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Courrier (French)
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 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 11-2007
Copyright Date: 2007
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00010

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LE

COURIER
LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS
AFRIQUE CARABES PACIFIQUE
ET UNION EUROPENNE


Conseil Editorial
Co-prsidents
Sir John Kaputin
Secrtaire gnral
Secretariat du Groupe des Etats ACP
www.acp.int
M. Stefano Manservisi
Directeur-Gnral DG Dveloppement
ec.europa.eu/development/

Rdaction
Directeur et Rdacteur en chef
Hegel Goutier

Collaborateurs
Fanois Misser (Assistant Rdacteur en chef),
Aminata Niang, Debra Percival

Assistant Editoriale et Production
Sara Saleri

Ont particip ce numro
Marie-Martine Buckens, Sandra Federici,
Andrea Marchesini Reggiani, Akberet Seyoum

Relations publiques et Coordination artistique
Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani
(Responsable Relations publiques et rseaux ONG et experts)
Joan Ruiz Valero
(Responsable Networking avec les institutions UE et nationals)

Coordination artistique
Sandra Federici

Concepteur Graphique, Maquette
Orazio Metello Orsini
Arketipa


Gestionnaire de contract
Claudia Rechten
Tracey D'Afters

Couverture
Vue d'une rizire Manatuto,
Timor-Leste
@ Hegel Goutier

Quatrime de couverture
Une station d'essence Cotonou, Bnin
@ Peeter Viisima
Contact
Le Courrier
45, Rue de Trves
1040 Bruxelles
Belgique (EU)
info@acp-eucourierinfo
www.acp-eucourier.i nfo
Tel :+32 2 2374392
Fax :+32 2 2801406

Public tous les deux mois en franais, anglais, espagnol et portugais
Pour toute information concernant l'abonnement, veuillez consulter notre site web
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Editeur responsible
Hegel Goutier
Consortium
Gopa-Cartermill Grand Angle Lai-momo
Le Secretariat ACP et l'Union europenne, membres du Conseil Editorial de la revue,
dclinent toute responsabilit quant aux positions prises dans les articles du magazine Le Courrier.
Le consortium et la rdaction dclinent toute responsabilit quant aux articles crits
par les rdacteurs extrieurs l'quipe de rdaction et par tout rdacteur invit.


ENGHOR
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notre partenaire

priuilgi

ESPflCE SEIGHOR

L Espace Senghor est un centre
qui assure la promotion d'artis-
tes venus des pays d'Afrique,
Carabes et Pacifique et l'change
cultural entire communauts, au
travers de programmes varis
allant des arts scniques, de la
musique, du cinma, la tenue de
conferences. S'y rencontrent bel-
ges, immigrs d'origine diverse,
fonctionnaires europens.

espace.senghor@chello.be
www.senghor.be


Cet space est rserv
aux partenaires privilgis


Lse
L






N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007


COURRIER
LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS AFRIQUE CARABES PACIFIQUE ET UNION EUROPENNE


Sommaire
LE COURIER, N 3 NOUVELLE SRIE (N.S.)

EDITORIAL
Le refus des strategies fatales
SANS DTOUR
Entretien avec Gertrude Mongella,
Prsidente du Parlement panafricain
TOUR D'HORIZON

DOSSIER
Energies : un grand potential dvelopper en Afrique
Fossiles : l'Afrique, valeur stratgique montante

La BEI met le paquet sur les infrastructures 1
Rue sur l'uranium 1

Hydrolectricit :
un potential immense et sous-exploit 1
Les renouvelables : un trsor valoriser 1

Le partenariat nergtique
l'agenda du Sommet UE-Afrique 1

INTERACTIONS
Un tournant dans les relations
entire les deux continents 21

Entrepreneurs dominicains.
L'imagination des petits 2
UE Afrique Chine,
la nouvelle cooperation triangulaire ? 2

Cooperation international et foundations
europennes : une rencontre fructueuse 2

Celtel donne le ton en Afrique 2
Amorce d'un tournant dcisif
dans l'approche des APE 2
Agenda 2
COMMERCE
Fin du protocole sucre 31
Un avenir incertain pour les petits
planteurs de bananes ACP 3:


ZOOM
3 Une journe dans la vie de Dieudonn Kabongo 34
DE LA TERRE
Dcouverte d'un fossile en Erythre :
4 le chanon manquant pour l'volution de l'lphant ? 36

8 Dchets lectroniques :
Quand le priv


LE





























"4






'N;
















II9I,


















.........







editorial


ette fin d'anne revt une grande impor-
tance pour les relations entire les pays
d'Afrique Carabes Pacifique et l'Union
europenne. Aprs les dbats large et sans
complexes des Journes europennes en novembre,
arrive le Sommet UE Afrique au course duquel seront
entire autres dbattues les questions relatives au parte-
nariat nergtique entire les deux continents.

Le grand dossier de ce numro de la nouvelle srie du
Courrier, souligne sous diffrents angles l'attraction
grandissante pour les resources nergtiques du conti-
nent africain au moment o le monde entier a peur pour
son approvisionnement et mme pour la survive de la
plante terre dans les sicles sinon les dcennies venir.
Les resources en nergie du continent africain, tant fos-
siles comme le ptrole ou les combustibles nuclaires
que renouvelables, sont lgion et contribueront repla-
cer le continent au centre de nombreux intrts.

Les pays ACP de la Carabe et du Pacifique ne sont
d'ailleurs pas en reste mme si les chelles sont autres.
Un petit pays du sud-est asiatique, le Timor fait l'objet
pour la premiere fois du grand reportage du Courrier.
Ses reserves ptrolires attirent plus d'un et front pro-
bablement l'objet dans les annes venir d'un volet de
sa cooperation avec l'Union europenne vu la priority
que celle-ci accord dsormais la lutte contre les
changements climatiques, et la gestion des resources
nergtiques dans sa politique de dveloppement.

Le Timor est un pays don't l'histoire rcente a t une
triste pope. Mconnu. Depuis son indpendance en
2002, il n'a t relativement bien couvert par la grande
press mondiale qu'en deux occasions, lors de soubre-
sauts qui ont fait de trs nombreux dplacs mais rela-
tivement peu de pertes de vie humaines. Ses atouts
sont remarquables, commencer par sa position gos-
tratgique entire les grands et futurs grands de l'Asie,
sa gestion publique reconnue comme assez saine, avec
une dette extrieure nulle, son ptrole et surtout la ges-
tion de ses reserves don't la transparence est plus sou-
vent compare celle pratique par la Norvge qu'
celle de pays don't le malheur et souvent la pauvret
sont proportionnelles leurs richesses naturelles.


Un autre petit pays est mis en exergue dans ce numro
du Courrier. De l'autre ct de la cooperation, la
Slovnie. Une premiere de classes. Premier pays de
l'ancienne fdration de Yougoslavie sortir des
tumultes du post-sovitisme, entrer dans l'Union
europenne et premier des 10 nouveaux Etats mem-
bres de 2004 pouvoir accder la zone euro. La
Slovnie va tre au dbut de l'anne 2008 le premier
de ces dix prsider l'Union europenne. Elle aura
animer les relations entire ce bloc et les ACP au
moment crucial de la mise en euvre des fonds euro-
pens pour une tranche de cinq ans. Mais surtout
grer le lancement des accords de partenariat conomi-
que entire les rgions d'Afrique, Carabes, Pacifique et
l'UE ou les dernires difficults de leurs ngociations.

Un lecteur a demand si le Courrier tait un media qui
ne couvrait que les succs des pays ACP et de leur
cooperation avec l'Europe, en d'autres terms si
c'tait un journal qui n'annonait que les bonnes nou-
velles. Le Courrier announce aussi les bonnes nouvel-
les. Le Timor, par example, n'est pas compltement
libr de ses tourmentes, les forces des Nations Unies
y sont encore stationnes pour viter tout nouveau
trouble. Et la Slovnie n'a pas encore rattrap le
niveau des anciens pays de l'Union europenne.

Rien n'est parfait. Est-ce une raison d'tre attir par
les exagrations dans la communication comme dans
beaucoup d'autres domaines du monde ?

Le Courrier refuse les strategiess fatales" d'exagra-
tion identifies et fustiges par Jean Baudrillard, qui
oublient la mise en parallle du positif et du ngatif et
pratiquent une destruction par l'excs o l'on cherche
le plus vrai que le vrai, le plus rel que le rel, le plus
laid que le laid, le plus sensationnel que le sensation-
nel et qui sublime, mais sans son humour, la sentence
malicieuse d'une clbre actrice du 19e sicle, Marie
Duval "Je ne suis pas belle, je suis pire".*

* Jean Baudrillard, Les stratgiesfatales. ED Grasset & Fasquelle 1983

Hegel Goutier
Directeur et Rdacteur en chef


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007






ans dtour



Franois Misser & Debra Percival


ERTRETIEn RUEC



monGELLO,


PRSIDEnTE DU


PARLEMEnT PnDAFRICOIn


Gertrude Mongella a t lue la prsidence du Parlement panafricain (PPA) en
2004, lors de la session parlementaire inaugural qui a eu lieu Midrand, en
Afrique du Sud. Elle nous parle de sa vision pour ce tout jeune organisme, affili
l'Union africaine. Vingt-cinq de ses membres et un nombre identique de leurs homo-
logues du Parlement europen se runiront just avant le sommet Afrique-UE de
dcembre qui se droulera Lisbonne, afin d'examiner le point de vue des citoyens.


A propos de la creation du Parlement panafricain

e Parlement panafricain s'est fix comme objectif principal
d'examiner la situation qui rgne en Afrique et d'adresser des
recommendations aux chefs d'Etat pour qu'ils prennent des
measures en faveur du dveloppement du continent. Une fois
que nous serons dots de comptences lgislatives, nous nous emploie-
rons harmoniser les lgislations nationals. Nous sommes galement
responsables de l'intgration politique et conomique des habitants du
continent africain.

(Oi... ii et ralisations

Le Parlement panafricain comprend un president (ou une prsidente),
un bureau don't les membres reprsentent les cinq rgions d'Afrique et
10 commissions charges d'examiner des questions spcifiques.
Nous avons dvelopp nos plans stratgiques pour 2006-10 et, partir
de 2010, nous mettrons en place une nouvelle stratgie orientant notre
action future.
Nous avons nou des liens avec une srie d'assembles parlementaires
de nature similaire d'Afrique et d'ailleurs. Nous collaborons ainsi troi-
tement avec le Parlement europen, le Parlement d'Amrique latine
ainsi qu'avec le Parlement national d'Inde, d'Allemagne et du Japon.
Le Parlement panafricain entretient aussi des contacts troits avec les
parlements nationaux du continent africain, puisque ce sont eux qui
dsignent l'chelon national les cinq reprsentants au PPA (53 pays
sont ainsi reprsents). Ceux-ci soutiennent nos activits et intervien-
nent mme dans les frais de certain de leurs membres, de faon leur
permettre d'assumer leurs responsabilits en tant que membres du PPA.
Nous avons mis en place un fonds en fiducie afin de complter le finan-
cement regional au titre de l'Union africaine, celle-ci ne bnficiant pas


elle-mme de resources suffisantes. Nous comptons donc sur les
contributions de sympathisants et de partenaires ce Fonds qui doit per-
mettre au Parlement panafricain de renforcer ses capacits, et partant
ses resources humaines, financires et techniques.
Nous avons galement men bien une srie d'activits prsentant un
rel intrt pour le continent africain. La resolution des conflicts et la
scurit figurent en permanence l'ordre du jour, tout comme le dbat
sur le dveloppement en Afrique, plus particulirement dans le cadre du
Nouveau partenariat pour le dveloppement de l'Afrique.

Les Etats membres tiennent-ils ,,r, ...in.... .i compete des opinions for-
mules par le PPA ? C'est en i i. i souvent l o le bt blessed s'agissant
des resolutions du Parlement europen.

C'est un rel problme en effet, puisque chaque resolution adopte ne
peut tre soumise un vote. C'est la raison pour laquelle nous devons
mettre au point une sorte de mcanisme de mobilisation et de sensibili-
sation pour nous assurer que les questions cls que nous soulevons ne
peuvent tre ignores.

Comment l'Assemble parlementaire paritaire (APP) et le Parlement
europen soutiennent-ils le PPA ?

Lorsque le PPA a vu le jour, nous tions bien conscients de l'existence
de liens entire l'Afrique et d'autres continents et donc du fait que les
problmatiques africaines ne se limitaient pas ncessairement au conti-
nent. Nous avons d nous turner vers des organismes similaires,
comme le Parlement europen entire autres, afin de voir comment col-
laborer et changer des experiences et nous avons galement examin
les ralisations d'autres organismes et les approaches suivies.
Nous voulons changer des informations afin de dterminer si un tra-


COURRIER






ans dtour


mongella

iplome de l'lUniversit d'Afrique ori-
entale fl Dar es-Salaam, Mme
MKcngella a occupy, en dbut de carrire
diverse f iontic:ns dans I'du (alion en
Tanzanie, son pays natal. Elue membre du
Parlement. elle a t promuie des fonc-
tion' mini'trielles.
Sur la scne international, Klme Monqella
est ucLrtoLJt econnue pour son travail dan'
le domain de la question fmniiine et des
dloitc de la temme. En 1995, elle a t dsi-
qne Secritaire gnErale de la 4-
Confrence mondiale de Pkin sur les tem-
mes, en tant que Secrtaire gnrale
adjointe aux Nations Unies. Depuis 2002,
elle est membre du Grc:pupe consultatif le
haut ni, eau de personnalis minentes de
l'Organisation d(e l'unit africaine.



europen, Hans-Gert Poettering ( droite).
Parlement europen/Manoocher Deghati


vail en partenariat ne permettrait pas de rsoudre certaines problmati-
ques mondiales. Prenons l'exemple du VIH et des migrations, deux pro-
blmes mondiaux. Un partenariat peut dans ce cas renforcer le travail
du PPA et, de la mme faon, le PPA peut renforcer le travail d'autres
Parlements. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nous serons
presents Lisbonne l'occasion du Sommet des chefs d'Etat africains
et de l'Union europenne, o nous rencontrerons des homologues du
Parlement europen. Nous attendons avec impatience de savoir quelles
sont les decisions qui se dgageront de cette runion. Celles-ci intres-
sent les citoyens du continent africain come ceux de l'Union euro-
penne. Unir nos forces nous donne davantage de poids. Ensemble, on
peut faire bouger les choses plus facilement.

Demande de soutien financier du PPA auprs de I'UE

Nous avons demand l'aide financire de l'UE. Le soutien communau-
taire en faveur de l'Afrique devrait tre largi. Nul ne peut esprer sou-
tenir et promouvoir la dmocratie sans soutenir simultanment les insti-
tutions parlementaires, car celles-ci ont prcisment un rle jouer dans
la promotion de la dmocratie. Le soutien communautaire en faveur de
l'Afrique devrait tre ax sur la bonne gouverance, le dveloppement
conomique, etc. Et, le PPA fait prcisment parties de ce processus.

Concrtement, comment l'UE peut-elle soutenir la bonne governance ?

La promotion des processus dmocratiques sur tout le continent -lec-
tions et Etat de droit -s'inscrit dans notre plan stratgique. Pour cela,
le PPA doit voir ses capacits renforces, notamment en ce qui concern
le suivi lgislatif.

Comment le Parlement panafricain peut-il aider promouvoir la paix
au Darfour ?


Nous avons pris d'emble ce conflict trs au srieux. Dans les premiers
temps qui ont suivi la mise en place du PPA, nous nous sommes attels
la question du Darfour. Nous avons envoy une mission sur le terrain
et rdig un rapport sur ce conflict regional. Nous avons formul une
srie de recommendations quant aux pistes susceptibles de rsoudre une
parties des problmes internes au Darfour. Nous suivons activement la
situation et tentons d'identifier les causes relles du conflict. Que se pas-
sera-t-il lorsque les affrontements auront pris fin ? Le conflict s'tend
progressivement au Tchad et la Rpublique centrafricaine. Nous envi-
sageons d'envoyer un jour une autre mission dans les zones de conflict.

La dernire fois que vous tes venue i.... , vous avez soulev la
question complex du Zimbabwe. Comme vous le savez, le Zimbabwe
est une pomme de discorde entire l'UE et l'Afrique. Un consensus est-il
possible ?

L'Afrique ne pourra grer la question du Zimbabwe en se contentant de
trouver un consensus avec l'Europe. L'important est avant tout de
savoir si l'Afrique peut collaborer avec le Zimbabwe pour rsoudre
cette cruise. Nous avons donc pris l'initiative de travailler avec les
Zimbabwens en vue de rechercher une solution. Je pense qu'il faut
poursuivre le dialogue avec les diffrentes parties au conflict. Il faut fair
preuve de souplesse. Nous sommes tous membres d'une mme famille
aprs tout. On ne tourne pas le dos des proches sous prtexte qu'ils
ont commis une erreur, qu'ils ont bu un coup de trop. Le Zimbabwe,
c'est l'Afrique. La situation nous proccupe et nous devons travailler
avec ce pays pour aboutir une solution. C'est ce que l'Afrique est en
train de faire. Si les relations entire l'Afrique et l'Europe sont juges
l'aune de l'amour que l'Afrique porte -ou non -au Zimbabwe, la ru-
nion de Lisbonne manquera son objectif. Nous ne devons pas faire
chouer la runion de Lisbonne en mettant sur la table des questions
qu'il vaut mieux grer sur notre continent. l


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007













PACI IQUE



premier


Treize pays membres du Forum des les du Pacifique s'appr-
tent recevoir une aide global de 276 millions d'euros au
titre du 10e Fonds europen de dveloppement (FED), soit
une augmentation de 20% par rapport au 9e FED. Cet argent
sera invest dans des politiques spcifiques mentionnes dans les docu-
ments de stratgie par pays, labors avec l'aide des diffrents pays
concerns du Forum et signs avec l'UE en marge de la runion minis-
trielle du Forum des les du Pacifique qui s'est tenue le 19 octobre
Nuku'alofa, aux Tonga.
La region est la premiere apposer sa signature sur les programmes
d'investissement du 10e FED, qui entrera en vigueur le 1er janvier
2008. Les pays bnficiaires sont les les Cook, Kiribati, les les
Marshall, les Etats fdrs de Micronsie, Nauru, Niue, Palau, la
Papouasie Nouvelle Guine, les Samoa, les les Salomon, les Tonga,
Tuvalu et le Vanuatu. Des strategies en faveur du Timor Leste et des
Fidji don'tt les relations avec 1'UE se normalisent aprs un coup d'Etat
militaire en dcembre 2006), galement membres du FIP, sont aussi en
course d'laboration.
A Tonga, Louis Michel, Commissaire europen charge du
Dveloppement, a dclar que la gestion durable des resources natu-


relles par le dveloppement de l'nergie renouvelable tait une priority
pour les 11 pays membres du forum.
Il faut galement renforcer la bonne gouvemance. Les pays appartenant
au FIP qui, dans leur document de stratgie, incluent des projects lis
la bonne gouvemance recevront une augmentation de 25% de leurs
allocations de dpenses.
"Mon principal objectif n'est pas de me concentrer exclusivement sur
ce qui pose problme chez vous. Je ne vous ferai pas la morale. Je veux
apporter mon soutien des projects qui produisent des rsultats positifs
ou seraient susceptibles de le faire", a dclar Louis Michel.
La matrise et l'efficacit des dpenses sont d'importantes priorits. Le
moyen privilgi de dpense des fonds est le soutien direct aux budgets
nationaux. Le Vanuatu uvre dj dans cette direction et les Samoa
devraient emboter le pas. En outre, les pays du Forum des les du
Pacifique devraient bnficier du Programme indicatif regional (PIR),
dot de 95 millions d'euros, qui vise promouvoir l'intgration rgio-
nale et faciliter la mise en uvre d'un accord de partenariat europen
(APE) avec la region. Cela vient s'ajouter un paquet regional don't le
montant a t tripl par rapport au 9" FED.

> Un accord commercial dcisif

Les diffrentes parties n'ont pas encore conclu de vritable accord de
partenariat europen (APE) dans la perspective d'une convention
"jalon" devant servir tant qu'aucun progrs n'aura t enregistr dans
les discussions portant sur le libre change.
"L'APE a pour vocation de soutenir votre programme d'intgration et
de vous permettre de vous intgrer progressivement l'conomie
mondiale", a dclar Stefano Manservisi, directeur gnral du dve-
loppement pour l'UE, aux ministres presents aux Tonga.
"Grce un accord intrimaire, nous pourrons combler le foss qui
vous spare du scenario idal tout en vous permettant de profiter ds
maintenant de l'offre du march communautaire et des rgles d'ori-
gine des products de la pche spcifiques au Pacifique", a-t-il ajout.
Runis en octobre Bruxelles, les ministres du Pacifique et de l'UE
ont convenu d'un APE global pour le 31 dcembre 2008 qui compren-
dra galement des rgles et services lis au commerce.
L'offre de l'UE portant sur les biens s'applique l'admission en fran-
chise et sans droits de douane de toutes les importations provenant du
Pacifique, exception faite du sucre et des bananes.
Autre nouveaut lors du Forum des les du Pacifique : la decision
portant sur un dialogue politique renforc entire les deux rgions et
qui comprendra l'organisation rgulire de runions UE-Pacifique
de haut niveau afin de discuter de sujets tels que la scurit rgio-
nale, la bonne governance, la stability et la croissance conomi-
ques, le commerce international, la cooperation au dveloppement et
d'autres sujets communs. a


CURRIER


LE



en






Tour d'horizon


REOFORCER LE COOTRLE


DES IMlPORTfHTIOnS DE BOIS


renforcer les measures actuelles pour
s'assurer que le bois import dans l'UE
ne provient pas d'exploitations illga-
les. C'est du moins ce qui resort de la consul-
tation publique mene par la Commission
entire dcembre 2006 et mars 2007 sur la
ncessit d'encadrer la politique mene actuel-
lement par l'UE, laquelle repose sur des
accords de partenariats volontaires avec cer-
tains pays exportateurs, accords plus connus
sous l'acronyme anglais FLEGT*. Premire
constatation : pour la majority des participants
la consultation, y compris le secteur priv,


les ngociations bilatrales lances par l'UE
dans le cadre de FLEGT ne suffiront pas
garantir la lgalit des bois entrant sur le terri-
toire europen. Une majority (une court majo-
rit pour l'industrie) estime par ailleurs qu'il
n'est pas prmatur d'envisager des measures
additionnelles. Lesquelles ? Les opinions
divergent quelque peu sur ce point. Un tiers des
industries, contrairement aux ONG, estiment
que des accords volontaires passs par l'indus-
trie permettraient de rsoudre en grande parties
le problme. S'agissant d'un moratoire sur
l'importation de bois illegal, les rponses sont
plus mitiges. Enfin, la plupart des participants


se montrent en faveur d'une legislation qui
garantirait que seul le bois lgalement exploit
puisse tre commercialism en Europe. Toutes
ces options doivent present faire l'objet d'une
valuation d'impact par la socit finlandaise
Indufor et tre entrines le cas chant par la
Commission qui devrait formellement prsen-
ter son valuation en mars 2008. M

* Le FLEGT (Application des rglementations forestires,
governance et changes commerciaux) est le plan d'action
de l'Union europenne pour le contrle de l'exploitation
illgale des forts et pour la reduction du commerce illegal
du bois. En vigueur depuis mai 2003, il relie la bonne gou
vemance et les instruments lgaux d'changes commer
ciaux.


SLES 12 DE LJUBLJRn

a prsidence slovne runira en fvrier 2008 les pays qui contribueront pour la premiere
fois au Fonds europen de dveloppement (FED). A computer du 1e janvier 2008, les 12
nouveaux Etats membres de I'UE, au mme titre que les 15 "anciens", participeront au
10e Fonds europen de dveloppement, don't le montant a t fix 22,682 milliards d'eu- | |
ros pour la priode 2008-2013.
Les contributions individuelles des 27 Etats membres de I'UE au FED sont en grande parties
calcules sur base d'un pourcentage de leur product intrieur brut (PIB). Au classement des
plus importantes contributions montaires, I'Allemagne se situe en premiere position, suivie
de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni.
Le Fonds se consacre des projects communautaires organisms dans les pays ACP (Afrique,
CaraPbes, Pacifique) et dans les PTOM (pays et territoires d'outre-mer). Comme l'argent con-
sacr au FED provient directement des poches des Etats membres de I'UE, ceux-ci ont leur
mot dire lors de la rpartition des dpenses dans les pays ACP/PTOM. La reunion de
Ljubljana permettra d'expliquer aux opinions publiques des nouveaux adherents quoi sert
l'argent du FED et de voir comment certaines entreprises de ces pays pourraient bnficier
d'appels d'offre lancs au titre du Fonds.
Parmi ces 12 pays, rares sont ceux qui ont dj particip des projects dans les pays ACP. Ces
dernires annes, ils se sont pour la plupart consacrs l'aide aux voisins de l'Europe du Sud-
Est. En outre, les flux commerciaux entire les nouveaux adherents l'Union europenne et les
pays ACP ne se caractrisent pas par leur intensity.
Un conseiller de la dlgation slovne auprs de I'UE Bruxelles a confirm que la mise en
euvre des accords de partenariat conomique (APE), qui entreront galement en vigueur le
1 e janvier 2008, ainsi que l'radication de la pauvret en Afrique taient des priorits de la
prsidence slovne de l'Union au premier semestre de 2008.
CONTRIBUTIONS DES DERNIERS ADHERENTS L'UE AU 10' FED

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L tt,/,luli 'Jii i i.i..-l .-'J
I Lituanie 0,12 27.218.400
Hongrie 0,55 124.751.000
Malte 0,03 6.804.600
Pologne 1,30 294.866.000
*Roumanie 0,37 83.923.400
Slovnie 0,18 40.827.600
Slovaquie 0,21 47.632.200
*Estimation
--- -------------


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007






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migerie z.u z.z'o IL. I .u'o
Angola 1.4 1.8% 9.0 0,7%
Congo-Brazzaville 0.26 0.3% 1.9 0.2%
EL.i:.te 0.67 0.8% 3.7 0.3%
Gabon 0.23 0.3% 2.1 0.2%
Guine Equatoriale 0.35 0.6% 0.23 0.3%
Libye 1.83 2.2% 41.5 3.4%


Soudan 0.39 0.5% 6.4 0.5%
TI.:h .: 0.06 0.1% 0.9 0.7%
Tunisie 0.06 0.1% 0.7 0.1%
urr_ :.. t,, i ,, tlrii 0.06 0.1% 0.6 0.1%





Energies Dossier


LB


BEI


met le paquet



SUR LES INFRASTRUCTURES

Entre 2008 et 2013, la Banque europenne d'investissement (BEl) entend investor
jusqu' 4,4 milliards d'euros dans les pays ACP. L'accent sera mis notamment sur le
dveloppement des infrastructures, en particulier nergtiques. Reste prendre en
compete le facteur "chinois"...


Conformment la Stratgie Afrique approuve par le Conseil
europen en dcembre 2005, l'appui aux infrastructures est
l'une des grandes priorits de l'Union europenne. Tandis
que la Commission compete engager jusqu' 5,6 milliards
d'euros pour dvelopper les infrastructures africaines, partir de 2008
et jusqu'en 2013, la BEI entend mobiliser, dans l'ensemble des pays
ACP, 1,5 milliard d'euros provenant de la Facilit d'investissement, un
fonds renouvelable cr par l'Accord de Cotonou, laquelle s'ajoute-
ront des prts sur resources propres d'un maximum de 2,03 milliards
d'euros. Les possibilits d'intervention seront accrues grce un Fonds
fiduciaire destin finance les infrastructures en Afrique et cr en
fvrier 2006 avec la Commission europenne, qui y contribute dans une
premiere phase pour un montant de 60 millions d'euros.
> Effet cumulatif
Dot d'une mise de dpart de 87 millions d'euros, ce Fonds va jouer un
rle multiplicateur. Il devrait permettre la Banque de consentir plus de
400 millions d'euros de prts pour des rseaux transafricains dans le
domain de l'nergie, de l'eau, des tlcommunications, des transports et
des technologies de l'information. Objectif : assurer l'interconnexion du
continent. Les deux premiers projects voir le jour sont le barrage de
Felou, sur le fleuve Sngal, qui desservira le Mali, la Mauritanie et le
Sngal, et la pose du cble sous-marin fibre optique contournant, du
sud au nord, toute la cte est-africaine. Des bretelles desserviront gale-
ment Madagascar et des pays enclavs. Dans le domaine nergtique, la
BEI prvoit galement le financement de deux interconnexions en
Afrique australe : Zambie-Namibie via la bande de Caprivi, et Malawi-
Mozambique. Un prt de 100 millions d'euros, pour la construction d'un
barrage de 250 MW sur le Nil Blanc en Ouganda, est l'tude. Par ail-
leurs, la BEI envisage de finance hauteur de 70 millions d'euros la
construction du tronon ghanen du gazoduc ouest-africain, entire le
Nigeria et le Togo. A plus long terme, la Banque considre l'option de
participer la rehabilitation du barrage d'Inga, en RDC, aux cts de la


Banque mondiale et de la Banque africaine de dveloppement : un project
structurant du NEPAD. Les nergies renouvelables devraient faire aussi
l'objet du concours de la Banque qui a dcid en dcembre de finance
un parc olien d'une capacity de 9,4 MW la Barbade. Par ailleurs, le
plafond des prts de la BEI l'Afrique du Sud a t relev de 825 900
millions d'euros, l'accent tant mis notamment sur l'accs l'eau et
l'lectricit des populations rurales et townships. Mais pourquoi emprun-
ter la BEI, si la Chine est prte accorder des financements sans condi-
tionnalits en matire environnementale ou social et sans analyse tech-
nique pousse des projects ? Le Prsident de la BEI, Philippe Maystadt,
reconnat le problme et entend, l'instar du Commissaire au
Dveloppement Louis Michel, dvelopper le dialogue avec les institu-
tions financires chinoises comme l'Eximbank et les gouvernements afri-
cains sur les conditions de l'investissement en Afrique.
F.M. M
www.bei.org


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007






Dossier I nergie


ue sur


Depuis deux ans, les course de l'uranium s'envolent, occasion-
nant un boom de l'exploration en Afrique o un nombre
croissant de pays commence s'engager dans la filire
nuclaire.
En moins de deux ans, de dcembre 2005 octobre 2007, les prix ont
presque quadrupl, passant de 20 dollars/livre 75 dollars/livre, aprs
tre passs par un pic de 135 dollars en juillet 2007. Et ils pourraient
encore doubler, prdit le market analyst David Miller. La tension est
trs forte sur le march, du fait de la hausse attendue de la demand
mais aussi de la crainte d'un puisement de l'uranium l'horizon 2015-
2040, vhicule par les Cassandre les plus pessimistes. Mais cette
crainte est conteste par Robert Vance, analyst l'Agence pour l'ner-
gie nuclaire de l'Organisation pour la cooperation et le dveloppement
conomique (OCDE), selon qui, "il y a aujourd'hui suffisamment
d'uranium pour produire de l'lectricit pendant 270 ans", d'autant que
les nouveaux racteurs rapides de la 4' gnration sont censs consom-
mer 50 fois moins d'uranium qu' present. Quoi qu'il en soit, la
demand va grimper : au course des cinq prochaines annes, 31 centra-
les seront construites ou modernises dans le monde. D'ici 2020, Chine
seule compete investor 8 milliards de dollars dans la construction de 27
centrales et l'Inde veut en construire 17 d'ici 2012.
La demand mane aussi d'Afrique. En Afrique du Sud, o l'on redoute
un deficit de la capacity de gnration lectrique de 10.000 MW l'ho-
rizon 2020, la compagnie national d'lectricit ESKOM envisage la
construction d'un racteur de la 4e gnration, probablement Koeberg
et d'autres projects d'une capacity total de plus de 4.000 MW, en sus
des deux centrales existantes (sur 442 dans le monde), les seules
d'Afrique si l'on except les petits racteurs de recherche.


> Programmes nuclaires africains

D'autres pays africains se profilent comme de futurs clients. En juillet
2007, le president franais Nicolas Sarkozy et le guide de la Jamahiriya
libyenne, Muammar Kadhafi ont sign un protocole d'accord prvoyant
la furniture d'un racteur civil la Libye, facility par l'engagement de
la Libye renoncer aux armes de destruction massive et cooprer avec
l'Agence international de l'nergie atomique (AIEA).
L'anne prcdente, la France avait galement sign un accord de coo-
pration nuclaire avec la Tunisie qui envisage de construire une cen-
trale de 600 MW.
En avril dernier, le Ghana, qui dispose depuis 1994, comme le Nigeria,
d'un petit racteur de recherche fourni par la Chine, qui a par ailleurs
sign un accord de cooperation avec l'Egypte en 2006, a annonc qu'il
comptait se lancer lui aussi dans la production d'nergie nuclaire. La
Russie, qui a dj fourni un racteur de recherche de 10 MW la
Libye, mne des tudes prospective en Algrie dans l'optique du
dmarrage d'une filire de production nuclaire dans ce pays et conduit
des tudes de faisabilit pour la construction de la central de Sidi
Boulbra, au Maroc, qui devrait entrer en service en 2016. La Namibie,
premier producteur africain d'uranium, songe utiliser cette resource
pour la production d'lectricit. Mais c'est peut-tre, hormis l'Afrique
du Sud, le Nigeria qui affiche les plus grandes ambitions : des pourpar-
lers sont en course avec l'AIEA pour le dveloppement d'une capacity
de production nuclaire de 4.000 MW dans ce pays, l'horizon 2025 !
Ce context porteur contribute la rue des investisseurs sur le continent,
o selon l'Observatoire de l'nergie de Paris, en 2006, quatre pays dte-
naient prs de 20% des reserves mondiales prouves d'uranium: le Niger


COURRIER






Energies Dossier


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I.:.
[Tl '^ t^i {r


Abu Bakaar Mansaray, Digital Man, 2004.
Stylo-bille et graphite sur paper, 150 x 201,5 cm.
Avec l'aimable autorisation du
C.A.A.C. La Collection Pigozzi, Genve.
Photo : Maurice Aeschimann


(6,8%), l'Afrique du Sud (6,7%), la Namibie (5,7%) et l'Algrie (0,7%).
En Namibie, o la production a atteint 3.200 onnes en 2005, la firme
australienne Paladin Resources entend produire 1.200 tonnes suppl-
mentaires partir de la mine de Heinrich, dans le dsert de Namib, mal-
gr les protestations des dfenseurs de l'environnement qui redoutent
que l'exploitation du minerai radioactif ne menace l'cologie du parc de
Naukluft.
Le Niger, deuxime producteur africain (3.093 tonnes) qui, lui seul,
fournit 13,5% des importations de l'UE a su habilement tirer parties de
la concurrence entire groups miniers pour imposer en juillet 2007 une
rvaluation de 46 % du prix de l'uranium vendu au numro un mon-
dial, la firme franaise Areva, jusqu'alors unique client.
Mais ce monopole connat ses derniers jours. En 2006, la China Nation
Nuclear Corporation a acquis deux concessions. Et trois firmes austra-
liennes ont obtenu rcemment des permis de recherche.
Le rush concern au moins une dizaine de pays. Landmark Minerals
(Canada) s'intresse au Hoggar algrien tandis qu'une autre socit
canadienne, Pan African Mining, mne des explorations Madagascar.
Les Australiens se montrent entreprenants.
Paladin Resources, dj cite, ngocie un permis au Malawi, tandis
qu'en Tanzanie au moins cinq companies wallabies ont obtenu des
concessions.


La Zambie et la Mauritanie font galement l'objet de prospections, tan-
dis que le South Korean Institute for Geoscience and Mineral Resources
souhaite entamer des explorations au Nigria. En Ouganda, la Banque
africaine de dveloppement, le Nordic Fund et la Banque mondiale
financent une champagne de prospection gophysique aroporte.
Enfin, la firme britannique Brinkley Africa Ltd vient de signer un
accord avec le Commissariat gnral l'nergie atomique de RDC,
pour l'assister dans sa tche de contrle des exportations de matires et
de substances radioactive congolaises. Il s'agit notamment de lutter
contre la contrebande et les dangers de proliferation des fins militai-
res ou terroristesqui, relve The Economist sont accrus par la dissmi-
nation de la technologies nuclaire civil.
L'engagement des pays africains dans la filire nuclaire va aussi les
confronter de nouveaux dfis don't le cot trs lev des centrales, qui
se measure en milliards de dollars, ainsi que celui de la gestion des
dchets et de la scurit. Se posera aussi la question de leur rentabilit
long terme. Dj, les adversaires du nuclaire civil argument que les cots
de production de l'lectricit d'origine renouvelable seront infrieurs
d'ici 2040. Cela dit, que les pays africains soient engags ou non dans la
filire nuclaire, le continent dj stratgique sur le march mondial des
hydrocarbures l'est encore davantage sur celui de l'uranium.
F.M. a


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007





Dossier I nergie


HYDROELECTRICITE :



un potential immense



et sous-exploit


L'avenir du continent passe par la matrise de son atout nergtique le plus important
car renouvelable : I'hydrolectricit.
Coup de projecteur sur le potential des principaux fleuves.


L Afrique devrait tre le paradise des lectriciens. Le seul site
d'Inga, sur le fleuve Congo, entire Kinshasa et l'Atlantique,
possde un potential estim entire 39.000 et 44.000 MW :
plus de deux fois l'quivalent de la puissance du plus grand
barrage du monde, celui des Trois-Gorges, en Chine. Mais une petite
portion seulement de ce potential est utilise (1 774MW). Et moins de
la moiti est oprationnelle. La rehabilitation est en course sur finance-
ment de la Banque mondiale.
Et Inga fait rver. Ds 1990, sur financement de la Banque africaine de
dveloppement, Electricit de France et Lahmeyer International ont
conduit une tude de prfaisabilit pour la construction d'une troisime
central, Inga III et d'une quatrime, Grand Inga, puis d'une autoroute
de l'nergie de 5.300 km, jusqu'au barrage d'Assouan en Egypte. Mais
l'addition tait dj alors estime 29 milliards de dollars !
Il y a encore loin de la coupe aux lvres. Mais le retour de la paix laisse
esprer un project de dimension plus modest, mais dj considerable :
la construction d'Inga III (3500 MW) et du Western Corridor, une
second interconnexion reliant Inga l'Afrique du Sud, via l'Angola et
la Namibie, avec une bretelle vers le Botswana. L'un des projets-phares
du Nouveau partenariat conomique pour le dveloppement de
l'Afrique (NEPAD).
La demand est l, imprieuse. Si, l'horizon 2012, de nouvelles infra-
structures de gnration d'lectricit ne sont pas construites, c'est toute
l'Afrique australe qui connatra un deficit net. De surcrot, la demand
provient aussi de l'industrie minire. Deux projects colossaux, l'usine
d'aluminium de BHP Billiton au Bas-Congo, d'un cot de 2,5 milliards
de dollars et l'usine sidrurgique du gant mondial CVRD Soyo
(Angola), exigent eux seuls une capacity de 1.800 MW, suprieure aux
centrales Inga I et Inga II actuellement en service Un troisime axe
prvu est l'interconnexion entire Inga et Calabar, au Nigeria (2.100 km).
Aprs la Rpublique Dmocratique du Congo (RDC), don't le potential
hydrolectrique total est valu 100 000 MW, le plus important du


Project de Moma Titanium au Mozambique "Filling the dredge pond"
(Remplissage de l'tang de dragage.
D Photothque de la BEl

continent est celui des hauts plateaux thiopiens, o le Nil Bleu prend
sa source. Lui aussi, peine exploit. La capacity installe est en effet
infrieure 1 000 MW, alors que le potential thiopien tourne autour de
40 000 MW. Mais des dveloppements rapides sont attendus. Dans
deux ans, la capacity de production du pays va plus que doubler avec
l'entre en service des barrages de Takeze (300 MW), de Anabeles (460
MW) et de Gigel Gibe II (420 MW). Auxquels s'ajoutera en 2011 celui
de Halale Werabesa (367 MW). De surcrot, la Banque europenne
d'investissement a t sollicite pour participer au financement de la
parties lectromcanique du plus vaste project de la region, la central
Gilge Gibe III (1870 MW) au cot estim 1,8 milliard de dollars. Un
contract d'ingnierie a dj t sign cet effet entire l'Ethiopian Electric
Power Company et la firme italienne Salini Costruttori. Ces projects
n'ont pas seulement pour objet de satisfaire la demand intrieure mais


COURRIER







Energies Dossier


aussi d'exporter l'lectricit dans la region
(Djibouti, Kenya, Soudan et Ymen).
Le context est favorable la ralisation de
tels projects car l'ancienne rticence du
Soudan et de l'Egypte envers tout project de
barrage en amount du Nil est en train de dispa-
ratre. Une entit de cooperation tripartite,
l'Eastern Nile Technical Regional Office,
ayant pour conseiller juridique l'ex-secrtaire
gnral du Groupe ACP, Ghebray Berhane,
fournit depuis peu un cadre commun de ges-
tion de projects sur le fleuve.
Pour les lectriciens du monde entier,
l'Afrique, l'une des dernires grandes fron-
tires, offre un gisement d'opportunits
considerable. Les pays mergents sont en
embuscade, tels la Chine qui discute avec le
gouvernement de Guine de l'option de la
construction du barrage de Souapiti (600
MW) sur la rivire Konkour, en change de
la furniture de bauxite.
Le fleuve Zambze est un autre axe stratgi-
que, avec un potential de 12.000 MW sur la
seule portion mozambicaine de son course.
Dans ce pays, qui le Portugal vient de rtro-
cder la proprit du barrage de Cahora Bassa
(2.075 MW), le ministry de l'Energie,
Salvador Namburete attend pour 2015 la
construction, en aval, d'un second ouvrage
majeur, le barrage de Mepanda Uncua (1.300
MW ) don't le cot est estim 1,3 milliard de
dollars, ainsi que d'une second central de
850 MW, au nord de Cahora Bassa. Les mon-
tages financiers de ces projects ne sont pas
encore termins mais, compete tenu des besoins
de l'Afrique du Sud et du march intrieur en
pleine expansion, la compagnie Electridade de
Moambique ne se fait pas trop de soucis cet
gard. L'Angola constitute un autre gisement
inexploit, avec les bassins des fleuves
Kwanza (6.000 MW) et Queve (3.000 MW).
Et la demand va vite sentir, dans un pays o
la croissance du PIB tourne autour de 30% en
cette fin 2007.
D'autres projects important sont amens voir
le jour prochainement. Aprs la Banque mon-
diale qui a donn son feu vert en avril un
financement de 360 millions de dollars pour le
barrage de Bujagali sur le Nil Blanc, la Banque
africaine de dveloppement vient d'allouer
110 millions de dollars au project. Mais il fau-
dra computer avec la baisse du niveau des eaux
dans le lac Victoria en amount qui pourrait
rduire la puissance escompte de l'ouvrage,
de 250 MW 175 MW. Au Nigeria, la Banque
mondiale entend aussi contribuer la rhabili-
tation des barrages de Kainji (760 MW) et de
Jebba (540 MW) sur le fleuve Niger.
Cela dit, la mise en euvre de ces projects ne fait
pas toujours l'unanimit. Les autorits


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007


Barrage hydrolectrique au Burkina Faso.
Photothque de la BEI


mozambicaines par example ont fort fair
pour persuader les dfenseurs de l'environne-
ment du bien-fond de la construction du bar-
rage de Mepanda Uncua. Ils soutiennent en
effet qu'elle entranera d'une part, l'expulsion
de 2.000 personnel, pour la plupart des le-
veurs, et que d'autre part, la rtention des sdi-
ments et limons par le barrage, aura un impact
ngatif pour les mangroves du delta du
Zambze. En mme temps, tout le monde
reconnat au Mozambique le besoin d'aug-
menter la capacity de production nergtique,


condition sine qua non du dveloppement. Y
compris des PME industrielles. A Bukavu, en
RDC, les menuisiers, les tailleurs ou les rpa-
rateurs de tlvision de la zone de Kadutu,
seraient tous au chmage ou devraient payer le
courant lectrique un cot prohibitif si la
furniture de l'lectricit du barrage de la
Ruzizi tait interrompue. La ralit est sans
doute plus complex que ne le laisse entendre
la classique dichotomie lphants blancs -
petits projects.
F.M. M





Dossier I nergie


LES REnOUUELlBLES,






Un TRESOR





f UfLORISER


la pauvret. C'est en tout cas une conviction que partagent de
plus en plus d'Etats africains, commencer par les pays non
producteurs de ptrole. Mais le principal obstacle au dploie-
ment du solaire, de l'olien, du gothermique ou de la biomasse (les
grands projects d'hydrolectricit font l'objet d'un article spar) reste
leur cot relativement lev mme si terme, avec un ptrole don't le
baril pourrait bientt atteindre les 100 dollars, les investissements
deviennent de plus en plus attractifs. Des investissements qui bnfi-
cient de soutiens multiples, commencer par les financements de la
Banque europenne d'investissement et du nouveau fonds de capital-
risque propos par la Commission europenne, dot d'une mise de
dpart de 100 millions d'euros. Sans oublier la Facilit ACP-UE pour
l'nergie, don't le budget s'lve 220 millions d'euros (lire l'article
consacr ces fonds dans Le Courrier nl).

> Le continent le plus faiblement lectrifi

Selon l'Agence international de l'nergie (AIE), peine 23% de la
population subsaharienne a accs au rseau lectrique. Les zones rura-
les sont les moins bien loties, avec 8% seulement d'habitants relis au
rseau, et doivent souvent payer le prix fort pour produire l'lectricit
partir de groups lectrognes ou de panneaux solaires. Les nergies
renouvelables -surtout les nergies dcentralises comme le solaire ou
l'olien -pourraient combler en grande parties ce foss. Mais pour
l'heure elles ne reprsentent pas mme 1% de l'lectricit commercia-
lise, alors que leur potential est norme. Selon l'OCDE, 7% des capa-
cits hydrauliques et moins de 1% des capacits gothermiques sont
exploites. Sans computer les pertes d'lectricit lors du transport qui
s'lvent jusqu' 40% dans des pays comme le Nigeria ou le Congo,
alors que le moyenne mondiale plafonne en dessous des 10%. Ceci dit,
la part des renouvelables ( grands projects hydrauliques exclus) dans la
production d'lectricit reste galement faible au niveau mondial mme
si elles affichent une croissance suprieure la consommation total,
dans les pays industrialists surtout.

> Des uents capricieux

Bien qu'une parties de l'Afrique soit situe dans la ceinture quatoriale
o les resources en vent sont beaucoup plus faibles qu'en Europe ou


en Amrique du Nord, le potential olien de l'Afrique est loin d'tre
ngligeable. A commencer par les pays les plus loigns de l'quateur :
l'Afrique du Sud et les pays situs le long de la Mditerrane. Dans les
rgions du centre de l'Afrique, la prfrence va aux projects de plus
petite envergure. En 2002, la capacity olienne de l'Afrique tait encore
faible, de l'ordre de 150 MW, soit 0,5% de la capacity installe mon-
diale. Mais le secteur est en pleine croissance et affiche cette anne une
capacity installe de prs de 1.000 MW. Pour l'heure, les projects les
plus important se situent au Maroc et en Namibie, suivis par l'Egypte,
l'Erythre, la Tunisie, l'Algrie et la Libye et l'Afrique du Sud. Ainsi,
le parc d'oliennes de Zafarana sur les ctes de la mer Rouge o le vent
souffle fort, product 160 MW alimentant 340.000 foyers gyptiens en
lectricit.

> La gothermie dans le Rift

L'exploitation de la gothermie est particulirement intressante dans la
"faille naturelle" de la valle du Rift. Mais actuellement, ni l'Ethiopie,
ni l'Ouganda ou la Tanzanie n'exploitent cette source ; seul le Kenya a
dcid de se lancer dans l'aventure, en construisant, avec l'aide de l'UE
et de l'Allemagne, la plus grande central gothermique d'Afrique,
laquelle fournit 10% de l'lectricit du pays, pourcentage que Nairobi
entend doubler.

> L'attrait des biocarburants

Bien que les biocarburants soient de plus en plus dcris en raison la
fois de leur impact plus important que prvu sur le climate et du risque
qu'ils entranent vers le haut le prix des mmes products utiliss des
fins alimentaires, pour beaucoup de pays africains ils n'en reprsentent
pas moins un substitute de premier plan au ptrole. Bien plus, les biocar-
burants sont vus comme pourvoyeurs d'emplois dans un secteur, l'agri-
culture, prdominant dans leur conomie. Selon la Banque mondiale,
l'industrie des biocarburants requiert 100 fois plus de main-d'oeuvre par
unit d'nergie produite que l'nergie fossile. Au Brsil, l'industrie du
biothanol fournirait plus d'un demi-million d'emplois directs.
Si l'on except l'Afrique du Sud, le Sngal a t un des premiers pays
d'Afrique montrer son intrt pour les biocarburants, cultivant mme
l'ambition de servir de tremplin l'entre des biocarburants en Afrique.
C'est ce qu'a raffirm en mai dernier Brasilia le president sngalais


C*URRIER







Energies Dossier


Titos Mabota, Bicicleta rural, 2006.
Mdium mixte, 180 x 150 x 350 cm.
Avec l'aimable autorisation du
C.A.A.C. La Collection Pigozzi, Genve.
Photo: Grant Lee Neuenburg





































Abdoulaye Wade, venu signer une srie d'accords avec le Brsil. Le
president brsilien Luiz Inacio Lula da Silva en a profit pour rappeler
la "grande advance" de son pays dans la production de biocarburants
ajoutant : "sous le leadership du Sngal, nous voulons tendre cette
initiative aux autres pays africains, non producteurs de ptrole" runis
au sein du group dnomm "l'OPEP verte".
Ainsi, des plants autrefois rserves des usages limits se voient
pares de nouvelles vertus. C'est le cas surtout du tabanani, ou jatropha,
don't prs de 188 hectares ont t plants rcemment au Sngal, l'ob-
jectif tant de couvrir plus de 5.000 hectares de cet arbuste fleurs ori-
ginaire du Brsil don't la graine fournit une huile qui tait jusqu'ici uti-
lise dans la mdecine traditionnelle et dans l'alimentation du btail.
Il n'en reste pas moins que c'est l'Afrique du Sud qui fait office de
locomotive dans ce secteur. Mas, canne sucre et autres plants sont
mises contribution pour que l'Afrique du Sud arrive produire, d'ici
2010, 10% de ses besoins en essence et diesel partir des biocarburants.
Les chiffres en tmoignent : en 2005, la production en biocarburants de
l'Afrique du Sud se chiffrait quelque 110 millions de gallons, permet-
tant ce pays de se positionner en 7e position mondiale, loin il est vrai
derrire le premier producteur, le Brsil, avec 4 milliards de gallons et
les Etats-Unis, avec 3,5 milliards de gallons. Bien que producteurs lilli-
putiens, quatre autres pays ACP figurent dans la liste des principaux
producteurs mondiaux de biocarburants : Maurice (26 millions de
gallons le Zimbabwe (6 millions) et le Kenya et le Swaziland avec cha-
cun 3 millions de gallons. D'autres pays ont galement dcid de se lan-
cer dans la production de biocarburants, tels le Bnin, l'Ethiopie, le
Ghana, la Guine Bissau, le Malawi, le Mozambique, le Nigeria, et bien
entendu le Sngal.


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007
































LE PARTEIflRIAT



EnERGETIQUE

l'agenda du sommet UE-ffrique

En raison de l'interdpendance croissante entire les deux continents en matire d'ner-
gie, un partenariat dans ce secteur doit tre formellement tabli lors du sommet UE-
Afrique de dcembre Lisbonne.


2007 par l'adoption, par les chefs d'Etat et de gouvernement
des 27, d'un plan d'action global dans le domaine de l'ner-
gie pour la priode 2007-2009 qui prvoit la mise en place
d'un dialogue spcifique sur ce thme avec les pays africains. Dans la
foule, la mi-mai, les ministres europens des Affaires trangres ont
propos qu'un partenariat en ce domaine fasse l'objet d'un accord for-
mel lors du sommet UE-Afrique.
Dans leurs conclusions, les ministres expliquent que l'UE entend crer
un cadre global de dialogue long terme, labor avec l'Union afri-


caine, en cooperation avec le Nouveau partenariat pour le dveloppe-
ment de l'Afrique (NEPAD) et le Forum des ministres de l'nergie en
Afrique (FEMA). A cet effet, les ministres europens recommandent la
tenue d'une runion euro-africaine de haut niveau sur l'nergie, tous les
deux ans.
Parmi les objectifs, figure l'amlioration de l'accs dans les pays afri-
cains des services nergtiques srs, fiables, d'un cot abordable,
diversifis, respectueux du climate et durables, en concertation avec la
Banque mondiale. Le partenariat vise aussi faire en sorte que le sec-
teur contribute aux Objectifs du millnaire pour le dveloppement et


COURRIER







Energies Dossier


Project d'lectricit au Kenya.
Photothque de la BEl


renforcer la scurit de l'approvisionnement nergtique. Garantie de
livraisons pour les Europens et de dbouchs pour les Africains.
L'importance stratgique, en tant que fournisseur d'hydrocarbures, de
l'Afrique, don't le potential en matire gazire pourrait lui permettre de
produire 50 millions de tonnes de gaz natural liqufi GNL par an soit
30% du total mondial,est du reste souligne galement par le dput
nerlandais Jos Van Gennip, auteur d'un rapport public en 2006 par
l'Assemble parlementaire sur cette question.
Mais pour parvenir ces objectifs, poursuivent les ministres, il faut
accrotre les investissements dans les infrastructures du continent, tout
en promouvant les nergies renouvelables et l'efficacit nergtique. Le
Conseil constate que l'Afrique dispose d'un potential norme en ce qui
concern tant les combustibles fossiles que les nergies renouvelables,
mais que dans le second cas, il est largement inexploit qu'il s'agisse
des biocarburants, des nergies hydrolectrique, gothermique, solaire
ou olienne.
En consequence, le Conseil prne le enforcement du soutien au secteur
nergtique africain travers la cooperation bilatrale et le Fonds euro-
pen de dveloppement. Il insisted sur la ncessit de mener bien le
partenariat euro-africain dans les infrastructures dot d'une envelope
de 5,6 milliards d'euros pour la priode 2008-2013 ainsi sur la recons-
titution de la Facilit ACP-UE pour l'nergie (250 millions d'euros).
Mais l'UE entend aussi axer le dialogue sur les politiques nergtiques
des pays africains et l'utilisation des revenues du ptrole et du gaz des
fins de dveloppement. La Commission et les Etats membres sont invi-
ts aider les partenaires africains accrotre le flux des revenues pro-
venant des industries extractives affects des projects conomiques et
sociaux. A cette fin, les ministres proposent la creation de fonds de soli-


darit dans le secteur du ptrole, aliments par les utilisateurs d'nergie
et les investisseurs privs, ainsi que de fonds de stabilisation aliments
par des capitaux provenant de l'exploitation des resources nergti-
ques, destins aux gnrations futures.
Dans cette optique, L'UE propose d'amliorer la transparence des flux
financiers, provenant de l'exploitation des resources naturelles, prala-
ble essential l'instauration d'un meilleur climate des affaires. Elle
entend aider les gouvernements africains renforcer la transparence
dans le processus de prise de decision et dans les ngociations avec les
partenaires trangers, notamment en contribuant au enforcement des
capacits institutionnelles.
Dans cet esprit, l'UE entend promouvoir la mise en uvre de
l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) et
encourager, d'une part, les multinationales europennes se conformer
ses normes et, d'autre part, les banques europennes mettre en
uvre celles de la Socit financire international du Groupe de la
Banque mondiale, concernant la transparence des paiements et des
contracts dans ce secteur.
Tirant la leon de la presence croissante en Afrique d'acteurs mer-
gents, confirme par la tenue de la runion annuelle de la Banque afri-
caine de dveloppement Shanghai en mai dernier, l'UE propose que
soient associs au dialogue "de nouveaux donateurs et investisseurs".
Elle embraie ainsi sur les annonces faites au dbut de l'anne par le
Commissaire au Dveloppement Louis Michel et par le Prsident de la
Banque europenne d'investissement (BEI) Philippe Maystadt de leur
intention de mener un dialogue avec la Chine sur ces questions.
Le partenariat devrait aussi mettre en place un cadre rgulateur plus
favorable pour les industries de l'nergie en Afrique.
D'o l'offre d'un appui aux efforts africains pour crer le cadre juridi-
que, rglementaire et fiscal propre attirer les investisseurs et les capi-
taux risque. Des measures mettre en uvre en synergie avec les
Accords de partenariat conomique (APE) qui devraient tre signs la
fin 2007 avec les six rgions ACP.
Le partenariat intgre galement la prise en compete du changement cli-
matique dans la cooperation au dveloppement, en soutenant les capa-
cits des pays africains s'y adapter, en attnuer les effects ngatifs,
limiter leurs missions de gaz effet de serre, en particulier celles dues
la dforestation et mieux utiliser efficacement la biomasse.
En septembre, le Commissaire Louis Michel a propos cet effet aux
Etats membres de l'UE la creation d'une alliance pour aider les pays en
dveloppement s'adapter et se prparer aux changements climati-
ques. Et la Commission a mis sur la table un montant initial de 300 mil-
lions d'euros pour la priode 2008-2010, sans computer les contributions
supplmentaires que pourraient apporter les pays de l'UE. Dans la pra-
tique, l'UE compete notamment appuyer les efforts visant rduire le
brlage en torchre du gaz lors du processus de production de ptrole.
Le signal politique donn par les 27 devrait favoriser les synergies entire
les diffrents instruments existants de la politique europenne : le Fonds
europen de dveloppement mais aussi la Facilit euro-mditerra-
nenne d'investissement et de partenariat que gre la BEI, don't les prts
et capitaux risque sont destins aux grands projects d'infrastructure
industrielle, dote d'un budget de 8,7 milliards d'euros pour la priode
2007-2013. De grands projects comme le gazoduc transsaharien Nigeria-
Algrie sont susceptibles la fois de rpondre aux impratifs d'intgra-
tion continental africaine, de scurit d'approvisionnement pour
l'Europe et de bnficier de plusieurs guichets.
Aux resources de la BEI pour les pays ACP (3,7 milliards d'euros pour
la priode 2008-2013), celles des agencies ou des banques bilatrales
peuvent se combiner pour satisfaire des objectifs d'intrt mutuel.
F.M. a


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007













Un tournant


dans les relations entire



LES DEUX COnTInEnTS


Sommet UE-Afrique


Le sommet UE-Afrique des
8 et 9 dcembre Lisbonne
amorce, aux dires de ses
promoters, un tournant
capital dans les relations
entire les deux continents,
en ce sens qu'il doit tracer
une feuille de route pour
affronter ensemble une
multitude de dfis
l'chelle plantaire.


L e sommet de Lisbonne est le second du
genre, aprs celui du Caire, en 2000 qui
avait dj manifest la volont d'lar-
gir le champ de la cooperation entire les
deux continents quantit de domaines : co-
nomie, lutte contre la criminalit, defense, etc.
Mais bien des choses ont change en sept ans,
chez chacun des partenaires. Ainsi, le nombre
d'Etats membres de l'UE a presque double
tandis que l'Organisation de l'unit africaine
s'est transforme en Union africaine et a int-
gr le Nouveau partenariat conomique pour
le dveloppement de l'Afrique (NEPAD). Sur
les deux continents, on a galement assist
des progrs en matire de dmocratisation,
indique un document prparatoire europen.
Cette volution rend urgente la tenue du som-
met de 2007, d'autant plus que le prcdent,
programm pour 2003, n'a pas pu se tenir, en
raison des dsaccords entire Africains et
Europens sur l'opportunit de la participation
du President zimbabwen, Robert Mugabe.
Tandis que les Europens, Britanniques en
tte, soulignaient les violations des droits de
l'homme et de l'Etat de droit au Zimbabwe
pour justifier leur point de vue, les Africains,
objectaient que chaque parties dcidait souve-
rainement de qui devait la reprsenter.

> "Rien ne peut empcher
ce sommet" dixit Louis michel

Quatre ans plus tard, les approaches demeurent
diffrentes par rapport au cas zimbabwen.
Mais de part et d'autre, prdomine la volont
d'viter que cette question delicate n'empche
la tenue du sommet. Bien que le Premier
ministry britannique Gordon Brown et d'au-
tres leaders europens aient laiss entendre
qu'ils pourraient reconsidrer leur participa-


tion si le president du Zimbabwe y assistant, la
certitude prvalait chez les diplomats que le
sommet se tiendrait, quel que soit le niveau de
representation de certaines dlgations. Ceci
conforte la conviction exprime fin septembre
par le Commissaire europen au Dvelop-
pement Louis Michel, selon laquelle rien ne
peut empcher la tenue de ce sommet, attend
depuis quatre ans, surtout aprs le recent som-
met Afrique-Chine. Car si la perspective de
gros investissements chinois parait allchante
court terme pour des Etats financirement
aux abois, il convient d'aller au-del de l'ex-
ploitation des resources naturelles et de viser
le long terme. La relation avec 1'UE est peut-
tre plus exigeante court terme, mais plus
prometteuse, souligne un diplomat impliqu
dans la preparation du sommet.
De son ct, la prsidence de l'UE, par la voix
du Ministre portugais des Affaires trangres,
Luis Amado, a indiqu en octobre que paraly-
ser la relation entire deux organizations conti-
nentales aussi importantes cause d'un pro-
blme au Zimbabwe serait une erreur immense
sur le plan stratgique.
La pression politique vient de toute part. Au
Conseil de l'UE, on fait remarquer que
l'Amrique latine a galement eu son sommet
en 2006 avec l'Afrique, et donc qu'il est temps
que les dirigeants de l'Afrique se runissent
avec ceux de l'Europe, le partenaire le plus
important tous gards. Et la ncessit d'une
telle rencontre se fait d'autant plus sentir que
depuis le sommet du Caire, l'approche aussi a
beaucoup volu. La conscience prvaut ds-
ormais bien davantage du ct europen que
l'UE a des intrts stratgiques en Afrique,
notamment dans le secteur de l'nergie (voir le
dossier consacr ce sujet et au partenariat
nergtique UE-Afrique en pages 18 et 19).


CURRIER







ACP-UE Interactions


> Agir ensemble

L'approche est donc que les grands dfis tels
que les Objectifs du millnaire pour le dvelop-
pement, les migrations ou le terrorism doivent
tre affronts en commun, en Afrique et avec
l'Afrique. En d'autres terms, Lisbonne consa-
cre la reconnaissance du fait que si l'Afrique a
indubitablement besoin de l'Europe, cette der-
nire a galement besoin de l'Afrique. On a
dpass le paradigme donateurs/bnficiaires
qui fait dsormais place une interaction plus
solide dans toute une srie de domaines (paix et
scurit, gouverance, commerce, migrations,
changement climatique et nergie), comment
un diplomat europen.
Tous ces lments se retrouvent dans les deux
documents qui seront adopts par le sommet :
la Stratgie commune et le Plan d'action, don't
le but est d'approfondir la Stratgie Afrique
approuve en dcembre 2005 par l'UE, avec le
concours de la parties africaine. Ils tracent la
feuille de route d'un nouveau partenariat, qui
prend en compete le processus de diversifica-
tion et d'largissement de la cooperation entire
les deux continents. Parmi les principaux
objectifs, figure le enforcement du partenariat


au service de Stratgie commune. Celle-ci a
notamment pour objet de continue promou-
voir la paix et la scurit, moyennant le sou-
tien aux capacits africaines de maintien de la
paix et en particulier l'African Stand-By
Force. Elle concern aussi le dveloppement
durable, les droits de l'homme et l'intgration
continental, l'amlioration de la bonne ges-
tion des affaires publiques, travers le soutien
aux rformes, sur base du Mcanisme africain
de revue par les pairs, mais aussi la lutte contre
le traffic illicite des resources naturelles.
La stratgie concern aussi les questions-cls
du dveloppement, come l'accroissement de
l'aide et l'amlioration de la cohrence des
politiques en la matire. Elle doit aussi dga-
ger des moyens pour que les migrations puis-
sent uvrer au dveloppement durable sur les
deux continents. Les questions environnemen-
tales et la scurit alimentaire sont galement
au cour de ce nouveau partenariat.
Troisime priority : reliever ensemble des dfis
plantaires come les atteintes aux droits de
l'homme, les questions de sant, d'environne-
ment, de scurit nergtique, les technologies
de l'information, le terrorism et les armes de
destruction massive. Un autre de ces dfis


important est l'intgration de l'Afrique dans
l'conomie mondiale et l'amlioration de sa
comptitivit, travers les Accords de partena-
riat conomique avec les quatre rgions
d'Afrique sub-saharienne (APE). Lisbonne
sera aussi un test de la volont politique des
uns et des autres, function de la hauteur des
engagements financiers auquel il sera souscrit.
Enfin la stratgie commune entend largir le
partenariat aux acteurs non tatiques : entre-
prises, syndicats, socit civil et parlements.
Le Sommet de Lisbonne aura son "festival
off', avec toute une srie d'vnements la
fois priphriques et connects l'vnement
central: le sommet des chefs d'Etat et de gou-
vernement. La liste comprend une runion des
parlementaires panafricains et europens, des
rencontres entire membres de la socit civil,
un sommet de la jeunesse ainsi qu'un Africa
Finance Investment Forum centr sur les
opportunits d'affaires en Afrique
(www.emrc.be). A l'heure o le Courrier allait
sous press, la seule crainte des diplomats
tait que d'ventuelles difficults sur les ngo-
ciations autour des APE ne viennent jeter une
ombre sur le sommet.
F.M. M


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007




0 '


Interactions


ACP


-J


Entrepreneurs



dominicains:


a roule propre


pour sa petite entreprise


re


-Ir

s.. t


prise "Soleil Vert", s'affairait avec
son chimiste dans sa petite industries
situe dans une pice arrire de sa
residence et dbordant sur un pristyle et sur
une vieille reserve.
Nous sommes dans la banlieue rsidentielle
plutt chic de Santo Domingo. A peine allait-
il s'installer qu'un client arrive pour s'appro-
visionner. En plus d'tre sa residence, son
usine, sa maison sert de station-service. Et son
chimiste, de pompiste. La pompe manuelle est
mise en cuvre. Le gros 4x4 arriv fait le
plein. Et son propritaire est manifestement
satisfait et fier de rouler avec un vhicule don't
le pot d'chappement renvoie une fume pro-
pre. La demonstration est parlante.
Rafael Diaz lui-mme se prte au jeu en gar-
dant la main une bonne minute la sortie du
pot. Aucune salissure.
Le client est part aprs avoir accord un satis-
fecit Soleil Vert qui pourrait servir de slogan
publicitaire : "J'utilise ce carburant depuis un
mois. Le moteur a moins de friction, moins de
pollution et un bon rendement. En cot et qua-
lit, c'est vraiment rentable. Il n'y a rien eu
changer au niveau du moteur, je suis pass
simplement d'un combustible l'autre."
Rafael Diaz peut s'installer. Et il raconte
l'histoire de Soleil Vert et la sienne.*

> matires premires gratuites

Nous utilisons de l'huile recycle provenant
surtout du secteur hotelier.
C'est de l'huile rsiduelle qui a t utilise
pour les fritures. Il y a des tanks dans les
htels pour les rcuprer.
Une fois les tanks pleins, on nous appelle et
nous les rcuprons. Nous ne les payons pas.
Les hotels sont en principle obligs de traiter
ces huiles sous peine d'amendes alors nous
leur offrons une solution.


> Prix de la merchandise

Nous vendons en indexant le prix du biodiesel
sur le diesel. En ce moment notre prix est de 85
pesos le galon contre 95 pour le diesel classique.
90% de nos clients sont des entreprises, essen-
tiellement des entreprises de distribution.

> Perspective

Les entreprises se dveloppent fort maintenant
en Rpublique Dominicaine, j'espre qu'on
pourra en tirer trs vite profit. Ce n'est pas diffi-
cile de trouver des clients. De plus, l'Etat a aussi
fait une champagne positive d'ducation. Si nous
pouvions produire plus, nous vendrions toute
notre production. Mais mon project n'en est qu'
sa premiere phase. On commence conomique-
ment avoir une production continue, des ven-
tes continues. Ca nous permettra d'augmenter
notre capacity de production. Les deux premi-
res annes ont t consacres aux tudes de mar-
ch, la constitution lgale de la socit et la
mise en contact avec les structures tatiques.
Nous rentrons dans un rythme different de pro-
duction. Soleil Vert a comme objectif de pro-
duire 5.000 gallons par jour, avec une technolo-
gie mergente provenant d'Europe et des Etats-
Unis. Notre produit pourra tre certifi "biodie-
sel dominicain" sur ces marchs et il sera en
bonne position face la concurrence.

> De la Bourse de ualeurs
de manhattan au biodiesel

Je suis devenu entrepreneur de biocarburant
aprs avoir travaill dans une socit la bourse
de valeurs de NY, comme ingnieur systme. Je
m'occupais d'nergie alternative.
Ca faisait un temps que je cherchais un business
faire en Rpublique Dominicaine. Un jour, j'ai
vu les chiffres de consommation de diesel,et je
me suis dis ok. Le march de Rpublique
Dominicaine est valu 500 millions de gal-
lons par an. 1% reprsente une petite fortune.


> Pas de pression des entreprises
ptrolires... pour le moment

Au dbut, a m'avait fait peur d'avoir comme
adversaire Shell ou Texaco, tant un petit entre-
preneur et connaissant historiquement la capa-
cit politique de ces entreprises autant en Europe
qu'en Asie ou en Amrique latine. En ce
moment, nous ne subissons pas de pression.
Aucun pays en ce moment n'a la capacity de
s'auto-suffire, car la production d'huile vgtale
ne peut pas rivaliser avec l'nergie fossile. Celle
d'un pays est trop petite, pour un jour faire face
Exxon ou Texaco. Ca n'a pas t facile de
commencer cette activity car il y avait beaucoup
d'incrdulit, par manque de connaissance.
Beaucoup de gens croyaient que j'tais fou, et
que j'allais me planter. Ca t fait avec beau-
coup d'efforts et quasiment avec des resources
propres. Des investissements limits.

> Soutien

Nous avons obtenu une ligne de credit de
150.000 euros de la Banque europenne d'in-
vestissement mais le principle est 1 euro invest
pour 1 euro de credit. Nous n'avons pas pu en
profiter, n'ayant pas 150.000 dollars investor.
Et la russite de l'entreprise jusqu' present ne
peut pas servir de garantie.

> Profit cologique

Ecologiquement, c'est important. Nous sommes
un pays touristique. Moins de pollution permet
de garder les fleuves plus propres. De mme que
la mer et l'air. Nous sommes signataires du
Protocole de Kyoto, qui reprsente un compro-
mis cologique. De plus, le pays peut recevoir
des "bons verts" pour chaque tonne de gaz car-
bonique pargne.
H.G.

* Propos .. ... ,, par Hegel Goutier et Pedro
Da Fonseca


COURRIER


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S .





ACP-UE Interactions


UE AFRIQUE CHIEF,


Lf nOUUELLE COOPERHTIOn


TRIflnGUL IRE ?


Devant le dploiement sans prcdent de la Chine et de ses capitaux en Afrique,
l'Union europenne, premier partenaire du continent, a dcid de jouer la carte de la
cooperation plutt que celle de l'affrontement.


En tmoignent les initiatives multiples prises ces derniers
mois. A commencer par la grand-messe organise en juin
dernier par la Commission europenne, rassemblant pour la
premiere fois des reprsentants venus tant d'Europe et
d'Afrique que de Chine. Une rencontre qui devrait permettre d'lar-
gir les dbats lorsque l'UE rencontrera ses partenaires lors des
Sommets UE-Chine et UE-Afrique, prvus respectivement les 27
novembre Pkin et du 7 au 9 dcembre Lisbonne.
L'UE, l'Afrique et la Chine, partenaires en concurrence ? Tel tait
le thme central de la journe laquelle la Commission avait convi,
le 28 juin dernier Bruxelles, plus de 180 experts -politiques,
industries, scientifiques, diplomats -venus d'Afrique, d'Europe et
d'Asie. L'objectif : explorer les possibilits d'une cooperation sino-
europenne l'gard de l'Afrique. Car, si le terme de cooperation
"triangulaire" tait de mise, il s'agissait en definitive d'viter un
affrontement potential entire le premier partenaire commercial et
investisseur en Afrique, l'UE, et celle qui, en l'espace de quelques
annes s'est hisse la troisime place mondiale, la Chine. "Nous
sommes concurrents", a dclar Louis Michel, Commissaire euro-
pen au Dveloppement, l'ouverture de la conference, "mais nous
sommes aussi partenaires, et l'Afrique doit bnficier d'une relation
renforce entire nous et non en ptir".

> Un commerce prospre .


Il n'empche : les Europens sont avant tout proccups de garder
les relations privilgies qu'ils entretiennent depuis des dcennies
avec l'Afrique, en particulier l'Afrique sub-saharienne. "La pntra-
tion chinoise en Afrique a pris un tel essor qu'elle nous incite nous
poser des questions et rflchir la meilleure faon de ragir",
indiquait en juin dernier un expert europen. Les chiffres sont lo-
quents : sur les 6 % de croissance conomique qu'enregistre en
moyenne l'Afrique ces dernires annes, "l'effet Chine" compterait
pour 2 points de ce pourcentage, directement grce ses investisse-
ments et ses quelque 900 entreprises implantes en Afrique ou indi-
rectement du fait de l'envole des prix des matires premires et pro-
duits agricoles ou halieutiques don't la Chine est devenue le premier
acheteur mondial. Pkin est ainsi devenu le troisime partenaire
commercial de l'Afrique, avec des changes qui ont grimp plus
de 55 milliards de dollars en 2006, contre 40 milliards l'anne pr-
cdente et qui devraient encore doubler d'ici cinq ans, alors que la


Seni Awa Camara, Untitled, 1988. Sculpture en terre cuite, 81 x 27,3 x 22,5 cm.
Avec l'aimable autorisation du C.A.A.C. La Collection Pigozzi, Genve.
Photo : Claude Postel


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007






Interactions ACP-UE


part de l'Europe, premier partenaire, diminue
comme peau de chagrin.
Paralllement, les relations entire la Chine et
l'UE prosprent. Le commerce bilatral a t
multipli par 40 depuis les rformes engages
par la Chine en 1978 et s'levait plus de 174
milliards d'euros en 2004. La Chine est pr-
sent le second partenaire de l'UE, derrire les
Etats-Unis, alors que l'UE devenait le pre-
mier partenaire de Pkin en 2004. Sur le plan
institutionnel, l'UE et la Chine entretiennent
des relations suivies, ponctues par une ren-
contre annuelle des chefs d'Etat et de gouver-
nement, la prochaine devant se drouler en
novembre Pkin. Alors que l'UE peine
organiser une runion avec ses partenaires
africains -le premier Sommet UE-Afrique a
eu lieu en 2000 et le second devrait se drou-
ler en dcembre de cette anne -les dirigeants
chinois ont mis les bouches doubles. Ds
2000, ils mettent sur pied le Forum ministriel
de cooperation Afrique-Chine (FOCAC),
lequel sera transform en Sommet en 2006
lorsque le president Hu Jintao reoit 48 chefs
d'Etat africain Pkin. Reste inventer pr-
sent un Sommet trilatral...

> L'exprience africaine

A Bruxelles, les reprsentants chinois -parmi
eux, l'ambassadeur Liu Guijin, reprsentant
special du gouvernement chinois pour les
affaires africaines -ont de leur ct soulign
"la grande amiti entire leur pays et les frres
et seurs africains", critiquant au passage le
pass colonial de l'Europe. Ct africain, les
reactions taient plus mitiges et plusieurs
participants la runion de Bruxelles ont sou-
lign l'opportunit relle que reprsente l'en-
gagement chinois mais aussi le risque tout
aussi rel -et dj prouv -de dumping et
de pillage des resources naturelles.
De son ct, la Commission europenne a
vit toute critique notamment sur la politique
"sans condition" pratique par Pkin dans son
aide. Visiblement, les Europens ont prfr la
cooperation l'affrontement. Ncessit
oblige. "Nous avons laiss des places vides",
pursuit l'expert europen, que les Chinois ont
prises. Il est important, poursuit-il, d'analyser
le fonctionnement de l'aide chinoise, plus
flexible que la ntre, apparemment mieux
adapte et accompagne d'un dialogue d'gal
gal. En revanche, les Chinois, malgr leur
engagement spectaculaire, sont parfois pris de
court par certaines ralits de ce continent et
nous demandent des explications, ajoute l'ex-
pert. Et c'est cette experiencee africaine" que
l'Europe entend ngocier avec Pkin pour
l'amener accepter le partenariat triangulaire.


M -


n^^^^^^^^^^^^^^^^^


Esther Mahlangu, Untitled, 1991. Acrylique sur toile, 151 x 127 cm.
Avec l'aimable autorisation du C.A.A.C. La Collection Pigozzi, Genve.
Photo : Claude Postel


> Cooperation concrete

La Commission europenne va plus loin. En
guise de clture de la conference de Bruxelles,
Bernard Petit, directeur gnral adjoint au
Dveloppement la Commission, a numr
la liste, non exhaustive, des domaines o la
Chine et l'UE pourraient travailler main dans
la main : la rforme du secteur de la scurit en
Rpublique Dmocratique du Congo, le pro-
cessus de Kimberley et FLEGT deux pro-
grammes destins assurer la lgalit du com-
merce respectivement des diamants et du bois
-mais aussi, et surtout, la rforme des infra-


structures. Dans ce domaine, estime la
Commission europenne, l'UE jouit d'une
experience considerable, que la Chine peut
enrichir de son experience national.
Dans la foule, elle a convi les autorits chi-
noises au lancement du partenariat UE-
Afrique sur les infrastructures, qui s'est
droul les 24 et 25 octobre dans la capital
thiopienne, Addis Abeba.
La Chine n'tait pas la seule invite.
Deux banques chinoises, la China Develop-
ment Bank et l'Exim Bank y participaient en
tant qu'observateurs.
M.M.B. M


COURRIER


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ACP-UE Interactions


Andrea Marchesini Reggiani



Cooperation international



et foundations europennes:



UnE REnCOnTRE FRUCTUEUSE


agents-cls l'chelon national
comme sur la scne international ;
leur responsabilit est grande
puisqu'elles peuvent mettre leurs fonds pro-
fit pour soutenir le dveloppement local, la
recherche et le secteur social, de mme que les
arts et la culture, tout en faisant le lien entire les
dcideurs politiques et la socit civil.
Mais qu'est-ce qu'une foundation au just ?
Une foundation est une institution prive dote
de la personnalit juridique et don't les fonds
peuvent tre affects des fins spcifiques non
lucratives.

> Les foundations bancaires
italiennes

Dans le paysage des foundations europennes,
les foundations bancaires italiennes constituent


un example particulirement intressant.
L'importance des subventions qu'elles accor-
dent sur le territoire italien est telle que dans le
domaine social et cultural surtout, elles jouent
aujourd'hui un rle-cl, en compltant les
politiques europennes, nationals et locales
dans ces domaines. Et dans certaines rgions,
leur contribution peut mme tre qualifie
d'indispensable.
Ces foundations ont t institutes en 1991, par
la loi Amato/Carli qui a impos une separation
entire les banques (qui ont vu le dbut d'un
processus de privatization) et les foundations,
lesquelles constituent dsormais deux entits
juridiques distinctes. Cette loi a ainsi favoris
la creation de grandes foundations. Dtentrices,
au dpart, de la totalit des avoirs des ex-ban-
ques d'tat, les foundations ont t invites en
faire bnficier le march.
Ces institutions oprent selon diffrentes


modalits, mais elles octroient le plus souvent
des subventions dans les domaines tradition-
nellement "rservs" aux grandes foundations
comme l'ducation et la recherche, l'art et la
culture, la sant et l'aide social. Nous pou-
vons ajouter ces domaines, les aspects de la
protection environnementale et de la promo-
tion du dveloppement local, prvus par les
status de certaines de ces foundations. Les fon-
dations euvrent la jonction de l'conomie
prive, publique et civil ( savoir le domaine
non lucratif). Plus prcisment, elles ralisent
des bnfices au sein de la sphre conomique
prive, et doivent tre en measure de dialogue
et de coordonner politiques et resources avec
la sphre publique. La troisime sphre (co-
nomie civil) est leur principal domaine d'ac-
tion, elles en font lgitimement parties et elles
y ont leurs principaux interlocuteurs.
Dix de ces foundations au moins dtiennent des


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1I







Interactions ACP-UE


avoirs don't le montant dpasse le seuil du mil-
liard d'euros, alors qu'une trentaine environ
dtient plus de cent millions d'euros.
Et ces plafonds annuels ne cessent d'augmen-
ter, allant d'un million d'euros pour les petites
foundations prs de 200 millions d'euros
pour les trois plus grandes foundations, savoir
MontePaschi, Cariplo et Compagnia di San
Paolo, qui arrivent dans le top ten europen en
terms d'avoirs et de subventions. Ces mon-
tants de plus en plus levs susceptibles d'tre
affects des projects sociaux, culturels et de
recherche dots d'une grande autonomie et
marge de manuvre nous font prendre
conscience du rle jou par les foundations.
Celles-ci sont en train de devenir des organi-
sations modernes, dployant des strategies
oprationnelles spcifiques grce un person-
nel jeune et spcialis et en veillant la trans-
parence (.!Kc des sites Internet trs bien
grs et mis jour) de leurs avis et de leurs
subventions. Les mthodologies d'valuation,
les structures d'appels propositions et les
formulaires reposent normalement sur ceux
utiliss par la Commission europenne.

> La philanthropic l'heure
europenne

Lorsque nous examinons les documents de
programme, nous remarquons aisment la
volont de plus en plus manifeste de crer un
lien plus troit entire les sphres locale et
international et international et europenne.
La ncessit de dvelopper des foundationss
l'europenne est l'origine de la creation du
Centre europen des foundations (EFC), une
association international de foundations et de
corporate founders, base Bruxelles. Cette
foundation a pour objectif de documenter le
paysage des foundations, de renforcer l'infra-
structure du secteur et de promouvoir la coo-
pration l'chelon europen ainsi qu'
l'chelon international.
Depuis sa creation, en 1989, l'EFC uvre la
ralisation de ses objectifs principaux en vue
de reprsenter les intrts de ses membres
(plus de 200 foundations) -non seulement des
bailleurs de fonds et des foundations bancaires,
mais aussi des organizations caritatives, scien-
tifiques et culturelles, constitutes en fonda-
tions -auprs des gouvernements, de l'Union
europenne et des organismes internationaux.
La mondialisation fait apparatre clairement la
ncessit d'valuer les problmes et les oppor-
tunits un chelon supranational, et de
rpondre un niveau local, via des program-
mes spcifiques, aux questions internationales.
L'EFC promeut ainsi, depuis 2003, L'Europe
dans le Monde, un programme qui vise pro-


mouvoir et renforcer le leadership, la coop-
ration et la creation de connaissances en vue
du dveloppement mondial, en mobilisant les
foundations et encourageant un partenariat
entire les foundations, les gouvernements, les
institutions multilatrales, les entreprises et les
ONG. L'EFC estime qu'il est fundamental de
persuader un nombre croissant de foundations
europennes de renforcer leurs resources
actuelles -comptences, connaissance et
financement -pour s'atteler durablement aux
questions internationales et de dveloppement.

> Un terrain d'action plus ouuert

La Fondation Cassa di Risparmio Bologne a
t la premiere modifier ses status de faon
pouvoir finance des actions mises en uvre
en dehors de son pays, notamment dans l'h-
misphre sud. Cette modification des status,
intervene en octobre 2000, avait t vive-
ment prconise par son vice-prsident de
l'poque, une personnel dote d'une riche
experience. Il s'agit en fait de Giovanni
Bersani, qui, en sa quality de dput europen,
a pris part personnellement certaines phases
capitals de la Convention de Lom et la
politique de cooperation au dveloppement
encourage ensuite par l'Union europenne.
Parmi ses nombreuses autres functions, M.
Bersani a t president de l'Assemble parle-
mentaire UE-ACP, don't il est aujourd'hui pr-
sident titre honorifique.
M. Bersani a dpass le vieux principle qui
veut que les fonds doivent tre affects des
actions mise en uvre sur le territoire de rf-
rence de la foundation et diffus l'ide selon
laquelle les foundations ont galement des res-
ponsabilits l'gard des territoires et des
citoyens du monde entier. Une telle vision
doit contribuer une perspective commune
pour une paix relle et durable.
Les foundations ont donc aujourd'hui la possi-
bilit d'euvrer en faveur du dveloppement.
Depuis 3 ou 4 ans en particulier, elles ont
encourage de nombreux programmes en
faveur d'ONG du Nord et du Sud.
Nous nous sommes entretenus avec
Gabriello Mancini, president de la
Fondation Monte dei Paschi di Siena.
Voici ce qu'il nous dit : "Au course des 4 der-
nires annes, nous avons surtout collabor
avec des associations, sur une base ad hoc,
en function des projects proposs, mais nous
avons l'intention de finance l'avenir des
actions de meilleure quality -des actions qui
sont bases sur les besoins rels de ces pays
et qui sont, si possible, menes en collabora-
tion avec les institutions locales.
En vue d'amliorer les synergies et la coordi-


nation, nous avons sign, en 2004, avec la
region toscane, un protocole d'intention en
vue d'identifier les projects ncessitant un
financement ; parmi ceux-ci, nous retien-
drons la creation du centre de chirurgie car-
diaque Salam au Soudan -un project de
Emergency, le centre Saving the children qui
a permis d'offrir un traitement et une assis-
tance mdicale plus d'un miller d'enfants
palestiniens, ainsi que la clinique mobile, ra-
lise par l'association Fatebenefratelli. Des
associations locales bnficient aussi de nos
subventions, au mme titre que les actions de
grande envergure." Plus de 160 projects mens
dans les pays ACP ont t financs au course
de ces quatre dernires annes, pour un mon-
tant total suprieur 20 millions d'euros. Ces
projects sont essentiellement axs sur l'duca-
tion, la vaccination des bbs, l'assistance et
le traitement des enfants sropositifs ou mala-
des du sida, la creation d'hpitaux, la mise en
place d'infrastructures sanitaires et de centres
de chirurgie spcialiss ou encore la creation
de reservoirs pour l'irrigation et la distribu-
tion d'eau potable.
Quelques autres foundations ont mis en uvre
des projects axs sur le dveloppement.
Compagnia di San Paolo s'est par example
concentre sur la formation spcialise pour
les pays en dveloppement. Des course ont
ainsi t organiss par l'OIT, Hydroaid,
(International Water for Development
Management Institute) et la Haute cole euro-
penne pour la cooperation et le dveloppe-
ment de l'Universit de Pavie.
En 2004, la Fondation Cariplo signait quant
elle un plan d'action approuvant une nouvelle
ligne d'action visant rduire l'cart entire le
Nord et le Sud. En 2005, la foundation a octroy
12 bourses pour un montant total d'un million
d'euros. Le nombre de projects est pass de 12
39 en 2006, lesquels se sont partags un
montant total de trois millions d'euros.
Cette participation pourrait encore tre renfor-
ce. Des perspectives positives semblent
d'ores et dj se dgager si l'on en croit la
rponse de M. Mancini notre question : De
quel type d'exprience dans le domaine de la
coordination les foundations disposent-elles en
vue de promouvoir le dveloppement ? "Nous
travaillons explicitement sous les auspices de
l'ACRI, Associazione delle Casse di
Risparmio Italiane, afin de permettre la mise
en uvre d'actions communes dans le
domaine de la cooperation international.
Nous sommes actuellement en contact avec
d'autres fondations-cls en vue de dvelopper
des initiatives, qui, j'en ai la certitude, dbou-
cheront sur des projects concrets." Nous l'es-
prons galement.


CURRIER

































donne le ton en ffrique

En 1998, anne de la creation de "Celtel", on dnombrait tout just 2 millions
d'utilisateurs de tlphones mobiles en Afrique, la plupart vivant en Afrique du Sud.
Aujourd'hui, sur un total de 200 millions d'utilisateurs de tlphones mobiles,
25 millions sont clients chez Celtel.


succs de cette entreprise qui
parvient conqurir chaque
mois un million de nouveaux
clients ? "Un judicieux quilibre risque/bn-
fice et une bonne comprehension de la vision
africaine du monde des affaires", en parties du
moins, nous explique Terry Rhodes, co-fonda-
teur et conseiller stratgique de l'entreprise.
Un branding judicieux, qui s'appuie sur un logo
aux couleurs vives, un engagement tre une
"entreprise de principles mais aussi des inves-
tissements dans l'avenir de chacun des mem-
bres du personnel... Ce sont l autant d'l-
ments expliquant cette croissance, prcise M.
Rhodes que nous avons interrog au sige de
son entreprise, Hoopddorf, aux Pays-Bas. Le
rseau Celtel couvre present 15 pays africains,
de l'Atlantique l'ocan Indien : Burkina Faso,
Tchad, Congo, Gabon, Kenya, Madagascar,
Malawi, Nigeria, Niger, Rpublique
Dmocratique du Congo, Sierra Leone, Soudan
(o il opre sous la marque "Mobitel"),
Tanzanie, Ouganda et Zambie. "Il nous a fallu
convaincre les gens que Celtel prsentait en fait
un risque plus faible que celui qu'on lui attri-
buait", ajoute Martin de Koning, directeur des
communications chez Celtel. Le Dr Mo
Ibrahim, expatri soudanais et ancien consul-
tant en tlcommunications, a fond Celtel il y
a presque dix ans avec un ami consultant, Terry
Rhodes. Celtel a alors acquis une licence uni-
que pour oprer en Ouganda. Dans un premier


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007


temps, il a fallu runir les fonds ncessaires pour
pouvoir investor massivement dans l'infrastruc-
ture... jusqu' l'acquisition de gnrateurs de
secours pour que les rseaux puissent rester op-
rationnels en cas de coupure de courant.
Finalement un milliard de dollars a pu tre runi
grce des capitaux privs et publics. En 2005,
Celtel a t vendue Kuwait's MTC, une
socit de tlcommunications majeure du
Moyen-Orient, pour un montant de 3,5 milliards
de dollars. Un rachat qui s'est avr tre une
vritable manne quivalente 6 mois de salaires
pour de nombreux employs. En 2006, l'entre-
prise pntrait l'immense march nigrian,
grce l'acquisition -au prix d'un milliard de
dollars -d'un droit de contrle dans "Vmobile",
rebaptis "Celtel Nigeria".

> Expansion rural

Celtel acquiert, par soumission, des licences ou
rachte des entreprises locales. En 2007, les
investissements consentis par MTC/Celtel sur
le continent africain devraient atteindre les deux
milliards de dollars, avec l'obligation de s'ten-
dre aux zones rurales. Sur les 7.500 employs
que compete l'entreprise, 99% sont originaires
des nations africaines, explique Rhodes. On
dnombre au total 400.000 points de vente pour
les cartes prpayes dans les 15 pays.
Alors qu'elle important au dpart les technolo-
gies sur le continent africain, l'entreprise met
aujourd'hui sur les rails le premier rseau de


tlphonie mobile sans frontires au monde
une innovation au bnfice des nations africai-
nes et des clients, qui peuvent dsormais appe-
ler et recevoir des appeals de 6 pays, sans que les
tarifs plus coteux de roaming ne soient appli-
qus, explique Rhodes. Le client peut acheter
une carte SIM en RDC Congo, au Congo-
Brazzaville, en Tanzanie, en Ouganda, au
Kenya et au Gabon. Dans ces six pays, ses com-
munications lui seront factures au mme tarif.
Ce produit, baptis One network, a plusieurs
longueurs d'avance sur les offres des socits
de tlphonie mobile europennes, qui taxent
lourdement les appeals entrants et sortants dans
les pays europens o la carte SIM n'a pas t
achete, souligne Rhodes. M. Koning explique
aussi que Celtel offre des formations continues
son personnel, don't un programme de forma-
tion de 15 mois, intitul "Headstart".
L'attribution d'options et d'actions de l'entre-
prise est un autre advantage offert par Celtel.
Celtel est galement associe une srie de pro-
jets volontaires de distribution de livres dans les
coles et l'amnagement d'coles.
Celtel est impatiente d'tendre son rseau
d'autres nations africaines, notamment
l'Ethiopie, le Mozambique et l'Angola en atten-
dant de devenir une entreprise de tlphonie
panafricaine de tout premier plan. D.P. M
www.celtel.com

En haut: garden de troupeau Masa exhibant avec fiert
son tlphone mobile, Kenya.
IRIN /Neil Thomas






Interactions ACP-UE


Aminata Niang


flmorce d'un


tournant dcisif


dans l'approche des




flPE

Conseil informel
Dveloppement de Funchal


C est dans l'archipel
de Madre, trait
d'union entire les
ctes africaines et
le littoral europen, que les minis-
tres de l'Union europenne res-
ponsables du Dveloppement ont
t convis, les 21 et 22 septembre
derniers, une runion informelle
consacre des questions essen-
tielles du partenariat liant 1'UE et
les pays ACP (Afrique/Carabe
/Pacifique). Joao Gomes Cravinho,
Secrtaire d'Etat aux Affaires
trangres et la Coopration du
Portugal, actuel president du
Conseil Dvelop-pement, avait
ceur, pour ce rendez-vous semes-
triel, d'inviter ses collgues rfl-
chir trois priorits de la prsi-
dence portugaise : comment am-
liorer les liens entire les politiques
europennes de scurit et de
dveloppement dans les pays en
dveloppement ? Comment am-
liorer le rle jou par l'UE dans les
pays en situation de fragilit pour
une rponse plus adapte aux pro-
blmes rencontrs ? Que faire pour
que les ngociations laborieuses
d'accords de partenariat conomi-
que (APE) entire l'UE et six sous-
ensembles rgionaux ACP dbou-
chent, d'ici au 31 dcembre 2007,
sur la signature d'APE inaugurant
un nouveau rgime commercial qui
combine la ncessaire compatibi-
lit avec les rgles de libre-change
de l'Organisation mondiale du
commerce (OMC) et le respect


imprieux des objectifs de dve-
loppement des pays ACP ?
L'ambition de la prsidence tait de
dgager des pistes pour faire pro-
gresser la politique de dveloppe-
ment de l'UE et de porter certain
dossiers maturation en vue du
deuxime sommet UE-Afrique
organis Lisbonne (8-9 dcem-
bre). Le pari a t gagn. Le
Conseil informel de Funchal res-
tera dans les annales du dveloppe-
ment pour avoir amorc un tour-
nant dcisif dans l'approche euro-
penne des APE. Mais aussi pour
avoir prconis l'application du
code de conduite sur la rpartition
optimale du travail entire la
Commission et les Etats membres
dans les pays en dveloppement
fragiles et entam une discussion
de haut vol sur la ncessit de tra-
cer plus prcisment les limits res-
pectives de la politique trangre et
de scurit commune (PESC) et de
la politique humanitaire de l'UE,
pour viter la confusion des genres.

> Prciser
quand marier defense
et dueloppement

Si l'intervention de l'arme dans la
sphre humanitaire peut avoir son
utility (l'opration ARTEMIS en
Ituri, au Congo, par example, a
bien fonctionn, et la perspective
du dploiement de l'EUFOR
Tchad/RCA visant scuriser les
rfugis de la cruise du Darfour et


les travailleurs humanitaires est
source d'espoir), tous considrent
que l'humanitaire devrait toujours
conserver "le leadership". Les
experiences du Royaume-Uni, des
Pays-Bas et du Danemark, cham-
pions de la cooperation intense
entire leurs ministres du
Dveloppement et de la Dfense,
doivent avoir valeur d'exemple
pour les autres Etats membres,
estime le Conseil.
"Scurit et defense, et scurit et
dveloppement sont les deux faces
d'une mme mdaille. Nous avons
encore des difficults d'ordre cultu-
rel pour dterminer quand marier
defense et dveloppement, mais il
y a unanimit pour travailler main
dans la main", rsume Joao Gomes
Gravinho voquant "le dbut d'un
processus qui sera long". Louis
Michel, Commissaire au Dvelop-
pement et l'Aide humanitaire
ajoute : "nous sommes tous d'ac-
cord pour dire qu'il n'y a pas de
scurit sans dveloppement, et pas
de dveloppement sans scurit.
Mais le dveloppement a sa finalit
propre. Et le militaire n'est pas l
pour faire de l'humanitaire ou du
dveloppement. Il est donc primor-
dial de dfinir les rgles d'engage-
ment prcises des forces militaires,
sans lesquelles il n'y a pas moyen
d'assumer la responsabilit politi-
que ?" C'est cette tche que s'at-
telle la Commission europenne
qui prsentera prochainement un
document pour "dfinir les mis-
sions naturelles de chacun" et pr-
ciser ces rgles d'engagement.

> Uers des OPE
en deux temps ?

Devant le Conseil, Peter
Mandelson, Commissaire au
Commerce, a dress un sombre
bilan des ngociations d'APE avec
les rgions ACP. Les difficults
rencontres avec la majority d'en-
tre elles, effarouches par la libra-
lisation des changes, sont normes
l'Afrique occidentale et l'Afrique
orientale tant les plus en retard, la
Carabe et le Pacifique, les plus
avances, l'Afrique australe, sou-
dainement en panne -aucune d'en-
tre elles n'ayant encore soumis


1'UE d'offre d'ouverture de son
march aux products de l'UE.
Le Commissaire a rappel qu'en
l'absence d'APE, aucun des 36
pays ACP les plus dvelopps ne
pourra esprer computer sur autre
chose que le systme de prfren-
ces gnralises, accessible tous
les pays en dveloppement et nette-
ment moins avantageux que l'accs
droit nul et sans quotas pour la
quasi-totalit des products (excep-
tion faite du riz et du sucre) offert
ds le 1- janvier 2008 aux ACP
signant un APE. Une affirmation
qu'a conteste l'eurodpute
Glenys Kinnock, coprsidente de
l'assemble parlementaire paritaire
ACP/UE, favorable la poursuite
des ngociations et l'application
du SPG Plus tous les ACP en dif-
ficult, le temps qu'un accord
intervienne sur le contenu d'APE,
conformes leurs besoins de dve-
loppement. La participation active
de reprsentants du Parlement
europen aux changes de vues est
une spcificit du Conseil
Dveloppement, "le seul parmi les
formations sectorielles du Conseil
de l'UE, donner la parole aux
lus", se flicite Mme Kinnock.
Si les ministres ont donn la
Commission europenne leur
appui pour aider les ACP garantir
l'entre en vigueur des APE au 1er
janvier 2008 (date-butoir fixe par
l'OMC), ils l'ont invite revoir
la baisse son niveau d'ambition. "Il
n'est pas question de changer la
date. Nous avons la ncessit abso-
lue de conclure avant la fin de l'an-
ne des accords les plus complete
possibles. Si cela ne peut se faire, il
faut un accord gnral de principle
avec toutes les rgions" a reconnu
publiquement M. Cravinho.
Un accord tablissant un cadre
gnral et les dtails rgler dans
les trois premiers mois de janvier
2008, prcise-t-il. Une manire de
dire que l'UE devra se rsoudre
ne pouvoir conclure au 31 dcem-
bre 2007, avec toutes les rgions
ACP, des APE portant la fois sur
les products et les questions dites
"de nouvelle gnration" dans le
jargon de l'OMC (services, mar-
chs publics, concurrence, inves-
tissements). M


CURRIER






Calendrier Interactions


Agenda

Octobre Dcembre 2007


nouembre 2007


> 1 Confrence sur l'Energie
UE -Moyen Orient -Afrique.
Sharm El Sheikh, Egypte

> 5-8 Runion plnire du Processus
de Kimberley.
Bruxelles, Belgique

> 7-9 Journes europennes
du dveloppement 2007,
consacres notamment l'tude
des effects du changement
climatique sur les pays
en dveloppement.
Lisbonne, Portugal
dev-days@eu.europa.eu

> 12-13 Confrence
"Business et la Biodiversit".
Fondation Calouste Gulbenkian.
Lisbonne, Portugal


> 14-16 10e session de l'Assemble
parlementaire ACP.
Kigali, Rwanda

> 17-22 14e session de l'Assemble
paritaire ACP-UE.
Kigali, Rwanda
www.acp.int

> 23-25 Runion des Chefs d'Etat
du Commonwealth.
Kampala, Uganda
1'..111.... i . les socits du
Commonwealth pour raliser le
dveloppement politique,
conomique et human" est le
thme de la runion bi-annuelle
des 53 ( ,,. r, d'Etat du
Commonwealth. Des sessions
sont galement prvues pour les
homes d' i '..... et les jeunes.
www.chogm2007.ug
www.thecommonwealth.org


Dcembre 2007


> 3-4 Confrence "Diasporas et
communauts transnationales".
Wilton Park, Royaume-Uni
Comment les diasporas
contribuent au dveloppement
de leur pays hte et leur pays
d'origine
www.wiltonpark.org

> 8-9 Sommet UE-Afrique.
Lisbonne, Portugal

> 9-13 Runion des ministres ACP
responsables des APE.
Lieu c.-. .

> A c..i, .
86e Session du Conseil
des ministres ACP.
Bruxelles, Belgique


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007













Fin du protocol SUCRE


Les rcents pourparlers autour d'un accord destin succder au protocole sucre ont
laiss comme un got amer aux pays ACP. Les quotas d'exportation fixs pour les dif-
frents producteurs ACP, bnficiant d'un prix nettement plus lev que celui en
vigueur sur les marchs mondiaux, sont en effet appels disparatre. Nous nous som-
mes demand dans quelle measure un march du sucre "post-protocole", rgi par les
Accords de partenariat conomique (APE) pourrait, en fin de compete, turner l'avan-
tage des exportateurs ACP de sucre non raffin.


non couverts par l'offre d'accs illimit -en franchise de droits
et sans contingents -mise sur la table en avril 2007 par l'UE
au titre des APE proposs pour six rgions. D'o une ambiance
couper au couteau lors des rcentes ngociations UE-ACP haut niveau
(du 12 au 14 septembre) qui visaient dterminer comment grer cette
transition vers une libralisation du march du sucre.
"Le protocole sucre est par excellence, un modle d'accord commercial
entire le Nord et le Sud, qui intgre une solide dimension de dveloppe-
ment", pouvait-on lire dans une declaration manant du group ACP.
Pour de nombreux pays producteurs, cet accord, inscrit dans les accords
de dveloppement entire les ACP et l'UE qui se sont succds depuis
1975, a en effet t synonyme de croissance conomique et de dvelop-
l i e l .' I .' I

L il I ll.1.1! IC 1 01 1 C LIC 11 11' Illl .I C .1 !1 Ill.' !,i h l l

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l'volu1ion dJr id; pnd II I.n iiarLe ih110 iiJi. Ju iiue ic
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> Des prix la baisse

En 2005, les sucriers ACP s'taient dj vus imposer une diminution de
36% des prix sur une priode de quatre ans, partir de la champagne 2006-
2007. Une baisse de prix qui doit aller de pair avec une diminution du
prix du sucre non raffin europen. Les pays ACP ne manquent pas de
souligner que cette decision s'est dj traduite par une perte de revenues
annuelle de 250 millions d'euros pour les 18 membres du Protocole.
Et d'autres changements se profilent l'horizon, tant donn que les APE,
qui doivent entrer en vigueur le 1" janvier 2008, sont tenus de respecter les
rgles de l'Organisation mondiale du commerce, en vertu desquelles une
zone de libre-change doit couvrir par essence tous les changes. Pour de
nombreuses rgions des ACP, don't la SADC (Communaut de dveloppe-
Il I n l l \ !!!, .l 'l ll 1. .' '. ( . .1l !l' .. .' L l I L .IL ! Il I ii'. i 1. l l I c. I ,l 1.. nllII .
S!*iL'1c.*.ii ll iii. Il .i!. i *i! 1. IL' 1. .' c h lL sl, h' !i '.L* I 'L !. 1 iE
1 II i 1 1 ,! il -!, l .1 .11- ii Lc 1 I iE c lc .1 ll, !ci c I'i c 1.i!. Iici ..! Ic 1i

Ic. l Ic. i .. i IL. l iI' I' .Il A.I II 1.1C I i i!IIc IL!lh! l .I ,I j hI.1 l-
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l' i'-, 1 i11 I lc i dl i i[ l 'lP I I .I .IIII i l i s." i! Ll l c i.l ... c i I ,l ,i I .l ''- l IL ,. 'I i
I.i Jl' di. 'lIi .l[I' 1 Ii l' I [Il,, .ll' ll.ll P I L".' lnlp lL.' [LI 111 de.', pI' .'_1.1111Llh 'c











sociaux destins aider les sucriers qui ont
dcid de se reconvertir. Pour la priode
2006-2013, ces strategies bnficient dj d'une
envelope de 1,24 milliard d'euros.


> Un accs rgi par les OPE


L'UE examine actuellement les accords transi-
toires pour le sucre, prvus au titre des APE avec
les rgions ACP. Dans l'tat actuel des choses,
l'offre communautaire du 4 avril tendra l'accs
au march de l'UE tous les producteurs de
sucre d'ici 2009, La Rpublique Dominicaine
bnficiera ainsi pour la premiere fois d'un accs
en franchise de droit sur le march de l'UE. Une
second phase, qui doit commencer en octobre
2009, prvoit une clause de sauvegarde pour des
quantits allant jusqu' 3,5 millions de tonnes
pour tous les exportateurs et 1,3 million de ton-
nes pour les producteurs ACP, pour lesquelles
des droits de douane seront appliqus. Jusqu'en
2012, l'UE offre un "prix plancher ;iii.i..iii et
rmunrateur". Les phases de transition sont l
pour veiller ce que le changement ne se fasse
pas au dtriment des plus pauvres, rpte-on du
ct de l'UE. Lors d'une runion ministrielle
spciale des pays ACP sur le sucre, Lionel
Jeffries, Ministre des Affaires trangres et de la
Cooperation international de Guyane, a dclar
que les pays ACP souhaitaient davantage de
clart et une offre plus avantageuse, comme par
example un contingent plus important non sou-
mis aux clauses de sauvegarde, des quotas rgio-
naux et des prix rmunrateurs aprs 2015.
Au beau milieu des ngociations, les pays ACP
disent avoir reu un coup dans le dos de la part
de l'UE qui a dcid, la fin septembre, de
"dnoncer" le protocole. Peter Power, porte-
I 'IC.t! [il C. ,h l. '.l iU. t I *l t'.! ',,L.I 1 "L .' C ,lI',' ,l

>.' l Il j ,iii j 1.1 .| I .l I I l 'C l i. i i C 'l' f l[ li

.I' .1111 IL j 1.11 |L. I'l L I L tIL.' .1 'L.'! i, L' l l',.1 I L' dL' l ',I -


fre d'accs pour le sucre au titre des APE, qui
entire en vigueur en octobre 2009. "Le protocole
sucre ne peut coexister avec ces nouveaux arran-
gements, d'o la ncessit de mettre fin au pro-
tocole pour cette date", a-t-il expliqu. "L'UE est
en train de manquer aux engagements qu'elle a
pris envers les pays ACP, en attaquant prventi-
vement un moment o nous ngocions encore
les APE en toute bonne foi. A moins que les
garanties du protocole sucre ne soient transpo-
ses dans les nouveaux accords, nous n'aurons
jamais t aussi mal lotis, ce qui est en total
contradiction avec les objectifs dclars des
APE", a rtorqu M.Patrick Gomes,
Ambassadeur de Guyane auprs de l'UE et
President du Groupe consultatif sur le sucre.
Pour Paul Goodison, les nouvelles baisses de
prix "programmes" en 2013 et en 2015, dans le
cadre de la rforme de la PAC, ainsi que l'aug-
mentation croissante du prix des transports et des
assurances pour les pays ACP, font que seule une
poigne de nations d'Afrique australe
(Swaziland, Mozambique, Malawi, Zambie et
Zimbabwe) seront en measure de gnrer des
bnfices par le biais de leurs exportations
sucrires partir de 2015. Alors que le protocole
du sucre est sur le point de disparatre, il faut
aujourd'hui, selon lui, veiller exploiter au
maximum les avantages du march, aussi long-
temps qu'ils existent. "Car pour chaque contin-
gent de 10.000 tonnes de sucre export vers l'UE
au course de la saison 2008/2009, plutt que
durant la 2009/2010, les recettes supplmentai-
res atteindront presque 1, 14 million d'euros",
calcule M. Goodison. L'aide promise jusqu'ici
au secteur devrait tre libre rapidement. Et,
faisant rfrence au succs du sucre Plantation
Reserve, il conclut sur la ncessit d'octroyer des
,'C llL' l t! i. III, C 'l I 'lli! i 'II1. [!il l1 iI -L '




LIII 1' 1 l -dL." h D P M


RESERVE


1Lu[ fTt
"' 2n.Il


Commerce


I1i






Commerce


Un UEIIIR IIICERTII



pour les petits planteurs



de bananes fCP


Quels sera l'impact des Accords de partenariat conomique
pour les producteurs de bananes du group ACP ?
A ce jour, il est encore difficile de se prononcer sur la question.
Nous avons nanmoins demand aux acteurs de ce secteur
comment ils envisagent l'avenir alors que la protection assure
par le protocole banane touche sa fin.


Sur paper, l'offre d'un accs illimit au mar-
ch de l'UE ni droits ni contingents d'im-
portation -au titre d'un APE avec les pays
du Cariforum semble gnreuse, explique
Renwick Rose, coordinateur bas Saint Vincent de
la WINFA (Windward Island's Farmers' Assocation
-Association des cultivateurs des Iles au vent) qui
reprsente les planteurs de Saint Vincent, de la
Dominique, de Sainte Lucie et de Grenade.
Le rgime d'accs ouvert au march, don't l'entre en
vigueur est prvue pour le 1" janvier 2008 est en
course de ngociation. Il doit s'appliquer tous les
products, l'exception du sucre et du riz, les deux
products les plus sensibles. Ce nouveau systme est
appel remplacer les accords de march actuels au
titre du protocole banane, inscrit dans les accords de
dveloppement successifs conclus avec le group
ACP. Le protocole, encore en vigueur aujourd'hui,
autorise le libre accs -sans droits de douanes donc
-de 775.000 tonnes de bananes, un quota d'importa-
tion rparti entire les diffrents pays ACP.
Mais il suffit de gratter un peu pour s'apercevoir que
les choses ne sont pas aussi simples et que l'avenir
du march post-protocole suscite une certain nervo-
sit. Pour M. Rose, tout se rsumera une question
de prix. Selon lui, les plus touchs seront les petits
planteurs du group ACP ; ceux des Iles au vent,
mais aussi les petits exploitants de la Jamaque, du
Belize et de certain pays d'Afrique, comme le
Cameroun.
Selon Alistair Smith, qui travaille pour Bananalink,
une ONG britannique qui se bat pour le commerce
quitable des bananes issues de l'agriculture durable,
les grandes multinationales des pays ACP sont dj
bien implantes dans plusieurs nations africaines,
parmi lesquelles la Cte d'Ivoire et le Ghana.


> Pression sur les prix

"Les plus grands producteurs de bananes exerceront
une pression la baisse sur les prix", explique Rose.
Et d'ajouter : "La libralisation du march n'a pas de
sens si le prix n'est pas rmunrateur pour l'exporta-
teur". Les planteurs de la region ont dj fait preuve
de leur capacity prendre le taureau par les cornes, en
se lanant, ds les annes 1990, dans un processus de
restructuration de la filire bananes. L'Union euro-
penne (UE) les a aids en finanant de nombreux
projects visant amliorer les mthodes de production.
Des projects d'irrigation, de construction de routes ou
encore des postes de reception et de distribution et des
systmes de certification ont ainsi vu le jour. L'aide
financire de l'UE a galement encourage la diversifi-
cation d'autres cultures et permis de finance des
plans sociaux pour les planteurs au bord du gouffre.
Les Iles au vent competent aujourd'hui un "noyau dur"
de planteurs qui commercialisent leurs products label-
liss "commerce quitable" aux grandes chanes de
supermarchs du Royaume-Uni. La banane-dessert
des Iles au vent, douce et sucre, mais aussi de taille
idale pour les botes tartines, est encore peu connue
en dehors du Royaume-Uni. "Notre crainte, en ce qui
concern la libralisation imminent du march, c'est
de voir se creuser les differences de prix entire les pro-
ducteurs 'commerce quitable' et les producteurs de
bananes ordinaires", prcise M. Rose. "Un march
rglement est essential pour nous", ajoute-il. "Mme
si le commerce quitable nous a sauvs, il ne nous
protgera pas de la pression sur les prix qui caractrise
aujourd'hui le march, prcise-t-il, tout en rappelant
aux ngociateurs de l'UE et des ACP que "rien, dans
le texte APE, ne laisse supposed que nous bnficie-
rons d'une compensation pour les bananes". D.P. M


I lR E

































































N'3 ^ N. NOVEMBRE DCEMBRE 2007 35
















[11 1 11


DIEUDOnnE KH


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r.I
Y .icq


Autant ce touche--tout de gnie est
connu en Belgique et dans beau-
coup de pays du monde franco-
phone pour ses succs, son affabi-
lit naturelle, y compris envers ceux qu'il
tance dans ses spectacles, sa voix grave et
chaude, sa carrure de catcher ; autant il est
modest, comme inconscient de sa notorit
et de la sympathie qu'il suscite chez tous,
mme chez ceux qui le connaissent de loin. Et
il est par excellence le passeur entire Bruxelles
et Kinshasa.
Ce jour-l, la grve de train sur la ligne
Bruxelles-Mons-Lige n'tait pas mal venue
pour tous. Au lieu de nous rencontrer Mons,
au Thtre du Mange, nous avons fait la
route ensemble en voiture. Ce qui a permis
une heure supplmentaire de conversation.
La journe professionnelle de Kabongo devait
commencer par les essayages de costumes sous
le contrle d'un assistant du metteur en scne
de la pice qu'il rpte. A l'arrive, le metteur
en scne lui-mme tait l. Que dis-je ? le
matre, le magicien !
Car Dieudonn Kabongo travaillait sous la
direction de Dragone. Franco Dragone, le
Belge qui a conquis Las Vegas, la Californie,
Montral, etc., l'homme des mises en scne
gigantesques. La Disney Cinema Parade, c'est
lui, "Le rve" de Las Vegas pour inaugurer le
complex hotelier Wynn don't les images ont
merveill le monde entier, encore lui... Et le


mga-spectacle de Cline Dion "A new day",
et l'exposition au "Muse de la Civilisation"
pour le 400' anniversaire de la Ville de
Qubec, et prochainement, en automne 2009,
la dmesure avec "City of Dreams" Macao
avec un casting de centaines sinon de milliers
de gymnastes, d'acrobates, de nageurs aquati-
ques, d'quilibristes et d'artistes des arts
visuels de toutes disciplines.
Evidemment, ce n'est pas Kabongo qui souli-
gnera la distinction qui lui est faite. Dans la
voiture, pour prciser le rle qu'il joue dans
Othello, passeur, il rpond le plus naturelle-
ment du monde : "Othello". Il est Othello,
n'en pas douter, et encore plus ds qu'il a enfil
le premier costume essay fait de superposi-
tions d'un camaeu de blanc et de blanc cass,
pour rappeler l'Afrique mauresque et le Sahel.
Sur la route, il nous explique : "Othello est
passeur d'immigrs clandestins vers l'Europe.
Mais en mme temps, il a lu ou il connat ou il
a la prescience d'Othello de Shakespeare. Il
rebaptisera ses passagers du nom de ses per-
sonnages. Il aime une fille. Desdmone, bien
sr. Il affronte l'adversit. Il connat la destine
d'Othello. La suivra-t-il ou s'en dviera-t-il ?"
Et il nous confie sa vision de sa propre vie.
"Longtemps, j'ai t pris dans le dilemme.
Artiste-africain ou artiste et africain.
Evidemment, le train d'union me gnait. On
est artiste simplement. Mais peu peu, cette
pression a disparu et m'apparaissait de moin-
dre importance. Et mme la quantit de travail


qu'on doit fournir comme immigr pour tre
reconnu tait estompe dans ma rflexion, car
il y a un phnomne d'merveillement dans
lequel nous plonge la creation".
Emerveill par l'art, merveill par l'mer-
veillement du public. C'est cette lumire per-
manente dans son jeu, son criture, ses
conversations, ses bons mots qui caractrise
Kabongo et lui fait ignorer autant les obscu-
rantismes que les calculs obscurs. Une des
fierts que la Belgique, surtout Bruxelles,
s'approprie, Dieudonn Kabongo qui y vit
depuis 1970, encore adolescent son arrive,
n'a jamais pens prendre la nationalit belge
par example. "Pas par idologie, je ne m'ima-
gine tout simplement pas autre que Congolais.
Mais a ne me drange nullement quand la
press locale m'adopte et me prsente comme
Belge".
Au Mange, une fois les costumes retenus
aprs moult essais et pauses, les rptitions
commencent. Dragone veut ajuster des bribes
de scne, s'assurer de leurs tons justes et de la
bonne occupation de l'espace en salle de rp-
tition avant de passer, les jours prochains, la
mise en place en salle de spectacle.
Pralablement, Kabongo qui s'tait apprt en
premier, fait un change avec l'un des com-
diens. Les deux se remmoraient leurs textes
avec difficult.
Miracle. A peine sur scne devant Dragone,
presque tout coule de source. Othello et lago
sont devant nous.


COURRIER


ilCI


1






Zoom


Viens ici lago
Othello, les hommes rlent.
Que les hommes ?
Ne ris pas, Othello, les femmes aussi, bien
sr.
Qu'est-ce qui t'arrive, lago, tu es le prpos
aux requtes ?
Je suis avec eux.
Et alors ?

Et Dragone d'intervenir avec psychologie,
ajustant ses envies et sa vision sur la sensibi-
lit des artistes avec une precision comme
chirurgicale, ceux-ci saisissant exactement ce
qu'il leur insinue. Et ils recommencent.
Chaque pause dans la rptition a t l'occa-
sion d'couter la voix basse et pose de
Kabongo sur l'art, la vie, ses rencontres, son
parcours. Parcours don't le premier grand suc-
cs en 1984 (il avait un peu plus de trente ans)
a t sa pice co-crite et joue avec Mirko
Popovitch 1/. r,. -i..... des ts-ts, premier
prix du Festival du rire de Rochefort. Et qui a
enchan avec tant d'autres triomphes.
La journe avec Dieudonn Kabongo s'ach-
vera vers deux heures du matin, de longues
heures aprs le retour Bruxelles.
Avec pudeur il a parl de ses succs, de sa jeu-
nesse, de l'veil de sa vocation avec le souve-
nir de son oncle conteur "qui faisait some
toute la mme chose que d'autres qui allaient
m'merveiller comme Robert Lamoureux ou
Bourvil, mais sans les grands moyens de
ceux-ci".
Et aussi de son apprentissage en autodidacte
au mtier de la scne et l'criture, aprs des


dbuts d'tudes sup- 'W <'
rieures en lectromca-
nique dans la petite
ville wallonne de
Virton, parce que "a llm
sonnait bien" et parce
qu' l'poque, on vou-
lait faire des mtiers
engags qui permet-
taient d'aider son pays
sortir du sous-dve-
loppement. Aussi sur sa
"formation perma-
nente" car il continue
apprendre le mtier au
contact de chacun. Des
jeunes surtout. "Ca
rafrachit mon regard".
Au dbut de sa carrire
artistique, le thtre lui
a appris communi-
quer avec les jeunes,
leur enseigner par
example les mathma-
tiques. Il les faisait rire
et eux retenaient ses
explications.
Experience qui facili-
tera en retour sa cra-
tion artistique et son
approche de la scne,
"et de faon gnrale, l'importance du regard
de l'autre dans son propre regard".
Sur sa place de citoyen connu et reconnu dans
la cit, la mme distance !
Il aide des associations, participe certain de


NE02/


Couverture de Zone02 consacre Dieudonn Kabongo. I


leurs conseils d'administration mais refuse
d'tre un pompier social. Aprs un incident
grave dans le quarter Matonge, le quarter
congolais de Bruxelles, qui a vu la mort d'un
jeune Congolais, il avait t sollicit pour
donner ses conseils au bourgmestre (maire) de
la commune concerne.
Mais il avoue viter de jouer pareil rle car
prfrant intervenir en amount pour pousser
la culture plutt que pour freiner les bagarres.
"La culture est extraordinaire. Elle a la vertu
de faire des miracles et d'viter pareils chocs
et fractures. C'est cela qui m'merveille"
H.G. M



Thtre, filmographie, discographie rcente de
Dieudonn Kabongo, voir entire autres
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dieudonn%
C3%A9_Kabongo
http://www.wbm.be/artist.php?lng=fr&id=577

Othello au Thtre Le Mange (Mons,
Belgique). Du 29 novembre 2007 au 13 janvier
2008 20h30. Du 9 au 12 janvier 08 20h30,
le 13 16h. +32-(0)65/39.59.39 www.lema-
nege.com. Mise en scne Franco Dragone.
Librement adapt de William Shakespeare par
Yves Vasseur avec Vincent Engel.


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007






f e la terre






Dcouuerte d'un fossil



en Erythre :



LE CHRIIOn mnlQURnT



pour I'uolution de I'lphant?

L i i.li;'., ii' c'ti c' ..l !". ..!!,.' |i'tlhl 'l 'il i.n d.'i ..l 'iti '!.i i l, l. ui I u', !,, t .| ii'iii! !. i.... .l .' ii.,,' 'l l .i r->,'_.! j !'. I ,' Je J 'L -.l I 'l l n.'i! l'L'l[ .lr.ll il I
.II I 'C I C I I C, !.c Il' 1 I IIi'i CI l !l l..i l l' I l' ',, kL'' i ll I k I ll I P i lll C l C I I l L' iC ",iC l i .'
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COU RRIER







De la terre


dibule) dans sa ferme et s'est rapidement rendu
compete qu'il ne ressemblait aucun os qu'il
avait pu voir jusqu'ici. Selon le fossile, l'animal
possdait un long museau et de petites defenses
et se nourrissait essentiellement de vgtaux.
L'examen des os a rvl que l'animal tait g
,.Ic -'- -' I 1!, Cilil'.iicin !I dII 2I llI .l
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l :* rI S rJo Er.l.,RE iCE,: lER.I. E :,:,,:,.


r ---- -- -



















En haut: ;
Restauration de :
Gomphotherium -i.,
angustidens et Eritreum
melakeghebrekristosi. '"

En-dessous : .- i .
Reconstruction de la
mandibule de




Marchant "

I .*f


Ei meIakeghebrekritiii
Marchanti


melakeghekristosi. C'est en effet dans ce pays
que l'os a t mis au jour et que Monsieur
Melake Ghebrekristos s'est rendu compete de
l'importance de sa dcouverte. Celui-ci a
dclar qu'il esprait que ce tmoignage de
reconnaissance encouragerait les habitants
d'Erythre contribuer la recherche scientifi-
que dans leur pays. Ce fossile, d'une importance
capital, complete les autres restes mis au jour,
et les nombreux autres encore enfouis dans la
region et qui n'attendent qu' tre dcouverts.
Situe dans le grand Rift est-africain, l'Erythre
est un vritable laboratoire de l'volution des
mammifres et personnel ne s'tonnera que cette
region du monde soit le thtre d'autres dcou-
vertes palontologiques qui contribueront enri-
chir la connaissance scientifique de notre
monde. Toutefois, il convient de veiller tout par-
ticulirement prserver les artefacts et les fos-
siles, trs prcieux pour notre connaissance de
l'histoire de l'volution. A ce propos, le
Professeur Seife insisted sur le fait qu'il est essen-


tiel de protger cet incroyable patrimoine. Il faut
en informer toutes les personnel concernes si
on ne veut pas prendre le risque de perdre dfi-
nitivement toute trace de notre histoire.
Rappelons ce propos que les dcouvertes fai-
tes Dogoli, Abdur et Buya ont fait de
l'Erythre l'un des sites majeurs de l'volution
des tres humans et de la culture. La protection
de ce patrimoine unique est un atout qu'il
convient d'exploiter et de valoriser, pour l'ac-
tuelle gnration et les gnrations futures, en
dveloppant l'cotourisme. Ce rapport est le
premier compte-rendu commun sur la faune
mammifre, actuelle et teinte, en Erythre.
Toutes les publications sur les assemblages de
faune JEl_.Ii. c, publies avant 1993 sont en
fait censes concerned l'Ethiopie, puisque
l'Erythre tait alors une province de ce pays.
Reste esprer que les donnes prsentes ici
serviront de base la recherche future sur la
palo-zoogographie et la no-zoogographie
des mammifres d'Erythre. a





































DECHETS


:LECTROnIQUES :


Quand le priu s'implique en Affrique


L e gant amricain de l'informatique et dfavorises par la promotion de comptences
de l'lectronique, Hewlett-Packard et la creation d'emploi".
(HP), a lanc en septembre un project
visant rduire l'impact des dchets > Projet pilot en Afrique du Sud
lectroniques sur la sant et l'environnement


des pays en dveloppement, principaux rci-
piendaires de ces dchets. Le project, men en
partenariat avec le Global Digital Solidarity
Fund et la Swiss Institute for Materials Science
and technology, dbutera en Afrique du Sud.
L'ide est de rduire les effects potentiels du
mauvais traitement des dchets lectroniques
sur la sant et l'environnement, mais aussi de
crer des emplois parmi les communauts les
plus dfavorises. "Nous considrons ce project
comme un moyen de dvelopper une infra-
structure capable de traiter en toute scurit les
dchets lectroniques en function des habitu-
des et des structures locales", a dclar Kalus
Hieronymi, directeur de l'organisation de ges-
tion de l'environnement chez HP Europe,
Moyen-Orient et Afrique. Et de poursuivre :
"Nous esprons que cette analyse initial nous
aidera crer un vaste partenariat public-priv
qui amliorera les standards sanitaires et envi-
ronnementaux et aidera les communauts


Le modle de gestion des dchets lectroniques
en Afrique viendra se greffer sur les plans de
recyclage dj existants, l'ide tant de
dployer cette initiative grande chelle d'ici
dcembre 2008. L'Afrique du Sud abritera le
project pilote, suivie par le Maroc, le Kenya et
la Tunisie. Par ailleurs, la firme s'tait fix
comme objectif en 2004 le recyclage de
500.000 tonnes de matriels lectroniques
l'chelle mondiale avant la fin de 2007. Cet
objectif ayant t atteint six mois plus tt que
prvu, HP table dsormais sur le recyclage de
500.000 tonnes supplmentaires d'ici fin 2010.

> L'Afrique poubelle

Les dchets issues des quipements lectroni-
ques et lectriques (les DEE) s'valuent des
dizaines de millions de tonnes par an et repr-
sentent plus de 5% des ordures municipales
selon l'ONU, qui vient de lancer un pro-


gramme mondial appel StEP (Solving the E-
Waste Problem, rsoudre le problme des
dchets lectroniques). Selon Basel Action
Network (BAN), une ONG international qui
lutte contre le commerce et le traffic des mati-
res toxiques, 400.000 ordinateurs et crans
usags, en divers tats et de tous ges, entrent
au Nigeria chaque mois. Sous le prtexte des
dons, rapporte Franois Ossama, lectronicien
camerounais et auteur du livre "Les Nouvelles
technologies de l'information. Enjeux pour
l'Afrique sub-saharienne (www.riddac.org/
blogs/francoisossama/), des milliers d'ordina-
teurs obsoltes sont dverss dans des pays qui
ne disposent pourtant d'aucune capacity de
recyclage don't la matrise reste complex sur
le plan technologique". Et d'ajouter : "Lorsque
qu'une amie responsible d'une association
fminine au Cameroun m'appela il y a deux
ans pour l'aider installer les ordinateurs
qu'elle venait de recevoir d'un don, grandes
furent notre surprise et notre dception de
constater que sur les 8 ordinateurs reus, un
seul (qui tait par ailleurs une machine IBM
des annes 80) dmarrait !"
M.M.B. M


COURRIER


n..








eportage


-r

* .. "


Timor-Leste


Timor-Leste, rcemment entr dans le concert des
nations. Une histoire romanesque qui symbolise la
geste pique d'un people pour conqurir sa souverai-
net. Avec des homes entrs vivants dans la
lgende. Comme Jos Ramos-Horta, rvolutionnaire,
sage, prix Nobel de la Paix, Xanana Gusmo, rvolu-
tionnaire, pote et peintre, prix Sakharov de la Paix
et une collection de distinctions tout aussi prestigieu-
ses. L'indpendance formelle de ce petit pays du
Sud-Est asiatique le 20 mai 2002 a clos l'un des mar-
tyrologes les plus durs qu'un people ait eu subir
dans l'histoire contemporaine.
Il a souffert depuis de convulsions some toute pr-


visible aprs une histoire si tourmente. Mais le jeu
dmocratique y est respect, fier d'tre dans sa
region l'un des rares pays defendant dans les instan-
ces internationales les mmes valeurs que l'Union
europenne. Et ses atouts de dveloppement sont
manifestes. A commencer par une politique cono-
mique relativement saine : pas de dette, pas de cor-
ruption notoire. Une future exploitation de ses rser-
ves ptrolires sur une base apparemment durable.
Une adhsion prochaine I'ASEAN. Et puis, un pays
d'une telle beauty et d'une telle magnificence.
A dcouvrir si on veut sortir des terrains battus d'un
tourism format.


N 3 N S NOVEMBRE DCEMBRE 2007





eportage Timor-Leste


Hegel Goutier



Iaissance



d'une nation dans une


lus que pour toute autre, l'mergence comme nation indpen-
dante de Timor Leste symbolise la geste pique d'un people
pour conqurir sa souverainet. L'indpendance formelle de
ce petit pays du Sud-Est asiatique le 20 mai 2002 a clos l'un
des martyrologes les plus durs qu'un people ait eu subir dans l'histoire
contemporaine.
En 25 ans d'occupation indonsienne : plus de 200.000 morts sur une
population d'un peu plus de 700.000 habitants. Une liberation ralise


quasiment sans aide extrieure, le plus souvent dans l'indiffrence de la
communaut international. La barbarie de cette occupation a fait
oublier et relativiser l'incurie de la colonisation portugaise qui l'avait
prcde et qui avait laiss aprs cinq sicles un pays dans une pauvret
inoue, sans infrastructures, quasiment sans resources humaines capa-
bles d'assurer le dveloppement d'une nouvelle nation.
Les traces remontant plus de 3.000 ans montrent que l'le tait habi-
te dj par une population mlansienne, les Atoli. Vers 2.500 com-






Timor-Leste eportage


mencent arriver des vagues successives de
nouveaux habitants de diverse tribus mlan-
siennes don't les Belu (ou Tetum).
Lorsque les ventures coloniales commenc-
rent, l'Islam tait en train de s'implanter dans
la region. Des missionnaires portugais arriv-
rent dans la parties orientale de l'le et conver-
tirent les Tetum (Blu) la religion catholique.
Au XVIe sicle, le pays entrera en guerre avec
le royaume musulman de Sombay, sur la par-
tie occidentale, protg par les Hollandais.
Ces derniers l'emportrent en tablissant leur
domination sur les territoires les plus impor-
tants, l'Indonsie et la parties occidentale du
Timor et les portugais ne purent garder que
l'Est du Timor et l'enclave d'Oecussi au nord
de la parties occidentale. Et c'est en 1914 que la
Cour international de Justice de la Haye lga-
lisera ces frontires.
En ce dbut du XXe sicle, le Portugal avait
dj quasi abandonn le Timor. L'intrt de
cette mtropole pour l'le ne renaquit qu'
l'aurore de la Seconde Guerre mondiale dans
le context surchauff de la confrontation des
idologies. Comme paradoxalement le gou-
vernement portugais a opt pour les Allis, le
Timor oriental allait se retrouver vite la
merci des armes japonaises. Le petit pays
rsista hroquement pour dfendre la cause
allie au prix d'une perte de plus de 50.000
vies humaines et sa devastation complete.
La guerre acheve, point de reconnaissance
pour son hrosme. Business as usual. La dic-
tature militaire salazariste se rinstalla l'Est.
La population du Timor oriental se souleva
contre le rgime fasciste en 1961 mais la frule
de la dictature ne se relcha pas.
Avec la revolution des (Eillets qui renversa le
rgime extrmiste le 25 avril 1974, le Portugal
reconnut le droit des colonies l'indpen-
dance. Les parties politiques firent alors leur
apparition au Timor. Trois tendances se struc-
turrent : une de droite prnant le rattachement
l'Indonsie (Association populaire et dmo-
cratique timoraise APODETI), une conserva-
trice visant une autonomie dans le cadre d'une
Rpublique portugaise (Union dmocratique
timoraise UDT) et une troisime, rvolution-
naire, indpendantiste de gauche (Front rvo-
lutionnaire pour un Timor indpendant FRE-
TILIN), toujours prsente sur la scne politi-
que. Le Parlement portugais dcida d'organi-
ser au Timor l'lection d'une assemble popu-
laire devant dboucher sur la souverainet du
pays en octobre 1978.
En reaction au choix du Portugal, l'UDT et
l'APODETI dclenchrent ds novembre
1975 les hostilits contre le Fretelin. Le pays
plongea dans une guerre civil finalement
gagne par le Fretelin qui proclama l'indpen-


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007


dance du pays le 28 novembre. Victoire de
court dure : 10 jours plus tard, le 7 dcembre
1975, les forces indonsiennes se jetrent sur
le territoire qu'elles allaient longer dans un
quart de sicle de souffrance extreme. Les cinq
premiers jours de l'invasion virent la mort de
5.000 Timorais. La resistance se rvlant, au
grand dam des envahisseurs, plus forte qu'ils
ne le pressentaient, ceux-ci dployrent la
panoplie de la barbarie : camps de concentra-
tion, utilisation de civils comme boucliers
humans, tortures, dportations, excutions
sommaires, incendies du couvert vgtal.
200.000 morts lies directement l'occupa-
tion indonsienne sur une population de
700.000 habitants l'poque.
Le Timor est officiellement annex comme
une de ses provinces.
La gurilla dura 24 ans et demi avec une orga-
nisation parfaite. En dpit de la quasi-absence
de tout soutien international qui avait peur de
sa tendance marxiste du dbut. Le monde laissa


Numro du Time du 19 juin 2000
consacr au Timor-Leste.


les coudes branches l'Indonsie. Malgr une
resistance de titans, le Fretilin peu peu perdait
ses bases. C'tait la priode dnomme par
l'occupant "de l'encerclement et de l'annihila-
tion" favorise ds 1978 par des avions d'atta-
que au sol fournis par les Etats-Unis. En 1981
les Indonsiens mirent en place la construction
macabre de la "barrire de jambes", forant
80.000 hommes timorais, parmi lesquels des
jeunes, constituer une chane humaine pour
acculer les gurilleros du Fretilin dans le centre
du pays. Echec de l'opration.
Dos au mur la fin de la dcennie 80, le
Fretilin ne capitula pas. Le 12 novembre 1991,
survint le massacre de Santa Cruz, l'horreur de
trop Dix-neuf morts selon les aveux des
Indonsiens. Plus de 250 en ralit. Mais sur-
tout, le symbol visible de l'horreur. Alors que
la gurilla tait presque moribonde, le people
prit la relve et manifesta sans arrt. Xanana
Gusmao, chef rebelle et pote (actuel Premier
ministry du Timor) fut arrt en 1992.







eportage Timor-Leste


Trop tard. Trop connu pour tre liquid.
Prisonnier, il devint une icne l'intrieur
comme l'extrieur du pays. La communaut
international ne put plus se dfausser. Deux
autres symbols, l'archevque de Dili, Carlos
Belo, et le reprsentant du Fretilin l'ONU,
Jos Ramos-Horta, furent honors par le Prix
Nobel de la Paix en 1996.
La situation semblait gele jusqu'au renverse-
ment de Suharto en 1998. En dpit de la fermet
affiche aprs son accession au pouvoir, son
successeur Habibie dcida quelque mois plus
tard d'organiser sous contrle de l'ONU un
rfrendum sur l'autonomie ou l'indpendance
au Timor oriental. Des milices pro-intgration,
tolres par l'arme, ragirent par une flambe
de violence. Malgr toutes ces intimidations, le
rfrendum du 30 aot 1999 vit la victoire cra-
sante du oui l'indpendance, 78,5%.
De nouveau, les milices pro-indonsiennes, et
cette fois-ci avec le soutien actif de l'arme,
mirent le pays feu et sang. Deux cent mille
citadins de Dili et d'autres villes durent cher-
cher refuge dans les montagnes. Parmi les vil-
les martyres de cette rage, une deviendra sym-
bolique, Suai au sud-ouest du Timor oriental o
l'arme, aprs avoir encercl les rfugis dans
une glise, abattit de sang froid trois prtres


sortis pour ngocier et perptra un massacre
dans le lieu saint qui fit 200 victims d'aprs
certaines estimations. Cette tuerie fut perptre
en presence d'un tmoin de taille : la press
international. L'Indonsie dut accepter l'envoi
des forces de l'ONU sur place. Au bout de
quelques semaines, les derniers 15.000 soldats
indonsiens, toute honte bue, vacurent le
pays qu'ils avaient laiss exsangue, sans eau,
sans lectricit ni tlphone et ayant mis le feu
nombre d'infrastructures jusqu'aux coles.
En trois ans, les troupes de l'ONU et
l'Administration de transition des NU au
Timor oriental (Untaet) avec, sa tte, le
Brsilien Sergio Vieira de Mello crrent les
conditions permettant au pays d'entrer dans
l're de son indpendance. Les lections libres
et dmocratiques du 30 aot 2001 auxquelles
participrent 93% de la population virent la
victoire nette du Fretilin, le parti qui mena la
resistance durant un quart de sicle.
L'indpendance formelle fut proclame le 20
mai 2002 avec, la tte du Timor, comme pr-
sident le combattant et pote Xanana Gusmao
et comme Premier ministry le leader emblma-
tique du Fretilin, rentr d'exil du Mozambique,
Mari Alkatiri. Une fois n'est pas coutume,
David venait de gagner contre Goliath. l


Collection Xanana Gusmao : Prix Sakharov.
SHegel Goutier


COURRIER


I






Timor-Leste eportage


Sortie de crises plutt auec
















Situation politico-conomique


long dans une crise grave en avril
2006, le Timor-Leste n'a retrouv
une paix relative qu'avec l'arrive
de casques bleus et d'autres forces
trangres. Cette crise a fait des dizaines de
morts et prs de 200.000 "dplacs" remplis-
sant des camps de fortune. Des lections
transparentes et pacifiques ont toutefois pu
avoir lieu en avril dernier mais elles ont t
suivies de quelques soubresauts inquitants.
La plupart des acteurs politiques timorais et
internationaux semblent considrer que la
crise est fine. Mais tous estiment qu'il serait
prmatur d'vacuer les forces trangres.
Le romantisme de la naissance de la nation
timoraise, la stature international de ses
principaux dirigeants avaient estomp les ris-
ques rels de convulsions dans un pays sorti


d'un traumatisme historique nul autre
pareil. La fiction de l'unit l'indpendance
n'a tenu qu'au prix de l'oubli, sinon du par-
don, de ce qui ailleurs aurait t considr
comme de la collaboration ou de la compli-
cit de crime contre l'humanit. Les plaies
taient bantes dans chaque famille.
Malgr leur charisme, les hommes de lgende
qui ont conduit le Timor-Leste sur les fonds
baptismaux et qui ont prsid ses premiers
jours n'ont pu prvenir les premires dcep-
tions et empcher qu'elles dgnrent en
meutes quelques mois peine aprs la pro-
clamation de l'indpendance. Et ceci la
barbe des forces des Nations Unies don't les
mandates, de prolongation en prolongation,
devaient arriver leur terme en mai 2005.
Peu avant cette date limited, le pays est


replong dans une autre crise autrement plus
grave. En mars 2006, le Premier ministry
Mari Alkatiri a dmis prs de 600 militaires,
le tiers de l'arme, pour mutinerie. En fait
ceux-ci sont entrs en grve pour protester
contre des discrimination supposes dans
l'arme l'encontre des originaires de l'Est
du Timor-Leste. La decision du chef du gou-
vernement a t suivie d'une explosion de
violence au course des mois d'avril, mai et
juin 2006 qui ont fait au moins 46 morts. Des
dizaines de milliers de personnel craignant
pour leur vie sont revenues des migrants
occupant des camps de fortune. Ds le dbut
de la crise, elles se chiffraient 70.000 dans
la capital et un nombre proche dans les
environs de Dili. L'ONU a d dcider vite de
remember sa presence sur place mais en y


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007







eportage Timor-Leste


envoyant seulement des policies venant
essentiellement du Portugal. Paralllement,
l'Australie rejointe par la Nouvelle-Zlande
et la Malaisie a dpch un fort contingent de
militaires qu'elle n'a pas voulu placer sous
contrle de l'ONU.
Comme consequence politique de la cruise, le
Premier ministry mme soutenu par son puis-
sant parti, le Fretilin, a d dmissionner le 25
juin 2006. Le 10 juillet, le Prsident Xanana
Gusmao a nomm Jos Ramos-Horta, l'an-
cien Ministre des Affaires trangres du gou-
vernement dmissionnaire, la tte de la nou-
velle quipe gouvernementale. La tension
s'tait vite considrablement apaise. Et le
Timor a connu, moins d'un an plus tard, des
lections prsidentielles (le 9 avril 2007) puis
lgislatives (30 juin 2007) transparentes.


Malheureusement, la designation du Premier
ministry a fait non seulement l'objet de
controversy mais a aussi t l'occasion, pour
des partisans du Fretilin passs dans l'oppo-
sition, de manifester leur mcontentement et
pour des gangs, de semer une fois de plus la
violence, engendrant une nouvelle vague de
personnel dplaces.
Le Fretilin, arriv en tte aux lections (29%
des suffrages) alors qu'on prdisait sa dfaite
total, considre inconstitutionnelle la dsi-
gnation du nouveau Premier ministry. Celui-
ci est la tte d'une coalition forme aprs la
proclamation des rsultats alors que la
Constitution stipule qu'une coalition doit
s'annoncer avant les lections. Le Prsident
Ramos-Horta a considr que, dans la situa-
tion de cruise, le pays ne pouvait pas s'offrir le
luxe de perdre six mois. Pragmatique mais
anticonstitutionnel ?

>r



Mais il parat vident que le pays vit (ou a
vcu) une crise de croissance prvisible.
L'incurie administrative des dernires annes
de la colonisation portugaise et le dsastre
sem par l'occupation indonsienne n'ont pas
permis au Timor de disposer de resources
humaines et d'infrastructures pour un dve-
loppement rapide.
Des tensions lourdes subsistent dans la popu-
lation, moins sur une base ethnique que sur
celle de la rpartition gographique. Les
rgions de l'Est de Timor-Leste avaient
fourni le gros des rsistants lors de la guerre


d'indpendance alors que celles occidentales
proches du Timor indonsien taient moins
mobilises. De plus, le pays a voulu se
construire sur une fiction de la reconciliation
entire les rsistants et les collaborateurs sans
vritable dbat public. Les victims des atro-
cits n'ont pas vu passer la justice.
La Justice est sinistre par manque d'experts.
La police manque totalement d'exprience.
Les gangs de jeunes semant la violence ne
sont ni encadrs ni contrls. Malgr le fait
que la dmocratie formelle soit respecte
dans le pays, il subsiste un deficit dmocrati-
que cause du manque de mdias et de com-
munication. Et les rumeurs ont souvent t
la base d'meutes et autres incidents graves.





Si on considre les crises de croissance de la
jeune nation come normales, les motifs
d'optimisme deviennent relativement plus
vidents. Moins d'un an aprs la crise de
2006, le Timor a pu organiser des lections
libres et transparentes.
La politique conomique du Timor est relati-
vement saine. Le pays est pauvre mais n'a
aucune dette. Par ailleurs l'arrangement
trouv avec les Australiens sur les revenues du
ptrole exploiter dans les eaux territoriales
entire les deux pays est assez favorable pour
le Timor.
La plupart des analysts des institutions inter-
nationales de mme que les experts militaires
presents dans le pays semblent optimistes et
considrent que la crise est fine et qu'il
s'agit maintenant d'accompagner le Timor
dans la mise en euvre de sa stratgie de dve-
loppement durable. Un autre atout pour le
pays est l'intrt gopolitique qu'il suscite.
Sa candidature l'ASEAN est virtuellement
accepte. Les bailleurs de fonds internatio-
naux sont toujours trs disposs son gard.
Tmoin la decision de la Commission euro-
penne d'y installer prochainement une dl-
gation de haut niveau.
H.G. l



*ASEAN. L'Association des nations de l'Asie du
Sud-Est (Anase, ASEAN en anglais), fonde en
1967, entend favoriser la croissance
conomique, le progrs social, le dveloppe-
ment cultural et la paix et la stability rgionales
parmi ses 10 membres actuels : le Brunei
Darussalam, le Cambodge, l'Indonsie, le Laos,
la Malaisie, le Myanmar (la Birmanie), les
Philippines, Singapour, la Thailande et le
Vietnam.


CURRIER






Timor-Leste eportage


Se prparer




adhrer I'fSEOn


Jos Ramos-Horta

President de la Rpublique Dmocratique de Timor-Leste

Prix Nobel de la Paix


os Ramos-Horta est le marieur d'ides,
le conciliateur. Dj l'poque de la lutte
pour l'indpendance, il arrondissait les
angles entire les tendances de la gurilla,
entire par example le gurillero Xanana
Gusmao et l'organisateur de l'extrieur Mari
Alkatiri. A diffrents gards, il continue de
jouer l'intercesseur entire ces frres ennemis de
la politique timoraise. Il est intervenu chaque
friction entire l'glise et le gouvernement pr-
cdent. Il a galement fait le rapprochement
lors des dernires grandes crises entire les mili-
taires "en grve" et le gouvernement. Ancien
Ministre des Affaires trangres de la gurilla
et du premier gouvernement timorais 2001-
2005, il a dmissionn pour manifester son
dsaccord avec le Premier ministry Alkatiri sur
la gestion de la crise, mettant ainsi dans la
balance l'estime du pays son gard. Malgr
cela, ce dernier qui a d dmissionner et qu'il
allait provisoirement remplacer en attendant
les lections ne semble pas lui en vouloir.
Pareil conciliateur est trop utile dans un pays
encore nostalgique de sa culture ancienne
d'arrangements l'amiable et d'alliances pour
rsoudre les divergences


Quelles ont les priorits de votre prsidence et
q, .. i sont les priorits du Timor pour le
moment ?

Ce qui est le plus important, ce sont les priori-
ts du pays, qui sont consensuelles du point de
vue de la prsidence, du gouvernement et du
Parlement national. La lutte contre la pauvret
est une priority. La stabilisation politique et la
consolidation de la paix sont des priorits pour
tout le monde mais pour arriver rduire la
pauvret, il faut que le gouvernement inves-
tisse trs srieusement, partir de l'anne pro-
chaine, dans les infrastructures pour crer des
emplois, donner des moyens de transport la
population dans les zones rurales. L'agriculture
emploie 70 % de la main-d'oeuvre.

Evidemment, pour appliquer tel programme, il
faut que la crise soit finie. Considrez-vous
pour le moment qu'elle est passe ?

Bien sr, la situation est tout fait normal. On
a pu raliser des lections reconnues par la
communaut international come libres et
justes dans un climate de scurit. La situation de
l'ordre public Dili est de loin normalise. On
a de temps en temps des petits problmes mais


come en Europe, en France, au Danemark,
aux Etats-Unis, sans mentionner d'autres pays
come Haiti ou les Philippines o les soucis
sont autrement plus srieux. Les difficults qui
persistent ici sont tout fait normales dans un
pays avec le chmage et la pauvret.

Toutefois, il y a peut-tre un rsidu de la crise,
ce sont tous les camps de personnel dplaces
qu'on peut voir ici ou l ?

La mission des Nations Unies ici a fait une
enqute rcente chez les rfugis, les gens
dplacs. Elle a conclu qu'aucune personnel ne
mentionne la question de scurit parmi leurs
soucis. A la difference de l'anne passe o la
rponse aurait t alors la scurit. Une bonne
parties de ces soi-disant rfugis sont l parce
qu'ils ont dj la mauvaise habitude de rece-
voir de l'aide humanitaire gratuite. Beaucoup
parmi eux sont opportunistes. Les camps de
rfugis sont contrls par des groups oppor-
tunistes, des gangs. Il y en a d'autres qui sont
plus sincres, qui ont perdu leurs maisons br-
les, dtruites mais la plupart, la majority, est
l pour recevoir l'aide humanitaire des agen-
ces des Nations Unies, du gouvernement de
Timor Leste ou d'autres.


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007






eportage Timor-Leste


Vous avez nonc les grandes lines de votre
programme. Le Timor peut avoir maintenant
des rentres du ptrole.
Quand pensez-vous qu'un mieux-tre de la
population sera sensible ?

L'anne prochaine, je crois. On va commen-
cer discuter le budget de l'anne prochaine.
On va voir comment nous pourrons investor
plus et vite pour amliorer les conditions de
vie des gens l'intrieur du pays.
Malheureusement la capacity du gouverne-
ment excuter le budget est trs faible.
Nous avons des consultants trangers, soit par
le biais de relations bilatrales, soit via les
Nations Unies.
Le secteur de la justice est aussi prioritaire
pour nous. Nous avons le soutien de juristes
du Portugal, du Brsil, du Cap Vert un pro-
gramme coordonn par le PNUD pour former
des juristes timorais.

Nous pouvons peut-tre passer un secteur
plus large, la *.. *;.7i'i',.. Quelle est celle du
Timor ? Malgr votre situation gographi-
que, vous avez adhr au group ACP, la
cooperation ACP-UE. Comment cette coop-
ration se i, il. par rapport vos intrts
vers l'ASEAN et vers d'autres ples ?

Nos relations avec les les du Pacifique Sud
sont des relations fraternelles de solidarity.
Mais, part les relations formelles diplomati-


ques, il n'existe rien, pas de relations com-
merciales cause de leur isolement gogra-
phique. Nous n'avons pas la capacity d'expor-
ter vers des pays come Fidji ou Vanuatu.
Eux non plus vers nous. Par rapport au Forum
du Pacifique, nous avons bien sr, des rela-
tions trs troites avec l'Australie et la
Nouvelle-Zlande, Donc nos relations se font
plutt avec l'Australie qui est just ct et
avec les pays de l'Asie du Sud-Est.
Notre ralit se tourne de prfrence vers
l'ouest, l'Indonsie et vers le nord en direc-
tion de pays come la Malaisie, l'Inde,
Singapour, les Philippines. Nous faisons par-
tie de la region gographique de l'Asie du
Sud-Est. J'espre que dans quelques annes,
peut-tre avant 2012, Timor Leste deviendra
le 11e membre de l'ASEAN. Nous travaillons
dans cette optique-l. Tous les pays membres
de ce group ont dj accept le principle de
l'admission du Timor leur organisation.
Mais pour arriver cette adhsion, il faut bien
s'y prparer, amliorer notre conomie, nos
infrastructures, crer des cadres de dvelop-
pement.

Et les relations avec l'Union europenne,
tenant compete de vos liens particuliers avec le
Portugal ?

Nous avons de trs bonnes relations avec
l'Union europenne en tant qu'institution
communautaire et nous en avons de trs bon-
nes avec des pays individuals, notamment le
Portugal mais aussi l'Espagne, la France,
l'Allemagne, l'Angleterre, l'Irlande, l'Italie,
etc. Nous avons de trs bonnes relations avec
le Parlement europen. Pendant les annes
noires de notre lutte, quand la question du
Timor oriental tait cause perdue, quand
mme aux Nations Unies on n'en discutait pas
malgr le fait qu'elle tait l'ordre du jour de
l'Assemble gnrale, le Parlement europen
tait le forum le plus actif en faveur du droit
du people timorais l'autodtermination. Et,
aujourd'hui, le Prsident Barosso qui est un
vraiment un ami du Timor. Dans les annes de
notre lutte, en tant que Secrtaire d'Etat la
Cooperation et aprs en tant que Ministre des
Affaires trangres du Portugal, il a men une
lutte diplomatique trs important en notre
faveur dans les instances international,
notamment aux Nations Unies. Maintenant
qu'il est Prsident de la Commission euro-
penne, il garde Timor Leste dans un coin trs
special de son ceur.
A part cela, parlons des relations historiques
entire Timor Leste et le Portugal. Il faut souli-
gner que depuis notre indpendance en 2002,
dans le cadre des Nations Unies, la


Commission des Droits de l'Homme,
aujourd'hui le Conseil des Droits de l'Homme
Genve, Timor Leste a toujours vot avec
l'Union europenne toutes les resolutions sur
les Droits de l'Homme. Nous partageons avec
les pays de l'UE des valeurs humaines, thi-
ques trs importantes. Et ce sont ces valeurs
qui font que les relations entire nous et l'Union
europenne sont trs spciales.

Et par rapport aux pays d'Afrique et de la
Carabe ?

Surtout avec les pays de l'Afrique, nous avons
des relations historiques, notamment avec les
pays du PALOP (Pays africains de langue por-
tugaise), Angola, Cap Vert, Guine Bissau,
Mozambique, Sao Tom et Principe. Mais
aussi nous avons des liens solides avec
l'Afrique du Sud. A cause des relations histo-
riques avec l'ANC, avec Nelson Mandela.
Aujourd'hui dans le cadre du Conseil de
Scurit des NU, l'Afrique du Sud par exem-
ple est l'avocat et le coordinateur du group
de soutien Timor Leste. Alors, malgr la dis-
tance et cause de l'histoire, nous avons des
relations fraternelles avec pas mal d'autres
pays africains come la Tanzanie don't le pr-
sident Julius Nyerere avait inlassablement
dfendu notre option l'ONU quand le
monde oubliait le Timor oriental.
H.G.


T


COURRIER


i.







Timor-Leste portage


a part l'incitation la violence


pour renuerser le gouuernement



Mari Alkatiri, leader de l'opposition


aii Alkati i, chef de l'hi'toique part
Fretilin est rsolu, son part ne fera
aucun cadeau au cgouvernenent. Con'idiant
que son part, a 2,ec 29 des vcii, avait Lqagn
les dernires lections en deaninant cle loin
les trois suiants qui ce sont coalises aprs la
pro:cliamation des rsultats dc'nc illgale-
ment. pour accaparer le pouLvoiI
L'irrdentisne du Fretilin a fait une premiere
dmonstiation de force lors du dbat sur le
budget au Pailement qui a d se runil sans
discontinue iouI et nuit presque toute une
semaine au debut d'cictobre.

D eriblee, il prsci e au C:uirrier .

Nous n'encouiracgejron' pa' la violence mais
nous utiliserons Itous les nmoens et les outils
S lqaui\ note disposition pour contrer le' iii-
tiatives d'un ci':ouernenient de fact illcial.
Nous le pousserons Ia dmission. Pour ce
fire, un dlai de deu\ an' est le maxiirmumir que
nous puissions tolrer. Un an est le temps que
inou-' lui doninon's laiment pour prouver soni
incapacit rs:Liudre les prcblmes du pays

L ,rnloi c'eic'ntpI t prblit ien e'IL actionss libres
El votre pirti est mrnorTteiilc par lieppCort a I1l
coalition ol poil 1ci l

OuLi mais la de'ignaotioii dui Premier ministry
est inconstitutiionnelle. Le gci:uvernement doit
tre dirig, selon la C(on'tituJtion par le parti
qui a gagne les elections. C est le Fietilin. La
Constititicn ldfinit clairement les mciyens de
piocdel dans une tell itLuation Une coali-
tio'n d:iit s'annoncer aant les lections. La loi
electoral ect claire la-descu'i

Dans que. LJ,7s Je fig ir votM e e'ns Je l EtCdt VOLI,
Sternit oie en tai i r diee propriilrn du ou-i
%erniprient


Nous n'allons pas aider ce qouvernement
reussir. Le sens de I'Etat c:ii. Mais je ne
veui\ pas que le auties prennent tout l'Etat
et laisse au Fretilin le sens Ce qcou.erne-
ment n'a pas de programrme, il n'a que des
declarations d'ntentii:n. Maintenant il a
pre'ent un project poui Lider les cai"ses de
l'Etat que je leur ai laiss pleines.

Mliii li nii.eiii yde vorfre' nestion n vnit-ellet pa
conduit au pA.,rado pOi'Cpuljoin'i paurLIe

Ce n est pas ii'ute, c'et un 'logan. Le budget
avait fort priog:ress avec notre gouverne-
ment En aot 2005, il etait de 85 million! de
dollars En de embre 2005, les ressoi:irces
petrolieres noiu ont permits de le hisser a 140
millions et en about 2007, il avait atteint 327
millions

L'argent ne reprsente pas tout dans un bud-
qet L experience est d'une importance cru-
ciale Ce gCiouernement n'en a pas. Et il qas-
pille. Par eiemple 4 millions de dollars ont t
depensec en deux moi' et demi pour le tou-
risme. Pour faire quoi '

II faut augmenter les capacits des ser'.ices
public' qui representent le plu' gros
emrployeui du p.ays. Il tiut iausi aider le sec-
teur pri'. a devenir un vrai secteur pri,

PourquOi uLn trai srcteur pinte Etes-Lj.us
me77tii" -1 V I -ri -V i e celtei-ci '

Non mais le secteur priv IcI n'est constitu
pratiquement que de contractants visant des
projects du PNLID, de la Cmiminssicin euro-
penne ou diu gouvernemenr t Ce n est paJ unn
,rai secteur pri. Celui-l, il faut aider a le
construire C'est moi qlui avais signed avec la


Banque mondiale un prolet de d',elcippe-
ment du 'ecteJi plr ie.

Y comprise de ce, ret'sou`ces per ilwie' .'

le partage ce point de uie l|'i laics uLn pays
sans un centinie de dette On parle de pau-
vret. l'ai vcu de' adnnie eni Atrique le
connais ce quest la pau-.ret Le pays a les
llmoyens de bien planitier son dveloppement
plutot que de se prcipiter.

A l'iidependance, je m tais donne six mois
pour vaincre la grande pauvrete. Fin 2u02,
1 7-o de la population disposait de I lectii-
cite, fin 2u04 c tait 470.. En 20u2 il y aaiit
20 mndecin' ils taient 400 en 2004.

Pour ce qui est de la bconne qestioin l'electri-
cit tait gratuite Dili en 2002. En 2005, le
taix cle recoiuvrenent atteignail 80'1% Avec
les declaration' dmagogi.ques du gouverne-
ment, le taux dle recou recent est redes-
cendu a 20u% Autre exemple le go:iuverne-
ment a decid d'accorder des subside' cumu-
les aux glises : des subsides directs et d'au-
tre' pour que le' parents ne patient pas les
frais de sc olarlte. Alors que les glises n'c:nt
pas limin ces frais II aurait t plus saint de
payer les professeurs de' cole' clhrtienine

Il s'emble que les leit' insttfltron' pi[Isantes J1i
pa> Isoent l'Elise et kl Fretilin '

Le gouvernement ne pouvant pas soutenir le
Fretilin, il support l'Eglise
H.G.


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007






eportage Timor-Leste


Pour comprendre les




















En coutant Mgr Basilio Nacimento


rs vite aprs l'arrive des Portugais
au Timor au XVe sicle, l'Eglise
catholique a jou le rle de repre
d'une socit trop disparate en ter-
mes de constitution tribal, linguistique ou
culturelle. Et chaque moment-cl de l'his-
toire du pays, elle se rvlera l'lment unifi-
cateur, ou le trait d'union ou la faiseuse de
pouvoir. Son ralliement la cause de la gu-
rilla pour l'indpendance a t dterminant.
Comme l'a t son opposition au gouverne-
ment prcdent du Timor quand celui-ci avait
voulu rgenter l'instruction religieuse
l'cole, marquant le dbut de la fin du mandate
du Fretilin. Et pourtant, mme les dirigeants
de ce parti, en dpit de quelques coups de grif-
fes centre les largesses de l'actuel gouverne-
ment, l'gard de l'Eglise catholique, conti-
nuent lui tre rvrencieux, la considrant
comme un trait d'union incontournable entire
les diffrents protagonistes de la scne politi-
que et un guide pour la nation. Mgr Basilio
Nacimento, l'une des figures de proue de cette
Eglise nous livre sa perception du people
timorais et explique pourquoi son calme
lgendaire contrast avec certaines de ses
ruptions de violence.


Les expectatives du people du Timor taient
trs haut places. Pendant la lutte, le rve d'in-
dpendance sous-entendait que tous les
besoins allaient tre assouvis et tous les rves
accomplish.
Or, l'accent avait t mis sur la lutte, mais nul-
lement sur la formation de cadres. Peut-tre
que les Timorais de l'intrieur avaient, dans ce
domaine, placs leur confiance en ceux de la
diaspora alors que ces derniers, verss dans la
lutte diplomatique, n'avaient pas apprhend
suffisamment la question des resources
humaines pour le future.
Et puis l'indpendance est arrive si vite.
C'est qu'il y avait une telle difference de pers-
pective entire ceux qui taient l'extrieur et
les autres. La classes politique tait surtout
compose des premiers. Il leur manquait, il me
semble, la connaissance des changements
intervenus dans le pays durant leur absence. Ils
ont bti une stratgie sur le Timor de 1975.


Il y a une image de la nature qui reprsente
notre caractre : nos rivires. Pendant toute
l'anne, elles sont presque sches. Mais qu'il


pleuve et l'eau de la montagne y dvale avec
une telle violence que malheur celui qui
essaie de les franchir. Nous sommes gentils,
calmes, mais de temps autre, il y a quelque
chose dans notre tte qui change tout notre
comportement social.
Les historians portugais sont ceux qui nous
connaissent le mieux. Ils ont travaill sur des
petits royaumes o il y avait un ensemble
complex de groups, de clans, qui ne tol-
raient aucune intromission de l'un dans les
affaires de l'autre.
Ils arrivaient vivre ensemble par le biais d'al-
liances. Ds qu'il y avait un problme, ils se
levaient les uns contre les autres. La discorde
pouvait provenir de l'eau, du btail, de raisons
sexuelles ou d'autres. Mais il existait un mca-
nisme de resolution des conflicts : le conseil des
sages de chaque group. Il y avait des symbo-
les auxquels ces peuples attribuaient une signi-
fication profonde. Ce sont surtout des peuples
de culture symbolique.
Ce symbolisme a t bris par l'Indonsie. Le
poids des sages, des vieux, des anciens avait
t remplac par un systme nouveau de statut
sans explications. Nous avons perdu nos rf-
rences sans en avoir retrouv de nouvelles. Le
fond de cette autorit locale, fodale sert tou-
jours de soubassement. Chez les Europens,
les problmes doivent tre rsolus par les tri-
bunaux. Mais c'tait nouveau pour les


COURRIER







Lmu,:,,--7L i eportage





































































jr ,I t

-aB F-
*






eportage Timor-Leste


Timorais. Quand il y a quelque violence, les victims vont la
police. Celle-ci dit parfois qu'elle ne peut pas procder des arres-
tations car il n'y a pas eu flagrant dlit. Tandis que dans la culture
locale, a se rsolvait facilement. On coutait les deux parties. Et si
on dtectait la culpabilit, le fautif reconnaissait sa faute et il suffi-
sait de sacrifier un coq ou un cochon. Les deux ethnies mangeaient
ensemble et le problme tait rsolu. La victim se sentait reconnue.
Du temps des Portugais, il y avait, dans l'esprit de la population, trop
d'injustices non rsolues. Trop de prjudices sans contrepartie. Et les
gens profitaient du moindre trouble pour se venger. Et la violence
attirait la violence. Et l'insatisfaction demeurait chez chaque victim
car elle n'avait pas eu justice.
Quand je conseillais telle personnel simple qui rclamait vengeance
contre tel puissant qui avait ordonn la mort d'un mari ou l'arresta-
tion d'un enfant sous l'occupation, de porter plainte, la rponse tait
toujours : mais, mon pre, qui va me croire ?
Les gens sont frustrs dans leur aspiration, leur droit, leur tre.
Dans la culture de ce people donc, tant que le coupable n'a pas
reconnu son crime, le chagrin demeure. Mais le jour o il vient vers
la victim, cette confession suffit. La victim pleure avec le crimi-
nel. Comme victim, mon chagrin est apais".
H.G.


ET







- dcouurir


auant le tourism



de masse


c Timor-Leste n'est pas seulement riche d'un people l'histoire
c iique, d'une brochette d'hommes entrs vivants dans la lgende,
>.I' me vraie dmocratie politique, de femmes ayant leur place dans
!c, structures du pouvoir -par example, plus du quart des parle-
mentaires sont des femmes. Il l'est aussi de paysages luxuriants d'une
grande beaut et de curiosits culturelles dcouvrir avant l'arrive du
tourism de masse.
Pour le moment, le Timor est mconnu. A commencer par son nom.
Timor-Est, Timor oriental, Timor Leste, Timor Lorosae, Timor Loro'sae.
Officiellement, c'est la Rpublique dmocratique du Timor oriental mais,
dans la pratique, ce sont plutt les denominations portugaise et tetun sim-
plifies qui sont les plus usites : Timor Leste, d'une part, et Timor
Lorosae et Timor Loro'sae, les deux graphics en tetun. Signification :
Timor du ct o le soleil se lve.
S'il est vrai que le pays a connu quelques convulsions depuis l'indpen-
dance en 2002, les avertissements alarmants qu'on trouve sur certain
sites Internet de gouvernements occidentaux sont plus que surfaits. Les
troubles depuis 2002 ont fait des dplacs, conduit l'ONU garder des
troupes sur place pour mieux garantir les premiers pas de la jeune nation
et surtout fait au total environ 50 morts en cinq ans. C'est certes trop.
Mais jamais les trangers n'ont t particulirement viss. Et puis, relati-
visons : quel est le nombre de morts violentes par semaine dans certaines
grandes villes du monde qui attirent des millions de tourists ?
Dj, la capital Dili surprendra. Rien d'extraordinaire mais si vous fai-
tes attention, vous observerez que la ville est assez propre. On ne voit pas
de pauvres dpenaills ni de misre crasse, mme pas dans les camps de
personnel dplaces.
Le bord de mer de Dili. Y passer la soire dans l'un des multiples restau-
rants admirer les nuances moires de dominant rose des derniers
rayons du soleil sur la baie paradisiaque, en attendant que le cuisinier
vous prpare le poisson et les fruits de mer que vous avez choisis, est de
ces petits moments prcieux apprcier.
A la porte de Dili vers le nord, les paysages de mangrove tapie indiff-
remment dans les eaux paresseuses de la mer, sur le sable blanc ou les
galets, inspirent le romantisme. Les admirer de haut en ayant grimp les
marches vers la statue du Christ-Roi est simplement grandiose. Du nord


CURRIER











































de Dili, le plus facile pour dcouvrir les fantai-
sies gographiques du Timor, est d'emprunter
les quelques 140 kilomtres conduisant la
deuxime ville du pays, Baucau. La route est
macadamise mais dfonce par-ci par-l. Le
Timor est un paper froiss. A part les planes du
sud qui ne dpassent pas une trentaine de kilo-
mtres de larger, rien que des montagnes entire
lesquelles glissent quelques valles, avec des
fragments de bande ctire coince entire le pied
des falaises et l'ocan. Certaines hauteurs cul-
minent prs de 3.000 mtres.
Si vous n'avez pas le vertige, vous contemple-
rez des dcors d'un opra natural gant, des
dlires de couleurs de ciel l'aube ou sous le
soleil couchant, des arrire-fonds de montagnes
cachant d'autres montagnes brumeuses en
cachant d'autres, vanescentes dans un lointain
contrastant avec la solitude des les adjacentes.
Vous vous arrterez Laleia pour admirer son
glise et ses rizires qui s'tendent comme un
parc natural. Et Manatuto est une frache respi-
ration avec aussi des rizires jouant avec les
rayons du soleil. Image de grce. Baucau, c'est
la Portuguese touch. Bourgeoise et distingue.
Sapousada est digne de celle de l'Alantejo por-
tugais. Ce n'est qu'un avant-got. Les hauteurs
de Gunung Tatamailu (2.965 mtres) au centre
du pays, les planes du sud ou les valles haut
perches sont autant de surprises inoubliables.
La culture et les us et coutumes du Timor sont
autant de curiosits. Pour une population d'
peine un million d'habitants, on dnombre une
quinzaine de groups linguistiques se subdivi-
sant en des centaines de parlers trs diffrents
les uns des autres. Mme si une langue, le tetun,


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007


est comprise par plus de la moiti de la popula-
tion. L'indonsien est peut-tre la langue la plus
rpandue mais elle n'est plus une langue offi-
cielle et charrie trop de mauvais souvenirs, car
pour l'imposer, l'usage du portugais sous toutes
ses formes tait devenu un dlit.
La musique du Timor commence attirer. C'est
le punch de quatre sicles et demi de colonisa-
tion et de mtissage. Le tebe-dai d'abord, une
musique joue surtout l'glise et dans les
crmonies officielles ou dans les maisons tra-
ditionnelles sacres (uma lulik) ou lors des
rcoltes de riz et qui charrie des accents de cer-
taines musiques religieuses portugaises pom-
peuses. Mais la musique la plus prise est le
koremetan. Domingos de Sousa, directeur gn-
ral au ministre de l'Education, expert dans le
domaine de la culture nous en parle : "Dans le
temps, les gens utilisaient peu d'instruments de
musique pour jouer, c'est en jouant de leurs
corps dansant qu'ils produisaient des sons, les
pieds percutant le sol par example, donnant le
rythme. Certains groups de koremetan comme
les Smith Bothers ont une renomme qui tra-
verse maintenant les frontires.
Chez les plus jeunes la musique la mode est le
rock est-timorais qui s'inspire de la musique
des cinq continents, des influences reggae au
modern-rock. Une bonne dizaine d'artistes et de
groups comme le New Cinco de Oriente ou
Jahera sont dj des vedettes dans leur pays.
Autre passion de beaucoup de jeunes Timorais :
les arts martiaux. Une passion double tran-
chant, si on peut se permettre cette image, car
des bandes pratiquant ces disciplines sont mani-
pules depuis la priode indonsienne ou se


livrent d'elles-mmes des activits dlictueu-
ses. Toujours est-il que ces pratiques suscitent
un grand intrt pour les languages du corps. Et
constituent un bagage pour des crations artisti-
ques. Le tais (tissage en tetun). Le foulard ou
l'charpe tais timorais est aussi clbre et aussi
emblmatique du pays que le keffieh chez les
Palestiniens. Au temps de la guerre de liberation,
les rsistants arboraient souvent des foulards de
tais comme symbol. Comme pour les tapisse-
ries europennes de l'poque classique, chaque
region du Timor a sa touche et les experts les
identifient aisment. Le tais fait l'objet d'un
muse virtuel enregistr en Australie (www.eti-
mortais.org). Les collectionneurs occidentaux
commencent se les procurer avec convoitise.
Heureusement, l'intrieur du Timor, leurs prix
sont encore abordables.
Les combats de coq soulvent galement la pas-
sion au Timor. Avec leurs states, leurs paris, leur
tiquette. "A l'poque portugaise", nous signal
Domingos de Sousa, "c'tait organis dans des
bazars, il y avait un droit d'entre et des autori-
sations officielles. Maintenant ce n'est plus
autant contrl. C'est une passion".
Les maisons Fataluku, don't il reste relativement
peu d'exemplaires dans le pays, reprsentent
une architecture typique et original. Avec les
sculptures en bois ou en corne, les poteries, les
paniers tisses, elles entrent dans un rpertoire
d'objets de culture dignes de curiosity. Tous ces
objets ou ces pratiques sont des rescaps de la
nuit qui a longtemps envelopp ce petit pays.
C'est la survivance d'une culture qui tmoigne
de la capacity de resistance d'un people.
H.G. a







eportage Timor-L6.E1


la capacity institutionnelle


et le dueloppement rural.















Timor-Leste et Union europenne


even membre du ~IoupL e Afiique
C.aiibes Pacitique (ACP) et de la coop-
ration ACP-Llnion euiopenne en mai 20?3. le
Tinic:r bnticiait depuis son indpendance de
tactic en 1999, de l'aide de I'LIE destine aux
pays Asie Amerique Latine (ALA, Depuis la rati-
ticatici:n par ce pa.-s de l'Accord de CoL:nou
rgissant les relations LIE-ACP, il est eligible au
Fonds europen de dveloppement (FED). Au
total, ce sont plus de 20u niillicns d'euros que
I'1E a attribus au Timor entire 1999 et 2006.
Laide itotale de I'Europe (l'tlInion plus les Etats
membres) reprsente pour cette priode la
moiti de aide total au Timor et cumule a
60u millions d'euros.
Les contributions de l'Inion europeenne au
'Trust tunds" constitus par diffrents donneurs
Stra', ers les agency s es Nations Unies se sont
chiffres a 85,5 millions d'euros, les aides huma-
nitaires pour les urgences l'assistance et la rha-
bilitatio:n ont atteint 6 5 millions d'eurcis don't
44 millions pour les inter,.entions de l'Office
d'aide humanitaire de I'UE (ECHO), 6 millions
pour la scurit alimentaire et les 6,5 millions
restants par lintermdiaire d'ONC. Le dvelop-
pement rural a Ipir sa part bnfici de .4 S
millions d'euros, le secteur de la sant de 24,5
millions et le renfornenment des capacits des
ministres ainsi que les secteurs de l'ducation,
de la justice, du tocurisme du soutien au leader-
ship des femmes et du support A I'i:rganisation
des lections de 2,S millions d'euros De 1999 a
Ilindpendance formelle du Timor en 2002,


l'aide de l'Unioin europenne a "ioulu creei une
dynamiquLe entire I assistance apis urgence, la
rehabilitation et le developpement.
Aprs l'adhsion du Timor au pr:ocessus de
Cotc'nou, ce pays et l'Union europenne ont
mis en place un Pr:ciramme indicatif national
dle transition entire les fonds destins aux pays
ALA et ceu, mis a dispositicin des pays ACP
(Fonds europen de dvelcppemient FED'i Le
premier 'Programme indicatit national" du
Timor rele,'ant du FED ne cc:ncernera que la
dernire anne d'utilisation de ces fonds, 20iu7-
2008. Il a t tabli par un 'dc:icument de stra-
tgie" prsent en juin 20u6. Di,-huit niillic:ns
d'euros serront consacrs




L'aide de I'UE dans ce cadre se cc:ncentre sur
deui secteurs D'abord le enforcement des
capacits institutionnelles a,,ec Lrc:is prolets. Le
premier concern la mise en place du bureau
de IlOrdonnateur national, le membre du gc:iu-
vernenient local charge de grer les aides un
proiet en ( concertation a,,ec le Prc:'gramme des
Nations Unies pour le dveloppement (PNUD)
pour un soijutien I'c:rganisatic:n des lections
prsidentielles et Il islatives et les lecticins
futures (communales en 2u08i Lin troisime
prc'jet co nsiste en un soutien au progqramme de
la Banque mondiale pour aider le pays excu-
ter sc'n budget
Le deu-iime secteur de conc entratin a trait au


dveloppement rural. SOui ALA, il y. avait deux
programmes consicutifs drdies a ce secteui II
y en auira un 3 avec le FED II portera surtout
sur des travaux d'infrastructuie (routes, points,
canaux) et l'acheminement des products agri-
coles .er! le; marchs
La programmiration dans le cadre du 10 Fonds
euiropen de developpement (2008-201 3) est
en piparation. Une allocation initial de 6j mil-
lions d'euro. est preLJue pour le Timoi Elle sera
encore destine au:x secteurs du dveloppement
rural et du Penloircement des capacits institu-
tioinnelles. auxquels s'ajoutera celui de la sant.
Pour ce qui a trait au dCveloppemrent rural, l'ac-
cent sera mis su la quality des products agrico-
les et les services pour l'agiiculture y comprise la
formation. Les capacities institutionnelles a ;ou-
tenir seront de nouveau la justice, le point le
plus faibl e de administration timoraise. et le
parlementarisme L aide europenne au secteur
de la ;ant sera LJtiliPe en collaboration avec
d'autres bailleiur; come I'&ustralie.
Eventuellement un support budgtaiie pouiiait
tre envii.g plus tald
L intet des institutions euiopennes pour le
Timor oriental s'est manifesto ds les deiiiiies
annes de l'occupation Indonsienne. A com-
mencer par les soutiens affirms du Parlement
eurcipen iqui dciernera, par ailleurs son 'Prix
Sakharc:, des droits de lHomnme a Xanana
Gusmiii':, le hros de l'independance du Timor,
actuel Premier ministry.
Quant la Commission europeenne, son presi-
dent Iose Manuel Barrcoso, a tcl:,lcours manifest
un intrt personnel pi:our le petit pays asiati-
que. Aprs l'clatement des rises d'avril mai et
juin 2u06, il a dpch sur place ds juillet un
enc,:vy special en la personnel de rMiguel
Amacdo pour fire une valuation politique,
conomiique et social de la situLation Par la
suite, la Commission a dcid d ouvrir une
dlgati:cn a Dili. lusque la, elle n'y tait repr-
sentee que par un bureau technique don't les
acti'its taient Icit:uefois dla consquentes et
dcnt le responsible, Guglielmo Colombo loue
un role actif dans l'excution des programmes
d'aid e de la Commission et dans la cocirdina-
tin avec les bureau d'Etats membres de I'UE
dans la capital timoraise. A la question pour-
quoi une dlgation de l'Unii:n dans un si petit
pays alors que d'autres ferment ailleurs,
Col:mbo a soulicn l'importance cgopolitique
de ce petit pays coinc entire deux gants,
IlAustralie et I'lndonsie et qui attire l'intrt le
Lant d'autres oimme la Chine, les Etats-Unis et
le lapc:n. Signe qu'une olpolitique de l'Union
eurcipenne est en gestation ? H.G..


CbLJRRIER





couvrir l'Europe


Reportage de Debra Percival






Li PORTE UERS LI SLOUEIE


ET SES IIOBREUSES RICHESSES

Nation indpendante depuis tout just 15 ans, la
Slovnie se rjouit la perspective de tenir la barre de
l'Union europenne de janvier juin 2008. Il n'y qu'
voir les drapeaux de I'UE et de la Slovnie qui ornent
d'ores et dj tous les btiments publics. Ce semestre la
prsidence de l'Union devrait amliorer la visibility des
strategies slovnes visant attirer davantage d'investis-
sements et promouvoir l'intgration europenne de ses
c".. voisins des Balkans. Les resources naturelles du pays -
forts, montagnes, lacs et littoral mditerranen seront
,< galement mises l'honneur pendant ces six mois.

^. . .- e chemin de la Slovnie vers l'indpendance, aprs la disloca-
tion de l'ancienne Yougoslavie, a t moins agit que pour ses
.. -voisins des Balkans (voir encadr). L'histoire actuelle du pays
multiple present les premires : premier tat de l'ex-
Yougoslavie adhrer l'UE -en mai 2004 premier du group des
.. 10 nouveaux Etats membres rejoindre la zone euro -au dbut 2007
i." ~t c t premier de ce group assurer la Prsidence de l'UE.
S '.." Favoriser l'intgration de ses voisins de l'ex-Yougoslavie est l'une des
Si- B*. ipremires priorits de la Slovnie pour les six mois venir. La Croatie
.I c st officiellement candidate l'adhsion depuis 2004 et Bruxelles se
S ipenche galement sur la candidature de la Rpublique de Macdoine.
SMais les autres anciennes rpubliques yougoslaves -Bosnie-
S ',' I [erzgovine, Montngro et Serbie -sont autant de candidates potentiels
l'adhsion. La Slovnie entend aussi aider ces pays devenir membres
l e l'Organisation du trait de l'Atlantique Nord (OTAN) don't elle fait
S[le-mme parties depuis le 29 mars 2004.
Ies relations entire la Slovnie et la Croatie se sont amliores depuis
Sue les deux pays ont saisi la Cour international de Justice (CIJ) de La
SI laye, la chargeant de rsoudre un litige transfrontalier portant sur les 50
I, m de littoral mditerranen.
.(Ce sentiment de nouveaut est perceptible ds qu'on pose les pieds sur
le tarmac de l'aroport de Joce Pucnik, rcemment rnov, un peu en
*" dehors de Ljubljana. Une renovation qui n'est qu'un des projects cls
l - isant promouvoir la croissance conomique.
.. .. La Slovnie, qui possde des frontires communes avec l'Autriche au
- l nord, avec la Hongrie au nord-ouest, avec l'Italie au sud-ouest et avec
' I.1 Croatie au sud-est, est un carrefour stratgique vers les quatre points
Sri ... .a ardinaux de l'UE Nord-Sud et Est-Ouest. Une bonne nouvelle pour







couvrir l'Europe Slovnie


Slovnie
Faits dliittres


Superficie :
20.273 km carrs

Habitants :
2.010.377 (31 dcembre 2006)

Nationalits :
Slovnes 1.631.363, Italiens 2.258,
Hongrois 6.243, autres 149.259
et inconnues 174.913

PIB par habitant :
estimations pour 2006 (5,2%)

President de la Rpublique:
Danilo Turk, candidate dmocrate
slovne et vainqueur des lections
prsidentielles en novembre 2007.


Premier ministry :
Janez Jan (parti dmocrate slo-
vne). Gouvernement de coali-
tion avec le parti Nouvelle
Slovnie parti populaire chrtien
de Slovnie et avec le parti
dmocratique des retraits de
Slovnie. Des lections sont orga-
nises tous les 4 ans.

Assemble national :
90 dputs (88 reprsentants lus
des parties parlementaires, un
reprsentant pour la communau-
t italienne et un autre pour la
communaut hongroise du pays).

Conseil national :
40 reprsentants lus parmi les
employers, les employs, les
chefs d'entreprises et autres grou-
pes d'intrt du secteur non co-
nomique.


Quand le pass

le present

i :-iesse du patrimoine historique de Ljubljana semble
.:il:.inir des ides aux crateurs contemporains. La biennale
slovne d'arts graphiques qui runit des euvres graphiques,
des copies et des impressions, des productions artistiques en
ligne ainsi que des videos et des photos est l'vnement le
plus important au monde dans le domaine des arts de la repro-
duction. Il a lieu tous les deux ans Ljubljana, depuis 1955.
Une ancienne prison datant de l'ancienne Rpublique de
Yougoslavie a par ailleurs t transforme en auberge de jeu-
nesse. Celica est situe dans le quarter des artistes de la ville de
Metelkova. Les 20 cellules ont t dcores avec le concours de
80 artistes slovnes et trangers.
L'auberge a ouvert ses portes en 2003. Elle connat un tel suc-
cs que les chambres se rservent plusieurs mois l'avance. Les
tourists trangers, surtout, sont attirs par le romantisme des
aspects les plus austres de l'ex-bloc de l'Est ses geles mili-
taires. "Nous pouvons nous parler en chuchotant travers les
murs", nous dit un locataire qui attendait avec impatience sa
nuit d'incarcration.
www.souhostel.com


le secteur national des transports de marchandises. La Slovnie envi-
sage d'ailleurs de moderniser son rseau ferroviaire, hauteur d'un
montant de 8,9 milliards d'euros selon les estimations. Elle devrait
bnficier pour cela du soutien du gouvernement et de capitaux privs.
L'UE a d'ores et dj promise de librer 450 millions d'euros en faveur
de ce project.




A measure qu'on approche de la capital, les signes de la transition co-
nomique se confirment. Au beau milieu de la mosaque de petites par-
celles o poussent surtout du mas et des choux, on aperoit un panneau
d'affichage publicitaire, accroch un rtelier pour btail abandonn.
Une image qui symbolise bien cette transition de l'agriculture vers les
services. Cette impression se enforce encore et se mue en certitude
measure que l'on se rapproche de la banlieue de Ljubljana, avec son
horizon d'immeubles de verre brilliant dans le soleil. Selon la Chambre
de commerce et d'industrie du pays, les entreprises pharmaceutiques et
de tlcommunication competent dsormais parmi les principaux acteurs
conomiques. Epinglons ici Lek Pharmaceuticals Ljubljana ; Krka
Pharmaceuticals, Nopvo Mesto ; Telecommunications Telekom
Slovenije, Ljubljana et le group de la distribution Mercator,
Ljubljana. Les changes se font essentiellement avec les autres pays de
l'UE. Selon les statistiques du bureau d'information du gouvernement,
67,9% des exportations slovnes sont ainsi destines 1'UE, don't
17,2% vers ses anciens voisins de l'ex-Yougoslavie.


C*URRIER






Slovnie couvrir l'Europe


Durant les mois d't, le gouvernement a d faire face une flambe
des prix la consommation. Par colonnes entires, la press slovne a
tent d'analyser pourquoi des denres de base comme le lait et les lgu-
mes ont augment de 20% pratiquement du jour au lendemain. Les sta-
tistiques du gouvernement font tat d'un pic d'inflation en juillet 2007,
celui-ci atteignant 3,8% -le double de l'inflation moyenne des 12
membres de la zone euro. Certains ont mis cette hausse des prix sur le
compete de facteurs chappant tout contrle, comme l'envole du prix
du carburant, d'autres ont accus le basculement l'euro et ses rgles
d'arrondi. D'aucuns ont voqu, comme cause possible, la pression
inflationniste des dpenses publiques.
La Slovnie a par ailleurs beaucoup mis sur l'UE pour promouvoir
l'intgration conomique rgionale et attirer davantage d'investisseurs
trangers. Les secteurs d'avenir sont dsormais les nouvelles technolo-
gies et secteurs connexes, les transports et les services fonds sur la
connaissance, comme l'informatique, les finances et les communica-
tions, les assurances et les services aux entreprises. Les principaux
investisseurs trangers sont, par ordre dcroissant, l'Autriche, la Suisse
et les Pays-Bas, tandis que la Slovnie investit surtout en Croatie, aux
Pays-Bas, en Serbie et au Montngro (toujours par ordre dcroissant).
Ces informations reposent sur les donnes communiques par la JAPTI,
l'agence publique slovne pour l'entrepreneuriat et les investissements
trangers.
Toujours selon cette agence, le secteur du tourism recle un rel poten-
tiel conomique (voir article). L'architecture de la vieille ville de
Ljubljana est tout simplement tonnante : chaque coin de rue, le visi-
teur dcouvrira une page de l'histoire de l'Europe. Les autorits de la
capital ont par ailleurs imagine une nouvelle vision pour la ville -sous
le slogan "Ljubljana 2025" don't l'adjoint au maire, Janez Koelj, se fait
le dfenseur. Vritable programme-cadre d'une dure de 20 ans en
faveur de la capital, "Ljubljana 2025" prvoit, entire autres, l'amna-
gement d'un parc natural, la modernisation du rseau ferroviaire et la
construction d'une nouvelle gare routire, la construction d'un stade
sportif et l'amnagement de zones rsidentielles et d'affaires, comme la
toute nouvelle zone urbaine de Tobaana, qui devrait voir le jour sur le
terrain d'une ancienne usine tabac.
www.ukom.gov.si
www.investslovenia.org


Du XIVe sicle jusqu' la fin de la Premire Guerre mondiale, en 1918,
les Slovnes ont vcu sous la domination des Habsbourg. C'est pourtant
durant ce rgne long de 600 ans que les Slovnes se sont forg une iden-
tit culturelle et national. La rforme des Lumires a jou ici un rle-
cl, en jetant les bases de la littrature slovne.
La renaissance national slovne s'acc-
lre durant cette priode, avec la publi- S Sd


LES uins


e rayons des supermarchs slovnes ne croulent pas sous les vins
.:lui Nouveau Monde, mais sous les vins de terroir productss en
Slovnie". Les consommateurs slovnes restent fidles aux vins des
trois principles rgions viticoles du pays : le Podravje au nord-est, le
Posavje au sud-est et les vins ensoleills de l'arrire-pays de la cte
mditerranenne au sud-ouest.
On entend tinter les bouteilles dans les bagages des tourists, qui
quittent le pays en important les merveilles dvoiles par leurs
dgustations et restes bouches pendant leur sjour. On cultive la
vigne depuis 2.000 ans en Slovnie. On y trouve toutes les sortes de
vin, du sec au doux, du rouge au blanc, avec ou sans bulles. "Nous
avons un environnement natural fantastique pour la vigne", explique
Dun Brejc, directeur de l'Union commercial slovne pour la viticul-
ture et le vin, dans son bureau Ljubljana.
Et Brejc d'ajouter que les vins slovnes figurent la carte des vins des
meilleurs restaurants New York, Londres ou Berlin. Mais pour-
quoi se font-ils alors si rares dans les principaux rseaux de distribu-
tion de l'Union europenne (UE) ?
D'abord, la Slovnie ne peut pas actuellement rivaliser avec les vins
trs recherchs et faciles boire du Nouveau Monde. "Nous pour-
rions probablement produire un Chardonnay grand succs com-
mercial", dit Brejc, mais l'tendue et la topographie de la Slovnie ne
se prtent gure un tel project.
Brejc precise que la Slovnie est un pays de petits producteurs.
Environ 20.000 viticulteurs exploitent moins de 0,7 hectares de
vignes, tandis que 400 producteurs seulement possdent plus de
trois hectares. "66% des vignes slovnes sont situes sur des pentes
escarpes. Cela signifie que tout doit tre fait la main", explique
Brejc. Du coup, le prix d'achat de la bouteille doit dpasser la barre
des 4,99 livres sterling (environ 7 euros), ce qui reprsente un cot
lev sur le march au Royaume-Uni. "Le socialisme d'tat n'a pro-
bablement pas donn une image trs favorable notre vin", ajoute-
t-il. Il signal que les vignerons slovnes sont en train de changer leur
,marketing et prvoient des tiquettes plus simples, dpouilles, et
d aspect plus actuel. Brecj ajoute que la chute des ventes de vins slo-
S-enes de 20% sur le march national, redoute aprs l'adhsion
I iIE, ne s'est jamais produite, ce qui montre que le march national
I.:-urnit une base de consommateurs fidles. Il pense que le temps est
enu de mieux faire connatre la Slovnie comme une destination de
*:loix pour les acheteurs de vin. Et dans 10 ans, dit-il, la Slovnie pro-
.:iiira peut-tre un vin lger et facile boire, capable de rivaliser avec
celui du Nouveau Monde.


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007







couvrir l'Europe Slovnie


cation de la premiere grammaire slovne que
l'on doit Jerej Kopitar.
En 1848, le "Printemps des Nations" aboutit
au premier programme politique slovne
"Slovnie unifie", qui exige la runion de
tout le territoire habit par des Slovnes en une
province unique, la Slovnie, ayant pour lan-
gue officielle le slovne. L'ide est de crer


une province autonome, dote de sa propre
assemble, au sein mme de la monarchie des
Habsbourg.
Aux lections provinciales, les reprsentants
slovnes remportent la majority des voix.
Cette mme anne, l'empire d'Autriche est
remplac par la monarchie austro-hongroise.
La Slovnie reste l'intrieur de la parties
autrichienne de la monarchie. Pour faire face
la menace de la creation d'un Etat slovne vers
la fin de la Premire Guerre mondiale (1914-
1918), la Dclaration de mai 1917 propose la
creation d'un Etat commun, runissant les
Slovnes, Croates et Serbes vivant sur le terri-
toire de la monarchie des Habsbourg. Cette
proposition est rejete par les Habsbourg.
Aprs la dfaite austro-hongroise, l'assemble
create Zagreb et une assemble national
Ljubljana appellent, en octobre 1918, la
libert national et la formation d'un Etat
indpendant runissant Slovnes, Croates et
Serbes Zagreb. En dcembre 1918, cet Etat
des peuples slovnes, croates et serbes s'unit
au royaume de Serbie pour former le royaume
des Serbes, Croates et Slovnes, rebaptis
royaume de Yougoslavie en 1929.
Ce royaume se disloque au dbut de la
Deuxime Guerre mondiale et le territoire slo-
vne est partag entire l'Allemagne, l'Italie et la
Hongrie. Le Comit slovne de liberation
national, cr Ljubljana en 1941, opposera
une resistance arme aux forces d'occupation,


avec l'aide du parti communist, qui dfend
activement la cause slovne. L'assemble des
reprsentants de la nation slovne dcide d'in-
tgrer la Slovnie la nouvelle Yougoslavie.
La Rpublique fdrale populaire de
Yougoslavie voit le jour au lendemain de la
guerre. En 1963, elle sera rebaptise
Rpublique fdrale socialist de Yougoslavie.
Elle est dirige par le Prsident Josip Broz Tito.




Le dcs de Josip Broz Tito, en 1980, allait
aboutir, en une dizaine d'annes, la disloca-
tion de la Rpublique fdrale socialist de
Yougoslavie. La Slovnie demand son ind-
pendance et en 1988, les premiers parties d'op-
position voient le jour.
La declaration de l'tat souverain de la nation
slovne, adopte en mai 1989, est suivie, en
avril 1990, des premires lections dmocrati-
ques lors desquelles 88% des citoyens se pro-
noncent en faveur de l'indpendance.
L'indpendance est finalement proclame le
25 juin 1991. La Yougoslavie lance alors des
attaques armes contre la Slovnie, mais se
retire au bout de 10 jours. La signature d'un
accord de paix met fin cette guerre des 10
jours. L'UE reconnat officiellement la
Slovnie en janvier 1992.
La Slovnie fait par ailleurs parties des Nations
Unies depuis mai 1992.


LE TOURISME :


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-1 Euro = 0 69 sterling






Slovnie couvrir l'Europe


LiJ U L 3 JI ] L une uille qui se rueille



Zoran Jankovic, maire trs apprci de Ljubljana et fondateur de Mercator, une des
principles grandes surfaces du pays entend bien ancrer sa ville dans le paysage de
l'Union europenne.*


iiul4jana a malheureusement sommeill pendant
l)iliieiirq divaineq d'anneq et nnii1 nniin effnr-

1 .,,l!,sc t iVi l cl! l t i I.-C l! ,. ll 11 I 1 .l d.l c
ll l.I I l II l I .L I.I I N II. I I II I I tC>.I IcI iL I l ll .I '.Il



cil .li! l 1J1 C 'Ii2 l d '.i1 l =ii l "i i .i 1 ili II ,, II i.lI
Sihl .i 'i. i i i iii'i .ii iii i .i ii i | l ii. i .lk' ' i .i i -i ii l. !










l' ii- L It .' C ,I C 'I I i_ l ih h l idL, l i 'II,,II lii [.'l Li'.1 ,lii i i '
lI' Icl. i. I l ii i[.ill i i IIh L .i' ,' ,lli .1 1 I!' II l I III C ..l -
ll'. "ll ll.l' hn "l. 'll 'lll. C l l _' clll ,. I ...
L: 1-1h lk! Cll. ll lkll ,l! i .1' c. I Cl l' II Illh '







' l '. l' lll~' .I11lll, i I l!ll lk ]LIC LI I. IIIl i u' l| l
_ tti' sf d do" 14n de Jil][ e de I1 1[ 111' CI. LI .[llll[l lll.


l'ouverture la cooperation international font de cette
capital eiirpenne une n ille dnte d'une relle perntn-
1!.1l lc ll l i ll 1 'l i Ill '. l i l. I. ll l' l III L I II l' lic ,






.l 'l l lI u. IIII L. i l i l .I i III l C iL 1i I l' ll I [ i III .II'.I
II. ll l!lc l e k'. ll l III! d' l I' C i ', .l l .ll' l, .', .ll l l. llll.
C I llI C I I l .l] C .l 'lI ll' .ll11l h dill i .lc 11.1i .11 1 I1111,'
I .' lll .. L .I .II Il t CL III 'C 1 C '. I ,li i I Il l t 1ill
d ll iii' l, l I.lil ,l .iIII L .ilI lc lit ill i ll.lit ." II' .
'E ,l l,..' ] d h. .l l l !l. .1 .' I I ,. .. l 1 ..'
i 10 d !. I lic .l I' lE J111':11 1 1' 1 ,, il d il '
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couvrir l'Europe Slovnie


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Dynamisme, passion et capacity travailler
aisment l o d'autres ont des problmes;
deux organizations non gouvernementales
(ONG) slovnes utilisent aujourd'hui sur la
scne international l'expertise accumule
en toute discretion en Slovnie.
Together aide ainsi des enfants victims de
la guerre retourner une vie normal tan-
dis que ITF se concentre sur des operations
de dminage et sur la rehabilitation des vic-
times de mines antipersonnel.

... le centre regional pour le bien-tre psychosocial des
c.1!.iii a vu le jour en 2002 grce au soutien du gouveme-
uic.,i Ilovne et aux dons qui ont suivi le retour de 100.000
B.. i!,.iques rfugis en Slovnie et qui souhaitaient rentrer dans
leur pays, aprs la guerre, la fin 1990. Les enfants, surtout, ont rencon-
tr de grandes difficults psychologiques et ont eu du mal se radapter.
L'ONG a t en measure de rpondre aux besoins normes en terms de
counselling. "Les enfants ne savent pas comment grer leurs propres souf-
frances", explique Vera Remskar, directrice executive de long. La pre-
mire phase d'un project est toujours capital, nous explique-t-elle au sige
de Together, Ljubljana. Le premier volet est d'aller vers les populations
en danger ou dans le besoin. Cela se fait souvent par le biais des coles,
car les enseignants sont finalement les mieux placs pour identifier ces
enfants en souffrance. Ceux-ci prsentent en effet souvent des problmes
d'locution et des troubles du comportement. La phase suivante fait inter-
venir un partenaire local, charge de former les enseignants sur le terrain,
de faon ce qu'ils puissent assurer une aide psychologique directed, et
d'organiser des ateliers, souvent dans les villages. "Notre objectif est de
renforcer les capacits locales. Nous ne venons pas pour repartir", expli-
que Vera Remskar. Des programmes volontaires sont mis en euvre dans
le cadre desquels des jeunes de plus de 15 ans aident des personnel han-
dicapes ou des personnel ges au sein des communauts locales. Des
initiatives de ce type montrent bien la volont de changer les rles, en don-
nant aux jeunes bnvoles ce sens des responsabilits si ncessaire.



Forte d'une trs prcieuse expertise et de nombreuses donnes sur les
enfants victims des guerres, long n'a pas tard tendre ses activits


jusqu'au Kosovo et la Macdoine voisins. Together fait present profi-
ter d'autres parties du monde de son experience, tout en poursuivant son
travail capital dans les Balkans occidentaux. Elle espre encore aider les
enfants victims du conflict du Darfour et poursuivre galement son tra-
vail en Irak, pour lequel elle a eu dernirement du mal dgager des
fonds. L'expertise de ces ONG s'avrera galement prcieuse au
Rwanda, en Rpublique Dmocratique du Congo ainsi que dans le Nord
de l'Ouganda. L'ONG reste tout moment impartiale. "Nous sommes ici
extrmement prudents sur ce point", explique Vera RemSkar. Et d'ajou-
ter : "Notre travail consiste gurir l'intrieur des gens -les mes."



L'Interational Trust Fund (ITF) for Demining and Mine Victims
Assistance a lui aussi vu le jour en mars 1998, grce au soutien des minis-
tres de la Dfense, de la Sant et des Affaires trangres de Slovnie.
L'objectif est de s'atteler au grave problme des mines antipersonnel et
autres engines non exploss qui continent provoquer des mutilations et
faire des victims dans les rpubliques de l'ex-Yougoslavie. Voil ce que
nous explique Sabina Beber Bostjancic, responsible du dpartement des
relations internationales, au sige de l'association, Ig. S'attaquant dans
un premier temps au problme des terres infestes de mines en Bosnie-
Herzgovine, les activits de l'association se sont rapidement tendues
d'autres rgions de l'ex-Yougoslavie et du Sud-Est de l'Europe, notam-
ment la Croatie et la frontire nord de l'Albanie avec le Kosovo et la
Serbie. Par le biais d'offres, des entrepreneurs locaux enregistrs sont
engags pour effectuer ce travail sur le terrain. A ce jour, ITF a ainsi
dcontamin 76 millions de mtres carrs de terrain dans les Balkans.
Certaines rgions de Bosnie sont encore infestes de mines, explique
Sabina Beber Bostjancic, et c'est aussi le cas de la frontire entire la
Croatie et la Serbie. A la fin de l'anne dernire, la Croatie elle-mme avait
t dclare dmine. C'est galement le cas du Montngro. La
Macdoine le sera la fin 2007, nous prcise-t-elle. L'Albanie devrait tre
elle aussi bientt dbarrasse de ce problme, estime le ITF, qui suit troi-
tement la situation.



A ce jour, l'ITF a collabor avec 27 pays bailleurs de fonds et un grand
nombre de donateurs privs et de bailleurs de fonds institutionnels,
comme l'UE, qui a finance plusieurs projects de dminage sur les zones
frontalires des rpubliques de l'ex-Yougoslavie durant la priode 2003-
2006. La cooperation avec le Matching Fund (un fonds destin assurer
un concours financier quivalent) s'est rvle particulirement fruc-
tueuse. A chaque dollar collect par l'ITF s'ajoute en effet un dollar
dgag par le Dpartement d'Etat amricain. Ds lors, celui-ci a finance
les activits de long concurrence de plus de 100 millions d'euros/dol-
lars ce jour. Parmi ces projects, retenons les visits d'coles visant aver-
tir les enfants des risques des mines antipersonnel. Attirs par leur extr-
mit jaune, rouge et bleu brilliant, les enfants sont en effet souvent tents
de les ramasser. Sabina Bostjancic insisted sur l'approche "holistique" uti-
lise par l'ITF dans le domaine des mines. Nous faisons face un besoin
permanent de projects axs sur la rehabilitation des victims de mines. Un
adulte a besoin d'une nouvelle prothse tous les 2 ou 3 ans, un enfant tous
les 6 mois. A cette fin, le gouvernement a cr Ljubljana un centre slo-
vne spcialis, qu'il finance lui-mme. Mais pour les victims, venir se
faire soigner Ljubljana est la fois coteux et dstabilisant. Forte de
cette riche expertise, long travaille present dans d'autres pays du Sud-
Caucase et d'Asie central, ainsi qu' Chypre et au Liban. Elle envisage
galement de travailler au Laos, au Cambodge et en Colombie.


CURRIER












































Le Congo nouueau est arriv !


De la mi-septembre la fin novembre, la Belgique a accueilli le festival Yambi, le plus
grand rendez-vous jamais organis autour de la culture congolaise. Cet vnement ne
sera pas sans lendemain.


swahili signifie "bienvenue". Tel est
le titre donn ce festival organis par
le Commissariat gnral aux relations
internationales de la Communaut franaise de
Belgique, la collectivit au service des franco-
phones belges en matire culturelle. En parte-
nariat avec le ministre de la Culture de la
Rpublique Dmocratique du Congo (RDC).
Selon Mirko Popovic, president de l'associa-
tion Africalia, partenaire de l'initiative, Yambi
est le plus grand vnement cultural avoir
mis en valeur le Congo depuis l'indpendance,
avec pas moins de 380 activits impliquant
plus de 160 artistes congolais dans une cen-
taine de lieux, en Belgique, en France, au
Luxembourg et en Suisse.

> Hors des sentiers battus

Toutes les disciplines furent au rendez-vous
musique, thtre, danse, littrature, cinma,


saire congolais de Yambi, l'crivain Andr
Lyoka et ses partenaires belges ont sillonn
tout le Congo pour slectionner les artistes
participants. Pour la plupart des inconnus.
Mais c'est prcisment l, le rle de Yambi :
donner dcouvrir les nouveaux talents.
Comme le rappelle Mirko Popovic, les valeurs
confirmes de la rumba ou de la peinture
populaire, les Papa Wemba, les Chri Samba
n'ont gure besoin de Yambi pour se faire
connatre. Le but de l'initiative tait davantage
de sortir des sentiers battus pour offrir au
public le plus large ventail possible des hypo-
thses de creation d'aujourd'hui, de reprsen-
ter ce que le people congolais a de meilleur
dans sa crativit artistique professionnelle.
L'ide tait de montrer ce qu'on ne voit jamais
: les griots modernes, les chanteurs-composi-
teurs qui sortent de la routine de la rumba et
explorent de nouvelles formes comme l'ethno-
jazz par example, mais aussi les chorales et les
fanfares qui, hritires de la force publique,


bande dessine et arts plastiques. Le commis- ont t revisites de manire magistrale par les


Congolais au point d'"estomaquer" (sic) le
public qui a assist sur la Grand-Place de
Bruxelles cette rencontre entire une fanfare
belge et congolaise.

> "fu-del de l'espoir",
"le Congo en march"

Yambi reprsente certainement un vnement
pour Bruxelles mais aussi pour les artistes
congolais qui y ont particip. "Avoir une
uvre Matonge, qui est le carrefour de tou-
tes les cultures, c'est fort !", confie Freddy
Tsimba, auteur de la premiere uvre africaine
d'art contemporain jamais expose dans la
capital de l'Europe. Intitule Au-del de l'es-
poir, cette sculpture de Freddy Tsimba, rali-
se avec des douilles rcupres par l'artiste
sur des champs de bataille Kisangani ou ail-
leurs reprsente une femme portant dans ses
bras un enfant mutil. "Un cri pour la vie",
rsume l'artiste.
Manifestement, Yambi tmoigne qu'au


N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007




. ........


Crativit


..


r-,4


> L'aprs-Yambi


Congo, tout le monde ne passe pas son temps
pleurer dans la boue et dans les champs de
bataille. Que ces artistes qui reprsentent 60
millions de Congolais veulent s'en sortir,
revendiquent des choses, comment Mirko
Popovic. Mais la guerre a profondment mar-
qu le pays et ses habitants. Ce n'est pas le fait
du hasard si cette blessure profonde rapparat
dans plusieurs des uvres de l'expo-phare
d'art contemporain "Congo en march" pr-
sente au Centre cultural du Botanique
Bruxelles, don't cette "installation" de Vitshois
Mwilambwe intitule Le Congo sous perfu-
sion : la photo d'un homme cribl de tubes et
couvert de pansements. "C'est un pays qui doit
suivre un traitement ambulatoire pour pouvoir
se gurir de sa maladie qui dure depuis quatre
dcennies", explique Alain Mwilambwe,
auteur de la photographic.


Pour ce dernier, Yambi reprsente une "faon
d'tre propuls, d'tre prsent sur le plan
international". Yambi c'est aussi un moyen
pour les artistes de tenter d'merger de la ra-
lit social difficile dans laquelle ils se dbat-
tent, sans subventions gouvernementales. Une
ralit qui se rpercute d'ailleurs sur leurs
conditions de travail. Les ateliers sont exigus
et les artistes n'ont pas toujours le choix des
matriaux qu'ils utilisent.
Parmi les formes d'expression exaltes par
Yambi, la BD occupe une place de choix avec
l'expo "Talatala" d'auteurs congolais reprsen-
tant la vie quotidienne Kinshasa dans tout ce
qu'elle a de plus homrique, et notamment les
sempiternelles tracasseries exerces par les
policies aux dpens de leurs concitoyens, le
dsir d'Europe et l'art de la dbrouille. Un autre
grand moment fut la rencontre sous l'gide de
l'association Coopration par l'ducation et la
culture de Bruxelles d'une vingtaine de roman-
ciers, de potes et de nouvellistes les 12 ou 13
octobre avec le public et des crivains belges,
lors d'un "grand parloir des lettres congolai-
ses". Exercice jusqu'alors indit !
Mais Yambi se veut plus qu'un feu d'artifice
sans lendemain. "Rencontre entire deux peu-
ples, travers la geste artistique" visant ren-
forcer la dignit, la crativit, l'identit,
crer des changes, motifs, esthtiques entire


les gens, Yambi veut aussi planter les semen-
ces de la cooperation future. C'est aussi un
programme d'change et de cooperation. Le
CGRI a allum la mche, rsume Mirko
Popovic.
Il y aura des suites. Africalia a public un
recueil prsentant les uvres d'une vingtaine
de photographs. Le CGRI a ralis un CD
promotionnel, qui sera au Midem 2008, pr-
sentant notamment les percussions de La
Sanza, les chansonniers Goubald et Lokas, le
Chur la Grce et la Fanfare la Confiance. De
mme, un DVD promotionnel des courts
mtrages des vidastes congolais a t gale-
ment dit. Autant de cartes de visit bien uti-
les pour des artistes hier inconnus. Charleroi
danse, l'institution de la danse contemporaine
en Belgique francophone a accueilli des chor-
graphes congolais, tandis que le Centre drama-
tique de Mons envisage une tourne thtrale
de deux mois travers le Congo.
Enfin, et ce n'est pas la moindre des choses,
Mirko Popovic s'attend ce que Yambi mar-
que de son empreinte, l'acte de creation lui-
mme des artistes, pour la premiere fois
confronts d'autres formes d'expression, la
critique. "Certains se remettront en question et
iront chercher de nouvelles voies, les affir-
mer", present le president d'Africalia.
F.M. a
* Le CGRI est le Commissariat Gnral aux Relations
Internationales de la Communaut franaise de Belgique.


CURRIER





Crativit


Sandra Federici




POURQUOI






L' RI


?


La Collection Pigozzi


sa collection, la pinacothque de Giovanni et Marella parfois mme mis en mot, come dans les tableaux de Chri Samba et
Agnelli, fleuron de cette famille de Turin fon- les cartes postales de Frdric Bruly Bouabr.
datrice du group FIAT, accueillera Pour Andr Magnin, "le thme le plus rcurrent des
l'exposition "L'art africain contemporain: chefs- objets d'art exposs dans le cadre de cette expo-
d'oeuvre de la Collection Jean Pigozzi". sition est le lien profound avec le territoire,
L'exposition a t confie Andr thme sur lequel les artistes dirigent
Magnin, directeur artistique de la toute leur attention, en proposant
Contemporary African Art une experience personnelle
Collection (CAAC), une col- de la ralit ; il s'agit ds
election ddie l'art africain I lors d'un art 'inclusif',
contemporain. C'est la pre- ancr dans l'histoire pr-
mire fois que la collection senate et passe, allant
Pigozzi, la plus important l'encontre de toute
collection d'euvres d'art forme de division
africain contemporain, est racial. Un art qui
expose en Italie. vient des gens, qui les
L'initiative de cette collec- interpelle et qui
tion, qui a dmarr en 1989, revient vers eux". Et
revient Jean Pigozzi et Andr de notre point de vue,
Magnin, commissaire de l'exposi- c'est bien dans cette
tion "Les Magiciens de la Terre", caractristique que
organise l'poque au Centre rside le succs tant des
Pompidou Paris. f lidques que sur le march de
L'exposition, qui runit une cen- !'.d i du style d'un Samba ou d'un
taine d'objets d'art de 16 artists !2!.. Bouabr, d'un Sidib et d'un


africains, prsente des uvres rem.i -
quables et de grands classiques, c,,il
la selection reflte parfaitement l'ij.ici-
tit et les choix trs personnel, .ic
Magnin : une vritable passion p. iii !ic
autodidactes travaillant dans une i.ii.icd
ville de l'Afrique subsaharienne, o les
artistes sont gnralement rests fidles aux
techniques, aux styles et aux sujets qui leur
ont valu leurs premiers succs. D'o la forte
signature qu'ils se sont forge, et qui vient
encore renforcer leur place sur le march.
Ces uvres d'art intgrent un contenu net-

N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007


Romuald Hazoum, Ati, 1994.
Plastique, cheveux synthtiques,
nylon et caoutchouc, 44 x 45 x 23 cm.
Avec l'aimable autorisation du
C.A.A.C. La Collection Pigozzi, Genve.
Photo: Claude Postel


k!i!.clicz. Ces artistes sont en fait par-
!.uilclcuit capable de dialogue et de
ii.it|',! auprs des marchands d'eu-
i.c ci >.lcs collectionneurs. Ils ne se
iiiici pi.i d.lans l'avant-garde, ni dans un
c c i.iic .l .Ici conceptuel, avec un language
continuellement renouvel. Ils ont par contre
suivi un parcours cohrent, critiquant et
exprimant des problmatiques typiquement
africaines qui ont t diffuses, grce l'in-
clusion de ces uvres dans une exposition
international. Les propos du commissaire
d'exposition Magnin confirment bien que







Crativit


l'identit de l'art africain contemporain est tou-
jours bien au cour de ces expositions. Ds lors,
chaque exposition semble tout reprendre zro,
pour exprimer la lgitimit de son existence.
Mais sommes-nous encore obligs de rpter
qu'il s'agit "d'un gigantesque continent qui
recle une identity et des richesses inattendues"
ou de nous demander "quelle est la significa-
tion de l'art africain ?"
De tels propos ne sont-ils pas absurdes au vu
des nombreuses expositions organises dans les
plus belles sales du monde entier et aprs
quantits de biennales et d'expositions collecti-
ves. Ne sommes-nous pas en train d'oublier
que divers artistes africains psent vritable-
ment sur le march international ?
Pourquoi ne pouvons-nous pas nous empcher
de nous demander "Pourquoi l'Afrique ?"
Nous pourrions prendre pour point de dpart
les rponses, qui nous en disent bien plus long.
Les curateurs, les historians de l'art, les
anthropologues et les diplomats qui ont tra-
vaill avec des artistes africains pendant toutes
ces annes, ont de temps autre fourni des pis-
tes, contribuant, de par leurs diffrentes posi-
tions, la creation d'une image polyphonique
et polymorphe de l'art africain contemporain.
Dans les dossiers de presentation de l'exposi-
tion, les promoters expliquent comment l'art
africain contemporain dpasse l'art figuratif et
folklorique postcolonial pour entrer en relation
avec l'art occidental et dvelopper ainsi un
language personnel et indpendant. La plupart
de leurs crations figuratives, inspires par
l'actualit, sont l'expression d'une ralit, qui
est tout la fois locale et international.
A vrai dire, il convient de souligner que certain
commissaires d'exposition anglo-afro-amri-


Andr Magnin, Seydou Kita et sa famille, Bamako, 1999.
Avec l'aimable autorisation du C.A.A.C. Collection Pigozzi, Genve.
F_, "


cains ont renonc l'en-
gouement de Magnin pour
les styles "primitifs" et
"caricaturaux", qui utili-
sent des matriaux recy-
cls et des rfrences
plus ou moins ironique
la culture traditionnelle.
Citons par example Cl-
mentine Deliss ("Afri-
ca95"), Okwui Enwezor
(Biennale 1995 et 1997 de
Johannesburg), Salan
Hassan et Olu Oguibe
("Autentic-ex-centric"
lors de la Biennale de
Venise en 2001). Autant
d'expositions davantage
axes sur un language plus
conceptuel, comme la
vido, l'installation et le
spectacle. Andr Magnin
a quand mme propuls
sur la scne artistique
international les artistes dcouverts cette
occasion, en les intgrant sa collection.
Les parcours des artistes prsents dans le
cadre de cette exposition ont tous des allures de
success-stories : le portraitiste Malick Sidib
(72 ans) a dcroch un Lion d'or pour l'ensem-
ble de sa carrire lors de la 52e Biennale de
Venise ; Romuald Azoum a t prim
Documenta 12 ; les uvres de Kingelez se
ngocient prix d'or. Dans les pays africains, il
n'existe pas de "systme" de l'art contempo-
rain, avec un certain nombre de galleries habili-
tes reprsenter une sorte de label de garan-
tie, tant pour les artistes -s'agissant de leur


promotion et de leurs recettes -que pour les
acheteurs, quant l'authenticit de l'euvre et
sa valeur. Dans un tel context, Magnin a le
mrite de dcouvrir un certain nombre d'artis-
tes qui ont vu leur situation changer grce
cette exposition. Alors qu'hier encore, ils tra-
vaillaient pour les seuls tourists et un petit
march au sein des ONGs et des ambassades
(ce qu'un grand nombre d'entre eux font
encore aujourd'hui), ils occupent aujourd'hui
une relle place sur le march de l'art et bn-
ficient d'une relle reconnaissance, grce leur
presence dans les muses, dans les collections
internationales et sur le march de l'art.
L'anarchie relative dans laquelle certain artis-
tes se sont imposs a t l'origine de violen-
tes querelles et de problmes juridiques quant
l'authenticit d'uvres d'artistes aujourd'hui
dfunts, comme Seidou Keyta et Jorges
Lilanga. Aprs de nombreuses annes de dbat
passionn sur l'identit de l'art contemporain
africain, il semble aujourd'hui plus important
de rflchir au systme et au march de l'art
ainsi qu' l'industrie de la culture ; le thme de
la collection artistique semble capital dans ce
context. C'est ce que fait la collection de
Giovanni et Marella Agnelli, qui a introduit en
Italie un chantillon reprsentatif de ce qui
apparat tre la collection prive la plus impor-
tante d'art contemporain africain. Un bon point
de dpart a

L'art africain contemporain : chefs-d'euvre de la
Collection Jean Pigozzi
6 octobre 2007 3 fvrier 2008
Pinacothque Lingotto Giovanni et Marella
Agnelli Turin, Italie


COURRIER


It
~ie~iL~











RWUOnD :



L'IIUITA TIon



nU UOYfGE


La couverture du guide public par Petit Fut sur le Rwanda


pays, ft-il africain, l'vne-
ment serait banal. Mais dans le
cas du Rwanda, saign blanc
par le genocide de 1994, il prend une autre
dimension : le signe du regain dans un pays
qui veut vivre, entreprenant. Nous voulons
parler de la sortie rcente du premier guide
de voyages en langue franaise depuis la
shoah des Grands Lacs, Le Petit Fut
Rwanda. Comme l'crit l'auteur, Franois

N 3 N.S. NOVEMBRE DCEMBRE 2007


Janne d'Othe, journalist belge, le
gnocide a tant affect l'image du
pays et envahi les consciences qu'on
en est venu oublier l'immense
beaut de ce pays. Le calme des
lacs, le parfum des eucalyptus, la
grce des danseurs Intore, la majest
des volcans, le contact si troublant
avec nos cousins gorilles de mon-
tagne, la flore exubrante. L'espace
nous est compt.
Loi du genre, le guide passe en
revue les bonnes addresses et suggre
les bons plans susceptibles de con-
venir plusieurs profils de visiteurs,
amateurs de trekking, d'escalade de
S volcan, du tourism animalier ou
S m mlomanes dsireux de se laisser
captiver par la voix de la grande
Ccile Kayirebwa. Le Petit Fut
traite aussi avec rigueur des pages
les plus sombres de l'histoire con-
temporaine. "Un pays difficile, qui
se mrite. On ne va pas au Rwanda
comme au Kenya ou en
Guadeloupe", confie l'auteur qui
recommande la visit d'un des
mmoriaux du genocide comme un
"must". Question de respect.
Cela dit, le sjour s'avre plutt
cher pour qui ambitionne de visiter
plusieurs parcs nationaux. Mais le pays est
aujourd'hui un des plus srs d'Afrique. Ct
culture, l'ouvrage familiarise les frus avec
les lgendes don't celle de Lyangombe, le plus
puissant des esprits des anctres, et les diff-
rentes expressions artistiques. Au total, ce
guide, fouill, de faon utile et pratique,
remet les pendules l'heure, rconciliant
image et ralit. Un nouveau Rwanda existe.
Le Petit Fut l'a rencontr.
F.M. M


IIITI


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65











LE COURIER flCP-UE



EST f PRESENT En LIGnE


www.acp-eucourier.info


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Chers lecteurs et lectrices,


Le Courrier a repris son envol
aprs quatre ans d'interruption.
Cette nouvelle version se veut
rsolument ouverte aux oppor-
tunits et dfis offers par les
relations tisses depuis cin-
quante ans entire les pays


d'Afrique-Carabes-Pacifique et
l'Union europenne.
Vos points-de-vue, vos reactions
aux articles nous intressent.
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