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Courrier (French)
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 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 06-2008
Copyright Date: 2008
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00026

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I








N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008


;COURRIER
LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS AFRIQUE CARABES PACIFIQUE ET UNION EUROPENNE


Sommaire
LE COURIER, N.6 NOUVELLE SERIES (N.S)


EDITORIAL
Quand une belle image s'estompe

POINTS DE VUE
Accrotre l'efficacit de l'aide : une perspective ACP
Il faut des actions, pas des paroles

TOUR D'HORIZON

DOSSIER
Crise Alimentaire
Crise -graines de colre, graines de changement
Quand l'agriculture s'invite la table des grands
"Il nous faut une politique agricole mondiale"

Questions ouvertes
Le potentiall considerable" de l'Afrique
Pacifique : une scurit relative
Les Carabes s'interrogent sur leur dpendance
aux importations

INTERACTIONS
La consideration de la Slovnie
pour l'Accord de Cotonou
Cooperation UE, la Runion et Ocan Indien
La governance dans tous ses tats Ljubljana
Etudier les aspects positifs des migrations

COMMERCE
Et si le Mozambique devenait
un dragon conomique africain ?

ZOOM
Une journe dans la vie de Derek Walcott

DE LA TERRE
Dploiement de satellites pour lutter
contre la pauvret


REPORTAGE
Ghana
3
Le Ghana moderne, loin du Ghana ancien
Prparer les lections de dcembre
4
Providence, prudence et preparation
Nouvelle aide de l'UE pour la gouverance et le transport
8 Un rle pivot dans la region
Le Ghana -accueillant l'excs
Restaurer le pass au profit de l'avenir


DECOUVRIR L' EUROPE
La Runion


Essence de cultures. Evanescence de prjugs
Histoire


18 Vocabulaire pour comprendre l'histoire
20 Le bas de laine de la Runion, la haute technologies
"Jusqu' quand ?"
22 Teixeira da Mota, premiere mre de la Runion
et autres histoires


Neige et feu sous les tropiques
Presque 2 milliards de l'UE pour booster
l'conomie runionnaise


25 CREATIVITY

27 Afrique in visu: rencontres de photographs en ligne
La culture contemporaine au Sngal:
Dak'Art 2008 'Afrique : Miroir ?'
Mme poids, mme measure pour les
20 'anti-hros' du Zimbabwe

Athltisme jamacain : un modle pour le monde


La provocation affectueuse
AUX PLUS JEUNES
On a faim!

A VOTRE ECOUTE/AGENDA


LE

































































































































































Nandipha Mntambo, Les combatants, plusieurs dimensions, cuir, rsine,
polyester, corde huile 2006 Avec Ilaimable autorisation de ZA young art from
South Africa, Palazzo delle Papesse Sienne


Il_~L; *"
CC








editorial


es dernires nouvelles d'Afrique du Sud
n'taient pas bonnes. Et le malaise de la plu-
part des commentateurs tait manifeste. C'est
que l'image du pays qui a ralis ce qui est
probablement la revolution la plus sympathique du
vingtime sicle, celle qui avait pour ancrage l'huma-
nisme, le pardon et l'empathie, venait d'tre ternie par
quelques groups de nervis qui s'en prenaient sans dis-
cernement aux trangers plus vulnrables qu'eux, les
immigrs africains les ctoyant dans l'indigence des
banlieues dshrites. Pire, les petits groups de bru-
taux qui avaient commenc ont fait cole et l'Etat a d
aprs une priode de tergiversation dployer de gros
moyens pour juguler la chasse au bouc missaire.

Une belle photo s'est comme voile sinon chiffonne.
Quelque chose de grand s'est ratiocin.

Ces dbordements horrible ont toutefois permis d'en-
richir la rflexion sur les questions d'immigration.
D'abord de se rendre compete que le plus grand poids
des rfugis originaires de pays pauvres est sur
l'paule d'autres pays pauvres. On apprenait que les
seuls migrs du Zimbabwe en Afrique du Sud attei-
gnaient le chiffre de trois millions. Et plusieurs pays
africains beaucoup plus dmunis que l'Afrique du Sud
hbergent des nombres impressionnants de migrants
de territoires voisins.

Le hasard a fait que les ministres du Groupe Afrique,
Carabes, Pacifique tinssent leur Conseil au moment
o la situation n'tait pas encore tout fait calme en
Afrique du Sud pour lancer l'observatoire ACP sur les
Migrations. Le Courrier en rend aussi compete. C'tait


l'occasion pour certain d'entre eux d'appeler leurs
collgues prendre des measures lgislatives fermes
contre toutes formes de racism et de xnophobie.
Cette fois-ci un appel de cette sorte ne visit pas des
pays dvelopps mais les membres de la famille ACP.
De quoi gner des donneurs de leons.

Nous rendons compete des nouvelles du front de la
cruise alimentaire. C'est notre grand dossier. O il
apparat que des rgions pauvres dtiennent parfois
beaucoup plus d'atouts qu'on ne le croit. C'est le cas
de plusieurs pays d'Afrique et du Pacifique. Nous y
apprenons aussi qu'il n'y a pas de rel manque de pro-
duits alimentaires. Ce qui ferait dfaut c'est une rpar-
tition de la production garantissant la scurit alimen-
taire de tous. Ainsi, le manque le plus important rsi-
derait dans l'absence d'une politique agricole global.

Certains en ont pris plus conscience que d'autres.
C'est certainement le cas de le Runion qui fait l'objet
de la rubrique de dcouverte de region d'Europe de ce
numro de notre magazine, et qui a t le promoter
d'une stratgie de co-dveloppement de l'Ocan
Indien, avec ses voisins de Madagascar, Maurice,
Seychelles et Comores, qui se dploiera sur de nom-
breux axes allant d'une flotte de pche commune la
surveillance des changements climatiques et la
migration entire les les, d'entreprises et de travail-
leurs. Une image s'embellit.




Hegel Goutier
Directeur et Rdacteur-en-chef


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008
































a Declaration de Paris de 2005 a vu les
ministres des pays dvelopps et en
dveloppement atteindre un "consen-
sus global sans prcdent" au sujet
d'actions tangibles et de grande envergure
adopter pour amliorer de manire significative
l'octroi et la gestion de l'aide au dveloppe-
ment. Cette decision a t prise dans le context
des Objectifs du Millnaire pour le dveloppe-
ment, tablis par la Dclaration du Millnaire
des Nations Unies, mais aussi en rfrence au
consensus de Monterrey qui, en 2002, a dfini
une augmentation proportionnelle de l'aide
publique au dveloppement (APD) jusqu'
0,7% du RNB (Revenu national brut) des pays
donateurs d'ici 2015.
La Declaration de Paris a mis en evidence cinq
grands principles : appropriation, alignement,
harmonisation, rsultats et responsabilit
mutuelle. Elle a galement dfini 12 indicateurs
de progrs, assortis d'objectifs cibles atteindre
pour 2010. Nanmoins, l'valuation de l'aide
fournie depuis la publication de la Dclaration de
Paris et de l'impact de cette aide montre que la
ralit n'incite gure l'optimisme. Pour cette
raison, le 3e Forum haut niveau, qui s'est tenu
Accra, a t organis au moment opportun pour
recentrer l'attention des donateurs et des pays
partenaires sur ce qui avait t convenu Paris.
On comprendra qu'il est vain d'entamer un
dbat sur l'efficacit de l'aide si le volume de
celle-ci n'a pas t augment. Selon les prvi-
sions actuelles, il y aura bientt une reduction
du volume de l'APD, et ceci affectera surtout
les Etats pauvres et fragiles. Cette volution
possible risque de compromettre le consensus
de Monterrey et de mettre en pril l'atteinte
des OMD. L'UE, don't la contribution l'aide
au dveloppement a chut en 2007, a dclar
sa volont de redoubler d'efforts pour veiller
ce que ses contributions lui permettent d'at-
teindre l'objectif du doublement de son APD
d'ici 2010 et de tenir les engagements qu'elle
a pris l'horizon 2015. Je tiens, au nom du
group ACP, remercier l'UE pour ses efforts.


Toutefois, tous les donateurs et les pays bnfi-
ciaires doivent prendre des measures plus
immdiates afin de raviver l'enthousiasme qui
avait men la Dclaration de Paris. La ques-
tion de l'appropriation revt une grande impor-
tance pour les pays bnficiaires, qui doivent
en effet pouvoir se sentir "copropritaires" du
processus de mise en euvre de l'aide. La
declaration de Paris prvoit d'aligner la measure
de l'appropriation sur la \.... ..' de lutte
contre la pauvret du pays concern. Une tude
conjointe UE-ACP a rvl que, en ralit, ce
processus avait pour effet de limiter les possi-
bilits d'accrotre l'appropriation**.
La question est de dterminer qui connat le
mieux les problmes d'un pays qui ncessitent
de l'aide. Trs souvent, les agencies gouverne-
mentales et mme les membres de la socit
civil sont plus au courant des problmes que
les agencies de donateurs. Toutefois, pour assu-
rer la responsabilit de l'aide, les agencies de
donateurs s'impliquent dans le processus plus
qu'il n'est ncessaire. Le group ACP, le plus
grand bloc de pays bnficiaires d'aide, estime
qu'il est possible d'amliorer l'appropriation
par la confiance et le dialogue clair.
Pour le group ACP, la "prvisibilit" de l'aide
constitute une autre preoccupation. Les retards
accumuls dans l'octroi de l'aide crent
immanquablement des problmes pour les
gouvernements des pays bnficiaires. Pour
remdier ce problme, l'introduction par
1'UE de contracts relatifs aux OMD constitute
un pas dans la bonne direction. Tout aussi
proccupante est la ncessit d'amliorer la
cohrence des diverse politiques menes dans
certain secteurs trs important pour les pays
en dveloppement, savoir l'agriculture, le
commerce, l'investissement et la migration.
Afin d'assurer cette cohrence, il imported
d'aligner les politiques par donateurs et bn-
ficiaires, cela pour veiller ce que les efforts
d'accroissement de l'efficacit de l'aide rali-
ss dans un domaine ne crent pas d'obstacles
dans un autre domaine.


En effet, certaines questions concernant les
pays bnficiaires, par example la capacity
d'absorption de l'aide, sont autant de
contraintes pratiques qui ne peuvent tre igno-
res par aucune des parties prenantes. C'est
cependant surtout pour cette raison prcise que
la Declaration de Paris a t adopte. Quant
aux pays bnficiaires, il devrait aussi leur
incomber de redoubler d'efforts, au niveau
tant bilatral que multilatral, pour sensibiliser
les donateurs, y compris les nouveaux mem-
bres comme la Chine, l'Arabie saoudite et le
Venezuela, la ncessit d'adhrer certain
engagements important tels que ceux qui ont
t exprims aux conferences de Monterrey et
de Paris. Telle est la seule faon de nous recen-
trer sur une lutte efficace contre la pauvret et
d'atteindre les OMD. *

*WorldBank, Ci .1 .1 .... i .I .... MDGsand
the Environment; Washington DC, p. XIX.
** Assemble parlementaire paritaire ACP-UE, Commission
du dveloppement conomique, des finances et du com-
merce, 03.03.2008, [DT\704928EN & APP 100.249]


COURRIER








































Trois ans aprs l'engagement des bailleurs de fonds amliorer l'efficacit de l'aide,

leur crdibilit sera bientt mise l'preuve : lors de leur runion Accra, au Ghana,

ils devront en effet montrer qu'ils sont capable de passer de la rhtorique l'action.


1 arrive parfois que les questions les plus
simples nous laissent perplexes. C'est ce que
je me suis dit lors d'une conference donne
devant des tudiants italiens, o l'un des
jeunes m'a demand : "Mais pourquoi la pau-
vret existe-t-elle malgr tous les efforts
dploys dans le cadre des politiques de dvelop-
pement ?" Si la question avait t pose par un
expert, j'aurais pu rpondre plus facilement.
J'aurais parl des indicateurs de pauvret et rap-
pel que le nombre d'enfants scolariss a aug-
ment de 24% au course des cinq premires
annes de ce sicle etj'anii r,.. i. u, du JMcr i. e.
avant le rle de la politique de dveloppement. Il
n'empche et c'est finalement l l'essentiel -
cet tudiant a raison : la pauvret absolue svit
encore grande chelle, et nous devons donc
nous attaquer plus efficacement ce phnomne.
C'est pourquoi la runion Accra doit tre un
succs. Il ne s'agira pas de ritrer les engage-
ments pris au titre de la Dclaration de Paris de
2005 et de rpter l'envi que nous voulons
coordonner l'aide au dveloppement. Non.
Lorsque les ministres des pays bailleurs de
fonds et des pays en dveloppement se runi-
ront du 2 au 4 septembre pour mettre sur la table
la problmatique de l'efficacit de l'aide, ils
devront passer de la rhtorique l'action. Et ce
sera le test dterminant pour le Forum d'Accra.
Comme toujours, ce sera avant tout aux pays
bailleurs de fonds de faire preuve de cette capa-
cit. Mais nos pays partenaires seront gale-
ment mis l'preuve : ils devront en effet la-


borer une vision des changements qu'ils sou-
haitent apporter dans leur pays, assumer la res-
ponsabilit des programmes et les mettre en
uvre. Mais c'est nous qu'il appartient de
veiller ce que les montants dgags soient uti-
liss bon escient. En effet, en 2007, la
Commission europenne et les Etats membres
ont dpens eux seuls 46 milliards d'euros,
soit plus de la moiti de l'aide officielle au
dveloppement l'chelle international.
Certes, l'UE a ralis des progrs considrables
au course de ces trois dernires annes, et les
examples prometteurs ne manquent pas, notam-
ment dans le domaine de la coordination de
l'aide. Il lui reste pourtant un long chemin
parcourir. Car nous devons passer de cette
phase "exprimentale" une action bien plus
grande chelle. Et, au lieu de signer une dcla-
ration rdige avec talent, prpare l'avance
par les ambassadeurs, nous devons promouvoir
un,-i~i -r.., i r it. i d'aboutir un plan d'action
concrete, que chaque donateur et pays partenaire
devra respecter. Concrtement, la Commission
europenne propose de se concentrer sur quatre
grands domaines d'action:
Prvisibilit de l'aide. Les bailleurs de fonds
doivent adopter systmatiquement des pro-
grammes pluriannuels soutenus par des engage-
ments financiers pluriannuels. L'annualit du
budget n'est pas une excuse. La Commission
europenne connat ce principle depuis une
dizaine d'annes !
Utilisation des systmes des pays en dvelop-


pement. Pour limiter la bureaucratic pesant sur
les pays en dveloppement, les bailleurs de
fonds devraient s'aligner davantage sur les sys-
tmes des pays bnficiaires et adapter leurs
contributions aux cycles budgtaires, aux
cadres rglementaires et aux procedures de pas-
sation de march de ces pays.
Une approche fonde sur les rsultats. Plutt
que d'imposer des conditions politiques prala-
bles qui ne laissent gure de choix aux pays en
dveloppement et peu de place aux dbats poli-
tiques l'chelon national, nous devrions les
aider se rapproprier ces politiques. Les pro-
grammes d'assistance doivent tre axs sur des
rsultats et des rsultats concrets et mesurables,
le pays partenaire occupant un rle essential.
Partage des tches. Afin de limiter le nombre
de bailleurs travaillant dans un pays en dvelop-
pement et laisser le terrain aux organizations
possdant un maximum de savoir-faire, les bail-
leurs de fonds doivent coordonner leur travail.
Il ne sera pas facile d'imposer une telle vision.
Certains bailleurs de fonds prfreront s'en
tenir des formulations lgantes plutt que
d'opter pour des actions concrtes, tandis que
certain pays partenaires s'empresseront de
rabcher une rhtorique suranne plutt que
d'assumer leur part de responsabilit et rfor-
mer les systmes victims d'une mauvaise gou-
vemance. Pourtant, il n'y a pas d'autre choix
que d'essayer ensemble l'chelon europen et
l'chelon national si nous souhaitons donner
une rponse positive nos plus jeunes. *


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008


=-imll


















Oriol Freixa Matalonga*


De nouuelles priorits culturelles



pour la COOPERRTIOn espagnole


Le gouvernement du Premier ministry
espagnol, Jos Luis Rodriguez Zapatero,
est bien dcid faire de la culture un
objectif de dveloppement human.
Lance la fin 2007, une stratgie inno-
vante marquant un changement radical
de la relation entire la culture et le dve-
loppement porte present ses fruits. A
l'chelon international, la signature par
l'Espagne de la Convention sur la protec-
tion et la promotion de la diversity des
expressions culturelles de l'UNESCO
(Organisation des Nations unies pour
l'ducation, la science et la culture) mon-
tre que ce pays est rellement convaincu
que la diversity culturelle est un moteur
pour le dveloppement.

Les pays ACP s'apprtent profiter de cette nouvelle priorit
accorde la culture et au dveloppement. Ce secteur est l'un
des 11 domaines focaux de la politique espagnole de coopra-
tion au dveloppement. Au sein de celui-ci, sept nouveaux
domaines d'action sont mis en place peu peu : la formation du capital
human pour la gestion culturelle ; les aspects politiques de la culture ;
les aspects conomiques de la culture ; l'ducation et la culture ; le patri-
moine cultural; la communication et la culture et les droits culturels.
Des programmes spcifiques comme ACERCA (gestion culturelle) et
FORMART educationn et culture), ainsi qu'un soutien aux entreprises
nouvellement cres ont t mis en place. Le programme de bourses
pour la cooperation scientifique est en course d'largissement et ses res-
sources revues la hausse, afin de promouvoir la cooperation interuni-
versitaire avec les tablissements d'enseignement suprieur d'Afrique
et d'Amrique latine.
La mise en euvre de Plan Africa promeut une plus grande ouverture


aux pays du Groupe ACP et, en particulier, ses membres africains. Le
Rseau des centres culturels espagnols l'tranger (151 centres dans
107 pays) a t renforc, tout comme les spaces ddis aux changes
et au dialogue culturels grce la creation de Casa Africa, Casa Arabe,
Casa Asia, Casa Sefarad et Casa Amrica Catalunya. Un rseau de
bibliothques arabes bnficie galement d'un soutien accru et le forum
de soutien du cinma de l'hmisphre Sud a vu le jour. Paralllement
cette srie d'initiatives, la nouvelle Banque des bonnes pratiques des
projects culturels et de dveloppement compile les rsultats les plus pro-
metteurs et value l'impact de la cooperation culturelle.
L'Espagne a galement revu la hausse son soutien aux institutions
multilatrales axes sur la culture, comme les initiatives finances par
l'UNESCO en faveur des rgions africaines et l'initiative d'espace cul-
turel ibro-amricain afin de leur permettre de crer de nouveaux pro-
grammes ambitieux. Elle a galement renforc sa presence au sein des
organizations et des institutions internationales ddies la culture.
En outre, le Fonds pour les Objectifs du Millnaire Espagne-PNUD
(Programme des Nations Unies pour le dveloppement) a rcemment
fait de la culture et du dveloppement l'une de ses cinq grandes priori-
ts, affectant plus de 95 millions de dollars cette cause. Plusieurs pays
ACP competent parmi ses premiers bnficiaires : l'Ethiopie, la
Mauritanie, la Namibie, le Sngal et le Mozambique.
A l'chelon international, la signature de la Convention sur la protec-
tion et la promotion de la diversity des expressions culturelles de
l'UNESCO montre que ce pays est rellement convaincu que la diver-
sit culturelle est un moteur pour le dveloppement. Cette nouvelle stra-
tgie s'aligne par ailleurs sur la declaration de Dakar de 2003 sur la pro-
motion des cultures et des industries culturelles ACP et son plan d'ac-
tion, ainsi que sur la declaration de 2006 de Saint-Domingue.
Les statistiques du rapport du Comit d'aide et de dveloppement, qui
prsente une valuation de la cooperation espagnole au course de ces
cinq dernires annes, indiquent que l'Espagne est idalement place
pour raliser ses objectifs de cooperation et de dveloppement et pour
respecter l'engagement pris par son Premier ministry Rodriguez
Zapatero d'affecter, d'ici 2012, 0,7% de son produit intrieur brut
(PIB) la cooperation au dveloppement. L'Espagne serait donc en
passe de devenir, dans un avenir proche, l'un des principaux bailleurs
mondiaux d'aide publique au dveloppement. M

* Expert en cooperation culturelle international
Pour en savoir plus http://www.aecid.es/09cultural/02ccult/9.2.1.htm


COURRIER




















f L'EPRE


dirige par le Dr Tjasa Zivko, en
tant que reprsentant de la prsi-
dence slovne de l'UE, s'est rendue
Fidji les 19 et 20 juin afin de faire le point
sur l'volution politique, notamment les
measures prises par le gouvernement intri-
maire en vue d'organiser des lections parle-
mentaires d'ici mars 2009.
A la suite du putsch du contre-amiral Frank
Bainimarama perptr en dcembre 2006
Fidji, le gouvernement intrimaire a adopt, en
avril 2007, une srie de 13 engagements au
terme de pourparlers avec des reprsentants du
Groupe des pays d'Afrique, des Carabes et du
Pacifique (ACP) et de l'UE, mens au titre de
l'article 96 de l'accord de Cotonou. L'viction
de Laisenia Qarase, Premier ministry lu
dmocratiquement, a t considre comme
une violation des "lments essentiels" de
l'Accord de Cotonou don't les Fidji sont signa-
taires, savoir les droits de l'homme, les prin-
cipes dmocratiques et l'Etat de droit.
La dlgation de l'UE en visit Fidji a pos
des questions prcises sur la date des lections
et sur la nature de la 'Charte populaire' pour le
changement constitutionnel.
La dlgation, laquelle participaient gale-
ment l'Ambassadeur franais Patrick Roussel,


reprsentant de la prochaine prsidence de
l'UE, et Roger Moore, Directeur gnral la
DG Dveloppement de la la Commission
europenne, s'est entendu dire que la rdaction
d'une "proposition de charte pour le change-
ment et le progrs" tait susceptible de retar-
der le calendrier lectoral. Et dans le Fiji
Times, on pouvait lire qu'Aiyaz Sayed-
Khaiyumn, Ministre de la Justice par intrim,
avait indiqu la troka de l'UE qu'un change-
ment lectoral s'imposait pour donner du sens
au suffrage universal Fidji et turner le dos
une ethnicit institutionnalise.
La dlgation de l'UE s'est galement entrete-
nue avec Laisenia Qarase, Premier ministry
destitu.
Une dlgation d'ambassadeurs ACP s'est
galement rendue Fidji du 12 au 16 mai afin
de raliser sa propre valuation. Lors d'une
runion des ministres ACP Addis-Abeba, le
13 juin, Ratu Epeli Nailatikauon, Ministre des
Affaires trangres, de la Coopration interna-
tionale et de l'Aviation civil par intrim, a
expliqu que son pays s'est engag organiser
des lections dmocratiques, libres, quitables
et transparentes en mars 2009. Le Ministre a
galement expos quelques-unes des measures
dj prises cette fin, notamment la dsigna-
tion d'un nouveau superviseur des lections


la fin mai 2008, et expliqu que des fonds
avaient dj t rservs dans le budget 2008
en vue de la preparation des lections, notam-
ment pour l'inscription des lecteurs. Il a pr-
cis que des ngociations taient en course avec
le Commonwealth, le forum ACP-UE et le
forum des les du Pacifique sur les dveloppe-
ments politiques.
Dans les coulisses d'une runion de
l'Organisation des Nations Unies pour l'ali-
mentation et l'agriculture (FAO), Rome, le
commissaire de l'UE a averti le contre-amiral
Bainimarama que les fonds destins com-
penser la chute du prix du sucre vendu dans
l'UE suite la rforme du sucre dans l'UE
pourraient tre gels si son pays ne respectait
pas sa promesse d'organiser des lections en
mars 2009. Tout en reconnaissant que l'actuel
systme lectoral des les Fidji pouvait poser
problme, le Commissaire Michel a expliqu
en toute franchise au Premier Ministre intri-
maire que cette rforme ne devait pas servir de
prtexte un report de la date des lections.
Des rapports manant de fonctionnaires de
l'UE Bruxelles prcisent que le
Commissaire au Dveloppement aurait dit que
dans une dmocratie, les lecteurs -et seule-
ment eux -peuvent sanctionner les hommes
politiques. M







Tour d'horizon


PREOCCU PTIOnS



des ministres HCP sur les




questions de COiMMiERCE


Groupe des pays d'Afrique, des
Carabes et du Pacifique (ACP) qui se
sont runis du 9 au 11 juin Addis-
Abeba, en Ethiopie, ont mis des doutes quant
l'adquation des Accords de partenariat co-
nomique (APE) tablissant des zones de libre-
change entire les ACP et les pays de l'UE avec
leurs besoins de dveloppement.
Ces pactes "risquent d'altrer l'intgration
rgionale", a dclar Mohamed Admed
Awalesh, Ministre djiboutien de la Solidarit
national, qui prsidait la runion des minis-
tres. Un message qu'il a communique avec
fermet ses homologues des 27 Etats mem-
bres de l'UE lors d'une runion conjointe dans
la capital thiopienne, les 12 et 13 juin.
"Si les avances ralises ce jour sur le front
des ngociations des APE respectent les rgles
de l'OMC, elles ne sont pas totalement compa-
tibles avec nos besoins de dveloppement.
C'est l notre preoccupation, nous, pays
ACP", a dclar Ato Meles Zenawi, Premier
ministry thiopien. Les ministres ACP ont
expliqu que leurs pays, presss par
l'chance du 31 dcembre 2007 pour la
signature des APE, ont fini par signer des
accords intrimaires engageant de plus petites


entits commercials ou des accords l'che-
lon national au lieu des accords de group ini-
tialement prvus. Le CARIFORUM, le Forum
des Etats ACP des Carabes, est ainsi le seul
organisme ACP avoir sign ce jour un APE
regional part entiree*
Les ministres se sont galement dit inquiets de
la nouvelle rosion des prfrences commer-
ciales accordes sur le sucre et les bananes
dans le cadre des actuelles ngociations de
l'OMC (Organisation mondiale du com-
merce). Dans une declaration, ils ont averti
qu'il leur serait extrmement difficile de pren-
dre part un quelconque consensus au sein du
cycle de Doha de l'OMC en l'absence d'un
"traitement quitable" pour ces deux products.
La flambe des prix ptroliers, qui a fait grim-
per les prix du transport, risque en outre de
limiter l'efficacit de l'enveloppe europenne
de 1,24 milliard d'euros dj affecte aux stra-
tgies pluriannuelles d'adaptation (SPA) dans
certain pays ACP producteurs de sucre dans
le but de compenser la diminution du prix du
sucre achet par l'UE de 36% partir d'octo-
bre 2009.
Les pays ACP ont appel la Commission euro-
penne veiller ce que le sucre ne soit pas
"labellis" produit tropical dans l'actuel cycle


de ngociations commercials internationales et
maintenir la clause spciale de sauvegarde
pour les products haute teneur en sucre. Ces
pays ont galement demand la Commission
de prendre en compete le fait que les acheteurs et
importateurs de sucre risquent de profiter de
cette diminution du prix du sucre de 36% qui
prendra course en octobre 2009.
Ils ont appel instamment leurs partenaires euro-
pens s'opposer toute proposition visant
rduire considrablement le tarif de bananes
importes dans l'UE et ne provenant pas de pays
ACP qui est actuellement de 176 euros/tonne. Le
Dr Arnold Thomas, Ambassadeur Bruxelles
reprsentant l'Organisation des Etats de l'Est des
Carabes (OECS), a dclar la runion : "La
banane est une question brlante, qui explique
que les fiches de paie se volatilisent et que les
moyens d'existence disparaissent de mme que
l'emploi et le niveau de dveloppement socio-
conomique atteint au course des 40 dernires
annes." D.P. M

* Le Forum des Etats ACP des Carabes (CARIFORUM)
comprend les pays suivants : les Bahamas, la Barbade,
Belize, la Dominique, Grenade, la Guyane, Hati, la
Jamaique, Saint Christophe et Nevis, Sainte Lucie, Saint
Vincent et les Grenadines, le Suriname, Trinidad et Tobago
et Cuba. Le 16 dcembre 2007, 'UE signait un APE avec
tous les membres du CARIFORUM l'exception de Cuba.
























UE-BFRIQUE DU SUD




UE-R FRIQUE DU SUD


mais aussi les divergences sur l'avenir
des relations commercials entire
l'Afrique du Sud et l'Union europenne
(UE) figuraient en tte de l'ordre du jour de la
runion ministrielle conjointe UE-Afrique du
Sud. Cet vnement s'est tenu dans la capital
slovne Ljubljana le 3 juin, alors que se profile
le tout premier sommet UE-Afrique du Sud qui
doit se tenir Bordeaux, en France, le 25 juillet.
Au course de cette runion place sous la prsi-
dence conjointe du Dr Nkosawana Dlamni
Zuma, Ministre sud-africain des Affaires tran-
gres, et de Dimitrij Rupel, son homologue slo-
vne, les discussions ont abord de nombreuses
questions politiques, allant de la situation au
Zimbabwe celle au Proche-Orient. Louis
Michel, Commissaire europen au
Dveloppement, et Jean-Christophe Belliard,


envoy personnel pour l'Afrique dans le cadre
de la politique trangre et de scurit com-
mune (PESC), taient galement presents.
L'Afrique du Sud est l'un des 79 membres du
Groupe des Etats d'Afrique, des Carabes et du
Pacifique (ACP). Ce pays entretient toutefois
des relations bilatrales commercials et d'as-
sistance particulires avec l'UE. Les deux
entits ont ritr leur engagement poursui-
vre les ngociations en vue de la conclusion
d'un Accord de partenariat conomique (APE)
de nature leur apporter des avantages
mutuels. Il s'agit d'un accord de libre-change
entire les 14 membres de la Communaut pour
le dveloppement de l'Afrique australe
(CDAA) et l'UE. L'Afrique du Sud a toutefois
relev des difficults quant son propre pro-
gramme d'intgration rgionale, dues au fait
que l'UE a dj conclu un APE "intrimaire"


avec le Bostwana, le Lesotho, la Namibie et le
Swaziland, autres membres de l'Union doua-
nire d'Afrique australe (SACU) laquelle
elle appartient. L'UE a expliqu que les ngo-
ciations avec les pays ACP ayant dj conclu
des APE intrimaires devraient normalement
se traduire en accords part entire d'ici la fin
2008. Ceux-ci porteront sur d'autres aspects
commerciaux parmi lesquels les services et la
passation des marchs. L'Afrique du Sud a rap-
pel l'Union qu'elle n'tait pour sa part pas
tenue de respecter un tel calendrier puisqu'elle
n'avait sign aucun accord intrimaire.
Les nouveaux domaines de cooperation bilatrale
-la paix et la scurit, la cooperation dans le
domaine de l'environnement, les sciences et les
technologies, les rglementations douanires,
l'nergie,les migrations et le transport -devraient
tre abords lors du prochain sommet. D.. R


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CRISES LImE lTh IRE



de Marie-Martine Buckens \ 1


L es "meutiers de la faim" l'ont rappel I
aux dirigeants du monde entier, trop .
enclins dans ce domain appliquer la L
politique de l'autruche : la cruise ali-
mentaire est relle. Et d'une ampleur tell
qu'elle force experts et gouvernements 1.
repenser les politiques agricoles existantes.. a i
Car la cruise n'est pas le rsultat d'une pnurie
global come le prtendent certain, bran- I
dissant rgulirement le spectre du surpeuple-
ment mais d'un dysfonctionnement plus pro-
fond. Le monde dcouvre avec stupfaction -
et c'est vrai singulirement pour l'Union euro- i
penne 15 o les paysans ne reprsentent Ii
plus que 1,6% de la population active, mme
si ce pourcentage a presque double avec
l'adhsion de 10 Etats d'Europe central et
orientale que l'agriculture a de tout temps t
le socle sur lequel les Etats se sont construits.
L'autosuffisance alimentaire des populations
est un pralable la mise en place des autres
politiques. Un gigantesque chantier attend
donc les dirigeants du monde. Pour certain
(lire l'interview de Matthieu Calame), la seule
solution long terme passe par la mise en
place d'une Politique agricole mondiale. M





Riz Bouak.
Fatalphotorush







S, Dossier


CRIE Graines de colre,

CRIS graines de changement



Aprs les "meutes de la faim", le premier choc pass, les analysts font leurs comptes.
Oui, les prix ont atteint des niveaux records, mais ils taient singulirement bas depuis
30 ans. Oui, certaines rgions du monde sont en deficit agricole, mais la pnurie glo-
bale est un leurre. Petit tour d'horizon, chiffres de la FAO l'appui.


l y a d'abord les chiffres, qui donnent le
tournis. Triplement du prix du bl depuis
2000 -130% d'augmentation pour la
seule anne 2007 doublement du prix du
riz et du mas pendant la mme priode. Le riz
continue sa course folle puisque son prix en
Asie se voit nouveau double au course des
trois premiers mois de 2008, atteignant, en
mai, des niveaux record sur le march terme
de Chicago. Et des estimations :
l'Organisation des Nations Unies pour l'agri-
culture et l'alimentation, la FAO, value 107
milliards de dollars le cot total des importa-
tions de denres alimentaires des pays les plus
pauvres en 2007, soit 25% de plus qu'en 2006.
Enfin, des supputations : jusqu'o s'envolera
le prix du baril de ptrole ? Un baril qui dbut
2008 dpassait dj les 100 dollars, soit une
augmentation de 72% durant la seule anne
2007, grevant d'autant le cot de la production
d'engrais et de pesticides. S'y ajoute "l'effet
biocarburants" : l'engouement de l'Europe et
des Etats-Unis notamment pour ces cultures
nergtiques a contribu aligner le prix des
aliments sur celui de l'or noir.
La flambe des prix des aliments a frapp de
plein fouet des conomies fragilises. Au total,
prs de 40 pays sont confronts une crise ali-
mentaire. Mme dans des pays traditionnelle-
ment autosuffisants comme la Cte d'Ivoire ou
exportateurs comme l'Egypte. En Hati, au
Bangladesh ou au Cameroun, les populations
ont exprim leur colre dans la rue. Sans
oublier la Guine, l'Ethiopie, le Cameroun ou
la Mauritanie. Ou encore le Mexique, o le
prix de l'aliment de base, la tortilla de mas, a
augment de 14% en 2006, et l'Indonsie, qui
a vu le prix du riz multipli par deux en un an.

> S'agit-il d'un phnomne
temporaire ?

Non, estiment la plupart des spcialistes. Et
certain de souligner que l'envole actuelle


des prix fait suite 30 annes de prix particu-
lirement bas, pour ne pas dire brads, sur le
plan mondial. "L're de l'alimentation bas
prix sur le march international est rvolue",
dclarait le 22 avril dernier devant le
Parlement europen, le Commissaire europen
au Dveloppement, Louis Michel. Et de pour-
suivre : "Les prix des products alimentaires ne
reviendront pas leur niveau d'antan et leur
volatility risque d'augmenter si des measures ne
sont pas prises rapidement". Ils devraient
cependant entamer une baisse, "mais elle sera
lgre", prcise Marc Debois, chef de secteur
l'unit resources naturelles de la Direction
Dveloppement de la Commission euro-
penne. Et d'ajouter : "La volatility des prix
devrait quant elle connatre des pics plus fr-
quents, un peu comme, toute proportion gar-
de, ce que l'on constate pour le climate .

> S'agit-il d'une pnurie
alimentaire ?

Non plus. Dans ses Perspectives sur l'agricul-
ture mondiale l'horizon 2015-2030, la FAO
l'affirme : "La baisse, ces dernires annes,
des taux de croissance de la production agri-
cole et du rendement des cultures, au niveau
mondial (...) ne rsulte non pas d'un manque
de terres ou d'eau, mais plutt du ralentisse-
ment de la demand de products agricoles".
Les raisons ? Une population mondiale don't le
taux de croissance commence dcrotre ;
mais aussi, "le fait que l'on atteint aujourd'hui
dans de nombreux pays des niveaux de
consommation alimentaire par habitant qui
sont assez levs, et ne pourront pas augmen-
ter beaucoup plus". Mais, ajoute la FAO, "il est
aussi vrai qu'une proportion de la population
mondiale, qui reste obstinment forte, vit tou-
jours dans une pauvret extreme et, par cons-
quent, n'a pas les revenues ncessaires pour tra-
duire ses besoins en demand effective".
En clair, la demand plafonne : soit en raison


d'un effet de saturation -dans les pays riches
-soit, plus prosaquement, parce qu'une
frange important de la population mondiale
n'a pas les moyens d'acheter son pain quoti-
dien. La FAO s'attend ainsi ce que la crois-
sance de la demand mondiale de products
agricoles, qui tait en moyenne de 2,2% ces 30
dernires annes, chute 1,5% par an dans les
30 prochaines annes. Dans les pays en dve-
loppement, le ralentissement sera encore plus
spectaculaire, de 3,7% 2%. Ceci est d, en
parties, au fait que la Chine aura pass la phase
de croissance rapide de sa demand de pro-
duits alimentaires. Reste cette "proportion
obstinment forte" de la population mondiale
qui n'a pas les moyens de se payer une nourri-
ture un prix qui, in fine, reflte les humeurs
commercials des grands exportateurs : suffi-
samment bas depuis 30 ans pour touffer la
production locale et les rendre dpendants de
products de base imports, et trop haut actuel-
lement pour leur permettre de se payer ces
mmes denres. "La mondialisation en matire
d'alimentation et d'agriculture, estime de son
ct la FAO, donne des esprances mais pr-
sente galement des problmes. Elle a permis,
dans l'ensemble, de rduire la pauvret en
Asie." Mais, reconnat-elle, "elle a aussi
entran l'essor des socits alimentaires mul-
tinationales qui ont le potential de dominer les
agriculteurs dans de nombreux pays". Et de
conclure : "Les pays en dveloppement doi-
vent disposer des cadres lgaux et administra-
tifs leur permettant de parer aux menaces tout
en rcoltant les bnfices". Aujourd'hui, la
notion d'autosuffisance alimentaire gagne
enfin quelques gallons.
M.M.B. M

mots-cls
Emeutes de la faim ; prix alimentaires ;
pnurie alimentaire ; mondialisation ; mul-
tinationales agro-alimentaires ; Haiti ;
Cameroun.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008







































Prvu de longue date, le Sommet de la FAO qui a rassembl quelque 180 nations
Rome en juin dernier, soit quelques mois peine aprs les premires meutes de la faim,
a du. Son chec relatif a rvl le manque de vision long terme des nations sur la
politique mener en matire agricole. La defense des intrts court terme a prvalu :
suppression des subventions pour les uns, defense des biocarburants pour les autres.
Mais une seule runion ne pouvait apporter des rponses des dfis pieusement igno-
rs par la plupart des institutions financires internationales. Ct positif : tout le
monde Rome s'est accord pour reconnatre que l'agriculture est une chose trop
srieuse pour tre rgle uniquement coups de milliards d'euros d'aide alimentaire.


L aide d'urgence est nces-
saire mais doit tre limite
dans le temps", dclarait le 5
juin Rome Louis Michel.
Le Commissaire europen au Dveloppement
faisait rfrence aux quelque 3,20 milliards
d'euros promise par divers donateurs don't la
Banque mondiale, les Etats-Unis, la Banque
islamique de dveloppement et la France, sans
oublier les 550 millions d'euros dj mobiliss
par la Commission europenne. "Je suis
convaincu", a poursuivi Louis Michel, "que
cette aide d'urgence doit tre limite dans le
temps et qu'il faut engager des limits volon-
taristes pour assurer une transition rapide vers
des mcanismes de scurit alimentaire de
nature structurelle".
Tout comme la Banque mondiale en avril der-
nier, ou encore le ministry franais de
l'Agriculture, Michel Barnier, le Commissaire
au Dveloppement a reconnu : "Aprs des


annes de sous-investissements -voire de ds-
intrt dans le secteur du dveloppement rural
-nous assistons un retour de l'agriculture sur
le devant de la scne". Mais la Commission
europenne, on se dfend d'avoir t pris de
court. "La cruise alimentaire a pouss sur le
devant de la scne politique des dossiers pr-
pars depuis des mois par l'excutif euro-
pen", explique Marc Debois, chef de secteur
la DG Dveloppement de la Commission
europenne, en charge des resources natu-
relles. L'un d'eux, important, est celui qui s'at-
taque l'agriculture en Afrique (lire article
suivant).

> Aide europenne

Plus globalement, on retrouve le Programme
stratgique de l'Union europenne pour la
scurit alimentaire. Depuis 2007, cet instru-
ment a t scind en deux : d'un ct, l'aide


COURRIER








Crise alimentaire 1 Dossier


humanitaire d'urgence, dlivre par la direc-
tion ECHO de la Commission europenne, de
l'autre un programme finanant des activits
rgionales ou globales relatives la scurit
alimentaire. Chaque ligne bnficie d'environ
250 millions d'euros par an. "C'est au titre de
cette second ligne", explique M. Debois,
"que nous finanons notamment le programme
d'alerte de la FAO. Les actions finances doi-
vent par ailleurs faire le lien entire aide d'ur-
gence et dveloppement et ne sont finances
que s'il existe une stratgie oprationnelle
avec le pays concern.
Le programme stratgique a t tabli pour la
priode 2007-2013. Dans ce cadre, la second
ligne activits rgionales a dj fait l'objet
d'une programmation jusqu' l'horizon 2010
et bnficie d'un budget de 925 millions d'eu-
ros. "Nous allons utiliser cet instrument, du
moins en parties, pour rpondre la cruise ali-
mentaire actuelle", prcise M. Debois. Reste la
premiere ligne, celle d'urgence. "Quelque 230
millions d'euros ont dj t dpenss depuis
le dbut de 2008 au titre de l'aide alimentaire
d'urgence, tout pays confondu", indique M.
Debois qui ajoute : "Pour faire face aux
demands, une rallonge de 60 millions d'euros
a dj t demande, en utilisant la reserve
budgtaire". Cette aide, insiste-t-il, "devrait
I i! .i ||!,! ii. i i i. I I. i l i i | ,..^ iN !.i Il ,d ,ii -


> Cibler les pays les plus
ncessiteux

IC_ C'.^i%.adi % C p iU-' *I r111.'PiiF .i


frence certain pays. Il s'agit donc d'assurer
un bon ciblage afin d'viter que des pays se
retrouvent 'orphelins' ou 'trop aids"'.
"Pour l'heure, et aprs une rapide enqute
auprs des dlgations de la Commission dans
les pays tiers -quel a t l'impact rel de la
crise sur les prix, si augmentation il y a, a-t-
elle rellement pos problme, quelles ont t
les measures prises par les gouvernements,
quels sont les risques d'aggravation tant sur le
plan alimentaire que politique nous avons
identifi une trentaine de pays qui nous pour-
rions apporter une aide", prcise-t-il.

> Priority au dueloppement rural

A plus long terme, et alerte notamment par un
rapport de la Banque mondiale qui, en 2007,
faisait son mea culpa et insistait sur la nces-
sit de rorienter les financements vers l'agri-
culture, la Commission europenne a dcid
de rhabiliter ce secteur. "Soutenir une poli-
tique agricole cohrente, crer des filires, tout
cela a t nglig depuis une vingtaine d'an-
nes", reconnat Marc Debois, rappelant que
l'aide octroye auparavant par l'UE reprsen-
tait 20% de son budget total d'aide au dvelop-
pement, contre 3,4% aujourd'hui. Le dernier
(et 10e) Fonds europen de dveloppement

li i t. C .11 i lt I i ili." lL ,J i !' |i'|iill l i l ll .l
.I.I, r L .I.... t I, I.i. i I 'iihul it.. iifc. I,,lh lt

n is FED u iL n-ni i[ m il!..n. .Il ... ,il J'll
lir, .lc ii[" .0 ,.k., l.i' ]_i,,h. M iJ i; !, !., R -, 1,' i C

d' Ji., li[L'r "( .' l 11'.i |l t. L, lll> llu l I'l 1 .1, C


marchs agricoles locaux et rgionaux.
"Approximativement un tiers des pnuries ali-
mentaires du monde", a-t-il soulign Rome,
"pourrait tre significativement allg en am-
liorant les rseaux de distribution et en aidant
relier mieux les petits agriculteurs aux mar-
chs", plaidant pour une integration rgionale,
indispensable dans la lutte contre l'inscurit
alimentaire. Enfin, il faut s'attaquer au renfor-
cement de la governance alimentaire mon-
diale. "Je pense notamment", a dclar Louis
Michel Rome, " la FAO qui doit re-devenir
une agence phare". Et d'insister sur une meil-
leure coordination entire bailleurs de fonds :
"La Commission considre que la rponse de
l'Union devra tre aligne avec des initiatives
plus large telles que celle lance par le
Secrtariat des Nations Unies (le CFA
Comprehensive Framework for Action
Cadre exhaustif d'action) et le recent appel de
la FAO pour une initiative global portant sur
les prix agricoles (l'ISFP Initiative for
Soaring Food Prices)." M.M.B. M


mots-cls
Marie-Martine Buckens ; Louis Michel ;
Jacques Diouf ; aides d'urgence ; com-
merce ; OMC ; petit paysan.


.FFdi i Li "i 1 .ii !.ii ~ -' i ,iii' 'l"n 'iii .iii l t.11 c e .li .ir" .l
.ill IcLc l.i'| i r l _'i i 1I .. i I !.lll .ii. Lt
,,i,,i .i. .. I ,, j ii , Cif -iiC,,i, .. t. d j / Intgration rgionale et
C.. 1i LC-.C i,. i I. j u.i, 'l Iouuernance

.,h.l ',,,, *.,,lIJ &B a J P ICI IL pll1 Cllli.i.,lilC Cl,!,''t!CC .111
tc'., !i r>t. lq_'h L:f pl iL l '.lI:IlLIL L[.I .Liei i,,ii
nil'glllllhl.'' ,hlllK'lLLl|J^I| tllll' ^^I.lll JC. kl'.l[hllll '[ d'|,l'_..ll|-.ill|,l| ,.ll',







Dossier Crise alimentaire


"Il nous faut une politique




BGRICOLE MOnDIRLE"


Rencontre avec Matthieu Calame, ingnieur agronome, expert la
Fondation Charles Lopold Mayer et auteur de La tourmente alimen-
taire Pour une politique agricole mondiale (Ed. CLM,- avril 2008)*.


Quelles sont, selon vous, les raisons de la cruise alimentaire
qui svit depuis des mois dans les ACP ?

L'une des raisons, mon avis, est que ces pays ne sont pas des
SEtats, au plan historique. Ils sont issues des colonies. Le pro-
blme est structure. Ceux qui se sont dvelopps ne sont pas
f-- passs par une tape indispensable qui est la creation d'un
Smarch intrieur. Prenez le cas du Japon : son premier souci
a t d'riger des droits de douane pour se permettre de pro-
duire. A l'inverse, ces pays, singulirement en Afrique, sont
.-7 .-o rests des fournisseurs de matires premires.
Or on a connu 30 ans de chute des prix agricoles, en raison
principalement des subventions accordes par l'Europe et les
'' Etats-Unis leurs agriculteurs. C'est ce 'couple infernal' qui
est le principal responsible de la cruise actuelle. Comme le dit
Sun proverbe africain : "quand deux lphants se battent, c'est
l'herbe qui en ptit". En bradant les products alimentaires, ils
Sont touff les pays qui ne disposaient pas de moyens pour
4V subventionner leur agriculture. Les petits paysans ont arrt
"- .' "de produire et l'on a assist la constitution d'une 'plbe'
urbane, faiblement productive. Un cercle vicieux s'installe.
Les gouvernements de ces pays se voient pris entire deux
injunctions contradictoires : soit augmenter les prix pour sau-
.- ,,,,,-, .-,,, ,,, ,,, ; ver la production, soit les diminuer pour les consommateurs.
.- ..... .. ........ S'y greffe aujourd'hui une speculation sur les matires pre-
mires, ce que j'appellerais une maladie d'opportunit car
elle n'est possible que si le march est trs tendu. Autre mala-
die opportune : les biocarburants, mis en place pour ponger
Sales excdents des pays qui subventionnent leur agriculture,
typiquement le cas des Etats-Unis ou de l'Europe o les bio-
carburants ont merg lorsque a t mis en place le systme
.. de jachre, condition afin de poursuivre les subventions.
Mais il existe une second cause la situation actuelle, sou-
". vent mal connue, savoir que ces pays n'ont pas dvelopp
.-, une fiscalit adequate. L'appareil d'Etat est essentiellement
finance par les taxes sur les products l'importation et l'ex-
,., portation. Ainsi, dans un pays come le Burkina Faso, c'est
"i l'exploitation agricole, de coton essentiellement, qui finance
l'Etat, ce qui le rend particulirement vulnerable aux fluctua-
tions de prix de cette matire. Or ce qui est important, c'est la
richesse cre en interne. L'UE pourrait jouer un rle en aidant
Sces pays mettre en place de bons plans de fiscalit, les aidant
du mme coup penser autrement leur dveloppement.


COURR[ER








Crise alimentaire Dossier


Voici une premiere action que pourrait dvelopper l'UE moyen term.
Mais court terme ?

On ne peut faire l'conomie d'aides court terme, mme si elles sont
mauvaises pour le long terme. Reste savoir comment ces aides vont
tre distributes et par qui. Autre rgle important respecter : acheter si
possible sur place et associer les syndicats agricoles, s'ils existent. Cette
aide court terme n'est pas sans effects pervers. Les famines s'enregis-
trent tant dans les zones urbaines que rurales -un producteur de coton
peut aussi tre en situation de famine. Mais souvent, pour des raisons de
stability politique, ce sont les villes qui sont les premires services avec
pour rsultat de provoquer un flux massif des paysans vers les villes.
Je n'ai pas de solution miracle. De faon global, je verrais assez bien
un systme -qui existait d'ailleurs au XIXe sicle en Europe, les
fameux "ateliers d'Etat" -o chacun est rattach une Commune. En
cas de crise, la population s'adresse elle. Il s'agit d'un processus de
dcentralisation et je ne crois pas qu'on pourra y chapper. En Europe
nous sommes dans ce processus : pourquoi ne pas soutenir cette dcen-
tralisation dans ces pays ?

A long terme, que prnez-vous come modle de relations entire l'UE
et les ACP, en matire agricole ?

Tout d'abord, il faut garder en mmoire que ces pays ne se sont pas
mancips du modle conomique qui les intgre la mtropole, alors
que les liens de solidarity avec celle-ci s'effilochent. Ct europen,
nous n'avons pas de diplomatic intgre. Perdure donc souvent un
clientlisme, comme c'est le cas de la Franafrique ou du Royaume-Uni
avec ses anciennes colonies. Ce clientlisme est au ceur du lien entire
les pays ACP et l'UE. En rsulte un manque de volont de dvelopper
une production concurrentielle. Ces pays ne sont pas passs par les
tapes tout d'abord du protectionnisme, du dveloppement ensuite,
enfin de la diversification de leur production.
Mais revenons votre question. En partant du constat qu'il est primor-
dial de rinvestir dans les outils de la terre. N'oubliez pas que l'Etat
s'est toujours construct autour de l'agriculture. La question est : que
peut faire 1'UE au regard de son histoire, en particulier de l'histoire de
la politique agricole commune (PAC) ? Une PAC relativement russie
-qui a ses faiblesses, notamment sociales et environnementales -car
base sur le principle d'un march unifi, et rgul. Et l'hypothse que
je fais long terme est qu'on a intrt mettre en place une politique
agricole mondiale.

Vous prnez une politique agricole mondiale : mais comment pondrer
les intrts de chacun ?

Rappelez-vous les ngociations entire l'Allemagne et la France lors de
la mise en place de la PAC : les Allemands voulaient garder des prix
levs pour protger leur agriculture, alors que Paris voulait des prix
bas pour favoriser ses exportations. Les Allemands ont eu gain de
cause, mais pour ce faire ils ont accept de payer le prix en devenant le
premier contributeur net de la Communaut europenne. Toute propor-
tion garde, il faudrait avoir le mme raisonnement au plan mondial.
Ainsi, on peut imaginer que les pays riches payment pour avoir un mar-
ch libre -en puisant dans leurs resources du march non agricole.
Que les choses soient difficiles n'est pas contestable, mais il y a-t-il une
alternative ? Soit il n'y a pas d'organisation et la moindre cruise tout le
monde ferme ses frontires. On a vu les reactions rigides de la
Thalande ou du Vietnam qui ont refus d'exporter leur riz. Ces rac-
tions sont porteuses en germe de conflicts normes. Il faut se mfier des


scnarios de replis nationaux ou rgionaux. Donc, la seule alternative,
est la mise en place d'accords internationaux.

Voil pour le long terme, mais que pourrait dajfaire l'UE sur la scne
international ?

Peut-tre que l'UE pourrait prsenter l'Organisation mondiale du
commerce (OMC) des propositions pour aider les pays ACP. Il s'agirait
de relancer les ngociations pour permettre ces pays non seulement de
bnficier d'exonrations sur les tarifs pour les products comme les
bananes ou le sucre -ces products "confort" pour nous, pays occiden-
taux -mais de proposer d'tendre ces ngociations tous les products
agricoles. D'accord, cela risque de poser problme notamment la
Thalande, exportatrice de riz bris au Sngal ; mais pourquoi ne pas
l'associer aux discussions ? M.M.B. M

* La foundation Charles Lopold Mayer pour le progrs de l'homme (anciennement fonda
tion pour le Progrs de l'Homme, d'o sa sigle fph) est une foundation indpendante. Son but
statutaire est trs large : finance, par l'action de dons ou de prts, des recherches et actions
qui concourent, de manire significative et innovante, aux progrs des hommes par la
science et le dveloppement social.





mots-cls
Marie-Martine Buckens ; Matthieu Calame ; PAC (politique agricole
commune) ; subventions ; coton ; Burkina Faso.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008







Dossier rise alimentaire


Questions OUUERTES



En rhabilitant l'autosuffisance alimentaire, les pays en dveloppement devront s'at-
taquer la question sources de maints conflicts de l'accs la terre. Et la place
qu'ils seront prts donner aux biocarburants et aux OGM.


> L'accs la terre, enjeu crucial

En Afrique, si chaque pays dispose d'un
rgime foncier original, il rsulte le plus sou-
vent d'un marriage forc entire droit priv,
import par les colonisateurs, et droit collectif,
ou coutumier. Chaque systme foncier entra-
nant dans son sillage un mode de production :
bas sur la monoculture (avec les cultures
d'exportation come le caf ou l'arachide)
dans le modle "occidental" ; multifonctionnel
et, souvent, plus respectueux des quilibres
cologiques, dans le second cas. Mais le
rgime foncier ne rgle pas tout. D'autres fac-
teurs psent de tout leur poids, commencer
par la migration de populations fuyant les


conflicts et la misre, ou encore le conflict qui fermes sont encore la proprit des Blancs et


oppose les agriculteurs et chasseurs et les
autorits des parcs naturels.

> Le cas sud-africain

La question foncire fait parties des problmes
qui hantent la nouvelle Afrique du Sud. Mais,
explique Thierry Vircoulon, auteur de L'Afrique
du Sud dmocratique ou la reinvention d'une
nation (Paris, L'Harmattan, 2005), "au lieu du
problme foncier il faut parler des problmes
fonciers !" Depuis 1994, explique-t-il, la
rforme agraire peine rquilibrer la rparti-
tion foncire en faveur des communauts prc-
demment dpossdes : l'immense majority des


l'immense majority des ouvriers agricoles sont
encore des Noirs. Et de poursuivre : "Cette
situation, qui empoisonne les relations interra-
ciales, dissimule un second problme foncier
nglig tort : celui des terres tribales." Gres
par les autorits traditionnelles mais apparte-
nant de jure l'Etat, ces terres sont convoites
par divers groups constitutifs du monde rural
africain, don't les intrts sont divergents, voire
antagonistes. Le second problme foncier de
l'Afrique du Sud -la dtribalisation de la terre
-merge donc lentement aprs dix ans de
dmocratie. Il est donc ncessaire, estime
Thierry Vircoulon, "de dpasser le discours
politique dominant pour raliser que la question


COURRIER








Crise alimentaire Dossier


foncire sud-africaine n'est pas un simple tte-
-tte Blancs/Noirs, mais un problme opposant
aussi les groups sociaux d'un monde rural afri-
cain en proie une transformation rapide et
une grande pauvret".

> La fausse bonne ide des
biocarburants ?

"Il faut geler les subventions et les investisse-
ments destins la production de biocarbu-
rants." C'est du moins l'avis d'Olivier De
Schutter, nomm en mai dernier Rapporteur
special pour le droit l'alimentation par le
Conseil des droits de l'homme des Nations
Unies. Certains espraient un discours plus
nuanc, mais cet minent juriste belge a repris
le flambeau de son bouillant prdcesseur, le
Suisse Jean Ziegler. Olivier De Schutter souli-
gnait en juin dernier, la veille du Sommet de
la FAO : "Cent millions d'hectares seraient
ncessaires pour produire 5% des carburants en
2015, et cela est tout simplement insupporta-
ble. Les objectifs des Etats-Unis de 136 mil-
liards de litres de biocarburants pour 2022 et de
l'Union europenne de 10% de biocarburants
pour les transports en 2020 sont irralistes. En
abandonnant ces objectifs, nous enverrions un
signal fort aux marchs que le prix des rcoltes
de denres alimentaires ne va pas monter ind-
finiment, dcourageant ainsi la speculation."
L'UE, de son ct, tempre, arguant notam-
ment des bnfices que pourraient reprsenter


les biocarburants pour les pays en dveloppe-
ment qui les cultiveraient. Si les prix levs
qu'ils entranent sont dfavorables aux
consommateurs, reconnat-on la Commission
europenne, ils sont en revanche tout bnfice
pour les producteurs. "La hausse des prix ali-
mentaires ne doit pas tre systmatiquement
considre sous un angle ngatif", a rappel
Louis Michel, Commissaire europen au
Dveloppement, poursuivant : "Elle est aussi
porteuse d'opportunits pour les pays en dve-
loppement qui ont le potential d'exporter des
denres alimentaires." Les biocarburants
deviendraient alors une nouvelle culture de
rente, au mme titre que le coton ou le caf.
Avec le risque que les Etats se dtournent,
comme dans le pass, d'une culture vivrire,
diversifie. En attendant, plusieurs companies
prives ont d'ores et dj acquis des terres en
Afrique pour y produire des biocarburants,
principalement partir de jatropha. C'est le cas
notamment au Mozambique, en Ethiopie ou en
Tanzanie. Se pose nouveau la question du
foncier : dans certain cas, les companies ont
acquis les terres pour 99 ans ; difficile pour
l'Etat central de les rcuprer s'il veut augmen-
ter sa production alimentaire.

> Que faire des OGm ?

Les organismes gntiquement modifis
(OGM), soutiennent leurs dfenseurs, permet-
tront de produire des aliments dans des terres


marginales, en particulier les sols arides, mais
aussi des products enrichis en vitamin, sans
computer qu'ils ncessitent moins de pesti-
cides. Autant d'arguments qui ont convaincu
plusieurs pays en dveloppement, mme si des
sceptiques dans ces mmes pays s'interrogent
sur la porte de ces qualits. Une chose semble
certain : les OGM ne peuvent se dvelopper
que dans une conomie agricole dj structu-
re, o les agriculteurs disposent de suffisam-
ment de fonds pour se payer des semences
chres (et brevetes) ; ce qui explique leur
chec notamment auprs des producteurs
indiens de coton, retrouvs souvent ruins. Ce
qui explique sans doute aussi pourquoi
l'Alliance pour une revolution verte en
Afrique (AGRA), finance par deux fonda-
tions amricaines -celle de Bill Gates et la
Rockefeller -et prside par l'ancien
Secrtaire gnral des l'ONU, Kofi Annan, a
dclar, dans un premier temps, ne pas vouloir
diffuser les OGM en Afrique. Dans un premier
temps, car l'Alliance verte entend bien y
recourir le moment venu.
Mais les OGM sont dj bien implants dans
certain pays d'Afrique. Aprs l'Afrique du
Sud, c'est le Burkina Faso qui, ds 2003, lan-
ait des cultures exprimentales de coton trans-
gnique, en collaboration troite avec la fire
amricaine Monsanto. En 2006, sept autres
pays africains producteurs de coton (Bnin,
Mali, Tchad, Cameroun, Cte d'Ivoire, Ghana
et Togo), pauls par la Banque mondiale, se
sont engags crer un Centre regional de bio-
technologie, convenant "qu'en plus des
engrais, il y a lieu d'intgrer la question des
semences et le passage aux OGM". L encore,
il s'agit de soutenir une culture de rente, par
ailleurs en piteux tat face aux producteurs
subventionns d'Europe (du moins jusqu'en
2000), des Etats-Unis et de la Chine.
Mais beaucoup d'analystes s'accordent pour
dire que la crise alimentaire est d'abord poli-
tique et social et que c'est la capacity de met-
tre en place qui permettra de rsoudre le pro-
blme. Et certain craignent les fuites en avant
technologiques qui dtourneraient du pro-
blme de la rpartition de la production et de
la capacity du pouvoir d'achat. C'est l'avis
mme du patron de la FAO, le Sngalais
Jacques Diouf qui, du moins en 2006, dcla-
rait que les OGM en Afrique "ne sont pas une
priority" pour atteindre les Objectifs du
Millnaire sur le dveloppement. M.M.B. M


mots-cls
Marie-Martine Buckens ; Rgime foncier ;
Afrique du Sud ; terres tribales ; conflict
Blancs/Noirs ; biocarburants ; OGM.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008































































Adopt au Sommet de Maputo a l'occasion de la deuxime
assemble ordinaire de l'Union africaine en juillet 2003, le
Programme dtaill pour le dveloppement de l'agriculture
africaine (PDDAA) reprsente le programme le plus about
des pays africains pour rpondre au dfi de la crise alimentaire. A
Maputo, les dirigeants africains se sont engags porter le soutien bud-
gtaire au secteur agricole hauteur de 10% des budgets nationaux.
Conformment aux Objectifs du Millnaire (ODM) qui visent rduire
de moiti la pauvret et la faim d'ici 2015, le PDDAA ambitionne 6%
de croissance annuelle dans le secteur agricole. Pour ce faire, il identi-
fie quatre domaines majeurs pour les investissements : terre et gestion
de l'eau, infrastructure rurale et capacits d'accs aux marchs, nourri-
ture et reduction de la faim, recherche agricole et vulgarisation.

> La ruolution uerte selon HGRH

Mais le PDDAA n'est pas la seule rponse africaine. Parmi les multi-
ples rponses avances, il y a la fameuse nouvelle revolutionn verte'


soutenue par deux foundations amricaines -Rockefeller et Gates -et
prside par l'ancien Secrtaire des Nations Unies, Kofi Annan. Cette
Alliance pour une revolution verte en Afrique (AGRA) a sign lors du
Sommet de la FAO en juin dernier un protocole avec la FAO, le Fonds
international pour le dveloppement agricole (FIDA) et le Programme
alimentaire mondial (PAM) pour "l'optimisation de la production dans
les zones des 'greniers bl' de l'Afrique".
Ce nouveau partenariat "vise maintenant faire la difference en optimi-
sant la production alimentaire dans les zones aux conditions relative-
ment favorables en terme de prcipitations, sols, infrastructures, et mar-
chs", explique un communique de la FAO. Une initiative qui, selon
son president fait parties de la vision stratgique d'AGRA pour "tablir
des partenariats qui unissent les forces et les resources des secteurs
public et priv, de la socit civil, des organizations paysannes, des
donateurs, des scientifiques et des entrepreneurs d'un bout l'autre de
la chane de valeur agricole".
En outre, prcise-t-il, "il fera progresser l'objectif du PDDAA du
NEPAD".


COURRIER








Crise alimentaire Dossier


> La collaboration europeenne dfinissent une politique agricole pour le pays. Le Ghana l'a faith "
En ralit, le document de la Commission propose une action la fois
court et long terme. S'agissant du long terme, il fait la part belle au
"Nous croyons trs fort l'approche du programme PDDAA du soutien de la recherche et dveloppement, tout en prvoyant des actions
NEPAD", indique Marc Debois, chef de secteur la DG pour la gestion des resources naturelles. Mais le court term rest pr-
Dveloppement de la Commission europenne, poursuivant : "D'abord gnant. Des mcanismes de gestion de risque sont prvus, de mme
pour ce qu'elle promeut, ensuite parce que, politiquement, elle nous qu'un programme d'alerte avance, en collaboration avec la FAO, qui
permit de resserrer nos liens avec l'Union africaine." Pour l'heure, la dispose dj d'un systme de rcolte d'informations, prvoyant des
Commission europenne planche pour savoir ce qu'elle va mettre dans outils permettant d'aider les gouvernements locaux confronts une
le "partenariat" qu'elle propose dans sa communication "Promouvoir cruise d'utiliser les informations recueillies. M.M.B. M
l'agriculture africaine" (Advancing African Agriculture), labore en
2007 et entrine par le Conseil des ministries de l'UE. "L'ide", pour- [IotS-CleS
suit M. Debois, "est de crer des tables rondes nationals o tous les Marie-Martine Buckens ; AGRA (alliance pour une revolution verte);
acteurs reprsentants politiques, industries, paysans, ONG, etc. Kofi Annan; riz.



















































S* .. Table ronden O sur*les.bioe ...4 u.


Ce fre nce de haut niveau sur I, ._- ,,i *
les dfis du changem-i ,ii - ,- *
Organisation des Nations Unies ~
...(FAO), R.....,, ,,
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.I L1t)J.T]_L EIT" )) 19






















E relatlue

Une agriculture de subsistence couple des resources halieutiques encore avres
permet pour l'heure aux les du Pacifique de ne pas subir de plein fouet la hausse des
prix des denres alimentaires. Avec des bmols important, comme l'incertitude sur la
valeur marchande de cultures d'exportation notamment le sucre fidjien, ou les effects
dvastateurs des cyclones.
L es les du Pacifique, comme le rappellent tous les experts, souf-
frent essentiellement de trois maux : isolement, exigut et fr-
quence des catastrophes naturelles. Trois maux qui psent lour-
dement sur la scurit alimentaire des les, singulirement les
plh, petite comme Tnnra Nine nii Vanniitii
>Dpendance

!'1 1 i, ll I' I di ih' 116 Ii ,, , .Ic
.i i













resources naturelles limites, et donc de dpendance aux products
imports. Une dpendance qui s'est accrue ces dernires annes sous
l'effet conjugu de trois facteurs. Tout d'abord, l'attrait pour les den-
res importes, conditionnes et souvent bon march. Paralllement,
des politiques gouvernementales "inconsistantes", selon K.L. Sharma,
ont permis certaines denres importes de supplanter la production
locale. C'est le cas du riz fidjien, don't la production locale est passe
de 29.000 14.000 tonnes entire 1993 et 2002, "en raison principale-
ment", pursuit Sharma, "de la suppression des aides accordes par le
gouvernement sous forme de furniture de products agricoles ou de
conseils techniques, du non-renouvellement des baux de terres, de la
drgulation du march et, in fine, de la prfrence pour le riz import,
devenu en outre moins cher que le riz local". Et malgr les efforts entre-
pris depuis par les autorits locales pour revitaliser le secteur, le pays reste
importateur net d'une denre don't le prix a atteint des niveaux records au
course du premier trimestre de cette anne. Autre facteur : la devastation
des cultures par les cyclones. Les Fidjiens garden encore l'esprit l'im-
pact du cyclone Ami qui, en 2003, a dtruit fermes, infrastructures, cul-
tures de rente et vivrires. Cot estim : 66 millions de dollars.

> L'exprience samoane

Pourtant les cultures et levages traditionnels -manioc, taro, noix de
coco, fruits de l'arbre pain, porc, volaille -restent prgnantes dans
bien des les. A commencer par Fidji o la production dite de subsis-
tance -oppose la production commercial grande chelle a
mme russi infiltrer les marchs des villes, alimentant une propor-
tion non ngligeable d'une population citadine en expansion rapide. En
2002, indique K.L. Sharma, "la production de subsistence reprsentait
6% du PIB et 37% de la production agricole, forestire et halieutique".
Belle performance, et Fidji est souvent cite comme example suivre
pour d'autres les du Pacifique qui, bien que possdant une culture tra-
ditionnelle robuste, manquent d'expriences en matire de dveloppe-
ment commercial. Reste grer une inconnue de taille : l'impact des
cyclones.
"Cultivez autant d'ignames que vous le pouvez et mettez-les de ct en
provision des cyclones. Lorsqu'il n'y a ni taro, ni fruits de l'arbre
pain, ni bananes, les ignames seront votre reserve de nourriture." Tel est
le conseil donn par un agriculteur de Samoa et repris dans la fiche
technique labore par le Rseau des Nations Unies pour le dveloppe-
ment rural et la scurit alimentaire. En effet, plus l'igname est laisse
en terre, plus son rendement augmente. Cette denre ne subit donc pas
les effects des ouragans. Mais que faire aprs le passage d'un cyclone ?
Les pnuries d'eau et de nourriture peuvent durer de deux semaines
huit mois. La brochure passe en revue d'autres strategies d'adaptation
telles que privilgier les cultures rapides comme le manioc et les
patates douces. Pour le stockage, les agriculteurs ont suggr un retour
aux habitudes locales, comme celle de faire fermenter le fruit de l'arbre
pain et les bananes dans un trou creus dans le sol ('biscuit de
Samoa'). Des conseils vitaux pour une population don't les deux tiers
dependent de l'agriculture de subsistence (y compris les forts et les
pches) pour survive. M.M.B. M


mots-cls
Marie-Martine Buckens ; Fidji ; riz ; cultures traditionnelles ;
cyclones ; igname ; Taro.



A la page 20: piment rouge sch.
Fataiphotorush


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008


Crise alimentaire Dossier


attractt de plus en plus marqu des populations du
Pacifique pour les crales comme le riz ou le bl se
paie cash. En tmoignent les dernires estimation de
K.L. Sharma :
Les fles Cook, Samoa et Tonga sont dpendantes 100% des
importations en crales.
La dpendance de Fidji est passe de 79 90% au cours de
la priode 1993-2002 en reason principalement du dclin
(50%) de sa production de riz.
Au cours de la mme priode, la Papouasie Nouvelle Guine
a vu sa dpendance reculer lgrement (99 97%), alors
que celle des fles Salomon est passe de 91 95%.
Toutes les fles sont 100% dpendantes des importations
pour la marine de bl.
Les fles Cook, Vanuatu, Samoa, Tonga et Fidji sont dpen-
dantes des importations de riz dans une fourchette gallant de
65 100%.














aro, talc, dalo, dago, aba, anega, arc, ma : autant de
mots diffrents qui dsignent tous une mme plante
qui, depuis des sicles, assure une nutrition de choix
aux Ocaniens. Si son nom varie d'une lie l'autre, ses tuber-
cules et ses feuilles savoureuses ont la mme valour nutritive
partout. Et quelled valour : des fibres, du calcium et du fer
dans les tubercules ; des vitamins A, C, B2 et BI dans les
feuilles. Et pourtant, ce "trsor alimentaire", comme le qua-
lifie la docte FAO dans une de ses finches techniques, est
menace.
"Sur beaucoup d'lies", explique la FAO, "le taro ne tient plus
dans la vie quotidienne la place important qu'il occupant
autrefois. Son prix est solvent lev. Les citadins qui travail-
lent toute la journe trouvent parfois qu'il est plus rapid de
faire cuire du riz que de cultivar ou d'acheter du taro et de
l'apprter. De nos jours beaucoup d'insulaires prfrent
acheter du riz de prfrence ce tubercle nourrissant, pour
la bonne reason qu'il cuit plus vite". Le riz est certes riche en
protines et calories, mais il ne tient pas la comparison avec
le taro en matire de sels minraux et de vitamins. La FAO
confirmed : "Les lgumes imports grand frais d'Europe ne
peuvent souvenir la comparison avec ce savoureux tuber-
cule riche en lments nutritifs qu'on troupe facilement dans
la region." La fiche technique de la FAO ne content pas que
des donnes purement nutritives ou techniques. Elle foi-
sonne galement de recettes, dguster sur :
http://www.fao.org/WAIRdocs/x5425f/x5425fOl.htm












































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> Le poids de la libralisation


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..cl, Ill .1IOtle D P. M


Les caprices de la mto
Le manque de main-d'Suvre qualified et
hautement qualified
La faiblesse des marches et la mdiocrit
des infrastructures de transport
Le manque de capitaux et d'assurances
pour les enterprises haut risque
La faiblesse des liens entre agriculture et
d'autres secteurs de l'conomie
Le cot lev des entrants agricoles et de
l'nergie
Le manque d'instissevements dans la
Recherche et le Dveloppement
Le manque de liens entre les producers
locaux et le secteur de l'agroalimentaire
La petite taille des exploitation
Uabsence d'une industries de transformation
Le manque de valorisation de la production
primaire


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ki~r& i...













La consideration de la SLornie



pour l'Rccord de CotOnOU

Pour un Etat membre de l'Union europenne (UE) qui a assum la prsidence tour-
nante de I'UE, il n'est pas facile d'valuer la contribution qu'il a lui-mme apporte
aux relations avec les nations d'Afrique, des Carabes et du Pacifique (ACP) pendant
ses six mois de prsidence. Pour cet Etat membre comme pour les autres, la machine
continue turner. Au moment o la Slovnie, aux commander de la prsidence
depuis le 1er janvier 2008, passe le flambeau la France don't le tour va du 1er juil-
let au 31 dcembre regardons comment l'un des plus petits et plus rcents Etats
membres de I'UE, sans tradition national en matire de politique de dveloppement,
a employ son savoir-faire pour laisser son empreinte.


La petite quipe slovne d'experts en dveloppement a eu fort
faire pour veiller ce que tout reste bien sur les rails, dclare
UroS Mahkovec, conseiller ACP de la representation de la
Slovnie auprs de l'UE. Elle a notamment d faire progresser
les ngociations menes pour transformer d'ici la fin de l'anne les
Accords de partenariat conomique (APE) initialement "intrimaires"
les accords de libre-change entire le group ACP et l'UE -en accords
part entire. Elle a galement eu pour tche, avec les partenaires du
CARIFORUM*, d'aplanir les dernires difficults prsentes dans les
textes juridiques pour permettre la signature de leur APE regional part
entire prvue fin juillet 2008 la Barbade. Pas moins de 42 Etats ACP
-surtout des pays les moins avancs (PMA) -doivent encore signer un
APE sous l'une ou l'autre forme.
Parmi ses priorits, la prsidence devait galement assurer, d'une part,
le suivi du sommet Afrique-UE de Lisbonne et, d'autre part, relancer la
dynamique en faveur de la ralisation des Objectifs du Millnaire pour
le dveloppement (OMD), des sujets inscrits l'ordre du jour du som-
met de l'UE de juin 2008. Le Secrtaire d'Etat aux Affaires trangres
de la Slovnie est dsormais un visage familiar pour certain. Il a en
effet particip des runions de la troka UE (prsidences ancienne,
actuelle et future) avec respectivement des ministres du Nigria, du Cap
Vert et de lAfrique du Sud.
Le soutien accord par les deux prsidences prcdentes, savoir
l'Allemagne et le Portugal, s'est avr extrmement prcieux pour la


Slovnie, souligne Uros Mahkovec. Ce "trio" de pays a labor une
stratgie de dveloppement conjointe dploye sur 18 mois, de janvier
2007 juin 2008. L'apport spcifique de la Slovnie a consist
convaincre les Etats membres de l'UE d'accorder davantage d'attention
l'impact des conflicts arms sur les femmes et les enfants dans les pays
en dveloppement. Deux organizations non gouvernementales (ONG)

"Tout le monde sait que nous
n'avons pas un norme agenda
national grer."

slovnes, savoir Together, le Centre regional pour le bien-tre psycho-
social des enfants, spcialis en assistance psychologique, et
l'International Trust Fund (ITF), actif dans des projects de dminage,
jouissent d'ores et dj d'une reconnaissance mondiale grce leur
savoir-faire acquis dans la region proche que forment les Balkans.
Uros Mahkovec estime que pour un Etat membre de l'UE, la petite
taille est synonyme de flexibility : "Tout le monde sait que nous n'avons
pas un norme agenda national grer." Il souligne les progrs accom-
plis pour faire progresser les Accords de partenariat conomique (APE).
La Slovnie a organis une runion de 30 ministres ACP "cls" dans sa
capital, Ljubljana, pour discuter des APE. Tout en respectant les





nteration UE-
craitesde erts ficals d Niria pa FLE e favur es atins'




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1i La Rnjion; ACP I I














































"Il n'y a pas 36 conceptions du principle de separation de l'Etat, de la prsomption

d'innocence ou de la libert d'expression !" Louis Michel, le Commissaire europen au

Dveloppement, a donn le ton des dbats de la 15e Assemble parlementaire pari-

taire UE-ACP du 17 au 20 mars Ljubljana.


nance, la dmocratie et les droits
de l'homme, avec pour toile de
fonds les crises du Tchad, du
Kenya et les ngociations des Accords de par-
tenariats conomiques (APE), ont dclench
des discussions enflammes entire parlemen-
taires d'Europe et des pays ACP (Afrique,
Carabes, Pacifique).
Signe positif, l'Assemble parlementaire pari-
taire (APP) a russi s'accorder sur le dossier
chaud du Kenya, saluant la sortie de cruise rus-
sie et la mediation de Kofi Annan. Les parle-
mentaires venus des quatre continents ont
demand Nairobi que les infractions la loi
lectorale fassent "l'objet d'une enqute
impartiale et rigoureuse" mais se sont flicits
de l'accord politique trouv au plus haut niveau
de l'Etat dans une resolution d'urgence. La
mediation de Kofi Annan est "la preuve que les
Africains ont la capacity de rsoudre les crises
eux-mmes", s'est rjoui Peya Mushelenga,
parlementaire namibien.
En revanche, sur le Tchad, l'chec fut au ren-
dez-vous. La parties ACP, arguant de l'absence
de tout reprsentant tchadien dans la salle, a
finalement refus de voter un texte de compro-


mis qui dnonait la repression mene par le
president Idriss Dby contre l'opposition non
arme. Une opposition amrement dnonce
par nombre de leurs collgues europens qui y
ont vu une tentative d'obstruction de
N'Djamena et une preuve de la frilosit de cer-
tains parlementaires ACP lorsque les questions
des droits de l'homme et de la gouverance sont
mises sur le tapis. Pour le dput allemand
Jtrgen Schrder, "il est dcevant qu'ils aient
rejet un texte aussi quilibr", longuement
ngoci, qui condamnait les attaques des
rebelles arms contre le president Dby tout
come les agissements de long franaise de
l'Arche de Zo. "La stability durable du pays
passe par une ouverture politique toutes ses
composantes internes", a prvenu Louis Michel.
Avec sa passion habituelle, il a rappel que le
dveloppement des pays ACP exigeait prcis-
ment le enforcement de la bonne gouver-
nance. Et de souligner que l'affermissement
des Etats tait un objectif-cl de la politique de
la Commission. "Renforcer les institutions
publiques est la priority de notre action", a
expliqu le Commissaire en pregnant pour
preuve l'importante augmentation de la part de
l'aide budgtaire directed dans le 10e Fonds


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008








Interactions UE-ACP


europen de dveloppement prvu pour la
priode 2008-2013. Dsormais 47% de l'enve-
loppe ira directement aux budgets des pays
ACP afin qu'ils amliorent leurs services
publics dans des secteurs-cls come l'duca-
tion ou la sant. Une nouvelle approche qui
implique aussi une plus grande responsabilit
des gouvernements en matire de droits de
l'homme et de dmocratie et un vritable dia-
logue politique avec l'UE.
L'insistance sur le rle de l'Etat visit gale-
ment rassurer des parlementaires chauds
par les ngociations des Accords de partenariat
conomique (APE). Aprs la passion qu'avait
dclench ce dossier sensible lors de la prc-
dente session Kigali au Rwanda en novem-
bre 2007, la pression est redescendue d'un
cran Ljubljana sans pour autant effacer les
inquitudes. "Le conflict et la controversy ont
embourb l'ensemble du processus des APE",
a rappel Glenys Kinnock co-prsidente de
l'APP durant la sance d'ouverture. Son col-
lgue du ct ACP, Wilkie Rasmussen, des Iles
Cook, n'a pas manqu de pointer du doigt les
consequences des subventions agricoles euro-
pennes sur les conomies des pays pauvres et
d'gratigner la stratgie de ngociation de la
Commission.
Le commissaire lui s'est tourn dlibrment
vers l'avenir pour convaincre les pays afri-
cains et du Pacifique de ngocier des APE
complete l'image de celui conclu par la
region Carabes. Au lendemain de la signature


d'accords dits "intrimaires" la fin 2007 afin
de se plier aux exigences de l'OMC, l'Union
europenne (UE) appelle les pays ACP trans-
former l'essai en ratifiant les accords intri-
maires et en concluant des APE. Et de rassurer
sur les consequences sociales et le caractre
progressif de l'ouverture commercial. "Je ne
suis pas un grand prtre de la libralisation
sauvage", a tonn Louis Michel qui a raf-
firm l'engagement de l'UE accompagner
financirement les pays tout au long de leur
ouverture progressive au march mondial. Il a
bnfici de l'appui du Conseil conomique et
social europen (CESE) qui a salu le chapitre
social de l'APE conclu avec la region Carabes
et invit les Etats africains suivre cette voie.
Nanmoins, l'accs au march est une condi-
tion "ncessaire, mais pas suffisante du dve-
loppement", a prcis Grard Dantin, repr-
sentant du CESE.
Pour permettre aux conomies ACP de renfor-
cer progressivement leur comptitivit avant
de longer dans le "grand bain" de la compti-
tion global, la Commission mise sur l'int-
gration rgionale. Louis Michel prpare une
communication sur le sujet pour septembre et
a invit les parlementaires ACP exprimer
leurs vues dans le cadre de la consultation
publique en course. Les APE prvoient une
libralisation de 80% du commerce des biens
des pays ACP sur une priode de transition de
15 annes.
Les dbats de Ljubljana ont dmontr que le


sujet tait loin d'tre clos. "De nombreuses
questions restent sans rponse", a rappel Ali
Farah Assoweh, Ministre des Finances de
Djibouti et Prsident en exercise du Conseil
des pays ACP. Et d'dicter une srie de condi-
tions la signature d'un APE, don't la protec-
tion des secteurs les plus sensibles de l'cono-
mie des ACP et un financement complmen-
taire pour accompagner le processus de libra-
lisation du commerce. La route vers des APE
complete sera encore "longue et douloureuse",
a-t-il conclu.
L'Assemble, qui plantait pour la premiere fois
son chapiteau dans un des "nouveaux" Etats
membres ayant rejoint l'UE en 2004, changera
d'horizon pour sa prochaine session mais sans
doute pas de thmatiques. Gouverance, dve-
loppement ou commerce, les parlementaires,
les ONG come les commissaires ont encore
beaucoup dire afin de prouver que les rela-
tions UE-ACP sont aussi "une union entire les
peuples" suivant le mot d'Hans-Gert Pttering,
le President du Parlement europen. Rendez-
vous est donc dj pris Port Moresby en
Papouasie Nouvelle Guine, du 22 au 28
novembre 2008. M

* Journaliste bas Bruxelles.


mots-cls
Assemble parlementaire paritaire
(APP) ; ACP; APE ; Tchad ; Slovnie.







ACP Interactions


Etudier les aspects positifs


S1 est de notre devoir de souligner les lments positifs des
migrations et d'liminer les prjugs dans ce domaine", a
dclar Sir John Kaputin, Secrtaire gnral du Groupe
ACP. La Rsolution de Bruxelles des Ministres ACP sur
la migration et le dveloppement, adopte lors de la runion, sera pr-
sente lors du prochain Forum mondial sur la migration et le dvelop-
pement Manille, aux Philippines, en octobre 2008. Ce document
demand une tude plus approfondie des causes de la migration
notamment le lien avec le changement climatique -et l'arrt immdiat
du dversement de dchets toxiques dans les eaux des pays ACP, une
pratique l'origine de movements migratoires. La resolution recom-
mande galement aux gouvernements des pays ACP d'amliorer la ges-
tion de l'asile, des migrations et de la mobilit. Dans leur resolution, les
Ministres demandent au Secrtariat ACP de commissioner d'ici 2009
une tude sur les meilleures pratiques visant promouvoir l'intgration
des migrants dans les pays d'accueil. La resolution demand aussi
d'identifier des solutions innovantes sur les migrations illgales pour
enrayer la 'fuite des cerveaux' et autres travailleurs qualifis originaires
des pays ACP. Les ministres ACP estiment qu'il faut encourager la
migration "circulaire", en d'autres terms, faciliter la fois l'intgra-
tion professionnelle des travailleurs originaires des pays ACP et leur
retour dans leur pays d'origine. La resolution prcise aussi que les gou-


vernements devraient s'attaquer au problme des travailleurs immigrs
sans papers et que les pays ACP devraient de leur ct ratifier des
cadres juridiques pour lutter contre la traite des tres humans.
Interroge par des journalists propos des rcents pisodes de violence
contre les immigrs zimbabwens en Afrique du Sud, la snatrice Elma
Campbell, Ministre d'Etat l'immigration des Bahamas et prsidente de
la runion Bruxelles, a dclar : "Nous encourageons vivement les
pays ACP appliquer les lois permettant de lutter contre le racism et la
xnophobie et amliorer la sensibilisation ce phnomne."

> Obseruatoire RCP des migrations

Aya Kasasa, expert en charge des dossiers culture et migration au
Secrtariat ACP Bruxelles, a dclar la press qu'une "Facilit ACP
pour la migration" est en course de creation, finance hauteur de 25
millions d'euros au titre du 9e Fonds europen de dveloppement
(FED) par l'UE. Un appel d'offres a t lanc par le Secrtariat ACP
en vue de la selection du consortium qui assurera la mise en euvre d'un
Observatoire central des migrations, complt par un rseau d'observa-
toires dans six rgions ACP : l'Afrique occidentale, l'Afrique central,
l'Afrique orientale, l'Afrique mridionale, les Carabes et le Pacifique.
Cet appel constitute la premiere phase de ce project. Dans un premier


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008








Interactions ACP


temps, l'accent sera mis sur les flux migra-
toires entire pays ACP, plutt que sur les mou-
vements du Sud vers le Nord. Rappelons ici
que les projects de dveloppement n'associent
pas souvent les migrants.
L'Observatoire sera compos de chercheurs
universitaires, d'acteurs de la socit civil, de
rseaux existants de migrants, voire de
migrants titre individual. Les membres de
l'Observatoire rassembleront des faits et les
conclusions des recherches effectues sur les
flux migratoires, la nature et l'ampleur des
migrations, les projects actuels destins aux
migrants, les statistiques conomiques et
sociales et l'impact des migrations sur la pau-
vret, le commerce et la sant.
L'objectif est de fournir des nouvelles informa-
tions et des tudes rcentes, ainsi que de pr-
senter de nouvelles initiatives aux dcideurs.
"Nous veillerons ne pas faire deux fois le
mme travail et tenterons plutt d'approfondir
les recherches existantes", a dclar Andrew
Bradley, Sous-secrtaire gnral du Secrtariat
ACP en charge des affaires politiques et du
dveloppement human. Sir John Kaputin a
quant lui ajout : "En tant que pays en voie de
dveloppement, les pays ACP doivent jouer un
rle actif dans la formulation du dbat sur la
migration".


Lors d'une tape ultrieure, cette nouvelle
"Facilit" tchera de renforcer la fois les
organismes ACP rgionaux et les ministres
nationaux en matire de migration dans 12
pays pilots : le Sngal, le Nigeria, la
Tanzanie, le Kenya, la Rpublique
Dmocratique du Congo, le Cameroun,
l'Angola, le Lesotho, Haiti, Trinit et Tobago,
la Papouasie Nouvelle Guine et le Timor
Leste. A un stade ultrieur, la "Facilit" s'int-
ressera un autre aspect : le rle de la socit
civil dans les discussions sur des thmes pou-
vant intresser les migrants.
Ndioro Ndiaye, Directeur gnral adjoint de
l'Organisation international pour les migra-
tions (OIM), avait t invit prendre la parole
lors de la runion ministrielle. Selon lui,
"l'aide au dveloppement de l'UE devrait tre
plus attentive et accorder plus de credit aux
efforts de la 'diaspora' des ACP dans les Etats
membres de l'UE et leur potential de multipli-
cation des aides au dveloppement par le biais
des envois d'argent dans leur pays d'origine, du
transfer de connaissances et de la transmission
de l'exprience professionnelle."
Une autre invite, Annemie Turtelboom,
Ministre belge de l'Immigration, s'est rjouie des
avances dans le dbat sur l'immigration au sein
de l'UE depuis 2006, lorsque "l'Europe envisa-


geait l'immigration d'un point de vue dfensif'.
"Ceux qui estiment pouvoir arrter ou interrom-
pre ces movements par des measures rpres-
sives font erreur." La ministry belge a par ail-
leurs prcis que la Belgique risquait d'tre tou-
che par une relle pnurie de travailleurs, qui
pourrait s'lever 360.000 personnel en 2050.
"Or, si la Belgique ferme ses frontires l'im-
migration, ce sont 984.000 travailleurs qui man-
queront la Belgique, soit 23% de la population
active", a-t-elle prcis aux ministres ACP.
Mme Turtelboom a donc plaid pour une orga-
nisation et une gestion des migrations suscepti-
bles d'tre bnfiques tous : migrants, pays
d'origine et pays d'accueil. "Voil ce que j'ap-
pellerais une situation 'gagnant-gagnant'", a-t-
elle expliqu ses homologues des pays ACP,
prcisant que cette dimension tait intgre
dans l'ide de l'UE de crer une "carte bleue"
pour les travailleurs immigrs. "L'ide d'orga-
niser l'immigration conomique offre une alter-
native l'immigration illgale, tout en s'inscri-
vant dans la lutte contre le travail non dclar",
a-t-elle ajout devant les ministres ACP.
D.P.

mots-cls
Migration ; ministres ACP; Debra Percival.


mo ent qu'on ne

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l commerce






Et si le mOZBDMBIQUE



deuenait un dragon



conomique africain ?


Le 27 fvrier, lors d'une visit aux Pays-Bas, Armando Emilio Guebuza, Prsident du
Mozambique, s'est adress la communaut nerlandaise pour attirer des investis-
seurs privs. Au course de ces 10 dernires annes, les presidents successifs du
Mozambique ont rgulirement rendu hommage leurs principaux partenaires com-
merciaux, qui ont contribu faire de ce pays l'une des conomies les plus attrayantes
d'Afrique. Ces dernires annes, les exportations du Mozambique ont augment en
moyenne de 10% par an et les provisions font tat de 7% pour 2008.

epuis l'an 2000, l'conomie du "
Mozambique a enregistr une
croissance annuelle de 8% et le
pays a bnfici d'une hausse des
investissements trangers directs, surtout dans
le secteur des resources minrales, mais aussi
dans l'industrie, l'agro-industrie et les ser-
vices, tandis que la construction d'infrastric-
tures est toujours en plein boom. Dan, IL
mme temps, le pays a mis en place des i' -
tiques fiscales et montaires efficaces, qui ii
permis de ramener le taux d'inflationi .
pour 2005-2007, contre 13% en 2002-200-1 l.c
Mozambique s'efforce aussi de renforcci! cL
secteur de l'agriculture et des petites eiic-
prises. Le systme bancaire et la fiscalit .ni i
ainsi t modifis au bnfice des petits e i c-
preneurs. Maria Manuela Lucas, Ambassa.i i c
du Mozambique auprs du Benelux e- d.e
Communauts europennes, assurant le mii
d'une visit de son president aux Pays-
Bas, a insist, dans son discours
Utrecht, sur la bonne sant du secteur
financier dans les rgions rurales.
Les Pays-Bas sont un bon example
pour le Mozambique. Dans son dis-
cours Rotterdam, le Prsident
Guebuza a fait remarquer que "les


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008








Commerce


exportations [du Mozambique] vers les Pays-Bas
avaient atteint 1,4 milliard de dollars en 2006, contre
6,5 millions de dollars en 2001. De mme, les impor-
tations en provenance des Pays-Bas sont passes de
9,4 millions de dollars en 2001 423 millions de dol-
lars en 2006." Avec 1 million de dollars investis au
Mozambique en 2003, la Chine se classait en 9e posi-
tion. En 2007, elle s'tait hisse la 6e place avec 60
millions de dollars d'investissements. Un montant
Eg encore bien infrieur aux 5 milliards de dollars pla-
r0 cs par le principal investisseur -les Etats-Unis.
Ces dernires annes, le Mozambique est devenu une
rC destination encore plus intressante pour les affaires.
f Il s'agit d'un des pays o l'Agence multilatrale de
garantie des investissements (MIGA) garantit les
investissements trangers depuis 1994. Le porte-
feuille de la MIGA inclut des secteurs tels que l'in-
dustrie, l'agriculture industrielle, le tourism, le
ptrole, le gaz et les infrastructures. Le secteur tou-
ristique, par example, a enregistr un total de 144
millions de dollars de recettes en 2006. La nature
Ssauvage prserve de la Rserve du Nyassa dans le
S nord du Mozambique est devenue une destination
touristique cl. Selon le gouvernement du
Mozambique, la Coupe du monde qui aura lieu en
Afrique du Sud en 2010 pourrait gnrer des recettes
considrables dans ce secteur.
Le pays s'est engag sur la voie des rformes cono-
miques, parmi lesquelles la suppression des subventions, la reduction et
la simplification des droits l'importation et la libralisation des
changes agricoles. Un vaste programme de privatization a t mis en
place dans le secteur bancaire et dans les socits industrielles
publiques. De nouveaux codes fiscaux ont t adopts afin de rduire
l'impact de l'inflation passe.
Le Mozambique dispose d'un potential permettant de dvelopper, dans
un avenir proche, des niches importantes dans plusieurs secteurs. Jusqu'
ce jour, le pays n'a exploit qu'une petite parties de ses reserves de ptrole
et de gaz et il dispose de gigantesques resources minrales. Le gouver-
nement attache beaucoup d'importance au potential de dveloppement du
secteur de l'agriculture, non seulement pour l'alimentation mais aussi
pour la production d'nergie. Selon les estimations, le pays pourrait pro-
duire environ 40 millions de litres de biodiesel et 21 millions de litres de
biothanol par an. Le gouvernement est cependant parfaitement conscient
de la ncessit de trouver un quilibre entire les cultures affectes la pro-
duction de nouveaux carburants et celles destines nourrir la population.
Notons par ailleurs que la croissance conomique ne semble pas avoir t
affecte par les inondations qui ont frapp le pays en 2007.
Et si le Mozambique devenait un dragon conomique africain ? La
rponse dpend d'une autre question. Malgr le taux de croissance
actuel, combien de temps faudra-t-il pour rduire le taux de pauvret de
la population du Mozambique, qui s'lve toujours 50% ? Ce pro-
blme semble d'ailleurs retenir toute l'attention du gouvernement du
Mozambique. H.G. M

SMaputo, publicity sur le tlphone mobile.
Umberto Marin TimeForAfrica Onlus


mots-cls
Hegel Goutier ; Mozambique ; conomie ; MIGA ; Armando Emilio
Guebuza ; Maria Manuela Lucas.


COURRIER






^Moom

r400



Une journe dans la uie de



DEREK WiLCOTT

POETE, DRAMATURGE, ARTISTE ET PRIX NOBEL

Derek Walcott fait parties de la jet-set littraire. Aujourd'hui, la foundation Herman
Servotte* I'a invit pour une lecture de pomes la Katholieke Universiteit Leuven
(Universit catholique de Louvain) en Belgique. La semaine d'aprs**, il participera au
festival littraire de Calabash, en Jamaque, o il lira un nouveau pome, "The
Mongoose" ("La mangouste"), raillant un autre auteur des Carabes, V.S. Naipaul,
originaire de Trinit et Tobago. Walcott est n Sainte-Lucie et a dcroch le prix
Nobel de littrature en 1992 pour son pome pique Omeros (1990), une adaptation
des rcits homriques de Illiade et I'Odysse au dcor des Carabes. Il est galement
l'un des universitaires les plus clbres de l'Universit de Boston.


pome l'ge de 14 ans. Les
injustices de 400 ans de colo-
nialisme dans les Carabes et
la clbration de leur mtissage cultural, asso-
cies une qute d'identit personnelle sont
les thmes centraux de son cuvre. Il a produit
quantit de pomes et plus de 20 pices de
thtre, don't Henri Christophe (1950), Ti Jean
et ses frres (1958) et Rve sur la montagne au
singe (1967). Le pome "Nord et Sud" (1981)
exprime la qute d'une identity personnelle :
"un parvenu des colonies lafin de l'empire,
un -..'. l, i.* en orbite, seul et sans foyer."
Il frquente le Collge Sainte-Marie de Castries
sur l'le de Sainte-Lucie avant d'tudier la
West Indies University Kingston, en Jamaique,
puis dans une cole de thtre new-yorkaise
(1958-1959). Au dbut de sa carrire, il est la
fois enseignant dans les Carabes, journalist
pour Public Opinion en Jamaque et chroniqueur
et critique de thtre pour le Trinidad Guardian.
Sa passion du thtre est galement prcoce.
Ag de 20 ans peine, il cre la St. Lucia Arts
Guild. En 1966, il fonde la Trinidation Theatre
Workshop (Atelier thtral de Trinidad).
> Peintre la peinture pour saisir l'essence de la beaut notre rencontre Louvain.
naturelle poustouflante de Sainte-Lucie : "J'y A Sainte-Lucie, il peut se reposer loin du cir-
Suivant les traces de son pre aquarelliste tais il y a deux jours, par une journe magni- cuit littraire et rintroduire une certain rou-
amateur, il consacre dsormais plus de temps fique... C'tait stupfiant", nous dit-il lors de tine dans sa vie : "Aprs avoir pris mon petit


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008








Zoom


djeuner et avoir un peu travaill, je descends
pour une baignade matinale, puis je remote
pour le djeuner et la sieste. Je ne travaille
jamais tard le soir, mais l'aprs-midi peut par-
fois se prolonger jusque dans la soire lors de
mes rptitions de thtre." Il a justement
reproduit la griserie de la natation dans un de
ses tableaux, intitul implement Le nageur. Il
y montre un homme seul, merchant dans la
mer, tandis que les vagues arrivent et s'abattent
sur son corps. Il prfre la ralit des paysages
ou des portraits l'art abstract.
Aprs avoir anim un atelier d'criture
l'Universit de Boston pendant plusieurs
annes, il possde toujours un pied--terre
New York. Aujourd'hui, il passe cependant plus
de temps sur l'le de Sainte-Lucie et plus parti-
culirement sur son extrmit nord, le Cap, qui
offre un panorama sur la mer des Carabes d'un
ct et sur l'ocan Atlantique de l'autre.

> Riuire Dore

Il interrompt notre conversation pour suggrer
de regarder l'ancienne place de Louvain par la
fentre. La creation de l'universit remote
1425. Aussi trange que cela puisse paratre, il
ne dit pas un mot sur les maisons pignon
superbement restaures. Nous supposons qu'il
doit tre davantage inspir par les plaisirs sen-
soriels de la nature de son le et des Carabes
que par les terrasses alignes sur la place. Il
continue en voquant l'un de ses endroits prf-
rs de Sainte-Lucie, Rivire Dore, prs de
Choiseul dans le sud, une crique de pche
cache, inonde d'une lumire dore en soire.
"J'ai un nouveau recueil de pomes, qui sortira
l'an prochain. De manire gnrale, il parle de
ce qui arrive l'auteur en tant que personnel, ce
qu'il vit, ce qu'il gagne et ce qu'il perd." Sa


voix est aussi mlodieuse et entranante. En dia-
loguant avec M. Walcott, on a presque l'impres-
sion de jouer dans une pice de thtre. Il pour-
rait prononcer une perle littraire tout instant.
Revenons Sainte-Lucie. Qu'est-ce qu'elle a
de si particulier, son le natale ? "Sa topogra-
phie, les montagnes en forme de cne qui
apparaissent soudainement et la mer. C'est une
bndiction de pouvoir en profiter chaque jour
de sa vie." Walcott s'inquite toutefois claire-
ment de l'impact du tourism sur l'le et sur
l'ensemble des Carabes : "Le tourism peut
constituer une menace considerable sur une
petite le, peuple d'une race diffrente et don't
l'histoire des lieux doit tre respecte.
Actuellement, un promoter essaie de
construire une srie d'immeubles ct de ma
maison. Ils dbarquent ma porte, comme ils
dbarqueront la porte de nombreux autres."
Il ajoute : "On rige de grands hotels en nous
disant sans cesse de sourire, d'tre heureux,
d'tre poli, mais c'est dangereux et j'en parle
dans mes crits." Le tourism n'est pas un
crime, dit-il, mais il a le sentiment que les pro-
moteurs et les gouvernements devraient accor-
der plus d'importance au dveloppement de la
richesse culturelle des Carabes.
"Une solution serait de faire payer les promo-
teurs touristiques en change de ce qu'ils font
sur notre le. Faire construire un thtre ou un
muse et accorder quelques bourses d'tude, par
example. Mais ils ont peur de taxer le secteur
touristique, et si l'on ne s'y rsout pas, notre
croissance conomique ne sera qu'phmre."


> "ma plage"


Il pursuit : "J'avais l'habitude de descendre sur
'ma plage' (Rodney Bay). Vous savez que tous
les habitants des Carabes ont leur propre plage.


Et bien, on a construit un htel sur 'la mienne'.
Je me sens vinc par cet htel, ce qui est un
sentiment stupid, puisque je peux nager n'im-
porte o ailleurs, mais j'avais simplement le
sentiment que cette plage m'appartenait. Je ne
pense pas qu'un htel soit suffisant pour com-
penser ce que j'ai perdu. Il s'agit d'une sorte de
mtaphore pour l'ensemble des Carabes. Un
pays ne peut pas se contenter d'une grange en
guise de thtre et je suis trs du par le
conformisme des gouvernements caribens."
Nous revenons ses projects immdiats
"Actuellement, je travaille sur des scnarios de
cinma. Je vais raliser quelques films -j'es-
pre." Le scenario du premier est bas sur Ti-
Jean, l'autre tant une pice familiale situe
Port-of-Spain Trinit et Tobago. "Ti-Jean est
une fable sur un garon et ses deux frres, qui a
pour cadre la Soufrire sur l'le de Sainte-Lucie.
Le premier frre a une grande force physique.
L'autre se prend pour un intellectual, un gros
avocat qui remet tout en question. La morale
tant qu'il faut se mfier du diable", explique
Walcott.
En automne, il sera Londres pour mettre en
scne la pice The Burial of Thebes
(L'enterrement Thbes), du pote irlandais
Seamus Heaney, au Globe Theatre. Il apprcie
clairement la compagnie et le contact avec d'au-
tres artistes qu'il trouve au thtre.
Le lendemain soir, nous nous retrouvons Passa
Porta, un lieu littraire du centre de Bruxelles.
Aprs une lecture d'Omeros, il rpond aux ques-
tions d'un public bien inform sur l'identit cari-
benne, l'utilisation du crole dans la littra-
ture... Il savoure manifestement la vnration
pour son uvre. A un moment, il affiche cepen-
dant le regard vulnerable de l'auteur confirm
oblig d'assister la dissection impitoyable de
son uvre. Il attend probablement avec impa-
tience la routine des baignades matinales la
source de son inspiration, Sainte-Lucie.
D.P.

* La foundation Herman Servotte a t cre en 2004 pour
. ......... I i.1 ,., .1. ... littrature anglaise
Herman Servotte et promouvoir les tudes de littrature
anglaise.
** Lajournaliste a rencontr le pote Louvain-laNeuve le 15
mai 2008.

Sites web :
www.fondshermanservotte.be
www.passaporta.be


La Soufrire, Ste Lucie. Paysage pour Ti-Jean 2006.
Mark Percival



mots-cls
Debra Percival ; Derek Walcott ; Sainte-
Lucie ; Carabes ; Prix Nobel ; littrature.


COURRIER







1 e la terre


Dploiement de




SfTELLITES pour



lutter contre la pauuret

Le lien entire la technologies satellitaire et la lutte contre la pauvret n'est pas des plus
manifestes. Le Centre commun de recherche (CCR) de la Commission europenne ana-
lyse pourtant cette fin des images en trs haute resolution. Une initiative laquelle
le Sommet des chefs d'Etats africains et europens de dcembre 2007 a contribu
donner un nouvel lan politique.


faune et de la flore, l'extension des
terres agricoles et les incendies ne sont
que quelques-uns des phnomnes qui
peuvent tre contrls au moyen des images en
haute definition prises par les satellites navigant
850 kilomtres d'altitude. Un suivi qui permit
son tour d'amliorer la gestion des forts et de
prvenir les conflicts -deux volets de la lutte
contre la pauvret. C'est ce qu'explique Alan
Belward, chef de l'unit de surveillance global
de l'environnement au Centre commun de
recherche (CCR) de la Commission europenne
(CE). L'quipe du CCR, tablie Ispra, en
Italie, tente de dterminer "dans quelle measure
l'utilisation optimale des satellites peut soutenir
le dveloppement".
La recherche et les statistiques rassembles
par l'quipe compose de 8 9 scientifiques,


don't un stagiaire africain, contribuent com-
bler un manque d'informations dans ce
domaine tout en aidant les bailleurs de fonds et
les gouvernements planifier et prendre les
decisions qui s'imposent.
Actuellement focalises sur l'Afrique, ces
activits pourraient parfaitement tre appli-
ques aux Carabes et au Pacifique, a ajout
Alan Belward.
La technologies satellitaire ne date pas d'hier.
Le premier satellite global a t lanc en 1957
et le premier satellite d'observation en 1972.
Ce n'est que durant les 10 dernires annes,
toutefois, que les satellites ont t utiliss pour
les provisions agricoles et en tant qu'outil de
"dveloppement". Les accords conclus par le
CCR en ce qui concern l'utilisation de cette
technologies englobent notamment l'accord
avec l'Organisation europenne pour l'exploi-


station de satellites mtorologiques (EUMES-
TAT), qui recueille des statistiques mtorolo-
giques et suit l'volution du climate.
D'une manire gnrale, l'imagerie satellitaire
peut tre utilise dans quatre domaines de la
politique de dveloppement : la protection des
resources naturelles ; l'aide humanitaire et le
soutien au dveloppement ; les initiatives de
reduction des catastrophes naturelles et l'esti-
mation prcoce des rendements agricoles et les
alertes en cas de mauvaise rcolte.
Alan Belward nous a montr des images haute
resolution prises au-dessus du lac Tchad en
1963 pour que nous puissions les compare
un clich plus recent. L'observation rvle que
la superficie du lac a considrablement dimi-
nu. La dgradation des terres, la dforestation
et la perte de la biodiversit peuvent tre
contrles de la mme manire.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008








De la terre



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> Qui ne s'acquitte pas de
l'impt ?

Les clichs de routes dans les rgions fores-
tires permettent quant eux de reprer les
activits de dboisement et fournissent de
cette manire aux autorits des informations
sur les activits de dboisement illicites et sur
les personnel qui devraient ainsi tre taxes.
M. Belward insisted sur le fait que les pays afri-
cains doivent s'approprier ces donnes statis-
tiques. Celles-ci peuvent tre communiques
divers organismes, parmi lesquels l'observa-
toire africain des forts (FORAF), qui vient


d'ouvrir de nouveaux bureaux Kinshasa dans
le cadre du partenariat pour les forts du bas-
sin du Congo et qui doit mettre en place un
systme de surveillance des activits de dboi-
sement dans l'ensemble du bassin.
Les images analyses par le CCR montrent
que depuis les annes 1970, 50.000 km2 de
vgtation naturelle en Afrique ont t rempla-
cs par des cultures -soit une superficie qui-
valant une fois et demie la Belgique, mme
si cette progression ne reprsente qu'un cin-
quime seulement du taux de progression en
Asie du Sud et la moiti de celui enregistr en
Amazonie. M. Belward ajoute que le rythme
actuel de dforestation dans des pays du bassin
du Congo -Cameroun, Gabon, Burundi,
Rpublique du Congo -est de 0,17%, un pour-
centage peu lev qui peut tre attribu
l'amlioration de la gestion forestire.
Une autre image du parc "W" qui s'tend sur
trois pays -le Bnin, le Burkina Faso et le
Niger -rvle l'existence d'activits agricoles
dans le primtre du parc. Les images obte-
nues l'infrarouge permettent de dceler les
incendies. Les textos et les messages lectro-
niques peuvent tre envoys immdiatement
aux gardes forestiers qui se chargent de les
teindre. Pour Alan Belward, la mise au point
de systmes d'alerte automatique pourrait
reprsenter un advantage considerable pour ces
rgions, par example dans le domaine de la
gestion forestire.
Les menaces pesant sur la biodiversit peuvent
aussi tre enregistres grce la technologies
gospatiale. Le CCR surveille la perte de la
biodiversit dans 741 rgions protges
d'Afrique, un continent qui abrite 280 espces
de mammifres, 381 espces d'oiseaux et 930
espces d'amphibiens. Les informations
actualises tous les 10 jours sont assembles
par l'Union international pour la conserva-
tion de la nature et de ses resources (UICN).


Un site web a t ralis et diffuse tous les
rsultats au grand public.
Outre la conservation, les satellites peuvent
aussi se rvler utiles dans le domaine de
l'aide humanitaire. L'imagerie trs haute
resolution permet de surveiller les camps de
rfugis dans les rgions en situation de cruise,
le Darfour par example. Cela peut permettre
d'estimer le nombre de personnel hberges
dans un camp et devant tre secourues. Le
CCR coopre galement avec la Banque mon-
diale et d'autres institutions en vue de mettre
au point une mthodologie approprie pour
observer et ventuellement se prparer aux
catastrophes naturelles, les tremblements de
terre par example, l'objectif tant de limiter au
mieux les dgts occasionns.
Les rcoltes sont aussi places sous surveil-
lance et des modles agro-mtorologiques
ont t mis en place dans plus 30 pays vuln-
rables aux crises et aux pnuries alimentaires.
En raison de la frquence des pnuries alimen-
taires et en l'absence de suivi l'chelon
regional, la Corne de l'Afrique est tout parti-
culirement place sous observation. Les rap-
ports mensuels sur l'tat des cultures, les ren-
dements, les perspectives et les ventuelles
pnuries alimentaires sont publis entire avril
et octobre et les informations sont communi-
ques aux bureaux de l'UE et aux partenaires
des Nations Unies. D.P. M

En haut: Images satellite montrant l'abandon de l'agri-
culture en Angola. gauche : image prise dans les 1970.
Notez la tache vert fonc au centre. Dans les annes
2000, elle a disparu. C JRcispra

gauche : images du Lac Tchad aujourd'hui (en haut) et
en 1963 (en bas), tendue d'eau plus important.
SJRC Ispra


mots-cls
CCR ; Afrique ; forts ; conservation ;
Debra Percival.


COURRIER











































GHANA

Dossier de Francis Kokutse,
Debra Percival, Hegel Goutier


Le Ghana est l'honneur dans ce numero. Accra, la
capital de ce pays considre comme un modle afri-
cain, accueillera le 6e Sommet des 79 membres du
Groupe ACP (Afrique, Caraibes et Pacifique) du 30 sep-
tembre au 3 octobre de cette annee. Parmi les atouts
largement reconnus du Ghana, retenons notamment sa
democratic multipartite durable, sa croissance econo-
mique regulire, l'augmentation du taux d'instruction
de sa population et son secteur priv trs actif. Dans
tous les secteurs, des Ghaneens trs comptents -
citons notamment Kofi Annan, ancient Secrtaire gn-
ral des Nations Unies se sont fait connaitre sur la scne
international. Le pays connait une vaste diaspora, tant
sur le continent africain qu'au-del, qui continue d'en-
voyer des fonds au pays, au bnfice de son developpe-
ment economique. Enfin, ses forces de maintien de la


paix sont trs sollicites, tant pour les missions regio-
nales que celles organises dans le cadre des operations
des Nations Unies.
Alors que l'actuel president John Agyekum Kufuor doit
achever son 2e mandate en decembre 2008, date
laquelle des lections presidentielles et parlementaires
seront organises, nous retraons l'histoire du pays et
nous nous penchons sur son avenir politique. Nous
examinerons galement si le Ghana pourra continue
de benficier de la bonne sante de ses exportations
malgre la flambee de deux products imports massive-
ment le ptrole et les degrees alimentaires. Enfin,
nous vous expliquerons comment l'Union europeenne
(UE) aide financirement le Ghana realiser ses
Objectifs du Millenaire pour le dveloppement
(OMD).








eportage Ghana


HISTOIRE DU GHANA












loin du Ghana ancien


e symbol est trs fort. En 1957, alors
que la Cte d'Or tait le premier pays
africain prtendre l'indpendance
de la puissance colonial, ses diri-
geants sortaient des oubliettes de l'histoire son
nom prestigieux de Ghana. Comme le Ghana
ancien, la nation moderne tirait sa richesse de
l'or. En ralit, il n'existe gure de liens entire
le Ghana actuel et le Ghana du pass, qui
recouvrait une parties du nord du Sngal
actuel et du sud de la Mauritanie d'au-
jourd'hui. Le Ghana, tel que nous le connais-
sons, est situ prs de 600 kilomtres au sud-
est. Son emplacement est donc different, mais
il n'existe de surcrot que trs peu de liens eth-
niques entire la population du Ghana moderne
et celle du Ghana ancien.
C'est probablement vers la fin du 1er
Millnaire de notre re que Dinga Cisse runit
plusieurs clans du people sonink pour crer la
nation du Ghana. En ralit, le pays s'appelait
le Royaume sonink, Ghana tant le titre du
roi. Certains auteurs arabes ont cependant
retenu ce nom pour designer l'Etat.




Le Ghana ancien tait riche en mines d'or,
selon les descriptions de plusieurs auteurs
arabes, tels que Al-Hamdani. Il tirait aussi des
richesses du commerce du sel, du cuivre et,
dans une moindre measure, des esclaves. Sa
capital, Kumbi Saleh, tirait profit de sa situa-
tion au bout des pistes sahariennes empruntes
par les marchands du Maghreb. Ces liens com-
merciaux ont introduit l'Islam dans le pays.
Les musulmans installs Kumbi Saleh rest-
rent d'abord loin du palais royal, mais certain
d'entre eux, les plus rudits, furent ensuite
nomms dans l'administration locale.
Pour de nombreuses raisons, les deux premiers
sicles du IIe millnaire virent le dbut du
dclin du Ghana, les causes principles tant
les scheresses prolonges et l'ouverture de
nouvelles routes vers d'autres mines d'or,
lcouvertes Bure, dans la Guine actuelle.


Le Ghana fut aussi occup par les
Almoravides ; personnel ne sait avec certitude
si ceux-ci ont envahi le pays militairement ou
si leur influence a grand graduellement.
Ensuite, le souverain Sosso, Sumanguru, s'est
empar du pays, mais il a t vaincu par
Sundiata Keita en 1236 et le Ghana a t
absorb par l'empire du Mali.




Des fouilles archologiques indiquent que le
Ghana moderne tait habit ds le dbut de
l'ge de bronze, vers 4000 avant J.-C. Mais la
population actuelle du Ghana a commenc
s'installer dans les rgions actuellement cou-
vertes par le pays au dbut du Xe sicle. Ce
n'est que vers la fin du XVIIe sicle que la
plupart des groups ethniques constituent la
nation ghanenne se sont rassembls. Il s'agit
notamment des Akans, des Twifus et des
Mandas, ces derniers venant de l'actuel
Nigeria (les Etats haoussas de l'poque). Une
branch du people akan, les Ashantis, allait
jouer un rle de premier plan dans la constitu-
tion du Ghana moderne. Les Ashantis taient
plus unis que les autres groups et ils se sont
rapidement tendus, pour crer une nation
puissante avant le milieu du XVIIe sicle. Vers
la fin du XVIIe sicle, leur souverain, Osei
Tutu, fut proclam Asantehene, roi des
Ashantis. Les Ashantis ont conquis de nom-
breux autres Etats akans. Leur empire accord
une autonomie suffisante chaque Etat subor-
donn, tout en prservant toujours l'intrt
commun, d'o l'existence, ds le XVIIIe si-
cle, d'un Etat trs bien organis qui restera
solide jusqu'au dbut du XIXe sicle.

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Depuis le dbut du XVIe sicle, des habitants
de la Cte d'Or, plus particulirement les
Akans, commeraient avec les Portugais, arri-
vs en 1471. Des aventuriers venus de la plu-
part des pays europens essayrent de s'instal-


ler en Cte d'Or. Les Hollandais succdrent
aux Portugais, suivis leur tour par les
Anglais, les Sudois et les Danois. Les
Britanniques fondrent la Compagnie britan-
nique des commerants d'Afrique en 1750. Le
commerce d'esclaves a clips l'or de la Cte
d'Or aprs l'installation de grandes planta-
tions en Amrique. La cte africaine occiden-
tale devint rapidement le premier fournisseur
d'esclaves pour le continent amricain. Au
XVIIIe sicle, 4,5 millions d'esclaves furent
expdis par mer de l'Afrique occidentale vers
l'Amrique.
En 1844, les Britanniques signrent un trait
avec les chefs fantis. En 1873, ils capturrent
le chef ashanti Kumasi et fondrent une colo-
nie sur la Cte d'Or. Contrairement aux
Franais, qui installaient une vaste colonie
administre par un gouverneur gnral, la
Grande-Bretagne opta pour des colonies dis-
tinctes, relativement autodtermines.
A la fin de la longue guerre anglo-ashanti, la
Grande-Bretagne soumit les Ashantis son
protectorat en 1896. L'administration locale
fut partage entire chefs traditionnels dans les
instances indignes et les reprsentants lus
par la population dans les villes et les conseils
municipaux. En 1902, les territoires du Nord
furent proclams protectorat britannique. La
fin de la Premire Guerre mondiale marqua un
changement au Togo allemand, qui passa aux
mains de la Grande-Bretagne en 1919. Au
course de la Deuxime Guerre mondiale, les
forces africaines originaires de la Cte d'Or
ont combattu les forces italiennes en Ethiopie,
ainsi que l'arme japonaise en Birmanie, aux
cts des Britanniques et des Indiens.




Le premier movement nationalist aspirant
l'autonomie de la Cte d'Or, voire son ind-
pendance total, fut la United Gold Coast
Convention (UGCC), cre en 1947 par un
group de personnel instruites, don't le secr-
taire gnral Kwame Nkrumah, thoricien et


COURRIER

















































nationalist. Aprs des tudes aux Etats-Unis
et en Grande-Bretagne, Nkrumah fut l'un des
militants prendre part au Congrs panafri-
cain de 1945 Manchester. En juin 1949,
Kwame Nkrumah rompit avec l'UGCC, consi-
dr comme trop conservatrice, et mit en place
une organisation rellement favorable l'in-
dpendance : le Convention People's Party
(CPP). Entre-temps, Nkrumah tait devenu
l'un des 'Veranda boys' (proches de la popula-
tion ordinaire, plutt que des intellectuals).
Aprs avoir t arrt et emprisonn, il devint
l'un des dirigeants les plus populaires du pays.
En 1950, le CPP lana une champagne d'action
"positive" (action non violente. Nkrumah fut
une nouvelle fois arrt, ainsi que de nom-
breux autres dirigeants. Nkrumah devint un
symbol, un martyr, un hros. Malgr sa
dtention, il dcrocha un sige lors des pre-
mires lections lgislatives organises sous la
nouvelle constitution en 1951 et son part rem-
porta la majority des deux tiers.
Le parti de la communaut ashanti, le National
Liberation Movement (NLM), cr en 1954,
s'opposa au CPP, qui exigeait l'indpendance
immediate, et l'assemble fut dissoute en juil-
let 1956. Le gouverneur accept d'accorder
l'indpendance si elle tait demande par les
deux tiers des reprsentants l'assemble. Le
CPP remporta de nouveau une majority des
deux tiers. Avant les lections, un rfrendum
fut organis par les Nations Unies concernant


l'avenir du Togo britannique (li la Cte
d'Or) et du Togo franais. Ce rfrendum
entrana la reunification des deux parties du
Togo, sous le gouvernement franais.
L'indpendance de la nouvelle nation, baptise
Ghana, fut clbre le 6 mars 1957. Le pays
devint une rpublique suite au rfrendum du
ler juillet et Nkrumah l'un des plus minents
dirigeants du Tiers monde. En 1964, le Ghana
fut proclam pays parti unique. Deux ans
plus tard, un coup d'Etat militaire renversa
Nkrumah, alors qu'il tait en visit en Chine.
Le National Liberation Party prit le pouvoir.

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Le Progress Party, dirig par Kofi A. Busia,
remporta les lections de 1969 et celui-ci
devint Premier ministry. Mais un coup d'Etat
organis par le gnral Ignatius Acheampong
porta au pouvoir le National Redemption
Council (NRC), une junte militaire, en janvier
1972. Le NRC fut remplac par une autre
junte militaire, le Supreme Military Council
(SMC), galement dirig par Acheampong, en
1975. De jeunes officers, dirigs par le capi-
taine de l'arme de l'air Jerry John Rawlings,
tentrent un contrecoup violent en juin 1979.
De nombreux membres du SMC furent excu-
ts et des purges eurent lieu dans les rangs des
officers suprieurs de l'arme. Hilla Limann
devint president de la rpublique en juillet


1979, mais l'administration civil fut surveille
par le "Mouvement du 4 juin", un group mili-
taire. Suite la hausse du taux d'inflation, qui
se rpercuta sur le cot de la vie, Limann per-
dit le soutien tant des travailleurs que de la frac-
tion militaire qui l'avait aid. Rawlings orches-
tra son second coup la fin de l'anne 1980.




Rawlings resta president du Conseil provisoire
de defense national pendant 12 ans, avant de
restaurer le multipartisme en 1990 et d'organi-
ser des lections, qu'il remporta en janvier
1993. Il abandonna le pouvoir le 7 janvier
2001, aprs deux mandates, et fut remplac par
John Agyekum Kufuor, qui occupe encore ce
poste aujourd'hui.
Depuis la mise en place du systme multipar-
tite par Jerry Rawlings, le Ghana semble avoir
bien intgr sa dmocratie et avoir progress
en matire de bonne governance. Sa bonne
reputation au sein des institutions internatio-
nales, ainsi qu'auprs des investisseurs, en
tmoigne. H.G. I


mots-cls
Hegel Goutier ; Ghana ; Cte d'Or; Togo ;
Dinga Cisse ; Soninke ; Ashanti ; Kwame
Nkrumah ; Jerry Rawlings ; Kofi Busia ;
Ignatius Acheampong ; Hilla Limann ; John
Kufuor.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008





eportage Ghana


les elections


de dcembre


Francis Kokutse*, Debra Percival


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COURRIER


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Ghana eportage


Les lections prsidentielles et parlementaires sont prvues pour dcembre prochain. Il
s'agira de designer le successeur du president sortant John Agyekum Kufuor, qui
occupe ce poste depuis janvier 2001 et aura puis le maximum autoris de deux man-
dats de quatre ans. Le Ghana est toujours rest en tte des classements africains pour
ses rformes conomiques, son respect des droits politiques et civiques et la liberty de
sa press au course des dernires annes**. Tout au long de son mandate, le pays a
connu une bonne croissance conomique. Selon les critiques de l'opposition, le
President Kufuor a simplement eu beaucoup de chance et a pu tirer profit de la mon-
te du prix de certaines matires premires, telles que l'or. Le parti d'opposition -
National Democratic Congress (NDC) dnonce le copinage au sein du gouverne-
ment et dit que le Prsident Kufuor ne bnficie plus du soutien inconditionnel de son
New Patriotic Party (NPP) l'approche de la fin de son mandate.


algr la hausse des prix du
ptrole, le pays a connu des
taux de croissance vigoureux
depuis 2000. La croissance du
produit intrieur brut en terms rels a grimp
de 3,7% pour atteindre 5,9% en 2000-2005,
puis 6,2% en 2006. Selon les statistiques de la
Commission europenne, ce rsultat peut tre
mis sur le compete des bonnes prestations de la
production et du marketing du cacao, de la
construction, de l'or, de l'exploitation fores-
tire et du transport, de l'entreposage et des
communications dans ce secteur.
Selon Paul Acquah, Gouverneur de la Banque
central du Ghana, les exportations de mar-
chandises reprsentaient 868 millions de dol-
lars au course des deux premiers mois de 2008,
contre 690,3 millions pour la mme priode en
2007. Toujours selon Acquah, l'or a littrale-
ment brill : "Les exportations d'or reprsen-
taient 404,4 millions de dollars pendant les
deux premiers mois de 2008, contre 263,71
millions lors de la mme priode en 2007." Il
ajoute que les exportations de fves et de pro-
duits cacaoyers ont cependant enregistr une
lgre baisse et s'lvent 227,4 millions de
dollars pour les deux premiers mois de 2008,
contre les 247 millions enregistrs pendant la
mme priode en 2007.
Alors que la hausse de prix des denres ali-
mentaires et des products ptroliers perturbe les
conomies du monde entier, Kufuor a rcem-
ment fait remarquer que "grce sa vigueur et
son lasticit naturelles, notre conomie
national s'est avre capable de rsister aux
chocs terrible qui ont secou le march.
Mme si cela ne signifie pas pour autant que le
pays a t pargn par les effects de la crise
mondiale. Selon Kufuor, la facture national
des importations de ptrole brut a augment au
course de l'anne coule. Elle est passe de
500 millions de dollars en 2005 2,1 milliards
l'anne dernire.


Le President a dclar rcemment que "parmi
les effects indsirables de la hausse incessante
des prix ptroliers, on note la hausse des prix
du ptrole la pompe et l'explosion du cot
des transports, qui perturbent la distribution
des denres alimentaires et des marchandises
en gnral, tout en rendant la vie des citoyens
plus difficile". Mais que pour contrer cet effet,
"l'agriculture s'est bien porte cette anne, ce
qui a permis de trouver facilement les products
rcolts localement, tels que le mas, les
patates douces, les plantains, le manioc et le
taro" et le gouvernement s'intressera bientt
de plus prs l'agriculture en augmentant ses
investissements agricoles. Le Prsident
Kufuor a aussitt calm les nerfs des
Ghanens au sujet de la hausse des prix des
products alimentaires.


Les droits de douane

l'importation sur le

riz et l'huile vgtale

ont t supprims

Les droits de douane l'importation sur le riz
et l'huile ont t supprims pour rduire le prix
des denres de base.
Frank Agyekum, Ministre adjoint
l'Information du gouvernement, dit qu'une
tude sur le niveau de vie ghanen montre que
celui-ci n'a jamais t aussi lev qu'au course
de ces huit dernires annes, mais Elvis
Efriyie Ankrah, Sous-secrtaire gnral du
parti d'opposition NDC, contest ce point de
vue. Il dit que la faiblesse du niveau de vie "a
t masque par des chiffres qui ne refltent
pas le niveau de vie rel de la population".
D'autres prtendent que la bonne sant des
exportations des matires premires devraient


permettre au Ghana de faire bonne recette, ce
qui n'est pas le cas. L'agriculture reste rudi-
mentaire. Citons, notamment, l'inscurit des
fermages, l'accs limit aux resources et les
mauvaises routes. Et le secteur industrial est
en outre domin par les petites entreprises
faible productivity. Les investissements tran-
gers directs s'levaient seulement 156 mil-
lions de dollars en 2005 selon la Confrence
des Nations Unies sur le commerce et le dve-
loppement (CNUCED).
Pour Tony Aidoo, ancien Ministre de la
Defense du NDC, le NPP du gouvernement
actuel "est arriv au pouvoir alors que l'cono-
mie avait t rtablie et que les bases d'une
reliance avaient t poses. En 1982, le Conseil
provisoire de defense national (Provisional
National Defence Council -PNDC), qui s'est
ensuite transform en NDC, enregistrait une
croissance negative de 8%. La situation s'est
rtablie pour atteindre une croissance positive
de 7%, avant de se stabiliser 5% en 2000".
Toujours selon Aidoo, "le gouvernement a de
la chance d'tre au pouvoir alors que les prix
des matires premires sont trs levs. De
surcrot, il continue d'augmenter les taxes et
les cots des services publics, ce qui rend la
vie trs difficile pour la population". Et
d'ajouter que "ce gouvernement a t caract-
ris par un niveau de copinage, de justifica-
tions et de tribalisme jamais atteint dans ce
pays auparavant".
Il fait allusion aux membres du prcdent gou-
vernement NDC, qui ont t jugs et empri-
sonns suite la fameuse loi sur les "pertes
financires causes l'Etat". Rappelons que
c'est le NDC mme qui avait vot cette loi
pendant qu'il tait au pouvoir. Frank Agyekum
souligne que personnele ne se trouve en prison
aujourd'hui sans avoir t jug par un tribu-
nal". Il ajoute que le gouvernement est sans
cesse lou dans le monde entier pour sa bonne
governance. "Le gouvernement a dpnalis


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008




























la diffamation et les gens peuvent dsormais
dire ce qu'ils pensent. Cette tendance est ren-
force par les nombreuses stations de radio
FM aux quatre coins du pays, qui proposent
des squences tlphoniques permettant aux
Ghanens ordinaires d'appeler pour exprimer
leur point de vue sur les ondes."


La socit civil a de plus en plus d'influence
sur la prise de decision. Les movements de
fermiers, syndicats et associations profession-
nelles ont toujours t presents sur la scne,
mais d'autres associations, telles que les orga-
nisations pour le dveloppement des "villes
d'origine", les groups de defense des droits
de la femme, les clubs de charit, les associa-
tions de parents et d'enseignants et les organi-
sations religieuses donnent une nouvelle viva-
cit la socit civil.
Pour Steve Manteaw, coordinateur des cam-
pagnes d'ISODEC, une organisation non gou-
vernementale (ONG) pour le dveloppement et
la defense des droits sociaux : "Au course des
sept dernires annes, seule la socit civil a
tent de mener une opposition relle dans ce
pays." Manteaw dit que la faiblesse du parle-
ment est due la personnalit de ses membres.
"Certains sont creux et n'ont pas le bagage
ncessaire pour pouvoir analyser les problmes
de manire critique." Il dit avoir t contact
par le gouvernement pour aider dvelopper
les comptences des parlementaires cette
anne, par example en organisant un atelier de
formation sur le budget pour 30 dputs.
Selon Manteaw, ISODEC tait soutenu par les
glises dans ses efforts visant renforcer la
pratique dmocratique. Il mentionne le Conseil
chrtien, impliqu dans la Campagne mondiale
contre la pauvret, ainsi que la Confrence des
vques catholiques, qui est galement trs
active en matire de bonne gouvemance.
La lenteur des avances en matire d'galit
entire les hommes et les femmes ternit quelque
peu l'clat de l'image international du
modle ghanen. Les femmes sont sous-repr-
sentes dans la vie publique et n'ont qu'un


accs limit aux resources conomiques. Il
existe des lois protgeant les droits des
femmes et des enfants, telles que la Politique
national des sexes et des enfants de 2004 et la
Politique de soins et de dveloppement pour la
petite enfance, mais les observateurs affirment


La dcentralisation

enregistre aussi un

certain retard


La dcentralisation enregistre aussi un certain
retard que leur mise en uvre se fait attendre.
suite aux soucis en matire de comptences
locales. Malgr le budget de 2007, qui autorise
le transfer d'un nombre important de fonc-
tionnaires des dpartements et agencies minis-
triels vers les administrations des districts en
2008, le problme des rformes politiques au
niveau local reste d'actualit. Un tiers des
membres des Assembles des districts, ainsi
que les gouverneurs de district (District Chief
Executives), sont nomms par le Prsident
plutt que dsigns par voie lectorale. Et les
litiges relatifs aux hritages de terres et de suc-
cessions, lis aux chefferies, sont susceptibles
d'entraner des conflicts locaux.
"Ces sept dernires annes, le gouvernement
n'a pas t clair quant ses intentions en
terms de gouvemance au niveau local", dit
John Larvie, coordinateur de programmes au
Centre de dveloppement dmocratique, pour
exprimer son point de vue personnel. "Mme
si l'administration locale ne peut en principle
pas tre partisan, le gouvernement a entach
son impartialit en nommant des gouverneurs
de district fidles la ligne du parti. Mme les
30% de membres des Assembles de district
dsigns par le gouvernement ont t choisis
purement sur base de leur appartenance parti-
sane et les decisions continent d'tre prises
au centre, ce qui revient rfuter toute tenta-
tive de dcentralisation de l'administration."
En pensant l'avenir, certain observateurs
politiques au Ghana prvoient dj que le pays
suivra l'exemple du Kenya -faisant rfrence


au dsordre ayant suivi la manipulation des
lections au Kenya. Vladimir Antwi-Danso,
chercheur principal au Centre d'affaires inter-
nationales de l'Universit du Ghana, tire la son-
nette d'alarme : "Certaines poches de conflicts
pourraient s'intensifier si les politicians ne
s'occupent pas assez bien des lections."
Agyekum confirm : "La scurit national est
en jeu et c'est pour cette raison que le gouver-
nement a renforc la commission lectorale,
afin de la rendre capable d'organiser des lec-
tions crdibles et honntes, pour que les rali-
sations positives du gouvernement ne soient
pas avortes par la rancour et la violence pen-
dant et aprs les lections."
Le President Kufuor, quant lui, a promise que
"la commission lectorale disposerait de toutes
les resources ncessaires pour lui permettre
d'organiser des lections crdibles et honntes".
Jusqu' present, les parties politiques se sont
lancs dans leurs campagnes politiques sans
anicroches, mais cela ne signifie pas que le
gouvernement n'a aucun problme rgler,
affirme John Larvie. "Le Prsident Kufuor ne
semble pas vraiment capable de contrler ses
ministres. Voil le rsultat des ramnage-
ments rguliers qu'il a imposs son gouver-
nement", dit-il.
Et Ankrah, du NDC, dit qu'il semble y avoir
une sorte de scission entire le Prsident et le
parti au pouvoir. "Lors du dernier congrs des
dlgus nationaux, le Prsident avait exprim
son soutien Stephen Ntim, mais les membres
du parti ont dcid de voter pour leur propre
candidate. Ensuite, les dlgus ont vot contre
Alan Kyermanten, qui tait le dauphin dsign
par le Prsident Kufuor lui-mme. Aujourd'hui,
le parti s'oppose lui au sujet de la nomination
de Evans Atta Mills, le candidate du NDC la
prsidence, pour un prix national."
Aux dernires lections, John Kufuor a gagn
52,45% des votes et John Atta-Mills du National
Democratic Congress a dcroch 44,64% dans
la course pour la prsidence ghanenne, qui
oppose traditionnellement les deux parties.
Ankrah ajoute que les lecteurs perspicaces
"devraient se rendre aux lections pour choisir
celui qu'ils pensent tre le meilleur pour
redresser la situation du pays". *

* Journaliste bas Accra.

* Dans le dernier rapport Doing Business (Banque mon
diale, 2006), le Ghana est class parmi les 10 meilleurs
rformateurs. En 2005, le Ghana occupait la 4e place de
l'indicateur du potential de croissance (growth competitive
index) de la Banque mondiale pour l'Afrique.


mots-cls
Ghana; politique ; president John
Agyekum Kufuor ; Francis Kokutse,
Debra Percival.


COURRIER







Ghana eportage


prudence et preparation



Pass, present et stability politique sont indissociables d'une conomie vigoureuse, qui
a permis une planification conomique efficace et une bonne croissance. De nouveaux
gisements de ptrole prsagent un bel avenir.


n dirait que la Providence a lu le
Ghana parmi tous les pays de la
region, pour l'inonder de ses
faveurs. Le pays a subi toutes
sortes de souffrances, mais est rest intact.
Comme les autres pays de la region, il a eu sa
part de perturbations politiques en raison d'in-
terventions militaires mais par bonheur, il est
rest le seul pays n'avoir connu aucun conflict
interne grave.
Sous le gouvernement sortant du Prsident John
Agyekum Kufuor, l'conomie est marque par
une belle croissance et reste vigoureuse.
En outre, la dcouverte rcente d'normes
gisements de ptrole apporte un autre signe
avant-coureur d'un grand bond en avant pour


le pays. Le Prsident Kufuor n'a pas pu cacher
ses rves d'un Ghana meilleur lorsqu'il a
dclar, en s'adressant la nation sur les ondes
rcemment, que la hausse mondiale des prix
du ptrole n'tait qu'une difficult passagre
et que "les inconvnients actuels ne pourront
tre que temporaires. Envisageons donc l'ave-
nir avec confiance et espoir".
Kufuor a raison. En dcouvrant des gisements
de plus de 3,9 milliards de barils, on peut dire
que les Ghanens ont beaucoup de chance ce
moment prcis de leur dveloppement, ce qui
pourrait tre le rsultat d'une bndiction pro-
videntielle. Certains analysts refusent cepen-
dant d'imputer cette situation la Providence.
Ils prtendent que le pays prpare sa prosprit


future depuis les annes 1960. "On a beaucoup
travaill dans ce sens", a dit Fred Sagoe,
ancien employ de la Ghana National
Petroleum Corporation. "La prospection
ptrolire a sond tout le pays et commence
seulement porter ses fruits. Le pays dispose
aussi d'un nombre considerable d'ingnieurs
ptroliers, qui travaillent dans le monde entier.
Tout cela signifie que le pays prparait discr-
tement son avenir."

>L

Selon Vladimir Antwi-Danso, chercheur prin-
cipal au Centre d'affaires internationales de
l'Universit du Ghana : "Les bases de l'cono-








epbrtage Ghana


J-_ "- 4


mie du pays ont t poses au course de la pre-
mire rpublique, sous le rgne de feu Kwame
Nkrumah." A l'poque, peu de gens ralisaient
que la plupart des politiques mises en place
profiteraient au pays plus tard. Nkrumah a t
critiqu, mais sa politique a donn le ton de la
voie suivre par le pays aujourd'hui.
Antwi-Danso explique qu'au dpart, l'cono-
mie ghanenne tait ferme sur elle-mme. Le
programme de substitution aux importations
mis en place a t considr come un mau-
vais choix l'poque. Il a cependant "engen-
dr la construction d'infrastructures et gnr
un taux d'emploi lev dans le pays", dit-il. Le
project hydrolectrique sur la Volta
Akosombo, qui est la principal source d'ner-
gie du pays actuellement, en est un bon exem-
ple. En outre, le port de Tema et son agglom-
ration, qui faisait parties du plan d'industriali-
sation de Nkrumah, est rest l'un des princi-
paux hritages laisss au pays par Nkrumah.
Antwi-Danso ajoute que le gouvernement de
l'poque s'est aussi embarqu dans un pro-
gramme ducatif acclr grce la creation
du Ghana Education Trust. Il a favoris la
construction de nouvelles coles dans tout le
pays. "Il en rsulte que le pays dispose de res-
sources humaines trs qualifies -qu'il a
mme exportes vers certain pays dvelopps
-et qu'il tire actuellement profit d'envois de
fonds depuis l'tranger."
Paul Acquah, Gouverneur de la Banque du
Ghana, a confirm l'augmentation de ces
envois de fonds. Le montant des transferts
arrivs par l'intermdiaire des banques et
companies financires pendant les deux pre-
miers mois de 2008 s'levait 1.380 milliards
de dollars, soit une hausse de 48,7% par rap-
port aux 927,9 millions de dollars enregistrs
au course de la mme priode en 2007. "Sur le


Nouakchott: Opus incertum. Oeuvre de Philippe Bernard
Philippe Bernard (wwwafriqueinvisu org)




montant total des virements la fin de fvrier
2008, 275,5 millions de dollars revenaient
des individus, contre 202,3 millions de dollars
en fvrier 2007", a prcis Acquah lors d'une
conference de press rcente Accra.
La croissance don't bnficie le pays
aujourd'hui tire profit des efforts du pass.
Certains analysts conomiques disent que le
pays a travers des priodes difficiles entire les
annes 1970 et la fin des annes 1980. Ils attri-
buent donc un grand mrite l'ancien
President Jerry Rawlings, qui a pu prserver la
stability politique du pays pendant que la plu-
part de ses pays voisins s'effondraient sous le
poids des luttes intestines.

> T

Jacob Fredua, chauffeur de taxi Accra, se
souvient que "Rawlings a russi prserver
l'intgrit du Ghana, alors que la guerre faisait
rage au Libria et en Sierra Leone. Quand le
Togo tait en guerre sous feu Gnassingbe
Eyadema, le Ghana a offert un abri aux
Togolais dsireux de se mettre en scurit.
Quand les Ivoiriens ont dcid de s'entretuer,
on a fait appel notre pays pour trouver une
solution au problme de la Cte d'Ivoire".
Cela ne signifie pas pour autant que le Ghana
n'a pas ses propres problmes. Des zones d'in-
scurit ont exist dans certaines rgions du
pays. Au nord, dans le Haut-Ghana oriental
puis, plus rcemment, dans la region de la
Volta, des troubles ont parfois clat, mais
ceux-ci n'ont pas perturb l'ordre public, mal-
gr un bilan lourd en perte de vies humaines.
Selon Antwi-Danso, la stability politique a
donn au Ghana un advantage par rapport ses
voisins. Elle a permis au pays de se dvelopper.
Il ajoute : "Le redressement du pays est large-


ment d une injection massive de capitaux."
Et il a raison. Lorsque le Ghana traversait un
Programme d'ajustement structure (PAS) au
milieu des annes 1980, l'afflux de capitaux
trangers a permis de revitaliser une conomie
malade. "Le rgime actuel, qui est au pouvoir
depuis sept ans, a t capable de continue le
processus de reconstruction grce des poli-
tiques conomiques prudentes", ajoute Antwi-
Danso. Le gouvernement actuel a aussi attir
des investissements trangers considrables en
obtenant le statut de pays pauvre trs endett
(PPTE). Ce programme a permis de soulager
la dette de manire multilatrale. Selon Antwi-
Danso, "environ 6,2 milliards de dollars de la
dette ont t annuls grce au statut de PPTE
obtenu par le pays".
Des fonds d'origine locale, qui autrement
auraient disparu dans le remboursement de la
dette, ont ds lors pu tre utiliss pour finance
des projects d'infrastructure et ont permis de
crer des emplois au sein de l'conomie. Cela
a permis au pays de prserver sa croissance et
de contrler l'inflation jusqu' cette anne,
lorsque la hausse mondiale des prix ptroliers
et la cruise alimentaire qui a suivi se sont fait
partiellement ressentir sur la croissance
modest enregistre au course des six dernires
annes.
Antwi-Danso dit nanmoins que le gouverne-
ment est rest fidle la sagesse conomique.
Il attribue du mrite " la Banque du Ghana,
pour sa politique montaire favorable".
F.K.



mots-cls
Francis Kokutse ; Ghana ; Politique ;
President John Agyekum Kufuor ; Crise
alimentaire ; Ptrole.


COURRIER


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l'ducation, de la sant et de l'eau. Selon une
valuation rcente, la participation des
Assembles de district est crucial pour la
russite de tels projects.
Les montants affects la governance seront
utiliss pour renforcer la socit civil (8 mil-
lions d'euros) et les institutions non excu-
tives de governance (4 millions d'euros), afin
que ces deux types de structures puissent
nouer un dialogue avec les administrations
locales et jouer un rle de surveillance. Le
financement au titre du 10e FED ciblera sur-
tout les organizations rurales et locales. Un
financement peut aussi tre ventuellement
accord des institutions non executives de
governance, telles que le Ghana Audit
Service, pour contribuer renforcer leurs liens
avec le parlement.


Une some de 76 millions d'euros a t affec-
te au transport, peru comme un secteur-cl
pour rduire la pauvret. L'UE a donn son
soutien l'laboration d'un Plan national d'in-
tgration des transports couvrant les ports, les
installations portuaires, les chemins de fer et
les routes. Ax cette fois sur l'intgration
rgionale, le 10e FED ciblera l'amlioration et
la construction de routes principles pour faire
du Ghana un pivot du transport regional. La
remise en tat de routes principles dans
l'ouest du Ghana fait parties des objectifs, mais
la construction de nouvelles routes dans cette
zone ne se fera qu'aprs valuation social et
environnementale. Si les avantages ne s'av-
rent pas suffisants, l'attention pourrait, selon
des responsables de l'UE, se porter sur d'au-
tres routes principles, telles que la continua-
tion du corridor est.




Sur les 21 millions d'euros restants, 9 millions
devraient tre affects la facilitation du com-
merce, le Ghana ayant rcemment paraph un
accord intrimaire de partenariat avec l'UE.
Les fonds devraient aider le pays renforcer
sa comptitivit dans les exportations non tra-
ditionnelles et pourraient aussi servir am-
liorer la documentation douanire.
Sur la some restante, 8 millions d'euros sont
consacrs la gestion des resources natu-
relles, y compris au enforcement des princi-
paux organes de rglementation de la gestion
des resources naturelles et au soutien du
rgime relatif l'application des rglementa-
tions foresLires, la governance et aux
changes commerciaux (FLEGT) de l'UE,
afin de limiter les abattages illgaux.


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COURR[ER


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Deux millions d'euros du budget total sont
affects aux migrations, la diaspora et la
scurit. D'aprs les responsables de l'UE, un
project de ce type pourrait tre la compilation
d'un annuaire des cadres ghanens, mention-
nant les coordonnes de leurs entreprises res-
pectives et des addresses lectroniques pour un
accs facile. Une assistance technique pour
amliorer la capacity des services de police et
des migrations faire respecter les lois est
aussi prvue.
Cinq pour cent de la population du Ghana
appartient la diaspora : 1 million de
Ghanens rsideraient en Afrique (chiffre cit
dans Twum Baah 2005) et 189.461 figurent
dans la base de donnes sur les migrations de
l'Organisation de cooperation et de dvelop-
pement conomiques, hors Allemagne. Selon
d'autres tudes, 600.000 Ghanens vivraient
dans l'Union europenne, principalement au
Royaume-Uni.
Par ses envois d'argent au Ghana, la diaspora
est un important fournisseur de devises tran-
gres. Beaucoup de Ghanens sont hautement
qualifis et travaillent dans le secteur de la
sant l'tranger. Au Ghana, la construction
est un secteur majeur de croissance, finance en
parties par les revenues rapatris au Ghana. Une
rcente modification de la loi autorise la dou-
ble nationalit pour les Ghanens et tend le
droit de vote aux Ghanens vivant l'tranger.
En 2006, un ministre du Tourisme et des
Relations avec la diaspora a t cr. Deux
millions d'euros sont galement prvus pour
une facility de cooperation technique.
En plus de l'enveloppe principal appele
envelope "A", 6,6 millions d'euros sont bud-
gts pour les deux premires annes du 10e
FED dans une envelope "B" couvrant des
besoins imprvus, tels qu'une aide d'urgence,
des initiatives d'allgement de dette conve-
nues au niveau international et un soutien
financier pour attnuer l'impact ngatif de
l'instabilit des recettes d'exportation. En tant
que membre de la Communaut conomique
des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)
l'organisation rgionale de l'Afrique de
l'Ouest -le Ghana bnficiera aussi du 10e
programme indicatif regional de l'UE pour
l'Afrique de l'Ouest et est ligible d'autres
financements au titre la fois des facilits de
l'UE pour l'nergie et l'eau et du partenariat
UE-Afrique pour les infrastructures.
D.P.




mots-cls
Ghana; FED ; Appui budgtaire;
Gouvernance ; Debra Percival.











































e Ghana doit avoir un petit quelque
chose qui lui donne un rle de premier
plan en Afrique de l'Ouest alors qu'il
n'est pas un gros acteur conomique.
Sa population s'enorgueillit de son grand paci-
fisme, une quality qui a permis au pays
d'chapper tous les traumatismes des guerres
civiles don't ont souffert ses voisins.
En avril de cette anne, African Business, un
magazine panafricain public Londres, clas-
sait le Nigria troisime d'une liste des pays
africains comptant le plus de 'grandes' soci-
ts. Trente entreprises nigrianes figuraient
parmi le 'Top 200' africain. Les statistiques
rgionales de ce magazine pour l'Afrique de
l'Ouest sont encore plus parlantes. Le 'Top 50'
des entreprises d'Afrique de l'Ouest, classes le
Nigria premier, avec 45 entreprises, mais ne
cite que deux entreprises ghanennes. Qui plus
est, ces deux entreprises, Standard Chartered
Bank et Ecobank Ghana Limited n'appartien-
nent pas des Ghanens de souche.
On s'attendrait ds lors ce que ce soit le
Nigria et non le Ghana qui joue un rle de
premier plan dans le context regional de
l'Afrique de l'Ouest. Or il semble que ce soit
le contraire. Selon un analyst bas Accra,
Jos Anyima-Ackah, si le Ghana peut se vanter
de sa stability conomique et de sa croissance
sous un rgime dmocratique continue, le
Nigria ne peut en faire autant.
Anyima-Ackah a constat que le Ghana a
revendiqu un rle dominant dans les investis-
sements conomiques sur le continent africain
et dans la sous-rgion, ce que le Nigria n'a pu
galer. Ces faits inquitent certain Nigrians,


qui voient leur pays comme un gant amorphe.
Selon Vladimir Antwi-Danso, charge de
recherche au Centre pour les Affaires interna-
tionales de l'Universit du Ghana, "si, malgr
le manque de grosses entreprises, le Ghana
continue attirer les entreprises srieuses,
c'est parce que le Nigria reste peru comme
un pays corrompu. Cela ne veut pas dire que la
corruption n'existe pas au Ghana. Elle y est
prsente mais sous une forme plus subtile
alors qu'au Nigria, elle est gnralise et
c'est ce qui a contribu donner au Ghana un
rle majeur dans la sous-rgion, rle que le
Ghana assume en donnant l'exemple".




Tout au long de son histoire, le Ghana a t un
refuge pour la plupart de ses voisins. Pendant
les guerres civiles nigrianes, c'est Aburi,
une petite ville en bordure d'Accra, que les
belligrants ont ngoci leur paix. Le Ghana a
servi de refuge aux Togolais, Ivoiriens, Sierra-
Lonais et Libriens fuyant les guerres civiles
de leurs pays respectifs. C'est ainsi que le
Ghana a gagn un certain ascendant sur les
autres pays dans les activits rgies par la
Communaut conomique des Etats d'Afrique
de l'Ouest (CEDEAO).
D'aprs un journalist nigrian, Laide Thomas,
"mis part la paix que les Ghanens consid-
rent eux-mmes comme allant de soi, le Ghana
est le seul pays de la region avoir la capacity
de faire bouger les choses. La plupart des villes
du Ghana ont l'eau courante en permanence et
l'lectricit ; aussi, lorsque les dirigeants gha-


nens parent de ce qui devrait tre le moteur
d'un pays, les autres dirigeants coutent".


Le Ghana est le seul

pays de la region

avoir la capacity de

faire bouger les choses.


Le Ghana est le seul pays de la region avoir
la capacity de faire bouger les choses.
Il n'est pas surprenant qu'Antwi-Danso dise :
"Le Ghana est devenu une destination pour les
entreprises." Dj la Communaut cono-
mique des Etats d'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO) a dcid d'y installer sa Banque
central. L'Institut montaire de l'Afrique de
l'Ouest est bas au Ghana. Voil autant d'in-
dices qui tendent prouver que "le Ghana joue
effectivement un rle pivot dans le programme
de la CEDEAO".
Le rle qu'il continue jouer a graduellement
transform le pays en un centre du commerce
de l'Afrique de l'Ouest. Tema Port, l'ext-
rieur d'Accra, est devenue la base de transit
pour des pays enclavs comme le Burkina
Faso, le Mali et le Niger, "parce que le pays a
ouvert ses portes la circulation des biens et
services". F.K. I



mots-cls
Francis Kokutse; cooperation rgionale ;
Ghana; CEDEAO; finances.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008















- accueillant l'excs


Les Ghanens se plaignent parfois d'tre trop accueillants. On retrouve cette ide dans
le mot 'Akwaaba' qui signifie 'bienvenue' dans la langue akan locale. Elle s'exprime par
l'accueil inconditionnel rserv aux visiteurs dans n'importe quelle maison du Ghana.
Ce type de gentillesse est un nectar qui attire les tourists trangers comme des abeilles.


our se prparer l'intrt soudain sus-
cit par le pays en tant que destination
touristique, les autorits se sont
embarques dans un plan ambitieux
afin d'attirer au moins 700.000 visiteurs d'ici
la fin de l'anne prochaine. Ils ont toutes les rai-
sons d'avoir bon espoir, car le pays a enregistr
450.000 tourists au total en 2005 et depuis, les
chiffres n'ont cess de crotre, selon E. V.
Hagan, un directeur du ministre du Tourisme


S1 1 I Ih 'I I L~ I I' I II II! .1 ,1.1 I iil , .'I .L '. ! !
C II ,i llCL I .ml ,.,II.','! ,' -* ',.!C hlld!i j!.i C.





CI lu i I l l I fil l l l ( li l I 1 1 I. 1i I C l .i .i
d *.' IC. l ,,l I , I ll! I.l!IIlk.' I c'. lI d ll. 1 h .l 1!





I( i C C I ',, Il, .11, 1 1 I' l"l II. I lu -11 1 1.1*.' I' I


l .1 Ill.1 ii l i. I. l .1 C I i ll i. l i.C I
C .CI ri i .i l'. ii C.!J -


.W_ !


reux des Ghanens." Et Koch d'ajouter : "Mon
sjour ne m'a pas du, car les gens sont trs
gentils et nous font oublier que nous sommes
loin de chez nous. Ce qui fait dfaut, c'est un
plan coordonn pour rendre le tourism trs
panouissant."
Hagan dit que le gouvernement "mettra pro-
fit les quatre prochaines annes pour amliorer
les infrastructures de toutes les attractions tou-
ristiques afin de raliser cet objectif. Du coup,

lu.l.. .' l I |l. i. .ul.! dlL .'1ld u'. ul.h l' Lss ..L .
.iii C. -1 1'.1 ,C .1 'I -Ic







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.... ll l' L 'll ,__ i !'! 1- I, ,,I -
1/.0 i IIL u la


Mensah, analyst la Ecobank Accra, estime
que le pays doit fournir beaucoup plus d'ef-
forts pour raliser son objectif en vue d'am-
liorer le secteur touristique pour relancer
l'conomie.
"Les hotels actuels sont trop chers par rapport
au service fourni, qui est loin d'tre de pre-
mire quality", explique Thompson-Mensah.
"De surcrot, aucune infrastructure n'est dis-
ponible pour rpondre aux besoins des visi-





T!i"i.ii|uiuii- !|.u
i'Iu u'I 'c 1. .i! !' i uu' pul !h '.u i.lil|uh ic 'i

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Mots-cls
1,11,1.1 : TlilUl lnil,: Fllanll Kt iktll t.


j


eportage Ghana


Le








Ghana Reportage

Square Nana Kobina Gyan Elmina, du livre "Elmina. Building
on the past to create a better future" sous la direction d'E.van
Steekelenburg (s d.).
kit.nl/publishers





U














SiivMiEi^eJmlSW^^;^l~r;


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.t imH e reigieux-ae, amm eson e
r au culte? f??f5cgftho>jou mme catholique et musuM^n. Cette os


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elle-ci dispose d'autres atouts remar-
quables don't son pari sur le future
pour son dveloppement cono-
mique : dj 30% de son nergie de
source soutenable avec le but d'tre la premiere
terre au monde atteindre les 100%. Sans
cnmpter la beaut de qeq pavyaoge parq aitant
dc 11 IIllC.ll 1 .k bIl I ll LI .ll h l I .0 C I ll 1' ll l i

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I 11 I IL, |l' lhI' l tt 1t. l li. lit.. 1. lt, l *! 1 ',














>.lcvaient se rabattre sur les rares femmes por-
icie de leur dsir et de leur statut. Les origins
i 111verses des femmes et la rencontre ds le
dpart de religions diffrentes et stl. ctures









catholicisme, croyance malgache, hindouisme
1 'Il1 Ill' .,1 1 I ll* ' l !,, Ic I I V lllll, !'












et plus tard islamisme constitueront l'alambic
Il'..llll '~., <** C, I t! clc Illih l , l.1 C lu 1 .1'











d'o sortira une essene e e cultures et ce qui
levaient se rabattre sur les rares femmes por-
,ce de leur dsir et de leur statut. Les origins
d verses des femmes et la rencontre ds le
dpart de religions diffrentes et structures -
catholicisme, croyance malgache, hindouisme
et plus tard islamisme constitueront l'alambic
d'o sortira une essence de cultures et ce qui
resemble une vanescence de prjugs.
Autant ce mti~a ae a permit une heaut phy-

iILI.i II I i I Ii 'i II I !I I. iir iiii
r.t._,,,r, ..


dans les contacts humans et une relative tol-
rance sinon une ouverture religieuse.




La plupart des Chinois du pays sont catholiques
tnuit en pratiquant certain ritnelq de leur payv

l, illit III !L P h I I|. l .ll c..ll.i' i .1 I ll I I.L

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qu'loquente de la sympathie et de l'hospitalit
de.ls Runionnais et auss. de l'ouverture .d' espiii
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! l! c e I L l ! l 1 JI k L I l l l l-, 1 >.. ! > e l c .


dimanche aprs-.I.h Le serait shocking dans
bien des endroits. Elle est propritaire d'une bou-
tique de lingerie fine en ville. Demonstration plus
qu'loquente de la sympathie et de l'hospitalit
des Runionnais et aussi de l'ouverture d'esprit
dans les pratiques religieuses.
Les plus beaux examples de ce mtissage de la
foi sont probablement les plus de 500 petites
chapellee de Saint Eppdit partnit dan le payv
.l*' .1 i .ll I lll . h u. 'l Lil iC Inc !-



IhC'Ill 1.1' k.!1! 'l '1 l l!*'l ll et' l ' h, L .h -



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La Reunion couvrir l'Europe




l'administration franaise sur cette le durant
une longue priode. Aprs l'abolition de l'es-
clavage (1848) et aprs que la colonie a d
recourir au service d'"engags" du Sud de
l'Inde, de la region de Bombay, de Chine et un
peu plus tard du Vietnam et d'ailleurs, tout
tait fait pnur viter l'enracinement de cnm-



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preuve, il y a des Blancs riches et des Blancs .






pauvres. Dans les parties pauvres de l'le, il n'y
l. !ll ', L ,II lll I l l- l' l'tl JLe Il ,rhlU'i








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pakistanais et i i iii ,|L c!. i i e l .. 'II'
pour les ziory, h L' s ."I'.le'" .l.
dezorysetdL ( L"..L H,, -.,ii p.i,. i.,ic.
ChristopheT ici telI..LIL., 0.H L L l ie l'i' dL..
deux grands qii. in i. iii-e. ..... ...i 2,I!HlIl I lq
"l'harmonie mtisse est vraiment relle. La
preuve, il y a des Blancs riches et des Blancs
pauvres. Dans les parties pauvres de l'le, il n'y
a que deq Blanceq le deqcendantq de ceiv man-
IC ** ll 1.1 J il!l c .111 C 1.1 I | .1l | 1.ll .l.l L

c'l c 'lL|I| IL IL h' lILLth hi llhiill l|I il.!L l.illhu lc'



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du.H. 1..C, C .I,.ll,.l i l

.II T l. I ic Ii ll i l l lI Li ll L..l''l

Ci l'E i I-pc H.CG.








couvrir l'Europe La Runion


Ville de Saint-Paul. Statue de la Vierge.
Pour viter la distinction des communau-
ts culturelles, la langue franaise, le
catholicisme et le code napolonien ont
t imposs tous 2008. Hegel Goutier


fficiellement, la Runion est habi-
te depuis 1663. La date d'ta-
blissement des premiers vrais
colons. En fait, les premiers habi-
tants de l'le y avaient t dports de
Madagascar en 1646 par Jacques de Pronis,
chef du comptoir de la Compagnie franaise
des Indes don't ils avaient critiqu les malver-
sations au profit d'une matresse malgache.
L'le n'tait pas pour autant inconnue jusque l.
D'abord des navigateurs arabes, probablement
gyptiens, y taient arrivs vers le XIIe sicle.
C'est la Dina Morgabim ou Mghrebin des pre-
miers portulans. Plus tard, les Portugais explo-
rant la route du Cap de Bonne-Esprance vers
les Indes, n'ont pas tard leur emboter le pas.
Le premier d'entre eux, au retour de son
voyage vers Goa de 1512 1516, est Pedro
Mascarenhas. D'o le nom d'les Mascareignes
partages par la Runion avec Maurice et son
le seur Rodrigues.
Les navigateurs y front rgulirement escale,
apprciant la beaut de sa flore et la varit de
sa faune. En 1638, le capitaine Goubert, au nom
de Louis XIII, tablit la souverainet franaise
sur l'le alors dnomme en franais Mascarin.
Quatre ans plus tard, la Compagnie franaise
des Indes, creation de Richelieu, obtient de
celui-ci une concession de 10 ans avec, pour
chef de comptoir, Jacques de Pronis install
Fort Dauphin, Madagascar. En 1649, le capi-
taine Roger Lebourg, toujours au nom du Roi,
prend possession de l'le et la rebapthic "lic
Bourbon". C'est lui qui trouvera en bc ic '.ii i c
les bannis donns pour morts qu'il rt iiimci c.,




En 1654, Flacourt, qui a succd de P'!i.i,, .
repris les bonnes vieilles habitudt, ..Ic ,c
dbarrasser des gneurs. La victim ci i c
fois : Antoine Couillard accompagn
de sept volontaires franais et de -
six serviteurs malgaches. Ils res- -
teront quatre ans Bourbon
avant de s'enfuir par un bateau ,
en escale. Et en 1663, Louis
Payen plus un compagnon et 10
serviteurs malgaches s'instal-
lent. Vrais colons car ils
ont commenc dve-
lopper un embryon .*,.


d'agriculture et d'levage. Plus tard, Etienne
Regnault, nomm gouverneur de Bourbon,
s'installe avec une vingtaine de colons en
1665. Des Malgaches y sont aussi envoys.
Le dveloppement de la colonie se fait trs
lentement ses dbuts. C'est l'introduction en
1715 du caf, don't les plants viennent du
Ymen, qui va l'acclrer. La Compagnie
franaise des Indes est alors un Etat dans


l'Etat, contrlant toute l'conomie de Bourbon
et tout le ngoce entire la colonie et la mtro-
pole, amassant des gains faramineux. C'est
l'poque o le clbre pirate Olivier Le
Vasseur dit La Buse, parmi d'autres, cumait
les eaux de l'Ocan Indien. Il aurait fait en
avril 1721 main basse sur le navire Vierge du
Cap, abm par un cyclone, et ramass un
monceau d'or, de diamants et de pierres pr-
cieuses qu'il aurait enfoui dans les environs de
la ville de Saint-Gilles avant de finir sur
l'chafaud Bourbon en 1727. De temps
autre, raconte-on encore sur l'le, le terrasse-
ment dans cette region rend certain propri-
taires richissimes.
Pendant presque un sicle, le caf assurera un
grand essor conomique. Aprs le caf, l'le se
rabattra sur les pices introduites par Pierre
Poivre en 1767.


On arrive la Rvolution franaise. Le Code
noir, en vigueur depuis 1685, assimile toujours
l'esclave un bien meuble. Contrairement aux
Antilles, il n'y a pas de soubresauts Bourbon
en 1789. Le dcret du 4 fvrier 1794 sur l'abo-
lition de l'esclavage applique dans les
Antilles, surtout Saint-Domingue (Hati), est
ignor ici. Plutt, il a provoqu une "union"
mue par une vellit indpendantiste. Et ceci
jusqu'au rtablissement de l'esclavage par
N.-iip.-.li-.1 e. mi 19n2. Pour couronner cet
c!i. c.'i' ll i, in !'.'le change de nom et
i.e ci !ii R. ni.i ii.i,! i '.
|!'!c. !!iluci clli.!. c., les Anglais, qui entre-
Lcii i.' ,c i i.i uii.iic' .i Maurice et Rodrigues,
!cii.i!ciiio .i .. i'iiic! !'[le Bonaparte en 1810
.i0 .iii !cl ,i.ci 1..ic dans le cadre du Trait
.c P'i r'..n! ci 14 i ccllement en avril 1815),
ii. iilt iii ii !'ilc !ci!end son appellation de
Ri. uhil). -i !. F.ince tant redevenue une
., iii i!! lic M ricee etRodrigues res-








Durant le XIXe sicle,
i'agriculture a volu
vers la monoculture


-r


COURRIER












de la canne sucre. Ce qui entrane une crois-
sance de la population qui a quasiment double
de 1848, anne de la vraie abolition de l'escla-
vage, 1869. Aprs une priode de grande
prosprit, est arrive la crise sucrire vers
1860. Cyclones, cholra et troubles sociaux
achveront l'installation de la dsesprance. A
partir de 1880, il y a une perte d'intrt de la
France pour la Runion au profit de
Madagascar. Une tentative de diversification
est opre, du sucre vers la vanille et les
plants parfum, en premier lieu le granium
don't la Runion deviendra le premier exporta-
teur mondial d'essence.




Malgr l'absence de conscription, les
Runionnais s'engageront en masse durant la


Premire Guerre mondiale : 15.000 volon-
taires don't 3.000 morts. Durant la Deuxime
Guerre mondiale, le pouvoir local se ralliera
Vichy, entranant un blocus anglais. L'le sera
libre en 1942 par Forces franaises libres.
Mais le pays est alors sous-dvelopp.
Le Parti communist runionnais avec come
leaders la famille Vergs et le syndicate de che-
minots lutteront en faveur de la dpartementa-
lisation. Une stratgie concerte de la
Runion, la Martinique avec Aim Csaire
come porte-drapeau, la Guadeloupe et la
Guyane dbouchera sur la loi de la dparte-
mentalisation du 19 mars 1946.
Les annes 60 seront celles de la modernisa-
tion. La Runion a rattrap beaucoup de
retard. Elle a l'apparence de la socit euro-
penne moderne, avec ses rseaux routiers, le
dveloppement des tlcommunications, etc.


La Reunion couvrir I'Europe



La Runion est la seule region monodparte-
mentale de France. Il existe actuellement un
project de bidpartementalisation soutenu par
le parti communist et une parties de la droite.
Saint-Pierre serait le deuxime chef-lieu.
Actuellement, Paul Vergs rlu gauche en
2004 est la tte du Conseil regional (le dpar-
tement), l'instance qui gre les plans de dve-
loppement de l'le, et Nassimah Dindar (UMP)
la tte du Conseil gnral (dpartement). Un
communist et une femme musulmane.
H.G.



mots-cls
Hegel Goutier ; Dina Morgabim;
Mghrebin ; Iles Mascareignes ;
Madagascar; Ile Bourbon ; Paul Vergs;
Nassimah Dindar ; Ile Bonaparte.


Uocabulaire pour comprendre


Croles : Gros Blancs, Petits Blancs et Cafres.
Gros Blancs (descendants de grands planteurs
riches). Petits Blancs (petits paysans des hau-
teurs). Cafres, les Noirs runionnais (de
l'arabe !.',i : infidle). A diffrencier des
Noirs non croles, Comoriens et Mahorais.
Les Croles reprsentent les deux tiers de la
population.

Malbars : Indiens (de religion hindoue), ceux
arrivs depuis le milieu du XIXe sicle come
k:i,.i *" sur les plantations de canne sucre.
Ils reprsentent 20% de la population. En fait,
ce sont plutt des Tamouls de la zone de


Madras. Petits planteurs surtout. Certains ont
acquis des richesses.

Zarabes: +/- 5%. Indiens musulmans principa-
lement de la zone de Gujurat (nord de Bombay).
Arrives au dbut du XXe sicle. Contrlent prs
de la moiti de l'conomie de l'le.

Chinois : Vers 1860-1870 et au course de la 2e
dcennie du XXe sicle. Proviennent de la
region de Canton notamment. Petit commerce,
picerie et la grande distribution. A peine 3%
de la population. Catholiques et mtissage reli-
gieux.


Zorys : Mtropolitains, cadres et fonction-
naires, experts pour court et moyenne
priode. 6% de la population.
En haut de la pyramid social, les Gros
Blancs et les Zarabes. En bas, les Petits Blancs
et les Noirs non croles. H.G.






mots-cls
Hegel Goutier ; crole ; malbar ; zarabe ;
zory.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008






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Surprenant

Conversation avec Paul Vergs, le Prsident du Conseil regional


homee est gal lui-mme, de la
tchatche, de la culture, lors de ses
conferences de press bien courses
pour sa rhtorique qui garde en
haleine mme ses dtracteurs. Ce jour-l, Paul
Vergs annonait sa grande inquitude quant
la situation de la Runion qu'il juge "en tat
d'alerte nl" du fait de la situation global de
la terre. Pour arriver aux solutions qu'il prne
: l'investissement dans les technologies du
future dans lesquelles la Runion a mis ses
atouts et le co-dveloppement avec ses voisins
de l'Ocan Indien.
D'abord, il a captiv l'audience avec une dia-
lectique cisele sur les liens entire les contesta-
tions diffuses et l travers le monde, les
incidences plantaires du binme Clinton-
Obama, les prochaines lections la prsi-


dence de la Commission europenne, la dmo-
graphie mondiale, l'augmentation du nombre
de tornades aux Etats-Unis et autres drgle-
ments climatiques, la Birmanie tant le plus
recent, et le prix des matires premires et du
ptrole. En plus des ngociations des Accords
de partenariat conomique Afrique, Carabes,
Pacifique et Union europenne et la mondiali-
sation de l'conomie.
"En face de cela, la Runion doit se dvelop-
per vite mais, en mme temps, elle subit de
plein fouet les effects globaux." Les agricul-
teurs craignent avec les APE la concurrence de
leurs voisins et nanmoins partenaires du co-
dveloppement prn par Vergs. Le secteur
priv craint l'abolition de "l'octroi de mer" qui
autorise les municipalits de l'le ajouter une
taxation particulire sur les products imports.


Et quid du fameux project "Train-Tram" pour
rvolutionner la circulation dans l'le, qui subit
de plein fouet la monte vertigineuse des prix
de l'nergie et des matires premires ?
Pour mieux nous faire comprendre ses strat-
gies de dveloppement pour sa region, la
Runion, Paul Vergs a donn une interview
exclusive au Courrier.
Avec le constat que vous faites de la situation
global qui pse sur un petit territoire come
la Reunion, de quelle marge de maneuvre dis-
posez-vous ?
Une evidence pour nous la Runion, nous
avons la modestie de notre territoire et la modes-
tie de notre population. Pour notre stratgie de
dveloppement, nous avons observ les grands


COURRIER












courants plantaires et permanents. Nous avons
retenu la croissance dmographique. Nous
tions 300.000 habitants en 1946, nous avons
une population de plus de 800.000 aujourd'hui.
Et d'un million bientt. En plus, il y a le chan-
gement climatique. On admire nos plages et on
ignore que 50% de nos barrires coralliennes
sont mortes et qu'il n'y aura plus de plages. Le
troisime grand lment rside dans les
changes. L'activit productrice principal de la
Runion est la canne et le sucre. Consequence
des accords entire l'Union europenne et l'OMC,
il y aura une chute de 36% du prix du sucre
avant 2013. Que ferons-nous aprs cette date ?
Pour des exportations se chiffrant 400.000
euros, nous importons pour 4.300.000 euros, le
tout grev par les prix des transports.

Quels sont vos atouts alors ?

Nous sommes une region intertropicale.
Schmatiquement, le XXIe sicle sera celui de
l'espace et de la mer. D'une part, nous
sommes, comme la Guyane, dans le position-
nement le plus favorable pour la conqute de
l'espace. Il faut un tiers d'nergie en moins
pour propulser un satellite d'ici par rapport
une base amricaine. D'autre part, la mer, le
point de dpart de tous les changements clima-
tiques. Il y a l des champs de recherche et
d'innovation sur les resources halieutiques et
la biodiversit par example. La Runion est
une region ultrapriphrique de l'UE et un
dpartement franais, nous avons bnfici
d'aide structurelle et de transferts en terms
d'ducation. Nous les avons utiliss pour la
formation technique et universitaire. Et nous
allons le plus loin possible dans la technique et
la connaissance. Un des 10 cyclotrons franais
utiliss dans la recherche en cancrologie est
ici. Nous avions t frapps par le /, *,.... .,
nya. Nous avons cr un centre de recherche
sur les maladies mergentes.
Nous allons installer un systme satellitaire
pour permettre de connatre le dveloppement
environnemental sur 2.500 km de diamtre et
ainsi prvoir les catastrophes climatiques
comme la scheresse et l'rosion du littoral, la
temperature de la mer diffrents niveaux et
l'tat des rcoltes.
Nous avons obtenu que le parlement franais
vote une de nos propositions de loi faisant de
l'adaptation aux changements climatiques une
priority national. Quand on voit le Grenelle de
l'environnement, la France en est notre niveau
de rflexion d'il y a 10 ans. Nous voulions dj
tre indpendants sur le plan nergtique. Nous
avions anticip sur les dispositions de Kyoto.
Nous serons ici la Runion le premier pays au
monde fournir 100% de son nergie. Nous en


sommes dj 30%, trois fois plus que la
moyenne de l'UE. Et ceci notamment avec
l'nergie hydraulique et la biomasse.
Nous avons engag des recherches sur la houle
de l'Antarctique qui vient mourir sur nos
rivages. Seul le Portugal suit actuellement
aussi cette piste. Nous allons tudier le dyna-
misme des courants pour l'installation de
l'quivalent des oliennes sur les fonds
marines. Deux experiences pareilles sont
conduites, une en Bretagne en France et une
autre ailleurs en Europe. Nous utilisons une
autre forme de dynamisme, le diffrentiel de
temperature entire le fond marin et la surface,
de 5 degrs 20 degrs.
Par ailleurs, il y a moyen d'exploiter des flux
d'eau potable circulant une centaine de
mtres de profondeur. Nous disposons d'une
telle eau. A Hawa, elle est dj commerciali-
se en bouteille. Nous avons envoy une mis-
sion sur place pour tudier comment passer
nous aussi la pratique.

Quelle est la place de vos voisins de l'Ocan
Indien par rapport ces atouts dans le cadre
du co-dveloppement que vous promouvez ?

A partir de cette situation objective don't nous
parlons, nous devons faire face la mondiali-
sation : il faut transformer les relations Union
europenne-Afrique, Carabe, Pacifique.
Comment consolider notre integration 1'UE
en mme temps que celle notre environne-
ment go-conomique ? Nous avons donc
dvelopp le concept du co-dveloppement.
Pas celui de cooperation sous-entendant un
pays dvelopp tablissant des contacts avec
des pays en dveloppement. Quand
Madagascar avait 4 millions d'habitants, la
Runion en avait 250000. Aujourd'hui,
Madagascar en a 19 millions et la Runion,
800.000. En 2025, nous en serons 1 million
et Madagascar 30 millions. Vers 2050,
Madagascar aura 43,5 millions d'habitants,
une population 11 fois plus nombreuse qu'en
1940. Nous aurons donc nos portes un pays
plus peupl que la France du milieu du XXe
sicle.
L'Institut franais de recherche maritime a
estim que 97% des prises des grands pla-
giques dans l'Ocan Indien sont faites par des
pays non riverains (Europe, Pacifique). Or
nous avons un grand dveloppement dmogra-
phique donc un grand besoin de protines. Le
devoir de l'UE est donc d'aider les pays de
l'OI construire leur flotte. Nous revenons
donc ici du global au local. Nous voulons,
avec nos voisins de Madagascar, Maurice,
Seychelles et Comores, mettre sur place une
activity de pche mme de fournir les


La Reunion ouvrir l'Europe



besoins protiniques aux 40 millions de
Malgaches dans 40 ans. H.C.

* Article 14, al. 1 Version consolide du Trait sur l'Union
europenne (Trait de Lisbonne) 9.5.2008 FR Journal offi
ciel de l'Union europenne C 115/13
"Le Parlement europen exerce, conjointement avec le
Conseil, les functions legislative et budgtaire. Il exerce des
functions de contrle politique et consultatives conform
ment aux conditions prvues par les traits. Il lit le prsi
dent de la Commission."

mots-cls
Hegel Goutier ; Paul Vergs ; APE ; tech-
nologies ; La Runion.









LES OMIBRES


RU SOLEIL


e problme le plus profound de la
Runion est le chiffre de 30% de
chmeurs, ce qui explique, consi-
dre le sociologue Laurent Mda,
une jeunesse parfois dboussole.
L'assistanat de la mtropole fournit le gros
des revenues de l'le. Les entreprises sont
souvent soutenues financirement par les
aides de la France et de l'Union euro-
penne, avec souvent comme consequence
leur manque de comptitivit. Une autre
plaie, souvent dnonce dans la press
locale, rside dans l'conomie grise
drogue, braconnage, jeux de hasard.
Les meutes dites de Chaudron en 1991
contre la corruption, pour dfendre Radio
et Tl Freedom, sont un example de
mcontentement populaire. Une operationn
main propre" a alors eu lieu. Plusieurs
grands dirigeants politiques ont t
condamns la prison. Toutes les families
politiques ou presque avaient t touches.
Camille Sudre qui symbolisait la lutte pour
la transparence, a alors t lu Prsident du
Conseil regional en 1992 mais son election
avait t invalide pour des questions de
procedure. Maggie Sudre, son pouse, a t
lue sa place en 1993.
La Runion compete : 63.000 RMIstes (allo-
cataires sociaux) et 100.000 illettrs sur une
population de 800.000 habitants. H.C.


mots-cls
Hegel Goutier ; Camille Sudre ;
Laurent Mda.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008







couvrir l'Europe La Runion


"Ziskakan ?", du crole "Jusqu' quand ?" La question tait pose par les artistes il y
a peine 30 ans quand les piliers de la culture crole et populaire taient mal consi-
drs, la langue crole interdite dans les coles, la musique et la danse maloya car-
tes des grandes scnes, le tambour, maudit, assimil la sauvagerie. Pounia est une
icne dans son pays mais il est difficile de lui arracher un "je" dans la conversation
car tout ce qu'il a fait, cr, rvolutionn, il en estompera le prestige derrire un "on"
ou un "nous" modest, comme une offrande tous ceux qui se sont agglutins autour
de lui. Plus que de la modestie, du raffinement.


1 explique que Ziskakan est un flux qui vient de partout, Inde, Asie, officielle. Cela aurait t considr comme une provocation.
Europe, pas just une juxtaposition. "Comme dans toutes les les, Au dbut, le group jouait dans les champs de canne. Lui et ses compa-


notre culture vient du viol et de la violence, mais ce qui en est sorti
est beau, fruit de la souffrance, de plusieurs souffrances l'une
ct de l'autre, qui ont fini par tre ensemble. Ziskakan est l'image
de ce pays."
Plus qu'un group d'artistes, Ziskakan est un movement. Cr il y a
une trentaine d'annes, le group de Pounia a commenc par jouer les
musiques locales, sega et maloya. Avant, celle-ci tait peine tolre,
presque interdite. Grce une mobilisation qui a touch de plus en plus
de Runionnais, "notre culture est sortie de la clandestinit". A
l'poque, c'tait un vnement de voir le gros tambour sur une scne


gnons sont alls enseigner la musique aux gens du people, les conscien-
tiser, en projetant par example des diapos sur l'Afrique du Sud en lutte
contre l'apartheid. "La musique tait un support de l'engagement. Le
parler crole aussi, mme pour dire que la montagne tait belle, mme
pour faire du doudouisme et du folklorisme." C'est la langue en soi qui
tait frappe d'un ostracisme que la persvrance de Ziskakan et d'au-
tres groups apparus dans son sillage allait contraindre s'assouplir
puis disparatre.
Ziskakan travaille ds le dpart sur beaucoup de terrains, diffusion
musical, dition de livres de posie, de contest traditionnels, adaptation


COURRIER







La Reunion COuvrir lEurope


pour le thtre de beaucoup d'oeuvres du corpus traditionnel. Et ds les
premires opportunits, Pounia allait profiter du crneau des radios
libres pour donner la parole tous, desserrer le billon appliqu sur la
culture populaire. Il en a profit pour faire dcouvrir chez lui des
artistes d'ailleurs come Joby Berab de Martinique, Toto Bissainthe
d'Hati, Patrick Victor des Seychelles.
Un grand colloque de Ziskakan sur la culture runionnaise en 1981 a
cristallis les volonts en vue d'une nouvelle prise en compete de la
nature profonde de cette terre. Et dans le sillage de l'arrive au pou-
voir de la gauche en France, le movement va s'amplifier mais le gros
tait dj fait. "Quand la gauche est arrive, nous avions dj dbrous-
saill le terrain. La victoire de la gauche n'en a pas moins donn beau-
coup d'espoir."
Ziskakan a-t-il fait alors le choix de l'exprience politique ? "Si c'est
Jimmy Hendricks Experience, oui, sourit Gilbert Pounia. Non, nous ne
sommes que des gratteurs de guitar. Nous avions continue faire ce
que nous faisions, jouer, travailler le crole et crer de plus belles
images encore dans cette langue si imagee"
Par contre, les politiques sont alls vers Ziskakan partir de 81. Avant,


il n'y avait que le Parti communist qui avait os le faire. Dornavant,
les portes des scnes ont commenc lui tre ouvertes. "Et puis,
Philippe Constantin de Polygram a aim notre travail et a t le premier
nous diter une grande chelle. Son intrt tait surprenant car je ne
suis pas bien dans un moule et je n'avais pas envie de formater ma
musique aux trois minutes rglementaires pour passer la radio."
Trente ans plus tard, Ziskakan a toujours le mme succs la Runion.
Pounia y est toujours vnr. Le grand acteur franais, "notre ami"
Richard Bohringer, tourne avec un de leurs spectacles de contest, Ti Jan,
cr en crole qu'il a adapt en franais. Ziskakan dite et product aussi
des artistes de tout l'Ocan Indien, come le pote Michel Ducasse et
l'crivaine Shenaz Patel de Maurice. Il s'apprte diter un livre d'un
philosophy malgache.
H.G.


mots-cls
Gilbert Pounia ; Ziskakan ; crole ; Richard Bohringer ; Toto
Bissainthe ; Joby Bernab ; Patrick Victor ; Michel Ducasse ; Shenaz
Patel ; Runion ; Hegel Goutier.


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" A^ Commentaires de Patrice Louaisel* prsents par Hegel Goutier


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> Saint Expdit unr par les
chrtiens et les hindous contre
toute attente

l_.1 1' ,itl li l e C tIC t.ll LU 'Mi II l,.ltlllt .1 1.1 1 1
.1l \1 I Ci c (i I I .1 LI Ji'll, 1.1 I'lC.Ill. ll tiC
Ill h-qI LIC.' i. Ic i LIC C .11.111c' ILI tl. LiC i. lle
I'ii il cicll i! l!, E l L.i .i l !i h l l .l i 1 l. i |\
1 d -. t.ll !ll, h i l l 1 1 I .l l lll1l .1 Lc'


cli h! l .iiil l l .111 k' I I..C .1-! (I 1 II'

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couvrir l'Europe La Runion


maginez, dans ce qui resemble un cer-
cle d' peine 200 kilomtres de circonf-
rence, des plages loves dans des criques
aux surfaces tales ou dissimules comme
des piscines derrire des lignes de rochers les
protgeant des houles. Et quelques hectom-
tres de l, d'autres aux vagues imptueuses
tutoyant l'audace des surfers les plus aguer-
ris. Tournez le dos la mer et grimpez la mon-
tagne toujours proche, et c'est le vent frisquet
entire les frondaisons de pays temprs. Si ce
n'est la neige, une fois tous les 20 ans, il est
vrai, mais a arrive sur le Piton des Neiges. La
dernire fois, c'tait il y a un an, elle a provo-
qu presque des meutes de curieux pregnant


un jour de cong pour aller admirer la pou-
dreuse et qui se voyaient bloqus par la gen-
darmerie craignant des boulements.
Dans la montagne donc, la neige... ou le feu.
Le Piton de la Fournaise bouillonne, le volcan
est en phase de travail depuis des annes. La
lave de la dernire ruption d'il y a presque
deux ans est encore rougeoyante en certain
endroits. Ne manquez pas de voir l'glise
miracule de Sainte-Rose contourne de prs
sans tre dvaste par la monstrueuse coule
de lave de l'ruption de 1977. Pour en tmoi-
gner, la lave durcie est conserve telle quelle
pour la dvotion des plerins.
Toutes les parties de l'le mritent une visit. A


commencer par la capital Saint-Denis, fran-
aise, indienne et crole la fois, avec ses
belles cases (maisons) croles, ses villas de
style Gingerbread, ses buildings lgants et ses
magnifiques lieux du culte, mosque, temple
tamoul, temple chinois, glises. Les Hauts de
Saint-Denis sont riches de petits coins tran-
quilles entire des btiments de prestige domi-
nant, la mer comme ceux de l'universit.
Sur la "Cte sous le vent" l'ouest, de beaux
petits coins champtres semblent protgs du
brouhaha moderne, comme le Moulin eau de
Saint-Paul situ dans un village o le temps
semble s'tre arrt. Un peu plus loin, s'ta-
lent de belles plages, Saint-Gilles-les-Bains en


COURRIER


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est une des plus prises. Et il suffit de s'en
carter un peu vers les hauteurs pour tre
envelopp du parfum des graniums. Plus haut
encore vous arriverez aux trois cirques consti-
tuant le Piton des Neiges avec ses multiples
cascades comme le Voile de la Marie. Entre-
temps, admirer avant les ventuels brouil-
lards et les pluies battantes de Salazie : Sainte-
Suzanne avec ses champs de canne tendus
l'ombre de majestueux temples tamouls.
Pour la vanille, la varit Bourbon, le meilleur
du monde semble-t-il, il faut aller plutt au
sud-est, du ct de Basse Valle, et en profiter
pour admirer les multiples coules de lave du
volcan. Mais les belles senteurs et les belles
couleurs de la nature vous poursuivront
presque partout, la fantaisie des petites fleurs
d'antigone rose ou blanche, les hibiscus, toutes
sortes de fougres, du vtiver, des hibiscus -la
vanille en est un d'ailleurs -sans oublier les
notes magiques et capiteuses de l'ylang-ylang.


La Reunion couvrir I'Europe



Toutes ces visits invitent la fringale. Pour
les curiosits gastronomiques, on peut s'arr-
ter Saint-Paul prs de son moulin pour go-
ter au tangue, proche du hrisson, prpar en
civet ou en cari. Tout cela arros du vin des
coteaux de Cilaos ou de son eau minrale. On
peut faire confiance aux tibars le long des rues
ou des routes. La quality et la propret y sont.
Un autre cari original est celui de bichiques,
alevins de cabot, ou de bouche ronde, partant
de la mer et remontant les course d'eau. C'est le
caviar local, relativement cher mais vos
papilles apprcieront.
H.G.




mots-cls
Hegel Goutier ; Piton des Neiges ; Piton de
la Fournaise ; vanille Bourbon ; tangue ;
bichiques.


Presque 2 milliards de I'UE pour


TC













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N. 6 N.S. -JUIN JUILLET 2008 157 1












































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Intenet; Afiqu in isu; Binnae d


photo


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'ffrique : miroir


?,


Ndary L, La Muraille verte,
Dak'art 2008 'Afrique : miroir ?'
Photo Valentina Peri


Une biennale d'art est toujours une occasion ne pas manquer. Celle de Dak'Art, au
Sngal, est en outre un excellent prtexte pour dcouvrir l'un des centres culturels les
plus bouillonnants d'Afrique et le seul project panafricain au monde mettant l'hon-
neur l'art contemporain. Cr par le clbre pote, intellectual et prsident-fondateur
Lopold Senghor, instigateur en 1966 du "Festival des Arts ngres" destin promou-
voir la culture afro-centrique moderne en opposition directed au colonialisme europen,
Dak'Art a t remis l'honneur la fin des annes 80.


L


a Biennale Dak'Art s'articulait cette anne autour du thme
"Afrique : Miroir ?". L'vnement, qui s'est tenu du 9 mai au 9
juin, s'est avr plus grandiose et plus intressant que jamais.
Outre des artistes de tout le continent, cette dition 2008 ras-


semblait galement des projects parallles portant sur la musique, la
mode et le design africains mais aussi des rencontres et des changes
couvrant un large ventail de projects culturels d'envergure internatio-
nale, y compris dans le domaine des nouveaux mdias.

> 130 expositions dans le cadre d'un project
sngalais

C'est le president Wade en personnel qui a inaugur le vernissage official
au Muse T. Monod (IFAN). Il a rappel avec loquence l'importance de
la culture contemporaine au Sngal, la prsentant comme un instrument
de cooperation international mais aussi de dveloppement national. Car
il s'agit bien, en effet, d'un project sngalais, finance et organis par un
comit d'orientation dirig par Ousseynou Wade et prsid par un nou-
veau venu, Grard Senac, collectionneur et mcne, directeur d'Eiffage,
une des plus grandes entreprises du Sngal et partenaire de Dak'Art. Ce
comit d'orientation comprend d'autres personnalits, parmi lesquelles
Gilles Hervio, chef de la dlgation de la Commission europenne,


Thierry Raspail, directeur de la Biennale de Lyon en France, Goran
Christenson du Muse de Malm en Sude, ainsi que de nombreux sp-
cialistes et artistes africains comme Abdoulaye Konat, Sithabile
Mlotshwa, directrice de la Fondation Thamgidi, Maguye Kass, profes-
seur, et Issa Samb, directeur du laboratoire "Agit-art". Riche de plus de
130 expositions organises aux quatre coins de Dakar et de sa grande
banlieue, l'dition 2008 de Dak'Art s'est dploye sur deux niveaux. Les
sites officials de Dak'Art IN (l'IFAN, la Galerie national d'art et la
Galerie Le Mange, rnove rcemment) ont accueilli quelque 35 artistes
bien tablis comme Fathi Hassan et Ndary Lo. Pour sa part, Mauro
Petroni, resident de longue date, a mis l'honneur, en tant que conserva-
teur, Dak'Art OFF, qui a invest une myriade de sites divers. Un pous-
touflant nouvel ensemble architectural, cr sur la Coriche, a accueilli
une grande retrospective du matre sngalais Iba Ndiaye. A retenir ga-
lement cette anne le trs intressant "Gore Regards sur course" dans le
cadre duquel une cinquantaine d'ateliers, de course et de jardins privs
don'tt la villa de George Soros !) de l'le de Gore ont ouvert leurs portes
au public pour le week-end, chaque site tant consacr un artiste. Une
initiative parallle tait aussi organise l'atelier de Gore du trs cl-
bre M. Dim o les visiteurs ont pu dcouvrir de jeunes metteurs en scne
associs "Free dimensional", une plate-forme international faisant le
lien entire les communauts artistiques et la justice social.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008


I








Crativit



> Un unement uritablement international

Cette anne, la biennale a invest un "village" d'accueil sur le site de
l'ex-IFAN o les journalists et le public ont pu se rencontrer, voir une
srie de vidos et participer diverse rencontres avec d'minentes per-
sonnalits, comme le conservateur et crivain Simon Njami (crateur de
"Africa Remix" et directeur des "Rencontres africaines de la photogra-
phie" Bamako, au Mali), l'Angolais Ferando Alvim (organisateur du
Pavillon d'art africain de la biennale de Venise 2007) et Salah Hassan
du Forum for African Arts. Epinglons galement les contacts avec des
artistes et des journalists sngalais comme le clbre dessinateur de
bande dessine T.T. Fons, crateur de "Goorgoorlou". La villa pour l'art
Ker Thiossane a accueilli pour sa part Afro Pixel, un intressant festi-
val runissant des artistes africains qui utilisent Internet et les mdias
numriques. Enfin, Elio Grazioli de Milan et "Lettera 27" ont anim un
dbat sur la creation de WikiAfrica Art destin Wikipedia.
Dak'Art est un vnement rellement international o l'on peut admi-
rer des oeuvres d'artistes allemands, franais, israliens et espagnols, y
compris des Canaries, qui exposaient leurs crations sur les nombreux
sites. Le Sngal et ses artistes se sont naturellement taill la part du
lion : l'exposition-reprsentation de l'artiste V. Diba la galerie de
Joelle Le Busy Fall a attir beaucoup d'attention.
Comme lors des ditions prcdentes, l'extraordinaire cratrice de
mode Oumou Sy a organis pas moins de trois dfils mettant l'hon-
neur de jeunes crateurs sngalais et ses propres crations, l'espace
Metissacana. Le "Thtre national Daniel Sorano" a prsent quant
lui une interpretation original de La Mort et l'Ecuyer du Roi de Wole
Soyinka, tandis que diffrentes discothques comme le Just for You et
le Pen'Art ont permits ceux qui le souhaitaient de s'imprgner de
musiques et de danses locales jusqu'aux petites heures. M

*Critique d'art et directrice de la galerie "Sala 1" Rome (Italie).




mots-cls
Dak'Art 2008 ; art contemporain ; Sngal.


COURRIER







Crativit


Joshua Massarenti


Ime poids, mme


measure pour les



'H1TI-HEROS'


d u Z im b b e Lacouverture de edition itanne du vre


LA PLANTATION*


Mettre l'affiche Clark Gable et
Vivien Leigh, protagonistes
inoubliables de Au temps en
emporte le vent, en premiere de
couverture d'un roman africain peut paratre un
choix ditorial pour le moins tonnant. Et pour-
tant, dans sa volont d'illustrer l'ceuvre de
Calixthe Beyala, La piantagione (traduit de La
plantation, Albin Michel, 2005), par le plus cl-
bre des baisers hollywoodiens, la maison d'di-
tion italienne Epoch ne fait qu'insinuer ce qui,
au fil des pages, apparatra comme l'un des
thmes centraux du livre de la romancire came-
rounaise : le destin d'une jeune africaine blanche,
Blues Cornu, confronte l'croulement d'un
monde de privileges bti sur les drives de la dis-
crimination racial. Comme Tara, tombe sous le


joug de la guerre de Scession amricaine (1861-
65), la famille Cornu doit elle aussi faire face aux
revirements de l'Histoire. Dans le Zimbabwe du
presidentt dmocratiquement lu vie" (son
nom n'est pas cit), l'anne 2000 sonne le glas
pour les richissimes fermiers blancs, invits
quitter le pays pour laisser leur place aux Noirs
africains. Et comme Scarlett O'Hara, Blues pr-
fere dfendre ses terres plutt que de vouer sa vie
aux hommes, convaincue que "demain sera un
autre jour". Mais les similitudes s'arrtent l.
Alors que dans la production hollywoodienne,
les Noirs ne servent que d'accessoires, La pian-
tagione ne laisse pas aux Blancs les premiers
rles. Certes Beyala, connue pour son engage-
ment contre le racism d'Europens, prend cette
fois le parti des colonisateurs, mais c'tait sans
computer sur son clair dessein d'une fresque o "il


n'y a que des anti-hros". Les dsastres accumu-
ls par Mugabe dans son processus de spoliation
des propritaires terriens blancs ont srement
convaincu l'crivain de ne pas brosser un monde
manichen. "Aucun personnage", assure-t-elle,
"n'est totalement clair. Tout tre human est fait
de lumires et d'ombres". Avec La piantagione,
Calixthe Beyala a su djouer le pige des identi-
ts raciales pour brosser des portraits d'hommes
et de femmes unis par leur attachment au conti-
nent africain. Dans le bien et dans le mal. M
* A l'occasion de la sortie rcente en Italie du dernier roman
de Calixthe Beyala, La piantagione, Epoch, 2008 (La plan-
tation, Albin Michel, 2005).
mots-cls
Calixthe Beyala ; Zimbabwe ; littrature;
racism.


Athltisme jamaicain :


un modle pour le mOnDE


Depuis 1948, la Jamaque a dcroch sept
mdailles d'or, 24 mdailles d'argent et 19
mdailles de bronze aux Jeux olympiques. En
cette anne olympique, un livre du Jamaicain
Patrick Robinson parat point nomm.
L'auteur tente d'expliquer pourquoi les
Jamaicains sont devenus des athletes tellement
exceptionnels. "Ces performances ont t rali-
ses avec de faibles moyens, voire sans aucune
resourcee, a expliqu Robinson lors du lance-
ment, Bruxelles, de son livre Jamaican
Athletics: A model For the World. Robinson est
juge la Cour pnale international de La
Haye, mais il est aussi un grand amateur de
sport. Selon lui, c'est le systme dvelopp en


Jamaque au travers des championnats inter-
coles (Interscholastic Championships
CHAMPS) qui est l'origine de telles perfor-
mances chez les juniors. A un niveau suprieur,
de nombreux athletes jamaicains prometteurs
allaient volontiers tudier et se perfectionner
aux Etats-Unis. Cela se passait avant les annes
1970. Depuis, le Col'/ie of Arts Science and
Technology (CAST), devenu plus tard la
University of Technology (UTECH), a combl
le vide. "J'y vois une opportunity fantastique
pour la Jamaque, qui pourrait ainsi devenir une
vritable plaque tournante de l'athltisme, un
centre mondial spcialis dans cette discipline",
prdit l'auteur. D.P. M


Jamaican athletics a Modelfor the World par
Patrick Robinson.


N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008


LA PtAN-1A(iloS1T





















































donn cette rponse : "J'ai crit
des livres pour coucher avec des
filles et gagner de l'argent. J'ai
couch avec beaucoup de filles et j'ai gagn
beaucoup d'argent, je ne vais quand mme pas
passer toute ma vie tre crivain".
L'auteur succs de Comment fire l'amour
avec un ,. -.. sans se fatiguer a encore
frapp. Aprs la srie d'uvres o il a tant fait
rire et pleurer la fois, inventant un roman-
tisme sans pleurnicherie, sans crinoline, allant
de L'odeur du caf au Charme des aprs-midi
sans fin, il s'tait vou d'autres exercices :
scnarios, livre et film conjugu come son
Vers le Sud. Mais surtout, il brouille les pistes
du lecteur.
D'abord il fait croire qu'il ne parle que de lui-
mme. Dans Je suis un crivain japonais, il-
ou le personnage qui utilise le "Je" come
dans une autobiographie rpond un fonc-
tionnaire de l'ambassade du Japon qui lui
demandait s'il crivait bien sur le Japon "Je
n'cris jamais sur autre chose que sur moi-
mme". Ceci se passe aprs la mort d'une dan-
seuse japonaise tombe de la fentre de son
appartement. La police monte canadienne
enqute aussi. L'auteur (ou le personnage)
parle de sa vie en Hati, au Canada. D'abord


comment il en est arriv au project d'un livre
don't le titre serait "Je suis un crivain japo-
nais". Pour avoir une advance de 10 000 dollars
de son diteur, il lui a balance sans rflchir ce
titre qui lui est pass sans raison par la tte.
Il faut alors crire. Il va visiter des lieux inter-
lopes, le caf Sarajevo avec ses torrides dan-
seuses japonaises mi-perverses, mi-dmiurges.
Il jette son dvolu sur Basho (1644-1694),
don't il avait vaguement ctoy l'euvre dans le
pass, adoptant son rcit La Route troite vers
les districts du Nord. Il entire littralement
dans le livre. Ou ce moine rus, pote vaga-
bond, est entr en lui. Il paiera cher ses diva-
gations entire Basho et les Japonaises du
"Baisers Incorporation" au Sarajevo.
Suspense.
Quand Laferrire -ou le personnage qu'il
appelle Je parle de lui, il parle de la vie, de
l'essentiel, de l'amour, de la mort. Il parle sur-
tout de vous. En slamant. D'un jazz saccad
avec un swing come une extase, une jouis-
sance. Vous berce et vous fait peur.
J'ai voulu parler du livre sans en lire les der-
nires pages, sans risque donc de livrer la clef
de l'nigme, si nigme il y a. Je ne sais donc
pas dans quelle histoire je suis tomb. Mais
quelle histoire Excusez, je vais achever ma
lecture. H.G. M


DANY LAF;I ]l(:I I..




Je suis un

ecnvain japonais










Grasset









Je suis un crivain japonais, Dany Laferrire,
268 p, 2008 Editions Grasset, Paris France


Keywords
Hegel Goutier ; Dany Laferrire ; Haiti;
littrature ; japonais.


COURRIER











CtfEfS TFJEitc TArEaR, o A fl AM&f.MENT Ir
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N. 6 N.S. JUIN JUILLET 2008


Sux plus jeunes


ON A FAIM! Par Didier Viode







I votre coute







La parole




aux lecteurs

J'ai trouv les articles sur le Timor oriental trs instructifs. Dans mon pays, il n'existe mal-
utiles. J'tudie depuis un certain temps la heureusement pas, ma connaissance, de


situation au Timor et la lecture de ce dossier
m'a beaucoup aid. Je suis convaincu que
l'aide au dveloppement est la meilleure
approche pour soutenir les pays mergents.
Merci pour la publication.
Yurithzi

J'ai trouv les articles du premier numro sp-
cial ("50 ans de cooperation ACP-UE") trs


publications sur ces thmes et la plupart des
gens ne savent pratiquement rien sur
l'Afrique. Mme l'heure actuelle, alors que
nous faisons officiellement parties de l'UE, je
ne pense pas que mon pays ait mis en place
une quelconque initiative d'aide aux pays
ACP. Outre l'arrogance de certain politi-
ciens, je pense qu'ici, les gens ont encore
l'esprit qu'ils habitent dans un pays bnfi-


Vos points-de-vue
et vos reactions
nous intressent.


N'hsitez pas
nous en faire part.

ciaire des programmes. Ils ont du mal se
rendre compete que nous pouvons aussi tre
des bailleurs d'aide et exporter ce titre notre
experience de la mise en euvre de projects.
Quoi qu'il en soit, la premiere chose faire
la plus important sans doute -est d'appren-
dre connatre les pays ACP.
Rumyana Dobreva

Merci pour tout ce que vous faites.
Crescent Mwebaze


Ad L Corer 4 R de T: 1
emi: no@acp-ucurir.n- wesie vvwapeucourS S


Calendrier

Juin Juillet 2008


EUROPEAN DEVELOPMENT DAYS
Ilrol-ro -1i5.r Nsv i en r MU .i.***p,-i


Aot 2008

> 19-21 Runion annuelle du Forum du
Pacifique

Septembre

> 1-4 Forum de haut niveau sur l'effica-
cit de l'aide, Accra, Ghana

> 8-11 13e session de l'Assemble parle-
mentaire ACP
Runion des parlementaires
d'Afrique, des Carabes et du
Pacifique, Bruxelles, Belgique


> 12-13 Forum Mdias et dveloppement,
Ouagadougou, Burkina Faso

> 15-18 4e runion des ministres des
Finances ACP, Bruxelles, Belgique


Octobre

> 2-3 Sommet des chefs d'Etat et de
gouvernement ACP, Accra, Ghana

> 16-18 Sommet de la diaspora africaine,
Johannesburgh, Afrique du Sud

> 27-30 Deuxime forum mondial sur la
Migration et le Dveloppement,
Manilles, Philippines

nouembre

> 15-17 Strasbourg accueille les Journes
europennes du Dveloppement
2008. La ville franaise de
Strasbourg accueillera la 3e dition
des Journes europennes du dve-
loppement (JED). Ce forum annuel
organis par la DG Dveloppement
de la Commission europenne se


tiendra du 15 au 17 novembre. Il aura
pour thme les autorits locales et le
dveloppement. www.eudevdays.eu

> 24-27 16e session de l'Assemble parle-
mentaire paritaire ACP-UE
Runion semestrielle des parle-
mentaires des pays ACP et de leurs
homologues du Parlement euro-
pen, Port Moresby, Papouasie
Nouvelle Guine

> 29-3 Confrence sur le financement du
dveloppement : bilan du consen-
sus de Monterrey, Doha, Qatar

Dcembre
> 4-5 Runion des responsables des orga-
nisations d'intgration rgionale
des pays ACP, Bruxelles, Belgique

> 11-12 88e session du Conseil des minis-
tres ACP, Bruxelles, Belgique M


COURRIER


*