'galit entire les
hommes et les femmes) et sur le dve-
loppement de procedures

* Activities specifiques de enforcement
des capacits pour les acteurs non
tatiques

* Assistance technique et soutien au
bureau de l'Attorney General pour une
mise au point sur la situation des droits
de l'homme Cet examen pourrait im-
pliquer la consultation d'autres acteurs.
par example des organizations de la
society civil


COURRIER






Seychelles eportage


Culture


Etonnants le dynamisme
cultural et un si grand nombre
d'artistes de toutes disciplines,
musicians, plasticiens,
dramaturges... dans un pays
d' peine 90.000 habitants,
et le succs de plusieurs
d'entre eux l'tranger. Cette
vigueur artistique couvre des
domaines divers et le Festival
crole, manifestation culturelle
et intellectuelle, tmoigne la
fin de chaque mois d'octobre
de cette richesse dans une
atmosphere de rjouissance.
Quant l'Institut crole dirig
par Penda Choppy et l'Ecole
d'Art et d'Histoire, ce sont des
creusets toujours en bullition.


ymbolique, le petit miracle du
record de vente de single battu, il
y a quatre ans en France mtropo-
litaine par le group musical Dezil
www.dezilonline.com, compos de quatre
trs jeunes talents, Sandra, Martin, Juan et
Michael. Avant eux, Patrick Victor don't la
quality de la musique en fait dans le monde
francophone une sorte de Jacques Brel* tro-
pical. Dans son pays et assez loin ailleurs, il
est une rfrence.

Tmoin, l'hommage que vient de lui ren-
dre un jeune crateur des plus imaginatifs,
Raymond Clarisse don't on peut parier qu'il
sera reconnu au-del des rives de l'Ocan
Indien. Raymond Clarisse, encore au dbut
de la vingtaine, prodige ds l'adolescence
est acteur, directeur musical, dramaturge,
ralisateur de tlvision, chorgraphe. Il a
mont sa troupe de danse-thtre l'ge de
16 ans. Il vient d'adapter la comdie musi-
cale Kastor cre par Patrick Victor il y a 25
ans avec son chur, Mahe Chamber Choir,
qu'il a cr il y a cinq ans aprs des tudes
de thtre et cinma au Pays de Galles o il
a, excuse du peu, dirig pendant un an The
Elizabethan Madrigal Singers plus connu
sous l'appellation MADS, la plus vieille



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


troupe chorale de l'universit Aberystwyth.

Marie-Thrse Choppy dramaturge, spcialis-
te de la culture seychelloise met en exergue la
crolit pour expliquer le bouillon de cultures
que constitute Seychelles. En ce qui concern le
thtre ou la comdie musical, elle dmontre
avec passion comment les musiques et danses
moutya et sokwe, part de l'hritage africain
du pays, peuvent etre considres comme du
proto-thtre et cole de creation car elles ont
toujours mis en scne les vnements survenus
dans tous les domaines de la vie.

A visiter :
- ICCS (International Conference Center),
lieu vivant avec exposition et salle de
spectacle don't le hall d'entre est rehauss
d'une creation original, faussement nave,
sculpture base de coquillage de l'artiste
amricano-seychelloise, Lucy Hickerson,
Mermaid's nightmare.

- Institute crole et pour la beaut du lieu et
pour son legs intellectual. Et si vous avez
la chance de lui adresser la parole, pour sa
directrice Mme Penda Choppy qui connat
tout sur les artistes et l'art de son pays.


A lire :
Glynn Burridge Voices, Nighthue Publica-
tions, Seychelles 2000

A couter :
Dezil Welcome to the paradise, Sony BMG
www.dezilonline.com

Ion Kid (membre du group Dezil) Ou,
Production Jimmy Savy, Seychelles

Jean-Marc Volcy, Madir Music Productions:
http://www.madir-music.com/

A s'informer sur :
Seychelles Heritage Foundation/Fondation
du Patrimoine des Seychelles PatrickNanty,
Directeur / Chairman, La Bastille, P.O. Box
3008, Tel : +248 225 240

Seychelles Nature : www.natureseychelles.org
H.G.


mots-cls
Festival crole ;festivalkreol ; Institut crole
Penda Choppy; Ecole d'Art et d'Histoire ;
Dezil, Raymond Clarisse; Patrick Victor;
Marie-Thrse Choppy; Lucy Hickerson;
Glynn Burridge ; Hegel Goutier.


TOURISM. COUP DE CUR.


Dans un pays dj exceptionnellement
beau II faut voir le plus possible Certes
les trois plus grandes les Mah, Prasihn
et La Digue Et si possible deux ou trois
des les coralliennes

A ne pas rater ces plaisirs simples

Mah La petite ville capital Victoria a la
fois bucolique et moderne Un dimanche
a Anse Royale ou toute I fle se retrouve
ou toutes les couches de la population se
croisent sans cremonie et s'adonnent
farniente Sandra et Michael du group
musical Dezil pas loin de Jennifer Vel, la
plus jeune parlementaire du pays

Praslin Mme si c'est dans tous les guli-
des avec moult dtails vous serez surprise


par sa beaute, la Vallee de Mai a Mahe,
parc enchanteur s'il en est avec les ses
"fruits dfendus" don't le coco de mer vul-
gairement dsigne coco-fesses devenu
le symbol de Seychelles.

La Digue, coup de cur parmi les coups
de coeurs. O chaque petit recoin procu-
re du plaisir Ou chaque habitant semble
vous apprecier just pour vous-mnme
O le propritaire d'un petit htel Kot
Babi est devenu une image de l'hospita-
lite de I fle, son proprietaire, ancien chef
cuisinier de celebrities comme la famille
du Shah d'Iran, de temps a autre pre-
pare pour tous ses convives des plats
delicieux qui devraient coter plus cher
que le relativement modest prix de ses
chambres.






couvrir l'Europe


1- :, l ,- ,I,- ll,, l l,- .- .. ir .1- i ,, I,.I I r ,


ai iil, in Ile Sliannin Il lu ceint I'elCmt uchuil du
lieu'e m thlique d' leli iquet ,l it il\ i le jwI > is iUi se inllu-tt leir
ses dix liinres d'"1' iessIt- e.C il)ln I |e, Ce' qlUI. 1' CutI p I1' <.i nt i I' SC iUX in lli\tui du' rllI'teS le
huite t.chhln. qrie et de suil' elldinrI etuiiIprenellll. (a1 %i u
l'eimeiilnce du "TIile cel e' s iue piili aT ec en% le.
l'il itsI. a- I eC sceI)tiC'Ime ei:l eV5 Iti es memllire de l'Uni. on


iUliuidl'luil. le Tiijic Crl piIUe est Ie:-'e Sets b)lesslirsb meIe
tlonnt 1sils Inute ,lu L mp\ h 1 catillSei A Limeiick sultut.
cihel-liU le la ir]iiIn ui la p l ul .i an -l i 1ippil me,1 l.lti la
dlectiodn a .iU te elhii.mlhItit (1 I1111 a i'teuI le- 11 hnni iclie (e cNe
djilc.:,llsei n P u Iiiner

Alples a' il accuse le cnuii et <[luelltiuc pu u iiula. ee a.)ies
le U" l Ii .fl is d iei lil ind itU iIl i' e .I lu le"iu ll(ill L uiI


le Ti.ate de< Libhonne l irCjlonl lait N C cmptes Et le hilan
srmbIler li d ri tctl ii r1tit : une p'ipulticn leui. un cen itI
tiill\ r'itin e t le le- i ri'Inllee iLrilil ti- iiil-e L iune zC elt- .ri- p -
tuiiir d'un ltritentiel eillr'ime Eniln. l'ppl t 11 l miiiaintls.
ilp ele' la -i ir-s *iU'e ) uli Ci-llSI I.III- C-et te Il- Li'U elle ec(nii* -
IIe kIelle SI Cel tili5 rilt il \i \a1 I dit.J ec let.ui nI i Chez
euLI. nUl Ieellnc- Iir u n e inct s \ f. 1 I n ,b *l I<5Irm ( ins1 LII
p., 5 nu ne lest iint a lutiL tir l > ui l'ile ju c Leux C ILuI 1' I iei
I)m m pu e in ii i ('- i l ie]iliin i l'ai I. U|*iULiLIS p.1a ,ul lit lI-
Guiliand Fminilie qui en 18-47 a,1 ltiusse unll *1iilirl i nml ie d'I -
In, li.N 'ai ) III t 1 ) u- l[ plupl)al t. aux Etats-Unis

Un i e lui li lUeste iCCic lie i1.1 ccEUiet rl tui exlplFli i l i.-
quelqlue 1SO mnis p[lu's I.iI. )ii*iit de du l I tdhlitiilqui iniiis n de- Cjir ( p.* l tl ln itL i de' ,lip-


Et c est Limick pl ecisemenit qlue I'A enice p[ul l'aide Lau
l dr u <)ti u m1 L' l 11-1t1 i ',cn' Uaiu l Licu s


COURRIER






couvrir l'Europe


Des "oies sauuages"






Aprs 344 km de course, le Shannon, le plus long fleuve des les britanniques et l'un des
plus beaux d'Europe se jette dans l'ocan Atlantique, aprs avoir effectu un dernier
mandre autour de Limerick. Chef-lieu de la region de Shannon, Limerick est un condens
de l'histoire d'Eire ("Irlande" en galique). Mais comment relater cette histoire, tumultueuse
et douloureuse, faite de rbellions aux occupants et d'migration, qui remote une dizaine
de sicles avant notre re pour se poursuivre par l'occupation, durable, des Celtes ?


..-I I .- -l ~ LIY Iiq 1.111 [ll lu 'u- l q ul



i i -ri,-ik in 'r i :iii I u-d, Ituu 1 it ,ju
uI.uII .lIul l d uiclu.. lIu'dc
Il- i lur,~ *r- 1r 1 Ill ci'.u..i i 1'[ 'lu
1c u. Ici d '. 1 p n u i.tuluiu


> lint 1, lin i. k [t lu luU[u. iv.-ii' uu. I i l lu 1 i, -
1L .iu.u, d. ilu1 p[[uir1l, 11 iu.Iii' lu', iu iu.llu.

'i.-ii 1,:uIlittIll, n.iu nu i, i ui d-. .u'.Ii t'i't



nur uin dlNiii IuI'L~ luh.i.~..i r '' lb., ,


I.. h. Il. i .1. lu I. li l. [-.11.
u'iu'uklu'u p ul, L [ u.I''Iluu .Iiu.''Lu.. ilu..i d in, *U uiU
i..,[bu i -mul k ut' dur \Iuiu. -ri

Iu.u il.pu - c' l u 1lcn u l un" Il utu. i ..ii
1u.nu.ul uicl iltiicltli UtIIM .i.i.ji 1141. lu"
' -lun K li. l ,i l, 11 l -


1 q







couvrir l'Europe Shannon


C'est au tour des Anglais de tenter au XIIe
sicle d'asseoir leur suprmatie sur l'le.
Malgr leur tentative de sgrgation inter-
disant aux Anglo-normands de se mlanger
aux Irlandais le "charme" irlandais opre
nouveau. Vint alors une colonisation plus
dure, dite "plantation", par des immigrants
anglais. Suit la "pacification" brutale de
l'Anglais Olivier Cromwell qui, ds 1649,
dporte des rgiments entiers en Espagne et
au Portugal, des civils comme esclaves aux
Antilles, et confisque les terres des catholi-
ques. En1685 la rvocation de l'Edit de Nan-
tes conduit de nombreux huguenots fuir
en Irlande o le nouveau roi d'Angleterre, le
protestant Guillaume III d'Orange, dfait le
roi catholique dchu Jacques II la bataille
de la Boyne en 1690, puis assige l'arme ir-
landaise Limerick. Le trait de Limercik
permet aux assigs surnomms les Wild
Geese (Oies sauvages) de partir en France.

En 1800, l'Acte d'union supprime le parle-
ment irlandais. Suit une rebellion, conduite
par Robert Emmett, violemment rprime.
Emmett sera pendu, mais son discours lors
de son procs inspirera les futures gnra-
tions de nationalists. A Limerick, l'avocat
catholique Daniel O'Connell, surnomm le
Librateur du people irlandais, est lu d-
put du Comt de Clare en 1823. En 1829,
il fait adopter l'Acte d'mancipation des ca-
tholiques leur permettant de siger au Par-
lement.

Les movements indpendantistes se multi-
plient. 1902 voit la naissance d'un nouveau
parti rvolutionnaire, le Sinn Fin ("Nous
seuls"). De 1919 1920, l'IRA (Irish Repu-
blican Army), sous la direction de Eamon de
Valera et Michael Collins, mne une guerre
d'indpendance. En dcembre 1920, l'le est
partitionne entire l'Irlande du Sud com-
prenant 26 des 32 comts d'Irlande don't
le parlement sige Dublin et l'Irlande du
Nord comprenant 6 des 9 comts de la
province d'Ulster don't le parlement est
Belfast.

Aprs les sanglants conflicts de l'indpen-
dance, l'Irlande connait enfin la paix et une
relative prosprit, bien qu'ayant connu de
grandes difficults conomiques et d'im-
portantes migrations pendant les annes
1930-40 et 50 ; son entre dans la Commu-
naut conomique europenne en 1973 lui a
permis d'avoir accs un march plus grand
et de tirer des bnfices de la politique agri-
cole commune et des fonds structures euro-


pens. L'migration a cess, mais le pays ne
compete plus que 4 millions d'habitants (5,5
millions pour toute l'le), alors qu'on estime
le nombre total de personnel d'origine irlan-
daise dans le monde, la diaspora irlandaise,
60 millions. M.M.B.


mots-cls
Shannon; Saint Patrick; Limerick;
O'Donnel ; Tigre celtique; UE ; Grande
Famine.


Lf GRlHDE FMIDHE DE 1846-1848


En 1846. I apparition du mildloLu un
champignon sur les recoltes de pomme
de terre principle nc.urrituLre des pa9,-
sans irlandais entrance Lune famine de
grande ampleur Contrairement a ce
qui sest passe pendant la famine de
17.80 les ports irlandais restent ou erts
sous la pression des negociants prot-
estants .Alors que des families entieres


meurent de faim des con ois de nour-
riture appartenant aui landlords escor-
tes par I arimee parent ers I "ngleterre
Lhistoire de la Grande Famine est retra-
cee dans le imusee de Roscon-mon a la
lisiere de la region du Shannon L Irlande
perdra par dec.es ou emigration la moitie
de ses 8 millions d habitants


LuS, LE TIGRE CELTIQUE DIT "OUI"


Le octobre 2009 les Irlandais ont fi-
naleiment ote en fs.eur du Traite de
Lisbonne ec 6': 13"., des .oi 15 mois
apres le non quii a at rmis en suspens
le project de Constittutio..n pour I Union
europpeenne Une decision qLii sepli-
querait principalement par les re.ers
economiques qui ont traumtiiatise I Irlande
tout au long de l annee derniere Cette
recession la pire que I Irlande connais-
se depuis I independance a frappe de
plein fouLet l essor economique enregis-
tre par le pa.s depuis le debut des an-
nees 1990 un essor tel que I Eire etait
de ene p.our le monde enter le Tigre
celtique Selon les economists la cro.is-
sance de rait enregistrer jusqu a 8".. de
contraction en 2009 a.ec un nou eau
declin brutal en 2010 La dimension
economique de I adhesion de I Irlande
a I Union europeenne absent dtu debt
en 2008 a donc ete revise auL centre de
la champagnee du second referendum Le
deficit budgetaire de I Irlande est actuel-
leiment le plus important de I UE Leffon-
dreiment dL s.steme bancaire irlandais a
ete e.ite de justesse en septembre 2008
grace a une garantie gou ernementale
de 400 miillirds de dollars pour tous les
depts bancaires L Etat a en outre pris


les dettes des promoters immobiliers
Cous a sa care en creant une ban-
que poubelle L Irlande a beneficie des
fonds europeens de iraniere imiportante
pendant ses trente-cinq annees en tant
que mermbre et en 2_00S le budget de
I UE lui a encore alloue la some de 500
n'illions d euros nets


r. i i liii,-''.


COURRIER






i couvrir l'Europe


Un sens historique







"L'radication de la faim reprsente non seulement la pierre
ri angulaire de notre programme d'aide, mais galement un
lment cl de notre politique trangre" nous explique Peter
Power, Secrtaire d'Etat en charge du dveloppement. C'est que
l'Irlande n'a pas oubli son propre pass. La Grande Famine des
annes 1840 est "inscrite dans nos gnes" souligne le responsible
de l'Agence d'aide national (Irish Aid Agency), mais aussi toutes
les personnel rencontres dans la region de Shannon.


'Agence d'aide a pris ses quarters
Limerick en 2008, suite au vaste
programme de dlocalisation du gou-
vernement. Une ville que Peter Power
connait bien puisqu'il y a grand. Au total,
70.000 personnel prirent ou migrrent
l'poque dans le Comt de Limerick. "En
2006 nous avons mis sur pied un group
d'experts charge de conseiller le gouverne-
ment sur les politiques mettre en uvre
pour combattre la faim dans le monde". Ce
group qui outre d'minents universitaires
et experts comprend galement Bono, l'acti-
viste et chanteur du group irlandais U2 a
dpos ses recommendations en 2008. "En
septembre dernier, pursuit Peter Power,
notre Premier Ministre (Taoiseach en gali-
que) Brian Cowen, avec le soutien de Ban-
Ki-moon, Secrtaire gnral des Nations
Unies, a dcrt que la lutte contre la faim et
pour la nourriture devait tre la priority des
politiques de cooperation. Une lutte consi-
dre galement comme prioritaire par le
gouvernement de Barak Obama. Et je suis
ravi de voir que les Etats-Unis ont dcid
d'tre leader dans ce combat."



En clair, le gouvernement irlandais a dcid
de consacrer 20% de son budget des pro-
grammes de revitalisation de l'agriculture
dans les pays du tiers monde o l'Agen-
ce travaille, savoir neuf pays, don't sept
situs en Afrique. L'agriculture tait un sec-
teur quelque peu dlaiss par l'Agence qui
jusqu'ici concentrait ses activits sur la lutte
contre le VIH/Sida, la bonne governance,
l'aide humanitaire, la sant et l'ducation.
"Il faut que la lutte contre la faim devienne



N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


une priority absolue pour tous les pays,
insisted le responsible de l'Agence d'aide
irlandaise. Ce qui manque c'est la volont
politique." Pour convaincre ses partenai-
res, Peter Power a nomm en janvier 2009
Kevin Farrell, "envoy special" pour la lutte
contre la faim. Une "grosse pointure", qui
connait bien le problme : de 1989 2008
il a travaill pour le Programme alimentaire


mondial (PAM) des Nations Unies et s'est
vu confier des postes cls pour grer la
crise dans les Grands Lacs, mais galement
en Ouganda et Somalie. Sans oublier le
Zimbabwe o de 2002 2008 il a mis en
place une des plus grandes operations du
PAM pour rpondre la crise alimentaire
que traversait le pays. M.M.B.


mots-cls
Agence d'aide irlandaise ; Peter Power;
APD ; lutte contre la faim.


PRES DE 0,6% DU PIB COMISICRE L'HIDE


Le budget du g-.ou ernernent irlandais oc -
tro/e a laide na cesse d augmenter de-
:puL1s le debut des annees 2000 Laide pu-
blique aL de eloppement IAPDi sele ait
a c900 millions deLuros en 2008 soit Lune
augmentation de 90".. en terms reelsi
par rapport a 1200U En pLourcentage de
son re enu national brut iRiBi laid est
passee de 0 39",.. a 0 58".. Lune perfor-
inance sale par le Com'it d assistance
au de eloppemnent .Di de I OCDE qui
souligne que ces bonnes performan-
ces classent I Irlande 6e sur les 22 paLs
Inembres duL CAD en term de pourcen-
tage du R JB et 17e en term de olume
net d APD
Mais la rise e.-conomiIque est passee
par la Fin 2008 le gou ernement irlan-


dais a decide d operer des .-couLpes dans
le budget de I APD CoJupes qui se sont
succede en 2009 Le budget actual est
le resultat d une reduction de 195 millions
d euros en tout dans les quatre premiers
mois de 2009 scit 21 8".. du total pre u
ipour ce budget Malgre ce que dit le gc.ou-
ernement ces coupes sont bien au-dela
de ce quL serait just ou proportionne
a declare en a..rI dernier Hans "c. mer
directeur de Dochas la plateforme reu-
nissant les principals or JG d aide aLI de-
..eloppement d Irlande Les rJG mais
aussi IOCDE craignent que tells cou-
pes n oberent la retention de I Irlande
de dedier 0 ".. de son RrJB a laide auL
de eloppenment d ici a 2012





































Le soutien indfectible


John O'Shea, president de GOAL, rencontrant Sharon
Commins son arrive Dublin. aMarie-Martne Buckens 1


L'aide aux plus dmunis est une priority des ONG irlandaises de dveloppement. Ces organisa-
tions, de mme que les missions catholiques nombreuses aussi dans le pays de Saint Patrick
- font l'unanimit au sein de la classes politique. Ce qui explique sans doute le soutien financier
don't elles bnficient. Prs de 20% de l'aide publique au dveloppement, soit la contribution
la plus important parmi tous les pays europens, selon l'OCDE.


e 13 octobre 2009, l'Irlande est en
moi. Sharon Commins, 32 ans, ori-
ginaire de Dublin, et Hilda Kawuki,
une Ougandaise de 42 ans, toutes
deux employes de l'organisation humani-
taire irlandaise Goal enleves dbut juillet
au Darfour taient remises en libert. "Hilda
et Sharon ont vcu un calvaire traumatisant,
mais, par bonheur, toutes deux ont eu la
force et le courage de le surmonter" dcla-
rait ce jour-l John O'Shea, directeur de
Goal. L'ONG, qui a une longue tradition
d'aide "aux plus pauvres des pauvres" et
ceux affects par les crises humanitaires tra-
vaille au Nord et Sud Soudan afin de fournir
les premiers soins aux femmes et enfants,
souvent dplacs, y compris l'accs l'eau
potable. On retrouve galement long au
Kenya, o elle vient en aide aux families
dplaces suite aux violence qui ont suivi
les lections de 2008 ; aux habitants des
bidonvilles de Freetown, la capital de la
Sierra Leone ; aux families vulnrables
d'Ouganda et du Zimbabwe; ou encore aux
enfants des rues d'Addis-Abeba en Ethiopie.
Dans ce pays, o Goal travaille depuis 1984,
des nouveaux programmes sanitaires ont


t mis en place afin de rpondre la crise
alimentaire qui touche plus de 6,4 millions
d'Ethiopiens depuis 2008.

Une semaine avant la liberation des deux
employes de Goal, une autre grande ONG
irlandaise, Concern, rendait hommage
son fondateur, le Frre Aengus Finucane,
dcd le 6 octobre l'ge de 77 ans. C'est
en 1968 que ce prtre, n Limerick, a fond
avec d'autres missionnaires cette ONG aprs
avoir travaill dans la region du Biafra au
Nigeria, l'poque en pleine guerre civil.




"Le Frre Aengus Finucane avait un enga-
gement absolu envers les plus pauvres des
pauvres" a dclar le 7 octobre Tom Arnold,
president de long Concern. Ce dernier
explique dans une interview diffuse sur
le site de l'organisation, les raisons pour
lesquelles la creation de Concern a connu
un tel engouement auprs de la population
irlandaise. "La guerre civil au Biafra a
conduit une famine important, famine


diffuse la tlvision. La tlvision n'est
apparue en Irlande qu'en 1961, et pour
beaucoup d'Irlandais, le Biafra a t ce
qu'ils ont appel 'la premiere famine la
tlvision'. Mais un autre facteur explique
l'engagement des Irlandais pour l'Afrique.
A l'poque beaucoup, beaucoup de mission-
naires irlandais travaillaient en Afrique, et
plus particulirement au Biafra. Dans cha-
que communaut en Irlande, on connaissait
un pretre ou une sur travaillant l-bas.
Au choc des images s'est ajout un lan de
gnrosit norme, qui a conduit la cra-
tion de Africa Concern, devenue Concern
par la suite". La Grande Famine, pursuit
Tom Arnold, "a eu un norme impact sur
la psyche irlandaise, et je pense que c'est
une des raisons pour laquelle la population
irlandaise fait montre d'une telle empathie
l'gard des populations les plus pauvres du
monde entier." M.M.B.



Mlots-cls
ONG; missionnaires; Goal; Concern;
Frre Aengus Finucane ; Tom Arnold.


CURRIER






:, ,, ,:, couvrir l'Europe


s


IIlIII1


litil %


i i i i @ I I k _-u I


Hier un des fleurons du
"miracle conomique"
irlandais, la region de
Shannon se retrouve
aujourd'hui groggy.
Maria Kelly reste pourtant
confiante. Cette jeune
peine quarante ans et
dynamique prsidente de la
Chambre de commerce de
Limerick, voit dans cette crise
une opportunity : "cela nous
rend plus fort et nous oblige
rvaluer nos valeurs."

a decision prise dbut 2009 par Dell,
deuxime fabricant mondial d'or-
dinateurs, d'arreter sa production
dans l'usine-phare de Limerick est
un dsastre pour toute la region. Car ce
n'est pas seulement l'usine Dell qui est
vise mais galement tous les sous-traitants
rgionaux, les commerce toute l'conomie
locale d'une region dj prouve par la crise
financire. Le plan de licenciement de Dell
devrait toucher quelque 2.000 employs. Le
fabricant d'ordinateurs se prsentait comme
la deuxime entreprise prive et le premier
exportateur d'Irlande et pesait 5% du PIB
du pays. En septembre dernier, le prsi-
dent de la Commission europenne Jos
Manuel Barroso, s'tait rendu Limerick
pour annoncer le dblocage d'une aide de
14,8 millions d'euros accorde dans le cadre
du Fonds europen d'ajustement la mon-
dialisation. Cette aide devrait permettre
d'aider les travailleurs licencis retrou-
ver un emploi. Le gouvernement irlandais
devrait galement dbloquer des fonds.

"Au total, prcise Maria Kelly, ce sont 23
millions qui seront mis disposition des
ex-employs. Il n'empeche, poursuit-elle:


N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


11 .


;u 111111


I Limerick. copyright
la decision de Dell devrait se traduire de constructions, et d'activits connexes,
terme par une perte global de 20% des tait le plus important du pays" ajoute la
emplois dans la region. C'est en 2010 que prsidente de la Chambre. Cette anne-
l'impact se fera rellement sentir." S'ajoute l, grce aux facilits gouvernementales et
cela l'clatement de la bulle immobilire, bancaires, plus de 90.000 nouveaux bti-
Dans la region de Shannon qui englobe ments ont t construits. Depuis, la bulle a
les comts de Clare, de Limerick, de North clat... M.M.B.
Tipperary, de South Offaly et de North
Kerry, soit un demi-million d'habitants IottS-cle
l'effet a galement t ravageur. "En 2006, Maria Kelly; Chambre de commerce;
c'est dans notre region que le pourcentage Limerick; Dell; aroport de Shannon.




MISFR SUR L'CFLLFICF ET SHfllnnlOl


Maria Kelly se refuse a baisser les bras
Et fait ses competes .S on fait une liiste
de ce qu un in estisseur souhaite notre
re-gin en ferait plir den ie d autres
J)us na...ns pas tous les ingredients
mais ils snt neanmcins nombreau' Il .
a dabord le capital human Une popula-
tion essentiellenment june Des centres
un, ersitaires et techniques de renom
Ensuite I infrastructure Dici un an Lu-
mericl' troisieme grand centre urban
derriere Dublin et Cork ser rehliee par
autoroutes aui grande ..illes du pais
3a position est central de mime que
1aeroport de S.hannon site a 20 knm de
Limerick Son origin remnonte a 13:..
quand I Etat decide den faire le p.remner


aeroport transatlantique Sa piste d atter-
rissa-ge la plus longue d Irlande lui per-
met d accueillir I "Arbus 380 sans comp-
ter qu il a ete conLu i pour perimettre auL'
na ertes spatiales de la J.S.m datterrir
en cas d urgence Mas surtout laero-
port est depuis peu une ,one de transit
qui permit de regler les formalites d im-
migration et de dedouanement [Jous
som,mes les seuls a'.ec le Canada et
les Bahamas a a...oir ce mecanisme qui
permet au', companies de Ih rer direct -
tement leurs products au't destinataires
Et ajoute r.Maria Kelly c est sans comp-
ter le potential touristique enormne de la
region






discovering Europe Shannon


Le coeur de la musique



irlandaise

Les groups de musique traditionnelle dsertent petit petit
les pubs pour se produire en salle. A Glor surtout. Ce centre
cultural de Ennis, chef-lieu du comt de Clare est devenu en
l'espace de huit ans la rfrence national. Mais l'ambition de
Glor ne s'arrte pas l.


i vous vous arretez dans un de ces pubs
qui souvent vous accueillent l'entre
d'un village, vous verrez sans doute
encore inscrit la craie la devanture
"Live Music this evening" (concert ce soir).
Joueurs de banjo, flte, accordon, violon ou
harpe celtique se retrouvent alors pour une
heure ou plus de musique. Vous aurez de la
chance. L'poque o, l'issue de la messe
dominicale, les fidles, talonns par le pretre,
se rendaient en masse au pub le plus proche
pour troquer des cantiques par des ballades
irlandaises, semble elle aussi s'estomper.

"On peut le regretter, mais c'est ainsi", nous
explique Katie Verling, directrice du Glor.
"Notre socit, poursuit-elle, s'est 'sophisti-
que', nous adhrons aux valeurs urbaines.
Aujourd'hui nous percevons la champagne
comme devant etre consomme le dimanche,
et non plus comme un endroit o vivre. Nous
avons aussi perdu l'habitude d'aller l'impro-
viste chez des amis. La faon don't nous nous
exprimons dans une communaut a change.
Avant, il y avait de la musique traditionnelle
dans tous les pubs. Mais pour diffrentes rai-
sons notamment les nouvelles lgislations
concernant le tabac et l'alcool les comporte-
ments culturels ont change. A present, nous
achetons un billet pour aller au concert."

Quoiqu'il en soit, les concerts de musique,
mais aussi de danse ne dsemplissent pas
au Glor. "C'est une audience 'de niche',
mais trs vivante, pursuit la directrice.
Nous avons aussi des grosses pointures,
comme le chanteur de folk traditionnel,
Christy Moore. Dans ce cas la salle est
comble, nous n'avons pas besoin de subsi-
des, les gens sont prets payer le prix fort."
Les subsides reprsentent, bien sur, le nerf
de la guerre. Et en ces temps de crise co-
nomique, les fonds accords par l'Etat et le
Comt de Clare (respectivement un tiers
et trois quarts des subsides de Glor) sont
appels diminuer. L'heure est donc la


"crativit" pour finance tous les projects
du centre qui, outre la musique et la danse,
embrassent toute la palette des arts.



"J'ai un souhait special, nous explique,
convaincue, Katie Verling : c'est de briser
petit petit les barrires qui permettent
d'accder la culture. Pour l'heure, les plus
grands consommateurs restent les gens de
la classes moyenne. Pourtant, tout le monde,
tous les contribuables participent au finan-
cement de cette culture. Nous avons donc
une grande responsabilit morale la rendre
de plus en plus accessible." Comment ? En
ouvrant les portes de Glor toutes les acti-
vits de la communaut locale. Chose entre-


SKatie Verling, Directrice du thtre Glor. 0 Marie Marne Buckens

prise en ralit depuis les dbuts de Glor.

Mais cela ne suffit pas. "Tout rcemment,
explique la directrice, nous nous sommes
associs la fameuse Association athlti-
que galique (Gaelic Aethletic Association)."
Cette association, qui rgit travers tout
le pays les match de hurling et de football
galique deux sports qui font vibrer le
cur de tout Irlandais qui se respect, avant
mme le rugby a fet cette anne son 125e
anniversaire et demand Glor d'organiser
un grand concert. La porte est ouverte...
M.M.B.

Mlots-cls
Glor ; Katie Verling ; musique traditionnelle;
Association athltique galique.


Lii POESIE Il LORDRE DU JOUR Il LIMiERICKI
La 3x~sE g rd- tC-- Sa fCre i e rla~nde comme en temon 1m-: F.-ta annuld
poe~iie de Limerick, vocui Lin poerrme recent d.= Terri --.1 M.ahc-nv. 'iiLtIe- par 1 ifc decs
3rtS du I. C>n.EI iunicuip de~ Liimerick, traduICtic-n libre-i

/n ] n 7i.i aidl
Encie sombie Peaui polie eu, de fNoli regai a de fee/m
Pl el a fait e le Saul P-c-ui eCh7apPel -'-u Se lit rer au -Q'_LIfl e (le la bur'eaLicratie
F.QirsnLlailes SIQreFS unel si-QrialLJie, LI iric.Dri~p.hrs
1iei& qUe P--LJI cDn-letnlei la face duL POLIL DU1 OffiCiel sci Liarit a li*at er la glace h'D5111&
Illac.Lilee paileI Sw-LIffl/e LI Lite n. iiadeF de % i.aqes l&ceJ
El iai iqe i dan s ce pa. s t i e -1 cete tee Pl *-Jm11S r S 1 L eile
des moiQs si peuJ t.arichisselit le&t-iemeril ces e e bi*liees pal le Soli.&l de la-bas
ces /et res rainienaril IiciuLillees pal la pl ILJI lle r&C-.Sse de. lorsbei
Ilrire ldeiariIe qLJ a itIaLalle.i Fi a s.e fridie dans la ma-sse
de C&LJ qUi S-Drlt LenuJ at anti lui
qUlUi nQlI r la toie a scir ,,dLsise
Il ecjDLtLirE le 'b arnl papill-DiljaUnte el r
b &111 Catit en qUItEC-le CIC el7pl-D
b0li pas e'st h se-, 11 alInS au, c~Q~ lancs foicj1.S
T ii anil at ec im7palience. sut la chemiseC).D mh(cla
Un J an pal 1171 eLi quil Mai Che a Qlatnds- paSL el S I aC7CeplatnDi


COURRIER








































I I I.,, 4h l,,.I ,


Iles Aran ; Frank Mc Court; Synge;
Rurren S e*mn T vnch flendrtrC ,Anoel











Sandra Federici



Siluia da Bragana,



artiste multiculturelle


La ville de Maputo propose un chantillon extrmement
intressant de l'art africain contemporain. Et bien qu'en
butte certaines difficults, ses muses et ses institutions
culturelles offrent aux artistes un cadre de rfrence. Ainsi,
** le Muse national des arts, l'Ecole national des arts visuels,
ale nouvel Instituto Superior de Artes e Cultura et diffrents
centres culturels trangers (franco-mozambicain, portugais
Set brsilien) sont autant de lieux proposant des expositions
B artistiques internationales, des spectacles et des vnements
w 'littraires de trs bon niveau.
I Silvia da Bragana parle de son travail. SandraFederic


Des artistes rputs d'un certain ge,
comme Malangatana, Chissano et
Shikani, font figure de modles
de rfrence (mais aussi de points
de confrontation) pour les jeunes artistes
du Mozambique. Le Courrier a rencontr
une des reprsentantes les plus talentueu-
ses de ces "anciens : Silvia do Rosario da
Silveira Bragana. Ne Goa, elle se par-
tage aujourd'hui entire l'Inde, le Portugal et
le Mozambique et se consacre l'ducation
et la recherche dans le domaine des arts,
ce qui l'amne participer des expositions
et des ateliers.

Silvia nous parle de sa vie, passionnante :
"Je suis arrive au Mozambique en 1967.
J'avais reu une lettre de mes trois neveux,
qui venaient de perdre leur mre ma sur
- ge de 31 ans. Je suis venue habiter ici
pour m'occuper d'eux. J'ai continue mes
tudes artistiques. Et depuis, j'ai toujours
particip aux programmes ducatifs et sou-
tenu les activits de notre Muse national
des arts."

Ce qui n'empeche pas Silvia d'avoir un
autre centre d'intret dans sa vie son mari
Aquino da Bragana qu'elle a pous en
1984. Aquino, originaire lui aussi de Goa,
est l'une des plus grands intellectuals de sa
gnration. Aquino est surtout connu pour
avoir t la figure intellectuelle emblma-
tique de la revolution mozambicaine, le
conseiller de Samora Machel, numro un du
FRELIMO mais aussi le diplomat qui a fait
le tour de la terre pour s'assurer du soutien
politique la revolution contre la domina-


tion portugaise. Pour son plus grand mal-
heur, Aquino da Bragana se trouvait avec
le President Samora Machel dans l'avion
qui s'est cras le 19 octobre 1986, dans des
circonstances qui n'ont jamais t lucides.
Un accident qui entrana le dcs prmatur
du president vers qui convergeaient tous les
espoirs de la jeune nation mozambicaine.

"J'ai fait ma toute premiere exposition en
'solo' au Mozambique en 1971. Mes uvres
ont ensuite voyag travers le monde en
passant par Luanda, Lisbonne, Porto,
Goa, le Portugal, la Roumanie, New York,
Barcelone, la Russie, Stockholm et l'An-
gola. Grce l'exprience acquise sur trois
continents Asie, Europe et Afrique je
suis devenue une artiste multiculturelle et
j'ai eu envie de m'intresser des thmes en
rapport avec la guerre et la paix, l'oppression
et la libert: des thmes qui sont le reflet de
valeurs humaines universelles."

Silvia nous a fait rencontrer les jeunes artistes
de l'Association Muv'art qui organise des
activits culturelles et artistiques dans l'un
des spaces du Muse national des arts, en
partenariat avec des organizations d'autres
pays africains et europens. Elle nous montre
Mquina corne Mundo /2008 une uvre qui
dnonce les revers de la mondialisation et qui
a t expose cette anne, aux cts d'autres
crations des artistes de Muv'art.

Silvia est une artiste cultive et sophisti-
que, don't les oeuvres se caractrisent par
l'utilisation de diffrents matriaux et les
pomes crits qui dcorent les portraits.


Son art est politique dans le plus noble
sens du terme. En 1993, l'artiste a orga-
nis une retrospective rassemblant 100
uvres au Centro do Estudos Brasileiros,
au Mozambique. Une de ses crations a t
offerte Nelson Mandela par le president
Joaquim Chissano. "Quelle fiert pour moi
de reprsenter le Mozambique dans une
exposition qui a runi 177 artistes fminines
l'occasion des Women of the World 2000
(USA New York, Maryland, Canada et
Stockholm ; 2002-2003)."

"J'exprimente en permanence. J'ai aussi
pratiqu l'art-thrapie, notamment avec ma
mre qui a commenc peindre dans ses
vieux jours et qui a expos jusqu' sa mort,
l'ge de 95 ans. Plus rcemment, je me suis
attache tudier le lien entire l'art et les
mathmatiques et j'ai ainsi cr des images
exprimentales par ordinateur."

Silvia s'attache galement faire vivre
la mmoire de son dernier mari. Elle a
ainsi cr le blog http://aquinobraganca.
wordpress.com, et public, il y a quelques
jours, un livre intitul Aquino de Bragana.
Batalhas ganas, sonhos a continuar. Silvia da
Bragana est l'une des richesses que Maputo
ne cesse d'offrir tous ceux et celles pour
qui l'art est une passion.



mots-cls
Bragana ; art contemporain;
Mozambique ; Association Muv'art;
FRELIMO ; Muse national des arts.


CURRIER




















Projects beneticiaires, a partir de la gauche : lheLast lHightotlHamingo, realise par Joao Ribeiro, Fado Filmes. Uueleh, realise par Abraham Haile Biru, Arizona Films. Viva RHiva, realise par UDjo lunda Wa
Munga, Formosa Productions.
Catherine Haenlein



Le programme films



UE-I1CP soutient le secteur



cinmatographique et audiouisuel

Le Secrtariat du Groupe des pays ACP a annonc son intention de soutenir 24 projects
cinmatographiques et audiovisuels concurrence de 6,5 millions d'euros.


L es rsultats de l'appel propositions
pour le programme Films UE-ACP,
lanc et gr par le Secrtariat du
Groupe ACP, ont t rendus publics
dans un communique de press public le 29
septembre 2009. Le Groupe ACP et la CE
ont soulign que "le taux de rponse des pro-
fessionnels des ACP et de l'UE s'est rvl
trs satisfaisant" et dclar etre "enchants
de soutenir ces projects de quality."

Pour la premiere fois, le programme Films
UE-ACP, finance par le 9e FED (Fonds
europen de dveloppement) est gr direc-
tement par les pays ACP. Fort du succs des
prcdents programmes, qui ont soutenu
les projects de ralisateurs comme Ousmane
Sembne, Mama Keta, S. Pierre Yameogo
et Jean-Michel Kibushi, le programme Films
UE-ACP entend amliorer la capacity des
professionnels des ACP crer et distribuer
leurs images, et promouvoir ainsi l'identit
culturelle, la diversity culturelle et le dialogue
interculturel. De cette faon, le programme
se propose galement de crer des emplois
spcialiss et de contribuer durablement
au dveloppement conomique et social,
comme le prvoit l'Accord de Cotonou.

Le financement a t subdivis en plusieurs
enveloppes de faon soutenir trois domai-
nes spcifiques. Le premier met l'accent sur
la production ACP et l'mergence de ralisa-
teurs dans des pays don't les gouvernements
s'intressent moins la politique culturelle.
Le second s'articule autour de la promotion,


N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


de la distribution et de la visibility des pro-
ductions ACP et la creation de rseaux pro-
fessionnels. Le troisime et dernier domaine
est celui de la formation professionnelle.

Les projects de production incluent des longs-
mtrages, des documentaires et des series
tlvises, qui s'intressent pour la plupart
des thmes spcifiques ces pays. Par
example, le project Go Go Productions, Un
home qui crie n'est pas un ours qui danse qui
repose sur un partenariat entire quatre pays
- dcrit un pays dchir par les contradic-
tions dans le context de la guerre civil et
des remous internationaux. Les projects de
distribution mettent l'accent sur la creation
de rseaux professionnels qui permettent
de nouvelles formes de diffusion. Retenons
ce titre le project Africafilms.tv Mobicine
d'IDMAGE, bas en Afrique occidentale,
qui se propose de numriser les productions
africaines afin de les mettre en ligne. Quant
aux projects de formation, ils couvrent les
techniques artistiques, techniques et mana-
griales, les technologies de l'audiovisuel et
l'dition digital.

En outre, aprs avoir constat que de nom-
breux professionnels du film des pays ACP
avaient du mal grer les aspects juridiques
et contractuels de leur activity, le programme
Films UE-ACP met actuellement en place
un service d'assistance juridique. Un large
ventail de services seront disponibles en
ligne, comme un guide pratique proposant
des contrats-types de production et de distri-


bution, un service de Q&R dans le domaine
juridique pour les personnel la recherche
d'informations plus spcifiques, ainsi que
des sances de formation. Le programme
s'associera par ailleurs divers festivals et
vnements.

Les bnficiaires et les responsables du pro-
gramme Films UE-ACP se rencontreront
pour la premiere fois lors d'une runion
organise Bruxelles, au Secrtariat ACP du
15 au 17 dcembre. Les ngociations concer-
nant les programmes mens au titre du 10e
FED sont en course, avec, nous l'esprons un
budget plus important la clef.

Pour une liste complete des projects bnfi-
ciaires et pour en savoir plus sur le program-
me, nous vous invitons surfer sur www.
acpfilms.eu partir du 15 novembre.











mots-cls
Programme ACP Films; projects cinma-
tographiques et audiovisuels ; production;
distribution; formation.





Crativit


Elisabetta Degli Esposti Merli


"


) \


Illos cles
Denise Colomb; Antilles; Aim Csaire;
Dhoto2raDhie : .Teu de Paume.


nlicTp






Sux plus jeunes


La Recherche Scientifique


0-INCROYA i i
LE PL1A'"1Fi
,Ufli T TOU'TES c


p p" 1; 1~ F l - L.,.


1) pp T


*~ShjJS JE


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IYEALJ POTABLE,


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PURKIFIE PAS
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SONT 1A NJ.5 NIF

NIAIS OUF OUJELOUFS


[INS cJRAV' 'eh
c/MFe% r;1.,MlU


Miagotar Japhet, dessinateur du Cameroun

N. 14 N.S. NOVEMBRE DECEMBRE 2009


con-
domo













La parole aux lecteurs


Chre rdaction du Courrier, Bonjour.

Suite l'article paru dans le Courrier n 12
sur la Rpublique dmocratique du Congo
(RDC) : < J'ai peur que le plan (Cohen) qui
se trouve sur la table de Monsieur OBama
ne contribute rsoudre le problme de
la Rpublique Dmocratique du Congo.
Tout analyst avis est convaincu que les
prdateurs de la RDC sont nombreux don't
notamment certaines puissances occidenta-
les. Avec le Rwanda, le Burundi, le Kenya,
la Tanzanie et l'Ouganda, la Rpublique
dmocratique du Congo (RDC) dispose
dj des cadres (les organizations rgiona-
les) o elle peut renforcer sa cooperation et
elle a dj fait preuve de bonne volont dans
cette voie. (...) Le plan de monsieur Cohen
semble ngliger la responsabilit des puis-
sances occidentales. Elles doivent appuyer
la bonne governance dans tous les pays
prcits. (...) Pour nous rsumer, la recher-
che des solutions la crise en RDC doit tre
mene trois niveaux: national, regional et
international et non uniquement avec les


pays voisins qui ne sont que des pions en jeu
alors que les vrais acteurs sont trs loin de
la region. Cela reviendrait cacher la vraie
face du problme.
Je vous remercie pour l'article qui a suscit
mon intervention.

Votre fidle lecteur,
Patrick Issa Kalenga




Bonjour,

Je souhaitais vous fliciter pour votre journal
toujours de trs grand intrt et quality.

A chaque fois, c'est une source d'ides et
informations positives qui mritent tre par-
tages la plus grande chelle possible.

Meilleures salutations,
Susanne Lauber Furst
MA Sc. Biology, Avocat (Suisse)


Vos points de vue et vos reactions
nous intressent. N'hsitez pas
nous en faire part.


Bonjour. Je tiens avant tout vous fliciter
pour votre excellent travail. J'ai trouv votre
magazine trs utile pour les course d'tudes
europennes que je suis.

Meilleures salutations,
Elena


Ades : Le Curer 45Ru de Trve 1040 Bruxlle (Bliqe
courie : sno@ c-ecuirnf site inere : w .ape uc*urir.-


Calendrier


JANVIER MARS 2010


>Jusqu'au 11/7
Exhibition: L'Art d'tre un
homme Afrique, Ocanie
Muse Dapper, Paris, France



> 1 Colloque du Pacifique sur
3/2 la dimension de genre,
la culture et la loi
Port Moresby, Papouasie-
Nouvelle-Guine


) 8- 4e Confrence africaine
12/2 sur la sant et les droits sexuels
Addis-Abeba, Ethiopie
Pour en savoir plus, consultez :
http://www.africasexuality.org/

>24- Energie 2010 : Des solutions
26/2 pour l'Afrique Confrence
et exposition
Sandton Convention Centre,
Afrique du Sud
Pour en savoir plus, consultez :
http://www.energyafricaexpo.com/

>27- Runion du Commonwealth
28/2 National Women's
Machineries (NWMs)
New York, tats-Unis


) 3- Deuxime Forum
5/3 panafricain du carbon
Nairobi, Kenya

) 1 4- Runion ministrielle UE-pays
16/3 d'Amrique latine et des
Caraibes : Digital Content for a
Digital Society (Des contenus
numriques pour une socit
numrique)
La Granja de San Ildefonso,
Sgovie, Espagne


C*URRIER


RECTIFICATIF
Une erreur factuelle s'est glisse dans
l'article consacr aux Samoa, dans
le numro 12. A la page 37, second
paragraphe, on lit : "En 1929, Tupua
Tamasese Mea'ole, un des deux Fautua
auprs des autorits no-zlandaises, a
cependant t touch par une balle au
course d'une manifestation pacifique
Apia." En ralit, ce n'est pas Tupua
Tamasese Meaole qui a t touch par
cette balle, mais TUPUA TAMASESE
LEALOFI III.






fIfiu CribI1 Pa ifiu


etpysd ['Uno Europenne


CARABES
Antigua et Barbuda Bahamas Barbade Belize Cuba Dominique Grenade Guyane Hati
Jamaique Rpublique Dominicaine Saint Christophe et Nevis Sainte Lucie Saint
Vincent et les Grenadines Suriname -i i..- r i...


jr


PACIFIQUE
Miles Cook Fidji Kiribati Iles Marshall Etats Fdraux de Micronsie Nauru Niue Palau
Papouasie Nouvelle Guine Iles Salomon Samoa Timor Leste Tonga Tuvalu Vanuatu


Les listes de pays publies par Le Courrier ne prjugent pas le statut de ces pays, territoires et dpartements, ni l'volution de ce statut. Le Courrier utilise des cartes de diverse origins. Cette
reproduction n'implique la reconnaissance d'aucune frontire particulire ni ne prjuge le statut d'aucun Etat ou territoire.


- -p,--


- r.


AFRIQUE
Afrique du Sud Angola Bnin Botswana Burkina Faso Burundi Cameroun Cap Vert
Comores Congo Cte d'Ivoire Djibouti Erythre Ethiopie Gabon Gambie Ghan Guine
Guine Bissau Guine Equatoriale Kenya Lesotho Libria Madagascar Malawi Mali
Maurice Mauritanie Mozambique Namibie Niger Nigeria Ouganda Rpublique
Centrafricaine Rpublique Dmocratique du Congo Rwanda Sao Tom et Principe
Sngal Seychelles Sierra Leone Somalie Soudan Swaziland Tanzanie Tchad Togo
Zambie Zimbabwe


L, -. -." "0."

UNION EUROPEENNE
Allemagne Autriebe E.-Iiii Bulgarie Chypre Danemark Espagne Estonie Fi ,i-
France Gr(I ,, .-im I I ,h- I,- ,,- ,h L, ,, r g I .iii.- I i-
Pologne Poi l, i i . ,, u, 1 i ,,,,,,, ,,.. 1- i. .. i. m .- li.. -.,- ,.-de


i









































p Max