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Courrier (French)
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 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 01-2008
Copyright Date: 2008
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00014

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j le a fIu
Mchang eLl




binisb
L.. -iq








LE

COURIER
LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS
AFRIQUE CARABES PACIFIQUE
ET UNION EUROPENNE




Conseil Editorial
Co-prsidents
Sir John Kaputin
Secrtaire gnral
Secretariat du Groupe des Etats ACP
www.acp.int

M. Stefano Manservisi
Directeur-Gnral DG Dveloppement
ec.europa.eu/development/

Rdaction
Directeur et Rdacteur en chef
Hegel Goutier

Collaborateurs
Fanois Misser (Assistant Rdacteur en chef), Debra Percival

Assistant Editorial et Production
Joshua Massarenti

Ont particip ce numro
Ruth Colette Afabe Belinga, Marie-Martine Buckens, Jean-Franois Herbecq, Sbastien
Falletti, Sandra Federici, Andrea Marchesini Reggiani, Goston Pierre, Mirko Popovitch

Relations publiques et Coordination artistique
Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani
(Responsable Relations publiques et rseaux ONG et experts)
Joan Ruiz Valero
(Responsable Networking avec les institutions UE et nationals)

Coordination artistique
Sandra Federici

Concepteur Graphique, Maquette
Orazio Metello Orsini
Arketipa

Gestionnaire de contract
Claudia Rechten
T racey D 'A fte rs C0

* Couverture QENGHOR
Phyllis Galembo, Servitor Homel Dorival, standing in a sacred space, "
poses with a ceremonial cup used in rituals, 1995, Soukri, Haiti
Avec l'aimable autorisation de Phyllis Galembo o re arena r
notre partenaire
Quatrime de couverture
Image de BigStockPhoto.com priuilgi
Holger Mette.
Contact ESPICE SERGHOR
Le Courrier
45, Rue de Trves I Espace Senghor est un centre
1040 Bruxelles
Belgue ) L qui assure la promotion d'artis-
info@acp-eucourierinfo tes venus des pays d'Afrique,
www.acp-eucourier.info Carabes et Pacifique et l'change
Tel :+32 2 2374392 cultural entire communauts, au
Fax :+32 22801406 travers de programmes varis
allant des arts scniques, de la
Public tous les deux mois en franais, anglais, espagnol et portugais musique, du cinema, la tenue de
Pour toute information concernant l'abonnement, veuillez consulter notre site web conferences. S'y rencontrent bel-
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Editeur responsible fonctionnaires europens.
Hegel Goutier
espace.senghor@chello.be
Consortium
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Le Secretariat ACP et l'Union europenne, membres du Conseil Editorial de la revue,
dclinent toute responsabilit quant aux positions prises dans les articles du magazine Le Courrier. Ct esnace est rserv


Le consortium et la rdaction dclinent toute responsabilit quant aux articles crits
par les rdacteurs extrieurs l'quipe de rdaction et par tout rdacteur invit.


aux partenaires privilgis







N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


CU RRIER
LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS AFRIQUE CARABES PACIFIQUE ET UNION EUROPENNE


Sommaire
LE COURIER, N.4 NOUVELLE SRIE (N.S.)


EDITORIAL
Des catastrophes naturelles ou politiques...
et autres consequences de l'oubli
SANS DTOUR
Ne jamais rompre le dialogue.
Interview de Giovanni Bersani

ROUND UP

DOSSIER
Les fles du Pacifique.
Changements climatiques et vulnrabilit
Tuvalu, un symbol mondial
Vivre dans la crainte du changement climatique
Une socit civil dynamique
Tsunami sur les les Salomon
Toutes vulnrables :
tyrannie des distances, Anneau de Feu
Les les Pacifique submerges
par le rchauffement climatique

L'UE et les ACP en qute de strategiess d'adaptation"

INTERACTION
Journes europennes du dveloppement.
Ensemble face au changement climatique
Un nouveau partenariat stratgique
Les APE mettent le feu l'Assemble paritaire

COMMERCE
L'Afrique veut transformer
ses diamants chez elle

ZOOM
Une journe dans la vie de Mimi B.n ilciciii.


DE LA TERRE
L'or vert au ceur des controversies


REPORTAGE
Haiti
3 Construire sur la stability
Il faut savoir qui appartient
la terre dans ce pays
4 Les relations hatiano-dominicaines et mdias

g "Nous avons besoin de measures d'irrigation et
de reforestation ainsi que d'intrants"
Des crdits pour le commerce
S Le 10e FED sera ax sur les travaux routiers
10 et la governance
12 Attirer les tourists vers un "pays extraordinaire"
13 Saisir l'me de Hati : Sergine Andr
14 DCOUVRIR L'EUROPE
Roumanie
16 Roumanie, pays de contrastes
Roumanie de A Z
17
Un nouveau pays donateur
19
Etre africain en Roumanie
White Black

20 Transylvanie : terre promise du tourism
22 Quel avenir pour le tourism rural en Roumanie ?

24 CRATIVIT
Une trop rare occasion de valoriser
les photographs africains
Prix du Prince Claus 2007
27
L'histoire naturelle des muses camerounais

AUX PLUS JEUNES
29 Les les lointaines vont-elles vraiment disparatre ?

A VOTRE COUTE/AGENDA


LE





















































































. .


~'"i L i ."
C







editorial


1 y a catastrophes et catastrophes. Celles suscep-
tibles d'tre provoques par les changements cli-
matiques, les catastrophes naturelles -d'autres,
comme la tourmente dans laquelle le Kenya,
modle, a t plong au tournant de l'anne. Si les
catastrophes ne sont pas prvisibles, elles sont facil-
ites par les ngligences et surtout les oublis de l'tre
human.

Le grand dossier de ce numro du Courrier est con-
sacr aux changements climatiques dans le Pacifique.
Il ne se veut pourtant pas pessimiste car la dtermina-
tion protger son pays, le calme et la joie de vivre de
la population du petit pays symbol de la menace,
Tuvalu, constituent une leon d'optimisme.

Une autre raison d'optimisme se trouve dans les dispo-
sitions prises dans le cadre de la cooperation entire le
group Afrique-Carabes-Pacifique et l'Union
europenne sur la prevention de ces catastrophes
naturelles. Les Journes europennes du dveloppe-
ment de Lisbonne la fin de l'anne ont vu l'Union
europenne s'engager fermement en faveur d'un
emprunt mondial pour aider les pays en dveloppe-
ment affronter les changements climatiques, un
emprunt qui musclerait les strategies adoptes respec-
tivement, en la matire, par le Conseil de l'Union
europenne et le Conseil des ministres ACP-UE.

Le nouveau partenariat stratgique UE-Afrique conclu
Lisbonne la fin de l'anne dernire se collte aussi
avec les sources des catastrophes. Parmi ses 20 actions
prioritaires, figurent encore les changements clima-
tiques mais aussi la paix et la scurit, la gouvemance
dmocratique et les droits humans ainsi que d'autres
remparts contre les dflagrations sociales, politiques et
conomiques. La signature, mme gomtrie
variable et sans enthousiasme, avant la fin de l'anne


d'un certain nombre d'accords de partenariat
conomique entire l'UE et des rgions ou pays ACP a
dmontr une attitude raliste des uns et des autres
pour prvenir les risques de dcrochage de ces
derniers du commerce mondial.

C'est alors que survient le cataclysme du Kenya. La
carte postal, le pays o les enfants remplissent les
muses o la Bourse de Nairobi tait l'une de celles qui
offraient le plus de retour sur investissements, pour ne
citer que cela comme titres de gloire. Bien sr, certaines
drives politiques et de gouvemance ont t montres
du doigt mais si elles pouvaient provoquer des heurts,
elles n'expliquent pas seules ce dchanement de vio-
lence auquel le monde a assist avec torpeur.

Le grand oubli de la dmocratie dans beaucoup de
pays a refait son apparition : la tribu. Il n'y a pas de
problme tribal. Il y a celui de l'oubli de la tribu. La
dmocratie l'europenne, y compris celle des Etats-
Unis par example, a tenu compete ds sa naissance du
fait "tribal". Pas forcment dans le sens ethnique
Hutu et Tutsi sont-ils biologiquement d'ethnies dif-
frentes ? -mais dans celui du sentiment d'apparte-
nance un group. Elle a pondr le "un homme une
voix" par des instances comme les snats o le group
minoritaire et le majoritaire ont plus ou moins le
mme poids. Et qui garantissent ainsi celui-l la pro-
tection de ses intrts vitaux. Sans cela, il sera rticent
voter pour quelqu'un d'un autre group, ft-il le
meilleur.

La cooperation ACP-UE a probablement les moyens
d'approfondir de telle rflexion et d'agir contre
d'autres catastrophes.

Hegel Goutier
Directeur et Rdacteur-en-chef


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008















rillli


IIn


Giovanni Bersani, president de la prc
CEE-ACP de 1976 1989, occupe aujo
M. Bersani est l'un des principaux dfenseu,
pour ce qui est des relations de lUE avec le
de la dmocratie par la mediation, le dialc
des valeurs et des principles moraux et refu.


A. M. R. En tant que membre du Parlement europen, vous vous occu-
pez des relations entire l'Europe et l'Afrique depuis lafin des annes 1960.
Parlez-nous des origins de la Convention de Lom.
G. B. -Je peux dj vous rvler l'origine de ce nom. Au course des ru-
nions qui ont eu lieu l'le Maurice en octobre 1974, un accord a t sign
concernant les nouvelles structures institutionnelles d'une convention
appele remplacer Yaound II. Elle prvoyait la mise en place d'une
nouvelle Assemble de reprsentants europens et des ACP, investie de
plus grandes comptences et forte d'une participation accrue des pays
d'Afrique, ceux-ci passant de 18 46 nations. Toute la difficult consis-
tait trouver un nom pour ce nouveau trait Les noms de Lagos et de
Nairobi circulaient, mais se heurtaient l'opposition des pays francopho-
nes. J'ai invit certain des grands acteurs des runions de l'le Maurice
en vue de nouvelles discussions Bologne, en Italie, en compagnie de
l'Ambassadeur togolais Dagadou. Lors du djeuner de clture, j'ai pro-
pos, de manire tout fait informelle, le nom de "Convention de Lom",
en l'honneur de M. Dagadou. Il tait l'poque modrateur et president
du Comit des ambassadeurs ACP. Le choix d'un grand pays avait
menac l'unit du group ACP, alors qu'un petit pays comme le Togo ne
reprsentait pas vraiment une menace. Au dbut, cette proposition a fait
sourire -certains pensaient une blague -mais l'ide a finalement fait
son chemin jusqu' Bruxelles o elle a bnfici d'un soutien..
A. M. R. Depuis le dbut des annes 1990, la Convention de Lom a
suscit de vives critiques, beaucoup lui reprochant son incapacity
rsoudre le problme de la pauvret et du sous-dveloppement. Qu'en
pensez-vous ?
G. B. Nous devons tout d'abord bien admettre qu'il s'agissait l d'un
dfi de taille. En 1957, 50 pays africains sur 53 taient des colonies


Ill]







ans dtour


Andrea Marchesini Reggiani,
Giovanni Bersani et Ranieri Sabatucci
lors de la presentation du Courrier,
Dlgation Culturelle -Alliance
Franaise, Bologne, le 14 dcembre
2007.
Niksa Soric


ou des territoires sous tutelle. L'indpendance et les movements de lib-
ration ont plac la tte de ces pays des rgions non dmocratiques. Entre
1962 et 1989, le Botswana, le Sngal et Maurice ont t les seuls Etats
gouverns par un rgime dmocratique. Une caractristique qui explique
en grande parties leur prosprit et leur croissance conomique par rapport
aux autres pays ayant connu tout au long de cette priode des systmes
parti unique, soutenus par une puissance trangre. Il ne faut pas oublier
qu' cette poque, l'Afrique tait le thtre de la guerre que se livraient
les deux blocs pour le tiers monde. Avec la menace nuclaire, il tait
impensable que cette guerre se droule dans l'hmisphre Nord. Les
affrontements ont donc eu lieu en Afrique.
Au course de ces 30 dernires annes, nous avons encourage la mise en
place de parlements dans tous les pays ACP et la production agricole s'est
nettement amliore dans de nombreux pays de la region, notamment
dans ceux o la faim et la pauvret avaient fait autrefois de nombreuses
victims. Nous avons lutt contre l'apartheid, jusqu' l'abolition de ce
rgime. Victime d'un heritage colonial remontant 45 ans, l'Union afri-
caine (UA) est aujourd'hui dote de sa propre constitution, d'un gouver-
nement central, de gouvernements rgionaux et d'un Parlement. Il faut
bien se rendre compete de la situation de dpart et du chemin parcouru !
Je tiens ici souligner que la politique de l'UE a pris un course trs diff-
rent de la politique amricaine, car elle n'est pas base sur l'intervention
militaire, mais sur des valeurs et des principles moraux. La mediation est
au centre de nos efforts. Une mediation souvent discrte mais qui s'est
maintes reprises rvle decisive.

A. M. R. II s'agit donc d'une belle histoire d'"exportation de la dmo-
cratie". Mais dans bon nombre de ces pays, la violation des droits de
l'homme reste toutefois un problme. L'UE n'a-t-elle pas parfois ten-
dance former les yeux sur ces aspects ?
G. B. Ce principle a t reconnu au titre de Lom III, mais la difficult
consistait dterminer la personnel responsible d'examiner d'ventuelles
violations des droits de l'homme et d'imposer des sanctions par la suite.
Ni le Conseil des ministres ni la Commission ne pouvaient assumer cette
mission. En 1984, la prsidence de l'Assemble dcidait de remplir ce
rle et prsentait des cas spcifiques de violations des droits de l'homme
l'Assemble parlementaire.
En 1986, le rglement tait adopt, non sans mal. Ds cet instant, les
questions de droits de l'homme ont toujours figure en bonne place sur
l'agenda de l'Assemble paritaire ACP-UE.


Je me rappelle le jour o j'ai appel Siad Barre, le president de la
Somalie, lors d'une runion de l'Assemble. Il avait prononc un ordre
d'excution l'encontre de trois leaders de l'opposition. En me fondant
sur les principles de l'Assemble, j'ai demand les pardons rciproques.
Le jour suivant, alors que l'Assemble se runissait, il m'a appel pour
m'informer que ces condamnations mort avaient t commues en
condemnation l'exil.
Une autre ngociation s'est rvle difficile; c'tait avec le Prsident
thiopien Mengistu, qui dtenait prisonnire la sur ane de Hail
Selassi, g de 90 ans. Dans ce cas, c'est l'intervention du co-prsident
thiopien de l'Assemble qui s'est rvle decisive. La prisonnire a t
autorise s'exiler Londres.

A. M. R. Comment ont t clbrs les 50 ans du Trait de Rome ?
G. B. Les ftes et manifestations ont t nombreuses mais peu de
dbats ont insist sur le fait que le Trait de Rome contenait l'essence
mme de la cooperation avec les pays tiers. Cette cooperation, qui
figure la parties IV du trait, fait parties intgrante du Trait de Rome.
Ce fut l un des aspects les plus difficiles et controverss : la France et
la Belgique voulaient transfrer la Communaut conomique euro-
penne nouvellement cre la charge de la gestion colonial et post-
coloniale. Les Allemands y taient opposs, estimant qu'il s'agissait l
d'un calice empoisonn. La solution de compromise a donc t de met-
tre en place un modle de "partenariat gal" avec les pays coloniaux.
De longues discussions ont pour cela t ncessaires, rien ne pouvait
tre considr come acquis et tout devait donc tre ngoci. A l'po-
que, l'ide de crer un "Fonds pour le dveloppement des pays et terri-
toires d'outre-mer" avait dj refait surface. Le problme est que le
niveau de financement n'a jamais t suffisant.

A. M. R. Vous connaissiez bien l'ancien Courrier ACP-UE. Que pen-
sez-vous de la nouvelle version ?
G. B. -Vu le dsintrt des mdias pour les questions en rapport avec
la cooperation, Le Courrier peut et doit diffuser des informations inno-
vantes et diffrentes afin de favoriser la comprehension mutuelle entire
l'UE et les pays ACP. Je souhaite longue vie au magazine et vous
enjoins ne pas vous arrter devant les obstacles qui pourraient surgir.
Gardez le cap en ayant come objectif de diffuser des informations
courageuses qui vont au-del des questions purement techniques, pour
parler au cour des lecteurs. a


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008











Fii. ii,:.,: Misser


TRfFIC D'EHIfl


jr fl~~r r iI~~l


La Commission europenne entend organiser avec les
juin 2008, une conference rgionale "de haut niveau"


C ette initiative rpond une proccu-
pation exprime par la socit civil
et plus particulirement par le
Southem Africa Network Against
Trafficking and Abuse of Children (SANTAC)
parrain par Graa Machel, veuve de l'ancien
president mozambicain Samora Machel et
pouse de Nelson Mandela, ainsi que par le prix
Nobel de la paix, l'archevque anglican du Cap
Desmond Tutu.
Au course d'une conference organise par cette
ONG en mars 2007 Johannesburg, le Directeur
gnral du Dveloppement de la Commission
europenne, Stefano Manservisi, avait apport
son appui politique ce combat, pour lequel les
commissaires europens au dveloppement et
la stratgie de communication, Louis Michel et
Margot Wallstrm, ont galement fait part de
leur solidarity.
Le dfi est considerable. Selon l'Organisation
international du travail (OIT), l'Office interna-
tional des migrations (OIM) et de l'UNICEF, le
traffic d'enfants est un phnomne qui conceme-


rait plusieurs milliers de personnel dans la
region. Mais il est difficile d'en mesurer prcis-
ment l'ampleur, notamment cause de l'absence
de registre d'tat civil dans un pays comme le
Malawi. Avec le Mozambique et la Zambie, ce
pays est considr la fois comme un pays
"fournisseur" d'enfants et de transit, vers
l'Afrique du Sud et la Pninsule Arabique.
Les causes du traffic d'enfants partiese du phno-
mne plus large du traffic d'tres humans don't le
chiffre d'affaires mondial pour le crime organis
est estim quelque 7 milliards de dollars) sont
diverse. SANTAC voque la pauvret et l'pi-
dmie de VIH-sida. Ces maux ont pour cons-
quence de provoquer un accroissement impor-
tant du nombre d'orphelins, tantt confis des
parents ou des families d'accueil, elles-mmes
dans le besoin, facilement dupes par des orga-
nisations criminelles qui, sous prtexte, de leur
offrir un travail ou une education, enrlent ces
enfants, trs souvent des filles, dans des rseaux
de prostitution ou les transforment en esclaves.
L'un des problmes est que si les pays indivi-


pays d'Afrique australe, en
sur le traffic d'enfants.


duellement tentent de faire face la situation, ils
n'ont pas la capacity de contrler leurs fronti-
res. De surcrot, mme si la prise de conscience
gagne du terrain chez les dirigeants, ils n'ont pas
ratifi tous les instruments lgaux interatio-
naux pour combattre ce flau. Il n'existe pas non
plus d'instrument regional en Afrique australe
pour la prevention, la suppression ou la rpres-
sion du traffic d'tres humans. D'o la ncessit
d'une rponse rgionale, don't la prochaine
conference de Maputo serait la premiere tape.
Celle-ci doit dboucher sur une declaration, une
stratgie et un plan d'action de dix ans. Il s'agira
ensuite de prparer une conference des bailleurs
de fonds organise par les pays de la
Communaut pour le dveloppement de
l'Afrique australe SADC durant laquelle sera
prsent ce plan d'action, auquel la Commission
europenne et les Etats membres de l'UE appor-
teront leur concours financier. A ce stade, les
measures envisages vont de l'laboration de
programmes de cooperation judiciaire et poli-
cire au transfer de savoir-faire. M


COURRIER






Tour d'horizon


Debra Percival




35 ATIOns SIGnEIIT de



nouueaux accords commerciaux

Au moment de la mise sous press du Courrier, 35 des 78 Etats d'Afrique, des Caraibes et du
Pacifique avaient sign des Accords de partenariat conomique (APE) avec I'UE. Tous bnfi-
ciaient jusqu'ici d'une entre prfrentielle sur le march de I'UE au titre de l'Accord de Cotonou.


L es APE sont des accords de libre-
change rciproques. Mais si l'UE a
accept d'ouvrir son march tous les
iens et products agricoles en prove-
nance des ACP ( l'exception du sucre et du riz
qui bnficieront chacun d'une brve priode de
transition computer du ler janvier 2008), les
nations des ACP ne devront ouvrir que progres-
sivement leurs marchs, par phases ngocies de
5 25 ans, pour les products les plus sensibles,
qui reprsentant 80% ou plus de tous les chan-
ges. Conformment aux rgles commercials de
l'Organisation mondiale du commerce, les
signataires de tout accord de libre-change sont
autoriss en exclure certain biens, pour autant
que ces accords couvrent "substantiellement"
tous les changes. De nombreux pays ACP ont
ds lors choisi d'exclure leur production agri-
cole des APE.
A ce jour, les Carabes sont la seule entit rgio-
nale avoir sign un APE Cet accord, tabli
avec tous les pays du CARICOM, porte non
seulement sur les biens, mais aussi sur les
changes de services, les douanes, la facilitation
du commerce extrieur, les obstacles techniques
au commerce, les measures sanitaires et phytosa-
nitaires, l'agriculture et la pche, les paiements
et les movements de capitaux, la concurrence,
les droits de proprit intellectuelle, les marchs
publics, les questions environnementales et
sociales et les fonds de dveloppement, autant
d'aspects qui stimulent l'intgration rgionale.
A ce jour, des sous-rgions ou un ou deux pays
ACP d'une mme region ont eux aussi sign des
APE. Il s'agit d'APE portant uniquement sur les
marchandises et par lesquels l'entit s'engage
poursuivre les ngociations sur d'autres aspects
de l'accord en signant des APE part entire
d'ici la fin 2008. Il s'agit essentiellement de pays
moyens revenues. Ces entits ou ces pays esti-
ment assez urgent de signer des APE puisque la
drogation accorde par 1'OMC pour l'Accord
de Cotonou a pris fin le 31 dcembre. En l'ab-
sence d'APE, ces pays seraient en effet soumis
au Systme de prfrences gnralises (SPG).
Seuls quelques pays ACP se trouvent actuelle-


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


ment dans cette position, notamment le Gabon,
la Rpublique du Congo, le Nigeria et un group
de pays du Pacifique, les les Cook, Tonga, les
les Marshall, Niue, la Micronsie, Palau et
Nauru. Des fonctionnaires de l'UE en charge du
commerce indiquent que le Congo et le Gabon
ont exprim un intrt pour les APE mais que le
Nigeria n'a pas voulu en ngocier un ce stade.
Ils ajoutent qu'tant donn le bas niveau des
changes commerciaux entire l'UE et le
Pacifique, la mise en euvre du SPG n'entranera
pas tellement de pertes pour cette region.
D'aprs une rcente declaration manant du
Secrtariat ACP Bruxelles, "les ACP deman-
dent l'UE de faire en sorte que toutes les mesu-
res soient prises pour garantir la poursuite du
commerce dans les mmes conditions, de
manire ce que les oprateurs conomiques
restent sur le march et que le bien-tre socio-
conomique des citoyens des Etats ACP ne soit
pas compromise .
On peut encore lire que les "accords intrimai-
res" ont t signs sous la pression et qu'il fau-
dra les revoir lorsque les accords part entire
seront labors en 2008.
De nombreux pays parmi les moins dvelopps
(PMD) sont encore indcis au sujet des APE.
Abdoulaye Wade, president du Sngal, a indi-
qu que son pays n'est pas prt pour le libre-
change. Les pays les moins dvelopps peu-
vent encore bnficier d'exportations exemptes
de taxes et de quotas vers le march europen en
vertu de l'initiative europenne de 2001 "Tout
sauf les armes".
Mais une declaration manant de la Direction
gnrale du Commerce de l'UE souligne encore
les avantages des APE part entire, en disant
qu"'ils offrent la possibility de soutenir l'int-
gration progressive des ACP dans l'conomie
international et de s'assurer que l'accs sans
prcdent aux marchs de l'UE accord aux
ACP apporte une croissance relle des changes
commerciaux et un dveloppement conomique
sur une large base. Pour le dire brivement, c'est
l'occasion d'apporter ce que l'Accord de
Cotonou n'a pas t capable de fournir."


[ *' IIjIlD]&I I ID]ll[tI 1 U l.^I^I ^ H






(q[o LA DATE DU 3ol MARS 2008













1- eIIy EntaAl uol, mrg al du Il'le d S qua
Il











S-e Ilyar79 E at, BCah oalmas, B'arbaqued u, Belize
a conclu un accord bilatral avec 'UE relatif au com-
merce, n'est pas include dans un APE.

2 Voir la fin de l'article pour les members du Caricom.
Tobgo
ACOD "ITRMARS OU "POR
TANT ECUIVEMEN SU ESMR

MHNIES" : .
AFIU CENRL : Camerou
COMNAT D'FIU DE e..











Comoar79etas* MCaudoalacr, Maislurique du,qu
merchellnest p imasbncu e dn n E
PA IIU Voi lafn Pelartcepoursles mouembres duCaicom.
Fi j





Tour d'horizon

Marie-Martine Buckens


Les ministres ACP


donnent la PRIO



Lr SRIITE


RITE


Face aux nombreux dfis poss par le dveloppement de la sant dans les Etats et rgions ACP,
les ministres ACP de la Sant, runis pour la premiere fois les 25 et 26 octobre 2007 Bruxelles,
ont dcid d'intensifier leur cooperation.


Bruxelles", les ministres ont tenu
raffirmer l'importance du dia-
logue intra-ACP dans le cadre de
l'Accord de Georgetown, mais plus particuli-
rement au titre du partenariat ACP-UE, en pla-
ant les questions de sant au ceur des pro-
grammes de dveloppement de leurs Etats.
Priority sera donne la lutte contre les mala-
dies transmissibles telles que le VIH et le sida,
la tuberculose et le paludisme, notamment par
l'change d'expriences et de bonnes prati-
ques. En outre, les ministres ont pris l'engage-
ment de promouvoir la prise en charge mdi-
cale et le traitement des maladies non trans-
missibles et des maladies tropicales ngliges,
ainsi que des maladies rsultant de violence ou
de traumatisme, par le enforcement des syst-
mes de sant.


> Enrayer l'exode des cerueaux
Autre preoccupation des ministries ACP de la
Sant : l'exode continue des personnel de sant
hautement qualifis de leurs pays vers les pays
dvelopps, l'UE en particulier. Pour enrayer
cette fuite, les ministres ont "marqu leur dter-
mination" mettre en place des strategies
concrtes pour "former, recruter et retenir des
professionnels de sant locaux". Dans la foule,
les ministres ont dcid de promouvoir des par-
tenariats avec les companies pharmaceutiques
afin de faciliter l'accs, un cot abordable,
aux mdicaments brevets, ainsi que mobiliser
des financements pour la recherche et la mise
au point de nouveaux mdicaments ou moyens
de diagnostic. M


COURRIER









ossier








LELESES DU PfICIFIQUE.

Changements climatiques et uulnrabilit

De Hegel Goutier

Reportage Tuvalu, les Salomon et Fidji*


1 ne fait pas de doute que le Pacifique
reprsente l'une des rgions les plus vul-
nrables quant aux risques de catastrophes
dus au changement climatique. C'est le
cas de plusieurs les coralliennes de basse alti-
tude. L'une d'elle, Tuvalu est devenue un sym-
bole de cette menace mais aussi de la capacity


de resistance et de la determination d'un petit
pays survive. C'est le cas aussi d'les volca-
niques situes le long de l'Anneau de Feu (
Ring of Fire ). Comme les les Salomon qui
ont dplor en avril dernier les ravages d'un
tsunami caus par un tremblement de terre. Des
dizaines de morts et des dizaines de milliers de


sans-abri. Les populations de ces pays menacs
dplorent la rticence de certain pays riches,
responsables en grande parties de la pollution
la base des drglements climatiques, rduire
leur niveau de pollution. Ce qu'un homme
politique de Tuvalu a assimil un terrorisme
rampant" qui menace son pays. M


L'tendue de Tuvalu, le principal
de l'atoll de Funafuti.
Hegel Goutier








['-ll I- I 1-ll il l1 11 1I I1 I I, 1


HrIle'l i.-ltrr i 'f



TUURLU. un sui


mbole mondial


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0' L.L.IC .ililitldk p tk.i.,it''. Le. piI le d( ll '.*"t- e .l i" l" L innlt'l qJu Ln I' l iu' rn dj l. ...m i.,I. lu J I. d .' I.li II,. i Lu L ,.,I l LI-J lI.,
FLrini'iiti. i'.ioiil Lc.ipiile ie Tii .ilii. in ii r i lc s T LII I J' ti'v. ahi v l ri ii' L i tn i o i L Iti u 1iiii i[itc lIei iII.i thLI.jic lit 1.i iilii'e deC' .i-
d 01ci pilill ri i t"hati cL'pofriw fZii)in1 le c .L l' .11 c il. tii .iaull i qui t l h.ULillill i'Ud L D'.iills' I.ii' li l i.i',lllinic El Nini' Jii il
'il'. lu>i.c i 'ill' n. L ..i ll .1 pl'niL J : 1.i di' ph .iliql i c inl'lcl II s s.s ti iit'i.', l '. i lll rci 't'', t'"iilu. i ll' Lin iii it Ii .L|ll.l.I[ a'i" i 'iiit i ii'-
II. l l du V lciopiri ll .lit ru erm llle 0 l l ill illyt cei% L t: L il. ill ell, t .. I llkilll*
.i'LI'I 1.1 Illcli.i pLrnI.iis ri jli' Jic II 1.i 1111r 'l i .a1i ip-iS .lril l C 'll lllc i i i. I ti I I L. l 'J i cI .lIli c11 l I .i '1 iL I .'LI J'Li'i ltl' Je[ "
d'.iiLrnT' i.. ,uiL ir.. lt 1i ii. iiiil e 'l ill0k.il L .111'. Llpii l, J'ullll l idi al Li. I l'.1ii ,11 J L Fiiii. ll si I i i.'! ii Topii l.. ,ii' iil ill
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plusl 'ur,, de,; iil il', Jl]'.i hi -l Jde TU'.ilui Se.'dnL-GuLenL ii ond i.il I1'.iri Lilmnii LI' I LI [IlL U.'I l- ip' le i Li'

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> Sensibilisation prcoce


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'IlIlIli i r .l C '. I]4 +i lh|l! .1 .n I i|,..' ] '.l ..\ ,


> Consensus et implication
collective



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TIl .lil l .1 l i.ll i!' il l ( i.- c .. '- l ..i i I ll!' c. lll, .ill


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DOSSer Climat Pacifique


Uiure



dans la CRIRITE du



CHflnGEmEnT CLI RTIQUE

M. Lotoala Metia,
Ministre des Finances, de l'Economie et de l'Industrie.


> measures actuellement mises
en euure pour protger
l'enuironnement

Nous avons dfini des zones de conservation,
l'une sur cette mme le et deux sur les autres
atolls. L'ide est de prserver ces zones. Nous
essayons galement de promouvoir un pro-
gramme de sensibilisation afin d'inciter la popu-
lation maintenir la propret de l'le. Le plasti-
que et les botes de conserve sont mis en dpt
dans un endroit prvu cet effet avant d'tre
loigns pour viter la pollution des les. Nous
essayons galement d'obtenir le soutien du
Fonds mondial pour la protection de l'environ-
nement (GEF pour Global Environment
Facility) dans nos efforts pour rpondre l'ro-
sion de nos terres.

> Project ambitieux

Un project avait t finance par la SOPAC pour
draguer du sable depuis le lagon et combler les
ballastires*, mais il a d tre abandonn parce
que l'quilibre cologique du lagon en aurait t
compromise. A titre d'information, le gouverne-
ment tente actuellement d'tablir un document
de rfrence pour obtenir l'aide de pays dona-
teurs pour la construction d'une le artificielle
dans le lagon. Si ce project dmarre, nous pour-
rons peut-tre profiter de l'occasion pour com-
bler les ballastires, avec l'aide des pays qui ont
particip au project original. Il s'agit pour nous
d'un dfi considerable mais je suis convaincu
qu'avec un project solide, nous parviendrons
convaincre les pays donateurs de nous soutenir
dans cette entreprise.

> Surpopulation

Si le problme n'est pas encore grave
aujourd'hui, il est cependant en train de le deve-


nir. Nous devons nous attaquer aux differences
de niveaux de dveloppement entire la capital et
les autres atolls afin de mettre un terme l'urba-
nisation et l'installation de nouveaux habitants
sur l'le. Nous essayons de moderniser les autres
les pour qu'elles disposent des mmes infra-
structures et des mmes projects de dveloppe-
ment, susceptibles d'attirer des financements
supplmentaires. Nous explorons de nouvelles
voies et de nouveaux moyens de rsoudre le pro-
blme de surpopulation qui touche l'atoll de
Funafuti.

> Surpopulation
et culture traditionnelle

Il est vrai qu' Funafuti nous rencontrons quel-
ques petits problmes, mais ce n'est pas le cas
dans les autres les, o la culture et les traditions
sont restes intactes. La surpopulation et les pro-
blmes lis au territoire n'affectent en rien la vie
quotidienne et la culture Tuvalu. La scurit
rgne toujours Funafuti mme si le surpeuple-
ment commence poser des problmes. Nous
devons aussi nous occuper de la question de la
gestion des dchets.

> Rester malgr tout ?

C'est l'opinion gnrale pour l'instant. Si nous
partons, nous perdrons notre identity et notre
souverainet. Nous essayons donc de protger
notre le autant que possible pour pouvoir y res-
ter. Mais, si le pire venait se produire, des
contacts ont t tablis avec l'Australie et avec
la Nouvelle-Zlande pour envisager l'accueil
des Tuvaluans.
Merci de m'avoir offert la possibility de parler
de tout cela aux Europens. C'est une formida-
ble occasion de montrer au monde que, mme si
nous sommes petits et isols, nous ne nous
dbrouillons pas si mal par rapport certaines


grandes les de la region. Il est extrmement
important pour le gouvernement et la population
de Tuvalu d'essayer de vivre dans les limits de
nos resources et de nos moyens et de consoli-
der nos resources financires tout en investis-
sant dans des projects durables, qui apportent des
advantages conomiques la population. Nous
voulons par-dessus tout prserver le concept de
bonne gouvemance, qui pose des problmes
de nombreux pays dans le monde.
*Trous creuss durant la 11 Guerre mondiale et dans
lesquels taient dverss les dchets. H.G. M























appopi pour rdi r le.slmissions delgaz
/! effe de T/lil serre. 111!1I f*


CURRIER





Climat Pacifique Dossier


n E SOCIETY CIUILE






dynamique

Annie Homasi, directrice executive de l'Association des organizations non gouverne-
mentales de Tuvalu (TANGO), a t nomme Officier de l'Ordre de l'Empire britannique
en reconnaissance de son action gnreuse en faveur des habitants des les Tuvalu et de
la region du Pacifique Sud. Elle dcrit dans les grandes lignes le travail accompli par
son organisation.


L' association TANGO compete et cha-
peaute 47 organizations membres,
qui sont de types divers et provien-
nent des diffrentes parties du pays :
ONG actives dans le domaine de la sant, grou-
pes pour l'mancipation conomique et groups
d'aide humanitaire comme la Croix-Rouge, les
glises et beaucoup d'autres encore. La socit
civil est donc largement reprsente..
Nous collaborons troitement avec le gouverne-
ment sur les questions du changement climati-
que. Sur ce plan, notre gouvernement est trs
actif sur la scne international, notamment
l'chelle rgionale. Nos organizations ont donc
dcid de former une coalition. Nous travaillons
galement avec le Fonds mondial pour la nature
(WWF) bas aux les Fidji et avec le ministre
de l'Environnement. Nous avons organis des
forums de la socit civil au niveau regional,
ayant pour thmes la gouvemance rgionale, la
sant, l'galit des sexes. Nous avons formul
des recommendations l'intention des gouver-
nements. Grce ces forums, nous avons pu ta-
blir des priorits et mettre au point des plans
d'action. Nous euvrons galement la sensibi-
lisation par les mdias. Sur les les touches par
l'rosion, nous menons des projects consistent
aider la population planter des arbres selon les
mthodes traditionnelles et, par example, pro-
tger les cocotiers, qui, en outre, constituent
pour nous un gagne-pain.
Nous voulons que la population des Tuvalu
prenne son destin en main. Or, certain aspects
du changement climatique chappent notre
contrle. Nous ne pouvons donc pas le matriser.
Tout ce que nous pouvons faire, c'est envoyer
des reprsentants des rencontres interationa-
les pour faire entendre nos proccupations.

N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


Nous ne pouvons pas nous limiter computer sur
les autres et attendre que l'on nous dise quoi
faire, nous devons aussi agir nous-mmes.
Certains pays comme les Etats-Unis et mme
l'Australie l'un de nos voisins, sont encore rti-
cents par rapport ces questions. Ils n'ont tou-
jours pas sign le Protocole de Kyoto, l'instru-
ment qui met vritablement l'accent sur ces pro-
blmes. La Nouvelle-Zlande est par contre
bien dispose notre gard. Un plan d'migra-


tion vers la Nouvelle-Zlande a dj t mis au
point alors que l'Australie refuse de nous ouvrir
ses portes. Nous collaborons plus troitement
avec la socit civil no-zlandaise. Ainsi, nous
assisterons prochainement une runion
Wellington pour discuter des prparatifs logisti-
ques en vue de l'accueil des Tuvaluans.
1 L'interview a eu lieu avant le changement de gouver-
nement en Australie (Novembre 2007).
H.G. M











! a U1 1 a
tIttBtt

..insuuu.ii....


Isur les lI I iSalo
sur les les Salomon


I les Salomon. 2 avril 2007, 7h40 du matin.
Un tsunami ravage les zones ctires
dans la Western Province et Choiseul. Il
a t provoqu par un tremblement de
terre de 8,1 degrs sur l'chelle de Richter avec
un picentre situ peine 45 km de la petite
ville de pche et de sports nautiques de Gizo
(5.000 habitants) sur l'le de Gizo (Western
Province), 205 km de Chirovanga, Choiseul,
la deuxime province la plus touche et 345
km de la capital Honiara sur l'le de
Guadalcanal. A cause de sa proximity avec
l'picentre du sisme, Gizo n'avait reu aucun
avertissement. Heureusement que les trombes
d'eau se sont dverses durant le jour et que les
vagues de 3 mtres taient moins hautes et
moins puissantes que celles du tsunami de
l'ocan Indien de dcembre 2004. Elles n'en
ont pas moins fait des dizaines de morts et des
milliers de sans-abri notamment Gizo. Parmi
les autres localits sinistres, Naro et Taro
Islands et, un niveau moindre, Vella La Vella,
Kolombangana, New Georgia et Simbo dans
la Western Province.


Les dommages en terms de vies humaines
auraient t beaucoup plus svres si les popu-
lations concernes n'avaient pas bnfici de
projects de sensibilisation dvelopps la suite
du tsunami de l'ocan Indien. "We were lucky
it happened during the day time and the people
observed that the sea receded and that was a
sign that something was not right and most peo-
ple moved to higher ground", a prcis l'ex-
Premier ministry Sogavare, encore en poste lors
de la visit du Courrier en novembre 2007.

Sur l'le volcanique de Simbo une trentaine
de kilomtres de l'le de Gizo, la mer a envahi
jusqu' 200 mtres l'intrieur des terres, lib-
rant le soufre d'un cratre sous-marin du vol-
can. L'inondation de l'glise du village a
entran la mort de l'vque, qui procdait
une ordination, et de trois fidles. Vingt-cinq
rpliques du tremblement de terre aprs le tsu-
nami ont effray la population reste perche
sur les hauteurs de l'le plus longtemps que
ncessaire de peur qu'un nouveau tsunami ne
s'abatte sur l'le.


> Destruction
des resources marines

D'aprs des valuations faites par Secrtariat
de la communaut du pacifique (CPS), le tsu-
nami a provoqu une destruction des ressour-
ces marines sauvages comme de celles des
centres d'aquaculture. Ce qui n'a pas t sans
affected l'approvisionnement des communau-
ts installes le long des ctes. L'aquaculture
concern les fruits de mer, les perles de culture
et des espces pour aquarium. Autour de Gizo,
les fermes ont t compltement dtruites. Le
plan labor par la SPC la suite de rencontres
avec les aquaculteurs consistait les aider
relancer les activits partir de souches prove-
nant d'une autre le de la province et, entre-
temps, de fournir des fruits de mer aux fer-
miers pour que leurs activits commercials
puissent tre maintenues. Parmi les villages
trs durement touchs, Titana sur l'le de Gizo,
qui a aussi eu des pertes en vies humaines,
Rarumana et Sagheragi. Dans ce dernier vil-
lage, des stocks important de poissons d'ome-


COURRIER






Climat Pacifique DoSSier


mentation taient sur le point d'tre transports
vers la capital Honiara quand le tsunami a eu
lieu. En aval, rapporte toujours le CPS, la
branch locale du World Fish Center et le cen-
tre sous-rgional de Gizo de CoPSPSI
(Commercialisation of Seaweed Production in
the Solomon Islands) ont d ralentir consid-
rablement leurs activits. Pour aider certaines
espces se reconstruire, une interdiction sur
leur capture a t instaure, ce qui affected les
populations pour lesquelles elles constituaient
une source de revenue.

> Le triangle du corail

Les dgts sur l'environnement sous-marin
dans les environs de l'le de Choiseul sont
encore en course d'valuation mais ils sont cer-
tains, selon les spcialistes. Cette zone est
l'une des plus riches du monde pour la biodi-
versit des coraux (prs de 500 espces) et des
poissons de rcif (plus de 1.000 espces). Les
les Salomon font parties du triangle de corail
(Coral Triangle) avec l'Indonsie, les
Philippines, la Malaisie, le Timor Leste et la
Papouasie Nouvelle Guine. L'affectation des
coraux est susceptible d'avoir des impacts en
cascade sur la biologie sous-marine.



> Dforestation
et changements climatiques

Aux les Salomon, 70% des recettes de l'Etat
proviennent des taxes d'exportation du bois.
Et de la vente des licences de coupe.
L'exploitation de la fort tropical fragilise
considrablement l'environnement. Cette
exploitation est particulirement intense dans
la Western Province, la plus touche par le
tsunami. Les provisions gnralement admi-
ses prvoient la disparition des forts dans un
dlai d' peine cinq ans. Le peu de forts res-
tant a dj fait l'objet de licences d'exploita-
tion. Actuellement, les coupes effectues cor-
respondent prs de trois fois la quantit
considre comme soutenable. Et les compa-
gnies forestires continent augmenter leurs
prlvements. Avant mme le tsunami, le plus
long lagon du monde entour d'les et peut-
tre le plus beau d'aprs des experts, le
Marovo lagoon dans la Western Province,
tait en grave danger cause de la dforesta-
tion avance de l'le principal. Dj, il n'y a
presque plus de coquillages et de poissons. De
plus en plus, les companies forestires tra-
vaillent sur des terrains en pente, ce qui n'est
pas sans crer des risques d'rosion dans les
zones ctires, accentuant ainsi les effects
potentiels de la monte du niveau de la mer.


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


William Atu, directeur de project du bureau
d'Honiara de "The Nature Conservancy"
(www.nature.org) explique au Courrier que
ces dpts dus l'rosion dans un lagon pro-
fond, comme c'est le cas en maints autres
endroits des les Salomon, abment les coraux
et ce, avec des effects collatraux sur la vie
marine en gnral. Les dommages du tsunami
sur les coraux et la vie marine dans les provin-
ces d'Isabel et de Choiseul font l'objet d'va-
luations plus prcises qui vont tre publies
par l'organisation. Pour M. Atu, il est impra-
tif, ne ft-ce que sous l'angle de la protection


de l'environnement, que le gouvernement
lgifre sur l'exploitation des forts. Mais le
gouvernement ne le fait pas ou ne fait pas
appliquer les lgislations existantes, ajoute-il,
trop de gens dans la province sont soutenus
par les companies forestires et les intrts
publics et privs du commerce du bois sont
trs important dans le pays. La pratique de la
pche est tout autant insoutenable, ajoute M.
Atu. Les prises de la plus grande pcherie
commercial du pays, Solomon Taiyo LTD,
ont dcru de 20% depuis 1993.
H.G. M


Extraits : Interuiew de l'ex-Premier ministry

lanasseh Sogauare.

ManIiia'Nel .tisciaeare a i e Premier niiiiiiire de 2ai00 i 21101 eel une niomelle lui' de
2111106 20117. Derek .ikua lui a succd le 21 dcembre 211117.

1.. ( ,', 41 ,I " I. i. ir,', I',- l' i' i--t ii. i ,i i l ir ii l in, i J,. I. i'. i, i. .
/ ',, i l'm r i J., J n i , 1 J. .... i 'i;

N ,i11 lp.i I.I' IIiln 'll P.i lll i l eI J ll.l[ L 'a ll I ICI i ,II 1i 11l[ ,I ll ellln [ Ill|ti ll. Il lillI'nl eItll,'
]piillln~l "' N.L. 'L i,l .Ill, iii in i I. 'itl '.lIl' Ln i li l e l et LI .ill' ni I.lle I. e l e pii0ll
I el. l \ 111"I, Im .i pil, .IlI ill'IL .l[[ llldl l' l ll. ILl' Ll il q llh I.' pl ln|l'lL 'L I'llm 'l11 l' I ni [ ILn IIL '
penl-' pe .I l' L u'Ll L ll ll.lli'n l IIlIIl[ ,ILl\ niLe .ll .ll i 'l L t 'llL ILl ,lIL L-Il L'ele
p.nl plu ibie nl e Le LU.lllll 'lle [ .I l.lIqL i" .lllulld LllULlI .l I nl l.lll" pll ullll. J" Illjei' ,l

l', L e' '] .I' h'lle e LU I IL't D I' C. ll U n ILInII .'l Io' e ll I. l' L i Li .'Lln l | l|[ [ ,'i l I'LII pl ll '-


Li::::Ci .I-ll CLL: I-






DOSSer Climat Pacifique


TOUTES UULOERIBLES:


tyrannie des distances,



nInnEIU DE FEU


L es les du Pacifique constituent l'une
des rgions du monde les plus suscep-
tibles d'tre affectes par les change-
ments climatiques cause de leur vul-
nrabilit qui est function de divers facteurs :
leurs petites tailles, leur loignement (la tyran-
nie des distances), leurs structures gologiques
-souvent des les coralliennes fleur d'eau
leur position sur les lignes de glissement des
plaques tectoniques et donc des tremblements
de terre et des tsunamis (le fameux Anneau de
feu qui s'tend jusqu'aux Amriques, au Japon
et descend jusqu'en Nouvelle-Zlande). Sans
computer une gestion parfois insoutenable des
resources. Toutes ou presque sont dans des
situations semblables ou peine plus envia-
bles que Tuvalu ou les les Salomon. Des
examples.
Kiribati culmine 87 mtres mais nombre de
ces les sont des rcifs coralliens recouverts de
deux trois mtres de sable, sans rivires ni
aucune source d'eau potable. Certaines les de


Kiribati, notamment Banaba, ont t fragili-
ses par l'exploitation du phosphate par la
British Phosphate Commission et d'autres,
dans les Lines Islands, par les essais des bom-
bes hydrogne du Royaume-Uni et des Etats-
Unis au course de la priode colonial. L'le de
Tarawa (70.000 habitants) a les mmes probl-
mes que Tuvalu mme si l'le est plus grande.
Dans l'un de ses rcents rapports, le
Programme regional pour l'environnement du
Pacifique Sud (SPREP)1 a confirm le fait que
deux lots inhabits de Kiribati, Tebua Tarawa
et Abanuea, ont disparu sous l'eau en 1999.
Les ctes des 19 atolls des Iles Marshall
sont en totalit rodes. Pour les protger,
comme Kiribati, la population y dverse
dsesprment toutes sortes de gros matriel
usags, camions, vieilles voitures et autres
machines usages et les recouvre de pierres.
Les les Marshall et Kiribati ont dj leurs
premiers rfugis cologiques dans la petite
le haute de Niue.


La Papouasie -Nouvelle Guine. Des fleuves
de la dimension de l'Amazone alors que leurs
course voluent sur de relativement courts dis-
tances. Le 19 septembre 1994, une explosion de
plusieurs cnes du volcan Rabaul a dtruit en
grande parties la ville qui porte son nom.
Certaines les adjacentes sont aussi menaces
de disparatre. C'est le cas notamment des Iles
Carteret, peuples de quelques 2.000 habitants
qui reconstruisent sans cesse des digues de pro-
tection et essaient de faire pousser la mangrove
sans grand espoir. La decision a t prise de les
faire migrer par petits groups vers les les
Bougainville quatre heures de navigation.
Nauru, trs riche dans le pass grce aux
mines de phosphate, a t dvast et fragilis
jusque dans ses foundations par 50 annes de
surexploitation de ce minerai dsormais puis.

1- Instaur en 1974 par la Commission du Pacifique Sud,
le SPREP a pour mission d'aider les pays de la region
protger l'environnement et pratiquer un dveloppe-
ment durable. H.G. M


The 14 ACP countries of the Pacific:


1 1.' i'' i Il i kni 1 Y 451 h.L)iI.,nrsn


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KIRIBATI

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VANUATU
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Climat Pacifique Dossier


Les MILES PRCIl



SUBMERG(


RECHIfUFFEmEnT


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UE


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CLImfIITIQUE


Ctes grignotes, nappes phratiques salinises, premiers exodes de rfugis "cli-
matiques" : le rchauffement climatique est dj dure ralit pour la majority
des aliens du Pacifique. Aussi, priority a t donne des programmes leur permet-
tant de s'adapter- eux et leur environnement- la nouvelle donne climatique. Des
programmes qui bnficient de l'appui de l'Union europenne.


Ses pays en dveloppement
des les du Pacifique ne
sont responsables que de
0",03% des missions
mondiales de dioxyde de carbon. Et pourtant,
on prvoit que ces pays auront faire face aux
consequences les plus prcoces et les plus
svres du changement climatique au course
des deux sicles venir." Tel est le constat dj
fait en 2001 par le Groupe intergouveremen-
tal d'experts sur le changement climatique
(GIEC), charge par les Nations Unies d'assis-
ter les Parties la Convention international
sur les aspects scientifiques des changements
climatiques.
Dans son rapport de 2007, le GIEC se fait plus
prcis : "Dans les petites les, on s'attend ce
que la dtrioration des conditions ctires
affected les resources locales telles que la
pche et rduise la valeur de ces destinations
pour le tourism. La hausse de niveau de la
mer devrait aggraver l'inondation, l'effet des
temptes, l'rosion et d'autres risques ctiers,
menaant ainsi l'infrastructure, l'habitat et les
installations qui constituent les moyens de
subsistence des communauts insulaires. Les
changements climatiques rduiront les res-
sources en eau dans beaucoup de petites les,
par example dans les Carabes et le Pacifique,
au point o elles deviennent insuffisantes pour
satisfaire la demand pendant les priodes de
faibles prcipitations."

> Rfugis climatiques

Minuscules cailloux volcaniques jets et par-
pills dans l'ocan, la plupart des les du
Pacifique sont des rcifs coralliens dpassant

N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


peine le niveau de la mer, quand elles ne sont
pas situes en dessous de son niveau. C'est le
cas de la Rpublique de Kiribati, constitute de
trois archipels, 32 atolls et d'une le isole. Le
point culminant de Kiribati est Banaba et ses
81 mtres. Tuvalu, Etat polynsien, compete
huit atolls don't le point culminant est situ
4,5 mtres au-dessus du niveau des flots... La
moiti de ses 11.636 habitants vit au-dessous
de trois mtres d'altitude. Or, le changement
climatique rend les mares de hautes eaux
jusqu' 3 mtres au-dessus du niveau normal-


de plus en plus frquentes. Tuvalu est le pre-
mier pays o des gens ont d abandonner leur
terre pour chapper aux inondations. Kiribati
et Vanuatu se voient elles aussi forces de relo-
ger des populations victims de l'rosion des
ctes et de la monte du niveau de la mer.
Cette migration force, note un rapport des
Nations Unies, "implique un besoin urgent de
plans coordonns, tant l'chelle rgionale
qu'internationale, pour reloger les communau-
ts menaces et mettre en place tout un arsenal
politique, juridique et financier".


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......... ................






DOSSer Climat Pacifique


Face cette monte inexorable des eaux et
une recrudescence de cyclones parfois redou-
tables -dont le cyclone Val de sinistre
mmoire qui en 2001 a dvast l'le de Samoa
provoquant des dgts estims 230% du PIB
de cette petite conomie et provoquant la mort
de 13 personnel -la Commission europenne
a cr une Facilit ACP-UE pour les catastro-
phes naturelles. D'autres fonds sont prvus. Le
Secrtaire gnral du Programme regional
ocanien de l'environnement (PROE), Asterio
Takesa, a pour sa part indiqu que l'UE a
d'ores et dj vers 200 millions d'euros pour
l'adaptation aux changements climatiques et
150 millions d'euros pour l'tablissement de
plans d'action nationaux. Le PROE est une
organisation intergouvernementale charge de
promouvoir la cooperation, d'appuyer les
efforts de protection et d'amlioration de l'en-
"irnnncment di Pncifiqie in~ilnire et de fa"n-






'I.i.i il I.C. CE i i. i .!Itii i 'liii .ihI. l -I C [ R, IF
i. i i .i.l 111 ( 1^ d,.. . .1c >I. I | .Ic1 |1. .ii

iN i iii N 1. ii N .Ii .. '. .ii'. .Ii.il i. I i [ .!ii
[' .i!, r, N ,iiC Il C i C., 'C *I.I. .' [.i.1i-


> Ecosystmes en pril

Pour Espen Ronneberg, le responsible des
questions climatiques du PROE, le Pacifique
reprsente en ralit un cocktail de dfis du
fait de sa topographie, de sa capacity limite
faire face aux changements environnemen-
taux et d'une pnurie de comptences locales.
Selon lui, s'il existe un consensus scientifi-
que sur l'effet de serre et sur la ralit des
changements climatiques, nul ne sait vrai-
ment si les temperatures mondiales vont
continue de crotre ou s'il y aura des vne-
ments imprvus. Et d'ajouter que si les rcifs
coralliens et les cosystmes insulaires peu-
vent naturellement s'adapter dans certaines
limits, nul ne sait ce qui se passe lorsque ces
limits sont atteintes trs rapidement. C'est le
cn, nntnmment det mnn-'rne c deq cn'.'ct-
!lil ill1! .! ll'. C I 1. '! .lt d C .1Cll ii t. l !'". -


pi1.1. U li i I I iE I .. ,, .,,, ,. . , .







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hI.ll!'I. i .ll l F1 i Il' lt 111Cll *u' |L.lt I.li


entire les zones humides mangroves et les
autres cosystmes ctiers, et cause de leur
contribution important la production
halieutique proximity des ctes, les gouver-
nements et les communauts locales des les
du Pacifique doivent imprativement agir
maintenant pour assurer l'approvisionnement
durable des services offers par les cosyst-
mes de mangroves. Le Conseil a rcemment
entam la substitution de l'ensemble de ses
plans actuels de gestion des pches par des
plans intgrs, bass sur les cosystmes,
pour chaque archipel. Les conclusions et les
recommendations qui dcoulent de cette
tude contribuent l'laboration de ces nou-
veaux plans portant sur les cosystmes
halieutiques et adapts au lieu." M.M.B. M


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Les les ACP du Pacifique ne seront
pas les seules subir de plein fouet
les consequences des changements
climatiques. Les Etats insulaires des
Carabes et l'Afrique figurent galement
parmi les points du globe qui devraient tre,
et sont dj, les plus touchs par le rchauf-
fement annonc. Reconnaissant la responsa-
bilit des pays industrialists dans ce proces-
sus, la Commission europenne dpose ds
2003 une stratgie pour aider les pays en
dveloppement faire face aux dfis que
reprsentent les changements climatiques,
stratgie entrine en 2004 par le Conseil des
ll IIiii l -cI, dc [T E "-l, f !iih ii i! |ii.i J,]'.1 l-
[11III 2 11 4- .1111 DC |il hC ,.* . .1
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I I t, I l l| I I I I 'C ll| l L. l n l| 11 CC I | Il U
tIl v i ,l'.l|i| II I il, i i l, l lc i ti lli '. Ici i ,II
,.l '.'1l-lL tl E -_} n!l I, l.i h ,h


fin de la premiere priode du protocole de
Kyoto. Novembre Lisbonne, o le
Commissaire europen au Dveloppement,
Louis Michel, a appel un "emprunt mon-
dial" pour permettre aux pays en dveloppe-
ment d'affronter les changements climatiques.
"Imaginons de manire creative un emprunt
mondial qui permettrait de dgager les moyens
pour rpondre l'ensemble de ce problme
climatique. Si on ne conduit pas, ici et mainte-
nant, une decision politique forte avec un
rsultat immdiat, nous nous trouverons dans
la mme situation dans 15 ans". Cet emprunt,

t I 111ll |.11 2 I.' tI I 1.I I lit l" I I .t l l
> ncessit d'une alliance global


plte soumise des dlais" afin d'intgrer la
prevention des catastrophes et les strategies
d'adaptation dans tous les plans de dveloppe-
ment nationaux, dans la politique de dvelop-
pement europenne et dans l'aide humanitaire.
Elle demand aussi aux pays ACP et l'UE de
fixer un objectif spcifique pour les nergies
renouvelables, lesquelles devraient tre au cen-
tre des programmes de cooperation.
Lors des JED Lisbonne, Bernard Petit,
Directeur gnral adjoint pour le dveloppe-
ment la Commission europenne, a de son
ct reconnu qu'actuellement, la parties de

.i ,.i.' I !I ! Il !1 .I t .I !t .1! 11 ii I I l IE
il- t .1l.l 1 .1 l!l.'i t t l I l l, III ,' I .ll .1' 't l 't
I.' l.' ,,1 i...11 t* il ,u ,. l l.tlI l .: .I t .. liE -


li, 11 II r 'c,' l .'!* ,Ill l l!j EC Ill l' .nuh l.. t 't .nlpp !,,uI.jI phl
]_ l,1Illl l.n l .I.n u =, il CI! l lh II h .ulI- ]_' 11' -h lllu lll h ld IIl 'llh 'll!.n l I,,I.nlhlh 'llC I d.1' I,,il. l 'l h. nl!l !' ''A l'c I h hil c d.c I .n..
' llh l' I i ttllh .ll rl J N .' l li i -!li .1 l ii,!n... i i ill'I l l, lu lu. I l II't i .t 1.1 l .1 l l ', 't (. t' I .llti tl i' l u.IIlc h 't Il h 'Iil Il
l .ill I ,.1 ,, d 'n n lI I l ,n i n Ic l '!!! '' i Il !C ( -l. ..,C, '.IAc 1'l e I iE 1,-1 , l ..n 1.1 l'nll l I L l
. 11 !i. ll I .In.. .1 I l l.lh l!. t i 'II l. t III Il l I l I 't ( i i l Iiil F E ii.. 1 l . I l i i. .. .l ,.1. l. c llll ll.. . l .-
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N..s"" . 4 1. "4MIIII , 2, :
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SD' ADAPTATIOl"






interactions




JOURNES EUROPENNES DU DVELOPPEMENT

Sbastien Falletti




Ensemble face au



CHHnGEImEnT CLImiTIQUE


l'immense hall de la foire interna-
tionale de Lisbonne, ONG et
diplomats, paysans africains ou
chefs d'Etat, se mlangent joyeusement dans
une ambiance de salon tudiant. Ce cocktail
improbable, c'est la recette dtonante des
Journes europennes du dveloppement
(JED), don't la second dition a largement
russi son examen de passage du 7 au 9
novembre 2007 Lisbonne. Aprs la premiere
dition en forme de ballon d'essai en 2006
Bruxelles, cette initiative sortie tout droit du
cerveau du Commissaire europen au
Dveloppement Louis Michel a trouv son


rythme de croisire dans la capital portugaise.
Grce un thme porteur : l'impact du chan-
gement climatique sur le dveloppement.
"Si nous n'intgrons pas le changement clima-
tique dans nos politiques de dveloppement
ici et maintenant -nous perdrons le bnfice
de tous les investissements que nous avons
faits." Le commissaire a donn le ton, celui de
la gravit, ds la sance d'ouverture devant
Jos Socrates, le Premier ministry portugais en
charge de la prsidence de l'UE, don't la pr-
sence marquait pour la premiere fois l'adoube-
ment par le Conseil des JED. Un appel la res-
ponsabilit qui s'est transform en cri d'alarme
quand le president des Maldives, Maumoon


Abdul Gayoom, a expliqu que le rchauffe-
ment du climate menaait la survive mme de
son archipel. Et de lancer un appel solennel
tous les pays dvelopps et mergents pour
qu'ils s'engagent sur des cibles contraignantes
en matire de reduction des missions de gaz
carbonique.
A la veille de la conference international tant
attendue sur le changement climatique Bali en
dcembre, les JED ont offert une plate-forme
idale l'UE pour afficher sa solidarity avec les
pays pauvres et accrotre ainsi la pression sur
les autres partenaires plus rticents s'engager
dans les ngociations. "Ce sont ceux qui ont le
moins contribu au changement climatique qui


European Development Days
S__ , a WiI il CimItea Cha.inge IEvielpWiifmt


COURRIER







































sont les plus affects. Je pense aux petits Etats
insulaires, aux pays africains, notamment ceux
du Sahel. Il est important que leur voix soit
entendue Washington, Pkin, New Delhi",
a dclar Jos Manuel Barroso, le president de
la Commission europenne qui a fait le dplace-
ment jusqu' Lisbonne. Un appel relay par
l'invit vedette des JED 2007, Kofi Annan, qui
a us de toute son autorit pour rappeler les
pays riches leurs responsabilits. "On ne peut
se permettre d'chouer. Nous avons besoin d'un
rgime post-Kyoto et cela commence
aujourd'hui, pas demain !" a dclar gravement
l'ancien Secrtaire gnral de l'ONU.

> Le village des 0nG

Mais les JED, avant d'tre une plate-forme
politique sont d'abord un lieu de dbat et de
rencontre entire les professionnels et le grand
public, qui tait invit venir en nombre visi-
ter le "village des ONG" et participer aux dis-
cussions. Dans le hall de la foire international,
650 Lisbotes, jeunes ou moins jeunes, se sont
mls aux "grosses pointures" du changement
climatique et aux ONG venues du Nord
comme du Sud. Yvo de Boer, secrtaire excu-
tif de la Convention cadre sur le changement
climatique des Nations Unies a crois les pas
des reprsentants de Climate Action Network
ou ActionAid International. Avec plus de 2100
participants, "Lisbonne a t le point de ren-
contre entire Davos et Porto Alegre", s'est
enthousiasm Jos Manuel Barroso.
Le changement climatique a t abord sous
tous les angles dans de multiples tables rondes,
avec une priority donne l'enracinement
local. Les pays ACP n'ont pas t oublis avec


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


un dbat spcifique sur les consequences du
rchauffement pour leurs agriculteurs. "C'est
utile d'tre ici. Cela permet d'changer des
connaissances, d'tendre ses contacts... et
ventuellement de trouver des financements
pour nos projects explique Samuel, paysan
venu du Ghana. Car les JED, c'est aussi a, un
grand salon o les professionnels du dvelop-
pement peuvent se rencontrer, changer et...
faire des affaires.
"C'est un endroit incontournable dans le sec-
teur, notamment pour trouver des partenaires.
On fait du business!" explique un reprsentant
de Grenade, une maison de production audio-
visuelle spcialise dans le documentaire sur
les pays en dveloppement. Les stands de
Radio France Internationale ou France 5
tmoignent que le dveloppement est bien un
march porteur dans le secteur de l'audiovi-
suel. Pour les tudiants attirs par le secteur
caritatif, les JED sont un terrain de chasse pour
dcrocher un premier job.

> Uitrine

Les Etats eux en font une vitrine pour afficher
leurs efforts destination des pays pauvres.
Ainsi, tous les Etats membres de l'UE, l'ex-
ception de la Bulgarie, ont install un stand sur
les bords du Tage. On pouvait mme aussi
visiter celui de Cuba Les Etats qui ont rejoint
l'UE depuis mai 2004 ont rpondu presents et
rien ne les distingue plus des "anciens". "Nous
pensions que nous faisons de bonnes choses en
matire de dveloppement, donc c'est impor-
tant de le montrer", explique la reprsentante
du stand de la Rpublique tchque. Dans les
alles du village, certain stands bards


d'crans plats dernier cri impressionnent par
leur design recherch, bien qu'ils ne soient pas
toujours ceux des Etats les plus vertueux en
matire d'aide publique au dveloppement...
Mais ce foisonnement d'initiatives n'a pas
occult le message principal des JED 2007 :
l'urgence d'aider les plus pauvres lutter
contre le changement climatique. "Certaines
parties de l'Afrique seront frappes par des
vnements climatiques extremes, comme des
inondations ou des temptes. Cela arrivera non
pas la fin du sicle mais durant notre exis-
tence mme", a prvenu l'administrateur du
Programme des Nations Unies pour le dve-
loppement, Kemal Dervis. "Ce sont les petites
gens qui seront frappes en premier", a mis en
garde Mamadou Cissokho, president du
Rseau des organizations paysannes et des
producteurs de l'Afrique de l'Ouest.
Louis Michel n'a pas attend longtemps pour
passer de la rflexion l'action en proposant
un "emprunt mondial" pour aider les pays pau-
vres faire face au changement climatique,
ds la sance de clture. "Si on ne conduit pas,
ici et maintenant, une decision politique forte
avec un rsultat immdiat, nous nous trouve-
rons dans la mme situation dans 15 ans", a
affirm le commissaire. Un dfi lanc tous
les dcideurs d'Europe et d'ailleurs. Et une
faon de rappeler que les JED sont un moyen
pour l'UE, premier donateur mondial, d'in-
fluencer un agenda du dveloppement encore
bien souvent dtermin Washington.
Rendez-vous est dj pris en novembre 2008
pour la 3e dition qui se tiendra en France,
probablement Strasbourg, avec pour thme
prometteur le rle des pouvoirs locaux dans le
dveloppement. M





Interactions UE-Afrique


Un nouueau





PHRTEnARI T



stratgique

Une Stratgie conjointe et un plan d'action 2008-2010 pour lancer le nouveau
partenariat stratgique entire I'UE et l'Afrique : tels furent les principaux rsultats du
second Sommet UE-Afrique qui s'est tenu Lisbonne les 8 et 9 dcembre derniers. Au
terme d'un dialogue franc et direct, les participants ont clairement montr leur volont
de turner la page sur le pass colonial et de s'attaquer ensemble aux dfis du future.


S ept ans aprs le premier
Sommet UE-Afrique au Caire
et l'impossibilit d'en tenir un
second en 2003, en raison de
divergences sur l'opportunit ou non
d'envoyer une invitation au Prsident
zimbabwen Robert Mugabe, le
Sommet de Lisbonne a dbouch sur un
nouveau partenariat stratgique entire
les deux continents. Ce nouveau parte-
nariat et la nouvelle stratgie conjointe
UE-Afrique sera mis en uvre par le
plan d'action comprenant huit partena-
riats spcifiques entire les deux parties,
couvrant plus de 20 actions prioritaires
dans des domaines tels que la paix et la
scurit, la gouvemance dmocratique
et les droits humans, le commerce et
l'intgration rgionale, les Objectifs du
millnaire pour le dveloppement,
l'nergie, les changements climatiques,
les migrations, l'emploi et la mobilit,
et la science, la socit de l'information
et l'espace. Les rsultats seront rva-
lus en 2010, lors du prochain Sommet
qui se tiendra en Afrique.


> Plan d'action

Les quelque 70 chefs d'Etat et de gou-
verement des deux continents se sont
engags rendre pleinement opration-
nelle l'architecture africaine dans le
domaine de la paix et de la scurit et
crer les conditions d'un financement


prvisible des operations africaines de
maintien de la paix. Dans les mois
venir, la Somalie donnera l'occasion de
vrifier l'preuve des faits la vigueur
de cet engagement. Le partenariat va
porter galement sur la promotion du
mcanisme africain de revue par les
pairs et l'appui la charte africaine sur
la dmocratie, les lections et la bonne
gestion des affaires publiques ainsi que
sur le enforcement de la cooperation
concernant les biens culturels.
Le plan d'action comprend aussi un par-
tenariat sur le commerce, l'intgration
rgionale et la mise en place de measures
pour renforcer les capacits africaines
dans l'tablissement de normes et de
contrles de quality ainsi que sur la mise
en uvre de l'ambitieux partenariat sur
les infrastructures dot d'une envelope
de 5,6 milliards d'euros. Les Objectifs
du millnaire pour le dveloppement,
la scurit nergtique et l'accs
l'nergie constituent d'autres axes de
cette stratgie. Un autre objectif-cl est
l'tablissement d'un agenda commun
en matire de politiques pour faire face
aux consequences du changement cli-
matique. Les migrations, la mobilit et
l'emploi sont un autre volet de ce plan
d'action qui veillera la mise en uvre
de la Dclaration de Tripoli sur la
migration et dveloppement, du plan
d'action UE-Afrique contre le traffic
d'tres humans. Enfin, le plan d'action
prvoit le soutien au dveloppement de


Le Commissaire europen au dveloppement et l'aide humanitaire,
Louis Michel, durant le Sommet UE-Afrique Lisbonne
(du 8 au 9 dcembre 2007). CEC


COURRIER


ii;

rir ~






UE-Afrique I interactions


la socit de l'information en Afrique, la
cooperation scientifique et spciale.
Dans un cadre plus large et afin de mettre en
uvre ces priorits, la Commission europenne
a sign Lisbonne avec 31 Etats ACP d'Afrique
sub-saharienne des programmes de cooperation
(les Documents de Stratgie Pays), dfinis
conjointement, pour la priode 2008-2013, don't
le montant dpasse les 8 milliards d'euros (voir
encadr). Dans les semaines venir, des accords
similaires seront signs -dans le cadre du 10e
FED -avec d'autres pays afin de porter l'enga-
gement de l'UE envers les pays d'Afrique sub-
saharienne dans une fourchette comprise entire
11 et 12 milliards d'euros, compete non tenu d'al-
locations supplmentaires pour imprvus, d'ai-
des rgionales, des interventions de la Banque
europenne d'investissement (BEI) et du pro-
gramme de cooperation spar avec l'Afrique
du Sud, et d'autres instruments (l'aide au com-
merce par example). A ces accords, il faut
encore ajouter les programmes de cooperation
avec les pays d'Afrique du Nord et les prts de
la BEI ces Etats.



> "Alliance indispensable"

Ces accords visent forger "l'indispensable
alliance" entire les deux continents qu'appelle
de ses vux le Commissaire au
Dveloppement Louis Michel, par del les
sensibilits diffrentes qui ont pu s'exprimer
lors d'un sommet, qui a tenu toutes ses pro-
messes quant la franchise du ton, relguant la
relation sens unique donneur-bnficiaire
d'antan aux oubliettes de l'histoire. C'est ainsi
qu'on a pu entendre la chancelire allemande
Angela Merkel rappeler au Prsident Robert
Mugabe l'universalit des valeurs comme les
droits de l'homme. Et que celui-ci a ripost en
fustigeant "l'arrogance" de l'Allemagne et
d'autres Etats qui l'ont critiqu. De son ct, le
President libyen Muammar Khadafi a exig
des compensations pour les mfaits de la colo-
nisation, se heurtant au refus de Louis Michel
qui a invoqu l'importance de l'aide au dve-
loppement europen au course des dernires
dcennies, tandis que le Prsident de la
Commission de l'Union africaine Alpha Omar
Konar a exhort les dirigeants des deux conti-
nents "enterrer dfinitivement le pacte colo-
nial". Mais ces changes directs n'ont pas
empch les relations euro-libyennes de fran-
chir un nouveau pas, avec la decision prise par
le Conseil europen du 14 dcembre, d'ouvrir
des ngociations en vue de conclure un accord
de cooperation avec Tripoli.
Les deux parties n'ont pas lud des thmes
sensibles comme celui des migrations, qui


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


refltent la preoccupation europenne face
l'afflux d'immigrants illgaux et le souci afri-
cain d'enrayer la fuite des cerveaux, mais o
les deux parties ont marqu leur volont de
saisir les opportunits lies la migration cir-
culaire en terme d'emplois.
La perspective de la signature des Accords de
partenariat conomique (APE), censs rempla-
cer partir de 2008 par un rgime compatible
avec les rgles de l'Organisation mondiale du
commerce (OMC) les avantages non rcipro-
ques don't ont bnfici les Etats ACP, ont ga-
lement occup le devant de la scne. Le
President sngalais Abdoulaye Wade a estim
que l'Afrique n'tait pas prte pour une zone de
libre-change avec l'Europe. Deux leaders
europens ont exprim jusqu' un certain point
lc!n iiip.ili .I. c c point de vue. Le Premier
ministry irlandais Bertie Aher a convenu qu'il
tait ncessaire de "donner plus de temps" aux
ngociations, tandis que le Prsident franais
Nicolas Sarkozy a reconnu la fragilit des co-
nomies de certain Etats. D'autres reprsentants
europens ont par ailleurs soulign que de tels
points de vue ne refltaient pas la position de
l'UE, laquelle a donn mandate la Commission
europenne pour ngocier ces APE avec les
Etats ACP.
La Communaut est-africaine, plusieurs Etats
d'Afrique australe et de l'ocan Indien, la Cte
d'Ivoire et le Ghana ont nanmoins conclu des


accords intrimaires sur les changes de mar-
chandises, avec la Commission europenne,
don't le Prsident Jos Manuel Barroso a promise
de consulter les dirigeants des quatre rgions du
continent, avant d'entamer un nouveau round
de ngociation en fvrier prochain, en vue de
finaliser avec l'ensemble des Etats sub-saha-
riens des APE complete, portant galement sur
les changes de services, les investissements, la
proprit intellectuelle et l'ouverture des mar-
chs publics.
F.M.




Jos Manuel Barroso durant le Sommet UE-Afrique
Lisbonne (du 8 au 9 dcembre 2007).. CEC

Jos Manuel Barroso et Alpha Oumar Konar,
President de l'Union africaine Lisbonne. EC





Interactions ACP-UE


L'aide par pays
Montants des programmes indicatifs nationaux pour
les 31 Etats signataires des documents de stratgie
de cooperation avec I'UE (enveloppes A et B)
En millions d'euros
Bnin 340,2
Botswana 77,3
Burkina Faso 537,2
Burundi 202,1
Cameroun 245,9
Comores 48,1
Congo-Brazzavillle 85
Djibouti 41,1
Ethiopie 674
Gabon 50,2
Gambie 77,9
Ghana 373,6
Guine Bissau 102,8
Kenya 394,4
Lesotho 138
Libria 161,8
Madagascar 588,2
Malawi 438
Mali 559,3
Maurice 63,4
Mozambique 634,1
Namibie 104,9
Rwanda 294,4
Sao Tom et Principe 18,2
Sngal 297,8
Seychelles 6,3
Sierra Leone 268,4
Swaziland 63,9
Tanzanie 565,1
Tchad 311
Zambie 489,4
NB : A ces montants peuvent s'ajouter des allocations
supplmentaires pour couvrir des besoins imprvus
ainsi que des aides rgionales et les financements de la
Banque europenne d'investissement.
Source: Direction gnrale du dveloppement de la
Commission europenne

10E FED : RPARTITION
DU FINANCEMENT
ur les 22,7 milliards d'euros librs
au titre du 1 Ome FED (2008-2013),
22 milliards sont destins aux ACP,
286 millions aux pays et territoires
d'outre-mer (PTOM), auxquels il faut
ajouter les 430 millions octroys la
Commission, pour lui permettre de
soutenir la programmation et la mise en
oeuvre du FED. Le montant total destiny
aux pays ACP se rpartit comme suit :
17.766 millions pour les programmes indi-
catifs nationaux et rgionaux, 2,7 milliards
millions d'euros pour la cooperation intra-
ACP et la cooperation intra-rgionale, et
1,5 milliards millions d'euros aux facilits
d'investissement. Le FED se concentrera
davantage sur les programmes rgionaux
visant soutenir la mise en oeuvre des
Accords de partenariat europen (APE) et
sur les trenchess incitatives" axes sur la
bonne governance. M


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1 n'y a pas de plan B Le plan, ce sniiL ls t rgllll
dJ I' OMC". dclare fermiement Louis Michel dans
la 1sa1j LIi iulIfI a blinc Jd centre de conference
dii J erii.i IlntlHo au coetir de Kigali., o une cen-
Liiiit do p.irlI' iil.iiillt', t 'inl dJe tjuille Lt n itiUnlis lui flisaie1il
.iic I.t (L *l'iii'.iii~ ciiripll .iiI Dr l' cl>ippel liclt .1 iaplipolil it s 1i
.ippii 1I,1.i1 .iii. itdil d e 1 i. .lu l.Lll.11 tliilll t le I.tAPE qiue
Icii.ill sd I NC I. ['ii. 1'ir ..iiii .ii l. E '. Jiii .nii l iiic

II t .ni ., !t LIt t 11 .11 iL .l!d.l I !.'i t uii ii.i ,.ni .li i I .I,..., ili.il iiii l- .
J .lii, >li i i !. i. iii.iil . i Ai lPP i liE AC'P
1i i 1 C i. II IIi l i I i i l | i k 1.11 .1 111 i % .l i 0111h rc

2 ,, l l'-' 1 l l! ll 'lll n, ll .'! 1.1 1 ll 1! a h 1 l, t!, ,

th,.ii'. d .i c. i.c' i' !i.i A 'F FE i !E c, p.i l. ii i. iit. A P .i lppiii i.
par nombre de leurs collgues du Parlement europen n'ont pas
manqu l'occasion de faire passer le message la Commission,
en charge des ngociations, mais aussi au Conseil en profitant de
la presence de Joao Cravinho, le Ministre de la Coopration du
Portugal alors en charge de la prsidence de l'UE.


hI44
P'.'


i






Interactions ACP-UE


> La Dclaration de Kigali

Avec un rsultat tangible en definitive, fruit de
plusieurs jours de dbats et de tractations en
coulisse : l'adoption d'une Dclaration de Kigali
qui souligne les inquitudes des ACP envers la
stratgie de la Commission qui menaait d'im-
poser le systme de prfrences gnralis, bien
moins gnreux en terms d'accs au march de
l'UE, aux pays qui ne signeraient pas un accord
dans les temps. La Dclaration de Kigali estime
que ce systme "mettrait en pril le bien-tre et
les moyens de subsistence de millions de travail-
leurs", rappelant les engagements pris par l'UE
dans l'Accord rvis de Cotonou qui prcise
qu'aucun pays ACP ne doit se retrouver dans
une position moins favorable l'issue des ngo-


- r


chant un tonnerre d'applaudissements. "C'est
vritable chantage!" s'est exclam le socialist
belge, Alain Hutchinson.
Malgr ce dluge de critiques, Louis Michel a
tenu bon. Il a raffirm sa foi dans les APE
dcrits comme des "outils de dveloppement"
et tent de rassurer en rappelant que la libra-
lisation commercial serait progressive et
s'accompagnerait d'aides financires euro-
pennes substantielles. "Ce n'est pas de la
libralisation bte et mchante !" a expliqu le
commissaire avant de rappeler l'chec du sys-
tme de prfrence commercial en place
depuis plusieurs dcennies. Pour lui, il est
temps que les pays ACP jouent le jeu de l'ou-
verture conomique en pregnant pour modle la
croissance des pays asiatiques.


L r
nur


Activity commercial, Bamako 2007.
I Afrique in visu /Baptiste de Ville d Avray


ciations. Nanmoins, sous la pression des chr-
tiens dmocrates et libraux, la Dclaration fait
galement rfrence au besoin d'une compatibi-
lit avec les exigences de l'OMC.
Alors que les ngociateurs de la Commission
tentaient d'arracher dans les temps des accords
de libre change compatibles avec les rgles
de l'OMC, dfaut d'APE complete, les par-
lementaires ont dnonc les "pressions" et
l'approche "dogmatique et dictatoriale" de
l'excutif europen. "Comme au vieux temps
des colonies, on nous a demand d'tre le bon
garon et de venir signer Bruxelles !" s'est
emport M. Sebetela du Botswana, dclen-


> Le monopole de la Chine

L'Asie et ses puissances mergentes comme la
Chine ou l'Inde, qui prennent position sur le
continent africain, ont provoqu un autre dbat
muscl Kigali, cette fois-ci entire des parle-
mentaires europens et leurs homologues ACP.
Ces derniers se sont opposs toute critique
l'gard de Pkin dans un rapport sur les inves-
tissements trangers adopt par l'Assemble,
dclenchant la furie de la co-rapporteuse
luxembourgeoise Astrid Lulling. "La Chine
s'accapare les resources naturelles et les mati-


res premires de ce continent. Cela ne contribute
pas au dveloppement mais profit aux entre-
prises chinoises. L'aide de la Chine fait plus de
mal que de bien", a dclar sans ambages la
dput europenne s'attirant en retour les fou-
dres des parlementaires africains, appuys par
le co-prsident de l'APP, Radembino
Coniquet. "Chaque pays a le droit de dvelop-
per ses relations avec qui il le souhaite", a
rpliqu schement un reprsentant de la
Rpublique Dmocratique du Congo (RDC).
Et d'affirmer que les ACP n'avaient pas rece-
voir de leon d'une Europe don't les entrepri-
ses sont promptes dlocaliser dans l'Empire
du Milieu plutt qu'en Afrique. Un change de
tir qui rvle la sensibility de la question et
l'ampleur du travail accomplir par l'UE qui
souhaite tablir un dialogue " trois" avec
Pkin et le continent africain.
L'Assemble a retrouv son unit pour dnon-
cer la dgradation de la situation dans l'Est de
la RDC o la poursuite des combats entire l'ar-
me congolaise et les forces rebelles menes
par le gnral Laurent N'Kunda a forc 350.000
personnel quitter leur foyer en moins d'un an.
Les parlementaires, dans une resolution d'ur-
gence, ont appel la communaut international
et les pays voisins la mobilisation. "Le Congo,
c'est la gchette de l'Afrique", a prvenu un
parlementaire de RDC. "Le viol des femmes,
l'assassinat d'enfants, la violence et le pillage
pour raisons ethniques font de cette cruise une
menace pour la stability de la region", a
confirm le dput allemand Jtrgen Schroeder.
L'avertissement de l'APP fut tragiquement
confirm quelques jours plus tard par l'intensi-
fication des combats autour de la ville de
Goma, si prs de la frontire rwandaise.
L'Assemble fut aussi l'occasion d'envoyer un
signal d'alarme sur un sujet moins dramatique
mais aux repercussions nanmoins srieuses
pour les pays ACP : le retard pris dans la ratifi-
cation de l'Accord de Cotonou rvis qui met
en pril le dboursement du 10e Fonds euro-
pen de dveloppement prvu pour la priode
2008-2013. Les co-prsidents Glenys Kinnock
et Radembino Coniquet ont appel les parle-
ments nationaux la mobilisation pour assurer
la ratification dans les temps pour permettre le
dboursement de l'aide europenne. Les 27
pays de l'UE ainsi que deux tiers du group
ACP doivent obligatoirement avoir ratifi l'ac-
cord pour permettre la Commission de puiser
dans les 22,6 milliards d'euros du FED. "C'est
trs srieux. Si la ratification n'est pas termine
les financements pour les projects et l'aide bud-
gtaire n'arriveront pas", a prvenu Mme
Kinnock. En priant pour que cette question soit
rgle lorsque l'APP se runira la prochaine
fois en mars, en Slovnie. S.F. M


COURRIER


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Commerce


que et la reconduction de ses accords de joint-
venture avec ces Etats tant en jeu.

> Un nouuel oligopole
Un oligopole africain de l'offre est donc en
train de se former face la nue de ngociants
et de tailleurs dans le monde. Et il est d'autant
plus en position de force qu' partir de 2008,
la demand va excder l'offre et qu'ultrieure-
ment, l'cart ne va cesser de s'accrotre, selon
des projections de l'autre gant du secteur, Rio
Tinto Diamonds, selon qui la beneficiationn"
est inevitablee" (sic). Mme si De Beers
entend investor quelque 2,6 milliards de dollars
dans de nouveaux projects notamment en


2011. L'objectif est qu' l'horizon 2009, des
quantits de diamants reprsentant une valeur
de 300 millions de dollars soient mises dispo-
sition de ces tailleries.
De son ct, le Botswana espre accrotre le
chiffre d'affaires annuel de ses 16 tailleries de
200 500 millions de dollars au course des deux
prochaines annes, ce qui reprsente l'quiva-
lent du quart de ses exportations de diamants
bruts (2 milliards de dollars environ). Ce pays
compete tirer parti du fait qu'il est le premier
producteur mondial et du fait que la capital,
Gaborone, va accueillir, partir de 2008, le plus
grand centre de triage et de distribution de la
Diamond Trading Company, le bras commer-
cial de la De Beers qui dlocalise au Botswana
une parties de ses activits de la place de
Londres. Celle-ci aura du reste l'obligation
d'alimenter les tailleries locales des condi-
tions qui leur permettent d'tre comptitives,
autrement dit en pierres de moyenne ou de
grande dimension.
L'Angola volue dans la mme direction, fort
de projections qui laissent anticiper d'ici une
dizaine d'annes un doublement de la produc-
tion actuelle (environ 9 millions de carats pour
des recettes d'exportations de l'ordre de 1,2
milliard de dollars).
De Beers, numro un mondial de l'offre de brut
n'a pas d'autre choix que de suivre le mouve-
ment. Les trois pays qui constituent encore le
socle de sa force de frappe sur le march mon-
dial, le Botswana, l'Afrique du Sud et la
Namibie, partageant le mme objectif stratgi-


Afrique du Sud, au Bostwana, en Namibie et
en Tanzanie, l'cart va atteindre des propor-
tions considrables. Un autre poids lourd du
march mondial, le president de la compagnie
russe Alrosa Sergey Vybornov, estime qu'
l'horizon 2020, la demand mondiale de dia-
mants bruts tournera aux alentours de 20 mil-
liards de dollars, alors que l'offre n'atteindra
que 9 milliards de dollars au course actuel.
Morality : les course vont grimper.
Cela dit, le pari de la beneficiationn" ne pourra
tre gagn qu' certaines conditions, prvient
le managing director de De Beers, Gareth
Penny. La premiere est qu'il faut prendre en
compete le dfi asiatique des bas cots de pro-
duction salariaux. Les tailleries implantes en
Afrique devront identifier les segments du
march dans lesquels elles pourront tre com-
ptitives et laisser les tailleries indiennes trai-
ter la production de moindre valeur, qu'il n'est
pas conomique de transformer sur le conti-
nent. De surcrot, les gouvernements africains
devront faire en sorte de crer un environne-
ment ai i... i l pour les investissements directs









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.< -lll -il| l il'IIi i L ,L F .i M i .I, l-
. ll.' l, 1 1i Ic.lI 'iici d '. l i I ,


COURRIER



















































dramaturge ou un acteur professionnel travaillant par-
tir des contest qui ne connaisse cette Hatienne qui a
transform un art, sinon un folklore traditionnel, en th-
tre experimental de haut niveau, qui a prsent ses crations sur diff-
rents continents et a reu nombre de distinctions pour son travail de
dfricheuse de terrains enchanteurs. Elle embrasse le conte de tous cts
par l'criture, la mise en scne, la musique, la sociologie, la smiologie.
Pour son euvre, Mimi B.iiiiuiI:ii. a reu moult prix et distinctions.
Chevalier de l'ordre national du Mrite (France), Officier de l'ordre des
Arts et des Lettres (France), Becker d'Or au 3e Festival de la franco-
phonie (1989), Prix Arletty de l'Universalit de la langue franaise
(1992), sans computer des prsidences de jury et autres honneurs.
Ce jour-l, le 11 novembre dernier, elle tait Bruxelles la Roseraie
pour une pice destine plutt au public jeune Quand les chiens et les
chats parlaient. Mais comme d'habitude ces spectacles, les adults ne
boudent pas leur plaisir et courent l'applaudir autant dans ce style de
presentation que dans des pices pour un public plus exgte du thtre
moderne, comme pour Une si belle mort, encore dans les mmoires,
don't la premiere avait fait un triomphe en 2001 en Avignon.
Mimi B.i iiiJliii. tait arrive tt le matin Bruxelles. Aprs son arri-
ve, elle prendra just le temps d'un djeuner convivial avec les orga-
nisateurs du spectacle. Elle devait se rendre vite au thtre de la
Roseraie pour un dernier calage. Et le plaisir des retrouvailles avec
connaissances et admirateurs avant d'entrer en scne. Et elle raconte,
placide, calme comme toujours, d'une affabilit qui sduit toux ceux
qui l'ont approche. Et d'une coute qui vous laisse croire que vous tes
pour elle la personnel la plus chre.
Mimi -car tout le monde l'appelle Mimi -c'est une presence, une
alchimie qui conquiert vite tout public aussi more qu'il puisse tre au


dpart, le transformant en figurants reprenant chants et textes, souvent
en crole ou en espagnol qu'il ne comprend souvent pas. Les mmes
sont aspirs par elle, bouches grandes ouvertes, souffle suspend.
Ils ne perdaient pas un mot, une syllabe, une respiration de l'histoire des
deux chats affams qui dcident que l'un d'entre eux ferait le mort afin
que le voisinage accoure pour la veille, occasion pour eux de manger
les veilleurs et ainsi de combler leur faim. Le rsum de l'histoire
qu'elle nous a pralablement fait tenait dj en haleine.
"A travers ce simple fil et dans un monde d'animaux (rat, souris, zan-
dolite, pipirite, etc.), j'en profit pour recrer toute l'ambiance d'une
veille mortuaire en Haiti... De la cuisine s'lve une voix qui conte 'Ti
Fou et le monstre sept ttes ou comment le jour et la nuit sont arrivs
sur terre' (et cela s'est pass en Haiti)..." Et c'est le merveilleux qui
devient ralit !
Aprs ce spectacle, Mimi tait encore aux anges aprs l'enchantement
qu'elle a cr sur les petits anges venus l'admirer et boire ses mots et sa
musique. Conversation avec les amis et la branch belge de la famille
de son ex-mari dfunt Grard B.'illilinii. pre de ses enfants, co-
auteur de livres et d'tudes diverse avec elle. Le temps tait court, elle
devait reprendre le Thalys le soir mme.
Elle se rappellera son pre ex-doyen de la Facult de mdecine de Port-
au-Prince, ancien interne des Hpitaux de Paris et descendant d'un
ancien chef marron de la guerre d'indpendance d'Hati ; et sa mre
qui tait la fille d'un ancien president d'Hati des annes 20. Mimi
B.iil iJlii. a beaucoup voyag partir de ses dix ans, dans la Carabe
et en Floride, avant de partir faire des tudes de sciences politiques
Paris. Dpaysement et dsappointement. "Lorsque 16 ans, la jeune
bachelire que j'tais quite Hati pour la France, elle ne tarde pas
comprendre le sens douloureux du mot exil... J'avais des liens de
parent avec des Franais, j'appartenais une famille multre culti-


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008





























































ve... C'tait une France colonial en pleine guerre d'Algrie... A l'mi-
gr tranger, la France n'offrait que le choix de l'assimilation."
Elle abandonnera ses tudes pour suivre son mari, Grard B.u!lil.:ii.
attach cultural auprs des ambassades de France successivement en
Colombie, Bolivie, Sri Lanka, et Bolivie. Elle reprendra ses tudes aprs
ces prgrinations en 1972 pour faire une licence en lettres espagnoles en
France. Aprs un sjour d'un an au Honduras chez les Garifunas, pour
tudier cette culture rare -premier mlange sur le continent amricain de
Noirs et d'Amrindiens don't la langue, le Garifuna, est la survivance
africanise de la langue arawak. Une langue qui prsente la singularit
particulire d'tre "sexue", les femmes et les hommes ne parlant pas de
la mme manire. Les substantifs pour designer le mme objet, une table
par example, se disant diffremment en function du locuteur ou de la
locutrice. Donc, un doctorate de thtre sur le sujet du rle du thtre de
l'identit chez une minority culturelle : les Garifunas.
"L'Amrique latine et plus particulirement la Colombie ont t pour
moi l'occasion d'approcher des personnalits culturelles phares des
annes 1960. Mon initiation artistique s'est faite par la frquentation
assidue du TEC, Teatro Experimental de Cali, fond et dirig par
Enrique Buenaventura et de la Casa de la Cultura de Bogota fonde et
dirige par Santiago Garcia. J'ai eu l'opportunit de dcouvrir, grce
eux, les euvres d'auteurs contemporains engags europens et latino-


amricains comme Brecht, Kantor, Grotowski, Eduardo Manet, Jose
Triana, Arrabal, Borges, Joao Cabral Do Melo Neto, etc."
Elle s'intressera des thtres aussi varis que ceux de Claude Alranq,
L'Odin Thtre d'Eugenio Barba, le Thtre du Soleil de Mnouchkine,
Peter Brook. Elle suivra les stages d'Eduardo Manet et du Roy Hart
Thtre. Elle jouera en France sous la direction de Rafael Murillo Selva,
connu en Colombie, et sera l'assistante du metteur en scne contestataire
Manuel Jose Arce, produisant alors un thtre assez critique sur les occu-
pations militaires amricaines en Amrique central et du Sud.
Une grande parties de ses recherches universitaires se drouleront paral-
llement ces experiences thtrales. Elle va s'orienter par esprit de
survive, dit-elle, vers le thtre. "Mes premiers pas vers le thtre, mon
apprentissage sur le tas et mes tudes universitaires ont about une
pratique du thtre sur la mmoire de mon pays. Je devais rsister la
perte d'identit, l'alination laquelle me condamnait mon assimila-
tion la France. C'est dans une optique de resistance pour ma survive
mental, de rvolte et de militance que j'aborde le thtre."

www.mimibarthelemy.com
mimibarthelemy.com
Dernire oeuvre parue:
Livre avec disque "Dis-moi des chansons d'Haiti"
Editeur : Lise Bourquin Mercad H.G. M


COURRIER









































L'anne 2007 a t celle du climate; 2008 sera celle de la biodiversit. Du 19
au 30 mai prochain, les 188 Etats parties la Convention international sur
la diversity biologique se runiront Bonn en Allemagne pour fire le bilan
de leurs efforts pour tenter de rtablir une biodiversit en chute libre. Mais
aussi, et surtout, pour se mettre d'accord sur la question controverse du
"partage just et quitable des bnfices tirs des resources gntiques".
Une question qui divise encore pays du Nord et du Sud, l'Union europenne
jouant souvent le rle de conciliateur.


Moins mdiatise que sa "sur" climatique, la Convention
sur la diversity biologique (CDB) a vu le jour, comme la
Convention Climat, au lendemain du Sommet de la Terre
de Rio en juin 1992. La porte de la CDB n'en est pas
moins capital puisqu'elle ambitionne de conserver et d'utiliser de
manire durable l'ensemble des composants du monde biologique, don't
dpend notre survive. Mais elle ne se content pas de jouer le rle de gar-
dienne de la nature. Avec l'avnement des biotechnologies et l'extension
des droits de proprit -dont le brevet -au monde du vivant, la CDB
propose un cadre juridique qui assurerait un partage just et quitable
des bnfices tirs des resources gntiques, que ce soient des plants,
extraits d'animaux, micro-organismes, l'origine notamment des prin-
cipes actifs de nombre de mdicaments. L'enjeu est donc de taille. Tant
sur le plan biologique qu'conomique.


> Appauurissement

La richesse biologique de la terre s'appauvrit. Ainsi, les scientifiques esti-
ment que le total des espces ayant exist sur terre est 10 fois suprieur
celui des espces actuelles. L'extinction serait donc un phnomne nor-
mal dans la nature. A la difference que le rythme de disparition s'est acc-
lr. Depuis plus d'un sicle, on a la preuve que l'homme est la cause de
la disparition de nombreux organismes vivants. Si les tendances actuelles
se maintiennent les pertes seront d'environ 50.000 espces par an au
course des prochaines dcennies.
Du fait de leur position gographique, la majority des Etats ACP jouissent
d'un climate tropical et sub-tropical favorable au foisonnement des esp-
ces. Ainsi, les forts d'Afrique central abritent un mlange extrmement
vari de plants et d'animaux. Elles comprennent quelques 400 espces


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008





tion durable de la biodiversity, la CBD a surtout
t le premier trait international reconnatre
le rle primordial du savoir traditionnel, des
innovations et pratiques en matire d'environ-
nement et de dveloppement durable, et
encourager leur protection par l'intermdiaire
de Droits de proprit intellectuelle (DPI) ou
tout autre moyen. Les communauts locales
sont dsormais considres comme ayant un
rle important jouer dans la mise en oeuvre de
la CDB. Autant de prambules sujets dissen-
sions au sein de la communaut international.
A commencer par la notion mme de DPI qui
donne lieu des interpretations diffrentes.
Ainsi, l'Union africaine (UA) a-t-elle mis au
point une loi-modle, servant de cadre de rf-


-


-I '
*


COURRIER


De la terre



de mammifres, plus de 1.000 espces d'oi- rence en matire de gestion de la biodiversit,
seaux et plus de 10.000 espces de plants don't en particulier de gestion des espces commer-
3.000 sont endmiques. Mais ce sont les steppes cialement intressantes : semences pour les
et les savanes, notamment africaines, qui ren- agriculteurs, mais galement espces d'intrt
ferment la plus tonnante abondance de plants pour l'industrie, pharmaceutique galement.
et d'animaux, grce un mlange de luminosit Cette loi confirm le privilegee de l'agricul-
naturelle et d'alternance des saisons sches et teur", qui lui permet de garder une parties de sa
humides. rcolte pour l'utiliser ultrieurement, privilege
Pour prserver ces richesses, non seulement devenu facultatif dans d'autres enceintes inter-
continentales mais aussi maritimes, plusieurs nationals. Elle reconnat galement le rle des
initiatives ont t prises par les Etats ACP, de communauts locales dtentrices de savoirs et -
concert avec l'UE. C'est le cas, notamment, du prvoit le versement de royalties en cas d'utili- *
project FISHBASE -"Renforcement des capa- station de ces savoirs. Sur le terrain, les pays
cits de gestion des pches et de la biodiversit africains disposent de lgislations encore *-
dans les pays ACP". Le project a pour objectif embryonnaires, attendant sans doute que la
de fournir l'information pour permettre la mise question soit rsolue dans l'enceinte de la CDB.
en uvre de politiques pour la conservation de Ce qui est loin d'tre le cas. Fin 2007, les repr-
la biodiversit aquatique, son exploitation sentants des 188 signataires de la Convention
durable et le partage quitable des bnfices n'ont pu qu'enregistrer leurs dsaccords sur
d'aprs les dispositions de la Convention sur la cette question. Des pays comme l'Australie, la
biodiversit. Le project a tabli trois neuds Nouvelle-Zlande ou le Canada (les Etats-Unis ..
rgionaux de coordination en Afrique. Dans ne sont pas signataires de la CDB) s'opposant -. -. -
leurs rgions respective, les coordinateurs aux revendications des pays du Sud rglemen- -
supervisent les activits du project de formation ter l'accs aux resources. M.M.B. M *







** *- e ** e '










et apportent leur soutien aux scientifiques et ' -. i ''" '
gestionnaires des pches., .
A ct d s m .o d. o. .. e d "' ,

> Partage des bnfices .... \,- j..-i,.i- ..
" sa ... d c. t ~~de g- e "e
A ct de sa mission de conservation et de ges- -
.. ... .... ...... b -'- , ; ;r ,,d. :.'...--,








fea-
1 q


Depuis son accession l'indpendance en 1804, Haiti a
endur davantage de troubles politiques et sociaux que
la plupart des autres nations. Ses frquents soulve-
ments y ont branle le bien-tre conomique et social.
Ainsi, plus de 50% de sa population vit avec moins d'un
dollar par jour.
La MINUSTAH (Force de stabilisation des Nations Unies
pour Haiti) y a instaur une scurit relative depuis
2004, de sorte que le gouvernement peut mener divers
programmes destins relancer l'economie et amlio-
rer la vie de la population. Malgre sa pnurie en res-
sources indignes, le pays dispose d'un certain poten-
tiel commercial puisqu'il est entour de pays revenues


intermdiaires tels que la Rpublique Dominicaine, avec
laquelle il partage l'ile d'Hispaniola.
"Pour attirer des investissements, il faut d'abord main-
tenir la paix et la stability. Nous devons donc y consa-
crer toute notre nergie", a dclar le Prsident Preval
le 14 janvier 2008, l'occasion de la cermonie
annuelle d'ouverture du Parlement. Des bailleurs de
fonds internationaux contribuent en outre la stability
par le biais de projects et d'aides budgetaires.
Ce pays des Carabes prsente de nombreuses dichoto-
mies. Ainsi, ses statistiques en matire de pauvret sont
poignantes alors que sa culture est tonnamment riche
et envotante...


N 4 N S JANVIER FEVRIER 2008






eportage Hati


COISTRUIRE




SUR Lf

Un simple regard sur les remous politiques du pass permet de se rendre compete de la
relative stability que connat actuellement Hati. Pour le gouvernement, c'est une
occasion de consolider son administration et de prendre les measures qui s'imposent -
avec l'appui ncessaire des bailleurs de fonds afin de relancer l'conomie et, partant,
de rsorber la pauvret.


es Tanos, parents des Arawaks
d'Amrique du Sud arrivs en 2600 av.
J.-C., furent les premiers habitants
connus de l'le d'Hispaniola. L'un des
personnages les plus rvrs ce jour fut la
Reine Anacaona ('Fleur d'or') qui rgna sur
Xaragua, un des cinq royaumes d'Hispaniola
dirigs par des caciques (chefs de tribus). Elle
fut l'une des dernires succomber l'influence
espagnole aprs l'arrive de Christophe Colomb
en 1492, mais ses partisans furent arrts et ex-
cuts au course d'un repas donn en l'honneur du
nouveau gouverneur espagnol en 1503.
Anacaona s'enfuit, mais fut ensuite capture et
pendue Saint-Domingue. On estime qu'il y
avait initialement de 100.000 1 million de
Tainos sur l'le. Ils furent dcims peu peu,
suite l'arrive de Colomb, par les pidmies et
les travaux pnibles qui leur taient imposs.
Pourtant, les origins tainos de Haiti se refltent


encore dans sa culture et certain de ses habi-
tants affirment porter cet heritage dans leur sang.
Amens par les colons franais en 1520, les
esclaves africains s'implantrent dans la zone
occidentale de l'le. En 1731, les Espagnols
reconnurent la colonie franaise de Saint-
Domingue et une frontire fut trace le long de
deux rivires.
Plusieurs leaders du movement des esclaves,
comme Franois Dominique Toussaint-
Louverture, parvinrent s'affranchir et la
France abolit l'esclavage en 1803. Le ceur
blanc fut symboliquement arrach du drapeau
franais par le chef des insurgs Jean-Jacques
Dessalines tandis que les bandes rouge et bleue
taient cousues ensemble, donnant naissance
l'tendard hatien "Libert ou la Mort". En jan-
vier 1804, aprs une bataille decisive contre les
Franais, Dessalines dclara l'indpendance aux
Gonaves et les Hatiens africains prirent le


contrle de l'le, rtablissant son nom taino
"Haiti", qui signifie "pays montagneux".



Un dfilement en acclr nous mne au XXe
sicle et l'importance de Hati en tant que voie
maritime. La liaison avec le canal de Panama,
rcemment inaugur, dboucha sur une invasion
par les Etats-Unis en 1915. L'occupation dura
jusqu'en 1934. Plusieurs coups d'Etat plus tard,
Franois Duvalier instaura sa dictature en 1957,
soutenu par la classes moyenne, en plein essor, et
par les pauvres des milieux ruraux. Il renfora
son pouvoir grce aux "Tontons Macoutes", qui
doivent leur nom au personnage folklorique du
vieux paysan hatien ravisseur d'enfants. Ces
milices taient autorises extorquer argent et
biens divers la population tant qu'elle prot-
geait fidlement leur president. Jean-Claude


COURRIER







Hati I eportage


Duvalier, surnomm "Bb Doc", succda son
pre lorsque celui-ci mourut en 1971. Il s'enfuit
en France en 1986 et une priode d'instabilit
s'ensuivit de 1986 1990. Confronte au retour
des partisans de Duvalier, la Cour supreme
ordonna des lections en dcembre 1990. En
septembre 1991, un jeune prtre largement pl-
biscit par la socit civil, Jean-Bertrand
Aristide, arriva au pouvoir sous la bannire du
parti "Lavalas", ce qui signifie "torrent".
L'actuel Prsident, Ren Prval, fut son Premier
ministry de fvrier septembre 1991.
Sept mois seulement aprs le dbut de son man-
dat, il fut renvers par un coup d'Etat foment
par le Gnral Raoul Cdras, qui fut immdiate-
ment condamn et suivi d'un embargo conomi-
que. Celui-ci dura jusqu'en octobre 1994, quand
Aristide revint au pays avec l'appui des Etats-
Unis. Lors des lections prsidentielles de 1996,
Aristide fut vinc dans sa course vers un nou-
veau mandate par Ren Prval, qui devint en
2001 le premier dirigeant lu dmocratiquement
dans l'histoire du pays mener son mandate
son terme. Aristide demeura populaire et cra le
parti "Fanmi (famille) Lavalas" ainsi que la
Fondation pour la dmocratie, qui octroie des
prts exempts d'intrts aux entreprises et
apporte son soutien en matire de sant et d'du-
cation. Il fut lu Prsident en novembre 2000,
avec 91,7% des suffrages. Le 200e anniversaire
de l'indpendance du pays fut marqu par des
meutes contraignant Aristide l'exil le 29
fvrier 2004, bien qu'il prtende avoir t forc
fuir par les Etats-Unis qui craignaient de voir
les troubles se rpandre. Boniface Alexandre
devint Prsident par intrim, avec la tche d'or-
ganiser des lections dans un dlai de deux ans.
Le 7 fvrier 2006, Ren Prval obtint nou-
veau la prsidence, pour la priode de 2006
2011, sous la bannire de la vaste organisation
LESPWA (l'espoir) qui regroupait plusieurs
parties politiques et groups issues de la socit
civil. Il remporta une majority tnue de
51,21% aprs le comptage des votes blancs,
requrant l'appui d'autres parties pour former
un gouvernement de coalition.




"Notre pays est en train de changer. Une autre
faon de faire la politique est possible. Le pays
ne doit pas basculer dans l'instabilit la moin-
dre occasion", a dclar Prval lors de son dis-
cours annuel d'ouverture du Parlement le 14
janvier 2008. Il a soulign certain des princi-
paux dfis conomiques, ainsi que la ncessit
de moderniser l'Etat pour consolider la scurit
-ce qui implique l'adaptation du systme judi-
ciaire, le besoin de crdits et d'investissements
(voir l'article sur l'industrie) et la mise dispo-


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


sition d'une nergie fiable un prix correct.
La presence de la Force de stabilisation des
Nations Unies pour Haiti (MINUSTAH) a large-
ment contribu au retour de la stability. Bien
qu'il y ait encore trop d'enlvements, don't les
auteurs devraient tre traduits en justice, a
dclar le Prsident.
Aprs le dpart de l'ex-Prsident Jean Bertrand
Aristide, une resolution du Conseil de scurit
des Nations Unies a mandat en juin 2004 une
force ayant pour mission de stabiliser le pays et
d'aider le gouvernement de transition organi-
ser des lections. "Le pays tait ranonn par
des gangs arms", a dclar David Wimhurst,
Directeur des relations publiques de la
MINUSTAH, lors d'une allocution dans son
quarter gnral bas l'ancien Htel
Christopher (Port-au-Prince).
La MINUSTAH compete actuellement 7.060
militaires, latino-amricains pour la plupart,
avec un important contingent brsilien et 2.091
officers de police (chiffres de l'ONU en novem-
bre 2007) contribuant l'tablissement d'une
force de police hatienne. Le nouveau comman-
dant de la MINUSTAH depuis septembre 2007
est le diplomat tunisien Hdi Annabi.
Wimhurst explique qu'il tait ncessaire d'em-
ployer la force pour svir l'encontre des gangs
responsables de violence et d'enlvements. "Il
a fallu trois mois pour dmanteler les gangs, cer-
tains y ont perdu la vie et 800 personnel ont t
arrtes Cit Soleil", a-t-il ajout.
Depuis fvrier 2007, il est plus ais de circuler
Cit Soleil. Les actions de la MINUSTAH vont
"crer un space propice au dveloppement
plus long terme", a prcis Wimhurst. "Nous ne


pourrons quitter cet Etat que lorsqu'il disposera
d'une police dote d'quipements profession-
nels dignes de ce nom." Jusqu' present, 11.000
policies hatiens ont t forms alors qu'il en
faudrait au moins 20.000. Selon David
Wimhurst, la MINUSTAH finance galement
16 navires destins patrouiller le long des ctes
septentrionales de Haiti, qui constituent un point
de dbarquement pour les narcotrafiquants.




Un recent rapport de long International Crisis
Group (ICG)1 estime que le gouvernement
devrait encourager les 3 millions de personnel
issues de la diaspora hatienne investor davan-
tage dans le pays, don't les rapatriements de
fonds reprsentaient 1,65 milliard USD en 2006
-soit 35% du PIB. D'aprs l'analyste principal
d'ICG, Damien Helly, cette contribution cono-
mique devrait se reflter dans le systme politi-
que par le biais de measures facilitant le vote
l'tranger et permettant la double citoyennet
ainsi qu'une representation de la diaspora au
sein du Parlement. De telles initiatives ncessi-
teraient sans doute une rforme constitution-
nelle. Le rapport prne en outre la mise sur pied
d'un group de travail ddi la diaspora et
mandat par les responsables hatiens, les diver-
ses tendances politiques, la socit civil et le
secteur priv, afin d'tablir une stratgie dcen-
nale bnficiant d'un soutien international.
Il est galement important pour l'avenir du pays
d'laborer une stratgie binational avec la
Rpublique Dominicaine malgr le toll interna-
tional suscit par les violations des droits des tra-







eportage


Hati'


4il


Aperu statistique

de Hati

(clittres de 206 'auf indication contraire)



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Ci_ -,IlI di PI ...2. . _





PIFn 5 millids LISD ,sur 1.7 1. I




(rapplort 2u0 PI7-2B008) A2 -





PNB pni habltnrt 4 U80 ISD II.i Fi 'N
inlFpe ctiong lerr 1,3 milli ard i. ISD .es ation .. c.
en 2JOS .I...I .





EspCrOUL' 2 ent i, lll 52 an d.s pr u ...,s -.
(chintre de juin 2de005) rbU.la de hines
In d ic e P ULID 1 4 6 s u r 1 7. I'. .,,,
t'rappori 207-2008) Mhh.,...,li
PNB pi habivtnnt 480 LISD 1 l.I. i IN
lImporteition5 1,55 milliard LISD (estimation I_., ,.i..
pouI 2r>06), essentiellement des pioduits i.,.., |.. ,.li
alimentaires, dE_5 crbuaints, dE_5 machines
et des biens manufactures
(. , l C 1 .'
E rportalioiin 494 niillic:ns LISD (estimation I ,
po:Lir 2i00i6., caf, huiles, mangues, ti.er

F .11 I 1iii I
Contexte politique
RIDI r .I
President Rene Pre,al depuis le 14 mnai i ..
200 i6 (quiinquennat) i .,,i

Chef Ji go lvern'mcnlt. Premr'cr mniiiistre lu ,i ,*i
lacques Edouard Ale.is depuis le 30 mai c i !'iii! .lc
20n6 !. ici!... ,
Assemble national bicamerale et Senat.

Sinit (30) ;ier'si electiiin tous les six ans iDADr)E r
Le iandidat ayant o:ibtenu le plus de ,oix
dans clhacun des 10 dpartements est
nomme pour si\ ans, le suiadint pour 4 ann'
et le troisieme poui deux an' Des lectiJons
seront do:nc organisees en 2uu8 afin de
remplacer un tiers des nembres 1 i.c 'i

Chanibri JeLI deplite' (99 sieV'q.'1 s election
Lo:us les quatre ans prochaine election en .i c, .,.
a ril 2ul C. l ii. .1 i

Pi ncipairu< parii politiques Fusion,
Groupement de la fusion des soclaux.
dmocirates OPL, Organisation du people .iiiii Dr,
en lutte Alyans, Alliance dnm:cratique t ii.iiii.liic
Fronnt pour la reconstruction national : .ic. c. !i ci
Latibonit an Aksyion (LAAA) I. .. .I,,ti

Sources Banqule mondiale PNLID, Linion tl.iiil .
euroilpeenne CIA Gouvernement dle Haiti. ll...ic .ni
i.l !i i i l lid.i


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COURIER


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erge Gilles est un des leaders de la
Fusion des sociaux-dmocrates ha-
tiens, parti ayant l'une des plus for-
tes representations au parlement
avec 6 siges sur 30 au Snat et 20 sur 99 la
Chambre des dputs. La Fusion participe
la "coalition", que Serge Gilles qualified, avec
subtilit, de gouvernement "pluraliste" form
la suite des lections de 2006. Avec 2,62%
des suffrages, il tait l'un des 32 candidates
malheureux l'lection prsidentielle de
2006, qui a port le Prsident Prval au pou-
voir. Quant au secrtaire gnral de la Fusion,
Robert Auguste, il est l'actuel responsible du
ministre de la sant.
Serge Gilles, aprs 25 ans d'exil sous le rgime
des Duvalier, est rentr Hati en 1986.
Lorsque je l'ai rencontr la mi-novembre, il
s'apprtait assister, l'aprs-midi mme, une
runion ministrielle laquelle le Prsident


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


Prval avait convi les cinq leaders de l'opposi-
tion pour discuter d'une valuation du gouver-
nement ralise par la Banque mondiale. Lors
de notre rencontre Ptionville, et bien qu'il
approuvait cette consultation ouverte, Serge
Gilles s'est inquit du fait que la politique
mene actuellement par le Premier ministry
Jacques Edouard Alexis et par le Prsident
Prval ne soit pas encore parvenue rgler les
principaux dfis du pass .




Ren Prval a de l'exprience. Il a t Premier
ministry ; il a t president de ce pays, donc il
n'en abuse pas. Il connat la fragilit des choses.
Sur le plan conomique, on est jusqu' present
arriv combattre l'inscurit. La police
national qui tait dmantele s'est reconsti-
tue et, soutenue par la MINUSTAH, elle fait


un bon travail. Avec ce gouvernement pluriel,
il y a la stability politique. Il peut y avoir quel-
ques critiques mais elles proviennent de per-
sonnes qui n'ont aucune representation. Tous
ceux qui ont une reprsentativit ont accept
de rester dans ce gouvernement de consensus
pour garantir la stability afin de rendre possi-
ble la construction de routes, les services
publics et pour que le gouvernement puisse
avoir la tte tranquille. Il y a beaucoup de pro-
blmes dans ce pays. Le ct ngatif, c'est
qu'aprs deux ans, ce gouvernement ne russit
pas reliever les grands dfis qui s'taient pos
dans le pass. Ce que je vous dis l, je le lui
dis. Nos discussions sont trs branches.

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Pour moi, la rforme agraire est dpasse.
Au contraire, il faut d'abord une rforme


... .. .. .. .. .. .. ..


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H. eportage


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Il lill.ii .. MINI iT l I .ii,.. qi.I. li. !,i., '


d'Aristide. Il n'y avait pas d'arme l'poque
et la police tait corrompue. Donc je crois que
la formule MINUSTAH n'tait pas mal.
Ce qu'il nous faut, c'est prparer le dpart de la
MINUSTAH. Il faut profiter de la MINUSTAH
pour bien former la police et une autre force
certain appellent a la nouvelle arme, peu
imported le nom -pour surveiller les ports, les
frontires et nos aroports afin de combattre de
faon efficace le problme de la drogue.






Nous avons une administration trs faible.
Quand on a eu des catastrophes comme nous
avons eu, on a une administration trs faible.
Je suis d'accord avec les Canadiens qui ont
beaucoup invest ici en matire de formation.
Moi, je vois une cole de formation dans cha-
que dpartement avec encore deux coles de
formation ici ( Port-au Prince)..

>"


On ne peut pas dire que l'opposition est cor-
rompue, pas du tout. On ne pas dire que Prval
est corrompu, pas du tout. On connat des pays
o la corruption va de la base au sommet. Ce
qui est corrompu en Haiti, c'est la drogue, et
une parties de la justice, mais on vient de sortir
trois lois. Prval a form une commission de
suivi pour la rforme de la justice et le
Parlement vient d'adopter trois lois sur l'ind-
pendance et l'puration de la justice (27
novembre 2007). Il va y avoir une cole de la
magistrature. Tous nos parlementaires ont sou-
tenu cette rforme.

>


Pour moi, la dcentralisation fait mieux avan-
cer la dmocratie. C'est vrai que nous n'avons
pas encore de cadre juridique. Nous travail-
lons avec nos parlementaires afin d'acclrer
ce cadre juridique pour que les collectivits
territoriales puissent prendre leur envol. La
collectivit territorial, ce n'est pas simple-
ment une question de moyens. D.P. I


Page 38 :
Vues de rues Les Cayes.
Marc Roger

Page 39
En partant du haut:
Un des leaders de l'opposition, Serge Gilles.
Debra Percival
Les Cayes.
Marc Roger
Carte de Hafti
Minustah


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


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eportage Haiti


Gotson Pierre*





LES RELATIOnS



HRITIInO-DOmIDICrInES



ET LES

Les relations n'ont pas toujours t simples, en raison de la question des droits des
travailleurs hatiens des "bateys" dominicains**. Les initiatives destines rapprocher les deux

pays par l'ouverture de nouveaux canaux d'information ne peuvent que contribuer une meil-
leure comprehension. Cela renforcera la politique bilatrale adopte par le gouvernement de
Port-au-Prince et visant l'tablissement de relations plus troites au bnfice des deux pays.


u dbut des annes 1900, les
Hatiens partaient travailler dans
les plantations dominicaines de
canne sucre desservant des
usines installes ou promues par les
Amricains. Dans les annes 60, un accord a
t pass entire les deux pays pour la furniture
de travailleurs saisonniers en vue de la rcolte
de la canne sucre dominicaine. Suite la
dnonciation de cet accord aprs la chute de la
dictature des Duvalier en 1986, les Hatiens ont
continue migrer vers la Rpublique
Dominicaine, surtout la recherche de travail.
Aujourd'hui, bien qu'il n'y ait aucun recense-
ment de la population hatienne dans le pays
voisin, les officials dominicains parent de plus
d'un million de ressortissants hatiens vivant
l-bas. Cette migration est considre comme
une charge pour la Rpublique Dominicaine,
qui rapatrie continuellement les migrants ha-
tiens dans des conditions qui violent leurs
droits humans les plus lmentaires : spara-
tion de families, deportation au course de la nuit
sans aucune coordination avec les autorits
hatiennes, mauvais traitement, etc.
Cette situation se dveloppe sur fond de
contentieux historiques. Les Hatiens n'ou-
blient pas le massacre subi par environ 30.000
d'entre eux en 1937 en Rpublique
Dominicaine, sur ordre du dictateur domini-
cain Rafael Trujillo. Tandis que les
Dominicains n'oublient pas que, sous le gou-
verement de Jean-Pierre Boyer, Hati a dure-
ment occup ce pays de 1822 1844.
Il y a aussi les differences culturelles entire les
deux socits qui alimentent des prjugs, la
Rpublique Dominicaine se rclamant d'as-


cendance indienne et espagnole, alors qu'Hati
met en avant son heritage africain.
Ce context gnral ne favorite pas la compr-
hension entire Hatiens et Dominicains, condi-
tionne le travail des mdias et affected l'infor-
mation qui circle sur la thmatique hatiano-
dominicaine.
Pendant longtemps, le thme dominicain n'tait
gnralement abord dans les mdias hatiens
que sporadiquement, travers les dpches
d'agences internationales. La press hatienne
fonctionnait pratiquement dans l'ignorance du
pays voisin. Pendant ce temps, la press domini-
caine ne faisait que relayer la vision officielle
d'Hati par les autorits dominicaines.
Depuis quelques annes, le dveloppement des
nouvelles technologies de communication et
d'information (NTIC) et l'action de secteurs
alternatifs dans le domaine de la communication
ont permis de marquer une nouvelle orientation
l'information sur la thmatique haitiano-domi-
nicaine, qui est devenue plus prsente dans les
mdias hatiens.
Une des agencies qui ont fait un travail systma-
tique sur cette question est AlterPresse
(www.alterpresse.org), rseau alternatif hatien
d'information du Groupe 11 ..hii., ..i. qui a
commenc fonctionner en 2002. AlterPresse a
mis l'information sur la problmatique haitiano-
dominicaine au premier plan, couvrant rguli-
rement en franais et en espagnol les vne-
ments-cls.



Plusieurs centaines d'articles sont publis, en
parties avec la collaboration de confrres


dominicains, et concernent principalement la
migration, la frontire, le commerce binatio-
nal, les droits humans, l'environnement et
les dsastres naturels, la sant, le tourism, la
culture, etc.
Enregistrant plus de 20.000 connexions par
jour et relaye par diffrents mdias (radios,
tlvisions, journaux, sites Internet) dans
diverse rgions d'Hati, en Rpublique
Dominicaine et sur le plan international,
AlterPresse a contribu une plus grande
presence mdiatique de la question hatiano-
dominicaine et a influence un certain nombre
de decisions sur le dossier.
AlterPresse entretient des rapports profes-
sionnels et cordiaux avec Espacio Insular,
une agence alternative dominicaine mise en
ligne en aot 2006. Les deux entits ont pass
un accord de collaboration en fvrier 2007 et
viennent de raliser en novembre 2007 une
tude sur l'orientation des mdias des deux
pays en matire de traitement de la thmati-
que hatiano-dominicaine et une rencontre de
journalists hatiens et dominicains Port-
au-Prince.
Ces journalists se rendent compete que les
deux pays se partageant l'le ont un destiny
commun. Un rapprochement est donc nces-
saire pour surmonter les lans d'inimiti,
faciliter la comprehension, l'harmonie et
crer des perspectives de dveloppement
commun et solidaire.

*Gotson Pierre est le co-fondateur de Groupe Media
Alternatif
**Lieu rserv dans les exploitations sucrires aux
esclaves, puis aux coupeurs de canne.


COURRIER









Il LI


111


Il,


Tout ce qui fait Hati a t immortalis dans de somptueux tableaux, y compris la
gnrosit de ses terres, mais... ne s'agit-il que d'une liberty artistique ? En ralit, la
dgradation des sols, les investissements insuffisants et la production mdiocre crient
l'urgence d'une rforme.


% de la population hatienne entranant ce qu'il
vit encore de 'agriculture, age". "La rforme
alors que ce secteur ne dclare Chavannes, i
gnre que 25% du produit affairs judici ires l


l'rosion des terres arables. 50% des terres
hatiennes sont revenues impropres la cul-







eportage Hti


ment adquat en lectricit, la Rpublique
Dominicaine est par contre parvenue s'infil-
trer sur les marchs, dclare Greet Schaumans
de long belge Broederlijk Delen.
Quant la production annuelle de poulets 6
millions dans les annes 1980 -elle est en
chute libre depuis le dbut des annes 1990
cause de l'embargo conomique. Les chiffres
de Vtrimed indique qu' la fin de cette dcen-
nie, le march a t satur par des importations
massive de poulets surgels. Aujourd'hui, la
production national de poulets ne reprsente
plus qu'un quart du niveau des annes 1980,
soit 1,2 1,5 million par an.
Presque tous les acteurs du secteur affirment
que ce qui manque, ce sont des crdits pour
investor dans les technologies et les intrants
pour concrtiser le potential agricole. Gabriele
lo Monaco, conseiller de la Dlgation de l'UE
en Haiti, a dclar : "Les petits exploitants
n'investissent quasiment pas dans l'agricul-
ture". "Le pays a connu une dcapitalisation
des paysans", ajoute Chavannes.
Chavannes prcise que les agriculteurs de la
Rpublique Dominicaine peuvent obtenir des
crdits un taux annuel de 12%, voire 6%. En
Haiti, le credit est inabordable ou indisponible.
Les taux d'intrt de 20 30% sont monnaie
courante. "Nous avons besoin d'un engage-
ment politique envers le secteur de l'agricul-
ture, or il nous fait actuellement dfaut. Nous
avons besoin de measures d'irrigation et de refo-
restation ainsi que d'intrants. Lors du Congrs
du 35e anniversaire du MPP en mars 2008,
nous demanderons la mise en place d'une agri-
culture diversifie, du libre-change et d'une
rforme agraire", dit-il.
Serge Gilles (chef du parti Groupement de la
fusion des sociaux dmocrates) a galement
soulign, lors d'une interview, la ncessit de
crdits et d'une rforme agraire pour permettre
aux gens de devenir propritaires de leur ter-
rain, ce qui encouragerait les investissements
personnel. Il pense aussi que Haiti a un avenir
dans l'agriculture biologique, d'autant plus que
ce type de production atteint des prix beaucoup
plus levs que les products ordinaires sur les
marchs internationaux.


associations rurales. Lt Agogo, denomination
commercial de ces products, a dcroch le prix
du meilleur produit d'Amrique du Sud.
L'agriculture n'est pas un secteur prioritaire
pour le 10e FED, mais l'UE a dj finance de
nombreux projects en collaboration avec des
ONG afin de promouvoir la scurit alimentaire
et lanc un programme de diversification agri-
cole pour le Centre et le Sud. Un project rcem-
ment approuv, hauteur de 3 millions d'euros,
don't 495.000 euros financs par le gouverne-
ment hatien, permettra de rassembler des infor-
mations sur la vulnrabilit des personnel
dpendant de l'agriculture l'chelon national.
Il sera men par l'Organisation des Nations
Unies pour l'alimentation et l'agriculture
(OAA) et l'Institut hatien de statistique et d'in-
formation, afin de dvelopper des strategies de
lutte contre l'inscurt alimentaire.
Quelques products de niche comme le caf Rebo
et Haitian Blue et la mangue Francis, trs appr-
cis par la diaspora hatienne de Miami, ont


remport un certain succs l'exportation. Et
ce, malgr les infrastructures mdiocres et des
systmes de rfrigration limits, qui font obs-
tacle aux exportations grande chelle de pro-
duits prissables.
D'aucuns estiment que Haiti devrait suivre
l'exemple du Brsil et produire davantage de
canne sucre pour la fabrication de biothanol,
ce qui rduirait la facture nergtique du pays.
Un rapport de long belge Broederlijk Delen
affirme toutefois qu'avant d'opter pour cette
solution, il faudrait dterminer si elle favorise-
rait la meilleure utilisation des terres. D'aprs
long, une exploitation plus intensive des ter-
res pour la production de biothanol augmentera
le prix des denres alimentaires. Pour un pays
tributaire des importations comme Haiti, cette
consequence pourrait annuler le bnfice engen-
dr par la reduction des frais de carburant, en
plus des investissements colossaux en eaux et
infrastructures qu'exigerait toute unit de pro-
duction de biothanol. D.P.


Un project remarqu dans le domaine de l'agri-
culture a t mis sur pied par Vtrimed, long
des professionnels spcialiss dans la sant et la
production animals, don't l'objectif est d'aider
les petites exploitations rurales amliorer leurs
revenues. Les products laitiers fabriqus dans 10
units de microtransformation (lait strilis et
yaourt, par example) sont distribus l'chelon
national par des organismes de jeunesse et des















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Si vous vendez des fruits de la passion, des vtements ou de la musique sans vous
rveiller l'aurore, n'esprez mme pas trouver un emplacement Port-au-Prince ou
dans la zone commercial voisine de Ptionville. Chaque centimtre carr de trottoir
sera dj occup. Les vendeurs ambulants gagnent durement leur vie au jour le jour.


e qui resemble une activity pros-
pre dans un march urbain de prs
de 9 millions de consommateurs
cache, en ralit, un manque d'or-
ganisation, une demand interne limite, une
absence de crdits anmiant les investisse-
ments dans les secteurs performants, et une
faible valeur ajoute pour les products. En
2004, la balance commercial global de Hati
vis--vis de l'Europe tait dficitaire de 77
millions d'euros, avec l'exception du textile,
qui affichait un surplus d'exportations (2 mil-
lions d'euros).
Grce l'amlioration de la scurit dans les
rues et la stability du gouvernement, les
Hatiens s'attendent une conomie domesti-
que plus saine, capable de leur procurer des
emplois et d'amliorer leur quotidien. Des
problmes de scurit ont rcemment dissuad
plusieurs socits internationales d'investir en
Hati mais il y a dsormais des signes d'inves-
tissements trangers. Digicel, gestionnaire
d'un rseau de tlphonie mobile couvrant
toutes les Carabes, compete parmi les grandes
socits rgionales avoir pris conscience des
relles opportunits offertes par le march ha-
tien. Ses panneaux publicitaires rouges attirent
d'ailleurs l'attention dans les spaces publics
de la capital.
La crativit foisonnante de Hati ainsi que
son march national trs prometteur, de mme


Laproductonna

ecl aWdebcraton

'denlois. OCOD


que ceux trs proches des Etats-Unis et de
l'ensemble des Carabes, constituent des
atouts vidents mais en ce qui concern la
creation de petites entreprises, tous les interlo-
cuteurs rencontrs dans le cadre de notre rap-
port mentionnent le manque de crdits comme
tant le principal obstacle au dmarrage d'une
activity. La reputation commercial du pays
souffre aussi de son infrastructure mdiocre,
surtout si l'on considre l'tat des routes
reliant la capital au reste du pays, les frquen-
tes coupures d'lectricit et la raret des
matires premires indignes.
>
Pour stimuler la production national, l'Union
europenne (UE) a notamment lanc le project


I


SDebra Percival I


PRIMA, ou en crole : Pwogram Ranfosman
Entegre na sekt Koms an Ayti. Etal sur 4 ans
(de 2005 2009), ce project de 8 millions d'euros
vise donner un coup de pouce aux petites
entreprises. Il est dj sursouscrit, dclare son
directeur Klaus Dieter Handschuh, qui invite
ainsi l'Ordonnateur national Price Pady sugg-
rer qu'un project de suivi serait bnfique.
Le programme s'inspire du succs rencontr
l'chelon national par certaines petites et
moyennes entreprises (PME), parmi lesquelles
l'INDEPCO pour l'industrie et long
Vtrimed (voir l'article sur l'agriculture) pour
le secteur laitier, explique M.Handschuh.
L'INDEPCO, Institut de dveloppement et de
promotion de la couture, dirig par Hans
Garoute, imported des tissus pour la fabrication
d'uniformes scolaires et autres vtements.


COURIER


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nmonde entiei, la
ImarqLe de IhumL
1al tienll Bit'ianiconr n a
S cess de gagnei du terrain
imalgr le iecent climate
S d'insecurit du pays,
declare le directeur gnral
dre l'entreprise Thierry
Gardre. Barbancoufirt est
reconnu par les maqlazines
spcialiss cmmne l'un des
cinq meilleurs rhums au monde Gardre
expliqueue qe la rmatuIJtion en fts de chne
blanc di Limoutiin et l'utilisation de sucie
de canne au lieu de imla".e impone font
toute la diftrence et donnent a ce ihum sa
do.LJCeui calaceiiistique Lentiepri.e, qui
emploie 250 personnel. pioduit actluelle-
nient 3 millic:ns de bouteilles de 4, 8 et 15
ans d'age par an. Ses enterss scont particuli-
rement florissantes aux Etats-Unis, au
Panama et ja Chili.
Gardere repisente la 4e ginration de
cette entreprise familial fondee en 1862.
Il explique qu un piojet ieional de I'UE
(70 millions d'euros sur 4 ans) a e sur les
producteurs de rhum des Caraibes a net-
tement accru la production. Au dpart ce
project unique a t mis en place afin de
ccnipenser les pertes de l'industrie par-
tiellement occasi nnes par 'ONIC lors de
I OLuiei tLle des rm rclhe_ a;x alcohols blancs
Singapour en 1996. Lanc en 2002, il a
icemment et piolong jusqu en juin
201 C aihn de perrmett e I uilisationi de
tous les tonds disponibles.
Gardre explique que son entrepiise s'est
vu octroyer j ce jour 1,2 million d euros,
afin d'ameicorer ses installations ainsi que
la fabrication de ses prcduits. Cette
sim.:me lui piermeltra alemeniet de rali-
ser une lude sur l'utilisation des pruoduits
dri,sd de la canne a sucre. Les entreprises
doi,-ent dbourser 40 6uo des fonds
iequii p[oui chaque proiet, selon le mon-
tant souhait, tandis que I'LE se chagqe
du rest sous la toi me d'une subvention.
"NoP ventes ont progress de 20%C' au
COurs des deu\ dernitre; annees', dclare
Gardre Lin SuccC- qu'il attribue en pai tie
a I'effet-MINUSTAH les soldats chiliens
prennent gout au rhum durant leur ser-
vice pour 'ONLI Haiti et co:ntinuent
acheter du Barbancourt quand ils scint de
retour c hez eu%






eportage ,,,


L'actuelle stability politique en Hati permet au 10e FED de s'orienter vers des secteurs
essentiels pour l'avenir du pays. Dans le cadre du programme 2008-2013, 291 millions
d'euros seront affects la governance, la construction de routes, la rforme du
systme judiciaire, la dcentralisation et certaines measures gnrales d'aide budgtaire.


eligible au Fonds europen de dve-
loppement (FED) pour la premiere
fois en 1990, au titre de la Convention
de Lom IV, Hati a essuy une srie
de crises politiques et institutionnelles au
course des annes 1990 et ce, jusqu'en 2004.
Par voie de consequence, la plupart des fonds
europens destins des secteurs-cls de
l'conomie ont t raffects des projects
d'urgence, d'aide humanitaire et d'interven-
tion "post-conflit".
Le coup d'Etat contre le Prsident Jean-
Bertrand Aristide en 1991 a report la mise en
euvre du 7e FED (1990-1995), dot d'une
envelope de 112, 2 millions d'euros. Quant
au versement des 148 millions d'euros au titre


Carte de Hati montrant
les principaux rseaux routiers.
SAvec Faimable autorisation de Vincenzo Collarino


du 8e FED (1995-2000), il s'est heurt "une
absence de gouvernement" dbouchant sur la
prise de measuress appropries" par l'UE en
2001. Les fonds disponibles ont ainsi t
directement affects l'aide aux populations,
couvrant l'assistance d'urgence et divers pro-
jets de la socit civil, les habitants bnfi-
ciant galement de l'aide complmentaire de
l'Office humanitaire de la Communaut euro-
penne (ECHO).
L'un des rares projects plus long terme a t le
soutien au secteur de l'enseignement en 1999.
Le Programme d'amlioration de la quality de
l'ducation (PARQUE) a bnfici d'une aide
de 28 millions d'euros -montant destin,
notamment, la construction/rnovation de 17
institute de formation d'enseignants (Ecoles
fondamentales d'application et centres d'appui
pdagogique, EFACAP), desservant 350 coles
dans 4 dpartements. Ce programme "au succs
phnomnal", explique Price Pady, a rcem-
ment bnfici de 14 millions d'euros suppl-
mentaires au titre de l'aide "post-conflit" dans le
cadre du 9e FED (voir plus bas).




Lorsque la crise politique de 2004 s'est ter-
mine, le 9e FED tait en course (2000-2007).
Son budget de 167,6 millions d'euros a donc
t redirig vers un soutien "post-conflit"


pour les lections de 2006 et la reliance du
pays. Le solde de l'enveloppe des 7e et 8e
FED a t regroup, totalisant 276 millions
d'euros affects l'aide "post-crise".
Ces fonds ont permis de finance l'organisa-
tion d'lections (18 millions d'euros), l'aide
commercial via PRIMA (voir l'article sur
l'industrie), l'aide l'enseignement, la
construction de quelques routes et de nom-
breux projects mens par la socit civil
(voir AVSI ci-dessous).
Le tronon routier reliant Port-au-Prince et
Mirebalais tait en course d'asphaltage lors-
que nous avons visit les lieux, bien que les
travaux sur le terrain escarp et rocailleux
qui s'lve depuis Port-au-Prince aient t
difficiles, comme l'explique Roberto Rivoli,
ingnieur routier de la socit franaise
BCEOM qui coordonne les travaux du
group de construction dominicain. La sec-
tion en question se situe entire la capital et
Cap-Hatien, sur la cte nord. Une autre sec-
tion de cette route, jusqu' Hinche, ainsi que
la route entire Cap-Hatien et Dajabon, le
long de la frontire avec la Rpublique
Dominicaine, sont galement en voie de
rfection grce aux deniers du 9e FED.
L'amlioration de la gestion conomique par
le nouveau gouvernement s'est galement
traduite par une aide budgtaire gnrale de
36 millions d'euros pour 2006-2007.


COURRIER


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RESPEKTE


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otI! pouvons d4smiiai. circulei
en secuiit', dclare Fianmmeitt
Cappellini, ducative auprs de long italienne AVSI, qui
mne actuellement un pr:iet du FED visant a
instaurer un ilimat pacifique Cit Soleil, au
ncird de Port-au-Prince. La population de ce
bidonville est estime ?Su.u0 Hatiens
Prec demmennt contiolees pai des gangs aimes
perpitant violence et enlevements. ses rues
sont revenues moins dangeleu;e; depuis tevriei
2007 Bon inmbie desauteurs d ttPrs d double ont,
en effect, te arirte avec I aide de la PlINUSTAH.
Le project Bati lapt etali sur trois ans (2007-
2009u et benficient de 1 2 million d'euros,
don't 200 000 de I'ONG justice et Paix, prouv'e
qu'il eiiste une alternatie aui.< anigs arms '
d.:lare Carlo Zc:rs reprsentant de I'AVSI en
Haiti
On peut aisment comprendre les frustrations
des gens LcontriiinL de vivre dans cet space de
5 kmC sans infrastructures de base sans emploi
et sans issacLir d'o viendra leur prochain repas
Les iipacts de balls dans certaines caba.nes
tLnimcignent de la presence d'armes a feu
'Nous avons eu du mal au dbut a vhiculer un
message de paiR", explique Fiammetta
Cappellini. cai le5 g ens vaient l'habitude de
iekeioii des biens mnteiiels en contrepaitie Le
programme assuLe Ia formation de 'mediateurs
de la paix-" charges de tlinsmietteP le message a
d'autres peiroiines, qui signent une dcliiiaion
d engagement en ftleur de la pai\. PoiL CIadlo
Zorsi, il titl difficile de transmettre une visionn
de l'avenir au% jeunes essentiellement gs dle
18 a 28 ans Le proxranmme appl:rte galement
une aide plus gnrale ni:taninment pou:ir la
rEdac ticn d'un CV.
Il pr,i:cit en outre une aide sljciiale ainsi que cles
consultations psvchcili:lciques pour les ieunes
enfiants La violence omnipresente a en effect
enenndr de, Liolence, tamiiale, ~ l'gard des
feimme5 et des entrants, precise Fiammietta
Cappellini
Zo;i ajoute qu'il ieste beaucoup tfaire a Cite
Soleil et dan! le bidonaille de Llatissant. au sud
de la capital Un project d'hirticulture urbaine,
bas sur l'utilisation de pneus et dle toitures,
pourrait s'avrer utile, souligne-t-il tout en insis-
tant sur la ncessit d'aider les auto rits locales
Et de co nclure : "'Le maire (de Cit Sc:leil a t
lu mais n'a qure d'intluence ou de capacity
d action"
' a' si org






eportage Harti


ITTI


un


R ies


uers


extraordinaire"


- ......w ......- .


. . .. ....


ne visit de trois jours en novem-
bre 2007 par un group de tourists
japonais a fait la une du journal
hatien Le Nouvelliste. Car pour
une fois, il ne s'agissait pas de spcialistes du
dveloppement, d'amis ou de membres de la
famille d'employs de l'ONU, ni de partici-
pants l'une ou l'autre conference, qui fai-
saient les beaux jours des hotels hatiens
depuis quelque temps.
Un autre contingent de ces "vrais" tourists
d'Extrme-Orient est prvu pour dbut 2008,
ce qui donne penser que les vacanciers ont
t sduits par Hati.
Le tourism a t pingl come une des
priorits du gouvernement en matire d'em-
plois, de revenues et de croissance, mais attirer
les visiteurs demeure une vritable gageure en
terms de relations publiques. Les casques
bleus de l'ONU sont nombreux dans le pays et
ils le resteront pendant quelque temps encore.
De mme, les enlvements sporadiques contre
ranon, rapports par la press international,
effraient galement les tourists. Quant aux
routes, elles sont tellement dgrades que les
excursions, pourtant superbes, n'attirent plus
gure que les aventuriers.


D'un autre ct, on comprend aisment pour-
quoi le gouvernement se montre optimiste
quant au potential touristique de l'le. Haiti
dispose de sites extrmement diversifis pour
immerger les visiteurs dans ses richesses his-
toriques et culturelles, tout en bnficiant des
principaux atouts commerciaux des Carabes :
sable blanc et ambiance dcontracte dans
presque tout le pays. "Hati est un cocktail de
destinations", explique Giliane Csar Joubert,
directrice administrative de l'Association tou-
ristique de Hati.
Anne Rose Schoen Durocher, directrice de
l'agence publicitaire ARCA Port-au-Prince,
vit en Hati depuis 28 ans. Un pays qu'elle a
dcouvert en tant que guide pour un minent
tour-oprateur europen. Elle se souvient que
le tourism tait florissant dans les annes
1970. A l'poque, l'un des sites les plus cl-
bres du pays, La Citadelle construite sur le
spectaculaire Pic-la-Ferrire par le roi Henri-
Christophe afin d'empcher une nouvelle
invasion par les Franais, avait coutume de
recevoir 600 visiteurs par semaine A ses pieds
gisent les ruines du palais Milot Sans Souci de
Henri-Christophe, dtruit par un tremblement
de terre en 1842.


Le triste spectacle des rfugis fuyant Haiti en
bateau vers la fin des annes Duvalier et la
crise du VIH mal gre sur le plan des RP
ont effray les tourists, et le secteur ne s'en
est jamais remis, dplore Durocher : "Le pays
a rgress toute vitesse, l'instar du tou-
risme. Vers 1986-1987, le tourism tait au
point mort", prcise-t-elle.

>

Ses "sites incontournables" incluent Jacmel,
une ville pittoresque du XIXe sicle, perdue
dans le temps et dans le Sud. Construite par
des ngociants en caf, qui l'ont agrmente
de colonnes victoriennes en fonte, elle est
aujourd'hui associe l'artisanat. Cap-
Hatien, dans le Nord, est la deuxime ville de
Haiti, non loin de La Citadelle.
Les Cayes, construite en 1720, est une ville
paisible du Sud-Ouest. "Le Sud est littrale-
ment virginal, avec des kilomtres de plages
dlicieusement sablonneuses", explique
Durocher. La Cte des Arcadins, just au nord
de Port-au-Prince, dispose galement de pla-
ges sablonneuses.


C-URRIER







Hati I eportage


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N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


Les tourists ne doivent surtout pas manquer Port-au-Prince. En
plein cour de la ville, les Champs-de-Mars construits en 1953 et
rcemment rnovs par le Prsident Ren Prval sont une sorte
d'espace rcratif ou de lieu de rencontre, un endroit o les Hatiens
peuvent voir et tre vus. Le Muse d'Art hatien y abrite une impor-
tante collection d'art naf. Et face au Palais prsidentiel immacul,
on peut imaginer les alles et venues des dirigeants de Hati.
Non loin de l, les soires "voodoo jazz" du jeudi l'Htel
Oloffson sont un must. L'Htel Trianon de Graham Greene dans
Les Comdiens est d'ailleurs inspir de l'Htel Oloffson, o il a
crit une parties de son roman. Les nombreuses maisons de style
"pain d'pice" de Port-au-Prince sont rehausses de magnifiques
balcons, tourelles, pignons et toits en pente victories. En haut de
la colline, les galleries du quarter commerant de Ptionville regor-
gent d'uvres ralises par les artistes trs priss de Hati. Un peu
plus loin, Boutilliers offre un superbe panorama sur Port-au-Prince.
Au nord-ouest, Les Gonaves est la ville o l'indpendance de Hati
fut proclame le 1er janvier 1804 ; et dans la pointe sud-ouest, le
Parc national Macaya est le dernier sommet de fort montagneuse
humide du pays, avec un point culminant 2.347 mtres. Anne
Rose Durocher ne demand qu' partager sa passion : "Nous
devons montrer le pays extraordinaire qu'est Hati."





Avec aussi peu de voyageurs qui passent une nuit Haiti, il est sur-
prenant d'entendre le ministre du Tourisme affirmer que pas moins
de 600.000 personnel visitent le pays chaque anne. En fait, ce sont
presque tous des visiteurs d'un jour amens par le paquebot de croi-
sire "Liberty Overseas" de Royal Caribbean. Le navire fait 2 ou 3
escales par semaine le long des plages de sable blanc de Labadie
(au nord), dbarquant chaque fois quelque 4.300 tourists. Les
visiteurs doivent s'acquitter de 6 dollars, don't une moiti revient au
gouvernement hatien et l'autre alimentant les caisses de la socit
gestionnaire des installations de la plage. La Citadelle tant toute
proche, les visiteurs pourraient s'offrir des excursions vers cette
forteresse qui ctoie le ciel, mais la mdiocrit des infrastructures
rend les visits difficiles, explique Paul Emile Simon, architect
urbain auprs du ministre du Tourisme.
Les projects binationaux avec la Rpublique Dominicaine suscitent
galement de grands espoirs, come le dveloppement de l'Etang
saumtre et du Lac Enriquillo en Rpublique dominicaine. Ces
deux lacs font parties de la mme "tendue cologique", explique
Simon, et ont une faune identique : crocodiles, iguanes, flamants
roses, etc. Pour Simon, le terrain plat qui s'tend sur les deux rives
offre d'excellentes opportunits pour des hotels et des parcours de
golf.
Certains estiment que Haiti devrait tre propos come "destina-
tion parallle" dans les circuits intgrant la Rpublique
Dominicaine, la Jamaque et Cuba. Bien que le pays dispose d'h-
tels familiaux de trs bonne quality, les investissements d'une
chane international viendraient point nomm, pense Giliane
Joubert de l'ATH.
La diaspora de Haiti a, elle aussi, t encourage investor davan-
tage dans le secteur. Le Sommet sur le dveloppement du tourism
en Hati, organis par MWM & Associates Port-au-Prince, du 20
au 22 juin 2008, examiner notamment comment les partenariats
priv/public peuvent collaborer pour dvelopper le secteur.
D.P.






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- I





couvrir l'Europe


Jean-Franois Herbecq





ROUDiOnIE,






Nouvelle frontire orientale de l'Europe, la Roumanie est sans doute le pays
du continent qui change le plus rapidement. Entre il y a un peu plus d'un
an dans l'Union europenne, elle combine croissance conomique rapide et
structures en attente de rformes. Le pays offre aussi de forts contrasts
entire regions. A ce titre, il se rvle une destination touristique mconnue
mais prometteuse. Avec ses multiples minorits, la Transylvanie donne un bel
example d'un modle de cohabitation multiculturelle.




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couvrir I'Europe


Romania from l to Z


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in',re i'l 'S t 1 -' .t'. ir il H '?. -LU e .]i t:, inr' i l
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I.: li ie -r:li r: -lei r.:. iiiii 'rie ur L idi i-l u t :Ir t



Brancusi le pj:lu- i ielel:lc u.il:.ruii r.:ui.i.ii i
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ri-ir .i u ,:l.lu Fli II ou :ln l I :pai- e i ulne ,1 (lan,:1e



Ceausescu il li nr du Lde -nit .::d-nrin-ie

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Ecologie t' :,r in.:.onnu en '.:uii'ie i L- uqu il
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Francophonie il:, de liie'uu d i un ,- -ii-

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Krontade t et Koloszvar l u n.:.il- L- .i .. .
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Religion 1i p-pul, ti-n rou i.'L in t t .- :i Th.:..
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COURIER


~ : ii i i'i'


















































L'entre dbut 2007
de la Roumanie dans
l'Union europenne a
marqu un tournant
dans sa politique
trangre : le pays
a intgr les objectifs
europens de cooperation
et surtout il a rejoint
le group des pays
donateurs.
Pourtant cette politique
en direction des ACP
reste encore
embryonnaire.





I Le Berlaymont, Bruxelles 2006. EC


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


e 1er janvier 2007 a reprsent un
moment historique pour la Roumanie.
Les bnfices de son adhsion
l'Union europenne se sont dj fait
sentir avant cette date avec des rformes et une
croissance de 6% en moyenne au course des sept
dernires annes. Les investissements trangers
ont connu une forte progression, le chmage est
rest bas. L'adhsion a apport de plus les bn-
fices d'un accs complete au march interne, aux
politiques conomiques et de cohsion social
de l'UE. Elle permet aussi une presence renfor-
ce sur la scne international. Bref pour la
Representation permanent de la Roumanie
auprs de l'Union europenne, cette premiere
anne d'adhsion 2007 a t pour le pays une
russite trs claire, au plan conomique, social
et politique. Qu'en est-il ds lors de sa politique
envers les pays ACP ?
"Le soutien sans retour accord par le rgime
communist de Ceausescu certain pays
africains a noirci l'image de la cooperation",
avertit d'entre de jeu Daniel Daianu, fra-
chement lu sur les bancs libraux du
Parlement europen.


"Les rgimes politiques s'en vont, les gens res-
tent", rappelle pour sa part le Ministre des
Affaires trangres Adrian Cioroianu qui n'ex-
clut pas du dialogue politique une dimension
conomique afin de rcuprer les marchs et
diversifier les sources d'approvisionnement
nergtique. Car la Roumanie perd des marchs
en Afrique... Les principaux pays d'Afrique
subsaharienne avec lesquels la Roumanie a des
changes commerciaux sont l'Angola, la Cte
d'Ivoire, l'Ethiopie, le Ghana, la Guine, le
Nigeria, le Soudan et l'Afrique du Sud. Les
relations conomiques et commercials se sont
rorientes vers les partenaires occidentaux ou
gographiquement proches.
La Roumanie dispose d'une srie d'avantages
intressants pour les Etats africains, rappelle-t-
on la Reprsentation permanent : en cono-
mie et pour la technique par example. Plus de
30.000 spcialistes sont forms dans les uni-
versits roumaines. Ces spcialistes roumains
ont contribu la ralisation des constructions
civiles et d'infrastructure au Nigeria et au
Ghana, des exploitations minires et ptroli-
res au Nigeria, Sngal et Burundi, des cultu-







couvrir l'Europe Roumanie


res agricoles au Mozambique et Madagascar,
des forages d'eau en Zambie, des installations
d'assemblage pour l'industrie auto et ferro-
viaire au Nigeria. Et actuellement, un nombre
significatif d'experts roumains travaillent dans
diffrents pays africains.
Pour l'eurodpute socialist Corina Cretu,
c'est le moment de forger de nouvelles relations
entire la Roumanie et les pays tiers. Elle rappelle
cependant que, comme donateur, la Roumanie
devra tenir compete de ses propres capacits.
L'ancien Ministre des Finances Daniel Daianu
se veut rassurant : "L'largissement de l'Union
europenne l'est ne signifie pas une reduction
du budget rserv la cooperation, au contraire,
le budget global est en croissance. Cela dit, la
politique de cooperation au dveloppement de
la Roumanie reste un peu paroissiale, cela doit
changer !"




Mme si depuis son adhsion l'Union les
relations de la Roumanie avec les pays
d'Afrique subsaharienne constituent une
dimension important de sa politique ext-
rieure, c'est l'intgration euro-atlantique qui
reste son objectif numro un, explique-t-on
la Representation roumaine Bruxelles. Les
pays proches gographiquement notamment
les pays de I'Ei ci !ic R.i!l..ini, n,! .ldcl.iii i.
ont la prioritL .ie hIiciiicc pic !qlc ci.i.. c' ''i! c
de stabilisati.,! .- i .i R,,i.i.iiii c !i.i!l!! .i
des forces .Ic pi.i'. ..-i*iiiii l' i.i. -1ii


l'Afghanistan. En effet depuis longtemps
dj, la Roumanie est le bon petit soldat de la
scne international. Sans rechigner, Bucarest
participe des operations de maintien de la
paix sur quatre continents : Hati, Congo,
Cte d'Ivoire (autant de pays francophones !),
Ethiopie et Erythre, Soudan, Libria,
Afghanistan, Npal, Timor Leste, Gorgie et
Kosovo.
L'adhsion de la Roumanie l'Union euro-
penne l'a fait passer du statut de bnficiaire
celui de donateur d'aide. Elle contribuera
bientt au FED, le Fonds europen de dve-
loppement. Elle envisage de cofinancer des
projects sur le continent africain avec d'autres
pays membres de l'UE. En mme temps, le
gouvernement roumain a exprim sa volont
d'appuyer les Objectifs de dveloppement du
millnaire, ainsi que les activits de l'ONU
dans les domaines de l'ducation et de la
sant, des changements climatiques, de la
scurit alimentaire, de l'aide humanitaire et
du maintien de la paix.


Avec 5 millions d'habitants matrisant le franais
sur une population de 22 millions environ, la
Roumanie constitute un poste avanc de la fran-
cophonie en Europe orientale. Le gouvernement
roumain a mis en place en 2007 un systme de
bourses d'tudes baptis "Eugne Ionesco" des-
tin aux ressortissants trangers dans les institu-
tions d'enseignement suprieur de Roumanie.
La Roumanie accord ainsi un montant d'un
million d'euros annuellement pour les docto-
rants et les chercheurs des pays du Sud, mem-
bres de la francophonie. Le but de ce programme
est de permettre aux chercheurs et aux docto-
rants des pays du Sud de bnficier d'un stage de
maximum 10 mois dans 15 institutions d'ensei-
gnement suprieur roumaines, reconnues pour
leur excellence. Le nombre minimum de bourses
accordes annuellement est de 70, il sera de 120
en 2008. Le programme Eugne Ionesco se
trouve maintenant dans sa premiere anne
d'existence et, parmi les chercheurs dj inscrits,


il y a des reprsentants du Bnin, du Cameroun,
de la Cte d'Ivoire, de la Guine, de la
Mauritanie, de Madagascar et du Sngal.
Le 10e Sommet de la francophonie Bucarest,
du 25 au 29 septembre 2006, a prsent une
srie de manifestations culturelles couvrant plu-
sieurs aspects de la vie artistique. Ainsi, sous le
nom de Rythmes et images de la francophonie,
des artistes et des groups provenant du Maroc,
Haiti, Congo, Djibouti, Vietnam, Sngal et
Guine ont donn des spectacles en plein air,
hautement apprcis du public roumain. Une
exposition de peinture sous-verre ;. ..,,1 -
Roumanie : dialogue sur le chemin du verre a
relev le dfi de conjuguer la diversity culturelle
de ces deux pays en prsentant le travail de dix
artistes. J.F.H.


COURRIER















En ROUmnniE


Deux millions de Roumains expatris et seulement 60.000
ressortissants trangers installs au pays, et pourtant la
Roumanie commence devenir une terre d'immigration.
L'conomie du pays connat une reliance et a besoin de
main-d'euvre. Les nouveaux arrivants sont Moldaves,
Turcs ou Asiatiques mais aussi parfois Africains. Pour ces
derniers, l'intgration n'est pas toujours facile.


madou Niang, ancien tudiant, peut
en tmoigner : "Comme boursier
sngalais, de prime abord j'ai t
du par les mauvaises conditions
rserves aux tudiants en troisime cycle. La
chambre la cit universitaire tait dfonce, il
a fallu louer un studio mes frais. La quality
des tudes laisse aussi dsirer. La corruption
existe au niveau des examens."


Ses tudes termines, Amadou Niang a voulu
rester en Roumanie. Par amour. Mais mme le
marriage avec une Roumaine n'empche pas les
discrimination, administrative ou l'embau-
che. Quant la difficult d'exister comme cou-
ple mixte: "La loi anti-discrimination est de la
poudre aux yeux", estime-t-il, "elle n'est pas
efficace. Au-del d'une amende, elle ne prvoit
pas de rparation pour la victime, insiste-t-il en


relevant que les Roms sont sans doute plus vic-
times du racism que les Africains et qu'il a tout
de mme beaucoup d'amis roumains.
Amadou Niang a cr une association pour
aider les immigrants s'installer. Et il n'est pas
le seul ragir : un programme intitul
"Dmocratie et courage" va former les jeunes
dire non au racism dans les coles.
J.F.H.


HOIR

Blanc Noir : le duo AIbNegru form par le Roumain Andrei et le Franco-Guinen
Kamara est un manifeste vivant en faveur de la tolerance. Mlange de pop roumaine
aux accents orientaux et de hip hop franais teint de reggae, la musique d'AlbNegru
chante l'amour et l'ouverture l'autre. Remarquable dans un pays o les trangers
sont parfois regards avec mfiance.


I1


n 2004, lors de nos dbuts,


V W peu de gens nous donnaient
une chance de russite", se
souvient Andrei, "toutefois
nous voil sur le march depuis trois belles
annes. Notre image, un blanc et un noir, a eu
un impact trs fort.""Notre message passe
bien", renchrit Kamara, "en nous voyant
ensemble, deux amis et deux races pour une
mme musique, les gens ont compris que l'en-
tente est possible entire deux hommes de cou-
leurs et de cultures diffrentes".
"Les musiques guinenne et franaise m'ont
toujours fascin. J'ai t influence par ma
culture franco-guinenne enrichie avec le
temps avec celle de Roumanie", raconte le
Guinen de Bucarest. "Et cela fait de Kamara
un personnage part sur le march musical


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


roumain", ajoute son compare blanc Andrei.
Les hits d'AlbNegru "Noi doi" (Nous deux)
ou "Muza mea" (Ma muse) conjuguent le
roumain et le franais. Un pari audacieux
dans un pays de la Francophonie certes, mais
qui associe souvent la modernit la langue
anglaise. "C'tait une nouveaut la langue
franaise dans la musique roumaine. Les
annes ont pass et nous pouvons dire que la
fusion entire rap franais et pop roumaine est
un pari gagn", estime Kamara.
Trois albums en trois ans, une participation
l'Eurovision avec un group cosmopolite et
des projects la pelle, don't des tournes en
Espagne et sans doute en France : le succs
d'AlbNegru n'est pas en demi-teinte.

J.F.H. M


Roumanie couvrir l'Europe


qW





couvrir I'Europe


TRAnSYLUOnIE:

TERRE DU

La Transylvanie doit sans doute beaucoup l'auteur irlandais Bram Stoker qui, en
crant le personnage de Dracula en 1897, inaugure une galerie de clichs qui collent
la peau de la Transylvanie. La region ne se resume cependant pas des chateaux perdus
dans les brumes des Carpates. Son patrimoine architectural compete aussi
d'incomparables glises fortifies, des villes saxonnes et des villages intacts. Ses
montagnes et collins offrent aussi de magnifiques paysages. Autant d'atouts
mettre en valeur.



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COURRIER











Le long des routes, souvent en chantier, on
contemple un traffic vrombissant. Au passage
niveau, a ralentit. Des Tziganes arms de
Motorola photographient les bolides qui
dfilent.
Les grandes villes captent dj l'attention des
tourists. Cluj continue bosser et phospho-
rer. En 2007, Sibiu, connue aussi sous son nom
allemand de Hermannstadt, a dcroch le gros
lot avec l'anne culturelle : ce bijou de ville a
pu tre rnov pour accder au statut de destina-
tion de tourism de quality. Brasov, moins cou-
rue, ne manque pourtant pas de charge au pied
des montagnes. A Sighisoara, autre cit
saxonne, les tourists japonais ont dj dbar-


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ous sommes dans le Szekelfold, le pays
de Sicules, des Hongrois ethniques
habitant l'est de la Transylvanie. Il s'agit
d'une petite ville o l'on parle plus hongrois
que roumain. Pour le tourist, mis part un
muse, elle prsente fort peu d'intrt.
A l'cart du centre ville, une rue rsidentielle
grimpe vers les hauteurs. Au dpart, rien ne
la distingue des autres: pass une glise, le
quarter rsidentiel se fait plus modest.
Moins de villas, plus de pavillons, puis des


Roumanie couvrir l'Europe



blocs d'appartements. Rien de special.
Mais tout d'un coup, la rue est divise en
deux, dans le sens de la longueur : un mur
de deux mtres cinquante de haut spare le
ct droit du ct gauche. D'un ct c'est
asphalt, quelques voitures sont gares le
long des blocs d'appartements. De l'autre
ct, la rue se mue en chemin de terre lon-
geant les petites maisons modestes. Pas une
voiture. Quelques gamins jouent.
Un coup d'oeil suffit pour identifier les deux
populations spares. D'un ct les
"blancs", de l'autre les "noirs", les "bron-
zs", les Tziganes, les Roms.
Entre eux, un mur de bton.





























































a petite region montagneuse du
Maramures, adosse l'Ukraine au nord
de la Transylvanie, est parfois prsente
comme le Shangri-La de la roumanit. Le
mythe du paysan roumain a en effet la vie dure
dans un pays rest majoritairement agricole
l'heure de son entre dans l'Union europenne.
Loin du tourism de masse du littoral de la mer
Noire ou des chteaux ayant soi-disant abrit
Dracula, cette region verte aux traditions bien
ancres a vu dbarquer une race part: celle du tou-
riste post-modere, explique Raluca Nagy. "Il y a 10
ans, il dcouvrait Prague, aujourd'hui il a mis le cap
sur Bucarest ou Sofia", rsume-t-elle. L'ethno-tou-
riste refuse de bronzer idiot. Au contraire, il s'in-
forme et se montre curieux et attir par l'Autre.
"Le paysage de carte postal du Maramures et le
mythe d'une authenticity roumaine (quelque peu
fallacieux vu son histoire qui a vu dfiler
Hongrois et Ukrainiens) ont fait le succs de la
region. En quelques annes, le tourism 'amiti'
bas sur l'hospitalit traditionnelle a fait place
une relation plus commercial" a pu constater sur
place cette anthropologue.


"Les gens du Maramures, souvent agriculteurs
mi-temps en raison de la pauvret de la terre, se
sont mis au tourism rural. Certains, qui travail-
lent l'tranger, ont mme bti du neuf pour
recevoir le visiteur plus confortablement que
dans les traditionnelles maisons de bois. Le dve-
loppement de ces 'pensiuni' aseptises menace
justement ce qui fait la caractristique principal
du tourism en Maramures : son authenticity. Il
risque mme l'piiiement" dit la chercheiie
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ativit


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Il I II9


L a 7e dition des Rencontres africaines
de la photographic, une des trop rares
initiatives qui valorisent les ralisations
des crateurs d'Afrique, est un moment
attend pour tous ceux qui, au Sud comme au
Nord, s'intressent ce mdia particulirement
contemporain : la photographic.
Proche de la vido, que manipulent d'ailleurs
intelligemment nombre de photographs pro-
fessionnels, la photographic d'art, d'expression,
ou plus simplement d'auteur, s'avre difficile-
ment rentable pour un crateur africain trop
loign des maisons d'dition, des sales d'ex-
position, des rseaux de diffusion et des points
de rencontre professionnels.
Cela rend d'autant plus indispensables les
Rencontres photographiques africaines et nous
ne pouvons que regretter qu' part l'Afrique du
Sud o s'activent bon nombre d'auteurs et d'or-
ganisateurs, trop peu de projects professionnels
lis la photographic sont dvelopps sur le
continent. On ne peut citer que quelques actions
au Mali, au Botswana, au Gabon, au Zimbabwe
et en Tunisie.
Dans cette perspective o tout reste faire, les
7e Rencontres de Bamako s'avrent indispensa-
bles mme si, de fait, elles taient inities, orga-
nises et supervises grand renfort d'experts
au dpart de Paris en collaboration avec la
Maison africaine de la photographic de
Bamako. Comme le disait avec humour un visi-
teur malien : "Avant on les regardait nous pho-
tographier, maintenant ils nous aident regar-
der nos propres photos" et de mettre les opra-
teurs culturels maliens devant un dilemme :


iti


A partir du haut:
Fanie Jason (Afrique du Sud), Carters on the Way to the epping scrap yard,
Srie Cape Carting, Biennale de la photographic, Bamako 2005. oFane Jason
Samy Baloji (RDC), Gcamines 4, Srie Mmoire, Biennale de la photographic, Bamako 2006. C samy Baloii
Le port de Bamako, lieu surprenant d'intense activity et de vie Anne Sophie Costenoble


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


1 &


IITS iI


i 1El







Crativit



s'autogrer ou subir.
Dans un superbe catalogue de 269 pages, fran-
ais-anglais, magnifique outil dit par CUL-
TURES FRANCE, on dcouvre un vritable
rpertoire des multiples sensibilits qui alimen-
teront pour des dcennies la diversity culturelle
tant chrie. C'est l l'enjeu d'une telle rencon-
tre. L'Afrique photographie par les Africains ;
l'Europe, l'Amrique, le monde photographis
par les Africains. A Bamako 2007, le thme pr-
cis tait "La Ville et l'au-del", cela a inspir
autant de regards diffrents, autant d'appels au
dialogue, de clichs rvlateurs, d'images
d'amour et de paix.
La ville africaine est un improbable labyrinthe
pour le visiteur tranger la recherche de rep-
;. ..i,,,,,,i. i L. codes s'y inventent aufur et
measure. Selon le ..- -i.' du vent. Et le vent est
celui qui fabrique ce syncrtisme hasardeux
qui, malgr tout, fonctionne. Parce qu'il est fait
de chair et de sang. (Simon Njami,
Commissaire gnral des Rencontres de la pho-
tographie de Bamako)
L'intrt d'une rencontre photographique rside
dans le fait qu'elle est une occasion pour des
photographs de se confronter la creation la
plus actuelle. Bien entendu Bamako, les rf-
rences taient de quality. L'eil averti de Simon
Njami et celui de son commissaire associ
Samuel Sidib, directeur du Muse national du
Mali, ont permis la selection d'une pliade de
talents issues de 16 nationalits d'origine afri-
caine. Mais de quoi s'agit-il lorsque l'on vo-
que l'origine d'un artiste et surtout d'un photo-
graphe ? D'une identity de naissance, adminis-
trative, culturelle ? Sachant qu'une part des
photographs presents la Biennale vivent
Londres, Paris, New York et vont de temps
autre, appareil au cou, se ressourcer au pays,
nous sommes en droit de nous demander ce que
signifie aujourd'hui la photographic africaine.
Est-elle rellement africaine, plus africaine que
celle du quidam d'origine occidentale qui a
pass la moiti de sa vie en terre d'Afrique et
qui s'attache regarder et palper les lumires et
contrastes de la vie africaine ? Et quid de la
condition des photographs africains moins
nantis, ceux qui ont choisi de rester sur la terre
des anctres et s'efforcent d'affirmer, dans l'in-
diffrence, une sensibility de terrain ?
Revenons l'vnement : les Rencontres de
Bamako, c'tait aussi l'impressionnante pr-
sence de la Fondation Jean-Paul Blachre, du
nom de son mcne, qui depuis son lieu de rsi-
dence d'artistes d'Apt (France) valorise depuis
plusieurs annes avec subtilit les uvres des
artistes africains les plus originaux. Sur le plan
de la photographic, on lui doit d'avoir rvl
trs tt Sadou Dicko (Burkina Faso), qui s'est
encore vu attribuer cette anne un Prix, celui de


l'Organisation international de la francopho-
nie. A Bamako, dans une friche amnage, elle
exposait les travaux de 16 artistes qui combi-
naient photographies et vidos dans une ton-
nante scnographie.
Le Cadre de promotion pour la formation en
photographic (CFP) de Bamako, soutenu par
l'Union europenne, n'tait pas en reste. Ce
centre de formation l'image, paul par l'as-
sociation "Contraste" de Bruxelles, accueillait
une formation croise de 18 stagiaires aliens
et belges. Ce project soutenu par Africalia a per-
mis de crer 200 photos qui furent toutes expo-
ses et projetes dans les quarters populaires de
Bamako. Paralllement, le "Cinma numrique
ambulant" promenait un studio numrique sur
les marchs de la ville, captant ici et l, dans
une folle ambiance de fte, des centaines de
portraits d'habitants qu'il associait ensuite, par
le biais d'un ordinateur, des paysages du vil-
lage global. Succs assur pour les projections
sur grand cran des figures du quarter qui se
retrouvaient ainsi souriant devant la tour Eiffel,
les pyramides de Chops, la Grande Muraille de
Chine !
Enfin parce qu'il est indispensable de multiplier
les croisements de regards, de longer les cra-
teurs dans des confrontations esthtiques, de
crer des occasions de visionner des ouvres, les
organisateurs avaient invit la Finlande et sa
nouvelle gnration de capteurs d'images
exposer leurs travaux. Choc, dcouverte, chan-
ges de valeurs, de sensibilits, d'urgences, avec
toujours une question : Qu'est-ce qui peut rap-
procher des mondes aussi trangers les uns des
autres ? L'homme cach derrire le geste artis-
tique ? Le dsir de connatre l'ailleurs ? La
gnrosit d'un visage ? Ou simplement l'en-
vie de vivre une experience positive : voir des
photos ?
* Mirko Popovitch, directeur d'Africalia (Belgique)

En haut:
Biennale de la photographic, Bamako 2007.
Afrique in visu /Baptiste de Ville d Avray
Dans l'encadr :
Biennale de la photographic, Bamako 2007.
Afrique in visu / Baptiste de Ville d Avray

















































ture et le dveloppement a t cre le
6 septembre 1996 l'occasion du 70e
anniversaire du Prince Claus, poux de
la Reine Beatrix des Pays-Bas. Depuis 1997,
elle rcompense des artistes, des penseurs et des
organizations culturelles d'Afrique, d'Asie,
d'Amrique latine et des Carabes.
La Fondation Prince Claus a dcern un prix
Faustin Linyekula pour le dynamisme de son
engagement au Congo, sa chorgraphie excep-
r tionnelle, son retour courageux dans son pays
et la manire novatrice don't il y stimule la vie
culturelle malgr l'instabilit et la turbulence.
Originaire de Kisangani, le chorgraphe se sert
de movements, de textes, d'images et de sons
pour communiquer et sensibiliser son public
la vie en plein conflict, que son pays connat
depuis des dcennies. Il se dcrit lui-mme
comme un conteur d'histoire. Ses crations,
., fortes et marques par un language d'avant-
S garde, n'ont pas chapp au jury. Faustin
.- Linyekula a t prim en dcembre 2007.
La Fondation Prince Claus attribue chaque
anne, depuis 10 ans, un prix de 100.000
euros des hommes, des femmes et des orga-
nisations qui se sont distingus en Afrique, en
Asie, en Amrique latine et dans les Carabes,
"- -. dans le domaine de la culture et du dveloppe-
Sment. Plusieurs personnalits issues du monde

-i,, ,1 I: ,I - I


entier sont invites proposer des noms.
Ensuite, aprs enqute, un jury restreint slec-
tionne un nombre limit de candidates, parmi
lesquels un laurat est lu. Celui-ci se voit
remettre son prix au course d'une crmonie
officielle qui se tient Amsterdam, en pr-
sence de la famille royale nerlandaise. En
2007, la Fondation Prince Claus a dcid de
rendre homage des artistes et des organi-
sations don't l'oeuvre est de contrer les effects
dvastateurs des conflicts et, face la dvasta-
tion, de promouvoir la beaut, le dialogue et le
respect, la dignit et l'estime de soi.
Dix autres rcompenses mineures ont t
dcernes, entire autres au producteur de th-
tre et rvolutionnaire cultural Augusto Boal
(Brsil), l'actrice et potesse Patricia Ariza
qui travaille en Colombie, au caricaturiste tan-
zanien Gado, au group artistique Ars Aevi
(Bosnie-Herzgovine), l'Union des cri-
vains soudanais (Soudan) et Radio
Isanganiro, fonde en 2002 au Burundi par un
group de journalists. M


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008


Dessin de Gado.
Avec l'aimable autorisation de Gado









































t Cv'n


immatriel, est un lment essential
de l'identit d'un pays. Sa protection
s'avre donc une obligation morale
et une responsabilit publique. Le Cameroun
l'a bien compris et fait de vigoureux efforts
dans ce domaine.
Le ministre camerounais de l'Information et
de la Culture, lors de la tenue des Etats gn-
raux de la culture, a pris des resolutions et
des engagements pour la valorisation du
patrimoine de ce pays.
En ralit, c'est ds 1980, avec l'Office de la
recherche scientifique et technique d'outre-
mer et le Fonds universitaire d'appui la
recherche, qu'il s'est lanc dans un vaste pro-
gramme de recherche relative l'inventaire
de son patrimoine. Ce qui a engendr la mise
en place des structures qui devraient tre des
centres d'information, d'ducation, de for-
mation et de recherche.
Ainsi, quelques muses, galleries et monuments
existent Yaound, Douala et certaines loca-
lits de l'Ouest Cameroun. On y trouve des col-
lections de nature diverse (ethnographie, his-
toire locale et rgionale, gographie, histoire
naturelle, arts plastiques). Le ministre de la
Culture s'est dot aussi d'une politique d'ac-
quisition d'uvres contemporaines par la voie
des concours de creation.
Seulement, le rseau musal est trs faible si
l'on tient compete de toute cette richesse. A


q>


Muse national du Cameroun : entre principal
Achille Komguem I


peine 15 muses sont en function et certain
ne mritent pas cette denomination. Les
muses privs reprsentent plus de la moiti
de telles institutions en activity.

> Lthargie

En dpit des resolutions prises, une certain
lthargie apparat dans la gestion des muses
publics. Pour cette raison, on y rencontre quel-
ques problmes. En plus du manque d'espace et
d'quipement ncessaires pour l'exposition
permanent, les moyens financiers sont trs
limits pour le bon fonctionnement des muses,
l'quipement de contrle du climate, les services
ducatifs, les missions de collect et de trans-
port des uvres travers le pays et pour le
montage des bibliothques spcialises en
musologie et en sciences auxiliaires, les


uvres sont donc exposes divers facteurs de
dgradation. Nous avons aussi et surtout la dif-
ficult de recruter un personnel qualifi. D'o
les normes retards observs en matire de
conservation et de restauration.
Toutes ces lacunes ont d'ailleurs pos le pro-
blme de la pertinence mme de la creation
de telles institutions en Afrique en gnral.
Heureusement, l'quivoque a t leve lors
d'une rencontre organise par l'ICOM au
Ghana en 1991 (Quels muses pour
l'Afrique ? Patrimoine en devenir), qui a eu
pour effet l'amlioration de la situation du
muse africain. Et actuellement, des measures
sont prises par des organismes internatio-
naux pour aider ces pays reliever rellement
les dfis susmentionns. Puissent les spcia-
listes de la culture du Cameroun qui pren-
nent part ces sminaires mettre en applica-
tion leurs suggestions pour surmonter les
difficults lies la conservation des collec-
tions et garantir une meilleure valorisation et
mediation du patrimoine cultural camerou-
nais auprs des publics.

Historienne de l'art.
Enseignante l'Universit de Yaound I,
Cameroun
1- Actes des Etats gnraux de la culture, Yaound,
Palais des Congrs, ministre de l'Information et de
la Culture, 23-26 aot 1991, pp. 54, 55.
2- Bulletin ZAMANI, 1993, n5/6, p. 8. M


COURRIER















































O n dit de plus en
plus que beaucoup
de petites les loin-
taines, dans la
region du Pacifique et celle des
Cara bes par example, qui sont si
belles, risquent de disparatre.
Depuis quelque temps, il fait de
plus en plus chaud sur la terre.
Dans les pays o il fait plus froid
come en Europe, il y a moins
de neige qu'avant, il pleut un peu
moins et parfois il fait chaud
mme quand il devrait faire
froid.
Dans les pays o il n'y a pas
d'hiver, il fait trs chaud, trop
chaud presque tout le temps.
Dans certain endroits, il ne pleut presque plus. Il est alors difficile de
faire pousser des plants, de trouver de l'eau boire car c'est la pluie qui
fait entrer de l'eau profondment dans la terre. C'est cette eau qu'on
pompe et qu'on recueille en ouvrant son robinet.
On a vu aussi qu'il y a plus de grandes catastrophes qui tuent les gens :
des ouragans, des tremblements de terre, des inondations, des volcans en
ruption. Au ple nord et au ple sud, l o il y avait tout le temps des
quantits normes de glace, la glace fond vite. Quand elle fond, a fait
beaucoup plus d'eau dans les mers.
En certain endroits de la Belgique et de la Hollande par example en
Europe, et surtout dans les petites les du Pacifique qui sont come de
gros coraux plats, peine plus hauts que le niveau de la mer, a peut tre
grave. Dans un de ces pays, Kiribati (il faut prononcer Kiribass), deux des
petites les ont petit petit disparu sous la mer. Elles n'taient pas
habites mais les gens y allaient en promenade. On raconte que le prince


r- nde Galles, le prince Charles
d'Angleterre, quand il tait trs
jeune avait pris une fois son lunch
sur l'une d'elles. Sur certaines
petites les de Kiribati, la popula-
tion a peur; des gens de ce pays et
aussi d'un autre pays, les les
Marshall, sont dj parties se
rfugier dans un autre petit pays
de la region qui s'appelle Niue.
Niue a de la chance, elle est mon-
tagneuse.
Mais le pays menac du Pacifique
Sdont on parole le plus, c'est Tuvalu.
S On dit que c'est peut-tre le pre-
mier pays qui disparatra en enter
Radek Steska, 2007 Manifesta! si l'eau de la mer continue de
d Africa e Mediterraneo
monster. Nous avons visit Tuvalu.
Une grand-mre nous a dit : "Je laisserai partir mes enfants et mes petits-
enfants mais je resterai ici, c'est l que je veux mourir". C'est triste.
Les enfants apprennent dans les coles ce qu'il faut faire pour aider le
pays, ne pas gaspiller l'eau, protger les arbres, etc. Ils apprennent aussi
ce qu'ils doivent fire s'il y a un danger, si l'eau monte. Ils ne veulent
surtout pas partir. Susana a 9 ans ; elle nous a dit : "Je ne sais pas ce qu'il
faut faire mais je ne veux pas partir". Une autre fille, Tepula, a dit qu'elle
montera sur un arbre et attendra que l'eau baisse. Un garon, Teisi, veut
rester pour surveiller son pays et Kanava, un autre garon, dit qu'il rem-
plira la mer pour faire une montagne.
Et bien, Kanava n'a pas tort. Il pense la mme chose que les chefs qui
dirigent son pays et qui veulent btir une le artificielle plus haute prs de
la plage. Mais ils auront besoin de beaucoup d'argent et de matriaux. Ils
croient que les gens de partout, les enfants, ne veulent pas que leur trs
beau petit pays disparaisse et que tout le monde les aidera. H.G. M


N. 4 N.S. JANVIER FVRIER 2008






r l votre coute






La parole




aux lecteurs


C'est avec joie que nous voyons revenir ce magazine trs ducatif et
nous sommes impatients de lire nouveau les vnements qui concer-
nent les pays ACP.

Merci pour le premier numro du Courrier. Je l'ai lu et me rjouis de ce
nouveau style.
Michel Baudouin,
professeur d'agronomie l'Universit de Gembloux (Belgique) et
expert en dveloppement rural

Flicitations pour votre magazine.
Cordialement,
Pamla d'Authier
Cirad
Direction des Relations europennes et internationales
Di. .. -...... pour l'Europe communautaire
(Montpellier France)


Vos points-de-vue
et vos reactions
aux articles nous
intressent.
N'hsitez pas
nous en faire part


J'cris du forum europen de la jeunesse (YFJ). Nous sommes heureux de
savoir que Le Courrier ACP-EU a t relanc.
Angela Corbalan
Responsable de la press et des relations extrieures YFJ
(Bruxelles Belgique)
Permettez-moi de vous fliciter l'occasion de la reprise de la publica-
tion, qui a toujours eu beaucoup de valeur pour nous en Ouganda.
Merci,
Michel Lejeune
Directeur i .. < i adjoint
NCHE (Kampala Ouganda)

Heureux de vous retrouver Le Courrier est un magazine trs ducatif sur
les pays ACP-EU. Flicitations l'occasion de la reprise de sa publication.
Bien vous,
Asagaya Jasper
(Yaound Cameroun)


:eIC rier ue de T s 1 0 Bxlls (li ue
Em-- ------c-----------Sie---eet:ww ac--------- Muf


Januier 2008
> 22-23 Forum du secteur priv africain
organis par le Dpartement des
affaires conomiques de l'Union
africaine Addis-Abeba

> 28-29 Conseil des ministres de l'UE
Affaires gnrales et Relations
extrieures -Bruxelles

> 31-2.2 Confrence des chefs d'Etat et de
gouvernement de l'Union
africaine -Addis-Abeba


Furier 2008
> 18 Conseil des ministres de l'UE
Affaires gnrales et Relations
extrieures Bruxelles

> 20-22 PNUE -Forum ministriel
mondial pour l'environnement
10" session extraordinaire
Monaco

mars 2008
> 10-11 Conseil des ministres de l'UE
Affaires gnrales et Relations
extrieures -Bruxelles

> 15-22 Assemble paritaire ACP-UE
Ljubljana


> 17-20 CNUCED -Conseil du commerce
et du dveloppement 24' session
extraordinaire Genve

furil 2008
) 28-29Conseil des ministries de l'UE
Affaires gnrales et Relations
extrieures Bruxelles

mai 2008
> 16-17 Sommet UE-Amrique
latine-Carabes (EU-LAC) -Lima

> 26-27 EU General Affairs and External
Relations Council, Brussels
*


--- ---------------------------- I~


COURIER


AG i Df Janvier -Mai 2008







Les pays f l f rI u ard nb PacifiqueI(

Ui
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Les listes de pays publies par Le Courrier ne prjugent pas le statut de ces pays, territoires et dpartements, ni l'volution de ce statut.
Le Courrier utilise des cartes de diverse origins. Cette reproduction n'implique la reconnaissance d'aucune frontire particulire ni ne prjuge le statut d'aucun Etat ou territoire.


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Papouasie Nouvelle Guine Iles Salomon Samoa Timor Leste Tonga Tuvalu Vanuatu

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