<%BANNER%>
HIDE
 Front Cover
 Front Matter
 Table of Contents
 Main
 Back Matter
 Back Cover














Courrier (French)
ALL VOLUMES CITATION SEARCH THUMBNAILS PDF VIEWER PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00095067/00042
 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 12-2008
Copyright Date: 2009
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00042

Downloads

This item has the following downloads:

00001-2009 ( PDF )


Table of Contents
    Front Cover
        Front Cover
    Front Matter
        Front Matter
    Table of Contents
        Page 1
    Main
        Page 2
        Page 3
        Page 4
        Page 5
        Page 6
        Page 7
        Page 8
        Page 9
        Page 10
        Page 11
        Page 12
        Page 13
        Page 14
        Page 15
        Page 16
        Page 17
        Page 18
        Page 19
        Page 20
        Page 21
        Page 22
        Page 23
        Page 24
        Page 25
        Page 26
        Page 27
        Page 28
        Page 29
        Page 30
        Page 31
        Page 32
        Page 33
        Page 34
        Page 35
        Page 36
        Page 37
        Page 38
        Page 39
        Page 40
        Page 41
        Page 42
        Page 43
        Page 44
        Page 45
        Page 46
        Page 47
        Page 48
        Page 49
        Page 50
        Page 51
        Page 52
        Page 53
        Page 54
        Page 55
        Page 56
        Page 57
        Page 58
        Page 59
        Page 60
        Page 61
        Page 62
        Page 63
        Page 64
    Back Matter
        Back Matter
    Back Cover
        Back Cover
Full Text


LE


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009


COURRIER
LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS AFRIQUE CARABES PACIFIQUE ET UNION EUROPENNE


I fe


iii


' )
i -I


Lr

k1


in


s
,^L^rf


i I [1 il I i


..aj*


Li La 111 111 mIII 1


I I l u I I











COURIER


Conseil Editorial
Co-prsidents
Sir John Kaputin, Secrtaire gnral
Secretariat du Groupe des Etats ACP
www.acp.int

M. Stefano Manservisi, Directeur-Gnral DG Dveloppement
ec.europa.eu/development/

Rdaction
Directeur et Rdacteur en ohef
Hegel Goutier

Jounalistes
Marie-Martine Buckens (Assistante Rdacteur en chef)
Debra Percival

Assistant Editorial et Production
Joshua Massarenti

Ont particip oe numro
Bernard Babb, Maude Dikob, Sbastien Falletti, Gie Goris, Sandra Federici,
Simon Horner, Andrea Marchesini Reggiani, Joshua Massarenti, Dorothy Morrissey
et Debbie Singh.

Relations publiques et Coordination artistique
Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani (Responsable Relations publiques et rseaux ONG
et experts)

Coordination artistique
Sandra Federici

Conoepteur Graphique, Maquette
Orazio Metello Orsini, Arketipa, Lai-Momo, Roberta Contarini

Distribution
Viva Xpress Logistics (www.vxlnet.be)

Gestionnaire de oontrat
Claudia Rechten
Gerda Van Biervliet


Couverture
Naoya Takahara, Islands and lakes, 2008.
Courtoisie de l'artiste et de Sala 1, Roma.

Quatrime de oouverture
Quarter ministriel, Gaborone, 2008. Debra Percival


Contaot
Le Courrier
45, Rue de Trves
1040 Bruxelles
Belgique (EU)
info@acp-eucourierinfo
www.acp-eucou rie r.info
Tel :+32 2 234 5061...... ..
Fax :+32 2 2801406

Public tous les deux mois en franais, anglais, espagnol et portugais

Pour toute information concernant l'abonnement, veuillez consulter
notre site web www.acp-eucourier.info ou contacter info@acp-eucourier.info

Editeur responsible
Hegel Goutier

Consortium
Gopa-Cartermill Grand Angle Lai-momo

Le Secretariat ACP et l'Union europenne, membres du Conseil Editorial de la revue,
dclinent toute responsabilit quant aux positions prises dans les articles du magazine
Le Courrier
Le consortium et la rdaction dclinent toute responsabilit quant aux articles crits
par les rdacteurs extrieurs l'quipe de rdaction et par tout rdacteur invit.


Partenaires privilgis


LENGHOR

L Espace Senghor est un centre
qui assure la promotion d'ar-
tistes venus des pays d'Afrique,
Carabes et Pacifique et l'chan-
ge cultural entire communauts,
au travers de programmes varis
allant des arts scniques, de la
musique, du cinma, la tenue de
conferences. S'y rencontrent bel-
ges, immigrs d'origine diverse,
fonctionnaires europens.

Espace Senghor
Centre cultural d'Etterbeek
Bruxelles, Belgique
espace.senghor@chello.be
www.senghor.be


I_ .,







N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009


LE


URRIER


LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS AFRIQUE CARABES PACIFIQUE ET UNION EUROPENNE




Sommaire
LE COURIER, N.9 NOUVELLE SERIES (N.S)


EDITORIAL
Yes, they can! 3
SANS DETOUR
Bilan de Robert Mnard, fondateur de Reporter sans
frontires (RSF), sur la press en Afrique 4

TOUR D'HORIZON 8

POINTS DE VUE
Journes europennes du Dveloppement 2008 :
ensemble pour le dveloppement 11
L'aide humanitaire : la solidarity dans un context
different 12
Grer les catastrophes pour ECHO 13
La crise politique de la Belgique et sa politique de
dveloppement 14

DOSSIER
La crise. Dommages graves pour les ACP... et effects
collatraux positifs
L'Afrique peut tre optimiste 18
Le plus dur reste venir 19
Coup de froid sur les hauts lieux du tourism dans les
Carabes 21
Pacifique. Les les heurtes par les ricochets de l'Australie
et de la Nouvelle-Zlande 23
INTERACTIONS
Du global au local : les enjeux du dveloppement 24
Education, priority absolue pour les ACP 25
Francophonie. De moins en moins francophone, de plus
en plus activist 28
Les ONG du monde appellent l'UE dfendre une
governance mondiale "enfin dmocratique" 27
Forum mondial pour les mdias et le dveloppement 28
Pour sortir de la dimension scuritaire avec l'Europe 28
Les migrants : resources (humaines) prcieuses pour le
dveloppement 29
Diversity culturelle 30
COMMERCE
Doha: soutien au "1% numrique" 31
ZOOM
Une vision mondiale pour la culture Tswana.
Une journe dans la vie de Moleta Mosienyane 33


DE LA TERRE
Le prix carbonn" des forts

REPORT
Botswana. Au-del des diamants...
D'une nation faible revenue une nation revenue
intermdiaire
Pas de dmocratie sans discipline
Le Botswana aurait besoin d'un soutien extrieur
L'opposition appelle un changement dmocratique et
conomique
Un diamant brut polir
Le dfi de la production agricole
Lutter contre le VIH/sida, catastrophe national
Crimes passionnels
Nouvelles pressions sur le delta de l'Okavango
DECOUVRIR L'EUROPE
Le rveil aragonais
Un condens d'Espagne
L'Ebre, symbol de tous les combats
Une immigration rcente
Travailler avec le local
Saragosse, nouveau ple de communication europen
De la vierge du Pilar Goya en passant par d'autres
lumires
CREATIVITY
L'hritage de Miriam Makeba
Picasso et les matres africains
Cinma africain. Tourisme et patrimoines culturels.
40" Festival panafricain du cinma et de la tlvision
de Ouagadougou (FESPACO)
L'UE met en exergue la culture des ACP
AUX PLUS JEUNES
La recession

LA PAROLE AUX LECTEURS/AGENDA






































M 111
-iiiiiii;;;;ii


....... ....-.....


-
....... iiiii t 1i i1"
:::; i[iiii, iiiii::::: '":::= ,;;1~


Luigi Caterino, Miriam Makeba lors de son dernier concert,
Castelvolturno (Italie), Novembre 2008.
Luigi Catennowww luigicaterinophotos it







editorial


ui les Ghanens ont pu le faire, ils
viennent d'lire la prsidence de la
Rpublique le candidate de l'opposition,
John Atta-Mills, avec une marge d'
peine 0,5% (exactement 40.586 voix sur 9.001.478
votants, moins que les 90.000 votes nuls), en renver-
sant l'avantage entire les deux tours. Le president de
la majority sortant a vite reconnu sa dfaite. Et les
observateurs d'expliquer la raison de la normalit
ghanenne qui a russi, depuis la transition au multi-
partisme en 1992, cinq series d'lections sans accroc.
Ce serait l'ancrage national des deux grands parties
politiques mme si chacun d'eux a une meilleure
implantation dans l'une ou l'autre region, le NPP, la
majority dchue chez les Akan et le NDC, celui du
president lu dans la zone de Volta. Mais que la vraie
frontire politique est entire un centre droit, celui-l
et celui-ci de centre gauche. Le nouveau president a
prt serment le 7 janvier, just avant l'autre investi-
ture Washington. Mais avec beaucoup moins sinon
sans bruit. On n'annonce pas les trains qui arrivent
l'heure... en Afrique.

La cruise conomique n'a pas encore fortement cingl le
Ghana qui devrait en tre victim l'instar des autres
pays en dveloppement plus intgrs dans l'conomie
et la finance mondiales. Du moins, si l'on en croit des
analysts parmi lesquels, ceux que nous citons dans
notre grand dossier sur la crise conomique mondiale
et ses impacts potentiels proccupants dans les pays
d'Afrique-Carabe-Pacifique. Et aussi sur ses effects
collatraux positifs, parmi lesquels justement l'image
de l'Afrique don't on dcouvre qu'elle peut constituer
un bon havre pour les investissements, elle longtemps
fltrie comme le Radeau de la Mduse.


Parmi ses pays riches de promesses, le Botswana, sujet
du grand reportage de ce numro, qui ne brille pas que
par son diamant, resource qui a pu tre utilise bon
escient pour le dveloppement contrairement main-
tes reserves gigantesques de ptrole ailleurs. Ce pays
partage avec une certain quit les richesses parce
qu'elle avait su pralablement partager la pauvret car
elle s'tait dote d'une dmocratie plutt socialement
just. Beaucoup ne connaissent de ce pays que son taux
de victims du sida sans savoir que la scurit social
y prend en charge la quasi-totalit des soins mdicaux
par ailleurs de bonne quality. Et que le systme duca-
tif est du mme avenant, qui connat des taux d'alpha-
btisation et de diplms de l'enseignement suprieur
levs pour un pays en dveloppement. Et plus levs
pour les femmes que pour les hommes. Original.

Aussi originales les ambitions de l'Aragon en Espagne,
region d'Europe que nous dcouvrons cette fois, don't
la gestion de l'immigration est plutt ouverte. Berceau
de l'art mudjar, fusion de l'Orient et de l'Occident.
Et qui nourrit aujourd'hui entire autres rves, celui
de faire largir les grands projects europens jusqu'
la construction d'un tunnel reliant l'Espagne donc
l'Europe l'Afrique. Pas loin de Picasso don't nous
dcouvrons aussi les liens avec ses matres africains
de qui il aurait appris que l'art doit dpasser les temps
et les spaces. Que l'art ?





Hegel Goutier
Rdacteur-en-chef


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009






/ans dtour






BILRD DE ROBERT mEIRRD,


fondateur de Reporter sans frontires


(RSF), sur la press en flfrique


Aprs son dpart de RSF et son passage au Doha Center for Media
Freedom

Interview de Hegel Goutier

Aprs son dpart de l'organisation Reporters sans frontires qu'il avait cre il y a 23 ans, et son
passage la tte du Doha Center for Media Forum instaur sur measure pour lui, Robert Mnard, qui
a men nombre de batailles de grande porte sur la libert de la press, fait pour le Courrier son
analyse sur la situation de la press dans les pays en dveloppement, notamment en Afrique. Sur la
libert de la press en Afrique : plutt satisfait de la libert et chagrin par le niveau et les moyens
de la press. Donc content ?


a beaucoup de nouveaux titres
indpendants et rares sont les
pays sans pluralisme ( par l'Erythre). Il
y a une press diversifie, surtout en ce qui
concern la press crite et mme pour la pres-
se audiovisuelle, les progrs sont sensibles.

Mais en mme temps, on observe de plus en
plus d'atteintes contre la press vu qu'il y a
plus d'acteurs avec l'augmentation de titres. Il
y a une monte de la violence centre les jour-
nalistes sous forme d'arrestations et mme


d'assassinats. Cette violence est un forme
d'hommage la press car il n'y pas de raison
de s'en prendre une press la botte.

Le deuxime lment ngatif est la quality des
mdias. Dans beaucoup de pays, on est aba-
sourdi par les manques quant aux canons de la
press, savoir la recherche et la verification
d'information, le croisement des sources et
mme le style. Ce qui revient donner aux
pouvoirs don't certain n'attendent que cela, le
bton pour se faire battre et des prtextes pour
la repression.

Le grand problme ne rside-t-il pas plutt
dans l'conomie que dans la quality ?

Effectivement, l'conomie de la press est
dans une situation grave dans beaucoup de
pays d'Afrique notamment. La vraie publi-
cit y est inexistante. Beaucoup patient des
annonces pas pour vendre leurs products mais
pour s'assurer la loyaut des journalists. Et
demeure la question de la quality. Une parties
du milieu professionnel est l'image d'une
parties de la jeunesse, victim d'un systme
ducatif sans resources et friend de faits
divers, comme souvent en Europe d'ailleurs.
A Reporters sans frontires, on s'est trouv
dans des situations difficiles, dfendre des
gens indfendables. Quand on prend l'exem-
ple de ce journal du Cameroun qui a public


des listes d'homosexuels dans un pays ou
l'homosexualit est considre comme un
crime. Non seulement leur liste tait fausse
mais en plus pareille attitude est immorale
et contre toute dontologie journalistique.
J'ai d jongler en face du gouvernement, lui
demandant de ne pas les emprisonner pour ne
pas en faire des hros.

Ajoute cela, l'absence de capacits de ges-
tionnaires de certain patrons de mdias. Ces
faiblesses diverse sont beaucoup plus aigus
dans les pays francophones. Dans les pays
anglophones d'Afrique, il y a souvent de puis-
santes entreprises de press. C'est le cas en
Afrique australe ou au Nigeria. Dans la press
francophone, part le Groupe Sud au Sngal,
quelle entreprise a les reins solides ?

Mais, plus que reliever les faiblesses, je vou-
drais souligner que c'est une press vivant
avec des difficults permanentes surtout co-
nomiques et c'est ce qui explique beaucoup
de faiblesses.

Petite conomie, petite press alors d'aprs
vous ? Donc ce ne serait pas une question de
formation ?

Formation ? Vous croyez que les collgues
en Afrique ou ailleurs qui font un accroc
la dontologie ne le savent pas ? Je connais


COURRIER















C A N A I A


-ia


,,

!.



Js
a' n


Carte de la i-..I- ,i .
monde en :,
Reporters s,... i. ..i.


seMMnMMHl 5Stualln bonne

Iatembla pWi p Prolemnes sunsble
Mvffl ait 51mUla i i Saln 1
Vwo m uriMo u sit duse 6sontttingra"v


Ma .


*AMI:1EaUiUIUDElA L WURESSMMANSIIONDEiUr2008


des mdias don't les journalists ne reoivent
aucun salaire, aucun. Et auxquels les patrons
disent "payez-vous sur la bte", ce qui veut dire
"faites-vous payer par ceux sur lesquels vous
crivez ou parlez". Quelle leon faire des
collgues travaillant dans de telles situations ?
Moi, j'ai toujours bien gagn ma vie RSF ou
ailleurs. Donc mon indpendance n'a jamais
t menace mais qu'aurais-je fait dans leur
situation si chaque fois que je devais me dpla-
cer pour aller faire une interview, je n'tais pas
en measure de payer mon carburant ?

Vous avez raison, je n'y avais pas pens, petite
conomie, petite press. Mais pour en revenir
la formation, c'est devenu une industries
plus utile pour ceux qui la diffusent que pour
ceux qui la reoivent. Et puis, beaucoup de
journalists, et on les comprend, reoivent ces
formations pour les per-diem qui equivalent
parfois plus que leurs salaires mensuels.

Vous aviez soulign la difference entire les
mdias francophone et anglophone d'Afrique.
A quoi les attribuez-vous

Je crois que la press francophone en Afrique
renvoie au rle historique de la press en
France, longtemps l'ombre du pouvoir poli-
tique. On n'investit pas dans la press en
France pour gagner de l'argent mais pour


gagner du pouvoir, exercer de l'influence, tre
un dcideur politique.

Outre la press francophone et anglophone, il
faudrait attirer l'attention sur la press arabo-
phone qui souffre d'un autre type de travers.
Il y a un grand retard de la press crite com-
pens par un dynamisme de la press audiovi-
suelle qui arrive mme tailler des croupires
la press occidentale. Le travers est le
gouffre qui me sidre entire la perception des
journalists arabes et ceux du bloc occidental.
Au lieu d'expliquer, chacun jette de l'huile sur
le feu. En Amrique latine, la press a acquis
un haut niveau de quality mme si elle reste
souvent lie l'oligarchie. Dans la Carabe et
le Pacifique, que dire ? Je ne sais pas trs bien.
Je pars l pour la ville des Gonalves en Halti,
dvaste par des cyclones successifs.

Vous y allez en mission pour le Doha
Center for Media Freedom que vous dirigez.
Comment s'est passe cette nouvelle venture
dans votre vie ?

Fortuitement. Durant les plus de 20 ans que
j'ai dirig RSF, on m'a tant de fois envoy la
figure les a prior de l'Occident sur les droits
de l'Homme. L'anne passe, je suis all trois
fois en Iraq pour RSF afin d'aider les families
des 300 jouralistes disparus. Au course d'une


conversation banale, je regrettais que les
organizations internationales de defense des
journalists soient toutes situes dans les
pays occidentaux et ajoutais qu'il serait utile
que les initiatives viennent de partout pour
viter les prjugs. L'un des interlocuteurs
m'a demand d'en parler Sheikha Mozah,
la femme de l'mir du Qatar, ce qui fut fait.
Deux jours aprs notre rencontre, elle m'a
rappel pour m'annoncer qu'elle en avait
parl l'mir qui soutient mon project et elle
me propose de prendre la direction d'une
institution qui sera cre selon mes ides. J'ai
accept deux conditions essentielles : que je
travaille en toute liberty et que je puisse cri-
tiquer le Qatar. Ce pays n'est pas un modle
de dmocratie. Elle en a pris l'engagement.
Rien ne permet d'en douter pour le moment.
De toute faon, si ce n'tait plus le cas, je
partirais dans l'heure qui suit. Pour l'ins-
tant, Sheikha Mozah me montre que je peux
travailler en toute liberty. Et je n'ai aucune
raison de lui faire de procs d'intention. Ce
que je veux dire, je le dis et ce que je voulais
faire, je le fais. M


lots-cls
Hegel Goutier ; Robert Mnard ; Sheikha
Mozah ; Reporters sans frontires (RSF);
Doha Center for Media Forum (DCMF);
Doha ; Qatar ; Gonaves ; press ; Afrique.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009


I-


SI I 1 A


to


Mir.
z-t .--









i our d'horizon
Sbastien Falletti





LE DEUELOPPEMIENT


ne doit pas fire les frais de la crise


Le dveloppement ne doit pas faire
les frais de la crise financire et
conomique qui s'abat sur la plante.
Depuis Port Moresby, en Papouasie
Nouvelle Guine, les dputs venus de quatre
continents ont tent de faire entendre la voix
des plus pauvres, lors de la 16e session de
l'Assemble parlementaire paritaire ACP-UE
(du 24 au 28 novembre 2008). Alors que les
dirigeants mondiaux s'agitent pour rpondre
la tempte financire et que le spectre de
la recession conomique s'installe, dputs
europens et parlementaires des pays Afrique,
Carabes, Pacifique (ACP) ont rappel l'ur-
gence de la crise alimentaire et la ncessit
de tenir les engagements pris en matire de
dveloppement.

Dans une declaration solennelle adopte
la fin des travaux, l'Assemble souligne que
la crise financire ne doit pas tre un pr-
texte pour les Etats membres de l'UE de ne
pas honorer leurs engagements de consacrer
0,56% de la richesse national l'aide publi-
que au dveloppement d'ici 2010. Au moment
o de grands donateurs mondiaux affichaient
leur frilosit lors de la reunion sur le finan-
cement du dveloppement Doha (du 29
novembre au 2 dcembre 2008) et que certai-


nes capitals europennes peinent tenir leurs
promesses budgtaires, l'Assemble paritaire
a voulu jouer le rle d'aiguillon en relayant
les inquitudes des pays ACP. "Si les plus
grandes conomies mondiales ont besoin de
stability conomique, les conomies les plus
fragiles ont, elles, besoin de fiabilit", a pr-
venu la co-prsidente Glenys Kinnock.

Un appel qui s'est double d'une revendication :
celle d'admettre les pays pauvres, exclus du
Sommet du G20 de Washington, la table des
ngociations en vue de dfinir un nouvel ordre
conomique mondial. Tony Aimo, au nom du
co-prsident en exercise, Wilkie Rasmussen,
a demand une plus large place au sein des
institutions internationales lors de la sance
d'ouverture.

Pour les parlementaires, la rponse la crise
alimentaire sera un test de la volont de soli-
darit des pays riches. La declaration de Port
Moresby appelle les gouvernements des pays
ACP et de l'UE consacrer au moins 10% des
aides et des dpenses publiques la scurit
alimentaire.

La prcarit des pays ACP fut galement au
coeur des discussions sur les ngociations des


controverss Accords de partenariat cono-
mique (APE). L'assemble s'est divise sur
l'opportunit de signer les accords intrimai-
res conclus avec la Commission europenne*.
Alors que certain comme Glyn Ford** ont
encourage les ACP la prudence d'autres
comme Jurgen Schroder ont plaid pour l'in-
tgration rapide des pays du Sud au commerce
mondial afin d'encourager la croissance co-
nomique.

Les crises africaines en Mauritanie, au
Zimbabwe, sur lesquels des resolutions d'ur-
gence ont t adoptes et au Nord Kivu (pro-
vince orientale de la Rpublique Dmocratique
du Congo), ont t l'autre point fort de la ses-
sion. Louis Michel, le Commissaire europen
au Dveloppement, a mis en garde contre le
risque d'un embrasement gnral de la region
des Grands lacs et appel des efforts diplo-
matiques renouvels. Mais nombre de parle-
mentaires ont soulign l'urgence de s'attaquer
aux racines du conflict, notamment la question
des resources minrales. La protection des
civils dans les operations de paix de l'ONU
et la lutte contre le travail des enfants ont fait
l'objet d'un rapport adopt par l'Assemble.
La prochaine session est prvue du 6 au 9 avril
2009 Prague. M
* Parmi les 15 Etats membres du CARIFORUM, seul Haiti
n'a pas sign d'APE (Accord de partenariat conomique).
** Glyn Ford, home politique britannique, est membre du
Groupe Socialiste au Parlement europen (PES).


COURRIER






Tour d'horizon


mfI URITInlIE et FIDJI 'aune de Cotonou

Debra Percival


coups d'Etat en Mauritanie et Fidji
constitute un test au regard de l'article
96 de l'accord ACP-UE de Cotonou
(2000-2020), qui prvoit dans certain cas un
"dialogue politique" entire les partenaires des
pays ACP et de l'UE. Il s'agit ici d'un pays
ACP don't on considre qu'il porte atteinte aux
"lments essentiels" de l'accord : les droits
de l'homme, les principles dmocratiques et
l'Etat de droit. Il est ainsi possible d'viter
la rupture des relations et de permettre aux
partenaires ACP et UE de discuter du retour de
la dmocratie.
"Les parlementaires ACP-UE condamnent le
renversement du Prsident et du gouvernement
par les forces armes en Mauritanie, et insis-
tent sur le respect des institutions dmocrati-
quement mises en place...", peut-on lire dans
une resolution commune adopte en novembre
2008 par l'Assemble parlementaire paritai-
re ACP-UE, Port Moresby, en Papouasie-
Nouvelle-Guine. Le 6 aot 2008, le coup
d'Etat du gnral Mohamed Ould Abdel Aziz
avait renvers le president dmocratiquement
lu Sidi Ould Cheikh Abdallahi. M


Le Sommet du forum des lies du Pacifique

Une reunion spciale du Forum des Iles du Pacifique (FIP) devait avoir lieu le 27 janvier
2009 Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guine, avec pour thme principal la situa-
tion Fidji aprs le coup d'tat. Le commodore Frank Bainimarama, Premier ministry par
interim, devait y tre present. Au moment de mettre sous pressed, Fidji devait dfendre sa
position au sein du FIP pour viter une expulsion, accuse de ne pas organizer de nouvelles
elections au cours du premier trimester 2009, alors que Bainimarama s'y tait engage en
?ctobre 2007 Tonga deviant les chefs de government des Iles du Pacifique.
A Bruxelles, en november 2008, Sir John Kaputin, secrtaire gnral du Groupe ACP, a
rencontr le commodore Frank Bainimarama, qui avait foment en dcembre 2006 un coup
d'tat la suite duquel VUE avait obtenu de lui en avril 2007 treize engagements visant
restaurer la dmocratie, notamment la tenue d'lections en mars 2009. M. Bainimarama a
expliqu Sir John qu'il tait ncessaire de rdiger une "Charte popular pour le change-
ment" afin de remdier aux politiques inquitables mises en place par les governments
successifs de ce pays. Il a prcis qu'il comptait introduire des rformes aptes instaurer
des conditions d'galit pour tous les habitats de Fidji, quelled que soit leur race, leur
appartenance ethnique ou leur religion. Sir John a fait part au commodore Bainimarama de
l'exprience qu'il avait acquire en tant qu'ancien ministry lors des ngociations avec VUE
la suite des prcdents coups d'tat Fidji, l'assurant qu'il comprenait les preoccupations
de VUE au sujet de la situation dans le pays. Ces preoccupations dmontrent que VUE tient
beaucoup voir le return de la dmocratie parlementaire Fidji, tout comme dans d'autres
tats AC P. D. P. M


"L'EUROPE sans barrires" pour la Rpublique tchque
Marie-Martine Buckens






Tour d'horizon


Quel ROLE pour



L'UE en SOmHILIE ?

A la fin de l'anne 2008, la prsidence franaise de l'Union Europenne a public de nouvelles
dclarations exprimant une profonde preoccupation au sujet de la situation en Somalie. Le retrait des
troupes thiopiennes est prvu. Par ailleurs, le rle de I'UE est, depuis le 1er janvier 2009, entire les
mains de la prsidence tchque.


Gouvernement fdral de tran-
sition (GFT), Abdullahi Yusuf,
de sa decision de dmettre de
ses functions le Premier ministry Nur Hassan
Hussein Adde parat "particulirement inop-
portune", peut-on lire dans une declaration de
la prsidence franaise du Conseil de l'Union
Europenne publie le 15 dcembre. "Elle
menace de saper le processus politique un
moment cl pour la Somalie et est en contra-
diction avec la Charte des institutions fdrales
de transition", pursuit le texte. Il continue en
disant qu'"il serait unacceptable que des dif-
frends internes portent atteinte la poursuite
du processus de paix engag depuis six mois,
en affaiblissant davantage le Gouvernement de
transition." Et il rappelle le regime de sanctions
mis en place par la resolution 1844 du Conseil
de scurit de l'ONU contre les individus fai-
sant obstacle au processus politique. "L'Union
Europenne, perue comme un acteur neutre,
peut jouer un rle cl pour faciliter la rcon-
ciliation national et le dialogue entire les par-
ties", pouvait-on lire dans une declaration de la
prsidence franaise de l'Union Europenne en
date du 29 octobre 2008. Au moment de mettre
sous press, on craignait ce qui pourrait sur-
venir aprs le retrait attend des 3.000 soldats
thiopiens, retrait annonc l'anne passe.

Sur les 8.000 soldats prvus pour la mission
de l'Union Africaine en Somalie (AMISON),
2.500 3.000 sont dploys, principalement
des soldats burundais et ougandais. L'Union
Africaine a t autorise diriger la mission
par la resolution 1744 de fvrier 2006 du
Conseil des Nations Unies. La France a assur
l'entranement de deux contingents ougandais
et burundais et a galement offert au Burundi
une assistance pour le transport. La France a
aussi lanc la mission ALCYON, une operation
visant protger des pirates les cargos affrts
par le Programme alimentaire mondial (PAM)
pour apporter une aide humanitaire quelques-
unes des personnel en dtresse, qui sont au


nombre de 1,5 million. Au mois de dcembre l'AMISON qui est prte Mogadiscio n'est pas
2008, Ahmedou Ould Abdallah, reprsentant assez important pour rsister au nouvel essor
special de l'ONU en Somalie, a tenu des dis- des combatants islamistes et nationalists. Mais
cussions en urgence sur la manire de renforcer le Secrtaire gnral de l'ONU, Ban Ki-moon,
l'opration de maintien de la paix avec l'Union n'envisageait pas une operation de maintien de
Africaine et l'ONU, en disant que la force de la paix de l'ONU en Somalie. D.P. M


COURRIER


Operation otatante
Le 8 dcembre 2008, l'Union Europenne a donn le feu vert au placement de l'opration
militaire Atalante en vue d'une contribution la dissuasion, la prevention et la rpres-
sion des actes de piraterie et de vols main arme au large des ctes de la Somalie (EU
NAVFOR). C'est la premiere operation naval de la Politique europenne de scurit et
de defense (PESD). Le vice-amiral Philip Jones a t dsign commandant de la mission
initial de 12 mois. Au cours d'une conference de pressed Bruxelles en dcembre 2008,
il a dit : "Mon mandate est de garantir la scurit des cargo du Programme alimentaire
mondial jusqu'aux ports somaliens. En supposant que l'Etat du pavilion est d'accord,
nous aurons la permission de placer une presence arme bord de ces btiments pour
la dure de leur transit afin de garantir leur scurit lors de leur traverse des eaux terri-
toriales somaliennes, qui ont t estimes comme reprsentant le risque le plus lev."
Il a ajout : "Nous travaillons galement beaucoup pour analyses ce que nous entendons
par 'bateau vulnerable'. Plus prcisment, il s'agit de dterminer de quel type de bateau il
s'agit et les critres que nous demons appliques pour savor s'ils ncessitent une attention
particulire lorsqu'ils longest les ctes de Somalie." Le quarter gnral oprationnel se
situe au Royaume-Uni, Northwood, non loin de Londres. Il est prvu que l'opration
Atalante implique six navies, trois avions et 1.200 members du personnel provenant des
Etats members de l'Union Europenne.














































L Europe a fait ses comptes : au course des deux prochai-
nes dcennies, elle devra faire face une pnurie de
comptences, particulirement dans les secteurs de l'in-
gnierie et des technologies informatiques. C'est dans
ce context qu'en octobre 2007 la Commission a introduit le project de
"carte bleue" europenne. Le but ? Attirer en Europe des travailleurs
hautement qualifies et encourager leur immigration en crant des nor-
mes communes pour les procedures d'admission, aujourd'hui encore
propres chaque Etat membre.

Selon la dpute europenne Ewa Klamt (Allemande du Parti Populaire
Europen), 50% des immigrants qualifies originaires du Maghreb
parent pour le Canada ou les Etats-Unis, contre 5,5% seulement pour
l'Europe. Cette carte permettrait donc de lutter contre l'immigration
clandestine et de concurrencer les Etats-Unis qui attirent la majority des
personnel qualifies des pays tiers.


La "carte bleue" europenne prsentera de considrables differences
par rapport la "green card" amricaine. Tout d'abord, la "carte bleue"
n'offrira pas de residence permanent dans le pays et sera valuable deux
ans avec possibility de la renouveler. Elle permettra un libre accs tous
les Etats membres de l'Union pour le dtenteur ainsi que pour les mem-
bres de sa famille. Enfin, elle accordera le statut de resident permanent
aprs cinq ans. Il s'agira en fait, estime EWA Klamt, d'une sorte de
permis de travail special permettant d'aboutir une immigration lgale
bien gre. Les migrants bnficieront d'une rmunration plafonne,
correspondent l'quivalent de 1,7 fois le salaire annuel ou mensuel
brut moyen en vertu de la legislation propre chaque pays.

"Nous sommes dans une competition mondiale des marchs du travail"
a soulign pour sa part l'eurodput allemand Manfred Weber (PPE),
ajoutant que la carte bleue sera decisivee pour le future de l'innovation
dans notre conomie" M.M.B. M


confdr.tio qu rerue. les ON d're e t de- deope en d'uoe.- Pou le. pay en deopee nt, ajoute Coc.d l'fe
ngt. le e plus impotan de mirto vootar ver le. pay delops noa. en d'Euoe e st- l fut de cere.u caus paaet
de travailleurs hue e .t qulfis Selon la cofdrain plu de25 de trviler hautem e .t qulf poe nan de pay d'A.rique,
no.amm en d Moabqe, Ghna Kenya e ... Ouana vi e.t dan de. pay delop.- Pou le. pay du Pcfqe et des le
poretg s'l e 70 Ces futs ajou.e Cnod ont d es recsin gae. su le mach du trvi des pa. d'oigie, e. patcle
da. le setu del- at e t de l'dcain obrn ains. la caact de ce pay at einr le Objctf du Milnar pou le. de loppe.-
men (O D) portn une- de roie lapltqe dee dv------------ e nt- de- l adpteerpene w Klmreon l e. prblm
:nue vosie ercue e esne vean de seter viau dan le. pay e. oi de deopee nt, come ceu de e-.ant
et deluain.M iaot--le cl 'xlr a oae etle reru.m n d persne isue de e s caore.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009






Tour d'horizon


La couuerture mdiatique des


coups d'Etat et du dueloppement


On peut observer un changement dans
le rle et l'approche des mdias en ce qui
concern la couverture des quatre coups
d'Etat enregistrs dans l'histoire des les
Fidji: ceux du 14 mai et du 28 septembre
1987, celui du 19 mai 2000 et, plus
rcemment, celui du 5 dcembre 2006.


E


n 1987, un black-out des mdias et des organismes
de tlcommunication a suivi le coup d'Etat men
par le gnral Sitivenki Rabuka. Ce dernier a invo-
qu les questions raciales pour justifier ses actions,


don't il a rejet la responsabilit sur les tensions ethniques
entire les Fidjiens indignes et les immigrants indiens tra-
vaillant sous contract. Les informations parvenaient au public
de faon sporadique. De plus, tant donn l'inexprience des
mdias face de telles situations de crise, les messages dif-
fuss contenaient des informations que la dictature militaire
souhaitait diffuser.

En 2000, le coup d'Etat de George Speight, hommee d'affaires
rat", a fait basculer le gouvernement lu du Premier ministry
de Fidji, Mahendra Chaudry, premier indien ce poste. Assez
bizarrement, ce sont les mdias, et en particulier la radio, qui,
sans le vouloir, ont permits M. Speight de prendre l'avantage
tactique ce jour-l. En effet, les mdias taient dj acquis
la cause de M. Speight, et les comploteurs n'avaient pas de
raison de prendre le contrle des missions de radio.

Sans l'appel au soutien lanc par M. Speight sur les ondes
nationals, la russite de son coup d'Etat n'aurait peut-tre pas
t aussi complete. La radio a diffus, dans les trois langues du
pays, des appeals en provenance du Parlement, appeals varis et


souvent non vri-
fis. Vu le manque
de dbat public au
sein des mdias
et vu la jeunesse
des services jour-
nalistiques et leur
inexperience en
gnral, peu de
rflexions axes
sur le long terme
ont cherch com-
prendre quel avait
t l'impact du
journalism dans
cette situation.
Couverture de Fiji
Times.
Fiji Times


1 11 Inii
SWhy dwn Flour
Ra -


Back dowr
ileItm nsgW r'e ts on VaM*OUIO tap eaawjr


a -


> Liberty de la press

Le coup d'Etat militaire du 5 dcembre 2006, men par le contre-amiral Frank
Bainimarama, a renvers le gouvernement de Laisenia Qarase, Fidjien indigne,
en invoquant la division racial alimente par la proposition de loi de M. Qarase
relative aux zones de pche traditionnelles (qoliqoli) et les diffrentes politiques de
"discrimination positive" que celui-ci menait. Des soldats en armes se sont rapide-
ment dploys dans les bureaux du quotidien Fiji Times et la Fiji Television afin
de surveiller les articles et les fax entrants. Les rdacteurs en chef ont refuse de
travailler tant que des soldats occuperaient les sales de la rdaction. Le Fiji Times
et Fiji TV ont immdiatement cess toute activity.

Ayant reu des menaces, le Fiji Daily Post, proche alli du Premier ministry vinc,
Laisenia Qarase, a ferm ses portes pour plusieurs jours. Le journal a repris sa
diffusion le 7 dcembre 2006, bien que, selon ses dires, son personnel se soit vu
refuser l'accs aux conferences de press par les militaires.

Au lendemain du coup d'Etat, les militaires ont demand rencontrer les direc-
teurs des mdias et se sont engags au nom du contre-amiral Bainimarama ne
plus exercer de censure. Les directeurs sont galement parvenus obtenir le retrait
des soldats posts dans les sales de rdaction et aux abords des installations des
journaux.

Si la liberty de press semble gnralement prserve aux les Fidji, les directeurs
des mdias soutiennent qu'ils travaillent dans un climate d'autocensure. Cette
anne, deux diteurs de journaux expatris ont t expulss du pays. Lors d'une
visit Bruxelles la mi-novembre 2008, Frank Bainimarama, Premier ministry
intrimaire, a fait valoir au course d'une reunion avec le Secrtaire gnral du
Groupe ACP, Sir John Kaputin, que la liberty de la press tait respecte aux les
Fidji. Il s'exprimait dans le cadre de la presentation des projects envisags afin de
rtablir la dmocratie aux les Fidji.

> Reportage

Le style journalistique a volu au course de l'anne coule. Il se concentre
present totalement sur la recherche des opinions de certain groups appartenant
l'lite ou de parties politiques qui, selon de nombreux observateurs, poursuivent les
mmes objectifs que les rdacteurs en chef de la chane tlvise. Ce qui manque
le plus au sein de la couverture radiotlvise est peut-tre la voix de la population,
directement affecte, sur le plan conomique, social et spiritual, par ces vnements
qui divisent toujours la nation. Les habitants ont pourtant peu d'occasions d'expri-
mer et mme de former leur propre opinion propos de cette situation et de son
impact sur leur vie.

Les mdias pourraient jouer un rle dcisif pour rsoudre le conflict. Pour ce faire,
et pour soutenir le dveloppement, les informations prsentes se doivent toutefois
d'tre objectives et fiables, de respecter les droits de l'homme et de reprsenter les
diffrents points de vue.

Les mdias fidjiens disposent d'un grand potential et ils ont du pouvoir. Mais le
pouvoir ne va pas sans responsabilits. Un style rdactionnel constructif, davantage
ax sur le dveloppement et moins destructif pourrait permettre la population et
aux mdias fidjiens d'accder ce pouvoir. M
* Journaliste tabli aux les Fidji.

mots-cls
Fidji; press; George Speight; Frank Bainimarama; Sir John Kaputin; Laisenia
Qarase's; Gnral Sitivenki Rabuka.


Debbie Singh*



















































ue sont ces Journes euro-
pennes du Dveloppement ?
Pourquoi les organiser ? Quid de
cette dition 2008, la troisime
du genre .oil des questions qui reviennent
souvent lorsqu'on m'interroge sur le sens de
cette initiative.
Les rponses, elles, sont multiples. La
Commission europenne a voulu organiser cet
vnement pour susciter le dbat et dialogue
avec ses partenaires sur le dveloppement. Il
s'agit de confronter la pense europenne au
dbat sur la base de ses valeurs, ses exprien-
ces et ses dfauts. Cet vnement est d'ailleurs
maintenant participatif, plus de la moiti de
l'agenda est organism par des acteurs du dve-
loppement autres que la Commission. Ouvert,
participatif, contradictoire, en tant que premier
donateur mondial au dveloppement, je dirais
qu'il est natural que l'Union Europenne pro-
pose une plate-forme pour un dbat internatio-
nal sur le dveloppement. Mais il s'agit aussi
de mise en synergie des acteurs, d'changes de
bonnes pratiques, de rencontres...
Ces Journes europennes du Dveloppement
(JED) 2008 ont t une rencontre incontour-
nable pour toute la famille du dveloppe-
ment. Deux mois aprs l'Assemble Gnrale
des Nations Unies, deux semaines avant la


Conference de Doha sur le financement du
dveloppement et en parallle du Sommet
du G20, les JED ont donn l'occasion de
nombreux leaders internationaux, politiques
mais aussi de la socit civil, de rappeler
que les promesses d'aide au dveloppement
doivent tre tenues. Elles auront aussi t cette
anne une tribune d'expression pour les voix
du dveloppement qui doivent avoir leur mot
dire dans la nouvelle architecture mondiale
qui se dessine. Il ne faut pas oublier la crise
mondiale la plus tragique qui touche au moins
1,4 milliards de personnel : la pauvret.
Pendant trois jours, plusieurs milliers de
personnel ont dbattu, ont confront, ont
imagine, ont propose, se sont parfois aussi
contredites sur le thme du dveloppement.
Parmi elles, des chefs d'Etat et de gouverne-
ment ont pu intervenir (Bnin, Burkina Faso,
Hati, Madagascar, Mali), le leader zimba-
bwen Morgan Tsvangirai, le Prsident de la
Commission de l'Union Africaine Jean Ping,
des ministres europens don't le Ministre des
Affaires trangres de la prsidence de l'UE en
exercise, Bernard Kouchner, le Commissaire
europen Louis Michel, mais aussi des
reprsentants de la socit civil, avec la
Prix Nobel de la Paix Wangari Maahtai, la
Prsidente d'ActionAid International Noerine


Kaleeba, ou encore Aminata Traor (essayis-
te), plusieurs entrepreneurs renomms comme
Richard Branson ou Ndidi Nnoli Edozien et
plus de 300 lus locaux.
Les dbats et propositions ont port sur les
enjeux globaux comme la crise financire, la
crise alimentaire, le changement climatique.
Mais cet vnement a aussi trait des enjeux
locaux comme l'importance des autorits loca-
les pour avancer contre la pauvret, de la
problmatique Mdia et Dveloppement, de
celle des Objectifs du Millnaire pour le dve-
loppement...
L'engagement de l'Union Europenne pour le
dveloppement est conforme aux valeurs euro-
pennes de solidarity, de progrs partag et de
dmocratie. C'est l une vision d'avenir que
l'Europe veut porter dans ce context de crises
multiples en restant l'avant-garde de l'action
et de la rflexion international sur le dve-
loppement. Je donne donc rendez-vous tous
ceux qui veulent participer ce movement
l'an prochain pour la 4e dition des Journes
europennes du Dveloppement Stockholm.
Ce n'est qu'ensemble que l'on peut russir le
dveloppement. M


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009






Points de vue



OPINION Par Simon Horner*




L'AIDE HUmnIITAIRE:



la solidarity dans un context different


Lorsque je suis entr au service d'aide
humanitaire de la Commission euro-
penne (ECHO), aprs avoir travaill
pendant huit ans au magazine ACP-
EU Courier comme journalist charge des
questions de cooperation au dveloppement, le
premier project que j'ai visit avait pour cadre
l'hpital gnral deMakeni, dans l'arrire-pays
de la Sierra Leone. Cette ville tait alors une
enclave gouvernementale situe en territoire
contrl par les rebelles. L'anne prcdente,
Makeni avait t attaque et son hpital dtruit
lors des affrontements. Depuis la recons-
truction de l'hpital grce un financement
ECHO, des partenaires humanitaires financs
par la Commission prodiguent maintenant des
soins mdicaux de base cette population
assige. La situation n'tait pas spcialement
diffrente de celle vcue par d'autres hpitaux
que j'avais visits dans des pays en dvelop-
pement, o l aussi des infrastructures avaient
t construites et des services fournis grce
la cooperation au dveloppement. Dans tous
les cas, il s'agissait d'une expression de la
solidarity europenne, un principle commun
ces deux domaines d'action.

La difference cl, c'tait le context. Makeni
tait une ville assige, situe dans une zone
de conflict. L'aide humanitaire a pour mission
fondamentale de sauver des vies et d'att-
nuer les souffrances extremes causes par
les conflicts ou les catastrophes naturelles.
Du point de vue de la politique trangre,
l'aide humanitaire est l'aboutissement d'un
processus progressif. Quant la coopra-
tion au dveloppement, elle porte plus loin
car elle cherche amliorer l'existence des
populations dfavorises, remdier leurs
problmes de pauvret et leur permettre de
participer l'conomie mondiale.

Il y a bien sr des differences au niveau
du soutien apport par l'aide humanitaire et
l'aide au dveloppement. Des activits telles
que l'approvisionnement d'urgence en eau,
l'alimentation thrapeutique et la furniture
d'abris temporaires sont typiques de l'aide
humanitaire. Les aides budgtaires, le renfor-
cement des capacits de services gouverne-


mentaux, la construction de routes et l'irriga-
tion rurale sont gnralement associs l'aide
au dveloppement. Les deux types d'aide ont
cependant une srie d'lments en commun.
Le travail ralis par une agence humani-
taire pour aider une population retrouver
ses moyens de subsistence est trs proche des
actions d'amlioration des moyens de subsis-
tance menes dans le cadre des programmes
de dveloppement. De mme, la reduction
des risques de catastrophe intresse tant les
stratges du dveloppement que les personnel
participant aux efforts d'aide d'urgence.

Bien que la politique humanitaire et la poli-
tique de dveloppement relvent toutes deux
de la notion gnrale de solidarity", leurs
objectifs different. La politique de dveloppe-
ment vise aider les gens et les socits qui
dtiennent le processus concern s'aider
eux-mmes. C'est pourquoi elle met l'accent
sur la cooperationn". Pour les donateurs, les
principaux interlocuteurs sont les gouverne-
ments.

Selon la conception actuelle, le dveloppement
ne peut russir que si certaines conditions sont
dj remplies. Je me rappelle de nombreuses
discussions menes dans les annes 1990
propos de la validity, de l'efficacit et du
caractre politiquement correct de certaines
"conditionnalits" imposes par les donateurs,
notamment celles qui refltaient l'idologie du
libralisme conomique.

Dans le cadre du present article, je peux me
limiter certaines "conditionnalits" poli-
tiques qui ne sont que rarement remises en
cause. Je pense au respect des droits de l'hom-
me, la dmocratie et la bonne governance.
De faon trs gnrale, les pays en dvelop-
pement qui garantissent le respect de ces trois
conditions sont des partenaires de cooperation
part entire. Ceux qui suivent la bonne voie
obtiennent une certain quantity d'aide et la
perspective d'en recevoir davantage si la situa-
tion continue s'amliorer. Par contre, les
pays qui chouent ces tests sont susceptibles
de voir s'interrompre l'aide qui leur est accor-
de. Cette approche est intellectuellement


cohrente mais elle relgue au second plan la
question fondamentale consistent savoir qui
a le plus besoin de l'aide. Dans le domaine de
la cooperation au dveloppement, la question
suivante est peut-tre plus approprie : "qui
tirera le meilleur parti de l'aide ?"

Dans le domaine de l'aide humanitaire, le
besoin prime sur des critres comme le res-
pect des droits de l'homme, la dmocra-
tie ou la bonne governance. Les personnel
qui travaillent dans ce domaine doivent tre
prudentes en expliquant cette approche car,
videmment, elle n'implique pas qu'elles ne
souhaitent pas voir ces principles respects.
Il est vrai que les violations des droits de
l'homme et les crises complexes vont souvent
de pair. Toutefois, le devoir absolu de tout
acteur humanitaire consiste attnuer les
souffrances des gens. Le fait de dsapprouver
le comportement d'un regime n'est pas une
raison pour ne pas fournir une aide susceptible
de sauver des vies.

C'est ainsi qu'apparat clairement la logique
de la dissociation entire l'aide humanitaire
et les gouvernements, raison pour laquelle
les fonds d'aide sont envoys par l'interm-
diaire des agencies des Nations Unies, des
organizations relevant de la Croix-Rouge ou
du Croissant-Rouge et des ONG vocation
humanitaire.

Les principles humanitaires de neutralit, d'im-
partialit et d'indpendance ont une origin
trs pragmatique. La triste ralit est que la
plupart des besoins d'aide sont causes par des
conflicts. Si la grande priority d'une agence
consiste accder aux populations les plus


COURRIER







Points de vue


vulnrables et les aider, elle a certainement
besoin d'avoir des contacts avec les parties
en conflict, notamment les gouvernements, les
armes, les milices et les forces rebelles. Ce
que cette agence doit viter, toutefois, c'est
d'tre associe l'une ou l'autre des parties
en presence. Une telle association accrot le
risque de voir l'accs bloqu et compromet
la scurit des travailleurs humanitaires. Pour
garantir l'existence d'un spacee humanitaire",
il est donc impratif de faire passer le message
de la neutrality de l'aide humanitaire.

Les principles d'impartialit et d'indpendance
sont troitement lis ce concept de neutrality.
Accorder et distribuer l'aide de faon quita-
ble aux personnel les plus affectes ind-
pendamment de leur nationality, appartenance
ethnique, religion ou sexe est en pratique
la meilleure faon de dmontrer sa neutrality
dans des situations de conflict difficiles. De
mme, il devient de plus en plus important


de maintenir la reputation d'indpendance de
l'aide humanitaire, surtout dans les crises les
plus complexes.

Il faut bien sr se garder de confondre spcifi-
cit et isolationnisme. On reconnat gnrale-
ment la ncessit de liens solides entire l'aide,
la rehabilitation et le dveloppement. Dans
une situation d'aprs-crise, c'est en assurant
une transition harmonieuse entire l'aide d'ur-
gence et le soutien plus long terme que l'on
augmente l'efficacit global de l'aide.

L'Union Europenne, par l'intermdiaire de la
Commission, a pris des dispositions spciales
qui reconnaissent ces principles et la spcificit
de l'aide humanitaire. Elle a notamment mis
en place un service spcifique d'aide humani-
taire (ECHO) et un vaste rseau d'experts de
terrain qui travaillent avec des partenaires et
suivent les projects sur place.
Fin 2006, Louis Michel, Commissaire euro-


pen au Dveloppement et l'Aide huma-
nitaire, a lanc une initiative qui a dbouch
sur l'adoption, l'anne suivante, du consensus
europen sur l'aide humanitaire**. Sign par
le Conseil des ministres (reprsentant les
Etats membres), le Parlement europen et la
Commission, ce consensus ritre l'engage-
ment de l'UE en faveur des principles et de
l'action humanitaires, en mettant l'accent sur
l'attitude positive des donateurs et l'amlio-
ration de la coordination des efforts d'aide.
En ces temps o l'"espace humanitaire" subit
de plus en plus de pressions, cette initiative
constitute une expression opportune et pratique
de la solidarity europenne avec les popula-
tions les plus vulnrables du monde. M
* Chef de 1' Unit Information du service d'aide humanitaire
de la Commission europenne (ECHO). Ancienjouraliste et
rdacteur au Courier, magazine de 1'ACP-UE.
** Voir: http://ec.europa.eu/echo/policies/consensusfr.htm


Dorothy Morrissey*


Grer les catastrophes pour ECHO


c travailler comme rdac-
trice pour le Courier, don't
le rdacteur en chef tait
l'poque Simon Horner. Aprs le dpart de
ce dernier, en janvier 2001, je suis devenue
rdactrice en chef du magazine, poste que j'ai
assume jusqu'en dbut d'anne 2005. C'tait
alors une priode de rforme, tant de l'ad-
ministration que de la politique : augmenta-
tions quantitatives de l'aide, laboration d'un
agenda ambitieux sur l'efficacit de l'aide
et preparation du consensus europen sur le
dveloppement, qui a t sign fin 2005. J'ai
eu le privilege de suivre ces vnements et
d'en rendre compete ; j'ai aussi eu l'occasion
d'assister des conferences internationales
cls, comme la conference sur le financement
du dveloppement Monterrey, en 2002, et
j'ai men des missions auprs de plusieurs
pays ACP. Aujourd'hui encore, je reste infor-
me des relations entire l'UE et les Etats ACP
en consultant le Courier.

Aprs avoir travaill pour le Courier pendant
huit ans ma plus grande satisfaction, j'ai
accept de nouvelles responsabilits au sein
d'ECHO, le service d'aide humanitaire de la
S .,,Ill i llh .l I. ,. lll,,I",.._i lh ,. Ih _.l _, iiiI ..l I ,.,' ll.I -
I lt li ll l -.I. I 'i. i ,i .' i i.i ,l ii lll,. i I Iii .I ii_ .ii i l
,.I,. .._i, ,h ' i I .il l.iiiiii..i..... .I Il. l, .i i.,1. .
Li I I i ..i.i -l u i. . . iI I. i. i i,. i ii.h i i I.. l 1. lll
i l. I ,i 'I I.. i. . l Iu Il I ..l .u lu' l .. l hl I ..I'.

i .. I, h ,II. j I .. I I .L .' . ..1.l. l' .l,,. I


L'Amrique latine est l'une des regions du
monde les plus exposes aux catastrophes, qui
affectent le processus de dveloppement et
les secteurs les plus fragiles de la population.
Mme si une macroanalyse de la situation peut
dboucher sur la conclusion que la vulnrabi-
lit du continent est faible, une analyse plus
approfondie montre que le niveau de vulnra-
bilit locale est lev dans beaucoup de pays
qui paraissent aiss, tels que le Chili, le Prou
ou le Venezuela. Cette contradiction apparent
s'explique surtout par le fait que les ingali-
ts sociales sont extrmement fortes dans la
quasi-totalit de l'Amrique latine et que les
indicateurs nationaux masquent la vulnrabi-
lit locale relle.

En novembre 2008, j'ai visit certain de nos
projects au Prou : une forte vague de froid
avait particulirement affect la subsistence
des populations d'leveurs d'alpagas vivant
au-dessus de 3.500 mtres dans les Andes.
Les phnomnes climatiques irrguliers du
dbut d'anne, associs aux maladies des
cultures et des animaux ainsi qu' la hausse
des prix alimentaires ont gravement compro-
mis les moyens d'existence des populations
les plus vulnrables. Cette combinaison de
I..._. ii_ .i ip '.-I1i.i.l ... ii I ,,i pi , ,i .I.. 1 i l,
,. ,Iii ii,. Illh ,. ,. II.i.i 1 I I'.i. i II, I, Il ,.I II


pour but d'amliorer la disponibilit gnrale
d'aliments en favorisant la production locale
de cultures vivrires grce de meilleurs
plants repiquer, et en rduisant la mortality
des alpagas.

L'office ECHO est bien connu pour ses op-
rations de reaction en cas de catastrophe
mais peut-tre moins pour son travail de
preparation. Bien que les catastrophes soient
rcurrentes, et mme en augmentation, on
constate en gnral un manque de preparation
au niveau local, ce qui nuit aux communauts
touches. L'augmentation des risques et l'im-
pact des catastrophes parmi les communauts
peu dynamiques entranent un accroissement
de la demand d'aide humanitaire lorsque des
actions adquates ne sont pas prises. Beaucoup
de catastrophes qui se produisent en Amrique
latine touchent un nombre limit de personnel
mais mettent en pril leur subsistence mme; ces
catastrophes, qui frappent surtout des zones loi-
gnes ou isoles, n'occasionnent que rarement
une declaration d'tat d'urgence et i... 1. '.i p..i
la iii... ..1.. I .,..i i. i.. Le travail de preparation
consiste mettre en place des I.. i i. i- ..I...-
ces d'alerte prcoce, faire respecter les nor-
mes applicables la i i.-1.i .iii.i. .i prparer

Ii. lli. ,.I ll .i l. 1 '.. . l ui ,. _. -


.I i i.ll. i ..I,- .I I lui, I .i Ii ... iii. .iii. I.. i ... l . . ,. i l ._ .I. ., i l .
.. I...h .. ... ... .,,iii i. .. li. .. ,.iii. i.. l. ,.lh l .l. _. ..I,.
i~.l l,. _1 .. . .. ... i.. ... i .. ........ .,,,,, .....


,ilil ,'', IIu iiii .,. .. 11i ii i iii.ii ,. li i hi l 1 1111 i .I
I .i .,.1 l I ,,h u. i. .l .il.,i... i .l ,I''iu..,IIi I',, .I ii
. .iii. ,.I. lI ~ ..... .I h,. ..hi l,,,h ..I i "ii ,' ,i ,,.ii


' "" " "' " I""'I
iiii~




































Dar cet ticl i oris, p dent du Conseil administration d'Africalia et rdacteur en chef du
magazine n ..... .. (Belgique), dclare que depuis plus de 18 mois, les parties et les forces politiques
qui s'alimentent des divergences communautaires tiennent en otages le pays et ses structures politiques
complexes. Cette situation a des repercussions sur la politique de dveloppement.


(Flandre, Bruxelles-capitale et
Wallonie) et des trois communau-
ts (flamande, franaise et germano-
phone) ne sont plus en measure de fonctionner
normalement. Aux terms d'un accord politi-
que conclu en 2001, la politique de dvelop-
pement doit tre place sous la responsabilit
des regions et communauts "dans la measure
o elle relve des comptences de ces regions
et communauts". Depuis les ONG centres
sur le dveloppement jusqu'aux structures
administrative des organismes de cooperation
international et d'affaires trangres, une
vive contrarit a t ressentie devant la pers-
pective d'une fragmentation total de la poli-
tique de dveloppement. L'ducation est une
competence des communauts, l'agriculture
relve de la responsabilit des regions, tandis
que la mobility est partage entire les regions et
le gouvernement fdral.

Sept ans plus tard, peu de choses ont chan-
g. Le gouvernement flamand une combi-
naison de comptences communautaires et
rgionales a mis en place un ministre et
une administration pour grer la politique
de dveloppement mais dispose d'un budget
annuel dpassant just 30 millions d'euros
consacrer aux programmes de dveloppement
mens en Afrique du Sud et au Malawi. La
Communaut franaise, la Rgion wallonne
et la Rgion de Bruxelles-capitale cherchent
coordonner leurs efforts mais leur budget
est encore plus limit que celui des Flamands.


C'est pourquoi, mme si certain politicians
des gouvernements rgionaux appellent une
"dfdralisation" de la politique de dvelop-
pement et que certaines measures ont dj t
prises en vue de ce scenario, chacun semble
s'attendre voir un morcellement encore
plus prononc du budget fdral plutt que
l'injection dans le dveloppement de fonds
supplmentaires provenant des niveaux de
gouvernement infrieurs.

> fccrochage au sujet de la RDC

Le francophone Charles Michel*, Ministre
fdral de la Coopration au dveloppement,
s'est heurt en novembre 2008 Karel De
Gucht**, son homologue flamand des Affaires
trangres, au sujet de la diplomatic en
Rpublique Dmocratique du Congo (RDC).
Quelques semaines plus tard, Louis Michel,
Commissaire europen belge en charge de la
politique de Dveloppement de l'UE, a montr
son dsaccord avec la proposition de M. De
Gucht d'envoyer davantage de forces euro-
pennes de maintien de la paix dans la parties
orientale de la RDC. Ces deux diffrends ont
fait du tort la reputation de la Belgique dans le
domaine des affaires internationales. Ce revers
est d'autant plus malheureux qu'il s'agit de la
RDC : la Belgique, son ancienne puissance
colonial, possde diverse connaissances et
influences concernant d'autres nations.

Dans un article rcemment public dans
"The Broker" (dition de dcembre 2008), John


Vandaele***, journalist du "MO", a crit ceci :
"Aprs toutes les turbulences et les change-
ments qui ont marqu les relations entire la
Belgique et ses anciennes colonies, une chose
reste sre: la Belgique et les Belges possdent
une connaissance approfondie de l'Afrique
central et de la region des Grands Lacs." Il
cite comme examples d'institutions le Muse
royal de l'Afrique central, Tervueren, et
l'Institut de mdecine tropical, Anvers.
Chez Greenpeace et la Banque mondiale,
les spcialistes des forts de la RDC sont tous
deux de nationality belge. Pour maximiser
l'efficacit de ces connaissances et de ces rela-
tions de longue date, la Belgique devrait prci-
ser clairement qui labore et met en oeuvre la
politique de dveloppement mene en Afrique
central et dans d'autres pays partenaires. Elle
devrait mettre fin aux marchandages commu-
nautaires relatifs au budget du dveloppement
et viter de laisser se dvelopper des divergen-
ces de politiques au sein de son gouvernement
fdral. M

* Charles Michel est membre du Mouvement rformateur,
le parti liberal francophone.
** Karel De Gucht est membre de l"Open VLD (libraux
et dmocrates flamands).
*** Cet articlded John Vandaele intitul "Debating aid in
Belgium" peut tre consult via le lien suivant : http://www.
thebrokeronline.eu/en/articles/Debating-aid-in-Belgium



mots cls
Belgique ; politique de dveloppement;
Flandre ; Wallonie ; Louis Michel, Charles
Michel, Karel De Gucht ; RDC ; region des
Grands Lacs.


COURRIER









ossier


Lf CRISE.


Dommages graues pour les ICP...


et effects collatraux positifs.


Dossier prpar par Hegel Goutier


matiques, les pays pauvres vont
payer pour les drives d'autrui.
C'est ce que les chefs d'Etat des
pays du group ACP ont soulign lors de leur
dernier Sommet au Ghana en octobre dernier.
Il apparat que la crise frappera d'abord et
plus durement les pays en dveloppement les
plus performants, ceux qui s'taient le mieux
intgrs dans l'conomie mondiale.

La crise survient un moment o l'Afrique
vient de connatre une dcennie de croissance
unique grce un cercle vertueux de progrs
de la governance politique et conomique,
et une pro-activit commercial qui lui a
permis de s'ouvrir de nouveaux marchs
comme ceux de l'Asie ou d'Amrique du Sud.


Dmocratie et gouverance ont t consoli-
des dans la Carabe qui paiera le prix fort de
ses conqutes de marchs d'autant plus que
les clients de ses secteurs de pointe, tourism
et services, sont essentiellement d'Amrique
du Nord, l'picentre du sisme. Il en est de
mme pour le Pacifique, mutatis mutandis,
les ricochets venant ici de l'Australie et de la
Nouvelle Zlande.

La crise n'aura pas que des effects ngatifs.
L'une de ses premires consequences positi-
ves rside dans une plus grande disponibilit
des instances internationales intgrer des
pays en dveloppement dans les organismes
plantaires de contrle ou de gestion comme
celui envisag par la Confrence de Doha sur
le financement du dveloppement, qui s'est


droule du 29 novembre au 2 dcembre
2008, pour trouver une solution l'vasion
fiscal des grandes entreprises oprant dans
les pays en dveloppement chiffre environ
160 milliards de dollars par anne (en com-
paraison, l'aide publique international est
de 100 milliards de dollars). Un autre effet
collateral positif de la crise et concernant plus
spcifiquement l'Afrique, rside dans un gain
d'image. Beaucoup semblent dcouvrir le
dynamisme du continent et la modernisation
de l'conomie intervene dans nombre de ses
pays durant la dernire dcennie alors que
l'opinion publique international continuait
n'y voir que le continent des problmes.

* (voir Rapport "Hole in the pocket" d'Actio-
nAid International). M


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009





Dossier Crise financire


CRISE MONDIALE





L'fFRIQUE



peut tre optimiste

d'aprs Jacques Attali dans une interview exclusive au Courrier

Hegel Goutier

Jacques Attali, ex-Prsident de la Banque europenne pour la Reconstruction et le Dveloppement
(BERD), est l'un des experts de l'conomie trs couts dans le monde pour ses analyses et prospective
mais aussi pour l'clairage human, intellectual et esthtique qu'il apporte l'conomie. Pour lui,
l'Afrique s'en sortira mieux non seulement parce ses conomies taient moins imbriques dans
l'conomie mondiale avec ses drives mais grce ses avantages comparatifs.

S. i Mitterrand. Il est actuellement professeur
S d'conomie dans plusieurs universits et
A?, A coles suprieures, romancier, dramatur-
Sge, critique musical, pianist, chef d'orchestre,
Si essayiste entire autre sur l'conomie musical,
S:chef d'entrepris A&A (Attali et Associes) -
cabinet de conseil sur les strategies, l'ingnierie
financire et les fusions/acquisitions d'analyse
conomique et financire. Il est l'quivalent de
l'honnte homme du XVIIIe sicle. Parmi ses
S'. diplmes : Major de Polytechnique, Docteur
en sciences conomiques, Ingnieur de l'Ecole
des Mines de Paris, Institut d'Etudes politiques
de Paris, Ecole Nationale d'Administration.
k. Attali passe les frontires. Socialiste de coeur,
il a prpar, la tte d'une commission d'ex-
perts pour l'actuel Prsident franais Sarkozy,
I un rapport sur la stratgie mettre en oeuvre
pour "librer la croissance franaise".

Comme conseiller politique et dans ses ana-
S i lyses conomiques et sociologiques, Jacques
Attali a souvent soulign l'impact global nga-
tif de la dichotomisation du monde en bloc
riche se protgeant et en pays laisss pour
compete. Il a t l'un des fondateurs de l'orga-
I nisation non-gouvernementale Action contre
la faim. Il a fond en 1998 PlaNetFinance,
Sd une association sans but lucratif qu'il dirige
y **d .. 'd et qui a aid la creation d'une dizaine de
milliers d'institutions de micro-finance dans
une soixantaine de pays. Dans ses solutions
a la crise financire actuelle, il ne propose pas


COURRIER












































moins que la participation effective des pays
pauvres dans la future governance mondiale
qu'il juge indispensable car l'conomie est
mondiale, et nombre de measures du mme type
comme un salaire minimum mondial.

Quant l'impact de la crise mme sur les pays
du group ACP notamment d'Afrique, tout
en ne ngligeant pas des effects collatraux
comme la diminution de la rmittence ou la
fragilisation de secteurs comme le tourism,
il considre que l'Afrique s'en sortira mieux
non seulement parce que ses conomies taient
moins imbriques dans l'conomie mondiale
avec ses drives mais grce ses avantages
comparatifs.

La crise f.i .. .... .. ii . . i lespayspau-
vres de rgions come l'Afrique, la Carabe et
le P... :i~ .-'- ?

Aprs la crise alimentaire et la crise nergti-
que, il y a la crise proprement financire. On
va avoir une crise conomique qui aura un
impact progressif sur les conomies mondia-
les. Donc tous les pays pauvres vont le sentir.
Curieusement, les pays africains vont le sentir
peut-tre moins que d'autres et certain pays
vont rsister mieux que d'autres mais on ne
peut pas encore le savoir.

Parce que les pays africains n 'taient pas du
tout dans l'conomie mondiale ou bien parce
qu'ils ont certain avantages ./"". "-.,i, qui
leur permettraient de mieux rsister ?


Les deux la fois. Ils sont trs peu dans l'co-
nomie mondiale sauf pour les exportations
de matires premires qui vont continue
mme s'ils vont souffrir de la baisse du prix
du ptrole. Et pour le reste, ils ont beaucoup
d'avantages comparatifs. Il y a la baisse de
la croissance dmographique d'une part et
d'autre part une conomie propre et interne
tourne vers eux-mmes. Et ils n'ont pas non
plus de difficults lies aux errements finan-
ciers, puisqu'ils taient trs peu branches sur
le systme financier. Vont souffrir en premier
les pays ayant admis ce qui leur a t chau-
dement recommand, les capitaux trangers,
donc ceux don't la bourse et les entreprises
dpendaient.

Et les pays notamment de la Carabe et du
P'.. if, ,q.' dpendants du tourism ?

Vont aussi souffrir tous ceux qui dependent
directement des pays dvelopps, par le tou-
risme ou par les transferts des migrants parce
que les migrants sont les premiers tre tou-
chs par la crise

Vous prvoyez d'ventuelles catastrophes pla-
ntaires come la j- .. ;i; ...i. de la dmo-
cratie mme en Europe.

Disons que c'est un danger mais je pense
qu'on saura l'carter parce que nous avons
dj traverse des crises et nos dmocraties sont
anciennes et solides. On ne peut toutefois pas
exclure dans certain pays des movements


de grande violence lis des groups sociaux
minoritaires en l'occurrence, en situation de
prcarit croissante par le chmage

La j'.. i;,...'.. du pays tampon entire les
riches et les pauvres, la Chine, n'entranerait-
elle pas des consequences dures en Afrique
par example ?

La Chine a beaucoup besoin des pays africains
en terms de matires premires. Je ne pense
pas qu'elle sera en situation de renoncer ses
investissements en Afrique. Elle a beaucoup
d'argent et tout ce qui est stratgique pour elle,
elle voudra le continue.

Dans les hypothses positives, vous voyez la
mise en place d'une governance mondiale
quoi Keynes avait pens mais l'chance ris-
querait d'tre lointaine, pouvant aller jusqu'
un sicle. C'est un optimism trs mesur

Oui, je ne crois pas que l'humanit soit mre
pour a. Ca prendra du temps. Si la crise tait
trs grave je crois que cela irait plus vite mais
je ne souhaite pas que la crise soit plus grave.

N'y a-t-il pas quelque chose d'inhrent la nature
humaine et aux nations qui empche cette gouver-
nance mondiale ?
Ecoutez, on a russi en Europe aprs beaucoup d'ef-
forts mettre en place un certain nombre de gouver-
nances. Il faut seulement mais c'est difficile faire
l'chelle du monde ce qu'on a fait l'chelle de
l'Europe. Ca montre l'ampleur de la difficult.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009







Dossier Crise financire


Comment verriez-vous les tapes pour y arriver ?

Je pense que la premiere tape serait la fusion
du G7 et du Conseil de scurit et la mise du
Fonds montaire international et de la Banque
mondiale sous la tutelle du Conseil de scu-
rit. Et a c'est la premiere de toute une srie
de rformes que je dtaille dans mon livre*.
Il faut reformer toutes ces institutions pour
que la Chine, l'Afrique et l'Amrique latine y
soient aussi reprsentes.

L'Europe serait en position de stimuler ces
;. ...-. .. mais n'est-elle pas trop hsitante
quand il s'agit d'infliuinici les Etats-Unis ?
On a vu ces derniers temps les dissensions
entire les gouvernements franais, anglais et
allemand.

Il est urgent d'avoir un accord franco-alle-
mand. C'est fundamental. Sans un accord
franco-allemand, il ne peut rien avoir de
solide en Europe et j'espre que a va aller
vite. C'est essential. Je pense que la raison va
l'emporter. Il y a dj un pouvoir conomique
europen, c'est l'Eurogroup et il faut le ren-
forcer. Et partir de l, crer les conditions
pour que cet Eurogroup soit le plus fort politi-
quement. Il faut idalement qu'il y ait un vrai


Premier ministry puisque l'Europe ne peut
pas tenir sans une puissance politique. Si elle
n'est qu'une puissance conomique, elle ne
tiendra pas. L'euro a besoin d'une puissance
politique.

Et le refus de pays important come le
Danemark, la Grand Bretagne, d'adopter
l'euro ?

Et bien, il faudra faire sans eux. On ne peut pas
les forcer s'ils ne veulent pas.

L'Afrique exerait une grande attraction avant
la crise. Comme un dbut d'espoir. Est-ce que
la crise, mme si elle la frappe moins, ne
freine pas son attrait

Non. Mon intuition est que si l'Afrique est
capable d'viter les guerres civiles, elle est
une grande promesse. Par example, le Nigeria
promet beaucoup. Mais nombre de gens sont
freins dans leur initiative par la guerre civil,
les hold-up, etc. Si la Somalie se gnralise
toute l'Afrique, alors on peut oublier tout
espoir. Si l'Afrique est capable d'achever la
mise en place d'un tat de droit, tout change.
Il ne suffirait que de cela.


Il y a un cercle positif qui s'est enclench en
Afrique par la croissance interne tourne vers
elle-mme, par la mise en place d'un dbut
d'tat de droit et par le ralentissement de la
croissance dmographique. Il faut qu'on conti-
nue ces facteurs essentiels et l'instauration
d'un systme financier de collect de l'par-
gne efficace. Si ces conditions sont remplies,
alors, on peut avoir beaucoup d'espoir pour
l'Afrique.

Il y a beaucoup d'investisseurs intresss par
l'Afrique actuellement. J'ai t hier un col-
loque sur les investissements en Afrique. On
sent qu'il y a une trs forte demand.

Plutt optimiste alors ?

Oui, plutt optimiste pour l'Afrique. M

* Jacques Attali, essai La crise, et aprs ?, Fayard, novem-
bre 2008 (une analyse de la cruise financire chaud, tenant
compete des volutions jusqu' la fin d'octobre 2008 et
proposant les solutions don't la plus important est une
gouverance mondiale).

lots-cls
Hegel Goutier ; Jacques Attali ; crise finan-
cire ; PlaNetFinance ; micro-finance ;
governance mondiale ; tourism ; bourse;
BM ; FMI ; G8 ; G20 ; BERD.


"Jacques Attali. Deux publications en 2008. Attali passe
les frontires". Hegel Gouter


Rcemment parum : m[ 1

Jacqes ta hr ucitll
scn un conseil des mini.tres, sur-

en novemb I ZiretJ i'1938 4, deux jor ap la

iuit deIisal, ai
clneai- or adcso snsr el


COURRIER




Crise financire Dossier


I



I
AFRIQUEI^^

Le PLS DU
afrTm^^^^


I Pov, L'Afrique peut tre optimist. Pov


* Enfin, on est devenu comme des amricains et des europens
** Et comment?
***lls sont eux aussi en banqueroute


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009







Dossier Crise financire


L Afrique est moins touche par
la cruise, du moins dans un pre-
mier temps, mais elle n'en sor-
tira pas pour autant indemne.
Les dgts se propageront par vagues succes-
sives touchant d'abord les conomies les plus
intgres dans le systme global comme celles
de l'Afrique du Sud, du Nigeria, du Kenya ou
du Ghana et plus tard les autres. Mais cette
crise, en rvlant que le no-libralisme a
montr ses limits et que le rle rgalien de
l'Etat rapparait ncessaire, est aussi l'oc-
casion pour les gouvernements africains de
reprendre le leadership conomique de leurs
pays et de ne plus obir aux dictats d'une
orthodoxie financire prne par ceux qui ne
l'ont pas eux-mmes respecte. Et surtout de
jouer un rle plus important dans la future
gouvemance mondiale. C'est ce que pensent
beaucoup du continent, don't Lionel Zinsou du
Bnin, franco-bninois prcisment, expert
pris au niveau international, actuellement
membre du comit excutif de PAI Partners,
PDG de Capital et Investissement, crateur
par ailleurs de la Fondation Zinsou pour
les arts contemporains africains installe
Cotonou.

Lionel Zinsou s'est dit rcemment certain que
personnel n'chappera la crise mais que son
impact sera moins fort en Afrique parce que
la bancarisation y est faible l'exception de
pays comme le Kenya, l'Afrique du Sud ou le
Nigeria*. Il precise que les systmes bancaires
de l'Afrique du Sud, du Nigeria et de l'Egypte
par example, souffriront de la crise. Plus le
systme bancaire est moderne et mondialis,
plus il est affect. Les banques et les marchs
financiers de ces pays sont approvisionns en
capitaux court terme don't toute conomie
dynamique depend. Pour Zinsou, le pays le
plus fragile, celui don't l'immunisation est la
plus prcaire, c'est le Nigeria. Aprs une res-
tructuration "profonde et courageuse" de son
secteur bancaire, mene par la Banque cen-
trale qui a conduit un regroupement de 25
banques en cinq groups plus solides. Jusque
l, les 50 plus grandes banques du continent
taient presque toutes sud-africaines. La cruise
survient just aprs cette restructuration au
moment o ces nouvelles entits doivent se
remember et ont un besoin vital de capitaux
court terme pour la bourse et l'conomie.
La crainte est qu'injustement, ce pays doive
"payer la ranon" de la modernisation. La
situation est comparable pour le Kenya et le
Ghana.

Entre autres secteurs qui ptiront de la crise,


celui du fret maritime, les armateurs ayant
toujours besoin de liquidits court terme.
Toute l'Afrique, a-t-il ajout, souffrira toute-
fois d'une baisse, d'une dtrioration des ter-
mes de l'change tirant moins de liquidits
de la vente de ses resources et de la baisse
de la rmittence provenant de la diaspora.
Mais l'effet le plus fort de la cruise se fera sen-
tir en Afrique en 2009 avec la dgringolade du
prix du ptrole.

Paradoxalement, les pays de la Zone Franc,
pense Zinsou, sont l'abri de l'"archasme"
de leur systme bancaire avec une faible
bancarisation des conomies et l'absence
quasi complete des grandes banques anglo-
saxonnes, compare celle du Nord ou du
Sud du continent. Leur excs de liquidits
devient un atout alors qu'en temps normal,
elles constituaient un frein au dveloppement.
Mme avec une baisse de 10 6% de son
taux de croissance, ce sera suffisant pour que
la Chine mne la danse sur l'chiquier cono-
mique mondial et ne se prive pas des matires
premires africaines don't elle a besoin.

L'Afrique sera, de toutes faons, victim
d'lments exognes alors que ses fonda-
mentaux sont sains. Pour prendre l'exemple
du Bnin (son pays), Zinsou considre que la
croissance continuera tre au rendez-vous
mais avec un ralentissement d, comme pour
la plupart des autres pays d'Afrique, la
baisse des investissements trangers et celle
des transferts des migrs.

La reunion conjointe de la Banque Africaine
de Dveloppement (BAD), de l'Union
Africaine et de la Commission conomi-
que des Nations-Unies pour l'Afrique, le 11
novembre Tunis, laquelle ont particip des
Ministres des Finances du continent, a fait
peu ou prou les mmes analyses. Pour Donald
Kaberuka, Prsident de group de la BAD, les
plans de sauvetage enclenchs dans les pays
dvelopps risquent d'entraner des pressions
budgtaires et par consquent une contraction
du volume de l'aide publique au dveloppe-
ment. "L'Afrique est pour le moins pargne
par les premiers effects de la cruise mais le
ralentissement de l'activit conomique des
pays riches aura pour effet des licenciements,
un durcissement de la politique de migration
et, par voie de consequence, la reduction dras-
tique des transferts de fonds des travailleurs
migrs". Sans computer, ajoute-t-il, les cons-
quences negatives des rcentes hausses des
prix des denres alimentaires et du ptrole qui
freineront la croissance conomique don't le


continent bnficie depuis quelques annes.

Sur l'aide massive aux secteurs bancaires dans
les pays riches alors qu'on avait contraint les
pays pauvres privatiser des secteurs entiers,
Zinsou exprime le sentiment d'indignation
largement rpandu sur le continent africain.
"C'est irritant de s'tre fait sermonner pen-
dant longtemps". Ceci dit, rtablit-il, la pri-
vatisation a fait du bien, dans le secteur des
tlcommunications par example. Mais pas
dans le secteur agricole o elle n'a nulle-
ment conduit une croissance quilibre.
L'interventionnisme des gouvernements afri-
cains est de retour et les pays dvelopps
manqueront d'arguments pour le combattre,
pense-t-il.

Quant aux measures adopter dans un future
proche, Zinsou en avait nonces ds avril
2008**. La solution la crise exige une nou-
velle gouvemance mondiale dans laquelle il
faudrait un G13 ou un G15 si ce n'est un G20
ou G25. L'Union Europenne, sur laquelle
beaucoup competent pour tre le future moteur
de la reliance, n'a pas assez de surplus pour
agir massivement sur l'conomie mondiale.
Cette reliance ne peut s'asseoir que sur les
fonds souverains de Chine, de Singapour ou
du Golfe qui ont profit de l'inflation sur les
matires premires pour liquider leurs dettes.
Il faut aussi cooprer avec des pays et regions
disposant de surplus parmi lesquels il situe
l'Afrique, ct de l'Asie et de l'Amrique
latine. Alors que la croissance prvue sera de
l'ordre de 0,5 1% aux Etats-Unis et de 1,5%
en Europe, elle atteindra 5 6% en Asie et en
Amrique latine. L'excdent du commerce
intrieur de l'Europe n'quivaut qu' celui de
l'Algrie ou la moiti de celui du Nigeria.
Ces pays ne sont pas de nouveaux riches,
ils doivent tre vus, d'aprs lui, comme des
"anciens pauvres" avec qui il faut s'entretenir
en tant que tels. La population europenne
quivaut peu ou prou celle de l'Afrique
- environ 700 millions d'habitants. A l'hori-
zon 2050, celle-ci sera le double de celle-l.
Une raison de plus de revoir compltement
la reprsentativit au sein des organismes
internationaux comme le Fonds montaire
international. H.C. M

* Publications OCDE (interview de Laurent Bossard, le 15
octobre 2008).
** Colloque du Forum de la Rnovation, avril 2008, Paris.
llots-cls
Crise financire ; Afrique ; Lionel Zinsou ;
marchs boursiers ; fret maritime ; Banque
Africaine de Dveloppement (BA)) ; Donald
Kaberuka ; investissements trangers ; Zone
Franc ; G20 ; Fonds montaire international
(FMI).


I Page 21:
Titres sur la crise financire
Norman Chan Image de BigstockPhoto com


COURRIER






Dossier


Bernard Babb*








CDoumi1rfid


s haultS


lieux du TOURISM DRIS



LES CfRflIBES

Les turbulences financires mondiales envoient un souffle glac sur les hauts lieux du tourism
carabe. L'anne 2009 s'annonce trs difficile, les hteliers et les gouvernements s'efforant d'viter
une crise profonde du tourism, principal secteur d'activit de la region.


S ajoutant au ralentissement co-
nomique qui a suivi la crise
mondiale du credit, le niveau
record des prix ptroliers
atteint en 2008 a entran l'augmentation
des prix des billets d'avion et pouss les
companies ariennes rduire le nombre de
vols. De plus, la confiance du consommateur
dans les principaux marchs touristiques a
baiss. L'association de ces facteurs a eu des
repercussions negatives sur le tourism dans
les Carabes. La Banque de dveloppement
des Carabes (BDC) a laiss entendre que
la contraction actuelle du tourism pourrait
s'avrer plus longue et plus profonde que celle
qui a suivi les vnements du 11 septembre
2001. Les hteliers de la region font dj tat
de chutes de 20 30% des reservations. Cette
situation entrane des licenciements dans le
secteur touristique de plusieurs les ainsi que
l'immobilisation des chantiers de construction
et des nouveaux projects, cela pendant que
les hteliers cassent les prix et cherchent des


faons cratives de maintenir leurs infrastruc-
tures en exploitation.

En dcembre 2008, Sandals Resorts
International a annonc le licenciement de 650
travailleurs hteliers carabes aux Bahamas,
en Jamaque et Sainte Lucie, soit 7% de la
main-d'euvre du group. Des licenciements
sont galement prvus Antigua et Barbuda.
Selon les declarations de cette chane htelire
base en Jamaque, les compressions de per-
sonnel aideront l'entreprise rester compti-
tive au course de la crise conomique mondiale.
D'aprs les statistiques de l'Organisation du
tourism des Carabes (CTO), l'Amrique du
Nord reprsente 50% du march du tourism
carabe, qui attire 22 millions de visiteurs et
injected 21,6 milliards USD dans l'conomie
des les chaque anne. L'Europe reprsente
quant elle 40% des tourists de la region.
La decision de la chane Sandals a ajout aux
dboires conomiques des Bahamas, o le
group Atlantis, mondialement connu, avait


dj procd 800 licenciements, une dci-
sion prise au mme titre qu'une srie de
licenciements raliss par d'autres oprateurs
hteliers. Selon Hubert Ingraham, Premier
ministry bahamien, les reservations pour 2009
n'augurent rien de bon et la destination s'at-
tend clturer 2008 avec une diminution de
8% du chiffre d'affaires. Il faut savoir que le
tourism occupe 65% de la main-d'euvre des
Bahamas.

> Le dueloppement l'arrt

Avec l'aggravation de la recession aux Etats-
Unis et en Europe, la diminution du nom-
bre de tourists en provenance de ces deux
rgions va se poursuivre. Selon les prvi-
sions, l'conomie des Carabes va continue
subir la contraction croissante des secteurs
du tourism et de la construction. Les petites
destinations touristiques des Carabes orienta-
les sont particulirement touches, comment
Wayne Cummings, directeur administratif


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009


C'
`I
'"






Dossier Crise financire


chez Sandals Resorts International, socit
qui exploit aussi des sites dans les les Turks
et Caicos et Sainte Lucie. "La situation est
dcourageante", ajoute M. Cummings..

En Rpublique Dominicaine qui, avec Cuba,
avait montr l'exemple du dveloppement
touristique au course de la dernire dcennie,
la crise financire a galement mis l'arrt
le grand chantier du Cap Cana, un project qui
comprend quatre htels de luxe, trois terrains
de golf et un norme port de plaisance. Selon
la press, ce chantier a licenci 500 travailleurs
en novembre, la suite de la declaration de


"Pour dire les choses

carrment, certain

htels sont dj au

bord de l'asphyxie."


faillite de Lehman Brothers et de l'annulation
d'un emprunt de 250 millions de dollars. Les
pourparlers pour rengocier un emprunt court
terme de 100 millions de dollars ayant aussi
chou, 1.000 licenciements supplmentaires
sont envisags. "Notre project a t touch par
le tsunami conomique qui a paralys les mar-
chs financiers mondiaux", a dclar Ricardo
Hazoury, Prsident de Cap Cana. S'tendant
sur 12.950 hectares, le project du Cap Cana se
situe dans la parties orientale de la Rpublique
Dominicaine. Ses promoters sont notamment
la Deutsche Bank, la Trump Organisation et les
htels Ritz Carlton. Par ailleurs, la Jamaque a
suspend un project de plusieurs millions de dol-
lars visant l'agrandissement d'un port de plai-
sance Kingston. D'une valeur de 122 millions
de dollars, le project du Kingston Wharf a ainsi




.ir ,, r. i .. . i ,, .. ..
lr ,I I LI ,uhl I



,tl. ' F ,L,, ., ,.......


il
- -




II
l
n,2;2


une baisse de 4 5% du nombre d'arrives de
tourists en raison de la recession mondiale
ainsi qu' une forte diminution des revenues
dans ce secteur, principal bnficiaire des
entries de devises trangres, avec des pertes
d'emplois pour corollaire. En reaction la
cruise mondiale actuelle, le Premier ministry
David Thompson a rejet un appel en faveur
de measures de restriction, prfrant inciter
les acteurs conomiques dpenser et inves-
tir davantage dans le pays afin de mainte-
nir l'conomie en march. M. Thompson a
expos les grandes lignes de plusieurs measures
conues dans ce but, notamment l'acclra-
tion de l'augmentation des credits d'impt et
l'accroissement des pensions. Richard Sealy,
Ministre du Tourisme, estime avec optimism
que la Barbade sera capable de surmonter la
crise grce la diversity de ses marchs tou-
ristiques et certain arrangements spciaux
avec des partenaires essentiels. La Barbade a
l'avantage de pouvoir computer sur un pour-
centage lev de commander renouveles dans
le haut de game de la part des clients des
Etats-Unis, du Canada et d'Angleterre ; elle a
ainsi pu ragir rapidement la crise en inten-
sifiant ses efforts de marketing et en ajoutant
un montant de 5 millions de dollars ce bud-
get de 50 millions de dollars. D'autres pays
ont eux aussi mis sur un accroissement du
marketing : Porto Rico a lanc une champagne
"d'urgence" au moyen d'un supplement de 12
millions de dollars ajout au budget annuel de
marketing de cette destination touristique, qui
s'levait jusqu'alors environ 20 millions de
dollars ; quant au gouvernement jamacain,
il consacre 5 millions de dollars une action
publicitaire supplmentaire, en plus de son
budget de marketing habituel qui atteint 30
millions de dollars. Avec l'aide de la CTO, ce
gouvernement mne aussi une nouvelle cam-


touristique de Cuba reste en pleine forme et
prvoit mme une saison d'hiver florissante.
Selon certain fonctionnaires du gouverne-
ment, les reservations sont compltes pour tout
le mois de dcembre, et l'anne 2008 devrait
se solder pour Cuba par le nombre record de
2,34 millions de visiteurs. Ces bonnes perfor-
mances de Cuba s'expliquent par le fait que
les dboires financiers mondiaux n'ont pour
l'instant que peu touch le Canada, premiere
source de visiteurs de l'le. Cette anne, envi-
ron 35% des tourists qui se sont rendus
Cuba taient canadiens ; jusqu'en septembre,
pas moins de 635.000 d'entre eux avaient
visit le pays, soit un cinquime de plus
qu'au course de la mme priode l'an pass.
L'conomie du Canada n'a pas subi des pertes
aussi importantes que celle des Etats-Unis,
o les habitants qui possdent leur habitation
voient fondre leurs conomies. Le nombre de
tourists russes Cuba a grimp de 40% mais
les nombres de visiteurs du Royaume-Uni,
d'Italie, d'Espagne et d'Allemagne, premiers
pays pourvoyeurs de tourists aprs le Canada,
ont connu des baisses de 3 5%. A l'approche
de la haute saison d'hiver, l'avenir parat bien
incertain pour les Carabes en gnral : "Cela
fait 38 ans que je travaille dans ce secteur. J'ai
vu les repercussions de la guerre du Golfe.
J'ai assist la recession des annes 1980 et
aux effects du 11 septembre 2001", explique
Robert Sands, Vice-prsident principal des
affaires extrieures de Baha Mar Resorts Ltd,
aux Bahamas, une entreprise propritaire de
plusieurs htels. "Mais jusqu' present, rien
n'avait atteint l'chelle mondiale, ce qui rend
beaucoup plus inquitante la situation finan-
cire actuelle." M

* Journaliste tabli la Barbade.


t i~- liii.iiiit I 'rl ( ,.ir l', .
.Ill.ai Irlde C._ Ili.i .
' I)-iillnl.illlt' I.IIII.In, III' .
eriil.l l B.ilh ).I i(I 1 liidiii|,)-ii


... molscles



> Cuba, un march soli.de.> "'","


.-I b.BI


l "






ri
S i ":. l
.: -
























Les fles heurtes par les ricochets




de L'BUSTRRLIE ET DE Lf




nOUUELLE-ZELfODE


L a reunion des ministres de l'cono-
mie du Forum des Iles du Pacifique
(PIF)* Vanuatu les 27-29 octobre
2008, le premier bilan des impacts
potentiels de la crise sur les pays de la region
a t mitig. Pour le Secrtaire gnral du
Forum, Tuiloma Neroni Sade, de fortes crain-
tes existent pour le secteur du tourism don't
dependent plusieurs pays, et ceux de l'ex-
portation et des services. Il a mis en lumire
la fragilit de nombre de pays de la region
dpendant des importations pour nombre de
products mme si la baisse rcente des prix des
aliments et de l'nergie constitute un lment
encourageant. Les situations de la quinzaine
de pays ACP de la region sont assez dispara-
S tes. D'aprs les analyses, tous seront frapps
dans leur industries du tourism en terms de
rmittence. Pour le reste, c'est alatoire.

Considrant, par example, la situation de deux
des relativement importantes conomies de la
region, Fidji et Papouasie Nouvelle Guine,
on se rend compete de la disparity. Des experts
Sde l'Economic Association de Fiji ont estim
la fin du mois d'octobre que le pays tait
protg ("cocooned") de la crise et que la
tempte financire "will pass over our heads"
'j et sans dommage. Le Gouverneur adjoint de
la Reserve Bank de Fiji, Sada Reddy, a donn
la garantie que les systmes bancaires et
d'assurance du pays taient sains et n'avaient
pris aucun risque incalcul et que les socits
mres des banques fidjiennes, surtout bases


en Australie, Inde et Papouasie Nouvelle
Guine, taient bien capitalises et stables.
La bourse de Fiji resterait donc flot malgr
les tourments de celles des pays riches. Les
experts ont toutefois admis que le secteur
du tourism et des exportations principles
(chaussures, vtements et textiles) seront tou-
chs mais que les pertes seront compenses
par la baisse de prix des matires premires
et de l'nergie. Cette srnit n'est toutefois
pas unanime. Certains mettent en avant des
fragilits intrinsques de l'conomie fidjienne
parmi lesquelles une croissance faible qui
vient seulement de repasser dans le positif,
et la mfiance des investisseurs trangers
l'gard du pays notamment cause des drives
politiques.

> Papouasie nouuelle Guine

Alors que la monnaie de la PNG, le kina, bt
les records de change par rapport au dollar
australien, le Gouverneur gnral de la Bank
Papua-New-Guinea a tir ds la fin d'octobre
le signal d'alarme sur les impacts que la crise
financire risque d'avoir sur le pays. Sur de
nombreux secteurs mais avec une svrit
limite, pondre-t-il. Parmi ces impacts, il a
numr une suite de baisses, celles du produit
intrieur brut, des revenues d'exportation, de
l'assiette fiscal, de la capacity de rembour-
sement des particuliers des emprunts immo-
biliers, des investissements trangers et de la
comptitivit international l'exportation


du pays. C'est que la PNG avait dj reu
avant octobre un coup de boutoir avec la chute
drastique de sa bourse et aussi celle sur des
bourses trangres des actions de companies
impliques dans son dveloppement comme
Oil Search Limited. Des menaces lourdes
psent galement sur des socits de PNG
oprant sur des bourses trangres comme
des fonds de pension, Nambawan Super ou
Nasfund, entire autres. L'optimisme relatif des
banques de PNG vient du fait qu'elles lvent
essentiellement leurs fonds partir de l'par-
gne interne et les investissent dans le pays et
dans les les voisines.

Les effects collatraux les plus important pour
les les du Pacifique sont ceux induits par la
chute des devises de la Nouvelle-Zlande et de
l'Australie par rapport aux leurs. L'industrie
touristique de Fidji ou des Iles Cook, par
example, subit dj ces contrecoups. Tout
comme en ptissent les Tonga ou Samoa,
bnficiaires des transferts de leur diaspora
dans ces deux grands pays, qui chutent dj.
Dans cette ambiance morose, l'Australie a
pris le ferme engagement de maintenir au
mme niveau son aide aux les du Pacifique.
H.G. M

* Australie, Iles Cook, Etats Fdraux de Micronsie, Fidji,
Kiribati, Nauru, Nouvelle-Zlande, Niue, Palau, Papouasie
Nouvelle Guine, Rpublique des Iles Marshall, Samoa,
lles Salomon, Tonga, Tuvalu et Vanuatu.


2009







11 interactions





Du GLOBAL au LOCRL




Les enjeux du dveloppement


Journes europennes du dveloppement

Pour sa troisime dition, qui cette anne runissait du 15 au 17 novembre 2008 Strasbourg toute
la "famille" du dveloppement des chefs d'Etats aux ONG en passant par les experts, les Journes
europennes du dveloppement (JED) ont d sacrifier l'actualit. Crises alimentaire et financire ont
donc t au menu des discussions, sans pour autant oblitrer l'un des grands thmes de ces journes,
savoir l'importance des autorits locales pour lutter centre la pauvret.


Pacifique, des Carabes, d'Europe
mais aussi d'Asie et d'Amrique
taient Strasbourg les JED cuve 2008 ont
suivi de prs le sommet conomique du G20
qui se tenait le 15 novembre Washington.
Pour Thomas Yayi Boni, Prsident du Bnin,
l'Afrique a besoin d'un programme d'impul-
sion macro-conomique et de l'engagement du
monde dvelopp pour radiquer la pauvret
et amliorer la vie quotidienne des citoyens.
"Il imported de soutenir les strategies dfinies
par les pays en dveloppement. La commu-
naut international doit prouver qu'elle veut
vraiment aider l'Afrique."
La crise financire n'est que "la parties merge
de l'iceberg qui a contribu dtruire les co-


nomies des pays en voie de dveloppement", a
comment pour sa part Michle Pierre-Louis,
Premire ministry de la Rpublique d'Hati.
"Avons-nous besoin d'un different Bretton-
Woods pour rsoudre ces problmes ? Oui. Il
nous faut des institutions nouvelles, appro-
pries et rgules, en faveur du bien-tre
des personnel et du respect mutuel et de la
dignity." Michle Pierre-Louis a ajout que
le financement du dveloppement connatrait
un "changement complete de paradigme", qui
exige solidarity, transparence et respect des
engagements.

> L'importance du local

"Au vu des dfis du XXIe sicle, il faudra
aussi agir localement" a insist pour sa part


Louis Michel, Commissaire en charge du
Dveloppement et des Affaires Humanitaires,
ajoutant : "Je crois profondment que la soli-
darit locale nord-sud est une force nouvelle
stimuler." Plus de 40 tables rondes ont voqu
les problmatiques du dveloppement comme
la crise alimentaire, les Objectifs du Millnaire
pour le dveloppement (OMD), le changement
climatique, l'impact des mdias pour une
governance dmocratique, l'importance des
autorits locales. "Nous n'allons pas revenir
sur l'importance du rle des autorits locales",
a dclar Josep Borrell Fontelles, Prsident de
la commission dveloppement du Parlement
europen, en ouverture de la table ronde
intitule "Gouvernance locale et Objectifs du
Millnaire". "Mais, si on veut qu'elles jouent
ce rle, il faut leur en donner les moyens",
faisant explicitement rfrence la ncessit
d'une dcentralisation fiscal. Il a illustr son
propos en citant l'exemple des Philippines,
o les services de sant ont rgress la suite
d'une dcentralisation mal mene. Le dput
europen a ensuite insist sur la participation
des citoyens dans les processus de decision
au niveau local, citant le modle de dmo-
cratie participative dvelopp dans la ville
brsilienne de Porto Alegre. Au dernier jour,
pour illustrer l'engagement europen pour le
dveloppement au niveau local, plus de 100
nouveaux jumelages ont t signs. La ville de
Kossighin (Burkina Faso) s'est ainsi jumele
avec celle de Braine-le-Comte (Belgique) en
matire d'ducation. M.M.B. M
Info : http://eudevdays.eu

mots-cls
JED ; dveloppement local; Louis Michel;
Thomas Yayi Boni ; Michle Pierre-Louis;
Josep Borrell Fontelles.


I Louis Michel au JED 2008.
CE


COURRIER













i, priority



it les fCP


f as ars la "Dclaration de Bruxelle
sur l'J et? dveloppement durable'
les ministres de l'Education du group des pay
d'Afrique, Caraibes et Pacifique, runis Bruxelle
les 22 et 23 octobre, ont lanc un appel pou
garantir educationon pour tous".
I


* L es succs engrangs entire
cette reunion et la premiere
en mai 2006 ne sont pas suf-
fisamment significatifs pour
que l'on puisse esprer rduire de moiti le
taux d'analphabtisme d'ici 2015", dclarait
d'emble le reprsentant cubain le 22 octo-
bre Bruxelles. Et de poursuivre : "lors du
forum de Dakar, en 2000, on parlait de 800
millions d'analphabtes ; or, huit ans aprs, ils
seraient encore au nombre de 700 millions. A
ce rythme nous n'y arriverons pas." En 2000,
les ministres de l'Education des ACP avaient
lanc un cadre d'action sur "l'ducation pour
tous" (EPT). Les 22 et 23 octobre Bruxelles,
les mmes ministres se rassemblaient pour
faire le point sur les actions engages depuis.
L'ducation est une des priorits des Objectifs
du Millnaire pour le dveloppement (OMD)
adopts par la communaut international. Ces
objectifs prvoient non seulement de rduire
A 50% l' l h b' i i l d


au monde le problme de l'ducation va de
pair avec celui de la sant : "plus de 50% des
enfants dans le monde souffrent de problmes
d'alimentation au course de leur premiere anne
; face cette situation, il est urgent que nous
obtenions un soutien finance plus important
pour faire face au double problme de l'du-
cation et de la sant". L'appel du reprsentant
cubain a t reconnu par ses homologues ACP.
Dans la resolution qu'ils ont adopte aprs
leurs deux journes de reunion, les ministres
de l'Education invitent les partenaires du
dveloppement, notamment l'ONU, l'Union
Europenne, les organismes multilatraux
et bilatraux, les secteurs privs et d'autres
organizations comptentes " investor et
continue d'accrotre et de mobiliser leur aide
au dveloppement, (...) notamment par l'ap-
port de resources supplmentaires au Fonds
catalytique de l'Initiative de mise en euvre
acclre de l'EPT". Les ministres se flicitent
1 1 A d'-' d


prenne, ont fait remarqu certain ministres,
notamment le reprsentant du Togo : "qu'of-
frir aux enfants aprs les primaires ? La ques-
tion est d'autant plus difficile dans mon pays
o 70% des habitants sont des agriculteurs.
Si tous les enfants vont l'cole, il n'y aura
plus d'agriculteurs pour prendre la relve. Il
nous faut donc trouver un moyen de rsoudre
ce problme, mme si on met tout le monde
l'cole. Une des solutions est de prvoir aprs
les primaires des formations citoyennes."
L'importance de l'enseignement technique
est ainsi souligne dans la resolution finale ;
mais galement l'enseignement suprieur. A
cet gard, les ministres soutiennent la pour-
suite, dans le cadre du 10e Fonds europen
de dveloppement (FED), des programmes
de cooperation intra-ACP dans le domaine
de l'ducation, "notamment les programmes
EDULINK (Programme ACP-UE de coop-
ration pour l'enseignement suprieur) et le
nG A h1 d1 iui E


ue Du anUaipU}JaItULIsmiii, iiiasU gaemeniiiiit e gaemeiiit uU riouamiuiiiiiC t u CuuUcttiuii vul, uuiIcL e U e }cpraton extA u crrasusiiu
garantir tous l'education primaire. je peux", lance par le gouvernement cubain Mundus (EMECW)". M.M.B. M
et dissemine dans plusieurs pays d'Amerique
> 'YeS, we Cao" latine, des Carabes et d'Afrique.
Bols-cids
Or, a poursuivi le delegue cubain pays o Si l'univ' .di. ..I.. i .1.. n i ii*. I:I. .11>1 \ i \~III dii.ii
le taux de scolarisation est un des plus eleve bonne chc-. i......... I. ii il-i. "....1'.. I iii. IV-I






Interactions OIF-ACP-UE


De moins en moins





FRAnCOPHOnE,



de plus en plus actiuiste

Une interview de Maria Nicolescu, chef de la dlgation de l'Organisation international
de la Francophonie (OIF) auprs de l'Union Europenne.


L organisation international de
la Francophonie dveloppe
de plus en plus une politique
global de dveloppement.
Pour mieux faire dcouvrir son volution,
le Courrier a rencontr le chef de sa dlga-
tion auprs de l'Union Europenne, Maria
Nicolescu. Elle mne de front sa carrire de
diplomat Bruxelles avec celle de profes-
seur d'conomie Paris et Bucarest. Mme
Nicolescu est roumaine.

L'OIF est-elle une organisation ayant volu
du lobbying pour la langue franaise une
politique de dveloppement global ?

La francophonie a une constant volution.
Dans les annes 1970, elle a commence par
le regroupement de professionnels par asso-
ciations. Celles-ci ont volu pour devenir
de vraies institutions, d'abord l'Associa-


tion de la cooperation culturelle et techni-
que puis l'Agence intergouvernementale de
la Francophonie et, depuis le Sommet de
Ouagadougou en 2004, l'Organisation inter-
nationale de la Francophonie (OIF). Mais la
Francophonie n'a jamais t qu'une institu-
tion oriente vers la defense du franais. La
langue n'est qu'un moyen pour vhiculer des
ides, des approaches de dveloppement. Nos
missions sont les suivantes : defense de la
diversity culturelle et linguistique; dmocratie
et droits de l'homme ; education et formation ;
dveloppement durable et solidarity.

Mais l'image de l'OIF n'est-elle pas toujours
lie la i. r. .' de la langue franaise et du
pr-carr .. .....i;i; .. franais ?

Au contraire. Aprs la chute du Mur de Berlin
en 1989, l'organisation s'est beaucoup lar-
gie aux pays de l'Europe central et orien-
tale et aujourd'hui, 14
des 27 pays membres
de l'UE font parties de
l'OIF. On est loin des
seules anciennes colo-
nies francophones. On
a, outre la France, la
Belgique, la Suisse, le
Canada et sa province
du Qubec, des pays
de l'Asie et d'Europe
de 1'Est et d'autres. La
francophonie franaise
est un pisode qu'on
doit considrer cltur.
S'il s'agit d'image,
nous esprons qu'avec
tout ce changement elle
changera.


L'OIF est une organisation qui defend des
valeurs de dmocratie pour lesquelles l'Europe
de l'Est par example y a adhr. En plus, la
langue franaise leur a t un outil facilitant
l'intgration rgionale. Il n'y a pas l, comme
en Afrique, une langue international unique.

Sur quoi se concentre actuellement votre poli-
tique de dveloppement ? Dans une coopra-
tion triangulaire ACP-UE-Francophonie ?

Comme on a des moyens limits, n'tant pas
un bailleur de fonds, nous renforons notre
partenariat avec d'autres organizations rgio-
nales et internationales. Nous travaillons troi-
tement avec les organizations rgionales afri-
caines y compris celles d'autres spaces lin-
guistiques que le franais, avec le Secrtariat
ACP et la Commission europenne, avec le
Commonwealth avec qui nous laborons des
projects de dveloppement dans des domaines
varies.

La Francophonie a mis en place un fonds de
garantie pour le dveloppement des industries
culturelles don't j'ai t l'initiatrice. On est
tent toujours de regarder vers les grandes
organizations internationales. Il faut plutt
opter pour des modles issues de la pratique et
de l'exprience locales. Ca c'est mon combat
personnel.
H.G. M
Pour plus d'informations : http://francophonie.org

mots-cls
Organisation international de la
Francophonie (OIF) ; Maria Nicolescu;
diversity culturelle; dmocratie; droits de
l'homme ; education; formation ; dvelop-
pement durable ; solidarity.


1 g) megel courier


COURRIER






ONG Interactions


Les n0lG du monde appellent l'UE


dfendre une gouuernance mondiale


"EnFIn DEOCRATIQUE"


Runies pour la premiere fois en forum international, 10.000 ONG de 82 pays ont lanc, le 30 octobre
2008 Paris, un appel l'Europe pour qu'elle lance et propose une rforme de la governance
mondiale qui soit au service des populations les plus vulnrables.


"ti


cr 1.nlq s


A l'issue de ce premier forum, initi
par Coordination Sud, qui regroupe
les ONG franaises de solidarity
international, les reprsentants
de 10.000 ONG* ont remis M. Joyandet,
Secrtaire d'Etat franais la Coopration et
la Francophonie, une feuille de route pour
une Europe solidaire et responsible dans les
ngociations internationales.
A l'heure o les Etats s'interrogent sur la
ncessit de rguler la mondialisation par une
rforme des institutions financires interna-
tionales (Banque mondiale, Fond montaire
international, etc.), les ONG du monde appel-
lent l'Europe garantir une participation relle
des pays les plus pauvres dans les instances
internationales.


Dans leurs "Messages du monde l'Union
europenne", les ONG appellent l'UE revoir
l'ensemble de ses politiques commercials,
agricoles, environnementales et conomiques
afin qu'elles contribuent un veritable dve-
loppement durable, au Nord comme au Sud, et
la lutte contre les ingalits. En effet, selon
Bakary Doumbia, Prsident de la FECONG
(Plate-forme des ONG du Mali) : "la coopra-
tion europenne au dveloppement privilgie
la lutte contre l'immigration illgale, la pro-
motion des intrts des entreprises europen-
nes et la lutte contre le terrorism, au lieu de
renforcer les politiques d'ducation, de sant
et d'galit entire les hommes et les femmes."
Pour Mike Mathias, Prsident du forum poli-
tique de Concord, qui rassemble les ONG


ues participants a la uonterence international aes
plateformes nationals des ONG Coordination SUD

d'urgence et de dveloppement d'Europe, "le
modle europen de dveloppement doit tre
remis plat. La plante ne peut pas assumer
le mode de consommation des classes aises
mondiales. Ce modle bas sur la seule crois-
sance conomique ne permet pas de mieux
rpartir les richesses." M.M.B. M
* Issus des coalitions rgionales Mesa de Articulacion
(Amrique latine), REPAOC (Afrique de l'Ouest),
REPONGAC (Afrique centrale, PIANGO (Ocanie),
National Platforms Coalition of Asia (Asie du Sud et du
Sud-Est), SADC Council of NGOs (Afrique australe) et
CONCORD (Europe).


mots-cls
Coordination Sud ; governance ; Concord;
FECONG ; Bakary Doumbia ; Mike Mathias.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009


I ~ _


~F"i Fi
,A






































MIGRATION ET DVELOPPEMENT


"Pour SORTIR de la dimension scuritaire


auec EUROPE"
Joshua Massarenti

Aprs Bruxelles en 2007, Manille, la capital des Philippines, a accueilli en octobre 2008 le deuxime Forum
mondial sur la Migration et le Dveloppement (FMMD). Pendant trois jours, des reprsentants de 150 pays,
d'organisations internationales et de la socit civil se sont confronts sur les droits des migrants afin que
ces derniers puissent jouer un rle majeur dans le dveloppement des pays d'origine et d'accueil. Aya Kasasa,
expert en charge des dossiers culture et migration au Secrtariat ACP, souligne le dcalage entire les politiques
existantes et les objectifs annoncs.


Quels taient les enjeux de ce Forum pour les
pays ACP ?

Le Groupe des Etats ACP a pris des decisions
historiques en 2006, en adoptant pour la
premiere fois une stratgie commune sur les
questions d'asile, de migration et de mobi-
lit, entrine au plus haut niveau, par les
Chefs d'Etat et de gouvernement ACP. Sortir
de la dimension purement scuritaire, dans
les changes avec l'Europe, et envisager les
aspects positifs des migrations pour le dve-
loppement des Etats, sans perdre de vue que
l'on s'adresse des personnel : voil le prin-
cipal dfi et le principal message que les Etats
ACP allaient porter Manille. Ceci surtout
dans le cadre de la thmatique prioritaire de
ce deuxime Forum, savoir assurer le droit
des migrants.


Quels sont les opportunits et les di. r du
rapport entire les phnomnes migratoires et
le dveloppement ?

Les pays ACP reprsentent un des plus grands
pourvoyeur de migrants : l'intrieur de ces
continents, et ensuite vers le reste du monde.
Ce sont donc les Etats ACP eux-mmes qui
supportent la plus grande charge des migra-
tions ; ce sont donc ces Etats qu'il faut sou-
tenir en priority. Or, notre monde est affect
par de grands chocs, qui demand une action
urgente et concerte. Entre le changement
climatique, la crise alimentaire, le prix des
matires premires et les crises nergtique
et financire, plus que jamais les questions
de mobility seront l'ordre du jour. La plu-
part des pays ACP sont conscients qu'il faut
reconsidrer le cadre des changes, et sortir


des declarations d'intentions. Une chose est de
dclarer l'importance de la dimension dve-
loppement dans la gestion des migrations, une
autre est de considrer les politiques existantes
qui ne cadrent malheureusement pas suffisam-
ment avec l'objectif annonc. Le Groupe ACP
entend donc construire des partenariats, au
sein desquels la mobility de ses ressortissants
sera systmatiquement considre sur le plan
de l'apport positif pour le dveloppement. Ce
sera un des objectifs de la "Facilit intra-ACP"
mise en place par notre Secrtariat. M



mlots-cls
Forum mondial sur la Migration et le
Dveloppement (FMMD) ; Manille ;
Philippines ; Secrtariat ACP ; Aya
Kasasa.


COURRIER





















Au-del de la gestion des flux migratoires et de la protection des droits des migrants sur le territoire
europen, l'entre en vigueur du Trait d'Amsterdam (1999) avait ouvert la voie des partenariats
stratgiques de I'UE avec les pays ou rgions du Sud du monde pour un dveloppement commun.
Une Initiative conjointe CE-ONU, finance par la Commission europenne (CE) et mise en oeuvre par
le sige du PNUD Bruxelles, vise promouvoir l'impact positif des migrations sur la ralisation des
Objectifs du Millnaire, ainsi que le enforcement de la socit civil et des autorits locales, acteurs
incontournables pour le dveloppement des pays pauvres.


2006 est incontestablement une anne
charnire dans l'approche internatio-
nale des phnomnes migratoires :
en avril, Bruxelles, le Groupe des
Etats ACP adoptent une stratgie commune
sur les questions d'asile, de migration et de
mobility, successivement entrine par les
chefs d'Etat et de gouvernement ACP afin
de prendre en compete les aspects positifs des
migrations pour le dveloppement des pays
ACP ; en juillet, les reprsentants de prs
de 60 pays africains et europens et ceux
d'une dizaine d'organisations rgionales et
internationales se retrouvent Rabat (Maroc)
pour la premiere Confrence ministrielle
euro-africaine sur la migration et le dvelop-
pement ; enfin, en septembre, New York, des
reprsentants de haut niveau de tous les Etats
Membres des Nations Unies se runissent en
Assemble gnrale afin d'tudier l'un des
aspects les plus prometteurs des migrations...
savoir leur rapport avec le dveloppement.

Ces trois vnements ne sont pas le fruit du
hasard : l'aube du XXIe sicle, les migra-
tions constituent un dfi majeur de la glo-
balisation contemporaine. Dans son dernier
rapport 2008, l'Organisation international
pour les Migrations (OIM) souligne qu'il y a
actuellement plus de 200 millions de migrants
dans le monde. C'est deux fois et demie de
plus qu'en 1965. De son ct, la Banque
mondiale estime qu'en 2007, les envois de
fonds des migrants ont atteint les 317 milliards
d'euros, don't 240 ont t transfrs vers les
pays en voie de dveloppement.

Au course de la prsidence franaise du
Conseil de 1'UE (deuxime semestre 2008),
la Commission europenne (CE) a dcid de
finance hauteur de 15 millions d'euros une
Initiative conjointe CE-ONU pour le dve-


loppement et la migration, mise oeuvre par
le sige du PNUD (Programme des Nations
Unies pour le Dveloppement) Bruxelles, en
partenariat avec l'OIM, le FNUAP (Fonds des
Nations Unies pour la Population), l'UNHCR
(l'agence ONU pour les rfugis) et l'OIT
(Organisation international du Travail).
Selon Antonio Vigilante, Directeur du sige
de l'ONU Bruxelles*, "cette initiative
conjointe illustre la conviction commune de
la Commission europenne et des Nations
Unies quant au potential des migrants en tant
qu'agents pouvant contribuer la ralisation
des Objectifs du Millnaire".

Le programme de l'Initiative conjointe s'ar-
ticule autour de trois axes principaux : la mise
en place de rseaux mobilisationn des diaspo-
ras, de la socit civil, des autorits locales
etc., creation de communauts de pratique et
organisation de trois Salons de la connais-
sance) ; un appel propositions de 10 millions
d'euros pour des subventions allant de 50.000
200.000 euros afin de finance des interven-
tions concrtes dans 16 pays** don'tt sept du
Groupe ACP) ; enfin, le dveloppement des
'capacits' via l'tablissement de partenariats et
la mise disposition d'outils en ligne ainsi que
d'un service de conseil. Le premier Salon de la
connaissance, qui s'est tenu Bruxelles du 1 au
4 dcembre 2008, a runi plus de 250 reprsen-
tants venus de toute l'Europe et de nombreux
pays du Sud du monde. C'est cette occasion
qu'a t lanc l'appel propositions. "Cet appel
vise soutenir une srie de projects travers
lesquels nous esprons recueillir des bonnes
pratiques qui nous permettraient de dfinir des
strategies globales capable de renforcer le rle
des migrants, de la socit civil et des autorits
locales europennes et du Sud du monde dans
les politiques de dveloppement", assure au
Courrier Ccile Riallant, expert en migrations


de l'OIM et conseillre auprs du PNUD dans
le cadre de l'Initiative conjointe.
Parmi les thmatiques slectionnes, les trans-
ferts de fonds des migrants sont confronts
une multitude d'obstacles qui en freinent
l'impact sur le dveloppement social et co-
nomique. "Outre les cots levs des tran-
sactions", souligne Riallant, "de nombreux
immigrs, et en particulier les femmes, sont
confronts un manque cruel d'informations
sur les instruments don't ils peuvent disposer
pour transfrer leurs fonds. Dans les pays en
voie de dveloppement, l'absence d'un rseau
bancaire capillaire en milieu rural limited leur
tour l'accs ces fonds". Au del des envois
de fonds, l'Initiative conjointe s'est engag
dans trois autres domaines : les communauts
migrants, don't les rseaux transnationaux
et les connaissances sont des instruments
fondamentaux pour raliser les Objectifs du
Millnaire; les capacits des migrants don't les
capitaux human, social et financier constituent
des resources prcieuses pour promouvoir le
dveloppement des pays tiers. Mais la possi-
bilit de maximiser le potential des migrants
passe par le respect et la protection de leurs
droits dans les pays d'origine, de transit et de
destination. "Sans ces droits", conclut Ccile
Riallant, "nous n'irons nulle part". j.M. M
* Le sige des Nations Unies a pour but de maintenir et de
dvelopper les relations entire 1' ONU et l'Union Europenne
et le gouvernement belge. Pour plus d'informations : http://
www.unbrussels.org/index.html
** Gorgie, Moldavie, Maroc, Tunisie, Algrie, Egypte,
Sngal, Cap-Vert, Ghana, Nigeria, Mali, Ethiopie, Sri
Lanka, Philippines, Jamaique, Equateur.
Pour plus d'informations, voir le site :
www.migration4development.org

lots-cls
Initiative conjointe CE-ONU ; PNUD;
OIM; UNHCR; FNUAP; OIT; migra-
tions ; migrants ; dveloppement ; socit
civil; autorits locales ; Ccile Riallant;
Antonio Vigilante.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009






fo4 -


r-


Illols des

taiill I.* t'ralla '.iqiiiiij-I **iq.i'* I.iiq.q.i.
t ) D >alila, Iuc(iue Ba.iIIe laillau qe
Carjabie, [il-cil Ulikiaie


i! e1T .4 J- ,-~ w
--5t"; R1r LI*
?i


30
r'


A,


--W
mm--4.~























Doha donne son SOUTIIEI

au "1 o numrique"
Trois cents experts, membres d'ONG, reprsentants des tlcommunications, se sont runis le 24
novembre 2008 Lyon pour trouver des solutions afin de rsorber la fracture numrique entire pays
dvelopps et pays en voie de dveloppement. Une des pistes : la gnralisation de la "contribution
de 1% de solidarity numrique". Un principle reconnu une semaine plus tard Doha, lors de la
conference sur le financement du dveloppement.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009







Commerce


Sngal, tait l'invit d'honneur
de la conference de Lyon, orga-
nise dans le cadre de la pr-
sidence franaise de l'Union Europenne.
Abdoulaye Wade qui avait lanc en 2003 un
appel pour crer un Fonds de solidarity num-
rique (FSN).

"Quand j'ai pris le pouvoir en 2000, il n'y
avait que quatre ordinateurs la prsidence.
On y utilisait de vieilles machines crire.
Aujourd'hui, il y a des ordinateurs partout",
dclarait le Prsident sngalais la tribune
de la conference sur la solidarity numrique.
Pour ce dernier, son arrive au pouvoir a
permis au Sngal d'entrer dans une nouvelle
re, notamment en ce qui concern les futures
gnrations. Et d'ajouter : "en Afrique les
enfants n'ont pas de jouets. Au Sngal, grce
mon project de case des tout-petits, les enfants
ont des ordinateurs comme jouets." Mais au
course de la conference de press, Abdoulaye
Wade a exprim sa deception quant aux len-
teurs qu'il a observes notamment dans le
financement.

> "Trop peu ont rpondu l'appel"

Le FSN fonctionne avec les cotisations des
Etats membres, qui s'lvent au moins
300.000 euros par an et par pays. "Mais
beaucoup ne se sont toujours pas acquitts
de leur contribution", a dclar le Prsident
sngalais, poursuivant : "la France a pay, ce
n'est pas le cas d'autres pays europens. Cette
anne, le Sngal a donn prs de 400.000
euros, mais cet argent sert trop souvent des
frais administratifs ou des dplacements, au
lieu d'tre invest dans des ordinateurs. L'un
des objectifs de la conference de Lyon est de
mieux impliquer les pays europens ; trop peu
ont rpondu l'appel de 2003." Le Prsident


sngalais a rappel avec insistence que "le
numrique est capital pour nos pays dans la
measure o c'est un levier transversal puissant
pour rsoudre l'ensemble des problmes lis
au dveloppement".

A cet effet, il a exhort les parties prenantes
la solidarity numrique "crer d'urgence des
filires massive de recyclage d'ordinateurs
pour les pays du Sud", avec pour objectif la
furniture de "500 millions d'ordinateurs en
cinq ans, don't 500.000 venant d'Europe".
Les entreprises du secteur "doivent nous aider
collector des ordinateurs et pourraient, par
example, finance leur transport", a ajout le
President Wade.

Mais le Sngal n'est pas le seul pays africain
adhrer au FSN. L'adhsion rcente du Mali
et de la Guine porte 14 le nombre de pays
africains membres fondateurs du fonds de soli-
darit numrique, lequel compete au total 28
membres. A Lyon, la Ministre gabonaise des
Tlcommunications, Laure Olga Gondjout, a
soulign: "nous sommes en train d'installer la
fibre optique, un effort considerable en mati-
re de connectivity est en train d'tre fourni.
Il y a l'accs mais il faudrait voir maintenant
la possibility pour les internautes gabonais de
pouvoir obtenir des outils qui leur permet-
tront de se connecter cette fibre optique".
Et d'ajouter : "le Prsident sngalais a parl
de l'importance d'Internet pour l'agriculture.
C'est un domaine important au Gabon, aussi
nous voyons dans quelle measure nous pou-
vons amliorer la productivity et tendre les
programmes de formation tous les planteurs
qui sont enclaves."

Pour Jacques Edane, expert gabonais res-
ponsable Lyon du group de travail sur
l'ducation, "l'utilisation des tableaux blancs
lectroniques pour permettre aux enseignants


africains d'avoir des contenus simples trans-
mettre a t prne ; mais si on amne chez
nous des tableaux qui sont branches des
ordinateurs il faut amener l'lectricit dans
les villages". Jacques Edane est cependant
convaincu : "ces technologies sont le moteur
pour permettre d'atteindre le dveloppement",
insistant sur "l'importance de profiter de l'ini-
tiative du Fond de solidarity numrique"

> Appel aux entreprises

Pour alimenter le Fonds, les responsables du
FSN ont lanc le "1% numrique". L'ide est
simple : chaque entreprise prive partenaire
du Fonds gagnant un march de biens ou de
services li aux technologies de l'information
et de la communication s'engage verser 1%
du montant de la transaction au FSN. Mais,
a reconnu le Prsident sngalais Lyon,
"les groups veulent voir leur argent invest
dans des initiatives concrtes et sont encore
frileux". Pour l'heure, le FSN a lanc 10
projects pilots, quatre au Burundi et six au
Sngal, qui visent mettre les technologies
d'information et de communication (TIC) et
l'accs Internet au service des communauts
engages dans la lutte contre le sida. Ces pro-
jets prvoient des formations de la population
aux TIC, des centres de tl-mdecine et de
tl-ducation.

Au Sngal, le FSN a lanc un program-
me, Snclic. Le but : collector, d'ici 2010,
500.000 ordinateurs pour quiper les coles.
La ville de Besanon nous a mis en rapport
avec la socit Axa Assurances qui a mis la
disposition de mon pays 30.000 ordinateurs.
M.M.B. M

lmots-cls
FSN ; numrique; Wade ; Olga Gondjout;
Doha ; Lyon.






4oom0







Une uision mondiale pour la





culture tswana


Une journe dans la vie de Moleta Mosienyane, architect botswanais


Quel est donc le point commun entire Covent Garden, Piccadilly Circus et Trafalgar Square d'une part
et le kgotla, le conseil local d'un village du Botswana au sein duquel les decisions se prennent par
consensus ? Et pourquoi un architect renomm au Botswana se dit-il influence par un confrre du
Sri Lanka, en Asie ? Dans son bureau du centre de Gaborone, Moleta Mosienyane nous en dit plus
sur ces liens surprenants et nous explique comment le village setswana (Tswana) traditionnel est
l'origine de son uvre tout en tant finalement proche d'autres continents, bien plus qu'on pourrait
s'y attendre.


S L ^ e systme kgotla est la base
de mes projects architectu-
raux", explique Mosienyane,
en dessinant sur mon carnet
le demi-cercle figurant le kgotla la commu-
naut tswana traditionnelle. Il dessine l'"es-
pace imaginaire" o se prennent les decisions,
devant lequel les maisons sont disposes en
fer cheval. Alors que les constructions euro-
pennes se font la vertical, les Batswana* -
nous explique-t-il s'enracinent dans la terre.
Le kgotla encourage la vie communautaire :
"nous devons avoir un ancrage. Et il est impor-
tant que nous le respections".

Cet architect passionn, qui a fait ses tudes
Oxford, au Royaume-Uni, vous ouvre sa porte
tous les jours de la semaine, dans ses bureaux,
Mosienyane & Partners International Ltd.,
Gaborone, Johannesburg ou au Cap en
Afrique du Sud, ou encore dans des commis-
sions du Ghana ou du Nigeria o il travaille
en sous-traitance pour une socit de gestion
immobilire. Plus rcemment, il a t charge
de concevoir le pavilion du Botswana pour
l'exposition de 2010 Shanghai, en Chine.

> Espace sacr

Paradoxalement, alors que ses bureaux sont
entours par des gratte-ciels abritant des cen-
tres commerciaux et des services et ministres
publics qui poussent comme des champignons


Gaborone, il souligne la ncessit de com-
prendre "le caractre sacr de l'espace dans
la culture setswana". Comme il l'explique
dans un ouvrage thorique, "Setswana Use
of Space"**, l'utilisation de l'espace a des
connotations spirituelles et supranaturelles car
c'est lui qui doit permettre de promouvoir la
culture setswana et prserver sa resilience, sa
vitality, son nergie et sa renaissance.
Selon lui, les anthropologues occidentaux ont
mal interprt la culture setswana. "Les cher-
cheurs de l'poque colonial se sont heurts
des problmes spcifiques et ils ont donc eu du
mal aboutir des interpretations correctes.
Ces problmes sont lis l'ethnocentricit
des chercheurs, forms l'occidentale, ce qui
les a empchs de s'imprgner de la vision
du monde setswana. Cette incapacit com-
prendre les modes de pense botswanais a
influence leur faon de voir et de faire et, a
finalement about une interpretation errone
de concepts tswana traditionnels", explique-t-
il dans le document.
Mosienyane pursuit : "le concept botho
recouvre prcisment de nombreux concepts
setswana en rapport avec l'espace et le lieu. Ce
concept signifie le respect du caractre sacr
de l'tre human et le lien intime entire tous les
tres humans, ainsi qu'avec l'environnement
natural et le royaume spiritual."
"Lorsqu'un enfant naissait, sa mre restait
clotre chez elle pendant environ trois mois.
Un morceau de bois ou mopakwana tait


plac devant la maison pour indiquer qu'un
nouveau-n y vivait. Cette coutume tmoi-
gne du respect du caractre sacr de ce bb
vulnerable don't le corps devait tre protg
du mal. Les hommes n'taient pas autoriss
pntrer dans la maison, mme le pre du
nouveau-n."
"De la mme faon, les dfunts taient enter-
rs dans le jardin, le kgotla ou l'enclos (kraal)
btail, marquant ainsi le lien troit et direct
avec la sphre spirituelle et symbolisant
aussi le lien du dfunt avec sa communaut.
L'inhumation dans le kgotla, ou le kraal,
venait encore renforcer le caractre sacr de
l'espace."
"Ces concepts montraient le lien de l'individu
avec sa communaut et le caractre sacr de
l'espace, qui devait tre considr comme tel
et respect. Selon nous, ces concepts doivent
tre examines de manire plus attentive. Il
convient en outre de clbrer leur utility -
montrer le caractre avanc de la civilisation
setswana, aujourd'hui comme hier, et de l'af-
firmer par le biais de l'architecture", explicit
encore Mosienyane. Certains grands thori-
ciens botswanais de l'galit entire les hommes
et les femmes ont du mal avec le concept
de kgotla auquel ils reprochent d'enfermer
les hommes et les femmes dans leurs rles
traditionnels, pourtant, explique Mosienyane,
"dans la culture setswana, chaque lieu est
influence par la spirituality, d'o l'importance
de la solidarity et de la protection de l'environ-


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009












































nement, dans le sens cultural comme natural
du terme."
Mosienyane souhaite montrer quel point
l'espace et le lieu sont davantage que des
entits fonctionnelles dans la culture setswana.
L'endroit o se situe une maison, par example,
est porteur de nombreux lments spirituels
qu'un architect form dans les pays occiden-
taux aurait tendance ngliger. "L'importance
de ces valeurs doit tre mise en avant, d'autant
que l'architecture y a beaucoup gagner."

> Influences sri lankaises

Mosienyane cite parmi ses principles
influences l'architecte sri lankais Geoffrey
Bawa, crateur du nouveau complex
abritant le Parlement dans son pays, Sri
Jayawardenepura, Kotte. Il a t inspire par
l'accent mis par Bawa sur la culture, le climate
et le paysage, et par la faon don't il interprte
et utilise les traditions de l'ancien Ceylan. A
l'instar de Bawa, Mosienyane s'efforce d'uti-
liser le terrain natural, dveloppe sa vision
du paysage natural et exploit pleinement la
lumire et les matriaux locaux.
Mosienyane dit partager la volont de Bawa
de "traduire notre culture dans notre propre
vision du monde". "L'ide est que dans la
culture Setswana, chaque lieu est influence
par la spirituality, d'o la solidarity ainsi que
la protection de l'environnement, cultural et
natural."
Sa formation acadmique Oxford ainsi que
plusieurs postes auprs d'architectes londo-


niens renomms n'ont nullement modifi cette
vision. Mosienyane nous l'explique l'aide
d'une citation musical. "Si un musicien de
jazz est form la musique classique, il pourra
utiliser le piano classique pour faire du jazz."
Qu'importe donc qu'il ait t form Venise,
Rome ou Sao Paulo.
L'utilisation d'un space revt aussi la plus
grande importance. Ainsi, pour dessiner le
village cultural de Khoi San, Mosienyane a
fait de nombreuses recherches. Il a interrog
tous les villageois et leur a demand de dcrire
avec leurs mots ou avec un dessin comment ils
voyaient l'utilisation de l'espace. La significa-
tion de l'espace pour ses utilisateurs joue un
rle capital. "S'il s'agit d'un thtre, l'espace
doit intgrer le language du thtre," expli-
que Mosienyane. Mais comment le schma
du kgotla se traduit-il, par example, dans la
conception d'une habitation prive de la ban-
lieue de Gaborone ? L'architecte nous montre
prcisment la maquette d'une telle residence
contemporaine. Elle prsente des artes vives,
mais l'intrieur, les pices viennent entourer
un sjour et une cuisine, tandis qu' l'ar-
rire, on aperoit des tilleuls qui donnent une
impression de protection.
Et si vous souhaitez mieux comprendre sa
vision, il suffit de vous rendre Londres. Vous
pourrez y admirer des creations qui traduisent
le kgotla ; ces spaces publics populaires en
forme de cercle constitus d'immeubles. Et
souvenez-vous bien que les "immeubles ont
des yeux." D.P. M


* Batswana est le pluriel du nom des ressortissants du
Botswana. Motswana est le singulier.
** 'Setswana use of Space' de Moleta Mosienyane, 2004.

www.mpidesign.com



Dessins de Moleta Mosienyiane. Un village cultural en
forme de kgotla (Afrique du Sud). Motela Mosienyane
L'architecte botswanais, Moleta Mosienyane 2008
SDebra Percival


mots cls
Moleta Mosienyane ; Botswana ; architec-
ture ; kgotla.


COURRIER







gI e la terre


Lors du rendez-vous sur le climate, en dcembre 2008 dans la ville polonaise de Poznan,
les pays en dveloppement ont dpos des propositions concrtes pour protger les
forts tropicales, grand reservoirs de C02. Rponse de la communaut international
l'automne prochain, trois mois avant la conference de Copenhague qui, en dcembre
2009, devra donner le coup d'envoi un nouveau rgime international sur le climate.


La rponse ne sera pas aise, tant la
question a divis Poznan pays en
dveloppement et pays industrialists,
au premier rang desquels l'Australie,
la Nouvelle-Zlande le Canada, et, semble-t-
il, du moins en coulisse, les Etats-Unis. Les
points de dissensions sont nombreux, mais la
question principal qui fche est la place des
populations autochtones dans le future regime
carbon des forts. Les forts entrent ainsi
officiellement dans les ngociations sur le
rgime qui doit, ds 2013, prendre la relve du
protocole de Kyoto.

Un protocole qui jusqu'ici ne visit que les
pays industrialists, lesquels se voyaient impo-
ser des reductions d'missions de gaz effet


de serre (GES) pour lutter contre le change-
ment climatique, reductions qu'ils pouvaient
atteindre en parties en recourant des mcanis-
mes de march, comme la fameuse bourse de
C02. Le future regime devrait revoir de fond en
comble le protocole de Kyoto. Tout d'abord,
il devrait considrablement reliever le niveau
de reduction global des missions de GES de
20% au lieu des 5% dcid Kyoto par rap-
port au niveau de 1990. Il devrait demand
insistante des Etats-Unis, du moins sous l'ad-
ministration du president Bush inclure l'en-
semble des pays de la plante, en tout cas des
pays mergents comme la Chine, l'Inde ou le
Brsil. Enfin, il devrait redfinir les rgles qui
president l'octroi de creditss carbone.
Quelle sera la place des forts dans ce nouveau


trait ? La question reste largement ouverte.
Des forts don't une superficie grande comme
la Grce disparatraient chaque anne, repr-
sentant l'quivalent d'un cinquime des mis-
sions de C02 dans l'atmosphre, du C02 qui
jusqu'ici avait t absorb par les arbres pour
leur croissance. La Rpublique Dmocratique
du Congo, le Suriname ou encore la Papouasie
Nouvelle Guine ont dclar que les nations
riches devaient les aider protger leurs forts
tropicales.

A Poznan, les dlgus ont tent, sans suc-
cs de dfinir les moyens de rmunrer la
non-dforestation, baptise dans le jargon
des Nations Unies "REDD" (Rduction des
Emissions dues la Dforestation et la


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009







De la terre


Dgradation des forts) ? "Il est impratif que
le niveau de financement soit la hauteur du
dfi, c'est le point de dpart", a expliqu un
responsible du ministre des Affaires tran-
gres du Brsil, Andre Odenbreit Carvalho.
"Nous devons comprendre comment dvelop-
per des flux financiers prvisibles, suffisants
et supportables" pour protger les forts, a
soulign pour sa part le directeur de la dlga-
tion de la Papouasie Nouvelle Guine, Kevin
Conrad. Les partisans de REDD proposent
de moduler la prime au non-dboisement en
function d'un scenario de rfrence bas sur
la projection de l'volution de la situation
forestire actuelle de chaque region. Calcul
difficile quand on sait par example que per-
sonne n'avait prvu la reprise du dboisement


dans l'Amazonie brsilienne. Autre difficult :
valuer la quantity de carbon retenue par les
forts. Ainsi la fort angolaise serait crdite
d'un stock de carbon valu entire 3.557 et
11.767 millions de tonnes.

Autre question sensible : qui va profiter de
cette nouvelle manne ? Les Etats, les com-
munauts locales ou sera-t-il absorb par
l'norme appareil administratif que suppose
une telle gestion ? Mais surtout, quelle place
accorder aux peuples autochtones, qui vivent
directement de l'exploitation forestire ? Selon
Grgory Jean charge de mission Fort interna-
tionale de 1'ONG franaise France Nature
Environnement (FNE) present Poznan :
"rduire les missions de GES sans prendre


en consideration la participation des acteurs
locaux n'est tout simplement pas faisable
et rduit la crdibilit du systme REDD
nant". D'autre part, estime-t-il, except l'In-
donsie et l'Equateur, les parties n'ont pas
suffisamment insist sur l'intgration de la
biodiversity dans les modalits d'application
du mcanisme : "le mcanisme ne doit pas
devenir le moyen involontaire de promouvoir
les conversions de forts primaires en planta-
tions grande chelle."

S'agissant du mode de financement du sys-
tme REDD, la Commission europenne a
exprim nouveau en Pologne le refus d'int-
grer des credits forts au march du carbon
court terme. Une position soutenue par nom-
bre d'ONG environnementales dans la measure
o l'arrive d'un important volume de credits
sur le march aurait pour effet la dstabilisa-
tion certain de ce dernier. Par ailleurs, si les
forts tropicales reprsentent un enjeu majeur
de la conservation forestire, FNE souhaite
que ne soit pas omise la question des forts
borales, laisse de ct par les instances
internationales.

> Finance l'adaptation au
changement climatique

Mais il n'y a pas que les forts. A Poznan, les
pays en dveloppement ont rclam des finan-
cements pour leur permettre de faire face aux
conditions extremes cyclones, scheresse,
inondations don't ils devraient tre les pre-
miers subir les effects selon les scientifiques
accrdits par les Nations Unies pour va-
luer les effects du changement climatique. Ce
"fonds d'adaptation" reprsente une nouvelle
pomme de discorde entire le group des pays
en dveloppement et certain grands pays
industrialists. L'ONG humanitaire Oxfam a
propose que les pays riches payment environ 50
milliards de dollars chaque anne partir de
2013 pour acheter des droits mettre des gaz
effet de serre, ce qui permettrait d'augmenter
les sommes d'argent consacres l'aide aux
nations les moins dveloppes.
"C'est une faon de finance" cette aide, a
expliqu le conseiller en politique climatique
d'Oxfam America, Heather Coleman, qui a
ajout que la Norvge et les Pays-Bas taient
en faveur de ce concept. M.M.B. M

En haut:
Le Commissaire europen l'environnement, Stavros
Dimas, entour de jeunes activists.

mots-cls
Forts; Poznan ; REDD ; fonds
d'adaptation.


COURRIER


*C 02Ide- arbe, la e -.hni .te-'Ia'l e ur d e -e-. e p - Brsil.



le-. 0. -.rsitde u exp itation e O e. r e- e- .- -base, ile s rile
Id'tali leu caact si' ockerl' du C02.: L' Mais T; pour lspy envide elopement;
les p lus pauvres ce nom tin etnce,.le pcaite aqet oritr


































BOTSUR nI


La croissance conomique qu'enregistre le Botswana
depuis les annes 1960 grce l'exploitation des
diamants une croissance plus rapide que celle que
connaissent de nombreux pays qui se sont enrichis
par le ptrole se reflte dans les faades miroitantes
des immeubles de bureaux et des centres commer-
ciaux de Gaborone. Depuis l'indpendance acquise
en 1966, les gouvernements successifs dirigs par le
Parti dmocratique du Botswana (PDB) ont valoris
cette exploitation en vue de garantir des progrs
conomiques et sociaux, mme dans les annes
1990 poque laquelle le virus VIH a frapp le
pays en menaant d'liminer toute sa main-d'oeuvre.
Le rle jou par l'ancien Prsident Festus Mogae
dans la lutte contre le virus ainsi que dans la promo-
tion du dveloppement du pays a t reconnu en
2008 lorsque le prix Mo Ibrahim, qui rcompense
la bonne governance en Afrique, lui a t attribu.
Mogae est parvenu garantir le maintien de la sta-
bilit et de la prosprit malgr la pandmie de VIH/
SIDA et engendrer un "dveloppement durable et


une bonne governance alors que trop souvent les
richesses minires deviennent une maldiction", a
dclar Kofi Annan, l'ancien Secrtaire gnral des
Nations Unies, au moment de dcerner le prix.
L'autre joyau du Botswana est constitu par son
environnement et la richesse de sa faune sauvage,
notamment le delta de l'Okavango, en forme d'ven-
tail et considr comme la dernire zone humide
totalement vierge. Ces atouts font l'objet d'une ges-
tion attentive en vue d'attirer un nombre croissant
de visiteurs vers ce pays si peu peupl. Les jours de
l'exploitation minire des diamants tant compts,
le President, Seretse Khama lan Khama (en function
depuis avril 2008), slectionne des "plates-formes"
destines stimuler l'conomie tout en cherchant
attirer de nouveaux investissements trangers en
vue de contribuer la diversification de l'conomie.
Ce n'est pas une tche facile vu le climate actuel
qui menace les investissements trangers de par le
monde.






















































.. I .. i '.' ., I ,,I ,.I I .. p. l. ,,.,,.

l H ..i III .iii, 1 i, ..1 .. I ii.,- ii
,.I.. ,.. p ,,m ..,hl ,. .I- '' h a ..,, ..-I"'. .. H hl.....1.1
galement en Afrique du Sud, furent suivies
par quelques Europens au dbut du XIXe
sicle. La dcouverte d'or dans la ville de
Francistown (dans le Botswana oriental) a
suscit l'intrt de certain i. ., ....i -.....
q u i .i .llli c.i. lll ..lI. .. ..il.. .iii I' ,I ". .i ii.

Britanniques qui cherchaieni .i... i.I1.1I l h 1i. i,-
pon entire la colonie allemai..I...h ".ii '-ii.- i
africain et la rpublique boer indpendante
du Transvaal pour contrer toute ide expan-
sionniste de la part de ces deux Etats. En
1885, le protectorat du Bechuanaland (l'actuel
Botswana) a t cr et le Bechuanaland bri-
tannique fut annex la colonie britannique
du Cap en 1895. Au sein du protectorat du
Bechuanaland, Khama conservait son mot
dire au niveau des affaires locales ainsi que par
rapport au systme juridique. L'annexion de
la colonie du Cap l'Union sud-africaine en
1910 a incit les dirigeants blancs d'Afrique
du Sud demander l'inclusion du protectorat


~J~ J -J NJ*~
7


ii
n.......
.............. i ~
.. ... ... ..



...........


k 41~iii


i(uuuj~.u li. i.... I.'' I.'.I'- u.ii 's ii


hiill p .l i s ',.. .. ll i i .,i .i il .i . i ..'. i ,I ..h ..
. ,. .h ..Ih i i.i j ... l ... ii ..l ..l,.iii .i ..l,.. .II.
i l "-ii I i I.'ii.Ii. iii u.1. .I..iii i i.I.i iii

:.. I.. i'....li,,.i,. l.,i..l au sein de l'Union un
vnement que commmore de nos jours un
monument rig dans le district commercial de
Gaborone. La region devait rester un protecto-
.i .il l- i i.,ii,,.ii.. mais la croissance tait faible,
I..- pin..i p.i.I.., activits conomiques tant
I .I. . 1i I.., In tail et l'approvisionnement en
..i li.i.I i .... aux mines d'Afrique du Sud.
i .. ii..1.1 i ..le Khama III, Seretse Khama,
fonda le Parti dmocratique du Botswana
(PDB), qui remporta la plupart des siges en
1965. A la suite de l'indpendance dclare
le 30 septembre 1966, il se mit introduire
des rformes en vue de la creation d'un Etat
moderne, notamment le transfer de certaines
terres tribales l'Etat en vue de l'exploitation
minire, mais dans le respect des traditions.
Le Vice president Quett Ketumile Masire,
qui succda Seretse Khama sa mort en
1980, exera deux mandates complete avant
d'tre remplac par son Vice president, Festus
Mogae, qui, aprs avoir exerc deux mandates


La diversification ... .. u ",.iii. i .- ...... p 1. i -
tem ps une grande ..ii1... ..I.. p,........p.,ii.,
dclare L. Phuti, directeur ..in .. ..1i....... inter-
national du pays. La tche n'est pas facile pour
le Botswana, qui n'a pas d'accs la mer et
qui doit affronter la concurrence de l'Afrique
du Sud voisine pour ses investissements ext-
rieurs. Le project de stratgie national pour
l'exportation envisage cinq secteurs prsentant
un potential : le textile et l'habillement, le cuir
et les products en cuir, la bijouterie (cf. article
sur l'industrie diamantaire), la viande et les
products carns et enfin les arts et l'artisanat.
Les paniers tresss partir du fil du palmier
se vendent plusieurs centaines de milliers de
dollars aux Etats-Unis, mais avec un meilleur
esprit d'entreprise, ils pourraient rapporter
bien plus aux femmes qui les fabriquent. L'or,
le carbon, le nickel et l'uranium continent
faire l'objet de prospections. Le Botswana vise
galement devenir une plate-forme rgio-


C i Ir


I


I-


r-':


r J

w,


Ha r.












nale pour les services grce la creation d'une
Bourse des marchandises panafricaine (Multi
Commodity Exchange, Afrique) en 2008 qui
ngociera les products agricoles, le ptrole et
les mtaux sur l'ensemble du continent sous
les auspices du Centre international de servi-
ces financiers du Botswana (IFSC).
Des accords commerciaux sont conclus dans
le monde entier ainsi qu'entre le Botswana
et les autres partenaires de l'Union doua-
nire d'Afrique australe (SACU), savoir le
Lesotho, la Namibie, le Swaziland et l'Afri-
que du Sud. Un accord de libre-change avec
l'Association europenne de libre-change
(AELE) est entr en vigueur le ler mai 2008
et les ngociations sur un Accord commercial
prfrentiel avec l'Amrique du Sud regrou-
pant MERCOSUR se sont acheves en avril
2008. Des pourparlers relatifs un Accord
commercial prfrentiel avec l'Inde devraient
tre clturs ~n 2009. Depuis janvier, le
1Botswana bnficie d'un accs libre de droits
et d quotas au mar de 1 UE dans le cadre
de l'Accord de partenriat conomique (APE)


paraph avec l'ensemble des pays du SACU
l'exception de l'Afrique du Sud. Les ngo-
ciations se poursuivent propos d'un APE
complete incluant les services ainsi qu'un volet
sur les investissements. Phuti a ajout que les
choses seraient plus aises si l'Afrique du Sud
adhrait un APE vu l'existence d'une union
douanire entire les pays du SACU.
"Grce aux conomies ralises dans le pass,
les dpenses publiques peuvent tre main-
tenues face la baisse des recettes court
terme", a dclar le Prsident Khama l'occa-
sion de son discours prononc le 3 novembre
2008 devant le parlement sur la manire don't
le resserrement mondial du credit affected le
pays. Il est craindre qu'il en rsulte une
baisse de la demand de diamants ainsi qu'un
tassement des nouveaux investissements. De
telles incertitudes sont l'origine de l'ajour-
nement du lancement du 10e plan national de
dveloppement marsavril 2009.
Au moment de mettre sous press, la dtrio-
ration de la situation social et conomique au
Zimbabwe voisin reprsentait une proccupa-


tion majeure, en particulier les achats de vivres
par les Zimbabwens Francistown, ce qui a
engendr des pnuries au Botswana. D'aucuns
affirment que la criminality est en hausse du
fait du nombre croissant de Zimbabwens
qui franchissent la frontire et on craint une
extension de l'pidmie de cholra en pro-
venance du Zimbabwe. A l'occasion de son
discours prononc le 3 novembre devant le
parlement, Khama a plaid en faveur du rle
prpondrant que doit jouer la Communaut
de dveloppement d'Afrique australe (SADC),
qui a son sige Gaborone. De tous les pays
de la region, le Botswana demeure un de ceux
qui critiquent le plus ouvertement Robert
Mugabe. D.P.


lots-cls
Botswana; Seretse Khama Ian Khama;
MERCOSUR; APE; AELE; Coupe du
monde de la FIFA ; UNESCO; Inde;
Zimbabwe ; delta de l'Okavango.
































hef supreme des Bamangwato, le
plus important group ethnique du
Botswana, Khama est le fils du
premier Prsident, Seretse Khama.
Il a frquent l'cole de Serowe au Botswana,
a tudi au Zimbabwe, en Rhodsie, au
Swaziland et en Suisse et est diplm de l'aca-
dmie militaire de Sandhurst au Royaume-
Uni. Ex-commandant des forces de defense
du Botswana, il est devenu Vice president en
1998 et Prsident du Parti dmocratique du
Botswana (PDB) au pouvoir en 2003.

En dclarant le 3 novembre 2008, lors de la 9e
session du parlement, qu'il fallait "renforcer
la position du pays par le biais de la dmocra-
tie, du dveloppement, de la dignity et de la
discipline" (les quatre "D"), Khama envisage
clairement l'avenir du pays. "Le principal dfi
auquel nous sommes confronts en vue d'in-
duire un avenir meilleur grce aux quatre 'D'
consiste trouver en nous la discipline qui
nous fera sacrifier les intrts court terme
au profit d'un dveloppement durable", a-t-il
dclar. Il a critique la chute de la morality,
un manque de patriotism, un sens exagr
de l'individualisme et des droits considrs
comme acquis. Quant l'alcool, il entrane la

I / .
1",;; ', i


pauvret, la dlinquance, l'inefficacit ainsi
qu'une mauvaise sant physique et mental,
a dclar Khama pour expliquer l'instauration
rcente d'une taxe de 30%.

>

Parmi les plates-formes conomiques qui seront
dveloppes en vue de stimuler l'conomie, il
convient de citer l'enrichissement (valeur ajou-
te) des diamants, l'amlioration des liaisons
en matire de transport, notamment les liaisons
ariennes et ferroviaires, l'accroissement de la
production agricole ainsi que la volont de faire
du Botswana un centre d'excellence pour les
soins de sant et l'ducation, notamment l'in-


novation et la formation dans les domaines des
sciences et de la technologies, comme en tmoi-
gne la phase I de l'Universit international des
sciences et de la technologies du Botswana, qui
devrait tre acheve en dcembre 2010. Bien
que la moiti de l'ensemble des mnages soit
directement relie au reseau national, alors
que ce n'tait qu'un mnage sur huit il y a dix
ans, Khama s'est prononc en faveur d'une
diminution de la dpendance du pays envers
un approvisionnement nergtique tranger. Si
davantage d'investissements sont effectus par
des producteurs d'nergie indpendants, notam-
ment en matire d'nergie solaire, le Botswana
pourrait devenir un pays exportateur d'nergie.
D.P. m


COURRIER



















Iy r


urlluurIgi;ls j


vnijj r_
_r..Iitl1V


iJN~JJ


Monsieur l'Ambassadeur Paul Malin, Chef de dlgation de la
Commission europenne Gaborone, de nationalit irlandaise,
gre les relations de l'Union Europenne avec le Botswana et
la Communaut de dveloppement d'Afrique australe (SADC). Il
bnficie d'une riche experience en Afrique australe ; il tait affect
auparavant au Zimbabwe. Au sige de la Commission europenne
Bruxelles, il a t conscutivement responsible gographique pour
le Mozambique et charge des relations politiques avec la region et
de la scurit alimentaire en Afrique australe. Il a voqu avec nous
les nouveaux dfis dans le cadre des relations entire le Botswana et
l'Union Europenne.


Quelles sont les priorits de l'UE en matire
de dveloppement au Botswana ?

Notre soutien a pour principal objectif la promo-
tion du dveloppement et, dans un pays revenue
interrndaite, un dveloppement plus quitable.
Il vise galement favoriser la diversification
de l'conomie et sa comptitivit, fournir de
l'emploi en soutenant notamment l'ducation et
fournir aux jeunes une base leur permettant de
trouver un emploi et de contribuer une cono-
mie plus diversifie et plus concurrentielle.

Les priorits ont-elles change entire le 9e FED
(2000-2007) et le 10e FED (2008-2013) ?

Elles ont certainement volu entire le 9e et le
10e FED. Nous savons que nous ne devons
pas traiter les questions de l'ducation et de
la formation ou des resources humaines de
faon gnrale mais que nous devons tra-
vailler sur des sujets plus spcifiques comme
la pertinence de l'enseignement, l'largis-
sement de l'accs l'ducation et l'am-
lioration de sa quality, ainsi qu'un meilleur
traitement du VIH/sida.


Les 9e et 10e Fonds europens de dveloppe-
ment sont principalement constitus d'aides
budgtaires. Pourquoi ?

Par le pass, aux terms du 6e (1985-1990),
7e (1990-1995) et 8e FED (1995-2000), nous
avons appuy l'ducation et la formation sur
le plan infrastructure, en grande parties par la
construction d'coles [le Collge technique
et professionnel de Francistown, rcemment
inaugur, a t finance 75% par le FED].
Au fil du temps, nous nous sommes davan-
tage intresss la faon don't ces btiments
taient grs et la nature de l'enseignement
qui y tait prodigu. Avec le passage l'aide
budgtaire aux terms du 9e FED, nous nous
concentrons non plus sur des tablissements
individuals mais sur le systme dans son
ensemble. L'affectation de fonds au budget
du gouvernement repose sur la mise en oeuvre,
par ce dernier, de processus qui amliorent
l'ducation et sur l'amlioration des rsultats
ducatifs de son propre programme. Alors que
nous tions auparavant axs sur l'immobilier,
la furniture d'endroits adapts l'ensei-
gnement, nous tudions dsormais le fonc-


tionnement du systme et sa politique. Nous
examinons si la politique fonctionne et quelles
sont ses priorits, nous apportons un appui au
gouvernement en vue d'atteindre les person-
nes qui n'ont pas accs l'ducation et nous
soulignons certaines lacunes. La faon don't
les pouvoirs publics botswanais grent leurs
dpenses pour l'ducation est vraiment admi-
rable mais les rsultats ne sont pas aussi bons
que ce que l'on pourrait attendre. La quality
doit tre amliore. Nous avons pass en revue
la totalit des dpenses publiques dans le cadre
de ce programme. Nous avons examine les
dpenses pour l'ducation et remarqu que
l'enseignement primaire a t relativement
nglig. Nous avons par consquent discut de
ce sujet avec le gouvernement et nous pensions
qu'il en rsultera une augmentation des dpen-
ses en faveur de l'enseignement primaire.

L'Union Europenne rationalise l'aide la
lutte contre le VIHIsida. De quelle manire ?

Aux terms du 10e FED, nous assurerons un
soutien intgr ainsi qu'un appui spcifique
pour les programmes de prevention du sida. Le


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009







eportage Botswana


soutien intgr signifie qu' chaque interven-
tion au Botswana, nous examinerons l'impact
de cette intervention par rapport au VIH. Il
ne s'agit pas, par example, de se limiter au
travail dans le domaine de l'ducation, mais
celle-ci est l'une des meilleures faons d'viter
la transmission. Dans nos domaines prioritai-
res comme le statut des femmes, nous nous
concentrons sur l'accroissement de l'autono-
mie des femmes et sur diffrents projects qui
traitent de la violence caractre sexiste.

Au titre de l'Accord de partenariat conomi-
que (APE), le Botswana devra-t-il faire face
plus de concurrence de la part des autres
exportateurs vers le march europen ?

Il offre de rels avantages pour le Botswana
en terms d'accs au march [de l'Union
Europenne]. En tant que pays revenue inter-
mdiaire, le Botswana bnficie de l'arran-
gement le plus favorable possible au titre de
I'APE equivalent l'accs en franchise de
droits et de contingents accord aux pays les
moins avancs (PMA). Plus aucun quota ne
repose sur la viande de beuf du Botswana,
qui peut donc en vendre autant qu'il veut. Il
doit tout d'abord la produire, ce que le pays
ne parvient pas encore faire. Ces dernires
annes, il n'a pas atteint le quota (19.000
tonnes). L'APE assure au pays un accs
scuris sur le long terme, ce qui signifie que
le Botswana sait qu'il existe un cadre qui lui
permet d'exporter en Europe, un march lucra-
tif. Il devient alors plus rentable pour lui d'in-
vestir dans la production plus commercial de
viande de beuf. Peu de pays sont capable de
respecter les normes vtrinaires fixes [par
l'Union Europenne], le Botswana n'a donc
pas beaucoup de concurrents en Afrique. La
concurrence se dveloppera mais de faon
progressive et, oui, c'est un dfi mais le pre-
mier objectif de notre assistance au Botswana
est de favoriser l'ouverture sa region. De
cette faon, le Botswana peut tester les mar-
chs et devenir plus comptitif. L'ouverture
du Botswana [au commerce en provenance
de l'UE] se droulera sur 15 ans, il est donc
encore possible de procder des ajuste-
ments. Le Botswana veut aller plus loin que le
commerce de marchandises pour promouvoir
l'investissement et souhaite dvelopper le
commerce de services.

Certains donateurs se sont retirs du Botswana
depuis qu'il est devenu un pays revenue inter-
mdiaire. En quoi le soutien de l'UE est-il
ncessaire ?

Le Botswana est pass de l'tat d'un des
pays en dveloppement les moins avancs au


monde celui de pays revenue intermdiaire,
qui est mme bien avanc dans cette catgorie.
Il est par consquent normal que certain pays
donateurs se retirent. Il est aussi normal que
l'Europe reste et adapte son programme la
situation. Interrogez quiconque ici et vous
dcouvrirez que le Botswana ressent le besoin
d'un soutien extrieur. Je ne pense pas que ce
soit tellement une question d'argent mais plu-
tt d'changer des ides et des experiences qui
ont fonctionn ailleurs, de reliever les dfis du
changement. Le Botswana est conscient de la
ncessit de diversifier et dynamiser l'cono-
mie. Il doit tre soutenu dans cette dmarche.
Le Botswana ne peut computer sur une popula-
tion trs important ni toutes les capacits don't
il a besoin. C'est le genre de choses qui sont
trs apprcies.

Quels sont les sujets abords dans le cadre du
dialogue politique ?

Nous discutions de toute une srie de ques-
tions. C'est un pays dmocratique. Il respect
l'tat de droit et les droits de l'homme. Aucun
pays n'est parfait. Le Botswana cherche
amliorer la protection de ces droits, ainsi
que la rpartition des bnfices conomiques.
Nous sommes galement profondment en
dsaccord avec le Botswana propos de la
peine de mort [le Botswana applique la peine
de mort]. Nous en discutons ouvertement et
chaque parties a un avis trs prononc sur la
question.

Quels sont les ii. , professionnels que vous a
apports le Botswana ?

Je m'occupe du Botswana et de la SADC -
deux responsabilits compltement diffren-


tes. Parfois, j'ai l'impression de grer deux
dlgations en une et dois me partager entire
les deux. C'est un vrai dfi. Je pense que si
nous voulons tre utiles, surtout dans un pays
o ce sont plutt nos ides que notre argent
qui sont utiles, nous devons vraiment savoir
de quoi nous parlons. Le dfi est donc de
ne pas se contenter d'agir en surface mais
de vraiment s'intgrer ce qui se passe ici.
Malgr que je dispose de pas mal d'exprience
dans cette region, j'ai not que je devais faire
beaucoup d'efforts pour comprendre et parler
du sida, de l'ducation, de l'levage du btail,
de la production diamantaire et du commerce
regional.

Et qu'avez-vous gagn sur le plan personnel ?

J'ai essay d'apprendre la langue (le setswa-
na). L'apprentissage de quelques mots m'a
dj permis de me lier avec les gens. La
politesse et la courtoisie sont trs importantes.
J'ai peut-tre un peu appris tre patient,
prendre simplement le temps de parler. Les
Botswanais sont sincres et polis, quelque
chose qu'on finit par apprcier normment.
Je pense que pour quelqu'un comme moi, qui
vient de l'Europe surpeuple, les grands espa-
ces ouverts mais aussi la vie sauvage et le bush
font parties des attraits du Botswana.
D.P.






mlots-cls
Paul Malin ; Dlgation de la CE
Gaborone; Botswana; EDF; EPA; SADC;
HIV/AIDS.


COURRIER















appelle un changement >










et conomique

Le Parti du Congrs du Botswana (BCP) est le parti apparu le plus rcemment dans le paysage
politique botswanais. A l'Assemble national, il a un sige unique mais celui-ci correspond
une circonscription important, celle du centre de Gaborone. Ce sige est occup par Dumelang
Saleshando. En cette priode o le BCP prsente son manifeste en vue des lections parlementaires
d'octobre 2009, nous nous sommes entretenus avec Taolo Lucas, Secrtaire gnral du parti, au sujet
des appeals qu'il lance en faveur du "changement conomique" et de la "justice conomique".


e BCP a t constitu il y a 10
ans la suite de querelles au sein
du principal parti d'opposition du
Botswana, le Front national du
Botswana (BNF), qui dtient 12 siges au
Parlement. "Nous tions d'avis que le BNF
ne prsentait pas une alternative credible au
parti au pouvoir. C'est pourquoi, en 1998,
nous avons form le BCP avec l'ambition de
mettre sur pied une organisation qui devait
devenir un modle d'organisation de parti,
caractris par une dmocratie interne, et offrir
une alternative credible au parti au pouvoir,
le Parti dmocratique du Botswana (BDP)",
soutient Lucas.
Lors de sa premiere participation aux lec-
tions en 1999, le BCP a rcolt 11% des voix,
qui lui ont valu un sige au Parlement et 13
conseillers dans les districts. En 2004, bien
qu'ayant remport 16% des suffrages, " cause
du systme, le BCP n'a de nouveau reu qu'un
sige au Parlement et 35 conseillers". D'aprs
M. Lucas, le nombre de siges du systme
lectoral majoritaire du pays ne reflte pas la
popularity global de l'opposition. En effet,
aux dernires lections, les 48% de votes


rcolts par l'opposition lui ont donn 13
siges, par comparison aux 44 siges l'As-
semble national qui ont correspondu aux
52% de votes obtenus par le gouvernement.
Le BCP a form une alliance avec deux parties
qui, pour l'instant, n'occupent pas de sige
l'Assemble : le Nouveau front dmocratique
et le Mouvement pour l'alliance du Botswana
se prsenteront aux lections de 2009.




"Notre dmocratie est rayonnante, selon cer-
tains experts, mais les contraintes ne lui per-
mettent pas de s'panouir", declare M. Lucas.
"Alors que tous les parties d'opposition sont en
manque d'argent, le parti au pouvoir refuse
d'autoriser le financement des parties politi-
ques." Il explique que le BDP a quant lui le
droit de recevoir des fonds de la communaut
des affaires. A cause du manque de fonds,
l'opposition a du mal mener sa champagne
dans les zones rurales. "Pendant ce temps,
le President utilise le Kgolta, la plate-forme
publique en place dans la communaut. Il dit
qu'il est difficile pour l'opposition d'accder
la radio d'Etat, qui constitute l'un des moyens
de communication les plus efficaces, surtout
pour les regions isoles." Le Parlement est
"encore domin par les pratiques du pass,
soutient M. Lucas, prcisant qu'il est difficile,
pour un dput ordinaire, de dposer un project
de loi. Le Secrtaire gnral du BCP appelle
aussi ce qu'on institute l'lection directed du
President et qu'on cre une autorit lectorale
plus indpendante. Le BCP trouve galement
inquitante la militarisationn du gouverne-


ment", comme en tmoigne le pass militaire
du President Ian Khama et du Vice president
Mompati Merafhe ainsi que de trois autres
ministres du cabinet. M. Lucas appelle aussi
ce que l'on accord davantage de pouvoir aux
autorits locales.
La champagne que mnera le BCP en vue des
lections de 2009 sera galement centre sur
le manque de "justice conomique". "Entre
1975 et 1990, notre conomie tait celle qui
connaissait la croissance la plus rapide au
monde." Pourtant, "la pauvret touche un trs
grand nombre d'habitants, pas moins d'un tiers
de la population", ajoute M. Lucas. "Depuis de
nombreuses annes, les reserves du pays ont
permis de couvrir jusqu' 30 mois d'importa-
tions, mais nous n'avons pas t capable de
crer des emplois, de diversifier l'conomie
ni d'attirer suffisamment d'investissements
trangers." Les secteurs priv et public doivent
travailler ensemble sur cette problmatique,
prcise-t-il, un objectif qui nous diffrencie
du BNF, lequel accord l'Etat un rle plus
important pour faire progresser l'conomie.
De plus, l'cart entire trs riches et trs pau-
vres est norme, ajoute M. Lucas, tout comme
la disparity entire les travailleurs de la classes
industrielle et les autres. Le Secrtaire gnral
du BCP critique galement le manque de rgi-
mes de pension pour les faibles salaires et le
mauvais traitement des travailleurs, surtout de
la part des entreprises prives. D.P. M


mots-cls
Botswana ; opposition ; Parti du Congrs
du Botswana (BCP) ; Taolo Lucas ; Front
national du Botswana (BNF) ; Ian Khama.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009









I 'I












changes -
dan ce -eceu o' di.



eI c teba l


w *


H e e-
""teneus de : -'kv ^.;i:d.21rs comm e on les nom as cs
e" e e L ,,. ... .. .


*e .,'... '- ,, ::p: : de ..-, ..t.. ..s
tICI.,' '" :......... t e' .'

S- e e u e S ed t d ~t ca tio

*- --





i e- l ere e de Ga eorone. La * ti dn
e- s ee o .O', "' .; *'. -"









premire en valeur. Cesdeuxm ines cie triatetvaluatpls se s4millio lars d'ic l fn 01. ou ls Tndica-
o e ds s s
Botswana s sim ant c san








S se d e se a n.

i s s as a es
I l *I Ii s



** : : s I ILli



sino ne sus sas d n p ez a D de a v e b


ge simatie s som r e sar ti e 20 e e r l'coomS-der





Ipot s- S S nr py e la Botswana; diamantsI; DTCB; Debswana;





mDe Beers aagrgation.
Finiai 2007 un lise d 16 tenursde ves"a vu deleurvene, es diamants b ruts produit
Le dbuit7 d'nn 208 avu a caton e apruv. Slonla TCB ony touv Mpa tl Boswaa aec es rodctins 'aure
la DiamodTrading Copany Botswna les "pls grandes ntreprisesdia^mantaires paries du mnde com e l'Afique duSud, l
n(^^TCB). R ^^8EempantlaBtsan Da d mne, acties dans3 les secteus5en ava, Canaa, la TnzanieeBt^^B^^ laNmbe jueM








1 44 1 *URRIER^^^B^^^^B^^^^ff^^^^^^J^^^^^^^^^^P^^^^^^P^^^^^^






Botswana eportage


Le defi de la






L'agriculture est le gagne-pain de nombreux Botswanais mais ce secteur ne reprsente plus aujourd'hui
que 2 3% du PIB, contre 20 30% au moment de l'indpendance. D'une part, plusieurs annes
successives de scheresse ont laiss des traces. D'autre part, les montants croissants affects aux
importations alimentaires, qui couvrent 85% des besoins, attirent l'attention sur la ncessit d'augmenter
la production agricole. Par ailleurs, l'Accord de partenariat conomique (APE) conclu entire le Botswana
et I'UE offre maintenant plus de possibilits ce pays d'exporter sa viande bovine.


ans la dcennie actuelle, la crois-
sance du PIB dans le secteur
agricole n'a t que de 0,4%,
contre une moyenne de 5,6%
pour l'ensemble de l'conomie, mme si ce
secteur a connu une reprise en 2006/2007,
enregistrant une croissance de 6,8%.
Des prcipitations peu abondantes, des sols
pauvres et de faibles rendements de cultu-
res : autant de facteurs qui indiquent que le
Botswana est un pays propice l'levage de
btail. Dans le secteur de l'agriculture, 80%
du PIB sont gnrs par l'levage, et 20%
par les crales, l'horticulture et les autres
cultures. Lors d'une interview, le Ministre de
l'Agriculture, Christiaan De Graaff, nous a
prcis que le pays comptait 71.000 exploita-
tions possdant 2,2 millions de ttes de btail,
d'une quality de renomme mondiale, et que
l'on pouvait esprer voir ce chiffre passer 3,5
millions de ttes dans les prochaines annes.
Ce Ministre voit galement un potential dans
les exportations de gibier.
Les bovins, ovins et caprins sont levs la
fois sur des terres communales (bien que la
possession d'un point de captage implique des


droits de facto sur l'utilisation des resources
de pturage situes proximity du point d'eau)
et d'une manire plus commercial, avec des
techniques de gestion et d'levage plus moder-
nes. La Commission de la viande du Botswana
(BMC) doit acheter tous les producteurs du
pays les btes destines la vente ; il y a un
systme de "subvention croise grce auquel
tous les leveurs sont assurs d'obtenir le
mme prix pour leurs btes, quel que soit le
lieu d'origine dans le pays", a expliqu M.
De Graaff. Les prix ont de la sorte grimp de
40% en 2006.
Pas moins de 80% des exportations de viande
bovine sont vendus des Etats membres de
l'UE : Royaume-Uni, Sude et Allemagne
ainsi qu' l'le de la Runion et aussi la
Norvge bien que, dans ce dernier cas, les
measures de lutte contre la fivre aphteuse
interdisent pour l'instant les exportations au
dpart de certaines regions du Botswana. Des
contrles ont t mis en place mais l'effon-
drement conomique du Zimbabwe voisin,
entranant des flux de personnel et de denres
alimentaires, ajoute aux difficults de sur-
veillance. Carter Nkatia Morupisi, Vice secr-


taire permanent au Ministre, a dclar que
le gouvernement allait renforcer la barrire
bovine autour de l'Okavango.
Pour remdier l'augmentation des prix alimen-
taires, le gouvernement a cr un "Programme
intgr de soutien au dveloppement de la
culture des terres arables (ISPAAD)", qui offre
des semences gratuites aux petits agriculteurs
et d'autres types d'aides. Il tudie aussi la
faisabilit de l'utilisation d'une parties du course
du fleuve Zambze des fins de pisciculture,
d'horticulture et de production d'aliments
pour btail, cela dans le but de dvelopper la
production agricole grande chelle commer-
ciale dans la parties nord du Botswana. Selon
M. Morupisi, le Botswana a le droit d'accder
2% du course du Zambze, une part don't il
pourrait utiliser 46% pour le project intgr de
dveloppement agrocommercial du Zambze,
pour un cot estim 3 milliards de pulas*.
D.P.
* 1 euro = 10,7 pulas (sur www.bloomberg.com, 14 dcem-
bre 2008).
lots-cls
Agriculture ; Botswana; Christiaan De
Graaff; APE ; Okavango.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009






eportage Botswana


Lutter contre le


C'est en 1985 que le Botswana
a fait tat de son premier cas
d'infection par le virus de
l'immunodficience humaine
(VIH). La propagation de la
maladie tait telle qu'elle a
mme fait craindre certain
la disparition de la population
botswanaise. Par la suite, Festus
Mogae, Prsident du Botswana
entire avril 1998 et avril 2008,
a t applaudi par le monde
entier pour la faon don't il a
dirig la lutte contre le sida,
en favorisant la prevention,
en sauvant des vies grce aux
mdicaments antirtroviraux et
en diminuant la stigmatisation
des malades.
nterview son bureau de Gaborone,
le Dr K.C.S. Malefho, Vice secrtaire
permanent au Ministre de la Sant,
explique que les premiers messages de
sensibilisation visaient la prevention, rsume
par la stratgie ABC : "Abstain, be Faithful
and Condomise" ("Abstinence, fidlit et pr-
servatif").
Durant le mandate du Prsident Mogae, deux
organismes cls ont t mis en place : la
Commission national du sida (NAC), dirige
par le Prsident lui-mme (actuellement Ian
Khama) avec l'assistance du Vice president,
et l'Agence national de coordination contre le
sida (NACA) qui, sous la frule du Prsident,
coordonne toutes les activits relatives la
maladie. Ces deux organismes jouent un rle
essential pour inciter la population combat-
tre le virus. Selon la NACA, la prevalence du
sida chez les adults s'est rapidement tendue
au dbut des annes 1990 la fois dans les
rgions rurales et urbaines, atteignant un pic
de 27% en 2001 chez les adults de 15 49 ans
puis redescendant 23% en 2007*.
Selon le Dr Malefho, en 2002, grce des
organizations prives telles que la Fondation
Clinton ainsi que l'ONUSIDA, qui a ngoci
des reductions de prix des mdicaments anti-


catastrophe national


l'autre vainqueur de la competition
d'art contemporain 'Art againstAIDS in
Bosnia and Herzegovina', par un group
d'tudiants de Srajevo. D ioM 1999


Se.
MarrII


rtroviraux (ARV), le gouvernement a lanc
le programme "MASA" ("Nouvelle aube")
pour offrir une thrapie ARV gratuite qui-
conque en avait besoin. Aujourd'hui, 88% des
personnel ncessitant ce traitement le reoi-
vent (chiffres de la NACA correspondent
mars 2008)*. Le dpistage systmatique a t
instaur en 2004, ajoute le Dr Malefho. Cela
signifie que lorsqu'une personnel se rendait
dans un hpital en pensant tre atteinte d'une
autre maladie, on lui recommandait de se sou-
mettre un test de dpistage du sida. "Le but
tait d'amener la population admettre que
le sida n'tait rien d'autre qu'une maladie",
explique le Dr Malefho.
La prevention de la transmission mre-enfant
au moyen de la thrapie ARV et de conseils
spcifiques s'est avre particulirement effi-
cace, pursuit le Dr Malefho : " l'heure
actuelle, 4% des enfants ns de mres sro-
positives sont galement porteurs du virus
mais, pour 96% d'entre eux, le test donne un


rsultat ngatif", prcise-t-il. De plus, par nos
actions de sensibilisation et de prevention,
avec l'aide de l'quipe national de football,
"Les Zbres", le taux d'infection a fortement
baiss parmi les jeunes de 15 19 ans.

> ?

On peut cependant s'interroger sur la cause
de la forte prevalence du sida au Botswana ?
Plutt qu'une raison unique, le Dr Malefho en
voque plusieurs. La taille de la population est
un facteur (les petits Etats voisins que sont le
Swaziland et le Lesotho figurent eux aussi en
tte du classement mondial des taux de prva-
lence). Alinah Segobye, ancienne employee
de long ACHAP (African Comprehensive
HIV/AIDS Partnership Partenariat africain
global contre le VIH/sida), estime galement
qu'il est difficile d'incriminer un facteur uni-
que. Les Botswanais, explique-t-elle, ont "tou-
jours accept les trangers". Il y a aussi les


COURRIER






Botswana eportage


movements de personnel militaire, qui ont
peut-tre ramen le virus de missions menes
dans d'autres pays africains. Ajoutons cela
les trajets des camions qui, en provenance du
Cap en Afrique du Sud, traversent le Botswana
destination des pays d'Afrique central, o
la prostitution est courante. Mme Segobye
mentionne aussi le style de vie et les attitudes
culturelles comme les pressions exerces pour
avoir des relations sexuelles, ou le fait que des
hommes plus gs obligent des jeunes femmes
en leur disant : "Comme tu m'as mang (ma
richesse), je dois te manger (ton corps)". "Au
Botswana, il y a aussi une tendance pour les
hommes avoir des partenaires multiples",


ajoute le Dr Malefho. La NACA a entrepris
une tude sur ce type de "relations concurren-
tes multiples".
Sur l'ensemble de la population du Botswana,
17,9% vivent avec le sida (chiffres de 2006)
mais on note une augmentation du nombre de
personnel ayant besoin d'une thrapie ARV ; ces
personnel seraient 140.000, d'aprs les esti-
mations actuelles. Selon l'tude de la NACA,
207.000 personnel auront besoin d'un tel
traitement en 2016*. Quant au nombre total
de personnel vivant avec le virus du sida, il
devrait passer de 330.000 aujourd'hui pres-
que 380.000 en 2016. Etant donn que, sur
le budget national de 10 milliards de pulas,


une part d'environ un milliard est consacre
aux therapies ARV et aux programmes de
prevention, "quand nous disons aux dona-
teurs de nous aider dans des domaines autres
que le sida, c'est parce que nos resources
sont contraintes par la lutte contre ce flau",
conclut le Dr Malefho. D.P.
* VIH/sida au Botswana : estimations des tendances et
implications sur la base du suivi et des modlisations,
NACA, juillet 2008.


mlot-cls
Botswana ; VIH ; sida ; sant ; NAC ;
NACA ; Dr Malefho ; Festus Mogae ; Ian
Khama ; FED ; Debra PercivaL


P SS OIIIIELS Dr. Maude Dikobe*


"UNE VILAINE PLAIE SUR LA CONSCIENCE DE LA NATION"

Des crimes passionnels sont commis dans le monde entier mais, comme l'ancien Prsident du
Botswana, Festus Mogae, I'a fait remarquer dans son discours-programme prononc le 28 octobre
2008 la "Confrence national sur les crimes passionnels chez les jeunes au Botswana", organise
par la Youth Dialogue Era (YDE), "ces crimes sont un fait nouveau au Botswana ; ils ne font pas
parties de notre culture de nation, caractrise par le pacifisme et la compassion". Face aux nombreux
crimes passionnels commis rcemment au Botswana, M. Mogae a dclar que "les crimes passionnels
sont une vilaine plaie sur la conscience de notre nation... ils s'immiscent dans le tissu de la socit".
Ces commentaires de l'ancien Prsident rejoignent les inquitudes des jeunes autant que des adults
au Botswana. Les habitants veulent en particulier voir une reduction des meurtres de femmes ou
crimes passionnels, comme on en est venu les appeler, avant que la situation n'chappe tout
contrle.


n 2004, le Botswana a connu une
srie de crimes passionnels qui ont
vu des femmes, en majority jeunes,
tues par leurs compagnons (voir
les statistiques ci-dessous dans le texte). Bien
que des hommes et des garons soient parfois
victims de crimes passionnels, au Botswana,
ce sont surtout des femmes et des jeunes filles


qui souffrent des consequences de ce type de
violence sexiste. En 2006, plusieurs crimes
passionnels qui ont eu lieu au Botswana ont
attir l'attention des mdias internationaux.
Un article a t public sur le site Internet
BBC News avec le titre "Botswana floored by
Passion killings" ("Le Botswana terrass par
les crimes passionnels"). Cet article tait illus-


tr par la photo d'une jeune femme, Kaone
Ramotlhwa, une tudiante de l'cole Cape
Technikon en Afrique du Sud, qui avait t
assassine par son petit ami alors qu'elle tait
revenue Gaborone, au Botswana, pour ren-
dre visit sa famille pendant les vacances.
Au Botswana, on ne pouvait plus ouvrir un
journal ni couter les nouvelles sans enten-


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009







eportage Botswana


dre parler de ces assassinats monstrueux. Le
journal The Voice, un quotidien populaire au
Botswana, a t un cran plus loin en rapportant


"Le Botswana terrass par
les crimes passionnels"


la plupart de ces faits d'une manire graphi-
que. Il prsentait les reportages accompagns
d'images horrifiantes de ces prtendus "crimes
passionnels". Dans un cas prcis, un garon
a tu sa petite amie, l'a dcapite puis a mis
sa tte dans un seau et l'a rapporte la mre
de la jeune fille. Cette image choquante a t
publie dans The Voice, ce qui a provoqu la
vive colre du public, furieux de la faon don't
les mdias faisaient tat des affaires de ce
type. Certains estimaient qu'en prsentant ces
images de la sorte, les mdias arrivaient faire
paratre normal la violence exerce contre
les femmes. L'argument des mdias tait que
ces actes horribles devaient tre prsents de
faon graphique afin que le public puisse se
rendre compete de l'ampleur de la violence
sexiste, en particulier les crimes passionnels.
Cela n'est qu'un des nombreux examples des
comportements choquants des auteurs de ces
actes qui, d'aprs la plupart des gens, ne mon-
trent aucun remord l'gard de ces meurtres,
apparemment prmdits.
Par le pass, il y avait eu des cas isols de fem-
mes tues par leurs petits amis et, parfois, par
leurs maris, mais dans des proportions moins
alarmantes que les cas don't il a t fait tat en
2004 et par la suite. Selon les statistiques de
la police national, il y a eu 65 cas de crimes
passionnels en 2006. L'anne 2007 a connu


le plus grand nombre de cas, savoir 86, et
en 2008, une diminution lgre est constate,
avec 46 cas jusqu' present (chiffres jusqu'en
novembre 2008). Cela n'est toutefois que la
parties visible de l'iceberg, une parties des cas
n'tant pas dclare. Bien que les chiffres
aient baiss par rapport 2007, les crimes
passionnels restent une tragdie, surtout parmi
la jeunesse du Botswana

> .



La recherche et les conversations avec les
collgues chercheurs, les tudiants et les amis
peuvent aider comprendre la ralit des
crimes passionnels au Botswana. Plusieurs


The cntiiiry mni1t ido ail it can to
irrrerIt w'men X rihrre

* OQ i ..,Iir, .: ni r.i 'j .a J ortd j;. -,'-!.iI I. o
pO!iPCt wo nirs5 rQhNs. nri ogreerncni is called
C '0 ew veor the government music
iuo+ tbi Unitild Notics who 1, lo i. cre doing to
cr"f4CGve iiri .j ICr'!< notion r Botswar,
* OS>r gcveOtnmant j mdoe ;ir c'p comrnitrents ro
Pom01 orid loect women's Z rghts nerC, "rO e
thIes commitmernts Gl < conference in 11 .i,

* e Ih gverprnent hos sigred Ihe AD Decioratio
'ifh olher countriPe in Solr em Arico to end

* A i govermenr deparrmeert prOmeqcd o lolow a
NotYcnai Acio Plan UOt wiil promote and project

* We prorriise, We coan cO i t inrOgh oiur communilv
-:* ; i-.r -:'i of:d ia! c'aruncin Wvo cfn.
demro^i It of dle oldiCi tor we voled toC.


raisons ont t avances, don't la plus vidente
est l'ingalit de pouvoir dans la plupart des
relations. La femme est perue comme une
mineure qui doit de temps en temps recevoir
une leon de discipline. A mon avis, certai-
nes pratiques culturelles et relations sociales
enracines forment une autre raison. Dans une
certain measure, plusieurs chansons populaires
tswana jouent un rle dans la perception de
cette situation. Ce context peut nous aider
comprendre la faon don't les crimes passion-
nels sont considrs ainsi que les rponses
apporter ce problme. Beaucoup d'hommes
utilisent leur culture, leurs traditions ou leur
religion pour garder la matrise des femmes.
Dans le culture setswana, par example, au
moment du marriage, l'homme paie la lobola
la famille de la femme : certain pensent que
ce paiement leur donne l'autorisation de battre
leur femme. Cette perception se voit renforce
par certaines paroles des chansons de marriage.
Ainsi, la phrase "mosadi wame ke mo rekile ka
dikgomo", qui se traduit approximativement
par "ma femme, je l'ai achete avec du btail"
; il faut savoir que, la plupart du temps, la
lobola est paye en ttes de btail.
Les relations sociales constituent aussi un fac-
teur majeur. D'aprs les schmas de relations,
les hommes sont levs pour tre les donneurs
et les femmes celles qui reoivent. Ces sch-
mas crent une tendance la dpendance, o
les femmes s'attendent recevoir des cadeaux
et de l'argent des hommes et ceux-ci, les don-
neurs, attendent de l'amour en retour. Quand
la relation tourne mal, l'homme qui se sent
flou n'accepte pas le "non" comme rponse
si la femme suggre de rompre. La pauvret
croissante et le chmage des jeunes ont t
cits comme facteurs des rencontres intergn-


S... .


COURRIER






Botswana eportage


rationnelles, o des jeunes filles changent des faveurs sexuelles contre
une vie luxueuse. Les causes des crimes passionnels sont multiples ;
comme l'a rpt le rvrend Rupert Hambira lors de la conference en
octobre, nous devons mener beaucoup de recherches sur ce problme
pour mieux comprendre les implications tant culturelles que sociopoli-
tiques de ses causes.




Le gouvernement du Botswana et d'autres parties prenantes ont lanc
des initiatives visant rduire les violence l'encontre des jeunes filles
et des femmes. En particulier, le Botswana est signataire de plusieurs
accords qui ont pour but de protger les droits des femmes, par example
la Convention sur l'limination de toutes les formes de discrimination,
la declaration de la CDAA sur le genre et le dveloppement, et la loi
sur les dlits sexuels. En dpit de certaines amliorations de l'galit au
niveau lgislatif, la violence sexiste reste problmatique au Botswana.
A ce jour, il n'existe pas de mcanisme formel permettant le suivi et
l'valuation de ce type de violence. La mobilisation et la sensibilisation
au niveau de la communaut restent cruciales. La capital, Gaborone,
M.D.
ne compete qu'un seul refuge pour les victims de violence sexiste. Un


Chacun doit dire "non" la vio-

lence l'encontre des femmes


autre centre appel Femmes contre le viol (WAR) fonctionne Maun,
dans le nord-est du pays (voir encadr) mais il n'hberge que peu de
victims. Le centre WAR s'occupe galement des questions lies aux
dlits sexuels comme le viol ou la violence conjugale. Des appeals ont
t lancs pour augmenter le nombre de centres de ce type dans tout le
pays et pour les rendre accessible aux femmes et aux jeunes filles. Il
faut aussi mobiliser l'opinion publique contre les injustices plus gnra-
les qui vont de pair avec les crimes passionnels. Chacun doit dire "non"
la violence l'encontre des femmes.
L'Etat doit ratifier et mettre en euvre des lois qui existent dj et appliquer une
tolerance zro pour la violence l'encontre des jeunes filles et des femmes.
Le gouvernement du Botswana envisage l'heure actuelle de mettre sur pied
des ateliers consultatifs
nationaux qui permettront
de sensibiliser tout le pays
ces problmes, notam-
ment par le dialogue entire
diverse parties prenantes,
des ONG, la socit civil,
des chefs traditionnels ou
religieux. Il faut surtout
appliquer des peines plus D.P.
svres aux auteurs de ces
actes pour faire en sorte
qu'ils ne restent pas impu- de l'Universit de Berkeley, Etats-Unis. l
nis, prts s'attaquer
d'autres jeunes femmes. *Le Dr Maude Dikobe est une activist pour les questions de genre. Professeur 1'Univer-
sit du Botswana, elle enseigne la littrature et les arts expressifs de la diaspora africaine.
Le Dr Maude Dikobe Elle est titulaire d'une bourse Fulbright et d'un doctorate en tudes de la diaspora africaine
rest une activist pour de l'Universit de Berkeley, Etats-Unis.
les questions de genre.
Professeur l'Universit Iots-cds
trature et les arts expres- Botswana ; fenunes; crimes passionnels; CDAA; Dr Maude Dikobe;
Festus Mogae ; WAR ; Convention sur l'limination de toutes les
est titulaire d'une bourse former de discrimination.
des de la diaspora africaine


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009




eportage Botswana


nouuelles sur le

delta de
Delta en forme d'ventail situ dans le bassin du Kalahari et aliment par l'Okavango, don't la source se
situe en Angola, le delta de l'Okavango est "la dernire zone humide vierge au monde", explique Susan
Ringrose, professeur au Harry Oppenheimer Okavango Research Centre (HOORC). Bas au bord du Delta,
Maun dans le Nord-est du Botswana, ce centre, qui est rattach l'Universit du Botswana depuis 2004, a
mont plus de 60 projects acadmiques, allant de l'analyse des resources de la pche la cartographie de
l'empreinte humaine. Du matriel et des quipements de pointe, financs par le FED hauteur de 790.000
euros (8,1 millions Pula)* et arrivs sur place en octobre 2008, contribueront faire du HOORC un centre
d'excellence spcialis dans les zones humides, les bassins versants et la gestion des resources naturelles
pour l'ensemble du continent.




mu


Il'ru


-w-


i I i 1i


1liI


Nb.u


,Il


ulw






couvrir l'Europe Aragon


Un condense


Aragon. Le mot fait rver. N'est-ce pas le roi Ferdinand II d'Aragon qui, par son marriage avec


Isabelle de Castille au XVme
d'Espagne ?

ragon, c'est aussi la region que
traverse le plus grand fleuve d'Es-
pagne, l'Ebre. L'Ebre, ou Iber,
nom donn par les Romains et
qui qualifier par la suite toute la pninsule...
ibrique. Et qui dit Romains, dit Jules Csar,
cet empereur qui dans l'Antiquit occupait
les terres d'Aragon l'poque la province
romaine Tarraconaise et a donn son nom
la plus grosse bourgade de la region, Caesar
Augusta, qui deviendra par la suite Saragosse,
capital de l'actuelle "Communaut autonome
d'Aragon".

Mais entire les Romains et Ferdinand II, la
region d'Aragon a connu l'occupation musul-
mane qui la rattachait, ds le dbut du VIIIme
sicle, l'Emirat prospre de Cordoue, lequel
englobait la majeure parties de l'Espagne
actuelle ne laissant aux Chrtiens que les
deux royaumes septentrionaux de Lon et
de Navarre. A l'poque, le "taifa" (royaume
maure) du future Aragon portait le nom de
Saraqustah.


sicle, jeta les premires vritables bases du royaume actuel


Et c'est prcisment des deux royaumes du
Nord que les chrtiens entreprirent ds le
XIme sicle la reconqute la fameuse
"Reconquista" des autres regions. Une
reconqute, certain parent mme de croi-
sade, qui se fera par tape et don't certain
faits d'armes ont t chant par le franais
Pierre Corneille dans sa pice de thtre "Le
Cid", port l'cran en 1961 par le valeureux
Charlton Heston avec ses cts la belle
Sophia Loren. Rodrigo Diaz, de son vrai nom,
a combattu les Musulmans mais aussi certain
rois chrtiens l'poque trouble rveille
les rivalits entire les royaumes chrtiens qui
cherchent s'emparer des territoires maures
- commencer par Ramire 1er de Saragosse,
alors tributaire de Ferdinand 1er, roi de Castille
et Lon. Surnomm le Cid Campador, de
l'arabe Sd, Seigneur, du latin Campus Doctor,
vainqueur de batailles, Rodrigo Diaz incarne
lui seul sans doute l'pope espagnole, immor-
talise dans le "Chant de Mio Cid", considr
comme une des oeuvres les plus importantes
de la littrature pique castillane et euvre cl
de la posie pique europenne.


d'agrandir leur royaume, initialement limit
aux contreforts des Pyrnes. Aujourd'hui, la
region d'Aragon comprend trois provinces, du
Nord au Sud : celle d'Huesca, de Saragosse et
de Teruel. Elle est une des plus importantes
des 17 communauts autonomes qui compo-
sent l'Espagne, reprsentant 10% de la super-
ficie du pays. Paradoxalement, c'est une des
moins peuple : avec 1,2 millions d'habitants,
la region d'Aragon reprsente peine 3% de
la population espagnole.

Une population clairseme qui s'explique
notamment par une conomie jusqu'il y a peu
stagnante, des territoires montagneux au
Nord les Pyrnes, au Sud la Cordillre ibri-
que enserrant une parties central plus fertile
o coule l'Ebre. Et c'est sans surprise au bord
du fleuve que Saragosse a grand, attirant entire
ses murs prs de la moiti de la population
de la region. Saragosse o sigent les Cortes
(parlement regional) dans les vestiges encore
flamboyants du Palais d'Aljaferia, troisime,
et plus ancienne, splendeur de l'architecture
mauresque aprs l'Alhambra de Grenade et la
mosque de Cordoue. M.M.B.






















bole de tous les


est sans doute l'Ebre qui a
redonn aux Aragonais un
sentiment de fiert, d'appar-
tenance. C'est du moins ce
que laisse entendre Fausto Garasa, matre
de conferences et auteur de "Territoires et
identits en terre d'Aragon" public par les
Cahiers du MINNOC) : "Saragosse, bien
qu'tant essentiellement urbaine, symbolise
elle seule l'Aragon dans la measure o elle
est le centre d'un space territorial. Au beau
milieu de la valle de l'Ebre, elle se mire dans
ce fleuve, autre symbol de l'Aragon, repre
gographique, source de vie dans une region
o l'irrigation a historiquement jou un rle
prpondrant. Rien d'tonnant ce que les
grandes manifestations populaires des annes
1970 et 1990 contre le transvasement des
eaux de l'Ebre eussent tant de succs. Elles
unissaient indubitablement bon nombre d'Ara-
gonais dans la defense d'un territoire et d'in-
trts communs face l'autre, face au Catalan
bnficiaire du transvasement planifi, face au
pouvoir madrilne spoliateur, face enfin aux
leaders rgionaux du Partido Popular et du
PSOE socialistt) qui, obissant une strat-
gie et des directives nationals, semblaient
se dsintresser de la "cause aragonaise". La
manifestation de Saragosse du 23 avril 1992,


qui runit 120.000 personnel, soit le dixime
de la population total rgionale, fut du reste
taxe par un des leaders rgionaux du PSOE,
Jos Marco, de baturrada (grossire niaiserie
aragonaise), ce qui ne fit qu'accentuer le
sentiment partag par beaucoup d'tre les
reprsentants d'une culture mprise, humilie
et domine."




Mais il aura sans doute fallu l'Exposition
international sur l'eau et le dveloppement
durable, organise de juin septembre 2008
Saragosse pour que la ville, et toute la region,
s'approprie rellement l'Ebre. "Depuis les
grandes manifestations contre le Plan hydro-
logique national de transvasement de l'Ebre,
nous avons entam une grande rflexion sur
l'eau, pas seulement dans notre region, mais
dans toute l'Espagne", note de son ct la
dpute europenne socialist Ines Ayala
Sender, originaire de Saragosse. "L'eau est
un symbol trs fort en Espagne, pays avec
une grande tradition agricole. A commencer
par l'Aragon o perdurent des systmes d'ir-
rigation hrits des maures qui y excellaient."
"Mais depuis, pursuit la dpute europenne,
nous sommes passes une agriculture intensi-


ve gourmande en eau tant par son rythme que
par ses choix de products : nous avons dlaiss
les rangers sobres pour les kiwis beaucoup
plus gourmands. Nous avions oubli que l'eau
n'est pas une resource infinie." L'Espagne prend
alors des measures : dveloppement d'usines de
dsalinisation, modernisation des systmes
d'irrigation et impermabilisation des tuyaux.
Cette dernire measure a t applique tou-
tes les conduites de la capital aragonaise,
cite depuis comme modle. "Mais c'est sans
contest l'exposition international de 2008,
qui fut une trs grande russite, qui a change
notre vision. De nature austre, nous sommes
devenus trs fiers de notre fleuve mais aussi de
nos villes, jusqu' Huesca et Teruel. En crant
des promenades le long des rives, des points,
nous nous sommes rellement appropris l'eau
qui jusqu'ici en Espagne tait plus perue
comme un rempart contre l'ennemi."
M.M.B.





mlots-cls
Aragon ; Ebre ; Exposition international
sur l'eau ; Ines Ayala Sender ; Fausto
Garasa.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009










ni una ms,


t


iC' i t ..- ni :3 di iL F] -i'',


' Q iES 0O9OA


T1O0
l'o



D 'une ca l | 1I. ,- 1 I i
, contre la,' - .
S centre) SUl .'-I- -n I -


Mi


Integration. Tel est le matre-mot du gouvernement aragonais qui a lanc une vaste
champagne en faveur d'un Aragon "pluriel"


1 y a huit ans encore, l'Aragon tait une
region quelque peu oublie. Accole
aux Pyrnes, riche certes d'une culture
remontant aux Maures et d'une agri-
culture relativement prospre, seule la ville
de Saragosse, avec son university millnaire
et ses industries parvenait garder tant bien
que mal ses nouvelles lites, souvent attires
par des villes comme Barcelone ou Madrid.
"L'conomie tait stagnante, nous explique
Pedro Coduras Marcn, Directeur gnral de
l'Immigration et de la Coopration au dve-
loppement au sein du gouvernement arago-
nais. Mais depuis lors, nous connaissons une
priode de croissance qui s'est traduite en
parallle par un afflux d'immigrs, jusque l
relativement peu nombreux".

Rsultat : la Communaut autonome d'Ara-
gon compete aujourd'hui parmi sa population


12% d'immigrs. Une situation comparable
l'ensemble de l'Espagne. En pourcentage du
moins. "Il faut mettre les choses en perspec-
tive, ajoute Pedro Coduras. Aragon compete
peine 1,3 millions d'habitants, soit 3% de la
population espagnole, alors que notre territoire
reprsente 10% de la superficie de l'Espagne.
Il y a des zones entires d'Aragon qui sont
inhabites. Certaines terres sont peu fertiles,
mais d'autres comme le corridor de l'Ebre ou
les pr-Pyrnes ont des atouts".

Ainsi, l'essentiel des immigrs se retrouve
dans la grande ville aragonaise, Saragosse.
"Les 160.000 immigrs rpertoris se retrou-
vent pour 75% dans la province de Saragosse,
don't 60% dans sa capital, 15% dans la
province d'Huesca, au Nord et 10% dans la
province de Teruel, peut-tre la plus difficile
dvelopper". Des pourcentages assez similai-


res la rpartition de la population locale. "En
ralit, pursuit le directeur gnral, ces gens
ont les mmes objectifs, les mmes peurs et
les mmes envies que nous. Eux aussi veulent
trouver un travail, amliorer leur niveau social,
bnficier de services proximity et, finale-
ment, pouvoir disposer de temps libre. Ce qui
explique en grande parties leur attrait pour la
ville. Il est vrai que certain se retrouvent dans
le secteur agricole, proche de leur ancien mode
vie, mais ils sont moins nombreux".


En Aragon, les immigres proviennent essen-
tiellement (55%) d'autres pays d'Europe, de
Roumanie surtout. "Les Roumains sont 57.000
en Aragon et nettement plus nombreux que les
Polonais par example ; sans doute pour des rai-
sons culturelles puisque leur langue est latine".


COURRIER


13







Aragon couvrir l'Europe


Suivent les Marocains (15.000). "Nous comptons
aussi des gens venant d'Afrique sub-saharienne,
en particulier du Sngal (3.000), de Gambie,
et aussi, histoire oblige, d'Amrique latine
(21% du total), surtout des pays andins, et enfin
d'Asie (4%)."

Leur integration ne se fait pas sans difficult,
reconnat Pedro qui avec son quipe, a lanc
l'an dernier une large champagne visant pro-
mouvoir la reconnaissance de ces immigrs
au sein de la population. Une champagne au
slogan loquent : "Les Nuevos Aragoneses"
(Les Nouveaux Aragonais) don't les affiches
ont orn les murs de la ville de Saragosse et
d'ailleurs, avant d'tre remplaces aujourd'hui
par une champagne contre la violence envers les
femmes, toutes les femmes. Des statistiques
publies en ce mois de novembre 2008 mon-
trent par ailleurs que les violence don't sont
victims les femmes concernent pourcentage
gal les Aragonaises de souche et les immi-
gres. Du moins celles qui ont dpos plainte.

"L'intgration est toujours difficile quand les
gens arrivent sans contract et qu'ils sont en
situation irrgulire ; je dis bien irrgulire,
pas illgale. Ce ne sont pas des 'illgaux',
simplement ils ne sont pas en rgle sur le plan
administratif", pursuit Pedro Coduras. Et la
plupart trouvent du travail, en particulier dans
les hospices, dans les restaurants, le nettoyage.
Mais aussi dans l'conomie clandestine : "une
conomie qui profit souvent d'eux mais qui,
avec la crise qui se profile, risque de diminuer,


sinon de disparatre. Dans ce cas, le gouver-
nement aragonais est trs impliqu pour aider
ces gens, sans discrimination, y compris pour
aider, ceux qui le dsirent, retourner dans leur
pays". Cette politique d'aide au rapatriement
commence porter quelques fruits. En novem-
bre, une soixante d'immigrs, sur l'ensemble
de l'Espagne, ont accept de retourner dans leur
pays ; pour l'essentiel des pays o la situation
politique semble s'tre stabilise et parmi les-
quels on ne compete aucun pays d'Afrique.





Aragon n'a connu une vague important d'im-
migration que rcemment, huit ans peine.
Pour l'Espagne, le phnomne est plus vieux,
bien que relativement proche compar
d'autres pays comme la France. "C'est partir
de 1995 que le phnomne s'est amplifi,
pursuit Pedro". Il est vrai que jusque l l'Es-
pagne tait elle-mme considre comme un
pays pauvre et bnficiait ce titre d'aides
de l'Union Europenne. Au dbut des annes
1990, l'Espagne comptait bien un petit million
d'immigrs, mais il s'agissait essentiellement
d'Europens qui avaient dcid de prendre
leur retraite au soleil. A ce million, cinq autres
sont venus s'ajouter en 13 ans, portant la
population total d'immigrs 6 millions. "Un
chiffre relativement important" souligne Pedro
Coduras qui ajoute: "une enqute a montr que
l'immigration arrive en troisime, ou quatri-
me place, parmi les questions qui proccupent


le plus les Espagnols, la premiere tant la situa-
tion conomique, suivie de l'emploi. Suivant
la situation conomique, la troisime place
choit l'immigration ou au logement, ensuite
la question du terrorisme. L'immigration
est mme devenue le second sujet de proccu-
pation en 2006, lorsque 30.000 immigrs ont
dbarqu dans les Canaries. Et est revenue en
quatrime place en 2008, lorsque le flux est
redescendu 7.000 immigrs.

Que ce soit Aragon ou l'ensemble du pays,
l'immigration massive a concid avec la relan-
ce conomique. Aujourd'hui qu'une nouvelle
crise se profile, quelle sera la politique arago-
naise ? "Nous devons grer les flux, reconnat
Pedro Coduras, tre attentif car nous sommes
dans un monde globalis ; si nous sommes
plus ouverts que nos voisins, les gens le savent
et risquent d'affluer massivement. Ceci dit la
question se pose avec moins d'acuit ici que
dans des regions comme la Murcie ou l'Anda-
lousie. Par ailleurs, des recherches sociologi-
ques l'ont dmontr: l'Espagnol accepted plutt
facilement l'immigr comme citoyen part
entire. C'est probablement d notre culture
mditerranenne qui nous pousse parler,
prendre contact avec l'autre." M.M.B.


lots-cls
Aragon; Pedro Coduras Marcn ; immi-
gration.






couvrir I'Europe Aragon


auec le local


En s'appuyant sur des organizations locales actives, le gouvernement aragonais mne des actions de
cooperation cibles dans une vingtaine de pays


otre politique de coo-
pration se singularise
des politiques menes
par les Franais, les
Britanniques ou les Belges, en ce sens qu'elle
est inconditionnelle", tient tout d'abord
souligner Pedro Coduras Marcn. Une par-
ticularit, pour ne pas dire une quality, qui
tient l'histoire de l'Espagne qui jusqu'au
milieu des annes 1990 tait encore bnfi-
ciaire net de l'aide de l'Union Europenne.
"Il n'existait donc pas une culture officielle de
cooperationn' o les entreprises de l'Etat du
Nord taient parties prenante des projects de
cooperation souvent mens dans les anciennes
colonies", explique le Directeur gnral de
la cooperation du gouvernement d'Aragon.
"Ce qui explique, poursuit-il, que dans notre
region, si une entreprise nous contact pour
bnficier de lettres d'introduction pour mener
des projects dans le Sud, nous leur disons qu'ils


peuvent y aller, mais sans nos introductions.
Nous sommes trs thiques."

Autre singularit de la cooperation aragonaise,
mais aussi espagnole, son caractre dcentrali-
s. Ainsi chaque region autonome, 17 au total,
de mme que les villes autonomes de Ceuta
et Melilla, possdent leur propre politique de
cooperation, laquelle s'ajoute la politique de
cooperation mene par l'Etat central. Ce der-
nier, au travers surtout de son agence de coo-
pration international (Agencia Espanola de
Cooperacion Internacional, AECI), s'arroge
la part du lion, soit 86% du budget total de la
cooperation espagnole. "La politique de coo-
pration en Espagne, surtout en Aragon, est
ne de movements de jeunes dans les annes
1990", pursuit Pedro Coduras, "et ce n'est
qu'en 2000 que le gouvernement aragonais a
adopt sa loi sur la politique de cooperation
internationale. Une loi qui, essentiellement,


dfinit et encadre les actions qui seront mises
en euvre sur le terrain par les ONG et les
dpartements concerns (eau, duction, sant,
etc.) du gouvernement regional.




"En 2007/2008, nous avons finance une
soixantaine de projects, dans 25 pays. C'est
encore beaucoup, mais avant nous tions
dans 40 pays et la dispersion tait encore plus
grande", pursuit le Directeur gnral. Parmi
ces 25 pays, 19 ont t dclars "prioritaires",
parmi lesquels on retrouve 10 pays d'Afri-
que et huit pays d'Amrique latine, don't la
Rpublique Dominicaine. Le budget allou
ces projects reste relativement faible, concde
Pedro Coduras : 0,2% du produit intrieur
brut (PIB), ce qui est peu compare certaines
rgions espagnoles qui y consacrent 0,5% de
leur PIB. Le Pacte espagnol contre la pauvret
prvoit que d'ici 2012, 0,7% du PIB de l'Etat
central et des communauts et villes autono-
mes sera consacr l'aide au dveloppement.
Pour y arriver, le gouvernement aragonais a
dcid d'augmenter son budget "dveloppe-
ment" de 20% chaque anne. "Nous avons
galement dcid de mener des projects int-
grs afin de gagner en efficacit, souligne
Pedro Coduras. Ainsi, si on construit une cole
mais que le pays ne dispose pas d'une bonne
politique scolaire, on perd son temps". Pour
ce Directeur gnral qui porte la double cas-
quette de responsible de l'immigration et de la
cooperation, il est urgent qu'un consensus se
dessine autour de ces deux questions, tant au
plan europen que regional. M.M.B.





mlots-cls
Pedro Coduras Marcn; cooperation;
Aragon; AECI.


COURRIER








































Le pari du gouvernement aragonais : transformer la region en
centre de passage oblig pour les marchandises en provenance
des grands ports d'Espagne. Reste un obstacle de taille lever :
la muraille quasi infranchissable des Pyrnes. Entretien avec Ins
Ayala Sender, dpute europenne socialist, native de Saragosse
et ardente partisan de la cause aragonaise.


a rg , .I llh,. 1,., .
enchi.. *. .. i ,u**...I ..
rgici., l'1. ,,..I-,.. ,.I
ouveIl .- II .i III.I
pose d'emble Ins Ayala, qii 11i..q ii. I I..
partage certes une frontire ...... I., i i.i..
son ouverture vers l'Europe, i,..1- ...11.. i. I.-
tire est constitute de pics b.'.,ii._n.i. ..r ..
Pyrnes, que les Aragonai i'.i....... i |iir
comme une muraille, un ob i....I. .n i i...
les routes sont souvent coup... ,. i .,. ,.,, ....
chutes de neige". La solution i ,111 i., ..l >.ii-
te europenne, elle se rsur ... '..i 1 ilr i i.
projectt n16", savoir le se .iir. i.... '.I ..,.
la liste des Rseaux de transports transeuro-
pens (RTE) retenus comme prioritaires par la
Commission europenne, et ce titre ligibles
aux fonds de l'Union Europenne.




Ins Ayala s'emballe : "Le project 16 est un
project d'envergure puisqu'il prvoit de relier
Algsiras (au sud de l'Espagne) et Sines au
Portugal, Paris, en passant par l'Aragon. Il
prvoit en effet un tunnel de basse-cte au
milieu des Pyrnes, l'instar du tunnel de
Perpignan et celui prvu en region basque".
Ce troisime passage ferroviaire devrait per-


plitiqu. Ide voisina. lUne pli.tique qui e..i.

doit pas se limiter aux pays de l'Est, comme lal..



Rus...sie, mais aui I I terrace." I
.. u.. ,l u.i .. l.. .,II. ... ". I l I l . ... I lu "..


. i *,.,. .I. ..'' I .Iii I .,' IIIIII,. I ,1 III 'i*,- .II



..gre de..i Iiara e, p ur l'heure su.. ..s-utilis ,
I,. n.. ...1 ", .I I I ".I III .I ,,. h .I I.. II '. I I

rseaux europlens, il est important de fire le
lien entire les rseaux transeuropens et notre
politique de voisinage. Une politique qui ne
doit pas se limiter aux pays de l'Est, come la
Russie, mais aussi la Mditerrane."

Le gouvernement aragonais n'a pas attend
le feu vert du project no16. La nouvelle grande
gare de Saragosse, pour l'heure sous-utilise,
jouxte la Plaza, gigantesque port-sec, prt
recevoir les marchandises en provenance des
principaux ports espagnols. Le rseau d'auto-
routes et de trains grande vitesse compltent
ce grand project de communication.
M.M.B.


mots-cls
TCP ; RTE ; project n016 ; Pyrnes ; Ins
Ayala Sender ; Aragon.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009






couvrir l'Europe Aragon


De la


du Pilar


en passant


par d'autres lumires


Qui parle de region pauvre ? L'Aragon est le berceau d'une myriade d'artisans et d'artistes, des
anonymes qui ont rig parmi les plus belles uvres de architecture mudjare d'inspiration
musulmane, en passant par le gnie de Goya qui a inspir tant d'autres peintres, sans oublier des
cinastes de belle pointure comme le surraliste Luis Bunuel ou le contemporain Carlos Saura.


I Goya, Saragosse 2008. MM Buckens


bizanda, au pied des Pyrnes
non loin du Parc Naturel
d'Ordesa, abrite un muse des
"Croyances et de la Religion
populaire des Pyrnes centrales". Bien
avant le Christ, et surtout la Vierge
Marie, veritable reprsentante de la chr-
tient en Aragon comme en tmoigne
la somptueuse basilique du Pilar
Saragosse, les Aragonais entrete-
naient dj un rapport troit avec le
S mystre. La chrtient en amplifie-
ra la drmnnntratinn Pnur preu-
k\ .. Ii. li.i......1.. i..1. li ..... IS-


tres, glises et mme cathdrales qui jalonnent le territoire et don't les
styles rivalisent de beaut.



Sensible, rustre, rebelle, gnial et, la fin de ses jours, seul. L'universel
Francisco de Goya y Lucientes voit le jour en 1746 dans le village de
Fuentodos. De l, il part tudier Saragosse, visit l'Italie, dmnage
la Cour de Madrid et meurt 82 ans Bordeaux en France. "Si
Goya est anticlrical, crit l'artiste franais Daniel Dezeuze propos
des dessins que l'artiste ralisera aprs ses heures de gloire la Cour
du roi Charles III, il n'est pas antireligieux. Mais il s'intresse ce
qui chappe la religion, rsiste ou se dfinit contre elle. Il dnonce
l'obscurantisme, mais en mme temps cet obscurantisme le fascine. Il
l'accueille dans ses dessins, ses gravures ou ses "peintures noires", avec
une comprehension qui n'ajamais eu lieu auparavant dans l'histoire de
l'art. Disparates, Proverbes, Caprices, Dsastres de la guerre tout cela
men de main de matre coups d'encre spia, de sanguine, de lavis
rouge, de pierre noire".
Goya qui hanta les penses non seulement d'autres innombrables pein-
tres mais aussi de cinastes comme Luis Bunuel, n en 1900 prs de
Teruel. L'auteur de "Un Chien Andalou", auquel le peintre Salvador
Dali collabore, voulut en 1927 graver sur pellicule la vie du peintre
mais abandonna le project. Il faudra attendre 2001 pour voir sur grand
cran les derniers jours de la vie de Goya, port par un autre grand
cinaste aragonais, Carlos Saura



Directement inspire de l'art musulman, l'architecture mudjare est flo-
rissante en Aragon. En particulier celle de Teruel dclare Patrimoine
de l'Humanit par l'Unesco en 1986. Une architecture qui combine
avec prouesse et harmonie la brique, le pltre, le bois et la cramique..
M.M.B.

mots-cls
Aragon ; Goya ; Vierge du Pilar ; Luis Bunuel ; Carlos Saura ; art
mudjar.


COURRIER















n a







sD *i t i a s.is










" l:IIIl *[:ll[tI
























s**i e se

l es s l f d'u s concer

so a i o* sn s* p* e p e e g


* C 5 A n s p p u a l l d d s5 o mi


ess s. s le q e d dm e r as il a




sn efe t issance du cla ffi euxdes tus dnsuneattqu d'neg randeb ruta- Le BVillaggi I soppola" s srno a





mondedsartisesetdesintellectulsnotam desenfantsdel'A friqus qui ont et dp svu se sm






Crativit


grs. Les Noirs sont les premiers en souffrir.
Mama Afrika, ambassadrice de la conscience
noire dans les annes 1960, avait voulu mon-
trer sa solidarity et son soutien cet endroit
que l'on surnomme le Soweto italien.

Miriam Makeba symbolisait la rebellion des
hommes et la rebellion d'une femme qui a
dvelopp sa recherche artistique au beau
milieu de tragedies familiales et en devant
faire face une kyrielle de problmes poli-
tiques et conomiques. Aprs une premiere
priode passe en Afrique du Sud, Miriam a
eu l'occasion de faire une tourne l'tran-
ger. Elle fut entire autres invite au Festival
international du film de Venise, pour presenter
Come back Africa, un documentaire sur la
vie des Noirs pendant l'apartheid. Le public
fut enchant de sa presence. A Londres, elle
rencontra Harry Belafonte qui l'emmena aux
Etats-Unis, o le succs fut au rendez-vous.
C'est vers cette poque que le gouvernement
d'apartheid, qui avait durci sa position avec
le massacre de Sharpeville, lui confisqua son
passport et lui retira sa nationality, allant
jusqu' interdire ses chansons : il faut dire
que Miriam Makeba avait voqu devant les
Nations Unies la sgrgation l'encontre des
Noirs d'Afrique du Sud, et qu'elle chantait
la rebellion des Noirs opprims par le colo-
nialisme. Elle connut cinq marriages agits,
notamment avec Stokely Carmichael, le leader
du parti des Black Panthers. Une union qui lui
valu de se faire dchirer de nombreux contracts
aux Etats-Unis. Elle a vcu en Guine o elle
tait galement dlgue pour les Nations
Unies et aprs la mort de sa fille unique de
25 ans, Sibongile, elle s'installa Bruxelles.
Elle rentra dans son pays la liberation de


Mandela, aprs 30 annes d'exil. Elle a ensuite
continue voyager et chanter, pour diffren-
tes causes Miriam Makeba prenait en effet
cur les problmatiques les plus loignes.

D'illustres personnalits lui ont rendu homma-
ge depuis son dcs, don't le vieux Mandela. Il
nous a toutefois sembl plus judicieux de nous
faire l'cho de la veille mortuaire sur le Web
et des messages de condolance envoys des
quatre coins du monde. Une faon de se rap-
peler, comme lors de vritables funrailles, un
ami ou une amie qui n'est plus de ce monde.
Voici quelques-uns parmi les centaines de
commentaires posts sur la vido du spectacle
de Pata Pata, avec Sibongile, sa fille alors
jeune. Ces commentaires montrent quel point
sa musique a traverse les frontires, jetant des
points entire les nations et les gnrations.

"Vous tes l'une des raisons pour lesquelles
je suis fier d'tre n en Afrique du Sud. Que
Dieu vous bnisse."
"En Sude, cette chanson illustrait un mes-
sage tlvis qui revenait frquemment sur
les ondes, un clip sur le recyclage du verre et
le respect de notre monde. Un super message
pour une superbe chanson."
"Au dbut des annes 1990, mon pre a achet
son greatest hit et il l'a pass en boucle pendant
des mois. J'aime ses sonorits, l'esprit, le mes-
sage de ses chansons... Dire qu'elle n'a jamais
t autorise revenir dans son pays d'origine
qu'elle chante si merveilleusement."
"Maman tait ta plus grande fan. Mama Africa,
je me souviendrai toujours de cette chanson
que ma maman me chantait en me mettant au
lit. Mama Africa, tu nous manques dj."
"Gracias Miriam por tu music. Y gracias por


venir aquella vez y Ilenarnos de ese espiritu de
lucha. Aca en Chile por lo menos nunca seras
olvidada" ("Merci Miriam pour ta musique.
Merci d'tre venue nous encourager nous
battre. Ici au Chili, nous n'oublierons rien de
tout cela").
"Mama Africa, tu t'es battue contre l'apar-
theid, tu nous as grandis alors que nous tions
opprims. Tu ne sauras jamais quel point ta
musique et tes combats ont compt pour nous.
Tu nous manqueras Mama."
"Tu as t un modle pour toutes les femmes,
mais surtout pour nous, les Africaines."
"Elle est venue mourir dans mon pays, quelle
plus belle fin que mourir sur scne pour une
femme comme elle."
"Je suis blanc, je parle afrikaans et je suis sud-
africain, mais je l'aimais moi aussi !"
"J'ai grand avec sa musique, au Mozambique.
Elle a beaucoup compt dans ma vie. Merci
Mama".
"Adios miriam saldame a los negros color
de mi sangre alla en el cielo y que siga el Pata
pata.... dios te bendiga" ("Adieu Miriam, qui
est l-haut. Salue l-bas les Noirs c'est ma
couleur, et prends soin de Pata Pata... Dieu
te bnisse").
"Comme diraient les Indiens : Jai Mama
Afrika."
"Le Soudan t'aime pour l'ternit Miriam.
Tu es pour nous une veritable lgende et une
chanteuse et une activist que nous respec-
tons."
"Elle a insuffl son nergie au movement des
droits civiques dans les Etats-Unis de la fin
des annes 1960. Elle a jou un rle cl en sen-
sibilisant les Afro-amricains leurs racines
africaines, don't ils peuvent tre fiers."
"Nos do Brasil sempre te amaremos Miriam!
Saudades! Descanse em paz" ("Le Brsil te
portera toujours dans son cour Saudades
Repose en paix").
"Ton sourire, tes vibrations nous rappellent
qu'un nouveau monde est possible... De
Montevideo, Uruguay."
"Mama Afrika, ton activisme a eu un prix,
mais tu as continue donner. Ta voix est si
puissante qu'aucun gouvernement et qu'aucu-
ne maison de disques n'a pu la faire taire."
Voil ce que Miriam Makeba reprsentait, aux
quatre coins du monde, jusqu' la fin de ses
jours. M





mots-cls
Miriam Makeba ; musique africaine;
Afrique du Sud ; apartheid ; colonialisme ;
Nelson Mandela ; Panthres noires/Black
Panthers ; Roberto Saviano ; Italie.


COURRIER






Crativit







PICISSO et les matres africains


Trois muses de Paris, les Galeries
Nationales du Grand Palais, le

T rois muses de Paris, les Galeries
Louvre et Orsay*, et la National
Gallery de Londres** rendent
un hommage exceptionnel au gnie "anda-
lous", Pablo Picasso travers une exposi-
tion "Picasso et les matres", en l'occurrence
les artistes europens comme Delacroix (Les
femmes d'Alger) ou Manet (Le djeuner sur
l'herbe), qui lui avaient servi de modles
et don't il avait explore certaines uvres du
mimtisme parfait jusqu'aux dstructurations
des plus fantasques. Cette exposition ne cou-
vre pas explicitement les affinits africaines
de Picasso. Mais celles-l y sont toujours
prsentes car elles ont fait, depuis la rencontre
de l'artiste avec l'art africain, parties intgrante
de sa creation, modelant sa conception de
l'art. C'est l'opinion qu'avait dfendu Andr
Malraux, l'un des plus grands critiques d'art
du XXe sicle.

Diffremment de "Picasso et les matres",
deux expositions avaient permis d'approfon-
dir la rflexion sur cette influence. La plus
rcente a t "Picasso et l'Afrique" monte
par le Muse Picasso spcialement pour tre
prsente Johannesburg et Cape Town
en 2006, o l'on pouvait admirer quelques
dizaines d'uvres de Picasso et de pieces
africaines plus ou moins semblables celles
qu'il avait collectionnes ou qui l'auraient
inspire. Pas beaucoup de pices majeures
dans cette exposition qui avait plus une valeur
symbolique, ayant t la premiere sur ce
thme en Afrique. Quelques annes plus tt,
1995-1996, il y eut "Picasso Afrique, Etat
d'esprit" organise Beaubourg (Centre d'art
contemporain Georges Pompidou), Paris par
Jacques Kerchache. Exceptionnel Kerchache
fut l'un des meilleurs experts et passionns
des arts dits "autres", c'est lui qui avait orga-
nis Paris la premiere exposition mondiale
de grande envergure sur l'art des Tainos de
la Carabe et qui est surtout le concepteur du
Muse du Quai Branly.

Mais plusieurs amateurs de muses imaginai-
res comme Guillaume Apollinaire qui avait
dnomm Picasso "L'oiseau du Bnin" ou
surtout Andr Malraux avaient dj mis la
lumire sur l'africanit de Picasso et fait le
rapprochement entire plusieurs de ses uvres
et leurs modles africains. Tout amateur d'art


peut spontanment tracer l'esthtique afri-
caine dans les tableaux et sculptures cubistes
et naturellement dans les pices de Picasso qui
aurait cre le cubisme avec Les Demoiselles
d'Avignon dans lequel il a introduit des l-
ments de masque africains comme les visages
des deux personnages de droite. Il aurait fait
la rencontre de l'art d'Afrique alors qu'il avait
dj entam cette uvre. "Les Demoiselles
d'Avignon" est-elle la premiere uvre cubis-
te ou la premiere uvre ayant adopt des
lments de l'art ngre ? Picasso aurait-il
appris de l'Afrique des "trucs" comme trans-
former une courbe convexe en concave ?
Certainement oui mais c'est anecdotique.

Picasso n'tait pas le seul tre attir par cet
art nouvellement dcouvert, il y avait Matisse,
Braque et tant d'autres mais eux ne semblaient
pas en avoir subi une catharsis d'une telle
envergure. L'poque continuait voir l'art
africain comme folklorique et l'emprisonnait
dans les muses ethnographiques sous pr-
texte de son anonymat.

Cette rencontre entire un homme et les chefs
d'uvre d'un continent a t capital pour
Picasso, pour sa vision de l'essence de l'art,
pour la perception de l'art en Occident. Ce
n'est pas simplement d'avoir compris que
l'art ngre n'tait pas un simple style, mais
c'est d'avoir identifi son impact comme une
revolution, un art ne copiant pas mais recrant
le monde, les masques ngres ne renvoyant
aucun rel prexistant.

Ce qui avait le plus frapp Picasso, sous-
entend Malraux, c'tait moins les formes,
"l'anguleuse parent" qu'on allait retrouver
dans son ou ses cubismes et chez les autres
cubistes. Malraux fait remarquer qu'aprs les
hautes poques de l'art ancien, de l'Egypte
au Mexique ou au gothique europen et une
mise en honneur des primitifs chrtiens et de
la sculpture gothique, l'art tait rest "une
volont d'imitation, d'illusion ou d'expres-
sion" donc une interpretation du rel. "Picasso
seul, affirme-t-il lorsqu'il dcouvrit le Muse
du Trocadro, ressentit leur caractre magi-
que, indifferent ses amis". Magique dans le
sens o l'art anticipait le rel. Et il continue
: "Si nous sommes frapps par le sentiment
de magie que Picasso, seul entire les peintres,
prouve au Trocadro, c'est qu'il va changer


I L'intemporel', Andr Malraux Gallimard
la peinture..." surtout sa peinture.

Ce n'tait pas un enchantement, c'tait une
maeutique qui forait Picasso accoucher
d'un art qu'il ne pressentait pas avant. Il tait
donc le premier peintre pour qui l'art ngre
ait eu un sens, lui qui a affirm que "les mas-
ques disent que les choses ne sont pas comme
on croit, elles sont trangres, ... ". Dans le
fouillis de la collection d'uvres "primiti-
ves" du Trocadro, auprs de tout ce qui s'y
trouve d'art ngre, les pices Nago ou Fong
du Dahomey, Fang ou Punu du Gabon, Bemb
du Congo, Bambara ou Dogon du Mali, etc.,
il va se questionner, questionner la vision de
son monde sur l'art. Il avait trouv des matres
qu'il n'avait pas besoin de dstructurer. Il se
contentera humblement de crer des pices en
cho aux leurs, sans avoir eu besoin de faire le
plerinage en Afrique. C'est peut-tre li la
leon premiere qu'il avait reue de ce conti-
nent : l'art dpasse les temps et les spaces.
H.G. M
"Picasso et les maitres" :
Paris : Galeries Nationales du Grand Palais (plus Le Louvre
et le Muse d'Orsay), du 8 octobre 2008 au 2 fvrier 2009.
Londres (sous le titre : Picasso : Challenging the Past) :
National Gallery, du 25 fvrier au 7 juin 2009.
Invitation la lecture :
Andr Malraux, L'intemporel, Editions Gallimard (1976),
488 p.
Andr Malraux, La tte d'Obsidienne, Gallimard (1974),
288 p.

llots-cls
Art figuratif; art africain ; Pablo Picasso;
Delacroix ; Manet ; Matisse ; Braque;
cubisme ; Nago ; Fong ; Dahomey ; Dogon;
Bambara ; Bemb ; Fang ; Punu ; Andr
Malraux ; Afrique ; Jacques Kerchache.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009





















































mots cls
FESPACO ; cinma africain; Festival;
Ouagadougou; Burkina Faso; films.
Ouagadougou; Burkina Faso; movies.







L veiet















Le lieu:^TB^g^iZTT^^^^^^^^^^^^^^^^^^^








Srux plus jeunes


* Plus tard
** Devrions-nous partir ?
***Oui !


I Johan de Lange, Vis stories, Africa Comics 2002. o Laimomo


La crise ECOnomlQUE


"crise conomique" qui a com-
menc aux Etats-Unis et qui se
propage dans le monde. Partout
o elle arrive, les gens ont peur de perdre leur
argent et de ne plus avoir de travail. C'est quoi
cette cruise ?

Le commerce veut dire que des magasins ven-
dent des products et que les gens achtent avec
de l'argent. Les gens garden leur argent dans
les banques qui peuvent le prter d'autres
en prlevant des intrts. Les banques ont
d'autres activits. Pour elles-mmes ou pour
des clients, certaines achtent et revendent des
"actions" des entreprises. Une action est une
part. Si une entreprise a 1.000 parts, chaque
action vaudra un millime de sa valeur total.

Aux Etats-Unis, durant ces dernires annes,
les banques avaient prt trop d'argent des
gens qui voulaient acheter des maisons mais
qui ne pouvaient pas tout rembourser parce
qu'ils ne gagnaient pas assez. Pour payer
ces dettes, ces gens ont contract d'autres
emprunts avec de plus gros intrts. Et ainsi
de suite. Les banques qui leur avaient prt


se sont endettes auprs de plus grosses ban-
ques. C'est ce qu'on a appel "la bulle immo-
bilire". La bulle a clat. Les banques et
les companies d'assurance ont commence
chasser de leurs maisons ceux qui leur
devaient de l'argent. Plusieurs centaines de
milliers de personnel ont ainsi perdu leurs
demeures et sont revenues plus pauvres et ne
pouvaient plus se procurer des biens comme
les voitures.

Beaucoup d'entreprises qui fabriquent ces
biens ont commence faire faillite. Les
"actions" ont perdu de leurs valeurs. Alors la
"Bourse" baisse ; la Bourse est le lieu o l'on
achte et vend les actions. Des banques ont
aussi fait faillite. L'Etat amricain a d venir
au secours de certaines d'entre elles pour que
les citoyens ne percent pas les avoirs qu'ils y
avaient dposs.

Les banques en Europe ou dans d'autres
endroits qui avaient des affaires en commun
avec les banques imprudentes des Etats-Unis
ont donc ainsi perdu des fortunes. Dans tous
ces pays riches, des entreprises ferment ou
risquent de former car elles ne trouvent pas


de banques pour leur faire credit. Et leurs tra-
vailleurs sont menacs de chmage.

Comme les pays riches ont peur, il y a un
risque qu'ils investissent moins dans les pays
pauvres, que leurs citoyens conomisent leur
argent et n'aillent pas passer les vacances
ailleurs et achtent moins de products venant
des pays pauvres. La plupart de ceux-ci qui
avaient fait des efforts ces dernires annes
pour se dvelopper, fabriquer des bons pro-
duits pour l'tranger et ne sont pas srs de
pouvoir les vendre. Ils risquent entire autres
aussi d'avoir moins d'aide des pays riches
et enfin de recevoir moins d'argent de leurs
citoyens qui vivent dans les pays riches. Ils
subiront donc durement la crise alors qu'ils
n'en ont pas t la cause. Beaucoup d'entre
eux veulent qu'il y ait une autorit mondiale
pour surveiller les banques et les Bourses, et
qu'ils soient reprsents dans cette organisa-
tion de contrle H.G. M


mots-cls
Crise financire ; jeunesse ; banques ;
Etats-Unis ; Stock Exchange ; companies
d'assurance.


N. 9 N.S. DECEMBRE JANVIER FEVRIER 2009










La parole




aux lecteurs


J'adhre totalement votre point de vue (voir
article "L'histoire naturelle des muses cam-
erounais", numro 4, p. 62). Si nous voulons
conserver notre identity, nous devons tre
capable de trouver et de protger les objets
qui nous ont reprsents jadis. J'espre que
notre Ministre de la Culture consacrera plus
d'efforts au enforcement de ce domaine.
Moka Ndolo (Cameroun)


Pour moi, le Courier ACP-UE n'est pas seule-
ment intellectuellement enrichissant et stimu-
lant, il est galement ducatif et divertis-
sant. Vos articles politiques sont trs incisifs et
vos articles sur des sujets conomiques sont
bien documents. Le magazine attire notre
attention sur des vnements conomiques et
politiques, environnementaux et culturels en


Vos points de vue et
vos reactions
nous intressent.


N'hsitez pas nous
en faire part.
Afrique, dans les Caraibes et dans le Pacifique.
En tant qu'crivain et chercheur, je considre
que le Courier est une aide trs prcieuse la
recherche.
Sincres salutations,


Chiedu Uche Okoye
(Etat d'Anambra, Nigeria)


Adr e Le Corre 45,Ru de Trv s100Bue lle (Begiue
c rel: *s- river site itre e cou r




















Calendroier Mars Avril 2009


mars 2009
> 27-29 eLearning Africa 2009, Dakar
(Senegal)
http://www.elearning-africa.com/

fluril
> 1-3 Runions prparatoires pour la 16e
Assemble parlementaire ACP,
Prague

> 1-3 Colloque cultural. Les partenaires
de l'UE et des pays ACP se ren
contreront au Palais d'Egmont pour
discuter de la culture et du develop
pement, Bruxelles (Belgique)


> 2 "What is Europe offering Africa"
(Quel est l'apport de l'Europe
l'Afrique ?) Le pour et le contre
des APE Londres (Royaume-Uni)

> 4-9 Assemble parlementaire commune
ACP-UE,
Rpublique tchque

> 14-15 CTA/ECPDM, dialogue sur les dfis
des marchs agricoles en volution
dans le context du commerce
ACP-UE, Bruxelles (Belgique)


> 15-16 Secrtariat ACP, Runion des Chefs
Ngociateurs sur l'tat des lieux des
APE, Bruxelles (Belgique)

> 25-27 Conseil des ministres ACP, Bruxelles

> 30 CARIFORUM-UE Sommet commer-
cial, Port of Spain (Trinit et Tobago)
a


COURRIER








SL I (I I II 1'11 I I
h 1' iIffique Paifique
et pays de MlT['UlninErpee


CARABES ,
Antigua et Barbuda i 1........ t 1 i.. ,i- Belize Cuba Dominique Grenade Guyane Haiti
Jamaique Rpubliqi L.- 1:''....... 1"..- Saint Christophe et Nevis Sainte Lucie Saint
/4e ie 1 rTijnes Suriname Trinit etTobago



















1 1 I l l l J L 1.1 I
i, I I I il ..1
C



-=l il,, l = l i ll-I. I, I l I ll, I,=- \l l l h, ,

IIII III


Les listes de pays publies par Le Courrierne prjugent pas le statut de ces pays, territoires et dpartements, ni l'volution de ce statut.
Le Courrierutilise des cartes de diverse origins. Cette reproduction n'implique la reconnaissance d'aucune frontire particulire ni ne prjuge le statut d'aucun Etat ou territoire.


.-:_ -^ . -'
': , _


t-
fA--


t ji
2
.... ... .- .' :


PACIFIQUE
Miles Cook Fidji Kiribati Iles Marshall Etats Fdraux de Micronsie Nauru Niue Palau
Papouasie Nouvelle Guine Iles Salomon Samoa Timor Leste Tonga Tuvalu Vanuatu
/


tr t
S ... ..


, w. ,.
^ ~~i l
4
/ *
*'* *
}.

*- "^ ;


-.I, ,ii,- IE. i.ie Finlande
.-'bLi rrl1 1.1 ii.- Pays-Bas

i-I










































































































Ne peut tre vendu
ISSN 1784-682X