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Courrier (French)
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 Material Information
Title: Courrier (French)
Physical Description: Serial
Language: English
French
Portuguese
Spanish
Publisher: Hegel Goutier
Place of Publication: Brussels, Belgium
Publication Date: 07-2007
Copyright Date: 2007
 Subjects
Genre: serial   ( sobekcm )
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: UF00095067:00002

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Full Text






















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LE


COURIER s
LE MAGAZINE DES RELATIONS ET COOPRATIONS L
AFRIQUE CARABES PACIFIQUE ET UNION EUROPENNE

Conseil Editorial
Co-prsidents
Sir John Kaputin, Secrtaire Gnral
Secretariat du Groupe des Etats ACP
www.acp.int
M. Stefano Manservisi, Directeur Gnral DG Dveloppement
Commission europenne
ec.europa.eu/development/

Rdaction
Directeur et Rdacteur en chef
Hegel Goutier

Collaborateurs
Franois Misser (Assistant Rdacteur en chef),
Aminata Niang, Debra Percival

Assistant Editoriale et Production
Sara Saleri

Ont particip ce numro
Marie-Martine Buckens, Leo Cendrowicz,
Roger Mazanza Kindulu, Bernard Babb, Bob Kabamba

Relations publiques et Coordination artistique
Relations publiques
Andrea Marchesini Reggiani
(Responsable Relations publiques et rseaux ONG et experts)
Joan Ruiz Valero
(Responsable Networking avec les institutions UE et nationals)

Coordination artistique
Sandra Federici

Concepteur Graphique, Maquette
Orazio Metello Orsini
Arketipa

Gestionnaire de contract
Claudia Rechten
Tracey D'Afters



,' Couverture
S Mine de Cobalt Ruashi, au Katanga.
S Rpublique Dmocratique du Congo.
S Photo Thierry Charlier.


Quatrime de Couverture
1" FestivalACP (Afrique Carabes Pacifique)
Credits photos, de gauche droite:
Photos 1-2 : Sandra Van Rolleghem ; Photo 3 : Hegel Goutier

Contact
Le Courrier
45, Rue de Trves
1040 Bruxelles
Belgique (UE)
info(acp-eucourier.info
www.acp-eucourier.info
Tel : +32 2 2374392
Fax :+32 2 2801406

Public tous les deux mois en franais, anglais, espagnol et portugais

Pour toute information concernant l'abonnement,
veuillez consulter notre site web www.acD-eucourier.info ou contacter info@ace-eucourier.info

Editeur responsible
Hegel Goutier

Consortium
GOPA-Cartermill Grand Angle Lai-momo

Le Secretariat ACP et l'Union europenne, membres du Conseil Editorial de la revue, dclinent
toute responsabilit quant aux positions prises dans les articles du magazine Le Courrier.
Le consortium et la rdaction dclinent toute responsabilit quant aux articles crits par les
rdacteurs extrieurs l'quipe de rdaction et par tout rdacteur invit.








LE


LE MAGAZINE


N I N.S.-JUILLET AOT 2007






',bURRIER
DES RELATIONS ET COOPRATIONS AFRIQUE CARABES PACIFIQUE ET UNION EUROPENNE




Sommaire
LE COURIER, N I NOUVELLE SRIE (N.S.)


OUVERTURE

Avant propos : deux voix

EDITORIAL
Le Courrier se re-prsente
Afrique Carabes Pacifique / Union Europenne :
Un modle de cooperation malgr tout

TOUR D'HORIZON

DOSSIER
Les Journes europennes du Dveloppement.
La politique europenne de dveloppement sur la table

Grands dbats sur le dveloppement... avec bats
La scurit des pays htes, l'arbre qui cache la fort ?
De la NASA aux coles du Rwanda
De bnficiaire donateur,
un exercise riche d'enseignement

Ouvrir de nouvelles voies
avec les partenaires africains
Bonne gouvemance et mdias :
d'abord, respecter les journalists


INTERACTIONS
Fronde parlementaire ACP/UE
contre une mondialisation inquitable
Un sommet extra-ordinaire
Les diamants de la guerre, encore menaants
Agenda

ZOOM
Une journe dans la vie de Louise Assomo

Ce n'est qu'un au revoir.
Hommage Isabelle Bassong

DE LA TERRE
Un bol d'oxygne pour les nergies renouvelables
Dchets toxiques : 20 ans aprs, un combat inachev


REPORTAGE
Congo RDC
Les dfis de la reconstruction

La rponse europenne

La vision des autorits congolaises
8 Un gouvernement issu des lections

8 La nouvelle dcentralisation congolaise
Culture en bullition
Le Congo c'est aussi...

COMMERCE
13
La feuille de route pour
15 un nouvel accord Pacifique-UE
18
DCOUVRIR L'EUROPE
Region Bruxelles-Capitale
19
Bruxelles, capital de culture

20 L'alchimie bruxelloise
Bruxelles, Mputuville, la capital des mondes
23
L'Europe, un quarter pour capital


L'conomie bruxelloise :
quand mme florissante
25
CRATIVIT
28
March des products de la culture :
S Les pays ACP forcent la porte
3 Runion des Ministres ACP de la Culture et
1e Festival ACP Santo Domingo

Quand toute la Carabe s'emballe
S pour une petite balle


Revue


PAR L'IMAGE






uverture


fluant-Propos:







Sir John Kaputin,

Secrtaire Gnral ACP


1 existe un lien historique fort entire Le Courrier et le
Groupe ACP. Le Courrier reprsente une vitrine cohrente
de la cooperation ACP-UE, particulirement dans sa dimen-
sion de cooperation. A cet gard, il constitute la rfrence
premiere pour un lectorat plus tendu vis--vis du Groupe ACP.
Il est donc essential que cet instrument soit relanc en raison de
son utility et, bien entendu, de la visibility qu'il donne au
Groupe.




Nous esprons que Le Courrier reprsentera une caisse de rso-
nance permettant d'tablir un dialogue interactif et des chan-
ges structures avec nos lecteurs. Le magazine relaiera auprs
des lecteurs les positions et activits des ACP sur divers projects.
Idalement, Le Courrier devrait galement devenir l'outil inter-
actif par excellence grce sa version online laquelle sera mise
jour rgulirement et comprendra les reactions des lecteurs.





Il est difficile d'en apprcier l'importance tant donn la
dimension gographique du partenariat ACP-UE et de l'apparte-
nance dans les deux camps. Mais pour un partenariat qui existe
depuis plus de trois dcennies, il serait tout l'honneur de ce
partenariat que du ct tant des ACP que de l'UE on tente de
s'assurer que nos objectifs soient, plus que jamais, ports l'at-
tention de nos Etats membres. Le magazine ne sera peut-tre
pas la panace dans ce movement de sensibilisation, mais,
tout le moins, on peut apprcier et comprendre le rle critique
qu'il jouera.
Dans cet esprit, Le Courrier est appel chapter un public plus
tendu. Il est esprer que la circulation plus large du magazine
sera renforce par le fait que, outre le franais et l'anglais, sa
presentation sera galement assure en espagnol et portugais.





Une des principles innovations de l'Accord de Cotonou est
l'implication directed de la socit civil et du secteur priv, en
particulier dans les Etats ACP. Lorsque les partenaires sociaux
connaissent les spcificits des procedures du FED et maintien-
nent de bonnes relations avec les Officiers charges des autorisa-


tions nationals et les dlgations de la Commission euro-
penne, ils peuvent participer plus activement aux efforts de
dveloppement avec les Gouvernements des ACP. De manire
global, tant les ACP que l'UE doivent maintenir l'esprit de
l'Accord de Cotonou de manire en promouvoir conjointe-
ment ses objectifs. Si le but ultime est la reduction de la pau-
vret, il ne pourra tre atteint qu'au travers de la promotion de
la croissance conomique, social et culturelle des pays ACP.




Le group ACP est conscient des changements globaux qui
ncessitent des configurations diffrentes que ce soit aux plans
rgionaux ou concernant des intrts spcifiques politiques ou
conomiques. Nous vivons dans un monde qui change rapide-
ment. Des tendances telles que la globalisation et les questions
de scurit sont invitables. Aussi, nous devons adapter et inno-
ver les moyens afin de rester pertinent et indispensable.
Si nous pensions suivant cette ligne, cela implique que le
Groupe ACP soit ouvert au sujet des mandates des organizations
et ce qu'elles reprsentent. En ralit, nous fonctionnons en
tandem avec plusieurs organizations avec lesquelles nous avons
tabli des relations d'intrts mutuels. Par ailleurs, le Groupe
ACP croit en sa solidarity et est uni pour faire face aux dfis.





La priority pour le Groupe ACP est la conclusion des ngocia-
tions des APE pour la fin de l'anne 2007. Autre point inscrit
l'agenda : le 10e FED, qui doit entrer en vigueur le ler janvier
2008, de mme que la programmation qui l'accompagne. Mais
ceci ne sera ralis que si deux tiers des Etats ACP et l'ensem-
ble des Etats membres de l'UE ratifient l'Accord rvis de
Cotonou avant la fin de cette anne. Le Groupe ACP suit gale-
ment de prs les dveloppements sur le front de l'OMC en rela-
tion avec les Ngociations de Doha et certaines discussions
relatives aux products de base o les ngociations 1'OMC ont
un impact direct sur leurs status respectifs.
D'autres questions essentielles sont galement suivies de prs
par le Groupe ACP, y compris la ralisation des Objectifs du
Millnaire pour le Dveloppement et le lien entire migration et
dveloppement. Enfin, les changements dans l'ordre internatio-
nal y compris l'UE, ont pouss le Groupe ACP entamer un
examen en profondeur de son avenir et comment il peut se repo-
sitionner au-del de 2020 -date de l'expiration de l'Accord de
Cotonou.


C(URRIER






uverture


Stefano Manservisi,

Directeur Gnral Dveloppement, Commission europenne


cooperation quotidienne entire les ACP et l'UE. C'est le
seul magazine qui puisse atteindre tous les pays
d'Afrique, des Carabes et du Pacifique pour les infor-
mer du rle crucial de notre partenariat permettant d'appliquer
une politique de dveloppement audacieuse, et sa contribution
pour la promotion de la paix, de la bonne governance, de la
stability et de la croissance.




Le magazine expliquera notre approche du dveloppement, sou-
lignera les projects particulirement russis et donnera le point
de vue des autres acteurs sur les questions abordes. Cela nous
aidera adapter notre approche dans un monde en mutation
rapide, d'tre prts pour la tche qui nous attend. Le Courrier
est un magazine part entire, un vritable forum permettant
d'engendrer un dbat libre. Il n'est pas un instrument de propa-
gande, pour nous ou pour d'autres.





Je crains que l'opinion publique europenne ne soit pas pleine-
ment consciente de ce partenariat et de ce qu'il reprsente.
C'est pour cette raison que nous avons besoin d'outils comme
Le Courrier. Ils peuvent permettre d'amliorer cette sensibilisa-
tion. Le Courrier n'est qu'un outil parmi d'autres ; il n'est pas
cens prendre en charge tout le travail de communication sur les
politiques de dveloppement.





La connaissance permet la croissance et des mdias libres sont
une expression de la dmocratie. Il n'y a pas de lien scientifi-
que entire une meilleure connaissance du partenariat ACP-UE et
des progrs dans les domaines social et conomique. Mais le
public peut prendre conscience de ce que nos gouvernements
mettent en uvre pour construire un meilleur environnement
social et conomique pour tous dans nos pays ; en ralit, pour
construire un monde meilleur.


Il n'y a aucun risque que le partenariat s'affaiblisse du fait que
ses membres cherchent tisser des relations fortes avec d'au-
tres entits. Le partenariat ACP-UE n'est pas rserv aux rela-
tions entire l'Afrique, les Carabes, le Pacifique et l'Europe.
Notre partenariat donne une valeur ajoute l'entiret de la
politique de dveloppement ; une politique mettre en uvre
avec l'accord d'autres institutions rgionales telles que l'Union
africaine, une institution essentielle pour la promotion de la
paix et de la stability sur le continent.





La politique de dveloppement est une priority fondamentale de
l'action externe de l'Europe car le dveloppement est synonyme
de stability, de paix, de respect des droits humans, empchant
le terrorism de prendre racine et promouvant la dmocratie. Le
lancement du "Consensus europen pour le dveloppement",
premier cadre commun pour une politique de dveloppement
l'chelle de l'Europe, en est un example.
Dans ce cadre, nos priorits essentielles sont : soutenir la bonne
governance, car sans stability et justice aucune croissance
durable n'est possible ; combattre la pauvret et les maladies
associes (comme le VIH/Sida) ; amliorer l'accs aux services
sociaux, la sant et l'ducation notamment, et moderniser les
infrastructures de transport, d'nergie et de tlcommunication,
ncessaires pour stimuler toute l'conomie.


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007








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es raisons pour expliquer la rapparition du
Courrier sont multiples et chacun doit avoir la
sienne, de l'ordre du sentiment ou de la rai-
son. Mais s'il n'en fallait qu'une, elle pourrait
provenir de cette ellipse. Le monde a change depuis
la sortie du dernier numro du magazine, il y a 3 ans.
Pas tant sur le plan politique, le grand cataclysme fut
le 11 septembre, mais dans les explications des chan-
gements. La perception relve plus du politique, l'ex-
plication, de la communication.
La "fin de l'histoire" tant proclame la chute du
Mur de Berlin n'aura dur qu'une dizaine d'annes. Et
encore La division du monde entire deux blocs par-
tir de 1917 n'avait t qu'une parenthse de l'Histoire.
La fin de la glaciation sovitique a fait, en grande
parties, ressurgir les vieilles haines et les vieilles com-
plicits, les attractions et les rpulsions anciennes
entire groups, tribus, peuples, nations. Un space a
paru passer le cap sans secousses en dpit de l'histoire
ancienne de ses membres : l'Union europenne deve-
nue une sorte de modle. Parce qu'il avait dvelopp
une integration pousse mais surtout parce que du
temps avait t accord au temps pour y arriver.
Et parce que, contrairement aux empires du
pass, inclus le sovitique, 'UE n'a jamais englob un
Etat, ce sont les pays qui y ont adhr.
Et aussi parce qu'elle offrait implicitement ses
membres la garantie de ne pas disparatre. Au sens o
Milan Kundera l'analyse dans Le Rideau. "Ce qui dis-
tingue les petites nations des grandes, ce n'est pas le
critre qt...ii'... i ,du nombre de leurs habitants ; c'est
quelque chose de plus profound : leur existence n'est
pas pour elles une certitude qui va de soi, mais tou-
jours une question, un pari, un risque ; il. sont sur
la ti. i.. i.' envers l'Histoire... Les Polonais sont
aussi nombreux que les Espagnols. Mais i. '1 ".' ". est
une vieille puissance qui n'a jamais t menace dans
son existence, tandis que l'Histoire a appris aux
Polonais ce que ne pas tre veut dire. Privs de leur
Etat, ils ont vcu pendant plus d'un sicle dans le cou-
loir de la mort. 'La Pologne n'a pas encore pri' est le


premier vers pathtique de leur hymne national". La
Pologne vient de se prmunir contre ce risque.
L'exemple de l'Europe pourrait se transposer
une autre chelle la cooperation international.
L'ONU, malgr des progrs notoires, n'y est pas par-
venue. Le processus Lom-Cotonou pourrait prfigu-
rer pareil changement en continuant chercher ardem-
ment l'adhsion profonde de chacun chacune de ses
volutions. Le grand reportage de ce premier numro
de la nouvelle srie du Courrier s'est fait au Congo
RDC. Un grand pays sous l'angle gographique,
dmographique et de ses richesses.
Il vient de passer ct de ce grand risque de
l'Histoire pour les petits pays. Et sa renaissance enta-
me se fait avec un soutien massif de son partenaire
principal, l'Union europenne. Mais ce soutien ne sera
efficace que s'il est efficacement peru. Les nations,
petites et grandes, peuvent vite s'enfermer dans les
"provincialismes du petit ou du grand" pour parodier
de nouveau Kundera et touffer leur avenir.
Le deuxime grand changement survenu ces trois
dernires annes rside dans la place prpondrante
come source d'information de l'internet que le phi-
losophe Alain Finkielkraut considre come le
mlange le plus intriqu de vrits et de mensonges.
D'o la ncessit d'explications sous-tendues par la
confiance dans les sources.
En voulant d'une publication quilibre quant la
composition de sa rdaction et surtout indpendante et
critique vis--vis de leurs propres actions, le
Secrtariat ACP qui a voulu ce project et la
Commission europenne qui l'a soutenu financire-
ment ont pris leurs responsabilits pour privilgier les
explications et ne pas laisser les rnes de leurs rela-
tions aux seules perceptions. L'quipe de rdaction
prendra les siennes vis--vis d'eux. Mais encore plus
vis--vis du public qui lui manifesterait sa confiance.

Hegel Goutier
Rdacteur en chef


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007













FRIQUE


fRfRIBES


BCIFIQUE


Un mODELE DE COOPERRTIOn



mflLGRE TOUT


algr toutes les questions qui se posent parfois sur la per-
sistance de la pauvret surtout en Afrique aprs des
dcennies de cooperation avec des blocs riches, la
rponse, en ce qui concern la cooperation entire les pays
d'Afrique, Carabes, Pacifique et l'Union europenne est que globale-
ment, c'est plus qu'un succs : un modle. La question peut toutefois tre
mal pose si elle recle l'a prior qu'un pays peut offrir le dveloppement
un autre. Un a prior illusoire sinon arrogant. On ne peut se dvelopper
que soi-mme, autrui ne peut qu'aider le faire.
L'autre question pourrait tre si une aide peut gner le dveloppement. La
rponse peut tre oui ou non. Elle est non dans le cas des relations liant
les deux blocs qui nous concernent. Tout le monde reconnat que si l'aide
de l'Union europenne n'a pas dvelopp l'Afrique, elle a contribu for-
tement empcher, dans de nombreux pays, le collapsus de secteurs
vitaux comme l'ducation et la sant et elle a permis, avec la construction
d'infrastructures importantes, de potentialiser les initiatives locales de
dveloppement.
Cette cooperation est original plus d'un titre. D'abord parce que son
utilisation est dfinie par le receveur et non par le donneur. Celui-ci,




LE COURIER


l'Union europenne, ne dfinit que le montant de l'aide alloue pour une
longue priode, gnralement cinq ans chaque pays ou chaque region
ACP. Elle fait l'objet d'un contract de longue dure avec possibility de
recours des parties. Elle met en place des institutions spcifiques conjoin-
tes runissant des reprsentants de tous les pays de l'Union et des ACP.
Ces institutions concernent les ministres (Conseil), les parlementaires
(Assemble parlementaire paritaire), les ambassadeurs (Comit des
ambassadeurs), etc. Et ces relations ne se dveloppent pas seulement
entire officials mais aussi entire membres de la socit civil et d'autres
acteurs non tatiques (Comit conomique et social de l'UE et reprsen-
tants des organizations similaires de toutes les rgions ACP).
Il s'agit ici d'une cooperation multilatrale. Qui diminue les risques de
chantage, de donnant-donnant, par example d'une ancienne mtropole
l'encontre d'un ancien pays colonis. Donc une aide moins lie que cel-
les dcides dans des ngociations d'un pays isol face un faisceau de
puissants donneurs comme dans le cadre des institutions financires
internationales.
Par rapport aux accords bilatraux entire un pays riche et un pays pauvre,
c'est une aide plus transparent. Les socits impliques dans sa ralisa-





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le Courrier


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Une collection de couvertures de la premiere dition du Courrier ACP-EU.


tion sont choisies sur appel d'offre indiffremment dans les pays euro-
pens et dans les ACP et mme dans des pays tiers. Avec toutefois une
lgre prfrence, quality gale, pour les consortia impliquant les ACP.
L'aide est cense chapper ainsi au carcan des agendas nationaux.
La cooperation fait l'objet d'une ngociation permanent sur le contenu
de l'aide. Elle a volu depuis la 1re Convention de Yaound (1963)
signe dans la foule du Trait de Rome et du grand flot d'indpendance
de pays africains. On est pass de l'aide-projets l'aide-programmes. Et
de plus en plus rcemment l'aide budgtaire, notamment aux pays don't
la bonne governance est atteste, qui permet d'insuffler des resources
directement dans un budget national dfini en total indpendance.
Initialement centre sur le dveloppement rural et les infrastructures, la
cooperation s'est tendue de plus en plus de domaines conomiques,
politiques, culturels, scuritaires. Il n'y a plus de sujets tabous. La lutte
contre la drogue, les armes de destruction massive, l'immigration illgale
et l'inscurit sont non seulement des lments de dialogue politique
mais font aussi l'objet de projects concrets.
Du ct europen o l'institution la plus implique tait la Commission,
s'est produite aussi une volution. Le Conseil s'implique de plus en
plus directement, comme dans les lections au Congo RDC par exem-
ple. Les parlementaires ont plus dire sur le budget et la mise en euvre
de la cooperation.
Commerce. L'extension du domaine de la cooperation la plus remarque
ces derniers temps est la ngociation des Accords de Partenariat cono-
mique qui lieront en principle partir de 2008 les Etats de l'UE aux dif-


frentes rgions ACP. Ces accords entendent utiliser le commerce comme
un instrument de dveloppement, tout en renforant l'intgration dans les
rgions ACP et l'intgration des ACP dans le commerce mondial. Les
avis sont parfois mitigs sur leur adquation mais les points de vue ACP
et UE se sont fort rapprochs rcemment et il y a lieu de croire que les
accords seront signs, les reserves principles ne portant plus que sur le
dlai. Sur ce terrain du commerce, au sein de l'OMC, l'UE et les ACP,
tout en tant parfois opposs, offrent en gnral l'image d'une alliance
forte, unique entire des pays pauvres et des pays riches dans ce genre
d'instances.
Le long des annes, la cooperation entire l'Union europenne et les pays
d'Afrique, Carabes, Pacifique, a aussi t original sous un angle parti-
culier, celui de l'volution identitaire des peuples. Ne entire l'Europe des
Six et les anciennes colonies franaises d'Afrique, la cooperation ACP-
UE a incorpor d'anciennes mtropoles comme le Royaume-Uni et
l'Espagne et, paralllement, les anciennes colonies africaines, cariben-
nes et pacifiques de ces derniers. Et elle s'est largie des pays sans pass
colonial avec les ACP. Le processus Lom -Cotonou a constitu un creu-
set pour fondre et recycler l'histoire colonial et ddramatiser les rela-
tions toujours quivoques entire anciens colonisateurs et anciens coloni-
ss en un rapport plus quilibr et serein, voluant entire et avec d'autres.
Analogie pourrait tre faite ici avec la revolution que constitute l'Union
europenne qui a convert les vieilles haines sculaires de ses vieilles
puissances qui l'avaient ensanglante et avec elle le reste du monde, en
moteurs de dveloppement.


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


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nomADES DEUERUS


"SOLDATS SDEnRTIRES

DE LA PROTECTIOn

DE L'EnUIROnnEmEnET


I ronie du sort, l'oasis mauritanienne de
Tenadi, autrefois ensable, a repris vie
grce une poigne de nomades
contraints de se fixer suite l'avance
inexorable du dsert. Ils sont present plus de
200 families vivre d'agriculture et d'levage
autour de deux puits, protgs par 80 hectares
de plantations, remparts contre la progression
des dunes. Une entreprise difficile, lance
voici 20 ans par quelques families emmenes
par Sidi El Moctar Ould Waled et rcompen-
e fin 2nn0 par le pri- Sn. a1"'. du
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transhumants originaires de Tenadi se regrou-
pent en cooperative autour de l'oasis du mme
nom, 5 km au nord de la route de l'Espoir
aux portes du dsert.
Les 200.000 dollars du prix permettront de
consolider et d'tendre l'oasis de Tenadi pour
accueillir de nouvelles families. Un nouveau
puits devrait tre for de mme qu'un bassin
de rtention d'eau. Quelque 100 hectares sup-
plmentaires de dunes seront fixs par des
nouvelles plantations et une ppinire de
2nn nnn planti mise en place dnnt une parties
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COURIER


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Tour d'horizon


LE PROTOCOL SUCRE


" mEnncvl",

ESTIMEnT LES minISTRES ACP


A l'issue de leur ru-
nion ministrielle
qui s'est droule du
21 au 24 mai
Bruxelles, les Etats ACP ont .:
demand une revision conjointe
du Protocole Sucre, estimant,
selon Arvin Boolell, ministry
des Pches de Mauritanie et
porte-parole des ACP pour le
sucre, que l'UE est en train "de
jeter le bb avec l'eau du bain". Credit 2006 SASI Group
Pour Arvin Boolell, le Protocole (Universit de Sheffield)
et Mark Newman
continue contribuer au dve- (Universit de Michigan).
loppement conomique global www.worldmapper.org
des pays ACP et reprsente "un
example clatant du commerce
Nord-Sud et un modle dupliquer"
Le Protocole Sucre, inscrit successivement dans les Conventions de
Lom et de Cotonou, prvoit des quotas d'exportation garantis sur le
march europen pour les 18 pays ACP producteurs.
La dernire offre faite par la Commission europenne dbut avril dans
le cadre des APE prvoit grosso modo l'limination progressive de ces
quantits et prix garantis partir de l'automne 2009 avec une ouver-
ture progressive aux concurrents.
Dans une resolution, les Ministres ACP estiment que cette offre qui-
vaut "une rvocation unilatrale de cet instrument de dveloppe-
ment et de commerce et est totalement unacceptable".
Pour les producteurs de sucre ACP, cette offre reprsente un nouveau
camouflet. Il y a un an, les Etats membres de l'UE se sont mis d'ac-
cord sur une diminution de 36% des prix du sucre sur une priode de
quatre ans, affectant galement les pays ACP. George Bullen, ambas-
sadeur Bruxelles pour l'Organisation des Etats des Carabes
Orientales et Prsident du Groupe consultatif ACP sur le sucre, esti-
me que cette reduction s'ajoutera aux pertes potentielles encourues
par les exportateurs ACP qui doivent par ailleurs faire face des frais
croissants de transport et d'assurance.
Pour attnuer cette reduction de prix, la Commission a propos une
envelope de 1,24 milliard d'euros sur huit ans (2006-2013) qui per-
mettrait aux producteurs ACP de sucre de mettre en place des strat-
gies ad hoc. Treize pays sur 18 ont d'ores et dj ngoci avec la
Commission des "Stratgies d'adaptation pluriannuelles". Ces derni-
res prvoient une panoplie de measures, prvoyant d'une part une meil-
leure comptitivit des industries nationals, notamment en amlio-
rant l'infrastructure, le transport et l'irrigation, d'autre part en diversi-
fiant l'offre, notamment par la production de biothanol, ou encore en
offrant une aide ceux qui dcident de quitter le secteur.
Les ministres ACP ont demand la CE d'allouer au moins 250 mil-
lions d'euros par an leurs strategies. Arvin Boolell a soulign que


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l'UE tait dans l'obligation de tenir compete du statute lgal particulier
du Protocole, ses contributions au dveloppement social, environne-
mental et rural, ajoutant : "La situation des Etats ACP est cense
s'amliorer et non empire, dans le cade des APE". e


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


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Tour d'horizon


D ialou

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dences europennes
auront pour principles
priorits l'Afrique, une
meilleure efficacit de l'aide, le
soutien aux Etats vulnrables et le
besoin d'insuffler un nouvel lan
aux Accords de Partenariat co-
nomique (APE) avec les rgions
d'Afrique, des Carabes et du
Pacifique (ACP).
Le regroupement des objectifs de
trois prsidences -l'Allemagne
de janvier juin 2007
(www.eu2007.de), suivie par le
Portugal, de juillet dcembre
2007 et la Slovnie, de janvier
juin 2008 -doit amliorer les
chances de promouvoir la conti-
nuit des politiques.
S'agissant de l'Afrique, les prsi-
dences appellent "un largisse-
ment, un approfondissement et un
enforcement du dialogue politi-
que avec les partenaires afri-
cains", faisant progresser les stra-
tgies communautaires en matire
de gouverance, d'infrastructure
et de gestion de l'eau.
Les trois prsidences ont ainsi
dcid de faire pression en vue
d'un enforcement de l'Aide
publique au Dveloppement
(APD) travers l'UE. Un porte-
parole de la prsidence allemande
a annonc que l'objectif poursuivi
tait que les 27 pays dcident
d'affecter ensemble, d'ici 2010,
0,56% de leur produit national
brut (PNB) l'APD, rparti
come suit : un minimum de
0,5% pour les "anciens" Etats
membres contre un engagement
moyen de 0,17% pour les "nou-
veaux", moins habitus partici-
per l'aide au dveloppement.
Certains Etats membres dpassent
dj cet objectif, tandis que d'au-
tres sont la trane (voir graphi-
que de l'Organisation de
Cooperation et de Dveloppement
conomiques -OCDE).
L'acclration de l'efficacit de
l'aide, une rpartition plus effi-


cace des tches dans l'UE, l'utili-
sation accrue des nergies renou-
velables, la gestion de l'impact du
changement climatique sur les
nations en dveloppement et une
meilleure gestion des resources
naturelles, sont galement les
priorits pour les trois pays.
L'Allemagne veut s'attaquer aux
consequences dramatiques de la
flambe des prix de l'nergie sur
les pays en dveloppement,
laquelle menace "les progrs dans
le domaine de la transparence de
l'aide au dveloppement de l'UE
et la bonne governancee, ainsi
qu'aux "aspects dveloppement
des accords APE".
Ds juillet 2007, lorsqu'il acc-
dera la prsidence de l'Union
europenne, le Portugal souhaite
que l'accent soit mis sur de nou-
velles approaches complmentai-
res dans les Etats vulnrables. Les


migrations et le dveloppement
constituent un autre thme, qui
recouvre la gestion global effi-
cace des flux migratoires, y com-
pris sa nature multidimension-
nelle -internationale, rgionale et
national -et la maximalisation
des avantages potentiels de l'im-
migration en terms de dvelop-
pement.
Lorsque la Slovnie accdera la
prsidence de l'UE, au dbut
2008, elle souhaite voir l'UE se
pencher plus attentivement sur
l'impact du conflict arm sur les
enfants et les femmes. a






APD, objectifs.
OCDE Paris 2006, Rapport sur la
Cooperation au Dveloppement avec sta-
tistiques mises jour le 19 janvier 2007.


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COURIER





Tour d'horizon


Des agencies
euro-africaines
pour l'emploi

Pour freiner l'afflux de
clandestins, la
Commission europenne
a dcid de finance en
Afrique des agencies charges de
guider les candidates l'immigra-
tion en Europe. Le premier centre
du genre s'est ouvert dbut 2007 au
Mali. D'autres devraient voir le
jour au Sngal, en Mauritanie et
en Gambie. Franco Frattini, le
Commissaire europen en charge
de l'immigration a dclar que le
centre serait "quelque chose de
flexible, permettant de coordonner
l'offre et la demand entire le Mali
et l'UE". Il s'agit avant tout d'em-
plois dure temporaire, dans des
secteurs tels que l'agriculture, les
travaux publics ou le tourism.
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El Loko, Illusion men, 2006, 300 x 400 x 200 cm, installation.
Expo "Afrique Europe: rves croiss", 13/11 10/12/06, Bruxelles.
Credit Commission europenne et artiste. Allgorie d'Africains dia-
loguant avec les Europens en oubliant de se parler entire eux.


Un sminaire pour la pche


Comment les pays ACP peuvent-ils exploiter
au mieux leurs pcheries pour pourvoir aux
besoins du plus grand nombre, mettre fin
la diminution des stocks de pche et accrotre la
valeur de leurs exportations ? Le sminaire organis
Bruxelles, du 22 au 24 janvier, au Secrtariat ACP tra-
duit bien l'importance de ce capital pour ces regions.
taient presents des reprsentants des gouverne-
ments ACP, du Secrtariat du Commonwealth,
d'agences d'aide humanitaire de I'UE, du secteur
priv, d'organisations rgionales, d'ONG et des
experts, qui se sont penchs sur les enjeux du secteur.
Dans un deuxime temps, il s'agira d'examiner les
questions suivantes des niveaux politiques sup-
rieurs : le dveloppement durable de la pche dans
les ACP, la protection du milieu marin, les opportuni-
ts d'co-tiquetage des products, la scurit alimen-
taire des pays ACP et la ncessit vitale de maximali-
ser les bnfices des activits de pche petite
chelle pour les communauts. ce propos, la
ncessit de parvenir une definition des petitess
pcheries et pcheries artisanales" a t mise en vi-
dence. Il est galement urgent d'amender les "rgles
d'origine" afin de rendre plus attrayants les investis-
sements dans le traitement des poissons des ACP.


Cet atelier a t organism avec l'aide du Secrtariat
du Groupe des Etats d'Afrique, des Caraibes et du
Pacifique www.acpsec.org, du Commonwealth
Secretariat www.commonwealth.org et de la
Deutsche Gesellschaft Fur Technische
Zusammenarbeit, www.gtz.de. a

"II est ncessaire de parvenir une definition
des petites pcheries et pcheries artisanales".
Photo E. Barton, credit Europeaid.


Consultation
publique sur
un nouueau
partenariat
frique-Europe

A u lendemain de la
conference de ses chefs
d'Etat et de gouverne-
ment, qui s'est tenue fin fvrier
Addis Abeba en Ethiopie et a lu
sa tte pour un an le president
ghanen John Kufuor, l'Union
africaine dcidait de lancer en
partenariat avec l'Union euro-
penne une consultation publique
afin de dvelopper une stratgie
commune. Cette stratgie devrait
tre adopte lors du Sommet UE-
Afrique de Lisbonne, prvu pour
la fin 2007. Pour qu'elle reflte
les besoins et aspirations des
peuples de l'Afrique et de
l'Europe, les deux parties ont
dcid de lancer une consultation
publique afin "d'engendrer des
ides et suggestions" sur le
contenu et la forme de ce nou-
veau partenariat. a


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007










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Jos Manuel Barroso,
President de la Commission
europenne et Amadou
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Journes europennes du Dveloppement Dossier


Hegel Goutier l



GRARDS DEBTS



SUR LE DEUELOPPEIIIEIIT...



RUEC EBRTS

Journes europennes du Dveloppement

Certainement le plus grand raout politico-culturel sur sa cooperation avec les pays pauvres et plus
principalement avec l'Afrique, jamais organis par la Commission europenne Bruxelles. Une
semaine d'activits, du 13 au 17 novembre 2006, prcde de plusieurs jours de branle-bas mdia-
tique sur sa politique de dveloppement. Avec le risque de la voir chahute par ses contempteurs invi-
ts venir apporter la contradiction. Rsultat plutt positif. Mme les plus sceptiques ont apprci
l'exercice de style et reconnu, comme Aminata Traor, que les dbats taient ouverts et fructueux.
Pour les autres, c'tait un franc succs.


d'exposition de la capital belge,
ceux du Heysel, plus habitus aux
salons de l'automobile et autres
mga-shows commerciaux qu' la rflexion
politique. Et, rares dans le programme de tels
vnements gnralement austres, des dfils
de mode avec des mannequins des plus agui-
chants, des concerts, un festival de cinma
africain, des expositions de bande dessine
africaine et d'autres arts envahissant non seu-
lement le Heysel mais des galleries, thtres et
autres lieux prestigieux de culture.
Une ambiance de fte captiver les "politico-
phobes" les plus raidis. Le tout claironn par
des affiches gantes sur les boulevards et dans
les stations de mtro et par des dpliants et car-
tes parpills dans tous les lieux branches o
les jeunes font la bringue ; et un happening
quotidien sur la "Campagne du Millnium"
sur la Place de la Monnaie devant l'Opra en
plein centre de la ville.
Un symbol, le saint des saints, le Berlaymont,
sige des commissaires europens, s'est orn
d'une banderole gante cascadant sur les
innombrables tages de sa faade. Un autre :
la semaine a commenc par la remise des prix
Dveloppement de la Jeunesse aux gagnants
d'un concours d'art graphique des diffrents
Etats de l'Union pour souligner la ncessit de
susciter tt l'altruisme des enfants envers les
pays moins pourvus.


> Descendre les questions
de dueloppement dans la rue


Dveloppement (JED) www.eudevdays.eu, en
s'adressant aux chalands. Un clin d'oeil rapide
laissait dcouvrir sa source d'approvisionne-


La visibility. Jusqu'aux sales de cinma com- ment : le prsentoir jouxtant son comptoir, o
mercial, o, dans l'une d'elles, trangre l'annonce pour les JED accompagnait celles
l'vnement, s'est vue une ouvreuse faisant de shows de tango, concerts de rock et autres
nonchalamment tournoyer entire ses doigts une spectacles apprcis des jeunes. Autant dire
affichette pour les Journes europennes du que les organisateurs n'ont pas lsin sur leurs


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007







Dossier Journes europennne du Dveloppement


efforts pour faire descendre les questions de
Dveloppement dans la rue.
De fait, on pouvait croiser un public dbordant
largement l'tiage habituel des officials, acti-
vistes et autres fidles des grands-messes poli-
tiques, flner et picorer de l'information entire
les nombreux stands du "Village". S'informant
qui, sur la nouvelle politique de dveloppe-
ment de la Lettonie ou de Malte ou sur le trs
vieil engagement dveloppementaliste de la
Finlande, qui, sur les movements pacifistes
come Nonviolent Peaceforce ou Pax Christi
ou sur la participation de l'OCDE
(Organisation de Coopration et de
Dveloppement conomiques) l'African
partnership Forum. Ceci pour se mettre l'eau
la bouche. Les plats de resistance, c'est
d'abord, la crmonie d'ouverture des JED par
Guy Verhofstadt, l'epoque Premier Ministre
belge, le Prsident de la Commission euro-
penne, Jos Manuel Barroso et la prsidence
tournante de l'Union europenne, la Finlande
reprsente par son Secrtaire d'Etat au
Dveloppement, Marjatta Rasi. Suivie d'un
dbat sur le thme "Perspectives sur la gouver-
nance" dans lequel, la militant altermondia-
liste et ancienne Ministre de la Culture du
Mali, Aminata Traor va questionner rude-
ment la politique de dveloppement de
l'Union europenne et des grandes institutions
internationales. Les autres participants ce
dbat taient Sad Djinnit (Commissaire pour
la Paix et la Scurit de l'Union africaine),



"Et, rares dans le programme de tels vnements
gnralement austres, des dfils de mode avec des
mannequins des plus aguichants, des concerts, un
festival de cinma africain...
Affiche du film "bamako"
d'Abderrahmane Sissako.
Credit Commission europenne.


Mark Malloch Brown (Assistant Secrtaire
gnral des Nations Unies), Paul Wolfowitz (
l'epoque Prsident de la Banque mondiale),
Ellen Johnson Sirleaf, la nouvelle Prsidente
du Libria, Donald Kaberuka (Prsident de la
Banque africaine de Dveloppement) et le
Commissaire europen au Dveloppement,
Louis Michel. Paralllement se tenait quel-
ques encablures, le Forum des Affaires UE-
Afrique qui runissait une brochette de patrons
d'entreprises installes dans des pays en dve-
loppement.


> L'inuite au questionnement

Et puis, le Forum de la gouverance conclu
par la Plnire des Chefs d'Etat africains. Le
Forum de la gouverance tait le vrai "think
tank" du programme o on pouvait longer,
come le voulaient les organisateurs, dans
une rflexion holistique et quasi sans tabou sur
la problmatique du Dveloppement. C'tait
l aussi une invite au questionnement de la
part de la Commission. Entasss taient les
curieux, frustrs seulement de ne pouvoir sui-
vre plusieurs des tables rondes qui se drou-
laient paralllement. Difficile de choisir un
mme aprs-midi entire "construire une culture
de la dmocratie", "acclrer la lutte contre la
corruption", les "voies de la socit civil" ou
rflchir sur les "ingalits et les groups vul-
nrables" et sur "migration et dveloppe-
ment" !
A la Plnire des Chefs d'Etat africains -plu-
tt un dfil des grands du continent ont
particip une vingtaine de presidents (Bnin,
Botswana, Burkina Faso, Burundi, Rpublique
Centrafricaine, Guine Bissau, Madagascar,
Mali, Mauritanie, Niger, Rwanda, Sierra
Leone, Togo, Ouganda), de vice-prsident
(Gambie), de premiers ministres (Ethiopie,
Maurice, Swaziland) et une brochette d'an-
ciens chefs d'Etat. C'tait l'occasion de s'in-
former des progrs raliss par le continent en
matire de bonne gouverance et surtout de se
rendre compete que s'il subsiste en Afrique des
pays problme, ce sont des situations rsi-
duelles rares qui ne doivent pas tre l'arbre qui
cache la fort. Dommage que les chefs d'Etat
se soient gnralement contents de faire une
plaidoirie pour justifier leur gestion plutt que
de jeter sur la table des ides nouvelles et des
propositions concrtes pour valuer et stimuler
la bonne gouverance des pays riches et pau-
vres, des entreprises et des grandes institutions
internationales. La seule contradiction appor-
te ces dclarations officielles tait une mini-
manifestation de quelques opposants lors de
l'intervention du Premier Ministre d'Ethiopie
vite jugule par la scurit.


A la crmonie de clture des JED, la popu-
laire silhouette du Prix Nobel de la Paix
d'Afrique du Sud, Mgr Desmond Tutu a par-
tag les ovations du public avec Heidemarie
Wieczorek-Zeul, Ministre fdrale allemande
la Coopration conomique et au
Dveloppement, Luis Amado, le Ministre des
Affaires trangres de Portugal et le
Commissaire Louis Michel.


> Crativit, quality et beaut
comme arguments de uente
pour l'ffrique

Ce sont les bats qui ont fait des JED un v-
nement rare en promouvant la crativit cultu-
relle des pays d'Afrique, et en orientant la
rflexion vers les opportunits conomiques et
de dveloppement de cette richesse. Ainsi du
dfil de mode par des grands crateurs,
come le dynamique Alphadi du Niger, loco-
motive du stylisme africain, et la Sngalaise
Claire Kane. Pour ne rester que sur le dfil de
Alphadi, rarement homage aussi raffin et
sensible n'a t rendu la beaut africaine :
de ses clins d'eil sur les tenues prestigieuses
traditionnelles des femmes berbres la sen-
sualit paradoxale de ses bustiers mtalliss du
plus avant-garde mais toujours du plus femme.
Et aussi de toutes les autres activits culturel-
les, l'exposition de bande dessine dans l'un
des lieux prestigieux de Bruxelles, le Flagey,
lieu qui a galement hberg, avec le gant
Kinepolis, l'un des plus grands complexes de
cinma d'Europe, sinon le plus grand, le
Festival de cinma africain. Sans oublier l'ex-
position d'art contemporain "Afrique, Europe,
rves croiss" o se sont retrouvs des artistes
parmi les plus imaginatifs et les plus connus
de l'Afrique d'aujourd'hui.
Toutes activits qui collent parfaitement au
slogan "L'Afrique qui bouge" sous lequel les
matres d'uvre des Journes europennes de
Dveloppement, le Commissaire europen,
Louis Michel et le Directeur gnral au
Dveloppement de l'UE, Stefano Manservisi
ont voulu placer cet vnement et faire oublier
un peu les clichs misrabilistes du continent.
Des arguments de vente donc pour l'Afrique
pour changer l'image du continent auprs des
investisseurs et autres partenaires.
Pari apparemment gagn si l'on en juge non
seulement par la frquentation de toutes les
manifestations des Journes europennes de
Dveloppement mais aussi par la rpercussion
dans la grande press de ce grand show sur le
continent africain.

L'Afrique vaut bien un grand dbat... et quel-
ques bats. a


C(URRIER





Journes europennes du Dveloppement Dossier


LA SECURITY DES PHVS HOTES,


L'fRBRE QUI CfCHE Lf FORGET ?

Migration et bonne governance
Plutt "la bonne governance du phnomne migratoire". Si l'on se rfre l'ensemble des interventions
faites lors de ce colloque. Pour tous, la bonne governance don't il devrait s'agir ne doit pas concerned
uniquement les pays d'origine des migrants mais tous les autres acteurs impliqus comme les territoires
d'accueil et les organizations internationales. Avec le constat unanime que le phnomne migratoire s'est
accru en parties cause de la globalisation et que, malgr tous ses travers, il contribute l'enrichissement
des pays htes et la survive, sinon au dveloppement, des rgions d'origine des migrants.


L o des dsaccords sont apparus
entire les positions des uns et des
autres au course d'un dbat enflamm,
c'tait notamment sur l'ventuelle
responsabilit des pays d'origine des migrants
don't les instances officielles ou prives tire-
raient profit de l'migration savage ; ou la
suppose hypocrisie de pays d'accueil estom-


pant les apports des migrants et n'arborant
qu'une vision scuritaire outrancire au risque
d'encourager la sgrgation.

> Le chanon manquant
Ainsi Ndioro Ndiaye, sous-directrice de
l'OIM (Organisation international pour les


Migrations, www.iom.int) relve que malgr
tout le tohu-bohu sur la migration, la propor-
tion de migrants dans le monde reste stable,
3% de la population mondiale don't la grande
majority constitute de personnel en situation
rgulire. Ce qui aurait boulevers les esprits
en Europe, c'est la croissance mdiatise du
nombre de migrants d'Afrique noire -2.700







Dossier Journes europennes du Dveloppement


en 2005 et 120.000 en 2006 -vers une desti-
nation devenue symbolique, les Iles Canaries.
L'migration africaine inquiterait particuli-
rement. Les pays d'Afrique d'abord. Car pro-
voquant une "croissance" sans dveloppe-
ment. En une seule anne, vingt mille profes-
sionnels de la sant d'Afrique ont quitt le
continent. Et Ndiaye de s'emporter :
"Comment peut-on payer sept annes d'tu-
des quelqu'un et lui offrir 200 dollars par
mois, le forant ainsi partir ?" Cette ques-
tion ne s'adressait apparemment pas seule-
ment aux pays d'origine mais aussi aux bail-
leurs de fonds internationaux ayant soutenu
les dpenses d'ducation des pays concerns.
Les projects de dveloppement devraient donc
tenir compete de la valeur ajoute par les com-
ptences des migrants, des adquations entire


celles-ci et les entreprises locales, de la capa-
cit d'innovation de la diaspora quant la
governance des pays d'origine et des fonds
qu'elle y transfer. Ces resources financires
devraient tre utilises pour limiter la transhu-
mance. Au lieu de profiter de ces opportuni-
ts, les pays d'accueil enfermeraient les ques-
tions de la migration, comme c'est le cas en
France, dans les ministres des Affaires tran-
gres, de l'Intrieur, de la Justice sans aucune
intervention des instances en charge du
Dveloppement. "C'est l, le chanon man-
quant", diagnostique-t-elle.
Quant l'Afrique, "elle n'est pas absoute".
Elle devrait, selon Ndiaye, se donner les capa-
cits de dialogue sur un pied d'galit avec
l'Europe en s'appropriant des connaissances
et des techniques dans diffrents domaines


IngridMwangiRobertHutter, Neger, 1999, 4 min 15, vido.
"Afrique Europe: rves croiss".
Credit Commission europenne et artiste.

Page 15
"Ce qui aurait boulevers les esprits en Europe,
c'est la croissance mdiatise du nombre de migrants
d'Afrique noire"
Babacar Niang, Embouteillages urbains, 2005, installation
variable.
"Afrique Europe: rves croiss".
Credit Commission europenne et artiste.


comme la scurisation des documents ou des
gares de dpart ou de transit. L'Afrique
devrait donc, travers notamment ses univer-
sits, se donner une masse critique d'experts.
Le dlit d'ignorance ou d'incomptence, ainsi
identifi serait tout aussi condamnable que
celui de l'indiffrence ou de la dmagogie.


> Le monde global,
un deuxime
systme colonial

Rita Sussmuth de la CMMI (Commission
mondiale sur les Migrations internationales,
www.gcim.org), a d'abord soulign, en ce qui
concern l'Europe, l'cart entire l'ouverture
d'esprit de l'Union europenne, en particulier
de la Commission, et les pays membres de
l'UE renfrogns dans la defense de leurs int-
rts respectifs divergents, hypothquant ainsi
tout harmonisation de leur cooperation en la
matire. Ils sont, dit-elle, trop occups
dfendre leur pr-carr pour partager leur sou-
verainet et rechercher une solution de
gagnant-gagnant entire pays d'accueil et pays
d'origine des migrants.
Les migrants d'Afrique, don't cinquante pour
cent grosso modo sont des femmes, reprsen-
tent les moteurs principaux du dveloppement
du continent. Ces femmes sont les cariatides
de l'conomie de leurs nations. Le monde glo-
bal deviendrait un deuxime systme colonial
permettant le drainage des cerveaux en plus
du pillage de resources matrielles. La bonne
governance des institutions internationales
ne devrait pas se confiner la gestion interne
mais impliquer une obligation de vraie coop-
ration l'intrieur du monde global.
Rita Sussmuth fustige autant les pays afri-
cains qui, selon elle, gagneraient de l'argent,
sous diffrentes formes au dtriment de leurs
migrants.


> Un march
de prdateurs

Ce quoi, Aminata Traor, ex-Ministre de la
Culture de son pays, le Mali, expert interna-
tionale, figure de proue de l'alter-mondialisme
rtorque en faisant le constat de l'chec de ce
qui est magnifi par le colloque, savoir le
dveloppement et en conjurant l'Europe de
"reconnatre qu'il n'y a pas plus de problmes
de mauvaise governance en Afrique qu'ail-
leurs". Tout en soulignant que quand ce conti-
nent est ainsi pingl, le propos concern gn-
ralement l'Afrique noire. Pour elle, "le miroir
de la corruption nous est tendu alors qu'en
amount, il y a la primaut des rgles du march.
Les passeurs font parties du systme". Le pro-


C(URRIER






Journes europennes du Dveloppement Dossier


blme de l'Europe, considre la militant alter-
mondialiste, est la culpabilit et le refus de
reconnatre qu'elle s'est trompe dans sa poli-
tique de dveloppement. Ainsi le diagnostic
devrait se porter sur le dveloppement et non
sur l'Afrique. La Chine ne devrait pas non plus
tre le bouc missaire car "ce n'est pas elle qui
avait commenc le pillage".
Sur la mme envole, Aminata Traor a criti-
qu la perversion des reductions de dettes du
G8 qui "enferment les pays d'Afrique dans des
compromise prjudiciables leur dveloppe-
ment" et a assimil les sommes verses des
dirigeants de pays d'migration pour juguler
celle-ci de la corruption politique. Et de s'in-


terroger sur la bonne gouvemance des pays
dvelopps essayant de contrler la socit
civil des pays pauvres. Mme Traor critique
aussi les garanties qui seraient donnes aux
multinationales par les organismes financiers
multilatraux travers leurs programmes d'ap-
pui aux pays en dveloppement. Le march
international serait devenu "un march de pr-
dateurs".
En dernier lieu, fut mise en exergue la sur-
mdiatisation de l'immigration africaine en
Espagne, assimile du racism alors que le
nombre de migrants africains dans ce pays est
infime, compar ceux d'autres provenances
comme l'Amrique latine ou l'Europe de l'Est.


Richard Lokiden Wani, Double vlos, Exposition > La diaspora africaine,
National. "AnotherWorld. Bamako 2005".
Credit La Centrale Electrique et artiste. de loin le premier
bailleur de fonds
de l'ffrique


Les rmittences : un jargon pour dfinir l'ap-
port financier des migrants leurs pays d'ori-
gine. Elles sont trs importantes. C'est Gibril
Faal, Prsident du Conseil d'Administration
de AFFORD (African Foundation for
Development, www.afford-uk.org) qui s'est
fait l'avocat de la "Remit Aid", le rembourse-


ment de taxes sur l"'aide" envoye par les
migrants leurs pays, analogue celle don't
bnficient les donateurs des organizations
caritatives. Cette remise constituerait un
important stimulant aux "rmittences". Dans
son intervention, Faal a rappel les chiffres de
la Banque mondiale pour 2003 et 2005, res-
pectivement, 200 et 250 milliards de dollars
vers l'Afrique.
Dans la cooperation au dveloppement de
l'Afrique, la diaspora africaine reprsente
donc de loin le premier bailleur de fonds. Pas
n'importe lequel. Le plus gnreux, le moins
exigeant et le plus rgulier. Avec des dons en
perptuelle croissance, verss par months et par
vaux, quand l'conomie va bien et dans les
priodes de vaches maigres, sans aucune
conditionnalit de bonne governance ou de
contrepartie commercial, la diaspora envoie
son cot l'Afrique. Une aide reprsentant
selon le pays 2 4 fois l'ensemble de l'aide
publique au dveloppement et 5 fois les inves-
tissements trangers directs.
En plus, une aide qui profit uniquement aux
bnficiaires alors qu'une grosse parties de
l'aide au dveloppement reste chez les dona-
teurs Et ne ncessitant pas la mediation de
gouvernements et d'autres intermdiaires qui
la ponctionnent. Un example de bonne gou-
vernance.
Conclusion de Gibril Faal : cette forme
d'aide mrite au moins autant d'attention que
l'aide au dveloppement.
Parmi les questions sans consensus au course
des discussions houleuses qui ont cltur les
presentations des intervenants, figurent
notamment les restrictions la mobilit qui
seraient plus strictes en Europe pour les origi-
naires d'Afrique noire et la ncessit de met-
tre temporairement ou long terme la dispo-
sition des pays en voie de dveloppement
l'expertise de leurs migrants, quite sollici-
ter l'aide publique international pour ce
faire. Non au droit la mobilit, d'aprs l'ani-
mateur du dbat, Jonathan Faull de la
Commission europenne selon lequel ce droit
n'existe nulle part dans le monde, les fronti-
res tant encore des ralits tangibles. Non
aussi un procs l'Europe pour racism anti
Afrique noire.
Les interventions et les discussions ont trs
peu port sur la scurit et sur le problme
connexe souvent voqu de la dlinquance
dans les communauts d'origine trangre.
Non plus sur les tensions inluctables entire
les populations "homognes" et allognes
au-del d'un certain seuil d'immigration. Sur
cette question, la scurit des pays htes n'a-
t-elle donc t que l'arbre qui cache la fort ?
H.G. M


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007






Dossier Journes europennne du Dveloppement


Franois Misser




DE LA nIASA


RUX ECOLES DU RWUfDR


Technologies de l'information

A coup sr, le nouveau patron de Microsoft Afrique, Cheikh Diarra n'est pas ranger
parmi ces intellectualss paresseux" que fustigeait le regrett president du Burkina Faso,
Thomas Sankara.


forum" organis lors des Journes
europennes du Dveloppement en
novembre dernier, cet ancien direc-
teur du Programme d'Exploration de Mars de
la NASA se dit convaincu du potential de
dveloppement que reclent les nouvelles
technologies de l'information, ayant l'esprit
la situation des villages les plus reculs de son
Mali natal.
Les afrosceptiques pourront arguer qu'une
telle profession de foi ne saurait tonner de la
part de "l'ambassadeur en Afrique" de la mul-
tinationale de Bill Gates. Il n'en demeure pas
moins que Cheikh Diarra, par ailleurs prsi-
dent de l'Universit virtuelle africaine, a une
vision. Il cite en example le Rwanda. Qui
aurait pens au lendemain du genocide tutsi
que ce pays meurtri deviendrait le laboratoire
de Microsoft en Afrique ? Or, aujourd'hui, le
Rwanda est l'un des pays du continent o le
"e-goverment" a atteint le niveau le plus
avanc, tous les parlementaires ont leur laptop
et le gouvernement travaille d'arrache-pied
pour raliser son objectif d'interconnecter plus
de 300 coles en 2007. En outre, le Kigali
Institute of Science and Technology (KIST),
compete dj une ppinire de 4.000 tudiants.


> Les satellites,
un potential inexploit

Mais comment le faire au Mali, o des zones
immense sont l'cart des rseaux de tl-
phonie fixe et d'lectricit ? Des solutions
existent, plaide Diarra qui prne un systme
hybride, combinant les fibres optiques pour
desservir les zones ctires et, dans les zones
de l'intrieur, des systmes autonomes tels que
les VSAT (Very Small Aperture Terminal).
Paralllement, on pourrait aussi utiliser les
satellites avec des bandes passantes qu'on
pourrait segmenter pour servir ces communau-
ts. Des opportunits existent qui ne sont pas
exploites. L'UNESCO estime en effet que
30% de la capacity des satellites gostationnai-
res au-dessus de l'Afrique, n'est pas utilise.
Mais l'accs aux nouvelles technologies se
heurte aussi au prix lev des ordinateurs et
des licences des programmes vendus notam-
ment par Microsoft. Diarra n'en disconvient
pas. Mais il rtorque que sa compagnie cde
ses licences aux coles africaines "pour des
bagatelles de cinq dollars par an". En outre,
Microsoft a cr en Namibie et au Kenya, des
centres qui remettent en tat et reconditionnent
des ordinateurs peine vieux de deux ans don't


les banques ou les grandes companies du
Nord ne veulent plus. Ces machines sont
ensuite distributes dans les coles.

> "Office" en zoulou

Dsormais, il est possible de tlcharger gra-
tuitement des interfaces proposant le systme
d'exploitation "Windows" et le paquet
"Office" en swahili, en zoulou et en afrikaans.
Les versions ibo, haoussa, woloff, bambara et
peulh vont suivre. Mais il faut aller plus loin,
prconise Diarra. Il faudra dsormais recourir
aussi aux graphiques et la voix, pour que
quelqu'un qui ne sait pas lire, en mettant le
curseur de la souris sur un mot, puisse enten-
dre l'ordinateur le prononcer dans sa langue.
C'est par de telles interactivits que l'on
pourra petit petit amener la majority bn-
ficier de ce potential pour amliorer ses condi-
tions de vie. Les possibilits sont immense. M




Cheikh Diarra,
le nouveau patron
de Microsoft Afrique.
Credit Microsoft.






Journes europennes du Dveloppement Dossier


DE BEIEFICIfRIRE f DOnfTEUR,


Un EXERCISE RICHE


D'EnSEIGnEmEnT


Aide au dveloppement


D ifficile pour les
nouveaux Etats
membres de
l'Union europen-
ne, considrs encore aujour-
d'hui comme les "pauvres" de
l'UE et bnficiant ce titre
d'une aide exceptionnelle de
quelque 8,5 milliards d'euros
du Fonds europen de coh-
sion, de devenir du jour au len-
demain membres part entire
de l'UE, premier donateur
mondial, totalisant plus de 50%
de l'aide publique au dvelop-
pement (APD).
En adhrant le 1er mai 2004
l'UE, les dix nouveaux Etats
membres -Lettonie, Estonie,
Lituanie, Pologne, Rpublique
tchque, Hongrie, Slovaquie,
Slovnie, Malte et Chypre
ont toutefois bnfici d'un
rgime allg. Tout d'abord, ils
ne devront contribuer au Fonds
europen de dveloppement
(FED) qu' partir de 2008,
dbut du 10e FED. En outre, si
les nouveaux Etats membres se
sont engags en mai 2005
augmenter graduellement leur
aide, ils ont obtenu que cela se


fasse un rythme moins rapide que leurs par-
tenaires. Alors que l'ONU a fix 0,7% le
niveau de l'aide publique par rapport au PIB
engager d'ici 2015, les dix nouveaux Etats se
sont vus fixer l'objectif de 0,33%.
Un dlai que tous ces pays mettent profit
pour construire leur politique de cooperation
et de dveloppement. Des jumelages sont mis
en place pour renforcer les institutions ; c'est
le fait surtout des Franais et Allemands, sui-
vis par les Espagnols et les Britanniques. Les
grands donateurs suivent, don't le Programme
des Nations Unies pour le Dveloppement


Antnio Ole, Remote connection: fragments of a diary, Luanda -Jerusalem 1996.
Photo Carlo Pereira Marques, credit artiste.


(PNUD). Mais c'est surtout le Canada qui, ds
1989 et via son agence de dveloppement
ACDI, jouera un rle cl dans le enforcement
des capacits des pays de Visegrad (Pologne,
Hongrie, Rpublique tchque et Slovaquie) et
des trois pays baltes. Le but : finance et grer
conjointement des projects d'aide dans les pays
moins dvelopps.

> Les uoisins d'abord

Issus pour la plupart de l'ex-empire soviti-
que, les nouveaux membres de l'UE ont


pour premiere priority la stabili-
a t de la region d'Europe centra-
le et orientale, "une ncessit
vitale" souligne-t-on au minist-
Sre hongrois des affaires trang-
res. Pas tonnant donc que les
premiers bnficiaires de leur
aide publique soient leurs voi-
sins proches, savoir les pays
des Balkans et certain pays
d'Europe de l'Est.
Et les pays ACP ? Jusqu'il y a
peu, seule une poigne bnfi-
ciait de l'aide des nouveaux
pays donateurs de 1'UE. Et, bien
que plusieurs pays aient dcid
S,1 d'tendre leur cooperation bila-
trale, la liste reste court et se
"L limited, pour l'heure, au conti-
.i, nent africain. Quatre pays arri-
vent en tte de liste : l'Angola,
le Kenya, la Zambie et le
Soudan.

> Bonne
gouuernance
et agriculture

"Nous bnficions d'une exp-
rience particulire, que nous ne
partageons pas avec les dona-
teurs traditionnels" indique un
expert de la plateforme des ONG de dvelop-
pement slovaques, "et qui prend ses racines
dans le processus de transformation que nous
avons vcu aprs la chute du mur de Berlin".
Pas tonnant donc que l'aide la bonne gou-
vernance et l'ouverture l'conomie de mar-
ch constituent les secteurs prioritaires de
l'aide apporte par les nouveaux Etats mem-
bres. Du moins dans les pays qui leur sont
proches. S'agissant de l'Afrique, l'aide se
concentre sur des secteurs plus "tradition-
nels" comme l'agriculture, le dveloppement
industrial ou l'environnement. M


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007






Dossier Journes europennne du Dveloppement


Debra Percival



OUURIR DE nOUUELLES


UOIES RUEC LES


PfRTEnOIIRES FiRICIIInS

L'mergence de nouveaux problmes complexes en matire de dveloppement, l'arri-
ve de nouveaux interlocuteurs et la ncessit d'une coordination plus efficace entire
donateurs sont quelques-uns des facteurs qui amnent les donateurs internationaux
reformuler les "paradigmes" du dveloppement, bauches des politiques venir...


L ors des Journes europennes du
Dveloppement, les participants ont
pu dbattre abondamment de la faon
don't le commerce et les instruments
d'assistance pouvaient apporter une solution
aux grands problmes de dveloppement tels
que la bonne governance, les changements
climatiques, la migration, la scurit et la bio-
diversit.
Les participants considraient la Chine
come une opportunity pour les exportateurs
africains mais aussi come un concurrent sur
les marchs d'outre-mer. Ses processes
d'augmenter l'aide alloue au continent ont
t la fois plbiscites et mises en doute en
raison des questions inhrentes au respect des
droits de l'Homme. Une chose est sre, a
dclar Paul Wolfowitz, l'poque Prsident


de la Banque mondiale : "les pays africains
sont la trane en terms de croissance cono-
mique et d'affaires. Il faut trois fois plus de
temps un entrepreneur africain pour expor-
ter sur une mme distance".
L'accent plac sur la promotion de la bonne
governance au sein des nations africaines
lors de la conference a t reconnu par le
Commissaire de l'Union africaine en charge
de la Paix et de la Scurit, Sad Djinnit : "Le
principal dfi rside dans la governancee. Il
a en outre prcis que son institution tait
favorable la mise sur pied d'une "charte
africaine pour la dmocratie et la gouver-
nance" base sur "le partage de valeurs com-
munes".
De nombreux participants la conference ont
exhort les donateurs envisager tous les


aspects de la bonne governance dans l'octroi
de leurs aides. Pour le Prsident du Botswana
Festus Mogae, ces critres incluaient "une
constitution et des rgles de droit lgitimes,
une vaste participation au mode de gouver-
nance, des institutions publiques efficaces et
l'galit entire homes et femmes".

> La bonne gouuernance
a besoin
d'infrastructures

Bon nombre d'intervenants se sont fait l'cho
des opinions de Malloch Brown, Assistant
Secrtaire gnral de l'Organisation des
Nations Unies : "La dmocratie et la bonne
governance ncessitent des routes, des hpi-
taux, des emplois et la prosprit". Plusieurs
leaders africains ont demand des aides bud-
gtaires plus directed, de sorte que les fonds
puissent tre injects rapidement l o on en a
le plus besoin.
Pour la Prsidente du Liberia, Ellen Johnson
Sirleaf, don't le pays est devenu un example
pour d'autres socits post-conflits, la bonne
governance rsidait dans "la gestion efficace
des resources naturelles du people, par le
people, pour le people".
"Le partage des richesses permet de prvenir
les conflicts. En ce qui me concern, la pour-
suite des exportations de matires premires
relve d'une mauvaise governancee, a
dclar le Prsident de l'Ouganda, Yoweri
Museveni, la session plnire de clture qui
regroupait 18 chefs d'Etat africains. Tout en
sollicitant davantage d'investissements d'ou-
tre-mer pour les industries ougandaises
moyennes et grandes entiree 20 et 100 millions
de dollars de chiffre d'affaires), Museveni a
pos la question : "Comment peut-on mainte-


COURIER











Mustapha Dim,
La petite danse,
1995, 241 x 117 cm,
bois, fils de fer, mtal, clou.
"Afrique Europe :
rves croiss".
Credit Commission
europenne et artiste.
L'Union africaine, favorable
une "charte pour la dmocra-
tie et la governance" base
sur "le partage de valeurs
communes".


Journes europennes du Dveloppement Dossier



nir un dveloppement durable pendant 45 ans
sans transition ? La poursuite des exportations
de matires premires quivaut une mau-
vaise governancee. Quatrime plus gros pro-
ducteur de caf au monde, l'Ouganda vend ses
grains au Royaume-Uni un dollar le kilo
seulement. Cette denre rapporte ensuite 15
dollars le kilo au R-U la socit europenne
qui assure sa mouture et sa torrfaction.
Pour Jean-Michel Sverino, Directeur gnral
de l'Agence franaise de Dveloppement,
trop d'acteurs faisaient la mme chose au
mme endroit, d'o l'mergence de ce qu'il a
appel un "Disneyland de l'aide". D'autres
participants ont exprim leurs interrogations
quant l'efficacit long terme des experts
trangers parachuts momentanment au sein
d'un pays afin d'y mener des projects.
Koos Richelle, Directeur gnral de
EuropeAid, l'organisme assurant la mise en
euvre des projects d'aide de la Commission
europenne, redoutait des doubles emplois
excessifs dans l'aide de la communaut inter-
nationale. "A lui seul, le secteur social de
Tanzanie a totalis 400 projects de donateurs
en 2006", a prcis Richelle, l'un des princi-
paux orateurs de la conference l'atelier sur
les "nouveaux paradigmes".
Le Directeur gnral de la Coopration inter-
nationale au Ministre polonais des Affaires
trangres, Jerzy Pomianowski, a soulign la
ncessit d'accrotre la visibility de l'aide. Il a
dclar que son pays dplorait son manque de
visibility au niveau de la cooperation interna-
tionale et avait encore fort faire pour "du-
quer notre socit en matire de dveloppe-
ment".
De nombreux participants ont relev les inco-
hrences rcurrentes des politiques d'aide et
de commerce de l'UE. Encourage par les
pays importateurs intresss par une denre
unique, la monoculture est en train de dtruire
la biodiversit de l'Ouganda, a dclar Chebet
Maikut, Prsident de l'Union national des
Agriculteurs ougandais.
Sally Nicholson, reprsentante du World
S Wildlife Fund (WWF) Bruxelles, a dclar
aux participants d'un "vnement parallle"
la conference qu'il tait temps pour l'UE de
concrtiser toutes ses dclarations relatives
la preservation de la biodiversit dans les pays
en voie de dveloppement. Pour l'Institut
international du Dveloppement durable
(IISD), bas Genve, la priority doit tre
accorde des politiques d'aide et de com-
merce "tenant compete des conflicts Oli
Brown, gestionnaire de projects de l'IISD, a
dclar, lors d'un autre "vnement paral-
lle", que ceci implique que les exportateurs
aillent "au-del du commerce d'un ou de deux


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007



































products imprvisibles", et vitent d'exporter
des products lis aux conflicts. Il souhaite ga-
lement que les entreprises actives dans des
"Etats vulnrables" fassent preuve d'une
meilleure prisee en compete des conflicts .
Le Commissaire Michel a admis qu'au course
de son demi-sicle de cooperation au dvelop-
pement, l'UE s'tait montre "trop paterna-
liste". "Cette runion vise tracer une nou-
velle voie avec nos partenaires africains",
avait prcis Louis Michel au dbut des vne-
ments de la semaine. La runion de Bruxelles
a permis de dgager des pistes pour de nou-
veaux paradigmes. Elle a identifi les ques-
tions prioritaires ainsi que leurs liens mutuels,
les dmarches susceptibles ou non d'accrotre
l'efficacit de l'aide, et la ncessit de resser-
rer la cooperation entire les donateurs afin de
regrouper les resources et d'viter tout double
emploi. C'est le Ministre portugais des
Affaires trangres, Luis Amado, don't le pays
accueillera les prochaines Journes europen-
nes du Dveloppement, prvues durant le
second semestre de 2007 Lisbonne, qui pren-
dra le relais de Bruxelles. a














A gauche :
Graffiti "Liberia pour tous", Monrovia, Liberia.

A droite :
LOuganda a besoin d'changes commerciaux
plus consquents.
Barbiers Kampala, Ouganda.
Photos Debra Percival.


Etablir une governance

"ascendante" en Mauritanie


ij our la premiere fois en
S Mauritanie, la gestion d'un project
n'est pas aux mains de l'administration",
dclare Zakaria Ould Amar, directeur
adjoint du Centre mauritanien d'expertise
en matire de Gouvernance (ADAGE), don't
une recherche et une publication ralises
de concert avec le Centre europen de ges-
tion des politiques de dveloppement
(ECDPM), la cellule de rflexion bruxelloise
en matire de dveloppement, ont pos les
bases d'un programme multidimensionnel
visant une construction "ascendante" de la
socit civil.
Etal sur trois ans et dot d'un budget de
4,5 millions EUR, le Programme d'Appui
la Socit civil et la Bonne Gouvernance
(PASOC) dmarre en fvrier 2007. Il
confre un cadre lgal la socit civil,
tablit des rseaux lis elle ainsi qu'un
dialogue sur les politiques nationals. Il per-
met la socit civil de crer une culture
de la citoyennet assortie d'un dbat sur les
droits de l'Homme, et contribute renforcer
l'expertise de la governance locale, de
sorte qu'elle puisse aider les donateurs
grer leurs projects l'chelon local.
Dans une phase de "prprojet", I'ECDPM et
l'ADAGE ont travaill de concert d'octobre
2004 juin 2005 pour identifier les mesu-
res aptes aider la socit civil de
Mauritanie adopter une veritablee culture
dmocratique", explique Jean Bossuyt, res-
ponsable de project au sein de I'ECDPM. La


premiere tape a consist recenser les
groupements de la socit civil de
Mauritanie, ainsi qu' cerner leur nature.
Au dpart, ces dmarches se sont heurtes
une certain reticence. Deux ans plus tard, la
comprehension s'est amliore, le project
gagnant du terrain grce son propre lan.
Un sminaire organism en mai 2006 dans le
cadre du project et ouvert l'ensemble de la
socit civil, a tabli un "who's who" de la
socit civil mauritanienne.
Au moment de mettre sous press, le cadre
juridique ncessaire la socit civil devait
encore tre finalist. Une unit technique
autonome de mise en euvre et de facilita-
tion statuera sur l'ligibilit des demands
individuelles de fonds manant de la
socit civil.
Un plafond de 100.000 euros a t fix
pour les projects visant l'tablissement de
rseaux sur les droits de l'Homme ou sur
d'autres domaines comme celui des per-
sonnes handicapes. Des demands de
financement devraient tre soumises dans
le cadre du enforcement des capacits
inhrentes aux divers organismes de la
socit civil.
Vu l'tendue du pays, 3 des 13 communes
de Mauritanie dans les regions les plus peu-
ples, ont t dsignes pour bnficier de
formations et de qualifications en matire
de governance locale, afin d'amliorer la
gestion des projects locaux financs par les
donateurs. a


COURIER





Journes europennes du Dveloppement Dossier


BOnIE GOUUERnIICE


ET IEDIRSS: D'fBORD, RESPECTER


LES JOURnILISTES
Comment les mdias peuvent-ils contribuer la bonne governance en Afrique ? Pour ce faire, il
faut respecter les journalists, clarifier leur statut et organiser l'espace audiovisuel, rpond au
"Courrier", fort de son experience, Mactar Sylla, qui a particip la table ronde organise sur ce
thme. Actuellement president de l'Association prive des producteurs et tlvisions d'Afrique et direc-
teur gnral de la chane Spectrum Tlvision (Cameroun), il fut auparavant directeur de la Radio-
Tlvision sngalaise et membre de la rdaction de TV5.


SDf e manire gnrale, les
mdias africains, qu'ils
soient du service public
#ou priv, doivent jouer
leur rle d'information et d'alerte mais aussi
soulever les questions qui se posent en terms
de dveloppement, au niveau cultural et au
niveau social, pour les porter la connaissan-
ce du public et du gouvernement. Il leur faut
organiser des dbats plutt que de faire la poli-
tique de l'autruche", prconise Mactar Sylla.
Or, de ce point de vue, selon le pays o l'on se
trouve, la tche est plus ou moins difficile.
Sans aller jusqu' la notion de quatrime pou-
voir, il est indispensable que les mdias, qu'il
s'agisse de la press crite, de la tlvision ou
de la radio puissent jouer ce rle d'information


et d'accompagnement du public, de relation des
faits quels qu'ils soient et quels qu'en soient les
auteurs. Et l, il y a un problme de fond quand
on voit l'utilisation qui en est faite : la plupart
des organismes du service public, qu'on appel-
le des mdias d'Etat, sont plus des caisses de
rsonance, des voix de leurs matres que des
outils qui aident la bonne gouverance.

"Organiser l'espace
audiouisuel"

Franois Misser : Mais cela fait des annes
que dans tous les pays du continent, des jour-
nalistes se battent pour sortir des ,rr1.... *
C'est bien de leur dire : "vous devez informer


le citoyen", mais n'est-ce pas ce que beaucoup
essayent defaire ? Ne faut-il pas fire pression
galement sur les pouvoirs publics pour que
les journalists aient davantage de marge de
maneuvre pour travailler ?

Mactar Sylla : C'est un movement combin
et concommittent qui est ncessaire. Il y a une
responsabilit de part et d'autre. C'est vrai que
beaucoup de travail est fait et que beaucoup de
journalists font leur travail correctement, quel
que soit l'organisme dans lequel ils se trouvent
et quelles que soient les pesanteurs dans les-
quelles ils voluent. Mais il faut aller plus
avant. Il faut organiser l'espace audiovisuel,
en terms de regulation et de rgime juridique.
Dans les pays o aucun rgime juridique ne







Dossier Journes europennne du Dveloppement


l'organise, nul ne peut rpondre prcisment
aux questions de savoir quelle est la mission
du public, quels sont les cahiers des charges,
quelle est la protection et quel est le statut du
journalist. Or, quand vous n'avez rien de tout
cela, le combat est difficile pour ne pas dire
ingal.


"Il ne uiendrait l'ide de
personnel de dire un chi-
rurgien comment il faut
qu'il opre son patient "

FM : Quels sont les pays les plus concerns ?

MS : Chacun se reconnatra. Dieu reconnatra
les siens. Je pourrais tout de mme citer un
pays come le mien, le Sngal, qui passe
pour une dmocratie. Quelles sont aujourd'hui
les rgles connues, transparentes et claires de
creation de tlvisions prives au Sngal ?
Personne ne vous les donnera. C'est un peu
la tte du client Et ce qu'on dit du Sngal,
on peut le dire d'autres pays. Quand on fait un



Mounir Fatmi, Les connexions, 2003-2004,
livres et cbles, dimensions variables.
Credit Mounir Fatmi.


tat des lieux, il y a vritablement une sorte de
vide juridique. Mais le rglement des probl-
mes juridiques ne constitute pas une panace,
une sorte de baguette magique. La question est
aussi de savoir quelle place on accord
aujourd'hui la communication dans mon
pays. Est-ce un secteur important ? Est-ce un
secteur qui contribute au dveloppement ? On
n'en a pas l'impression parce que trs souvent,
c'est un outil d'accompagnement et d'amplifi-
cation du message des gens au pouvoir plutt
qu'une profession respecte et un secteur
dynamique qui appartient la culture avec un
grand "C". Donc, quand on est dans ce
contexte-l, o il n'y a ni vision, ni stratgie et
politique, tous les glissements possibles et
imaginables sont permis et cela rend la tche
des professionnels encore plus ardue.
Mais il ne faut pas baisser les bras. Il faut que
les journalists continent jouer leur rle,
dans le public ou dans le priv, en tenant
compete de leurs contraintes. Ca ne sert rien
de jouer aux kamikazes inutilement. Mais je
pense qu'il sera de plus en plus difficile d'em-
pcher les journalists d'accder ce niveau
de professionnalisme, de libert et d'indpen-
dance. Ce n'est pas un combat du journalist
en tant que tel, c'est un combat du journalist
en tant que citoyen dans son rle et dans sa
profession, qui consiste mettre l'information
au service des populations dans une perspec-
tive de dveloppement.
Le journalist n'est pas un ennemi Quand il
y a un coup d'Etat en Afrique, aprs l'aroport
et la Prsidence de la rpublique, ce sont les
journalists qui en font les frais, les radios, les
tls, les journaux... Nous ne sommes pas des
fauteurs de trouble, nous sommes pour la paix,


nous sommes des acteurs du dveloppement
mais il faut qu'on nous respect dans notre
manire de faire notre travail. Il ne viendrait
l'ide de personnel de dire un chirurgien
comment il faut qu'il opre son patient. Mais
nous les journalists, on nous dira comment il
faut faire notre travail, ce qu'il faut crire et ce
qu'il ne faut pas crire.

FM : Vous laissez entendre qu'il y a un jour-
nalisme de griots, la botte des gouvernants,
mais la press prive n'est pas exempte de
drives. Certains mdias caressent dans le
sens du poil ceux qui tiennent des discours
xnophobes ?

MS : Vous avez raison. Le statut priv ne
confre pas de brevet de professionnalisme.
Beaucoup de projects qui se crent ne sont pas
professionnels. Comme disent les Anglais, il y
a parfois un "agenda" derrire. Et beaucoup de
gens jouent ce jeu. Par example, regardez la
Rpublique Dmocratique du Congo o les
journaux et les tlvisions pullulent, o chacun
des groups au niveau le plus lev du pouvoir
a ses chanes de tlvision et ses groups de
press. Cela nous ramne la question du
cadre institutionnel global des rgles du jeu.
Celles-ci doivent tre faites de telle sorte
qu'elles puissent prvaloir quel que soit l'oc-
cupant des lieux au plus haut niveau.
F.M. M




Hassan Khan,
The Hidden Location, 2004,
52 min, "still" d'une vido.
Credit Galerie Chantal Crousel (Paris) et artiste.
Photo Hassan Khan.


COURIER


. =.... -r


~











Aminata Niang


Fronde parlementaire


ACP/UE contre


une mondialisation


inequitable

Assemble parlementaire paritaire de Bridgetown


L avenir incertain des relations commercials appeles se
libraliser entire 1'UE et les ACP et la situation politique
explosive dans la Corne de l'Afrique ont domin la der-
nire runion de l'Assemble parlementaire paritaire
ACP/UE qui s'est droule du 20 au 23 novembre 2006 Bridgetown,
capital de la Barbade, petit Etat insulaire de la Carabe.
Porte-voix des lus de pays lis par l'Accord de Cotonou dans un par-
tenariat pour le dveloppement, l'Assemble parlementaire paritaire
(APP), actuellement prside par Glenys Kinnock, travailliste britan-
nique, et Ren Radembino Coniquet, Prsident du Snat gabonais, est
largement ouverte. Elle donne ainsi la parole aux reprsentants tant
des institutions europennes que d'institutions internationales come
l'ONU, ainsi qu'aux reprsentants de la socit civil.
A Bridgetown, l'APP s'est singularise par l'ampleur des proccupa-
tions et la vivacit des critiques suscites par la ngociation
d'Accords de Partenariat conomique (APE) entire l'UE et six sous-
rgions du group ACP.*
Ces accords, don't la ngociation est inscrite dans l'Accord de
Cotonou, sont censs entrer en vigueur le 1er janvier 2008 pour crer
des marchs rgionaux ACP, utiliser le commerce come levier du
dveloppement, et prparer l'tablissement de zones de libre-change
long terme avec l'UE, compatibles avec les rgles du commerce
multilatral peu friend de droits de douane. Ils ont ainsi vocation
remplacer progressivement les prfrences commercials non rcipro-
ques don't jouissent les pays ACP depuis plus de trente ans pour l'ac-
cs de leurs products au march europen, en vertu d'une drogation
aux rgles de l'OMC, qui expirera en 2008.

> Surtout ne pas force
la cadence
des ngociations
A moins d'un an de cette chance, la belle unit de ton des dputs
europens et ACP pour dnoncer les retombes potentiellement nfas-
tes de tels accords pour des Etats conomiquement et socialement vul-
nrables, a jet un pav dans la mare. Et la demand express, faite
l'Union europenne, de ne pas forcer la cadence des ngociations
pour prcipiter la signature, la fin de 2007, d'accords contraires


leurs intrts de dveloppement, est une premiere (voir encadr). La
Commission europenne a eu beau donner toutes les assurances -il n'y a
pas d'agenda cach de l'UE, come il n'y aura pas d'ouverture des mar-
chs ACP qui ne soit progressive, avec de trs longues priodes de transi-
tion, et asymtrique par rapport l'ouverture du march europen rien
n'a pu apaiser la dfiance de l'APP, pas mme l'appel la raison lanc
par Louis Michel, Commissaire au Dveloppement.

> Un dbat anim sur la
situation en ffrique de l'Est,
dfaut de point
de uue commun
La convergence de vues sans nuage sur ce premier thme urgent contrast
avec l'autre fait marquant de la runion de Bridgetown : l'incapacit
qu'ont eue les parlementaires ACP et leurs homologues europens
adopter un point de vue commun sur la situation politique au Soudan





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N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007






Interactions ACP-UE


et en Ethiopie. Du coup, la resolution d'urgence, qui devait tre adop-
te sur la situation en Afrique de l'Est, et en particulier dans la Corne
de l'Afrique, n'a pu l'tre, faute de majority suffisante. Cet chec des
lus des deux parties s'entendre sur une question minemment poli-
tique semble, premiere vue, un srieux camouflet pour le partenariat
ACP/UE. Certes, il tmoigne de la frilosit de certain parlementaires
ACP "user de leur libert de parole pour critiquer ouvertement des
gouvernements ACP", a comment Zacharie Pandet, snateur du
Congo Brazzaville. Cela vaut en particulier pour le gouvernement de
Khartoum, que la majority des dputs ACP souhaitait manager en
concentrant leurs critiques sur le non-respect de l'accord de paix
d'Abuja. "Devons-nous gratifier le gouvernement soudanais d'un
satisfecit, quoi qu'il fasse ?", s'est indigne l'eurodpute verte fran-
aise, Marie-Hlne Aubert. L'Ambassadeur thiopien Teshome
Chanaka Toga, a pour sa part balay du revers de la main toute criti-
que sur la dtention des prisonniers politiques dans son pays, prfrant
s'en prendre "la champagne continue contre l'Ethiopie mene par
certain dputs europens et leur tentative d'ingrence".
Mais l'absence de resolution traduit aussi la difficult de dgager des
lignes de force communes sur un project de texte qui, tel un inventaire
la Prvert, passait en revue la situation dans pas moins de cinq pays :
Soudan, Somalie, Ethiopie, Erythre, Ouganda. Ajoutons cela les
procedures complexes de l'APP permettant aux dputs ACP et euro-
pens de recourir, en cas de dissensions profondes, au vote "par col-
lge spar", et la recette de l'chec est l. Il n'empche qu'un dbat


trs vif a eu lieu, que les parlementaires n'hsiteront pas poursuivre.
Glenys Kinnock, coprsidente pour l'UE, l'a assur. "Je souhaiterais
qu'il n'y ait pas de votes par college car nous sommes une seule
assemble avec des objectifs communs. Mais quand on parle de dmo-
cratie, de droits humans, les perspectives sont parfois diffrentes.
Pourtant l'APP doit prendre position sur ces sujets", a comment la
coprsidente, en rappelant, qu' Vienne, six mois plutt, une resolution
portant exclusivement sur la situation au Soudan, avait russi isoler le
reprsentant de ce pays, et conduit les dputs voter conjointement un
texte consensuel trs ferme pointant la responsabilit de Khartoum dans
les massacres et la crise humanitaire sans fin au Darfour.
L'APP a par ailleurs vot une resolution sur l'eau dans les pays en dve-
loppement pour demander que la gestion quitable et durable de cette
resource soit rige en priority politique dans les pays ACP, qu'aucune
pression ne soit exerce sur eux pour leur imposer la privatization, et
que les politiques de privatization de la gestion de l'eau comme la lib-
ralisation des services publics dans ces pays assument leur responsabi-
lit social et garantissent la furniture d'eau et de services sanitaires
pour tous, un prix abordable.
L'adoption d'une resolution sur les armes lgres et de petit calibre
(principalement importes d'Europe), en tant qu'entrave au dveloppe-
ment durable des pays ACP, est galement porter au bilan de cette
APP. Tout comme la resolution sur l'impact du tourism sur le dvelop-
pement des pays ACP une richesse essentielle qu'il convient d'encou-
rager dans des pays comme la Barbade qui en tire 70% de ses revenues.


Ne pas cder au diktatt de I'OMC"


Le franc-parler de Mme Billie A. Miller,
Ministre des Affaires trangres et du
Commerce extrieur de la Barbade et
prsidente du Comit ministriel commercial
ACP, a frapp les esprits. Son message est
clair : les APE doivent servir le dveloppe-
ment, et des resources financires addition-
nelles celles du 10e Fonds europen de
dveloppement (FED) sont ncessaires pour
permettre aux pays ACP de s'adapter la
nouvelle donne, en contournant "les proc-
dures rigides" du FED qui freinent les
dboursements. Sans assurances ce sujet,
pas question pour les pays ACP de se "laisser
terroriser par le diktat de I'OMC" et la date
butoir de la fin de 2007.
Si les ngociations avec les six sous-rgions
ACP pitinent, c'est, de l'avis de Ren
Radembino Coniquet, coprsident ACP de
I'APP, que des questions essentielles sont en
suspens appelant des solutions urgentes
pour "desserrer les contraintes lies l'offre
dans les pays ACP et trouver des resources
financires additionnelles pour une applica-
tion efficace des APE".
Dans la resolution adopte par I'APP sur


"l'tat des ngociations des APE", dputs
europens et ACP relaient ces messages. Ils
soulignent que les APE devraient contribuer
en premier lieu au dveloppement socio-co-
nomique durable des pays ACP par la pro-
motion d'une valeur ajoute plus important
des biens et des services products par ces
pays. Ils considrent que la liberty des chan-
ges rciproques entire les pays de I'UE et les
pays ACP constitute un srieux risque jusqu'
ce que la comptitivit des pays ACP soit
acquise.
Les propositions actuelles de I'UE en matire
de libre-change avec ceux-ci les proccu-
pent, en particulier pour ce qui concern le
commerce des products agricoles, car "cette
politique pourrait engendrer des problmes
pour le dveloppement des pays ACP",
notamment pour la scurit alimentaire et le
dveloppement des industries locales.
Partant, les parlementaires de I'APP se serrent
les coudes pour demander I'UE de ne pas
"exercer de pressions indues sur les ACP" et
de "prendre les dispositions voulues pour
qu'au cas o les ngociations ne seraient pas
termines d'ici au 1er janvier 2008, les


exportations actuelles des pays ACP vers I'UE
ne soient pas interrompues avant d'aboutir
un rglement dfinitif".
Toutes les alternatives possibles, prvues par
l'Accord de Cotonou (article 37) pour les
pays ou regions ACP qui ne souhaitent pas
signer un APE afin de ne pas tre pnaliss,
doivent tre dment examines, rappellent
les dputs la Commission. Et l'amliora-
tion des rgles d'origine et des accords non
rciproques (comme l'accs au march euro-
pen sans droits de douane et sans quotas,
prvu par l'initiative "Tout sauf les armes" en
faveur des pays les moins avancs) sont
parmi les options creuser.
Le Commissaire au Commerce Peter
Mandelson a par ailleurs oppose une fin de
non-recevoir la demand de I'APP de dispo-
ser de sommes additionnelles pour les Etats
ACP, rappelant l'engagement pris par I'UE de
porter 2 milliards d'euros d'ici 2010 l'aide
au commerce alloue chaque anne aux
pays en dveloppement. Une large part de
cette envelope ira aux Etats ACP, en plus de
l'enveloppe prvue dans le FED, pour accom-
pagner la ngociation des APE. a


C(URRIER






ACP-UE Interactions


L'Afrique de l'Ouest (Bnin, Burkina Faso, Cap-Vert, Cte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guine, Guine-Bissau, Libria, Mali, Niger, Nigeria, Sngal et Togo), l'Afrique aus-
trale et orientale (Burundi, Comores, Djibouti, Erythre, Ethiopie, Kenya, Madagascar, Malawi, Maurice, Ouganda, Rwanda, Seychelles, Soudan, Zambie et Zimbabwe),
l'Afrique central (les huit pays de la CEMAC Communaut conomique et montaire de l'Afrique central auxquels s'ajoutent la RDC et Sao Tom), l'Afrique australe
(Botswana, Lesotho, Namibie, Swaziland, Angola, Mozambique et Tanzanie), Carabe et le Pacifique.


George Abraham Zogo, Sans titre, 1995, huile sur toile cm 55 x 50.
Catalogue Zogo, Lai-momo 2001.


> Associer la socit ciuile
la programmation
des resources financires

Objet d'un dbat sans resolution, la programmation des resources du
dixime Fonds europen de dveloppement dot de 22,68 milliards
d'euros pour finance les programmes et projects du partenariat
ACP/UE sur la priode 2008-2013, a, elle aussi, t passe au crible
de l'examen. Le Commissaire Louis Michel, venu prsenter les prio-
rits de cette programmation -bonne governance, construction
d'Etats performants assurant leurs populations l'accs aux services


cruciaux comme la sant, l'ducation et une justice impartiale, appui
aux APE via les enveloppes financires rgionales -a d rpondre
la demand qui lui a t faite, d'associer cet exercise les parlements
nationaux et la socit civil des Etats ACP. Sans rpondre par l'affir-
mative, par souci de ne pas imposerr des procedures des Etats sou-
verains", le Commissaire a assur qu'il pourrait iii._.!C" la consul-
tation, sans l'imposer. Dputs europens et ACP ont quitt la
Barbade sur la promesse de se retrouver cet t pour leur treizime
APP. L'Allemagne, qui exerce jusqu'en juillet prochain la prsidence
tournante du Conseil des ministres de l'UE, en est l'hte, du 23 au 28
juin 2007 Wiesbaden. a


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007





Interactions ACP


Un sommet


extra -ordinaire

Sommet ACP


Le 5e sommet ACP qui s'est tenu Khartoum du 7 au 8 dcembre 2006, en pleines
ngociations des accords de partenariat conomique avec I'UE, a raffirm l'unit du
Groupe et son appui la cooperation avec l'Europe. Mais il a aussi rappel que la
dimension du dveloppement doit demeurer au cour de ces accords.


SSommet de Khartoum.
Credit Scretariat ACP.


A bien des gards, le 5e sommet ACP est
sorti de l'ordinaire. Peu avant l'vne-
ment, certain diplomats exprimaient
en coulisses leur embarras l'ide qu'il
se tienne quelques centaines de kilomtres du
thtre de la tragdie du Darfour, en un pays don't
le gouvernement tait alors rticent ce que
l'ONU prenne le relais de l'Union africaine (UA)
pour supervisor un cessez-le-feu, hlas ignor par
les belligrants.
Et, fait indit depuis le premier sommet ACP orga-


nis en 1997 Libreville : le Commissaire euro-
pen au Dveloppement, Louis Michel, n'tait pas
present Khartoum.
Cela dit, mme un niveau plus modest qu' l'or-
dinaire, 1'UE et la Commission europenne taient
reprsentes au sommet de Khartoum, qui, selon
les participants fut "un succs" en terms de parti-
cipation. Outre 1'UE, le Commonwealth, la Ligue
arabe, l'Organisation international de la
Francophonie, la Communaut conomique des
Etats d'Afrique de l'Ouest, le Fonds montaire


COURIER











international, l'Office international des Migrations
et deux institutions ACP-UE (le Centre des
Techniques agricoles et le Centre pour le
Dveloppement de l'Entreprise) avaient dpch
des reprsentants. L'Autorit palestinienne tait
nouveau au rendez-vous, de mme que le Maroc et
le Venezuela.
Du ct ACP, la representation fut significative.
Outre les incontournables qu'taient l'hte, le
President El Bchir, (dsign president du group
ACP pour deux ans) et le Prsident mozambicain
Armando Guebuza, don't le pays a accueilli le som-
met prcdent en 2004, six chefs d'Etat taient pr-
sents : Robert Mugabe (Zimbabwe), Blaise
Compaor (Burkina Faso), Pierre Nkurunziza
(Burundi), Ismal Omar Guelleh (Djibouti), le
Colonel Ely Ould Mohammed Val (Mauritanie) et
Faure Gnassingb (Togo). Le Gabon tait repr-
sent par son Vice-Prsident, Dijob Divungi di
Ndinge. Et l'Ethiopie, le Lesotho et le Rwanda
l'taient par leur Premier Ministre respectif.


> Enforcement
de la solidarity intra-HCP,
dans la perspective des OPE

Les dirigeants ACP avaient du reste choisi d'emble
d'affirmer leur volont de consolider l'unit et la
cohsion du group, par un dialogue politique et une
cooperation intra-ACP renforcs, en un moment-cl :
celui o se ngocient des Accords de Partenariat co-
nomique (APE) censs introduire progressivement le
libre-change entire l'Union europenne et les six
rgions ACP partir du 1er janvier 2008. Dans ce
cadre, le sommet a constat "avec inquitude" le blo-
cage et les incertitudes pesant sur le cycle des ngo-
ciations de Doha en course dans le cadre de
l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) et
attir l'attention sur les "graves repercussions que
cette situation aura sur les ngociations avec les
APE".
S'adressant leurs partenaires du monde dvelopp,
les dirigeants ACP ont demand une rforme des


> Condamnation
du coup d'Etat Fidji

Dans la declaration finale du sommet don't la
devise tait "Unis pour la paix, la solidarity et le
dveloppement durable", les chefs d'Etat et de
gouvernement ont ritr leur condemnationn du
genocide, du rvisionnisme et de la ngation du
genocide, du nettoyage ethnique et de tous les
autres crimes contre l'humanit" et exig que les
responsables de ces crimes soient punis "confor-
mment au droit international". Le sommet a ga-
lement prononc une condemnation de toute tenta-
tive de prise de pouvoir "par des voies non consti-
tutionnelles" et a pris l'engagement ne pas
reconnatre les "rgimes issues du recours de tels
moyens ; allusion claire au coup d'Etat survenu
Fidji le 5 dcembre, condamn d'ailleurs par le
Conseil des Ministres ACP ds le lendemain.


rgles du commerce qui se traduise par un dmant-
lement progressif des subventions agricoles et des
soutiens internes qui exercent des effects de distorsion
de la production et des changes, notamment dans le
cas du cotton. Enfin, les reprsentants des Etats ACP
ont estim que les ngociations sur l'ouverture des
marchs publics ainsi que sur les questions d'inves-
tissement et de concurrence ne devraient s'ouvrir
que lorsque leurs pays seront prts le faire.



> Dueloppement :
cooperation renforce

Le sommet a salu "l'engagement de l'UE et de ses
Etats membres renforcer les budgets de l'aide au
dveloppement" et consacrer 0,56% de leur
revenue national brut l'aide publique au dvelop-
pement (APD) d'ici 2010 et pris acte de l'accrois-


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Frdric Bruly Bouabr,
Srie Diplomatie africaine,
dessin, crayon de couleur sur paper.
"Afrique Europe: rves croiss".
Credit Commission europenne
et artiste.


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


ACP I Interactions







Interactions ACP


segment des engagements financiers de l'UE dans le
cadre du 10e Fonds europen de dveloppement.
La decision de l'UE d'utiliser l'appui budgtaire
direct pour finance la ralisation des OMD a t
apprcie, de mme que l'initiative europenne de
formuler des strategies de cooperation pour les
rgions ACP.
Des propositions ont t galement adresses aux
bailleurs de fonds pour amliorer l'efficacit de
l'aide en simplifiant les procedures de l'APD.
Invitablement, la question de l'endettement est
revenue sur le tapis. "Les cranciers et les dbiteurs
doivent partager la responsabilit d'une prevention
et d'un rglement efficaces et en temps voulu des
problmes d'endettement non viable" ont estim les


chefs d'Etat et de gouvernement qui ont raffirm
le besoin de rformer l'architecture financire
international pour permettre aux pays en dvelop-
pement de participer aux processus de decisions
la Banque mondiale et au FMI.



> Amortir les consequences
du choc ptrolier

Prenant en compete la cruise nergtique, les diri-
geants ACP ont insist sur la "ncessit urgente"
pour la communaut international de remdier aux
effects sur les cots provoqus par les chocs exog-
nes tels que la hausse des course du ptrole, les
catastrophes naturelles don'tt celles rsultant du
rchauffement climatique), les fluctuations des
course des products de base et l'rosion des prfren-
ces due la libralisation du commerce. En mme
temps, ils se sont dclars "rsolus" crer les
conditions d'un enforcement du secteur priv et
de la mise en place d'un "environnement propice",
soulignant le rle important que peut jouer la
Banque europenne d'Investissement.
Les dirigeants ACP ont invit leurs partenaires les
aider adopter des politiques et des measures aptes
rsoudre les problmes de scurit alimentaire.
En matire de dveloppement social, les dirigeants
ACP se sont dits rsolus mettre en uvre des poli-
tiques rpondant aux besoins des couches les plus
vulnrables, notamment en matire d'ducation et
de sant. La priority l'accs l'eau potable et
l'assainissement a t raffirme de mme que le
soutien aux activits de la Facilit ACP-UE pour
l'eau don't le maintien du financement sous le 10e
FED a t requis.
Le drame constitu par l'afflux de migrants ill-
gaux originaires de leurs pays dans l'archipel des
Canaries a incit les chefs d'Etat et de gouverne-
ment des Etats ACP lancer un appel au dialogue
avec l'UE pour mettre en place des "mcanismes
justes et responsables" afin de grer la question,
dvelopper le potential des migrants et soutenir les
contributions des diasporas au dveloppement des
pays d'origine.
Les questions environnementales ont aussi occup le
devant de la scne. L'appui la mise en uvre du
Protocole de Kyoto a t raffirm et les dirigeants
ACP ont rafrachi la mmoire des Europens en sou-
lignant la ncessit d'assurer la mise en uvre d'une
decision adopte par les ministres ACP-UE en 2005
visant crer une facility ACP-UE pour les catastro-
phes naturelles. Ayant l'esprit la tragdie survenue
en aot Abidjan, ils ont condamn le transport et le
dversement de dchets toxiques dans les rgions
ACP. Enfin, ils ont ritr leur preoccupation face
la fracture numrique croissante, exhortant les pays
industrialists contribuer l'dification d'une
socit de l'information plus quitable.
F.M. M


COURRIER


Lhte du Sommet, le Prsident Omar
Hassan El-Bchir
Credit Secrtariat ACP.





ACP-UE Interactions


Les diamants


de la guerre,


encore menaants


w.pi


Au ler janvier dernier,
la Commission europenne a succd
au Botswana la prsidence
du Processus de Kimberley,
P le mcanisme entr en vigueur
il y a trois ans don't la mission
est de juguler le traffic


des diamants de la guerre.
Malgr les succs enregistrs,
le combat n'est pas termin.
L'une des premires tches de la prsidence
europenne sera de mettre fin la
contrebande de diamants
"rebelles ivoiriens".


et au Libria ont pris fin avant que n'entre en vigueur le
Processus de Kimberley, cr en 2003, associant les Etats pro-
ducteurs et consommateurs, l'industrie et les ONG : un sys-
tme don't la vocation est de veiller au bon fonctionnement d'un mca-
nisme de certification de l'origine des diamants bruts. Objectif : faire
en sorte que leur traffic n'alimente pas les caisses des seigneurs de la
guerre. Et naturellement, l'extinction de ces guerres a rduit la propor-
tion des diamants de conflicts dans le commerce mondial par rapport
la production mondiale. Elle est devenue infinitsimale, de 15% selon
les ONG ou 4% selon l'industrie, avant 2003, 0,2% actuellement
selon la Commission europenne.

> ne pas baisser
la garde
Pour autant, ce n'est pas une raison pour baisser la garde, plaide le nou-
veau president du Processus, Karel Kovanda, directeur gnral adjoint
pour les relations extrieures de la Commission europenne. Cet ancient
diplomat qui, jusqu'au dbut 2005, reprsentait la Rpublique tchque
l'OTAN, redoute en effet que la moindre negligence dans la vigilance


ne se paie cash. Car tous les diamants de la guerre n'ont pas disparu,
rappelle-t-il au "Courrier".
"Nous avons des raisons de penser que les diamants ivoiriens, prove-
nant des zones rebelles de ce pays, sont couls sur le march mondial
via le Ghana et y reoivent de manire impropre des certificates attestant
leur origine ghanenne" explique Karel Kovanda. De ce fait, la tche de
la Commission va consister veiller la bonne application du plan
d'action que s'est engag mettre en euvre le Ghana au course de la
dernire plnire du Processus, Gaborone (Botswana) en novembre
dernier pour renforcer les contrles internes et empcher ainsi que des
diamants rebelles ivoiriens mls des diamants ghanens ne soient
"blanchis". Pour ce faire, le Ghana va bnficier de l'expertise de gem-
mologues capable de dterminer d'aprs leur couleur et leur puret, si
les diamants des "colis" certifis par le Ghana et accompagns de docu-
ments scuriss sont bien de cette provenance. Un autre dfi reliever
sera de vrifier si la rebellion en Rpublique Centrafricaine, a pu avoir
accs aux gisements alluvionnaires de la rivire Lobaye.
Selon les responsables du Conseil suprieur du Diamant d'Anvers
(Belgique), principal plaque tournante du commerce mondial, un autre
mrite du Processus est qu'il a permis d'accrotre les recettes d'expor-
tation des pays les plus affects par la fraude comme la Rpublique


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


(rb13







Interactions ACP-UE


r _Dmocratique du Congo (RDC) et la Sierra Leone. Cela provient du fait
que pour capturee" les diamants de la guerre, le mcanisme faisant
d'une pierre deux coups empche l'ensemble des diamants illicites
d'tre recycls dans le circuit lgal. Car les gemmes de contrebande et
celles qui servent au financement de groups arms ou terrorists sont
considres comme faisant parties d'une seule et mme catgorie.
Fort du succs du Processus, Karel Kovanda voudrait s'en inspire pour
empcher que le commerce d'autres matires premires, comme les
autres pierres prcieuses, ne serve galement a finance des conflicts. En
mme temps, il est conscient qu'on ne peut appliquer la recette
Kimberley telle quelle d'autres products, en raison des spcificits
propres au diamant (ratio valeur/poids, degr de transparence du mar-
ch, etc.). Le context pour une telle rflexion est d'autant plus propice,
. dit-il, que l'Allemagne qui assume en 2007 la prsidence du G8 a inclus
l'Afrique, premier fournisseur mondial de diamants et la question du
lien entire les guerres et les resources naturelles parmi ses priorits.
La Commission europenne entend galement poursuivre la consolida-
tion du Processus, en renforant la transparence et l'exactitude des sta-
tistiques du commerce de diamants bruts. L'observation de ces donnes
relatives est crucial car dans le pass, elle a permis de dtecter des flux
suspects de marchandises. Outre cette volont d'amliorer la traabilit
des diamants, l'ambition de la Commission est d'augmenter l'efficacit
du mcanisme en largissant le club des 47 membres du Processus
(reprsentant 71 Etats). Karel Kovanda entend aussi d'ici la fin de l'an-
ne faire en sorte que tous les pays membres aient fait l'objet d'une va-
luation dans le cadre des "revues par les pairs" entreprises par les repr-
sentants des autres pays, des ONG et de l'industrie.


> Intgrer les creuseurs
artisanaux au processus

..w Cela dit, le Processus de Kimberley n'a pas mis fin toutes les violen-
ces lies l'exploitation du diamant. Mme en l'absence d'insurrection,
les affrontements entire creuseurs clandestins et agents de scurit des
::- companies minires ou militaires, en RDC ou en Angola notamment,
se rvlent parfois meurtriers. Kovanda n'en disconvient pas mais
considre qu'il ne faut pas trop exiger d'un systme conu pour rsou-
dre le problme spcifique des guerres finances par la contrebande de
diamants. Toutefois, il se dit prt explorer les pistes pour une ven-
r. tuelle contribution du Processus de Kimberley la resolution du pro-
blme des violations des droits de l'homme autres que celles gnres
par des movements rebelles finanant leurs activits par la contre-
bande de gemmes.
Karel Kovanda songe galement intgrer dans le Processus, les asso-
ciations de creuseurs artisanaux qui, en Afrique, constituent l'crasante
majority des travailleurs oprant dans le secteur de l'exploitation du
diamant alluvionnaire. "La lgalisation de la situation des mineurs allu-
vionnaires est certainement l'un des aspects auxquels nous devons nous
intresser. Ce n'est d'ailleurs pas par accident si, lors de la dernire ru-
nion plnire du Processus Gaborone, il a t dcid de crer un
group de travail special sur l'exploitation du diamant alluvionnaire",
comment le nouveau president du Processus. "Ce ne sera peut-tre pas
Freddy Tsimba, Corps en mutation, 2006, 202 x 106 x 54 cm, mtaux. pour cette anne mais tt au tard, il faudra qu'on se penche sur la ques-
"Afrique Europe: rves croiss".
Credit Commission europenne et artiste. tion des conditions de vie et de travail des travailleurs du secteur allu-
vionnaire", conclut Karel Kovanda.
F.M.*



*Co-auteur avec Olivier Valle, du livre Les Gemmocraties : l'conomie
politique du diamant africain, Descle de Brouwer, Paris 1997


COURRIER






Interactions


Agenda

Juillet Dcembre 2007


Juillet 2007

> 01-03 Sommet Union africaine.
Accra, Ghana
africa-union.org

> 01-04 Vingt-huitime Session de la
Conference des Chefs d'Etat et
de gouvernement de la
Communaut des Carabes.
Bridgetown, Barbade
www.caricom.org

> 09-11 Forum mondial sur la Migration
et le Dveloppement
Bruxelles, Belgique
www.agfmd-fmmd.org


fot 2007

> 01-02 Runion ministrielle
des pays ACP du Pacifique
consacre au Commerce.
Port Vila, Vanuatu
www.forumsec.org


Septembre 2007

> 10-13 9e Session de l'Assemble
parlementaire ACP.
Bruxelles, Belgique

> 26-27 IV runion des Ministres
de CE-CARIFORUM sur les
ngociations APE. Carabes,
place tablir
Arrivera-t-on un accord avant
la fin de l'anne ?
www.caricom.org


Octobre 2007

> 01-11 54e Session de la Confrence
du Commerce et du
Dveloppement (CNUCED).
Genve, Suisse
www.unctad.org

> 08-10 Runion des Ministres
du Commerce ACP.
Bruxelles, Belgique
L'occasion pour les six groups
rgionaux de faire le point sur
les APE
www.acp.int

> 28-02/11 12e Confrence mondiale
des lacs. Jaipur, Inde
De la science la culture des
lacs, l'Inde accueille Jaipur la
12e Confrence mondiale des
lacs, organise par l'organisation
non gouvernementale
Commission environnementale
international des lacs
www.taal2007.org

> 31-02/11 Confrence international sur la
gestion ctire. Cardiff,
Royaume-Uni
Un rendez-vous ne pas man-
quer pour les gouvernements et
ingnieurs civils en ces temps
de pressions exerces sur les
zones ctires

> 23-07/11 8e Session de la Confrence
des Parties la Convention sur
la lutte centre la dsertification.
Madrid, Espagne
www.unccd.int


nouembre 2007

> 02-09 Journes du Dveloppement
2007. Lisbonne, Portugal

> 14-16 10e Session de l'Assemble
parlementaire ACP.
Kigali, Rwanda

> 17-22 14e session de l'Assemble
paritaire ACP-UE.
Kigali, Rwanda
www.acp.int

> 23-25 Runion des Chefs d'Etat du
Commonwealth.
Kampala, Uganda
"Transformer les socits du
Commonwealth pour raliser le
dveloppement politique, cono-
mique et human" est le thme de
la runion bi-annuelle des 53
Chefs d'Etat du Commonwealth,
Kampala. Des sessions sont
galement prvues pour les hom-
mes d'affaire et les jeunes.
www.chogm2007.ug
www.thecommonwealth.org


Dcembre 2007

> 03-04 Confrence "Diasporas et com-
munauts transnationales".
Wilton Park, Royaume-Uni
Comment les diasporas contri-
buent au dveloppement de leur
pays hte et leur pays d'origine
www.wiltonpark.org a


I I














Une journe


dans la uie de



Louise fssomo

Une jeune Camerounaise, coqueluche du stylisme belge

Louise Assomo est en train de devenir la coqueluche de la nouvelle gnration du sty-
lisme de Belgique. Ce n'est pas peu dans un pays riche de grands crateurs comme
ceux de l'"cole d'Anvers" comme Ann Demeulemeester, Walter van Beirendonck, Dries
Van Noten ou Marina Yee qui ont conquis Paris et Londres.


es atouts d'Assomo : le raffinement,
la sensualit et le confort de ses habits
et l'originalit de ses accessoires. Et
sa fine attention pour les dsirs de cel-
les qui portent ses crations. Louise Assomo
est dbordante d'imagination. Quand la plu-
part des crateurs prsentent une game
leurs dfils, elle joue sur plusieurs octaves
s'essayant parler le language de femmes
diverse. Son credo : s'inspirer de la femme
pour crer et non de fantasmes de creatures
irrelles pour y entrer les femmes, come le
font surtout, reproche-t-elle, les stylistes hom-
mes. "La femme est l'objet et le sujet de mon
inspiration. Je veux qu'elle s'y senate bien."
Mme quand elle est prise dans les contingen-
ces de la vie. "Ma collection est, je dirais, heu-
reuse pour des personnel peut-tre tristes."

> Euanescence et uolupt

Les silhouettes de Louise Assomo sont fluides,
robes flottantes presque nuageuses, vanescen-
tes ; ou sculptant le corps, piquantes, voluptueu-
ses. Toutes sensuelles sur des registres diff-
rents. Toutes avec un ptillement accentu par
des accessoires faisant come parties intgrante
de l'habit, pendentifs artistiques suspendus dans
l'aura de la femme, faits de plumes, volutes de
crpes, chanettes lgres, petites images du
rve pregnant corps, confectionnes par la styliste
elle-mme. Et ses sacs, et ses chaussures per-
les, peintes, brodes, avec de la passementerie
et autres fantaisies dlicates. Glamour mous-
till de parfum d'ironie !


Et elle sait tout faire, du croquis au placement
du dernier bouton. Elle ne se dit fire que de
cette quality d'artisan. Frache moulue de la
Haute Ecole Francisco Ferrer de stylisme de
Bruxelles, Assomo avait gagn le prestigieux
prix de l'Escarpin d'or Paris pour ses chaus-
sures. Elle a t finaliste cette anne pour le
Prix du meilleur jeune crateur belge de l'an-
ne. Elle cumule les distinctions.
Et elle sduit. Le public, les professionnels, la
press. Celle-ci a t dithyrambique aprs cha-
cun de ses deux grands dfils personnel en
juin et en novembre 2006. Non seulement la
press spcialise mais le grand quotidien
francophone Le Soir par example dans son
supplement "Victoire" ou l'hebdomadaire de
rfrence, Le Vif L'Express qui a slectionn
la photo de sa boutique pour illustrer l'vne-


ment annuel "Parcours de stylistes" de Modo
Bruxellae. Jusqu'au Vogue de Tawan.
L'hebdomadaire grand public de Bruxelles,
"Zone 2" est catgorique : "Louise Assomo
n'en est qu' ses dbuts, mais fait dj parties
des grands noms de la mode belge".

> L'lan du danseur

Elle compete parmi ses clients des icnes
come Emilie Dequenne, Palme d'or
Cannes pour "Rosetta" des frres Dardenne.
La force de ce brin de femme, c'est qu'elle n'a
pas le "dikke nek", come dit l'argot bruxel-
lois, la grosse tte. Elle semble voluer avec
l'lan du danseur, rapide jamais prcipit, vire-
voltant calmement, dcid sans obstination.
Son stress, qui ne peut pas ne pas exister, est
insouponnable. Doucement, je suis press !
Autant dire qu'une journe avec Louise
Assomo, c'est une respiration. Rveil un peu
tardif pour une lve-tt, vers 9 heures. La nuit
ayant t longue, jusqu'aux petites heures du
matin ; pour cause de "Love Fashion", la fte
d'ouverture du Salon belge de la Mode (BFF,
Belgian and Brussels Fashion Fair).
Heureusement qu'elle ne boit jamais d'alcool.
Precipitation pour tre au Salon 10 heures o
elle partage avec d'autres jeunes crateurs
talentueux, l'Espace Pigmentum mis leur
disposition en guise de satisfecit pour leur
crativit. "C'est certainement pour moi,
qu'ils ont dnomm l'espace Pigmentum",
ironise-t-elle.
Louise Assomo tient salon dans le carr


COURIER







Zoom


rserv son entreprise. Notre conversation
est vite devenue un forum avec Isabelle sa
jolie et intelligence stagiaire et deux autres sty-
listes prometteuses, Htsniye Kardas et
Natascha Cadonici. Sur l'interdiction par
l'Espagne du recours des mannequins ultra-
maigres dans les dfils de mode. A notre
grand tonnement, les quatre cratrices
approuvent des deux mains. Louise Assomo
limited d'ailleurs volontairement ses tailles
infrieures au 36. Pour ne pas tre complice
des dgts que la sublimation de l'anorexie
fait sur des jeunes filles fragiles.
L'aprs-midi va tre tout autre. Accompagn
de son homme, la fois son conseiller et com-


police, elle a rendez-vous dans un petit village
une trentaine de kilomtres de Bruxelles. Dans
une caverne d'Ali Baba. Le magasin des
Stragier, tisserands de pre en fils depuis tou-
jours. Assomo y dcouvre comme un monde
merveilleux de contest de fe. Ici, toutes sortes
de tissus existent, fabriqus pour la plupart sur
place. En toutes teintes, finitions, maillages,
granulations. Chambray, taffetas, tarlatane,
maille mohair, mousselines de soie, crpe
Georgette, cachemire, cotons damasss. Une
expertise rare, apprcie des plus grands cou-
turiers de France qui viennent y commander
leurs exclusivits. Nicolas, jeune trentenaire,
sduit par la coupe de Louise Assomo dcou-
verte dans un magazine, lui avait tlphon
pour l'inviter dcouvrir le savoir-faire des
Stragier. C'est la premiere fois, dit-il, qu'il ose
faire cela "parce que j'tais enchant par votre
style". Il allait tre le cicrone attentionn
d'Assomo pendant plus de cinq heures,
jusqu' la tombe du jour. Le style d'un artisan
comme Nicolas Stragier, ce n'est plus du com-
merce, c'est de la psychologie, de la fine


coute, de l'art. Une espce en voie de dispa-
rition. Assomo tait aux anges.
En route, nous avons parl d'Afrique. Elle a
quitt le continent 16 ans. "Je suis d'origine
africaine. Quoi qu'il arrive, a va toujours se
ressentir dans mon travail. C'est une nature. Je
ne dois pas faire une mode africaine. Je cre en
pensant la femme, toutes les femmes. Mais
il y aura toujours une nuance particulire, une
petite lueur qui suit les silhouettes, qui donne
l'ide aux gens que cette fille vient de quelque
part. Et quand on me voit, on se dit, a va, ok,
on sait d'o elle vient."
Et elle sait o elle va !
H.G. M

www.louiseassomo.com
Boutiques Bruxelles, Anvers, Tel Aviv

Page 34
Louise Assomo.
Photo Hegel Goutier

Collections Assomo Printemps-Et
et Automne-Hiver 2007.
Photo Hajer, credit Louise Assomo.


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007






Zoom


Ce n'est



qu'un



au reuoir


Hommage Isabelle Bassong


sabelle Bassong nous a quitts le 9 novem-
bre 2006. Pour beaucoup d'acteurs et
d'observateurs de la cooperation UE-ACP,
elle n'tait pas seulement la doyenne des
ambassadeurs ACP et la vice-doyenne de tout le
corps diplomatique Bruxelles. C'tait une
amie, bienveillante, courtoise, fidle en humour
l'ancienne lve du Collge moderne des jeu-
nes filles de Douala qu'elle fut dans sa jeunesse.
Mais parfois redoutable aussi. Ds lors qu'il
s'agissait de dfendre les intrts du Groupe
dans des dossiers aussi techniques que la
banane don't elle prsidait le group de travail
la date de son dcs.
Accrdite pour la premiere fois en 1988 auprs
des Communauts europennes et des Etats du
Benelux, cette linguiste de formation, titulaire
d'un DES de la Sorbonne et d'un Masters of
Science de l'Universit de Denver, dans cette
mme discipline, nomme Secrtaire d'Etat la
Sant en 1984, tait la grand-mre du group
ACP. Que ses dix petits enfants ne nous tien-
nent pas rigueur de cette audace.
Isabelle Bassong fut prsidente du Comit des
ambassadeurs, participa aux ngociations de la
Convention de Lom IV (1990), de la
Convention rvise de 1995 et de l'Accord de
Cotonou (2000). Paralllement, elle fut conseil-
ler du Cameroun, devant la Cour international
de justice de La Haye, durant le long conten-
tieux qui, de 1994 2004, a oppos son pays au
Nigria, propos de la souverainet sur la
pninsule de Bakassi.


C'est donc, en toute logique que la personna-
lit d'Isabelle Bassong et son rang, lui ont valu
une somptueuse crmonie d'hommage lors
de ses obsques officielles clbres
Bruxelles par le nonce apostolique le 28
novembre, dans la basilique de Koekelberg,
pleine craquer. En presence de ses proches,
du reprsentant du Roi Albert II de Belgique,
du corps diplomatique parmi lesquels ses col-
lgues ACP et ses pairs ambassadeurs du
Cameroun en Europe ainsi que de nombreux
membres de la communaut camerounaise de
Belgique, la second d'Afrique sub-saha-
rienne dans le Royaume (environ 10.000 per-
sonnes), aprs, histoire oblige, celle de la
Rpublique Dmocratique du Congo.
Puis le 16 dcembre, aprs une messe de fun-
railles clbre par l'archevque de Yaound,
Mgr Tonye Bakot la basilique Marie-Reine-
des-aptres, en presence du ministry des
Affaires trangres Jean-Marie Atangana
Mebara. A ct de sa famille et de ses amis, plu-
sieurs membres du gouvernement et un repr-
sentant du Prsident Paul Biya assistrent la
crmonie, suivie de son inhumation
Yaound. Elle avait vu le jour le 9 fvrier 1937
dans le pays Fang, Ebolowa, au sud du
Cameroun. A dfaut de son souffle, son sourire
nous accompagne encore. Et parmi ceux qui
l'ont connue, nul doute qu'en l'accompagnant
sa dernire demeure, il s'en trouve qui murmu-
rrent : "Ce n'est qu'un au revoir, Isabelle".
F.M. M


Isabelle Bassong, amie bienvieillante, courtoise,
fidle en humour.


COURIER





1 e la terre


un BOL D'OXYYGEnE

pour les nergies



REIOUUELABLES


Dans la lutte engage contre
les changements climatiques,
hormis naturellement les pro-
ducteurs d'hydrocarbures, les
pays en dveloppement dispo-
sent, paradoxalement, d'un
advantage comparatif. Leur co-
nomie, mme prcaire, ne
dpend pas outrancirement
des nergies fossiles, principles
responsables de l'acclration
du rchauffement de la plan-
te. Le moment rv pour dve-
lopper des sources d'nergie
renouvelables. Mais les obsta-
cles leur dveloppement
restent nombreux. A commen-
cer par le nerf de la guerre, les
finances. Pour y remdier, la
Commission europenne a pro-
pos un Fonds mondial de capi-
tal-risque ddi aux renouvela-
bles. Premiers rcipiendaires, et
ce ds 2007, les pays ACP.


> Inuestir dans les technologies "propres"
ea question climatique n'est plus affaire uniquement de pays riches. La dernire runion
ministrielle de la Convention international sur le climate, qui s'est droule en novem-
bre dernier l'a montr suffisance. Ce n'est pas un hasard si cette douzime confren-
ce des Nations Unies s'est tenue -pour la premiere fois -en Afrique. Longtemps igno-
re dans les dbats prcdents monopoliss par les affrontements entire pays industrialists qui
faisaient et refaisaient leurs comptes afin de rduire leurs missions de gaz effet de serre
moindre frais, elle a pu faire entendre sa voix. Tout d'abord parce que la conference de Nairobi
a discut du rgime mettre en euvre aprs la premiere priode de measures fixe par le
Protocole de Kyoto qui prend fin en 2012. La grande question, toujours ouverte, tait de dter-
miner s'il convenait d'inclure les pays en dveloppement dans un rgime qui, pour stabiliser les
missions, fait appel essentiellement des mcanismes de march, dits "flexibles", au rang
desquels la bourse de carbon. Un autre, le seul, intresse pour l'heure les pays en dveloppe-
ment : le mcanisme de dveloppement propre (MDP). Celui-ci permit en ralit aux investis-
seurs du Nord de gagner des crdits d'mission en finanant des installations "propres" dans les
pays du Sud. A Nairobi, Kivutha Kibwana, le Ministre kenyan de l'Environnement, et pour l'oc-
casion president de la Confrence sur le climate, a lanc un appel aux quelques 160 pays partici-
pants pour soutenir ces projects.


> Le "Cadre de nairobi"
S'attaquer aux causes multiples de l'rosion et de la dgradation des cosystmes est une entre-
prise de longue haleine. En attendant, les participants la ministrielle de la Convention Climat
ont par au plus press. Sous la houlette de Kofi Annan, l'ancien Secrtaire gnral des Nations
Unies, ils ont lanc un nouveau mcanisme -le "Cadre de Nairobi" destin aider les pays
en dveloppement, en particulier les pays africains, mettre en place des partenariats publics-
privs pour soutenir des projects de "dveloppement propres". Ces partenariats pourront s'ap-


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007






De la terre


puyer notamment sur le Fonds d'adaptation
prvu par la Convention Climat pour aider les
pays les plus vulnrables aux effects dfavora-
bles des changements climatiques, Fonds que
les participants Nairobi ont finalement
accept d'alimenter.
La Commission europenne a de son ct
propos sa contribution : un Fonds mondial
pour la promotion de l'efficacit nergtique
et des nergies renouvelables (Geeref), dot
de quelque 100 millions d'euros. "Ce Fonds",
a dclar Nairobi le Commissaire europen
l'Environnement, Stavros Dimas, "devrait
permettre une distribution plus quitable des
projects MDP, en offrant du capital-risque
des projects d'nergie soutenable de petite
chelle dans des pays en dveloppement et
acclrer le transfer de technologies pro-
pres". La Commission entend doter le Fonds
d'une contribution de dmarrage de 80 mil-
lions d'euros pour les quatre annes venir,
tablant sur d'autres sources publiques et pri-
ves pour porter cette dotation au moins 100
millions d'euros. Le Fonds devrait ainsi per-
mettre de finance des projects d'investisse-
ment valus prs d'un milliard d'euros. En
ralit, le Fonds a dj rcolt 112 millions
d'euros, les gouvernements italien et alle-
mand s'tant engags, Nairobi, y contri-
buer hauteur respectivement de 8 et 24 mil-
lions d'euros. Les premiers rcipiendaires de
ce mcanisme seront les pays ACP qui, ds
2007, devraient bnficier d'un capital-risque
de 15 millions. La Commission a dsign la
banque thique Triodos International Fund
Management en association avec E+Co, pour
faciliter la mise en euvre du Fonds, en colla-
boration avec la Banque europenne
d'Investissement et la Banque europenne
pour la Reconstruction et le Dveloppement.



> Des nergies en mal de capital

Bien qu'ils connaissent un succs rel (du
moins dans certain pays industrialists), les
projects de promotion de l'efficacit nergti-


que et des nergies renouvelables attirent trs
difficilement les capitaux commerciaux. Les
problmes qui se posent, indiquent la
Commission, sont complexes et ont essentiel-
lement trait au manque de capital-risque, qui
reprsente une garantie important pour les
prteurs. Les besoins en capital-risque des
pays en dveloppement et des conomies en
transition sont estims plus de 9 milliards
d'euros, ce qui est bien suprieur aux niveaux
actuels. D'o l'importance de mobiliser des
fonds du secteur priv. Le but du Geeref est
d'aider surmonter ces obstacles. Plutt que
de finance directement les projects, il stimule-
ra la creation de sous-Fonds rgionaux spci-
fiquement adapts aux conditions et aux
besoins rgionaux. L'accent sera mis sur les
investissements d'un montant infrieur 10
millions d'euros, ceux-ci tant le plus souvent
ignors par les investisseurs commerciaux et
les institutions financires internationales. Si
les sommes investies devaient atteindre le
milliard prvu par la Commission, elles per-
mettraient de mettre sur les marchs des pays
tiers une capacity de production d'nergie
"verte" proche de 1 gigawatt, soit de quoi
assurer la furniture de services nergtiques
un nombre d'individus compris entire 1 et 3
millions et qui supprimerait 1 2 millions de
tonnes d'missions de C02 par an. a


Une dotation record

pour l'nergie

L accs I'nergie est une des gran-
des priorits de I'UE. Dj en juin
2005, le Conseil ACP-UE donnait
son feu vert la creation d'une facility
ACP-UE pour l'nergie. Dote d'un budget
de 220 millions d'euros, elle doit permet-
tre de cofinancer une srie de projects ner-
gtiques en faveur des populations les plus
pauvres dans les pays ACP grce des par-
tenariats entire les secteurs public et priv.
La facility financera en priority (60% du
budget) les projects d'infrastructure nerg-
tique et, parts gales, des projects visant
amliorer l'accs des populations rurales
des services nergtiques modernes et
moderniser les rseaux transfrontaliers.
Suivant un appel proposition lanc en
juillet 2006, 91 propositions ont t prs-
lectionnes. Les projects finalement retenus
seront connus au course de l't 2007.

http://ec.europa.eu/europeaid/projects/e
nergy/index_fr.htm t


COURIER






De la terre


DECHETS TOXIQUES


20 ans aprs, un combat inacheu


Vingt ans aprs les premiers scandals sur l'exportation de dchets toxiques vers des
pays en dveloppement, comme I'a dmontr la tragdie survenue en Cte d'Ivoire, le
cauchemar continue. Malgr les measures prises l'chelon international. Et avec lui, le
combat pour mettre fin ce traffic la fois lucratif et meurtrier, notamment au niveau
des Etats ACP et de I'UE.


t






















:r I. A 2 installationI.ariabl e ( c ) ve pa u t g i .
I. * *


C tait en 1987. Pas une semai-
ne sans que les dfenseurs de
l'environnement ne dnon-
cent un nouveau contract ou un
nouveau transfer de dchets toxiques vers
les pays en dveloppement. Dans un "guide
de l'Afrique Occidentale poubelle" tabli en
annexe de son livre, l'eurodput belge
Franois Roelants du Vivier citait les noms
de 13 pays du continent, don't le Nigria, o,
4.000 tonnes de dchets chimiques prove-
nant d'Italie furent dcouverts Koko. Ce
fut ensuite l'errance de port en port du "vais-
seau du poison" allemand Karin B bord
duquel, ces fts suintant le PCB furent rapa-


tris vers Livourne (Italie).
A l'poque, cette croisade a dbouch sur
l'adoption d'un arsenal lgislatif destin
mettre de l'ordre dans ce commerce dange-
reux. Le 22 mars 1989 la Convention de Ble
sur le contrle des movements transfronti-
res de dchets dangereux et sur leur stockage
ainsi que sur l'interdiction des exportations
de telles substances par les Etats membres de
l'OCDE vers les non-membres entire en
vigueur. Puis le 31 janvier 1991, les Etats
membres de l'Organisation de l'Unit afri-
caine approuvaient leur tour la Convention
de Bamako imposant l'interdiction de l'im-
portation de dchets toxiques en Afrique,


supplant en la matire aux lacunes de la
convention de Ble. De son ct, L'UE adop-
te en 1993 un rglement relatif la surveil-
lance et au contrle des entres et des sorties
de dchets dans et hors de l'UE. Enfin, les
questions lies au transport et l'limination
des dchets dangereux dans la cooperation
entire l'UE et les ACP figurent en toutes let-
tres l'Article 32 de l'Accord de Cotonou
sign en 2000.

> Un traffic trs lucratif

Mais encore faut-il faire respecter les textes
face des individus ou des socits pour
qui leur transgression peut s'avrer extrme-
ment profitable. A la fin des annes 1980, le
cot moyen par tonne d'limination des
dchets dangereux tait de 250 dollars aux
Etats-Unis, alors qu'un contract pour l'en-
fouissement de dchets ne proposait au gou-
vernement bninois qu'une compensation de
2,5 dollars/tonne !
C'est probablement ce genre de calcul
qu'ont d faire les responsables du dverse-
ment en aot dernier dans plusieurs dchar-
ges publiques d'Abidjan, de dchets toxi-
ques achemins par le navire panamen
Probo Koala, appartenant un amateur grec
et affrt par la socit de droit nerlandais
Trafigura Beheer, dsireuse d'viter les
cots important de traitement aux Pays-Bas
qui disposent des installations ncessaires,
en les transfrant en Afrique Occidentale,
constate Greenpeace.

> Cocktail meurtrier

Les dommages sont considrables. Le
dcompte ralis le 13 octobre par le minist-
re de la sant ivoirien faisait tat de 10 morts,


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007






De la terre


de 69 hospitalisations et de plus de 100.000 consultations mdicales de
personnel intoxiques par les manations de ces dchets toxiques : 528
tonnes d'un cocktail meurtrier base de ptrole, de sulfure d'hydrog-
ne, de soude caustique et de phnols. Encore l'estimation du prejudice
total qui comprend aussi la pollution de nappes phratiques, des eaux
de la lagune Ebri, des poissons et des products agricoles provenant des
lieux contamins, ainsi que des compensations verser aux victims et
aux producteurs concerns, n'tait pas acheve la fin 2006.
En Cte d'Ivoire l'vnement a provoqu un remaniement ministriel.
Les titulaires des portefeuilles des transports et de l'environnement ont
t limogs. Une cellule oprationnelle de coordination du plan natio-
nal de lutte contre les dchets toxiques et deux commissions d'enqute,
national et international, ont t cres par le Premier Ministre,
Charles Konan Banny. En marge de l'enqute diligente par l'Agent
judiciaire du Trsor en vue de la tenue d'un procs devant la justice
pnale, les deux commissions doivent tablir les responsabilits aux
niveaux national et international.


> Le Commissaire UE
l'Enuironnement
l'offensiue

De son ct, le Commissaire europen l'Environnement, Stavros
Dimas a pris une initiative. Ayant appris que l'organisation non gouver-
nementale Greenpeace, avait repr et bloqu le 26 septembre le "navi-
re de la mort" dans le port estonien de Padilski, Stavros Dimas, s'est
aussitt rendu sur les lieux. Le Commissaire a exprim son soutien aux
autorits estoniennes qui ont dcid de poursuivre les auteurs de ces
transferts illgaux, aprs qu'une fouille du navire a confirm la prsen-
ce de substances hautement toxiques bord.
Dans la foule, le 23 octobre, le Commissaire propose aux ministres de
l'Environnement de l'UE que de tels crimes soient inscrits dans le droit
pnal et sanctionns comme tels. Les Etats membres ont hsit embo-



I I i il- I. l1iii liil,-ri I'h:L, I :ul.I
h'l-,.,r, ,.I'ii i 1i ,i-C, liil ,i ,-ii1i,- ,,,


ter le pas au commissaire, arguant que la repression de tels agissements
relevait de leur competence exclusive. Mais la Cour de Justice des
Communauts europennes a donn raison au commissaire en affirmant
que la protection de l'environnement par le droit pnal relevait bien de
ses comptences.
Fort de cet arrt, Stavros Dimas a dcid d'aller de l'avant. Le 9 fvrier
2007, il propose une nouvelle directive inscrivant bel et bien les cri-
mes contre l'environnement dans le droit pnal afin de renforcer,
notamment, la lutte contre le transport illegal de dchets toxiques.
Pendant ce temps, la justice fait son chemin.
Eurojust, une institution cre en 2001 par l'UE pour combattre la
grande criminalit, a annonc le 20 octobre avoir entam une coordi-
nation pour faciliter les enqutes sur les transports de dchets par le
Probo Koala, entire les autorits estoniennes, nerlandaises et ivoi-
riennes.


> Le sommet
fCP condamne

Simultanment, la pression a continue monter sur un autre front. A
l'initiative de la Cte d'Ivoire, lors du Sommet de Khartoum des 7 et 8
dcembre derniers, les chefs d'Etat et de gouvernement des Etats ACP
ont condamn le dversement de dchets toxiques dans leurs pays.
Auparavant, dans une resolution date du 6 dcembre, le Conseil des
Ministres ACP a appel tous les Etats mettre en cuvre les accords
concernant le dversement de products toxiques ou dangereux, ratifier
tous les amendments de la Convention de Ble et prendre les mesu-
res lgislatives appropries pour qualifier d'actes criminals la violation
des accords internationaux en la matire.
La balle est maintenant dans le camp de l'OCDE et de l'UE (Etats
membres, Commission et Parlement europen) qui s'adresse la rso-
lution. Le combat continue...
F.M. M


k-
lli.























































Aprs une dcennie de guerres, l'espoir d'une stabili-
sation a refait surface en Rpublique Dmocratique
du Congo, suite la tenue d'lections pluralistes, les
premires depuis plus de 40 ans.
Le dossier est consacr aux dfis de la reconstruction,
qui, pour tre surmonts, vont ncessiter la poursui-
te de la solidarity international. L'enjeu est de
dimension continental et plantaire. L'Union euro-
penne a rsolument apport son appui ce proces-
sus de stabilisation.
Quant aux Congolais eux-mmes, ce reportage pr-


senate les diffrentes visions exprimes par les princi-
pales forces politiques propos de la stratgie de
dveloppement mener pour reliever ces dfis ainsi
que la nouvelle quipe en charge de la reconstruc-
tion du pays.
Enfin, l'ampleur des tragdies qui viennent d'tre
vcues a t telle, qu'elle a occult d'autres dimen-
sions de la ralit congolaise : la beaut du pays,
l'ingniosit de ses habitants, la richesse et le dyna-
misme de sa culture. Autant de mondes qu'explore
ce reportage.






eportage Congo RDC


Franois Misser




Les lfis de la


ie t.Ic I himin parcouru aprs un long
i.lci. li cmnontant au dbut des annes
i'-,,- .1 .ieux guerres, durant lesquel-
!i, piicI.lque quatre millions de per-
S...iei i. r si ..iii.. iil la faim, la maladie, aux
exactions des bandes armes et au dlabrement du
secteur de la sant A plusieurs reprises, on a bien cru
que les vieux dmons allaient enterrer le processus de
stabilisation. Notamment, en aot, quand l'annonce
du rsultat du 1er tour de la prsidentielle a donn lieu
une bataille range entire les partisans des deux der-
niers candidates rests en lice. Mais en definitive,
"l'optimisme de la volont" prn par le Commissaire
europen au Dveloppement Louis Michel et l'atti-
tude des Congolais qui ont voulu croire jusqu'au bout
dans la russite du processus, a pay.
Certes, "le pari n'est pas encore gagn", disent les
sceptiques. Fin janvier, l'lection indirecte de cer-
tains gouverneurs, dans des conditions controver-
ses, a suscit au Bas-Congo meutes et repression.
Le bilan est trs lourd : 137 morts selon l'ONU don't
le Secrtaire gnral a rclam une enqute sur ces
violence. Certaines zones de l'Ituri, des deux Kivu
et de l'Equateur, sont encore cumes par des bandes
armes, quoique leur pouvoir de nuisance decline.
Dans un tel context, le Congo aura besoin de l'ap-
pui extrieur pour entreprendre les vastes chantiers
de la reconstruction, notamment pour doter ses for-
ces de l'ordre des moyens et de la formation qui leur
permettent de faire face de manire proportionne


de pareilles situations. Le premier est la reconstruc-
tion de l'Etat, don't la majority des fonctionnaires ne
peroivent pas de salaires, mais des "motivations" ou
des "primes" et sont souvent contraints de "privati-
ser" leurs functions. "La main tendue vers le chauf-
feur", traduit un responsible de l'inspection provin-
ciale de la police de Kinshasa.



La tche du nouveau gouvernement don't le Document
de Stratgie de Rduction de la Pauvret (DSRP) fina-
lis en juillet 2006 par les autorits de la transition
constitute la base de la stratgie, est immense. Elle s'ap-
puie sur cinq piliers : promotion de la bonne gouver-
nance et consolidation de la paix par le enforcement
des institutions, consolidation de la stability macroco-
nomique et de la croissance, amlioration de l'accs
aux services sociaux, lutte contre le VIH-Sida et appui
de la dynamique communautaire.
Plus de 70% des Congolais vivent sous le seuil de pau-
vret. Pour atteindre les Objectifs du Millnaire pour le
Dveloppement vers 2015, il faudrait une croissance
annuelle du PIB de 10%. Or, le taux a atteint 6,6% en
2006. Selon le DRSP, le revenue mensuel minimum
pour subvenir l'alimentation d'une personnel doit
tre de 10.000 francs congolais (environ 20 dollars),
un peu moins que la solde d'un militaire qui doit
presque toujours nourrir plusieurs personnel. Tche
impossible.


C(URRIER


Le Congo
s'est enfin dot
le 5 fvrier d'un
gouvernement
issu des
premires
lections
dmocratiques
depuis quatre
dcennies.






Congo RDC eportage


En moyenne, le taux d'accs l'lectricit est
de 6% et 22% des habitants ont accs l'eau
potable. Deux enfants sur dix meurent avant
l'ge de cinq ans. On assisted une resurgence
d'pidmies contrles ou radiques (rou-
.i :geole, peste, polio, cholra) sans parler du
sida. Le taux de scolarisation primaire a chut
de 92% en 1972 64% en 2002. Les bidonvil-
les prolifrent, Kinshasa (7 millions d'habi-
tants) mais aussi Mbuji-Mayi, (prs de 4
millions). Des families en sont rduites ins-
taller leurs baraques sur des voies ferres
Kinshasa. Le chmage oscille entire la moiti
de la population active en ville et le tiers en
milieu rural.
La tenue des lections a t un exploit dans un
pays o des rgions entires se sont dmca-
a nises. Les taxis-vlos ont remplac mobylet-
tes et voitures Kisangani. En Equateur, les
routes sont redevenues chemins et la fort a
englouti les plantations. En quelque sorte, le
pays s'est agrandi. Jusqu' aot 2005, expli-
que le patron de la Rgie des Voies Fluviales,
Jean-Pierre Muongo, il fallait 40 jours de
navigation pour couvrir les 1.700 km sparant
Kinshasa de Kisangani, dlai maintenant
rduit 15 jours. Pour affronter ces handi-
. caps, le gouvernement n'a pas la tche aise.


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007







eportage Congo RDC


L'an dernier plusieurs contre-performances
(un taux d'inflation de 18,2% et des dpasse-
ments budgtaires) ont entran une suspen-
sion des financements du Fonds montaire
international, au titre de la Facilit de rduc-
tion de la pauvret et de croissance. Ceci peut
entamer la capacity du Congo honorer le
service de la dette extrieure (13 milliards de
dollars), avant que ne soit atteint le point
d'achvement, permettant son annulation
dans le cadre de l'initiative en faveur des Pays
Pauvres Trs Endetts. Selon le gouverneur
de la Banque central, Jean-Claude Masangu,
de srieuses hypothques psent sur cette
anne 2007, du fait de la suspension d'aides
extrieures la balance des paiements.





Mais les atouts sont tels qu'ils peuvent four-
nir les moyens de reliever les dfis. A com-
mencer par l'eau, des neiges du Ruwenzori,
du fleuve Congo et de ses affluents irriguant
la fort quatoriale qui abrite l'extraordinaire
biodiversit d'un pays o l'on dnombre 480
espces de mammifres, 565 d'oiseaux, 350
de reptiles et 1.000 de poissons. Cette eau qui
irrigua nagure les plantations qui permirent
au pays d'tre un grenier, un grand fournis-
seur de bois et de products tropicaux d'expor-
tation et permettra peut-tre d'en faire un
gant sur le march mondial des biocarbu-
rants. Cette eau du fleuve qui, s'engouffrant
dans le site majestueux du barrage d'Inga, en
fait le neud gordien du dveloppement du
continent de l'Afrique, avec un potential de
plus de 40.000 MW, offrant l'espoir
l'Afrique Australe de combler son deficit
nergtique. Beaucoup a t dit galement sur
le scandale gologique" d'un pays qui recle
plus de 70% des reserves mondiales de cobalt,
10% de celles de cuivre, outre l'or, le germa-
nium, la columbo-tantalite et le diamant, don't
la RDC est le premier producteur en volume,
au coude--coude avec le Botswana. Les
mines du roi Salomon. Les oprateurs sont
dans les starting-blocks. D'ici la fin de l'an-
ne, sur le site de la mine de cuivre de
Kamoto, va dmarrer un project qui permettra
de quadrupler la production national l'ho-
rizon 2008.





Naturellement, il faudra au pralable revisiter
les contracts dits lonins signs pendant les
guerres. Les politicians et le nouveau patron
de l'entreprise d'Etat Gcamines, l'ont


1;]
fe- 1


En haut : Lenfer des transports : bus bloqu et vandalism sur la route Beni-Komanda, dans la fort de l'Ituri.
En bas gauche : Fuyant le chmage, par centaines de milliers,
les Congolais se sont rus vers l'activit minire artisanale, comme les creuseurs de l'Ituri.
En bas droite : A Kisangani, les taxis-vlos ont remplac les mobylettes et les voitures.


SPhotos Franois Miss


ser


annonc. Il faudra restaurer la confiance,
scuriser les gens et les biens, "changer les
mentalits" a dit le Prsident Joseph Kabila
dans son discours d'investiture. Tout ou pres-
que est faire. Les provinces minires du
Katanga et des deux Kasa, sont l'aube
d'une nouvelle revolution industrielle.
On sent poindre l'espoir. Ces derniers temps,
les grands hotels de Kinshasa affichaient
complete. Et la volont politique d'aider le
Congo la passionnante entreprise de sa
reconstruction a t manifeste fin janvier
avec la visit du nouveau Secrtaire gnral


de l'ONU qui a dploy dans ce pays le
contingent le plus important de casques bleus
(18.000 hommes). Malgr les vicissitudes, il y
a aussi l'espoir de tirer parti du potential tou-
ristique fabuleux du pays. Les plus hardis,
comme la PME belge Go Congo, entament
des croisires sur le grand fleuve. La vie noc-
turne reprend dans celle qui fut Kin Kiese,
Kin la joie. L'espoir enfin, ce sont ces hom-
mes qui ont prserv l'herbier de Yangambi
ou le jardin botanique de Kisantu, banques de
donnes du patrimoine. Un autre Congo se
profile en pointills.


C(URRIER






Congo RDC eportage


EUROPEEnnE


Face aux dfis de

la reconstruction,

I'UE et ses Etats

membres ont d

faire euvre de

pionniers,

dployant tous

leurs instruments

de cooperation

et imaginant de

nouvelles formes de

collaboration entire

Europens

et avec les autres

partenaires du

dveloppement.

Ncessit faisant

loi, le Congo a t

et demeure un

laboratoire don't

les enseignements

pourront tre

utiles sur d'autres

terrains.


ette approche s'est
notamment manifes-
te dans le domaine
de la reconstruction
de l'Etat et de l'appui au proces-
sus lectoral, pralables indis-
pensables la preparation du
10e Fonds europen du dvelop-
pement qui, a propos en
dcembre le Commissaire au
Dveloppement, Louis Michel,
devrait voir ses resources pro-
grammables doubles 411 mil-
lions d'euros pour la priode
2008-2013, par rapport la
priode antrieure.
Aprs l'opration Artmis (juin-
aot 2003) qui a consist scu-
riser la zone de Bunia dans le dis-
trict de l'Ituri, l'Est, par une
force europenne, pour permettre
l'ONU de dployer ses casques
bleus et ouvrir l'accs des orga-
nisations humanitaires la popu-
lation locale, la Commission a
engag le programme de restau-
ration de la justice l'Est, dot
de 8 millions d'euros, mis en
euvre par 1'ONG "Rseau des
Citoyens-Citizens Network".
"Tout tait faire. Le parquet
tait ferm et la prison ouverte",
raconte le chef de dlgation de
l'UE Kinshasa, Carlo De
Filippi. Il a fallu, exceptionnelle-
ment, verser des primes aux
magistrats pour qu'ils acceptent
de revenir remettre en route l'ap-
pareil judiciaire dans une zone o
l'Etat avait disparu depuis des
annes.
L'UE a t aussi un acteur dter-
minant dans la russite du pro-
cessus lectoral, contribuant
hauteur de 80% du cot total,
estim quelque 400 millions


d'euros don't 165 millions prove-
nant de la Commission. Celle-ci
a galement finance la Mission
d'observation europenne des
lections prside par le Gnral
Philippe Morillon et soutenu la
formation de l'Unit de Police
Intgre (UPI) forte d'un miller



Rpublique
Dmocratique
du Congo
Int 'lrmirnuns de b ise

S\ q_,c'r'h, '
2 ?.44 885 km2


S j millions e .timiifl .'i n 2.i:5,

1K i i.r :i. 1- 1.1.~ ,
Lui.inlmbi shi. K;i.iingmii,.
Kanan ii.iii. Cima.i


d'hommes charge de protger
les acteurs de la transition et de
scuriser les lections.
Actuellement, le Centre National
de Traitement de la Commission
Electorale Indpendante quip
95% par l'UE, prpare les lec-
tions locales sans doute les plus


* b-a,
..-i


I-r -
~~i. J


Iiria.l ek p~r, ehli rsiIuL e., flan ''aI--nei
~:ti~ l i ul. r. ,r-'''' anh--i'. kinnL'aiuncjui`h. iniusulili 11h-,

iIB ~1 mlii ,Ii I: h- dM1t ,i:jlis i -srii ~i ti:i '''r I i 2 i'S

P i.b' Iiqu -i i i IIir




Izu.li i isti l i 'nr S '. 2i iL' i
Titi.-le .-n ruI 1 '1 6t .ct/e i'')- 121-1-1 1 ~ r.

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S r, FI.1i. ['SliP Ii Rla


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


.r/-






eportage Congo RDC


complexes de tout le cycle, avec un total de
6.000 mandataires lire et une quantit bien
suprieure de candidates, confie son responsa-
ble, Julien Ramazani.
Tous les avis convergent galement pour
reconnatre que la Force europenne
(EUFOR) dploye de juin dcembre 2006,
la demand de l'ONU pour scuriser l'lec-
tion Kinshasa, a jou un rle dcisif en
aot, pour faire cesser les combats entire les
troupes des deux candidates en lice pour le
second tour, qui risquaient de tout faire capo-
ter.
Quelque 25 millions d'euros ont t dpenss
par la Commission pour former et quiper les
policies qui ont protg les urnes et les
bureaux de vote, mais aussi accompagn le
matriel lectoral dans tout le pays.
Paralllement, dans le cadre de la mission
EUPOL, une trentaine de policies europens
encadrent l'UPI et des experts europens
aident l'Etat congolais jeter les bases d'une
rforme de la police. Plus de 10 millions
d'euros sont consacrs par la Commission
la mise en place d'un comit de suivi entire
bailleurs et gouvernement, au recensement
des effectifs, l'laboration d'un curriculum
pour la formation et l'environnement rgle-
mentaire du statut du police.
La Commission a galement innov en
appuyant le processus de creation d'une
arme national intgre, en rhabilitant les
centres de brassage des militaires provenant
des diffrentes factions et l'amlioration des
conditions de vie des families des militaires
congolais, abandonnes leur sort. En mme
temps, des militaires europens, dans le cadre
de la mission EUSEC ont install un systme
de paiement des soldes, remplaant la filire
antrieure qui suivait la chane de comman-
dement et voyait les officers engranger la
solde de leurs troupes ou de militaires "fant-
mes", peu peu expurgs des listes. Ce sys-
tme a permis de reliever la solde de 10 25
dollars mensuels pour le militaire de base. Le
but est de mettre sur pied une arme rpubli-
caine. Mais la route est encore longue. Il faut
encore intgrer 73.000 militaires, explique le
colonel Patrick Dave, adjoint du chef de mis-
sion d'EUSEC. Tche indispensable. "On
peut investor des millions dans le dveloppe-
ment, mais quoi cela servira-t-il si les mili-
taires congolais continent vivre sur le dos
de la population ?" demand Carlo De Filippi.

>


L'UE intervient galement dans l'appui la
bonne governance. Un montant de 33 mil-


________ I


-. ...... .. a


lions d'euros vient d'tre allou au renforce-
ment des capacits et l'amlioration des
systmes de gestion et de contrle du
Ministre de la Justice et de la Cour des
comptes ainsi que pour l'amlioration de la
gestion et de l'exploitation des resources
naturelles. "Il y a une attente des citoyens.
Ici, un type qui a de l'argent, n'a pas besoin


de payer un avocat, il s'achte le juge" expli-
que Carlo De Filippi. Le secteur priv attend
aussi une telle rforme pour investor.
En matire d'appui institutionnel, 1'UE coor-
donne ses actions avec d'autres bailleurs de
fonds. La Commission a particip un fonds
fiduciaire administr par la Banque mon-
diale, de enforcement des capacits dans les


C(URRIER


0a


... -


F7 1 =W.






Congo RDC eportage


secteurs les plus important de la cooperation
europenne (infrastructures, sant, environ-
nement, protection de la nature, etc.).
En matire de conservation notamment, le
dfi est considerable, raconte Cosme
Wilungula, le directeur de l'Institut congolais
de Conservation de la Nature, finance hau-
teur de 2,2 millions d'euros par la
Commission, don't les btiments taient en
course de renovation lors de notre passage.
Les diffrents groups arms sont en train de
dcimer les hippopotames du parc des
Virunga, la frontire rwandaise et les rhino-
cros blancs du parc de la Garamba, la fron-
tire soudanaise, dans l'indiffrence des dci-
deurs. De surcrot, les parcs sont envahis par
les creuseurs artisanaux et des socits mini-
res ont obtenu des concessions l'intrieur
de certaines reserves. C'est pourquoi, la
Commission a allou 5 millions d'euros pour
la rehabilitation des aires protges ainsi que
pour la formation, la paie et l'quipement de
500 gardes nationaux dans le parc des
Virunga, outre d'autres interventions dans le
cadre du programme regional ECOFAC, don't
le volet congolais se monte 15 millions
d'euros. Un million d'euros a t accord par
la Commission pour l'appui l'Ecole rgio-
nale des forts tropicales ERAIFT, situe sur
le campus de l'universit de Kinshasa qui
forme des cadres africains en gestion des co-
systmes forestiers, don't les nouveaux bti-
ments ont t inaugurs en fvrier.
La Commission a invest 108,6 millions d'eu-
ros pour l'entretien sur la route national 1
entire Kinshasa et Kenge (Bandundu) et pour
la rehabilitation des voiries et du rseau d'eau
potable Kinshasa. De tels travaux sont cru-
ciaux pour garantir l'approvisionnement de la
capital en denres vivrires. Le mauvais tat
des routes occasionne en effet sur certain
axes, des pertes de marchandises due leur
pourrissement, allant jusqu' 70% du total,
explique un responsible du project. Prs de
300 km de pistes sont en train d'tre rhabili-
tes en Equateur ainsi que des routes de des-
serte agricole au Kasa, en partenariat avec la
cooperation technique belge (CTB). Un pro-
gramme de dveloppement urbain de 22 mil-
lions d'euros, est l'instruction, pour l'assai-
nissement, la gestion des dchets solides, la
lutte antirosive et le courage et la rhabilita-
tion des ouvrages de drainage Kinshasa.


> :

Dans le cadre de la Facilit pour l'eau, deux
projects d'adduction d'eau potable gestion
communautaire sont envisags Mbuji-Mayi
et Kinshasa.


"La Commission a allou 5 millions d'euros pour la rehabilitation des aires protges ainsi que pour la formation, la paie
et l'quipement de 500 gardes nationaux dans le parc des Virunga".
Couverture forestire de la RDC avec les aires protges et les projects de I'UE.
Image satellite produite par le "Joint Research Centre" de la Commission europenne, dans le cadre du project TREES.


La Commission est aussi prsente sur le ter-
rain de la sant avec un programme de 80
millions d'euros dans les provinces du Nord
Kivu et des deux Kasa ainsi qu'en Province
Orientale, visant au enforcement des capaci-
ts et la mise en place du systme national
d'approvisionnement en mdicaments. Un
programme de rehabilitation d'urgence de 65
millions d'euros a t approuv en 2006 pour
l'Est, meurtri par la guerre. Il concern la
rfection de routes et de pistes rurales per-
mettant d'vacuer les products agricoles vers
les marchs, l'assainissement et la furniture
d'intrants agricoles. Objectif : faire le pont
entire les programmes d'urgences et les pro-
grammes de dveloppement de demain.
Le Congo bnficie aussi de lignes budgtai-
res de la Commission pour l'aide et la scu-
rit alimentaires, le cofinancement des ONG
ainsi que des fonds de l'aide humanitaire pro-
venant d'ECHO (environ 40 millions d'euros
par an). Au total, depuis 2002, le Congo a
bnfici de plus de 700 millions d'euros de
soutien de la seule Commission. Jusqu' pr-
sent, 1'UE a par au plus press, colmatant les
brches et prparant le terrain pour un pro-
gramme de soutien au dveloppement et la
reconstruction qui sera discut avec le nou-
veau gouvernement, finance sur les res-
sources du 10e FED. L'an dernier, la


Commission a pong le plus gros de la dette
de la RDC envers la Banque europenne
d'Investissement (105 millions d'euros),
ouvrant la perspective d'une participation de
la BEI au financement de la rehabilitation du
barrage d'Inga, aux cts de la Banque mon-
diale. Une nouvelle re s'annonce, celle du
passage d'"une cooperation de transition"
une cooperation plus structure, visant sou-
tenir les objectifs du Document de Stratgie
de Reduction de la Pauvret, labor en juil-
let 2006 par le gouvernement de transition
avec le soutien des institutions de Bretton
Woods et du programme du nouveau gouver-
nement.
F.M. l











Pour en savoir plus
Marie-France Cros et Franois Misser
Gopolitique du Congo (RDC),
Editions Complexe, Bruxelles 2006
www.editionscomplexe.com


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007





eportage Congo RDC


autorits congolaises

Un consensus runit la majority prsidentielle et l'opposition autour des cinq chantiers
de la reconstruction fixs par le Prsident de la Rpublique dans son discours d'inves-
titure. Mais les visions different quant aux moyens mettre en euvre.


tion, nergie et eau), des pralables sont ncessaires, estime le
snateur Andr-Philippe Futa, president de l'Alliance pour la
Majority Prsidentielle (AMP) et ancien Ministre des
Finances. Il faut d'abord consolider le cadre macro-conomique et ins-
taurer la bonne gouverance et l'Etat de droit afin de scuriser les
citoyens et les agents conomiques. Une preoccupation exprime haut
et fort par l'administrateur-dlgu de la Fdration des Entreprises
congolaises (FEC), Henri Yav Mulang qui plaide aussi pour le traite-


ment de la dette intrieure envers le secteur priv et pour la rhabilita-
tion urgente des voies de communication.



Durant la transition, il n'a pas t possible de mener ces initiatives avec
un maximum d'efficacit en raison du caractre htrogne du gouverne-
ment de coalition, considre Andr-Philippe Futa. La donne a change






Congo RDC eportage


avec les lections qui ont permis de dgager une
majority. "Mais il ne faut pas croire qu'on va
tout rsoudre en mettant un milliard de dollars
dans les routes" avertit le patron de l'AMP. Il va
falloir en effet, s'attaquer aux inefficacits du
systme, aux "anti-valeurs" trop rpandues
dans la socit et cela prendra du temps, pour-
suit-il. Cela dit, l'ex-grand argentier estime que
l'on peut mobiliser davantage de recettes fisca-
les, en marge des concours financiers des bail-
leurs de fonds qui ne devraient pas imposer de
nouveaux dlais. En poursuivant l'euvre entre-
prise via les contracts de performances passs
par l'Etat avec la Direction Gnrale des Impts
(DGI) ou l'Office des Douanes et Accises
(OFIDA) qui procure la moiti des recettes.
Mais cela ne rsoudra pas le problme de la cor-
ruption massive, favorise durant la transition
par le fait que pour sauvegarder le consensus,
les mandataires corrompus n'ont pas t sanc-
tionns. On pourrait aussi multiplier les contracts
de type BOT (construire, oprer et transfrer)
avec les investisseurs trangers, suggre Futa.


LUE quipe et forme les 1.000 homes de l'Unit de Police Intgre (UPI).
Credit EUPOL.


Le dput Sesanga Hipungu, ancien Ministre du
plan, aujourd'hui porte-parole du chef de l'op-
position et Prsident du Mouvement de
Liberation du Congo (MLC), Jean-Pierre
Bemba, pense qu'il faudrait aller au-del des
"perspectives minimales" du Document de
Stratgie de Rduction de la Pauvret (DSRP)
pour la reconstruction du pays. Selon lui, on
pourrait ds 2007 doubler les recettes fiscales
en s'attaquant la fraude douanire, en confiant
une dlgation de service public une entit
prive, en renforant systmatiquement les
contrles de marchandises ds l'embarquement
pour djouer les marchandages entire douaniers
et oprateurs conomiques. La fiscalit dans les
secteurs des mines et des tlcommunications
est insuffisante. Il faudrait en instaurer une dans
le domaine foncier. Il conviendrait galement
que la revue juridique, finance par la Banque
mondiale, des contracts dits lonins, passs par
l'Etat durant les deux guerres, soit utilise par le
parlement afin de "restaurer les quilibres",
sans pour autant "dstabiliser les oprateurs
conomiques".
Concernant l'Accord de Partenariat conomi-
que (APE) avec l'UE que le Congo ngocie
dans un ensemble comprenant aussi Sao Tom
et la CEMAC (Communaut conomique et
montaire d'Afrique Centrale), le numro un de
l'AMP n'est pas inquiet. Dans un pays o la
pression fiscal est infrieure 10% du PIB, s'il
est engag dans la croissance, on n'assistera pas
une baisse des recettes rsultant du dmant-


element tarifaire, prvoit-il. A une condition : le
Congo doit disposer d'une base statistique
solide et d'une comptabilit national correct,
ce qui va prendre du temps. Il estime aussi qu'il
faudra identifier les branches de l'conomie qui
ne supporteront pas une taxe la valeur ajoute
trop lourde. Pour Sesanga Hipungu, l'engage-
ment d'aller vers un APE avec l'UE est pris.
Pas question de revenir l-dessus. Mais il doute
que le Congo soit prt pour le rendez-vous de
2008, souhait par la Commission europenne.
Ceci dit, l'ouverture du march ne prsente pas
que des inconvnients. Il faudra que le tissu
conomique et industrial, aujourd'hui dlabr,
soit revitalis pour tre comptitif mais la com-
ptition avec l'extrieur aura l'avantage d'im-
pulser les rformes ncessaires dans certain
secteurs, pour autant que la mise en uvre de
l'accord soit assortie de measures d'accompa-
gnement. Quant Henri Yav, il souligne l'ur-
gence de mettre niveau le tissu industrial peu
comptitif ainsi que le problme spcifique,
pos par le fait que l'ensemble Afrique Centrale
qui ngocie l'APE connaisse en son sein plu-
sieurs processus d'intgration rgionale, esp-
rant cependant qu'au bout du compete, celle-ci
s'avrera bnfique.


>


Sur le terrain politique, Andr-Philippe Futa
dplore que le thme de la "congolit" ait t
encore rcemment exploit par des acteurs


politiques accusant des adversaires de n'tre
pas de "vrais Congolais" pour les disqualifier.
Le president de l'AMP estime que la double
nationalit, si elle tait admise, permettrait
aux Congolais de la diaspora de mieux s'ins-
rer dans leur pays d'accueil et d'accrotre leur
capacity transfrer des remises vers leur
pays. Comme le Prsident Kabila, Andr-
Philippe Futa considre qu'un "changement
de mentalits" est ncessaire pour promou-
voir le dveloppement. Il reconnat, en les
dplorant, les pratiques de corruption qui ont
eu lieu de part et d'autre au course des lec-
tions, remarquant qu'il s'agit d'un premier
essai dmocratique.
Toujours propos de la "congolit", un des
thmes de la champagne du MLC, aujourd'hui
abandonn, dit-il, Sesanga Hipungu estime
qu'il ne faut pas ouvrir "une bote de
Pandore". "Si nous devions mettre en place
une commission d'enqute pour traquer ceux
qui fraudent la nationalit, la classes politique
connatrait un vritable tsunami", prvient-il,
inquiet des pratiques de corruption qui ont
entach selon lui, l'lection de certain gou-
verneurs dbut fvrier (lesquelles ont dbou-
ch sur les affrontements au Bas-Congo qui se
sont solds par un bilan de 137 morts selon les
Nations Unies). Le danger est aussi d'ouvrir
une cruise de la lgitimit des institutions,
considre Sesanga Hipungu qui a le sentiment
que la majority ne mnage pas suffisamment
d'espace l'opposition.
F.M. l


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007






eportage Congo RDC


Franois Misser



Un gouuernement




ISSU DES

Le gouvernement invest le 24 fvrier par l'Assemble national est le premier issu
d'lections pluralistes, depuis plus de 40 ans en RDC. Il a la lourde tche de lancer les
chantiers de la reconstruction et de consolider la dmocratie naissante.


ndiscutablement, l'investiture du gouvernement, le 24 fvrier
dernier, par 295 dputs sur les 397 presents ce jour-l sur les
bancs de l'Assemble national a reprsent un vnement
majeur pour les Congolais. Non seulement parce qu'il est le pre-
mier gouvernement tre issu d'lections pluralistes depuis plus de
40 ans mais aussi parce qu'en raison des luttes intestines au sein de
l'quipe de transition, don't certain membres se combattaient les uns
les autres durant la champagne lectorale, il n'y avait pas eu de conseil
des ministres dans le pays depuis six mois.
Une singularit de ce gouvernement est qu'il rassemble plusieurs
gnrations de la politique congolaise, du vtran de la lutte pour l'in-
dpendance qu'est le Premier Ministre Antoine Gizenga, octognaire,
compagnon de Feu Patrice Lumumba jusqu'aux hritiers des princi-
paux acteurs de l'histoire du Congo indpendant. En effet, le fils de
Feu Laurent-Dsir Kabila, Joseph, lu par plus de 57% des votes
exprims au second tour de la prsidentielle du 29 octobre, se retrouve
dans le mme camp que le fils de l'ancien dictateur, Mobutu Sese
Seko, Franois Joseph Nzanga Mobutu, nomm ministry d'Etat
l'Agriculture.




Runissant les fils de personnalits aussi antagonistes que le furent
les dfunts presidents Mobutu et Kabila, le nouveau gouvernement,
est forcment le rsultat d'un compromise entire les hommes. Mais
aussi au niveau des professions de foi affiches durant la champagne
lectorale. Sans surprise, le programme prsent par le Premier
Ministre l'Assemble, le 22 fvrier dernier, reconnat que "le libre
jeu du march peut servir d'instrument pour la croissance". Ce qui
n'tonne gure de la part d'une quipe qui compete en son sein l'an-
cien administrateur gnral de la Fdration des Entreprises congo-
laises, Athanase Matenda nomm aux Finances. Mais en mme
temps, le programme estime que le fonctionnement du march doit
tre tempr par une volont politique axe sur les "valeurs du socia-
lisme" : solidarity, justice distributive et galit des chances. Rsultat
: le modle prn est celui, trs centriste, d'une "conomie social de
march" selon les propres terms du Premier Ministre.
Corollaire de la volont d'inclure plusieurs sensibilits politiques, ce
nouveau gouvernement a parfois t qualifi de plthorique par ses
dtracteurs. Il compete 60 membres, don't six ministres d'Etat, 34
ministres et 20 vice-ministres. Le Parti du Peuple pour la


Reconstruction et la Dmocratie du Prsident Kabila (PPRD) et ses
allis contrlent une bonne parties des postes conomiques important
(Energie, Finances, Industrie, Economie, Infrastructures, Travaux


COURIER






Congo RDC eportage


publics et Reconstruction), mme si le Parti
Lumumbiste Unifi d'Antoine Gizenga a
obtenu les Mines et le Budget, ainsi que le
poste stratgique de la Justice. Pour satis-
faire tout le monde, il a fallu attribuer un
grand nombre de portefeuilles et scinder
quelques ministres (Energie et
Hydrocarbures, Affaires Sociales et
Solidarity Nationale). Au risque de provo-
quer des chevauchements de competence.
C'est d'ailleurs pourquoi la Prsidence de la
Rpublique, en mai dernier, a pris une ordon-
nance pour clarifier les attributions de cha-
que ministre.
Ceci dit, la mission assigne au gouverne-
ment est d'ouvrir les cinq chantiers de la
reconstruction dfinis par le Prsident Joseph
Kabila lors de son discours d'investiture du 6
dcembre dernier : infrastructures pour ds-
enclaver le pays et relancer l'agriculture en
vue d'assurer la scurit alimentaire, duca-


tion, emploi, eau et lectricit, sant. Objectif
: consolider la paix, construire l'Etat, relan-
cer l'conomie, lutter contre la pauvret et les
ingalits sociales, mais aussi restaurer "la
famille et les valeurs morales". A ces fins, le
Premier Ministre entend restaurer une gestion
transparent des finances publiques et des
resources naturelles. La revision des
contracts miniers "lonins" conclus durant les
deux guerres (1996-1997 et 1998-2003) et
des concessions forestires attributes aprs le
moratoire de 2002, auront valeur de tests de
la capacity rformer.
Reste dgager les moyens de cet ambitieux
programme. Le gouvernement entend aug-
menter les dpenses de l'Etat de 15,8% du
Produit Intrieur Brut (PIB) en 2006 jusqu'
29% en 2009.
Le cadrage du programme pour la priode
2007-2011 prvoit un cot total de 14,3 mil-
liards de dollars don't 6,9 milliards provien-


drait des resources propres de l'Etat et le
reste (7,4 mds) de soutiens extrieurs.





Mais la mobilisation des aides extrieures va
dpendre de la conclusion d'un nouveau pro-
gramme avec le Fonds montaire internatio-
nal (FMI), aprs la cessation le 31 mars 2006
de ses financements en raison du non-respect
des performances de l'Etat et de la non-excu-
tion des rformes structurelles et sectorielles,
par le gouvernement de transition. En effet,
reconnat le nouveau gouvernement, le "pro-
gramme relais de consolidation" qui visit
remettre l'conomie congolaise sur les rails
afin de r-enclencher les financements du
FMI au titre de la Facilit pour la reduction de
la pauvret et la croissance, n'a pas non plus
t excut de faon satisfaisante. Du coup,
les nouvelles autorits estiment ncessaire de
lancer des "signaux trs forts" la population
come ses partenaires.
Au plan politique, le nouveau gouvernement
aura pour tche d'apaiser le climate encore
endeuill par les affrontements des 22 et 23
mars derniers entire la garde du candidate mal-
heureux l'lection prsidentielle, Jean-
Pierre Bemba, rticent en dmobiliser les
lments, et les forces gouvernementales. Le
bilan a t estim entire 200 et 600 morts par
les diplomats europens Kinshasa qui
avaient dplor "un recours prmatur la
force" de la part du camp gouvernemental,
aprs que le Commissaire europen au
Dveloppement, Louis Michel ait estim qu'il
ne pouvait "y avoir de milices armes en
dehors de l'arme rgulire".
Quelques signes de dcrispation sont appa-
rus. Depuis le dpart vers le Portugal le 11
avril, officiellement pour raisons sanitaires,
de Jean-Pierre Bemba, la tension a cependant
diminu sensiblement Kinshasa. Le 25
avril, les dputs du Mouvement de
Liberation du Congo (MLC) et leurs allis de
l'Organisation pour la Dmocratie et la
Reconstruction (ODER) ont mis fin leur
boycott des travaux de l'Assemble natio-
nale, justifi selon eux par les intimidations
don't ils ont fait l'objet. Et alors qu'une parties
de l'opposition dnonait une main-mise du
camp prsidentiel sur tout l'appareil d'Etat,
contre toute attente, le 11 mai dernier c'est
l'ancien Premier Ministre de Mobutu, Lon
Kengo wa Dondo, candidate d'opposition, qui
a t lu Prsident du Snat, appel en cas de
vacance du pouvoir, devenir chef d'Etat par
intrim. Tout peut arriver au Congo.
F.M.


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


%rm







eportage Congo RDC


President de la Rpublique : loseplh abila kabange
Premier Ministre : Antoine Gizenga Funji


Ministres d'Etat :
Aricziuliire Franois lo'eph ,lMobutu Nzanga Nignga.ve
Interieuir. DL:entralsation et Se.iifrt Gnral Denis Kalume Numbi
.Afires tranlEre. et Cc'ope"cirt in internationcie Antipas Mlbuisa
Nyamwii
EnserignenJ'ni Superise r et LUniteritheh an. Svla.in Ngabu Chumbu
Infhastricturms. TiccII. pr blic et Recoiistniction Pierre Lumbi Okonqcg
Alnmt're i dfia ptu le' Pipeifent de, la Repiibliiiie Nkulu r.itumiba
kil|c'nil:l


Ministres
A lii7ne pres le Piinier Ministir : Godefioid lMyolbo r.lprene
Defernse nalicnralre et Anciens Corl'battants Chikez Diemu
fuistice Georqes Minsay Booka
Plan : Olivier kamilttu Etsu
Intiratiil rgrinale I|nace GaLa Main|a
FinlinLc Athanase rlatenda kyelii
iiBudg, Adolphe Muizito
Pc'rteeuill leanine Mlabunda LiokL:
Efononiie Nationale Silvain I:,el Bihlwa Thihanimala
Information, Pres% et Co;rnmurnlictll'i ToussainI Tshilombi Send
Indilstrie : Simon Mbo'o Kiamputu
CoLerininrce E. tenreur Denis lMbui u Manga
Petite.s et Moyenrnes Entreprlses lean Franois Ekoto Panzokc'
Tiaanospos et lies ide Cornrninicaiion Rmy Henii KLJeyoV Gatanga
Dcloppemrneni Rural. Charles M.lando Nsimba
Eii;E-si,7e rent prnirare. sionJaire i prmt;,pfe iiriil r.l Maaire -hl'angu
Famba
RecherlIhie cientifiir Silvanus Mushi Bionne
Sante pifuli.que \- 'itor MakwenIqe kalpu
lin Mai Lin kabwelulu Labilo
Enerre Salc-mnicn Banamuhere
HlldriLcrbiuris Lambert Mende Omalanqa
Taiw iil ei Pi oenVinc' soc -iale Mlarie-Annge Lukiana r.luh-,ankol
Fonction prblil qe Zphrlin lutu Diaml)u-li-Lusala
Aftlre's social's t Soli diril natilone Miartin Bitijula Mlahimba
ConJirion tPemrninie Philomnne )rOmatLkLJ Atshakawo AkoLthi
Jtines; et c Spolts Pardoinne Kaliba Mlulani|a
Aftlres fonciei~r Liliane Panle Kluaba
Lrttian f ee t Habitiit LauLJent-Siron Ikenge Lsarmbola
iPoste. Tlteph'ones i Tlcirniniaiii tron Kyamusoke Banimuslanqa
Eniiironrnemenit Didace Pembe Bokiaga
Tourismc : Elias Kakule r.dlbaliinana
Cilture et Ait; Marcel MNlenso Nd.odila
Droits Hlumarin Eugne Lokwva llwalonia
A4tnures Himnanitilire : lean-Claude rl.uyambo kyass


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dcentralisation congolaise


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1.uu Ju.r 1.111: Fr r ui.uir .







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COURIER














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N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


Congo RDC


eportage


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eportage Congo RDC


Culture







Gant sur les domaines des mines, de la biodiversity, de par son potential hydro-lec-
trique et agricole, le Congo l'est aussi sur le terrain de la musique. Mais deux guerres
et prs de deux dcennies de dclin conomique ont eu un impact inevitable sur les
conditions de la creation. Une nouvelle gnration relve la tte.


algr la cruise profonde qui a affect le pays, le Congo
continue, des lustres aprs les Grand Kall, Wendo et
autres Franco, inonder l'Afrique du son de la rumba.
Pas plus tard qu'en janvier, Papa Wemba et son orches-
tre "Viva la Musica" ont encore engrang un grand succs lors d'une -
tourne au Kenya. Et la voix grave sertie dans les cheurs aux accents ,
religieux de Koffi Olomide est dj entre dans la lgende. Mais la
richesse de la musique congolaise, qui puise notamment dans le regis- _
tre traditionnel et les chorales d'glises et dans l'apport afro-cubain, ne
s'arrte pas la rumba.



Une nouvelle gnration merge, avide de sens, dsireuse d'exprimer
dans la forme et dans le fond les proccupations d'une population meur-
trie par la misre, la violence et les "tracasseries". Au nombre de ses
reprsentants, Jean Goudal, quip de sa seule guitar sche, la dgaine
dsinvolte, casquette de joueur de base-ball et veste de chasseur
d'Afrique de l'Ouest. Tour tour amer ou drle, il pousse la chanson tel 1
un jeune Brassens tropical, voquant les "shgus", enfants ou jeunes
adults des rues de la capital. Improvisations vocales jazz type trompette
bouche et air de reggae. Du neuf dans Kin, qu'ont pu dcouvrir les spec-
tateurs du concert "musiques croises" organis fin janvier par le Centre
Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, faisant apparatre d'autres figures de
proue de cette "autre musique" don't Jonas Lokas, un ancien rumbiste de
Choc Stars, prside l'association. A ct de cela, merge aussi un jazz
congolais, don't l'orchestre "Ya Kongo" est l'un des reprsentants, qui
revisite la base musical traditionnelle de plusieurs rgions du pays, avec
des harmonies nouvelles, introduisant pour la premiere fois la flte tra-
versire dans la musique kinoise. -l1l
Selon Lokas, cette qute de nouvelles formes rpond un besoin du
public, dsireux d'alternatives la "rumba dfouloir", au point qu'il
rcoute les vieux morceaux dans les bars de la cit. Elle rpond aussi au
vu de ces artistes d'aller vers le spiritual, pas forcment la manire des mI.'
chanteurs vangliques tels Marie Lisambo ou Charles Mumbaya, don't
les ventes sont portes par la conviction des fans/fidles qu'en achetant
une cassette ou un CD l'on soutient l'euvre de Dieu. Nanmoins toute
cette richesse est assortie d'un terrible paradoxe : si l'on except les gra-
veurs artisanaux, volontiers pirates, la musique congolaise utilise le plus s
souvent comme support des CD imports d'Europe et d'Afrique du Sud. P o s
L'industrie du disque, encore florissante dans les annes 1980 a disparu.


COURIER







Congo RDC eportage


"Or, il faut s'engager dans l'industrie culturelle.
Nous n'avons pas le choix. L'Etat doit mettre la
main la poche", estime Lokas.





Qute de sens, de spirituality. La dmarche se
retrouve aussi dans la peinture, nagure domi-
ne par le genre dit "naf' ou "populaire", pro-
che de la BD, des Mok, Tshibumba et Chri
Samba, auteur de la clbre fresque du quarter
Ixelles/Matonge Bruxelles, avec pour chef
de file, Roger Botembe, galement l'un des
plus clbres collectionneurs de statues et de
masques du pays. Il s'en inspire dans ses toi-
les, rencontrant invitablement Picasso et les
cubistes. A ceci prs, dit-il, que lui va au-del


En littrature, en total rupture avec le prince du
roman noir, Achille Ngoye ou avec une valeur
sre comme le romancier Yves Mudimbe,
Hubert Kabasubabu, dans son roman d'anticipa-
tion "Kinshasa: la dernire explosion n'aura pas
lieu" (L'Harmattan, Paris 2006), veut rompre
avec le fatalisme de "l'intellectualisme de la
cruise Il dpeint un Congo qui, en 2025, a exor-
cis les dmons du dfaitisme, guid par les
sociaux-dmocrates chrtiens pentectistes. Le
modle dcrit d'une conomie qui s'est dote
d'une industries d'armement florissante et de
plantations industrielles tournes vers l'exporta-
tion fait hurler certain. Mais reconnat le pre
jsuite Martin Ekwa, fondateur du Centre
d'Action pour Dirigeants et Cadres d'Entreprise


En haut: Chri Samba,
le coquin de la peinture populaire.
En bas gauche : Euvre de Roger Botembe
En bas droite : Roger Botembe, l'initi,
la recherche de l'identit perdue.
Photos Franois Misser


des formes, vers le spiritual, la recherche de
la beaut intrieure, pas de l'esthtique pure,
en recourant systmatiquement la trilogie du
rouge, couleur de la rjouissance, du noir, la
vie sur terre, et du blanc, domaine de la plni-
tude, "o se cachent les anctres". Cette qute
l'a men en Haiti la (re)dcouverte des rites
vaudous comme le "Fula", qui insuffle la puis-
sance de la vie, don't l'origine remote au
Congo, o on l'appelle "Fula Ngende". Peintre
de l'esprance, Botende veut ramener les
Congolais qui, dit-il, souffrent d'une perte de
leur identity en parties l'origine des guerres
que le pays a connues, vers la source de leur
culture. Objectif stratgique, car "il n'y a pas
de dveloppement sans creation", dit
Botembe, qui a attir une pliade d'artistes
dans ses ateliers, aprs le naufrage de
l'Acadmie des beaux-arts en 1992. A l'instar
de Lokas, Botembe appelle les dirigeants
revaloriser la culture, exprimant sa frustration
en signant ses tableaux l'envers...


*, iiL i. i i ,I, i d E| it i d !il! ut lEl- l.iiii



(.i .nl~!ii!i c ii i !i.'.i i i. M ii .i ii. .- i



au discours contre la faiblesse du systme duca-
tif prtendument l'origine de cette cruise" En
ralit, estime-t-il, l'origine du problme rside
dans la destruction du systme rsultant de l'ta-
tisation impose par Mobutu, remplaant les cri-
tres professionnels par ceux de l'infodation au
pouvoir et de l'indiffrence des politiques voire
de la socit civil envers l'cole abandonne et
sinistre. Tout remote, selon Ekwa, la peur
que l'universit ne reverse le pouvoir. Mais on
va en avoir besoin. Il appelle de ses veux une
cole suprieure de gestion tandis que l'archev-
que de Kisangani, Monseigneur Monsengwo
cherche rallier des soutiens son project de
creation d'une cole de formation des cadres
dirigeants de l'Etat. Une chose est sre : dans
toutes les sphres culturelles, l'avnement d'un
pouvoir issu des urnes suscite bullition, atten-
tes, propositions et initiatives individuelles ou
collectives. Peut-tre les prmices d'une renais-
sance dans un pays o culture et education ont
t traites en parents pauvres ?
F.M.


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007






eportage Congo RDC


c'est aussi...


Parce qu'en vertu de l'axiome journalistique qui fait que l'arrive l'heure d'un train
n'est pas une nouvelle, les drames ont occup le devant de l'actualit congolaise au
course de la dernire dcennie. Si l'on except la prouesse qu'a reprsent l'organisa-
tion de plusieurs lections en quelques mois dans un pays o l'Etat avait disparu.


u coup, l'extraordinaire beaut du pays passe la trappe.
Eclat du cratre incandescent du volcan Nyiragongo qui
domine, entire ciel gris et lave anthracite, le champ vert des
bananiers. Majest des cathdrales et les draperies de ver-
dure de la fort quatoriale don't les votes culminent trente mtres et
les couleurs dclinent simultanment toutes les saisons. Majest encore
du fleuve o drivent des les de jacinthes d'eau. Soleils couchants sur
les montagnes bleues de l'Itombwe.
Partout aussi l'homme a fait preuve de son ingniosit et de son talent.
Chant cristallin et joyeux des Pygmes Bambuti qui salue le lever du
soleil dans la fort de l'Ituri. Nasses colossales surplombant en d'auda-
cieux chafaudages les chutes Wagenia en amount de Kisangani.
Pirogues-huttes des pcheurs Lokl de la rivire Tshopo. Alternatives
la pnurie d'essence dans des rgions dmcanises : "tolekas" (taxis-
vlos) Kisangani, ville alimente galement par les djubus-djubus
(pirogues), trottinettes gantes "tshukudus" des paysans du Kivu venant
approvisionner les marchs de Goma, vlos qui alimentent pour moiti
la capital du Kasa Occidental, Kananga. Crativit des camionneurs
de l'Equateur qui font turner leurs moteurs
l'huile de palme.


Et que dire du plaisir du palais La cuisine congolaise est l'une des plus
varies du continent. Gambas "kossa kossa" du fleuve, les safous, che-
nilles grilles ou la casserole, antilope, singe, boa, crocodile, mabok
(poisson et lgumes cuits en papillotes de feuille), biteku-teku (pure de
lgumes), poulets la moambe : autant de mets aussi droutants que
succulents pour l'homme venu d'ailleurs.
(ni'. n i .,ii, p.irdonne de zapper les classiques que sont les tapisseries
I..iih.i !c, ,i.iiiiaires kuba, luba et tshokwe, la peinture populaire, les
,l-!ii!c, !iii.ii m betu, la rumba et ses descendants. Le Congo vaste
.lni'iic lnu lois la France, dix fois le Royaume-Uni, 80 fois la
RBc!-.uue n'est pas seulement un pays, c'est un universe, une
civilisation, un kalidoscope de sensations, don't
l'une des plus agrables est l'accueil que rservent
les habitants l'tranger.
Hormis quelques pionniers qui relancent les croisi-
res sur le fleuve Congo, les visits aux sympathiques
bonobos, l'cotourisme dans le parc de la Garamba
aux confins du Soudan, ils sont encore peu les tran-
gers goter ces plaisirs. Tracasseries, inscurit
dans certaines zones, risques sanitaires, difficults
logistiques et perception negative du pays se combi-
nent pour dresser des obstacles rels. Mais il convient
aussi de rpter qu'un affrontement au Kivu n'affecte
pas forcment la vie de tous les jours 2 000 km de
l, sur l'Atlantique ou dans les savanes du Katanga...
C'est aussi cela le Congo.
F.M.

A gauche: Le Lac Tanganyika, vu de l'espace.
En haut droite : Les deux capitals, Brazzaville et Kinshasa,
se faisant face de part et d'autre du fleuve Congo.
Credit NASA, Earth from space.

C~OURRIER






l commerce


LA


FEUILLE DE ROUTE


POUR un nOUUEL ACCORD



PACIFIQUE-UE

La distance ne semble pas jouer en faveur d'une amlioration de la cooperation com-
merciale entire le Pacifique et l'Union europenne (UE).


E n tout tat de cause, le
Pacifique et l'UE emprun-
tent une voie diffrente
des cinq autres groups
rgionaux ACP dans leurs ngocia-
tions avec l'Union sur les Accords
de Partenariats conomiques
(APE) don't la pice matresse est le
libre accs mutuel aux marchs
assorti d'une assistance au dvelop-
pement pour bnficier des nouvel-
les ouvertures, ce nouveau systme
devant entrer en vigueur ds dbut
2008.


Parmi les 14 les ACP Iles Cook,
Fidji, Kiribati, Iles Marshall, les
Etats Fdraux de Micronsie,
Nauru, Niue, Palau, Papouasie
Nouvelle Guine, Samoa, Iles
Salomon, Tonga, Tuvalu et
Vanuatu -qui ngocient actuelle-
ment les APE, les petites les crai-
gnent d'tre les parents pauvres.
Le dernier Etat Pacifique ACP,
Timor Leste, suit de prs les ngo-
ciations APE mais a dcid pour
l'heure de ne pas y participer direc-
tement, prfrant d'abord consoli-
der ses institutions.
Selon les donnes statistiques les


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


plus rcentes, le Pacifique n'ex-
porte que 10% de ses biens et pro-
duits vers l'UE alors que l'UE ne
reprsente que 5% de ses importa-
tions. La Papouasie Nouvelle
Guine et Fidji elles seules repr-
sentent 90% de ces exportations,
du sucre pour l'essentiel, et absor-
bent 40% des importations.
Patteson Oti, Ministre des Affaires
trangres des les Salomon et
ngociateur en alternance des APE
pour le Pacifique, a indiqu au
Courrier qu'un accord garantissant
un libre accs des products du
Pacifique vers l'UE profiterait
essentiellement aux grands pays, la
Papouasie Nouvelle Guine,
Vanuatu, les les Salomon et Fidji.
Les Etats du Pacifique envisagent
de signer individuellement des
accords dans le cadre de l'APE.
Le Ministre Patteson a estim que
les pays du Pacifique craignent
qu'en ouvrant davantage les portes
aux products de l'UE, d'autres pays
rclament les mmes avantages
dans le cadre de l'Organisation


mondiale du commerce ou de la
clause des pays les plus favoriss.
Il a ajout que le Pacifique envisa-
geait un accord pche regional au-
del des accords existants pour les
pays ACP du Pacifique. Ils dsirent
galement obtenir un engagement
qui permettrait aux travailleurs
semi-spcialiss de bnficier
d'une certain mobilit dans l'UE,
de mme qu'un ramnagement
des rgles UE d'origine lesquelles
ne tiennent pas compete actuelle-
ment de la distance des les
Pacifique par rapport aux autres
pays ACP, de leur vulnrabilit et
de leur taille.
La region Pacifique, a-t-il pour-
suivi, rclame une assistance afin
de tirer parti au mieux des nouvel-
les opportunits offertes par les
APE, en particulier pour les pays
les plus petits, que ce soit en
matire de formation, surveillance
des pches ou pour contrer les
effects pervers des APE. Une enve-
loppe de 76 millions d'euros
avec une augmentation possible


de 25% -a dj t alloue dans
le programme indicatif regional
pour le Pacifique du 10e FED
(2008-2013) afin de faciliter la
cooperation entire les 15 Etats, en
complement des fonds accords
par l'UE chaque Etat du Pacifique
dans le cadre des Programmes indi-
catifs nationaux.
"Nous reconnaissons le caractre
unique des les en tant que gardien-
nes du Pacifique, lesquelles peu-
vent tre considres comme bien
public dot de resources qui doi-
vent tre gres de manire durable
dans l'intrt des les. Les instru-
ments financiers de l'Accord de
Cotonou vont permettre la region
de capitaliser sur les APE et leur
potential de croissance conomi-
que respectueux de l'environne-
ment", a dclar pour sa part
Francesco Affinito, Chef d'Unit
adjoint pour le Pacifique au sein de
la Direction gnrale
Dveloppement la Commission
europenne.
D.P. M
"Les petits Etats bnficieront d'un
accord pche regional" Patteson Oti,
ngociateur en alternance des APE pour
le Pacifique.
Credit Secrtariat gnral de la
Communaut du Pacifique.






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BRUNELLES




CfPIThLE


n 1979, pour le Millnaire de
Bruxelles, des factieux avaient cr
le slogan "Bruxelles, tous les mille
ans, la fte". De l'esprit pour tancer la
politique culturelle de la ville !
Bruxelles, pourtant, est un lieu de rencontres
de cultures qui a toujours attir d'innombra-
bles personnalits des arts et des sciences,
Lord Byron, Victor Hugo, Verlaine, Rimbaud,
ou Jacques-Louis David... C'est Bruxelles
que ce dernier a ralis l'une des euvres les
plus fortes de l'histoire de l'art europen "La
Mort de Marat". C'est l que, pendant l'entre-
deux-guerres, Einstein, Joliot Curie, Marie
Curie, de Broglie, Planck, Heisenberg
venaient prsenter chaque t, les dcouvertes
de la physique et de la chimie qui allaient
rvolutionner le monde.
Bruxelles est probablement la seule ville de
moins d'un million d'habitants tre aussi sur-
dimensionne quant son offre culturelle.


Soixante-dix muses, autant de thtres, un
opra, La Monnaie, avec une telle reputation
qu'il aurait t prsent comme "le meilleur du
monde" s'il tait situ dans certain pays voisin.
Grande capital de culture ? Deux grands op-
rateurs culturels donnent leur avis entire les-
quels il y a plus que des nuances : Anne
Adriaens-Pannier, une passionne, Commis-
saire de la plus grande exposition de cette sai-
son, au Muse d'art moderne, "Lon Spilliaert,
un esprit libre". Elle parle avec raffinement et
une chaude passion de Spilliaert (1881-1946),
de l'art, de Bruxelles.
Michel Kacenelenbogen, co-directeur avec
Patricia Ide du Thtre Le Public, un esprit
libre, comme Spilliaert, galement passionn.
Cr il y a moins de dix ans, Le Public est une
rfrence pour la quality de ses mises en scne
et son succs. Il s'insurge contre les a priori de
la press et de la classes politique.
H.G.







Region Bruxelles-Capitale


couvrir l'Europe


Mme si Spilliaert est d'origine ostendaise, il a
comme beaucoup de personnel qui vivent
Bruxelles bnfici de tout ce qui s'y passe. Au tour-
nant du sicle, jusqu' 1914, Bruxelles tait le cen-
tre de ce qu'on pourrait appeler l'art d'avant-
garde. Il y avait ici un tel bouillonnement tant en


littrature qu'en musique ou dans les arts plasti-
ques. Des artistes du monde entier y venaient, invi-
ts notamment par les associations culturelles Le
Cercle des Vingt ou Le Cercle de la Libre Esthtique
entire 1880 et 1914. A ces expositions de nombreux
artistes internationaux exposaient en premier lieu
avant de presenter leurs euvres ailleurs. Bruxelles a
surtout t pour Spilliaert, un lieu pour trouver sa
voie trs personnelle.

Le Cercle des Vingt et Le Cercle de la Libre
Esthtique se sont construits sur une rvolte contre
l'acadmisme de l'art et contre toute hirarchie
dans l'art et entire art et artisanat, et surtout contre
toute autorit comme les jurys. C'est ainsi que des
manifestations culturelles runissaient dans le
mme salon des artistes aussi varis que des musi-
ciens, des peintres, des sculpteurs. C'est l'exemple
typique du Gesamtkunstwerk don't se revendi-
quaient ces artistes, savoir la non-discrimination
entire les arts. Ainsi un architect va faire appel
toutes sortes d'artistes pour dcorer, et terminer
une maison. C'est le cas de ce joyau d'art nouveau
qu'est le Palais Stoclet. Dans les annes 30 et
l'avant-guerre, ce bouillonnement cultural de
Bruxelles va tre son maximum.

Aprs la guerre, dans les annes cinquante, les
influences vont plutt venir de l'extrieur de la
Belgique. La Belgique s'ouvre notamment aux
Etats-Unis. L'intressant Bruxelles c'est que nous
ne sommes pas axs sur l'art belge. Ici au Muse
d'Art moderne par example, il suffit de prendre la
section contemporaine, nous allons en Inde, en
Egypte, en Afrique et il y a en plus de l'intrt pour
l'art belge. Nous sommes toujours trs ouverts.
Nous ne nous battons peut-tre pas assez pour
sauvegarder la culture belge. En mme temps c'est
un enrichissement

Bruxelles perdrait-elle maintenant de son influence ?
Oui et non. Parce que pour le moment certain
artistes, au lieu d'avoir un seul rpondant qui serait
un ministre de la culture belge ont la possibility de
diversifier leurs appeals. Ils s'adressent aux gouver-
nements des communauts francophone ou ner-
landophone.


Les Nerlandophones ne demandent pas autre
chose que de s'immiscer dans la culture franco-
phone et vice versa. Quand on voit les pieces de
thtre qui deviennent bilingues. On ne fait plus de
difference entire un spectacle nerlandophone et un
spectacle francophone. C'est extraordinaire.
Bruxelles est une vraie capital de culture.


L'attitude des mdias francophones bruxellois est
paradoxale. Si l'on considre leurs unes sur la cul-
ture, elles sont consacres aux trois-quarts au star
system et aux Belges de l'tranger Et le quart res-
tant qui concern Bruxelles se veut litiste. je veux
bien mais qu'on le soit pour tous. On ne peut pas
d'un ct encenser la culture paillette et de l'autre
ngliger la creation locale juge trop populaire.
Prenons notre mise en scne de "Un tramway
nomm Dsir" que vous citiez comme un vne-
ment cultural exceptionnel. La press en a parl
mais pas la measure de son succs.

je ne dis pas que ce soit un phnomne unique-
ment bruxellois. Les journalists culture franais ou
anglais ont certainement la mme tendance mais
c'est compens par le chauvinisme des grands pays
qui les force couvrir les activits de chez eux.

Un spectateur sur quatre frquentant les thtres
conventionns de la Communaut franaise de
Belgique est un spectateur du "Public". Or nous
recevons moins de trois pour cent des subventions
concernes. C'est comme si l'ducation spcialise
engloutissait plus de budget que l'ducation glo-
bale.

Dans les resources publiques destines la cul-
ture, une part trop belle est faite la communaut
flamande de Bruxelles alors qu'elle ne reprsente
que 20% de la population de la ville.

Pourquoi avons-nous malgr tout normment de
grands artistes belges ? C'est l'humilit. C'est une
grande quality qui nous protge du star system. Et
puis comme nous n'aurions pas pu nous payer le
star system, nous affinons la quality. C'est un effect
pervers de l'humilit impose.

Bruxelles n'est pas une capital de culture. C'est la
capital d'un pays et de l'Europe. Cette Europe qui
a une trop nette tendance prendre des decisions
pour les citoyens, et qui est un lieu de pouvoir et de
rapport de force. Moi je fais du thtre justement
parce que c'est un space de liberty, un lieu o on
a le droit de se tromper Dans le monde dans lequel
nous vivons, c'est un luxe.






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Region Bruxelles-Capitale


Marie-Martine Buckens









BRUXELLOISE

Bruxelles pourrait tre cette ville de verre parcourue de
grandes artres impersonnelles, comme on l'imagine
pour une cit qui compete en son sein de grandes institu-
tions internationales comme I'UE et l'OTAN, plus de
1.000 representations d'organisations internationales et
2.000 socits internationales. Pourtant cette capital,
parfois non avoue, de tant d'entits a gard son parti-
cularisme fait d'un mlange de joie de vivre et d'oppor-
tunisme comme en tmoignent ses rues et btiments en
perptuelle construction/dmolition. Une alchimie qui
s'explique en parties par son histoire.


est sur l'lot de Saint Gry que
les premiers habitants de
Bruxelles s'installrent au XIe
sicle. Un endroit stratgique
permettant de commerce avec les grandes vil-
les europennes via la Senne et ses affluents.
Bien vite, la ville suscite l'intrt des grands
de l'poque. Elle sera ainsi successivement
capital des Pays-Bas bourguignons, des
Habsbourg d'Autriche et des Etats Gnraux
des Pays-Bas avec Charles Quint leur tte.
C'est la fin d'une priode de relations relative-
ment paisibles entire les bourgeois bruxellois et
la monarchie impose. Viennent les annes
noires o le duc d'Albe fait rgner la terreur
pour mater les vellits d'indpendance des
diles. Un sicle plus tard, ce sera au tour de
Louis XIV de bombarder le centre de la cit.
En 1815, aprs la dfaite de Napolon
Waterloo, Bruxelles passe sous la houlette de
Guillaume Ier d'Orange des Pays-Bas. Ce sera
la goutte d'eau qui fait dborder le vase. Les
bourgeois de la ville se rvoltent et dclarent
l'indpendance de Bruxelles, de la Belgique
ensuite. On est en 1830.
Dj l'poque, Bruxelles compete des habi-
tants d'horizons et de culture diverse : des
Flamands, de culture germanique, franco-
phone s'ils sont bourgeois (Napolon a laiss
ses traces), des Wallons de culture latine, mais
aussi des gens d'origine juive, espagnole...
Pour les rassembler, on dcide de leur donner


un roi d'origine trangre, un Habsbourg. Ce
sera Lopold Ier. L'histoire semble donc se
rpter. Mais les Bruxellois ont dsormais
appris "s'arranger". Les affaires reprennent.
Pour iciiL. c!" les chancres, refuges des pau-
vres, qui bordent la Senne, les diles bourgeois
dcident en 1870 de la voter entirement. La
structure et l'identit du centre de la ville en
seront profondment bouleverses.
Un bouleversement auquel les Bruxellois sem-
blent s'tre habitus come en tmoignent les
changements quasi ininterrompus apports
depuis la ville. Il y eut les tentatives de
Lopold II de la parisianiser. Seules quelques
grandes artres et des monuments restent de
cette poque. Mais ce sont les affairistes et
magnats de l'immobilier qui, d'anne en
anne, modifieront, jusqu' les dfigurer, cer-
tains quarters du centre.
C'est sur cette toile de fond que viennent s'ins-
taller les grandes institutions. Commerants
avant tout, les diles bruxellois les attirent,
avantages fiscaux l'appui. En 1958,
Bruxelles devient le sige de la Communaut
europenne. En 1967, elle offre un terrain sa
priphrie au sige de l'OTAN, chass de
Paris par le Gnral de Gaulle. Ces institutions
attirent dans leur sillage des milliers d'institu-
tions, organizations et corps diplomatiques.
Bruxelles compete present plus de 30%
d'trangers. Les Bruxellois le vivent dans une
relative indifference, teinte de bonhomie.


COURIER






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Roger Mazanza Kindulu


BRUXELLES, MPUTUUILLE,




Lf CflPITfLE

Les Congolais et Bruxelles


ruxelles, capital de la Belgique et
de l'Europe, hberge une important
communaut sub-saharienne. S'y
ctoient Angolais, Camerounais,
Ghanens ou Nigrians, venus pour la plupart
durant les vagues d'immigration des annes
1990. On y croise aussi des Burundais et des
Rwandais don't les pays ont t un moment
sous administration colonial belge. Mais la
plus forte communaut africaine de Bruxelles
vient du Congo Kinshasa : plusieurs milliers
de membres. Pour les Congolais, Bruxelles,
c'est la ville de rve. Durant les annes 70 et
80, un movement migratoire massif emmena
en Europe des Congolais de tous horizons.
Bruxelles hantait alors les rves de tout jeune
dsireux de trouver une vie meilleure. Peu
peu on parla de Miguel pour designer
l'Europe, mais surtout la Belgique, c'est--
dire Bruxelles (prononcez "brisel", comme on
dit "Kisasa" pour Kinshasa). En 1977,je m'ar-
rtais quelques jours Athnes. Rentr au
pays, alors que je racontais mes prgrina-
tions, un jeune interlocuteur m'apostropha :
"Po na nini okendeki poto te ?" (Pourquoi
n'es-tu pas all en Europe ?). Je compris :


j'avais t en Grce, pas en Europe. Au
Congo, on disait, par example : "Il y a dans la
salle deux Blancs, trois Portugais et un Grec".
Les Blancs (les mindele), c'taient les Belges.
Quant aux autres... Les Grecs et les Portugais
n'taient-ils pas que des commerants, vivant
au milieu de nous, mangeant comme nous et,
l'occasion, sortant avec les filles du coin ?
Trois ans plus tard, je rparai ma faute. Je
m'arrtai Miguel, avec un long passage
Matonge, le quarter africain de Bruxelles d'o
je ramenai quelques cadeaux. L'honneur tait
sauf. Matonge, un coin de la commune
d'Ixelles, rappelle en tous points la "cit d'am-
biance" de Kinshasa, un quarter qui vit le jour
comme la nuit. A Bruxelles, la belle fresque du
grand peintre congolais Chri Samba, l'en-
tre du quarter, exprimait l'atmosphre convi-
viale de ce lieu : des gens de toutes races et de
toutes conditions sociales se ctoient. A
Matonge on trouve de tout : cafs et restau-
rants africains, commerce d'habillement,
d'alimentation ou de products de beaut, agen-
ces de voyage, services de frt ou d'envoi de
fonds vers l'Afrique, station de radio, chane
de tl et journaux congolais, etc.


pass commun...

L e : ,, ,,nq.:.lIr. pl, lant er r-..rnr de
PiLr -elle- .: _lpuil l ,:. ri. el'fll| ,': e r .,


.:e I qu tre c,. l u ,',: i .',: re.- 1 :l.l'l

tr.nr [ :.r l iiiF r'e:ln r.i ti:i ,-n hir' i .:. ie
liur pi ,, l :r .-elle .; : -7t l i ll 11 .:le I
TI.il:.I I ]rde quL i :l- : e,:i, e1 iil i: ,el,|: 1i.l-ri .:e


q .le q> r. n.l e.i[i [r ilr .qu[il:: i e r lIe
Pru +ll- q Je -1 :.n1 r p-IIi le| l:,]r ie'l uni.







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I l. a ..... i r
1 I I, inr.~A=._ P ,n .i
irl !.9


Au fil des ans, les Congolais parlrent de
moins en moins de Miguel ou de Mputu
(Europe en kikongo, une des langues principa-
les du pays), leur prfrant le terme "Mikili"
(mondes), dsignant tous les pays europens
o resident des Congolais. Et tout naturelle-
ment, Bruxelles devint Mputuville, c'est--
dire la capital de Mikili. Depuis lors, qu'il
rside Paris, Aix-la-Chapelle ou Londres,
tout Congolais rve de se rendre un jour
Mputuville. "Comme les lamantins vont boire
la fontaine de Simal", dirait le pote Lopold
Senghor.
La fresque du peintre congolais Chri Samba, qui ornait
un btiment l'entre de Matonge.
Credit CEC (Coopration par l'Education et la Culture).






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Region Bruxelles-Capitale


Un QURRTIER POUR CHPITHLE



L'Union europenne Bruxelles


es structures de verre, de granit et
de mtal qui dominant l'horizon
bruxellois au risque de dfigurer
un quarter qui abrite des hotels
particuliers typiques de la fin du XIXe sicle
avec leurs faades ornementales. Cet ensemble
de btiments s'tend du rond-point Schuman
vers l'est de Bruxelles. Une visit guide de ce
labyrinthe d'immeubles situs autour du
"Quartier europen", permettra de mieux com-
prendre le processus dcisionnel propre
l'UE.
Le btiment du Conseil, baptis "Justus
Lipsius" en homage au philosophy du XVIe
sicle, domine la rue de la Loi. La solidit de
cette construction en bloc de granit rose et
brun entend traduire la fermet de l'engage-
ment des Etats membres. Les decisions du
Conseil sont prises par les ministres comp-
tents de chacun des 27 Etats membres de l'UE,
www.consilium.europa.eu.
De l'autre ct de la rue, face au trs imposant
btiment qui abrite le Conseil, nous aperce-
vons le "Berlaymont", le btiment commu-
nautaire le plus reconnaissable.
Cet immeuble de 14 tages en forme de X,
rig en 1967 sur le site d'un ancien monastre
augustin, a t ferm pendant 10 ans avant


d'tre rinaugur en 2004, aprs une rnova-
tion complete. C'est ici que sige l'organisme
invest de l'initiative legislative.
La Commission -www.eu.europa.eu -a un
mandate de cinq ans. Son president actuel est
l'ancien Premier Ministre portugais, M. Jos
Manuel Durrao Barroso.
Chaque pays de l'UE dsigne un commissaire
en charge d'un domaine de politique. Le belge
Louis Michel est actuellement Commissaire
en charge du Dveloppement et de l'Aide
humanitaire. Chaque commissaire est aid,
dans son domaine de politique, par une direc-
tion gnrale (DG). Ces directions gnrales
sont aujourd'hui plus d'une trentaine, beau-
coup d'entre elles bases dans le ddale de
btiments modernes situs proximity du
rond-point Schuman. Le Directeur gnral
(DG) en charge du dveloppement, M. Stefano
Manservisi, est ainsi la tte de la "DG"
Dveloppement et Koos Richelle est le "DG"
en charge de l'office de cooperation
"Europeaid" www.ec.europa.eu/europeaid
mis en place en 2001 pour assurer la mise en
euvre quotidienne des projects dans les pays
ACP et d'autres parties du monde.
ECHO, le service d'aide humanitaire de l'UE
en charge de l'aide humanitaire d'urgence, est


plac sous les ordres du DG Antonio Cavaco
www.eu.europa.eu/echo.
Le sige du Secrtariat ACP (pays d'Afrique,
des Carabes et du Pacifique) -www.acpsec.int
-est deux pas du quarter europen. Sir John
Kaputin, de Papouasie-Nouvelle-Guine, est
actuellement son Secrtaire gnral.
En descendant du rond-point Schuman, on
aperoit l'une des toitures les plus magnifiques
de la ville de Bruxelles qui recouvre les hmi-
cycles du Parlement europen. Son nom
"Caprice des Dieux" lui vient de sa forme, qui
rappelle la bote du clbre camembert. La
faade en verre bleut du Parlement
www.europarl.europa.eu occupe un space de
plus en plus important de la "Place du
Luxembourg". L'avance de l'UE a donn lieu
un processus d'embourgeoisement, avec la
multiplication de cafs et de restaurants chics.
Deux autres organismes consultatifs parach-
vent le processus dcisionnel complex orga-
nis Bruxelles : le Comit conomique et
social europen (CESE) www.eesc.europa.eu
et l'institution europenne la plus rcente, le
Comit des rgions, sis dans un remarquable
immeuble en verre situ un jet de pierre du
Parlement, www.cor.europa.eu.
D.P.






Region - .


Leo Cendrowicz *


L'conomie bruxelloise:



quand mme


i Bruxelles est surtout connue
l'tranger comme la capital de fait de
l'Union europenne, son rle et son
importance conomiques sont parfois
sous-estims. Cette ville est en fait une vrita-
ble ruche conomique, "dope" par une cul-
ture d'entreprise ouverte et cosmopolite, et un
got trs prononc pour les affaires. La region
de Bruxelles-Capitale abrite 54.000 entrepri-
ses, don't 2.000 socits trangres.
Beaucoup sont en rapport avec le caractre


international des activits de la capital, qui
abrite une vaste communaut trangre de
diplomats, de fonctionnaires, d'interprtes,
de lobbyists, de socits de conseil, d'agen-
ces de publicity et de journalists.
La plupart des Bruxellois parent au moins
deux langues correctement et beaucoup sont
trilingues voire plus. Il est courant -et mme
vivement recommand -qu'une rception-
niste s'exprime couramment en anglais, en
franais et en nerlandais. Il n'empche que


l'anglais s'impose de plus en plus comme la
langue des affaires. Elle est mme parle par
les tlvendeurs et les services de renseigne-
ments tlphoniques. En outre, du point de
vue du marketing, la coexistence Bruxelles
de plusieurs communauts culturelles fait de
la capital et de sa region un march-test
idal pour l'tude du comportement des
consommateurs.
Bruxelles est devenue la ville du monde qui
abrite le plus grand nombre d'organisations


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


couvrir l'Europe







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Region Bruxelles-'


internationales. Elle attire chaque anne plus
d'un miller de conferences d'entreprise, et est
ainsi la quatrime ville de conference et de
congrs d'Europe. Bruxelles est par ailleurs le
septime centre financier mondial et occupe la
quatrime place en terms d'attrait pour les
entreprises trangres.
Mais Bruxelles recle bien d'autres atouts : une
situation gographique stratgique en Europe ;
une main-d'oeuvre reconnue come tant l'une
des plus productive au monde, un excellent
rseau de transport pour un accs facile d'au-
tres villes et une offre abondante d'espaces de
bureaux relativement bon march. Son rgime
fiscal particulirement avantageux pour les
expatris est un atout moins connu de la ville :
chaque journe passe en dehors de la Belgique
leur est en effet fiscalement deductible, et ils ne
sont pas tenus de cotiser la scurit social,
particulirement coteuse en Belgique, ce qui
ne les empche pas de profiter des services de
soins de sant et d'ducation de quality.
L'importance et la valeur des investissements
trangers est une autre caractristique cono-
mique de la region bruxelloise : elle bnficie
en effet de plus d'un cinquime de tous les
investissements raliss en Belgique.
Bruxelles est galement une ville de prdilec-
tion pour de nombreuses grandes entreprises
belges. Beaucoup choisissent en effet d'y ins-
taller leur sige, mme si leurs sites de produc-
tion sont situs dans d'autres parties du pays.
Parmi celles-ci, citons le group de distribu-
tion Delhaize, le group industrial CFE, Besix,
dans le secteur de la construction, la Sabca,
spcialise dans l'aronautique, Umicore, un
group mtallurgique, sans oublier les socits
chimiques et pharmaceutiques Solvay et
l'Union chimique belge (UCB).
Mme si l'conomie bruxelloise est principa-
lement oriente sur les services, la capital
peut se prvaloir d'un tissu industrial haute-
ment diversifi. En tant que zone urbaine, la
region de Bruxelles-Capitale n'est pas en
measure d'accueillir de grands sites industries.
L'usine de Volkswagen et ses lignes de pro-
duction, qui emploient plusieurs milliers de
travailleurs, constituent ici une exception
notable. Toyota Motor Europe est base
Bruxelles, tandis que DaimlerChrysler centra-
lise ses activits de vente, de commercialisa-
tion et de logistique dans ses bureaux de la
capital.
La region bruxelloise compete 27 zones indus-
trielles, situes le long des principles voies
d'accs et du Canal, ainsi qu'aux abords du
Ring et des autoroutes qui mnent la capi-
tale. Les principaux secteurs reprsents sont
l'ingnierie mcanique, l'lectronique, l'im-
primerie, la publication, la confection et l'in-







Region Bruxelles-Capitale


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dustrie alimentaire. Depuis peu, on observe
toutefois un glissement vers des products
haute valeur ajoute, comme les products chi-
miques rares, la construction aronautique, les
outils de precision et les tlcommunications.
Environ 45% des exportations physiques
concernent les automobiles, suivis des pro-
duits chimiques (12%) et des machines et
quipements lectriques (11%). L'UE repr-
sente 89% des exportations de la capital
21% destination de la France, 17% vers
l'Allemagne et 10% vers les Pays-Bas. Les
autres marchs d'exportation sont les Etats-
Unis (2,9%), l'Asie (2,4%) et l'Afrique
(2.2%).


Mais l'pine dorsale de l'conomie bruxel-
loise est sans contest le secteur des services,
qui reprsente prs de 88% des emplois dans la
region. Extrmement diversifi, il couvre les
activits bancaires, la recherche, les technolo-
gies de l'information, le tourism, le transport
et la sant.
Les services sont domins par le secteur finan-
cier. Bruxelles possde en effet une longue tra-
dition dans le domaine bancaire, une bourse
renomme qui fait parties du systme Euronext
et un large ventail de socits d'assurance, de
location-vente et de fonds d'investissement
parmi lesquelles des groups financiers
majeurs comme Fortis et CBC.


Bruxelles est un centre de rfrence renomm
pour les transferts et les operations de com-
pensation bancaire. Son expertise dans ce
domaine spcialis a bnfici de la presence
d'acteurs cls du secteur, comme Swift,
Euroclear et Banksys, qui y ont install leur
sige.
Les technologies de l'information et de la
communication sont un autre domaine cono-
mique cl de la capital. Bruxelles compete
environ 4.500 socits de ce secteur qui
emploie au total 75.000 personnel et concen-
tre lui seul un quart de l'ensemble des nou-
veaux emplois. Bruxelles, informatique et
services financiers sont troitement lis, favo-
risant ainsi le dveloppement de l'e-banking et
de l'e-business.

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Coup d'oil sur la Belgique


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Phii a n- uiii d uII-. -,rIu IaI ,:-,ill-- I au. uul u :i 1 Ia_ -a ul_ I .-i lu i a i u :u n :ui a_ ll i.. I Itr

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mn,_r,[ da_ I',/ura_ tachl'o,,,,_,qe


H i 1 JLUILLET AOLT 2007






couvrir l'Europe Region Bruxelles-Capitale


Des parcs scientifiques, comme le parc Da
Vinci, le parc de recherche Mercator et le parc
scientifique Erasme de 92 hectares, travaillent
en cooperation troite avec les universits.
L'une des technologies mergentes concern
l'environnement et des entreprises bruxelloi-
ses ont ainsi mis au point de nouvelles mtho-
des de gestion des dchets, de reduction de la
consommation d'nergie et de lutte contre la
pollution atmosphrique, aquatique et acousti-
que. Bruxelles est bien entendu aussi la ville
qui a donn son nom au clbre petit chou. Si
ce lgume n'est pas cultiv dans la capital,
celle-ci n'en possde pas moins une relle tra-
dition gastronomique. Le chocolate bruxellois
remporte un vif succs l'exportation, des
barres de chocolate Cte D'Or aux succulentes
pralines de maisons spcialises comme
Godiva, Pierre Marcolini, Wittamer, Leonidas
et Neuhaus. La description du paysage gastro-
nomique bruxellois ne serait pas complete
sans la bire : la Belgique produit 450 des
meilleures bires du monde. Les techniques
brassicoles sont fermement enracines dans la
culture belge, comme le montrent des varits
comme la "lambic", une bire locale fermen-
tation spontane (sans levure), qui existe sous
forme de "gueuze", de "kriek", de "faro" et de
"framboise".


Sur le plan cultural, le design bruxellois est
mondialement clbre. Mme si Anvers, toute
proche, est la capital belge de la mode, la
reputation de crateurs bruxellois comme
Xavier Delcour, Olivier Strelli, Natan ou Yves
Dooms, Delvaux, le spcialiste des sacs et du
cuir et Elvis Pompilio, crateur de chapeaux,
n'est plus faire.
Mais la capital recle d'autres talents artisti-
ques. Bruxelles est la ville de Pierre Bruegel,
d'Herg, le crateur de Tintin, du peintre sur-
raliste Magritte et de l'architecte Art
Nouveau Victor Horta. Leur influence reflte
une solide tradition dans le domaine des arts
graphiques, encore trs vive aujourd'hui en
architecture et en dcoration intrieure.
Comme toute autre ville, Bruxelles est
confronte des dfis conomiques. Mme si
la region est l'entit la plus riche d'Europe,
just aprs Londres, le taux de chmage lev
Bruxelles, surtout parmi la population immi-
gre, reste proccupant. La fermeture de la
Sabena, la compagnie arienne belge, la dci-
sion du service de courier express DHL de
dlocaliser ses activits vers l'Allemagne et,
tout rcemment, le licenciement de la moiti
des travailleurs de VW ont t autant de sour-
ces d'angoisses pour la capital. De tels revers
ne font que souligner l'importance croissante


de l'UE pour l'conomie locale. Bruxelles a
dj apport par le pass la preuve de sa capa-
cit d'adaptation. Nul doute qu'elle parviendra
exploiter au mieux les opportunits nouvel-
les.

* Leo Cendrowicz est journalist bas
Bruxelles




Pour en savoir plus, cliquez sur :

Region de Bruxelles-Capitale
www.bruxelles.irisnet.be/

Agence bruxelloise pour l'entreprise
www.bea.irisnet.be/

La chambre de commerce
et d'industrie de Bruxelles
www.ccib.be

Bureau de liaison Bruxelles-Europe
www.blbe.be

Brussels Export
www.brusselstrade.be












MRfRCHE DES PRODUCTS DE Ll CULTURE:




LES PAYS fACP



FORCEIT Lf PORTE



1er Festival de culture ACP

Le 1er Festival de Culture du Groupe Afrique Carabes Pacifique a eu lieu, en automne dernier,
Santo Domingo. L'originalit de ce Festival ne rsidait pas seulement dans son niveau lev mais
aussi dans ce qu'il constituait en mme temps une foire commercial et un task-force pour peaufiner
la stratgie ACP de positionnement sur l'espace crucial du march mondial quest celui des products
de la crativit. Donc une vitrine, un march et un QG commercial.


C e festival conclut la premire tape
d'un processus lanc par les gou-
verements des pays ACP en juin
2003 et inscrit dans la "dclara-
tion" et le "plan d'action de Dakar" qui formu-
lent un plan stratgique d'utilisation des res-
sources culturelles de ces pays. Outre un festi-
val rgulier de culture, ils prvoient la mise en
place d'une Fondation pour la culture. La
Declaration de Dakar, a t salue par nombre
d'organisations internationales comme un acte
de droit international public de grande impor-
tance car il considre le soutien aux industries
de la culture comme une priority tant sur le
plan intrieur que dans la cooperation interna-
tionale.
Un an plus tard, le Sommet de Maputo des
Chefs d'Etat ACP du 23 juin 2004 corroborait
le choix des ministres de la culture en enjoi-
gnant les pays membres adopter les textes
juridiques ncessaires pour dvelopper les
industries du secteur et y favoriser la creation
substantielle d'emplois et ce, dans le cadre de
la lutte contre la pauvret.

> Santo Domingo surprise

Le festival a clat comme un feu d'artifice,
surprenant Santo Domingo apparemment
indiffrente jusque l aux affiches et calicots
gants annonant, peut-tre un peu trop tard,
l'vnement. Comme l'norme show pyro-
technique qui a anim la fte caribenne,
offerte par les autorits dominicaines aux invi-
ts de marque nouvellement arrivs, embra-
sant le bleu nuit mystrieux du ciel cariben,


avec en arrire-fond les reflects des pierres pati-
nes des ruines grandioses d'un couvent his-
pano-mauresque encore hantes des pas de
Christophe Colomb.
La fte de la culture allait saisir la ville, cres-
cendo, comme un swing de jazz. Mezza voce
au dpart, fulgurante la fin de cette semaine
qui marquera les annales de la sduisante capi-
tale mtisse. Tmoin, l'augmentation crois-
sante du nombre de spectateurs et surtout l'en-
chantement du public, plutt jeune, don't la
curiosity tait palpable et don't les yeux miroi-
taient d'merveillement devant les perles de
culture de civilisations pour la plupart loi-
gnes. Santo Domingo dcouvrait que
l'Afrique, le Pacifique et ses voisins de la
Carabe avaient envoy ce qu'ils avaient de
mieux et ce qui faisait du mieux dans le monde
de l'art. Le bouche oreille a si vite fonctionn
que mme pour une discipline pas toujours
course, la danse contemporaine par example,
le grand Thtre Manuel Reda de l'Ecole des
Beaux-Arts qui hbergeait les spectacles -de
demi-vide le premier jour tait rempli ds le
deuxime et refusait du monde aprs. Il en
tait de mme pour toutes les autres manifes-
tations, jusqu'aux rencontres professionnelles
sur la stratgie commercial.

> Eloge de la beauty
et du raffinement

Le festival, c'tait des centaines d'artistes,
d'oprateurs culturels et autres experts d'une
quarantine de pays ACP, des dizaines d'acti-
vits, de spectacles, d'expositions, dede pro-


F.DUIACP



- . ......
-- %.- - -t-


Akiyodans Dance Company.
Succs de foule, mme pour une discipline
pas toujours courue, la danse contemporaine.
Photo Hegel Goutier.


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007







Crativit 1 Festival de Culture ACP



sections de films, de dfils de mode et la
grande parade d'artistes, le tout prcd d'un
Conseil des Ministres de la Culture de trois
continents, sans computer les innombrables
reprsentants de pays et d'institutions parte-
naires. Pour faire l'loge de la beaut, de la
quality et de la rigueur.


La plupart des spectacles de danse contempo-
raine ont t prims dans des festivals de haut
niveau. De Rako de Fidji la Compagnie
Kettly Nol du Mali, de Opiyo Okach du
Kenya Akiyodans Dance Company de Hati.
Fruits de recherches pousses, raffinement du
movement, chaque fois Le quatuor de dan-
seurs de Rako offrait par une danse suave une
posie dans laquelle, les pas feutrs, les per-
cussions espaces, les dhanchements modu-
ls se jouent comme un hymne au silence et
l'quilibre, en nous et entire nous.
Kettly Nol, danseuse d'origine hatienne vo-
luant au Mali, a ptrifi le public par son solo
"Errance", stylisation de l'isolement et de la
folie, scrutant la peur intrieure de chacun de
nous, en chacun de nous, sans morbidit, sans
volont de sduire ou d'tonner.
Naturellement. Pas un souffle dans la salle. De
longues seconds suspendues la fin pour
merger avant que les applaudissements ne
fusent en un dferlement.


> Liure ouuert

x. l IIII ,.1 !ll > l | .| 1.1' (.1 11.i h c i .l1 >
[It.'! llk '1 k nl !l!.l! 'l! I 111' 1, III . lll c',
_', I !,! lIl, .0d c' .il-'" Is' l" d '.1 I II 11 ,
1 1 , clille i !il ilii | i l i .i|i C .~ i
lII. i l .i !. .I i . il1 .' l l. ll! i' | l l |i i.1' >.I' .


livres ouverts non seulement sur les cultures
de cette constellation de pays mais aussi sur
leurs histoires, leurs socits, les vagues de
fond politiques les animant, cherchant ressem-
blances et differences. Qu'est-ce que les visi-
teurs ont d tre saisis par l'installation de
Plagie Gbaguidi du Bnin, sur "Le Code
noir", o tournoie devant des tableaux gants
sur la geste historique de Toussaint
Louverture, et sur la libert une copie de ce
livre, le plus abject peut-tre avec "Mein
Kampf' de l'histoire de l'dition, comme un
pendule de mort menaant de sonner le glas de
l'humanit dans l'tre !
Freddy Tsimba (Congo RDC) bouleversera
aussi avec ses sculptures cris du ceur pour les
femmes violes et engrosses pendant la
guerre rcente qui a meurtri son pays et qui
trouvent la tendresse pour aimer leurs enfants.
Cartouches de balles et d'obus soudes en
dentelles, les obus pour la sauvagerie, la den-
telle qui pleure pour la douceur en elles et en
chacun. "J'ai d'abord rencontr une femme
qui m'a racont son histoire de viol. Et a a
germ dans ma tte. Et a fini par faire une
.til' hl I n I i1 ih '! I ,i,! CI, .c I. iiil ilI-


F. 1 !il I CIllI ll I .I !,,I L.I II'* li mll1 -


LES DERNIERS InGRDIEnTS


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n'. .. :..: irl.,. -? i .: l ,_ '.m n. i .n--, r C r.:ari_: _n'.n' I . I n .r 11:,1:... .ii_ 01. A t A pi) r I. i I n.:. ni .: i -AniI n' : l ti ,\i I' Ic ] .:- r r. i i l -\i I' i ni'.n -u r
I_ d un fl U... ,)r,- in r.:.r l l.:. I il 'n:. l':l:. l c .. "ne I--.:u .1 .rnr i 'l lelr- nr l .: ll- Ii)r.;j p a r.: l l n ~ ,-i.:.u i i n.:cr il l'i slr ,_- 1rr n '.1 -:.n 1 i d r in.l.

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I.:.n~.:ranipii I.. .: .:1rc f~in l ,Ii s jra in l n a i rc .:16t~ins .:(g :i its : ~ n :l ii' i:i .i cIcii i~: ~ ci P l.:.lif(i .:14iii~, iclin \pre tun pr mir nt f.:na R p il.I:4 iic.:.nanl\n ll ly :.pe.
r i ).:.n'n'_lll i.] . ,rc 5 I n. -:i,.ni r I_._ tere r r _,,I' s il~l,.r- pr,.:.. 4 i I l _,l.: r '.:.n l.:1 n Ip erc _.:gl:. .I I: e .) r Ip:ar -.:uhl _ren' ii 'nr I:. nn.: h.: i-
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COURIER






1" Festival de Culture ACP


lation de portraits suspendus d'hommes sans
visages mirant des petits rceptacles au sol
renvoyant des reflects liquides bleus, reprsente
une allgorie d'Africains dialoguant avec les
Europens en oubliant de se parler entire eux.
Interrogations sur le social et le politique.
Interrogations aussi sur l'tre, comme avec
Genevive Bonieux, de Maurice, qui rend de
faon saisissante avec "La charmeuse de ser-
pent", sculpture d'une tte de femme ceinte
d'un serpent de cordes et de clous, le tourment
intrieur de l'tre human.


> Le grand atout : la musique

La force de frappe des ACP pour pntrer le
march des products culturels, est avant tout
pour le moment, la musique. Des petits pays
arrivent se forger une reconnaissance grce
leur musicien. Le succs de Andy Palacio est
en train de faire dcouvrir Blize, mme plus
spcifiquement les Garifuna, les Amrindiens
noirs de ce pays. D'autres causes y trouvent
aussi une allie exceptionnelle. Les jeunes du
Groupe Nfithe du Mozambique qui ont
chauff blanc le public de Santo Domingo o
leurs alter ego de Zimbabwe "Bongo love"
font parties du rseau Music Crossroads pour
promouvoir le dveloppement cultural et co-
nomique de jeunes de milieux dfavoriss et
menacs.
Et s'il faut un symbol de russite du Festival,
ce serait probablement la jeune chanteuse cap
verdienne, Mayra Andrade, peine 22 ans, qui
est en train de se faire une place sur le march
mondial du disque avec son premier opus
"Navega". C'est vrai qu'elle a t prcde par
Cesaria Evora qui l'a adopte et qui l'a proba-


blement aide comprendre que venir d'un
petit pays pouvait constituer un formidable
atout. "Venir d'un petit pays, un pays micros-
copique comme le Cap Vert a t pour moi un
advantage. Peut-tre que si j'tais amricaine
ou anglaise, je ne serais peut-tre pas l o je
suis. Parce que les gens sont curieux et ils se
disent qu'est-ce qu'ils peuvent bien faire l-
bas. Le monde entier connat le Cap-Vert tra-
vers la musique, c'est son drapeau. Il y a
quinze ans, il n'existait pas pour la plupart des
gens. Aujourd'hui je dis que je viens du Cap
Vert, et les gens sont contemplatifs"
Symbole aussi, Mayra Andrade, de la compr-
hension rciproque entire crateurs, oprateurs
conomiques et dcideurs politiques rvle
Santo Domingo et qui est, sans contest, un
autre succs du Festival. La preuve : quand
nous lui avons demand de s'imaginer en face
d'un ministry reprsentant tous les autres et de
lui dire ce qu'elle a sur le cur, elle n'a pas
mch ses mot mais n'a pas non plus cono-
mis sa sympathie pour l'interlocuteur fictif, et
toute sa charge de sduction. "Monsieur le
Ministre, je ne m'attendais pas vous retrou-
ver l ce soir. J'espre que votre cur est assez
grand pour recevoir ce que les artistes repr-
sents ici Santo Domingo ont vous dire,
que vous manquez parfois de conscience de ce
que vous-mme dfendez ici. Je vais vous le
dire plutt en chanson." Et de nous regarder
dans le blanc des yeux, pregnant la table pour
instrument de percussion et nous entranant
dans une mlope savoureuse de portugais et
de crole cap verdien. Le ministry a beaucoup
aim H.G. M


Crativit




Crativit 1" Festival de Culture ACP


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Un dfi pour les pays ACP, la Rpublique Dominicaine
et la cooperation ACP-UE

En inaugurant le 13 octobre 2006 la 2e Runion des Ministres de la Culture des pays
ACP et le ler Festival de Culture de l'ensemble des Etats du Groupe ACP, le Prsident
de la Rpublique Dominicaine Leonel Fernandez a consacr le succs d'une longue opi-
nitret du Secrtariat ACP mais aussi de leurs partenaires de la Commission euro-
penne, et de son propre pays, la Rpublique Dominicaine, sans computer celle des
organisateurs et des artistes des trois continents.


> Tout a commence en 2003 Dakar auec la 1re
Runion des ministres fCP de la Culture
Lorsque les Ministres ACP de la Culture runis pour la premiere fois
dans la capital sngalaise ont dcid d'organiser le premier Festival
cultural des 79 pays d'Afrique, des Carabes et du Pacifique, et d'adop-
ter le 20 juin 2003 un Plan d'action et une Dclaration, ils ne doutaient
probablement pas de deux choses. D'abord que ces documents allaient
avoir une telle rpercussion dans les instances internationales traitant de
la culture qui les ont considrs comme innovants sinon rvolutionnai-
res par l'acuit de leurs analyses de la place potentielle de la culture et
des industries de la crativit dans une stratgie de dveloppement co-
nomique des pays pauvres. Ensuite, a contrario, que l'organisation du
1er Festival ACP qu'ils ont projet allait connatre autant d'embches
pour sa ralisation. Ce festival aurait d se tenir en Hati en 2004 pour
clbrer le deuxime centenaire de son indpendance. Les alas politi-
ques de ce pays en ont fait autrement. Aprs des ajournements succes-
sifs, l'vnement a eu lieu en d'autre temps en d'autre lieu. Une
constant, c'tait sur le sol de l'le de Quiskeya.
> La boussole: Dakar
A travers vents et mares, le plan d'action et la declaration de Dakar ont
constitu une boussole. Leur crdibilit international a certes jou
comme garantie pour le festival qui n'en est qu'une parties visible, ct
peut-tre du project de Fondation culturelle ACP. L'invisible, c'est tout
le corpus de propositions pour faire riger des politiques culturelles
claires des pays et rgions ACP, sauver et protger le patrimoine cultu-
rel, renforcer la cooperation culturelle entire les Etats ACP et avec leurs


LA COOPROTIOn
ACPIUE ET LE FlnnnCEMEnT
DE LA CULTURE

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La n'. -_ _n ,: u re ,:u l-'li .1 ,:.:,r'...1i l-l 'Jk'H [I _- k )nre ts _n er,)rog _e

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Finainul.,-I -nt (dii 1r Festival le C IIltur, ACP
' ,: ,1""1"11"-I: ,1" e _IIi', ,i I 'I i I 1.1i11 E I .I II I. III~.1: r .
Pop_ l: ..l:, ,lu l-h n'', n' ,'"' '""''"' ,_ul -


COURIER


on DES miniSTRES ACP

CULTURE ET

ESTIURL HCP

TO DOmlnGO































M. Jos Rafael Lantigua, Ministre de la Culture de la Rpublique Dominicaine,
Dr Onofre Rojas, Ordonnateur national du FED, Sir John Kaputin, Secrtaire Gnral ACP.
Photo Hegel Goutier

partenaires de dveloppement, renforcer les capacits des Etats ACP
dans tous ces domaines. Et surtout dvelopper les industries culturelles.
Les ministres de la Culture ont pav le terrain pour ce qui va constituer
un fait vraiment historique : la prise de position du Sommet des Chefs
d'Etat ACP Maputo, Mozambique, sur le rle de la culture dans le
dveloppement durable.


> La consolidation:
Santo Domingo

Le document adopt par la 2e runion des Ministres ACP de la Culture
Santo Domingo amplifie les strategies dfinies Dakar. Il promeut le
dveloppement d'une cooperation Sud-Sud, en pregnant comme point
de dpart un partenariat actif des ACP avec le Brsil dans le domaine
des programmes culturels et en dcidant d'appuyer le project d'ouver-
ture d'une Maison de l'Afrique dans ce pays. Il dveloppe notamment
une approche pour la reduction de la fracture numrique dans les Etats
ACP comme instrument de lutte contre l'analphabtisme, et d'intgra-
tion de la culture dans l'enseignement et ce pour la promotion de la
diversity culturelle.


> En phase auec des rformes
en Rpublique Dominicaine

L'un des acteurs principaux en Rpublique Dominicaine du succs du
Festival a t l'Ordonnateur national du Fonds europen de dveloppe-
ment (FED), reprsentant du gouvernement dominicain en charge de la
gestion de la cooperation avec l'Union europenne. Comme les autres
officials dominicains, il a soulign la concordance des intrts de l'en-
semble du Groupe ACP avec l'agenda politique national et regional de
son pays au moment o celui-ci essaie notamment d'impulser le rle de
la dimension culturelle dans la Carabe et dans la region central et
mridionale de l'Amrique.
D'une part, la Rpublique Dominicaine venait de faire une large
consultation conduite par le Chef d'Etat lui-mme avec les artistes en
vue d'un programme pour le dveloppement et la comptitivit des
industries de la crativit. D'autre part, elle est en train de faire une
rforme constitutionnelle qui englobe la question culturelle comme le
President Leonel Fernandez l'a soulign lors du Festival : "Ce don't il
s'agit dans le cas de la Rpublique Dominicaine, c'est de transformer
un droit de tierces gnrations, comme les droits culturels contenus


dans les accords et les traits internationaux, pour les faire figure
comme un des droits fondamentaux dans la constitution de l'Etat".
Le Festival est arriv un moment o des pans de la socit domini-
caine font un aggiornamento d'ordre ontologique sur les fondements
mme de la socit, soulignant la ncessit d'une reconnaissance de
l'hritage africain.
Le Ministre de la Culture Jose Rafael Lantigua, l'un des personnages-
cls dans l'organisation de la runion des Ministres de la Culture et du
Festival ACP Santo Domingo rsume ainsi la problmatique : "Les
nouveaux modles qui caractrisent l'identit dominicaine, promus par
des chercheurs dynamiques et distingus, (...) sont ns partir du
moment o l'hritage africain a t assum comme une composante
vitale de notre culture. Pour cette raison, alors que nous clbrons la
presence de l'Afrique, ainsi que des autres Etats des Carabes et du
Pacifique, reprsents ce Sommet des Ministres de la Culture, nous
clbrons galement la richesse culturelle don't nous sommes les pro-
pritaires et les destinataires, et dans laquelle la fusion des races et des
cultures a rempli un rle vital et immuable".
H.G. M


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007





Crativit


Bernard Babb*



QUAnD TOUTED


LA CHRRIBE S'EmBfLLE


POUR UnE PETITE B1LLE

La ferveur qu'engendre le cricket est telle que le temps s'est arrt littralement de
mars avril dans les Carabes, pour l'dition 2007 de la Coupe du monde de
l'International Cricket Council (ICC).


ouvoirs publics, entreprises, mdias, tous attendaient depuis des
mois cet vnement dans les neuf pays caribens qui l'ont accueil-
li. Son influence est loin de se limiter quelques semaines de
dcompte des batters limins (wickets) et des points marqus (runs).
Le mot "cricket" voque peut-tre pour certain un petit insecte joyeux
et agaant. Mais pas dans les Carabes. L-bas, on pense directement
ce jeu de balle passionnant, qui est presque une religion.
Si les Carabes sont clbres dans le monde entier pour leurs paysages
tropicaux couper le souffle, leurs magnifiques couchers de soleil,
leurs plages de sable fin ou encore leur mer turquoise, les Antillais se
classent galement parmi les plus grands adeptes du cricket.
Historiquement, le cricket est un heritage durable de l're colonial bri-
tannique qui fait beaucoup d'adeptes dans les Carabes, dans certaines
rgions d'Afrique, en Europe, en Asie, en Australasie et en Amrique
du Sud.
Cet amour du sport, principalement, a rapproch les diffrentes les
indpendantes des 15 membres de la Communaut caribenne (CARI-
COM) d'une manire indite et atteint de nouveaux degrs de coopra-
tion avec l'organisation de la 9e dition de la Coupe du monde ICC de
Cricket, www.cricketworldcup.com.


partir du 5 mars, les match prliminaires et les demi-finales ont t
disputes sur les les de Saint-Vincent, Antigua, la Barbade, Grenade,
Guyana, la Jamaque, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie et Trinit-et-
Tobago, la grande finale ayant eu lieu le 28 avril dans le stade frache-
ment rnov de Kensington Oval la Barbade.

> Cooperation rgionale
Avant et pendant le tournoi, la cooperation troite qui a souvent fait
dfaut aux Carabes dans bien des domaines, a pris la forme de nou-
veaux partenariats et alliances, en particulier au niveau gouvernemen-
tal et priv.
Outre les US$10 millions rassembls par les pouvoirs rgionaux en vue
de crer un nouveau cadre regional en matire de scurit, les territoi-
res caribens ont galement tabli un space intrieur unique, mis un
visa CARICOM commun (www.caricom.org), men avec succs de
grands projects de construction, et se sont rencontrs au niveau des
entreprises afin d'offrir toute une game de services lors de cet vne-
ment international. Dans les parlements, des lois temporaires commu-
nes ont t passes dans toute la region afin de faciliter l'organisation

Le stade frachement rnov
de Kensington Oval la Barbade
Photo Philip Spooner.







Crativit


Photo Bernard Babb.



de la Coupe. Toutes les lois spcialement for-
mules dans le cadre de la Coupe du monde de
Cricket ont expir le 15 mai.
Pour la preparation de ce prestigieux tournoi
international de cricket, les gouvernements des
pays caribens ont dbours des millions de
dollars afin d'riger de nouveaux states et
d'amliorer sites et infrastructures sur plu-
sieurs les. Une parties des fonds provenait ga-
lement d'Asie, sous la forme d'aides au dve-
loppement. Taiwan a apport US$6 millions
pour amnager le New Warer Park Saint-
Kitts, tandis que la construction du nouveau
stade Vivian Richards de 11.000 places
Antigua, qui porte le nom d'un ancien capitai-
ne antillais, a fait l'objet d'une subvention de
US$10 millions de dollars de la Rpublique
populaire de Chine. Le gouvernement indien a
offert US$20 millions au nouveau stade
Providence de 17.000 places Guyana, qui
comprend galement des logements installs
proximity.
la Barbade, le gouvernement a finance pour
plus de Bds$135 millions plusieurs projects
ainsi que la renovation du Kensington Oval,
un stade l'histoire riche, parmi les plus cl-
bres de ce jeu international.


> Facteur de croissance

"Nous souhaitons faire de la Coupe du monde
ICC 2007 un catalyseur significatif et mesura-
ble du dveloppement des services, du touris-
me, des infrastructures et de l'conomie la
Barbade", a indiqu le comit organisateur local
de la Barbade (LOC) dans son appel d'offres.
Vancourt Rouse, le chef des operations menes
par le LOC, a affirm que, si certain bnfices
taient dj visible, bien d'autres taient enco-
re venir. En effet, la Barbade compete profiter
de l'vnement pour se concentrer sur le dve-
loppement des entreprises, du tourism commu-
nautaire, des strategies sportives nationals, du
cricket et des industries culturelles.
De mars avril 2007, la Barbade devait conna-
tre 60 jours d'animations : artisanat, musique,
arts culinaires, visuels et du spectacle, sports
communautaires, attractions touristiques et ven-


tes en tous genres, le tout tant principalement
centr sur la promotion de la Barbade et la
maximisation des dpenses des visiteurs. M.
Rouse a expliqu qu'au moment de dcider de
la stratgie de la Barbade lors de la phase d'ap-
pel d'offres, une tude d'valuation de l'impact
conomique avait t mene. Celle-ci a rvl
que les bnfices financiers des ventes de billets
et des dpenses des visiteurs pendant l'vne-
ment en 2007 s'lveraient Bds$250 millions.
Les bnfices pour les 10 annes suivantes
pourraient dpasser les Bds$750 millions en cas
de hausse de cinq pour cent des recettes touristi-
ques durant cette priode.
Si la plupart des politiques et des groups d'in-
trt ont soutenu les measures prises en vue
d'une organisation russie de la Coupe du
monde dans les Carabes, certain ont mis en
garde contre la discrimination des ressortissants
et la marginalisation des petites entreprises pri-
ves. En Jamaque, des cadres de la chambre de
commerce jamacaine (JCC) (www.fantasyi-
sle.com) ont prdit que les avantages conomi-
ques promise par le gouvernement chapperont


la population. L'ancien president, Michael
Ammar, prvoit une dette de US$90 millions
($6b JAM) et a affirm qu'il tait probable que
le gouvernement ne rcupre que US $10 mil-
lions de recettes sur les $US100 millions ($6,7b
JAM) investis.
Les inquitudes de M. Ammar faisaient en quel-
que sorte cho au ministry des Finances, Dr
Omar Davies, qui a dclar l'anne dernire
qu'il tait improbable que la Jamaque tire des
bnfices de ces investissements. La JCC a en
outre accus les pouvoirs publics de manquer
de franchise quant aux dtails des plans pour la
CMC 2007, notamment sur la structure de
financement de l'investissement de 6,7 mil-
liards de dollars jamaicains. Selon M. Ammar :
"Il s'agira plutt d'un heritage de la dette". M

* Bernard Babb est un journalist install
la Barbade


N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007






Crativit


Les marchands de miracle

U n documentaire de 52 minutes du Belge
Gilles Remiche sur les aspects les plus
controverss du phnomne des glises
du rveil qui prolifrent au Congo-Kinshasa, rai-
son de plusieurs centaines pour la seule capital.
Pas de commentaires off. Juste les images et le
discours brut des pasteurs autoproclams qui sur-
fent sur les frustrations nes de la misre. "La
parole peut t'amener en Europe !" promet l'un de
ces prophtes-sapeurs qui parviennent runir des states entiers pour op-
rer des "gurisons" la chane et rclamer la "dme" qui leur permet de
circuler en limousine et de "goter la prosprit de l'Evangile". D'autres
prtendent chasser "l'esprit de la pauvret" et appellent l'argent devant des
foules en transes. Il montre quel point le pouvoir politique est subjugu.
On voit un vice-prsident et deux conseillers prsidentiels cautionner de
leur presence un congrs de ces personnages qui exploitent l'vangile
des fins lucratives. Gilles Remiche montre aussi le talent de ces prophtes-
animateurs, l'incroyable bagout qui soignent de tous les maux, mme par
tlphone, ou en imposant les mains devant la camra d'une des onze cha-
nes de tlvision vangliques, qui sduisent les foules hystriques comme
des stars de rock. Mais surtout il dvoile comment le phnomne peut
turner au flau quand on entend l'un de ces prophtes promettre que le
sida et le cancer vont "finir automatiquement", une fois qu'il aura chass
le dmon. Ou un autre annoncer que "le sida est une maladie quelconque
comme la malaria". En contrepoint, la camra enregistre la cruelle dcon-
venue d'une femme sropositive quand elle dcouvre lors d'une consulta-
tion mdicale que le prophte n'a pas tenu sa promesse. Certains des pro-
phtes n'ont pas beaucoup aim. Le ralisateur a subi des menaces de
mort, explique-t-on la production. Sans doute parce que le montage, effi-
cace, introduit parmi les plus crdules un doute salutaire sur ces pratiques.
Disponible en DVD : www.passerelle.be Producteurs associs : RTBF et
Centre du cinma et de l'audiovisuel de la Communaut franaise de
Belgique. Franois Misser M





i Bouleversante

f go "Jogful"



N e passez pas ct de ce disque : l'une des plus belles choses de
ces derniers mois. Une merveille, la voix de la jeune mtisse
nigriane Ayo, sa musique, son gnie, son originalit, son clec-
tisme, sa maturity musical. Pre DJ qui l'a materne, lui donnant avec son
biberon, les intonations, les nuances et les rythmes de Bob Marley, Peter
Tosch, Pink Floyd, de toute la musique africaine, amricaine, europenne
des sixties et des seventies. Mre tsigane d'Europe central. Rare nou-
veaut est aussi nouvelle. N'essayer pas de classer la musique d'Ayo: afro-
gipsy, afro-tsigane, nu-soul, folk-reggae ? Un peu de tout cela, oui. Mais
c'est d'abord Ayo. Une sensualit de la voix et de la musique, une densit
dramatique, charriant par example dans le chef-d'euvre, je pse mes mots,
"Down on my knees", sur un tapis de reggae mtiss, toutes les pices et
les parfums qui composent son tre. Dramaturgie exceptionnelle : des


souffles du cour intense doux et sauvages jaillissant d'une voix suave-
ment nasillarde-veloute, ponctus chaque fois d'un bang de la grosse
caisse Don't leave me, bang, I'm begging, bang, et ainsi de suite I love
you, I need you, I'm dying, I'm crying, I'm begging, bang. Et puis, I love
you... Et un roulement de tambour adouci d'une plainte d'accordon tsi-
gane accrochant le swing et le gardant haut perch. Ouf Les onze autres
morceaux tous diffrents, tous aussi merveilleux Ayo (Joy Olasunmibo
Ogunmakin) crit ses chansons, les arrange, fait corps avec sa guitar pour
les interpreter, enregistre tout en live. Ah oui, elle est trs belle.
Hegel Goutier a

Polydor 2006, Universal Music
htt://avomnusic.artistes .universalnusic.fr/


COURIER





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Le sinistre par T.T. fons
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N. 1 n.s. JUILLET AOT 2007


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COURRIER


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II
Ies pays fIe CI s I Pacifique

et Union eI liiinne


PACIFIQUE
Iles Cook Fidji Kiribati Iles Marshall E.F. de Micronsie Nauru Niue Palau Papouasie
Nouvelle Guine Iles Salomon Samoa Timor Leste Tonga Tuvalu Vanuatu


Les listes de pays publies par Le Courrier ne prjugent pas du statut de ces pays, territoires et dpartements, ni de l'volution de ce statut.
Le Courrier utilise des cartes de diverse origines. Cette reproduction n'implique la reconnaissance d'aucune frontire particulire ni ne priuqe du statut d'aucun Etat ou territoire.


CARAIBES
Antigua et Barbuda Bahamas Barbade Belize Cuba Dominique Grenade Guyane Hafti
Jamaque Rpublique Dominicaine Saint Christophe et Nevis Sainte Lucie Saint
Vincent et Grenadines Suriname Trinit et Tobago


AFRIQUE
Afrique du Sud Angola Bnin Botswana Burkina Faso Burundi Cameroun Cap Vert
Comores Congo Cte d'Ivoire Djibouti Erythre Ethiopie Gabon Gambie Ghana Guine
Guine Bissau Guine Equatoriale Kenya Lesotho Libria Madagascar Malawi Mali
Maurice Mauritanie Mozambique Namibie Niger Nigria Ouganda Rpublique
Centrafricaine Rpublique Dmocratique du Congo Rwanda Sao Tom et Principe
Sngal Seychelles Sierra Leone Somalie Soudan Swaziland-Tanzanie Tchad Togo
Z a m b ie _i ,l ,:. il. ,-


UNION EUROPENNE
Allemagne Autriche Belgique Bulgarie Chypre Danemark Espagne Estonie Finlande
France Grce Hongrie Irlande Italie Lettonie Litiiini. Luxembourg Malte Pays-Bas
Pologne Portugal Royaume-Uni Rpublique 'hi.-.i.- Roumanie Slovaquie Slovnie
Sude


































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Interdit la vente